• Electricité : « On s’est sentis trahis », témoigne l’un des clients de Leclerc Energie poussés vers la sortie
    https://www.leparisien.fr/economie/consommation/electricite-on-sest-sentis-trahis-temoigne-lun-des-clients-de-leclerc-ene

    Sébastien est l’un des 140 000 abonnés à l’offre de la filiale du géant de la grande distribution. Ce dernier a décidé d’interrompre cette activité et a demandé à ses clients de souscrire un nouveau contrat chez la concurrence d’ici ce vendredi. Sous peine de se voir privés l’électricité.

    « On nous l’a faite un peu à l’envers ! » Sébastien, 39 ans, ne cache pas son agacement lorsqu’il raconte la mésaventure vécue avec le fournisseur Leclerc Énergie. Comme lui, 140 000 abonnés à cette offre du fournisseur d’électricité de la filiale énergie du géant français de la grande distribution se sont vus signifier, par simple mail, la fin de leur contrat. Ils ont même jusqu’à ce vendredi pour trouver un nouveau fournisseur, sous peine de se retrouver sans électricité.

    #Leclerc #électricité #énergie #france #linky #économie #privatisation #client #commerce

  • La Compil’ de la Semaine
    https://www.les-crises.fr/la-compil-de-la-semaine-26

    Chaque semaine, nous vous proposons notre Compil’ de la Semaine : une sélection de dessins de presse à la fois drôles et incisifs, ainsi que des vidéos d’analyse participant à l’indispensable travail d’auto-défense intellectuelle. Bonne lecture et bon visionnage à toutes et à tous ! Dessins de Presse Vidéos Praxis : Ce qu’on ne vous […]

    #Miscellanées #Compil_de_la_Semaine #Miscellanées,_Compil_de_la_Semaine

  • #Harcèlement et #maltraitance institutionnelle à l’#université

    Le harcèlement est devenu un véritable #fléau dans les universités. Il touche tous les personnels. Les #femmes en sont les premières victimes. En cause un #management de plus en plus délétère, des conditions de travail qui brisent les #solidarités, des mesures de prévention très insuffisantes et des plans d’action pour l’#égalité professionnelle qui restent anémiques.

    L’université va mal. Alors que Frédérique Vidal, dans une conférence de presse de rentrée totalement hors sol, célébrait récemment son bilan sur un air de « Tout va très bien Madame la Marquise », des enquêtes et analyses montrent que cette rentrée universitaire est la plus calamiteuse qui soit : la #précarité_étudiante reste dramatique en l’absence de toute réforme des bourses - promise et oubliée -, les #burnout explosent chez les personnels, eux aussi de plus en plus précaires, et les jeunes docteurs sont nombreux à considérer que « la #France est un pays sans avenir pour les jeunes chercheurs ». Significativement une enquête en 2020 auprès d’un millier de personnels de l’Université de Strasbourg nous apprenait que 46 % des enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs considéraient que les conditions d’exercice de leurs missions étaient mauvaises alors que 49% d’entre eux étaient pessimistes quant à leur avenir professionnel.

    En 2021, avec 30 000 étudiants supplémentaires sans les moyens nécessaires pour les accompagner, les universitaires en sont réduits à gérer la #pénurie et à constater une dégradation inexorable des conditions d’étude et de travail. La crise sanitaire a certes fonctionné comme un démonstrateur et un accélérateur de cette dégradation, mais elle ne saurait masquer la #violence_institutionnelle et la responsabilité historique de l’État lui-même. Depuis 20 ans au moins, les politiques publiques ont méthodiquement saigné, privatisé et précarisé les #services_publics de la santé et du savoir, l’hôpital et la #recherche. L’ironie est cruelle : beaucoup de celles et ceux qui prennent soin de nos corps et de celles et ceux qui fécondent notre esprit sont aujourd’hui en grande souffrance physique et psychique. Si un tel contexte affecte au sein de l’université et de la recherche les personnels de tous statuts, il n’en reste pas moins que les inégalités sont exacerbées et que les salariés les plus touchés sont les précaires et les femmes.

    Les 18 observations qui suivent sont issues d’une expérience de dix années d’accompagnement d’enseignantes et d’enseignants qui sont en difficulté ou en souffrance. De plus en plus souvent en grande souffrance. Elles ne portent que sur des situations de personnels enseignants - mais certaines d’entre elles pourraient aussi être pertinentes pour des personnels Biatss - et ne traitent pas du harcèlement au sein de la communauté étudiante ou entre personnels et étudiants, un sujet tout aussi grave. Cet accompagnement de personnels enseignants est réalisé à titre syndical, mais aussi comme membre d’un CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). J’estime aujourd’hui que la souffrance des personnels a atteint et dépassé les limites de ce qui est humainement et éthiquement admissible. Afin de comprendre la nature de ces limites, je formule une série de réflexions, à partir de notes prises au fil des années. Il me semble qu’elles portent un sens, même si elles ne peuvent être généralisées et n’ont pas une valeur de vérité absolue. Il s’agit ici d’un témoignage reposant sur une expérience, possiblement partageable, certainement partagée par d’autres collègues, une expérience également informée par des échanges avec des représentants de personnels de diverses universités. Ces observations sont suivies d’une brève réflexion sur les plans d’action pour l’égalité femmes-hommes dans les universités, plans dont l’institution se sert trop souvent pour créer un effet de masque sur des pratiques intolérables.

    1. S’il arrive que des hommes soient victimes de situation de présomption de harcèlement ou de pression au travail, je constate que sur 10 dossiers ce sont en moyenne 8 femmes qui sollicitent un accompagnement. Cette moyenne est relativement constante d’une année à l’autre.

    2. Les situations de présomption de harcèlement moral dont les femmes sont victimes comportent souvent une dimension sexiste, si bien que les frontières entre harcèlement moral et harcèlement sexuel sont poreuses.

    3. La difficulté la plus grande pour prouver une situation de harcèlement, qu’il soit moral ou sexuel, consiste dans le recueil de témoignages qui ne soient pas anonymes.

    4. Quand les personnels sollicitent un accompagnement syndical, ils sont en souffrance depuis de nombreux mois, souvent plus d’un an, parfois plusieurs années. On peut en déduire que les procédures de prévention, d’alerte et de signalement ne fonctionnent pas bien.

    5. Les situations de présomption de harcèlement ou de pression au travail procèdent le plus souvent par « autorité hiérarchique », l’auteur appartenant à une direction de composante, d’institut ou de laboratoire. Ces membres de la direction de structures peuvent, en certains cas, être eux-mêmes victimes de pression au travail, voire de harcèlement. Ils subissent en particulier une pression forte des directions des universités et ont la responsabilité de gérer la pénurie.

    6. On observe depuis la loi LRU et la généralisation des appels à projet et de la concurrence entre les universités, laboratoires et collègues, un exercice de plus en plus bureaucratique, solitaire et autoritaire de la gestion des différentes structures d’enseignement et de recherche : alors que les enseignants-chercheurs et chercheurs en responsabilité sont des pairs élus - et non des supérieurs hiérarchiques directs de leurs collègues -, ils se comportent de plus en plus comme des chefs d’entreprise.

    7. Il est rare qu’une situation de harcèlement implique seulement deux personnes : l’auteur du harcèlement et sa victime. Le harcèlement se développe dans un collectif de travail qui présente des problèmes organisationnels et prospère avec la complicité active des uns et le silence des autres.

    8. Le nombre et la gravité des situations de pression au travail et/ou de harcèlement sont proportionnels au degré de sous-encadrement, de sous-formation des encadrants et de restriction budgétaire que subit une composante.

    9. Les moyens les plus fréquemment utilisés dans le cadre d’un harcèlement d’un.e enseignant.e par voie hiérarchique sont les suivants : le dénigrement et la dévalorisation, parfois en direction des collègues, voire des étudiants, l’imposition d’un service non souhaité, l’imposition de tâches administratives, l’évaluation-sanction, la menace de modulation du service à la hausse pour cause de recherche insuffisante, le refus d’accès à des responsabilités ou à des cours souhaités, le refus de subventions ou de soutien financiers pour la recherche, les menaces de sanctions disciplinaires.

    10. Le harcèlement administratif peut prendre trois formes. Soit un retard ou une incapacité durable de l’administration à résoudre une situation en raison d’un sous-encadrement des services - c’est très fréquent. Soit des erreurs ou des fautes de l’administration qu’elle ne reconnaît pas - c’est régulier. Soit un refus politique de reconnaitre les torts de la hiérarchie, et par conséquent de l’établissement lui-même – c’est systématique.

    11. Le harcèlement d’un personnel peut être organisé avec comme objectif de le faire quitter la faculté ou le laboratoire à des fins de réorganisation des formations ou de la recherche, ou encore pour des raisons de postes.

    12. La saisine des sections disciplinaires pour des fautes ou des comportements déviants qui pouvaient être traités dans le cadre d’une médiation, est de plus en plus fréquente, ce qui témoigne d’une dérive autoritaire des présidents d’université qui n’hésitent plus à utiliser et à abuser des pouvoirs que leur attribue la LRU.

    13. Le traitement des situations de harcèlement conduit le plus souvent les DRH à déplacer la victime dans une autre composante alors que le personnel harcelant est confirmé dans son poste et ses responsabilités. La victime subit alors une triple peine : le changement professionnel qui implique soit un surtravail, soit un désoeuvrement dans le cas d’une placardisation ; l’absence de reconnaissance du préjudice et l’absence de réparation ; l’injustice, la révolte et la souffrance provoquées par le maintien du personnel harceleur dans ses responsabilités.

    14. Les personnels de santé – médecins de prévention, psychologues du travail – avouent leurs difficultés ou même leur impuissance à aider efficacement les victimes. Ils finissent par conseiller à la victime de s’en aller, de démissionner, de changer de poste. Il arrive aussi que des militants syndicaux formulent le même conseil afin de protéger la victime.

    15. L’administration passe plus de temps et d’énergie à construire son irresponsabilité qu’à traiter les situations de souffrance au travail. Elle estime tour à tour que ce sont les directeurs de composantes qui n’aident pas la DRH, que les médecins sont impuissants ou que le CHSCT est responsable de l’enquête en cours et de ses résultats. Tout est fait pour dédouaner les équipes politiques et les directions administratives en place. Chacun pense à se protéger juridiquement avant de protéger la victime.

    16. Au premier rang du travail de déresponsabilisation de l’institution par elle-même, il y a l’imputation presque systématique de la responsabilité de la vie privée du personnel dans la cause de sa souffrance, et en particulier dans les facteurs qui ont déclenché une tentative de suicide ou un suicide.

    17. Les cabinets d’expertise en risques psychosociaux, les formations au management et le développement des pratiques de coaching traitent rarement les causes du harcèlement et de la souffrance au travail : ils ont pour fonction principale de remettre les personnels au travail.

    18. Les « Assises des ressources humaines » et autres procédures participatives qui se mettent en place dans les universités, de même que les proclamations de « bienveillance » qui accompagnement les discours des directions et présidences, constituent les derniers avatars du management néolibéral, principalement destinés à auréoler les DRH des universités d’une vertu éthique et démocratique.

    C’est aussi cette dernière question qui traverse le communiqué de presse du SNESUP-FSU de l’université de Strasbourg sur la politique sociale et la stratégie de cet établissement. A quoi donc peuvent servir des « Assises des Ressources humaines » si le président qui les propose distribue de manière discrétionnaire des primes d’intéressement à 9 professeurs des universités dont 8 hommes et une femme ? Parallèlement, je poserais aussi la question suivante : à quoi donc peuvent servir tous les plans de parité et d’égalité professionnelle qui sont adoptés en ce moment dans les universités si les établissements d’enseignement supérieur sont incapables d’éradiquer en leur sein les multiples pratiques de pression au travail, de dénigrement, de discrimination ou de harcèlement ?

    Ces Plans d’action pour l’égalité professionnelle femmes-hommes dans l’Enseignement supérieur et la recherche existent depuis 2013, ont été relancés en 2018 et inscrits en 2019 dans la loi de Transformation de la fonction publique. Les universités ont donc l’obligation de les adopter. Ces plans d’action, tels qu’ils sont actuellement conçus et mis en œuvre par les institutions, ne doivent pas nous leurrer : même si certains dispositifs sont propres à faire avancer les causes de l’égalité et de la parité – la lutte contre les inégalités salariales en particulier -, ils constituent d’abord les produits d’une communication et d’une politique néolibérale qui ont pour fonction de donner une apparence féministe et humaniste à un management qui reste fondamentalement masculin et autoritaire. Soyons aussi attentif à ceci : il se pourrait que se mette en place un management « diversitaire ». Vous serez managés et « ménagés », certes en fonction des multiples évaluations que vous subissez, mais aussi en fonction de votre genre, de votre statut, de vos orientations et bien sûr de vos conceptions et pratiques des libertés académiques.

    Pour finir, j’insiste sur ceci : le silence doit cesser. Des drames humains se déroulent à bas bruit au sein des universités. Ce silence n’est plus supportable. L’état de mal-être et de souffrance des personnels est tel qu’il est grand temps de tirer le signal d’alarme. Les administrations, en protégeant les harceleurs, font plus que mépriser les victimes : elles légitiment et favorisent toutes les formes de violence au travail, de discrimination et de sexisme. Mais les administrations ne sont pas séparables des agents qui les composent, des enseignants qui sont parfois devenus, malgré eux ou volontairement, des administrateurs à mi-temps et à temps plein. Il n’y aura pas d’amélioration des relations de travail au sein des facultés et laboratoires sans une réflexion collective qui conduise à des amendements dans les comportements individuels, à une promotion et une défense active de la collégialité qui ne peut exister sans le respect de l’intégrité de chaque personne. C’est à ces conditions que l’on pourra faire de la recherche et de l’enseignement l’invention d’un sujet collectif qui ne peut exister sans ce qui est au fondement de l’éthique : être un sujet pour un autre sujet.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/111021/harcelement-et-maltraitance-institutionnelle-l-universite

    #facs #précarisation #privatisation #souffrance #harcèlement_moral #sexisme #harcèlement_sexuel #autorité_hiérarchique #loi_LRU #concurrence #appels_à_projets #silence #sous-encadrement #sous-formation #restrictions_budgétaires #dénigrement #dévalorisation #évaluation-sanction #menace #sections_disciplinaires #médiation #dérive_autoritaire #placardisation #réparation #injustice #silence #irresponsabilité #déresponsabilisation #bienveillance #coaching #management_néolibéral #mal-être

    ping @_kg_

    –-

    ajouté à la métaliste sur le #harcèlement_sexuel à l’université :
    https://seenthis.net/messages/863594
    et plus précisément ici :
    https://seenthis.net/messages/863594#message863596

  • L’UFC-Que choisir épingle la SNCF pour les retards de ses trains Par Nicolas Guarinos
    https://www.lefigaro.fr/societes/l-ufc-que-choisir-epingle-la-sncf-pour-les-retards-de-ses-trains-20211005

    Le constat fait par l’étude UFC Que choisir est sans appel : le réseau ferroviaire français nécessite des efforts urgents de rénovation et d’entretien pour améliorer la qualité du service proposé. Dans une étude publiée ce mardi, https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-reseau-ferroviaire-une-politique-d-investissement l’association avance que les défaillances d’infrastructures ont mené à la multiplication des « ralentissements et [des] arrêts de circulation imposés ». De quoi allonger « les temps de transport et [peser] sur la compétitivité du train par rapport à d’autres moyens de transport ».


    Au total, ces défaillances ont engendré un total de 340 millions de minutes de retards de trains en 2018, pour les quelque 5 millions d’utilisateurs annuels, a calculé l’organisation. Soit un retard annuel moyen de 68 minutes par utilisateur. Et, au-delà de la qualité de service, le sous-investissement chronique affecterait « la performance du gestionnaire d’infrastructures, SNCF Réseau », note l’UFC-Que choisir. L’association estime ainsi que « la circulation d’un train en France demande 2,8 fois plus d’agents et 1,7 fois plus de capitaux que dans les pays européens ».

    Les petites lignes permettant de desservir finement le territoire sont les parents pauvres du réseau, note l’étude, qui souligne qu’elles regroupent « 70 % des sections de voies ralenties ». « La vétusté des infrastructures pèse ainsi sur la qualité de service, ce qui accélère la désaffection des usagers au profit de la voiture, et enclenche un cercle vicieux d’abandon du train », analyse le document. Longtemps délaissés, leur entretien et leur renouvellement requièrent des efforts massifs, 6,4 milliards d’euros entre 2020 et 2028.

    Pour l’UFC-Que Choisir, ce constat peu flatteur s’explique avant tout par l’équation budgétaire impossible à laquelle est confrontée SNCF Réseau : ses recettes ajoutées aux contributions publiques ne couvrent pas ses besoins d’investissements et ses coûts d’exploitation. Face à un soutien public insuffisant, la dette de l’entreprise a ainsi dépassé 38 milliards d’euros, fin 2020. L’organisation recommande donc aux pouvoirs publics d’augmenter leur soutien financier à SNCF Réseau pour garantir les investissements nécessaires à la rénovation et à la modernisation du réseau. L’UFC-Que Choisir recommande aussi aux pouvoirs publics d’imposer à SNCF Réseau des critères de performance et des mécanismes réellement incitatifs et crédibles en cas de non-respect de ces derniers, pour s’assurer que le service soit rendu dans les meilleures conditions.

    Des constats contestés par SNCF Réseau
    Contacté par nos soins, SNCF Réseau conteste certains des constats réalisés par l’association. D’abord, en 2018, le gestionnaire d’infrastructures comptabilisait un total de deux millions de minutes de retard, loin des 340 millions chiffrés dans l’étude. En outre, le groupe s’appuie sur les données fournies par le gestionnaire d’infrastructures européen, et assure que les effectifs engagés pour la gestion du réseau français sont dans la moyenne de l’Union, avec 1,1 équivalent temps plein par kilomètre de réseau. Loin, une fois encore, du constat alarmant de l’UFC-Que Choisir.

    SNCF Réseau rappelle également que l’année 2020 aura enregistré d’importants montants investis dans les lignes de desserte fine du territoire, avec 419 millions d’euros engagés contre 322 millions d’euros en 2019, et une moyenne de 250 millions d’euros pour les années antérieures. Le gestionnaire souligne aussi que le plan de relance du gouvernement intègre pour 2021 une composante « petites lignes » qu’il qualifie de « significative ». Cette dernière prévoit un financement direct de l’État aux projets de régénération à hauteur de 300 millions d’euros, et des dotations de l’État pour renforcer la capacité budgétaire d’investissement de SNCF Réseau à hauteur de 250 millions d’euros et 70 millions de dotations via des cessions à venir du Groupe SNCF.

    SNCF Réseau précise enfin que le plan de relance alloue quelque 4,1 milliards d’euros à la régénération et la modernisation du réseau d’infrastructure ferroviaire. L’État a également repris 35 milliards d’euros de dette de SNCF Réseau dans le cadre du « nouveau pacte ferroviaire », de quoi alléger les comptes de l’entreprise.

    #sncf #train #transports #transport #france #travail #trains #privatisation #services_publics #TER #tgv #ferroviaire #infrastructures

  • La #numérisation du #contrôle_migratoire européen

    Le contrôle migratoire européen repose aujourd’hui sur la collecte, la sauvegarde et le partage d’#informations_biométriques_numérisées par les polices et consulats des États membres. Du premier fichier dit #SIS (#Système_d’informations_Schengen) issu du rapprochement des polices dans les années 1980 contre la criminalité transfrontalière à l’#Entry_Exit_System qui ambitionne d’enregistrer l’ensemble des voyageurs vers l’Europe à partir de 2022, ces #bases_de_données dessinent un #contrôle_à_distance, en amont dès le pays de départ et en aval au sein même de l’espace Schengen, souvent déconnecté de tout franchissement frontalier. Un tel #contrôle_numérisé nourrit une #industrie de la surveillance et de la #sécurité en pleine expansion. Ce phénomène peut être rapproché de la mise en carte d’antan tout en se singularisant par un #contrôle_individualisé dans un fantasme de #surveillance_généralisée de l’ensemble des #mobilités contemporaines.

    https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/les-migrations-en-europe/surveillance-et-contr%C3%B4le-des-migrations/la-num%C3%A9risation-du-contr%C3%B4le-migratoire-europ%C3%A9en

    #surveillance #frontières #migrations #réfugiés #asile #biométrie #données #privatisation #complexe_militaro-industriel

    ping @isskein @karine4 @etraces

  • #Salaire des #fonctionnaires : « On entre dans une logique de #contractualisation et de #liberté »

    Selon le spécialiste de la réforme de l’Etat #Luc_Rouban, la #conférence_sur_les_perspectives_salariales des fonctionnaires qui s’ouvre mardi pourrait acter la mise en place d’une nouvelle architecture de la fonction publique.

    Alors que la ministre de la transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, ouvre, mardi 21 septembre, une conférence sur les #perspectives_salariales des fonctionnaires, le spécialiste de la réforme de l’Etat Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS, chercheur au Centre d’études de la vie politique française de Sciences Po (Cevipof), montre que cela sous-tend une transformation profonde de la #fonction-publique.

    A six mois de la présidentielle, ouvrir une conférence de six mois sur la rémunération des fonctionnaires, est-ce un gadget politique ou le début d’un vrai travail de fond ?

    C’est le début d’un vrai travail de fond. S’il s’agissait d’un gadget politique, le calendrier serait particulièrement mal choisi. Des promesses faites aujourd’hui n’engagent à rien… Ce serait même plutôt un mauvais calcul politique.

    Là, il s’agit de régler un problème de fond. La disparition d’un certain nombre de #corps (celui des préfets, des inspections, etc.) amorce une réforme plus large de la fonction publique française. Celle-ci sort d’un #modèle_corporatif et se dirige vers un #modèle_d’emploi, comme dans la plupart des pays européens.

    C’est-à-dire ?

    L’existence de corps fait que le parcours des fonctionnaires est prévu à l’avance. Là, on fait sauter le #verrou_corporatif, et une nouvelle architecture de la fonction publique se met en place, avec une relation plus individualisée entre l’agent et l’employeur. Cela permet une plus grande #mobilité pour les fonctionnaires. Mais cela remet aussi en cause tout le système de #rémunération et de #progression. Il faut donc d’autres règles générales pour encadrer cette nouvelle situation, situation dans laquelle le jeu stratégique entre les #syndicats et le #gouvernement est brouillé.

    Car on sort également de l’habitude du grand rendez-vous salarial annuel tournant autour de la question de l’augmentation générale du #point_d’indice, avec une application corps par corps. On entre dans une logique de #contractualisation et de #liberté. Le poids de l’#avancement pèse sur le fonctionnaire à titre individuel beaucoup plus qu’avant : ce sera à lui de se préparer, de chercher des formations, de rédiger un bon CV, de solliciter un autre ministère ou un autre établissement public, d’accepter d’être mis en #concurrence avec d’autres agents ou des candidats venant du privé.

    On se rapproche de la logique du privé. C’est plus compliqué pour le fonctionnaire, mais les corps conduisent aussi à ce qu’après quelques années, on se retrouve bloqué dans son avancement. Vous arrivez à 45, 50 ans et vous n’avez plus beaucoup d’avenir. Il est souvent impossible d’accéder à l’#indice_salarial le plus élevé, et cela nourrit de la #frustration et du #mécontentement.

    Le système est donc bien à bout de souffle, comme le dit #Amélie_de_Montchalin ?

    Jusqu’à Nicolas Sarkozy, on faisait des augmentations générales, et on s’arrangeait avec les #primes. C’est une fausse #individualisation. Le système est bloqué et s’auto-reproduit : la #hiérarchie, des grands corps au sommet jusqu’aux fonctionnaires de catégorie C, est figée. Pourtant, la crise sanitaire a mis en lumière le caractère essentiel des #emplois_d’exécution. On commence donc à s’interroger sur la #hiérarchie_sociale et l’#utilité relative des uns et des autres dans la fonction publique.

    Dans la perspective de la présidentielle, tout cela représente-t-il un atout pour Emmanuel Macron afin de séduire les 5,6 millions de fonctionnaires, quand la socialiste Anne Hidalgo propose de doubler le salaire des enseignants ?

    Il peut se démarquer face à la proposition d’Anne Hidalgo, qui reste quantitative et très spécifique, en proposant une refonte qualitative concernant l’ensemble des fonctionnaires qui associe la question des #rémunérations à celle du déroulement des #carrières, des #qualifications et des #conditions_de_travail. Cela lui permet de faire du « en même temps » puisqu’il peut aussi se présenter comme quelqu’un de responsable qui cherche à préserver les équilibres budgétaires ou, du moins, à limiter les déséquilibres.

    En mécontentant donc l’électorat de droite, essentiel pour le candidat Macron, qui souhaite diminuer la dépense publique ?

    L’électorat de droite n’est pas totalement néolibéral… Même à droite, on défend le service public et l’Etat-providence. Le patronat a applaudi les mesures exceptionnelles qui ont protégé les entreprises et les salariés. Les Français ont conscience que le #service_public assure un minimum de #cohésion_sociale, ne serait-ce que par les forces de sécurité. Il existe une demande très forte de protection et d’intervention publique. La droite parlementaire fait une erreur stratégique en reprenant la logique néolibérale de 2017. Elle dit qu’il faut diminuer les dépenses, et donc, le nombre de fonctionnaires, mais sans proposer de réflexion sur l’architecture interne de la fonction publique et sur ses métiers. C’est donc un moyen pour Emmanuel Macron de se démarquer, ici aussi.

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/09/20/salaire-des-fonctionnaires-on-entre-dans-une-logique-de-contractualisation-e
    #fonctionnariat #néo-libéralisme

  • Marseille-Nice : TF1, France 2 et BFMTV vantent les bienfaits de la concurrence à la SNCF
    https://www.telerama.fr/ecrans/marseille-nice-tf1-france-2-et-bfmtv-vantent-les-bienfaits-de-la-concurrenc

    [...]

    France 3 se distingue par sa mise en perspective grâce à l’analyse d’un journaliste en plateau. « La SNCF risque de perdre ses lignes les plus rentables, prévient Julien Cholin. La ligne Marseille-Nice, c’est 10 % des voyageurs mais 30 % des recettes du réseau TER Paca. Pour les petites lignes desservant les hauteurs de la région niçoise, la SNCF était seule en lice, Transdev ne s’était pas positionné. » Pas assez rentable. Le journaliste signale aussi qu’aucun concurrent ne s’est présenté lors de l’attribution des lignes Bordeaux-Nantes et Lyon-Nantes. Bref, la mise en concurrence revient, selon la coutume, à privatiser les bénéfices et à mutualiser les pertes.

    [...]

    En fait, Transdev s’est engagé à multiplier par deux les rotations, quatorze par jour au lieu de sept ». Magnifique. « Comment Transdev a fait pour gagner cet appel d’offres ? — Il a proposé le service le plus ambitieux, répond Pierre Kupferman, deux fois plus de trains par jour qu’aujourd’hui pour le même prix. » Remarquable effort (dont il faudra bien que certains fassent les frais… au hasard, les cheminots ?).

    En réalité, le doublement du nombre de dessertes ne doit rien aux bonnes grâces de Transdev. Cette condition figurait dans l’appel d’offres soumis par le conseil régional. Tous les candidats à l’exploitation de la ligne ont donc chacun proposé deux fois plus de trains quotidiens… De l’art d’attribuer au privé un mérite qui revient à la collectivité publique – laquelle mobilise une belle hypocrisie pour le cacher. En prenant le train de sa communication, toutes les chaînes ont déraillé.

    #sncf #privatisation #transdev

  • La SNCF va perdre la liaison TER Marseille-Nice, une décision historique
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/09/08/la-sncf-va-perdre-la-liaison-ter-marseille-nice-au-profit-de-transdev-une-de

    On va avoir les trains à l’heure, on va avoir des rabais, avec une qualité de service !

    Abruti de Muselier

    Qu’on demande aux britaniques ce qu’ils pensent de la privatisation des chemins de fer.

    #chemin_de_fer #privatisation #demain_on_rase_gratis

  • « Lighthouse » ou comment Patrick Aebischer veut faire de la Suisse un pôle à vaccins
    https://www.letemps.ch/economie/lighthouse-patrick-aebischer-veut-faire-suisse-un-pole-vaccins

    Vite éteindre une nouvelle flambée de Covid-19, ou d’une autre maladie, par le biais de l’ARN messager, depuis une « usine pilote » en Suisse et de conteneurs à vaccins, pour une production itinérante. Le dernier projet de l’ex-président de l’EPFL a été porté à Berne.

    Demain peut-être, un conteneur pas plus grand qu’une armoire sera dépêché dans un pays frappé par une mutation dangereuse du covid ou une nouvelle maladie. En une semaine, il permettra de fabriquer, sur place, un sérum pour neutraliser le virus et d’éteindre l’incendie avant qu’il ne se propage. Ce conteneur n’aurait de sens qu’avec la technologie de l’ARN messager qui permet une production d’un vaccin rapide et pas chère. Il n’aurait pas non plus de raison d’être sans une « usine pilote », pourquoi pas en Suisse, dont la mission consisterait à produire, très vite, des doses pour des essais cliniques et assurer les besoins de la Suisse en vaccins.

    Le conteneur, l’ARNm et cette usine sont les pièces centrales du projet « Lighthouse » (phare, en anglais) porté par l’ex-président de l’EPFL Patrick Aebischer, des chercheurs et industriels suisses et présenté cet été à la Confédération. L’initiative vise à combler des lacunes mises en avant par la pandémie dans la production et la distribution des vaccins. Par le biais d’un partenariat public-privé, elle doit permettre de rendre aux Etats une souveraineté en matière de vaccins.

    La suite payante

    #Vaccins_arn #vaccins #vaccin #arn #vaccination #santé_publique #partenariat #public-privé #ppp #privatisation

  • Des centaines d’opposants contre les « bassines »
    http://www.lessentiel.lu/fr/news/france/story/des-centaines-d-opposants-contre-les-bassines-24898891

    Entre 500 personnes et 1 000 personnes se sont rendues à pied jusqu’au site où doit être prochainement creusée l’une des seize « bassines » prévues sur le bassin de la Sèvre niortaise, situées en majorité dans le département des Deux-Sèvres.

    Ces réserves doivent être alimentées par l’eau des cours d’eau et des nappes phréatiques en hiver, ce qui fait dire aux opposants qu’elles constituent une « privatisation rampante de l’eau au profit de quelques-uns ».


    Ces réserves doivent être alimentées par l’eau des cours d’eau et des nappes phréatiques en hiver, ce qui fait dire aux opposants qu’elles constituent une « privatisation rampante de l’eau au profit de quelques-uns ». (photo : AFP/Philippe Lopez)

    Des pancartes « De l’eau pour nos rivières », « Plus de vaches, moins de bâches » ou encore « No Bassaran », le slogan des opposants, étaient visibles dans le cortège, réuni à l’appel du collectif « Bassines Non Merci ».

    A l’aide de « pigouilles », des bâtons de bois qui servent à pousser les barques dans le marais poitevin, les manifestants ont symboliquement délimité l’emprise du projet. Sur ce terrain, une pelleteuse avait été incendiée il y a plusieurs jours.

    « Le premier usage à protéger, c’est l’eau potable »
    « On ne valide pas (ce geste) mais on ne condamne pas non plus », a assuré Julien Leguet, porte-parole de « Bassines Non Merci ».

    Même si le tribunal administratif de Poitiers a demandé à la coopérative de l’eau des Deux-Sèvres de revoir sa copie pour 9 des 16 bassines prévues, les travaux des premières réserves sont imminents.

    « Ils pourraient démarrer d’ici une à deux semaines à #Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres). Cette manifestation, c’était pour nous l’une des toutes dernières occasions pour faire entendre notre voix », a affirmé Julien Leguet.

    Présente à Saint-Sauvant, tout comme le candidat du NPA à la présidentielle Philippe Poutou, pour lequel l’opposition aux bassines s’inscrit dans une lutte « contre les logiques productivistes », la maire écologiste de Poitiers Léonore Moncond’huy a souhaité que des décisions soient prises « maintenant ou dans les mois qui viennent » pour protéger l’accès à une eau « de plus en plus rare ». « Le premier usage à protéger, c’est l’eau potable », a-t-elle dit.

    #Eau #privatisation #vol #bassines #France #maïs #marais_poitevin (qui s’assèche) #Deux-Sèvres

  • « E.Macron lance à Marseille la transformation libérale de l’école : Bonne nouvelle, l’Ecole va bien se retrouver au centre du débat de la présidentielle. Mauvaise nouvelle : E Macron va faire campagne sur un programme ultra libéral pour l’école publique. »
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2021/09/03092021Article637662492148869796.aspx

    Présentant le 2 septembre son plan pour le Grand Marseille, le président de la République a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022. Dans ces écoles, les directeurs choisiront les enseignants et disposeront d’une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation « d’acteurs extrascolaires ». Cette « école du futur » reprend le vieux projet libéral d’une école privatisée. On pouvait penser que le gouvernement stopperait ses réformes d’ici les élections. Il fait le choix inverse, d’aller plus loin dans la libéralisation de l’Ecole. Et probablement d’inscrire cette contre révolution libérale dans le programme d’E Macron aux présidentielles.

    #Ecole_publique #privatisation

    • https://seenthis.net/messages/928248#message928439

      #Marseille cobaye d’un nouveau modèle d’école radicalement inégalitaire .

      🔹création d’une société pilotée par l’État pour la réhabilitation des écoles (sans nombre d’écoles ni montant de financement).

      🔹rénovation d’une 15 aine d’écoles dores et déjà financées sur les 174 écoles que E. Macron décrit lui-même comme délabrées.

      🔹10 micro-collèges et 10 micro-lycées dès 2022.

      🔹Expérimentation dans 50 écoles d’une “nouvelle méthode” , "l’école du futur" dès la rentrée 2022 à Marseille et d’autres territoires :
      – liberté pour les directeurs de recruter leur équipe (enseignants et non enseignants)
      – adapter les rythmes scolaires
      – des enseignants "qui pensent cette période du CM1 à la 5e".
      – plus de liberté contre plus de résultats
      – Possibilité de généraliser après évaluation en 2023.

      ⚠️ Casse du service public de l’ Education nationale avec autonomie des établissements, statut hiérarchique des directeurs d’école, casse des statuts des enseignants (1er/2nd degré).

      👉 c’est un programme présidentiel ultra-libéral pour l’école que Macron a présenté.

      Jlm

  • Le code QR s’invite dans les calanques surfréquentées de Marseille
    https://reporterre.net/Le-QR-code-s-invite-dans-les-calanques-surfrequentees-de-Marseille

    Un système de réservation va être mis en place pour accéder à la calanque de Sugiton. Ce site naturel est dégradé par la surfréquentation, et il faut en limiter l’accès pour préserver ses richesses.

    Après une courte randonnée sous un soleil assommant, elle apparaît, splendide, au détour d’un énième virage : la calanque de Sugiton. De là, le tableau est éblouissant. En contrebas, une crique à l’eau translucide s’engouffre dans la terre ; lame turquoise scindant la rocaille cernée par une forêt de pins. Le paysage est majestueux, mis en musique par un concert de cigales.


    C’est pour s’offrir ce spectacle que des milliers de touristes débarquent ici tous les jours. À seulement 45 minutes de marche du parking de la faculté d’architecture de Luminy, Sugiton est la calanque la plus accessible de Marseille. La plus étroite aussi : la plage ne tient que sur une vingtaine de mètres et seuls quelques rochers plats sont au cœur d’une colline verdoyante. Alors, quand la saison estivale déverse ses flots de touristes sur la ville, la calanque est littéralement prise d’assaut. « Ce n’est plus tenable. On ne parle même plus de surfréquentation, mais d’hyperfréquentation, dit Didier Réault, vice-président de la métropole Aix-Marseille-Provence et président du conseil d’administration du parc national des Calanques. On a eu des journées avec plus de 2 000 personnes sur le site, soit quasiment six par mètre carré ! »

    En 2019, le parc a recensé 2 millions de visiteurs, puis 3 millions en 2020. Les températures hors saison étant de plus en plus douces, les calanques sont désormais visitées toute l’année. « La crise sanitaire a accentué le phénomène, précise Didier Réault. Après le premier confinement, les gens se sont rués dans les calanques, avec des pics de fréquentation en mars qu’on ne connaissait jusqu’ici qu’en plein été. »

    Mardi 13 juillet 2021, le conseil d’administration du parc a donc décidé de mettre en place un système de réservation avec permis de visite nominatif qui entrera en vigueur en mars 2022. « La mesure peut paraître contraignante, c’est un vrai changement de philosophie, admet François Bland, le directeur du parc. On n’est pas trop habitués à cela en France, contrairement au Royaume-Uni ou aux États-Unis où l’accès aux parcs naturels est bien plus limité. »
    . . . . . .
    Les réservations se feront en ligne ou sur l’application Mes Calanques via un système de QR code à présenter sur place. Un contrôle sera effectué au col de Sugiton en amont de la calanque par une société privée de sécurité. Il sera possible de réserver trente jours à l’avance et de nouveaux créneaux seront ouverts quelques jours avant. Une première étape avant un accès payant au site ? « Il en est hors de question, on conservera la gratuité absolue de l’accès au site, c’est fondamental pour nous », assure le directeur.
    . . . . . .
    « Maintenant, il faut voir qui on exclut avec ce système, il ne faudrait pas que les locaux soient pénalisés au profit des touristes », précise Marine. « Moi je me décide à venir du jour au lendemain, j’ai pas envie de planifier ma venue six mois à l’avance ! Et beaucoup n’ont pas d’ordinateur », dit Gérard, un retraité habitué des lieux, croisé à l’ombre d’un pin au creux de la calanque.

    Les visiteurs moins à l’aise avec les outils numériques, souvent les plus âgés, auront-ils une autre solution pour se rendre sur place ? Un système de réservation par téléphone « n’est pas prévu pour le moment, mais effectivement c’est à prendre en compte », rétorque François Bland. Et le système qui s’appliquera demain à Sugiton pourrait se généraliser rapidement à d’autres calanques. « On est sur une expérimentation, mais c’est sûr qu’on devra probablement limiter l’accès à d’autres sites », admet François Bland, avant de lâcher : « La calanque En-Vau sera probablement la prochaine sur la liste. »

    #qrcode #surveillance #smartphone #actualités_françaises #france #algorithme #pass_sanitaire #tourisme #ségrégation #exclusion #écologie #privatisation

  • L’accès aux soins fond, la médecine sombre et le système de santé se fragmente
    On ne mesure pas suffisamment les conséquences désastreuses de la commercialisation des soins de santé.
    https://www.lalibre.be/debats/opinions/2021/08/29/lacces-aux-soins-fond-la-medecine-sombre-et-le-systeme-de-sante-se-fragmente

    Si les priorités des journalistes et des chercheurs ne devaient se fonder que sur un critère, ce serait l’importance de la souffrance et de la mortalité que l’information recherchée permettrait d’éviter. Et si, avec ce critère à l’esprit, il est un sujet qui, à côté du climat, mérite toute notre attention, c’est bien la perte d’accès aux soins de santé de qualité professionnelle ici et ailleurs.
    https://www.lalibre.be/resizer/ryvmNHOMrPeLJt7rbEmv5_NbnBI=/768x512/filters:focal(558.5x353:568.5x343)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/OXX7OYPDDBHRBGJNITEQOJYSDE.jpg
    Pour s’en convaincre, il faut savoir que dans les années 80, en Allemagne de l’Est, 50 à 60% de l’amélioration de la mortalité était liée à des maladies vulnérables aux soins de santé https://www.demogr.mpg.de/publications/files/1257_1042711497_1_Avoid-Germ-Poland.pdf. . Et même si la mortalité évitable est aujourd’hui plus proche de 30% (1), il y a dans le monde près de 60 millions de décès et donc, au bas mot, 20 millions de morts évitables chaque année. Aucun autre facteur pris isolément n’a un tel impact sur notre vie et notre mort. Le manque d’accès aux soins tue quatre fois plus que le changement climatique (5 millions/an), (2) et tout indique que cette préséance risque de se prolonger.

    Les conséquences de la commercialisation
    D’autant qu’une lame de fond balaie les systèmes de santé et accroît la mortalité évitable : la commercialisation des soins, la privatisation des services de santé et surtout celle de la gestion des fonds de la sécurité sociale. Après les États-Unis et les pays en développement, la vague est aux portes de l’Europe. Déjà, la Suisse et la Hollande ont rendu obligatoire l’assurance santé contractée auprès d’un assureur privé. Et ailleurs, leur part dans les dépenses de santé ne cesse de croître - sans qu’aucune base scientifique solide n’étaie cette politique. Au contraire, on peut penser qu’après que les assurances aient été privatisées, l’accès aux soins se réduise ; les dépenses de santé flambent ; l’éthique professionnelle se détériore ; et la pratique de la médecine se déprofessionnalise. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0020731419847113

    Les stratégies de privatisation des soins ont été rodées au Chili, en Colombie, en Suisse et aux Pays-Bas. Les Etats réduisent les dépenses de santé tant qu’ils gèrent la sécurité sociale, ce qui la rend inacceptable aux patients et aux praticiens. Puis, après la privatisation, le ciel est leur limite. La quantité d’argent qui peut ainsi changer de main est gigantesque, puisque les dépenses de santé frôlent les 18% de PIB aux États-Unis (où le marché des assurances de santé est mûr) contre une moyenne de 10% dans les pays de l’OCDE.

    Les conséquences pratiques et théoriques de la commercialisation des soins méritent qu’on s’y attarde :

    – Avec la réduction de l’accès aux soins, la mortalité évitable augmente, mais aussi les migrations internationales.

    – La coopération internationale a sa part de responsabilité dans cette situation, elle qui a supprimé la coopération médicale pour que dans les services publics des pays en développement, on ne délivre que des programmes de santé publique, à l’exclusion des soins médicaux individuels, qui sont laissés au secteur privé. Au passage, avec ces partenariats public-privé, la coopération a créé une gigantesque bureaucratie – 120 « Global Health Initiatives », une par maladie/problème de santé - qui s’étend de Washington, Genève ou Bruxelles au plus petit village africain – sans que les Objectifs du Millénaire, malgré leur ambition très limitée, aient été atteints en Afrique.

    – Les facultés de médecine ont longtemps transmis aux étudiants une culture professionnelle et elles cherchaient, sans toujours y parvenir, à personnaliser la formation du médecin. Mais le paradigme de la formation technique - le transfert de compétences - s’est substitué à l’éducation et a desséché la formation des médecins.

    – Les politiques de privatisation segmentent les systèmes de santé avec des services pour les riches et d’autres pour les pauvres, et elles entravent la coordination clinique.

    – L’incidence des intérêts privés en recherche médicale dans les universités publiques n’a cessé de se développer. C’est pour cela que le secteur privé ne souhaite pas la privatisation de ces universités : parce qu’elles travaillent déjà pour lui. La recherche médicale s’y est donc centrée sur la relation patient / maladie / environnement / technologie, en oubliant la pratique médicale.

    – La plupart des responsables identifient la gestion de la santé au management à finalité commerciale et industrielle, alors que la pratique éthique de la médecine et les services publics justifient une gestion à finalité sociale et professionnelle, pour autant que les services publics soient destinés à garantir le droit à la santé - l’accès de tous aux soins de qualité professionnelle, dans un système universel.

    Trois forces nécessaires
    Comment résister au rouleau compresseur des banques assurances ? Si les partis politiques sont sensibles aux sirènes du lobbying des banques assurances, trois forces pourraient s’allier pour imposer l’examen politique du fondement scientifique de la privatisation des assurances de santé.

    Ce sont d’abord les organisations généralistes de patients, telles que les mutuelles, et les associations de professionnels de la santé qui pourraient ensemble définir une politique de santé dont la portée symbolique permettrait de défier les partis. Cependant, il faudrait que leurs négociations recourent à des critères scientifiques pour s’assurer que les exigences et objectifs de chaque partie reflètent bien les intérêts des patients et des professionnels.

    Puis il y a les acteurs économiques qui n’investissent pas dans les assurances de santé, et surtout ceux qui investissent hors du secteur de la santé, qui devraient pouvoir être convaincus de ce qu’ils n’ont rien à gagner de la privatisation des assurances de santé puisque plusieurs points de PIB pourraient ainsi changer de main.

    En définitive, la réalisation du droit à la santé conditionne la justice sociale, mais aussi la santé économique de l’Europe. En outre, la politique de coopération internationale des États européens devraient refléter les principes humanistes qui continuent, mais pour combien de temps encore, à inspirer chez eux la mission de la sécurité sociale et des services de santé. Sans prise de conscience collective, la commercialisation des soins de santé continuera à avancer de manière larvée, puis de plus en plus rapidement – et la sécurité sociale si chèrement acquise en Europe disparaîtra, tout comme la pratique éthique de la médecine et l’autonomie professionnelle des médecins.

    (1) Nolte E, McKee M. “Variations in amenable mortality trends in 16 high-income nations.” Health Policy 2011 ;103(1):47-52.
    (2) Qi Zhao, Yuming Guo, Tingting Ye, et al. Global, regional, and national burden of mortality associated with non-optimal ambient temperatures from 2000 to 2019 : a three-stage modelling study. Lancet Planet Health 2021 ; 5 : e415–25

    Une carte blanche de Jean-Pierre Unger, Prof. Em. Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, Département de Santé Publique, Visiting Professor, Health and Society Institute, University of Newcastle. (https://jeanpierreunger.be)

    #santé #soins #médecine #médecins #mortalité #commercialisation des soins #privatisation #assurance #sécurité_sociale #assurance_santé #public-privé #bureaucratie #technologie #management #banques_assurances

    • L’incidence des intérêts privés en recherche médicale dans les universités publiques n’a cessé de se développer. C’est pour cela que le secteur privé ne souhaite pas la privatisation de ces universités : parce qu’elles travaillent déjà pour lui.

  • Les « hôtels hospitaliers » se généralisent pour améliorer la prise en charge du patient Marie-Cécile Renault
    https://www.lefigaro.fr/social/les-hotels-hospitaliers-se-generalisent-pour-ameliorer-la-prise-en-charge-d

    Ces structures évitent aux malades de longs transports, libèrent des lits à l’hôpital et font faire des économies.

    Les « hôtels hospitaliers », expérimentés de 2017 à fin 2020, qui permettent à certains patients de bénéficier d’une chambre à proximité de l’hôpital, pourront désormais être généralisés à tous les établissements de soins, publics comme privés, selon un décret et un arrêté publiés jeudi au Journal officiel.


    Le premier hôtel hospitalier de la Fondation Hopale a ouvert ses portes le 16 janvier dernier à Berck-sur-Mer. Sebastien JARRY/PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

    Le développement des hôtels hospitaliers s’inscrit dans le virage ambulatoire. Ces structures s’adressent aux patients n’ayant pas besoin de surveillance ou de soins médicaux particuliers, mais qui nécessitent un hébergement de court terme en amont ou en aval d’une hospitalisation. L’objectif est à la fois d’optimiser les soins pour les patients, de leur éviter des transports, mais aussi de faire de la place à l’hôpital en libérant des lits, et de réaliser des économies pour la Sécurité sociale.

    « Nous ne remplaçons pas l’hôpital par des hôtels ; il ne s’agit pas de faire moins d’hôpital. C’est un dispositif qui améliore la qualité de la prise en charge pour certains patients et permet de . . . . . .

    La suite payante

    #privatisation #hôtel #hôtellerie #destruction de l’ #hôpital #France #travail #psychiatrie #en_vedette #médecine #hôpitaux #santé #Fondation_Hopale

  • Des terrasses partout, une fausse bonne idée ? - Inter-Environnement Bruxelles
    https://ieb.be/Des-terrasses-partout-une-fausse-bonne-idee

    Extraits :

    La transformation d’un espace auquel on accède gratuitement, en un espace où il faut débourser pour y rester, renforce également le risque d’auto-exclusion de personnes qui fréquentaient le lieu et ne s’y sentent plus les bienvenues. Permettre l’extension des terrasses sur une plus grande portion de l’espace public n’est pas un choix sans conséquences : il exclura une partie des usages, la partie non monétarisée. Si les mesures sont temporaires, on pourrait être tenté de les accepter sans rien en dire, mais le risque réside dans l’extension dans le temps de l’exceptionnel. Permise aujourd’hui sous couvert de nécessité économique, l’extension déraisonnée de l’horeca sur l’espace public sera peut-être difficile à contester demain. Or, les logiques marchandes imposent certains comportements : à (...)

    #privatisation

  • Du vin, de la bière, un héritage colonial et un mécano fiscal

    En poussant la porte d’un caviste Nicolas, peu de clients savent qu’ils pénètrent dans une enseigne du groupe Castel, une multinationale qui s’est im- posée comme le premier négociant français de vin, troisième sur le marché international. À la tête de l’entreprise, la très discrète famille Castel compte parmi les dix premières fortunes hexagonales. Mais ce champion vinicole est aussi – et surtout – un vieil empire françafricain de la bière et des boissons gazeuses.

    Note sur : Survie : De l’Afrique aux places offshore
    L’empire Castel brasse de l’or

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/12/du-vin-de-la-biere-un-heritage-colonial-et-un-mecano-fi

    #castel #afrique

  • Abstention : l’explication par Adrexo
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/abstention-lexplication-par-adrexo

    La faute aux sondeurs ? La faute aux éditocrates ? La faute aux politiques ? La faute à tout le monde ? La flagellation collective de la petite bande médiatico-politique est une incontournable consolation des soirées télé électorales avec forte abstention. En vedette dimanche soir, alors que les deux tiers des électeurs se sont abstenus lors des élections régionales et départementales, Laurent Delahousse, qui a successivement incriminé ses invités incapables de se laisser parler, et les rédactions ""qui ne sont plus dirigées par des journalistes"". Très bien. Excellente analyse, que je ne vais pas contredire ici.

    Mais si je peux me permettre, il faudrait aussi examiner une autre explication. Un nombre encore indéterminé d’électeurs n’ont tout simplement pas reçu les professions de foi des candidats. Indéterminé, mais tout indique qu’il est élevé (confidence : j’en suis). La raison : pour la première fois, la distribution des professions de foi avait été « externalisée » par le gouvernement, dans sept régions sur quinze, à une société privée, Adrexo. Cette société de 25 000 salariés, basée à Aix-en-Provence, est spécialisée dans la distribution de brochures publicitaires. Sans adresses, donc. Ces derniers jours, plusieurs élus et candidats ont alerté sur les retards dans la distribution des professions de foi, avec à l’appui des photos parlantes. Dans la presse nationale, seul le « Huffington Post » y a consacré un article d’ensemble (et pourtant, même la presse de droite, me semble-t-il, devrait être sensible aux questions de distribution du courrier).

    Le problème n’est-il apparu que ces tout derniers jours ? Pas du tout. Une rapide recherche « Adrexo » sur mon moteur préféré fait apparaître un intéressant incident, remontant au mois dernier : le 25 mai dernier, des employés de la petite ville d’Hérimoncourt (Doubs) découvrent à la lisière d’une forêt des enveloppes, dont certaines détruites ou incendiées. Elles contiennent les professions de foi du sénateur Cédric Perrin (LR) pour les élections départementales. Selon « L’Est Républicain », un intérimaire de 21 ans, employé par Adrexo, arrêté le lendemain, a avoué s’être débarrassé des enveloppes, faute de temps suffisant pour la distribution.

    Interpellé par le sénateur Jean-Louis Masson (tête de liste RN aux départementales en Moselle), le ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin a fait la réponse suivante : ""Il semblerait totalement anachronique d’empêcher l’État d’externaliser la distribution de la propagande jusqu’aux boîtes aux lettres des électeurs, secteur qui est aujourd’hui ouvert à la concurrence, alors même que l’État s’efforce d’optimiser ses ressources dans le cadre d’une politique générale de meilleure gestion des deniers publics.""

    Sur les conditions de travail au sein d’Adrexo, une autre affaire jette un éclairage intéressant. Après sept ans de procédure, un couple de l’Orne a obtenu d’Adrexo un rattrapage de salaires de 139 469 euros. Ils avaient décidé de rompre leur contrat à temps partiel, contrat qui ne comportait aucun horaire, et leur imposait de se tenir à la disposition de la société. Récit de l’un d’eux : ""On attendait qu’on nous contacte pour pouvoir nous organiser, classer les publicités, parfois jusqu’à six, et les distribuer. On utilisait notre voiture personnelle. Quand nous étions prévenus à la dernière minute, nous devions faire vite. On pouvait commencer à 4 heures du matin et on ne savait pas quand on terminait.""

    ""En janvier", rappelle Public Sénat, « la section CGT de La Poste s’était interrogée sur les capacités de l’opérateur privé à remplir sa mission, avec seulement 17 000 distributeurs, contre quatre fois plus de facteurs pour La Poste »".

    Dans le Titanic électoral de dimanche, Adrexo n’est pas seulement un prestataire défaillant. C’est aussi le symptôme d’un État obsédé « d’externalisations », laissant crever ses propres services publics, jusqu’à se révéler incapable d’organiser des élections. Dans un univers politique normal, Gérald Darmanin aurait présenté sa démission hier soir. Dans un univers médiatique normal, Adrexo devrait être le sujet principal de la campagne du second tour. Jusqu’ici, combien d’émissions de Pascal Praud ont été consacrées à ce saccage de la démocratie ? Et combien d’enquêtes au « 20 Heures » de Laurent Delahousse ?

    #privatisation #abstention #externalisation #élections

    • https://www.leparisien.fr/politique/regionales-la-distribution-des-documents-electoraux-connait-de-graves-dys

      Gauche et droite dénoncent à l’unisson des dysfonctionnements, à la veille du premier tour des élections régionales et départementales. Les partis politiques sont loin d’être les seuls : régions, départements et communes ont déploré samedi que dans « de nombreuses communes » les documents officiels de propagande électorale (professions de foi des candidats et bulletins de vote) n’aient « pas été distribués aux électeurs » qui voteront ce dimanche.

      « Malgré les nombreuses alertes » remontées au ministère de l’Intérieur, « la défaillance du service public national des élections est inacceptable et ne peut qu’alimenter l’abstention », préviennent dans un communiqué commun les collectivités (l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France).

      Jugeant ces documents « d’autant plus indispensables » que la crise sanitaire du Covid-19 « a fortement réduit la capacité à faire campagne », elles appellent le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à « mobiliser des moyens exceptionnels » pour remédier à ces manquements, notamment pour le second tour le 27 juin. « Ce service public, qui reposait naguère sur les préfectures et La Poste, a été en grande partie privatisé mais les prestataires ne semblent pas avoir d’obligation de résultat », ajoutent-elles.
      Une distribution « délirante »

      Gérald Darmanin avait accusé jeudi devant le Sénat la société Adrexo d’avoir « particulièrement mal distribué une partie de la propagande électorale », et présenté les « excuses » du gouvernement qui lui a délégué cette distribution.
      À lire aussi
      Yvelines : les facteurs dénoncent les conditions de distribution des plis électoraux

      Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a dénoncé samedi une « distribution délirante par Adrexo ». « Il ne suffit pas d’excuses ou de condamnations, il faut assurer la distribution de second tour dans des conditions parfaites comme dans toute démocratie digne de ce nom ! », a-t-il tweeté.

      Le président de LR, Christian Jacob, a mis en garde contre des « graves dysfonctionnements (qui) menacent la bonne organisation démocratique » et reproché au gouvernement, « alerté depuis plusieurs semaines », de n’avoir pas réagi.

      La France insoumise avait fustigé dans une conférence vidéo mardi des « graves défaillances dans la distribution de la propagande électorale ». Le député Adrien Quatennens a notamment évoqué des plis électoraux mis à la poubelle, ou regroupés dans une seule boîte aux lettres, ou encore des plis sans enveloppes, etc. Selon lui, ces dysfonctionnements concernent des dizaines de milliers d’électeurs.

    • Distribution de la propagande électorale : Gérald Darmanin sera entendu mercredi au Sénat par la commission des Lois
      https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/distribution-de-la-propagande-electorale-gerald-darmanin-sera-entendu-me

      Tracts non-arrivés à destination, retrouvés brûlés dans les bois… Après ce qui s’apparente au fiasco dans certaines zones de la distribution de la propagande électorale, la commission des Lois du Sénat a décidé d’entendre Gérald Darmanin, sur les dysfonctionnements qu’ont fait remonter nombre d’élus de terrain.

      L’audition, retransmise en direct sur Public Sénat, se déroulera mercredi 23 mai à 8 heures, et devrait durer 45 minutes. Le ministre de l’Intérieur sera notamment interrogé sur les difficultés rencontrées par la société Adrexo, qui au terme d’un appel d’offres avait remporté la distribution de la propagande pour quatre ans dans sept régions.

      Pour François-Noël Buffet, sénateur LR du Rhône et président de la commission des Lois, « le ministère de l’Intérieur était informé depuis plusieurs jours des problèmes d’acheminement des documents de propagande électorale, il est urgent de remédier à ce dysfonctionnement pour le second tour ! ».

      Les représentants de La Poste et d’Adrexo ont d’ailleurs déjà été entendus ce matin au ministère de l’Intérieur. Interrogé sur ces dysfonctionnements lors de la séance de question au gouvernement du 16 juin, Gérald Darmanin avait fait savoir qu’il souhaitait remettre en cause le marché public confié à Adrexo.

    • https://www.mediapart.fr/journal/france/210621/avant-les-rates-de-la-campagne-adrexo-etait-deja-denonce-par-ses-salaries

      Avant les ratés de la campagne, Adrexo était déjà dénoncé par ses salariés

      Le spécialiste de la distribution de prospectus est entré dans la lumière en raison de sa gestion désastreuse du matériel de « propagande électorale ». Les conditions de travail y sont dénoncées depuis longtemps et les condamnations s’enchaînent.
      ....

      Depuis plusieurs jours, Adrexo est au cœur de multiples accusations d’avoir mal fait le travail pour lequel il avait été désigné : d’innombrables citoyens n’ont pas reçu l’enveloppe électorale qui leur était destinée, des courriers ont été retrouvés entassés sur des boîtes aux lettres, dispersés dans des poubelles ou dans la nature, voire… brûlés en lisière de forêt.

      Les ratés ont été récurrents. Une lecture de la presse régionale permet d’en trouver la trace en Haute-Loire, en Maine-et-Loire, dans le Pas-de-Calais, dans le Cantal ou en Indre-et-Loire, dans le Cher ou les Ardennes.

      « La défaillance du service public national des élections est inacceptable et ne peut qu’alimenter l’abstention », avaient prévenu le 19 juin l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et régions de France, suivies par presque tous les responsables politiques nationaux. Un exemple éclatant des conséquences délétères que peut revêtir l’externalisation des actions de service public, récemment dénoncées par le collectif de hauts fonctionnaires Nos Services publics.

      Appartenant au groupe Hopps, qui détient aussi Colis privé, et revendiquant 18 000 salariés, Adrexo a été la première entreprise privée à remporter des marchés de distribution de matériel électoral officiel, en mars. En théorie, cette possibilité avait été ouverte en 2005, mais La Poste en avait conservé le monopole jusque-là.
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      Désormais, Adrexo, qui se présente comme « le leader privé de la distribution d’imprimés publicitaires, de courriers adressés et de petits colis en France », a le droit de faire parvenir les professions de foi des candidats aux électeurs de sept régions (Hauts-de-France, Grand Est, Normandie, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes), comptant 51 départements. Et ce en théorie pour les quatre ans à venir, donc également pour l’élection présidentielle du printemps prochain.

      Ce lundi 21 juin, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a convoqué l’entreprise, ainsi que La Poste, qui continue a travailler pour les cinq régions restantes, pour la sermonner. « Il leur a rappelé l’obligation de résultats qui les liait. Il leur a demandé expressément de garantir que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent pas pour le second tour », indique le ministère dans un communiqué. Le ministre a aussi averti que « tous les enseignements des erreurs commises seront tirés au lendemain du second tour de ces élections ».

      Pour cette semaine, les préfets superviseront la mise sous pli et la distribution de la propagande électorale et « une cellule opérationnelle de suivi de la distribution » sera mise en place, avec un point sur la situation « réalisé deux fois par jour […] pour traiter dans les plus brefs délais les incidents signalés ».

      Voilà qui fait désordre pour une entreprise qui se vantait en mars d’avoir obtenu l’appel d’offres grâce à « son maillage territorial et son expertise avérée sur le marché de la distribution de courriers », mais aussi grâce à « la qualité et l’engagement des équipes commerciales et opérationnelles ». Une promesse qui avait aussi séduit Sophia, recrutée par le biais de l’agence d’intérim en ligne GoJob, comme des milliers d’autres salariés ponctuels (des centaines d’annonces ont été passées dans la Marne ou en Bourgogne).

      « Moi qui pensais faire un petit boulot utile car au service de notre système démocratique, je m’attendais à ce que ce soit sérieux, lance la jeune femme. Comme on nous l’a répété plusieurs fois chez Adrexo, ce sont des enveloppes du ministère de l’intérieur que nous distribuons, et c’est une responsabilité ! En cas de manquement, nous pouvons être lourdement sanctionnés… Mais, apparemment, ce sérieux et cette responsabilité ne nous sont pas destinés, à nous les petites mains. »

      La rancœur de Sophia est très largement partagée, bien au-delà du monde politique qui vient de découvrir à ses dépens les problèmes de fiabilité de l’entreprise – l’entreprise vient d’assurer sans ciller que les « perturbations » sont dues à une « cyberattaque » dont elle aurait été « victime » en mai.
      « Épuisement et surmenage »

      Car, outre les problèmes de distribution des enveloppes destinées aux électeurs, Adrexo est loin d’être une entreprise inconnue pour qui s’intéresse aux conditions de travail des salariés les plus précaires.

      Depuis une dizaine d’années, on croise son nom dans de nombreux témoignages, et dans de multiples contentieux judiciaires. Fin 2019, John* (son prénom a été modifié) avait déjà témoigné auprès de Mediapart de pratiques proches de celles que raconte Sophia.

      John racontait avoir constaté que parmi la « cinquantaine de distributeurs » de prospectus et de courriers qu’il avait côtoyés dans le centre d’Île-de-France où il avait brièvement travaillé, « aucun ne travaillait avec une badgeuse, ni en préparation, ni en distribution », et qu’il n’en avait même pas vu « qui traînait sur un bureau ou ailleurs, comme [il a] pu en voir chez un concurrent ».

      « En pratique, le responsable de centre vous dit que la badgeuse est donnée seulement après la période d’essai. Ou encore vous fait clairement comprendre que, quoi qu’il arrive, il a la main sur nos temps de travail déclarés… », déclarait John.

      Il indiquait n’avoir tenu que trois semaines à son poste de distributeur, avant d’être placé en arrêt-maladie « pour cause d’épuisement et de surmenage », alors qu’il n’avait pas 40 ans et disposait de « toutes [ses] capacités physiques ». Contacté, Adrexo n’a pas répondu à nos questions.

      Les conditions de travail déplorables des distributeurs de prospectus d’Adrexo ont été racontées dès 2011.

      Sophia et John ne sont pas les seuls, loin de là, à critiquer leur employeur éphémère. Les conditions de travail déplorables des distributeurs de prospectus d’Adrexo ont été racontées dès 2011 par L’Humanité, mais aussi sur le site Basta ! par le journaliste Julien Brygo, qui a repris cette enquête pour son livre Boulots de merde publié en 2016 avec Olivier Cyran (regarder notre entretien sur le livre).

      À l’époque, le journaliste estimait que « chez Adrexo, le salaire moyen est de 400 euros pour une bonne soixantaine d’heures de travail mensuelles ». Et le travail y est physique, puisqu’il demande de conditionner et de transporter des dizaines et des dizaines de kilos de papier. Il faut par ailleurs travailler chez soi, et faire sa tournée avec sa propre voiture…

      Logiquement, seuls les plus précaires s’y risquent : retraités en recherche de complément de revenu, étudiants, personnes ayant besoin d’un boulot coûte que coûte, comme des femmes enceintes accumulant les heures pour avoir droit à un congé maternité.

      En 2015, la documentariste Nina Faure consacrait à ce sujet un documentaire efficace, disponible gratuitement sur le site de la société de production C-P Productions. Le film reprend notamment des extraits d’une enquête d’« Envoyé spécial », qui avait suivi en 2012 le travail d’Adrien, 81 ans, peinant à distribuer les prospectus aussi vite qu’il le devait et passant ses week-ends à préparer avec sa femme, gratuitement, les paquets de documents à distribuer dans la semaine…

      En août 2011, un autre retraité, Raymond D., 75 ans, est mort, 19 jours après avoir repris le travail chez Adrexo, comme Mediapart l’avait raconté. Incapable de subsister avec sa retraite de 740 euros, il avait accepté ce travail ardu, payé 238 euros par mois, pour 26 heures mensuelles, alors qu’il était bien incapable de l’accomplir : il devait soulever plusieurs centaines kilos de papier par jour, mais il était cardiaque, diabétique, marchait péniblement et avait déjà été victime d’un infarctus.

      Adrexo a été condamné en 2015 à payer à sa famille 5 000 euros de dommages et intérêts, pour défaut de visite médicale et manquement à l’obligation de santé et de sécurité au travail.

      En août 2020, Mediapart a aussi relaté le cas de Fisayo, un Nigérian sans papiers et distributeur de prospectus au « noir » pour un sous-traitant d’Adrexo.

      Face à ces témoignages, une citation tirée d’une enquête du magazine Marianne en octobre 2009 refait régulièrement surface. Frédéric Pons, dirigeant de l’époque d’Adrexo, et à nouveau aux commandes actuellement, vantait le modèle de son entreprise : « Honnêtement, j’estime qu’Adrexo rend service à ces gens : grâce à ce boulot, ils se maintiennent en forme et économisent un abonnement au gymnase club. Rémunérés pour faire du sport : il n’y a pas de quoi crier au servage. »

      Sans grande surprise, les déboires judiciaires de l’entreprise sont très nombreux. Dès 2009, les prud’hommes de Nantes la condamnaient à verser la somme faramineuse de 953 639 euros à 23 salariés, officiellement employés à temps partiel alors qu’ils travaillaient à temps plein.

      Ce motif de condamnation poursuit l’entreprise depuis lors, et les sommes à débourser sont régulièrement vertigineuses : 30 000 euros d’amende en appel face à la cour d’appel de Pau et 480 000 euros pour 13 salariés face à celle de Grenoble en 2012, 600 000 euros pour 17 salariés à Saint-Nazaire en 2018, près de 140 000 euros en appel pour un couple de l’Orne en 2020…

      Au cœur de ces contentieux, on trouve la notion de « préquantification » du temps de travail : pendant très longtemps, Adrexo, tout comme son principal concurrent, Mediapost, filiale de La Poste, fixait arbitrairement (et rémunérait) un certain nombre d’heures de travail, sans prendre en compte le temps de travail réellement effectué.

      Devant la multiplication des réclamations, le ministère du travail avait publié en 2007 un décret autorisant cette pratique, prévue par la convention collective du secteur. Le Conseil d’État avait annulé ce décret deux ans plus tard. Le ministère l’avait donc réécrit en 2010, pour le voir à nouveau annulé en 2012. Depuis, la justice condamne régulièrement l’entreprise s’il s’avère qu’elle était informée que ses salariés dépassaient les heures prévues par la préquantification.
      Adrexo sauvé par le gouvernement en 2019

      Jusqu’à 2016, Adrexo appartenait à Spir Communication, une filiale du groupe Sipa Ouest-France. Mais il a été repris début 2017 par Hopps, groupe copiloté par Frédéric Pons. Cependant, en septembre 2019, le groupe tout entier a été à deux doigts de faire faillite. Il a fallu que le ministère de l’économie s’en mêle pour obtenir le gel de ses dettes à l’Urssaf, puis obtienne 1,5 million d’euros d’aide de la métropole Aix-Marseille (son siège social est à Aix-en-Provence).

      Les motifs d’inquiétude sur cette entreprise auraient donc pu être sérieux pour le gouvernement, bien avant le premier tour des élections régionales. Pourtant, le 13 mai dernier, Gérald Darmanin, alerté par un sénateur, balayait encore les critiques, en déclarant qu’il « semblerait totalement anachronique d’empêcher l’État d’externaliser la distribution de la propagande jusqu’aux boîtes aux lettres des électeurs, secteur qui est aujourd’hui ouvert à la concurrence, alors même que l’État s’efforce d’optimiser ses ressources dans le cadre d’une politique générale de meilleure gestion des deniers publics ».

      Aujourd’hui, le principal syndicat de l’entreprise, la CAT, relaye la « honte » des salariés « devant le traitement médiatique qui entoure leur entreprise », dont les actionnaires ont, assure le syndicat, « très souvent un comportement incompatible avec des relations sociales normales ».

      La CAT estime qu’« Adrexo s’est précipité sur ce marché pour des raisons financières en n’ignorant pas ses lacunes chroniques » et tire une fois encore le signal d’alarme : pour le second tour, l’entreprise n’aura que quatre jours pour distribuer les professions de foi et doit embaucher des milliers de personnes. Dans quelles conditions ? « Le plus “facile” est passé, estime le syndicat. Reste maintenant ce que tout le monde dans l’entreprise craint depuis le début, le second tour. »

      #darmanin #travail

    • Le groupe Hopps échappe in extremis au redressement judiciaire
      https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/le-groupe-hopps-echappe-in-extremis-au-redressement-judiciaire-1173665

      Le leader de la distribution de prospectus né de la reprise des activités de Spir, a trouvé 31,5 millions d’euros pour faire face à ses difficultés conjoncturelles. Il prévoit un retour à l’équilibre dès 2021.

      Publié le 21 févr. 2020 à 10:14

      Il s’en est fallu de peu. La veille de son probable placement en redressement judiciaire jeudi dernier, le groupe Hopps né de la reprise en 2017 des activités prospectus déficitaires de Spir, a bouclé in extremis un plan de financement de 31,5 millions d’euros déterminant pour la poursuite de ses activités.

      L’an passé, à cause de la crise des gilets jaunes, son marché avait enregistré un recul de près de 10 % représentant un manque à gagner de plus de 25 millions d’euros contrariant son plan de développement. L’été dernier, la trésorerie avait été en si piteux état que la paye de juin avait été réglée en deux fois, provoquant la panique parmi les 18.000 salariés d’Adrexo, le navire amiral de ce groupe de 22.000 personnes. L’entreprise affichait alors 42 millions d’euros de perte. La nouvelle équipe les a réduites de moitié en 2018 et prévoyait un retour à l’équilibre l’année suivante. Au lieu de ça, Adrexo a subi une perte de 29 millions l’an passé.

      Encouragés par le Comité interministériel de restructuration industriel , les trois opérateurs bancaires qui avaient participé à un premier tour de financement de 30 millions d’euros en juillet dernier (Cepac, Crédit Agricole Alpes Provence, GDP Vendôme) ont débloqué un nouvel emprunt de 6 millions chacun. Thémis Banque rejoint le trio pour un montant équivalent. La Région Sud et Aix-Marseille Métropole ont avancé 1,5 million. Enfin l’Etat a consenti à geler les dettes fiscales et sociales du groupe à hauteur de 6 millions. Le total de la dette d’Hopps s’élève désormais à 61 millions d’euros. Débarrassé de cette pression conjoncturelle, le groupe estime pouvoir à présent dérouler le programme industriel qu’il a conçu autour de plusieurs leviers.
      Plusieurs leviers de croissance

      Le premier reste le prospectus. « C’est une valeur sûre de la promotion marketing des enseignes de la grande distribution, un support résilient efficace et peu intrusif pour véhiculer un message promotionnel », est persuadé Frédéric Pons, coprésident et actionnaire du groupe avec Eric Paumier. Ses distributeurs dont beaucoup sont désormais équipés d’assistants personnels pour garantir la traçabilité de leurs prospectus, en ont encore distribué 9 milliards l’an passé. Les tarifs ont augmenté en conséquence de 10 % pour les 25.000 clients du groupe.

      Les autres leviers proviennent de la distribution de courrier, notamment de petits paquets qui se glissent dans la boîte aux lettres, de colis, et de la valorisation de données. Le groupe prévoit encore une perte de 10 millions d’euros cette année (-35 en 2019) avec 600 millions de chiffre d’affaires (540 en 2019), et un retour aux bénéfices dès 2021.

      #corruption

    • Pour les élections départementales et régionales, dans notre foyer de 3 électeurs inscrits, Adrexo nous a déposé une enveloppe au lieu des six attendues.

  • Le rail privé britannique, ce mort-vivant… Michaël Verbauwhede

    Trains hors de prix, en retard, souvent annulés : même le gouvernement de Boris Johnson doit reconnaître que la privatisation du rail anglais est un échec. Mais plutôt que de le renationaliser comme le demandent deux tiers des Britanniques, il a décidé de relooker la privatisation du rail. Explications.

    En 1994, la Royaume-Uni privatisait l’ensemble de son chemin de fer. Transport de passagers, vente de tickets, entretien des voies… tout allait mieux rouler avec le privé : moins de retards, plus de services, des tickets moins chers.


    Deux tiers des Britanniques demandent la renationalisation du rail anglais. (Photo : We own it)

    Mais très vite, le rail anglais dépérit : de nombreux accidents ont eu lieu, dont le terrible accident de Hatfield (4 morts) dus à un mauvais entretien des voies. Le service se dégrade et les tarifs sont de plus en plus chers. Les Britanniques dépensent en moyenne 14 % de leur salaire mensuel pour faire la navette https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/au-royaume-uni-la-privatisation-des-chemins-de-fer-deraille-628489.html , contre 2 % en France par exemple. Un jeune YouTubeur fait ainsi le calcul qu’il lui revient moins cher de faire le trajet de Sheffield (nord de l’Angleterre) à Essex (est de Londres) en passant par Berlin en avion, plutôt que de prendre le train. https://www.independent.co.uk/travel/news-and-advice/teenager-flies-from-sheffield-to-essex-via-berlin-because-it-is-cheap

    Enfin, les conditions de travail se dégradent, comme en témoigne le splendide film de Ken Loach, The Navigators

    https://www.youtube.com/watch?v=1Gzdrqd4uQE


    The Navigators|2002| VOSTFR ~ WebRip

    Les opérateurs privés en ont par contre tiré des profits importants. Le syndicat anglais TUC a ainsi calculé que les actionnaires des compagnies privées avaient reçu un milliard de livres (environ 1,16 milliards d’euros) en dividendes entre 2013 et 2018.

    La privatisation du rail au Royaume-Uni en 1994 est donc un échec. Suite aux accidents à répétition, le gouvernement britannique avait déjà renationalisé la gestion de l’infrastructure en 2002, en créant Network Rail.

    Même la droite reconnait l’échec
    Mais les retards, les tarifs élevés et la mauvaise qualité du service n’ont pas arrêté pour autant. Les syndicats et voyageurs ont continué à dénoncer l’échec de la privatisation et à réclamer une renationalisation. Deux tiers de la population soutient cette reprise de contrôle public. https://www.independent.co.uk/news/uk/politics/rail-chaos-denationalisation-chris-grayling-labour-two-thirds-bmg-res Sous la direction de Corbyn, le Labour avait également fait campagne en ce sens.

    L’échec du système est visible par tous. Sous pression, de l’opinion publique et des syndicats, le gouvernement de Boris Johnson a été obligé de le reconnaître, dans un rapport qui vient de sortir. Il met donc fin au système tant décrié des franchises. Ce système donnait l’exclusivité à une compagnie privée de faire rouler des trains sur une région ou des lignes bien déterminées. Sur cette franchise, la compagnie fixait les tarifs qu’elle souhaitait.

    Même morte, la privatisation du rail britannique vit encore...
    Dorénavant, une structure ferroviaire nationale unique (Great British Railways) est rétablie, avec un seul système de billetterie. Mais le gouvernement n’en tire pas toutes les conclusions. Car les compagnies privées restent toujours impliquées pour la circulation des trains, par des délégations de services (le public fixe les horaires et tarifs et le privé exploite les trains).

    Le communiqué du gouvernement est assez clair à ce sujet : « ce n’est pas une renationalisation (…) mais une simplification. Si Great British Railways joue le rôle d’âme dirigeante pour coordonner l’ensemble du réseau, notre plan prévoit une plus grande participation du secteur privé ». Et de citer les façons dont le privé pourra s’impliquer dans le transport ferroviaire : faire circuler les trains, innover dans la vente de billets…

    Le gouvernement continue donc à financer les profits du privé avec de l’argent public et celui des voyageurs. Il reste dans une logique de marché. Le groupe d’action We own it, qui se bat pour la renationalisation de toute une série de services publics, estime que cette décision n’est qu’une « privatisation relookée ». Les syndicats soupçonnent qu’il y aura encore des coupes budgétaires et que les profits continueront à aller au privé. https://www.rfi.fr/fr/europe/20210520-royaume-uni-le-gouvernement-d%C3%A9voile-sa-r%C3%A9forme-du-rail

    L’Écosse montre qu’un autre modèle est possible
    Le débat sur la renationalisation du rail au Royaume-Uni fait rage depuis des années. Sous pression, l’Écosse et le Pays de Galle avaient été beaucoup plus loin. L’Écosse a ainsi décidé de renationaliser l’entièreté de son rail en mars 2021, car l’opérateur privé (Abellio filiale de la NS néérlandaise) n’atteignait pas ses objectifs. Fini le privé (contrairement au plan du gouvernement de Boris Johnson), c’est une entreprise publique qui fera désormais rouler les trains en Écosse. Cette entreprise conservera l’ensemble du personnel. Les syndicats et organisations de gauche attendent beaucoup de cette véritable renationalisation écossaise.

    La lutte pour la renationalisation du rail en Angleterre n’est donc pas terminée. Mais cette nouvelle tentative de la droite pour maintenir coûte que coûte la privatisation du rail britannique montre qu’elle est sur la défensive. Elle a du reconnaître que la privatisation des années ‘90 était un échec. Et les syndicats, voyageurs et mouvement de gauche ont déjà annoncé la couleur : ils continueront à se battre pour reconstruire un rail public.

    Source : https://www.solidaire.org/articles/le-rail-prive-britannique-ce-mort-vivant

    #royaume-uni #trains #banlieue #privatisation #Network_Rail #boris_johnson #Great_British_Railway #délégations_de_services #Écosse

  • Greece, ABR: The Greek government are building walls around the five mainland refugee camps

    The Greek government are building walls around the five mainland refugee camps, #Ritsona, #Polykastro, #Diavata, #Makakasa and #Nea_Kavala. Why this is necessary, and for what purpose, when the camps already are fenced in with barbed wire fences, is difficult to understand.
    “Closed controlled camps" ensuring that asylum seekers are cut off from the outside communities and services. A very dark period in Greece and in EU refugee Policy.
    Three meter high concrete walls, outside the already existing barbed wire fences, would makes this no different than a prison. Who are they claiming to protect with these extreme measures, refugees living inside from Greek right wing extremists, or people living outside from these “dangerous” men, women and children? We must remember that this is supposed to be a refugee camps, not high security prisons.
    EU agreed on financing these camps, on the condition that they should be open facilities, same goes for the new camps that are being constructed on the island. In reality people will be locked up in these prisons most of the day, only allowed to go out on specific times, under strict control, between 07.00-19.00. Remember that we are talking about families with children, and not criminals, so why are they being treated as such?
    While Greece are opening up, welcoming tourists from all over the world, they are locking up men, women and children seeking safety in Europe, in prisons behind barbed wire fences and concrete walls, out of sight, out of mind. When these new camps on the islands, financed by Europe are finished, they will also be fenced in by high concrete walls. Mark my words: nothing good will come of this!
    “From Malakasa, Nea Kavala, Polycastro and Diavata camps to the world!!
    “if you have find us silent against the walls,it doesn’t mean that we agree to live like prisoners,but in fact we are all afraid to be threaten,if we speak out and raise our voices!!”

    (https://twitter.com/parwana_amiri/status/1395593312460025858)

    https://www.facebook.com/AegeanBoatReport/posts/1088971624959274

    #murs #asile #migrations #réfugiés #camps_de_réfugiés #Grèce #camps_fermés #barbelés

    • "Ø double military-grade walls
      Ø restricted entrance and exit times (8am-8pm: itself a questionable suggestion: why should people be banned from going outside at any time of day or night? Under what possible justification?)
      Ø a CCTV system and video monitors
      Ø drone flights over the ‘camps’
      Ø camera-monitored perimeter alarms
      Ø control gates with metal detectors and x-ray devices
      Ø a system to broadcast announcements from loudspeakers
      Ø a control centre for the camps at the ministry’s HQ
      And this will be paid for – a total bill of €33m – by the EU.
      As this cash is on top of the €250m the EU has already promised to build these camps – described, we must stress, as ‘closed’ repeatedly in the Greek governments’ ‘deliverability document’ even though the EU, and specifically its Commissioner for Home Affairs Ylva Johansson who confirmed the €250m payment on her visit to the Aegean islands in March this year, promised the EU would not fund closed camps - it is absolutely vital that the Union is not misled into handing over millions of Euros for a programme designed to break international law and strip men, women and children of their fundamental human rights and protections.
      We must stress: these men, women and children have committed no crime. Even if they were suspected of having done so, they would be entitled to a trial before a jury before having their freedom taken away from them for – based on the current advised waiting period for asylum cases to be processed in Greece – up to five years.»

      ( text by Koraki : https://www.facebook.com/koraki.org)
      source : https://www.facebook.com/yorgos.konstantinou/posts/10223644448395917


      source : https://www.facebook.com/yorgos.konstantinou/posts/10223644448395917

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      source : https://www.facebook.com/yorgos.konstantinou/posts/10223657767448885

      #caricature #dessin_de_presse by #Yorgos_Konstantinou

    • Pétition:

      EU: Build Schools, Not Walls

      We strongly stand against allocating European funds to build walls around Greek refugee camps.

      The ongoing fencing work at the Ritsona, Polykastro, Diavata, Malakasa and Nea Kavala camps must stop immediately.

      Greece, with the full support of the European Union, is turning refugee camps into de-facto prisons.

      Millions of euros allocated for building walls should be spent on education, psychological support and the improvement of hygienic conditions in the refugee camps.

      What happened?

      In January and February 2021, the International Organization for Migration (IOM) published two invitations to bid for the construction of fences in refugee camps in mainland Greece.

      However, the fences became concrete walls. In March the Greek Ministry of Migration and Asylum commissioned to build NATO type fences and introduce additional security measures.

      Nobody - including camp residents - was informed about it.

      The walls are a jeopardy for integration, safety and mental health

      Residents of refugee camps fled their country in search for safety. In Europe their (mental) health is worsening because of the horrific conditions in the camps.

      Building the walls after a year of strict lockdown will lead to a further deterioration in their mental state.

      Moreover, it will:
      – deepen divisions between people: it will make the interaction between refugees and the local community even more difficult, if not impossible.
      – make it even harder for journalists and NGO’s to monitor the situation in the camp
      – put the residents of the camps in danger in case of fire.

      As EU citizens we cannot allow that innocent people are being locked behind the walls, in the middle of nowhere. Being a refugee is not a crime.

      Seeking asylum is a human right.

      Democracy and freedom cannot be built with concrete walls.

      Building walls was always the beginning of dark periods in history.

      Crushing walls - is the source of hope, reconciliation and (what is a foundation of European idea) solidarity.

      No more walls in the EU!

      https://secure.avaaz.org/community_petitions/en/notis_mitarachi_the_minister_of_migration_of_greec_eu_build_schools_no

    • La Grèce construit des camps barricadés pour isoler les réfugiés

      L’Union européenne a investi cette année 276 millions d’euros pour la construction de camps de réfugiés sur cinq îles grecques. À #Leros, où un camp de 1 800 places ouvrira bientôt, habitants et ONG s’indignent contre cet édifice barricadé. Le gouvernement assume.

      L’Union européenne a investi cette année 276 millions d’euros pour la construction de camps de réfugiés sur cinq îles grecques. À Leros, où un camp de 1 800 places ouvrira bientôt, habitants et ONG s’indignent contre cet édifice barricadé. Le gouvernement assume.

      Le champ de #conteneurs blancs s’étale sur 63 000 mètres carrés sur une colline inhabitée. Depuis les bateaux de plaisance qui pénètrent dans la baie de Lakki, dans le sud de Leros, on ne voit qu’eux. Ils forment le tout nouveau camp de réfugiés de 1 860 places, interdit d’accès au public, qui doit ouvrir ses portes d’ici à la rentrée sur cette île grecque de 8 000 habitants, qui compte aujourd’hui 75 demandeurs d’asile.

      « Il sera doté de mini-supermarchés, restaurants, laveries, écoles, distributeurs d’argent, terrains de basket », détaille #Filio_Kyprizoglou, sa future directrice. Soit un « village, avec tous les services compris pour les demandeurs d’asile ! », s’emballe-t-elle.

      Mais le « village » sera cerné de hauts murs, puis d’une route périphérique destinée aux patrouilles de police, elle aussi entourée d’un mur surplombé de #barbelés. Depuis sa taverne sur le port de Lakki, Theodoros Kosmopoulou observe avec amertume cette « #nouvelle_prison », dont la construction a démarré en février, sur des terres appartenant à l’État grec.

      Ce nouveau centre barricadé est l’un des cinq camps de réfugiés grecs en construction sur les îles à proximité de la Turquie et ayant connu des arrivées ces dernières années. Ces structures sont financées à hauteur de 276 millions d’euros par l’Union européenne (UE). Si celui de Leros est bien visible dans la baie de Lakki, les centres qui s’élèveront à #Kos, #Samos, #Chios et #Lesbos seront, eux, souvent isolés des villes.

      Ces camps dits éphémères pourront héberger au total 15 000 demandeurs d’asile ou des personnes déboutées. Ils seront tous opérationnels à la fin de l’année, espère la Commission européenne. Celui de Samos, 3 600 places, sera ouvert cet été, suivi de Kos, 2 000 places, et Leros. L’appel d’offres pour la construction des camps de Chios (de 1 800 à 3 000 places) et Lesbos (5 000 places) a été publié en mai.

      Si l’Europe les qualifie de « #centres_de_premier_accueil_multifonctionnels », le ministère grec de l’immigration parle, lui, de « #structures_contrôlées_fermées ». Elles doivent remplacer les anciens camps dits « #hotspots », déjà présents sur ces îles, qui abritent maintenant 9 000 migrants. Souvent surpeuplés depuis leur création en 2016, ils sont décriés pour leurs conditions de vie indignes. Le traitement des demandes d’asile peut y prendre des mois.

      Des compagnies privées pour gérer les camps ?

      Dans ces nouveaux camps, les réfugiés auront une réponse à leur demande dans les cinq jours, assure le ministère grec de l’immigration. Les personnes déboutées seront détenues dans des parties fermées – seulement les hommes seuls - dans l’attente de leur renvoi.

      Un membre d’une organisation d’aide internationale, qui s’exprime anonymement, craint que les procédures de demande d’asile ne soient « expédiées plus rapidement et qu’il y ait plus de rejets ». « Le gouvernement de droite est de plus en plus dur avec les réfugiés », estime-t-il. Athènes, qui compte aujourd’hui quelque 100 000 demandeurs d’asile (chiffre de mai 2021 donné par l’UNHCR), a en effet durci sa politique migratoire durant la pandémie.

      La Grèce vient aussi d’élargir la liste des nationalités pouvant être renvoyées vers le pays voisin. La Turquie est désormais considérée comme un « pays sûr » pour les Syriens, Bangladais, Afghans, Somaliens et Pakistanais.

      (—> voir https://seenthis.net/messages/919682)

      Pour la mise en œuvre de cette #procédure_d’asile, le gouvernement compte sur l’organisation et surtout la #surveillance de ces camps, au regard des plans détaillés que Manos Logothetis, secrétaire général du ministère de l’immigration, déplie fièrement dans son bureau d’Athènes. Chaque centre, cerné de murs, sera divisé en #zones compartimentées pour les mineurs non accompagnés, les familles, etc. Les demandeurs d’asile ne pourront circuler entre ces #espaces_séparés qu’avec une #carte_magnétique « d’identité ».

      "Je doute qu’une organisation de défense des droits humains ou de la société civile soit autorisée à témoigner de ce qui se passe dans ce nouveau camp." (Catharina Kahane, cofondatrice de l’ONG autrichienne Echo100Plus)

      Celle-ci leur permettra également de sortir du camp, en journée uniquement, avertit Manos Logothetis : « S’ils reviennent après la tombée de la #nuit, les réfugiés resteront à l’extérieur jusqu’au lendemain, dans un lieu prévu à cet effet. Ils devront justifier leur retard auprès des autorités du centre. » Les « autorités » présentes à l’ouverture seront l’#UNHCR, les services de santé et de l’asile grec, #Europol, l’#OIM, #Frontex et quelques ONG « bienvenues », affirme le secrétaire général - ce que réfutent les ONG, visiblement sous pression.

      Le gouvernement souhaite néanmoins un changement dans la gestion des camps. « Dans d’autres États, cette fonction est à la charge de compagnies privées […]. Nous y songeons aussi. Dans certains camps grecs, tout a été sous le contrôle de l’OIM et de l’UNHCR […], critique Manos Logothetis. Nous pensons qu’il est temps qu’elles fassent un pas en arrière. Nous devrions diriger ces camps via une compagnie privée, sous l’égide du gouvernement. »

      « Qui va venir dans ces centres ? »

      À Leros, à des centaines de kilomètres au nord-ouest d’Athènes, ces propos inquiètent. « Je doute qu’une organisation de défense des droits humains ou de la société civile soit autorisée à témoigner de ce qui se passe dans ce nouveau camp, dit Catharina Kahane, cofondatrice de l’ONG autrichienne Echo100Plus. Nous n’avons jamais été invités à le visiter. Toutes les ONG enregistrées auprès du gouvernement précédent [de la gauche Syriza jusqu’en 2019 – ndlr] ont dû s’inscrire à nouveau auprès de la nouvelle administration [il y a deux ans - ndlr]. Très peu d’organisations ont réussi, beaucoup ont été rejetées. »

      La municipalité de Leros s’interroge, pour sa part, sur la finalité de ce camp. #Michael_Kolias, maire sans étiquette de l’île, ne croit pas à son caractère « éphémère » vendu aux insulaires. « Les autorités détruisent la nature pour le construire ! », argumente celui-ci. La municipalité a déposé un recours auprès du Conseil d’État pour empêcher son ouverture.

      Ce camp aux allures de centre de détention ravive également de douloureux souvenirs pour les riverains. Leros porte, en effet, le surnom de l’île des damnés. La profonde baie de Lakki a longtemps caché ceux que la Grèce ne voulait pas voir. Sous la junte (1967-1974), ses bâtiments d’architecture italienne sont devenus des prisons pour des milliers de communistes. D’autres édifices néoclassiques ont également été transformés en hôpital psychiatrique, critiqué pour ses mauvais traitements jusque dans les années 1980.

      C’est d’ailleurs dans l’enceinte même de l’hôpital psychiatrique, qui compte toujours quelques patients, qu’a été construit un premier « hotspot » de réfugiés de 860 places, en 2016. Aujourd’hui, 75 demandeurs d’asile syriens et irakiens y sont parqués. Ils s’expriment peu, sous la surveillance permanente des policiers.

      Il n’y a presque plus d’arrivées de migrants de la Turquie depuis deux ans. « Mais qui va donc venir occuper les 1 800 places du nouveau camp ?, interpelle le maire de Leros. Est-ce que les personnes dublinées rejetées d’autres pays de l’UE vont être placées ici ? » Le ministère de l’immigration assure que le nouveau camp n’abritera que les primo-arrivants des côtes turques. Il n’y aura aucun transfert d’une autre région ou pays dans ces centres des îles, dit-il.

      La Turquie, voisin « ennemi »

      Le gouvernement maintient que la capacité importante de ces nouveaux camps se justifie par la « #menace_permanente » d’arrivées massives de migrants de la #Turquie, voisin « ennemi », comme le souligne le secrétaire général Manos Logothetis. « En Grèce, nous avons souffert, elle nous a attaqués en mars 2020 ! », lâche le responsable, en référence à l’annonce de l’ouverture de la frontière gréco-turque par le président turc Erdogan, qui avait alors entraîné l’arrivée de milliers de demandeurs d’asile aux portes de la Grèce.

      Selon l’accord controversé UE-Turquie de 2016, Ankara doit, en échange de 6 milliards d’euros, réintégrer les déboutés de l’asile - pour lesquels la Turquie est jugée « pays sûr »- et empêcher les départs de migrants de ses côtes. « Elle ne collabore pas […]. Il faut utiliser tous les moyens possibles et légaux pour protéger le territoire national ! »,avance Manos Logothetis.

      Pour le gouvernement, cela passe apparemment par la #fortification de sa frontière en vue de dissuader la venue de migrants, notamment dans le nord-est du pays. Deux canons sonores viennent d’être installés sur un nouveau mur en acier, le long de cette lisière terrestre gréco-turque.

      De l’autre côté de cette barrière, la Turquie, qui compte près de quatre millions de réfugiés, n’accepte plus de retours de migrants de Grèce depuis le début de la pandémie. Elle aura « l’obligation de les reprendre », répète fermement Manos Logothetis. Auquel cas de nombreux réfugiés déboutés pourraient rester longtemps prisonniers des nouveaux « villages » de l’UE.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/240621/la-grece-construit-des-camps-barricades-pour-isoler-les-refugies
      #business #HCR #privatisation

    • Grèce : sur l’île de Samos, les migrants découvrent leur nouveau centre aux allures de « prison »

      Sur l’île grecque de Samos, proche de la Turquie, un nouveau camp de réfugiés dit « fermé », isolé et doté d’une structure ultra-sécuritaire vient d’entrer en service. Les quelque 500 demandeurs d’asile qui se trouvaient encore dans l’ancien camp de Vathy ont commencé à y être transférés. Reportage.

      « Camp fermé ? On ne sait pas ce que c’est un camp fermé. C’est une prison ou bien c’est pour les immigrés ? Parce qu’on m’a dit que c’était conçu comme une prison. » Comme ce jeune Malien, assis à côté de ses sacs, les demandeurs d’asile s’interrogent et s’inquiètent, eux qui s’apprêtent à quitter le camp de Vathy et ses airs de bidonville pour le nouveau camp de l’île de Samos et sa réputation de prison.

      Au Cameroun, Paulette tenait un commerce de pièces détachées qui l’amenait à voyager à Dubaï voire en Chine. Ce nouveau camp, elle s’y résigne à contrecœur. « Ça me fend le cœur, dit-elle. Moi je n’ai pas le choix. Si j’avais le choix, je ne pourrais pas accepter d’aller là-bas. C’est parce que je n’ai pas le choix, je suis obligée de partir. »

      Comme elle s’est sentie obligée aussi de quitter le Cameroun. « À Buea, il y a la guerre, la guerre politique, on tue les gens, on kidnappe les gens. Moi, j’ai perdu ma mère, j’ai perdu mon père, j’ai perdu mon enfant, j’ai perdu ma petite sœur, mon grand frère… Donc je me suis retrouvée seule. Et moi je ne savais pas. S’il fallait le refaire, moi je préfèrerais mourir dans mon pays que de venir ici. Oui. Parce que ces gens-ci, ils n’ont pas de cœur. »

      Alors que les transferts entre les deux camps démarrent tout juste, la pelleteuse est déjà prête. La destruction de l’ancien camp de Vathy est prévue pour la fin de semaine.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/35176/grece--sur-lile-de-samos-les-migrants-decouvrent-leur-nouveau-centre-a

  • Prix de l’électricité - Explosion des factures : la nécessité d’une nouvelle régulation en toute transparence - Action UFC-Que Choisir - UFC-Que Choisir
    https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-prix-de-l-electricite-explosion-des-factures-la-n

    Alors que les discussions autour du devenir d’EDF se déroulent dans une déplorable opacité, l’UFC-Que Choisir publie aujourd’hui une étude exclusive qui tire le bilan de l’actuelle régulation du marché, à l’origine des fortes hausses tarifaires frappant les consommateurs. Compte tenu de l’importance cruciale de l’organisation de la concurrence sur le prix de l’électricité, l’UFC-Que Choisir demande un moratoire sur le projet de restructuration d’EDF et la mise en place d’un débat public sur le devenir de la régulation du marché, au cours duquel l’association exigera la transparence sur les coûts réellement supportés par EDF pour sa production nucléaire, et défendra notamment le maintien d’un tarif réglementé de vente, aujourd’hui menacé.

    #EDF #électricité #énergie (accès à l’) #privatisation (rampante) #macronie #ultra-libéralisme (ou quand la Macronie applique les préceptes du « socialisme hollandien »)

    Voir aussi : https://seenthis.net/messages/899170

  • Les « dames pipi » parisiennes obtiennent gain de cause en justice

    Six « dames pipi » poursuivaient le gestionnaire des toilettes de lieux touristiques de la capitale pour avoir refusé de les embaucher.

    Six « dames pipi » de la ville de Paris, qui poursuivaient le gestionnaire de plusieurs toilettes de lieux touristiques parisiens pour avoir refusé de les embaucher en 2015, ont obtenu gain de cause, a-t-on appris mardi de source judiciaire.


    Gabriel Adams pose pour les journalistes en 2015. L’ancienneté des « dames pipi » allait de 12 à 32 ans au moment des faits.

    En juillet 2015, les toilettes de lieux comme la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, la Cathédrale Notre-Dame de Paris ou la Place de l’Etoile avaient changé de gérant, tombant dans l’escarcelle de la société néerlandaise 2theloo. Cette dernière avait refusé de reprendre les onze « dames pipi » y travaillant jusque-là, arguant que son activité principale ne relevait « pas de la propreté » mais consistait en « l’exploitation commerciale de sites », avec un service « différent » de « toilettes-boutiques » proche des « conciergeries de luxe ». Finalement, six d’entre elles viennent de remporter une bataille devant le tribunal des prud’hommes, compétent pour tous les litiges concernant le code du travail, qui a considéré que leur contrat « aurait dû faire l’objet d’un transfert à la SAS 2theloo France ».
    10.000 euros pour préjudice moral

    Dans l’une de ces décisions que l’AFP a pu consulter, la justice a décidé d’indemniser l’une de ces femmes à hauteur de « 10.000 euros » à titre des dommages et intérêts pour « préjudice moral ». Le montant des indemnités des autres demandeuses n’a pas été rendu public. « L’accès à une même clientèle » mais aussi la poursuite d’« une activité de même nature indépendamment des règles d’organisation, de fonctionnement et de gestion » de l’entité économique, font que les contrats de travail auraient dû être transférés chez 2theloo, selon la décision.

    Un accompagnement par la ville de Paris
    En 2015, les onze salariées qui s’étaient retrouvées sur le carreau avaient de 12 à 32 ans d’ancienneté. Ni licenciées ni reprises par le nouveau gestionnaire, elles n’avaient pu prétendre à une indemnité chômage et s’étaient trouvées entre début juillet et la rentrée sans revenus. La mairie de Paris s’était engagée à accompagner ces salariés « vers une solution professionnelle stable ». De fait, dans la décision consultée par l’AFP, on apprend que la personne concernée a été embauchée en janvier 2016 par la ville de Paris. Cette affaire avait eu un écho médiatique et mis en lumière certaines pratiques ayant cours dans le secteur de la propreté où les contrats basculent d’une société à l’autre au gré des appels d’offres.

    #femmes #pip #travail #france #toilettes #2theloo #travail #dames_pipi #propreté #exploitation #privatisation #prud'hommes

  • The power of private philanthropy in international development

    In 1959, the Ford and Rockefeller Foundations pledged seven million US$ to establish the International Rice Research Institute (IRRI) at Los Baños in the Philippines. They planted technologies originating in the US into the Philippines landscape, along with new institutions, infrastructures, and attitudes. Yet this intervention was far from unique, nor was it spectacular relative to other philanthropic ‘missions’ from the 20th century.

    How did philanthropic foundations come to wield such influence over how we think about and do development, despite being so far removed from the poor and their poverty in the Global South?

    In a recent paper published in the journal Economy and Society, we suggest that metaphors – bridge, leapfrog, platform, satellite, interdigitate – are useful for thinking about the machinations of philanthropic foundations. In the Philippines, for example, the Ford and Rockefeller foundations were trying to bridge what they saw as a developmental lag. In endowing new scientific institutions such as IRRI that juxtaposed spaces of modernity and underdevelopment, they saw themselves bringing so-called third world countries into present–day modernity from elsewhere by leapfrogging historical time. In so doing, they purposively bypassed actors that might otherwise have been central: such as post–colonial governments, trade unions, and peasantry, along with their respective interests and demands, while providing platforms for other – preferred – ideas, institutions, and interests to dominate.

    We offer examples, below, from three developmental epochs.

    Scientific development (1940s – 70s)

    From the 1920s, the ‘big three’ US foundations (Ford, Rockefeller, Carnegie) moved away from traditional notions of charity towards a more systematic approach to grant-making that involved diagnosing and attacking the ‘root causes’ of poverty. These foundations went on to prescribe the transfer of models of science and development that had evolved within a US context – but were nevertheless considered universally applicable – to solve problems in diverse and distant lands. In public health, for example, ‘success against hookworm in the United States helped inspire the belief that such programs could be replicated in other parts of the world, and were indeed expanded to include malaria and yellow fever, among others’. Similarly, the Tennessee Valley Authority’s model of river–basin integrated regional development was replicated in India, Laos, Vietnam, Egypt, Lebanon, Tanzania, and Brazil.

    The chosen strategy of institutional replication can be understood as the development of satellites––as new scientific institutions invested with a distinct local/regional identity remained, nonetheless, within the orbit of the ‘metropolis’. US foundations’ preference for satellite creation was exemplified by the ‘Green Revolution’—an ambitious programme of agricultural modernization in South and Southeast Asia spearheaded by the Rockefeller and Ford Foundations and implemented through international institutions for whom IRRI was the template.

    Such large-scale funding was justified as essential in the fight against communism.

    The Green Revolution offered a technocratic solution to the problem of food shortage in South and Southeast Asia—the frontier of the Cold War. Meanwhile, for developmentalist regimes that, in the Philippines as elsewhere, had superseded post-independence socialist governments, these programmes provided a welcome diversion from redistributive politics. In this context, institutions like IRRI and their ‘miracle seeds’ were showcased as investments in and symbols of modernity and development. Meanwhile, an increasingly transnational agribusiness sector expanded into new markets for seeds, agrichemicals, machinery, and, ultimately, land.

    The turn to partnerships (1970s – 2000s)

    By the 1970s, the era of large–scale investment in technical assistance to developing country governments and public bureaucracies was coming to an end. The Ford Foundation led the way in pioneering a new approach through its population programmes in South Asia. This new ‘partnership’ mode of intervention was a more arms-length form of satellite creation which emphasised the value of local experience. Rather than obstacles to progress, local communities were reimagined as ‘potential reservoirs of entrepreneurship’ that could be mobilized for economic development.

    In Bangladesh, for example, the Ford Foundation partnered with NGOs such as the Bangladesh Rural Advancement Committee (BRAC) and Concerned Women for Family Planning (CWFP) to mainstream ‘economic empowerment’ programmes that co-opted local NGOs into service provision to citizens-as-consumers. This approach was epitomised by the rise of microfinance, which merged women’s empowerment with hard-headed pragmatism that saw women as reliable borrowers and opened up new areas of social life to marketization.

    By the late-1990s private sector actors had begun to overshadow civil society organizations in the constitution of development partnerships, where state intervention was necessary to support the market if it was to deliver desirable outcomes. Foundations’ efforts were redirected towards brokering increasingly complex public-private partnerships (PPPs). This mode of philanthropy was exemplified by the Rockefeller Foundation’s role in establishing product development partnerships as the institutional blueprint for global vaccine development. Through a combination of interdigitating (embedding itself in the partnership) and platforming (ensuring its preferred model became the global standard), it enabled the Foundation to continue to wield ‘influence in the health sphere, despite its relative decline in assets’.

    Philanthrocapitalism (2000s – present)

    In the lead up to the 2015 UN Conference at which the Sustainable Development Goals (SDGs) were agreed, a consensus formed that private development financing was both desirable and necessary if the ‘trillions’ needed to close the ‘financing gap’ were to be found. For DAC donor countries, the privatization of aid was a way to maintain commitments while implementing economic austerity at home in the wake of the global finance crisis. Philanthrocapitalism emerged to transform philanthropic giving into a ‘profit–oriented investment process’, as grant-making gave way to impact investing.

    The idea of impact investing was hardly new, however. The term had been coined as far back as 2007 at a meeting hosted by the Rockefeller Foundation at its Bellagio Centre. Since then, the mainstreaming of impact investing has occurred in stages, beginning with the aforementioned normalisation of PPPs along with their close relative, blended finance. These strategies served as transit platforms for the formation of networks shaped by financial logics. The final step came with the shift from blended finance as a strategy to impact investing ‘as an asset class’.

    A foundation that embodies the 21st c. transition to philanthrocapitalism is the Omidyar Network, created by eBay founder Pierre Omidyar in 2004. The Network is structured both as a non–profit organization and for–profit venture that ‘invests in entities with a broad social mission’. It has successfully interdigitated with ODA agencies to further align development financing with the financial sector. In 2013, for example, the United States Agency for International Development (USAID) and UK’s Department for International Development (DFID) launched Global Development Innovation Ventures (GDIV), ‘a global investment platform, with Omidyar Network as a founding member’.

    Conclusion

    US foundations have achieved their power by forging development technoscapes centred in purportedly scale–neutral technologies and techniques – from vaccines to ‘miracle seeds’ to management’s ‘one best way’. They have become increasingly sophisticated in their development of ideational and institutional platforms from which to influence, not only how their assets are deployed, but how, when and where public funds are channelled and towards what ends. This is accompanied by strategies for creating dense, interdigitate connections between key actors and imaginaries of the respective epoch. In the process, foundations have been able to influence debates about development financing itself; presenting its own ‘success stories’ as evidence for preferred financing mechanisms, allocating respective roles of public and private sector actors, and representing the most cost–effective way to resource development.

    Whether US foundations maintain their hegemony or are eclipsed by models of elite philanthropy in East Asia and Latin America, remains to be seen. Indications are that emerging philanthropists in these regions may be well placed to leapfrog over transitioning philanthropic sectors in Western countries by ‘aligning their philanthropic giving with the new financialized paradigm’ from the outset.

    Using ‘simple’ metaphors, we have explored their potential and power to map, analyse, theorize, and interpret philanthropic organizations’ disproportionate influence in development. These provide us with a conceptual language that connects with earlier and emergent critiques of philanthropy working both within and somehow above the ‘field’ of development. Use of metaphors in this way is revealing not just of developmental inclusions but also its exclusions: ideascast aside, routes not pursued, and actors excluded.

    https://developingeconomics.org/2021/05/10/the-power-of-private-philanthropy-in-international-development

    #philanthropie #philanthrocapitalisme #développement #coopération_au_développement #aide_au_développement #privatisation #influence #Ford #Rockefeller #Carnegie #soft_power #charité #root_causes #causes_profondes #pauvreté #science #tranfert #technologie #ressources_pédagogiques #réplique #modernisation #fondations #guerre_froide #green_revolution #révolution_verte #développementalisme #modernité #industrie_agro-alimentaire #partnerships #micro-finance #entrepreneuriat #entreprenariat #partenariat_public-privé (#PPP) #privatisation_de_l'aide #histoire #Omidyar_Network #Pierre_Omidyar

  • Das Bundesministerium für Bildung und Forschung hat Ende April 2021...
    https://diasp.eu/p/12865404

    Das Bundesministerium für Bildung und Forschung hat Ende April 2021 den ersten Schritt für den Aufbau einer Nationalen Bildungsplattform unternommen. Ein piqd von Anja C. Wagner https://www.piqd.de/zukunft-der-arbeit/die-nationale-bildungsplattform-als-digitales-grossprojekt und der Artikel auf haufe.de: https://www.haufe.de/personal/hr-management/nationale-bildungsplattform_80_542294.html #Bildung

    • Die nationale Bildungsplattform als digitales Großprojekt

      https://www.piqd.de/zukunft-der-arbeit/die-nationale-bildungsplattform-als-digitales-grossprojekt

      Anja C. Wagner
      Freitag, 07.05.2021

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      Zum Ende der großen Koalition werden die seit Langem schwelenden Forderungen nach einer nationalen, überregionalen Bildungsplattform für die gesamte Bevölkerung nun seitens des BMBF mit einer ordentlichen Summe angeschoben.

      Was spricht dafür?

      Spätestens die Corona-Krise hat die digitalen Schwächen in den Verwaltungen und etablierten, öffentlichen Systemen offengelegt. Zwar haben es die Bildungsangebote für Erwachsene halbwegs realisiert bekommen, ihre Lehre, wenn schon nicht zeitgemäß asynchron, wenigstens digital synchron zu absolvieren. Die Videokonferenz- und „Mirokompetenz“ sind deutlich gestiegen. Gleichzeitig kämpfen die meisten gegen Ermüdungserscheinungen ob dieser doch sehr trägen Präsenzformate.

      Was fällt auf?

      Wir haben in der breiten Bevölkerung über die Jahre keine digitale Lehr- und Lernkompetenz entwickelt. Es existieren kaum Formate für die selbstorganisierte, asynchrone, informelle Bildung. Und es fehlt an geeigneten, attraktiven Inhalten ebenso wie an einer konsequenten Heranführung der Menschen an das Netz als Lernraum. Kaum jemand weiß, wie man das Netz für sich gewinnbringend für die eigene Weiterentwicklung nutzt.

      Woran liegt das?

      Das traditionelle Bildungssystem mit Lehrenden, die Lernende beschulen, hat sich institutionell verfestigt. Je nach nachgewiesenen Lernstunden und erfolgreicher Prüfung der gelernten Inhalte, erhält man ein Zertifikat, das den Lernfortschritt standardisiert dokumentieren soll. Inwiefern diese Zertifikate inter-institutionell anerkannt werden, obliegt meist der Willkür der jeweiligen Folgeinstitution. Eine synergetische Unterstützung der Lernenden, die sich je nach persönlichem Interesse mal hier, mal da bedienen, ist nicht vorgesehen für die Etablierung flexibler Bildungsbiografien. Das bräuchten wir aber angesichts einer Zukunft, die völlig ungewiss ist und auf die wir uns nicht mehr standardisiert vorbereiten können.

      Vielmehr ist es in der digitalen Transformation dringend erforderlich, in einen gesamtgesellschaftlichen Weiterentwicklungsprozess zu gelangen, der nicht die Einzelnen in die Pflicht nimmt, sondern auf die intrinsische Motivation im vernetzten Flow abzielt.

      Jetzt die große Frage: Hilft uns dabei die angedachte nationale Bildungsplattform?

      Angesichts der offensichtlichen Überforderung des föderalen Bildungssystems, den Bedarfen der Menschen zeitgemäß und agil entgegenzukommen, scheint es geboten zu sein, auch das Bildungssystem transformativ zu denken. Dies kann im ersten Schritt durchaus eine nationale Ebene sein. Hier einen zentralen Zugang mit unterschiedlichen, personalisierbaren Lernpfaden anzulegen, der alle bestehenden Lernangebote synergetisch integriert und zugänglich macht, sie somit individuell synchronisiert, kann sicherlich hilfreich sein für suchende Lernende.

      Wie das nun konkret ausgestaltet sein wird, muss die Zukunft zeigen. Dies wird der entscheidende Punkt sein, wie zukunftsfähig das System ist. So, wie es Karliczek darstellte, klang es sehr nach dem Versuch, ein adaptives Lernsystem entwickeln zu wollen, das Menschen dahin führt, was die Entscheidungsträger*innen für sinnvoll erachten. Das ist die entscheidende Trennlinie: Wer gibt den Lernpfad vor? Ist es die Industrie aka der Staat – oder ist es die Zivilgesellschaft, die sich vielfältig auf den Weg machen will?

      Standardisierte Lernpfade mit sicheren Zertifikaten für Bildungsmodule, wie klein auch immer gestaltet, die in einem individuellen Portfolio für die nächsten Jahrhunderte gespeichert sind, machen eigentlich im 21. Jahrhundert kaum mehr Sinn. Es scheint mir vielmehr die Verlängerung des Status quo mit einem digitalen Anstrich zu sein. Mit aller Überforderung und Selbstüberschätzung, die Zukunft der Menschen und der Welt vorhersehbar gestalten zu wollen.

      Was wir aus meiner Sicht stattdessen bräuchten, wäre eine selbstbestimmte Kompetenz von jede*r Einzelne*n, wie sie sich entlang ihrer eigenen Interessen weiterentwickeln möchte. Es gibt ja bereits die vielfältigen Angebote im Netz, die sich dynamisch weiterentwickeln. Die Menschen müssen insofern sich und ihre eigenen Talente besser kennen und verstehen lernen. Und dann gemeinsam ausbauen für die gemeinsame Zukunft. Dies lässt sich nicht mehr top-down regeln. Wir brauchen die Ideen der Crowd im dynamischen Netz. Nur dann lässt sich die kollektive Intelligenz der Bildungsrepublik Deutschland wirklich heben.

      Wenn dabei die nationale Bildungsplattform unterstützen kann, dann könnte sie sinnvoll sein. Ob sie dies angesichts der Geschwindigkeit der digitalen Transformation tatsächlich schafft, bis Ende 2023 im Prototypen und bis 2025 als „fertige“ Instanz zur Verfügung zu stehen, um die Menschen dann zeitgemäß zu unterstützen, muss zumindest infrage gestellt werden. Es wird sich zeigen, ob in staatlich geförderten, digitalen Großprojekten tatsächlich die benötigte agile Entwicklungsdynamik entstehen und sich weiter nachhaltig entfalten kann. Zu wünschen wäre es, keine Frage. Aber ist man sich der Folgekosten bewusst, diese Systeme immer und immer wieder neu aufzusetzen, zu restrukturieren, zu verwerfen und wieder in neuer Komposition bereitzustellen? Alles im Echtzeitbetrieb, möglichst von Beginn an mit Nutzer*innen, entlang derer Datenspuren man erkennt, was von ihnen gewünscht ist oder was sie überhaupt nicht schätzen?

      Die deutschen Großprojekte der letzten Jahre lassen Schlimmes befürchten. Und die digitale Entwicklungskompetenz jenseits von #Wordpress, #Drupal und #Moodle ist in Deutschland außerhalb der Start-up-Szene nicht sonderlich ausgeprägt. (Wobei letzterer meist der bildungspolitische Überblick für eine transformative Entwicklung fehlt.)

      Wenn es klappen sollte, eine lebendige, nationale, lernende Bildungsplattform im Sinne des 21. Jahrhunderts aufzusetzen, die smart und intelligent die Synergien nutzt, wäre es sicherlich ein großer Schritt in die richtige Richtung. Meine Zweifel bleiben bestehen. Zu groß ist der Druck privater Anbieter, die auf einer fundierten Datenbasis aufsetzen und den Menschen (!), die sich weiterentwickeln wollen, helfen, sich weiterzuentwickeln. Das werden die Lernenden dann für sich nutzen, wenn sie wissen, wie es geht – und den Anspruch haben, dass die nationale Plattform vergleichbar arbeitet.

      Also, bleiben wir kritisch wie zuversichtlich zugleich und bauen darauf, dass 450 Millionen Euro letztlich einen Beitrag leisten, die digitale Programmierkompetenz in Deutschland zu heben – auch wenn vermutlich wieder das meiste in den etablierten, großen Konzernen versandet.

      Und nebenbei wird die Entwicklung einer Meta-Plattform dazu beitragen, dass die Qualität der digitalen Angebote im nationalen Wettbewerb steigt, da nicht mehr in jedem Dorf derselbe Lerninhalt neu aufbereitet werden muss. Das wäre sicherlich ein Gewinn für alle

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      #initiative #éducation #formation #enseignement #platforme_numérique_nationale / #fédérale #Allemagne
      #école #individualisation #adaption_individuelle #personnalisation

      #privatisation

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      Dans les commentaire :

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      Personalisierte Lernpfade, ein Traum :) Und zwar so, dass Lernende trotzdem ohne Probleme Zertifikate, Abschlüsse und der gleichen absolvieren können; sowie Lehrer in die Lage versetzt werden das Ganze zu managen ohne dabei ein Burn-Out zu bekommen. Ohne elektronische Unterstützung geht das sicher nicht.

      Ich denke es gibt mittlerweile die Werkzeuge - es gibt ja auch Beispiele auf der Welt, wo so was umgesetzt wird. Siehe hier Khan-Academy https://www.ted.com/talks/sal_khan_let_s_use_video_to_reinvent_education?language=en oder das Schulsystem das R. Semler initiiert hat https://www.ted.com/talks/ricardo_semler_how_to_run_a_company_with_almost_no_rules, bridges Academy etc etc.. Es gibt SOOOOO viele Beispiele weltweit. Nur in Deutschland, einem der reichsten Länder der Welt, sind wir schultechnisch in der Zeit von vor einem Jahrhundert verhaftet.

      Wenn man dann noch die Erkenntnisse nutzen würde, wie man die Kinder, die lerntechnisch nicht der Norm (bzw. dem in der hiesigen Schule erwarteten Lerntyp) entsprechen (das sind ca. 1 von 6!!) von Anfang an bzw. sogar vor Schulstart clever unterstützen würde, dann hätte die Gesellschaft ein enormes Potenzial gehoben und den Kindern und ihren Familien viel Leid erspart. Man könnte sich z.B. bei Prof. Sharkardass https://www.ted.com/talks/aditi_shankardass_a_second_opinion_on_developmental_disorders?language=en oder bei Frau Pappa informieren wie das geht https://www.youtube.com/watch?v=4mNY6YZ-xqg

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      Im Kontext Schule muss das aber imho von oben kommen - denn solange es eine so unflexible Schulpflicht gibt (die an sich ja gut ist, aber eben in der Praxis viel zu rigide), kann ein Kind ja nicht wirklich von den bestehenden Angeboten im Netz oder vor Ort profitieren.

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  • #Monténégro : les #boues_rouges du #KAP, une #bombe_écologique à retardement - Le Courrier des Balkans
    https://www.courrierdesbalkans.fr/Montenegro-les-boues-rouges-du-KAP-une-bombe-ecologique-a-retarde

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    C’est une bombe écologique à retardement. Les deux bassins de boues rouges du Combinat d’#aluminium de Podgorica, au Monténégro, menacent directement les riverains et le milieu fragile du lac de Skadar. La #privatisation et la vente à la découpe de l’entreprise ont favorisé toutes les magouilles. Enquête.

    #pollution #bauxite #plans_sociaux #métaux_lourds #antisyndicalisme #eau #alimentation #santé #terres_rares #criminalité_en_col_blanc #banque_mondiale