• Jurisprudence | Déterminer l’âge d’un jeune, des procédures claires, des enjeux considérables. Prouver sa minorité, une loterie ?
    https://asile.ch/2019/08/05/jurisprudence-determiner-lage-dun-jeune-des-procedures-claires-des-enjeux-cons

    Alors qu’une solide jurisprudence existe sur la procédure à mettre en œuvre pour établir l’âge d’un jeune qui se déclare mineur, les auditeurs du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) s’écartent régulièrement des principes à suivre lorsqu’ils rendent des décisions. Les conséquences pour le jeune et l’issue de sa procédure peuvent être considérables. Les juges du […]

  • Gilets jaunes à Bordeaux : un homme placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPN
    Sud Ouest.fr - Publié le 14/01/2019 à 14h27. Mis à jour à 17h10 par Arnaud Dejeans et Aude Courtin.
    https://www.sudouest.fr/2019/01/14/gilets-jaunes-a-bordeaux-un-homme-place-en-coma-artificiel-les-medecins-son

    Olivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants, a été blessé samedi lors de la manifestation à Bordeaux à l’angle de l’Apple Store rue Saint-Catherine. Sa femme témoigne. Le préfet a saisi ce lundi la police des polices

    Samedi, c’était la deuxième fois qu’il venait manifester à Bordeaux. Olivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants et sapeur-pompier volontaire à Bazas (sud-Gironde) depuis 20 ans, a été blessé lors de l’acte IX des gilets jaunes.

    #maintien_de_l'ordre #violencespolicières #Bordeaux

  • Procédure | Prise de décision en matière d’asile. Le régime de la #suspicion

    Autant les collaborateurs du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) que les conseillers juridiques qui accompagnent les demandeurs d’asile semblent s’accorder sur le fait que la majorité des demandes d’asile sont rejetées sur la base du caractère « non vraisemblable » de la demande [1]. Sur son site Internet, le SEM affirme ainsi — et c’est un discours très présent également dans l’espace public — que beaucoup de demandeurs d’asile « racontent une histoire dramatique inventée de toutes pièces, espérant ainsi obtenir le statut de réfugié » [2]. Une attitude qualifiée d’« abus », et contre laquelle l’institution s’érige en rempart.

    Comment expliquer que nombre de décisions négatives soient fondées sur l’article 7 de la loi sur l’asile, qui définit la « vraisemblance », plutôt que sur la non-éligibilité au statut de réfugié (article 3) ? Dans le contexte français, Fassin et Kobelinsky (2012) lient cela au tournant politique des années 80 et 90. Ils montrent que la fin de la guerre froide et la crise économique des années 70 ont conduit à des politiques bien plus restrictives en matière d’immigration et d’asile, mettant davantage l’accent sur la dissuasion et la lutte contre les « #abus ».

    Un constat qui vaut également pour la #Suisse (Miaz, 2017), mais qui ne suffit pas à expliquer la prépondérance du critère de vraisemblance dans l’examen des demandes d’asile. Ma thèse de doctorat, pour laquelle j’ai mené une recherche ethnographique en 2014 et 2015 au sein de différentes divisions du SEM, montre que les mécanismes intra-institutionnels jouent ici un rôle essentiel.

    Un conditionnement institutionnel

    Je me suis ainsi intéressée aux pratiques quotidiennes des collaborateurs du SEM et à la manière dont certains « modèles » de prise de décisions deviennent naturels ou routiniers pour ces derniers. Pour mieux comprendre comment fonctionne la prise de décision en matière d’asile — et dans les bureaucraties plus généralement —, il faut prêter attention à l’élaboration et à la structuration des pratiques discrétionnaires des décideurs.

    Par pratiques discrétionnaires, j’entends ici les actions nécessaires pour interpréter le droit général dans l’évaluation de « cas » ou situations spécifiques.

    Ces pratiques ne sont pas seulement le résultat de choix libres et autonomes des décideurs. Elles sont façonnées par l’institution au sein de laquelle ils travaillent. On peut donc parler d’« habitus institutionnel », que je définis comme schéma de pensée, d’action, de perception et de désir qui découle de la position des collaborateurs au sein du SEM. L’habitus institutionnel met l’accent sur les expériences vécues au travail et sur la socialisation institutionnelle pour comprendre ce qui façonne les manières de comprendre, juger et agir des collaborateurs du SEM.

    Une solution de facilité

    Ma recherche montre ainsi quatre raisons principales pour lesquelles les collaborateurs du SEM préfèrent un raisonnement fondé sur l’examen de la vraisemblance (art. 7 LAsi) à un examen fondé sur l’éligibilité au statut de réfugié (art. 3 LAsi). Selon les personnes interrogées, la décision est premièrement moins susceptible d’être contestée en cas de recours de la part du demandeur d’asile. Deuxièmement, la plupart considèrent que les décisions négatives relevant de l’art. 7 sont moins étroitement contrôlées par leurs supérieurs hiérarchiques. Troisièmement, il leur semble plus facile d’établir et de produire des faits en vue de la décision dans le cadre de l’examen de la vraisemblance — au moyen de techniques et de stratégies d’interrogatoire — que d’établir avec certitude ce que les demandeurs d’asile ont vécu dans leur passé ou des persécutions à venir. Enfin, de nombreux collaborateurs considèrent qu’il est plus facile, émotionnellement, de justifier des décisions prises sur la base de la vraisemblance : la responsabilité de la décision négative revient alors au demandeur qui n’a pas dit « la vérité ».

    La #méfiance valorisée

    Je montre aussi qu’à travers leur socialisation au travail, les décideurs en viennent à assumer le rôle de « protecteurs du système ». Un rôle qui, dans le discours des personnes interrogées, prend un double sens. D’une part, il s’agit de protéger ce qu’ils considèrent comme la valeur humanitaire de l’asile : réserver l’asile à ceux qui le méritent vraiment, en limitant son accès. D’autre part, protéger le système consiste à défendre « les intérêts de l’État » : ne pas rendre l’asile « trop attractif » revient alors à protéger la Suisse contre l’installation d’« un trop grand nombre d’étrangers ».

    Ces finalités ne sont pas revendiquées comme objectifs propres par les collaborateurs, à savoir ce qui oriente leurs prises de décision. Néanmoins, je montre qu’en tant qu’objectifs institutionnels inculqués tout au long de leur socialisation dans l’institution, ceux-ci façonnent la manière dont les collaborateurs envisagent leur rôle et ce qu’ils considèrent comme des valeurs « professionnelles » de prise de décision. Tel est le cas de la suspicion.

    Ainsi, au sein du SEM, être suffisamment méfiant est perçu comme signe de professionnalisme, alors que sera qualifié de « naïveté » et de « paresse » le fait de ne pas « creuser assez profondément » pour trouver des contradictions et des signes de non-vraisemblance. Pour être professionnels, les collaborateurs doivent donc « creuser profondément » pour prouver la (non) véracité des déclarations des demandeurs d’asile et « tester leur crédibilité ».

    Une technique biaisée

    Rappelons seulement que les techniques de questionnement visant à tester la crédibilité ne font pas que découvrir des « contrevérités » et des contradictions. Elles les génèrent activement, comme l’ont montré plusieurs auteurs (Scheffer, 2001 ; Trueman, 2009).

    L’accent mis sur la vraisemblance et l’attitude de suspicion à l’égard des demandeurs d’asile au sein de processus de classification légale conduit ainsi au renforcement de la figure particulière du demandeur d’asile débouté comme « #faux_réfugié » et « #abuseur ».

    Une figure qui, en retour, vient renforcer les volontés du SEM et de ses collaborateurs d’identifier ces « abuseurs » et de les exclure.

    https://asile.ch/2018/11/27/procedure-prise-de-decision-en-matiere-dasile-le-regime-de-la-suspicion
    #vraisemblance #audition #preuves #asile #migrations #réfugiés #procédure_d'asile

    • Crédibilité | Son #récit est qualifié d’invraisemblable malgré plusieurs éléments de #preuve

      Yared* demande l’asile en Suisse après avoir quitté l’Éthiopie, où il a été détenu et maltraité en tant qu’opposant politique. Il présente une convocation officielle des autorités éthiopiennes et un rapport médical rédigé par un service spécialisé attestant de son état de santé et corroborant ses dires. Cependant, le SEM puis le TAF considèrent que ses déclarations sont invraisemblables et prononcent son renvoi de Suisse.

      Yared, d’origine éthiopienne, entre en Suisse en septembre 2015 et y dépose une demande d’asile. Il déclare avoir été arrêté en 2014 dans le cybercafé qu’il gérait à Addis-Abeba, puis emprisonné pendant quatre mois. Les autorités l’accusaient d’être un opposant au régime, car des membres d’un parti de l’opposition utilisaient son cyber-café afin d’imprimer des affiches contre le pouvoir. Yared ajoute avoir été emprisonné une seconde fois pendant deux mois durant la campagne électorale de 2015, à nouveau soupçonné de soutenir l’opposition. Il dit avoir été battu et torturé lors de ces deux périodes de détention. Alors qu’il avait déjà quitté le pays, Yared a reçu une convocation de la part des autorités éthiopiennes datée d’août 2015, réceptionnée par sa sœur et dont l’original a été remis au SEM. Yared verse à son dossier des éléments relatifs à son état de santé, qui corroborent ses dires sur les traitements dont il aurait été victime. En effet, il souffre notamment de troubles de l’audition et de l’articulation de la mâchoire, que les médecins attribuent à de probables coups au niveau de la tête. Yared présente d’autres séquelles, possiblement dues à des passages à tabac et à des brûlures. Il est également suivi sur le plan psychiatrique à la Consultation pour victimes de torture et de guerre (CTG) pour dépression et état de stress post-traumatique. Un rapport médical de juillet 2017, remis lui aussi au SEM, conclut notamment à une perforation des tympans et à un état de stress post-traumatique.

      En août 2017, le SEM rejette la demande d’asile de Yared, qualifiant ses déclarations d’invraisemblables. Le SEM trouve « incompréhensible » que les autorités éthiopiennes aient décidé d’arrêter Yared sans aucune raison ou indice préalable et « illogique » que celles-ci l’aient libéré faute de preuve puis arrêté à nouveau quelques mois plus tard. Selon le SEM, les explications fournies par Yared sont « vagues », « stéréotypées » et « vides de tout élément de vécu ». Les exigences de vraisemblance posées par l’art. 7 LAsi n’étant selon lui pas réalisées, le SEM renonce à examiner la pertinence des faits allégués. Il réfute la qualité de réfugié de Yared et prononce son renvoi, estimant qu’il n’a démontré aucun risque vraisemblable d’être exposé à une peine ou à un traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ni aucune mise en danger concrète due à sa situation médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

      Suite à la décision du SEM, Yared fait recours au TAF en octobre 2017. Il évoque les moyens de preuve détaillés et pertinents qui n’ont pas été considérés par le SEM, comme la convocation des autorités éthiopiennes d’août 2015 ou le certificat médical de juillet 2017. Yared rappelle les séquelles laissées par les mauvais traitements subis lors de sa détention. De plus, en raison de sa présumée appartenance à l’opposition politique éthiopienne, Yared se dit exposé à de sérieux préjudices.

      Le TAF rejette la demande de dispense de frais et d’assistance judiciaire en octobre 2017, le recours étant jugé voué à l’échec. Yared dépose une demande de reconsidération de la décision incidente du TAF, rappelant une fois encore qu’il a apporté des preuves matérielles qui n’ont été considérées ni par le SEM ni par le TAF. De surcroît, dans sa décision incidente, le TAF s’appuie sur le fait que Yared aurait imprimé des tracts en 2015, soit après la fermeture de son cybercafé. Pourtant, la mandataire de Yared rappelle que celui-ci n’a jamais tenu de tels propos. Le TAF rejette ensuite la demande de reconsidération puis le recours de Yared, car celui-ci n’aurait rendu vraisemblable ni l’existence ni le risque de persécutions de la part des autorités éthiopiennes à son égard. Le TAF considère qu’il se serait également contredit sur le moment de sa seconde arrestation. Dans son recours, la mandataire de Yared avait précisé que les indications temporelles données par le recourant étaient effectivement vagues (« ensuite », « puis »), mais que le SEM n’avait pas cherché à les clarifier et à confronter Yared sur les apparentes divergences dans ses déclarations. De plus, ces indications temporelles ont été données dans le cadre d’une question générale sur les motifs d’asile de Yared, et non en réponse à une question spécifique portant sur le moment de la seconde arrestation. Finalement, pour le TAF, bien que le rapport médical et le fait que Yared soit suivi par la CTG attestent des faits avancés, ils ne suffisent pas à rendre vraisemblables les motifs de fuite allégués. Le TAF estime ainsi que Yared ne remplit pas les conditions d’octroi de l’asile et prononce son renvoi.

      https://asile.ch/2018/12/12/credibilite-son-recit-est-qualifie-dinvraisemblable-malgre-plusieurs-elements-
      #vraisemblance #invraisemblance #crédibilité

  • How Refugees’ Trauma Became ‘Currency’ in Resettlement

    For many, seeking asylum requires repeatedly recounting your story, compounding its impact. Refugees feel pressured not only to prove persecution, but also that they’ve also been damaged by it. Betsy Joles reports from Malaysia.

    https://www.newsdeeply.com/refugees/articles/2018/08/10/how-refugees-trauma-became-currency-in-resettlement
    #réinstallation #asile #migrations #réfugiés #audition #preuve #persécution #trauma #traumatisme #interview

  • Violée par la loi

    Le 7 juillet 2016, une jeune femme était violée par cinq hommes à #Pampelune. Le 26 avril, ils ont été condamnés pour simple abus sexuel. Tollé dans le pays. Une violation de plus.

    Depuis qu’a été rendue publique, le 26 avril, la décision de justice d’exempter les cinq membres de la « #Manada » (ils se faisaient appeler « la meute ») du viol collectif d’une jeune femme pendant les fêtes de #San_Fermín à Pampelune, des manifestations de protestation, d’indignation contre cette décision judiciaire se sont organisées dans de nombreuses villes espagnoles. En dépit du fait d’avoir reconnu que la jeune fille a été dénudée contre sa volonté dans un espace étroit, sans issue et entourée de José Ángel Prensa, Jesús Escudero, Ángel Boza, du militaire Alfonso Jesús Cabezuelo et du gendarme Antonio Manuel Guerrero, tous « plus âgés qu’elle et de forte constitution », le jugement nie qu’il y ait eu intimidation et violence et a reclassé le crime en « abus sexuel », abaissant la peine de 24 à 9 ans de prison.

    Tandis que le mouvement féministe gère et rend visible sa colère, le Parlement européen débat, à la demande de Podemos et contre le recours du parti Populaire, sur l’obligation ou pas de l’Espagne d’appliquer les conventions internationales relatives à la violence sexuelle. Le citoyen se demande alors avec stupéfaction : comment est-il possible que de tels accords n’aient pas déjà été appliqués en Espagne ? Quel est donc le protocole selon lequel sont jugés les crimes de violence sexuelle dans ce pays européen ?

    Le conflit actuel qui oppose les corps violés ou potentiellement violables à leurs juges nous force à reconnaître que l’Etat espagnol continue d’être un exemple de la juxtaposition d’au moins trois régimes judiciaires, trois modèles de vérité et de production de justice discordants : sur une structure juridique franquiste et patriarcale, on a greffé quelques protocoles démocratiques, et parsemé le tout de méthodes de vérification postmodernes rendues possibles via les techniques numériques.

    Au cours des six heures qui viennent de s’écouler, je n’ai rien pu faire d’autre que lire les 371 pages inouïes qui constituent la décision de justice complète, et qui - il ne pouvait en être autrement dans un régime juridique post-franquiste numérique - sont disponibles en PDF sur la page internet d’un grand journal (1). La décision de justice dont je ne recommande la lecture qu’aux individus dotés d’un estomac résistant et d’un solide réseau de soutien psychologique, pourrait être lue comme une histoire de Stephen King dans l’attente d’une postface de Virginie Despentes.

    On peut lire, dans cet étrange document légal, que tandis que la plaignante était dans un #état_de_choc, elle « a été pénétrée oralement par tous les accusés, vaginalement par Alfonso Jesús Cabezuelo et José Ángel Prenda, ce dernier à deux reprises, et par Jésus Escudero Dominguez qui l’a pénétrée la troisième fois par voie anale, les deux derniers ont éjaculé sans utiliser de préservatifs. » Pendant le déroulement des faits, deux des hommes concernés ont enregistré des vidéos avec leurs téléphones et pris des photos, qui seront distribuées sur les #réseaux_sociaux. La nuit même des événements, l’un des accusés a envoyé plusieurs messages de WhatsApp à « la Meute » et à « #Jouisseurs_San_Fermin » avec son téléphone portable, dans lesquels il a écrit : « les cinq en train de baiser une meuf », « difficile à raconter tellement c’était énorme », « une salope défoncée », « nous avons la vidéo » et « les cinq en train de baiser une pute, un pur délire. »

    Face à ces faits, le juge Ricardo González a décidé d’acquitter les cinq hommes du crime d’#agression_sexuelle et de viol en alléguant que dans les vidéos enregistrées par l’accusé, il observe seulement cinq hommes et une femme pratiquant « des actes sexuels dans une atmosphère de fête et de réjouissance. » Le lecteur se demande si, lorsqu’il caractérise un viol en tant que #fête, le magistrat se réfère à la façon dont historiquement les hommes ont été autorisés à se réjouir de la #pratique_collective de la violence sexuelle. La décision de justice comprend une théorie du #genre, une esthétique de la #pornographie et un traité sur le #plaisir_sexuel du point de vue patriarcal. Les images, assure le magistrat, sont « certainement d’un contenu dérangeant », mais il estime qu’il s’agit d’« une #relation_sexuelle brute et désinhibée, pratiquée entre cinq hommes et une femme, dans un environnement sordide, miteux et inhospitalier et dans laquelle aucun d’entre eux (ni la femme) ne montre le moindre signe de modestie, ni dans l’exposition de son corps ou de ses organes génitaux, ni dans les mouvements, les postures et attitudes qu’ils adoptent ». Le magistrat s’attendait-il à ce que les personnes impliquées dans le viol, les agresseurs et la victime, préparent le décor et bougent avec modestie et élégance ? « Je ne discerne, dit le juge, dans aucune des vidéos et des photographies aucun signe de #violence, de force ou de brusquerie exercées par les hommes sur la femme, je ne peux pas interpréter dans leurs gestes, ou dans leurs mots, de ce qu’ils ont été audibles pour moi ni #raillerie, ni #mépris, ni #humiliation ni #fanfaronnade de quelque nature que ce soit. » Mais quelle est la relation entre la raillerie, le mépris, l’humiliation ou la fanfaronnade avec l’imposition violente d’un acte sexuel ?

    La crise que cette affaire a engendrée est le résultat du conflit ouvert entre les #conventions_sociales qui régissent les institutions judiciaires et l’actuel processus d’#émancipation_féministe. Le cri de « Vous ne nous représentez pas » qui s’adressait auparavant aux politiciens s’étend désormais aux différents niveaux des institutions judiciaires. Dans le régime juridique numérique post-franquiste, les techniques de visibilité et d’accès public aux preuves fournies par les moyens d’enregistrement et de diffusion de l’image, des réseaux sociaux et d’Internet ne conduisent pas à une plus grande démocratisation des processus judiciaires, mais opèrent comme suppléments de #jouissance_patriarcale. L’inconscient juridique patriarcal se nourrit d’un tourbillon de messages, de tweets, de chaînes de hashtags et de réseaux Facebook… Les magistrats regardent les preuves comme s’ils regardaient un #porno et ne se préoccupent que de mieux jouir. Les images enregistrées lors de l’agression et les messages explicites diffusés sur les réseaux sociaux ne servent pas de #preuve incriminante, mais sont des supports narratifs qui confirment la #misogynie du #système_judiciaire. La décision de justice devient ainsi un nouveau rituel public dans lequel le système judiciaire répète et jouit (encore une fois) de la violation.

    Il y a donc eu deux violations rituelles. L’une a eu lieu devant un portail d’une rue de Pampelune le 7 juillet 2016. La seconde dans une salle d’audience de l’Etat espagnol, à laquelle ont participé avocats et juges. Le premier rituel cherchait à obtenir un supplément de plaisir et de #souveraineté_masculine et il était exercé avec violence par cinq hommes sur une personne seule et désarmée. Le deuxième rituel vise à protéger les droits des hommes à utiliser légitimement la violence pour obtenir des services sexuels. Si la première violation est d’ordre privé, la seconde est encore plus grave puisqu’elle est légitimée par l’institution judiciaire. La décision de la cour est une #pénétration_sans_consentement. Les juges mettent ainsi une bite dans chacune de nos bouches contre notre volonté. Les déclarations du magistrat opèrent comme une éjaculation médiatico-judiciaire sur nos droits. Encore une fois, la réponse ne peut pas être réformiste mais révolutionnaire : il ne s’agit pas seulement de modifier cette décision de justice, mais de dépatriarcaliser les institutions judiciaires en modifiant leur politique des genres et leurs techniques de production de la vérité.

    http://www.liberation.fr/debats/2018/05/04/violee-par-la-loi_1647912
    #viol #femmes #Espagne #loi #abus_sexuel #justice #injustice #dépatriarcalisation #condamnation #franquisme #patriarcat

    • La france doit être aussi un pays au passé franquiste car les institutions judiciaires françaises protège férocement l’impunité des violeurs.
      https://www.20minutes.fr/paris/2038631-20170328-viol-prouver-non-consentement-plus-grande-difficulte-vict
      L’article de 20 minutes date deja pas mal car il est mentionné que le droit français comporte une présomption de non consentement pour les mineurs de moins de 15 ans, or on sais maintenant que c’est faux. De plus Macron prépare une correctionnalisation automatique des viols et violences sexuelles y compris sur mineur·es.

      https://www.huffingtonpost.fr/julie-denes/juriste-et-victime-voila-ce-que-je-trouve-dangereux-dans-le-projet-de

      Parce que oui, les citoyens lisent les textes et ne se laissent pas tous berner par des points presse qui parfois maquillent, tronquent, embellissent malicieusement la réalité.

      Je l’ai trouvée à l’article 2 II (et III) du projet de loi, cette phrase, quelques mots, et la création du délit d’atteinte sexuelle avec pénétration sexuelle sur mineur de 15 ans. « Pénétration sexuelle », ces mots résonnent, éclaboussent, salissent, ces mots sont ceux du viol. Les voici attachés à un « simple » délit, écrit noir sur blanc. Nul besoin d’interprétation, nul besoin de faire appel à un spécialiste, nul besoin de tergiverser : c’est une inscription dans le marbre du droit de la « correctionnalisation du viol sur mineur », pratique décriée par le monde associatif, les familles et certains professionnels.

      En clair, le crime de viol sur mineur devient un « simple » délit jugé devant un tribunal correctionnel dont les peines sont moindres, et non plus un crime passible de la Cour d’Assises permettant des peines plus élevées, un débat, et la reconnaissance par la société du viol qu’a subi la victime. Ce statut de victime étant un des éléments permettant la reconstruction.

      On parle bien ici de délit d’atteinte sexuelle avec pénétration sexuelle sur mineur ! Que dire aux victimes ? Qu’elles n’ont pas été violées mais qu’elles ont subi une atteinte sexuelle avec pénétration ? Pourquoi ? Parce que la justice a eu un doute sur l’existence de la menace, de la violence, de la contrainte ou la surprise exercée par leur agresseur. Parce qu’elles n’ont pas crié, ne se sont pas débattues, et que de ce fait, elles semblaient consentant(e)s. Sommes-nous sérieux ? Texte inique et dangereux, et l’ajout d’un abus de confiance pour caractériser la contrainte morale du majeur sur le mineur n’y changera rien !

      Par conséquent : pas de viol, pas de victime de viol, pas d’antécédent judiciaire de viol en cas de récidive, des statistiques faussées. Circulez, y a rien à voir.

    • Bah si le viol est un phénomène culturel. C’est une expression féministe qui date des années 1970 qui sert à désigné les éléments culturels qui favorisent, excusent, invisibilisent les viols. Par exemple les scenarios de films qui rendent érotique les viols sont de la culture du viol. Les remarques sur les vetements portés par les victimes qui sois disent provoqueraient les violeurs c’est de la culture du viol. Le verdict de ce procès en espagne est une collection d’éléments de la culture du viol.
      Tu as jamais entendu cette expression avant @lydie ? Ca fait depuis 2013 que je la tag sur seenthis il y a énormément de ressources sous ce tag.
      voici une explication plus détaillé : https://www.huffingtonpost.fr/2017/11/27/la-culture-du-viol-expliquee-par-la-dessinatrice-emma_a_23288926

    • Si, j’ai déjà entendu cette expression. Mais le mot culture, pour le viol, je n’arrive pas à comprendre. Merci pour le lien, j’avais déjà vu cette BD (bien réalisée).

    • tu ne pourrais pas dire « instinct du viol » ou « nature du viol ». Il y a les psycho-éolutionnistes ou darwininstes sociales tel Peggy Sastre qui disent que le viol est un fait naturel, liée à l’évolution de l’espece. Peggy Sastre et ses ami·es disent que c’est un moyen naturel pour les hommes de dispersé leurs gènes. Plus d’explications ici : http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2011/06/le-darwinisme-et-linquietante-normalite.html

      Pour les féministes radicales dont je suis, le viol est un fait culturel et il est normalisé par des éléments de culture. Pour le cas de ce viol collectif, le juge trouve que c’est juste des jeunes qui s’amuse un peu brutaliement avec une femme qui n’avait finallement pas à venir sans être chaperonné d’un homme à Pampelune et encore moins à boire. Je comprend que l’expression n’est pas évidente à comprendre au premier abord mais je la trouve assez claire quant même. Par exemple en France seul 1 à 2% des viols sont l’objet d’une condamnation, c’est un choix culturel. Si tu compare avec la répression de la fausse monnaie tu voie bien quels sont les prioritées de nos institutions. Il existe pas exemple des cultures dites « sans viols » c’est à dire des cultures ou les viols sont fortement réprimés et donc rares. Voire ici : https://antisexisme.net/2013/01/09/cultures-du-viol-1
      et des cultures comme la notre ou la culture espâgnole, qui favorisent les viols en ne les réprimant pas, en culpabilisant les victimes et en excusant les agresseurs.

  • Livre | Les épreuves de l’asile : Associations et réfugiés face aux politiques du soupçon
    https://asile.ch/2018/02/13/livre-epreuves-de-lasile-associations-refugies-face-aux-politiques-soupcon

    Estelle d’Halluin étudie dans ce livre la manière dont, en France, les associations d’aide aux réfugiés, comme la Cimade, le Gisti se comportent face à une fermeture des frontières des États prospères de plus en plus marquée. Comment aident-elles à attester qu’un demandeur d’asile mérite réellement le statut de réfugié ?

  • affordance.info : Faut pas confondre échanger nos visages et l’avoir dans le Janus.
    http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2018/02/face-swap-echange-visage.html
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01b8d2d74746970c-600wi

    Et désormais il est possible pour à peu près n’importe qui et à coût quasiment nul, grâce à des technologies open-source de machine-learning, de pousser le Face-Swapping jusqu’à échanger le visage d’acteurs ou d’actrices sur l’intégralité d’un film, avec d’immenses problèmes à la fois moraux et technologiques, comme je vous le racontais dans l’article « Gal Gadot fait du porno. Lost in Falsification ».

    Et au final la nécessité de s’interroger sur l’effondrement de la valeur de preuve de tout type de document ou de publication. Interrogation qui doit elle-même être corrélée à l’extension du domaine des Fake News et de leur réception dans l’opinion.

    Au-delà du côté blague de ces détournements, quelque chose d’absolument fondamental est aujourd’hui en train de se jouer derrière l’ensemble de ces technologies de l’artefact. Quoi ? Ceci :

    il ne peut y avoir de société sans documents ayant valeur de preuve ;
    et il ne peut y avoir de valeur de preuve sans intégrité documentaire.

    L’intégrité documentaire je vous en ai déjà parlé par ici. Et je vous remets cette citation d’Hervé Le Crosnier qui date de ... 1995 et n’a jamais, mais alors vraiment jamais paru aussi sensible :

    " La modification d’un document porteur de sens, de point de vue, d’expérience est problématique. Ce qui change dans le temps c’est la connaissance. Celle d’un environnement social et scientifique, celle d’un individu donné … Mais ce mouvement de la connaissance se construit à partir de référents stables que sont les documents publiés à un moment donné. Les peintres pratiquaient le « vernissage » des toiles afin de s’interdire toute retouche. Les imprimeurs apposaient « l’achevé d’imprimer ». Il convient d’élaborer de même un rite de publication sur le réseau afin que des points stables soient offerts à le lecture, à la critique, à la relecture … et parfois aussi à la réhabilitation. "

    Hervé Le Crosnier. « De l’(in)utilité de W3 : communication et information vont en bateau. » Présentation lors du congrès JRES’95, Chambéry, 22-24 Novembre 1995.

    Pour l’instant, nous n’avons pas été capables d’élaborer ce rite de publication de manière pérenne. Ou plus exactement de nouveaux espaces ambivalents sont apparus et ont grignoté progressivement l’espace public initial du web et avec lui les logiques d’authentification et de traçabilité qui auraient pu être inventées. Ces nouveaux espaces sont bien sûr ceux des plateformes et de l’hybridation, totalement inédite à cette échelle, qu’elles permettent entre espace public et espace privé.

    #Documentation #Fake_news #Preuve #Pédauque #Face_Swap

  • Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la #vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour #diffamation  ; la postérité portera plainte ­contre vous pour #infamie."

    dixit #Yann_Moix
    « Monsieur le Président, vous avez instauré à Calais un protocole de la bavure »

    L’écrivain Yann Moix fustige dans une #lettre_ouverte adressée à Emmanuel Macron la politique migratoire de la France, et plus particulièrement le traitement infligé aux migrants à Calais. Vidéo à l’appui, il affirme avoir filmé sur place des « actes de barbarie ».


    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/21/monsieur-le-president-vous-avez-instaure-a-calais-un-protocole-de-la-bavu
    #Calais #asile #migrations #EnMarcheVersLeFN (c’était cela le tag ?) #réfugiés #humiliation #espoir

    Et sur la question de la #terminologie (#mots #vocabulaire) :

    Vous les nommez « migrants » : ce sont des #exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un #destin.

    ping @reka @sinehebdo

    Ici le texte complet, pour ne pas le perdre :

    Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez « migrants » : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris.
    Vous avez affirmé, dans votre discours de Calais, que « ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent à sa politique, mais qu’ils ne s’attaquent pas à ses fonctionnaires. » Je ne m’en prendrai ici qu’à vous. Et à vous seul.

    Je ne suis pas, comme vous dites, un « commentateur du verbe » : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double.

    J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la #détresse et le #dénuement. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    J’affirme, M. le Président, que des exilés non seulement innocents, mais inoffensifs, subissent sur notre territoire des atteintes aux #droits_fondamentaux de la personne. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    Ces actes de #barbarie, soit vous les ­connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction  ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici  ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom.

    « Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques », avez-vous dit. Ajoutant  : « Si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné ». D’abord, vous menacez de procès en diffamation ceux qui démasquent ­votre politique  ; ensuite, vous menacez de procédures de sanction ceux qui l’appliquent.

    Journalistes, policiers  : avec vous, tout le monde a tort à tour de rôle. Les uns d’avoir vu, les autres d’avoir fait. Tout le monde a tort sauf vous, qui êtes le seul à n’avoir rien vu et le seul à n’avoir rien fait. On attendait Bonaparte, arrive Tartuffe.

    Soit les forces de l’ordre obéissent à des ­#ordres précis, et vous êtes impardonnable  ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez  ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit.

    Quand un policier, individuellement, ­dépasse les bornes, on appelle cela une #bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on ­appelle cela un #protocole. Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un #protocole_de_la_bavure.

    Quand une #police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l’ordre de déclencher ces ­actions souillant la #dignité de l’homme   ? Vous y avez répondu vous-même  : « Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement. »

    L’histoire a montré qu’on peut parfois ­reprocher à un policier de trop bien obéir. Mais elle a surtout montré qu’on doit ­toujours reprocher à un président de mal commander, précisément quand le respect humain est bafoué. En dénonçant les #violences_policières, en cherchant à savoir qui est le donneur de ces ordres, je ne fais que défendre la police, parce que lui ­donner de tels ordres, c’est justement ­porter atteinte à son honneur.

    « La situation est ce qu’elle est par la #brutalité du monde qui est le nôtre », dites-vous. Peut-on attendre, monsieur le Président, qu’une situation aussi complexe soit ­démêlée par une pensée aussi simpliste  ? Que des décisions si lourdes soient ­compatibles avec des propos si légers  ? On attendait Bonaparte, arrive Lapalisse.

    Serez-vous plus enclin à l’émotion qu’à la réflexion   ? Ecoutez la voix de ces jeunes qui, fuyant les assassins et la dictature, rançonnés puis suppliciés en Libye, traversent la Méditerranée sur des embarcations douteuses pour accoster, à bout de forces, dans une Europe que vous défendez par vos formules et qu’ils atteignent par leur courage.

    Vous avez osé dire  : « Notre honneur est d’aider sur le terrain celles et ceux qui ­apportent l’humanité durable dans la ­République. » Au vu de ce qui semblerait être votre ­conception de « l’#humanité », les associations préfèrent l’aide que vous leur avez ­refusée à celle que vous leur promettez. A Calais, on vous trouve plus efficace dans la distribution des coups que dans la distribution des repas.

    Ces associations, monsieur le Président, font non seulement le travail que vous ne faites pas, mais également le travail que vous défaites. Quant à votre promesse de prendre en charge la nourriture, elle n’est pas généreuse  : elle est élémentaire. Vous nous vendez comme un progrès la fin d’une aberration.

    La colonisation en Algérie, monsieur le Président, vous apparut un jour comme un « crime contre l’humanité ». Ne prenez pas la peine de vous ­rendre si loin dans l’espace et dans le temps, quand d’autres atrocités sont commises ici et maintenant, sous votre présidence. Sous votre responsabilité.

    Faites, monsieur le Président, avant que l’avenir n’ait honte de vous, ce qui est en votre pouvoir pour que plus un seul de ces jeunes qui ne possèdent rien d’autre que leur vie ne soit jamais plus violenté par la République sur le sol de la nation. Mettez un terme à l’#ignominie. La décision est difficile à prendre  ? On ne vous demande pas tant d’être courageux, que de cesser d’être lâche.

    Saccages d’abris, confiscations ­d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président. Hélas, vous ne ­connaissez rien de Calais. Le Calais que vous avez visité mardi dernier n’existe pas  : c’était un Calais pipé  ; c’était ­un Calais imaginaire et vide  ; c’était un ­Calais sans « migrants ». Un Calais sur mesure, un Calais de carton-pâte. Le Calais que vous avez visité, monsieur le Président, ne se trouve pas à Calais.

    Le Défenseur des droits a dénoncé, lui aussi, le « caractère exceptionnellement grave de la situation », qu’il n’hésite pas à décrire comme étant « de nature inédite dans l’histoire calaisienne ». Une instance de la République, monsieur le Président, donne ainsi raison à ceux à qui vous donnez tort. Mais je vous sais capable de ne pas croire vos propres services, tant vous ­donnez si souvent l’impression de ne pas croire vos propres propos.

    Comme on se demande à partir de combien de pierres commence un tas, je vous demande, monsieur le Président, à partir de combien de preuves commence un #crime.

    Je citerai enfin les conclusions de la « mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois » d’octobre 2017 – mission qui dépend du ministère de l’Intérieur  : « L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de #preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la #déontologie_policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage ­disproportionné des aérosols lacrymogènes, la ­destruction d’affaires appartenant aux ­migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation]. »

    Permettez-moi, monsieur le Président, de traduire cette phrase dans un français non-policier  : « Nous croulons sous les preuves de violences policières, notamment de gazages, mais nous refusons de les considérer comme des preuves au sens strict, car cela risquerait de froisser monsieur le ­ministre de l’Intérieur, qui serait obligé d’enquêter sur l’épidémie d’anonymat qui saisit ses troupes au moment de l’assaut contre les migrants. »

    Vous dites  : « Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la #violence. » Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ?

    A l’heure, monsieur le Président, où vous décrétez ce qui est, ou n’est pas, une « fake news », vous nous rappelez de manière ­salutaire que vous êtes prompt au mensonge éhonté. On attendait Bonaparte, ­arrive Pinocchio.

    Je ne sais pas exactement de quoi vous êtes responsable  ; je sais seulement en quoi vous êtes irresponsable. Le grand mérite de votre politique, c’est qu’on peut la voir à l’œil nu.

    Surtout à Calais, où tout est fait pour ­rendre impossible aux exilés l’accès à l’Angleterre. Non seulement ils n’ont pas le droit de rester, mais ils n’ont pas la possibilité de partir. Que doivent-ils faire   ? Attendre qu’on leur brûle la rétine  ? Ou bien jouer leur destin en tentant la traversée  ?

    Vous menacez en tout, monsieur le Président, des gens qui ne nous menacent en rien. Votre politique ne fait pas que trahir nos #valeurs, elle les insulte. Les mesures antimigratoires sont toujours populaires. Mais voulant faire plaisir à la foule, vous trahissez le peuple.

    Le préfet du Pas-de-Calais m’a appelé, ­furieux, osant se réclamer de Jean Moulin  ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent. Les exilés sont des victimes. Laissez les martyrs morts en paix  ; cesse de faire la guerre aux martyrs vivants.

    #Jean_Moulin fut supplicié pour une France qui accueille les hommes, pas pour une France qui les chasse. Dites à votre préfet que se réclamer d’un héros de la ­Résistance quand, dans sa sous-préfecture, Erythréens, Afghans et Soudanais sont harcelés, délogés, gazés nuit et jour, c’est prendre Jean Moulin en otage. Et c’est le trahir une deuxième fois.

    Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour ­diffamation  ; la postérité portera plainte ­contre vous pour infamie.

    #responsabilité

    • À chaque chose, une place. Que ne fait on pas pour un petit rôle ? Faire partie de la bande à BHL et avoir fricoté avec quelques antisémites, être pro israélien et blablater à la tévé, faire le romancier et le réalisateur, même en période d’imbécilité soutenue, ça ne suffit pas à faire un #intellectuel selon le canon français. L’hagiographie de Macron a déjà été écrite par Emmanuel Carrère et étayée par un livre de François Dosse, alors on rédige un J’accuse de saison, et qui prend soin de défendre l’honneur de la police...
      Au moins 600 manifestants à Ouistreham contre les « traques » de migrants
      http://www.europe1.fr/societe/au-moins-600-manifestants-a-ouistreham-contre-les-traques-de-migrants-355139
      #placement #relooking #Ration

    • @touti, dénoncer, je sais pas. Je voulais juste rappeler de quelle étoffe est notre héros ("faites moi un procès, président !) de circonstances. La triste réalité c’est que pour moi aussi l’écho donné à ce texte, son existence même, peut malgré tout tenir lieu de bonne nouvelle, façon fragmentation de la domination (parmi les dominants et leurs alliés)... sur fond d’occupations d’écoles, d’aide au passage des Alpes, d’ouverture de squat ou de manif significative, comme à Ouistreham.

    • #Yann_Moix, comment dire... Je viens de parcourir l’article de Wikipédia à son sujet. J’y ai relevé quelques passages principalement dans le paragraphe « sujets polémiques » :

      1) Cinéma Utopia (2009)

      Dans Le Figaro du 10 août 200948, Yann Moix s’indigne d’un tract des cinémas Utopia présentant le film Le Temps qu’il reste. Il reproche notamment à ce tract de débuter par : « Les tragédies de l’histoire sont souvent grotesques. Les Palestiniens vivent depuis 1948 un cauchemar kafkaïen », puis il relève ceci : « Quelques massacres plus tard, perpétrés par les milices juives » et s’indigne de la formule « milices juives » qui, selon lui, « évacue Auschwitz d’un coup d’adjectif non seulement mal placé mais déplacé, un concept qui donnerait aussitôt vie, dans la foulée, à de jolis avatars, comme des nazis juifs, des fascistes juifs, des hitlériens juifs ». Il est aussi particulièrement frappé par cet autre extrait du tract : « Elia Suleiman revient sur son enfance dans une école juive où la lobotomisation sioniste des élèves filait bon train... ». Il compare l’auteur du tract à Robert Brasillach et avance que les gérants des cinémas Utopia ont « la haine des juifs » et seraient « le visage nouveau de l’antisémitisme contemporain », comparant leur gazette à Je suis partout, journal collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale. La revue La Règle du jeu (fondée en 1990 par Bernard-Henri Lévy) lui apporte son soutien.
      Les cinémas d’art et d’essai du réseau Utopia portent plainte pour injure, et Yann Moix, ainsi que Le Figaro, défendu par Patrick Klugman, sont condamnés en 2010 pour « délit d’injure envers particuliers » le 19 octobre 2010. David Caviglioli, journaliste de L’Obs, relève que le jugement précise que le tract a été écrit avec « une tonalité militante et abrupte », et lui-même soupçonne un antisémitisme sous-jacent à ce tract, relevant par exemple que le sionisme y est décrit comme le « rêve fou d’un état religieux juif ».

      #sionisme

      2) Polanski et la Suisse

      Yann Moix crée la polémique le 1er février 2010 en publiant un extrait de son prochain livre La Meute dans La Règle du jeu sous le titre « J’aime Polanski et je hais la Suisse ». Selon Le Parisien, Yann Moix prend « prétexte » de l’assignation à résidence du cinéaste juif Roman Polanski par la Suisse, pour attaquer cette dernière en la traitant de « pute », de « Gestapoland » et de « pays inutile », « nul » et « fondamentalement antisémite », puis un jour plus tard dans le journal Le Matin ses citoyens de « mous salauds ». En date du 2 février 2010, le texte est retiré du site à la demande de l’auteur. La presse francophone de Belgique et de France commence à relater l’information et l’ambassade de France en Suisse diffuse un communiqué de presse se désolidarisant de l’auteur en estimant à propos de l’ouvrage : « […] on peut à bon droit penser qu’il eût mieux valu qu’il ne parût point ».

      #culture_du_viol

      3) Loi Gayssot (2010) :

      Fin 2010, il apparaît comme un des signataires d’une pétition pour l’abrogation de la loi Gayssot aux côtés de Robert Faurisson, Dieudonné et de militants d’extrême droite, initiative également soutenue par Noam Chomsky. Opposé à cette loi mémorielle, il se rétracte cependant après avoir découvert qu’un des signataires n’était pas Robert Badinter comme il le croyait, mais Robert Faurisson ), et il refuse que son nom soit associé à ce dernier. Paul-Éric Blanrue se déclare déçu de l’attitude de Yann Moix, qui avait préfacé son livre Le Monde contre soi : anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, jugeant « important de montrer que même les plus grands penseurs se sont trompés » ; les deux hommes, amis jusqu’ici et qui n’avaient « jamais parlé des Juifs ensemble » d’après Yann Moix, se séparent à cette occasion. Le blog du Monde.fr des droites extrêmes émet des doutes sur l’explication de Yann Moix, ayant relevé que l’explication initiale de Yann Moix quant à son soutien comportait la mention suivante, effacée par la suite : « J’ai signé une pétition en ce sens, sur laquelle figurent évidemment, figurent logiquement, mes pires ennemis et les ordures les plus avérées ».
      Selon le journaliste Nicolas d’Estienne d’Orves, Yann Moix est « un philosémite exacerbé, il a même appris l’hébreu ».

      #baltringue du #révisionisme

      Entre temps, Monsieur a eu le temps d’"être Charlie" :
      https://laregledujeu.org/2015/01/09/18656/le-pantheon-pour-charlie

      Monsieur le Président,
      Le Panthéon n’est pas un monument mort. Ce n’est pas, non plus, un monument aux morts : c’est le monument vivant de ceux qui ont rendu possibles la dignité et la pérennité de la République.
      Charb, Cabu, Wolinski et leurs camarades sont morts pour cette République, comme Jaurès en son temps. Et, comme Jean Moulin, ils ont été les héros d’une Résistance nouvelle : la Résistance à cette barbarie qu’est l’islamisme, ce fascisme du vingt-et-unième siècle. Ils sont les héritiers des Lumières. Le Panthéon fut inventé pour les accueillir, et, ainsi, souder la nation autour de ce qu’elle a d’essentiel : la liberté.
      Aussi, je vous demande, et au nom de tous les Français sans exception, de bien vouloir étudier ma demande : celle de faire entrer Charlie Hebdo au Panthéon.
      Yann Moix

      Je suis un charlot ...

      4) Accueil des migrants 2018 :

      Yann Moix le 6 janvier 2018, accuse les CRS d’exactions vis-à-vis des migrants de la Jungle de Calais. La préfecture du Pas-de-Calais dénonce, quant à elle, des informations erronées

      ... mais je continue de me rattraper aux branches.

    • « Il y a, parmi les afghans de Calais, des gens qui connaissent Victor Hugo sur le bout des doigts, ils arrivent en France et on les frappe ! » dit un Moix aussi élitiste que les récentes déclarations d’Aznavour (trier les meilleurs) avec sa confiance surjouée dans "la culture". Il utilisait il y a peu le faux argument de l’"appel d’air"... ; de plus :
      https://seenthis.net/messages/646690
      https://seenthis.net/messages/634053
      https://seenthis.net/messages/331825

    • @rastapopoulos oui c’était un peu provoc mais voir tant de monde sortir le CV de ce type (qui n’est qu’un dandy désinvolte aux convictions à mon avis peu profondes) comme s’il fallait à tout prix décrédibiliser ce qu’il dit, alors que pour une fois c’est assez pertinent, je trouve ça un peu désespérant (je lis même sur mondialisme.org que les gens qui reproduisent sa prose font le jeu de l’extrême droite car il a côtoyé des gens d’extrême droite... hum, j’ai hâte de voir Marine Le Pen ou des gudards soutenir le contenu de cette lettre). Finalement on lui donne peut-être encore plus d’importance qu’il n’en a.

  • La charge de la preuve
    http://www.laviedesidees.fr/La-charge-de-la-preuve.html

    La cour d’assises offre un magnifique terrain ethnologique : entre témoignages, expertises, aveux et débats, la recherche de vérité s’y construit de manière coopérative. C’est ainsi que le système inquisitoire en vigueur en Europe peut servir les intérêts de la victime et de la société.

    Livres & études

    / #justice, vérité, rationalité, #procédure

    #Livres_&_études #vérité #rationalité

  • Yémen : Washington expose la « #preuve » que l’Iran a fabriqué le missile tiré sur l’Arabie saoudite - France 24
    http://www.france24.com/fr/20171214-washington-expose-preuve-iran-fabrique-missile-arabie-saoudite-ho

    L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a présenté jeudi ce qu’elle dit être des débris du missile tiré le 4 novembre par les rebelles yéménites houthis vers le sol saoudien, et intercepté en vol. L’Iran a aussitôt démenti.

  • Spécial rhume : top 10 des remèdes inutilesLe Pharmachien
    http://lepharmachien.com/rhume

    Voici les 10 remèdes que j’ai analysés pour toi :

    Le Vicks sous les pieds
    Le bol d’eau chaude qui sent fort
    Le concours de brûlage de yeule
    Suer le virus
    La mouche de moutarde sur le chest
    Les casse-grippes
    Te mettre quelque chose dans le derrière
    La soupe poulet et nouilles
    Le sirop contre la toux
    Les antibiotiques

    N’hésite pas à rire de chacun d’eux. Ils le méritent.

    • Bon bon, le gars il connait pas autre chose que les médecines enseignées dans son école ? Ok pour jeter le sirop et les antibiotiques pour un rhume mais le principe de la réflexologie ne lui dit vraiment rien, les plantes qui soignent les voies respiratoires comme l’eucalyptus non plus pas plus que les effets positifs d’un placébo ? (prouvés scientifiquement je vous rassure) ben dis donc, y’a encore du taf … J’aurais préféré apprendre ce qu’est un rhume et pourquoi certains durent 2 minutes.

      Tiens, dans le genre extraordinairement miraculeux et surtout non prouvé scientifiquement j’ai le gargarisme à l’eau salée pour le mal de gorge.

    • Bah si il connait, et dit qu’il n’y a pour l’instant aucune étude qui prouve que ça fait plus que du rien. Couler du nez n’est pas un rhume, le rhume c’est une maladie provoqué par de multiples virus (c’est expliqué dedans). Quand bien même des zones des pieds et des mains seraient reliés à des organes (ce qui reste à prouver mais ce n’est pas le sujet), le rhume n’a pas de rapport avec un organe puisque ce sont des virus. Donc non appuyer sur un pied ne peut pas miraculeusement faire partir un virus qui est un organisme qui se balade dans le corps. Sinon il a aussi un autre article dont le lien est dans celui là, qui explique les différences entre le rhume et la grippe :
      http://lepharmachien.com/20121004rhumevsgrippe

    • @sombre

      On peut « booster » le breuvage avec de la bonne gnôle et, amha, ça doit être plus efficace que le « bouillon de poule » ...

      C’est l’inverse qu’il dit, l’alcool déshydrate et la sensation d’apaisement qu’on ressent est plutot lié au fait qu’on couvre l’inflammation par une autre. Il semble important de s’hydrater. Le bouillon est efficace parceque c’est principalement de l’eau chaude, ca marche autant qu’une soupe ou un chocolat chaud.

    • @mad_meg : attention quand je dis « booster » c’est pas un mélange à 50/50, hein ? Une cuiller à café dans la tasse suffit (enfin en ce qui me concerne). Je trouve que ça réchauffe et puis ça fait dormir. Et pendant ce temps-là, tu n’as plus à faire supporter ta mauvaise humeur et ta face « maganée » à ton entourage... Ceci dit, depuis que j’ai arrêté le tabac (en fait, je me suis à la vapote comme un gros hypocrite), je ne sais plus ce qu’est un « rhume », un mal de gorge, encore moins une trachéite ou une bronchite. C’est pas que je chauffe non plus comme un malade chez moi :18 °C quand tout va bien sauf devant la cheminée où on a pu atteindre 25 mais ça c’était avant quand je savais pas trop la faire marcher et que je mettais trop de bois.
      @monolecte : oui, j’aime bien la dernière question du bas de page ...
      Par contre @touti, oui, il n’est pas trop sympa pour l’homéopathie : on peut trouver des remèdes homéopathiques pas trop coûteux tout de même. Sinon pour le mal de gorge, je connais le miel de ronces mais c’est (beaucoup) plus coûteux que l’homéopathie.

    • @touti : tu veux dire que l’homéopathie est mal prise en charge par le système d’assurance maladie en France, ainsi que tous les soins que tu énumères ensuite ?
      Sans parler de l’ostéopathie qui est mal remboursée également. Base de remboursement : une consultation chez un généraliste et seulement deux « séances » dans l’année à la MGEN ! (faudrait pas exagérer tout de même, hein !).

    • @sombre la prise en charge de la sécu ne m’importe pas ici. Je souligne juste qu’il existe différentes portes de compréhension (et du soin) de la maladie, et du rhume pour ce post.

      J’ai du rater quelque chose sur le rhume des inuits, pourquoi n’existerait-il pas ? voila ce que j’ai trouvé qui ouvre là encore une porte différente, that’s all folk

      Et je ne dis pas que c’est la porte de la vérité unique et scientifique pour se soigner. Juste que parfois, ça peut aider à guérir de ne pas se focaliser que sur bigpharma.

      https://www.erudit.org/fr/revues/hphi/1994-v4-n2-hphi3179/800948ar.pdf
      La deuxième façon d’exprimer le corps est la métaphore : pour le dire de façon sommaire, dans cette vision symbolique le corps est un igloo. Dans cette perspective, les principales parties du corps et de l’igloo sont désignées par la même terminologie : ainsi le nez et le trou d’aération de l’igloo (permettent à l’un et à l’autre de respirer) ; le pharinx et le couloir de l’igloo (qui transitent les aliments d’une part, les humains de l’autre), l’anus et une ouverture pratiquée dans le mur arrière de l’igloo (évacuation des excréments, sortie des malades et des morts).

      Pour tâcher de nous rapprocher de la notion de contagion un peu plus, nous aborderons sommairement l’étiologie des maladies :
      chez les Inuits, l’étiologie comprend non seulement l’histoire personnelle et médicale du patient, mais tous les aspects de sa relation avec l’environnement ; les actions et comportements passés du patient sont considérés comme des indicateurs de la source du problème actuel. Georges Wenzel rapporte que dans une communauté inuit, une mort accidentelle par noyade ainsi qu’un épisode de convulsions furent attribuées à des explications relevant des relations socio-environnementales des individus durant leur vie. Il est évident que pour les Inuits le traitement et le pronostic sont reliés aux etiologies de tout ordre. L’identification des facteurs dans l’histoire personnelle prend alors une importance capitale, puisqu’il y a une forte association entre le passé et le présent.

      pfff, tout ça pour un rhume ! parlez moi de votre mère d’ailleurs

    • @monolecte disait ça car le rhume est dû à un virus (mmh on l’a pas déjà dit ? :p) et que comme beaucoup de virus, il est fort peu probable qu’il soit actif à -50°C. Il y a une différence entre bigpharma et comprendre comment fonctionne réellement telle ou telle maladie et ça peut même être en conflit. Les peuples premiers trouvaient leurs remèdes par essai-erreur essentiellement, au fil des générations, mais sans forcément comprendre la cause (et souvent en donnant une cause humaine ou déique à posteriori). Et justement là quand on comprend que le rhume est un virus, bah ça ne va pas trop avec bigpharma, au contraire : puisqu’on comprend qu’on ne peut rien faire d’autres que calmer les symptômes : prendre quelques trucs simples pour calmer inflammation de la gorge, pour moins couler du nez : du miel, boire beaucoup, du liquide chaud, etc. Mais on ne soigne pas le rhume en tant que tel, lui on attend juste qu’il crève tout seul au bout de sept jours.

    • comme beaucoup de virus, il est fort peu probable qu’il soit actif à -50°C.

      Il y a toujours débat sur les virus qui seraient ou non vivants, autant qu’ils auraient besoin de cellules vivantes.
      Sibérie : un virus âgé de 30.000 ans libéré par la fonte des glaces
      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/siberie-un-virus-age-de-30-000-ans-libere-par-la-fonte-des-glaces_16827

      Il y a une différence entre bigpharma et comprendre comment fonctionne réellement telle ou telle maladie et ça peut même être en conflit.

      Tes simplifications ne valorisent pas le propos. Savoir ce qu’est le réel est un vaste champ de questionnement dont tu sembles faire une certitude. Je dis qu’il y a parfois des portes qu’il serait bien d’ouvrir.
      Je suis étonnée de te voir défendre les débilités d’un pharmacien qui propose de se moquer avec lui de différents moyens détournés pour soigner un rhume. Son but affiché serait donc la défense du réel et de la science, mazette, quel mépris de tout ce qui se fait autrement que comme il lui a été appris. Et il faut en plus rire avec lui ?

      Les peuples premiers trouvaient leurs remèdes par essai-erreur essentiellement, au fil des générations, mais sans forcément comprendre la cause (et souvent en donnant une cause humaine ou déique à posteriori).

      Saluons l’esprit cartésien occidental qui a la chance inouite d’être dans le réel et qui lui au moins, comprend contrairement aux chinois, indiens, africains, qui n’ont pas vraiment cette science réelle si spécifique à la vrai connaissance.

      Et justement là quand on comprend que le rhume est un virus, bah ça ne va pas trop avec bigpharma, au contraire : puisqu’on comprend qu’on ne peut rien faire d’autres que calmer les symptômes : prendre quelques trucs simples pour calmer inflammation de la gorge, pour moins couler du nez : du miel, boire beaucoup, du liquide chaud, etc. Mais on ne soigne pas le rhume en tant que tel, lui on attend juste qu’il crève tout seul au bout de sept jours.

      Un peu comme cette discussion alors.

    • Ce n’est pas la même chose un virus vivant et un virus actif. Je n’ai pas parlé de vivant ou pas vivant. À partir de -70°C il me semble qu’il virus peut vivre indéfiniment, donc aucun problème à trouver un virus de 30000 ans. Mais par contre il n’est pas actif. C’est justement parce que la fonte des glaces remet de vieux virus au chaud (en tout cas plus chaud que dans la glace profonde) que c’est dangereux.

      Je ne défend pas les débilités d’un pharmacien, mais le fait que c’est mieux de montrer qu’un truc fonctionne pour dire à des gens de l’utiliser. Quand on dit fonctionne, ça voudrait dire que sur un panel de personnes où on le test, une nette majorité de personnes (pas besoin de 100% mais une forte quantité quand même) est guérie plus et/ou plus vite qu’avec un produit placebo ou qu’en ne faisant rien et en attendant. Or ce n’est pas le cas. Le fait qu’il y a 1 personne sur 500 qui a eu un rhume arrêté en 2j ou au lieu de 7j après s’être appuyée sur les pieds n’indique pas que c’est ce geste là qui a produit ce résultat là. Il n’y a pas de recherche compliquée nécessitant des moyens énormes pour ça, et ça va même plutôt dans le sens des essais-erreurs des peuples « non cartésiens » : on s’aperçoit que ça ne fait pas plus que faire du rien, donc on passe à autre chose (comme manger du miel et boire beaucoup d’eau). Et ce point là est à séparer du point dont je parlais avant sur le fait de comprendre le mécanisme précis de la maladie (ici un virus), là c’est encore autre chose, sur le fait de prouver qu’un remède a un effet visible plus fort que du rien.

      Les « chinois, indiens, africains » ont au fil du temps trouvés de nombreux remèdes qui fonctionnent parfaitement (telle plante pour telle maladie etc), mais tout comme les anciens européens aussi (notamment les « sorcières »), ce n’est pas propre à « ailleurs ». Et dans le même temps il y a aussi plein de remèdes qui ne font rien du tout, ainsi encore qu’un certain nombre qui fonctionnent par placebo parce qu’une personne de confiance ayant une certaine autorité discute longtemps avec le patient et le rassure et lui dit de boire ci ou ça.

      Et ça fait un vrai effet. Quand on parle du placebo ce n’est pas pour dire que ça ne fait rien, au contraire, mais c’est pour dire que ça ne fait pas plus qu’un autre produit ou acte qui ne fait rien non plus, et que donc l’effet éventuel se trouve dans le contexte et non pas dans le remède donné (mais attention il y a aussi des cas où il n’y a aucun effet du tout). C’est à priori ce qu’il se passe avec l’homéopathie dont l’apprentissage indique qu’on doit poser 12000 questions au patient, parler longtemps avec lui etc, avant de lui donne de l’eau et du sucre. Si d’autres médecins non homéopathes discutaient aussi longtemps avec leur patient, avec autant de bienveillance, à l’écoute, et en donnant un petit anti douleur et une tisane verveine-menthe à la fin, ça ferait sensiblement la même chose (= pas du rien, mais réellement du bien pour de nombreux cas). Évidemment ça ne va pas du tout dans le sens de bigpharma ça.

  • A propos des #photos dans les #MANIFESTATIONS
    https://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2016/06/24/a-propos-des-photos-dans-les-manifestations-2

    1. Pourquoi cette campagne ? Suite à l’explosion de l’usage des appareils photo (smartphones, tablettes, drônes,…) par les manifestants, certaines personnes n’ont pas tout à fait conscience du danger qu’elles courent et font courir à d’autres en capturant des images et … Continue reading →

    #ACAB #ANTICARCERAL #arrestations #black_blocs #flicage #identification #journalisme #luttes #manifestations #mouvement_social #no_photo #photographie #preuves #responsabilité

  • Pôle Emploi Est Au Chômage / Saison 1, JÉRÔME VIGLIANO
    https://blogs.mediapart.fr/jerome-vigliano/blog/270216/pole-emploi-est-au-chomage-saison-1

    On est priés de ne pas déranger, Pôle Emploi est en pause sieste : Murielle Allix, Directrice de Pôle Emploi Paris Saint-Pétersbourg (murielle.allix@pole-emploi.fr / téléphone 06 27 27 00 67), Jean-Christophe Roux (jc-roux@pole-emploi.fr), mon référent Pôle Emploi, Sophie Grave (sophie.grave@pole-emploi.fr), Patrick Legerot (patrick.legerot@pole-emploi.fr), n’ont pas le temps.

    Résumé de mes aventures avec l’administration des dormeurs.
    Saison 1 Episode 1 - 8 décembre 2014 : Murielle n’a pas de coupe-papier / Murielle hasn’t got any paper knife.

    Je fais condamner #Pôle_Emploi par le #Tribunal_administratif de Paris pour m’avoir radié - Murielle Allix, Directrice de l’agence Saint-Pétersbourg à Paris n’ayant pas ouvert mon recommandé mais soutenant par l’intermédiaire de son administration touristique que « Monsieur Vigliano vous n’avez jamais répondu à nos courriers ». C’est clair, quand on ouvre pas les courriers, c’est difficile d’être au courant qu’on a reçu un courrier...

    Je suis ré-intégré au bout de sept jours et Pôle Emploi me verse 80€ de dommages, sur condamnation du Tribunal administratif. Là, tu te dis que Muriel elle a trouvé son coupe-papier pour vite ouvrir les prochains courriers.

    Mon référent, Monsieur Jean-Claude Roux me fait : « Mais pourquoi vous avez fait ça ?! ».

    Un ange passe.

     

    Saison 1 Episode 2 - Automne 2015 : La « pré-cognition » du crime / Minority Report.

    Même topo un an plus tard. « Monsieur vous n’avez pas envoyé votre #déclaration_de_revenus, c’est pas bien on va vous couper les vivres ». Pôle Emploi me coupe les vivre. J’envoie des milliards de mails à tout le monde, qui restent sans réponse, en leur disant que si, j’ai envoyé ma déclaration les amis. Et je vous rappelle que Murielle, elle a acheté un coupe-papier maintenant.

    #ASS #courrier_R-A-R pas ouverts, donc pas d’accusé de réception, pas de #preuve de la #démarche, une pratique très courante de Pôle emploi, évoqué par un mel du jour qui indiquait cet article qui m’avait échappé

  • À l’heure des data center détenus par la NSA ou les GAFAM, bref de la (re)concentration informatique, de l’hyper-concentration, l’argument des #bitcoin et #blockchain comme « #pair_à_pair » ou outils de désintermédiation laisse rêveur. On peut déjà noter que le bitcoin est une régression puisqu’il cherche à contourner la gestion politique de la #monnaie (alors que cela a toujours été le cas et qu’on en est de plus en plus conscient) en revalorisant d’une manière (néo)classique, ou plutôt capitaliste, la « preuve de travail » jugée sur le temps-énergie (#Proof_of_work).

    Ne faudrait-il pas plutôt parler de ré-intermédiation ? Une transformation du système d’intermédiaires, très certainement au bénéfice des propriétaires (de machines, d’énergie, de compétences logicielles, des terrains nécessaires à la production de machines mais aussi des capitaux nécessaires à enrôler-salarialiser les travailleurs indispensables).

    #Bitcoin_Mining Farm Build Out in Iceland - Genesis #Mining
    https://www.youtube.com/watch?v=7A-mcSOGolM

    Je me mets de coté toute une série de critiques qui pointent la consommation énergétique (la production d’ #énergie, encore une industrie connu pour son caractère #décentralisé et #désintermédié) et autres problèmes générés par ces technologies :

    Consommation d’énergie (et de matière) :

    http://seenthis.net/messages/131228

    http://seenthis.net/messages/424376#message424451

    http://seenthis.net/messages/355322#message355337

    http://seenthis.net/messages/137297

    http://seenthis.net/messages/137297#message137543

    éventuelles « solutions » à ce problème (ce sont plus des contournements) :

    http://seenthis.net/messages/280500

    http://seenthis.net/messages/312332

    Des critiques plus globales :

    http://seenthis.net/messages/279395#message279408

    http://seenthis.net/messages/135202

    http://seenthis.net/messages/218268

    http://seenthis.net/messages/468936

    Pour se rendre compte de la désintermédiation et dé-concentration du Bitcoin ces vidéo sont sympas :

    A LOOK INSIDE AMERICA’S LARGEST #BITCOIN_MINING_FARM
    https://www.youtube.com/watch?v=-ihMqEDs4B8

    Life Inside a Secret Chinese #Bitcoin_Mine
    https://www.youtube.com/watch?v=K8kua5B5K3I

    Et ces articles écrits à un moment où moins d’un millième des internautes utilisent le bitcoin ou une technologie similaire

    http://www.e-ducat.fr/cop21-et-blockchain

    Les participants à la Cop21 sont peut être majoritairement persuadés par le discours du lobby bancaire que le minage des bitcoins est un gaspillage énergétique.

    Quand est il vraiment ?
    La puissance de calcul totale du réseau est de 500 milliards de Mhash/sec (à la date d’aujourd’hui, 28 novembre 2015).
    L’efficacité du matériel de minage peut être estimée autour de 2000 Mhash/J.
    La #consommation_électrique totale du réseau bitcoin, disponible dans le monde entier, se situe donc autour de 250 MJ/sec = 250 MWatt, c’est à dire l’équivalent de 100 000 maisons aux Etats-Unis.

    A titre de comparaison, il existe environ deux millions de distributeurs de billets de banque dans le monde, chacun consommant en moyenne 200 Watts, même si les modèles les plus récents affichent une consommation théorique de 70 Watts (source : diebold.com).
    Au final, les seuls ATMs (sans compter les réseaux et data centers auxquels ils sont connectés) consomment donc 400 Mwatts.
    Si l’ impression des billets de banque sur papier de haute qualité et leur transport en camions blindés sont pris en compte, l’adoption de masse de Bitcoin comme cash électronique permettrait de diviser l’empreinte carbone des systèmes de paiement par trois ou quatre.

    Avec un coût moyen de l’ #électricité aux US de 10 cents par Kilowattheure en 2015, on obtient un coût de 25 000 US dollars pour 150 bitcoins générés par heure, soit un coût de “production” de 167 dollars par bitcoin (environ 157 €), environ la moitié du prix de marché des bitcoins à la même date. La différence correspond à la prime d’utilité, présente et future, attribuée aux bitcoins.

    http://www.latribune.fr/technos-medias/20131203trib000799051/bitcoins-une-vraie-planche-a-bruler-de-l-electricite.html

    L’économiste nord-américain Alex Tabarrok signale sur le site Marginal Revolution qu’avec la flambée du cours du bitcoin, ces opérations coûtent en conséquence de plus en plus cher. Il rappelle ainsi :

    « En avril, quand les bitcoins s’échangeaient environ 100 dollars, la consommation d’électricité des ’mineurs’ de bitcoins atteignait le niveau stupéfiant de 1000 mégawatts/heure par jour, assez pour fournir de assez pour fournir de l’énergie à 31.000 foyers américains. »

    Cela représentait également 150.000 dollars par jour, en prenant en compte le tarif moyen de 15 cents par #kilowatt-heure et sur la base de 650 watts consommés par opération de minage.

    Huit mois plus tard, suivant ces estimations, ce coût a été multiplié par… 100 ! Au 3 décembre 2013, le coût en électricité estimé par la plateforme précédemment citée Blockchain pour le minage est en effet de 15,3 millions de dollars au cours des 24 heures précédentes. Un coût global supporté par chaque internaute qui participe aux opérations de minage. Entre temps, le cours du Bitcoin a lui aussi explosé, dépassant la barre des 1.000 dollars fin novembre.

    #capitalisme #travail #preuve_de_travail #PoW #cryptocurrency
    #namecoin #Ethereum #économie #p2p #Proof_of_stake

    • Un autre élément intéressant, la taille de la blockchaine (ce qui conditionne la possibilité de participer à sa surveillance et à sa conservation, puisque plus elle est grosse plus elle demande des capacités de calcul et de stockage importantes. Donc si on ne peut pas faire ces opérations on est obligé de passer par un #intermédiaire) :

      Cette page enregistre son évolution, on voit qu’en 2013 elle pesait environ 9Go et qu’aujourd’hui, en 2016, elle pèse environ 62Go, son évolution semble suivre une croissance exponentielle :

      https://blockchain.info/charts/blocks-size?showDataPoints=false&show_header=true&daysAverageString=1&t

      Discussions sur le sujet :

      http://linuxfr.org/users/gof/journaux/comment-fonctionne-bitcoin#comment-1469644

      https://bitcointalk.org/index.php?topic=146830.msg1558859#msg1558859

      Salut anemol,

      Pour l’instant, la blockchain augmente avec un maximum de 1Mo par block toutes les ~10min c.a.d. maximum 52Go par an (hors indexages, c.a.d uniquement les fichiers block{NNN}.dat. Avec l’index il faut au moins multiplier par 2).
      Des discussions sont en cours pour augmenter cette taille, car cela limite le nombre de transactions possible par block.

      Il y a dans le document initial de satoshi, une méthode pour effacer toutes les adresses déja dépensées mais elle n’est pas encore implementée (merkle pruning). Cette methode pourrait réduire de beaucoup la taille de la blockchain, mais dans tous les cas ne concernera pas non plus les utilisateurs normaux.

      A long terme les utilisateurs n’auront plus de client sauvegardant la blockchain.
      Les noeuds ayant une blockchain seront des super-noeuds gérés de manière décentralisés, un peu comme les exit-nodes sous Tor, ou les tracker bittorrent.
      Seules des personnes avec un bon serveur pourront faire tourner un noeud.

      Il y a quelques calculs sur cette page pour plus de détails : https://en.bitcoin.it/wiki/Scalability

    • Sur un autre point il y a aussi les critiques de Christian Grothoff

      http://seenthis.net/messages/358071
      https://gnunet.org/diss-wachs

      6.9 Related Work and Comparison
      6.9.2 Namecoin

      With #Namecoin it is possible to square #Zooko ’s triangle and achieve all three properties of #Zooko_s_triangle at the same time: memorable, global and secure names. Names are globally unique since with the blockchain a consensus in the network about the current state of the system and therefore all registered names exist. #Names are memorable since they are explicitly chosen that way when registering these names. But with initial cheap cost when bootstrapping the system, the problem of name squatting exists. Initially the registration cost of names are low and therefore early adopters register names with the expectation to sell these names when the system is popular. So with Namecoin, names are an #economic object possessed by an owner and are object of trade and economic behavior. The system is said to be #secure, since with a majority of benign nodes in the network, the consensus of the block chain cannot be attacked. This assumption is only valid with an adversary model weaker than the adversary model used for this work. Note that our adversary model is not a far-fetched assumption in this context: as we saw with recent revelations about a single mining pool in the #Bitcoin network possessing more than 51% of the computational power in the network [Far14a], it is conceivable that a nation-state can muster more resources than the small number of other entities that participate in the system, especially for systems used as an alternative in places where censorship is encountered or during the bootstrapping of the network, when only a small number of users participate.
      #Security can also be lowered by the concept of the Namecoin resolution process: a client resolving a name has to be in possession of the complete block chain to validate a name. The complete block chain can be large in size and therefore not be available on devices with restricted resources. These devices would then have to rely on third party resolvers and so creating a trusted third party, which may not be trustworthy or may be manipulated, just like in #DNS.

      #GNS #gnunet #GnuNameSystem #désintermédiation

    • Deux autres éléments concernant les Bitcoin et la blockchain.

      D’une part les plus gros et les plus puissants des intermédiaires, de l’informatique ou du #système_bancaire, s’y mettent :

      http://seenthis.net/messages/462720
      http://seenthis.net/messages/441752

      IBM, Intel, and Cisco as well as the London Stock Exchange Group and big-name banks JP Morgan, Wells Fargo, and State Street [...]
      Marley Gray, who oversees blockchain work at Microsoft. People like Gray and Overstock CEO Patrick Byrne believe the blockchain can also close loopholes in the market that allow #traders to game the current system on Wall Street

      ou encore

      http://www.itespresso.fr/blobkchain-banques-bitcoin-loin-107942.html

      La question se pose à propos de ces neuf banques d’investissement qui se sont associées à l’entreprise FinTech new-yorkaise R3CEV pour explorer les usages de la blockchain dans l’industrie des services financiers.

      Barclays, #Goldman_Sachs, BBVA, UBS, Credit Suisse, #JP_Morgan, Royal Bank of Scotland, Commonwealth Bank of Australia, State Street…

      et

      http://r3cev.com/about

      R3 is a financial innovation firm that leads the Distributed Ledger Group (DLG), a consortium partnership with 42 of the world’s leading banks, to design and deliver advanced distributed ledger technologies to global financial markets.

      L’autre aspect, c’est que, pour le moment, ce n’est pas très efficace (malgré toute l’électricité et la puissance de calcule consommés) :

      La blockchain tuera-t-elle vraiment les banques ? - 10 novembre 2015
      http://blockchainfrance.net/2015/11/10/la-blockchain-tuera-t-elle-vraiment-les-banques
      En réalité, la menace que représente la blockchain pour les #banques reste très limitée à court terme pour une raison simple : le bitcoin n’est pas capable de traiter plus 7 #transactions par seconde, là où un système comme #Visa peut en traiter jusqu’à 20 000 par seconde . Cette restriction inhérente au protocole actuel du bitcoin constitue un réel blocage.

      Ce n’est toutefois pas une fatalité : il existe des pistes pour augmenter cette limite des 7 transactions/seconde : par exemple, celle proposée par le développeur bitcoin Gavin Andresen qui propose de basculer sur une nouvelle version du bitcoin en augmentant la taille des blocs. https://actualite.housseniawriting.com/technologie/2015/08/29/le-probleme-qui-menace-le-bitcoin/7756 D’autres développeurs estiment plus judicieux de développer des side chains, c’est à dire des chaines fonctionnant en parallèle à la principale, afin d’augmenter le volume de transactions pouvant être traité.

  • Records show “intentional destruction” of dashcams by Chicago cops - World Socialist Web Site

    http://www.wsws.org/en/articles/2016/02/02/dash-f02.html

    In the latest example of criminal police conduct within the Chicago Police Department, records examined by DNAinfo show that the widespread lack of audio on police dashboard cameras is due to an intentional campaign of tampering.

    This adds a further dimension of cover-up to recent cases of police violence in the city which have sparked ongoing protests. In the case of Laquan McDonald, who was shot 16 times by a CPD officer in 2014, only two of the five vehicles at the scene had working dashcams, and no vehicle had working audio.

    #police #meurtre #états-unis #violence #vidéo #caméras #surveillance #contrôle #preuves

  • Dans l’#Oklahoma, le #gaz de #schiste provoque des #séismes à répétition
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/15/dans-l-oklahoma-le-gaz-de-schiste-provoque-des-seismes-a-repetition_4847904_

    Pour les habitants de l’Oklahoma, c’est presque devenu une routine. La terre tremble régulièrement. Le 6 janvier, deux séismes d’une magnitude de 4,7 et 4,8 ont secoué la région septentrionale de cet État du centre des États-Unis. Les dégâts ont été mineurs mais ont néanmoins alerté les autorités locales. L’une des secousses, au début d’octobre 2015, a eu lieu à proximité de la ville de Cushing, qui abrite un énorme complexe de stockage de brut contenant jusqu’à 60 millions de barils d’or noir et considéré comme une infrastructure stratégique nationale. En 2015, l’Oklahoma a recensé plus de 900 tremblements de terre d’une magnitude proche de 3, soit deux et demi par jour.

    Pour 2016, les prédictions ne sont pas meilleures. Selon le National Earth­quake Information Center de Golden, dans le Colorado, la barre des mille séismes devrait être franchie. La région centrale du pays n’avait enregistré que 21 séismes de magnitude 3 et plus entre 1973 et 2008. Depuis 2008, l’augmentation du nombre de tremblements de terre est exponentielle. La cause de cette forte activité sismique est, à en croire une majorité de scientifiques, la fracturation hydraulique des formations de gaz et #pétrole de schiste et la multiplication des sites de forage – même si, en 2011, des failles parcourant l’État du nord-est au sud-ouest ont été à l’origine du plus puissant séisme que l’État ait connu (5,7)

    [...]

    Pour les sismologues, cela ne fait au­­cun doute, la #fracturation_hy­­drau­­lique, qui nécessite parfois dix barils d’eau pour chaque baril de pétrole produit, est directement en cause. Les volumes d’eau injectés peuvent avoir pour effet de soulever des plaques près de failles au lieu de les rapprocher, explique le US Geological Survey #USGS.

    Les autorités politiques ont été très lentes à réagir. La gouverneure de l’État, la républicaine Mary Fallin, a tout d’abord nié le problème avant de se rendre à l’évidence au vu du nombre croissant de #preuves_scientifiques. Selon Bloomberg, l’Oklahoma Geological Survey, une instance scientifique, a subi des #pressions de la part des sociétés pétrolières pour ne pas établir de liens entre l’hydrofracturation et les séismes et a longtemps affirmé que les secousses étaient un phénomène naturel. Le régulateur du secteur, l’Oklahoma Corporation Commission, n’a pas fait preuve d’une grande #indépendance non plus, se contentant de réduire le nombre de nouveaux puits de forage pour répondre à une montée de la colère de la population..

    #lobbyisme

  • Je suis devenu salafi grâce à l’école de la République - Rue89 - L’Obs

    http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/27/suis-devenu-salafi-grace-a-lecole-republique-262284

    Je suis devenu salafi grâce à l’école de la République

    Faouzi, la quarantaine, est musulman wahhabite. Il porte la djellaba et la barbe, n’écoute plus de musique, mais il lit Flaubert, mange du camembert, réclame un « droit à l’indifférence » et, évidemment, condamne les attentats [...] Lire la suite en suivant le lien

    Bon, je viens de lire ça. J’espérais qu’au moins un article avec un tel titre allait m’aider à remonter la pente, mais franchement, ce texte m’a encore plus déprimé, et déjà que ça va pas fort. Curieusement, rien ne me choque vraiment dans ce témoignage, il aurait pu être écrit par un krishna, un témoin de Jéhovah, un bouddhiste ou une âme quelconque attirée par la philosophie ou les préceptes de n’importe quelle secte. Ce discours me rappelle furieusement ceux des juifs orthodoxes ou des cathos traditionalistes.

    Je respecte profondément les choix de chacun, son choix d’obéir à un gouverneur, son choix de renoncer à la musique parce que des savants sérieux et reconnus le lui recommandent, son choix aussi de s’imposer des contraintes comme celles que s’imposent les croyants d’autres religions. Même si cette approche de la vie est à des millions d’années lumières de mes valeurs et de mes croyances, je reconnais bien naturellement le droit à chacun de choisir son propre mode de vie et de pensée (pour moi cette approche n’est qu’une forme d’aliénation parmi d’autres, ce qui m’impressionne, c’est que c’est une aliénation volontaire à la différence de ce qui se passe dans une entreprise quand on bosse au sein d’une hiérarchie nécessairement aliénante, et que souvent on a vraiment pas le choix).

    Mais voilà, si c’est une des seules solutions qui s’offrent à une jeunesse en déshérence, en perte de repères, une réponse aux maux de la société, dans les quartiers qui depuis longtemps ont lâchement été abandonnés par ceux qui avaient en main le destin de la République, franchement, y a de quoi broyer du noir foncé.

    Je suis devenu salafi grâce à l’école de la République

    Faouzi, la quarantaine, est musulman wahhabite. Il porte la djellaba et la barbe, n’écoute plus de musique, mais il lit Flaubert, mange du camembert, réclame un « droit à l’indifférence » et, évidemment, condamne les attentats.

    • Commentaire à propos de ce texte prélevé sur facebook :

      Si la rationalité de cet homme lui a permis de croire que que Dieu dans sa majesté a pris la peine d’envoyer un messager aux mortels qui leur explique que la barbe est obligatoire et la musique illicite, alors je lui donne 2 à trois ans maximum pour commencer à croire aussi qu’il est dans l’obligation de répondre à l’appel au meurtre avec le même rationalisme.

    • ... ne pas dévier...
      A l’instar des ultra-orthodoxes de la communauté juive, nous pourrions aussi, au lieu du terme salafi, prendre l’appellation de musulmans orthodoxes, ...
      Le catholicisme a été en grande partie vidé de sa substance, le coup de grâce ayant été donné par #Vatican_II. ...
      ... j’avais grandi dans une famille où l’on buvait de l’alcool, mais où on se refusait de manger du non-halal, où l’on ne priait pas, mais où on respectait strictement le mois de jeûne du ramadan, où l’on invoquait des saints tout en proclamant qu’Allah était le plus grand. Un islam folklorique et sympathique en somme, débordant de pâtisseries au miel durant le mois de ramadan, où légendes, polythéisme et paroles prophétiques se mélangeaient.

      J’avais à cette époque mon joint en bouche, la musique rythmait mes jours et mes nuits, mes études en faculté étaient ponctuées par de folles soirées d’ivresse et l’athéisme était ma religion. Je n’avais jamais jeûné, même pour faire plaisir à ma mère, l’instruction que j’avais reçue au lycée puis à la Sorbonne m’avaient donné une assurance et une arrogance teintées de condescendance vis-à-vis des religions.

      ....je compris vite que les mains de Fatma, ces noms de soi-disant saints que l’on invoquait à tout va, n’étaient que des pratiques plus proches du #polythéisme que de l’islam.

      ...discutant sans chaperon, dans le cadre du mariage, avec des musulmanes dans des restos parisiens.

      [les savants] : j’appris durant cette conférence qu’écouter de la musique était interdit, et cela me brisa le cœur. Cet avis ne pouvait venir que d’une secte déviante, que d’extrémistes ! Cependant, ma recherche faite, moi qui avais une formation d’historien, me prouva rapidement que cet avis était très majoritairement reconnu par les savants musulmans, et que les preuves tirées de la tradition prophétique étaient nombreuses.
      Pareil sur le fait de porter la barbe sans la tailler à l’exception des moustaches. Les #preuves étaient si claires qu’il me semblait que seule une personne très malhonnête pouvait ne pas être d’accord.
      Le second round tendait vers la #perfection_religieuse et, d’un autre côté, allait me couper d’avantage de la société française. Je ne badinerai plus avec plus aucune femme, ne les saluerai plus que de la tête, je porterai, quitte à paraître ridicule aux yeux d’ignorants, des pantalons larges qui remonteraient au-dessus des chevilles...
      ...baigner avant tout dans ce bien-être que seule une adoration sincère et abondante pouvait vous procurer, et comptais atteindre, avec l’aide d’Allah, les plus hauts sommets de l’eden

      Cela, grâce à la rigueur scientifique que m’ont enseignée mes professeurs, grâce à l’école de la République, et je la remercie, sans ironie, du fond du cœur. ...
      Nous évitons ces péchés que sont pour nous l’alcool, le tabac, la drogue douce ou la musique, comme on évite dans la rue une ex qui vous a trompé et causé un chagrin d’amour, voilà tout.

      #Bheurk

  • Evidence-based medicine lacks solid supporting evidence | #Science News
    https://www.sciencenews.org/blog/context/evidence-based-medicine-lacks-solid-supporting-evidence

    Apart from methodological weaknesses, clinical research also suffers from biases stemming from regulatory and commercial considerations. Drug companies typically test new products against placebos rather than head-to-head against other drugs, so doctors don’t get good evidence about which drug is the better choice. And restrictions on what patients are admitted to trials (...) make the test groups very unlike the people doctors actually treat. “As a result, drugs are approved on the basis of studies of very narrow clinical populations but are subsequently used much more broadly in clinical practice,” Naci and Ioannidis point out.

    #médecine #preuves #méthodologie #biais #pharma

  • #Livre et #conférence | #Elise_Pestre, « La vie psychique des réfugiés »

    Le réfugié est la principale figure historique du XXIe siècle. On estime aujourd’hui que plus de quinze millions de personnes sont des #exilés en quête de #refuge et les spécialistes annoncent que ce nombre devrait beaucoup augmenter dans les années à venir. Désormais, on ne parle plus seulement de réfugiés économiques ou politiques, mais aussi de réfugiés climatiques ou thérapeutiques.

    Or les Etats présupposent que la majorité des demandeurs d’asile mentent pour obtenir la qualité de réfugiés. Ils exigent donc des #preuves, et ces preuves ne peuvent passer que par le #témoignage. Mais comment témoigner quand on ne parle pas la même langue ? Qu’implique le fait de se remémorer dans l’urgence une série d’événements traumatiques ? Quel rôle le corps peut-il être amené à jouer ? A quels problèmes particuliers les professionnels, y compris les psychothérapeuthes, se trouvent-ils confrontés ?

    Sur la nécessité d’un refuge territorial et psychique ; sur le sens du témoignage chez des personnes qui évitent précisément de se dire ; sur des pathologies qui seraient spécifiques aux réfugiés ; et donc sur l’émergence d’une nouvelle « clinique de l’asile » – ce livre, situé au croisement de la psychanalyse, de l’anthropologie et de la philosophie politique, apporte des réponses cruciales.


    http://www.histoire-immigration.fr/agenda/2014-08/la-vie-psychique-des-refugies-pour-une-clinique-de-l-asile
    #réfugiés #audition #asile #attente #soupçon #psychologue #psychologie #psychothérapeute

    Notes que j’ai prises à partir de cette conférence donnée par Pestre à Paris :
    http://www.histoire-immigration.fr/2014/8/la-vie-psychique-des-refugies

    Pestre souligne que dans les procédures d’asile, le requérant doit faire face à une dépendance absolue à l’autre, ici à l’Etat à qui il fait une demande d’asile.

    La question de la précarité psychique :
    Etymologie du mot « précarité » → « ce qui s’obtient par la prière » et aussi « ce qui est susceptible d’être remis en cause et qui doit sans cesse être redemandé ».
    Celui qui tombe dans la précarité est celui qui est toujours dans la position de demander.

    Avec l’introduction de critères très strictes pour obtenir l’asile, la question de la sélection va se poser. Ce tri est appliqué par des professionnels… qui n’en sortent pas toujours indemnes, surtout dans un contexte où les catégories des réfugiés deviennent flous.

    Le requérant d’asile doit prouver que ses craintes de persécution sont vraies. Avec toute la difficulté et la crainte que représente cette objectivation par d’autres d’un tel affecte… alors que par essence l’affecte est subjectif.

    Beaucoup vont être identifiés par les autorités comme faisant de fausses déclarations. Et rejetés car considérés comme faux réfugiés. Ce soupçon et la non-reconnaissance des persécutions par l’Etat de droit a le pouvoir d’engendrer des effets destructurant sur le psychisme de celui qui est exilé et qui est en quête d’un abri.

    Les troubles sont dus :
    – au vécu traumatique passé ;
    – à la situation d’attente et soupçon rencontrée une fois arrivé dans le pays de destination.

    Eléments qui conditionnent la vie psychique des réfugiés → 2 aspects qui vont agir sur son psychisme et se mêler aux troubles qu’il présente déjà :
    – l’attente : suspension géographique et territoriale. Les requérants d’asile identifient cette étape comme génératrice d’angoisses. L’attente dans cet entre-deux peut même devenir traumatique lorsqu’elle s’infinitise. C’est vécu comme un désaveu du passé
    – le rejet à sa demande d’asile. Avec le statut juridique de débouté, la position du requérant d’asile se radicalise, dans le sens où l’expérience s’amenuise ou s’effondre. Il va être expulsé de cet entre-deux inconfortable, mais dans lequel il y avait encore de l’espoir. Désormais, il va être déshabillé de ses droits dans une sorte de no man’s land juridique et une nudité juridique va s’installer.

    Le requérant d’asile qui été tenu par sa position de demander, qui était une position active, entre dans un état où il est passivé.

    L’annonce de ce rejet peut provoquer une forme de déterritorialisation psychique, en utilisant les termes de Deleuze et Gattari, qui va les conduire dans une forme d’errance et qui va entraver la capacité à se créer un lieu, à se reterritorialiser : créer une nouvelle demeure quelque part.

    Le débouté se sent rejeté, abandonné, au sens d’un nouveau bannissement, comme celui qu’il a déjà vécu en quittant son pays. Et qui va renvoyer, comme le rappelle Agamben, à la structure du « ban » : « Celui qui est mis au ban, dit Agamben, n’est pas simplement placé en dehors de la loi ni indifférent à elle, il est abandonné par elle, exposé et risqué en ce seuil où la vie et le droit, l’extérieur et l’intérieur, se confondent ».

    Lorsque la confiance de laquelle il a besoin n’est pas accordée par la communauté d’accueil, il n’y a pas d’hospitalité délivrée, le réfugié peut se sentir profondément abandonné.

    Concept de « homo sacer » de Agamben → le réfugié serait le « homo sacer » des temps modernes, car il demeure un « homme tuable ».

    Retour sur les auditions…

    D’où son attention accrue et permanente face aux dangers, car si il relâche son attention, alors qu’il est débouté, il sera expulsé du pays.
    → on assiste donc à l’amplification de symptômes avec le vécu d’exclusion (de l’exclusion de la communauté de droit), mais aussi à la naissance de symptômes auparavant inexistants et qui émergent avec la production de son témoignage. Là, la « crainte de ne pas être cru » va infiltrer son récit et provoquer des effets contre-productifs sur son interlocuteur → il y a un télescopage/collision entre la scène juridique et la scène psychique.

    Or, répondre à cette injonction de l’Etat à témoigner est une action complexe car le psychisme pour se défendre d’un possible retour du trauma et de la violence vécue, va plutôt avoir tendance, à son insu, à exclure de la mémoire certains souvenirs, voire transformer certains contenus inénarrables en contenus narrables et entendables.

    Le gel des affectes lors de la production narrative lors des auditions :
    Ce gel permet au requérant d’asile de congeler, à son insu, ses affectes dépressifs, ce qui va engendrer une certaine froideur affective. Cela va générer sur son interlocuteur un ressenti d’étrangeté, de distance qui va pouvoir l’amener à penser que le demandeur n’est pas affecté et que donc c’est pas vrai.

    Hypothèse : le rejet par les instances décisionnelles va entrer dans une dépendance très forte avec les affectes de la symptomatologie traumatique des requérants d’asile. Evidemment, ce n’est pas que la symptomatologie qui produit du rejet, mais l’hypothèse c’est que ça va participer, infiltrer l’interlocuteur lorsqu’il va prendre des décisions. Et que la subjectivité du requérant d’asile va être indexée à celle du décisionnel.

    Pourquoi un tel aurait un statut et l’autre pas ? Cela va renvoyer à la construction narrative de son récit, à l’élaboration de son traumatisme. S’il est très traumatisé et qu’il va mal, il ne va pas pouvoir être dans un récit construit structuré, temporalisé, exhaustif. D’où cette hypothèse de glissement entre les scènes du psychique et du juridique.

    Le témoignage :
    Les scènes traumatiques sont convoquées lors du témoignage, et avec elles le risque de réactualisation de la souffrance qu’elles ont provoquée. Pour éviter cette réactualisation, des sortes de récit mi-vrais mi-fictifs viennent opérer une fonction de protection contre la terreur que le réfugié a rencontrée.

    Dans la forme de témoignages requise par les administrateurs, on voit combien la vie psychique du réfugié est affectée par la logique de l’Etat, par ses exigences, ces propres représentations du « bon réfugié ». L’Etat participe ainsi à son insu de la création de ces témoignages malades, de ces récits-refuge, liés à cette injonction à témoigner.

    Le point de vue des professionnels :

    C’est le deuxième versant de la « clinique de l’asile ». Sur une quinzaine d’entretiens, la majorité était atteinte en profondeur, parfois même blessée par ce qu’ils vivaient au quotidien dans leur pratique avec les réfugiés (ceci est valable pour médecins et soignants mais aussi pour les agents de l’OFPRA).

    Deux caractéristiques concernant les soignants :
    – une demande débordante de la part du réfugié. Une demande d’amour nous dit Lakan, qui se relie à la question de la survie. Si la demande est si intense à l’égard des soignants, c’est parce que cet espace incarne l’unique lieu où le requérant se sentira écouté et cru. Et en cela ça représente un espace de survie majeur ;
    – la manière dont l’espace psychothérapeutique va être fréquemment atteint, voire contaminé par la situation juridique rencontrée par le réfugié. Le psy va se sentir parfois attrapé par le social, la précarité que son patient rencontre, mais aussi par la situation juridique envahissante du patient. Au risque de se sentir instrumentalisé non seulement par l’Etat et ses injonctions faites au soignant pour délivrer des attestations et des certificats qui prouvent l’état traumatique de son patient, mais parfois il se sent instrumentalisé par son patient aussi, qui veut cette attestation coûte que coûte parce qu’il est convaincu, et avec raison, que si il peut attester qu’il est traumatisé, ça lui facilitera la donne pour obtenir son statut. Donc ces demandes de l’Etat et du patient le placent dans une situation très particulière, inconfortable, qui peut entrer en conflit avec son travail d’écoute et d’accompagnement, parce qu’il est mis en position d’expert. Et s’il ne parvient pas à s’extraire de cette position d’expert et qu’il se met à évaluer la véracité des dires de son patient, il y a des risques de se transformer en « expert de la vérité », alors que le psychologique se doit de travailler avec la vérité psychique de son patient et non sur la quête d’une vérité juridique.

    Celui qui accueille des réfugiés, quelle que soit sa profession, s’identifie souvent de manière massive et à son insu au vécu douloureux de son patient. Avec cette clinique extrême, il va y avoir des phénomènes identificatoires et projectifs à l’égard du patient-réfugié, qui se dessineront comme caractéristiques essentielles et paradigmatiques de cette clinique. Cela va se manifester par des phénomènes de contagion entre la symptomatologie des patients, et celle du psychologue. Pour parer aux effets de la destructivité et soutenir l’exercice de sa praxis, le clinicien qui vit certaines de ces séquences cliniques avec angoisse, tente de s’en extraire par des stratégies de défense, voire de survie thérapeutique, et il va lui aussi déployer des mécanismes de défense qui vont être plus ou moins opérants. Notamment la question du doute aussi : eux-mêmes se mettent parfois à douter de ce que dit le patient.

    → D’où la nécessité de mettre en place des espaces pour les professionnels où la parole puisse circuler. D’où l’importance de lieux de parole, de supervision où circule la pensée, la réflexion, l’élaboration psychique. Ceci pour prendre soin de ceux qui prennent soin des populations réfugiées.

  • #Etats-Unis. #Violences_policières contre les #Noirs : une série sans fin ?

    Lors d’une intervention dans une banlieue résidentielle d’une ville du Texas où avait lieu une fête autour d’une piscine, une Américaine de 14 ans s’est retrouvée face contre terre, un policier assis sur son dos.


    http://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-violences-policieres-contre-les-noirs-une-serie-sa
    #violence #police #USA #discrimination

  • #Torture par la #CIA : des poursuites judiciaires sont demandées
    http://www.lorientlejour.com/article/900148/torture-par-la-cia-des-poursuites-judiciaires-sont-demandees.html

    L’ONU et les défenseurs des droits de l’homme ont appelé mardi à des #poursuites_judiciaires contre les responsables américains après la publication d’un rapport sur la torture par la CIA, une éventualité jugée peu probable par le ministère américain de la Justice.

    « Le rapport confirme ce que la communauté internationale savait », a indiqué Ben Emmerson, rapporteur des Nations unies sur les droits de l’homme, après la publication par le Sénat américain d’un rapport sur les techniques d’interrogatoires musclées utilisées par la CIA contre des détenus après le 11-Septembre.

    « Une politique a clairement été orchestrée à haut niveau dans l’administration (du président George W.) Bush, qui a permis des crimes systématiques et des violations flagrantes des droits de l’homme internationaux », a-t-il ajouté. Il est « temps d’agir et les responsables de cette conspiration criminelle doivent être présentés devant la justice », a-t-il souligné.

    « C’est un rapport scandaleux et il est impossible de le lire sans se sentir indigné par le fait que notre gouvernement a perpétré ces crimes atroces », a estimé Anthony Romero, directeur général de la puissante Union américaine de défense des libertés (#ACLU). « Les responsables du gouvernement qui ont autorisé ces pratiques illégales devraient rendre des comptes », a-t-il martelé.

    Toute poursuite paraît néanmoins peu probable. Un responsable du ministère de la Justice qui n’a pas été nommé a indiqué que, depuis 2009, deux enquêtes ont été menées sur mauvais traitements de prisonniers, qui n’ont pu recueillir de #preuves suffisantes pour une inculpation.

    Le rapport du Sénat ne présente « aucune nouvelle information » pour les enquêteurs, a assuré ce responsable dans un communiqué. Le rapport du Sénat, très attendu, constitue le compte rendu le plus détaillé du programme secret même si de nombreux éléments étaient déjà connus du grand public.

    Selon les associations, il montre que les techniques utilisées ont violé à de multiples reprises les #lois internationales et les droits de l’homme les plus basiques.

    Le programme « a donné le feu vert pour commettre impunément ce que la loi internationale sur la torture et les disparitions qualifie de #crimes », a noté Steven Hawkins, directeur général de la section américaine d’Amnesty International. « Il est temps de demander des comptes, ainsi qu’une enquête complète, des poursuites en justice et des compensations pour les victimes ».

    Le directeur général de Human Rights Watch, Kenneth Roth, a souligné pour sa part que le rapport « montre bien que les affirmations répétées, selon lesquelles des mesures drastiques étaient nécessaires pour protéger les Américains, n’étaient que pure fiction ». Il note que l’administration de Barack Obama a fait cesser de nombreuses pratiques décrites sans concessions dans le rapport.

    Néanmoins, « la torture restera une +option politique+ pour les présidents à venir si cet important exemple de recherche de la vérité ne conduit pas à ce que les responsables officiels soient traduits en #justice ».

    L’ACLU a appelé l’administration Obama à prendre des mesures pour « s’assurer que les Etats-unis ne torturent plus jamais », en nommant un procureur spécial pour enquêter et en réformant la CIA.

    #Etats-Unis #impunité « #nos_valeurs »