• Le fondement culturel de la personnalité (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1061-Le-fondement-culturel-de-la-personnalite

    Préface, par J.-C. Filloux, du #Livre de Ralph Linton, « Le fondement culturel de la personnalité » [The Cultural Background of Personnality, 1945], Bordas 1977, pp. IX - XLIII. Ralph Linton et l’évolution de l’anthropologie culturelle L’ouvrage de Ralph Linton que nous présentons au public français, The Cultural Background of Personality, a été publié aux États-Unis en 1945. Son objet est de déterminer les bases conceptuelles d’une collaboration organique entre la psychologie et l’anthropologie. Première (...) #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / #Anthropologie, #Progressisme, #Primitivisme, #Éducation, Livre, #Institutionnalisation, #Type_anthropologique, Linton (...)

    #Linton_R.

  • Sur « Une écologie décoloniale » de Malcom Ferdinand
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1060-Sur-Une-ecologie-decoloniale-de-Malcom-Ferdinand

    Ci-dessous une recension du livre de Malcom Ferdinand « Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen » Seuil, collection « Anthropocène, 2019, initialement publiée par le site ami « Décroissance Île-de-France » expurgée ici de quelques lapsus calami. Une phrase entre crochets a été rajoutée avec l’accord de l’auteur. Il s’agit, à notre connaissance, de la seule critique existante de ce livre, salué et encensé partout lors de sortie, couronné du « Prix de la fondation de l’écologie (...) #Notes_de_lecture

    #Compte-rendu #Écologie #Écologie_(dé)coloniale #Écologisme #Géopolitique #Histoire #Immigration #Pasquinet J. - L. #Primitivisme #Pseudo-subversion

    http://ocparis.canalblog.com/archives/2021/06/01/38996549.html

  • « Le discours de l’écologie (dé)coloniale est une arnaque totale » (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1057-Le-discours-de-l-ecologie-de-coloniale

    Voir la partie précédente (.../...) Déconnexion d’avec le peuple et sa nature Quentin : Tu as raison Rimso, la campagne est presque complètement industrialisée, mais il reste malgré tout un peu plus d’un demi million d’agriculteurs aujourd’hui et il y en a encore beaucoup qui tentent d’en faire une aventure humaine avec des vraies relations aux animaux, aux espèces, aux systèmes d’élevage, aux systèmes agricoles, à l’agrosystème. Il y a aussi tout un mouvement de néo ruralité. Donc c’est quelque chose (...) #Podcasts

    / #Lieux_Communs, #Écologie, #Politique, #Écologisme, #Gauchisme, #Primitivisme, #Entretien, #Pseudo-subversion, #Science, (...)

    #Technoscience

  • « Le discours de l’écologie (dé)coloniale est une arnaque totale » (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1056-Le-discours-de-l-ecologie-de-coloniale

    Retranscription de l’émission Offensive Sonore sur Radio Libertaire enregistrée le 21 avril et diffusée les 14 et 28 mai 2021. Les modifications importantes ont été placées entre crochets. Pour pallier à la Novlang contemporaine, les termes « décolonial » et « indigéniste » ont été retranscrits en « (dé)colonial » et « (anti)indigéniste » afin de restaurer leur sens initial – la question est abordée en cours d’émission. On se reportera à la page-ressource « Gare à l’écologie (dé)coloniale ! », régulièrement mise (...) #Podcasts

    / #Agronomie, #Lieux_Communs, #Politique, #Écologie, #Histoire, Gilets jaunes (2018-2019), #Écologisme, #Gauchisme, #Islamogauchisme, #Primitivisme, #Entretien, (...)

    #Gilets_jaunes_2018-2019_ #Immigration
    https://offensivesonore.blogspot.com/2021/05/gare-lecologie-decoloniale.html

  • Ambiguïtés de l’anthropologie culturelle : introduction à l’œuvre d’Abram Kardiner (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1036-Ambiguites-de-l-anthropologie

    Voir la première partie (.../...) Il n’est donc pas étonnant que Freud soit sévèrement critiqué. Ses constructs sont décidément trop loin de l’expérience. La libido n’est pas observable, disions-nous. Corrigeons : la sexualité ne l’est pas non plus ; en toute rigueur ne le seraient que l’organe et les comportements qui lui sont associés. Mais, à la différence de la libido dont le foyer est indéterminé, les contours mouvants, la sexualité est un bon construct parce qu’elle circonscrit un ensemble de données (...) #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / Lefort Cl., #Anthropologie, #Psychanalyse, #Sociologie, #Livre, #Type_anthropologique, #Éducation, #Primitivisme, (...)

    #Lefort_Cl. #Relativisme

  • Un conflit universel avec la nature
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1037-Un-conflit-universel-avec-la

    Extrait du chap. 11, « Terre des hommes » du livre de J. - P. Deléage « Une histoire de l’écologie », Seui 1991, pp. 145 – 259, renommé par nous. Considéré sous l’angle de son histoire, le domaine de l’éco­logie scientifique s’est progressivement élargi de l’étude natu­raliste d’écosystèmes particuliers à celle, pluridisciplinaire, de leur totalité, la biosphère. Considérée sous l’angle de la science écologique, l’histoire humaine s’est nourrie d’une succession de ruptures locales et régionales d’équilibres naturels (...) #L'écologie,_l’écologisme_et_le_primitivisme

    #Deléage J. P. #Écologie #Écologisme #Livre #Primitivisme #Progressisme

  • Faut-il en finir avec la civilisation ?
    Primitivisme et effondrement

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Faut-il-en-finir-avec-la-civilisation-Primitivisme-et-effondrement

    Et si la parabole du péché originel qui nous chassa du jardin d’abondance, représentait le passage d’une vie nomade de chasse et de cueillette à une économie agricole qui nous contraint, depuis, à « gagner notre pain à la sueur de notre front » ? C’est la thèse que défendent certains primitivistes, accusant la révolution néolithique d’être à l’origine de la crise écologique et de toutes les oppressions. Pierre Madelin, avec son sens aigu de la synthèse, déconstruit ces théories, avec cependant beaucoup de nuance, leur reconnaissant parfois de grandes pertinences anthropologiques et historiques.

    Selon les dernières découvertes archéologique, Homo sapiens quitte l’Afrique il y a cent trente-cinq mille ans et colonise petit à petit l’ensemble de la planète, arrivant en Australie en ─ 65000, en Europe de l’Ouest en ─ 43000 et franchissant le détroit de Béring pour peupler les Amériques en ─ 18000. Cette expansion correspond à l’extinction de la mégafaune du Pléistocène, des animaux de plus de 40 kilos. En Afrique, la plupart d’entre eux y sont encore abondants, ayant coévolué pendant des centaines de milliers d’années avec les hommes, alors que partout ailleurs, ils auraient succombé à une chasse excessive et à un usage inconsidéré du feu, sans avoir eu le temps d’adopter des stratégies d’évitement ou de défense. Les sociétés préhistoriques ne vivaient donc pas toujours « en parfaite harmonie avec leur environnement ». Cependant, ces extinctions n’ont pas été massives et n’ont affecté que quelques centaines d’espèces, tandis qu’à l’heure actuelle plus d’un million, animales et végétales, sont « menacées par la dynamique du capitalisme industriel ». (...)

    #Pierre_Madelin #civilisation #primitivisme #Pléistocène #capitalisme_industriel #Pierre_Clastres #Marshall_Sahlins #James_Scott #Emmanuel_Guy #chasseurs-cueilleurs #Alain_Testart #Paléolithique #Murray_Bookchin #écologie_sociale #parcs_nationaux #wilderness #Thoreau

  • Écologie et anthropocentrisme (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1028-Ecologie-et-anthropocentrisme-2-2

    Voir la première partie (.../...) Anthropocentrisme et destruction de l’environnement Il est temps d’en venir à la seconde des questions initiale­ment posées : l’anthropocentrisme est-il en tant que tel res­ponsable de la destruction de l’environnement ? Pour pouvoir répondre de façon positive à cette question, il conviendrait de satisfaire aux deux conditions suivantes : il faudrait pou­voir séparer les cultures uniment anthropocentristes des autres ; il faudrait également pouvoir établir que seules (...) #L'écologie,_l’écologisme_et_le_primitivisme

    / Bourg D., #Anthropologie, #Écologie, #Histoire, #Philosophie, #Primitivisme, #Écologisme, Antiquité, (...)

    #Bourg_D. #Antiquité #Livre

  • Écologie et anthropocentrisme (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1028-Ecologie-et-anthropocentrisme-1-2

    Postface du recueil Les sentiments de la nature, Dominique Bourg (dir.), Éd. La Découverte, 1993 (titre initial : « Modernité et nature »). Sur un sujet aussi passionnel que les relations de l’homme à la nature, les préjugés en tous genres abondent. La qualité du débat écologique ne s’en trouve pas améliorée. Parmi nos contemporains, beaucoup croient pouvoir répartir les sociétés en deux camps : d’un côté, les sociétés occidentales, intrinsèquement nocives à l’environnement, et de l’autre, des sociétés (...) #L'écologie,_l’écologisme_et_le_primitivisme

    / Bourg D., #Écologie, #Anthropologie, #Philosophie, #Écologisme, #Post-modernisme, #Primitivisme, #Livre, Type (...)

    #Bourg_D. #Type_anthropologique

  • Parution des #Brochures n°26 & 26bis : « Écologie, pandémie & démocratie directe »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1019-Parution-des-brochures-no26-26bis

    Ce texte fait partie de la brochure n°26 « #Écologie, pandémie & #Démocratie_directe » L’écologie #Politique dans la crise mondiale Elle sera bientôt en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à la diffusion). Elle sera également bientôt intégralement téléchargeable dans la rubrique brochures BrochuresL’écologie politique dans la crise mondiale — première partie (...) Brochures

    / #Lieux_Communs, #Médecine, Écologie, Politique, #Prospective, #Pandémie_2019-2020, #Article, #Écologisme, #Avant-gardisme, #Gauchisme, #Primitivisme, #Redéfinition_des_besoins, Démocratie directe, #Énergie, #Émeutes, (...)

    #Empire

  • Michel Barrillon, De la nécessité de sortir du faux dilemme primitivisme/progressisme, 2016
    https://sniadecki.wordpress.com/2020/05/10/barrillon-primitivisme

    En s’appuyant sur la critique de la valeur, Anselm Jappe expose un raisonnement comparable : dans son « besoin boulimique de trouver des sphères toujours nouvelles de valorisation de la valeur », le capital étend progressivement « la production marchande à des secteurs toujours nouveaux de la vie », « en occupant et en ruinant les sphères non marchandes ». La valeur, résume Jappe, est « une espèce de “néant” qui se nourrit du monde concret et le consomme ». Ce monde concret, ce sont entre autres les communautés traditionnelles et leurs milieux naturels de vie. Cependant, contrairement à Luxembourg, Jappe condamne cette dynamique qui, sans doute, provoquera l’effondrement du capitalisme, mais pour abandonner aux hommes « un paysage de ruines » d’autant plus difficiles à redresser qu’auront été écrasées « les autres formes de vie sociale […] qui auraient pu constituer un point de départ pour la construction d’une société postcapitaliste ».

    :p

    Pour revenir au XVIIIe siècle, l’histoire se montre juge paradoxal : de l’image du Sauvage rattachée à ce siècle, on ne retient habituellement que celle qualifiée abusivement de « rousseauiste » : la vision misérabiliste des économistes est ignorée. Or c’est précisément cette conception qui, par la suite, sera reconnue comme une vérité de fait indiscutable, tandis que la représentation du « bon sauvage » sera reléguée dans la mythologie. Ce basculement traduit l’hégémonie du capitalisme et de l’idéologie économique dans les consciences. La nostalgie de l’âge d’or primitif ne connaîtra un véritable renouveau que dans la seconde moitié du XXe siècle. Entre-temps, l’ethnologie s’est constituée comme discipline scientifique. Par leurs travaux, certains anthropologues jouèrent un rôle décisif dans la réhabilitation de la figure du Sauvage : Claude Lévi-Strauss avec notamment sa critique radicale de l’histoire universelle [28] ; Marshall Sahlins par sa remise en question décapante de la vision misérabiliste du primitif ; Pierre Clastres par son analyse originale de la question du pouvoir dans les sociétés « contre l’État »…

    #Histoire #progressisme #primitivisme #anthropologie

  • L’Europe #Politique sur le très long terme (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?995-L-Europe-politique-sur-le-tres

    Voir la première partie (.../...) La #Guerre De ce que les squelettes dans les nécropoles rubanées ne présentaient pas de traces de violence, on en a conclu que ces sociétés étaient sans violence. De ce que les villages n’étaient pas fortifiés (encore que certains sont enclos dans des enceintes dont je vais bientôt parler), on a tiré la même conclusion. La vieille idée rousseauiste du « bon sauvage » a fait le reste : ce ne pouvait être que de paisibles cultivateurs. Colin Renfrew enfin, archéologue (...) Expériences pratiques : Les leçons du passé

    / Testart A., #Histoire, Politique, Antiquité, #Préhistoire, #Primitivisme, #Relativisme, #Démocratie_directe, #Type_anthropologique, (...)

    #Expériences_pratiques_:_Les_leçons_du_passé #Testart_A. #Antiquité

  • La nature du citadin
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?988-La-nature-du-citadin

    Passage du #Livre de François Terrasson « La peur de la nature », Sang de la Terre, 2007, pp. 147-154. Dans un contexte général où le naturel artificiel est roi, promenons-nous maintenant un peu dans les esprits, les comportements, les idées et les lieux. Notre premier cobaye sera l’habitant des villes parce que c’est de lui qu’est censée émaner une forte demande de nature. Qu’en est-il en réalité ? Quel est le résultat d’une petite inquisition dans les cerveaux, de l’observation des attitudes et des (...) #L'écologie,_l’écologisme_et_le_primitivisme

    / Terrasson F., #Anthropologie, #Psycho-sociologie, #Écologie, Livre, Beauté, #Éducation, #Écologisme, (...)

    #Terrasson_F. #Beauté #Primitivisme

  • L’idée de « personnalité de base »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?984-L-idee-de-personnalite-de-base

    Publié initalement dans les Cahiers internationaux de Sociologie, sous le titre « Notes critiques sur la méthode de Kardiner », 10, 1951 ; repris dans « Les formes de l’histoire. Essai d’anthropologie politique », Gallimard [1979], 2000 pp. 113-130. L’idée, révolutionnaire au début du siècle, que l’individu et la société sont en toute rigueur insparables est devenue un lieu commun. Ce n’est pas dire pour autant qu’elle soit soutenue avec fermeté dans les travaux même qu’elle inspire. Nous voudrions (...) #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / Lefort Cl., #Anthropologie, #Psychanalyse, #Relativisme, #Primitivisme, #Religion, #Article, #Création_sociale-historique, #Type_anthropologique, (...)

    #Lefort_Cl. #Institutionnalisation

  • Eric Fassin : « L’#appropriation_culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de #domination »

    Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.

    Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais #Jamie_Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois #Robert_Lepage, #Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».

    Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
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    D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?

    Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « #colonialisme_culturel ». Au début des années 1990, la critique #bell_hooks, figure importante du #Black_feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.

    Un regard « exotisant »

    Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de #Paris_Is_Burning, un film #documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice #Jennie_Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’#appropriation_symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

    Comment définir ce concept ?

    E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de #récupération quand la #circulation s’inscrit dans un contexte de #domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos #musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le #primitivisme_artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.

    Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?

    E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».

    En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?

    E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le #voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « #reine_berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.

    La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

    Par comparaison, l’affaire du « #riz_jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la #nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette #mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.

    Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?

    E. F. : En France, on dénonce volontiers le #communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.

    Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà #Bernard-Marie_Koltès, en opposition à #Patrice_Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « #Exhibit_B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.

    En tout cas, l’#esthétique n’est pas extérieure à la #politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les #rapports_de_pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des #femmes et des #minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).

    Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?


    https://mobile.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-
    #géographie_culturelle #pouvoir #culture #Madonna #exotisme #peuples_autochtones #film #musique #cuisine #intersectionnalité #Eric_Fassin

    • Cité dans l’article, ce numéro spécial d’une #revue :
      #Représentation et #non-représentation des #Roms en #Espagne et en #France

      Les populations roms ou gitanes, en France comme en Espagne, sont l’objet à la fois d’un excès et d’un défaut de représentation. D’une part, elles sont surreprésentées : si la vision romantique des Bohémiens semble passée de mode, les clichés les plus éculés de l’antitsiganisme sont abondamment recyclés par le racisme contemporain. D’autre part, les Roms sont sous-représentés en un double sens. Le sort qui leur est réservé est invisibilisé et leur parole est inaudible : ils sont parlés plus qu’ils ne parlent.

      Ce dossier porte sur la (non-) représentation, autant politique qu’artistique et médiatique, des Roms en France et en Espagne des Gitanxs (ou Gitan·e·s) ; et cela non seulement dans le contenu des articles, mais aussi dans la forme de leur écriture, souvent à la première personne, qu’il s’agisse de sociologie, d’anthropologie ou d’études littéraires, de photographie ou de littérature, ou de discours militants. Ce dossier veut donner à voir ce qui est exhibé ou masqué, affiché ou effacé, et surtout contribuer à faire entendre la voix de celles et ceux dont on parle. L’enjeu, c’est de parler de, pour et parfois avec les Gitan·e·s et les Roms, mais aussi de leur laisser la parole.

      https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2018-1.htm

    • Au #Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire

      Tout est parti d’un éditorial dans Write, revue trimestrielle de la Writers’ Union of Canada (l’association nationale des écrivains professionnels) consacrée pour l’occasion aux auteurs autochtones du Canada, sous-représentés dans le panthéon littéraire national. Parmi les textes, l’éditorial d’un rédacteur en chef de la revue, Hal Niedzviecki, qui disait ne pas croire au concept d’« appropriation culturelle » dans les textes littéraires. Cette affirmation a suscité une polémique et une vague de fureur en ligne.

      On parle d’appropriation culturelle lorsqu’un membre d’une communauté « dominante » utilise un élément d’une culture « dominée » pour en tirer un profit, artistique ou commercial. C’est ici le cas pour les autochtones du Canada, appellation sous laquelle on regroupe les Premières Nations, les Inuits et les Métis, peuples ayant subi une conquête coloniale.
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      Des polémiques, plus ou moins importantes, liées à l’appropriation culturelle ont eu lieu ces derniers mois de manière récurrente, par exemple sur l’usage par la marque Urban Outfitters de savoir-faire traditionnels des Indiens Navajos ou la commercialisation par Chanel d’un boomerang de luxe, considéré comme une insulte par certains aborigènes d’Australie.
      Le « prix de l’appropriation »

      La notion est moins usitée pour la création littéraire, où l’on parle plus volontiers « d’orientalisme » pour l’appropriation par un auteur occidental de motifs issus d’une autre culture. Mais c’est bien cette expression qu’a choisie Hal Niedzviecki dans son plaidoyer intitulé « Gagner le prix de l’appropriation ». L’éditorial n’est pas disponible en ligne mais des photos de la page imprimée circulent :

      « A mon avis, n’importe qui, n’importe où, devrait être encouragé à imaginer d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres identités. J’irais même jusqu’à dire qu’il devrait y avoir un prix pour récompenser cela – le prix de l’appropriation, pour le meilleur livre d’un auteur qui écrit au sujet de gens qui n’ont aucun point commun, même lointain, avec lui ».

      Il y voit surtout une chance pour débarrasser la littérature canadienne de sa dominante « blanche et classes moyennes », dénonçant la crainte de « l’appropriation culturelle » comme un frein qui « décourage les écrivains de relever ce défi ».

      Le fait que cette prise de position ait été publiée dans un numéro précisément consacré aux auteurs autochtones a été perçu comme un manque de respect pour les participants. L’un des membres du comité éditorial, Nikki Reimer, s’en est pris sur son blog à un article « au mieux, irréfléchi et idiot, au pire (…) insultant pour tous les auteurs qui ont signé dans les pages de la revue ».

      « Il détruit toutes les tentatives pour donner un espace et célébrer les auteurs présents, et montre que la revue “Write” n’est pas un endroit où l’on doit se sentir accueilli en tant qu’auteur indigène ou racisé. »

      La Writers’ Union a rapidement présenté des excuses dans un communiqué. Hal Niedzviecki a lui aussi fini par s’excuser et a démissionné de son poste, qu’il occupait depuis cinq ans.
      Un débat sur la diversité dans les médias

      Son argumentaire a cependant dépassé les colonnes du magazine lorsque plusieurs journalistes ont offert de l’argent pour doter le fameux « prix ». Ken Whyte, ancien rédacteur en chef de plusieurs publications nationales, a lancé sur Twitter :

      « Je donnerai 500 dollars pour doter le prix de l’appropriation, si quelqu’un veut l’organiser. »

      la suite après cette publicité

      D’autres figures de la presse canadienne, comme Anne Marie Owens (rédactrice en chef du National Post), Alison Uncles (rédactrice en chef de Maclean’s Magazine), deux éditorialistes du Maclean’s et du National Post, entre autres, se sont dits prêts à faire de même. Quelques heures plus tard, une poignée d’entre eux se sont excusés, dont Anne-Marie Owens, qui a déclaré qu’elle voulait simplement défendre « la liberté d’expression ».

      Comme le débat a débordé sur les réseaux sociaux, des lecteurs anonymes s’y sont invités pour dénoncer l’attitude de ces pontes du journalisme. « Imaginez, vous êtes une personne de couleur qui étudie le journalisme, et vous voyez les trois quarts de vos potentiels futurs chefs tweeter au sujet d’un prix de l’appropriation culturelle », grince une internaute.

      Pour les journalistes issus des minorités, l’affaire a également rappelé à quel point les médias manquent de diversité. Sur Buzzfeed, Scaachi Koul écrit : « Je n’en reviens pas d’avoir à dire ça, mais personne, dans l’histoire de l’écriture littéraire, n’a jamais laissé entendre que les Blancs n’avaient pas le droit de faire le portrait d’autochtones ou de gens de couleurs, en particulier dans la fiction. Franchement, on l’encourage plutôt. » Elle poursuit :

      « S’abstenir de pratiquer l’appropriation culturelle ne vous empêche pas d’écrire de manière réfléchie sur les non blancs. Mais cela vous empêche, en revanche, de déposséder les gens de couleur, ou de prétendre que vous connaissez leurs histoires intimement. Cela vous empêche de prendre une culture qui n’a jamais été à vous – une culture qui rend la vie plus difficile pour ceux qui sont nés avec dans le Canada d’aujourd’hui à majorité blanche – et d’en tirer profit. »

      sur le même sujet Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?
      « Faire son numéro »

      Helen Knott, l’une des auteurs d’origine indigène dont le travail était publié dans la revue Write a raconté sur Facebook, quelques jours après, une étrange histoire. Contactée par la radio CBC pour une interview à ce sujet, elle est transférée vers quelqu’un qui doit lui poser quelques questions avant l’antenne. Elle entend alors les journalistes se passer le téléphone en disant, selon elle :

      « Helen Knott, c’est l’une de ceux qui sont super énervés par cette histoire. »

      « Précisément, la veille, dans une autre interview, raconte Helen Knott, j’ai rigolé avec le journaliste en lui disant que, contrairement à une idée largement répandue, les autochtones ne sont pas “super énervés” en permanence. »

      Au cours de cette pré-interview, elle dit avoir eu a le sentiment grandissant qu’on lui demandait de « faire son numéro » pour alimenter un « débat-divertissement-scandale ». « Je suis quelqu’un d’heureux et mon droit à être en colère quand la situation mérite de l’être ne me définit pas en tant qu’individu », explique-t-elle.

      « C’est tout le problème de l’appropriation culturelle. Les gens utilisent notre culture pour leur propre profit mais peuvent se désintéresser ensuite de nos difficultés à faire partie de la communauté autochtone, de la politisation continuelle de nos vies, des événements et des institutions qui viennent tirer sur la corde de notre intégrité et de notre sens moral, et qui exigent que nous répondions. Aujourd’hui, j’ai refusé de faire mon numéro. »

      En 2011, les autochtones du Canada représentaient 4,3 % de la population. Ils concentrent le taux de pauvreté le plus élevé du Canada et sont les premières victimes des violences, addictions et incarcérations. En 2016, une série de suicides dans des communautés autochtones de l’Ontario et du Manitoba avaient forcé le premier ministre, Justin Trudeau, à réagir. Sa volonté affichée d’instaurer une « nouvelle relation » avec la population autochtone est critiquée par certains comme n’ayant pas été suivie d’effet.

      https://mobile.lemonde.fr/big-browser/article/2017/05/16/au-canada-la-notion-d-appropriation-culturelle-suscite-la-polemique-d

  • Uncivilizing #Permaculture | The Anarchist Library
    https://theanarchistlibrary.org/library/tanday-lupalupa-uncivilizing-permaculture-black-seed-issue-one

    Uncivilizing Permaculture
    An Anti-Civilization And Anti-Colonial Critique Of “Sustainable Agriculture”
    The Problem Of Cities : Urban Permaculture
    The Problem Of Semantics : Peak Oil/Energy Descent, Sustainability And The Collapse
    The Problem Of Agriculture : Horticulture, Permaculture, And The Wild
    The Problem Of Ideology : Eurocentrism, Globalisation And Autonomy

    #agriculture #civilisation #anticiv #primitivisme

  • France : le décret qui offre gratuitement des terres | Anarchie Verte
    http://anarchieverte.ch40s.net/2015/01/france-le-decret-qui-offre-gratuitement-des-terres

    Une loi d’avril 1987 permet d’offrir des terres aux squatteurs qui occupent illégalement la forêt domaniale de l’ État français.

    Cette loi, exactement un décret inter-ministériel modifiant le Code du Domaine de l’ État, décret n° 87-267du 14 avril 1987 (lire le Journal Officiel du 16 avril 1987 page 4316), constate l’existence de droits d’usage collectifs aux occupants illégaux, là où ils se sont installés sans rien demander à personne.

    L’ État constate que les deux conditions sont remplies :

    Bon j’ai pas vérifié hein, prenez pas vos sacs à dos tout de suite :)

    #squat #forêt #primitivisme

    • il s’agit d’un groupe socialement viable : des hommes, des femmes, des enfants, des familles, ce qui signifie que la loi ne s’adresse pas à un ou des individus, mais s’adresse à un groupe, à une « communauté d’habitants », dit exactement la loi. Cette communauté se donne un nom, et c’est à cette communauté ainsi auto-désignée que l’État « constate l’existence de droits d’usage collectifs ».

      il faut que cette « communauté d’habitants » tire sa subsistance que de la nature environnante, de façon traditionnelle, et non par des moyens modernes, industriels. En clair, vivre écologiquement, avec des moyens très simples, artisanaux, donc en ayant un mode de vie qui se caractérise par une faible empreinte écologique. Donc l’écosystème est habité de telle sorte que les autres espèces vivantes, animales et végétales, puissent elles aussi s’épanouir.

    • Si une personne plus douée que moi avec legifrance arrive à s’y retrouvée ...

      Perso je trouve pas de JO du 16/4/1987, et le décret décret n° 87-267du 14 avril 1987 me renvoie sur un texte qui parle de ce genre de cession mais en Guyanne et plutôt pour des agriculteurs ...

    • Décret n°87-267 du 14 avril 1987 modifiant le code du domaine de l’Etat et relatif aux concessions domaniales et autres actes passés par l’Etat en Guyane en vue de l’exploitation ou de la cession de ses immeubles domaniaux

      Qui plus est… l’essentiel est

      Abrogé par DÉCRET n°2014-930 du 19 août 2014

      (avec une notule pour les COM St-Barth’ et St-Martin qui ont un statut spécial depuis 2003 et dont je ne vois pas trop le lien que ces collectivités peuvent avoir avec la Guyane, …)

  • L’inventaire de l’irréparable (2/2)

    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/747-l-inventaire-de-l-irreparable-2-2

    La perte d’une centralité à la fois géographique et sociologique, l’abandon ou le dépérissement de l’axiome du progrès historique, notre sens de l’échec ou des faiblesses extrêmes du savoir et de l’humanisme face à l’action sociale, signifient la fin d’une commune hiérarchie des valeurs. Cette oppo­sition à deux termes qui organisait la perception sociale, qui assurait la domination de la culture sur la nature, s’estompe ou s’abolit totalement. Opposi­tion entre la civilisation occidentale et le reste du monde, entre celui qui sait et celui que ne sait pas, entre le privilégié et l’homme du commun, entre l’autorité de l’âge et la dépendance de la jeunesse, entre les sexes. Ces oppositions n’étaient pas uni­quement diacritiques, c’est-à-dire définissant les deux unités par rapport à l’ensemble et l’une par rapport à l’autre ; elles étaient aussi franchement horizontales. Les lignes de démarcation séparaient , le haut du bas, le grand de l’humble, le civilisé du primitif arriéré, le savoir de l’ignorance, le privilège social de l’état servile, les années de la jeunesse, les hommes des femmes. Et, dans chaque cas, le « de » traduisait la supériorité.

    #Histoire
    #Philosophie
    #Livre
    #Anéantissement
    #Culture
    #Gauchisme
    #Idéologie
    #Guerre
    #Génocide
    #Insignifiance
    #Relativisme
    #Inter-culturel
    #Primitivisme
    #Post-modernisme

  • Fausses figures de l’avenir (1/2)

    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/760-fausses-figures-de-l-avenir-1-2

    L’avenir n’est pas terrain vierge, page blanche ou espace vide à combler selon le bon plaisir de chacun. Il est au contraire saturé de notre présent ; bondé de rêves, de fantasmes, de délires, de peurs et d’illusions ; peuplé de monstres et d’anges, de barbelés et de miradors ou de rivières de lait et de miel, de croissance infinie ou de déclin imminent, de fin de l’histoire ou d’horreurs sans fin. L’humanité s’accroche passionnément à ces chimères pour échapper à sa responsabilité vertigineuse d’avoir à faire histoire [1]. Ces figures de l’avenir revêtent aujourd’hui les apparences plus familières de la politique, de l’économie, de l’histoire et de la raison, elles n’en écument pas moins la terra incognita — terre incréée, devrions-nous écrire — qu’est notre futur à l’affût de quiconque s’aventure hors des ornières des discours com­munément admis.

    Ce sont justement ces masques idéologiques qui minent, obstruent et paralysent la réflexion, rendant immensément difficile la formulation d’un projet de société conséquent et faisant de la démocratie directe une risible spéculation. Ce sont eux qu’il faut traquer, déceler, examiner et désarmer, pour livrer l’avenir à son véritable maître, l’imagination. S’ils se déclinent à l’envi, il est possible d’en cerner quelques noyaux en nombre finis. Nous aurons ainsi à répondre d’abord à l’argument glorifiant le statu quo occi­dental comme indépassable. Puis à son renversement, le catastro­phisme paralysant. Viendront ensuite le trope antitotalitaire, puis la posture spon­tanéiste et enfin toutes les mystifications parareligieuses qui entourent l’utopie.
    Pour rendre l’exposé plus accessible, nous prendrons ces figures dans cet ordre inverse de leur apparition au cours de l’histoire, ce qui est en un sens plus logique : c’est celui dans lequel elles se présentent à l’esprit dès qu’il est question d’envisager l’existence d’une société meilleure.

    #Anthropologie
    #Ecologie
    #Histoire
    #Politique
    #Sciences
    #Article
    #« Indignés »
    #Anéantissement
    #Apathie
    #Avant-gardisme
    #Démocratie_directe
    #Culture
    #Emeutes
    #Electoralisme
    #Gauchisme
    #Guerre
    #Idéologie
    #Liberalisme
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    #Oligarchie
    #Paléo-marxismes
    #Post-modernisme
    #Primitivisme
    #Radicalisme_creux
    #Relativisme
    #Revolution
    #Science
    #Totalitarisme

  • Voie sans issue ? (2/2)

    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/751-voie-sans-issue-2-2

    On l’a dit mille fois, situation suprêmement paradoxale que celle de l’homme contemporain. Plus il est « puissant », plus il est impuissant. Plus il sait, moins il sait. Et, malgré la fantastique arrogance de quelques hommes de science, plus il sait, moins sait-il ce que c’est, ce que ce serait que savoir.
    Plus il sait, moins il sait. Il n’est pas difficile d’illustrer cette idée aussi bien à l’intérieur du savoir lui-même, considéré « intrinsèquement » (j’en parlerai brièvement dans la troisième partie de cette contribution), que par le rapport de ce savoir à son sujet. Sujet individuel, d’abord, qui sait toujours plus sur toujours moins ; moins, non seulement dans l’étendue — chaque champ particulier se rétrécissant continuellement —, mais aussi et surtout pour ce qui concerne le sens et les conditions de son savoir. Sujet collectif aussi — communautés scientifiques au sein desquelles trois décennies de discours sur la multi ou transdisciplinarité n’ont pas fait contrepoids à la réalité d’une spécialisation accélérée et à ses résultats. Sujet collectif surtout : la communauté humaine elle-même. Longtemps avant que l’on ne parle des « deux cultures » et de leur scission dans la société contemporaine, Max Weber remarquait qu’un sauvage en sait infiniment plus sur le monde pratique qui l’entoure qu’un contemporain sur le sien. Quant au monde « théorique », la foi religieuse d’antan a laissé la place à une vague croyance en la science et en la technique, croyance abstraite, enveloppe qui ne contient le plus souvent que quelques miettes rassises tombées de la table des vulgarisateurs (qui sont souvent des scientifiques), Comme le statut de cette croyance n’est qu’un filtrat délayé de représentations provenant des scientifiques eux-mêmes, il serait préférable de parler directement de celles-ci.
    Je n’ai pas l’intention ni la possibilité de le faire ici : ce serait l’objet d’un livre. Je vais plutôt parler de deux fallaces qui me semblent extrêmement répandues, fortement représentatives, en elles-mêmes et dans leurs diverses combinaisons plus ou moins incohérentes, et précieuses — même si leurs tenants n’étaient pas majoritaires — pour dévoiler les problématiques sous-jacentes.

    #Castoriadis_C.
    #Philosophie
    #Sciences
    #Politique
    #Anéantissement
    #Culture
    #Livre
    #Idéologie
    #Primitivisme
    #technoscience
    #Santé

  • Voie sans issue ? (1/2)

    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/750-voie-sans-issue-1-2

    Nous ne pouvons pas, depuis longtemps, et nous ne voulons pas — nous ne devons pas vouloir — renoncer à l’interrogation rationnelle, à la fouille du monde, de notre être, du mystère même faisant que nous sommes inlassablement poussés à chercher et à interroger. On peut se laisser absorber — et la société devrait être telle que tous ceux qui le voudraient en aient la possibilité — par une démonstration mathématique, les énigmes de la physique fondamentale et de la cosmologie, les inextricables méandres et rétro-méandres des interréactions des systèmes nerveux, hormonal et immunitaire, avec une joie dont la qualité certes diffère mais dont l’intensité ne le cède en rien à celle qu’on peut éprouver à écouter L’Offrande musicale , à contempler Les Époux Arnolfini , à lire Les Chants de Maldoror . L’auteur de ces lignes, pour autant qu’il jouit en humble amateur — amant, érastès est le mot vrai — d’un lointain regard sur ces domaines peut en témoigner pour son compte. Comme il peut témoigner qu’il doit sa survie, de même que celle des êtres qui lui sont chers, à l’efficacité technique de la médecine contemporaine, et cela plusieurs fois plutôt qu’une. Et qu’il a eu à maintes reprises l’occasion de critiquer l’inconséquence si répandue dans certains milieux écologiques, où l’on refuse en paroles l’industrie moderne sur fond de musique enregistrée, et où l’on attend comme tout un chacun, lorsqu’on est malade, des miracles de la toute-puissance techno-médicale. Ce n’est donc pas un préjugé antiscientifique ou antitechnique qui s’exprime ici ; le préjugé est franchement à l’opposé.

    #Mirages_de_la_technoscience
    #Castoriadis_C.
    #Philosophie
    #Politique
    #Sciences
    #Livre
    #Anéantissement
    #Culture
    #Idéologie
    #Primitivisme
    #Progrés
    #Science
    #Santé
    #technoscience

  • Eric Larchevêque : « Le seul moyen d’arrêter Bitcoin, c’est d’éteindre Internet »
    http://usbek-et-rica.fr/eric-larcheveque-le-seul-moyen-darreter-bitcoin-cest-deteindre-interne

    Aujourd’hui, Bitcoin est très difficile d’accès, mais ça peut devenir mainstream si l’on crée des services qui permettent de simplifier cette technologie plutôt rude. Ce n’est pas une technologie élitiste. L’objectif du Bitcoin, c’est de redonner le pouvoir à tout le monde sur la monnaie.

    #Banque #Bitcoin #Finance #Innovation_disruptive #Monnaie #Économie

    • Pour ma part même si je comprends tout à fait ce que veut dire @rastapopoulos, je suis toujours gêné à l’idée de « diaboliser » les objets, car pour moi on se trompe de cible.

      Je m’explique.
      Ce n’est pas en interdisant la fabrication des couteaux qu’on a appris à l’homme à (normalement) ne pas tuer ses congénères. Aujourd’hui avec les couteaux de cuisine en vente libre, chacun a chez soi de quoi trucider ses voisins. Majoritairement on ne trucide pas ses voisins, parce qu’on a globalement bien assimilé un des commandements qui a dit qu’on ne « tuera point ».
      Pour moi l’argent est un couteau. On peut le faire disparaître, mais ça ne résoudra pas grand chose. Le problème c’est qu’aucun commandement ne nous dit « tu n’exploiteras point ». Pire avec le capitalisme néolibéral on a même réussi à faire un nouveau commandement qui dit « tu dois faire du profit » (et être assez malin pour te mettre en position d’exploiter les autres).
      Le combat est avant tout un combat moral, la technologie n’est qu’un écran de fumée.
      On n’a pas besoin d’argent pour exploiter, pour abuser du pouvoir qu’on s’octroie aux dépens des autres... Se passer de l’argent ne nous garantit pas de nous libérer de l’exploitation, et le fonctionnement de communautés sectaires et patriarcales nous l’indique clairement.
      Pour moi le vrai chantier de la gauche doit être de diaboliser les comportements immoraux, criminels, et non pas les outils qui apparaissent ça et là, même si les outils bénéficient d’abord à ceux qui ont déjà le pouvoir. Il me semble que c’est comme ça que la civilisation aide petit à petit l’humanité à se révéler...

    • – L’argent n’est pas un couteau, tu ne peux pas le fabriquer toi-même et l’utiliser dans ton coin. C’est un système.

      – « Un outil » ça ne veut rien dire. Le seuil de complexité impose ou pas des conséquences obligatoires suivant les outils. Impose un monde qui l’entoure obligatoirement pour y avoir accès (urbanisme, réseaux mondiaux, etc). Il faut vraiment arrêter de dire « un outil » dans le vague.

      – Une condition nécessaire n’est pas forcément suffisante. Dire « on n’a pas besoin d’argent pour exploiter » est donc une fausse argumentation. C’est tout à fait vrai mais dans le même temps cela n’implique pas que se passer au maximum de l’argent ne soit pas une des conditions nécessaires (mais non suffisante, donc). Tout comme une société sans racisme, ou une société sans sexisme n’est pas suffisante pour ne plus avoir d’exploitation, mais est pourtant nécessaire.

    • @rastapopoulos :

      « Un outil » ça ne veut rien dire. Le seuil de complexité impose ou pas des conséquences obligatoires suivant les outils. Impose un monde qui l’entoure obligatoirement pour y avoir accès (urbanisme, réseaux mondiaux, etc). Il faut vraiment arrêter de dire « un outil » dans le vague.

      Ça me rappelle un extrait de livre de Derrick jensen que j’aime toujours autant :

      Pointer le fait que la production de masse va à l’encontre de ce qui est nécessaire à une bonne culture et est incompatible avec notre survie à long terme ne veut pas dire que que je n’aime pas les douches chaudes, le baseball, les bons livres ou Beethoven. Je souhaiterais que les choses que nous produisons — les bonnes choses au moins — soient séparables du processus plus global : je souhaiterais que nous puissions avoir des douches chaudes sans construire de barrages ni de centrales nucléaires.

      Dans une certaine mesure ceci est possible. Ca ne prendrait pas longtemps pour mettre en place un système pour chauffer l’eau sur mon poele à bois, et la verser dans un réservoir qui fait couler l’eau lorsque je tire sur une corde. Mais où trouverais-je le métal et le verre pour le poele ? Où trouverais-je la corde, ou le réservoir ? Où trouverais-je le bois ? Il semble que nous nous soyons mis nous-mêmes dans une impasse.

      [...]
      Vous pouvez dire que je suis fou de suggérer que les douches chaudes se basent sur les barrages, les centrales nucléaires, les bombes à hydrogène et le napalm. Moi je pense qu’il est encore plus fou d’avoir construit toutes ces choses si on peut avoir des douches chaudes sans elles.

      — Derrick Jensen,A Language Older Than Words, p. 278-82

      #primitivisme #anticiv
      Et aussi un texte que j’aime bien :
      http://anarchieverte.ch40s.net/2009/02/technologie-est-ruine-de-la-planete

    • Dans mon raisonnement, un outil tel que le couteau est aussi le fruit d’un système (je suis personnellement incapable de fabriquer une lame métallique tout seul), et le fait que tout le monde possède un couteau a une influence sociale, dans la mesure où la structure de consommation alimentaire va se faire en présupposant que chacun dispose chez soi d’un couteau. Mais ok pour la nuance. Plutôt que « outil » on pourrait utiliser le mot « fonctionnalité » alors ?

      Je suis d’accord pour dire que les outils engendrent un impact « physique » sur le monde qui va au delà de leurs conditions d’accès. On a déjà parlé ici par exemple du fait qu’il est des infrastructures publiques qui interdisent le déplacement à pied dans l’espace public, et qui t’obligent à utiliser une voiture pour faire 400m car aucun trottoir n’est prévu au milieu des routes, sauf à faire un détour de 4km pour relier le point A et le point B sans te faire écraser.

      Je suis d’accord aussi que le bitcoin devrait non pas s’appeler monnaie électronique, mais monnaie électrique, pour rappeler qu’il faut une centrale nucléaire, thermique, solaire, éolienne ou autre pour qu’on puisse l’utiliser (électronique c’est un peu gentillet quand on y pense...)

      Je n’ai jamais dit que l’argument « on n’a pas besoin d’argent pour exploiter » était un argument imparable en faveur du bitcoin. J’ai dit qu’à mon sens on se trompait de cible en visant les outils plutôt que les comportements
      (à titre personnel je ne suis pas favorable au bitcoin : j’ai plus confiance en l’Etat, malgré tout son délabrement et sa perversion libérale généralisée, pour assurer un minimum d’intérêt général monétaire, que dans l’autorégulation spontanée des usagers d’un système qui, sauf erreur de ma part, ne peut empêcher les comportements spéculatifs malveillants).

      On a sans doute une approche stratégique divergente :
      – d’un côté fabriquer un outil concurrent de l’outil des puissants ressemble à une démarche qui légitime et donc renforce l’outil des puissants (vision pessimiste).
      – d’un autre côté fabriquer un outil concurrent de l’outil des puissants vise à diminuer le pouvoir relatif des puissants et donc gagner en influence pour infléchir les valeurs morales qui régentent l’économie (vision optimiste).

      Moi je le répète, ce qui m’importe, c’est que des préceptes moraux acceptés aujourd’hui (exploitation, prostitution, etc..) ne le soient plus demain, comme la civilisation a à peu près réussi à bannir officiellement le viol, la torture, l’esclavage.. indépendamment du contexte matériel et technologique...

  • Cet anarcho-primitiviste aimerait qu’on renonce définitivement à la technologie | VICE France
    http://www.vice.com/fr/read/john-zerzan-veut-renoncer-a-la-technologie

    Comment faites-vous pour distinguer une technologie acceptable d’une technologie inutile ?
    Un moyen assez général de réfléchir à la question est de penser en termes de division du travail. Si vous disposez d’un outil que n’importe qui peut fabriquer, c’est très bien. Votre rapport à l’objet sera très direct, presque sensuel. Mais des outils qui nécessitent une hiérarchie, une coordination pour voir le jour établissent une distance entre vous et eux. C’est ce genre d’objets, donc de technologie, qu’il faut éviter.

    Par contre l’interview est franchement bof

    #critique_technologique #primitivisme

    • J’ai beaucoup aimé ce livre, même si je préfère encore son premier livre Ishmael (Dispo ici http://frishmael.wordpress.com)

      Particulièrement son étude du cirque traditionnel comme organisation tribale moderne. D’après mes souvenirs, le cirque n’a pas de hiérarchie (même s’il y a un directeur qui doit faire le sale boulot, il n’est pas plus important que les autres), les membres travaillent pour la perpétuation de la « tribu », et les membres lèguent à leur descendance non pas de l’argent mais un moyen de vivre (la maîtrise de leur art du cirque et une place dans le cirque). Et en plus le cirque est nomade mais c’est juste un clin d’œil.

      L’auteur évoque aussi son expérience dans une maison d’édition d’organisation tribale qu’il avait fondé.

      Je vois bien les GAEC ou autres structures agricoles comme des entreprises de type tribal avec une intégration forte des différentes composantes agricole en #permaculture qui font que les coûts et bénéfices ne seraient pas reliés à telle ou telle activité mais globalement à l’association. Et un tel groupement fournirait une base d’existence aux enfants de la structure.

      Je me demande à quel point les structures de la #paysannerie traditionnelle étaient tribales ? Il y avait une forte entraide mais la politique de « tout à l’aîné » ne va pas du tout dans ce sens

      cc @koldobika

    • Alors la politique de « tout à l’aîné », du moins tel que ça se pratiquait ici au Pays Basque, c’était justement pas « tout ». Ce que l’aîné·e (femme ou homme) récupérait c’était d’abord la responsabilité de la maison et des terres, pas la propriété. Le pouvoir de décision revenait en même temps aux maîtres jeunes (l’ainé·e et sa/son coinjoint·e) et aux maîtres vieux (les parents de l’aîné·e), mais la maison appartenait à la famille, élargie et transgénérationnelle. Ou plutôt c’est la famille qui appartenait à la maison.
      Les cadets avaient des choix plus restreints : épouser un·e aîné·e d’une autre ferme (mais statistiquement moins d’aînés que de cadets), le célibat dans la ferme familiale, le clergé, l’armée (cf. les « cadets de Gascogne », où on trouvait les mêmes structures familiales), l’émigration. C’était effectivement autoritaire et inégalitaire comme dit Todd, mais pas en terme de ressources matérielles.
      Après, pendant les périodes fastes, bon nombre de cadets ont aussi construits leurs propres maisons. Il faudrait que je reprenne un bouquin que j’ai sur ce sujet, pour pouvoir t’en dire plus.

    • En même temps si je comprends bien ton exemple, il y avait quand même une certaine propriété de fait à l’ainé (par rapport au reste de la fratrie) dans le sens où pour la génération suivante, ce sont forcément les enfants de l’aîné qui continuent le cycle.

      Mais j’ai l’impression que tant qu’il y a propriété privée, la question du partage ou non entre enfants, et dans quelles conditions, se pose.

    • J’aime bien ce passage :)

      Si le monde est sauvé, il ne le sera pas par des vieilles têtes avec des nouveaux programmes mais par des nouvelles têtes sans programme du tout.

      Pourquoi pas des nouvelles têtes avec des nouveaux programmes ? Parce que où vous trouvez des gens travaillant sur des programmes, vous ne trouvez pas des nouvelles têtes, vous en trouvez des anciennes. Les programmes et les vieilles têtes vont de pair, comme fouets de cochers et cochers.

      Le fleuve que j’ai mentionné plus tôt est le fleuve de la vision. Le fleuve de la vision de notre culture nous mène à la catastrophe. Des bâtons plantés dans son lit peuvent entraver son flux, mais nous n’avons pas besoin d’entraver son flux, nous avons besoin de détourner complètement son cours. Si le fleuve de notre vision culturelle commence à nous éloigner de la catastrophe et à nous diriger vers un futur soutenable, alors les programmes seront
      superflus. Lorsque le fleuve coule dans la direction que vous voulez, vous n’y mettez pas des bâtons pour l’entraver.

      Les vieilles têtes pensent : Comment faisons-nous pour faire cesser ces mauvaises choses ?

      Les nouvelles têtes pensent : Comment faisons-nous pour faire des choses qui soient comme nous voulons qu’elles soient ?

      cf. paragraphe 8 – Nouvelles têtes sans programmes

    • La question de la transmission me trotte dans la tête. Ça serait plus facile avec des biens communs gérés sur le long terme (forêts comestibles pour la nourriture, l’énergie, les matières premières) et un type d’habitat léger qui pourrait absorber facilement le grossissement de population si besoin est.

    • @nicolasm, je pense que ce qui peut aider la société à démarrer autre chose, à amorcer un nouveau départ , c’est que chacun puisse réaliser que la vraie richesse se trouve dans l’humain (à commencer par soi), l’échange, la solidarité, et non dans le PIB ou la croissance. Si « ca met du temps à démarrer », c’est que les gens sont trop occupés à travailler. Dans le nouveau départ, je verrais bien la possibilité de recréer l’abondance - la nourriture abondante, etc - à la place de la rareté artificiellement entretenue.

      #nouveau-départ #abondance #temps-libre #richesse #humain

    • On s’est mal compris, je disais que je trouvais que le bouquin mettait du temps à démarrer (justement j’ai pas trop accroché au passage sur le fleuve et les bâtons ;)

      Mais sinon oui, Daniel Quinn est un des auteurs qui m’ont le plus marqués, et ses bouquins sont très facile à lire malgré la complexité de ce qui est soulevé. Je recommande tout ses bouquins avant Beyond civilization qui sont Ishmael, Story of B (sur l’animisme) et My Ishmael (sur l’éducation et l’école). Dispo en anglais et en numérique sur le net si on cherche un peu.

    • La Taupe (@la_taupe) :

      Dans le nouveau départ, je verrais bien la possibilité de recréer l’abondance - la nourriture abondante, etc - à la place de la rareté artificiellement entretenue.

      C’est aussi ma vision. Si on est libéré de la préoccupation d’avoir à manger, et si les paysages qui nous nourrissent sont beaux et apportent une sorte de bien être (je ne sais pas vraiment comment dire, mais dans le sens ou le fait de voir du vert et de la vie améliore la guérison des patient.e.s d’hopital), alors peut être qu’on pourra espérer mieux. Mais ça ne sera pas suffisant. Ce sont toujours les paysan.ne.s qui crèvent en premier de la faim, donc le problème est aussi ailleurs, et c’est un morceau plus difficile à changer que la production de nourriture.

    • Edward Goldsmith (ou Teddy Goldsmith) a été l’un des principaux fondateurs de l’écologie politique et co-fondateur de l’ONG Survival international pour la défense des peuples indigènes .

      Le document Blueprint for Survival, dont il est co-auteur, - imprimé en France sous le titre de « Changer ou disparaître » - a été publié en 1972 dans la revue The Ecologist.

      https://en.wikipedia.org/wiki/Blueprint_for_Survival

      It recommended that people live in small, decentralised and largely de-industrialised communities. Some of the reasons given for this were that:

      – it is too difficult to enforce moral behaviour in a large community
      – agricultural and business practices are more likely to be ecologically sound in smaller communities
      – people feel more fulfilled in smaller communities
      – reducing an area’s population reduces the environmental impact

      The authors used tribal societies as their model which, it was claimed, were characterised by their small, human-scale communities, low-impact technologies, successful population controls, sustainable resource management, holistic and ecologically integrated worldviews, and a high degree of social cohesion, physical health, psychological well-being and spiritual fulfilment of their members.

      #Edward_Teddy_Goldsmith #survival #blueprint #ecology

      http://www.teddygoldsmith.org/page3.html
      https://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Goldsmith
      http://www.edwardgoldsmith.org/books/a-blueprint-for-survival
      http://alerte-environnement.fr/2009/08/17/changer-ou-disparaitre

      L’hommage d’Hervé Kempf à Edward Goldsmith :
      http://www.reporterre.net/spip.php?article527

  • Le mythe végétarien — Santé et Bien-être — Sott.net
    http://fr.sott.net/article/4030-Le-mythe-vegetarien

    Ceci est une synthèse des arguments présentés dans le livre de Lierre Keith. Elle nous offre plus qu’une simple critique du régime alimentaire vegan (en déconstruisant les arguments utilisés par les vegans du point de vue moral, politique et nutritionnel), elle critique tout le système industriel de produc- tion d’aliments (des plantes et des animaux) et elle explore les liens entre le type d’alimentation et société, les impacts sur la biodiversité, les conditions de vie des civilisées et des non-civilisées, les ressources énergétiques, les intérêts corporatifs et l’évolution des politiques alimentaires.

    #véganisme #primitivisme #agriculture #permaculture #anticiv

    • et puis y a un truc dont ça ne parle pas, en opposant agriculture/civilisation d’un côté et chasse-cueillette/primitivisme de l’autre, c’est de l’horticulture, qui n’a pas tous les défauts sociaux, politiques et écologiques de l’agriculture. cf les thèses de Jason Godesky http://theanarchistlibrary.org/library/jason-godesky-thirty-theses#toc9
      Hemenway en cause un peu ici aussi http://www.patternliteracy.com/203-is-sustainable-agriculture-an-oxymoron

    • J’ai pas trop compris le concept du site qui publie ça :
      http://fr.sott.net/page/1-A-Propos-de-Sott-net
      +
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Laura_Knight-Jadczyk

      Mmmh. Je pars avec un à priori douteux.

      Tous ses arguments sont appuyés par plusieurs sources scientifiques faibles et crédibles, disponibles dans son livre. J’ai décidé volontairement de ne pas reproduire les références pour ne pas allonger le texte. Le but de ce texte est de stimuler la réflexion. Si vous voulez contre- argumenter de manière complète, lisez son livre et évaluer ses références par vous-même.

      Ce qui est totalement faux puisque le texte aurait pu être mot pour mot le même, mais avec des mini-numéros + un bloc de notes de bas de pages indiquant toutes les références. Le texte lui-même n’aurait pas été plus long, mais on aurait eu les références.

      Par ailleurs c’est typiquement la stratégie de la mouvance complotiste : je vous file un gros pâté sans références, et si vous n’allez pas lire par vous-même les 40000 pages qu’il faut pour contre-argumenter, c’est que vous faite partie des méchants.

      Bon désolé de cet apparté, car le sujet est évidemment intéressant et sur le sujet lui-même je partais plutôt avec un à priori positif. :)

    • @koldobika : sur la comparaison anatomique, elle fournit un tableau qui indique des caractéristiques des humain⋅e⋅s, chien et herbivore et les deux premiers sont souvent identiques. J’y attache pas spécialement d’intérêt mais au moins ça contrebalance les schémas opposés des végés (qui ne prennent pas en compte certaines caractéristiques propres au genre humain qui sont la chasse et la cuisson, dans leurs analyses).

      Pour la côté civilisation vs primitif, je pense que c’est plus une déformation du résumé que le livre.Il est « souvent » question de permaculture par exemple.

      @rastapopoulos : il me semble d’ailleurs qu’il y avait eu une polémique sur les sources du livre, genre ça renvoyait à des sites ou wikipédia des fois, mais dans mes souvenirs c’était juste un peu mesquin.

      Mais perso je trouve le livre assez bien car finalement si on enlève les parties où elle règle ses comptes avec ses ancien⋅ne⋅s camarades, je trouve vraiment qu’elle élève le débat en prenant le mal à la racine.

      PDF ici : http://en.bookfi.org/book/1488669

    • Oui, mais de toute façon c’est une voie un peu stérile, car des qu’on s’accorde sur le singe après les différents bords y collent leur propre vision (y a celleux qui sont frugivores pour faire comme les grands singes, celleux qui sont VG pour faire comme les grands singes, et celleux qui citent des études sur les animaux mangés par les grands singes)

    • De toute façon la question n’est pas ce que font les autres, ou même mon voisin, mais ce que l’on fait soit. Et une description anatomique de soi, ne force a rien en terme de choix éthique (sauf allergie et carence évidemment, mais ce n’est pas de choix que l’on peu faire justement).

    • http://vegetarianmythmyth.wordpress.com/vegan-permaculture-ecovillages-busting-keiths-myth-onc

      As stated elsewhere in this blog, humans have evolved many ways to renew topsoil with no or minimal non-human labor; some of these many methods are used alone or in combination and include crop rotation, companion planting, ley farming, composting, using human waste, green manure, and other ways. In farming, there is no necessary connection between renewal of topsoil and grazing animals whatsover– let alone killing them and/or using their products. We need to talk about this if we are to move forward in our pursuit of minimal animal destruction and maximally sustainable agriculture. It is not for lack of means, but for lack of interest and education, an abundance of misinformation, miseducation, and propaganda, that there is not wider action being taken regarding animal-free farming.

      Lierre Keith’s “vegetarian myth” is a myth. To be vegan in a healthy, ecologically sustainable way is entirely possible. In some ways, this blog isn’t needed to challenge and debunk Keith’s book– the mere existence of successful, thriving, vegan permaculture establishments, all over the world, effectively overrides almost all of Lierre Keith’s major theses in The Vegetarian Myth. This includes New Jersey’s Honeybrook Farm, one of the oldest, successful, and well-regarded CSAs in the US. In the UK, farms can even obtain Stockfree Organic certification for their products. Keith does not talk about any of this in her book. It is unclear as to whether she just doesn’t know about vegan permaculture (this is hard to believe), or she is avoiding a confrontation with its reality for the sake of justifying her wide-ranging biases.

    • Comme d’habitude c’est un dialogue de sourd, avec à une extrémité des #végans qui disent que manger de la viande ce n’est pas bon pour la santé, que l’élevage détruit les sols et affame les pauvres ; et de l’autre des omnivores qui disent que le véganisme détruit la santé et les sols.

      Les végan⋅e⋅s qui disent qu’il peut y avoir un mode de vie végan sain et écologique doivent aussi reconnaître qu’il existe des schémas de production et de consommation de viande qui peuvent être écologiques et sains. Et il faut que les omnivores admettent qu’il y a des méthodes végé de production qui peuvent être écologiques.

      Encore une fois pour moi le clivage est plus sur le mode industriel vs non industriel (avec avantage à la végéculture sur les petits espaces, et à l’élevage sur les grands). Mais je pense que la radicalité du véganisme et des réactions épidermiques chez les omnis en font un débat souvent peu intéressant.

    • Et en plus personne ne critique la même chose, car il y a ce qu’il se passe actuellement, ce qui existe (exemples précis et peut être très contextualisés), ce qui pourrait exister, ce qui peut être généralisable (et avec quelles conséquences).