• Écriture inclusive : un premier bilan de la #controverse

    Le 18 septembre 2020, une tribune publiée dans Marianne (https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-ecriture-excluante-qui-s-impose-par-la-propagande-32-linguistes-listen) signée par 32 linguistes prenait clairement position contre l’écriture inclusive ou, plus exactement, contre l’utilisation des graphies abrégées (par exemple : les étudiant·e·s). Cette tribune se présentait comme une mise au point objective dénonçant une pratique qui, selon ses signataires, « s’affranchit des #faits_scientifiques ».

    Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le 25 septembre 2020, une tribune signée par 65 linguistes (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/250920/au-dela-de-l-e-criture-inclusive-un-programme-de-travail-pour-la-lin) prenait le contre-pied de la première, alors que paraissaient en même temps un texte signé par Éliane Viennot et Raphaël Haddad et diverses analyses critiques (https://sysdiscours.hypotheses.org/155). Cette controverse pourrait paraître anecdotique. En réalité, on peut en tirer quelques enseignements intéressants sur les langues et leur fonctionnement, ainsi que sur l’utilisation du discours scientifique expert pour fonder des discours prescriptifs (« il faut… il ne faut pas… ») (https://information.tv5monde.com/video/l-ecriture-inclusive-pour-mettre-fin-l-invisibilisation-des-fe).

    Quelques jalons historiques

    Il y a 30 ans, en #France, un mouvement a conduit à la #féminisation des noms de fonctions, de métiers, de titres et de grades. Très vite relayé par les instances politiques, il visait à « apporter une légitimation des #fonctions_sociales et des #professions exercées par les #femmes » (Décret du 29 février 1984). Il a réussi à imposer, dans les usages et jusque sous la coupole de l’#Académie_française (déclaration du 28 février 2019), l’emploi de #formes_féminines qui ont été tantôt créées (une ingénieure, une sapeuse-pompière), tantôt réhabilitées (une autrice, une officière) ou tantôt simplement plus largement diffusées (la présidente, la sénatrice).

    Cette #prise_de_conscience a permis de faire évoluer la #langue_française de manière à répondre aux besoins des personnes qui s’expriment en #français. La difficulté à laquelle les francophones font face aujourd’hui concerne les (bonnes) manières d’utiliser ces #noms_féminins dans tous les domaines de la vie : administration, enseignement, politique, création artistique, entreprise, vie quotidienne, etc. L’écriture inclusive désigne non plus la féminisation, mais l’usage de ces noms féminins à côté des noms masculins dans les textes.

    L’écriture inclusive, dite aussi #écriture_épicène (en Suisse et au Canada), #écriture_non_sexiste ou #écriture_égalitaire, représente un ensemble de #techniques qui visent à faire apparaître une #égalité, ou une #symétrie, entre les #femmes et les #hommes dans les textes et à adopter un langage non discriminant par rapport aux femmes. Nous choisissons ici de considérer l’écriture inclusive sans l’#écriture_non_genrée, dite aussi neutre ou #non_binaire, qui poursuit un objectif d’inclusion bien sûr, mais également très spécifique : ne pas choisir entre le féminin et le masculin et ne pas catégoriser les personnes selon leur genre.

    Les règles qui ne font (presque) pas polémique

    Certaines règles de l’écriture inclusive sont largement acceptées et figurent dans l’ensemble des guides. Il n’y a pratiquement pas de divergences concernant les éléments suivants :

    (1) Utiliser des noms féminins pour désigner des femmes dans leur fonction, métier, titre ou grade : dire « Madame la Présidente » et non « Madame le Président », « la chirurgienne » et non « le chirurgien », « l’officière de la Légion d’honneur » et non « l’officier de la Légion d’honneur ». Notons que certains noms, malgré des racines connues, ne sont pas encore accueillis sans retenue (par exemple : autrice ou professeuse).

    (2) Utiliser l’expression « les femmes » dès qu’on désigne un groupe de femmes et réserver l’expression « la femme » (ou « la Femme ») pour renvoyer à un stéréotype : dire « la journée internationale des droits des femmes » ou « la situation des femmes en Algérie » ; mais dire « cette actrice incarne la femme fatale ».

    (3) Utiliser « humain, humaine » plutôt que « homme » pour désigner une personne humaine, comme dans « les droits humains », « l’évolution humaine ».

    (4) Toujours utiliser le terme « Madame » lorsqu’on s’adresse à une femme (comme contrepartie féminine de « Monsieur » lorsqu’on s’adresse à un homme) et ne plus utiliser « #Mademoiselle », qui crée une asymétrie, puisque « #Mondamoiseau » est rarement utilisé.

    (5) Ne pas nommer une femme d’après la fonction ou le titre de son mari : dire « la femme de l’ambassadeur » et non « l’ambassadrice ».

    (6) Utiliser les noms propres des femmes comme on utilise ceux des hommes. Ne pas utiliser le prénom d’une femme lorsqu’on utilise le nom de famille d’un homme, par exemple dans un débat politique (ne pas dire « Ségolène contre Sarkozy », ni « Ségo contre Sarko »). Faire de même pour les noms communs (ne pas dire « les filles de la Fed Cup » et « les hommes de la Coupe Davis »).

    Les règles qui suscitent la polémique

    D’autres règles suscitent encore des polémiques (en France et en Belgique notamment), parce qu’elles créent des façons d’écrire ou de parler qui paraissent inhabituelles. Les arguments invoqués pour défendre ou pour refuser ces règles relèvent de l’histoire de la langue, de la linguistique, de la sociologie ou de la psychologie du langage, et parfois de l’idéologie. Les études actuelles (une bibliographie est disponible ici : https://osf.io/p648a/?view_only=a385a4820769497c93a9812d9ea34419) nous apportent pourtant un regard scientifique qui devrait nous aider à naviguer dans les méandres de ce sujet.

    (1) Utiliser le masculin pour désigner une personne dont on ne connaît pas le genre, comme dans une offre d’emploi : « recherche informaticien (H/F) ». Il est prouvé que cette règle ne favorise pas un traitement équitable des femmes et des hommes. De nombreuses études scientifiques ont montré que l’emploi de termes uniquement au masculin (« un mathématicien, un directeur commercial, un musicien ») engendrait des #représentations_mentales masculines chez les adultes d’une part, mais également chez les jeunes. Même si cet usage est permis par la grammaire française, il semble, par exemple, influencer les #aspirations_professionnelles des jeunes. Il a comme conséquence, notamment, de diminuer le degré de confiance des filles et leur sentiment d’auto-efficacité à entreprendre des études pour ces #métiers). Il donne également l’impression aux jeunes que les hommes ont plus de chances de réussir dans ces métiers : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2015.01437/full). Dans des secteurs où l’on cherche à créer plus de mixité, comme les sciences et technologies, ou les soins infirmiers, le masculin dit générique devrait être évité.

    (2) Utiliser le #masculin_pluriel pour désigner des groupes qui contiennent des femmes et des hommes, comme « les musiciens » pour désigner un groupe mixte. Il est prouvé que cette règle ne favorise pas une interprétation qui correspond à la réalité désignée. Des scientifiques ont montré de manière répétée (et dans plusieurs langues) que, même si la grammaire autorise une interprétation « générique » du masculin pluriel, cette interprétation n’est pas aussi accessible ou fréquente que l’interprétation spécifique (masculin = homme) (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0388000120300619?dgcid=author). Cette différence d’accessibilité a été expliquée par différents facteurs), comme l’apprentissage du genre grammatical, qui suit invariablement la même séquence : nous apprenons le sens spécifique du masculin (masculin = homme) avant son sens générique. En d’autres termes, quand on dit « les musiciens », la représentation mentale qui se forme le plus aisément est celle d’un groupe d’hommes, le sens spécifique du masculin étant beaucoup plus simple et rapide à activer. La représentation mentale d’un groupe de femmes et d’hommes est plus longue à former et plus difficile d’accès. Le #biais_masculin induit par la forme grammaticale masculine a été démontré dans différents contextes et différents pays (par exemple, en France : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2008_num_108_2_30971 ; en Suisse : https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/20445911.2011.642858 ; et récemment au Québec). Fait assez rare en sciences, il n’existe, à notre connaissance, aucune donnée contredisant la dominance automatique du sens spécifique du masculin.

    Si l’on souhaite activer l’image de groupes mixtes, il est préférable d’utiliser d’autres stratégies que le masculin, comme les doublons : « les chirurgiennes et les chirurgiens ». Malgré ces résultats, certaines personnes, parfois au travers de guides d’écriture, engagent à ne pas utiliser de doublons. Différentes raisons sont avancées, souvent sans réels fondements scientifiques. Par exemple, les #doublons entraveraient la lecture. À notre connaissance, aucune étude ne corrobore cette idée. Il existe une étude qui montre que même si à la première occurrence d’un doublon, la lecture est ralentie, dès la deuxième occurrence, la lecture redevient tout à fait normale (effet d’habituation : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2007_num_107_2_30996)). L’idée que les personnes qui utilisent des doublons ne parviendraient pas à réaliser les accords grammaticaux dans les textes est également étonnante, surtout si l’on observe un retour de l’accord de proximité : https://journals-openedition-org.sid2nomade-2.grenet.fr/discours/9542), accord particulièrement adapté à l’utilisation des doublons.

    En revanche, des études scientifiques (https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fpspi0000094) montrent que l’#ordre choisi pour présenter chaque élément de la paire (« les boulangères et les boulangers » vs « les boulangers et les boulangères ») a un effet sur l’interprétation : l’élément présenté en premier est perçu comme plus central ou plus important : http://epubs.surrey.ac.uk/811895.

    (3) Certaines personnes engagent aussi à ne pas utiliser de #formes_abrégées qui permettent de présenter les doublons à l’écrit : « les étudiant·es », « les pharmacien-nes ». Les résultats actuels de la recherche scientifique sont trop limités pour se prononcer de manière définitive à ce sujet. Une étude : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2007_num_107_2_30996) a mesuré l’effet des doublons sous forme abrégée sur la lecture. Elle concerne un public d’étudiantes et d’étudiants pour lesquels un léger ralentissement de la lecture était mesuré à la première apparition de ces formes, mais se normalisait ensuite. Pour autant, on ne peut pas conclure de cette étude que l’effet serait identique, ou différent, pour d’autres populations. Et les raisons de l’effet de ralentissement, comme de l’effet d’habituation, ne sont pas encore réellement connues.

    Il a également été montré que présenter des métiers sous une forme contractée (à l’époque avec une parenthèse) pouvait augmenter le degré de confiance des filles et le sentiment d’auto-efficacité à entreprendre des études pour ces métiers (https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2005_num_105_2_29694). La recherche doit néanmoins continuer de tester l’effet de ces #formes_abrégées : en fonction du signe typographique utilisé (tiret, point médian, etc.) ; en fonction des publics de différents âges, niveaux d’éducation, niveaux socio-économiques ; en fonction des types de textes. Seules des recherches complémentaires permettront de proposer des règles mieux informées pour réguler l’usage de ces formes, apparues principalement pour répondre aux limites de signes imposées dans différents domaines (journalisme, Internet…).

    (4) Enfin, certains guides recommandent plus de souplesse dans la gestion des #accords. À la règle établie de l’accord au masculin générique (« le frère et les sœurs sont arrivés »), ils suggèrent de laisser la possibilité d’appliquer l’#accord_de_proximité (avec le terme le plus proche : « le frère et les sœurs sont arrivées »), l’#accord_de_majorité (avec l’élément le plus important en nombre : « les sœurs et le frère sont arrivées »), ou un #accord_au_choix. L’argument historique est souvent invoqué, à juste titre : l’accord de proximité s’observe dans les textes anciens à hauteur de 45 % des cas (https://books.openedition.org/pusl/26517), mais il reste toujours moins fréquent que l’accord au masculin. L’argument historique ne permet ni de revendiquer un « retour » exclusif à l’accord de proximité, puisqu’il a toujours cohabité avec d’autres formes d’accords. Il ne permet pas non plus de l’exclure, puisqu’il a eu de l’importance. La recherche devrait montrer quels problèmes spécifiques, dans l’apprentissage, la rédaction ou la compréhension des textes, posent ces différents types d’accords.

    La guerre de l’écriture inclusive n’aura pas lieu

    Les connaissances scientifiques actuelles permettent de clarifier le #bien-fondé de certaines règles qui suscitent des #désaccords. Pour d’autres règles, pourtant défendues ou contestées de manière très assertive, il faut savoir reconnaître que les connaissances actuelles ne permettent pas encore de trancher. La recherche doit continuer à se faire afin d’apporter des arguments aux outils proposés.

    La #langue_française n’est pas seulement le domaine des scientifiques. En tant que scientifiques, nous pensons qu’il faut laisser les #usages se développer car ils répondent à des besoins communicatifs et sociaux fondamentaux. Tous les usages ne sont pas appropriés à tous les genres de l’écrit, mais la norme ne doit pas s’imposer de manière étouffante. Faisons confiance aussi aux francophones.

    https://theconversation.com/ecriture-inclusive-un-premier-bilan-de-la-controverse-147630

    #écriture_inclusive #choix #neutralité #catégorisation #masculin_générique

  • Quand l’Université rend hommage à "ses" morts qui "le méritent"... Les nécrologies d’universitaires : carnet noir mondain ? Expression d’une sociabilité professionnelle ? Reproduction d’un entre-soi ? #université #mémoire #mort #professions

    https://sms.hypotheses.org/24922

    L’Université rend régulièrement hommage à ses disparus qui « le méritent » et qui lui « font honneur ». L’hommage revêt diverses formes : attribution du nom du défunt à une institution académique (université, institut, laboratoire), un local (salle des thèses, amphithéâtre, bibliothèque), un grand équipement (télescope, coupole astronomique), un prix scientifique. Il prend aussi celle d’ouvrages, de manifestations spécifiques (journées d’études, colloques, commémorations…) et bien entendu, de nécrologies.

    Les nécrologies sont des textes d’hommage oraux ou écrits, de taille et de nature variables, rendus publics après le décès : articles et notices nécrologiques, communiqués de presse, éloges funèbres… Elles ont souvent été étudiées en tant que genre littéraire ou rédactionnel, ou encore sous l’angle de la rhétorique. On peut aussi les analyser comme des gestes mémoriels ainsi que des révélateurs de pratiques sociales, de discours, de valeurs et de comportements renvoyant à la nature d’un monde social particulier, l’Université (...)

  • Comment parler des #professions ?
    http://www.laviedesidees.fr/Comment-parler-des-professions.html

    Les professions constituent-elles un ensemble homogène ? Revenant sur une controverse ayant longtemps divisée la #sociologie, Florent Champy et Marc-Olivier Déplaude proposent de recourir au concept de « sagesse pratique » pour sortir des impasses du débat actuel sur les professions réglementées.

    Essais & débats

    / sociologie, professions

    #Essais_&_débats

  • Le montant total des dépassements d’honoraires continue d’augmenter
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/05/21/le-montant-total-des-depassements-d-honoraires-continue-d-augmenter_4637297_

    Le dispositif mis en place depuis 2013 pour limiter les dépassements d’#honoraires pratiqués par certains #médecins libéraux – en grande majorité des spécialistes – a-t-il vraiment fait la preuve de son efficacité ? Un mois après que l’Assurance-maladie a répondu par l’affirmative à cette question, évoquant les « effets positifs pour les patients et leur reste à charge », l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé publie, jeudi 21 mai, les conclusions de sa propre étude. Entre 2012 et 2014, relève-t-il, ces dépassements ont enregistré une progression de 6,6 % et représentent désormais plus de 2,8 milliards d’euros à la charge des patients.

    Se « réjouissant » que « certains excès tarifaires » aient bien été « freinés », l’Observatoire, qui a été créé en 2013 par le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), le magazine 60 millions de consommateurs et la société Santéclair, émet toutefois un sérieux « bémol » sur le « bilan positif » dressé par l’Assurance-maladie le 20 avril.

    Celle-ci avait annoncé que le taux de dépassement pratiqué par les médecins en secteur 2 (en honoraires libres) avait connu une légère baisse entre 2012 et 2014, passant de 55,4 % à 54,1 %. Un bon résultat obtenu selon elle grâce à la mise en place du Contrat d’accès aux soins (CAS), signé et respecté par 8 750 praticiens libéraux s’engageant à ne pas demander à leurs patients le double des tarifs de la « Sécu » contre une prise en charge d’une partie de leur cotisation par l’Assurance-maladie (pour un montant moyen de 5 500 euros).

    « Généralisation » des dépassements d’honoraires

    Pour expliquer cette forte hausse de 6,6 %, qui pourrait paraître contradictoire avec les tendances annoncées il y a un mois, l’Observatoire souligne que davantage de médecins en secteur 2 ont appliqué des dépassements d’honoraires en 2014 qu’en 2012 : 43 % contre 41,1 %. La « généralisation rampante » des dépassements d’honoraires chez les médecins spécialistes représente désormais un « mouvement de fond », juge-t-il.

    #professions_libérales_assistées

  • A selection from LensCUlture

    I Reminisce and Cry for Life by Agnieska Rayss


    These women are veterans of the Second World War in #Belarus. They are almost 90. The #war started for them in 1941 when they were 16-18. They were born in all parts of the Soviet Union. As a result of the fall of the #Soviet_Union they are all Belarussians now. Belarussian propaganda uses them as examples of good #patriots and citizens.

    This project was inspired by Svetlana Alekseyevich’s book “War’s Unwomanly Face” (1985). All these women all different nationalities were fighting in #World_War_II for their homeland (the Soviet Union). The war was difficult for them. They were very young when the war had started (16-18) and they had to learn plenty of things that were necessary during the war. They were nurses, truck drivers, communications #workers, and they were #partisans (mostly those who lived in the country). Most of them went to the army as volunteers to defend their homeland. They had to fight and to share difficult living conditions with men soldiers.

    They experienced hard times also when the war was over. They had to rebuilt their lives in a country ruined by the war. They often did not come back to their countries of birth, they stayed in Belarus where they happened to be when the war was finished.

    They were not treated better than ordinary citizens. They were often treated as freaks or prostitutes because they were in the #army with men. Most of them wanted to marry someone and to have children – to behave as “normal women”.

    Their stories deserve to be known. This is a work in progress.

    Marginal Trades by Supranav Dash

    Trades and professional practices have always been intertwined with the caste system in India. Each caste and its sub-sets would stereotype an individual and dictate their occupational practice.

    Since the early 1800s, people were not allowed to deviate from their fixed #professions or they would be outlawed by society. At the time, social morals reflected ignorance and strong attachment to orthodox beliefs.

    The tradition of professions and trades being passed down the line from father to son, continued for generations until recently when globalization and rapid socio-economic change resulted in the problem of enculturation and automation. At that point, many of the age-old practices faded out, while others are currently on their way to extinction. The modern Indian generation refuses to stick to their ancestral professions and trades; they have become more daring and try to switch to more lucrative business possibilities.

    The abandonment of the traditional practices also result from insufficient incomes, a desire to escape the #caste #stereotypes, the constant neglect of the privileged classes of the society these people serve, and a government that is not open to social reforms.

    Global trends are constantly changing. Therefore, in these frantic times, it’s very easy to forget our past, culture and traditions. I am not opposed to modernization, but at the same time, I want to slow things down and force one’s self to recognize and remember the beauty of these analog practices. As a photographer, I want to use my craft to pay respect to these tradesmen and bring them to light.

    Rise and Fall of Apartheid expo

    In the culmination of a tour that has included venues across the world, Rise and Fall of #Apartheid: Photography and the Bureaucracy of Everyday Life comes to South Africa. The exhibition offers an unprecedented and comprehensive historical overview of the pictorial response to Apartheid.

    Apartheid transformed the modern political meaning of citizenship, inventing a wholly new society in fact and law. The result was a re-organization of civic, economic and political structures that penetrated even the most mundane aspects of social existence in #South_Africa. Institutions for housing, public amenities, transportation, education, tourism, religion and business were transformed for the sole purpose of denying and depriving #Africans, “coloreds” and Asians of their basic #civil_rights, a transformation that extended into the personal lives of every South African.

    Based on more than six years of research, the exhibition examines the aesthetic power of the documentary form — from the photo essay to #reportage, social #documentary to #photojournalism and art — in recording, analyzing, articulating and confronting the legacy of Apartheid, including its impact on everyday life in South Africa today.

    The exhibition argues that the rise of the Afrikaner National Party changed the pictorial perception of the country into a highly contested space based on the ideals of equality, democracy and civil rights. Photography was almost instantaneously alert to Apartheid, changing its own visual language from a purely anthropological tool into a social instrument. Because of this, no one else photographed South Africa’s liberation struggle better, more critically and incisively, with deep pictorial complexity and penetrating insight, than South African photographers. It is the goal of this exhibition to explore and pay tribute to their exceptional achievement.

    Encompassing the entire East Wing of #Museum_Africa, Rise and Fall of Apartheid encompasses over 800 works by more than 70 photographers, artists and filmmakers. It features complex, vivid, evocative and dramatic visual productions that form part of modern South Africa’s historical record. The exhibition brings together a rich tapestry of materials that have rarely been shown together.

    #photography #lensculture

  • Le juge de sexe masculin, une espèce de plus en plus rare | Rue89
    http://www.rue89.com/2011/12/16/le-juge-de-sexe-masculin-une-espece-de-plus-en-plus-rare-227593

    Surpris, Rue89 a minutieusement fait les comptes : sur les 153 admis au « premier » concours de l’Ecole nationale de magistrature (ENM), dont les résultats ont été rendus publics ce vendredi, seulement 20 étudiants sont des hommes. Soit un chiffre riquiqui : 13%. Encore moins que l’année passée.

    La position n’est pas sexuée et il n’est pas prouvé qu’un juge ou une juge ait une particularité objective différente.

    Mais un justiciable peut être surpris de se trouver toujours devant une femme, d’autant qu’il y a beaucoup plus d’hommes au pénal.

    #femmes #professions #justice