• Les effectifs de la police et de l’armée augmentent-ils alors qu’ils baissent à l’Ecologie et à l’Education ?
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/05/30/les-effectifs-de-la-police-et-de-l-armee-augmentent-ils-alors-qu-ils-bais

    Le gouvernement veut supprimer 50 000 postes d’ici 2022, tout en épargnant certaines missions régaliennes. Une choix intenable, selon la Cour des comptes, sans risquer de passer à côté de son objectif.

    Question posée sur Twitter le 29/05/2019

    Bonjour,

    Vous nous interrogez sur une capture d’écran circulant sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, où l’on voit le nombre de suppressions et créations de postes qu’auraient subi les différents ministères en 2018 et 2019. Alors que l’armée et l’Intérieur voient leurs effectifs augmenter, la santé, l’écologie et l’éducation nationale baissent drastiquement.

    @CheckNewsfr , ils sont vrais ces chiffres ? https://t.co/iQxcycLdE1
    — Ray_le_gnou (@babbouze) 29 mai 2019

    Ces chiffres sont issus du document « chiffres clés » du projet de loi de finances 2019, adopté le 20 décembre 2018. S’appuyant sur la page, « schémas d’emplois », qui recense les créations et suppressions d’emplois prévues dans les ministères en calculant en équivalent temps plein (ETP), l’internaute a additionné les colonnes 2018 et 2019. Notons que les chiffres de 2018 sont ceux votés en 2017 dans la loi de finances initiale, et ceux de 2019 sont ceux prévus pour 2019 dans le projet de loi de finances.

    A chaque fois, les internautes partageant ces chiffres ne mentionnent pas le ministère devant subir la plus forte baisse : celui des Comptes publics. Après avoir voté la suppression de 1450 ETP en 2018 au sein de ce ministère, les parlementaires en ont approuvé 1947 ETP en 2019.

    En deuxième position arrive l’Education nationale, qui voit 1800 postes supprimés, mais qui n’en avait eu aucun en 2018. Puis la Transition écologique et solidaire (811 et 828), la Santé (258 et 250), l’Economie (198 et 280), le Travail (239 et 233), l’Agriculture (130 et 140), les Affaires étrangères (100 et 130), la Culture (110 et 150) et enfin la Cohésion des territoires (15 et 15).

    A l’inverse, le ministère de l’Intérieur, après s’être vu promettre 1420 ETP supplémentaires en 2018, devrait en avoir 2153 en 2019. Suivi de la Justice (1000 et 1300), les armées (518 et 466), les services du Premier ministre (75 et 181) et l’outre-mer (20 et 23). Seuls les ministères des Sports et de l’Enseignement supérieur sont censés rester à périmètre constant sur ces deux années.

    Ces chiffres ne prennent pas en compte, par ailleurs, les suppressions de postes chez les « opérateurs » des ministères, c’est-à-dire des opérateurs privés ou publics des ministères, mais à qui sont confiées des missions de service public.

    L’exposé des motifs du projet de loi de finances 2019 résumait ainsi : « Pour 2019, le solde global des créations et des suppressions d’emplois s’élève à - 4 164 équivalents temps plein (ETP), dont 1 571 ETP pour l’État et 2 593 ETP pour les opérateurs. Ce solde net permet de financer de manière soutenable les priorités du Gouvernement ». Et affirmait : « le projet de loi de finances pour 2019 marque le renforcement de la dynamique des suppressions nettes d’emplois pour l’État et ses opérateurs initiée en 2018. »

    Diminuer le nombre d’emplois dans la fonction publique est une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, qui avait annoncé aux Echos vouloir supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, dont 50 000 dans la fonction publique d’Etat. Un objectif inscrit dans la loi de programmation des finances publiques 2018-2022, promulguée en janvier 2018, qui prévoit donc la suppression de 50 000 emplois pour l’Etat et ses opérateurs d’ici 2022.

    Un peu avant l’été, la Cour des comptes avait par ailleurs rappelé qu’étant donné que des créations de postes étaient prévues dans plusieurs missions (justice, intérieur, armée), « pour atteindre l’objectif d’une réduction nette de 50 000 emplois prévue par la trajectoire de la LPFP, ce seront donc 70 000 emplois qui devront être supprimés ». Et concluait ainsi que, si les effectifs de l’Education nationale devaient rester stables, « un tel effort [de suppression de postes] ne pourrait être concentré sur les seuls autres ministères ne bénéficiant pas de ces créations, qui ne représentent que 300 000 emplois, soit 15 % des effectifs de l’État : cela correspondrait en effet à une réduction de leurs effectifs près de 25 % en cinq ans ».

    Comme Libération l’écrivait en septembre dernier, « dans la majorité, on commence à espérer que la pyramide des âges fera l’affaire et que les "500 000 départs à la retraite d’ici à 2022 dans le périmètre Etat" suffiront. "Le non-remplacement des départs à la retraite sur ces autres missions serait largement insuffisant, répondait déjà la Cour. Pour être réalisée, la diminution de 50 000 effectifs dans la fonction publique d’Etat implique que tous les ministères soient concernés par ces diminutions". Pour l’instant, ce n’est pas le choix du gouvernement. »

    Cordialement


  • Why India Needs the Left
    https://thewire.in/economy/india-left-future-economy-social-policy

    C’est en #Inde et c’est partout. #néolibéralisme #guerre_aux_pauvres #proto-fascisme #fascisme #homme_providentiel #Narendra_Modi
    Très communiste orthodoxe, pas un mot sur l’écologie...

    Neoliberal capitalism, which India in common with most other countries had adopted of late as its economic regime, has now reached a dead end. Not only is the economic crisis that began in 2008 persisting in metropolitan countries, but it has now even spread to countries like India and China which initially appeared immune to it.

    Even earlier, when the Indian economy was apparently growing at unprecedented rates, the petty production sector including peasant agriculture was getting drastically squeezed, a consequence of which was the suicide of more than three lakh peasants over the past two decades. This was because the neoliberal regime entails not, as is commonly supposed, a withdrawal of the state from the economy as such and “leaving things to the market”, but state support exclusively for the interests of globalised capital, with which the domestic corporate-financial oligarchy is closely integrated. It entails, therefore, state withdrawal from its earlier role of sustaining and defending petty production. Petty production under neoliberalism is left free to be “spontaneously” encroached upon by the capitalist sector, which unleashes upon it a process of what Karl Marx had called “primitive accumulation of capital”, reminiscent of the colonial period that had been marked by a similar process.

    In India, significantly, the per capita food grain output between 1990-91 and 2013-14 (both good crop years) has remained almost stagnant, suggesting a supply-side squeeze, while per capita food grain availability has declined by 4%, suggesting a squeeze on the purchasing power of the working population in general.

    The extent of hunger in the country was recently highlighted by an IFPRI index that ranked India 100th in a list of 119 countries afflicted by hunger (which excludes the advanced countries). What is less known is that during these very years when hunger has stalked the country, India has been a significant net exporter of food grains to the world market, where such grains are used as feed grains for animals in rich countries.

    Poverty in India is conceptually linked to a calorie norm: of 2,200 calories per person per day in rural India and 2,100 in urban India. The percentage of the rural population below 2,200 calories has increased from 58 in 1993-4 to 68 in 2011-12 (a good crop year); a similar result holds for urban India. All claims about a reduction in poverty during the period of neoliberalism, therefore, are without any foundation.

    It is this scenario, which is not confined to India alone, that has produced the current global upsurge of fascism. Nowhere as yet do we have the institution of a fascist state, but fascist elements are in power in many countries, including ours, wanting to usher in a fascist state. Such fascist elements exist normally as a fringe phenomenon in all bourgeois societies, but they come centre-stage in periods of crisis, when established bourgeois political formations are incapable of providing any solutions to the crisis and when working-class parties are too weakened and debilitated to fill the void; and they do so with the support of big business which uses them as a bulwark against any potential threat to its hegemony. Their agenda for resolving the crisis consists not of any concrete thought-out measures, but in projecting a “messianic” leader and ruthlessly subjugating the “other”, usually some hapless minority group, which is made responsible for the crisis.

    It is this scenario, which is not confined to India alone, that has produced the current global upsurge of fascism. Nowhere as yet do we have the institution of a fascist state, but fascist elements are in power in many countries, including ours, wanting to usher in a fascist state. Such fascist elements exist normally as a fringe phenomenon in all bourgeois societies, but they come centre-stage in periods of crisis, when established bourgeois political formations are incapable of providing any solutions to the crisis and when working-class parties are too weakened and debilitated to fill the void; and they do so with the support of big business which uses them as a bulwark against any potential threat to its hegemony. Their agenda for resolving the crisis consists not of any concrete thought-out measures, but in projecting a “messianic” leader and ruthlessly subjugating the “other”, usually some hapless minority group, which is made responsible for the crisis.

    Of course, what we have today is not a replication of the fascism of the 1930s. It is also marked by country-specific characteristics. But it has the basic features of all fascism: the propagation of a “supremacism” (“white supremacism” in the West, “Hindu supremacism” here); an apotheosis of unreason (manifested in “supremacism” and the projection of a “messiah”); a grassroots movement (which distinguishes it from mere authoritarianism) and an alliance with big capital.


  • Les « renseignements » français ou la gouvernance militaire de la Vème « république ». (Vous reprendrez bien une part de « CheckNews » ...)

    Est-il fréquent que des journalistes soient convoqués par la DGSI ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/05/22/est-il-frequent-que-des-journalistes-soient-convoques-par-la-dgsi_1728813

    Si cette liste n’a pas valeur d’exhaustivité, elle témoigne de deux choses : il n’est pas si « fréquent », pour répondre à votre question, que des journalistes soient convoqués par la DGSI. Excepté très récemment où, en l’espace de quelques semaines, la DGSI a convoqué pas moins de six journalistes, à chaque fois pour des motifs proches.

    #protection_des_sources #liberté (de la presse) #proto-fascisme


  • Trump, Macron et l’arrogance française
    https://tagrawlaineqqiqi.wordpress.com/2019/05/04/trump-macron-et-larrogance-francaise

    Ça n’est ni une nouveauté ni un mystère, nous, Français, sommes un peuple arrogant. Et après tout, personne, même pas un peuple, n’est tenu à être parfait. Nous sommes si arrogants que lorsque Trump a commencé ses trumperies, nous nous sommes gaussés. « Ah ! Ces Américains, tout de même ! Qu’ils sont cons avec leur président qui parle […]

    https://0.gravatar.com/avatar/fae7880a13ff373ef7ab14b76ec88027?s=96&d=identicon&r=G


  • Macron est-il populiste ? - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Macron-est-il-populiste

    Injustice, arbitraire et violences sociales, c’est exactement ce que nous craignons quand nous refusons l’extrême droite mais c’est depuis l’extrême centre que le fascisme et l’autoritarisme se déploient. L’ambassadeur français à Washington le résume bien : « Je suis vraiment convaincu que l’élection de Trump marque la fin de quarante ans de néolibéralisme. La période où le monde entier était convaincu que le libre échange, c’était le bien, que le marché, c’était le bien et les taxes le mal, l’intervention étatique le mal. Et tout à coup, avec l’élection de Trump, le Brexit et la vague populiste dans les pays occidentaux, dont la France, le signal que nos citoyens nous donnent : "Pas question, c’est fini." » Sauf que Macron semble arriver trente ans trop tard, en Chicago boy à contre-temps, et refuser d’entendre le message. Comment peut-il constituer un rempart à l’extrême droite alors qu’il lui prépare des lois et des esprits particulièrement bien disposés ?

    C’est un texte dont je ne suis pas très contente mais je n’arrive pas à faire mieux pour l’instant.

    • La suite, en préfiguration sur Seenthis.

      Il est entendu dans le sens commun que les régimes dans lesquels on choisit son gouvernement sont des démocraties. Et c’est ce que nous répètent à l’envi politiques et journalistes, pour qui les non-démocrates, ce sont les autres : groupes politiques minoritaires ou pays éloignés. Or, pour les historien·nes et les politistes, nos « démocraties libérales » ont bien des caractères démocratiques mais subtilement mélangés à d’autres qui tiennent plutôt de l’aristocratie (le pouvoir des meilleurs) et de la monarchie (le pouvoir d’un seul). On considère souvent que l’élection est le seul geste démocratique, dédaignant l’environnement dans lequel le peuple est amené à voter : liberté et vitalité de la presse, des structures dans lesquelles le peuple s’organise (partis, syndicats, associations, collectifs et groupes informels), diffusion de l’esprit critique dans des débats publics de qualité. Un régime dans lequel la presse relaie la désinformation du gouvernement (comme on l’a vu le 1er mai 2019 avec l’affaire de l’« attaque » d’un hôpital dans lequel s’étaient à vrai dire réfugié·es des manifestant·es paniqué·es par la violence de la répression mais les exemples abondent) et qui dénigre les formes d’organisation populaire et ses expressions (de la présence dans l’espace médiatique à la manif) a des caractères non-démocratiques.

      Au-delà de ce terrain plus ou moins démocratique, les élections sont une institution plus aristocratique que démocratique. Certes, élire, c’est choisir et exercer une certaine liberté. Mais élire, c’est choisir d’être représenté·e par de meilleurs que soi et c’est là un caractère aristocratique. L’élection est à vrai dire une sélection. Non seulement c’est une manière d’acquérir le consentement des gouverné·es et c’est pour ça, et non pour des raisons de faisabilité, qu’elles ont été choisies par les constituants états-uniens et français de la fin du XVIIIe siècle aux dépens de procédures de démocratie directe. Mais de plus les critères de sélection sont assez défaillants. J’ai présenté pendant quelques années une conférence sur ces questions et quand je demandais au public sur quels critères il souhaitait choisir ses gouvernants, les gens me répondaient : intégrité. Or, pauvres de nous, il est bien entendu que ce sont des qualités qui n’aident pas à gravir l’échelle du pouvoir dans un parti, à conquérir l’investiture pour une élection ni même à emporter le suffrage de ses concitoyen·nes…

      Alors que dans l’idéal, nous aimerions donner les clefs de la maison à des personnes intègres et respectueuses du bien commun, dans les faits le choix est contraint par toute une série d’éléments. Les sujets sur lesquels se décident des élections restent toujours peu ou prou la répartition des richesses : alors que le souci pour l’environnement ne cesse de grandir, il ne trouve pas de courroie de transmission politique, qu’il s’agisse du mouvement écologiste en politique ou de l’expérience d’un Hulot et de son président-philosophe qui lui promettait de mener une politique digne de ce nom en matière d’écologie pour éviter l’effondrement des populations d’insectes et la poursuite des émissions excessives de gaz à effet de serre. Ils n’ont pas démérité (enfin, pas trop), ni les Verts, ni Hulot. Le président-philosophe, si. À la trappe, ces questions, les électeurs et électrices sont contraint·es de choisir le ou la candidate du parti qui propose la répartition des richesses qui le convainc le mieux.

      Une autre contrainte est la notabilité. Il est préférable d’être connu·e ou investi·e par un parti qui a « fait ses preuves » car le goût des électeurs et électrices pour le changement est aussi fort que la peur de l’inconnu. D’autre part, le fonctionnement des institutions favorise les candidat·es qui ont des appuis politiques préexistants. Par exemple, dans l’élection de votre maire, il serait dangereux de voter pour une personne qui s’oppose trop frontalement à la majorité de la communauté de communes, vous y perdriez les menus avantages que s’accordent les élu·es qui jouent le jeu de l’intercommunalité. Du changement, certes, mais aussi beaucoup de continuité ! L’élection de Macron est à ce titre une curiosité qui s’explique par son inscription dans d’autres cercles du pouvoir que l’arène des partis.

      Les élu·es sont-ils et elles intrinsèquement supérieur·es aux personnes qui les élisent ? Moi qui ai travaillé pour un groupe d’élu·es aux standards relativement élevés (en matière d’intégrité et de maîtrise « technique » des dossiers), j’ai pu voir que, comme dit Didier Super, il y en a des bien. Mais il y en a aussi beaucoup qui sont franchement inquiétant·es ! Parce qu’au final, dépenser autant d’énergie pour arriver au pouvoir demande des capacités très particulières : ambition débordante, détermination, certitude de la valeur supérieure de sa personne et de ses idées. Je ne pense pas que quiconque ait envie d’avoir pour voisins les présidents qui se sont succédé au pouvoir ces dernières décennies…

      L’élection valorise donc ceux et celles qui veulent et savent se hisser au pouvoir, moins souvent les bon·nes technicien·nes de l’action publique, moins souvent encore les personnalités intègres (qui sont sûrement très pénibles à d’autres points de vue). Ce sont des personnes différentes de celles qu’elles représentent, sur le plan du mérite et très concrètement : il y a moins de femmes que d’hommes dans les assemblées et ce sont de manière écrasante des petit·es bourgeois·es blanc·hes dans la force de l’âge. Serait-ce que leurs électeurs et électrices, qui sont si différent·es, seraient des incapables ?

      Il est une institution qui en France est assez peu appréciée, c’est la conférence de consensus. C’est à mon avis l’institution la plus démocratique qu’on ait jamais inventée (voir ici pour la description d’un de ses avatars). Il s’agit de réunir des citoyen·nes choisi·es au hasard (pas moi, je ne suis pas inscrite sur les listes électorales) et de les faire plancher sur un sujet pendant trois week-ends : le premier pour découvrir, à travers un tour d’horizon des expert·es choisi·es par les organisateurs, le second pour approfondir et critiquer avec des expert·es et sur des questions choisies par les participant·es après leur découverte du sujet, le troisième pour se mettre d’accord. Les résultats montrent que tout le monde sait se saisir d’un sujet, même un peu technique, quand il ou elle est bien accompagné·e. (Au passage : ne vous inquiétez pas de la maîtrise des dossiers par votre élu·e mais de la qualité de son entourage, assistant·es parlementaires et cabinet, dont c’est le métier.) J’étais intervenue un jour à une procédure municipale inspirée de la conférence de consensus mais dont le maître d’œuvre n’avait pas bataillé sur le tirage aux sort des participant·es et dans la salle il y avait une majorité de vieux messieurs très professionnels qui tiraient les sujets vers leur domaine de compétences sans être capable de rien examiner sans préjugé. C’était bien plus grave que de tirer au sort parmi des dizaines de personnes une personne déficiente mentale ou peu adaptée à la vie sociale. Bien plus grave !

      C’est une bonne nouvelle, d’apprendre que nous valons au moins autant que les élu·es et que cette aristocratie est au fond assez toxique. C’en est une moins bonne de savoir que ce sont malgré tout toujours des élu·es qui font à notre place des choix importants.

      Un autre caractère non-démocratique, c’est le côté monarchique des gouvernements représentatifs, caractère particulièrement accentué dans le cas français et qu’on ne retrouve dans aucune autre constitution, à part peut-être le Chili de Pinochet. Une fois élu, le représentant a dans notre pays un chèque en blanc, ce qui n’est pas le cas ailleurs où ils et elles peuvent être parfois démis de leurs fonctions. Il n’a aucune obligation de rendre des comptes (comme vous quand vous avez décroché une subvention publique) ni de respecter son programme ou ses promesses de campagne, ce qui est une procédure très étonnante. Les inventeurs du gouvernement représentatif ont choisi cette procédure au motif que la conjoncture aussi bien que la qualité des débats dans les assemblées pouvait faire réfléchir un élu, atténuer la force de ses positions ou même le faire changer d’avis. Voilà qui est très intéressant mais dans la pratique, cela permet à des personnes élues par des scrutins de liste de changer de groupe politique en cours de mandat, y compris dans des institutions sur lesquelles ne pèse pas le poids de la tradition, comme le Parlement européen. C’est peu respectueux du suffrage mais c’est comme ça : les élus ne doivent de comptes à personne et sont maîtres chez eux.

      Dans le cas français, le scrutin majoritaire personnifie à outrance le débat politique et on a vu en juin 2017 se renouveler 577 fois le drame de l’élection présidentielle : celui qui arrive en tête du premier tour gagne l’élection, quand bien même il aurait remporté 24 % des suffrages. La menace que constitue un parti d’extrême droite n’a fait qu’exacerber le caractère très violent de cette procédure qui n’admet pas de voix minoritaires, de voix qui ne soient capables d’atteindre 50 % des suffrages exprimés dans une circonscription donnée. C’est une prime aux partis qui ont « fait leurs preuves » ou qui savent faire des alliances mais ces alliances sont bien inéquitables en France, où le mode de scrutin permet à des partis comme le PS de détruire leurs potentiels partenaires, histoire de gouverner seuls. Le premier remporte la mise, la vie politique se structure autour de lui et il a ensuite toute latitude. Le résultat, ce sont des politiques sans compromis et qui sont bouleversées à chaque élection, quand celui qui a déçu est remplacé par un autre qui décevra et qui imposera sa marque sans rien céder aux autres formations politiques et aux personnes qui n’ont pas voté pour lui.

      En 2002, par exemple, Jacques Chirac est élu avec 82 % des voix (un chiffre ridicule, qui m’a réjouie et auquel j’ai contribué, toujours sans regret aujourd’hui). Comme le ridicule ne tue pas, il annonce qu’il gouvernera sur les bases idéologiques qui lui ont valu cinq millions de voix au premier tour, sans compromis avec les vingt-cinq millions de personnes qui lui ont demandé de préserver des valeurs plus consensuelles que son néolibéralisme. Cette violence des gagnants sur les perdants se renouvelle à chaque élection. Elle est d’esprit peu démocratique et il se trouve qu’elle est très contre-productive, je le signale pour ceux qui aiment l’efficacité. Chaque gouvernement qui arrive au pouvoir fait sa politique, « vivre ensemble » et « réduction de la fracture sociale », etc. Comme cela change tous les cinq ans, rien n’est jamais stable et certain. Un expert comptable, spécialiste de l’implantation en France des entreprises étrangères, me disait qu’au fond, le pourcentage d’imposition des entreprises, faible ou très faible, les cadeaux qui sont donnés puis suspendus, tout cela importe peu pour les investisseurs. Ce qui compte, c’est de savoir à l’avance le taux d’imposition et que celui-ci ne varie pas selon les desiderata du dernier pimpin qui a été élu. Or, c’est tout notre monde qui change quand un nouveau venu gagne la course à l’échalote.

      Aristocratique, monarchique, le type de gouvernement qui fait florès en France et ailleurs est encore moins démocratique quand il s’écarte du droit. Rachida Dati, un temps ministre de la justice, a eu un jour ce mot fabuleux : « La légitimité suprême, c’est celle des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l’autorité » D’abord il n’y a pas de majorité de Français quand un président est élu avec moins de dix-neuf millions de voix au second tour. Ensuite on ne sait pas si ces perdus l’ont élu pour restaurer l’autorité ou pour « gagner plus » ou parce qu’ils n’aimaient pas sa concurrente et préféraient un gars. Et dernièrement, la légitimité suprême, c’est celle de la Constitution. Parce que les gouvernants sont limités dans leurs agissements par le droit, ce qui est un moindre mal au regard de leurs difficultés à faire des compromis et à respecter les autres… Le droit, c’est la Constitution mais aussi les conventions signées par la France et qui justifient qu’elle soit régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits [humains]. « Condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme », la France fait régulièrement entorse pour exiger l’empreinte génétique des personnes « mises en cause » dans des crimes ou des délits mineurs, pour refuser de reconnaître des enfants nés de mère porteuse, pour le « traitement dégradant » de mineurs étrangers isolés, pour refuser la reconnaissance du changement de sexe des personnes trans non opérées, pour des violences policières ayant entraîné la mort des personnes retenues, pour « traitement dégradant » des personnes incarcérées ou non-respect des droits des personnes gardées à vue. Etc.

      Les soubresauts de la présidence Macron présentent tous ces caractères peu démocratiques-là : incapacité au compromis et au règlement non-violent des conflits politiques, usage maximal des dispositions monarchiques de la Ve République, non-respect du droit notamment en matière de répression politique. Aux Philippines, Rodrigo Duterte mène une guerre contre la drogue en faisant exécuter sans procès les trafiquants, leurs famille et oups, leurs voisin·es ou les passant·es. Qu’est-ce qui différencie ces exécutions extra-judiciaires des atteintes graves contre les corps qui ont lieu en France à l’occasion des manifestations ? Une vieille dame est tuée à son balcon, une autre mise à terre par une charge de police, une autre très jeune femme rouée de coups qui ont endommagé son cerveau. Des personnes sont punies parce qu’elles manifestent, elles en meurent ou en ont des séquelles à vie. L’État sait depuis longtemps réprimer ceux et celles qui s’attaquent à lui en les mettant devant un tribunal mais aujourd’hui il laisse sa police frapper de manière indiscriminée et il n’a plus le droit – une institution qu’il a lui même créé ! – pour lui. Ses instances de contrôle ne servent plus à rien, Commission nationale consultative des droits de l’homme ou défenseur des droits alertent dans le vide, le pouvoir est en roue libre.

      Duterte aussi a été élu, et peut-être avec de meilleurs chiffres que Macron. Les agissements du président-philosophe, l’impunité de ceux qui commettent ces violences et la complaisance qu’ils reçoivent de la part des grands médias comme des électeurs et électrices de l’extrême centre, tout cela nous fait entrer dans un nouveau régime et fait de cette présidence un exemple de proto-fascisme.


  • Qu’a-t-il donc compris? - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2019/04/25/qua-t-il-donc-compris

    Annonce d’une baisse de l’impôt sur le revenu – mais pas le retour de l’impôt sur la fortune (ISF) – tout en promettant de renforcer les services publics, ce qui nécessitera une réduction de la dépense publique… Vous avez dit antinomique ? Aux Français qui souffrent des emplois précaires aboutissant à de maigres retraites, il répond allongement du travail. Emmanuel Macron a eu beau marteler qu’il fallait « réhumaniser [son] projet de transformation de la société », l’intention est de poursuivre au pas de charge des réformes ultralibérales qui ont mis le pays à feu et à sang.

    Littéralement. Car sa méthode pour calmer les foules réside dans la répression par les forces de l’ordre. Gardes à vue à la pelle, fichage des manifestants depuis les hôpitaux de Paris, violences policières y compris envers des personnes pacifiques. On répondra qu’il y avait des casseurs, des insultes racistes et antisémites dans les cortèges… La France en est arrivée à l’arbitraire, la punition collective, sans droit à un jugement équitable.

    • J’ai eu la malchance de pouvoir écouter la radio d’état entre 17h et 18h hier, sur la route. Des tas de gens importants commentaient la prochaine intervention du Président.

      A aucun moment il n’a été supposé sérieusement que ce régime n’en avait rien à carrer de répondre sérieusement à l’instant présent.

      En fait, personne n’a supposé sérieusement qu’en fait, le Président avait l’intention de faire un bras d’honneur, de mépriser sans l’ombre d’une hésitation, l’ensemble de cet exercice, qui est de parler à ceux qu’il gouverne. Pour la simple raison qu’il doit le pouvoir à d’autres que ceux-ci, et que ceux qui sont gouvernés sont là pour obéir... et pas pour qu’on leur rendre des comptes.

      La semaine dernière, j’ai eu la malchance d’écouter l’allocution du Président qui a eu lieu juste après l’incendie. J’ai été affligé par la vacuité des mots prononcés, par l’absence de recherche. Non pas que l’instant en réclamait de particuliers. Mais s’il pouvait seulement s’exprimer pour dire quelque chose. Mais non. C’est comme la première citation de cet article du Courrier. Tu te demandes comment il est possible que nous ayons désormais des gens à ce point incapables de s’exprimer d’une façon qui impose un minimum de respect.

      «Je crois que j’ai compris beaucoup de choses»

      Je crois que ce Monsieur se moque de nous.

      Hier soir, les journalistes de la radio d’état nous gratifiaient de quelques enregistrements de De Gaulle ou Pompidou... même pas les meilleurs. Mais malgré tout. Et quoiqu’on pense de ces deux là. Au moins, quand ils s’exprimaient, les mots venaient naturellement... et pas sous forme de jets discontinus, comme Hollande ou Sarkozy avant lui.

      Ils se foutent de nous. Et lui particulièrement visiblement.

    • Je découvre la seconde citation :

      « Je crois aux symboles et à l’esprit du temps »

      C’est clair. Il se fout de nous.

      Les symbôles dont il nous parle, même pas au second degré, ce sont bien ceux-là :
      – 48h de GAV pour Glanz et tous les autres dont on ne parle pas ;
      – LBD dans la tête, et lacrimos y compris pour les enfants ;
      – Mise au pas de toutes les voix dissonantes (Yémen, NDDP, ...)

    • Il a compris qu’il pouvait dire n’importe quoi, mentir comme un vendeur de voiture d’occasion, car il a compris qu’il n’y aura aucune conséquences pour lui et ses ami·es de LaREM, et que même peut-être ils arriveraient en tête aux prochaines européennes à défaut d’alternatives crédible.

    • Tout est dans ce mot “crédible” et ce que nous croyons lui donner comme sens. Nous sommes à un tel point de sidération que nous ne sommes plus capables de reconnaître ce qui est crédible et ce qui ne l’est définitivement pas. Quand on juge crédible des gens qui mentent et qui estropient, c’est qu’on est arrivé à un point franchement inquiétant.

      Notre génération (on peut ajouter celle d’avant et celle d’après, tiens, je suis généreux) est à un point d’apolitisme crétin, que... ça en est sidérant, tiens.

      Quand les seuls qui ont un discours et un projet politique - au semble noble du terme - sont désignés comme les seuls dangers... dans l’esprit de la majorité des citoyens... c’est qu’il y a un vrai problème de culture politique. Voire d’intelligence tout court.

      Je vous l’ai déjà dit que je ne peux plus causer politique avec les gens que je côtoie sans être affligé par ce que j’entends ?

      “oh je sais pas pour qui voter ils sont tous nuls”
      « oh non pas lui, il est trop agressif »
      “oh non pas elle, elle est pas crédible”
      « oh non pas lui, il a pas de doudou comme le mien »

    • J’ai commencé par le regarder à la tv, sa gueule ne me revenant décidément pas, je me suis allongé en l’écoutant à la radio. 10 mn plus tard je me suis assoupi (il aurait récité l’annuaire que c’était pareil) une heure après, il causait toujours. C’est quand même dingue, ces gens qui n’ont rien à dire et qui cause tout le temps. Et tous les médias de retranscrire la parole présidentielle et de nous traduire la parole du premier de cordée, des fois qu’on n’aurait pas compris qu’il nous prend pour des cons.

    • Whoua, je découvre via @rezo et @monolecte que comme d’habitude, je suis loin d’être le premier à avoir dit la même chose, mais en moins bien :
      https://seenthis.net/messages/776978

      Nous sommes à peine capables de penser. Usés par des décennies de bourrages de crâne en tous genres. S’il ne doit rester que quelques mots de Slavoj Zizek, c’est ce constat : Nous arrivons plus facilement à imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme. On peut prolonger : Nous croyons plus au capitalisme qu’au monde. Nous croyons plus aux capitaux, aux cathédrales et aux machines, qu’aux êtres vivants, à nous et à nos enfants. Nous ne savons plus ce qui est important, ou alors si mal, si difficilement, si laborieusement. Wir sind die Roboter.


  • Macron moves to prosecute journalists who revealed French arms sales in Yemen war

    https://www.wsws.org/en/articles/2019/04/26/macr-a26.html

    Intéressant, dans une société où le journalisme fait naufrage (en mode câlins au pouvoir), que Macron s’attaque brutalement aux seul·es journalistes digne de ce nom.

    Macron moves to prosecute journalists who revealed French arms sales in Yemen war
    By Will Morrow
    26 April 2019

    In a far-reaching assault on democratic rights and free speech, the government of Emmanuel Macron is moving to prosecute journalists who have exposed both France’s complicity in Saudi Arabia’s illegal war in Yemen as well as the Macron government’s efforts to cover it up.

    The government’s actions are a response to the publication of a report on April 15 by the journalistic organization Disclose, in partnership with The Intercept, Radio France, Mediapart, Arte Info and Konbini. The report includes an internal intelligence report to the president and leading ministers from September last year with precise information on the use of French arms in Yemen. It proves that the Macron government’s claims that it had no evidence that French arms were being used in the war, which has killed tens of thousands of civilians, were lies.

    france #yémen #macron #scandale_d_état

    • Ce régime ne connait que la force. Une loi existe pour atteindre son objectif ? On l’utilise. Un juge ne veut pas interpréter la loi comme on le souhaite ? On change la loi pour que le doute n’existe plus. La modification de la loi est trop lente ? On vote une loi pour pouvoir légiférer par ordonnance et sans débat.

      Ce régime passe par la force et écrase tout ce qui s’oppose à lui.

      Un jour, on finira par le nommer pour ce qu’il est.

      Ce n’est pas parce qu’il ne pratique pas la torture et les exécutions extrajudiciaires qu’il ne mérite pas d’être nommé pour ce qu’il est.

    • Oui @aude_v, je pensais à Adama Traoré en écrivant... ou à l’animateur dont on souhaitait frapper les testicules et dont on n’a « que » déchiré l’anus. Mais pour certains, qui tiennent le crayon, tant que ce n’est pas écrit dans un manuel officiel, ça n’existe pas. Et... d’ailleurs... même quand c’est écrit, ça ne compte pas, parce que par nature, l’état et ses représentants sont là pour défendre le Bien. Et le Bien ne peut pas faire de mal, c’est évident, ça ne se discute même pas.

      C’est dans ce genre de glissements qu’on comprend comment il a été si facile pour tant de gens Biens de passer du Front Populaire flamboyant au Vichisme rabougri.

    • L’été dernier, je me suis engueulée avec mon oncle, un républicain bon teint et assez réglo, qui aime bien penser la politique comme un problème rationnel à discuter en l’absence de toute idéologie ou emportement. Ce qui me va aussi. Mais sur l’affaire Benalla, il était dans le déni des illégalismes (pas grave ou bien Macron ne savait pas, le pauvre) et justifiait la violence sur des manifestant·es. Même si Benalla n’avait pas le droit, il le reconnaissait, ces violences étaient justifiées au motif du maintien de l’ordre et les punitions extra-judiciaires lui semblaient justes. Quand on a appris qu’il s’agissait d’un couple d’amoureux qui ne s’était pas déplacé pour la manif, quand je lui ai dit que ça pourrait être moi qui ne suis pas une manifestante qui pratique les illégalismes, que je pourrais perdre un œil ou une main et ça ne le choquerait pas ? Non, ça ne le choquait pas, c’était une engeance qui n’avait que ce qu’elle méritait. Exit le droit, exit les droits humains.

      Exit le tonton ! Parce qu’être mal informé par TF1 qu’il gobe tous les soirs, n’avoir pas pensé dans des termes qui ont disparu du courant dominant, rester bloqué sur des idées confortables (la démocratie c’est quand tu votes, la République ne fait que le bien), être victime de cette imposture d’un régime prétendument libéral, c’est une chose. Mais trouver normal que soient pratiquées des punitions corporelles extra-judiciaires dans un pays de droit, c’est du fascisme.

      J’ai plus de sympathie pour une personne sans éducation, qui galère et qui se fait entraîner dans des discours haineux et racistes que pour un ingénieur fier de sa rationalité et de son comportement politique libéral et dans les normes, qui est incapable de voir ces normes flotter dangereusement.

      Ça me rappelle cette histoire de normes flottantes que j’avais lue dans ce bouquin à peine feuilleté. C’était il y a dix ans et c’est maintenant...

      Les guerres du climat - Folio actuel - Folio - GALLIMARD - Site Gallimard
      http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-actuel/Les-guerres-du-climat

      Dans un magistral essai de configuration de notre avenir, nourri des enseignements tirés de situations historiques passées mais analysées dans leur spécificité respective, Harald Welzer jette un regard pour ainsi dire clinique et tire la conclusion de cette situation avérée : de plus en plus d’hommes disposeront de moins en moins de bases pour assurer leur survie. Des conflits violents opposeront tous ceux qui prétenderont se nourrir sur une seule et même portion de territoire ou boire à la même source en train de se tarir. Bientôt la distinction entre les réfugiés fuyant la guerre et ceux qui fuiront leur environnement, entre les réfugiés politiques et les réfugiés climatiques, ne sera plus pertinente tant se multiplieront des guerres nouvelles générées par la dégradation du milieu.
      Les guerres induites par le climat seront la forme directe ou indirecte de la résolution des conflits du XXIe siècle et la violence est promise à un grand avenir : l’humanité assistera non seulement à des migrations massives, mais à des solutions violentes aux problèmes des réfugiés ; à des tensions dont l’enjeu sera les droits à l’eau et à l’exploitation, mais aussi à de véritables guerres pour les ressources ; à des conflits religieux comme à des guerres de convictions.
      Creusant le sillon de l’anthropologie de la violence tracé par ses précédentes recherches, Harald Welzer a écrit la première histoire, non convenue, du XXIe siècle.


  • « Le Monde » identifie sur une vidéo un collaborateur de Macron frappant un manifestant le 1er mai à Paris
    https://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappa

    Cette histoire est hallucinante. Un policier menteur libéré à Nantes, un homme de main de l’Elysée qui frappe les gens à terre (vous me direz que c’est une excellente métaphore de toute la politique de Macron que de s’attaquer aux plus faibles)... qui a dit "Etat policier" ? Tuer la contestation dans l’oeuf par la violence, ce n’est pas la République. On est en train de passer à "autre chose". "Démocratie autoritaire" est un terme en deça même de la réalité. Il faudrait analyser les nouvelles formes politiques basées sur l’intimidation. Intimidation par tweets chez Trump, par la menace financière contre la presse, par la marginalisation des chercheurs qui contestent l’ordre des multinationales, par la peur d’être désigné comme appartenant à un groupe anti-étatique comme en Turquie, par la menace du chômage pour tous, par..., par..., par toutes les méthodes possibles pour imposer le silence, le replis dans la coquille, la fin des solidarités.
    Oui, cet agent de l’Elysée est plus qu’un symptôme du dérèglement politique et social que nous vivons.

    Une mise à pied de quinze jours et toujours un bureau à l’Elysée… C’est la sanction que s’est vu signifier, dans la plus grande discrétion, Alexandre Benalla, un proche collaborateur du président de la République, après s’être livré, le 1er mai, à des violences restées inconnues jusqu’ici. Ce jour-là, ce chargé de mission d’Emmanuel Macron, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, s’en est pris à un jeune homme qui se trouvait à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Il s’est vite éloigné, de peur d’être reconnu.

    • #démocratie_autoritaire, comme nouveau concept après la #démocratie_de_façade, c’est pas mal, sinon la politique de Macron et l’attitude de celles et ceux qui le soutiennent, en tête Amélie de Montchalin, m’inspire souvent le terme #crapulerie_policée ou to put it more mildly #politique_d_imposture et enfin pour exprimer le niveau en général raz des paquerettes de la pensée des macronistes, #pensée_régressive (je pense à la belle sortie de Jupée qui répondait à la minablerie d’un député macroniste lors des discussions sur les droits humains). Y a du boulot pour remonter le niveau.

    • #proto-fascisme, what else ?

      Je crois que c’est @monolecte qui avait posté un texte sur les caractéristiques du fascisme et entre l’homme providentiel, les violences policières, le désaveu du clivage droite-gauche, le mépris pour les plus vulnérables, pour l’État de droit et compagnie, la France de Macron ressemble à un pays qui a choisi le proto-fascisme pour ne pas sombrer direct dans le fascisme. Et c’est dommage, parce que je pense que beaucoup des électeurs et électrices du second tour (et peut-être du premier) pensaient donner un autre message, libéral dans les deux sens du terme.

    • Violences sur un manifestant : le parquet ouvre une enquête visant un collaborateur de Macron
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-le-parquet-de-paris-ouvre-une-enquete-prelimina

      L’enquête préliminaire vise Alexandre Benalla. Elle porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique.

      Qui est Alexandre Benalla, ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai ? Ariane Chemin

      Peu connaissent le visage de « l’adjoint au chef de cabinet » du président, identifié comme ayant frappé un jeune manifestant. Mais à l’Elysée son goût pour les démonstrations de force ne passe pas inaperçu.

      Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée à Paris, le 18 mai 2017.
      C’est la règle pour les « chargés de mission » auprès de la présidence de la République : leur nom n’a pas besoin d’être publié au Journal officiel (JO). Alexandre Benalla, l’homme qui a frappé, le 1er mai, un jeune manifestant place de la Contrescarpe, à Paris, coiffé d’un casque de policier – ce qui lui a valu une mise à pied de quinze jours –, n’apparaît pas dans l’organigramme officiel de l’Elysée.

      Rares sont ceux, hormis les chargés de la sécurité de ministres, les journalistes, les conseillers et le personnel de l’Elysée – où il dispose d’un bureau – qui connaissent le visage, voire l’existence, de « l’adjoint au chef de cabinet » d’Emmanuel Macron.

      Les premières armes politiques d’Alexandre Benalla remontent à 2011. « Il était tout jeune, 20 ans à peine, se souvient Eric Plumer, ancien responsable du service d’ordre national du Parti socialiste. Il avait fait la sécurité de plusieurs artistes, il en voulait, il était intelligent et compétent, dans mon souvenir, posé. Nous sommes en pleines primaires socialistes, je le charge de la protection de Martine Aubry. Puis je le prends dans mon service d’ordre durant la campagne 2012 de François Hollande. »

      « Viré manu militari » par Montebourg

      Il se met ensuite brièvement au service d’Arnaud Montebourg, avant d’être « viré manu militari » par ce dernier : « Le SPHP [le Service de protection des hautes personnalités] me l’avait proposé comme chauffeur en 2012, raconte au Monde l’ancien ministre du redressement productif. Je m’en suis séparé au bout d’une semaine après une faute professionnelle d’une première gravité : il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite. »

      On retrouve enfin ce très jeune homme au JO au printemps 2015. Par arrêté du premier ministre de François Hollande, ce titulaire d’un master de droit est admis dans la quarantaine d’étudiants et de jeunes professionnels de moins de 35 ans autorisés à suivre la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ), une semaine de formation de haut niveau organisée à l’école des officiers de la gendarmerie à Melun. Un an et demi plus tard, il rejoint la campagne de M. Macron, où il est nommé responsable de la sécurité du candidat, pour un salaire de 3 500 euros net.

      Selon des indiscrétions de lettres confidentielles, La Lettre A et Maghreb Confidentiel, il a travaillé plusieurs années pour le groupe Velours, spécialisé dans la sécurité privée et fondé par d’anciens policiers. D’après le registre du commerce marocain, il devient le codirigeant d’une antenne montée par l’entreprise à Casablanca, en octobre 2015, qui cesse vite son activité avant d’être dissoute en 2017.

      Pistolets, Flash-Ball et boucliers antiémeute

      Comme l’entourage du nouveau chef de l’Etat, son nom apparaît ensuite à plusieurs reprises dans les « MacronLeaks », les courriels et documents internes d’En marche ! dérobés par des hackeurs anonymes et postés sur WikiLeaks à l’été 2017.

      Durant la campagne présidentielle, plusieurs conseillers proches de M. Macron s’interrogent. Par exemple, lorsque M. Benalla, du moins selon les « MacronLeaks », fait établir pour son équipe un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, un Flash-Ball et des boucliers antiémeute. « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés, je trouve même ça dangereux », rétorque alors par e-mail Cédric O, trésorier de la campagne et aujourd’hui conseiller à l’Elysée chargé des participations de l’Etat et de l’économie numérique.

      Le responsable de la sécurité du candidat Macron ne manque en effet pas d’imagination. Le 17 avril 2017, 20 000 personnes sont réunies à l’AccorHotels Arena de Paris, le plus gros meeting de la campagne. On craint une opération terroriste. M. Benalla a une idée. « Une trappe avait été sciée, racontera à Midi Libre, Ludovic Chaker, coordinateur des meetings. En cas de tir, le pupitre devait basculer et M. Macron, se retrouver dans la partie creuse de la scène où avaient été placés un kit de secours et un gilet pareballes. »

      Même les professionnels de la sécurité privée connaissent mal M. Benalla. En avril 2016, le jeune consultant a pourtant créé une Fédération française de la sécurité privée avec une connaissance, Vincent Crase. Cet officier de réserve de la gendarmerie basé dans l’Eure et reconverti dans la sécurité privée serait, selon les « MacronLeaks », l’un des prestataires du service de sécurité de la campagne présidentielle. C’est avec lui que M. Benalla commande les fameux pistolets qui inquiétaient Cédric O.

      Le goût des démonstrations de force

      « La commande a été refusée par la direction d’En marche ! », confie au Monde Vincent Crase. Cette association, selon les statuts déposés à la Préfecture de police de Paris, se voulait « un lieu d’échange entre les différents acteurs de la sécurité privée » et entendait régler « tous les différends entre les professionnels du secteur et les pouvoirs publics ou les clients ». Les activités de cette ambitieuse fédération n’ont laissé aucune trace : elle a été dissoute rapidement.

      A l’Elysée, en revanche, le caractère d’« Alexandre » et son goût pour les démonstrations de force ne passent pas inaperçus. Lors d’un meeting à Caen du candidat d’En marche !, le 4 mars 2017, des témoins se souviennent l’avoir vu soulever de terre et évacuer manu militari un photographe local, qui s’était approché de trop près à son goût de l’ancien ministre de l’économie. Et, à l’occasion d’un déplacement de M. Macron dans un centre de formation des apprentis de Tours, le 15 mars, le « M. Sécurité » du chef de l’Etat s’en était aussi pris à un commissaire de police en tenue, accusé de ne pas libérer assez vite le passage au président de la République. « Alexandre, faut pas l’embêter », avait soufflé ce jour-là un proche de M. Macron qui assistait à la scène.

      Alexandre Benalla au lendemain de la victoire française au foot

      Un autre #gendarme_réserviste, de #LREM celui-ici, intégré au dispositif policier ce Premier Mai
      https://lemonde.fr/politique/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-l-elysee-annonce-avoir-mis-fin-a-toute-collabor

      Bruno Roger-Petit a également annoncé que M. Benalla était ce jour-là accompagné d’un autre homme, Vincent Crase – que l’on voit également sur la vidéo –, un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. D’après le porte-parole, ce dernier était « très ponctuellement mobilisé comme d’autres réservistes par le commandement militaire de la présidence de la République ».

      Au cours de l’intervention filmée le 1er mai, M. Crase a « outrepassé son autorisation de la même manière qu’Alexandre Benalla et a été sanctionné comme lui d’une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire », a déclaré Bruno Roger Petit. « Il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République », a-t-il ajouté.

      et lui était armé ce jour là

      Toujours plus loin. @enmarchefr appelle à re-créer des milices à Nantes
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1019531540756299777

      Pour le flicage généralisé transcourant c’est open bar. Se rappeller la #garde_nationale de Hollande, et noter qu’Hidalgo envisage de créer une police municipale armée à Paris
      https://seenthis.net/messages/708749

      On frappe à terre (Contrescarpe, Premier Mai), on abat d’un tir dans la nuque (Ababakar, Le Breil), on mitraille un fuyard (Luis, à Montargis, il y a un an), on écrase à plusieurs gendarmes un Noir jusqu’à l’étouffer à mort (Adama Traoré), c’est le panard de terroriser les déviants, les opposants (utilisation constante de grenades « de désencerclement » comme arme offensive lors de charges policières), d’écraser les faibles (innombrables condamnations à la prison, destruction des effets des migrants à la rue, tri social relancé par parcoursup, coupure d’eau des fontaines publiques, ..., ...). Ça pue.

      Le preneur de vue avait été gazé
      https://twitter.com/NicolasLescaut/status/991380127803170816

      L’incroyable dans cette affaire, c’est pas tant le maintien des traditions barbouzardes au sein de l’État -Salcon affiche ouvertement une grossièreté et une intransigeance qui sont un appel constant et réitéré à exercer la domination par tous les moyens nécessaires mais aussi tout simplement pour le plaisir - que cette généralisation d’un « effet Rodney King » où la multiplication des images et leur mise en circulation pèse d’un poids inédit (y compris contre les salariés, les manifestants, les mis en cause par la justice, etc.).

      Image encore, voilà que je trouve un autre Salcon s’amuse, faites en autant .

      #police #sécuritaire #décomplexé #préfet #Collomb #Elysée #barbouzes (aux petits pieds) #milice #nervis #vidéo #scandalisation #mdr

    • Un militant communiste accuse Alexandre Benalla de l’avoir frappé lors de la déclaration de candidature de Macron
      https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/un-militant-communiste-accuse-alexandre-benalla-de-lavoir

      Ça fait du bruit, pour l’impunité c’est beaucoup moins pratique que les policiers anonymes et sans matricule, mais, rendez vous compte, c’est « la plus forte sanction jamais infligé à un collaborateur de l’Elysée : 15 jours de mise à pieds … » ( Bruno Roger-Petit, porte parole de la présidence).

      #observation_participante

    • LA MILICE DE MACRON - A propos de « l’affaire Benalla » -
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1020035513909219328

      ...il y a aussi un troisième homme, lui aussi en civil, pas encore identifié, qui prend le relai de Benalla lorsqu’il exfiltre brutalement une jeune manifestante. Ces hommes semblent eux aussi se connaître, fonctionner ensemble. (...)

      Depuis mercredi, ce qui choque les #médias et la classe politique, ce ne sont pas les innombrables exactions commises contre les manifestants depuis des mois.

      Ces violences policières ont causé des centaines de blessures, et parfois des mutilations, et ont abondamment été filmées et documentées. Ce qui choque, c’est le caractère « non-règlementaire » des agressions commises par le milicien Benalla.

      Si les mêmes violences avaient été commises par les CRS ou la BAC, personne ou presque n’aurait réagi. Ce que les médias reprochent à Benalla et ses complices, c’est de ne pas avoir été officiellement policiers.

      @ellensalvi, Journaliste - Mediapart
      https://twitter.com/ellensalvi/status/1020048309740802049

      Quelque chose d’étrange dans la présentation que fait l’Élysée des fonctions d’#AlexandreBenalla.

      – Adjoint du chef de cabinet (poste déjà occupé par un autre)
      – En charge de la sécurité du président (responsabilité du seul patron du GSPR)

      Pourquoi a-t-il été recruté au juste ?

      Une SARL, des achats d’armes, un employeur/protecteur commun, pour cette affaire d’État.

      #milice #présidence

    • http://www.vududroit.com/2018/07/affaire-benalla-code-penal-quoi-faire

      Le comportement d’Emmanuel Macron est désarmant de sincérité. Le président de la République affiche un narcissisme permanent et infantile auquel vient s’ajouter un étonnant sentiment d’impunité. Et avec lui, aucune relâche, nous avons droit tous les jours à un épisode destiné à nourrir notre stupéfaction devant l’absence de limites du personnage. Il y a eu l’épisode qui a suivi la victoire française en Coupe du Monde de football, occasion à laquelle Emmanuel Macron a été incapable de se maîtriser, en a fait des tonnes de façon gênante, avant de signifier son égoïsme méprisant avec la confiscation de la descente du bus sur les Champs-Élysées. « Moi d’abord, les autres ne sont rien. »Il y a maintenant l’incroyable affaire qui concerne une espèce de « garde-du-corps-porte-flingue-conseiller » à l’Élysée auprès du chef et dont on apprend qu’il joue les nervis en allant casser du passant dans les rues de Paris. Une vidéo nous montre Monsieur Alexandre Benalla profitant d’un temps libre pour revêtir les signes liés à la fonction de policier et passer à tabac les gens qu’il soupçonne d’être des opposants à son patron. Au plan juridique, judiciaire et administratif, cette affaire est d’une gravité exceptionnelle. Elle s’est déroulée il y a plus de deux mois et demi et jusqu’à présent, la seule conséquence avait été une mise à pied de 15 jours de l’apprenti milicien !

      Ces psychopathes qui nous gouvernent.

    • Ça fait du bien de lire vos analyses, spécialement @colporteur. Je vois que l’affaire se déploie sur les réseaux sociaux, plus de vingt-quatre heures même... Mais la mémoire est courte sur la violence déployée ce jour-là contre tou·tes les manifestant·es (les copines de ma batucada ont été choquées, incapables de continuer, peur pour les prochaines fois - ça sert à ça, dissuader d’aller manifester). La mémoire courte, c’est sur les #violences_policières qui touchent spécialement les classes populaires et les personnes racisées depuis... Sarko, Pasqua, Papon, on ne sait plus quand ça a commencé mais ça pend au nez du gouvernement représentatif français depuis des décennies, cette façon de livrer une partie du corps social à la violence d’État.

      Je ne sais pas comment appeler l’entreprise de prédation du bien commun avec force collusion entre intérêts privés et État mais ce que vous appelez démocratie ci ou ça, ça n’est que la manière dont des groupes sociaux demandent au peuple de consentir à sa domination sous prétexte de démocratie, à vrai dire un gouvernement représentatif avec des caractères majoritairement aristocratiques produits par le vote, soit le choix des personnes jugées (sur des critères peu clairs et peu consensuels) les meilleures pour assumer les potes éligibles.

      Le moment Sarko, et aujourd’hui le moment Macron (mêmes chevilles qui ont pris la taille des colonnes du Panthéon, mêmes impairs chez le pape, mêmes chaises rabaissées pour avoir l’air plus grand, on dirait un clone) sont ce moment où ce gouvernement-là, de longue date au service des winners de la guerre économique dont il dicte les règles, cède à la tentation fasciste avec la liste que je connais précédemment...

      Allez, pour se faire plaisir.
      https://www.change.org/p/on-veut-le-licenciement-d-alexandre-benalla-et-non-une-simple-mise-%C3%A0-pi

    • @aude_v merci mais guère d’analyse de ma part, tout juste d’hypothétiques scénarios (et l’argent dans tout ça ? par exemple), et des extraits de presse et twitts

      Un aperçu d’un moment de #crise_de_régime, hier, selon Le Monde

      Dans cette ambiance électrique, l’agenda si bien huilé de l’exécutif est chamboulé. Les députés ont du mal à poursuivre l’examen de la révision constitutionnelle. Les incidents de séance se multiplient. Depuis une semaine, les débats sur cette réforme s’éternisaient, cette fois ils s’enlisent. A 18 heures, un conciliabule s’improvise dans la cour d’honneur du Palais-Bourbon. Après avoir quitté précipitamment le siège de LRM, Christophe Castaner échange avec François de Rugy, Richard Ferrand, Nicole Belloubet, Marc Fesneau, président du groupe MoDem, la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet et la conseillère parlementaire d’Edouard Philippe.

      Des membres de cabinets ministériels sont également présents, « au bout de leur vie », relate un participant. Des députés de l’opposition immortalisent la scène sur Twitter. Tout le monde perçoit le désarroi du premier cercle. La crise se déroule à ciel ouvert.

      Aujourd’hui, outre la GàV du suspect (...) et son licenciement (la barbouze au petit pied doit changer d’appart, il loge à l’Élysée...), trois responsables #policiers sont suspendus #fusibles
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/20/affaire-benalla-trois-responsables-policiers-ont-ete-suspendus_5333963_3224.

      Il s’agit de deux membres de la direction de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de #police et d’un commandant chargé de faire la liaison entre la #préfecture et l’#Elysée.

      Ils étudient si bien les autonomes (et leurs propres troupes...) avec leurs observations participantes, ils pigent si bien ce qui se passe dans cette société filmée par tous les bouts qu’ils ont pas retenu que « pas vu pas pris » implique dans nombre de cas d’avoir à se masquer.

      edit La préfecture de police de Paris embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla, Soren Seelow et Julia Pascual

      Les policiers s’indignent qu’un «  observateur  » de l’Elysée ait pu outrepasser son rôle. Des cadres de la préfecture de police sont mis en cause.

      La stupéfaction le disputait à la colère dans les rangs des forces de l’ordre, jeudi 19 juillet, alors que l’« affaire Benalla », du nom de cet employé de l’Elysée surpris en train d’interpeller et de molester deux manifestants le 1er mai, affublé d’un casque de police, prenait l’ampleur d’un scandale. Alexandre Benalla, 26 ans, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, avait été suspendu deux semaines, puis réintégré au service de la présidence de la République. Une mansuétude incompréhensible pour bon nombre de policiers.

      Au-delà de son retentissement politique, cet épisode fragilise la préfecture de police de Paris (PP), chargée de l’organisation du maintien de l’ordre et de l’accompagnement des « observateurs », dont faisait théoriquement partie M. Benalla le 1er mai. Trois cadres de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), qui gère les manifestations dans le ressort de la PP, ont ainsi été suspendus jeudi soir à titre conservatoire : Laurent Simonin, un contrôleur général membre de l’état-major de la DOPC ; le commissaire Maxence Creusat, également membre de l’état-major ; et un commandant, chargé de la liaison entre l’Elysée et la PP. Ils sont soupçonnés d’avoir récemment fait parvenir un film de l’incident issu de la vidéosurveillance à l’employé de l’Elysée.

      Benalla connu des services de la préfecture

      D’après nos informations, la demande d’intégrer M. Benalla à la manifestation a en outre été faite directement par l’Elysée auprès de la DOPC, sans passer par le ministère de l’intérieur. Une autorisation sans doute facilitée par son statut particulier : M. Benalla, qui a travaillé durant la campagne présidentielle de M. Macron en tant que responsable de la sécurité, puis comme « chargé de mission » à l’Elysée, est en effet loin d’être inconnu des services de la préfecture.

      « Je l’ai croisé plusieurs fois pendant la campagne, confirme un commissaire de la PP, et il était très présent sur les déplacements présidentiels. » Ce n’est pas la première fois qu’il participait à un service d’ordre, ajoute David Le Bars, du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) : « Cela fait des mois qu’il est présent sur les gros dispositifs de maintien de l’ordre. Il participe aux briefings préliminaires et aux débriefings et vient avec sa radio, donne des orientations à des commissaires en jouant de sa qualité. »

      D’après les informations du Monde, M. Benalla était également présent au sein de la salle de commandement de la DOPC, le soir du 1er mai, lorsque le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police, Michel Delpuech, ont rendu visite aux troupes. Mais selon une source policière, ce n’est que le lendemain, en découvrant les vidéos, que la haute hiérarchie de la PP aurait rapporté l’incident au ministère de l’intérieur.

      Lire aussi : Sous la pression, l’Elysée lâche Benalla

      Brassard et talkie-walkie

      Le 1er mai, M. Benalla était présent place de la Contrescarpe, à Paris. Le secteur est placé sous l’autorité déléguée du commissaire Maxence Creusat, qui a été suspendu jeudi soir. La vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux montre M. Benalla et l’un de ses proches — Vincent Crase, employé de La République en marche — participant à l’interpellation de deux manifestants, un jeune homme et une jeune femme. Selon une information du Monde, la présence de ce second collaborateur occasionnel de l’Elysée n’avait pas été autorisée par la PP, qui ne l’aurait découverte que jeudi 18 juillet, lorsque l’Elysée a dévoilé son identité au lendemain de la révélation du scandale.

      Sur plusieurs films, on aperçoit M. Benalla frapper un jeune homme et s’en prendre à une jeune femme, sous le regard passif de CRS. Comment expliquer que M. Benalla ait pu bénéficier d’autant de largesses dans son encadrement ? « L’Elysée, ça fout la trouille à tout le monde », lâche, prosaïque, Philippe Capon, du syndicat de gardiens de la paix UNSA-Police. « On n’est pas obligé de jouer les laquais de la présidence ! », s’étrangle un commissaire.

      Place de la Contrescarpe, ainsi que sur d’autres images prises dans Paris, un homme en civil accompagne M. Benalla sans jamais s’interposer : il s’agit pourtant d’un membre de l’état-major de la DOPC, Philippe Mizerski, chargé d’encadrer l’« observateur » de l’Elysée, et qui ne pouvait donc ignorer sa qualité. Jeudi, Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs déclaré identifier « formellement » ce policier comme étant celui qui lui « a demandé (…) de [s]e retirer de la marche silencieuse », en hommage à Mireille Knoll, le 28 mars, où il avait été chahuté. Une vidéo atteste de la présence de ce fonctionnaire.

      Autre question soulevée par cette affaire : comment Alexandre Benalla a-t-il pu arborer un brassard de police, ainsi qu’en témoignent plusieurs vidéos ? La PP précise qu’elle dote les observateurs qu’elle accueille « de casques et de gilets pare-balles permettant d’assurer leur protection. » Les brassards de police ou la radio portative, en revanche, ne font pas partie du matériel attribué.

      « Des amateurs »

      Afin d’éclaircir ces aspects du dossier, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé, jeudi, au Sénat, avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Cette enquête administrative vient en complément de l’enquête judiciaire ouverte jeudi matin par le parquet de Paris pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique », dans le cadre de laquelle M. Benalla et M. Case ont été placés en garde à vue vendredi. Le parquet de Paris a par ailleurs à son tour cosaisi l’IGPN pour mener l’enquête judiciaire.

      Ce n’est pas la première fois que M. Benalla témoigne de son goût pour les attributions régaliennes. Compte tenu de son rôle pendant la campagne présidentielle et à l’Elysée, il bénéficie d’une autorisation de port d’arme. D’après nos informations, la demande a été faite par l’Elysée auprès de la PP et a été satisfaite en octobre 2017. M. Benalla est donc connu du SDLP, le service de police spécialisé dans la protection des personnalités, et de son émanation le GSPR, chargé de la protection du président de la République.

      Sa situation ne manque pas, là non plus, d’interroger. « Depuis quand met-on des amateurs pour s’occuper de la protection du président alors qu’on a des policiers et des gendarmes qui sont des professionnels ?, interroge Jean-Paul Mégret, du Syndicat indépendant des commissaires de police. Résultat, on se retrouve avec des gens qui n’ont aucun sang-froid. » Un connaisseur de la question fait remarquer que « c’est la première fois depuis le général de Gaulle qu’on contourne les services officiels ».

      #vidéo #violences_policières

    • Quelques têtes tombent dans la police ? C’est allé vraiment très loin, parce que Hollande n’avait fait mettre à pied personne à l’automne 2016 quand les flics manifestaient le visage caché, en armes et autres joyeusetés interdites par la loi. C’était passé comme une lettre à la poste (distribuée par un député !). C’est marrant, de voir ce qui ne froisse pas nos concitoyen·nes et ce qui les choque.

    • Non bis in idem.

      Je suis toujours atterré par la capacité de la presse à aboyer avec la meute. Et l’absence de mobilisation du moindre neurone…

      À propos du motif de licenciement d’A. Benalla, «  mais pas pour les événements du 1er mai  ». cf. p. ex.

      Alexandre Benalla. Le point sur l’affaire qui secoue l’Elysée - France - LeTelegramme.fr
      https://www.letelegramme.fr/france/alexandre-benalla-le-point-sur-l-affaire-qui-secoue-l-elysee-20-07-2018

      Alexandre Benalla n’est pas licencié pour les violences du 1er-Mai mais pour avoir reçu des enregistrements vidéo le concernant : il « aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir », explique l’Elysée.

      … on rappellera qu’il ne peut être licencié pour ce fait, puisqu’il a déjà été sanctionné. Même symboliquement (et encore…) N’importe quelle instance juridique, Tribunal Administratif, probablement, mais on ne sait rien de son contrat (on va certainement encore apprendre des choses…) et donc, peut-être Prud’hommes, quelle que soit la juridiction, l’employeur se ferait exploser un tel motif de licenciement. (note aux journalistes : c’est qu’il faut indiquer les 7 semaines de délai en plus du rappel de l’impossibilité de double sanction).

      On notera d’ailleurs que le motif retenu est tout à fait délicieux – et tombe à pic, un contentieux là dessus serait intéressant à suivre : si on appliquait une telle (future) jurisprudence Benalla, il manquerait rapidement une part considérable de la police et de la gendarmerie, étant donné les habitudes d’accès illégal au STIC, voire de commercialisation de ses infos (moisies…)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_traitement_des_infractions_constat%C3%A9es#Fuites

    • Entre autres détails du Parisien,…

      Il est quasiment certain que l’identification du gugusse et la transmission au Monde sont issues de la #Grande_Maison.

      Les réseaux d’Alexandre Benalla au cœur de l’enquête - Le Parisien
      http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-reseaux-d-alexandre-benalla-au-coeur-de-l-enquete-20-07-2018-7828155.

      Selon nos informations, le jeune chargé de mission a été aperçu mercredi soir en train de récupérer un CD-ROM contenant les fameuses vidéos, dans un bar du VIIIe arrondissement de Paris. Benalla comptait, semble-t-il, s’en servir pour préparer sa défense. Il va devoir s’en expliquer devant les enquêteurs. Dans l’attente, les trois policiers ont été suspendus administrativement à titre conservatoire.

    • Où l’on apprend que la @prefpolice conserve les images de vidéo surveillance au delà du délai maximal d’un mois.

      https://twitter.com/raphkempf/status/1020560892948344832
      Se découvrir filmé, après coups (prise par trois objectifs ici, sans compter la vidéo surveillance)

      Ça se complique pour les politiciens ? Une réponse à la défense de l’honneur de la police par la gauche représentative :

      Quand la vidéo est sortie le 1er mai, personne, jamais, n’a dit « ça peut pas être des flics, ils se comportent pas comme ça », pas @Francois_Ruffin, pas la FI. Personne.
      On y a tous vu que du feu, précisément parce qu’on sait qu’ils se comportent comme ça.

      https://twitter.com/Aur0rax/status/1020540665028136960

      #nervi #bouffon #barbouze_manquée #vidéosurveillance #boomrang

    • question que nul ne pose ?

      cf. mon message d’il y a 2 jours. Visiblement, l’incroyable grade de lieutenant-colonel, sans parler des (encore plus) incroyables avantages et rémunération, passe très très mal dans un corps qui n’a pas vraiment besoin de cette cerise pour avoir des états d’âme (dont l’expression est illégale…)


  • Je devrais être macronien | PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2018/06/26/je-devrais-etre-macronien

    Je n’ai même pas besoin de demander à la plupart de mes collègues pour qui ils ont voté en 2017 : ces bons petits soldats de l’entreprise moderne portent et assument tous les clichés du macronisme triomphant. Dans le désordre : le mépris des faibles et des mous, la haine des fonctionnaires et des grévistes, la certitude d’être supérieurs, les pauvres ont mérité d’être pauvres, les riches il faut être content de les avoir parce que c’est d’eux que descend la richesse, l’Europe (indissociable de l’Union Européenne) c’est forcément bien, les Russes sont des sauvages, Poutine est un monstre, on est les gentils et tous les autres c’est des méchants. J’écoute tout ça périodiquement. Heureusement, je trouve parfois des collègues non-orthodoxes et discrets. Mais la majorité reste bien orthodoxe, et bien bornée, et bien sûre d’elle.

    Je devrais être macronien, parce que je suis sociologiquement au cœur de l’électorat macronien. Le revenu imposable de mon ménage nous place dans le dernier décile de l’INSEE. Classe moyenne supérieure, voire très supérieure — autrefois on aurait dit « petit-bourgeois ». Diplômé, voire sur-diplômé. Ouvert à l’international. Full professional proficiency. Fréquentant occasionnellement les aéroports. Et je pourrais trouver d’autres critères. En 2017, c’est dans une salle d’embarquement d’un aéroport des Émirats Arabes Unis que j’ai eu pour la première fois cette illumination, devenue ce soir un billet : je suis entouré de macroniens, tous les Français qui sont dans un lieu pareil ne peuvent être que macroniens, par transitivité je devrais être macronien. Who am I ? Why am I here ?

    • J’ai dans mon entourage un homme de 40 ans, CSP++, qui travaille dans la finance, a hésité entre le PS et le Modem, gay, bonne tête, blanc, presque tout comme Macron himself. Il est tellement peu macronien qu’il n’a pas voté au second tour, alors que Libé insultait les abstentionnistes. C’est peu de dire que s’abstenir ne fait pas partie de son ethos de classe. Et pourtant. La raison : il apprécie les libertés civiles, pas que le libéralisme, et il pense que si Macron peut mettre des coups de pied au cul des gens qui ne sont « rien », c’est en revanche inquiétant que ce type veuille être tout, libéral et autoritaire, moderne et monarchiste, y compris aux dépends de trucs de base comme l’état de droit, les quelques caractères démocratiques de notre société. Le #proto-fascisme de Macron l’inquiète, en fait, et il n’a cessé de poser la question à ses potes CSP++ macroniens : c’est quoi, le programme sur les libertés ? Il y avait tout et son contraire dans la programme alors plutôt que se se faire plaisir à imaginer que tout allait bien, il a préféré admettre que non, ça n’allait pas et se poser contre tout ça. Et je vous assure qu’il n’est pas de gauche, aux dernières nouvelles il défendait les royalties hallucinantes que se fait Big Pharma sur le dos des systèmes de santé.