provinceorstate:manitoba

  • Le dernier épisode de « L’œil du tigre » (France Inter) était consacré à Bruce Lee, l’étoile du #kung-fu
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-oeil-du-tigre/l-oeil-du-tigre-19-mars-2017
    http://rf.proxycast.org/1278177630369095680/14433-19.03.2017-ITEMA_21264366-0.mp3


    Émission et intervenants très intéressants même si tout cela est bien connu. Sauf à 33’ lorsque Roger Itier parle des styles de kung-fu pratiqués par Bruce Lee jeune. J’ai toujours pensé qu’il avait appris auprès de Yip Man, mais il suggère qu’en fait il a surtout bénéficié du savoir d’un de ses disciples (Leung Sheung ?), et aussi qu’il s’est formé à un autre style de Shaolin (Chin Woo ?).

    Pour moi c’était surtout le #wing_chun avec Yip Man, mais je vais demander des précisions.


  • La Cimade | Maroc : Renvois de personnes non ressortissantes marocaines noires vers la frontière avec l’Algérie
    http://asile.ch/2017/03/14/cimade-maroc-renvois-de-personnes-non-ressortissantes-marocaines-noires-vers-f

    34 personnes de nationalités camerounaise, guinéenne, ivoirienne, malienne et sénégalaise, arrêtées et refoulées entre le 2 et le 10 mars 2017, sont bloquées dans le no man’s land entre le Maroc et l’Algérie.


  • Tabassés et sans nourriture, des migrants coincés à la frontière Algérie-Maroc

    Depuis près d’une semaine, une quarantaine de migrants subsahariens sont bloqués dans un #no_man’s_land entre le Maroc et l’Algérie. Les autorités marocaines et algériennes leur refusent l’accès à leurs territoires respectifs alors qu’ils sont privés d’eau et de nourriture.

    http://observers.france24.com/fr/20170313-video-migrants-coinces-frontiere-algerie-maroc
    #frontières #Maroc #algérie #migrations #asile #réfugiés #attente


  • The 2,500-year-old roots of gender inequality - The Boston Globe
    https://www.bostonglobe.com/ideas/2017/03/04/the-year-old-roots-gender-inequality/7zE60rjYuOAHjFB8hEBq1N/story.html

    WOMEN STILL STRUGGLE for equal rights around the world — and considering patriarchy’s deep-seated roots in human history, it’s no wonder. In China, gender inequality may have its seeds in the Bronze Age more than 2,500 years ago, according to a recent study from Queens College in New York City.

    Scientists examined Neolithic Age graves from the Chinese Central Plains about 5,000 years ago, plus graves from the more recent Bronze Age. They documented the riches accompanying male and female skeletons and examined their bones for signs of stress. Then, they tested the chemical differences between sexes — a process that involves grinding human bones into a fine powder, dropping that powder into an acid to extract its protein, and running that protein through a mass spectrometer.

    These are really tough data sets to get, and they’ve done really difficult work by pulling all of these together,” said Tristram Kidder, an anthropology professor at Washington University in St. Louis. “What they found is a very significant change in China’s history — this shift towards patrilineal, male-dominated society.

    By examining carbon and nitrogen isotopes in the bones, scientists could see the types of plants and the amount of animal products people ate in roughly the last decade of their lives. Diets were about the same between sexes during the Neolithic Age, but that changed in the Bronze Age when new crops and domesticated animals were introduced. Men continued to live on traditional millet and animal products, while women were anemic and relied on wheat — a newer crop described as a “poor man’s food” in later historical records.

    Wheat isn’t significantly less nutritious than millet, but it’s a sign that males and females started eating and socializing separately.

    During the Neolithic [Period], females were probably contributing more to the farming community, and male and females were dependent on each other for survival,” said Kate Pechenkina, an anthropology professor at Queens College and the study’s lead author. “As soon as that relaxes, the balance tips toward gender inequality.

    The Neolithic burial site showed no clear sign of gender inequality — which is quite unusual, Pechenkina says. But in the Bronze Age, inequalities became obvious: Males were buried with more riches, and female skeletons became significantly shorter, likely because of childhood malnourishment.

    vu dans les brèves des Cahiers de Sciences et Avenir, n°168, avril 2017 sur Les Hérésies
    (mais pas trouvé sur leur site)

    • le résumé de l’étude, l’accès à l’article est sous #paywall

      Shifting diets and the rise of male-biased inequality on the Central Plains of China during Eastern Zhou
      http://www.pnas.org/content/114/5/932

      Farming domesticated millets, tending pigs, and hunting constituted the core of human subsistence strategies during Neolithic Yangshao (5000–2900 BC). Introduction of wheat and barley as well as the addition of domesticated herbivores during the Late Neolithic (∼2600–1900 BC) led to restructuring of ancient Chinese subsistence strategies. This study documents a dietary shift from indigenous millets to the newly introduced cereals in northcentral China during the Bronze Age Eastern Zhou Dynasty (771–221 BC) based on stable isotope analysis of human and animal bone samples. Our results show that this change affected females to a greater degree than males. We find that consumption of the newly introduced cereals was associated with less consumption of animal products and a higher rate of skeletal stress markers among females. We hypothesized that the observed separation of dietary signatures between males and females marks the rise of male-biased inequality in early China. We test this hypothesis by comparing Eastern Zhou human skeletal data with those from Neolithic Yangshao archaeological contexts. We find no evidence of male–female inequality in early farming communities. The presence of male-biased inequality in Eastern Zhou society is supported by increased body height difference between the sexes as well as the greater wealth of male burials.

    • Fin de l’article :

      “If their family or their community were short on food, girls were the first to be deprived,” Pechenkina said. “When your body doesn’t get enough food, it has to sacrifice something.”

      Scientists aren’t exactly sure how the inequality rose or whether this evidence can speak for the rest of the world. But finding a historical turning point inevitably gets us closer to understanding ourselves as people — and where our social issues were born.

      “Last I heard, women make up 50 percent of the population in this world,” Kidder said. “Their stories in human history are very important because they shape who we are today.”

      Résumé : d’après des études sur les squelettes de femmes et d’hommes préhistoriques en Chine, il y a 5000 ans, dans le Néolithique, les femmes et les hommes mangeaient la même chose, et en particulier de la viande et du millet, et leurs squelettes ont des tailles comparables. C’est aussi une période où les deux sexes partageaient probablement équitablement les responsabilités, les activités, et une certaine interdépendance.

      Il y a 2500 ans, à l’Age de Bronze, lorsque l’agriculture s’est développée et la domestication animale a débuté, une inégalité s’est installée, en faveur des hommes. Les hommes ont continué de manger la même nourriture, alors que les femmes se sont mises à manger moins de viande, et d’autres céréales, en particulier du blé. S’il y avait moins de nourriture, elles en étaient les premières privées, et on observe des squelettes de femmes plus petits et comportant des signes de malnutrition infantile...

      La raison exacte qui a poussé cette inégalité à s’installer n’est pas connue, mais elle est datée et on peut imaginer que ça a du être peu ou prou pareil partout à un moment ou à un autre...

      Précédents articles sur le sujet :
      https://seenthis.net/messages/371071
      https://seenthis.net/messages/372186
      https://seenthis.net/messages/562728

      #domination #alimentation #dimorphisme_sexuel #stature #taille #inégalités #histoire #Préhistoire #Femmes #Femmes_Hommes #Sexisme #Petites #Evolution #Chine #Science

    • J’ai l’impression que ce n’est pas le défaut de nourriture mais son abondance qui a créé l’inégalité... Comme si des conditions de vie difficiles obligeaient à se serrer les coudes mais que l’apparition de surplus donnait lieu à l’établissement de castes privilégiées qui se permettent de se couper un bras en refusant désormais le partage.
      cc @koldobika et @nicolasm que ça pourrait intéresser.

    • Je pencherais plutôt pour la répartition genrée des rôles à partir de l’adoption de l’agriculture : les hommes aux champs et les femmes à la maison. Les travaux dans les champs étant considéré comme un travail plus physique que les travaux domestiques, les hommes auraient été mieux nourris. Maintenant c’est peut-être plus complexe avec plusieurs facteurs qui peuvent entrer en jeu.

    • Ce que je soulignais @nicolasm c’est qu’avec la sédentarisation des communautés, les femmes ont été reléguées aux travaux domestiques contrairement aux hommes qui ont continué à vaquer à leurs occupations à l’extérieur. C’est une rupture importante d’avec les sociétés basées sur la chasse et la cueillette où tout le monde est dehors, et, semble-t-il, des inégalités moins pesantes.

    • Pas sûr que le côté dedans/dehors était si différent ? entre les hommes partis chasser des fois pendant des jours, et les femmes qui s’occupent du campement.
      Peut être que la distinction est plus sur le côté communauté vs foyer ?

    • Ca ne me choque pas d’imaginer un partage du travail, lié entre autre à la grossesse et à l’allaitement : puisque les femmes enfantent, on leur « épargne » les travaux difficiles ou dangereux, mais alors pourquoi, en même temps, on les affamerait ? C’est mettre en péril la génération suivante, y compris de futurs hommes.

      C’est complètement con, mais en même temps ce ne serait pas la seule fois dans leur histoire que les humains, et en particulier les hommes, font des choix complètement cons pour leur survie...

    • Les femmes cueilleuses faisaient des kilomètres, elles n’attendaient pas M. Pierrafeu sagement dans la cave. En revanche, c’est ce que j’ai appris de ma monographie sur les Batek, elles étaient tenues à des excursions et ne pouvaient pas faire de parties de plusieurs jours pour aller chercher de la nourriture.

    • On a pas déjà eu des articles comme quoi avant l’agri le découpage n’était finalement peut-être pas aussi simple que ça, et qu’il y avait aussi des hommes à la cueillette et peut-être des femmes à la chasse ? Notamment parce qu’en fait c’était une présupposition sexiste des archéologues (les grands sont des hommes etc), alors qu’en fait les squelettes retrouvés sont très difficilement « sexuables ».

      En revanche, dès avant l’agriculture, les anthropologues nous disent généralement qu’il y avait déjà une grosse séparation par rapport au tabou du sang.

    • @aude_v plus que l’abondance c’est la répartition qui pose souci, le point critique est plutôt le fait que la nourriture soit stockable ou pas. Pour plusieurs auteurs à partir du jour où on a eu des surplus stockables on était foutus.
      Après, concernant les inégalités de genre, je dirais qu’elles sont plus probablement apparues en même temps que l’agriculture (à travers la maîtrise par les hommes de la reproduction humaine, animale et végétale) plutôt que comme conséquence de la gestion des surplus.
      #travail_reproductif

    • Peut être une piste avec Ibn Khaldoun (Islam des « lumiéres »)
      Sur le passage du nomadisme à la sédentarisation.
      Le groupe, le rapport à la nature, structure de civilisation, complexité des techniques (technologie) et gouvernement.

    • Suite de cette discussion et de celle sur le lien entre patriarcat et agriculture, cet article :

      L’homme est-il responsable de la désertification du Sahara il y a 8.000 ans ?
      Jean-Paul Fritz, L’Obs, le 16 mars 2017
      https://seenthis.net/messages/580597

      En comparant les données archéologiques sur l’apparition de l’élevage dans la région saharienne avec l’évolution sur la durée de certains types de végétation associés à une région désertique, l’archéologue a pu bâtir sa théorie.

      Voici environ 8.000 ans, les premières communautés pastorales se seraient installées dans la région du Nil, et auraient commencé à se répandre vers l’ouest. Et cette progression serait synchrone avec l’augmentation de la végétation désertique.

      Comment cela a-t-il pu se produire ? L’arrivée de tribus dont la ressource principale est l’élevage a eu des conséquences sur l’environnement. Ces civilisations ont aménagé l’espace, incendié des zones qu’ils souhaitaient dédier à leurs animaux, et plus globalement procédé à une déforestation. Le changement dans la végétation, et notamment la disparition de zones de forêts et de savanes, a pu changer la quantité de lumière solaire reflétée par le sol, qui a son tour aurait influencé la circulation atmosphérique. Les moussons, qui irriguaient le Sahara, auraient alors faibli, poussant la région sur le chemin de la désertification.

      #Sahara #désert #changement_climatique #anthropique #archéologie

      Et du coup :
      https://seenthis.net/messages/499739
      https://seenthis.net/messages/524060

      #inégalités #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocene #Anthropocène #capitalocène


  • « Manterrupting », le sexisme ordinaire sur la voix publique
    http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2017/03/02/manterrupting-sexisme-sur-la-voix-publique_5088231_3224.html
    http://s1.lemde.fr/image/2017/03/02/644x322/5088229_3_87f6_les-hommes-coupent-trois-fois-plus-la-parole_d03f3a387a563ae4682a667990922f85.jpg

    Le mot apparaît au début de l’année 2015, sous la plume de Jessica Bennett, une chroniqueuse pour le New York ­Times et le magazine Time. Dans un article intitulé « How not to be “manterrupted” in meetings » (« comment ne pas être interrompue par un homme en réunion »), elle raconte, études à l’appui, les étonnantes vicissitudes qui accompagnent la prise de parole des femmes. « Mes amies ont un terme pour ça : le manterrupting [contraction de man et interrupting] », conclut Jessica Bennett. Depuis, le mot s’est peu à peu imposé dans les débats sur le sexisme ordinaire.

    #féminisme #manterrupting


  • « Manterrupting », le sexisme ordinaire sur la voix publique http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/03/02/manterrupting-sexisme-sur-la-voix-publique_5088231_3224.html http://s1.lemde.fr/image/2017/03/02/644x322/5088229_3_87f6_les-hommes-coupent-trois-fois-plus-la-parole_d03f3a387a563ae4682a667990922f85.jpg

    En politique, au travail et dans la sphère privée, les hommes n’hésitent pas à interrompre leurs interlocutrices. Une forme de censure insidieuse.

    Le mot apparaît au début de l’année 2015, sous la plume de Jessica Bennett, une chroniqueuse pour le New York ­Times et le magazine Time. Dans un article intitulé « How not to be “manterrupted” in meetings » <http://time.com/3666135/sheryl-sandberg-talking-while-female-manterruptions> (« comment ne pas être interrompue par un homme en réunion »), elle raconte, études à l’appui, les étonnantes vicissitudes qui accompagnent la prise de parole des femmes. « Mes amies ont un terme pour ça : le manterrupting [contraction de man *et *interrupting] », conclut Jessica Bennett. Depuis, le mot s’est peu à peu imposé dans les débats sur le sexisme ordinaire.

    La conversation, un enjeu de pouvoir

    Malgré sa longue expérience politique – elle était la porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012 –, Nathalie Kosciusko-Morizet a fait l’amère expérience du manterrupting *pendant la primaire de la droite et du centre.

    Lors du troisième débat télévisé, elle a été interrompue vingt-sept fois… contre neuf pour Alain Juppé, dix pour Jean-François Copé, onze pour Jean-Frédéric Poisson, onze pour Bruno Le Maire et douze pour François Fillon et ­Nicolas Sarkozy. Commentaire de l’ancienne ministre : « Dans une assemblée mixte, les hommes ont tendance, parfois sans s’en rendre compte, à vouloir étouffer la parole des femmes et à la prendre. » S’agit-il d’une pratique du monde ­politique liée au fait que les femmes en ont longtemps été exclues ? Une spécificité de cet univers clos qui, malgré l’instauration de la parité, peine tant à se féminiser ? Pas vraiment.

    Nombre d’études démontrent en effet que le *manterrupting *est une règle qui gouverne tous les échanges entre hommes et femmes, qu’ils aient lieu dans les ­bureaux, les cafés, les écoles ou les ­familles. Et ce n’est pas tout à fait un ­hasard. « La conversation, loin d’être une activité anodine et spontanée, est traversée par des questions de pouvoir », écrit la féministe Corinne Monnet dans un article publié en 1998

    <https://infokiosques.net/lire.php?id_article=239> dans la revue *Nouvelles Questions féministes.

    [image : Au travail ou en politique, les hommes qui parlent beaucoup sont mieux perçus que les femmes qui font de même.]

    Si la théorie du manterrupting *suscite souvent la perplexité, c’est parce que la sagesse populaire raconte une tout autre histoire. « Selon l’opinion communément admise, ce sont les femmes qui parleraient plus que les hommes, poursuit Corinne Monnet. *Le stéréotype de la femme bavarde est certainement, en ce qui ­concerne la différence des sexes et la conversation, l’un des plus forts et des plus répandus. ­Paradoxalement, c’est aussi celui qui n’a jamais pu être confirmé par une seule étude. Bien au contraire, de nombreuses recherches ont montré qu’en réalité, ce sont les hommes qui parlent le plus. » Et qui interrompent le plus souvent leurs interlocuteurs – surtout si ce sont des femmes.

    Domination masculine

    La première étude d’ampleur

    <http://www.linguisticsnetwork.com/wp-content/uploads/Sex-Roles-Interruptions-and-Silences-in-Conversation.compressed.> sur le man­terrupting *a été réalisée en 1975 sur le campus de l’université de Santa Barbara (Californie). Cette année-là, deux sociologues, Don Zimmerman et Candace West, décryptent en ­détail 31 conversations enregistrées dans des cafés, des magasins et des lieux publics de l’université – des échanges ordinaires que les chercheurs appellent « everyday chit-chat ».

    Leurs conclusions sont stupéfiantes : dans les conversations non mixtes, les interruptions sont également réparties entre tous les participants, mais dès que la mixité s’installe, les chiffres s’emballent – les hommes sont responsables de 96 % des interruptions…

    Don Zimmerman et Candace West voient dans ce déséquilibre un signe de la domination masculine. « Les hommes affirment de manière asymétrique un droit de contrôle sur les sujets de conversation et ils le font avec des conséquences évidentes*, écrivent-ils. Il faut en conclure que, au moins dans ces transcriptions, les hommes ­contestent aux femmes le statut de partenaires égaux dans la conversation. »

    Bousculées par ces interruptions, les femmes peinent à maintenir le cap de leur discours. « Par toutes ces ­intrusions, les hommes parviennent à imposer leur propre sujet aux dépens de celui des femmes », poursuit Corinne Monnet.

    Les années 1970 sont loin, pensera-t-on : ­depuis cette époque, la révolution de l’égalité a bouleversé les règles du jeu. Ce n’est pas vraiment le cas. En 1998, deux professeurs de psychologie américains, Kristin J. Anderson et Campbell Leaper, analysent 43 études

    <http://link.springer.com/article/10.1023/A:1018802521676> publiées de 1968 à 1998 consacrées aux ­« effets de genre sur les interruptions pendant les conversations ».

    Les déséquilibres mesurés à Santa Barbara sont loin d’avoir disparu. « On constate dans les recherches que les hommes ont, de manière significative, une tendance plus prononcée que les femmes à couper la ­parole de leurs interlocuteurs pendant une ­conversation », résument-ils.

    Une dissymétrie invisible

    Pour en avoir le cœur net, deux chercheurs américains, Adrienne B. Hancock et Benjamin A. Rubin, analysent, en 2015, 80 conversations

    <https://www.researchgate.net/publication/275005639_Influence_of_Communication_Partner%27s_Gender_on_Language> entre 40 participants – 20 femmes et 20 hommes. Pour éviter tout biais, ils choisissent des sujets « neutres », comme l’utilisation du téléphone portable – pas de thèmes étiquetés ­féminins ou masculins.

    Les chiffres laissent rêveurs : dans un article publié dans le Journal of Language and Social Psychology, ils constatent qu’en moyenne, au cours d’une conversation de trois minutes, les femmes interrompent les hommes une seule fois alors que l’inverse se produit… 2,6 fois.

    Ces règles du jeu ont beau gouverner la plupart des échanges entre hommes et femmes, elles passent le plus souvent inaperçues. « Lorsque le genre est à l’œuvre, comme dans la distribution de la parole, c’est le plus souvent de manière indirecte, donc invisible », *soulignent les politistes Frédérique Matonti et Delphine Dulong dans un article paru en 2007 <https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SR_024_0251> dans *Sociétés & Représentations (Publications de la Sorbonne). Pour mettre fin à cette myopie, les deux chercheuses ont, pendant plus d’un an, observé la répartition des rôles féminins et masculins au sein du ­conseil régional d’Ile-de-France.

    Leur travail permet de prendre la mesure de l’ampleur de la dissymétrie entre hommes et femmes dans la prise de parole. Malgré l’instauration de la parité, le verbe continue à se ­ décliner au masculin.

    « Le genre constitue un handicap, toutes choses égales par ailleurs, écrivent-elles. En séances plénières, quel que soit en effet le type d’intervention (dépôt d’amendement, rappel au règlement, questions orales, ­explications de vote), les hommes interviennent toujours plus que les femmes : sur huit séances entre avril 2004 et mars 2005, les hommes sont intervenus 142 fois et les femmes 80. »

    Une source d’angoisse

    Les hommes ne se contentent pas de parler plus que les femmes : ils écoutent aussi beaucoup moins. « Quel que soit leur capital politique et à rebours des stéréotypes genrés, les hommes bavardent beaucoup plus que les femmes avec leurs voisins lorsque les autres s’expriment, *constatent les chercheuses. *Certains, les plus aguerris, se lèvent même pour pouvoir parler avec un camarade assis plus loin alors qu’aucune femme ne s’autorise à le faire. Il faut ajouter que les hommes coupent beaucoup plus souvent la parole que les femmes et qu’ils la prennent davantage avant qu’on ne la leur ait donnée. »

    La dissymétrie est aussi une question de style : le verbe impérieux des hommes tranche souvent avec la parole hésitante des élues.

    « Elles renoncent beaucoup plus facilement que les hommes à prendre la parole après l’avoir demandée au motif qu’un intervenant précédent aurait déjà dit ce qu’elles avaient à dire, écrivent Frédérique Matonti et Delphine Dulong. Leurs interventions sont beaucoup plus courtes que celles des hommes, et ce parce qu’elles ­ posent plus de questions qu’elles n’expriment une opinion. (…) Elles “avouent” en outre beaucoup plus facilement qu’eux leurs doutes, leur absence d’opinion, voire leur incompétence. »

    Nulle surprise, dans ce contexte, que la prise de parole soit, pour les femmes, une source d’angoisse. L’une des élues interrogées dans le cadre de cette étude raconte ainsi s’être ­ réveillée, un jour de discours, « avec l’impression d’avoir avalé un parpaing ».

    « Cette expérience est partagée par toutes les élues, *constatent Frédérique Matonti et Delphine Dulong. *Claire Le Flécher, par exemple, s’oblige à prendre la parole, comparant l’exercice à un sport où l’entraînement est central. Anne Souyris parle longuement de sa difficulté à prendre la parole – une “transgression”, un “traumatisme”, un “supplice” qui revient, selon elle, à “se violer”. »

    Sentiment d’illégitimité

    Près de vingt ans après l’inscription du principe de parité dans la Constitution de la Ve République, les femmes ont encore du mal à ­imposer leur voix dans les enceintes politiques.

    Pour Frédérique Matonti, ce manque d’aisance renvoie à une longue histoire. « En France, les femmes sont encore des nouvelles venues en politique : le droit de vote leur a été accordé très tardivement, en 1944 – soit bien après les Finlandaises (1906), les Danoises (1915), les Américaines (1919) ou les Britanniques (1928). C’est d’ailleurs en France que l’écart entre la date du suffrage masculin (1848) et ­féminin (1944) est le plus important. »

    Cette histoire a façonné des attitudes très différentes : selon Frédérique Matonti et Delphine Dulong, les hommes politiques se comportent comme s’ils jouissaient d’un « droit “naturel” à s’exprimer » *alors que « tout, dans le comportement des femmes, manifeste leur sentiment d’illégitimité ». Quand les femmes sont dans des positions de pouvoir, confirme la philosophe et mathématicienne Laurence Bouquiaux dans *Les Faiseuses d’histoire (La Découverte, 2011), un livre des philosophes belges Vinciane Despret et Isabelle Stengers, elles se conduisent comme si elles avaient* « investi des lieux qui ne leur étaient pas destinés ».

    Diagnostic inversé

    Dans cet ouvrage, Laurence Bouquiaux ­raconte avec subtilité cette manière de se montrer « soumise et docile » pour faire oublier qu’on ne se sent pas tout à fait à sa place. Elle évoque ainsi, dans les milieux universitaires, « les bonnes élèves, bosseuses, voire besogneuses, qui savent qu’elles sont tolérées pour autant qu’elles restent inoffensives ».

    « Nous [les femmes] laissons parler les hommes (dans les réunions, dans les colloques et même, peut-être, dans les livres) parce que beaucoup de nos collègues ne nous pardonneront d’être intelligentes que si nous renonçons à être brillantes. »

    Ces règles tacites ne concernent pas que la scène politique ou le milieu universitaire : nombre de travaux anglo-saxons montrent que, dans les entreprises, la prise de parole des femmes est mal accueillie.

    En témoigne une étude américaine

    <http://gap.hks.harvard.edu/who-takes-floor-and-why-gender-power-and-volubility-organizations> réalisée par Victoria L. Brescoll, professeure à l’université Yale : cette ­experte en psychologie sociale a demandé à 156 personnes de noter, sur une échelle de 1 à 7, la compétence, l’efficacité, l’avenir professionnel et l’aptitude au leadership de deux types de manageurs – les premiers parlent beaucoup, se mettent en avant et font volontiers état de leurs opinions personnelles, les seconds sont discrets et s’expriment peu en réunion.

    Publiés en 2012 dans la revue *Administrative Science Quarterly, les résultats font froid dans le dos. Les hommes qui parlent peu sont considérés comme de piètres dirigeants alors que ceux qui s’expriment longuement obtiennent d’excellentes notes. Un diagnostic qui pourrait parfaitement se comprendre… s’il ne s’inversait totalement pour les femmes.

    La ­faconde et l’éloquence, considérées comme d’utiles qualités pour les hommes, deviennent de terribles défauts pour les femmes : les dirigeantes silencieuses et réservées en réunion sont bien notées alors que celles qui ­s’expriment longuement sont rejetées…

    Peur d’avoir l’air agressive

    Pour Sheryl Sandberg, numéro deux de Facebook, et le psychologue Adam Grant, professeur à l’université de Pennsylvanie, cette étude prouve que les femmes qui craignent de parler en réunion ne sont pas paranoïaques : elles savent simplement qu’en parlant autant, voire plus que les hommes, elles seront jugées avec sévérité.

    « Lorsqu’une femme s’exprime dans un cadre professionnel, elle marche sur une corde raide, résument-ils en 2015 dans le New York Times <https://www.nytimes.com/2015/01/11/opinion/sunday/speaking-while-female.html?action=click&contentCollection=Opinion&module=Re.

    Soit elle est à peine entendue, soit elle est jugée trop agressive. Quand un homme dit la même chose qu’elle, tout le monde approuve d’un signe de tête cette bonne idée. Résultat : les femmes considèrent souvent qu’il vaut mieux parler peu. »

    Comment expliquer cette étrange alchimie sociale qui endigue la parole des femmes ? Pour la politiste Frédérique Matonti, la réponse tient en un mot : la socialisation.

    « Les études sur l’éducation montrent que les parents, sans en avoir conscience, encouragent les filles au retrait plutôt qu’à la mise en avant*, explique-t-elle. Les garçons ont souvent le droit de faire du bruit alors que les filles doivent rester discrètes et baisser la voix. Petit à petit, les enfants ­intériorisent ces valeurs masculines et féminines : les garçons apprennent à prendre la parole, à dire qu’ils n’ont pas peur et à faire face, les filles à écouter et à faire attention aux autres. » Ces différences se manifestent dans les familles, mais aussi à l’école.

    Dans les années 1970 et 1980, deux sociologues de l’éducation américains, Thomas L. Good et Jere E. Brophy, montrent, en observant le fonctionnement des classes, que les professeurs, sans le savoir, appliquent la « règle des deux tiers/un tiers » : ils ont, en moyenne, deux fois plus d’échanges avec les garçons qu’avec les filles. « Ils consacrent aux garçons les deux tiers de leur temps tandis que les garçons émettent les deux tiers des propos tenus par les élèves dans la classe », résume la sociologue Marie Duru-Bellat dans L’Ecole des filles. Quelle formation pour quels rôles sociaux ? (L’Harmattan, 2004).

    « Stéréotypes »

    Avec le temps, les chiffres ont évolué mais aujourd’hui encore, l’égalité de traitement n’est pas au rendez-vous. « Les enseignants consacrent un peu moins de temps aux filles – environ 44 % de leur temps contre 56 % aux garçons, *souligne Marie Duru-Bellat. *La différence peut paraître minime, mais elle devient considérable dès lors qu’on comptabilise le temps qu’un élève passe en classe. Ce temps consacré aux garçons reflète en outre des interactions plus formatrices sur le plan pédagogique : les enseignants passent plus de temps à réagir aux interventions des garçons et à attendre leurs réponses. »

    Nul procès envers les hommes ici : les enseignantes, rappelle Marie Duru-Bellat, se comportent de la même manière que leurs collègues masculins. « Les hommes comme les femmes sont profondément imprégnés par des stéréotypes sur le féminin et le masculin qui sont véhiculés par notre société, constate-t-elle. Ce sont des processus inconscients qui définissent les normes de comportement des garçons et des filles – et donc les attentes et les comportements que l’on a envers eux. Pour les bousculer, il faut commencer par en prendre conscience. »

    En démontrant qu’hommes et femmes ne sont pas – encore – des partenaires égaux dans la conversation, les études sur le *manterrupting *ouvriront peut-être la voie à un dialogue plus équilibré entre hommes et femmes.

    Lire aussi : Aux Etats-Unis, des stratégies pour contrer le « manterrupting »

    <http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/02/aux-etats-unis-des-strategies-pour-contrer-le-manterrupting_5088214_3232.htm>

    • En politique, au travail et dans la sphère privée, les hommes n’hésitent pas à interrompre leurs interlocutrices. Une forme de censure insidieuse.

      Le mot apparaît au début de l’année 2015, sous la plume de Jessica Bennett, une chroniqueuse pour le New York ­Times et le magazine Time. Dans un article intitulé « How not to be “manterrupted” in meetings » <▻http://time.com/3666135/sheryl-sandberg-talking-while-female-manterruptions> (« comment ne pas être interrompue par un homme en réunion »), elle raconte, études à l’appui, les étonnantes vicissitudes qui accompagnent la prise de parole des femmes. « Mes amies ont un terme pour ça : le manterrupting [contraction de man et interrupting] », conclut Jessica Bennett. Depuis, le mot s’est peu à peu imposé dans les débats sur le sexisme ordinaire.

      La conversation, un enjeu de pouvoir

      Malgré sa longue expérience politique – elle était la porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012 –, Nathalie Kosciusko-Morizet a fait l’amère expérience du manterrupting pendant la primaire de la droite et du centre.

      Lors du troisième débat télévisé, elle a été interrompue vingt-sept fois… contre neuf pour Alain Juppé, dix pour Jean-François Copé, onze pour Jean-Frédéric Poisson, onze pour Bruno Le Maire et douze pour François Fillon et ­Nicolas Sarkozy. Commentaire de l’ancienne ministre : « Dans une assemblée mixte, les hommes ont tendance, parfois sans s’en rendre compte, à vouloir étouffer la parole des femmes et à la prendre. » S’agit-il d’une pratique du monde ­politique liée au fait que les femmes en ont longtemps été exclues ? Une spécificité de cet univers clos qui, malgré l’instauration de la parité, peine tant à se féminiser ? Pas vraiment.

      Nombre d’études démontrent en effet que le manterrupting est une règle qui gouverne tous les échanges entre hommes et femmes, qu’ils aient lieu dans les ­bureaux, les cafés, les écoles ou les ­familles. Et ce n’est pas tout à fait un ­hasard. « La conversation, loin d’être une activité anodine et spontanée, est traversée par des questions de pouvoir », écrit la féministe Corinne Monnet dans un article publié en 1998

      <▻https://infokiosques.net/lire.php?id_article=239> dans la revue Nouvelles Questions féministes.

      [image : Au travail ou en politique, les hommes qui parlent beaucoup sont mieux perçus que les femmes qui font de même.]

      Si la théorie du manterrupting suscite souvent la perplexité, c’est parce que la sagesse populaire raconte une tout autre histoire. « Selon l’opinion communément admise, ce sont les femmes qui parleraient plus que les hommes, poursuit Corinne Monnet. Le stéréotype de la femme bavarde est certainement, en ce qui ­concerne la différence des sexes et la conversation, l’un des plus forts et des plus répandus. ­Paradoxalement, c’est aussi celui qui n’a jamais pu être confirmé par une seule étude. Bien au contraire, de nombreuses recherches ont montré qu’en réalité, ce sont les hommes qui parlent le plus. » Et qui interrompent le plus souvent leurs interlocuteurs – surtout si ce sont des femmes.

      Domination masculine

      La première étude d’ampleur

      <▻http://www.linguisticsnetwork.com/wp-content/uploads/Sex-Roles-Interruptions-and-Silences-in-Conversation.compressed.> sur le man­terrupting a été réalisée en 1975 sur le campus de l’université de Santa Barbara (Californie). Cette année-là, deux sociologues, Don Zimmerman et Candace West, décryptent en ­détail 31 conversations enregistrées dans des cafés, des magasins et des lieux publics de l’université – des échanges ordinaires que les chercheurs appellent « everyday chit-chat ».

      Leurs conclusions sont stupéfiantes : dans les conversations non mixtes, les interruptions sont également réparties entre tous les participants, mais dès que la mixité s’installe, les chiffres s’emballent – les hommes sont responsables de 96 % des interruptions…

      Don Zimmerman et Candace West voient dans ce déséquilibre un signe de la domination masculine. « Les hommes affirment de manière asymétrique un droit de contrôle sur les sujets de conversation et ils le font avec des conséquences évidentes, écrivent-ils. Il faut en conclure que, au moins dans ces transcriptions, les hommes ­contestent aux femmes le statut de partenaires égaux dans la conversation. »

      Bousculées par ces interruptions, les femmes peinent à maintenir le cap de leur discours. « Par toutes ces ­intrusions, les hommes parviennent à imposer leur propre sujet aux dépens de celui des femmes », poursuit Corinne Monnet.

      Les années 1970 sont loin, pensera-t-on : ­depuis cette époque, la révolution de l’égalité a bouleversé les règles du jeu. Ce n’est pas vraiment le cas. En 1998, deux professeurs de psychologie américains, Kristin J. Anderson et Campbell Leaper, analysent 43 études

      <▻http://link.springer.com/article/10.1023/A:1018802521676> publiées de 1968 à 1998 consacrées aux ­« effets de genre sur les interruptions pendant les conversations ».

      Les déséquilibres mesurés à Santa Barbara sont loin d’avoir disparu. « On constate dans les recherches que les hommes ont, de manière significative, une tendance plus prononcée que les femmes à couper la ­parole de leurs interlocuteurs pendant une ­conversation », résument-ils.

      Une dissymétrie invisible

      Pour en avoir le cœur net, deux chercheurs américains, Adrienne B. Hancock et Benjamin A. Rubin, analysent, en 2015, 80 conversations

      <▻https://www.researchgate.net/publication/275005639_Influence_of_Communication_Partner%27s_Gender_on_Language> entre 40 participants – 20 femmes et 20 hommes. Pour éviter tout biais, ils choisissent des sujets « neutres », comme l’utilisation du téléphone portable – pas de thèmes étiquetés ­féminins ou masculins.

      Les chiffres laissent rêveurs : dans un article publié dans le Journal of Language and Social Psychology, ils constatent qu’en moyenne, au cours d’une conversation de trois minutes, les femmes interrompent les hommes une seule fois alors que l’inverse se produit… 2,6 fois.

      Ces règles du jeu ont beau gouverner la plupart des échanges entre hommes et femmes, elles passent le plus souvent inaperçues. « Lorsque le genre est à l’œuvre, comme dans la distribution de la parole, c’est le plus souvent de manière indirecte, donc invisible », soulignent les politistes Frédérique Matonti et Delphine Dulong dans un article paru en 2007 <▻https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SR_024_0251> dans Sociétés & Représentations (Publications de la Sorbonne). Pour mettre fin à cette myopie, les deux chercheuses ont, pendant plus d’un an, observé la répartition des rôles féminins et masculins au sein du ­conseil régional d’Ile-de-France.

      Leur travail permet de prendre la mesure de l’ampleur de la dissymétrie entre hommes et femmes dans la prise de parole. Malgré l’instauration de la parité, le verbe continue à se ­ décliner au masculin.

      « Le genre constitue un handicap, toutes choses égales par ailleurs, écrivent-elles. En séances plénières, quel que soit en effet le type d’intervention (dépôt d’amendement, rappel au règlement, questions orales, ­explications de vote), les hommes interviennent toujours plus que les femmes : sur huit séances entre avril 2004 et mars 2005, les hommes sont intervenus 142 fois et les femmes 80. »

      Une source d’angoisse

      Les hommes ne se contentent pas de parler plus que les femmes : ils écoutent aussi beaucoup moins. « Quel que soit leur capital politique et à rebours des stéréotypes genrés, les hommes bavardent beaucoup plus que les femmes avec leurs voisins lorsque les autres s’expriment, constatent les chercheuses. Certains, les plus aguerris, se lèvent même pour pouvoir parler avec un camarade assis plus loin alors qu’aucune femme ne s’autorise à le faire. Il faut ajouter que les hommes coupent beaucoup plus souvent la parole que les femmes et qu’ils la prennent davantage avant qu’on ne la leur ait donnée. »

      La dissymétrie est aussi une question de style : le verbe impérieux des hommes tranche souvent avec la parole hésitante des élues.

      « Elles renoncent beaucoup plus facilement que les hommes à prendre la parole après l’avoir demandée au motif qu’un intervenant précédent aurait déjà dit ce qu’elles avaient à dire, écrivent Frédérique Matonti et Delphine Dulong. Leurs interventions sont beaucoup plus courtes que celles des hommes, et ce parce qu’elles ­ posent plus de questions qu’elles n’expriment une opinion. (…) Elles “avouent” en outre beaucoup plus facilement qu’eux leurs doutes, leur absence d’opinion, voire leur incompétence. »

      Nulle surprise, dans ce contexte, que la prise de parole soit, pour les femmes, une source d’angoisse. L’une des élues interrogées dans le cadre de cette étude raconte ainsi s’être ­ réveillée, un jour de discours, « avec l’impression d’avoir avalé un parpaing ».

      « Cette expérience est partagée par toutes les élues, constatent Frédérique Matonti et Delphine Dulong. Claire Le Flécher, par exemple, s’oblige à prendre la parole, comparant l’exercice à un sport où l’entraînement est central. Anne Souyris parle longuement de sa difficulté à prendre la parole – une “transgression”, un “traumatisme”, un “supplice” qui revient, selon elle, à “se violer”. »

      Sentiment d’illégitimité

      Près de vingt ans après l’inscription du principe de parité dans la Constitution de la Ve République, les femmes ont encore du mal à ­imposer leur voix dans les enceintes politiques.

      Pour Frédérique Matonti, ce manque d’aisance renvoie à une longue histoire.

      « En France, les femmes sont encore des nouvelles venues en politique : le droit de vote leur a été accordé très tardivement, en 1944 – soit bien après les Finlandaises (1906), les Danoises (1915), les Américaines (1919) ou les Britanniques (1928). C’est d’ailleurs en France que l’écart entre la date du suffrage masculin (1848) et ­féminin (1944) est le plus important. »

      Cette histoire a façonné des attitudes très différentes : selon Frédérique Matonti et Delphine Dulong, les hommes politiques se comportent comme s’ils jouissaient d’un « droit “naturel” à s’exprimer » alors que « tout, dans le comportement des femmes, manifeste leur sentiment d’illégitimité ».

      Quand les femmes sont dans des positions de pouvoir, confirme la philosophe et mathématicienne Laurence Bouquiaux dans Les Faiseuses d’histoire (La Découverte, 2011), un livre des philosophes belges Vinciane Despret et Isabelle Stengers, elles se conduisent comme si elles avaient « investi des lieux qui ne leur étaient pas destinés ».

      Diagnostic inversé

      Dans cet ouvrage, Laurence Bouquiaux ­raconte avec subtilité cette manière de se montrer « soumise et docile » pour faire oublier qu’on ne se sent pas tout à fait à sa place. Elle évoque ainsi, dans les milieux universitaires, « les bonnes élèves, bosseuses, voire besogneuses, qui savent qu’elles sont tolérées pour autant qu’elles restent inoffensives ».

      « Nous [les femmes] laissons parler les hommes (dans les réunions, dans les colloques et même, peut-être, dans les livres) parce que beaucoup de nos collègues ne nous pardonneront d’être intelligentes que si nous renonçons à être brillantes. »

      Ces règles tacites ne concernent pas que la scène politique ou le milieu universitaire : nombre de travaux anglo-saxons montrent que, dans les entreprises, la prise de parole des femmes est mal accueillie.

      En témoigne une étude américaine

      <▻http://gap.hks.harvard.edu/who-takes-floor-and-why-gender-power-and-volubility-organizations> réalisée par Victoria L. Brescoll, professeure à l’université Yale : cette ­experte en psychologie sociale a demandé à 156 personnes de noter, sur une échelle de 1 à 7, la compétence, l’efficacité, l’avenir professionnel et l’aptitude au leadership de deux types de manageurs – les premiers parlent beaucoup, se mettent en avant et font volontiers état de leurs opinions personnelles, les seconds sont discrets et s’expriment peu en réunion.

      Publiés en 2012 dans la revue Administrative Science Quarterly, les résultats font froid dans le dos. Les hommes qui parlent peu sont considérés comme de piètres dirigeants alors que ceux qui s’expriment longuement obtiennent d’excellentes notes. Un diagnostic qui pourrait parfaitement se comprendre… s’il ne s’inversait totalement pour les femmes.

      La ­faconde et l’éloquence, considérées comme d’utiles qualités pour les hommes, deviennent de terribles défauts pour les femmes : les dirigeantes silencieuses et réservées en réunion sont bien notées alors que celles qui ­s’expriment longuement sont rejetées…

      Peur d’avoir l’air agressive

      Pour Sheryl Sandberg, numéro deux de Facebook, et le psychologue Adam Grant, professeur à l’université de Pennsylvanie, cette étude prouve que les femmes qui craignent de parler en réunion ne sont pas paranoïaques : elles savent simplement qu’en parlant autant, voire plus que les hommes, elles seront jugées avec sévérité.

      « Lorsqu’une femme s’exprime dans un cadre professionnel, elle marche sur une corde raide, résument-ils en 2015 dans le New York Times <▻https://www.nytimes.com/2015/01/11/opinion/sunday/speaking-while-female.html?action=click&contentCollection=Opinion&module=Re.

      Soit elle est à peine entendue, soit elle est jugée trop agressive. Quand un homme dit la même chose qu’elle, tout le monde approuve d’un signe de tête cette bonne idée. Résultat : les femmes considèrent souvent qu’il vaut mieux parler peu. »

      Comment expliquer cette étrange alchimie sociale qui endigue la parole des femmes ? Pour la politiste Frédérique Matonti, la réponse tient en un mot : la socialisation.

      « Les études sur l’éducation montrent que les parents, sans en avoir conscience, encouragent les filles au retrait plutôt qu’à la mise en avant, explique-t-elle. Les garçons ont souvent le droit de faire du bruit alors que les filles doivent rester discrètes et baisser la voix. Petit à petit, les enfants ­intériorisent ces valeurs masculines et féminines : les garçons apprennent à prendre la parole, à dire qu’ils n’ont pas peur et à faire face, les filles à écouter et à faire attention aux autres. » Ces différences se manifestent dans les familles, mais aussi à l’école.

      Dans les années 1970 et 1980, deux sociologues de l’éducation américains, Thomas L. Good et Jere E. Brophy, montrent, en observant le fonctionnement des classes, que les professeurs, sans le savoir, appliquent la « règle des deux tiers/un tiers » : ils ont, en moyenne, deux fois plus d’échanges avec les garçons qu’avec les filles. « Ils consacrent aux garçons les deux tiers de leur temps tandis que les garçons émettent les deux tiers des propos tenus par les élèves dans la classe », résume la sociologue Marie Duru-Bellat dans L’Ecole des filles. Quelle formation pour quels rôles sociaux ? (L’Harmattan, 2004).

      « Stéréotypes »

      Avec le temps, les chiffres ont évolué mais aujourd’hui encore, l’égalité de traitement n’est pas au rendez-vous. « Les enseignants consacrent un peu moins de temps aux filles – environ 44 % de leur temps contre 56 % aux garçons, souligne Marie Duru-Bellat. La différence peut paraître minime, mais elle devient considérable dès lors qu’on comptabilise le temps qu’un élève passe en classe. Ce temps consacré aux garçons reflète en outre des interactions plus formatrices sur le plan pédagogique : les enseignants passent plus de temps à réagir aux interventions des garçons et à attendre leurs réponses. »

      Nul procès envers les hommes ici : les enseignantes, rappelle Marie Duru-Bellat, se comportent de la même manière que leurs collègues masculins. « Les hommes comme les femmes sont profondément imprégnés par des stéréotypes sur le féminin et le masculin qui sont véhiculés par notre société, constate-t-elle. Ce sont des processus inconscients qui définissent les normes de comportement des garçons et des filles – et donc les attentes et les comportements que l’on a envers eux. Pour les bousculer, il faut commencer par en prendre conscience. »

      En démontrant qu’hommes et femmes ne sont pas – encore – des partenaires égaux dans la conversation, les études sur le manterrupting ouvriront peut-être la voie à un dialogue plus équilibré entre hommes et femmes.

      Lire aussi : Aux Etats-Unis, des stratégies pour contrer le

      « manterrupting »

    • C’est la spécialité d’un de mes voisins qui ne supporte pas que je l’ouvre bien qu’en fait il est assez d’accord avec ce je peux dire. Enfin, je devrais utiliser le passé car j’ai fini par arrêter de fréquenter cette famille, fatiguée de me prendre la tête avec lui.



  • http://www.ism-france.org/photos/basil-al-araj.jpg Basel al-Araj, par Motasem Khaleel
    Ramallah - 6 mars 2017
    Basil al-Araj assassiné par les forces israéliennes d’occupation après un emprisonnement dans les geôles de l’AP et des mois de clandestinité
    Par Samidoun | Traduction : MR pour ISM
    http://www.ism-france.org/temoignages/Basil-al-Araj-assassine-par-les-forces-israeliennes-d-occupation-apres-u

    Basil al-Araj, 31 ans, militant et écrivain palestinien poursuivi par Israël depuis près d’un an, a été exécuté par les forces d’occupation, lors d’une attaque de son domicile à el-Birehn, ce matin avant l’aube. Al-Araj, originaire du village de Walaja, près de Bethléem, a riposté et résisté aux forces d’invasion pendant deux heures avant que les soldats de l’occupation se ruent dans la maison où il séjournait et l’abattent à bout portant. Ils ont ensuite emmené son corps dans un lieu non révélé.

    Les soldats du régime d’occupation ont attaqué la maison à la roquette et ont exécuté Al-Araj dans une grêle de balles. Ils avaient attaqué la maison familiale d’Al-Araj à Al-Walaja à maintes reprises au cours des derniers mois.

    Al-Araj, écrivain et militant impliqué dans un large éventail de luttes populaires palestiniennes pour la libération, faisait partie des jeunes palestiniens qui se consacrent à la revitalisation du mouvement palestinien de libération nationale. Il faisait partie des 6 jeunes (photo ci-dessous) libérés des prisons de l’Autorité palestinienne après près de 6 mois de détention, et après une grève de la faim ; Al-Araj et un autre jeune avait été arrêté en a Avril, dans ce qui a été présenté comme une victoire de la coordination sécuritaire entre l’AP et Israël. Pendant leur détention dans les geôles de l’AP, ils ont subi des mauvais traitements et des tortures par les forces sécuritaires de l’AP.
    http://img4.hostingpics.net/pics/711924thesix.jpg
    Après que leur grève de la faim et une médiatisation de leur affaire, dont des protestations après les articles sur leurs tortures, ont entraîné leur libération, quatre des jeunes – Mohammed al-Salameen, Seif al-Idrissi, Haitham Siyaj, et Mohammed Harb – ont été arrêtés par les forces israéliennes d’occupation. Ils ont été incarcérés sous le régime de la détention administrative, emprisonnement sans inculpation ni procès.

    L’exécution extrajudiciaire de Basil al-Araj est encore un autre exemple de l’utilisation continue des « raids d’arrestation » pour assassiner les Palestiniens en lutte, dont le meurtre d’Abdullah Shalaldeh à l’hôpital et celui de l’ancien prisonnier Muataz Washaha. Elle met également en lumière, une fois encore, la réalité dévastatrice et mortelle de la « coordination sécuritaire » entre l’occupation israélienne et l’Autorité palestinienne pour les Palestiniens luttant pour leur libération, poursuivis et emprisonnés par cette coordination jusqu’à être exécutés.(...)

    #Palestine_assassinée
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    Ramallah : Dans une dernière lettre, Basel al-Araj, militant palestinien assassiné, réfléchit sur sa mort imminente -
    Ramallah - 7 mars 2017 | Maan News | Traduction : MR pour ISM
    http://www.ism-france.org/temoignages/Dans-une-derniere-lettre-Basel-al-Araj-militant-palestinien-assassine-re

    http://www.ism-france.org/photos/lettre%20basil_opt.jpg

    07.03.2017 – Dans une dernière lettre écrite avant d’être tué par les forces israéliennes après deux heures de fusillade, le militant et écrivain palestinien Basel al-Araj révèle ses pensées sur sa fin inéluctable.
    Al-Araj, 31 ans, originaire du village de al-Walaja, dans le district de Bethléem, fuyait les autorités d’occupation depuis Septembre 2016, date de sa libération de la prison palestinienne où il avait été détenu sans inculpation ni explication pendant 5 mois, pendant lesquels il s’est joint à une grève de la faim pour protester contre la torture et les mauvais traitements.

    La police israélienne avait accusé al-Araj d’être « le chef d’une cellule terroriste qui planifiait des attaques contre les Israéliens et les forces de sécurité. »

    Après un mois de chasse à l’homme, les forces d’occupation ont encerclé une maison, à la périphérie du camp de réfugiés de Qaddura, où al-Araj séjournait, tôt lundi matin, déclenchant un échange de tirs entre al-Araj et les forces armées au cours duquel le jeune Palestinien a été tué faute de munitions, selon des témoins et la police israélienne.

    Certains palestiniens ont toutefois soulevé des questions sur le récit de la police israélienne, selon lequel al-Araj a pu riposter ; ils soulignent que le jeune homme – bien connu dans sa communauté comme intellectuel et militant – n’avait pas vraiment le profil typique d’un attaquant.

    « Salutations du nationalisme arabe, de la patrie et de la libération, » dit la lettre partagée sur les réseaux sociaux par sa famille. « Si vous lisez ces mots, cela signifie que je suis mort et que mon âme est montée à son créateur. Je prie Dieu de le rencontrer avec un cœur sans culpabilité, volontairement, sans réticence et sans le moindre soupçon d’hypocrisie. »

    Al-Araj continue en réfléchissant sur la difficulté d’écrire un testament, comme beaucoup d’autres Palestiniens qui ont été tués par les forces israéliennes.

    « Qu’il est dur d’écrire son propre désir. Pendant des années j’ai lu des testaments écrits par des martyrs, et ces volontés m’ont toujours déconcerté. Ils étaient courts, rapides, sans grande éloquence. Ils n’étanchaient pas notre soif de trouver des réponses sur le fait d’être martyr, » écrit-il.

    « Maintenant que je marche vers ma mort fatale, je suis satisfait d’avoir trouvé mes réponses. Que je suis stupide ! Y-a-t-il quelque chose de plus éloquent et de plus clair que la volonté d’un martyr ? J’aurais dû écrire cela il y a plusieurs mois, mais ce qui m’a retenu, c’est que cette question est pour vous, les gens vivants, alors pourquoi devrais-je répondre à votre place ? Cherchez les réponses vous-mêmes, et pour nous, les habitants des tombes, tout ce que nous cherchons c’est la miséricorde de Dieu. » (...)

    https://seenthis.net/messages/575658

    • Israel continues to hold body of slain Palestinian activist Basel al-Araj
      March 10, 2017 3:49 P.M. (Updated: March 10, 2017 3:49 P.M.)
      http://www.maannews.com/Content.aspx?id=775882

      BETHLEHEM (Ma’an) — Israeli authorities postponed on Friday returning the body of slain Palestinian activist Basel al-Araj until further notice, the Palestine Red Crescent Society (PRCS) said in statement.

      According to the statement, Israel had announced on Thursday to return al-Araj’s body at a checkpoint near his home town of al-Walaja, near Bethlehem in the southern occupied West Bank Friday afternoon.

      Al-Araj, 31, was killed by Israeli forces Monday in a two-hour shootout at a home in the outskirts of the Qaddura refugee camp, where al-Araj was staying.

      The activist had been on the run from Israeli authorities since September, when he was released from Palestinian prison after being detained without charges or explanation for five months, during which he joined a hunger strike amid reports of torture and mistreatment.

      Israeli police had accused al-Araj of being the “head of a terrorist cell that planned attacks against Israelis and security forces.”

      Al-Araj’s killing has sparked outrage as some Palestinians have raised questions about the Israeli police narrative that it would have been difficult for al-Araj to return fire for two hours, noting that the house was completely riddled with Israeli bullets, and have highlighted that the man — well known in his community as an intellectual and an activist — did not fit the typical profile of an attacker.(...)

    • Weekly Report On Israeli Human Rights Violations in the Occupied Palestinian Territory (02 – 08 March 2017)
      http://pchrgaza.org/en/?p=8889

      Monday, 06 March 2017
      In the dawn hours, Israeli forces killed Basel Mahmoud Ibrahim al-A’raj (33), who is from al-Walajah village, west of Bethlehem, but lived in al-Shurafah neighbourhood in al-Birah. The Israeli media claimed that al-A’raj opened fire at the Israeli soldiers, who raided his house, so they shot him dead and took his body to an unknown destination. According to PCHR’s investigation and eyewitnesses, at approximately 01:30 on the same day, the Israeli forces accompanied with several military vehicles moved into al-Birah and stationed on al-Ma’aref Street in al-Shurafah neighbourhood. The soldiers used a police dog and raided and searched a house belonging to Ahmed Hamdi Bastami after breaking the main door of the house, which was adjacent to Basel al-A’raj’s house. The soldiers stayed in Bastami’s house for about 10 minutes and then moved directly to Basel’s house. They broke the main door amidst shooting at him. Eyewitnesses said to PCHR’s fieldworker that they heard a sound of 3 to 4 salvos. Few minutes later, they heard a loud explosion and thought it was a sound of a shell from a shoulder-fired weapon inside the house. In the meantime, a number of young men gathered and threw stones and empty bottles at the Israeli soldiers, who immediately fired live bullets at the young men in response. As a result, 2 civilians were hit with bullets to the lower limbs. Later, the Israeli forces withdrew and took al-A’raj’s body to an unknown destination. It should be noted that al-A’raj was pursued by the Israeli forces after he disappeared along with a number of his friends in the end of last March for several weeks. Basel was then accused of preparing to carry out an attack against the Israeli forces.


  • Les leçons de républicanisme de Thomas Paine (1802‑1807)
    http://ahrf.revues.org/11937

    Thomas Paine était un révolutionnaire internationaliste de la fin du XVIIIeme siècle. Député en France, activiste en Angleterre, il fut surtout un des principaux artisans de la révolution américaine. Un auteur à redécouvrir.

    Les textes de Paine des dernières années s’inscrivent dans ce que les républicains appellent alors la « révolution de 1800 ». En effet, la défaite des Fédéralistes et l’élection de Jefferson inaugurent une nouvelle période de l’histoire des États-Unis. Le projet fédéraliste et hamiltonien de construction d’une puissance sur le modèle anglais est battu, c’est désormais celui d’un développement de l’Amérique vers l’intérieur qui s’impose. Par ailleurs, la « révolution de 1800 » n’est pas un simple changement de parti au pouvoir mais un tournant démocratique. La victoire républicaine affaiblit l’élitisme et encourage une pratique politique élargi

    Comme l’ont montré les historiens, l’une des causes de la défaite des fédéralistes est que leur conception de la High Politics excluant le peuple des débats pour la resserrer parmi l’élite sociale était contradictoire avec l’existence d’une presse à vocation populaire. Il est évident qu’en entrant dans le jeu du débat public large, y compris pour tenter de discréditer les Républicains, les Fédéralistes ouvraient sans le vouloir le champ démocratique. Paine en a conscience et il y voit une des raisons de la perfectibilité du régime républicain qui oblige même ses ennemis à se placer sur le terrain de l’extension de la publicité des principes.

    Dès Common Sense et Rights of Man, Paine avait affirmé qu’une des raisons de la supériorité du régime représentatif et républicain démocratique sur tous les autres était qu’il était le seul à pouvoir s’autoréformer sans révolution, ni troubles par le jeu de l’expression de la souveraineté de tout le peuple. La République n’est pas un régime dans lequel le peuple ne peut pas se tromper ou être trompé, mais il est le seul dans lequel le peuple lui-même peut revenir sur ses erreurs et se perfectionner39. Cette « perfectibilité » des républiques est, selon Paine, la cause principale de l’échec fédéraliste. Mais, pour lui, la Révolution de 1800 n’est pas la fin du processus d’autoréforme. La République doit être refondée en permanence par la vigilance des citoyens et par l’exercice sans entraves de leurs droits. D’où la nécessité de réformer les constitutions d’État qui contenaient encore des limites au suffrage ou des dispositions favorisant les aristocraties « naturelles ». C’est le sens de son engagement auprès des réformateurs de Pennsylvanie au printemps de 1805, ou de ses propositions adressées à ceux du Connecticut l’année précédente et de ceux de l’État de New York en 1806.

    Et des questions d’actualité :

    La question des mécanismes de correction démocratique continue d’occuper Paine jusque dans ses derniers écrits et on le voit encore en 1807, alors que sa santé s’est dégradée, écrire au sénateur Mitchell de New York pour lui soumettre un amendement autorisant la destitution d’un juge de la Cour suprême par le Président sur la réquisition de la majorité des deux chambres afin d’éviter un pouvoir excessif et sans censure populaire du pouvoir judiciaire suprême

    Contre les Fédéralistes qui lui font un crime d’avoir attaqué la figure de Washington dans sa fameuse lettre au président décédé56, il rappelle que ce n’est pas le combattant de la Révolution qu’il a attaqué, mais le président otage de la « faction » et tellement imbu de sa fonction qu’il a fait dériver la pratique exécutive dans un sens « monarchique ». Contre l’espèce de « culte de la personnalité » que les Fédéralistes ont essayé de faire jouer en « récupérant » la figure de Washington à leur profit, Paine rappelle que les généraux, comme les écrivains patriotes, et comme les simples miliciens, ont joué des rôles d’importance égale dans la Révolution qui n’est pas le fruit de l’action des grands hommes et des élites, mais celui de la conjonction de l’esprit républicain et du peuple

    Les birthers ne sont pas seulement d’aujourd’hui

    De même, l’affaire provoquée par le refus d’un certain Ward, fédéraliste à New Rochelle, de permettre à Paine de voter à la fin de 1806 sous le prétexte qu’il était anglais et non-américain, n’est-elle pas pour Paine une question personnelle, mais une question de principe qui met en cause la mémoire révolutionnaire. C’est ce qu’il écrit dans ses dernières lettres à Madison et Clinton en mai 180765. Lui refuser le droit de vote n’était pas seulement une vengeance des Fédéralistes contre un de leurs ennemis, c’était aussi une manière de « déradicaliser » la Révolution et de faire disparaître sa dimension universelle en niant la participation de l’homme qui symbolisait plus que tout autre les trois Révolutions d’Amérique, d’Angleterre et de France.

    #histoire #Etats-Unis #Thomas_Paine


  • Vallée de la Roya
    Des brèches dans la forteresse

    par Emilien Bernard, illustré par Tomagnetik
    paru dans le CQFD n°151 (février 2017)
    http://cqfd-journal.org/Des-breches-dans-la-forteresse

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-129.jpg

    Un lundi soir de décembre, sortie de Vintimille, dans ce hideux no man’s land saturé de béton qui tient lieu de zone transfrontalière. Quelques ombres chargées de sacs plastiques cheminent en bord de route, direction la France. Au péage, avant que la barrière ne s’ouvre, une berline sombre déboule en sens inverse, bloquant la Renault Espace défraîchie qui nous tient lieu de carrosse. Crissement de pneus. Quatre patibulaires descendent, en civil – trois hommes et une femme. « Le coffre, ouvrez le coffre », exigent-ils, en italien. Chose faite, ils fouillent rapidement sous les couvertures et repartent illico prendre position à deux pas. En embuscade.

    Un peu plus loin, après quelques glauques tunnels, rebelote. Des Français, cette fois. Ceux-là sont en uniforme et dotés de mitraillettes. Pour le reste, même topo : ouverture du coffre, fouille rapide, pouvez circuler. Rapide et lapidaire. La seule chose qui les intéresse ? Les migrants susceptibles d’être planqués dans le coffre. Roulerait-on en Lamborghini volée à plaque d’immatriculation « Mort aux condés » et sous l’emprise de puissants psychotropes qu’ils ne broncheraient pas.

    Par le train, emprunté quelques semaines plus tard, c’est globalement le même topo : surveillance maximum. En gare de Vintimille, les uniformes sont présents en masse. Il y a des militaires, des carabinieri, des douaniers, des civils louches, etc. C’est l’après-midi, et des petits groupes de migrants surveillent les abords, en quête d’une opportunité. « Il y a beaucoup de surveillance, mais si on est patients on trouve toujours, explique l’un d’eux. Le plus dur commence dans le train . »

    #Migration #Vintimille #Roya #No_Border #CQFD


  • Sahara occidental : le roi du Maroc fait appel au secrétaire général de l’ONU - RFI
    http://www.rfi.fr/afrique/20170225-maroc-mohamed-vi-sahara-occidental-guterres-union-africaine-front-polis
    http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/dynimagecache/0/0/3117/1761/1024/578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2017-01-31t140442z_1627171160_rc19fb807300_rtrmadp_3_africa-summit_0.jpg

    Le roi du Maroc Mohamed VI s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire général de l’ONU. Le souverain chérifien a fait part à Antonio Guterres de son inquiétude quant aux mouvements de troupes de membres du Front Polisario dans un « no man’s land » situé aux confins de la Mauritanie et du Sahara occidental.

    Il s’agit, selon les mots du palais royal marocain, d’actes destinés à « semer la zizanie » dans la région dans le contexte du retour du Maroc au sein de l’Union africaine. Selon une source marocaine contactée par RFI, la présence armée du Front Polisario dans la zone de Guergarate, au sud du Sahara occidental, remonte au mois de décembre.

    #sahara_occidental #polisario #maroc


  • Le moment de vérité

    http://petrole.blog.lemonde.fr/2017/01/03/le-moment-de-verite-22/#more-12622

    L’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans le langage toujours policé de son dernier rapport annuel, publié en novembre, met plus ouvertement que jamais les points sur les « I ». Voici quelques-uns des points d’alerte les plus significatifs :

    http://petrole.blog.lemonde.fr/files/2017/01/Capture2-300x230.jpg

    – plus de 50 % des champs pétroliers mondiaux ont franchi leur pic de production, et déclineront à l’avenir ;

    – les investissements dans le développement de la production d’hydrocarbures devraient tomber à 450 milliards de dollars en 2016, contre un montant record de plus de 700 milliards avant la chute des cours ;

    – les découvertes annuelles sont au plus bas niveau depuis 70 ans ;

    – en 2025, il devrait manquer environ 16 Mb/j, l’équivalent de la production de l’Arabie Saoudite et de l’Iran, pour combler l’écart entre le niveau de production attendu et le déclin de la production actuelle (94,5 Mb/j en 2015) ou en cours de développement ;

    – cet écart peut être comblé par des ressources nouvelles, à condition que les investissements remontent rapidement à plus de 700 milliards de dollars, leur niveau record d’avant la chute des cours (hypothèse du « New Policies Scenario », voir ci-dessous) ;

    – « plus les investissements restent bas, plus une contrainte sur les approvisionnements [futurs] devient probable » ;

    – le potentiel futur du pétrole de schiste américain, tributaire de l’évolution du prix du brut, reste très incertain, et 90 % de ses opérateurs avaient un cash flow négatif même lorsque les cours du brut étaient au plus haut.

    Plus alarmiste, la banque HSBC (qui avait déjà montré son inquiétude à l’égard du pic pétrolier), souligne les faits suivants dans un rapport paru en septembre intitulé « Le déclin des champs matures conduira-t-il à la prochaine crise pétrolière ? » :

    – au moins 64 % de la production mondiale est en déclin ;

    – d’ici à 2040, il faudra développer plus de 40 Mb/j de ressources nouvelles (soit près de la moitié de la production mondiale, ou l’équivalent de quatre Arabie saoudite) ne serait-ce que pour maintenir ladite production à son niveau actuel ;

    – les petits champs pétroliers entrent en déclin généralement 2 fois plus vite que les grands, or la production mondiale de brut dépend de plus en plus de petits champs ;

    – « les importantes améliorations dans la production et l’efficacité des forages intervenues en réponse à la chute des cours ont masqué les taux de déclin sous-jacents que connaissent bon nombre de compagnies, mais le degré auquel ces améliorations peut se poursuivre devient beaucoup plus limité ».

    Il faut que les cours du baril remontent, et vite, afin de relancer les investissements, sinon le pic pétrolier risque fort d’être pour tout de suite, préviennent en somme l’AIE et HSBC.


  • Chauffeurs Uber : au volant avec les prolétaires 2.0, « entrepreneurs » pour 3,5 euros de l’heure
    http://www.bastamag.net/Chauffeurs-Uber-quand-les-proletaires-2-0-sont-au-volant

    Ils travaillent plus de 60 heures par semaine et gagnent moins que le Smic. Ce sont les chauffeurs VTC. Ils seraient autour de 20 000 en France. L’arrivée de la plateforme numérique Uber a suscité espoirs et vocations pour de nombreux exclus du marché du travail. Et la marque a tout fait pour attirer de nouveaux « partenaires ». Derrière les promesses d’autonomie et d’activités rémunératrices, beaucoup découvrent la précarité, le salariat déguisé sans protection sociale, l’endettement et, au final, une (...)

    #Résister

    / A la une, #Transformer_le_travail, #Conditions_de_travail, Emploi , #Ma_vie_au_travail, #Classes_populaires, Protections (...)

    #Emploi_ #Protections_sociales

    • Excellent article !

      Le lundi 16 janvier 2017, les Amis du Monde Diplomatique de Lille organisaient une conférence débat à Villeneuve d’Ascq : « Uber, Airbnb, Blablacar... : l’économie de l’avenir ? » avec la participation de Stéphane Sirot et Matthieu Lietaert.

      Pour l’écouter : http://www.campuslille.com/index.php/entry/uber-airbnb-blablacar-l-economie-de-l-avenir-stephane-sirot-matthieu-li

      Quoi de commun entre Uber, Airbnb, Blablacar ou Drivy ?
      Ces plateformes sont les fleurons de ce qu’on appelle l’« économie du partage » ou « collaborative ».

      Ces pratiques économiques en vogue ont été rendues possibles par les nouvelles technologies : Internet et les réseaux sociaux. Est-ce qu’elles ne représentent pas l’avenir à la fois souhaitable et inévitable, de telle façon qu’il faudrait simplement les réguler ? D’ailleurs, est-ce qu’elles ne vont pas dans le sens de l’intérêt des consommateurs : souplesse, réactivité, « convivialité », et même caractère écologique ? Pourtant, des problèmes importants se posent, de deux types, au moins : d’abord, quelles sont les conditions de travail et les droits de ceux qui travaillent, sans statut, pour certaines plateformes ? Il semble qu’elles font plutôt penser au passé qu’à l’avenir...
      Ensuite, une société fonctionne aussi grâce aux impôts qui permettent l’existence de services publics, qui eux-mêmes rendent possible l’activité économique. Or, qu’en est-il de ces nouvelles formes d’activité économique au regard de l’impôt ? Bref, avant de se précipiter vers tout ce qui est « moderne », « nouveau », « numérique », il faut sans doute réfléchir, examiner, faire le tri pour voir quel est le meilleur parti que l’on peut tirer des progrès techniques, des opportunités qu’ils offrent, et éviter les régressions qu’ils peuvent favoriser.

      STÉPHANE SIROT, historien français, enseignant l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy-Pontoise et l’histoire et la sociologie du syndicalisme et des relations sociales à l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Nantes

      et
      
MATTHIEU LIETAERT, docteur en sciences politiques, coréalisateur du film The Brussels Business, co-fondateur de l’habitat groupé L’Echappée et co-fondateur du supermarché participatif BEES Coop, auteur de Homo Coopérans 2.0 – Changeons de cap vers l’économie collaborative.

      + Les débats des Amis du Monde Diplomatique, c’est gratuit et c’est du sérieux, on en a de la chance à Villeneuve d’Ascq.

      PREUVE A propos d’Uber, le débat auquel vous avez échappé :

      Les débats de l’ULB, avec cultures d’europe - l’ubérisation du monde va-t-elle bouleverser nos vies ?
      
C’était le 23 février 2017 à 20h au Campus du Solbosch, bâtiment K, amphithéâtre Henri La Fontaine.
      
Avec Luc Ferry, essayiste et philosophe, ancien ministre de l’Éducation nationale français.
      "Cette "infrastructure du monde" qu’est le Web a permis l’apparition d’une économie dite "collaborative", celles que symbolisent des applications comme Uber, Airbnb ou BlaBlaCar. Selon l’idéologue Jeremy Rifkin, elles annoncent la fin du capitalisme au profit d’un monde de gratuité et de souci de l’autre.
      N’est-ce pas, tout à l’inverse, vers un hyper-libéralisme, vénal et dérégulateur, que nous nous dirigeons ? Certaines perspectives ouvertes par les innovations techno-scientifiques sont enthousiasmantes, d’autres effrayantes." (L. Ferry).
      Il est urgent de débattre de ces questions qui engagent l’avenir de nos sociétés démocratiques.
      
Le débat sera animé par Guy Haarscher, philosophe et professeur émérite de l’ULB.

      Prix d’entrée : Extérieurs : 10 EUR - Membres ULB, UAE, CEPULB, Extension ULB, Seniors, Demandeurs d’emploi (sur présentation de la carte) : 5 EUR - Étudiant·e·s (sur présentation de la carte) : GRATUIT - Les tickets d’entrée sont disponibles le soir même de l’événement
Source : http://www.ulb.ac.be/debats
      _ Luc Ferry ? Sur le travail ? Ouaf ! _

    • https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-02-28/in-video-uber-ceo-argues-with-driver-over-falling-fares

      “I don’t know if you remember me, but it’s fine,” Kamel says. The pair begin talking shop, and Kalanick explains that they’re going to cut down on the number of black cars, which will reduce competition and should be good for Kamel.

      Then Kamel says what every driver has been dying to tell Kalanick: “You’re raising the standards, and you’re dropping the prices.”

      Kalanick: “We’re not dropping the prices on black.”

      Kamel: “But in general the whole price is—”

      Kalanick: “We have to; we have competitors; otherwise, we’d go out of business.”

      Kamel: “Competitors? Man, you had the business model in your hands. You could have the prices you want, but you choose to buy everybody a ride.”

      Kalanick: “No, no no. You misunderstand me. We started high-end. We didn’t go low-end because we wanted to. We went low-end because we had to because we’d be out of business.”

      Kamel: “What? Lyft? It’s a piece of cake right there.”

      Kalanick: “It seems like a piece of cake because I’ve beaten them. But if I didn’t do the things I did, we would have been beaten, I promise.”

      The two bat that idea around, and Kamel brings the conversation back to his losses.

      Kamel: “But people are not trusting you anymore. … I lost $97,000 because of you. I’m bankrupt because of you. Yes, yes, yes. You keep changing every day. You keep changing every day.”

      Kalanick: “Hold on a second, what have I changed about Black? What have I changed?”

      Kamel: “You changed the whole business. You dropped the prices.”

      Kalanick: “On black?”

      Kamel: “Yes, you did.”

      Kalanick begins to lose his temper. “Bullshit,” he says.

      Kamel: “We started with $20.”

      Kalanick: “Bullshit.”

      Kamel: “We started with $20. How much is the mile now, $2.75?”

      Kalanick: “You know what?”

      Kamel: “What?”

      Kalanick: “Some people don’t like to take responsibility for their own shit. They blame everything in their life on somebody else. Good luck!”

      Kamel: “Good luck to you, but I know [you’re not] going to go far.”

      The door slams. Kamel drives away. Later, the Uber driver app prompts him to rate Kalanick, as he does all his riders. Kamel gives him one star.


  • Le gouvernement polonais s’attaque à un trésor de la nature, la forêt de Bialowieza
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-polonais-s-attaque-a-un-tresor-de-la-nature-la-foret-de
    https://reporterre.net/IMG/arton11604.jpg

    La #forêt de #Bialowieza, en #Pologne, abrite une extraordinaire biodiversité et la plus importante population de bisons d’Europe. Elle est aujourd’hui menacée par un vaste programme de coupe d’arbres décidé par le nouveau gouvernement ultraconservateur. Un plan qui traduit une vision très interventionniste et datée de la gestion forestière.

    on en parlait déjà
    https://seenthis.net/messages/493374


  • Un nouveau départ
    http://www.radiopanik.org/emissions/l-oeil-carnivore/un-nouveau-depart

    Premier épisode de la nouvelle formule de l’oeil Carnivore ! Nous vous proposons d’abord une petite sélection de nos pérégrination sur le net puis on vous parle de la nouvelle console #Nintendo, des #séries

    Cet épisode a été enregistré le 21 janvier 2017. Vous pouvez retrouver ce podcast sur Itunes, télécharger le mp3 ou encore vous abonner au flux RSS. Il a été produit dans les studio de Radio Panik et en partenariat avec Badgeek.fr et vous pouvez le retrouver aussi sur Podcloud.

    Les différentes vidéos à découvrir (ou a redécouvrir) :

    Les chaines des makers “Jimmy Diresta” et “I like to make stuff” La chaine “AWE me” → en particulier “Man at arms – Reforged” Pour ceux qui aime le “theory crafting” et le “breakdown” de séries, de films et de trailers (principalement de sf, fantasy, comics, marvel, etc.), (...)

    #Ramène_ta_science #Dirk_Gently #WestWorld #Broadchurch #lois_de_la_robotique #theory_crafting #Mario #intelligence_artificielle
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/l-oeil-carnivore/un-nouveau-depart_03260__1.mp3



  • Non, #Johannesburg n’est pas un no man’s land !

    On y vit même très bien ! Une ville peu attirante au premier regard, il est vrai… Pas de rivière, pas de fleuve et pas de bord de mer. Mais un exceptionnel skyline (horizon), des quartiers extrêmement vivants, des artistes hors norme, des grands parcs et une population d’une gentillesse absolue. Il faut juste se donner la peine d’aller explorer les recoins de The City of Gold.

    http://blog.courrierinternational.com/le-oui-non-sud-africain/wp-content/uploads/sites/11/2017/02/20170121_114130-01_resized-1320x305.jpeg
    http://blog.courrierinternational.com/le-oui-non-sud-africain/2017/02/01/non-johannesburg-nest-pas-un-no-mans-land
    #Afrique_du_Sud


  • ✨Implementing “Save For Offline” with Service Workers | Una Kravets Online✨
    http://una.im/save-offline

    I just moved to New York City and started commuting to work on the subway. On said subway ride, despite its many glorious people watching moments, most commuters are just on their phones, reading articles or trying to browse the web. The subway is also famous for not having reliable cell service, so many of those people trying to read articles on their phone are struggling with cache and unexpected reloads if they click the wrong button. The offline web experience we’re providing users is something we all need to start thinking about. Luckily, we have the tools to do so.

    Great intro to a topic that still confuses a fair number of people.

    • le code est à peu près clair, mais j’avoue que je ne comprends pas bien l’intérêt de l’UX proposée par cet exemple

    • Oui mais j’en sais rien moi de ce que je vais vouloir lire :-) C’est très bien de faire « enregistrer pour lire plus tard » mais ça me semble être une fonctionnalité de browser, pas de site.

      Ce que j’attends d’un site (ou d’un journal ou d’un restau), c’est qu’il fasse un choix, choix éditorial ou culinaire : qu’il me fasse une proposition qui tienne la route. Bien sûr si j’ai ouvert un article je veux pouvoir éventuellement le lire plus tard, mais peut-être cet article est-il lié à un autre article que je voudrai lire aussi… comment le saurais-je si je ne l’ai pas lu ?

      Certains sites proposent des « carnets persos » où on peut mettre une étoile sur certains contenus (les recettes de @cuisinelibre par exemple), et là ce serait pas idiot de stocker en offline ces éléments (ou au moins la centaine la plus récemment parcourue).

      Mais il faut de toutes façons une sélection éditoriale fraîche et « opinionée ». En termes d’UI ce serait invisible (sauf l’étoile, le cas échéant), et en termes d’UX ce serait supérieur.

    • Je pense que ça dépend beaucoup du contexte, du volume de données dont on parle, etc. Je me penche sur le sujet pour des articles scientifiques, histoire d’en finir avec le PDF (un jour). Dans certains cas, il s’agit de plusieurs MB de données, je ne veux pas mettre ça sur ton disque sans que tu ne me l’aies demandé, même si je pense que ça t’intéressera tout à l’heure dans le métro.

      En contraste, si on parle des quelques lignes d’une recette de cuisine, ce n’est pas la même situation.

      Idéalement, je suis d’accord avec toi : les browsers devraient faire ce genre de chose. En pratique, l’interface est généralement pourrie et ils font un peu tout comme s’ils n’avaient jamais vu un utilisateur. Firefox a la fonctionalité que tu décris, mais elle ne marche que sur certains sites, elle est indissociable d’une feuille de style différente de l’originale, et son implémentation sur mobile est simplement catastrophique. Chrome Android perd des tabs aléatoirement, je ne lui ferais pas confiance pour ça... Bref, il faut le faire soi-même et pour certains cas j’aime bien l’idée du bouton « Save tu read offline » :)


  • Ben quand même, John Hurt…

    Évidemment je n’ai pas vu Elephant Man à sa sortie (j’avais 10 ans en 1980), mais c’est un des films qui m’a marqué quelques années plus tard (comme tout le monde, tu me diras). Un film que je n’ai pas revu depuis que j’étais un jeune ado. (Comme Eraser Head, d’ailleurs, qui me laisse encore plus d’images bizarres au fin fond du cerveau.)

    Il se trouve que j’ai revu Alien très récemment : 1979, j’avais 9 ans, ce n’est évidemment pas un film que j’ai découvert au cinéma. J’ai trouvé que le film a très bien vieilli (alors que ses suites, hé ben pas du tout, j’ai ricané pendant la moitié de Aliens par exemple), et notamment parce que ses acteurs sont tous excellents (et la technologie pourrie-rouillée a plutôt mieux vieilli que les écrans cathodiques des années 80).

    1984, il me reste le souvenir d’une esthétique glaçante et de prestations d’acteurices émouvantes. Je me demande si le film n’a pas été éclipsé par Brazil sorti l’année suivante, c’est injuste, je n’ai jamais trop aimé Brazil (et comme on m’a toujours fait comprendre que c’était honteux de ne pas aimer Brazil ou L’Armée des 12 singes, hé ben merde).

    • Il est par ailleurs sublime en très vieux vampire dans Only lovers left alive de Jim Jarmusch.

      @arno tu as bien de la chance de n’avoir pas vu Alien à sa sortie en salle, c’est l’une des expériences cinématographiques les plus traumatiques qui m’ait été donnée de vivre, pendant six mois j’ai eu bien du mal à m’endormir sans avoir vérifié absolument partout dans ma chambre si des fois... Et il m’arrive encore d’y penser le soir avant de dormir.

      Fait amusant il y a quelques temps je l’ai trouvé en DVD pour une bouchée de pain, je l’ai acheté et mis de côté avec dans l’idée de voir si, comme tu le dis fort bien, il a bien ou mal vieilli (je suis d’accord avec toi il a très très bien vieilli et je suis d’accord avec toi pour les très bons acteurs, il y a notamment Harry Dean Stanton dedans que je trouve comme toujours très émouvant) et un soir j’ai surpris mes enfants qui le regardaient, il était un peu tard pour intervenir, j’ai regardé la fin avec eux et quand je leur ai demandé si cela ne leur faisait pas trop peur, ils m’ont regardé étrangement. Et n’ont jamais voulu croire à mes explications à propos du jour où je l’ai vu à l’âge de 14 ans et que cela m’a foutu les miquettes bien grave.

    • Ah oui, Alien, ça faisait très peur (on ne rigole pas), et les américains se sont ainsi retrouvé avec un ennemi intérieur après l’ennemi extérieur, le Vietnam, Apocalypse Now (1979, aussi) …

      Un film culte que j’ai vu très tard, ça a été orange mécanique, minotte j’avais raté la séance avec les potes, je l’ai vu 20 ans plus tard et j’ai été saisie d’un malaise horrible.

      Je n’avais pas les sous pour aller voir 3 fois un film, mais on pouvait rester aux séances suivantes pour le revoir. La Beta (la version française des bandes magnétiques vidéo bien meilleure que la VHS) débutait à peine. Impossible de faire arrêt/avance sur image ou revoir juste une scène, fallait exercer sa mémoire ! Quand je revois des films, je me rends compte qu’il y a des pans entiers totalement occultés, d’autres que j’attends avec impatience et qui n’ont jamais existé, c’est marrant ce film qu’on se fabrique soi-même.


  • Pourquoi voter PS, c’est voter FN
    https://paris-luttes.info/pourquoi-voter-ps-c-est-voter-fn-7417

    Le #PS, c’est avant tout l’ #état_d’urgence, les kilomètres de #promesses_électorales qui finissent dans le mur de la "#réalité" (mais laquelle ?), le #CICE, la #loi_Rebsamen, la #loi_Macron et ses autocars en faillite, la loi "travaille !", les milliards au "patronat (qui se porte encore mieux qu’avant son arrivée au pouvoir), la journée de 12h de #travail, l’explosion de la #précarité et du #chômage, le gel des #retraites, la baisse du fond alloué à l’insertion des personnes atteintes de #handicap, les #apprentiEs "gratuits", la hausse de la #TVA, le dit #Macron ministre, môsieur 5% premier ministre suivi par l’inénarrable #Gazeneuve (après leur passage obligé à l’intérieur), le memorandum grec, le harcèlement policier des réfugiéEs, le déni de #solidarité et l’ #emprisonnement/ #expulsion de milliers de mineurEs et de familles, les ventes de #rafales à l’étranger, 5 #guerres et les tonnes de #bombes (françaises) qui vont avec, la perpétuation du pillage, le record de personnes #incarcéréEs et donc la pérennisation de la #surpopulation_carcérale, la criminalisation de l’action syndicale, les milliers d’#arrestations / #mutilations/ #condamnations/ #perquisitions/ #assignations_à_résidence de militantEs/syndicalistEs/manifestantEs et la protection de tous les réacs qui peuplent ce pays de képis (il a bon dos #charlie !), la loi "renseignement", la #surveillance_de_masse et le #fichage de tous, la #militarisation accélérée de l’institution policière et sa quasi-autonomie (sous le joug de l’« #anti-terrorisme »), les #meurtres et les #humiliations au faciès puis, parachèvement, l’extension de la #légitime_défense offerte en catimini à tous les #flics avant de quitter les ministères.

    Pour finir, le PS, c’est la destruction accélérée de l’ #hôpital, de l’ #école, de l’ #université, le #barrage_du_Testet, le #TAV et l’ #opération_César, sans oublier #Bure, #Fessenheim et la mascarade de la #COP21.

    Le PS en 2012, c’était les #mairies, les #régions, l’ #assemblée_nationale, le #sénat et donc la #présidence. Par des gens qui cumulent des milliers d’€ d’indemnités d’élus par mois, assortis des quelques scandales d’ #abus_de_biens_sociaux ou de blanchissement de #fraude_fiscale qui vont avec.

    Le PS, c’est la parole #raciste et #sexiste de moins en moins complexée au fil des ans de la part de ses divers représentants en mal de réélection.

    Le PS, c’est Amine, Adama, Rémi et tous les autres dont les #assassins ne seront jamais jugés, condamnés, inquiétés.

    Je pense que #voter, en soi, est illusoire. Peu importe.

    #Voter_PS, c’est #voter_FN, quel que soit le petit parvenu de merde servant d’alibi à votre culpabilité aujourd’hui.

    Je mens ? La liste est encore longue :

    #Bilan_du_PS https://www.bilan-ps.fr/IMG/pdf/liste-2.pdf

    https://www.bilan-ps.fr

    PS (partout) : « Quant aux rôdeurs fascisants, passez votre chemin : vous ne trouverez rien ni personne à récupérer ici. Retournez dans les vastes cimetières du vingtième siècle. Vos rêves sont nos cauchemars. »

    #loi_travaille #violences_policières #loi_renseignement #Extrême_droite #parti_socialiste #front_national #Marine_Le_Pen #FN #François_Hollande #Manuel_Valls #Benoît_Hamon #Emmanuel_Macron #Bernard_Cazeneuve

    • A force de justifier leur appétit de pouvoir et leur zèle à le servir en surjouant la nécessité d’écarter le parti fondé par un antipathique avec un bandeau sur l’oeil, et entre autre ignominie à leur actif, ces braves gens en sont venus à faire reposer le cœur de la répression policière sur l’éborgnage.

      (Je tiens pour ma part les élections démocratiques pour une arme dirigée avant tout contre chacun-e d’entre nous. Si on tient vraiment à se taper dessus soi-même, il existe d’autres moyens que le vote : rien n’interdit de le faire de son propre chef plutôt que sur incitation, au moment de son choix plutôt qu’en troupeau selon le calendrier de l’Etat ; et sans infliger de citoyennistes dommages collatéraux à ses voisin-e-s qui n’ont rien demandé.)

      A ce propos, répondant aux sempiternels appels à voter pour "faire barrage au FN", cette excellente expression relevée dans la contribution d’une des intervenantes (hélas, je ne me rappelle plus laquelle) lors du meeting « #Islamophobie_et_xénophobie_à_l_heure_de_la_présidentielle »
      du 18 décembre 2016, :

      "Nous ne sommes pas des castors !"

      https://www.youtube.com/watch?v=c2a2axq1u4k


      (il y a beaucoup d’autres vidéos, chacune reprend une intervention)

    • Et cet article de #Rafik_Chekkat, #Etat_d_exception :
      http://www.etatdexception.net/benoit-hamon-lislamophobie-et-lhypocrisie-socialiste

      Benoit Hamon, l’islamophobie et l’hypocrisie socialiste

      Il existe toutes les raisons du monde de se réjouir de la défaite annoncée de Manuel Valls au second tour des « Primaires socialistes ». Son bilan, qui est celui du quinquennat Hollande, est affligeant.

      Tout aussi affligeant nous parait être l’engouement suscité ces derniers jours par Benoit Hamon, spécialement au sein des communautés musulmanes, des racisé-es et des milieux « antiracistes », comme en témoigne notamment l’interview tout en complaisance du Bondy Blog réalisée entre les deux tours de la primaire.

      Hamon a beau être membre depuis 30 ans d’un parti à la pointe de l’islamophobie et du soutien à la politique coloniale israélienne, il aura suffi de quelques déclarations de sa part, d’un marketing judicieux et d’aberrants soupçons de collusion avec l’ « islam radical » dirigés contre lui, pour présenter l’ex-porte-parole du PS comme une alternative crédible à la politique raciste et va-t-en-guerre menée jusque-là par la majorité socialiste.

      [...]

      Plus de trois décennies de désillusions socialistes et de fronts républicains contre l’extrême-droite nous enseignent pourtant que le « moins pire » des candidats a toujours été le plus court chemin vers le pire des résultats.

      [...]

      A certains égards, Hamon est pire que Valls. Avec ce dernier on savait au moins à quoi s’en tenir et où on en était avec lui. Il n’y avait aucune ambiguïté. Hamon la cultive en permanence.

      Les dons d’acteur hors du commun d’Obama lui avaient permis de donner une touche « swag » à un impérialisme US en crise de légitimité sévère après la décennie Bush (ce que l’universitaire états-unienne Deepa Kumar appelle « liberal imperialism »).

      A une échelle évidemment moindre, B. Hamon sera celui qui permettra de redonner une touche jeune, populaire et sympathique à un socialisme français qui n’a jamais été synonyme pour nous de progrès et d’émancipation. Bien au contraire.

      Plus de trois décennies de désillusions socialistes et de fronts républicains contre l’extrême-droite nous ont appris que rien de neuf ni de bon ne viendra jamais du PS ou des élections.

      En disant cela, il ne s’agit pas d’être radical, mais simplement cohérent.

      Et rien que ça, ce serait révolutionnaire.

      #Boycott2017

    • Jean-Pierre Garnier et Louis Janover, La deuxième droite (1986, première édition Robert Laffont ), Marseille, Agone, 2013.

      Le bilan de liquidation du #socialisme par ceux-là mêmes qui s’en réclamaient est globalement positif : restauration du taux de profit, réhabilitation de l’entreprise, épousailles de la « France qui pense » et de la « France qui gagne »... de l’argent, fin du divorce #Nation-Police-Armée, neutralisation des syndicats, marginalisation du PC, vassalisation de l’intelligentsia, consensus autour du nucléaire, consolidation de la présence française en Afrique… Est-ce à dire que tout clivage, toute opposition politique a disparu dans ce pays ? Aucunement. La ligne de partage passe désormais entre deux types de conservatisme, l’un obtus, l’autre éclairé, l’un frileux, l’autre fringant, l’un tourné vers le passé, l’autre ouvert vers l’avenir.
      Bref : l’un réactionnaire, l’autre progressiste. Le jeu politique met désormais aux prises deux droites. La première, traditionnelle, cherche à tout garder au risque de tout perdre. L’autre, moderniste, fait en sorte que tout bouge pour que rien ne change.

      http://agone.org/contrefeux/ladeuxiemedroite

      Hollande : « the right man in the right place »
      http://www.monde-libertaire.fr/?page=archives&numarchive=16556#Ancre 1
      source : les archives du monde libertaire
      #la_deuxième_droite


  • http://desordre.net/bloc/ursula/2017/images/grandes/186.jpg

    J – 111 : C’est comme si j’avais grandi avec ce cinéma. Celui de Jim Jarmusch. Je me souviens être allé voir Stranger than paradise sur la seule foi de son affiche (et un peu du titre), j’aimais cette image en noir et blanc de ces trois jeunes gens avec leurs airs cool dans une voiture américaine, j’étais dans ma première terminale, rien ne me prédisposait à aimer ce film dans lequel j’avais entraîné deux amis qui, comme moi, n’étaient pas du tout épatés en sortant du film, mais alors je n’aurais pas voulu l’avouer, je ne pense pas que j’avais capté grand-chose de ce film dans lequel il ne se passe pas grand-chose (la grande constante du cinéma de Jim Jarmusch), à une vitesse fort lente (puisqu’il ne se passe pas grand-chose, rien ne presse, l’autre grande constante de ses films), mais il était hors de question que je sois pris en flagrant délit de ne pas comprendre un truc obscur, et je me souviens avoir argumenté dur comme fer à la sortie à propos de la lenteur du film, de son atmosphère, de sa photographie (à l’époque, je me piquais de photographie, je tirais moi-même mes photographies dans ma salle de bain, mais j’étais encore loin de détenir le moindre savoir technique sur le sujet, tout était terriblement empirique, mais ayant accidentellement découvert les vertus de la solarisation et bien que ne sachant pas que c’était de la sorte que l’on appelait ce procédé, j’en faisais grand usage et expliquais que c’était un trucage que j’avais mis au point, quand j’y pense alors j’aurais pu écrire des romans avec de pareilles fictions, et que j’y pense encore, ma vie d’adulte aura surtout consisté à donner un corps à de telles fictions seulement adolescentes, finalement il n’y a guère que dans la musique que je ne suis pas parvenu à faire quelque chose dont je me serais prévalu adolescent, je n’entends rien à la musique et en dépit d’une véritable obstination pour apprendre à jouer de la guitare sèche avec une méthode de piano à queue, en dépit de l’obstination, le manque de méthode n’a rien donné), bref j’avais été de la plus mauvaise foi pour dire que j’avais adoré ce film dont en fait je ne pensais pas grand-chose, alors, parce que, maintenant, je suis en larmes d’émotion à chacun de ses plans ou presque, surtout celui de la visite des bords du lac Erie.

    Down By Law est sorti en septembre 1986 en pleine vague d’attentats à Paris et à la rentrée en première année aux Arts déco, d’ailleurs j’étais fort jaloux qu’une partie des premières années, dans une autre classe, étudiaient le script de ce film dans les moindres détails, dessinant des story boards , reproduisant des scènes en les photographiant etc… et d’ailleurs je suis allé le voir plusieurs fois en bandes organisées au point de très rapidement en connaître des pans par cœur. Et cela aura été pour moi le vrai passeport de mon inclusion aux Etats-Unis, quand je tombais sous la coupe des deux Greg au département photo de SAIC qui s’amusaient énormément avec ma maîtrise très défaillante de leur langue, m’apprenant dans un premier temps du vocabulaire technique photographique de travers, du genre objectif pour margeur et inversement ( easel pour objectif et lens pour margeur), puis ayant passé cette étape des expressions idiomatiques fausses, certaines d’ailleurs dont je ne parviens pas toujours à me défaire, comme de dire que the grass is always greener on the other side of the river et non fence (l’herbe est toujours plus verte chez le voisin, en anglais de l’autre côté du grillage, dans l’anglais fautif des deux Greg, de l’autre côté de la rivière), et je pense que je les avais finalement mis de mon côté, lorsqu’un jour je finis par leur dire, en forçant mon accent français, it is a sad and beautiful world buzz off to you too . Des années plus tard j’aurais eu beaucoup de plaisir à rassurer mon ami L.L. de Mars qui avait les miquettes sur une route à la foi enneigée et verglacée vers le festival d’Angoulême en lui faisant réciter, et en lui donnant la réplique, les dialogues de Roberto avec Jack & Zack, its’ Jack, not Zack, get it straight man.

    J’ai vu Mystery train à Chicago avec Cynthia et cela m’avait même armé pour certaines de nos disputes, quand je finissais par lui dire avec mon accent européen I am sorry I am a bit discumbobulated , et quand cela la faisait rire, elle finissait par me répondre en imitant la grosse voix de Screamin’ Jay Hawkings, yes I know the feeling . J’aime ce film, moins connu, à la folie. J’aime son ambiance de small time America , la petite ville américaine (ce qui n’est pour rien dans mon adoration, désormais, de Paterson ), encore que Memphis tout de même.

    J’ai vu Dead Man à Portsmouth, hypnotisé par les effets de delay de la guitare électrique de Neil Young qui signe là sans doute sa meilleure musique, effondré de rire lorsque le personnage interprété par Mitch Mitchum, son dernier film je crois, monologue avec le grizzly empaillé de son bureau, et ensuite littéralement pris par la main par le personnage de l’Indien quand les hautes portes barricadées du village s’ouvrent et que la vision du personnage interprété par Johny Depp ne cesse de perdre de la netteté. C’est un film qu’ensuite j’ai vu de nombreuses fois par petits bouts, or il me semble que c’est exactement cela un film fort que l’on avale à petites lampées comme un simple malt, des lampées qui brûlent mais qui sont tellement belles ? ou comme on ne relit jamais la Recherche en entier, seulement par extraits presque pris au hasard.

    Night on Earth est sans doute celui qui me fait le plus rire et je ne pense pas que je pourrais le voir dans un cinéma sans m’en faire jeter tellement cela me fait rire fort et avec un petit temps d’avance parce que j’en connais tous les lacets par cœur, la non-rencontre entre Gena Rowlands et Winona Ryder, la folle confession du chauffeur de taxi italien interprété par Roberto Begnini, quand ce dernier explosait encore de talent, et le feu d’artifice d’humour noir kaurisimakien en Finlande

    Ghost dog m’a moins plu, j’en goûte beaucoup l’excellente musique de RZA , le jeu admirable de Forest Whitaker, la narration aussi et la construction du personnage, mais beaucoup moins une certaine forme d’esthétisation des assassinats.

    Coffee & cigarettes est peut-être mon préféré, c’est l’association merveilleuse des deux grandes forces de Jim Jarmusch, une ambiance très calme, enveloppante, et des retours arrières dans le scénario sur le thème du déjà vu, en anglais dans le texte. Quant à la scénette entre Tom Waits et Iggy Pop, qui ont tous les deux arrêté de fumer, je crois que je pourrais la regarder plusieurs fois de suite.

    Broken flowers m’a fait pleurer tellement je trouvais cela beau ce personnage d’homme hanté par son passé amoureux et sa résolution en queue de poisson, et aussi pour le coup un sens admirable du détail qui place toute la confiance dans le spectateur de relever de tels détails pour comprendre la progression du scénario, quels sont les cinéastes qui nous font suffisamment confiance ? Et quel cadeau ils nous font, quand ils le sont !

    Je suis passé entièrement à côté de the Limits of control , mais d’un autre côté je l’ai vu d’après un fichier téléchargé, dans une définition très moyenne, que j’ai regardé dans le train un dimanche soir en revenant de Clermont-Ferrand, sans doute pas la meilleure des justices que l’on puisse rendre à une œuvre cinématographique, qui plus est de la part d’un cinéaste comme Jim Jarmusch.

    En sortant de Only lovers Left alive , j’étais très mitigé, pour une fois la lenteur du film m’a pris à rebrousse-poil, j’avais le sentiment qu’il se regardait en train de filmer, qu’il y avait des problèmes de faux rythme dans cette lenteur et ce n’est qu’après-coup que j’ai compris les nombreuses métaphores du film, celle des vampires qui, immortels, finissaient par périr de notre crise de l’environnement, celle de la solitude des artistes, celle de la fin du monde en situant l’action du film dans les quartiers défoncés de Detroit (et il fallait le faire !), et du coup je me dis souvent qu’il faudrait que je le revoie.

    Bref, vous l’aurez compris Jim Jarmush pour moi cela a toujours été une sorte de grand frère qui aurait fait les Arts Déco dix ans avant moi, qui m’aurait prêté ses disques, notamment ceux de Tom Waits et celui de RZA , un grand frère que j’aurais admiré dont j’aurais parfois voulu copier, toutes proportions mal gardées, une certaine forme de lenteur dans la narration, mais aussi une sorte de copain du bar de mon quartier du temps où j’habitais à Chicago, Jim Jarmusch c’est comme si j’avais déjà joué au billard avec lui au Gold Star . Et ce n’est pas la moindre des qualités que je trouve à son dernier film, Paterson , donc, que de me replonger dans cette atmosphère américaine, celle d’une époque que je tiens pour bénie de mon existence, et dont je sais intuitivement, et c’est sans doute cela qui me retient de traverser l’Atlantique, que je n’en retrouverais aucune trace sur place, si ce n’est donc, de façon fugace dans quelques plans et dans l’ambiance même des films de Jim Jarmusch, singulièrement le dernier, Paterson .

    Et justement j’aime dans Paterson , dès la première scène de réveil, la lumière, certes de studio, certes truquée, dans le sens qu’en fin d’été, début d’automne, il ne fait pas à ce point jour à six heures du matin (je soupçonne Jim Jarmusch de ne pas se lever souvent à six heures du matin), mais cette lumière du matin américain, de ses odeurs de café insipide, de bol de céréales avec un lait insipide aussi, même celui donné pour entier, ses bagels, cette lumière rasante qui rentre dans les chambres et qui éclairent les meubles faussement vieux et les petits cadres posés sur des napperons, oui cette lumière-là contient tout ce que je regrette des matins américains. J’aime les collègues qui, à défaut d’aller comme un lundi, ont des soucis infinis avec l’existence et la difficulté de la financer à crédit, j’aime la petite ville américaine qui fait son possible pour ressembler aux grandes, sa main street et les passagers du bus, élèves, étudiants, ouvriers et retraités (tout le reste de la population est en voiture), et j’aime par-dessus tout l’atmosphère sombre et chaleureuse du bar le soir, le même bar où l’on va sans se poser de questions, où l’on appelle le barman par son prénom, où l’on appelle tout un chacun par son prénom, et où ce sont les mêmes clients qui sont là, tous les soirs, autour de la table de billard où on joue à la boule huit, no last pocket , plus rarement à la boule neuf, qui est plus un truc de pool hall dans lesquels gravitent les fameux pool huslers (comme celui de Robert Rossen, dont d’ailleurs toutes les scènes de billard sont tournées à Chicago dans un pool hall fameux où Greg m’emmena un jour, seul endroit de la ville avec un billard français ce qu’il voulait essayer).

    Et dans ce merveilleux écrin, cette atmosphère chaleureuse, ce conte remarquable, parfaitement narré, fondu dans l’enchainement des jours, le quotidien immuable et répétitif, belle gageure de narration répétitive sans générer le moindre ennui, tout au contraire, de la fascination, de celle qui fait que l’on remarque petit à petit certains détails, et, donc, très très bien joué, notamment par Adam Driver au début de la scène finale, des larmes sans larme, un homme vaincu, complètement écrasé, sur le point d’exploser. C’est l’une des plus belles scènes du cinéma de Jim Jarmusch, elle en contient tous les ingrédients habituels, elle prend son temps et c’est un élément étranger qui arrive dans le cadre côté cour, telle la dealeuse à la fin de Stranger than paradise , l’aubergiste italienne de la fin de Down By Law , la veuve italienne à la fin de Mystery Train , celle qui se sent un peu discumbobulated , dans Paterson , le poète japonais égaré, grand lecteur de William Carlos Williams, qui finit par apporter ici le salut, là la solution, dans le cas de Paterson, les deux, et donne au récit, qui avait pris tout son temps, toute son épaisseur, de celles qui vous poursuivent longtemps après avoir vu le film, telle la portée poétique d’un vers. Un poète vaincu, écrasé par le quotidien dont il était parvenu à s’extraire grâce à sa poésie justement, tel l’apôtre Pierre sur le Mont des Oliviers, se renie et répond que non il n’est pas poète, qu’il est juste un chauffeur de bus comme un autre — autant vous dire qu’un certain informaticien de ma connaissance, qui écrit des fictions à ses heures, n’en menait pas très large devant cette scène —, et c’est un autre poète qui le sauve en donnant de nouveau un sens à son existence, une injonction, la seule qui vaille, écris ! Et le poète vaincu qui n’est plus au bord des larmes redevient un poète, il ne pleure plus le recueil perdu, il écrit ce qui le détermine, sa poésie qui est plus grande que lui, plus grande que les poèmes détruits.

    Le poète est à l’image des autres personnages de ce film, un artiste à la recherche de son véritable moi, un moi libre et émancipé, un moi serein, qui vit sereinement dans l’enveloppe charnelle d’un conducteur de bus d’une petite ville des Etats-Unis qui porte le même nom que lui — volonté chez le cinéaste de nous dire que son film est à la fois à propos d’un personnage, Paterson, et à la fois à propos d’une petite ville, Paterson, admirable fusion.

    Mon grand frère Jim a vieilli un peu, il n’écoute plus de rock, il est un peu plus raffiné dans ses prédilections, ses narrations sont encore plus lentes qu’auparavant, il est surtout en train d’entrer dans la catégorie des cinéastes poids lourds et chenus à la fois, les Manoel de Oliveira, les Bergman même, Tarkovski, il touche au sublime. Quel dommage en revanche qu’il n’ait pas pensé à engager un graphiste digne de ce nom pour ce qui est de l’écriture des poèmes à même les images de la ville notamment. Un poète qui écrit sans rature est-il un vrai poète ? Mais en regard de l’immense film qu’est Paterson c’est un infime reproche.

    #qui_ca

    • Ben je ne trouve pas cela très opérant comme critique. C’est un peu, comment dire, primaire.

      Je ne pense pas que le récit de film fasse de hiérarchie entre les différents « artistes » de ce film, et même plutôt le contraire. Tous les personnages ou presque qui ont effectivement un rôle dans ce film sont à la recherche d’une forme d’émancipation, le barman s’entraîne pour son tournoi d’échec de samedi, l’acteur expérimente in situ ses rôles (exprérience un peu limite c’est vrai), le personnage de Laura entreprend de développer sa ligne de cupcakes ET de devenir une chanteuse de folk (avec, en plus, davantage de réussite que son compagnon), et donc Parterson lui-même qui écrit des poèmes. Finalement le seul personnage qui n’est pas dans une telle recherche est celui qui est englué dans ses problèmes domestiques, le contrôleur. Quant à la scène finale, elle voit Parterson réaliser que ce n’est pas tant la sauvegarde de ses poèmes qui est importante mais leur écriture au moment de l’écriture, que c’est surtout pour lui-même qu’il écrit ses poèmes.

      Et en tant qu’auteure de Chez soi , tu ne vas pas me contredire que l’artiste la plus importante parmi tous ces personnages c’est Laura quand on voit cette manière extraordinaire qui est la sienne de transformer quotidien (qui déborde largement, les petites photos tous les jours différentes dans la lunchbox sont une oeuvre en soi) et habitation !

      Vraiment au contraire tous les personnages du film (à l’exception notable du contrôleur dont le problème majeur dans l’existence finalement c’est qu’il est endetté, qu’il vit à crédit) sont des artistes de leur propre existence, des artistes d’eux-mêmes en somme.

    • Ouais, les amies, vous avez sans doute raison. Je pensais que c’était moins flagrant que vous ne le dites, mais à la réflexion, je pense que vous avez sans doute raison. Cela doit tenir de l’impensé chez lui.

      Il faudrait par ailleurs je repense à cela en regard du reste de sa filmographie dans laquelle il me semblait pourtant que les personnages féminins étaient nettement moins caricaturaux que dans les films de ses collègues, que souvent même, c’étaient elles qui sauvaient des situations dans lesquelles les hommes s’étaient embourbés. Enfin cela paraissait plutôt équilibré. Je vais y repenser.

    • Discumbobulated ? Je crois que le seul super Jarmush que j’ai vu en vrai (au cinéma à sa sortie), c’était Dead Man mais au premier rang à droite, le pire angle de ma vie. Mais ça allait bien avec la musique ! Pas vu Paterson, je rechigne. J’ai bien aimé ceux des années 80 au ciné-club de la télé mais plus trop les nouveaux. J’attends plutôt les Naruse qui vont arriver à la fin du mois (à Lille il ne faut pas louper).

    • http://www.dictionary.com/browse/discombobulated
      http://www.wordreference.com/enfr/discombobulated

      @aude_v Je crois que le seul qui est vraiment peut-être aps raté, mais disons moins réussi que les autres, c’est The limits of control il me semble que tu devrais apprécier Only lovers left alive pour la métaphore à propos de l’environnement. Et Broken Flowers est très beau aussi. Je te parle des récents, les autres tu les connais.


  • lalignedhorizon.net : Accueil
    http://www.lalignedhorizon.net/wikka.php?wakka=Accueil

    L’association des amis de François Partant tente depuis plus de vingt ans de poursuivre la réflexion qu’il a exprimée dans ses livres (Que la crise s’aggrave, La fin du développement, La ligne d’horizon, etc.) et dans ses articles. Depuis sa création, l’association a organisé plusieurs colloques (sur le travail, sur l’imposture économique, etc.). En 1999, elle décidait de préparer un colloque international sur « l’après-développement », et de donner à connaître les alternatives qui, en partie, expriment déjà sur le terrain le refus de la suprématie de l’économie et du développement. Vaste chantier qui s’est concrétisé, en une première étape, par le colloque "Défaire le développement, refaire le monde" de février 2002. Ont ensuite eu lieu un colloque sur l’agroécologie en 2008, puis le colloque "Sortir de l’industrialisme" en 2011.

    #Gordian_Troeller #économie #impérialisme


  • Le sort de l’ours polaire, au sommet de la chaîne alimentaire de l’écosystème marin arctique, est de plus en plus incertain : son lieu d’habitat principal, la banquise, subit de plein fouet les conséquences de l’activité humaine dans la région. Malgré le plan de protection annoncé par Barack Obama à quelques jours de son départ, l’arrivée prochaine d’un nouveau prédateur à la Maison blanche ne présage rien de bon pour cette espèce, déjà largement instrumentalisée à des fins géopolitiques.

    Lire « L’ours polaire, animal géopolitique » (septembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/09/BENHAMMOU/53681
    https://www.flickr.com/photos/38485387@N02/3582475670

    Flickr

    http://zinc.mondediplo.net/messages/47457 via Le Monde diplomatique


    • Ah oui super.

      Je viens de découvrir un truc dingue. Excel suppose que puisqu’on est en France, le séparateur de champs d’un fichier csv est non pas , mais ; ...

      Du coup si quelqu’un nous envoie un véritable fichier csv et bien il ne s’ouvre pas dans Excel FR.

      A moins de faire :

      csvformat -D \; "$source" > "$source.tmp"
      mv "$source.tmp" "$source"

      De même pour convertir un fichier excel en fichier « csv » à la mode excel FR :

      source="$1"
      dest="${1/xlsx/csv}"
      in2csv "$source" > "$dest.tmp"
      csvformat -D \; "$dest.tmp" > "$dest"
      rm "$dest.tmp"
    • @booz, pour ouvrir un fichier .csv avec Excel, il faut préalablement le renommer en .txt ce qui te donne la main sur le choix du séparateur (et des jeux de caractères).

      Tu peux aussi (et ça marche aussi pour l’enregistrement d’Excel vers le csv) dire à ton ordi qu’il n’est pas en France (paramètres régionaux sous Windows ou préférences sous MacOS).

    • BoOz

      Héhé, et pour gérer les accents sous Mac dans un viel excel, faut en plus faire :

      | iconv -f UTF-8 -t macintosh

      Donc pour convertir un csv propre en Excel FR à l’ancienne et que ça s’ouvre en cliquant dessus sans rien faire d’autre :

      csvformat -D \; "$source" | iconv -f UTF-8 -t macintosh > "$dest"

      Et bonus, une version en spip/php pour générer un fichier à télécharger qui sera ouvert dans Excel avec les bons accents que @fil m’avait fait il y a quelques années.

      Dans mon_squelette_fonctions.php :

      <?php
      include_spip('inc/charsets');
      init_mb_string();
      ob_start('convert_utf16');
      function convert_utf16($txt) {
              return "\xFF\xFE" . mb_convert_encoding("\n".$txt, 'UTF-16LE', 'UTF-8');
      }

      Dans mon_squelette.xls.html :

      #HTTP_HEADER{Content-Type: application/vnd.ms-excel; charset=UTF-16LE}
      ...

      #spip #export #excel

    • En fait Excel n’est pas si mauvais que ca. J’ai compris que le coup du séparateur ; avait sont intérêt en fr car la , est utilisée pour les nombres décimaux en francais (c’est un .en anglais). Donc pour parser un fichier csv c’est plus simple avec des données fr si le séparateur est ; pour ne pas confondre un champs et un nombre décimal.

      Par ailleurs j’ai testé csvkit vs Excel vs Googlesheets vs awk avec un fichier csv de 11Mo, et bien C’est Excel qui s’en sort le mieux.

      csvkit et Googlesheets ramment tant qu’ils peuvent, awk s’en sort bien mais ne sait pas parser simplement sur les , en distinguant les , séparateurs de champs des , décimales.

      Excel gère...

      Je me demande du coup si le bon format pour des gros fichiers ne serait pas des données séparées par des tabulations.

    • Je persiste à penser – mais en ce domaine comme dans d’autres, le plus court chemin est celui que l’on connaît – que le moyen le plus simple d’ouvrir un .csv avec Excel est de le mettre en .txt. Tu passes ainsi par l’assistant d’importation de texte qui est court-circuité pour les .csv. Ses 3 étapes te permettent de choisir interactivement (tu visualises le résultat directement)
      • le codage du texte et la ligne de début de l’importation
      • le ou les séparateur(s) (ou le découpage en colonnes si tu es en largeur fixe)
      • et (surtout !) le type de données pour chaque colonne (indispensable pour gérer les différents formats de date), voire de ne pas importer les colonnes qui ne t’intéressent pas (très utile pour les gros fichiers de données : quand tu supprimes les colonnes d’un tableau Excel, l’espace mémoire n’est libéré que lors de l’enregistrement du fichier, les colonnes que tu as importées puis immédiatement supprimées occupent toujours la mémoire).


  • Palmarès des villes états-uniennes pour les #punaises

    Cities with the most bed bugs : Does your hometown rank ? | Fox News
    http://www.foxnews.com/health/2017/01/04/cities-with-most-bed-bugs-does-your-hometown-rank.html

    http://a57.foxnews.com/images.foxnews.com/content/fox-news/health/2017/01/04/cities-with-most-bed-bugs-does-your-hometown-rank/_jcr_content/par/featured-media/media-0.img.jpg/876/493/1483550542495.jpg

    For the first time, Baltimore has topped pest control company Orkin’s list of top 50 cities with the most bed bug treatments, a ranking based on national home and commercial treatment data from Dec. 1, 2015 to Nov. 30, 2016.
    […]
    1. Baltimore (+9)
    2. Washington, D.C. (+1)
    3. Chicago (-2)
    4. New York
    5. Columbus, Ohio
    6. Los Angeles (-4)
    7. Detroit
    8. Cincinnati
    9. Philadelphia (-3)
    10. San Francisco-Oakland-San Jose (+4)
    […]