• Tous chasseurs cueilleurs !
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-08-juin-2019

    Quand la civilisation menace l’#environnement... retour à la chasse et la cueillette. Entretien avec James C. Scott autour de son livre "#HomoDomesticus, une histoire profonde des premiers Etats".

    On a tous en tête des souvenirs d’école sur les débuts de l’Histoire avec un grand H. Quelque part entre le Tigre et l’Euphrate il y a 10 000 ans, des chasseurs-cueilleurs se sont peu à peu sédentarisés en domestiquant les plantes et les animaux, inventant dans la foulée l’#agriculture, l’écriture et les premiers Etats. C’était l’aube de la #civilisation et le début de la marche forcée vers le #progrès.

    Cette histoire, #JamesScott, anthropologue anarchiste et professeur de sciences politiques, l’a enseignée pendant des années à ses élèves de l’Université de Yale. Mais les découvertes archéologiques dans l’actuel Irak des dernières années l’ont amené à réviser complètement ce « storytelling » du commencement des sociétés humaines, et par là même remettre en question notre rapport au monde dans son dernier livre : Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats (Ed. La Découverte).

    Alors même que climat et biodiversité sont aujourd’hui plus que jamais menacés par les activités humaines, James C. Scott propose de réévaluer l’intérêt des sociétés d’avant l’Etat et l’agriculture. Car ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades ont longtemps résisté face aux civilisations agraires, basées sur les céréales et qui, en domestiquant le monde, se sont domestiqués eux-mêmes, en appauvrissant leur connaissance du monde.

    Un reportage de Giv Anquetil.
    Les liens

    James C. Scott : « Le monde des chasseurs-cueilleurs était un monde enchanté » (Le grand entretien) par Jean-Christophe Cavallin, Diakritik

    Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Réflexions sur l’effondrement, Corinne Morel Darleux, Editions Libertalia

    "Amador Rojas invite Karime Amaya" Chapiteau du Cirque Romanès - Paris 16, Paris. Prochaine séance le vendredi 14 juin à 20h.

    Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats, James C. Scott (Editions La Découverte)

    Eloge des chasseurs-cueilleurs, revue Books (mai 2019).

    HOMO DOMESTICUS - JAMES C. SCOTT Une Histoire profonde des premiers États [Fiche de lecture], Lundi matin

    Bibliographie de l’association Deep Green Resistance
    Programmation musicale

    "Mesopotamia"- B52’s

    "Cholera" - El Rego et ses commandos

    #podcast @cdb_77

    • Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États

      Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
      C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire #Homo_domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’#État antique comme étape cruciale de la « #civilisation » humaine.
      Ce faisant, il nous offre une véritable #écologie_politique des formes primitives d’#aménagement_du_territoire, de l’« #autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la #sédentarisation et des logiques de la #servitude et de la #guerre dans le monde antique.
      Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».


      https://www.editionsladecouverte.fr/homo_domesticus-9782707199232

      #James_Scott #livre #démographie #épidémiologie #évolution #humanité #histoire #inégalité #inégalités #Etat #écologie #anthropologie #ressources_pédagogiques #auto-domestication

    • Fiche de lecture: Homo Domesticus - James C. Scott

      Un fidèle lecteur de lundimatin nous a transmis cette fiche de lecture du dernier ouvrage de James C. Scott, (on peut la retrouver sur le blog de la bibliothèque fahrenheit) qui peut s’avérer utile au moment l’institution étatique semble si forte et fragile à la fois.
      « L’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres »
      À la recherche de l’origine des États antiques, James C. Scott, professeur de science politique et d’anthropologie, bouleverse les grands #récits_civilisationnels. Contrairement à bien des idées reçues, la #domestication des plantes et des animaux n’a pas entraîné la fin du #nomadisme ni engendré l’#agriculture_sédentaire. Et jusqu’il y a environ quatre siècles un tiers du globe était occupé par des #chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait « hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal ».
      Dans la continuité de #Pierre_Clastres et de #David_Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une anomalie et une contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      La première domestication, celle du #feu, est responsable de la première #concentration_de_population. La construction de niche de #biodiversité par le biais d’une #horticulture assistée par le feu a permis de relocaliser la faune et la flore désirable à l’intérieur d’un cercle restreint autour des #campements. La #cuisson des aliments a externalisé une partie du processus de #digestion. Entre 8000 et 6000 avant notre ère, Homo sapiens a commencé à planter toute la gamme des #céréales et des #légumineuses, à domestiquer des #chèvres, des #moutons, des #porcs, des #bovins, c’est-à-dire bien avant l’émergence de sociétés étatiques de type agraire. Les premiers grands établissements sédentaires sont apparus en #zones_humides et non en milieu aride comme l’affirment les récits traditionnels, dans des plaines alluviales à la lisière de plusieurs écosystèmes (#Mésopotamie, #vallée_du_Nil, #fleuve_Indus, #baie_de_Hangzhou, #lac_Titicata, site de #Teotihuacan) reposant sur des modes de subsistance hautement diversifiés (sauvages, semi-apprivoisés et entièrement domestiqués) défiant toute forme de comptabilité centralisée. Des sous-groupes pouvaient se consacrer plus spécifiquement à une stratégie au sein d’un économie unifiée et des variations climatiques entraînaient mobilité et adaptation « technologique ». La #sécurité_alimentaire était donc incompatible avec une #spécialisation étroite sur une seule forme de #culture ou d’#élevage, requérant qui plus est un travail intensif. L’#agriculture_de_décrue fut la première à apparaître, n’impliquant que peu d’efforts humains.
      Les #plantes complètement domestiquées sont des « anomalies hyperspécialisées » puisque le cultivateur doit contre-sélectionner les traits sélectionnés à l’état sauvage (petite taille des graines, nombreux appendices, etc). De même les #animaux_domestiqués échappent à de nombreuses pressions sélectives (prédation, rivalité alimentaire ou sexuelle) tout en étant soumis à de nouvelles contraintes, par exemple leur moins grande réactivité aux stimuli externes va entraîner une évolution comportementale et provoquer la #sélection des plus dociles. On peut dire que l’espèce humaine elle-même a été domestiquée, enchaînée à un ensemble de routines. Les chasseurs-cueilleurs maîtrisaient une immense variété de techniques, basées sur une connaissance encyclopédique conservée dans la mémoire collective et transmise par #tradition_orale. « Une fois qu’#Homo_sapiens a franchi le Rubicon de l’agriculture, notre espèce s’est retrouvée prisonnière d’une austère discipline monacale rythmée essentiellement par le tic-tac contraignant de l’horloge génétique d’une poignée d’espèces cultivées. » James C. Scott considère la #révolution_néolithique récente comme « un cas de #déqualification massive », suscitant un #appauvrissement du #régime_alimentaire, une contraction de l’espace vital.
      Les humains se sont abstenus le plus longtemps possible de faire de l’agriculture et de l’élevage les pratiques de subsistance dominantes en raison des efforts qu’elles exigeaient. Ils ont peut-être été contraints d’essayer d’extraire plus de #ressources de leur environnement, au prix d’efforts plus intenses, à cause d’une pénurie de #gros_gibier.
      La population mondiale en 10 000 avant notre ère était sans doute de quatre millions de personnes. En 5 000, elle avait augmenté de cinq millions. Au cours des cinq mille ans qui suivront, elle sera multipliée par vingt pour atteindre cent millions. La stagnation démographique du #néolithique, contrastant avec le progrès apparent des #techniques_de_subsistance, permet de supposer que cette période fut la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité sur le plan épidémiologique. La sédentarisation créa des conditions de #concentration_démographique agissant comme de véritables « parcs d’engraissement » d’#agents_pathogènes affectant aussi bien les animaux, les plantes que les humains. Nombre de #maladies_infectieuses constituent un « #effet_civilisationnel » et un premier franchissement massif de la barrière des espèces par un groupe pathogènes.
      Le #régime_alimentaire_céréalier, déficient en #acides_gras essentiels, inhibe l’assimilation du #fer et affecte en premier lieu les #femmes. Malgré une #santé fragile, une #mortalité infantile et maternelle élevée par rapport aux chasseurs-cueilleurs, les agriculteurs sédentaires connaissaient des #taux_de_reproduction sans précédent, du fait de la combinaison d’une activité physique intense avec un régime riche en #glucides, provoquant une #puberté plus précoce, une #ovulation plus régulière et une #ménopause plus tardive.

      Les populations sédentaires cultivant des #céréales domestiquées, pratiquant le commerce par voie fluviale ou maritime, organisées en « #complexe_proto-urbain », étaient en place au néolithique, deux millénaires avant l’apparition des premiers États. Cette « plateforme » pouvait alors être « capturée », « parasitée » pour constituer une solide base de #pouvoir et de #privilèges politiques. Un #impôt sur les céréales, sans doute pas inférieur au cinquième de la récolte, fournissait une rente aux élites. « L’État archaïque était comme les aléas climatiques : une menace supplémentaire plus qu’un bienfaiteur. » Seules les céréales peuvent servir de base à l’impôt, de part leur visibilité, leur divisibilité, leur « évaluabilité », leur « stockabilité », leur transportabilité et leur « rationabilité ». Au détour d’un note James C. Scott réfute l’hypothèse selon laquelle des élites bienveillantes ont créé l’État essentiellement pour défendre les #stocks_de_céréales et affirme au contraire que « l’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres ». La majeure partie du monde et de sa population a longtemps existé en dehors du périmètre des premiers États céréaliers qui n’occupaient que des niches écologiques étroites favorisant l’#agriculture_intensive, les #plaines_alluviales. Les populations non-céréalières n’étaient pas isolées et autarciques mais s’adonnaient à l’#échange et au #commerce entre elles.
      Nombre de #villes de #Basse_Mésopotamie du milieu du troisième millénaire avant notre ère, étaient entourées de murailles, indicateurs infaillibles de la présence d’une agriculture sédentaire et de stocks d’aliments. De même que les grandes #murailles en Chine, ces #murs d’enceinte étaient érigés autant dans un but défensif que dans le but de confiner les paysans contribuables et de les empêcher de se soustraire.
      L’apparition des premiers systèmes scripturaux coïncide avec l’émergence des premiers États. Comme l’expliquait #Proudhon, « être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé ». L’#administration_étatique s’occupait de l’#inventaire des ressources disponibles, de #statistiques et de l’#uniformisation des #monnaies et des #unités_de_poids, de distance et de volume. En Mésopotamie l’#écriture a été utilisée à des fins de #comptabilité pendant cinq siècle avant de commencer à refléter les gloires civilisationnelles. Ces efforts de façonnage radical de la société ont entraîné la perte des États les plus ambitieux : la Troisième Dynastie d’#Ur (vers 2100 avant J.-C.) ne dura qu’à peine un siècle et la fameuse dynastie #Qin (221-206 avant J.-C.) seulement quinze ans. Les populations de la périphérie auraient rejeté l’usage de l’écriture, associée à l’État et à l’#impôt.

      La #paysannerie ne produisait pas automatiquement un excédent susceptible d’être approprié par les élites non productrices et devait être contrainte par le biais de #travail_forcé (#corvées, réquisitions de céréales, #servitude pour dettes, #servage, #asservissement_collectif ou paiement d’un tribu, #esclavage). L’État devait respecter un équilibre entre maximisation de l’excédent et risque de provoquer un exode massif. Les premiers codes juridiques témoignent des efforts en vue de décourager et punir l’#immigration même si l’État archaïque n’avait pas les moyens d’empêcher un certain degré de déperdition démographique. Comme pour la sédentarité et la domestication des céréales, il n’a cependant fait que développer et consolider l’esclavage, pratiqué antérieurement par les peuples sans État. Égypte, Mésopotamie, Grèce, Sparte, Rome impériale, Chine, « sans esclavage, pas d’État. » L’asservissement des #prisonniers_de_guerre constituait un prélèvement sauvage de main d’œuvre immédiatement productive et compétente. Disposer d’un #prolétariat corvéable épargnait aux sujets les travaux les plus dégradants et prévenait les tensions insurrectionnelles tout en satisfaisant les ambitions militaires et monumentales.

      La disparition périodique de la plupart de ces entités politiques était « surdéterminée » en raison de leur dépendance à une seule récolte annuelle d’une ou deux céréales de base, de la concentration démographique qui rendait la population et le bétail vulnérables aux maladies infectieuses. La vaste expansion de la sphère commerciale eut pour effet d’étendre le domaine des maladies transmissibles. L’appétit dévorant de #bois des États archaïques pour le #chauffage, la cuisson et la #construction, est responsable de la #déforestation et de la #salinisation_des_sols. Des #conflits incessants et la rivalité autour du contrôle de la #main-d’œuvre locale ont également contribué à la fragilité des premiers États. Ce que l’histoire interprète comme un « effondrement » pouvait aussi être provoqué par une fuite des sujets de la région centrale et vécu comme une #émancipation. James C. Scott conteste le #préjugé selon lequel « la concentration de la population au cœur des centres étatiques constituerait une grande conquête de la civilisation, tandis que la décentralisation à travers des unités politiques de taille inférieure traduirait une rupture ou un échec de l’ordre politique ». De même, les « âges sombres » qui suivaient, peuvent être interprétés comme des moments de résistance, de retours à des #économies_mixtes, plus à même de composer avec son environnement, préservé des effets négatifs de la concentration et des fardeaux imposés par l’État.

      Jusqu’en 1600 de notre ère, en dehors de quelques centres étatiques, la population mondiale occupait en majorité des territoires non gouvernés, constituant soit des « #barbares », c’est-à-dire des « populations pastorales hostiles qui constituaient une menace militaire » pour l’État, soit des « #sauvages », impropres à servir de matière première à la #civilisation. La menace des barbares limitait la croissance des États et ceux-ci constituaient des cibles de pillages et de prélèvement de tribut. James C. Scott considère la période qui s’étend entre l’émergence initiale de l’État jusqu’à sa conquête de l’hégémonie sur les peuples sans État, comme une sorte d’ « âge d’or des barbares ». Les notions de #tribu ou de peuple sont des « #fictions_administratives » inventées en tant qu’instrument de #domination, pour désigner des #réfugiés politiques ou économiques ayant fuit vers la périphérie. « Avec le recul, on peut percevoir les relations entre les barbares et l’État comme une compétition pour le droit de s’approprier l’excédent du module sédentaire « céréales/main-d’œuvre ». » Si les chasseurs-cueilleurs itinérants grappillaient quelques miettes de la richesse étatique, de grandes confédérations politiques, notamment les peuples équestres, véritables « proto-États » ou « Empires fantômes » comme l’État itinérant de #Gengis_Kahn ou l’#Empire_Comanche, constituaient des concurrents redoutables. Les milices barbares, en reconstituant les réserves de main d’œuvre de l’État et en mettant leur savoir faire militaire au service de sa protection et de son expansion, ont creusé leur propre tombe.

      Dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une #anomalie et une #contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      https://lundi.am/HOMO-DOMESTICUS-Une-Histoire-profonde-des-premiers-Etats
      #historicisation

  • Kriegsgefangen, Erlebtes 1870, von Theodor Fontane | Projekt Gutenberg
    https://gutenberg.spiegel.de/buch/kriegsgefangen-10774/3
    Kapitel 3 des Buches

    Der Inhalt des Buches bedarf keiner weiteren Erläuterungen. Nur hinsichtlich der Freilassung Fontanes aus der Gefangenschaft sei eine ergänzende Berichtigung gegeben, die sich auf jüngst bekanntgewordene authentische Mitteilungen stützt. Der Dichter führte seine Befreiung in erster Linie auf die Bemühungen zurück, die der ihm befreundete Professor Moritz Lazarus bei dem französischen Justizminister Crémieux anstellte. Wie sich aus den im Staatsarchiv zu Washington verwahrten Akten der Gesandtschaft der Vereinigten Staaten zu Paris ergibt, sind jedoch die Schritte zur Befreiung Fontanes unmittelbar von Bismarck ausgegangen. Dieser richtete unterm 29. Oktober 1870 an den damaligen Gesandten der Vereinigten Staaten Washburne in Paris, der seit dem Ausbruch des Krieges den Schutz über die Staatsangehörigen des Norddeutschen Bundes übernommen hatte, folgenden Brief:

    »Mein Herr! Nach glaubwürdiger Mitteilung ist Dr. Fontane, ein preußischer Untertan und wohlbekannter Geschichtschreiber, auf einer wissenschaftlichen Reise in französischen, durch deutsches Militär besetzten Distrikten verhaftet und nach Besançon abgeführt worden, wo er in Lebensgefahr zu sein scheint. Nichts kann ein derartiges Vorgehen gegen einen harmlosen Gelehrten rechtfertigen. Ich bitte Sie daher, die Güte zu haben, formell seine Freilassung von der französischen Regierung zu verlangen und ausdrücklich zu erklären, daß wir im Weigerungsfall eine gewisse Anzahl von Personen in ähnlicher Lebensstellung in verschiedenen Städten Frankreichs verhaften und nach Deutschland schicken und ihnen dieselbe Behandlung zuteil werden lassen, die dem Dr. Fontane in Frankreich beschieden ist. Ich verbleibe usw.

    v. Bismarck.«

    Daß die energische Reklamation Erfolg hatte, zeigt ein zweites Schreiben vom 23. Januar 1871:

    »Ich beeile mich, Ihnen einen Brief des Herrn Staatssekretärs v. Thile zu übersenden, betreffend die von der Regierung der nationalen Verteidigung angeordnete Freilassung des Herrn Fontane. Sie werden daraus ersehen, daß der Kriegsminister, sobald er von der Entschließung, Herrn Fontane in Freiheit zu setzen, gehört, die in Domremy zur Sicherung der Befreiung Fontanes als Geiseln verhafteten drei Personen ebenfalls in Freiheit gesetzt hat. Die in einem dem Briefe des Herrn v. Thile beiliegenden Aktenstück enthaltene Forderung, im Austausch für Herrn Fontane einen französischen Offizier zurückzuschicken, konnte nicht bewilligt werden, da Herr Fontane in seiner Eigenschaft als Gelehrter in derselben Kategorie wie die in Frankreich ungerechterweise festgehaltenen Kapitäne der Handelsschiffe steht.«

    Der Dichter selbst hat von diesen Bemühungen Bismarcks um seine Errettung nie etwas erfahren.

    #histoire #guerre #France #Allemagne #littérature #reportage #politique #prisonniers_de_guerre

  • Final report of the Panel of Experts on Libya established pursuant to resolution 1973 (2011)

    The Panel’s monitoring of the political transition in Libya has focused on the incomplete implementation of the Libyan Political Agreement in the absence of its endorsement by the House of Representatives. This has undermined the legitimacy of the Government of National Accord, nominated by the Presidency Council. The rival Prime Ministers, Abdallah al-Thinni and Khalifa al-Ghweil, continue to challenge the leadership of the country by the Chair of the Presidency Council, Fayez al-Serraj. The Presidency Council has also had great difficulty in implementing social and economic policies, further strengthening the armed and unarmed opposition to its authority.

    To overcome the political stalemate, the United Nations Support Mission in Libya drafted a new road map in October 2016 to amend the Libyan Political Agreement. This led to a regional dialogue initiative sponsored by Algeria, Egypt and Tunisia. However, regional divisions continue to constitute an obstacle to a political solution in Libya.

    The political crisis has been further exacerbated by escalating armed conflict. In spite of the liberation of Sirte and segments of Benghazi from Islamic State in Iraq and the Levant, the overall security situation in Libya has deteriorated. Indicative of the insecurity is the growing competition in Tripoli between Misratah- and Tripoli-affiliated armed groups, which has undermined the authority of the Presidency Council and threatened the safety of the capital’s residents.

    Military operations by the Libyan National Army, the Benghazi Defence Brigades and Misratan armed groups in the south and the oil crescent have exposed local populations to increasing violence, including through air strikes. Further threats to security documented by the Panel have included the recruitment of foreign mercenaries by armed groups and the persistent activity of extremist movements.

    Armed groups, some of which have received a mandate or at least recognition from the House of Representatives or the Presidency Council, have not been subject to any meaningful judicial control. This has further increased their involvement in violations of human rights, including kidnappings, arbitrary detentions and summary executions. Cases investigated by the Panel include abuses against Libyan residents of Tripoli and Benghazi, prisoners of war and migrants.

    The Panel documented several instances in which armed groups were involved in actual or potential violations of the arms embargo. These groups’ continuing access to military equipment and related material is also reflected in the escalation of armed conflicts, notably through air strikes. In that respect, the Panel has documented how armed groups from eastern Libya and Misratah have multiplied their air force capacity through transfers of materiel, the refurbishment of previously unserviceable aircraft and the expansion of military airbases. The foreign support for both factions is also highlighted.

    Furthermore, the Panel found evidence of several deliveries, in violation of the arms embargo, of what is often described as non-lethal materiel. The deployment and use of such materiel in the Libyan context has significantly increased insecurity and has undoubtedly led to additional casualties. This is notably the case for (armoured) vehicles and electronic interception equipment.

    In the absence of arms and ammunition management capacity, the risk of diversion remains a major concern, justifying the need for a robust arms embargo. Libyan armed groups engage in arms trafficking both within the country and across its borders, and Libya remains an important hub for illicit arms flows to neighbouring countries. The Panel has documented arms seizures in the Niger and Tunisia, while the lack of access to seizures in other countries remains a problem.

    The Panel finds that the key financial and economic institutions of Libya remain divided and suffer from a lack of oversight and cases of misappropriation. The Presidency Council has been divided over the organization of and appointments in several institutions, and its decisions have been challenged. As a consequence, the loyalty of staff is still divided between the competing authorities, which have each tried to make their own appointments. The divisions continue to threaten the stability of Libya, as shown by the controversy over Central Bank of Libya policies in Tripoli and several unilateral actions taken by its eastern branch.

    The Panel has identified rival managements and their political backers, who continue to attempt to strengthen their position through various strategies, including legal action and support from armed groups. In Tripoli, the interference of armed groups with the management and finances of institutions such as the Libyan Investment Authority and the Libyan Post, Telecommunication and Information Technology Company is worrying and untenable.

    In contrast to these negative developments, the country’s oil sector has stabilized. The warring parties in the oil crescent have largely refrained from damaging oil installations, and they have consistently given authority over the terminals to the National Oil Corporation management, even though control over the region has changed hands repeatedly. Unfortunately, and despite significant efforts by both their managements, the implementation of an agreement to reunite the eastern and western National Oil Corporations failed. Nevertheless, the efforts have resulted in increased oil production.

    The continuing division of the National Oil Corporation will likely lead to renewed attempts to illicitly export crude oil. Sanctions under resolution 2146 (2014) were successfully implemented on one occasion. Meanwhile, the eastern National Oil Corporation has made a first attempt to smuggle a shipment of oil derivatives out of Libya.

    Armed groups and criminal networks continue to exploit different sources of financing, such as the smuggling of migrants and fuel. The Panel has identified networks along the western coastline, which are active in both.

    Several investigations on the asset freeze show the complexity of the finances available to some listed individuals, the beneficiary ownership of which is hidden behind numerous front men and front companies. They also show that transactions in favour of listed individuals are sometimes handled through large sums of cash. In addition, the Panel investigated stolen Libyan assets that were under the control of a listed individual, or at risk of misappropriation, or both. The identification and possible recovery of all these funds will require significant resources and a dedicated effort. This will require the empowerment of Libyan investigators through an indisputable mandate from an uncontested authority.

    http://reliefweb.int/report/libya/final-report-panel-experts-libya-established-pursuant-resolution-1973-201
    #rapport #Libye #détention #détention_arbitraire #prisonniers_de_guerre #armes #commerce_d'armes #pétrole

    Ici un article sur les paragraphes du rapport qui concernent les #migrations :
    https://migrantsatsea.org/2017/06/14/un-report-documents-extensive-and-grave-human-rights-violations-by-li
    #gardes-côtes #Zawiya #asile #réfugiés #smugglers #passeurs

  • « Nous avons décidé de parler de crimes de guerre en Syrie »
    http://lacite.website/2016/02/08/paulo-pinheiro

    La Commission internationale indépendante d’enquête sur la Syrie, présidée par le Brésilien Paulo Sérgio Pinheiro, publie aujourd’hui son quatrième rapport thématique axé sur les prisonniers de guerre. Paulo Sérgio Pinheiro répond aux questions de Catherine Fiankan-Bokonga (interview radio : 7,07 minutes).

    http://lacite.website/main/wp-content/uploads/2016/02/INTW-PINHEIRO-SYRIE-CFB-08022016.mp3