• Semer le trouble. #Soulèvements, #subversions, #refuges

    On étouffe. La situation n’est pas tenable. Nous courons à la catastrophe. L’effet de sidération paralyse les velléités d’action. Ce contre quoi nous avons des raisons de nous insurger semble se fondre dans un même mouvement global, une lame de fond irrépressible. Quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des techniques de lutte et enquête sur les foyers de résistance qui s’élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d’autres perspectives. Les collectifs travaillent leurs outils autant que leurs convictions ; ils suspendent le temps, par adaptation ou détournement de choses et de dispositifs. Comment la « mésentente », qui vient troubler l’idylle consensuelle de la politique, se trouve-t-elle instruite et équipée par les gestes et les instruments propres aux mouvements de lutte ?
    Ce numéro est élaboré dans le contexte de la mobilisation contre des réformes qui mettent en danger la vitalité de l’enseignement supérieur et de la recherche. Par cette matérialisation, en revue, d’un désaccord têtu, Techniques&Culture propose un répertoire non exhaustif des actions qui sèment et cultivent le trouble.

    https://journals.openedition.org/tc/14102

    Sommaire :

    Annabel Vallard, Sandrine Ruhlmann et Gil Bartholeyns
    Faire lutte

    Matthieu Duperrex et Mikaëla Le Meur
    Matières à friction et techniques de lutte [Texte intégral]
    –—
    Voies du #soulèvement

    François Jarrige
    #Sabotage, un essai d’archéologie au xixe siècle

    Maxime Boidy
    Qu’est-ce qu’un #bloc en politique ?

    Violaine Chevrier
    Occuper et marquer l’#espace. Des « #cortèges_de_tête » aux #Gilets_jaunes à #Marseille

    –—
    Fragments de lutte

    Başak Ertür
    La #barricade

    Lucille Gallardo
    Simuler et politiser la mort : le #die-in

    Claire Richard
    Les #Young_Lords et l’offensive des #poubelles

    Thomas Billet, Leny Dourado et Agnès Jeanjean
    La #colère des #blouses_blanches

    Sandra Revolon
    #Game_of_Thrones

    Magdalena Inés Pérez Balbi
    « Que le pays soit leur prison ». Les #escraches contre les génocidaires en #Argentine

    Yann Philippe Tastevin
    Le pneu au piquet

    –—

    #Arts de la subversion

    Catherine Flood
    #Disobedient_Objects. Exposition indisciplinée

    Umberto Cao
    « Résistances électriques » Le mouvement “Luz y Fuerza del Pueblo” au #Chiapas (Mexique)

    Lucie Dupré
    Faire lutte de tout arbre

    Thomas Golsenne
    Politiques de la #craftification

    –—

    Fragments de lutte

    Zoé Carle
    Affiche-action ! La longue histoire des luttes contre le #logement_indigne à Marseille

    Élisabeth Lebovici
    « Je suis… Et vous… »

    Jean-Paul Fourmentraux
    La #sous-veillance, Paolo Cirio

    Nicolas Nova et Félicien Goguey
    Le #black_fax et ses dérivés

    Pierre-Olivier Dittmar
    Du mur de post-it à l’ex-voto. Les signes publics des #émotions_politiques

    Mikaëla Le Meur
    À cause de #Macron. La #désobéissance en kit

    Georges Favraud
    Du #conflit public à la force des intériorités. Stratégies taoïstes de la lutte

    –—

    Refuges et pratiques réparatrices

    Perrine Poupin
    Prendre soin des manifestants. Les #street-medics dans le mouvement des Gilets jaunes

    Joanne Clavel et Camille Noûs
    #Planetary_Dance d’#Anna_Halprin. Étoile d’une constellation kinesthésique et écologique

    Madeleine Sallustio
    #Moissons conviviales. Chercher l’#autonomie en #collectif_néo-paysan

    Raphaële Bertho et Jürgen Nefzger
    Jürgen Nefzger, activiste visuel sur le terrain de la tradition paysagère

    –---
    Fragments de lutte
    Sandrine Ruhlmann
    Composer pour résister ou exister en #Mongolie

    Sébastien Galliot
    Plein le dos. Un réseau militant de chair et de papier

    Soheil Hajmirbaba et Le consortium Où Atterrir ?
    S’orienter dans la description de nos terrains de vie

    Irène Hirt et Caroline Desbiens
    Exister sur la mappemonde. Cartographies autochtones

    Edgar Tasia
    Le #Gamarada. Dispositif de #résilience, incubateur de #résistance

    Florent Grouazel
    Les subsistances

    #revue #résistance #lutte #luttes

    ping @karine4 @isskein

    • Techniques & Culture 74. Semer le trouble

      Si la situation n’est pas tenable, et si nous courons à la catastrophe, comment lutter contre la marche des choses ? Quels outils, quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des formes de lutte, enquêtant sur les foyers de résistance, même circonscrits, même temporaires, qui s’élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d’autres perspectives.

      https://www.youtube.com/watch?v=es7Yxc1KKQI&feature=youtu.be

  • Eboueurs : l’héroïsation éclaire le mépris social d’une lumière plus intense
    https://www.bastamag.net/eboueurs-travailleurs-metiers-invisibles-heroisation-mepris-social-medias-

    Que retenir du traitement médiatique des éboueurs présentés comme des remparts vivants à la propagation d’un processus mortel ? Cette attention à l’utilité sociale des « derniers de cordée » renvoie t-elle à de la reconnaissance ? Pour le sociologue du travail Stéphane Le Lay, il n’est « pas sûr que la “gratitude collective spontanée” survive longtemps à l’épidémie de coronavirus ». Voici pourquoi. Les articles de presse et autres reportages télévisés mettant sur le devant de la scène « ceux qui sont (...) #Débattre

    / #Conditions_de_travail, #Inégalités

  • Le Poison de La Mafia Calabraise et La Loi du Silence

    Depuis des années, le journaliste #Sandro_Mattioli enquête sur un trafic de déchets toxiques en Calabre, dans le sud de l’Italie, qui impliquerait la mafia locale : la ‘Ndrangheta. En 1989, soixante tonnes de déchets médicaux prêts à être incinérés ont été découvertes dans un village de la province de Consenza. Des bateaux auraient également servi de vaisseaux-poubelles. D’autres ont disparu en mer. La mafia calabraise semble être aux commandes de ce trafic destructeur.

    https://www.youtube.com/watch?v=FL8Zp5h1upc

    #film #film_documentaire
    #mafia #calabre #déchets_radioactifs #cancer #crime_organisé #Gioia_Tauro #décharges_illégales #Rigel #Natale_de_Grazia #Simona_del_Vecchio #services_secrets #'ndrangheta #ndrangheta #Piana_di_Gioia_Tauro #Rosarno #déchets_nucléaires #déchets_toxiques #nucléaire #IAM #lixiviat #armes_nucléaires #Veolia #dioxine #incinérateur #usine_d'incinération #TEC #multinationales #MCT #Eurogate #Thomas_H_Eckelmann #Cecilia_Battistello #transport_maritime #port #conteneurs #économie #pizzo #poubelle_d'Europe #hypocrisie #Africo_Nuovo #Giuseppe_Morabito #Morabito #Aspromonte #San_Luca #Giuseppe_Giorgi #Torrente_La_Verde #omertà #résignation #omerta #gaz_neurotoxique #Marseille #Italie #Coraline #France #Côte_d'Azur #infiltration_mafieuse #Vintimille #Bevera #Pellegrino #Giovanni_Tagliamento #contship_Italia_group #Crotone #Korabi_Durres #ARPACAL #déchetterie #Rosso #mortalité #santé #Messina_Lines #Oliva #Rosarno

    ping @albertocampiphoto @wizo

    • La malapianta

      Dopo la strage di #Duisburg, nell’agosto del 2007, il mondo sembra finalmente essersi accorto della ’ndrangheta. Eppure la potente organizzazione criminale calabrese esiste indisturbata da decenni, o da decenni c’è chi quotidianamente rischia la vita per combatterla. #Nicola_Gratteri, procuratore aggiunto di Reggio Calabria, è certamente una delle personalità più controverse e affascinanti coinvolte in questa guerra. Spesso criticato per la durezza dei suoi metodi, Gratteri è nato in Calabria e dalla sua regione d origine non ha mai voluto andarsene, anche a costo di grossissime rinunce. Una vita interamente dedicata alla giustizia, a prezzo di scelte difficili, come per esempio quella di perseguire penalmente persone in passato vicine, magari amici di infanzia o compagni di scuola. In questo libro il grande investigatore anti-’ndrangheta si racconta ad Antonio Nicaso.

      https://www.mondadoristore.it/La-malapianta-Antonio-Nicaso-Nicola-Gratteri/eai978880459369
      #livre

    • Porto franco. Politici, manager e spioni nella repubblica della ’ndrangheta

      È vero, della ’ndrangheta ormai si parla abbastanza. Si sa, ci sono i collusi, i corrotti, la zona grigia. Insomma, le solite storie, si dirà. No! Perché bisogna capire cosa c’è dietro. Lo scenario! Questo libro racconta fatti inediti e incredibili, un Paese assurdo che sembra un marcio Macondo di Garcìa Màrquez. C’è il latitante in Venezuela che tratta voti e petrolio con Dell’Utri, e poi compra azioni con una broker in Vaticano che si incontra col cappellano spirituale di papa Wojtyla. C’è la Onlus di un prete nigeriano che smercia medicinali per conto dei boss. Ci sono i cinesi che contrabbandano scarpe e vestiti, amici dei Templari - non i cavalieri del Santo Sepolcro, ma i massoni - che a loro volta riciclano milioni della ’ndrangheta tramite fondazioni «umaniste». C’è il faccendiere che chiede al ministro di intercedere per il boss al 41 bis, e il ministro, a sua volta inquisito, che chiede una mano al faccendiere. C’è lo stimato commercialista uomo dei Servizi che si vende al boss per pura ammirazione, perché quello sì è «un vero uomo». C’è il giudice erotomane che si vende per qualche escort e un po’ di affari... Tutte storie che in un modo o nell’altro attraversano la Piana di Gioia Tauro e il suo porto, crocevia di mezzo secolo di storia repubblicana, da Andreotti a Berlusconi, di intrecci fra massoneria, Servizi deviati, manager corrotti. Mezzo secolo di storia dei #Piromalli, la famiglia che - tra omicidi e tragedie - ha trasformato la vecchia ’ndrangheta in un potere parallelo.

      https://www.libreriauniversitaria.it/porto-franco-politici-manager-spioni/libro/9788866205340

    • In fondo al mar

      In fondo al mar(under the sea) is a data-driven journalism project mapping out shipping accidents suspected of being involved in illegal waste dumping activities, that have been first revealed by judiciary and parliamentary inquiries.

      The original project data stems from a research conducted at the archive of the Lloyd’s Register of Shipping in London and it has been cross-referenced with information obtained from newspaper article, investigations of environmental organizations and specialist sites sites.

      Maps, timelines and other forms of info-visualization are meant to allow users to navigate this complex dataset and see for themselves some of the anomalies that emerge from the data. But the goal is also to lay the foundations for future research on this case in order to ascertain what has happened and the possible health risks.


      https://infondoalmar.fatcow.com

      #cartographie #visualisation #dataset #données

      ping @reka @fil

  • Le batchcooking, nouvel impératif social
    https://www.franceculture.fr/emissions/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner/lhumeur-du-jour-emission-du-mardi-28-janvier-2020


    Le batchcooking consiste à préparer le dimanche les plats pour la semaine, théoriquement en deux heures, les deux heures étant une hypothèse à peu près aussi réaliste qu’un plan de paix pour le Moyen-Orient. Donc vous allez, que dis-je vous devez vous lancer dans le batchcooking, c’est le nouvel impératif du parenting — élever des enfants, quoi — et cela dans le but de ne pas les alimenter uniquement à l’ultra processed food, une nourriture riche en graisses, sel et autres additifs.

    Vous devez vous lancer dans le batchcooking, parce que comme cela a été dit par de nombreux anthropologues, nous sommes passés d’une civilisation de la honte à une civilisation de la culpabilité, les deux pouvant d’ailleurs aller de pair, puisque nourrir votre progéniture de croque-monsieur carrefour, c’est conjuguer à la fois la honte et la culpabilité, quant aux cordons bleus Monique Ranou, la marque propre d’Intermarché, j’imagine qu’il faut être l’un des Thénardier pour en servir à ses enfants.

    Ou comment cuisiner quand on a un mode de vie inadapté, qu’on est pressé par le manque de temps ?

    #cuisine #poubelle_industrielle (mais en mieux)

  • Snowden, Constant et le sens de la liberté à l’heure du désastre | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/12/20/snowden-constant-et-le-sens-de-la-liberte-a-lheure-du-desastre

    Aurélien Berlan

    Les géants du numériques ont aboli la « vie privée », face visible de la liberté des Modernes. C’est au contraire à l’autre versant de cette conception de la liberté qu’il faudrait renoncer : être délivrés des nécessités de la vie, rendue possible par l’instauration de dispositifs lointains et aliénants. Il s’agit alors de reconquérir la liberté de subvenir à nos vies.

    A propos d’Edward Snowden, Mémoires vives, Seuil, Paris, 2019.

    Les appels à décréter « l’état d’urgence écologique » qui foisonnent aujourd’hui à l’adresse des Etats sont le dernier avatar d’une idée qui hante une partie du mouvement écologiste depuis longtemps. Compte tenu des liens historiques entre la dynamique des sociétés industrielles et la conception occidentale moderne de la liberté, enrayer l’aggravation des nuisances et la multiplication des catastrophes que ces sociétés provoquent supposerait d’engager une politique étatique volontariste, voire dirigiste, supposant de restreindre les libertés, que ce soit sous la forme d’un renouveau républicain ou d’une dictature verte1. Entre la nature et la liberté, il faudrait choisir – et vu le degré de dégradation environnementale déjà atteint, manifeste dans la brutalité de l’effondrement en cours du vivant, on n’aurait en réalité pas le choix.

    Sur les terrains de lutte ayant une dimension écologiste, là où des gens se mettent en danger pour empêcher tel ou tel projet désastreux de se réaliser, qu’il s’agisse d’un méga-transformateur électrique pour exporter de l’énergie prétendument verte (comme en Aveyron où l’Amassada vient d’être expulsée manu militari), d’une mine de lignite (à Hambach en Allemagne où l’intervention de la police a provoqué un mort) ou d’une poubelle nucléaire (à Bure où les militants font l’objet d’une répression judiciaire acharnée), c’est un autre son de cloche que l’on entend en général. Les militant-es ne se battent pas pour que les prérogatives de l’Etat soient encore renforcées après deux décennies de lois « antiterroristes » (utilisées contre la contestation écologiste lors de la COP 21) et cinquante ans de politiques « sécuritaires », mais pour reconquérir une liberté que le capitalisme industriel, avec la complicité des Etats, nous a selon eux ravie.

    Dans les deux cas, il ne s’agit bien sûr pas de la même liberté – notion dont on sait à quel point elle est polysémique. Dans le premier discours, c’est la conception (néo)libérale de la liberté qui est en ligne de mire, c’est-à-dire la liberté d’échanger et de faire des affaires sans entraves (« laisser faire, laisser passer »), sur les deux plans individuel (« je fais ce que je veux ») et entrepreneurial (« dérégulation des marchés ») – et l’on retombe dans les vieilles ornières du débat opposant les libéraux aux interventionnistes, qu’ils se disent socialistes, républicains ou écologistes. Dans le second discours, c’est une autre idée de la liberté qui est en jeu, que les militant-es désignent en général par la notion d’autonomie en un sens qui ne se réduit pas au fait de « se donner ses propres lois » (l’autonomie politique, au sens étymologique), mais implique aussi de pourvoir à ses propres besoins – c’est de cela dont il est question quand on parle d’autonomie matérielle en général, et en particulier d’autonomie énergétique, alimentaire, médicinale, etc.❞

    • Excellent article !

      Car le désir d’autonomie qui anime une partie du mouvement écologiste, et bien au-delà, invite à lire l’histoire autrement, à penser que si une conception de la liberté a triomphé, c’est l’aspiration à la délivrance – vieux rêve dont le transhumanisme incarne aujourd’hui la radicalisation high-tech : en promettant le dépassement de la mort et en faisant miroiter la colonisation de Mars aux riches qui s’inquiètent tout de même de leurs chances de survie sur la Terre dévastée, cette idéologie réactualise le fantasme d’être délivré des aspects négatifs de la condition terrestre. Or, ce fantasme s’est historiquement imposé contre les aspirations à l’autonomie des classes populaires qui, pendant des siècles, ne se sont pas battues pour être déchargées des nécessités de la vie, mais pour avoir libre accès aux moyens de subsistance, en premier lieu la terre, permettant de prendre en charge ces nécessités.

      […]

      En réalité, les révélations de Snowden n’en étaient que pour celles et ceux qui ne s’étaient jamais interrogés sur les tenants et aboutissants de l’informatisation de leurs activités, ou qui ne le voulaient pas. Pour les autres, elles ne faisaient qu’administrer les preuves irréfutables de ce qu’ils avaient déjà dénoncé, dans l’indifférence générale. Le rappeler, ce n’est pas amoindrir le mérite de Snowden, mais mettre en évidence sa véritable contribution au débat, absolument décisive : avoir permis de démasquer les béni-oui-oui de la High-tech, qui taxent toute critique de « conspirationniste » ou de « technophobe ». Grâce à Snowden, on sait désormais que les discours rassurants sur la révolution numérique sont le fait, au mieux de grands naïfs se voilant la face, au pire de marchands de sable cyniques que l’informatisation du monde renforce et enrichit.

      […]

      Si la sacralisation de la vie privée avait gardé de sa force, on aurait pu s’attendre – c’est ce qu’espérait Snowden – à ce que ses révélations provoquent une levée de boucliers de ce type. Il n’en fut rien. En France, la plupart des gens qui se disaient choqués n’envisageaient pas pour autant de modifier leurs pratiques de communication, comme s’il n’y avait rien d’essentiel à défendre ici, et donc aucune raison de se mobiliser ou de changer ses habitudes électroniques. Ce que l’affaire Snowden a révélé fut pour lui une cruelle désillusion : la liberté pour laquelle il avait pris tant de risques ne faisait plus vibrer grand monde11. Est-ce à dire que la liberté ne nous importe plus ? Ce n’est pas ce que suggère le matraquage idéologique persistant à vendre n’importe quelle réforme et n’importe quelle innovation dans l’emballage de la « liberté ». En réalité, l’indifférence suscitée par Snowden tient au fait que nous nous sentons toujours aussi « libres » qu’avant, comme si la violation de la vie privée n’affectait plus notre liberté. Mais alors, n’est-ce pas le mot liberté qui aurait changé de sens ? Si la véritable révélation de Snowden concerne la dissolution de la liberté des Modernes dans les réseaux de fibre optique, alors nous serions, comme Constant en son temps, à un tournant dans l’histoire du mot liberté, qu’il nous faudrait interroger à nouveau. Où en est-on dans l’histoire du sens de la liberté ?

      […]

      Nous pouvons dès lors reformuler le problème posé par Snowden. Si nous nous sentons toujours libres aujourd’hui, ce n’est peut-être pas que le sens de la liberté aurait fondamentalement changé, mais plus simplement que l’inviolabilité de la sphère privée n’était pas la seule chose qui faisait la valeur de la liberté aux yeux des Modernes, ou la chose principale qui faisait qu’ils se sentaient libres. Mais alors, quelle qualité constituait le cœur de la liberté bourgeoise ?

      […]

      Ce que signe l’affaire Snowden n’est donc pas tant la fin de la liberté des Modernes que celle de l’interprétation libérale qui la définissait par l’inviolabilité de la vie privée. En réalité, ce critère constitutionnel, effectivement bafoué aujourd’hui, masque le fait que les Modernes aspirent d’abord à autre chose, à la délivrance à l’égard des nécessités politiques et matérielles de la vie sur terre. C’est justement ce que suggère l’indifférence suscitée par les révélations de Snowden. C’est aussi ce que confirme une lecture attentive de Constant. Et c’est également ce qu’une histoire de la liberté moderne montrerait. Car face à la conception libérale de la liberté comme délivrance à l’égard des soucis matériels et politiques, le socialisme a souvent, dans ses tendances marxistes dominantes, surenchérit sur ce désir de délivrance en rêvant de surmonter le « règne de la nécessité » par le productivisme industriel et de dépasser la conflictualité sociale dans « l’administration des choses25 ».

      #Aurélien_Berlan #philosophie #liberté #libéralisme #démocratie #politique #capitalisme #anti-industriel #subsistance #autonomie #Edward_Snowden #Benjamin_Constant #vie_privée #privacy #Modernité #transhumanisme @antonin1

    • C’est un très beau texte, et bien écrit. Berlan reprend l’alternative de Constant sur les deux libertés, montre que la liberté individuelle ne peut exister sans liberté politique, collective, et qu’on nous vend la première, censée compenser la perte de la seconde, dans un contexte où celle-ci ne peut pas s’exercer. Et il étend la notion classique de liberté politique en liberté d’assurer et de contrôler ses conditions de vie matérielle, sa subsistance. Au final, c’est comme ça que je l’entends, nous avons accepté le « ou bien oui bien » de cette fausse alternative en prenant la seconde, dénuée de son sens et protégée par de bien maigres garde-fous et déclarations d’intention, parce qu’elle nous libère des nécessités de la vie en nous fourguant des biens et services bien « pratiques » (bagnole, télécom, bouffe produite par des spécialistes, objets à deux balles mais en nombre, la #poubelle_industrielle avec ses nuisances écologiques qu’on feindra de déplorer).

      Ce faisant, on comprendra pourquoi nous nous sentons toujours aussi « libres », en dépit des révélations de Snowden : parce que le système étatico-industriel, si liberticide soit-il, nous délivre toujours plus des limites et des contraintes liées à la vie humaine sur terre.

      Mais depuis, il est devenu clair que la liberté effective ne dépend pas seulement des droits fondamentaux et de l’agencement des institutions, mais aussi de conditions sociales et matérielles. Si l’on dépend d’une instance supérieure pour assurer ses besoins, on se retrouve « à sa merci » et donc potentiellement en situation d’impuissance et d’oppression

      Et si la quête de délivrance à l’égard des nécessités de la vie sur terre, le désir d’un allègement de nos conditions de vie jusqu’à l’apesanteur, jusqu’à l’idée de quitter la terre pour mener une vie extra-terrestre, a fait le lit du capitalisme industriel et du saccage de la planète, il faut rompre avec cet imaginaire et revaloriser l’autonomie comme une manière de revenir sur terre, de revenir à une vision terrestre de la liberté, compatible avec la préservation de nos conditions de vie sur notre planète fragile. En tout cas, c’est une perspective plus enthousiasmante que celle d’un état d’urgence écologique qui conduirait à une restriction draconienne du peu de libertés qui nous reste.

      Merci @rastapopoulos pour l’appel !

  • We Destroyed the Oceans. Now Scientists Are Growing Seafood in Labs. – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/food/2019/12/we-destroyed-the-oceans-now-scientists-are-growing-seafood-in-labs

    Do you love burgers—but not the animal cruelty and environmental degradation that go into making them? I come bearing good news: Someday, you might be able to get your meat fix, without all that bad stuff. Scientists can now grow animal flesh, without raising—or in most cases killing—an animal. This food, called “lab-grown meat,” “cell-based meat,” “cultured meat,” “cultivated meat,” “clean meat,” or as comedian Stephen Colbert jokingly called it in 2009, “shmeat,” has set off a flurry of media attention in recent years. Dozens of lab-grown meat companies have materialized, most aiming to solve the problems associated with large-scale beef, pork, poultry, and seafood production.

    Finless Foods, a 12-person food-tech startup founded in 2017 and based in Emeryville, California, claims to be the first company to focus on lab-grown fish, although a handful of other startups have since joined them. In October, 28-year-old Finless Foods co-founder Mike Selden gave me a tour of their facility, and I dished about it on the latest episode of the Mother Jones food politics podcast Bite:

    Selden and his co-founder Brian Wyrwas, both products of an agricultural biochemistry program at UMass Amherst, started the company, he says, to “make something good.”

    “We started off with zebrafish and goldfish,” which already had a lot of cell biology research behind them, Selden explains. “From there, we did our first prototypes, which were carp.” The company grew tilapia, bass, rainbow trout, salmon, Mahi Mahi, lobster, and Fugu (poisonous pufferfish) meat before settling on Bluefin tuna, whose stocks have dropped sharply in the last few decades.

    The idea behind lab-grown fish, Selden says, is multi-pronged. The technology, they hope, will prevent the killing of animals for food, cut down on overfishing, and eliminate mercury and microplastic contamination in seafood. “We see this as creating a clean food supply on land: no mercury, no plastic, no animals involved, and it can still meet people’s needs.”

    Do you love burgers—but not the animal cruelty and environmental degradation that go into making them? I come bearing good news: Someday, you might be able to get your meat fix, without all that bad stuff. Scientists can now grow animal flesh, without raising—or in most cases killing—an animal. This food, called “lab-grown meat,” “cell-based meat,” “cultured meat,” “cultivated meat,” “clean meat,” or as comedian Stephen Colbert jokingly called it in 2009, “shmeat,” has set off a flurry of media attention in recent years. Dozens of lab-grown meat companies have materialized, most aiming to solve the problems associated with large-scale beef, pork, poultry, and seafood production.

    Finless Foods, a 12-person food-tech startup founded in 2017 and based in Emeryville, California, claims to be the first company to focus on lab-grown fish, although a handful of other startups have since joined them. In October, 28-year-old Finless Foods co-founder Mike Selden gave me a tour of their facility, and I dished about it on the latest episode of the Mother Jones food politics podcast Bite:

    Selden and his co-founder Brian Wyrwas, both products of an agricultural biochemistry program at UMass Amherst, started the company, he says, to “make something good.”

    “We started off with zebrafish and goldfish,” which already had a lot of cell biology research behind them, Selden explains. “From there, we did our first prototypes, which were carp.” The company grew tilapia, bass, rainbow trout, salmon, Mahi Mahi, lobster, and Fugu (poisonous pufferfish) meat before settling on Bluefin tuna, whose stocks have dropped sharply in the last few decades.

    The idea behind lab-grown fish, Selden says, is multi-pronged. The technology, they hope, will prevent the killing of animals for food, cut down on overfishing, and eliminate mercury and microplastic contamination in seafood. “We see this as creating a clean food supply on land: no mercury, no plastic, no animals involved, and it can still meet people’s needs.”

    Selden doesn’t like the term “lab-grown.” Industry insiders argue it makes their products sound artificial and unappetizing. He instead prefers to call it “cell-based.” He argues that the process of growing fish in a lab is actually very similar to how fish grow and develop in the wild.

    It begins with a sample—about the size of a grain of rice—of real meat from a real fish. (The tuna doesn’t have to die during this process, but often does. In the company’s two-and-a-half-year history, they’ve killed fewer than 20 tuna.) Those cells are put in a liquid “feed,” like a nutritious soup, which gives them the energy to grow and divide, just like they would in a real, growing fish.

    When I ask Selden why people would choose his product over other alternatives, like sustainably caught or farm-raised fish, he says, “They won’t.” He elaborated: “We’re specifically shooting for people who really don’t care about sustainability.” To appeal to seafood connoisseurs, he says, his company plans to first sell to upscale restaurants rather than grocery stores. Fine dining, he believes, is an “easier way to get public perception on your side—especially when we’re specifically searching for foodies rather than for a sustainably-minded consumer.”

    Funders seem to agree—they have already invested millions of dollars into Finless Foods. Early supporters include an aquaculture investment firm based out of Norway called Hatch, an Italian food science company, Hi-Food, a Japanese tuna company, Dainichi Corporation, and Draper Associates, a venture capital firm founded by Silicon Valley investor Tim Draper. Animal welfare organizations including PETA and Mercy for Animals have voiced support for lab-grown meat as a whole. And according to a 2018 survey conducted by Faunalytics, a non-profit animal advocacy research organization, 66 percent of consumers were willing to try clean meat.

    It is yet to be seen whether Finless Foods’ sashimi will win over die-hard seafood fanatics. Then again, they might not have a choice: As climate change worsens, and the ocean becomes too hot, too acidic, too polluted, and over-fished, it’s possible that one day some types of seafood may come only in a lab-grown variety. As Specht told me, “I think cultivated meat may truly be our only option for preserving the diversity of aquatic species we eat.”

    #pêche #poisson #viande_de_culture_cellulaire #viande_in_vitro #in_vitro #végan #start-up #soutenabilité #poubelle_industrielle #soleil_vert #make_the_world_a_better_place #animal

    Lien avec
    Jocelyne Porcher, Cause animale, cause du capital
    https://journals.openedition.org/lectures/39443

    Aux yeux de l’auteure, le déploiement de l’agriculture cellulaire, qui crée des produits similaires à ceux issus de l’agriculture traditionnelle mais à partir de la culture de cellules, pourrait susciter la « disparition » de ces animaux. Ce marché encore embryonnaire serait propulsé par les acteurs de la cause animale, qui défendent précisément la libération des animaux de toute activité de travail, dans un souci de garantir leur bien-être. Cependant, pour la sociologue, ladite libération pourrait susciter l’effet inverse : « les chiens, les chevaux et d’autres animaux engagés dans le travail peuvent souffrir d’en être écartés » (p. 40) car une part importante de leurs comportements a été acquise dans le travail. Ainsi, elle propose comme alternative de « refaire de l’élevage », c’est-à-dire de redéfinir ses bases, en le rapprochant de l’élevage traditionnel ou paysan, en évitant son assujettissement au système industriel et en permettant aux éleveurs et à leurs bêtes de vivre dignement.

  • Le nucléaire, une option de plus en plus fumeuse contre le réchauffement - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/12/17/le-nucleaire-une-option-de-plus-en-plus-fumeuse-contre-le-rechauffement_1

    Trop cher, trop lent… l’atome ne fait plus le poids face aux énergies renouvelables pour lutter contre l’urgence climatique, selon le rapport Mycle Schneider 2019.

    • Il manque, dans cet article, une évaluation de l’impact en terme d’émission de CO2 des différentes technologies de production d’énergie (nucléaire, solaire, éolien).
      C’est un critère très important des choix stratégiques à faire.

    • Également non décompté dans le bilan carbone du nucléaire :
      – le cout de la construction (fabriquer des km3 de béton...)
      – le cout du démontage/recyclage (quand on voit où en est le démantèlement de Brennilis, on est même pas encore en mesure de la moindre estimation complète...)
      ...qui sont nettement supérieurs à ceux de toutes les sources d’énergies renouvelables

    • @cy_altern je ne suis pas certain que pour une production énergétique équivalente l’éolien et le solaire soient vraiment beaucoup moins chers (tant en coûts qu’en matériaux). Il reste un problème fondamental, c’est que la nuit il n’y a pas de soleil (et en hiver les nuits durent longtemps) et une bonne partie de l’année le vent ne souffle pas bien fort. N’oublions pas que dans les pays où on a mis beaucoup d’éolien, ce sont les centrales à gaz (Espagne) ou à charbon (Allemagne) qui prennent le relais quand ça ne souffle pas dehors. Les Allemands s’en mordent les doigts d’avoir mis autant d’argent et d’énergie (si je peux me permettre) dans cette « transition ». Quoiqu’il en soit, si on veut croire à cette chimère de transition énergétique avec éolien et solaire il va falloir accepter d’avoir des coupures d’électricité régulières (pourquoi pas, mais il faut que ce soit conscient). Pour ma part je suis assez d’accord avec Jancovici : on a réglé au moins provisoirement (en France en tout cas) le problème de l’électricité décarbonée (via nucléaire et barrages), maintenant ce serait bien de se concentrer sur les énergies fossiles...

    • Le fond du problème (et personne ne va se jeter dessus), c’est qu’il faut diversifier et surtout décentraliser la production… un peu comme avant le monopole d’EDF. En gros, déployer des solutions locales et adaptées et interconnecter les mini réseaux pour les échanges d’énergie en fonction des variations de productions.

      Le transport d’énergie sur de longues distances est notoirement inefficace, mais le despotisme hydraulique est fondé dessus. Cela s’est beaucoup vu en Grèce où pour pouvoir racler les fonds de tiroirs des pauvres, le gouvernement a adossé ses taxes à la facture d’électricité : « Ne paie pas l’impôt injuste et je te renvoie à l’âge de pierre ».

      L’autre face de problème, c’est que la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. Ce qui revient à totalement changer de société, celle-ci étant fondée sur le gaspillage énergétique : logement produisant plus que sa propre énergie, aménagement du territoire pour limiter les transports inutiles, production ajustée aux besoins…

    • Revenir aux fondamentaux de la #sobriété :

      Une baisse majeure de la consommation, préalable au scénario tout renouvelable
      Après la publication de précédents scénarios en 2003, 2006 et 2011, la vingtaine d’experts de l’association négaWatt a actualisé sa feuille de route énergétique pour la France, toujours marquée par ses trois principes fondateurs « sobriété, efficacité énergétique et développement des énergies renouvelables »(1). Leur approche consiste en premier lieu à identifier les gisements d’économies d’énergie envisageables aux différents postes de consommation : chauffage, transports, process industriels, etc.

      https://www.connaissancedesenergies.org/negawatt-actualise-son-scenario-tout-renouvelable-pour-la-f

      C’est « pointu ». Pas eu le temps de tout décortiquer. Je pose ça là quand même.

      L’association #négawatt existe depuis 2001.

      [edit]
      Ah, tiens ? @reka l’avait déjà posté en 2018 : https://seenthis.net/messages/718074

    • Pour le nucléaire, c’est pas aussi simple que de dire « son prix est élevé »… rapporté à la production électrique gigantesque qu’apporte 1 seule centrale. À côté de ça, le solaire et l’éolien, énergie intermittente, nécessiterait pour la même production une surface (et des matériaux) immense et des capacités de stockage de l’énergie produite (qui se fait essentiellement en France actuellement avec des systèmes hydrauliques : on pompe de l’eau en hauteur lorsqu’il y a excédent électrique).
      Déjà que personne ne veut la moindre éolienne à côté de soi, et qu’en plus leurs emplacements possibles sont très limitées, en dehors de l’off-shore)

      Bref, à moins de réellement diminuer considérablement nos besoins électriques — et a priori, ça sera pas le chemin pris volontairement par la société — et en considérant que la priorité est d’éviter de balancer du CO² dans l’atmosphère — là encore c’est pas gagné —, le nucléaire reste une bonne option faute de mieux... (et ça me fait bien chier de le dire !).

      Mais sinon je redis, il y a cette série du Réveilleur sur les énergies, qui apporte un éclairage très intéressant sur l’ensemble des méthodes de production et leurs problématiques respectives :

      https://www.youtube.com/watch?v=eruVCRrIkCY&list=PLhgpBc0hGjSu5ZuZC6pqQq8L7H_udR-Ql

    • Déjà que personne ne veut la moindre éolienne à côté de soi

      C’est un peu plus compliquer, j’ai été voir les écolos qui soit disant ne veulent pas d’éoliennes. Leurs arguments est que l’installation des grosses éoliennes vers Lézignan a détruit le paysage des montagnes (routes, bétonnage, bitume etc et gigantisme) cela dans des zones naturelles pour fabriquer de l’électricité qui n’est pas consommée sur place mais envoyée en Espagne.
      Il y a un choix politique de ne pas favoriser l’autonomie énergétique des communes ou des particuliers. Faire de l’électricité à consommer sur place, ça permet à chaque personne de la communauté de se rendre compte que nous sommes en dépendance et qu’il y a peut-être moyen de réduire chacun·e les dépenses. Même si ce sont les industriels et l’armée les plus gros bouffeurs d’énergie.

    • Leurs arguments est que l’installation des grosses éoliennes vers Lézignan a détruit le paysage des montagnes (routes, bétonnage, bitume etc et gigantisme) cela dans des zones naturelles pour fabriquer de l’électricité qui n’est pas consommée sur place mais envoyée en Espagne

      Les grandes éoliennes terrestre c’est compliqué ; il leur faut un site venteux, loin des habitations, et ça tombe fréquemment sur les quelques zones naturelles qui restent encore ; du coup, ça passe mal. En plus c’est la plupart du temps des promoteurs, et non une communauté de commune ou d’habitants qui en seront propriétaires et bénéficiaires ; on a bien alors une production locale certes, mais redistribuée directement sur la grille du réseau national (enfin je sais pas comment on la nomme) (de toutes façons, y a pas vraiment d’autre choix pour les grandes éoliennes).

    • L’éolien offshore a le vent en poupe. S’il est favorisé par les circonstances, sa mise en oeuvre et ses résultats ne sont pas un succès.


      éolien offshore de Blyth, EDF Energies, en Mer du Nord
      https://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-la-france-n-a-aucun-parc-eolien-offshore-au-contraire-des-au
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/saint-nazaire/saint-nazaire-c-est-parti-premier-parc-eolien-offshore-
      http://parc-eolien-en-mer-de-saint-nazaire.fr/le-parc-eolien-en-mer/ou-ca-se-situe
      Ma fille me racontait ses journées chez Général électric (GE) en 2016. Sous contrat (CSP+) en logistique, elle a très vite déchanté. Je ne comprenais pas toutes ses explications mais nous arrivions à la même conclusion : ces « moulins à vent » avaient tout l’air d’une usine à gaz. Depuis elle a changé de crèmerie et bosse pour les paquebots des chantiers de St Nazaire. Une autre forme de gâchis industriel de fabrication de #poubelles_flottantes pour CSP++ et autres gogos.

    • Concernant la production locale consommée localement et reliée à un réseau global, c’est sympa sur le papier mais les gens qui bossent dans l’électricité nous disent que ce serait parfaitement inefficace. On est pas obligé de les croire mais sur ces questions d’énergie, au delà des discours militants, ça me semble intéressant d’écouter les ingénieurs qui bossent dans le domaine. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui un Jancovici, bien que pro-nucléaire (et peut-être un poil réac sur les bords) m’apparaît comme plus radical que n’importe quel militant des Verts (pas compliqué, me direz-vous ?) car il ne s’en laisse pas conter sur ces solutions « magiques ».

    • je suis d’accord avec toi @alexcorp J-M Jancovici n’a pas usurpé sa place de membre du Haut conseil pour le Climat. Je n’ai pas suivi ses cours ou regardé entièrement la vidéo proposé par @marcimat mais je trouve que son discours nous invitent à sauter ensemble et à pieds joints dans le problème. Où de ne pas y réfléchir avec ses pieds.

    • wawawa, le nucléaire c’est du radicalisme écologique, ça c’est du super discours de militant #pronucléaire

      Pour les personnes de passage qui tomberaient sur cette conversation rappelons juste les points sur lesquels aucune personne censée ne peut revenir :
      – évidence à moyen terme d’accident majeur de type explosion/fusion de n’importe quel réacteur nucléaire (58 en france)
      – évidence à long terme de l’absurdité de l’enfouissement des déchets nucléaires, instabilité des sous_sols, coût, pollution
      – évidence des dépassements des coûts des constructions de centrales nucléaires
      – évidence de la production militaire via le nucléaire civil
      – évidence du coût faramineux et non évaluable au KWh du nucléaire car sur des dizaines de générations
      – évidence de l’impossibilité du démantèlement et du retraitement propre des matériaux des centrales
      – évidence du réchauffement des fleuves et rivières et de la destruction des écosystèmes en dépendant
      – évidence du totalitarisme démocratique pour imposer le nucléaire depuis 1970

      D’après l’article, même la chine ne construit plus de centrale nucléaire et le programme mondial était à son pic en 1974. Voila, à part sur seenthis, aujourd’hui c’est fini le rêve nucléaire. Et pour les simplifications éhontées que je lis, j’en ai une bien bonne : Quand je vivais dans les Corbières, les villages se retrouvaient parfois plusieurs jours sans électricité ou sans eau : figurez vous que les habitants y survivaient et s’organisaient pour s’entraider. #incroyable_mais_vrai #la_vie_après_le_nucléaire

    • Et pour les simplifications éhontées que je lis, j’en ai une bien bonne : Quand je vivais dans les Corbières, les villages se retrouvaient parfois plusieurs jours sans électricité ou sans eau : figurez vous que les habitants y survivaient et s’organisaient pour s’entraider.

      Très bien, maintenant demande à ton entourage qui est prêt à ça. On y sera probablement contraint un jour, en attendant un système électrique centralisé nous permet d’éviter ça et les discours sur les éoliennes et les panneaux solaires c’est juste pour cacher cet avenir fait de coupures électriques (par cynisme ou pure ignorance).
      Il faudrait aussi interdire les barrages, n’oublions pas qu’un barrage qui cède ce sont des milliers de morts (mais des morts propres, c’est vrai). Les mines dans lesquels on va chercher les matériaux utiles à nos éoliennes et panneaux solaires font plus de morts chaque année que l’ensemble des morts dues au nucléaire civil depuis son invention. Fermons ces mines immédiatement.
      Par ailleurs, il y a encore un paquet de réacteurs en construction, notamment en Chine (qui attend juste la livraison de ceux commencés en 2016 pour en construire d’autres) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires_en_construction

    • @touti que je sache, les personnes à l’origine de ce rapport cité dans l’article n’ont pas inventé la lumière la nuit ni le vent les jours de temps calme donc je ne vois pas en quoi cela réfute ce que je dis. Leur vision est quasi purement économique, pas technique (c’est cette même vision économique des choses qui met en péril l’humanité).

    • ça grésille dans le poteau. Histoires de la lutte contre la T.H.T. Cotentin-Maine 2005-2013
      https://editionsmerecastor.wixsite.com/publications

      Enfin ! Après cinq longues années d’aventures, les Recueils sonores sur la lutte contre la ligne THT Cotentin-Maine sont sortis, sous l’oeil bienveillant des éditions Mère Castor !
      Vous allez pouvoir vous replonger dans l’univers de la clé à molette, parcourir les routes de la Manche et de la Mayenne, écouter les voix de celles et ceux qui se sont battus contre l’Etat nucléaire, l’entreprise RTE et ses pylônes.

      une #série_radiophonique en 7 épisodes
      https://antitht.noblogs.org
      source : https://expansive.info/Ca-gresille-dans-le-poteau-1922
      #livre_audio #THT

    • « Minimiser les impacts catastrophiques d’un accident nucléaire est en passe de devenir un grand classique »
      entretien avec Sezin Topçu / observatoire des multinationales
      @observatoiremultinat
      https://multinationales.org/Minimiser-les-impacts-catastrophiques-d-un-accident-nucleaire-est-e
      Sezin Topçu est historienne et sociologue des sciences, chargée de recherche au CNRS. Elle est membre du centre d’étude des mouvements sociaux à l’EHESS. Son ouvrage La France nucléaire, l’art de gouverner une technologie contestée a été publié en 2013 au Seuil.

    • @touti à rajouter dans les « évidences » celles liées à l’uranium, d’une part qu’il s’épuise, et d’autre part qu’il est obtenu « pas cher » parce qu’il est volé à une population africaine (au Niger en particulier) opprimée grâce à la corruption de ses dictateurs, donc s’il fallait le payer au bon prix, le nucléaire serait beaucoup plus cher (et profitable à l’Afrique)...

  • * Marseille : Un sac-poubelle lancé du 3e étage lors de la visite de Brigitte Macron dans les quartiers Nord J.S.-M. - 20 minutes - 14 Juin 2019
    https://www.20minutes.fr/politique/2540059-20190614-marseille-sac-poubelle-lance-vers-brigitte-macron-lors-vi

    C’est un peu un classique de l’accueil marseillais. Le cortège qui accompagnait Jean-Luc Mélenchon à Frais-Vallon, en 2017, avait reçu un oignon… Celui qui accompagnait Brigitte Macron à Félix-Pyat, ce jeudi, a bien failli recevoir un sac-poubelle, lancé du troisième étage d’un des immeubles en mauvais état de cette cité défavorisée.

    La Provence, qui a assisté à la visite de la première dame, relate cette anecdote, précisant que l’incident n’a pas eu de conséquences : « Lorsqu’un sac-poubelle part d’une fenêtre du troisième étage, c’est une habitante d’en face qui, depuis son balcon, s’énerve d’un "vous n’avez pas honte ! ?" Incident clos », écrit le quotidien marseillais, qui a précisé ce vendredi dans un nouvel article que « Brigitte Macron n’a jamais reçu de sac-poubelle, ni été invectivée par les habitants de la cité ». « Ce sont les habitants eux-mêmes qui, lui réservant un accueil très souriant (…) ont remis de l’ordre », ajoute La Provence.

    La visite s’est globalement bien passée, indique à 20 Minutes une source policière. Elle précise que le dispositif sécuritaire était très important autour de Brigitte Macron : outre les policiers de la protection de la présidence de la République, plusieurs agents de la Direction départementale de la sécurité publique étaient présents.

    #France #macron #brigitte_macron et le #retour du #mépris #enMarche affiché trés haut, #poubelle #déchets #recyclage #tout_va_bien

    • Extrait de l’article de La Provence.
      https://www.laprovence.com/article/politique/5547078/brigitte-macron-dans-le-bain-politique-marseillais.html

      Les habitants commencent à s’invectiver dans l’escalier décrépi de la cité Félix-Pyat. Pas de lumière, ni d’ascenseur, mais des tensions qui émergent vite. Sur un petit palier, Brigitte Macron observe, un peu éberluée, avant que cela se calme. Elle était venue ici il y a deux ans. Début avril 2017, juste avant que son mari ne tienne un meeting de campagne présidentielle à Marseille. « Elle avait passé un moment intense et avait promis de revenir. Elle tient sa promesse », glisse Jean-Philippe Agresti. Il l’accompagnera ensuite dans une salle de boxe de la cité du Castellas. Le doyen de la faculté de Droit d’Aix était de la petite virée il y a deux ans. Avec son épouse, Sabrina Roubache.



      Dans une cage d’escalier de la cité Félix-Pyat avec Jean-Philippe Agresti, hier, Brigitte Macron a retrouvé des habitants dépités, croisés il y a deux ans. Photos david rossi

      Née dans cette cité des quartiers Nord, elle s’est liée d’amitié avec Brigitte Macron, au point d’avoir participé à l’élaboration du discours du futur président de la République. Le retour discret de Brigitte Macron, avant une visite officielle prévue aujourd’hui à Marseille, sonne comme un adoubement politique. Alors que La République en Marche cherche son candidat idéal pour les municipales, Jean-Philippe Agresti est dans la short-list. Avec un autre universitaire, Yvon Berland et un député qui s’est déclaré, Saïd Ahamada. Lui aussi est originaire de Félix-Pyat. Mais il n’était pas invité hier. Pas plus que les autres politiques marseillais…

      « Vous n’avez pas honte ! ? »
      La coupe blonde est parfaite, la veste ajustée sur un pantalon noir. Dans la petite artère en travaux qui séparent les immeubles décatis de la cité Félix-Pyat, en lisière des quartiers nord de Marseille, Brigitte Macron se prête au jeu des selfies. L’impressionnant dispositif policier est en civil, discret. Lorsqu’un sac-poubelle part d’une fenêtre du troisième étage, c’est une habitante d’en face qui, depuis son balcon, s’énerve d’un « vous n’avez pas honte ! ? » Incident clos. Curieux, les riverains s’approchent. Viennent parler de leur fils handicapé, des logements insalubres ou de l’école à laquelle il manque un préau, une salle de classe. Ce sont les parents d’élèves qui ont construit une cloison avec des briques de lait. La première dame écoute, se souvient de certains visages. « Vous n’avez pas changé », dit-elle à certains qui viennent l’embrasser. Pas d’engagement formel, pourtant. Brigitte Macron n’est pas au gouvernement et quand on lui parle de la loi Blanquer, elle promet simplement que le ministre concerné viendra.
      . . . . . .
      À ses côtés, la nouvelle présidente de l’organisation des Pièces jaunes ne dit rien. Elle multiplie les apartés avec les habitants de Félix-Pyat, puis de la cité du Castellas, où elle retrouve les boxeurs croisés il y a deux ans. Dans la délégation se trouve aussi Jacques-Henri Eyraud, le président de l’OM. "Je soutiens sans difficulté", sourit-il entre deux boutades sur le mercato et quelques frappes sur un sac de boxe. « Et si c’était lui, le candidat mystère ? », s’amusent certains. Brigitte Macron laissera son mari trancher.
      . . . . . .

  • La Roumanie, nouvel « eldorado » de l’incinération de déchets Adeline Percept avec Thomas Chantepie - 2 Juin 2019 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_la-roumanie-nouvel-eldorado-de-l-incineration-de-dechets?id=10236367

    La chine accueillait 8 millions de tonnes de déchets plastiques par an, dont 424.000 depuis la Belgique. Le problème concerne particulièrement aussi l’Allemagne ou l’Autriche. Le temps de réorganiser les réseaux après la décision chinoise, c’est en Europe de l’Est que l’on s’inquiète.

    La Roumanie est une destination « idéale » pour l’incinération de déchets. La loi y est souple car une centaine de types de déchets peuvent être incinérés comme les pneus, les huiles et des plastiques divers. Problème : des ONG écologistes telles que Rise Project et Zero Waste tirent la sonnette d’alarme : le pays n’exerce aucun contrôle indépendant de l’impact environnemental pour ces déchets incinérés dans les cimenteries du pays.

    « Tous malades »
    Comme les autres cimenteries de Roumanie, celle de Chiscadaga, en Transylvanie, a remplacé le combustible conventionnel par l’incinération de déchets. Une avancée écologique ? Pas vraiment, selon les voisins de l’usine. Marius et Otilia racontent un enfer quotidien : « On prend tous des antidépresseurs. On peut plus respirer, se plaint Otilia. Et il y a cette odeur de pneus brûlés, de textiles brûlés… ils brûlent toutes ces saletés », raconte-t-elle. « On va tous être malades. C’est une question de temps, avance Marius, résigné. Il y a tellement de gens malades ici que je ne sais pas s’il y a encore 10% de la population qui soit en bonne santé. »µ

    La police a récemment saisi des déchets médicaux en provenance d’Italie. Ils étaient cachés dans une remorque de déchets variés, tous à destination de cette cimenterie pour y être brûlés. C’est l’équipe de Razvan Huber, de la Garde environnementale roumaine, qui a fait cette découverte au poste-frontière tout proche. « Dans des camions qui transportent des pneus venus d’Allemagne, d’Autriche ou d’Italie, on a déjà eu des situations où étaient carrément mélangées des batteries de voiture », se souvient-il.

    Poubelle de l’Europe
    Mais la Garde environnementale a peu de prérogatives. On ne compte que quelques inspections à la frontière chaque année. Des dizaines de bennes de déchets illégaux passent chaque jour, selon le procureur Teodor Nita : « Les déchets arrivent ici à cause de l’attractivité économique. 17 euros la tonne de déchets à brûler ici, au lieu de 250 euros en Europe de l’Ouest ».

    Il n’existe aucune étude indépendante de l’impact environnemental de la combustion des déchets autour des cimenteries roumaines. À Chiscadaga, Marius et Otilia demandent que la Roumanie ne devienne pas la poubelle de l’Europe.

    #egis #ue #poubelle #union-européenne #poubelles unter_menschen #déchets #pollution #environnement #recyclage #écologie #plastique #santé #pollutions #Roumanie

  • Obsolescence déprogrammée : repenser notre rapport à la technologie ?
    https://usbeketrica.com/article/obsolescence-deprogrammee-repenser-notre-rapport-a-la-technologie

    Voir son smartphone rendre l’âme tous les deux ans semble être devenu normal. Petit rappel de l’impact économique et écologique de l’obsolescence programmée. Changer de smartphone tous les deux ou trois ans, pour cause de batterie non-remplaçable, de version Android devenu obsolète ou d’écran défectueux, semble devenu la norme. Une fatalité ? Pas si sûr. Beaucoup arguent que les dysfonctionnements prématurés des appareils électriques résultent d’une « obsolescence programmée » : des produits conçus (...)

    #Apple #Samsung #smartphone #obsolescence #éthique #Fairphone_ #iFixit #HOP

    • Il y a aussi l’obsolescence provoquée, comme par exemple le passage de la #fm au #dab+ .

      Cela va faire des centaines de millions de postes de #radio à la #poubelle.
      On en cause assez peu, et pas moyen (à ma connaissance) pas moyen de faire quoi que ce soit contre.
      Tout ça pour faire quelques cadeaux aux gestionnaires de réseaux internet.

      Si au moins cette solution technique fonctionnait correctement.
      Les radios libres sont condamnées à faire de la publicité pour cette cochonnerie.
      C’est lamentable.

  • In San Francisco, Making a Living From Your Billionaire Neighbor’s Trash - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/04/07/us/trash-pickers-san-francisco-zuckerberg.html

    A military veteran who fell into homelessness and now lives in government subsidized housing, Mr. Orta is a full-time trash picker, part of an underground economy in San Francisco of people who work the sidewalks in front of multimillion-dollar homes, rummaging for things they can sell.

    Trash picking is a profession more often associated with shantytowns and favelas than a city at the doorstep of Silicon Valley. The Global Alliance of Waste Pickers, a nonprofit research and advocacy organization, counts more than 400 trash picking organizations across the globe, almost all of them in Latin America, Africa and southern Asia.

    But trash scavengers exist in many United States cities and, like the rampant homelessness in San Francisco, are a signpost of the extremes of American capitalism. A snapshot from 2019: One of the world’s richest men and a trash picker, living a few minutes’ walk from each other.

    Mr. Orta, 56, sees himself as more of a treasure hunter.

    “It just amazes me what people throw away,” he said one night, as he found a pair of gently used designer jeans, a new black cotton jacket, gray Nike running sneakers and a bicycle pump. “You never know what you will find.”

    Nick Marzano, an Australian photographer who publishes a glossy magazine, Mission Gold, which documents the world of trash pickers in San Francisco, estimates there are several hundred garbage scavengers in the city.

    “It’s a civic service as I see it,” Mr. Marzano said. “Rather than this stuff going to landfill the items are being reused.”

    Mr. Marzano says there is overlap among trash picking and homelessness and public drug use — the street conditions that have ranked at the top of residents’ concerns for several years. But he sees trash picking, and the spontaneous sidewalk markets that pop up in neighborhoods like the Mission and Tenderloin, as a form of entrepreneurship.

    “It’s the primary form of income for people who have no other income,” he said.

    #San_Francisco #Inégalités #Poubelles

  • Malnourished children are taking food from school bins to stifle hunger, headteacher says Eleanor Busby - 11 Janvier 2019 - The Indépendant

    Parents have come to school in tears saying they have no way of feeding their children
    https://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/school-hunger-child-poverty-bins-headteacher-morecambe-foodbanks-univ

    Royaume-Uni : « Des enfants mal nourris fouillent dans les poubelles de l’école pour apaiser leur faim », déclare une directrice d’école
    Des parents arrivent à l’école en larmes disant qu’ils n’ont aucun moyen de nourrir leurs enfants. Les enfants arrivent à l’école tellement affamés qu’ils vont chercher de la nourriture dans les poubelles, explique la directrice d’école.

    Siobhan Collingwood, directrice de l’école primaire de Morecambe Bay, dans le comté de Lancashire, a déclaré qu’un élève sur dix venait de familles qui ont recours aux banques alimentaires.

    « Lorsque les enfants sont affamés, cela altère leur comportement et les rend complètement obsédés par la nourriture, ainsi nous avons des enfants qui vont voler des noyaux de fruits dans les poubelles », a déclaré la directrice.

    S’exprimant à l’émission BBC-Breakfast, Siobhan Collingwood a déclaré : « Nous avons des enfants qui n’ont rien dans leur gamelle du déjeuner et qui font une fixation sur la nourriture ».

    La directrice a ajouté qu’il y avait actuellement 35 enfants dans son école dont les familles sont aidées par des banques alimentaires, en ajoutant : « Le nombre est probablement plus élevé, mais nous ne connaissons que ceux-là. »

    En début de semaine, le Comité d’audit environnemental a présenté les chiffres de 2017 de l’UNICEF selon lesquels 19% des enfants britanniques de moins de 15 ans vivent avec des adultes qui ont du mal à se procurer de la nourriture.

    Siobhan Collingwood a déclaré que la faim à laquelle sont confrontés les élèves « brisait le cœur » et ajouté qu’elle avait vu des parents arriver à l’école et fondre en larmes, affirmant qu’ils n’avaient pas les moyens de nourrir leurs enfants.

    « Des familles me disent qu’elles se prêtent régulièrement de la nourriture, et mon expérience quotidienne me dit que c’est un problème qui s’aggrave de plus en plus », a-t-elle déclaré.

    Siobhan Collingwood a affirmé qu’elle avait constaté davantage de problèmes depuis l’introduction du Crédit universel, [un système d’indemnisation unique qui regroupe et remplace une série d’indemnités sociales qui existaient auparavant – NdT].

    Ses commentaires ont eu lieu après qu’un groupe de députés représentant plusieurs partis a appelé le gouvernement à nommer un « ministre de la faim » pour lutter contre « l’insécurité alimentaire » – en particulier parmi les jeunes enfants.

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    Malnourished children are arriving at school so hungry they are taking food out of the bins, a headteacher says.
    Siobhan Collingwood, headteacher of Morecambe Bay Primary School, in Lancashire, said one in 10 of its pupils came from families using food banks.

    “When children are food deprived it alters their behaviour and they do become quite food obsessed, so we have some children who will be stealing fruit cores from the bins,” the headteacher said.

    Speaking on BBC Breakfast, Ms Collingwood said : “We have children who have nothing in their lunch boxes and children who are just fixated upon food.”

    The headteacher said there were currently 35 children at her school whose families are supported by food banks : “It’s probably higher because they are the ones we know about.”

    Earlier this week the Environmental Audit Committee highlighted 2017 Unicef figures showing 19 per cent of children under 15 in the UK live with adults who struggle to buy food.

    Ms Collingwood said the hunger facing pupils was “heartbreaking” and she had seen parents arrive at school and burst into tears, saying they have no means of feeding their children.

    “Families are coming in telling me they are routinely loaning food to each other, my day-to-day experience is telling me this is a growing problem,” she said.

    Ms Collingwood said she had noticed more problems since the introduction of universal credit.

    Her comments came after a cross-party group of MPs called on the government to appoint a “minister for hunger” to tackle “food insecurity” – especially among young children.

    #angleterre #école #enfants #faim #Crédit_universel #ministre_de_la_faim #poubelles

  • Un accident suspend la circulation des navettes autonomes à Sion ats/spe - 20 Septembre 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/regions/valais/9858744-un-accident-suspend-la-circulation-des-navettes-autonomes-a-sion-.html

    Une légère collision entre une voiture et une navette autonome s’est produite jeudi matin à Sion (VS). CarPostal a retiré ses deux navettes de la circulation, le temps de comprendre les causes de l’incident.
    La voiture bifurquait lentement sur la place de la gare de Sion lorsqu’elle a heurté l’aile avant gauche de la navette. « Aucun voyageur ne se trouvait à l’intérieur et personne n’a été blessé » a précisé CarPostal dans un communiqué.

    CarPostal espère remettre le plus vite possible les navettes en circulation mais ne le fera que lorsque les causes de l’incident seront élucidées. « Le constructeur analyse en ce moment les boîtes noires du véhicule », a précisé Valérie Gerl, porte-parole de CarPostal.


    Intégration au trafic urbain
    C’est la deuxième fois que les tests doivent être temporairement suspendus. En septembre 2016, un incident avait provoqué la suspension de l’exploitation durant deux semaines.

    Cantonnées jusqu’à fin 2017 dans les rues à faible trafic de la vieille-ville de Sion, les navettes autonomes peuvent depuis mai 2018 traverser les carrefours à grande circulation sans assistance manuelle et ainsi s’intégrer davantage au trafic urbain.

    #navette_autonome #transport #accident #poubelles #daube #echec #fantasme #Suisse #voiture #algorithme #robotisation #innovation #intelligence_artificielle 

  • Enfin une solution pour le démantèlement des centrales nucléaires : la sous-traitance !
    Accord nucléaire entre EDF Veolia - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/accord-nucleaire-entre-edf-veolia,92431?xtor=RSS-31

    EDF et Veolia ont annoncé mardi 26 juin la conclusion d’un accord de partenariat dans le démantèlement des centrales nucléaires et le traitement des déchets radioactifs.

    Le volet démantèlement concerne les six réacteurs de la filière uranium naturel graphite gaz (UNGG) pour lesquels EDF n’a pas de solution technique .

    alors que Véolia avec ses camions bennes circulant sur tout le territoire a indéniablement tout le savoir-faire nécessaire...

    #nucléaire

  • Saint-Gilles : une Tesla aurait démarré toute seule et foncé dans d’autres véhicules garés RTBF - 31 Mai 2018
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_saint-gilles-une-tesla-aurait-demarre-toute-seule-et-fonce-dans-d-autres

    Un accident s’est produit ce mardi en fin de journée à Saint-Gilles : une Tesla Model S aurait démarré toute seule et percuté cinq voitures garées, rapporte Sudpresse.

    C’est dans la rue de Bosnie qu’a eu lieu cet accident hors du commun. Selon une source policière citée par La Capitale, le propriétaire de la Tesla a expliqué qu’il se trouvait hors de la voiture pour fermer la grille de son agence alors que le moteur de la Tesla tournait. La voiture se serait alors mise en route toute seule. La « voiture fantôme » a foncé sur d’autres voitures garées non loin de là avant de finir sa course dans une Dacia qui s’est écrasée contre une façade de maison. 


    A près avoir fait des constats à l’amiable avec les propriétaires de voitures endommagées, le propriétaire de la Tesla a promis qu’il allait demander des comptes à la marque Tesla. Nous avons tenté de contacter la marque, mais elle n’a toujours pas réagi à l’heure d’écrire ces lignes.

    Une Tesla Model S aurait démarré toute seule et encastré 5 autos La Capitale - Par D.H. - 31 Mai 2018
    http://www.lacapitale.be/237894/article/2018-05-31/une-tesla-model-s-aurait-demarre-toute-seule-et-encastre-5-autos


    À Saint-Gilles, une Tesla Model S aurait démarré toute seule et emplafonné cinq voitures en stationnement ce mardi en début de soirée…
    C’est un incroyable accident qui s’est déroulé ce mardi en fin de journée dans la rue de Bosnie, à Saint-Gilles. Une Tesla Model S aurait démarré en trombe toute seule – c’est-à-dire sans son conducteur au volant– et emplafonné cinq véhicules en stationnement . . . .

    #autopilote #voiture_autopilotée #voiture_autonome #transport #Tesla #voitures_autonomes #voiture #mobilité #automobile #robotisation #innovation #silicon_valley #intelligence_artificielle et complètement #autonome #Tesla #poubelle

  • Belgique : Le réacteur Doel 1 mis à l’arrêt en raison d’une fuite dans la partie nucléaire
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-reacteur-doel-1-mis-a-l-arret-en-raison-d-une-fuite-dans-la-partie-nu

    Le réacteur de la centrale nucléaire de Doel 1 à Beveren a été mis à l’arrêt au début de cette semaine. La raison invoquée à ce moment-là était une « maintenance au niveau du circuit de refroidissement ». Engie Electrabel a confirmé à la télévision locale TV Oost qu’une fuite a été détectée dans la section nucléaire lors de cette révision.


    « C’est la première fois que cela se produit avec ce type de conduite. On a constaté une petite perte d’eau dans la conduite de réserve de notre système de refroidissement. Ce n’est pas une grande fuite, nous sommes encore bien en dessous de la limite qui aurait provoqué un arrêt automatique du réacteur. En soi, il n’y a donc aucun impact sur la sécurité, mais nous voulons évidemment que nos installations restent dans d’excellentes conditions à tout moment. C’est la raison pour laquelle nous allons prendre le temps nécessaire pour mettre en oeuvre les réparations nécessaires », a expliqué Nele Scheerlinck, porte-parole de Engie Electrabel, à la télévision locale.

    Les réparations sont très difficiles à réaliser parce que le niveau de radioactivité dans cette partie de la centrale nucléaire est très élevé. « Si vous restez une heure à cet endroit, vous êtes confronté à la dose maximale qu’Electrabel autorise, c’est-à-dire la moitié de la quantité légale préconisée. Mais nous allons évidemment prendre toutes les mesures nécessaires pour maintenir l’exposition aux radiations le plus bas possible », a ajouté la porte-parole.

    Le réacteur de plus ancienne centrale nucléaire du pays sera à l’arrêt au moins jusqu’au premier octobre.
    #nucléaire #Doel #Belgique #Electrabel c’est #gdf-suez #poubelle #énergie #bonneteau

  • Désaccords entre Tesla et les enquêteurs après un accident mortel
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_desaccords-entre-tesla-et-les-enqueteurs-apres-un-accident-mortel?id=989

    Le ton est monté jeudi entre Tesla et l’organisme chargé de faire la lumière sur les causes d’un accident mortel, aboutissant au retrait du constructeur de voitures électriques de l’enquête portant notamment sur son logiciel de conduite semi-automatique Autopilot.

    Cette enquête avait été ouverte par le régulateur des transports américain (NTSB) à la suite de cet accident survenu le 23 mars en Californie. Le conducteur y avait trouvé la mort alors que le logiciel de conduite semi-automatique Autopilot conçu par Tesla était activé. Les batteries de la voiture, disloquée dans le choc, avaient également pris feu.

    Dans des communiqués diffusés jeudi, Tesla et le NTSB se sont renvoyés la responsabilité de cette décision.


    Tesla veut « trop » communiquer
    « Tesla s’est retiré de l’accord avec le NTSB car il requiert que nous ne diffusions pas d’informations publiquement concernant Autopilot et nous considérons que cette exigence a un impact négatif sur la sécurité du public », a indiqué Tesla dans une première déclaration dans la matinée.

    « Nous croyons en la transparence et un accord qui empêche la publication d’informations pendant près d’un an n’est pas acceptable », y a affirmé le constructeur, précisant qu’il continuera néanmoins de collaborer à l’enquête du NTSB.

    Celui-ci a répondu qu’il avait « révoqué » le statut de Tesla comme partie à l’enquête. « Le NTSB a pris cette décision car Tesla a violé l’accord conclu entre les parties en publiant des informations liées à l’enquête avant qu’elles ne soient vérifiées et confirmées par le NTSB ».
    « De telles publications d’informations incomplètes donnent souvent lieu à des spéculations et des conclusions incorrectes sur les causes probables d’un accident ce qui nuit à l’enquête et au public », ajoute-t-on de même source.

    « Il est malheureux que Tesla, de par ses initiatives, n’ait pas respecté l’accord conclu entre les parties », a souligné le président du NTSB Robert Sumwait en précisant que le PDG de Tesla, Elon Musk, avait été informé de cette décision mercredi soir par téléphone et jeudi par courrier.

    Une telle mesure est rare a souligné l’organisme public mais a connu des précédents, notamment lors d’enquêtes sur des accidents d’avions en 2009 et 2014.
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    « La fonction Autopilot de Tesla présente des défauts » 
    Ce cabinet, Minami Tamaki LLP, a affirmé que, selon ses conclusions préliminaires, d’autres plaintes de conducteurs de Tesla concernant Autopilot ont été recensées et qu’il estime que « la fonction #Autopilot de #Tesla présente des défauts et a vraisemblablement provoqué la #mort de Huang ».

    Le NTSB avait déjà mené une enquête sur un précédent accident mortel d’une Tesla équipée d’Autopilot survenu en 2016 en Floride. Le constructeur avait alors modifié certaines fonctionnalités du système afin de mieux prévenir les utilisateurs de l’approche d’un danger.
    Le NTSB a toutefois souligné jeudi qu’il « continuait d’inciter Tesla à prendre des mesures dans le cadre des recommandations émises dans le cadre de notre enquête sur l’accident de 2016 en Floride » , ce qui pourrait laisser entendre qu’il n’est pas entièrement satisfait des modifications apportées par le constructeur.

    Suite à ces développements, le titre Tesla a perdu près de 2,3% à Wall Street à 294,08 dollars. Il a cédé plus de 14% de sa valeur sur le mois écoulé, en raison de retards de production sur son dernier modèle, le Model 3, et d’inquiétudes sur la santé financière du groupe.

    #autopilote #voiture_autopilotée #voiture_autonome #transport #Tesla #voitures_autonomes #voiture #mobilité #automobile #robotisation #innovation #silicon_valley #intelligence_artificielle #Tesla #poubelle

  • Suisse : redémarrage du premier réacteur de la plus vieille centrale nucléaire du monde

    La centrale nucléaire suisse de Beznau, la plus vieille au monde, a redémarré son premier réacteur, arrêté depuis mars 2015 pour des raisons techniques, a annoncé mardi son gestionnaire Axpo.

    En service depuis 1969, Beznau, installée dans le canton d’Aargau (nord de la #Suisse), près de la frontière allemande, a le record mondial de longévité depuis la fermeture du réacteur d’Oldsbury en Grande-Bretagne en 2012. « L’unité 1 de la centrale #nucléaire de Beznau est de nouveau connectée au réseau après l’accord donné par l’Inspection fédérale suisse de la sécurité nucléaire (ENSI), et après avoir subi des inspections et tests approfondis », a expliqué la société d’exploitation dans un communiqué.

    Le réacteur numéro 2 avait lui été reconnecté au réseau le 7 août 2017, après une interruption de trois jours due à un problème technique. « La centrale va de nouveau contribuer à la production d’énergie domestique et à la sécurité de l’approvisionnement en Suisse », s’est félicité Axpo.

    Durant l’arrêt du réacteur 1, « d’importants travaux de rénovation et de modernisation » ont été menés, a souligné Axpo, citant notamment la mise en place d’un « système additionnel d’alimentation d’urgence en cas de tremblement de terre ou d’inondation », « le remplacement du couvercle de la cuve sous pression du réacteur » et « la mise en service d’un nouveau système d’information ».

    Selon Axpo, « quelque 9 000 activités régulières de maintenance et 20 000 inspections de routine d’éléments de la centrale ont été conduites au cours des trois dernières années ».

    La Suisse compte quatre centrales (cinq réacteurs nucléaires) produisant environ un tiers de l’électricité du pays. Le 21 mai 2017, les Suisses ont décidé de sortir à moyen terme du nucléaire en acceptant, à 58,2% des voix par référendum, la nouvelle loi sur l’énergie interdisant la construction de nouvelles centrales.

    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/suisse-redemarrage-du-1er-reacteur-de-la-plus-vieille-centr

    #Poubelle

  • Indésirables dans la ville, utiles dans l’#ordure ? Les récupérateurs de déchets urbains entre relégation, intégration et demande de reconnaissance (#Casablanca, #Rabat)

    Les #récupérateurs de déchets au Maroc, parce qu’ils fouillent les #poubelles, sont indésirables et relégués à la #marge de la société et aux marges des villes alors même que leurs activités fondent l’#économie_informelle et formelle du #recyclage. L’#exclusion dont ils sont l’objet est liée à la construction sociale de l’#indésirabilité et aux politiques de gestion qui tentent de les réguler, de les réprimer, parfois de les instrumentaliser. Leur double statut, oscillant entre #parias trop visibles dans les espaces publics et main-d’œuvre nécessaire à la filière du recyclage, rend compte de l’ambiguïté de la figure du récupérateur de déchets, même si l’émergence de petits entrepreneurs (grossistes et recycleurs) s’accom­pagne d’une demande de reconnaissance de leur travail pour faire valoir leurs droits. Cependant, leur impuissance à réduire ou à échapper à l’indésirabilité, en partie parce qu’ils ne sont jamais intégrés aux débats publics ou aux réformes du système de gestion des déchets, ouvre le débat sur le rôle et la responsabilité de l’État.


    http://journals.openedition.org/gc/4434
    #déchets #Maroc #travail

  • Civilisation de la #poubelle
    https://blog.monolecte.fr/2018/02/26/civilisation-de-poubelle

    Des bibliothécaires connectés m’ont appris à la suite de ce message qu’il s’agit là d’une opération de #désherbage tout à fait normale et banale dans les centres de prêts : ils vident les rayons des #livres qui sont abimés ou plus du tout empruntés.

    Voir aussi la première discussion avant l’écriture du billet : https://seenthis.net/messages/672048

    • En passant, j’ajoute ce témoignage — déposé à la suite de ce papier sur Agoravox — qui apporte sa pierre à l’édifice de la réflexion sur le livre et la mémoire. Parce que finalement, c’est quelque chose dont je parle souvent, la mémoire :

      Il y a une bibliothèque municipale où j’allais quand j’étais collégien, elle accumulait des livres depuis le XVIIe siècle, elle achetait très peu de livres neufs qu’elle choisissait après de longues discussions, et qu’elle faisait relier tous les livres en cuir ou en toile pour pouvoir les conserver le plus longtemps possible (la reliure multiplie par 3 ou 4 le cout de revient du livre). Il y avait une salle de romans qui étaient tous reliés en cuir rouge, avec tous les classiques et un tas d’auteurs complètement inconnus ou oubliés qu’il était impossible de trouver dans une librairie de livres neufs. On y trouvait absolument tout sur tous les sujets encyclopédiques depuis un traité de composition d’une symphonie, jusqu’à de vieux atlas, en passant par des recueils des coutumes de Normandie ou de Paris, des tas de livres et d’encyclopédies qu’on ne pouvait trouver nulle part, tout ce qui avait été estimé comme étant un ouvrage classique méritant d’être acheté, relié et conservé pour l’éternité. Il y avait des collections complètes de revues anciennes comme le Magasin pittoresque ou la Revue des voyages (1881-1940), le Journal des voyages, etc. où on trouvait des milliers de récits avec des gravures incroyables montrant des tempêtes, des naufrages, des cannibales posant autour de la marmite. Cette bibliothèque était toujours pleine de gens qui venaient lire sur place des usuels, des collégiens comme moi et des espèces de savants à barbe blanche comme dans Tintin. C’était vraiment un monde enchanté.

      Un jour la vieille bibliothécaire est partie en retraite, une jeune pétasse avec un diplôme de bibliothéconomie est arrivée, elle a parlé de faire vivre et de dynamiser le fonds, elle obtenu de remplacer tous les rayonnages et les vitrines en bois sculpté par des meubles plus pratiques pour faire un classement intelligent selon les normes internationales, la bibliothèque a fermé un an. À l’ouverture, tous les rayonnages étaient en tôle comme dans les bibliothèques universitaires, tous les livres étaient neufs, sauf dans une pièce où avaient été conservés sous clés quelques milliers de livres allant du XVIe à la fin du XVIIIe siècle qu’un adjoint était parvenu à faire conserver. C’est quelqu’un qui ne lit pas et qui est persuadé que le livre le plus récent est toujours meilleur que le précédent. Le dernier essai de Bernard-Henri Lévy dépasse Condition de l’homme moderne d’Hannah Arendt.

      Les nouveaux livres, c’était qu’on trouvait dans toutes les librairies du moment, classés comme à la FNAC, des livres que n’importe qui pouvait acheter, sur les régimes, sur la psychanalyse, les derniers essais des hommes politiques et des journalistes, des œuvres complètement éphémères qui ne se vendent que sous le feu de la promotion. Il y avait un demi-étage sur la Shoah, le procès de Nuremberg, l’antisémitisme, le racisme, le fascisme, plein d’essais sur les sujets de société : le féminisme, l’écologie, le développement durable, la démocratie.

      La fréquentation de la bibliothèque est tombée à presque rien pendant les années qui ont suivi, la mairie a fait de la publicité en appelant les habitants à visiter la nouvelle bibliothèque, rien n’y a fait.

      La bibliothécaire qui avait dépensé plus d’argent en deux ans autant que ses prédécesseurs en deux siècles, pense que c’est prie que son fonds n’est pas assez actuel, pas assez innovant, elle épure son fonds de 10 % tous les ans pour faire la place des nouvelles parutions qui sont de plus en plus nombreuses. Les maisons d’édition ont été rachetées par des groupes politico-financiers qui ont mis à leur tête des diplômés d’écoles de commerce. Il faut faire de la nouveauté, comme les laboratoires pharmaceutiques : lancer les plus de nouveaux livres possibles dans l’espoir de trouver le blockbuster. Chaque nouveau livre a sa campagne de promotion, si au bout de 3 mois il ne s’en est pas vendu assez, il part au pilon, pour en lancer un autre. Il n’y a plus de collections avec des œuvres qui se rééditent pendant des années, des dizaines d’années, et qui aspirent au classicisme.

      En France on a la chance d’avoir un fonds d’ouvrages imprimés qui est plusieurs milliers de fois plus important que ce qui est en vente à un moment donné. C’était par les bibliothèques publiques qu’on pouvait accéder une partie de tous ces livres qui n’étaient plus édités comme le grand Dictionnaire d’agriculture en 2 volumes de René Dumont, datant de l’époque où il était professeur à l’Agro, les romans de Marcelle Tinayre, des collections d’ouvrages d’érudition très curieux légués à la ville par un bienfaiteur, etc.

      Ces bibliothèques municipales ne servent plus à rien, elles concurrencent les librairies, il faut toutes les fermer.

  • EDF veut construire une piscine géante de déchets nucléaires à Belleville-sur-Loire
    https://reporterre.net/EXCLUSIF-EDF-veut-construire-une-piscine-geante-de-dechets-nucleaires-a

    Les #piscines de #La_Hague (Manche), où sont entreposés les combustibles usés des #réacteurs nucléaires, débordent ? Pas de problème, #EDF prépare actuellement, dans la plus grande discrétion, une nouvelle piscine « d’entreposage centralisé » où déverser le surplus. Selon les informations de Reporterre, EDF veut construire ce très grand équipement sur le site de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. Il pourrait accueillir entre 6.000 et 8.000 tonnes de métal lourd irradié (tMLi, l’unité de masse pour les #combustibles_irradiés) — en clair, l’équivalent de 69 à 93 cœurs de réacteur #nucléaire de combustibles brûlants et hautement radioactifs [1].