• « A partir de 27 ans, un mal sournois vous guette : la paralysie musicale »
    https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/07/06/a-partir-de-27-ans-un-mal-sournois-vous-guette-la-paralysie-musicale

    En France, cette « paralysie » serait particulièrement opérante dans les trois mois passés le vingt-septième anniversaire. Elle est plus tardive en Allemagne (31 ans) et au Royaume-Uni (30 ans et six mois) mais plus précoce au Brésil (23 ans et deux mois).

    Nulle revue de médecine à l’origine de ces données mais une étude commandée par la plate-forme d’écoute de musique en ligne Deezer et dévoilée le 26 juin. D’où il ressort que parmi les 5 000 personnes interrogées, 65 % se sentent « figés dans une ornière musicale, écoutant seulement des morceaux qu’ils connaissent déjà ». Bref, les clients parfaits pour alimenter les tournées nostalgiques de leurs idoles de jeunesse et assurer le train de vie des vieilles gloires en mal de nouveautés mais jamais avares de rééditions.

    En février, le New York Times s’était également penché sur le sujet et en était arrivé à la conclusion que les hits sortis entre nos 13 ans et nos 14 ans, dans cette période où les émotions devant un morceau ou un groupe peuvent être si puissantes, avaient une influence majeure sur nos préférences musicales une fois devenus adultes.

    Dans un rapport mis en ligne en mai, le Joint Research Center (JRC), le service scientifique de la Commission, a prêté une oreille très attentive à deux des principales playlists de Spotify. La première « Hits du moment », fédérait au moment de l’étude 18,5 millions d’abonnés dans le monde ; la seconde « New music friday », propose une cinquantaine de nouveaux titres chaque semaine, pays par pays. L’étude décortique ainsi l’influence de ces sélections très populaires sur le succès d’un artiste ou d’une chanson et montre en creux qu’elles ne sont pas forcément le meilleur remède pour inciter leurs utilisateurs à enrichir leurs goûts.

    Le grief n’est pas nouveau. Depuis l’émergence du streaming et la mainmise de trois acteurs principaux (Spotify, Apple et Deezer) sur ce type d’écoute, de nombreuses voix se sont déjà élevées, aussi bien pour dénoncer la faiblesse de la rémunération des artistes que le manque de promotion de la diversité musicale.

    Chemins de traverse

    Sur ce dernier point, Spotify et ses rivaux essuient les mêmes reproches que les stations FM, accusées de faire tourner toujours les mêmes chansons, partant du principe – souvent avéré – qu’un auditeur plongé dans l’inconnu file vers d’autres ondes chercher un son plus familier.

    Dans ses conclusions, l’étude de la Commission souligne ainsi que la playlist « Hits du moment » favorise les chansons issues des grands labels discographiques et ceux des artistes américains. Au passage, on comprend que les groupes et les chanteurs croisent les doigts pour y voir figurer leur production : aux Etats-Unis, la présence sur cette liste de « tubes » augmente le nombre d’écoutes de 20 millions, ce qui peut rapporter entre 116 000 et 163 000 dollars (soit entre 99 000 et 140 000 euros)… Le constat est plus nuancé pour la playlist des nouveautés du vendredi puisque, selon le JCR, cette dernière « accroît fortement les probabilités de succès » d’une chanson, y compris pour les nouveaux artistes.

    « Paralysie musicale » d’un côté ; forte concentration autour de quelques dizaines de titres de l’autre : le débat sur les relations de cause à effet entre ces deux tropismes ne date pas d’hier. Certes, rien ne remplacera jamais la curiosité pour choisir de prendre ou non les chemins de traverse.

    #Musique #Pratiques_culturelles #Deezer #Spotify

  • Comment aider nos enfants à s’informer - La Croix
    https://www.la-croix.com/Famille/Parents-et-enfants/Comment-aider-nos-enfants-a-sinformer-2017-12-05-1200897192?from_univers=l

    Comme le constate Anne Cordier, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication, certains parents privilégient, pour partager l’info télévisée, le « replay », qui permet d’arrêter le journal pour expliquer ou discuter, ou bien de sauter des passages non appropriés. « Certains regardent même le ”JT” une première fois avant d’en montrer des fragments à leur enfant. » Dans un contexte d’individualisation des pratiques, beaucoup de jeunes vont certes progressivement s’affranchir du mode d’information qui prévaut dans la famille. « Mais l’essentiel, c’est de leur avoir donné des repères », soutient Anne Cordier.

    Partir des questions des enfants

    Pour ce faire, Agnès Barber, rédactrice en chef de 1 jour 1 actu, conseille aux parents d’adopter un principe qui préside à la rédaction de son magazine, destiné aux 8-13 ans : « Partir des questions des enfants, de ce qu’ils ont lu, vu, entendu, imaginé. » L’adulte doit aussi « jouer le rôle d’un filtre, qui laisse passer ce qu’ils sont en mesure de recevoir et de comprendre ». Pas toujours facile… Et si, à l’heure du petit déjeuner, l’enfant entend à la radio une information qui l’interpelle, ou si papy n’a pas changé de chaîne lorsqu’un reportage de guerre passait au « JT », il faut lui apporter des réponses.

    « Abonner son enfant à un magazine d’actualité est une bonne piste, à condition que sa lecture ne soit pas présentée comme une contrainte, quasi scolaire, mais comme un plaisir », glisse Anne Cordier. « Et cela dépendra notamment du rapport que les parents eux-mêmes entretiennent à l’information », fait-elle remarquer.
    Ne pas juger les pratiques d’information de son enfant

    Un autre écueil consiste à juger les pratiques d’information de son enfant. « Il faut s’y intéresser, pour l’amener progressivement à se poser les bonnes questions. On peut aussi lui expliquer que les algorithmes des moteurs de recherche nous proposent des informations en fonction de nos précédentes requêtes, que les réseaux sociaux, eux aussi, ont tendance à réduire notre horizon de pensée », conseille cette universitaire.

    Le défi consiste à éveiller un esprit critique, une capacité à prendre du recul pour aborder l’actualité, sans verser pour autant dans une méfiance généralisée vis-à-vis des médias traditionnels. On peut également opérer un détour par des situations du quotidien, suggère la psychanalyste Claude Halmos (1).

    « Ce n’est pas parce qu’un professeur a commis une injustice qu’il est par nature injuste ni, a fortiori, que tous ses collègues le sont aussi. De la même façon, il faut se garder de mettre tous les journalistes dans le même sac, de les considérer comme les membres d’un vaste complot, ce qui nous dispenserait de réfléchir », dit-elle. Et pour faire saisir à son enfant qu’il est utile de confronter différentes sources si l’on veut bien s’informer, on peut prendre l’exemple d’une banale dispute dans la cour de récréation. « Trois élèves en sont témoins. Chacun, en fonction de sa sensibilité, en fera un récit différent. Tout comme trois journaux traiteront différemment la même info », poursuit-elle.

    Cette éducation aux médias et à la complexité est essentielle, plaide Anne Cordier. « Il faut montrer à nos enfants qu’informer et s’informer est un droit, qui n’est pas garanti partout dans le monde. On doit aussi leur faire comprendre, d’un point de vue plus personnel, que l’info est une arme pacifique qui permet, pour reprendre leur expression, de ne pas “se faire avoir” »

    #Education #Education_medias #Pratiques_culturelles #Journalisme

  • La réussite à l’école ne dépend pas que de l’école : voici la preuve en chiffres (Slate.fr)
    http://www.slate.fr/story/92499/reussite-ecole-eleves-inegalites

    En resserrant les liens entre l’école et la maison, on parviendra à insuffler dans les foyers une atmosphère plus favorable. « Une fracture s’est réalisée tout au long du siècle entre parents et enseignants », constate l’expert. « Il faut absolument améliorer le climat de confiance et sensibiliser les familles à l’école », ajoute-t-il, en prenant comme exemple l’initiative de la « mallette aux parents », qui prévoit notamment des séances de débats et de conseils sur des thèmes aussi différents que l’apprentissage de la lecture ou le bien-être.

    #éducation #inégalités_sociales #pratiques_culturelles #soutien_scolaire #relations_école_familles #éducation_prioritaire #santé #hygiène #sommeil #alimentation