provinceorstate:mississippi

  • États-Unis : une femme ayant reçu une balle dans le ventre reconnue coupable de la mort de son foetus - Marie Claire
    https://www.marieclaire.fr/etats-unis-une-femme-ayant-recu-une-balle-dans-le-ventre-reconnue-coupab

    Les faits se sont déroulés le 4 décembre 2018, en milieu de journée. Selon la police, Marsha Jones s’est disputée avec Ebony Jemison, 23 ans, sur l’identité du père du bébé. Cette dernière lui a alors tiré dans l’estomac. La jeune femme a été emmenée à l’hôpital par des proches, mais le foetus, visiblement une fille, n’a pas survécu.

    Mais pour la police, Ebony Jemison n’est pas la coupable. « L’enquête a démontré que la seule véritable victime là-dedans était le foetus, avait déclaré le lieutenant de police Danny Reid lors de l’altercation. C’est la mère de l’enfant qui est à l’initiative de la dispute, et l’a poursuivie, ce qui a entraîné la mort de son propre bébé. [...] [Il, ndlr] n’avait pas choisi d’être mis au milieu de cette dispute inutile, alors qu’[il] dépendait de la protection de sa mère. »

    #guerre_aux_femmes

  • L’Isle de Jean-Charles vouée à disparaître en Louisiane Caroline Montpetit en Louisiane - 22 juin 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/environnement/557293/l-ile-de-jean-charles-vouee-a-disparaitre-en-louisiane

    Les habitants de l’Isle de Jean-Charles, en Louisiane, sont les premiers réfugiés liés à la montée des eaux en Amérique. Visite d’une communauté en sursis et d’un pays à la merci de la mer.

    Lorsque le prêtre catholique Roch Naquin était enfant, les étendues de terre s’étendaient à des kilomètres derrière sa maison. Il allait y couper du bois avec ses frères pour faire du feu, et les aînés y cueillaient les plantes utilisées pour soigner les maladies. Autour de sa maison, des troupeaux de bétail paissaient en liberté. Le jardin et la mer fournissaient amplement de quoi manger.

    Son île, c’est l’Isle de Jean-Charles, dans la paroisse de Terrebonne, à 127 kilomètres au sud-ouest de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Une étendue de 300 mètres sur 3 kilomètres de long, reliée au continent par une route, souvent rendue impraticable par les ouragans, les inondations et les marées. L’île, telle que les habitants l’ont connue dans leur jeunesse, a disparu sous les vagues d’eau salée que le golfe du Mexique fait entrer chaque année, de plus en plus loin à l’intérieur des terres. On dit que 98 % de la surface de l’île a ainsi disparu sous les eaux du golfe depuis 60 ans. En fait, l’ensemble de la côte louisianaise cède au golfe l’équivalent d’un terrain de football chaque heure.

    Derrière la maison du père Naquin, c’est désormais de l’eau que l’on voit à perte de vue, avec, au loin, un puits de pétrole qui surgit de la ligne d’horizon.

    Son voisin, Chris Brunet, a lui aussi vu le paysage se transformer depuis son enfance. « Ma soeur, qui a 16 ans de plus que moi, allait à la pêche à pied, avec pépère pis mémère. Moi, 16 ans plus tard, j’allais au même endroit avec mon père en pirogue », raconte-t-il.

    Des causes complexes
    Les causes de cette disparition graduelle de l’île sont complexes et multiples. Mais au premier rang des accusés, on trouve l’industrie du pétrole, qui a creusé des dizaines de milliers de kilomètres de canaux pour prospecter et extraire du pétrole et du gaz naturel du golfe. Ces canaux ont peu à peu grugé la terre. On montre aussi du doigt des digues qui ont été construites au nord-est, le long du Mississippi, après les inondations dévastatrices de 1927.

    « Ça a empêché l’eau douce de circuler jusqu’à nous, raconte Chris Brunet, l’un des habitants de l’île. Autrefois, on pouvait se rendre en pirogue jusqu’à La Nouvelle-Orléans. » Les digues empêchent aussi le fleuve Mississippi de distribuer chaque année le limon et les sédiments qui régénéraient la terre de toute la région. Et puis, il y a aussi la montée des océans, annoncée par les experts en changements climatiques, qui n’annonce rien qui vaille pour les prochaines décennies. « Les scientifiques parlent des changements climatiques, des gaz à effet de serre. J’imagine que ça doit jouer », dit-il.
    L’Isle de Jean-Charles en images : https://www.ledevoir.com/societe/environnement/557312/l-isle-de-jean-charles-en-images

    Autrefois si fertile, la terre de l’île, qui permettait aux habitants d’être autosuffisants, est désormais impropre à la culture, parce que trop salée. « Je m’ennuie de jardiner », soupire Denecia Billiot, 94 ans. Installée sur la galerie de sa maison, avec sa fille Theresa qui tricote à ses côtés, Mme Billiot se souvient de l’époque où elle cultivait un grand jardin derrière sa maison, où ses sept enfants ont grandi. Dans la maison voisine, sa petite-fille, Erica, vit avec son fils de six ans, Tristan. Malgré son grand âge et les difficultés d’accès à l’île par mauvais temps, quand la marée envahit la route, Mme Billiot a choisi de rester sur l’île. Sa petite-fille Erica aussi.

    « Si l’île coule, je vais la regarder couler », lance-t-elle.

    Quatre générations habitent ainsi dans ce petit coin de pays qui les a vues naître, et qu’elles vont peut-être voir disparaître. Quatre générations d’autochtones francophones, car la majorité des habitants de l’île appartiennent à la bande biloxi-chitimacha-choctaw, qui réunit des Autochtones de différentes ethnies. « Nous nous sommes unis pour être plus forts », raconte le chef Albert Naquin.

    Partir ou rester ?
    Mais tout cela ne sera plus qu’histoire ancienne d’ici quelques décennies. À cause du golfe qui mange de plus en plus la côte, la vie des habitants de l’Isle de Jean-Charles est tellement précaire que le gouvernement de la Louisiane a proposé un plan de relocalisation de sa population. Les habitants de l’île deviennent ainsi les premiers réfugiés liés à la montée des eaux d’Amérique. En janvier dernier, l’État a acheté pour 48 millions des terres situées à l’intérieur des côtes, quelques dizaines de milles au nord de Houma, à Shriever. Des terres, longées par la route 24, près d’une usine de Chevron, et qui n’ont aucun accès à l’eau. L’État de la Louisiane a promis d’y creuser un étang où on pourrait pêcher et d’y construire des maisons modernes.

    Déjà, de nombreux habitants ont quitté l’île, épuisés de faire face, année après année, aux inondations provoquées par les ouragans. Rita Falgout, effrayée par la montée des eaux qui envahit régulièrement la route d’accès à l’île, a décidé de partir lorsque son mari est devenu malade.

    « J’avais peur de l’eau, dit-elle, et peur de ne pas pouvoir sortir de l’île en cas de besoin. »

    Il y a à peine un an, elle a accepté la proposition du gouvernement lui offrant de déménager dans un appartement de la ville de Houma. Depuis, son mari est mort dans une maison de retraite, et Rita Falgout est revenue vivre auprès des siens à Pointe-aux-Chênes, près de l’Isle de Jean-Charles. « Mon frère ne voulait pas que je reste seule », dit-elle. Maintenant, elle a l’intention de profiter de la maison que lui propose de construire l’État à Shriever.

    Un plan contesté
    Mais le plan de relocalisation proposé ne fait pas l’affaire du chef de la bande biloxi-chitimacha-choctaw, Albert Naquin, qui conseille à ses membres de ne pas accepter le « forfait ». D’abord, il souhaiterait que le plan soit un projet de réunification de la bande. Cette communauté a déjà été lourdement touchée par les politiques américaines à l’égard des Autochtones.

    De leur côté, les fonctionnaires du gouvernement de la Louisiane souhaitent que le nouveau projet soit offert à tous, quelles que soient leur appartenance ethnique ou leur origine ethnique, sans projet précis de réunification d’une bande en particulier. Selon eux, certains habitants de l’Isle de Jean-Charles ne sont pas des Biloxi-Chitamacha-Choctaw, mais plutôt des membres de la nation houma, ou encore des non-Autochtones. Or, pour le chef Naquin, « le but, c’est de réunifier la bande ». Il dit d’ailleurs travailler « sur un autre plan », qui se réaliserait sans l’intervention de l’État.

    Le chef Naquin lui-même ne vit pourtant plus sur l’île depuis longtemps, mais bien dans la communauté voisine de Pointe-aux-Chênes, protégée par une toute nouvelle digue de 12 pieds. La maison familiale, où il est né, a été rasée par l’ouragan Betsy en 1965 et le chef a décidé de déménager à Pointe-aux-Chênes après l’ouragan Carmen, en 1973. « Si j’étais resté sur l’île, je serais probablement pauvre, parce qu’il faut tout refaire tous les trois ou quatre ans », raconte-t-il, devant sa maison de briques.

    À son avis, les membres de la bande biloxi-chitimacha-choctaw, qui ont hérité de maisons de l’Isle de Jean-Charles au fil des générations, n’ont pas les moyens de payer les frais inhérents à un déménagement dans une maison du gouvernement, en plus d’entretenir leur maison sur l’île.

    Nichées à 15 pieds de hauteur
    Autrefois, la maison du père Roch Naquin était construite sur des blocs de deux pieds, parce que le lieu n’était pas sujet aux inondations. « Puis, il y a eu l’ouragan Hilda qui nous a inondés, puis l’ouragan Carmen, et quelques autres. Mais il y a eu l’ouragan One, en 1985, on a reçu beaucoup d’eau. On a monté la maison sur huit pieds. On a été saufs pour quelques ouragans. Quand l’ouragan Lily s’est abattu au début des années 1990, nous inondant de nouveau, on l’a montée à 11 pieds. L’ouragan Crystal a quand même fait quelques dégâts. Le toit a été arraché », raconte-t-il.

    Même chose pour Bertha Naquin, qui nous reçoit dans sa maison perchée sur des piliers de 15 pieds. Après avoir vécu plusieurs années à Houma, elle a décidé de se réinstaller dans son coin de pays. « Ici, je suis chez moi », dit-elle.

    Si sa maison perchée est plus protégée des inondations, cela la rend toutefois plus vulnérable aux ouragans. « C’est sûr que, s’il y a un ouragan, je ne reste pas ici », dit-elle.

    Pour s’assurer de pouvoir partir avant que la route soit inondée, il faut constamment guetter les signes avant-coureurs des désastres. « Il faut regarder les marées et, si le vent vient du sud-est, il faut s’en aller », dit-elle.

    Le père Roch Naquin estime, de son côté, que les habitants de l’île devraient accepter l’offre du gouvernement de la Louisiane et saisir l’occasion de s’en aller. « Si tu ne pars pas, que quelque chose de terrible arrive, que ta maison est détruite, il sera trop tard. Moi, je suis prêt à partir, quand les nouvelles maisons seront construites », dit-il.

    #climat #réfugiés_climatiques #environnement #changement_climatique #usa

    • Les traces d’Iberville
      L’Isle de Jean-Charles doit son nom à Jean-Charles Naquin, colon français originaire de Saint-Malo, en France. Son fils, Jean-Marie Naquin, a épousé une Autochtone choctaw, Pauline Verdin, en 1824. Renié par sa famille en raison de ce mariage interracial, Jean-Marie trouve refuge sur l’île avec son épouse et lui donne le nom de son père qui y faisait des affaires, dit-on, avec le pirate français Jean Lafitte.

      « Ils faisaient de la contrebande autour du bayou de l’île. C’était un endroit caché, où ils ne pouvaient pas être vus », raconte le chef Albert Naquin, qui est son arrière-arrière-arrière-petit-fils. La légende veut d’ailleurs que Jean Lafitte ait laissé quelques trésors dans les environs.

      Mais c’est bien avant tout cela que les Autochtones choctaw, biloxi et chitimacha de Louisiane ont commencé à adopter le français, qu’ils parlent encore aujourd’hui, comme langue d’usage.

      En 1699, l’explorateur Pierre Lemoyne d’Iberville découvre l’embouchure du Mississippi par la mer et y fait construire trois forts français. Au cours de trois voyages consécutifs, il crée dans la région des liens solides avec les autochtones, renforcés par l’envoi de missionnaires et de coureurs des bois français. Au fil des générations, le français a peu à peu supplanté les langues autochtones comme langue d’usage dans les familles, même si aujourd’hui, la plupart des habitants de l’Isle de Jean-Charles ont appris l’anglais à l’école. Chris Brunet, dont la famille vit sur l’île depuis des générations, raconte que son arrière-grand-mère parlait encore le choctaw.

  • Jedediah Britton-Purdy : « Trump est une farce. Mais c’est un bon politicien »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/040619/trump-est-un-bon-politicien-0

    En deux ans et demi, qu’a fait Donald Trump à la Maison Blanche, à part tonner et tempêter ? Il a remporté plus de victoires que l’on ne le croit, prévient Jedediah Britton-Purdy, professeur de droit à l’université Columbia. Politicien « destructeur », Trump remplit les cours fédérales de juges conservateurs, attaque l’environnement, mène une politique identitaire qui satisfait sa base.

    #Entretien #effondrement,_Jedediah_Purdy,_extinction,_catastrophe_climatique,_juges,_Cour_suprême_américaine,_Climat,_Donald_Trump

    • La stratégie politique passe aussi par les cours fédérales et la Cour suprême, des institutions très importantes dans le système politique américain. L’administration Trump a nommé plus de cent juges dans les cours fédérales, un record. En poste à vie, ils vont se prononcer pendant des décennies sur toutes sortes de décisions politiques majeures. Avec deux juges nommés par Trump, les très conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh, la Cour suprême a désormais une majorité conservatrice. Elle a validé le « muslim ban » et va à l’avenir se prononcer sur des décisions cruciales, comme le recensement, le droit de vote, la politique migratoire, la discrimination positive, le mariage des couples de même sexe. Plusieurs États (la Géorgie, l’Alabama, le Mississippi, l’Ohio, etc.) ont voté récemment des lois interdisant purement et simplement l’avortement, des lois illégales destinées à pousser le contentieux devant la Cour suprême...

      Il n’y a pas de stratégie plus puissante lorsqu’on est minoritaire politiquement que de s’appuyer sur les cours, qui sont les grandes institutions antidémocratiques de notre pays.

      Trump est membre d’un parti qui a depuis longtemps bénéficié de la restriction des prérogatives démocratiques. Avant lui, c’est la Cour suprême qui a amputé la réforme de la santé de Barack Obama d’une part substantielle, celle qui justement avait le plus d’impact pour les travailleurs et les pauvres. C’est elle qui a restreint la loi sur le droit de vote de 1965, elle encore qui a instauré en 2010 le droit de dépenser des sommes illimitées dans les campagnes politiques.

      Les libéraux commencent à comprendre ce que la gauche américaine a compris depuis longtemps : cette idée que les tribunaux opèrent selon de grands principes constitutionnels apolitiques n’a jamais été vraie. Les décisions des juges fédéraux ou de la Cour suprême sont une forme de politique, et même la forme de politique la plus favorable aux élites, la plus antidémocratique.

      Les prochaines décennies seront peut-être marquées par une résistance démocratique à ce gouvernement des cours, qui se placent souvent du côté du pouvoir établi et des riches.

      Le plus troublant est que les cours opèrent une forme de tyrannie politique du passé sur le présent et le futur. Les juges nommés aujourd’hui resteront à leurs postes à vie, à un moment où le niveau de carbone dans l’atmosphère aura peut-être dramatiquement augmenté. Le monde sera différent et ces gens-là, placés par un président minoritaire autour de 2017, décideront encore de la direction du pays. Ces juges sont placés là pour étendre au maximum l’influence de ce qui est, espérons-le, le dernier souffle du nationalisme extractif, cette version ploutocrate, masculiniste, ethnonationaliste et suprémaciste du parti républicain.

      Sa pratique du pouvoir ne risque-t-elle pas de créer un précédent ? Trump n’est-il pas en train d’étendre à un tel point les prérogatives présidentielles qu’il sera difficile de revenir en arrière ?

      Cette question est compliquée parce qu’en réalité, toutes les administrations américaines ont de plus en plus de mal à légiférer. La pression est donc grande de gouverner par le biais de décisions administratives et présidentielles. J’ai fait partie de ceux qui ont applaudi la décision de Barack Obama d’accorder en 2012 un statut aux 700 000 enfants nés de parents étrangers mais ayant grandi sur le sol américain [les fameux « Dreamers », dont Trump a annulé la protection, toutefois temporairement maintenue par les tribunaux – ndlr], et pourtant il faut bien admettre que cette décision a contribué à présidentialiser la politique migratoire.

      Le problème est que de nombreux libéraux continuent de considérer Trump comme un accident, et non comme le symptôme d’une crise plus large. Comme l’ancien vice-président Joe Biden, ils pensent que tout irait bien si l’on pouvait revenir quatre ans en arrière.

      Mais même si le prochain locataire de la Maison Blanche n’est pas Trump, la question de notre capacité à produire des décisions démocratiques se posera tout autant. Trump ne fait pas que pervertir des institutions qui existaient avant lui. Il le fait de façon éhontément partisane, et nomme des juges notoirement incompétents. Qu’il puisse faire tout cela aussi montre que nos institutions ne sont pas démocratiques.

  • États-Unis. Ultimes efforts pour sauver la seule clinique du Missouri où avorter - Monde - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/monde/etats-unis-ultimes-efforts-pour-sauver-la-seule-clinique-du-missouri-ou


    pas de crédits…

    D’ici samedi, le Missouri pourrait devenir, sauf décision de justice de dernière minute, le premier État américain depuis 1973 à ne plus pratiquer d’avortement, dernier acte d’un assaut conservateur contre ce droit pourtant garanti par la Cour suprême.

    Sous des pancartes « Mon vagin, mon choix » ou « Protégeons les avortements légaux », plus d’un millier de personnes ont défilé, ce jeudi, à Saint-Louis, afin de défendre la dernière clinique pratiquant des IVG dans cet État de six millions d’habitants.

    Les autorités locales l’accusent de ne pas coopérer avec une enquête administrative ouverte après la détection de « lacunes » et menacent de ne pas renouveler sa licence d’exploitation, qui doit expirer ce vendredi soir.

    La puissante organisation Planned Parenthood, qui gère le centre de soins, a introduit un recours en urgence pour bloquer cette décision qualifiée d’« arbitraire, incohérente et illégale ». Le juge Michael Stelzel a entendu leurs arguments ce jeudi matin et devrait rendre une décision rapidement.
    […]
    Au-delà de la clinique de Planned Parenthood, tous les manifestants sont vent debout contre une loi adoptée la semaine dernière par le Missouri, qui interdit aux femmes d’avorter après la 8e semaine de grossesse.

    Comme d’autres mesures restrictives promulguées en Alabama, Géorgie, Mississippi ou Louisiane, cette loi a de fortes chances d’être invalidée en justice parce qu’elle contredit la jurisprudence de la Cour suprême, qui autorise les avortements tant que le fœtus n’est pas viable (vers 24 semaines).

    Ce jeudi, le gouverneur démocrate de Louisiane a promulgué la loi interdisant dans son État les avortements dès que les « battements du cœur » du fœtus sont perceptibles. Cela correspond environ à la 6e semaine de grossesse, un stade où bien des femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes.

    Mais l’objectif des promoteurs de ces lois est ailleurs : ils comptent introduire des recours en cascade jusqu’à la Haute cour et misent sur sa nouvelle majorité conservatrice - avec l’arrivée de deux juges nommés par Donald Trump - pour qu’elle revienne en arrière.

  • Avortement : au tour de la Louisiane de restreindre l’IVG | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/177858/loi-anti-avortement-louisiane-etats-unis-democrates

    Ces derniers mois, les lois visant à restreindre l’avortement se sont multipliées dans le Sud des États-Unis. C’est désormais en Louisiane que la Chambre des représentants vient d’adopter une loi interdisant l’avortement dès lors que les premiers battements du cœur de l’embryon peuvent être repérés. Cela revient à interdire l’IVG au-delà de la sixième semaine de grossesse, moment où les battements de cœur commencent généralement à être décelables.
    Une loi portée par des démocrates

    Adopté à 79 pour et 23 contre dans une Chambre contrôlée par les républicains, le projet de loi a cependant été écrit par un sénateur démocrate et a reçu le soutien du gouverneur John Bel Edwards, autre démocrate candidat à la réélection en cette saison législative. Cette configuration est assez nouvelle, les opposants aux lois restrictives sur l’avortement trouvant habituellement leurs soutiens politiques chez les démocrates, depuis que leur parti avait adopté dans les années 1990 un slogan pour un avortement « sûr, légal et rare ».

    Le gouverneur Edwards a cependant un engagement de longue date contre l’avortement, qui avait déjà été un thème mis en avant dans sa précédente campagne de 2015.

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    C. Denise Marcelle, démocrate membre de la Chambre des représentants a déclaré qu’« il devrait être inadmissible que nous restions assis ici à dicter quoi faire avec le corps d’une femme ».

    Le vote a pourtant eu lieu ce mercredi 29 mai, alors qu’une série d’amendements visant à établir des exceptions en cas de viol ou d’inceste ont été rejetés. Seules les femmes présentant un « risque grave » de santé seraient susceptibles d’être autorisées à avorter au-delà de la détection d’un rythme cardiaque fœtal. Les médecins qui pratiqueraient tout de même des avortements risqueraient deux ans de prison.

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    Vers une contestation du Roe v. Wade ?

    Les détracteurs du droit à l’avortement espèrent que la vague législative de restriction de l’IVG qui a gagné l’Alabama, la Géorgie, le Kentucky, le Mississippi, le Missouri et l’Ohio, permettra de revenir sur le droit constitutionnel à l’avortement entériné par le Roe v. Wade en 1973, en portant l’affaire devant la Cour suprême.

    La loi doit entrer en vigueur en novembre prochain, mais sera contestée par les mouvements de défense des droits civiques.

    Au Mississipi, un juge de la Cour fédérale de district a récemment bloqué une loi similaire qui devait entrer en vigueur au premier juillet, estimant qu’elle « empêchait le libre choix d’une femme, qui est essentiel à la dignité et à l’autonomie d’une personne ». Dans l’Arkansas, le Kentucky, l’Iowa et le Dakota du Nord, l’application ce type de loi a également été empêchée, en dépit de l’avis favorable des gouverneurs.

    À LIRE AUSSI Je me souviens très bien du comportement de Brett Kavanaugh lorsqu’il buvait

    La nomination à la Cour suprême du juge Brett M. Kavanaugh par le président Donald Trump en octobre 2018 a cependant donné une majorité conservatrice à la Cour suprême, ce sur quoi misent les dits « pro-life » pour revenir sur la jurisprudence concernant le droit à l’avortement.

    • Les hommes hétéros des USA doivent se faire vasectomiser pour ne pas participer à cette torture de masse des femmes. Il serait temps de leur faire comprendre que ces lois font de chacun d’eux un bourreau. Si ils persévèrent dans la sexualité fécondante ils sont coupables de barbarie. Les hommes hétéros qui prennent le risque de féconder des femmes dans les pays interdisant l’IVG sont criminels.
      Leurs penis sont des furoncles.
      Ce qui leur sort de la verge c’est du pus.
      Il va falloir que je fasse un dessin là dessus.

    • Je ne voie pas le rapport entre la contraception masculine et l’extermination de masse. Je ne voie pas non plus de virilisme dans ma volonté de pointé le fait que les femmes ne se fécondent pas seules. Mais merci @igor_babou de me comparé à Solanas, c’est toujours agréable de sentir la peur chez l’oppresseur et de constater que j’ai visé juste.

      #mansplanning #fraternité #déni

      A part ca j’ai écrit un début de nouveau sort, j’en ai demandé la traduction à une amie anglophone pour le faire tournée aux USA afin qu’ @igor_babou ne soit pas le seul nécessiteux à bénéficier de mes bienfaits.

      Aux hommes hétéros des USA et des pays qui interdisent l’IVG qui prennent le risque de féconder.

      Il serait temps de comprendre,
      Que ces lois font de vous des bourreaux.
      Elles font de vos bourses des poires d’angoisses,
      De vos verges, des furoncles,
      Et de votre sperme, du pus
      qui pourrit la vie des femmes par le ventre.

      Faites vous vasectomiser, faites vous contracepter
      Prenez vos responsabilités, arrêtez de féconder
      Et allez militer pour l’IVG.

      Car une grossesse non désirée,
      C’est un viol ininterrompu de 9 mois.
      Vous qui prenez le risque d’ensemencer,
      Dans les pays interdisant l’IVG,
      Vous êtes la lie de l’humanité,
      Votre sperme vous pouvez garder.

      Faites vous vasectomiser, faites vous contracepter
      Prenez vos responsabilités, arrêtez de féconder
      Et allez militer pour l’IVG.

      Vous qui acceptez la baise en pays sans IVG,
      Vos enfants en priorité on doit faire passé.
      Car l’interdiction de l’avortement
      C’est le moyen que vous avez trouvé
      Pour nous imposer votre descendance
      Des violeurs et des tortionnaires.

      Faites vous vasectomiser, faites vous contracepter
      Prenez vos responsabilités, arrêtez de féconder
      Et allez militer pour l’IVG.

      Vous êtes plus ignobles que les législateurs,
      Car c’est de vos pénis que vous détruisez
      Celles que vous prétendez aimer.
      A vous de vous mobiliser
      Et de ne plus êtres les déchets putrides
      Que ces lois font automatiquement de vous.

      Faites vous vasectomiser, faites vous contracepter
      Prenez vos responsabilités, arrêtez de féconder
      Et allez militer pour l’IVG.

      Si vous ne voulez pas être confondus
      Avec un canon chargé à l’agent orange
      C’est à vous de lutter contre Trump
      Et de vous en démarquer.
      Les femmes ne se fécondent pas toutes seules,
      Les fauteurs d’IVG c’est vous.

      Faites vous vasectomiser, faites vous contracepter
      Prenez vos responsabilités, arrêtez de féconder
      Et allez militer pour l’IVG.

      #mégèrisme

    • @igor_babou

      Pour ce que j’en comprends, il n’y aucune connotation génocidaire et/ou viriliste dans les propos de @mad_meg. Ils sont plutôt destinés à instiller, chez ceux qui brandissent à tort et à travers leurs attributs fécondants (et par là même oppressifs), le même dégout révolté que ces comportements inspirent à celles qui en pâtissent.

      Les phallus sont des instruments de domination symbolique autant que des armes de guerre bien concrète. C’est peut-être difficile à intégrer lorsqu’on en est porteur, mais l’enjeu mérite largement de refuser une axiologie faussement neutre.

    • Il ne me semble pas avoir lésiné sur les arguments. Toi tu ne fait que me traiter d’idiote et de nazie. Tu peu quitter seenthis si tu es aussi couillon que tu en as l’air et qu’une personne suffit à te privé de toutes les autres. En attendant je vais te bloquer ca fera des vacances à tout le monde et je te laisse avec ton auto-certificat de mec jamais macho parce qu’il a fait un discours pour soutenir une femme excellente à l’institut prout-prout.

    • Oui c’est ce raccourcie qui lui permet de me traiter de genocidaire.

      en tout cas je remercie cet igor de m’avoir confirmé que je suis sur la bonne voie. Tant que l’IVG est un truc de femmes tout va bien et il n’y a aucun homme dans la discussion, mais dès que le moindre effort de responsabilisation est demandé à un homme les masques tombent. Je relève aussi le manque d’humour total du gonze et comme d’habitude il n’as été voire aucun des liens qui lui ont été fournis car le pouvoir divin de ses couilles sacrée lui donnent la science infuse.

    • en écoutant Liogier dans un débat il explique que les hommes utilisent une « stratégie de méconnaissance » qui n’est pas l’ignorance, mais un choix délibéré de ne pas se former ou étudié un sujet.
      C’est à mon avis la stratégie adopté par ces hommes, méconnaitre intentionnellement la contraception.
      https://seenthis.net/messages/784526

      #domination_masculine #stratégie_de_méconnaissance

      Autre technique de domination mise en évidence dans la meme discusion ; la confusion - le hors sujet.
      exemple - sur #me_too parlé de « on ne peu plus séduir » alors que Metoo dénonce les agressions sexuelles et non la séduction. La séduction n’as aucun rapport avec le sujet.
      exemple - sur un appel à la résponsabilisation des personnes en capacité d’en fécondé d’autres dans des pays interdisant IVG, un dominant répond ; massacre de masse, y a des femmes qui veulent pas d’IVG, et #tone_policy
      #stratégie_de_domination

  • As Thousands of Taxi Drivers Were Trapped in Loans, Top Officials Counted the Money - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/05/19/nyregion/taxi-medallions.html

    [Read Part 1 of The Times’s investigation: How Reckless Loans Devastated a Generation of Taxi Drivers]

    At a cramped desk on the 22nd floor of a downtown Manhattan office building, Gary Roth spotted a looming disaster.

    An urban planner with two master’s degrees, Mr. Roth had a new job in 2010 analyzing taxi policy for the New York City government. But almost immediately, he noticed something disturbing: The price of a taxi medallion — the permit that lets a driver own a cab — had soared to nearly $700,000 from $200,000. In order to buy medallions, drivers were taking out loans they could not afford.

    Mr. Roth compiled his concerns in a report, and he and several colleagues warned that if the city did not take action, the loans would become unsustainable and the market could collapse.

    They were not the only ones worried about taxi medallions. In Albany, state inspectors gave a presentation to top officials showing that medallion owners were not making enough money to support their loans. And in Washington, D.C., federal examiners repeatedly noted that banks were increasing profits by steering cabbies into risky loans.

    They were all ignored.

    Medallion prices rose above $1 million before crashing in late 2014, wiping out the futures of thousands of immigrant drivers and creating a crisis that has continued to ravage the industry today. Despite years of warning signs, at least seven government agencies did little to stop the collapse, The New York Times found.

    Instead, eager to profit off medallions or blinded by the taxi industry’s political connections, the agencies that were supposed to police the industry helped a small group of bankers and brokers to reshape it into their own moneymaking machine, according to internal records and interviews with more than 50 former government employees.

    For more than a decade, the agencies reduced oversight of the taxi trade, exempted it from regulations, subsidized its operations and promoted its practices, records and interviews showed.

    Their actions turned one of the best-known symbols of New York — its signature yellow cabs — into a financial trap for thousands of immigrant drivers. More than 950 have filed for bankruptcy, according to a Times analysis of court records, and many more struggle to stay afloat.

    Remember the ‘10,000 Hours’ Rule for Success? Forget About It
    “Nobody wanted to upset the industry,” said David Klahr, who from 2007 to 2016 held several management posts at the Taxi and Limousine Commission, the city agency that oversees cabs. “Nobody wanted to kill the golden goose.”

    New York City in particular failed the taxi industry, The Times found. Two former mayors, Rudolph W. Giuliani and Michael R. Bloomberg, placed political allies inside the Taxi and Limousine Commission and directed it to sell medallions to help them balance budgets and fund priorities. Mayor Bill de Blasio continued the policies.

    Under Mr. Bloomberg and Mr. de Blasio, the city made more than $855 million by selling taxi medallions and collecting taxes on private sales, according to the city.

    But during that period, much like in the mortgage lending crisis, a group of industry leaders enriched themselves by artificially inflating medallion prices. They encouraged medallion buyers to borrow as much as possible and ensnared them in interest-only loans and other one-sided deals that often required them to pay hefty fees, forfeit their legal rights and give up most of their monthly incomes.

    When the medallion market collapsed, the government largely abandoned the drivers who bore the brunt of the crisis. Officials did not bail out borrowers or persuade banks to soften loan terms.

    “They sell us medallions, and they knew it wasn’t worth price. They knew,” said Wael Ghobrayal, 42, an Egyptian immigrant who bought a medallion at a city auction for $890,000 and now cannot make his loan payments and support his three children.

    “They lost nothing. I lost everything,” he said.

    The Times conducted hundreds of interviews, reviewed thousands of records and built several databases to unravel the story of the downfall of the taxi industry in New York and across the United States. The investigation unearthed a collapse that was years in the making, aided almost as much by regulators as by taxi tycoons.

    Publicly, government officials have blamed the crisis on competition from ride-hailing firms such as Uber and Lyft.

    In interviews with The Times, they blamed each other.

    The officials who ran the city Taxi and Limousine Commission in the run-up to the crash said it was the job of bank examiners, not the commission, to control lending practices.

    The New York Department of Financial Services said that while it supervised some of the banks involved in the taxi industry, it deferred to federal inspectors in many cases.

    The federal agency that oversaw many of the largest lenders in the industry, the National Credit Union Administration, said those lenders were meeting the needs of borrowers.

    The N.C.U.A. released a March 2019 internal audit that scolded its regulators for not aggressively enforcing rules in medallion lending. But even that audit partially absolved the government. The lenders, it said, all had boards of directors that were supposed to prevent reckless practices.

    And several officials criticized Congress, which two decades ago excepted credit unions in the taxi industry from some rules that applied to other credit unions. After that, the officials said, government agencies had to treat those lenders differently.

    Ultimately, former employees said, the regulatory system was set up to ensure that lenders were financially stable, and medallions were sold. But almost nothing protected the drivers.

    Matthew W. Daus, far right, at a hearing of the New York City Taxi and Limousine Commission in 2004. CreditMarilynn K. Yee/The New York Times
    Matthew W. Daus was an unconventional choice to regulate New York’s taxi industry. He was a lawyer from Brooklyn and a leader of a political club that backed Mr. Giuliani for mayor.

    The Giuliani administration hired him as a lawyer for the Taxi and Limousine Commission before appointing him chairman in 2001, a leadership post he kept after Mr. Bloomberg became mayor in 2002.

    The commission oversaw the drivers and fleets that owned the medallions for the city’s 12,000 cabs. It licensed all participants and decided what cabs could charge, where they could go and which type of vehicle they could use.

    And under Mr. Bloomberg, it also began selling 1,000 new medallions.

    At the time, the mayor said the growing city needed more yellow cabs. But he also was eager for revenue. He had a $3.8 billion hole in his budget.

    The sales put the taxi commission in an unusual position.

    It had a long history of being entangled with the industry. Its first chairman, appointed in 1971, was convicted of a bribery scheme involving an industry lobbyist. Four other leaders since then had worked in the business.

    It often sent staffers to conferences where companies involved in the taxi business paid for liquor, meals and tickets to shows, and at least one past member of its board had run for office in a campaign financed by the industry.

    Still, the agency had never been asked to generate so much money from the business it was supposed to be regulating.

    Former staffers said officials chose to sell medallions with the method they thought would bring in the most revenue: a series of limited auctions that required participants to submit sealed bids above ever-increasing minimums.

    Ahead of the sales, the city placed ads on television and radio, and in newspapers and newsletters, and held seminars promoting the “once-in-a-lifetime opportunity.”

    “Medallions have a long history as a solid investment with steady growth,” Mr. Daus wrote in one newsletter. In addition to guaranteed employment, he wrote, “a medallion is collateral that can assist in home financing, college tuition or even ‘worry-free’ retirement.”

    At the first auctions under Mr. Bloomberg in 2004, bids topped $300,000, surprising experts.

    Some former staffers said in interviews they believed the ad campaign inappropriately inflated prices by implying medallions would make buyers rich, no matter the cost. Seven said they complained.

    The city eventually added a disclaimer to ads, saying past performance did not guarantee future results. But it kept advertising.

    During the same period, the city also posted information on its website that said that medallion prices were, on average, 13 percent higher than they really were, according to a Times data analysis.

    In several interviews, Mr. Daus defended the ad campaigns, saying they reached people who had been unable to break into the tight market. The ads were true at the time, he said. He added he had never heard internal complaints about the ads.

    In all, the city held 16 auctions between 2004 and 2014.

    “People don’t realize how organized it is,” Andrew Murstein, president of Medallion Financial, a lender to medallion buyers, said in a 2011 interview with Tearsheet Podcast. “The City of New York, more or less, is our partner because they want to see prices go as high as possible.”

    Help from a federal agency

    New York City made more than $855 million from taxi medallion sales under Mayor Bill de Blasio and his predecessor, Michael R. Bloomberg.

    For decades, a niche banking system had grown up around the taxi industry, and at its center were about half a dozen nonprofit credit unions that specialized in medallion loans. But as the auctions continued, the families that ran the credit unions began to grow frustrated.

    Around them, they saw other lenders making money by issuing loans that they could not because of the rules governing credit unions. They recognized a business opportunity, and they wanted in.

    They found a receptive audience at the National Credit Union Administration.

    The N.C.U.A. was the small federal agency that regulated the nation’s credit unions. It set the rules, examined their books and insured their accounts.

    Like the city taxi commission, the N.C.U.A. had long had ties to the industry that it regulated. One judge had called it a “rogue federal agency” focused on promoting the industry.

    In 2004, its chairman was Dennis Dollar, a former Mississippi state representative who had previously worked as the chief executive of a credit union. He had just been inducted into the Mississippi Credit Union Hall of Fame, and he had said one of his top priorities was streamlining regulation.

    Dennis Dollar, the former chairman of the National Credit Union Administration, is now a consultant in the industry. 

    Under Mr. Dollar and others, the N.C.U.A. issued waivers that exempted medallion loans from longstanding rules, including a regulation requiring each loan to have a down payment of at least 20 percent. The waivers allowed the lenders to keep up with competitors and to write more profitable loans.

    Mr. Dollar, who left government to become a consultant for credit unions, said the agency was following the lead of Congress, which passed a law in 1998 exempting credit unions specializing in medallion loans from some regulations. The law signaled that those lenders needed leeway, such as the waivers, he said.

    “If we did not do so, the average cabdriver couldn’t get a medallion loan,” Mr. Dollar said.

    The federal law and the N.C.U.A. waivers were not the only benefits the industry received. The federal government also provided many medallion lenders with financial assistance and guaranteed a portion of their taxi loans, assuring that if those loans failed, they would still be partially paid, according to records and interviews.

    As lenders wrote increasingly risky loans, medallion prices neared $500,000 in 2006.

    ‘Snoozing and napping’

    Under Mr. Bloomberg, the New York City Taxi and Limousine Commission began selling 1,000 new medallions.

    Another agency was also supposed to be keeping an eye on lending practices. New York State banking regulators are required to inspect all financial institutions chartered in the state. But after 2008, they were forced to focus their attention on the banks most affected by the global economic meltdown, according to former employees.

    As a result, some industry veterans said, the state stopped examining medallion loans closely.

    “The state banking department would come in, and they’d be doing the exam in one room, and the N.C.U.A. would be in another room,” said Larry Fisher, who was then the medallion lending supervisor at Melrose Credit Union, one of the biggest lenders. “And you could catch the state banking department snoozing and napping and going on the internet and not doing much at all.”

    The state banking department, which is now called the New York Department of Financial Services, disputed that characterization and said it had acted consistently and appropriately.

    Former federal regulators described a similar trend at their agencies after the recession.

    Some former employees of the N.C.U.A., the Federal Deposit Insurance Corporation and the Office of the Comptroller of the Currency said that as medallion prices climbed, they tried to raise issues with loans and were told not to worry. The Securities and Exchange Commission and the Federal Reserve Board also oversaw some lenders and did not intervene.

    A spokesman for the Federal Reserve said the agency was not a primary regulator of the taxi lending industry. The rest of the agencies declined to comment.

    “It was obvious that the loans were unusual and risky,” said Patrick Collins, a former N.C.U.A. examiner. But, he said, there was a belief inside his agency that the loans would be fine because the industry had been stable for decades.

    Meanwhile, in New York City, the taxi commission reduced oversight.

    For years, it had made medallion purchasers file forms describing how they came up with the money, including details on all loans. It also had required industry participants to submit annual disclosures on their finances, loans and conflicts of interest.

    But officials never analyzed the forms filed by buyers, and in the 2000s, they stopped requiring the annual disclosures altogether.

    “Reviewing these disclosures was an onerous lift for us,” the commission’s communications office said in a recent email.

    By 2008, the price of a medallion rose to $600,000.

    At around the same time, the commission began focusing on new priorities. It started developing the “Taxi of Tomorrow,” a model for future cabs.

    The agency’s main enforcement activities targeted drivers who cheated passengers or discriminated against people of color. “Nobody really scrutinized medallion transfers,” said Charles Tortorici, a former commission lawyer.

    A spokesman for Mr. Bloomberg said in a statement that during the mayor’s tenure, the city improved the industry by installing credit card machines and GPS devices, making fleets more environmentally efficient and creating green taxis for boroughs outside Manhattan.

    “The industry was always its own worst enemy, fighting every reform tooth and nail,” said the spokesman, Marc La Vorgna. “We put our energy and political capital into the reforms that most directly and immediately impacted the riding public.”

    Records show that since 2008, the taxi commission has not taken a single enforcement action against brokers, the powerful players who arrange medallion sales and loans.

    Alex Korenkov, a broker, suggested in an interview that he and other brokers took notice of the city’s hands-off approach.

    “Let’s put it this way,” he said. “If governing body does not care, then free-for-all.”

    By the time that Mr. Roth wrote his report at the Taxi and Limousine Commission in 2010, it was clear that something strange was happening in the medallion market.

    Mr. Daus gave a speech that year that mentioned the unusual lending practices. During the speech, he said banks were letting medallion buyers obtain loans without any down payment. Experts have since said that should have raised red flags. But at the time, Mr. Daus seemed pleased.

    “Some of these folks were offering zero percent down,” he said. “You tell me what bank walks around asking for zero percent down on a loan? It’s just really amazing.”

    In interviews, Mr. Daus acknowledged that the practice was unusual but said the taxi commission had no authority over lending.

    Inside the commission, at least four employees raised concerns about the medallion prices and lending practices, according to the employees, who described their own unease as well as Mr. Roth’s report.

    David S. Yassky, a former city councilman who succeeded Mr. Daus as commission chairman in 2010, said in an interview that he never saw Mr. Roth’s report.

    Mr. Yassky said the medallion prices puzzled him, but he could not determine if they were inflated, in part because people were still eager to buy. Medallions may have been undervalued for decades, and the price spike could have been the market recognizing the true value, he suggested.

    Meera Joshi, who became chairwoman in 2014, said in an interview that she was worried about medallion costs and lending practices but was pushed to prioritize other responsibilities. Dominic Williams, Mr. de Blasio’s chief policy adviser, said the city focused on initiatives such as improving accessibility because no one was complaining about loans.

    Worries about the taxi industry also emerged at the National Credit Union Administration. In late 2011, as the price of some medallions reached $800,000, a group of agency examiners wrote a paper on the risks in the industry, according to a recent report by the agency’s inspector general.

    In 2012, 2013 and 2014, inspectors routinely documented instances of credit unions violating lending rules, the inspector general’s report said.

    David S. Yassky, the former chairman of the New York City Taxi and Limousine Commission.

    The N.C.U.A. chose not to penalize medallion lenders or impose extra oversight. It did not take any wide industry action until April 2014, when it sent a letter reminding the credit unions in the taxi market to act responsibly.

    Former staffers said the agency was still focused on the fallout from the recession.

    A spokesman for the N.C.U.A. disputed that characterization and said the agency conducted appropriate enforcement.

    He added the agency took actions to ensure the credit unions remained solvent, which was its mission. He said Congress allowed the lenders to concentrate heavily on medallion loans, which left them vulnerable when Uber and Lyft arrived.

    At the New York Department of Financial Services, bank examiners noticed risky practices and interest-only loans and repeatedly wrote warnings starting in 2010, according to the state. At least one report expressed concern of a potential market bubble, the state said.

    Eventually, examiners became so concerned that they made a PowerPoint presentation and called a meeting in 2014 to show it to a dozen top officials.

    “Since 2001, individual medallion has risen 455%,” the presentation warned, according to a copy obtained by The Times. The presentation suggested state action, such as sending a letter to the industry or revoking charters from some lenders.

    The state did neither. The department had recently merged with the insurance department, and former employees said it was finding its footing.

    The department superintendent at the time, Benjamin M. Lawsky, a former aide to Gov. Andrew M. Cuomo, said he did not, as a rule, discuss his tenure at the department.

    In an emailed statement, the department denied it struggled after the merger and said it took action to stop the collapse of the medallion market. A department spokesman provided a long list of warnings, suggestions and guidelines that it said examiners had issued to lenders. He said that starting in 2012, the department downgraded some of its own internal ratings of the lenders.

    The list did not include any instances of the department formally penalizing a medallion lender, or making any public statement about the industry before it collapsed.

    Between 2010 and 2014, as officials at every level of government failed to rein in the risky lending practices, records show that roughly 1,500 people bought taxi medallions. Over all, including refinancings of old loans and extensions required by banks, medallion owners signed at least 10,000 loans in that time.

    Several regulators who tried to raise alarms said they believed the government stood aside because of the industry’s connections.

    Many pointed to one company — Medallion Financial, run by the Murstein family. Former Gov. Mario M. Cuomo, the current governor’s father, was a paid member of its board from 1996 until he died in 2015.

    Others noted that Mr. de Blasio has long been close to the industry. When he ran for mayor in 2013, an industry lobbyist, Michael Woloz, was a top fund-raiser, records show. And Evgeny Freidman, a major fleet owner who has admitted to artificially inflating medallion prices, has said he is close to the mayor.

    Some people, including Mr. Dollar, the former N.C.U.A. chairman, said Congress excepted the taxi trade from rules because the industry was supported by former United States Senator Alfonse D’Amato of New York, who was then the chairman of the Senate Banking Committee.

    “The taxi industry is one of the most politically connected industries in the city,” said Fidel Del Valle, who was the chairman of the taxi commission from 1991 to 1994. He later worked as a lawyer for drivers and a consultant to an owner association run by Mr. Freidman. “It’s been that way for decades, and they’ve used that influence to push back on regulation, with a lot of success.”

    A spokesman for Mr. Cuomo said Medallion Financial was not regulated by the state, so the elder Mr. Cuomo’s position on the board was irrelevant. A spokeswoman for Mr. de Blasio said the industry’s connections did not influence the city.

    Mr. Murstein, Mr. Woloz, Mr. Freidman and Mr. D’Amato all declined to comment.

    The aftermath
    “I think city will help me,” Mohammad Hossain, who is in deep debt from a taxi medallion loan, said at his family’s home in the Bronx.

    New York held its final independent medallion auction in February 2014. By then, concerns about medallion prices were common in the news media and government offices, and Uber had established itself. Still, the city sold medallions to more than 150 bidders. (“It’s better than the stock market,” one ad said.)

    Forty percent of the people who bought medallions at that auction have filed for bankruptcy, according to a Times analysis of court records.

    Mohammad Hossain, 47, from Bangladesh, who purchased a medallion for $853,000 at the auction, said he could barely make his monthly payments and was getting squeezed by his lender. “I bought medallion from the city,” he said through tears. “I think city will help me, you know. I assume that.”

    The de Blasio administration’s only major response to the crisis has been to push for a cap on ride-hail cars. The City Council at first rejected a cap in 2015 before approving it last year.

    Taxi industry veterans said the cap did not address the cause of the crisis: the lending practices.

    Richard Weinberg, a taxi commission hearing officer from 1988 to 2002 and a lawyer for drivers since then, said that when the medallion bubble began to burst, the city should have frozen prices, adjusted fares and fees and convinced banks to be flexible with drivers. That could have allowed prices to fall slowly. “That could’ve saved a lot of people,” he said.

    In an interview, Dean Fuleihan, the first deputy mayor, said the city did help taxi owners, including by reducing some fees, taxes and inspection mandates, and by talking to banks about loans. He said that if the City Council had passed the cap in 2015, it would have helped.

    “We do care about those drivers, we care about those families. We attempted throughout this period to take actions,” he said.

    Federal regulators also have not significantly helped medallion owners.

    In 2017 and 2018, the N.C.U.A. closed or merged several credit unions for “unsafe business practices” in medallion lending. It took over many of the loans, but did not soften terms, according to borrowers. Instead, it tried to get money out as quickly as possible.

    The failure of the credit unions has cost the national credit union insurance fund more than $750 million, which will hurt all credit union members.

    In August 2018, the N.C.U.A. closed Melrose in what it said was the biggest credit union liquidation in United States history. The agency barred Melrose’s general counsel from working for credit unions and brought civil charges against its former C.E.O., Alan Kaufman, saying he used company funds to help industry partners in exchange for gifts.

    The general counsel, Mitchell Reiver, declined to answer questions but said he did nothing wrong. Mr. Kaufman said in an interview that the N.C.U.A. made up the charges to distract from its role in the crisis.

    “I’m definitely a scapegoat,” Mr. Kaufman said. “There’s no doubt about it.”

    Glamour, then poverty
    After he struggled to repay his taxi medallion loan, Abel Vela left his family in New York and moved back to Peru, where living costs were cheaper. 

    During the medallion bubble, the city produced a television commercial to promote the permits. In the ad, which aired in 2004, four cabbies stood around a taxi discussing the perks of the job. One said buying a medallion was the best decision he had ever made. They all smiled. Then Mr. Daus appeared on screen to announce an auction.

    Fifteen years later, the cabbies remember the ad with scorn. Three of the four were eventually enticed to refinance their original loans under far riskier terms that left them in heavy debt.

    One of the cabbies, Abel Vela, had to leave his wife and children and return to his home country, Peru, because living costs were lower there. He is now 74 and still working to survive.

    The city aired a commercial in 2004 to promote an upcoming auction of taxi medallions. The ad featured real cab drivers, but three of them eventually took on risky loans and suffered financial blows.
    The only woman in the ad, Marie Applyrs, a Haitian immigrant, fell behind on her loan payments and filed for bankruptcy in November 2017. She lost her cab, and her home. She now lives with her children, switching from home to home every few months.

    “When the ad happened, the taxi was in vogue. I think I still have the tape somewhere. It was glamorous,” she said. “Now, I’m in the poorhouse.”

    Today, the only person from the television commercial still active in the industry is Mr. Daus. He works as a lawyer for lenders.

    [Read Part 1 of The Times’s investigation: How Reckless Loans Devastated a Generation of Taxi Drivers]

    Madeline Rosenberg contributed reporting. Doris Burke contributed research. Produced by Jeffrey Furticella and Meghan Louttit.

    #USA #New_York #Taxi #Betrug #Ausbeutung

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  • My $0.02 on Is Worse Better ?
    https://hackernoon.com/my-0-02-on-is-worse-better-e240784ed6a7?source=rss----3a8144eabfe3---4

    There is a famous long-running discussion in software engineering that goes under the title “Worse is Better”. I’ve never gotten my two cents in, so I thought I’d talk about it a bit here. This is also an opportunity to try to apply the perspective from my experience with software development at Microsoft.This discussion was first framed by Richard Gabriel. He characterized the two different approaches as the “MIT” vs. the “New Jersey” approach. These labels came from the approach taken by the Common Lisp and Scheme groups out of MIT and the contrasting Unix approach coming out of Bell Labs in New Jersey. I found the discussion especially interesting because I did 4 internships at Bell Labs while getting my BS and MS at MIT. So I managed to cross over both schools of thought. Of course, Unix (...)

    #software-development #software-thoughts #software-essays #programming #worse-is-better

  • Infographic: 4,000 Years Of Human History Captured In One Retro Chart
    https://www.fastcompany.com/1673266/infographic-4000-years-of-human-history-captured-in-one-retro-chart

    If time is a river, the Histomap, created by John B. Sparks and first published by Rand McNally back in 1931, is a raging Mississippi. In that massive river of time, each of humanity’s great civilizations becomes a confluence that ebbs, wanes, and sometimes ebbs again, each a separate current in a river that inexorably rages down to the mouth of the present day.

  • The Chamber (1996) [BluRay] [720p] [YTS.AM]
    https://yts.am/movie/the-chamber-1996#720p

    IMDB Rating: 6.0/10Genre: Crime / DramaSize: 960.91 MBRuntime: 1hr 53 minHaving survived the hatred and bigotry that was his Klansman grandfather’s only legacy, young attorney Adam Hall seeks at the last minute to appeal the old man’s death sentence for the murder of two small Jewish boys 30 years before. Only four weeks before Sam Cayhall is to be executed, Adam meets his grandfather for the first time in the Mississippi prison which has held him since the crime. The meeting is predictably tense when the educated, young Mr. "Hall" confronts his venom-spewing elder, Mr. "Cayhall," about the murders. The next day, headlines run proclaiming Adam the grandson who has come to the state to save his grandfather, the infamous Ku Klux Klan bomber. While the old man’s life lies in the balance, (...)

    https://yts.am/torrent/download/F1AE5DE5D6FC5ACA2A86EA884C8122242412EFB0

  • Petition calls for U.S. to give Northwest Angle to Canada

    ’Make America great by correcting this critical survey error,’ petition says.

    There is a call for the U.S. government to adjust the border near #Manitoba to give Canada the geographic oddity known as the Northwest Angle.

    Known simply as the Angle to the 120 people who live there, it is a jetty of #Minnesota sandwiched between Manitoba and northwestern #Ontario.

    It is the only place in the United States outside Alaska that is north of the 49th parallel. And it was based on a flawed map from 1755.

    “Make America great by correcting this critical survey error,” states a petition, called “Give Canada back the Northwest Angle located in Manitoba,” and created as part of We the People.

    Launched in September 2011 under then-President Barack Obama, We the People is a section of the White House website for petitioning policy experts. Petitions that meet a certain threshold of signatures are typically reviewed by administration officials who are prepared to issue official responses.

    The threshold for a response is 100,000 signatures, so it could take some more for the Northwest Angle petition to find its way onto the desk of U.S. Congress.

    It was created Sunday, and as of Wednesday, had just 32 signatures.

    The international boundary that takes in the #Northwest_Angle was made shortly after the Treaty of Paris in 1783 between the U.S. and Britain.

    However, Benjamin Franklin and British representatives relied on a 1755 map from American John Mitchell, who was not a professional geographer or map-maker.

    He was a physician and botanist who developed an interest in geography and created his map based on materials he found in official archives and private hands. But he misattributed the source of the Mississippi River as being at the edge of Lake of the Woods, and drew the lake itself in the shape of an oval rather than bent and bowed by the multiple bays it actually contains.

    The Treaty of Paris stated the boundary between U.S. territory and the British possessions to the north would run “...through the Lake of the Woods to the northwestern-most point thereof, and from thence on a due west course to the river Mississippi.”

    The source of the Mississippi River, however, actually lies nearly due south of Lake of the Woods, rather than north and west of it.

    The end result is a thumb of land isolated from the rest of the U.S. In those months when Lake of the Woods is free of ice, Angle residents can reach the mainland U.S. directly by boat.

    However, to make the journey by land, residents must pass through two Canada-U.S. borders — at the east and southern boundaries of Manitoba.

    “Even the most mundane tasks involve a certain amount of shuttle diplomacy. Grocery shopping is once a week, and that’s an hour and 15 minutes, one way,” states a story on the region by CBS News in 2016.

    “First, residents have to notify Canadian authorities that they’re about to cross the border. Then, it’s a 60-mile [96.6-km] or so trek through Canada back to the U.S. boundary line to cross back into Minnesota and the nearest town.”

    https://www.cbc.ca/news/canada/manitoba/northwest-angle-petition-border-1.4962228
    #Canada #USA #Etats-Unis #frontières #disputes_frontalières #disputes_territoriales #différend_frontalier #frontières_mobiles #pétition

    La pétition:
    https://petitions.whitehouse.gov/petition/give-canada-back-northwest-angle-located-manitoba

    ping @reka

  • Interview du groupe The Staples ou The Staple Singers à leurs débuts en 1963. J’extrais une citation du père, Roebuck, sur le racisme auquel ils devaient faire face :

    Staple Singers Interview
    Chris Strachwitz and Barbara Dane, 3 August 1963
    http://arhoolie.org/staple-singers-interview-2

    Extrait :

    Roebuck Staples: This is my land. This is ours. This land belong to everybody. To see it like that, we’d have a better United States. It’s just really rough, what the colored entertainers have to go through with sometime, in the trail. We hit down in the Southern states. It’s hard to get food sometimes. Nobody know, that’s why colored people sang the blues. That’s why they can sing with soul.

    With all the integration, and what they’re saying have been done, you don’t know what’s gone on when you get out there and even the police will tell you things in your car, that you know you don’t know what’s going on, either.

    Who was it, Jackie Russell? I was reading little piece where they let him go inside a white hotel. He’d let Barbara come in, and then the desk clerk had a fit. You can’t do nothing you know. It’s just so silly.

    I was down south last year. I was at a cavalcade and had, how many cars would we have? About four cars. I drive a Cadillac because that’s the best car. I’m not trying to be a big shot. That’s the best car in the world to drive. When you talk about Cadillac, they always give you one. I hope they see this and they can give me a Cadillac, but they’re the best cars in the world. I don’t do nothing but put gas in that car and change the oil. We drove up to Yazoo City, Mississippi, and I never will forget, a man asked me and I told him, fill my car up. Fill it up. I was driving a brand new ’62 Cadillac. Reverend Franklin driving a brand new ’62 Cadillac. And they was kind of mad at us ‘cause we was driving them big new cars and “what about that one back there? Want me to fill up too?”

    I said “Reverend you want your car filled up too…? I said “Yeah, fill ‘em up.” “Don’t you say Yeah to us white people down here.” Yes he did. He had fifty cent worth of gas in my car. I said, cut it off. That’s plenty. He cut it off. I gave him fifty cent. Thank you. My son came out of the door, and getting’ a can of something, and he said, okay to him…”Don’t say Okay, you say Yes sir to us white people down here. “

    I can’t understand. We went on down the street, and I don’t know what he was thinking of. We went down, he lost twenty-five dollars. We went on down the street, we filled all the cars up.

    He lost twenty-five dollars right there. We went on to the next station. We filled up. We had a full car. I don’t see how he can stand to lose that money like that. Twenty-five dollars. When you fill it up, it cost seven to eight dollars. He lost about twenty-some dollars. Right there. Just on account of he abused me like that.

    Not an exclusive place. I went in to just a service station. They had a counter there, you know. I ordered, I was driving. We’d gone late at night, real late, and I was going to get something to eat here, get us some sandwiches. Went in there, and I ordered. Well, you go around to the back. Well you keep your food, I’m gone. That’s the kind of stuff. You’d be hungry too, but you don’t feel like eating it after they tell you something like that.

    I took my son to get some sandwiches, in a place down there, two ladies was in there. I went to the front, and I was asking, Perv, what you doing back here? He told me, they told me to come around the back. I said, never buy any food like that as long as you live. If my money won’t spend there, if it’s not good enough to spend there, it’s not good enough to spend back here. Lady came, she said, Mr., said we awful sorry. Said we trying to make a living, so I know how you feel, but we got to do what this man said. We can’t do nothing about it. We hate it as bad as you do. Some of them, it’s not all bad white people now. Don’t think that, because she just didn’t see any sense in herself, she couldn’t see it, but there are some, yep, if they didn’t do that, they would lose their jobs, and they’d needed to work.

    One girl was coming through going to Cincinnati, stopped in the house in Chicago. CORE (Congress for Racial Equality) convention was in Cincinnati, Ohio. She stopped, and I asked her how was things going. She’s from Jackson, Mississippi, right out where Evers got killed, and asked her how was things in Mississippi. She was coming on from Jackson then, in Canton, and the police stopped her. Let me see your driver’s license, nigger. Who you calling nigger? See all that kind of stuff we have to go through with, that you all don’t, the white never know about...

    Près de 10 ans plus tard, à #Wattstax :
    https://www.youtube.com/watch?v=oab4ZCfTbOI

    #Staple_Singers #Musique #Musique_et_politique #Gospel #Histoire #ségrégation #racisme #USA

  • Amid an Export Boom, the U.S. Is Still Importing #Natural_Gas - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-12-27/amid-an-export-boom-the-u-s-is-still-importing-natural-gas

    The U.S. may be exporting natural gas at a record clip, but that hasn’t stopped it from accepting new imports. A tanker with fuel from Nigeria has berthed at the Cove Point import terminal in Maryland, while a second ship with Russian gas is idling outside Boston Harbor.

    Pipeline constraints, depleted stockpiles and a 98-year-old law barring foreign ships from moving goods between U.S. ports is opening the way for liquefied natural gas to be shipped from overseas with prices expected to spike as the East Coast winter sets in.

    The two tankers are carrying about 6 billion cubic feet of #LNG, enough to power 150,000 homes for a year. At one point Thursday, the ship carrying Nigerian fuel to Cove Point passed another tanker in the Chesapeake Bay filled with U.S. gas that was headed abroad.

    It is ironic,’” said John Kilduff, a partner at Again Capital LLC in New York. But the “super cheap gas” produced in the nation’s shale fields “is trapped down west of the Mississippi unable to serve its own market,” he said by phone. “The gas is where the people aren’t.

    bout the money. The companies shipping the gas into Maryland — BP Plc and Royal Dutch Shell Plc — will likely have it stored until freezing East Coast temperatures push prices higher as local suppliers struggle to meet demand, according to Trevor Sikorski, head of natural gas, coal and carbon with the London-based industry consultant Energy Aspects Ltd. in a note to clients on Wednesday.

    Meanwhile, the gas being exported out will likely fetch higher prices right now in Europe and Asia. Dominion Energy Inc., which owns the Cove Point terminal, didn’t respond to emailed and telephone requests seeking comment.

    Other factors are at play as well. For instance, American providers can’t just ship LNG from shale fields in the south because the giant ships that transport the super-chilled fuel sail under foreign flags. Under the 1920 #Jones_Act, that means none can legally transport LNG to the Northeast from existing export terminals in Louisiana and Texas.

    At the same time, even the vast pipeline network feeding the region can quickly develop bottlenecks at a time when stockpiles are sitting at their lowest levels for this time of year since 2002. While production is soaring, strong demand from more and more U.S. power plants using the fuel, along with new export terminals, soaks up much of that new supply.

    There’s still some logistics and pipelines that need to be built to match out to where the demand is,” Kilduff said.

    #GNL

  • Ohio Republicans declare motherhood “necessary,” want to make it mandatory | Salon.com
    https://www.salon.com/2018/11/21/ohio-republicans-declare-motherhood-necessary-want-to-make-it-mandatory

    While the name of Brett Kavanaugh has fallen out of the headline news cycle, the religious right has not forgotten that his recent addition to the Supreme Court now means they likely have five votes to overturn Roe v. Wade and allow states to ban abortion. While the endless churn of outrageous Trump stories occupies national headlines, anti-choice activists and politicians are swiftly moving to pass laws that they clearly hope will lead, perhaps within a year, to vacating the current legal protections for abortion rights.

    In the stampede to ban abortion, Republican politicians don’t always bother to keep up the pretense that their opposition to abortion is about “life.” All to often, they let slip how much it’s rooted in contempt for women having control over their own bodies and their own futures.

    Last week, the Ohio state house passed a bill that would ban abortions at six weeks. That would effectively a ban on most abortions, since performing the procedure before a pregnancy shows up on an ultrasound, which happens at just about six weeks, is not medically recommended. During debate over the bill in the Ohio state house, Republican state Rep. Christina Hagan brought her infant twins onto the floor to shame women who aren’t mothers about their alleged selfishness.

    “Motherhood isn’t easy but it’s necessary,” Hagan dramatically declared when arguing for her bill to make motherhood mandatory.

    Perhaps we should be grateful to Hagan for using her floor time to unsubtly suggest that women who have abortions are lazy and selfish. There should be no doubt that this is the belief that motivates the anti-choice movement in general, but most abortion foes have become media savvy enough to realize that they get more sympathy if they ascribe views to a religious delusion that equates embryonic life to that of actual babies. So at least Hagan showed her true colors, revealing the resentment of childless women and desire to exert control over other people’s lives that lies at the center of the anti-choice movement.

    Still, this rhetoric is enraging on a couple of levels. First, there’s the deep sexism of assuming that a childless woman has nothing to offer society, that our value is only in the womb and not in the brain and the heart.

    Furthermore, Hagan’s insinuation — that forced childbirth is needed to ensure the continuation of the human race — simply doesn’t reflect reality. The majority — nearly 60 percent — of women who seek abortions are mothers already. Among the rest, plenty plan to have children in the future, but are waiting for stability in both their economic and romantic life — because that’s best for the child. Women have abortions because they take motherhood seriously and believe that it’s better for children to be raised in homes that are ready to accept them.

    That’s why it shouldn’t be controversial to point out that anti-choice views are rooted in misogyny. These people actively choose to ignore the carefully collected evidence about women’s lives, in order to cling to sexist stereotypes painting women who have abortions as lazy and slutty. The only reason to choose ugly stereotypes over facts is because you want to believe the worst about women.

    That, in turn, should explain why, after passing this already egregious abortion ban, the Ohio legislature is now considering an even more draconian bill that would reclassify fertilized eggs, embryos and fetuses as “persons” in the criminal code.

    This bill received a lot of national attention, because headlines emphasized that it could make performing or getting an abortion a capital offense. That’s alarming, absolutely, but it barely touches the surface of how troubling this bill actually is. It could very likely criminalize more than abortion, putting women in danger of prosecution if they have a miscarriage, or even use birth control.

    The six-week abortion ban is enough to end abortions in Ohio, if that’s all the Ohio Republicans wanted. This bill, on the other hand, would go much further. By designating an embryo or a fetus a person, the state could open the door to charging women for child abuse or manslaughter if authorities believe their personal choices — ranging from using drugs to eating soft cheeses — were to blame for miscarriage or poor birth outcomes.

    This isn’t just “Handmaid’s Tale” speculation, either. Many states have already experimented with charging women for child abuse for drug use during pregnancy. In Montana, women are frequently held captive during pregnancy for just this reason. Formalizing these efforts by declaring that embryos are the same as babies could drastically expand these efforts, moving it past just punishing women for drug and alcohol abuse and towards criminal investigations for any failure to follow medical advice during pregnancy.

    To understand the full scope of how awful this bill is, note that it defines as “persons” entities that are undetectable by either the woman herself or by any medical instruments. It takes a number of days for a fertilized egg, which this bill would declare a “person,” to attach to the uterine lining and start the process of pregnancy. About half of all fertilized eggs fail to attach, and the woman then experiences a normal period with no way to know the difference. This bill would render every menstrual period, at least for women who have sex with men, into a legally ambiguous area, where she may or may not have a “corpse” of a “person” in her tampon.

    It’s no mysterious why anti-choice activists think creating this troubling legal ambiguity is a great idea. For years, the movement has been spreading pseudo-science about female-controlled birth control methods, such as the pill or the IUD, claiming that they kill fertilized eggs. (In reality, they work primarily by preventing fertilization to begin with.) This pseudo-science gives anti-choice activists an excuse to claim that female-controlled contraception is a form of “abortion” — as Kavanaugh did during his confirmation hearing — and thereby lay the groundwork to restrict contraception access.

    Tendering every period a woman has as a maybe-person admittedly creates such an enormous legal gray area that it’s unlikely even Republicans want to go there. But that’s why there’s no downside for anti-choice politicians in introducing this bill. It makes the six-week ban look “moderate” in comparison. It’s unlikely that the birth control pill will ever legally be considered “murder,” but anti-choice activists are using the claim that it kills fertilized eggs as a pretext for cutting off government and insurance funding for contraception. The appointment of Scott Lloyd, a lawyer who has worked to allow pharmacists to deny contraception prescriptions to women, to work at the Center for Faith and Opportunity Initiatives in the Department of Health and Human Services suggests that this new office, created in May, department, exists mostly to create bureaucratic obstacles for women seeking contraception.

    In Mississippi, a ban on abortion after 15 weeks was struck down by a district court judge, who pointed out that multiple court decisions, including at least three from the Supreme Court, have upheld that states “may not ban abortions prior to viability.” Because of decisions like this, it’s believed that Ohio Gov. John Kasich will veto the six-week ban, rather than commit state resources to defending it through the lengthy appeals process as lower federal courts strike it down.

    Still, if Mississippi chooses to fight that, and if that leads to a real chance to overturn Roe v. Wade before the Supreme Court, there’s no telling how aggressive Republicans might become. Abortion bans that once seemed blatantly unconstitutional now have a real shot at being upheld. It’s likely just a matter of time before there’s a showdown in the Supreme Court over whether or not abortion rights in the United States will stand.

  • Oltre 500 ore consecutive di culto per non far espellere una famiglia migrante

    In Olanda la legge vieta di interrompere una funziona religiosa: per questo centinaia di pastori da oltre tre settimane si alternano per evitare il rimpatrio di una famiglia ospitata in chiesa.

    In Olanda una chiesa protestante de l’Aja sta tenendo un culto da oltre tre settimane consecutive per proteggere una famiglia di migranti dall’espulsione dal Paese.

    La storia è tanto semplice quanto geniale: secondo la legge statale le forze dell’ordine non possono interrompere una funzione religiosa in corso. Centinaia di pastori si stanno dunque alternando per non far cessare mai il culto cui sta partecipando la famiglia in questione, una coppia armena con tre figli di 15, 19 e 21 anni. L’idea è venuta al presidente del consiglio generale della Chiesa protestante olandese, il pastore Theo Hettema, una volta saputo che la famiglia, da ben 8 anni nei Paesi Bassi, con un figlio iscritto all’università e gli altri alle scuole dell’obbligo, rischiava il rimpatrio perché non può più godere delle tutele internazionali in quanto l’Armenia, terra d’origine dei cinque, non è considerata nazione a rischio.

    I cinque, cristiani, frequentano la chiesa protestante della cittadina in cui risiedono, Katwijk, nei pressi proprio de L’Aja, e una delle figlie svolge volontariato in una associazione legata alla chiesa. L’ appello del pastore Hettema ha raccolto l’adesione di centinaia di colleghi e di moltissimi membri di chiesa, provenienti anche dai Comuni vicini. Tutti consapevoli che la splendida iniziativa non potrà durare in eterno, ma con la speranza di far nel mentre cambiare idea al governo, che ha però più volte affermato che la famiglia non ha i requisiti per rimanere nel Paese. Otto anni per ottenere una risposta sulla possibilità di asilo o meno in una nazione rischiano di essere un tragico record, e ignorare che la famiglia si sia oramai integrata nel nuovo contesto pare un’inutile cattiveria.

    Quando i 5 non partecipano alla funzione, si riposano nei locali sopra la cappella. Un tempo in Italia le chiese erano luoghi di asilo e rifugio in cui le forze dell’ordine non potevano entrare, ma da oltre un secolo le cose sono cambiate (secondo quanto normato prima dalle leggi Siccardi del 1850 e quindi dai Patti Lateranensi del 1929 il cui l’articolo 5 recita comunque con formula ambigua “Salvo i casi di urgente necessità, la forza pubblica non potrà entrare, per l’esercizio delle sue funzioni, negli edifici aperti al culto, senza averne dato previo avviso all’autorità ecclesiastica”). Le norme in materia cambiano molto da Stato a Stato e non sono mancate in questi anni polemiche a seguito di arresti di migranti in chiesa (in Germania, in Islanda).

    La Chiesa protestante in Olanda, nata dalla fusione di tre precedenti chiese, la riformata olandese, la riformata in Olanda e la evangelica luterana, rappresenta circa un terzo dei 6 milioni di abitanti dei Paesi Bassi.

    https://riforma.it/it/articolo/2018/11/19/oltre-500-ore-consecutive-di-culto-non-far-espellere-una-famiglia-migrante
    #messe #résistance #expulsions #asile #migrations #réfugiés #Pays-Bas #culte #religion #refuge #Eglise #église

    • To Protect Migrants From Police, a Dutch Church Service Never Ends

      Jessa van der Vaart and Rosaliene Israel, two Dutch pastors, usually get to church by cycling through the streets of Amsterdam to a Protestant parish in the city center. But last Wednesday night, they packed their robes into the trunk of a car and drove down the highway to The Hague for what was the equivalent of a priestly shift change.

      They would take over at 8 p.m. from a local minister at the modest Bethel Church. Then, at 11 p.m., they would be replaced by a group from the city of Voorburg, who were scheduled to pull an all-nighter, singing hymns and preaching until daylight, when another cleric would arrive to take the baton.

      The two pastors from Amsterdam were running slightly late. “Well,” said Ms. van der Vaart, as Ms. Israel started the engine. “They’ll have to keep going till we get there.”

      For the marathon church service, which started more than six weeks ago, and hasn’t stopped since, can never take a break.

      Under an obscure Dutch law, the police may not disrupt a church service to make an arrest. And so for the past six weeks, immigration officials have been unable to enter Bethel Church to seize the five members of the Tamrazyan family, Armenian refugees who fled to the sanctuary to escape a deportation order.

      The service, which began in late October as a little-noticed, last-gasp measure by a small group of local ministers, is now a national movement, attracting clergy members and congregants from villages and cities across the Netherlands. More than 550 pastors from about 20 denominations have rotated through Bethel Church, a nonstop service all in the name of protecting one vulnerable family.

      “It’s about practicing what we preach,” said Ms. van der Vaart, as she and Ms. Israel sped down the Netherlands’ A4 highway toward the church.

      At a moment when Christianity’s relevance in Europe is waning — and when xenophobia and nationalism are rising — the Bethel service has also been a reminder of the influence that religious institutions can still exert in a largely secular Western Europe. The pastors have given protection to the Tamrazyan family; the family has given them a cause to show the power of their faith.

      “We’re kind of struggling here as churches in the West, we’re more and more in the margins, and as church leaders we can kind of feel this,” said Ms. Israel, who is the secretary general of Protestant Church Amsterdam.

      “But with this,” she added, “we feel that what we’re doing is quite relevant.”

      In recent years, nationalists have used xenophobic messaging to win office in Italy, Hungary and Austria, and achieve prominence in Sweden, Germany, Britain, France and the Netherlands, underscoring the impression of a European continent that is turning inward. But as the two pastors reached the outskirts of The Hague, Ms. van der Vaart said the marathon at Bethel shows that another Europe still exists.

      “I often think we’re entering times with less and less solidarity,” said Ms. van der Vaart, the vicar at the Oude Kerk, the oldest church and building in Amsterdam. “But then this initiative is all about solidarity, and that gives me hope.”
      An Unassuming Hideaway

      If you weren’t looking for it, you might walk straight past Bethel Church, a red-brick building tucked away on a quiet side-street in The Hague. Inside is a wider complex, which includes accommodation for the Tamrazyan family, as well as various offices and meeting rooms. At first it seems sort of mundane.

      When Ms. van der Vaart and Ms. Israel arrived, with a few minutes to spare, there were no police officers waiting to pounce. The sheer fact of the ongoing service is enough to keep them away. The two pastors quickly donned their robes and hurried into the chapel. On the tiled wall behind the altar hung a migration-themed interpretation of the Madonna and child — a portrait of an African refugee and her baby, dressed as Mary and Jesus.

      In the pews sat roughly a dozen worshipers, some of whom had come before, some there for the first time. Most were believers, but one or two were not.

      “I’m not religious but when I heard about this, I said to my husband, ‘Don’t be shocked, but I want to go to church,’” said Florine Kuethe, a public relations consultant who later agreed to help the church deal with the heightening news media interest. “This type of thing makes the church relevant again.”

      Inside the chapel, the pastors began with a greeting, then a rousing Dutch hymn, then Psalm 82.

      “Rescue the weak and the needy,” read the translation of one line. “Deliver them from the hand of the wicked.”

      The three Tamrazyan children — Haryarpi, 21, Warduhi, 19, and Seyran, 15 — came in and out, frequently playing an active part in the service. Journalists, however, were only allowed in for brief sequences, a rule the pastors said was to ensure that the service retained its spiritual value, instead of becoming a media spectacle.

      “Sometimes I look back and ask why it has been as big as it has,” said Pastor Derk Stegeman, a spokesman for the family, and the service’s main organizer. “It’s because we protected our service and did not make it into an action for other things.”

      Where It All Began

      The story of the service started not in The Hague but in Katwijk, a large seaside town southwest of Amsterdam. The Tamrazyan family ended up there after the father was forced to flee Armenia for political reasons in 2010, Mr. Stegeman said. At the family’s request, their full predicament has been kept a secret, along with the names of the parents, to prevent repercussions for relatives still in Armenia.

      In a six-year legal process, Dutch officials twice tried to deny the family asylum, and were twice defeated in court. But the government finally got its way on its third attempt, even though the three children had all been in the country for more than five years and were theoretically eligible for an amnesty under legislation enacted in 2013.

      Lennart Wegewijs, a spokesman for the Dutch ministry of justice and security, said that the government could not comment on individual cases. But speaking generally, he said that under Dutch law, families can only qualify for amnesty if they, somewhat paradoxically, are willing to cooperate with official efforts to deport them from the country.

      To avoid what they believed to be certain danger back in Armenia, the Tamrazyans did not cooperate. Instead, they took refuge in a church in Katwijk. It was when that first church ran out of resources to help them that the leadership at Bethel agreed, after some deliberation, to welcome the family instead.

      As well as maintaining round-the-clock prayers, the church has provided psychological help for the family and teaching for the children, who can no longer go to school or university classes.

      To avoid compounding their stress, the family rarely gives interviews, and they made no exception for The New York Times.

      But on a blog that Haryarpi, the eldest child, started soon after entering the church, she has written about the relief of being granted shelter.

      “I often think the only place where I am safe is the church,” she wrote in Dutch on Nov. 4. “It really feels like a refuge.”

      The pastors have promised to continue the service indefinitely — even after a Dutch minister, Mark Harbers, said on Friday that the service hadn’t changed the government’s mind.

      Initially, the nonstop services were run by a core group of around a dozen pastors. Some of them pulled all-nighters on their own, including Mr. Stegeman and his wife. But a few days into the process, the Protestant Church in the Netherlands endorsed the service and used its newsletter to encourage other congregations to participate.

      Soon it became hard to fit all the volunteers into the schedule.

      “It’s amazing,” said Mr. Stegeman. “From all over our country people are coming, from the north to the very south, west and east.”

      Some preachers simply reuse services and sermons they gave at other churches. But others have used the opportunity to try something new, turning the church into a kind of greenhouse for liturgical experiments.

      Ms. Israel read from a modern reinterpretation of the biblical story of King David and his wife Bathsheba, told from Bathsheba’s perspective. One minister incorporated meditative song into her service, and another interspersed prayers and hymns with sermons from Martin Luther King Jr. During one all-nighter, Mr. Stegeman even brought along a harpist.

      “You see preachers from every background across the country, bringing their own way of celebrating and worshiping that is different hour by hour,” said Pauline Kuipers, who chairs the fund that owns the church. “It goes on continuously but it changes all the time.”

      By 11 p.m., the two pastors from Amsterdam were relieved by the group that had just arrived from Voorburg.

      After three hours of singing, preaching and praying, Ms. van der Vaart’s voice was now slightly hoarse, and Ms. Israel admitted to being “a little bit tired.”

      But she was also moved. As Ms. Israel left the chapel, Haryarpi told her that she had been inspired to write a poem about one of the psalms they had sung.

      “For me, that’s what it’s all about,” Ms. Israel said a few minutes later, packing her robes back into her cycling bag.

      “You could read that psalm a hundred times and not get touched by it,” she said. “But here, in this night, in Bethel Church, it’s very real.”

      https://www.nytimes.com/2018/12/10/world/europe/migrants-dutch-church-service.html

    • Dutch church clocks up 1,400 hours to prevent family being deported

      A non-stop church service in the Netherlands — aimed at stopping an Armenian family from being deported — has become so popular it has issued tickets for the Christmas period to control numbers.


      The service has been going around the clock since October 26 — more than 1,400 hours.
      Under Dutch law, police officers are not permitted to enter a church while a religious service is taking place. So, church leaders hatched the idea of meeting non-stop to prevent the Tamrazyan’s from being removed from the country.
      https://edition.cnn.com/2018/12/24/europe/non-stop-church-service-netherlands-armenia-intl/index.html

  • Je crois avoir déjà ici ou là sur seenthis ( https://seenthis.net/messages/358700 ) dit tout mon dégoût pour le plus mauvais dessinateur de presse à l’Est du Mississippi, je veux parler de l’épouvantable Plantu. Je ne reviens pas sur le graphisme à pleurer (et souvent plagiaire) de ce type ni même sur son humour extrêmement besogneux (quand il n’est pas radicalement de très mauvais goût) alors que reste-t-il ? Et bien le type à l’instar de Woody Allen devient gâteux et non seulement se répète (combien de fois Plantu nous aura gratifié en cas de catastrophe humaine d’un dessin façon Je suis Charlie d’un des symboles du pays où se sont produits qui le séisme, qui l’incendie ou l’affaissement de terrain, lequel symbole national est représenté en pleurs ? Ici ce sont les Gênois qui vont être ravis de se savoir descendants de Romus, passons), Plantu peut désormais se répéter deux jours de suite. Quel talent ! Quel irremplaçable talent ! Naturellement je ne peux pas croire que les personnes qui travaillent au _Monde-, singulièrement à la maquette, ne se rendent pas compte que le vieux yoyotte d’importance, du coup je crains que nous le lectorat soyons condamné à subir Plantu quotidiennement jusqu’à la mort et donc jusqu’à la nausée.

    • Aretha Franklin, respect éternel
      Jacques Denis, Libération, le 16 août 2018
      http://next.liberation.fr/culture/2018/08/16/aretha-franklin-respect-eternel_1672542

      La reine de la soul est morte ce jeudi à 76 ans. De l’église de son père au sommet des charts, sa voix a inscrit dans la légende des dizaines de tubes et porté haut les causes du féminisme et des droits civiques.

      « J’ai perdu ma chanson, cette fille me l’a prise. » Quand il découvre Respect, une ballade qu’il a écrite pour son tour manager Speedo Sims, Otis Redding ne peut que constater les faits face à Jerry Wexler, le pape de la soul music au label Atlantic. Ce jour-là, le chanteur sait que le titre paru deux ans plus tôt, en 1965 sur l’imparable Otis Blue, lui échappe. Pas sûr en revanche qu’il puisse se douter alors que ce hit fera danser des générations entières, porté par la voix de la papesse soul. Combien de soirées où cet hymne au féminisme débridé aura fait se lever toutes les femmes et filles, prises d’un doux délire  ! « La chanson en elle-même est passée d’une revendication de droits conjugaux à un vibrant appel à la liberté. Alors qu’Otis parle spécifiquement de questions domestiques, Aretha en appelle ni plus ni moins à la transcendance extatique de l’imagination », analysera Peter Guralnick, l’auteur de la bible Sweet Soul Music.

      Enregistrée le jour de la Saint-Valentin, la version d’Aretha Franklin, morte jeudi à 76 ans, est effectivement bien différente de celle du « Soul Father », qui vantait les mérites de l’homme allant au turbin et méritant de fait un peu de respect en retour. La jeune femme se permet d’y glisser quelques saillies bien senties  : « Je ne te ferai pas d’enfant dans le dos, mais ce que j’attends de toi, c’est du respect. » Le tout boosté par un chœur composé de ses sœurs Erma et Carolyn qui ponctue de « Ooh  ! » et « Just a little bit », donnant à l’histoire les faux airs d’une conversation complice entre femmes. Et de conclure par un tranchant  : « Je n’ai besoin de personne et je me débrouille comme une grande. » La suite, tout du moins d’un point de vue artistique, donnera raison à celle qui devint ainsi pour la postérité tout à la fois l’une des égéries des droits civiques et la visionnaire pythie d’une libération des mœurs.
      Dix-huit Grammy Awards

      « Cette chanson répondait au besoin du pays, au besoin de l’homme et la femme de la rue, l’homme d’affaires, la mère de famille, le pompier, le professeur – tout le monde aspire au respect. La chanson a pris une signification monumentale. Elle est devenue l’incarnation du "respect" que les femmes attendent des hommes et les hommes des femmes, le droit inhérent de tous les êtres humains », analysera-t-elle a posteriori dans son autobiographie, Aretha : From These Roots.

      Sa reprise de Respect n’était pas le premier succès de la native de Memphis. D’ailleurs, à l’époque, ce ne sera que le deuxième 45-tours de son premier album sous pavillon Atlantic, précédé par I Never Loved a Man (the Way I Love You) qui donne son titre à ce disque. Mais avec ce tube, bientôt suivi d’une quantité d’autres, elle se hisse vers des sommets à hauteur des mâles blancs qui dominaient l’époque. Coup double aux Grammy 1968 – les premiers d’une très longue série, dix-huit au total –, la chanson truste les charts pop, quatorze semaines au top des ventes afro-américaines où la concurrence est alors plutôt sévère, et intronise la « Soul Sister » (surnom emprunté à son précédent disque) en reine du genre  : « Queen of Soul », pas moins. Elle ne sera jamais détrônée.

      Pourtant l’album enregistré entre Muscle Shoals, l’usine à tubes d’Alabama, et New York, où elle dut se replier avec quelques musiciens sudistes, fut accouché dans la douleur, tel que relaté par un autre biographe émérite d’Aretha Franklin, le Français Sebastian Danchin (Portrait d’une natural woman, aux éditions Buchet Chastel). Toujours est-il que le 28 juin 1968, elle fait la une de l’hebdomadaire Time  : un simple portrait dessiné d’elle, discrètement barré d’un explicite The Sound of Soul. Cette année-là, elle est juste derrière Martin Luther King en termes de ­notoriété.

      Atteinte d’un cancer et officiellement rangée des hits depuis début 2017, la grande prêcheuse du respect est morte cinquante ans plus tard à Détroit, à 76 ans, devenue pour l’éternité celle dont un président des Etats-Unis (pas le moins mélomane, Barack Obama) a pu dire  : « L’histoire américaine monte en flèche quand Aretha chante. Personne n’incarne plus pleinement la connexion entre le spirituel afro-américain, le blues, le r’n’b, le rock’n’roll – la façon dont les difficultés et le chagrin se sont transformés en quelque chose de beau, de vitalité et d’espoir. »
      Premier disque

      Avant d’en arriver là, tout n’était pas écrit d’avance pour cette fille de pasteur, née le 25 mars 1942 dans le Sud profond, où la ségrégation fait force de loi. Grandie dans le giron de ce père homme de foi, Aretha Louise Franklin trouve sa voix à l’église, comme souvent. Elle a pour premier modèle son paternel, personnalité aussi sombre à la maison qu’auréolée de lumière sur l’estrade  : le pasteur Clarence LaVaughn Franklin enregistre et publie ses gospels sur la firme Chess, fréquente les stars (Sam Cooke, Jackie Wilson, Art Tatum…), enchaîne les tournées, au risque de délaisser le foyer où les enfants se débrouillent comme ils peuvent. D’autant que leur mère, Barbara Siggers, « immense chanteuse gospel » selon la diva Mahalia Jackson, a quitté le foyer au lendemain des 6 ans d’Aretha.

      Sept années plus tard, l’adolescente grave son premier disque, avec le chœur de la New Bethel Baptist Church, le sanctuaire au cœur du ghetto de Detroit où son père célèbre sa mission sur Terre. L’année qui suit, elle accouche d’un premier enfant, suivant là encore les traces du prédicateur, par ailleurs fornicateur à ses heures  : une des demi-sœurs de la jeune Aretha est le fruit de relations illicites avec une paroissienne de 13 ans  !
      Ferveur inégalée

      Avant 18 ans, Aretha a déjà deux enfants. Autant dire un sérieux handicap pour qui entend faire carrière en musique. C’est pourtant la même, certes délestée des bambins qui se retrouvent chez mère-grand Rachel, qui est castée par le talent-scout John Hammond. Elle a 19 ans quand elle débarque à New York pour intégrer l’écurie Columbia, où la future Lady Soul – autre surnom absolument pas usurpé – est censée suivre le sillon creusé par Lady Day, la femme au chihuahua Billie Holiday. Las, l’histoire ne se répète jamais, et malgré d’indéniables talents et de petits succès dont un bel hommage à Dinah Washington, une de ses références avouées, et un recommandable Yeah où elle tente déjà de faire siennes quelques rengaines empruntées à d’autres, celle qui sera plus tard la première femme à rejoindre le Rock’n’roll Hall of Fame ne parvient pas à se distinguer dans le jazz. Jusqu’à ce qu’elle franchisse le Rubicon, en passant chez Atlantic où, outre Jerry Wexler, elle trouve en Arif Mardin un directeur musical à son écoute.

      « Quand je suis allée chez Atlantic Records, ils m’ont juste assise près du piano et les tubes ont commencé à naître. » Il ne faudra jamais oublier qu’à l’instar d’une Nina Simone, Aretha Franklin était aussi une formidable pianiste. La liste des classiques enregistrés en moins de dix ans donne le tournis  : Baby I Love You, (You Make Me Feel Like) A Natural Woman, Think, (Sweet Sweet Baby) Since You’ve Been Gone, Chain of Fools, Until You Come Back to Me… Entre 1967 et 1974, la porte-voix d’une communauté chante ou déchante l’amour, en mode énervé ou sur le ton de la confidence sur oreiller, portée par des arrangements luxuriants ou dans ce dénuement propre à magnifier les plus belles voix sudistes (de Wilson Pickett à Sam & Dave). Dans cette série qui ressemble à une irrésistible ascension, chacun a ses favoris  : Call Me, par exemple, pas forcément le plus gros succès, demeure une ballade pour l’éternité où elle fait valoir toute la classe de son toucher sur les noires et ivoire. A moins que ce ne soit I Say a Little Prayer, le cantique écrit par Burt Bacharach et Hal David pour Dionne Warwick (qui se le fera chiper), tout en légèreté laidback. Qu’elle flirte volontiers avec la pop, reste fidèle à l’esprit de la soul ou mette le feu au temple frisco rock Fillmore West dans un live mémorable avec le terrible saxophoniste r’n’b King Curtis, son directeur musical assassiné quelques mois plus tard, la voix d’Aretha Franklin transcende toujours les sacro-saintes chapelles avec une ferveur inégalée. Celle héritée du gospel, la genèse de tout, auquel elle rend un vibrant hommage en 1972 avec Amazing Grace, un office avec le révérend James Cleveland qui devient le premier disque du genre à réussir la jonction avec le public profane.

      La série va pourtant s’arrêter au mitan des années 70, alors que Jerry Wexler s’apprête à quitter la maison mère pour rejoindre Warner Bros. A Change Is Gonna Come, pour paraphraser la superbe complainte qu’elle a empruntée à Sam Cooke dès 1967. Le disco triomphe, et bientôt le rap qui saura lui rendre hommage, à l’image de Mos Def revisitant One Step Ahead ou de Lauryn Hill s’investissant dans The Rose Is Still a Rose. Orpheline de son mentor, Franklin elle-même quitte en 1980 Atlantic pour Arista. La chanteuse ne s’en remettra pas, alors même qu’elle parvient à toucher un public rajeuni en étant au générique des Blues Brothers. Elle y chante en femme de ménage (mais chaussée de mules en éponge roses  !) Think, hymne à la liberté et à la féminité affirmée haut et fort (encore).

      Ombre d’elle-même

      La scène d’anthologie marque les esprits, mais dans la vraie vie, Aretha Franklin n’aspire qu’à des productions de plus en plus pompières, qui masquent par leur outrance l’essentiel  : ses exceptionnelles qualités d’interprète. Les interventions de jeunes musiciens comme Marcus Miller ou Narada Michael Walden n’y font rien, même si avec ce dernier elle parvient une nouvelle fois à toucher furtivement la place de numéro 1 des charts r’n’b.

      Si elle se fait rare en studio, si elle ne marque plus l’histoire de la musique, elle n’en demeure pas moins une icône pour les nouvelles générations. George Michael s’adonne ainsi à un duo – une spécialité de la diva, qui sans doute trahissait déjà un réel manque de renouvellement – avec celle qu’il considère comme une influence majeure. Toutes les chanteuses de nu soul prêtent allégeance à la première dame, qui de son côté s’illustre dans la rubrique mondanités. Elle traverse ainsi les années 90 en ombre d’elle-même, caricature de ses grands millésimes, qu’elle fructifie. Elle n’en reste alors pas moins une figure que l’on met aisément en couverture, affichant des looks pas toujours raccords, et au premier rang des chanteurs de tous les temps selon Rolling Stone.

      De come-backs avortés en retours guettés par des fans toujours en demande, rien n’y fait. La star, rentrée vivre à Detroit, attise pourtant les désirs et envies des jeunes producteurs : André 3000 d’Outkast et Babyface mettent même un album en chantier, alors que l’année d’après, en 2014, le festival de jazz de Montréal la fait remonter sur scène. Longue robe blanche, cheveux blonds, elle assure le show.

      Trois ans plus tard, elle est encore en blanc, mais considérablement amaigrie, pour un gala au profit de la fondation Elton John, à New York. Plus que de résurrection, cela sonne comme un concert d’adieux. Néanmoins, on gardera plutôt en souvenir le dernier grand moment d’une carrière hors norme de cette chanteuse  : le 6 décembre 2015 lors des prestigieux Kennedy Center Honors, elle entre en scène en manteau de fourrure, voix aussi sûre que son doigté au piano, pour interpréter (You Make Me Feel Like) A Natural Woman devant le couple Obama, auquel elle avait déjà fait l’honneur de chanter lors de son investiture en 2009. Comme la révérence d’une voix pas ordinaire, en tout point populaire.

      Jacques Denis

    • « Aretha Franklin a chanté son époque, avec son époque, et pour son époque »
      Isabelle Hanne, Libération, le 16 août 2018
      http://www.liberation.fr/planete/2018/08/16/aretha-franklin-a-chante-son-epoque-avec-son-epoque-et-pour-son-epoque_16

      Daphne Brooks, professeure d’études Afro-américaines à l’université Yale, revient sur la figure d’Aretha Franklin et sa place dans l’histoire musicale et nationale.

      Daphne Brooks, 49 ans, professeure d’études afro-américaines à l’université Yale, écrit sur la question raciale, le genre et la musique populaire. Elle a ­notamment travaillé sur le parcours d’Aretha Franklin pour son ­livre Subterranean Blues  : Black Women and Sound Subcultures (à paraître) et a donné plusieurs conférences sur la Queen of Soul, qu’elle a rencontrée à l’occasion d’une lecture à Princeton qui lui était dédiée. Elle s’intéresse ­particulièrement aux moments où les artistes Afro-Américaines se retrouvent à la croisée entre les ­révolutions musicales et la grande histoire nationale, Aretha Franklin étant la figure ty­pique de ces intersections.
      Que représente Aretha Franklin pour vous  ? Quels sont vos ­premiers souvenirs d’elle  ?

      J’ai grandi dans les années 70 en Californie, dans une famille qui écoutait de la musique en permanence alors qu’elle avait déjà acquis le statut de « Queen of Soul ». Elle a toujours été omniprésente dans mon monde.
      Comment est-elle devenue l’un des objets de vos recherches  ?

      La musique d’Aretha Franklin, c’est le son de la conquête des droits ­civiques, du Black Power, ce ­mélange de joie, de blackness, ce sens de la fierté, notre héritage afro-amé­ricain. Elle a su trans­mettre cette beauté intérieure dans ses chansons.
      Quels sont les liens entre Aretha Franklin et le mouvement de lutte pour les droits civiques  ?

      Ils sont nombreux. Son père, C.L. Franklin, était ce pasteur très célèbre à Detroit et son église, la New Bethel Baptist Church, un haut lieu du combat pour les droits civiques. Il galvanisait un public noir à travers ses sermons diffusés à la radio pendant les années 50 [puis commercialisés sur disque, ndlr]. Il accueillait Martin Luther King lors de ses séjours à Detroit. Aretha Franklin a d’ailleurs accompagné ce dernier à plusieurs manifestations et chanté lors de ses funérailles. Mais cette connexion ne se limite pas à ces liens familiaux. Sa musique, elle aussi, s’inscrit dans ce contexte historique. Il y a, bien sûr, son ADN gospel. Et pas seulement  : Respect, la chanson écrite par ­Otis Redding mais réinterprétée par Franklin en 1967, une année pivot [l’année du « Long, Hot Summer », une série d’émeutes raciales], est devenue instantanément un hymne des droits civiques, de l’émancipation des Noirs, du Black Power et du mouvement féministe. Trois ans plus tôt, en 1964, elle avait déjà ­enregistré Take a Look, dont les paroles avaient fortement résonné lors du « Freedom Summer », cet été où des centaines d’étudiants ont risqué leur vie pour inscrire des Noirs sur les listes élec­torales du Mississippi [« Lord, what’s happening / To this human race  ? / I can’t even see / One friendly face / Brothers fight brothers / And sisters wink their eyes […] / Just take a look at your children / Born innocent / Every boy and every girl / Denying themselves a real chance / To build a better world. »] Dans sa musique elle-même, elle a su articuler ce chagrin et ce regard sur l’humanité si propre à la soul music.
      Vous dites qu’elle n’a pas seulement été une voix des droits ci­viques, comme Nina Simone, mais qu’elle a également eu un impact sur le féminisme afro-américain  ?

      Aretha a chanté son époque, avec son époque, et pour son époque. Avec des chansons comme Natural Woman, elle s’est aussi exonérée d’une certaine image pour se ­connecter au mouvement féministe moderne, au féminisme noir. Très tôt dans sa carrière, elle s’est donné le droit de chanter les tourments émotionnels des Afro-Américaines avec tellement de genres musicaux différents  : c’était son appel à l’action, à l’émancipation des Noires aux Etats-Unis. Elle a chanté la ­bande-son complexe de la femme noire qui se réinventait. Elle montre que cette dernière peut être un ­sujet doué d’émotions complexes, d’une volonté d’indépendance… Toutes ces choses qui ont été si longtemps refusées aux Afro-Américains aux Etats-Unis. Elle a vraiment été dans la droite ligne du Black Power  : désormais, les Noirs montrent qu’ils n’ont pas besoin de s’excuser d’exister.
      Elle a aussi été cette icône aux tenues extravagantes, luxueuses, en perruque et fourrure. Peut-on dire qu’elle a participé à façonner une certaine féminité noire  ?

      Oui, mais comme d’autres activistes ou artistes noires, telle Diana Ross par exemple, qui ont en effet développé cette image de la beauté noire glamour, somptueuse. Mais elle a également montré, dans les années 70, une image plus afrocentriste, avec des tenues plus sobres et une coiffure afro.
      A bien des égards, Aretha Franklin est une synthèse des Afro-Américains...

      Elle est née dans le Sud, à Memphis (Tennessee), mais elle a grandi dans le Nord, à Detroit, dans le Michigan. Sa famille a fait comme des millions d’Afro-Américains au milieu du XXe siècle  : ils ont déménagé du Sud vers le Nord, ce phénomène qu’on appelle la Grande Migration [de 1910 à 1970, six millions d’Afro-Américains ont émigré du sud des Etats-Unis vers le Midwest, le Nord-Est et l’Ouest, pour échapper au racisme et tenter de trouver du travail dans les villes indus­trielles]. Elle a aussi su faire la synthèse ­entre tous les genres musicaux afro-américains, de la soul au r’n’b, de la pop au jazz. Aretha Franklin fait partie, fondamentalement, de l’histoire des Noirs américains. Elle appartenait à cette génération d’Afro-Américains qui a sondé l’identité noire, qui venaient du Nord comme du Sud, urbains comme ruraux, passionnés de jazz, de blues, de r’n’b et de pop. Le tout en se battant pour faire tomber les murs de la ­culture Jim Crow [les lois qui organisaient la ségrégation raciale] à travers l’agitation sociale et la performance artistique.
      Isabelle Hanne correspondante à New York

  • War Doesn’t Make Sense Anymore | The American Conservative
    http://www.theamericanconservative.com/articles/war-doesnt-make-sense-anymore

    America spends more on its military than all its enemies put together yet it still can’t win wars. Failed adventures in Vietnam, Iraq, and Afghanistan have drained America’s power and diminished its prestige. The bloated Pentagon budget actually makes us weaker.

    Here’s the weird bit: nobody seems to care. If any other government department spent as much and accomplished as little, the populace would be in arms, complaining about wasteful government spending. Instead we mumble “Thank you for your service” and increase defense appropriations.

    [...]

    Maybe the extravagant expense of the Pentagon budget is a feature, not a bug. Maybe no one objects when we spend a quarter of a billion dollars ineffectually bombing Syria or several trillion ineffectually invading Iraq because these days war profiteers make their money not by looting their enemies’ cities, stealing their land, and selling their women into slavery, but from their own governments’ spending.

    My own life confirms this intuition. The invasion of Iraq has been a disaster for the United States, for the Middle East, and for the long-suffering people of Iraq, but for many of us, it was a cash cow. For a decade, I earned a solid middle-class living working just four months a year as a news cameraman in Iraq. The war on terror bought me my house.

    Thousands of Americans (perhaps not coincidentally mostly from red states) worked as contractors for the U.S. military and pulled down salaries much higher than they would have earned in the private sector back home. A truck driver from Mississippi made over $100,000 a year hauling in supplies from Kuwait. It is shocking how little of the money America spent in that misbegotten conflict ever trickled into the Iraqi economy.

    #objectif #guerres #Etats-Unis

  • Why It’s Time to Ditch #facebook Messenger
    https://hackernoon.com/why-its-time-to-ditch-facebook-messenger-ba8c7a65171b?source=rss----3a81

    Tech OpinionAP via Business InsiderI recently went on a trip to Taiwan, whereupon I added some business contacts to my Facebook. It locked me out of the service and as I’m not on my usual phone number, I could not get back in. I found out this extended to my Instagram and Facebook Messenger. Not cool Facebook.Facebook Messenger is not Something I will Miss in 2018You take my data and profit from it with third party harvesting and Ads, but when I need it most, I can’t even log-in. This leads me to wonder though, do I really even need Facebook Messenger?You should stop using Facebook Messenger until it proves it’s worthy of your trust.I certainly don’t trust Facebook’s trinity of #apps: Facebook, Instagram and WhatsApp. They don’t protect my data or #privacy and certainly don’t offer me the (...)

    #social-media #communication

  • Black Children Will Be the Victims of Armed Teachers | Time
    http://time.com/5186040/sherrilyn-ifill-black-children-classroom

    The #school-to-prison_pipeline has been, without question, built on the foundation of racially discriminatory school discipline practices. Every study that has examined harsh school disciplinary policies has revealed that such policies are visited with greater frequency on children of color. In 2013, the NAACP Legal Defense Fund filed a complaint challenging the practice of the Bryan Independent School District in Brazos County, Texas, of issuing Class C misdemeanor tickets to high school students for disrupting class or swearing; although black students constituted only 21% of the school population, 46% of the misdemeanor tickets were issued to African-American students. Similarly, the Department of Justice challenged the school discipline practices in Meridian, Mississippi, where the majority African-American high school sent its own kids to a juvenile detention facility over minor disciplinary incidents.

    #Etats-Unis #armes #discrimination #éducation

    • #Emmett_Till

      Emmett Louis « Bobo » Till, né le 25 juillet 1941 à Chicago en Illinois et mort le 28 août 1955 à Money au Mississippi, est un adolescent afro-américain qui fut brutalement assassiné dans la région du delta du Mississippi aux États-Unis. Son meurtre fut l’un des principaux événements à l’origine de la création du mouvement afro-américain des droits civiques.

      Les principaux suspects du crime, Roy Bryant et son demi-frère J.W. Milam, furent acquittés. Ils avouèrent plus tard être les coupables du meurtre de l’adolescent.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmett_Till

    • #James_Lawson (ou #Jim_Lawson) :

      James Morris Lawson, Jr. (born September 22, 1928) is an American activist and university professor. He was a leading theoretician and tactician of nonviolence within the Civil Rights Movement.[1] During the 1960s, he served as a mentor to the Nashville Student Movement and the Student Nonviolent Coordinating Committee.[2][3] He was expelled from Vanderbilt University for his Civil Rights activism in 1960, and later served as the pastor in Los Angeles, California for 25 years.


      https://en.wikipedia.org/wiki/James_Lawson_(activist)

      #Fellowship_of_Reconciliation

      The Fellowship of Reconciliation (FoR or #FOR) is the name used by a number of religious nonviolent organizations, particularly in English-speaking countries. They are linked by affiliation to the International Fellowship of Reconciliation (IFOR).

      https://en.wikipedia.org/wiki/Fellowship_of_Reconciliation

    • #Nashville_Student_Movement

      The Nashville Student Movement was an organization that challenged racial segregation in Nashville, Tennessee during the Civil Rights Movement. It was created during workshops in nonviolence taught by James Lawson. The students from this organization initiated the Nashville sit-ins in 1960. They were regarded as the most disciplined and effective of the student movement participants during 1960.[1]

      https://en.wikipedia.org/wiki/Nashville_Student_Movement

    • Sit-ins de Nashville

      Les sit-ins de Nashville, qui ont eu lieu du 13 février au 10 mai 1960, font partie d’une campagne d’actions directes non-violentes pour mettre fin à la ségrégation raciale aux comptoirs des restaurants du centre-ville de Nashville, dans le Tennessee. La campagne des sit-ins, qui a été coordonnée par le mouvement étudiant de Nashville et le Nashville Christian Leadership Councel, est importante de par son succès immédiat et l’importance accordée à la non-violence. Tout au long de la campagne, les sit-ins ont eu lieu dans différents magasins situés au cœur du centre financier de Nashville. Les participants, dont la majorité était des étudiants Afro-Américains, étaient souvent victimes d’agressions physiques et verbales de la part des passants. Malgré leur refus de répondre à ces attaques, plus de 150 étudiants sont arrêtés pour avoir refusé de libérer leur place à des comptoirs de restaurants alors que la police leur a ordonnés de le faire. Lors des procès, les étudiants sont représentés par un groupe de 13 avocats dirigé par Z. Alexander Looby (en) Le 19 avril, la maison d’Alexander Looby est la cible d’une attaque à la bombe, mais ni lui ni sa famille ne sont blessés. Plus tard, ce même jour, presque 4000 personnes marchent jusqu’à la mairie de Nashville pour parler avec le maire Ben West (en) de l’augmentation des violences. Lorsqu’on lui demandé s’il pense qu’il faut mettre fin à la ségrégation dans les comptoirs de la ville, il répond par l’affirmatif. Un accord est trouvé entre les propriétaires des restaurants et les participants aux manifestations durant la première semaine de mai. Le 10 mai, six restaurants du centre-ville servent des clients noirs à leur comptoir pour la première fois. Même si cette première campagne a permis de mettre fin à la ségrégation dans les restaurants du centre-ville, d’autres manifestations et sit-ins continuent d’avoir lieu dans le reste de la ville, jusqu’au vote du Civil Rights Act de 1964, qui permet de mettre fin à la ségrégation raciale à travers l’ensemble des États-Unis. La plupart des organisateurs de ces sit-ins ont par la suite joué un rôle important dans le mouvement des droits civiques.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sit-ins_de_Nashville
      #sit-in

      #cartographie des lieux visés par les sit-in à Nashville :

    • #Student_Nonviolent_Coordinating_Committee

      Le Student Nonviolent Coordinating Committee ou SNCC (littéralement « Comité de coordination non-violent des étudiants ») est l’un des principaux organismes du mouvement afro-américain des droits civiques dans les années 1960.

      Il est né en 1960 lors d’assemblées étudiantes menées par Ella Baker à l’université Shaw de Raleigh, en Caroline du Nord. Avant de contribuer à la formation de la SNCC, Baker avait été la directrice de la Southern Christian Leadership Conference. Toutefois, cela ne signifiait pas que le SNCC soit une association dépendante de la SCLC. Au contraire, au lieu d’être très proche d’autres organisations comme la SCLC ou le NAACP, l’objectif du SNCC était de fonctionner indépendamment. Deux cents étudiants afro-américains étaient présents lors du premier meeting, parmi lesquels Stokely Carmichael de l’université Howard. Celui-ci dirigea la branche militante du groupe lors de sa scission à la fin des années 1960. Les membres du SNCC se faisaient appeler les « troupes de choc de la révolution. »

      Le SNCC joua un rôle de premier plan dans les Freedom rides, la révolte de Washington en 1963 ou encore le Freedom Summer du Mississippi. À la fin des années 1960, sous l’impulsion de leaders comme Stokely Carmichael, le SNCC se concentra sur le Black Power et la lutte contre la guerre du Viêt Nam. Comme d’autres organismes de l’époque, le SNCC a également joué un rôle important dans le quartier de Harlem où les populations afro-américaines étaient victimes de ségrégation raciale. En 1969 la SNCC a officiellement changé de nom pour Student National Coordinating Committee afin de refléter l’élargissement de ses stratégies. Cependant, le mouvement disparut dans les années 1970.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Student_Nonviolent_Coordinating_Committee

    • John Lewis (homme politique)

      John Robert Lewis, né le 21 février 1940 à Troy (Alabama), est un militant et homme politique américain. Figure du Mouvement afro-américain des droits civiques, il est depuis la fin des années 1980 membre de la Chambre des représentants des États-Unis sous la bannière du Parti démocrate.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Lewis_(homme_politique)

  • Aux avant-postes du «  mur  » trumpien

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/02/10/aux-avant-postes-du-mur-trumpien_5254797_3234.html

    Le président républicain entend bâtir une «  barrière physique  » à la frontière avec le Mexique. Pour l’heure, celle-ci se résume à huit monolithes, symboles de la division entre pro- et anti-immigration.


    Les huit prototypes du « mur » voulu par le président Donald Trump à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, en octobre 2017.

    Le « grand et beau mur » promis par Donald Trump à ses concitoyens tient pour l’instant en huit panneaux géants installés à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, au sud de San Diego, en Californie. Huit monolithes de neuf mètres de haut et autant de large, postes avancés de la forteresse America First prônée par le président républicain.

    Du côté américain, il est impossible d’approcher. Les prototypes sont situés sur un terrain appartenant au gouvernement. La Border Police (police des frontières) a suspendu ses visites guidées, dans l’attente de celle de Donald Trump. Le président a promis de se déplacer pour inspecter lui-même les éléments précurseurs de « l’imposante barrière physique » qu’il espère laisser au pays. Mais sa venue, plusieurs fois annoncée, n’est toujours pas confirmée.

    Du côté mexicain, il faut franchir la frontière au poste d’Otay Mesa, à 20 km à l’est de Tijuana, puis prendre le boulevard Garita et la calle 12. On traverse les maquiladoras, ces vastes ateliers d’assemblage menacés par la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) entré en vigueur en 1994. Près de 700 multinationales, dont Sony, Samsung et General Motors, y sont installées. Les pièces arrivent d’Asie, débarquent au port de Los Angeles, traversent la frontière en duty free (sans taxe) et sont montées à Tijuana. Les produits finis sont réexportés vers les Etats-Unis.

    Des projets pilotes

    Depuis vingt ans, les soutiers de la mondialisation viennent s’entasser pour des salaires de misère (deux dollars par heure, soit cinq fois moins qu’aux Etats-Unis) dans ce faubourg poussiéreux de Las Torres, traversé par les semi-remorques rutilants, les poules et les chiens errants. Beaucoup ont fait le mur, et les narcotrafiquants ont construit des tunnels à la faveur de la prolifération des maquiladoras. Depuis 2006, une quinzaine de ces tunnels ont été mis au jour à Tijuana, certains longs de plus de 500 mètres.

    Les huit prototypes dépassent de six mètres la barrière de tôle couleur rouille héritée de Bill Clinton, qui sert de ligne de démarcation. La police des frontières leur a attribué des numéros. A la suite d’un appel d’offres lancé par le département de la sécurité intérieure, six compagnies ont été retenues pour construire des projets pilotes.

    W.G. Yates & Sons, du Mississippi, a érigé un mur de métal de couleur sable pour 458 000 dollars (payés par le contribuable américain), soit environ 375 000 euros ; Fisher Sand & Gravel, de l’Arizona, un pan de béton minimaliste (365 000 dollars). KWR, également de l’Arizona, a ajouté un tube métallique au sommet afin d’empêcher les échelles de s’accrocher. Le numéro 3 se distingue par sa couleur bleue : c’est le projet de l’ELTA, un sous-traitant des forces armées israéliennes.

    Prouesses de l’armée américaine

    De la fenêtre sans vitre de son abri, à l’ombre d’un demi-palmier, Alexis Franco Santana, 22 ans, a vue sur le prototype numéro 6, celui est surmonté d’un grillage de barbelés. Devant la masure s’empilent les déchets de plastique livrés par les camionnettes de recyclage. Le jeune homme est chargé du triage, moyennant 50 dollars par semaine. Casquette retournée, short extra-large de basketteur, il a tout d’un jeune Américain, jusqu’à l’accent, mais il se plaint de son peu de vocabulaire.

    Les prototypes n’ont pas eu raison de sa bonne humeur. « C’est comme un jeu, s’esclaffe-t-il. On dirait que Trump est allé à Toys’R’Us et qu’il s’est acheté des Lego. » Pour cinq dollars, le jeune homme loue aux touristes une échelle que lui a laissée un visiteur de passage. Au cas où Donald Trump confirmerait son arrivée, une télévision américaine a pris une option sur le gruyère de planches qui lui sert de toit.

    Le jeune Mexicain a assisté tout le mois de janvier aux prouesses de l’armée américaine. Pendant trois semaines, des éléments des forces spéciales venus de Floride et les unités paramilitaires de la police des frontières ont pris d’assaut les prototypes hauts de trois étages, à coups de « pioche », de « marteau-piqueur », de « burin », de « cric de voiture » et de « chalumeau », selon la liste dressée par la Border Police. Un seul des militaires est parvenu à se hisser au sommet. Fin janvier, les Américains ont été informés que les prototypes avaient passé avec succès le test de résistance aux envahisseurs. Alexis hausse les épaules. « Il faut qu’on traverse de toute façon. Que ça soit avec des cordes ou des tunnels. Pour nous, c’est une nécessité. »

    Craintes de manifestations et d’incidents

    Un mirador a dû être construit pour surveiller les prototypes. Coût pour le comté de San Diego : près d’un million de dollars, ce qui fait grimacer jusqu’aux républicains. Les autorités locales craignaient les manifestations et les incidents. Du côté de l’extrême droite, un groupe se réclamant de « l’identité européenne » est venu faire des selfies. Et le cercle des bordertown patriots y a relancé son bon vieux slogan de campagne : « Build the wall ! » (« construisez le mur ! »). « C’est dissuasif, explique Tom, un militant de ce groupe anti-immigration, qui préfère conserver l’anonymat. On sait bien que ça ne va pas totalement arrêter les clandestins. » Il garde toute confiance en Trump. « En un an, il a déjà réussi à construire les prototypes. Il suffit que chaque foyer paie 200 dollars et, en huit ans, le mur pourra être fini. » Sinon, prévoit-il, « les Etats-Unis ne seront plus les Etats-Unis ».

    Les défenseurs des immigrants, eux, ne se sont pas dérangés. « Pour Trump, c’est un outil de propagande. Nous n’avons pas de temps à perdre à aller crier devant ces prototypes », déclare Christian Ramirez, de l’ONG Alliance San Diego. Ce militant a été arrêté le 11 décembre à Washington, au cours d’un sit-in au Congrès. « Notre combat, ce n’est pas le mur, souligne-t-il. C’est la régularisation des “Dreamers” » (les jeunes amenés aux Etats-Unis par leurs parents avant l’âge de 16 ans). Donald Trump a mis leur sort dans la balance dans son épreuve de force avec les démocrates : 800 000 « Dreamers » – il a même poussé jusqu’à 1,6 million de bénéficiaires –, contre 25 milliards de dollars pour le mur. Les responsables latinos sont opposés à un tel marchandage. Pas question que les « Dreamers » soient « utilisés comme monnaie d’échange pour faire adopter des mesures anti-immigrants », s’insurge Christian Ramirez.

    Le « mur » a une longue histoire mais, jusqu’ici, il n’a pas survécu aux aléas politiques. En 2006, grâce à la loi votée au Congrès – y compris par Barack Obama et Hillary Clinton –, George W. Bush a lancé les travaux. Quand Barack Obama a été élu à la Maison Blanche, ils ont été suspendus, « hormis quelques routes et travaux de consolidation ici ou là », précise M. Ramirez. Janet Napolitano, ex-secrétaire à la sécurité intérieure et ancienne gouverneure de l’Arizona, a remplacé le projet de béton par un « mur électronique » : des capteurs, des drones et des patrouilles renforcées. Aujourd’hui, après plus de deux milliards d’investissement, 560 km de parois empêchent le passage des piétons et 480 km d’obstacles antivéhicule, celui des voitures. Soit 1 040 km de frontière marqués par une barrière, sur un parcours total de 3 218 km entre les deux pays.

    « Plus aucun recours légal »

    Jusqu’à présent, les ONG ont réussi à retarder la construction du mur, en exploitant les dispositions réglementaires : l’obligation de procéder à des études d’impact sur l’environnement et les espèces menacées, par exemple, mais aussi la consultation des tribus indiennes ou celle des ranchers qui, au Texas, ont porté plainte contre le gouvernement qui les a expropriés, en l’accusant de minorer leurs indemnités. Cette fois, elles redoutent que Trump ne passe outre, comme une loi de 2005 – validée par la Cour suprême – l’y autorise si la sécurité nationale est en jeu.

    Ses prédécesseurs n’avaient pas abusé des dérogations (cinq tout de même pour l’administration Bush). Mais le 45e président des Etats-Unis n’a pas l’intention de s’embarrasser de délicatesses. Fin janvier, les premières dérogations ont été publiées. Elles concernent un tronçon de 20 km près de Santa Teresa, dans le désert de Chihuahua, au Nouveau-Mexique. Les bulldozers ne sont pas loin. « Nous n’avons plus aucun recours légal. Nous sommes à la merci de l’administration Trump », déplore Christian Ramirez, qui est spécialiste des droits humains dans les communautés frontalières.

    Une fois les projets sélectionnés, les entreprises devront soumettre un nouvel appel d’offres. Lequel devra être suivi d’une période de commentaires publics. Les prototypes n’ont pas fini d’attirer la curiosité et la créativité. Les artistes de la Light Brigade de San Diego sont venus projeter une échelle lumineuse sur les monolithes, comme pour souligner l’illusion du mur tant que les déséquilibres économiques n’auront pas été corrigés. A l’instigation du plasticien helvéto-islandais Christoph Büchel, un collectif a aussi lancé une pétition pour faire des huit prototypes un « monument national ». Une « sorte de Stonehenge [site mégalithique de Grande-Bretagne] », avance Michael Diers, historien de l’art versé dans l’iconographie politique et porte-parole de l’initiative. Un monument qui témoignerait pour la postérité de la tentation de repli de l’Amérique au temps de Donald Trump.

  • Innocence Project New Orleans (IPNO).
    http://www.ip-no.org/about-us

    Innocence Project New Orleans (IPNO) has grown to be the second largest free-standing (not a law school clinic) innocence project in the country.

    IPNO is a nonprofit law office with full time staff attorneys working cases from start to finish, supported by investigators, paralegals and a constellation of volunteer assistance – primarily outside attorneys working pro bono as co-counsel and law students who assist with case review and investigation – at no cost to our clients.

    IPNO has a national reputation for winning exonerations; both in cases where DNA can prove innocence, and in more difficult cases where DNA does not exist or has been destroyed. The latter type of cases require hundreds of hours of traditional investigation to gather the evidence needed to exonerate an innocent prisoner.

    Since 2001, IPNO has won the freedom or exoneration of 30 wrongfully convicted prisoners who served a total of over 656 years in Louisiana and Mississippi’s prisons between them (These numbers continue to grow – check out our list of exonerees for the most recent information). We also provide intensive support and guidance to each of our clients upon their release.

    We simultaneously use our clients’ cases to ask for changes in laws and policies that cause indigent prisoners to be wrongly convicted. IPNO believes in preventing wrongful convictions by increasing openness and accountability in the criminal justice system. This approach makes the system fairer for everyone who encounters it. And, in the states with the nation’s highest rates of incarceration, an exceptionally high proportion of the people are impacted by the criminal justice system.

  • J’ai écouté A la recherche des origines des inégalités (2), épisode de « Sur les épaules de Darwin » sur Inter :
    https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-03-fevrier-2018

    Un long et passionnant exposé sur les très anciennes civilisations nord-américaines, notamment les bâtisseurs de tertres :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mound_Builders
    et la civilisation du Mississippi :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_du_Mississippi