• Le sociologue Gérald Bronner s’attaque dans son dernier livre aux méchants précautionnistes en citant notamment une affaire qui aurait causé 5000 morts : pendant une épidémie de choléra en Haïti l’ONU aurait soi-disant tardé à traiter au chlore par atermoiements précautionnistes.
    Problème de taille, il s’agit en fait d’une intox créé par le chimiste Bernard Meunier, vice-président de l’Académie des sciences et membre, comme Gérald Bronner, de l’AFIS une association pro-OGM, pro-nucléaire etc.

    Contacté par le Monde Bronner a reconnu son erreur.

    La fin de l’article ne manque pas de sel :

    L’histoire pourrait ne valoir qu’un haussement d’épaules ou un rectificatif. Elle mérite, au contraire, toute notre attention. Car elle illustre la force du « biais de confirmation » – cette tendance à croire sélectivement tout ce qui confirme nos convictions et nos préjugés – dont sont fréquemment victimes des personnalités du monde académique, dès qu’il s’agit d’environnement. De telles légendes, qui faussent et empoisonnent les débats sur la place de l’homme dans la nature, se forgent souvent dans le chaudron de la blogosphère, circulent sur la Toile, et il suffit qu’une autorité scientifique les reprenne à son compte pour qu’elles deviennent une forme de vérité. Sur le climat, sur les liens entre santé et environnement, sur l’agriculture, des fables de cette sorte sont légion, parfois mobilisées dans les plus hauts lieux de savoir.

    Nul n’est à l’abri. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir que Gérald Bronner lui-même avait fait du « biais de confirmation » l’un des sujets de son précédent ouvrage (La Démocratie des crédules, PUF, 2013), qui décortiquait et moquait la crédulité des foules et des médias devant l’offre informationnelle pléthorique du Net. Mais il n’est, après tout, pas interdit à un sociologue de devenir son propre sujet d’étude

    L’article payant du Monde a été repris sur le blog de Nicolino :
    http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1803

    #principe-de-précaution

  • http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000026410

    Un maire, dans le cadre de ses pouvoirs de police, n’est pas compétent pour interdire dans sa commune la culture des OGM. le principe ne précaution n’a ni pour objet ni pour effet de modifier la répartition répartition des compétences entre autorités publiques arrêt du Conseil d’Etat du 24 septembre 2012

    #droit-administratif #OGM #police-spéciale #police-générale #principe-de-précaution

    5. Considérant qu’il résulte de ces dispositions que le législateur a organisé une police spéciale de la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés, confiée à l’Etat, dont l’objet est, conformément au droit de l’Union européenne, de prévenir les atteintes à l’environnement et à la santé publique pouvant résulter de l’introduction intentionnelle de tels organismes dans l’environnement ; que les autorités nationales ayant en charge cette police ont pour mission d’apprécier, au cas par cas, éclairées par l’avis scientifique d’un organisme spécialisé et après avoir procédé à une analyse approfondie qui doit prendre en compte les spécificités locales, y compris la présence d’exploitations d’agriculture biologique, s’il y a lieu d’autoriser la dissémination d’organismes génétiquement modifiés par leur culture en plein champ ; que, s’il appartient au maire, responsable de l’ordre public sur le territoire de sa commune, de prendre les mesures de police générale nécessaires au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques, il ne saurait en aucun cas s’immiscer dans l’exercice d
    e cette police spéciale par l’édiction d’une réglementation locale ; que ce motif doit être substitué aux motifs de l’arrêt attaqué, dont il justifie sur ce point le dispositif ;

    6. Considérant, en second lieu, qu’aux termes de l’article 5 de la Charte de l’environnement, à laquelle le Préambule de la Constitution fait référence : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage » ; qu’il résulte de ces dispositions que le principe de précaution, s’il s’impose à toute autorité publique dans ses domaines d’attribution, n’a ni pour objet ni pour effet de permettre à une autorité publique d’excéder son champ de compétence ; qu’ainsi l’article 5 de la Charte de l’environnement ne saurait être regardé comme habilitant les maires à adopter une réglementation locale portant sur la culture de plantes génétiquement modifiées en plein champ et destinée à protéger les exploitations avoisinantes des effets d’une telle culture ; qu’il appartient aux seules autorités nationales auxquelles les dispositions précitées du code de l’environnement confient la police spéciale de la dissémination des organismes génétiquement modifiés de veiller au respect du principe de précaution, que la réglementation prévue par le code de l’environnement a précisément pour objet de garantir, conformément à l’objectif fixé par l’article 1er de la directive du 12 mars 2001 qu’elle a pour objet de transposer ; qu’il suit de là qu’en jugeant que la compétence du maire pour adopter l’arrêté attaqué au titre de ses pouvoirs de police générale ne pouvait être justifiée par le principe de précaution, la cour administrative d’appel de Lyon n’a pas commis d’erreur de droit ;