#prehistoire

  • Chez les chasseurs-cueilleurs, les femmes s’attaquaient aussi au gros gibier
    https://www.liberation.fr/planete/2020/11/05/chez-les-chasseurs-cueilleurs-les-femmes-s-attaquaient-aussi-au-gros-gibi

    Une nouvelle étude fait vaciller l’imaginaire collectif selon laquelle la femme n’était dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs qu’un être passif qui se consacrait surtout à la reproduction et la cueillette, quand l’homme actif et dominant s’occupait d’aller chasser. Une figure régulièrement invoquée par les masculinistes et autres adeptes des différences entre les sexes sur un ton plus ou moins blagueur. Cette étude, publiée jeudi dans la revue Science Advances, montre pourtant que dans ces sociétés des femmes ont participé à la chasse, y compris au gros gibier. « Cela nous montre que cette allégation (selon laquelle les chasseurs étaient principalement des hommes) était inexacte, au moins pour une partie de la préhistoire humaine », explique Randall Haas à l’AFP.

    https://advances.sciencemag.org/content/6/45/eabd0310

    #Préhistoire #Chasseuses-cueilleuses

  • L’étude du génome confirme l’arrivée de deux vagues de migrations en France pendant la préhistoire
    http://www.cnrs.fr/fr/7-000-ans-dhistoire-demographique-en-france
    https://www.la-croix.com/France/France-connu-deux-vagues-dimmigration-prehistoire-2020-05-27-1201096186

    Une étude menée par les paléogénéticiens Eva-Maria Geigl et Thierry Grange montre que le métissage, il y a environ 6 300 ans, entre les chasseurs-cueilleurs autochtones du mésolithique et les premiers migrants du néolithique venant d’Anatolie persiste jusqu’à nos jours dans le génome des Français. L’étude montre également que le métissage des populations néolithiques avec celles des steppes pontiques venues du nord-est de la Mer Noire, arrivées il y a 4 200 ans, a laissé une empreinte pérenne. En effet, le chromosome Y de la majorité des hommes en France porte, aujourd’hui encore, la signature de ces hommes des steppes. L’étude a été publiée dans PNAS le 25 mai.

    #migrations #mésolithique #néolithique

  • L’Europe #Politique sur le très long terme (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?995-L-Europe-politique-sur-le-tres

    Voir la première partie (.../...) La #Guerre De ce que les squelettes dans les nécropoles rubanées ne présentaient pas de traces de violence, on en a conclu que ces sociétés étaient sans violence. De ce que les villages n’étaient pas fortifiés (encore que certains sont enclos dans des enceintes dont je vais bientôt parler), on a tiré la même conclusion. La vieille idée rousseauiste du « bon sauvage » a fait le reste : ce ne pouvait être que de paisibles cultivateurs. Colin Renfrew enfin, archéologue (...) Expériences pratiques : Les leçons du passé

    / Testart A., #Histoire, Politique, Antiquité, #Préhistoire, #Primitivisme, #Relativisme, #Démocratie_directe, #Type_anthropologique, (...)

    #Expériences_pratiques_:_Les_leçons_du_passé #Testart_A. #Antiquité

  • L’Europe #Politique sur le très long terme (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?994-L-Europe-politique-sur-le-tres

    Extrait du #Livre d’Alain Testart « Avant l’histoire. L’évolution des sociétés de Lascaux à Carnac », Gallimard 2010, pp. 480-512. La thèse que j’ai maintenant à présenter n’a pas de bonnes preuves archéologiques. Elle s’appuie sur la méthode régressive, déjà utilisée au chapitre précédent, et sur quelques considérations d’histoire générale. Les institutions des anciens Germains (Ier siècle av. J.-C., Ier siècle apr. J.-C.) Les informations ethno-historiques à notre disposition concernant des sociétés d’Europe (...) Expériences pratiques : Les leçons du passé

    / Testart A., #Histoire, Politique, #Préhistoire, Antiquité, Livre, #Assemblée, #Démocratie_directe, #Création_sociale-historique, Type (...)

    #Expériences_pratiques_:_Les_leçons_du_passé #Testart_A. #Antiquité #Type_anthropologique

  • La plus vieille corde du monde a 50 000 ans, et c’est #Néandertal qui l’a faite
    https://www.courrierinternational.com/article/archeologie-la-plus-vieille-corde-du-monde-50-000-ans-et-cest

    À trois mètres sous la surface actuelle, dans une couche correspondant à une période évaluée entre 52 000 et 41 000 ans, elle a trouvé un morceau de pierre taillée, tranchant, pouvant être utilisé comme un outil.

    L’examen de cet éclat de silex au microscope a révélé qu’un petit morceau de ficelle de seulement 6 millimètres de long et 0,5 millimètre de large était collé à sa face inférieure. Un cordon fabriqué en torsadant trois faisceaux de fibres. “C’est exactement ce que vous verriez si vous ramassiez un morceau de ficelle aujourd’hui”, explique Bruce Hardy.

    On ignore l’utilisation de cette cordelette, mais il semblerait qu’elle ait plutôt été une sorte de fil.

    Avant cette découverte, la plus ancienne corde connue remontait à 19 000 ans. Elle avait été découverte en Israël et était associée à l’être humain moderne. Cette corde découverte en Ardèche soulève la question suivante : les humains modernes ont-ils appris certaines de leurs compétences auprès des Néandertaliens

  • Qui est Homo Sapiens ? D’où vient-il et comment a-t-il survécu jusqu’à aujourd’hui ? Quel est son avenir ?
    #homosapiens #préhistoire #archéologie

    https://sms.hypotheses.org/23770

    Qui est Homo sapiens ? Pourquoi et comment ce contemporain de Neandertal a-t-il survécu jusqu’à aujourd’hui ? François Bon tente d’y répondre en reconstituant le parcours de Sapiens, de son apparition en Afrique il y a environ 300 000 ans aux différentes vagues de migration qui l’ont amené à peupler l’ensemble du globe. Il aborde la question de la rencontre entre Sapiens et Neandertal en s’appuyant sur la récente découverte de gènes néandertaliens chez certaines populations européennes.

    Descendant d’Homo Erectus, né en Afrique, Homo sapiens a migré vers le Proche-Orient il y a plus de 100 000 ans puis essaimé vers l’Europe et l’Asie, jusqu’à atteindre l’Australie vers – 50 000 ans. Plongée en ces temps préhistoriques pour mieux saisir la spécificité de l’espèce Sapiens au sein de la lignée des hominidés ainsi que les raisons de son succès.

    • Donc l’intolérance au lactose n’est pas seulement une mode destinée à montrer sa singularité ?

      Intéressant... Je n’avais aucune idée que ça pourrait varier si vite.

      "This combination of physical traits has been previously noted in other European hunter-gatherers, suggesting that this phenotype was widespread in Mesolithic Europe and that the adaptive spread of light skin pigmentation in European populations only occurred later in prehistory,” wrote Schroeder and his colleagues.

    • This single discarded piece of ancient chewing gum tells us that the ancient woman, who Schroeder and his colleagues have nicknamed Lola, was probably lactose intolerant, ate duck and hazelnuts, and may recently have had pneumonia. She also had blue eyes, dark brown hair, and dark skin

      #chewing_gum

      Article original :

      A 5700 year-old human genome and oral microbiome from chewed birch pitch
      Theis Z. T. Jensen, Jonas Niemann, Katrine Højholt Iversen, Anna K. Fotakis, Shyam Gopalakrishnan, Åshild J. Vågene, Mikkel Winther Pedersen, Mikkel-Holger S. Sinding, Martin R. Ellegaard, Morten E. Allentoft, Liam T. Lanigan, Alberto J. Taurozzi, Sofie Holtsmark Nielsen, Michael W. Dee, Martin N. Mortensen, Mads C. Christensen, Søren A. Sørensen, Matthew J. Collins, M. Thomas P. Gilbert, Martin Sikora, Simon Rasmussen & Hannes Schroeder
      Nature Communications 10:5520 (2019)
      https://www.nature.com/articles/s41467-019-13549-9

      A rajouter à la compilation #archéologie :
      https://seenthis.net/messages/633249

      #histoire #préhistoire #anthropologie #civilisation #évolution #nourriture #genome #microbiome

  • Le parcours des Hominidés jusqu’à l’Homo Sapiens à travers leurs migrations, adaptations et innovations, mais aussi leurs arts et rites #préhistoire #hominidés #HomoSapiens #evolution

    https://sms.hypotheses.org/22110

    D’où viennent et par où sont passés les Hominidés, ces ancêtres de l’Homme, et plus précisément de l’Homo Sapiens ? L’ouvrage collectif Pré-histoires, la conquête des territoires, retrace leur parcours, depuis Sahelanthropus jusqu’à Homo sapiens, à travers les voyages, migrations, adaptations et innovations techniques qui leur ont permis de coloniser des territoires aussi divers que le littoral, la montagne ou les îles. Il se penche aussi sur l’art et les rituels adoptés tout au long de la préhistoire : peintures et gravures rupestres, arrangements stalagmitiques de Bruniquel, sépultures de grottes ou de dolmens.

    Les auteurs suivent les pas de l’homme préhistorique à travers la grande diversité des milieux qu’il a traversés, qu’il a progressivement modelés et au sein desquels il a laissé de surprenantes empreintes de ses conquêtes. Celles-ci ont abouti à l’adaptation des humains à de multiples environnements qui ont façonné leurs sociétés.

    Au plus proche de nos ancêtres, il entraîne dans une grande enquête à la croisée de savoirs scientifiques multiples. Car archéologues, géologues, anthropologues, généticiens, géographes, climatologues, écologues, zoologues, chimistes et physiciens unissent désormais leurs compétences pour décrypter ce qui a fait l’homme hier et expliquer ce que nous sommes aujourd’hui devenus. Un long cheminement…

    D’une archéologie des littoraux ou du monde souterrain à celle des plaines, des montagnes ou des milieux insulaires, il présente les avancées les plus récentes des connaissances sur la préhistoire. Il incite aussi à réfléchir sur les fondements de l’humanité et à notre empreinte laissée sur les milieux. Des « pré-histoires », parfois étonnantes, sur la conquête du monde (...)

  • Une Vénus du paléolithique découverte à Amiens
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/12/04/une-venus-du-paleolithique-decouverte-a-amiens_6021702_1650684.html

    Des lieux les plus anodins, les archéologues sortent parfois les pièces les plus exceptionnelles. Ainsi de cette petite effigie paléolithique, exhumée cet été d’une fouille située à deux pas d’une zone d’activité commerciale (ZAC) de Renancourt, un quartier du sud-ouest d’Amiens (Somme), et présentée pour la première fois, mercredi 4 décembre, par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

    Vieille de 23 000 ans environ, la « Vénus de Renancourt » n’est haute que de 4 centimètres, mais elle compte au nombre des rares statuettes féminines de la période gravettienne retrouvées en France. Elle complète une série de quinze autres effigies, mises au jour depuis 2014 sur le même site mais sous forme fragmentaire.

    Dernière de cette série exceptionnelle, la « Vénus de Renancourt » a été découverte en juillet « au dernier jour de fouilles, sur le dernier mètre carré fouillé », raconte Clément Paris.

    #Préhistoire #Archéologie

  • Les derniers Néandertaliens interglaciares exploitaient les lapins à des fins alimentaires et pour leur fourrures.

    L’exploitation du petit gibier, en particulier des lapins, par les Néandertaliens, en tant que source de nourriture ou à des fins utilitaires, n’est plus un sujet de débat, étant donné que de plus en plus de preuves de telles pratiques existent en Europe à partir du Paléolithique moyen.

    Au lieu de cela, on cherche maintenant à savoir si les lapins étaient une proie occasionnelle ou étaient pleinement intégrés au système socio-économique de ces groupes humains.

    L’étude montre des restes de lapins (225 individus) provenant des gisements moustériens de Pié Lombard (Tourrettes-sur-Loup, Alpes-Maritimes, France) datant de la dernière période interglaciaire (stade 5 de l’isotope marin).

    (...) De multiples sources de données indiquent une exploitation récurrente et optimisée des carcasses directement sur le site, à la fois en tant que sources de viande (préférentiellement consommées rôties) et de moelle ainsi que pour leurs peaux, qui semblent avoir été transportées en dehors du site.

    (...) La fréquence élevée des lapins (...) est unique pour cette période et reflète probablement l’emplacement et la fonction de l’abri sous roche. La capture d’un nombre aussi élevé de ce petit mammifère a potentiellement nécessité des techniques d’acquisition sophistiquées, auparavant connues uniquement des contextes du Paléolithique supérieur. Enfin, [les] résultats ont jeté un nouvel éclairage sur les pratiques de subsistance, les systèmes de peuplement et le comportement socio-économique des Néandertaliens en Europe occidentale au cours de MIS 5.

    #Préhistoire #Paléolithique_moyen #Mousterien #MIS_5 #Interglaciaire #Nourriture

    The exploitation of rabbits for food and pelts by last interglacial Neandertals -
    https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277379119307681

    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0277379119307681-gr2.sml
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    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S0277379119307681-gr1.sml

  • Preuve de la destruction d’un outil de valeur en pierre à une fin rituel sur le site de la fin du Natoufien dans la grotte de Hilazon Tachtit il y a 12 000 ans.

    La destruction d’objets de valeur est un comportement courant dans l’histoire humaine. Les données ethnographiques montrent la nature polysémique, mais fondamentalement symbolique, de cet acte. Cependant, les recherches visant à explorer la destruction symbolique dans les sociétés préhistoriques ont souligné la difficulté d’établir des preuves non équivoques d’un tel comportement.

    [Les chercheurs présentent] ici l’analyse d’un fragment d’outil de basalte qui fournit des preuves de la casse intentionnelle associée à une activité rituelle il y a 12 000 ans. Le fragment d’outil faisait partie d’un ensemble unique d’objets funéraires déposés dans le sépulcre d’une femme qui aurait été un chaman (grotte de Hilazon Tachtit, Levant Sud).

    La reconstitution de l’histoire de la vie des artefacts à travers des analyses morphologiques, 3D, d’usure, de résidus et contextuelles suggère que : 1) le fragment faisait initialement partie d’un bol peu profond utilisé pour mélanger des cendres ou de la chaux avec de l’eau ; 2) le bol a ensuite été brisé intentionnellement par une desquamation selon plusieurs axes ; 3) Le bol n’a pas été utilisé après sa rupture, mais placé dans une cache avant l’enterrement du défunt, accompagné d’autres objets spéciaux.

    Le fragment de bol brisé souligne le caractère rituel de l’acte de rupture dans la société natoufienne. Les recherches présentées dans cet article ouvrent une fenêtre importante sur le comportement rituel du peuple natoufien au cours de la période critique de transformation des communautés agricoles. De plus, [ces] résultats offrent un nouvel aperçu des pratiques relatives à la destruction intentionnelle d’objets de valeur associés aux cérémonies liées à la mort à la fin du paléolithique.

    Evidence of ritual breakage of a ground stone tool at the Late Natufian site of Hilazon Tachtit cave (12,000 years ago)
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0223370
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0223370.g004&size=inline

    #préhistoire #Paléolithique #rites #12000BP #mort

  • A quoi pouvait donc ressembler les Denisoviens ?

    Les Denisoviens sont un groupe d’humains éteint dont la morphologie reste inconnue.

    L’article présente une

    méthode pour reconstruire la morphologie du squelette en utilisant des modèles de méthylation de l’ADN [qui] consiste à relier les changements de méthylation unidirectionnels aux phénotypes de perte de fonction. [Les chercheurs ont] testé les performances en reconstituant les morphologies squelettiques de Néandertal et de chimpanzés et avons obtenu une précision supérieure à 85% dans l’identification des traits divergents. [Ils ont] ensuite appliqué cette méthode au Denisovan et [ont] proposé un profil morphologique putatif. [Ils suggèrent] que les Denisovans ont probablement partagé avec des Néandertaliens des traits tels qu’un visage allongé et un large bassin. [Ils ont identifié] également des modifications dérivées de Denisovan, telles qu’une augmentation de l’arcade dentaire et une expansion crânienne latérale.

    Le matériel utilisé était le

    seul os de Denisovan informatif sur le plan morphologique à ce jour, ainsi qu’au crâne de Xuchang, suggéré par certains comme étant un Denisovan

    Reconstructing Denisovan Anatomy Using DNA Methylation Maps : Cell
    https://www.cell.com/cell/abstract/S0092-8674(19)30954-7

    #Préhistoire #Paléolithique #Denisova #ADN
    #David Gokhman, Nadav Mishol,Marc de Manuel,David de Juan,Jonathan Shuqrun,Eran Meshorer,Tomas Marques-Bonet,Yoel Rak,Liran Carmel

    Publication : Cell
    Publisher : Elsevier
    Date : 19 September 2019

    DOI : https://doi.org/10.1016/j.cell.2019.08.035

  • Humans migrated to Mongolia much earlier than previously believed
    https://phys.org/news/2019-08-humans-migrated-mongolia-earlier-previously.html

    Stone tools uncovered in Mongolia by an international team of archaeologists indicate that modern humans traveled across the Eurasian steppe about 45,000 years ago, according to a new University of California, Davis, study. The date is about 10,000 years earlier than archaeologists previously believed.

    #archéologie #aventure_humaine #migration #préhistoire #Mongolie

  • Le plus ancien calendrier lunaire aurait 10 000 ans.

    The oldest lunar calendar is a pebble engraved 10,000 years ago, found in the Alban Hills near Rome, Italy | Sapienza Università di Roma

    https://www.uniroma1.it/en/notizia/oldest-lunar-calendar-pebble-engraved-10000-years-ago-found-alban-hills-nea

    A new notational artifact from the Upper Paleolithic? Technological and traceological analysis of a pebble decorated with notches found on Monte Alto (Velletri, Italy) - Altamura, F. - Journal of Archaeological Science: Reports 2019, 26, 101925.
    DOI: https://doi.org/10.1016/j.jasrep.2019.101925


    #Préhistoire #Paléolithique #calendrier #temps #10000BP #07/2019

  • Il y a 9 000 ans, une communauté aux problèmes urbains modernes.

    Les bioarchéologues rapportent de nouvelles découvertes dans les anciennes ruines de Çatalhöyük, en Turquie moderne. Les résultats donnent une idée de ce qu’était une vie humaine au moment du passage d’un mode de vie nomade de chasse et de cueillette à une vie plus sédentaire construite autour de l’agriculture.

    Il y a environ 9 000 ans, les habitants de l’une des premières grandes communautés agricoles du monde comptaient également parmi les premiers humains à faire face aux dangers de la vie urbaine moderne.

    Des scientifiques qui étudient les anciennes ruines de Çatalhöyük, dans la Turquie moderne, ont découvert que ses habitants - entre 3 500 et 8 000 habitants à son apogée - connaissaient la surpopulation, les maladies infectieuses, la violence et les problèmes environnementaux.

    (...)

    « Çatalhöyük a été l’une des premières communautés proto-urbaines au monde et les résidents ont vécu ce qui se passait lorsque l’on réunissait de nombreuses personnes dans une petite zone pendant une période prolongée ».

    (...)

    Çatalhöyük a commencé comme une petite colonie vers 7100 av. J.-C., probablement constituée de quelques maisons de briques en terre crue dans ce que les chercheurs appellent la période Early. Elle a atteint son apogée entre 6700 et 6500 av. J.-C. avant le déclin rapide de la population à la fin de la période. Çatalhöyük a été abandonné vers 5950 av.

    Alimentation.

    L’agriculture a toujours été une partie importante de la vie dans la communauté.(...) : les résidents avaient une alimentation trop riche en blé, en orge et en seigle, ainsi qu’une gamme de plantes non domestiquées.

    (...) Les protéines dans leur régime alimentaire, [provenaient] d’ovins, de caprins et d’animaux non domestiques. Les bovins domestiques ont été introduits à la fin de la période, mais les moutons ont toujours été les animaux domestiques les plus importants dans leur régime alimentaire.

    « Ils ont cultivé et élevé des animaux dès qu’ils ont eu créé la communauté, mais ils intensifiaient leurs efforts à mesure que la population augmentait ».

    La diète riche en céréales signifiait que certains résidents développaient bientôt une carie dentaire - l’une des soi-disant « maladies de la civilisation ». Les résultats ont montré qu’environ 10 à 13% des dents d’adultes découvertes sur le site présentaient des signes de caries dentaires.

    Agriculture et changement climatique.

    Les changements au fil du temps dans la forme des sections transversales des os de la jambe ont montré que les membres de la communauté à la fin de la période de Çatalhöyük marchaient beaucoup plus que les premiers habitants. Cela suggère que les résidents ont dû déplacer l’agriculture et le pâturage plus loin de la communauté au fil du temps.

    « [Les chercheurs pensent] que la dégradation de l’environnement et le changement climatique ont forcé les membres de la communauté à s’éloigner de la colonie pour s’installer dans des fermes et à trouver des provisions comme du bois de chauffage ». « Cela a contribué à la disparition ultime de Çatalhöyük. »

    D’autres recherches suggèrent que le climat au Moyen-Orient est devenu plus sec au cours de l’histoire de Çatalhöyük, ce qui a rendu l’agriculture plus difficile.

    Les résultats de la nouvelle étude suggèrent que les résidents ont souffert d’un taux d’infection élevé, probablement en raison de la surpopulation et d’une mauvaise hygiène. Jusqu’à un tiers des restes de la période précoce montrent des signes d’infections des os.

    Architecture et hygiène.

    Au plus fort de la population, les maisons ont été construites comme des appartements ne laissant aucun espace entre eux. Les résidents entraient et sortaient par des échelles sur les toits des maisons.

    Les fouilles ont montré que les murs et les sols intérieurs étaient souvent recouverts d’argile. Et tandis que les résidents gardaient leurs sols pratiquement sans débris, l’analyse des murs et des sols des maisons a montré des traces de matières fécales animales et humaines.

    « Ils vivent dans des conditions de surpeuplement, avec des fosses à ordures et des enclos pour animaux juste à côté de certaines de leurs maisons. Il y a donc toute une série de problèmes d’assainissement qui pourraient contribuer à la propagation de maladies infectieuses », a déclaré Larsen.

    Surpeuplement et violence.

    Les conditions de surpeuplement à Çatalhöyük pourraient également avoir contribué à des niveaux élevés de violence entre résidents, selon les chercheurs.

    Sur un échantillon de 93 crânes de Çatalhöyük, plus d’un quart - 25 personnes - ont présenté des signes de fractures cicatrisées. Et 12 d’entre eux ont été victimes plus d’une fois, avec deux à cinq blessures sur une période donnée. La forme des lésions suggère que les coups portés à la tête par des objets durs et ronds les ont causés - et que des boules d’argile de taille et de forme correspondantes ont également été trouvées sur le site.

    Plus de la moitié des victimes étaient des femmes (13 femmes et 10 hommes). Et la plupart des blessures se trouvaient au sommet ou à l’arrière de la tête, ce qui donne à penser que les victimes ne faisaient pas face à leurs agresseurs lorsqu’elles étaient frappées.

    « Nous avons constaté une augmentation des lésions crâniennes au cours de la période moyenne, lorsque la population était la plus nombreuse et la plus dense », a déclaré Larsen.

    « On pourrait argumenter que le surpeuplement entraîne une augmentation du stress et des conflits au sein de la communauté. »

    Composition des ménages.

    La plupart des gens ont été enterrés dans des fosses creusées dans le sol des maisons et les chercheurs pensent qu’ils ont été enterrés sous les maisons dans lesquelles ils vivaient. Cela a conduit à une découverte inattendue : la plupart des membres d’un ménage n’étaient pas liés biologiquement.

    Les chercheurs ont découvert cela en découvrant que les dents d’individus enfouis sous la même maison n’étaient pas aussi semblables que ce à quoi on pourrait s’attendre si elles étaient apparentées.

    "La morphologie des dents est hautement contrôlée génétiquement. Les personnes apparentées présentent des variations similaires dans la couronne de leurs dents et nous n’avons pas trouvé cela chez des personnes enterrées dans les mêmes maisons."

    Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les relations des personnes qui vivaient ensemble à Çatalhöyük, a-t-il déclaré. "C’est toujours une sorte de mystère."

    Dans l’ensemble, Larsen a déclaré que l’importance de Çatalhöyük est qu’il s’agissait de l’un des premiers « méga-sites » néolithiques au monde construit autour de l’agriculture.

    "Nous pouvons en apprendre davantage sur les origines immédiates de nos vies aujourd’hui, sur notre organisation en communautés. Bon nombre des défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont les mêmes que ceux qu’ils ont eus à Çatalhöyük - seulement magnifiés."

    9,000 years ago, a community with modern urban problems
    https://news.osu.edu/9000-years-ago-a-community-with-modern-urban-problems

    #Préhistoire #Néolithique #Çatalhöyük #sédentarisation #villes #9000BP #mode_de_vie #violence #peuplement

    DOI : 10.1073/pnas.1904345116

  • Des gravures d’animaux datant de 12.000 ans découvertes à Angoulême -

    (...) Une surprise pour les archéologues car cette pièce est datée d’environ 12.000 ans avant notre ère, ce qui correspond à la période dite de l’Azilien. Or « l’art azilien est souvent considéré comme une rupture, il marque un abandon du figuratif au profit de l’abstraction », explique l’Inrap.

    « Trouver des chevaux et d’autres animaux dessinés à cette période de l’Azilien récent, c’est exceptionnel », estime Valérie Feruglio, préhistorienne spécialiste de l’art préhistorique. (...)

    Sciences et Avenir
    https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/des-gravures-d-animaux-datant-de-12-000-ans-decouvertes-a-angouleme


    #Préhistoire #Paléolithique #Art_rupestre #Azilien #Europe #France #Inrap

  • De #femme en femme, les vénus des chasseurs préhistoriques ! - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=iB4c4KML-84&list=PLEnK6o7pdzkcOXswIItmemHGLTf0d0NZ6&index=79

    Lors de la dernière période glaciaire en Europe, les femmes charmaient les rêves des premiers artistes de l’humanité, chasseurs de rennes, mammouths ou chevaux. Elles se profilèrent bien souvent sur l’horizon de leurs imaginaires, dans des grottes et, statuettes de pierre ou d’ivoire, animèrent leurs habitats. Ainsi la superbe Vénus de Lespugue, plantée dans le sol près du foyer projetait-t-elle son ombre mouvante sur la paroi du petit abri de Gravettiens dans le piémont pyrénéen, tandis que la Vénus impudique devait exprimer quelques émois parmi les nombreux habitants magdaléniens de l’immense abri périgourdin de Laugerie, en bordure de Vézère. L’esthétique diamétralement opposée de ces deux chefs-d’œuvre du Musée de l’Homme, invite à la réflexion admirative sur le génie créateur des Sapiens d’alors, faisant de l’Image, le creuset du sens et le support sensible de la communication. Denis Vialou, préhistorien au Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l’Académie des Sciences d’Outremer, étudie avec son équipe de recherche associée au CNRS la #préhistoire des #Sapiens en Europe et en Amérique du Sud. Leurs recherches comparatives sont essentiellement consacrées aux comportements symboliques, dans leurs manifestations monumentales ou sous forme d’objets, et aux comportements économiques et sociaux.

  • Energie, hiérarchie et origine de l’inégalité

    Je vous livre un très grand extrait d’une étude publié le 24 avril de cette année. J’ai, par soucis pour une lecture fluide, enlevé les références bibliographiques mais je pense que je vais les remettre tant elles sont importantes.

    Où devrions-nous chercher pour comprendre l’origine de l’inégalité ? Je propose une fenêtre de preuves inhabituelle : les sociétés modernes. Je suppose que la preuve de l’origine de l’inégalité est codée dans la structure institutionnelle des sociétés industrielles. Pour tester cette idée, j’utilise un modèle pour projeter les tendances modernes dans le passé. Ce modèle prend la relation moderne entre énergie, hiérarchie et inégalité et crée une image rétrospective de l’origine de l’inégalité. Les résultats sont globalement cohérents avec les preuves disponibles. Le modèle prédit une explosion des inégalités avec le passage de la cueillette à l’agriculture, suivi d’un plateau. Cette découverte ouvre potentiellement une nouvelle fenêtre de preuve sur l’origine de l’inégalité.

    L’origine de l’inégalité est l’un des grands mystères de l’évolution sociale de l’homme. Pendant la plus grande partie de notre histoire, nous avons vécu dans de petits groupes farouchement égalitaires [1]. Mais il y a environ 10 000 ans, quelque chose a changé [2, 3]. Pour des raisons qui restent mal comprises, nous avons commencé à abandonner notre état ancestral et avons commencé à permettre à certaines personnes de disposer de beaucoup plus de ressources que d’autres. Au début, l’inégalité était l’exception, mais elle s’est rapidement répandue jusqu’à devenir la forme d’organisation la plus répandue.

    Cette grande transition a intrigué les scientifiques pendant des siècles [2–11]. Mais comme l’origine de la vie, l’origine de l’inégalité est frustrante et difficile à étudier. Le problème est que les origines restent liées au passé, ce qui signifie que les preuves sont rares. Malgré tout, nous avons progressé. Avec beaucoup d’efforts, nous avons trouvé trois « fenêtres » d’éléments de preuve sur l’origine de l’inégalité : le récit archéologique [10-19], les sociétés traditionnelles survivantes [20-25] et le récit écrit de l’inégalité [26-30].

    Ces fenêtres se concentrent soit sur des sociétés disparues depuis longtemps, soit sur des sociétés dont la forme est archaïque. C’est parfaitement raisonnable, mais cela limite également les preuves que nous pouvons découvrir. Les archives archéologiques et écrites sur les inégalités seront toujours rares. Et les sociétés traditionnelles disparaissent rapidement du monde. Compte tenu des limites de ces fenêtres, où pourrait-on chercher ailleurs pour étudier l’origine de l’inégalité ? Je suggère que nous puissions nous inspirer de la biologie de l’évolution.

    L’une des avancées majeures dans l’étude de l’origine de la vie a été la découverte que l’ADN des organismes vivants contient une histoire codée de leur évolution [31]. Est-ce que quelque chose de semblable pourrait être vrai des sociétés humaines ? La structure sociale des sociétés modernes pourrait-elle contenir une histoire codée de l’origine de l’inégalité ? Je teste cette possibilité ici. J’utilise les institutions comme corollaire social de l’ADN. Les institutions sont des systèmes d’organisation transmis d’une génération à l’autre. Je pense que nous pouvons utiliser les tendances institutionnelles modernes pour déduire l’origine de l’inégalité.

    En regardant les sociétés modernes, [l’auteur] trouve deux tendances importantes (...). Premièrement, les sociétés qui utilisent plus d’énergie ont tendance à avoir des institutions plus grandes. Deuxièmement, les institutions modernes sont organisées hiérarchiquement et le revenu augmente rapidement avec le rang. Quel est le lien avec l’origine de l’inégalité ? La clé est que la croissance de la taille de l’institution peut être interprétée comme la croissance de la hiérarchie. L’idée est que, au fur et à mesure que la hiérarchie se développe, elle concentre les ressources au sommet, conduisant potentiellement à une plus grande inégalité. La tendance moderne est à une plus grande utilisation de l’énergie et à une plus grande hiérarchie. Pour en déduire l’origine des inégalités, je propose d’inverser cette tendance et de la projeter en arrière dans le temps. J’appelle cela l’hypothèse de « l’énergie-hiérarchie-inégalité » (EHI).

    Je vous passe les détails et je me suis intéressé à la discussion :

    Les Limites du modèle

    Le modèle énergie-hiérarchie-inégalité est construit sur la corrélation et n’est pas destiné à répondre aux questions de causalité. C’est une limitation, mais c’est aussi la raison principale pour laquelle le modèle fournit des informations.

    Le modèle prend deux corrélations en entrée :
    (1) la corrélation entre la consommation d’énergie et la taille de l’établissement ; et
    (2) la corrélation entre le pouvoir hiérarchique et le revenu.

    Le modèle n’explique pas pourquoi ces corrélations existent. Au lieu de cela, il explique pourquoi ils pourraient être importants pour l’origine de l’inégalité.

    Le modèle indique que si ces tendances existaient dans le passé, elles impliquent que des inégalités se sont produites pendant la transition vers l’agriculture.

    Même si cela fonctionne au niveau de la corrélation, c’est un aperçu important. Cela suggère que les tendances modernes ouvrent une nouvelle fenêtre sur l’origine de l’inégalité. La tâche des recherches futures consiste à utiliser cette fenêtre pour mieux comprendre les causes ultimes.

    Causalité

    Pour l’hypothèse EHI, comprendre le lien de causalité signifie expliquer nos deux corrélations. Nous voulons savoir pourquoi la croissance de la consommation d’énergie est liée à la croissance de la hiérarchie et pourquoi le revenu augmente avec le pouvoir hiérarchique. Répondre à ces questions dépasse le cadre de cet article. Mais [l’auteur va spéculer] ici.

    [Il] soupçonne que l’énergie est liée à la hiérarchie via une boucle de rétroaction, ce qui signifie que la causalité fonctionne dans les deux sens. [Il] pense cela parce que des preuves différentes suggèrent des directions causales différentes. L’effondrement de l’Union soviétique est un exemple où la hiérarchie semble être le moteur de la consommation d’énergie. Lorsque le gouvernement soviétique s’est effondré, la consommation d’énergie dans les anciens États soviétiques a considérablement diminué. Comme il n’y avait pas de pénurie mondiale d’énergie à l’époque, on peut raisonnablement en déduire que l’effondrement des institutions a entraîné une baisse de la consommation d’énergie.

    Mais nous pouvons aussi penser aux raisons de la causalité inverse - quand l’énergie pousse (ou limite) la croissance de la hiérarchie. Ceci est lié à la théorie de la stratification sociale fondée sur les surplus. Dans les sociétés agraires, le surplus d’énergie des agriculteurs est trop petit pour supporter de nombreux travailleurs non agricoles. Ainsi, il y a peu de place pour une classe de gestion. Mais si le surplus augmentait, il pourrait assouplir ces limites et permettre le développement de la hiérarchie. Ceci suggère que la croissance énergétique pourrait entraîner la croissance de la hiérarchie.

    Ces deux exemples suggèrent que la causalité peut aller dans les deux sens : l’énergie peut conduire à la croissance de la hiérarchie et inversement. Démêler ce processus de causalité est une tâche difficile pour les recherches futures.

    Qu’est-ce qui cause la relation entre le revenu et le pouvoir hiérarchique ? [l’auteur] pense que cela est probablement causé par de nombreux facteurs différents. Dans les hiérarchies despotiques (telles que les plantations à esclaves), les supérieurs peuvent avoir recours à la contrainte et à la force brutale pour tirer leurs revenus. Mais dans les hiérarchies moins despotiques, l’idéologie est probablement plus importante. La substance de ces idéologies diffère, mais la fonction est toujours la même : justifier le pouvoir des élites. Les sociétés traditionnelles justifient souvent le pouvoir par le biais de la parenté - en faisant remonter la lignée à un ancêtre fondateur. Les sociétés féodales utilisent la religion, comme dans le droit divin des rois. Les sociétés capitalistes utilisent la propriété pour justifier le pouvoir. Dans chaque société, l’idéologie justifie à la fois l’autorité des élites et leur meilleur accès aux ressources. Pour comprendre pourquoi le revenu est lié au pouvoir hiérarchique, [l’auteur] pense que nous devons comprendre les idéologies qui légitiment le pouvoir. Ces idéologies ont été bien étudiées, mais il reste beaucoup à apprendre.

    Nous devons également prendre au sérieux les pratiques sociales qui évoluent pour contrôler le pouvoir des élites. Dans les sociétés modernes, cela inclurait les syndicats et le contrôle démocratique. Il existe de fortes preuves que les syndicats limitent les inégalités. Cela suggère qu’en organisant des individus de rang inférieur, les syndicats contrôlent le pouvoir des élites. Il est également prouvé que le contrôle démocratique limite les revenus des élites. Par exemple, les PDG américains des secteurs réglementés par le gouvernement gagnent moins que les PDG des secteurs non réglementés. Et la rémunération des élites dans le secteur public sous contrôle démocratique est bien inférieure à celle du secteur privé. À titre d’exemple, le président des États-Unis gagne environ 40 fois moins que les PDG des plus grandes entreprises américaines.

    S’il existe de nombreuses causes plausibles à la relation pouvoir-revenu, leur étude nous ramène au problème de la mesure. Je me suis concentré sur le pouvoir hiérarchique, car il était facile à quantifier. Mais lorsque nous essayons de regarder "sous le capot" de ce pouvoir, la mesure devient difficile. Par exemple, comment mesurons-nous l’effet d’une idéologie ? Pour comprendre la causalité, nous devons lutter contre ces difficultés. Encore une fois, ceci est une tâche pour les recherches futures.

    Émergence de la hiérarchie.

    Bien que nous comprenions mal les mécanismes à l’œuvre, [l’auteur] voudrais spéculer sur l’histoire de l’origine racontée par le modèle EHI. Cela suggère que l’origine de l’inégalité peut être reformulée en tant qu’émergence d’une hiérarchie. Mais cela soulève une question. Après des centaines de milliers d’années de vie dans des sociétés (relativement) égalitaires, pourquoi les humains choisiraient-ils soudainement de s’organiser en hiérarchies despotiques ?

    Les scientifiques ont longtemps été perplexes sur cette question. La hiérarchie at-elle un avantage, comme le soutient la théorie fonctionnaliste ? Ou était-ce une question de contrainte, comme le prétend la théorie des conflits ? Ou bien l’émergence de la hiérarchie a-t-elle impliqué à la fois la fonction et la contrainte ? Je pense que ce dernier est le plus probable. Sans avantage fonctionnel, il est difficile de comprendre pourquoi une hiérarchie serait créée. Mais sans coercition, il est difficile de comprendre les grandes inégalités qui existent au sein des hiérarchies.

    Commençons par les avantages de la hiérarchie. Les preuves modernes indiquent que la hiérarchie augmente avec la consommation d’énergie. L’une des interprétations est que la hiérarchie permet ou est nécessaire pour une plus grande utilisation de l’énergie (pour une interprétation différente, voir Bichler S, Nitzan J. Growing Through Sabotage : Energizing Hierarchical Power. Capital as Power Working Papers. 2017 ;2017(02). ). Si cela est vrai, nous devons alors poser deux questions. Premièrement, pourquoi utiliser plus d’énergie est-il avantageux ? Deuxièmement, pourquoi la hiérarchie est-elle obligée d’utiliser plus d’énergie ?

    En ce qui concerne la première question, si la vie est la lutte pour l’énergie, alors utiliser plus d’énergie peut donner un avantage compétitif à un organisme (ou à un groupe d’organismes). C’est l’idée qui sous-tend le principe de puissance maximale, qui tente de donner une base énergétique à la forme physique darwinienne. Il propose que les organismes (et les écosystèmes) évoluent pour maximiser le pouvoir - le flux d’énergie par unité de temps. Bien qu’il ait un certain support empirique, le principe de la puissance maximale reste controversé.

    Néanmoins, il existe des exemples clairs où l’utilisation de plus d’énergie est avantageuse pour les groupes humains. Le plus remarquable est la guerre. L’évolution de l’armement militaire évolue vers des armes de plus en plus dévastatrices (arcs et flèches, armes à feu, missiles et ogives nucléaires). Cela se réduit à l’énergétique : la capacité de destruction d’une arme est proportionnelle à la quantité d’énergie dégagée. Il suffit de regarder l’histoire des conquêtes européennes pour voir comment un meilleur armement a conduit à un avantage collectif. Une plus grande utilisation d’énergie peut également permettre des avantages en termes de reproduction. Par exemple, dans les sociétés traditionnelles existantes, les sociétés agraires ont généralement une fertilité supérieure à celle des chasseurs-cueilleurs et des horticulteurs. Pour résumer, utiliser plus d’énergie peut être avantageux dans la compétition entre groupes. Nous pouvons considérer cela comme une forme de « sélection de groupe ». L’idée est que les groupes qui utilisent plus d’énergie surpassent les groupes qui utilisent moins d’énergie.

    Mais pourquoi une plus grande consommation d’énergie est-elle associée à une plus grande hiérarchie ? Une possibilité est que l’utilisation de plus d’énergie nécessite une plus grande coordination sociale et la hiérarchie est le moyen le plus efficace d’y parvenir. Voici [le] raisonnement de l’auteur.

    L’augmentation de la consommation d’énergie implique de profonds changements technologiques. Plus particulièrement, l’ampleur et la complexité de la technologie augmentent. [Il] suggère que cette complexité croissante nécessite plus de coordination sociale. C’est là qu’intervient la hiérarchie. Alors que les humains peuvent s’organiser sans hiérarchie, l’échelle semble limitée. Le problème est que la sociabilité humaine a probablement des limites biologiques. Les individus ne peuvent généralement pas entretenir plus de quelques centaines de relations sociales. La hiérarchie contourne ces limites. Un membre d’une hiérarchie n’a besoin d’interagir qu’avec son supérieur direct et ses subordonnés directs. Cela permet à la taille du groupe de croître sans avoir besoin de davantage d’interactions sociales.

    Si la hiérarchie confère des avantages énergétiques (via la coordination), nous pouvons imaginer l’émergence d’une boucle de rétroaction : L’organisation hiérarchique permet une coordination à grande échelle qui permet ensuite une plus grande utilisation de l’énergie, puis une plus grande hiérarchie (et ainsi de suite). Cela explique pourquoi l’énergie et la hiérarchie vont de pair. Mais cela pose un problème. Pour la grande majorité de l’histoire humaine, l’organisation hiérarchique était négligeable. Clairement, il n’y avait pas de boucle de rétroaction énergie-hiérarchie. Que manque-t-il ?

    L’ingrédient manquant est la distribution des ressources au sein de la hiérarchie. Le problème est que la hiérarchie est une arme à double tranchant. Cela permet une plus grande coordination, mais cela mène aussi au despotisme. La chaîne de commandement imbriquée confère un pouvoir énorme aux personnes les mieux classées. Lorsque ce pouvoir est utilisé (de manière prévisible) à des fins personnelles, il engendre de grandes inégalités. Cela expliquerait pourquoi le revenu est doté d’un pouvoir hiérarchique. L’inégalité qui en résulte signifie que la hiérarchie peut ne pas profiter aux individus de rang inférieur. Si les gains matériels de la coordination sont accaparés par les élites, il est peut-être préférable que les individus de rang inférieur quittent la hiérarchie. La stabilité d’une hiérarchie dépend donc de l’avantage net pour les individus de rang inférieur. S’il n’y a pas d’avantage, la hiérarchie sera instable.

    Pour la majorité de l’histoire de l’humanité, les coûts du despotisme hiérarchique l’emportait probablement sur les avantages de la hiérarchie pour la coordination. Nous savons que les chasseurs-cueilleurs modernes (et vraisemblablement les plus anciens également) répriment agressivement les individus à la recherche du pouvoir. Sans une source d’énergie concentrée (telle que l’agriculture), les avantages d’une coordination à grande échelle étaient probablement marginaux. Par conséquent, la hiérarchie n’était pas tolérée car elle ne conférait aucun avantage.

    Cela a probablement changé pendant la révolution néolithique. Les détails restent mal compris, mais on peut en déduire que les avantages d’une coordination à grande échelle ont augmenté. Ceci est probablement lié au sédentarité et au développement de l’agriculture. L’irrigation a probablement aussi joué un rôle important. [l’auteur] soutiens que pendant la révolution néolithique, la boucle de rétroaction énergie-hiérarchie s’est installée. En conséquence, le pouvoir hiérarchique est devenu plus concentré. De manière prévisible, les élites ont utilisé leur pouvoir à des fins personnelles, ce qui a entraîné l’apparition d’inégalités.

    Jusqu’à présent, [l’auteur a ] traité l’inégalité comme un effet de la hiérarchie. Mais cela peut en réalité jouer un rôle dans la croissance de la hiérarchie. [Il a] soutenu que la croissance de la hiérarchie dépend de l’avantage net des individus de rang inférieur. Un moyen d’accroître cet avantage consiste à augmenter les rendements de la coordination hiérarchique (par le biais de changements environnementaux ou technologiques). Mais un autre moyen d’augmenter l’avantage net consiste à diminuer le despotisme hiérarchique. Si les gains de la hiérarchie sont répartis plus équitablement, le bénéfice net pour les membres de rang inférieur est supérieur.

    Ce raisonnement signifie que l’inégalité peut jouer un rôle causal dans la croissance de la hiérarchie et dans la croissance de l’utilisation de l’énergie. Ceci est une spéculation, mais cela cadre avec l’inférence selon laquelle le despotisme hiérarchique décroît avec la consommation d’énergie [voir figure du texte originale]. Peut-être que la limitation du despotisme hiérarchique est une condition préalable à l’industrialisation ? Ou autrement dit, est-il possible d’avoir une économie industrielle construite sur l’esclavage - le mode d’organisation humaine le plus despotique ? Ce sont des questions ouvertes qui méritent d’être examinées.

    Pour résumer, [l’auteur] pense que pour comprendre la relation énergie-hiérarchie-inégalité, il faut fusionner les théories fonctionnelles et conflictuelles de la stratification sociale. Cela nécessite de comprendre ce que Wilson appelle « le problème fondamental de la vie sociale ». L’idée est que les groupes coopératifs battent les groupes non coopératifs. Mais les individus égoïstes battent les individus désintéressés au sein des groupes. La hiérarchie met bien en évidence les deux aspects de ce problème. C’est un puissant outil de coordination qui présente des avantages potentiels pour le groupe. Mais il est également prévisible qu’il est utilisé à des fins égoïstes, ce qui entraîne une grande inégalité. Cette façon de penser peut constituer un outil important pour comprendre l’origine de l’inégalité.

    Fix B (2019) Energy, hierarchy and the origin of inequality. PLoS ONE 14(4) : e0215692. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0215692
    #Préhistoire #Anthropologie #Inégalités

    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0215692
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0215692.g014&size=inline

  • Les archéologues ont mis au jour des preuves des premières célébrations à grande échelle en Grande-Bretagne (des personnes et des animaux parcourant des centaines de kilomètres pour assister à des rituels de fête préhistorique). (confirmation).

    L’étude est la plus complète à ce jour [il y en avait eu déjà d’autres] a examiné les os de 131 porcs, les principaux animaux de ces fêtes, issus de quatre complexes du Néolithique supérieur (environ 2800-2400 av. J.-C.). Desservant les célèbres monuments de Stonehenge et Avebury, les quatre sites - Durrington Walls, Marden, Mount Pleasant et West Kennet Palisade Enclos - ont accueilli les tout premiers événements pan-britanniques, des festins qui ont attiré des personnes et des animaux de toute la Grande-Bretagne.

    (...)

    Les résultats montrent que les os de porc extraits de ces sites provenaient d’animaux élevés aussi loin que l’Écosse, le nord-est de l’Angleterre et l’ouest du pays de Galles, ainsi que de nombreux autres endroits dans les îles britanniques. Les chercheurs estiment qu’il était peut-être important que les personnes présentes apportent des animaux élevés localement chez eux.

    Jusqu’à présent, les origines des personnes qui ont pris part à des rituels dans ces monuments mégalithiques et l’ampleur des mouvements de population de l’époque étaient des énigmes de longue date dans la préhistoire britannique.

    Le Dr Richard Madgwick, de l’École d’histoire, d’archéologie et de religion, a déclaré : « Cette étude démontre une échelle de mouvement et un niveau de complexité sociale qui n’étaient pas appréciés auparavant. »

    « Ces rassemblements pourraient être considérés comme les premiers événements culturels unis de notre île, des habitants de tous les coins de la Grande-Bretagne descendant dans les environs de Stonehenge pour se régaler de mets spécialement préparés et transportés de chez eux ».

    Représentant de grandes prouesses d’ingénierie et de mobilisation de la main-d’œuvre, les complexes néolithiques d’Henge du sud de la Grande-Bretagne ont été le point de mire de grands rassemblements du troisième millénaire avant notre ère. Les porcs étaient le principal animal utilisé pour les festins et ils fournissaient la meilleure indication de la provenance des gens qui se régalaient sur ces sites, car pratiquement aucun reste humain n’a été retrouvé.

    À l’aide d’une analyse isotopique, qui identifie les signaux chimiques provenant de la nourriture et de l’eau que les animaux ont consommées, les chercheurs ont pu déterminer les zones géographiques où les porcs ont été élevés. L’étude offre l’image la plus détaillée du degré de mobilité en Grande-Bretagne à l’époque de Stonehenge.

    Le Dr Madgwick a déclaré : "La découverte la plus surprenante est sans doute les efforts que les participants ont investis pour amener les porcs qu’ils ont eux-mêmes élevés. Il aurait été relativement facile de les acheter à proximité des lieux de fête (...) « Les porcs ne sont pas aussi aptes à se déplacer sur de grande distances que les bovins et les transporter, abattus ou sur pied, sur des centaines, voire des milliers de kilomètres, a nécessité un effort monumental. »

    Cela suggère que les contributions prescrites étaient nécessaires et que les règles dictaient que les porcs offerts devaient être élevés par les participants au festin, les accompagnant dans leur voyage, plutôt que d’être acquis localement."

    Multi-isotope analysis reveals that feasts in the Stonehenge environs and across Wessex drew people and animals from throughout Britain | Science Advances
    https://advances.sciencemag.org/content/5/3/eaau6078.full

    R. Madgwick, A. L. Lamb, H. Sloane, A. J. Nederbragt, U. Albarella, M. Parker Pearson and J. A. Evans. Multi-isotope analysis reveals that feasts in the Stonehenge environs and across Wessex drew people and animals from throughout Britain. Science Advances, 2019 DOI : 10.1126/sciadv.aau6078

    #Préhistoire #Néolithique #Stonehenge #cérémonie #migrations #4800BP #4400BP