provinceorstate:vermont

  • Muslim, Jewish leaders show support for Ilhan Omar comments | Watch News Videos Online
    https://globalnews.ca/video/5027615/muslim-jewish-leaders-show-support-for-ilhan-omar-comments

    Muslim and Jewish leaders showed their support for Congresswoman Ilhan Omar on Wednesday, saying the resolution by Democrats against anti-Semitism doesn’t go wide enough and called on them to equally condemn anti-Semitism, Islamophobia and several other forms of discrimination.

    Democrats Put Off Anti-Semitism Resolution After Fierce Backlash - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/03/06/us/politics/anti-semitism-resolution.html

    Senator Bernie #Sanders, the Vermont independent who is again running for the Democratic presidential nomination, took the opposite tack and suggested House Democratic leaders were trying to tamp down legitimate discussion of the conduct of the Israeli government.

    #etats-unis #israel


  • #collapsologie en mode administration du désastre parce que ce terme est tellement galvaudé qu’il est devenu le “backdoor” de tous les suppôts du productivisme en mode “globalized” qui nous enjoignent de devenir “résilients”. La “résilience” est un vaste enfumage, seule la Résistance paiera.

    Un texte de Nicolas Casaux (Deep Green Resistance) #DGR qui commence par cette introduction :

    J’ai récemment proposé une tribune à Reporterre. Elle ne leur a pas plu. Je la publie donc ici avec, en complément, un passage rapidement traduit du dernier livre de Theodore Kaczynski, Anti-Tech Revolution, Why and How ? [Révolution anti-tech, pourquoi et comment  ?], qui rejoint l’objet de ma tribune.

    Le ton est donné, je vous livre la suite :

    http://partage-le.com/2019/02/sauver-la-civilisation-sauver-le-monde-regler-tous-nos-problemes-etc

    • Pour mémoire (la mienne, œuf corse) la bio de Theodore Kaczinsky (alias « Unabomber ») : https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodore_Kaczynski

      Bien évidemment, les technophiles ne parviendront pas à « déterminer les avancées » du progrès technique, ni à s’assurer qu’elles « améliorent la société » et soient amicales envers les humains. Sur le long terme, les avancées technologiques seront « déterminées » par les luttes de pouvoir intestines entre les différents groupes qui développeront et utiliseront la technologie à seule fin d’obtenir plus de pouvoir. […]

    • Et donc, suite à la lecture de la « fiche » du bonhomme sus-cité (wow !), j’en conclus que la « deep green resistance » fait fausse route si elle n’a à nous proposer comme référence que ce genre d’allumé. Il faudra que j’en parle à Nicolas Casaux (quand j’aurai un moment).

    • " Pourquoi l’avenir n’a pas besoin de nous ". Par Bill Joy

      L’avis du co-fondateur et Directeur Scientifique de Sun Microsystems, et coauteur de La Spécification du Langage Java sur les prévisions de Theodore Kaczinsky :

      « Je ne suis aucunement un apologiste de Kaczynski. Ses bombes ont tué trois personnes pendant une campagne de terreur de 17 ans et ont blessé plusieurs autres. Une de ses bombes a gravement blessé mon ami David Gelernter, un des informaticiens les plus brillants et les plus visionnaires de notre temps. Comme beaucoup de mes collègues, j’ai senti que j’aurais facilement pu être la cible suivante d’ Unabomber.

      Les actions de Kaczynski étaient meurtrières et, à mon avis, d’un fou criminel. Il est clairement un Luddite, mais se limiter à cette affirmation n’écarte pas son argument ; aussi difficile qu’il soit pour moi de le reconnaître, il y a un certain mérite dans le raisonnement de ce passage. Je me suis senti contraint d’y faire face. »

      https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2010/06/pourquoi-lavenir-na-pas-besoin-de-nous_24.html

    • Pas de problème @sinehebdo ça mérite d’être mentionné dans cette compilation (travaux de compilations pour lesquels on ne te remerciera jamais assez) et ça mérite qu’on en reparle ici même parce que, je sais pas vous, mais ça me laisse un peu perplexe, toute cette comm’ de Nicolas Casaux. Enfin, je suis peut-être parano ...

    • @sinehebdo J’ai envie de supprimer cette discussion parce qu’elle ne débouchera sur rien et que la problématique que j’ai évoquée plus haut me prend la tête. J’ai écrit à Nicolas Casaux par le biais de sa page Facebook. Les réponses (la sienne plus celle d’un autre participant) que j’ai eues ne me satisfont pas vraiment, pour ne pas dire pas du tout, à part des recommandations à lire certains livres. Pourrais-tu éditer ton post où tu mentionnes cette discussion et en remplacer le lien
      (https://seenthis.net/messages/680147#message760828) par celui qui mène directement à l’article de Nicolas Casaux sur son site partage-le.com ?

    • Oui, on peut lire ce qu’il a écrit. Et je me reconnais dans ses idées mais pas dans ses actes. Et non, je ne crains pas qu’il sorte un jour de sa prison ou envoie des porte-flingues pour me butter. Il paie sa dette à la société ? Très bien. Seulement, comme je l’ai écrit à N. Casaux :

      je ne peux m’empêcher de penser que Kaczynski était un meurtrier. Vous me rétorquerez peut-être que c’était pour une « juste cause ». Mais à mon avis, la plus juste et plus noble des causes ne justifie pas que l’on use de tels procédés pour la défendre. Oui, on peut être amené à tuer pour défendre sa propre vie ou celle de ses proches mais ici, nous avons à faire à autre chose : une personnalité au mental perturbé reclus dans une cabane isolée et lui-même coupé de toute vie sociale qui fomente ses mauvais coups pour se venger de qui ou de quoi : du mauvais sort que lui a réservé la vie ? Alors il est vrai que je n’ai pour info que celles livrées par Wikipédia. Ce n’est peut-être pas objectif. Éclairez-moi je vous prie car lorsque vous mettez en exergue ce genre d’auteur emprisonné depuis 20 ans et qui parvient tout de même à faire sortir ses publications de son cachot hautement sécurisé, je ressens comme une sorte de blocage.

      C’est une sorte d’empêchement « moral » à cautionner ce qui a été publié sur partage-le.com et ses avatars facebookiens.
      mais bon, ceci dit, je peux aussi me désabonner de la page de Casaux sur Facebook. J’aurais peut-être dû commencer par là d’ailleurs. Par contre il n’est pas trop tard pour le faire.

    • Euh tu fais ce que tu veux sur tes fils hein, mais concrètement c’est quoi l’intérêt de supprimer un seen comme ça ? C’est pas juste une conversation, avant tout seenthis sert à référencer des contenus, faire de la veille, et là bah c’est un article parmi d’autres sur le sujet, et gardé en mémoire par 10 autres personnes. Donc pourquoi le supprimer ?

    • Voir ma réponse ci-avant @rastapopoulos mais sinon, je peux supprimer juste le baratin (le mien, j’entends ainsi que les réponses qui lui ont été apportées) qui pollue le seen. C’est toujours possible, me semble-t-il. Par contre, c’est vrai que j’avais oublié le but premier de Seenthis, à savoir référencer des infos et éviter de faire part de ses états d’âmes. Cela m’a déjà été reproché. So sorry ...

    • Bah non chacun fait part de ses commentaires… ou pas. Chacun fait ce qu’il veut. On l’utilise comme bon nous semble, c’est un outil protéiforme. Mais de mon point de vue, une fois qu’on a référencé un contenu sur internet et qu’il a eut l’air d’intéresser plusieurs personnes (en bien ou en mal, mais qui ont pensé que c’était intéressant de le garder en mémoire), alors c’est un peu dommage ensuite de le supprimer. Ce qui n’empêche ni de supprimer des commentaires ou de les modifier pour enlever ou changer des phrases.

    • Salut @Sombre.
      Pour avoir tenté de discuter plusieurs fois avec Nicolas Casaux, en particulier sur des écrits où il fait de la transphobie au prétexte que les trans demandent les mêmes droits à la procréation assistée et favorisent la marchandisation du corps, reprenant le discours de certains chez Deep Green Résistance, je te confirme qu’il a basculé du côté obscur du mec qui adore s’écouter « penser » en public sur facebook quitte a dire des énormités.
      Je l’ai viré de ma liste des gens éclairants et, s’ il continue, il rejoindra celle des confusionistes puisque son explication était qu’il se basait sur la définition anglaise de la trans-identité... je vous laisse juges de l’argument mais pour moi c’est de la fumisterie.

    • Ce que je voulais dire c’est qu’il est parfois intéressant de lire des textes de personnes qu’on désapprouve par ailleurs, et c’est encore mieux si on fait précéder ce texte de réserves, d’un commentaire, d’une mise en contexte, d’une mise en garde, un peu comme tu fais ici, et c’est très bien comme ça, non ?

    • @val_k qui dit que :

      Pour avoir tenté de discuter plusieurs fois avec Nicolas Casaux, en particulier sur des écrits où il fait de la transphobie au prétexte que les trans demandent les mêmes droits à la procréation assistée et favorisent la marchandisation du corps, reprenant le discours de certains chez Deep Green Résistance, je te confirme qu’il a basculé du côté obscur du mec qui adore s’écouter « penser » en public sur facebook quitte a dire des énormités.

      Je connaissais son point de vue sur la question. Bon, en tout cas, comme ce n’est pas vraiment son domaine d’expertise, je ne m’étais pas focalisé plus que ça sur son avis. Pour ce qui est du « reste », euh ... force est de constater que tu n’as pas tout à fait tort, au vu de la réponse qu’il a adressée à mon commentaire sur sa page FB.
      Et sinon, quand on veut de la doc sur un sujet précis, il faut bien reconnaître qu’on l’obtient assez rapidement ici. Et donc, merci à toutes celles et tous ceux qui documenteront ce fil de discussion mais sans tomber dans une exégèse de la « pensée Kaczynski »

    • " La nef des fous " par Théodore Kaczynski ( 1999 )
      http://enuncombatdouteux.blogspot.com/2016/12/la-nef-des-fous-par-theodore-kaczynski.html

      Il était une fois un navire commandé par un capitaine et des seconds, si vaniteux de leur habileté à la manœuvre, si pleins d’hybris et tellement imbus d’eux-mêmes, qu’ils en devinrent fous. (...)
      Le mousse se racla la gorge :
      — Hem. Vous avez tous de bonnes raisons de vous plaindre. Mais il me semble que ce qui est vraiment urgent c’est de virer de bord et de mettre le cap au sud, car si nous continuons d’aller vers le nord, nous sommes sûrs de faire naufrage tôt ou tard, et alors vos salaires, vos couvertures et votre droit à sucer des bites ne vous serviront à rien, car nous serons tous noyés.
      Mais personne ne lui prêta la moindre attention : ce n’était que le mousse. (...)
      Mais comparées à notre vrai problème – le fait que le navire continue vers le nord – vos réclamations sont mineures et insignifiantes, parce que si nous ne virons pas bientôt de bord, nous allons tous sombrer avec le navire.
      — Fasciste ! dit le professeur.
      — Contre-révolutionnaire ! s’écria la passagère.
      Et l’un après l’autre, tous les passagers et membres de l’équipage firent chorus, traitant le mousse de fasciste et de contre-révolutionnaire. Ils le repoussèrent et se remirent à maugréer à propos des salaires, des couvertures à donner aux femmes, du droit de sucer des bites et de la manière dont on traitait le chien.
      Le navire continua sa route vers le nord, au bout d’un moment il fut broyé entre deux icebergs. Tout le monde se noya.

    • 8 février 2010.
      Christopher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johnsbury, au Vermont) est un journaliste et auteur américain. Récipiendaire d’un prix Pulitzer, Chris Hedges fut correspondant de guerre pour le New York Times pendant 15 ans. Reconnu pour ses articles d’analyse sociale et politique de la situation américaine, ses écrits paraissent maintenant dans la presse indépendante, dont Harper’s, The New York Review of Books, Mother Jones et The Nation. Il a également enseigné aux universités Columbia et Princeton. Il est éditorialiste du lundi pour le site Truthdig.com.

      Nous sommes à l’orée d’un des moments les plus dangereux de l’humanité…

      Aleksandr Herzen, s’adressant, il y a un siècle, à un groupe d’anarchistes qui voulaient renverser le Tsar, leur rappela qu’il n’était pas de leur devoir de sauver un système mourant, mais de le remplacer : « Nous pensons être les médecins. Nous sommes la maladie ». Toute résistance doit admettre que le corps politique et le capitalisme mondialisé sont morts. Nous devrions arrêter de perdre notre énergie à tenter de les réformer ou à les supplier de bien vouloir changer. Cela ne signifie pas la fin de la résistance, mais cela implique de toutes autres formes de résistance. Cela implique d’utiliser notre énergie pour construire des communautés soutenables qui pourront affronter la crise qui se profile, étant donné que nous serons incapables de survivre et de résister sans un effort coopératif.

      Ces communautés, si elles se retirent de façon purement survivaliste sans tisser de liens entre elles, à travers des cercles concentriques formant une communauté étendue, seront aussi ruinées spirituellement et moralement que les forces corporatistes déployées contre nous. Toutes les infrastructures que nous édifions, tels les monastères du Moyen-âge, devraient chercher à maintenir en vie les traditions artistiques et intellectuelles qui rendent possible la société civile, l’humanisme et la préservation du bien commun. L’accès à des parcelles de terres cultivables deviendra essentiel. Nous devrons comprendre, comme les moines médiévaux, que nous ne pouvons pas altérer la culture plus large, qui nous englobe, au moins à court terme, mais que nous devrions être en mesure de conserver les codes moraux et la culture pour les générations qui viendront après nous. La résistance sera réduite à de petits et souvent imperceptibles actes de désobéissance, comme l’ont découvert ceux qui ont conservé leur intégrité durant les longues nuits du fascisme et du communisme du 20ème siècle.

      Nous sommes à la veille d’une des périodes les plus sombres de l’histoire de l’humanité, à la veille de l’extinction des lumières d’une civilisation, et nous allons entamer une longue descente, qui durera des décennies, sinon des siècles, vers la barbarie. Les élites nous ont effectivement convaincu du fait que nous ne sommes plus aptes à comprendre les vérités révélées qui nous sont présentées, ou à combattre le chaos entrainé par la catastrophe économique et environnementale. Tant que la masse de gens effrayés et désorientés, gavée d’images permettant son hallucination perpétuelle, demeure dans cet état de barbarie, elle peut périodiquement se soulever avec une furie aveugle contre la répression étatique croissante, la pauvreté étendue et les pénuries alimentaires. Mais la capacité et la confiance nécessaires pour remettre en question et défier à petite et grande échelle les structures de contrôle lui feront défaut. Le fantasme des révoltes populaires étendues et des mouvements de masse renversant l’hégémonie de l’État capitaliste n’est que ça : un fantasme.

      Mon analyse se rapproche de celles de nombreux anarchistes. Mais il y a une différence cruciale. Les anarchistes ne comprennent pas la nature de la violence [Pas d’accord du tout avec ce passage et ces déclarations sur « la violence » et « les anarchistes », la violence (définit comme l’utilisation de la force, ou la lutte armée) est une tactique de lutte, elle peut être complémentaire de la non-violence, les deux ne s’excluent pas mutuellement, Chris Hedges se contredit d’ailleurs puisque dans plusieurs articles très récents il incite à l’insurrection et à des « formes de résistance physique », NdT]. Ils comprennent l’étendue de la putréfaction de nos institutions culturelles et politiques, ils comprennent la nécessité de sectionner les tentacules du consumérisme, mais pensent naïvement que cela peut être accompli par des formes de résistance physique et des actes de violence. Il y a des débats au sein du mouvement anarchiste — comme celui sur la destruction de la propriété — mais lorsque vous commencez à utiliser des explosifs, des innocents commencent à mourir. Et lorsque la violence anarchique commence à perturber les mécanismes de gouvernance, l’élite au pouvoir utilisera ces actes, aussi anodins soient-ils, comme une excuse pour déployer une quantité disproportionnée et impitoyable de force contre des agitateurs suspectés et avérés, ce qui ne fera qu’alimenter la rage des dépossédés.

      Je ne suis pas un pacifiste. Je sais qu’il y a des périodes, et j’admets qu’il est possible que celle-ci en soit une, où les êtres humains sont obligés de riposter contre la répression croissante par la violence. J’étais à Sarajevo durant la guerre de Bosnie. Nous savions exactement ce que les forces serbes entourant la ville nous feraient si elles parvenaient à percer les défenses et systèmes de tranchées de la ville assiégée. Nous connaissions l’exemple de la vallée de Drina ou de la ville de Vukovar, ou un tiers des habitants musulmans avaient été tués, et le reste regroupé dans des camps de réfugiés ou de déplacés. Il y a des moments où le seul choix qui reste, c’est de prendre les armes pour défendre votre famille, votre quartier, votre ville. Mais ceux qui se sont avérés les plus aptes à défendre Sarajevo provenaient invariablement des milieux criminels. Lorsqu’ils ne tiraient pas sur les soldats serbes, ils pillaient les appartements des Serbes ethniques de Sarajevo, les exécutaient parfois, et terrorisaient leurs camarades musulmans. Lorsque vous ingérez le poison de la violence, même au nom d’une juste cause, cela vous déforme, vous corrompt, vous pervertit. La violence est une drogue, c’est peut-être même le plus puissant narcotique qui soit pour l’espèce humaine. Les plus accros à la violence sont ceux qui ont accès à des armes et un penchant pour la force. Et ces tueurs émergent à la surface de tout mouvement armé et le contaminent à l’aide du pouvoir toxique et séduisant qui accompagne la capacité de détruire. J’ai observé cela, guerre après guerre. Lorsque vous empruntez ce chemin, vous finissez par confronter vos monstres aux leurs. Et le sensible, l’humain et le gentil, ceux qui ont une propension à protéger et prendre soin de la vie, sont marginalisés et souvent tués. La vision romantique de la guerre et de la violence est prévalente chez les anarchistes et la gauche profonde, comme dans la culture dominante. Ceux qui résistent par la force ne renverseront pas l’État capitaliste, et ne soutiendront pas les valeurs culturelles qui doivent être défendues, si nous voulons un futur qui vaille le coup d’être vécu.

      De mes nombreuses années en tant que correspondant de guerre au Salvador, au Guatemala, à Gaza et en Bosnie, j’ai appris que les mouvements de résistance armés sont toujours des produits mutants de la violence qui les a engendrés. Je ne suis pas naïf au point de penser qu’il aurait été possible pour moi d’éviter ces mouvements armés si j’avais été un paysan sans terre du Salvador ou du Guatemala, un Palestinien de Gaza ou un Musulman de Sarajevo, mais cette réponse violente à la répression est et sera toujours tragique. Elle doit être évitée, mais pas au prix de notre propre survie.

      Traduction de Nicolas Casaux sur son site : http://partage-le.com/2015/12/effondrement-du-systeme-point-zero-par-chris-hedges

      L’original en anglais : http://medialeft.org.uk/index.php?option=com_content&view=article&id=113:chris-hedges-zero-poi

      Par contre, ne cherchez pas la source d’origine : y a plus rien à voir ! ...

      Sur l’auteur de l’article : https://en.wikipedia.org/wiki/Chris_Hedges


  • Migrations,au USA, rappel : L’immigration canadienne-française aux États-Unis. du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres
    Les malheurs d’un million d’immigrants canadiens-français : Jean-François Nadeau - 13 Novembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/541193/les-malheurs-d-un-million-d-immigrants-canadiens-francais

    Un million d’immigrants entassés dans des ghettos ne survivent que dans des conditions sanitaires précaires. À #Brunswick, au #Maine, ils vivent dans une densité difficile à se représenter.

    « C’est difficile à imaginer. Ils sont environ 500 individus à l’acre, comparativement à une famille de 4 ou 5 personnes qui occupent d’ordinaire une maison sur un demi-acre », observe en entrevue David Vermette, auteur d’une histoire de l’immigration des Canadiens français en #Nouvelle-Angleterre, A Distinct Alien Race .


    Photo : National Child Labor Committee collection, Librairie du Congrès Parmi les milliers d’immigrants canadiens-français qui peinent dans les usines de la Nouvelle-Angleterre, on trouve des enfants. Le sociologue et photographe Lewis Hine documente leurs conditions de travail. Il note à l’oreille leurs noms. Ici « Jo Bodeon », Joseph Beaudoin, photographié à la Chace Cotton Mill de Burlington, au Vermont, en 1909.

    Plus d’un million de Québécois immigrèrent pour échapper à la misère. Ils sont aujourd’hui à peu près oubliés. « Chaque famille québécoise a pourtant un lien avec cette immigration. Il est rare que je parle à quelqu’un du Québec dont un membre de la famille n’ait pas été lié avec cette fuite vers les États-Unis » qui court du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres.

    Pourquoi en parler encore aujourd’hui ? « Cette histoire des Canadiens français en Nouvelle-Angleterre reflète ce que d’autres groupes migrants connaissent aujourd’hui. Le président Trump agite l’idée que quelques milliers de migrants venus du Honduras représentent un danger, comme s’il s’agissait du débarquement de Normandie ! C’était la même peur qu’on agitait à l’égard de l’immigration canadienne-française aux États-Unis. On disait que les Canadiens français ne s’assimileraient jamais, qu’ils ne pouvaient pas être des citoyens fidèles puisque leur allégeance allait d’abord au pape, qu’ils se trouvaient là pour imposer leur culture aux Américains et, à terme, pour prendre le contrôle des institutions ! »

    Fasciné par l’histoire de ces Franco-Américains dont il est un descendant, David Vermette rappelle que des efforts énormes ont été entrepris en réaction à leur immigration pour convertir les catholiques et leur faire la lutte. « Il y avait même des plans pour convertir le Québec. Les protestants ont établi des cours en français dans le dessein de les convertir. »

    Pour Vermette, joint chez lui au Maryland, « beaucoup des peurs éprouvées aujourd’hui à l’égard des musulmans l’étaient à l’époque devant les catholiques ».

    Un mythe
    Son livre, Vermette l’a écrit d’abord pour ses compatriotes américains, afin de leur faire connaître la réalité de cette immigration qui les a constitués.

    « Malgré plusieurs noms français dans mon voisinage, aucune famille ne semblait connaître son passé. Mais j’ai aussi écrit ce livre pour que les Québécois cessent de répéter que leurs ancêtres immigraient afin de connaître une vie meilleure puisque, aux États-Unis, tout allait tellement mieux pour eux. Ce n’est pas vrai ! C’est de la foutaise ! La vie y était épouvantable. Pas même par rapport aux standards d’aujourd’hui, mais par rapport aux leurs ! On manquait de tout. Et c’est parce que tout manquait qu’on acceptait de travailler dans des usines de coton. Ceux qui veulent tout déréguler aujourd’hui au nom de la #compétitivité veulent revenir à cette époque, selon les standards de la #misère d’aujourd’hui. »

    En 1886, à Brunswick au Maine, le docteur du lieu atteste que la diarrhée tue de nombreux enfants, en particulier dans la population canadienne-française. L’eau potable est puisée à même la rivière où, en amont, une usine déverse ses déchets. Des pasteurs indiquent que, pour cette communauté, ils enterrent plus de bébés qu’ils n’en baptisent. Des médecins, pour leur part, font état d’épidémie de diphtérie. Dès 1881, un journaliste indique que la fièvre typhoïde décime la population canadienne-française à grande vitesse.

    Les Petits Canadas
    Les immigrants des rives du Saint-Laurent se regroupaient dans des ghettos que l’on nommait Petits Canadas. « Ces Petits Canadas n’étaient pas tous insalubres, mais beaucoup l’étaient. »

    Les archives sanitaires de l’époque corroborent les constats, montre Vermette. L’éditeur du Brunswick Telegraph , Albert G. Tenney, va décrire les conditions de vie de ces gens dans plusieurs textes qui empruntent au ton indigné des abolitionnistes. « Ce ton indigné témoigne du fait que des gens trouvaient indécent le sort fait à ces immigrants canadiens-français. »

    On est loin de l’image classique de l’oncle des États qui revient dans sa famille du Québec pour montrer sa montre en or, symbole de sa réussite.

    « C’était en fait vraiment épouvantable. Certains témoignages directs qui datent des années 1970 donnent une idée de la situation vécue. Une famille de douze par exemple qui vit dans deux pièces non chauffées. En réalité, le sort fait aux immigrants de la Nouvelle-Angleterre est épouvantable. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on continue parfois de répéter au Québec, à savoir qu’ils partaient pour connaître une vie meilleure. »

    Dans ces maisons de compagnie où s’entassent parfois plusieurs familles en même temps, les indicateurs du recensement permettent d’avoir une idée des conditions de vie.

    En 1880, l’habitation no 25 d’une de ces filatures est habitée par toute la famille de la grand-mère de David Vermette. Juste à côté, à l’habitation no 23, Claire Albert, deux ans, et son frère Alexis, 8 ans, meurent tous les deux le même jour de la diphtérie.

    Les enfants tombent à vrai dire comme des mouches. Dans l’habitation no 29, pas moins de 32 individus s’entassent comme ils peuvent pour survivre. Un témoin du temps, cité par Vermette, indique que les Canadiens français sont soumis à un degré de brutalité quasi impensable dans une communauté civilisée.

    Près d’une fabrique où l’on trouve un Petit Canada, les déchets de la ville sont jetés à quelques mètres seulement des maisons des ouvriers canadiens-français. Le médecin du lieu a beau ordonner qu’on les enlève, leurs piètres conditions de vie demeurent.

    À Lewiston, au #Maine, le docteur A. M. Foster observe que la vaste majorité des maisons occupées par des Canadiens français ne sont pas à même d’éloigner les immondices naturelles. On y vit pour ainsi dire comme au #Moyen_Âge. La même note aussi que la ville a installé sa décharge publique à proximité de là où vivent les Canadiens français, lesquels forment la portion la plus importante des #étrangers qui vivent à #Lewiston.

    En 1882, le bureau du travail de Lowell, centre important de l’immigration canadienne-française, publie un rapport. On y traite des conditions de vie dans le quartier dit du Petit Canada.

    Dans les environs immédiats, quantité de vieilles boîtes de conserve, des bouteilles, des cendres, des déchets domestiques, mais aussi de nombreux résidus industriels, dont des fragments de laines et de coton, ce que les agents publics considèrent comme susceptible d’encourager la croissance de maladies. Et les maladies en effet prolifèrent.

    « Personne n’avait choisi ça. Aujourd’hui, de nouveaux #immigrants ont remplacé ceux-là. Mais on peut désormais trouver des liens entre ces populations et ce que nous avons été. »

    #Canadiens_français #migration #immigration #migrants #USA #Quebec #oncle_sam #gethos


  • Neutralité du Net : l’industrie télécom américaine attaque l’État du Vermont
    https://www.nextinpact.com/brief/neutralite-du-net---l-industrie-telecom-americaine-attaque-l-etat-du-ver

    Les législateurs du Vermont préparent un projet de loi excluant des marchés publics les entreprises qui ne respectent pas la neutralité du Net, rapporte Reuters. Les groupes sont connus : l’American Cable Association, la CTIA, la NCTA, la New England Cable & Telecommunications Associations et USTelecom. Ils représentent les mastodontes de l’industrie, dont AT&T, Comcast et Verizon. La plainte, déposée devant une cour du Vermont, argue que les États ne peuvent pas réguler indirectement (via (...)

    #Comcast #NCTA #Telecommunications_Industry_Association_(TIA) #USTelecom #Verizon #AT&T #neutralité (...)

    ##Telecommunications_Industry_Association__TIA_ ##AT&T ##neutralité ##procès


  • Bernie Sanders cites Israel’s nation-state law in slamming Trump for inspiring authoritarianism

    ’There’s no question that other authoritarian leaders around the world have drawn inspiration from the fact that the president of the world’s oldest and most powerful democracy is shattering democratic norms,’ said Sanders

    JTA
    Oct 10, 2018

    https://www.haaretz.com/us-news/.premium-bernie-sanders-cites-israel-s-nation-state-law-in-slamming-trump-1

    In a major foreign policy speech identifying an emerging authoritarian strain around the world, Bernie Sanders included the passage of Israel’s nation-state law as an example of President Donald Trump’s inspiring anti-democratic moves.
    “It should be clear by now that Donald Trump and the right-wing movement that supports him is not a phenomenon unique to the United States,” Sanders said Tuesday in a speech to the School of Advanced International Studies at Johns Hopkins University. “All around the world, in Europe, in Russia, in the Middle East, in Asia, Latin America, and elsewhere we are seeing movements led by demagogues who exploit people’s fears, prejudices and grievances to gain and hold on to power.”
    Keep updated: Sign up to our newsletter
    Email* Sign up

    Sanders, the Independent senator from Vermont who caucuses with Democrats, said Trump by himself was not responsible for the rise of authoritarianism but was spurring it forward.
    “While this authoritarian trend certainly did not begin with Donald Trump, there’s no question that other authoritarian leaders around the world have drawn inspiration from the fact that the president of the world’s oldest and most powerful democracy is shattering democratic norms,” said Sanders.
    He cited as examples the rise in popularity of a far right-wing politician in Brazil, increased repression in Saudi Arabia, and policies of the government of Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu.
    >> There’s a reason the opposition didn’t attend the nation-state protest | Opinion
    “It’s also hard to imagine that Israel’s Netanyahu government would have taken a number of steps— including passing the recent ‘Nation State law,’ which essentially codifies the second-class status of Israel’s non-Jewish citizens, aggressively undermining the longstanding goal of a two-state solution, and ignoring the economic catastrophe in Gaza — if Netanyahu wasn’t confident that Trump would support him,” Sanders said.


  • Aux États-Unis, la crise des opioïdes bénéficie au don d’organes _ Marine Van Der Kluft - 1 Octobre 2018 - Le Figaro -
    http://sante.lefigaro.fr/article/aux-etats-unis-la-crise-des-opioides-beneficie-au-don-d-organes

    La hausse du nombre de décès par overdose aux antidouleurs a entraîné une augmentation du nombre d’organes disponibles à la greffe.

    Aux États-Unis, la crise des opioïdes continue de faire des ravages. Morphine, oxycodone ou encore le redoutable fentanyl… Entre 2010 et 2017, le nombre d’Américains décédés d’une overdose a été multiplié par deux. Des événements tragiques qui ont eu un effet inattendu, comme l’ont constaté les banques d’organes américaines : sur la même période, le nombre de donneurs morts par overdose a quadruplé, passant de 350 à 1400.

    « C’est une sinistre ironie : les décès dus à la drogue pourraient augmenter la disponibilité des organes », observent les responsables de la banque d’organes de Nouvelle-Angleterre (région du nord-est des États-Unis) dans un éditorial publié dans la revue Transplantation. En effet, après avoir atteint un pic en 2014, la liste des patients en attente d’une transplantation a diminué pour la première fois depuis vingt-cinq ans. Une baisse qui s’explique en partie par la crise des opioïdes.

    Des candidats idéaux aux greffes
    Les personnes décédées d’une overdose d’opioïdes sont-elles pour autant de bonnes candidates au don d’organes ? Selon le Pr Olivier Bastien, directeur du prélèvement et des greffes d’organes et de tissus à l’Agence de la biomédecine, il s’agit même de conditions idéales, dans le cas où les secours arrivent rapidement. « Le fentanyl est 1000 fois plus puissant que la morphine. Une overdose de ce produit bloque la respiration du patient. L’arrêt cardiaque est rapide, et les organes ne sont pas touchés. Si les secours arrivent vite, ils réalisent un massage cardiaque qui va permettre de faire repartir le cœur. Cependant, le cerveau aura été trop longtemps privé d’oxygène et le patient sera en état de mort cérébral », explique le médecin.

    Risque d’infections
    Cependant, les organes prélevés sur ce type de patients sont régulièrement mis de côté, ce que regrette une équipe de chercheurs de la faculté de médecine Johns Hopkins (Baltimore, États-Unis). « Malgré les caractéristiques favorables de ces donneurs, leurs reins et leur foie sont jetés trois fois plus souvent que ceux issus des morts par traumas », observent-ils dans une étude publiée dans la revue Annals of Internal Medicine.

    Ces patients sont en effet plus susceptibles d’avoir développé des infections consécutives à l’injection de drogues, et notamment l’hépatite B, C et le VIH. Pourtant, les risques de transmission sont désormais très faibles, avec moins d’un cas sur 1000 pour l’hépatite C et un sur 10.000 pour le VIH. En outre, l’étude montre que le taux de survie cinq ans après une greffe d’organes provenant d’une personne décédée d’overdose est équivalent à celui consécutif à la greffe d’organes provenant d’un donneur décédé par trauma.

    « Bien que ça ne soit pas la solution idéale à la pénurie, l’utilisation de ces organes devrait être optimisée », concluent les chercheurs de Johns Hopkins. C’est la stratégie qu’a choisie la banque d’organes de la Nouvelle Angleterre, région qui compte des états très touchés par la crise des opioïdes, comme le Vermont ou le Massachusetts. Alors que le taux national de décès par overdose était de 13,5% en 2017, celui-ci s’élevait à 27% en Nouvelle-Angleterre.

    Désormais, même si les tests révèlent la présence d’une hépatite B, C ou du VIH, l’établissement n’hésite plus à proposer la transplantation. « Les nouveaux traitements ont rendu le VIH maîtrisable et l’hépatite C curable », expliquent-ils. En effet, la loi américaine prévoit la possibilité d’une greffe si le receveur a déjà la maladie ou si le risque de décéder dépasse celui lié à l’infection. Ainsi, en 2016 a eu lieu la première transplantation d’un organe infecté par le VIH vers un patient lui-même atteint du sida. « C’est la preuve qu’avec une bonne stratégie, un élément salvateur peut émerger d’une tragédie nationale », expliquent-ils.

    #opioïdes #greffes #Chirurgie #drogues #Morphine #oxycodone #fentanyl #VIH #sida #optimisation #transplantation


  • Les champignons, une menace silencieuse sur la santé et l’alimentation humaine
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/09/17/les-champignons-une-menace-silencieuse_5356331_5345421.html

    Les pesticides épandus en masse pour protéger les récoltes des attaques fongiques ont engendré des résistances, y compris chez des souches qui infectent l’homme et font 1,6 million de morts par an.


    Faites le test : demandez autour de vous quel champignon présente le plus de danger pour l’humain. Neuf personnes sur dix choisiront l’amanite phalloïde. Erreur on ne peut plus funeste. Avec ses quelques dizaines de décès en Europe les pires années, le « calice de la mort » devrait faire figure d’amateur dans la planète mycète.

    De même que le moustique surpasse de loin tous les animaux réputés féroces, les vrais tueurs, chez les champignons, sont microscopiques, méconnus et autrement plus meurtriers que notre vénéneuse des forêts. Cryptococcus, pneumocystis, aspergillus et candida : chaque année, chacune de ces grandes familles tue plusieurs centaines de milliers de personnes. Selon les dernières estimations du Gaffi (le Fonds global d’action contre les infections fongiques), les pathologies associées feraient au moins 1,6 million de victimes annuelles, soit presque autant que la tuberculose (1,7 million), la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. « Des estimations basses », précise le professeur David Denning, directeur exécutif du Gaffi et chercheur à l’université de Manchester.

    D’autant qu’elles ne prennent nullement en compte le poids des attaques fongiques dans les désordres alimentaires mondiaux. Les deux principales pathologies du blé, la septoriose et la rouille noire, toutes deux provoquées par un champignon, feraient baisser la production mondiale de 20 %. La production ainsi perdue suffirait à nourrir 60 millions de personnes. Etendues à l’ensemble des cultures agricoles, c’est 8,5 % de la population mondiale, soit environ 600 millions de personnes, selon des chiffres publiés en 2012, qui pourraient garnir leurs assiettes si les lointains cousins de la truffe épargnaient les récoltes.


    Taches de septoriose sur des feuilles de blé tendre en France.

    Il faut dire que les champignons sont partout. Sur nos poignées de porte et au bord de nos baignoires, à la surface des aliments que nous ingérons comme dans l’air que nous respirons. Essentiels au cycle du vivant, ils digèrent les déchets et les recyclent en énergie disponible. Sans eux, pas de compost ni d’engrais naturels, pas de roquefort ni de vins doux. Encore moins de pénicilline, ce premier antibiotique né de l’appétit des moisissures penicillium pour les bactéries. Précieux pour l’ordre végétal, donc, et pour la plupart sans danger pour les humains. « Sur les quelque 1,5 million d’espèces estimées, quelques centaines ont la capacité de survivre dans notre organisme, souligne le professeur Stéphane Bretagne, chef du laboratoire de mycologie de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, et directeur adjoint du Centre national de référence (CNR) des mycoses invasives de l’Institut Pasteur. En plaçant notre corps à 37 degrés, l’évolution nous a mis à l’abri de la plupart des champignons. Les autres, quand tout va bien, sont éliminés par notre système immunitaire. »

    En avril 2012, pourtant, un inquiétant « Fear of Fungi » (« La peur des champignons ») barrait la « une » de la prestigieuse revue Nature. Sept scientifiques britanniques et américains y décrivaient l’explosion d’infections virulentes parmi les plantes et les animaux. On croyait, depuis la grande famine irlandaise (1845-1852) et les épidémies d’oïdium (1855) puis de mildiou (1885) qui détruisirent l’essentiel de la vigne française, que les grands périls agricoles étaient derrière nous. Eh bien non, répondaient-ils : la pression fongique sur les cinq principales cultures vivrières ne cesse de s’intensifier. Le blé, donc, mais aussi le riz, assailli dans 85 pays par la pyriculariose, avec des pertes de 10 % à 35 % des récoltes. Idem pour le soja, le maïs et la pomme de terre. « Si ces cinq céréales subissaient une épidémie simultanée, c’est 39 % de la population mondiale qui verrait sa sécurité alimentaire menacée », explique Sarah Gurr, du département des sciences végétales de l’université d’Oxford, une des signataires de l’article.

    Les champignons ne s’en prennent pas qu’à l’agriculture, rappelaient les chercheurs. Reprenant la littérature, ils constataient que 64 % des extinctions locales de plantes et 72 % des disparitions animales avaient été provoquées par des maladies fongiques. Un phénomène amplifié depuis le milieu du XXe siècle : le commerce mondial et le tourisme ont déplacé les pathogènes vers des territoires où leurs hôtes n’ont pas eu le temps d’ériger des défenses. Les Etats-Unis ont ainsi perdu leurs châtaigniers, l’Europe a vu ses ormes décimés. Les frênes sont désormais touchés : arrivée d’Asie il y a quinze ans, la chalarose a ainsi frappé la Pologne, puis toute l’Europe centrale. Elle occupe désormais un tiers du territoire français. Seule chance : Chalara fraxinea ne supporte pas la canicule. La maladie a donc arrêté sa progression et commencerait même à reculer.

    Les animaux sont encore plus durement atteints. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 40 % des espèces d’amphibiens sont aujourd’hui menacées, des dizaines auraient disparu. Premier responsable : Batrachochytrium dendrobatidis, alias Bd. Depuis vingt ans, le champignon venu de Corée a décimé grenouilles et crapauds en Australie et sur l’ensemble du continent américain. Son cousin Bsal, lui aussi arrivé d’Asie, cible salamandres et tritons européens avec une mortalité proche de 100 %. Aux Etats-Unis, un autre champignon, le bien nommé Geomyces destructans, poursuit son carnage auprès des chauves-souris. La maladie du museau blanc touche près de la moitié du pays et aurait tué plusieurs millions de chiroptères.


    Dans le Vermont, aux Etats-Unis, des chauves-souris brunes sont frappées par la maladie du museau blanc.

    Coraux et tortues dans les mers, abeilles, oies et perroquets dans les airs… la liste est longue. « Il ne fait guère de doute que ces pathologies sont de plus en plus nombreuses, affirme, statistiques à l’appui, Matthew Fisher, du département des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres, premier signataire de la publication de 2012. Depuis notre article, il y a eu une prise de conscience, mais la situation s’est détériorée. »

    Aussi en mai, Matthew Fisher et Sarah Gurr ont récidivé, cette fois dans Science, en s’adjoignant les services du Suisse Dominique Sanglard. Biologiste à l’université de Lausanne, il traque « l’émergence mondiale de résistance aux antifongiques » en incluant dans le tableau les pathologies humaines. Des maladies « longtemps négligées, souligne-t-il. D’abord, elles étaient moins fréquentes que les pathologies bactériennes ou virales. Ensuite, elles frappent des patients immunodéprimés – dont les défenses ne sont plus capables de contenir les champignons –, pas des sujets sains. Enfin, un champignon, c’est beaucoup plus complexe qu’une bactérie, beaucoup plus proche de nous aussi, donc plus difficile à combattre sans attaquer nos propres cellules. »

    « Un champignon, c’est beaucoup plus proche de nous qu’une bactérie, donc plus difficile à combattre sans attaquer nos propres cellules », Dominique Sanglard université de Lausanne

    L’épidémie de sida, dans les années 1980, a commencé à modifier la donne. « Les patients immunodéprimés se sont mis à mourir massivement de pneumocystoses ou de cryptococcoses », se souvient Olivier Lortholary, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Necker et directeur adjoint du CNR mycoses invasives à l’Institut Pasteur. Si l’accès aux trithérapies a permis de limiter l’hécatombe dans les pays occidentaux, il n’en va pas de même ailleurs dans le monde. Selon les dernières statistiques du Gaffi, plus de 535 000 malades du sida meurent encore chaque année, victimes d’une infection fongique associée. « C’est sans doute plus, insiste David Denning. Certaines pathologies fongiques pulmonaires sont prises pour des tuberculoses. »

    Mycologue au CHR de Cayenne, Antoine Adenis en sait quelque chose. La forte présence de la leishmaniose dans le département avait conduit le service de dermatologie à analyser toutes les plaies des patients séropositifs. « Nous avons découvert la présence de l’histoplasmose un peu par hasard », raconte-t-il. Les médecins ont alors systématiquement recherché le champignon histoplasma et découvert qu’il constituait la première cause de décès des malades du sida en Guyane. Au Suriname voisin, réputé vierge de champignons, il a découvert que « 25 % des hospitalisés VIH étaient touchés ». Le médecin a ensuite étendu son étude à toute l’Amérique latine. Le résultat a stupéfié la communauté : selon un article publié en août, dans The Lancet, le champignon y tuerait quelque 6 800 personnes par an, plus que la tuberculose, réputée première cause de mortalité associée au sida.

    Les champignons et leurs spores ne se contentent pas d’attaquer les porteurs du VIH. « Ils compliquent toutes les pathologies respiratoires quand ils ne les provoquent pas », explique David Denning. Asthme sévère, aspergilloses broncho-pulmonaires allergiques ou chroniques… « Cela représente plus de 14 millions de personnes dans le monde et au moins 700 000 décès par an », assure le médecin britannique.


    Un adolescent anglais atteint par une teigne résistante aux antifongiques.

    Enfin, il y a les pathologies dites « hospitalières ». « Chimiothérapies, greffes de moelle, transplantations d’organes, biothérapies… La médecine moderne, comme l’augmentation de la durée de la vie, multiplie la quantité de malades immunodéprimés dans les hôpitaux, analyse Tom Chiller, chef de la branche mycoses du Centre de contrôle des maladies américain (CDC). Beaucoup ont déjà en eux des champignons qui trouvent là l’occasion de prospérer, ou ils les rencontrent à l’hôpital. Tous représentent des cibles idéales. » Une fois les pathogènes dans le sang, le pronostic devient effrayant. A l’échelle mondiale, le taux de mortalité parmi le million de malades traités avoisinerait les 50 %. « En France, depuis quinze ans, le taux reste entre 30 % et 40 % pour les candidoses, entre 40 % et 50 % pour les aspergilloses, indique Stéphane Bretagne. Désespérément stable. » « Et l’incidence des candidoses systémiques augmente de 7 % chaque année, renchérit son collègue Olivier Lortholary. Même si c’est en partie dû à l’augmentation de la survie des patients de réanimation aux attaques bactériennes, c’est une vraie préoccupation, ma principale inquiétude avec les champignons émergents souvent multirésistants. »

    Résistances et émergences : l’hôpital de Nimègue, aux Pays-Bas, et son équipe de recherche en mycologie, en sont devenus les références mondiales. En 1999, le centre y a enregistré le premier cas de résistance d’une souche d’Aspergillus fumigatus aux azoles, la principale classe d’antifongiques. Puis les cas se sont multipliés. « Et ça ne cesse de croître, souligne Jacques Meis, chercheur au centre néerlandais. Dans tous les hôpitaux des Pays-Bas, la résistance dépasse les 10 %, et atteint jusqu’à 23 %. » Avec pour 85 % des patients infectés la mort dans les trois mois.


    L’inhalation des spores d’« Aspergillus fumigatus » peut entraîner une infection invasive des poumons et des bronches, souvent fatale.

    Les scientifiques n’ont pas mis longtemps à désigner un suspect : les horticulteurs. Aux Pays-Bas, champions de l’agriculture intensive, le traitement standard des tulipes consiste à en plonger les bulbes dans un bain d’azoles. Longtemps, les organisations agricoles ont plaidé non coupables. Mais à travers le monde, les preuves se sont multipliées. A Besançon, où ont été mis en évidence les deux premiers cas français d’aspergilloses résistantes chez un agriculteur et un employé de la filière bois, les mêmes souches mutantes ont été trouvées dans les champs du malade et dans plusieurs scieries de la région. « Les agriculteurs ne visent pas les mêmes champignons, mais les fongicides qu’ils emploient ne font pas la différence, ils rendent résistants les pathogènes humains », explique Laurence Millon, chef du service de parasitologie-mycologie du centre hospitalier de Besançon. « L’histoire se répète, soupire Matthew Fisher. L’usage massif des antibiotiques par les éleveurs a développé les résistances des bactéries humaines. L’emploi à outrance des fongicides par les cultivateurs fait de même avec les champignons. »

    « L’usage massif des antibiotiques par les éleveurs a développé les résistances des bactéries humaines. L’emploi à outrance des fongicides par les cultivateurs fait de même avec les champignons », Matthew Fisher, Imperial College de Londres

    Le monde agricole se trouve pris entre deux menaces. D’un côté, la résistance toujours plus importante de champignons dopés par le changement climatique conduit à multiplier les traitements phytosanitaires. « Cette année, dans les vignes du sud de la France, la pression fongique était telle qu’au lieu des onze traitements annuels moyens – ce qui est déjà beaucoup –, les vignerons en ont délivré entre quinze et dix-sept », constate Christian Huygue, directeur scientifique agriculture de l’Institut national de la recherche en agronomie (INRA). La faute à un printemps exceptionnellement pluvieux et un été particulièrement sec. Mais aussi à l’adaptation des champignons à tout ce que le génie humain invente de produits phytosanitaires. Depuis les années 1960, l’industrie s’en est pris successivement à la membrane des cellules du champignon, à leur paroi, à leur ARN ou à leur respiration… Cinq classes d’antifongiques ont ainsi été mises au point. « Trois étaient vraiment efficaces, résume Sabine Fillinger, généticienne à l’INRA. Les strobilurines rencontrent des résistances généralisées. De plus en plus de produits azolés connaissent le même sort. Il reste les SDHI [inhibiteur de la succinate déshydrogénase], mais ils commencent à y être confrontés et ça va s’aggraver. »

    De plus en plus impuissants face aux pathogènes, les fongicides agricoles se voient aussi accusés de menacer la santé humaine. Des chercheurs de l’INRA et de l’Inserm ont ainsi lancé un appel dans Libération, le 16 avril, afin de suspendre l’usage des SDHI. Le dernier-né des traitements n’entraverait pas seulement la respiration des cellules de champignons ; par la même action sur les cellules animales et humaines, il provoquerait des « encéphalopathies sévères » et des « tumeurs du système nerveux ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a décidé d’examiner l’alerte. Elle s’est d’autre part autosaisie afin de vérifier l’éventuelle toxicité humaine de l’époxiconazole. « Cet azole est l’une des dernières substances actives sur le marché, nous en utilisons 200 tonnes par an en France, mais c’est également un reprotoxique de catégorie 1 [affecte la fertilité], la plus préoccupante, et un cancérigène de catégorie 2 », indique Françoise Weber, directrice générale déléguée au pôle produits réglementés de l’Anses. Un avis négatif de la France pourrait peser en vue de la réévaluation du produit au niveau européen, prévue en avril 2019.

    A l’INRA comme à l’Anses, on jure avoir comme nouvel horizon une agriculture sans pesticide. Développement de nouvelles variétés, diversification des cultures, morcellement des paysages et « anticipation des pathologies nouvelles que le changement climatique fait remonter vers le nord et que le commerce mondial apporte d’Asie », insiste Christian Huygue. Du blé tendre aux laitues ou aux bananes, nombre de cultures font face à des pathogènes émergents. Des champignons nouveaux frappent également les humains. Dans les services hospitaliers, le dernier diable s’habille en or. Découvert au Japon en 2009 et intrinsèquement résistant à tous les traitements, Candida auris flambe particulièrement dans les hôpitaux indiens, pakistanais, kényans et sud-africains. La France semble jusqu’ici épargnée. Mais cinq autres champignons à « résistance primaire » y ont fait leur nid, totalisant 7 % des infections invasives à Paris, là encore chez les immunodéprimés.


    Plants de banane attaqués par la fusariose au Cameroun

    Plus inquiétant peut-être, de nouvelles infections invasives touchent des patients dits immunocompétents. Aux Etats-Unis, la « fièvre de la vallée » ne cesse de progresser. Pour la seule Californie, les coccidioïdes cachés dans la terre, relâchés à la faveur de travaux d’aménagement ou agricoles, ont contaminé 7 466 personnes en 2017. Au CDC d’Atlanta, on ne dispose d’aucune statistique nationale mais on parle de « centaines » de morts.

    Moins meurtrière mais terriblement handicapante, une nouvelle forme de sporotrichose touche des dizaines de milliers de Brésiliens. Partie de Rio, elle a conquis le sud du pays et gagne le nord, essentiellement transmise par les chats. « L’épidémie est hors de contrôle », assure Jacques Meis. Et que dire de ces ouvriers de Saint-Domingue qui nettoyaient une conduite d’usine remplie de guano de chauves-souris ? « Ils étaient 35, jeunes, aucun n’était immunodéprimé, raconte Tom Chiller, qui a publié le cas en 2017 dans Clinical Infectious Diseases. Trente sont tombés malades, 28 ont été hospitalisés. » Le diagnostic d’histoplasmose n’a pas tardé. Neuf ont été admis en soins intensifs. Trois sont morts.

    Cette hécatombe mondiale n’a rien d’une fatalité, assurent les scientifiques. « La médecine moderne augmente les populations à risque, admet David Denning. Mais en améliorant le diagnostic et l’accès aux traitements, en développant la recherche, en réservant à la santé humaine les nouvelles molécules qui finiront par apparaître, on doit pouvoir réduire considérablement la mortalité des infections. »

    Doux rêve, répond Antoine Adenis. « La mycologie reste le parent pauvre de la microbiologie », regrette-t-il. Ainsi, pour la première fois cette année, Laurence Millon n’aura pas d’interne dans son service de Besançon. Et David Denning, qui gère son Gaffi avec des bouts de ficelle, de soupirer : « Quand un malade leucémique meurt d’une infection fongique, tout le monde parle du cancer à l’enterrement, personne des champignons. Et à qui pensez-vous que l’on fait les dons ? »


  • Le GOP devient trumpiste
    http://www.dedefensa.org/article/le-gop-devient-trumpiste

    Le GOP devient trumpiste

    Il y a eu quatre primaires pour la désignation des candidats républicains (GOP) pour les élections mid-term, dans les États du Minnesota, du Wisconsin, du Vermont et du Connecticut. Pour la première fois une grande tendance est apparue : pour être désignés par les électeurs du parti, il faut être “trumpiste”, c’est-à-dire radicalisé dans le sens du président (populiste, isolationniste, conservateur-sociétal, etc.). ZeroHedge.comécrit ce 15 août 2018 : « Même le Washington Post admet que “Trump a triomphé lors des primaires” ».

    C’était une des grandes inconnues de ces deux dernières années : l’évolution de l’attitude générale du GOP, qui s’était opposé au candidat Trump, vis-à-vis du président Trump. Il semble qu’on puisse avancer que le GOP a évolué vers le soutien du président en place. (...)



  • Etats-Unis : Alexandria Ocasio-Cortez, novice en politique et figure émergente des anti-Trump

    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/06/27/etats-unis-alexandria-ocasio-cortez-novice-en-politique-et-figure-emergente-

    En doublant l’un des parlementaires les plus progressistes du congrès par sa gauche, l’ancienne serveuse – dont la photo apparaît encore sur le site de son dernier employeur, un bar à cocktails de Manhattan – s’inscrit pleinement dans les divisions internes au Parti démocrate, vives entre Bernie Sanders et Hillary Clinton lors de la présidentielle de 2016.

    Assurance santé accessible à tous, aides à l’accès à l’université, développement de l’emploi public, abolition de l’agence d’immigration : toutes les thématiques de campagne d’Alexandria Ocasio-Cortez rappellent celles du sénateur du Vermont, dont elle a organisé une partie de la campagne à New York.

    Face à Joseph Cowley, alors annoncé comme le futur président de la chambre des représentants en cas d’alternance, Alexandria Ocasio-Cortez a surtout tiré tous les leviers d’une opposition sans compromis face à Donald Trump : le 24 juin, elle se présente par exemple devant un centre de détention pour enfants migrants, près de la frontière mexicaine, et interpelle devant les caméras les officiers de l’autre côté des grilles, visiblement embarrassés.


  • Health Insurers Spend $158K to Make Sure ’Blue Wave’ Is Against Medicare for All
    https://gritpost.com/health-insurers-medicare-for-all

    In the current cycle, big health insurers have quietly donated more than $150,000 to Democrats opposed to #Medicare for All legislation.

    One of the internal battles raging within the Democratic Party is whether or not the party should embrace the Medicare for All bill authored by Senator Bernie #Sanders (I-Vermont). Big-name Democrats with possible presidential ambitions like Senators Cory Booker (D-New Jersey), Kirsten Gillibrand (D-New York), Kamala Harris (D-California), and Elizabeth Warren (D-Massachusetts) have co-sponsored the bill, but notably, 11 Senate Democrats up for re-election this year have not.

    If passed, Sanders’ Medicare for All bill would allow Americans to have the option of buying into the Medicare program typically only available to retirees. Medicare is one of the most popular government programs, with 77 percent of Americans saying they viewed the program as “very important” in 2015. A Pew survey from June of 2017 found that 60 percent of respondents felt that providing healthcare should be the responsibility of the government.

    ##santé #Etats-Unis #corruption_légale #acheter_les_lois #assurance



  • La censure contamine les milieux universitaires Le Devoir - Jean-François Nadeau - 1 avril 2017
    http://www.ledevoir.com/societe/education/495389/liberte-d-expression-sou-pression-la-liberte-d-expression-en-crise

    Peut-on discuter de tout à l’université ? De moins en moins, apparemment. Nous entrons dans une ère « de déclin de l’argumentation, de la rationalité et du politique », pense l’historien des sciences de l’UQAM Yves Gingras. « Et on n’a encore rien vu ! » ajoute-t-il.
     
    À l’Université McGill, deux professeurs de théologie n’ont pu aborder la question des transgenres, muselés par une trentaine d’étudiants qui les ont interrompus au point où la menace de devoir appeler la police a fini par être brandie. « Dans un monde idéal, l’événement aurait été aboli » , a expliqué un des protestataires au journal étudiant McGill Daily.
     
    À l’UQAM, deux débats ont été annulés parce que les organisateurs ont craint des pressions de la part de l’AFESH, une association étudiante. La présence à ces conférences du nationaliste conservateur Mathieu Bock-Côté indisposait des étudiants.


    L’association étudiante se refuse à porter le blâme. Dans une déclaration publiée en ligne, l’AFESH affirme avoir un mandat contre « l’instrumentalisation de la liberté d’expression et de la liberté académique lorsque celle-ci sert à tenir des propos oppressifs » . Autrement dit, l’association défend ceux qui, par les moyens de leurs choix, empêchent que soient entendus sur le campus des personnes qui disposent déjà d’ « une tribune publique importante » quand « leurs propos sont haineux, appellent à la violence, justifient la violence […] ou remettent notre existence en question » . L’affaire a provoqué un véritable emballement sur les réseaux sociaux. La haute direction de l’UQAM n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.
     
    Sentiments et châtiments 
    On empêche désormais des gens de parler à l’université « au nom de sentiments que l’on craint de froisser », explique le sociologue Jean-Philippe Warren, de Concordia. À son sens, cette situation n’est pas très présente encore dans les universités francophones mais percole rapidement vers les universités anglophones, influencées par les États-Unis. « Il y a une incapacité de plus en plus grande à se sentir heurté, à être ébranlé », observe le professeur Warren.
     
    Dans son établissement d’enseignement, dit-il, on a vite intériorisé cette nouvelle façon tout américaine d’envisager la scène universitaire : « Lors d’une présentation, on demande par exemple à l’assistance si quelqu’un risque d’être heurté par la projection d’une image montrant un étal de boucher. Si quelqu’un répond “ oui ”, on enlèvera sans hésitation l’image », explique le sociologue. Ce discours contrôlé « est parfaitement intériorisé chez les plus jeunes ».
     
    Il est d’abord intégré chez les professeurs, observe l’historien Yves Gingras, citant l’exemple récent d’une jeune professeure de Calgary. En projetant des diapositives de modèles anatomiques en cire centenaires, elle a pris soin de masquer les parties génitales, « par anticipation, à la simple idée que ça pourrait choquer ! »
     
    Une vague
    Depuis dix ans aux États-Unis, cette sensibilité aux sentiments privés, inspirée par la psychologie, s’impose peu à peu dans les établissements d’enseignement supérieur. « On commence juste à sentir l’effet de cette vague américaine au Québec », soutient le professeur Warren. Avant d’utiliser certains mots ou certaines images en classe, il y a désormais en classe, avant le début des séances, une mise en garde — le « trigger warning » pour des objets qui pourraient susciter des réactions, expose Yves Gingras, qui a aussi enseigné à l’Université de Toronto.
     
    À Middlebury, petite ville du Vermont située à 200 km de Montréal, des étudiants en colère s’en sont pris il y a quelques semaines à Charles Murray, politologue qui défend des thèses libertariennes considérées comme racistes. Murray a été empêché de parler d’un tout autre sujet. Un membre de la faculté a été blessé. Plus de cent professeurs de l’établissement ont dénoncé ce coup de force : « Aucun groupe de professeurs ou d’étudiants n’a le droit de déterminer pour toute la communauté si une question n’est pas ouverte aux fins de discussion. »
     
    Longtemps professeur à l’UQAM, Normand Baillargeon a montré du doigt la situation à plusieurs reprises. Il est invraisemblable, soutient Normand Baillargeon, qu’on veuille interdire la parole à des gens à partir d’un jugement a priori . Pour lui, l’université est le lieu dans la société où il doit être possible de discuter de tout. Cette position lui a valu récemment, dit-il, d’être submergé par un torrent de haine, dont une menace de procès et l’annonce de sa mort en ligne sur le site Wikipédia. Joint par Le Devoir à l’étranger, Normand Baillargeon a affirmé qu’il ne voulait plus être cité dans le cadre de cette histoire, désolé de n’avoir pas été davantage soutenu par l’université sur cette question.
     
    Inégalités
    Dans une position publiée en ligne, l’AFESH affirme que c’est plutôt la liberté d’expression de ses membres qui est menacée « dans un contexte où nos services sont coupés, où les violences sexuelles sont constantes et impunies et où l’extrême droite raciste s’organise de plus en plus ». En revanche, « celles de Normand Baillargeon et Mathieu Bock-Côté […] nous semblent en très bon état ».
     
    Pour Marcos Ancelovici, titulaire de la Chaire en sociologie des conflits sociaux à l’UQAM, il est faux de penser que toutes les positions jouissent d’une tribune égale. Il reproche notamment à Normand Baillargeon de ne pas tenir compte d’un ensemble d’inégalités préalables. « Si l’on se soucie réellement du pluralisme dans les débats intellectuels et publics, il faut prendre en compte ces éléments. » Refuser d’entendre ceux qui jouissent déjà d’une telle chambre d’échos dans la société ne porte pas spécialement à conséquence, plaide-t-il. « Je ne dis pas qu’il faut interdire la parole de certaines personnes. Je dis que cette parole étant déjà omniprésente, le débat ne souffrira pas forcément d’une manifestation dénonçant cette prise de parole » , précise Ancelovici.
     
    Instrumentalisation ?
    Sur le thème « Fuck la libârté d’expression » , l’AFESH a lancé en mars une campagne d’affichage qui synthétise en une formule choc cette idée que la liberté d’expression peut être manipulée au profit de ceux qui ont toujours la parole. Ses affiches ont toutes été approuvées pour l’affichage par l’université.
     
    Au même moment, à l’Université de Montréal, un comité organisant une Semaine contre l’apartheid israélien (SAI) a vu son affiche refusée par l’établissement. Les organisateurs plaident que la direction universitaire a toujours entretenu des relations d’opposition avec leur groupe. Au contraire, affirme Geneviève O’Meara, porte-parole de l’Université de Montréal : « On encourage le débat d’idées à l’université, une université, c’est fait pour ça. […] En accord avec notre politique sur l’affichage, on a proposé que le visuel de l’affiche de ce groupe “ne soit pas diffusé tel qu’il est”. » L’affiche montrait des belligérants représentés par de petits personnages aux traits plutôt naïfs et enfantins. L’Université a dit ne pas tolérer les représentations de luttes armées.
     
    L’historien des sciences Yves Gingras insiste : _ « Ce n’est que la pointe de l’iceberg et ce n’est certainement pas à l’UQAM que c’est le pire. » *

     #trigger_warning #censure #haine #liberté_d'expression #pluralisme #parole #interdictions #université #liberté-académique

    • Ceci dit : Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées ? Bruno GUIGUE - 20 septembre 2017
      https://www.legrandsoir.info/pourquoi-la-liberte-d-expression-est-un-conte-de-fees-32327.html

      La liberté d’expression fait partie des nobles principes dont se prévalent les régimes qui se disent “civilisés” et se prétendent “démocratiques”. Pour l’idéologie libérale, les choses sont simples. Comme nous sommes libres et égaux, nous jouissons tous de la possibilité de nous exprimer comme nous l’entendons. Attachée à notre nature, cette liberté inaliénable serait à la portée de tous. Dans ce monde idéal où les libertés n’attendent que l’initiative individuelle pour s’accomplir, où chaque individu est un Robinson en attente d’une île déserte pour y bâtir un monde à son image, chacun serait libre de s’exprimer en toutes circonstances.


      En réalité, il suffit de formuler clairement – comme nous venons de le faire – ce que devrait être la liberté d’expression pour s’apercevoir qu’elle est non seulement irréelle, mais absolument impossible sous le régime social qui est le nôtre. Elle est irréelle, en effet, pour la simple raison que tous les citoyens ne peuvent pas exercer cette liberté dans les mêmes conditions. Lorsqu’on vante la liberté d’expression qui régnerait dans les démocraties occidentales, on se contente en réalité d’une liberté abstraite, “formelle” comme disait Marx, et on raisonne comme s’il suffisait d’ouvrir la bouche pour jouir de cette merveilleuse liberté accordée à tous.

      Or cette liberté tant vantée est un véritable conte de fées, car son exercice effectif – et non la simple possibilité abstraite de cet exercice – suppose la possession de moyens dont nous ne sommes pas également dotés. Dans le monde féérique du libéralisme cette inégalité ne pose aucun problème, mais il se trouve que nous vivons dans le monde réel. Si je n’ai pas les mêmes idées que mon voisin, il n’est pas indifférent de savoir qu’il possède un journal alors que je n’en possède aucun. Sa liberté d’expression ne sera pas équivalente à la mienne. Dans une société où une minorité détient la majeure partie du capital, il est clair que certains sont “plus libres” que d’autres. Parce qu’ils monopolisent l’exercice de la liberté d’expression, les riches, en réalité, en privent les pauvres.

      Envisagée de manière concrète, la question de la liberté d’expression, par conséquent, recoupe celle de la propriété des moyens d’expression. En France, une dizaine de milliardaires possède la quasi-totalité des titres de la presse écrite et audiovisuelle, nationale et régionale. Mais ce n’est pas par amour pour la “liberté d’expression” que ces détenteurs de capitaux ont pris le contrôle des médias. Si c’était le cas, la ligne éditoriale de ces organes de presse ne serait pas monolithique jusqu’à la caricature. Elle ne refléterait pas aussi crûment les choix idéologiques d’une caste qui entend imposer sa vision du monde. “La liberté de la presse, disait Marx, est la liberté que les capitalistes ont d’acheter des journaux et des journalistes dans l’intérêt de créer une opinion publique favorable à la bourgeoisie”. Le matraquage médiatique ayant conduit le godelureau de la finance à l’Elysée en est un bon exemple.

      On objectera que malgré cette mainmise sur les médias on peut s’exprimer comme on veut sur la Toile. C’est vrai et faux à la fois. Heureusement, de nombreux sites animés par des bénévoles diffusent une information alternative qui bat en brèche le discours dominant. Mais ce n’est pas un combat à armes égales. Les médias officiels disposent de moyens colossaux qui proviennent non seulement de leurs actionnaires privés mais aussi de subventions publiques. Organe central du parti euro-atlantiste, le quotidien “Le Monde”, par exemple, perçoit 4 538 000 euros de la part de l’Etat (2015). Bien sûr, de tels subsides n’empêchent pas ce journal de publier des énormités. On peut même se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet. Chacun se souvient des nombreux articles dans lesquels le “quotidien de référence” annonçait la chute imminente de Bachar Al-Assad, conformément à la doctrine du Quai d’Orsay.

      Si les sites d’information alternative percevaient le dixième de ce que touchent neuf milliardaires pour maintenir en vie leurs feuilles de chou, on imagine à peine ce qui se passerait. Mais cette répartition équitable de la manne publique ne risque pas de voir le jour. Le système médiatique des démocraties libérales, en effet, repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un bon journal est un journal qui dit ce qu’il faut dire – du point de vue de l’oligarchie – et à qui l’Etat donne les moyens d’éliminer la concurrence. Le summum a été atteint lorsque la ministre sortante de l’Education nationale a ordonné aux établissements d’offrir aux lycéens un accès gratuit à une dizaine de journaux tout en leur demandant de dissuader les élèves d’aller s’informer sur Internet. En les prenant au berceau, nul doute qu’on obtiendrait encore de meilleurs résultats.

      La sphère médiatique une fois verrouillée par l’oligarchie, la liberté d’expression est un droit formel dont l’exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en “complotisme”, version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants. Mais cela ne suffit pas. Non seulement l’espace médiatique est saturé par l’idéologie dominante pour cause d’actionnariat privé, mais on veille aussi à ce que l’espace public reste sous contrôle. On refuse alors à un intellectuel étasunien de l’envergure de Noam Chomsky l’entrée des locaux de l’Assemblée nationale où il devait faire une communication à caractère scientifique. Transformé en SDF, cet éminent linguiste coupable d’un obscur délit d’opinion (il eut le tort de critiquer Israël et les EU) trouva refuge au centre culturel belge.

      Pour sauver ce qui reste de cette liberté d’expression moribonde, on pouvait alors espérer que le service public de l’information, hors de portée des affairistes et des lobbies, puisse faire contrepoids. C’était sans compter sur l’intervention du pouvoir. On a récemment pu voir une remarquable émission de la série “Un oeil sur la planète” consacrée à la Syrie. Avec un rare professionnalisme, l’équipe de France 2 dévoilait les aspects contradictoires du drame syrien, rompant avec la narration dominante de cette guerre par procuration. Mais le lobby qui défend les intérêts de l’OTAN et d’Israël a procédé au nettoyage. Après quinze ans de bons et loyaux services, l’émission “Un oeil sur la planète” vient d’être effacée des programmes de la chaîne. Aucun motif n’a été avancé. CQFD.

      Pour défendre la liberté d’expression, il faut d’abord cesser de lui prêter une réalité qu’elle n’a pas. On fait comme si chacun était libre d’en jouir, alors qu’il s’agit d’une possibilité dont la réalisation dépend de moyens dont le simple citoyen est dépourvu. Tant que ces moyens sont monopolisés par la bourgeoisie d’affaires, cette réalisation est chimérique. Dans les prétendues démocraties, la liberté de la presse est le manteau dont se drape la classe dominante pour formater l’opinion. “La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature”, disait Chomsky. Toute parole qui échappe à la censure de la classe dominante est une victoire, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l’expropriation sans condition des magnats de la presse.



  • Jackson Lears · What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking : #Russiagate · LRB 4 January 2018
    https://www.lrb.co.uk/v40/n01/jackson-lears/what-we-dont-talk-about-when-we-talk-about-russian-hacking
    La pensée unique aux États Unis de plus en plus sectaire et pesante

    Jackson Lears

    American politics have rarely presented a more disheartening spectacle. The repellent and dangerous antics of Donald Trump are troubling enough, but so is the Democratic Party leadership’s failure to take in the significance of the 2016 election campaign. Bernie Sanders’s challenge to Hillary Clinton, combined with Trump’s triumph, revealed the breadth of popular anger at politics as usual – the blend of neoliberal domestic policy and interventionist foreign policy that constitutes consensus in Washington. Neoliberals celebrate market utility as the sole criterion of worth; interventionists exalt military adventure abroad as a means of fighting evil in order to secure global progress. Both agendas have proved calamitous for most Americans. Many registered their disaffection in 2016. Sanders is a social democrat and Trump a demagogic mountebank, but their campaigns underscored a widespread repudiation of the Washington consensus. For about a week after the election, pundits discussed the possibility of a more capacious Democratic strategy. It appeared that the party might learn something from Clinton’s defeat. Then everything changed.

    A story that had circulated during the campaign without much effect resurfaced: it involved the charge that Russian operatives had hacked into the servers of the Democratic National Committee, revealing embarrassing emails that damaged Clinton’s chances. With stunning speed, a new centrist-liberal orthodoxy came into being, enveloping the major media and the bipartisan Washington establishment. This secular religion has attracted hordes of converts in the first year of the Trump presidency. In its capacity to exclude dissent, it is like no other formation of mass opinion in my adult life, though it recalls a few dim childhood memories of anti-communist hysteria during the early 1950s.

    The centrepiece of the faith, based on the hacking charge, is the belief that Vladimir Putin orchestrated an attack on American democracy by ordering his minions to interfere in the election on behalf of Trump. The story became gospel with breathtaking suddenness and completeness. Doubters are perceived as heretics and as apologists for Trump and Putin, the evil twins and co-conspirators behind this attack on American democracy. Responsibility for the absence of debate lies in large part with the major media outlets. Their uncritical embrace and endless repetition of the Russian hack story have made it seem a fait accompli in the public mind. It is hard to estimate popular belief in this new orthodoxy, but it does not seem to be merely a creed of Washington insiders. If you question the received narrative in casual conversations, you run the risk of provoking blank stares or overt hostility – even from old friends. This has all been baffling and troubling to me; there have been moments when pop-culture fantasies (body snatchers, Kool-Aid) have come to mind.

    Like any orthodoxy worth its salt, the religion of the Russian hack depends not on evidence but on ex cathedra pronouncements on the part of authoritative institutions and their overlords. Its scriptural foundation is a confused and largely fact-free ‘assessment’ produced last January by a small number of ‘hand-picked’ analysts – as James Clapper, the director of National Intelligence, described them – from the CIA, the FBI and the NSA. The claims of the last were made with only ‘moderate’ confidence. The label Intelligence Community Assessment creates a misleading impression of unanimity, given that only three of the 16 US intelligence agencies contributed to the report. And indeed the assessment itself contained this crucial admission: ‘Judgments are not intended to imply that we have proof that shows something to be a fact. Assessments are based on collected information, which is often incomplete or fragmentary, as well as logic, argumentation and precedents.’ Yet the assessment has passed into the media imagination as if it were unassailable fact, allowing journalists to assume what has yet to be proved. In doing so they serve as mouthpieces for the intelligence agencies, or at least for those ‘hand-picked’ analysts.

    It is not the first time the intelligence agencies have played this role. When I hear the Intelligence Community Assessment cited as a reliable source, I always recall the part played by the New York Times in legitimating CIA reports of the threat posed by Saddam Hussein’s putative weapons of mass destruction, not to mention the long history of disinformation (a.k.a. ‘fake news’) as a tactic for advancing one administration or another’s political agenda. Once again, the established press is legitimating pronouncements made by the Church Fathers of the national security state. Clapper is among the most vigorous of these. He perjured himself before Congress in 2013, when he denied that the NSA had ‘wittingly’ spied on Americans – a lie for which he has never been held to account. In May 2017, he told NBC’s Chuck Todd that the Russians were highly likely to have colluded with Trump’s campaign because they are ‘almost genetically driven to co-opt, penetrate, gain favour, whatever, which is a typical Russian technique’. The current orthodoxy exempts the Church Fathers from standards imposed on ordinary people, and condemns Russians – above all Putin – as uniquely, ‘almost genetically’ diabolical.

    It’s hard for me to understand how the Democratic Party, which once felt scepticism towards the intelligence agencies, can now embrace the CIA and the FBI as sources of incontrovertible truth. One possible explanation is that Trump’s election has created a permanent emergency in the liberal imagination, based on the belief that the threat he poses is unique and unprecedented. It’s true that Trump’s menace is viscerally real. But the menace posed by George W. Bush and Dick Cheney was equally real. The damage done by Bush and Cheney – who ravaged the Middle East, legitimated torture and expanded unconstitutional executive power – was truly unprecedented, and probably permanent. Trump does pose an unprecedented threat to undocumented immigrants and Muslim travellers, whose protection is urgent and necessary. But on most issues he is a standard issue Republican. He is perfectly at home with Paul Ryan’s austerity agenda, which involves enormous transfers of wealth to the most privileged Americans. He is as committed as any other Republican to repealing Obama’s Affordable Care Act. During the campaign he posed as an apostate on free trade and an opponent of overseas military intervention, but now that he is in office his free trade views are shifting unpredictably and his foreign policy team is composed of generals with impeccable interventionist credentials.

    Trump is committed to continuing his predecessors’ lavish funding of the already bloated Defence Department, and his Fortress America is a blustering, undisciplined version of Madeleine Albright’s ‘indispensable nation’. Both Trump and Albright assume that the United States should be able to do as it pleases in the international arena: Trump because it’s the greatest country in the world, Albright because it’s an exceptional force for global good. Nor is there anything unprecedented about Trump’s desire for détente with Russia, which until at least 2012 was the official position of the Democratic Party. What is unprecedented about Trump is his offensive style: contemptuous, bullying, inarticulate, and yet perfectly pitched to appeal to the anger and anxiety of his target audience. His excess has licensed overt racism and proud misogyny among some of his supporters. This is cause for denunciation, but I am less persuaded that it justifies the anti-Russian mania.

    Besides Trump’s supposed uniqueness, there are two other assumptions behind the furore in Washington: the first is that the Russian hack unquestionably occurred, and the second is that the Russians are our implacable enemies. The second provides the emotional charge for the first. Both seem to me problematic. With respect to the first, the hacking charges are unproved and may well remain so. Edward Snowden and others familiar with the NSA say that if long-distance hacking had taken place the agency would have monitored it and could detail its existence without compromising their secret sources and methods. In September, Snowden told Der Spiegel that the NSA ‘probably knows quite well who the invaders were’. And yet ‘it has not presented any evidence, although I suspect it exists. The question is: why not? … I suspect it discovered other attackers in the systems, maybe there were six or seven groups at work.’ He also said in July 2016 that ‘even if the attackers try to obfuscate origin, ‪#XKEYSCORE makes following exfiltrated data easy. I did this personally against Chinese ops.’ The NSA’s capacity to follow hacking to its source is a matter of public record. When the agency investigated pervasive and successful Chinese hacking into US military and defence industry installations, it was able to trace the hacks to the building where they originated, a People’s Liberation Army facility in Shanghai. That information was published in the New York Times, but, this time, the NSA’s failure to provide evidence has gone curiously unremarked. When The Intercept published a story about the NSA’s alleged discovery that Russian military intelligence had attempted to hack into US state and local election systems, the agency’s undocumented assertions about the Russian origins of the hack were allowed to stand as unchallenged fact and quickly became treated as such in the mainstream media.

    Meanwhile, there has been a blizzard of ancillary accusations, including much broader and vaguer charges of collusion between the Trump campaign and the Kremlin. It remains possible that Robert Mueller, a former FBI director who has been appointed to investigate these allegations, may turn up some compelling evidence of contacts between Trump’s people and various Russians. It would be surprising if an experienced prosecutor empowered to cast a dragnet came up empty-handed, and the arrests have already begun. But what is striking about them is that the charges have nothing to do with Russian interference in the election. There has been much talk about the possibility that the accused may provide damaging evidence against Trump in exchange for lighter sentences, but this is merely speculation. Paul Manafort, at one point Trump’s campaign manager, has pleaded not guilty to charges of failing to register his public relations firm as a foreign agent for the Ukrainian government and concealing his millions of dollars in fees. But all this occurred before the 2016 campaign. George Papadopolous, a foreign policy adviser, has pleaded guilty to the charge of lying to the FBI about his bungling efforts to arrange a meeting between Trump’s people and the Russian government – an opportunity the Trump campaign declined. Mueller’s most recent arrestee, Michael Flynn, the unhinged Islamophobe who was briefly Trump’s national security adviser, has pleaded guilty to charges of lying to the FBI about meeting the Russian ambassador in December – weeks after the election. This is the sort of backchannel diplomacy that routinely occurs during the interim between one administration and the next. It is not a sign of collusion.

    So far, after months of ‘bombshells’ that turn out to be duds, there is still no actual evidence for the claim that the Kremlin ordered interference in the American election. Meanwhile serious doubts have surfaced about the technical basis for the hacking claims. Independent observers have argued it is more likely that the emails were leaked from inside, not hacked from outside. On this front, the most persuasive case was made by a group called Veteran Intelligence Professionals for Sanity, former employees of the US intelligence agencies who distinguished themselves in 2003 by debunking Colin Powell’s claim that Saddam Hussein possessed weapons of mass destruction, hours after Powell had presented his pseudo-evidence at the UN. (There are members of VIPS who dissent from the VIPS report’s conclusions, but their arguments are in turn contested by the authors of the report.) The VIPS findings received no attention in major media outlets, except Fox News – which from the centre-left perspective is worse than no attention at all. Mainstream media have dismissed the VIPS report as a conspiracy theory (apparently the Russian hacking story does not count as one). The crucial issue here and elsewhere is the exclusion from public discussion of any critical perspectives on the orthodox narrative, even the perspectives of people with professional credentials and a solid track record.

    Both the DNC hacking story and the one involving the emails of John Podesta, a Clinton campaign operative, involve a shadowy bunch of putatively Russian hackers called Fancy Bear – also known among the technically inclined as APT28. The name Fancy Bear was introduced by Dimitri Alperovitch, the chief technology officer of Crowdstrike, a cybersecurity firm hired by the DNC to investigate the theft of their emails. Alperovitch is also a fellow at the Atlantic Council, an anti-Russian Washington think tank. In its report Crowdstrike puts forward close to zero evidence for its claim that those responsible were Russian, let alone for its assertion that they were affiliated with Russian military intelligence. And yet, from this point on, the assumption that this was a Russian cyber operation was unquestioned. When the FBI arrived on the scene, the Bureau either did not request or was refused access to the DNC servers; instead it depended entirely on the Crowdstrike analysis. Crowdstrike, meanwhile, was being forced to retract another claim, that the Russians had successfully hacked the guidance systems of the Ukrainian artillery. The Ukrainian military and the British International Institute for Strategic Studies both contradicted this claim, and Crowdstrike backed down. But its DNC analysis was allowed to stand and even become the basis for the January Intelligence Community Assessment.

    The chatter surrounding the hack would never have acquired such urgency were it not for the accompanying assumption: Russia is a uniquely dangerous adversary, with which we should avoid all contact. Without that belief, Attorney General Jeff Sessions’s meetings with Russians in September 2016 would become routine discussions between a senator and foreign officials. Flynn’s post-election conversations with the Russian ambassador would appear unremarkable. Trump’s cronies’ attempts to do business in Russia would become merely sleazy. Donald Trump Jr’s meeting at Trump Tower with the Russian lawyer Natalia Veselnitskaya would be transformed from a melodrama of shady intrigue to a comedy of errors – with the candidate’s son expecting to receive information to use against Clinton but discovering Veselnitskaya only wanted to talk about repealing sanctions and restarting the flow of Russian orphans to the United States. And Putin himself would become just another autocrat, with whom democracies could engage without endorsing.

    Sceptical voices, such as those of the VIPS, have been drowned out by a din of disinformation. Flagrantly false stories, like the Washington Post report that the Russians had hacked into the Vermont electrical grid, are published, then retracted 24 hours later. Sometimes – like the stories about Russian interference in the French and German elections – they are not retracted even after they have been discredited. These stories have been thoroughly debunked by French and German intelligence services but continue to hover, poisoning the atmosphere, confusing debate. The claim that the Russians hacked local and state voting systems in the US was refuted by California and Wisconsin election officials, but their comments generated a mere whisper compared with the uproar created by the original story. The rush to publish without sufficient attention to accuracy has become the new normal in journalism. Retraction or correction is almost beside the point: the false accusation has done its work.

    The consequence is a spreading confusion that envelops everything. Epistemological nihilism looms, but some people and institutions have more power than others to define what constitutes an agreed-on reality. To say this is to risk dismissal as the ultimate wing-nut in the lexicon of contemporary Washington: the conspiracy theorist. Still, the fact remains: sometimes powerful people arrange to promote ideas that benefit their common interests. Whether we call this hegemony, conspiracy or merely special privilege hardly matters. What does matter is the power to create what Gramsci called the ‘common sense’ of an entire society. Even if much of that society is indifferent to or suspicious of the official common sense, it still becomes embedded among the tacit assumptions that set the boundaries of ‘responsible opinion’. So the Democratic establishment (along with a few Republicans) and the major media outlets have made ‘Russian meddling’ the common sense of the current moment. What kind of cultural work does this common sense do? What are the consequences of the spectacle the media call (with characteristic originality) ‘Russiagate’?

    The most immediate consequence is that, by finding foreign demons who can be blamed for Trump’s ascendancy, the Democratic leadership have shifted the blame for their defeat away from their own policies without questioning any of their core assumptions. Amid the general recoil from Trump, they can even style themselves dissenters – ‘#the resistance’ was the label Clintonites appropriated within a few days of the election. Mainstream Democrats have begun to use the word ‘progressive’ to apply to a platform that amounts to little more than preserving Obamacare, gesturing towards greater income equality and protecting minorities. This agenda is timid. It has nothing to say about challenging the influence of concentrated capital on policy, reducing the inflated defence budget or withdrawing from overextended foreign commitments; yet without those initiatives, even the mildest egalitarian policies face insuperable obstacles. More genuine insurgencies are in the making, which confront corporate power and connect domestic with foreign policy, but they face an uphill battle against the entrenched money and power of the Democratic leadership – the likes of Chuck Schumer, Nancy Pelosi, the Clintons and the DNC. Russiagate offers Democratic elites a way to promote party unity against Trump-Putin, while the DNC purges Sanders’s supporters.

    For the DNC, the great value of the Russian hack story is that it focuses attention away from what was actually in their emails. The documents revealed a deeply corrupt organisation, whose pose of impartiality was a sham. Even the reliably pro-Clinton Washington Post has admitted that ‘many of the most damaging emails suggest the committee was actively trying to undermine Bernie Sanders’s presidential campaign.’ Further evidence of collusion between the Clinton machine and the DNC surfaced recently in a memoir by Donna Brazile, who became interim chair of the DNC after Debbie Wasserman Schultz resigned in the wake of the email revelations. Brazile describes discovering an agreement dated 26 August 2015, which specified (she writes)

    that in exchange for raising money and investing in the DNC, Hillary would control the party’s finances, strategy, and all the money raised. Her campaign had the right of refusal of who would be the party communications director, and it would make final decisions on all the other staff. The DNC also was required to consult with the campaign about all other staffing, budgeting, data, analytics and mailings.

    Before the primaries had even begun, the supposedly neutral DNC – which had been close to insolvency – had been bought by the Clinton campaign.

    Another recent revelation of DNC tactics concerns the origins of the inquiry into Trump’s supposed links to Putin. The story began in April 2016, when the DNC hired a Washington research firm called Fusion GPS to unearth any connections between Trump and Russia. The assignment involved the payment of ‘cash for trash’, as the Clinton campaign liked to say. Fusion GPS eventually produced the trash, a lurid account written by the former British MI6 intelligence agent Christopher Steele, based on hearsay purchased from anonymous Russian sources. Amid prostitutes and golden showers, a story emerged: the Russian government had been blackmailing and bribing Donald Trump for years, on the assumption that he would become president some day and serve the Kremlin’s interests. In this fantastic tale, Putin becomes a preternaturally prescient schemer. Like other accusations of collusion, this one has become vaguer over time, adding to the murky atmosphere without ever providing any evidence. The Clinton campaign tried to persuade established media outlets to publicise the Steele dossier, but with uncharacteristic circumspection, they declined to promote what was plainly political trash rather than reliable reporting. Yet the FBI apparently took the Steele dossier seriously enough to include a summary of it in a secret appendix to the Intelligence Community Assessment. Two weeks before the inauguration, James Comey, the director of the FBI, described the dossier to Trump. After Comey’s briefing was leaked to the press, the website Buzzfeed published the dossier in full, producing hilarity and hysteria in the Washington establishment.

    The Steele dossier inhabits a shadowy realm where ideology and intelligence, disinformation and revelation overlap. It is the antechamber to the wider system of epistemological nihilism created by various rival factions in the intelligence community: the ‘tree of smoke’ that, for the novelist Denis Johnson, symbolised CIA operations in Vietnam. I inhaled that smoke myself in 1969-70, when I was a cryptographer with a Top Secret clearance on a US navy ship that carried missiles armed with nuclear warheads – the existence of which the navy denied. I was stripped of my clearance and later honourably discharged when I refused to join the Sealed Authenticator System, which would have authorised the launch of those allegedly non-existent nuclear weapons. The tree of smoke has only grown more complex and elusive since then. Yet the Democratic Party has now embarked on a full-scale rehabilitation of the intelligence community – or at least the part of it that supports the notion of Russian hacking. (We can be sure there is disagreement behind the scenes.) And it is not only the Democratic establishment that is embracing the deep state. Some of the party’s base, believing Trump and Putin to be joined at the hip, has taken to ranting about ‘treason’ like a reconstituted John Birch Society.

    I thought of these ironies when I visited the Tate Modern exhibition Soul of a Nation: Art in the Age of Black Power, which featured the work of black American artists from the 1960s and 1970s, when intelligence agencies (and agents provocateurs) were spearheading a government crackdown on black militants, draft resisters, deserters and antiwar activists. Amid the paintings, collages and assemblages there was a single Confederate flag, accompanied by grim reminders of the Jim Crow past – a Klansman in full regalia, a black body dangling from a tree. There were also at least half a dozen US flags, juxtaposed in whole or in part with images of contemporary racial oppression that could have occurred anywhere in America: dead black men carted off on stretchers by skeletons in police uniform; a black prisoner tied to a chair, awaiting torture. The point was to contrast the pretensions of ‘the land of the free’ with the practices of the national security state and local police forces. The black artists of that era knew their enemy: black people were not being killed and imprisoned by some nebulous foreign adversary, but by the FBI, the CIA and the police.

    The Democratic Party has now developed a new outlook on the world, a more ambitious partnership between liberal humanitarian interventionists and neoconservative militarists than existed under the cautious Obama. This may be the most disastrous consequence for the Democratic Party of the new anti-Russian orthodoxy: the loss of the opportunity to formulate a more humane and coherent foreign policy. The obsession with Putin has erased any possibility of complexity from the Democratic world picture, creating a void quickly filled by the monochrome fantasies of Hillary Clinton and her exceptionalist allies. For people like Max Boot and Robert Kagan, war is a desirable state of affairs, especially when viewed from the comfort of their keyboards, and the rest of the world – apart from a few bad guys – is filled with populations who want to build societies just like ours: pluralistic, democratic and open for business. This view is difficult to challenge when it cloaks itself in humanitarian sentiment. There is horrific suffering in the world; the US has abundant resources to help relieve it; the moral imperative is clear. There are endless forms of international engagement that do not involve military intervention. But it is the path taken by US policy often enough that one may suspect humanitarian rhetoric is nothing more than window-dressing for a more mundane geopolitics – one that defines the national interest as global and virtually limitless.

    Having come of age during the Vietnam War, a calamitous consequence of that inflated definition of national interest, I have always been attracted to the realist critique of globalism. Realism is a label forever besmirched by association with Henry Kissinger, who used it as a rationale for intervening covertly and overtly in other nations’ affairs. Yet there is a more humane realist tradition, the tradition of George Kennan and William Fulbright, which emphasises the limits of military might, counselling that great power requires great restraint. This tradition challenges the doctrine of regime change under the guise of democracy promotion, which – despite its abysmal failures in Iraq and Libya – retains a baffling legitimacy in official Washington. Russiagate has extended its shelf life.

    We can gauge the corrosive impact of the Democrats’ fixation on Russia by asking what they aren’t talking about when they talk about Russian hacking. For a start, they aren’t talking about interference of other sorts in the election, such as the Republican Party’s many means of disenfranchising minority voters. Nor are they talking about the trillion dollar defence budget that pre-empts the possibility of single-payer healthcare and other urgently needed social programmes; nor about the modernisation of the American nuclear arsenal which Obama began and Trump plans to accelerate, and which raises the risk of the ultimate environmental calamity, nuclear war – a threat made more serious than it has been in decades by America’s combative stance towards Russia. The prospect of impeaching Trump and removing him from office by convicting him of collusion with Russia has created an atmosphere of almost giddy anticipation among leading Democrats, allowing them to forget that the rest of the Republican Party is composed of many politicians far more skilful in Washington’s ways than their president will ever be.

    It is not the Democratic Party that is leading the search for alternatives to the wreckage created by Republican policies: a tax plan that will soak the poor and middle class to benefit the rich; a heedless pursuit of fossil fuels that is already resulting in the contamination of the water supply of the Dakota people; and continued support for police policies of militarisation and mass incarceration. It is local populations that are threatened by oil spills and police beatings, and that is where humane populism survives. A multitude of insurgent groups have begun to use the outrage against Trump as a lever to move the party in egalitarian directions: Justice Democrats, Black Lives Matter, Democratic Socialists of America, as well as a host of local and regional organisations. They recognise that there are far more urgent – and genuine – reasons to oppose Trump than vague allegations of collusion with Russia. They are posing an overdue challenge to the long con of neoliberalism, and the technocratic arrogance that led to Clinton’s defeat in Rust Belt states. Recognising that the current leadership will not bring about significant change, they are seeking funding from outside the DNC. This is the real resistance, as opposed to ‘#theresistance’.

    On certain important issues – such as broadening support for single-payer healthcare, promoting a higher minimum wage or protecting undocumented immigrants from the most flagrant forms of exploitation – these insurgents are winning wide support. Candidates like Paula Jean Swearengin, a coal miner’s daughter from West Virginia who is running in the Democratic primary for nomination to the US Senate, are challenging establishment Democrats who stand cheek by jowl with Republicans in their service to concentrated capital. Swearengin’s opponent is Joe Manchin, whom the Los Angeles Times has compared to Doug Jones, another ‘very conservative’ Democrat who recently won election to the US Senate in Alabama, narrowly defeating a Republican disgraced by accusations of sexual misconduct with 14-year-old girls. I can feel relieved at that result without joining in the collective Democratic ecstasy, which reveals the party’s persistent commitment to politics as usual. Democrat leaders have persuaded themselves (and much of their base) that all the republic needs is a restoration of the status quo ante Trump. They remain oblivious to popular impatience with familiar formulas. Jess King – a Mennonite woman, Bard College MBA and founder of a local non-profit who is running for Congress as a Justice Democrat in Lancaster, Pennsylvania – put it this way: ‘We see a changing political landscape right now that isn’t measured by traditional left to right politics anymore, but bottom to top. In Pennsylvania and many other places around the country we see a grassroots economic populism on the rise, pushing against the political establishment and status quo that have failed so many in our country.’

    Democratic insurgents are also developing a populist critique of the imperial hubris that has sponsored multiple failed crusades, extorted disproportionate sacrifice from the working class and provoked support for Trump, who presented himself (however misleadingly) as an opponent of open-ended interventionism. On foreign policy, the insurgents face an even more entrenched opposition than on domestic policy: a bipartisan consensus aflame with outrage at the threat to democracy supposedly posed by Russian hacking. Still, they may have found a tactical way forward, by focusing on the unequal burden borne by the poor and working class in the promotion and maintenance of American empire.

    This approach animates Autopsy: The Democratic Party in Crisis, a 33-page document whose authors include Norman Solomon, founder of the web-based insurgent lobby RootsAction.org. ‘The Democratic Party’s claims of fighting for “working families” have been undermined by its refusal to directly challenge corporate power, enabling Trump to masquerade as a champion of the people,’ Autopsy announces. But what sets this apart from most progressive critiques is the cogent connection it makes between domestic class politics and foreign policy. For those in the Rust Belt, military service has often seemed the only escape from the shambles created by neoliberal policies; yet the price of escape has been high. As Autopsy notes, ‘the wisdom of continual war’ – what Clinton calls ‘global leadership’ –

    was far clearer to the party’s standard bearer [in 2016] than it was to people in the US communities bearing the brunt of combat deaths, injuries and psychological traumas. After a decade and a half of non-stop warfare, research data from voting patterns suggest that the Clinton campaign’s hawkish stance was a political detriment in working-class communities hard-hit by American casualties from deployments in Iraq and Afghanistan.

    Francis Shen of the University of Minnesota and Douglas Kriner of Boston University analysed election results in three key states – Pennsylvania, Wisconsin and Michigan – and found that ‘even controlling in a statistical model for many other alternative explanations, we find that there is a significant and meaningful relationship between a community’s rate of military sacrifice and its support for Trump.’ Clinton’s record of uncritical commitment to military intervention allowed Trump to have it both ways, playing to jingoist resentment while posing as an opponent of protracted and pointless war. Kriner and Shen conclude that Democrats may want to ‘re-examine their foreign policy posture if they hope to erase Trump’s electoral gains among constituencies exhausted and alienated by 15 years of war’. If the insurgent movements within the Democratic Party begin to formulate an intelligent foreign policy critique, a re-examination may finally occur. And the world may come into sharper focus as a place where American power, like American virtue, is limited. For this Democrat, that is an outcome devoutly to be wished. It’s a long shot, but there is something happening out there.

    #USA #cuture #politique


  • The Snowflake Man of Vermont – The Public Domain Review
    http://publicdomainreview.org/2011/02/14/the-snowflake-man-of-vermont

    In 1885, at the age of twenty, Wilson Alwyn Bentley, a farmer who would live all his life in the small town of Jericho in Vermont, gave the world its first ever photograph of a snowflake. Throughout the following winters, until his death in 1931, Bentley would go on to capture over 5000 snowflakes, or more correctly, snow crystals, on film. Despite the fact that he rarely left Jericho, thousands of Americans knew him as The Snowflake Man or simply Snowflake Bentley. Our belief that “no two snowflakes are alike” stems from a line in a 1925 report in which he remarked: “Every crystal was a masterpiece of design and no one design was ever repeated. When a snowflake melted, that design was forever lost.”

    #Domaine_public #Snowflake_Bentley #Flocons_neige


  • Capitaine d’un sous-marin
    Je me porte au secours d’une frégate
    Dont mon père est le capitaine

    Les discussions pleines d’intelligence
    Avec ma fille Sarah
    Sur le chemin de la gare

    Les discussions pleines de rire
    Avec ma fille Zoé
    Au petit-déjeuner

    Les discussions pleines de surprises
    Avec mon fils Émile
    Dès son réveil grognon quand même

    Circulation fluide
    Dans les petites rues
    De Montreuil

    Dans le parking (pas réveillés)
    Je croise (difficilement)
    La voiture du gardien de nuit (on se sourit)

    Le soleil
    Se lève
    Sur l’open space

    Grosse session de travail
    Sur Frôlé par un V1
    Au café, frigorifié

    Le soleil
    Se couche
    Sur l’open space

    Sortie de l’école de Zoé
    Longue discussion avec Delphine
    Une parente d’élève très investie

    Les citadins découvrent
    Que les poules ont des poux
    Tout un monde

    Une pensée pour Cécile
    Une Fuite en Égypte
    Perd une lectrice

    Hier, Tanya m’apprenait
    Que Phil lisait
    Une Fuite en Égypte

    Entente tacite
    Avec Floriane
    J’emmènerai Zoé à Rennes

    Regard de Zoé
    Qui s’illumine à mesure
    Que je lui parle de Rennes

    Avec l’irlandaise psychologue
    Accord sur l’essentiel
    Zoé va tellement mieux, il faut continuer

    Il faut continuer
    Je ne peux pas continuer, il faut continuer
    Je vais donc continuer
    (Samuel Beckett)

    Discussion libre avec Zoé
    Nous commandons des pâtes
    Par téléphone à Émile

    Pâtes au pesto
    C’est lundi
    Ce n’est donc pas raviolis

    Ce soir est un grand soir
    Un soir de ciné-club
    Step Across The Border, j’y monte

    Step Across The Border
    Nicolas Humbert & Werner Penzel
    Quelle claque cinématographique !

    Step Across The Border
    Dans la tête de Fred Frith
    Littéralement

    Step Across The Border
    Un de ces miracles cinématographiques
    Qui nous plonge au cœur du mystère

    Step Across The Border
    Nous plonge au cœur du mystère
    De la musique, de l’art

    Step Across The Border
    Quand apparait Robert Frank à l’écran
    Et je pensais à lui depuis le début du film

    Step Across The Border
    Traversé par des fantômes
    Jonas Mekkas, Robert Frank

    http://www.desordre.net/musique/bittova.mp3

    Step Across The Border
    Traversé par des anges
    Iva Bittova, John Zorn, Tom Cora…

    Step Across The Border
    Fred Frith joue du violon
    Aux mouettes

    Step Across The Border
    J’écrivais la semaine dernière de jouer
    De la contrebasse aux sangliers

    Step Across The Border
    Beauté du montage en argentique
    A couper le souffle

    Step Across The Border
    Montre le cœur même de la recherche
    Quand même Frith gratouille en faisant n’imp

    Step Across The Border
    Le son de mon réveil
    Je suis donc en train de rêver ?

    Step Across The Border
    La générosité de Nicolas Humbert
    Qui explique le montage en argentique

    Step Across The Border
    Les bobines pré montées
    Et qu’Humbert assemble à l’épaisseur

    Step Across The Border
    Nicolas Humbert, enfin quelqu’un qui a vu
    Conversations in Vermont de Robert Frank

    Je troque mon Robert Frank
    Dans les lignes de sa main
    Contre le DVD de Step Across The Border

    En partant
    Nicolas Humbert
    M’embrasse

    Tout ceci n’a pas pu avoir lieu
    A seulement cent mètres
    De ma maison ? Si !

    Avant d’aller me coucher
    Je me repasse le début de
    Step Across The Border

    #mon_oiseau_bleu


  • #Film « Fin_de_la_pauvreté ? »

    Alors qu’il y a tant de richesse dans le monde, pourquoi y-a-t-il encore tant de pauvreté ? Ce film nous offre une contribution éclairée et intelligente à la compréhension des mécanismes qui pérennisent la pauvreté dans le monde.

    Alors qu’il y a tant de richesse dans le monde, pourquoi y-a-t-il encore tant de pauvreté ? C’est la question que pose La fin de la Pauvreté ?

    Des favelas d’Amérique latine aux bidonvilles d’Afrique, des économistes de renom, des personnalités politiques et des acteurs sociaux révèlent comment les pays développés pillent la planète ; un saccage qui menace ses capacités à soutenir la vie et accroît toujours plus la pauvreté.

    Ce film démontre comment, depuis cinq siècles, le Sud finance le Nord, d’abord à travers les conquêtes, puis ensuite par le truchement de certaines de nos institutions internationales, en imposant des modèles économiques et enfin, il souligne le rôle prédominant de Wall Street.

    La fin de la Pauvreté ? offre une contribution éclairée et intelligente à la compréhension des mécanismes qui pérennisent la pauvreté dans le monde.
    25% de la population mondiale consomment 85% des richesses et nous consommons 30% de plus que ce que la planète peut régénérer.
    Nous sommes 6 milliards d’humains sur terre, 1 milliard de personnes ont faim tous les jours... dont 300 millions d’enfants.
    En 2030 nous serons 9 milliards, peut-on ignorer encore la pauvreté ?

    Toutes les 3 secondes, une personne meurt de faim, en majorité les enfants de moins de 5 ans.

    https://www.youtube.com/watch?v=4nk0AamJSsk

    #colonialisme

    Ici une présentation du film :
    https://local.attac.org/13/aix/IMG/pdf/LaFinDeLaPauvreteDP_-_pdf_1_.pdf

    #documentaire #pauvreté #richesse

    Citations :

    #Joshua_FARLEY : « Il est intéressant de noter que les sociétés ayant la distribution de revenus la plus inéquitable ont tendance à être les sociétés plus violentes. Il n’y a qu’une toute petite corrélation entre extrême pauvreté et crime. Il y a une forte corrélation entre partage inégal du revenu et #crime ».

    Film de Philippe DIAZ, La fin de la pauvreté ?, 2010.
    → Joshua Farley, prof. University of Vermont : https://www.uvm.edu/envprog/people/joshua-farley
    #inégalités #criminalité #violence #partage_des_richesses

    #Clifford_COBB : « La pauvreté dans le monde ne peut être éliminée que si les pauvres eux-mêmes disent ’on veut la #justice, pas la #charité'. Un exemple de cette justice est l’effacement de la #dette_internationale. Un autre élément serait de changer le système d’#impôts partout dans le monde. Aujourd’hui, la plupart des impôts tombe sur les pauvres sous forme d’impôts à la consommation et impôts sur les salaires. Si on voulait être juste la plupart des impôts devrait porter sur les personnes. Un troisième élément que les pauvres devraient demander c’est une #réforme_agraire redonnant la terre à ceux qui la travaillent et non à quelques #propriétaires_terriens. Un quatrième élément est d’arrêter la #privatisation des #ressources_naturelles ».

    Film de Philippe DIAZ, La fin de la pauvreté ?, 2010.
    #dette #terres
    #ressources_pédagogiques


  • Nothing Divides Voters Like Owning a Gun - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2017/10/05/upshot/gun-ownership-partisan-divide.html

    Americans are deeply split along demographic lines, but there aren’t many demographic characteristics that embody America’s cultural divide better than gun ownership.

    In the wake of the mass shooting in Las Vegas on Sunday, the polling firm SurveyMonkey published a pair of maps from its 2016 presidential election exit polls. It showed the electoral maps for voters who said they had a gun in their home, and for those who said they did not.

    In every state but Vermont – perhaps the most liberal state in the country, but one where Democrats, including Bernie Sanders, often support gun rights – voters who reported living in a gun-owning household overwhelmingly backed Donald J. Trump.

    #états-unis #armes #armement #cartographie #visualisation #bleu_et_rouge


  • Climate chaos and the capitalist system

    Hurricane Irma barreled into Florida over the weekend as a Category 4 hurricane after leaving a trail of destruction on islands and island chains in the Atlantic. Less than two weeks before, Harvey caused a catastrophe in Houston and along the Texas and Louisiana Gulf Coast.

    In both cases, it’s obvious how the priorities of capitalism made these natural disasters so much worse. But what can be done about it? Below is a speech, edited for publication, by Paul Fleckenstein given last week—before Irma reached Florida—at a meeting of an International Socialist Organization chapter at the University of Vermont.

    https://socialistworker.org/2017/09/11/climate-chaos-and-the-capitalist-system
    #climat #changement_climatique #capitalisme


  • Peter W. Smith, opérateur du GOP qui a cherché les courriels de Clinton contre les pirates russes, s’est suicidé - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2017/08/peter-w.smith-operateur-du-gop-qui-a-cherche-les-courriels-de-clin

    Un donateur républicain et opérateur de la Côte-Nord de Chicago qui a déclaré qu’il avait essayé d’obtenir les courriels manquants de Hillary Clinton de pirates russes s’est suicidé dans une chambre d’hôtel du Minnesota, après avoir parlé à The Wall Street Journal de ses efforts, montrent les records publics.

    À la mi-mai, dans une pièce d’un hôtel de Rochester utilisé presque exclusivement par des patients et des parents de Mayo Clinic , Peter W. Smith, 81, a laissé un dossier de documents soigneusement préparé, y compris une déclaration que la police appelle une note de suicide dans laquelle il a dit qu’il était en mauvaise santé et une police d’assurance-vie expirait.

    Au centre de la guerre politique secrète…exécuté par un bras vengeur !
    Au centre de la guerre politique secrète…exécuté par un bras vengeur !
     

    Des jours plus tôt, le financier de la forêt de lac suburbain a donné une interview au Journal au sujet de sa quête, et il a commencé à publier des histoires sur ses efforts à la fin de juin. Le Journal a également signalé qu’il avait vu des courriels écrits par Smith montrer à son équipe considérée le lieutenant-général général Michael Flynn , alors un conseiller principal de la campagne du républicain Donald Trump , un allié. Flynn a brièvement été le conseiller de sécurité nationale du président Trump et a démissionné après avoir déterminé qu’il n’avait pas divulgué les contacts avec la Russie.

    À l’époque, le journal a signalé que la mort de Smith le 14 mai avait eu lieu environ 10 jours après avoir accordé l’entrevue. Le mystère enveloppa comment et où il était mort, mais le journaliste principal sur les histoires disait sur un podcast qu’il n’avait aucune raison de croire que la mort était le résultat d’un jeu malin et que Smith était probablement mort de causes naturelles.

     

    Cependant, le Chicago Tribune a obtenu un record de mort d’état du Minnesota déposé dans le comté d’Olmsted, affirmant que Smith s’est suicidé dans un hôtel près de la clinique Mayo à 13h17 le dimanche 14 mai. Il a été trouvé avec un sac sur la tête avec une source de hélium attaché. Le rapport d’un médecin légiste donne le même compte, sans préciser l’heure, et un rapport de la police de Rochester détaille son suicide.

    Dans la note récupérée par la police, Smith s’est excusé auprès des autorités et a déclaré que « NO FOUL PLAY WHATSEERVER » était impliqué dans sa mort. Il a écrit qu’il prenait sa propre vie à cause d’un « RECENT BAD TURN IN HEALTH DEPUIS JANVIER 2017 » et chronométré « À L’ASSURANCE-VIE D’EXPIRATION DE 5 MILLIONS DE DOLLARS ».

    Il avait séjourné à l’hôtel pendant plusieurs jours et avait prolongé son séjour au moins une fois, mais il était prévu de vérifier le jour où son corps a été retrouvé. « Demain c’est mon dernier jour », a déclaré Smith à un travailleur d’hôtel le 13 mai, alors qu’il travaillait sur un ordinateur dans le centre d’affaires, imprimant des documents, selon les rapports de la police.

    L’un des anciens employés de Smith a déclaré à la Tribune qu’il pensait que l’homme âgé était allé à la clinique célèbre pour être traité pour une maladie cardiaque. La porte-parole de Mayo, Ginger Plumbo, a déclaré jeudi qu’elle ne pouvait confirmer que Smith avait été un patient, en citant les lois sur la protection de la vie privée médicale.

    Peter W. Smith
    Les journaux ont déclaré que le week-end de la fête du travail, l’année dernière, Smith avait rassemblé une équipe pour acquérir des courriels dont le détenteur certifiait qu’ils auraient pu être volée du serveur privé que Clinton avait utilisé pendant sa période de secrétaire d’État. L’intérêt de Smith portait sur plus de 30 000 courriels. Clinton avait dit qu’elle les avait supprimé parce qu’ils se rapportaient à des questions personnelles. Une énorme cache d’autres courriels Clinton avait été rendu publique,à ce moment-là.

    Smith a déclaré au Journal qu’il croyait que les courriels manquants auraient pu être obtenus par des pirates russes. Il a également déclaré qu’il pensait que la correspondance concernait les devoirs officiels de Clinton. Il a déclaré au Journal qu’il travaillait de façon indépendante et ne faisait pas partie de la campagne Trump. Il a également déclaré au Journal que lui et son équipe ont trouvé cinq groupes de pirates informatiques – deux d’entre eux des groupes russes – qui prétendaient avoir les emails manquants de Clinton.

    Smith a eu une histoire de faire des recherches de l’opposition, le terme formel pour l’information peu flatteuse que les agents politiques dévoilent sur les candidats rivaux.

    Pendant des années, l’ancien président démocrate Bill Clinton était l’objectif de Smith. L’homme d’affaires riche avait pour rôle d’exposer les allégations de « Troopergate » au sujet de la vie sexuelle de Bill Clinton. Et il a discuté du financement d’une enquête sur un voyage de 1969 que Bill Clinton a pris au collège en Union soviétique, selon le magazine Salon.

    Les enquêtes sur les liens possibles entre le gouvernement russe et les personnes associées à la campagne présidentielle de Trump sont en cours au Congrès et par l’ancien chef du FBI, Robert Mueller . Il agit comme conseiller spécial du ministère de la Justice. Le porte-parole de Mueller, Peter Carr, a refusé de commenter les histoires du journal sur Smith ou sa mort. L’avocat de Washington, Robert Kelner, qui représente Flynn, n’a eu aucun commentaire jeudi.

    Le décès de Smith a eu lieu à Aspen Suites à Rochester, spectacle des records. Ils énumèrent la cause de la mort comme « asphyxie due au déplacement d’oxygène dans un espace confiné à l’hélium ».

    Le chef de la police de Rochester, Roger Peterson, a déclaré mercredi le mode de mort de Smith « inhabituel », mais un travailleur funéraire a déclaré qu’il l’avait déjà vu.

    Un employé de Rochester Cremation Services, la maison funéraire qui a répondu à l’hôtel, a déclaré qu’il a aidé à retirer le corps de Smith de sa chambre et a rappelé avoir vu un réservoir.

    L’employé, qui a parlé à condition qu’il ne soit pas identifié en raison de la nature délicate de la mort de Smith, a décrit le réservoir comme étant de taille similaire à un réservoir de propane sur un gril à gaz. Il ne se souvenait pas d’avoir vu un sac que Smith aurait placé sur sa tête. Il a dit que le coroner et la police étaient là et qu’il « n’a pas fait beaucoup de réflexion autour ».

    « Quand je suis arrivé là-bas et j’ai vu le réservoir, j’ai pensé : » J’ai déjà vu ça « , et j’ai pu mettre deux ou deux ensemble », a déclaré l’employé.

    Une autopsie a été menée, selon le dossier de décès. Le Bureau de l’examinateur médical régional de Southern Minnesota a refusé une demande de Tribune pour le rapport d’autopsie et a publié des informations limitées sur le décès de Smith. Un porte-parole d’AXA Equitable Life Insurance Co., classé dans des documents récupérés par la police en tant que transporteur d’assurance de Smith, n’a pas de commentaires immédiats.

    The Final Exit Network, une organisation à but non lucratif basée en Floride, fournit de l’information et du soutien aux personnes qui souffrent d’une maladie terminale et veulent se suicider. Fran Schindler, bénévole du groupe, a noté que le livre best-seller « Final Exit », écrit par Derek Humphry en 1991 et révisé plusieurs fois depuis, explique en détail la méthode du gaz à l’hélium.

    « Beaucoup de gens obtiennent cette information de son livre », a déclaré Schindler. « C’est une méthode qui existe depuis de nombreuses années et est connue ».

    Selon les chiffres du bureau du médecin légiste de County Cook, 172 personnes se sont suicidées par étouffement à partir de janvier 2007 à ce jour. Parmi les décès dus à l’asphyxie, 15 impliquaient l’utilisation d’un sac en plastique sur la tête.

     

    On ne pouvait pas déterminer combien impliquaient l’utilisation d’hélium, d’un gaz inodore et sans goût non toxique.

    « L’hélium n’a pas d’effet direct. Un sac sur la tête de quelqu’un épuise l’oxygène de la personne et cause la mort », a déclaré Becky Schlikerman, porte-parole du bureau du médecin légiste du comté de Cook. »L’ajout d’hélium peut déplacer l’oxygène plus rapidement mais n’a pas d’effet direct sur une personne ».

    La police a trouvé un reçu d’un timbre local Walmart daté de la veille, le 13 mai à 12h53. Le reçu était pour l’achat de « Helium Jumbo » et d’autres articles. La police a également noté que les deux réservoirs d’hélium dans la pièce étaient drapés avec de la cheville à exercices ou des poignets couvert de vinyle. Le rapport n’a pas expliqué les poids. La police a déclaré que, parce qu’ils ne soupçonnaient pas un jeu malin, ils n’avaient vu aucune vidéo de sécurité du magasin Walmart pour confirmer que Smith a acheté les citernes lui-même.

    Les restes de Smith ont été incinérés au Minnesota, selon les documents. Il était marié à Janet L. Smith et avait trois enfants et trois petits-enfants, selon sa nécrologie. Les appels de Tribune aux membres de la famille n’ont pas été retournés.

    Sa note nécrologique a déclaré que Smith a été impliqué dans des affaires publiques depuis plus de 60 ans et il l’a annoncé comme « un champion de l’énergie tranquillement généreux pour assurer un monde économiquement et politiquement plus sécurisé ». Smith a mené des sociétés de capital-investissement dans des acquisitions de sociétés et des investissements de capitalisation depuis plus de 40 ans. Plus tôt, il a travaillé avec DigaComm LLC de 1997 à 2014 et en tant que président de Peter W. Smith & Co. de 1975 à 1997. Avant cela, il était officier supérieur de Field Enterprises Inc., une société qui possédait alors le Chicago Sun -Times et a été détenu par la famille Marshall Field , indique sa nécrologie.

    Un mémorial de famille privé a été planifié, a déclaré l’avis nécrologique. Les amis ont affiché des hommages en ligne à Smith après sa mort. L’un était de son ancien employé, Jonathan Safron, 26 ans, qui habite dans la boucle de Chicago et a travaillé pour Smith pendant environ deux ans.

    Safron, dans une interview, a déclaré qu’il travaillait pour un cabinet de tutorat lorsque Smith est devenu son client. Son travail impliquait d’enseigner à Smith comment utiliser un MacBook, a déclaré Safron. Au moment où Smith vivait dans une copropriété au sommet du Four Seasons Hotel Chicago. Safron a déclaré que Smith l’a ensuite employé à Corporate Venture Alliances, un cabinet d’investissement privé que Smith a couru, d’abord hors du même condo et plus tard d’un bureau dans le bâtiment Hancock.

    Safron, qui a déclaré qu’il avait un travail de bas niveau avec le Parti républicain de l’Illinois en 2014, a déclaré qu’il n’avait aucune connaissance de l’offre de Smith pour trouver des pirates informatiques qui pourraient localiser des messages manquants dans le service de Clinton en tant que secrétaire d’État.Dans son hommage en ligne à son ancien employeur, il a appelé Smith le « meilleur patron que je pourrais jamais demander … un mentor, un ami et un être humain modèle ».

    Safron a déclaré qu’il travaillait à temps partiel pour Smith, mettant environ 15 heures par semaine, mais les deux se sont approchés, souvent déjeunés ensemble dans un endroit préféré de Smith : Oak Tree Restaurant & Bakery Chicago sur North Michigan Avenue. Il a appelé Smith un homme sérieux qui était « optimiste », « cosmopolite » et « plus grand que la vie ». Il savait que Smith était en train de diminuer la santé, disant que l’homme plus âgé avait parfois de la difficulté à respirer et a déclaré aux collègues du travail qu’il avait des problèmes cardiaques. Des semaines avant de prendre sa vie, il était fatigué de marcher vers le bas sur quatre ou cinq marches d’escalier pendant une épreuve d’incendie de Hancock Building et plus tard envoyé par courrier électronique à Safron en disant qu’il était « étourdi », at-il déclaré.

    La dernière volonté et le testament de Smith, signés le 21 février dernier, ont une durée de sept pages et sont consignés dans la Cour des successions dans le comté de Lake. La volonté donne à sa femme son intérêt pour leur propriété résidentielle et ses biens personnels corporels et dit que les actifs restants devraient être placés dans deux fiducies.

    Il est né le 23 février 1936 à Portland, dans le Maine, selon le dossier de décès.

    Son défunt père, Waldo Sterling Smith, était un représentant du fabricant pour les entreprises féminines de vêtements, les représentant dans les grands magasins du Maine, du New Hampshire et du Vermont, selon la nécrologie du père de 2002. L’ancien Smith est mort à 92 ans à Saint-Augustin, en Floride, et son obit a noté qu’il avait été actif dans le comté de St. Johns, en Floride, dans les affaires républicaines et dans une église méthodiste locale.

    Peter Smith a écrit deux articles sur son blog, datés de la veille de sa mort. L’un des responsables des services de renseignement américains a contesté que la Russie a interféré avec les élections de 2016. Un autre article a prédit : « À mesure que l’attention se tourne vers les affaires internationales, comme il le fera bientôt, l’histoire de l’ingérence russe va mourir de son propre poids ».

    Sources :

    Katherine Skiba a rapporté l’événement de Washington, David Heinzmann de Rochester et Todd Lighty de Chicago.Lauren Rosenblatt du Tribune Washington Bureau et Jim Newton du Lake County News-Sun et Gregory Pratt ont contribué à cette histoire.

     

    kskiba@chicagotribune.com

    dheinzmann@chicagotribune.com

    tlighty@chicagotribune.com

    Twitter @Katherine Skiba

    Twitter @DavidHeinzmann

    Twitter @TLighty

    https://michelduchaine.com



  • BiP_HOp du 06/06/2017
    http://www.radiopanik.org/emissions/generation-bip_hop/bip_hop-du-06-06-2017

    Atonalists: Spin 2.0 “Atonalism” (Audiotrauma)

    Atonalists: Gottesanbeterin “Atonalism” (Audiotrauma)

    MenSimonis: The Individual Is Handicapped By Coming Face-To-Face With A Conspiracy So Monstrous He Cannot Believe It Exists “Clone Fever” (Opa Loka)

    L.O.A.S. : VLV “Tout Me Fait Rire” (DFHDGB/Caroline)

    Golden Disko Ship: Pacific Trash Vortex “Imaginary Boys” (Karl)

    Golden Disko Ship: Lifelike Showdown “Imaginary Boys” (Karl)

    Pekala/Kordylasinska: Vermont Counterpoint (Steve Reich) “Werke Für Schlagzeug UndElektroakustiche Gerate” (Gagarin)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/generation-bip_hop/bip_hop-du-06-06-2017_03730__1.mp3


  • For sale : A fixer-upper on the U.S.-Canada border - Macleans.ca
    http://www.macleans.ca/news/world/for-sale-a-fixer-upper-on-the-u-s-canada-border

    Signalé par Anne-Laure et @isskein sur FB.

    For sale, by owner, at a price barely one-tenth the cost of a closet-sized Vancouver condo or a dilapidated Toronto semi-detached: one of the most unique and historic houses in Canada, except that part of it isn’t.

    The building on the market is a two-storey grey stone manse with a tiny obelisk just below the front steps that marks the exact Quebec-Vermont frontier, a stop-or-we’ll-shoot sign out front, and all the woes and wonders of the modern world passing right by its windows—the tourists and travellers, the scoundrels and smugglers, the haggard, footsore human flotsam fleeing Donald J. Trump. It has been a witness to the chronicles of this bifurcated continent for more than 200 years.

    #frontières #canada #états-unis


  • 23andMe Is Making Its First Foray into At-Home Research, to Study Pain - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/607928/23andme-is-making-its-first-foray-into-at-home-research-to-study-p

    Une expérience médicale menée at home par les usagers de 23andMe. Une certaine conception de la médecine, dont l’entreprise est familière.

    “It was uncomfortable and slightly painful, but nothing like wearing wet gloves and shoveling snow for an hour at 10 below zero,” says Pardy, who lives in northwest Vermont. Most people can stand to keep their hands in near-freezing water for at least 100 seconds, according to 23andMe.

    The experiment Pardy did is known as a cold pressor test, and it’s one of many used to gauge a person’s tolerance to pain. It’s part of a new study 23andMe announced earlier this month to study the genetic links of pain tolerance, and it represents the company’s first foray into at-home research.

    23andMe has previously launched studies on medical conditions like depression, fertility problems, and irritable bowel disease, using surveys to ask participants about things like their health history, lifestyle, and diet (see “23andMe Pulls Off Massive Crowdsourced Depression Study”). The new study also includes two surveys about pain tolerance and pain history, but this is the first time the company has asked people to do an experiment on their own and report the results.

    Carrie Northover, director of research services for 23andMe, says the goal of the study is to “understand genetic factors associated with experiencing pain and response to medications that help alleviate pain.” Previous research has suggested that multiple genetic factors are at play in chronic pain, and that certain groups of people report pain more often than others.

    Ajay Wasan, vice chair for pain medicine at the University of Pittsburgh Medical Center, says the cold pressor test is only one way to measure pain. There are a range of other tests, including ones that measure a person’s tolerance to heat, pin pricks, and pressure.

    “The problem is no one single experimental pain test maps really well to overall pain sensitivity and doesn’t have high correlation to someone’s clinical chronic pain or their response to treatment,” he says.

    #médecine #génétique #23andMe #génomique