• Le #campement sauvage près de la gare de #Grenoble sur le point d’être démantelé

    #Lionel_Beffre, le préfet de l’#Isère a annoncé ce mardi 19 novembre l’#évacuation imminente du campement de migrants situé entre la gare de Grenoble et le quartier Saint-Bruno. Une annonce intervenue lors de la présentation du dispositif mis en place dans le cadre du plan d’#hébergement_d’urgence hivernal. D’après Droit au logement, l’expulsion est imminente et aura lieu dès ce jeudi matin à 7 h 30.

    Alors qu’il présentait le plan d’hébergement d’urgence hivernal 2019-2020, Lionel Beffre, le préfet de l’Isère a annoncé le prochain démantèlement du camp de migrants situé sous l’estacade entre la gare de Grenoble et le quartier Saint-Bruno.


    Ce campement, déjà plusieurs fois évacué, notamment au mois de juin, abrite sous des tentes plusieurs dizaines de personnes, dont des enfants. Leurs profils ? Des demandeurs d’asile et des migrants, arrivés pour la plupart des Balkans, n’ayant pas encore fait de demande administrative d’asile.

    En toile de fond, un nouveau duel à fleurets mouchetés entre le représentant de l’État et la #Ville_de_Grenoble. La #municipalité demandant au préfet « de respecter les compétences de l’État et de la loi pour mettre toutes les personnes à l’abri à Grenoble […] pour que personne ne reste dans le plus grand dénuement après l’évacuation […] », rapporte le Dauphiné libéré.

    « Les services de l’État seront mobilisés pour procéder à l’évacuation »

    « Nous serons amenés prochainement à prendre nos responsabilités parce que ce campement devient dangereux à bien des égards », a ainsi prévenu Lionel Beffre. « Des immondices en tous genres, des braséros de fortune dans lesquels sont brûlés du bois, des cartons... Sans oublier la production de fumées incommodantes », liste le haut fonctionnaire. De surcroît, ajoute-t-il, « il y a parmi les occupants des passeurs, voire des dealers. Mais aussi et surtout la présence d’enfants dans une situation préoccupante ».

    Devant l’état sanitaire déplorable du campement, Corinne Torre. cheffe de mission à Médecins sans frontières (MSF) venue à Grenoble le visiter, avait rappelé à l’État ses responsabilités. Pour mémoire, Eric Piolle avait signé, en avril dernier avec treize autres édiles, une lettre adressée au gouvernement dénonçant les conditions d’accueil des migrants.

    « J’ai fait savoir au maire de Grenoble, puisque le pouvoir de police lui appartient, qu’il pouvait prendre un arrêté pour mettre un terme à cette situation et mettre ces personnes à l’abri », déclare Lionel Beffre. Une décision dont il pense « qu’elle ne viendra pas » et qu’en conséquence, « les services de l’État procéderont à l’évacuation ».

    Par ailleurs, le préfet assure qu’il prendra « des mesures empêchant que d’autres personnes en difficulté se réinstallent sur le site ». De quoi rappeler, dans un autre registre, les dix-neuf blocs rocheux destinés à dissuader « les passeurs et les locataires d’emplacements » installés par la mairie de Grenoble au mois de juillet dernier.

    « Nous ne reconduisons pas assez vite à la frontière les demandeurs d’asile déboutés »

    Pourquoi des demandeurs d’asile se retrouvent-ils dans ce genre ce campement ? « Parce que nous n’avons pas assez de places d’hébergement et n’arrivons pas à reconduire assez vite à la frontière les demandeurs d’asile déboutés ». Si c’était le cas, « ces derniers n’occuperaient pas des places indument, pérennisant ainsi au fil du temps leur situation », explique le préfet.

    « Aujourd’hui nous sommes dans une situation où le droit d’asile est très clairement dévoyé », lance Lionel Beffre. Qui s’en explique. « Une partie non négligeable des ces demandeurs d’asile sont originaires des Balkans. Or, dans ces pays-là, même si ça a été le cas dans le passé, il n’y a plus de dictatures, persécutions ou oppressions qui sont le fondement du droit d’asile », expose le préfet.

    Pour le haut fonctionnaire, les chances qu’ont donc leurs ressortissant d’obtenir le sésame du droit d’asile est très minime, « de l’ordre de 10 à 15 % ». Pour les autres, « notre devoir c’est de les accueillir dans des lieux spécialisés », conclut le préfet. Notamment pour les accompagner dans la constitution de leur dossier de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

    Si aucune date n’a été officiellement annoncée pour l’expulsion, elle aura lieu ce jeudi 21 novembre au matin selon Droit au logement. Qui déplore qu’« au moins un tiers des familles, si ce n’est plus, ne seront pas relogées, et laissées dans le froid, sans tente ni lieu ou s’installer, après un tri humain effectué par l’État. » Le Dal appelle ainsi à un rassemblement en solidarité à 7 h 30 en face du camp, côté Saint-Bruno.

    https://www.placegrenet.fr/2019/11/20/campement-gare-de-grenoble-demantele/268584
    #SDF #sans-abrisme #sans-abri #démantèlement #destruction #campement_sauvage #préfecture #migrations #asile #réfugiés #hébergement #logement #déboutés #expulsions #renvois

    ping @karine4 @albertocampiphoto

  • Entre 3,9 et 4,8 millions de sans-papiers vivent en Europe

    Leur nombre a augmenté en 2015, avec la hausse de la demande d’asile, mais s’est stabilisé dès 2019. La moitié d’entre eux se trouvent en Allemagne et au Royaume-Uni.

    Entre 3,9 et 4,8 millions d’étrangers vivent en situation irrégulière en Europe et la moitié d’entre eux résident en Allemagne et au Royaume-Uni. Dans une étude parue mercredi 13 novembre, le centre de recherche américain Pew Research Center évalue le nombre de personnes qui se trouvaient sans papiers sur le continent en 2017. C’est la première étude du genre depuis dix ans, qui permet notamment d’évaluer l’impact de ce qui a été communément appelé la « crise migratoire ».

    Selon les travaux du Pew Research Center, les sans-papiers représenteraient moins de 1 % de la population européenne (évaluée à 500 millions de personnes). A titre de comparaison, la part des sans-papiers est de 3 % aux Etat-Unis, avec plus de 10 millions de personnes.

    Le Pew Research Center note toutefois une « augmentation récente » du nombre de sans-papiers
    en Europe, due essentiellement à la hausse des demandeurs d’asile depuis 2015, qui pèsent pour
    environ un quart de l’ensemble des personnes en situation irrégulière. Les auteurs de l’étude ont
    en effet choisi d’inclure dans leur estimation les personnes sollicitant un statut de réfugié et qui
    n’ont pas encore obtenu de réponse du fait de leur avenir incertain (38 % des demandeurs ont
    obtenu une protection en 2018). Il est toutefois important de souligner que les auteurs ont
    constaté une stabilisation du nombre de migrants sans titre de séjour à partir de 2016.

    L’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l’Italie, principales destinations
    Environ un million de sans-papiers vivent en Allemagne et autant au Royaume-Uni. Si les volumes
    sont comparables, le nombre de sans-papiers outre-Rhin a presque doublé entre 2014 et 2016,
    alors qu’il est resté plutôt stable outre-Manche, les îles britanniques n’ayant pas été l’une des
    principales destinations des demandeurs d’asile arrivés à partir de 2015. De la même manière, si
    l’Allemagne compte environ quatre fois plus de migrants réguliers qu’irréguliers – ce qui
    correspond à la moyenne européenne –, le Royaume-Uni a autant d’étrangers sans titres que
    d’étrangers pourvus d’un titre de séjour.

    La France et l’Italie arrivent en troisième et quatrième positions avec, respectivement, autour
    de 350 000 et 600 000 sans-papiers. « Comparé aux grands pays de destination des migrants
    en Europe, la France a un nombre relativement plus faible de sans-papiers, soulignent les auteurs.
    Une des raisons possibles est que certains sans-papiers peuvent être régularisés après plusieurs
    années s’ils remplissent certains critères ». Autour de 30 000 personnes bénéficient d’une
    admission exceptionnelle au séjour chaque année, pour des motifs liés principalement à leur
    situation familiale ou professionnelle. Cette particularité montre l’impact des politiques
    gouvernementales sur le volume de sans-papiers.

    Le plus souvent des hommes de moins de 35 ans
    Sur l’ensemble du continent, 56 % des sans-papiers sont présents depuis moins de cinq ans, mais
    plus d’un quart sont présents depuis plus de dix ans. Ils sont, pour les deux tiers d’entre eux, âgés
    de moins de 35 ans et sont des hommes dans plus d’un cas sur deux.
    En Europe, les origines des migrants sans papiers sont plus diverses qu’aux Etats-Unis, où
    l’écrasante majorité d’entre eux viennent du sous-continent américain et en particulier du
    Mexique. En Europe, environ un tiers des sans-papiers sont originaires d’Asie Pacifique – c’est
    particulièrement le cas au Royaume-Uni où ils comptent pour plus de la moitié des sans-papiers ;
    23 % viennent d’Europe et 21 % du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, tandis que 17 % sont
    originaires d’Afrique subsaharienne.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/13/entre-3-9-et-4-8-millions-de-sans-papiers-vivent-en-europe_6019025_3210.html
    #statistiques #estimations #chiffres #sans-papiers #Pew_Research_Center #Europe

    • Europe’s Unauthorized Immigrant Population Peaks in 2016, Then Levels Off

      New estimates find half live in Germany and the United Kingdom.


      Europe has experienced a high level of immigration in recent years, driving debate about how countries should deal with immigrants when it comes to social services, security issues, deportation policies and integration efforts. Among these recently arrived immigrants are many who live in Europe without authorization. Coupled with unauthorized immigrants who were already in Europe, their numbers reach into the millions, though together they make up a small share of Europe’s total population.

      A new Pew Research Center analysis based on European data sources estimates that at least 3.9 million unauthorized immigrants – and possibly as many as 4.8 million – lived in Europe in 2017. The total is up from 2014, when 3.0 million to 3.7 million unauthorized migrants lived in Europe, but is little changed from a recent peak of 4.1 million to 5.3 million in 2016.1

      Overall, unauthorized immigrants accounted for less than 1% of Europe’s total population of more than 500 million people living in the 28 European Union member states, including the United Kingdom, and four European Free Trade Association (EFTA) countries (Iceland, Liechtenstein, Norway and Switzerland). And among the roughly 24 million noncitizens of EU-EFTA countries living in Europe, fewer than one-fifth were unauthorized immigrants in 2017.

      The recent rise in Europe’s long-standing unauthorized immigrant population from nations outside of EU-EFTA countries is largely due to a surge of asylum seekers who mostly arrived in 2015, when more than 1.3 million people applied for asylum in EU-EFTA countries. Many from that wave have been approved to remain in Europe. Many others, however, have had their applications rejected. Some have appealed those denials. Still others whose applications were rejected or withdrawn continue to live in Europe.

      Meanwhile, many asylum seekers in Europe are still awaiting a decision on their pending application, a group that is part of our estimates, and accounted for nearly a quarter (20% to 24%) of Europe’s unauthorized immigrant population in 2017. Although asylum seekers waiting for a decision have a temporary legal standing, their future in Europe is uncertain. Most entered their country of residence without permission, and the majority of applicants are now seeing their applications rejected. Consequently, many have been or could be subject to deportation orders in the future.

      Since asylum seekers waiting for a decision have a temporary lawful status, the Center also produced estimates of the unauthorized immigrant population without this group. These estimates are lower – 2.9 million to 3.8 million in 2017 – yet still show an apparent increase from 2014 before the asylum seeker surge, when the unauthorized immigrant population without asylum seekers waiting for a decision was an estimated 2.4 million to 3.2 million. (For estimates of the unauthorized immigrant population in Europe and by country without waiting asylum seekers, see Appendix C.)

      Unauthorized immigrants made up roughly one-fifth (16% to 20%) of Europe’s total non-EU-EFTA population in 2017, according to estimates, with 4% being unauthorized immigrants with a pending asylum claim that year. This means authorized non-EU-EFTA citizens living in Europe outnumbered unauthorized immigrants by about four to one.
      Who’s counted as an unauthorized immigrant?

      Unauthorized immigrants in this report are people living without a residency permit in their country of residence who are not citizens of any European Union or European Free Trade Association (EFTA) country. Most unauthorized immigrants entered an EU-EFTA country without authorization, overstayed a visa, failed to leave after being ordered to do so or have had their deportation temporarily stayed. The unauthorized population also includes those born in EU-EFTA countries to unauthorized immigrant parents, since most European countries do not have birthright citizenship. Finally, the European unauthorized immigrant population estimate includes asylum seekers with a pending decision. This last group makes up nearly a quarter (20% to 24%) of Europe’s estimated total unauthorized immigrant population.

      Many different immigrant groups can be counted as unauthorized immigrants, as there is no universal definition and the inclusion of some groups over others is a point of debate. A broad definition could include anyone who entered the country without authorization and has yet to procure permanent residency. This definition could include those with subsidiary protection status, a group that does not qualify for refugee status but receives humanitarian protection that can be renewed for one or two years at a time. Those with this status can sometimes sponsor family members and after several years apply for permanent residency.

      By contrast, a narrower definition for unauthorized immigrants would not include those with legal protection from deportation, even if such protection is temporary. From this perspective, unauthorized immigrant populations would not include asylum seekers waiting on a decision, those whose deportation has been deferred or stayed, or children of unauthorized immigrants.

      Pew Research Center has selected an approach that considers a combination of authorized entry, legal certainty and likely permanency. In the U.S., the Center considers those with deportation relief (for example, Deferred Action for Childhood Arrivals or Temporary Protected Status) as well as asylum seekers waiting on their cases as unauthorized immigrants. Although these groups are authorized to work, many entered without permission and their legal future in the U.S. is uncertain, as evidenced by recent policy changes implemented by the U.S. government and subsequent court cases.

      In the same way in EU-EFTA countries, deportees with a stayed or deferred deportation who have a legal right of residence and may even be allowed to work are included as unauthorized immigrants. Children born in Europe to unauthorized immigrant parents are considered part of the unauthorized immigrant population. Similarly, asylum seekers with a pending decision, of whom many entered without permission and whose acceptance rates continue to fall, are also included as unauthorized immigrants. Since the definition of an unauthorized immigrant is a point of debate, the Center has published estimates without asylum seekers awaiting a decision on their application (see Appendix C). Waiting asylum seekers, at nearly 1 million people in Europe in 2017, are likely the largest of unauthorized immigrant groups with an uncertain legal status.

      The Center’s new estimates come at a time when publics across Europe express mixed opinions on the place of immigrants in their societies. A 2018 multi-nation survey from the Center found that majorities in several European countries support the deportation of immigrants living in their countries illegally. On the other hand, when asked about refugees fleeing war and violence, the 2018 survey also found that majorities across Europe support taking them in, a group that has often entered Europe without permission and claims asylum.

      This is the first time Pew Research Center has estimated the size of Europe’s unauthorized migrant population. The methodology used for these new estimates builds on the Center’s more than 15 years of experience in estimating the size of the unauthorized immigrant population in the United States. The unauthorized immigrant population in the U.S. is more than double the size (10.3 million to 10.7 million in 2017) of that in Europe (3.9 million to 4.8 million); has been decreasing in number since 2007; and makes up a larger share of the total population (roughly 3% in the U.S. compared with less than 1% in Europe). (See our related blog post for more details on how unauthorized immigrant populations and their characteristics differ between Europe and the U.S.)

      The Center’s estimates are also the first comprehensive estimate for Europe in a decade. Europe’s unauthorized migrant population was last estimated for 2008 by an EU-funded team of European researchers called the Clandestino project. At that time, the number living in the EU was estimated to be 1.9 million to 3.8 million, not including asylum seekers with pending decisions. By comparison, our estimate for 2017 for EU countries only, excluding asylum seekers with a pending application, is 2.8 million to 3.7 million – the upper end of Clandestino’s 2008 estimate.2
      The Center’s estimates compared with others

      Pew Research Center’s unauthorized immigrant estimates in Europe are in line with other reputable data, including estimates from previous studies, statistics on the number of unauthorized immigrants regularized by governments and analysis of recent migration flows.

      In Germany, for example, a separate 2014 estimate using a different method than the one used by the Center and that did not include waiting asylum seekers, estimated the number of unauthorized immigrants to have been 180,000 to 520,000. For the same year, the Center estimated the number of unauthorized immigrants in Germany to be between 300,000 and 400,000 without waiting asylum seekers, within the 2014 study’s range. Moving forward, our 2017 estimate for Germany of 600,000 to 700,000 unauthorized immigrants, excluding asylum seekers waiting for a resolution in their case, is in line with expected trends. For more, see our Germany estimate methodology.

      Meanwhile, in the UK, a London School of Economics study placed the number of unauthorized immigrants residing in the country between 417,000 and 863,000 in 2007. Ten years later, after hundreds of thousands of additional migrants from non-EU-EFTA countries entered and stayed in the UK, our 2017 estimate of 800,000 to 1.2 million unauthorized immigrants with waiting asylum seekers would be consistent with recent migration trends. For more methodological background, see our UK estimate methodology.

      In Italy, hundreds of thousands of asylum seekers have landed on the country’s shores during the past decade. Many have had their asylum cases rejected, and some have remained in Italy without authorization. Adjusting for regularizations of unauthorized immigrants to authorized status during the past decade, deaths, out-migration and additional arrivals, our estimate of 500,000 to 700,000 for 2017, including asylum seekers with a pending asylum case, is similar to the estimate published by the Iniziative e Studi sulla Multietnicità Foundation. For more information, see our Italy estimate methodology.

      In France, our estimate shows between 300,000 and 400,000 unauthorized immigrants lived in the country in 2017, including some 38,000 asylum seekers waiting for a decision on their case. This estimate is similar to that cited by government leaders as well as several French demographers. Also, some 300,000 people in 2017 were enrolled in a government medical plan accessed by unauthorized immigrants. For more, see our methodology for our France estimate.

      https://www.pewresearch.org/global/2019/11/13/europes-unauthorized-immigrant-population-peaks-in-2016-then-levels-off

      Pour télécharger le #rapport :
      https://www.pewresearch.org/global/wp-content/uploads/sites/2/2019/11/2019.11.13_EU-Unauthorized_FINAL.pdf

    • Commentaire de Serge Slama sur twitter :

      Le journal @lemondefr @JuliaPascualita pourrait prendre des précautions méthodologiques à l’égard de cette étude @pewresearch avec une appréhension très américaine de l’irrégularité qui inclut les demandeurs d’asile entrés illégalement.

      https://twitter.com/combatsdh/status/1194660424177922050

      En France on n’a pas de moyens de comptabiliser le nombre exact de sans-papiers. On connaît les bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (315 835 en 2017), le nombre de déboutés du droit d’asile (80 000 à 90 000 par an), le nombre d’OQTF non exécutées (environ 60 000 par an).
      Enfin on sait qu’environ 30 000 jeunes nés en France de parents étrangers deviennent français à leur majorité (mais on ignore le statut de leurs parents).

      https://twitter.com/combatsdh/status/1194895286491062273

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      Et ce commentaire de Nando Sigona, toujours sur twitter :

      I need to have a closer look at the report, but the estimate for the UK seems too high. The UK has only marginally being affected by the 2013-2015 #refugeecrisis, and does more forced/voluntary removals than other EU states...
      Previous estimates, including LSE, Home Office, Clandestino project and our own on #undocumentedchildren, identified pre-accession EU nationals as one of the larger group of undocumented migrants in the UK. A group that was ’regularised’ through the EU enlargement.
      refused but not removed asylum seekers also contributes to the estimate, but total asylum refusals minus returns may be in the thousands but nothing like what the estimate would require.
      The report is also counting people with short term legal status like subsidiary protection which is again questionable. The report recognises that this approach may be controversial and in Appendix C provides an estimate without asylum seekers.
      and yet they went for the splash number for the press release and from initial media reports it is clear that some of the nuances are lost.
      and by the way, it would seem that there is no variation in the UK between the estimates with and without asylum seekers...

      https://twitter.com/nandosigona/status/1194665603388321798

    • @Pewresearch a publié une étude sur la population immigrée « non-autorisée » en #Europe, dont les résultats ont été largement médiatisés depuis hier https://pewrsr.ch/2OalGIV un certain nombre d’éléments ont retenu l’attention de @DesinfoxMig :
      L’étude adopte un parti pris méthodologique basé sur le contexte américain pour définir le groupe étudié, à savoir la population immigrée « non-autorisée » en E. Cela inclut entre autre les #demandeursasile et les enfants nés en E. de parents en situation irrégulière.
      @Pewresearch
      reconnait que l’acception très large de la notion #immigré « non-autorisé » qui considère une combinaison de facteurs (entrée autorisée, séjour régulier et la probabilité de séjour permanent) fait débat.
      Dans le contexte FR il y a débat car la traduction du terme « unauthorized » en #sanspapier, #clandestin ou en situation irrégulière renvoi à un contexte juridique et administratif différent du contexte US.
      Par ex, en France l’immigré ayant introduit une #demandeasile se voit délivrer par la #préfecture une autorisation provisoire de séjour, il ne peut pas être expulsé, et n’est donc pas considéré comme « sans-papiers » aux yeux du droit français.
      Si on peut ne pas être d’accord avec certains choix méthodologiques – et on apprécierait certaines précautions et nuances de la part des médias qui diffusent cette étude - elle propose une approche comparative d’un phénomène par sa nature même très difficile à quantifier.
      Pour la France, on peut retenir que la part des « non-autorisés » dans #immigration est particulièrement basse (10%), comparé à Allemagne ou aux Etats-Unis (environ 20%) et au Royaume-Uni (45%). Ils représentent au total moins de 1% de la population totale.

      https://twitter.com/DesinfoxMig/status/1195073984099946496

    • Pew Research Centre Estimates on the Irregular Migrant Population the UK and the rest of Europe

      The Pew Research Centre has produced new estimates of the number of irregular (‘illegal’ or ‘unauthorised’) migrants in the EU, including the UK. Here we explain briefly what they find and how they reach their conclusions.

      What are the key findings for the UK?

      The report estimates that in 2017 there were between 800,000 and 1.2m people living in the UK without a valid residence permit. The authors also estimate that, in 2017:

      Around one third of irregular migrants had been living in the UK for 10 years or more;
      They included similar shares of men and women, and around 14% were children;
      There was no evidence of any increase in the number of irregular migrants living in the UK since 2014;
      Half came from the ‘Asia Pacific’ region, but there no breakdown by individual countries within that region;
      The UK had one of the largest irregular migrant populations in Europe, alongside Germany.

      How are the figures calculated and are they accurate?

      The study uses the ‘residual method’. It compares the estimated the number of non-EU citizens living in the UK to an estimate of the number holding a valid residence permit in the same year.

      The results come with a high degree of uncertainty, because both of these figures are just estimates—as the Pew report recognises.

      In 2017, ONS estimated that there were around 2.4m non-EU citizens living in the UK (this is lower than the 5.7m non-EU born migrants living in the UK that year, because most people born in non-EU countries now hold UK citizenship). The precise figure is uncertain for various reasons, including because it is drawn from a statistical survey to which not everyone agrees to respond.

      Separately, the Home Office is required to report to Eurostat an estimate of the number of the non-EU citizens holding a valid residence permit each year – ranging from temporary work permit holders to long-term residents with Indefinite Leave to Remain (ILR). In 2017, this estimate was roughly 1.5m. The UK government does not actually know the precise number of legally resident non-EU citizens, so the estimate requires various assumptions, for example about how many people with ILR have left the country or died.

      Pew’s ‘lower-bound’ estimate of 800,000 compares the estimated non-EU citizen population with the number of valid residence permits of at least 3 months duration. The ‘upper bound’ estimate of 1.2m instead looks only at those with permits lasting at least a year, and also adjusts the figure upwards to account for the possibility that ONS has underestimated the number of non-EU citizens living here.

      The comparison between the UK and other EU countries is particularly uncertain because the estimates of the number of legal residents are produced in very different ways and are not thought to be comparable.

      In summary, without more accurate data on both the number non-EU citizens in the UK and the number holding valid residence authorisation, it is difficult to know how accurate the figures are likely to be.

      Earlier this year, ONS and the Home Office produced a joint statement suggesting they did not plan to produce a new estimate using this method, because of limitations in the data and methodologies.

      What are the remaining evidence gaps?

      Even if we cannot be certain about the number, it is reasonable to assume based on this and previous estimates that the UK has a substantial irregular migrant population. There are still many things that are not known about the unauthorised population, notably:

      It is not known how many entered illegally vs. came legally but later overstayed or were not able to renew their residence authorisation.
      The figures do not tell us what the impacts of policy have been on the decisions irregular migrants make, and/or whether the figure would have been higher or lower if different policies had been in place.

      Migration Observatory comment

      Madeleine Sumption, Director of the Migration Observatory at the University of Oxford, said: “This report relies on a standard methodology to estimate the irregular migrant population, and gives us the most up-to-date estimate that is available. The big challenge when using this method in the UK in particular is that the data required for the calculation are not very good. In particular, the UK government simply doesn’t have an accurate record of exactly how many people are living in the UK legally. Without more precise data, there will continue to be a high degree of uncertainty around the number of people living here without authorisation.”

      https://migrationobservatory.ox.ac.uk/resources/commentaries/pew-research-centre-estimates-on-the-irregular-migrant-po

    • The Trouble with Pew’s estimates of the “unauthorized” migrant population in Europe

      The Pew Research Center, where I once held a leadership position, published a report on November 13, 2019 entitled, “Europe’s Unauthorized Population Peaks in 2016, Then Levels Off.” The document is at best misleading, the product of an inappropriate statistical exercise. Given the reality of immigration politics in Europe, it is a made-to-order talking point for right-wing nationalists, echoing their attacks on asylum policies and on the migrants themselves. .

      This is Pew’s first effort to estimate the “unauthorized” population in Europe by applying a terminology I authored in 2002 for use in the United States. The current report has led me to conclude that the terminology and aspects of the statistical method that underlie its application are anachronisms that fail to take into account fundamental changes in the nature of migration flow to both Europe and the United States. As such, and no doubt unintentionally, the very knowledgeable people at Pew, including several I value highly as friends and colleagues, have fallen into a perceptual trap with significant political consequences.

      Pew’s critical error is to count as “unauthorized” people who have presented themselves to immigration authorities as required on arrival, have been identified, screened and registered in the lawful exercise of their right to seek asylum and have been granted permission to reside in their country of destination after an initial processing of that asylum claim. Nearly a quarter of the total “unauthorized” population in Europe, and closer to half in Germany, are asylum seekers, according to Pew’s account of its methodology. The estimate claims to be a statistical snapshot of this population on December 31, 2017, but as of that date these individuals, with few exceptions, had been granted documents attesting to their right to reside in these countries legally without fear of deportation and in many cases to work and receive social benefits.

      Pew counts these individuals as “unauthorized” because they had not yet been granted permission to remain as residents on a permanent basis. Germany and other European countries have several different degrees of asylum, including categories that grant protection for a period of years pending developments in their countries of origin and other matters. Moreover, in Europe as in the US, final disposition of asylum cases can take years due to backlogs and appeals, but those with pending cases are fully authorized to remain in the meantime. And, there is another category of persons whose claims have been denied, a small number in the 2017 Pew European estimates but more by now, who are not subject to deportation either by virtue of explicit administrative decisions or the prioritization of enforcement resources, a situation that occurs in the United States as well.

      In an exercise of highly subjective — and, to my mind, ill-informed — speculation, Pew concludes the individuals it observed in 2017 will never be granted permanent status in the future and that they will be subject to removal some day and so they should be counted as “unauthorized” in the present. This prognostication is as highly freighted politically as it is unjustified on any empirical basis. But, it is even more biased and inflammatory as a historical narrative.

      Almost the entire increase in the “unauthorized” population in Europe that peaked as of 2016, according to Pew, is the result of the extraordinary surge of Syrians, more than a million, who came across the Aegean from Turkey from the summer of 2015 to the spring of 2016 to seek refuge. By retroactively categorizing about half of those migrants as “unauthorized,” Pew is offering its statistical support to narratives that characterize that event as illegitimate, an abuse of Europe’s humanitarian values, a criminal effort to exploit social services and rich labor markets, a cynical abuse of the asylum system, a willing dilution of European identity by globalists, a pollution of Europe’s racial purity, etc.

      The methodology is explained in the fine print, and Pew even offers estimates minus the asylum seekers in an appendix. But, that does nothing to change the report’s deliberately attention-grabbing conclusion, its analytical perspective and the way it will be used for political purposes.

      Pew’s US estimates of the “unauthorized” are vulnerable to the same manipulation. They too include asylum seekers and produce the same statistical support for a demagogic portrayal of current migration.

      In the US, more than a million asylum seekers are sitting in an immigration court backlog awaiting adjudication of their claims, a number that has doubled since President Trump took office. These people have identified themselves to immigration officials, registered an asylum claim and have passed a “credible fear” interview with a finding that their claim is worthy of full consideration. By counting them as “unauthorized,” Pew fully embraces the Trump administration’s portrayal of the underlying migration phenomena as illegitimate even criminal. In the US asylum seekers account for a much smaller share of the Pew estimates than in Europe, about 10%, but that does not lessen the weight of the statistical fallacy. They are “unauthorized” only in the eyes of the beholders, in this case Pew and Trump. The result is a highly biased data point.

      In my view the problem with the Pew estimates is that they fail to account for new developments in migration flows to the United States and Europe.

      It was my great fortune to have been asked by the Pew Charitable Trusts in 2001 to create the Pew Hispanic Center and to then be part of the management committee that merged that center and several other stand-alone projects into the Pew Research Center in 2004. When the Pew Hispanic Center began publishing estimates of the “unauthorized migrant” population in 2002, the target was made up overwhelmingly of Mexican labor migrants who had either entered the country illegally or who had overstayed a legal entry and who would be subject to removal if apprehended. I am proud to say those estimates served an important and constructive role in repeated policy initiatives to legalize this population from 2004 to 2014. (I left Pew in 2007 to take a position on the faculty of the University of Southern California.)

      Both the migration phenomena and the focus of policy debate have shifted in the past few years, but Pew’s methodology has not.

      The number of cases in the immigration court backlog did not exceed 200,000 until 2009 and only crossed the 400,000 mark in 2014, according to the Transactional Records Access Clearinghouse at Syracuse University, a source of pure data, just the numbers, on immigration. As such, asylum seekers were a small fraction of the total population which we were measuring in the 00’s which stood at about 11 million people, plus or minus, throughout that period.

      But, in the past decade, as Pew has ably chronicled, migration flows to the United States have changed. Mexican labor migration outside legal channels has been negligible for a decade and meanwhile the number of Central American asylum seekers has increased dramatically in the past five years. In Europe, the 2015–16 events and subsequent arrivals of asylum seekers represent an even more singular event compared to the very small ongoing irregular labor migrations.

      The Pew Research Center remains committed to its version of strict political neutrality, portraying itself as a “fact-tank” that produces data with no spin, no advocacy and only as much analysis as is necessary to make sense of the numbers. (The exercise is fraught and one of the reasons I left, but that is another story.) Taking the institution at its word about its intention, the distortions created by the current report on the “unauthorized” population in Europe should be occasion for a reconsideration of the methodology and terminology.

      First there is a technical issue.

      Both in the United States and in Europe, the population of migrants who are not citizens or legal permanent residents now comprises several categories of individuals with different kinds of status in national immigration systems. Some are indeed “unauthorized” in that they have no legal basis to reside in those countries and would be subject to removal with little recourse if apprehended and put in proceedings. But, there is also this large, and in the United States rapidly growing, population of persons who have presented asylum claims and have been awarded permission to remain in the country until those claims are fully adjudicated. So it is technically a mistake to apply “unauthorized” as a blanket term, and it retrospect it was a technical mistake when I first did it nearly 20 years ago.

      But, now there is a much graver issue about how the data is communicated.

      The nature of the migration phenomena that produce asylum seekers as well as the laws governing migration and the processes to administer it are all the subject of vociferous, brutally-polarized, high-stakes political debates in the United States and across Europe. Pew is taking sides in that debate when it counts asylum seekers as “unauthorized migrants.”

      https://medium.com/@suro_26975/the-trouble-with-pews-estimates-of-the-unauthorized-migrant-population-in-eu

  • Chez #Chronopost, ces #sans-papiers que l’on ne veut pas voir

    Toutes les entreprises concernées par la #grève des travailleurs de la filiale de la #Poste à #Alfortville se renvoient la balle. Et refusent de traiter le dossier.

    Scoop : Libération a rencontré des gens qui n’existent pas. Début juillet, on relatait le combat des travailleurs sans papiers de Chronopost, qui ont installé le 11 juin un piquet de grève devant le site de la filiale de la Poste à Alfortville (#Val-de-Marne). Ces quelque trente Maliens, Sénégalais ou encore Guinéens chargés de la #logistique demandent depuis trois mois maintenant leur #régularisation, en dénonçant des #conditions_de_travail intenables - conditions contre lesquelles ils peuvent difficilement lutter, vu qu’ils risquent l’expulsion. Mais voilà : ces dernières semaines, les différentes entreprises concernées ont invariablement répondu à Libération, qui voulait savoir ce qu’elles allaient faire pour régler la situation, qu’elles ne connaissaient pas ces personnes. Une pyramide de #déresponsabilisation permise par un système de #sous-traitance en cascade. Reprenons.

    Au sommet de l’édifice, on trouve la #Poste, maison mère de Chronopost, qui sous-traite une partie de sa logistique à #Derichebourg sur son site d’Alfortville, lequel Derichebourg fait appel à une société d’#intérim pour trouver de la #main-d’œuvre. C’est d’abord vers la Poste que l’on se tourne tout naturellement, comme l’a fait en juillet le député PS du Val-de-Marne Luc Carvounas, qui a adressé un courrier au PDG de l’entreprise publique, Philippe Wahl. « Seriez-vous prêt, monsieur le président, à donner les instructions nécessaires afin de régler […] la situation professionnelle de ces travailleurs en leur délivrant enfin un véritable contrat de travail en bonne et due forme ? » demandait Carvounas. Réponse de Philippe Wahl : ces « travailleurs se présentant comme des sans-papiers » ne sont « aucunement des salariés Chronopost », et donc encore moins de la Poste.

    Le deuxième échelon, c’est donc Chronopost. Joint par Libération sur les bons conseils de la Poste, l’entreprise tient sans surprise le même discours : « Nous sommes sensibles à la situation des personnes qui manifestent actuellement devant notre site d’Alfortville. Ces personnes n’ont cependant jamais été employées par Chronopost. » Chronopost, qui « subit une situation dont elle n’est pas responsable » (dixit Philippe Wahl), renvoie donc vers l’entreprise Derichebourg, « qui se porte garante du respect de l’ensemble de ses obligations vis-à-vis de la législation. C’est elle qui recrute, encadre et gère au quotidien les salariés qu’elle emploie ».

    Fort bien, Libé se tourne donc vers Derichebourg. Réponse : « Nous n’avons aucun salarié gréviste. Nous n’avons également aucun salarié sans papiers, ni aucun intérimaire sans papiers. » Etonné, Libération relance : ces salariés rencontrés en juillet devant le siège de Chronopost sont-ils imaginaires ? « Je ne me permettrais pas de dire que ces salariés sans papiers sont imaginaires », rétorque la chargée de communication de Derichebourg, complétant : « Qu’il y ait une manifestation est un fait. Je vous réaffirme simplement que nous n’avons aucun salarié gréviste, aucun salarié sans papiers, ni aucun intérimaire sans papier. »

    Il ne reste alors qu’un acteur à interroger : la société #Groupe_Europa, qui gère l’agence Mission intérim de Corbeil-Essonnes - celle qui fournit la main-d’œuvre. Une femme - dont on ne connaîtra pas l’identité - décroche le téléphone et affirme, catégorique : « Ces gens n’ont jamais été employés par #Mission_intérim. » « Les victimes sont les entreprises », complète-t-elle, sans vouloir qu’on la cite tout en demandant que l’on reprenne ses propos, avant de conclure sur cette observation : « On ne peut pas accueillir les problèmes de tout le monde. »

    Par quel miracle ces quatre entreprises peuvent-elles chacune affirmer qu’elles n’ont rien à voir avec le schmilblick ? En fait, chacune joue sur les mots, et sur une réalité : du fait de leur situation, les sans-papiers doivent recourir à des alias pour travailler. C’est ainsi que la femme de Groupe Europa nous explique tranquillement : « Les journalistes parlent tout le temps de l’#exploitation par les employeurs, mais ce sont les gens qui s’exploitent entre eux. Ils se louent les papiers. » De son côté, elle l’assure : « Nous avons des personnes qui ont les papiers en règle. S’ils trafiquent les papiers entre eux, on ne le sait pas. »

    En réalité, tout le monde a au moins sa petite idée, puisque Philippe Wahl écrit dans sa réponse à Luc Carvounas que des travailleurs « ont ouvertement admis qu’ils pratiquaient l’#usurpation_d’identité pour tromper leur employeur afin de revendiquer leur présence effective au travail ». « La meilleure preuve qu’ils savent, c’est que les sous-traitants et intérimaires n’ont pas de #badge pour accéder au site, précisément parce qu’ils sont sans-papiers », répond Eddy Talbot, membre du bureau fédéral de SUD PTT. Pour lui, Chronopost devrait dire « on ne peut pas vous employer dans ces conditions ». Et rompre avec Derichebourg.

    En attendant, puisque les entreprises refusent de traiter le dossier, le collectif de sans-papiers échange essentiellement avec la préfecture du Val-de-Marne. Théoriquement, cette dernière peut aller au-delà des critères de la circulaire Valls (du nom d’un ancien ministre de l’Intérieur), qui fixe plusieurs conditions, notamment un certain nombre d’heures travaillées au cours des derniers mois, pour prétendre à une régularisation.

    Mais est-elle prête à le faire ? Au téléphone, la préfecture explique que pour se prononcer, elle attend que des dossiers soient déposés. Mais de leur côté, les grévistes demandent un traitement collectif. « Au cas par cas, on n’a pas de garantie que ça ne se terminera pas avec des #OQTF », des obligations de quitter le territoire français, relève Jean-Louis Marziani, de Solidaires 94. Fin septembre, une délégation a pu pour la première fois échanger avec le préfet en personne. « On nous a dit que les dossiers seraient examinés avec bienveillance », rapporte Eddy Talbot, comprenant par là que la #préfecture est prête à aller au-delà des critères Valls. « Mais on nous a aussi dit par avance que tous les dossiers ne seront pas acceptés », regrette-t-il.

    De son côté, la préfecture maintient sa position : impossible de s’engager sur quoi que ce soit tant que les dossiers individuels n’auront pas été déposés. Ni de s’engager publiquement à une certaine mansuétude pour ceux dont le dossier serait refusé, par exemple en les exemptant d’OQTF : « Le préfet est chargé d’appliquer la loi. »


    https://www.liberation.fr/france/2019/10/08/chez-chronopost-ces-sans-papiers-que-l-on-ne-veut-pas-voir_1756319
    #travail #France

  • « Le gouvernement a libéralisé le contrôle des #risques_industriels »

    C’est une enquête qui devrait faire réfléchir le gouvernement. Après l’incendie de l’usine #Lubrizol, Laurent Radisson, journaliste à Actu Environnement, a révélé (https://www.actu-environnement.com/ae/news/lubrizol-rouen-stockage-produits-dangereux-autorisation-prefet-e) que la #préfecture de #Seine-Maritime avait autorisé en début d’année une augmentation de capacité des #produits_dangereux dans l’usine rouennaise du fabricant d’additifs pour lubrifiants. Les #seuils de produits dangereux pour l’environnement aquatique de la directive #Seveso auraient même été largement dépassés. En cause : un #assouplissement des #réglementations et une diminution des #contrôles mis en œuvre depuis une dizaine d’années.

    https://www.alternatives-economiques.fr/gouvernement-a-liberalise-controle-risques-industriels/00090586
    #Rouen
    #paywall

  • Notre-Dame de Paris : après l’incendie, un scandale sanitaire
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040719/notre-dame-de-paris-apres-l-incendie-un-scandale-sanitaire

    Des taux de concentration au plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé ont été relevés sur les sols à l’intérieur et aux alentours de la cathédrale Notre-Dame, selon des documents confidentiels consultés par Mediapart. Ni l’agence régionale de santé ni la préfecture de police de Paris n’ont communiqué ces résultats aux riverains, minimisant les dangers encourus.

    #France #Notre-Dame_de_Paris,_plomb

    • Des taux de #plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé ont été relevés à l’intérieur et aux alentours de Notre-Dame, par plusieurs laboratoires dont celui de la préfecture de police de Paris, après l’incendie qui a ravagé la cathédrale.

      « Ce sont des taux qu’on ne voit jamais, précise Annie Thébaud-Mony, chercheuse à l’Inserm et spécialiste de la santé publique. Sur des chantiers pollués comme une usine de recyclage de batteries, par exemple, les taux sont douze fois supérieurs. Là, avec des taux 400 fois supérieurs, les conséquences pour la santé peuvent être dramatiques. Il faut absolument qu’il y ait un suivi médical, y compris pour les pompiers qui sont intervenus. Ce suivi est d’autant plus important que les effets sur la santé peuvent être différés dans le temps. »

      Les autorités concernées, le ministère de la culture, l’agence régionale de santé (ARS), la préfecture de police, passent cette pollution sous silence et, ce faisant, n’appliquent pas les mesures prévues par la loi pour protéger les salariés et les riverains.

      L’incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, qualifié de « terrible drame » par le président Emmanuel Macron, avait provoqué un immense élan de générosité, avec plus de 400 millions d’euros récoltés en quelques jours pour la reconstruction de l’édifice.

      L’Élysée désigne alors son « représentant spécial », le général Jean-Louis Georgelin, pour veiller à l’avancement des travaux. Ils iront vite, assure le président de la République, « sans jamais transiger sur la qualité des matériaux et la qualité des procédés ». En revanche, ils se font au détriment de la santé des intervenants et des populations alentour.

      En effet, avec l’incendie, près de 400 tonnes de plomb, substance classée cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR), contenues dans la toiture et la flèche de la cathédrale, sont parties en fumée, polluant l’édifice et ses environs. Comme le signale l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), « une exposition régulière au plomb peut entraîner des conséquences graves pour la santé ». Le saturnisme, l’intoxication au plomb par inhalation ou ingestion, peut, selon la gravité, entraîner des troubles digestifs, des lésions du système nerveux ou encore des problèmes de stérilité.

      Les autorités connaissent très bien ces risques. Mais il faudra attendre deux semaines après l’incendie, soit le 27 avril, pour que la préfecture de police de Paris et l’ARS diffusent, en toute discrétion, un communiqué invitant les riverains à nettoyer leurs locaux à l’« aide de lingettes humides » et à consulter leur médecin si nécessaire.

      À l’intérieur de la cathédrale, selon des documents datés du 3 mai que Mediapart a pu consulter, les prélèvements sont de 10 à 740 fois supérieurs aux seuils autorisés. À l’extérieur, la situation n’est guère plus brillante. Sur le parvis, les taux de concentration en plomb prélevés sur le sol sont 500 fois au-dessus du seuil réglementaire. À l’extérieur de la zone du chantier, sur certains ponts, dans des squares ou certaines rues, ces taux sont de 2 à 800 fois supérieurs au seuil.

      Selon des inspecteurs contactés par Mediapart, « ce sont des taux tout à fait exceptionnels. Généralement, sur des chantiers dits pollués, les taux peuvent être de 20 à 100 fois supérieurs au seuil. Mais rarement au-delà. Et déjà, à ce stade, des protections très strictes doivent être prises pour protéger les ouvriers. Un suivi médical peut également être exigé ».

      Le secret est bien gardé, comme le montre une réunion du 6 mai dont le contenu a été rapporté par plusieurs sources à Mediapart.

      Ce jour-là, dans les bureaux de l’agence régionale de santé, se retrouvent autour de la table des responsables du laboratoire central de la préfecture de police, de la mairie de Paris, du centre antipoison, de la caisse régionale d’assurance maladie et de la direction du travail. La question rapidement débattue est : faut-il ou pas communiquer les résultats des prélèvements ?


      Carte des pollutions au plomb autour de Notre-Dame, résultats des prélèvements du laboratoire central de la préfecture de police de Paris, 6 mai 2019.

      La préfecture fait part de son embarras, certains de ses locaux étant touchés par cette pollution au plomb. Avec des taux deux fois supérieurs au seuil de vigilance, la biberonnerie et la salle « mille-pattes » de la crèche de la préfecture doivent être fermées pour une décontamination en urgence. Ce qui sera fait dans les jours qui suivent.

      Mais dans certains appartements de fonction, les taux peuvent aussi être jusqu’à cinq fois supérieurs au seuil de vigilance. Mediapart ne sait pas si des travaux y ont été depuis lors réalisés. De nouveaux prélèvements ont été faits par la préfecture pour vérifier l’état de ses locaux après décontamination. Ils n’ont pas, à ce jour, été communiqués aux agents.

      Toujours est-il qu’afin de ne pas alarmer ses propres agents, la préfecture explique lors de la réunion qu’elle ne souhaite pas publier les résultats de ces prélèvements. Réserve partagée par l’ARS qui affirme, quant à elle, ne pas vouloir répondre aux sollicitations des associations de riverains ou de défense de l’environnement. Elles n’auront qu’à se tourner vers la commission d’accès aux documents administratifs (Cada), expliquent posément les représentants de l’ARS, qui semblent avoir oublié leur mission première, celle de prévenir les risques sanitaires.

      Selon une personne présente à cette réunion, « l’ARS joue la montre. En ne communiquant pas sur les résultats, elle oblige les associations à s’adresser à la Cada et donc à s’engager dans un long parcours. Mais une fois qu’elles auront obtenu ces prélèvements, l’ARS pourra dire que ces résultats sont anciens et qu’ils ont depuis baissé. C’est d’un cynisme à toute épreuve ».

      Conclusion de cette réunion : le 9 mai, la préfecture et l’ARS signent un communiqué très laconique, qui minimise les risques, alors même que certains prélèvements sur les sols sont de 20 à 400 fois supérieurs au seuil réglementaire sur des sites très fréquentés, comme le pont et la fontaine Saint-Michel, lieux non fermés au public, ou certains squares, temporairement interdits mais rouverts depuis.

      En taisant les dangers de la sorte, les autorités veulent éviter un effet de panique et s’épargner une polémique.

      Contactée par Mediapart, la préfecture de police déclare « que le laboratoire central a fait des prélèvements en urgence qui ont été transmis en toute transparence à l’ARS, afin qu’elle prenne les dispositions nécessaires ».

      De son côté, jointe par Mediapart, l’ARS n’a pas contesté, dans un premier temps, les propos tenus lors de la réunion du 3 mai. Elle a expliqué « ne pas percevoir le problème qu’ils soulèvent ». Mais avant la publication de cet article, l’ARS nous a rappelés et expliqué qu’en fait, elle ne souhaitait ni infirmer ni confirmer les propos tenus lors de la réunion.

      L’agence explique avoir pris les précautions d’usage et avoir fait, à la demande de particuliers, des prélèvements qui ont, à ce jour, permis de découvrir un cas de saturnisme, sans que cela ne soit alarmant, selon l’agence.

      Selon nos informations, les derniers prélèvements effectués le 13 juin sur le chantier ont cependant donné des résultats d’un même ordre de grandeur que les précédents tests.

      Mais les associations, dont celle des familles victimes de saturnisme, ignorent tout de ces résultats. Leur demande auprès de l’ARS étant restée lettre morte, elles s’apprêtent, comme l’avaient imaginé les autorités, à saisir la Cada…

      L’une des riveraines, mobilisée sur cette question, explique « avoir plusieurs fois demandé des précisions. Mais l’ARS ou la préfecture entretiennent un flou qui n’est pas rassurant pour les familles. S’il n’y a pas de danger, comme ils l’affirment, il suffit de transmettre l’ensemble des prélèvements. Or, nous les attendons encore ».

      Sur le chantier, la direction régionale des affaires culturelles (Drac), maître d’ouvrage, opte elle aussi pour la politique de l’autruche. Et surtout, ne décrète aucune mesure pérenne pour protéger les salariés.

      Les contrôles de sécurité effectués sur le chantier ont révélé que des ouvriers sur place n’avaient reçu aucune formation à cet effet. Alors qu’ils manipulent des gravats contaminés, certains agissent sans masque ni gants.

      Les constats de l’inspection du travail ne s’arrêtent pas là. À plusieurs reprises, elle a relevé le non-respect des procédures réglementaires mais aussi de graves dysfonctionnements des sas de décontamination, dispositifs indispensables pour protéger les salariés du risque d’intoxication et éviter toute propagation de poussières à l’extérieur. Certaines douches de décontamination ne fonctionnent pas. Pire : certains sas de décontamination ont été installés au milieu d’une zone contaminée.

      Au bout du compte, les salariés peuvent aller et venir dans la cathédrale sans passer par ces sas. À l’extérieur, sur le parvis pollué, où les taux de plomb peuvent être 500 fois supérieurs au seuil autorisé, certains ouvriers travaillent sans aucune protection.

      Contacté par Mediapart, Bruno Courtois, expert en prévention du risque chimique et chargé du dossier « plomb » à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), explique que « ces taux sont particulièrement élevés et s’agissant de poussières de plomb consécutives à un incendie, on peut supposer qu’il s’agit de particules très fines qui passent donc facilement dans le sang. Les mesures de prévention et de protection doivent donc être renforcées pour confiner le plomb. Les sas de décontamination permettent dans ces cas primordiaux d’éviter que les ouvriers ne rentrent chez eux avec les poussières de plomb ». Pourtant, rien de tel n’a été mis en œuvre sur le site de la cathédrale.

      Selon des sources proches du chantier, le ministère de la culture n’est pas mécontent que des ouvriers se promènent sans protection à l’extérieur de la cathédrale, n’éveillant ainsi aucune crainte parmi « les touristes ou les riverains ».

      En fait, la mairie de Paris avait proposé de décontaminer le parvis de la cathédrale – un chantier de deux semaines estimé à 450 000 euros. Pour cette phase spécifique de décontamination, les ouvriers devaient porter des scaphandres. Sous le couvert de l’anonymat, un proche du dossier confirme : « Des hommes en scaphandre sur le parvis de la cathédrale auraient effrayé les passants. L’existence d’un danger aurait été évidente. »

      Le ministère de la culture a donc préféré reprendre la main et a choisi de faire décontaminer la zone en quelques jours seulement, par des salariés peu protégés, et n’ayant pas revêtu les tenues d’usage. Cette précipitation a pour résultat que le parvis est aujourd’hui encore contaminé.

      Sourd aux différentes relances des contrôleurs, le ministère de la culture s’affranchit allègrement des règles du code du travail.

      Dès le 9 mai, l’inspection du travail a pourtant alerté la Drac, chargée des travaux sur le chantier, sur la nécessité de prévoir des mesures de protection contre les risques d’intoxication au plomb pour les salariés. Plus d’un mois plus tard, le 19 juin, le constat des ingénieurs de sécurité de la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France (la Cramif), également chargée de contrôler le chantier, demeure accablant : « Les taux de concentration en plomb dans les poussières sont élevés et largement au-dessus du seuil réglementaire. Les salariés sont donc toujours exposés à des risques d’intoxication par le plomb […], les installations dédiées à la décontamination des salariés ne répondent pas aux dispositions du code du travail. »

      Le cabinet du ministre de la culture Franck Riester assure auprès de Mediapart que « des mesures ont été prises », sans pouvoir préciser lesquelles et explique qu’une réunion avec la direction du travail s’est tenue le 27 juin pour que « tout se passe au mieux ». Mais cela n’a rien arrangé. Les procédures de décontamination demeurent très en deçà des exigences réglementaires.

      Le ministère de la culture profite d’une situation qui lui est favorable. Le maître d’ouvrage relevant du droit public, l’inspection du travail ne peut ni le verbaliser ni le mettre en demeure.

      Contactées par Mediapart, ni la Cramif ni la direction de l’inspection du travail n’ont accepté de répondre à nos questions.

      La mairie de Paris affirme avoir fait une série de prélèvements dans les établissements scolaires situés dans les alentours de la cathédrale, dont les résultats, rendus publics, sont conformes aux seuils autorisés. Quant aux mesures de l’espace public, « elles relèvent de la préfecture et de l’ARS. La mairie de Paris plaide pour une transparence mais, précise-t-elle, nous ne pouvons nous substituer à l’État ».

      Les pressions exercées sur le chantier sont fortes. Comme nous l’explique l’un des intervenants, « à chaque fois que les risques d’intoxication au plomb sont abordés, on nous rappelle “l’urgence impérieuse de consolider l’édifice”. C’est comme cela qu’on écarte le danger du plomb ».

      Une des personnes chargées du suivi des prélèvements déplore que « les instances de l’État se comportent comme lors de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. C’est aussi absurde que le nuage qui n’a pas traversé les frontières. Le plomb est resté au-dessus de la cathédrale ».

      Un salarié du ministère de la culture regrette que « toute communication sur le chantier [soit] contrôlée. On n’a pas accès à beaucoup d’information et ceux qui s’en occupent, le service des monuments historiques, sont connus pour être des taiseux contrairement aux archéologues qui se font entendre s’il y a un problème. Donc c’est la loi du silence ».

      Une « loi du silence » qui convient parfaitement au gouvernement et aux autorités sanitaires. Pourtant, les langues se délient et certaines entreprises contactées par Mediapart font part de leurs inquiétudes, ne souhaitant pas devenir des « boucs émissaires » en cas de scandale. « On tente déjà de nous faire porter la responsabilité de l’incendie. Il y a une pression énorme qui est mise sur tous les intervenants et le ministère de la culture n’assume même pas ses responsabilités en tant que maître d’ouvrage. Rien n’est fait pour préserver la sécurité et la santé des ouvriers. On nous demande de faire le travail que doit faire normalement le maître d’ouvrage », déplore l’un des chefs d’entreprise.

      Le projet de loi pour Notre-Dame de Paris, en cours d’adoption, prévoit notamment la création d’un établissement public et des dérogations aux règles d’urbanisme et de protection de l’environnement. Sur le chantier, cette perspective inquiète de nombreux intervenants selon lesquels les dangers pour la santé et l’environnement risquent de s’accroître en toute opacité.

    • Ni l’agence régionale de santé ni la préfecture de police de Paris n’ont communiqué ces résultats aux riverains, minimisant les dangers encourus.

      Et c’est pas n’importe quels riverain·es. Celleux là obtiendrons dédommagements et réparation par millions, c’est pas comme si des pauvres étaient exposé à des logements insalubres.

  • Le « #115 » devra bientôt transmettre la liste des réfugiés qu’il hébergement

    Le gouvernement planche sur un projet qui renforce l’#échange_d’informations entre les associations d’#hébergement_d’urgence et l’office de l’immigration.

    Le ministre de l’intérieur, Christophe #Castaner, et la ministre chargée de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, préparent une instruction interministérielle visant à renforcer l’échange d’informations entre la plate-forme d’urgence pour les sans-abri (115) et l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

    D’après le projet de texte, non encore publié et que Le Monde s’est procuré, le gouvernement veut relancer la dynamique de la « #circulaire_Collomb » du 12 décembre 2017. Celle-ci avait provoqué une levée de boucliers des associations d’hébergement et de solidarité parce qu’elle essayait d’organiser le #contrôle du statut administratif des migrants qui se trouvent dans l’hébergement d’urgence. Le Conseil d’Etat, saisi par les associations, avait d’ailleurs encadré sa mise en œuvre.

    Un an et demi après, le projet d’instruction entend généraliser la transmission d’informations entre le 115 et l’OFII. Le premier devra ainsi « communiquer mensuellement à l’OFII la liste des personnes hébergées dans un dispositif d’hébergement d’urgence », qu’il s’agisse de demandeurs d’asile ou de réfugiés. Des réunions devront ensuite se tenir au niveau des départements, entre l’OFII et le 115, « sous l’autorité du préfet », pour examiner leur situation. L’idée étant notamment de mieux orienter ces personnes migrantes vers des dispositifs d’hébergement dédiés.

    Jusque-là, la circulaire Collomb prévoyait que les préfectures envoient des équipes mobiles dans les structures d’hébergement d’urgence afin de recueillir ces informations. Mais les visites étaient conditionnées à l’accord de l’hébergeur et au consentement des personnes. « Ça a marché doucement », constate un cadre de l’administration.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/29/le-115-devra-bientot-transmettre-la-liste-des-refugies-qu-il-heberge_5483118
    #hébergement #OFII #tri #surveillance #préfecture #fichage #France #asile #migrations #réfugiés #demandeurs_d'asile

    L’idée étant notamment de mieux orienter ces personnes migrantes vers des dispositifs d’hébergement dédiés.

    –-> mmmhhh... certainement !
    #tri ?

    via @isskein
    cc @karine4

    • Et en #Angleterre...

      Secret plan to use charities to help deport rough sleepers

      #Home_Office accused of turning ‘outreach workers into border guards’ as emails reveal new scheme targeting non-UK homeless.

      The Home Office has drawn up a secret programme using homelessness charities to acquire sensitive personal data that could result in the deportation of non-UK rough sleepers, the Observer can reveal.

      A chain of emails from senior Home Office officials from December 2018 to May 2019 also shows that the clandestine programme ignores European privacy laws by passing rough sleepers’ sensitive personal information directly to the Home Office without their consent.

      The scheme, which is still in a trial phase, is seen by charities and campaigners as the latest manifestation of the Home Office’s much maligned “hostile environment” policy. A previous plan to deport EU rough sleepers was defeated 18 months ago when the high court deemed it unlawful and discriminatory.

      But the Home Office, apparently undeterred, has rolled out a remarkably similar new scheme which, according to an internal email, will lead to “enforcement in some cases” – deportation – and targets “non-UK” and non-EEA (European Economic Area) rough sleepers, which after Brexit will include EU nationals.

      Gracie Bradley, policy and campaigns manager for the human rights charity Liberty, said: “It’s disgraceful that the Home Office, local authorities, and charities are attempting to turn trusted homelessness outreach workers into border guards. Homelessness charities must refuse complicity in the hostile environment.”

      A spokesman for the Public Interest Law Centre, which won the high court case, said: “It’s now clear the Home Office – with the Greater London Authority, local councils and some homelessness charities – is trying to resurrect this discriminatory policy under a different guise.”

      The correspondence reveals that some refugee charities have already been asked to forward cases to the programme, called the Rough Sleeper Support Service (RSSS), and at least one has agreed. Emails also reveal that homeless charity St Mungo’s has attended meetings with the Home Office to discuss allowing outreach workers to enter a homeless person’s data into RSSS without their consent.

      An email, dated 10 April 2019 from a Home Office official, confirmed the scheme “provides a single point of contact for LAs [local authorities] to receive rapid immigration status checks on non-UK national rough sleepers”. It also explains why it wants to bypass privacy laws: “A system relying on consent to comply with the GDPR [EU General Data Protection Regulation] would be vulnerable to individuals withdrawing consent.”

      Another email, dated 18 February 2019 to GLA officials, shows that targeting homeless individuals would be prompt, saying “immigration [status] checks are completed on rough sleepers within 24 hours of a referral”.

      Obtained through freedom of information requests from Liberty, the correspondence says the scheme is spearheaded by the lead officer for previous immigration enforcement operations and will be “utilised to resolve the non-EEA national rough sleepers situations”. The emails also chronicle Home Office frustration that the programme is still in the test phase because of a failure to agree a data-sharing deal with charities and local authorities.

      The emails show significant opposition from charities with “push back” from several including St Mungo’s and migrants advocacy group Praxis, who warn of “reputational risks” for groups linked to the scheme. According to one email, Praxis raised several concerns, including that the scheme risked “poorly made decisions”, was unnecessary and that it was “unclear if RSSS referral would make detaining and removal of rough sleepers at their reporting appointments more likely”.

      The charity raises fears that the programme will be primarily geared at removing rough sleepers. “There appear to be no immigration decision-makers in the RSSS, just immigration officers. The culture embedded in the RSSS seems to be one of enforcement,” it said in an email sent on 3 May 2016.

      Even as the scheme was conceived, fears existed that it would be controversial. One email, sent on 18 December 2018, from a GLA officer to the Home Office, cites a “possibility of bad press surrounding the RSSS and there needs to be a clear line on what this team is and how it can help ensure no one dies on the streets”.

      Although some emails show that sharing information with the Home Office could help prioritise a person’s case and ensure homelessness charities offered the right support, Bradley said referrals will likely result in immigration enforcement action.

      She said ministers should be concentrating on combating the root causes of homelessness rather than targeting rough sleepers. “Consent and data protection should also be at the heart of our interactions with public institutions,” she added.

      The Public Law Interest Centre spokesman added: “Despite its name, the new RSSS offers no ‘support’ to homeless migrants living in the UK. It is an ‘hostile environment’ measure in all but name.”

      A St Mungo’s spokesperson said the charity had met Home Office staff “to find ways to respond more quickly” to non-UK cases. “In particular, we are seeking to ensure people who may use the service do so based on informed consent and legal advice from a registered immigration adviser,” they added.

      A Home Office spokesman said the RSSS was set up “to help resolve the immigration status of non-UK nationals sleeping rough, either granting lawful status or providing documentation. This enables individuals to access support or assists them in leaving the UK where appropriate.” He added: “The service prioritises support work on outstanding cases and helps to resolve status issues.”

      A London mayoral spokesperson said: “Heavy-handed enforcement is not the solution to rough sleeping and our services will have no part in it. We have made absolutely clear to the Home Office that we do not support their approach or any other that victimises people sleeping rough.”

      The latest homelessness figures show 8,855 people were seen sleeping rough in London during 2018-19, 18% higher than the previous 12 months.

      https://www.theguardian.com/politics/2019/jul/06/home-office-secret-plan-charities-deport-rough-sleepers
      #SDF #sans-abri #UK

    • Les associations refusent que le « 115 » transmette la liste des réfugiés hébergés

      Vingt-neuf associations ont déposé, lundi 9 septembre, un recours devant le Conseil d’État pour demander la #suspension d’une mesure obligeant les gestionnaires d’hébergements d’urgence à transmettre à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (#OFII) la liste des réfugiés et demandeurs d’asile qu’ils hébergent.

      https://www.la-croix.com/France/Immigration/associations-refusent-115-transmette-liste-refugies-heberges-2019-09-09-12
      #résistance

  • Septième ciel

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Septieme-ciel

    Paris, le 26 juin 2019
    Amis,

    Entendez-vous le vol noir des corbeaux, etc. ?

    L’ère étant au retournement (traduction, dans les chairs, d’un vieux fantasme qu’outre-Atlantique on nomme « le génome de la matière » — voir post-scriptum), l’ère donc, étant ce qu’elle est, il se pourrait que de noirs corbeaux et autres volatiles soient en fait nos alliés indéfectibles. À partir de quoi cette lettre vise à vous prier d’émarger au plus tôt à la LPO (Ligue de protections des oiseaux).

    Commençons par le début. Il vous arrive d’arpenter les rues aux jours de manifestation n’est-ce pas ? Si, de plus, vous vous lancez parfois dans quelque traverse sauvage, vous aurez certainement aperçu un drone silencieux scrutant le ciel de vos toisons (à tout le moins ce qu’il en reste à nos âges). La chose vous aura surpris une première fois, puis vous aurez cessé d’y prêter attention, gageons donc que vous vous habituerez à ses futurs développements (...)

    #oiseaux #drones #génome #matière #Mounir_Mahjoubi #préfecture_de_police #Parisien #RATP #JO #Airbus

  • Sites classés : le gouvernement veut ouvrir la voie au béton
    11 mai 2019 / Marie Astier (Reporterre)
    https://reporterre.net/Sites-classes-le-gouvernement-veut-ouvrir-la-voie-au-beton

    (...) Actuellement, tous les travaux conséquents sur ces sites — un agrandissement notable d’un bâtiment, une construction, un belvédère ou une passerelle, un défrichage — doivent recevoir une autorisation ministérielle. Mais, un décret en préparation, que Reporterre a pu consulter, prévoit que l’ensemble des autorisations de travaux concernant les sites classés seront désormais délivrées à un niveau bien plus local, par les préfets de département.

    Un arbitrage de Matignon

    « On ne s’y attendait pas du tout », relate David Couzin, président de l’Association des inspecteurs des sites. Alors que les services du ministère travaillaient en interne depuis de longs mois à un projet de décret ne déléguant que les travaux les moins « impactants » aux préfets, Matignon est arrivé en décembre en imposant sa version lors d’une réunion interministérielle.

    « Il n’y a jamais eu d’attaque aussi importante du dispositif, les inspecteurs à la retraite qui m’appellent me disent que c’est la fin des sites classés », alerte David Couzin. Cette mesure « risque de vider de sa substance une politique importante de protection du patrimoine naturel et culturel », soutient le Syndicat national de l’environnement-FSU, dans une lettre au ministre de la Transition écologique. (...)

  • « Gilets_jaunes » : après les violences de samedi, la #stratégie_policière critiquée
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/03/17/gilets-jaunes-apres-les-violences-de-samedi-la-strategie-policiere-en-questi

    Ce sont des rangs même de la police que les critiques les plus virulentes sont montées, au long du week-end. « L’#opérationnalisation du maintien de l’ordre a été un #échec hier », estime Yves Lefebvre, le patron du syndicat Unité SGP-Police-FO, première organisation au ministère de l’intérieur, qui pointe la responsabilité de la #Préfecture de police de Paris, responsable du dispositif. Dimanche soir, le gouvernement a admis des « dysfonctionnements » dans le dispositif de sécurité et annoncé un renforcement à venir de la doctrine.

    « Ils ont fait le choix de la résilience, pour éviter les blessés, au détriment de l’intervention : ça donne une situation catastrophique sur le plan matériel, abonde Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa Police, le troisième syndicat de #gardiens_de_la_paix. Est-ce qu’on a eu des blessés graves ? Non. Mais est ce pour autant un maintien de l’ordre réussi ? La réponse est non. » 42 personnes ont été blessées parmi les manifestants, 17 au sein des forces de l’ordre, ainsi qu’un sapeur-pompier.

    « Le jour où on lâche du lest là-dessus, ils s’engouffreront dans la brèche, leur objectif depuis le début c’est d’aller à l’Elysée », explique une source policière à la préfecture de police, pour justifier le maintien d’un fort contingent sur cette zone.

    Seuls les escadrons de gendarmes mobiles et les troupes de la préfecture étaient engagés directement face aux manifestants. « En mobilisant les CRS uniquement sur la partie statique, on s’est privé d’une force de frappe, estime Philippe Capon, lui-même ancien #CRS. La préfecture s’estime la seule sachante, mais hier sa stratégie a échoué. »

    Le choix de la répartition des unités fait débat. « On a eu affaire à des groupes hyper mobiles, on a été d’entrée de jeu dans une situation de guérilla, d’émeute urbaine, pas de maintien de l’ordre, assure Yves Lefebvre. On aurait été beaucoup plus opérationnel avec les CRS. Les #gendarmes_mobiles sont plus difficiles à manœuvrer. »

  • Colère à #Grenoble après le mort d’#Adam et #Fatih, 17 et 19 ans, dans une #course-poursuite avec la #BAC

    Un drame qui évoque ce slogan, tragique, faisant référence à la #mort de Zyed et Bouna en 2005, eux aussi dans une course-poursuite avec la BAC : « Quand on voit Théo et Adama, on sait pourquoi Zyed et Bouna courraient. »


    https://www.revolutionpermanente.fr/Colere-a-Grenoble-apres-le-mort-d-Adam-et-Fatih-17-et-19-ans-da
    #banlieue #Mistral #violence #violences_policières #révolte

    • Communiqué de presse du préfet de l’Isère du 11 mars 2019.

      Le communiqué mentionne la « #reconquête_républicaine » (les #quartiers_de_reconquête_républicaine (#QRR) dans le cadre de la #police_de_sécurité_du_quotidien (#PSQ), mais qui se termine par :

      « Enfin, le préfet de l’Isère souligne que, sur le long terme, la clef de l’#apaisement de ces #quartiers_sensibles réside dans le #désenclavement_social que permettent la #formation_professionnelle continue et l’#apprentissage, ainsi que l’#insertion_professionnelle des #jeunes en difficulté qui relèvent directement de la compétence du #Conseil_Régional. »

      http://www.isere.gouv.fr/content/download/40994/290964/file/CP%20-%20D%C3%A9clarations%20du%20pr%C3%A9sident%20de%20la%20r%C3%A9gion%
      #préfecture #Wauquiez #Laurent_Wauquiez

    • La Villeneuve placée en « quartier de reconquête républicaine »

      Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a annoncé vendredi 8 février 2019 les nouveaux « quartiers de reconquête républicaine » (#QRR), dont la Villeneuve. Créées en février 2018, ces zones disposent d’effectifs de policiers supplémentaires, dans le cadre de la police de sécurité du quotidien, une résurgence de la police de proximité. Dans l’agglo, les QRR concernent, outre la Villeneuve de Grenoble, celle d’Échirolles et le quartier Renaudie-Champberton, à Saint-Martin-d’Hères.

      Ces quartiers n’avaient pas été sélectionnés dans la première liste, en septembre 2018, de cet énième dispositif policier. Les « quartiers de reconquête républicaine accélèrent le combat contre les trafics, la lutte contre toutes les formes de délinquance et permettent de renouer le lien avec les populations. » précise la préfecture de l’Isère dans un communiqué.

      Gérard Collomb, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait annoncé le 28 septembre 2018, lors d’une visite hautement médiatique à Grenoble et à Échirolles, que « Grenoble figurera parmi les 30 prochains quartiers de reconquête républicaine ». Sa visite s’inscrivait dans un contexte de mise au pilori de la ville — surnommée par un syndicat de police « Le Chicago français », appellation reprise dans les médias après une première vague en 2007 puis en 2010 —, d’appels du pied des maires de Grenoble et d’Échirolles pour bénéficier de moyens de police supplémentaires et de grogne des policiers grenoblois. Éric Piolle, maire de Grenoble, salue dans un communiqué le placement de la Villeneuve en QRR : « une bonne nouvelle pour ce quartier et pour le quotidien des grenoblois-e-s ».

      Reste que le dispositif est bien mal nommé. Le terme de reconquête n’est pas sans rappeler la Reconquista, la reconquête de la péninsule ibérique musulmane par les royaumes chrétiens, au Moyen-Âge, ou, plus récemment, la « reconquête des zones de non-droit » par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, en 2004. Le terme contribue ainsi à la stigmatisation des quartiers populaires, comme si ces quartiers et leurs habitants se situaient en dehors de la République et du pays.

      https://www.lecrieur.net/la-villeneuve-placee-en-quartier-de-reconquete-republicaine

  • GRENOBLE, LABORATOIRE DE L’ENSAUVAGEMENT ?

    Pour qui n’a aucune idée de ce que signifie « la gauche au pouvoir », cet article constitue un document précieux. Au travers d’une radiographie historique et politique de la #ville_de_Grenoble, les auteurs analysent parfaitement les manoeuvres de la préfecture et de la mairie (pourtant censée se situer à gauche de la gauche) pour mater le potentiel subversif de la cité alpine. On y apprend comment l’ancien maire, #Carignon, pourtant fieffé corrompu, pourrait prétendre à un nouveau mandat ou encore comment la #mairie, en partie sous pression de la #préfecture et de certains habitants, a très vite repris à son compte la #rhétorique_sécuritaire...de ce même Carignon. Bonne lecture.

    https://lundi.am/GRENOBLE-LABORATOIRE-DE-L-ENSAUVAGEMENT
    #Grenoble #gauche #Piolle #sécurité #Chicago

  • Regroupement familial à Melun : des délais à rallonge et des vies de couple en suspens - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/11/12/regroupement-familial-a-melun-des-delais-a-rallonge-et-des-vies-de-couple

    « Libération » vous propose une série dans laquelle vous pouvez suivre au long cours les parcours d’étrangers en France. Aujourd’hui, on revient sur les cas de Ahmadu F., Mouad B. et Fatima Z., tous en attente de la décision favorable ou défavorable de la préfecture de Melun à leur demande de regroupement familial. Une décision qui se fait attendre bien au-delà des délais standards et dans l’absence de communication.

    « Le plus dur c’est d’être dans le flou total. J’aimerais comprendre quels sont les critères de la préfecture pour traiter les dossiers : s’il y a des nationalités prioritaires à d’autres, des profils privilégiés… On ne sait pas comment c’est géré alors qu’on dépend quand même du département le plus important d’Ile-de-France », pointe Ahmadu F., 31 ans, de nationalité sénégalaise, en attente de la décision de la préfète de #Melun (Seine-et-Marne) depuis treize mois. Comme lui, ils sont plusieurs dizaines à se plaindre, notamment sur des groupes Facebook privés, des retards conséquents pris par la préfecture en question pour répondre à leur demande de regroupement familial avec leur conjoint ou conjointe.
    Une fois l’attestation de dépôt du dossier reçue par le demandeur de regroupement familial, c’est l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) du département qui prend les devants en menant des investigations sur le logement et les ressources dans un délai fixé officiellement à deux mois, avant de le transmettre à la préfecture pour qu’une décision soit prise au bout de six mois.

    Ahmadu F. : « Si c’est un non, je veux pouvoir prendre mes dispositions rapidement »

    Installé en France depuis huit ans, Ahmadu F. a reçu son attestation de dépôt de la demande de regroupement familial en décembre 2017. L’Ofii a pris le relais et transmis en avril 2018, après cinq mois, tous les éléments à la préfecture de Melun qui garde depuis huit mois son dossier, sans lui donner la moindre nouvelle. Or toute préfecture s’engage à notifier la décision du préfet dans un délai de six mois à compter du dépôt du dossier complet à l’Ofii. Sinon, la préfecture estime qu’il s’agit d’un refus implicite. Ce qui n’est nullement avéré vu l’accumulation de retards conséquents dans les dossiers.

    Ahmadu F. est cadre supérieur consultant senior en CDI depuis 2014 et touche un salaire mensuel net équivalent à 3,5 fois le SMIC, sans compter sa prime. Côté logement, il habite un appartement de 68 m2, seul. Il dispose largement des ressources exigées par la préfecture pour le regroupement familial : avoir un Smic pour deux voire trois personnes et une surface habitable de 22 m2 (un critère qui peut changer selon les zones géographiques). Mais ce qui provoque sa colère c’est, au-delà du non-respect des délais, le manque de communication de la préfecture de Melun : « A cause de cette instance de regroupement familial, j’ai des missions professionnelles à l’étranger en suspens, je n’ai aucune possibilité de me projeter avec ma femme, restée au Sénégal, qui me demande des nouvelles tous les jours et qui ne peut pas venir me voir car toute demande de visa est bloquée quand on est en instance de regroupement familial. Si la réponse est un oui, je veux savoir quand elle tombe. Si c’est un non, c’est que je n’ai pas ma place en France et, dans ce cas, je veux pouvoir prendre mes dispositions rapidement. J’ai besoin de renseignements. »

    Mouad B. : « Impossible non plus de se confronter à eux physiquement car "pas de guichet et pas de ticket" »

    Mouad B., 33 ans, de nationalité algérienne et résident en France depuis neuf ans, a reçu son attestation de dépôt de dossier en janvier 2018 : il en est à son onzième mois d’attente après sept mois d’enquête de l’Ofii et cinq mois à la préfecture pendant que son épouse est en Algérie. « Au lieu des six mois d’attente, on atteint vite quatorze, seize, dix-sept mois », s’indigne-t-il en ciblant directement la préfecture et pas l’Ofii qui, d’après lui, « répond au moins aux questions des gens ».

    Comme Ahmadu F., il est sans nouvelles de la préfecture, ne reçoit aucun retour à ses mails ou aux formulaires qu’il remplit sur le site de la préfecture de Seine-et-Marne alors que celle-ci s’engage à y répondre dans un délai maximum de cinq jours ouvrables. Il se heurte au silence au bout du fil et les rares fois où il intercepte quelqu’un, il se retrouve transféré vers le service compétent qui s’avère saturé. « Impossible non plus de se confronter à eux physiquement car "pas de guichet et pas de ticket" » comme on le lui répète à l’envi. Sur ce type de dossier, tout se fait par voie postale, avec des délais à rallonge et sans aucune interaction. « Ce qui m’exaspère plus que les délais c’est cette absence de visibilité, de transparence et d’interlocuteur… » Mouad B. est un ingénieur informaticien en CDI depuis 2010 qui gagne 2 500 euros net par mois hors primes et habite un 32 m2.

    Fatima Z. : « Le pire que c’est tous ces retards peuvent aboutir à un non, ce qui impliquerait un recours et donc encore plus de temps en suspens »

    De son côté, Fatima Z., Marocaine âgée de 28 ans, a attendu cinq mois juste entre le dépôt de son dossier en août 2017 et son transfert à l’Ofii, en décembre 2017, qui marque le commencement de la procédure. Et depuis le lancement de l’enquête de l’Ofii en janvier, Ezz guette le moindre signe de la préfecture de Melun. En tout, elle en est à dix-sept mois d’attente. Selon elle, qui a eu plusieurs fois affaire à cette préfecture ces dernières années, ces retards inexpliqués sont récents et indiquent un manque criant d’effectif. Elle ajoute : « J’appelle tous les jours à 9 heures, heure d’ouverture du standard, et le poste est déjà saturé ou alors les agents n’ont pas le niveau d’accréditation pour me répondre. J’ai fini par tomber sur un agent – à force de me rendre à la préfecture et de multiplier les prises de contact – qui a bien voulu me renseigner. C’est comme ça que j’ai appris que mon dossier n’a été enregistré à la préfecture qu’en août [c’est-à-dire rentré dans le système mais pas encore traité, ndlr]… Ce qui veut dire que mon dossier est resté en stand-by pendant sept mois. »

    En France depuis dix ans, Fatima Z. ne comprend pas non plus pourquoi elle a autant de mal à faire venir son mari, resté en Egypte. Elle est assistante administratrice dans une société de bâtiment et entreprend des activités parallèles dans le secrétariat. Son salaire net dépasse les 2 000 euros et son appartement a une superficie de 26 m2. « Je déprime, il ne s’agit pas de n’importe quelle démarche, on parle d’une vie de couple. Le pire que c’est tous ces retards peuvent aboutir à un non, ce qui impliquerait un recours et donc encore plus de temps en suspens », regrette-t-elle.

    Pour l’heure, la préfecture de Melun n’a pas répondu à nos sollicitations.
    Dounia Hadni

    #regroupement_familial #préfecture #ofii #administration #immigration #racisme

  • MACRON, OU LE RETOUR DES MILICIENS

    Le journal Le Monde, révèle ce mercredi 18 juillet qu’un haut responsable du parti au pouvoir, et très proche du Président de la République a tabassé des manifestants le 1er mai dernier, à Paris.

    Alexandre Benalla se serait porté volontaire pour « assurer le maintien de l’ordre » aux côtés des policiers. C’est donc en tant que milicien volontaire, en dehors de tout cadre légal, qu’on lui a prêté un casque de policier, et qu’il a commis des exactions volontaire sur les opposants au gouvernement.
    Notamment le tabassage en règle d’un manifestant au sol. Des méthodes de mafieux, ou de fascistes. Ces violences volontaires ont été filmées.

    Alexandre Benalla a été chargé de la sécurité de Macron. Il est aujourd’hui chargé de mission à l’Elysée, au sein du cabinet présidentiel. Il fait donc partie de la garde rapprochée du président.

    Des proches du gouvernement peuvent aller cogner impunément des opposants, avec l’accord de l’Etat qui leur offre du matériel de police. Cela ne se passe pas sous l’Ancien Régime. Ni à Téhéran, Moscou ou Caracas. Mais à Paris, en 2018, sous le règne de Macron.

    Source :
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappant-un-ma
    --
    https://www.youtube.com/watch?v=MDSmwM6Z3hU

  • « Le Monde » identifie sur une vidéo un collaborateur de Macron frappant un manifestant le 1er mai à Paris
    https://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappa

    Cette histoire est hallucinante. Un policier menteur libéré à Nantes, un homme de main de l’Elysée qui frappe les gens à terre (vous me direz que c’est une excellente métaphore de toute la politique de Macron que de s’attaquer aux plus faibles)... qui a dit "Etat policier" ? Tuer la contestation dans l’oeuf par la violence, ce n’est pas la République. On est en train de passer à "autre chose". "Démocratie autoritaire" est un terme en deça même de la réalité. Il faudrait analyser les nouvelles formes politiques basées sur l’intimidation. Intimidation par tweets chez Trump, par la menace financière contre la presse, par la marginalisation des chercheurs qui contestent l’ordre des multinationales, par la peur d’être désigné comme appartenant à un groupe anti-étatique comme en Turquie, par la menace du chômage pour tous, par..., par..., par toutes les méthodes possibles pour imposer le silence, le replis dans la coquille, la fin des solidarités.
    Oui, cet agent de l’Elysée est plus qu’un symptôme du dérèglement politique et social que nous vivons.

    Une mise à pied de quinze jours et toujours un bureau à l’Elysée… C’est la sanction que s’est vu signifier, dans la plus grande discrétion, Alexandre Benalla, un proche collaborateur du président de la République, après s’être livré, le 1er mai, à des violences restées inconnues jusqu’ici. Ce jour-là, ce chargé de mission d’Emmanuel Macron, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, s’en est pris à un jeune homme qui se trouvait à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Il s’est vite éloigné, de peur d’être reconnu.

    • #démocratie_autoritaire, comme nouveau concept après la #démocratie_de_façade, c’est pas mal, sinon la politique de Macron et l’attitude de celles et ceux qui le soutiennent, en tête Amélie de Montchalin, m’inspire souvent le terme #crapulerie_policée ou to put it more mildly #politique_d_imposture et enfin pour exprimer le niveau en général raz des paquerettes de la pensée des macronistes, #pensée_régressive (je pense à la belle sortie de Jupée qui répondait à la minablerie d’un député macroniste lors des discussions sur les droits humains). Y a du boulot pour remonter le niveau.

    • Violences sur un manifestant : le parquet ouvre une enquête visant un collaborateur de Macron
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-le-parquet-de-paris-ouvre-une-enquete-prelimina

      L’enquête préliminaire vise Alexandre Benalla. Elle porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique.

      Qui est Alexandre Benalla, ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai ? Ariane Chemin

      Peu connaissent le visage de « l’adjoint au chef de cabinet » du président, identifié comme ayant frappé un jeune manifestant. Mais à l’Elysée son goût pour les démonstrations de force ne passe pas inaperçu.

      Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée à Paris, le 18 mai 2017.
      C’est la règle pour les « chargés de mission » auprès de la présidence de la République : leur nom n’a pas besoin d’être publié au Journal officiel (JO). Alexandre Benalla, l’homme qui a frappé, le 1er mai, un jeune manifestant place de la Contrescarpe, à Paris, coiffé d’un casque de policier – ce qui lui a valu une mise à pied de quinze jours –, n’apparaît pas dans l’organigramme officiel de l’Elysée.

      Rares sont ceux, hormis les chargés de la sécurité de ministres, les journalistes, les conseillers et le personnel de l’Elysée – où il dispose d’un bureau – qui connaissent le visage, voire l’existence, de « l’adjoint au chef de cabinet » d’Emmanuel Macron.

      Les premières armes politiques d’Alexandre Benalla remontent à 2011. « Il était tout jeune, 20 ans à peine, se souvient Eric Plumer, ancien responsable du service d’ordre national du Parti socialiste. Il avait fait la sécurité de plusieurs artistes, il en voulait, il était intelligent et compétent, dans mon souvenir, posé. Nous sommes en pleines primaires socialistes, je le charge de la protection de Martine Aubry. Puis je le prends dans mon service d’ordre durant la campagne 2012 de François Hollande. »

      « Viré manu militari » par Montebourg

      Il se met ensuite brièvement au service d’Arnaud Montebourg, avant d’être « viré manu militari » par ce dernier : « Le SPHP [le Service de protection des hautes personnalités] me l’avait proposé comme chauffeur en 2012, raconte au Monde l’ancien ministre du redressement productif. Je m’en suis séparé au bout d’une semaine après une faute professionnelle d’une première gravité : il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite. »

      On retrouve enfin ce très jeune homme au JO au printemps 2015. Par arrêté du premier ministre de François Hollande, ce titulaire d’un master de droit est admis dans la quarantaine d’étudiants et de jeunes professionnels de moins de 35 ans autorisés à suivre la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ), une semaine de formation de haut niveau organisée à l’école des officiers de la gendarmerie à Melun. Un an et demi plus tard, il rejoint la campagne de M. Macron, où il est nommé responsable de la sécurité du candidat, pour un salaire de 3 500 euros net.

      Selon des indiscrétions de lettres confidentielles, La Lettre A et Maghreb Confidentiel, il a travaillé plusieurs années pour le groupe Velours, spécialisé dans la sécurité privée et fondé par d’anciens policiers. D’après le registre du commerce marocain, il devient le codirigeant d’une antenne montée par l’entreprise à Casablanca, en octobre 2015, qui cesse vite son activité avant d’être dissoute en 2017.

      Pistolets, Flash-Ball et boucliers antiémeute

      Comme l’entourage du nouveau chef de l’Etat, son nom apparaît ensuite à plusieurs reprises dans les « MacronLeaks », les courriels et documents internes d’En marche ! dérobés par des hackeurs anonymes et postés sur WikiLeaks à l’été 2017.

      Durant la campagne présidentielle, plusieurs conseillers proches de M. Macron s’interrogent. Par exemple, lorsque M. Benalla, du moins selon les « MacronLeaks », fait établir pour son équipe un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, un Flash-Ball et des boucliers antiémeute. « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés, je trouve même ça dangereux », rétorque alors par e-mail Cédric O, trésorier de la campagne et aujourd’hui conseiller à l’Elysée chargé des participations de l’Etat et de l’économie numérique.

      Le responsable de la sécurité du candidat Macron ne manque en effet pas d’imagination. Le 17 avril 2017, 20 000 personnes sont réunies à l’AccorHotels Arena de Paris, le plus gros meeting de la campagne. On craint une opération terroriste. M. Benalla a une idée. « Une trappe avait été sciée, racontera à Midi Libre, Ludovic Chaker, coordinateur des meetings. En cas de tir, le pupitre devait basculer et M. Macron, se retrouver dans la partie creuse de la scène où avaient été placés un kit de secours et un gilet pareballes. »

      Même les professionnels de la sécurité privée connaissent mal M. Benalla. En avril 2016, le jeune consultant a pourtant créé une Fédération française de la sécurité privée avec une connaissance, Vincent Crase. Cet officier de réserve de la gendarmerie basé dans l’Eure et reconverti dans la sécurité privée serait, selon les « MacronLeaks », l’un des prestataires du service de sécurité de la campagne présidentielle. C’est avec lui que M. Benalla commande les fameux pistolets qui inquiétaient Cédric O.

      Le goût des démonstrations de force

      « La commande a été refusée par la direction d’En marche ! », confie au Monde Vincent Crase. Cette association, selon les statuts déposés à la Préfecture de police de Paris, se voulait « un lieu d’échange entre les différents acteurs de la sécurité privée » et entendait régler « tous les différends entre les professionnels du secteur et les pouvoirs publics ou les clients ». Les activités de cette ambitieuse fédération n’ont laissé aucune trace : elle a été dissoute rapidement.

      A l’Elysée, en revanche, le caractère d’« Alexandre » et son goût pour les démonstrations de force ne passent pas inaperçus. Lors d’un meeting à Caen du candidat d’En marche !, le 4 mars 2017, des témoins se souviennent l’avoir vu soulever de terre et évacuer manu militari un photographe local, qui s’était approché de trop près à son goût de l’ancien ministre de l’économie. Et, à l’occasion d’un déplacement de M. Macron dans un centre de formation des apprentis de Tours, le 15 mars, le « M. Sécurité » du chef de l’Etat s’en était aussi pris à un commissaire de police en tenue, accusé de ne pas libérer assez vite le passage au président de la République. « Alexandre, faut pas l’embêter », avait soufflé ce jour-là un proche de M. Macron qui assistait à la scène.

      Alexandre Benalla au lendemain de la victoire française au foot

      Un autre #gendarme_réserviste, de #LREM celui-ici, intégré au dispositif policier ce Premier Mai
      https://lemonde.fr/politique/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-l-elysee-annonce-avoir-mis-fin-a-toute-collabor

      Bruno Roger-Petit a également annoncé que M. Benalla était ce jour-là accompagné d’un autre homme, Vincent Crase – que l’on voit également sur la vidéo –, un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. D’après le porte-parole, ce dernier était « très ponctuellement mobilisé comme d’autres réservistes par le commandement militaire de la présidence de la République ».

      Au cours de l’intervention filmée le 1er mai, M. Crase a « outrepassé son autorisation de la même manière qu’Alexandre Benalla et a été sanctionné comme lui d’une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire », a déclaré Bruno Roger Petit. « Il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République », a-t-il ajouté.

      et lui était armé ce jour là

      Toujours plus loin. @enmarchefr appelle à re-créer des milices à Nantes
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1019531540756299777

      Pour le flicage généralisé transcourant c’est open bar. Se rappeller la #garde_nationale de Hollande, et noter qu’Hidalgo envisage de créer une police municipale armée à Paris
      https://seenthis.net/messages/708749

      On frappe à terre (Contrescarpe, Premier Mai), on abat d’un tir dans la nuque (Ababakar, Le Breil), on mitraille un fuyard (Luis, à Montargis, il y a un an), on écrase à plusieurs gendarmes un Noir jusqu’à l’étouffer à mort (Adama Traoré), c’est le panard de terroriser les déviants, les opposants (utilisation constante de grenades « de désencerclement » comme arme offensive lors de charges policières), d’écraser les faibles (innombrables condamnations à la prison, destruction des effets des migrants à la rue, tri social relancé par parcoursup, coupure d’eau des fontaines publiques, ..., ...). Ça pue.

      Le preneur de vue avait été gazé
      https://twitter.com/NicolasLescaut/status/991380127803170816

      L’incroyable dans cette affaire, c’est pas tant le maintien des traditions barbouzardes au sein de l’État -Salcon affiche ouvertement une grossièreté et une intransigeance qui sont un appel constant et réitéré à exercer la domination par tous les moyens nécessaires mais aussi tout simplement pour le plaisir - que cette généralisation d’un « effet Rodney King » où la multiplication des images et leur mise en circulation pèse d’un poids inédit (y compris contre les salariés, les manifestants, les mis en cause par la justice, etc.).

      Image encore, voilà que je trouve un autre Salcon s’amuse, faites en autant .

      #police #sécuritaire #décomplexé #préfet #Collomb #Elysée #barbouzes (aux petits pieds) #milice #nervis #vidéo #scandalisation #mdr

    • Un militant communiste accuse Alexandre Benalla de l’avoir frappé lors de la déclaration de candidature de Macron
      https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/un-militant-communiste-accuse-alexandre-benalla-de-lavoir

      Ça fait du bruit, pour l’impunité c’est beaucoup moins pratique que les policiers anonymes et sans matricule, mais, rendez vous compte, c’est « la plus forte sanction jamais infligé à un collaborateur de l’Elysée : 15 jours de mise à pieds … » ( Bruno Roger-Petit, porte parole de la présidence).

      #observation_participante

    • LA MILICE DE MACRON - A propos de « l’affaire Benalla » -
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1020035513909219328

      ...il y a aussi un troisième homme, lui aussi en civil, pas encore identifié, qui prend le relai de Benalla lorsqu’il exfiltre brutalement une jeune manifestante. Ces hommes semblent eux aussi se connaître, fonctionner ensemble. (...)

      Depuis mercredi, ce qui choque les #médias et la classe politique, ce ne sont pas les innombrables exactions commises contre les manifestants depuis des mois.

      Ces violences policières ont causé des centaines de blessures, et parfois des mutilations, et ont abondamment été filmées et documentées. Ce qui choque, c’est le caractère « non-règlementaire » des agressions commises par le milicien Benalla.

      Si les mêmes violences avaient été commises par les CRS ou la BAC, personne ou presque n’aurait réagi. Ce que les médias reprochent à Benalla et ses complices, c’est de ne pas avoir été officiellement policiers.

      @ellensalvi, Journaliste - Mediapart
      https://twitter.com/ellensalvi/status/1020048309740802049

      Quelque chose d’étrange dans la présentation que fait l’Élysée des fonctions d’#AlexandreBenalla.

      – Adjoint du chef de cabinet (poste déjà occupé par un autre)
      – En charge de la sécurité du président (responsabilité du seul patron du GSPR)

      Pourquoi a-t-il été recruté au juste ?

      Une SARL, des achats d’armes, un employeur/protecteur commun, pour cette affaire d’État.

      #milice #présidence

    • http://www.vududroit.com/2018/07/affaire-benalla-code-penal-quoi-faire

      Le comportement d’Emmanuel Macron est désarmant de sincérité. Le président de la République affiche un narcissisme permanent et infantile auquel vient s’ajouter un étonnant sentiment d’impunité. Et avec lui, aucune relâche, nous avons droit tous les jours à un épisode destiné à nourrir notre stupéfaction devant l’absence de limites du personnage. Il y a eu l’épisode qui a suivi la victoire française en Coupe du Monde de football, occasion à laquelle Emmanuel Macron a été incapable de se maîtriser, en a fait des tonnes de façon gênante, avant de signifier son égoïsme méprisant avec la confiscation de la descente du bus sur les Champs-Élysées. « Moi d’abord, les autres ne sont rien. »Il y a maintenant l’incroyable affaire qui concerne une espèce de « garde-du-corps-porte-flingue-conseiller » à l’Élysée auprès du chef et dont on apprend qu’il joue les nervis en allant casser du passant dans les rues de Paris. Une vidéo nous montre Monsieur Alexandre Benalla profitant d’un temps libre pour revêtir les signes liés à la fonction de policier et passer à tabac les gens qu’il soupçonne d’être des opposants à son patron. Au plan juridique, judiciaire et administratif, cette affaire est d’une gravité exceptionnelle. Elle s’est déroulée il y a plus de deux mois et demi et jusqu’à présent, la seule conséquence avait été une mise à pied de 15 jours de l’apprenti milicien !

      Ces psychopathes qui nous gouvernent.

    • @aude_v merci mais guère d’analyse de ma part, tout juste d’hypothétiques scénarios (et l’argent dans tout ça ? par exemple), et des extraits de presse et twitts

      Un aperçu d’un moment de #crise_de_régime, hier, selon Le Monde

      Dans cette ambiance électrique, l’agenda si bien huilé de l’exécutif est chamboulé. Les députés ont du mal à poursuivre l’examen de la révision constitutionnelle. Les incidents de séance se multiplient. Depuis une semaine, les débats sur cette réforme s’éternisaient, cette fois ils s’enlisent. A 18 heures, un conciliabule s’improvise dans la cour d’honneur du Palais-Bourbon. Après avoir quitté précipitamment le siège de LRM, Christophe Castaner échange avec François de Rugy, Richard Ferrand, Nicole Belloubet, Marc Fesneau, président du groupe MoDem, la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet et la conseillère parlementaire d’Edouard Philippe.

      Des membres de cabinets ministériels sont également présents, « au bout de leur vie », relate un participant. Des députés de l’opposition immortalisent la scène sur Twitter. Tout le monde perçoit le désarroi du premier cercle. La crise se déroule à ciel ouvert.

      Aujourd’hui, outre la GàV du suspect (...) et son licenciement (la barbouze au petit pied doit changer d’appart, il loge à l’Élysée...), trois responsables #policiers sont suspendus #fusibles
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/20/affaire-benalla-trois-responsables-policiers-ont-ete-suspendus_5333963_3224.

      Il s’agit de deux membres de la direction de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de #police et d’un commandant chargé de faire la liaison entre la #préfecture et l’#Elysée.

      Ils étudient si bien les autonomes (et leurs propres troupes...) avec leurs observations participantes, ils pigent si bien ce qui se passe dans cette société filmée par tous les bouts qu’ils ont pas retenu que « pas vu pas pris » implique dans nombre de cas d’avoir à se masquer.

      edit La préfecture de police de Paris embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla, Soren Seelow et Julia Pascual

      Les policiers s’indignent qu’un «  observateur  » de l’Elysée ait pu outrepasser son rôle. Des cadres de la préfecture de police sont mis en cause.

      La stupéfaction le disputait à la colère dans les rangs des forces de l’ordre, jeudi 19 juillet, alors que l’« affaire Benalla », du nom de cet employé de l’Elysée surpris en train d’interpeller et de molester deux manifestants le 1er mai, affublé d’un casque de police, prenait l’ampleur d’un scandale. Alexandre Benalla, 26 ans, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, avait été suspendu deux semaines, puis réintégré au service de la présidence de la République. Une mansuétude incompréhensible pour bon nombre de policiers.

      Au-delà de son retentissement politique, cet épisode fragilise la préfecture de police de Paris (PP), chargée de l’organisation du maintien de l’ordre et de l’accompagnement des « observateurs », dont faisait théoriquement partie M. Benalla le 1er mai. Trois cadres de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), qui gère les manifestations dans le ressort de la PP, ont ainsi été suspendus jeudi soir à titre conservatoire : Laurent Simonin, un contrôleur général membre de l’état-major de la DOPC ; le commissaire Maxence Creusat, également membre de l’état-major ; et un commandant, chargé de la liaison entre l’Elysée et la PP. Ils sont soupçonnés d’avoir récemment fait parvenir un film de l’incident issu de la vidéosurveillance à l’employé de l’Elysée.

      Benalla connu des services de la préfecture

      D’après nos informations, la demande d’intégrer M. Benalla à la manifestation a en outre été faite directement par l’Elysée auprès de la DOPC, sans passer par le ministère de l’intérieur. Une autorisation sans doute facilitée par son statut particulier : M. Benalla, qui a travaillé durant la campagne présidentielle de M. Macron en tant que responsable de la sécurité, puis comme « chargé de mission » à l’Elysée, est en effet loin d’être inconnu des services de la préfecture.

      « Je l’ai croisé plusieurs fois pendant la campagne, confirme un commissaire de la PP, et il était très présent sur les déplacements présidentiels. » Ce n’est pas la première fois qu’il participait à un service d’ordre, ajoute David Le Bars, du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) : « Cela fait des mois qu’il est présent sur les gros dispositifs de maintien de l’ordre. Il participe aux briefings préliminaires et aux débriefings et vient avec sa radio, donne des orientations à des commissaires en jouant de sa qualité. »

      D’après les informations du Monde, M. Benalla était également présent au sein de la salle de commandement de la DOPC, le soir du 1er mai, lorsque le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police, Michel Delpuech, ont rendu visite aux troupes. Mais selon une source policière, ce n’est que le lendemain, en découvrant les vidéos, que la haute hiérarchie de la PP aurait rapporté l’incident au ministère de l’intérieur.

      Lire aussi : Sous la pression, l’Elysée lâche Benalla

      Brassard et talkie-walkie

      Le 1er mai, M. Benalla était présent place de la Contrescarpe, à Paris. Le secteur est placé sous l’autorité déléguée du commissaire Maxence Creusat, qui a été suspendu jeudi soir. La vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux montre M. Benalla et l’un de ses proches — Vincent Crase, employé de La République en marche — participant à l’interpellation de deux manifestants, un jeune homme et une jeune femme. Selon une information du Monde, la présence de ce second collaborateur occasionnel de l’Elysée n’avait pas été autorisée par la PP, qui ne l’aurait découverte que jeudi 18 juillet, lorsque l’Elysée a dévoilé son identité au lendemain de la révélation du scandale.

      Sur plusieurs films, on aperçoit M. Benalla frapper un jeune homme et s’en prendre à une jeune femme, sous le regard passif de CRS. Comment expliquer que M. Benalla ait pu bénéficier d’autant de largesses dans son encadrement ? « L’Elysée, ça fout la trouille à tout le monde », lâche, prosaïque, Philippe Capon, du syndicat de gardiens de la paix UNSA-Police. « On n’est pas obligé de jouer les laquais de la présidence ! », s’étrangle un commissaire.

      Place de la Contrescarpe, ainsi que sur d’autres images prises dans Paris, un homme en civil accompagne M. Benalla sans jamais s’interposer : il s’agit pourtant d’un membre de l’état-major de la DOPC, Philippe Mizerski, chargé d’encadrer l’« observateur » de l’Elysée, et qui ne pouvait donc ignorer sa qualité. Jeudi, Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs déclaré identifier « formellement » ce policier comme étant celui qui lui « a demandé (…) de [s]e retirer de la marche silencieuse », en hommage à Mireille Knoll, le 28 mars, où il avait été chahuté. Une vidéo atteste de la présence de ce fonctionnaire.

      Autre question soulevée par cette affaire : comment Alexandre Benalla a-t-il pu arborer un brassard de police, ainsi qu’en témoignent plusieurs vidéos ? La PP précise qu’elle dote les observateurs qu’elle accueille « de casques et de gilets pare-balles permettant d’assurer leur protection. » Les brassards de police ou la radio portative, en revanche, ne font pas partie du matériel attribué.

      « Des amateurs »

      Afin d’éclaircir ces aspects du dossier, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé, jeudi, au Sénat, avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Cette enquête administrative vient en complément de l’enquête judiciaire ouverte jeudi matin par le parquet de Paris pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique », dans le cadre de laquelle M. Benalla et M. Case ont été placés en garde à vue vendredi. Le parquet de Paris a par ailleurs à son tour cosaisi l’IGPN pour mener l’enquête judiciaire.

      Ce n’est pas la première fois que M. Benalla témoigne de son goût pour les attributions régaliennes. Compte tenu de son rôle pendant la campagne présidentielle et à l’Elysée, il bénéficie d’une autorisation de port d’arme. D’après nos informations, la demande a été faite par l’Elysée auprès de la PP et a été satisfaite en octobre 2017. M. Benalla est donc connu du SDLP, le service de police spécialisé dans la protection des personnalités, et de son émanation le GSPR, chargé de la protection du président de la République.

      Sa situation ne manque pas, là non plus, d’interroger. « Depuis quand met-on des amateurs pour s’occuper de la protection du président alors qu’on a des policiers et des gendarmes qui sont des professionnels ?, interroge Jean-Paul Mégret, du Syndicat indépendant des commissaires de police. Résultat, on se retrouve avec des gens qui n’ont aucun sang-froid. » Un connaisseur de la question fait remarquer que « c’est la première fois depuis le général de Gaulle qu’on contourne les services officiels ».

      #vidéo #violences_policières

    • Non bis in idem.

      Je suis toujours atterré par la capacité de la presse à aboyer avec la meute. Et l’absence de mobilisation du moindre neurone…

      À propos du motif de licenciement d’A. Benalla, «  mais pas pour les événements du 1er mai  ». cf. p. ex.

      Alexandre Benalla. Le point sur l’affaire qui secoue l’Elysée - France - LeTelegramme.fr
      https://www.letelegramme.fr/france/alexandre-benalla-le-point-sur-l-affaire-qui-secoue-l-elysee-20-07-2018

      Alexandre Benalla n’est pas licencié pour les violences du 1er-Mai mais pour avoir reçu des enregistrements vidéo le concernant : il « aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir », explique l’Elysée.

      … on rappellera qu’il ne peut être licencié pour ce fait, puisqu’il a déjà été sanctionné. Même symboliquement (et encore…) N’importe quelle instance juridique, Tribunal Administratif, probablement, mais on ne sait rien de son contrat (on va certainement encore apprendre des choses…) et donc, peut-être Prud’hommes, quelle que soit la juridiction, l’employeur se ferait exploser un tel motif de licenciement. (note aux journalistes : c’est qu’il faut indiquer les 7 semaines de délai en plus du rappel de l’impossibilité de double sanction).

      On notera d’ailleurs que le motif retenu est tout à fait délicieux – et tombe à pic, un contentieux là dessus serait intéressant à suivre : si on appliquait une telle (future) jurisprudence Benalla, il manquerait rapidement une part considérable de la police et de la gendarmerie, étant donné les habitudes d’accès illégal au STIC, voire de commercialisation de ses infos (moisies…)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_traitement_des_infractions_constat%C3%A9es#Fuites

    • Entre autres détails du Parisien,…

      Il est quasiment certain que l’identification du gugusse et la transmission au Monde sont issues de la #Grande_Maison.

      Les réseaux d’Alexandre Benalla au cœur de l’enquête - Le Parisien
      http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-reseaux-d-alexandre-benalla-au-coeur-de-l-enquete-20-07-2018-7828155.

      Selon nos informations, le jeune chargé de mission a été aperçu mercredi soir en train de récupérer un CD-ROM contenant les fameuses vidéos, dans un bar du VIIIe arrondissement de Paris. Benalla comptait, semble-t-il, s’en servir pour préparer sa défense. Il va devoir s’en expliquer devant les enquêteurs. Dans l’attente, les trois policiers ont été suspendus administrativement à titre conservatoire.

    • Où l’on apprend que la @prefpolice conserve les images de vidéo surveillance au delà du délai maximal d’un mois.

      https://twitter.com/raphkempf/status/1020560892948344832
      Se découvrir filmé, après coups (prise par trois objectifs ici, sans compter la vidéo surveillance)

      Ça se complique pour les politiciens ? Une réponse à la défense de l’honneur de la police par la gauche représentative :

      Quand la vidéo est sortie le 1er mai, personne, jamais, n’a dit « ça peut pas être des flics, ils se comportent pas comme ça », pas @Francois_Ruffin, pas la FI. Personne.
      On y a tous vu que du feu, précisément parce qu’on sait qu’ils se comportent comme ça.

      https://twitter.com/Aur0rax/status/1020540665028136960

      #nervi #bouffon #barbouze_manquée #vidéosurveillance #boomrang

    • question que nul ne pose ?

      cf. mon message d’il y a 2 jours. Visiblement, l’incroyable grade de lieutenant-colonel, sans parler des (encore plus) incroyables avantages et rémunération, passe très très mal dans un corps qui n’a pas vraiment besoin de cette cerise pour avoir des états d’âme (dont l’expression est illégale…)

  • Kader Salmi, cet autre héros pas reconnu
    Nadir Dendoune, Le Courrier de l’Atlas, le 29 mai 2018
    https://www.lecourrierdelatlas.com/societe-kader-salmi-cet-autre-heros-pas-reconnu--19884

    Il y a les héros reconnus et les autres, ceux dont l’acte reste confidentiel. Kader Salmi est un Algérien de 28 ans. Il est arrivé en France il y a quatre ans. Comme nous vous le rapportions dans nos colonnes, il aurait sauvé en février dernier 19 personnes à Montreuil (93), alors que leur immeuble prenait feu. Huit familles, 19 personnes, dont sept enfants. Il les aurait sorties une par une, comme ont témoigné plusieurs voisins.

    #titres_de_séjour #immigration #préfecture #régularisation #sans_papiers #incendie #hypocrisie #migrants #Mamoudou_Gassama #Kader_Salmi

    #Mohssen_Oukassi :

    Comme Mamoudou Gassama, Mohssen Oukassi, "héros" de l’incendie d’Aubervilliers, avait été régularisé après avoir sauvé des vies. Nous l’avons retrouvé
    Yann Thompson, France Info, le 30 mai 2018
    https://seenthis.net/messages/698280

    #Aymen :

    Après l’histoire de Mamoudou Gassama, un sans-papiers de 25 ans menacé d’expulsion questionne « la hiérarchie des actes de bravoure »
    Le Monde, le 3 juin 2018
    https://seenthis.net/messages/699454

    Plus sur Mamoudou Gassama :
    https://seenthis.net/messages/697497

  • Après l’histoire de Mamoudou Gassama, un sans-papiers de 25 ans menacé d’expulsion questionne « la hiérarchie des actes de bravoure »
    https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2018/06/03/apres-l-histoire-de-mamoudou-gassama-un-sans-papiers-de-25-ans-menace-d-expu

    Parfois – souvent, même – l’actualité semble bégayer. Il y a comme de l’écho, mais la petite musique est un peu différente. Et le décalage souligne plus âprement encore le cynisme d’une société.

    D’un côté, il y a la lumière. La machine médiatique qui s’emballe à l’idée d’avoir trouvé un héros. Parce que c’était un jour de morne actualité, parce que des témoins étaient là pour filmer, Mamoudou Gassama, en sauvant spectaculairement un enfant de 4 ans suspendu dans le vide, s’est fait remarquer jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée, lundi 28 mai, le jeune migrant malien de 22 ans, va accéder à la naturalisation française et intégrer le service civique des sapeurs-pompiers de Paris.

    De l’autre, il y a celui resté dans l’ombre. L’histoire d’Aymen, sans-papiers de 25 ans arrivé en France en 2013, racontée dimanche 3 juin par Le Parisien. Le 10 avril 2015 à Fosses (Val-d’Oise), ce Tunisien a sauvé, en compagnie de deux amis, deux enfants enfermés dans la chambre d’un appartement en proie aux flammes. C’est la mère des deux garçons, âgés de dix-neuf mois et cinq ans, qui avaient appelé à l’aide.

    « Nous sommes montés tout de suite pour chercher les enfants. Nous les avons trouvés tout de suite, dans la chambre. Ils étaient restés ensemble », témoigne Aymen au quotidien. Les trois sauveurs repartent aussitôt, et ne referont surface qu’après un appel à témoins lancé par la mère pour les retrouver. Trois semaines après leur acte, le maire de Fosses leur remet une médaille de la ville pour « acte de bravoure ».

    Mais deux ans plus tard, le jeune homme, diplômé d’informatique, est sous le coup d’un refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français. Une décision prise et confirmée par le préfet du Val-d’Oise, malgré la demande du maire de Fosses d’obtenir une dérogation auprès des services de l’Etat, rappelant le geste héroïque d’Aymen.

    Comment ne pas établir de liens entre ces destins ? Ne pas voir l’ironie d’une société qui choisit une poignée de héros pour mieux rejeter la masse des autres ? L’avocate d’Aymen, Philippine Parastatis, demande l’annulation de la décision du préfet. « Je lance un appel au président de la République afin d’être reçue et pour qu’il m’explique comment hiérarchiser les actes de bravoure », ajoute-t-elle dans les colonnes du Parisien.

    « Faut-il considérer que sauver un bébé en escaladant un immeuble est plus héroïque que braver les flammes pour sauver deux enfants ? Quelle malchance de ne pas avoir été filmé. »

  • Comme Mamoudou Gassama, Mohssen Oukassi, « héros » de l’incendie d’Aubervilliers, avait été régularisé après avoir sauvé des vies. Nous l’avons retrouvé
    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/enfant-sauve-par-mamoudou-gassama/comme-mamoudou-gassama-mohssen-oukassi-heros-de-l-incendie-d-aubervilli

    En 2014, au péril de sa vie, Mohssen Oukassi avait évacué des habitants de son immeuble ravagé par les flammes, à Aubervilliers. Depuis, la vie de ce jeune Tunisien est une course d’obstacles.

    Après les belles paroles…

    Après l’incendie, il m’avait promis des cartes de séjour d’un an pendant trois ans, puis une carte valable dix ans la quatrième année, puis un coup de pouce pour être naturalisé la cinquième année, rappelle-t-il. Je n’ai toujours qu’une carte d’un an. Mon dossier administratif s’est perdu entre la Seine-Saint-Denis et Paris."

    Sans même parler des problèmes de santé suite à son intervention.
    #titres_de_séjour #immigration #préfecture #régularisation #mensonge #sans_papier #incendie

  • Nous sommes seuls légitimes
    à prendre en charge l’avenir de la ZAD

    https://lavoiedujaguar.net/Nous-sommes-seuls-legitimes-a-prendre-en-charge-l-avenir-de-la-ZAD

    Le mouvement contre l’aéroport et pour un avenir commun dans le bocage
    revendique sa légitimité à prendre en charge le territoire de la ZAD.

    L’abandon du projet d’aéroport est l’aboutissement d’une longue lutte soutenue activement par des dizaines de milliers de personnes. Le mouvement contre l’aéroport et pour un avenir commun dans le bocage est seul en mesure aujourd’hui de mettre en œuvre un projet cohérent pour ce territoire articulant la pérennisation des habitats, l’impulsion d’une dynamique agricole inédite et le soin apporté aux questions environnementales. Lui seul peut, pour reprendre les mots de la mission de médiation, porter un « terrain d’expérimentation de pratiques » dans un projet « spécifique, à fort enjeu », avec « un caractère très novateur ».

    Depuis plusieurs mois, « l’assemblée des usages » rassemble le mouvement autour de la question de la prise en charge du territoire par celles et ceux qui l’ont sauvé de la destruction programmée. (...)

    #Notre-Dame-des-Landes #ZAD #territoire #pérennisation #mouvement #menace #préfecture

  • Articles de Reporterre sur la #cartographie des #cours_d'eau en cours :
    1. Lorène Lavocat et Fabrice Nicolino, La #FNSEA veut faire disparaître les petits cours d’eau de nos cartes , 28 février 2017 | https://reporterre.net/La-FNSEA-veut-faire-disparaitre-les-petits-cours-d-eau-de-nos-cartes

    2. Lorène Lavocat, Course contre la montre pour sauver les cours d’eau, 19 février 2018 | https://reporterre.net/Course-contre-la-montre-pour-sauver-les-cours-d-eau

    3. Lorène Lavocat, Des milliers de cours d’eau sont rayés de la carte de France, et s’ouvrent aux pesticides, 20 février 2018 |https://reporterre.net/Des-milliers-de-cours-d-eau-sont-rayes-de-la-carte-de-France-et-s-ouvren

    #préfectures #ddt #justice_administrative #pesticides #environnement #militantisme #droit #loi_sur_l'eau #eau #inventaire

  • Rassemblement #en soutien à la zad
    https://nantes.indymedia.org/articles/39806

    Rassemblement 18h préfecture !!!

    #Ecologie #Répression #aéroport #notre-dame-des-landes #/ #-ismes #tout #genres #_anarch-fémin #squat #lutte #logement #anti-repression #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #immigration #sans-papieres #frontieres #Nantes #prefecture #Ecologie,Répression,aéroport,notre-dame-des-landes,/,-ismes,en,tout,genres,_anarch-fémin…,squat,lutte,logement,anti-repression,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement,immigration,sans-papieres,frontieres

  • #Saint-Etienne-du-Rouvray : une enquête ouverte après les révélations de Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/060118/saint-etienne-du-rouvray-une-enquete-ouverte-apres-les-revelations-de-medi

    © Document Mediapart Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, vendredi 5 janvier, après la publication de notre enquête racontant comment la direction du renseignement parisien (DRPP) a cherché à étouffer un raté lors de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, au cours duquel deux terroristes ont assassiné le père #Jacques_Hamel.

    #France #Adel_Kermiche #DRPP #Préfecture_de_police

  • Comment les renseignements ont étouffé leur raté après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040118/comment-les-renseignements-ont-etouffe-leur-rate-apres-l-attentat-de-saint

    La direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris a eu connaissance des messages d’un des tueurs du #père_Hamel une semaine avant l’assassinat du religieux. Le terroriste y évoquait une attaque dans une église, mentionnait Saint-Étienne-du-Rouvray… Une fois le prêtre assassiné, la #DRPP a alors postdaté deux documents afin de masquer sa passivité. Révélations sur les pratiques du service de renseignement parisien. © Document Mediapart

    #France #Adel_Kermiche #Bernard_Cazeneuve #DGSI #Etat_islamique #préfecture_de_police_de_paris #René_Bailly #Saint-Etienne_du_Rouvray #SDAT

  • Comment les renseignements ont étouffé leur raté après de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040118/comment-les-renseignements-ont-etouffe-leur-rate-apres-de-l-attentat-de-sa

    La direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris a eu connaissance des messages d’un des tueurs du #père_Hamel une semaine avant l’assassinat du religieux. Le terroriste y évoquait une attaque dans une église, mentionnait Saint-Étienne-du-Rouvray… Une fois le prêtre assassiné, la #DRPP a alors postdaté deux documents afin de masquer sa passivité. Révélations sur les pratiques du service de renseignement parisien. © Document Mediapart

    #France #Adel_Kermiche #Bernard_Cazeneuve #DGSI #Etat_islamique #préfecture_de_police_de_paris #René_Bailly #Saint-Etienne_du_Rouvray #SDAT