#positive-attitude-néolibérale

  • Mais Ils et Elles étaient où pendant cinq ans ?

    Présidentielle : Juliette Binoche et cent artistes appellent à voter à la Primaire populaire
    https://www.lefigaro.fr/culture/presidentielle-juliette-binoche-et-cent-artistes-appellent-a-voter-a-la-pri


    Dans une pétition publiée dans Les Inrocks, l’actrice associée notamment au metteur en scène Stanislas Nordey, aux acteurs Jean-Pierre Darroussin ou Charles Berling, estime que l’union est la seule façon de faire gagner la gauche. Et appelle les candidats à s’intéresser à la culture « grande oubliée des débats et des programmes » de la présidentielle.

    « En avril, il sera trop tard ». Cent personnalités du monde de la culture, dont l’actrice Juliette Binoche et le réalisateur Jean-Marc Barr, appellent les partis de gauche à rejoindre la Primaire populaire, initiative citoyenne qui plaide pour une candidature commune à gauche à la présidentielle.

    « La compétition qui s’annonce entre les candidates et les candidats de la gauche et de l’écologie n’est pas à la hauteur des enjeux de la prochaine élection présidentielle. (...) Perdre cinq ans de plus serait insensé », écrivent ces personnalités, parmi lesquelles le directeur du Théâtre national de Strasbourg, Stanislas Nordey, ou les acteurs Jean-Pierre Darroussin et Charles Berling, dans une tribune publiée dans le magazine Les Inrocks.

    À trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, ils appellent les sept candidats issus de la gauche à se soumettre au vote de la Primaire populaire, « meilleure voie possible pour faire gagner ce que nous avons en partage, la lutte contre le dérèglement climatique et les inégalités ».

    Les organisateurs de cette initiative ont revendiqué mercredi 311.000 inscrits pour ce vote d’« investiture », prévu du 27 au 30 janvier et qui doit départager sept personnalités présélectionnées. Mais Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo ont refusé d’y participer, et se retrouvent inscrits au scrutin malgré eux.

    Les signataires appellent également les candidats à davantage s’intéresser à la culture, « grande oubliée des débats et des programmes des candidates et des candidats », et à défendre l’exception culturelle française

    Je crois qu’il est temps de renommer la primaire populaire, primaire #Taubira.

    #primaire-populaire #positive-attitude-néolibérale de la gauche Molle
    https://seenthis.net/messages/945028

    • « On fait du chantage à l’insu de notre plein gré »

      📣 Tribune 📣 Dans cette lettre ouverte adressée, via l’Obs, aux principaux candidats de gauche, les fondateurs de la Primaire Populaire Samuel Grzybowski et Mathilde Imer s’expliquent : 🗣️ "Ce n’est pas par plaisir qu’on en arrive à devoir vous mettre la pression."

      https://www.nouvelobs.com/tribunes/20220121.OBS53507/la-primaire-populaire-repond-aux-candidats-de-gauche-non-nous-ne-sommes-p

      Dans une vidéo à usage interne datant d’octobre 2021, ayant fait l’objet d’une fuite, l’un des cofondateurs de la Primaire populaire, Samuel Grzybowski, explique qu’il faut essayer d’empêcher les candidats de gauche à l’Elysée qui refusent ce processus d’union d’obtenir leurs 500 parrainages d’élus : « Notre but […], c’est d’essayer d’empêcher que les membres du bloc des justices, donc Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Arnaud Montebourg et Yannick Jadot, puissent avoir les 500 signatures. » Ces propos ont été dénoncés par plusieurs des candidats. Certains, comme Anne Hidalgo ou Jean-Luc Mélenchon, demandent que leur nom soit retiré de la liste qui sera soumise au vote du 27 au 30 janvier – pour l’heure, 320 000 citoyens sont inscrits pour y participer. Dans cette lettre ouverte adressée, via « l’Obs », aux principaux candidats de gauche, Samuel Grzybowski et l’autre porte-parole du mouvement, Mathilde Imer, s’expliquent. « Ce n’est pas par plaisir qu’on en arrive à devoir vous mettre la pression, écrivent-ils. Soyons honnêtes : si nous ne l’avions pas fait, est-ce que vous auriez ne serait-ce qu’un instant porté de l’attention à notre appel ? » P. R .

    • L’intéressant témoignage d’un universitaire :

      Pourquoi je m’étais inscrit à la primaire populaire, pourquoi j’ai changé d’avis, et pourquoi je ne voterai pas ce week-end (et pourtant je suis quand même de gauche, il me semble). Un thread en forme d’analyse et de témoignage.

      Je pense que j’étais dans la cible de l’opération. Je m’y suis inscrit, par curiosité. Je n’ai pas été totalement galvanisé, mais ouais, je me suis dit que sur le principe, ce genre d’initiative pouvait fonctionner et faire émerger autre chose. Sans naïveté, mais avec espoir.

      Pour être tout à fait sincère, j’ai même participé à une rencontre avec l’une des organisatrices justement. Et je pense à ce titre (et c’est important) que les motivations et les positionnements des http://organisateur.ice.s de cette primaire ne sont pas forcément similaires.

      En revanche, j’ai vite eu quelques doutes : il y a des choses que je ne comprenais pas. Quand je posais des questions, on me disait de lire le site. Quand je disais que je n’y trouvais pas de réponse, on me disait de le relire ou de ne pas hésiter à poser des questions (?).

      (un peu le syndrome du mauvais prof qui te propose de lire les polycopiés quand tu dis qu’il y a un truc que tu ne comprends pas très bien sur le polycopié, mais bon passons - après tout le sens de la pédagogie et de l’explication n’est pas donné à tout le monde).
      Au fur et à mesure, j’ai eu l’impression que les discours officiels de cette primaire changeaient au gré des opportunités stratégiques/médiatiques. Et en tant que chercheur en analyse du discours, ce sont des choses qui vont immédiatement éveiller mon attention. pour paraphraser Martine Aubry, qui n’est pas encore candidate à la présidentielle : « quand c’est flou, y a un loup »)

      J’ai eu l’impression que les règles étaient floues ou pire : qu’elles se modifiaient au fur et à mesure. Et que les militant.e.s de cette primaire ne s’en émouvaient pas plus que cela, parce que l’union de la gauche vaut bien, peut-être pour elleux, quelques entorses.

      Je n’ai pas toujours pas compris l’apparition ou la disparition de certain.e.s candidat.e.s, ou bien le maintien d’autres candidat.e.s « contre leur gré ». Et ça je suis désolé, ça n’a plus rien de démocratique pour moi - en tout cas ça entaille cette dimension démocratique.

      En soi, bon, passons. Je ne nie pas la foi des candidat.e.s engagé.e.s de bonne foi dans cette primaire - pas plus que je ne nie pas la bonne foi de certain.e.s des organisateur.ices.s et militant.e.s de cette primaire, très sincèrement.
      J’ai commencé à sérieusement avoir du mal face aux discours qui délégitimaient les partis et leurs militant.e.s - comme si leur travail et leur engagement ne comptait pas, et que la démocratie pouvait très bien s’en passer. C’est archi-insultant. D’où qu’on parle.

      En plus, le désengagement de certain.e.s candidat.e.s, plus la grande mascarade de la candidature de Taubira, tout cela a cimenté mon avis sur la question. Sans même parler de la fameuse vidéo d’un organisateur, largement commentée déjà, et qui est totalement indéfendable.

      Il y a chez les militant.e.s de chaque parti des gens qui bossent, qui labourent le terrain, qui parlent aux http://citoyen.ne.s, qui élaborent des programmes. Et tout cela, on ne peut pas juste l’évacuer d’un revers de main, par le truchement d’une mauvaise analyse.

      Et puis la gauche, c’est quoi ? C’est quoi être de gauche ? C’est quoi être d’accord sur « l’essentiel » ? C’est quoi « l’essentiel » ? La méthode ? Les objectifs ? Un « socle commun » vendu comme validé par les partis, alors que visiblement cela n’a jamais été le cas ?

      La gauche « d’accord sur l’essentiel », donc sur les slogans et les déclarations d’intention, c’est 5 ans de Hollande + 5 ans de Macron, soit 10 ans de néolibéralisation à marche forcée qui feraient presque passer le quinquennat de Sarko pour une époque meilleure.

      Choisir un programme, ce n’est pas comme rentrer dans un parc d’attraction et se dire qu’on fera les manèges qu’on a envie de faire en fonction de l’humeur, de la file d’attente ou du temps qu’il va faire. Ni à gauche, ni ailleurs en politique. Choisir un.e candidat.e, idem.

      L’heure est suffisamment grave pour choisir un programme d’action de gauche, pas un programme de comm de gauche (ou de socle commun). Perso j’ai déjà fait mon coming out sur mon vote par ici : https://twitter.com/albinwagener/status/1482759316675469319 et après, chacun.e fait comme iel veut.

      Bon. Ça fait plusieurs semaines que je m’informe. Le moment politique que nous vivons est important, avec de nombreux enjeux planétaires et sociaux. Et je pense donner mon vote à Mélenchon, avec toutes les nuances et les convictions que je porte.

      Je comprends l’envie de vouloir une union, mais AUCUNE élection n’a montré que plus il y avait de candidat.e.s à gauche, moins le total des pourcentages était élevé (c’est même l’inverse). Et la campagne a besoin des dynamiques des candidatures pour fonctionner.

      Au final, cette primaire pour l’union de la gauche se bat non plus contre la droite, mais contre les partis de gauche et leurs programmes réfléchis et millimétrés. Et ça, c’est antidémocrate : je n’ai pas envie que les campagnes soient pilotées par des initiatives privées.

      Si vous voulez unir la gauche, engagez-vous dans un parti. Militez, entrez dans un syndicat, créez une organisation militante. Faire de la politique, c’est bouger la démocratie et motiver des dynamiques. Pas créer une start-up dont la gestion des données pose question.

      Voilà, c’est mon avis. Peut-être que je me trompe. Peut-être que mon analyse est à côté de la plaque. Mais je pense que la dynamique des partis montrent qu’on a besoin d’idées, de programmes ambitieux et d’actions avant tout. Et ça, ne laissez personne vous le voler.

      https://twitter.com/albinwagener/status/1485651793803632648?cxt=HHwWkICz2eybjJ4pAAAA

    • sur les 470 000 inscrits, on a une idée de combien y a de LFI ? ... paske y a de quoi biaiser le résultat en notant JLM « excellent » et (presque) tous les autres « insuffisant » 😋

      Et si il sort vainqueur à l’insu de son plein gré, c’est toujours ça de gagné, question comm et question support logistique de campagne.

    • Clément Viktorovitch : Christiane Taubira, le nombre pour seul discours ?
      https://www.youtube.com/watch?v=q9veU-j3Z8k

      Elle était lundi matin l’invité de franceinfo. Voyons ce qu’elle répond quand on lui demande ce qui justifie sa candidature : « Je suis une candidate de plus pour celles et ceux qui considèrent qu’un processus démocratique, cela ne vaut strictement rien du tout. Qu’un demi million de personnes qui s’inscrivent et qui votent, cela ne vaut rien du tout. (...) Soit on accepte que le processus démocratique a du sens dans notre démocratie : moi, c’est mon parti pris. Le processus démocratique a du sens, c’est le plus gros socle de légitimité citoyenne. »

      Il n’y a rien de moins objectif qu’un nombre

      Ainsi, pour Christiane Taubira, les choses sont claires : la primaire à laquelle elle a participé a rassemblé le plus de personne et elle est donc la plus légitime. Cela s’entend… à quelques nuances près. Car en rhétorique, il n’y a rien de moins objectif qu’un nombre. Ici, Christiane Taubira nous parle « d’un demi-million » de citoyens. Certes. Encore peut-on remarquer qu’elle a choisi d’exprimer cette valeur en millions, et en arrondissant au supérieur. Mais si on s’accorde plutôt à dire qu’elle porte les espoirs de 390 000 personnes, sachant qu’il y a 45 millions d’électeurs en France, le nombre paraît soudain moins important.

      D’autant que tout dépend aussi de la valeur de référence que l’on prend pour établir une comparaison. La primaire populaire a, certes, rassemblé quatre fois plus de votant que la primaire écologiste. Mais c’est six fois moins que la primaire socialiste qui, en 2012, a désigné François Hollande. Donc, certes, Christiane Taubira a pour elle l’argument du nombre. Mais il ne s’agit en rien d’un argument définitif.

      Quelle légitimité les autres candidates et candidats de gauche sont-ils en mesure de lui opposer ? En fait, une légitimité démocratique, eux aussi : Yannick Jadot a été désigné par une primaire, Jean-Luc Mélenchon a rassemblé plus de sept millions de voix en 2017, et Anne Hidalgo a été désigné par le PS, qui est historiquement un grand parti de gouvernement. Mais également, une légitimité programmatique : certains de ces candidats ont mis sur la table un ensemble de propositions précises. A côté de cela, quelle est la colonne vertébrale du programme porté par Christiane Taubira ? Trois mots ont été martelés lors de son discours de victoire : république, justice, solidarité !

      Ajoutons-y quelques petites fioritures pour faire le liant – démocratie, autonomie, libertés – et voilà le discours de Christiane Taubira. Notons que toutes ces occurrences ont été récoltées sur dix-sept petites minutes de discours…

      De grands noms, de grands concepts mais pas de propositions

      Ces mots ne sont évidemment pas anodins : ce sont des concepts mobilisateurs, c’est-à-dire de jolis mots creux et vides, qui parlent à tout le monde, tout en ne disant rien de précis à personne. Mais hier soir, Christiane Taubira ne s’est pas contentée de mobiliser de beaux concepts : elle s’est aussi abritée derrière de grands noms : « Ces grandes figures sont celles de Jean Jaurès, celles de Léon Gambetta, celles de Léon Blum, celles de Pierre Mendès France, celle de François Mitterrand (...) Je pense à Olympe de Gouges, Sophie de Grouchy et Condorcet, ses idéaux se sont aussi ceux de Solitude, ceux d’Aimé Césaire. » Une galerie de portraits donc, les grandes figures historiques de la gauche, qui permettent certes de mobiliser l’émotion des auditeurs, en l’occurrence leur enthousiasme, mais ne constituent pas le début du commencement d’une proposition.

      Alors, certes, Christiane Taubira commence à peine sa campagne. Mais c’est précisément tout le problème : nous sommes fin janvier. Elle ne nous a presque rien dit de ses propositions concrètes. Il lui reste à peine quelques semaines pour : les articuler, nous les présenter, et parvenir à les imposer. Alors, certes, elle peut revendiquer la légitimité du nombre. Mais le nombre suffit-il à fonder un discours et justifier une candidature ? Nous le verrons bien : après tout, les électeurs trancheront.

  • Primaire « populaire » : la startup politique qui vous veut du bien ?
    https://www.frustrationmagazine.fr/primaire-populaire

    « Primaire populaire » est le nom d’une organisation politique créée il y a quelques mois pour obtenir « l’union de la gauche », c’est-à-dire un candidat commun entre l’écologie libérale de Jadot, les multiples tendances du PS post-Hollande et la France insoumise voire l’extrême gauche. Fondée en février 2021, la structure compte désormais près d’une vingtaine de salariés à temps plein, dont la mission est de faire un lobbying auprès des candidats et des médias pour faire de l’organisation d’une grande primaire LA solution pour une victoire de ce que leur porte-parole Samuel Grzybowski appelle « le bloc des justices » (en opposant au « bloc nationaliste » et au « bloc néolibéral »). Sur leur site internet, il est possible de parrainer des candidats à cette primaire (sans leur accord) afin de les soumettre à un vote, du 27 au 30 janvier prochain, qui déterminera un gagnant. Derrière cette organisation a priori gentillette se cache selon nous la plus grosse arnaque politique que nous ayons connu depuis la candidature « ni droite ni gauche » et « hors parti » d’Emmanuel Macron en 2016.

    La positive attitude néolibérale en étendard

    Les premiers signaux d’alerte portent sur la forme : à l’automne dernier, j’ai débattu sur le plateau de Mediapart avec Samuel Grzybowski, et j’ai été consterné par le ton général de « positive attitude néolibérale » qui se dégageait de la moindre phrase qu’il nous sortait pour défendre son organisation : « l’espoir », « le changement », « l’envie », « tous ensemble » :

    Ces mots creux ont pour point commun d’être utilisés par les politiques comme par les DRH. Ce sont des mots qui ne font référence à rien de précis, ils sont sans objet. « Vivre ensemble », avec qui ? « Le changement », vers quoi ? « L’espoir », pour qui ? Le principe est de ne rien préciser pour tout laisser ouvert, même le pire.

    Quand la bourgeoisie avance masquée, il ne faut plus raisonner en terme de clivage droite/gauche mais intégrer des stratégies de #lutte_des_classes