• Le marché de la #GPA en #Ukraine

    Cela fait une décennie qu’en Ukraine des femmes se font payer pour mettre au monde des bébés. Pour un certain nombre de couples sans enfant d’Europe, ces mères porteuses représentent l’ultime espoir. Quelles sont les règles de ce nouveau business ? En quête de réponses, nous partons en Ukraine visiter un centre de fertilité et rencontrer des mères porteuses, qui racontent avec lucidité pourquoi elles louent leur corps. Le reportage suit par ailleurs un couple allemand qui se rend en Ukraine pour récupérer son enfant, et donne la parole à des opposants à la GPA.

    https://www.youtube.com/watch?v=ufe_6v7ihb8


    #film #film_documentaire #documentaire
    #mères_porteuses #procréation_médicalement_assistée #parentalité #gestation_pour_autrui #Biotexcom #médecine_reproductive #trafic_d'êtres_humains #femmes #maternité_de_substitution

  • La #PMA, un débat toujours en gestation chez les écolos
    https://reporterre.net/La-PMA-un-debat-toujours-en-gestation-chez-les-ecolos

    Ce mardi 24 septembre, la loi de bioéthique sera examinée en séance plénière à l’Assemblée nationale. Les députés débattront entre autres de l’élargissement de l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP, plus connue sous l’acronyme PMA, procréation médicale assistée) pour les couples de femmes et les femmes célibataires. Les débats s’annoncent houleux… y compris entre les écologistes. Entre les proches d’Europe Écologie-Les Vert (EELV), les critiques de la technique et les écologistes catholiques , difficile de se mettre d’accord.

    #écologisme

    • Ça y est, on a trouvé le terrain d’entente !

      Un consensus pourrait peut-être se construire autour de l’insémination artificielle, « une low tech pas plus technologique ou intrusive que la pose d’un stérilet », selon Aude Vidal. « Une insémination artificielle “maison” entre une ou deux femmes et un donneur qu’elle(s) ont trouvé ne peut être considérée comme la porte ouverte au “meilleur des mondes”, écrit-elle dans L’An 02. Si cette insémination se fait avec du sperme provenant d’une banque alimentée par des donneurs, anonymes ou non, les critiques peuvent porter sur le côté “catalogue” de bien des banques, mais il peut être encadré. » Notre interlocutrice de Pièces et main d’œuvre estime elle aussi qu’il s’agit d’une technique « différente » de la FIV, « puisqu’elle préserve la part de hasard de l’engendrement ».

      Et une pique intéressante :

      Cyril Lecerf Maulpoix s’étonne « qu’on continue à enchanter le miracle de la reproduction hétérosexuelle comme un phénomène naturel et qu’on omette la constellation de techniques et de pratiques l’encadrant actuellement ». Des méthodes contraceptives à la médicalisation de l’accouchement, la technique n’est pas absente de la reproduction hétérosexuelle. À l’inverse, s’il s’agit de renier toute technologie pour revenir à l’« état naturel », « que pensent les “anti-techs” des prises d’hormones pour les personnes trans, des opérations de réassignation sexuelle mais aussi des mutilations violentes pratiquées sur des intersexes [2] pour répondre aux exigences scientifiques et médicales de la binarité homme/femme, s’interroge-t-il. S’agit-il là aussi de personnes OGM ? »

    • À la manif pour tous, un vieux gars regrette que les humains deviennent fou et ne se reproduisent pas « naturellement » comme des bovins. Réponse :

      Si les humains se reproduisaient comme les bovins dans ce pays, 80 % d’entre nous seraient nés de paillettes d’une centaine d’individus mâles super musclés et de mères sélectionnées pour leurs gros seins.

      Les autres seraient né-es d’un papa remplacé tous les 3-4 ans pour pas monter ses filles parce que c’est le seul mâle du coin en âge de se reproduire. Ça s’appelle l’élevage. Ça n’est pas plus naturel que la société des humains ou la famille Boule et Bill !

  • L’appropriation utérine - La Presse+

    Elisabeth A. Lloyd : « Si les femmes avaient besoin d’avoir un orgasme pour tomber enceintes, vous ne seriez probablement pas là pour en parler », avait-elle indiqué à ses collègues masculins.❞

    http://plus.lapresse.ca/screens/46ecbaa3-49be-4dad-8471-b44d0044d6ec__7C___0.html

    Quand j’étudiais la physiologie, on apprenait par exemple qu’une des fonctions de la jouissance au féminin était de propulser les spermatozoïdes vers l’avant. C’est comme si les cris d’extase de la femme étaient reliés à un aspirateur central qui entraînait les spermatozoïdes vers l’ovule. Il a fallu, entre autres, le regard d’une femme appelée Elisabeth A. Lloyd, de l’Université de l’Indiana, pour ébranler ces liens sans nuances qu’on faisait entre orgasme féminin et conception. En 2006, sa publication intitulée L’affaire de l’orgasme féminin : des biais dans l’étude de l’évolution a bousculé bien des certitudes. « Si les femmes avaient besoin d’avoir un orgasme pour tomber enceintes, vous ne seriez probablement pas là pour en parler », avait-elle indiqué, à juste titre, à ses collègues masculins.

    • En voulant s’approprier le génital féminin à sa façon, la phallocratie scientifique y a aussi laissé des traces qui défient le temps.

      En effet, comme le faisaient les explorateurs découvrant une nouvelle terre, dans les temps anciens où il était coutume de donner son nom à sa découverte, les scientifiques mâles n’ont pas hésité à réclamer des territoires dans le système génital de la femme.

      C’est ainsi que vous trouverez dans l’appareil reproducteur féminin des trompes appartenant à Gabriel Fallope, les follicules de Reinier de Graaf, les glandes de Thomas Bartholin et les glandes d’Alexander Skene. Parmi les explorateurs d’autrefois qui peuvent revendiquer des territoires dans le génital féminin, il y a aussi l’incomparable Ernst Gräfenberg qui est propriétaire du point de Gräfenberg, communément appelé le point G. Je me demande ce qu’il en aurait été si ce chercheur avait découvert les condylomes. Pourquoi n’a-t-on pas pensé donner le nom de sa découverte à la femme qui avait accepté de jouer au cobaye et d’offrir son corps à sa science ? Bref, si personnel soit le génital féminin, avec autant de scientifiques barbus à lunettes qui y squattent, je me demande si on peut encore parler d’intimité pour le qualifier.

    • À quand la fin de ce désir malsain d’appropriation utérine ?

      La sénatrice de la Californie qui a annoncé cette semaine sa candidature à l’investiture démocrate, Kamala Harris, a déjà posé autrement la question au juge Brett Kavanaugh, qui ne cache pas ses positions antiavortement. Elle l’avait solidement déstabilisé en lui demandant : « Pouvez-vous me citer une seule loi dans ce pays qui donne au gouvernement le pouvoir de prendre des décisions concernant le corps d’un homme ? »

      Et vlan dans les dents ! Cette percutante question mérite d’être posée aux adeptes d’appropriation utérine qui abondent encore malheureusement sur la planète.

    • Quand je pense qu’on était nombreux à croire que l’arrivée de Mohammed ben Salmane marquait le début d’un temps nouveau pour les femmes de son pays !

      Je ne trouve pas géniale cette tribune de #Boucar_Diouf, et à propos de #Kamala_Harris :
      https://seenthis.net/messages/754044

      Mais il est vrai qu’il y a encore peu on apprenait que la jouissance était nécessaire à la procréation, théorie débile et culpabilisante pour les femmes qui tombaient enceinte lors d’un viol. On en parlait ici :
      https://seenthis.net/messages/508957

      #jouissance #procréation #orgasme #fertilité #femmes #sexualité #viol #uterus #Elisabeth_Lloyd #sexisme #éducation

  • PMA hors la loi - France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/pma-hors-la-loi

    « Le jour où j’ai voulu faire un enfant par procréation médicalement assistée, j’ai découvert que je n’en avais pas le droit, alors j’ai décidé d’en faire un podcast. A défaut de descendance, j’aurais toujours laissé une trace. Aujourd’hui en France un certain nombre de techniques de procréation sont interdites ou restreintes mais pourvu qu’on ait les moyens financiers de franchir la frontière on peut faire ce qu’on veut. On vit une situation paradoxale où tout est interdit mais rien n’est impossible. Alors qu’est-ce que ça change me direz vous ? Tout. Parce que dès lors qu’on s’affranchit de la loi, on est obligé de se fixer ses propres règles. On devient seul juge de ce que l’on peut faire ou pas. En me lançant dans une FIV, je me suis vite noyée dans mes dilemmes bioéthiques personnels. Alors j’ai décidé d’aller voir comment d’autres avant moi avaient résolu les leurs. »

    Une série documentaire de Adila Bennedjaï-Zou, réalisée par Cécile Laffon et Emmanuel Geoffroy.

    Adila Bennedjaï-Zou avait fait précédemment une série qui portait sur l’enquête qu’elle avait mené autour de la mort de son père en Algérie lorsqu’elle était enfant. Toujours la bonne distance et des moments très drôles.
    #pma #fiv #grossesse #Bennedjaï-Zou #éthique #procréation

  • Un bébé presque parfait
    http://www.laviedesidees.fr/Un-bebe-presque-parfait.html

    La révolution #génétique est notamment marquée par de complexes mutations dans les techniques de reproduction. De notre rapport à la maternité à l’idée d’un « eugénisme du libre choix », Jean-Hugues Déchaux revient sur les controverses éthiques qui entourent l’ingénierie génétique.

    #Essais

    / génétique, #procréation_médicalement_assistée, #eugénisme

  • Un Comité d’éthique moins dépendant des courants religieux
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/270617/un-comite-d-ethique-moins-dependant-des-courants-religieux

    La décision d’ouvrir la PMA à toutes les femmes – une avancée, pas une révolution – est liée au renouvellement des membres du Comité d’éthique en 2013. Dès son arrivée à la tête de cette institution réputée conservatrice, Jean-François Delfraissy, a fait savoir qu’il voulait avancer dans cette direction.

    #Culture-Idées #couples_homosexuels #procréation_médicalement_assistée

  • Les femmes qui regrettent d’être mères, le symptôme d’une société qui va mal | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/123687/pourquoi-femmes-enfants-dos

    Si le débat est si vif en Allemagne, c’est bien sûr parce qu’avec un taux de #fécondité extrêmement bas (1,47 enfant par femme) et un déclin démographique annoncé comme une véritable menace méritant mines inquiètes et grandes manoeuvres, le pays ne s’attendait certainement pas à entendre de ses citoyens que « les enfants, non merci ». « Plus jamais ». « Un cauchemar ». « Beurk ». Mais aussi parce qu’il fait directement écho à la politique familiale archi défaillante de la république fédérale, et surtout, à une idéologie imposée aux #femmes allemandes et qui repose totalement sur l’image de la figure maternelle sacrificielle et guérisseuse par opposition à celle de la femme nullipare, ou pire, mère indigne qui ne consacre pas l’entièreté de son temps à la progéniture.

    #maternité

  • (1) Le regret d’être mère, ultime tabou - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2016/07/10/le-regret-d-etre-mere-ultime-tabou_1465328

    Le message est clair : une vraie femme est une mère heureuse. « Sauf que ces femmes se sont pliées à ce qu’on attendait d’elles. Cela interroge les injonctions sociales à la maternité et les représentations de la femme, qui ont peu évolué », poursuit la chercheure qui déplore cependant que ce soit une « énième enquête dont les hommes sont exclus » : « La question des enfants est renvoyée aux seules femmes, les hommes disparaissent du raisonnement, et ne se mettent pas non plus dans le débat. »

    • La « mère corbeau » très critiquée
      Qu’une femme retravaille sans s’être arrêtée au minimum un an - plus souvent trois - et elle se verra affubler du sobriquet de « mère corbeau » (« Rabenmutter »), expression de désapprobation typiquement germanique. Le discours politique a pourtant changé depuis l’accession au pouvoir d’Angela Merkel qui, préoccupée par la dénatalité, a multiplié les places en crèche et favorisé le congé parental des pères.

      Mais cette évolution ne va pas sans crispations, à l’image d’une violente charge lancée l’été dernier par le quotidien populaire Bild contre « les femmes de pouvoir », qui « font carrière, portent des tailleurs pantalon, boivent des smoothies et font du fitness ».

      « On dirait des hommes. Ce ne sont plus des mères. Elles ne veillent plus la nuit quand leur enfant a peur de la foudre et des éclairs », déplorait le quotidien le plus lu d’Europe.

    • C’est révélateur qu’un animal aussi intelligent que le corbeau serve de repoussoir pour les femmes. Il faut plutot être une mère poule, c’est à dire une pondeuse productive qui n’utilise sa tête que pour picorer.

    • Le corbeau est non seulement intelligent mais il s’occupe très bien de ses petits, j’ai du mal à comprendre le lien, à part pour la symbolique ancienne du mauvais augure, et tu as raison @mad_meg, la #mère_poule en est apparemment l’inverse.

      #rabenmutter

      http://www.cosmovisions.com/corbeaux.htm
      concernant le grand corbeau

      L’aire d’habitat de cette espèce est extrêmement vaste et comprend l’Europe, une grande partie de l’Asie septentrionale et le nord de l’Amérique ; toutefois, dans notre pays, les Grands Corbeaux sont beaucoup moins répandus que dans d’autres contrées et ne sont sédentaires que dans quelques localités, où ils nichent tantôt sur des arbres élevés, tantôt sur des rochers escarpés ou des tours en ruine. Les nids, fort grands, sont construits avec des branches ou des brindilles et tapissés de brins d’herbe, de lichens, de filaments d’écorce et de laine. Ils renferment, dès le commencement de mars, des oeufs oblongs, d’un bleu verdâtre, irrégulièrement tachés de brun et au nombre de trois à six par couvée. Les petits sont tellement voraces que les parents ont assez à faire de leur apporter des insectes, des souris, des débris de charognes et même de petits oiseaux. Vers la fin de mai ils sont capables de prendre leur volée, mais ils restent jusqu’en automne sous la surveillance de leurs parents.

    • La réputation viendrait de la Bible … raaaa, celle-là …

      http://www.spiegel.de/schulspiegel/wissen/1000-fragen-sind-rabenmuetter-wirklich-schlechte-mamas-a-760405.html

      Bleibt die Frage, woher der üble Ruf der Raben stammt. Hieran ist offenbar die Bibel Schuld. Im Buch Hiob heißt es: „Wer bereitet den Raben die Speise, wenn seine Jungen zu Gott rufen und fliegen irre, weil sie nicht zu essen haben?“ Vermutlich gehe diese Bibelstelle auf junge Raben zurück, die aus dem Nest gefallen sind, sagen Historiker: Die betroffenen Jungtiere machen einen verlassenen und hilflosen Eindruck. Beobachtern kann dabei leicht entgehen, dass die Rabeneltern immer in der Nähe sind und das Jungtier weiter versorgen.

      *

      38.41
      (39:3) Qui prépare au corbeau sa pâture, Quand ses petits crient vers Dieu, Quand ils sont errants et affamés ?

    • http://www.zeit.de/kultur/2016-04/regretting-motherhood-mutterschaft-debatte-frankreich-10nach8
      la perception des mères en france vu côté allemand.
      Dans un bouquin de E.Badinter, je crois celui sur l’instinct maternel (qui n’existe pas) ou le plus récent qui a fait un tollé, elle souligne également ses différences historiques des mères européennes, notamment du au fait que la grande bourgeoisie française (qui a servi de repère) mettait ses enfants en nourrice. Voir aussi l’histoire de la place grandissante accordée aux enfants dans la société européenne, l’injonction croissante faite aux mères de se sacrifier pour leur progéniture, alors que les hommes pourraient aussi s’y intéresser…

    • Il y a deux espèces d’oiseaux que je n’aime pas autour de chez moi : la pie et le corbeau. Tous les deux ont une façon de faire du bruit qui est lugubre et désagréable à entendre. Ceci expliquant sans doute cela. On doit aussi sans doute pouvoir trouver des références au côté lugubre du corbeau au fait qu’ils bouffaient les humains enfermés dans des cages, à l’entrée des villes civilisées de l’époque féodale.

      Ceci dit, en lisant l’article, j’ai eu envie de taguer #féodalité. Cette façon de tous vouloir nous ramener à cette époque où « chacun à sa place » et tout et tout... c’est lourd.

    • Pas nouveau, la mère corbeau : c’était déjà vrai dans les années 90, juste après la réunification. C’était d’ailleurs très lié au choc des cultures entre l’est productiviste et l’ouest (particulièrement le sud-ouest) très religieux et patriarcal.
      En Bavière, par exemple, les 3 K définissaient la sphère d’évolution de la femme : « Kinder, Küche, Kirche ». Autrement dit, les gosses, la cuisine et l’église.
      Les femmes, mêmes éduquées et actives devaient renoncer au travail pour élever les gosses et y revenaient éventuellement ensuite, à mi-temps, en appoint, c’est à dire dans une dépendance financière totale.
      Cette vision allait avec l’organisation de la société allemande : pas ou peu de crèche et de garderie ( seulement pour les mères indignes ) et des horaires scolaires 7h-13h qui implique la présence d’un adulte à la maison, au moins à mi-temps.

      Mon prof d’allemand me faisait remarquer que cela entrainait une pression sociale sur les femmes qui se traduisait immanquablement par une natalité en berne.

    • Je suis d’accord avec toi @monolecte, l’Allemagne avait la réputation de pas être sympa du tout avec les mères et de les mettre dans l’obligation de biberonner (voire d’allaiter) durant trois ans avant de reprendre éventuellement le taf. On en parlait toujours au moment d’évoquer l’idée de quitter la France pour vivre en Allemagne qu’on trouvait alors bien plus intéressante, et immanquablement c’était oui mais t’as vu aussi comment les femmes mères y sont traitées …

    • Rédigé et relayé ainsi, ça me fait un peu l’effet d’un marronnier journalistique. (bien qu’il faille ouvrir le sujet).
      Car ça m’a rappelé les propos d’Anémone (l’actrice française), que je croyais être la première à crever l’abcès. Mais non, c’est Orna Donath.
      http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20160628.RUE5472/etre-mere-et-le-regretter-je-me-suis-fait-un-enfant-dans-le-dos

  • Faire des #enfants avant 35 ans : une injonction sexiste malgré la réalité biologique - le Plus
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/890976-faire-des-enfants-avant-35-ans-une-injonction-sexiste-malgr

    À mon sens, cette thématique de l’âge de limite de la #procréation pour les #femmes, s’exerçant comme une sorte de memento mori qui s’adresserait à nos ovaires, est l’expression de l’injonction à la #maternité comme réalisation de soi qu’est censée accomplir une femme. Une femme normale, équilibrée, en contact avec sa féminité, en contact avec la #société, ayant trouvé l’accomplissement de soi matériel autant qu’affectif, s’emploie à gravir une dernière marche sur le chemin de sa réalisation en tant que femme : devenir mère.

    #patriarcat
    Dans un tel contexte injonctif, on comprend bien pourquoi il ne paraît pas comme relevant d’une certaine rigueur scientifique que d’actualiser les données statistiques dont la médecine se sert pour dire aux femmes de ne pas oublier de faire des enfants.

  • Avec les mères qui regrettent d’avoir eu leurs enfants | VICE | France
    http://www.vice.com/fr/read/avec-les-meres-qui-regrettent-davoir-eu-leurs-enfants

    « R » fait partie de ces mères pour qui la maternité n’est pas synonyme de joie. Effrayée à l’idée de se confesser à ses proches, elle a trouvé du réconfort sur Internet. En juillet 2012, elle a fondé un groupe Facebook dédié aux parents qui regrettent d’avoir mis au monde leur progéniture. Quatre ans et 2 000 membres plus tard, elle sait désormais qu’elle est loin d’être la seule à éprouver ces sentiments mitigés. « De nombreuses personnes nous remercient d’avoir créé cette page, car nous sommes tolérants et nous montrons la dure réalité du rôle de parent – qui n’est pas fait que de sourires et de rires », déclare Zephyr, co-modérateur du groupe. (R et lui n’ont pas tenu à ce que leur véritable nom soit divulgué.)

    Les membres du groupe soumettent leurs témoignages par messages Facebook, puis Zephyr et R les postent de manière anonyme. La communauté représente pour eux le seul endroit socialement acceptable où ils peuvent révéler ces sentiments profonds mal accueillis par la plupart des autres parents – cependant, même en ligne, il peut être difficile de passer aux aveux.

    « Les parents sont très nerveux à l’idée de dire ce qu’ils ont sur le cœur. Ils ne veulent pas perdre l’estime de leur famille et ils ne veulent pas que leurs enfants découvrent ce qu’ils pensent vraiment. Ils ont peur de s’attirer des problèmes », raconte Zephyr. Leurs inquiétudes ne sont pas infondées : le groupe a été maintes fois attaqué, spammé et signalé par des « parents heureux », comme les appelle Zephyr, ou par des gens qui jugent la page comme étant offensante, avilissante, voire abusive.

    Parmi les commentaires, on trouve bien sûr des remarques sexistes typiques comme : « Tu aurais dû réfléchir avant d’écarter les jambes », mais aussi de véritables menaces. Certaines personnes ont menacé d’appeler les services de protection après avoir lu les confessions des membres du groupe.

  • Vasectomie contraceptive, un droit non respecté - AgoraVox le média citoyen
    http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/vasectomie-contraceptive-un-droit-178126

    Je me souviens avoir décidé de parler d’une stérilisation contraceptive avec mon médecin généraliste en 2009, j’avais à l’époque 22 ans. Finalement, je me suis dégonflé et n’ai pas osé affronter le représentant du corps médical. J’ai ensuite mis plusieurs années à remettre cette question dans mes préoccupations prioritaires.

    Courant 2012, je me replonge dans mes recherches. J’avais eu vent du fait qu’il était compliqué d’obtenir l’opération en France avec un profil de type jeune homme sans enfant. Rapidement, je tombe sur le MLSV, Mouvement libre pour la stérilisation volontaire, qui à une époque rassemblait et diffusait de l’information sur les méthodes de stérilisation volontaire. Le blog Vasectomie en France était également une mine d’informations.

    Cela m’a permis de m’informer sur l’opération, et m’a particulièrement aidé à appréhender le genre de réflexions auxquelles je risquais de me retrouver confronté.

    Septembre 2013, je décide de prendre un premier rendez-vous dans un hôpital public parisien, je savais seulement que l’urologue que je consulterai pratiquait la vasectomie sans savoir s’il avait des critères personnels précis pour la refuser. Il n’est pas possible d’obtenir plus d’informations par téléphone en amont. Après une rapide formulation de ma demande et de mes motivations pour la soutenir, la réponse tombe, abruptement. Il ne m’opérera pas. Je suis trop jeune, je n’ai pas d’enfant, et je pourrais le regretter voire l’attaquer en justice pour cela. Absurde, justification malhonnête, aucune condamnation n’a jamais été posée en France suite à une plainte pour regret depuis le passage de la loi en 2001. Et non docteur, il ne serait pas « dommage » que je ne n’enfante pas. Et votre ton paternaliste appelant une interne présente à prendre partie en votre faveur n’y changera rien.

    Dans « les enjeux de la stérilisation » (Alain Giami et Henri Leridon, 2000), on apprend que la seule condamnation relative à la vasectomie date d’il y a 70 ans, suite à l’arrêt des « stérilisateurs de Bordeaux » de la Chambre criminelle de la cour de cassation. Cette condamnation concernait des non médecins et considérait que pratiquer la vasectomie sur des hommes, même consentants portait atteinte à l’intégrité corporelle et constituait un délit de coups et blessures volontaires. L’acte aurait dû être thérapeutique pour être qualifié de légitime à l’époque.

    Ma seconde tentative date d’octobre 2015. Je me suis orienté vers un chirurgien urologue d’un hôpital privé de banlieue parisienne que j’ai trouvé sur une liste d’urologues pratiquant la vasectomie et considérés plus ouverts que la moyenne. Décidé, j’y retournais, argumentation préparée et attestation de ma première demande en main. Le ton fut peu différent que lors de la première consultation. Les premières questions posées sont strictement les mêmes « quel est votre âge ? », « avez-vous eu des enfants ? ». Après avoir mis en avant la « gravité » d’une telle décision, et de m’avoir précisé qu’il craignait que je puisse porter plainte pour une grossesse non désirée le cas échéant (efficacité vasectomie : 99,8%), le doc m’avoue qu’il n’aime pas dire non à ses patient-e-s. A tel point qu’il a décidé de prendre sa décision finale avec le concours de collègues, et a missionné son secrétariat de me donner sa réponse négative une semaine plus tard par téléphone. Pratique pour ne pas avoir à rendre de compte.

    Un parti pris idéologique liberticide

    Il y a un grave tabou entourant la stérilité choisie en France actuellement. L’argument de l’irréversibilité ne tient pas une seconde quand on le rapproche d’autres actes tout autant définitifs et qui ont parfois des conséquences importantes sur le quotidien, à commencer par celui de faire des enfants. Mais il y a un choix idéologique collectif clairement orienté qui est fait et dont on ne peut pas s’écarter. La natalité est valorisée et valorisante, la fertilité est l’essence de la masculinité, l’individu-e se réalise seulement dans la famille nucléaire biologique, et seul-e-s les expert-e-s savent vraiment ce dont on a besoin, c’est comme ça, c’est la « nature ».

    La semence de vie doit le rester sous peine d’être démythifiée.

    Autant d’idées préconçues et de carcans contre lesquels il faut lutter pour construire son identité propre.

    #contraception #contraception_masculine #natalisme

  • Les 400 culs - Fellation : un vrai cauchemar ? - Libération.fr
    http://sexes.blogs.liberation.fr/2016/01/05/fellation-le-baiser-de-la-pieuvre

    S’il faut en croire Ian Geai, qui publie sur le sujet vingt pages de haute voltige, dans la très érudite et décadente « revue finissante » Amer « revue finissante » Amer (qu’il a lui-même créée), la #fellation mortelle du Président condense toutes les angoisses viriles de ce XIXe siècle finissant… « La crise d’apoplexie, qui frappe Félix Faure, illustre, pour ses contemporains, le rôle destructeur de la femme dans le champ de la politique », dit-il. Pour Ian Geai, le plaisir oral va en effet bien au-delà de ce que l’on appelle maintenant, vulgairement, une mise en bouche. C’est tout le contraire d’un « préliminaire ». C’est le début de la fin. Pourquoi ? Parce que la bouche est un orifice stérile. Lorsqu’une femme suce, elle se soustrait à l’ordre qui veut que #sexe = reproduction. La fellation, c’est le plaisir sans #procréation. Pire encore : le plaisir pris entre les dents d’un #carnassier. « L’oralité, en d’autres termes l’accès des femmes à la parole, est accusée d’encourager l’#Anarchie au détriment de la hiérarchie et de l’ordre patriarcal représentés par la République et son chef d’état, explique Ian Geai. Mais la fellation est aussi devenue, au cours du dix-neuvième siècle, un thème littéraire à part entière, à travers notamment la dérivation cannibalique de l’oralité ».

    • Il y a un moment où il serait bon de décider que certains hommes ont produit au cours de leur vie des choses qu’il conviendrait de désigner par le terme de « déblatérations ». A la façon d’un Zemmour par exemple... ou d’autres dérangés de notre époque... Et une déblatération, ça ne se juge pas, ça ne se lit pas, ça ne se commente pas, on la laisse là où elle aurait dû rester, dans l’espace privé ou le caniveau...

      Bon... Ceci dit, ces gens ont été publié, ont eu droit à de la publicité... il est donc légitime d’en démonter les ressorts, d’en expliciter la médiocrité, la nocivité, la dégueulasserie... Mais quelle énergie perdue pour des gens qui à leur époque auraient finalement mérité leur place en institut psychiatrique...

  • Les Ginks refusent la maternité au nom de l’écologie
    http://information.tv5monde.com/terriennes/que-veulent-les-ginks-non-la-maternite-au-nom-de-l-ecologie-72

    Le combat des Ginks serait-il donc vain ? Peut-être pas. Car derrière l’étendard de l’écologie se cache une réelle revendication, le non désir d’enfant. Un choix que la créatrice du mouvement Lisa Hymas assume pleinement. « Nos relations amicales, notre famille, nos amours remplissent déjà suffisamment notre vie, explique-t-elle sur son blog Childfreefeminist. Sans oublier les avantages personnels à une vie sans enfant : aucun horaire, une carrière professionnelle plus épanouissante, l’occasion de développer nos talents propres, (…) d’avoir du temps pour soi et pour les autres (…) ».

    Ces propos qui se veulent altruistes, dérangent et suscitent les plus vives critiques. C’est qu’on ne touche pas au sacro-saint droit de procréer sans être montré du doigt ou sans provoquer l’indignation. Une étude de l’INED, publiée en 2014 et réalisée par les sociologues Charlotte Debest et Magali Mazuy, montre que rester sans enfant demeure un choix de vie à contre-courant. En France, seul 5% de femmes et d’hommes n’en veulent pas. La plupart invoquant des raisons libertaires face à la pression du « faire famille ».

    Mais dire qu’on ne veut pas d’enfant sans raison, la pilule a du mal à passer. Alors le respect de l’environnement, la survie de l’espèce, etc. ne serait-ce pas autant de justifications pour ces femmes lassées de devoir constamment se justifier ? Toujours est-il que pour Emilie Tixador, ancienne Gink et auteur du blog Green Girl, l’écologie a porté ses fruits. « Je choquais les gens quand je disais que je ne voulais pas d’enfant parce que j’avais envie de m’épanouir dans mon métier. Mais dès que j’ai parlé de limiter la surconsommation et la surpopulation, ma cause est devenue noble aux yeux de tous. »

    #childfree #écologie #procréation

    • A mon sens, toutes les raisons invoquées sont critiquables... Vouloir s’investir dans son boulot ? ça ne dure qu’un temps... et c’est même assez vain à mon sens... Vouloir limiter la surconsommation blablabla... Là aussi, on peut en discuter... Il y a des modes de vie qui pour une famille à 5 personnes impactent moins la planète que pour une personne seule vivant comme un jetsetter’... Et le coup des « talents propres »... pfff...

      Je ne veux pas d’enfant « parce que ». Et si tu me poses la question, sache que c’est personnel et que ça ne souffre aucune critique. Limite, c’est comme la religion... Je suis athée et « ta gueule »... Devra-t-on en arriver à une loi de 1905 sur le droit à mener sa vie comme on l’entend ? :-D

    • Mais dès que j’ai parlé de limiter la surconsommation et la surpopulation, ma cause est devenue noble aux yeux de tous.

      Que d’hypocrisie pour dire qu’on n’a pas envie de s’emmerder à élever des chiards. Les mômes, ça prend la tête, ça vous mène au burn out, ça coûte un bras quand ils font des études supérieures, etc ...
      Et pourtant, dans ma vie, ils sont irremplaçables. Va comprendre.

    • L’homme est le cancer de la Terre et j’aime bien trop Gaïa pour lui infliger un parasite de plus.

      #malthusianisme #écologie_profonde

      Perso, je préfère infiniment l’argument féministe unique et polyvalent : « je veux ce que je veux de mon corps. je ne veux pas d’enfant. point ».

      Après je peux comprendre qu’on peut être harcelé par les autres et que du coup on cherche à fournir un autre discours juste pour qu’on nous laisse tranquille. Mais bon, là dans l’article ils parlent quand même pas mal de gens qui pensent vraiment ça. Et du coup en arriver à des arguments malthusianistes comme ça…

    • Super les injonctions culpabilisatrices ! Alors les childfree sont des hypocrites qui veulent pas se faire chier ou des personnes qui pensent trop à leurs travail .... Ca serait bien de ne pas parler a la place des personnes concernées. si dans TA vie de @sombre ils sont irremplaçables c’est tres bien pour toi. Et si ton boulot ne dure qu’un temps,@biggrizzly sache que les enfants ne durent qu’un temps. Vos avis de papas qui ne risquez pas l’episiotomie et autres joies de l’enfantement vous pouvez vous le garder. Les enfants ça coûte cher aux femmes et si vous êtes des super Nice guy qui changez des couches ca change rien au probleme que sont les enfants pour les femmes aujourd’hui en 2015.

    • @mad_meg : J’ignore comment tu as fait pour lire que j’écrivais en tant que parent ni comment mon commentaire peut être considéré comme genré. Et je note que tu n’as pas lu ma conclusion, sans doute pour ne pas rendre boiteux le raisonnement que tu souhaitais mettre en avant. Qu’un argument particulier soit criticable, et que j’en émette une critique, ne présume pas du fait que les arguments que je n’ai pas traités ne le soient pas eux non plus... à mon sens. Je te souhaite une bonne journée :-)

    • J’ai tres bien lu ta ccl @biggrizzly et j’y ai lu un gros « yaka-fokon » typique d’une parole androcentrée. Yaka pas se justifié. Tu peu effectivement envoyer chier des gens imaginaire qui ne te demandent rien (ou presque rien) vu que c’est aux femmes qu’on pourris la vie pour faire de la progeniture qui portera le nom de mâles la plus part du temps. D’ailleurs il manque le tag #feminisme car c’est un sujet hautement feministe.
      Sur ce bonne journée à toi aussi.

    • Tu prends mon intervention comme un conseil : c’est hors sujet. Je ne fais que dire qu’à mon sens ses propres choix de vie ne méritent aucune justification, de quelque genre que l’on se classe (je ne veux pas d’enfant : parce que et « ta gueule » ; je porte le voile : parce que et « ta gueule » ; je suis tatoué : parce que et « ta gueule » ; je vis avec telle personne : parce que et « ta gueule »).
      Le texte partagé par Mona semble ne proposer que des justifications normalisatrices qui ne me semblent pas particulièrement performantes/progressistes/féministes. Et c’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle elle l’a partagé.

    • Je ne fais que dire qu’à mon sens ses propres choix de vie ne méritent aucune justification,

      C’est parce qu’on t’en demande moins qu’à une femme sur le sujet. La position d’homme permet beaucoup plus facilement de dire « ta gueule ».

    • Perso je pense juste que ce sont des femmes ont choisi de ne pas avoir d’enfants, et que la société veut tellement leur imposer qu’elles sont obligées de consacrer beaucoup de temps et d’énergie à monter des assos, des blogs, à trouver des argumentaires, à essayer de se faire entendre auprès des personnes qui veulent leur faire comprendre que ce n’est pas normal ou des femmes qui tendent vers ce chemin.

    • L’étude de Charlotte Debest :
      http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1671/publi_pdf1_population_societes_2014_508_choix_sans_enfant.pdf

      Effectivement c’est de l’ordre de 5% et stable dans le temps. L’an dernier, j’avais contacté l’auteur et lui avais signalé que j’étais surpris de ne pas voir, parmi les facteurs interrogés, de motif « politique » (monde pourri, surpopulation...).

      Elle m’avait répondu : « Dans les entretiens que j’ai réalisés, ce type d’arguments est très peu apparu, et d’après mes analyses lorsqu’il est apparu, il n’était pas au coeur du refus d’enfant »... Je reste surpris, voire dubitatif...

    • @biggrizzly « Il y a des modes de vie qui pour une famille à 5 personnes impactent moins la planète que pour une personne seule vivant comme un jetsetter’ ». Non, ce n’est pas vrai, car 5 personnes feront en moyenne 10 enfants, 20 petits enfants etc., alors que le jetsetter gink, dans 100 ans son empreinte écologique est nulle...

    • Ce que je trouve formidable, c’est que quand une femme dit : je ne veux pas d’enfants, on lui explique toujours ce qu’elle doit penser et en plus, elle doit argumenter. Alors que bon, c’est quand même pas une obligation que je sache. Et que x ou y soit heureux d’avoir un ou plusieurs enfants dans sa vie et ses raisons on s’en branle un peu non ? Ce qui est important ici c’est que des femmes refusent le rôle qui leur est assigné et que leur simple refus et donc l’expression de leur position d’adulte autonome ne suffise jamais. Je suis assez d’accord avec @rastapopoulos, je peux comprendre la nécessité face à la pression sociale d’aller chercher des arguments ici ou là, mais franchement, un simple « je ne veux pas » devrait suffire. En la matière, je ne comprends pas vraiment la crispation : des personnes, des femmes, des hommes aussi, ne veulent pas d’enfants et d’autres en veulent et donc ?

    • @biggrizzly Si tu compare l’impact écologique d’un jetsetteur cocaïnomane par rapport a une famille d’écolos paysans chinois c’est sur que ton calcule peu fonctionné. Mais si tu compare l’impacte d’un paysan chinois nulipart avec une famille de 5 enfants du 15eme arrondissement bah ca marche plus du tout. A mode de vie comparable, la personne qui veille à l’extinction de sa race a un impact bien plus légers que la personne qui se reproduit comme un lapin en rut. C’est quant même pas difficile à comprendre. Et le model couche lavés a la main et allaitement qui permet un faible impacte, ça fait chier que les femmes, puisque 80% des tâches domestiques sont pour elles et que plus elles se reporduisent moins les mecs en font. Alors parler des familles qui se reporduisent et laissent les gosses cul nus pour pas salir l’ozone c’est assez mal venu surtout de la part d’hommes qui ne se ferons jamais couper la chatte ni le salaire et la retraite pour faire passer un nourisson qui ne portera même pas votre nom vu que 95% des pères osent encor donner leur noms comme de vulgaires pater familias romains.

      @koldobika tu fait bien de rappeler que quelque soit l’option pour les femmes, elles seront toujours perdantes.
      0 - sale egoiste carriériste qui n’a pas d’enfants et le regrettera.
      1 - c’est pas assez, le pauvre va être dans un sale enfant roi.
      2 - c’est deja trop ou pas assez. Et si il y a deux du même sexe va falloir penser à equillibré ca. Le principal etait tout de même des faire des fils comme on l’observe partout dans ce monde.
      3 - la tu peu commencer a etre traiter de lapine qui se contrôle pas et si les géniteurs sont different on va commencer a t’envoyer des compliment sur ton hygiène intime.
      4 et + - voir 3 en pire et tu aura droit à des commentaires sur la contraception et selon ta couleur des proposition de stérilisation de la part du corp médical vont te tomber dessus. Moi comme blanche on a essayer de me dissuader de me faire stérilisée mais je sais que les femmes racisées ont le probleme inverse.
      #racisme

  • Jennifer Cramblett, White Mom Mistakenly Impregnated With Black Man’s Sperm, Loses Court Battle - The Root
    http://www.theroot.com/articles/news/2015/09/jennifer_cramblett_white_mom_mistakenly_impregnated_with_black_man_s_sperm.

    Saying it lacked legal merit, an Illinois judge last week dismissed a white mother’s lawsuit against a sperm bank after she was accidentally impregnated with the semen of an African American man, according to the Washington Post.

    #melanine #colorisme #procreation_artificielle

    • "The lawyers said that “wrongful birth suits” usually apply in instances where a child is born with a birth defect and that doctors should have warned parents, but in this case the child was healthy , reports the Post."

      Etre #noir, c’est pas une tare.

  • La PMA, le bébé et l’eau du bain
    http://labrique.net/numeros/numero-42-fevrier-mars-2015/article/la-pma-le-bebe-et-l-eau-du-bain

    Alors qu’elle était au cœur des luttes politiques jusqu’au début de l’année dernière, la question de l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens a depuis été enterrée en douce par le gouvernement. Un bouquin récent a relancé la controverse. Avec à la clé une question cruciale : comment créer les conditions de l’égalité, tout en luttant contre les dérives technologiques ? Source : La Brique

    • Chacune de ces méthodes engagent des niveaux d’intervention du pouvoir technicien et médical extrêmement différents. Cette précision est importante, car elle signifie que parler de « la » PMA en bloc ne veut rien dire. « Chez les opposant-es comme chez les partisan-e-s, la confusion est de mise avec des effets regrettables », remarquent Aude Vincent et Aude Vidal.

    • Pour tenter de répondre à cette question, on peut recourir à l’idée de « seuil », proposée par le penseur Ivan Illich. Pour lui, le « seuil » désigne notamment le basculement à partir duquel une technique cesse d’être un simple moyen au service d’une fin, pour devenir une réalité autonome et incontrôlable, qui aliène celles et ceux qui la mobilisent. Or de ce point de vue, la fécondation in vitro (FIV*) peut se situer au-delà de ce seuil, quelle que soit l’orientation sexuelle des personnes qui choisissent d’y avoir recours.

      La question n’est évidemment pas de préjuger des volontés de ces dernières, et encore moins de mettre en cause ce qui relèverait de leur « responsabilité » dans ces choix individuels. Il s’agit surtout de questionner des choix collectifs qui engagent beaucoup, beaucoup de choses. A priori pour une raison toute simple, et qui outrepasse le débat homo/hétéro : l’augmentation du recours à la PMA est d’autant plus probable que nos modes de vie stressés et pollués produisent une infertilité croissante, que de nombreuses études viennent vérifier.

    • Les ressorts de la domination sont multiples ; en cela, il est logique que les formes de contestation de cette domination apparaissent elles aussi fragmentées. Le problème surgit lorsque chacun de ces fragments n’appréhende plus le point de vue de l’autre que du sien exclusivement. Escudero a voulu régler son compte à la gauche dite « progressiste » autant qu’au féminisme dit « post-moderne » (concept fourre-tout), parce qu’il ne veut voir d’eux que leur pointe « cybernéticienne » ; au nom du fait, contestable, que la lutte contre les technologies primerait sur toutes les autres. Celle-çi, pour peu qu’on refuse de mettre des œillères, est pourtant tout-à-fait compatible avec l’émancipation de toutes et tous. Croiser les regards sur ce qui nous oppresse : voilà qui sonne peut-être comme un petit sermon prétentieux. Mais sans doute est-ce là l’une des conditions de notre émancipation collective...

  • La PMA n’est pas naturelle, le couple hétérosexuel et ses enfants biologiques non plus

    http://larotative.info/la-pma-n-est-pas-naturelle-le.html

    Il y a quelques temps, un article intitulé Ni Manif pour tous, ni reproduction artificielle de l’humain était publié sur la Rotative (ainsi que sur d’autres sites). Cette tribune, signée par Alexis Escudero et @pmo, semble avoir pour vocation l’amorce d’un débat autour de la procréation médicalement assistée (PMA). C’est là le seul point avec lequel nous nous accordons avec les auteurs de l’article : un débat sur le sujet est nécessaire. Voici donc quelques éléments de réflexion.

    A l’heure actuelle, en France, la PMA est ouverte aux couples hétérosexuels infertiles ou porteurs d’une maladie grave susceptible d’être transmise à l’enfant. L’objectif est de pallier à une impossibilité physique à concevoir par le biais de différentes techniques médicales (stimulation ovarienne, insémination artificielle avec spermatozoïdes du conjoint ou ceux d’un donneur, fécondation in vitro). C’est une procédure longue, fortement médicalisée, souvent douloureuse physiquement et/ou psychiquement et qui se solde fréquemment par un échec ou un abandon de la procédure [1].

    La PMA n’est donc pas exactement une solution miracle et peu fatigante destinée uniquement à la caste des bourgeois riches et eugénistes pressés d’obtenir l’enfant idéal par catalogue et aucune femme n’y a recours parce qu’elle trouve cela plus agréable que d’avoir une relation sexuelle avec son conjoint. Si des dérives eugénistes existent, elles ne justifient ni de généraliser hâtivement sur des situations complexes, ni de mépriser les souffrances de personnes qui ont été contraintes de recourir à cette béquille technologique (béquille qui est plutôt une jambe de bois c’est-à-dire, pour ceux qui y ont recours, un truc bancal et bourré d’échardes).

    (...)

    Il y a longtemps que la procréation n’est plus un phénomène naturel. Les femmes ont lutté et continuent de se battre pour le droit à l’avortement, à la contraception, pour la liberté d’être autre chose que des matrices fécondables et fécondées, pour la possibilité d’exister. Il est parfaitement valable de s’opposer à la toute puissance que l’industrie, notamment pharmacologique, tente d’exercer sur nos corps et nos vies. Mais refuser la pilule parce qu’elle produit des déchets toxiques et provoque la féminisation de la population ou refuser la PMA parce qu’elle suppose l’utilisation de la génétique, c’est prôner un retour en arrière dangereux au lieu d’envisager une réappropriation des outils confisqués par l’industrie pharmaceutique [5].

    En matière de parentalité, rien n’est naturel [6]. Faire des enfants au sein d’un couple hétérosexuel, les élever, les aimer et en tirer une satisfaction suprême ; c’est une injonction sociale, pas le rêve uniformément partagé de l’espèce humaine. Il s’agit donc là d’un construit social, d’un fait culturel. Si de nombreuses personnes souffrent du fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants et dramatisent leur stérilité ou si d’autres ont sans cesse besoin d’expliquer qu’elles n’ont pas envie d’en avoir et que cela ne fait pas d’elles des êtres égoïstes, c’est aussi parce qu’on nous intime quotidiennement l’ordre de procréer pour être des êtres épanouis et qui se réalisent (en ce sens le fameux « désir d’enfant » dont nous rebat les oreilles n’est pas une aspiration biologique et personnelle mais une réponse socialement construite à une injonction culturelle).

    #procréation #contraception #pma #naturalisme

    • Progresser c’est accepter que certaines personnes souhaitent avoir des enfants avec lesquels ils ont un lien biologique, que d’autres préfèrent l’adoption, que d’autres encore ne veulent pas d’enfant. Séparer ces comportements entre ceux qui seraient naturels et ceux qui seraient culturels pour sous-entendre que les premiers sont bons et les seconds mauvais, que cela soit au nom du refus de la tyrannie technologique ou d’une quelconque morale religieuse est tout aussi réactionnaire et, surtout, dangereux.

      Libéralisme individualiste (première phrase) contre réactionnaire rétrograde (deuxième phrase). On est pas sorti de l’auberge avec une réflexion aussi pauvre… Surtout en mettant la critique techno au même plan que la morale religieuse…

      Franchement, vous le savez depuis juin, moi aussi j’ai des critiques sur le livre, mais là cet article, pour l’instant après deux lectures, il me parait assez naze.

      Comme si tous choix personnels restaient conscrits à une sphère privée ou locale… Certains choix personnels ont en effet une portée réduite. Mais d’autres impliquent la société entière, et parmi ceux-ci il faut (démocratiquement, espère-t-on) faire la balance entre ce que ça nous apporte ou retire à tou⋅te⋅s. Ce sont des choix de sociétés : ça s’appelle faire de la politique, en gros. Donc non, ce n’est pas juste une histoire de « telle personne veut faire ceci, telle personne veut faire cela ».

    • @rastapopoulos @aude_v : vous voulez pas écrire un petit article sur le sujet ? (je sais qu’il y en a de prévus ou déjà parus dans @lan02, mais on peut pas pour l’instant les verser au débat). Ces questions agitent beaucoup les mouvements libertaires de différentes villes, ce serait vraiment intéressant (nécessaire) d’avoir votre point de vue.

      D’accord avec le point de vue des choix politiques, c’est le même qui me questionne sur l’usage des drones ou de la robotique dans l’espace public.

    • Ce texte se veut une réponse à la publication d’un tract contre la manif pour tous et contre la reproduction artificielle de l’humain par Escudero et PMO. Il multiplie les critiques de mauvaise foi, caricature les propos des auteurs pour mieux les attaquer, et répond à côté de la plaque. Démontage en 4 points, citations à l’appui.

      1- « La PMA n’est donc pas exactement une solution miracle et peu fatigante destinée uniquement à la caste des bourgeois riches et eugénistes pressés d’obtenir l’enfant idéal par catalogue et aucune femme n’y a recours parce qu’elle trouve cela plus agréable que d’avoir une relation sexuelle avec son conjoint. Si des dérives eugénistes existent, elles ne justifient ni de généraliser hâtivement sur des situations complexes, ni de mépriser les souffrances de personnes qui ont été contraintes de recourir à cette béquille technologique »

      PMO ou Escudero n’ont jamais prétendu que la PMA était une partie de plaisir. Dans le livre d’Escudero, on trouve notamment ce témoignage :

      « J’ai deux enfants, deux bébés nés par ICSI (fécondation in vitro [FIV] avec injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) nés en 2008 et 2011. Mon parcours d’AMP a commencé en 2004 et j’ai eu mon premier enfant au bout de 11 tentatives : 5 inséminations, 1 FIV qui n’a pas produit d’embryon, 5 ICSI. Au fil des mois, l’AMP c’est une vie rétrécie, rythmée par les injections quotidiennes, les prises de sang, les transferts et les règles qui, inéluctablement, arrivent. Les règles peuvent arriver n’importe quand, avant un rendez-vous professionnel important, un 31 décembre chez des copains, et c’est à chaque fois un chagrin sans nom. Chaque jour de règles est une punition. »

      Et cette citation d’Agacinski :

      « Dans bien des pays où prospère l’industrie des bébés, on laisse largement dans l’ombre le fait que le “don d’ovocyte” n’a rien d’une partie de plaisir : il suppose d’abord un blocage des ovaires grâce à un traitement spécial (leuroprolide) qui peut provoquer des effets secondaires, comme la tacchycardie ou la baisse de densité osseuse. On pratique ensuite des injections quotidiennes pendant au moins dix jours pour stimuler les ovaires et produire suffisamment d’ovocytes (une femme n’en délivre normalement qu’un par cycle). Ce traitement est dangereux puisqu’il est capable de provoquer un syndrome d’hyperstimulation ovarienne (OHSS) dont les formes peuvent être légères, mais aussi sévères, voire mortelles. Les femmes qui subissent ce traitement à des fins personnelles, pour augmenter une fertilité insuffisante ou dans le cadre d’une fécondation in vitro, ne cherchent pas à obtenir plus de 7 ou 8 ovocytes, mais celles qui vont vendre leurs cellules à Kiev ou à Chypre savent qu’elles auront droit à une prime si elles produisent davantage. »

      D’ailleurs, pour certaines camarades féministes le fait que ces souffrances soient toujours supportées par des femmes, et infligées par une institution médicale patriarcale constitue à lui seul un réquisitoire contre la reproduction artificielle.

      –—

      2- « Mais refuser la pilule parce qu’elle produit des déchets toxiques et provoque la féminisation de la population ou refuser la PMA parce qu’elle suppose l’utilisation de la génétique, c’est prôner un retour en arrière dangereux au lieu d’envisager une réappropriation des outils confisqués par l’industrie pharmaceutique. »

      Ni PMO ni Escudero n’ont prétendu qu’il fallait refuser la pilule parce qu’elle provoquerait la féminisation de la population. Escudero mentionne les hormones de synthèse « utilisées chez l’humain (traitements médicaux, traitements de l’infertilité), mais surtout dans l’élevage industriel. » Il n’est pas question de la pilule. Et pour cause, l’article cité en source et intitulé : « Are Oral Contraceptives a Significant Contributor to the Estrogenicity of Drinking Water ? » explique justement que la pilule n’a qu’une influence négligeable dans la pollution hormonale. Ce sont – si l’on en croit cette étude - les hormones utilisées dans l’élevage qui posent problème.

      Venons en à la « réappropriation des outils confisqués par l’industrie pharmaceutique ». Si vous parlez de l’insémination artificielle : allons-y gaiement : c’est la technique du pot de yaourt et sa médicalisation est une aberration. Escudero n’y est a priori pas opposé puisqu’il précise en introduction que l’insémination à domicile n’est pas la PMA. En revanche, je vous souhaite bien du courage pour vous réapproprier la fécondation in vitro. Précisons d’abord que ces outils n’ont jamais été « confisqués » par l’industrie pharmaceutique : ils ont été pensés et mis au point par elle pour elle. Ils n’ont jamais été à la portée des sans pouvoir. La FIV et le diagnostic pré-implantatoire nécessitent des laboratoires, des outils technologiques, des savoir-faire qui ne sont pas appropriables par le commun des mortels. Ils nous condamnent à la soumission aux experts pour pouvoir procréer. Des experts en blouse blanche, généralement masculins, et qui au final prendront toujours les décisions à la place des couples, et des femmes en particulier.

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      3- En matière de parentalité, rien n’est naturel. Faire des enfants au sein d’un couple hétérosexuel, les élever, les aimer et en tirer une satisfaction suprême ; c’est une injonction sociale, pas le rêve uniformément partagé de l’espèce humaine. Il s’agit donc là d’un construit social, d’un fait culturel. Si de nombreuses personnes souffrent du fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants et dramatisent leur stérilité ou si d’autres ont sans cesse besoin d’expliquer qu’elles n’ont pas envie d’en avoir et que cela ne fait pas d’elles des êtres égoïstes, c’est aussi parce qu’on nous intime quotidiennement l’ordre de procréer pour être des êtres épanouis et qui se réalisent (en ce sens le fameux « désir d’enfant » dont nous rebat les oreilles n’est pas une aspiration biologique et personnelle mais une réponse socialement construite à une injonction culturelle).

      Vous laissez entendre que PMO et Escudero ignorent cela. Mais c’est exactement ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent « d’injonction sociale à la maternité/paternité » ou disent que « Faire des enfants n’est ni un droit, ni une obligation. ». PMO expliquait cela – et mieux que vous - il y a 10 ans déjà :

      « On reste perplexe devant tant d’acharnement procréateur. Devant ce désespoir des bréhaignes. Peut-on suggérer qu’il n’y a nulle honte à la stérilité, nulle gloire à la génération, nul impératif moral ou physique à se reproduire ? Que l’infécondité n’entraîne ni douleur, ni dégâts corporels ? Que des dizaines de maux autrement cruels nous harcèlent, ne serait-ce que du point de vue médical, qui exigeraient les moyens gaspillés dans ces hautes technologies populatoires ? Que la civilisation, enfin, n’est pas un haras ?

      On ne fait plus, en Occident du moins, d’enfants bâtons de vieillesse. On en fait peu pour les allocations. On n’invoque plus guère la nécessité de transmettre l’héritage, de perpétuer le nom ni la lignée - plus souvent la volonté de sceller le couple -, mais " La Vie" , " l’Amour de la Vie ", " des Enfants" , côtent au plus haut de la bourse des valeurs.

      Ce que disent en fait les géniteurs, c’est que pour cet acte au moins, ils se replient en deçà de l’intellect, dans l’instinct animal, voire dans le mécanisme végétal. Ils font des enfants comme les arbres portent des fruits, et les animaux, des petits. Cékomça. Et questionner cette pulsion inéluctable les « agresse » jusqu’au sacrilège, tant le sacré, ultima ratio , finit toujours par ressortir. Dans la plus technifiée des sociétés, ils affectent ainsi avec cette nature à qui ils payent leur dû à bon compte, un lien privilégié, ineffable et prestigieux.

      Vous pensiez vous faire vous même ? Qu’on ne naissait point mère, père, voué à l’instinct génésique ? Repentez-vous. Le prêchi-prêcha New Age (Mère Terre, Gaïa), mâtiné d’éco-féminisme (la " nature féminine" ), revigore le radotage religieux. Votre corps décide pour vous. Que dis-je votre corps ! Vos gènes, dont votre corps n’est que l’éphémère véhicule, imposent leur transmission. Vous voici en dette, somme de rendre la Vie que vous avez reçue, au motif de perpétuer celle-ci, l’espèce, ou de faire à un inconnu (l’Enfant), le don que des inconnus (les parents), vous ont fait. Et quand bien même vos gènes défailleraient, que votre corps se refuserait à la reproduction, on a vu que la technologie volerait à votre secours pour remédier à cette terrible souffrance psychique : le mal d’enfant. »

      (http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article19)
      –—

      4- « Séparer ces comportements entre ceux qui seraient naturels et ceux qui seraient culturels pour sous-entendre que les premiers sont bons et les seconds mauvais, que cela soit au nom du refus de la tyrannie technologique ou d’une quelconque morale religieuse est tout aussi réactionnaire et, surtout, dangereux. »

      Encore une fois, ce n’est pas du tout ce que fait Escudero. Pas plus que PMO. Vous travestissez leur propos. Escudero ne cesse de répéter que la nature n’est ni bonne ni mauvaise, et que la nature n’est pas un critère qui doit intervenir dans les choix politiques. Voyez ce passage du livre :

      « Dans le sillage des Lumières, la gauche avait fait sienne l’idée qu’un ordre naturel, quasi-divin, devait céder la place à la Raison « la faculté de bien juger, de discerner le vrai du faux, le bien du mal2 », pour organiser la société des hommes. Elle pensait à juste titre que le caractère naturel ou non d’un objet – sa « naturalité » – ne constituait pas un critère moral et politique pertinent pour décider de l’organisation de la cité. »

      C’est tout de même assez clair non ? Relisez aussi cet extrait de son interview dans la décroissance (publiée sur le site du Monde à l’Envers) :

      « La gauche confond nature et idée d’ordre naturel. La nature c’est ce qui naît, l’inné, ce qui est donné à chacun à la naissance et n’est le produit ni de la construction sociale, ni d’un quelconque artifice. Cette nature existe évidemment et nous impose de nombreuses contraintes : une femme ou un homme seul ne peut pas faire d’enfants, deux hommes ou deux femmes non plus. L’ordre naturel en revanche est un fantasme, qui légitime les inégalités sociales au nom de la nature.

      La gauche libérale jette la nature avec l’eau du bain. Croyant couper l’herbe sous le pied de la droite et des réactionnaires, elle rejette en bloc les contraintes biologiques et physiologiques qui s’imposent à nous (pour le pire et pour le meilleur), et qui font de nous des êtres humains, des animaux politiques. Elle développe une conception de la liberté exclusivement libérale, individuelle et consumériste, qui fait de l’abolition de la nature son unique critère. Est bon ce qui est artificiel, est mauvais ce qui est naturel. Évidemment, le recours au marché et à la technologie est l’unique horizon de cette fausse liberté.

      Or la nature n’est ni bonne ni mauvaise, et l’abolition de la nature n’est pas synonyme d’émancipation. A l’ère du capitalisme technologique, la lutte pour l’émancipation de la nature qui fut facteur d’émancipation, se paye désormais au centuple en soumission au capitalisme et à la technologie. »

      En somme : Escudero explique que s’émanciper de la nature n’est pas en soi un progrès. Pas plus que de se conformer à la nature n’est quelque chose de positif. Tout est question de choix politique : préfère t-on accepter certaines contraintes biologiques ou physiologiques ou nous soumettre à l’État, au marché et à la technologie ? Dire cela, ce n’est pas être naturaliste ou réactionnaire.

      –—

      En somme : que de « raccourcis, extrapolations, décontextualisations et amalgames » produisant « un discours paranoïaque » dans votre article ! Ce que vous reprochez à Escudero s’applique à l’essentiel de votre propos.

      J’espère que vous saurez en tenir compte. Car ces précisions apportées, un vrai débat peut commencer. Il y a en effet de gros désaccords entre vos positions et celles de PMO/Escudero. Pour ne citer que les plus importants :

      → Vous semblez faire confiance à l’État, pour réguler le marché de la PMA et limiter les dérives eugénistes de la PMA. PMO et Escudero non.
      → Vous invoquez l’égalité pour justifier l’ouverture de la PMA aux lesbiennes et femmes seules – en somme aux femmes fertiles. Escudero dirait que vous confondez égalité politique et identité biologique, et que cette conception ouvre la voie au transhumanisme.
      → Vous semblez penser que la technologie est neutre, et que les sans-pouvoir pourraient se la réapproprier. Escudero et PMO, c’est tout le contraire.

      C’est de cela qu’il faut parler. Mais avec un minimum d’honnêteté.

    • J’ajoute que la note n°3 de l’article publié sur la Rotative détourne une citation d’Escudero de manière complètement malhonnête. Escudero parle à ce moment-là des bovins, et vous reprenez ses propos en faisant croire qu’il parle des humains. Oui, pour les agriculteurs, c’est tellement plus simple de recourir à l’insémination artificielle, alors que ce n’est pas le cas pour les humains. Et la boutade sur la vaisselle prend un tout autre sens avec des taureaux : elle joue alors sur l’anthropomorphisme.

      La citation dans son contexte complet :

      Chez les bovins, il n’a pas fallu attendre que la pollution chimique stérilise l’ensemble des bestiaux, pour faire de la reproduction artificielle la seule et unique façon de se reproduire. Dès les années 1940, la rationalité technicienne qui s’étend à l’agriculture pousse les paysans – désormais « exploitants agricoles » – à adopter l’insémination artificielle. En quelques années, la majorité d’entre eux opte pour le procédé.

      « Avec 5 258 136 vaches inséminées artificiellement en 1961 (4 622 147 en 1960, 3 964 687 en 1959) la France se classe au troisième rang dans le monde pour le nombre, alors qu’elle ne tient que le cinquième rang pour le pourcentage du cheptel soumis à cette technique. […] Quatre-vingt-quatre centres d’insémination fonctionnent en France en 19611. »

      Avec l’insémination artificielle, tout est tellement plus simple ! Un coup de téléphone et le sperme est livré à domicile. L’abolition du coït entre mâle et femelle supprime du même coup les risques de maladies sexuellement transmissibles. Plus besoin surtout d’entretenir un mâle à l’année, ce qui est contraignant et coûte trop cher pour le peu de fois que l’on s’en sert (et imaginez en plus s’il ne fait pas la vaisselle). Mais le véritable intérêt de cette technique est d’améliorer le rendement des troupeaux en offrant aux agriculteurs le meilleur matériel génétique.

  • « Souvent novateurs en matière de management » (sic), Facebook et Apple vont faciliter la congélation d’ovules pour leurs employées
    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/10/14/97002-20141014FILWWW00421-facebook-et-apple-vont-faciliter-la-congelation-d

    Deux géants de Silicon Valley, Facebook et Apple, souvent novateurs en matière de management, vont faciliter pour leurs employées la congélation d’ovules, en leur payant ce traitement qui permet aux femmes d’avoir des enfants plus tard, affirme mardi NBC News.

  • #PMO
    #Alexis_Escudero
    #La_Reproduction_Artificielle_De_L_humain
    #Féminisme_Radical
    #Critique_Anti_Industrielle
    #Procréation
    #Genre
    #Honte_Prométhéenne
    #PMA
    #Pièces_Et_main_D_Oeuvre
    #Mythe_de_la_Nature
    #Cahiers_du_Genre
    #Agustin_Garcia_Calvo
    #Gunther_Anders
    #Theodor_Kaczinski
    #Edn
    #Ilana_Löwy
    #La_nef_des_fous

    Les balourdises masculinistes d’Alexis Escudero
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=495
    et le mépris suffisant affiché par Pièces et Main d’Oeuvre ("PMO") envers ce qui relève de la critique féministe des rapports de domination de genre ont pu en étonner et en troubler plus d’un-e ces derniers mois.
    La reproduction était naturelle, les couples homosexuels sont stériles, et la critique du genre s’inscrit pleinement et seulement dans une stratégie d’artificialisation et de conquète du vivant - et j’en passe et des héneaurmes.
    Le fait est que la critique anti-industrielle s’appuie certes sur un corpus théorique et une histoire jusqu’à ce jour plus qu’indifférente, sinon pire, aux questions des inégalités sociales de genre ou de sexe. Et, pour ne citer que ceux-là, je lis certes moi aussi avec intérêt des auteurs comme Jacques Ellul ou Georges Bernanos, ("La France contre les Robots", contrairement à ce que son titre laisse croire, n’a pas été conçu par Marcel Gotlib et Edward P. Jacob en recourant aux Nouvelles Technologies de la Reproduction : c’est un recueil de textes de Bernanos des plus stimulant) : mais quand je les lis, je n’oublie pas d’où ils parlent, et quel banal hétérosexisme masculin impensé mais pleinement assumé traverse jusqu’au meilleur de leur écrits. Quant aux auteurs pro ou post-situs plus proches de nous, dans la veine de l’EdN, ils sont à même enseigne : la plupart du temps ils ne font pas mention des questions féministes (et peu d’autres inégalités, comme les inégalités de race) ; et quand ils daignent le faire, dans le meilleur des cas, à ma connaissance, c’est toujours pour les subordonner à l’universalité supposée de leur propre grille de lecture.
    Mais quelques aspects théoriques de la critique anti-industrielle me semblent plus particulièrement de nature à conforter cet aveuglement masculiniste.
    Il me semble que l’incapacité des anti-industriels à connaître la critique féministe du genre (puisque c’est de cela qu’il s’agit, in fine) trouve, à l’appui de ce banal aveuglement congénital, un appui théorique certes bien bancal, mais très ,opportun dans une idée développée il y a plus d’un demi siècle par Gunther Anders ( reprise dans « L’obsolescence de l’homme, réédité par l’EdN il y a une dizaine d’années) : celle de « honte prométhéenne » - le fait que, confronté à la perfection des machines, les humains auraient honte d’être nés, plutôt que d’être fabriqués. Une honte, pour faire très court, de la « nature » et de la biologie. Mon propos ici n’est pas de disputer cette idée, qui me paraît fondée, mais la façon dont elle me semble ressurgir hors de propos lorsque PMO écrit :
    « L’auteur, Alexis Escudero, participe depuis plusieurs années au mouvement de critique des technologies. Peut-être est-il de la dernière génération d’enfants nés, et non pas produits. »
    Le fait est que le questionnement du caractère de production sociale du genre et donc du sexe comme du caractère socialisé, socialement organisé de la reproduction, devient assurément incompréhensible lorsqu’on ne sait l’envisager que sous la forme du confusionnisme libéral-réactionnaire dont on nous rebat les oreille. Et cette incompréhension se voit redoublée lorsque ce questionnement est vu au travers du prisme de la « honte prométhéenne » : du point de vue de PMO, la seule attitude égalitariste concevable vis-à-vis d’une différence sexuelle forcément naturelle se réduit à un seul inepte égalitarisme technolâtre, et mène nécessairement plus ou moins vite au cauchemar transhumaniste.
    Ce prisme déformant et réducteur me semble pouvoir expliquer en partie l’aplomb déroutant avec lequel PMO et Escudero se disent libertaires tout en brandissent fièrement des contresens sur le genre qui ne dépareraient pas entre deux pancartes de la Manif pour tous. Leur confusion est des plus grossières, mais je les soupçonne de ne jamais être trop allé se plonger dans les riches disputes entre féministes radicales pour y prendre la mesure de l’histoire de la prise de conscience d’un système de rapports de domination de genre où eux se trouvent privilégiés, de sa critique, et des implications de la position où chacun-e s’y trouve situé, quant à sa propre conscience « spontanée » de ces rapports. Ce d’autant plus que le monde politico-médiatique nous sert à profusion, sous le label « féminisme », l’ornière intellectuelle de considérations naturalistes/essentialistes, et les tentatives, de fait nécessairement technolâtres, qui en découlent d’en finir avec la malédiction d’une féminité infériorisante, une fois celle ci pensée comme fondée en nature.
    Je pense que le propos des Escudero et PMO sont cohérents avec les présupposés plus ou moins profondément essentialistes qui sous tendent les propos des Agacinski ou Badinter, comme avec une grande partie au moins du très spectacliste mouvement queer, lesquelles ont plus facilement les faveurs des média que les féministes radicales qui argumentent contre le naturalisme. Mais il me semble avéré que, du point de vue d’une partie de la critique féministe radicale, matérialiste, ces propos sont au mieux purement et simplement ineptes. Il serait donc pour le moins appréciable que, sur les questions du genre, des sexes, et de la reproduction, les anti-industriels s’avèrent capables de cibler leur critique : c’est à dire qu’ils aient pris la peine de connaître un peu plus ce dont ils prétendent juger.

    Mais ça n’est pas le cas : le fait est que c’est très vraisemblablement du seul fait de la position masculine hétérosexiste qui est la leur, dont la critique leur paraît superflue, qu’ils peuvent se permettre de prendre à leur convenance cette partie tout de même très particulière du féminisme pour le tout. Le fait est aussi que cette curieuse facilité intellectuelle ne les empêche pas de dormir, et que quiconque ose le leur faire remarquer se heurte de leur part à un déni massif, accompagné des accusations de libéralisme et de progressisme technolâtres de rigueur.
    Et, par exemple, sur les nouvelles techniques reproductives, ils se fichent comme d’une guigne des réflexions critiques publiées dans des revues comme Les cahiers du genre, pour n’en citer qu’une… (par exemple : http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2003-1.htm ) Il me semble que l’on gagnerait pourtant beaucoup en intelligence de la situation dans laquelle nous nous trouvons si nous parvenions à articuler entre elles les critiques féministes du genre et les critiques anti-industrielles ! (et quelques autres…)
    Hélas, chez PMO, on sait déjà que le féminisme est irrémédiablement un progressisme technolâtre, et on s’exprime donc en conséquence.

    Mais, d’une manière plus large (qui excède ses rapports avec la critique féministe), il y a dans la forme de la critique anti-industrielle une forme d’arrogance méprisante qui me paraît liée à sa trop grande proximité avec un prophétisme catastrophique : il y a quinze ans déjà, il me semblait par exemple que la lutte contre les OGM gagnait à être formulée en fonction de ce qu’ils constituaient et disaient déjà du présent où ils étaient envisagés, conçus, produits, et non en fonction de l’avenir plus sombre qui résulterait de leur développement. Il me semblait qu’il ne fallait pas tomber dans l’erreur d’en parler en recourant à la peur d’un inconnu à venir, mais au contraire en insistant sur le fait qu’une critique et une lutte trouvaient amplement à se fonder dans le refus de ce que nous connaissions déjà trop bien : et, par exemple, de ce que nous connaissions déjà à propos du recours à des solutions scientistes ou technolâtres aux problèmes politiques, ou de ce qu’impliquait, et d’où provenait, le choix politique de poser en termes scientifiques et techniques les questions sociales.
    Comme le disait il y a 20 ans je crois Agustin Garcia Calvo (dans « Contre la paix, contre la démocratie » : http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Agustin_Garcia_Calvo_-_Contre_la_paix,_contre_la_democratie.html ), « le futur est une idée réactionnaire, » au nom de laquelle nous sommes toujours invités à renoncer au présent : et cela, y compris chez les amateurs de « critique radicale » .

    Un texte comme « La nef des fous » de Théodore Kaczinski paru en 2001 (https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=435 ) m’avait de ce point de vue semblé de très mauvais augure (même si j’étais loin alors de comprendre ce que recouvrait la notion de genre et de m’être intéressé avec conséquence à la critique féministe… il me faudra pour cela plusieurs années de lecture, de discussions et de réflexions) : l’auteur y met benoîtement en scène d’un point de vue des plus surplombant et universaliste, la nécessité selon lui de faire passer toutes les luttes particulières contre des inégalités qu’il se trouve ne pas avoir connu, au sein desquelles il se trouve privilégié, après la question qui selon lui les dépasse toutes : la catastrophe à venir (le bateau continue d’aller vers le nord au milieu des iceberg toujours plus nombreux, et il est voué à continuer ainsi jusqu’à l’inévitable collision). Il y a d’un côté « ce qui ne va vraiment pas » : ce que lui a identifié, en dehors de toute considération sur les inégalités sociales – et de l’autre les « petits problèmes mesquins » qu’il n’a pas à subir, pour lesquels il ne profère donc pas de « réclamations dérisoires Le mensonge résidant ici dans le fait que la lutte contre les inégalité de genre, race, classe etc. qui règnent à bord serait, d’après Kaczinski, irrémédiablement incompatible avec un infléchissement de sa trajectoire, ou un arrêt des machines, qu’il y ferait obstacle : stupidement, les infériorisé-e-s qu’il met en scène se fichent sur la margoulette, chacun-e égoïstement, très libéralement focalisé-e sur ses seuls griefs individuels, chacun-e très libéralement identifié-e aussi au caractère particulier qu’ellil se trouve incarner – tandis que, par la voix du mousse, l’universel, c’est à dire l’homme blanc hétérosexiste, lui, sait déjà ce qu’il convient de faire pour les sauver tous - mais du seul naufrage, qui arrivera plus tard. Après seulement – une fois tous rendus à sa raison, une fois que toutes et tous auront admis que leurs luttes étaient mesquines et dérisoires, gageons que le temps sera venu d’en perdre pour le mesquin et le dérisoire. Ou pas.
    Pour un milieu qui se prétend volontiers libertaire, le milieu anti-industriel qui a diffusé alors largement et sans critiquer le cœur de ce texte a eu un peu vite fait de se torcher avec la pensée de Bakounine, sur le fait que la liberté - et donc la fin de l’infériorisation - était une exigence, un besoin immédiat, qui ne saurait se différer : et donc que l’existence de systèmes de rapports de domination étaient pour celleux qui y étaient infériorisé-e-s une cause suffisante de révolte. A lire kaczinski, au nom de la collision à venir du navire de la fable contre l’iceberg, de la catastrophe industrielle qui résoudra définitivement tous les différents, il convient au mieux de renoncer à lutter contre les inégalités présentes, de les mettre de côté en attendant, plus tard, une fois la révo – pardon, une fois la catastrophe évitée, de voir ce qu’on pourrait y faire. En attendant, les dominé-e-s seraient bienvenus de cesser de jouer les égoïstes, vu que ça ne fait que les mener à contribuer au progrès, et de se mettre à penser un peu à l’intérêt supérieur de tout le monde, _c’est-à-dire, de fait, au seul intérêt que les dominants connaissent. Je me rappelle avoir entendu, en d’autre temps, des staliniens seriner un air semblable aux libertaires sur l’Etat, sans parler de tous les révolutionnaires, qui expliquent encore aux féministes que pour l’égalité entre hommes et femmes, il faut d’abord faire la révolution.
    Je tiens pour ma part pour l’exact contraire : et qu’il y aurait beaucoup à creuser, sur le rôle que les inégalités sociales comme le genre, lorsqu’on se refuse à chercher à les connaître et les penser avec conséquences, ou dans la mesure ou les dominants y sont prêts à tout ou presque pour empêcher qu’il y soit mis fin, sont amenées à jouer, comme moteur toujours renouvelé pour une quête permanente de solutions techniciennes et scientistes aux maux qu’elles génèrent.
    Mais pour cela, il faut que ceux, majoritairement hommes, blancs, hétérosexistes, et j’en passe et d’autres privilèges, qui produisent, promeuvent et diffusent la critique anti-industrielle admettent qu’ils sont quand même pleinement partie prenante au sein de rapports de domination qui structurent de part en part cette même société, que leur critique n’est pas indemne des positions relativement privilégiée qu’ils y occupent : et que les critiques des rapports de domination existant, formulées par celleux qui les subissent, font partie de la critique de cette société au même titre que la critique anti-industrielle.
    Qu’en conséquence de quoi, avant de prétendre disputer très virilement de « la reproduction artificielle de l’humain », ou de la « nature de la filiation » (http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=427 ) , la première des choses à faire pour le mouvement anti-industriel est de cesser d’envisager la critique du genre avec une honnêteté intellectuelle jusqu’ici proche de celle de la manif pour tous.

    • @Aude V

      merci de ton encouragement.

      J’ai relu ce matin à tête reposée le début du 4ème chapitre, si joliment intitulé Les crimes de l’égalité (il fallait oser), de ce qui m’apparaît désormais beaucoup plus clairement de la part d’Alexis Escudero et de PMO comme une entreprise délibérée et très intéressée de falsification d’une partie au moins de la critique féministe radicale, de la critique féministe matérialiste.

      (A vrai dire, le début de travail de remise sur pied du propos de l’auteur occasionné par la rencontre et la confrontation avec votre approche critique de son oeuvre me la rendue du coup beaucoup plus lisible, et a conforté ce premier ressenti à son endroit qui me l’avait rendu inabordable : lorsqu’on cesse de chercher à réagir à des « maladresses d’alliés » face à ce qui est en fait une agression commise par quelqu’un qui traite une pensée que vous partagez et respectez avec hostilité et malhonnêteté, qui vous traite en ennemi, lorsque l’on se décide de nommer l’hostilité, lorsqu’on attend plus de son auteur autre chose que de l’hostilité, ses désarmantes « maladresses » deviennent de très éloquentes agressions, des attaques auxquelles il devient enfin possible de répondre...)

      Je n’y avais pas prêté attention à la première lecture, mais au début de ce chapitre, lorsqu’il se hasarde à préciser ce qu’il entend par égalité, Escudero cite bien Christine Delphy, et à propos du genre qui précède le sexe. On ne peut donc lui reprocher d’ignorer l’existence de cette critique. Seulement, il la cite en la falsifiant, en prétendant y lire le contraire de ce qu’elle dit, et se fait ensuite un devoir de la corriger à sa façon, et à son avantage. Une telle pratique n’est pas maladroite, mais malhonnête, et un tel texte constitue bien une forme d’agression anti-féministe caractérisée.

      Je prépare un billet plus complet à ce propos, parce que la prose d’Escudero est véritablement déroutante et demande d’être décortiquée, et parce que cette falsification me semble particulièrement significative, non seulement parce qu’elle porte sur un désaccord fondamental sur les questions de nature et d’égalité, mais encore pour ce qu’elle manifeste des « intersections » entre les oppressions - tant que des hommes ne reconnaissent pas la validité de la critique féministe du système de domination de genre, ils continuent de défendre leurs privilèges comme ce système le leur a appris. il me semble qu’il faudrait défendre face au discours arrogant et si masculin de PMO/Escudero qu’aucune « critique radicale » à prétention universelle ne peut être formulée à partir d’une seule et unique position infériorisée, aliénée ou dominée particulière (à croire que l’histoire du discours ouvriériste sur la mission historique du prolétariat et de la catastrophe stalinienne ne leur sont d’aucune utilité !). Et qu’au contraire, toute critique qui se veut radicale se doit de prendre la peine d’examiner en quoi la position depuis laquelle elle est formulée la conditionne, et la rend elle-même critiquable ; que les auteur-e-s de n’importe quelle critique qui se veulent radical-e-s n’ont d’autre choix que de questionner les quelques privilèges qui peuvent être les leurs, que de prendre au sérieux les critiques formulées à l’encontre de cette position, et des privilèges qui la caractérisent.

    • Attention toutefois que le fait de questionner nos propres privilèges (être précaire mais homme, être femme mais blanche, être racisé⋅e mais de classe moyenne, etc) ne fasse pas oublier nos propres points de vue et donc nos propres critiques de départ.

      Que par exemple, je dois prendre en compte le point de vue féministe (que je ne peux pas avoir moi), mais je n’oublie pas ma critique anti-industrielle de départ, et j’essaye de transiger le moins possible dessus (quand bien même on doit accepter de « céder du terrain » comme m’a dit @aude_v l’autre jour, afin d’aboutir à une voie qui convienne à plus de monde que tel ou tel groupe radical). Cela vaut aussi pour les autres groupes bien sûr. :)

    • @Aude V

      je n’ai pas eu l’occasion de lire les explications d’Escudero dans La Décroissance, mais je veux bien admettre qu’il ait pu y revenir sur ses propos, ou entendre quelques critiques : ça n’est pas la matière qui manque. Il aura eu l’embarras du choix !
      Mais il me semble que pour l’essentiel, le mal est fait : son livre est publié, et PMO continue de lui faire la même promotion résolument orientée, reprise telle quelle par plusieurs sites anti-indus ou de critique « radicale ». Aucun des référencements que j’ai pu en lire sur le net ne fait mention du moindre trouble vis-à-vis de son contenu comme de sa présentation - si ce n’est ceux de rares blogueuses féministes comme toi.

      Il me semble qu’une vraie remise en question de sa part appellerait pour le moins un désaveu cinglant (que je n’ai lu nulle part à ce jour) des présentations de PMO (Pour ma part, à chaque fois qu’il m’est arrivé de publier quelque chose - j’ai eu quelques brochures et revues photocopiées à mon actif, sans parler de textes mis en circulation sur le net - je me suis efforcé autant que je le pouvais de ne laisser personne dire n’importe quoi dessus, et se permettre d’en faire sur mon dos une présentation fallacieuse, même dithyrambique. Il me semble que c’est là la moindre des choses lorsqu’on prend le risque de dire quelque chose publiquement, et de le faire par écrit.).
      Et surtout, et plus encore, de conséquents amendements à son texte - à même de le rendre méconnaissable.

      Je ne dis pas que ce serait facile, je m’efforce seulement de tirer le minimum de conséquences qu’un tel mea culpa impliquerait. (Et si les critiques qu’il reçoit de vive voix devaient l’y inciter, tant mieux : mais je ne suis pas optimiste).

      A la lecture, Escudero ne me paraît hélas guère trahi ou falsifié par les viriles rodomontades des chapeaux de PMO.
      Il ne manquait pas d’occasions d’écrire tout autre chose que ce qu’il a écrit, de donner par exemple de la place aux rapports de domination de genre, et à la manière dont ils se manifestent et s’inscrivent dans la technolâtrie dominante, à la manière dont le libéralisme, la technolâtrie, le patriarcat et le racisme se renforcent, s’appuient les uns sur les autres pour se perpétrer : il est tellement plus facile pour un homme anti-industriel de tomber, en accord avec le reste du patriarcat, sur le râble des inconséquentes féministes et des inconscient-e-s LGBT que de s’interroger sur sa propre position dans les rapports de domination de genre... - mais cette attitude de par sa facilité me paraît garantir à la critique anti-indus’ de piétiner au mieux dans une impasse, ou de se retrouver très vite égarée en très mauvaise compagnie ; qui plus est, nécessiter un très handicapant renoncement à critiquer l’idée religieuse de Nature.

      Je trouve que sa critique de la reproduction, sous une étourdissante profusion de références et de citations de ce que la technolâtrie produit de pire, manque de fait singulièrement de fond conceptuel. Cette abondance de documentation peine à dissimuler ce qui me paraît être une confusion certaine : il n’était pas nécessaire d’aller chercher autant de références pour produire un résultat aussi calamiteux.

      Pour ce que je suis arrivé à m’infliger (ce fameux chapitre 4, pour l’essentiel), à chaque fois qu’Escudero y a le choix entre citer une auteure peu crédible, un homme encore moins sur pareil sujet, ou plutôt, de se plonger dans les critiques élaborées par quelques auteures féministes radicales, il commet la même malencontreuse bourde - et présente les propos de l’une ou l’autre des deux premiers comme la substance des thèses des troisièmes. Une fois ou deux, à la rigueur... Effectivement, les maladresses existent, mais dans pareil texte au ton pamphlétaire, ça ne fait pas sérieux, au mieux cela décrédibilise la charge de l’auteur.
      Et chez lui, c’est quasi systématique !

      Mon projet de billet avance bien.

    • Le problème c’est que parfois c’est le cas… et parfois pas. :(
      Donc pas forcément aussi simple que ça de dire « tous les oppresseurs dans le même camps ».

      On sait très bien qu’il y a aussi de nombreux cas où le libéralisme se sert de l’anti-patriarcat pour avancer sur la marchandisation du monde, ou ceux où le patriarcat se sert de l’anti-libéralisme (parfois très justifié) de certaines catégories sociales pour revenir sur des avancées des droits des femmes, etc.

      Pas toujours facile de formuler des opinions complexes quand on veut reste concis et de pas développer toutes les exceptions et cas possibles.

    • @Rastapopoulos
      @Aude

      Ok, il est risqué de vouloir synthétiser quelque chose d’aussi complexe que la façon dont les rapports de domination et les aliénations diverses et avariées, et les critiques et luttes se croisent, se mêlent et tutti quanti.

      Plus précisément, @Rastapopoulos, mon propos n’était pas de prétendre que "tous les oppresseurs sont dans le même camp" (je crois que vous l’aviez très bien saisi - et en même temps que vous avez probablement raison, cela va sans doute mieux en le disant), mais plutôt de faire remarquer que face aux critiques et aux luttes les plus vigoureuses, radicales et estimables, l’oppression a une fichue tendance à réussir à retomber sur ses pattes [astérisque] (quitte à devoir en sacrifier une), et à prendre de court pas mal de gen-te-s, voire à faire d’elleux ses agent-e-s en trouvant à se rééquilibrer autrement à son avantage - du point de vue des êtres humains et de la vie en général, peu importe que l’oppression doive s’appuyer plus sur le patriarcat, le racisme, le nationalisme, le marché, la démocratie ou la fuite en avant technicienne ou autre chose.

      [astérisque] [Oups. Me voilà à nouveau pris en flagrant délit de synthèse à l’emporte-pièce et de personnalisation métaphorique pas forcément des plus parlantes pour tout le monde... (à me relire, je me demande si l’oppression n’aurait pas des pattes velues) ]

      Je pense par exemple à la manière dont, à la faveur d’une "libération sexuelle" obtenue dans un contexte patriarcal et marchand, il me semble que l’on peut dire que l’hédonisme pornographique et la communication ont très bien su prendre le relais de l’église et de la famille, pour ce qui est de continuer, en dépit du recul de celles-ci, à maintenir intact - quoique sur des bases en apparence radicalement opposées -, l’essentiel de la hiérarchie de genre.
      Ah oui, les images ont changé et défrisent certes désormais les plus vieux ou archaïques des patriarches, mais l’ordre reste le même : et les hommes en bénéficient toujours.

      Je pense aussi à la façon dont les techniques de PMA et les prétentions à artificialiser le vivant me semblent constituer pleinement une réponse de la part de l’ordre social patriarcal/libéral/technicien/colonial... (liste non exhaustive !) à une part au moins de la critique du genre : à la critique de la conception genrée de la procréation
      Cette conception qui prétend relier naturellement (et donc définitivement) sexe, couple, procréation et filiation, fonder en nature sur cette base la place plus ou moins étroite socialement réservée aux uns et aux unes, cette conception qui de fait ne patauge jamais aussi sûrement dans le social et la production humaine que quand elle brandit la Nature
      Pour rentrer un peu dans le sujet, je renvoie à la lecture d’articles sur l’histoire de la PMA et de la fabrication du naturel, comme ceux d’Ilana Löwy par exemple, qui me semblent exposer combien les hiérarchies de genre se perpétuent avec le progrès technique :
      « Nouvelles techniques reproductives, nouvelle production du genre » http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2014-1-page-5.htm

      « La fabrication du naturel : l’assistance médicale à la procréation dans une perspective comparée »
      http://www.cairn.info/revue-tumultes-2006-1-page-35.htm
      Il faut que l’aveuglement masculiniste de PMO/Escudero soit considérable pour que pareils titres et pareils sujets ne les aient jamais intéressés - « L’invention du naturel » est d’ailleurs le titre d’un livre paru en 2000, sous la direction de Delphine Gardey et Ilana Löwy, qui propose de très stimulantes réflexions sur « les sciences et la fabrication du féminin et du masculin » : mais il est vrai que pour les hommes de Pièces et Main d’Oeuvre qui produisent une critique exclusivement anti-industrielle, le féminin et le masculin ne sauraient être fabriqués ni produits, puisqu’ils sont évidemment, c’est le bon sens même, naturels… A consulter leurs notes de bas de page, à une critique féministe radicale de la procréation et de la manière dont se fabrique le sexe à partir du genre, ou la notion de Nature... ils préfèrent de loin accorder toute leur attention à ce qu’écrivent de plus ou moins virils technolâtres, et de plus ou moins technolâtres auteurs masculins - comme Testard ou Habermas, - ou à des femmes au propos, sinon essentialiste et confusionniste au point de celui d’une Peggy Sastre, pour le moins très éloigné de la critique féministe radicale. ).

      Il me paraît pourtant assez peu crédible de prétendre chercher à formuler une pensée critique radicale sur les enjeux que recouvre aujourd’hui la question de la procréation sans donner aux considérations féministes sur le genre (ainsi qu’à quelques autres) une place conséquente : en aucun cas on ne saurait les tenir pour négligeables devant, par exemple, les seuls et uniques méfaits stérilisants de l’artificialisation technicienne.
      C’est bien pour cela qu’il me semble important de mener une critique des positions rigides et étroites telles que celles des PMO/Escudero : tout en se prétendant radicalement émancipatrices avec de grands effets de manches, elles sont déjà, de par leur caractère lourdement monolithique et résolument hostile à tout point de vue qui ne se puisse inféoder au leur, pleinement au service du maintien d’oppressions dont leurs auteurs, en tant qu’hommes, se trouvent justement être les bénéficiaires.

      A quel moment passe-ton d’allié gentil mais vachement maladroit et ignorant mais allié quand même, même si c’est rudement pénible de devoir supporter autant de maladresse et d’ignorance crasse - à ennemi déclaré, même s’il s’entête à prétendre le contraire, ou à prétendre qu’en fait c’est pas lui : lui veut être notre allié, et nous explique comment nous devons faire, à quelle critique radicale nous devons renoncer pour qu’il puisse l’être, parce que pour l’instant, au contraire, c’est nous, l’ennemi ?
      C’est pour moi une question qui ne se pose plus à leur sujet.

      En ce début de XXIème siècle, la promotion d’une PMA des plus technolâtre, libérale et toujours genrée, (bien que tôt ou tard vraisemblablement ouverte aux couples de même sexe), me semble tout de même déjà constituer, pour le système de rapports de domination de genre et sa hiérarchie, une réponse rudement plus efficace et prometteuse aux menaces que représente pour lui la critique et la lutte féministe une réponse qui doit être pensée comme telle si l’on entend s’en prendre avec un minimum de conséquence au genre comme à la technolâtrie. (cela demande aussi de se montrer capable de comprendre pourquoi se contenter d’être vachement et virilement "plus-radical-que-moi-Le-Meur" sur un seul sujet et donc se faire un devoir de traiter en chienne enragée toute critique qui ne soit pas au moins aussi étroitement focalisée sur ce même sujet revient alors, du point de vue des dominé-e-s, à faire pire que n’avoir rien critiqué - et a mettre au service de l’ordre existant les armes critiques que l’on a forgé, à son bénéfice, contre les autres critiques et luttes qui pourraient l’affaiblir ou menacer sa perpétuation)
      Une réponse assurément plus efficace et prometteuse que celle, par exemple, très spectaculaire, du ridicule barnum folklorique de la manif pour tous, qui a le gros défaut, face à la critique des rapports de genre, de s’exprimer sur le sujet non pas comme on l’aurait fait effectivement il y a un ou deux ou huit ou dix siècles, mais de façon caricaturale, comme ses animateurs s’imaginent niaisement aujourd’hui, depuis leur conception actuelle de ce passé, qu’on devait nécessairement le faire toujours et partout avant le recul de l’église. (et sur ce tout dernier point, je renvoie par exemple les curieux qui ne l’auraient jamais lue aux écrits d’une historienne féministe comme Michèle Perrot – mais c’est loin d’être la seule)

    • Je pense par exemple à la manière dont, à la faveur d’une « libération sexuelle » obtenue dans un contexte patriarcal et marchand, il me semble que l’on peut dire que l’hédonisme pornographique et la communication ont très bien su prendre le relais de l’église et de la famille, pour ce qui est de continuer, en dépit du recul de celles-ci, à maintenir intact - quoique sur des bases en apparence radicalement opposées -, l’essentiel de la hiérarchie de genre.

      Oui je pensais, entre autre, à ce genre de choses.

      A quel moment passe-ton d’allié gentil mais vachement maladroit et ignorant mais allié quand même, même si c’est rudement pénible de devoir supporter autant de maladresse et d’ignorance crasse - à ennemi déclaré, même s’il s’entête à prétendre le contraire, ou à prétendre qu’en fait c’est pas lui : lui veut être notre allié, et nous explique comment nous devons faire, à quelle critique radicale nous devons renoncer pour qu’il puisse l’être, parce que pour l’instant, au contraire, c’est nous, l’ennemi ?
      C’est pour moi une question qui ne se pose plus à leur sujet.

      Tout dépend de qui on parle… et si on connaît personnellement les gens en face à face, IRL comme on dit sur le net… et depuis combien de temps on les connaît, etc.

      Ce n’est pas toujours qu’une question purement théorique. L’amitié ne se joue pas que sur les idées politiques, même si c’est un des points qui entre en ligne de compte.

      Et sinon une citation de la première revue :

      Les nouvelles techniques reproductives, utilisées au niveau local et international, auraient donc à leur tour des impacts de genre, mais aussi en fonction de la classe ou de l’origine, particulièrement complexes : elles protègent les femmes et les couples des stigmates de l’infertilité, créent de nouvelles parentalités indépendantes de l’hétéroparentalité normative tout en reconduisant des inégalités préexistantes et comportant d’importants risques d’exploitation.

    • @Aude

      Tant mieux si l’auteur entreprend sous la pression de la critique de revoir quelques unes de ses positions.

      Mais son livre n’en demeure pas moins non seulement une critique ratée, parce qu’outrageusement partielle et aveugle sur ses propres manques, de la reproduction médicalement assistée (ce qui en soit, serait dommage, mais sans conséquences trop néfastes), et surtout une attaque confusionniste réussie contre la critique radicale, et pas seulement féministe (ce qui est nettement plus gênant).

      Entre le naturalisme confus des arguments et l’étroite masculinité du point de vue, mon écoeurement balance.

      Pour ce qui est de la pensée de Delphy, et du répugnant procédé auquel il a eu recours pour la dénigrer, l’auteur a une importante remise en question à faire.
      Faire le choix de falsifier une pensée (dont le propos est assurément incompatible avec celui de « La reproduction artificielle de l’humain » : mais pour des raisons dont Escudero, dans le cadre de son pamphlet, ne peut que nier l’existence - ne serait ce que ce que sa critique du genre implique quant au naturalisme), ponctuer la calomnie par l’insulte en l’associant à un vieux machin aussi répulsif que Mao c’est là une démonstration d’hostilité qu’il lui faut assumer.
      Le pamphlet et son style casseur d’assiette (La démolition jubilatoire, qui peut se teinter de mauvaise foi, dans ce registre, est le traitement habituellement réservé aux ennemis) n’excusent pas tout.
      Pour le coup, cela dépasse la seule question du rapport à la critique féministe.

      Si une dénonciation de la manière dont la politique politicienne a posé le débat en termes de pour ou contre les droits des homosexuels était parfaitement justifiée, je pense qu’il est plus urgent de défendre la critique féministe radicale et la critique du naturalisme comme possible fondement d’une critique radicale de la société technicienne et de sa technolâtrie, que de se précipiter dans une spectacliste critique de la PMA.

    • @Aude V

      Je te prie de m’en excuser, j’avais manqué ta réponse, ainsi que ton edit. Je ne les découvre qu’à l’instant.

      Il y a quelque chose que je peine à saisir dans ta position vis à vis d’Escudero et de son bouquin. Je ne parviens pas à savoir de quoi il retourne.

      Je crois que pour Escudero, j’en suis encore à prendre conscience de la position dans laquelle il se trouve. Pour que j’aille à sa rencontre en sachant vers quoi j’irais, il faudrait que j’ai d’abord fini d’estimer la distance qui nous sépare.

      Je crois que je juge de loin plus important de défendre les critiques qu’il a falsifié ou ignoré que le contenu d’une enquête dont la complaisante prétention à la radicale originalité tient tout de même beaucoup trop, à mon avis, à tout ce que son auteur falsifie, ignore ou passe sous silence : plus encore qu’à ce qu’il prétend révéler.

      Peut-être que quelque chose m’échappe ?
      Et peut-être bien que je jargonne, en effet ?

      Je n’en sais rien.

      Je n’ai pas écouté l’émission en question.

      Mais c’est de t’avoir lue que je dois d’être parvenu à enfin recommencer à écrire à propos de la critique anti-industrielle.

  • Quelques mots de Christine Delphy sur la procréation, l’adoption et la filiation.

    Est-ce que cette prégnance de l’essentialisme, y compris dans le mouvement féministe, n’explique pas en partie l’importance dans la société française d’aujourd’hui du statut et du rôle de « mère » ?

    Le refus de la procréation et de la maternité était, en effet, très présent dans le mouvement des femmes des années 1970 – non seulement de la maternité, une fois que l’enfant est né, comme division sexuelle du travail mais aussi de l’idéologie de la « mère ». Et puis il y a eu un retour de bâton dans les années 1980. À mon sens, cependant, l’essentialisme n’est pas seulement et exclusivement fondé sur la maternité. Repartons du départ : il y a un système de genre que la plupart des gens ne perçoivent pas en tant que tel – ils le perçoivent comme « division » et « hiérarchie naturelle » entre les sexes. Donc, prouver que tout ça est socialement construit est très difficile.

    Le féminisme et les études féministes ont mis en lumière, de plus en plus, ce qui est « construction sociale » – dans la perception différente des sexes, dans la différenciation des rôles, dans la division sexuelle du travail – et son lien avec la hiérarchie. Il y a donc une avancée évidente de l’idée que beaucoup de choses sont socialement construites, mais la majorité des féministes trouve difficile d’accepter l’idée que le genre construit le sexe. Chez certaines féministes – qui acceptent pourtant la construction sociale des sexes – il y a l’idée que quand même on ne tient pas assez compte, dans certaines situations, du biologique et de la « différence » des sexes. Une de ces « situations » est précisément la reproduction puisque, à l’évidence, ce sont les femmes qui portent les enfants et pas les hommes. Cette idée, véhiculée par l’idéologie commune, a toujours été présente dans la pensée féministe, y compris dans les années 1970 avec Antoinette Fouque et Psychépo. Aujourd’hui l’argument triomphe grâce aux succès de livres comme ceux de Françoise Héritier qui disent la même chose sous des formes pseudo-scientifiques (Héritier 1996), qui hypostasient les différences biologiques en prétendant que, dans l’humanité « première », ce qui séparait les sexes, à l’exclusion de tout autre chose, c’est que les femmes « mettaient bas ». Ce qui est plus grave encore, c’est que des femmes comme Françoise Héritier prétendent que sans l’existence et la reconnaissance de cette « distinction » première, l’humanité n’aurait pas été capable de penser ! Or, pour ridicule qu’il soit, cet argument est très difficile à dépasser aujourd’hui. Autant les gens vont admettre que c’est bien une « construction sociale » qui empêche les femmes de grimper aux arbres ou de ne pas être président de la république, autant ils ont des difficultés à ne pas voir comme une « évidence naturelle » la différence des rôles procréatifs.

    Même quand la technique permet de dépasser le caractère « biologique » de la procréation à l’image de la PMA ?

    En effet, cela montre – et il n’est pas étonnant que la France ait été un des premiers pays à mettre en place un comité dit de « bioéthique » – que l’on était très inquiet, dans ce pays, à l’idée que le « naturel » pouvait être mis en danger. Le résultat de toutes les lois inspirées par ce comité de bioéthique consiste donc à faire en sorte que tout ce qui pouvait apparaître comme « non naturel » soit éradiqué – ce qui est une absurdité parce que par définition quelque chose qui peut exister est forcément naturel. C’est une tautologie de dire ça. La nature ne peut pas être conçue de manière « positive ». La nature, ce n’est qu’une série de limites. Or, les limites, elles changent constamment sous l’effet de l’action humaine. Se baser sur l’idée d’une reproduction « classique » – qui serait le produit d’une copulation entre une femme et un homme – et sur une vision très occidentale de la filiation, qui serait induite exclusivement par un acte hétérosexuel, est quand même problématique. Notre vision de la nature de la filiation est d’ailleurs le produit d’une considérable transformation du droit romain qui était, en ce domaine, beaucoup plus clair. Depuis les lumières, notre monde n’a cessé d’être « naturalisé ». Ce phénomène est peut-être du, en partie, à la déchristianisation de notre société mais, quoi qu’il en soit, la « nature » a pris une place de plus en plus importante. Dans l’évolution de nos lois, en dehors même de ces questions récentes de PMA (procréation médicalement assistée) et de techniques médicales, on voit bien que l’on essaie de calquer la filiation sur le biologique. Or, c’est absurde parce que la biologie ne connaît pas de filiation. La filiation, c’est un phénomène social. La filiation, ça implique des obligations sociales réciproques. La biologie, elle, ne connaît pas ça. Elle peut nous dire si une cellule en a engendré une autre, mais elle ne peut pas nous dire si la cellule A, par exemple, a des devoirs moraux vis-à-vis de la cellule B. Elle ne peut pas nous dire si la cellule A doit élever la cellule B ; lui changer ses couches, l’envoyer à l’école… Elle ne nous dit pas non plus que la cellule B doit assistance à la cellule A quand cette dernière vieillit. La filiation, bien loin du biologique, est un ensemble de règles évidemment mises en place par la société.

    Ce que nous dit la biologie, dans ce cadre, n’est-ce pas que la filiation doit être hétérosexuelle à l’exclusion de toute autre chose et notamment, par exemple, de l’adoption ?

    Cette question est, en effet, liée à la biologisation — depuis une trentaine d’années – de la filiation. Dans le droit romain, l’adoption était courante et codifiée. On a eu longtemps cette règle, qui a changé avec la reconnaissance des enfants adultérins, que le mari d’une femme devait reconnaître tous les enfants procréés, dans le cadre d’un mariage légitime, par elle. C’était donc le caractère social de la filiation qui primait alors dans le droit. C’est vrai que les Romains ne connaissaient pas de couples homosexuels qui voulaient avoir des enfants – encore que, peut-être… – mais la filiation était alors si clairement sociale qu’on pourrait très bien l’imaginer. Si nous étions restés fidèles aux principes du droit romain, il y aurait, aujourd’hui, une plus grande évidence de la nature sociale de la filiation. Or à l’inverse, nous sommes dans un processus de « naturalisation » d’un droit positif que nous camouflons derrière l’idée d’une « imitation » ou d’un « respect » de la nature. On cherche de plus en plus à se rapprocher d’une nature qui, en réalité, ne nous fournit pas de réponses. Comment la nature – ou la biologie – pourrait-elle d’ailleurs nous donner des réponses sur nos institutions humaines ? La nature est devenue un point de repère : est censée être un point de repère, mais comme la biologie ne nous dit pas que la reproduction doit forcément être hétérosexuelle, puisque la biologie ne dit rien, ce point de repère en cache un autre. On fait avec la biologie comme avec Dieu. On injecte dans l’idée de divinité une morale et des obligations qui lient, les uns vis-à-vis des autres, les membres de la société. Cette « morale » et ces « obligations » sont des phénomènes séculiers que l’on prétend être l’œuvre d’un Dieu transcendant. C’est la même chose, aujourd’hui, pour la biologie. L’obligation de l’hétérosexualité : on nous dit qu’elle dépendrait de la biologie. C’est absurde. Même si la procréation demande en effet la réunion de deux cellules – l’une qui vient d’un corps défini, dans notre société, comme « femme » et l’autre d’un corps défini comme « homme » – ce n’est pas la biologie qui trace la frontière des droits et des devoirs entre chaque sexe. L’hétérosexualité n’est pas la réunion de deux cellules. C’est la réunion de deux êtres qui sont des créations sociales. La réunion des cellules nécessaires à la procréation n’entraîne pas l’hétérosexualité, elle n’entraîne rien d’ailleurs, au-delà d’elle-même. Derrière le masque de la biologie c’est la société qui s’exprime, en ventriloque.

    Pourquoi, dès lors, l’instrumentalisation du biologique devient-il, dans notre société, un enjeu si fondamental ?

    Justement parce que nous n’avons plus de Dieu. Nous l’avons remplacé, depuis l’époque des Lumières, par la science. Maintenant, c’est la « science » qui nous explique comment nous devons vivre, quelles règles nous devons suivre – c’est du moins ce que l’on prétend. Or, encore une fois, c’est impossible. Comment la science – et tout particulièrement les sciences physiques – pourrait-elle nous dire quelque chose de pertinent sur nos arrangements humains ? La science ne transforme pas nos rapports sociaux. Il ne faut donc pas se leurrer sur la capacité de la science à modifier notre environnement social et notre système de genre. Même lorsqu’on change de sexe, on le voit bien, il s’agit de passer d’un genre à un autre. On ne peut évidemment pas dire ça aux gens qui se font opérer parce que pour eux, on le comprend bien, c’est essentiel. Mais, si on avait une conscience claire que ce qui est social ne doit rien à la nature, on sauterait complètement ce stade-là et on changerait de genre sans passer par une transformation du sexe. On retrouve le même problème en ce qui concerne l’adoption. Dans le Pacifique, chez les Polynésiens par exemple, le don d’enfant est très couramment pratiqué. Là, on n’a pas besoin de PMA puisqu’il suffit de demander ou d’accepter un « don ». Pourquoi, en effet, un enfant procréé appartiendrait-il forcément à sa génitrice « naturelle » ou à son géniteur « naturel » ? D’une certaine manière, la PMA n’a pas posé au droit plus de problèmes que l’adoption. Le droit savait déjà résoudre la question. Et c’est bien là le problème. Dans le droit romain comme dans certains droits coutumiers, à l’image de l’exemple polynésien, l’adoption était chose courante. Le caractère social de ce que l’on appelle aujourd’hui la parentalité était donc totalement reconnu. Alors qu’aujourd’hui en France, c’est l’idéologie inverse qui s’est imposée. On voit très bien les difficultés que rencontrent les candidats à l’adoption. Adopter un enfant en France, aujourd’hui, c’est un véritable parcours du combattant. Au point que les parents adoptifs ont l’obligation de dire aux enfants qu’ils ont été adoptés et qu’ils ont des « vrais » parents quelque part. Qu’est-ce que c’est que cette idée de « vrais » parents ? À quoi ça sert de savoir qu’on a une mère biologique ? Je me suis opposée avec vigueur à la modification de la loi – qui se trouve malheureusement dans la Convention des droits de l’enfant – d’accouchement sous X. En France, sur 700 enfants concernés par cette disposition, – qui sont pour moi des adolescents qui auraient eu, quel que soit le type de famille dans lequel ils auraient évolué, des difficultés – 10 % ont des problèmes avec leur origine. C’est un problème classique de l’adolescence de se fantasmer d’autres parents. Seulement ceux-là, ils ont soi disant une base réelle à leur fantasme parce qu’ils ont été adoptés. Ils recherchent donc leur « mère biologique ». Or, si leur mère biologique a accouché sous X, c’est qu’elle avait ses raisons. Maintenant, ces enfants voudraient que le secret de ces femmes – qui est une des rares avancées du droit français – soit divulgué pour qu’ils puissent aller les traquer n’importe où. C’est une absurdité. D’ailleurs, le peu d’enfants qui ont retrouvé leur « mère biologique » ont été horriblement déçus. Il est évident, en effet, qu’expulser un fœtus de son corps ne fait pas d’une femme une « mère ». Pour faire bien, certaines de ces femmes disent alors qu’elles ont des regrets. C’est peut-être vrai ou peut-être faux. Le problème, c’est qu’on sentimentalise, de façon excessive, des processus physiologiques. Cette tendance, qui a commencé au 18e siècle, n’a cessé de croître depuis. Or, selon moi, les nouvelles techniques médicales n’ont pas amené de situations inédites. Et d’ailleurs, parler de « nouvelles techniques » pour dénommer la petite canule qui sert à mettre du sperme dans le vagin d’une femme, c’est un peu prétentieux. Les lesbiennes américaines, qui sont moins légalistes que nous, ne s’emmerdent pas à aller chercher leur procréateur dans une banque de sperme. Elles emploient la technique dite du « turkey baster » – ustensile très courant, une espèce de grosse seringue, qui permet de récupérer la sauce de la dinde. Le problème tient donc plutôt, selon moi, à la question de la naturalisation de notre droit vis-à-vis, notamment, de l’adoption. Entre des sociétés qui comme la nôtre l’admettent avec difficulté, des sociétés, comme en Polynésie, qui la pratiquent très facilement et de manière presque informelle et des sociétés, par exemple musulmanes, qui la refusent totalement – le panel est large. Or, dans toutes ces sociétés, les enfants sont produits par les mêmes mécanismes. Ces sociétés ont pourtant, par rapport à la filiation, des attitudes radicalement différentes. Certaines croient que l’adoption est une véritable filiation. D’autres, comme la nôtre, pensent que c’est une filiation « fictive », de plus en plus délégitimée. Sans parler des sociétés où l’adoption est purement et simplement interdite. On le voit, l’idée que l’on se fait, en ce domaine, de la « nature », est très variable selon les lieux et les contextes. Les sociétés ont souvent beaucoup de mal à accepter et à reconnaître que les règles viennent d’elles-mêmes. C’est pourquoi, elles les font venir d’un « extérieur », d’un principe transcendant qui pouvait être Dieu par le passé – ce qui est encore le cas dans de nombreuses sociétés – et qui aujourd’hui, chez nous, est la biologie hypostasiée.

    Parité, procréation, prostitution, foulard, entretien avec Christelle Taraud [1] | Le blog de Christine Delphy
    http://delphysyllepse.wordpress.com/2013/05/08/parite-procreation-prostitution-foulard-entretien-avec-chr

    #procréation #filiation #adoption #Christine-Delphy #femmes #famille #genre #mère #féminisme #essentialisme
    cc @aude_v @pacoo :)

  • Passionnante interview de Jacques Testard, biologiste à l’origine du premier bébé-éprouvette.

    « Le discours que vous tenez finalement, c’est un discours d’écologie appliquée à l’humanité ?

    Oui. Ce que je dis, c’est qu’on s’enferme dans un système où les gens deviennent incapables de gérer leur vie sexuelle, affective. Mais c’est vrai dans plein d’autres domaines où on est dépendant – on ne sait plus recoudre un bouton. Alors, on jette, où on va voir un spécialiste qui sait faire.

    Mais tout ça, c’est le contraire de l’autonomie et c’est le contraire aussi de la frugalité dont on va avoir besoin si on veut survivre à une situation de pénurie qui arrive à grand pas. Parce que la croissance, on ne la voit pas bien arriver et tant mieux pour la planète !

    J’essaye de proposer un traitement politique de la fertilité, en appelant à la décroissance, à l’autonomie, à la convivialité plutôt que courir à l’hôpital quand ce n’est pas indispensable. Aujourd’hui, les homosexuels veulent avoir des enfants comme des hétérosexuels, les femmes âgées veulent en avoir comme les hommes âgés. C’est quand même inquiétant et appauvrissant ce refus des différences qu’on retrouve partout !

    Et tout ça nécessite des artifices qui nous font perdre de l’autonomie. Pour l’insémination artificielle par exemple, les gens pourraient se débrouiller tout seuls.

    Concrètement, si je suis homosexuelle et que je veux un enfant, vous voudriez que j’aille voir un ami ?

    Mais oui évidemment. D’abord il faudrait lever le tabou. Ça pourrait se dire dans une chanson au milieu d’un groupe, d’une soirée. Ce n’est pas un drame. Je pense que si on le prenait différemment on trouverait parmi ses proches des gens d’accord. Pourquoi on n’obtiendrait pas du sperme de ces gens-là ? A la clé, on pourrait sortir de cet anonymat terrible et inscrire ce donneur de sperme (ou cette mère porteuse) sur l’état civil de l’enfant. Tout cela pourrait être vécu de façon très simple et pas dramatique comme aujourd’hui. On pourrait reconnaître que c’est un enfant qui est né de la convivialité avec telles personnes.

    Si on ne trouve pas de complices (donneur de sperme, mère porteuse), c’est que la société n’est pas prête : il s’agit d’une régulation sociale plutôt qu’experte de la bioéthique. On va dire que je rêve évidemment mais je décris une situation idéale. Pourtant, on va à l’inverse de la convivialité à un moment où elle va devenir nécessaire pour vivre sans douleur la décroissance économique. »

    http://rue89.nouvelobs.com/2014/03/09/mauvais-sperme-sterilite-fiv-les-reponses-questions-jacques-testart

    #PMA #fécondité #FIV #Jacques_Testard #procréation #famille