• La Roche-sur-Yon : un prof d’université donne un cours dans la rue pour alerter sur la « détresse » étudiante
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    Olivier Ertzscheid, un professeur de l’université de Nantes, a organisé ce mardi après-midi, un "cours de rue" à La Roche-sur-Yon. Il a souhaité ainsi alerter sur la "profonde détresse psychologique des étudiants", dont les établissements restent fermés en raison de la pandémie de covid-19.
    Publié le 15/12/2020 à 14h46 • Mis à jour le 16/12/2020 à 10h17
    Olivier Ertzscheid, maître de conférences en information et communication à l’université de Nantes, tient cours dans la rue
    Olivier Ertzscheid, maître de conférences en information et communication à l’université de Nantes, tient cours dans la rue • © France Televisions - Damien Raveleau
    Vendée La Roche-sur-Yon

    Il fait grand soleil en ce début d’après-midi de mardi. Cela tombe bien car c’est en extérieur, Place Napoléon, en plein centre-ville, et devant une église, qu’Olivier Ertzscheid, maître de conférences en information et communication à l’université de Nantes, a choisi de tenir un cours, devant une quarantaine d’étudiants.

    Muni d’un micro-casque et d’un amplificateur, Olivier Ertzscheid a convié ses étudiants de première et deuxième années du DUT information-communication de La Roche-sur-Yon mais aussi tout étudiant qui le souhaite à suivre un cours de culture numérique.
    Olivier Ertzscheid, maître de conférences en information et communication à l’université de Nantes, tient cours dans la rue
    Olivier Ertzscheid, maître de conférences en information et communication à l’université de Nantes, tient cours dans la rue • © France Televisions - Damien Raveleau

    "Un niveau de stress jamais atteint"

    "Ce n’est pas une manifestation mais l’envie de faire mon travail et d’accueillir les étudiants pour alerter sur leur profonde détresse psychologique", explique-t-il.

    Nos étudiants sont en souffrance et ont besoin d’échange

    Olivier Ertzscheid, maître de conférence en Sciences de l’Information à La Roche-sur-Yon

    Le professeur d’université dit avoir voulu réagir "à l’annonce du président Emmanuel Macron de rouvrir les églises pour le culte tout en maintenant les universités fermées".

    Premier cour de rue d’Olivier Ertzscheid, maître de conférence en Sciences de l’Information à La Roche-sur-Yon, pour protester contre les universités fermées. « Nos étudiants sont en souffrance et ont besoin d’échanges » ⁦@F3PaysdelaLoire⁩ #enseignement pic.twitter.com/FaxAm0Ilgn
    — fanny borius (@FannyBorius) December 15, 2020

    Depuis la publication d’une chronique intitulée "L’université vaut bien une messe, être étudiant en 2020" sur son blog le 23 novembre, puis reprise par L’Obs, cet universitaire a reçu plus d’une centaine de messages d’étudiants ou de parents inquiets de la situation.

    "Des jeunes sont en train de perdre leur sommeil et d’arriver à un niveau de stress jamais atteint, surtout que nous sommes en période d’examens", confie-t-il. "Mes propres étudiants vivent ce confinement comme un enfermement et l’absence de sociabilité les abîme".

    Selon l’enseignant, les cours 100% à distance ont atteint leurs limites. "Les étudiants n’en peuvent plus de passer huit heures par jour devant leur écran", a-t-il constaté.

    "Même si on essaie d’adapter et de raccourcir les séances, la démotivation est gigantesque, quel que soit le profil des étudiants, des décrocheurs aux premiers de la classe. Cette génération a l’impression de ne plus avoir d’horizon et d’aller droit dans un mur", a-t-il ajouté.

    #Olivier_Ertzscheid #Proferrant

  • A La Roche-sur-Yon, un cours de rue pour lutter contre l’isolement des étudiants - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/12/16/a-la-roche-sur-yon-un-cours-de-rue-pour-lutter-contre-l-isolement-des-etu
    https://medias.liberation.fr/photo/1353596-prodlibe-2021-0014.jpg?modified_at=1608062300&picto=fb

    Olivier Ertzscheid, enseignant en sciences de l’information et de la communication, proposait une classe en plein air à ses élèves ce mardi dans la préfecture vendéenne. Réclamant une meilleure prise en compte du mal-être des jeunes forcés d’étudier à distance.

    A La Roche-sur-Yon, un cours de rue pour lutter contre l’isolement des étudiants

    Pour son premier cours de rue en ce mardi tout juste déconfiné, Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’IUT de La Roche-sur-Yon a soigné son cadre, devant l’église Saint-Louis de la préfecture vendéenne. Il n’avait cependant pas prévu que sa voix, pourtant amplifiée au micro, se mêlerait à celles de Salvatore Adamo et de Tino Rossi. Période de fêtes oblige, des haut-parleurs situés tout autour de la place Napoléon diffusent des chants de Noël. A peine perturbé par quelques grelots intempestifs, le maître de conférences entame son intervention portant sur une étude de quelques cas de communication numérique marquants. Le coup d’envoi est donné à 13 h 30, pour une grosse heure de cours magistral, suivie de quelques échanges avec l’assistance.

    Le professeur de 48 ans a eu l’idée de dispenser cette présentation en plein air à ses étudiants en DUT d’information communication lorsque les lieux de culte ont de nouveau été autorisés à accueillir des fidèles. « Voir que les églises rouvraient après quelques prières de rue alors que les étudiants sont toujours privés de cours en présentiel a été le coup de grâce », estime-t-il. Critique de l’action de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, Olivier Ertzscheid souhaite aussi, par ce cours en forme de happening, rendre plus visible la détresse des étudiants. « On ne les écoute pas parce qu’ils ne sont ni une force électorale, ni une force économique, mais il y a chez beaucoup d’entre eux des signaux psychologiques inquiétants, qui doivent alerter », ajoute l’enseignant.
    Isolement et craquage

    Le cours se déroule devant une cinquantaine de personnes masquées, la plupart debout en raison d’un sol encore humide après les averses de la matinée. La majorité de l’auditoire est composée d’étudiants. « J’étais très motivée pour venir, remarque Hannah Lemarignier. Ça fait du bien de sentir qu’un prof comprend ce que l’on vit alors que notre entourage familial ne prend pas toujours la mesure de nos inquiétudes. » En deuxième année de DUT, la jeune femme de 19 ans espère reprendre le plus tôt possible les cours. Elle redoute aussi de ne pas trouver d’entreprise où effectuer un stage obligatoire de deux mois, dans l’événementiel, au printemps. « J’ai commencé mes recherches en septembre et je n’ai que des refus à cause de la crise sanitaire. Les entreprises répondent qu’elles ne peuvent pas se positionner avant janvier ou février car elles sont elles aussi dans le flou », précise-t-elle.

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    Une autre de ses camarades, Zoé Chauvineau, ressent une grande frustration. L’étudiante de 20 ans a passé une partie du deuxième confinement chez ses parents dans les Pyrénées afin de ne pas revivre l’isolement qu’elle avait ressenti en restant à La Roche-sur-Yon au printemps. Elle reconnaît avoir « craqué » quand Emmanuel Macron a annoncé le 24 novembre une réouverture possible des universités en février : « Je me suis beaucoup battue pour entrer dans ce DUT qui est assez sélectif et nous n’avons pas pu travailler sur des projets d’événements. Nous n’avons pas non plus accès aux ordinateurs de la fac. Ils sont équipés des logiciels qui nous permettent de nous entraîner à la publication assistée par ordinateur. Ce sont des logiciels que je n’ai pas les moyens d’acheter et je suis très inquiète de ne pas avoir tous les acquis pour entrer en école ou licence de communication l’an prochain. »

    Olivier ERTZSCHEID, cours de rue, Université de Nantes, Place Napoléon, La Roche-sur-Yon le 15 décembre 2020Olivier Ertzscheid à La Roche-sur-Yon, ce mardi. Photo Franck Tomps pour Libération
    « On nous prend pour des idiots et pour des irresponsables »

    L’incompréhension des mesures gouvernementales les concernant prédomine. « Peut-être que le gouvernement ne veut pas créer d’inégalités entre les étudiants de gros campus et ceux de petites facs, cela peut s’entendre. Mais avoir cours dans un amphithéâtre de 800 places ou, comme nous, au sein de promotions de 60 personnes, ce n’est vraiment pas pareil d’un point de vue sanitaire », considère Antonin Couturier, également en deuxième année de sciences de l’information et de la communication.

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    « On nous prend pour des idiots et pour des irresponsables, estime Luka Pambour, étudiant de première année. Nous voyons les gens aller au travail et nous, nous restons enfermés chez nous derrière notre ordinateur. C’est dur d’être coupé du jour au lendemain les uns des autres alors que l’on débute une formation et que l’on commence à peine à se connaître. »

    Olivier Ertzscheid n’exclut pas de proposer d’autres cours de rue en janvier si aucune annonce n’est faite en faveur d’une réouverture des universités d’ici là. Le consensuel « esprit de Noël », si présent dans l’ambiance sonore yonnaise ce mardi, pourrait alors faire place à une critique plus rude de l’action gouvernementale.

    #Olivier_Ertzscheid #Proferrant

  • Covid-19. Pour militer pour la réouverture des universités, un prof fait cours dans la rue en - La Roche sur Yon.maville.com
    https://larochesuryon.maville.com/actu/actudet_-covid-19.-pour-militer-pour-la-reouverture-des-unive

    Professeur à l’IUT de La Roche-sur-Yon, Olivier Ertzscheid a proposé un cours de rue à des étudiants volontaires, sur la place Napoléon du côté de l’église, mardi 15 décembre. Par cette initiative, indépendante, il demande la réouverture des universités, dès janvier. Reportage.

    Il est 13 h sur la place Napoléon, à La Roche-sur-Yon, ce mardi. Olivier Ertzscheid, enseignant chercheur au département Information communication de l’IUT de La Roche, se prépare à animer son cours de rue.

    Une initiative personnelle, indépendante de l’IUT yonnaise et de l’université de Nantes. « L’idée m’est venue à la suite de la dernière allocution du président de la République, qui annonçait la réouverture des universités en février 2021. »

    Pour l’enseignant, cette date est une injustice totale pour les étudiants qui « souffrent de cette crise sanitaire, tant pour les études que la vie sociale ».

    Pendant une heure, muni d’un micro, devant l’église, il propose un cours sur la culture numérique, avec, en fond sonore, les chants de Noël diffusés dans le centre-ville. « J’ai choisi ce lieu pour rappeler les prières de rue qui ont été organisées il y a quelques semaines pour demander la réouverture des lieux de cultes », précise Olivier Ertzscheid. L’objectif est de faire parler de la situation que vivent les étudiants et par conséquent de faire ouvrir les universités dès la rentrée de janvier.
    « Je suis en trainde décrocher des cours »

    À 13 h 30, une trentaine d’étudiants sont présents sur le lieu du rendez-vous. Tous masqués, certains ont apporté un tabouret pour suivre le cours. D’autres sont venus avec un sandwich, un pain au chocolat ou encore une canette de soda à la main. « Ça fait tellement de bien de sortir et de revoir des visages familiers, comme ceux de nos copains et de nos professeurs », s’exclament Maëlle, Lola et Naëlle, trois copines en première année de Diplôme universitaire technologique (DUT) en spécialité Communication des organisations et en spécialité Métiers du livre.

    « Pour ma part je vis très mal ce deuxième confinement. Je suis en train de décrocher des cours. C’est dur, je n’ai pas de motivation, pas de projet, pas de vie étudiante », explique Naëlle, très contente de revoir ses amies.

    « Depuis la rentrée de terminale, nous n’avons pas eu cours pendant six mois. Nous avons eu les cours à distance au lycée et nous y revoilà à l’université », complète son amie Maëlle. Toutes les trois ont fait le déplacement de leur domicile à La Roche-sur-Yon pour soutenir l’initiative de leur enseignant. « On aimerait que ça fasse du bruit et que d’autres initiatives s’organisent pour rouvrir les universités », ajoute Lola.
    « Solitude forcée »

    Parmi ceux qui sont venus, il y a d’autres enseignants, à l’image de Stéphane Thobie qui enseigne dans un lycée à La Roche-sur-Yon et est également président d’ATTAC Vendée. « Je suis venu en soutien parce que la réalité est simple, les cours à distance ça ne marche pas. Les élèves ont besoin d’échanger directement les uns avec les autres. Les cours en visio ne permettent pas les débats », explique le professeur d’économie et de gestion.

    Cet avis est également partagé par Audrey Harel, enseignante à l’IUT. « Je demande la réouverture des universités. Certains étudiants n’ont pas le matériel nécessaire, d’autres vivent seuls et ont beaucoup de mal à vivre cette solitude forcée », raconte-t-elle.

    L’enseignante se montre d’autant plus énervée par la fermeture des universités, qu’elle est maman. « Avec ces fermetures des universités, on place les étudiants comme si c’étaient eux qui contaminaient la population. Au contraire, ils respectent le protocole et comprennent les restrictions de vie sociale qui leur sont imposées », conclut cette enseignante désabusée.

    D’autres cours de rue pourraient être organisés dans les prochaines semaines à l’initiative personnelle des enseignants, si le Ministère n’autorise pas les réouvertures des universités à partir de la rentrée du mois de janvier 2021.
    Canelle CORBEL. Ouest-France

    #Olivier_Ertzscheid #Proferrant