• La terre brûlée - Alèssi Dell’Umbria

    « Ici l’#ethnocide coïncide parfaitement avec l’#écocide »

    On aura beau chiffrer l’étendue des dégâts en quantité de CO2 rejeté, d’hectares de #forêts sinistrés et d’espèces animales menacées, le désastre est en réalité devenu incalculable. Les #incendies volontaires ne sont certes pas une nouveauté en #Amérique_du_Sud, spécialement au #Brésil et en #Bolivie, mais cette fois tout indique qu’un saut qualitatif a été franchi. Et tant Jair #Bolsonaro que #Evo_Morales portent la #responsabilité d’avoir délibérément joué avec le #feu, pour le plus grand #profit de l’agrobusiness. Les #photos_satellites indiquent clairement que dans les deux pays, les incendies progressent à partir des zones déjà défrichées et cultivées, et le long de grandes routes récemment percées, et selon une progression presque méthodique. Les incendies montrent que cette civilisation est déterminée à nous entrainer dans sa perte.

    https://lundi.am/La-terre-brulee-Alessi-Dell-Umbria
    #Amazonie #agro-business #industrie_agro-alimentaire #déforestation

    ping @louca @odilon

  • Les capitalistes ont peur Chris Hedges - 18 Sep 2019 - Investigaction

    Quand les grands patrons des États-Unis signent une charte sur la bonne gouvernance et promettent un avenir meilleur, Chris Hedges nous rappelle ce qu’est le capitalisme. C’est clair, net, précis et ça montre à quel point ces grands patrons débordent d’hypocrisie. Mais cela montre aussi à quel point ils ont peur et tentent par tous les moyens de redorer un blason qui ne fait plus illusion. (IGA)

    Les capitalistes cherchent à maximiser les profits et à réduire le coût du travail. Cela résume la base du capitalisme. Il est défini par ces objectifs immuables. Il ne s’agit pas de démocratie. Il ne s’agit pas, comme certains l’affirment, de créer de la richesse pour la classe ouvrière. Cela n’a rien à voir avec la liberté non plus. Dans les grandes entreprises en particulier, les capitalistes sont remplacés quand ils ne sont pas en mesure d’augmenter les profits et de réduire les coûts de la main-d’œuvre à coups de licenciements, de réductions salariales, de destruction des syndicats, de délocalisations, de sous-traitance ou d’automatisation des emplois. L’éthique personnelle est hors sujet. Le capitalisme est juste une histoire d’acquisition et d’exploitation.

    Les capitalistes poussent le vice jusqu’à l’absurde dès lors qu’il leur faut mentir sur la vraie nature du capitalisme. Dernièrement, la Business Roundtable a publié une nouvelle version des Principes de la bonne gouvernance d’entreprise. Le document est signé par 181 PDG très importants, notamment les directeurs d’Amazon, de General Motors et de Chevron qui, tous les trois, n’ont payé aucun impôt fédéral sur le revenu en 2018. Cette déclaration apparait comme un double discours digne des pires régimes totalitaires du 20e siècle.

    Si maximiser les profits implique de transformer les océans en zones mortes, d’emplir l’atmosphère d’émissions de carbone et de toxines qui rendent le climat invivable pour les humains, d’injecter des produits chimiques et des déchets dans le sol, l’eau, l’air et les réserves alimentaires en s’assurant ainsi que le cancer devienne épidémique ; si ça implique également d’acheter des responsables élus et des juges pour servir les intérêts exclusifs du capital, de privatiser les services sociaux, y compris les soins de santé, le transport, l’éducation et tous les services publics de manière générale ; si ça implique d’arnaquer le public, eh bien, c’est le prix des affaires.

    Si réduire le coût de la main-d’œuvre implique de contraindre les travailleurs à rester désorganisés, si ça implique d’abolir les réglementations relatives au travail, à la santé et à la sécurité, s’il s’agit de délocaliser l’industrie dans des pays où les travailleurs triment comme des serfs du 19e siècle, si ça implique de supprimer chez nous des salaires et de contraindre des populations appauvries à la servitude de la dette, eh bien, c’est le prix des affaires.

    Ce n’est pas un hasard si les États-Unis connaissent aujourd’hui la pire inégalité de revenus depuis les années 1920. Cela a été conçu par la classe capitaliste. Mais ce que nous révèle la déclaration de la Business Roundtable, c’est que les capitalistes ont peur d’être démasqués. Un capitalisme libéré de toute contrainte extérieure et interne va piller et exploiter une population captive jusqu’à ce qu’elle se lève avec fureur. C’est cette éruption que les capitalistes d’aujourd’hui craignent.

    Le capitalisme, parce qu’il est une force tellement destructrice sur le plan social, sature le paysage médiatique de publicités visant à désinformer et à manipuler l’opinion publique. Il utilise ses immenses richesses pour acheter la presse, domestiquer les universités, les organisations à but non lucratif et les groupes de réflexion. Il utilise aussi ses richesses pour diaboliser et museler ses détracteurs. Il finance des pseudo-intellectuels et des pseudo-économistes qui propagent inlassablement l’idéologie du néolibéralisme, cette croyance selon laquelle le transfert des richesses entre les mains des oligarques au pouvoir serait bénéfique pour la société. Le capitalisme forme des monopoles mondiaux qui s’attaquent au public. Dans sa quête de profit, il mène des guerres sans fin. Il associe l’agitation anticapitaliste au terrorisme. Concrètement, cela implique que toute personne aux États-Unis qui filme ou photographie la sauvagerie et la cruauté de l’agriculture industrielle – l’une des principales causes d’émissions de carbone – peut être accusée de terrorisme. Et lorsque ses systèmes pyramidaux, ses fraudes et ses bulles financières éclatent, le capitalisme pille le trésor national et laisse la facture aux contribuables. (Lors de la crise économique étasunienne de 2008, les sociétés ont englouti 4 600 milliards de dollars d’argent public.)

    Le capitalisme, comme l’a compris Karl Marx, est une force révolutionnaire s’il n’est ni réglementé ni entravé. Il crée d’abord une économie mafieuse, comme l’a écrit Karl Polanyi, puis un gouvernement mafieux. C’est la cupidité de la classe capitaliste qui a transformé nos villes en ruines et qui a appauvri plus de la moitié du pays. C’est l’avidité de la classe capitaliste qui nous a mis sur la voie de l’écocide. C’est la cupidité de la classe capitaliste qui a créé les mécanismes de répression interne, y compris une police qui fonctionne comme des unités de voyous paramilitaires dans nos propres colonies intérieures, la surveillance de masse du public, un vaste système d’incarcération massive, sans oublier des agences comme la NSA, la Sécurité intérieure et le FBI qui espionnent le public pour contrecarrer toute résistance. C’est encore la cupidité de la classe capitaliste qui a démantelé les institutions démocratiques des États-Unis. C’est toujours l’avidité de la classe capitaliste qui nous a donné Donald Trump. Ce dédain marqué pour le bien commun et la démocratie font de ces capitalistes des traitres.

    Jamie Dimon, PDG de JP Morgan Chase et président de la Business Roundtable, a reconnu dans le communiqué de presse contenant la « Déclaration sur l’objectif d’une société » que « le rêve américain est vivant, mais en train de s’effriter« . Il nous a cependant assuré que « les grands employeurs investissent dans leurs travailleurs et leurs communautés, car ils savent que c’est le seul moyen de réussir à long terme. Ces principes modernisés reflètent l’engagement indéfectible du monde des affaires de continuer à faire pression pour une économie au service de tous les Américains. »

    Alex Gorsky, président du conseil d’administration et PDG de Johnson & Johnson, mais aussi président du comité de gouvernance d’entreprise de la Business Roundtable, a ajouté de son côté que la déclaration « affirme le rôle essentiel que les entreprises peuvent jouer pour améliorer notre société« .

    Darren Walker, président de la Fondation Ford, a qualifié la déclaration de « formidable nouvelle » et a dit que cela « se traduirait par une prospérité partagée et durable tant pour les entreprises que pour la société« .

    Les passages sentencieux et autosatisfaits de la déclaration peuvent être résumés par ses premiers paragraphes :

    « Les Américains méritent une économie qui permette à chaque personne de réussir grâce au travail acharné et à la créativité, une économie qui permette de mener une vie remplie de sens et de dignité. Nous pensons que le système de libre marché est le meilleur moyen de créer de bons emplois, une économie forte et durable, l’innovation, un environnement sain et des perspectives économiques pour tous.

    Les entreprises jouent un rôle vital dans l’économie en créant des emplois, en encourageant l’innovation et en fournissant des biens et des services essentiels. Les entreprises fabriquent et vendent des produits de consommation ; fabriquent du matériel et des véhicules ; soutiennent la défense nationale ; cultivent et produisent de la nourriture ; fournissent des soins de santé ; génèrent et délivrent de l’énergie ; et offrent des services financiers, de communication et autres qui sous-tendent la croissance économique. »

    Des capitalistes tels que Dimon (valeur nette de 1,4 milliard de dollars) et Gorsky devraient être en prison dans une démocratie qui fonctionne. La société du premier a payé plus d’amendes réglementaires qu’aucune autre en Amérique. Celle de Gorsky a été chargée d’aider à alimenter la crise des opioïdes en Oklahoma pour se voir ensuite condamnée par un tribunal à verser 572 millions de dollars à cet État. Johnson & Johnson, Purdue Pharma, Pfizer et McKesson sont responsables de la mort de plusieurs milliers d’Américains. Selon le gouvernement fédéral, plus de 130 personnes sont décédées chaque jour en 2016 et 2017 aux États-Unis à la suite d’overdoses liées aux opioïdes.

    Les crimes financiers de Dimon sont à eux seuls assez nombreux et notoires. Ils comprennent notamment la souscription de titres frauduleux dans les années qui ont précédé le krach financier de 2008, la surfacturation à des membres de l’armée de prêts hypothécaires et d’opérations de refinancements hypothécaires, la surfacturation de frais de découvert, la manipulation d’offres sur les marchés de l’électricité en Californie et dans le Midwest, la surfacturation d’assurances contre les inondations, la facturation de services inexistants de surveillance de cartes de crédit, la pratique de taux et de commissions hypothécaires plus chers pour les minorités que pour les emprunteurs blancs, ou encore le non-paiement des heures supplémentaires aux travailleurs de l’entreprise.

    Alors, que penser de cette déclaration – qui ne vaut pas mieux que celles d’Al Capone soulignant que la mafia dirigeait une œuvre de bienfaisance à Chicago ?

    Cette déclaration nous montre que les capitalistes prennent peur. Ils savent que l’idéologie dominante du néolibéralisme n’a plus de crédibilité. Ses mensonges ont été révélés. Ils savent que les institutions au pouvoir, y compris les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ne fonctionnent plus et sont méprisés. Ils savent que les médias, Wall Street et les grandes banques ont perdu la confiance du public et sont détestés. Ils savent que le système de justice pénale, qui criminalise la pauvreté et légalise la fraude dans les entreprises, est une imposture. Ils savent que l’ascenseur social est une farce. Et surtout, ils savent que le système financier, bâti sur l’échafaudage de milliards de dollars que le gouvernement leur a prêtés à des taux d’intérêt minimes, n’est pas viable et déclenchera une autre récession, voire une dépression. Ils savent aussi qu’ils sont responsables de tout ça.

    Les capitalistes sont déterminés à protéger leurs richesses. Ils sont déterminés et probablement capables d’empêcher les candidates de gauche, Elizabeth Warren et Bernie Sanders, d’obtenir la candidature démocrate pour la présidence. Mais ils sont également conscients que les politiciens tels que Hillary Clinton, Nancy Pelosi, Chuck Schumer et Joe Biden, qui ont passé leur carrière au service du pouvoir des entreprises, sont de plus en plus difficiles à vendre à l’électorat. Les mensonges et l’hypocrisie du Parti démocrate apparaissent comme évidents avec la présidence de Barack Obama, qui s’était présenté comme un outsider et un réformateur à la suite de la crise financière de 2008. Obama – que Cornel West a qualifié de « mascotte noire de Wall Street » – a trahi de façon flagrante la base du parti. Les mesures qu’il a prises, ainsi que Clinton et d’autres dirigeants démocrates après la débâcle financière de 2008, ont ouvert la porte au démagogue Donald Trump. Bien qu’il fût un escroc et un menteur invétéré, Trump a été assez astucieux pour dire aux électeurs, en particulier ceux de la classe ouvrière blanche, ce qu’ils voulaient entendre.

    La déclaration du mois d’août de la Business Roundtable est une tentative pathétique de redéfinir les rôles que doivent tenir les capitalistes dans la société, une tentative de donner à ces escrocs professionnels un visage plus gentil. Ça ne marchera pas. Les capitalistes ont le pouvoir de détruire, mais plus celui de créer. De leur incessante et inarrêtable campagne de destruction émergeront des troubles sociaux qu’ils craignent tant, mais aussi des monstruosités plus terrifiantes encore que Donald Trump.

    Source : Truthdig - https://www.truthdig.com/articles/the-capitalists-are-afraid
    & https://www.investigaction.net/fr/les-capitalistes-ont-peur
    Traduit de l’anglais par Investig’Action

    #idéologie #capitalisme #néolibéralisme #profits #idéologie #Démocratie #finances #multi_nationales #business_roundtable #mafia #écocide

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

    –-----

    des info plus détaillées sur le numéro 1 déjà sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/784730

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • « #Nature », la prestigieuse revue que les chercheurs adorent détester

    Actrice centrale de la recherche, l’édition scientifique traverse des turbulences. Visite des cuisines du titre de référence, qui fête ses 150 ans.

    Sous l’empire des revues (1|6). Leur #pouvoir est immense. Elles font et défont les carrières des chercheurs. Elles servent à classer les pays, les universités ou les individus. Elles génèrent de juteux #profits. Elles, ce sont les revues scientifiques. Quarante mille dans le monde (dont 33’000 en anglais), pour 3 millions d’articles de recherche publiés chaque année et près de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, selon l’Association internationale des éditeurs scientifiques, techniques et médicaux. En ajoutant les livres, les bases de données professionnelles… le marché pèse près de 23 milliards d’euros, soit plus que le marché de la musique (17 milliards d’euros en 2018).

    Pourtant le secteur traverse de sévères turbulences car ses titres parfois multicentenaires, devenus des acteurs incontournables de la recherche, se voient critiqués pour leur lucrativité, les failles de leur contrôle qualité ou les barrières qu’elles mettent à l’accès à la connaissance. Au point que des alternatives éditoriales commencent à les bousculer. Avant que ces géants ne deviennent peut-être des dinosaures, Le Monde dresse cet été le portrait de six d’entre eux.

    A commencer par l’un des plus vénérables, la souvent dénommée « prestigieuse revue Nature », qui fêtera en novembre son 150e anniversaire.

    « Ceux qui débinent Nature sont les premiers à rêver d’y être publiés », tempête Philippe Froguel, professeur d’endocrinologie-diabétologie au CHRU de Lille et à l’Imperial College de Londres. Comment mieux souligner la relation amour-haine suscitée par le célèbre journal ?

    COURSE AU PROFIT
    Côté « haine », on trouve un taux de rejet de
    92 %, qui fait beaucoup de déçus et peu
    d’élus : seuls 800 articles sont publiés chaque
    année pour 10 000 reçus environ. On lui
    reproche aussi une course au profit car elle
    appartient à l’un des cinq plus gros éditeurs
    commerciaux, l’allemand Springer, qui depuis
    le rachat du journal en 2015 s’est rebaptisé
    Springer Nature. Le groupe a eu un chiffre
    d’affaires de 1,64 milliard d’euros en 2017 selon
    le quotidien Handelsblatt, pour 374 millions
    de bénéfices. « C’est regrettable que ce
    qui compte désormais c’est l’endroit où un article
    est publié et pas son contenu », peste un
    physicien… ayant déjà publié dans Nature et
    qui tient à garder l’anonymat. La recherche
    du sensationnel, que la revue réfute formellement,
    lui est aussi reproché, conduisant parfois
    à des publications de travaux pas aussi
    révolutionnaires qu’annoncé.


    https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/16/nature-la-prestigieuse-revue-que-les-chercheurs-adorent-detester_5489786_441
    #science #université #édition_scientifique #prestige #pouvoir

  • Suisse : Des entreprises recourent contre l’interdiction de douze pesticides ats/oang - 19 Juillet 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10582894-des-entreprises-recourent-contre-l-interdiction-de-douze-pesticides.htm

    Huit fabricants et distributeurs de pesticides ont fait recours contre l’interdiction de douze pesticides contenant du chlorpyrifos et chlorpyrifos-méthyl en Suisse. Ces procédures sont dénoncées vendredi par des ONG.

    Ces entreprises contestent une décision prise par l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), à propos de ces produits qui peuvent notamment endommager le cerveau des jeunes enfants (lire encadré.)

    Elles ont déposé une plainte auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF), selon Greenpeace et le WWF. Contacté par l’ats, le tribunal confirme qu’il y a effectivement « huit recours pendants contre la décision de l’OFAG du 28 mai 2019 ».

    Trois entreprises opposées à l’interdiction
    Selon les deux ONG, trois des recourants « demandent un délai pour liquider les stocks », mais acceptent le principe de l’interdiction. #dow_chemical #agroSciences, #syngenta et #sintagro, en revanche, sont opposées à l’interdiction". « Une fois de plus, les fabricants de pesticides font passer le profit avant la santé des humains et des animaux », déplorent-elles.

    La décision prise en mai dernier par l’OFAG concerne au total 26 produits. Neuf retraits étaient immédiats, tandis que trois produits pouvaient être encore vendus pendant 12 mois.

    Douze pesticides jugés dangereux interdits en Suisse
    https://www.rts.ch/info/suisse/10502124-douze-pesticides-juges-dangereux-interdits-en-suisse.html

    Mis sur le marché dans les années 1960, chlorpyrifos et chlorpyrifos-méthyl comptent parmi les traitements les plus utilisés. Ils ont servi à pulvériser des pommes de terre, des légumes, des baies et des raisins. « En Suisse, les substances actives ont été libérées dans l’environnement à raison de 10’000 à 15’000 kg/an au cours des cinq dernières années », selon Greenpeace et le WWF, qui saluent ces retraits.

    Les décisions de l’OFAG ne satisfont toutefois pas les deux ONG. Le délai de 12 mois accordé à trois pesticides est jugé « inutile et incompréhensible ».

    En outre, « même après cette interdiction, des dizaines de pesticides hautement toxiques et comparables restent disponibles librement pour l’agriculture, la sylviculture, l’horticulture et les services d’entretien », explique Philippe Schenkel, de Greenpeace. Les deux ONG appellent donc à une interdiction cohérente de ces pesticides.

    #Suisse #chlorpyrifos #chlorpyrifos-méthyl #pesticides #profits #insecticide #pesticides #agriculture #santé #pollution #environnement #alimentation #pesticide #quelle_agriculture_pour_demain_ #perturbateurs_endocriniens #toxiques #menaces_sur_la_santé_publique #agrobusiness

  • Le gouvernement planche sur le financement des HLM par des investisseurs privés | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/le-gouvernement-planche-sur-le-financement-des-hlm-par-des-investisseurs-pr

    @ThomasLeCour a intelligemment commenté :

    La « politique » #Logement de #Macron :
    1. Vider la caisse des HLM
    2. Ô surprise, constater des difficultés
    3. Ouvrir le financement aux banques privées

    Demain : il faudra bien rémunérer les actionnaires
    ➡️
    augmentation des loyers, vente de logements...

    https://twitter.com/ThomasLeCour/status/1144503061009727488

    Ce n’est pas la première fois que le gouvernement bouscule le secteur du #logement. En 2018, la loi ELAN a taillé dans les ressources des organismes, poussé les plus petits à la concentration et incité à la cession d’une partie du parc HLM pour financer des mises en chantier .

    Un pas supplémentaire pourrait être franchi en permettant à des investisseurs institutionnels ou à des banques privés de prendre pied dans le secteur. « Il nous faut travailler avec les bailleurs pour consolider leurs fonds propres et cela pourrait se faire avec des investisseurs institutionnels, explique une source au ministère des finances. En France, on a un modèle de financement très fermé mais il y a des pays ou les modèles sont plus hybrides, en Allemagne par exemple. Mais qui dit investisseur privé dit rendement et cela pose la question de l’évolution des modèles ».

    #profitation #spoliation

  • Les profiteurs de la frontière – Juin 2019 – Corporate Watch

    La maire de Calais essaye de changer l’image de Calais, souhaitant en faire une « ville fleurie ». Mais comme des locaux ont confié à Corporate Watch le mois dernier, « #ville_barbelée » serait un label plus approprié. Du port ferry jusqu’au tunnel à Coquelles, la périphérie de la ville est un paysage cauchemardesque de #clôtures surmontées de #barbelés à lames rasoir, de #caméras et #détecteurs_de_mouvement, de #terrassements, #tranchées et #terrains_inondés, tous destinés à arrêter les « damné·e·s de la terre » entreprenant cette traversée du détroit de la Manche, si évidente et acquise pour un·e citoyen·ne européen·ne.

    Tout cela implique de l’#argent pour financer les compagnies de construction et de sécurité qui fournissent et édifient l’#infrastructure de la frontière. En 2016, Calais Research a commencé à lister et décrire les #entreprises impliquées dans le marché de la frontière. Voici une rapide mise à jour sur quelques points marquants apparus depuis.

    Le #Centre_Conjoint_d’Information_et_de_Coordination_franco-britannique à Coquelles

    Il y a deux points principaux de passage de la frontière à Calais : le #port, près du centre historique de la ville, et le tunnel sous la Manche, à quelques kilomètres de la ville, à #Coquelles. Près de l’entrée du tunnel se trouve un énorme centre commercial, la Cité Europe, fréquentée par des locaux comme par des Britanniques de passage renflouant leur stock d’alcool bon marché.

    Juste à côté se tient un complexe abritant l’infrastructure policière française anti-migrant : la base principale de la #PAF (Police aux Frontières) et des #CRS, un tribunal où sont entendus les migrants, et le #Centre_de_Rétention_Administrative (#CRA).

    En novembre 2018, un nouveau bâtiment est ajouté au complexe déjà existant : le #CCIC – Centre Conjoint d’Information et de Coordination franco-britannique.

    Selon l’Agence France Presse, le centre est financé par le gouvernement de Grande Bretagne, il est « notamment équipé de #drones », et sert de poste de commande pour les forces de police françaises et britanniques. Celles-ci incluent côté français la PAF, les #douanes et les #gendarmes, et pour l’outre-Manche la police aux frontières (UK border force), la #police du #Kent ainsi que le service national de lutte contre la criminalité (#National_Crime_Agency#NCA).

    Le jour où nous sommes passé·e·s jeter un œil, nous n’avons vu aucun drone décollant du toit. Sur le parking se trouvaient plus de voitures banalisées que de véhicules de police officiels, dont plusieurs immatriculées outre-Manche. Il y avait encore un affichage à l’extérieur du centre (cf. photo) nommant les entrepreneurs impliqués dans sa construction et son équipement. Il indique un coût de 1,844 million d’euros pour ces travaux.

    Les compagnies identifiées incluent : #Villesange_Masson (Architectes locaux) ; #Groupe_Qualiconsult (consultant·e·s pour les projets de construction) ; #Verdi ; #Cougnaud_construction (spécialisé en construction modulaire industrialisée) ; #Ramery_Batiment ; #Eiffage_énergie (grosse société d’ingénierie française) ; #Satelec (électricien·ne·s) ; #Resipelec (électricien·ne·s) ; #Pylones_du_Littoral ; #Majencia (mobilier de bureau) ; #Covage_DGL_Networks (installateur de fibre optique) ; #Econocom.

    Extension du centre de Rétention

    Juste en face du CCIS se trouve le CRA de Coquelles. Actuellement, il permet d’enfermer 79 hommes, mais l’État français veut augmenter le nombre de places. Fin mars 2019, il annonçait un projet d’extension de 480 mètres carrés. L’agence d’architectes #COAST supervise les travaux, et travaille avec #BD_engineering.

    Douanes et tranchées

    En dehors de Coquelles, on voit d’importants travaux de chaque côté de la voie rapide menant au tunnel. Ce sont de grands #bunkers, chacun avec plusieurs quais destinés à la fouille des camions. Ce ne sont pas des mesures prioritairement anti-migrants, il s’agit en fait de nouveaux parking poids-lourds et de postes de douane, construits à la hâte par #Eurotunnel, en prévision de nouveaux contrôles sur les marchandises après le Brexit.

    Cependant, ces projets participent à renforcer les mesures de sécurité exceptionnelles auxquelles on doit ce changement d’atmosphère autour de Calais. Les bunkers sont protégés par des #tranchées et de nouvelles clôtures – canaux et lacs artificiels creusés et remplis d’eau comme une autre mesure contre ces humains dont on ne veut pas. Ceci fait suite aux modèles de #déforestation et d’#inondation initiés par Eurotunnel en 2016.

    Contrôles aux frontières privatisés au parking poids-lourd #Polley

    Une petite industrie s’est développée grâce à la « crise migratoire » : le #parking_poids-lourd sécurisé. Le gouvernement britannique inflige une contravention aux entreprises de transport de marchandises si des personnes sont trouvées dans leurs véhicules sans les documents administratifs adéquats. Dans les faits, cela se traduit par l’#externalisation des contrôles frontaliers vers les camionneurs eux-même, soucieux de ne pas être surpris avec des passager·e·s clandestin·e·s. Et l’entreprise de transport va payer des emplacements sécurisés pour marquer un arrêt avant de traverser la Manche.

    À #Dunkerque, #DK_Secure_Truck_Park dispose de 250 emplacements entourés de clôtures et surveillés par « 40 #caméras_de_surveillance haute-définition ». À Calais, la plus grosse société est #Polley_Secured_Lorry_Park, dirigée par un homme d’affaire local, #Francois_Polley. Ce site de 10 hectares se targue d’être protégé par des grilles hautes de 2,40 mètres et d’être surveillé 24h/24 et 7j/7.

    Récemment, nous avons entendu parler d’une nouvelle niche dans ce business. Les cars de transport de passagers opérés par #Flixbus profitent également des services de sécurité de Polley. Les cars en route vers la Grande Bretagne passent par le parking Polley avant de se diriger vers le tunnel. Là, un des agents de sécurité privés du parking va procéder à une première fouille du véhicule, cherchant d’éventuel·le·s clandestin·e·s dans la soute à bagages. Ceci, en plus des deux contrôles qui seront effectués par les autorités françaises et britanniques une fois au tunnel.

    Flixbus et Polley fournissent peu d’information publique sur cette #fouille supplémentaire. Il y n’y en a qu’une vague référence sur le site de Flixbus, où elle est simplement mentionnée comme « un #contrôle_pré-Royaume-Uni ».

    Hôtel de police…

    Notre dernier arrêt sur notre tour des infrastructures de la frontière s’est trouvé en plein cœur de la ville de Calais. On avait entendu dire que l’ancienne pratique de constamment arrêter et harceler les personnes pouvant être des migrant·e·s dans le centre ville est progressivement devenue marginale. On se demandait donc pourquoi on continuait de voir les camionnettes de CRS patrouiller les rues principales entre la mairie et le théâtre.

    Nous avons réalisé que leur activité principale consistait à déposer et passer prendre de costauds hommes blancs en civil à la porte du #Brit_Hotel. Des locaux nous expliquent alors que ce bâtiment hôtelier a été inoccupé pendant des années, avant de rouvrir sous ce nouveau nom en 2016. Sa clientèle semble être composée presque exclusivement de CRS et de gendarmes – mais si vous rêvez de dormir à côté d’un CRS bien bâti, vous pouvez réserver une chambre pour environ 50 euros la nuit.

    Brit Hôtel est une chaîne hôtelière répandue dans tout la France.

    #business #migrations #frontières #Calais #France #profit #complexe_militaro-industriel #militarisation_des_frontières #privatisation #externalisation_des_frontières

    ping @karine4 @isskein

  • Des dizaines de millions d’euros prélevés illégalement aux locataires de HLM | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1561378682-dizaines-de-millions-euros-preleves-illegalements-locataires

    La liste précise des charges qui peuvent être facturées aux locataires est énoncée dans un décret datant de 1987. Celles qui n’y figurent pas ne peuvent en aucun cas être prélevées. Pourtant, certains bailleurs ne se gênent pas. En 2017, l’Agence nationale du contrôle du logement social (Ancols), le gendarme du secteur, avait mené une grande enquête sur le sujet. Dans son rapport, elle épinglait 20% des 356 organismes inspectés pour « irrégularités » dans les charges. En clair, un bailleur social sur cinq s’enrichirait de manière illégale sur le dos des habitants des logements sociaux, une population aux revenus modestes. À notre connaissance, aucune estimation globale des montants n’existe, mais il s’agit a minima de plusieurs dizaines de millions d’euros de trop-perçu. « C’est un système. Ce n’est pas juste une erreur par-ci par-là »

    #logement #profitation #guerre_aux_pauvres

  • Why a #hipster, #vegan, #green_tech economy is #not_sustainable | Canada | #Al_Jazeera
    https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/hipster-vegan-green-tech-economy-sustainable-190605105120654.html

    morceaux choisis:

    The illusion of ’#sustainable_development'

    When capitalism teams up with growth-oriented efficiency improvements, one result is the fabulous #hipsterised “green tech” enclaves we see emerging in cities around the world, including #Montreal.

    In recent years, veganism has also been sucked into the #profit-making “green” economy. Its rising popularity is indeed quite mind-boggling. What was traditionally seen as a subversive and anti-establishment form of resistance to the global food industry and its horrific abuse of animals has increasingly become a “cash cow”.

    In the process, the implicit socio-economic violence behind #gentrification will be invariably “greenwashed” and presented as development that would make the area more “sustainable”, “beautiful” and “modern”.

    Unfortunately, creation by destruction is what #capitalism does best, and its damaging practices are anything but green. This #market-driven#sustainable” vision of economic activity, #ecological-conscious diets and “hipness” within modern capitalism reinforce inequality and still hurt the environment.

    On a global scale, capitalism is most certainly not “cool”… it is literally #burning_our_planet. An aloof, detached, apolitical coolness which centres on individuality and imagery is simply not going to cut it any more.
    Such lifestyles may appear marginally efficient, but they are, by and large, a convenient by-product of shifting social and ecological costs to those less privileged both locally and global

  • Les sociopathes de France Télécom à Macron (Frédéric Lordon, Blog du Diplo “La pompe à phynance”, 31.05.19)
    https://blog.mondediplo.net/les-sociopathes-de-france-telecom-a-macron

    C’est que le merveilleux idéal de la #concurrence généralisée charge le #travail d’enjeux de vie ou de mort sociale. Toute l’organisation est mise sous tension par l’impératif de la valeur pour l’actionnaire dans un contexte de concurrence externe suraiguë, et toute l’organisation sait, dans ces conditions, que le jeu du #profit se jouera à la #productivité, donc à la réduction de la #masse_salariale. Par conséquent que la guerre concurrentielle externe va se réfracter au sein de l’organisation en guerre concurrentielle interne. Quand chacun lutte pour sa propre survie, il n’y a pas à s’étonner que la plus extrême #violence se répande partout : réduire les individus à devoir lutter pour leurs intérêts vitaux, c’est organiser leur devenir-sociopathe : plus rien ne les intéresse que leur autoconservation, dont les « autres » deviendront s’il le faut le simple moyen.
    […]
    Rendu à ce point, il n’y a qu’une alternative : soit, par impossible cohérence, renoncer à tout — impossible, puisque le #capitalisme nous prend en otage pour le tout de notre vie matérielle et que nous n’en finirons pas de nous dépouiller ; soit porter la #lutte là où il faut : non pas dans la réorganisation sans espoir des vies individuelles séparées, mais dans la destruction générale des structures qui imposent ce système de contreparties.

  • Les #dividendes mondiaux au plus haut | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/les-dividendes-mondiaux-au-plus-haut-1022492

    En termes sectoriels, les titres pharmaceutiques sont ceux qui ont payé le plus de dividendes, versant 1 dollar sur 8 à l’échelle internationale. Novartis, à elle seule, a payé un dollar sur 30, suivie de près par Roche.

    #pharma #big_pharma #profits

  • Dans le #business de l’#humanitaire : doit-on tirer #profit des #réfugiés ?

    Depuis la crise économique de 2008 et la multiplication des conflits dans le monde, l’insuffisance des fonds alloués au secteur humanitaire n’a jamais été aussi importante. En effet seulement 59 % des besoins en la matière ont été financés en 2018.

    Pour l’une des crises humanitaires les plus médiatisées, celle des réfugiés, les chiffres sont plus alarmants encore. Le Haut-commissariat pour les Réfugiés (HCR) estime que pour l’année 2019 tout juste 14 % de l’aide nécessaire a été financée pour venir en aide aux 68,5 millions de réfugiés, demandeurs d’asile, personnes déplacées et apatrides.
    L’échec du système d’asile

    Bien que garanti par le droit international l’accueil de ces populations vulnérables reste globalement infime. En moyenne, seulement 1 % des réfugiés sont référés par le HCR pour être réinstallés dans des pays d’accueil chaque année. Le cantonnement en camps ou les installations plus ou moins précaires dans les pays limitrophes des zones de conflits deviennent les seules alternatives pour la grande majorité des réfugiés, pour qui la durée moyenne d’exil est d’environ 26 ans.

    Victimes des politiques d’asile de plus en plus restrictives des pays occidentaux plus de 85 % vivent dans des pays « en développement », dont les services élémentaires sont déjà sous pression.

    Le privé à la rescousse

    Pour pallier ces tensions, les capacités financières et innovatrices du secteur privé semblent aujourd’hui s’imposer comme une solution. Le HCR reconnaît en effet que le monde commercial joue un rôle central pour fournir des opportunités aux réfugiés et les soutenir.

    Le Pacte mondial sur les réfugiés adopté par 181 membres de l’ONU en décembre 2018 a lui aussi souligné le rôle primordial du secteur privé pour contrer les failles du système humanitaire.

    Que ce soit en termes d’emploi, d’opportunités commerciales ou de fourniture de biens et de services essentiels par l’intermédiaire de partenariats public-privé, ou encore en aidant les agences non gouvernementales ou gouvernementales à innover pour améliorer la qualité et la provision de l’aide, le monde du business semble désormais indissociable du monde humanitaire.

    Mais normaliser la condition du réfugié dans la logique économique de marché, n’est pas un artifice idéologique servant de plus en plus les intérêts corporatifs ? Et ces derniers ne passeront-ils pas avant ceux des réfugiés dans ce business désormais très rentable – fort de ses 20 milliards de dollars par an- qu’est devenu l’humanitaire ?
    De nombreuses plates-formes impliquées

    Le secteur commercial est impliqué à de nombreux niveaux du système d’asile. Par exemple, via des forums consultatifs comme la branche UNHCR Innovation du HCR créée en 2012 et financée par la fondation IKEA. Ce forum cherche à développer des moyens créatifs d’engager les entreprises et leurs ressources technologiques.

    D’autres plates-formes comme l’initiative #Connecting_Business ou encore #The_Solutions_Alliance tendent à impliquer le secteur privé dans les solutions en déplacement et en mesurer l’impact.

    Ou encore des organismes comme #Talent_beyond_boundaries ou la plate-forme française #Action_emploi_réfugiés élaborent des #bases_de_données regroupant des réfugiés et leurs #compétences techniques et académiques afin de les connecter à des employeurs potentiels dans les pays les autorisant à travailler.

    Afin de coordonner et de conseiller les actions et réponses du monde du profit, d’autres acteurs comme les consultants #Philanthropy_Advisors ont vu le jour pour promouvoir le développement de la collaboration philanthropique stratégique entre les #entreprises et le monde humanitaire, et les aider à projeter leur retour sur #investissement.

    Les marchés prospèrent

    Ainsi les partenariats public-privé avec le HCR et les ONG se multiplient, tant pour les prestations de service que l’expertise du secteur privé dans l’innovation.

    De gigantesques salons commerciaux réunissent régulièrement les grandes agences onusiennes, des ONG et des sociétés privées de toute taille afin d’essayer de prendre les marchés de l’humanitaire. Au salon DIHAD de Dubai par exemple, des stands de vendeurs de drones, de lampes photovoltaïques ou encore de kits alimentaires côtoient ceux des sociétés de services financiers comme MasterCard Worldwide ou des grands cabinets d’audit et de réduction des coûts en entreprise, comme Accenture et Deloitte.

    Cette concurrence grandissante des marchés de l’humanitaire semble suggérer que le système d’asile s’inscrit lui aussi progressivement dans un modèle néolibéral, appliquant la logique économique de marché jusque dans la sphère humanitaire.
    Abus et philanthropie des bailleurs de fonds

    Ce monde humanitaire qui pratique une logique propre à celle du monde des affaires soulève de multiples questions éthiques et pragmatiques.

    Au niveau philanthropique par exemple, les partenaires majeurs du HCR incluent des multinationales comme #Nike, #Merck, #BP, #Nestlé, #IKEA ou encore #Microsoft.

    Or, bien que l’apport financier de ces corporations soit essentiel pour contrer le manque de fonds du système d’asile, la crédibilité et la légitimité de certains partenaires a été contestée.

    Pour cause, les exploitations et abus déjà recensés à l’encontre de ces corporations. Nestlé a récemment été accusé d’esclavagisme en Thaïlande ; Nike et BP ont eux aussi été régulièrement critiqués pour leur modèle économique peu regardant des droits du travail ; ou encore Microsoft, récemment accusé d’exploitation d’enfants dans les mines de cobalt en République Démocratique du Congo. L’entreprise IKEA, bailleur majeur du HCR à quant à elle été inculpée dans un scandale d’évasion fiscale, accusée d’échapper ainsi aux taxes dans les états qui entre autres, financent le HCR.
    Des employeurs douteux

    En tant qu’employeur, le secteur privé embauche et rémunère des réfugiés dans des contextes légaux comme clandestins.

    Par exemple, 20 % de la main d’œuvre de la compagnie #Chobani, spécialiste du yaourt à la grecque implantée aux États-Unis est réfugiée. Son PDG estime que dans le monde actuel le secteur privé est l ‘agent de changement le plus efficace et a ainsi créé la fondation #Partenariat_Tent, afin de sensibiliser le monde commercial à l’importance du secteur privé dans la cause réfugiée.

    Par l’intermédiaire de cette plate-forme, plus de 20 entreprises dont #Microsoft, #Ikea, #H&M et #Hilton ont annoncé des initiatives d’#emploi destinées à contrer la crise des déplacements.

    Cependant, puisque souvent sans droit de travail dans les pays d’accueil de la majorité des réfugiés, ceux-ci sont souvent prêts à accepter n’importe quelle opportunité, et s’exposent à toute sorte de mécanisme d’exploitation, des multinationales aux petites entreprises, légalement ou dans l’économie informelle.

    Des enfants réfugiés Rohingya au Bangladesh aux Syriens en Turquie, Irak, Jordanie ou au Liban exploités dans diverses industries, les exemples d’abus par des entreprises de toutes tailles sont souvent recensés et vaguement relayés dans la presse. Parfois, les entreprises inculpées ne sont autres que des géants comme #Zara, #Mango, #Marks_and_Spencer, qui ne sont pas légalement réprimandés car il n’existe ni mécanisme de coercition ni cadre de sanction pour les multinationales.

    L’ambiguïté des sous-traitants

    Par ailleurs, les gouvernements, le #HCR et les #ONG sous-traitent progressivement l’assistance et la protection des réfugiés à divers partenaires commerciaux afin d’améliorer les conditions de vie dans des secteurs aussi divers que la finance, la provision de service, le conseil, la construction, la santé, la technologie ou encore l’éducation.

    Si de tels projets sont souvent très positifs, d’autres se font complices ou tirent profit de politiques publiques allant à l’encontre de la protection des droits humains. La multinationale espagnole #Ferrovial, un entrepreneur indépendant contracté par l’état australien pour gérer son système carcéral des demandeurs d’asile offshore, a été accusée de mauvais traitements chroniques envers les réfugiés dans des centres de détention extraterritoriaux administrés par l’Australie. Cette dernière est elle-même accusée de crimes contre l’humanité pour son traitement des demandeurs d’asile arrivés par bateau.

    Amnesty International a aussi dénoncé des actes de torture par la compagnie Australienne #Wilson_Security, sous-traitant de la filiale australienne de Ferrovial, #Broadspectrum.

    La compagnie britannique de sécurité #G4S a elle aussi fait l’objet d’une multitude d’allégations concernant des violences physiques perpétrées par ses employés dans des camps contre des réfugiés, par exemple à Daddab au Kenya, et sans conséquence pour G4S.

    Des compagnies comme #European_Homecare ou #ORS spécialisées dans la provision de service aux migrants et réfugiés ont été accusées de #maltraitance dans les milieux carcéraux envers les gardes et les réfugiés.

    Ainsi, selon un rapport de L’Internationale des services publics, la privatisation des services aux réfugiés et aux demandeurs d’asile a un impact direct sur leur qualité et aboutit à des services inappropriés, caractérisés par un manque d’empathie, et ne respectant souvent pas les droits humains.

    Le business de la catastrophe

    Par soucis d’efficacité, en privatisant de plus en plus leurs services et en laissant le monde du profit infiltrer celui de l’humanitaire, le HCR et les ONG prennent le risque de créer des conditions d’exploitation échappant aux mécanismes légaux de responsabilité.

    Aux vues de nombreuses questions éthiques, le monde commercial peut-il réellement contrer les failles étatiques et organisationnelles du monde humanitaire ? L’intégration du secteur privé dans le système de protection et d’assistance aux réfugiés, est-ce aussi en soi justifier le désengagement des États de leurs obligations en matière de protection des personnes les plus vulnérables ?

    Comment ainsi éviter que cette source d’opportunité commerciale pour les entreprises, et les opportunités d’émancipation que cela engendre pour les réfugiés, n’entraîne leur marchandisation et exploitation, dans un contexte où les cadres juridiques en matière de business et droits humains ne sont visiblement pas assez strictes ?

    https://theconversation.com/dans-le-business-de-lhumanitaire-doit-on-tirer-profit-des-refugies-
    #privatisation #partenariats_public-privé #PPP #asile #migrations #philanthropie #travail #salons_commerciaux #salons #DIHAD #néolibéralisme #sous-traitance

  • Less rainforest, less rain: A cautionary tale from Borneo
    https://news.mongabay.com/2019/04/less-rainforest-less-rain-a-cautionary-tale-from-borneo

    A recent study finds that massive deforestation across Borneo, in large part for oil palm plantations, has led to higher temperatures and less precipitation over the past 60 years.
    Forests not only provide shade, but create their own rainfall, essentially recycling the freshwater in the soil and vegetation.
    The local changes in climate could spell trouble for the very crop driving them, and one of Indonesia and Malaysia’s most lucrative commodities: palm oil.
    This post is part of “Saving Life on Earth: Words on the Wild,” a monthly column by Jeremy Hance, one of Mongabay’s original staff writers.

    #forêt #forêt_humide #pluviométrie #sol #Bornéo #c'est_la_vie #déforestation

    • Meijaard calls oil palm a “thirsty plant,” pointing to a recent study in Nature that showed oil palms needed around 167 millimeters (6.6 inches) of rain a month. It also showed that the plant doesn’t like temperatures above 29 to 33 degrees Celsius (84 to 91 degrees Fahrenheit).

      “These conditions are now often exceeded, especially in the hotter and drier southeastern part of Borneo, and we may soon find that oil palm development there is no longer financially viable,” Meijaard says. “The race for water is on, which may also be one of the reasons that developers are keen to plant on peat, which stores a lot of water.”

      #courte_vue

  • Que signifie l’incendie de Notre-Dame ? Dominique Muselet - 16 avril 2019 - Comité Valmy
    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11120
    https://www.levilainpetitcanard.be/que-signifie-lincendie-de-notre-dame

    Notre-Dame, « toute l’histoire de Paris » comme dit la bobo #Hidalgo, toute contente d’être au centre d’une catastrophe dont elle ne se croit pas responsable (bien qu’elle le soit), a résisté à plus de 800 ans d’attaques de toutes sortes, mais le #néo-capitalisme l’a eue… avec ses chantiers au rabais, mal sécurisés, ses #sous-traitants, ses #ouvriers sous-payés et sous-qualifiés, ses travailleurs clandestins et ses #travailleurs_détachés. Les politiciens pyromanes, tenants de l’exploitation de la misère humaine pour le #profit_maximum de leurs amis ou protecteurs oligarques, feignent de se désoler devant le désastre…

    Au Moyen-Age on construisait des merveilles par foi et grandeur d’esprit, au 21ième siècle on les détruit par #avidité.
    Pour quelqu’un qui croit aux signes, cet incendie en dit long. En plus d’être provoqué par l’hubris et l’avidité, péchés capitaux, il se produit pendant la semaine sainte, entre Rameaux et Vendredi saint. Au moment même où Jésus se prépare à son #calvaire. Jésus, crucifié pour avoir dit la vérité, pour avoir dénoncé la #rapacité, l’#hypocrisie, la #violence et les #crimes des puissants de son temps. Tiens, comme #Assange, comme les #gilets_jaunes ! 

    Et ce que le feu n’a pas réussi à détruire, ce qui reste de Notre-Dame, ce qui est encore debout est à l’image de la #France actuelle, une carcasse que les ogres capitalistes n’ont pas réussi à abattre (les bases de notre système social) mais plus rien dedans… Tout est saccagé, pillé, volé, brûlé, détruit par la folie d’hubris, de cupidité et de violence du capitalisme. On construit des drones pour aller tuer des gens qui ne nous ont rien fait dans des pays lointains pour y voler le pétrole que nos #oligarques s’arrachent (le dernier en date étant le #Yémen où on affame et assassine sans vergogne les enfants), on est sûr que le progrès (l’#IA et Cie) va résoudre tous nos problèmes et même vaincre la mort, mais on n’est même pas capable d’entretenir notre plus grand trésor national ni d’y sécuriser un chantier. Il est vrai que Notre-Dame n’est pas vendable… D’ailleurs toutes nos églises sont laissées à l’abandon. Notre-Dame, malgré les apparences, ne faisait pas exception.

    Sans honte, #Macron parle de reconstruire Notre-Dame, symbole de la France, alors qu’il met toute son énergie à la détruire, la France. Le feu du ciel a obligé Macron à repousser son énième « discours historique » pour ne rien dire, car comment pourrait-il dire que la mission que ses amis oligarques lui ont confiée est de sacrifier la France sur l’autel de leurs intérêts. Macron ferait bien de se méfier, car quand le ciel s’en mêle, cela dépasse tous les humains, même notre petit Napoléon national si fier de lui-même, et ses sbires…

    Les médias de cour titrent : « Notre-Dame ravagée mais sauvée »
    Les tours ont résisté au feu et ne se sont pas écroulées. C’est un miracle, selon les médias qui s’y connaissent en miracles, on peut donc y voir un bon présage : peut-être que ce système mortifère qui détruit les humains et la planète pour le profit des quelques-uns qui entassent leur ou plutôt notre or dans des #paradis_fiscaux, ce système dont le Dieu est l’argent1 et la bible le profit et l’exploitation, va enfin s’effondrer et que les peuples de France et du monde qui se tordent et se consument actuellement dans ses flammes dévastatrices (les chrétiens diraient sataniques) seront bientôt libérés.

    Oui, puisque Dieu, Manitou, Celui qui tient tout ensemble, le Grand Esprit, Allah, la puissance supérieure, Le Grand Tout, l’esprit de vie, l’Eternel, l’Amour, a eu l’outrecuidance de se rappeler hier soir au bon souvenir de nos « #élites », en bousculant l’agenda de notre tout-puissant président, profitons-en pour le prier de nous délivrer du #néo-libéralisme, afin que nous puissions enfin dire : « Les pays et peuples du monde sont ravagés, mais sauvés ».

    1  : On assiste en ce moment au spectacle révoltant des milliardaires français qui essaient de redorer leur blason en faisant assaut de dons de millions d’Euros pour la reconstruction de la cathédrale, et des commentateurs médiatiques qui comptabilisent avec autant de ferveur que de gourmandise les sommes promises. Ces sommes, qui seront en grande partie défiscalisés, ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan du pognon de dingue que ces grands prédateurs nous ont piqué. Notons que seules les pierres ont droit à leur « générosité ». Les humains, non. Les travailleurs qu’ils exploitent ne veulent d’ailleurs pas de leur charité, ce qu’ils veulent c’est bénéficier des richesses qu’ils produisent au lieu que leur travail serve à enrichir le capital.

  • Les profits avant la mer Fabrice AUBERT - 27 Mars 2019 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/les-profits-avant-la-mer-34733.html

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    Une collision accidentelle ? Le 9 octobre dernier, deux navires sont rentrés en collision au large de la Corse. Et alors me diriez-vous… N’existe t-il pas des collisions de voiture tous les jours avec en plus des morts ? N’y a-t-il pas des viaducs qui s’effondrent ? N’y a-t-il pas aussi en France dans une « métropole mondiale » , de plus protégée par la « bonne mère » des immeubles qui s’effondrent, causant là aussi des morts ? Tout ceci serait donc normal, produit d’accidents imprévisibles, qui pour l’essentiel dépends du temps qu’il fait (pluie à Gênes et Marseille) qui dégrade les constructions humaines en oubliant que le viaduc du Gard, construits par les romains, lui, tient toujours et ne s’effondre pas. C’est de ce point de départ, comme toute enquête criminelle, que nous allons partir…

    Les conditions météo : Les conditions météo du jour de la collision sont bonnes. Nous sommes le 9 Octobre en méditerranée au large de la Corse, qui n’est pas le Groenland…La presse relate : « L’accident s’est produit alors que la météo et les conditions de navigations étaient bonnes, avec peu de mer et un vent de 7 noeuds (10 à 15 km/h).  » [2]. Bon si la météo n’est pas coupable continuons l’enquête…

    La vitesse ? Comme pour les accidents de voiture sur route, la vitesse est mise en cause : « Le navire roulier traçait la route de Gênes, en Italie, à Tunis. ’Il allait peut-être trop vite par rapport à sa capacité de réaction’, a indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête. »  [3]..On se demande comment un bateau sur l’eau, loin de tout port ou obstacle naturel et par temps calme peut percuter un « porte container » , lui-même à l’arrêt et ce alors que ce 9 Octobre le soleil se levait à 7 h 30, ce qui signifie que la lumière est là bien avant, surtout en mer…

    Donc si les conditions météos et la vitesse ne sont pas cause de la collision, il faut poursuivre l’enquête…

    Le système technique ? Chose curieuse les articles lus ne mentionnent jamais, comme cause possible le système technique embarqué, car du fait des dangers potentiels de collision, des bateaux de ce type (ce n’est pas un zodiac), sont obligés de disposer de radars, oui vous savez le système qui envoie des ondes pour détecter les obstacles, couplés par ailleurs à un système d’alerte… [4] Par ailleurs, la mer n’étant pas la place de l’Etoile, on peut s’interroger sur ce qui a pu provoquer la collision entre un Porte conteneur à l’Arrêt et un bateau de commerce…qui comme le montre la photo ne sont pas des petits bateaux…On peut alors imaginer que le navire Tunisien ne disposait pas de ce système technique ou que celui-ci était défaillant. Soulignons que le radar est couplé à un système d’alerte sonore, pour alerter l’équipage en cas de défaillance du pilote…On peut donc aussi avancer l’Hypothèse d’une défaillance technique, de sa « non présence » ou de sa déconnexion possible.

    Défaillance humaine  : on peut aussi émettre l’hypothèse qu’une fois parti du port, l’équipage considérant que le cap est mis, et n’ayant aucun obstacle se désintéresse de la conduite du bateau, confiant aux automatismes, le soin d’assurer le pilotage. Il s’agirait alors d’une faute lourde, car la réglementation oblige la présence permanente des hommes dans la cabine de commandement : « La passerelle , ou timonerie , est le compartiment d’un navire d’où l’on effectue la navigation sous les ordres de l’officier de quart et d’où le commandant ou un adjoint désigné  ».

    Pavillons de complaisance  : Là encore, comme c’est curieux, mais la presse ne relate pas ce fait pourtant majeur. Les deux bateaux sont sous pavillon de complaisance, dont l’objectif, au vu de la définition n’est pas la sécurité : «  Un pavillon de complaisance , parfois désigné comme pavillon de libre immatriculation _ est selon la définition en vigueur depuis 1974 à la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) : « le pavillon d’un navire pour lequel la propriété réelle et le contrôle se situent dans un pays autre que celui du pavillon sous lequel il est immatriculé.  Les armateurs choisissent ce pavillon pour son caractère peu contraignant, en matière de fiscalité, de sécurité du navire ou de droit du travail auquel est soumis l’équipage par exemple ».

    On voit donc ici se présenter un faisceau de circonstances expliquant l’accident (système technique défaillant ou non utilisé et défaillances humaines possibles) mais dont la cause commune s’explique par la volonté de profit obtenus en baissant les coûts. S’agit-il d’un procès d’intention ?

    Optimisation financière  : Il suffit là encore de lire : « En 2001, 63 % de la flotte mondiale de marine marchande (803 millions de tonnes en lourd navigue sous pavillon de complaisance . En 2015, le pourcentage a encore augmenté et à cette date concerne 71 % du tonnage total de la marine marchande qui représente alors 1,745 milliards de tonnes en lourd . Au-delà de cette évolution des données, il y une analyse de fond qui préside à cette évolution : «  Les pavillons de complaisance permettent de s’affranchir de nombreuses réglementations, sur la sécurité et l’environnement. Une visite annuelle du navire par les autorités du pavillon est obligatoire, mais ces visites sont très souvent déléguées et effectuées par des salariés de sociétés tierces (sociétés de classification), il en ressort que de nombreux navires sont malgré tout laissés à l’abandon par les armateurs, du moins les travaux coûteux mais nécessaires sont annulés ou retardés  ». C’est donc uniquement pour des raisons financières, que les pavillons de complaisance sont utilisés et que de fait les conditions de sécurité sont malmenées, pour ne pas dire contourner ou carrément oublier et déconnectées…

    Quelle désincarcération ? Selon les articles des médias la désincarcération n’a pu être opérée par le navire Tunisien, ses tentatives de retrait ayant échoué : «  Une tentative de désincarcérer le navire tunisien qui s’est encastré dimanche dans un porte-conteneur chypriote à une trentaine de kilomètres du cap Corse a échoué, a indiqué la préfecture maritime, mardi 9 octobre. Selon le communiqué, ’il a, pour cela, mis ses moteurs en arrière, mais sans permettre d’évolution significative de la situation’  [5]. Il fallut donc comme toujours, que les Puissances publiques interviennent pour permettre de mettre en œuvre des solutions techniques  : « Le navire remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS) Abeille Flandre est ensuite arrivé sur place, suivi dans la nuit du BSAD (bâtiment de soutien, d’assistance et de dépollution) Jason, puis dans la journée de lundi du BSAD Ailette. Trois navires italiens doivent également se rendre sur la zone. »

    Les deux bateaux alors libérés ont été autorisés à reprendre la mer pour atteindre des ports en vue de réparation…

    La pollution immédiate  : Bien sur la percussion a entamé la coque du « porte conteneur » qui de fait, a laissé échapper des nappes de fioul lourd…comme le montre la photo. Cependant les «  autorités maritimes françaises  » rassurent aussitôt : « Une des cuves du carburant de propulsion du porte-conteneur avait été percée’, confirme Stanislas Gentien, porte-parole de la préfecture maritime. Immédiatement, un remorqueur français et un navire antipollution ont été dépêchés sur place. Dès lundi 8 octobre, et pendant plusieurs jours, ils auront à circonscrire une fuite qui ne menace pas les côtes.  » [6]

    Mais que diable faisait un porte conteneur au mouillage à proximité d’un parc naturel marin ? Et oui car la collision n’a pas lieu n’importe où, mais comme l’indique la carte, en bordure d’un parc naturel marin… La question étant donc pourquoi un porte conteneur mouille à proximité de la Corse ? Pour une raison déjà vue, le fric ma bonne dame… Ce porte conteneur vide attendait les ordres de chargement de son armateur : « Le porte-conteneurs, parti de Gênes le 23 septembre, était au mouillage à vide, en attente d’un nouvel affrètement, quand il a été percuté sur son flanc tribord par l’ Ulysse qui, affecté à la ligne régulière Gênes - Tunis - Radès de la CTN, venait de quitter Gênes chargé de remorques routières.  » Si ce bateau était resté au port de Gênes, il aurait dû payer des taxes du port, mais là en pleine mer, le parking est gratuit. Mais pourquoi ici, au large de la Corse ? Mais tout simplement car là encore «  dame nature  » offrait des conditions idéales de mouillage de plus gratuites : «  Le porte-conteneurs chypriote CLS Virginia ’était vide’ et ’avait demandé le mouillage’, a indiqué la préfecture maritime à Toulon. Ce mouillage à 28 km de la côte, en dehors des eaux territoriales, était rendu possible grâce à une langue de sable qui remonte le niveau des fonds marins à une cinquantaine de mètres.  ».

    La puissance publique impuissante face au marché : Il faut bien lire, le mouillage a été demandé, mais à 28 km, alors que la limite des eaux territoriales est de 22 km et le fait que l’Etat ait défini une zone de protection naturel (parc marin) ne limite aucunement le droit du marché à pouvoir faire ce qu’il veut. En d’autres termes, dans les eaux dites Internationales le marché fait ce qu’il veut. Combinez cet aspect à la logique des «  pavillons de complaisance  » et vous avez une situation accidentogène.

    Les conséquences : Loin de rester sur place comme assurée par les autorités maritimes, les nappes de pétrole ont dérivé et sont venues s’échouer sur les rivages de méditerranée : «  Du mazout au cœur des paysages de carte postale des calanques ! Après le Var, des galettes et des boulettes de combustible gluant et collant, probablement issues de la collision entre deux navires au large de la Corse le 7 octobre dernier,ont commencé à s’échouer sur le rivage en plein parc national des calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône).  »

    PHOTOS. Une pollution aux boulettes de pétrole touche des plages du Var

    Une Catastrophe  : loin d’être contenue, la pollution s’est déplacée à la faveur des courants et les acteurs de terrain qui interviennent parlent d’une catastrophe : «  C’est une catastrophe, quand on voit à quel point ce mazout est visqueux, on n’ose même pas imaginer ce que ça donne au large », se désole Alexandre Aubert, agent de nettoiement, en ramassant des galets et des bouts de bois noircis. « Je suis pêcheur amateur et j’ai vraiment peur de l’impact que cette pollution va avoir sur les poissons et les coquillages ».
    « Ça colle partout, nettoyer cette bouillie est un vrai travail de fourmi, déplore son collègue Jean-François Murtas, lui aussi envoyé sur place dès 5h30 par la
    métropole marseillaise. On va tout ratisser, mais c’est vraiment révoltant de voir une marée noire sur nos côtes.  ».
    Où l’on observe une fois de plus que les conséquences de la «  catastrophe  » sont gérées par les «  services publics  ».

    Un procès de plus qui ne réglera rien  : Bien sur les armateurs des navires mis en cause, subiront un procès mais leurs assurances paieront sans que rien d’autre ne sorte. «  Business as usual  »
    « La direction du Parc national des calanques, qui sera partie civile dans le procès intenté aux armateurs des deux bateaux qui se sont percutés, a annoncé qu’elle n’utiliserait pas de produits chimiques pour dissoudre le mazout.
    « Il est préférable de laisser la mer s’en débarrasser naturellement, le remède serait pire que le mal. On réfléchit aussi à l’utilité de l’installation d’un barrage flottant », explique Didier Réault, le président du Parc national qui avait demandé cette semaine le déclenchement du plan Polmar terre.
    « La pollution risque d’avoir un impact fort en pied de falaise, là où il y a des algues qui abritent l’habitat et le garde-manger des poissons. Le préjudice écologique sera évalué dans les jours qui viennent, il est encore trop tôt pour en avoir une idée exacte ».

    Le risque d’implosion intégrale  : Dans le cadre de cette simple collision, sans aucune victime humaine, les conséquences ont été finalement relativement faibles, et l’humanité avait les moyens d’y faire face. Il en va tout autrement en ce qui concerne le changement climatique et l’exploitation de la terre qui d’année en année voit avancer le jour du dépassement, c’est-à-dire le jour où on dépasse ce que la terre peut reconstituer. C’était le 2 Décembre en 1970, désormais, c’est début Aout. Il nous faut donc une terre et demie pour vivre. Il est très urgent de modifier cette trajectoire.

    La faute aux consommateurs  ? Le graphique de gauche visualise l’empreinte des habitants par Pays, montrant en définitive que la France est mieux placée que beaucoup d’autres pays utilisant cependant
    1, 7 France, là où les Etats-Unis (2,2), l’Allemagne (2,3) le Royaume-Uni, (3,8), l’Italie (4,3), mais surtout la Corée du sud (8,4) sont très largement au-dessus. Pour autant faut-il rejeter l’essentiel de la responsabilité aux consommateurs, comme le sous-entend le titre : «  il faudrait 1,7 France pour régénérer ce que les Français consomment  ». L’observation par Pays montrerait alors que les Coréens consommeraient 8 fois trop, en rapport à leur Pays ? Et deux fois trop pour les Etats-Unis… alors que c’est le Pays développé où l’on compte le plus de pauvres avec l’Allemagne ? S’agit-il donc de la seule responsabilité des «  consommateurs  », de la seule responsabilité individuelle où la question doit-elle être élargie à des raisons plus profondes ? L’une des questions à se poser est de savoir pourquoi la Corée état de 50 millions d’habitants, 12ème puissance économique mondiale se trouve si mal placée sur cette question ? Difficile de condamner le « consommateur Coréen » individuel, pris en bout de chaine comme responsable… alors que pour l’essentiel il s’agit de produits que nous consommons ici (L.G, Samsug) et non du «  consommateur Coréen  »… La question devient donc qui produit du CO2 ?

    D’où vient la production de CO2 ? comme le montre ce graphique, l’origine de notre production de CO2, vient de plusieurs facteurs, celle des ménages et de la production intérieure, répondant aux besoins mais aussi, celle associée à une consommations que nous ne produisons pas sur place (importations) et c’est bien ce facteur qui explique près de 50 % de notre «  production  » de CO2. Si on rajoute nos émissions liées aux exportations (inventaire National) on mesure à quel point les échanges internationaux pèsent sur l’empreinte carbone.

    Les échange commerciaux internationaux ? Plus que de culpabiliser les «  consommateurs individuels  », qui seraient les causes du fait de leur consommation irréfléchies de l’empreinte carbone et de ce fait à «  punir  » par des taxes («  mea culpa  »), il s’agit de regarder comment fonctionne le système concret des échanges de marchandises. Le graphique de gauche permet de visualiser son développement depuis le début de la « mondialisation », système fondé sur la compétitivité et le libre échange » ayant engendré l’explosion des échanges commerciaux, en termes statistiques, mais aussi en termes de flux concrets formalisés par le transport maritime des «  porte-conteneurs  » dont la cartographie de droite montre l’ampleur, car les traits rouges représentent les trafics mondiaux de cartables, tee-shirts, voitures, ordinateurs, télévisions, smartphones et autres congélateurs … «  made in ailleurs  » dont la «  Corée du sud  », dont on rend le consommateur individuel responsable du fait qu’il utilise 8, 4 fois son Pays…

    Le profit contre l’Humanité : Pour l’humanité humaine, il est absolument débile de faire fabriquer des produits en Inde ou en Chine (baskets) avant que de les transférer dans les zones de consommation d’Europe ou d’Amérique. La seule raison qui préside à ce système est celui du tout profit. Le profit avant les hommes, le profit avant la mer, le profit avant l’écosystème, le profit contre l’humanité… Il s’agit d’un véritable viol contre la terre et contre l’humanité des peuples.

    Le protectionnisme des profits, cause première de la production de CO2 : Arrêtons de parler de «  libre échange  », comme si le «  libre-échange  » était fondé sur la liberté du consommateur, qui n’a comme liberté réelle que de payer les produits que le «  capitalisme mondialisé  » lui impose via des flux organisés à cet effet [7]. Le «  libre échange  » est aussi un protectionnisme, c’est le protectionnisme des profits mondialisés. Ce profit mondialisé se construit par les destructions de production locales et leurs substitutions par des importations du «  commerce mondialisé  » imposé par le «  marché libre et non faussé  ». Au bout du bout du bout, du commerce libre, il y a la destruction de l’écosystème

    Ouverture : Règle verte, planification écologique et protectionnisme solidaire :
    Il faut rompre avec ce système, lui imposer une bifurcation radicale qui redonne à la vie commune locale, le fondement du prix de toute chose. Oui, il faut imposer :
    • Oui à La règle verte, qui préserve la terre de nos prédations excessives,
    • Oui il faut une planification écologique qui redonne la primauté à l’homme et son environnement sur les logiques du marché libre fondé sur le tout profit de court terme.
    • Oui, il faut urgemment sortir du libre-échange destructeur de l’écosystème et construire un système d’échange mutuellement égal, qui tout en préservant la planète, permettent à nos semblables de pouvoir vivre et non survivre dans la misère.

    Et comme le capitalisme ne se laissera pas faire, il faut commencer par taxer fortement les flux, tous les flux qui servent à faire de l’argent, flux spéculatifs, flux financiers, flux commerciaux et Imposer aux navires pratiquant commerce, des contrôles drastiques à chaque port accosté. L’objectif est de dissuader le capitalisme des flux et inciter à revenir à des écosystèmes productifs communs locaux.
    A chacun de chercher où se trouvent ces propositions politiques majeures, dans quel programme, pour faire correspondre déclamations et actes politiques.
    Aujourd’hui il est encore temps, demain tel ne sera pas le cas. A force de jouer avec les allumettes du profit immédiat, on risque d’embraser la terre.
    Fabrice AUBERT

    [1] https://fr.news.yahoo.com/naufrage-grande-america-mati%C3%A8res-dangereuses-fioul-lourd-%C3%A0-
    [2] http://www.europe1.fr/societe/collision-entre-un-navire-roulier-et-un-porte-conteneurs-au-nord-ouest-de-la
    [3] Idem
    [4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide_de_pointage_de_radar_automatique
    [5] AFP , publié le 09/10/2018
    [6] https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/corse-une-collision-en-pleine-mer-mediterranee_2975035.html
    [7] https://ethique-sur-etiquette.org/Le-vrai-cout-d-une-basket
    #profits #capitalisme #pollution #navire #pilotage_automatique #pavillon_de_complaisance #CO2 #libre-échange 

    • Préambule et introduction à cet excellent article :

      Préambule : Cela fait plusieurs mois que cet article est prêt, mais ayant eu d’autres priorités, je n’ai eu le temps de le proposer. Et puis voilà qu’un nouvel « accident maritime » vient d’avoir lieu, qui là aussi, et sans doute encore plus qu’en Corse, va polluer la mer, la faune et les terres détruisant le fragile équilibre de l’écosystème. Ce coup-ci le bateau est italien au nom de « Grande America » , América du « nouveau monde » pour le coup pétri dans les violences coloniales des « alizés porteurs » , dénommés « trade-winds » par les anglais ce qui signifie « vents commerciaux » du marché déjà « libre et non faussé » (massacre des indiens et esclavage des noirs). Le navire a coulé laissant échapper ses 2.200 tonnes de fioul lourd qui dérive au grès des flots [1]. A bord se trouvaient aussi 35 conteneurs chargé de matière dangereuse. L’Etat a mis en demeure l’armateur, sans aucune réaction de sa part. Le service public va donc une fois de plus pallié les dégâts d’un système libéral qui met les profits avant la mer . Construit en 1997, ce navire avait déjà été pointé du doigt pour 35 déficiences techniques en 2010, mais rien n’y fait ce vaisseau poubelle continuait de naviguer. On n’arrête pas le profit. L’article ne porte pas sur cet accident-là particulier mais démonte le système à partir de la collision au large de la Corse du 9 Octobre 2018. Mais qu’importe le naufrage, pourvu qu’on comprenne les causes.

      Introduction : Le Capitalisme n’est pas une théorie que l’on peut discuter tranquillement autour d’une table en sirotant un pastis à midi à une terrasse du vieux port. Le Capitalisme est un système concret fondé sur « un rapport de propriété privé des moyens de production qui permet par l’exploitation du travail d’autrui (le prolétaire), d’obtenir une plus-value, rémunérant les propriétaires dénommés actionnaires ». Tant de fois, Marx s’est penché sur cette question concrète en vue de favoriser l’émergence d’alternatives, tant de fois les « prolétaires organisés » se sont révoltés sans véritablement déboucher, que l’on peut parfois se demander, si la critique du capitalisme n’est pas en définitive qu’une incantation idéologique sans portée concrète ? N’est-il pas temps de prendre conscience qu’avant d’être philosophique, le capitalisme est un danger concret pour l’humanité tout entière ? Et rien de mieux que de partir de la « réalité concrète » , pour en percevoir la philosophie sous-jacente.

  • Les marges spectaculaires des pharmas sur le cancer en Suisse Tybalt Félix et Valentin Tombez. Collaboration François Ruchti - 17 Février 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10221246-les-marges-spectaculaires-des-pharmas-sur-le-cancer-en-suisse.html

    Les médicaments contre le cancer ont coûté en 2018 près d’un milliard de francs aux assurés suisses. Des traitements sont facturés plus de 80 fois leurs coûts de fabrication, révèle dimanche la RTS dans Mise au Point.

    Le cancer, c’est le marché de l’avenir pour la pharma. Chaque année en Suisse, 40’000 personnes apprennent qu’elles ont un cancer. Conséquence, les pharmas se battent pour lancer de nouveaux traitements. Les sommes en jeu sont considérables.

    En cinq ans, les remboursements LAMal pour les anti-cancéreux ont bondi de 54%, passant de 603 à 931 millions de francs par an, selon des chiffres inédits obtenus par la RTS auprès de l’association faîtière des assureurs maladie Curafutura. L’oncologie est le domaine qui pèse le plus au niveau des remboursements de médicaments, dont le total atteint 6,8 milliards de francs.

    Remboursements des médicaments contre le cancer (en francs)
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    Les remboursements pour un seul anti-cancéreux ont dépassé 74 millions de francs. Parmi les 15 traitements qui pèsent le plus sur l’assurance de base, quatre anti-cancéreux sont commercialisés par le groupe bâlois Roche, l’un des leaders mondiaux du marché.

    Anti-cancéreux les plus remboursés entre 2014 et 2018
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    Prix déconnectés des coûts
    Si la facture finale est si élevée, c’est parce que le coût annuel des traitements par patient dépasse en général plusieurs milliers de francs. Il excède même fréquemment la centaine de milliers de francs. Or, ces prix sont totalement déconnectés des coûts de production, comme le montre notre enquête.

    Examinons l’Herceptin, le traitement phare de Roche contre le cancer du sein. Disponible depuis 20 ans, ce blockbuster a rapporté au géant suisse 82,8 milliards de francs à l’échelle mondiale. En Suisse, les remboursements LAMal pour ce médicament, parmi les plus élevés, ont totalisé 257 millions de francs entre 2014 et 2018, d’après les données de Curafutura.

    Quelle partie de cette somme sert à fabriquer et développer le médicament ? Quelle partie constitue les profits de l’entreprise ?

    85% de marges
    Très secrètes, les pharmas ne dévoilent pas ces chiffres. Sur la base d’études scientifiques, de rapports d’analystes financiers et d’experts, la RTS a estimé les marges réalisées sur cet anti-cancéreux (voir la méthodologie en encadré).

    Selon des spécialistes en biotechnologies, un flacon d’Herceptin sous sa forme la plus répandue coûterait environ 50 francs à produire. En 2018, il était vendu 2095 francs en Suisse, soit 42 fois son coût de fabrication.

    Même en prenant en compte les coûts de recherche et de distribution, la marge sur un flacon d’Herceptin atteint au moins 85% du prix public, en dépit d’une baisse du prix en 2018. Autrement dit, sur les 257 millions payés entre 2014 et 2018 par les assurés suisses, au moins 221 millions ont atterri dans les caisses de Roche.

    L’Herceptin n’est pas une exception. Pour le Mabthera, l’un des autres anti-cancéreux à succès de Roche, les gains en 2018 se sont élevés à au moins 81% du prix public.

    Estimation des marges de deux anti-cancéreux de Roche
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    Prix basés sur « les bénéfices à la société »
    Interrogé sur ces marges, Roche refuse de les commenter. Une porte-parole répond toutefois que « les prix des traitements ne sont pas basés sur les investissements pour un traitement en particulier ». Elle précise que les prix des médicaments « sont basés sur les bénéfices qu’ils procurent aux patients et à la société dans son ensemble ».

    Comment ces « bénéfices aux patients et à la société » sont-ils mesurés ? Soulignant que l’Herceptin a permis de traiter en vingt ans plus de deux millions de personnes à travers le monde, Roche met en avant des études qui mesurent le prix d’un médicament en fonction des années de vie supplémentaires et de la qualité de vie qu’il procure. En d’autres termes, plus un traitement est efficace, plus son tarif est élevé, même s’il coûte peu à produire.

    « Les pharmas doivent gagner quelque chose mais c’est ridicule d’avoir des gains pareils, il n’y aurait jamais cela dans un marché concurrentiel », dénonce le professeur Thomas Cerny, président de la recherche suisse contre le cancer. Pour lui, ces prix basés sur la monétisation des années de vie posent problème et amènent à des comparaisons aberrantes : « Est-ce qu’un anti-cancéreux a plus de valeur qu’un téléphone qui profite à l’ensemble de la population et qui peut aussi sauver des vies ? »

    Le Glivec, vendu 86 fois son coût de fabrication
    Autre cas édifiant, le Glivec de Novartis. Vendue il y a 10 ans 3940 francs, la boîte de 30 pilules au dosage le plus utilisé coûte aujourd’hui environ 2600 francs. Pourtant, selon le pharmacologue du CHUV, Thierry Buclin, le Glivec n’est pas plus cher à produire qu’un anti-inflammatoire standard, rarement vendu plus de 50 francs.

    Selon une étude de l’université de Liverpool, une boîte de Glivec coûterait au maximum 30 francs à fabriquer. C’est 86 fois moins que les 2592 francs facturés par Novartis. En prenant en compte les coûts de recherche et la part de la distribution, le gain de Novartis sur une boîte vendue 2592 s’établit entre 2181 et 2251 francs. Soit une marge de près de 85%.

    Estimation des marges sur le Glivec (Novartis)
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    « Financer la prochaine génération de traitements »
    Novartis refuse également de commenter ces chiffres. L’autre géant bâlois indique que « ses investissements dans la recherche sur Glivec ont été maintenus au cours des 15 dernières années » et que « les ventes ont également permis de financer la prochaine génération de traitements innovants, notamment des essais cliniques portant sur de nouvelles molécules expérimentales ». La firme ne communique pas dans le détail les montants réinvestis dans la recherche sur le Glivec, mais rappelle ses dépenses annuelles de 9 milliards de dollars en recherche et développement.

    Cet argumentaire de la pharma est contesté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon elle, « les prix élevés des médicaments contre le cancer ont généré des gains largement supérieurs aux possibles coûts de recherche ». Dans un rapport publié en janvier, l’organisation constate que pour chaque dollar investi dans la recherche contre le cancer, les entreprises pharmaceutique ont obtenu en moyenne des revenus de 14,5 dollars. L’organisation conclut qu’"une diminution des prix est indispensable pour l’accès aux médicaments, la pérennité financière des systèmes de santé et l’innovation future".

    Des prix fixés à l’aveugle
    En Suisse, les tarifs des médicaments sont négociés et validés à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Comment le gendarme du système justifie-t-il ces prix ? « Si on se base sur le coût de recherche et développement, le prix de l’Herceptin n’est pas justifié », reconnaît un porte-parole de l’OFSP. « En revanche, si on s’appuie sur notre base légale, ce prix correspond à nos critères d’économicité », assure-t-il.

    L’OFSP se base sur deux critères : les prix pratiqués dans 9 pays européens et la comparaison thérapeutique, c’est-à-dire les prix d’autres médicaments utilisés dans le traitement de la maladie.

    Pour l’Herceptin, le Mabthera et le Glivec, comme il n’existe pas de substance équivalente, seule la comparaison internationale est prise en compte. Pourtant, l’OFSP admet ne pas connaître les prix réels à l’étranger. « La plupart des Etats ne paient pas le prix qu’ils affichent. C’est comme l’achat d’un produit de grande consommation. Tout le monde bénéficie d’un rabais, tout le monde rentre à la maison avec le sentiment d’avoir obtenu le meilleur prix, mais au final personne n’est vraiment sûr », image son porte-parole.

    On ne va pas pouvoir continuer comme ça. On n’y arrivera pas au niveau financier, même en Suisse
    Derrière ces réponses alambiquées se cache l’impuissance de l’OFSP. D’une part, les pharmas utilisent ces prix élevés pour fixer leurs tarifs à l’étranger. « La Suisse a avantage à ce que les médicaments sur le marché intérieur soient relativement chers pour justifier des prix élevés à l’étranger qui vont rapporter à l’industrie suisse », explique le pharmacologue du CHUV, Thierry Buclin.

    D’autre part, l’industrie tient le couteau par le manche à l’heure de déterminer les tarifs. L’émission Rundschau de SRF a récemment révélé comment Roche a fait valider le prix d’un autre anti-cancéreux, le Perjeta, à 3450 francs, alors que l’OFSP voulait le fixer à 1850 francs. La clé de cette négociation : la menace de voir un médicament vital demeurer inaccessible en Suisse.

    Solange Peters, la cheffe du service d’oncologie médicale au CHUV, demande plus de transparence afin d’obtenir des prix plus raisonnables. « On ne va pas pouvoir continuer comme ça. On n’y arrivera pas au niveau financier, même en Suisse », explique-t-elle. A terme, le risque est de ne plus pouvoir payer certains médicaments. Si le système ne change pas, « on va soit vers une médecine à deux vitesses, soit on va exclure du panel de traitements certains médicaments pour tous. »

    #big_pharma #industrie_pharmaceutique #profits #laboratoires_pharmaceutiques #assurances_maladies #cancer #ruissellement #prix #Roche #Perjeta #Herceptin #Femmes #prix-vitrine

    • Méthodologie
      Pour calculer les marges des entreprises pharmaceutiques, nous avons soustrait des remboursements les coûts de fabrication, de distribution et les coûts de recherche ventilés sur les ventes des médicaments. Les quantités de vente en Suisse ont été déduites des remboursements divisés par les prix unitaires. Les dépenses marketing n’ont pas été prises en compte.
      Cette méthodologie et les estimations qui en découlent ont été soumises à plusieurs experts du domaine.
      Les données utilisées sont les suivantes :

      HERCEPTIN
      Coûts de recherche : 802 millions de francs, selon le rapport de Roche « Développement de nouveaux médicaments anticancéreux & Pipeline Roche Oncologie »
      Ventes mondiales totales : 82.8 milliards de francs, selon les rapports annuels de Roche
      Coûts de fabrication : 50.56 francs, selon le rapport « Biosimilars : Commercial Perspective » du cabinet spécialisé Alliance Bernstein, cité par la Commission fédérale du commerce des Etats-Unis
      Remboursement LAMal 2014-2018 : 257.7 millions de francs, selon Curafutura
      Prix fabricant (flacon de 20 ml) : 1854.24 francs, selon l’ OFSP
      Coûts de distribution : 240.91 francs, selon l’OFSP
      Coûts de production maximaux estimés (fabrication et recherche) : 68.50 francs

      MABTHERA
      Coûts de recherche : 802 millions de francs, selon le rapport de Roche « Développement de nouveaux médicaments anticancéreux & Pipeline Roche Oncologie »
      Ventes mondiales totales : 91 milliards de francs, selon les rapports annuels de Roche
      Coûts de fabrication : 91.08 francs, selon le rapport « Biosimilars : Commercial Perspective » du cabinet spécialisé Alliance Bernstein, cité par la Commission fédérale du commerce des Etats-Unis
      Remboursement LAMal 2014-2018 : 224.5 millions de francs, selon Curafutura
      Prix fabricant (flacon de 50 ml) : 1415.32 francs, selon l’ OFSP
      Coûts de distribution : 198.43 francs, selon l’OFSP
      Coûts de productions maximaux estimés (fabrication et recherche) : 103.55 francs

      GLIVEC
      Coûts de recherche : fourchette entre 623 millions (selon Research and Development Spending to Bring a Single Cancer Drug to Market and Revenues After Approval) et 2.3 milliards de francs (selon Innovation in the pharmaceutical industry : New estimates of R&D costs)
      Ventes mondiales totales : 55.4 milliards de francs, selon les rapports annuels de Novartis
      Coûts de fabrication : 30.35 francs, selon l’étude Estimated costs of production and potential prices for the WHO Essential Medicines List
      Remboursement LAMal 2014-2018 : 114.8 millions de francs, selon Curafutura
      Prix fabricant (400 mg sécables, 30 tablettes) : 2308.04 francs, selon l’ OFSP
      Coûts de distribution : 284.81 francs selon l’OFSP
      Coûts de production maximaux estimés (fabrication et recherche) : entre 56.28 francs et 126.10 francs

  • #Amazon Not Paying Federal Income Taxes on $11.2 Billion Profits | Fortune
    http://fortune.com/2019/02/14/amazon-doesnt-pay-federal-taxes-2019

    But even though Trump previously blasted Amazon for its limited state taxes—a single presidential tweet caused the company’s shares to fall by 9%—ITEP notes that its non-existent federal tax payment is a result of the Trump Administration’s corporation-friendly tax cuts. The think tank writes that the 2017 Tax Cuts and Jobs Act not only decreased corporate tax rates from 35% to 21%, but it also didn’t close “a slew of tax loopholes that allow profitable companies to routinely avoid paying federal and state income taxes on almost half of their #profits.”

    #impôts

  • La pression de Roche sur Berne pour le prix de son anti-cancéreux Perjeta Feriel Mestiri avec Valentin Tombez - 31 Janvier 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10183954-la-pression-de-roche-sur-berne-pour-le-prix-de-son-anti-cancereux-perje

    Depuis 2012, une partie de poker se joue entre le puissant groupe Roche et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sur le prix du médicament contre le cancer Perjeta. Une enquête montre les dessous de ce jeu de pouvoir opaque.

    Roche est le leader mondial dans le traitement du cancer du sein. La thérapie dite combinée avec les deux médicaments Perjeta et Herceptin, un autre médicament de Roche, est la thérapie courante et la plus efficace contre les cancers métastatiques du sein. Chaque année en Suisse, environ 500 femmes commencent ce traitement, qui prolonge l’espérance de vie de plus d’une année.

    L’émission alémanique Rundschau https://www.srf.ch/sendungen/rundschau/medikamentenpreise-sebastian-frehner-kaufsucht-trumps-mauer a eu accès aux documents et mails relatant les années de négociations entre Roche et l’Office fédéral de la santé publique pour fixer le prix du traitement.

    La thérapie coûte en moyenne 103’200 francs par année et par patient, à la charge de la compagnie d’assurance de base. C’est le double de la combinaison Herceptin + Docetaxel, qui coûtait 50’500 francs par an.

    Négociations opaques et prix fictifs
    Tout commence en 2012, lorsque Roche tente de négocier le prix du paquet de Perjeta à 3950 francs. En face, l’OFSP ne l’approuve qu’à 1850 francs, soit moins de la moitié.

    Roche fait alors une offre inédite et propose de maintenir le prix de la boîte à 3950 francs, tout en remboursant 2100 francs à l’assurance maladie, ramenant ainsi le prix à 1850 francs, comme le souhaitait l’OSFP.

    « Il s’agit d’un prix-vitrine pour Roche vis-à-vis de l’étranger, qui permet de démontrer qu’ils obtiennent une certaine somme pour ce médicament en Suisse. Plus le prix est élevé en Suisse, plus ils pourront probablement en obtenir un prix élevé à l’étranger », explique Max Giger, ancien président de la Commission fédérale des médicaments.

    L’OFSP s’y oppose et refuse ce « prix-vitrine ». Roche réplique en présentant sa solution à Berne, avec le soutien des assurances maladie et des médecins. Et explique clairement que sans ce nouveau modèle de tarification, les patients perdraient bientôt l’accès aux médicaments innovants.

    La pression fonctionne. Une nouvelle rencontre a lieu entre Roche et l’Office fédéral de la santé publique à Berne. Quelques semaines plus tard, ce dernier capitule et accepte, pour une durée limitée à un an, le prix-vitrine de 3450 francs.

    Des prix moins chers que pour les pays européens
    Interrogé sur ces documents montrant les tentatives de pression, l’actuel directeur adjoint de la Commission fédérale des médicaments Thomas Christen répond : « Je ne sais pas exactement à quel passage vous vous référez. Mais le prix que nous avons fixé était basé sur les exigences étroites du Conseil fédéral et de la législation. Ensuite, je trouve que le prix que nous avons négocié et fixé est inférieur à celui des pays européens. » Selon lui, le « prix-vitrine » était donc un modèle réussi.

    De son côté, Roche n’a pas souhaité commenter les prix à l’étranger. Les sociétés pharmaceutiques offrent par ailleurs des rabais secrets dans de nombreux pays. Dans l’affaire Perjeta, Roche réfute avoir fait pression. Selon Remo Christen, directeur de l’autorisation de mise sur le marché en Suisse chez Roche, « les prix des médicaments sont clairement réglementés par la loi en Suisse. Les décisions de prix de l’OFSP sont publiques. On ne peut pas parler d’un manque de transparence. »

    Sur demande spéciale
    En 2014, un an après ce premier cycle de négociations, Roche et l’OFSP se mettent une nouvelle fois à table à propos du prix de Perjeta. Roche menace de faire disparaître le médicament de la liste des spécialités sans le prix demandé. Il ne serait donc plus automatiquement pris en charge par l’assurance de base.

    Dans un mail adressé à l’OFSP, Roche précise que cela aurait des conséquences négatives pour les patients et attirerait beaucoup l’attention des médias. Les négociations échouent malgré tout. Le médicament Perjeta ne figurera plus sur la liste des spécialités.

    Désormais, les patients n’ont accès au médicament que sur demande spéciale. Mais selon Roche, il n’a jamais été question de pourparlers sur le dos des patients : « Les prix des médicaments sont réglementés par la loi et les patients ont toujours eu accès à Perjeta avec l’accord de Swissmedic, car les assureurs maladie reconnaissaient la valeur du traitement », souligne Remo Christen.

    A ce jour, les négociations de prix se poursuivent. Le médicament est utilisé encore plus largement et représente donc, pour l’assurance de base, un coût encore plus élevé qu’il ne l’était il y a 6 ans, même après déduction de la réduction du « prix-vitrine ».

    #big_pharma #industrie_pharmaceutique #profits #laboratoires_pharmaceutiques #assurances_maladies #cancer #ruissellement #prix #Roche #Perjeta #Herceptin #Femmes #prix-vitrine

    • Perjeta a rapporté 2,2 milliards de francs dans le monde

      Roche a franchi l’an dernier le cap des dix milliards de francs de bénéfice. Son chiffre d’affaires, en hausse de 7%, dépasse désormais les 56 milliards de francs.

      L’année 2018 a souri au géant pharmaceutique, porté notamment par les ventes de médicaments contre le cancer.

      Perjeta est l’un de ses blockbuster. Il s’agit de son quatrième médicament totalisant le plus de revenus. Selon le site internet du géant bâlois, il a rapporté 2,2 milliards de francs en 2017.

  • #Colonies israéliennes : #TripAdvisor, #Airbnb, #booking.com et #Expedia impliqués - Amnesty International France
    https://www.amnesty.fr/responsabilite-des-entreprises/actualites/colonies-israeliennes--tripadvisor-airbnb-booking.com

    La politique d’#Israël, qui consiste à installer des civils israéliens dans des territoires palestiniens occupés, viole le #droit international humanitaire et constitue un #crime de #guerre.

    Malgré cela, ces quatre entreprises continuent de mener des activités dans les colonies, y compris #Jérusalem-Est, et tirent #profit de cette situation illégale.

  • L’#édition_scientifique, entre #prédateurs et #profiteurs

    Les #revues_scientifiques sont au cœur de la diffusion des savoirs et de l’évaluation des chercheurs. Face à la captation du #marché par de grandes entreprises, des résistances s’organisent. Entretien croisé avec #Hervé_Maisonneuve et #Frédéric_Hélein.
    Pour un chercheur, publier ses résultats dans des revues spécialisées est une activité cruciale, lors de laquelle se joue sa renommée. Ces revues, initialement fondées par des sociétés savantes, sont de plus en plus contrôlées par un #oligopole de #multinationales de l’édition, qui accumulent des #profits phénoménaux. Depuis une décennie, le modèle économique de l’édition scientifique bascule vers une logique d’accès libre aux articles, les frais de publication étant couverts par les chercheurs. Mais des groupes peu recommandables ont développé des revues dites « prédatrices », publiant n’importe quoi dans le seul but d’encaisser le paiement des chercheurs.
    Où va l’édition scientifique ? Comment les scientifiques peuvent-ils reprendre le contrôle de ce maillon essentiel à la diffusion de leurs recherches ? Entretien croisé avec Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique, et Frédéric Hélein, professeur de mathématiques à l’université Paris VII.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=abvhkMsNn58


    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/130119/l-edition-scientifique-entre-predateurs-et-profiteurs
    #prédation #profit #université #business #savoir #recherche #science

    signalé par @marty

    • #Déclaration_de_San_Francisco sur l’#évaluation de la recherche

      Il est urgent d’améliorer les méthodes d’évaluation des résultats de la recherche scientifique par les agences de financement, les établissements d’enseignement et de recherche et d’autres parties. Pour régler cette question, un groupe de rédacteurs en chef et d’éditeurs de revues savantes s’est réuni à San Francisco en Californie le 16 décembre 2012, dans le cadre du congrès annuel de l’American Society for Cell Biology (ASCB). Ce groupe a élaboré un ensemble de recommandations, désormais appelé « Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche ». Nous invitons les parties intéressées de toutes les disciplines scientifiques à manifester leur soutien en ajoutant leur nom à la présente Déclaration.

      Les apports de la recherche sont nombreux et variés : articles contenant de nouvelles connaissances, données, réactifs, logiciels ainsi que propriété intellectuelle et jeunes scientifiques hautement qualifiés. Les agences de financement, les établissements qui emploient des chercheurs et ces scientifiques eux-mêmes éprouvent tous le désir et le besoin d’évaluer la qualité et l’impact de la production scientifique. Il est donc impératif que la production scientifique soit mesurée rigoureusement et évaluée avec discernement.

      Le facteur d’impact des revues est souvent utilisé comme principal paramètre pour comparer la production scientifique individuelle et celle des établissements. Ce facteur d’impact, tel que calculé par Thomson Reuters*, a été créé à l’origine comme un outil d’aide pour les bibliothécaires servant à identifier les revues à acheter, et non pour mesurer la qualité scientifique de la recherche exposée dans un article. Dans cette optique, il est essentiel de comprendre que le facteur d’impact présente un certain nombre d’insuffisances bien documentées en tant qu’outil d’évaluation de la recherche. Ces limitations sont les suivantes : A) les distributions des citations dans les revues sont très asymétriques [1-3] ; B) les propriétés du facteur d’impact sont propres à chaque domaine : il s’agit d’un agrégat de types d’articles multiples et très divers, avec des articles primaires comme de synthèse [1, 4] ; C) les facteurs d’impact peuvent être manipulés (ou « instrumentalisés ») par une politique éditoriale [5] ; et D) les données utilisées pour calculer les facteurs d’impact ne sont ni transparentes ni ouvertement accessibles au public [4, 6, 7]. Ce qui suit formule des recommandations visant à améliorer la façon dont la qualité des résultats de la recherche est évaluée. D’autres éléments de production scientifique que les articles prendront une importance accrue dans l’évaluation de l’efficacité des travaux de recherche à l’avenir, mais l’article, contrôlé par des pairs, demeurera une production scientifique essentielle entrant dans l’évaluation de la recherche. Par conséquent, nos recommandations portent au premier chef sur les pratiques relatives aux articles publiés dans des revues à comité de lecture, mais elles peuvent et devraient s’étendre à d’autres productions, comme les jeux de données, en tant que résultantes importantes de la recherche. Ces recommandations s’adressent aux agences de financement, aux établissements d’enseignement et de recherche, aux revues, aux organismes pourvoyeurs d’indicateurs et à chaque chercheur.

      Ces recommandations s’articulent autour d’un certain nombre de sujets :

      la nécessité de mettre un terme à l’utilisation d’indicateurs basés sur les revues, comme les facteurs d’impact, dans le financement, les nominations et les promotions ;
      celle d’évaluer la recherche sur sa valeur intrinsèque plutôt qu’en fonction de la revue où elle est publiée ; et
      celle encore d’exploiter au mieux les possibilités offertes par la publication en ligne (comme la levée de restrictions inutiles sur le nombre de mots, de figures et de références dans les articles et l’exploration de nouveaux indicateurs d’importance et d’impact).

      Nous reconnaissons que de nombreuses agences de financement, établissements, éditeurs et chercheurs encouragent déjà l’amélioration des pratiques d’évaluation de la recherche. De telles démarches commencent à donner de nouvelles perspectives à des approches d’évaluation de la recherche plus élaborées et plus pertinentes sur lesquelles il est possible de s’appuyer et qui puissent être adoptées par toutes les parties impliquées au premier chef.

      Les signataires de la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche soutiennent l’adoption des pratiques suivantes pour l’évaluation de la recherche.

      Recommandation générale

      Ne pas utiliser les indicateurs basés sur les revues, tels que les facteurs d’impact, comme succédané d’appréciation de la qualité des articles de recherche individuels, pour évaluer les contributions d’un scientifique en particulier ou pour prendre des décisions en matière de recrutement, de promotion ou de financement.

      Pour les agences de financement

      Indiquer explicitement les critères utilisés pour évaluer la productivité scientifique des porteurs de projet et souligner clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les établissements

      Afficher explicitement les critères utilisés dans les décisions de recrutement, de titularisation et de promotion, en soulignant clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les éditeurs

      Réduire considérablement l’importance accordée au facteur d’impact comme outil de promotion, idéalement en cessant de le promouvoir ou en présentant ce paramètre dans le contexte d’une variété d’indicateurs basés sur les revues (p. ex. facteur d’impact sur 5 ans, EigenFactor [8], SCImago [9], indice h, temps de traitement éditorial et de publication, etc.) qui offrent une vision plus riche de la performance d’une revue.

      Proposer une série d’indicateurs à l’échelle de l’article pour encourager le passage à une évaluation qui soit fondée sur le contenu scientifique d’un article plutôt que sur les indicateurs de publication de la revue dans laquelle il a été publié.

      Encourager des pratiques responsables en matière de paternité d’auteur et la fourniture d’informations sur les contributions spécifiques de chaque auteur.

      Qu’une revue soit en libre accès ou sur abonnement, supprimer toutes les restrictions de réutilisation des listes de références dans les articles et les mettre à disposition dans le cadre du Creative Commons Public Domain Dedication [10].

      Éliminer ou réduire les contraintes sur le nombre de références dans les articles et, le cas échéant, exiger la citation de la littérature primaire plutôt que celle des articles de synthèse afin de reconnaître le mérite du ou des groupes qui ont rapporté en premier une découverte.

      Pour les organismes pourvoyeurs d’indicateurs

      Faire preuve d’ouverture et de transparence en fournissant les données et les méthodes utilisées pour calculer tous les indicateurs.

      Fournir les données en vertu d’une licence qui permette une réutilisation sans restriction et permettre un accès informatique aux données, dans la mesure du possible.

      Préciser clairement que la manipulation inconsidérée des indicateurs ne sera pas tolérée ; désigner explicitement ce qui constitue une manipulation inconsidérée et les mesures qui seront prises pour y remédier.

      Tenir compte de la diversité des types d’articles (p. ex., articles de synthèse par rapport aux articles de recherche) et des différents domaines lorsque les indicateurs sont utilisés, agrégés ou comparés.

      Pour les chercheurs

      Lors d’une participation à des commissions exerçant des décisions de financement, d’embauche, de titularisation ou de promotion, produire des évaluations fondées sur le contenu scientifique plutôt qu’en fonction des indicateurs de publication.

      Le cas échéant, citer la littérature primaire dans laquelle les observations ont été rapportées en premier plutôt que les articles de synthèse afin d’en attribuer le mérite à bon escient.

      Utiliser une gamme de paramètres et d’indicateurs d’articles sur les déclarations personnelles/de soutien, comme preuve de l’impact d’articles individuels publiés et d’autres résultats de recherche [11].

      Remettre en question les pratiques d’évaluation de la recherche qui s’appuient inconsidérément sur les facteurs d’impact. Promouvoir et enseigner les bonnes pratiques qui mettent l’accent sur la valeur et l’influence des résultats spécifiques de la recherche.

      https://sfdora.org/read/fr
      #recommandations

  • 1000 milliards d’euros de profits en vingt ans : comment les labos sont devenus des monstres financiers
    https://www.bastamag.net/1000-milliards-d-euros-de-profits-en-vingt-ans-comment-les-labos-sont-deve

    Les laboratoires pharmaceutiques n’ont plus grand chose à voir avec ce qu’ils étaient il y a vingt ans. De plus en plus gros et de plus en plus financiarisés, ils sont devenus des machines à siphonner des milliards d’euros ou de dollars pour les redistribuer aux actionnaires, notamment les grands fonds de Wall Street. Une prospérité privée financée en grande partie par l’argent public : les systèmes d’assurance maladie et le soutien gouvernemental à la recherche En 1955, Jonas Salk, père du premier (...)

    #Décrypter

    / #Enquêtes, #Multinationales, Santé , #Finance

    #Santé_

  • « Le mouvement des “gilets jaunes” favorise la cohésion intergénérationnelle des milieux populaires », Michelle Zancarini-Fournel
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/10/michelle-zancarini-fournel-le-mouvement-des-gilets-jaunes-favorise-la-cohesi
    Torcy,le 10 novembre : R Priscillia Ludosky, 33 ans, gérante d’une boutique en ligne de cosmétique. "C’est une incompréhension face au coût de l’essence qui m’incite fin mai à lancer une pétition. J’avais envie de savoir si j’étais la seule concernée. Aujourd’hui je ne suis pas étonnée de voir autant de gens qui en ont ras le bol, mais le rassemblement. Très concrètement j’attends aujourd’hui une réponse des pouvoirs publics à ma pétition." BENJAMIN GIRETTE POUR LE MONDE

    Selon l’historienne des #mouvements_sociaux, Zancarini-Fournel la révolte des « gilets jaunes » ressemble à celui contre la « profitation » qui s’était déroulé en 2008-2009 dans les départements d’outre-mer, comme en témoigne le parcours de l’une de ses figures, Priscilla Ludovsky.

    D’origine martiniquaise, Priscilla Ludosky, 33 ans, habitant en Seine-et-Marne, #auto-entrepreneuse et gérante d’une boutique en ligne de cosmétiques est la première à avoir demandé la « baisse des prix des carburants à la pompe » dans une pétition sur Internet qui a recueilli à ce jour plus d’un million de signatures. Peut-être avait-elle, outre le préjudice financier constaté pour son activité professionnelle, le souvenir des mouvements sociaux qui s’étaient déroulés en 2008-2009 dans les départements d’outre-mer (8 jours à la Réunion, 15 jours en Guyane, 44 jours en Guadeloupe, 38 jours en Martinique) pour la baisse du prix des carburants contre la « #profitation », marqués par l’appel de neuf intellectuels antillais à l’initiative de Patrick Chamoiseau et d’Edouard Glissant, un « Manifeste pour les #produits_de_haute_nécessité » qui proposait un autre modèle de société. L’épisode le plus connu a été la grève générale et les #blocages routiers en Guadeloupe (20 janvier-4 mars 2009) conclus par un accord-cadre sur la baisse des #prix à la pompe et la revalorisation des revenus.
    On a souligné la modernité et la mobilité de la mobilisation des « #gilets_jaunes « de 2018 grâce aux réseaux sociaux (même s’il y a eu en 2011 des antécédents dans les « révolutions arabes »), laissant syndicats, partis et représentants politiques à l’écart. Le support matériel et symbolique qui permet la distinction, l’identification et le rassemblement des manifestants est un objet ordinaire, le gilet jaune que doit posséder tout automobiliste, et sur lequel sont parfois inscrits des slogans. L’espace matériel de la mobilisation comme les répertoires d’action permettent de comprendre la protestation avec la politisation d’un espace très spécifique : les barrages aux ronds-points à l’entrée des villes ou aux péages d’autoroute, impliquent une prise de pouvoir temporaire sur des nœuds de communication et donc sur la fluidité caractéristique du fonctionnement des systèmes productifs contemporains.

    Violences populaires

    La mobilisation des « gilets jaunes » a été comparée aux jacqueries de l’Ancien Régime avec leurs révoltes contre le fisc et à la Révolution française, pour les violences populaires, l’usage du drapeau tricolore et de la Marseillaise. Elle a été comparée aussi au poujadisme de 1953-1956 des petits commerçants et des artisans opposés au contrôle fiscal mis en place par l’administration. Si l’on retrouve le même sentiment d’injustice fiscale et le même discours contre les élites, ce ne sont pas exactement les mêmes catégories sociales qui sont concernées (1). Les « gilets jaunes » ne peuvent être non plus assimilés aux revendications des professionnels de la route des années 1990, ni aux « bonnets rouges » qui ont contribué à l’échec de l’écotaxe en 2016, rassemblant petits patrons agriculteurs de la FNSEA, et régionalistes bretons, mais les formes de #violence_populaire et les #répertoires_d’action similaires ne peuvent rendre équivalents les mots d’ordre et les protagonistes impliqués dans des contextes très différents. Il en est de même pour la comparaison avec 1968 (barricades, manifestations violentes à Paris, tentative d’incendie de la Bourse le 24 mai 1968 et le 1er décembre 2018. Si rapprochement il peut y avoir avec 1968, c’est celui de la « crise d’hégémonie » (Gramsci) ou de la « crise du consentement » (Boris Gobille).

    Retour au calme et fin de l’impunité, une urgence pour tous !
    Le mouvement actuel s’est développé sur l’ensemble du territoire – y compris en région parisienne – en particulier dans les villes moyennes, les zones désindustrialisées et les zones rurales qui perdent des habitants. Le parcours de Priscilla Ludovsky témoigne de la diversité du pays au XXIe siècle, mais aussi de celle des protagonistes dans ce mouvement social de grande ampleur territoriale, très éclaté et disparate, sans #porte-parole ni leader jusqu’à ce jour, même si certaines figures sont individualisées à la télévision. Il s’agit d’un mouvement d’interconnaissance avec une cohésion intergénérationnelle, de l’artisan à la jeune #chômeuse en passant par les salariés de l’hôpital et par des #retraités, essentiellement des membres des milieux populaires.

    Présence importante des femmes

    Les photographies des barrages et des manifestations montrent une présence importante des #femmes, une constante dans l’histoire des mouvements populaires, en général occultée. Nombreuses, elles sont souvent #célibataires ou #divorcées, mais il y a aussi des #mères de famille (2). Le mouvement paraît largement soutenu par la population qui condamne la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) alors que les taxes, entre autres sur les carburants, pèsent sur tous et toutes. La personnalité même et la fonction du chef de l’Etat, surnommé « le roi Macron » comme l’énonce une manifestante venue de la Somme à Paris le 8 décembre, sont mises en cause partout.

    A la Réunion, le mouvement des « gilets jaunes « a pris une tournure plus violente parce que la population rencontre encore plus de difficultés entre #chômage et #précarité_sociale. Des épisodes de rébellions urbaines de la jeunesse marginalisée agitent l’île. Les auteurs des violences urbaines nocturnes surnommés « les cagoules noires », sont assimilés à la population noire, les « kafs » de l’île (descendants des esclaves importés d’Afrique, les Cafres). Au-delà de ces violences, la faillite économique et sociale est patente et les failles s’accroissent dans la population entre ses différentes composantes. Les violences urbaines ne sont cependant pas spécifiques à La Réunion, comme l’ont montré les épisodes parisiens des samedis précédents : sur les lieux symboliques du pouvoir que sont les Champs-Elysées et la place de l’Etoile, groupes d’extrême droite et d’extrême gauche ont agi en même temps que des « gilets jaunes » venus de province.

    Tache d’huile

    Le mouvement semble faire tache d’huile chez les #lycéens, les agriculteurs, les indépendants du bâtiment et les ambulanciers, chacun avançant ses propres revendications. Mais dans plusieurs villes, des « gilets jaunes » ont repris le 8 décembre la position infligée par les forces de l’ordre aux lycéens de Mantes-la-Jolie, à genoux, les mains derrière la tête. Le 4 décembre, Jean-François Barnaba, « gilet jaune » de l’Indre, a énoncé quatre revendications : baisse des taxes, augmentation des bas salaires et des pensions, restauration des services publics, réforme des institutions pour démocratiser la vie politique. Mais, comme nombre d’habitants de sa ville, Le Blanc, ce qui l’anime c’est la fermeture de la maternité, symbole de l’atteinte à l’égalité et à l’humanité.

    Après la 4e journée de mobilisation à Paris le samedi 8 décembre, le bilan est contrasté : les manifestants ont été contenus à Paris par de nombreux contrôles en amont et un millier d’interpellations (considérées comme illégales par la Ligue des droits de l’homme) au prix d’une mobilisation impressionnante des forces de police. Musées, magasins et institutions étaient fermés avec des conséquences économiques importantes. Les marches sur le climat se sont déroulées pour l’essentiel dans le calme, mais des affrontements ont eu lieu, outre Paris, dans de nombreuses villes témoignant de la profondeur de la révolte et de la crise sociale et politique, avec l’attente de la déclaration annoncée du président de la République. Le contexte européen marqué par des composantes populistes autoritaires rend le champ des possibles ouvert et incertain quant à l’avenir de ce mouvement.

    (1) Alexis Spire, Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat,, Seuil, 348 p., 22 €.
    (2) Entretien avec le sociologue de l’INRA Benoît Coquard sur le site de Contretemps, 23 novembre 2018.

    #Michelle_Zancarini-Fournel (Historienne, auteure de Les luttes et les rêves. Une #histoire_populaire de la France de 1685 à nos jours, La Découverte/Zones, 2016)