#préhistoire

  • L’art rupestre préhistorique suggère l’utilisation ancienne d’une astronomie complexe Là... Je demande à voir...

    Selon le résumé de sciences Daily « Certaines des peintures rupestres les plus anciennes du monde ont révélé à quel point les peuples anciens possédaient des connaissances relativement avancées en astronomie ».

    Avant de lire le résumé ET l’article original, je me permets de fournir le lien vers le compte rendu de lecture sur... "L’Homme de Lascaux et l’énigme du Puits" de Jean-Loïc Le Quellec : https://clio-cr.clionautes.org/lhomme-de-lascaux-et-lenigme-du-puits.html

    L’article sous pdf : https://arxiv.org/pdf/1806.00046.pdf

    Le résumé :

    Les œuvres d’art, sur des sites à travers l’Europe, ne sont pas simplement des représentations d’animaux sauvages, comme on le pensait auparavant. Au lieu de cela, les symboles des animaux représentent les constellations d’étoiles dans le ciel nocturne et sont utilisés pour représenter les dates et marquer des événements tels que les impacts de comètes(...).

    Ils révèlent que, il y a peut-être 40 000 ans, les humains suivaient l’évolution du temps en utilisant la connaissance de la lente évolution de la position des étoiles au cours de milliers d’années.

    Les résultats suggèrent que les peuples anciens ont compris un effet causé par le déplacement progressif de l’axe de rotation de la Terre. La découverte de ce phénomène, appelée la précession des équinoxes, était auparavant attribuée à des Grecs anciens.

    Selon l’étude, à peu près à l’époque de la disparition des Néandertaliens, et peut-être avant que l’humanité ne s’installe en Europe occidentale, les gens pouvaient définir des dates à moins de 250 ans.

    Les résultats indiquent que les connaissances astronomiques des peuples anciens étaient bien plus importantes qu’on ne le pensait auparavant. Leurs connaissances ont peut-être facilité la navigation en haute mer, avec des implications pour notre compréhension de la migration humaine préhistorique.

    Des chercheurs des universités d’Édimbourg et du Kent ont étudié des détails de l’art paléolithique et néolithique présentant des symboles d’animaux sur des sites en Turquie, en Espagne, en France et en Allemagne.

    Ils ont découvert que tous les sites utilisaient la même méthode de datation basée sur une astronomie sophistiquée, même si l’art était séparé dans le temps par des dizaines de milliers d’années.

    Les chercheurs ont clarifié les résultats d’une étude sur les gravures sur pierre de l’un de ces sites - Gobekli Tepe dans la Turquie d’aujourd’hui [https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%B6bekli_Tepe] - interprétée comme un mémorial d’une chute dévastatrice de comètes aux environs de 11 000 ans av. On pensait que cette chute avait initié un mini âge glaciaire connu sous le nom de période de Dryas récent.

    Ils ont également décodé ce qui est probablement l’œuvre d’art antique la plus connue - la scène du puits de Lascaux en France

    Les chercheurs suggèrent que l’œuvre, qui met en scène un mourant et plusieurs animaux, pourrait commémorer une autre chute de comètes vers 15 200 av.

    L’équipe a confirmé ses conclusions en comparant l’âge de nombreux exemples d’art rupestre - connu par la datation chimique des peintures utilisées - avec la position des étoiles dans l’antiquité, comme le prédisaient des logiciels sophistiqués.

    La sculpture la plus ancienne du monde, l’homme du lion de Hohlenstein-Stadel [https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme-lion], datant de 38 000 ans avant notre ère, s’est également avérée conforme à cet ancien système de chronométrage.

    Cette étude a été publiée dans le Athens Journal of History.

    Martin Sweatman, directeur de l’étude, de l’école d’ingénierie de l’université d’Edimbourg, a déclaré : "Les premières œuvres d’art rupestre montrent que les gens avaient une connaissance avancée du ciel nocturne au cours de la dernière période glaciaire. Intellectuellement, ils ne sont guère différents de nous aujourd’hui. .

    « Ces résultats appuient une théorie des impacts multiples sur les comètes au cours du développement humain et vont probablement révolutionner la manière dont les populations préhistoriques sont perçues. »

    Quelques extraits de l’étude à propos de la scène du Puits de Lascaux et mes modestes remarques :

    La clé du décodage de Lascaux, et donc d’un autre art paléolithique, est l’interprétation de la scène de puits.

    .

    Ah ? Et pourquoi cette scène et non une autre ?

    Peut-être parce que

    cette scène bien connue est assez distincte de toutes les autres œuvres d’art de Lascaux, étant située au fond d’un puits profond, ce qui suggère un statut particulier. Il est également unique parmi les œuvres d’art du Paléolithique en ce qu’il représente un homme apparemment en train de tomber d’une manière suggérant une blessure ou une mort.

    Et d’ajouter qu’

    un autre indice sur la signification de la scène de puits est fourni par le fait que seuls quatre symboles d’animaux différents sont affichés ici ; un bison / aurochs, un canard / oie et un rhinocéros (à gauche du mourant / mourant) sur le mur principal avec un cheval sur le mur arrière.

    Oui mais le fait qu’il y ait un « homme » (nous dirions pour notre part anthropomorphe) soit une clé est une affirmation sans preuve : de quelle clé s’agit-il ??

    La réponse est juste après :

    Les similitudes avec la pierre de vautour de Göbekli Tepe sont frappantes. Les deux affichent un homme, éventuellement mort ou mourant, et affichent quatre symboles d’animaux bien en vue.

    Il est donc judicieux de rechercher si la scène de puits à Lascaux est équivalente à la pierre de vautour de Göbekli Tepe et peut donc être décodée selon la même méthode.

    ok, pourquoi pas.

    Notez les symboles bison / aurochs et canard / oie dans la scène du Puits, et utilisez le tableau 1 et Stellarium pour trouver immédiatement ce qui suit :
    • Bison / Aurochs = Capricorne = Solstice d’été entre 15 350 et 13 000 av.
    • canard / oie = Balance = équinoxe de printemps entre 15 700 et 14 100 av.

    Oui mais bon... je crois avoir lu que la correspondance entre les dessins de Göbekli Tepe et les constellations était subjective (je n’ai pas encore tout bien lu et bien compris...).

    Par conséquent, cette scène pourrait représenter une date située entre 15 350 et 14 100 av. Pour réduire cette plage, nous faut considérer les deux autres symboles animaux. Malheureusement, aucun de ces symboles n’a encore été décodé. Mais logiquement, il est peu probable qu’elles correspondent à des constellations déjà décodées.

    (pas de bol ;-) ).

    Il s’en suit immédiatement cette phrase :

    Lorsque nous considérons cette plage de dates, nous voyons les possibilités suivantes :

    •Équinoxe d’automne : Taureau entre 1550 et 14950 av. J.-C. ou Bélier entre 14950 et 14.100 av.
    •Solstice d’hiver : Lion 15 350 à 14 800 av. J.-C. ou Cancer 14 800 à 14 100 av. J.-C.

    (soit.)

    Etant donné que, dans les tableaux 1 et 2, Aries est représenté par le bélier et que Cancer est représenté par un grand félin, et que les béliers et les félins sont répertoriés dans l’art paléolithique, il est probable que la plage de dates se situe entre 15 350 et 14 950 av. donc le rhinocéros et le cheval représentent probablement Taureau et Lion.

    Lorsque nous considérons ces constellations au coucher du soleil (voir tableau 3), qui est la convention de ce système (1), nous constatons que rhinocéros et cheval correspondent bien à leurs constellations respectives (Taurus et Lion), ce qui renforce encore la confiance en eux pour cette interprétation. Nous suggérons donc que la scène du Puits code la date de 15 150 ± 200 av. J.-C. et nous avons maintenant terminé notre ancien zodiaque.

    Houlà... Bon, en ce qui concerne les béliers... il y en a très très peu à ma connaissance au paléolithique voire... pas du tout. Mais pourquoi pas, je n’ai pas tout vu. Sauf que, sauf que... si le cheval sur le mur en face de « la scène » a bien était fait avec les même matériaux et la même technique, ce n’est pas du tout, mais pas du tout le cas pour le rhinocéros qui lui, le fait donc pas du tout partie de la scène. par ce simple fait, la théorie s’effondre (il n’y a plus que trois animaux ou lieu de quatre...).

    Quant aux autres animaux présents en plus ou moins grand nombre, ils sont relégués au rang de

    variations régionales et temporelles de ce zodiaque qui restent à décoder, mais elles ne sont pas étudiées plus avant ici.

    La suite est aussi intéressante :

    Maintenant que nous avons une date, nous pouvons essayer d’interpréter la scène. Que devrions-nous faire de l’homme qui tombe / qui meurt et du bison à la lance / qui meurt ?

    Bon, la lance n’en est pas forcément une... (Voir l’analyse de Le Quellec). Quant au bison qui meurt... les progrès en éthologie ne permettent plus de dire que ce sont ces viscères qui pendent puisqu’il ne pourrait avoir cette posture avec cette blessure.

    Étant donné que la pierre du vautour de Göbekli Tepe fait très probablement allusion à l’événement de Dryas récent et que, selon la théorie de Napier et Clube sur le catastrophisme cohérent, il est peu probable que ce soit un incident isolé, la scène du Puits pourrait-elle représenter une autre rencontre avec le flux de météores taurides ?

    À Göbekli Tepe, le renard figure sur les plus grands piliers centraux de la plus grande enceinte encore non découverte, indiquant l’événement daté par la pierre de vautour se réfère à un événement cosmique de la direction du nord du Verseau. Au lieu de cela, la scène du Puits affiche un auroch blessé, représentant le Capricorne, pas un renard. Les aurochs sont-ils ici équivalents au renard de Göbekli Tepe ? Pour répondre à cette question, nous devons examiner la précession du flux de météores Taurid.

    Comme décrit précédemment [dans l’article], la longitude du nœud ascendant du flux de météores taurides devrait précéder au rythme d’un signe zodiacal tous les 6000 ans ans. Aujourd’hui, le flux de météores taurides est centré (et donc maximal) sur le Bélier. Par conséquent, au moment de l’événement Younger récent, il y a environ 13 000 ans, il aurait été centré sur le Verseau, décrit à Göbekli Tepe en termes de renard.

    À la date indiquée par la scène du Puits, il y a environ 17 000 ans, son centre se serait situé au-dessus de Capricornus. Par conséquent, l’aurochs blessé dans la scène du Puits est compatibles avec son interprétation en tant que météore tauride venant de la direction de Capricornus. Ainsi, le blessé ou le mourant pourrait indiquer une rencontre catastrophique avec les Taurides, comme pour la pierre de vautour de Göbekli Tepe.

    Oui... mais quid de la « blessure » de l’auroch ? (qui n’en est peut-être pas une). Les hommes de cette époque, on le sait, représentaient avec une très fine précision les animaux de leur environnement. Que veut donc dire cette « blessure » dans cette théorie astronomique ?

    Par la suite, les auteurs précisent quand même que

    bien sûr, il reste la possibilité que cette interprétation de la scène Shaft soit fausse, et toute similitude avec les symboles de Göbekli Tepe et Çatalhöyük est une coïncidence.

    Ouf .

    Par la suite, les auteurs cherchent les correspondances entre les animaux et les dates au carbone 14 et

    finalement, [n’incluent] aucune donnée de Cosquer Cave, un grotte côtière partiellement en dessous du niveau de la mer, pour les peintures situées au-dessous de la ligne de marée haute, ces peintures étant probablement contaminées et leurs dates au radiocarbone
    non fiable.

    Je n’ai pas lu de communication scientifique sur Cosquer et donc, je ne peux dire si ces dates sont fiables mais il me semble que la grotte est bien isolée de la mer et que, par ce fait, il ne devrait pas y avoir de « contamination ». Mais je ne suis pas un spécialiste de cette grotte...

    La suite de l’article, la figure 7, aurait été plus intéressante si elle montrait la corrélation entre la datation des peintures et les événements des Taurides. Hélas, elle montre une corrélation entre les dates des constellations solstice / équinoxe et les dates radiocarbone des animaux symboliques correspondants.

    Ce qui me pose problème c’est quand même la première étape : la correspondance entre les animaux gravés ou peints et les constellations.
    A suivre donc... en espérant une réponse et/ou une étude contradictoire.

    #Préhistoire #Paléolithique #Astonomie #Art_pariétal #Scène_du_Puits_Lascaux #36000BP
    #Martin_B._Sweatman, Alistair Coombs. Decoding European Palaeolithic art : Extremely ancient knowledge of precession of the equinoxes. Athens Journal of History, 2018


  • La peste, amenée par les migrations venues d’Asie n’est plus la responsable du déclin néolithique en Europe.

    Les chercheurs [venus de France, de Suède et du Danemark] ont identifié une nouvelle souche de Yersinia pestis, la bactérie à l’origine de la peste, dans l’ADN extrait de restes humains âgés de 5 000 ans. Leurs analyses [publiées le 6 décembre dans la revue Cell] suggèrent que cette souche est la plus proche jamais identifiée de l’origine génétique de la peste. Leurs travaux suggèrent également que la peste aurait pu être répandue parmi les colonies européennes du néolithique par les commerçants, contribuant ainsi au déclin des colonies à l’aube de l’âge du bronze.

    (...)

    Pour mieux comprendre l’histoire évolutive de la peste, Rasmussen et ses collègues ont fouillé dans les données génétiques accessibles au public provenant d’anciens humains, en recherchant des séquences similaires aux souches plus modernes de la peste. Ils ont découvert une souche qu’ils n’avaient jamais vue auparavant dans le matériel génétique d’une femme de 20 ans décédée il y a environ 5 000 ans en Suède. La souche avait les mêmes gènes qui rendent la peste pneumonique mortelle aujourd’hui et des traces de celle-ci ont également été trouvées chez un autre individu sur le même site de sépulture - suggérant que la jeune femme est probablement morte de la maladie.

    De multiples souches de peste à la fin du néolithique.

    Cette souche de la peste est la plus ancienne jamais découverte. Mais ce qui le rend particulièrement intéressant, c’est que, en le comparant à d’autres souches, les chercheurs ont pu déterminer qu’il s’agissait également de la souche la plus basale - c’est-à-dire que c’était la souche la plus proche de l’origine génétique de Y. pestis. Elle a probablement divergé par rapport aux autres souches il y a environ 5 700 ans, tandis que la peste qui était commune à l’âge du bronze et la peste qui est l’ancêtre des souches qui existent aujourd’hui ont divergé il y a 5 300 et 5 100 ans, respectivement. Cela suggère qu’il existait de multiples souches de peste à la fin du néolithique.

    Peste et migrations.

    Rasmussen pense également que cette découverte offre une nouvelle théorie sur la propagation de la peste. On sait que des migrations humaines massives de la steppe eurasienne vers l’Europe ont eu lieu il y a environ 5 000 ans, mais la façon dont ces cultures ont pu remplacer la culture agricole néolithique qui était présente en Europe à l’époque est encore débattue.

    Des chercheurs précédents ont suggéré que les envahisseurs avaient amené la peste avec eux, éliminant les vastes colonies de fermiers de l’âge de pierre à leur arrivée.

    Mais si la souche de peste découverte par les chercheurs suédois était différente du reste de Y. pestis il y a 5 700 ans, cela voudrait dire qu’elle a probablement dû évolué avant le début de ces migrations et vers le moment où les colonies européennes du néolithique commençaient déjà à s’effondrer.

    À l’époque, les méga-colonies de 10 000 à 20 000 habitants se généralisaient en Europe, ce qui rendait possible la spécialisation des emplois, les nouvelles technologies et le commerce. Mais elles peuvent aussi avoir été le terreau de la peste. « Ces méga-colonies étaient les plus grandes colonies d’Europe à l’époque, dix fois plus grandes que tout autre peuplement. Elles étaient composées des personnes, d’animaux et de denrées entreposées, et avaient probablement des installations sanitaires très médiocres. C’est l’exemple de ce dont vous avez besoin développer de nouveaux agents pathogènes », a déclaré Rasmussen.

    « Nous pensons que nos données sont bien ajustées. Si la peste évoluait dans les méga-colonies, alors, lorsque les gens commençaient à en mourir, les colonies auraient été abandonnées et détruites. C’est exactement ce qui a été observé dans ces colonies il y a 5 500 ans. La peste a aussi commencé à migrer le long de toutes les routes commerciales rendues possibles par le transport sur roues, qui s’était rapidement développé dans toute l’Europe au cours de cette période », a-t-il déclaré.
    Finalement, suggère-t-il, la peste serait arrivée par ces interactions commerciales dans le petit village suédois où vivait la femme que son équipe avait étudiée.

    Rasmussen soutient que [l’ADN de la jeune femme] fournit également une preuve supplémentaire de cette théorie : elle n’est pas génétiquement liée aux personnes qui ont envahi l’Europe depuis la steppe eurasienne, ce qui soutient l’idée que cette souche de peste est arrivée avant les migrations de masse. L’archéologie soutient également cette hypothèse, car il n’y avait toujours aucun signe des envahisseurs au moment de sa mort.

    Bien sûr, il existe certaines limitations à ce que les données de cette étude peuvent nous dire. Plus important encore, les chercheurs n’ont pas encore identifié la peste chez les individus des méga-colonies où elle a pu évoluer.

    "Nous n’avons pas vraiment trouvé la preuve, mais c’est en partie parce que nous n’avons pas encore cherché. Et nous aimerions vraiment le faire, car si nous pouvions trouver la peste dans ces colonies, cela soutiendrait fortement cette théorie , "dit Rasmussen.

    La peste n’était pas mortelle auparavant.

    Quoi qu’il en soit, il pense que cette étude est un pas en avant vers la compréhension du fait que la peste - et d’autres agents pathogènes - sont devenus mortels. « Nous pensons souvent que ces super-pathogènes ont toujours existé, mais ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré. « La peste a évolué d’un organisme relativement inoffensif. Plus récemment, la même chose s’est produite avec la variole, le paludisme, Ebola et Zika. Ce processus est très dynamique - et il continue de se produire. Je pense qu’il est vraiment intéressant d’essayer de comprendre nous passons de quelque chose d’inoffensif à quelque chose d’extrêmement virulent. »

    #Préhistoire #Néolithique #5000BP #Peste #migration
    #Nicolás_Rascovan, Karl-Göran Sjögren, Kristian Kristiansen, Rasmus Nielsen, Eske Willerslev, Christelle Desnues, Simon Rasmussen.

    Emergence and Spread of Basal Lineages of Yersinia pestis during the Neolithic Decline. Cell, 2018 ; DOI : 10.1016/j.cell.2018.11.005

    https://www.cell.com/cell/abstract/S0092-8674(18)31464-8


  • Du caviar au repas des habitants du site de Friesack (Brandenburg, Germany) à la fin du Mésolithique et au début du paléolithique.

    Le rôle des ressources aquatiques dans les économies anciennes et le régime alimentaire est important pour comprendre l’évolution des sociétés préhistoriques. Les restes d’aliments calcinés dans la poterie ancienne constituent une preuve moléculaire précieuse des habitudes alimentaires.

    Cependant, les approches archéométriques classiques appliquées dans leur analyse manquent de spécificité organisationnelle, sont affectées par de nombreux contaminants de l’environnement, n’élucident pas les recettes de transformation des aliments et sont limitées dans les régions intérieures où diverses ressources alimentaires sont disponibles.

    [Les auteurs ont] effectué une analyse protéomique de dépôts organiques carbonisés collés sur des céramiques anciennes du site intérieur mésolithique-néolithique Friesack 4 (Brandebourg, Allemagne). L’un des pots - un petit bol grossier au radiocarbone daté de la fin du Ve millénaire - a été attribué à la poterie de la fin du mésolithique. La protéomique de la croûte alimentaire de ce récipient a permis d’identifier une fine farine d’œufs de carpe et de révéler les détails d’une recette culinaire préhistorique. Les protéines anciennes ont été distinguées sans équivoque des contaminants contemporains en calculant les rapports de désamidation des résidus de glutamine. Ces données brossent un tableau plus général de l’exploitation des ressources aquatiques par site et contribuent à une meilleure compréhension du contexte alimentaire de la transition néolithique dans les terres européennes.

    Fine Endmesolithic fish caviar meal discovered by proteomics in foodcrusts from archaeological site Friesack 4

    Anna Shevchenko , Andrea Schuhmann, Henrik Thomas, Günter Wetzel

    Published : November 28, 2018
    https://doi.org/10.1371/journal.pone.0206483

    Fine Endmesolithic fish caviar meal discovered by proteomics in foodcrusts from archaeological site Friesack 4 (Brandenburg, Germany)
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0206483
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0206483.strk&size=inline
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=large&id=10.1371/journal.pone.0206483.g001

    #Préhistoire #Mésolithique #Néolithique #Alimentation #Cuisine #Europe #Allemagne


  • Ce que nous dit l’approvisionnement en cristaux de quartz de haute qualité sur le site de l’atelier de la carrière de Valiente, Pleistocène tardif - début de l’Holocène.

    Late Pleistocene to early Holocene high-quality quartz crystal procurement from the Valiente quarry workshop site (32°S, Chile, South America)

    L’acquisition de ressources lithiques de haute qualité fait partie des processus de prise de décision les plus révélateurs de l’archéologie des premiers groupes humains peuplés des Amériques. (...).

    Cet article présente les résultats des fouilles effectuées dans un atelier de fabrication de cristaux de quartz translucide de haute qualité, qui ont donné des dépôts stratigraphiques stratifiés datés au radiocarbone de manière cohérente, qui éclairent le comportement des étapes initiales de l’approvisionnement lithique.

    Sur la base d’une analyse détaillée du contexte du site de Valiente (32 ° S, Chili, Amérique du Sud), les auteurs discutent des étapes de la production bifaciale de la technologie ponctuelle. Le gisement a fourni des preuves de l’occupation cumulative sur une période comprise entre 12 630 et 11 320 années auparavant.

    Cette période d’environ 1 300 ans coïncide avec une importante tendance à l’assèchement de l’environnement, indiquée par les registres de pollen locaux et régionaux. De plus, il est synchrone du processus selon lequel les paysages naturels sont devenus les premiers paysages de travail (?) (taskscapes) de la région, englobant ainsi des changements culturels majeurs liés à l’organisation de l’utilisation des sols. Ces résultats sont discutés dans le cadre de données archéologiques contemporaines afin de discuter d’aspects spécifiques de la technologie et de la prise de décision des tout premiers colons d’Amérique du Sud.

    #Préhistoire #Pleistocène_tardif #12000BC #Industrie_lithique

    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0208062

    César Méndez, Amalia Nuevo Delaunay, Roxana Seguel, Antonio Maldonado, Ismael Murillo, Douglas Jackson, Eugenio Aspillaga, Roberto Izaurieta, Víctor Méndez, Macarena Fernández

    Published : November 29, 2018
    https://doi.org/10.1371/journal.pone.0208062

    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0208062.g008&size=inline


  • Après une longue absence, voici de nouveau l’actualité de la préhistoire mais sous une forme résumée pour le moment.

    Il pourrait y avoir davantage d’hybrides dans les fossiles humains.

    Découverts sous forme de fossiles, les phoques gris, annelés sont si différents qu’ils pourraient être classés dans différentes familles. Pourtant, un jeune phoque né en 1929 s’est révélé être un intermédiaire presque parfait entre les espèces. Comparés aux hommes de Néandertal et aux hommes modernes, les phoques gris, annelés, sont génétiquement et dentalement au moins deux fois plus différents, ce qui suggère qu’il pourrait y avoir davantage d’hybrides dans les fossiles humains.

    A bastard seal from the past reveals the potential for human hybrids — ScienceDaily

    https://www.helsinki.fi/en/news/life-science-news/with-the-help-of-saimaa-ringed-seal-a-bastard-from-the-past-reveals-the-pot

    Yoland Savriama, Mia Valtonen, Juhana I. Kammonen, Pasi Rastas, Olli-Pekka Smolander, Annina Lyyski, Teemu J. Häkkinen, Ian J. Corfe, Sylvain Gerber, Isaac Salazar-Ciudad, Lars Paulin, Liisa Holm, Ari Löytynoja, Petri Auvinen, Jukka Jernvall.

    Bracketing phenogenotypic limits of mammalian hybridization. Royal Society Open Science, 2018 ; 5 (11) : 180903 DOI : 10.1098/rsos.180903

    #Préhistoire #Paléolithique #Néandertal #Homo_Sapiens #Hybridation


  • L’art préhistorique est plus vieux qu’on ne le croit
    https://www.lemonde.fr/archeologie/article/2018/11/07/l-art-prehistorique-est-plus-vieux-qu-on-ne-le-croit_5380313_1650751.html

    La même équipe de chercheurs présente, dans Nature daté du 8 novembre, de nouvelles datations de gros mammifères dessinés cette fois dans une grotte de la partie indonésienne de l’île de #Bornéo : ces représentations remonteraient au minimum à 40 000 ans, ce qui en fait les plus anciens vestiges d’#art_rupestre figuratif connus à ce jour.

    La nouveauté ne tient pas à la découverte de nouvelles #peintures – elles avaient été décrites dans les années 1990 par des expéditions franco-indonésiennes, qui avaient notamment exploré la #grotte de Lubang Jeriji Saleh –, mais aux nouvelles datations à l’#uranium-thorium effectuées sur des échantillons de calcite. Ces coulées minérales recouvrent parfois les #dessins, ou les dessins les recouvrent, ce qui permet de déduire un âge respectivement minimal et maximal. « En vingt-cinq ans, la technologie a beaucoup changé et on peut travailler sur de plus petits échantillons », souligne Maxime Aubert (université Griffith, Australie), premier auteur de l’article publié dans Nature.

    #préhistoire #Indonésie


  • François-Xavier Fauvelle : « Il ne s’est pas "rien" passé en Afrique pendant qu’on peignait Lascaux » - Libération

    https://www.liberation.fr/debats/2018/10/12/francois-xavier-fauvelle-il-ne-s-est-pas-rien-passe-en-afrique-pendant-qu

    Pour lutter contre le stéréotype voulant que l’Afrique n’ait pas d’histoire, l’historien et archéologue a dirigé un vaste ouvrage, « de A comme Acacus à Z comme Zimbabwe », démontrant la richesse du passé de ce continent, la multiplicité des trajectoires qu’il a connues et sa connexion avec les autres zones du globe. Une somme où l’on croise les chasseurs-cueilleurs, le royaume soudanais de Méroé, des vaches scarifiées ou le Mali du sultan Mûsa, et qui vise à rendre accessible aux non-spécialistes une période

    afrique #histoire #préhistoire


  • Les chercheurs ont découvert des traces d’opiacés conservés à l’intérieur d’un vase datant de la fin de l’âge du bronze.

    Les navires de ce type, connus sous le nom de « base-ring juglets », ont longtemps été considérés comme ayant un lien avec l’usage de l’opium car, lorsqu’ils sont inversés, ils ressemblent à la tête de la graine du pavot à opium ; ils sont connus pour avoir été largement commercialisés dans l’est de la Méditerranée ca. 1650 - 1350BC.

    Les chercheurs ont eu recours à diverses techniques analytiques pour étudier un juglet particulier hébergé au British Museum, un vase scellé permettant de préserver le contenu contenu à l’intérieur. Cela signifiait qu’il y avait une opportunité rare pour les scientifiques d’enquêter sur les composants qui auraient pu survivre.

    Une première analyse effectuée par des scientifiques du British Museum a montré que le résidu de juglet était principalement composé d’huile végétale mais faisait allusion à la présence d’alcaloïdes de l’opium, un groupe de composés organiques dérivés du pavot à opium, connus pour avoir des effets psychologiques importants sur le corps humain.

    Pour détecter de manière concluante les alcaloïdes et démontrer la présence d’opiacés dans les résidus d’hydrocarbures du vase, une nouvelle technique analytique était toutefois nécessaire.

    En utilisant des instruments du Centre d’excellence en spectrométrie de masse de l’Université de York, Rachel Smith a développé la nouvelle méthode d’analyse dans le cadre de son doctorat au département de chimie de l’université.

    Le Dr Smith a déclaré : "Les alcaloïdes opiacés que nous avons détectés sont ceux que nous avons montré être les plus résistants à la dégradation, ce qui en fait de meilleures cibles pour les résidus anciens par rapport aux opiacés plus connus tels que la morphine.

    "Nous avons trouvé des alcaloïdes dans de l’huile végétale dégradée. Il reste donc encore à déterminer comment l’opium aurait été utilisé dans ce juglet. Aurait-il pu être un ingrédient parmi d’autres dans un mélange à base d’huile, ou le juglet aurait-il pu être réutilisé pour l’huile ou quelque chose d’autre après l’opium ? "

    Dans le passé, il a été avancé que ces juglets auraient pu être utilisés pour contenir de l’huile de graine de pavot contenant des traces d’opium, utilisée pour l’onction ou dans un parfum. Dans cette théorie, les effets de l’opium peuvent avoir eu une signification symbolique.

    La professeure Jane Thomas-Oates, directrice des sciences analytiques au département de chimie et superviseure de l’étude à l’Université de York, a déclaré : "Le vase est un élément très utile car il révèle d’importants détails sur le commerce et la culture de l’époque. C’est important pour nous d’essayer de faire avancer le débat sur son utilisation"o.

    "Nous avons pu établir une méthode rigoureuse de détection des opiacés dans ce type de résidus, mais le prochain défi analytique consiste à voir si nous pouvons réussir avec des résidus moins bien conservés."

    C’est la première fois que des preuves chimiques fiables établissent un lien entre le pavot à opium et un "base-ring juglets", malgré les nombreuses tentatives précédentes des chercheurs au fil des ans.

    Rebecca Stacey, scientifique principale au Département de la recherche scientifique du British Museum, a déclaré : "Il est important de se rappeler qu’il ne s’agit que d’un seul vase. Le résultat soulève donc de nombreuses questions sur le contenu et le but du juglet. la présence des alcaloïdes ici est sans équivoque et donne une nouvelle perspective au débat sur leur signification. "

    #Préhistoire #Age_du_bronze #opium #commerce #Mediterranée
    #Université_de_York
    #Rachel_Smith #Jane_Thomas-Oates

    https://www.york.ac.uk/news-and-events/news/2018/research/traces-of-opiates-found-in-ancient-cypriot-vessel


  • L’hypothèse des routes maritimes pour la colonisation de l’Europe.

    Article déjà vu ici parmi d’autres propos des gènes : https://seenthis.net/messages/702895

    Les populations néolithiques, qui ont colonisé l’Europe il y a environ 9 000 ans, ont probablement migré du Proche-Orient vers l’Anatolie et de là vers l’Europe centrale via la Thrace et les Balkans. Un itinéraire alternatif aurait été île en île à travers la côte sud de l’Europe. Pour tester cette hypothèse, nous avons analysé les polymorphismes de l’ADN du génome sur les populations riveraines de la côte méditerranéenne, d’Anatolie et d’Europe continentale. Nous observons une structure frappante corrélant les gènes avec la géographie autour de la mer Méditerranée avec des clines caractéristiques du flux de gènes d’est en ouest. En utilisant l’analyse des réseaux de population, nous avons également constaté que le flux de gènes d’Anatolie en Europe provenait du Dodécanèse, de la Crète et de la côte méridionale, ce qui est compatible avec l’hypothèse selon laquelle une route côtière maritime était principalement utilisée pour la migration d’agriculteurs néolithiques en Europe.

    Le génotypage des populations existantes et anciennes a été utilisé pour répondre à la question des origines de la population européenne. Le génome des Européens d’aujourd’hui reflète la fusion des colons paléolithiques qui ont colonisé l’Europe 35 000 à 40 000 ans avant l’ère actuelle (BPE) et du peuple néolithique qui a commencé à coloniser l’Europe environ 9 000 ans. La contribution du néolithique au pool génétique d’Européens modernes a été estimée à l’aide d’études sur les populations européennes existantes, en utilisant l’ADN mitochondrial, l’ADN du chromosome Y ou les polymorphismes de l’ADN nucléaire. Des études sur l’ADN mitochondrial estiment que la contribution du néolithique aux lignées maternelles des Européens modernes oscille entre 10 et 20%. Une étude d’environ 22% a été suggérée par une étude des polymorphismes du chromosome Y, qui a également révélé que la contribution du néolithique était plus prononcée le long de la côte méditerranéenne. Les contributions néolithiques de 50 à 70% ont été estimées avec d’autres méthodologies, y compris des marqueurs d’ADN hautement polymorphes. Les caractéristiques clinales de la diversité génétique des polymorphismes autosomiques ou du chromosome Y en Europe suggèrent que les migrants néolithiques sont originaires du Proche-Orient . Il a été proposé que ces migrants du Proche-Orient apportent en Europe leurs nouvelles technologies agricoles et peut-être la langue indo-européenne. Comment ces peuples néolithiques ont-ils atteint l’Europe du Proche-Orient ?

    Le couloir du Levant, qui s’étendait du croissant fertile aux parties sud-est du bassin anatolien central, avait pour principal centre géographique la transition du mode de vie néolithique à la recherche de nourriture. Les agriculteurs du néolithique auraient pu emprunter trois voies de migration vers l’Europe. L’une d’elles était par voie terrestre jusqu’en Anatolie du nord-est et de là, à travers la Bosphore et les Dardanelles, jusqu’à la Thrace et aux Balkans. Un deuxième itinéraire était un itinéraire maritime allant de la côte anatolienne égéenne aux îles de la Méditerranée et à la côte de l’Europe méridionale. La troisième partait de la côte du Levant jusqu’aux îles de la mer Égée et à la Grèce. La navigation à travers la Méditerranée a été active pendant le Néolithique ancien et le Paléolithique supérieur (16e – 18e), comme en témoignent la découverte d’obsidienne de l’île de Milos dans des sites paléolithiques de la partie continentale grecque et la colonisation précoce de la Sardaigne. Corse et Chypre (23 ans). Si les paysans du néolithique qui ont colonisé l’Europe ont emprunté une voie maritime, ils se sont d’abord dirigés vers l’île du Dodécanèse et de la Crète. Le Dodécanèse est très proche de la côte égéenne de l’Anatolie, tandis que les îles du Dodécanèse situées à l’extrême ouest sont très proches de la Crète. La Crète abrite l’une des plus anciennes colonies néolithiques d’Europe sur le site de Knossos, établie entre 8 500 et 9 000 BPE, et les habitants de l’île ont mis en place la première civilisation européenne avancée commençant à environ 5 000 BPE.

    Pour obtenir des informations sur la question des migrations vers l’Europe, nous avons analysé les polymorphismes de nucléotide simple (SNP) autosomiques d’un génome entier à partir d’un ensemble de données de 32 populations. Cet ensemble de données comprend des échantillons de population des îles de Crète et du Dodécanèse, un de Cappadoce en Anatolie centrale, trois sous-populations de différentes régions de la Grèce continentale, 14 autres populations d’Europe méridionale et septentrionale, cinq populations du Proche-Orient et sept de l’Afrique du Nord. . En plus des méthodes établies d’analyse génétique, nous utilisons une approche de réseau de génétique de population qui permet de définir les voies du flux de gènes entre populations. Nos données sont compatibles avec l’hypothèse qu’une route maritime reliant l’Anatolie et l’Europe du Sud à travers le Dodécanèse et la Crète était la principale route utilisée par les migrants du néolithique pour atteindre l’Europe.

    https://doi.org/10.1073/pnas.1320811111
    #Préhistoire #Néolithique #peuplement #Europe #9000BP
    #Peristera_Paschou #Université_de_Thrace

    Maritime route of colonization of Europe | PNAS
    http://www.pnas.org/content/111/25/9211


  • Le berceau de la domestication du riz africain identifié au Mali - Institut de recherche pour le développement (IRD)
    https://www.ird.fr/ird.fr/toute-l-actualite/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2018/le-berceau-de-la-domestication-du-riz-africain-identifie-au-mali

    Une étude internationale, coordonnée par des chercheurs de l’IRD, et associant le CEA et le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), identifie l’origine géographique de la domestication du riz africain. Grâce au séquençage de plus de 246 génomes de riz africain – sauvages et cultivés – les chercheurs montrent que cette domestication est intervenue il y a 3 000 ans dans le delta intérieur du fleuve Niger, au nord du Mali. Ces résultats, publiés le 5 juillet 2018 dans la revue Current Biology , révèlent également comment les changements climatiques passés ont induit des transformations profondes des sociétés, notamment l’adoption de l’agriculture.

    Troisième #céréale la plus produite dans le monde après le blé et le maïs, le riz constitue la base de l’alimentation de près de la moitié de la population mondiale. De la famille des poacées, le riz se cultive pour sa graine, riche en amidon. On distingue deux espèces cultivées majeures : le #riz_africain (Oryza glaberrima ) et le #riz_asiatique (Oryza sativa ). Ces espèces ont divergé génétiquement il y a environ un million d’années, bien avant leur #domestication par l’Homme [et certainement LA Femme, tordu]. Ces domestications se sont produites indépendamment en Asie et en Afrique, dans les 10 000 dernières années. Jusqu’à présent, les hypothèses scientifiques localisaient l’origine géographique de la domestication du riz africain en #Afrique_de_l’Ouest1.


    #riz #cartographie #préhistoire


  • La dépendance aux drogues est-elle influencée par un rétrovirus venu de nos ancêtres ?

    Si un rétrovirus a infecté la lignée germinale de nos ancêtres, il peut se retrouver dans notre génome. C’est le cas des virus HK2 (HERV-K HML-2), même si tous les humains ne possèdent pas les mêmes virus HK2. Un de ces virus a pour particularité de se trouver au niveau d’un gène impliqué dans l’activité dopaminergique du cerveau : RASGRF2. La dopamine, aussi appelée « molécule du plaisir », est associée aux addictions.

    Dans cette étude parue dans Pnas, les chercheurs ont analysé des échantillons provenant de 184 patients britanniques infectés par le virus de l’hépatite C et de 202 patients grecs infectés par le VIH. Normalement ; 5 à 10 % de la population générale possède une insertion du virus HK2 dans le gène RASGRF2, entre les exons 17 et 18. Mais chez les personnes qui se faisaient des injections de drogues, l’insertion d’HK2 dans ce gène était deux à trois fois plus fréquente. Le virus HK2 est associé à l’addiction aux drogues

    Cette insertion particulière du virus pourrait prédisposer ces personnes à l’addiction aux drogues. Les virus HERV peuvent influencer l’expression des gènes auprès desquels ils s’insèrent. Ici, les chercheurs ont montré qu’une insertion d’HK2 à cet endroit précis modifiait la transcription et le phénotype de cellules en culture. Par conséquent, ces virus anciens ne sont pas totalement inoffensifs et pourraient jouer un rôle dans des maladies.

    Malgré tout, le virus ne peut pas être seul tenu responsable du comportement addictif car tous les toxicomanes n’avaient pas cette insertion. Ce travail suggère également un rôle du gène RASGRF2 dans l’addiction. L’intégration de ces virus a eu lieu il y a plus de 250.000 ans, avant l’émergence des hommes modernes ; ils sont aussi présents chez les Hommes de Néandertal et de Denisova.

    #Préhistoire #Paléolithique #retrovirus #Néandertal #Denisova #drogue #250000BP

    https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/genetique-dependance-drogues-elle-influencee-retrovirus-venu-nos-an


  • Le désert occidental australien peuplé depuis environ 47 800 ans.

    La nouvelle excavation de Karnatukul (Serpent’s Glen) a fourni des preuves de l’occupation humaine du désert occidental australien jusqu’à 47 830 cal. BP (âge médian modélisé). Cette nouvelle séquence a 20 000 ans de plus que l’âge connu antérieurement pour occuper ce site.

    La ré-excavation de Karnatukul visait à contextualiser l’assemblage d’art peint. Nous rapportons des analyses d’assemblages d’artefacts de pierre et d’art pigmentaire, de fragments de pigment, d’anthracologie, de nouvelles dates au radiocarbone et d’analyses détaillées des sédiments. La combinaison de ces éléments contribue de manière significative à notre compréhension de cette première occupation du désert occidental australien.

    (...)

    Cette étude recalibre la première occupation pléistocène du noyau du désert australien et confirme que des personnes sont restées dans cette partie de la zone aride pendant le dernier maximum glaciaire.

    (...)

    Cette corrélation entre art rupestre et preuves de l’occupation affine notre compréhension de la façon dont les peuples du désert occidental ont inscrit leurs paysages dans un passé récent, tandis que la séquence d’occupation récemment décrite met en évidence la culture adaptative dynamique des premiers Australiens, soutenant les arguments en faveur de leur migration très précoce rapide des côtes et des tropiques nordiques dans toute la partie aride du continent.

    Pour aller plus loin :
    La génétique confirme que les premiers Australiens étaient originaires d’Afrique Le monde 14.05.2007

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2007/05/14/la-genetique-confirme-que-les-premiers-australiens-etaient-originaires-d-afr

    #Préhistoire #Paléolithique #Peuplement #Australie
    #47850BP #McDonald_J #Reynen_W #Petchey_F #Ditchfield_K #Byrne_C #Vannieuwenhuyse_D_et_al #Max_Planck_Institute (editeur).

    https://doi.org/10.1371/journal.pone.0202511

    Karnatukul (Serpent’s Glen) : A new chronology for the oldest site in Australia’s Western Desert
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0202511
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=large&id=10.1371/journal.pone.0202511.g017
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0202511.g018&size=inline


  • "Loup des neiges, Caribou, la liste des animaux momifiés s’allonge !
    Des mineurs ont découvert les restes d’un veau de caribou et d’un louveteau pris dans le pergélisol canadien depuis 50 000 ans."

    Excellent résumé de l’article (comme toujours) sur Hominides.com

    https://www.hominides.com/html/actualites/loup-caribou-fosiles-50000-ans-canada-1269.php

    Le début :

    C’est dans le Yukon que des mineurs ont découvert en 2016 des restes d’animaux dans le pergélisol canadien. C’est plus particulièrement dans la région du Klondike que les exhumations ont eu lieu. Historiquement, cette région a vécu une véritable ruée vers l’or à partir de 1896, faisant creuser le sol gelé par des foules de mineurs à la recherche d’une once d’or. Si autour de Dawson City la région est maintenant couverte de forêts, les études palynologiques montrent qu’il y a 50 000 ans c’était uniquement de vastes étendues de toundra, qui recouvraient les grandes plaines gelées. A l’époque, on croisait des mammouths laineux ou des camelops (sorte de chameaux), mais également des caribous ou des loups dont les descendants éloignés peuplent encore les territoires arctiques.
    Pour l’un des paléontologues, Grant Zazula, « alors que la région autour de Dawson City est aujourd’hui une forêt boréale, le caribou et le loup évoluaient probablement dans un monde sans arbres, balayé par des vents froids et secs, comme en témoignent les sédiments trouvés avec les animaux. ».

    #Préhistoire #momie # #Paléolithique #Amérique_du_Nord #smithsonian

    Gold Miners Unearth 50,000-Year-Old Caribou Calf, Wolf Pup From Canadian Permafrost | Smart News | Smithsonian

    https://www.smithsonianmag.com/smart-news/canadian-permafrost-yields-intact-remains-50000-year-old-caribou-cal


  • Une recherche prouve que le sud-est asiatique a connu une explosion démographique il y a 4000 ans.

    Ce n’est pas nouveau mais la méthode, elle, l’est.

    (...) [Les chercheurs] ont été en mesure de prouver une croissance rapide et significative de la population thaïlandaise, chinoise et vietnamienne au néolithique, puis une deuxième augmentation ultérieure de l’âge du fer.
    (...) Nous avons assisté à une énorme croissance démographique associée à la transition agricole", a déclaré Clare McFadden (Australian Nantional University).

    Jusqu’à il y a environ 4000 ans, vous avez des populations de type chasseurs-cueilleurs, puis vous avez l’introduction et l’intensification de l’agriculture. (...) La transition agricole a été largement étudiée dans le monde entier et nous constatons systématiquement une croissance démographique importante.
    La raison pour laquelle ces changements de population n’ont jamais été quantifiés, c’est que les outils utilisés pour mesurer les populations préhistoriques ont tous été conçus pour l’Europe et les Amériques où les conditions archéologiques sont différentes de l’Asie.

    Clare McFadden a expliqué que la différence réside dans la représentation des enfants dans la population.

    Pour les restes osseux en Europe et en Amérique, nous constatons souvent l’absence complète de nourrissons et d’enfants, ils sont très mal représentés", a-t-elle déclaré.
    La préservation n’est pas bonne - les petits os ne se conservent pas bien. On pense aussi que les enfants sont souvent enterrés dans un cimetière différent de celui des adultes.
    Ainsi, la méthode utilisée par les chercheurs pour mesurer les populations a exclu les enfants car ils n’avaient pas une représentation précise.

    Mme McFadden a expliqué que sa nouvelle méthode de détermination du taux d’augmentation naturelle de la population prend en compte la proportion de nourrissons et d’enfants par rapport à la population totale. De cette manière, les chercheurs ont pu aligner les chiffres de la croissance démographique sur ceux d’autres preuves archéologiques dans la région, ce qui suggère une augmentation rapide.

    En Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, nous avons en fait une assez bonne conservation des os des enfants", a-t-elle déclaré.
    La preuve squelettique était là, nous voyions des populations avec un nombre énorme de nourrissons et d’enfants par rapport aux populations adultes, ce qui suggère que la population était en augmentation à cette époque. Mais les outils existants ne détectaient pas cette croissance.

    Les tendances que le nouvel outil a trouvées s’alignent parfaitement avec ce que les chercheurs s’attendent à voir en réponse à l’agriculture.

    Research proves South East Asian population boom 4,000 years ago
    https://anu.prezly.com/research-proves-south-east-asian-population-boom-4000-years-ago
    #Clare_McFadden #ANU #Préhistoire #Néolithique #agriculture #population #demographie #Sud-est_asiatique #Asie
    https://cdn.uc.assets.prezly.com/a2bb2923-7b54-42b7-b84a-a48a4a4c9efb/-/quality/best

    • Ce que je comprends de la méthode exposée dans l’entretien me laisse plutôt dubitatif. Si je reprends les éléments du raisonnement :

      Ms McFadden said the difference comes down to how children are represented in population numbers.

      For skeletal remains in Europe and America we often see the complete absence of infants and children, they are very poorly represented,” she said.

      The preservation isn’t good – small bones don’t preserve well. Children are also thought to often be buried in a different cemetery to adults.

      So the method researchers used to measure populations excluded children because they didn’t have accurate representation.
      […]
      The skeletal evidence was there, we were seeing populations with huge numbers of infants and children compared to the adult populations, which suggests it was a growing population at that time."

      Si on trouve une énorme quantité d’ossements de bébés et d’enfants, … ça fait autant d’individus qui n’auront pas l’occasion de se reproduire ! Et donc, autant en moins pour une éventuelle croissance démographique.

      Il me semble que pour pouvoir déduire de la présence (et de la proportion) d’ossements de jeunes dans les cimetières, il faut non seulement être certain de l’inexistence de biais de sélection (mêmes pratiques funéraires et même taux global de conservation des ossements en fonction de l’âge, biais dont l’existence est, effectivement, parfaitement avérée en Europe), mais il me semble nécessaire de faire des hypothèses (fortes, mais par construction fragiles…) sur les tables de mortalité et la structure par âge de ces populations.

      Malheureusement, le résumé de l’article original, seul accessible, ne donne aucune indication en ce sens.
      (je dirais même que l’invocation de LOESS m’indiffère prodigieusement, pour dire le moins…)

      Detection of temporospatially localized growth in ancient Southeast Asia using human skeletal remains - ScienceDirect
      https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0305440318302231

      Abstract
      Measures of population growth can provide significant insights into the health, adaptivity and resilience of ancient communities, particularly the way in which human populations respond to major changes, such as the transition to agriculture. To date, paleodemographic tools have facilitated the evaluation of long term, regional population growth, while identification of intraregional variability and short-term growth has been more challenging. This study reports on the application of a new method for estimating the rate of natural population increase (RNPI) from skeletal remains. We have applied the method to ancient Southeast Asian samples and, based on the LOESS fitting procedure, our preliminary results indicate a trend of temporal homogeneity and spatial heterogeneity. This trend is validated against the existing archaeological narrative for the region and, we argue, may indicate intraregional variability in population responses to major technological, economic and sociocultural events, consistent with the variable response observed at the regional level. Due to the critical importance of temporospatial specificity to a vast array of paleodemographic research questions, we have evaluated the precision, assumptions and limitations of this method in the context of other existing paleodemographic methods. Our RNPI measure, in isolation or in combination with existing methods, provides a promising tool that can be used to develop a deeper and more localized understanding of the conditions impacting on population dynamics and, conversely, community responses to change.

    • Tout à fait d’accord avec toi. L’essentiel est dans la RNPI. Ceci dit, on peut, peut-être, considéré qu’avec une mortalité stable, l’augmentation du nombre d’individu trouvé, montre une augmentation de la population.

      Ms McFadden said her new method for determining the rate of natural population increase takes into account the proportion of infants and children compared to the total population.

      Donc, plus on trouve d’enfants (contrairement aux situations européenne et américaine), mieux on peut quantifier l’augmentation de la population.

      Enfin,

      The trends the new tool found aligned perfectly with what researchers expect to see in response to agriculture.


  • Découverte du premier dessin ? Il a 73 000 ans.

    Le plus ancien dessin abstrait connu a été trouvé dans la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, sur la face d’un éclat de roche siliceuse provenant de couches archéologiques datant de 73 000 ans avant le présent. L’œuvre est au moins 30 000 ans plus ancienne que les premiers dessins abstraits et figuratifs connus auparavant.

    Qu’est-ce qu’un symbole ? C’est une question difficile à résoudre lorsque vous devez analyser les premières productions graphiques. (...) Pendant longtemps, les archéologues ont été convaincus que les premiers symboles sont apparus lorsque Homo sapiens a colonisé des régions d’Europe il y a environ 40 000 ans. Cependant, des découvertes archéologiques récentes en Afrique, en Europe et en Asie suggèrent que la création et l’utilisation de symboles ont émergé beaucoup plus tôt.

    (...)

    Archéologie expérimentale.

    Un défi méthodologique majeur consistait à prouver que ces lignes avaient été délibérément dessinées par des humains. Il a été principalement abordé par les membres français de l’équipe, experts en la matière et spécialisés dans l’analyse chimique des pigments. Ils ont d’abord reproduit les mêmes lignes en utilisant différentes techniques : ils ont essayé des fragments d’ocre avec une pointe ou une arête et ont également appliqué différentes dilutions aqueuses de poudre d’ocre à l’aide de brosses. En utilisant des techniques d’analyse microscopique, chimique et tribologique (la science de la friction et de l’usure), ils ont ensuite comparé leurs dessins à l’ancien original. Leurs résultats confirment que les lignes ont été intentionnellement dessinées avec un outil ocre pointu sur une surface d’abord lissée par frottement. Le motif constitue ainsi le premier dessin connu, précédant d’au moins 30 000 ans les œuvres les plus anciennes découvertes précédemment.

    La strate archéologique dans laquelle la couche de silicium avait déjà produit de nombreux autres objets avec des marques symboliques (...). Ces découvertes démontrent que les premiers Homo sapiens dans cette région d’Afrique utilisaient différentes techniques pour produire des signes similaires sur différents matériaux, ce qui étaye l’hypothèse que ces marquages ​​remplissent une fonction symbolique.

    Cette découverte concernant Homo Sapiens est à rapprocher de celle-ci concernant Néandertal :
    – Un artefact de pierre gravé provenant de Crimée a pu aider à démontrer le symbolisme néandertalien
    https://seenthis.net/messages/691572 2018

    #Christopher_S._Henshilwood #Francesco_d’Errico #Karen_L._van_Niekerk #Laure_Dayet #Alain_Queffelec #Luca_Pollarolo
    #Préhistoire #Paléolithique #Afrique_du_Sud #Bomblos #Art #Dessin
    #CNRS

    DOI : 10.1038/s41586-018-0514-3

    Discovery of the earliest drawing - CNRS Web site - CNRS
    http://www2.cnrs.fr/en/3152.htm


  • L’apport calorique d’un repas anthropophage est assez bas comparés aux autres repas carnivores traditionnels :

    Assessing the calorific significance of episodes of human cannibalism in the Palaeolithic
    James Cole
    Sci. Rep. 7:44707, 2017
    https://www.nature.com/articles/srep44707

    Episodes of Palaeolithic cannibalism have frequently been defined as ‘nutritional’ in nature, but with little empirical evidence to assess their dietary significance. This paper presents a nutritional template that offers a proxy calorie value for the human body. When applied to the Palaeolithic record, the template provides a framework for assessing the dietary value of prehistoric cannibalistic episodes compared to the faunal record. Results show that humans have a comparable nutritional value to those faunal species that match our typical body weight, but significantly lower than a range of fauna often found in association with anthropogenically modified hominin remains. This could suggest that the motivations behind hominin anthropophagy may not have been purely nutritionally motivated. It is proposed here that the comparatively low nutritional value of hominin cannibalism episodes support more socially or culturally driven narratives in the interpretation of Palaeolithic cannibalism.

    Vainqueur du Prix #Ig_Nobel 2018 en Nutrition
    https://www.improbable.com/ig/winners/#ig2018

    A rajouter à la compilation #archéologie et #discriminations :
    https://seenthis.net/messages/633249

    #histoire #préhistoire #anthropologie #civilisation #évolution #anthropophagie #cannibalisme #nourriture #calories

    • Modeste proposition, par Jonathan Swift

      Pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à charge à leurs parents et à leur pays et pour les rendre utiles au public
      . . . . .
      Un jeune américain de ma connaissance, homme très-entendu, m’a certifié à Londres qu’un jeune enfant bien sain, bien nourri, est, à l’âge d’un an, un aliment délicieux, très-nourrissant et très-sain, bouilli, rôti, à l’étuvée ou au four, et je ne mets pas en doute qu’il ne puisse également servir en fricassée ou en ragoût.
      . . . . .
      Un enfant fera deux plats dans un repas d’amis ; et quand la famille dîne seule, le train de devant ou de derrière fera un plat raisonnable, et assaisonné avec un peu de poivre et de sel, sera très-bon bouilli le quatrième jour, spécialement en hiver.
      J’ai fait le calcul qu’en moyenne un enfant qui vient de naître pèse vingt livres, et que dans l’année solaire, s’il est passablement nourri, il ira à vingt-huit.

      J’accorde que cet aliment sera un peu cher, et par conséquent il conviendra très-bien aux propriétaires, qui, puisqu’ils ont déjà dévoré la plupart des pères, paraissent avoir le plus de droits sur les enfants.

      La chair des enfants sera de saison toute l’année, mais plus abondante en mars, et un peu avant et après, car il est dit par un grave auteur, un éminent médecin français, que, le poisson étant une nourriture prolifique, il naît plus d’enfants dans les pays catholiques romains environ neuf mois après le carême qu’à toute autre époque : c’est pourquoi, en comptant une année après le carême, les marchés seront mieux fournis encore que d’habitude, parce que le nombre des enfants papistes est au moins de trois contre un dans ce royaume ; cela aura donc un autre avantage, celui de diminuer le nombre des papistes parmi nous.
      . . . . .

      https://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1700

      #Littérature #Jonathan_Swift #Angleterre

    • 28 septembre 13h30 UQAM (279 Sainte-Catherine Est, Montréal, DC-2300) : Le cannibalisme comme métaphore de l’humain
      https://evenements.uqam.ca/evenements/le-cannibalisme-comme-metaphore-de-l-humain/3679

      Mondher Kilani, Professeur honoraire, Université de Lausanne
      Les modalités de la relation de soi à l’autre passent par le cannibalisme en tant que métaphore d’ingestion et de digestion, d’assimilation et de destruction.L’imaginaire cannibale, mélange subtil de désir et d’appréhension, d’accusation et d’aveu, de rumeur et de réputation, fonctionne sur le mode du « je sais bien mais quand même ». Depuis le moment inaugural de la modernité occidentale, ce thème n’a cessé de traverser les récits de voyage, les romans d’aventure, la littérature, le cinéma, les contes, les manifestes intellectuels et artistiques, mais aussi la philosophie et les sciences sociales. Le cannibalisme y représente un modèle auquel la culture se conforme ou duquel elle se défie. Il contribue à ce titre à la production de l’humain, tout comme il éclaire l’épistémologie de l’anthropologie considérée comme alimentation.
      Présentation en lien avec sa dernière publication, Du goût de l’autre. Fragments d’un discours cannibale, Paris, Seuil, 2018.


  • Les Natoufiens fabriquaient de la bière il y a 13 000 ans (avant l’arrivée de l’agriculture).

    Les premières preuves archéologiques de brassage de la bière à base de céréales avant même l’arrivée de l’agriculture proviennent des Natoufiens, des populations semi-sédentaires, vivant en Méditerranée orientale entre le Paléolithique et le Néolithique, après la dernière période glaciaire. Les Natoufians de la grotte de Raqefet ont collecté des plantes disponibles localement, stocké des graines maltées et fabriqué de la bière dans le cadre de leurs rituels.

    « (...) avec la production de bière, les vestiges de la grotte Raqefet offrent une image très vivante et colorée des modes de vie natoufiens, de leurs capacités technologiques et de leurs inventions. »

    (...) Les résultats indiquent que les Natoufiens ont exploité au moins sept types de plantes associés aux mortiers, notamment du blé ou de l’orge, de l’avoine, des légumineuses et des fibres libériennes (y compris le lin). Ils ont emballé des aliments végétaux dans des contenants en fibre et les ont stockés dans des mortiers à blocs. Ils ont utilisé des mortiers de roche-mère pour piler et cuire des aliments végétaux, et pour brasser de la bière à base de blé / orge, probablement servis dans des fêtes rituelles il y a 13 000 ans.

    Les modèles d’usure et d’assemblage microbotanique suggèrent que deux des trois mortiers à blocs examinés ont été utilisés comme conteneurs de stockage pour les aliments végétaux - y compris les malts de blé et d’orge. Ils étaient probablement recouverts de couvercles, probablement faits de dalles de pierre et d’autres matériaux. Les aliments ont probablement été placés dans des paniers en fibres libériennes pour faciliter leur manipulation. Les puits étroits et profonds peuvent avoir fourni des conditions fraîches convenant au stockage des aliments, en particulier pour la conservation des malts de céréales.

    En combinant les données sur l’usure et les résidus, le troisième mortier étudié a été interprété comme un récipient multifonctionnel destiné à la préparation des aliments, comprenant des aliments végétaux et de la bière à base de blé / orge, probablement avec des légumineuses et d’autres plantes.

    Les preuves de brassage de bière à la grotte de Raqefet, il y a 13 000 ans, constituent un autre exemple des complexes sociaux et rituels du Natouf. Le brassage de la bière peut avoir été, au moins en partie, une motivation sous-jacente à la culture de céréales dans le sud du Levant, confirmant l’hypothèse de la bière proposée par les archéologues il ya plus de 60 ans.

    #Préhistoire #Natoufiens #alcool #Asie #Moyen_Orient
    #Li_Liu #Stanford_University #Danny Rosenberg #University_d'Haifa
    #Hao_Zhao #Université_de_Zhengzhou
    #XXXLIEN1LIENXXX
    #13000BC

    A prehistoric thirst for craft beer
    https://www.elsevier.com/about/press-releases/research-and-journals/a-prehistoric-thirst-for-craft-beer


  • Humans reached Madagascar 6,000 years earlier than previously thought
    https://news.mongabay.com/2018/09/humans-reached-madagascar-6000-years-earlier-than-previously-thought

    Beyond revealing new information about early human migrations, the findings are significant because they seem to indicate that Madagascar’s megafauna wasn’t driven to extinction by the first wave of humans that reached the island.

    “We already know that Madagascar’s megafauna – elephant birds, hippos, giant tortoises and giant lemurs – became extinct less than 1,000 years ago. There are a number of theories about why this occurred, but the extent of human involvement hasn’t been clear,” lead author James Hansford from Zoological Society of London’s Institute of Zoology said via a press release.

    “Our research provides evidence of human activity in Madagascar more than 6,000 years earlier than previously suspected – which demonstrates that a radically different extinction theory is required to understand the huge biodiversity loss that has occurred on the island. Humans seem to have coexisted with elephant birds and other now-extinct species for over 9,000 years, apparently with limited negative impact on biodiversity for most of this period, which offers new insights for conservation today.”

    #Madagascar #préhistoire


  • Sibérie : Après les mammouths extraits du permafrost, voici les vers mais eux... ils sont vivants et ils ont 42.000 ans.

    Extrait de l’article de Futura sciences :

    Mais personne ne soupçonnait jusqu’ici que la durée de conservation soit aussi longue. « Notre découverte montre la capacité d’organismes multicellulaires à survivre à une cryoconservation de plusieurs milliers d’années », s’enthousiasment les chercheurs. Selon eux, les mécanismes de survivance de ces nématodes pourraient ouvrir la voie à des recherches sur la cryogénisation humaine. Cela vous dirait une petite hibernation pour voir à quoi ressemblera la planète dans 42.000 ans ?

    et il n’y a pas que les vers :

    The Arctic permafrost is a unique cryobank of genetic resources. Permafrost sediments contain a considerable taxonomic diversity of unicellular organisms remaining viable after the tens and hundreds of
    thousands of years in cryobiosis. Aerobic and anaerobic bacteria, cyanobacteria, actinomycetes, unicellular green algae, yeasts, mixomycetes, naked amoebas, heterotrophic f lagellates, infusorians, moss spores, and the seeds of higher plants capable of germinating after long-term natural cryopreservation have been found in the permafrost.

    Viable Nematodes from Late Pleistocene Permafrost of the Kolyma River Lowland | SpringerLink

    #Préhistoire #Asie #Permafrost #Pléistocène
    #académie_des_sciences_de_Moscou #université_d'Etat_de_Moscou
    #Higher_School_of_Economics_de_Pushchino_Moscou.
    #Université de Princeton

    DOI : 10.1134/S0012496618030079


  • D’où vient l’ambre dans la péninsule ibérique préhistorique ?

    (...)

    L’origine locale de l’ambre de La Velilla souligne l’utilisation continue des ressources locales du paléolithique à l’âge du bronze dans la région nord de la péninsule ibérique, en contraste frappant avec le tableau obtenu du sud.

    (...)

    L’arrivée de l’ambre sicilien dans la péninsule ibérique a commencé au 4ème millénaire avant JC au moins, et (...) était probablement intégré dans des réseaux d’échanges méditerranéens plus larges qui se sont intensifiés au 3ème millénaire avant JC comme d’autres matériaux exotiques.

    Après un déclin apparent de l’utilisation de l’ambre, la succinite baltique semble remplacer la simétite sicilienne dans la péninsule ibérique dans la seconde moitié du 2e millénaire avant JC, comme en témoigne l’analyse de Quinta do Marcelo et d’autres sites ; l’afflux plus important d’ambre de la Baltique aura lieu dès le tournant du millénaire.

    (..)

    Ce panorama laisse toutefois certaines questions non résolues qui devraient être examinées à l’avenir. L’une d’entre elles est la présence éventuelle d’ambre dans les contextes nord-africains à partir du 5ème et 3ème millénaire avant JC et sa caractérisation archéométrique, compte tenu notamment de l’implication possible de cette région dans le réseau d’échange méditerranéen.
    De même, une exploration systématique des ressources d’ambre nord-africaines devrait être justifiée ; il n’y a actuellement aucun gisement géologique d’ambre connu en Afrique du Nord, à l’exception d’une localité en Tunisie qui reste à confirmer.

    #Préhistoire #Ambre #Péninsule_ibérique #Paléolithique #Age_du_bronze
    #Mercedes_Murillo-Barroso, #Enrique_Peñalver, #Marcos_Martinón-Torres
    #Université_de_Grenade

    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0202235
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0202235.g017&size=inline


  • Claudine Cohen, une femme dans la préhistoire
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/claudine-cohen-une-femme-dans-la-prehistoire

    Que connaît-on aujourd’hui du rôle de la femme préhistorique ? Que nous apporte aujourd’hui l’ethno-archéologie sur la connaissance que l’on a des peuples chasseurs-cueilleurs ?

    De la même façon que le récit mythologique de nos ancêtres les gaulois réfractaires, le récit préhistorique a été construit sur un modèle quasi exclusivement masculin : Homme de Cro-Magnon, Homme de Neandertal, pas beaucoup de place pour les femmes dans les lignées humaines. Si la découverte de Lucy a tenté de corriger le tir, la question du rôle social, de la place de la femme dans les sociétés préhistoriques reste très largement conditionnée aux stéréotypes sociaux contemporains : l’homme à la chasse, la femme à la caverne. Comment étudier la place réelle des femmes dans ces proto-sociétés ? C’est un long et très complexe travail de déconstruction.

    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2018/08/75fcf61a-afb4-47bf-b5a2-1b2a6a5b07d1/738_venus_of_brassempouy.webp

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14312-30.08.2018-ITEMA_21789035-3.mp3

    #préhistoire #femmes #Claudine_Cohen #audio #radio #podcast


  • Heilt intakt etter nesten 40.000 år under isen – NRK Urix – Utenriksnyheter og -dokumentarer

    https://www.nrk.no/urix/heilt-intakt-etter-nesten-40.000-ar-under-isen-1.14184498

    Le cadavre d’un poulain presque intact découvert dans le cratère de Batagaika, après avoir passé presque 40 000 ans sous la glace.

    Le dégel du pergélisol dans la taïga sibérienne a conduit à la découverte d’animaux préhistoriques dans la région. Ce jeune cheval est probablement le mamifère le mieux conservé à ce jour.

    Eit nesten heilt intakt hestekadaver, som nyleg vart funne i ei krater i det austlege Sibir, er truleg mellom 30.000 og 40.000 år gammalt, trur russiske forskarar.

    40.000 år gammal hest funnen i isen i Sibir.

    Forskarar ved Universitetet i Jakutsk i Sibir i Russland er i gang med undersøkingane av den mellom 30.000 og 40.000 år gamle unghesten.

    Det stadig varmare klimaet har ført til at permafrosten på den sibirske taigaen er i ferd med å tine. Det har ført til stadig fleire funn av forhistoriske dyr i området, som har vorte kalla « naturens store djupfrysar ». Unghesten som vart funnen tidlegare denne månaden, er truleg det best bevarte dyrekadaveret som er funne hittil.

    #préhistoire #cheval #climat #pergélisol cc @mad_meg prcequ’il y a un « musée du mamouth » à Iakoutsk !


  • Comment les agriculteurs du Néolithique se sont adaptés au changement climatique.

    L’étude, (...) portait sur la ville néolithique et chalcolithique de Çatalhöyük, dans le sud de l’Anatolie, en Turquie.

    Au plus fort de l’occupation de la ville, un événement climatique bien documenté, il y a 8 200 ans, a entraîné une diminution soudaine des températures mondiales provoquée par la libération d’une énorme quantité d’eau de fonte glaciaire provenant d’un immense lac d’eau douce du nord du Canada.

    En examinant les ossements d’animaux mis au jour sur le site, les scientifiques ont conclu que les éleveurs de la ville s’étaient tournés vers les moutons et les chèvres, ces animaux étant plus résistants à la sécheresse que les bovins.

    Étude des marques de coupe sur les os d’animaux au sujet des pratiques de boucherie : le nombre élevé de ces marques au moment de l’événement climatique a montré que la population travaillait à l’exploitation de toute viande disponible en raison de la pénurie alimentaire.

    Les auteurs ont également examiné les graisses animales qui ont survécu dans d’anciennes marmites. Ils ont détecté la présence de graisses de carcasses de ruminants, en accord avec l’assemblage d’os animaux découvert à Çatalhöyük. Pour la première fois, il a été démontré que les composés des graisses animales détectés dans la poterie étaient porteurs d’événement climatique dans leur composition isotopique.

    En effet, en utilisant le principe « vous êtes ce que vous mangez (et buvez) », les scientifiques ont déduit que l’information isotopique transportée dans les atomes d’hydrogène (rapport deutérium-hydrogène) des graisses animales reflétait celle des anciennes précipitations. Une modification du signal de l’hydrogène a été détectée dans la période correspondant à l’événement climatique, suggérant ainsi des changements dans les régimes de précipitations sur le site à ce moment.

    Une nouvelle technique de recherche.

    (...)

    Dr Mélanie Roffet-Salque, auteur principal du document, a déclaré : « Les changements dans les modèles de précipitations dans le passé sont traditionnellement obtenus en utilisant des carottes de sédiments océaniques ou lacustres.
     » C’est la première fois que ces informations proviennent de marmites . Nous avons utilisé le signal véhiculé par les atomes d’hydrogène provenant des graisses animales piégées dans les récipients en céramique après la cuisson.

    « Cela ouvre une toute nouvelle voie d’investigation - la reconstruction du climat passé à l’endroit même où les gens vivaient de la poterie. »

    Le co-auteur, le professeur Richard Evershed, a ajouté : « Il est vraiment significatif que les modèles climatiques de l’événement soient en parfait accord avec les signaux H que nous voyons dans les graisses animales conservées dans les pots. »

    « Les modèles indiquent les changements saisonniers auxquels les agriculteurs auraient dû s’adapter - des températures globalement plus froides et des étés plus secs - qui auraient eu des conséquences inévitables sur l’agriculture. »

    https://doi.org/10.1073/pnas.1803607115
    #Préhistoire #Néolithique #changement_climatique #agriculture #Çatalhöyük
    #8200BP

    #Université_de_Bristol #Université_Adam_Mickiewicz_Pologne #Unversité_de_Plymouth #Université_de_Gdańsk #Université_de_Stanford
    #Mélanie_Roffet-Salque, #Arkadiusz_Marciniak, #Paul_J._Valdes, #Kamilla_Pawłowska, #Joanna_Pyzel, #Lech_Czerniak, #Marta_Krüger, #C._Neil_Roberts, #Sharmini_Pitter, and #Richard_P._Evershed

    http://www.bristol.ac.uk/news/2018/august/neolithic-people-climate-change--.html


  • Première découverte d’un fossile hybride : Père Denisovien, mère Néandertal

    Les néandertaliens et les Denisovans sont des groupes éteints d’hominidés qui se sont séparés il y a plus de 390 000 ans.
    [L’étude présente] le génome de ’Denisova 11’, un fragment d’os de la grotte de Denisova (Russie) et montre qu’il provient d’un individu qui avait une mère néandertalienne et un père Denisovan.
    Le père, dont le génome porte des traces d’ascendance néandertalienne, provenait d’une population apparentée à un Denisovan retrouvé dans la grotte.

    Un intérêt pour les migrations.

    La mère provenait d’une population plus proche des Néandertaliens qui vivaient plus tard en Europe, que d’un ancien néandertalien trouvé dans la grotte Denisova, suggérant que les migrations des Néandertaliens entre l’Eurasie orientale et occidentale s’étaient produites il y a 120 000 ans.

    La découverte d’une progéniture de Néandertal-Denisovan de première génération parmi le petit nombre de spécimens archaïques séquencés à ce jour suggère que le mélange entre des groupes d’hominidés du Pléistocène tardif était courant lorsqu’ils se sont rencontrés.

    #Préhistoire #Paléolithique #Néandertal #Denisovien #Denisova #40000BP #Viviane_Slon #Fabrizio_Mafessoni #Benjamin_Vernot #Max Planck Institute #University_of_Toronto #Russian_Academy_of_Sciences


    https://doi.org/10.1038/s41586-018-0455-x


  • Découverte du plus ancien et le plus grand cimetière monumental d’Afrique orientale. ... des mégalithes en Afrique.
    20 août 2018

    Une équipe internationale, comprenant des chercheurs de l’université Stony Brook et de l’institut Max Planck pour la science de l’histoire humaine, a trouvé le plus ancien et le plus grand cimetière monumental d’Afrique orientale. Le site de Lothagam North Pillar été construit il y a 5 000 ans par les premiers pasteurs vivant autour du lac Turkana, au Kenya. On pense que ce groupe a eu une société égalitaire, sans hiérarchie sociale stratifiée. Ainsi, leur construction d’un projet public aussi vaste contredit des récits de longue date sur les sociétés complexes du début, qui suggèrent qu’une structure sociale stratifiée est nécessaire pour permettre la construction de grands bâtiments publics ou de monuments.

    (résumé de ScienceDaily).

    Le site était un cimetière construit et utilisé pendant plusieurs siècles, il y a environ 5 000 à 4 300 ans. Les premiers éleveurs ont construit une plate-forme d’environ 30 mètres de diamètre et ont creusé une grande cavité dans le centre pour enterrer leurs morts. Après que la cavité ait été remplie et recouverte de pierres, les constructeurs ont posé de grands piliers de mégalithes, dont certains provenaient d’un kilomètre de distance. Des cercles de pierre et des cairns ont été ajoutés à proximité. Un minimum estimé à 580 individus était densément enterré dans la cavité centrale du site. Les hommes, les femmes et les enfants d’âges différents, des nourrissons aux personnes âgées, ont tous été enterrés dans la même zone, sans qu’aucune sépulture particulière ne soit traitée avec un traitement spécial. De plus, essentiellement tous les individus étaient enterrés avec des ornements personnels et la distribution des ornements était à peu près égale dans tout le cimetière. Ces facteurs indiquent une société relativement égalitaire sans forte stratification sociale.

    Une société égalitaire capable de construire d’importants monuments permanents.

    Historiquement, les archéologues ont théorisé que les gens construisaient des monuments permanents pour rappeler une histoire, des idéaux et une culture communs, lorsqu’ils avaient établi une société agricole sédentaire et socialement stratifiée avec des ressources abondantes et un leadership fort. On pensait qu’une structure politique et des ressources pour la spécialisation étaient des conditions préalables à la construction de monuments. Les monuments anciens ont donc été considérés auparavant comme des indicateurs fiables de sociétés complexes ayant des classes sociales différenciées. Cependant, le cimetière de Lothagam Nord a été construit par des pasteurs mobiles qui ne montrent aucune preuve d’une hiérarchie sociale rigide. « Cette découverte remet en cause les idées antérieures sur la monumentalité », explique Elizabeth Sawchuk de l’Université Stony Brook et l’Institut Max Planck pour la science de l’histoire humaine. « En l’absence d’autres preuves, Lothagam North fournit un exemple de monumentalité qui n’est pas manifestement liée à l’émergence de la hiérarchie, nous obligeant à considérer d’autres récits de changement social. »

    Cette découverte est cohérente avec des exemples similaires existant ailleurs en Afrique et sur d’autres continents dans lesquels de grandes structures monumentales ont été construites par des groupes jugés égalitaires dans leur organisation sociale. Cette recherche a le potentiel de remodeler les perspectives mondiales sur la façon dont - et pourquoi - de grands groupes de personnes s’unissent pour former des sociétés complexes.

    Dans ce cas, il semble que Lothagam North ait été construit pendant une période de profond changement. Le pastoralisme venait d’être introduit dans le bassin de Turkana et les nouveaux arrivants arrivant avec des moutons, des chèvres et du bétail auraient rencontré divers groupes de pêcheurs-chasseurs-cueilleurs vivant déjà autour du lac. En outre, les nouveaux arrivants et les habitants ont été confrontés à une situation environnementale difficile, les précipitations annuelles ayant diminué pendant cette période et le lac Turkana ayant diminué de près de 50%. Les premiers éleveurs ont peut-être construit le cimetière comme un lieu où les gens se rassemblent pour former et entretenir des réseaux sociaux capables de faire face aux grands changements économiques et environnementaux.

    « Les monuments ont peut-être servi de lieu de rassemblement, de resserrement des liens sociaux et de renforcement de l’identité communautaire », déclare Anneke Janzen, également de l’Institut Max Planck pour la science de l’histoire humaine. « L’échange d’informations et l’interaction par le biais de rituels partagés ont peut-être aidé les éleveurs mobiles à naviguer dans un paysage physique en pleine mutation. » Après plusieurs siècles, le pastoralisme s’est enraciné et le niveau des lacs s’est stabilisé. C’est à cette époque que le cimetière a cessé d’être utilisé.
    (...).

    #Préhistoire #Néolithique #pratiques_funéraires #mégalithes #5000BP #Afrique #Turkana
    #Stony_Brook_University #Max_Planck_Institute

    Elisabeth A. Hildebrand, Katherine M. Grillo, Elizabeth A. Sawchuk, Susan K. Pfeiffer, Lawrence B. Conyers, Steven T. Goldstein, Austin Chad Hill, Anneke Janzen, Carla E. Klehm, Mark Helper, Purity Kiura, Emmanuel Ndiema, Cecilia Ngugi, John J. Shea, Hong Wang. A monumental cemetery built by eastern Africa’s first herders near Lake Turkana, Kenya. Proceedings of the National Academy of Sciences, 2018; 201721975 DOI: 10.1073/pnas.1721975115

    Massive Monumental Cemetery Near Lake Turkana | Max Planck Institute for the Science of Human History
    http://www.shh.mpg.de/1030272/lake-turkana