• Avant les Gilets jaunes, voici comment Facebook a changé les conditions de la démocratie

    Tunisie, États-Unis, Venezuela… #Facebook a changé les règles de la démocratie bien avant les Gilets jaunes en France.

    L’essor du mouvement des Gilets jaunes est un exemple de plus de l’influence de Facebook dans la sphère politique. Depuis près de dix ans, le premier réseau social au monde offre un « terrain fertile » aux militants et aux colères en tout genre, remarque Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences-Po et spécialiste des médias sociaux. Utilisé comme outil de communication, d’organisation voire de manipulation dans les cas les plus controversés, Facebook s’invite dans les scrutins ou mouvements sociaux ces dernières années.

    . La #Tunisie et les #révolutions_arabes

    C’est en Tunisie, en 2011, qu’il joue pour la première fois un rôle déterminant. Parce qu’il permet de libérer la parole et de contourner la censure, de publier des photos et des vidéos de la répression et d’organiser la mobilisation, Facebook prend une place centrale. Il permet « la naissance d’une nouvelle forme de contestation sociale », souligne Fabrice Epelboin.

    La colère des Tunisiens, qui a éclaté après l’immolation par le feu du jeune marchand de fruits et légumes Mohamed Bouazizi, prend alors « une trajectoire exponentielle » qui aboutira au départ du président Ben Ali. Cette « révolution Facebook » en inspirera d’autres dans le monde arabe, notamment en Égypte, où le réseau social a aussi été déterminant.

    2. #Occupy_Wall_Street et les citoyens

    Quelques mois plus tard, Facebook joue un rôle de catalyseur dans le mouvement Occupy Wall Street, lancé à New York pour dénoncer les abus du capitalisme financier. Des pages locales se créent dans la plupart des grandes villes américaines et aident le mouvement à se répandre à travers les États-Unis.

    Facebook permet aux « 99% », comme ils se surnomment, de recruter des activistes et de partager des informations. Sur le même modèle, le mouvement des Indignés, lancé en Espagne en mai 2011, s’était aussi appuyé sur Facebook pour grandir, tout comme la « révolution des parapluies » à Hongkong en 2014 ou plus récemment, Nuit debout en France en 2016.

    3. L’élection américaine et ses polémiques

    Mais la force de frappe de Facebook lui vaut également son lot de polémiques. Pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, le réseau social sert de caisse de résonance aux fausses informations qui visent Hillary Clinton et le camp démocrate.

    Par ailleurs, l’équipe de Donald Trump s’appuie sur les services de la société britannique Cambridge Analytica, qui exploite les données privées de dizaines de millions d’usagers du réseau à leur insu pour cibler précisément les attentes de son électorat. Un scandale planétaire qui poursuit encore Facebook. Lundi, son PDG, Mark Zuckerberg, a promis que des mesures contre les ingérences seraient mises en place en vue des élections européennes.

    4. Au #Brésil, #Bolsonaro et sa campagne 2.0

    Fin 2018, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro utilise également Facebook pour faire campagne durant la présidentielle brésilienne. Poignardé à l’abdomen par un opposant à quelques semaines du scrutin, il multiplie les vidéos en direct pendant sa convalescence et court-circuite ainsi les canaux médiatiques traditionnels.

    Dans un pays réputé pour son « appétence pour les réseaux sociaux », selon Fabrice Epelboin, il utilise également WhatsApp, la messagerie qui appartient à Facebook, pour diffuser sa rhétorique sécuritaire et nationaliste auprès des 120 millions d’utilisateurs brésiliens. Une campagne 2.0 qui lui permet d’être largement élu fin octobre.

    5. Le #Venezuela et la parole de l’opposition

    Ces derniers jours, la crise au ­Venezuela a mis en lumière l’usage politique des réseaux sociaux par l’opposition. Facebook, comme Twitter et Instagram, permet en effet à Juan Guaidó – qui s’est autoproclamé président le 23 janvier – et à ses partisans de contourner la censure imposée par le régime aux télévisions et aux radios.

    De quoi excéder Nicolás Maduro, qui dénonçait en octobre 2017 la « dictature » des réseaux sociaux. L’observatoire de l’Internet NetBlocks a d’ailleurs signalé que Facebook, comme d’autres plateformes, avait été coupé de « façon intermittente » ces derniers jours.

    https://www.lejdd.fr/Medias/Internet/avant-les-gilets-jaunes-voici-comment-facebook-a-change-les-conditions-de-la-d
    #réseaux_sociaux #démocratie #résistance #révoltes #USA #printemps_arabes #Etats-Unis #gilets_jaunes


  • The Mediterranean crush

    http://www.synaps.network/the-mediterranean-crush

    Du grand Harling.

    The Mediterranean was born in a massive collision between North and South, when the African, Arab and Eurasian plates ground into each other—a process started millions of years ago and ongoing today. Mountains rose, volcanoes erupted, and a depression was formed, which was fated to become a crucible of civilizations. Contemporary Europeans, if they had it their way, would reverse this tectonic encounter, push back incoming continents, and turn the sea our world once revolved around into an ocean.

    #méditerranée
    A space intimately associated with much of what we Europeans cherish culturally—from the foundations of philosophy to the better sides of religion, through to the renaissance and its ensuing humanism—is now increasingly associated with terrorism and unwelcome migration. The estrangement between the two sides of the Mediterranean is catalyzing a wishful, paranoid and self-destructive retreat: as Europe’s heterogeneous societies play up the fear of the Other, they sow mistrust among and within themselves. The more Europe locks down in response to the fragmentation of the Arab world, the more it seems to break apart along its own myriad fault-lines.


  • Climat, sécheresse et guerre en Syrie
    https://lundi.am/Climat-secheresse-et-guerre-en-Syrie

    Avec le réchauffement climatique, ce n’est plus simplement l’extraction d’énergie fossile qui génère des conflits, mais aussi les conséquences de l’utilisation de ces combustibles. Si « l’histoire du Moyen-Orient se confond avec celle de ses guerres » comme l’écrit Robert Fisk dans La grande guerre pour la civilisation c’est – entre autre, en raison des ressources de son sous-sol. Ironie de l’histoire, c’est dans la région où l’on extrait le plus de carbone du sous-sol que les effets du réchauffement sont les plus violents. Comme les malheurs n’arrivent jamais seuls, la hausse des températures s’accompagne d’une cascade de conséquences catastrophiques : stress hydrique, baisse des rendements agricoles, déplacement de population, etc. Cet article essaie de comprendre le lien qu’il y a pu avoir entre la gestion calamiteuse de la vague de sécheresse qui a touché la Syrie les années précédant la révolution de 2011 et le déclenchement de cette dernière.

    #printemps_arabes #réchauffement_climatique #pétrole


  • « À #Bahreïn, l’absence de #droits_humains balise le chemin d’une montée de la violence »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/231017/bahrein-l-absence-de-droits-humains-balise-le-chemin-d-une-montee-de-la-vi

    Le cheikh #Maytham_al-Salman posant devant une plaque en hommage au jeune Tunisien qui a involontairement déclenché les #printemps_arabes de 2011, dans les locaux de la FIDH à Paris © Thomas Cantaloube Depuis le soulèvement de 2011, le micro-État de Bahreïn a disparu des écrans radars. Pourtant, la situation des droits humains ne fait que s’y détériorer. Maytham al-Salman, directeur de l’ONG Bahrain InterFaithn, en appelle à la pression de l’Occident pour faire changer les choses.

    #International #Arabie_Saoudite #chiites #démocratie #Droits_de_l'homme #printemps_arabe


  • Les rébellions du #Rif, d’hier à aujourd’hui
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280617/les-rebellions-du-rif-dhier-aujourdhui

    Depuis le début du XXe siècle, le Rif se distingue par des actes de résistance aux différents oppresseurs colonialistes ou gouvernementaux. En octobre dernier, après la mort tragique d’un pêcheur, cette région du nord du #Maroc s’est à nouveau embrasée. Quels sont les ressorts de ce mouvement « Hirak », auquel le roi ne réagit que par la répression ?

    #International #Berbères #Histoire #Mohammed_VI #printemps_arabes


  • Au #Maroc, le « Hirak » des manifestants de la région du #Rif gagne tout le royaume
    https://www.mediapart.fr/journal/international/130617/au-maroc-le-hirak-des-manifestants-de-la-region-du-rif-gagne-tout-le-royau

    Nasser Zefzafi, leader de la contestation du Rif arrêté le 29 mai 2017 à #Al_Hoceima pour « atteinte à la sûreté de l’État ». © Mohamed Drissi Kamili/Le Desk Alors qu’Emmanuel Macron se rend au Maroc, Al Hoceima, chef-lieu du Rif, région enclavée du nord marocain, est depuis des mois l’épicentre d’une #contestation_sociale sans précédent depuis l’intronisation de #Mohammed_VI en 1999. Le mouvement « Hirak » a fait tache d’huile, révélant une profonde crise de confiance envers l’État. En cause, les promesses de développement non tenues et les espoirs déçus du printemps arabe.

    #International #printemps_arabes #« Hirak »


  • Reprise de la guerre froide du Golfe Orient XXI - Nabil Ennasri - 31 mai 2017

    Le Qatar entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite
    http://orientxxi.info/magazine/reprise-de-la-guerre-froide-du-golfe,1883
    Le Qatar a annoncé dans la nuit du mardi 23 mai que son agence de presse QNA avait été piratée par une entité inconnue et qu’un faux communiqué attribué à l’émir avait été diffusé. Ce dernier affirmait que Tamim Ben Hamad Al-Thani s’était prononcé sur divers sujets sensibles mettant en cause ses voisins du Golfe. Ces déclarations, immédiatement relayées par des médias saoudiens et émiratis, ont provoqué un tollé dans la région, où une guerre médiatique bat son plein.

    Après une longue crise — plusieurs États du Golfe avaient même retiré leur ambassadeur à Doha —, les relations entre le Qatar et certains de ses voisins s’étaient améliorées à la fin de l’année 2014. Mais un obscur épisode de piratage de l’agence de presse officielle du Qatar (Qatar News Agency, QNA) vient menacer ce fragile rapprochement. Loin d’être anodine, cette affaire démontre combien les relations à l’intérieur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) demeurent, malgré les formules de fraternité d’usage, fortement clivées.


    Dans la nuit de mardi 23 à mercredi 24 mai, QNA publiait sur son site Internet un communiqué faisant état du discours que l’émir aurait tenu lors d’une cérémonie de remise de diplômes organisée plus tôt dans la journée. Il aurait porté des jugement de valeur dépréciatifs sur divers acteurs, en particulier sur l’administration Trump, égratignée pour « ses problèmes d’ordre juridique » . De même, les relations avec les pays du Golfe : l’émir aurait affirmé que la base militaire américaine d’Al-Udeid que son pays abrite le protégeait « des ambitions négatives de certains voisins ». Enfin, le Hamas aurait été qualifié de « représentant légitime du peuple palestinien », tandis que les relations avec Israël étaient jugées « excellentes ».

    Comme pour renforcer la véracité de ces déclarations, le compte Twitter de QNA postait quelques minutes plus tard trois messages dont la tonalité était bien éloignée de la modération propre au langage diplomatique. Le premier rapportait une information du ministère des affaires étrangères selon laquelle l’émir allait convoquer une conférence de presse pour faire état d’un complot visant le peuple qatari. Le deuxième confirmait l’existence de ce complot et en imputait la responsabilité directe à l’Arabie saoudite, au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et à l’Égypte. Le dernier message annonçait le rappel des diplomates qataris dans ces cinq pays et le renvoi dans les vingt-quatre heures des ambassadeurs de ces États en poste à Doha.

    Immédiatement après, plusieurs grands médias saoudiens et émiratis commençaient à reprendre en boucle ces informations. De façon quasi concomitante, les chaînes Al-Arabiya (Dubai) et Sky News Arabia (Abou Dhabi) se mobilisaient activement et coordonnaient leur grille de programme pour maximiser l’effet de polémique sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, des milliers de messages inondaient les fils de discussion, comme pour marteler la duplicité du Qatar dont la vision politique et le positionnement idéologique portaient un grave préjudice aux intérêts des pays du Golfe et du monde arabe en général. Enfin, signe de la dégradation des relations bilatérales, les EAU décidaient mercredi 24 au matin d’interdire la diffusion de la chaîne Al-Jazira sur leur sol et bloquaient l’accès à son site et à son application mobile.

    Côté qatari, la réponse ne s’est pas fait attendre. Le bureau de communication du gouvernement s’est empressé de publier un message pour éteindre l’incendie : « l’agence de presse du Qatar a été piratée par une entité inconnue » et « un faux communiqué attribué à Son Altesse a été diffusé ». Le ministère des affaires étrangères a posté lui aussi un démenti qui se terminait par la promesse de « prendre toutes les mesures judiciaires nécessaires pour poursuivre et juger les hackers qui ont piraté le site de l’agence de presse ».

    Les techniciens ont mis près de neuf heures à reprendre le contrôle du site ; puis le ministre des affaires étrangères, Cheikh Mohammed Ben Abderahmane Al-Thani a qualifié l’attaque de « crime électronique » et promis de trainer les auteurs du forfait devant les juridictions adéquates. Dans une allusion à peine voilée aux médias de la région qui avaient donné de l’écho à ce qu’il dénonçait comme une mystification, le ministre (à l’unisson des responsables de la presse locale qatarie interviewés par Al-Jazira) ne s’est pas privé de relever leur manquement à l’éthique journalistique.

    Un timing surprenant
    La diffusion de cette fake story censée compromettre Doha survient quelques jours après la visite de Donald Trump à Riyad, et c’est peut-être là qu’on peut trouver l’origine et l’explication de cet épisode. Le voyage du président américain avait en effet été précédé d’une nouvelle salve de messages outre-Atlantique présentant le Qatar comme un État qui finance le terrorisme. Ces accusations, régulières chez certains médias américains, sont pour une bonne part orchestrées par des réseaux travaillant pour le compte du gouvernement des EAU (et d’Israël) dont l’aversion pour Doha semble tourner à l’obsession. Dans l’optique de diaboliser son voisin, Abou Dhabi a dernièrement débloqué des millions de dollars pour rémunérer des agences de presse ou financer certains leaders d’opinion, jusqu’à apparaître comme le pays étranger le plus dépensier en matière de lobbying à Washington.

    Or, le timing et l’enchaînement des faits laissent peu de doute quant à l’origine et l’objectif de la manœuvre. Le jour même de l’attaque informatique, une réunion entre lobbyistes et intellectuels auteurs de plus d’une douzaine d’articles fustigeant le double jeu du Qatar se tenait aux États-Unis. Dans les minutes qui ont suivi la diffusion des faux, Al-Arabiya et Sky News bousculaient leurs programmes pour mettre l’affaire en une de leur édition. Dès minuit, les correspondants étaient prêts, les invités prenaient place sur les plateaux ou en duplex (certains auraient même été prévenus deux heures avant les faits) et aucun crédit n’était accordé aux démentis provenant des officiels qataris. Les commentaires étaient tous similaires : l’hypocrisie du Qatar s’étalait au grand jour, sa proximité avec Israël trahissait la nation arabe et son rapprochement avec l’Iran ne pouvait qu’indigner et mettre en garde ses voisins du Golfe, notamment l’Arabie saoudite. Ce dernier point était particulièrement souligné, du fait de l’hypersensibilité saoudienne sur le dossier. Et comme pour mieux signifier la défaillance de Doha, la chaîne saoudienne Al-Ikhbariya passait un extrait du discours de Tamim ben Hamad Al-Thani à l’Assemblée générale des Nations unies où il déclarait que « l’Iran est un pays important et nos relations bilatérales se développent et évoluent constamment ».

    Sans mentionner la date du propos (septembre 2015), cette séquence opportunément redécouverte était destinée à montrer qu’à rebours de l’obsession anti-iranienne en vogue à Riyad et du discours offensif de Donald Trump quelques jours plus tôt où il assurait que Téhéran « finançait et entraînait les terroristes », le Qatar ne pouvait être considéré comme un allié fiable dans la confrontation vitale que mène le « front sunnite ». Dans l’esprit de ses initiateurs, l’objectif de l’opération était double. Il fallait d’abord rompre le lien fort que le roi Salman avait noué avec Doha en démontrant que le Qatar était inconstant dans son opposition avec l’Iran. Et dans la foulée, faire avorter la stratégie de normalisation des relations entre Doha et Washington, surtout après la réhabilitation que l’administration Trump avait notifiée à l’émirat quelques jours auparavant en l’encourageant à poursuivre sa lutte contre le financement du terrorisme.

    Rapprochement avec la Turquie
    Cette affaire ne va certainement pas arranger les relations à l’intérieur du CCG, mais il n’est pas sûr que les Émirats aient amélioré leur réputation auprès de la cour saoudienne. Le caractère planifié de l’opération est évident pour nombre d’observateurs, et l’utilisation de tels procédés pour nuire à l’intégrité morale d’un chef d’État avec qui le roi Salman est en bons termes ne peut que susciter méfiance. Plus largement, c’est la ligne politique des Émirats qui semble entrer en collision avec la nouvelle stratégie de défense de Riyad, et cette affaire pourrait être interprétée comme la manifestation d’un jusqu’au-boutisme émirati. Car si Salman a tourné le dos à l’intransigeance anti-Frères musulmans de son prédécesseur en consolidant son partenariat avec les forces issues de la confrérie (du Hamas à Recep Tayyip Erdogan) dans une optique de profondeur stratégique face à l’Iran, ce n’est pas le cas des dirigeants d’Abou Dhabi, et notamment de Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, considéré comme l’homme fort du pays. Ces derniers demeurent en effet réfractaires à toute forme de normalisation avec la galaxie des Frères musulmans et ses parrains régionaux et, soutenus par l’appareil d’État égyptien, s’activent tant au plan financier que médiatique pour déboulonner tout acteur influent se réclamant de l’islam politique au Proche-Orient.

    L’obstination à maintenir une sorte de désinformation autour du Qatar rappelle la stratégie déployée l’été dernier lorsque les médias émiratis avaient fait circuler de fausses allégations sur le coup d’État avorté en Turquie. Proches des milieux gullenistes, certains cercles et médias d’Abou Dhabi avaient relayé la rumeur selon laquelle Erdogan avait demandé l’asile en Allemagne dans le but de démobiliser ses partisans et de fournir à l’armée toutes les chances de réussir son coup de force.

    Éviter une nouvelle tempête ?
    Il faut en dernier ressort considérer l’évolution de la conjoncture dans les autres pays arabes pour saisir la motivation de Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane dans sa détermination face au Qatar. Qu’il s’agisse du Yémen, de la Syrie, de la Libye ou de l’Égypte, les deux émirats se livrent une guerre par procuration depuis l’éclatement des « printemps arabes ». Si Abou Dhabi a rapidement émergé comme chef de file de la « contre-révolution » qui a vu d’un mauvais œil toute mobilisation populaire contestant l’ordre établi, le Qatar (surtout dans la période de l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani) a basculé dans une diplomatie d’engagement dans l’optique d’accompagner un tournant historique favorable à ses intérêts. La guerre des ondes à laquelle on assiste n’est donc qu’une nouvelle illustration de ce profond clivage — d’autant qu’il y a quelques jours, les manœuvres d’Abou Dhabi pour renforcer sa zone d’influence au Sud-Yémen (dont les forces constituent le second contingent de la coalition arabe derrière l’armée saoudienne) étaient vertement critiquées par Al-Jazira et des responsables qataris qui les qualifiaient de tentative de coup d’État.

    Du côté de Doha enfin, cette affaire risque de donner des arguments à la frange qui souhaite désormais répondre de manière plus énergique au Qatar bashing. Depuis l’accession au pouvoir de Tamim Ben Hamad Al-Thani, la tendance était plutôt à ne plus faire de vagues et à prendre le contre-pied de l’hyperactivisme qui était la marque de l’émir père. Mais face à la radicalisation des acteurs régionaux qui souhaitent nuire aux intérêts du pays, les autorités ne vont peut-être pas cantonner leur réponse au seul renforcement de la sécurité informatique des sites sensibles. À moins que le ministre des affaires étrangères du Koweït — très vite reçu par l’émir — parvienne à éviter au CCG une nouvelle tempête. En effet, si la famille royale Al-Sabah garde un lien fort avec Riyad, elle a toujours refusé de souscrire à l’isolement du Qatar, même au plus fort de la « crise des ambassadeurs » en 2014. Il y a fort à parier qu’elle s’active pour éviter que les lourds défis de la scène régionale — du marasme irakien au chaos syrien en passant par la chute du prix du pétrole — ne soient parasités par des considérations secondaires.

    #fake_story #donald_trump #Riyad #médias #Yémen #Syrie #Libye #Égypte #Printemps_Arabes #Abou_Dhabi #Koweït #Quatar #Qatar_News_Agency #QNA #Al-Jazira #Arabie_saoudite #Turquie



  • Borderlands - Power and Peripheries :

    http://prisms.delma.io/borderlands/en

    Signalé ce matin par l’ami @alaingresh que je remercie beaucoup

    “A dynasty is stronger at its centre than it is at its border regions,” ​wrote the 14th-century Maghrebi scholar and statesman Ibn Khaldun.

    Today, his observation continues to inform our understanding of the challenges facing states and societies in the Maghreb.

    Sharing a history of trans-Saharan trading, a patchwork of ethnicities, and modern borders that define post-colonial states, the borderlands between Algeria, Tunisia, and Libya are at the nexus of the national and transnational.

    Well before the first ripples of upheaval in Tunisia scattered across the region in 2011, smuggling, extremism, and conflict challenged the perception of these borders as fixed and inviolable. The uprisings that subsequently engulfed the region amplified these powerful transnational currents.

    What follows is the story of borderlands, the often overlooked stage in this regional drama.


  • #Egypte : l’état de grâce selon Sissi
    https://www.mediapart.fr/journal/international/080117/egypte-l-etat-de-grace-selon-sissi

    Le président égyptien accorde l’amnistie à des dizaines de jeunes #prisonniers_politiques. Une main tendue qui ressortit moins à une volonté réelle de réconciliation nationale qu’à une tentative d’adoucir l’image d’un régime fébrile et répressif.

    #International #Abdel_Fattah_al_Sissi #Droits_de_l'homme #printemps_arabes #Proche-Orient


  • France culture, 5 RV autour des cartes :
    DES CARTES (1/5) : Cartes sensibles
    Toute cette semaine, Les Nouvelles Vagues explorent les nouveaux territoires de la carte. Nous ouvrons la semaine avec Emmanuel Ruben, romancier et géographe. Il publie simultanément un récit de voyage : Jérusalem terrestre (éd. Inculte) qui interroge son rapport aux cartes, et un essai : Dans les ruines de la carte (éd. Le Vampire Actif ) qui explore l’imaginaire cartographique, notamment en littérature.

    DES CARTES (2/5) : Les usages médiatiques de la carte
    Deuxième moment d’une semaine qui questionne les nouveaux territoires de la carte. Avec ceux qui les font : Véronique Malécot et Jules Grandin travaillent au service cartographie du Monde ; Benoît Martin est cartographe et doctorant de l’Atelier de cartographie Sciences Po Paris. Journaux papiers, site internet d’informations, utilisent de plus en plus de cartes. Pourquoi ? Par qui et comment sont-elles produites ?

    DES CARTES (3/5) : #Géolocalisation, combien se vendent nos trajets ?
    Chaque mercredi, Les Nouvelles Vagues étirent le thème hebdomadaire aux cultures numériques et aux écrans dans nos vies. Aujourd’hui, avec Vincent Roca, chargé de Recherche à l’INRIA (Institut National de Recherche dédié aux sciences du numérique), la carte est ainsi l’occasion de questionner la géolocalisation induite par de plus en plus d’applications technologiques, et la commercialisation des cartes de nos déplacements personnels.

    DES CARTES (4/5) : « Tournant spatial » et #cartographies_artistiques
    Quatrième temps d’une semaine qui réfléchit aux nouveaux territoires des cartes, avec Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff, curateurs et fondateurs du collectif Le peuple qui manque. Depuis plusieurs années, ils lient leur production d’expositions et leurs réflexions théoriques, à des conceptions géographiques. En tant que commissaires, ils exposent les pratiques cartographiques de plusieurs artistes contemporains.

    DES CARTES 5/5 : Carte blanche cinématographique à #Fériel_Benzouaoui
    Aujourd’hui, nous sommes avec la jeune cinéaste Fériel Benzouaoui. En quatre extraits de films ou de séries TV, elle décline pour nous ses propres cartes. Avocate et documentariste franco-algérienne, elle réalise depuis plusieurs années des films qui s’intéressent de près aux notions de territoire et de déplacements urbains, aux taxis, aux embouteillages. Son moyen-métrage Alger après (2013) revient sur l’Algérie oubliée de la #carte_documentaire et de la carte des #Printemps_Arabes : elle embarque sa caméra à bord d’un taxi collectif de la capitale algérienne et donne la parole aux passagers.
    http://www.franceculture.fr/emission-les-nouvelles-vagues-0
    #cartographie #cinéma #art #cartographie_sensible
    signalé par @ville_en
    cc @reka


  • De prison, Alaa Abdel Fattah parle de la révolution et des islamistes : "Daech a été fabriqué de nos mains !
    http://www.huffpostmaghreb.com/2015/08/18/alaa-abdel-fattah_n_8001988.html?ncid=fcbklnkfrhpmg00000005

    Le printemps arabe est mort et Daech est entrain de prospérer... A qui la faute ?

    Je ne sais pas, l’histoire peut-être.

    Quand les actions de différent mouvements en des lieu différents aboutissent au même résultat, c’est comme il y avait un déterminisme qui pousse ces forces sur une voie comme sur des rails, il ne te reste qu’à dire que c’est la responsabilité d’un tel ou d’un tel autre précisément.

    Cela est comparable à la montée du nazisme dans les années trente du siècle dernier en Europe, de nombreux facteurs ont alimenté ce courant pendant des années avant qu’il n’apparaisse au grand jour comme une menace imminente pour tous. C’est le cas aussi de Daech, un monstre que nos sociétés forment et entretiennent depuis une longue période.

    #Egypte #printemps_arabes #révolution #daech


  • Lutte de classe dans un village égyptien. La réforme agraire au coeur des affrontements

    L’histoire du village de Qoutat Qaroun est à l’image de la paysannerie égyptienne, celle d’un conflit permanent entre de gros propriétaires terriens insatiables et proches des cercles de décision politique, et des paysans qui doivent leur survie à des baux de fermage rendus caducs par de nouvelles lois. La liquidation de la réforme agraire nassérienne et la révolution de janvier-février 2011 ont aggravé les conflits.

    http://orientxxi.info/magazine/luttes-de-classe-dans-un-village-egyptien,0889

    #Egypte #Géographie_des_Conflits #Géographie #Réforme_Agraire #Conflits_d_Usage #Qoutat_Qaroun #Fayoum #Géographie_Rurale #Expropriation #Conflits #Espaces_de_la_Domination #Printemps_Arabes


  • Où va le monde arabe ?
    http://www.scienceshumaines.com/ou-va-le-monde-arabe_fr_dossier_72.html

    Printemps arabe, jeunesse révoltée, transition démocratique… Des mobilisations dans le monde arabe de 2011, on a beaucoup dit, beaucoup entendu. De l’histoire personnelle d’habitants indignés par l’injustice sociale jusqu’aux grandes manifestations contre le pouvoir dans les capitales, on a beaucoup lu aussi. Qu’a-t-on retenu ? Les analyses des derniers mois laissent l’impression d’un chaos politique sans précédent, d’une fièvre révolutionnaire qui a pu être comparée à la Révolution française, au printemps des peuples de 1848 ou à la chute du mur de Berlin et des républiques populaires en 1989. Mais au-delà de l’effet domino, dans chacun des pays concernés, quelles ont été les raisons, profondes ou immédiates, du déclenchement de ces mouvements ?

    #Printemps_arabes


    • Dans les notes stratégiques, il est ainsi dit que les aspirations des peuples arabes à la #démocratie ne peuvent pas aboutir, car le système démocratique « ne convient pas aux Arabes, qui préfèrent se soumettre à la force ». Preuve en est, selon l’auteur de l’ouvrage, que « le Liban, qui a le modèle politique le plus proche de la démocratie à l’occidentale, est le pays arabe le plus instable, vivant régulièrement des crises à la fois politiques, confessionnelles et sécuritaires qui le placent constamment au bord de la guerre civile ». Selon l’analyse de l’auteur de l’ouvrage, les soulèvements populaires dans le monde arabe vont donc aller dans deux directions, soit les régimes dictatoriaux tombent et ils sont remplacés par un chaos, générateur d’une longue période d’instabilité, soit ils s’empressent de procéder à des réformes hâtives et accélérées qui ne sont en réalité que des piqûres calmantes, mais ne traitent pas la maladie. Pour l’auteur, c’est parce que la #France est particulièrement attachée à la #Tunisie et y conserve des cartes importantes que le nouveau régime ne s’est pas encore effondré.

      #OEI #printemps_arabes

    • à tbn,
      Comme la France a mis un bon siècle à établir et stabiliser une démocratie (passant à travers les périodes révolutionnaires, les décapitations, « la terreur », l’empire napoléonien et le retour à la Monarchie ...), c’est une preuve que le système démocratique « ne convenait pas aux Français ».
      Surtout qu’à l’époque les interférences des multinationales étrangères, des financements des pays étrangers, des armées et des services secrets étrangers, étaient moins puissants qu’aujourd’hui vis à vis des pays arabes (surtout ceux qui ont du pétrole).


  • Des Nouvelles Du Front » Egypte : encore sur l’autogestion ou la réalité du moment présent
    http://dndf.org/?p=13468

    Annotations :

    Le 19 Mars, des dizaines d’anciens ouvriers ont commencé à exploiter deux lignes de production sur dix de la Tanta flax compagny. Comme la propagation de la nouvelles débordait les murs de l’entreprise, les autorités locales coupèrent l’électricité, et l’expérience ne dura que quelques heures. Les expériences notables en #autogestion comprennent celle de l’usine d’ampoule de Ramy Lakkah dans la Tenth of Ramadan City, qui a duré de 2001 à 2006. Alors que le propriétaire et investisseur avait fui le pays, cette expérience a réussi à accroître à la fois la production et les profits de l’entreprise. Après l’apurement de ses finances, l’entreprise a été remise à Lakkah à son (...)

    #-Egypte #luttes #gouvernement #printemps_arabes #mouvements_ouvrier


  • Le « grand jeu » de l’#Arabie_saoudite pour étouffer les « #printemps_arabes »
    http://www.lemonde.fr/libye/article/2014/01/13/le-grand-jeu-de-riyad-pour-etouffer-les-printemps-arabes_4346993_1496980.htm

    Riyad, qui voit s’allumer des feux dans toute sa sphère d’influence, interviendra dans la foulée une deuxième fois en proposant au Maroc, à son tour bousculé par des manifestants du Mouvement du 20-Février, et à la Jordanie de rejoindre le club très fermé du Conseil de coopération des Etats du #Golfe, jusque-là réservé aux pétromonarchies. Une sainte alliance #contre-révolutionnaire se dessine.


  • « Pour vraiment contrôler les frontières, il faudrait un policier tous les 100 mètres »

    Les dernières semaines ont été marquées par deux drames qui ont bouleversé l’Europe : le naufrage de Lampedusa qui a fait plus de 360 morts et le décès de près de 100 migrants, au Niger. Directrice de recherche au CNRS, affectée au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) à Paris, et spécialiste des questions migratoires, #Catherine_Wihtol_de_Wenden décrypte la mécanique des #flux_migratoires en #Afrique.

    Pourquoi les pays européens et africains n’arrivent-ils pas à mettre un terme à des tragédies commes celles de Lampedusa ou du Niger ?

    On croit qu’en contrôlant les frontières cela va résoudre les choses. Mais si on veut vraiment contrôler, il faut mettre un policier tous les 100 mètres. Or on oublie que la majorité des migrants n’arrivent pas illégalement en Europe et encore moins par la mer. La plupart viennent avec des documents en règle, comme étudiants, travailleurs saisonniers ou touristes et restent ensuite en situation irrégulière.

    Que faudrait-il faire ?

    Il faudrait d’abord plus de volonté politique. Aujourd’hui, on ne parle migrations ni au G8 ni au G20. La gestion ne se fait plus que par l’opinion, à coups de sondages. Or il faut ouvrir les frontières à plus de catégories de gens, car nous sommes dépendants démographiquement et économiquement de l’#immigration. Il faut permettre de voyager tant aux très qualifiés qu’aux peu qualifiés. Les pays ne disent jamais qu’ils ont besoin de ces derniers. Il faut aussi développer la #mobilité_pendulaire. Beaucoup de gens du Maghreb aspirent à ce genre de vie. Mais pour cela, il faut ouvrir l’accès aux titres de séjour de longue durée et à la double nationalité.

    Pourquoi y a-t-il toujours en Afrique cette envie d’émigrer ?

    Les gens qui partent sont issus de pays où l’âge médian est de 25 ans et où la population est de plus en plus scolarisée et urbaine. Mais elle n’a pas de #travail. Du coup, elle est branchée toute la journée sur la télévision, les téléphones portables, et n’a pas de sentiment d’avenir, y compris dans les Etats qui ne sont pas si pauvres.

    Il y a aussi un sentiment de « risque » permanent, environnemental, sanitaire ou politique. Au Maroc, plus de 50 % des jeunes veulent partir à l’étranger. Contrairement aux idées reçues, le développement n’est pas un facteur de stabilisation. Ce ne sont jamais les plus pauvres qui partent, sauf en cas de catastrophe.

    Comment une personne prend-elle la décision de partir ?

    Souvent, il s’agit d’un jeune qui habite la campagne. Il va d’abord à la ville. Il voit que ses amis ont accès à la monétarisation de l’économie. Cela lui crée des #besoins qu’il ne peut assouvir facilement : montre, ordinateur, téléphone, etc. Et très vite, il y a une dépendance à la #migration.

    Dans certaines régions, on sait que la migration crée la migration. Sur les 400 milliards de dollars (296 milliards d’euros) envoyés chaque année par les migrants dans leur pays d’origine, environ 15 % sont pour l’Afrique. Les familles sont très favorables au départ. Elles réunissent de l’argent, mettent en contact avec les passeurs. Depuis les années 1990, les gouvernements ont par ailleurs compris qu’ils avaient intérêt à laisser sortir les gens. Il est donc très facile d’aller chercher un passeport.

    La traversée de la #Méditerranée ne fait-elle toujours pas peur ?

    Non, il n’y a pas d’hésitations. En général, les #passeurs logent les migrants dans des baraquements en attendant que la mer soit bonne. La plupart des gens ont droit à trois tentatives. Il suffit qu’un seul réussisse pour que tous les autres pensent qu’ils ont leur chance. Beaucoup se disent : « Si je ne meurs pas en mer, je suis de toute façon mort chez moi. »

    Comment les #réseaux_de_passeurs se sont-ils construits ?

    On trouve parmi eux beaucoup de « ratés » du passage. Des gens qui ont échoué plusieurs fois. Ils ont pu être reconduits dans leur pays d’origine ou dans un pays par lequel ils avaient transité. Là ils sont devenus des spécialistes du voyage. Les passeurs peuvent aussi être en uniforme. Beaucoup de douaniers sont corrompus. Mais on trouve aussi beaucoup de #pêcheurs qui ont perdu leur travail et ont vu là une opportunité lucrative.

    Combien coûte une traversée de la Méditerranée ?

    Entre 3 000 et 4 000 euros. Cela peut être les réserves d’une famille entière. Cela coûte moins cher quand le passeur n’emmène pas la personne jusqu’en Europe et qu’elle s’arrête en route, pour travailler et gagner de l’argent. C’est ainsi que des pays comme la Tunisie, la Turquie ou la Mauritanie sont devenus malgré eux des pays d’immigration « sas », avec toute une population qui ne sait plus très bien si elle veut rester ou continuer la route. C’est dans ce contexte que le #Maroc a annoncé, il y a peu, une grande opération de régularisation.

    Quelles sont les principales routes migratoires du continent ?

    Pour l’Afrique de l’Ouest, il y a deux voies. La première passe par #Nouadhibou, en #Mauritanie. Ceux qui l’empruntent espèrent aller jusqu’au Maroc pour franchir la frontière de l’enclave espagnole de #Ceuta et #Melilla. L’autre voie passe plus à l’est, par le #Niger (#Agadez). De là, les migrants entrent en #Libye. Certains tentent de rejoindre l’île italienne de #Lampedusa, tandis que d’autres préfèrent faire le tour par la #Grèce.

    Pour l’Afrique de l’Est, les Somaliens, les Erythréens passent surtout par le #Soudan, qui est aussi un pays d’émigration, avant de gagner la Libye ou l’#Egypte. Enfin, il y a ceux qui se dirigent directement vers le #Yémen ou les #pays_du_Golfe.

    Ces routes ont-elles évolué récemment ?

    Oui, car elles sont de plus en plus contrôlées. Jusqu’au début des années 2000, l’un des principaux points de passage était le détroit de Gibraltar. Mais depuis l’arrivée de #Frontex et de #SIVE , cet endroit est devenu très verrouillé. Les gens ont donc rallongé leurs trajets. Les #Sénégalais, qui migraient avant vers l’#Espagne en passant par la #Mauritanie puis le Maroc, font désormais des milliers de kilomètres pour passer par les #îles_Canaries. L’autre voie de contournement est la #Turquie. Beaucoup de gens se concentrent désormais à #Istanbul avant de tenter leur chance. Cela fait de très longs voyages, de quelques mois à plusieurs années.

    Ce #verrouillage des frontières a-t-il modifié les migrations intra-africaines ?

    Non, pas particulièrement. L’Afrique a ses propres pôles migratoires où le facteur d’attractivité qui prévaut est le dynamisme économique. C’est le cas de l’Afrique du Sud, du Nigeria, du Maroc, et, plus récemment, de l’Angola. Ce sont des pays qui demandent beaucoup de main-d’oeuvre, notamment dans le tourisme, la construction ou l’agriculture. La seule chose qui a évolué, c’est que le Golfe est devenu la troisième zone de migration au monde. Beaucoup d’Africains s’y rendent. Il est relativement facile d’y accéder. Mais les droits y sont très peu protégés et il n’y a pas de possibilité de regroupement familial.

    Quel a été l’impact des « #printemps_arabes » ?

    Cela a engendré un pic, car des points de passage traditionnels comme #Zarzis, sur la côte tunisienne, n’étaient plus contrôlés comme du temps de Ben Ali. Pour autant, ceux qui sont partis avaient, pour la plupart, déjà le projet de migrer. Les « printemps arabes » n’ont pas donné envie de migrer à toute la population, au contraire. Ce qui a changé, en revanche, c’est la façon dont sont appliqués les #accords_bilatéraux que l’#Italie avait signés avec la Tunisie et la Libye. Il y a moins de zèle de la part des nouveaux régimes car ces accords sont mal vus par leurs opinions.

    Y a-t-il une évolution des profils des migrants ?

    Oui et non. Certains pays comme le Cameroun fournissent traditionnellement plutôt des élites. Le Sénégal et l’Egypte envoient, eux, plutôt des flux mixtes, tandis que le Mali et la Mauritanie laissent partir une main-d’oeuvre moins qualifiée. Mais il y a aussi de plus en plus de pays du Sahel ou de la Corne de l’Afrique qui sont des viviers de migrants. C’est en partie lié à l’évolution des transports, à la multiplication des réseaux de passeurs et aux conflits. L’autre nouveauté, c’est la #féminisation_des_flux et l’arrivée de #mineurs.

    Les vieux schémas migratoires de l’Afrique vers l’ancienne puissance coloniale sont-ils en train de changer ?

    En partie. Les flux traditionnels vers l’Europe continuent, mais les schémas migratoires se sont diversifiés pour aller, par exemple, vers des pays qui se découvrent riches, comme l’Angola. La carte des conflits a aussi beaucoup changé. Plus de 15 millions d’Africains se sont installés dans un autre pays du continent, en 2010, et un Africain sur deux migre aujourd’hui vers un pays qui n’est pas en Europe.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/27/pour-vraiment-controler-les-frontieres-il-faudrait-un-policier-tous-les-100-

    #migration #frontière #politique_migratoire #pêcheurs_tunisiens


  • Le #tourisme, arme anti-#crise du sud de l’#Europe
    http://fr.myeurop.info/2013/09/09/le-tourisme-arme-anti-crise-du-sud-de-l-europe-12188

    Quentin Bisson

    Les #vacanciers du monde entier participent, plus ou moins consciemment, à sauver l’économie des pays du sud de l’Europe. Une affluence remarquable qui joue sur le principe des vases communicants : Les pays du Maghreb de leur côté se vident de leurs touristes.

    Les #printemps_arabes qui ont (...)

    #Économie #Egypte #embellie_économique #Europe_du_Sud #reprise #Tunisie



  • L’un des fers de lance du « printemps érable » québecois démissionne - QUÉBEC - FRANCE 24
    http://www.france24.com/fr/20120809-quebec-nadeau-dubois-principaux-dirigeants-etudiant-printemps-era

    Ils sont quand même poètes, ces #québecois. C’est beau comme expression « #printemps_Érable », ça rappelle les zones désertiques de #printemps_arabes avec le nom d’un arbre. C’est à la fois un symbole national et international.

    Et en France, vous croyez que l’on pourrai dépasser les mouvements anti-machinchose pour transcender un peu les luttes ?

    #résister_c'est_créer