provinceorstate:manitoba

  • Faire Genres !
    http://www.radiopanik.org/emissions/les-promesses-de-l-aube/faire-genres--7

    Faire Genres ! glisse ses pieds dans les pantoufles des Promesses de l’Aube et vous propose une matinale antipatriarcale, queer et féministe.

    Au programme de ce vendredi, un focus sur La Ligue du LOL, des podcasts ad hoc, l’écriture inclusive, Ovidie et l’anus non genré, l’enseignement des filles et les travaux d’aiguilles, Monique Wittig et l’agenda !

    Musiques :

    Chris Garneau - La plus belle pour aller danser

    Exotica - Dilka Tamay Huay

    Camille - My man is married but not to me

    Vidéoclub - Amour plastique

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/les-promesses-de-l-aube/faire-genres--7_06195__1.mp3


  • T.C.-69 : Le monde est fou parce qu’il est en feu
    http://www.dedefensa.org/article/tc-69-le-monde-est-fou-parce-quil-est-en-feu

    T.C.-69 : Le monde est fou parce qu’il est en feu

    12 février 2019 – Diverses indications montrent que le “tourbillon crisique” (T.C.) qui sert de thème à cette rubrique atteint un point d’incandescence à force de rapidité dans son tournant d’enroulement sur lui-même. Nous avons moins besoin d’argumenter que de laisser les événements parler eux-mêmes, c’est-à-dire hurler à nos oreilles :

    Voici que s’avance la crise de « La plus grande redistribution de la richessede l’histoire – Des taxes négatives, des limites drastiques à la propriété privée et la destruction du dollar arrivent… et c’est le meilleur des cas », écrit la société de Conseil d’Investissement Indépendant SMC (Sovereign Man Confidential), parlant pour les USA comme pour le reste. Dans son style ironique et imagé, James Howard Kunstler décrit la (...)

    • Voici donc le leçon du passé de SMC : « La disparité des richesses et la montée ultérieure du socialisme ne constituent pas un phénomène nouveau ... Cela remonte aux anciens Sumériens, vers 4000 av. J.-C. L’ancienne tenue des registres sur des dalles de pierre montre comment le roi-prêtre au pouvoir a distribué les biens de la société à la population.

       » Le socialisme se reproduit à Babylone au milieu du XVIIIe siècle av. J.-C. quand le roi Hammourabi a effacé toutes les dettes de ses citoyens ... Puis en Égypte, en 323 av. J.-C. et en Chine, vers 145 avant JC ... Et encore dans la Rome antique sous Solon, quand il dévalua la monnaie, annula ses dettes et augmenta ses impôts (les riches payant 12 fois plus d’impôts que les pauvres).

       » Puis la Révolution française à la fin des années 1700 ... »


  • Emission Janvier
    http://www.radiopanik.org/emissions/la-voix-de-la-rue/emission-janvier

    Retour sur les ondes pour cette émission de rentrée en direct !

    Nouvelles recrues, témoignages, débats....

    Interviews : Frank, Mohamed, Souki.

    Invités & animateurs : Serge, Sergio, Yunes, Jules, Amoura, Olivier, Alain,

    Musique : « Redemption Song » Johnny Cash & Joe Strummer, « The Man who sold the World » Nirvana

    Bonne année dans la SOLIDARITE !!!!

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/la-voix-de-la-rue/emission-janvier_06159__1.mp3


  • Le grand débat national est « une campagne électorale déguisée » selon un député européen
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15635-le-grand-debat-national-est-une-campagne-electorale-deguisee-selon-

    Le député européen LR Philippe Juvin a indiqué samedi avoir saisi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), pour dénoncer dans le grand débat « une campagne électorale déguisée » de LREM, en vue des européennes.

    Philippe Juvin affirme dans un communiqué avoir demandé au président de la CNCCFP « d’intégrer » dans les comptes de campagne des élections européennes de LREM « les moyens alloués à une réunion publique de Madame Agnès Buzyn », ministre de la Santé. Lors de cette réunion, dimanche dernier à Trappes (Yvelines), la ministre aurait tenu « des propos militants sans équivoque en faveur de LREM en vue des élections européennes » du 26 mai, estime celui qui est aussi maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).

    Des « one man shows successifs »

    « Ce grand débat (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises


  • Pic pétrolier probable d’ici 2025 | Matthieu Auzanneau
    http://petrole.blog.lemonde.fr/2019/02/04/pic-petrolier-probable-dici-a-2025-selon-lagence-internationale

    Pour empêcher un déclin de la production mondiale de pétrole d’ici à 2025, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) annonce qu’il faudrait multiplier par 2 ou 3 les extractions de pétrole de schiste. Or aux Etats-Unis, le pétrole de schiste continue à perdre de l’argent… Source : Oil Man


  • Le profil type du « complotiste » ? Un jeune gueux qui ne vote pas pour Macron 7 Février 2019 Frustration _
    https://www.frustrationlarevue.fr/le-profil-type-du-complotiste-un-jeune-gueux-qui-ne-vote-pas-pour

    Voici l’incroyable conclusion qui ressort du dernier sondage pondu par l’inénarrable Rudy Reichstag, directeur de l’officine pro-gouvernementale de l’observatoire du conspirationnisme, créé en 2007, Conspiracy Watch. Un an après un premier sondage déjà extrêmement perfectible et orienté, voilà qu’ils en remettent une couche en précisant cette fois que, o surprise, les gueux ainsi que les jeunes seraient les plus touchés par le conspirationnisme. C’est dire qu’un tel sondage tombe à point nommé, où les tentatives de-crédibilisations d’un mouvement des gilets jaunes composés de tartufes complotistes à la Maxime Nicolle font bondir les bourgeoisies de droite comme de gauche de leur siège doré.

    “Les seniors sont moins concernés. Mais tout ça est corrélé au niveau de diplôme (les diplômés du supérieurs sont moins poreux que ceux qui n’ont pas ou que le Bac), au niveau de vie (plus on fait partie des défavorisés, plus on adhère à ce types de contenus)”, explique ainsi ce cher Rudy Reichstag sur France inter .

    Faire du complotisme une affaire de classe est évidemment une manière de désigner et de dénigrer des imbéciles à remettre dans le droit chemin de la Vérité à coup d’éducation aux médias infantilisant et de fact-checking pour se racheter une crédibilité maintes fois perdues et, par conséquent, à contenir ou retenir toute remise en question de l’ordre économique sociale et politique existant. C’est que le complotisme de l’Elysée, comme le décrit si bien Frédéric Lordon dans son dernier billet , qui consiste à fantasmer sur des gilets jaunes soit disant contrôlés par l’affreuse main russe afin de se déresponsabiliser n’est nullement décrit dans ce sondage, comme celui des anti-complotistes complotistes souvent macronistes. Hélas, l’auto-analyse, ça n’est pas pour tout de suite non plus. Car en effet il ressort également de cette « enquête » une résistance au complotisme chez les Français qui ont voté Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, mais que l’électorat de Jean Luc Mélenchon, de Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont Aignan sont d’avantage sensibles aux théories conspis. Diantre ! 

    Et s’il y a bien un naïf pour se laisser berner par ce genre de sondage, c’est le journaliste qui, par un mimétisme navrant, s’embourbe dans la brèche à recracher bêtement des conclusions à peine exagérées. « Le fléau du complotisme en France : une menace pour notre démocratie », titre le quotidien régional La Dépêche, « Sondage sur le complotisme : 4 enseignements à tirer », s’inquiète le JDD. Pourtant, il leur fallait seulement cinq petites minutes afin de questionner par téléphone Rudy Reichstag sur sa méthodologie douteuse : quels sont les échantillons ? Sont-ils réellement représentatifs ? Quel est le degré de réponses « trolls » ? Pourquoi ces catégories ? Les réponses sont-elles suffisamment nuancées ? Certains journalistes, décidément en roue libre, n’hésitent pas à conclure, comme sur France inter : « Une enquête qui montre une nouvelle fois que les Français sont de plus en plus perméables aux théories complotistes et notamment les jeunes adultes » (3).

    Ils leur suffisaient également pour certains de dix petites minutes supplémentaires afin d’interroger les nombreux raccourcis surprenants qui sont une nouvelle fois effectués ici, c’est-à-dire mettre au même niveau la croyance en la terre plate et le fait que ministère de la Santé soit de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins, qui relève plus d’une défiance générale envers les institutions qui mériterait d’être interrogée plutôt que blâmée.

    Cette confiance aveugle de ces journalistes envers cette enquête sans l’once d’esprit et de recul critique est, elle aussi, très inquiétante. Le sondage ne mérite aucune contre-expertise, ce qu’ils appellent en rédaction ou en école de journalisme le fameux « contre-pied », imposé une fois sur deux en fonction de leur « idéologie » non assumée, lorsque c’est par exemple trop « militant », mais rarement dans ce genre de cas présent. Vivement les analyses incroyablement fines de spécialistes et de chercheurs/euses en tout genre, de Marie Peltier en passant par Tristan Mendes France, qui étaient étonnement bien silencieux lorsque des journalistes accusaient des gilets jaunes d’avoir foutu le feu à des voitures devant le siège du quotidien Le Parisien.

    En parallèle de ce qui semble bien être un véritable naufrage journalistique ridiculement cocasse, le journaliste Vincent Glad explique la raison pour laquelle selon lui les journalistes ont tardé à parler des violences policières lors des manifestations des gilets jaunes : « Au début, je ne voulais pas y croire, je me disais que ce n’était pas possible. Le gouvernement ne pouvait pas sciemment demander à sa police de tirer à coup de lanceur de balle de défense sur la tête des manifestants. J’ai l’impression que j’ai été victime de l’habitus journalistique qui fait qu’on se méfie toujours de toute théorie du complot, qu’on est toujours trop mesuré, trop lent avant de s’indigner. Je me disais « ce n’est pas possible, l’État ne peut pas faire ça, ça ne peut être que des bavures isolées ». Tout est dit.

    #libération #enfumage #complotisme #Vérité #journaliste #journalisme #fake_news #croyance #vaccins #oligarchie #rudy_reichstag #vincent_glad



  • Le Tribunal administratif fédéral conteste la #présomption_d'innocence en cas d’exclusion de l’asile

    Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) peut refuser l’asile à une personne qui ne se distancie pas de manière reconnaissable et crédible de l’#idéologie, des objectifs et des moyens des #groupements_radicaux.

    C’est la conclusion à laquelle parvient le Tribunal administratif fédéral (#TAF) dans son #arrêt de principe (E-2412-2014) du 25 septembre 2018. Celui-ci fait référence à la situation d’un ressortissant kurde de #Turquie qui a déposé une demande d’asile en Suisse en 2012. Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) avait alors reconnu le statut de réfugié à l’intéressé, qui affirmait être victime de persécutions politiques. Il lui avait toutefois refusé l’asile du fait de son appartenance présumée à l’organisation secrète « #Komalen_Ciwan », ainsi que sa participation à une réunion du groupement affilié au Parti des travailleurs-euses du Kurdistan (PKK). Selon les juges du TAF, l’homme aurait dû se distancer clairement de cette organisation afin d’écarter la présomption quant à l’exercice d’une #activité_illicite de nature à compromettre la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse. C’est parce qu’il n’y est pas parvenu que le SEM avait refusé de lui octroyer l’asile pour cause d’indignité. L’appréciation du SEM se fonde sur les informations du Service de renseignement de la Confédération (SRC), indiquant l’appartenance présumée de l’intéressé au groupement « Komalen Ciwan », auteur ou partisan d’actes terroristes et violents.
    Une présomption réelle suffit à entraîner l’exclusion de l’asile pour indignité

    L’intéressé a fait recours auprès du TAF contre la décision du SEM, arguant que le SEM ne disposait d’aucune preuve concrète d’activités pour le « Komalen Ciwan ». Par ailleurs, il n’aurait participé qu’à des manifestations pacifiques et culturelles. Bien que sympathisant des idéaux du PKK, il ne pouvait pas s’imaginer participer à des actions armées ou violentes du PKK ou des groupements affiliés.

    Le TAF a rejeté le recours du plaignant. Il a toutefois confirmé que l’homme ne pouvait pas être accusé d’une infraction pénale. D’après les informations du SRC, il aurait été établi que l’intéressé avait participé à un événement organisé par le « Komalen Ciwan » et qu’il entretenait des contacts concrets avec des membres du PKK. Combiné au refus de l’homme de se distancer de manière suffisante et crédible de l’organisation, cela permettait de poser une présomption de fait quant à l’exercice d’une activité au sein de l’organisation de nature à ce que sa présence en Suisse compromette la sûreté intérieure ou extérieure du pays.

    Dans son arrêt, le TAF a confirmé le refus d’octroi du droit d’asile pour cause d’indignité. L’expulsion n’étant pas autorisée sur la base de l’exigence de non-refoulement, l’intéressé a été admis à titre provisoire.

    Indignité en matière d’asile

    Selon la Convention relative au statut des réfugiés (Convention de Genève), la qualité de réfugié-e s’applique à toute personne exposée à de sérieux préjudices ou craignant à juste titre de l’être en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.

    Généralement, la reconnaissance du statut de réfugié-e conduit à l’octroi de l’asile. La législation suisse en la matière prévoit toutefois deux raisons principales pour lesquelles une personne se verra refuser l’asile, même si elle est reconnue comme réfugiée.
    Refus de l’asile après avoir commis un délit

    Le premier motif d’exclusion est la commission d’actes répréhensibles en Suisse ou à l’étranger (art. 53 al. a LAsi) passibles d’une peine privative de liberté de plus de trois ans. Cela inclue notamment les homicides, les lésions corporelles graves, les infractions contre le patrimoine comme le vol, la rapine ou la fraude, mais aussi les atteintes à la liberté sexuelle et à l’honneur, ou le trafic de stupéfiants. L’affiliation au PKK ne constitue pas un acte répréhensible et ne peut donc pas entraîner le refus d’une demande d’asile en vertu de l’article 53 al. a LAsi.
    Refus de l’asile pour atteinte à la sûreté

    L’affiliation présumée ou avérée au PKK ou à des groupements semblables est cependant pertinente au regard du second motif d’exclusion de l’asile. En sont en effet exclues les personnes réfugiées qui compromettent la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse (art. 53, al. b LAsi). Dans ce contexte, le terme de sûreté de l’Etat doit être compris dans un sens large. Cela concerne par exemple l’espionnage, le terrorisme ou, comme le déclare le TAF dans sa récente décision, l’appartenance présumée à des groupements considérés extrémistes. Or lorsque le SEM détermine si, en raison de son activité politique, une personne met en danger la sûreté de l’Etat, il lui revient également de prendre en compte le fait que les citoyen-ne-s étrangers-ères jouissent de droits fondamentaux, notamment les libertés d’expression et de réunion et que ceux-ci doivent être mis en pondération au cas par cas.

    Manuel Asile et retour. Article D9 Indignité
    Secrétariat d’Etat aux migrations (pdf, 16 p.)

    Octroi de l’asile vs admission provisoire

    Les personnes reconnues comme réfugiées auxquelles l’asile a été accordé obtiendront une autorisation de séjour (livret pour étrangers-ères B). Une autorisation d’établissement (livret C) pourra être demandée au terme d’un séjour ininterrompu de dix ans. En cas d’intégration « réussie », cela est déjà possible après cinq ans. Il en est tout autrement pour les personnes admises à titre provisoire uniquement. Elles obtiendront un livret F délivré pour une durée maximale de 12 mois renouvelables et leur statut sera marqué par une grande précarité. (Voir notre article : Toute une vie dans le provisoire : un rapport dénonce les effets pervers du permis F)
    Décision critiquée

    L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) dénonce un arrêt qui « ébranle les fondements du droit d’asile ». Le TAF placerait des « considérations sécuritaires qui relèvent de l’hypothèse » au-dessus du droit à la protection contre les persécutions et la violence.

    L’hebdomadaire Wochenzeitung (WOZ) dénonce quant à lui cet arrêt qui conduit à une « inversion de la présomption d’innocence », étant donné que la demande d’asile avait été rejetée sur la base d’une présomption de fait sans qu’aucun comportement criminel n’ait pu être prouvé. De surcroît, il pourrait devenir plus difficile pour les kurdes qui ont fui la région en conflit entre la Turquie et la Syrie d’obtenir l’asile en Suisse.

    https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/interieure/asile/jurisprudence/tribunal-federal-asile-presomption-innocence
    #asile #migrations #réfugiés #Suisse #droit_d'asile #PKK #indignité #justice #Kurdes
    ping @isskein

    • L’arrêt sur les Kurdes ébranle les fondements du droit d’asile

      Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a rendu un arrêt de principe, concernant un Kurde requérant d’asile de Turquie, qui crée de la méfiance envers chaque réfugié-e persécuté-e en raison de ses #convictions_politiques. Un simple contact présumé avec un sous-groupe du PKK ne devrait pas être déterminant pour soupçonner un innocent de risque pour la #sécurité_intérieure de la Suisse et l’exclure ainsi de l’asile. Le droit à la protection contre les persécutions et la violence doit rester prépondérant face aux considérations sécuritaires qui relèvent de l’hypothèse.

      https://www.osar.ch/medias/communiques-de-presse/2018/larret-sur-les-kurdes-ebranle-les-fondements-du-droit-dasile.html

    • Die Umkehr der Unschuldsvermutung

      Aufgrund einer Vermutung bekommt ein politisch Verfolgter kein Asyl. In einem Grundsatzurteil hat das Bundesverwaltungsgericht in St. Gallen am vergangenen Freitag einen Entscheid des Staatssekretariats für Migration (SEM) bestätigt. Dieses hatte vor vier Jahren das Asylgesuch eines Kurden abgelehnt, dem vorgeworfen wird, Mitglied einer verbotenen Untergrundorganisation der PKK zu sein.

      Die Begründung des Gerichts steht auf wackligen Beinen. Das SEM stützte sich auf Informationen des Nachrichtendienstes des Bundes, laut denen der Asylsuchende 2012 an einem Treffen der Geheimorganisation Komalen Ciwan in den Niederlanden teilgenommen habe. Nur: Konkrete strafrechtlich relevante Handlungen konnte ihm der Nachrichtendienst bis heute nicht nachweisen. Übrig blieb eine «tatsächliche Vermutung», der Beschuldigte gefährde durch Kontakte zur Organisation die «innere oder äussere Sicherheit der Schweiz».

      Die Schweizerische Flüchtlingshilfe (SFH) kritisiert den Entscheid. Das Urteil rüttle am «Fundament des Asylrechts», indem die Behörden «hypothetische Sicherheitsüberlegungen» höher gewichten würden als den Schutz vor Verfolgung und Gewalt, sagt Peter Meier, Leiter Asylpolitik der SFH. Das Urteil sei zudem ein Präzedenzfall: «Es stellt Flüchtlinge, die aufgrund ihrer politischen Überzeugungen verfolgt werden, unter Generalverdacht.» Gerade für KurdInnen aus der Konfliktregion zwischen Syrien und der Türkei dürfte es schwieriger werden, in der Schweiz Asyl zu erhalten. Hinzu komme, dass der Beschuldigte vor Gericht den Beweis erbringen musste, dass er keine terroristischen Absichten verfolge, wodurch die Unschuldsvermutung verletzt worden sei.

      Für Asylsuchende bedeutet das Urteil neue Hürden: Um Asyl zu erhalten, muss man glaubhaft machen, sich politisch gegen ein Regime engagiert zu haben. In der Schweiz wiederum muss man den Beweis erbringen, dass man zu diesen Widerstandsgruppen keinen Kontakt mehr hat, und sich glaubhaft von ihnen distanzieren.

      Das Urteil kann nicht ans Bundesgericht weitergezogen werden, weil in Asylfällen das Bundesverwaltungsgericht letztinstanzlich entscheidet. Aufgrund des Non-Refoulement-Prinzips wird der Kurde jedoch nicht in die Türkei ausgeschafft, da ihm dort Verfolgung droht. Er lebt damit als vorläufig Aufgenommener weiterhin in der Schweiz, verfügt mit diesem Status jedoch über weniger Rechte als ein anerkannter Asylsuchender.

      https://www.woz.ch/-9159


  • #Canada Les plus grands utilisateurs des banques alimentaires sont les enfants et les célibataires La Presse canadienne à Mississauga - 5 Février 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/sante/547143/les-constats-des-banques-alimentaires-canadiennes-ciblent-enfants-et-celib

    Les enfants totalisent 35,2 % des personnes ayant recours aux banques alimentaires au Canada alors qu’ils ne représentent que 20 % de la population selon le recensement de 2016 publié par Statistique Canada.

    Ce constat troublant figure en manchette du bilan 2018 que dresse l’organisme Banques alimentaires Canada.


    Photo : Marie-France Coallier Archives Le Devoir. Les enfants totalisent 35,2 % des personnes ayant recours aux banques alimentaires alors qu’ils ne représentent que 20 % de la population.

    Ce pourcentage est presque identique au Québec, mais il est particulièrement élevé en Saskatchewan (43,5 %), dans les trois territoires (43,3 %), au Manitoba (42,6 %) et en Alberta (38,5 %).

    En mars 2018, les banques alimentaires canadiennes ont enregistré 1,1 million de visites. Près de 357 000 d’entre elles ont été faites par des résidents du Québec.

    Une autre anomalie révélée par le rapport révèle qu’un peu plus de 19 % des utilisateurs des banques alimentaires proviennent de familles monoparentales qui ne représentent pourtant que 10 % des ménages canadiens.

    D’autre part, au Canada, 45 % des personnes qui utilisent les banques alimentaires proviennent de ménages d’une seule personne.

    Banques alimentaires Canada impute la gravité de la situation dans les trois territoires au phénomène de l’insécurité alimentaire qui, dans le seul Nunavut, touchait 46,8 pour cent des ménages en 2014, d’après Statistique Canada. D’ailleurs, l’une des quatre recommandations dressées par les auteurs du rapport suggère aux élus de s’attaquer au fléau de l’insécurité alimentaire dans les régions du nord canadien.

    Les auteurs réclament aussi plus de leadership du gouvernement du Canada dans le dossier du revenu de base pour tous les Canadiens. Ils proposent aussi une aide à la création de services abordables d’apprentissage et de garde des jeunes enfants au pays.

    Enfin, ils espèrent un soutien accru aux adultes célibataires à faible revenu.

    #pauvreté #enfants #faim #Banque_alimentaire #Célibataire #Célibataires #banques_alimentaires


  • Les équations bidons du petit Macron 25 janvier 2019 - Frustration
    https://www.frustrationlarevue.fr/les-equations-bidons-du-petit-macron

    Sous prétexte de “Grand Débat”, nos télés diffusent en continu la Grande Propagande : un président qui parle des heures à des maires – avec respect – et à des citoyens – avec condescendance – pour dérouler une série de fausses alternatives, d’équations issues de l’imagination rabougrie de sa tête de banquier énarque. Toutes ces équations sont fausses, destinées à réduire le champ des possibles politiques qui s’offrent à nous

    “POUR FINANCER CECI, IL FAUT RÉDUIRE CELA” :
    Dans l’absolu c’est vrai, sauf que Macron exclut systématiquement de l’équation tout l’argent que lui et ses prédécesseurs ont donné aux riches, aux patrons et aux actionnaires. Comme dans le questionnaire bidon du grand débat, il nous demande de choisir entre tailler dans l’éducation, la santé ou la solidarité. Avoir plus de droits ou plus d’impôts. C’est oublier que nos richesses ont été captées par une minorité. Chaque année, nos impôts financent 20 milliards qui vont aux entreprises, sous forme d’exonérations d’impôts (jusqu’en 2019) et d’exonérations de cotisations sociales compensées par l’Etat (à partir de 2019). Désormais, nos services publics vont devoir fonctionner sans les milliards de l’ISF. Et la flat tax, et l’évasion fiscale ? Des dizaines de milliards peuvent être réinvestis dans notre modèle social et nos services publics sans que notre solidarité soit réduite pour autant.

    “ON NE VIVAIT PAS MIEUX AVEC L’ISF, IL N’Y AVAIT PAS MOINS DE SDF”,
    répète Macron en boucle, trop fier de sa punchline. Eh si champion ! (on se permet d’être familier, lui nous appelle “les enfants”) le nombre de pauvres augmente dans ce pays à mesure que la fiscalité des riches s’est allégée. Depuis la crise de 2008, causée par la stupidité et l’irresponsabilité des financiers, une partie de la population s’appauvrit. Et dans le même temps, les gouvernements successifs et surtout le sien ont réduit la fiscalité des riches et des entreprises et la font peser sur les ménages sous forme d’augmentation d’impôts (la CSG pour les retraités…) et de coupes dans la sécurité sociale et les services publiques. On vivrait mieux avec un gros ISF : on pourrait sortir les urgences du chaos, on pourrait bâtir des centres d’accueils, les communes arrêteraient d’être saignées, on ne baisserait pas les APL et on ne gèlerait pas le RSA pour permettre aux riches de prospérer. Si la part de rémunération des actionnaires n’avait pas augmenté dans toute l’économie, au détriment des salaires, ces derniers ne stagneraient pas. Comme il le dit lui-même, “on ne peut pas financer ceci sans réduire cela”, on ne peut pas donner aux riches sans prendre aux pauvres.

    “JE N’AI PAS FAIT DE CADEAUX”
    “Ben si”, a répondu l’Assemblée citoyenne devant lequel Macron a déclaré cette ineptie. Et elle a raison ! Distribuer de l’argent aux riches et aux entreprises plutôt qu’aux ménages moyens et populaires, c’est un cadeau, dans la mesure où ça ne s’explique pas autrement que par l’affection et la profonde solidarité qu’entretient le président, son gouvernement et sa majorité envers ceux à qui ce transfert bénéficie. Cet amour, qui est idéologique et social, “a ses raisons que la raison ignore”, comme dit le proverbe. Car Macron et ses sbires sont bien incapables d’expliquer clairement quels effets vertueux et rationnels une telle dépense budgétaire (20 milliards de transformation du CICE en baisse de cotisations + 7 milliards d’ISF, sans compter la flat tax) va produire. Ils nous demandent d’attendre de voir. Sauf que les effets sont déjà là : les riches ne sont plus incités à investir dans l’économie réelle (car c’était un des objectifs de l’ISF, empêcher l’argent de dormir ou de s’en aller, car quand un riche investissait dans une PME, il avait une réduction de son ISF) et ne sont plus incités à être solidaires : les dons aux associations se sont effondrés en 2018, à cause de la suppression de l’ISF : l’ISF était une carotte pour les forcer à donner. Ils ne sont plus incités fiscalement à le faire et voilà le résultat, bébé Macron, il y aura de plus en plus de SDF car les associations ne vont plus avoir les moyens de les aider.

    Toutes les équations du petit Manu sont fausses, en plus de se contredire les unes par rapport aux autres : Oui, la suppression de l’ISF et moins d’efforts demandés aux riches, aux actionnaires et aux patrons, aggravent la pauvreté. Car oui, ce n’est pas open bar, et donner d’un coté pousse à réduire de l’autre, et c’est ce que Macron en offrant des cadeaux. De vrais cadeaux, pour ceux qu’il aime, ceux pour qui il bosse, car oui, son passage à Rothschild a laissé des traces profondes chez ce monsieur, et rien à voir avec des “relents” antisémites, comme il l’a laissé entendre pendant son one man show miteux d’hier, mais parce que cette banque d’affaire est un formidable créateur de réseaux entre riches et politiciens.

    #débat #grand_débat réunion #post_it #foutage_de_gueule #guerre_aux_pauvres #propagande #enfumage


  • Volksparteien als klassische Regierungsorgane | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Volksparteien-als-klassische-Regierungsorgane-4289120.html


    Wolfgang J. Koschnick explique comment les démocraties parlementaires sont en train d’atteindre leur date d’expiration. Dans le courant des dernières 50 années des forces puissantes ont poussé les élus à accepter une série de modifications des règles parlementaires qui les rendent presque aussi impuissants qu’après la loi allemande des pleins pouvoirs de 1933.


    Adolf Hitlers parle aux élus du Reichstag lors du vote des pleins pouvoirs le 23.3.1933

    Il s’agit d’un processus inhérent au systèmes parlementaires d’Europe. Les différences entre les pays et les parlements spécifiques n’ont que des conséquences négligeables ce qui fait qu’on doit se préparer à des changements à travers des conflits que justice et parlement ne sauront plus réglèr à l’amiable ou par des compromis. A travers le mouvement des gilets jaunes et les mesures draconiennes de la justice et des forces de police en France se dessinent les futures actions impitoyables du pouvoir en place.

    Ceci n’a rien de nouveau ou de surprenant. En temps de crise marqué par une perte de légitimité des instances politiques et des autres puissances majeures les régimes en place finissent toujours au milieux des massacres qui annoncent le triomphe d’un nouveau système. Le vingtième siècle a vu naître des états socialistes, des dictatures capitaliste généralement appellées fascistes et de nouvelles formes d’organisation démocratiques inspirés par l’expérience des luttes de classe précédentes.

    L’épuisement des ressource planétaires et le changement climatique imposeront aux acteurs un rythme dramatiquement accéléré et aggraveront tout autant l’impact des problemes et la profondeur des changement en vue.

    Würde das Parlament Beschlüsse mit der Regierungsmehrheit am Ende nicht abnicken, wäre der Zusammenbruch der Regierung die unvermeidliche Folge. Also haben die Fraktionen der Regierung sie abgenickt und nicken weiter alles ab, was man ihnen vor die Füße wirft. Das wird im Prinzip ewig so bleiben, und daran wird sich nie etwas ändern. Die Struktur der parlamentarischen Parteiendemokratie macht es unvermeidlich, dass die Parlamente in ihnen nur als Abnickvereine richtig funktionieren können. Das allmähliche Dahinschwinden der klassischen Volksparteien lässt indes darauf hoffen, dass im längeren Zeitverlauf die verkrusteten Strukturen aufbrechen.

    Tous les articles de Wolfgang J. Koschnick sur Telepolis
    https://www.heise.de/tp/autoren/Wolfgang-J-Koschnick-3457752.html

    #politique #régime_parlementaire #révolution #auf_deutsch #it_has_begun


  • Trolls russe : après les fake news, découvrez les hate news
    https://www.ladn.eu/media-mutants/fakes-news-hate-news-trolls-russe

    Souffler sur les braises

    Il est très compliqué de prouver formellement que cette vidéo est un pur fake. Mais son mode opératoire - du choix de son sujet jusqu’à sa diffusion - répond à celui de l’Internet Resarch Agency, un organisme basé à Saint-Pétersbourg. Créé en 2013 par un business man proche de Vladimir Poutine, Yevgeny Prigozhin, il s’agit d’une véritable usine à trolls dont l’objectif est d’inonder le Web de fake news. Pointée du doigt par l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans l’élection américaine, l’Internet Resarch Agency serait responsable, entre autres rumeurs, de celles affirmant qu’Hillary Clinton célébrait des messes satanistes ou gérait des réseaux pédophiles.

    Pour alimenter les sujets qui fâchent, l’Internet Resarch Agency s’immisce dans des milliers de groupes Facebook aux opinions radicalement opposées. Ainsi en mai 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, l’agence a réussi à monter, devant une mosquée de la ville de Houston, une manifestation de suprémacistes blancs et, au même moment, une contre-manifestation de musulmans. Les deux groupes se sont opposés sur le terrain sans que, ni les uns ni les autres, ne comprennent que les organisateurs étaient installés derrière des écrans en Russie. L’Internet Resarch Agency sévit également sur Twitter. Elle contrôle des centaines de bots postant plusieurs millions de tweets hargneux. Son objectif n’est pas directement idéologique : il ne s’agit pas de valoriser telle ou telle opinion – les féministes ou les masculinistes, les suprémacistes blancs ou les musulmans. Non, l’objectif de l’agence est de faire monter les tensions entre ces communautés afin de nourrir un climat de haine entre elles.

    L’idée reste la même : alimenter plusieurs groupes antagonistes pour attiser les conflits entre eux. La première étape consiste à inonder l’opinion publique de fake news pour rendre indémêlable le vrai du faux, et obtenir que les débats se concentrent sur cet inextricable imbroglio plutôt que de se concentrer sur de vrais problèmes. « La plus grande crainte des régimes autocratiques, c’est que la société civile se coordonne en tant que contre-pouvoir, poursuit Guy-Philippe Goldstein. Pour garder le contrôle, ils veulent donc diviser la société, en diffusant la haine notamment. »

    #Fake_news #Désinformation #Russie


  • Sur FB « Ju Ef » réagit à louverture de l’exposition DAU (immersion dans l’univers soviétique) :

    https://www.dau.xxx

    J’ai vu, dans mes contacts, plusieurs partages dithyrambiques sur DAU, un projet gigantesque de film/installation artistique à mi chemin entre la télé réalité, le théâtre immersif et l’expérience totalitaire.

    En gros DAU c’est le projet d’un réalisateur qui s’appelle Khrzhanovsky, qui semble disposer d’un pouvoir et de moyens illimités. Il a créé un set de tournage en Ukraine, reproduisant une ville, truffée de caméras cachées, et dans laquelle, pendant 3 ans, 400 personnes ont vécu en immersion dans une imitation de système totalitaire.

    Les images produites vont être diffusées à Paris en étant intégrées à une sorte de spectacle immersif aux théâtres du Chatelet et de la Ville. Pour les visionner il faut remplir une demande de Visa qui pose des questions intimes, payer cher et s’engager à rester entre 6h et 24h à l’intérieur du dispositif.

    J’ai evidemment d’abord été intrigué par ce projet qui semble hors normes, mais plusieurs choses, dans les articles (très positifs) que mes contacts partageaient, m’ont rapidement gênées.

    Dans plusieurs de ces articles, il était fait mention, au détour d’une ligne, comme si ça n’etait qu’un détail, de travail gratuit, d’autoritarisme du réal, de crises de folie filmées, etc..
    Cela m’a alarmé et s’est ajouté à la méfiance que j’avais déjà à l’idée que des privilégiés, en France, payent pour se donner le frisson de la dictature. Je me suis donc un peu plus renseigné.

    Il ne m’a pas fallu aller bien loin. Il est extrêmement facile de trouver sur internet des descriptions plus approfondies des conditions dans lesquelles le tournage a été réalisé et sur la personnalité du réalisateur.

    Ce que j’ai pu lire est si horrible, d’une telle atteinte aux conditions de travail (et pour certaines à la santé le mentale) des personnes filmées, le réalisateur, quant à lui, d’une telle misogynie, d’un tel sadisme, que je ne comprends pas que quiconque (et à fortiori des QUEER FEMINISTES) envisagent d’y participer en filant du fric pour le projet sous prétexte de ne pas rater cette ’’œuvre d’art hors normes’’.

    Déjà en fouillant un peu on trouve très rapidement beaucoup plus de détails sur les conditions de travail des personnes qui ont participé au tournage.

    Immersion des travailleur.euses type télé réalité, avec consentement vicié car beaucoup qui ne savent pas exactement à quoi iels participent, pour combien de temps, comment les images vont être utilisées, et exactement où sont les caméras et les micros.
    Travail gratuit ou sous-payé.

    Quand ce travail est payé : RETENUES SUR SALAIRES COMME PUNITION si on ne suit pas à la lettre les règles folles et arbitraires qui passent par la tête du réal. Licenciements abusifs sur simple caprice du réalisateur, ou si vous perdez votre santé mentale à cause des conditions de travail. Participant.e.s au tournage qui développent du PTSD. Etc...

    A cela s’ajoute la personnalité du réalisateur qui semble être mégalomane, sadique, misogyne et un prédateur sexuel qui harcèle et humilie les femmes autour de lui, ou arrive à ses fins avec elles en usant de son pouvoir.

    Voici des extraits d’un article abominable (relayé par Trax magazine comme l’article de référence, on croit rêver) pondu pour GQ par un certain Michael Idov, un type dont on ferait bien de se rappeler pour ne plus jamais le lire et changer de trottoir quand on le croise dans la rue. Cet article est un bon exemple de ce que les féministes nomment la culture du viol. On se dit à sa lecture qu’on devrait boycotter DAU mais aussi se torcher le cul avec GQ.

    L’article est très difficile à lire car l’auteur, tout en dévoilant un liste de comportements abusifs de la part du réalisateur, ne cache pas son admiration pour ce ’’génie’’. Il décrit des scènes qui sont clairement du harcèlement sexuel avec un ton léger comme si il s’agissait d’anecdotes croustillantes qui montrent à quel point Khrzhanovsky est de ces doux dingues qui font les grand artistes (hommes).

    Morceaux choisis :

    Le Real parlant à la troisième personne d’une actrice présente, comme si elle n’était pas là :

    "Tear off her eyelashes," he says without breaking stride. « She looks like an intellectual whore. »

    « Well, that was the idea ! » the makeup artist yells to his back.

    « Sure, » says Khrzhanovsky, pivoting on one heel like an ice dancer.

    "But try to make her look less whorish. Impossible, I know."

    Misogynie et licenciements abusifs :

    ’’People come and go in disorienting waves. When Khrzhanovsky likes someone—more often than not a young woman—he offers them money and an important-sounding title at once. When someone rubs him the wrong way, he fires them midshot.’’

    Accrochez vous, ici le réalisateur rencontre une aspirante participante au projet (il les choisis notamment si elles sont physiquement à son goût) en tête à tête. Il la prive de sommeil et lui pose des questions d’ordre sexuel. Il la traumatise (elle tremble de dégoût) et la recale....
    Wouah TROP ARTY !

    "There they talked for two hours more, until 3 a.m., this time in private. The questioning quickly switched from art to sex. When did you lose your virginity ? Can you come up to a guy in a club and fuck him without finding out as much as his name ? Are any of your friends whores ? (« I couldn’t understand whether he meant professionals or just slutty, » Yulia says. « By that time, I was well into my second sleepless night. I just wanted it all over with so I could go to sleep. »)
    The director wouldn’t make an actual move—that wasn’t his style—but clearly expected her to throw herself at him. « When I got out, » remembers Yulia, « everyone was like, ’Did he ask you about sleeping with other women ?’ That seemed to be an important part of his interview process. » In the morning, when she saw Khrzhanovsky, she started uncontrollably shaking with disgust. Soon after, an assistant curtly told her to leave : "You and Ilya have very differing outlooks on life."

    La puissance créatrice de l’artiste est liée à sa puissance virile sexuelle (que des esprits chagrins appelleraient un comportement de prédateur sexuel) :

    (Parlant de la biographie de Khrzhanovsky)

    ’’A few short years later, he was a dedicated club kid and one of Moscow’s premier pickup artists. The legends of his exploits still make for party-chat fodder. One friend recalls the 16-year-old Ilya approaching strange women, on a dare or a bet, and saying in his soft voice, « Come suck me off in the bathroom. » (It somehow sounds even worse in Russian.) And they would. Some of them, anyway. Khrzhanovsky hit on everyone. It cost him friendships. But it also got him laid, again and again. "His main driving force in life is crippling, animal lust,"

    On dirait le club Med :

    "Some say they’d happily work with Khrzhanovsky again, others claim something akin to PTSD. « It’s almost slavery, » writes one former crew member in a blog. "But Ilya managed to make everyone think they were part of something truly great."

    Pas de surprise que ce journaliste assiste à tout cela sans s’en insurger puisque lui-même semble être bien miso. Le voici entrain de parler d’une participante qui lui montre la chambre dans laquelle elle vit sur le tournage :

    ’’It’s an intensely erotic and odd moment, this tiny pet showing off her cage.’’

    Bref, cet article est édifiant car bien qu’il essaye de dresser un portrait positif de cette œuvre et du réalisateur il ne parvient pas à cacher tous les manquements aux droits du travail et aux droits humains sous le prétexte de l’art et de l’expérience sociale.

    On va me dire que j’ai rien compris que c’est justement la beauté, la profondeur du truc, qu’en reproduisant un climat totalitaire le réalisateur brouille les pistes entre fiction et réalité, le jeu et la vie, blablah. Osef, aucun de vos concepts artistiques ou philosophiques fumeux de pseudos intellectuels se branlant mutuellement la nouille ne justifie la torture d’être humains ou d’animaux.

    Et marre de donner du pouvoir, du fric, de la légitimité à des mecs comme Khrzhanovsky en cachant leurs comportements de prédateurs sexuels sous la qualification de ’’génies’’

    C’est à mon sens extrêmement alarmant que des gens partagent et fasse la com’ de DAU, sans s’interroger un peu plus au delà de l’aspect fascinant du truc.

    Cela me semble inconcevable et indécent qu’on puisse envisager de refiler ne serait-ce qu’un centime à ce projet. D’autant plus en se drappant de bonne conscience, en se disant qu’on participe d’une expérience artistique historique et avant gardiste. Sans avoir l’honnêteté de reconnaître que si vous allez, en toute connaissance de cause, aux représentations à Paris, ça sera uniquement pour votre gratification personnelle, au mépris des conditions qui ont permis l’existence de l’oeuvre.

    À ce prix là, si vous voulez vous immerger dans un spectacle grandeur nature fignolé dans ses moindres détails par des travailleur.euses exploitée, allez à Disneyland. Au moins les employé.e.s y sont quand même payé.e.s.


  • « Game over » : des activistes envahissent l’Apple Store de Bruxelles pour dénoncer l’évasion fiscale RTBF - 26 Janvier 2019
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_game-over-des-activistes-envahissent-l-apple-store-de-bruxelles-pour-den

    Une centaine de citoyens ont envahi l’Apple Store de Bruxelles (avenue de la Toison d’Or) ce samedi 26 janvier vers midi pour rappeler à la multinationale de payer correctement ses impôts en Belgique.

    L’action était menée dans la cadre de la campagne « TAM TAM #Art23 » réclamant plus de justice fiscale, quelques jours après le dépôt par la députée fédérale cdH Vanessa Matz d’ une proposition de loi afin de taxer à hauteur de 3% le chiffre d’affaires des géants de l’internet aussi appelés GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple, etc…).

    Tandis que des « Pac-man » attrapaient des « euros » symbolisés par des ballons, d’autres participants à l’action signifiaient à Apple que le jeu était terminé (« GAME OVER »). 

    Le collectif veut dénoncer que selon selon eux, Apple a fait perdre entre 2002 et 2016 plus de 14 milliards d’euros aux États européens grâce à un mécanisme lui permettant de payer un minimum d’impôts : la multinationale ne paie ses impôts qu’en Irlande, où elle bénéficie d’un taux de 4,5 %.

    « Si Apple payait ses impôts selon le taux normal de 33,99 %, pour ses activités exercées en Belgique, elle devrait payer au Trésor belge près de 500 millions d’euros pour s’acquitter de ses arriérés depuis 2002 ! À titre d’exemple, on pourrait payer avec cette somme le salaire de 10.000 infirmier(ère)s pendant un an. Une taxation juste permettrait de contribuer au refinancement des services publics » , affirme Camille, membre du collectif. 

    Le collectif rappelle que les revendications pour plus de justice fiscale sont au cœur de l’action de nombreuses ONG’s et autres mouvements sociaux, comme celui des gilets jaunes. Il est selon lui « grand temps d’agir afin de rétablir l’équité devant l’impôt ».

    #apple #fraude_fiscale #évasion_fiscale #paradis_fiscaux de l’#UE #union_européenne #économie #finance #surveillance #iphone #mac #smartphone #gafa


  • Je voulais en savoir un peu plus sur Junior Wells qui fait la couverture du dernier Soul Bag


    http://www.soulbag.fr/issue/issue

    Cerise sur le gâteau la « cigar box » est disponible sur #bandcamp avec pas moins de 66 morceaux, la grande classe quoi !

    Vingt ans après sa mort, la musique de #Junior_Wells est un peu oubliée, d’autant qu’une partie de sa discographie – les années Blues Rock, en particulier – n’est que difficilement accessible sur #disque et est absente des services de musique en ligne. Raison de plus pour saluer l’initiative de Cleopatra Records qui proposera à la fin du mois d’août un luxueux coffret de 6 CD partagés entre une sélection de faces studios de ses débuts aux années 1970, avec des classiques comme Messin’ with the kid ou Little by little, et trois disques d’enregistrements en public inédits, datant des années 1980 et 1990, qui viennent compléter les albums posthumes publiés par Delmark. Le tout est emballé dans un coffret en bois façon “cigar box” et accompagné d’un livret illustré de 48 pages… et d’un indispensable mini-harmonica ! Peut-être bien le cadeau de Noël idéal des fans de #blues.

    http://www.soulbag.fr/news/index/type/news/id/4243
    https://juniorwells.bandcamp.com/track/mystery-train


    https://juniorwells.bandcamp.com/track/just-to-be-with-you

    https://cleopatrablues.bandcamp.com


    https://www.discogs.com/fr/artist/328158-Junior-Wells


    • LE GRAND BLABLA !

      A peine commencé, le grand débat est déjà terminé. Chantal Jouanao a jeté l’éponge, devant le refus de l’Elysée de garantir un débat indépendant suivi d’effets, et aussi, un peu, devant la pression populaire sur son salaire à la tête de la Commission Nationale du Débat Public.

      De séminaire gouvernemental en éléments de langage ineptes, du style « Le grand débat ne doit pas devenir le grand déballage », la majorité a décidé de foncer toujours plus vite dans le mur du refus de l’écoute et du rejet du dialogue.

      La lettre aux Français d’un Président hors-jeu et hors-sol a fixé les termes d’un débat impossible où les lignes rouges de l’ISF et de la politique de privatisation libérale de l’Etat ne peuvent être franchies. Pire ! La lettre d’Emmanuel Macron propose des thèmes chers à l’extrême droite sur l’accueil des réfugiés, l’immigration ou l’identité, qui ne sont en rien portés par les revendications des gilets jaunes.

      Nous assistons donc, un peu goguenards et complètement désabusés à la promotion d’un coup de communication politique bancal, organisé par le gouvernement, pour le gouvernement, pour les derniers soutiens du gouvernement, donc un débat totalement inutile.

      Ce grand débat n’a qu’un objectif : remettre en scène le Président, qui fera un tour des régions, en présence des caméras et des militants triés sur le volet, pour montrer qu’il a compris le message des gilets jaunes, et qu’il est proche de son peuple désormais.

      Ce même Président qui a décidé d’annuler les voeux aux corps intermédiaires, jugés « trop chronophages et inutiles », ce Président qui résume un mouvement profond de contestation sociale à une foule haineuse. Ce même Président qui écrit une bien trop longue lettre aux Français, comme s’ils voulaient éviter d’avoir à mal jouer son rôle, une fois encore, devant les caméras officielles de l’Elysée.

      Le grand débat national s’avère en réalité une petite opération de communication sur le dos des maires, dont certains ont déjà refuser de se prêter au jeu, jugé sans doute trop chronophage et inutile, lui aussi.

      Le débat est impossible, tout comme cette cocasse et triste « guerre des cagnottes » qui n’a pas pu avoir lieu à cause de la censure d’une plateforme de dons en ligne qui a interprété ses conditions d’utilisations pour complaire aux injonctions du gouvernement.

      Il faut comprendre la cagnotte de soutien à l’ancien boxeur Christophe Dettinger, comme l’expression de défiance des invisibles, prêts à toutes les solidarités contre une oligarchie embastillée.

      Dettinger est devenue une icône, en miroir à Benalla, autre icône, qui se moque de la justice.

      C’est la comparution immédiate pour l’un et l’immunité et le faste des voyages avec passeports diplomatiques pour l’autre, dans une danse macabre sur les restes piétinés de la République.

      La volonté d’apaisement de l’exécutif n’existe pas.

      C’est un barrage autoritaire qui blesse les corps et empêche la parole qui se dresse face à une demande de plus de démocratie et de plus de justice. Une violente lutte de pouvoir où « ceux qui réussissent » empêchent « ceux qui ne sont rien » de construire leurs solidarités effectives.

      La Ve République n’est certainement pas l’incarnation suprême de l’idéal républicain.

      Pierre Mendès France jugeait que « La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir.”

      Il ne peut y avoir d’ordre républicain sans justice.

      Les thèmes du grand débat sont gravés sur le fronton de nos mairies : Liberté, Egalité, Fraternité.

      Tout le reste, c’est du vol.

      https://www.lemondemoderne.media/le-grand-blabla

    • Le municipalisme n’est pas une panacée !

      ... En effet ce que dit René Revol prouve à quel point Emmanuel Macron s’est trompé lorsqu’il a décidé de s’adresser au peuple par le truchement de sa représentation municipale.

      Par ailleurs, comment peut-on convaincre tout un chacun qu’il s’agit d’un « grand débat » alors qu’il n’est en réalité qu’un one-man-show guidé et animé par le Président répondant aux questions des membres d’une assemblée.

      Et ces questionneurs étant des édiles, on peut admettre qu’ils sont les porte-paroles de leurs administrés, mais ils ne sont que des interlocuteurs univoques puisque les points abordés ne sont suivis d’aucune solution et tout au moins, d’aucune réflexion contradictoire...

      C’est ainsi que la démocratie dite participative trouve ses limites démocratiques dans le grand tohu bohu d’une jactance qui est un leurre, un grand bluff, de la poudre aux yeux pour l’opinion publique !

      D’ailleurs « les gilets jaunes » ne s’y sont pas trompés et restent mobilisés pour faire comprendre à l’Elysée que sa grande opération de communication est inutile, intempestive et d’ores et déjà frappée d’obsolescence.

      Seule une série de référenda d’initiative citoyenne dont les questions seraient rédigées par la « France d’en bas » pourraient calmer la colère populaire et produire les réponses salutaires qu’exige le pourrissement de notre société.

      Les municipalités ne peuvent être que des courroies de transmission.

      Des vecteurs de la démocratie.

      https://blogs.mediapart.fr/vingtras/blog/200119/le-municipalisme-nest-pas-une-panacee

    • ... Cest à dire avec cette arme de dissuasion massive du mensonge des classes dominantes qui est désormais leur réponse à la colère populaire sans oublier l’utilisation éhontée de la force publique, casquée et bottée, avec matraques et flash-balls.

      En effet est-ce vraiment un débat public cette organisation des jactances du Président devant des assemblées de Maires alibis d’un « échange démocratique » puisqu’ils sont priés de bien vouloir formuler des questions cadrées dans la fameuse « lettre aux Français » qui n’est autre qu’un catalogue de l’écume des problèmes de la nation ?

      Est-ce en réalité animer la vie républicaine que d’en détourner le sens et d’en falsifier les valeurs ? Remplacer la libre discussion par un discours de campagne électorale ?

      Par le détournement sémantique du discours public sous l’apparence du bon sens, on maîtrise des salles a priori sceptiques voire hostiles et on donne aux medias (qui n’attendent que cela) l’impression de l’émergence d’un consensus...

      Un Barnum-circus de la démocratie représentative avec des notables, des naïfs et des gogos !

      Car la perfidie et le cynisme du pouvoir régalien sont sans limites : en 1871, l’ignoble Adolphe Thiers matait le petit peuple des insurgés parisiens avec ses canons et ses mercenaires, en 2019, le muscadin Emmanuel Macron a pris la décision de casser la « révolte des ronds points » avec les mots d’un charlatanisme bon enfant et agréé par « les honnêtes gens ».

      Ainsi, il n’y a de république que conservatrice et une démocratie ne peut être qu’une autocratie dirigée par un leader éclairé...!

      Imbu de sa personne, de sa supériorité intellectuelle et de sa facilité de parole, le leader dispose et impose ; il enfume et abuse. Une ritournelle qui a un doux parfum vichyssois :

      « Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal »..."La terre, elle, ne ment pas "...etc

      Serait-il l’héritier d’un certain Maréchal...?

      NB/ le département de l’Hérault n’est pas dupe de l’enfumage présidentiel puisque seulement 19 Maires (sur 342) ont répondu présent à l’invitation du meeting macronien de Souillac !

      https://blogs.mediapart.fr/vingtras/blog/180119/perfidie-semantique

      « Une république à bout de souffle, confisquée par une caste bourgeoise empêtrée dans l’expertise technocratique et la religion du libéralisme, auto-satisfaite et arrogante, sûre d’elle et dominatrice grâce à sa maîtrise de la communication publique.

      Mais cette indécente démonstration de monopolisation du discours officiel avec le one-man-show normand est en réalité un chant du cygne.

      Oui, le ciel est noir. Mais le fond de l’air est jaune ! »

    • Macron face aux maires : la présidente Delga exprime « son malaise à Souillac, transformée en ville morte »
      https://www.midilibre.fr/2019/01/19/macron-face-aux-maires-la-presidente-delga-exprime-son-malaise-a-souillac-


      La présidente de la Région Occitanie Carole Delga avait fait le déplacement à Souillac dans le Lot.
      PHOTO ARCHIVES NASSIRA BELMEKKI

      La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, avait fait le déplacement ce vendredi 18 janvier dans le Lot, lors du deuxième acte du grand débat national avec les élus à Souillac.

      Comme le relate La Dépêche, ce qui l’a d’abord surpris, c’est l’aspect ville morte de Souillac. En effet, la président de Région explique : « Quand je suis arrivée vers midi, il n’y avait personne, sinon des représentants des forces de l’ordre. Pas un passant dans les rues, la plupart des commerces fermés. J’ai été très mal à l’aise. Comment, en effet, reprendre contact avec les citoyens, en particulier en milieu rural, si on aseptise les lieux ou l’on se rend ? Il y a comme une contradiction. Du coup, comme je ne pouvais pas concevoir d’aller dans une salle avec le président de la République sans échanger avec les habitants, je suis allé à leur rencontre. J’ai discuté avec des gilets jaunes et quelques rares personnes présentes. Ils ont été supers gentils. Une dame m’a même attribuée la fonction de maire de la région Occitanie » déclare Carole Delga, jointe par téléphone. « Cela manquait d’interactivité »

      En revanche, la présidente de la Région Occitanie n’est pas restée à Souillac pour écouter les réponses d’Emmanuel Macron. Toujours selon La Dépêche, Carole Delga n’a pas apprécié le format de ce débat. «  C’était très bien que les maires puissent exprimer leurs doléances ou revendications, mais cela manquait un peu d’interactivité. J’ai trouvé que ce débat nous enfermait. J’aurais préféré quelque chose de plus ouvert  » dit-elle.


  • #Masculinité_Toxique : La vidéo qui fait chouiner les #masculinistes
    https://tradfem.wordpress.com/2019/01/17/masculinite-toxique-la-video-qui-fait-chouiner-les-masculinistes

    https://youtu.be/koPmuEyP3a0

    Comme la vie était plus simple quand les #pubs de rasoirs se contentaient d’aligner sabres de pirates, grosses cylindrées et bonnes admiratives du menton de Monsieur…

    Ci-dessous quelques articles particulièrement pertinents, à traduire dès que nous en aurons le temps…

    *Who could hate Gillette’s campaign for positive masculinity ? Men could de #Clementine_Ford
    *The best a man can get ? Why some men are brushing off Gillette’s ad campaign

    #gillette


  • How to Create a File Storage #mobile App with #nativescript 5
    https://hackernoon.com/create-a-file-storage-mobile-app-with-nativescript-5-f14ee3be5bd0?source

    In our previous NativeScript article, we previewed the Framework. For this article, let’s create a small demo project. To start with, let’s set up a scenario for the demo.SimpleFileTransfer is a virtual file locker. Users can sign up for the service and get 100 MB of free virtual storage space. Users can then download and upload files on a server. Users will be able to increase their storage space by filling a form.Let’s jot down the App functionalities before moving ahead:Signup: User can signup for the app.Login: Authenticates user.Details Page: Provides user details like current quota and total space. Also, we can display a list of files.Download file: Download file from the server to a device.Upload file: Upload files from a device to the server.Increase Quota: Increases storage quota of a (...)

    #mobile-development #javascript #mobile-app-development


  • « Ils restèrent silencieusement accroupis dans le trou noir, au creux du buisson de ronces. Man dit enfin :
    – Comment que j’aurais de tes nouvelles ? Ils pourraient te tuer que j’en saurais rien. Il pourrait t’arriver du mal. Comment que je le saurais ?
    Tom eut un rire gêné :
    – Ben, peut-êt’ que, comme disait Casy, un homme n’a pas d’âme à soi tout seul, mais seulement un morceau de l’âme unique ; à ce moment là…
    – A ce moment là, quoi, Tom ?
    – A ce moment là, ça n’a plus d’importance. Je serai toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où il y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, je serai là. Partout où il y aura un flic en train de passer un type à tabac, je serai là. Si c’est comme Casy le sentait, eh ben dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, je serai là, et dans les rires des mioches qu’ont faim et qui savent que la soupe les attend, je serai là. Et quand les nôtres auront sur leurs tables ce qu’ils auront planté et récolté, quand ils habiteront dans les maisons qu’ils auront construites… eh ben, je serai là. Comprends-tu ? Ça y est, bon sang, v’là que je cause comme Casy. Ça vient de tant penser à lui. Des fois, j’ai comme l’impression qu’il est là, que je le vois. »

    Les raisins de la colère John #Steinbeck

    https://vimeo.com/246602589


  • Petition calls for U.S. to give Northwest Angle to Canada

    ’Make America great by correcting this critical survey error,’ petition says.

    There is a call for the U.S. government to adjust the border near #Manitoba to give Canada the geographic oddity known as the Northwest Angle.

    Known simply as the Angle to the 120 people who live there, it is a jetty of #Minnesota sandwiched between Manitoba and northwestern #Ontario.

    It is the only place in the United States outside Alaska that is north of the 49th parallel. And it was based on a flawed map from 1755.

    “Make America great by correcting this critical survey error,” states a petition, called “Give Canada back the Northwest Angle located in Manitoba,” and created as part of We the People.

    Launched in September 2011 under then-President Barack Obama, We the People is a section of the White House website for petitioning policy experts. Petitions that meet a certain threshold of signatures are typically reviewed by administration officials who are prepared to issue official responses.

    The threshold for a response is 100,000 signatures, so it could take some more for the Northwest Angle petition to find its way onto the desk of U.S. Congress.

    It was created Sunday, and as of Wednesday, had just 32 signatures.

    The international boundary that takes in the #Northwest_Angle was made shortly after the Treaty of Paris in 1783 between the U.S. and Britain.

    However, Benjamin Franklin and British representatives relied on a 1755 map from American John Mitchell, who was not a professional geographer or map-maker.

    He was a physician and botanist who developed an interest in geography and created his map based on materials he found in official archives and private hands. But he misattributed the source of the Mississippi River as being at the edge of Lake of the Woods, and drew the lake itself in the shape of an oval rather than bent and bowed by the multiple bays it actually contains.

    The Treaty of Paris stated the boundary between U.S. territory and the British possessions to the north would run “...through the Lake of the Woods to the northwestern-most point thereof, and from thence on a due west course to the river Mississippi.”

    The source of the Mississippi River, however, actually lies nearly due south of Lake of the Woods, rather than north and west of it.

    The end result is a thumb of land isolated from the rest of the U.S. In those months when Lake of the Woods is free of ice, Angle residents can reach the mainland U.S. directly by boat.

    However, to make the journey by land, residents must pass through two Canada-U.S. borders — at the east and southern boundaries of Manitoba.

    “Even the most mundane tasks involve a certain amount of shuttle diplomacy. Grocery shopping is once a week, and that’s an hour and 15 minutes, one way,” states a story on the region by CBS News in 2016.

    “First, residents have to notify Canadian authorities that they’re about to cross the border. Then, it’s a 60-mile [96.6-km] or so trek through Canada back to the U.S. boundary line to cross back into Minnesota and the nearest town.”

    https://www.cbc.ca/news/canada/manitoba/northwest-angle-petition-border-1.4962228
    #Canada #USA #Etats-Unis #frontières #disputes_frontalières #disputes_territoriales #différend_frontalier #frontières_mobiles #pétition

    La pétition:
    https://petitions.whitehouse.gov/petition/give-canada-back-northwest-angle-located-manitoba

    ping @reka


  • Comment la fistule anale de Louis XIV a permis la création de l’hymne britannique « God Save the Queen » ?
    https://www.franceinter.fr/histoire/comment-la-fistule-anale-de-louis-xiv-a-permis-la-creation-de-l-hymne-br

    Quel rapport peut-il bien exister entre l’affection dont souffrait le roi soleil et l’hymne de la perfide Albion ? Le professeur Jean-Noël Fabiani raconte cette histoire étonnante à Daniel Fievet dans la « Tête au carré ».

    • Au passage, Ô Monts Indépendants, un temps hymne national suisse,…

      https://www.youtube.com/watch?v=Lm-fPf8MqLM

      Cantique suisse — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Cantique_suisse

      Le chant patriotique Ô Monts indépendants (en allemand Rufst du mein Vaterland ; en italien Ci chiami o patria et en romanche E clomas, tger paeis), composé en 1811 par Johann Rudolf Wyss (1743-1818), a été le premier hymne patriotique et le plus utilisé jusqu’en 1961.
      […]
      Le fait que l’hymne suisse Ô Monts indépendants ait la même mélodie que l’hymne britannique God Save the Queen créa des situations embarrassantes lorsque les hymnes nationaux britannique et suisse étaient joués en même temps. Le cantique suisse purement helvétique remplaça alors provisoirement, en 1961, l’hymne Ô Monts indépendants.

      Après une période d’essai de trois ans avec un statut provisoire prolongé en 1965, le cantique suisse obtient le rang d’hymne national pour une période illimitée.

    • Donc, géniale intuition de Johnny Rotten, des Sex Pistols qui nous assène le 27 mai 1977 une version trash de l’hymne au trou de balle (et à sa fistule) du Roi-Soleil, œuvre éhontément plagiée par un maître de musique à la solde de la monarchie britannique, puis un siècle plus tard par un pasteur écrivaillon helvétique professant vaguement la philosophie.

      https://www.youtube.com/watch?v=yqrAPOZxgzU

      God save the queen
      The fascist regime
      They made you a moron
      Potential H-bomb

      God save the queen
      She ain’t no human being
      There is no future
      In England’s dreaming

      Don’t be told what you want
      Don’t be told what you need
      There’s no future, no future,
      No future for you

      God save the queen
      We mean it man
      We love our queen
      God saves

      God save the queen
      ’Cause tourists are money
      And our figurehead
      Is not what she seems

      Oh God save history
      God save your mad parade
      Oh Lord God have mercy
      All crimes are paid

      When there’s no future
      How can there be sin
      We’re the flowers in the dustbin
      We’re the poison in your human machine
      We’re the future, your future

      God save the queen
      We mean it man
      We love our queen
      God saves

      God save the queen
      We mean it man
      And there is no future
      In England’s dreaming

      No future, no future,
      No future for you
      No future, no future,
      No future for me

      No future, no future,
      No future for you
      No future, no future
      For you

      (Sinon, j’ai bien ri avec ça, merci @simplicissimus pour ce début d’année, euh ... chirurgicale ?)

      Pour soutenir son époux, Madame de Maintenon demande à Lully de composer un hymne. Le texte est écrit par Madame de Brinon, supérieure de la Maison royale de Saint-Louis créée par la marquise. Pendant l’opération, les Demoiselles de Saint-Cyr chantent cette composition.

    • Cher @simplicissimus, ce qui est intéressant dans l’hymne suisse, c’est qu’il a écrit, évidemment, dans les 4 langues nationales, mais les 4 versions ne sont pas du tout les mêmes. Il ne s’agit pas de traductions, mais de textes différents !
      Drôle, non ?


  • Ce que les films m’ont appris sur le fait d’être une femme | Manohla Dargis
    https://www.genre-ecran.net/spip.php?article292

    L’un des baisers les plus enchanteurs du cinéma est dans L’Homme tranquille (The Quiet Man), un film classique de John Ford. Maureen O’Hara joue une villageoise irlandaise qui tombe amoureuse d’un Irlandais-Américain incarné par John Wayne. Ils se rencontrent d’abord alors qu’elle surveille ses moutons pieds nus, et dans un premier temps, ils échangent surtout des regards. Mais une nuit il découvre que cette femme volontaire a pénétré dans sa maison. Elle court vers la porte. Il l’attire vers lui. Ils luttent, et alors qu’il tient son bras droit derrière son dos, son bras gauche s’amollit. Il se penche pour l’embrasser en l’enveloppant. C’est exquis, mais certains pourraient appeler ça du viol. Source : Le genre & (...)


  • L’envers des friches culturelles | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/231218/l-envers-des-friches-culturelles

    Terrains vagues, bâtiments désaffectés, rails à l’abandon… Un peu partout en France, ces espaces qui faisaient auparavant l’objet d’occupations illégales sont convertis en lieux culturels par une poignée d’entrepreneurs ambitieux. Ces sites, souvent éphémères, se présentent comme « engagés » et « créatifs » et participant à la revalorisation de quartiers dépréciés. Mais cette « valorisation » semble avant tout financière. Une enquête parue dans le numéro 11 du Crieur, toujours en librairie.

    • C’est que Ground Control s’inscrit plus largement dans une politique foncière en pleine expansion au sein de la SNCF  : l’urbanisme transitoire. «  Cette démarche dite d’“urbanisme temporaire” ou transitoire est un levier essentiel de valorisation, avance Fadia Karam, directrice du développement de SNCF Immobilier. Cela permet d’intensifier l’usage de nos sites parfois vides et d’éluder des coûts de gardiennage, d’entretien et de sécurité, en limitant la détérioration et l’obsolescence de notre patrimoine. En dotant nos sites de nouveaux usages, nous développons la valeur de nos actifs.  »

      icf-habitat

      La stratégie d’urbanisme transitoire du groupe ferroviaire prend naissance en 2013, quand une galerie de street art propose à ICF Habitat, filiale logement de la SNCF, d’investir provisoirement une de ses tours de logement destinée à la démolition. L’initiative, baptisée Tour Paris 13, est une telle réussite – trente mille visiteurs en un mois – que la SNCF entrevoit rapidement dans ce site culturel éphémère un formidable outil de communication sur la future HLM qui s’érigera en lieu et place de la tour. Et, par ricochet, d’augmentation de l’attractivité de ce quartier résidentiel grâce aux artistes graff les plus célèbres de la scène mondiale venus s’approprier l’immeuble en friche.

      Rapidement surnommée la «  cathédrale du street art  », la tour a été l’objet d’une grande attention médiatique, à l’image de Télérama, qui ira jusqu’à suivre en direct, avec trois caméras, la destruction du bâtiment en 2014. Trois ans plus tard, le même journal publiait un article élogieux sur le nouvel «  immeuble HLM à l’architecture délirante  » situé dans l’«  eldorado parisien du street art  ». Une opération de communication bénéficiant à la fois à l’acteur privé – la galerie Itinerrance – et à la SNCF, qui a pu aisément vendre ses logements flambant neufs à un prix lucratif.

      En 2015, deux ans après Tour Paris 13, l’occupation temporaire du dépôt de train de la Chapelle par Ground Control est appréhendée par SNCF Immobilier comme un projet pilote en vue de mieux formaliser sa démarche d’urbanisme transitoire. Après cette expérience concluante de friche culturelle éphémère, la filiale lance en fin d’année un appel à manifestation d’intérêt afin que seize de ses espaces désaffectés soient reconvertis provisoirement en «  sites artistiques temporaires  ».

      En réinvestissant une deuxième fois le dépôt de la Chapelle en 2016, puis la Halle Charolais de la gare de Lyon, Denis Legat devient, avec son concept Ground Control, le fer de lance de l’urbanisme transitoire prôné par la société nationale des chemins de fer. Au plus grand bonheur de Marie Jorio, cadre développement au sein de SNCF Immobilier qui, à propos du site de la Chapelle, déclare sans ambages  : «  Avec Ground Control, nous avons fait exister cette adresse plus rapidement et avons créé de l’attractivité  : les opérateurs ont envie d’y aller et d’innover !  »

      Aux yeux de la SNCF, la friche culturelle Ground Control a en effet servi d’outil marketing pour mieux promouvoir l’aménagement urbain qui prévoit la construction de cinq cents logements dans ce coin morne du XVIIIe arrondissement. Quant aux visiteurs, ils ont été les cobayes de la future identité urbaine de ce quartier dévitalisé, Ground Control constituant un showroom hype au service du complexe immobilier en devenir. «  L’ADN ferroviaire du site du dépôt Chapelle est ressorti très fortement dans l’appétence et le succès du concept, révèle ainsi SNCF Immobilier. Le projet urbain en cours de définition fera revivre cet ADN et cette identité ferroviaire très forte qui constituent un actif immatériel et un capital fort.  »

      Le recours aux occupations temporaires pour accroître la valeur financière d’un projet immobilier et préfigurer ses futurs usages est de plus en plus systématique. En janvier 2018, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France avait recensé pas moins de soixante-dix-sept projets d’urbanisme transitoire en région francilienne depuis 2012 – dont plus de la moitié sont en cours. Quatre cinquièmes des propriétaires des sites sont des acteurs publics ( collectivités locales, établissements publics d’aménagement, SNCF, bailleurs sociaux ) et les occupations à dimension culturelle sont largement prédominantes.

      Les pouvoirs publics locaux ont par ailleurs décidé d’accompagner pleinement cette dynamique d’optimisation foncière. Le conseil municipal de Paris et le conseil métropolitain du Grand Paris ont tous deux récemment adopté le vœu qu’à l’avenir, tout projet d’aménagement urbain soit précédé d’une opération d’urbanisme transitoire. De plus, sur la quarantaine de projets d’urbanisme temporaire actuels, vingt-sept sont soutenus par la région Île-de-France dans le cadre de son appel à manifestations d’intérêt sur l’urbanisme transitoire lancé en 2016. Une enveloppe qui s’élève à 3,3 millions d’euros.

      Là encore, malgré les incantations à l’«  innovation urbaine  » et à la «  transition écologique  » de cet appel à projets, c’est avant tout l’argument économique qui fait mouche. «  Il faut en moyenne douze ans pour qu’une ZAC [ zone d’aménagement concerté ] sorte de terre, avançait l’an dernier Chantal Jouanno, alors vice-présidente de la région. Durant ce laps de temps, les immeubles ne servent à personne, peuvent être squattés et perdre leur valeur.  » La nature a horreur du vide. Les édiles parisiens également.
      Espace public, bénéfice privé

      Cultplace et La Lune rousse ne se contentent pas d’accaparer des friches. L’ensemble de leurs sites éphémères et établissements présentent en effet la particularité d’être des espaces hybrides, à la fois publics et privatisables, culturels et commerciaux. Des logiques tout autant artistico-festives que marchandes, qui ont permis aux entrepreneurs culturels de s’approprier une dénomination en vogue  : celle de «  tiers-lieu ».

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      Conceptualisé par le sociologue américain Ray Oldenburg dans un ouvrage intitulé The Great Good Place ( 1989 ), le tiers-lieu désigne à l’origine les espaces de sociabilité situés en dehors du domicile et du travail, comme les cafés ou les parcs publics. Cette expression aux contours flous a été employée afin de qualifier les premiers fablabs, les hackerspaces et autres jardins urbains partagés. Mais au grand dam des tenants de l’éthique open source et de l’esprit collectif de la débrouille, le terme de tiers-lieu s’est progressivement dénaturé jusqu’à qualifier de facto tout espace hébergeant des activités pluridisciplinaires, gratuites comme lucratives.

      «  Je vois nos sites comme des écrins pour l’initiative, pour l’émergence d’envies, s’enflamme ainsi Renaud Barillet. Mais la réalité économique d’un tiers-lieu comme la friche 88 Ménilmontant fait qu’on a besoin de clients. Ce que l’on fabrique, ce sont des initiatives privées mais qui peuvent avoir une quote-part d’intérêt général. »

      Loïc Lorenzini, adjoint au maire du XVIIIe arrondissement chargé des entreprises culturelles, porte néanmoins un autre regard sur l’émergence de ces tiers-lieux. « Ground Control au dépôt de la Chapelle, cela n’a pas été évident avec eux au début, se souvient l’élu. Il y avait un service d’ordre avec des vigiles à l’entrée du lieu, ce qui n’a pas vraiment plu aux habitants du quartier.  »

      Sa circonscription héberge actuellement deux sites artistiques temporaires de la SNCF  : L’Aérosol – un hangar de fret reconverti en espace dédié au graffiti – et La Station-gare des mines – ancienne gare à charbon devenue salle de concert. Ces deux occupations de sites ferroviaires en friche préfigurent d’importants projets d’aménagement urbain comportant des logements, des bureaux ou encore l’Arena 2, une salle omnisports qui devrait être inaugurée en vue des Jeux olympiques de 2024.

      «  Ces entreprises culturelles sont venues bousculer la vision classique de la culture, c’est-à-dire une vision subventionnée, avance Loïc Lorenzini. L’enjeu avec ces tiers-lieux, c’est qu’ils ne deviennent pas le cache-sexe de projets privés urbanistiques. Notre rôle est de rappeler que dans un arrondissement populaire comme le XVIIIe, il y a des enjeux locaux forts, telle la gentrification.  »

    • Dernier avatar en date des tiers-lieux culturels qui foisonnent dans la capitale, La Recyclerie se présente comme «  une start-up innovante qui réinvente le concept du tiers-lieu ( ni la maison ni le travail ) et fédère un large public sur le thème de l’écoresponsabilité  ». Inauguré en 2014, cet établissement, composé d’un café-cantine, d’un atelier de réparation et d’une mini-ferme urbaine, est implanté au sein d’une station de train désaffectée de la Petite Ceinture, la gare Ornano, au nord du XVIIIe arrondissement.

      Les quais de la gare désaffectée du boulevard Ornano sur la ligne de Petite Ceinture. Les quais de la gare désaffectée du boulevard Ornano sur la ligne de Petite Ceinture.

      Un emplacement loin d’être anodin  : la station à l’abandon se situe en effet porte de Clignancourt, à deux pas des échoppes discount des puces de Saint-Ouen, de la préfecture de police chargée des demandes d’asile de la capitale et d’un bidonville de Roms installé en contrebas de l’ancienne voie ferrée. Un carrefour où vendeurs à la sauvette, chiffonniers et migrants tentent de survivre par l’économie informelle.

      Malgré le fait qu’un tiers-lieu culturel ne soit pas de prime abord le projet urbain le plus pertinent en termes de besoins sociaux dans ce quartier populaire, «  le maire de l’époque, Daniel Vaillant, a personnellement appuyé notre dossier, dévoile Marion Bocahut, présentée comme cheffe de projet écoculturel du lieu. La mairie du XVIIIe n’avait pas les moyens financiers d’acheter la gare Ornano, nous avons donc racheté l’intérieur du bâtiment  ».

      La Recyclerie appartient à Sinny & Ooko, une société «  créatrice de tiers-lieux et d’événements  » dirigée par Stéphane Vatinel. Figure du milieu de la nuit, connu pour avoir fondé en 1992 le Glaz’art, un club électro emblématique installé dans un ancien dépôt de bus, l’entrepreneur a repris de 2003 à 2008 les rênes du Divan du monde, salle de spectacle historique de Pigalle.

      Par l’intermédiaire de son entreprise, ce quinquagénaire hyperactif est aujourd’hui l’exploitant de La Machine du Moulin rouge, l’incontournable discothèque techno du nord de la capitale, et du Pavillon des canaux, une bâtisse abandonnée sur les bords du bassin de la Villette réhabilitée en coffice – mi-café, mi-espace de travail.

      Quand il rachète la gare Ornano pour installer son tiers-lieu empreint «  des valeurs collaboratives et du Do It Yoursef  », Stéphane Vatinel fait appel à son ami Olivier Laffon, qui s’investit financièrement dans l’opération. Cet ancien magnat de l’immobilier devenu millionnaire a été le promoteur de mégacentres commerciaux, à l’instar de Bercy Village, Vélizy 2 ou Plan de campagne dans les Bouches-du-Rhône. Mais avec sa holding C Développement, Olivier Laffon s’est reconverti dans l’entreprenariat social.

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      Sa réalisation la plus célèbre demeure le Comptoir général, un ancien entrepôt au bord du canal Saint-Martin reconverti en 2009 en bar et «  espace événementiel écosolidaire  » à l’ambiance exotique. Devenu une référence quasi caricaturale du «  Paris branché  », le Comptoir général a fait appel jusqu’en 2013 aux services de Sinny & Ooko afin de développer et d’animer sa programmation. Une alliance pérenne entre les deux hommes d’affaires puisque C Développement avait précédemment investi dans le rachat du Divan du monde et dans La Machine du Moulin rouge, établissements gérés par Stéphane Vatinel…

      Pour les événements écoculturels de La Recyclerie, Sinny & Ooko a fait appel à un partenaire des plus édifiants  : la fondation Veolia. L’entreprise du CAC 40, connue pour être le géant mondial de la privatisation de l’eau, finance en effet en grande partie la programmation du lieu et est partenaire de son cycle de conférences sur l’économie circulaire. La bibliothèque de La Recyclerie a de surcroît été ouverte avec des livres offerts par la multinationale. «  Veolia nous accompagne aussi dans notre développement, notamment avec Scale up ( “changement d’échelle” ), un programme de l’Essec Business School qui nous a permis de savoir comment dupliquer un lieu comme La Recyclerie  », détaille Marion Bocahut.

      Le concept de La Recyclerie a effectivement depuis peu changé d’échelle. Sinny & Ooko a inauguré en août dernier un nouveau tiers-lieu écoculturel baptisé la Cité fertile. Ici, comme pour Ground Control, SNCF Immobilier a fait signer à Sinny & Ooko, à l’aune de son appel à projets sur l’urbanisme transitoire, une convention d’occupation de trois ans de son ancienne gare de fret basée à Pantin. « Nous sommes là pour opérer une transition entre une gare de marchandises et le futur écoquartier de la ville de Pantin  », assume Clémence Vazard, cheffe du projet de la Cité fertile.

      L’écoquartier prévoit mille cinq cents logements et près de cent mille mètres carrés de bureaux et de locaux commerciaux. Une opération foncière des plus rentables pour SNCF Immobilier et les promoteurs. Surnommée la «  Brooklyn parisienne  », Pantin constitue depuis peu un eldorado de la spéculation immobilière  : l’ancienne cité industrielle a vu flamber de 15 % en cinq ans le prix du mètre carré, un record parmi les villes de la petite couronne parisienne.

      En attendant, sur près d’un hectare, la Cité fertile veut «  explorer et imaginer la ville de demain  » en attirant un million de curieux par an avec ses ateliers, ses conférences et sa cantine approvisionnée en circuits courts. Clémence Vazard explique que l’équipe a consulté la municipalité de Pantin afin d’«  identifier les acteurs locaux et demander leurs contacts  ». Parmi la cinquantaine de personnes salariées sur le site, une seule pourtant se consacre à cette ouverture sur les Pantinois. «  En tout cas, si on a un partenariat comme Veolia qui peut se présenter, ce serait le meilleur pour nous  », souligne la cheffe de projet. Avant de préciser  : «  Sinny & Ooko possède l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale ( Esus ), en aucun cas nous ne faisons du greenwashing.  »

      L’originalité de cette friche éphémère réside cependant ailleurs. La Cité fertile héberge en effet depuis septembre le « campus des tiers-lieux », école de formation et incubateur d’entreprises dont le but est de développer les tiers-lieux culturels en tant que modèles économiques d’avenir. «  Depuis l’an dernier, Sinny & Ooko est certifié comme organisme de formation. Nous proposons un module pour apprendre à être responsable de tiers-lieu culturel, détaille Clémence Vazard. Nous avons déjà formé une soixantaine de personnes, dont certaines ont récemment monté leur propre tiers-lieu à Montreuil – la Maison Montreau – ou à Niamey, au Niger – L’Oasis, un espace de coworking parrainé par Veolia.  »

      Selon les formateurs Sinny & Ooko, le tiers-lieu culturel est un modèle démultipliable à souhait, telle une unité standardisée qui se résume, selon sa plaquette de présentation, à un «  HCR [ hôtel café restaurant ] à portée culturelle  », où une activité économique « socle  » de bar-restauration permet de financer une programmation qui fait vivre le lieu.
      Friche partout, créativité nulle part

      En moins de cinq ans, Cultplace, La Lune rousse et Sinny & Ooko ont édifié un véritable petit empire économique en Île-de-France. Elles ont même l’ambition de s’implanter durablement à travers l’Hexagone en reproduisant des fac-similés de leurs tiers-lieux respectifs. Renaud Barillet a ainsi récemment remporté deux appels à projets à Bordeaux et un autre à Lyon afin d’édifier «  des projets très proches en termes d’ADN et de ventilation des espaces de ce qu’est La Bellevilloise  ».

      En Charente-Maritime, à Rochefort, Cultplace est en train de mettre sur pied Grand foin, «  une déclinaison rurale de La Bellevilloise », aux dires de Renaud Barillet. Par ailleurs, depuis 2016, Denis Legat et son équipe débarquent chaque été aux Rencontres de la photographie d’Arles, où ils investissent un ancien hangar de la SNCF avec leur habituelle formule Ground Control.

      Stéphane Vatinel, quant à lui, doit ouvrir d’ici 2023 La Halle aux Cheminées, un tiers-lieu dans une ancienne friche militaire de Toulouse dont le concept n’est autre qu’un copier-coller de La Recyclerie. Autant de jalons d’une hégémonie économico-culturelle dont se défend du bout des lèvres Renaud Barillet : «  C’est vrai que ceux qui ont commencé à réaliser des tiers-lieux arrivent aujourd’hui à se développer et je pense que pour un nouveau venu, ce n’est pas si simple. Les appels d’offres demeurent très économiques et orientés vers l’immobilier.  »

      Ce business model des friches est si bien rodé et rencontre un tel succès qu’il en devient vecteur d’une certaine uniformisation. À Paris, en plus du Poinçon, la gare de Montrouge rénovée par Cultplace, et de La Recyclerie, ex-gare Ornano, la plupart des seize stations de la Petite Ceinture deviendront des tiers-lieux, à l’instar du Hasard ludique, «  lieu culturel hybride  » niché porte de Saint-Ouen, ou de La Gare-jazz à la Villette – en lieu et place de l’ancien squat artistique Gare aux gorilles.

      La gare Masséna vue depuis la rue Regnault. La gare Masséna vue depuis la rue Regnault.

      Dans le cadre de Réinventer Paris, l’ancienne gare Masséna sera quant à elle réhabilitée en «  lieu de vie et de proximité  » d’ici 2019 avec bar et cantine, ferme urbaine, boutiques bio, espaces artistico-culturels et bureaux. Enfin, Stéphane Vatinel a l’an dernier remporté l’exploitation de deux sites en friche grâce à Réinventer la Seine, un appel à projets visant à «  la construction d’un territoire métropolitain évident et d’envergure internationale  ». Une usine désaffectée à Ivry et l’ancien tribunal de Bobigny seront ainsi, à l’horizon 2022, reconvertis tous deux en tiers-lieux écoculturels estampillés Sinny & Ooko.

      À cette dynamique de duplication des tiers-lieux s’ajoutent les dizaines de terrasses temporaires qui essaiment chaque été dans les interstices urbains de la capitale, à l’image de la Base Filante, une friche éphémère de trois mille mètres carrés qui a ouvert ses portes en juillet dernier à deux pas du Père-Lachaise. L’initiative est portée par quatre collectifs, dont certains ont déjà pris part à la conception d’une autre terrasse temporaire, la friche Richard Lenoir, ou à l’aménagement de La Station-gare des mines.

      Au programme de la Base Filante, le sempiternel quatuor bières artisanales, cours de yoga, tables de ping-pong et musique électronique. «  On assiste à une sorte de standardisation qui annihile toute créativité  : tout espace en friche se voit devenir un lieu éphémère avec un bar et des transats, s’alarme Quentin, du collectif Droit à la ( Belle )ville. La créativité s’arrête dès qu’il y a une tireuse à bière artisanale…  »

      Enfin, la mise en avant quasi généralisée de l’imaginaire «  squat  », via la scénographie récup’ et DIY, comme à travers la rhétorique de l’alternative et du collaboratif dans la communication de ces lieux festifs, participe également à cette uniformisation des sites culturels. «  Ces friches font croire à une fausse occupation de l’espace alors qu’il y a des vigiles à l’entrée, fulmine Quentin. On vend de faux espaces de liberté où on dit aux gens ce qu’ils doivent consommer et où.  »

      Pour les chercheuses Juliette Pinard et Elsa Vivant, «  cette esthétique du squat […], donnant la part belle aux atmosphères brutes et industrielles, participe à la mise en scène de ces lieux temporaires en tant qu’“espaces alternatifs” et expérience singulière  ». En institutionnalisant les occupations transitoires, les friches culturelles éphémères ont réussi le tour de force de neutraliser la portée subversive des squats artistiques, qui contestaient la propriété privée en privilégiant le droit d’usage, tout en s’appropriant leurs codes esthétiques.

      «  Et le squat devient fréquentable  », titrait ainsi Télérama en avril dernier à propos des occupations transitoires après que Libération eut publié sur son blog Enlarge Your Paris un entretien intitulé «  Les friches font entrer les villes dans l’ère des squats légaux ».

      Dans le quartier Darwin. Dans le quartier Darwin.

      Le phénomène des friches culturelles se circonscrit de moins en moins à la région Île-de-France. À Bordeaux, les instigateurs du site culturel Darwin Écosystème, installé depuis 2009 dans l’ancienne caserne Niel et qui se présente comme un «  lieu d’hybridation urbaine mêlant activités économiques et initiatives citoyennes  », ne se sont jamais cachés de s’être inspirés directement de La Bellevilloise. Le promoteur immobilier Résiliance a de son côté mis à disposition un terrain vague de vingt hectares situé au nord de Marseille à Yes We Camp, un collectif de cinquante salariés spécialisé dans la création de friches culturelles éphémères, à Paris comme à Roubaix.

      Depuis cette année, la vaste parcelle en jachère accueille un «  parc métropolitain d’un nouveau genre, à la fois lieu de vie, de mémoire, de pratiques culturelles et sportives  ». Le site, baptisé Foresta, est inséré dans un projet d’aménagement porté par Résiliance et articulé autour d’un immense entrepôt commercial réservé aux grossistes du marché textile chinois.

      Quant aux anciens abattoirs de Rezé, dans l’agglomération nantaise, ils hébergent depuis juillet dernier Transfert, trois hectares de friche culturelle définie par ses concepteurs comme un «  espace qui se mue en un lieu de transition où l’on imagine, invente et fabrique ensemble un lieu de vie qui questionne la ville de demain  ». L’occupation provisoire durera cinq ans, le temps nécessaire à accroître l’attractivité et la valeur immobilière de ce no man’s land qui doit accueillir un gigantesque projet d’aménagement urbain prévoyant trois mille logements.

      Cette politique de l’éphémère à fin mercantile semble ainsi définitivement être sur les rails qui la conduiront à se pérenniser et à s’étendre à l’ensemble du territoire. «  Nous avons désormais un vivier de porteurs de projets qui nous sollicitent, affirme Charlotte Girerd, de SNCF Immobilier. Depuis 2015, une vingtaine de projets d’urbanisme transitoire ont été mis en œuvre. Notre ambition est que d’ici 2019-2020, deux à trois sites répondant à la démarche d’urbanisme transitoire soient lancés chaque année, avec la volonté de travailler de plus en plus hors d’Île-de-France.  »

      Une filiale de la SNCF à la manœuvre d’opérations immobilières spéculatives, des collectivités publiques au service du développement économique, des entreprises culturelles de plus en plus hégémoniques… Si les friches culturelles viennent « questionner la ville de demain », elles soulèvent aussi une tout autre question  : comment faire exister une politique culturelle affranchie de toute logique économique  ?

    • L’envers des friches culturelles | Mickaël Correia
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/231218/l-envers-des-friches-culturelles

      ( ai manqué publié un doublon ; j’ajoute ici pour mémoire l’ensemble de l’article et des #)

      MICKAËL CORREIA
      Terrains vagues, bâtiments désaffectés, rails à l’abandon… Un peu partout en France, ces espaces qui faisaient auparavant l’objet d’occupations illégales sont convertis en #lieux_culturels par une poignée d’#entrepreneurs ambitieux. Ces sites se présentent comme « engagés » et participant à la revalorisation de quartiers dépréciés. Mais cette « valorisation » semble avant tout financière. Une enquête parue dans le numéro 11 du Crieur, toujours en librairie.

      En haut de la rue de Ménilmontant, dans l’Est parisien, une palissade court le long du numéro 88. Pour les passants, impossible de deviner ce que cachent ces hautes planches de bois. Mais depuis l’an dernier, le 88 ouvre ses portes dès les prémices de l’été. Et il suffit de montrer patte blanche à un vigile nonchalant pour y découvrir une vaste friche réhabilitée en terrasse éphémère.

      Tables et chaises de guingois, mobilier en palettes de chantier et buvette en pin, décoration de bric et de broc, fresques street art… Tout respire l’esthétique récup’ et Do It Yourself. Sous la chaleur écrasante, certains sont avachis sur une chaise longue et sirotent une bière. D’autres s’adonnent paresseusement à une partie de ping-pong sur fond de musique électro.
      Durant tout l’été, dans cette scénographie naviguant entre squat urbain et guinguette, la #friche dénommée sobrement 88 Ménilmontant propose pêle-mêle initiations au yoga, ateliers de sophrologie ou performances artistiques. Entre deux palmiers en pot et une « fresque végétale collaborative », quelques rares graffitis semblent avoir été tracés bien avant la réhabilitation de cet espace en jachère. «  Ce sont de vieux graffs qu’on pourrait presque qualifier d’historiques, assure une habitante du quartier. Avant, il y avait un squat d’artistes ici et tout a été rasé  !  »

      À peine quatre ans auparavant, en lieu et place du 88 Ménilmontant, se dressaient d’anciens ateliers d’artisans miroitiers. Occupé depuis 1999 par un collectif libertaire, le bâtiment, rebaptisé La Miroiterie, était au fil des ans devenu un #squat incontournable de la scène musicale underground parisienne. Ses concerts éclectiques – hip-hop francilien, punk suédois, rap libanais, sans compter les interminables jam-sessions jazz du dimanche – attiraient chaque semaine un public bigarré.

      Certes, le lieu commençait à être insalubre, la qualité sonore n’était pas toujours au rendez-vous et les murs tagués sentaient la bière éventée. Mais comme le soulignent Emy Rojas et Gaspard Le Quiniou, qui y ont organisé une trentaine de concerts sous l’étiquette Arrache-toi un œil, «  en passant le portail du squat, il y avait une sensation de liberté difficile à retrouver dans des lieux plus institutionnels ». Avec ses soirées à prix modiques, ses ateliers d’artistes indépendants et ses stands proposant fanzines et autres disques autoproduits, cet espace autogéré incarnait un îlot de #contre-culture mythique bien au-delà des frontières de la capitale.

      En avril 2014, l’effondrement d’un mur vétuste lors d’un concert sonne le glas de cette aventure singulière. Menacés d’expulsion depuis 2009 par un promoteur immobilier ayant acquis la parcelle, les occupants de La Miroiterie sont évacués sans ménagement ni projet de relogement, et ce malgré quinze années d’animation du quartier et le soutien de nombreux habitants.

      À deux pas de l’ex-Miroiterie siège l’imposante Bellevilloise. Fort de ses deux mille mètres carrés de salle de concert, d’espace d’exposition et de restaurant, cet établissement culturel est aujourd’hui l’un des repaires incontournables du Paris branché. Chaque année, le site accueille près de deux cent mille visiteurs qui viennent clubber ou applaudir des groupes estampillés «  musique du monde  ». À ces activités festives s’ajoutent des débats publics, avec parfois des invités de prestige comme Edgar Morin ou Hubert Reeves, et des soirées privées de grandes entreprises telles que Chanel et BNP Paribas.

      La façade de La Bellevilloise à Paris.

      Plus qu’un temple dédié à la #culture et aux grands événements parisiens, La Bellevilloise est aussi la figure de proue des friches urbaines reconverties en sites culturels. Ancienne coopérative ouvrière de consommation créée peu de temps après la Commune, bastion militant où Jean Jaurès tenait ses rassemblements, l’immeuble à l’abandon, qui hébergea après guerre une caisse de retraites, a été racheté au début des années 2000. À la manœuvre de cette opération immobilière, un trio de jeunes entrepreneurs issus du monde du spectacle et de la publicité. «  Nous étions assez pionniers à l’époque. Mobiliser une surface aussi importante sur Paris pour des activités culturelles, c’était novateur  », reconnaît Renaud Barillet, l’un des trois fondateurs et directeur général associé de La Bellevilloise.

      Quand le site est inauguré en 2006, le chef d’entreprise est pleinement dans l’air du temps. Motrice de nombreuses occupations illégales de friches industrielles, la vague techno qui a submergé l’Europe à la fin des années 1980 est alors en train de progressivement s’éteindre. Les warehouses berlinoises, ces entrepôts désaffectés investis le temps d’une soirée clandestine, se transforment en clubs électros commerciaux. À Paris, l’organisation en 2001 d’une fête techno sauvage dans l’ancienne piscine désaffectée Molitor, en plein XVIe arrondissement, marque le chant du cygne des free parties urbaines.

      La façade de La Condition publique à Roubaix.

      Le tournant des années 2000 voit dès lors les débuts de la réhabilitation des lieux industriels en #espaces_culturels. L’ancien marché couvert Sainte-Marie à Bruxelles est reconverti en 1997 en complexe culturel baptisé Les Halles de Schaerbeek. De son côté, la manifestation Lille 2004 Capitale européenne de la culture fait émerger nombre d’établissements dans des usines abandonnées par l’industrie textile locale. « Nous nous sommes inspirés de La Condition publique, un lieu culturel installé dans un ancien entrepôt de laine à Roubaix depuis Lille 2004, mais aussi de ce que fabriquait Fazette Bordage, la créatrice du Confort moderne à Poitiers, première friche culturelle en France », détaille Renaud Barillet.

      Du point de vue de l’équipe de La Bellevilloise, se pencher sur le 88 de la rue de Ménilmontant était une démarche des plus évidente. « Nous avons toujours été préoccupés par ce que La Miroiterie allait devenir, car un squat, par définition, c’est éphémère, explique l’entrepreneur. Comme elle est située juste derrière La Bellevilloise, nous nous sommes dit que si une opération immobilière se préparait, il fallait être attentif à l’ensemble architectural, aux problèmes de nuisances sonores, etc. »

      Ayant eu vent de ce que le récent propriétaire du lieu voulait édifier un immeuble d’un seul tenant, les dirigeants de La Bellevilloise interpellent Bertrand Delanoë, à l’époque maire de la capitale. À peine quelques mois plus tard, #Paris_Habitat, bailleur social de la ville de Paris, rachète le lot immobilier et un projet de réhabilitation est ficelé avec Renaud Barillet et ses comparses  : côté rue, des logements étudiants avec, au rez-de-chaussée, sept ateliers-boutiques d’artistes design. En fond de cour, l’entrepreneur a prévu «  une fabrique d’image et de son [ un studio de production et une salle de concert – ndlr ], des espaces de coworking, des bureaux et un spa à dimension artistique  ».

      Bertrand Delanoë en 2010.

      Partant, l’ancienne Miroiterie est démolie. Afin de rentabiliser cette friche et d’engranger des recettes qui serviront à la construction du nouvel établissement (dont l’ouverture est prévue en 2021), l’équipe a mis sur pied une terrasse éphémère dès le printemps 2017. Bien éloigné des visées culturelles à but non lucratif de La Miroiterie, le 88 Ménilmontant n’est pas sans susciter l’ire des riverains et des anciens occupants du squat.

      Figure historique de La Miroiterie, Michel Ktu déclare ainsi par voie de presse : « Ils montent des salles en piquant nos idées parce qu’eux n’en ont pas. Ils récupèrent un décor de squat, mettent des câbles électriques apparents, des trous dans le mur, des canapés défoncés et des graffs, mais ils ne savent pas accueillir les gens ni les artistes. » « Il y a une surface vide, autant qu’elle soit utilisée, se défend Renaud Barillet. Quant à la forme “transat et tireuses à bière”, on ne va pas réinventer l’eau chaude : c’est un modèle basique et provisoire. »

      Faire du blé sur les friches

      Renaud Barillet n’en est pas à son galop d’essai. Avec son acolyte, Fabrice Martinez, également cofondateur de La Bellevilloise et ancien chef de publicité chez Nike et Canal+, il a récemment créé le groupe Cultplace, qui s’affiche comme une «  fabrique de lieux de vie à dimension culturelle  ». Les ambitieux entrepreneurs ont ainsi reconverti en 2013 un coin des halles de La Villette, anciens abattoirs aux portes de la capitale rénovés au début des années 2000. Dans cet écrin de métal et de verre appartenant au patrimoine public, ils ont conçu un restaurant-scène de jazz baptisé La Petite Halle.

      La rotonde du bassin de la Villette.

      Au sud du bassin de la Villette, La Rotonde, ex-barrière d’octroi du nord de Paris datant du XVIIIe siècle, a quant à elle été réhabilitée par ces businessmen en Grand Marché Stalingrad, hébergeant des « comptoirs food  », un concept-store design et un club. Le bâtiment, alors à l’abandon, avait été restauré à l’initiative de la ville de Paris en 2007.

      Durant la seule année 2018, deux friches industrielles reconverties en site culturel ont ouvert sous la houlette de #Cultplace. L’ancienne gare désaffectée de Montrouge-Ceinture a été confiée par Paris Habitat et la mairie du XIVe arrondissement à Renaud Barillet afin d’être rénovée en café-restaurant culturel. Sur les bords du canal de l’Ourcq, à Pantin, les gigantesques Magasins généraux ont été quant à eux réhabilités en 2016. Longtemps surnommés le «  grenier de Paris  », ces entrepôts stockaient auparavant les grains, farines et charbons qui approvisionnaient la capitale.

      Si l’immeuble de béton accueille depuis peu le siège du géant de la publicité BETC, Cultplace y a niché à ses pieds Dock B – le B faisant référence à La Bellevilloise –, mille deux cents mètres carrés de cafés-comptoirs, scène artistique et terrasse qui devraient être inaugurés à la rentrée 2018. «  Tous nos lieux sont indépendants, car nous ne sommes pas sous tutelle publique ni même subventionnés, insiste Renaud Barillet. Nous ne dépendons pas d’un grand groupe ou d’un seul investisseur.  »

      Logo de CultPlace.

      Cultplace n’est cependant pas la seule entreprise partie à la conquête des friches industrielles de la métropole parisienne. En vue de concevoir et d’animer le Dock B, Renaud Barillet s’est associé à l’agence Allo Floride. Avec La Lune rousse, une société organisatrice d’événementiels, cette dernière a été à l’initiative de Ground Control, un bar temporaire inauguré en 2014 à la Cité de la mode et du design. Depuis cette première expérience lucrative, La Lune rousse s’est fait une spécialité  : l’occupation provisoire, sous l’étiquette Ground Control, de sites désaffectés appartenant à la SNCF.

      Ainsi, en 2015, quatre mille mètres carrés du dépôt ferroviaire de la Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement, ont été mis à disposition de l’entreprise le temps d’un été afin de le reconvertir en «  bar éphémère, libre et curieux  ». La manifestation s’est révélée si fructueuse en termes d’affluence qu’elle a été renouvelée l’année suivante par la SNCF, attirant quatre cent mille personnes en cinq mois.

      Espace insolite chargé d’histoire industrielle, musique électro, transats, ateliers de yoga, comptoirs food et esthétique récup’, le concept Ground Control utilise exactement les mêmes ficelles que Cultplace pour produire ses friches culturelles. Quitte à réemployer les mêmes éléments de langage. Se définissant ainsi comme un «  lieu de vie pluridisciplinaire  » ou comme une «  fabrique de ville, fabrique de vie  », Ground Control, couronné de son succès, a pris place depuis 2017 au sein de la Halle Charolais, un centre de tri postal de la SNCF situé près de la gare de Lyon. Un million de visiteurs annuels sont cette fois-ci attendus dans le hangar à l’abandon.

      Ouvertes en février, la « Halle à manger  », qui peut servir trois cents couverts par jour, les boutiques et les galeries-ateliers de Ground Control se réclament toutes d’un commerce équitable ou bio. Et si, sur la cinquantaine de #salariés sur le site, quarante-deux sont employés en tant que #saisonniers, ce «  laboratoire vivant d’utopie concrète  », aux dires de ses créateurs, n’hésite pas à s’afficher comme un «  lieu engagé  » accueillant tous ceux qui sont en «  mal de solidarité  ».

      Toutefois, Denis Legat, directeur de La Lune rousse, ne s’est pas seulement attelé à la réhabilitation d’une jachère urbaine en friche culturelle «  alternative et indépendante  ». Depuis plus de vingt ans, cet homme d’affaires s’est solidement implanté dans le business de l’organisation des soirées d’entreprise. Sa société compte à son actif la mise en œuvre de la Nuit électro SFR (si_ c)_ au Grand Palais, afin de « célébrer l’arrivée de la 4G à Paris  », ou encore la privatisation de la salle Wagram lors d’une soirée Bouygues Bâtiment.

      Récemment, La Lune rousse a conçu un «  bar à cocktail domestique et connecté  » pour le groupe Pernod Ricard, présenté lors d’un salon high-tech à Las Vegas, et scénographié la summer party de Wavestone, un cabinet de conseil en entreprise coté en bourse. Des clients et des événements bien éloignés des «  initiatives citoyennes, écologiques et solidaires  » brandies par Ground Control…

      Malgré l’ambivalence éthique de La Lune rousse, la SNCF s’est très bien accommodée de cette entreprise acoquinée avec les fleurons du secteur privé français pour occuper plusieurs de ses friches. «  Ce sont des lieux qui nous appartiennent et que nous ne pouvons pas valoriser immédiatement, justifie Benoît Quignon, directeur général de SNCF Immobilier, la branche foncière du groupe. Nous choisissons donc de les mettre à disposition d’acteurs qui se chargent de les rendre vivants.  »

      En faisant signer à La Lune rousse une convention d’occupation temporaire de la Halle Charolais jusque début 2020, l’objectif de SNCF Immobilier est assurément de rentabiliser financièrement cet espace vacant sur lequel un programme urbain dénommé «  Gare de Lyon-Daumesnil  » prévoit la création de six cents logements, de bureaux et d’équipements publics d’ici 2025.

      C’est que #Ground_Control s’inscrit plus largement dans une politique foncière en pleine expansion au sein de la SNCF  : l’#urbanisme_transitoire. «  Cette démarche dite d’“urbanisme temporaire” ou transitoire est un levier essentiel de valorisation, avance Fadia Karam, directrice du développement de SNCF Immobilier. Cela permet d’intensifier l’usage de nos sites parfois vides et d’éluder des coûts de #gardiennage, d’entretien et de #sécurité, en limitant la détérioration et l’obsolescence de notre patrimoine. En dotant nos sites de nouveaux usages, nous développons la valeur de nos actifs.  »

      La stratégie d’urbanisme transitoire du groupe ferroviaire prend naissance en 2013, quand une galerie de street art propose à ICF Habitat, filiale logement de la SNCF, d’investir provisoirement une de ses tours de logement destinée à la démolition. L’initiative, baptisée Tour Paris 13, est une telle réussite – trente mille visiteurs en un mois – que la SNCF entrevoit rapidement dans ce site culturel éphémère un formidable outil de #communication sur la future HLM qui s’érigera en lieu et place de la tour. Et, par ricochet, d’augmentation de l’attractivité de ce quartier résidentiel grâce aux artistes graff les plus célèbres de la scène mondiale venus s’approprier l’immeuble en friche.

      Rapidement surnommée la «  cathédrale du #street_art  », la tour a été l’objet d’une grande attention médiatique, à l’image de Télérama, qui ira jusqu’à suivre en direct, avec trois caméras, la destruction du bâtiment en 2014. Trois ans plus tard, le même journal publiait un article élogieux sur le nouvel «  immeuble HLM à l’architecture délirante  » situé dans l’«  #eldorado parisien du street art  ». Une opération de communication bénéficiant à la fois à l’acteur privé – la galerie Itinerrance – et à la SNCF, qui a pu aisément vendre ses logements flambant neufs à un prix lucratif.

      En 2015, deux ans après Tour Paris 13, l’occupation temporaire du dépôt de train de la Chapelle par Ground Control est appréhendée par SNCF Immobilier comme un projet pilote en vue de mieux formaliser sa démarche d’urbanisme transitoire. Après cette expérience concluante de friche culturelle éphémère, la filiale lance en fin d’année un appel à manifestation d’intérêt afin que seize de ses espaces désaffectés soient reconvertis provisoirement en «  sites artistiques temporaires  ».

      En réinvestissant une deuxième fois le dépôt de la Chapelle en 2016, puis la Halle Charolais de la gare de Lyon, Denis Legat devient, avec son concept Ground Control, le fer de lance de l’urbanisme transitoire prôné par la société nationale des chemins de fer. Au plus grand bonheur de Marie Jorio, cadre développement au sein de SNCF Immobilier qui, à propos du site de la Chapelle, déclare sans ambages  : «  Avec Ground Control, nous avons fait exister cette adresse plus rapidement et avons créé de l’attractivité  : les opérateurs ont envie d’y aller et d’innover !  »

      Aux yeux de la SNCF, la friche culturelle Ground Control a en effet servi d’outil #marketing pour mieux promouvoir l’#aménagement_urbain qui prévoit la construction de cinq cents logements dans ce coin morne du XVIIIe arrondissement. Quant aux visiteurs, ils ont été les cobayes de la future identité urbaine de ce quartier dévitalisé, Ground Control constituant un showroom hype au service du complexe immobilier en devenir. «  L’ADN ferroviaire du site du dépôt Chapelle est ressorti très fortement dans l’appétence et le succès du concept, révèle ainsi SNCF Immobilier. Le projet urbain en cours de définition fera revivre cet ADN et cette identité ferroviaire très forte qui constituent un actif immatériel et un capital fort.  »

      Le recours aux occupations temporaires pour accroître la valeur financière d’un projet immobilier et préfigurer ses futurs usages est de plus en plus systématique. En janvier 2018, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France avait recensé pas moins de soixante-dix-sept projets d’urbanisme transitoire en région francilienne depuis 2012 – dont plus de la moitié sont en cours. Quatre cinquièmes des propriétaires des sites sont des acteurs publics ( collectivités locales, établissements publics d’aménagement, SNCF, bailleurs sociaux ) et les occupations à dimension culturelle sont largement prédominantes.

      Les pouvoirs publics locaux ont par ailleurs décidé d’accompagner pleinement cette dynamique d’optimisation foncière. Le conseil municipal de Paris et le conseil métropolitain du Grand Paris ont tous deux récemment adopté le vœu qu’à l’avenir, tout projet d’aménagement urbain soit précédé d’une opération d’urbanisme transitoire. De plus, sur la quarantaine de projets d’urbanisme temporaire actuels, vingt-sept sont soutenus par la région Île-de-France dans le cadre de son appel à manifestations d’intérêt sur l’urbanisme transitoire lancé en 2016. Une enveloppe qui s’élève à 3,3 millions d’euros.

      Là encore, malgré les incantations à l’«  innovation urbaine  » et à la «  transition écologique  » de cet appel à projets, c’est avant tout l’argument économique qui fait mouche. «  Il faut en moyenne douze ans pour qu’une ZAC [ zone d’aménagement concerté ] sorte de terre, avançait l’an dernier Chantal Jouanno, alors vice-présidente de la région. Durant ce laps de temps, les immeubles ne servent à personne, peuvent être squattés et perdre leur valeur.  » La nature a horreur du vide. Les édiles parisiens également.

      Espace public, bénéfice privé

      Cultplace et La Lune rousse ne se contentent pas d’accaparer des friches. L’ensemble de leurs sites éphémères et établissements présentent en effet la particularité d’être des espaces hybrides, à la fois publics et privatisables, culturels et commerciaux. Des logiques tout autant artistico-festives que marchandes, qui ont permis aux entrepreneurs culturels de s’approprier une dénomination en vogue  : celle de «  #tiers-lieu ».

      Conceptualisé par le sociologue américain Ray Oldenburg dans un ouvrage intitulé The Great Good Place ( 1989 ), le tiers-lieu désigne à l’origine les espaces de sociabilité situés en dehors du domicile et du travail, comme les cafés ou les parcs publics. Cette expression aux contours flous a été employée afin de qualifier les premiers fablabs, les hackerspaces et autres jardins urbains partagés. Mais au grand dam des tenants de l’éthique open source et de l’esprit collectif de la débrouille, le terme de tiers-lieu s’est progressivement dénaturé jusqu’à qualifier de facto tout espace hébergeant des activités pluridisciplinaires, gratuites comme lucratives.

      «  Je vois nos sites comme des écrins pour l’initiative, pour l’émergence d’envies, s’enflamme ainsi Renaud Barillet. Mais la réalité économique d’un tiers-lieu comme la friche 88 Ménilmontant fait qu’on a besoin de clients. Ce que l’on fabrique, ce sont des initiatives privées mais qui peuvent avoir une quote-part d’intérêt général. »

      Loïc Lorenzini, adjoint au maire du XVIIIe arrondissement chargé des entreprises culturelles, porte néanmoins un autre regard sur l’émergence de ces tiers-lieux. « Ground Control au dépôt de la Chapelle, cela n’a pas été évident avec eux au début, se souvient l’élu. Il y avait un #service d’ordre avec des #vigiles à l’entrée du lieu, ce qui n’a pas vraiment plu aux habitants du quartier.  »

      Sa circonscription héberge actuellement deux sites artistiques temporaires de la SNCF  : L’Aérosol – un hangar de fret reconverti en espace dédié au graffiti – et La Station-gare des mines – ancienne gare à charbon devenue salle de concert. Ces deux occupations de sites ferroviaires en friche préfigurent d’importants projets d’aménagement urbain comportant des logements, des bureaux ou encore l’Arena 2, une salle omnisports qui devrait être inaugurée en vue des Jeux olympiques de 2024.

      «  Ces entreprises culturelles sont venues bousculer la vision classique de la culture, c’est-à-dire une vision subventionnée, avance Loïc Lorenzini. L’enjeu avec ces tiers-lieux, c’est qu’ils ne deviennent pas le cache-sexe de projets privés urbanistiques. Notre rôle est de rappeler que dans un arrondissement populaire comme le XVIIIe, il y a des enjeux locaux forts, telle la gentrification.  »

      Les friches culturelles, têtes de pont de la gentrification  ? C’est justement ce que dénonce le collectif d’habitants Droit à la (Belle)ville, créé en 2015 dans l’est de Paris. «  Ces tiers-lieux excluent symboliquement les #habitants les plus #précaires du quartier, fustige Claudio, l’un des membres de l’association. On autorise temporairement des occupations de friche par des acteurs privés mais en parallèle, dès qu’il y a une occupation informelle de l’espace public à Belleville, comme quand, encore récemment, des jeunes font un barbecue improvisé dans la rue ou des militants organisent un marché gratuit, la police est systématiquement envoyée.  »
      Et Quentin, également du collectif, d’ajouter  : «  Pour ces entrepreneurs et pour les élus, les artistes ne sont que des créateurs de valeur. Les sites culturels qui les hébergent participent à changer l’image de notre quartier, à le rendre plus attractif pour les populations aisées. Ce sont des espaces qui sont pleinement inscrits dans la fabrication de la ville pilotée par le #Grand_Paris.  »

      Ambitionnant de faire de la région Île-de-France une métropole compétitive et mondialisée, le projet d’aménagement territorial du Grand Paris entrevoit dans les tiers-lieux culturels un outil de promotion de son image de #ville_festive, innovante et écoresponsable à même d’attirer une «  #classe_créative  ». Une population de jeunes cadres qui serait, aux yeux des décideurs, vectrice de développement économique.

      Les futures friches estampillées La Bellevilloise sont ainsi pleinement ancrées dans la stratégie de développement urbain et de #marketing_territorial portée par les élus de la #métropole. Dans l’ancienne station électrique Voltaire, au cœur du XIe arrondissement, Renaud Barillet prévoit pour 2021 un cinéma et un «  restaurant végétalisé et solidaire  ». L’exploitation de ce bâtiment industriel a été remportée par l’entrepreneur dans le cadre de Réinventer Paris, un appel à projets urbains lancé fin 2014 par la mairie de Paris afin de développer «  des modèles de la ville du futur en matière d’architecture, de nouveaux usages, d’innovation environnementale et d’écoconstruction  ».

      Le dirigeant de La Bellevilloise vient même de réussir à faire main basse sur l’ancienne piscine municipale de Saint-Denis, via le concours Inventons la métropole du Grand Paris. Avec l’aide d’un investissement financier de la part de #Vinci Immobilier, la piscine dyonisienne à l’abandon sera «  à la frontière entre l’hôtel, le gîte et l’auberge de jeunesse  » et le relais d’«  initiatives entrepreneuriales, culturelles, artistiques, sportives et citoyennes  ».

      «  On est conscient de notre impact dans un quartier mais la gentrification est un rouleau compresseur sociologique qui nous dépasse », assure pourtant Renaud Barillet. «  Nous ne sommes pas dans un processus naturel mais bien dans un conflit de classes. À Paris, nous sommes dans une continuité d’expulsion des #classes_populaires qui a débuté depuis la Commune en 1871, analyse Chloé, du collectif Droit à la (Belle)ville. Dans ces friches, les entrepreneurs vont jusqu’à récupérer le nom, l’imaginaire politique, les anciens tags de ces espaces pour les transformer en valeur marchande.  »

      La Bellevilloise n’hésite ainsi nullement à s’afficher sur ses supports de communication comme «  Le Paris de la Liberté depuis 1877  » et, dans le futur projet du 88 de la rue Ménilmontant, le spa pourrait s’appeler « Les Thermes de La Miroiterie ». «  Ils accaparent des ressources que les habitants ont créées, que ce soient les ouvriers qui ont mis sur pied La Bellevilloise à la fin du XIXe siècle ou les punks libertaires de La Miroiterie au début des années 2000, souligne Claudio. Ces tiers-lieux culturels transforment des valeurs d’usage en valeur d’échange… »

      Rien ne se perd, tout se transforme

      Dernier avatar en date des tiers-lieux culturels qui foisonnent dans la capitale, La Recyclerie se présente comme «  une start-up innovante qui réinvente le concept du tiers-lieu ( ni la maison ni le travail ) et fédère un large public sur le thème de l’écoresponsabilité  ». Inauguré en 2014, cet établissement, composé d’un café-cantine, d’un atelier de réparation et d’une mini-ferme urbaine, est implanté au sein d’une station de train désaffectée de la Petite Ceinture, la gare Ornano, au nord du XVIIIe arrondissement.

      Un emplacement loin d’être anodin  : la station à l’abandon se situe en effet porte de Clignancourt, à deux pas des échoppes discount des puces de Saint-Ouen, de la préfecture de police chargée des demandes d’asile de la capitale et d’un bidonville de Roms installé en contrebas de l’ancienne voie ferrée. Un carrefour où vendeurs à la sauvette, chiffonniers et migrants tentent de survivre par l’économie informelle.
      Malgré le fait qu’un tiers-lieu culturel ne soit pas de prime abord le projet urbain le plus pertinent en termes de besoins sociaux dans ce quartier populaire, «  le maire de l’époque, Daniel Vaillant, a personnellement appuyé notre dossier, dévoile Marion Bocahut, présentée comme cheffe de projet écoculturel du lieu. La mairie du XVIIIe n’avait pas les moyens financiers d’acheter la gare Ornano, nous avons donc racheté l’intérieur du bâtiment  ».

      La Recyclerie appartient à #Sinny_&_Ooko, une société «  créatrice de tiers-lieux et d’événements  » dirigée par Stéphane Vatinel. Figure du milieu de la nuit, connu pour avoir fondé en 1992 le Glaz’art, un club électro emblématique installé dans un ancien dépôt de bus, l’entrepreneur a repris de 2003 à 2008 les rênes du Divan du monde, salle de spectacle historique de Pigalle.

      Par l’intermédiaire de son entreprise, ce quinquagénaire hyperactif est aujourd’hui l’exploitant de La Machine du Moulin rouge, l’incontournable discothèque techno du nord de la capitale, et du Pavillon des canaux, une bâtisse abandonnée sur les bords du bassin de la Villette réhabilitée en coffice – mi-café, mi-espace de travail.

      Quand il rachète la gare Ornano pour installer son tiers-lieu empreint «  des valeurs collaboratives et du Do It Yoursef  », Stéphane Vatinel fait appel à son ami #Olivier_Laffon, qui s’investit financièrement dans l’opération. Cet ancien magnat de l’immobilier devenu millionnaire a été le promoteur de mégacentres commerciaux, à l’instar de Bercy Village, Vélizy 2 ou Plan de campagne dans les Bouches-du-Rhône. Mais avec sa holding C Développement, Olivier Laffon s’est reconverti dans l’#entreprenariat_social.

      Sa réalisation la plus célèbre demeure le Comptoir général, un ancien entrepôt au bord du canal Saint-Martin reconverti en 2009 en bar et «  espace événementiel écosolidaire  » à l’ambiance exotique. Devenu une référence quasi caricaturale du «  Paris branché  », le Comptoir général a fait appel jusqu’en 2013 aux services de Sinny & Ooko afin de développer et d’animer sa programmation. Une alliance pérenne entre les deux hommes d’affaires puisque C Développement avait précédemment investi dans le rachat du Divan du monde et dans La Machine du Moulin rouge, établissements gérés par Stéphane Vatinel…

      Pour les événements écoculturels de La Recyclerie, Sinny & Ooko a fait appel à un partenaire des plus édifiants  : la fondation Veolia. L’entreprise du #CAC_40, connue pour être le géant mondial de la privatisation de l’eau, finance en effet en grande partie la programmation du lieu et est partenaire de son cycle de conférences sur l’économie circulaire. La bibliothèque de La Recyclerie a de surcroît été ouverte avec des livres offerts par la multinationale. «  Veolia nous accompagne aussi dans notre développement, notamment avec Scale up ( “changement d’échelle” ), un programme de l’Essec Business School qui nous a permis de savoir comment dupliquer un lieu comme La Recyclerie  », détaille Marion Bocahut.

      Le concept de La Recyclerie a effectivement depuis peu changé d’échelle. Sinny & Ooko a inauguré en août dernier un nouveau tiers-lieu écoculturel baptisé la Cité fertile. Ici, comme pour Ground Control, SNCF Immobilier a fait signer à Sinny & Ooko, à l’aune de son appel à projets sur l’urbanisme transitoire, une convention d’occupation de trois ans de son ancienne gare de fret basée à Pantin. « Nous sommes là pour opérer une transition entre une gare de marchandises et le futur #écoquartier de la ville de Pantin  », assume Clémence Vazard, cheffe du projet de la Cité fertile.

      L’écoquartier prévoit mille cinq cents logements et près de cent mille mètres carrés de bureaux et de locaux commerciaux. Une opération foncière des plus rentables pour SNCF Immobilier et les promoteurs. Surnommée la «  Brooklyn parisienne  », Pantin constitue depuis peu un eldorado de la spéculation immobilière  : l’ancienne cité industrielle a vu flamber de 15 % en cinq ans le prix du mètre carré, un record parmi les villes de la petite couronne parisienne.

      En attendant, sur près d’un hectare, la Cité fertile veut «  explorer et imaginer la ville de demain  » en attirant un million de curieux par an avec ses ateliers, ses conférences et sa cantine approvisionnée en circuits courts. Clémence Vazard explique que l’équipe a consulté la municipalité de Pantin afin d’«  identifier les acteurs locaux et demander leurs contacts  ». Parmi la cinquantaine de personnes salariées sur le site, une seule pourtant se consacre à cette ouverture sur les Pantinois. «  En tout cas, si on a un partenariat comme Veolia qui peut se présenter, ce serait le meilleur pour nous  », souligne la cheffe de projet. Avant de préciser  : «  Sinny & Ooko possède l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale ( Esus ), en aucun cas nous ne faisons du greenwashing.  »

      L’originalité de cette friche éphémère réside cependant ailleurs. La Cité fertile héberge en effet depuis septembre le « campus des tiers-lieux », école de formation et incubateur d’entreprises dont le but est de développer les tiers-lieux culturels en tant que modèles économiques d’avenir. «  Depuis l’an dernier, Sinny & Ooko est certifié comme organisme de formation. Nous proposons un module pour apprendre à être responsable de tiers-lieu culturel, détaille Clémence Vazard. Nous avons déjà formé une soixantaine de personnes, dont certaines ont récemment monté leur propre tiers-lieu à Montreuil – la Maison Montreau – ou à Niamey, au Niger – L’Oasis, un espace de coworking parrainé par Veolia.  »

      Selon les formateurs Sinny & Ooko, le tiers-lieu culturel est un modèle démultipliable à souhait, telle une unité standardisée qui se résume, selon sa plaquette de présentation, à un «  HCR [ hôtel café restaurant ] à portée culturelle  », où une activité économique « socle  » de bar-restauration permet de financer une programmation qui fait vivre le lieu.

      Friche partout, créativité nulle part

      En moins de cinq ans, Cultplace, La Lune rousse et Sinny & Ooko ont édifié un véritable petit empire économique en Île-de-France. Elles ont même l’ambition de s’implanter durablement à travers l’Hexagone en reproduisant des fac-similés de leurs tiers-lieux respectifs. Renaud Barillet a ainsi récemment remporté deux appels à projets à Bordeaux et un autre à Lyon afin d’édifier «  des projets très proches en termes d’ADN et de ventilation des espaces de ce qu’est La Bellevilloise  ».

      En Charente-Maritime, à Rochefort, Cultplace est en train de mettre sur pied Grand foin, «  une déclinaison rurale de La Bellevilloise », aux dires de Renaud Barillet. Par ailleurs, depuis 2016, Denis Legat et son équipe débarquent chaque été aux Rencontres de la photographie d’Arles, où ils investissent un ancien hangar de la SNCF avec leur habituelle formule Ground Control.

      Stéphane Vatinel, quant à lui, doit ouvrir d’ici 2023 La Halle aux Cheminées, un tiers-lieu dans une ancienne friche militaire de Toulouse dont le concept n’est autre qu’un copier-coller de La Recyclerie. Autant de jalons d’une hégémonie économico-culturelle dont se défend du bout des lèvres Renaud Barillet : «  C’est vrai que ceux qui ont commencé à réaliser des tiers-lieux arrivent aujourd’hui à se développer et je pense que pour un nouveau venu, ce n’est pas si simple. Les appels d’offres demeurent très économiques et orientés vers l’immobilier.  »

      Ce business model des friches est si bien rodé et rencontre un tel succès qu’il en devient vecteur d’une certaine uniformisation. À Paris, en plus du Poinçon, la gare de Montrouge rénovée par Cultplace, et de La Recyclerie, ex-gare Ornano, la plupart des seize stations de la #Petite_Ceinture deviendront des tiers-lieux, à l’instar du Hasard ludique, «  lieu culturel hybride  » niché porte de Saint-Ouen, ou de La Gare-jazz à la Villette – en lieu et place de l’ancien squat artistique Gare aux gorilles.

      La gare Masséna vue depuis la rue Regnault.

      Dans le cadre de Réinventer Paris, l’ancienne gare Masséna sera quant à elle réhabilitée en «  lieu de vie et de proximité  » d’ici 2019 avec bar et cantine, ferme urbaine, boutiques bio, espaces artistico-culturels et bureaux. Enfin, Stéphane Vatinel a l’an dernier remporté l’exploitation de deux sites en friche grâce à Réinventer la Seine, un appel à projets visant à «  la construction d’un territoire métropolitain évident et d’envergure internationale  ». Une usine désaffectée à Ivry et l’ancien tribunal de Bobigny seront ainsi, à l’horizon 2022, reconvertis tous deux en tiers-lieux écoculturels estampillés Sinny & Ooko.

      À cette dynamique de duplication des tiers-lieux s’ajoutent les dizaines de #terrasses_temporaires qui essaiment chaque été dans les interstices urbains de la capitale, à l’image de la Base Filante, une friche éphémère de trois mille mètres carrés qui a ouvert ses portes en juillet dernier à deux pas du Père-Lachaise. L’initiative est portée par quatre collectifs, dont certains ont déjà pris part à la conception d’une autre terrasse temporaire, la friche Richard Lenoir, ou à l’aménagement de La Station-gare des mines.

      Au programme de la Base Filante, le sempiternel quatuor bières artisanales, cours de yoga, tables de ping-pong et musique électronique. «  On assiste à une sorte de standardisation qui annihile toute créativité  : tout espace en friche se voit devenir un lieu éphémère avec un bar et des transats, s’alarme Quentin, du collectif Droit à la ( Belle )ville. La créativité s’arrête dès qu’il y a une tireuse à bière artisanale…  »

      Enfin, la mise en avant quasi généralisée de l’imaginaire «  squat  », via la scénographie récup’ et DIY, comme à travers la rhétorique de l’alternative et du collaboratif dans la communication de ces lieux festifs, participe également à cette uniformisation des sites culturels. «  Ces friches font croire à une fausse occupation de l’espace alors qu’il y a des vigiles à l’entrée, fulmine Quentin. On vend de faux espaces de liberté où on dit aux gens ce qu’ils doivent consommer et où.  »

      Pour les chercheuses Juliette Pinard et Elsa Vivant, «  cette #esthétique_du_squat […], donnant la part belle aux atmosphères brutes et industrielles, participe à la #mise_en_scène de ces lieux temporaires en tant qu’“espaces alternatifs” et expérience singulière  ». En institutionnalisant les occupations transitoires, les friches culturelles éphémères ont réussi le tour de force de neutraliser la portée subversive des squats artistiques, qui contestaient la propriété privée en privilégiant le droit d’usage, tout en s’appropriant leurs codes esthétiques.

      «  Et le squat devient fréquentable  », titrait ainsi Télérama en avril dernier à propos des occupations transitoires après que Libération eut publié sur son blog Enlarge Your Paris un entretien intitulé «  Les friches font entrer les villes dans l’ère des squats légaux ».

      Dans le quartier Darwin.

      Le phénomène des friches culturelles se circonscrit de moins en moins à la région Île-de-France. À Bordeaux, les instigateurs du site culturel Darwin Écosystème, installé depuis 2009 dans l’ancienne caserne Niel et qui se présente comme un «  lieu d’hybridation urbaine mêlant activités économiques et initiatives citoyennes  », ne se sont jamais cachés de s’être inspirés directement de La Bellevilloise. Le promoteur immobilier Résiliance a de son côté mis à disposition un terrain vague de vingt hectares situé au nord de Marseille à Yes We Camp, un collectif de cinquante salariés spécialisé dans la création de friches culturelles éphémères, à Paris comme à Roubaix.
      Depuis cette année, la vaste parcelle en jachère accueille un «  parc métropolitain d’un nouveau genre, à la fois lieu de vie, de mémoire, de pratiques culturelles et sportives  ». Le site, baptisé Foresta, est inséré dans un projet d’aménagement porté par Résiliance et articulé autour d’un immense entrepôt commercial réservé aux grossistes du marché textile chinois.

      Quant aux anciens abattoirs de Rezé, dans l’agglomération nantaise, ils hébergent depuis juillet dernier Transfert, trois hectares de friche culturelle définie par ses concepteurs comme un «  espace qui se mue en un lieu de transition où l’on imagine, invente et fabrique ensemble un lieu de vie qui questionne la ville de demain  ». L’occupation provisoire durera cinq ans, le temps nécessaire à accroître l’attractivité et la valeur immobilière de ce no man’s land qui doit accueillir un gigantesque projet d’aménagement urbain prévoyant trois mille logements.

      Cette politique de l’éphémère à fin mercantile semble ainsi définitivement être sur les rails qui la conduiront à se pérenniser et à s’étendre à l’ensemble du territoire. «  Nous avons désormais un vivier de porteurs de projets qui nous sollicitent, affirme Charlotte Girerd, de SNCF Immobilier. Depuis 2015, une vingtaine de projets d’urbanisme transitoire ont été mis en œuvre. Notre ambition est que d’ici 2019-2020, deux à trois sites répondant à la démarche d’urbanisme transitoire soient lancés chaque année, avec la volonté de travailler de plus en plus hors d’Île-de-France.  »

      Une filiale de la SNCF à la manœuvre d’opérations immobilières spéculatives, des collectivités publiques au service du développement économique, des entreprises culturelles de plus en plus hégémoniques… Si les friches culturelles viennent « questionner la ville de demain », elles soulèvent aussi une tout autre question  : comment faire exister une politique culturelle affranchie de toute logique économique  ?


  • Bonjour,

    Le 10 décembre 1948 était signée la Déclaration Universelle des Droits Humains, au lendemain d’une guerre qui avait fait sombrer l’humanité dans la pire des abjections, industrialisant le racisme et l’antisémitisme, organisant des États entiers autour de la haine de l’autre.

    Un comité, présidé par Eleanor Roosevelt, avait préparé un texte, largement influencé par René Cassin et son secrétaire Stéphane Hessel. La signature du texte allait enclencher une dynamique juridique fondamentale, qui a par la suite été complétée par les deux Pactes (sur les droits civils et politiques, et sur les droits économiques et sociaux), et par la création d’un tribunal pénal international.

    Comme tout document juridique comportant des valeurs fondamentales, la DUDH pose des bases qui évoluent ensuite en fonction des situations. Aujourd’hui, compléter ces documents pour prendre en compte l’existence de l’Internet et la crise climatique semble nécessaire, même si la situation mondiale ne s’y prête guère.

    Les valeurs portées par la DUDH, prenant la suite et élargissant celles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de la Révolution française gardent une actualité majeure. L’article premier indique « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». La portée du terme "dignité" mérite d’être pleinement réfléchie dans la situation actuelle, n’est-ce pas ?

    C&F éditions a décidé de fêter "dignement" cet anniversaire en publiant deux livres qui se situent dans le cadre de réflexion des Droits humains [1] :

    – « Révolution Paine : Thomas Paine penseur et défenseur des droits humains » revient sur la genèse et la défense de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
    https://cfeditions.com/paine

    Tom Paine est un personnage fascinant, comme le rappelle la courte biographie rédigée par Nicolas Taffin pour le livre et la longue présentation de Peter Linebaugh, historien spécialiste des communs. Le livre reprend les deux ouvrages écrits par Paine pour défendre la Révolution française et son texte juridique majeur. Brillant polémiste, Tom Paine, qui fut également député de l’Assemblée nationale, fait le lien entre l’indépendance des États-Unis à laquelle il a largement contribué et la Révolution française qu’il est venu soutenir.
    (Pour mémoire, ce livre s’inscrit dans un des thèmes de l’agrégation d’histoire de cette année et de l’an prochain...)

    – « Cyberstructure : L’internet, un espace politique », par Stéphane Bortzmeyer montre la manière dont les droits humains sont impactés par des décisions en apparence technique et de programmation informatique.
    https://cfeditions.com/cyberstructure

    Après une description rigoureuse, mais accessible, qui fera le bonheur des étudiant·e·s et des personnes intéressées à comprendre les enjeux politiques autant que techniques de l’Internet, Stéphane Bortzmeyer s’étend sur les relations entre l’architecture d’Internet et les Droits humains. Membre du groupe de travail sur l’Internet et les Droits humains de l’IETF (Internet, Engineering Task Force), il développe et rend accessibles les réflexions de ce groupe.

    Les Droits humains forment un socle essentiel à la vie en société, et un outil pour développer une culture de Paix. Avec ces deux livres, nous essayons de garder le lien historique entre la naissance de ce concept et son application à l’architecture de l’Internet.

    Bonne lecture,

    Hervé Le Crosnier

    PS : Pour fêter dignement l’anniversaire de la signature de la DUDH, nous invitons les parisien·ne·s à venir rencontrer Stéphane Bortzmeyer
    Lundi 10 décembre, de 18h à 20h,
    Librairie A Livr’ouvert
    171 bd Voltaire, 75011 Paris.

    [1] Nous avons choisi l’expression "Droits humains" pour traduire le terme officiel de la "Universal Declaration of Human Rights" (et non "Rights of Man", comme fut traduite en anglais la Déclaration de 1789). Cela nous semble mieux prendre en compte tout le genre humain, sans avoir besoin d’une capitale à Homme pour distinguer l’individu "abstrait" représentant tous les humain·e·s. En revanche, nous conservons évidemment l’écriture d’époque pour la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

    #DUDH #C&F_éditions #Shameless_autopromo


  • Et le « bloomer » libéra le corps des sportives - Libération
    https://www.liberation.fr/sports/2018/12/08/et-le-bloomer-libera-le-corps-des-sportives_1696434

    Au XIXe siècle, la militante féministe Amelia Bloomer affronte les moqueries lorsqu’elle encourage le port d’une tenue révolutionnaire : le « bloomer », une culotte bouffante qui deviendra un vêtement sportif accompagnant l’essor de la bicyclette.

    Chaque samedi avec RétroNews, le site de presse de la BNF, retour sur un épisode de l’histoire du sport tel que l’a raconté la presse française. Aujourd’hui, comment un vêtement a permis l’émancipation sportive des femmes.

    Au milieu du XIXe siècle, un nouveau vêtement féminin fait son apparition : le bloomer, un pantalon court surmonté d’une jupe, qui donnera les shorts-culottes aujourd’hui portés par diverses sportives, en athlétisme, au volley ou au tennis. Il tient son nom de la militante féministe Amelia Bloomer qui en fut la plus grande avocate, dès 1851. Mais faire accepter ce vêtement dans les sociétés corsetées du XIXe ne fut pas sans obstacles, comme le racontent les journaux de l’époque.

    Le Constitutionnel du 2 octobre 1851 fait ainsi état d’une soirée de présentation à Londres du « nouveau costume américain pour dames » plutôt mouvementée : « Jusqu’à l’arrivée des bloomers en costume, on ne saurait décrire le désordre ni rapporter le feu roulant des plaisanteries. » Organisée par une certaine Mme Dexter, la présentation de ces bloomers n’aura pas lieu face aux railleries du public pourtant venu en nombre.

    « Le tyran : c’est la mode »

    « Encore les bloomers ! », titre le Constitutionnel quelques jours plus tard. A l’occasion d’un nouveau défilé, « les dispositions avaient été prises pour que l’ordre ne fût point troublé », précise le journal. Une Américaine de 26 ans vient présenter ces tenues : « Huit dames accoutrées d’une manière assez bizarre entrent dans la salle. […] Il est impossible au public de garder plus longtemps son sérieux. » Une nouvelle fois, les bloomers ne sont pas pris au sérieux, alors que l’Américaine se lance dans une plaidoirie féministe pour ce nouveau vêtement : « Les dames américaines ont réfléchi qu’il y avait un autre esclavage à abolir, esclavage contre lequel la religion, la morale, la loi sont impuissantes. Vous avez déjà nommé le tyran : c’est la mode. […] La toilette actuelle des dames exerce sur elles une torture physique, spirituelle et morale. » Puis, l’oratrice fait applaudir Amelia Jenks Bloomer, « l’auteur de cette innovation ».

    A cette époque, l’idée du bloomer apparaît tellement saugrenue à certains qu’une pièce comique, les Blooméristes ou la Réforme des jupes*, est mise en scène au Théâtre du Vaudeville, comme le raconte le Siècle, le 2 février 1982. Pour le journaliste du Siècle, Amelia Bloomer est même une « excentrique insulaire qui a attaché son nom à l’idée la plus saugrenue qui ait pu poindre dans une cervelle humaine, celle de masculiniser les femmes par le costume d’abord, par les habitudes ensuite ». Dans les Blooméristes ou la Réforme des Jupes, l’héroïne, Mlle Césarine, « a été élevée à la façon bloomerienne ; elle fume comme un Turc, tire le pistolet comme Lepage, manie le fleuret comme le professeur italien Raimondi ».

    Répression du bloomer

    Finalement, c’est en Californie que le bloomer se démocratise d’abord, fin XIXe : dans le Petit Parisien du 24 janvier 1898, on raconte ainsi qu’il « s’est fondé à San Francisco un club de jeunes femmes et de jeunes filles qui ont décidé d’adopter d’une façon permanente le port de la culotte bouffante américaine ». Ces centaines de « miss appartenant aux meilleures familles » s’exercent par ailleurs « à tous les sports athlétiques généralement réservés au sexe fort. La course à pied, le canotage, le cricket, le football n’ont plus de secret pour elles. […] Ajouterons-nous que ces dames font beaucoup d’équitation et montent à cheval comme les hommes, – à califourchon… N’est-ce pas un peu cavalier tout de même ? »

    Le bloomer est adopté massivement par les femmes cyclistes. Le journal parisien Gil Blas relate un fait divers survenu à Washington et lié au port du bloomer, « objet de réprobation des puritains aux Etats-Unis ». « Une maîtresse correction infligée à deux dames de Washington par le mari de l’une d’elles, M. Redman » : aperçue à bicyclette vêtue d’un bloomer dans les rues de la capitale américaine, Mme Redman reçut des « coups de cravache » de son mari, tandis que son amie se voit administrer une paire de claques. L’auteur de ces violences fut exempté de l’amende de 50 francs qu’il encourait. Pire : « Il a été hautement félicité par le juge, comme ayant bien mérité de la société en s’élevant publiquement contre une coutume déplorable. Ce magistrat a même exprimé le regret de ne pouvoir appliquer l’amende à Mme Redman pour la corriger de la mauvaise habitude de s’habiller en homme. »

    A Chicago, la répression va loin également : le port du bloomer est interdit. La bicyclette est partout aux Etats-Unis, comme le relate la Petite Gironde du 16 juin 1895 : « Rien ne manque à la gloire de la bicyclette en Amérique, pas même la persécution ! […] Ce projet est ainsi rédigé : […] il sera illégal pour toute personne de sexe féminin […] de se promener ou d’essayer de se promener en bicycle ou de se montrer dans les rues, avenues ou voies publiques habillée ou déguisée en costume à jupe courte, vulgairement connu sous le nom de bloomers. » « Il est clair qu’interdire à une femme la culotte et le jupon court pour aller à bicyclette cela équivaut à lui interdire la bicyclette », conclut le journal : « On ne peut songer pédaler avec une robe à traîne. »

    « La femme nous a pris la culotte ! »

    Le débat sur les femmes cyclistes et leur accoutrement traversera l’Atlantique : en France, le docteur Léon Petit donne une conférence pour évoquer les bienfaits de la bicyclette pour les femmes. Elle est retranscrite dans la Presse du 19 janvier 1896 : « Mères, fillettes, grands-mères, enfants, petites bourgeoises, grandes dames, accourez au sport nouveau ! » Lui aussi voit dans le vêtement qui accompagne la pratique un mélange des genres, tout en s’en accommodant : « Le costume rationnel ? La culotte, emblème de l’égalité avec l’homme, la culotte ; symbole de la force et du pouvoir, la culotte depuis si longtemps désirée et enfin conquise ! Ah ! messieurs, c’est un coup terrible porté à notre prestige ! La femme nous a pris la culotte, et il faut bien reconnaître qu’elle la porte mieux que nous ! »

    Suite et fin de l’histoire. Un siècle et quelques plus tard, les débats sur le vêtement sportif féminin ne se sont pas arrêtés, bien au contraire. Pour preuve : la polémique, fin août, autour de la combinaison noire de Serena Williams lors du dernier Roland-Garros, jugée trop excentrique, et qui a entraîné la mise en place d’un « code vestimentaire », effectif à l’occasion des prochains Internationaux de France.

    https://www.liberation.fr/sports/2018/12/08/et-le-bloomer-libera-le-corps-des-sportives_1696434

    #femmes #sexisme #mode #culotte #misogynie #histoire

    * texte complet de la pièce : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62636114.texteImage

    • Fiche Wikipédia sur Amélia Bloomer
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Amelia_Bloomer

      Histoire du port du pantalon par les femmes
      https://lemundemfinue2013.wordpress.com/2013/11/29/le-port-du-pantalon

      C’est en Perse que l’on voit les premiers pantalons féminins. Jusqu’au XVIIIème siècle les femmes ont essayé de l’adopter mais sans succès. Souvent les gouvernements leur en ont interdit l’usage, surtout pour les femmes qui travaillent. Dans certaines entreprises, les employées en contact avec la clientèle n’ont pas le droit de porter le pantalon. Par exemple les hôtesses de l’air d’Air France devaient porter des jupes jusqu’en 2005, signe d’élégance.

      –-----
      Bloomers – A Fashion Revolution
      http://www.victoriana.com/bloomer-costume

      No description of 19th century women’s fashions would be complete without some mention of the notorious lady, Amelia Jenks Bloomer, who had the courage to attempt to introduce reform in the conventional dress for women. It is said that the first man who carried an umbrella was mobbed through the streets of London because of its oddity; therefore, it is not surprising that the first woman who took on “pantalettes” as part of her public dress became at once the object of vulgar curiosity and idle gossip.


      Hand-colored lithograph of the music cover for the “Bloomer Waltz, (costume for summer)” published in 1851 showing a woman in the notorious bloomer costume walking along a path in a wooded area.

      Amelia Bloomer was an American women’s rights advocate who proclaimed her strong views regarding reform in feminine attire in her publication The Lily. In 1849 she took up the idea, previously originated by Mrs. Elizabeth Smith Miller, of wearing a short skirt and loose trousers gathered round the ankles.


      A Currier & Ives rendition of the bloomer costume, c1851.

      Reportedly, Elizabeth Smith Miller began wearing the outfit of Turkish pantaloons and a knee length skirt after seeing this type of clothing on a trip to Europe. This design was an attempt to preserve a Victorian woman’s modesty while providing freedom of movement in household activities. The name of “bloomers” gradually became popularly attached to any divided skirt or knickerbocker dress for women because of Amelia Bloomer’s strong advocacy.

      Clipping of Elizabeth Cady Stanton (left) wearing the controversial bloomer costume in 1851. Stanton’s cousin Elizabeth Smith Miller introduced the outfit and editor Amelia Bloomer publicized its healthful and liberating benefits in her newspaper The Lily.

      The costume that Bloomer advocated was sometimes referred to as the Camilla, consisting of short skirts reaching just below the knees, and long pantalettes. The bloomer costume was popular for some time by most of the leaders in the women’s rights movement.


      Glass negative portrait photograph circa 1855-1865.


      bloomer costume

      The bloomer outfit was changed numerous times but eventually discarded because of the amount of attention given to its criticism in the press. Nevertheless, the name “bloomers” survived in women’s fashion as a generic term for Turkish-style pantaloons, divided skirts, and for the knickerbockers worn by women when riding bicycles in the 1890s.

      #pantalon #bloomer #femmes #mode #histoire #historicisation

      Amelia Bloomer
      https://lacasavictoriana.com/2010/08/12/amelia-bloomer

      Aunque hoy en día muchos sólo recuerdan a Amelia Bloomer como la creadora de una moda revolucionaria en su época, los bloomers – conocidos en español como pantalones bombachos -, Bloomer fue también una incansable defensora de los derechos de la mujer en una sociedad para la que una mujer era sólo el pilar de la familia, y trataba de dejar en un segundo plano sus facetas culturales, creativas, políticas o trabajadoras.

      Merece la pena conocer un poco más sobre esta sobresaliente mujer, que no sólo luchó por las mujeres desde un punto de vista social, sino que incluso intentó cambiar la rígida moda victoriana por prendas más cómodas y apropiadas para las diferentes actividades a las que la mujer se estaba incorporando.


      La activista por los derechos de las mujeres, Amelia Jenks Bloomer nació en Homer, New York en 1818. Cuando tenía 22 años se casó con el abogado norteamericano Dexter Bloomer, quien la animó a defender sus ideas a través de su periódico The Seneca Falls Courier y a colaborar activamente en la defensa del sufragio femenino y los derechos de las mujeres a través de oranizaciones femeninas del área de Seneca Falls, llegando a participar en la famosa Seneca Falls Convention en 1848 (esta convención paso a la posteridad por ser la primera en la que se defendieron los derechos de la mujer en todos los ámbitos sociales y de la que salió el documento Declaration of Sentiments, donde se recogían los puntos fundamentales acordados en esa reunión)

      En Enero de 1849, animada por Elizabeth Cady Stanton y Susan B. Anthony – otras defensores de los derechos de la mujer, comenzó a publicar su propio periódico The Lily, una publicación completamente dedicada a la mujer y a sus intereses y desde donde intentaba enfocar los temas femeninos – educación, disciplina, moda y sufragio – desde un punto de vista reformista, reclamando un papel más destacable e igualitario de la mujer en la sociedad.

      En 1850. a través de su periódico, presentó un nuevo estilo de vestuario para las mujeres “activas” inspirado en los trajes tradicionales turcos. La presentación de sus pantalones para mujeres provocaron una oleada de indignación entre la sociedad e insultos de la prensa – de hecho existe la expresión “making a bloomer “ que podría traducirse como meter la pata, cuyo origen fue la presentación de los citados pantalones y que toma el apellido de Amelia como parte de la expresión.

      Estos pantalones eran como unas enaguas largas, flojas y ligeramente hinchadas que se estrechaban en el tobillo; sobre ellas iba una falda más corta que las habituales faldas victorianas. Aunque el diseño desde el punto de vista estético puede resultar discutible, lo cierto es que resultaban cómodos y fueron la antesala de los pantalones para uso femenino.

      Fueron muchas las mujeres que se atrevieron a usarlos, a pesar de ser ridiculizadas y de las burlas que tuvieron que soportar; algunas los usaban por el convencimiento de que representaban un avance para la comodidad de las mujeres lejos del encorsetamiento que imponía la moda victoriana; otras lo hicieron por reivindicación, usando los “bloomers” como un símbolo de la igualdad de derechos de la mujer.

      Pero fueron las feministas las primeras en dejar de usarlos, ya que pensaron que los bloomers estaban desviando la atención de sus reivindicaciones y tenían miedo no ser tomadas en serio por sus ideas.


      Así, el bloomerismo – termino acuñado en la época para denominar esta moda – fue perdiendo adeptos, pero sorprendentemente volvió para convertirse en todo un fenómeno representante de lo moderno, en 1890, con la llegada de la “fiebre de la bicicleta”, ya que era mucho más cómodo montar en bici con bloomers y no con faldas. Eso sí, su renacer trajo consigo alguna variación estética, como un tejido más adecuado, como el tweed, y la supresión de la falda superpuesta.

      Después del revuelo causado por los revolucionarios pantalones, Amelia y su marido se mudaron a Ohio, donde él publicó Western Home Visitor y ella vendió su The Lily. Un par de años después se mudaron a Iowa; pero en ambos lugares y a pesar de no tener ya su propia publicación Amelia Bloomer siguió participando activamente a favor de los derechos de la mujer y colaborando con grupos y asociaciones sufragistas. Murió el 31 de Diciembre de 1894 en Council Bluffs, Iowa.

    • J’avais pas joint l’image d’illustration que fournis libé et qui contiens une autre manifestation de la continuité de la misogynie


      Sur la droite de l’image
      « Le trottin de modiste ne pourra plus se troussé hélas ! »
      qui rappel le « troussage de domestique » et « droit d’importuné » dans lequel nous croupissons toujours.
      #culture_du_viol #humour

      Ca rappel l’importance du pantalon pour les femmes, c’est pour elle une protection contre le viol et les agressions sexuelles et ceci interdit par les hommes et les femmes de droite.

    • Je note ce paragraphe sur le #vélo et l’entrave faite aux #femmes de pratiquer la #bicyclette.

      A Chicago, la répression va loin également : le port du bloomer est interdit. La bicyclette est partout aux Etats-Unis, comme le relate la Petite Gironde du 16 juin 1895 : « Rien ne manque à la gloire de la bicyclette en Amérique, pas même la persécution ! […] Ce projet est ainsi rédigé : […] il sera illégal pour toute personne de sexe féminin […] de se promener ou d’essayer de se promener en bicycle ou de se montrer dans les rues, avenues ou voies publiques habillée ou déguisée en costume à jupe courte, vulgairement connu sous le nom de bloomers. » « Il est clair qu’interdire à une femme la culotte et le jupon court pour aller à bicyclette cela équivaut à lui interdire la bicyclette », conclut le journal : « On ne peut songer pédaler avec une robe à traîne. »