#préhistoire

  • Qui est Homo Sapiens ? D’où vient-il et comment a-t-il survécu jusqu’à aujourd’hui ? Quel est son avenir ?
    #homosapiens #préhistoire #archéologie

    https://sms.hypotheses.org/23770

    Qui est Homo sapiens ? Pourquoi et comment ce contemporain de Neandertal a-t-il survécu jusqu’à aujourd’hui ? François Bon tente d’y répondre en reconstituant le parcours de Sapiens, de son apparition en Afrique il y a environ 300 000 ans aux différentes vagues de migration qui l’ont amené à peupler l’ensemble du globe. Il aborde la question de la rencontre entre Sapiens et Neandertal en s’appuyant sur la récente découverte de gènes néandertaliens chez certaines populations européennes.

    Descendant d’Homo Erectus, né en Afrique, Homo sapiens a migré vers le Proche-Orient il y a plus de 100 000 ans puis essaimé vers l’Europe et l’Asie, jusqu’à atteindre l’Australie vers – 50 000 ans. Plongée en ces temps préhistoriques pour mieux saisir la spécificité de l’espèce Sapiens au sein de la lignée des hominidés ainsi que les raisons de son succès.

    • Donc l’intolérance au lactose n’est pas seulement une mode destinée à montrer sa singularité ?

      Intéressant... Je n’avais aucune idée que ça pourrait varier si vite.

      "This combination of physical traits has been previously noted in other European hunter-gatherers, suggesting that this phenotype was widespread in Mesolithic Europe and that the adaptive spread of light skin pigmentation in European populations only occurred later in prehistory,” wrote Schroeder and his colleagues.

    • This single discarded piece of ancient chewing gum tells us that the ancient woman, who Schroeder and his colleagues have nicknamed Lola, was probably lactose intolerant, ate duck and hazelnuts, and may recently have had pneumonia. She also had blue eyes, dark brown hair, and dark skin

      #chewing_gum

      Article original :

      A 5700 year-old human genome and oral microbiome from chewed birch pitch
      Theis Z. T. Jensen, Jonas Niemann, Katrine Højholt Iversen, Anna K. Fotakis, Shyam Gopalakrishnan, Åshild J. Vågene, Mikkel Winther Pedersen, Mikkel-Holger S. Sinding, Martin R. Ellegaard, Morten E. Allentoft, Liam T. Lanigan, Alberto J. Taurozzi, Sofie Holtsmark Nielsen, Michael W. Dee, Martin N. Mortensen, Mads C. Christensen, Søren A. Sørensen, Matthew J. Collins, M. Thomas P. Gilbert, Martin Sikora, Simon Rasmussen & Hannes Schroeder
      Nature Communications 10:5520 (2019)
      https://www.nature.com/articles/s41467-019-13549-9

      A rajouter à la compilation #archéologie :
      https://seenthis.net/messages/633249

      #histoire #préhistoire #anthropologie #civilisation #évolution #nourriture #genome #microbiome

  • Le parcours des Hominidés jusqu’à l’Homo Sapiens à travers leurs migrations, adaptations et innovations, mais aussi leurs arts et rites #préhistoire #hominidés #HomoSapiens #evolution

    https://sms.hypotheses.org/22110

    D’où viennent et par où sont passés les Hominidés, ces ancêtres de l’Homme, et plus précisément de l’Homo Sapiens ? L’ouvrage collectif Pré-histoires, la conquête des territoires, retrace leur parcours, depuis Sahelanthropus jusqu’à Homo sapiens, à travers les voyages, migrations, adaptations et innovations techniques qui leur ont permis de coloniser des territoires aussi divers que le littoral, la montagne ou les îles. Il se penche aussi sur l’art et les rituels adoptés tout au long de la préhistoire : peintures et gravures rupestres, arrangements stalagmitiques de Bruniquel, sépultures de grottes ou de dolmens.

    Les auteurs suivent les pas de l’homme préhistorique à travers la grande diversité des milieux qu’il a traversés, qu’il a progressivement modelés et au sein desquels il a laissé de surprenantes empreintes de ses conquêtes. Celles-ci ont abouti à l’adaptation des humains à de multiples environnements qui ont façonné leurs sociétés.

    Au plus proche de nos ancêtres, il entraîne dans une grande enquête à la croisée de savoirs scientifiques multiples. Car archéologues, géologues, anthropologues, généticiens, géographes, climatologues, écologues, zoologues, chimistes et physiciens unissent désormais leurs compétences pour décrypter ce qui a fait l’homme hier et expliquer ce que nous sommes aujourd’hui devenus. Un long cheminement…

    D’une archéologie des littoraux ou du monde souterrain à celle des plaines, des montagnes ou des milieux insulaires, il présente les avancées les plus récentes des connaissances sur la préhistoire. Il incite aussi à réfléchir sur les fondements de l’humanité et à notre empreinte laissée sur les milieux. Des « pré-histoires », parfois étonnantes, sur la conquête du monde (...)

  • Une Vénus du paléolithique découverte à Amiens
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/12/04/une-venus-du-paleolithique-decouverte-a-amiens_6021702_1650684.html

    Des lieux les plus anodins, les archéologues sortent parfois les pièces les plus exceptionnelles. Ainsi de cette petite effigie paléolithique, exhumée cet été d’une fouille située à deux pas d’une zone d’activité commerciale (ZAC) de Renancourt, un quartier du sud-ouest d’Amiens (Somme), et présentée pour la première fois, mercredi 4 décembre, par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

    Vieille de 23 000 ans environ, la « Vénus de Renancourt » n’est haute que de 4 centimètres, mais elle compte au nombre des rares statuettes féminines de la période gravettienne retrouvées en France. Elle complète une série de quinze autres effigies, mises au jour depuis 2014 sur le même site mais sous forme fragmentaire.

    Dernière de cette série exceptionnelle, la « Vénus de Renancourt » a été découverte en juillet « au dernier jour de fouilles, sur le dernier mètre carré fouillé », raconte Clément Paris.

    #Préhistoire #Archéologie

  • Les derniers Néandertaliens interglaciares exploitaient les lapins à des fins alimentaires et pour leur fourrures.

    L’exploitation du petit gibier, en particulier des lapins, par les Néandertaliens, en tant que source de nourriture ou à des fins utilitaires, n’est plus un sujet de débat, étant donné que de plus en plus de preuves de telles pratiques existent en Europe à partir du Paléolithique moyen.

    Au lieu de cela, on cherche maintenant à savoir si les lapins étaient une proie occasionnelle ou étaient pleinement intégrés au système socio-économique de ces groupes humains.

    L’étude montre des restes de lapins (225 individus) provenant des gisements moustériens de Pié Lombard (Tourrettes-sur-Loup, Alpes-Maritimes, France) datant de la dernière période interglaciaire (stade 5 de l’isotope marin).

    (...) De multiples sources de données indiquent une exploitation récurrente et optimisée des carcasses directement sur le site, à la fois en tant que sources de viande (préférentiellement consommées rôties) et de moelle ainsi que pour leurs peaux, qui semblent avoir été transportées en dehors du site.

    (...) La fréquence élevée des lapins (...) est unique pour cette période et reflète probablement l’emplacement et la fonction de l’abri sous roche. La capture d’un nombre aussi élevé de ce petit mammifère a potentiellement nécessité des techniques d’acquisition sophistiquées, auparavant connues uniquement des contextes du Paléolithique supérieur. Enfin, [les] résultats ont jeté un nouvel éclairage sur les pratiques de subsistance, les systèmes de peuplement et le comportement socio-économique des Néandertaliens en Europe occidentale au cours de MIS 5.

    #Préhistoire #Paléolithique_moyen #Mousterien #MIS_5 #Interglaciaire #Nourriture

    The exploitation of rabbits for food and pelts by last interglacial Neandertals -
    https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277379119307681

    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0277379119307681-gr2.sml
    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0277379119307681-gr5.sml
    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0277379119307681-gr1.sml

  • Preuve de la destruction d’un outil de valeur en pierre à une fin rituel sur le site de la fin du Natoufien dans la grotte de Hilazon Tachtit il y a 12 000 ans.

    La destruction d’objets de valeur est un comportement courant dans l’histoire humaine. Les données ethnographiques montrent la nature polysémique, mais fondamentalement symbolique, de cet acte. Cependant, les recherches visant à explorer la destruction symbolique dans les sociétés préhistoriques ont souligné la difficulté d’établir des preuves non équivoques d’un tel comportement.

    [Les chercheurs présentent] ici l’analyse d’un fragment d’outil de basalte qui fournit des preuves de la casse intentionnelle associée à une activité rituelle il y a 12 000 ans. Le fragment d’outil faisait partie d’un ensemble unique d’objets funéraires déposés dans le sépulcre d’une femme qui aurait été un chaman (grotte de Hilazon Tachtit, Levant Sud).

    La reconstitution de l’histoire de la vie des artefacts à travers des analyses morphologiques, 3D, d’usure, de résidus et contextuelles suggère que : 1) le fragment faisait initialement partie d’un bol peu profond utilisé pour mélanger des cendres ou de la chaux avec de l’eau ; 2) le bol a ensuite été brisé intentionnellement par une desquamation selon plusieurs axes ; 3) Le bol n’a pas été utilisé après sa rupture, mais placé dans une cache avant l’enterrement du défunt, accompagné d’autres objets spéciaux.

    Le fragment de bol brisé souligne le caractère rituel de l’acte de rupture dans la société natoufienne. Les recherches présentées dans cet article ouvrent une fenêtre importante sur le comportement rituel du peuple natoufien au cours de la période critique de transformation des communautés agricoles. De plus, [ces] résultats offrent un nouvel aperçu des pratiques relatives à la destruction intentionnelle d’objets de valeur associés aux cérémonies liées à la mort à la fin du paléolithique.

    Evidence of ritual breakage of a ground stone tool at the Late Natufian site of Hilazon Tachtit cave (12,000 years ago)
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0223370
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0223370.g004&size=inline

    #préhistoire #Paléolithique #rites #12000BP #mort

  • A quoi pouvait donc ressembler les Denisoviens ?

    Les Denisoviens sont un groupe d’humains éteint dont la morphologie reste inconnue.

    L’article présente une

    méthode pour reconstruire la morphologie du squelette en utilisant des modèles de méthylation de l’ADN [qui] consiste à relier les changements de méthylation unidirectionnels aux phénotypes de perte de fonction. [Les chercheurs ont] testé les performances en reconstituant les morphologies squelettiques de Néandertal et de chimpanzés et avons obtenu une précision supérieure à 85% dans l’identification des traits divergents. [Ils ont] ensuite appliqué cette méthode au Denisovan et [ont] proposé un profil morphologique putatif. [Ils suggèrent] que les Denisovans ont probablement partagé avec des Néandertaliens des traits tels qu’un visage allongé et un large bassin. [Ils ont identifié] également des modifications dérivées de Denisovan, telles qu’une augmentation de l’arcade dentaire et une expansion crânienne latérale.

    Le matériel utilisé était le

    seul os de Denisovan informatif sur le plan morphologique à ce jour, ainsi qu’au crâne de Xuchang, suggéré par certains comme étant un Denisovan

    Reconstructing Denisovan Anatomy Using DNA Methylation Maps : Cell
    https://www.cell.com/cell/abstract/S0092-8674(19)30954-7

    #Préhistoire #Paléolithique #Denisova #ADN
    #David Gokhman, Nadav Mishol,Marc de Manuel,David de Juan,Jonathan Shuqrun,Eran Meshorer,Tomas Marques-Bonet,Yoel Rak,Liran Carmel

    Publication : Cell
    Publisher : Elsevier
    Date : 19 September 2019

    DOI : https://doi.org/10.1016/j.cell.2019.08.035

  • Humans migrated to Mongolia much earlier than previously believed
    https://phys.org/news/2019-08-humans-migrated-mongolia-earlier-previously.html

    Stone tools uncovered in Mongolia by an international team of archaeologists indicate that modern humans traveled across the Eurasian steppe about 45,000 years ago, according to a new University of California, Davis, study. The date is about 10,000 years earlier than archaeologists previously believed.

    #archéologie #aventure_humaine #migration #préhistoire #Mongolie

  • Le plus ancien calendrier lunaire aurait 10 000 ans.

    The oldest lunar calendar is a pebble engraved 10,000 years ago, found in the Alban Hills near Rome, Italy | Sapienza Università di Roma

    https://www.uniroma1.it/en/notizia/oldest-lunar-calendar-pebble-engraved-10000-years-ago-found-alban-hills-nea

    A new notational artifact from the Upper Paleolithic? Technological and traceological analysis of a pebble decorated with notches found on Monte Alto (Velletri, Italy) - Altamura, F. - Journal of Archaeological Science: Reports 2019, 26, 101925.
    DOI: https://doi.org/10.1016/j.jasrep.2019.101925


    #Préhistoire #Paléolithique #calendrier #temps #10000BP #07/2019

  • Il y a 9 000 ans, une communauté aux problèmes urbains modernes.

    Les bioarchéologues rapportent de nouvelles découvertes dans les anciennes ruines de Çatalhöyük, en Turquie moderne. Les résultats donnent une idée de ce qu’était une vie humaine au moment du passage d’un mode de vie nomade de chasse et de cueillette à une vie plus sédentaire construite autour de l’agriculture.

    Il y a environ 9 000 ans, les habitants de l’une des premières grandes communautés agricoles du monde comptaient également parmi les premiers humains à faire face aux dangers de la vie urbaine moderne.

    Des scientifiques qui étudient les anciennes ruines de Çatalhöyük, dans la Turquie moderne, ont découvert que ses habitants - entre 3 500 et 8 000 habitants à son apogée - connaissaient la surpopulation, les maladies infectieuses, la violence et les problèmes environnementaux.

    (...)

    « Çatalhöyük a été l’une des premières communautés proto-urbaines au monde et les résidents ont vécu ce qui se passait lorsque l’on réunissait de nombreuses personnes dans une petite zone pendant une période prolongée ».

    (...)

    Çatalhöyük a commencé comme une petite colonie vers 7100 av. J.-C., probablement constituée de quelques maisons de briques en terre crue dans ce que les chercheurs appellent la période Early. Elle a atteint son apogée entre 6700 et 6500 av. J.-C. avant le déclin rapide de la population à la fin de la période. Çatalhöyük a été abandonné vers 5950 av.

    Alimentation.

    L’agriculture a toujours été une partie importante de la vie dans la communauté.(...) : les résidents avaient une alimentation trop riche en blé, en orge et en seigle, ainsi qu’une gamme de plantes non domestiquées.

    (...) Les protéines dans leur régime alimentaire, [provenaient] d’ovins, de caprins et d’animaux non domestiques. Les bovins domestiques ont été introduits à la fin de la période, mais les moutons ont toujours été les animaux domestiques les plus importants dans leur régime alimentaire.

    « Ils ont cultivé et élevé des animaux dès qu’ils ont eu créé la communauté, mais ils intensifiaient leurs efforts à mesure que la population augmentait ».

    La diète riche en céréales signifiait que certains résidents développaient bientôt une carie dentaire - l’une des soi-disant « maladies de la civilisation ». Les résultats ont montré qu’environ 10 à 13% des dents d’adultes découvertes sur le site présentaient des signes de caries dentaires.

    Agriculture et changement climatique.

    Les changements au fil du temps dans la forme des sections transversales des os de la jambe ont montré que les membres de la communauté à la fin de la période de Çatalhöyük marchaient beaucoup plus que les premiers habitants. Cela suggère que les résidents ont dû déplacer l’agriculture et le pâturage plus loin de la communauté au fil du temps.

    « [Les chercheurs pensent] que la dégradation de l’environnement et le changement climatique ont forcé les membres de la communauté à s’éloigner de la colonie pour s’installer dans des fermes et à trouver des provisions comme du bois de chauffage ». « Cela a contribué à la disparition ultime de Çatalhöyük. »

    D’autres recherches suggèrent que le climat au Moyen-Orient est devenu plus sec au cours de l’histoire de Çatalhöyük, ce qui a rendu l’agriculture plus difficile.

    Les résultats de la nouvelle étude suggèrent que les résidents ont souffert d’un taux d’infection élevé, probablement en raison de la surpopulation et d’une mauvaise hygiène. Jusqu’à un tiers des restes de la période précoce montrent des signes d’infections des os.

    Architecture et hygiène.

    Au plus fort de la population, les maisons ont été construites comme des appartements ne laissant aucun espace entre eux. Les résidents entraient et sortaient par des échelles sur les toits des maisons.

    Les fouilles ont montré que les murs et les sols intérieurs étaient souvent recouverts d’argile. Et tandis que les résidents gardaient leurs sols pratiquement sans débris, l’analyse des murs et des sols des maisons a montré des traces de matières fécales animales et humaines.

    « Ils vivent dans des conditions de surpeuplement, avec des fosses à ordures et des enclos pour animaux juste à côté de certaines de leurs maisons. Il y a donc toute une série de problèmes d’assainissement qui pourraient contribuer à la propagation de maladies infectieuses », a déclaré Larsen.

    Surpeuplement et violence.

    Les conditions de surpeuplement à Çatalhöyük pourraient également avoir contribué à des niveaux élevés de violence entre résidents, selon les chercheurs.

    Sur un échantillon de 93 crânes de Çatalhöyük, plus d’un quart - 25 personnes - ont présenté des signes de fractures cicatrisées. Et 12 d’entre eux ont été victimes plus d’une fois, avec deux à cinq blessures sur une période donnée. La forme des lésions suggère que les coups portés à la tête par des objets durs et ronds les ont causés - et que des boules d’argile de taille et de forme correspondantes ont également été trouvées sur le site.

    Plus de la moitié des victimes étaient des femmes (13 femmes et 10 hommes). Et la plupart des blessures se trouvaient au sommet ou à l’arrière de la tête, ce qui donne à penser que les victimes ne faisaient pas face à leurs agresseurs lorsqu’elles étaient frappées.

    « Nous avons constaté une augmentation des lésions crâniennes au cours de la période moyenne, lorsque la population était la plus nombreuse et la plus dense », a déclaré Larsen.

    « On pourrait argumenter que le surpeuplement entraîne une augmentation du stress et des conflits au sein de la communauté. »

    Composition des ménages.

    La plupart des gens ont été enterrés dans des fosses creusées dans le sol des maisons et les chercheurs pensent qu’ils ont été enterrés sous les maisons dans lesquelles ils vivaient. Cela a conduit à une découverte inattendue : la plupart des membres d’un ménage n’étaient pas liés biologiquement.

    Les chercheurs ont découvert cela en découvrant que les dents d’individus enfouis sous la même maison n’étaient pas aussi semblables que ce à quoi on pourrait s’attendre si elles étaient apparentées.

    "La morphologie des dents est hautement contrôlée génétiquement. Les personnes apparentées présentent des variations similaires dans la couronne de leurs dents et nous n’avons pas trouvé cela chez des personnes enterrées dans les mêmes maisons."

    Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les relations des personnes qui vivaient ensemble à Çatalhöyük, a-t-il déclaré. "C’est toujours une sorte de mystère."

    Dans l’ensemble, Larsen a déclaré que l’importance de Çatalhöyük est qu’il s’agissait de l’un des premiers « méga-sites » néolithiques au monde construit autour de l’agriculture.

    "Nous pouvons en apprendre davantage sur les origines immédiates de nos vies aujourd’hui, sur notre organisation en communautés. Bon nombre des défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont les mêmes que ceux qu’ils ont eus à Çatalhöyük - seulement magnifiés."

    9,000 years ago, a community with modern urban problems
    https://news.osu.edu/9000-years-ago-a-community-with-modern-urban-problems

    #Préhistoire #Néolithique #Çatalhöyük #sédentarisation #villes #9000BP #mode_de_vie #violence #peuplement

    DOI : 10.1073/pnas.1904345116

  • Des gravures d’animaux datant de 12.000 ans découvertes à Angoulême -

    (...) Une surprise pour les archéologues car cette pièce est datée d’environ 12.000 ans avant notre ère, ce qui correspond à la période dite de l’Azilien. Or « l’art azilien est souvent considéré comme une rupture, il marque un abandon du figuratif au profit de l’abstraction », explique l’Inrap.

    « Trouver des chevaux et d’autres animaux dessinés à cette période de l’Azilien récent, c’est exceptionnel », estime Valérie Feruglio, préhistorienne spécialiste de l’art préhistorique. (...)

    Sciences et Avenir
    https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/des-gravures-d-animaux-datant-de-12-000-ans-decouvertes-a-angouleme


    #Préhistoire #Paléolithique #Art_rupestre #Azilien #Europe #France #Inrap

  • De #femme en femme, les vénus des chasseurs préhistoriques ! - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=iB4c4KML-84&list=PLEnK6o7pdzkcOXswIItmemHGLTf0d0NZ6&index=79

    Lors de la dernière période glaciaire en Europe, les femmes charmaient les rêves des premiers artistes de l’humanité, chasseurs de rennes, mammouths ou chevaux. Elles se profilèrent bien souvent sur l’horizon de leurs imaginaires, dans des grottes et, statuettes de pierre ou d’ivoire, animèrent leurs habitats. Ainsi la superbe Vénus de Lespugue, plantée dans le sol près du foyer projetait-t-elle son ombre mouvante sur la paroi du petit abri de Gravettiens dans le piémont pyrénéen, tandis que la Vénus impudique devait exprimer quelques émois parmi les nombreux habitants magdaléniens de l’immense abri périgourdin de Laugerie, en bordure de Vézère. L’esthétique diamétralement opposée de ces deux chefs-d’œuvre du Musée de l’Homme, invite à la réflexion admirative sur le génie créateur des Sapiens d’alors, faisant de l’Image, le creuset du sens et le support sensible de la communication. Denis Vialou, préhistorien au Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l’Académie des Sciences d’Outremer, étudie avec son équipe de recherche associée au CNRS la #préhistoire des #Sapiens en Europe et en Amérique du Sud. Leurs recherches comparatives sont essentiellement consacrées aux comportements symboliques, dans leurs manifestations monumentales ou sous forme d’objets, et aux comportements économiques et sociaux.

  • Energie, hiérarchie et origine de l’inégalité

    Je vous livre un très grand extrait d’une étude publié le 24 avril de cette année. J’ai, par soucis pour une lecture fluide, enlevé les références bibliographiques mais je pense que je vais les remettre tant elles sont importantes.

    Où devrions-nous chercher pour comprendre l’origine de l’inégalité ? Je propose une fenêtre de preuves inhabituelle : les sociétés modernes. Je suppose que la preuve de l’origine de l’inégalité est codée dans la structure institutionnelle des sociétés industrielles. Pour tester cette idée, j’utilise un modèle pour projeter les tendances modernes dans le passé. Ce modèle prend la relation moderne entre énergie, hiérarchie et inégalité et crée une image rétrospective de l’origine de l’inégalité. Les résultats sont globalement cohérents avec les preuves disponibles. Le modèle prédit une explosion des inégalités avec le passage de la cueillette à l’agriculture, suivi d’un plateau. Cette découverte ouvre potentiellement une nouvelle fenêtre de preuve sur l’origine de l’inégalité.

    L’origine de l’inégalité est l’un des grands mystères de l’évolution sociale de l’homme. Pendant la plus grande partie de notre histoire, nous avons vécu dans de petits groupes farouchement égalitaires [1]. Mais il y a environ 10 000 ans, quelque chose a changé [2, 3]. Pour des raisons qui restent mal comprises, nous avons commencé à abandonner notre état ancestral et avons commencé à permettre à certaines personnes de disposer de beaucoup plus de ressources que d’autres. Au début, l’inégalité était l’exception, mais elle s’est rapidement répandue jusqu’à devenir la forme d’organisation la plus répandue.

    Cette grande transition a intrigué les scientifiques pendant des siècles [2–11]. Mais comme l’origine de la vie, l’origine de l’inégalité est frustrante et difficile à étudier. Le problème est que les origines restent liées au passé, ce qui signifie que les preuves sont rares. Malgré tout, nous avons progressé. Avec beaucoup d’efforts, nous avons trouvé trois « fenêtres » d’éléments de preuve sur l’origine de l’inégalité : le récit archéologique [10-19], les sociétés traditionnelles survivantes [20-25] et le récit écrit de l’inégalité [26-30].

    Ces fenêtres se concentrent soit sur des sociétés disparues depuis longtemps, soit sur des sociétés dont la forme est archaïque. C’est parfaitement raisonnable, mais cela limite également les preuves que nous pouvons découvrir. Les archives archéologiques et écrites sur les inégalités seront toujours rares. Et les sociétés traditionnelles disparaissent rapidement du monde. Compte tenu des limites de ces fenêtres, où pourrait-on chercher ailleurs pour étudier l’origine de l’inégalité ? Je suggère que nous puissions nous inspirer de la biologie de l’évolution.

    L’une des avancées majeures dans l’étude de l’origine de la vie a été la découverte que l’ADN des organismes vivants contient une histoire codée de leur évolution [31]. Est-ce que quelque chose de semblable pourrait être vrai des sociétés humaines ? La structure sociale des sociétés modernes pourrait-elle contenir une histoire codée de l’origine de l’inégalité ? Je teste cette possibilité ici. J’utilise les institutions comme corollaire social de l’ADN. Les institutions sont des systèmes d’organisation transmis d’une génération à l’autre. Je pense que nous pouvons utiliser les tendances institutionnelles modernes pour déduire l’origine de l’inégalité.

    En regardant les sociétés modernes, [l’auteur] trouve deux tendances importantes (...). Premièrement, les sociétés qui utilisent plus d’énergie ont tendance à avoir des institutions plus grandes. Deuxièmement, les institutions modernes sont organisées hiérarchiquement et le revenu augmente rapidement avec le rang. Quel est le lien avec l’origine de l’inégalité ? La clé est que la croissance de la taille de l’institution peut être interprétée comme la croissance de la hiérarchie. L’idée est que, au fur et à mesure que la hiérarchie se développe, elle concentre les ressources au sommet, conduisant potentiellement à une plus grande inégalité. La tendance moderne est à une plus grande utilisation de l’énergie et à une plus grande hiérarchie. Pour en déduire l’origine des inégalités, je propose d’inverser cette tendance et de la projeter en arrière dans le temps. J’appelle cela l’hypothèse de « l’énergie-hiérarchie-inégalité » (EHI).

    Je vous passe les détails et je me suis intéressé à la discussion :

    Les Limites du modèle

    Le modèle énergie-hiérarchie-inégalité est construit sur la corrélation et n’est pas destiné à répondre aux questions de causalité. C’est une limitation, mais c’est aussi la raison principale pour laquelle le modèle fournit des informations.

    Le modèle prend deux corrélations en entrée :
    (1) la corrélation entre la consommation d’énergie et la taille de l’établissement ; et
    (2) la corrélation entre le pouvoir hiérarchique et le revenu.

    Le modèle n’explique pas pourquoi ces corrélations existent. Au lieu de cela, il explique pourquoi ils pourraient être importants pour l’origine de l’inégalité.

    Le modèle indique que si ces tendances existaient dans le passé, elles impliquent que des inégalités se sont produites pendant la transition vers l’agriculture.

    Même si cela fonctionne au niveau de la corrélation, c’est un aperçu important. Cela suggère que les tendances modernes ouvrent une nouvelle fenêtre sur l’origine de l’inégalité. La tâche des recherches futures consiste à utiliser cette fenêtre pour mieux comprendre les causes ultimes.

    Causalité

    Pour l’hypothèse EHI, comprendre le lien de causalité signifie expliquer nos deux corrélations. Nous voulons savoir pourquoi la croissance de la consommation d’énergie est liée à la croissance de la hiérarchie et pourquoi le revenu augmente avec le pouvoir hiérarchique. Répondre à ces questions dépasse le cadre de cet article. Mais [l’auteur va spéculer] ici.

    [Il] soupçonne que l’énergie est liée à la hiérarchie via une boucle de rétroaction, ce qui signifie que la causalité fonctionne dans les deux sens. [Il] pense cela parce que des preuves différentes suggèrent des directions causales différentes. L’effondrement de l’Union soviétique est un exemple où la hiérarchie semble être le moteur de la consommation d’énergie. Lorsque le gouvernement soviétique s’est effondré, la consommation d’énergie dans les anciens États soviétiques a considérablement diminué. Comme il n’y avait pas de pénurie mondiale d’énergie à l’époque, on peut raisonnablement en déduire que l’effondrement des institutions a entraîné une baisse de la consommation d’énergie.

    Mais nous pouvons aussi penser aux raisons de la causalité inverse - quand l’énergie pousse (ou limite) la croissance de la hiérarchie. Ceci est lié à la théorie de la stratification sociale fondée sur les surplus. Dans les sociétés agraires, le surplus d’énergie des agriculteurs est trop petit pour supporter de nombreux travailleurs non agricoles. Ainsi, il y a peu de place pour une classe de gestion. Mais si le surplus augmentait, il pourrait assouplir ces limites et permettre le développement de la hiérarchie. Ceci suggère que la croissance énergétique pourrait entraîner la croissance de la hiérarchie.

    Ces deux exemples suggèrent que la causalité peut aller dans les deux sens : l’énergie peut conduire à la croissance de la hiérarchie et inversement. Démêler ce processus de causalité est une tâche difficile pour les recherches futures.

    Qu’est-ce qui cause la relation entre le revenu et le pouvoir hiérarchique ? [l’auteur] pense que cela est probablement causé par de nombreux facteurs différents. Dans les hiérarchies despotiques (telles que les plantations à esclaves), les supérieurs peuvent avoir recours à la contrainte et à la force brutale pour tirer leurs revenus. Mais dans les hiérarchies moins despotiques, l’idéologie est probablement plus importante. La substance de ces idéologies diffère, mais la fonction est toujours la même : justifier le pouvoir des élites. Les sociétés traditionnelles justifient souvent le pouvoir par le biais de la parenté - en faisant remonter la lignée à un ancêtre fondateur. Les sociétés féodales utilisent la religion, comme dans le droit divin des rois. Les sociétés capitalistes utilisent la propriété pour justifier le pouvoir. Dans chaque société, l’idéologie justifie à la fois l’autorité des élites et leur meilleur accès aux ressources. Pour comprendre pourquoi le revenu est lié au pouvoir hiérarchique, [l’auteur] pense que nous devons comprendre les idéologies qui légitiment le pouvoir. Ces idéologies ont été bien étudiées, mais il reste beaucoup à apprendre.

    Nous devons également prendre au sérieux les pratiques sociales qui évoluent pour contrôler le pouvoir des élites. Dans les sociétés modernes, cela inclurait les syndicats et le contrôle démocratique. Il existe de fortes preuves que les syndicats limitent les inégalités. Cela suggère qu’en organisant des individus de rang inférieur, les syndicats contrôlent le pouvoir des élites. Il est également prouvé que le contrôle démocratique limite les revenus des élites. Par exemple, les PDG américains des secteurs réglementés par le gouvernement gagnent moins que les PDG des secteurs non réglementés. Et la rémunération des élites dans le secteur public sous contrôle démocratique est bien inférieure à celle du secteur privé. À titre d’exemple, le président des États-Unis gagne environ 40 fois moins que les PDG des plus grandes entreprises américaines.

    S’il existe de nombreuses causes plausibles à la relation pouvoir-revenu, leur étude nous ramène au problème de la mesure. Je me suis concentré sur le pouvoir hiérarchique, car il était facile à quantifier. Mais lorsque nous essayons de regarder "sous le capot" de ce pouvoir, la mesure devient difficile. Par exemple, comment mesurons-nous l’effet d’une idéologie ? Pour comprendre la causalité, nous devons lutter contre ces difficultés. Encore une fois, ceci est une tâche pour les recherches futures.

    Émergence de la hiérarchie.

    Bien que nous comprenions mal les mécanismes à l’œuvre, [l’auteur] voudrais spéculer sur l’histoire de l’origine racontée par le modèle EHI. Cela suggère que l’origine de l’inégalité peut être reformulée en tant qu’émergence d’une hiérarchie. Mais cela soulève une question. Après des centaines de milliers d’années de vie dans des sociétés (relativement) égalitaires, pourquoi les humains choisiraient-ils soudainement de s’organiser en hiérarchies despotiques ?

    Les scientifiques ont longtemps été perplexes sur cette question. La hiérarchie at-elle un avantage, comme le soutient la théorie fonctionnaliste ? Ou était-ce une question de contrainte, comme le prétend la théorie des conflits ? Ou bien l’émergence de la hiérarchie a-t-elle impliqué à la fois la fonction et la contrainte ? Je pense que ce dernier est le plus probable. Sans avantage fonctionnel, il est difficile de comprendre pourquoi une hiérarchie serait créée. Mais sans coercition, il est difficile de comprendre les grandes inégalités qui existent au sein des hiérarchies.

    Commençons par les avantages de la hiérarchie. Les preuves modernes indiquent que la hiérarchie augmente avec la consommation d’énergie. L’une des interprétations est que la hiérarchie permet ou est nécessaire pour une plus grande utilisation de l’énergie (pour une interprétation différente, voir Bichler S, Nitzan J. Growing Through Sabotage : Energizing Hierarchical Power. Capital as Power Working Papers. 2017 ;2017(02). ). Si cela est vrai, nous devons alors poser deux questions. Premièrement, pourquoi utiliser plus d’énergie est-il avantageux ? Deuxièmement, pourquoi la hiérarchie est-elle obligée d’utiliser plus d’énergie ?

    En ce qui concerne la première question, si la vie est la lutte pour l’énergie, alors utiliser plus d’énergie peut donner un avantage compétitif à un organisme (ou à un groupe d’organismes). C’est l’idée qui sous-tend le principe de puissance maximale, qui tente de donner une base énergétique à la forme physique darwinienne. Il propose que les organismes (et les écosystèmes) évoluent pour maximiser le pouvoir - le flux d’énergie par unité de temps. Bien qu’il ait un certain support empirique, le principe de la puissance maximale reste controversé.

    Néanmoins, il existe des exemples clairs où l’utilisation de plus d’énergie est avantageuse pour les groupes humains. Le plus remarquable est la guerre. L’évolution de l’armement militaire évolue vers des armes de plus en plus dévastatrices (arcs et flèches, armes à feu, missiles et ogives nucléaires). Cela se réduit à l’énergétique : la capacité de destruction d’une arme est proportionnelle à la quantité d’énergie dégagée. Il suffit de regarder l’histoire des conquêtes européennes pour voir comment un meilleur armement a conduit à un avantage collectif. Une plus grande utilisation d’énergie peut également permettre des avantages en termes de reproduction. Par exemple, dans les sociétés traditionnelles existantes, les sociétés agraires ont généralement une fertilité supérieure à celle des chasseurs-cueilleurs et des horticulteurs. Pour résumer, utiliser plus d’énergie peut être avantageux dans la compétition entre groupes. Nous pouvons considérer cela comme une forme de « sélection de groupe ». L’idée est que les groupes qui utilisent plus d’énergie surpassent les groupes qui utilisent moins d’énergie.

    Mais pourquoi une plus grande consommation d’énergie est-elle associée à une plus grande hiérarchie ? Une possibilité est que l’utilisation de plus d’énergie nécessite une plus grande coordination sociale et la hiérarchie est le moyen le plus efficace d’y parvenir. Voici [le] raisonnement de l’auteur.

    L’augmentation de la consommation d’énergie implique de profonds changements technologiques. Plus particulièrement, l’ampleur et la complexité de la technologie augmentent. [Il] suggère que cette complexité croissante nécessite plus de coordination sociale. C’est là qu’intervient la hiérarchie. Alors que les humains peuvent s’organiser sans hiérarchie, l’échelle semble limitée. Le problème est que la sociabilité humaine a probablement des limites biologiques. Les individus ne peuvent généralement pas entretenir plus de quelques centaines de relations sociales. La hiérarchie contourne ces limites. Un membre d’une hiérarchie n’a besoin d’interagir qu’avec son supérieur direct et ses subordonnés directs. Cela permet à la taille du groupe de croître sans avoir besoin de davantage d’interactions sociales.

    Si la hiérarchie confère des avantages énergétiques (via la coordination), nous pouvons imaginer l’émergence d’une boucle de rétroaction : L’organisation hiérarchique permet une coordination à grande échelle qui permet ensuite une plus grande utilisation de l’énergie, puis une plus grande hiérarchie (et ainsi de suite). Cela explique pourquoi l’énergie et la hiérarchie vont de pair. Mais cela pose un problème. Pour la grande majorité de l’histoire humaine, l’organisation hiérarchique était négligeable. Clairement, il n’y avait pas de boucle de rétroaction énergie-hiérarchie. Que manque-t-il ?

    L’ingrédient manquant est la distribution des ressources au sein de la hiérarchie. Le problème est que la hiérarchie est une arme à double tranchant. Cela permet une plus grande coordination, mais cela mène aussi au despotisme. La chaîne de commandement imbriquée confère un pouvoir énorme aux personnes les mieux classées. Lorsque ce pouvoir est utilisé (de manière prévisible) à des fins personnelles, il engendre de grandes inégalités. Cela expliquerait pourquoi le revenu est doté d’un pouvoir hiérarchique. L’inégalité qui en résulte signifie que la hiérarchie peut ne pas profiter aux individus de rang inférieur. Si les gains matériels de la coordination sont accaparés par les élites, il est peut-être préférable que les individus de rang inférieur quittent la hiérarchie. La stabilité d’une hiérarchie dépend donc de l’avantage net pour les individus de rang inférieur. S’il n’y a pas d’avantage, la hiérarchie sera instable.

    Pour la majorité de l’histoire de l’humanité, les coûts du despotisme hiérarchique l’emportait probablement sur les avantages de la hiérarchie pour la coordination. Nous savons que les chasseurs-cueilleurs modernes (et vraisemblablement les plus anciens également) répriment agressivement les individus à la recherche du pouvoir. Sans une source d’énergie concentrée (telle que l’agriculture), les avantages d’une coordination à grande échelle étaient probablement marginaux. Par conséquent, la hiérarchie n’était pas tolérée car elle ne conférait aucun avantage.

    Cela a probablement changé pendant la révolution néolithique. Les détails restent mal compris, mais on peut en déduire que les avantages d’une coordination à grande échelle ont augmenté. Ceci est probablement lié au sédentarité et au développement de l’agriculture. L’irrigation a probablement aussi joué un rôle important. [l’auteur] soutiens que pendant la révolution néolithique, la boucle de rétroaction énergie-hiérarchie s’est installée. En conséquence, le pouvoir hiérarchique est devenu plus concentré. De manière prévisible, les élites ont utilisé leur pouvoir à des fins personnelles, ce qui a entraîné l’apparition d’inégalités.

    Jusqu’à présent, [l’auteur a ] traité l’inégalité comme un effet de la hiérarchie. Mais cela peut en réalité jouer un rôle dans la croissance de la hiérarchie. [Il a] soutenu que la croissance de la hiérarchie dépend de l’avantage net des individus de rang inférieur. Un moyen d’accroître cet avantage consiste à augmenter les rendements de la coordination hiérarchique (par le biais de changements environnementaux ou technologiques). Mais un autre moyen d’augmenter l’avantage net consiste à diminuer le despotisme hiérarchique. Si les gains de la hiérarchie sont répartis plus équitablement, le bénéfice net pour les membres de rang inférieur est supérieur.

    Ce raisonnement signifie que l’inégalité peut jouer un rôle causal dans la croissance de la hiérarchie et dans la croissance de l’utilisation de l’énergie. Ceci est une spéculation, mais cela cadre avec l’inférence selon laquelle le despotisme hiérarchique décroît avec la consommation d’énergie [voir figure du texte originale]. Peut-être que la limitation du despotisme hiérarchique est une condition préalable à l’industrialisation ? Ou autrement dit, est-il possible d’avoir une économie industrielle construite sur l’esclavage - le mode d’organisation humaine le plus despotique ? Ce sont des questions ouvertes qui méritent d’être examinées.

    Pour résumer, [l’auteur] pense que pour comprendre la relation énergie-hiérarchie-inégalité, il faut fusionner les théories fonctionnelles et conflictuelles de la stratification sociale. Cela nécessite de comprendre ce que Wilson appelle « le problème fondamental de la vie sociale ». L’idée est que les groupes coopératifs battent les groupes non coopératifs. Mais les individus égoïstes battent les individus désintéressés au sein des groupes. La hiérarchie met bien en évidence les deux aspects de ce problème. C’est un puissant outil de coordination qui présente des avantages potentiels pour le groupe. Mais il est également prévisible qu’il est utilisé à des fins égoïstes, ce qui entraîne une grande inégalité. Cette façon de penser peut constituer un outil important pour comprendre l’origine de l’inégalité.

    Fix B (2019) Energy, hierarchy and the origin of inequality. PLoS ONE 14(4) : e0215692. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0215692
    #Préhistoire #Anthropologie #Inégalités

    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0215692
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0215692.g014&size=inline

  • Les archéologues ont mis au jour des preuves des premières célébrations à grande échelle en Grande-Bretagne (des personnes et des animaux parcourant des centaines de kilomètres pour assister à des rituels de fête préhistorique). (confirmation).

    L’étude est la plus complète à ce jour [il y en avait eu déjà d’autres] a examiné les os de 131 porcs, les principaux animaux de ces fêtes, issus de quatre complexes du Néolithique supérieur (environ 2800-2400 av. J.-C.). Desservant les célèbres monuments de Stonehenge et Avebury, les quatre sites - Durrington Walls, Marden, Mount Pleasant et West Kennet Palisade Enclos - ont accueilli les tout premiers événements pan-britanniques, des festins qui ont attiré des personnes et des animaux de toute la Grande-Bretagne.

    (...)

    Les résultats montrent que les os de porc extraits de ces sites provenaient d’animaux élevés aussi loin que l’Écosse, le nord-est de l’Angleterre et l’ouest du pays de Galles, ainsi que de nombreux autres endroits dans les îles britanniques. Les chercheurs estiment qu’il était peut-être important que les personnes présentes apportent des animaux élevés localement chez eux.

    Jusqu’à présent, les origines des personnes qui ont pris part à des rituels dans ces monuments mégalithiques et l’ampleur des mouvements de population de l’époque étaient des énigmes de longue date dans la préhistoire britannique.

    Le Dr Richard Madgwick, de l’École d’histoire, d’archéologie et de religion, a déclaré : « Cette étude démontre une échelle de mouvement et un niveau de complexité sociale qui n’étaient pas appréciés auparavant. »

    « Ces rassemblements pourraient être considérés comme les premiers événements culturels unis de notre île, des habitants de tous les coins de la Grande-Bretagne descendant dans les environs de Stonehenge pour se régaler de mets spécialement préparés et transportés de chez eux ».

    Représentant de grandes prouesses d’ingénierie et de mobilisation de la main-d’œuvre, les complexes néolithiques d’Henge du sud de la Grande-Bretagne ont été le point de mire de grands rassemblements du troisième millénaire avant notre ère. Les porcs étaient le principal animal utilisé pour les festins et ils fournissaient la meilleure indication de la provenance des gens qui se régalaient sur ces sites, car pratiquement aucun reste humain n’a été retrouvé.

    À l’aide d’une analyse isotopique, qui identifie les signaux chimiques provenant de la nourriture et de l’eau que les animaux ont consommées, les chercheurs ont pu déterminer les zones géographiques où les porcs ont été élevés. L’étude offre l’image la plus détaillée du degré de mobilité en Grande-Bretagne à l’époque de Stonehenge.

    Le Dr Madgwick a déclaré : "La découverte la plus surprenante est sans doute les efforts que les participants ont investis pour amener les porcs qu’ils ont eux-mêmes élevés. Il aurait été relativement facile de les acheter à proximité des lieux de fête (...) « Les porcs ne sont pas aussi aptes à se déplacer sur de grande distances que les bovins et les transporter, abattus ou sur pied, sur des centaines, voire des milliers de kilomètres, a nécessité un effort monumental. »

    Cela suggère que les contributions prescrites étaient nécessaires et que les règles dictaient que les porcs offerts devaient être élevés par les participants au festin, les accompagnant dans leur voyage, plutôt que d’être acquis localement."

    Multi-isotope analysis reveals that feasts in the Stonehenge environs and across Wessex drew people and animals from throughout Britain | Science Advances
    https://advances.sciencemag.org/content/5/3/eaau6078.full

    R. Madgwick, A. L. Lamb, H. Sloane, A. J. Nederbragt, U. Albarella, M. Parker Pearson and J. A. Evans. Multi-isotope analysis reveals that feasts in the Stonehenge environs and across Wessex drew people and animals from throughout Britain. Science Advances, 2019 DOI : 10.1126/sciadv.aau6078

    #Préhistoire #Néolithique #Stonehenge #cérémonie #migrations #4800BP #4400BP

  • Impact cosmique majeur il y a 12 800 ans
    Les preuves géologiques et paléontologiques découvertes dans le sud du Chili appuient la théorie selon laquelle un impact cosmique majeur s’est produit il y a environ 12 800 ans.

    Lorsque James Kennett, professeur émérite de géologie à l’Université de Santa Barbara, et ses collègues ont entrepris il y a plusieurs années d’examiner les signes d’un impact cosmique majeur survenu vers la fin du Pléistocène, ils ignoraient l’ampleur de l’effet climatique projeté.

    « C’est beaucoup plus extrême que ce que je pensais quand j’ai commencé ce travail », a noté Kennett. « Plus le travail a été fait, plus il semble être extrême. »

    Il parle de l’hypothèse du « Younger Dryas Impact », qui postule qu’une comète fragmentée s’est écrasée sur la Terre il y a près de 12 800 ans, provoquant des changements climatiques rapides, des extinctions de mégafaune, une diminution soudaine de la population humaine et des changements culturels ainsi que des incendies de forêt étendus. L’hypothèse suggère un mécanisme possible de déclenchement des changements brusques du climat à cette époque, en particulier un refroidissement rapide de l’hémisphère Nord, appelé Younger Dryas , au milieu d’une tendance générale au réchauffement naturel et à la fonte des inlandsis, mise en évidence par des changements dans les fossiles. et record de sédiments.

    Controversée dès le moment où elle a été proposée, cette hypothèse continue encore à être contestée par ceux qui préfèrent attribuer le renversement final du Pléistocène à des causes terrestres. Mais Kennett et ses fidèles piliers de l’hypothèse d’impact du Younger Dryas Boundary (YDB) ont récemment reçu un élan important : la découverte d’un très jeune cratère d’impact de 31 km de large sous la calotte glaciaire du Groenland. ils croient peut-être être l’un des nombreux fragments de comètes qui ont touché la Terre au début du Younger Dryas .

    Maintenant, dans un article publié dans la revue Nature Scientific Reports, Kennett et ses collègues, dirigés par le paléontologue chilien Mario Pino, présentent une nouvelle preuve d’un impact cosmique, cette fois très au sud de l’équateur, qui conduirait probablement à la combustion de biomasse, au changement climatique et extinctions de mégafaunales il y a près de 13 000 ans.

    « Nous avons identifié la couche YDB aux hautes latitudes de l’hémisphère sud, à près de 41 degrés au sud, près de la pointe de l’Amérique du Sud », a déclaré Kennett. Il s’agit d’une extension majeure de l’événement de la BDY. "La grande majorité des preuves à ce jour, at-il ajouté, a été retrouvée dans l’hémisphère Nord.

    Selon Kennett, cette découverte a débuté il y a plusieurs années lorsqu’un groupe de scientifiques chiliens étudiant les couches de sédiments d’un site paléontologique et archéologique du Quaternaire bien connu, Pilauco Bajo, a reconnu les changements connus pour être associés à un événement d’impact de la YDB. Ils comprenaient une couche de « tapis noir », vieille de 12 800 ans, qui coïncidait avec la disparition des fossiles de mégafaune du Pléistocène sud-américain, un changement brusque de la végétation régionale et une disparition des artefacts humains.

    « Parce que la séquence de ces événements ressemblait à ce qui avait déjà été décrit dans les documents de YDB pour l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest, le groupe a décidé d’analyser les mandataires liés aux impacts à la recherche de la couche YDB », a déclaré Kennett. Cela a donné la présence de sphérules microscopiques interprétées comme ayant été formées par fusion en raison des températures extrêmement élevées associées aux chocs. La couche contenant ces sphérules présente également des concentrations maximales en platine et en or, et des particules de fer natif que l’on trouve rarement dans la nature.

    « Parmi les sphérules les plus importantes figurent celles qui sont riches en chrome », a expliqué Kennett. Les sphérules du site Pilauco contiennent un taux inhabituel de chrome, élément non présent dans les sphérules à impact YDB de l’hémisphère Nord, mais en Amérique du Sud. « Il se trouve que les roches volcaniques du sud des Andes peuvent être riches en chrome, et ces roches ont fourni une source locale pour ce chrome », a-t-il ajouté. « Ainsi, les objets cométaires doivent avoir également frappé l’Amérique du Sud. »

    Kennett a noté que d’autres éléments de preuve, qui concordaient avec la documentation antérieure et actuelle de la région par les scientifiques chiliens, indiquaient une « très grande perturbation de l’environnement à environ 40 degrés de latitude sud ». Celles-ci comprenaient un événement de combustion de la biomasse important mis en évidence, entre autres, par du micro-charbon de bois et des signes de combustion dans des échantillons de pollen prélevés au niveau de la couche d’impact. « C’est de loin le plus grand événement de brûlure dans cette région que nous voyons dans cet enregistrement qui s’étend sur des milliers d’années », a déclaré Kennett. De plus, a-t-il poursuivi, l’incendie coïncidait avec le moment des principaux incendies liés à la BDY en Amérique du Nord et en Europe occidentale.

    Les couches sédimentaires de Pilauco contiennent un précieux récit de pollen et de graines qui montrent un changement de caractère de la végétation régionale, preuve d’un climat en mutation. Cependant, contrairement à l’hémisphère Nord, où les conditions sont devenues plus froides et plus humides au début du Dryas plus jeune, l’inverse s’est produit dans l’hémisphère Sud.

    « Les assemblages de plantes indiquent que la végétation est passée de conditions humides et froides à Pilauco à des conditions chaudes et sèches », a déclaré Kennett. Selon lui, les ceintures climatiques zonales atmosphériques se sont déplacées « comme une bascule », avec un mécanisme synergique, apportant le réchauffement de la planète.

    dans l’hémisphère nord alors même que l’hémisphère Nord a connu un refroidissement et une expansion de la glace de mer. Selon Kennett, la rapidité - dans quelques années - du changement climatique est mieux attribuée aux changements des systèmes atmosphériques liés aux impacts, plutôt qu’aux processus océaniques plus lents.

    Entre-temps, l’impact avec ses principaux effets sur l’environnement, y compris le brûlage, aurait contribué à l’extinction de la mégafaune locale du Pléistocène sud-américain - y compris des paresseux géants, des chats à dents de sabre, des mammouths et des gomphotheres semblables à des éléphants - ainsi que la fin de la culture semblable à la culture Clovis dans le nord, at-il ajouté. La quantité d’os, d’artefacts et de champignons associés à la mégafaune qui étaient relativement abondants dans le sol du site de Pilauco a décliné précipitamment au niveau de la couche d’impact, indiquant une perturbation locale majeure.

    La distance de ce site YDB récemment identifié - à environ 6 000 kilomètres du site bien étudié le plus proche d’Amérique du Sud - et sa corrélation avec les nombreux sites de l’hémisphère Nord « étend considérablement l’ampleur de l’impact de la YDB », a déclaré Kennett. Les preuves sédimentaires et paléo-végétatives recueillies sur le site de Pilauco sont conformes aux précédentes études séparées menées par des scientifiques chiliens, qui indiquent une brûlure généralisée et des changements climatiques soudains dans la région aux alentours du début de la YDB. Cette nouvelle étude renforce encore l’hypothèse selon laquelle un impact cosmique aurait déclenché les conditions atmosphériques et océaniques du Dryas plus jeune, a-t-il déclaré.

    « C’est une preuve supplémentaire que le début du climat du Dryas plus jeune est un événement mondial extrême, avec des conséquences majeures sur la vie animale et la vie humaine de l’époque », a déclaré Kennett. « Et cette section Pilauco est conforme à cela. »

    Sedimentary record from Patagonia, southern Chile supports cosmic-impact triggering of biomass burning, climate change, and megafaunal extinctions at 12.8 ka | Scientific Reports
    https://www.nature.com/articles/s41598-018-38089-y

    #Préhistoire #12800BP #Météorite #Climat

    Mario Pino, Ana M. Abarzúa, Giselle Astorga, Alejandra Martel-Cea, Nathalie Cossio-Montecinos, R. Ximena Navarro, Maria Paz Lira, Rafael Labarca, Malcolm A. LeCompte, Victor Adedeji, Christopher R. Moore, Ted E. Bunch, Charles Mooney, Wendy S. Wolbach, Allen West, James P. Kennett. Sedimentary record from Patagonia, southern Chile supports cosmic-impact triggering of biomass burning, climate change, and megafaunal extinctions at 12.8 ka. Scientific Reports, 2019; 9 (1) DOI: 10.1038/s41598-018-38089-y

  • De l’âge de Pierre aux micropuces : comment de minuscules outils peuvent avoir fait de nous des humains : la technologie de la miniaturisation nous distingue des autres primates.

    Les anthropologues ont longtemps fait le cas que l’élaboration d’outils est l’un des comportements clés qui séparaient nos ancêtres humains d’autres primates. Un nouveau document, cependant, fait valoir que ce n’était pas la fabrication d’outils qui a mis les homininés à part -c’était la miniaturisation des outils.

    Tout comme les minuscules transistors ont transformé les télécommunications il y a quelques décennies, nos ancêtres de l’âge de pierre ont ressenti l’envie de fabriquer des outils minuscules. "C’est un besoin auquel nous avons été éternellement confrontés et qui a conduit notre évolution." dit Justin Pargeter, un anthropologue à l’Université Emory et auteur principal de l’article. "La miniaturisation est la chose que nous faisons. "

    La revue l’anthropologie évolutive publie le document—le premier aperçu complet de la miniaturisation des outils préhistoriques. Elle propose que la miniaturisation soit une tendance centrale dans les technologies de l’Homininé qui remonte à au moins 2,6 millions ans.

    « Lorsque d’autres singes utilisaient des outils en pierre, ils ont choisi de les garder sous la forme de leur grande taille et sont restés dans les forêts où ils ont évolué, » dit le co-auteur John Shea, professeur d’anthropologie à l’université Stony Brook. "Les homininés ont choisi de les miniaturiser et sont allés partout, transformant des habitats autrement hostiles pour répondre à nos besoins changeants. "

    L’article montre la façon dont les flocons de pierre de moins d’un pouce de longueur—utilisé pour percer, couper et gratter- sont ressortis dans les dossiers archéologiques pour des sites sur tous les continents (...).

    Ces petits flocons de pierre,(...) étaient comme les lames de rasoir jetables ou des trombones d’aujourd’hui -omniprésent, facile à faire et facilement remplacés.

    Il identifie trois points de flexion pour la miniaturisation dans l’évolution de l’Homininé. Le premier pic s’est produit il y a environ 2 millions années, entraîné par la dépendance croissante de nos ancêtres aux flocons de pierre à la place des ongles et des dents pour les tâches de découpe, de tranchage et de perçage. Un deuxième pic a eu lieu quelque temps après 100 000 ans avec le développement d’armes à grande vitesse, comme l’arc et la flèche [il y a sûrement une erreur ici car l’arc est apparu vers 12000BP] , qui nécessitaient des inserts en pierre légères. Un troisième pic de miniaturisation s’est produit il y a environ 17 000 ans. La dernière ère glaciaire se terminait, forçant certains humains à s’adapter aux changements climatiques rapides, à l’élévation des niveaux de la mer et à l’accroissement des densités de population. Ces changements ont accru la nécessité de conserver les ressources, y compris les roches et les minéraux nécessaires pour fabriquer des outils.

    (...)

    From Stone Age chips to microchips : How tiny tools may have made us human : The technology of miniaturization set hominins apart from other primates — ScienceDaily

    Manuel Will, Christian Tryon, Matthew Shaw, Eleanor M. L. Scerri, Kathryn Ranhorn, Justin Pargeter, Jessica McNeil, Alex Mackay, Alice Leplongeon, Huw S. Groucutt, Katja Douze, Alison S. Brooks. Comparative analysis of Middle Stone Age artifacts in Africa (CoMSAfrica). Evolutionary Anthropology : Issues, News, and Reviews, 2019 ; DOI : 10.1002/evan.21772

    #Préhistoire #Paléolithique #outils #industrie_microlithique #Anthropologie #2MaBP

  • Découverte d’un art paléolithique qui met en vedette des oiseaux et des humains. C’est un jalon exceptionnel dans l’art rupestre paléolithique européen.

    Il n’est pas très fréquent de trouver des représentations de scènes au lieu de figures individuelles dans l’art paléolithique, mais il est encore plus difficile pour ces figures d’être des oiseaux au lieu de mammifères tels que les chèvres, les cerfs ou les chevaux. Jusqu’à présent, les historiens ont seulement trouvé trois scènes de l’art paléolithique mettant en vedette les humains et les oiseaux en Europe.

    Maintenant, un article publié dans le journal l’anthropologie raconte comment les chercheurs de l’Université de Barcelone ont trouvé-dans le site de Hort de la Bequera (Margalef de Montsant, Priorat)-, une pièce artistique de 12 500 ans dans lequel les humains et les oiseaux tentent d’interagir dans un scène picturale avec des traits exceptionnels : les figures semblent avoir une narration sur la chasse et la maternité. En ce qui concerne le contexte catalan en particulier, il s’agit d’une constatation importante concernant les quelques pièces de l’art paléolithique en Catalogne et il place ce territoire dans le flux de la production artistique du Paléolithique supérieur en Méditerranée.

    La pièce qu’ils ont trouvée est un calcaire de 30 centimètres de long qui montre deux figures humaines et deux oiseaux, que les chercheurs ont identifiés comme des grues. Depuis qu’ils ont trouvé la pièce en 2011, ils ont subi toutes les procédures de nettoyage, de restauration et de copie 3D pour l’étudier en détail. Ces figures ont été gravées dans le panneau de pierre avec un outil de silex de sorte qu’ils ont créé une composition organisée par rapport aux autres pièces de la même période.

    "C’est l’une des rares scènes trouvées jusqu’à présent qui suggèrent la naissance d’un art narratif en Europe, et ce thème est unique, car il combine une image de la chasse et une maternité : une naissance avec son jeune, " dit le premier signataire de l’article , Chercheur et conférencier de l’ICREA à l’UB Inés Domingo. "Dans la scène représentée, les oiseaux attrapent l’attention, ils sont copiés ou poursuivis par deux figures humaines, " continue Domingo. "Nous ne connaissons pas le sens de la scène pour les peuples préhistoriques, mais ce qu’il dit, c’est que non seulement ils ont été considérés comme des proies, mais aussi comme un symbole pour les sociétés paléolithiques européennes », poursuit-elle.

    (...)

    Les autres sites en Europe que les chercheurs avaient trouvés jusqu’à présent avec des figures humaines et des oiseaux sont des peintures rupestres sur le site de Lascauz [(?)], un bâton perforé à abri MEGE (Teyjat, Dordogne), et la plaque du grand chasseur sur le site de Gönnersdorf (Allemagne).

    (...)

    #Préhistoire #Paléolithique_tardif #Art #transition #12500BP

    Humanizing European Paleolithic art : A new visual evidence of human/bird interactions at L’Hort de la Boquera site (Margalef de Montsant, Tarragona, Spain)

    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003552119300019


    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0003552119300019-gr6.sml
    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0003552119300019-gr4.sml

    Inés Domingo, Pilar García-Argüelles, Jordi Nadal, Josep Mª Fullola, José L. Lerma, Miriam Cabrelles. Humanizing European Paleolithic art : A new visual evidence of human/bird interactions at L’Hort de la Boquera site (Margalef de Montsant, Tarragona, Spain). L’Anthropologie, 2019 ; DOI : 10.1016/j.anthro.2019.01.001

  • Les anthropologues de l’Université d’Oxford ont découvert ce qu’ils considèrent être sept règles morales universelles.

    Les règles : aider votre famille, aider votre groupe, rendre les faveurs, être courageux, renvoyer aux supérieurs, répartir les ressources de manière équitable et respecter la propriété des autres, ont été trouvées dans une enquête de 60 cultures du monde entier.

    Des études antérieures ont examiné certaines de ces règles à certains endroits - mais aucune ne les a toutes examinées dans un grand échantillon représentatif de sociétés. La présente étude, publiée dans le volume 60, no. 1 numéro de Current Anthropology, d’Oliver Scott Curry, de Daniel Austin Mullins et de Harvey Whitehouse, est l’enquête interculturelle sur la morale la plus vaste et la plus complète jamais réalisée.

    L’équipe de l’Institut d’anthropologie cognitive et évolutive d’Oxford (...) a analysé les comptes rendus ethnographiques d’éthique de 60 sociétés, comprenant plus de 600 000 mots de plus de 600 sources.

    Oliver Scott Curry, auteur principal et chercheur principal à l’Institut d’anthropologie cognitive et évolutive, a déclaré : "Le débat entre les universalistes moraux et les relativistes moraux a fait rage depuis des siècles, mais nous avons maintenant des réponses à apporter. Comme prévu, ces sept règles morales semblent être universelles dans toutes les cultures. Tous partagent un code moral commun. Tous conviennent que coopérer, promouvoir le bien commun est la bonne chose à faire."

    L’étude a testé la théorie selon laquelle la moralité a évolué pour promouvoir la coopération et que, du fait qu’il existe de nombreux types de coopération, il existe de nombreux types de moralité.

    – Selon cette théorie de la « morale en tant que coopération », la sélection de la parenté explique pourquoi nous nous sentons tenus de prendre soin de nos familles et pourquoi nous avons horreur de l’inceste.
    – Le mutualisme explique pourquoi nous formons des groupes et des coalitions (il y a de la force et de la sécurité dans les nombres), et donc pourquoi nous valorisons l’unité, la solidarité et la loyauté.
    – L’échange social explique pourquoi nous faisons confiance aux autres, rendons service en échange, ressentons de la culpabilité et de la gratitude, faisons amende honorable et pardonnons.
    – Et la résolution des conflits explique pourquoi nous nous livrons à des démonstrations coûteuses de prouesses telles que le courage et la générosité, pourquoi nous nous en remettons à nos supérieurs, pourquoi nous divisons les ressources contestées équitablement et pourquoi nous reconnaissons la possession antérieure.

    La recherche a tout d’abord révélé que ces sept comportements coopératifs étaient toujours considérés comme moralement bons. Deuxièmement, des exemples de la plupart de ces mœurs ont été trouvés dans la plupart des sociétés. Point crucial, il n’existait aucun contre-exemple - aucune société dans laquelle aucun de ces comportements n’était considéré moralement mauvais. Et troisièmement, ces mœurs ont été observées avec une fréquence égale sur tous les continents ; ils n’étaient pas l’apanage exclusif de "l’Ouest" ni d’aucune autre région.

    Parmi les Amhara d’Éthiopie, "faire fi de l’obligation de parenté est considéré comme une déviation honteuse, indiquant un caractère pervers". En Corée, il existe une "éthique communautaire égalitaire [d’assistance] mutuelle et de coopération entre voisins [et] une forte solidarité au sein du groupe". "La réciprocité est observée à chaque étape de la vie des Garo [et] occupe une place très importante dans la structure sociale des valeurs des Garo." Parmi les Maasaï, "ceux qui s’accrochent aux vertus guerrières sont toujours très respectés" et "l’idéal sans compromis du guerrier suprême [implique] un engagement ascétique à se sacrifier ... au cœur de la bataille, comme une suprême démonstration de loyauté courageuse . " Les Bemba manifestent "un profond respect pour l’autorité des anciens". L ’"idée de justice" des Kapauku s’appelle "uta-uta, demi-moitié ... [dont le sens] se rapproche beaucoup de ce que nous appelons l’équité." Et chez les Tarahumara, "le respect de la propriété des autres est la clé de voûte de toutes les relations interpersonnelles".

    L’étude a également détecté une « variation sur un thème » - bien que toutes les sociétés semblaient s’accorder sur les sept règles morales de base, leur manière de les hiérarchiser ou de les hiérarchiser variait. L’équipe a maintenant mis au point un nouveau questionnaire sur les valeurs morales afin de recueillir des données sur les valeurs morales modernes. Elle examine également si la variation interculturelle des valeurs morales reflète la variation de la valeur de la coopération dans différentes conditions sociales.

    Selon son co-auteur, le professeur Harvey Whitehouse, les anthropologues sont particulièrement bien placés pour répondre aux questions de longue date concernant les universels moraux et le relativisme moral. "Notre étude était basée sur des descriptions historiques de cultures du monde entier ; ces données ont été recueillies avant et indépendamment de l’élaboration des théories que nous étions en train de tester. Les travaux futurs permettront de tester des prédictions plus précises du théorie en rassemblant de nouvelles données, encore plus systématiquement, sur le terrain ".

    "Nous espérons que ces recherches contribueront à promouvoir la compréhension mutuelle entre personnes de cultures différentes ; nous apprécierons ce que nous avons en commun et comment et pourquoi nous différons", a ajouté M. Curry.

    Is It Good to Cooperate?: Testing the Theory of Morality-as-Cooperation in 60 Societies | Current Anthropology: Vol 60, No 1
    https://www.journals.uchicago.edu/doi/10.1086/701478

    Oliver Scott Curry, Daniel Austin Mullins, Harvey Whitehouse. Is It Good to Cooperate? Testing the Theory of Morality-as-Cooperation in 60 Societies. Current Anthropology, 2019; 60 (1): 47 DOI: 10.1086/701478

    #Préhistoire #Anthropologie #Evolutionisme #Comparatisme

    • J’ai du mal à croire à celui ci : « répartir les ressources de manière équitable » à cause de la différence de valence des sexes (il semble que ces recherches aient fait l’impasse sur les femmes et les questions de genres) et aussi par le fait que ceci entre en contradiction avec celle ci : « renvoyer aux supérieurs » qui implique hiérarchisation et privilèges (c’est à dire répartition inéquitable des ressources). Dans la culture française par exemple on s’accommode très bien moralement d’une répartition inégale des ressources selon le mythe du mérite .

      Celui ci est assez étonnant aussi « respecter la propriété des autres » quant on sais que les femmes ont à peine 1% de la propriété terrienne sur terre. Et j’ai pas l’impression que la propriété même de leur propre corps soit respecté sur cette planète, vu que les femmes (et les enfants) sont considéré comme appartenant à des hommes dans la plus part des cultures dont j’ai connaissance, dont les cultures dérivantes de la bible.

      Pour l’interdit de l’inceste, c’est de le dénoncé et de le porter à la connaissance de la collectivité qui est interdit. C’est une notion à géométrie variable, il suffit de changer les règles de la famille pour que l’inceste devienne acceptable socialement (les familles nobles européennes en sont de bons exemples). C’est d’ailleurs pas un crime ni un délit dans le droit français. Ni dans la bible qui est très évasive dans la genèse à ce sujet.

      Ca me semble quant même très androcentré ces 7 règles, et peut être que ce texte respecte en fait la meta règle misogyne de faire comme si les femmes n’étaient pas vraiment humaines et ne parler que d’hommes à hommes.

      Les 7 sous règles des hommes sont en fait : « Aider votre famille à s’approprier les femmes et les enfants qu’elles portent , aider votre groupe masculin à dominer des autres , rendre les faveurs que vous reconnaissez comme tel entre hommes , être courageux selon des valeurs virilistes , renvoyer aux supérieurs de la hiérarchie patriarcale , répartir les ressources de manière équitable entre hommes et respecter la propriété des autres hommes , ont été trouvées dans une enquête de 60 cultures patriarcales du monde entier. »

      L’étude est signé par trois hommes, Oliver Scott Curry, Daniel Austin Mullins, Harvey Whitehouse ca explique peut être ce problème de #male_gaze

      Il y a je croi une faute dans le titre c’est « Current Andropology » qu’il fallait comprendre.

    • @aude_v Oui ça date un peu : Submitted : May 13, 2016
      Accepted : Dec 22, 2017, Online : Feb 08, 2019. Après, tout dépend sur quelles sociétés l’étude a été faite...

      @reka l’expression est « deferring to superiors ». Peut-on le traduire par « Rendre-compte aux supérieurs ? ».

      @mad_meg il est « normal » que ces règles soient androcentrées puisque les sociétés étudiées le sont. Ce ne sont pas des règles absolues (et d’ailleurs y en a-t-il ?).
      Ceci dit, je comprends ton point de vue. Une étude d’une femme sur la condition féminine dans ces sociétés aurait nuancé le résultat... ou pas : en effet, ton point de vue est daté de notre époque OU s’il ne l’est pas, cela voudrait dire que les femmes de cette société n’ont pas pu s’exprimer ce qu’il aurait fallu démontrer et ce que je ne peux faire en l’état actuel de mes connaissances en anthropologie/ethnographie de ces peuples (désolé).

    • il est « normal » que ces règles soient androcentrées puisque les sociétés étudiées le sont. Ce ne sont pas des règles absolues (et d’ailleurs y en a-t-il ?).

      Ce qui est pas « normal » c’est de pas le dire et prétendre que ces règles sont universelles alors qu’elles adoptent un point de vue sexiste et ne s’appliquent qu’à une minorité, et de ne même pas prendre la peine de mentionné cette spécificité.

    • Ce que tu dis est intéressant car il semblerait que cette inégalité soit quelque chose d’assimilée i.e. connue par les ethnologues, anthropologues et même archéologues et que par ce fait, elle ne fasse pas l’objet d’une mention particulière. Je prends pour argument le fait que les articles des publications scientifiques (sauf celles qui font état bien sûr d’une recherche sur le genre ou pour lesquelles le genre entre en ligne de compte) ne la mentionnent pas alors que les livres plus grand public peuvent le faire. J’en veux pour exemple « Naissance de la figure, l’art du Paléolithique à l’âge du Fer » de J.-P. Demoule, 2007 réed. 2017 que je relie actuellement et où il est mentionné p.67 : « (...) de même que toutes les sociétés humaines sont caractérisées par l’oppression, à des degrés variables, des femmes par les hommes ».

  • Les peuples autochtones de la Colombie-Britannique récoltent des mollusques et crustacés dans des jardins de palourdes spécialement aménagés depuis au moins 3 500 ans. (ce qui confirme leur statut de chasseur-cueilleurs sédentaires-stockeurs) .

    Les jardins de palourdes sont des structures maricoles traditionnelles composées d’une paroi rocheuse et d’une terrasse plate qui servent d’habitat protégé aux palourdes dans les zones intertidales des plages. On sait que ces jardins augmentent la productivité et l’abondance des palourdes et constituent depuis longtemps une source de nourriture importante pour les cultures autochtones côtières. Cependant, étant donné que ces jardins ont souvent des histoires de formation complexes, il peut être difficile de les dater et il est donc difficile de suivre les tendances de la mariculture au fil du temps.

    Dans cette étude, Smith, Lepofsky et leurs collègues ont enquêté sur neuf anciens jardins de palourdes de Quadra Island, en Colombie-Britannique. Sur chaque site, ils ont identifié des échantillons appropriés pour limiter l’âge de la construction des jardins, en se concentrant sur des échantillons de coquilles provenant de l’intérieur ou sous les murs du jardin et sous les terrasses. Au total, ils ont recueilli 35 dattes au radiocarbone sur les coquilles de palourdes, d’escargots et de balanes datant d’au moins 3 500 ans jusqu’au 20ème siècle.

    Les auteurs ont également corroboré leurs dates avec des données sur l’historique régional de l’évolution du niveau de la mer et avec des dates d’autres fonctions de gestion marine de la région. Ils fournissent un ensemble de lignes directrices pour déterminer l’âge exact de trois formes différentes de jardins de palourdes, qui, espèrent-ils, permettront un suivi plus détaillé de l’histoire de la mariculture dans les Amériques. Ils notent toutefois que leurs méthodes ne sont qu’un début et qu’il faudra probablement les affiner dans les jardins de palourdes et autres sites maricoles de régions et d’âges différents.

    Les auteurs ajoutent : « En documentant que les jardins de palourdes ont au moins 3 500 ans, cette étude confirme ce que les premières nations côtières du Nord-Ouest du Pacifique ont toujours su gérer les palourdes, sous la forme de jardins, et que c’était une pratique ancestrale pour la sécurité alimentaire à long terme ».

    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0211194.g001
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0211194.g002
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0211194.g003
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0211194.g004
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=medium&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0211194.g005
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0211194.g006

    #Préhistoire #Age_du_Bronze #Nord-Ouest #Amérique #Alimentation #3500BP

    3500 years of shellfish mariculture on the Northwest Coast of North America

    Nicole F. Smith, Dana Lepofsky, Ginevra Toniello, Keith Holmes, Louie Wilson, Christina M. Neudorf, Christine Roberts. 3500 years of shellfish mariculture on the Northwest Coast of North America. PLOS ONE, 2019 ; 14 (2) : e0211194 DOI : 10.1371/journal.pone.0211194

  • Les Néandertaliens marchaient comme les humains d’aujourd’hui (et d’hier).

    Les Néandertaliens sont souvent décrits comme ayant des colonnes vertébrales droites et une mauvaise posture. Cependant, ces humains préhistoriques nous ressemblaient plus que beaucoup qu’on ne le supposent. Des chercheurs de l’Université de Zurich ont montré que les Néandertaliens marchaient debout, à la manière des hommes modernes - grâce à une reconstruction virtuelle du bassin et de la colonne vertébrale d’un squelette de Néandertal très bien conservé découvert en France.

    Une posture droite et bien équilibrée est l’une des caractéristiques déterminantes de l’Homo sapiens. En revanche, les premières reconstitutions de Néandertaliens effectuées au début du XXe siècle les décrivaient comme ne marchant que partiellement debout. Ces reconstitutions étaient basées sur le squelette en grande partie préservé d’un homme âgé, l’homme de Neandertal, découvert à La Chapelle-aux-Saints, en France.

    Changer de perspective

    Depuis les années 1950, les scientifiques ont su que l’image du Néandertalien comme un homme des cavernes n’était pas exacte. Leurs similitudes avec nous-mêmes, tant du point de vue de l’évolution que du comportement, sont également connues de longue date, mais le pendule a basculé ces dernières années dans la direction opposée. « Se concentrer sur les différences est de nouveau à la mode », déclare Martin Haeusler, spécialiste de la médecine de l’évolution à l’UZH. Par exemple, des études récentes ont utilisé quelques vertèbres isolées pour conclure que les Néandertaliens ne possédaient pas encore de colonne vertébrale bien formée en forme de S.

    Cependant, une reconstruction virtuelle du squelette de La Chapelle-aux-Saints a maintenant apporté la preuve du contraire. Ce modèle anatomique généré par ordinateur a été créé par le groupe de recherche dirigé par Martin Haeusler de l’Université de Zurich et comprenait Erik Trinkaus de l’Université de Washington à Saint-Louis. Les chercheurs ont pu montrer que l’individu en question ainsi que les Néandertaliens en général avaient une région lombaire et un cou incurvés, tout comme les humains d’aujourd’hui.

    Sacrum, vertèbres et signes d’usure comme preuve

    Lors de la reconstruction du bassin, les chercheurs ont découvert que le sacrum était positionné de la même manière que chez l’homme moderne. Cela les a amenés à conclure que les Néandertaliens possédaient une région lombaire avec une courbure bien développée. En assemblant les vertèbres lombaires et cervicales individuelles, ils ont pu discerner que la courbure de la colonne vertébrale était encore plus prononcée. Le contact très étroit entre les apophyses épineuses - les saillies osseuses au dos de chaque vertèbre - est devenu évident, de même que les marques d’usure saillantes causées en partie par la courbure de la colonne vertébrale.

    Reconnaître les similitudes

    Des marques d’usure sur l’articulation de la hanche du squelette de La Chapelle-aux-Saints indiquaient également que les Néandertaliens avaient une posture droite semblable à celle de l’homme moderne. « La pression exercée sur l’articulation de la hanche et la position du bassin ne diffère en rien de la nôtre », a déclaré Haeusler. Cette découverte est également corroborée par les analyses d’autres squelettes de Néandertal ayant suffisamment de restes de vertèbres et d’os pelviens. « Dans l’ensemble, il n’y a pratiquement aucune preuve qui indiquerait que les Néandertaliens aient eu une anatomie fondamentalement différente », explique Haeusler. "Le moment est venu de reconnaître les similitudes fondamentales entre les hommes de Néandertal et les humains modernes et de se concentrer sur les subtils changements biologiques et com

    portementaux survenus chez les humains à la fin du Pléistocène."

    #Préhistoire #Paléolithique #Evolution #colonne vertébrale #Néandertal #47000BP

    UZH - Neanderthals Walked Upright just like the Humans of Today
    https://www.media.uzh.ch/en/Press-Releases/2019/Neanderthals.html

    Haeusler M, Trinkaus E, Fornai C, Müller J, Bonneau N, Boeni T, Frater NT (in press). Morphology, Pathology and the Vertebral Posture of the La Chapelle-aux-Saints Neandertal. Proceedings of the National Academy of Sciences, 25 February 2019. DOI : 10.1073/pnas.1820745116