• Limousin : l’Etat veut terroriser des personnes engagées à gauche et un média militant
    https://ricochets.cc/Limousin-l-Etat-veut-terroriser-des-personnes-engagees-et-un-media-militan

    📺 COUPURE TÉLÉ : DESCENTE ANTITERRORISTE CONTRE « L’ULTRA-GAUCHE » DANS LE LIMOUSIN – 6 arrestations et un média indépendant attaqué : interview de personnes perquisitionnées – Mardi 15 juin, à l’aube, dans un petit village du Limousin, des dizaines de véhicules de forces de l’ordre, gendarmes cagoulés et autres groupes « anti-terroristes » débarquent de Paris. C’est la commune de Gentioux, 350 habitants, qui est visée. L’institutrice de l’école communale, 57 ans, est embarquée par les agents au visage masqués. (...) #Pour_numéro_18

    / #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire, Autoritarisme, régime policier, (...)

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...
    https://labogue.info/spip.php?article1039&lang=fr
    https://labogue.info/spip.php?article1040&lang=fr

    • Pour mémoire :
      https://www.belfercenter.org/sites/default/files/legacy/files/IS3702_Slater.pdf

      The literature on the Israeli attacks on the civilian population of Lebanon and on Palestinian residents and refugee camps in that country is extensive.

      On the 1993 Israeli attack, Shlaim writes that “the ruthless targeting” of the civilian population was designed to induce them to pressure the governments of Lebanon and Syria to end their support of the Hezbollah movement and militias, as well as to give Israel a free hand in southern Lebanon. Shlaim, The Iron Wall, pp. 560–561.

      On the 1982 attacks on civilians, see Michael Jansen, The Battle of Beirut: Why Israel Invaded Lebanon (London: Zed, 1982); Jonathan Randal, Going All the Way: Christian Warlords, Israeli Adventurers, and the War in Lebanon (New York: Viking, 1983); and, especially, the devastating account by two leading Israeli centrist journalists, Zeev Schiff and Ehud Yaari, Israel’s Lebanon War (New York: Simon and Schuster, 1984).

      On the 2006 attack, see Human Rights Watch, “Why They Died: Civilian Ca- sualties in Lebanon during the 2006 War,” Vol. 19, No. 5 (Human Rights Watch, September 2007), http://www.hrw.org/reports/2007/09/05/why-they-died; and Amnesty International, “Leba- non: Deliberate Destruction or ‘Collateral Damage?’ Israeli Attacks on Civilian Infrastructure” (Amnesty International, August 2006), http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE18/007 2006.

      Avi Shlaim summed up the evidence on all of the major Israeli attacks on Lebanon: “[T]he massacre of innocent civilians [is] a recurrent feature of Israeli military intervention,” including the 2006 attack, which “involved the deliberate targeting of civilians in flagrant violation of the laws of war.” First quote in Shlaim, “Israel’s Error, Then and Now,” International Herald Tribune, August 4, 2006; and second quote in Shlaim, “The Iron Wall Revisited,” p. 94.
      18. John Kifner, “Human Rights Group Accuses Israel of War Crimes,” New York Times, August 24, 2006.
      19. Q

  • A Mexico, dans une école transformée en refuge, le désarroi de mineurs en route vers les Etats-Unis
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/04/30/a-mexico-dans-une-ecole-transformee-en-refuge-le-desarroi-de-mineurs-en-rout

    A Mexico, dans une école transformée en refuge, le désarroi de mineurs en route vers les Etats-Unis. Carlos, Ricardo, Alejandra, Leopoldo ont traversé le Mexique dans l’espoir de franchir la frontière américaine. Refoulés ou en attente, ces mineurs centraméricains isolés sont de plus en plus exposés aux violences du crime organisé.C’est la troisième fois que Carlos, Hondurien de 13 ans, tente la traversée jusqu’aux Etats-Unis. « Là, ça va marcher avec Biden », espère le frêle adolescent aux cheveux châtains et aux yeux noisette, assis dans l’immense patio bétonné du refuge Cafemin, planté au nord de Mexico. Il voyage seul. « Pour avoir plus de chances de passer », confie Carlos – son prénom a été modifié pour sa sécurité à la demande de Cafemin, où il fait une pause à mi-parcours de son odyssée de tous les dangers.Carlos a rejoint la déferlante d’enfants et d’adolescents centraméricains, accompagnés ou non, qui traversent le Mexique pour rejoindre les Etats-Unis, attirés par la nouvelle politique migratoire « humaniste » de Joe Biden, notamment envers les mineurs. Cette vague historique, qui provoque une crise à la frontière américaine, expose les plus jeunes aux extorsions des policiers ripoux et aux violences du crime organisé.
    L’ambiance est paisible dans cette ancienne école transformée, depuis 2012, en refuge de migrants par la congrégation des Sœurs joséphites. Sous le dôme en taule qui coiffe le patio, un groupe d’enfants d’à peine 8 ans jouent à des jeux de société. A l’écart, leurs mères discutent. Non loin, cinq adolescents sont blottis les uns contre les autres. Ils écoutent une mini-sono qui distille du reggaeton à bas volume, sous le regard bienveillant de sœur Maria Magdalena Silva Renteria, directrice de Cafemin, en jupe noir et chemisier blanc.La religieuse septuagénaire a dû s’adapter à « l’effet Biden » : « Notre refuge était réservé aux femmes. Mais l’appel d’air migratoire provoqué par ses annonces nous a contraints à accueillir des enfants, seuls ou en famille. Nous frôlons la saturation. Au nord, les refuges sont pleins à craquer. » En mars, plus de 172 000 clandestins ont été arrêtés par les gardes-frontières américains, la plupart centraméricains. Ce boum de 71 % en un mois représente la plus forte hausse mensuelle depuis quinze ans. Parmi eux, les mineurs isolés ont doublé (18 890 en mars), saturant les refuges américains.
    Pour sœur « Magda », « la politique d’ouverture de Biden a fait naître beaucoup d’illusions chez les Centraméricains qui fuient la pauvreté, la violence et les ravages climatiques. Des familles entières partent avec l’idée erronée que leurs enfants leur permettront de rester aux Etats-Unis. » Entre février et mars, les arrestations de migrants en famille ont décollé, à la frontière américaine, de 20 000 à plus de 50 000.« Notre épuisante guerre contre la migration est terminée », a insisté, mercredi 28 avril, le président américain lors de son discours au Congrès, appelant les législateurs à voter son ambitieux plan migratoire. Mais, pour l’heure, la saturation des centres d’hébergement l’a contraint à renoncer à un quota annuel d’accueil de 60 000 nouveaux réfugiés, ramené au seuil de 15 000 fixé par son prédécesseur. Les autres sont expulsés en masse vers le Mexique ou l’Amérique centrale, sous le prétexte de la crise sanitaire due au Covid-19.
    Assise sous les fresques décrépies qui ornent le refuge, Ingrid Menendez enrage : « Nous étions enfin aux Etats-Unis, raconte cette Guatémaltèque de 40 ans, partie avec ses deux fils de 14 et 10 ans. Nous nous sommes livrés en toute confiance aux autorités américaines. Mais on a été renvoyés immédiatement au Mexique. Sans moi, mes enfants seraient restés là-bas. » Cette incitation à laisser partir seuls des mineurs les confronte à des situations traumatisantes pour leur âge.
    La plupart ont eu recours à des passeurs, dont les tarifs ont décollé : « Ma famille avait payé plus de 12 000 dollars [10 000 euros] pour moi et Max, confie Leopoldo, Salvadorien de 16 ans, accompagné par son frère cadet de 14 ans. Notre passeur nous a abandonnés juste avant un barrage. » Max refuse, lui, d’être interviewé, restant rivé sur son Rubik’s Cube. A la demande de M. Biden, le Mexique, le Guatemala et le Honduras ont accepté, mi-avril, de renforcer leur dispositif militaire #pour bloquer en amont les migrants. « Cette militarisation les oblige à prendre des routes alternatives plus isolées qui les exposent davantage au crime organisé », s’inquiète sœur « Magda », qui déplore que « Mexico fasse le sale boulot des Etats-Unis ».

    #covid-19#migrant#migration#etatsunis#mexique#honduras#guatemala#sante#expulsion#mineur#politiquemigratoire#violence#pandemie#militarisation

  • « Il lit tout » : comment Macron épluche les études scientifiques sur le Covid-19 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/politique/il-lit-tout-comment-emmanuel-macron-epluche-les-etudes-scientifiques-sur-

    Le chef de l’Etat, qui doit présider un nouveau conseil de défense sanitaire ce mercredi, s’abreuve de lectures scientifiques sur le Covid-19.

    Reconfiner ou pas à certains endroits, comme c’est déjà le cas dans les Alpes-Maritimes ? En partie ou totalement ? Voilà les principales questions que vont se poser ce mercredi matin Emmanuel Macron et les participants au conseil de défense sanitaire hebdomadaire. « Compte tenu de la situation, il vaut mieux régionaliser », a-t-il admis ce mardi, en déplacement en Côte-d’Or. « Le confinement, c’est l’arme de protection de dernier recours. S’il le jugeait nécessaire, je ne doute pas qu’il le refera », embraye un proche.

    Mais avant cela, comme d’habitude, le chef de l’Etat aura aiguisé sa réflexion. En scrutant particulièrement les dernières tendances épidémiologiques en France et dans les pays voisins, en observant à la loupe les taux d’incidences dans les villes les plus touchées comme Dunkerque, mais aussi les taux d’occupation en services de réanimation. Et surtout, en se nourrissant des dernières revues scientifiques consacrées à la propagation du virus.

    « Vous allez devenir plus spécialiste que nous »
    Depuis que la crise a éclaté, Emmanuel Macron est dans une surconsommation des lectures et travaux de recherche consacrés au Covid-19. D’où qu’elles viennent. De France bien sûr, mais aussi d’Angleterre, des Etats-Unis, d’Asie ou encore d’Israël. Une vraie boulimie. Il y a bien évidemment la très sérieuse revue médicale britannique The Lancet, les publications du British medical journal, les études des chercheurs de Stanford, ou les analyses du Journal of de American medical association (Jama).

    Des lectures - dans la langue de Shakespeare, of course - qu’il lui arrive aussi de partager avec son ministre de la Santé Olivier Véran, et bien sûr Jean Castex, lecteur de la revue Nature, une des publications scientifiques les plus réputées au monde. Sur Twitter, Emmanuel Macron est par ailleurs très attentif aux analyses quotidiennes du jeune Guillaume Rozier, 24 ans, spécialiste de l’open Data et créateur de l’application CovidTracker.

    Avec des scènes parfois cocasses. Comme il y a trois semaines, en pleine réunion vaccins organisée en visioconférence avec, entre autres, le professeur Jean-François Delfraissy et la virologue Marie-Paule Kieny, présidente du comité scientifique vaccin Covid-19. A cette occasion, le président se met à citer une étude anglaise qui vient tout juste d’être publiée. « Oui, on a vu qu’elle était sortie. Mais on ne l’a pas encore », répond, sourire en coin, Delfraissy pendant la réunion. « Alors qu’Emmanuel Macron, lui, l’avait déjà entièrement épluchée », commente après coup un autre participant. Et cette boutade du président du conseil scientifique : « A ce rythme, vous allez devenir encore plus spécialiste que nous… »

    Modélisations et experts
    « Ce qu’il a envie d’étudier, c’est autre chose que ce qu’il n’a pas encore déjà vu et entendu », raconte un membre de sa garde rapprochée. « Le président lit tout ce qui sort de scientifique sur le sujet, interroge d’innombrables experts et cherche chaque jour ce qui se produit de nouveau pour ne rien laisser passer. Un jour, il pourra briguer l’agrégation d’immunologie », s’en amuse le président de l’Assemblée, Richard Ferrand. « Ça l’obsède d’essayer de ne pas se tromper », insiste un autre proche.

    L’exemple du conseil de défense sanitaire du 29 janvier, organisé au dernier moment un vendredi soir, et où il décide finalement de ne pas reconfiner malgré la pression, en est la preuve. « Juste avant, il avait relu toutes les dernières études. Regardé les dernières modélisations, la rapidité de la transmission de l’épidémie en Grande-Bretagne. Et même commandé des études supplémentaires sur l’impact des nouveaux traitements à base de dexaméthasone », raconte un participant. Tellement au fait sur le sujet que même ses ministres ne s’aventurent désormais plus trop à le challenger : « Je ne lui envoie rien car je me doute bien que ce que je vois, il a déjà dû l’avoir en main trois jours avant, sourit l’un d’eux. À un moment… il ne faut pas être ridicule non plus. »

    #hagiographie
    #présipotent #prépotent
    via @freakonometrics

    • cet article est hallucinant, tant sur cette vision de cour du monarque que cette vision de la recherche... par contre ta version n’est pas celle publiée dans le journal : "« 

      Oui, on a vu qu’elle était sortie. Mais on ne l’a pas encore

       », répond, sourire en coin, Delfraissy pendant la réunion" était initialement « 

      Oui, on a vu qu’elle était sortie. Mais on ne l’a pas encore, et elle n’est pas traduite

       » cf

    • J’avais aussi trouvé cet article particulièrement déprimant. Et puis je me dis qu’en fait, c’est parce qu’avec le Covid, je n’étais certainement pas prêt à ce que la campagne pour les Présidentielles démarre maintenant.

      Et que donc on va tout simplement repasser en mode de propagande forcenée, comme la dernière fois, et comme c’est à chaque fois le cas : l’enthousiasme délirant de nos grands médias pour Balladur, pour DSK, pour Macron pendant une bonne année avant que les gens soient censés voter.

    • Hallucinant, comme dit freakonometrics.
      Le retour du génie des Carpathes.

      Même en période électorale, il faut un sacré culot pour oser (faire) publier un tel torchon baveux. Sans même tenter de rester crédible. Il est sans doute vrai que le lecteur moyen fait souvent confiance au journaliste.
      Cet Olivier Beaumont est-il un vrai journaliste ? Ou devrais-je me demander si Le Parisien est un vrai journal ?

      L’histoire de l’article pas encore traduit de l’Anglais, que j’avais déjà vue sur twitter, est caractéristique et indique clairement que tout cela est inventé, par des gens qui ne comprennent rien au travail scientifique et à la façon dont on se forge connaissance et expérience. Il est à craindre que cela n’inclue Macron himself.

      « Il lit tout » ... cela n’est pas possible, et s’il essayait, cela ne le rendrait pas meilleur que les spécialistes qui l’entourent. La connaissance n’existe pas vraiment sans expérience personnelle d’analyse ou de création.
      Mais surtout ce n’est pas son travail. Si la décision politique appartient aux politiques, le travail d’analyse scientifique appartient aux scientifiques. Et il a bien assez à faire.
      Que les services de la présidence laissent (ou fassent) publier un tel torchon est une insulte aux français.

  • Désistement de Chéritel : une victoire pour basta ! et la journaliste Inès Léraud - Basta !
    https://www.bastamag.net/Desistement-de-Cheritel-une-victoire-pour-basta-et-la-journaliste-Ines-Ler

    Ce désistement de dernière minute laisse penser qu’il s’agit, encore une fois, d’une « poursuite-bâillon », visant à entraver le travail d’information de médias, d’associations ou de lanceurs d’alertes sur les activités de groupes et intérêts privés. Ces poursuites, sans fondement, visent à dissuader les journalistes d’enquêter, en multipliant les pressions financières.

    #poursuite_baillon

  • Un dégoût profond pour cette république moribonde, Matéo. Fbouc de Bas les Masques - appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire
    https://www.facebook.com/BaslesMasques2020/photos/a.113028497052253/211071223914646

    Elle est longue cette lettre de Mateo, étudiant de 21 ans, adressée à son professeur, mais tellement forte et belle, que nous nous y sommes plongé.es avec une boule à la gorge...

    Bonjour Monsieur,

    Ce mail n’appelle pas nécessairement de réponse de votre part, je cherchais simplement à écrire mon désarroi. Ne sachant plus à qui faire part du profond mal-être qui m’habite c’est vous qui m’êtes venu à l’esprit.

    Même si cela remonte à longtemps, l’année que j’ai passée en cours avec vous a eu une influence déterminante sur les valeurs et les idéaux qui sont aujourd’hui miens et que je tente de défendre à tout prix, c’est pour cela que j’ai l’intime conviction que vous serez parmi les plus à même de comprendre ce que j’essaye d’exprimer.

    Ces dernières semaines ont eu raison du peu d’espoir qu’il me restait. Comment pourrait-il en être autrement ? Cette année était celle de mes 21 ans, c’est également celle qui a vu disparaître mon envie de me battre pour un monde meilleur.

    Chaque semaine je manifeste inlassablement avec mes amis et mes proches sans observer le moindre changement, je ne sais plus pourquoi je descends dans la rue, il est désormais devenu clair que rien ne changera. Je ne peux parler de mon mal-être à mes amis, je sais qu’il habite nombre d’entre eux également.
    Nos études n’ont désormais plus aucun sens, nous avons perdu de vue le sens de ce que nous apprenons et la raison pour laquelle nous l’apprenons car il nous est désormais impossible de nous projeter sans voir le triste futur qui nous attend.

    Chaque semaine une nouvelle décision du gouvernement vient assombrir le tableau de cette année. Les étudiants sont réduits au silence, privés de leurs traditionnels moyens d’expression.
    Bientôt un blocage d’université nous conduira à une amende de plusieurs milliers d’euros et à une peine de prison ferme.
    Bientôt les travaux universitaires seront soumis à des commissions d’enquêtes par un gouvernement qui se targue d’être le grand défenseur de la liberté d’expression.
    Qu’en est-il de ceux qui refuseront de rentrer dans le rang ?

    Je crois avoir ma réponse.
    Samedi soir, le 5 décembre, j’étais présent Place de la République à Paris.
    J’ai vu les forces de l’ordre lancer à l’aveugle par-dessus leurs barricades anti-émeutes des salves de grenades GM2L sur une foule de manifestants en colère, habités par une rage d’en découdre avec ce gouvernement et ses représentants.
    J’ai vu le jeune homme devant moi se pencher pour ramasser ce qui ressemblait à s’y méprendre aux restes d’une grenade lacrymogène mais qui était en réalité une grenade GM2L tombée quelques secondes plus tôt et n’ayant pas encore explosée.
    Je me suis vu lui crier de la lâcher lorsque celle-ci explosa dans sa main.
    Tout s’est passé très vite, je l’ai empoigné par le dos ou par le sac et je l’ai guidé à l’extérieur de la zone
    d’affrontements.
    Je l’ai assis au pied de la statue au centre de la place et j’ai alors vu ce à quoi ressemblait une main en charpie, privée de ses cinq doigts, sorte de bouillie sanguinolente.
    Je le rappelle, j’ai 21 ans et je suis étudiant en sciences sociales, personne ne m’a appris à traiter des blessures de guerre.
    J’ai crié, crié et appelé les street medics à l’aide.
    Un homme qui avait suivi la scène a rapidement accouru, il m’a crié de faire un garrot sur le bras droit de la victime.
    Un garrot… Comment pourrais-je avoir la moindre idée de comment placer un garrot sur une victime qui a perdu sa main moins d’une minute plus tôt ?
    Après quelques instants qui m’ont paru interminables, les street medics sont arrivés et ont pris les choses en main.
    Jamais je n’avais fait face à un tel sentiment d’impuissance. J’étais venu manifester, exprimer mon mécontentement contre les réformes de ce gouvernement qui refuse de baisser les yeux sur ses sujets qui souffrent, sur sa jeunesse qui se noie et sur toute cette frange de la population qui suffoque dans la précarité.

    Je sais pertinemment que mes protestations n’y changeront rien, mais manifester le samedi me permet de garder à l’esprit que je ne suis pas seul, que le mal-être qui m’habite est général. Pourtant, ce samedi plutôt que de rentrer chez moi heureux d’avoir revu des amis et d’avoir rencontré des gens qui gardent espoir, je suis rentré chez moi dépité, impuissant et révolté.

    Dites-moi Monsieur, comment un étudiant de 21 ans qui vient simplement exprimer sa colère la plus légitime peut-il se retrouver à tenter d’installer un garrot sur le bras d’un inconnu qui vient littéralement de se faire arracher la main sous ses propres yeux, à seulement deux ou trois mètres de lui.
    Comment en suis-je arrivé là ? Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Je n’ai plus peur de le dire. Aujourd’hui j’ai un dégoût profond pour cette République moribonde.

    Les individus au pouvoir ont perverti ses valeurs et l’ont transformée en appareil répressif à la solde du libéralisme.
    J’ai développé malgré moi une haine profonde pour son bras armé qui défend pour envers et contre tous ces hommes et ces femmes politiques qui n’ont que faire de ce qu’il se passe en bas de leurs châteaux.
    J’ai toujours défendu des valeurs humanistes et pacifistes, qui m’ont été inculquées par mes parents et desquelles j’ai jusqu’ici toujours été très fier.
    C’est donc les larmes aux yeux que j’écris ceci mais dites-moi Monsieur, comment aujourd’hui après ce que j’ai vu pourrais-je rester pacifique ?
    Comment ces individus masqués, sans matricules pourtant obligatoires peuvent-ils nous mutiler en toute impunité et rentrer chez eux auprès de leur famille comme si tout était normal ?
    Dans quel monde vivons-nous ?
    Dans un monde où une association de policiers peut ouvertement appeler au meurtre des manifestants sur les réseaux sociaux, dans un monde où les parlementaires et le gouvernement souhaitent renforcer les pouvoirs de cette police administrative qui frappe mutile et tue.
    Croyez-moi Monsieur, lorsque je vous dis qu’il est bien difficile de rester pacifique dans un tel monde…

    Aujourd’hui être français est devenu un fardeau, je suis l’un de ces individus que l’Etat qualifie de « séparatiste », pourtant je ne suis pas musulman, ni même chrétien d’ailleurs.
    Je suis blanc, issu de la classe moyenne, un privilégié en somme…
    Mais quelle est donc alors cette religion qui a fait naître en moi une telle défiance vis-à-vis de l’Etat et de la République ?
    Que ces gens là-haut se posent les bonnes questions, ma haine pour eux n’est pas due à un quelconque endoctrinement, je n’appartiens à l’heure actuelle à aucune organisation, à aucun culte « sécessioniste ».
    Pourtant je suis las d’être français, las de me battre pour un pays qui ne veut pas changer.
    Le gouvernement et les individus au pouvoir sont ceux qui me poussent vers le séparatisme.
    Plutôt que de mettre sur pied des lois visant à réprimer le séparatisme chez les enfants et les étudiants qu’ils s’interrogent sur les raisons qui se cachent derrière cette défiance.
    La France n’est plus ce qu’elle était, et je refuse d’être associé à ce qu’elle représente aujourd’hui.
    Aujourd’hui et malgré moi je suis breton avant d’être français. Je ne demanderais à personne de comprendre mon raisonnement, seulement aujourd’hui j’ai besoin de me raccrocher à quelque chose, une lueur, qui aussi infime soit-elle me permette de croire que tout n’est pas perdu.
    Ainsi c’est à regret que je dis cela mais cette lueur je ne la retrouve plus en France, nous allons au-devant de troubles encore plus grands, le pays est divisé et l’antagonisme grandit de jour en jour.

    Si rien n’est fait les jeunes qui comme moi chercheront une sortie, un espoir alternatif en lequel croire, quand bien même celui-ci serait utopique, seront bien plus nombreux que ne l’imaginent nos dirigeants.
    Et ce ne sont pas leurs lois contre le séparatisme qui pourront y changer quelque chose.
    Pour certains cela sera la religion, pour d’autre comme moi, le régionalisme.
    Comment pourrait-il en être autrement quand 90% des médias ne s’intéressent qu’aux policiers armés jusqu’aux dents qui ont été malmenés par les manifestants ?
    Nous sommes plus de 40 heures après les événements de samedi soir et pourtant je n’ai vu nulle part mentionné le fait qu’un manifestant avait perdu sa main, qu’un journaliste avait été blessé à la jambe par des éclats de grenades supposées sans-danger.

    Seul ce qui reste de la presse indépendante tente encore aujourd’hui de faire la lumière sur les événements terribles qui continuent de se produire chaque semaine.
    Soyons reconnaissants qu’ils continuent de le faire malgré les tentatives d’intimidation qu’ils subissent en marge de chaque manifestation.

    Je tenais à vous le dire Monsieur, la jeunesse perd pied.

    Dans mon entourage sur Paris, les seuls de mes amis qui ne partagent pas mon mal-être sont ceux qui ont décidé de fermer les yeux et de demeurer apolitiques.
    Comment les blâmer ? Tout semble plus simple de leur point de vue. Nous sommes cloîtrés chez nous pendant que la planète se meurt dans l’indifférence généralisée, nous sommes rendus responsables de la propagation du virus alors même que nous sacrifions nos jeunes années pour le bien de ceux qui ont conduit la France dans cette impasse.

    Les jeunes n’ont plus l’envie d’apprendre et les enseignants plus l’envie d’enseigner à des écrans noirs.
    Nous sacrifions nos samedis pour aller protester contre ce que nous considérons comme étant une profonde injustice, ce à quoi l’on nous répond par des tirs de grenades, de gaz lacrymogènes ou de LBD suivant les humeurs des forces de l’ordre.
    Nous sommes l’avenir de ce pays pourtant l’on refuse de nous écouter, pire, nous sommes muselés. Beaucoup de choses ont été promises, nous ne sommes pas dupes.

    Ne gaspillez pas votre temps à me répondre. Il s’agissait surtout pour moi d’écrire mes peines. Je ne vous en fait part que parce que je sais que cette lettre ne constituera pas une surprise pour vous. Vous êtes au premier rang, vous savez à quel point l’abîme dans laquelle sombre la jeunesse est profond.

    Je vous demanderai également de ne pas vous inquiéter. Aussi sombre cette lettre soit-elle j’ai toujours la tête bien fixée sur les épaules et j’attache trop d’importance à l’éducation que m’ont offert mes parents pour aller faire quelque chose de regrettable, cette lettre n’est donc en aucun cas un appel au secours.

    J’éprouvais seulement le besoin d’être entendu par quelqu’un qui je le sais, me comprendra.

    Matéo

    Bas les Masques :
    Nous en profitons pour clarifier un détail, dont parle Mateo, et c’est bien logique puisqu’il dit justement n’avoir aucune notion de premier secours. Le garrot est une pratique a éviter. La compression est à privilégier.

    Les deux images-textes choisies pour cette publication nous font passer d’un idéalisme absolu à un pragmatisme ô combien trivial.

    #corps_et_âme#manifestation #pourpasunrond #grenade #police #violence_d'État #mutilation

  • Dans les Alpes, migrants et bénévoles face à une police aux frontières renforcée

    En novembre, Emmanuel Macron a doublé les effectifs de la police aux frontières "contre la menace terroriste". Des renforts auxquels se heurtent quotidiennement associations et exilés.

    C’est pour notre “protection commune”, assure Emmanuel Macron. Dans la foulée des attentats terroristes de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice, le président de la République annonçait le 5 novembre rien de moins qu’un doublement des effectifs de la police aux frontières.

    À Montgenèvre (Hautes-Alpes), par exemple, une soixantaine de policiers, de gendarmes réservistes et même de militaires de l’opération Sentinelle sont arrivés en renfort ces dernières semaines, selon la préfecture.

    Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo ci-dessus, cette forte présence policière n’est pas sans conséquence sur les dizaines d’exilés, dont de nombreux demandeurs d’asile, qui tentent chaque jour de franchir au péril de leur vie ce point montagneux de la frontière franco-italienne, ni sur les associations qui leur portent assistance.

    Samedi 5 décembre, notre caméra a pu suivre sur le terrain l’association Tous migrants, dont deux bénévoles ont récemment été interpellés lors d’une maraude et convoqués devant le tribunal de Gap pour “aide à l’entrée” d’un couple d’Afghans.

    "On sait que des policiers ont bien conscience que ce qu’on leur demande de faire est inhumain."
    #Michel_Rousseau, association Tous migrants

    Signe supplémentaire que ce “#délit_de_solidarité” persiste, deux bénévoles ont une fois de plus été interpellés lors de notre reportage, alors qu’ils portaient assistance à une dizaine de migrants afghans, iraniens et maliens côté français. Soupçonnés “d’aide à l’entrée sur le territoire de personne en situation irrégulière”, ils ont reçu une convocation pour une audition libre 48 heures plus tard.

    Selon nos informations, les deux maraudeurs n’ont finalement fait l’objet d’aucune poursuite, mais ont vu leurs empreintes et photos récoltées par les autorités. Depuis notre tournage, quatre autres maraudeurs ont encore été convoqués par la police, pour un total de six bénévoles auditionnés en à peine une semaine.
    Des rétentions au cadre légal flou

    Avant leur renvoi aux autorités italiennes, les migrants interpellés en montagne sont emmenés dans des bâtiments préfabriqués (type Algeco) situés derrière le poste-frontière de Montgenèvre, comme vous pouvez le voir également dans notre reportage en tête d’article.

    Utilisé aussi à Menton, ce type de lieu de rétention sans cadre légal précis est dénoncé en justice par des associations et ONG. Ces derniers y réclament le droit de pouvoir y accéder pour porter une assistance aux demandeurs d’asile, comme dans les centres de rétention ou les zones d’attente (ZA) des aéroports internationaux.

    “On est dans un État de droit. Quand il y a privation de libertés, il y a une base légale et les gens maintenus ont des droits prévus par la loi. Et là, il n’y a rien”, regrette Gérard Sadik, responsable de la commission Asile de La Cimade.

    En ce qui concerne Menton, le tribunal administratif de Nice a d’ailleurs suspendu le 30 novembre dernier une décision du préfet des Alpes-Maritimes “refusant l’accès aux constructions modulaires attenantes au poste de la police aux frontières aux représentantes de l’association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) et de l’association Médecins du Monde”. En outre, la justice évoque plusieurs manquements aux droits des demandeurs d’asile :

    “Le juge relève que quotidiennement, de nombreuses personnes sont retenues dans ces locaux munis de système de fermeture et de surveillance vidéo, dans des conditions précaires, pour de nombreuses heures, notamment la nuit lorsque le poste de police italien est fermé, qu’elles sont mises dans l’impossibilité de partir librement de ces locaux et d’obtenir au cours de la période de ‘maintien’ une assistance médicale, juridique ou administrative des associations.”

    Une “fabrique des indésirables”

    Contactée par Le HuffPost, la préfecture des Hautes-Alpes évoque sobrement des “locaux de mise à l’abri proposés sans contrainte”, le temps de procéder à des “vérifications” et “aménagés dans l’unique objectif de préserver tant leur dignité, en proposant un lieu de repos (avec chauffage, couvertures, mobiliers, nourriture), que leur vie, afin de ne pas soumettre ces personnes non admises à un retour par leurs propres moyens”.

    À notre micro, Michel Rousseau, Briançonnais et bénévole de la première heure de Tous migrants, y voit plutôt une “fabrique des indésirables”. Tout en ajoutant : “Mais on ne veut pas être dans la caricature. On sait que des policiers ont bien conscience que ce qu’on leur demande de faire est inhumain. On compte sur eux pour que les droits fondamentaux triomphent”.

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/dans-les-alpes-migrants-et-benevoles-face-a-une-police-aux-frontieres
    #vidéo #Tous_Migrants #maraudes #asile #migrations #réfugiés #Hautes-Alpes #Briançon #France #Italie #frontières #militarisation_des_frontières #solidarité #maraudes_solidaires #hiver #vidéo

    • (reportage de 2018, je mets ici pour archivage)

      Migrants, l’odyssée des marcheurs de l’extrême – Episode 1 : Mamadou

      Face à l’afflux des passages de la frontière, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais. Le but ? Secourir les migrants en difficulté. Radio Parleur vous propose une série de cinq reportages dédiés au passage des migrants à travers les Hautes-Alpes. Dans ce premier épisode, place à l’histoire de Mamadou, qui a traversé la frontière italo-française en passant par le col de l’Échelle, un soir de mars.

      Depuis le début de l’année, près de 2 000 réfugiés ou exilés, migrants, seraient arrivés en France, en traversant la frontière avec l’Italie. En passant par les Alpes, les cols alentours, et dans des conditions extrêmes, au péril de leur vie. Mamadou commence son odyssée en 2010, loin, très loin des Alpes. Fils d’un père boucher, il quitte son pays, le Mali, suite aux attaques menées par les touaregs qui combattent pour le contrôle du nord du pays.
      Du Mali à la Place des Fêtes, à Paris

      En 2011, alors que plusieurs de ses amis viennent de mourir dans un attentat sur un marché, il prend la décision de fuir. Passé par l’Algérie, il arrive finalement en Libye et monte dans un canot pneumatique à Tripoli. Sauvé de la noyade par les gardes-côtes italiens, on lui délivre à Naples un titre de séjour et un passeport Schengen.

      Il décide alors de rejoindre son oncle, qui travaille à Paris. Les petits boulots s’enchainent : boucher durant deux ans, puis vendeur pendant un an sur les marchés de Place des Fêtes et de Daumesnil, dans les 20ème et 12ème arrondissements parisiens.
      Repasser par l’Italie pour faire renouveler son titre de séjour

      A l’hiver 2016, Mamadou est obligé de retourner en Italie pour faire renouveler ses titres de séjour. On lui en accorde un, d’une durée de cinq ans, mais son passeport, lui, n’est pas encore prêt. À cause de son travail, Mamadou doit pourtant rentrer à Paris et ne peut attendre. Il décide de prendre le train à Milan, avant de se faire contrôler en gare de Modane, dix kilomètres après la frontière.

      Là, les policiers français lui expliquent que, sans son passeport, ils sont obligés de lui refuser l’entrée en France. Mamadou a beau leur assurer que sa demande est en cours et qu’il doit retourner travailler à Paris, d’où il vient, les agents lui répondent que ce n’est pas leur problème. Il est arrêté, ainsi qu’Ousmane, un autre exilé de 17 ans qui l’accompagne. Les deux garçons, migrants à ce moment-là, sont reconduits, en traversant la frontière, en Italie.
      Migrants : l’odyssée dramatique des marcheurs de l’extrême – Episode 1

      « Je ne savais pas que la neige pouvait brûler »

      À la gare de Bardonecchia, les deux jeunes gens ne connaissent personne. Mais ils sont déterminés à passer la frontière, comme d’autres migrants. Mamadou se renseigne sur l’itinéraire à prendre pour rejoindre la France auprès d’un italien. Celui-ci lui indique une route qui passe par le col de l’Échelle. Celui-ci culmine à 1762 mètres d’altitude.

      Le col de l’Échelle est fermé à la circulation l’hiver. En fonction de l’enneigement, cette fermeture peut durer de décembre jusqu’à mai. Nous sommes le 5 mars, il est 16h : il fait froid et il neige. Bien que peu couverts, en jean et en baskets, les deux jeunes décident néanmoins de franchir la montagne à pied.

      https://radioparleur.net/2018/06/04/migrants-solidaires-frontiere-episode-1

      #audio #son #podcast

    • Migrants, l’odyssée des marcheurs de l’extrême – Épisode 2 : Une #solidarité en actes

      Des milliers de réfugié·es ou d’exilé·es arrivent en France en provenance d’Italie. Ils et elles traversent la frontière par les cols des Alpes, dans des conditions extrêmes, avec un risque mortel. Face à cet afflux et à ces dangers, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais dans le but de secourir les migrant·es en difficulté. Dans ce deuxième épisode, Radio Parleur vous propose de découvrir trois portraits d’accueillant·es : un membre d’association, un pisteur en montagne ou une simple habitante de la #vallée_de_la_Clarée.

      Face aux risques que courent les migrants pour traverser la frontière, des habitant·es du Briançonnais, de #Névache et de #Montgenèvre se mobilisent par solidarité. Tout·es craignent de retrouver des cadavres au printemps et de voir la montagne se transformer en un gigantesque cimetière à ciel ouvert avec la fonte des neiges. Le 25 mai 2019, du côté italien du col de l’Échelle, un promeneur a découvert le corps d’« un homme à la peau sombre » inanimé, près d’un torrent. Le corps, en état de décomposition avancée, n’a pas pu être identifié, selon le journal italien La Stampa.

      Secourir les migrant·es en difficulté, par solidarité

      Bravant le froid et les contrôles accrus de la PAF (Police Aux Frontières), les bénévoles continuent. Épuisé·es et en colère face à un État qui, selon elleux, les laisse seul·es gérer l’urgence. C’est une armée de volontaires : ancien·nes militant·es, syndicalistes, anarchistes et libertaires, catholiques à la fibre sociale, mais aussi simples habitant·es de la vallée. Certain·es ne s’étaient jamais engagé·es par solidarité jusque-là. Mais tous et toutes ont prit le relais d’un État jugé déficient.

      Bruno Jonnard habite à Névache, la plus haute commune de la vallée de la Clarée, depuis maintenant quinze ans. Artisan l’été, il travaille comme dameur et pisteur l’hiver. Il assure des interventions comme pompier volontaire. Avec ses 361 habitant·es, Névache est le village le plus proche du col de l’Échelle. Un col dangereux et difficile d’accès par où passent les migrant·es qui franchissent la frontière franco-italienne.

      Murielle* habite à Montgenèvre où elle dirige un commerce. A quelques centaines de mètre, le col du même nom, et surtout la frontière franco-italienne. Mais aussi le poste de la Police Aux Frontières (PAF) d’où partent les patrouilles qui surveillent ce second point de passage pour les migrant·es.

      Michel Rousseau habite à Briançon. Ancien syndicaliste aujourd’hui à la retraite, il est le porte-parole de l’association Tous Migrants. L’association, sans étiquette politique, religieuse ou institutionnelle, créée en 2015, exprime l’indignation collective face au drame humanitaire vécu par les migrants en Europe. C’est aussi dans le chef-lieu de la vallée de la Clarée, que se situe le refuge solidaire de l’association pour les migrant·es.

      https://radioparleur.net/2018/06/05/montagnes-solidarite-migrants-marcheurs-odyssee-episode-2

    • Migrants, l’odyssée des marcheurs de l’extrême – Episode 3 : #Maraude en montagne

      Face à l’afflux des passages de la frontière, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais. Le but ? Secourir les migrants en difficulté. Radio Parleur vous propose une série de cinq reportages dédiés au passage des migrants à travers les Hautes-Alpes. Dans ce troisième épisode, Radio Parleur vous propose de partir au cœur d’une maraude en haute-montagne, avec Vincent et Emily*, bénévoles à l’association #Tous_Migrants.

      Dans les Hautes-Alpes, les migrants qui souhaitent rejoindre la France traversent régulièrement la frontière franco-italienne par la montagne. Ils passent par les cols de l’Echelle, à 1762 mètres d’altitude, et de Montgenèvre, à 1850 mètres d’altitude. Les conditions y sont extrêmement difficiles : températures qui descendent parfois en dessous de moins 20 degrés, passages par des zones difficiles d’accès et le plus souvent de nuit, avec les patrouilles de la #Police_Aux_Frontières (#PAF) et de la #Police_Nationale.

      Secourir les migrants en difficulté dans la montagne

      C’est pourquoi des professionnels de la montagne, des bénévoles, ou parfois de simples habitants de la région, s’organisent. Ils effectuent chaque soir des maraudes en altitude pour secourir les migrants en difficulté. Commençant autour de 21h, elles finissent tard dans la nuit. « Ça fait partie de la culture montagnarde : on ne laisse personne en difficulté sur le côté du chemin, là-haut », assure Vincent, habitant et pizzaiolo qui participe à la maraude.

      Parfois, ce sont jusqu’à douze ou quinze personnes par soir, qui tentent de passer. Il faut ensuite redescendre et parvenir jusqu’au #Refuge_Solidaire installé à Briançon. Là, suite à un accord avec la communauté de communes et la gendarmerie nationale, les migrant·e·s ne sont pas inquiété·e·s tant qu’ils ne s’éloignent pas du refuge installé dans une ancienne caserne de #CRS.

      https://radioparleur.net/2018/06/08/episode-3-maraude-montagne-migrants-detresse-solidaires

      Pour écouter le #podcast :
      https://podcast.ausha.co/radio-parleur/migrants-l-odyssee-des-marcheurs-de-l-extreme-episode-3-maraude-en-mon

      #maraudes

    • Dans les Alpes, les associations d’aide aux migrants se disent « harcelées » par la Police aux frontières

      L’association Tous Migrants qui vient en aide aux exilés qui traversent les Alpes pour rejoindre la France, s’inquiète du #harcèlement_policier dont elle se dit victime. Arrêtés pendant les #maraudes en montagne, à Briançon, les membres de l’association se plaignent des très nombreuses #amendes qu’ils reçoivent, disent-ils, pour non-respect du couvre-feu. Et s’inquiètent du sort des migrants interceptés par la Police aux frontières.

      « La situation est ubuesque ». C’est avec ces mots qu’Agnès Antoine, membre de Tous migrants, dans la ville de Briançon, au pied des Alpes françaises, évoque les maraudes de son association. « Il fait -15 degrés, les exilés risquent leur vie pour traverser la montagne et arriver en France et au lieu de les aider, nous sommes harcelés ». L’association reproche aux forces de l’ordre et aux membres de la Police aux frontières (PAF) de les entraver dans leur #aide_humanitaire.

      « Depuis le 6 janvier, nous avons déjà récolté une trentaine d’amendes pendant nos maraudes de soirées pour non-respect du #couvre-feu », explique-t-elle. Les associations sont pourtant autorisées à prolonger leurs activités au-delà de 20h avec une #attestation. Les bénévoles assurent que les forces de l’ordre n’en ont que faire.


      https://twitter.com/LoupBureau/status/1351629698565103625
      « Respect des règles »

      « Les #contrôles_arbitraires, notifications d’amendes, #auditions_libres et autres pressions envers les citoyens et citoyennes qui chaque soir essaient de porter assistance aux exilé(e)s se sont multipliés », peut-on lire dans un communiqué publié par Tous Migrants et Médecins du monde. « La nuit du 8 janvier 2021, j’ai été contrôlé quatre fois par deux équipes de gendarmes alors que je maraudais dans Montgenèvre. Cette même soirée, j’ai été notifié de trois amendes alors que j’étais en possession de mon ordre de mission et de mon attestation dérogatoire de déplacement délivrés par l’association Tous Migrants », ajoutent les auteurs du texte.

      Contactée par InfoMigrants, la préfecture des Hautes-Alpes se défend de harcèlement et de contrôles abusifs. « Les services chargés du contrôle aux frontières agissent dans le respect des règles de droit et des personnes qu’elles contrôlent », explique-t-elle dans un communiqué. « Concernant les maraudes exercées pendant le couvre-feu, les salariés et bénévoles peuvent se déplacer entre 18h et 6h pour l’aide aux personnes précaires en présentant une attestation professionnelle fournie par l’association. Il appartient à l’autorité de police verbalisatrice d’apprécier la validité des documents qui lui sont présentés. »


      https://twitter.com/DamienCAREME/status/1337458498146222082

      « La PAF nous demande de venir chercher des migrants dans leurs locaux »

      Pour Agnès Antoine, le comportement de la police est surtout incompréhensible. « Ils nous harcèlent et dans le même temps, ils nous demandent de les aider, de venir chercher des migrants quand ils sont dans les locaux de la PAF. Parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’eux. C’est vraiment dingue ».

      Dernier exemple en date, dans la nuit du vendredi 15 janvier au samedi 16 janvier. Vingt-deux migrants, Iraniens et Afghans, dont des enfants et un nouveau-né, sont interceptés par la police dans la montagne puis emmenés dans les locaux de la PAF. Selon Tous Migrants, « toutes les personnes arrêtées ont reçu des OQTF et des IRTF délivrées par la préfète ». Après les avoir interrogés, la PAF a appelé l’association. « Ils nous ont demandé de venir pour nous en occuper », soupire-t-elle.
      De plus en plus de familles parmi les exilés

      L’association reproche également aux forces de l’ordre de bafouer les droits des migrants. « L’État militarise la frontière, traque les exilé(e)s et les reconduit quasi systématiquement en Italie sans même vérifier s’ils souhaitent demander l’asile en France », écrivent-ils encore dans leur communiqué.

      Selon Tous Migrants, le profil des exilés traversant les Alpes a changé ces derniers mois. Auparavant, les personnes secourues étaient majoritairement des hommes, en provenance d’Afrique de l’Ouest « qui remontaient l’Italie depuis le sud avant de traverser les Alpes ». Aujourd’hui, les migrants sont davantage des familles venues du Moyen-Orient. « Elles arrivent de Slovénie, passent par Trieste (dans le nord de l’Italie), et arrivent aux Alpes », explique Agnès Antoine. « Ce sont beaucoup de familles avec des femmes enceintes, des enfants et même des bébés en bas âge ».

      Depuis le mois de septembre 2020, les maraudes ont permis de porter assistance à 196 personnes, écrivent les bénévoles de l’association.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/29725/dans-les-alpes-les-associations-d-aide-aux-migrants-se-disent-harcelee

    • « A la frontière franco-italienne, l’Etat commet des violations quotidiennes des droits humains »

      Au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, la #militarisation_de_la_montagne n’est qu’un geste vain de l’Etat, alertent l’anthropologue #Didier_Fassin et le médecin #Alfred_Spira.

      Tribune. Toutes les #nuits, dans les Hautes-Alpes, au col de Montgenèvre, des hommes, des femmes et des enfants en provenance du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne ou du Maghreb tentent de passer à pied d’Italie en France, dans la neige et le froid. Toutes les nuits, puissamment équipés, des agents de la police aux frontières et des gendarmes dépêchés sur place s’efforcent de les en empêcher et de les reconduire de l’autre côté de la frontière. Toutes les nuits, des bénévoles font des #maraudes pour porter assistance à ceux qui, une fois sur le territoire français, essaient d’échapper à leur arrestation.

      Cette étrange dramaturgie se reproduit depuis quatre ans, et, si les hivers sont particulièrement dangereux, certains des accidents les plus tragiques se sont produits en #été : il n’est pas de période sûre pour les exilés qui se perdent ou se blessent dans cette voie par laquelle ils espèrent obtenir la protection de la France ou poursuivre plus loin leur périple. Ajoutons à ce tableau la présence de deux compagnies de policiers et de gendarmes chargés du secours en haute montagne qui, en conformité avec leur noble mission, sont parfois paradoxalement conduits à intervenir pour aider des exilés qui fuient leurs collègues.

      Leur action se fait au nom du contrôle de l’immigration, et le président de la République a récemment ordonné un doublement des forces de l’ordre qui gardent les frontières.

      Mais cette impressionnante mobilisation se révèle à la fois disproportionnée et inefficace, comme le reconnaît un haut fonctionnaire préfectoral. Disproportionnée, car elle ne concerne que 2 000 à 3 000 passages par an. Inefficace, car celles et ceux qui sont reconduits retentent inlassablement leur chance jusqu’à ce qu’ils réussissent.

      La véritable conséquence du déploiement de ce dispositif est de contraindre les exilés à emprunter des chemins de plus en plus périlleux, sources de #chutes, de #blessures et de #gelures. Plusieurs #décès ont été enregistrés, des #amputations ont dû être réalisées. La militarisation de la montagne n’est ainsi qu’un geste vain de l’Etat, dont le principal résultat est la #mise_en_danger des exilés, souvent des familles.

      « #Délit_de_solidarité »

      Geste d’ailleurs d’autant plus vain qu’il est difficile d’imaginer que des personnes qui ont quitté un pays où ils n’étaient pas en sécurité pourraient y retourner. Les uns ont fait des milliers de kilomètres sur la route des Balkans, y ont été enfermés dans des camps infâmes sur des îles grecques ou ont subi les violences des policiers et des miliciens croates.

      Les autres ont franchi le Sahara où ils ont été dépouillés de leurs biens par des gangs avant d’arriver en Libye, où ils ont été détenus, torturés et libérés contre rançon, puis de traverser la Méditerranée sur des embarcations précaires et surchargées. Il est difficile d’imaginer que ces exilés puissent renoncer à cet ultime obstacle, fût-il rendu hasardeux par l’action de la police et de la gendarmerie.

      C’est pourquoi l’activité des maraudeurs est cruciale. Les premiers d’entre eux, il y a quatre ans, étaient des habitants de la région pour lesquels il était impensable de laisser des personnes mourir en montagne sans assistance. « #Pas_en_notre_nom » était leur cri de ralliement et l’intitulé de leur association, qui est devenue un peu plus tard Tous Migrants, récompensée en 2019 par un prix des droits de l’homme remis par la garde des sceaux. Très vite, ils ont été rejoints par des #bénévoles venus de toute la France et même de plus loin, certains étant des professionnels de santé intervenant au nom de #Médecins_du_monde.

      Ces maraudeurs qui essaient de mettre à l’#abri les exilés ayant franchi la frontière dans des conditions extrêmes ont à leur tour été réprimés. Bien que censuré par le Conseil constitutionnel en 2018, au nom du principe supérieur de fraternité, le « délit de solidarité » continue à donner lieu à des #interpellations et parfois à des #poursuites.

      Nous avons nous-mêmes récemment été, en tant que médecins, les témoins de ces pratiques. L’un de nous a fait l’objet, avec son accompagnateur, d’un long contrôle d’identité et de véhicule qui les a empêchés de porter secours, quelques mètres plus loin, à une dizaine de personnes transies, dont une femme âgée qui paraissait présenter des troubles cardiaques. Alors qu’ils insistaient devant le poste de police sur les risques encourus par cette personne et rappelaient la condamnation de la police aux frontières pour refus de laisser les organisations humanitaires pénétrer leurs locaux pour dispenser une assistance médicale et juridique, ils se sont fait vigoureusement éconduire.

      Double contradiction

      Un autre a pu, quelques jours plus tard, mettre à l’abri deux adultes avec quatre enfants qui venaient de franchir la frontière par − 15 °C ; il s’est alors rendu compte que deux fillettes étaient sans leurs parents qui avaient, eux, été interpellés ; revenu au poste-frontière pour solliciter la libération du père et de la mère au nom de l’#intérêt_supérieur_des_enfants de ne pas être séparés de leur famille, il n’a obtenu celle-ci qu’au prix d’une audition par un officier de police judiciaire, après avoir été fallacieusement accusé d’#aide_à_l’entrée_irrégulière_sur_le_territoire, #délit puni de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

      Dans les jours qui ont suivi ces deux épisodes, tous les maraudeurs ont fait l’objet d’un #harcèlement non justifié des #forces_de_l’ordre, avec jusqu’à six contrôles et trois #contraventions par personne certains soirs.

      Tous les policiers et les gendarmes n’adhèrent pas à ces pratiques. Certains vont jusqu’à féliciter les maraudeurs pour leurs actions. Ils sont d’autant plus légitimes à le faire qu’au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière le gouvernement viole les #droits_humains, lorsque ses agents insultent, volent et frappent des exilés, comme des décisions judiciaires l’ont établi, et qu’il enfreint la législation lorsque les exilés ne sont pas autorisés à demander l’asile à la frontière. Parfois, les mineurs non accompagnés se voient refoulés, ce que condamne la justice.

      On aboutit à cette double contradiction : garant de la loi, l’Etat y contrevient au moment même où il sanctionne celles et ceux venus lui demander sa protection ; promoteur des valeurs de la République, il punit celles et ceux qui se réclament de la fraternité. Ces violations des droits humains et ces infractions à la législation contribuent à la crise humanitaire, sécuritaire et sanitaire, contre laquelle le devoir éthique de tout citoyen est d’agir, comme nous le faisons, pacifiquement et dans le strict respect de la loi.

      Didier Fassin est professeur à l’Institut d’études avancées de Princeton et titulaire de la chaire annuelle « santé publique » au Collège de France ; Alfred Spira est professeur honoraire de santé publique à la faculté de médecine de Paris-Saclay et membre de l’Académie nationale de médecine. Tous deux sont occasionnellement maraudeurs bénévoles pour l’association Médecins du monde.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/28/a-la-frontiere-franco-italienne-l-etat-commet-des-violations-quotidiennes-de
      #nuit #hiver #efficacité #proportionnalité #inefficacité

  • Meeting LO du 9 octobre 2020 : discours de Nathalie Arthaud (1/10)
    https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/meeting-du-9-octobre-2020-discours-de-nathalie-arthaud-152094.html

    Travailleuses, travailleurs, chers amis, chers camarades,

    Jean-Pierre a parlé de l’intensification de la #guerre_sociale et des attaques contre la condition ouvrière et l’ensemble des classes laborieuses mais à la difficulté de gagner sa vie s’ajoutent, l’#individualisme, le #repli_sur_soi, le rejet de l’autre, l’#intolérance, le #racisme, le #sexisme, le #fanatisme.

    Toute la vie sociale qui devient plus dure. Dans certains quartiers populaires la vie est pourrie par les incivilités, la délinquance, les violences gratuites, les trafics organisés. Et comment imaginer qu’ils diminuent, demain, s’il y plus de chômage, plus de misère et si l’avenir se bouche pour des générations entières de jeunes ? Si un guetteur travaillant pour des dealers gagne plus qu’un travailleur, si ça recrute sur le marché de la drogue alors que cela n’embauche pas dans les entreprises… comment espérer stopper ce #pourrissement ?

    Notre société est celle de l’argent roi. Elle voue un culte à la réussite individuelle mais écarte et marginalise des millions de femmes et d’hommes, pour qui, « c’est marche ou crève » ! C’est vrai dans un pays riche comme la France et ça l’est, à plus forte raison dans les pays pauvres.

    Alors oui, il y a de la violence dans la société mais quand on voit les rivalités internationales, les guerres, les camps, les barbelés, la façon dont sont traités les migrants… l’exemple vient d’en haut !

    Les coups de menton d’un #Darmanin ou les leçons de morale républicaine d’un #Macron ne sont que démagogie… d’autant plus révoltante que les premiers responsables de la dégradation de la vie sociale, ce sont eux !

    Eux qui méprisent les plus pauvres et ne se préoccupent que des affaires des plus riches ! Eux qui justifient un ordre social où une minorité s’enrichit en appauvrissant l’écrasante majorité ! Eux qui défendent un système d’exploitation qui fabrique les inégalités, les injustices et les frustrations et la haine. Une société basée sur la domination de l’homme par l’homme ne peut rien donner d’autre.

    Le #capitalisme en crise ne peut rien donner d’autre que cette société en voie de déshumanisation.

    Alors pour ceux qui aspirent à une autre vie et à d’autres relations humaines il n’y a pas d’autre solution que de changer de fond en comble la société. C’est l’ordre social capitaliste qu’il faut changer, le système entier qu’il faut changer !

  • Le musée Guggenheim de New York met en ligne plus de 200 livres d’art à télécharger gratuitement - Views
    https://views.fr/2020/04/30/le-musee-guggenheim-de-new-york-met-en-ligne-plus-de-200-livres-dart-a-telecha

    Connu à travers le monde pour être l’un des joyaux architecturaux de Franck Lloyd Wright, le Guggenheim de New York abrite surtout des milliers d’oeuvres majeures signées Picasso, Van Gogh, Monet, Cézanne, Mondrian, Pollock et bien d’autres. Actuellement fermé, le musée poursuit toutefois sa mission éducative en proposant des dizaines d’art books qui reviennent sur l’héritage des plus grands artistes contemporains, ainsi que sur les expositions majeures qui ont écrites la légende du Guggenheim. Avec des ouvrages allant de 1936 à nos jours, comportant à la fois des reproductions d’oeuvres et divers analyses, il est possible de (re)découvrir l’art contemporain dans toutes ses formes et toutes ses époques.

    Tous ces eBooks sont complètement gratuits, disponibles au format PDF ou Kindle, sur le site des archives du Guggenheim.

    https://archive.org/details/guggenheimmuseum

  • A #Chypre, des centaines de migrants entassés dans un camp, dans l’attente de leur sort

    Vivre dans un camp fermé et surpeuplé ou rentrer au pays ? A Chypre, plusieurs centaines de demandeurs d’asile ont été instantanément placés devant ce choix quasi impossible, en pleine pandémie de Covid-19. Et ils restent, à ce jour, dans l’attente d’un sort meilleur.

    « Soit tu montes dans un bus (pour le camp) soit tu signes un papier disant que tu veux retourner dans ton pays », explique Ighodalo à l’AFP. Ce migrant nigérian, qui témoigne sous pseudonyme, fait partie des dizaines de demandeurs d’asile auparavant logés dans des hôtels-appartements à Aya Napa (sud-est) et transférés brusquement dans un camp de l’île par les autorités.

    « Nous n’avons même pas eu le temps de lire le papier », poursuit-il.

    Contacté par téléphone, Ighodalo est désormais bloqué dans le camp de #Pournara, à #Kokkinotrimithia, près de la capitale Nicosie. Constitué de #préfabriqués et de #tentes des #Nations_unies, entourés de barbelés, ce camp construit pour 200 personnes abrite actuellement environ 800 migrants.

    Pour justifier ce déplacement impromptu, Chypre explique ne plus être en mesure de payer les 19 millions d’euros par an de logements pour les migrants.

    Pour une population de moins d’un million d’habitants, « nous avons un nombre considérable de migrants, et 75 % ne sont pas des réfugiés », explique à l’AFP le ministre de l’Intérieur, Nikos Nouris, rencontré dans ses bureaux de Nicosie.

    Pour s’attaquer au plus haut taux de demandes d’asile par habitant d’Europe, M. Nouris dit vouloir à la fois accélérer les procédures d’admission et les rapatriements volontaires.

    – Gale -

    Séparée de la Turquie par un bras de mer de moins de 100 km de large, l’île méditerranéenne est entrée divisée dans l’UE en 2004. Seule reconnue par la communauté internationale, la République de Chypre contrôle les deux tiers sud. Au nord se trouve une autoproclamée République turque (RTCN), uniquement reconnue par Ankara.

    Ce territoire septentrional est une porte d’entrée pour les migrants, qui arrivent par bateaux puis entrent dans le sud via la « ligne verte », surveillée par l’#ONU et qui serpente l’île sur quelque 180 km.

    Cette zone tampon, qui compte une dizaine de points de passage, a vu le nombre de migrants augmenter régulièrement ces dernières années. Des Syriens - le pays en guerre est tout proche - mais aussi des Camerounais, Nigérians, Indiens, Pakistanais ou Bangladais.

    Les demandes d’asile sont ainsi passées de 2 253 en 2015 à 13 648 en 2019, indique le ministre chypriote."Nous voulons accueillir des réfugiés", enchaîne Nikos Nouris. « Mais nous ne pouvons plus accueillir, dans un tel nombre, tous les migrants économiques. »

    A ce jour, Ighodalo ne peut sortir du camp de Pournara. Car si Chypre lève progressivement les mesures de confinement liées à la lutte contre le coronavirus, les portes du centre restent fermées en raison d’apparition de cas de gale, selon le ministère chypriote de la Santé.

    – « Endroit horrible » -

    Pour Doros Polycarpou, du groupe de défense des droits des migrants Kisa, la décision de les détenir sans recours dans ce camp a constitué « une violation sérieuse » de la loi. Et, selon lui, Nicosie entendait faire passer un message : « Ne venez plus à Chypre ».

    En ce début d’été, une campagne multilingue d’envoi de SMS vient d’ailleurs d’être lancée par les autorités pour informer les migrants que Chypre, situé hors de l’espace Schengen, n’était pas un billet d’entrée pour le Vieux continent.

    Dépité, un autre demandeur d’asile nigérian, qui souhaite également conserver l’anonymat, dit lui avoir choisi l’option du rapatriement, en renonçant à sa demande d’asile.

    « On m’a mis dans le camp (de Pournara) quand je suis arrivé à Chypre », raconte-t-il. "Je ne veux pas y retourner. Jamais. C’est un endroit horrible.

    "Une autre ONG, Cyprus Refugee Council, dénonce aussi les « conditions très difficiles » dans le camp, « fermé, surpeuplé et sans information claire sur quand (les migrants) seront autorisés à partir ».Les autorités assurent travailler à l’installation de meilleurs équipements. Et, une fois l’épidémie de gale jugulée, Pournara pourra rouvrir, tout comme Kofinou, autre camp de migrants, avance M. Nouris.

    En attendant, le ministre souligne qu’aucun cas de Covid-19 n’a été enregistré parmi les migrants.

    Et si les rapatriements vers 17 pays considérés comme « sûrs » ont débuté, Nikos Nouris réitère son engagement d’une accélération de l’étude des demandes d’asile, à la faveur de personnels supplémentaires et d’une nouvelle loi.

    Mais « si une autre vague de migrants arrive », et « si la Turquie (...) continue d’envoyer des gens dans les zones occupées de Chypre » (le nord de l’île, ndlr), alors « nous allons connaitre un moment difficile », prévient le ministre, qui en appelle à une plus grande solidarité de l’UE.

    https://www.courrierinternational.com/depeche/chypre-des-centaines-de-migrants-entasses-dans-un-camp-dans-l
    #attente #asile #migrations #réfugiés #camps

    ping @isskein @karine4

  • Quand Mme Jadot pleure sa mère dans Libé...

    La suffisance de la bouffonne le disputant à la complaisance du journaliste, ça promet pour le nouveau-nouveau-Libé post Drahi...

    (En réalité Drahi va se débarrasser du boulet en l^chant qq dizaines dse millions d’euros, ensuite l’affaire n’étant pas viable va disparaître après les habituelles jérémiades indignées).

    On trouvera dans cet « entretien » le catalogue complet des niaiseries professées par cette engeance, dont la lecture suscite une consternation qui le dispute à la franche hilarité...

    https://www.liberation.fr/france/2020/05/22/isabelle-saporta-le-second-tour-des-municipales-se-jouera-sans-moi_178913

    • @marclaime :

      Pourquoi cette colère ?

      edika, dirait : #pourquoi_tant_de_haine ?

      C’est peut-être niais, mais c’est aussi bien commode de l’évacuer en traitant l’auteure de bouffonne

      J’ai déposé mes gamines à l’école avec la peur au ventre, comme des milliers de parents, et aujourd’hui, on m’explique tranquillement que tout va s’arranger et qu’on pourra aller voter dans les écoles. Je suis effondrée par ce manque de vision. On a une chance unique de réfléchir sur la place des villes, des régions, des transports… mais au lieu de ça, les barons pensent à leur siège.

      Tu ne l’aimes pas, sans doute, encore moins son compagnon et, encore plus bas dans ton estime, le journal qui héberge son interview, mais c’est moi qui suis consterné si ce constat déclenche ton hilarité.

      Mieux vaut ne surtout pas se poser la question de toutes ces personnes qui font vivre Paris mais qu’on rejette tous les soirs en banlieues. En Seine-Saint-Denis, par exemple, qui a été si durement touchée par le Covid. Mais qui s’en préoccupe de leurs allers et retours dans le RER ? Personne. On leur dit juste de pas reprendre leur voiture pour ne pas polluer ceux qui vivent à Paris. Plus d’un million de Franciliens ont quitté la grande ville pour rejoindre la France de la diagonale du vide, celle des gilets jaunes, celle qu’ils méprisaient parfois. Pourquoi ? parce qu’ils avaient peur de vivre dans cette ville trop dense, devenue folle. On répond quoi à toutes ces questions cruciales ? Rien. Après on s’étonne de la fracture avec les politiques et de l’abstention.

      Oui, Jadot serait probablement ravi d’accéder à une de ces baronnies ici décriées. D’une part, il semblerait qu’il ait publiquement renoncé d’avance à l’une des plus tentantes pour laquelle on le cite sous le manteau (mais en effet, l’histoire n’est pas finie), d’autre part elle n’est pas lui et enfin, à vomir avec tant d’énergie toute cette engeance, on finit par se demander si ne passeraient pas aussi dans ce dégeulis les habituelles niaiseries.

    • Qui est-ce qui a posé en Une de Paris-Match avec « son mec », avant d’aller couiner chez Gantzer, puis de le lâcher pour Villani ? La bouffonne a écumé toutes les rédactions parisiennes, y déployant un appétit sans limites pour les paillettes, avant que d’assouvir ses ambitions en jouant les Pompadour, déclenchant au passage un bordel sans nom chez EELV, pourtant expert en la matière. El là on fait pleurer Margot : les municipales sans moi ! MDR.

    • at Simplicimus : le passage que tu soulignes est particulièrement révélateur. Connaissant l’oiseau c’est précisément cet étalage de sentimentalité obscène, parfaitement joué et ajusté à l’air du temps qui soulève le coeur.

  • Cinema Sepolto

    Un canale youtube che pubblica delle perle cinematrofiche INTROVABILI!

    ;-) Téléchargez les films avant qu’ils ne ferment la chaîne ! ;-)

    https://www.youtube.com/channel/UCRE5HCTI4kktLmmCO8C5CVw

    La libertà è il paradiso (Sergei Bodrov, URSS, 1989)
    https://www.youtube.com/watch?v=JcVj_SEf3JE

    Il mistero della tartaruga bianca (Yvonne Mackay, Nuova Zelanda, 1985)
    https://www.youtube.com/watch?v=xAekIFi9WRI

    Baby gang (Salvatore Piscicelli, Italia, 1992)
    https://www.youtube.com/watch?v=E4vR43PoxbE

    Tokio: divisione criminale (Shinji Murayama, Giappone, 1962) con Tetsuro Tanba
    https://www.youtube.com/watch?v=iVmTlGvgQdk

    Pianta un albero, costruisci una casa (Juraj Jakubisko, Cecoslovacchia, 1980)
    https://www.youtube.com/watch?v=TLdsELbefD4

    #film #cinema @reka @cdb_77

  • Deux #documentaires, l’un qui se passe au #Mexique et l’autre en #Turquie :

    Je serai là, un film de Iphigénie Marcoux-Fortier et Karine Van Ameringen (Documentaire, 2010, 52 min)
    https://vimeo.com/400088648

    Callshop Istanbul, un film de Hind Benchekroun et Sami Mermer (Documentaire, 2016, 96 min)
    https://vimeo.com/402173428

    #coronavirus #confinement #pour_s’occuper, des #livres, des #films, de la #musique :
    https://seenthis.net/messages/834001

  • « Quand le ministre de la santé affirme qu’il n’y a pas de tri entre malades dans les hôpitaux, je réponds : « c’est faux ! » dit Pierrick Buchon, directeur général de l’association Marie-Pire, 330 personnes handicapées dans différentes structures. Au centre de Riespach, des résidents ont commencé à tousser début mars. […] Un vendredi soir Alain 58 ans se met à suffoquer. L’aide soignante se souvient d’avoir appelé le SAMU : « venez vite, il va me mourir dans les bras ! » L’opérateur évoque la surcharge. Deux JOURS plus tard, Alain expire dans sa chambre » […] Le cahier des transmissions internes raconte la nuit du 25 mars. A 20h30, le SAMU est alerté pour Marie-France, à 21h15 pour Bruno, à 1h30 pour Gilbert, à 2h45 pour Françoise. A 3 heures, c’est le SAMU qui rappelle lui-même : « Arrêtez de téléphoner, on est saturés. »

    https://akratnode.wordpress.com/2020/05/02/tri-euthanasique-article-de-florence-aubenas-le-monde-26-avril

    #validisme #eugénisme #trieuthanasique #âgisme #poursuites

  • Canard Enchaîné du 29 Avril 2020 : « Dans un hôpital public d’Île-de-France – des documents en possession du « Canard » en attestent – aucun patient de plus de 70 ans n’a été admis en réa durant les 6 jours les plus critiques de la crise. »

    Partagez, faites lire et signer la pétition : https://www.change.org/p/non-au-darwinisme-social-et-au-tri-euthanasique-par-manque-de-lits-et-de-res

    https://akratnode.wordpress.com/2020/05/02/aucun-patient-de-plus-de-70-ans-na-ete-admis-en-rea-durant-les-

    #validisme #eugénisme #trieuthanasique #âgisme #poursuites

  • I ~ Existence avérée du tri des patients covid19 âgés dans le Grand Est et la Région Parisienne.

    Dans le courant du mois de mars 2020, alors que la pandémie de Covid19 se répand sur l’ensemble du territoire, des soignants alertent sur la saturation des services de réanimation, en particulier dans le Grand Est et l’Île-de-France. Seuls 5000 lits sont alors disponibles contre 10 000 en Allemagne. Le fruit d’une politique néo-libérale criminelle, commune aux gouvernements macron, hollande et sarkozy, de destruction méthodique de l’hôpital public, de véritables campagnes de fermetures de lits, politique délibérée et chapotée par les ministres de la santé successifs et leurs cabinets, et déclinée en région par les bureaucraties des ARS.
    La presse allemande se fait l’écho le 26 mars d’un rapport médical de spécialistes allemands sur la situation catastrophique qui règne dans les hôpitaux alsaciens, en particulier à Strasbourg (1) : par manque de matériel (respirateurs et lits), les patients âgés n’y sont plus ventilés. « Toute personne de plus de 75 ans n’est plus intubée”, titre la Frankfürter Allgemeine Zeitung, ou le Tagesspiegel. Die Welt souligne « qu’“on aide désormais plus les patients les plus âgés qu’à mourir”. Ce rapport médical émane d’une équipe de médecins allemands de l’institut DIKFM qui se sont rendus à l’hôpital de Strasbourg. Le Tagesspiegel rapporte ainsi que “les personnes de plus de 80 ans n’y sont plus ventilées”, mais placées en soins intensifs et sous somnifères.“Le triage – la sélection des patients ayant de meilleures chances de survie – est depuis quelque temps à l’ordre du jour en Alsace”, déplore Die Welt, qui a interrogé Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, reconnait ainsi que « les patients de plus de 80 ans, de plus de 75, certains jours même de plus de 70 ans ne peuvent plus être intubés car nous manquons tout simplement de respirateurs ».
    La situation est identique aux hôpitaux de Colmar et de Mulhouse comme le révèle un article de Rue89-strasbourg du 16 mars (9) : « Face à l’épidémie de coronavirus, l’hôpital Émile Muller de Mulhouse n’est pas en capacité d’hospitaliser tous les patients. Un mail du chef des urgences de Colmar indique que des réflexions sont en cours sur « les critères (notamment d’âge) de limitation d’accès à la réanimation. » »
    Adjoint au maire à Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire révèle quant à lui dans une interview de bfmtv (2) que cette pénurie organisée de lits et de respirateurs s’est traduite par des refus non seulement de réanimation mais même d’hospitalisation, de résidents d’Ephad atteints du Covid-19 : « Il est arrivé que nous soyons confrontés à des appels qui ne puissent PAS être PRIS EN CHARGE et donc qui ont conduit à la MORT en établissement d’un certain nombre de résidents atteints du Covid-19 […] Le SAMU dit « je ne viens pas », « je ne PEUX pas », et les patients RESTENT dans la chambre ». Et d’ajouter : « On a TOUJOURS SU que la difficulté de cette épidémie, c’est la SATURATION DES LITS DE RÉANIMATION » ; c’est dire à quel point l’anticipation du risque pandémique, a toujours été le cadet des soucis des darwinistes sociaux ultra-libéraux qui nous gouvernent depuis plus de trois décennies ; c’est dire la profondeur du mépris de nos vies et de notre santé collective cqui règne chez ces zélés capos du Capital.

    II ~ Négationnisme et Déni du Pouvoir politique et des Médias sur l’existence du tri.

    Mais à part cette interview surprenante de Bfmtv, l’existence de ce tri entre ceux qui vont vivre et ceux auxquels la mort sera administrée faute de respirateurs n’est évoquée nulle part dans les massmedias télévisés et la presse mainstream. Silence radio général. L’existence et les chiffres de cet insupportable tri ne figurent bien évidemment jamais dans les compte-rendus télévisés quotidiens de Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé, lequel a longtemps occulté les morts dans les Ephad, et continue à ce jour à ne pas se donner les moyens de connaître les chiffres des morts Covid19 à domicile (notamment en excluant les tests post-mortem)… Quand la question leur est posée, Pouvoir Lrem et médias dominants (propriétés de milliardaires et de marchands d’armes) affirment contre l’évidence que ce tri n’existe pas, nulle part. « Le tri n’existe pas » is the new « il n’y a pas eu de retard dans les mesures de confinement ».

    III ~ Changement du discours d’évitement dominant : il s’agit de tri mais celui-ci est habituel et ce sont de banals « soins palliatifs » administrés à des patients « en fin de vie », pour éviter tout « acharnement thérapeutique ».

    Comprenant qu’il est trop tard pour camoufler la vérité sur l’existence effective de ce tri, médias et pouvoir Lrem adoptent alors un nouveau discours : les patients Covid19 refoulés des hôpitaux et des services de réanimation seraient tous des patients « en fin de vie », qui n’auraient pas supporté la réanimation, et auxquels seraient administrés de banals « soins palliatifs »…Des organes de « fact checking » de la presse mainstream de Patrick Drahi (libération, checknews), Xavier Niel et Matthieu Pigasse (le monde) se sont empressés de crier aux « fake news ». Un article du Monde (13ter) dénué de toute déontologie journalistique qualifie d’emblée et dans le titre ces patients covid19 âgés et triés pour la mort de « malades en fin de vie » là où beaucoup sont en fait parfaitement soignables, comme le montrent les témoignages suivants, avec les moyens nécessaires… De même, tout l’article de francetvinfo.fr intitulé « Non, un décret ne légalise pas l’euthanasie pour les seniors atteints par le coronavirus » (7) ne repose que sur une affirmation mensongère ; Olivier Guérin, professeur de gériatrie au CHU de Nice y déclare en effet qu’ »il est bien entendu hors de question de faire de la sédation sur des patients qui nécessiteraient une hospitalisation » !
    Ces affirmations péremptoire et sans fondement sont démenties par tous les témoignages que nous rapportons ici. Ainsi dans des hôpitaux du Grand Est, l’équipe de médecins allemands et le témoignage de Brigitte Klinkert évoqués plus haut (1) montrent au contraire, d’une part le caractère systématique des exclusions de réanimation en fonction d’un âge-seuil variable selon la saturation des réas, et d’autre part le fait que c’est bien la PÉNURIE DE RESPIRATEURS, et non l’état prétendument désespéré de tous ces patients, qui conditionne ce tri. Le témoignage d’Emmanuel Grégoire va dans le même sens, ainsi que la plupart de ceux mis en lumière ci-après.
    Cet état de fait systématique dans certains hôpitaux et Ephad transparaît clairement dans le titre sans ambiguité d’un tract (3) des soignants de la CGT HAD AP-HP pour la situation parisienne : « La seule issue pour les personnes âgées en EPHAD atteintes du coronavirus : La Mort ! Inacceptable ! ».
    Un autre témoignage révèle le caractère foncièrement mensonger de ce discours, cette fois concernant la Région Parisienne. C’est celui de Jean-François Corty pour Mediapart (4), un soignant « rompu à la médecine de guerre » qui exerce dans une clinique parisienne « interface entre l’hôpital et l’Ehpad », qui s’occupe de patients Covid19 dans un état grave mais considérés comme « NON-PRIORITAIRES » par les services de réanimation parisiens « DÉBORDÉS ». L’AP-HP a recours à cette clinique pour désengorger l’hôpital en y orientant des patients Covid19. Son témoignage est un réquisitoire pour des êtres sans éthique comme Jérôme Salomon, et tous ceux qui de leur strapontin affirment que cet ignoble tri est une chose habituelle et ne concerne que des patients non-soignables : « Depuis quinze jours, il est DE PLUS EN PLUS DUR DE TRANSFÉRER des patients en réanimation à Paris. De fait, nous sommes amenés à faire dans une PROPORTION ANORMALE DU SOINS PALLIATIF, car nous n’avons pas de service de réanimation. […] J’entendais le directeur de la santé [Jérôme Salomon] balayer d’un revers de main le tri des patients. Son analyse ne fait pas écho à ma réalité de terrain. Que ce soit en clinique où j’exerce ou dans les Ehpad, on est OBLIGÉS de faire du palliatif de manière IMPORTANTE. C’est simple. Pour les cas graves, c’est soit la réanimation, soit le soin palliatif, car on pense que vous avez peu de chances de survivre, CHANCE QU’ON VOUS AURAIT OCTROYÉ dans un autre contexte sanitaire [et avec une réserve de respirateurs à la hauteur du risque pandémique, lequel s’accroissait d’année en année et était annoncé de longue date, ndlr]. Cela s’appelle bien du TRI, de la médecine de catastrophe. »
    Un article de Révolution Permanente (8) apporte un témoignage de plus du fait que les personnes refusées en réanimation n’étaient pas toutes « en fin de vie », loin s’en faut : « Le manque de matériel est criant alors que c’est la base de l’hygiène pour protéger les patients, en fournir massivement la seule aurait pu sauver des vies. […] A cela s’ajoute le SENTIMENT D’AVOIR TUÉ LEURS PROPRES RÉSIDENTS car « ILS AURAIENT ENCORE PU VIVRE DE BELLES ANNÉES, nous les EHPAD on a été abandonnéS. Comme c’était des personnes âgées, ils ont décidé qu’on ne les prendrait pas à l’hôpital ». »

    ...

    Lire la suite :
    https://akratnode.wordpress.com/2020/05/02/covid19-on-acheve-bien-les-vieux-et-les-handicapes
    #validisme #eugénisme #trieuthanasique #âgisme #poursuites

  • J’ai raté ces COVID-19 Chronicles de Frank Barat:
    https://www.youtube.com/watch?v=APsBr9kIPgI&list=PLBDtcbghfMdvm6arH8C8p-JUtLWMWUI5F

    Ca a l’air super...

    Roger Waters
    Miguel Benasayag
    Céline Boussié
    Molly Crabapple
    Vijay Prashad
    Paul Mason
    Yanis Varoufakis
    Dr. Samah Jabr
    Ilan Pappé
    Bernard Begaud
    Francesco Martone
    Gianni Tognoni
    Dr. David Healy
    Dr. Joan-Ramon Laporte
    Anne-Sophie Pelletier
    P. Sainath
    Thiago H Silva
    Assa Traoré / Fatima Ouassak
    William Bourdon
    Aurélien Barrau

    #coronavirus #Frank_Barat #confinement #pour_s’occuper, des #livres, des #films, de la #musique :
    https://seenthis.net/messages/834001

  • [PBG] Murmures de la Petite Île
    http://www.radiopanik.org/emissions/pbg/murmures-de-la-petite-ile

    Quels disques emmèneriez-vous sur une ile déserte ? Cette question, on la connait, c’est une évidence, un poncif.

    Mais pour les chercheurs, chercheuses, et journalistes de l’extrême qui composent l’équipe de PBG, rien n’est jamais acquis, tout se questionne, la réalité n’est qu’un voile, un prisme que nous déconstruisons pour mieux en illuminer les poutres et les colonnades dérobées, au style rococo.

    Et donc, des disques, sur une île déserte, cela nous interpelle…

    Avant tout, l’île déserte. Comment y arrive-t-on ? Est-ce par un accident soudain, alors que l’on flottait à la Panne, insouciant, la bière à la main sur notre bouée-matelas, emporté en un éclair par un courant rarissime mais fatidique ? Ou est-ce par choix délibéré, pour fuir les humains et leurs miasmes diaboliques ?

    Dans le premier cas, le (...)

    #talent_pur #son_impeccable #qualité_du_choix_musical #journalisme_de_haut_vol #pour_vous_chères_auditrices_et_auditeurs #talent_pur,son_impeccable,qualité_du_choix_musical,journalisme_de_haut_vol,pour_vous_chères_auditrices_et_auditeurs
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/pbg/murmures-de-la-petite-ile_08900__1.mp3

  • The government undermines legality and the rule of law under the pretext of coronavirus

    In a statement the Minister of Interior appears perturbed by NGO accusations for violations of the law, European legislation and human rights of refugees and migrants, claiming that, with the compulsory “quarantine” of hundreds of refugees in congested detention centres, his ministry “does whatever is possible for providing housing, food and healthcare”, even for “illegal” refugees! As to the lack of basic infrastructures for safeguarding human decency, his response is that «additional sanitary units are being installed and the electricity supply is being increased”.

    However, the Minister of Interior does not respond to the accusations either as to flagrant violations of the Refugee Law and European legislation that primarily prohibit their detention, or as to the contempt of all recommendations and calls by international and European agencies. The Council of Europe (CoE) for example with the CoE Tookit calls on the member states to deal with the pandemic “in a way that respects the fundamental values of democracy, rule of law and human rights”, while the Commissioner for Human Rights of the CoE calls on member states to release migrants and asylum seekers in detention centres “to the maximum extent possible”.

    The new migration policy of the Minister is focused on detention of asylum seekers and their concentration at “Reception” Centres for asylum seekers in Pournara and Kofinou. The two Centers have been turned to closed detention centres, under unacceptable, inhuman and humiliating living conditions, depriving them of basic human rights and putting their health to danger and therefore that of society at large, while at the same time suspending the asylum application examination procedures. There is already a nurse diagnosed with coronavirus at the Menoyia Detention Centre for Irregular Migrants and police officers serving there have been put in quarantine. However, no measures have been taken for the protection of the detained refugees and migrants and none of them have been tested for coronavirus, despite the fact that we have been informed of cases of detainees with some symptoms. Contrary to common sense and in violation of the decrees of the Minister of Health for the prohibition of even small group gatherings, the Minister of Interior ordered the transfer of detainees from Menoyia to Pournara, detaining them in the spaces where some 700 people are being held, without any testing and risking their health and public health in general.

    In addition, the Minister of Interior does not explain that, in view of the lack over the years of a housing policy for refugees and migrants, “housing” for the detained asylum seekers is a tent or other similar rough structure, while for a section of migrants, especially those without papers, “housing” is simply a bed next to 5 or 10 other beds in a room in terrible repair but which carries a very steep rent. The same also applies to «medical care”, in the framework of which asylum seekers are limited to general hospitals of the area prior to GESY (General Health System), unable to register with a personal doctor and all that this entails, especially in the present conditions of coronavirus. For the majority of migrants, even those regularly paying their contribution to GESY for over a year now, continue to be excluded from registering with the system, which results in their being referred to a non-existent personal doctor when they apply to emergency departments.

    Conceding that the above measures have been taken in the absence of coronavirus cases among asylum seekers, the Minister claims that their compulsory transfer and detention at Pournara and Kofinou «was deemed necessary … because it was found that they did not comply with the restrictive measures». Without substantiating his allegations, the Minister proceeds to stigmatisation and arbitrary punitive treatment (deprivation of liberty) of migrants and refugees.

    By the same token, it was also deemed «necessary», and «reasonable» as per a “Fileleftheros” journalist», to use violence, excessive according to eyewitnesses, by the Special Traffic Squad «Ζ» of the police during the recent arrest of two migrants for not complying with the restrictive measures. In the framework of the toxic climate against migrant and refugee communities, shaped by the policy of the government and the Minister of Interior, including the use of the army with common patrols in old Nicosia, Squad “Z” appears to concentrate its action in the old city of Nicosia, targeting its racist rage at migrants and refugees and exhausting the frustrations of at least some of its members for demonstrating power and authority, through the use of verbal and physical violence as in the above arrest. Occasionally, the police are “accompanied” in this “work” by some journalists, who completely “by chance” happen to be present in some cases by the police and who are all too ready not only to exonerate but to also promote police actions with relevant photographs and articles.

    KISA reiterates its position that the policies and actions of the Minister of Interior and the government, both in terms of mass detention and the arbitrary suspension of the asylum procedures during the pandemic as well as in relation to the unequal access to the right to healthcare, constitute blatant violations of the Refugee Law, European legislation and international human rights law but they are also extremely dangerous for the health of asylum seekers and public health in general.

    KISA states that it fully appreciates the necessity to comply with the restrictive measures and that the small section of citizens, including migrants and refugees that violates the measures must be dealt with equally as all other citizens. The racist treatment, violence and stigmatisation of all the migrant and refugee population as potentially not complying with the measures and, therefore, as dangerous for public health, amounts to flagrant violations of the fundamental principles of equality, rule of law and human rights, undermining and shattering our country’s democracy and civilization.

    KISA deems as positive the interventions of both the UNHCR and the Commissioner for Administration and Human Rights but these must not be limited to general positions of the type “a report will be prepared” but they should posit in no uncertain terms the need for immediate measures for restoring legality and the rule of law. Neither the visit in the form of a “tour” by the Minister nor the provision of “200 more tents” will lead to changing the Ministry’s unlawful policy and violations.

    KISA has proceeded to legal measures, including before the European Court of Human Rights, as well as a report against the Ministry’s measures. At the same time, it calls on other civil society organisations, independent authorities and the competent parliamentary committees for immediate and dynamic interventions so as to fully restore the government’s compliance with legality and the rule of law.

    https://kisa.org.cy/undermining-legality-and-the-rule-of-law-under-the-pretext-of-coronavirus
    #Chypre #asile #migrations #coronavirus #covid-19 #réfugiés #rétention #détention_administrative #Pournara #Kofinou #Menoyia

    Ajouté à la métaliste:
    https://seenthis.net/messages/835410

  • Le #Siné_Mensuel du mois de mai sort en version numérique

    Pour la première fois en version numérique uniquement, pour cause de Covid-19, retrouvez votre journal en intégralité, 32 pages comme toujours. Rire ne peut que nous faire du bien, se moquer, être en rogne, réfléchir à ce monde nouveau, ce ne sont pas les sujets qui manquent ! On ne va pas se laisser abattre par cette saleté de coronavirus.

    Facile comme bonjour, cliquez ici :
    http://www.sinemensuel.com/sm96

    #coronavirus #confinement #pour_s’occuper, des #livres, des #films, de la #musique :
    https://seenthis.net/messages/834001

  • Henri Weber, figure de mai 68 et du PS, est mort du coronavirus
    https://www.vosgesmatin.fr/sante/2020/04/27/henri-weber-figure-de-mai-68-et-du-ps-est-mort-du-coronavirus

    L’ancien sénateur et député européen Henri Weber, une des figures tutélaires de mai 68 devenu cadre du parti socialiste, est décédé à l’âge de 75 ans dimanche du coronavirus.

    Celui-là, je l’avais rencontré à la fin des années 90, au Sénat, période uZine.

    • Devenir #renégat ne rend pas immortel.
      La page était déjà tournée.
      L’apport de cadres dirigeants issus de la LCR au PS durant les années 80 (le plus efficace de tous : Julien Dray, créant SOS race pour avec ses amis briser l’autonomie des mouvements d’issus de l’immigration pour le compte du mittérandisme), c’était une belle ouverture culturelle. Si les trotskistes valent moins que Trostky, toutes divergence mise à part (mettons de côté Bensaïd et quelques autres), ceux de la LCR étaient imaginatifs ( cf. la métrique de leurs slogans), ouverts aux courants « culturels » qui traversaient la société (partie prenante de l’émergence des coordinations lycéennes et de tant d’autres, après 68, loin de la logique sectaire des autres orges trotskistes). Leur passage à la gouvernementalité socialiste a conféré à celle-ci un supplément de jugeote et de capacité d’initiative politique dont nous payons encore le prix (effet de cliquet, sans cesse répliqué).
      Les trotskistes issus de l’OCI ont pour leur part fourni le sang frais organisationnel de leur formation (clandestinité, infiltration, entrisme, affairisme) : froideur calculatrice, manipulation, violence assumée contre les mouvements (faut se souvenir leur SO, tout simplement meurtrier). Des gens (cf Jospin, Le Guen) totalement étanches à tout ce qui vit Des brutes, arque-boutés sur leur idéologie.

      #LCR #OCI #socialisme #pour_mémoire

  • #Baptiste_Lanaspeze (#Wildproject : https://www.wildproject.org/index) : « L’#écologie fait des récits »

    Diacritik inaugure une série d’#entretiens explorant les nouvelles #écologies du récit : que peut la littérature dans un monde en crise ?
    Les #éditions_Wildproject célèbrent cette année leur dixième anniversaire : l’occasion de lancer cette série par un grand entretien avec leur fondateur, Baptiste Lanaspeze.


    https://diacritik.com/2019/03/19/baptiste-lanaspeze-wildproject-lecologie-fait-des-recits
    #éditions

    Pour info, durant le confinement, un livre des éditions Wildproject mis en ligne gratuitement par semaine : comme celui de Marin Schaffner "Un sol commun, Lutter Habiter Penser"

    ping @isskein @sinehebdo