• Féminicides en Suisse : la #violence à huis clos

    Le nombre de #meurtres commis sur des femmes dans le contexte domestique a atteint un nouveau record en 2025. La Confédération et les cantons ont pris des mesures pour freiner cette violence et mieux protéger les victimes. Mais la Suisse en fait-elle assez ?

    Binningen (BL) : le 13 février 2024 vers midi, un homme de 41 ans frappe son épouse de 38 ans au visage et l’étrangle dans leur maison. Il découpe le cadavre pour le faire disparaître. Le couple, parent de deux enfants en bas âge, était sur le point de se séparer. Corcelles (NE) : dans la nuit du 20 août 2025, une femme de 47 ans et ses deux filles meurent poignardées chez elles. L’ex-mari, âgé de 52 ans, attire rapidement l’attention des enquêteurs. Grabs (SG) : le 26 avril 2026, une femme de 71 ans succombe dans sa villa. La police arrête son époux, âgé de 67 ans.

    Trois lieux, trois années, trois meurtres. Qui montrent à quel point le cadre domestique peut être dangereux pour des femmes de tout âge, même dans un pays aussi paisible que la Suisse. La violence exercée par les conjoints ou ex-conjoints commence peu à peu à interpeller la société et le monde politique, mais ces crimes ne sont plus des actes isolés depuis longtemps. En Suisse, une femme meurt toutes les deux à trois semaines en moyenne dans un contexte de violence domestique. En 2025, avec 25 femmes et filles tuées, un nouveau record a été atteint depuis qu’on a commencé, en 2009, à recenser ces meurtres séparément. En tout, 55 homicides ont été commis en Suisse l’an dernier.

    Le gouvernement s’inquiète

    La violence domestique n’épargne pas les hommes. Mais pour ce qui est des meurtres, le tableau est clair : plus de 90 % des victimes sont des femmes, les auteurs étant majoritairement des hommes. Le chiffre record de 2025 a inquiété le gouvernement. « Cela ne peut pas continuer ainsi », a déclaré la ministre de l’intérieur, Elisabeth Baume-Schneider. Le ministre de la justice, Beat Jans, a souligné qu’aucun autre délit ne fait autant de victimes que la violence contre les femmes. Au milieu de 2025 déjà, une commission de représentants de la Confédération, des cantons et des communes a arrêté des mesures urgentes. Les régions ont par exemple été invitées à collaborer pour offrir des places aux femmes dans les #refuges.

    Nora Markwalder, professeure de droit pénal à l’Université de Saint-Gall, ne constate aucune hausse durable du nombre de féminicides. Mais elle trouve tout de même cette « tendance stable » préoccupante. Tandis que les meurtres entre hommes, commis lors de sorties, de disputes ou dans le milieu criminel, ont fortement reculé en Suisse ces dernières décennies, le nombre de femmes tuées par leur conjoint est resté constant. « Cela interroge », note la criminologue.

    Pas un « drame familial »

    Le terme de « féminicide » fournit une piste de réflexion. Popularisé dans les années 1970 par la sociologue américaine Diana Russell, il renvoie à la dimension sociétale de ces crimes. D’après une définition de l’ONU de 2012, les féminicides sont les meurtres commis sur des femmes dans un contexte domestique. Des analyses montrent qu’ils sont souvent liés, chez leurs auteurs, à une volonté de #domination, un sentiment de #possession et des #stéréotypes de #genre. Les séparations sont des phases à haut risque. « Près de la moitié des meurtres sont commis pendant ou après la #séparation », explique Nora Markwalder.

    En Suisse, le féminicide n’est pas un terme juridique. Des groupes de défense des droits des femmes, des responsables politiques et le projet de recherche stopfemizid.ch l’utilisent depuis quelque temps pour mettre ces affaires en lumière. Les médias et les autorités l’emploient aussi de plus en plus. Pour Nora Markwalder, il décrit la réalité : « Il s’agit d’un meurtre, pas d’un drame familial ou d’un crime passionnel, comme on le désignait souvent auparavant pour minimiser sa gravité. »

    Nouveau numéro d’aide aux victimes

    La Suisse a longtemps estimé que ce qui se passait chez les gens ne concernait pas l’État. La violence domestique – viols, voies de fait et menaces – n’est un délit officiel que depuis 2004. Des politiciennes de tous bords se sont battues pour que des mesures soient prises contre la violence faite aux femmes. En ratifiant la Convention d’Istanbul en 2018, la Suisse s’est engagée à agir. Une « feuille de route » de la Confédération et des cantons a porté de premiers fruits : au printemps de 2026, une ligne nationale d’aide aux victimes a été mise en place, le 142. Les cantons ont renforcé leur gestion des menaces pour détecter précocement la violence. Car le féminicide est souvent le point final d’une spirale de violence, comme l’a montré une analyse de la Confédération.

    Désormais, la police s’adresse de manière ciblée aux auteurs de violences. Des cantons testent le bracelet électronique pour interdire les contacts. La Confédération a lancé une campagne de prévention afin de sensibiliser la population à la violence domestique. Des modifications législatives sont envisagées, notamment dans le droit régissant la détention d’armes. En 2025, une étude de l’Université de Saint-Gall a montré que les meurtres domestiques sont souvent commis au moyen d’armes à feu en Suisse, surtout si les auteurs sont âgés. Il faut savoir que les Suisses peuvent conserver leur arme militaire même après avoir été libérés de l’obligation de servir.

    Critiques et exigences

    Les défenseurs des droits des femmes et les partis de gauche reprochent à la Suisse de ne pas appliquer assez rigoureusement la Convention d’Istanbul, malgré les progrès accomplis. Les refuges pour les femmes manquent d’argent, et la protection des femmes varie fortement d’un canton à l’autre. À droite, l’UDC estime que la violence domestique est surtout un problème de migrants. Elle exige des peines plus lourdes et des expulsions systématiques.

    La Confédération et les cantons prévoient de déployer une nouvelle stratégie nationale contre la violence domestique et sexuelle en 2027 afin d’harmoniser les mesures et de tenir compte de la violence numérique. Le Parlement a en outre commandé une étude de faisabilité pour une tenue de statistiques sur les féminicides, y compris hors du contexte domestique.
    Un procès marquant

    Dans l’affaire de Binningen, le procès de première instance s’est tenu en mai 2026. Il a fait apparaître la dynamique destructrice de la violence domestique. La Cour pénale de Bâle-Campagne a condamné l’époux à la perpétuité pour assassinat et atteinte à la paix des morts, estimant que, mortifié par la perspective d’une séparation et mû par un besoin de contrôle, par la vengeance et la colère, ce dernier avait aussi tué sa femme pour dissimuler les faits de violence conjugale. Le président du tribunal a parlé d’un problème de société : « Il s’agit là d’un féminicide. » Des membres de la famille, des amis et des militantes ont rendu hommage à la victime en formant une chaîne humaine devant le tribunal.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/feminicides-en-suisse-la-violence-a-huis-clos
    #féminicides #genre #femmes #Suisse #violence_domestique #statistiques #chiffres

  • Le capitalisme n’est pas un destin
    https://laviedesidees.fr/Lowy-Guillibert-Marx-Narodnik

    Marx reste souvent lu comme un auteur déterministe, théoricien d’un processus historique conduisant au nécessaire dépassement du capitalisme. Une partie de son œuvre tardive invite à nuancer cette lecture.

    #Philosophie #Marx

    • À la suite de sa lecture de Tchernychevski, c’est la correspondance avec Vera Zassoulitch qui permet à Marx d’achever sa mutation intellectuelle. Le comprendre exige de reprendre en détail les arguments donnés par Zassoulitch ainsi que leur reprise par Marx. Cette lettre, datée du 8 mars 1881, mais aussi ses quatre brouillons préparatoires, restés inédits jusqu’à leur publication en 1924, posent la question suivante : La #Russie est-elle obligée de passer par le stade du capitalisme afin d’atteindre le socialisme ? Ce n’est pas, selon Marx, une étape nécessaire. Le processus pour lequel il est le plus connu, à savoir l’expropriation des producteurs afin de constituer un capital, puis la prolétarisation généralisée, ne s’applique pas à la Russie. Les analyses de son ouvrage majeur valent principalement pour le modèle propre à l’Europe occidentale. Il s’agit là de l’argument central de la pensée du dernier Marx : ses analyses n’ont pas vocation à être universalisées et étendues à d’autres régions géographiques. Il existe plusieurs voies pour accéder au communisme.

      #mir #possession_communale #narodniki #Nikolaï_Tchernychevski #Véra_Zassoulitch #théorie #révolution

    • Le dernier Marx, Sous la direction de Kolja Lindner - Éditions de l’Asymétrie, Toulouse, 2019, 400 pages, 20 euros.
      https://www.monde-diplomatique.fr/2020/04/CLOUET/61641

      Découvrir le « Marx tardif », de plus en plus soucieux d’étudier les sociétés précapitalistes pour préciser ses analyses : à cette fin, les éditeurs compilent des extraits des notes prises par lui lors de ses lectures d’historiens, anthropologues, etc., précédés de solides introductions théoriques. Ils montrent comment il cultive le doute méthodologique et combat toute pensée dogmatique dans les dix dernières années de sa vie. Dans ces textes, il pense la démocratie avec les Iroquois, la famille avec les brahmanes, la question foncière avec l’Algérie et l’Inde, ou la commune rurale avec la Russie. Il développe trois idées inattendues pour le lecteur habitué à une certaine vulgate marxienne : le capitalisme n’évolue pas par stades linéaires mais connaît des temporalités irrégulières et contradictoires ; les mouvements historiques ne se diffusent pas depuis l’Europe mais naissent dans une relation combinée avec la périphérie ; des traces d’émancipation peuvent être repérées dans les procédures de décision collectives qu’ont développées de nombreuses populations sans État.

      Hadrien Clouet

      Une présentation plus substantielle, avec un extrait de Karl Marx et les iroquois
      https://editionsasymetrie.org/ouvrage/le-dernier-marx

      #anthropologie #E._P._Thompson

    • “La tâche du Manifeste communiste, c’était de proclamer la disparition inévitable et imminente de l’actuelle propriété bourgeoise. Or, en Russie, à côté d’un ordre capitaliste qui se développe avec une hâte fébrile, à côté de la propriété foncière bourgeoise seulement en train de se constituer, nous constatons que plus de la moitié du sol forme la propriété commune des paysans. Une question se pose donc : la commune paysanne russe – forme, il est vrai, très désagrégée déjà de propriété commune primitive du sol – peut-elle se transformer directement en une forme communiste supérieure de la propriété foncière ? Ou bien devra-t-elle subir préalablement le même procès de dissolution qui se manifeste dans l’évolution historique de l’Occident ? La seule réponse que l’on puisse actuellement faire à cette question est la suivante : si la révolution russe devient le signal d’une révolution ouvrière à l’Occident de façon que les deux révolutions se complètent, l’actuelle propriété commune russe peut devenir le point de départ d’une évolution communiste”

      Friedrich Engels, Karl Marx, préface à l’édition russe du Manifeste du parti communiste, 1882.

    • LE DERNIER MARX, COMMUNISME EN DEVENIR - Karl Marx, Michael Löwy, Pier Paolo Poggio, #Maximilien_Rubel, 80p., octobre 2018, ens Etérotopia
      https://www.eterotopiafrance.com/catalogue/le-dernier-marx-communisme-en-devenir

      L’ouvrage : Dans les années 1881-1882, Marx développe un intérêt particulier pour les sociétés pré-capitalistes (parmi lesquelles notamment les communautés rurales russes) ainsi que pour des pays comme l’Égypte, l’Algérie ou l’Inde, où s’engagent alors des luttes contre la domination capitaliste.

    • Marx et la commune rurale russe : cui prodest ? Il Lato Cattivo [ décembre 2014 ]

      La crise actuelle du mode production capitaliste est, bien compréhensiblement, porteuse d’un nouveau intérêt pour Marx. Dans la profusion des publications – académiques ou non – qui apparaissent un peu partout, aux USA et en Europe mais pas seulement, certains travaux d’un certain intérêt ne tardent pas à percer. Il y a par contre, comme cela advient à chaque fois qu’une étude touche à la « marxologie », le défaut de vouloir découvrir et faire découvrir le vrai Marx, contre les faux Marx d’un passé généralement associé aux méchants souvenir du « socialisme réel ». Enfants d’une téléologie qui voit dans l’histoire l’affrontement du Vrai et du Faux, des telles ambitions, bien qu’elles puissent parfois être fécondes, nous disent davantage sur les fantasmes des auteurs en question et sur leur époque que sur Marx lui-même. Chaque génération, comme l’écrivit Karel Kosík dans Dialectique du concret (Maspero, Paris, 1970), cherche et découvre dans le texte marxien ce qui est nécessaire pour exercer une prise théorique sur son présent et, par conséquent, met en relief certains aspects de Marx pour en écarter d’autres ; chaque génération, en somme, s’abreuve à la source originelle pour la traduire (la trahir) une fois de plus. Le Marx évolutionniste et progressiste de la Seconde Internationale était-il une simple falsification ? Ou était-ce plutôt la lecture plus naturelle que l’on pouvait donner de Marx, dans les conditions de la Belle Époque qui précédèrent la Première Guerre mondiale ? Engels n’écrivit-il pas que la période des bouleversements violents, au moins pour les pays capitalistes les plus développés, était terminée ?

      Avec les brouillons et la lettre de Marx à Véra Zassoulitch.

      #communisme ± #téléologie #orthodoxie #dogmatisme

    • Karl Marx et le socialisme populiste russe, Maximilien Rubel, 1947
      https://www.marxists.org/francais/rubel/works/1947/rubel_19470500.htm

      I. Histoire d’un oubli historique

      Au début des années 80 du siècle dernier, la colonie des révolutionnaires russes réfugiée à Genève accueillit dans ses rangs plusieurs nouvelles recrues qui venaient de faire leurs armes dans le premier mouvement socialiste qu’eût connu la Russie des tsars : le populisme (narodnitchestvo)[1]. (Quatre de ces nouveaux arrivants seront, quelques années plus tard, les pionniers de la social-démocratie russe d’orientation marxiste : G.-V. Plékhanov, P. Axelrod, L. Deutsch et Véra Zassoulitch[2]).

      Avant leur conversion au #Marxisme, ils avaient appartenu à une des organisations illégales du mouvement populiste qui, en 1879, après l’attentat manqué de l’instituteur A. Soloviev contre Alexandre II, s’était scindé en deux fractions : le groupe dit du Partage Noir (Tchnorny Pérédiel) et celui de la Volonté du Peuple (Narodnaïa Volia). Unanimes sur le but à atteindre – leur programme était en somme la réalisation du #socialisme_agraire rêvé par tous les idéologues populistes, de Herzen à Tchernychevski et à Lavrov – ils étaient en désaccord sur les méthodes de lutte à employer en vue de renverser le régime tsariste.

      Tandis que le premier groupe voulait rester fidèle aux traditions populistes en intensifiant la propagande dans les villages et en refusant de donner à leur marche vers le peuple une signification politique, le second proclamait la nécessité d’entrer dans la lutte directe systématiquement menée avec l’autorité, d’en hâter l’effondrement et d’atteindre ainsi un objectif politique important : la convocation d’une assemblée constituante.

  • Épisode 1/4 : Electricité partout, sobriété nulle part

    Sobriété et #électrification sont les mots d’ordre de la #transition. Mais, c’est sans compter cette nouvelle infrastructure énergivore qui est en train de se déployer à travers le monde : celle du numérique, de l’#IA et des #data_centers.

    Avant de parler d’énergie, il nous faudra faire un feu, sans allumettes ni briquet - rejouer cette scène primitive - pour mieux comprendre ce qui est à l’oeuvre. La flamme qui jaillit d’un morceau de bois que l’on chauffe c’est surnaturel, immédiatement séduisant. A nous qui sommes des chimères singe-feu, elle emporte les imaginaires. Cette flamme-là vient rappeler que l’énergie, avant d’être une affaire de kWh, est une métaphysique, un lieu de #fantasmes et d’#histoires qu’on se raconte.

    Le vol du feu aux dieux pour en faire don aux hommes, le geste inaugural de Prométhée s’est traduit en Occident par le projet d’une #émancipation fondée sur la maîtrise et la #possession de la #nature perçue comme un ensemble de #ressources à exploiter. Nous pensons aujourd’hui que ce feu mythique a disparu de nos vies. Nous avons tort : il est partout. Dans les voitures, dans les usines, dans les champs, dans les maisons. Notre monde repose sur la combustion. Des milliards de feux invisibles circonscrits dans des machines, brûlent une #biomasse vieille de millions d’années, et apportent #chaleur et #mouvement. L’équivalent énergétique pour chacune et chacun d’entre nous de centaines d’esclaves humains à notre service.

    "Le choix du feu c’est le choix d’une #économie_fossile qui, dès lors, ne repose plus sur les énergies naturelles anciennes - l’eau, le vent, la force musculaire des êtres vivants et le bois - qui imposaient des contraintes et des limites à la #puissance". (F. Jarrige, historien)

    Le choix du feu est aujourd’hui synonyme de catastrophe climatique, et d’#urgence, il faut rendre le feu aux dieux. Dans le langage courant, nous appelons ça « faire une transition ». Le défi est inédit et colossal. 80 % de l’énergie utilisée dans le monde provenant encore du #pétrole, du #gaz et du #charbon. Miser sur des économies d’énergie et sur une électrification massive des usages en produisant une électricité dite décarbonnée, voilà les axes principaux de cette transition. Pour autant :

    "La #transition_énergétique n’est pas une notion scientifique sérieuse. On ne passe pas d’une énergie à une autre. Historiquement ça n’est pas ce qui s’est passé. L’histoire de l’énergie est celle de l’expansion symbiotique de toutes les énergies et de toutes les matières". (JB. Fressoz, historien)

    La France, dont 25% de la consommation d’énergie s’appuie aujourd’hui sur l’électricité, reste dépendante à plus de 60% aux #énergies_fossiles. Sa stratégie de long terme prévoit, à l’horizon 2050, une diminution de 40% de cette #consommation_d’énergie tout en amenant la part de l’électricité à plus de la moitié de son mix énergétique. Néanmoins, la direction qui est en train d’être prise semble contredire cette feuille de route, comme en témoigne le développement effréné de l’#industrie_du_numérique.

    "On a jamais fait moins de 15% de croissance par an en 25 ans. Ca va un peu mieux que l’économie française". (Fabrice Coquio, président de Digital Realty France)

    Dans une odeur de brûlé, à l’heure du #tout_numérique et de la mise en #données du monde, c’est un nouveau prodige qu’on demande à #Prométhée d’accomplir : d’une main tremblante, rendre le feu fossile, et de l’autre, plus assurée, s’emparer des électrons.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/electricite-partout-sobriete-nulle-part-5983160

    #électricité #sobriété #podcast #audio #intelligence_artificielle #AI

  • Tu m’appartiens ! - Racines d’un #féminicide

    À Hanovre, Vanessa a subi une attaque à l’#acide de son ex-petit ami ; à Berlin, Rebeccah a succombé aux #coups_de_couteau de son compagnon ; à Mérignac, près de Bordeaux, Chahinez a été #brûlée_vive par l’homme dont elle voulait se séparer... Partout en Europe, les #féminicides se succèdent et se ressemblent. En Espagne, le gouvernement a créé des tribunaux spécialisés dans les affaires de #violences_sexistes. À Barcelone, à l’été 2021, un garçon de 2 ans, Léo, est tué par son père, lequel a cherché à se venger de la mère de l’enfant dans un contexte de #divorce. Depuis cette affaire, le pays considère ce type d’#infanticide comme un #féminicide_par_procuration. En France, les violences faites aux femmes, déclarées « grande cause du quinquennat » par Emmanuel Macron, ne diminuent pas, et les défaillances de la #justice continuent d’indigner la population. Près d’une femme sur cinq morte sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint avait ainsi porté #plainte avant le drame. Outre-Rhin, le terme « féminicide » n’est pas encore véritablement entré dans le vocabulaire, et le fait qu’une femme ait voulu se séparer de son compagnon peut encore contribuer à atténuer la peine de l’homme devant un tribunal.

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/65344_0

    #film #documentaire #film_documentaire
    #séparation #violences_conjugales #impunité #justice #machisme #crime_machiste #patriarcat #possession #tolérance #convention_d'Istanbul #VioGén #algorithme #contrôle #menaces #responsabilité #protection

    • #Sitopia. How Food Can Save the World

      Sitopia is the sequel to Hungry City. It explores the idea, first developed in Hungry City, that food shapes our lives, and asks what we can do with this knowledge in order to lead better ones. In essence, it is a practical, food-based philosophy.

      Food is the most powerful medium available to us for thinking in a connected way about the numerous dilemmas we face today. For countless millennia, food has shaped our bodies, lives, societies and world. Its effects are so widespread and profound that most of us can’t even see them; yet it is as familiar to us as our own face. Food is the great connector – the staff of life and its readiest metaphor. It is this capacity to span worlds and ideas that gives food its unparalleled power. Food, you might say, is the most powerful tool for transforming our lives and world that we never knew we had.

      While Hungry City explored how the journey of food through the city has shaped civilisations over time, Sitopia starts with a plate of food and travels out to the universe. Its structure thus consists of a series of overlapping scales, in which food is always central. Food animates our bodies, homes and societies, city and country, nature and time – seven scales that form the chapters in the book. This idea came from a drawing I did in 2011, in order to understand food’s place in our world. The drawing showed me how food’s effects at various scales interact in myriad interconnected ways. From the cultural norms into which we are born spring personal tastes and preferences that affect our individual health and pleasure, but also the vibrancy of local economies, global geopolitics and ecology. This interconnectivity made the book tricky to write, since every chapter overlapped with every other. As I wrote, however, a hidden structure began to reveal itself: as well as radiating out from food like ripples from a pond, the chapters, I realised, were mirrors of one another, so that Chapter 1 (Food) was mirrored by Chapter 7 (Time), in the sense that the former dealt primarily with life, while the latter was concerned with mortality. Similarly, Chapter 2 (Body) explores how out of synch with our world we have become, while Chapter 6 (Nature) offers a solution: to re-engage with the natural world. Chapter 3 (Home) examines our relative lack of a sense of belonging, while Chapter 5 (City and Country) shows how by rethinking the ways we inhabit land, we can regain our sense of home. It is not insignificant that this mirroring effect should have revolved around the central Chapter 4 (Society), which I came to realise was indeed pivotal, since the manner in which we share is key to all the rest.

      These two drawings – the original sketch exploring the scales of food and the chapter structure – were key to the creation of Sitopia. The first was the direct inspiration for the book and the second, drawn about half-way through the writing process, became pivotal to my understanding, not just of the book’s narrative structure, but of the way in which it echoes that of our experienced world. The Allegory of Sitopia, which illustrates many of these themes, was kindly drawn for me by the wonderful artist Miriam Escofet and forms the frontispiece of the book.

      https://www.carolynsteel.com/sitopiabook
      #livre #alimentation #nourriture

    • Carolyn Steel : « L’habitat idéal pour un animal politique est d’avoir un pied en ville et l’autre à la campagne »

      Dans son nouveau livre, l’architecte urbaniste britannique plaide pour une réorganisation de la #ville à partir des besoins en alimentation.

      Architecte urbaniste britannique, Carolyn Steel voit dans la nourriture « la clé de la ville » mais constate que « nous n’en parlons pas, nous ne voyons pas d’où elle vient ». Paru en mars 2020, Sitopia. How Food Can Save the World (« Sitopie. Comment la nourriture peut sauver le monde », Chatto & Windus, non traduit) invite à repenser villes, multinationales, écologies et relations humaines. Ambitieux projet qu’elle justifie en écrivant que « la nourriture, le support omniprésent de la civilisation, a toujours façonné le monde, pas toujours pour le mieux ».

      Votre travail vous a fait découvrir ce que vous appelez le « #paradoxe_urbain ». Qu’entendez-vous par là ?

      J’ai étudié l’architecture, où nous parlions sans arrêt des villes et de l’#urbanisation croissante sans jamais aborder les enjeux liés à la #campagne, soit l’autre face du phénomène. C’est là qu’a lieu la #production_agricole sans laquelle nous n’existerions pas.

      Aristote souligne notre dualité fondamentale en disant que nous sommes des animaux politiques. Nous avons besoin de la société et de nourriture provenant du milieu naturel. Les villes produisent le côté politique, mais pas ce qui nous rend heureux et nous permet de prospérer en tant qu’animaux. Voilà le paradoxe urbain.

      L’habitat idéal pour un animal politique est d’avoir un pied en ville et l’autre à la campagne. Les riches ont toujours fait ça. C’est bien entendu ce que nous voulons tous mais la plupart d’entre nous n’en ont pas les moyens. Ça devient un problème de design : comment on peut concevoir un environnement dans lequel les animaux politiques peuvent s’épanouir et apprendre. En reconnaissant le paradoxe, nous pouvons transformer notre manière de concevoir les espaces dans lesquels nous vivons.

      Comment expliquez-nous qu’on ne prête pas davantage attention à la manière de nourrir nos villes ?

      La nourriture pâtit d’un gros problème d’invisibilité. Jadis, les animaux étaient conduits jusqu’en plein centre. Les marchés renforçaient la relation entre villes et campagnes de manière vivante.

      Mais nous avons perdu tout ça avec les chemins de fer qui ont rendu possible le transport de nourriture rapidement et sur de longues distances. Pour la première fois, on pouvait construire des villes loin des côtes et des rivières. Cela a marqué le début de l’urbanisation massive. Les gens ignoraient de plus en plus d’où provenait leur alimentation.

      Nos ancêtres savaient que le contrôle de la nourriture constituait une forme de pouvoir. Aujourd’hui, une poignée de multinationales en a plus que certains Etats-nations. La conséquence la plus grave est l’illusion que la nourriture créée par l’industrialisation peut être « bon marché ».

      Cela engendre une #catastrophe_écologique. Nous traitons les animaux avec cruauté et les travailleurs agricoles presque comme des esclaves (parfois littéralement). La production industrielle de nourriture, facteur de déforestation, est responsable pour un tiers de l’émission des gaz à effet de serre.

      Vous développez ces points dans votre premier livre, Ville affamée. Avec Sitopia que vous venez de publier, vous allez plus loin. Qu’entendez-vous par « économie sitopienne » ?

      L’idée de Sitopie, du grec sitos, « nourriture », et topos, « lieu », m’est venue à la fin de Ville affamée. J’ai réalisé que nous vivions dans un monde façonné par la nourriture, mais mal façonné. Elle est la meilleure connexion entre nous et nous rapproche aussi du monde naturel. La traiter comme un bien de peu de prix et en externaliser les coûts met nos valeurs sens dessus dessous. Je propose d’aller vers un système de nourriture fondé sur sa valeur réelle. Premier gain, si nous répercutions à nouveau ses coûts réels sur son prix, les produits artisanaux et écologiques nous sembleraient de véritables aubaines, puisque ce sont les seuls qui internalisent de tels coûts.

      Ensuite, nous nous rendrions compte qu’une partie de la population n’a pas les moyens de se nourrir. C’est pourquoi je propose le contrat social « sitopien » : je mange bien, tu manges bien aussi. Mon image d’une bonne société est celle où nous nous asseyons et mangeons ensemble autour d’une table. C’est reconnaître que manger, c’est ce qui nous unit aux autres et à l’ensemble du système écologique. Construire notre société autour du partage d’un bon repas tous les jours, telle est l’idée de base.

      Ça n’est pas une idée entièrement nouvelle…

      Elle s’inspire en effet du concept de cité-jardin, inventé en 1898 par Ebenezer Howard à l’issue d’une crise agricole provoquée, en Grande-Bretagne, par des importations à bas coûts de céréales américaines. Comme le Brexit auquel je m’oppose.

      L’idée était de construire de nouveaux centres urbains, petits et compacts sur des terres agricoles achetées à bas prix du fait de la dépression. Ce ne serait pas le propriétaire qui s’enrichirait (comme à la ville), mais la ville qui achèterait les terres agricoles pour la communauté et les mettrait à disposition de ses membres moyennant une rente foncière. A mesure qu’elle augmenterait – c’est inévitable si vous construisez une nouvelle ville au milieu de nulle part –, l’argent serait utilisé pour financer les transports publics, la santé, etc. Une sorte d’Etat-providence à l’échelle d’une ville.

      Valoriser la nourriture mènerait, selon vous, à une renaissance rurale. Comment voyez-vous le futur des villes ?

      Il y a, d’abord, l’aspect spatial. Plus les villes grandissent, plus les campagnes s’éloignent pour ceux qui vivent en leur centre. Je propose de rétablir la relation entre la ville et sa région, et d’introduire l’espace de production de nourriture dans la ville. L’Europe est pleine d’espaces inefficaces structurés par le béton, qui pourraient devenir productifs. Nombre de terrains pourraient être convertis en jardins, vergers, fermes communaux. Bien entendu, cela ne pourra jamais nourrir la ville dans sa totalité mais ça peut redonner aux gens accès à la nature.

      Comment voyez-vous l’impact du Covid-19 sur le système alimentaire que vous dénoncez ?

      Il y a eu un aspect positif. Dans les pays riches, on a redécouvert le plaisir de manger. Les gens ont disposé de plus de temps. Ils se sont mis à cuisiner avec leurs enfants mais aussi pour leurs voisins. Ils ont veillé au bien-être de la dame âgée en bas de la rue. La nourriture a retrouvé son pouvoir de rassemblement.

      Mais le négatif est peut-être plus important. La pandémie est venue exacerber les inégalités et beaucoup de gens ont dû se rabattre sur les banques alimentaires.

      Par ailleurs, de nouvelles connexions se sont créées entre consommateurs et producteurs mais personne ne veut faire les récoltes en Grande-Bretagne (ce qui fait ressortir la fragilité du pays). Nous sommes une société qui refuse littéralement de se nourrir. Si vous payez 30 livres par heure pour récolter des carottes, je peux vous dire que vous en trouverez des gens ! Une fois de plus, la valeur est biaisée.

      Quelles conséquences tout cela pourrait-il entraîner ?

      De nombreux petits producteurs, petites entreprises alimentaires et petits restaurants indépendants ne survivront pas au profit des Starbucks, McDonald’s, Amazon et Google. Cela m’attriste et me bouleverse, mais c’est presque inévitable.

      J’espère, par contre, sincèrement – c’est plus un souhait qu’autre chose – que les Sitopiens qui comprennent la valeur de la nourriture et son pouvoir utiliseront le Covid-19 pour dire : nous avons découvert ce qui compte vraiment dans la vie, avoir un emploi décent, de quoi manger et un toit sur la tête. Nous avons les moyens d’assurer ça.

      Le New Green Deal [« nouvelle donne verte »] va dans ce sens. Il y a là une chance unique de bien faire les choses.
      Vous incitez à accepter la complexité pour comprendre le rôle essentiel de la nourriture, mais vous en faites une voie unique pour comprendre le monde. N’est-ce pas contradictoire ?

      Vous avez mis le doigt sur ce que j’aime le plus avec la nourriture. Elle est à la fois la chose la plus simple – si simple qu’on peine à la voir – et la plus complexe. Un outil, un moyen et une manière de penser et d’agir. Toutes ces questions reviennent à bien se traiter les uns les autres, à être dans une société égalitaire.

      Pour y parvenir, vous faites appel aux anarchistes et à une conception différente de la taxe foncière…

      Ils ont eu une grande influence sur Ebenezer Howard et sa proposition de cité-jardin. L’idée de base – elle vient de Proudhon – consiste à distinguer la « propriété individuelle privée » (proprietorship), qui permet de dire « c’est ma terre à perpétuité, elle n’appartient à personne d’autre », et la « possession » de la surface dont j’ai besoin pour cultiver et/ou pour vivre… mais qui appartient, en dernière instance, à la société. C’est une conception différente de la propriété foncière qui ouvre la porte à un nouveau type d’imposition, notamment pour les villes.

  • Mirages de la carte

    Lorsque les troupes françaises débarquèrent à Alger en 1830, le territoire qui s’étendait devant eux leur était à peu près inconnu. Quelques récits de voyageurs, les traités des géographes antiques : le bagage était mince. La #conquête allait commencer, mais aucun Français ne savait ce qu’était l’Algérie. Quelles étaient ses limites, à l’est et à l’ouest, en direction de la Tunisie et du Maroc ? Fallait-il se contenter d’occuper une bande de terre côtière ou pénétrer en direction du mystérieux Sahara ? Comment établir des frontières, dans les confins traversés par des populations nomades ? Et, dans l’immédiat, sur quelles cartes s’appuyer pour assurer le contrôle du territoire, identifier les populations locales et nommer les régions occupées ?
    Mirages de la carte renouvelle en profondeur l’histoire de la conquête de l’Algérie, en suivant au plus près les travaux des géographes et des cartographes chargés d’arpenter ce territoire et d’en tracer les contours dans le sillage de l’#armée. Hélène Blais montre que la #géographie_coloniale sert à prendre #possession d’un territoire, aussi bien militairement que symboliquement, mais qu’elle ne se réduit pas à imposer une #domination. En nous conviant à l’#invention de l’#Algérie_coloniale, à la croisée des pratiques savantes et des ambitions impériales, ce livre original et novateur démontre brillamment comment l’#histoire_des_savoirs peut renouveler celle des #empires_coloniaux.


    https://www.fayard.fr/histoire/mirages-de-la-carte-9782213677620

    #livre #histoire #cartographie #France #Algérie #colonisation

    ping @reka @albertocampiphoto @karine4

    • Voyages au Grand Océan. Géographies du #Pacifique et colonisation, 1815-1845

      Pour avoir été dédiés à la #découverte et à la #science, les #grands_voyages de découverte autour du monde du XVIIIe siècle ont acquis un immense prestige. Au lendemain des guerres napoléoniennes, la #Marine_française tente de renouer avec cette tradition. De grands marins comme #Freycinet, #Dumont_d'Urville ou #Dupetit-Thouars partent alors sur les traces de Bougainville et de Lapérouse. Le monde a cependant changé. De 1815 à 1845, les ambitions coloniales renaissent. L’#océan_Pacifique, qui reste un réservoir de mythes et de rêves pour les Européens, devient simultanément un terrain de #convoitise. Il faut répondre à la fois aux normes modernes de précision et aux impératifs géostratégiques qui se modèlent dans cette partie du monde. En 1842, la mainmise française sur les archipels des #Marquises et de #Tahiti donne aux reconnaissances géographiques une orientation coloniale soudain explicite.
      C’est l’histoire encore méconnue de ces #voyages_océaniens, où les visées impérialistes se mêlent aux objectifs scientifiques, qui est ici racontée. Quels étaient les objectifs politiques et les visées scientifiques de ces #explorations ? Que faisaient au juste les voyageurs sur le terrain ? Quel nouveaux savoirs géographiques ont-ils élaboré ? Quel usage a-t-on fait des informations rapportées ?
      Hélène Blais montre comment la curiosité géographique et les ambitions coloniales s’articulent de façon inattendue et parfois ambiguë. Les marins comblent les blancs de la carte, donnant ainsi naissance à des géographies du Pacifique qui se distinguent pas leurs usages et leur réception. Mais au-delà, ces voyages au Grand Océan font apparaître, à travers le choix des échelles et les découpages internes, les différents facteurs qui président à l’invention d’un territoire dans un contexte d’#expansion_coloniale.


      http://cths.fr/ed/edition.php?id=601
      #océans #mers #mer #océan

  • Why Aren’t Rich People Happy With the Money They Have? - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/12/rich-people-happy-money/577231

    Norton says that research regularly points to two central questions that people ask themselves when determining whether they’re satisfied with something in their life: Am I doing better than I was before? and Am I doing better than other people? This applies to wealth, but also to attractiveness, height, and other things that people fret about.

    [...]

    The research Norton has conducted illustrating this phenomenon is dispiriting. In a paper published earlier this year, he and his collaborators asked more than 2,000 people who have a net worth of at least $1 million (including many whose wealth far exceeded that threshold) how happy they were on a scale of one to 10, and then how much more money they would need to get to 10. “All the way up the income-wealth spectrum,” Norton told me, “basically everyone says [they’d need] two or three times as much” to be perfectly happy.

    #bonheur #possession #argent #riches

  • #Terres, pouvoirs et #conflits. Une #agro-histoire du monde

    La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l’approprient. Les sociétés n’ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc.

    Parce que la #possession de la terre demeure un moteur politique décisif, Pierre Blanc revisite l’histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.

    Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des États-Unis dans la guerre froide à la Russie d’aujourd’hui, de la Chine aux pays du Golfe qui investissent dans le monde, combien de pays ont exprimé une volonté de puissance et de sécurité par leur emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours chinois, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance ainsi entravé ?

    Une agro-histoire du monde pour comprendre les enjeux géopolitiques du XXIe siècle.


    http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/livre/?GCOI=27246100532560&fa=author&person_ID=1383
    #agriculture #histoire #pouvoir #livre
    ping @odilon

  • Cette #histoire se veut « populaire » au sens où elle s’adresse au grand public, mais aussi en raison de son objet. Le but est de montrer, preuves historiques à l’appui, que ce ne sont pas les « grands hommes » (ni « les grandes femmes ») qui font l’histoire, mais le peuple. Pour que « ceux d’en bas » puissent constituer un véritable « peuple » (au sens politique du terme) et non plus une simple population d’individus répartis sur un territoire, il faut qu’ils soient liés entre eux. Ce lien, ce n’est pas le « sentiment d’appartenance à la nation » – comme veulent nous le faire croire les idéologues républicains – mais la domination exercée par le #pouvoir d’État et les résistances de ceux qui la subissent.
    Dans cette perspective, #l’histoire_populaire de la #France débute avec le prélèvement des #impôts_directs sur ses sujets, coup de force qui suscite un immense mouvement de révolte au cours duquel s’opère la jonction du peuple des #villes et du peuple des #campagnes.
    En prenant, comme fil conducteur, ce processus de domination/résistance, l’ouvrage éclaire sous un jour nouveau tous les grands événements qui ont scandé l’histoire de la France depuis la fin du Moyen Age (l’esclavage, la colonisation, les migrations, les révoltes et les révolutions, les guerres, les crises économiques et politiques).
    « La France » étant ici définie comme l’ensemble des territoires qui ont été placés, à un moment où un autre, sous la coupe de l’État français (ce qui inclut toutes les #possessions_coloniales), cet ouvrage est aussi un monument élevé aux multiples composantes des classes populaires qui ont construit ce pays, depuis le XIVe siècle jusqu’à aujourd’hui.


    Historien, directeur d’études à l’EHESS, Gérard Noiriel a notamment travaillé sur l’articulation de l’immigration, de la nation et des sentiments xénophobes. Dernier livre paru, Chocolat, La véritable histoire d’un homme sans nom (Bayard, 2016).
    http://agone.org/memoiressociales/unehistoirepopulairedelafrance
    http://terrainsdeluttes.ouvaton.org

  • La #propriété contre la #possession « Les Amis de Némésis
    http://www.lesamisdenemesis.com/?p=951

    Comme le relève très justement Guillaume Paoli sur son blog[1], de nouvelles techniques de vente ne cessent d’intensifier une domestication du client déjà acquis. Ce qui semblait être une vente n’est plus, pour finir, qu’une location, on ne peut plus acquérir qu’une coquille vide, une ombre, un fantôme[2]. Le vendeur ne vend en fait que le droit de continuer à payer une redevance, sous peine de perdre ce qu’on pensait avoir « acheté ». Cette technique commerciale prolonge et pousse jusqu’aux extrémités le calcul déjà ancien qui revenait à vendre peu cher un appareil (électro-ménager ou bureautique), mais à matraquer le client par le prix élevé des consommables, évidemment indispensables et sans lesquels l’appareil, en réalité, n’existe pas ; réduisant ainsi l’acquéreur au rang de client captif, voire de serf d’une consommation illimitée.