#poucaves

    • « L’usage des réseaux socionumériques est particulièrement en phase avec ces évolutions sociales et politiques, où la participation politique est de plus en plus souvent associée à un contenu expressif personnel, à une souffrance, une indignation, qu’on éprouve le besoin de partager avec d’autres pour être reconnu socialement, résume le professeur en information-communication Arnaud Mercier [2]. Or les plates-formes numériques ouvrent la possibilité de témoigner, de trouver des personnes qu’on ne connaissait pas et qui partagent les mêmes idées ou les mêmes souffrances. »

      Cependant, ce ne sont pas les infos qui manquent concernant l’exploitation par les condés ou autres « dirigeants » des opinions exprimées sur ces réseaux sociaux. Mais non, la tentation de « faire société » est trop forte, on préfère rester dans le #déni.

      Un prolongement intéressant pour l’article référencé :
      https://theconversation.com/gilets-jaunes-medias-et-internet-les-premiers-enseignements-108517

      S’il y avait beaucoup de choses à dire sur la mobilisation physique des gilets jaunes, nous porterons le focus sur les dimensions numériques du mouvement. En sachant qu’il n’y a pas lieu de les opposer ou de les hiérarchiser. Attention donc aux clichés qui feraient des gilets jaunes un « mouvement Facebook », ou une « révolte 2.0 ».



  • Au rectorat de Dijon on peut croiser Big Brother
    https://www.humanite.fr/au-rectorat-de-dijon-peut-croiser-big-brother-665400

    Une enseignante y est convoquée après avoir publié un texte ironique sur un site indépendant à propos de la prestation télévisée d’Emmanuel Macron de la semaine passée.


    Le rectorat de l’Académie de Dijon veille à ce que l’ordre règne en Macronie. Une professeure de Lettres au lycée le Castel de la capitale bourguignonne, Sophie Carrouge, y est convoquée par la direction des ressources humaines après avoir publié sur un site indépendant, Disjoncter info, un texte ironique après la prestation télévisée d’Emmanuel Macron la semaine passée. Datée du 13 décembre la convocation évoquant directement la publication de ce texte stipule laconiquement « Je vous demande donc de bien vouloir vous présenter à l’entretien prévu le jeudi 20 décembre à 15 heures 30 ». 
     
    « Le grand chef blanc, écrivait-elle, a parlé treize minutes pour apaiser le ressentiment de millions d’indiens. Le grand chef blanc, au début de sa palabre, a prévenu que si les millions d’indiens continuaient de lui courir sur le calumet, il allait être intraitable pour rétablir l’ordre. Il en va de l’autorité du grand tipi de l’Élysée. Le grand chef blanc accorde une part de bison fumé supplémentaire pour les fêtes et chaque mois, les vieux indiens recevront une galette de maïs et une bouteille d’eau de feu ». Et plus loin, « Emmanuel Macron pendant treize minutes a montré son vrai visage, mains sur la table, yeux rivés au prompteur avec l’empathie du dompteur pour le lion. Saute dans le cerceau, français en gilet jaune ou pas, et ferme ta gueule. »
     
    Au pays de Voltaire le rectorat ne goûte guère la charge. Ce qui a toutes les allures d’un véritable abus de pouvoir a vivement fait réagir les personnels enseignants, administratifs et les parents d’élèves du lycée concerné. Appelant à un rassemblement aujourd’hui à 15 h15 devant le rectorat. Ils écrivent dans un communiqué :

    « Nous, personnels de l’Éducation Nationale, parents d’élèves, représentants syndicaux du lycée le Castel, avons appris avec consternation la convocation de l’une de nos collègues par le rectorat, suite à l’écriture d’une tribune dans une publication dijonnaise. Nous l’assurons collectivement de tout notre soutien. Dans la période de mobilisation actuelle contre les différentes réformes dans l’Éducation nationale, une telle convocation apparaît comme une volonté de faire pression sur l’enseignante et de faire taire toute expression de contestation. Un tel contre-feu ne nous empêchera pas de nous mobiliser contre les réformes en cours. Où est la « liberté d’expression » dans « l’école de la confiance » ?

    • Voltaire, Voltaire, tout de suite les grands noms !

      On est aussi le pays de
      – louis IX, inventeur de l’étoile jaune,
      – henry III
      – napoléons I et III
      – adolf thiers
      – louis faidherbe
      – philippe pétain
      – jules moch
      . . . . . . . .
      Sans oublier quelques sociétés savantes, comme la société d’anthropologie de Paris.
      Une liste serait intéressante à constituer.

      En ce moment, on a un grenadeur, qui se pense comme mussolini enfant, et qui va lancer son métaplan national Post-it.

    • Une professeure de Dijon convoquée par son rectorat après avoir critiqué Emmanuel Macron

      L’enseignante a rédigé une tribune virulente en réaction à l’allocution du chef de l’Etat qui répondait à la colère des “gilets jaunes”.

      “Emmanuel Macron est terne, Emmanuel Macron est vieux, Emmanuel Macron n’est pas un président. Emmanuel Macron est un commercial arrivé au pouvoir par le pouvoir des urnes funéraires.” Cette attaque en règle contre le chef de l’Etat vaut à son auteure, Sophie Carrouge, une professeure du lycée Le Castel de Dijon (Côte-d’Or), d’être convoquée par son rectorat, jeudi 20 décembre. C’est ce qu’a appris franceinfo auprès de l’académie.

      Dans cette tribune publiée sur le site dijoncter.info mercredi 12 décembre, deux jours après l’allocution du président de la République, la professeure de lettres ironise sur la forme du discours présidentiel : “Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l’autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu’un bon indien est un indien mort ou grabataire.” Sophie Carrouge, qui milite pour la défense des lycéens sans-papiers, explique à franceinfo avoir réagi, “ivre de rage”, “au mot ’immigration’ lâché par Emmanuel Macron” dans son discours.
      “L’angle d’attaque possible, c’est le droit de réserve”

      “Je me doute que l’angle d’attaque possible, c’est le droit de réserve”, déclare Sophie Carrouge, qui fait valoir sa liberté d’expression. “Ils vont sans doute m’attaquer sur le fait que je mentionne ma profession et mon établissement.” « Mais chez les enseignants, ce droit de réserve n’est pas le même que dans la police par exemple, il est jurisprudentiel », affirme-t-elle.

      Et la professeure de dénoncer “un contexte très inquiétant”. Selon elle, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, “serre la vis de manière très spectaculaire”. L’enseignante dénonce le projet de loi sur l’école en préparation et les sanctions disciplinaires qu’il prévoit à l’encontre des enseignants qui dénigreraient l’institution. “L’Etat est en train de bétonner le système pour restreindre la liberté d’expression de chaque fonctionnaire”, fustige ainsi la professeure.
      “C’est prendre le risque de sanctions disciplinaires”

      Laurent Rabbé, avocat au barreau de Paris, spécialiste du droit de la fonction publique, estime que l’enseignante aura du mal à faire valoir ses arguments. “Au titre de ses obligations statutaires, un professeur de la fonction publique d’Etat a un devoir de réserve sur la politique mise en œuvre par sa tutelle, a fortiori par le chef de l’Etat”, explique-t-il à franceinfo. Le juriste estime que le rectorat pourrait légitimement lancer des poursuites disciplinaires contre Sophie Carrouge pour manquement à cette obligation. “Tenir de tels propos publiquement en se présentant en tant qu’enseignante, c’est prendre le risque de sanctions disciplinaires, tranche le conseil. Individuellement, c’est un choix, c’est un risque à prendre”.

      En attendant, des collègues et des parents d’élèves du lycée Le Castel ont apporté leur soutien à Sophie Carrouge dans un communiqué. Ils appellent même à manifester devant le rectorat, jeudi après-midi, au moment où l’enseignante sera convoquée. Contactée par franceinfo, l’académie n’a souhaité faire aucun commentaire.
      Pas de sanction mais un rappel

      La convocation s’est soldée par “un rappel au devoir de réserve”, indique à franceinfo Isabelle Cheviet, secrétaire départementale du Snes-FSU de Côte d’Or. La teneur de l’entrevue était “une incitation à la plus extrême prudence”, confirme Sophie Carrouge. Pas de sanction donc pour l’enseignante. “Je peux continuer à écrire mais je n’écrirai plus : ’Je suis enseignante’”, commente la professeure. Le rectorat a rappelé qu’"un fonctionnaire ne doit pas critiquer sa hiérarchie et l’Etat employeur", confirme la syndicaliste. Mais de conclure : “Si elle avait seulement signer de son nom, sans mentionner sa profession et son établissement, ça passait.”

      https://www.francetvinfo.fr/politique/une-professeure-de-dijon-convoquee-par-son-rectorat-apres-avoir-critiqu


  • François Ruffin « pas fier du tout » des gilets jaunes de sa circonscription qui ont dénoncé des migrants | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/22/francois-ruffin-pas-fier-du-tout-des-gilets-jaunes-de-sa-circonscript

    Ils s’étaient vantés d’être « mieux que la douane ». Jeudi 22 novembre, le député François Ruffin a avoué n’être « pas fier du tout » du comportement de certains gilets jaunes de sa circonscription lors d’une interview à Europe 1.

    Mardi 20, lors d’un barrage routier à Flixecourt, dans la Somme, des migrants avaient été repérés dans la cuve d’un camion-citerne par un groupe de manifestants. Ces derniers avaient ensuite prévenu les gendarmes, avant de proférer des insultes à l’encontre des personnes interpellées et de se féliciter d’un « gros coup de filet », comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

    Sur les images, on peut apercevoir un gilet jaune s’avancer devant le camion pour poser en rigolant, tout en entendant un autre traiter les migrants de « sales bâtards » et d’"enculés".

    Au micro de nos confrères, le député insoumis de la 1ère circonscription de la Somme a signifié quelques réserves face au mouvement qui perturbe la France depuis le 17 novembre. « Des moments où je suis fier de mon coin, et d’autres moins », a d’abord expliqué le député, qui s’était justement rendu sur un barrage de Flixecourt au premier jour de mobilisation, remplissant un « cahier de doléances » et se réjouissant d’une « aventure de proximité ».

    « Mes premiers mots vont pour les six personnes présentes à l’intérieur d’une cuve à fioul, il faut mesurer ce que ça veut dire », a poursuivi François Ruffin, avant d’ajouter : « Il y a des moments où je suis fier de mon coin, fier des gens de mon coin, et fier d’être élu de Flixecourt et des moments où je le suis beaucoup moins. Je ne suis pas fier du tout que ça se passe de cette manière-là. Il va falloir discuter, voir pourquoi ça s’est passé comme ça et redire que ce n’est pas en se vengeant sur plus faible que soi qu’on arrange son sort. »

    Après la dénonciation de ces migrants, le syndicat CGT des agents de douanes a porté plainte, mercredi 21 novembre, contre des « gilets jaunes » pour « injure », « diffamation » et « incitation à la haine raciale ». « Forts de leurs convictions racistes, ils ont préféré appeler la gendarmerie plutôt qu’une association d’entraide pour les secourir », dénonce le syndicat dans un communiqué.