• « Je me suis dit qu’il fallait que je la termine » : Alaïs, 18 ans, massacrée à Montpellier pour 10 000 € - midilibre.fr
    https://www.midilibre.fr/2020/12/30/je-me-suis-dit-quil-fallait-que-je-la-termine-alais-18-ans-massacree-a-mon

    Faits divers, Hérault, Montpellier
    Publié le 30/12/2020 à 08:38 , mis à jour à 10:01

    Trois personnes sont mises en examen pour ce crime ultra-violent.

    « On va aller péter une fille. » Le dimanche 10 février, en toute fin de soirée, deux hommes cagoulés et armés s’introduisent dans un appartement de la rue Aristide-Ollivier, près de place de la Comédie, à Montpellier, qu’un client vient de quitter.

    A lire aussi : Meurtre d’Alaïs : « Ma fille était une belle personne. Je ne comprends pas les juges », se confie sa mère pour la 1re fois

    Sitôt à l’intérieur, l’un d’eux tient un témoin en respect, avec une arme, tandis que l’autre se déchaîne sur Alaïs, afin de savoir où elle a caché les 10 000 € qu’elle a gagnés en moins d’un mois de prostitution. Malgré l’ultraviolence des coups, la jeune femme ne dit rien. « Je me suis dit qu’il fallait que je la termine », dira Quentin Robert, soupçonné de lui avoir donné deux coups de couteau, et de lui avoir sauté sur la tête à pieds joints.

    Ce trentenaire au casier déjà chargé était l’ex-petit ami d’une compagne de prostitution d’Alaïs. Il n’aurait pas accepté que les filles prennent leur indépendance et le privent d’une source appréciable de revenu.

    Driss Nasser, qui l’accompagnait, a été remis en liberté à la faveur du confinement et de la crainte de l’arrivée du Covid en détention, courant avril. Priscilla Humbert, qui était en couple avec Quentin Robert depuis deux semaines, et a accepté de convoyer les deux hommes de Béziers à Montpellier, puis de les ramener chez elle, a été libérée courant décembre, après une première demande refusée au mois de mai.

    Tous les trois sont repartis sans avoir trouvé l’argent qu’ils étaient venus chercher, et restent mis en examen dans cette enquête du SRPJ, ouverte pour extorsion de fonds avec arme, ayant entraîné la mort.

  • Chère Christine Delphy,

    Vous avez relayé récemment un article de G. Duché dans lequel elle interroge – entre autre – le bien fondé des intervention du STRASS à l’Université Paris Diderot dans un DU « violences faites aux femmes / Violences de genre ». Suite à cet article, j’ai eu envie de réagir.

    J’ai été victime de la prostitution. J’en suis aujourd’hui sortie. Je trouve dans les écrits des féministes comme vous, abolitionnistes, matérialistes, un soutient politique qui me confirme la légitimité de ma douleur, et qui œuvre à y mettre fin. En lisant cet article, j’ai repensé à deux expériences que j’ai eu, l’une avec une assistante sociale, l’autre avec mon médecin traitant. Ces deux « anecdotes » se sont déroulées en 2019, cela faisait environ quatre ans que j’étais sortie de la prostitution.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/12/20/chere-christine-delphy

    #féminisme #prostitution

    • Les clients sont des hommes qui ont un regard sur les femmes qui les transforment en animaux de ferme. Vous pouvez le voir assez bien dans des phrases comme : « Je ne suis pas obligé d’acheter la vache entière si je veux un peu de lait ». Les clients comparent aussi volontiers les prostituées à la nourriture / aux biens de consommation : « À la maison, il y a toujours de la soupe aux pois, je veux juste des fois du rôti de porc » ou « C’est très bien de toujours conduire une Opel, mais de temps en temps, on s’autorise aussi à avoir quelque chose de plus spécial ».
      .
      .
      .
      Selon les statistiques qu’on évoque, en Allemagne, soit un homme sur cinq va voir les prostituées, soit trois hommes sur quatre. On peut calculer que chaque jour (!) un à 1,2 million d’hommes se rendent dans les maisons closes allemandes. Ne sont pas inclus les hommes qui regardent la prostitution filmée (= pornographie). Parce qu’ils sont bien des clients quelque part.

      #domination #torture #viol #culture_du_viol #prostitution #putier #male_gaze #masculinité

  • Le client. Pourquoi les hommes vont voir les prostituées, et ce qu’ils en pensent

    À côté de mon bureau se trouve une boîte dans laquelle je collectionne les mauvais souvenirs. Chaque fois que j’ai un flashback ou des « pensées intrusives », je les note sur un morceau de papier, je le jette dans la boîte et je ferme le rabat. La boîte est assez pleine. Aujourd’hui, j’ai beaucoup brassé dans cette boîte parce que je voulais écrire un texte sur les clients. Et oui, je dis « client » – cela vient de « quelqu’un de libre » [ le client de prostitution en allemand se dit ‘Freier’ soit le libre], comme dans « marcher sur les pieds des libres » – et c’est donc un euphémisme pour l’abus sexuel, ce que font les clients dans la prostitution, et un des nombreux exemples du fait que nous vivons dans une société qui accepte, normalise et minimise la violence sexuelle contre les femmes. J’utilise le terme « clients » [‘Kunden’ au sens général] de toute façon, par manque d’alternatives, et parce que c’est ainsi que les prostituées appellent leurs « clients », et oui, on peut certainement entendre une touche désobligeante dans ce terme. Je ne dis délibérément pas « acheteur de sexe », car dans la prostitution, il n’y a pas de sexe qui soit transféré de « travailleur du sexe » à « acheteur de sexe » et remis au comptoir. Curieusement, on parle peu des personnes qui exercent cette violence ; le sujet de la prostitution concerne généralement les femmes qui sont « autorisées » à le faire. Ensuite, j’entends toujours parler de toutes les « putes sûres d’elles, gentilles et sympathiques » que quelqu’un connaît, mais cela ne veut rien dire, parce que je connais aussi quelques HartzIV’ers « sûres d’elles, gentilles et sympathiques », ce qui ne m’empêche pas de rejeter le système Hartz IV. Rejeter la prostitution ne signifie pas rejeter les prostituées, mais avoir compris le système de la prostitution – un système que les clients établissent – à travers leur demande.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/12/04/le-client-pourquoi-les-hommes-vont-voir-les-prostituees

    #féminisme #prostitution

  • Une enquête pour traite des êtres humains expose les pratiques de l’industrie du porno - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/231120/une-enquete-pour-traite-des-etres-humains-expose-les-pratiques-de-l-indust

    Il s’est choisi un pseudonyme féminin passe-partout. Sa photo de profil est tout aussi sobre. Une jeune femme brune aux traits fins et légèrement maquillée, vêtue d’un manteau noir, dans l’habitacle d’une voiture. Le cliché est sans artifices, presque intime. En réalité, ce compte Facebook est utilisé par J. D., 39 ans, marié et père de deux enfants

    #paywall hélas.

    #porcs.

    • Deux importants producteurs français, et deux collaborateurs, ont été mis en examen pour « viols », « proxénétisme aggravé » et « traite d’êtres humains aggravée ». Dans leur ombre, les deux leaders du secteur : Dorcel et Jacquie & Michel. Mediapart révèle le contenu des réquisitions du parquet.

      Il s’est choisi un pseudonyme féminin passe-partout. Sa photo de profil est tout aussi sobre. Une jeune femme brune aux traits fins et légèrement maquillée, vêtue d’un manteau noir, dans l’habitacle d’une voiture. Le cliché est sans artifices, presque intime. En réalité, ce compte Facebook est utilisé par J. D., 39 ans, marié et père de deux enfants. Durant sa garde à vue, il a reconnu s’en servir pour engager la conversation avec des jeunes femmes. Son but : les convaincre de se prostituer, puis de tourner des films porno avec le producteur Pascal O., connu sous le surnom de « Pascal OP ».

      Depuis samedi 17 octobre, les deux hommes sont en détention provisoire, accusés notamment de « viols », « proxénétisme aggravé » et « traite d’êtres humains aggravée ». Deux autres personnes, le producteur porno Mathieu L., dit « Mat Hadix », ainsi que N. T. T., un assistant de Pascal O., ont également été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, pour les mêmes chefs d’accusation. Tous bénéficient de la présomption d’innocence et, pour la plupart, nient les faits qui leur sont reprochés.

      Dans ses réquisitions, consultées par Mediapart, le parquet de Paris décrit les méthodes de ce qu’il présente comme un petit groupe informel, impliqué à divers degrés dans la production de films porno, et gravitant autour de Pascal OP. Les accusations sont graves : viols répétés ; actrices alcoolisées ou droguées, parfois à leur insu ; mensonges et intimidations pour les inciter à tourner ; présentation de faux tests VIH ; racket quand elles souhaitent faire retirer les vidéos… Elles reposent sur les plaintes de cinq femmes, déposées entre 2016 et 2020, dont quatre impliquent directement les producteurs.

      À chaque fois, le même profil de plaignantes. Des femmes, nées dans les années 1990, avec des parcours de vie abîmés ou une vulnérabilité à un moment de leur existence. Et toujours le même système pour les inciter à faire du porno, comme J. D. l’a reconnu dans son interrogatoire de première comparution, en marge de sa garde à vue du 13 octobre 2020.

      Derrière son écran d’ordinateur, caché sous son pseudonyme, il raconte prendre contact avec elles sur les réseaux sociaux, en les complimentant sur leurs photos de profil. La prétendue jeune femme s’épanche sur de supposés problèmes familiaux ou financiers afin de gagner leur confiance. La relation d’amitié dure plusieurs mois, jusqu’à ce que l’appât virtuel confesse se prostituer occasionnellement et propose de les mettre, elles aussi, en relation avec des clients. Ses interlocutrices déclinent toutes, puis cèdent devant son insistance et les sommes proposées, entre 1 500 et 3 000 euros pour une soirée.

      Lorsqu’elles se présentent au lieu de rendez-vous, un hôtel de l’est de la France, payé par leurs soins, J. D. les retrouve, avec un autre pseudonyme, et se présente comme leur client. À l’une d’elles, il aurait imposé un rapport « marqué par la violence », ayant laissé la plaignante prostrée dans la chambre, selon les réquisitions du parquet. À son départ, il indique à ses proies qu’un coursier va arriver dans quelques minutes pour leur remettre une enveloppe avec la somme convenue. Un mensonge, qu’il a reconnu.

      Le stratagème est, d’après sa déposition, la première étape d’une manipulation au long cours qui vise à rabattre ces femmes vers des producteurs porno. Quand les victimes recontactent l’avatar Facebook pour lui faire part de leur détresse et de leurs difficultés financières, celui-ci leur promet d’arranger les choses. Il propose de leur présenter « son ami Pascal », un réalisateur de film X à la recherche de nouvelles actrices, pour des vidéos exclusivement diffusées au Canada. Les cachets sont alléchants.

      Dans son interrogatoire devant les gendarmes, J. D. indique avoir recruté une cinquantaine de jeunes femmes pour Pascal OP, ainsi que pour le producteur Mat Hadix. « Sans lui, ces femmes ne seraient pas entrées dans le monde de la pornographie », écrivent les enquêteurs, rapportant ses déclarations. A-t-il été rémunéré pour ce service ? Le rabatteur assure que non, ni même avoir rencontré les deux producteurs en personne. En contrepartie, cet éducateur spécialisé auprès de handicapés mentaux aurait bénéficié de vidéos sur mesure, produites par les deux hommes, ainsi qu’un abonnement gratuit au site de Pascal OP. Sollicité par Mediapart, l’avocat de J. D. n’a pas souhaité faire de déclaration.

      Des viols, de faux tests HIV et des somnifères

      Sur les tournages, un autre cycle d’abus commence, racontent les plaignantes. Au motif que son site internet est géré depuis le Québec, Pascal OP leur aurait assuré, à toutes, que leurs vidéos seraient inaccessibles depuis la France. Selon plusieurs témoignages, il promettait également de les payer entre 1 000 et 2 500 euros. En réalité, les cachets sont dérisoires, ce que certaines plaignantes assurent avoir découvert seulement après avoir tourné leur scène.

      L’une d’entre elles s’offusque de ne recevoir que 250 euros, alors que le producteur lui en avait promis 1 000. Elle raconte qu’il l’aurait contrainte à accepter la somme et à parapher un contrat de cession de droit à l’image, en la menaçant de ne plus la payer du tout, et de diffuser sa vidéo en France.

      Parfois, Pascal OP est accusé d’utiliser un autre moyen de pression. Il ne remettrait qu’une partie du cachet à ses actrices. Une manœuvre pour les obliger à une nouvelle rencontre, le lendemain, et leur imposer de nouvelles scènes qui conditionnent le versement du total de la somme.

      Les descriptions des tournages faites par les plaignantes sont glaçantes. Malgré leur refus exprimé, des pénétrations anales ou des éjaculations faciales sont systématiquement imposées aux jeunes femmes, qui s’effondrent parfois en larmes. Un matin de l’année 2017, à 8 heures, Pascal OP arrive sur le lieu d’un tournage, un appartement Airbnb où il loge également une plaignante. Il est accompagné de plusieurs hommes pour réaliser un gang-bang, une pratique mettant en scène une femme avec au moins trois hommes. La jeune femme aurait été prise au dépourvu.

      À chaque fois, les victimes déclarent céder, ne voyant pas d’autre issue. Subir est « la seule manière que cela s’arrête », dit l’une d’elles dans sa déposition aux gendarmes. Certaines « s’éteignent » ou s’obligent à sourire pour qu’on ne leur demande pas de refaire les scènes.

      Prise dans un engrenage où l’argent avait pris une place excessive et où son corps n’avait plus d’importance, une plaignante indique aux policiers avoir accepté de tourner un bukkake, malgré ses réticences. Cette pratique extrême désigne l’éjaculation de plusieurs hommes sur le visage d’une femme. La scène a lieu dans un hangar de Seine-Saint-Denis. En guise de lit, un caisson recouvert d’un drap. La plaignante a « envie de fuir ». Les participants cagoulés – une vingtaine – la tirent vers eux alors que son corps se rigidifie. Elle se décrit comme « anesthésiée », s’étant « mise en off pour ne pas craquer ».

      Dans son dépôt de plainte, elle raconte avoir découvert après le tournage qu’elle ne sera payée que 450 euros, à la place des 600 euros initialement prévus. Puis le producteur Mat Hadix, présent lors de la scène, lui administre une pilule d’azithromycine, un antibiotique contre les infections sexuellement transmissibles (IST), ce qu’il reconnaît lors de son interrogatoire de première comparution, en marge de sa garde à vue du 13 octobre 2020.

      Pour supporter les tournages, les plaignantes s’alcoolisent, parfois jusqu’à se sentir « détachées » de leur corps. Le producteur leur aurait également fourni de la cocaïne. Dans son interrogatoire, N. T. T., un des abonnés de Pascal OP devenu son assistant, reconnaît avoir acquis un générateur de faux tests sérologiques. Ce subterfuge devait permettre à ses acteurs, et au producteur, de tourner sans préservatifs, tout en n’ayant pas à réaliser de dépistages de maladies sexuellement transmissibles (MST).

      Le témoignage d’une des plaignantes est particulièrement éprouvant. Maintenue sous pression par le reliquat d’argent qu’il lui doit et le contrat qu’il lui a fait signer lors d’un précédent tournage, elle raconte que Pascal OP lui aurait imposé plusieurs nouvelles scènes. Lors de l’une d’entre elles, courant juin 2020, il lui aurait appris, une fois sur place, qu’une soixantaine d’hommes l’attendaient pour un bukkake. Face à son refus, elle raconte que le producteur lui aurait crié dessus, puis proposé un verre de jus de fruit, l’invitant à se détendre.

      Une analyse capillaire effectuée par les gendarmes révélera la présence de Zolpidem dans son organisme, un puissant somnifère détourné à des fins de soumission chimique, sans que la date d’ingestion ne soit néanmoins précisément déterminée. Pendant un précédent tournage où il lui avait également fait boire une boisson, elle s’était sentie dans « un état second » et Pascal OP aurait essayé d’en profiter pour lui demander d’avoir un rapport sexuel avec son chien, avant de réaliser une scène avec le producteur Mat Hadix.

      Lors du bukkake de juin 2020, la tête de la jeune femme est maintenue fermement par une autre actrice, qui lui impose de garder les yeux ouverts. « Pour la soulager, et non pour la bloquer », assure N. T. T., l’assistant de Pascal OP, dans son audition. La jeune femme est en sanglots puis entre en état de sidération, note le parquet dans son réquisitoire. Son beau-frère parviendra à faire retirer la vidéo du site web de Pascal OP, après lui avoir remis la somme de 4 500 euros, comme il l’indique dans sa déposition aux gendarmes de la section recherche.

      Dans son interrogatoire en marge de sa garde à vue, Pascal O. accuse les plaignantes de mentir, affirmant que certaines sont des « escorts ». Il assure qu’elles connaissaient à l’avance toutes les conditions de tournage, qu’elles n’étaient ni menacées, ni isolées, ni contraintes, que des dépistages de MST étaient systématiquement réalisés par tous et que les actrices recevaient un bonus pour simuler les pleurs ou le refus d’un acte sexuel.

      À chaque question susceptible de lui porter préjudice, « il se retranche derrière son droit au silence », ajoutent les enquêteurs. Sollicité par Mediapart, son avocat n’a pas souhaité faire de déclaration.
      Des accusations qui éclaboussent le porno français

      Les vidéos de Pascal OP sont principalement commercialisées sur son propre site web, French Bukkake. Ses abonnés peuvent participer aux scènes contre le versement de 29,90 euros par mois. Ce procédé alerte les gendarmes de la section Recherche de Paris, dans le cadre de leur activité de veille du réseau internet, qui ouvrent une enquête en mars 2020 pour des faits de proxénétisme. L’exploitation des centaines de vidéos du site suggère que des pratiques sexuelles sont régulièrement imposées aux femmes qui y participent.

      Ces constatations amènent les enquêteurs à verser à la procédure les cinq plaintes des plaignantes, déposées entre 2016 et 2020 indépendamment de cette nouvelle enquête. Trois d’entre elles avaient été initialement classées sans suite, comme à Bobigny en 2017, le parquet invoquant un « litige commercial » entre la plaignante et le producteur.

      Bien qu’il en tire des revenus confortables – 240 000 euros de bénéfice depuis 2015, d’après les gendarmes –, l’audience du site de Pascal OP reste confidentielle, avec 280 000 visiteurs par mois. Le producteur n’en est pas moins inséré dans le circuit du porno français. Jusqu’à peu, il bénéficiait de sa propre fiche sur le site Dorcelvision, la plateforme de VOD de Dorcel, le leader français du secteur.

      Dans un entretien réalisé en juillet 2018 (voir notre Boîte noire), un responsable du groupe reconnaissait d’ailleurs être en discussion avec lui pour distribuer ses productions. « Pour le moment, il n’est pas revenu vers nous mais s’il m’envoie un projet et que tout est aux normes, moi, je n’ai aucun problème à lui dire OK. »

      Des propos qui font écho à ceux du directeur général du groupe, Grégory Dorcel, à qui l’on demandait au printemps 2018 s’il s’intéressait aux conditions de tournage des films qu’il distribue : « Absolument pas », répondait-il.

      Marc Dorcel, un des leaders du porno en France, au festival de Cannes le 20 mai 2015. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP Marc Dorcel, un des leaders du porno en France, au festival de Cannes le 20 mai 2015. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

      Pascal OP a également collaboré avec le site Jacquie & Michel (J&M), l’autre locomotive du secteur. Il bénéficie même de son propre personnage récurrent, « l’abominable David Grumeau », camouflé sous une perruque années 1980 et ses lunettes de soleil aux verres polarisés. En toute discrétion, il leur a produit également des dizaines de vidéos, comme l’attestent ses échanges par écrit avec Michel Piron, le fondateur de J&M, que Mediapart a pu consulter.

      Son fils Thibault Piron, directeur général de J&M, minimisait maladroitement cette collaboration lors d’un entretien réalisé en mai 2018. « Ça fait plus d’un an que Pascal OP n’est pas apparu dans nos vidéos, admettait-il. Par contre, ce qui est vrai, c’est que s’il trouve une nana, il peut faire le tournage mais ce n’est pas lui qui dirige, ni ne joue l’acteur. On n’en veut pas pour notre image. Nous aussi, on évolue. Ça n’a aucun sens, après tout ce qui s’est passé récemment. » Une allusion à #MeToo et #BalanceTonPorc.

      Le profil du quatrième mis en examen, Mathieu L., dit « Mat Hadix », éclabousse aussi les deux leaders du secteur. Depuis 2013, il est l’un des principaux producteurs pour Jacquie & Michel, ses vidéos se comptant par centaines. Au point qu’en 2015, le groupe lui confie l’organisation de ses lucratives soirées en discothèque, puis le présente en 2017 comme « l’incontournable ambassadeur de la marque » dans un article de Jacquie & Michel Le Mag.

      En mai 2018, Thibault Piron, en disait plus sur son rôle. « On a toujours cinq ou six producteurs qui bossent en même temps mais Mat est vraiment le seul régulier qui n’arrête jamais, précisait-il. Les trois quarts du temps, ça se passe comme ça : il dégote une nouvelle nana, il nous envoie les photos en nous demandant combien de scènes on veut. Puis après, on fait une avance et une fois qu’il a filmé, la vidéo arrive chez nous et le monteur s’en occupe. »

      Mathieu L. est aussi l’un des principaux prestataires français de Dorcel, chez qui il dispose de ses propres labels. Des productions réalisées pour la marque « Porno chic », sur lesquelles n’apparaît jamais le nom Dorcel, pour des questions d’image. « Mais en théorie, et même en pratique, Dorcel est le producteur à 100 % de ses films », concédait, en juillet 2018, un responsable du groupe.

      Les enquêteurs estiment que le producteur mutualisait ses tournages avec Pascal OP, les deux hommes se partageant recrues, décors et caméras, depuis les années 2015-2016. « Mathieu L. était présent sur toutes les scènes qualifiées de casting et gang-bang et, de façon plus occasionnelle, sur les bukkake », indique le réquisitoire, rapportant des propos de Pascal O. Dans leurs témoignages, certaines plaignantes déclarent ainsi ne pas savoir si elles tournaient pour l’un ou pour l’autre, Mat Hadix déléguant parfois la production de ses scènes à Pascal OP, ce dernier le prenant à son tour comme cadreur ou acteur.

      Le chef d’accusation de viol à l’encontre de Mat Hadix a été retenu pour une plaignante, contre quatre pour Pascal OP. Les deux producteurs sont également accusés de « diffusion de l’enregistrement d’images relatives à la commission d’une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne » et « d’exécution d’un travail dissimulé », en plus des chefs de « proxénétisme aggravé » et « traite d’êtres humains aggravée ». Pascal OP doit également répondre des chefs de « blanchiment d’un délit de proxénétisme » et « blanchiment d’un délit de fraude fiscale ».

      « Il n’est pas le seul qui mutualisait des dépenses avec Pascal O. et pour une raison qui m’échappe, lui seul est accusé, s’offusque Me Wilner, l’avocat de Mathieu L. Mon client est une victime collatérale. Il n’a jamais participé de près ou de loin à la production ou à la commercialisation des films de Pascal OP. »

      De son côté, Me Mugerin, l’avocat de N. T. T., opticien de profession et assistant informel de Pascal OP, indique que son client « a été extrêmement naïf en se rendant à ces tournages ». « Il n’avait pas pris la mesure de ce qu’il y avait derrière, et s’est rendu compte de la gravité pendant sa garde à vue. »

      Depuis septembre 2020, et l’ouverture concomitante d’une autre enquête du parquet de Paris impliquant Jacquie & Michel pour « viols » et « proxénétisme », les labels de Mat Hadix ont disparu de la plateforme VOD de Dorcel. Désormais, ce sont tous les films où il apparaît en tant qu’acteur, ainsi que ceux avec Pascal OP, qui ont été rayés du catalogue.

      « Depuis juin 2019, nous avons enquêté et commencé à stopper la distribution de plusieurs producteurs français dont les conditions de travail semblaient troubles, précise Dorcel, dans un communiqué adressé à Mediapart (à lire en intégralité sous l’onglet Prolonger). Ce travail est long et délicat, car tous ces producteurs ont des sociétés établies, sont diffusés historiquement par de nombreux diffuseurs français réputés et n’ont, à notre connaissance, jamais fait l’objet de décision de justice qui auraient pu justifier une rupture de contrat. »

      #viol #pornographie #prostitution #proxenetisme #violences_sexuelles

  • Et si nous parlions du choix des clients pour la prostitution et de ceux qui en tirent profit

    Dans son introduction, Francine Sporenda aborde, entre autres, les débats sur la prostitution, le vote des lois « criminalisant l’achat de sexe dans plusieurs pays vers les années 2000 », le point de vue des survivantes de la prostitution, « en tant que catégorie de femmes victimes d’un ancien système d’exploitation patriarcale qui résiste obstinément aux prétentions égalitaires de nos sociétés modernes et aux dénonciations des vagues féministes », les clichés et stéréotypes inlassablement répétés sur le soi-disant « plus vieux métier du monde », les discours monopolisés par « les voix masculines », des œuvres à caractère littéraire ou pictural construisant les soi-disant vérités de ce que serait la prostitution, les études et les réflexions d’autorité d’experts auto-proclamés « dans le but de légitimation et de réglementation », les mythes et les fantasmes…

    Note sur : Francine Sporenda : Survivre à la prostitution
    Les voix qu’on ne veut pas entendre
    Témoignages

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/11/18/et-si-nous-parlions-du-choix-des-clients-pour-la-prosti

    #féminisme #prostitution

  • Les bordels légaux du Nevada sont un désastre pour les femmes

    « Ce qui se passe à Vegas demeure à Vegas » dit le dicton populaire. On pense que cette phrase provient en partie des bordels légaux du Nevada, où les hommes sont assurés de l’anonymat. Ces bordels ont été considérés comme une industrie de services nécessaire dans la région depuis le XIXe siècle, lorsque le Nevada était presque entièrement peuplé de chercheurs d’or masculins. Il y a actuellement 21 bordels légaux en activité dans sept des comtés du Nevada, et j’en ai visité sept – en tant que journaliste et non en tant qu’acheteur de sexe. Ce que j’y ai vu et appris était horrible.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/11/11/les-bordels-legaux-du-nevada-sont-un-desastre-pour-les-

    #féminisme #usa #prostitution

  • Andrea-DWORKIN-Heartbreak-The-Political-Memoir-of-a-Feminist-Militant.pdf
    http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2010/11/Andrea-DWORKIN-Heartbreak-The-Political-Memoir-of-a-Feminist-M

    Anita

    (...) what was wrong with prostituting ?
    I told her about my own experiences in the trade, especially about the #dissociation that was essential to doing the deed. You had to separate your mind from your body. Your con­sciousness had to be hovering somewhere near the ceiling behind you or on the far side of the room watching your body. No one got through it without having that happen. I also told her that she’d begin to hate men; at first manipulating them would seem like power, but eventually and inevitably the day would come when one perceived them as coarse and brutal, smelly, dirty bullies. She had said that she liked sex and that she had had sex with the guy who was now trying to pimp her. I told her that the sex with Abbie’s friend was a setup to make her more pliant and that in prostituting one lost the ability to feel, so if one liked sex it was the last thing, not the first thing, that one should do. I told her that most people thought that women prostituted in order to get money for drugs, but it was the other way around; the prostitution became so vile, so ugly, so hard, that drugs provided the only soft: landing, a kind of embrace - and on the literal level they took away the pain, physical and mental.

    #prostitution #misandrie #sexe #drogue

  • Cris de détresse pour sauver les domestiques ghanéennes du Liban - BBC News Afrique
    https://www.bbc.com/afrique/monde-54748967

    Asie Kabukie Ocansey du Centre Nekotech pour la migration de la main d’œuvre et président de l’Association de la jeunesse des Nations Unies au Ghana a mené une campagne pour mettre fin aux conditions potentiellement mortelles auxquelles les travailleurs domestiques peuvent être soumis.Selon elle, "les travailleurs domestiques migrants africains entrent dans une sorte de système domestique que l’Asie, les Philippines et l’Indonésie ont rejeté et ce système est appelé « Kafala ». « Le Kafala » qui signifie « adoption » a été créé dans les années 1950, lorsque le boom pétrolier a commencé au Moyen-Orient. Les ne sont pas autorisés à changer d’employeur, même si la situation est abusive, et ce n’est pas normal.
    En ce moment, il y a environ trois millions d’Africains dans cette région. Au Liban, où il y a eu l’explosion, nous avons réussi à faire venir deux mille deux cent soixante, deux (2262) des filles. Il y en a huit mille de plus.
    Selon elle, il y a beaucoup de travailleurs domestiques africains qui sont bloqués à Oman, au Liban et dans certains autres pays et à cause de Covid19 , c’est devenu une crise. Certaines des filles révèle-t-elle, ont déclaré qu’elles ont dû coucher avec des hommes dans la rue afin de réunir de l’argent pour acheter des billets pour rentrer chez elles, parce que leurs employeurs ont refusé de les payer et les ont jetées à la rue.
    Une campagne en ligne intitulée « Enddeadlyworknow » a été lancée pour sensibiliser le public à ce problème. Les dirigeants africains ont été invités à créer des opportunités pour les jeunes, afin de les empêcher de se rendre dans d’autres pays à la recherche d’un avenir radieux

    #Covid-19#migration#migrant#liban#ghana#afrique#travailleurmigrant#domestique#crise#vulnérabilite#prostitution#sante#retour#kafala

  • Introduction de l’ouvrage de Francine Sporenda : Survivre à la prostitution

    Pendant des siècles, la prostitution n’a existé dans le débat collectif que comme objet de mythes et de fantasmes. Dans le brouhaha d’opinions, d’articles, d’études, de romans et de tableaux évoquant ou étudiant la figure à la fois fascinante et repoussante de la prostituée, il y a un point de vue dont l’absence est aveuglante, c’est celui des premières concernées : les femmes prostituées elles-mêmes.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/27/introduction-de-louvrage-de-francine-sporenda-survivre-

    #féminisme #prostitution

  • JEUDI APRES-MIDI AU BORDEL : une survivante raconte la violence des clients

    Huschke Mau est une survivante d’environ 10 ans de prostitution en Allemagne, où l’industrie du sexe est légalisée. Elle est maintenant une activiste passionnée contre l’institution prostitutionnelle et soutient le modèle nordique. Elle est la fondatrice du Network Ella, une organisation rassemblant des survivantes de la prostitution et elle tient un blog https://huschkemau.de/fr.

    C’est une page du journal qu’elle tenait quand elle ne s’appelait pas encore Huschke, et qu’elle attendait le client dans un bordel sous le nom de Svenja, Charlotte, ou autre.

    Les mots de ce journal sont crus – mais si on n’utilise pas ces mots, on cache ce qu’est vraiment la prostitution.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/22/jeudi-apres-midi-au-bordel-une-survivante-raconte-la-vi

    #prostitution #féminisme

  • Zweiter Weltkrieg : Frauen im Schatten: Ein Denkmal für die asiatischen „Trostfrauen“
    https://www.berliner-zeitung.de/open-source/frauen-im-schatten-ein-denkmal-fuer-die-asiatischen-trostfrauen-li.

    Die mit dem NS-Staat verbündete Regierung in Tokio zwang zwischen 1937 und 1945 junge Mädchen und Frauen dazu, den japanischen Soldaten als Sexobjekte zur Verfügung zu stehen. Der zynische Name „Trostfrauen“ sollte andeuten, dass die Soldaten durch den Sex mit den teilweise erst 11 Jahre alten Kindern getröstet werden sollten. Die meisten dieser Mädchen und Frauen waren Verschleppte aus China und Korea, aber auch aus anderen besetzten Ländern wie Indonesien, Malaysia oder den Philippinen.

    Seriöse Schätzungen gehen von 200.000 Opfern aus, chinesische Quellen sprechen sogar von bis zu 400.000. Der Korea-Verband erinnert nun erstmals mit einem Denkmal an diese Gräuel der sexualisierten Gewalt. Am Montag vergangener Woche wurde die Friedensstatue an der Ecke Birken- und Bremer Straße eingeweiht. Jeden Mittwoch hatten überlebende „Trostfrauen“ seit 1992 in der südkoreanischen Hauptstadt Seoul vor der Botschaft von Japan demonstriert.

    #Corée #Japon #Allemagne #prostitution #esclavage #guerre #femmes #politique #histoire #Berlin #Moabit #Birkenstraße

  • Trostfrauen-Mahnmal in Berlin: SPD will „Friedensstatue“ erhalten - taz.de
    https://taz.de/Trostfrauen-Mahnmal-in-Berlin/!5719528

    In den Konflikt um die Trostfrauen-Statue in Berlin-Moabit kommt Bewegung: Der SPD-Kreisverband Mitte erklärte am Montag, man fordere „das Bezirksamt auf, eine öffentliche Veranstaltung über den Erhalt der Friedensstatue in der Ecke Bremer Straße/Birkenstraße in Moabit zu veranstalten und die Aufhebung der Genehmigung zurückzunehmen.“ Das erklärten die Kreisvorsitzenden Julia Plehnert und Yannick Haan.

    Die Bronzestatue einer koreanischen Zwangsprostituierten der japanischen Armee im Zweiten Weltkrieg ist ein Mahnmal gegen sexuelle Kriegsgewalt. Es war offiziell vom Bezirksamt genehmigt und am 28. September vom unabhängigen deutsch-koreanischen Korea Verband e.V. aufgestellt worden. Das Amt widerrief jedoch seine Genehmigung, nachdem Japans Regierung darauf gedrängt hatte. Die Statue soll bis zum 14. Oktober entfernt werden.

    Tokio hat schon mehrfach das Aufstellen solcher Statuen verhindert, war damit aber auch schon wie etwa in Seoul oder San Francisco häufig gescheitert. Nach Ansicht von Beobachtern dient der Umgang Japans rechtskonservativer Regierungen mit dem Thema nicht einer Aufarbeitung und Verhinderung sexualisierter Kriegsgewalt, sondern fördert ihre Verleugnung und Bagatellisierung.

    Laut dem SPD-Co-Kreisvorsitzenden Haan ist die Statue ein „wichtiger Beitrag gegen sexualisierte Kriegsgewalt gegen Frauen“. Bei einem solchen Thema müsse ein Amt die Entscheidungen transparent darstellen. „Das ist in diesen Fall nicht passiert“, so Haan. Gute Beziehungen zu Japan und die Städtepartnerschaft mit Tokio seien dem SPD-Kreisverband wichtig, doch die Aufarbeitung der Geschichte sollte „auch die breite Zivilgesellschaft teilhaben lassen“.
    Vorkämpferinnen gegen sexuelle Versklavung im Krieg

    Japans Armee verschleppte im Zweiten Weltkrieg mindestens 200.000 Frauen aus eroberten asiatisch-pazifischen Gebieten in Truppenbordelle. Frühere Zwangsprostituierte trauten sich erst ab 1991, ihr Schicksal öffentlich zu machen. Sie gelten heute als mutige Vorkämpferinnen für die völkerrechtliche Verurteilung von Vergewaltigung und sexueller Sklaverei im Krieg. Die Massenvergewaltigungen in Bosnien, Kongo und Irak zeigen die Aktualität des Themas.

    Doch das Bezirksamt wertete in seinem Widerruf die Statue auf Druck Tokios als einseitige Parteinahme für Korea in einem Geschichtsstreit mit Japan. So erklärte Bezirksbürgermeister Stephan von Dassel (Bündnis 90/Die Grünen): „Mit der Friedensstatue und ihrer Texttafel wird ein politisch-historisch belasteter und komplexer Konflikt zwischen zwei Staaten aufgegriffen, der sich nicht für die Aufarbeitung in Deutschland eignet.“ Die Genehmigungsbehörde müsse „grundsätzlich auf Parteinahme in zwischenstaatlichen und insbesondere historischen Konflikten verzichten“. Von Dassel sprang damit seiner Parteifreundin Sabine Weißler bei, der Bezirksstadträtin für Weiterbildung, Kultur, Umwelt, Natur, Straßen und Grünflächen.

    Aus Protest gegen die Entscheidung rufen die InitiatorInnen der Statue unter dem Motto „Berlin, sei mutig! Die Trostfrauenstatue muss bleiben!“ für Dienstag 12 Uhr zu einer Kundgebung an dem Mahnmal in Moabit auf. „Mit einer Entfernung der Statue stellt sich Deutschland auf die Seite der Verbrecher und arbeitet zudem aktiv gegen die Sichtbarkeit institutionalisierter sexueller Gewalt und sexueller Gewalt im Allgemeinen“, heißt es in dem Aufruf.

    „Wir wollen, dass Deutschland sich klar gegen sexualisierte Kriegsverbrechen positioniert und ein Land der Erinnerungskultur bleibt. Die Pflege diplomatischer Beziehungen darf kein Grund sein, den Überlebenden ihr Anrecht auf Gedenken zu nehmen.“ TeilnehmerInnen sollen sich auf Stühle neben die Statue setzen. Danach geht es vor das Rathaus Tiergarten.
    Widerspruch im Eilverfahren

    Nataly Han Jung-Hwa, Geschäftsführerin des in Moabit ansässigen Korea Verbands, sagte der taz, eine Anwältin des Vereins werde noch bis zum 14. Oktober im Eilverfahren Widerspruch gegen den Amtsbescheid einlegen. Zunächst gehe es um eine aufschiebende Wirkung, dass die Statue bleiben könne, bis über die Rechtsgültigkeit entschieden sei.

    Auch eine offene Petition, an der zwei führende deutsche Japanologinnen mitwirkten, fordert das Bezirksamt auf, seine Entscheidung zu überdenken. „Dass eine Friedensstatue in Berlin unter außenpolitischem Druck einer anderen Regierung entfernt werden soll, greift sowohl in die Freiheit der Kunst als auch in die notwendige Erinnerungsarbeit ein“, heißt es in dem offenen Brief.

    Eine prominente Unterstützerin der Petition ist Soyeon Schröder-Kim, die koreanischstämmige Ehefrau des Ex-Bundeskanzlers Gerhard Schröder (SPD). Sie schrieb in einem offenen Brief an von Dassel bei Facebook: „Deutsche Behörden sollten sich nicht daran beteiligen, japanische Kriegsverbrechen, auf die eine unabhängige Bürgerinitiative hinweist, zu unterdrücken.“ Sie hoffe gemeinsam mit ihrem Mann, dass das Bezirksamt Berlin-Mitte bei seiner Entscheidung, die „Friedensstatue“ zu genehmigen, bleibe.

    Die Direktorin des „Womens’ Active Museum on War and Peace“ aus Shinjuku, dem Tokioter Partnerbezirk von Mitte, Mina Wanatabe, schrieb von Dassel, sie schäme sich dafür, dass Japans Regierung Druck auf Berlin ausübe. Sie verwies auf Resolutionen des Europarlaments und des UN-Menschenrechtrats, die eine Anerkennung des Unrechts an den „Trostfrauen“ einforderten und sich für aufklärerische Maßnahmen aussprechen.

    #Corée #Japon #Allemagne #prostitution #esclavage #guerre #femmes #politique #histoire #Berlin #Moabit #Birkenstraße #SPD

  • Friedensstatue : Denkmal für Trostfrauen darf vorerst bleiben (neues-deutschland.de)
    https://www.neues-deutschland.de/artikel/1143101.friedensstatue-denkmal-fuer-trostfrauen-darf-vorerst-bleib

    A Berlin l’association qui devait sur ordre du maire local enlever le mémorial pour les femmes esclaves sexuelles de l’armée japonaise ne se plie pas au décrèt du maire. Elle a porté plainte et pourra attendre la décision du tribunal saisi.

    13.10.2020, von Mascha Malburg - Die Friedensstatue in Berlin-Moabit sollte laut Bezirksamt bis diesen Mittwoch entfernt werden. Doch nach massenhafter Kritik und einem Eilantrag beim Verwaltungsgericht darf das Denkmal vorerst bleiben

    Sie darf erst einmal sitzen bleiben: Die Statue einer jungen Frau in koreanischer Tracht, die seit zwei Wochen in Berlin-Moabit an die Frauen erinnert, die während des Zweiten Weltkrieges in japanischen Militärlagern als sogenannten »Trostfrauen« sexuell versklavt wurden, ist auch an diesem Mittwochmorgen noch auf ihrem bronzenen Stuhl an der Ecke Birkenstraße anzutreffen.

    Vergangenen Donnerstag hatte das Bezirksamt Mitte seine Genehmigung für die Statue, die der Korea-Verband erst Ende September aufgestellt hatte, plötzlich widerrufen. In einer Pressemitteilung erklärte Bezirksbürgermeister Stephan von Dassel (Grüne), der Korea-Verband müsse die sogenannte Friedensstatue bis diesen Mittwoch entfernen. Hintergrund für diese Entscheidung war laut »taz«-Berichten ein Anruf des japanischen Außenministers, der in einem Gespräch mit Außenminister Heiko Maas (SPD) seinen Unmut über die Figur geäußert habe.

    Daraufhin hatte der Korea-Verband einen Eilantrag vor dem Verwaltungsgericht auf einstweiligen Rechtsschutz gestellt. Das Bezirksamt Mitte teilte am Dienstagabend mit, damit sei die vorerst gesetzte Frist zum Abbau des Mahnmals hinfällig. Man wolle vorerst abwarten, bis die Bewertung des Verwaltungsgerichts vorliege, hieß es in einer Pressemitteilung. Bezirksbürgermeister von Dassel erklärte, diese Zeit würde man nutzen, um die eigenen sowie die Argumente aller beteiligten Akteurinnen und Akteure erneut abzuwägen. »Wir wünschen uns einen Kompromissvorschlag, der den Interessen des Korea-Verbands sowie den Interessen der japanischen Seite gerecht werden kann«, sagte von Dassel.

    Schon bei der Einweihung ähnlicher Friedensstatuen in Kanada oder den USA hatte es enormen Gegenwind seitens der rechtskonservativen Regierung Japans gegeben. Wie die Japanologin Dorothea Mladenova auf der Webseite der Universität Leipzig erklärt, stehen die »Trostfrauen-Statuen« im Mittelpunkt regelrechter »Geschichtskriege«, die seit Jahren zwischen zivilgesellschaftlichen Organisationen aus Südostasien und rechtsnationalen japanischen Kräften ausgefochten werden. Die Japanologin beobachtet nun auch in Berlin ein »eingeübtes Ritual«, in dem die japanische Diplomatie reflexartig gegen das Aufstellen der Statuen oder die Aufführung von Filmen über das Kriegsverbrechen protestiert.

    Für die scheinbare »Beugung« des Bezirksamt Mitte vor jener japanischen Diplomatie hatte es in den vergangenen Tagen heftige Kritik geregnet. »Das Bezirksamt Mitte kann nicht einfach eine Genehmigung erteilen und sie dann ohne konkrete Gründe entziehen«, erklärte Yannick Haan, Co-Kreisvorsitzender der SPD Berlin-Mitte. Die Statue sei ein wichtiger Beitrag gegen sexualisierte Kriegsgewalt gegen Frauen. Gerade bei einem solchen Thema müsse ein Amt die Entscheidungen transparent darstellen. Das sei in diesem Fall nicht passiert. Auch die Abgeordneten aus der Grünen-Fraktion der Bezirksverordnetenversammlung Mitte stellten sich gegen die Entscheidung ihres Parteikollegen von Dassel und sicherten dem Korea-Verband ihre Unterstützung im Erhalt der Friedensstatue zu.

    Am Dienstag zogen zudem 250 Menschen mit Stühlen von dem Denkmal in der Birkenstraße zum Amtssitz des Bezirksbürgermeisters im Rathaus Tiergarten und erinnerten mit Musik und Redebeiträgen an diejenigen, um die es hier eigentlich mal ging: An die Hunderttausenden Frauen, die weltweit Opfer von sexualisierten Kriegsverbrechen werden und deren Stimme in den meist von Männern geführten, nationalen Machtkämpfen untergeht.

    #Corée #Japon #Allemagne #prostitution #esclavage #guerre #femmes #politique #histoire #Berlin #Moabit #Birkenstraße

  • #ANALYSES DE GAUCHE DU PORNO (compilation par #SONIA_ESS)
    https://tradfem.wordpress.com/2020/10/13/analyses-de-gauche-du-porno

    #Noam_Chomsky dit à propos de la pornographie : « La pornographie représente l’humiliation et l’avilissement des femmes. C’est une activité scandaleuse. Les femmes sont avilies comme de vulgaires objets sexuels. Ce n’est pas ce que sont les êtres humains ». Il est allé plus loin lorsqu’on lui a posé la question la plus courante que les défenseurs de la pornographie aiment évoquer : Ces femmes n’ont-elles pas choisi d’être dans l’industrie du porno ? « Le fait que ces personnes acceptent et soient payées », a répondu Chomsky, « est à peu près aussi convaincant que d’affirmer que nous devrions être en faveur des ateliers clandestins en Chine où les femmes sont enfermées dans une usine et où l’usine brûle et où elles meurent toutes. Oui, elles ont été payées et ont consenti, mais cela ne me rend pas pour autant favorable à cette pratique. Donc, cet argument est irrecevable. Quant au fait que c’est l’érotisme de certaines personnes, eh bien, c’est leur problème. Cela ne veut pas dire que je dois y contribuer. S’ils tirent du plaisir de l’humiliation des femmes, alors ils ont un problème ».
    Dans le livre de #Chris_Hedges, publié en 2009, L’empire de l’illusion : La Mort de la culture et le Triomphe du spectacle (LUX Éditeur), au chapitre 2, « L’Illusion de l’amour », Hedges consacre 33 pages à démanteler l’industrie du porno et à dénoncer les violences sexuelles
    « Dans notre société, on dit aux femmes qu’elles ont deux choix », déclare #Gail_Dines, autrice de Pornland : Comment le porno a envahi notre sexualité (#Éditions_LIBRE, 2020, Traduction : Nicolas Casaux). « Elles sont soit baisables soit invisibles. Être baisable signifie se conformer à la culture du porno, être sexy, être soumise et faire ce que l’homme veut. C’est la seule façon d’être visible. Vous ne pouvez pas demander aux adolescentes, qui meurent pour acquérir de la visibilité, de choisir l’invisibilité. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : The price of the pleasure
    #système prostitutionnel #prostitution-prostitution_filmée #violences_masculines #exploitation_sexuelle

  • « De l’amoureux protecteur au pimp violent : la mise sous emprise des femmes trafiquées à des fins d’exploitation sexuelle »

    Résumé
    Cet article découle d’une recherche-action sur la traite à des fins d’exploitation sexuelle au Québec. S’appuyant sur des cas documentés (données originales ou secondaires), il expose cinq types de leurres que les proxénètes mettent en place pour recruter de jeunes Québécoises, les introduire dans le système prostitutionnel, et éventuellement les trafiquer par des déplacements à l’intérieur des frontières canadiennes. Ces leurres sont : 1) le piège amoureux ; 2) la promesse de revenus élevés et d’un style de vie glamour ; 3) l’aide au « chum » endetté ; 4) la servitude pour dette ; 5) l’instrumentalisation des autres femmes prostituées. L’article montre ainsi comment l’amoureux protecteur se transmue en un proxénète qui recourt, dans des délais pouvant être très courts, à différentes formes de violence, dans le but de contraindre sa recrue à générer des revenus considérables qu’il s’accapare. Enfin, les auteures livrent une réflexion féministe et matérialiste sur le modus operandi du pouvoir masculin dans des situations de traite ou de prostitution, alors que duperie et manipulation psychologique jouent un rôle majeur dans l’obtention du pseudo consentement des femmes à être prostituées, un rôle tout aussi déterminant que les sévices physiques.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/13/de-lamoureux-protecteur-au-pimp-violent-la-mise-sous-em

    #féminisme #prostitution

  • Wie Japan dafür sorgt, dass in Berlin ein Denkmal verschwindet
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/tokios-arm-reicht-bis-nach-moabi-li.110818

    Suite à une intervention de l’ambassadeur japonais le maire écolo de l’arrondissement Mitte de Berlin décrète la disparition d’un mémorial dédié aux esclaves sexuelles coréennes.

    Malheureusement l’auteur de l’article place l’esclavagisme sytématique japonais au même niveau avec les abus commis par les troupes soviétiques pendant la conquête de l’Allemagne nazie. Contrairement aux militaires japonais et allemands les officiers et tribunaux de l’armée rouge punissaient les soldats coupables de viols de femmes des pays occupés.

    Cet article est un bon exemple pour le reflexe anticommuniste profondément enraciné dans l’inconscient de la majorité des allemands.

    Der Bezirksbürgermeister von Mitte knickt vor den Forderungen Tokios ein und will ein neu errichtetes Denkmal gegen sexualisierte Gewalt in Kriegen in Moabit wieder entfernen lassen.

    Ist es Aufgabe eines Berliner Stadtbezirks, internationale Politik zu machen? Dies ist offenbar die Meinung von Mittes Bürgermeister, Stephan von Dassel (Bündnis 90/Die Grünen). Er erließ in der vergangenen Woche die Anordnung, eine sogenannte Friedensstatue zu entfernen, die erst am 28. September in der Moabiter Birkenstraße errichtet worden war. Der Korea-Verband, der vor allem aus interessierten Deutschen besteht, hatte dieses Mahnmal aufgestellt – mit Genehmigung des Bezirksamts und in Anwesenheit der Leiterin des Fachbereichs Kunst, Kultur und Geschichte.

    Mit der Statue protestiert der Verband gegen sexualisierte Gewalt in Kriegen, vor allem gegen Frauen. Als Beispiel wählten sie das Vorgehen der japanischen Armee im Zweiten Weltkrieg, als schätzungsweise 200.000 Mädchen und Frauen gezwungen wurden, sich für japanische Soldaten zu prostituieren. Viele der Mädchen waren noch sehr jung, manche sollen erst 11 Jahre gewesen sein. Japans Regierung nannte die Opfer dieser Gewalt „Trostfrauen“. Rekrutiert wurden sie vor allem aus den Ländern, mit denen Japan damals im Krieg war, hauptsächlich aus China, Korea und anderen Staaten im Pazifikraum.

    Sexualisierte Gewalt in Kriegen war keine japanische Spezialität, auch die deutsche Wehrmacht oder die Rote Armee der Sowjetunion wandte dieses Mittel an, um einerseits die eigenen Soldaten zu befriedigen, aber auch zur Demütigung der „Feinde“. Dieses Phänomen gibt es schon seit Jahrhunderten und es existiert bis heute. Dass der Korea-Verband das Beispiel der Japaner wählte, hat mit den äußeren Umständen zu tun. Bis heute lehnt die Regierung in Tokio eine Diskussion über Kriegsschuld und auch diese Vergewaltigungen ab, sie stellt ihr Land ausschließlich als Opfer dar. Eine Aufarbeitung gibt es nicht. Erst 1991, fast ein halbes Jahrhundert nach Kriegsende, haben sich überlebende „Trostfrauen“ getraut, an die Öffentlichkeit zu gehen.
    Der freie Stuhl ist für die, die nicht überlebt haben

    Aber nicht in Japan, dort ist das nicht möglich. In Seoul, der Hauptstadt Südkoreas, demonstrierten sie vor der japanischen Botschaft. Und seitdem jeden Mittwoch, bis heute. Im Jahr 2002, dem Jahr der tausendsten Mittwochs-Kundgebung, wurde das erste Mahnmal gezeigt: Ein Mädchen in Lebensgröße sitzt auf einem Stuhl, die Hände zu Fäusten geballt. Ihr Schatten auf dem Boden zeigt eine alte, gebeugte Frau. Der Stuhl daneben ist frei, er steht für diejenigen, die nicht überlebt haben. Und er lädt dazu ein, sich solidarisch neben sie zu setzen.

    Eine Kopie dieser Statue wurde in Moabit aufgebaut. Das Kulturamt gab die Genehmigung für ein Jahr und kündigte sogar die Teilnahme der zuständigen Stadträtin Sabine Weißler an. Wie der Bürgermeister ist auch sie für die Grünen im Bezirksamt, also für eine Partei, die für sich in Anspruch nimmt, gegen sexualisierte Gewalt und Krieg einzustehen. Tatsächlich teilgenommen hat Weißler dann aber nicht. Und unmittelbar nach der Errichtung der Statue protestierten die japanische Botschaft und sogar der japanische Außenminister gegen die Aufstellung. Es ist schon ungewöhnlich genug, dass das Außenministerium eines 126-Millionen-Staates sich direkt an den Bürgermeister eines Stadtbezirks in 9000 Kilometer Entfernung wendet, um die Entfernung eines Mahnmals zu fordern. Erstaunlich ist aber auch, dass dieser Bürgermeister davor einknickt, obwohl er einer Partei angehört, die sich einst als „parlamentarisches Spielbein der Friedensbewegung“ betrachtete.
    Am Mittwoch muss das Denkmal wieder entfernt werden

    Von Dassel argumentiert in einer Pressemitteilung: „Das Bezirksamt [muss] in seiner Rolle als Genehmigungsbehörde grundsätzlich auf Parteinahme in zwischenstaatlichen und insbesondere historischen Konflikten verzichten.“ Mit dieser Argumentation dürfte auch nicht mehr an die Verbrechen in den Kolonien während der Kaiserzeit erinnert werden, nicht an den Holocaust oder an den Mauerbau. Natürlich muss ein Mahnmal Partei ergreifen, sonst wäre es keines. Der von Dassel beanstandete Text auf der Tafel neben der Statue erklärt dabei nur sachlich den Hintergrund des Mahnmals. Er thematisiert nicht einmal das Verhalten der heutigen japanischen Regierung in Bezug auf die „Trostfrauen“, obwohl das durchaus angebracht wäre.

    Am Mittwoch nun soll der Verband das Mahnmal wieder abbauen. Andernfalls würde der Bezirk den Abriss veranlassen und dem Korea-Verband in Rechnung stellen. Unterdessen hat sich die Statue in Moabit zu einem wahren Treffpunkt entwickelt. Ständig stehen Menschen davor, viele legen dort Blumen nieder. Es ist offensichtlich, dass das Mahnmal ein wichtige Funktion bekommen hat. Dass sich der Bürgermeister nun als verlängerter Arm der japanischen Regierung geriert, ist auch in seiner eigenen Partei sehr umstritten. Es bleibt zu hoffen, dass die Entscheidung für den Abriss doch noch zurückgenommen wird.

    #Corée #Japon #Allemagne #prostitution #esclavage #guerre #femmes #politique #histoire #Berlin #Moabit #Birkenstraße

  • JEUDI APRES-MIDI AU #BORDEL : une survivante raconte la violence des clients – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2020/10/10/jeudi-apres-midi-au-bordel-une-survivante-raconte-la-

    Peut-être que je ne peux plus faire ce travail, peut-être que je ne peux plus supporter l’existence de ce #système menteur dans lequel des vieux hommes lubriques baisent des jeunes filles, en fait les brisent si ça leur plait, comme autrefois les filles « souillées » ou « tombées » étaient consignées à la #prostitution, (c’était la coutume à l’époque médiévale : une fois qu’une fille est « corrompue », qu’est-ce que ça peut faire qu’elle soit prostituée ?) Donc de nos jours, les filles sont violées par leurs pères, frères, grands-pères et oncles, ce qui les amène logiquement à entrer dans cette branche d’activité où elles sont de nouveau traitées comme des moins que rien, criminalisées, discriminées, et re-victimisées.

    Ma misérable condition, je considère que l’État allemand est en partie responsable, parce qu’il ne juge pas nécessaire de donner une chance, au moins une deuxième chance, aux #enfants « anti-sociaux » abusés et maltraités dont la vie a commencé dans des circonstances désastreuses—circonstances sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle. Et c’est de cette condition misérable que certains hommes et le système patriarcal, profitent : mes #prostitueurs, mes proxénètes, et l’État allemand.

    J’ai été utilisée et jetée par la société, comme si c’était ma faute d’avoir été une enfant maltraitée, et maintenant je suis une pariah—n’importe qui peut faire de moi ce qu’il veut, apparemment tout le monde peut me baiser s’ils en ont envie ; en fait plus vraiment n’importe qui, maintenant c’est seulement ceux qui peuvent payer, et ce qu’ils veulent puisqu’ils payent, c’est que j’accepte enfin de mettre tous mes trous à leur disposition.

    Et il y a ces messieurs de l’IRS (l’administration fiscale) qui veulent aussi leur part, n’est-ce pas ? En plus de mon proxénète dont j’ai littéralement acheté la maison, la Jeep et la Mercédès classe S en me faisant baiser. Lui aussi peut me baiser quand il veut, ça va sans dire, vu la façon dont il traite mes collègues ses autres prostituées qui ne doivent pas lui dire non, ou sinon…

    #viol

  • « #Tadata ou la #prostitution comme business model [...] C’est une start-up. Qui permet à des jeunes, dès leur majorité numérique (fixée à 15 ans pour la France), à des jeunes de 15 ans donc, de vendre (oui oui) leurs données personnelles à des tiers et d’en tirer (plus que maigre) bénéfice à base de bons d’achats, coupons de réductions et - parfois seulement - contre (très peu) d’espèces sonnantes et trébuchantes. »

    https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/10/tadata-ou-la-prostitution-comme-business-model.html

    Très bon article sur cette activité de proxénète des données.

    #vie_privée

  • La lutte des places des prostituées | Revue Projet
    https://www.revue-projet.com/articles/2020-09-caro-la-lutte-des-places-des-prostituees/10586

    La rue Saint-Denis, à Paris, est un lieu historique de prostitution. Peu à peu, la gentrification efface les silhouettes féminines transgressives et les vitrines érotiques. Récit d’une mobilisation de prostituées pour conserver leur ancrage dans le quartier.

    [...Les prostituées engagées dénoncent aussi le changement urbain à l’œuvre au cœur de Paris, auquel elles donnent les couleurs d’une gentrification annoncée. La rénovation du quartier des Halles voisin et le renouvellement de sa population joueraient selon elles un rôle non négligeable dans les menaces de fermetures de studios. Elles soulignent d’une part que le périmètre prostitutionnel visé est celui du bas de la rue Saint-Denis, proche du forum des Halles, où la valeur des appartements a décuplé en quelques années depuis la rénovation du quartier. Au regard de cet élément, elles dénoncent dans Le Parisien libéré du 28 mars 1985 une vaste opération de spéculation immobilière : « L’offensive menée aujourd’hui n’est qu’une question de gros sous, on veut récupérer les studios que nous habitons et dont nous sommes propriétaires, pour réaliser une importante affaire immobilière. » D’autre part, elles signalent les attitudes de rejet qu’elles subiraient de la part de nouveaux habitants. Assurant être intégrées au tissu local sans troubler le quartier, elles décrivent un réseau d’interconnaissance bienveillant développé avec le voisinage antérieur à la rénovation urbaine : « Les riverains, on les connaît tous. Les vrais habitants du quartier, on s’entend très bien avec eux. Ceux qui râlent, ce sont les jeunes cadres qui veulent vivre aux Halles. » (AFP, 25 mars 1985). Elles déplorent l’arrivée d’une nouvelle population, qui inciterait selon elles le maire à « faire de l’électoralisme », suscitant une volonté politique de modifier les usages du quartier...]

    L’espace de la prostitution. Eléments empiriques et perspéctives en sociologie de la déviance [article] Lilian Mathieu
    https://www.persee.fr/doc/socco_1150-1944_2000_num_38_1_1794
    #prostitution #prostituées #proxénétisme #grève_du_sexe #gentrification #Paris #revue_projet

  • Une saison masquée, les personnes prostituées en grande difficulté
    Difficile mais impératif combat pour l’abolition du système prostitutionnel

    Bénévoles et salarié·es de l’Amicale du Nid, nous avons fait le constat depuis le confinement, de la plus grande précarité des personnes en situation de prostitution (une écrasante majorité de femmes) qui ont perdu une grande partie de leur revenu, n’ont pu trouver l’aide des parcours de sortie (commissions suspendues, dossiers difficiles à réaliser, non délivrance ou non renouvellement du droit de séjour à des personnes en parcours de sortie) et ont souvent été soumises à plus de violences encore, pressées de rapporter de l’argent aux proxénètes en prenant tous les risques. Dans les associations spécialisées dans le domaine social, il y a, dans cette période, une attention soutenue portée aux plus exposé·es, aux plus vulnérables et une grande mobilisation des acteurs·rices comme dans le système sanitaire soumis à une charge à la limite du supportable tant sur le plan physique que psychique.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/09/29/une-saison-masquee-les-personnes-prostituees-en-grande-

    #féminisme #prostitution

  • Un des tabous de l’activisme est celui de la fausse représentation.
    En matière de prostitution, des hommes prétendent représenter les femmes, des entremetteurs présentent représenter des « travailleuses »... et les médias jouent le jeu en laissant des « blousons dorés » exproprier la parole des premières concernées.
    Il y a deux semaines, cinquante personnes de gauche ont marqué un grand coup en publiant dans L’HUMANITÉ un coup d’estoc au STRASS, spécialiste de l’enfumage médiatique.
    TRADFEM a été autorisé à traduire ce texte vers l’anglais, dans l’esprit de l’ouvrage de Julie BINDEL, « The Pimping of Prostitution » :
    https://tradfem.wordpress.com/2020/08/16/collective-op-ed-the-strass-organization-is-hiding-the-corporatis
    #STRASS #Bindel #prostitution #récup #L'HUMANITÉ

  • Tribune collective : Sous le Strass, le corporatisme d’un monde libéral et antiféministe – Marche Mondiale des Femmes France
    https://marchemondialedesfemmesfrance.org/2020/07/31/tribune-collective-sous-le-strass-le-corporatisme-dun
    https://secure.gravatar.com/blavatar/a17b88ff42a5c07770b64d8d57994623?s=200&ts=1596704692

    En fait, un syndicat doit faire preuve d’une totale indépendance à l’égard de l’employeur. Ce n’est manifestement pas le cas du Strass puisque ses principales revendications portent sur « la dépénalisation du #proxénétisme et le refus de pénaliser les clients. Autrement dit, garantir et préserver la liberté pleine et entière d’exploiter ! » soulignent Sophie Binet et Sabine Reynosa, de la CGT.
    Le Strass tout comme Médecins du monde France (contrairement à Médecins du monde Espagne qui se bat pour l’abolition de la #prostitution) ont saisi le Conseil constitutionnel en janvier 2019 pour demander la suppression du délit « d’achat d’un acte sexuel sur les enfants, les personnes handicapées, les femmes enceintes et les personnes vulnérables », arguant que ces catégories de personnes pouvaient elles aussi « consentir ». Leur argumentaire juridique consiste à soutenir que « pénaliser le client » porterait gravement atteinte « à la liberté individuelle, la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre » ! Discours classique de l’idéologie libérale qui fait abstraction de l’atteinte à la dignité des personnes prostituées et ne dit rien des violences qu’elles subissent au quotidien.

    Rappelons que 80 % des personnes qui « consentent » à subir des pénétrations sexuelles non désirées sont des personnes étrangères et que 90 % sont des femmes. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans et leur espérance de vie moyenne est de 34 ans ! La prostitution est une domination de classe profondément misogyne, raciste et LGBTphobe. C’est aussi un système largement pédocriminel (enfant-e-s et adolescent-e-s étant source de plus de profit).