• Encore un « suicide » au mitard de Seysses : « trop de frangins sont morts » – L’envolée
    https://lenvolee.net/encore-un-suicide-au-mitard-de-seysses


    https://seenthis.net/messages/694166

    Jules est mort au #mitard de la maison d’arrêt de #Seysses dans la nuit du 5 au 6 décembre. Il avait 20 ans. L’administration pénitentiaire prétend qu’il s’est pendu, mais les prisonniers sont formels : Jules ne s’est pas suicidé.
    Ils sont très nombreux à témoigner, et c’est toujours la même équipe qui est mise en cause ; ce sont toujours les prénoms des mêmes surveillants qui ressortent. Le pire, c’est que ça fait des années que ça dure.

    #lenvolée #prison #matons_assassins

    • Taoufik mort à Perpignan, Jules mort à Seysses … Trop de « morts suspectes » en prison
      https://lenvolee.net/taoufik-mort-a-perpignan-jules-mort-a-seysses-trop-de-morts-suspectes-en-p
      L’Envolée, l’émission pour en finir avec toutes les prisons, donne la parole aux prisonniers, prisonnières et à leurs proches. Émission de #radio chaque vendredi de 19 à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, sur RKB 106.5 en centre Bretagne les lundis à 22h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes de podcast.
      https://lenvolee.net/wp-content/uploads/2020/12/lenvolee-20-12-11.mp3

    • Témoignage et lettre de prisonniers en Italie qui reviennent sur la révolte à la prison de Modène le 8 mars 2020 et qui rappellent les 12 personnes tuées ce jour là et que l’administration essaie de faire oublier.

      Je suis allé en prison parce que la police est venue contrôler et m’a trouvé sans papiers, ils m’ont envoyé en prison. Depuis que j’étais en prison, les problèmes ont commencé, une fois il y a eu une bagarre, je n’avais rien à voir avec ça. Ensuite, la police est arrivée et ils sont entrés et nous ont battus et nous ont cassé les os, puis ils nous ont mis en cellule d’isolement pendant 3 jours sans nous emmener à l’hôpital. Finalement, un garçon a été emmené à l’hôpital et s’est évanoui à cause des douleurs. Quand il l’a vu, le médecin l’a laissé entrer de toute urgence. Le médecin a dit à la police qu’il devait rester à l’hôpital au moins 3-4 jours, mais la police ne voulait pas. Le médecin avait demandé qu’il y avait quelqu’un à l’intérieur de la prison pour l’aider à bouger pendant un mois, mais la police n’a rien fait de tout ce que le médecin avait demandé et lui a donné un certificat. Il a fait un rapport à la police à l’hôpital et a pris le dossier avec lui, à la fin ce soir-là, ils l’ont pris et l’ont immédiatement emmené à la prison de Modène où j’avais également été transféré, dans une cellule où se trouvaient également mes amis de ma ville, j’y suis resté jusqu’à ce que le coronavirus arrive et lorsque le corona est arrivé il y avait un homme malade du virus et ils ne voulaient pas le laisser sortir et ils nous ont interdit de voir les membres de nos familles. Après cela, une révolution s’est produite et ils ont incendié la prison et les forces spéciales sont entrées et ont commencé à tirer, 12 personnes sont mortes dont 2 de mes amis, ils sont morts sous mes yeux, je suis toujours sous le choc. Je m’étais échappé sur le toit de la prison pour qu’ils ne me tirent pas dessus après ils nous ont tous pris et emmenés et mis dans une pièce, ils nous ont enlevé tous nos vêtements et ils ont commencé à nous battre, nous gifler et nous donner des coups de pied. Ensuite, ils nous ont rendu nos vêtements et ils nous ont mis en ligne et ils nous ont encore battus avec la matraque, à ce moment-là, j’ai réalisé qu’ils allaient nous emmener dans une autre prison. Tels étaient les coups que nous avons reçus qu’ils m’ont envoyé dans une autre prison sans chaussures. Puis, quand nous sommes arrivés à la prison, ils nous ont battus à nouveau. Au final j’ai purgé ma peine je suis très choqué pour mes amis je n’ai pas pu porter plainte contre les carabiniers parce qu’ils sont trop forts. Et je n’ai ni argent ni documents. Je suis toujours très choqué je n’arrive plus à dormir ni à bien manger. Après tout, je me sens encore très mal, mais malgré tout j’aime l’Italie, grâce à vous qui m’avez fait parler.

      https://seenthis.net/messages/829634

  • Dominique Simonnot : « La situation des prisons est dangereuse »
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-actu/dominique-simonnot


    Lors du premier confinement, les libérations anticipées de certaines personnes en fin de peine et la forte réduction de l’activité des tribunaux et de la délinquance avaient abouti à une baisse inédite du nombre de personnes détenues dans les #prisons_françaises. Mais depuis l’été, le mouvement s’est de nouveau inversé : 62 260 personnes étaient détenues en novembre, avec un taux d’occupation de 103 % alors qu’il était en-dessous des 100 % au sortir du premier confinement. Dans le cadre des Journées nationales Prison, nous recevons #Dominique_Simonnot, ancienne journaliste nommée au mois d’octobre au poste de Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.


    https://www.genepi.fr
    https://seenthis.net/messages/734930
    https://www.cglpl.fr
    #cglpl

    • Dans le cadre du confinement, des militants de l’Action Antifasciste Nantes, investis au sein des Brigades de Solidarité Populaire, se sont déplacés à plusieurs reprises devant trois lieux d’enfermement nantais (la Maison d’arrêt, l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs et le Centre de Détention) ; l’objectif étant d’aller à la rencontre de proches de personnes détenu.es afin de leur apporter un éventuel soutien et de recueillir des témoignages au sujet de la situation sanitaire en prison du point de vue des détenu.es et des familles.
      https://acta.zone/pandemie-et-condition-carcerale

  • La baisse « spectaculaire » du nombre de #détenus « a facilité la maîtrise de l’épidémie en #détention », note un rapport sénatorial
    https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/la-baisse-spectaculaire-du-nombre-de-detenus-a-facilite-la-maitrise-de-l

    La baisse est historique. Depuis le début de l’#état_d’urgence_sanitaire, les effectifs des #prisons_françaises ont diminué de 15%, « ce qui est sans précédent dans l’histoire récente de l’#administration_pénitentiaire », note un rapport sénatorial publié mercredi 29 avril 2020 (http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/lois/MI_Covid19/Mission_suivi_urgence_Covid-19_Deuxieme_rapport_etape.pdf). Au dernier décompte, la population carcérale a diminué de 11 500 détenus depuis le début de l’état d’urgence sanitaire. « Le taux d’occupation moyen des prisons est désormais inférieur à 100% des capacités », a expliqué Nicole Belloubet au Monde, dans son édition datée du 30 avril 2020. Ces chiffres sont principalement liés à trois facteurs : la baisse de la #délinquance depuis le début du confinement, la « mise en sommeil » des juridictions et les #libérations_anticipées pour les détenus en fin de peine.

  • « Prisonniers tués par la police italienne suite à des révoltes dans différentes prisons. Au moins 8 morts dans 3 prisons. Les visites sont interdites à cause du coronavirus »

    Modena (Italie) : Sur la révolte et le massacre dans la prison de Modena | Attaque
    https://attaque.noblogs.org/post/2020/03/09/modena-italie-sur-la-revolte-et-le-massacre-dans-la-prison-de-moden

    Au début de l’après-midi d’aujourd’hui, 8 mars 2020, il a eu une révolte dans la prison Sant’Anna, à Modena.
    Cela a été clairement perçu depuis l’extérieur, puisque trois colonnes de fumée se levaient des bâtiments de la prison et à cause des nombreux allers-retours des matons et de la présence d’un hélicoptère de la police qui surveillait la zone.
    Du coup, dans les environs se sont rassemblés des nombreux familles des détenus, des solidaires et d’autres curieux, qui ont vu passer les GOM [Gruppo operativo mobile, Groupe opératif mobile de la Police pénitentiaire italienne, l’équivalent des ERIS français ; NdAtt.] en tenues anti-émeute et ont clairement entendu les bruits des quelques tirs.

    Coronavirus : rivolta in carcere a Modena, tre morti e 80 trasferiti
    https://www.agi.it/cronaca/news/2020-03-08/coronavirus-carcere-modena-7383460

    Tre detenuti sono morti nel carcere di Modena, dove si è sviluppata oggi una vera e propria rivolta dei carcerati, circa 530, in segno di protesta per le restrizioni ai colloqui dovute all’emergenza coronavirus. Altri due si trovano in rianimazione: sono in corso indagini sull’accaduto, mentre si registrano ancora forti tensioni all’interno del penitenziario, dove gli agenti stanno cercando di rientrare forzando le sbarre.

    « L’union de police pénitentiaire parle de 27 prisons sous contrôle des détenus »

    Coronavirus, rivolte nelle carceri a Modena, Napoli e Frosinone - Corriere.it
    https://www.corriere.it/cronache/20_marzo_08/coronavirus-rivolte-carceri-modena-frosinone-63cdd738-6149-11ea-8f33-90c941

    Nella rivolta delle carceri contro la sospensione dei colloqui per l’emergenza coronavirus si consuma il dramma di tre detenuti morti e un ferito grave nel penitenziario di Modena, dove fino a sera è andata in scena la protesta più grave e violenta. E a Pavia due agenti sono stati sequestrati e poi liberati (il procuratore aggiunto Mario Venditti ha fatto da mediatore: «Nessun atto di violenza, nessun sequestro»). Nella notte una cinquantina di reclusi era ancora sui tetti, dove venivano appiccati fuochi alimentati con ogni tipo di materiale.

    • l’article italien repris par #lenvolée
      https://roundrobin.info/2020/03/modena-sulla-rivolta-e-il-massacro-nel-carcere-di-modena

      SULLA RIVOLTA E IL MASSACRO ALL’ INTERNO DEL CARCERE DI MODENA

      Nel primo pomeriggio di oggi, 8 Marzo 2020, è scoppiata una rivolta nel carcere di S.Anna di Modena.
      Il fatto è stato chiaramente percepito dall’ esterno in quanto si elevavano dai bracci della struttura tre colonne di fumo, nonchè per il via-vai importante di guardie, oltre che per la presenza di un elicottero della Polizia che sorvegliava l’ area.
      Si sono così radunati vari parenti dei reclusi, solidali e altri spettatori nelle zone adiacenti, vedendo sfilare i GOM in antisommossa e sentendo distintamente alcuni spari.
      Dopo qualche tentativo di allontanamento da parte dei Vigili, le persone si sono comunque radunate davanti al carcere; dove si sono viste sfilare camionette, ambulanze a pulmini della Penitenziaria.
      A una certa, dopo varie richieste di notizie da parte dei parenti, sono usciti il Maggiore della Penitenziaria e un’ emissaria della direttrice del carcere dicendo loro che, durante le contrattazioni coi rivoltosi chiusi nel braccio, sono stati loro riconsegnati i cellulari per chiamare i loro cari. Domandavano quindi ai familiari di rispondere al telefono invitandoli a uscire.
      Verso sera, davanti un nutrito gruppo di antisommossa, sono usciti gli sbirri scortando alcuni dei detenuti e delle detenute dando loro colpi da ammanettati, qualcuno è uscito in barella.
      Già in quelle ore qualcuno ha scorto un sacco contenente un corpo morto.
      Si è riuscito a parlare con alcuni reclusi nel braccio adiacente il campo durante i fatti, che davano notizie di trasferimenti e di essere gli ultimi ancora da trasferire dalla sezione, edicendo che li stavano massacrando.
      Sono state trasferite 80 persone, pare a Bologna, Reggio Emilia, Parma, Piacenza e Ascoli, per mezzo di almeno quattro pulman di penitenziaria e altre camionette.

      I media di regime, ricostruiscono la vicenda come partita dalla sezione lavoranti, ed estesasi poi a tutto il carcere; dove i detenuti avrebbero bruciato materassi e si sarebbero asserragliati in almeno una delle strutture, pare da qualche video impossessandosi dell’ armeria.
      Durante la rivolta sarebbero morte tre persone, la cui identità non è stata precisata, così come la causa esatta del decesso.Due sarebbero invece in rianimazione.
      Si parla di gravi danni alla struttura e di distruzione di documenti.
      Salienti tra le cause dello scoppiare della rivolta sarebbero la negazione dei colloqui e la mancanza di mediatori causa IL virus, oltre che la sicurezza sanitaria interna alla struttura.

    • Les prisonnier.es italiens se révoltent face aux interdictions de parloirs. Nous avons longuement parlé de la situation en #Italie lors de notre dernière émission de radio : des #mutineries ont eu lieu dans au moins 37 prisons et au moins 13 prisonniers sont morts. Nous reproduisons, ici, trois lettres de prisonniers de la prison de Poggiareale à #Naples et diffusons une vidéo de la prison pour femmes de Naples où ces dernières se font entendre à l’extérieur.
      http://lenvolee.net/trois-lettres-de-prisonniers-a-naples
      http://www.lenvolee.net/wp-content/uploads/2020/03/lenvolee-20-03-13.mp3
      – Coronavirus : sur la situation en Italie et des révoltes dans les prisons là-bas. Lettres de prisonniers de la prison de Naples.
      – Coronavirus : sur la situation dans les #prisons_françaises.
      – Condé sur Sarthe : un an après le blocage des matons.

  • Lieux de privation de liberté : un rapport dénonce la culture de l’enfermement

    Le rapport annuel de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté se demande si la France ne serait pas prise d’une frénésie d’enfermement.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/27/lieux-de-privation-de-liberte-un-rapport-denonce-la-culture-de-l-enfermement

    Conf presse CGLPL / twitter Marie Barbier :

    Pour la première fois depuis 10 ans, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté(CGLPL), n’a pas pu remettre son rapport annuel au président de l’Assemblée nationale : « Il nous a fait savoir qu’il n’avait pas le temps », explique Adeline Hazan.

  • « Mon codétenu est mort dans mes bras »
    https://oip.org/temoignage/mon-codetenu-est-mort-dans-mes-bras

    Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, avril 2018. Kevin* meurt subitement dans sa cellule, dans les bras de Kilian*, son codétenu. Récemment libéré, Kilian raconte la dégradation rapide de l’état de son ami, le mépris des surveillants face à la gravité de la situation, mais aussi la pauvreté de sa propre prise en charge après le décès. Source : Observatoire International des Prisons

    • http://lenvolee.net/morts-a-fleury-lettre-ouverte-dun-prisonnier-de-la-plus-grande-prison-deur

      Alerte dans les prisons françaises : les prisonniers et prisonnières meurent dans l’indifférence totale de l’Etat.

      Madame, Monsieur,
      Je vous écris ce jour pour vous alerter sur les conditions dramatiques de détention dans notre pays. Dans de trop nombreux établissements et en particulier à #Fleury-Mérogis pour mon cas, les conditions de détentions, bien au-delà de la simple privation de liberté, sont plus que jamais assimilables à de la #torture physique et psychologique. Ce n’est plus seulement un simple fait de #surpopulation carcérale. Avec un taux d’occupation de 180 %, la capacité d’accueil de cette maison arrêt est dépassée depuis longtemps, comme dans tant d’autres #Prisons_Françaises.

      Dans cette société qui joue à guichet fermé dans ses prisons, les activités sont remplacées par des cachets. Surtout tout dépend de la volonté de la direction, qui choisit pour nous : soit la réinsertion, soit la sur-condamnation. Ici, ce n’est pas la réinsertion qui est visée, nous vivons l’absence de justice dans un endroit qui est pourtant censé la rendre. La prison punit plus qu’elle ne devrait par certains comportements de l’administration, et par les surveillants et surveillantes, dont le comportement et les paroles sont totalement déplacés. Quelques soit les pires injustices qu’elle produise, la prison a toujours raison aux yeux des juges et de la société.

      Quant à l’application des peines et la détention qui en découle, on a l’impression que la machine est bloquée, qu’elle se trouve à l’arrêt. Alors qu’un JAP devrait répondre à une demande d’aménagement de peine dans les 4 mois, ici, c’est plutôt 8 à 12 mois… Que dire, aussi, des délais d’attente des transferts pour rapprochement familial…

      Comment imaginer que l’on devienne meilleur en nous torturant alors même que nous allons tous sortir un jour de vos prisons. Soit on est cassé à vie et plus bon à rien. Soit, on est encore pire qu’avant et endurci à cause de la haine que l’on nous a injectée par le non respect de l’état de droit.

      Les événements tragiques survenus ces dernières semaines auraient dû mobiliser et interpeller les plus hautes autorités. 11 personnes sont mortes à Fleury : 8 prisonniers l’ont été annoncé dans la presse. Pour les 3 autres (un albanais, une femme turc et son mari quelques jours plus tard) c’est silence radio. Est ce parce qu’ils ne sont pas ressortissant que ces morts n’ont pas été dévoilées ?

      Aujourd’hui je dénonce le traumatisme de certains prisonniers, qui le 08/06/2018 ont vécu le pire moment de leur vie, quand un surveillant chef s’est rendu coupable d’avoir demandé à un prisonnier de détacher un autre prisonnier qui s’était pendu quelques heures plus tôt. Où est passé le protocole à ce moment là ?

      C’est l’administration pénitentiaire qui a tué cet homme avec ses violences physiques, psychologiques et ses négligences.
      Quand la justice va-t-elle se saisir de ces « suicides » ? La justice sera-t-elle assez lente pour laisser l’administration masquer toutes les preuves ?

      Pour faire simple, les détenus vont mal au sein de cette #administration_pénitentiaire ! Aujourd’hui, je m’expose à une multitude de sanctions, mais ne rien dire me rendrait complice, alors je préfère ne pas rester qu’un délinquant qui subit, mais aussi qui dénonce.

      Je dénoncerai toujours ce que nous subissons mais la liste est extrêmement longue !

      Cordialement, un prisonnier de Fleury-Mérogis.

    • @aude_v

      LA BELLE À JOËLLE
      Mis à jour le :15 mars 2006. Auteur : Marius Frehel.

      #Joëlle_Aubron s’est fait définitivement la belle ce 1er mars, quelques jours après la date anniversaire de l’arrestation, en 1987, des quatre d’Action Directe. Elle avait quarante-six ans. Condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans, pour avoir « fumé » Georges Besse, maître d’oeuvre du nucléaire en France, personnage pivot de l’obscur contentieux Eurodif avec l’Iran, PDG de Renault et champion du dégraissage (34 000 licenciements chez Péchiney et 25 000 chez Renault) et le général Audran, responsable des ventes d’armes françaises à l’étranger, elle a passé dix-sept ans derrière les barreaux, dont plusieurs années d’isolement total. AD prétendait « ralentir [la] marche de la recomposition bourgeoise et aggraver ses contradictions internes, et ainsi l’affaiblir dans la guerre des classes ». Joëlle le rappelait peu de temps après sa sortie : « Nous appartenons à une longue histoire et nous fûmes nombreux à penser, à compter sur un élan qui finalement ne vint pas. Notre hypothèse a échoué. C’est clair. » On la savait ce coup-ci condamnée par la maladie. Une tumeur au cerveau lui fit bénéficier d’une suspension de peine en juin 2004 pour raison de santé (loi Kouchner).

      On appréciera le cynisme de Pascal Clément, ministre de la Justice à deux vitesses : « Quand j’entends que d’anciens terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés, alors qu’ils étaient, disait-on, à l’article de la mort… Cela m’est insupportable. Les malades, même atteints d’une affection grave mais qui ne sont pas au “seuil de la mort”, n’ont pas à bénéficier de cette loi. » Joëlle aura résisté plus longtemps que ce qu’avait prévu l’État, et sans repentir. Elle plaisantait souvent sur la maladie, histoire que l’inéluctabilité du mal n’affecte pas trop son entourage. Elle était toujours speed, mordante dans la discussion et à jamais « communiste révolutionnaire ». Il semblerait d’ailleurs que la lutte des classes, qui passait ces derniers temps pour désuète, soit remis en selle par ceux-là mêmes qui décrétèrent sa fin. La révolution blanche de l’ultra-libéralisme est en marche et son offensive dévastatrice s’accompagne d’un contrôle social accru, au nom du tout-sécuritaire. Cette réponse des gouvernants à la misère grandissante incite les plus perspicaces à inventer des formes de résistance toujours renouvelées.

      Article publié dans le n° 32 de CQFD,@cqfd mars 2006.
      http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article949&var_recherche=Jo%EBll%20Aubron

  • Matons violents : la loi du silence
    un documentaire réalisé par Laurence Delleur

    Le site de l’administration pénitentiaire ne recense que deux types de violence : les agressions entre détenus et les agressions des détenus à l’encontre des surveillants pénitentiaires.
    Il en existe cependant une troisième : la violence exercée par certains gardiens envers des détenus, passée totalement sous silence.
    De nombreuses plaintes accusant des surveillants de maltraitance ont été déposées sur les bureaux de magistrats français ces dix dernières années.
    Elles n’aboutissent que très rarement à des condamnations de #surveillants_violents. Il est toujours demandé au détenu de prouver ce qu’il avance. Le surveillant, quant à lui, est cru sur parole.

    prochaine diffusion, mercredi 21 mars 2018 sur LCP / à 20:30
    https://player.vimeo.com/video/187323421
    http://laurent-jacqua.blogs.nouvelobs.com/tag/maton

    Cette enquête fait la lumière sur ce sujet tabou. En donnant la parole à un ex-surveillant ayant dénoncé ses supérieurs au détriment de sa carrière et à d’anciens détenus affirmant avoir été victimes de maltraitances, elle permet de comprendre pourquoi la #loi_du_silence l’emporte trop souvent. #Laurent_Jacqua, ancien détenu, écrivain et militant, illustre chaque témoignage par des dessins chargés de sa propre souffrance. A ce que l’on ne veut pas entendre s’ajoute ainsi ce que l’on ne veut pas voir. Mais Laurence Delleur ne vise pas le sensationnalisme pour autant. La réalisatrice questionne les avocats des plaignants, le contrôleur général des lieux de privation de liberté... pour corroborer chaque récit. Accompagnant Noël Mamère qui, en sa qualité de député européen, a accès aux #prisons_françaises, la réalisatrice use de ce subterfuge légal pour confronter la directrice de la prison de Fleury-Mérogis à la réalité des détenus. On ressort de ce film avec le sentiment accablant que très peu de responsables ont intérêt à ce que la situation change. — Yohav Oremiatzki

    http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/matons-violents-la-loi-du-silence,112344658.php
    https://seenthis.net/messages/169816
    https://seenthis.net/messages/48565

  • https://www.prison-insider.com/news/france-des-associations-denoncent-les-comparutions-immediates

    Vingt-six associations, dont #Prison_Insider, ont écrit aux parlementaires pour alerter sur une procédure qui envoie 8,4 fois plus en prison qu’une audience ordinaire.

    Le gouvernement aurait-il omis de s’emparer de certains leviers pour aborder la question de la surpopulation chronique qui affecte les #prisons_françaises ? Un collectif de vingt-six associations et syndicats liés à l’univers de la justice le craint et a décidé d’interpeller les députés et sénateurs.

    Un courrier adressé le 6 février aux membres des commissions de lois des deux Assemblées les invite à s’interroger en particulier sur les audiences en #comparution_immédiate, « la procédure la plus pourvoyeuse d’incarcération », affirment-elles dans une note séparée. L’Observatoire international des prisons, le Syndicat de la magistrature, le Secours catholique, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France et la Croix-Rouge figurent parmi les signataires.

    source : Le Monde

  • La contrôleuse des prisons #Adeline_Hazan a fait usage de la procédure d’urgence pour alerter le gouvernement sur l’état accablant des #prisons_françaises.

    « https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/f8a1e8f1-c2c5-4408-8440-34c0ab060984 »

    Pour en parler, #Laurent_Jacqua, ancien #détenu de la prison de #Fresnes, aujourd’hui blogueur et militant, répond aux questions de Pierre Weill sur les #conditions_carcérales actuelles des détenus en France.

    http://www.franceinter.fr/emissions/itw-societe-civile/itw-societe-civile-18-decembre-2016
    #surpopulation_carcérale #récidive #réinsertion
    Le blog de L.Jacqua : Vue sur la prison http://laurent-jacqua.blogs.nouvelobs.com/about.html

  • #Manuel_Valls et #Jean-Jacques_Urvoas se déplacent aujourd’hui à la #maison_d'arrêt de #Nîmes, l’une des plus surpeuplées de France avec un taux d’occupation de 207% soit 395 #détenus pour seulement 192 places. Au premier juillet dernier, jamais les #prisons_françaises n’avaient été aussi peuplées. Et le gouvernement n’a toujours pas trouver les moyens d’y remédier.

    68.859 personnes incarcérées, c’est un record absolu qui a des conséquences concrètes : plus de 15.000 détenus hébergés dans des #cellules trop petites, 1648 d’entre eux dorment sur un matelas à même le sol soit 68% de plus que l’an dernier. Principales causes de cette hausse historique : les #magistrats placent plus souvent les suspects en #détention_provisoire et ils hésitent davantage à effectuer des remises en #liberté ou des aménagements de peine pour les personnes condamnées.
    Construire de nouvelles prisons ?

    Le gouvernement souhaite la construction de #nouvelles_prisons ; mais la solution est coûteuse et entraîne des délais. En attendant, le #garde_des_Sceaux veut convaincre les magistrats d’utiliser les alternatives à l’incarcération, mais le #climat_sécuritaire du moment n’y contribue guère. Il y a d’autres leviers sur lesquels agir comme une meilleure répartition des détenus. Le démographe #pénitentiaire Pierre-Victor Tournier relève par exemple que sur la région de Toulouse dont dépend la maison d’arrêt de Nîmes, il y a deux cents places inoccupées dans les #centres_de_détention qui hébergent uniquement des personnes condamnées. La contrôleuse générale des prisons, Adeline Hazan, préconise pour sa part d’établir un numerus clausus pour chaque établissement.

    http://www.franceinfo.fr/actu/justice/article/surpopulation-carcerale-valls-et-urvoas-la-maison-d-arret-de-nimes-810647
    blob:https%3A//www.dailymotion.com/28dec8bb-ab33-4d54-8533-b30697a87fdc
    http://www.franceinter.fr/societe/manuel-valls-et-jean-jacques-urvoas-a-la-maison-d-arret-de-nimes
    La maison d’arrêt de Nîmes a été mise en service en novembre 1974 à la périphérie sud-est de la ville de Nîmes (préfecture du Gard), au lieu-dit \"Le Mas de Possac\". Cette construction a remplacé la vieille maison d’arrêt installée depuis 1785 dans un couvent de religieuses, au coeur de la ville, face aux arènes romaines. La maison d’arrêt de Nîmes est le seul établissement pénitentiaire du Gard. Elle reçoit les prévenus et les condamnés des tribunaux de Nîmes et d’Alès. Environ 380 détenus y sont écroués, femmes et hommes.
    http://prison.eu.org

    • 80 000 DÉTENUS EN 2017 ?
      Réforme et dérive de l’administration pénitentiaire.

      En juillet 2004, le nombre de personnes incarcérées en France a dépassé 64 000, un chiffre inconnu depuis la Libération. Il s’est depuis stabilisé au-dessus de 60 000 détenus, alors qu’il était de 48 216 en 2001, et de 38 639 en 1980. Ce record a été l’apogée (provisoire ?) d’un mouvement d’inflation carcérale qui, à quelques exceptions près, a marqué avec constance les trois dernières décennies. Il s’agirait alors de montrer à la fois la fonction de #parcage de la prison pour des franges croissantes de population durablement écartées du #marché_du_travail, et, plus largement, son rôle #disciplinaire vis-à-vis de populations précarisées contraintes sous la #menace_pénale d’accepter la nouvelle donne sociale. Les États-Unis, avec une « #industrie_carcérale » florissante et plus de 2 000 000 de détenus, figureraient le sombre avenir de notre système carcéral.
      Pourtant, en France, si la population détenue demeure dans son écrasante majorité constituée d’hommes jeunes en situation de #grande_précarité_sociale, les motifs et les durées d’incarcération ont connu de profondes transformations qui mettent à l’épreuve l’univocité des interprétations : stabilisation et fluctuations significatives du nombre d’entrées (à la baisse en 1980 et 2002), augmentation du nombre de personnes suivies en « milieu ouvert » (plus de 120 000 aujourd’hui), allongement de la durée moyenne d’incarcération (de 4 à 8 mois), pourcentage croissant des personnes condamnées pour des atteintes aux personnes (notamment pour des #infractions_sexuelles), vieillissement de la population carcérale, etc.
      Qui va en prison et pour combien de temps ? Qui n’y va plus ou moins et quelles réponses pénales sont apportées à leurs actes ou pas ?

      http://www.editionsamsterdam.fr/80-000-detenus-en-2017
      Le Parti Zozialiste est en passe de pulvériser cette sombre prédiction !

    • Vous avez dit « #réforme_pénale » ?

      Le désormais traditionnel mouvement de printemps des matons lancé par l’UFAP-UNSA ne vous aura pas échappé : sur fond de « réforme pénale » les pisse-copie de la presse régionale et nationale ressortent leurs titres éculés sur la «  grogne » et les « surveillants qui tirent la sonnette d’alarme  »  ; photos de palettes en feu de Villefrance-sur-Saône à Fleury en passant par Arras ou #Nîmes ; de CRS qui les gazent au-dessus de la tête et finissent par les prendre dans leurs bras, les collègues… Rien de neuf, com’ toujours ; ils demandent « la restauration de l’autorité de l’Etat  » : « On perd de l’autorité. Les #surveillants sont les oubliés des réformes successives », et dénoncent pêle-mêle, «  agressions, prise d’otages et trafics de matériel interdit ». Ils auraient tort de pas continuer puisque ça marche. Il y a un an, ils obtenaient des portiques high-tech et autres gadgets sécuritaires (33 millions d’euros) ainsi que des soussous dans la popoche (cf. l’Envolée N 36).

      http://lenvolee.net/editorial-de-lenvolee-n-39-qui-vient-de-sortir/#more-1377