• Vie sociale et confinement : La Trame
    https://blogs.mediapart.fr/cemea/blog/200520/vie-sociale-et-confinement-la-trame

    VST, la revue du travail social et de la santé mentale des CEMEA réagit à l’actualité en recueillant des témoignages de professionnels actuellement sur les terrains. Comment les institutions s’organisent-elles pour faire face au coronavirus ? Quelles difficultés, mais aussi quelles inventions de la part des professionnels et des usagers pour maintenir une vie sociale … même en étant confinés ?

    La Trame est un lieu d’accueil, d’orientation et d’échange pour les personnes en souffrance psychique et sociale, leurs proches et les professionnels du Nord-Ouest de la Seine-Saint-Denis.

    « Le choix du mot trame prend tout son sens quand il vise à proposer un accueil inconditionnel pour les personnes en difficulté psychique dans le département de Seine-Saint-Denis. Dans le prolongement des GEM (Groupe d’Entraide Mutuelle), La Trame assume une continuité entre le sanitaire, le médico-social et le social. Pour dépasser les obstacles rencontrés, la créativité s’avère indispensable. Elle permet une continuelle ouverture sur le monde. Ainsi se dessine la mise en œuvre effective d’une psychiatrie citoyenne sans méconnaître la fragilité des personnes. »

    « La Trame a été de prime abord pensée comme une sorte d’espace ressource, de soutien, d’orientation et d’accompagnement pour les gemmeurs qui ont des problèmes plus ou moins ponctuels, plus ou moins sérieux, plus ou moins compliqués à régler. »*

    « Diffusée chaque mois sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM), l’émission de radio « Bruits de couloir » fait circuler la parole avec les membres des GEM et de la Trame. Cette émission est devenue quotidienne pendant la période du confinement : « BruitS de Couloir au pays des confins », 15 minutes par jour du lundi au vendredi. »*

    Cette interview réunit l’équipe de « Bruits de couloir », émission de radio fabriquée par la Trame :

    Christophe M : Commençons par une anecdote, ça situera aussi d’où on vient. Jean Oury en 2006 disait : « C’est pas normal à la Borde, on n’est pas abonné à VST, je viens de découvrir cela. Je reprends dix abonnements et je les distribuerai aux moniteurs ». Pour ma part c’est comme ça que j’ai découvert Vie Sociale et Traitement. Oury parlait beaucoup du mouvement des CEMEA et, par ailleurs, il a beaucoup œuvré pour rassembler les gens de la pédagogie institutionnelle. Cette petite introduction pour dire que la Trame s’inscrit, ou s’inspire du mouvement de la psychothérapie institutionnelle. Je suis psychologue clinicien, animateur de la Trame et, plus largement, de ce projet depuis son début en 2014

    #Psychiatrie #psychothérapie_institutionnelle #Gem

  • Victor Pitron : « Nous sommes confrontés à des manifestations psychiatriques inédites » | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/entretien/2020/05/29/victor-pitron-nous-sommes-confrontes-a-des-manifestations-psychiatriques-ined

    Au moment où le pays sort doucement de la crise sanitaire, certains craignent une « seconde vague psychiatrique ». S’il est évident que cette période a eu un impact sur le psychique de chacun, les personnes souffrant de troubles psychiatriques ont été plus affectées que les autres. Psychiatre et chercheur en sciences cognitives, Victor Pitron observe que jamais le monde n’a changé si radicalement en si peu de temps, notamment pour les personnes plongées en coma artificiel qui se réveillent quelques semaines plus tard. Leurs troubles psychiatriques se sont nourris de ce nouveau contexte d’incertitude, preuve s’il en fallait de l’interconnexion entre l’expression de la maladie psychiatrique et le contexte de vie.

    Enseignement de l’Anti-Oedipe (1973), lorsqu’il délire, le psychique délire le monde.

    #psychiatrie #paywall...

  • A l’hôpital Saint-Antoine, le psy à l’écoute des personnels soignants, Guillaume Loiret
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/05/28/a-l-hopital-saint-antoine-le-psy-a-l-ecoute-des-personnels-soignants_6040974


    Philippe Nuss, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine (ici, le 22 mai), voit cette pandémie comme « une injonction du réel dans la gestion comptable ».

    Surmenage, anxiété, culpabilité et même peur de mourir… Le Covid-19 a éprouvé le personnel soignant. Pour tenter de soulager ses collègues de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, le psychiatre Philippe Nuss a mis en place une cellule de soutien.

    Chaque matin, il fait le trajet à vélo depuis Montmartre. Termine sa journée par une promenade dans le bois de Vincennes. Et ferme ses fenêtres, un brin agacé, quand résonnent à 20 heures les applaudissements.

    On ne peut pourtant pas soupçonner Philippe Nuss de manquer de soutien envers les soignants. Pour apaiser un personnel inquiet, ce psychiatre de 60 ans coordonne depuis trois mois un dispositif mobile d’écoute, proposé à l’ensemble des salariés de l’hôpital Saint-Antoine (3 356 personnes, dont 755 dans le domaine médical), à Paris. Une vingtaine de psychologues se relaient pour visiter les services et assurer, avec des externes, une hotline permanente. « On voulait une vraie voix au bout du fil, pas un répondeur. »

    Avec son équipe, il recueille notamment la souffrance de ses collègues, pour qui cette période a « posé un conflit éthique fort : accepter de se mettre à distance de sa famille, par peur de la contaminer, et en même temps rester sourd aux proches qui disaient : “N’y va pas”. »

    Le masque porté en permanence cache une partie de son visage, mais pas son regard ni sa voix, ses instruments de travail. Depuis début mars, Philippe Nuss a arpenté cet hôpital, où il exerce depuis trente ans, pour observer les soignants. Des inconnus, des collègues, des amis.
    Parler, il l’a beaucoup fait, avec « 200 personnes au moins ». Les entretiens individuels et les groupes de parole ont été nombreux. Philippe Nuss en retient des épisodes de burn out, une hypersensibilité, la fatigue, la peur, « celle de mourir, bien sûr, et aussi de ne pas être à la hauteur, de faire le mauvais choix ».

    La grande anxiété des aides-soignants, terriblement exposés au virus, l’a beaucoup touché. Les détresses moins évidentes également, comme celle des vigiles de l’entrée rue Crozatier : « Ils ont dû empêcher des familles de venir voir leurs proches, ça a été très compliqué pour eux. » Leur poste jouxte son service de psychiatrie de jour, où il a dû réorganiser le travail pour continuer à aider à distance 400 patients.
    Lui qui explique que « soigner, c’est créer » a dû faire preuve d’imagination. « Il fallait de grosses capacités d’adaptation et de plasticité pour gérer tout ça » , juge sa collègue Karine Lacombe, à la tête du service des maladies infectieuses de Saint-Antoine. Pour la psychologue Amina Ayouch-Boda, qui a élaboré le dispositif de crise, « Philippe a été très protecteur, me forçant à partir quand je n’y arrivais pas, que je frisais le burn out. Tout cela nous a rapprochés, c’est certain ».

    Une alternance de phases de doute et de miracles

    Chez lui, Philippe Nuss dit avoir vécu la période « assez normalement » , surtout à partir du moment où il a cessé de passer ses week-ends au téléphone. Cet amateur de danse classique, une source d’inspiration pour exercer la médecine – « Danseur, c’est mon vrai métier ! » –, a simplement dû faire une croix sur ses cours.
    Mais il a souvent repensé au 13 novembre 2015. Le psychiatre était de garde ce soir-là. Il se souvient bien sûr des victimes de l’attentat du Bataclan, qu’il a suivies sur le long terme et auxquelles il a consacré une étude. Mais garde aussi en mémoire le choc du personnel hospitalier qu’il avait fallu écouter et soutenir. « Au début du Covid, on a connu la même sidération. Mais, en 2015, on savait que les terroristes n’entreraient pas dans l’hôpital. Avec le coronavirus, on a vraiment eu peur de mourir. »

    Philippe Nuss use volontiers de métaphores. Son travail, depuis début mars, lui fait penser « à celui d’un archéologue qui aurait trouvé une dent, raconte-t-il. Et puis, à côté, il déterre d’autres objets, qui remettent en cause ce qu’il croyait savoir de cette dent » . Le virus l’a forcé à cheminer dans un réel qui changeait chaque jour, ponctué de phases de doute, de miracles aussi. « Voir des patients sortir de situations de soins palliatifs, ce n’est pas courant ! »

    Une réflexion permanente sur le soin

    Même s’il affirme relativiser, il reste « très choqué » par la prise en charge tardive des malades, les contre-vérités et les incertitudes du pouvoir pendant la #crise_sanitaire.

    Le psychiatre aimerait qu’elle soit l’occasion de rappeler que « l’hôpital n’est pas une entreprise, mais un choix sociétal de bienfaisance ». Qu’elle contribue à replacer la relation soignante au cœur du système.
    Cette réflexion sur le soin – le mot revient sans cesse –, il la poursuit depuis plusieurs années avec son amie la philosophe Cynthia Fleury. « C’est une conversation ininterrompue. De toute façon, Philippe est toujours au travail, à réfléchir à l’empathie, au souci de l’autre » , explique celle qui a fondé la chaire de philosophie à l’hôpital, dont Philippe Nuss est membre depuis sa création, en 2016.

    Le recul lui permet de voir la crise comme « une injonction du réel dans la gestion comptable qui devrait amener tout le monde à changer. C’est l’effet Covid ! » , dit-il en traversant la cour de Saint-Antoine pour aller prendre un café.
    Dehors, à la place des quelques arbres qui résistaient encore, un autre réel reprendra bientôt ses droits : les travaux du nouveau siège de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), symbole de la rationalisation du soin. Le pavillon qui abrite le service de psychiatrie de jour, lui, sera vendu. Philippe Nuss le regrette : « Plus l’expérience vécue ralentit, plus le tableau Excel revient… »

    #psychiatrie #soin #soignants #hôpital

  • Isolement, précarité, perte de repères : comment le confinement a fait basculer psychologiquement certains étudiants
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/05/26/isolement-precarite-perte-de-reperes-comment-le-confinement-a-fait-basculer-

    De jeunes adultes ont été particulièrement fragilisés par la disparition de leur vie d’avant. Les professionnels redoutent une vague de maladies psychiatriques.

    Pour Edmond, 27 ans, le confinement a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». « Sans préavis, on m’a coupé de tous mes liens sociaux. On m’a plongé dans un isolement physique mais aussi émotionnel, faisant remonter toutes mes difficultés passées », raconte cet étudiant gabonais en master d’économie à l’université de Bordeaux. « Abandonné » très tôt par ses parents à Libreville (Gabon), puis par son meilleur ami, décédé en 2013, il a vécu l’annonce du gouvernement comme un « nouvel abandon ». Du jour au lendemain, il a dû faire une croix sur sa paie de commis dans un restaurant asiatique, et s’en remettre aux banques alimentaires déployées dans sa cité universitaire.

    Attaques de panique, altération du sommeil, ruminations anxieuses, idées noires… Après une dizaine de jours d’enfermement dans sa chambre du Crous de 13 m2, Edmond craque et avale un cocktail dangereux de médicaments. « J’étais prêt à dire oui à la mort si elle venait », assume-t-il. Le 30 mars, il est admis dans l’un des services psychiatriques du centre hospitalier Charles-Perrens à Bordeaux, pour entamer ce qu’il nomme aujourd’hui son « retour d’outre-tombe ».
    Si la tentative de suicide constitue l’un des pires scénarios, les professionnels de santé mentale font valoir leur inquiétude quant à l’impact du confinement sur le bien-être de milliers d’autres étudiants. Isolement, précarité financière, perte de repères : cumulée à de multiples facteurs d’anxiété et de stress, la crise liée à l’épidémie due au coronavirus a déstabilisé une population déjà psychiquement vulnérable.

    Les étudiants davantage touchés

    Pendant le confinement, la Nightline – un service nocturne d’écoute géré par des étudiants, pour des étudiants – est arrivée à saturation des demandes de soutien par tchat. « On a retrouvé les thématiques habituelles : exacerbation du sentiment de solitude, angoisse de l’avenir, difficulté à trouver un espace intime rassurant, pensées suicidaires… Mais ces difficultés semblent clairement aggravées par la crise », constate le président de l’association, Florian Tirana.

    Plusieurs enquêtes en cours devraient permettre de mesurer l’ampleur du phénomène et d’anticiper une possible vague de maladies psychiatriques, redoutée par les professionnels. « Il va falloir être très vigilant. Selon nos premiers chiffres, la catégorie des 16-29 ans est celle pour qui le score de bien-être a le plus nettement baissé pendant le confinement, avance Nicolas Franck, professeur de psychiatrie à l’université Lyon-I et chef de pôle au centre hospitalier Le Vinatier, coauteur d’une étude en ligne sur l’impact du confinement sur la santé mentale des Français. Leur confiance en eux et leur sentiment d’utilité ont été fragilisés. »

    Plus ancrés dans la durée, les résultats préliminaires de l’enquête « Confins » sont également éloquents. « Sur la santé psychique, les étudiants ont systématiquement des scores plus inquiétants que les non-étudiants », analyse le médecin neurologue Christophe Tzourio, professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux. Les premiers chiffres varient souvent du simple au double : 27 % des étudiants se déclarent tristes, déprimés ou désespérés « plus de la moitié du temps voire tous les jours », contre 16 % chez les non-étudiants ; 40 % se sentent fatigués ou sans énergie, contre 21 % chez les non-étudiants ; 30 % se voient comme des « perdants », contre 15 % chez les non-étudiants ; 27 % se déclarent « en permanence inquiets, de façon excessive », contre 16 % pour les non-étudiants…

    « Une année universitaire hors-norme »

    Reste à comprendre pourquoi les étudiants présentent une plus grande fragilité que le reste de la population. « Il faut commencer par mettre en perspective cette année universitaire hors-norme. Les grèves de l’hiver avaient déjà perturbé le premier semestre et miné certains jeunes, qui sont finalement très peu allés en cours, rappelle Christophe Ferveur, psychologue de la Fondation santé des étudiants de France et président du Réseau de soins psychiatriques et psychologiques pour les étudiants (Resppet). Mis bout à bout, les différents éléments de la chaîne peuvent faire entrer le jeune adulte dans une clinique du découragement, du laisser-tomber, voire du désespoir. »

    Puisque les trois quarts des premiers épisodes de troubles psychiatriques surgissent avant 24 ans, la période étudiante représente l’âge de tous les dangers, dans un contexte si particulier. « Le confinement aura une fonction traumatique pour l’ensemble de la population, et d’autant plus pour des jeunes encore en construction, alerte Claude Vedeilhie, psychiatre au bureau d’aide psychologique universitaire de Rennes et président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) Bretagne. Pour certains, c’est un coup d’arrêt à un processus d’autonomisation. »

    Pour Tatiana, étudiante de 22 ans, on peut même parler d’un coup de massue. « Pendant le discours du président, le 16 mars, j’entendais les gens partir à toute vitesse de ma résidence. Ils dévalaient les escaliers, se remémore-t-elle. Mes parents m’ont appelée : ma demi-sœur allait venir me chercher. J’ai eu une heure pour tout préparer, je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer. Pleurer pour mes examens, pour mes amis. Pleurer de dépendre encore une fois de ma mère et de son compagnon : il y a toujours eu des tensions, et le seul souvenir de la maison me faisait peur. » Le choc émotionnel est tel que la jeune femme développe, quelques jours après, un douloureux zona sur l’épaule droite. « Ça faisait trois ans qu’on travaillait sur un projet : notre licence. Il a fallu mettre de côté tous nos sacrifices et tenter de réussir à distance. C’était horriblement stressant et frustrant. »
    Un « effet de régression »

    Si l’isolement reste un facteur aggravant, le retour à la vie de famille a pu réveiller des blessures cachées et réactualiser certains conflits. « Le propre de cette période étudiante, c’est de s’éloigner de sa famille pour construire sa vie. Pour une partie des patients, il a été très difficile de revivre l’emprise parentale dont ils essayaient de se départir », note Claude Vedeilhie, qui a par ailleurs remarqué une augmentation des comportements addictifs. Pour beaucoup de jeunes – en formation à la fois psychique et universitaire –, il y a eu un « effet de régression », selon les termes de Christophe Ferveur : « On leur a coupé les ailes en plein envol. »

    De retour dans sa famille, Memet a d’ailleurs craint « de ne pas pouvoir faire face ». Entré cette année en master à Sciences Po Paris après une licence à l’université de Nanterre, ce garçon de 23 ans a ce qu’il appelle lui-même « le syndrome de l’imposteur ». « Malgré la bienveillance de l’administration, je me suis toujours senti étranger à cette institution. En même temps, j’ai toujours vu l’école comme un lieu d’épanouissement et là, on me l’a enlevé, dit-il. Le décalage entre le 27, rue Saint-Guillaume et la banlieue de mes parents, dans l’Essonne, a été très dur à gérer. » D’origine kurde, ses parents ont fui la Turquie. En raison d’un contexte familial parfois éprouvant, il est contraint de retourner dans ses 20 m2 parisiens : « Je suis parti quelques jours en serrant les dents pour terminer un exposé sur la dette publique… J’ai eu très peur de craquer, de tout arrêter. Je sais aujourd’hui que ça va laisser des traces. »

    Happés par leurs cours, révisions et autres petits boulots, certains étudiants ont tendance à enfouir leurs émotions dans une forme d’hyperactivité. « C’est un suivi très particulier, admet la psychiatre Marion Lenoir-Roy, qui donne des consultations à l’espace santé étudiants de l’université de Bordeaux. Ces jeunes n’ont jamais le temps d’aller mal. Le confinement a pu être un déclencheur de troubles anxieux pour ceux qui transportaient déjà de grosses valises. »

    « Un retard potentiel de l’accès aux soins »

    Plus que jamais, psychiatres et psychologues ont dû assurer la continuité des soins tout en répondant à de nouvelles demandes. Téléconsultations, porte-à-porte dans les résidences Crous, ateliers via Skype de méditation, sophrologie ou rigologie (une sorte de yoga par le rire) : « Il a fallu faire preuve d’inventivité ! », admet Christian Régnier, directeur du service universitaire de médecine préventive de Sorbonne-Université, qui compte 75 000 étudiants.

    En temps normal, seul un quart des jeunes présentant les signes d’un épisode dépressif déclarent avoir consulté un professionnel de santé mentale dans l’année. « Une douleur morale n’est peut-être pas la même douleur qu’une rage de dents, mais plus on décale la prise en charge, plus on prend le risque que cela s’aggrave, martèle le psychologue Yannick Morvan, membre de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE). Avec la crise sanitaire, on est face à une nouvelle inquiétude quant à un retard potentiel de l’accès aux soins et de ses conséquences éventuelles. »

    Raison de plus pour prendre les devants en termes de prévention et pour tenter de dédramatiser le recours à un professionnel. Très souvent, il y a déni, rejet, voire stigmatisation de l’entourage. « Ceux qui osent demander de l’aide forment la partie émergée de l’iceberg », souligne l’épidémiologiste Christophe Tzourio. « C’est le moment de prendre soin de soi et de développer des compétences en termes de bonne santé mentale. C’est un réflexe à prendre, pour que le mal-être ne s’enkyste pas », suggère Fanny Sauvade, psychologue et codirectrice de l’association Apsytude.

    Mais le déconfinement ne désigne pas non plus le bout du tunnel. Au contraire. La crise sanitaire renforce l’incertitude et l’inquiétude quant à l’avenir. A quoi bon ce diplôme ? A quoi bon ce futur travail ? Les contrecoups seront durables. « On dit aux jeunes que le monde va s’effondrer mais aussi que c’est à eux de bâtir le monde d’après ! Le climat actuel est très anxiogène pour cette génération, déplore Christophe Ferveur. Quand les cours et examens à distance s’arrêteront, il ne faudra surtout pas lâcher les étudiants. Comme la lumière des étoiles, l’étendue des dommages nous arrivera avec un temps de retard. » Après la continuité pédagogique du printemps, il s’agira, cet été, d’assurer une continuité psychologique.

    Pas mal de bêtises (...) mais aussi un contrepoint au constat que les psychiatrisés ont (auraient ?) dans l’ensemble mieux tenus le choc que ... les soignants en psychiatrie (et pas seulement sur le plan épidémiologique).
    Guerre, révolution, pandémie, autant de moments d’un commun qui s’impose et qui tendent à mettre la maladie mentale au second plan. Le vital, la singularité sont (pour partie) ailleurs, déplacés, remaniés. Si ce n’est, peut-être (?), pour certains entrants dans la carrière, si ton en croit cet article.
    Une particularité de la pandémie et des mesures qui l’accompagnent au prétexte de la juguler/diminuer : comment « s’en sortir sans sortir » (de chez soi, avec d’autres) quand ce qui relie est la séparation ?
    J’ai pas vu grand chose chez des praticiens, de la souffrance psychique en première personne ou/et du soin (si ce n’est des intervention salubres sur l’état de la psychiatrie confinée, à la façon, trop rare, de #Mathieu_Bellahsen).

    Par ailleurs, là encore, la #psychiatrie est nodale : c’est avec elle il me semble que la notion de santé a du s’assortir de celle de #maladie_chronique qui la contredit, et que l’on a retrouvé ensuite (?) avec de nombreuses pathologies (asthme, diabète, etc.) comme catégorie médicale.

    #étudiants

  • La psychiatrie confinée
    https://lundi.am/La-psychiatrie-confinee

    Mathieu Bellahsen est psychiatre dans le service public. Dans cet entretien, il revient sur l’exercice de la psychiatrie durant le confinement et insiste notamment sur le fait que la « psychiatrie confinée » est une nouvelle antipsychiatrie, reprend des éléments des discours sécuritaires, du système asilaire et de la médecine hygiéniste. Il discute également de la colère des soignants et de leurs luttes en cours et à venir. Source : Lundi matin

  • Expériences psychotiques : leur donner du sens pour ne plus les subir | Yann Derobert
    http://cqfd-journal.org/Experiences-psychotiques-leur

    Parce que les expériences dites « psychotiques » (perception de voix, visions, paranoïa...) sont considérées comme des symptômes de maladie, les personnes qui les vivent sont généralement incitées à tenter de les éradiquer. À l’inverse, au sein du REV (Réseau français sur l’entente de voix), chacun·e est invité·e à s’en accommoder et à les explorer pour en découvrir la signification. Voici le décryptage de Yann Derobert, membre fondateur et secrétaire de l’association. Source : CQFD

  • Mom-Shaming Ourselves - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/05/20/parenting/mom-shaming-social-media.html?smid=tw-nytimes&smtyp=cur

    I am usually fairly immune to the social media performance of parenthood. I know that behind the curtain there is someone else watching the children as the crackers are being made, or that the compliant toddler ripped her mask off moments after the photo was taken.

    But now, two months into staying at home, I find myself engaging in painful comparisons with other moms. I’m particularly disgusted with myself for the pettiness, considering how much death, fear and disruption I read about and report on every day.

    And yet, I can’t help myself from getting sucked into the scroll and compare. I asked Amanda Hess, the host of The Times’s video series “Internetting with Amanda Hess” and an incisive cultural critic, about why it is so irresistible. “I have also been thinking about the insane explosion of low-level gossip,” Hess said. “We don’t have these in-person bonds, where if I saw you at a bar, we might gossip a little bit about a friend, and that might release something in us.” Because we’re deprived of those bonds right now, when you see some cracker-making jerk on your timeline, “it looms in your mind.”

    Kathryn Jezer-Morton, a sociology Ph.D. candidate at Concordia University who researches the internet and motherhood and has written for NYT Parenting, said that part of the reason that comparing ourselves to others may feel irresistible right now is that we’re all under lockdown orders, and so our lives are superficially similar. “It flattens the playing field in a disturbing way,” she said.

    There’s a body of research about what psychologists call “social comparison,” or the comparison of one’s self to others. Researchers have described social comparison as “a fundamental psychological mechanism influencing people’s judgments, experiences and behavior.” During health scares, the need for social comparison increases, because the future isn’t clear and there are “no objective standards of how to cope,” researchers have found. In other words, we look to our peers even more intensely to figure out how we’re supposed to behave and what we’re supposed to feel.

    #psychologie_sociale #confinement #réseaux_sociaux #maternité #femmes #chez_soi

    https://www.nytimes.com/2020/04/16/parenting/mommy-influencers.html
    https://www.nytimes.com/video/arts/100000007120740/celebrity-bookshelves-coronavirus.html

  • Nous sommes en grève des données informatiques - Collectif de la pédopsychiatrie du 19e en lutte
    https://paris-luttes.info/nous-sommes-en-greve-des-donnees-13987

    Communiqué du Collectif de la pédopsychiatrie du 19e en lutte du 13 mai 2020 faisant suite à l’appel du Printemps de la psychiatrie : halte au codage du soin ! Nous avons besoin de soutien et que le plus grand nombre puisse nous rejoindre dans ce type d’action. Couper l’herbe sous le pied des gestionnaires et de la technostructure en arrêtant de leur fournir des données.

    Suite à l’appel du Printemps de la psychiatrie, opération « déconnexion », halte au codage du soin, et à l’enquête militante sur les logiciels de recueil de données informatiques en psychiatrie, nous avons décidé de passer à l’action au milieu de la période de confinement.

    Voici notre communiqué :

    Nous, soignantes et soignants du collectif de la pédopsychiatrie publique du 19e arrondissement de Paris intégrée au groupement hospitalier universitaire – Paris, psychiatrie & neurosciences (GHU), avons décidé, à compter de ce jour et pour une durée illimitée, d’une grève des actes et des données. Cette décision nous la prenons alors que l’épidémie de Covid-19 bat son plein et que la direction nous impose de remplir des grilles d’actes pour coder le télétravail. Nous refusons de participer à la normalisation de ce recours au télétravail. Et plus généralement, nous refusons de continuer à participer au recueil d’informations médicales en psychiatrie (RIM-P) via le logiciel Cortexte qui est le bras armé des mesures d’austérité, du lean management et du contrôle gestionnaire de nos services qui pèsent depuis de nombreuses années sur la psychiatrie publique. Ce recueil de données prépare la réforme du financement de la psychiatrie qui se verra imposée un système de tarification standardisée pour janvier 2021 très proche du système de tarification à l’acte à l’hôpital général (médecine, chirurgie et obstétrique). Nous voyons bien, à l’heure qu’il est, le péril que représentent ces politiques gestionnaires.

    #psychiatrie #grève_du_codage #Printemps_de_la_psychiatrie

  • Reasons to Be Cheerful (Ep. 417) - Freakonomics Freakonomics
    https://freakonomics.com/podcast/reasons-to-be-cheerful

    Well, it’s still really important to pay attention to bad things when you’re in, you know, because getting along with people, the bad stuff matters much more. It’s important to pay attention to that. But life has gotten so much safer than it ever was. It’s so much more peaceful than it ever was. And yet we still have this ancient reaction to catastrophize and imagine the worst. And the worst effect is that we live in a high-bad environment. We’re just surrounded all day by people trying to get our attention on various screens. And they know the easiest way to do that is to scare us, to tell us bad news, to tell us there’s a crisis. So the merchants of bad, as we call them, are just going at us around the clock trying to sell us their wares. And our ancient brain just immediately reacts.

    #bonheur #freakonomics #biais_de_négativité #psychologie #négativité #audio

    • Il est aussi question de filtrer l’info pour les personnes que ça déprime et de mettre des #trigger_warning s. Le TW, c’est ce truc à la mode pour les jeunes adultes, qui vient de la psychologie et du constat que les victimes de violences peuvent connaître des chocs traumatiques bien après les faits, liés à leur expérience de la violence et déclenchée (triggered) par un rappel de cette expérience. En mettant un TW on peut éviter à chacun·e de se confronter à ces déclencheurs. Mais ça devient un peu tout et n’importe quoi et j’ai passé un chouette article sur le sujet ici.
      https://seenthis.net/messages/807820
      La BBC commence à mettre en place un dispositif sur son site qui ne cache pas mais floute les infos liées aux triggers des gens et qu’ils ont préalablement renseignés (pédophilie, viol, violence sur animaux, climat, etc.). Leur justification, c’est que les personnes qui vivent trop mal certains types de mauvaises nouvelles finissent par ne plus s’informer et que ça pourrait leur redonner accès aux infos. Et il semblerait qu’on puisse s’habituer doucement à recevoir ces infos... même si après tout il est assez normal de déprimer en regardant tout ça.

  • Comment gérer son stress et celui de ses élèves lors du déconfinement ? (INOVAND, Hôpital Robert Debré)
    https://www.pedopsydebre.org/post/comment-gérer-son-stress-et-celui-de-ses-élèves-lors-du-déconfinement

    Le déconfinement nous inquiète tous, en tant qu’adultes mais aussi en tant que professionnels de l’enfance. La reprise du travail en présentiel est envisagée par les enseignants comme particulièrement difficile : non seulement les modalités de reprise restent incertaines, mais en plus la crainte d’être infecté par les élèves est très importante.

    #école #stress #confinement

    • # J’applique 3 règles de prévention : je hiérarchise, je m’épargne et je me montre indulgent envers moi-même.

      Je hiérarchise : Posez-vous la question suivante : « Qu’est-ce qui est le plus important tout de suite ? » Exemple : Faire à manger ou répondre à mon enfant qui a besoin de moi à cet instant ?

      Je hiérarchise : Posez-vous la question suivante : « Qu’est-ce qui est le plus important tout de suite ? » Exemple : que vite les enfants de 2 à 10 ans retournent à l’école ou la crèche, dans un environnement angoissé angoissant et pour s’y voir interdits de bouger, se toucher, échanger... ou bien imaginer d’autres types de déconfinement pour et avec elles/eux ?

    • Comment gérer le stress de mes élèves ?
      La gestion du stress de la classe n’est jamais simple. Il y a une vraie dynamique de classe qu’il est important de mobiliser. Vous connaissez parfaitement votre classe, et vous verrez combien finalement les enfants sont heureux de revenir à l’école et de reprendre leurs habitudes.
      Cependant, cela ne saurait cacher un certain nombre d’inquiétudes chez vos élèves.

      * Elles sont toutes assez communes, et donc vous avez déjà l’habitude de les gérer. Elles seront juste un peu plus intenses ou présentes chez un plus grand nombre d’élèves. Il peut s’agir par exemple de la peur de résultats scolaires insuffisants, de l’échec, de la séparation avec leur famille, d’un déménagement qui aura lieu prochainement...

      Comment rassurer les enseignant·es et les inciter à retourner bosser ? Avec quelques conseils pour « se sentir bien »
      #psychologie_comportementale

  • Drôles d’histoires : l’extermination douce, Armand Ajzenberg, revue Chimères, n° 27, 1996. – Aux enfermés du confinement
    https://mitarduconfinement.blog/droles-dhistoires-lextermination-douce

    Note de “Aux enfermés dans le confinement” : Ce texte à propos de la mort de faim, de froid et d’abandon de 76 000 patients dans les hôpitaux psychiatriques en France de 1940 à 1945, n’est pas là pour établir une équivalence malsaine entre l’entreprise exterminatrice de la deuxième guerre mondiale et le confinement actuel, ni pour pousser à on ne sait quelle comparaison émotionnelle scandaleuse (dans tous les sens du terme). Il s’agit d’inviter à réfléchir sur quelques points bien précis. D’abord, presque anecdotiquement, mais pas seulement, sur la permanence des lieux d’enfermement et de leur histoire. L’hôpital psychiatrique Le Vinatier près de Lyon par exemple, qui est actuellement un lieu de contestation de la gestion du confinement dans les hôpitaux psychiatriques, a été un lieu particulièrement touché par la politique de Vichy puisque 2000 patients y sont morts, mais aussi un lieu où quelques médecins ont tenté l’impossible pour nourrir malgré tout les patients. Plus fondamentalement il s’agit de repenser ce qui se passe quand le tri des vies devient effectif et efficace, dans les temps de pénuries, quand la gestion de crise choisit quelle vie vaut la peine d’être sauvée, qui vaut la peine d’être soigné. L’abandon des patients des structures psychiatriques a été très tôt à l’œuvre pendant le confinement, puisque l’ARS a précisé dès la mise en place du « plan blanc » dans les hôpitaux que ces derniers ne bénéficieraient des moyens de protection sanitaire qui iraient prioritairement aux structures hospitalières classiques. Enfin, plus généralement, on voudrait attirer l’attention sur le fait que l’abandon ou l’insouci peuvent être meurtriers à grande échelle, qu’il s’agit de politiques actives de mise à l’écart du soin, comme pour les prisonniers qu’on ne déplace plus à l’hôpital s’ils en ont besoin, ou les pauvres du monde entier entassés dans des bidonvilles ou des camps, comme le camp pour migrants de La Moria en Grèce, dont on ne se préoccupe que pour éviter le risque de fournaise épidémique pour le reste de la population.

    « Nous ne demandons ni sang ni châtiment, seulement ceci : que le criminel soit appelé criminel, et que la victime soit appelée victime. Quoi ? C’est encore trop ? » Hélène Cixous

    1er mai 1995 : Jean-Marie Le Pen et ses bandes anti éthniques, commémorant Jeanne d’ Arc dans un « sons sans lumières » ubuesque, marchent vers l’Opéra. A l’arrière du peloton, les « crânes rasés ». Quelques-uns, en passant, basculent dans la Seine non pas un Anglais mais un jeune Marocain. « Rien à voir » entre le Front national et cette mort, s’exclame son chef. Certes, il paraît bien difficile de conclure à une volonté politique, même inavouée, éliminatoire. Seule, une certaine idéologie. . .

    1er mai 1945 : autre défilé. Le peuple. Après la fête, les comptes : 75 000 fusillés, parce que communistes ou patriotes ; 76 000 hommes, femmes et enfants de France livrés par « Vichy » aux nazis, et exterminés parce que Juifs ; 76 000 autres morts encore, dans les asiles psychiatriques, parce que fous. 40 000 disent certains décomptant ceux qui, de 1940 à 1945, statistiquement seraient de toute façon morts. Discussion sans grand sens. Aurait-il fallu identiquement calculer la surmortalité chez les autres 76 000 : les Juifs ? 76 000 fous donc, morts affamés par les autorités vichystes. Au temps du rationnement, le gouvemement du Maréchal accorda un supplément alimentaire aux malades des hôpitaux publics, pas à ceux des hôpitaux psychiatriques. Les premiers pouvaient survivre, pas les autres. L’enjeu : un supplément journalier de 500 calories. Soit 1,25 calories par jour et par Français.

    Impossible décréta « Vichy » : un tel supplément « ne pourrait être prélevé que sur les denrées déjà trop parcimonieusement attribuées aux éléments actifs de la population, en particulier aux enfants et aux travailleurs ». Cette mise à mort par inanition est qualifiée par un médecin, dans une thèse, d’« extermination douce ». « Il paraît décidément bien difficile de conclure à une politique, même inavouée, d’ “extermination douce” », disent, a contrario, des historiens. Certes, pas de décret éliminatoire des fous, comme en Allemagne nazie. Seule, une certaine idéologie. . .

    #psychiatrie #histoire #société_d'abandon #soin

  • L’homme qui gravait son journal intime sur le mur de sa prison - rts.ch - Arts visuels
    https://www.rts.ch/info/culture/arts-visuels/11279690-l-homme-qui-gravait-son-journal-intime-sur-le-mur-de-sa-prison.html


    Fernando Oreste Nannetti (1927-1994), Inscriptions gravées (1959-1961/1968-1973), façade de l’hôpital psychiatrique de Volterra. [Pier Nello Manoni - artbrut.ch]

    Fernando Oreste Nannetti (1927-1994) a gravé pendant une quinzaine d’années, avec la barrette de sa ceinture, son journal intime sur le mur de son hôpital psychiatrique. Une oeuvre monumentale de 70 mètres de long. Lucienne Peiry lui consacre un livre.

    Pendant une douzaine d’années, à raison d’une heure en plein air par jour, Fernando Oreste Nannetti (1927-1994) a rédigé son histoire sur les murs de l’asile psychiatrique et judiciaire de Volterra en Toscane, où il était enfermé. Son outil ? Un ardillon, cette petite pointe des ceintures qui permet d’entrer dans les trous. Le crépi de ce complexe hospitalier - fermé en 1980 et laissé depuis à l’abandon - se couvrait alors de déclarations biographiques, auto-fictives, parfois futuristes. Guidé par ce qu’il appelait un « fluide magnétique cathodique », Nannetti traduisait ce qu’il recevait par télépathie. Nannetti s’attribuait le titre de « colonel astral ».

    Oeuvre déchiffrée

    Monumentale, son oeuvre fait 70 mètres de long sur un mètre de haut. L’écriture paraît hermétique ; les mots rappellent l’alphabet étrusque, les phrases, sans ponctuation, peuvent être lues à l’endroit ou à l’envers, elles sont souvent entrecoupées de dessins. Cette oeuvre a pourtant été déchiffrée par deux hommes : Aldo Trafeli, un #infirmier qui avait réussi à établir une relation avec son patient, et Pier Nello Manoni qui a photographié page par page ce livre mystérieux à ciel ouvert qui le fascinait tant. Leur travail a permis à la Collection de l’Art Brut à Lausanne de consacrer en 2011 une rétrospective à l’oeuvre magistrale de ce confiné qui s’est fait la belle par sa gravure de fortune.

    https://www.artbrut.ch/fr_CH/exposition/nannetti-colonel-astral

    #mur_murmurant #psychiatrisé #art_brut

  • Bas les masques ! Un appel de soignant.e.s à construire un mouvement populaire
    Le 29 avril 2020
    https://baslesmasques.co/index.php/je-signe-lappel
    https://www.youtube.com/watch?v=KH4lhDYYMR8

    Nous sommes des soignant.e.s et professionnel.le.s de la santé d’horizons divers. Bouleversé.e.s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

    #coronavirus #France #solidarité #Bas_Les_Masques

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

  • Affaire Gabriel #Matzneff : l’ancienne ministre de la santé Michèle Barzach entendue par la police
    Selon nos informations, l’ex-ministre de la santé de Jacques Chirac a été auditionnée en tant que gynécologue ayant prescrit la pilule aux jeunes filles que l’écrivain lui amenait dans son cabinet.

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/04/27/affaire-matzneff-l-ancienne-ministre-de-la-sante-michele-barzach-entendue-pa

    Le scandale a éclaté en janvier, lors de la parution du livre de Vanessa Springora, Le Consentement (Grasset). La quadragénaire, devenue éditrice, y raconte dans le détail sa relation avec Matzneff, en 1986, alors qu’elle avait 14 ans et lui 49. Encouragée par ce premier témoignage et l’­ouverture d’une enquête, à la demande du parquet, une autre ancienne victime présumée de l’écrivain, Francesca Gee, a, à son tour, décidé de rompre le silence dans le New York Times, dénonçant l’emprise que Matzneff a exercée sur elle pendant trois ans à partir de 1973, lorsqu’elle avait 15 ans, et lui 37… C’est cette dernière, aujourd’hui âgée de 62 ans, qui a confirmé aux enquêteurs, le 20 février, le rôle que jouait Michèle Barzach, alors gynécologue avenue Félix-Faure, à Paris, dans le 15e arrondissement : au début des années 1970, la doctoresse, en toute connaissance de cause, prescrivait la pilule à des jeunes filles mineures que Matzneff mettait dans son lit.

    Beaucoup, en réalité, avait déjà été dévoilé par Gabriel Matzneff lui-même dans plusieurs de ses récits. Dès 1991, dans Élie et Phaéton, la partie de son « journal intime » qui couvre la période 1970 à 1973, il racontait son inquiétude, au bout de trois mois de relation avec la très jeune Francesca : « J’achète un truc à la pharmacie pour savoir si on attend un bébé ou non. Francesca sèche l’école, vient chez moi faire le test. Ouf ! c’est négatif. Toutefois, il faut que nous trouvions un gynécologue qui accepte de lui prescrire la pilule sans prévenir sa mère. Si nous tombons sur un médecin réac, hyper-catho, c’est fichu. » L’écrivain est un mondain, connecté au Tout-Paris. À l’automne 1973, après quelques coups de fil, Matzneff emmène Francesca prendre un café près des Champs-Élysées avec une connaissance, la journaliste Juliette Boisriveaud.

    Alors âgée de 41 ans, cette ancienne voix de RTL, militante féministe revendiquée, est débordée : elle s’apprête à lancer le magazine Cosmopolitan, qu’elle pilotera pendant des années. « Je garde le souvenir d’une femme très sympathique, se souvient Francesca Gee. Elle a chaleureusement recommandé Michèle Barzach en expliquant que c’était… la nouvelle petite amie de son ex-mari ! Mes propres parents étaient en train de divorcer et ça se passait plutôt mal, j’étais donc stupéfaite. » En ce début des années 1970, Michèle Barzach, gynécologue férue de psychologie, a organisé des colloques avec le psychologue Bruno Bettelheim, participé à des séances de thérapie de groupe, suivi une psychanalyse et même fondé une consultation de gynécologie à Aubervilliers avec Joëlle Kauffmann, militante historique du Groupe Information Santé (GIS)… « Matzneff a pris rendez-vous avec Michèle Barzach et m’a conduite à son cabinet, rapporte Francesca Gee. La conversation entre eux a commencé sur un ton assez mondain, puis il est allé s’asseoir dans la salle d’attente et est revenu dans le cabinet pour régler la consultation. »

    À l’issue du premier rendez-vous, le 13 novembre 1973, Matzneff s’extasie : « Nous y sommes allés avec la crainte d’être critiqués, sermonnés, aussi avons-nous été très agréablement surpris. Michèle Barzach est une jeune femme douce, jolie, attentive, qui à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de 37 ans et à sa maîtresse de 15. Elle a, je pense, tout de suite compris que nous formons un vrai couple, que nous nous aimons. » Francesca Gee affirme avoir consulté la gynécologue « 5 ou 6 fois en trois ans », toujours en compagnie de Matzneff : « Il m’a toujours accompagnée chez elle, j’ai la vague impression qu’il était content d’entretenir des relations avec elle. En tout cas, il ne se plaignait jamais de devoir y aller. »

    Francesca Gee a gardé trace de ces visites : une ancienne prescription pour une prise de sang, signée en février 1974 par la gynécologue, sur laquelle ne figure pas le nom de la patiente. En ce temps, la loi Neuwirth permettait la vente de produits contraceptifs aux mineures, mais elle était soumise à autorisation parentale jusqu’à la loi Veil de décembre 1974… Qu’importe, Michèle Barzach, comme bien des médecins progressistes à l’époque, assumait de violer la loi. Pourtant, Matzneff ne cache pas ses penchants. À l’automne 1974, il publie même Les moins de seize ans, une apologie de la pédophilie, où il reproduit des lettres de Francesca. « Elle ne m’a jamais posé de questions, mais à l’époque personne ne trouvait à redire à ma relation avec Matzneff, observe Francesca Gee. Alors que j’étais juste une gamine dont les parents ne s’occupaient pas, sous l’emprise d’un prédateur expérimenté. »

    #pedocriminalite

    • je cite pour tagger les noms... ça fait un joli paquet de fils entrecroisés tout ça...

      À l’automne 1973, après quelques coups de fil, Matzneff emmène Francesca prendre un café près des Champs-Élysées avec une connaissance, la journaliste #Juliette_Boisriveaud.

      Alors âgée de 41 ans, cette ancienne voix de #RTL, militante féministe revendiquée, est débordée : elle s’apprête à lancer le magazine #Cosmopolitan, qu’elle pilotera pendant des années. « Je garde le souvenir d’une femme très sympathique, se souvient #Francesca_Gee. Elle a chaleureusement recommandé Michèle Barzach en expliquant que c’était… la nouvelle petite amie de son ex-mari !

      @touti

    • La majorité sexuelle était déjà à 15 ans en 1970 et ce, depuis 1945 (ou elle était à 13 ans…), donc, stricto senso Barzach a correctement fait son job de gynéco en commençant par protéger sa patiente du risque d’une grossesse à une époque où ce n’était hélas pas encore une priorité.

      La question de l’attentat à la pudeur se posait, mais pas forcément pour la gynéco.

    • il n’y pas un truc légal qui reconnaisse l’ascendant, ou la différence de... « pouvoir » entre quelqu’un de 15 ans et un autre de 37 ? ça lance peut-être un débat trop long... chai pas... c’est quand même juste une évidence...

    • @monolecte, je me disais cela aussi hier, mais entre une fille de 15 ans qu’une gynéco souhaite aider en lui donnant la pilule parce que c’est SA demande et un homme de 37 ans qui accompagne et paye pour cela… y’a un gap. Dans ce cas là, ce n’est pas une question de légalité mais d’humanité, la gynéco elle doit bien pouvoir s’entretenir avec la jeune fille pour savoir si elle est en âge (peut importe ici l’âge légal) de comprendre la situation ?
      Il faudrait que je retrouve (mézoù ?) un témoignage d’une de ses jeunes victimes qui avait du avorter et pour laquelle il y a eu des répercussions.

  • A Future with No Future: Depression, the Left, and the Politics of Mental Health By Mikkel Krause Frantzen on December 16, 2019, LA Review Books
    https://lareviewofbooks.org/article/future-no-future-depression-left-politics-mental-health

    The crisis embodied by depression thus becomes a symptom of a historical and capitalist crisis of futurity. It is a kind of structure of feeling, as Raymond Williams would say. Consequently, any cure to the problem of depression must take a collective, political form; instead of individualizing the problem of mental illness, it is imperative to start problematizing the individualization of mental illness. The call is for the left, for these specific reasons, to take seriously the question of illness and mental disorders. Dealing with depression — and other forms of psychopathology — is not only part of, but a condition of possibility for an emancipatory project today. Before we can throw bricks through windows, we need to be able to get out of bed.

    We also have to wonder, why does there seem to be so much comfort in psychiatric diagnoses? Because there is comfort in the diagnosis of depression. So that’s why I feel so bad! Depression! A chemical imbalance in the brain! In this way, the diagnosis provides momentary meaning to meaningless misery. The suffering gets a name and a cause: a lack of serotonin. But this cause has causes which in the diagnostic system — and in the capitalist world as a whole — remain undiagnosed and untold.

    .

    Capitalism makes us feel bad and then, to add insult to injury, makes us feel bad about feeling bad.

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    Competition is precisely what capitalism is all about, and seeks to intensify, so that we are, simultaneously, alone in our suffering and fighting among each other’s suffering selves.

    .

    the current — social, political, economic, ecological — crisis is thus a mental health crisis as well. The perpetuum mobile of capitalism and its exhaustion of resources also pertains to mental resources. The economic and the psychological seem to have become indistinguishable from each other, as the double meaning of depression would also suggest.

    .

    Therapy as resistance, not as reactionary obedience to the given order. Therapy as a collective project, not an individual one. Therapy as the overcoming of alienation.

    .

    Of course, sometimes staying in bed can be a revolutionary act in itself, a kind of strike, the epitomization of an exhausted and negative No, I can’t in a world that revolves increasingly around an emphatic and positive Yes, I can.

  • Toulouse, une fois de plus la police en action, filmée une fois de plus
    https://www.youtube.com/watch?v=uNCXb78xJM4&feature=youtu.be

    Attention, images très dures. Nous venons de recevoir ces vidéos prises hier soir à Toulouse vers 3h du matin. Un homme à terre a été défoncé à coup de muselière. Le policier qui frappe aurait auparavant demandé à son chien d’attaquer, en lui enlevant la muselière. Le chien ne voulant pas attaquer, le policier l’a insulté puis s’est mis a frappé la personne au sol. On voit en fin de vidéo, prise le lendemain matin, les traces de sang au sol et sur les murs.

    @davduf

    Vous ne confinerez pas notre colère : violences policières et révolte à Toulouse – Collectif Auto Media énervé
    https://came2016.wordpress.com/2020/04/22/vous-ne-confinerez-pas-notre-colere-violences-policieres-et-revo

    Les émeutes de banlieues de 2005, suite à la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré poursuivis par des flics à Clichy-sous-Bois, ont été le mouvement social le plus durement réprimé en terme de justice contemporaine en France, encore plus que les Gilets Jaunes : en seulement trois semaines à travers toute la France avec près de 300 communes touchées, il y a eu 6 056 interpellations, 5 643 gardes à vue et 1 328 incarcérations dont celles de plus de 100 mineurs. Sources et article : La répression judiciaire en France.

    Assiste-t-on à nouveau au début d’un embrasement des banlieues, avec le spectre de 2005 suspendu aux lèvres des éditorialistes, ou avons-nous plutôt affaire aux conséquences d’un racisme d’État latent, depuis des années, exacerbé par le confinement, et surtout via la police, ayant augmenté d’un niveau dans l’impunité, possédant ce sentiment de toute puissance virile, et s’en servant, dans les quartiers, mais pas que.

    En un mois de confinement, il y a eu 13,5 millions de contrôles, 762 106 verbalisations, 1733 gardes à vue, des peines de prison ferme, mais aussi six personnes mortes suite à l’intervention de la police et plus de dix personnes blessées gravement. Six personnes ont perdu la vie suite à l’intervention de la police en un peu plus de deux semaines, c’est du jamais vu à une telle fréquence.


    Marseille – via Elsa Dorlin

    On ne compte pas les nombreuses humiliations lors de ces contrôles, des personnes embarquées pour rien, d’autres frappées ou encore prises en chasse. C’est ce qui est arrivé à Toulouse la semaine dernière, racontée par La Déche du Midi : des personnes étaient dans un parc à Bellefontaine, tous âges confondus. Des flics sont intervenus pour faire respecter le confinement, et se sont mis à poursuivre les personnes rassemblées, utilisant un taser pour maitriser l’une d’entre elles et l’envoyant six mois en prison. Enfin pas les flics, mais la justice, ce n’est pas pareil nous dit-on : il y aurait une séparation police-justice. Les procès verbaux des policiers ne correspondent pas pourtant : dans la description des faits et de la personne interpellée. Ah, un des flics a eu une entorse au genoux et demande une indemnité. Ce n’est pas plutôt l’inverse après avoir été électrifiée ? On ne va pas utiliser le terme de torture, mais utiliser un appareil envoyant une décharge électrique, potentiellement mortelle, pour maitriser quelqu’un pour non respect du confinement, c’est, en plus d’être excessif, une mise en danger d’autrui. Le père de famille part donc six mois à Seysses, en plein confinement, alors qu’il faudrait vider les prisons.

    En plus de la jouissance de dominer qui les tient un peu partout, ça ressemble à l’ivresse de la revanche suite aux mobilisations Gilets jaunes que la ville a connue : Garde-à-vue pour une banderole à #Toulouse
    https://seenthis.net/messages/847277
    #police

    • Violement frappé par la police, il venait de s’échapper du service psychiatrique
      https://came2016.wordpress.com/2020/04/25/nouvelles-violences-policieres-a-toulouse

      Une demi-douzaine d’hommes, entrainés et armés, sont donc intervenus pour en maitriser un autre, en le mettant à terre et le frappant une fois au sol.

      Nous apprenons par nos chers médias locaux, La Dêche Du Midi et Rance 3 région, directement en lien avec la préfecture et les policiers, que la personne interpellée venait de s’échapper du service psychiatrique de l’hôpital Purpan et aurait été violente avec les policiers. Selon le syndicat de Police Alliance, il est même signalé comme « violent et dangereux et potentiellement porteur d’une grenade et d’une arme de poing » (soit un pistolet). On nage en plein délire là. Porteur d’une grenade et d’une arme de poing, alors qu’il sort de l’hôpital. On sait que les hôpitaux sont en guerre selon les mots de notre cher président, mais de là à les équiper d’armes ? On a raté un épisode. France 3 continue sa version policière en citant toujours le syndicat de police : « Les policiers n’avaient pas de taser, ils ont donc utilisé une muselière pour le contraindre. Tout cela est écrit dans la procédure. » La version de la Dépêche parle de coups de bâton et celle de France 3 de coups de poings de la part de la personne interpellée, vous allez vous accorder ?

      On terminera le récit par cette phrase de France 3, lunaire : « Plusieurs sites d’extrême gauche ont partagé ces images sur facebook laissant penser qu’un policier a frappé gratuitement un homme.« 

      Le suspect est actuellement en garde à vue nous précise La Dépêche, après avoir reçu des soins suite à son passage à tabac. C’est sûr que sa place est au commissariat, alors qu’il venait de l’hôpital.

      Depuis le début du confinement, la police se lâche, encore plus : elle n’a jamais commis autant de violences, entrainant la mort de six personnes en un peu plus de deux semaines. Du jamais vu. Nous revenons là-dessus dans cet article : Vous ne confinerez pas notre colère : violences policières et révolte à Toulouse. Plus pernicieux, ce sont les délits de critique du gouvernement qui reviennent en force, pourtant abrogés en 2013, ou tout simplement la liberté d’expression remise en question, avec des banderoles aux balcons enlevées, et même de la garde à vue à Toulouse pour un : « Macronavirus à quand la fin« . La suite ? On a pas hâte.

      #macronavirus #media #préfecture #hôpital_psychiatrique #psychiatrisé

    • Olivier, frappé à coups de muselière à Toulouse : la version policière mise à mal
      https://cerveauxnondisponibles.net/2020/04/30/olivier-frappe-a-coups-de-museliere-a-toulouse-la-version-po

      Il viendrait de « s’évader de l’hôpital psychiatrique » et il serait « potentiellement porteur d’une grenade et d’un pistolet ».
      Pour la police à ce moment, une seule chose compte : faire croire qu’il fallait à tout prix arrêter une menace ambulante pour la société.

      Sauf que la réalité est assez différente. Nous nous sommes entretenus avec son avocat Maitre David Lanes ainsi qu’avec ses proches. Qu’avons nous appris ?
      – Olivier n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques
      – Son passé judiciaire remonte aux années 90
      – Il avait le droit de partir de l’hôpital
      – Ce jour là il a eu une altercation avec un voisin violent qui était venu devant chez lui
      – Olivier a utilisé une relique de fusil pas chargé et une hachette à couper son bois de barbecue afin d’éloigner le voisin
      – Les armes ont été remises à la gendarmerie
      – Avant l’arrivée des gendarmes, Olivier a pris beaucoup de médicaments pour se calmer
      – A cause des coups des policiers qu’on voit sur la vidéo, Olivier a perdu des dents et a de nombreuses marques sur le corps
      – Olivier dément certaines charges retenues contre lui, notamment la violence envers dépositaires de l’ordre public
      – Il va porter plainte

      Il y a donc eu deux temps dans cette affaire. En premier une altercation entre voisins à Longages et dans un deuxième temps les violences policières à Toulouse. Son avocat nous raconte qu’après l’altercation avec le voisin « Olivier a été accompagné à l’hôpital par les pompiers sur décision de la gendarmerie à cause de la surdose de médicaments. Il les avait pris pour “redescendre”. »

      Mais au bout d’un moment, il veut rentrer chez lui et quitter l’hôpital contre l’avis des médecins. La sécurité appelle alors la police et transmet qu’il serait « potentiellement porteur d’une grenade et d’un pistolet ». Olivier dément avoir évoqué ces termes ou proféré des menaces. Quoi qu’il en soit il n’est pas arrivé à l’hôpital avec des armes et la sécurité le savait bien.

      Alors pourquoi ces termes si incriminants alors qu’à ce moment tout le monde sait qu’il n’a pas d’armes ? Ça reste une zone d’ombre…
      « Partir de l’hôpital comme il l’a fait, il en avait tout à fait le droit. Il voulait rentrer pour se reposer chez lui. » (Maitre David Lanes)

      La police le retrouve un peu plus tard dans les rues de Toulouse et décide de l’interpeller. Les agents lancent le chien sur Olivier qui se fait mordre plusieurs fois. Alors qu’il saigne à cause des morsures, Olivier informe la police qu’il a l’hépatite C.
      Dans la version policière cela se transformera en volonté de « transmission d’une substance dangereuse sur dépositaire de l’ordre public ». Olivier et son avocat démentent cette menace ou la tentative de contamination.

      La suite, nous la voyons sur les images filmées par un témoin. Olivier se fait plaquer au sol par derrière et tombe violemment face contre terre. Un autre policier frappe plusieurs fois Olivier sur la tête avec la muselière du chien alors qu’il est plaqué par terre et tente tant bien que mal de se protéger des coups. Olivier a vu la vidéo et dit que c’est à ce moment là qu’il a perdu des dents.
      Après ça, les pompiers l’ont amené à l’hôpital suite à ses blessures. Il a été mis en garde à vue dans la foulée et mis en examen le dimanche.

      La certitude de son avocat, c’est que la police a très vite pu constater qu’il n’avait aucune arme et que l’argument qui avait été invoqué pour justifier l’ultra violence ne peut pas entrer en ligne de compte. D’ailleurs, a-t-on déjà vu une police choisir comme dispositif un plaquage hasardeux et une muselière pour arrêter un homme potentiellement armé d’une grenade et d’un pistolet ?

  • « En prenant des mesures contre le virus on peut être amenés à prendre des décisions qu’on n’osait pas trancher à cause de la bien-pensance » (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1014-En-prenant-des-mesures-contre-le

    Retranscription de la seconde émission « Offensive Sonore » consacrée à la discussion du texte « Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie », enregistrée le soir du vendredi 3 avril 2020 et mis en ligne le mardi 14 sur Radio Libertaire (89.4).

    Les corrections importantes ont été placées entre crochets.

    La base de la discussion était le brouillon, envoyé le 25 mars, du texte en question dont seules les deux premières parties étaient en ligne au moment de l’émission.

    Par ailleurs, pour éviter l’utilisation de Skype (Microsoft) ou de Watsapp (Facebook), le logiciel libre Jitsi Meet a été utilisé, Jami , également logiciel libre, ayant, malgré notre préférence a priori, présenté sur le coup une moindre qualité sonore et un inconfort d’enregistrement.

    #Lieux_Communs, #Politique, #Pandémie_2019-2020, #Entretien, #Totalitarisme, #Banlieue, #Psycho-sociologie, #Émeutes, Décence (...)

    #Décence_commune

  • « Une épidémie est ce moment où se révèlent les gens qui adhèrent ou non à l’intérêt collectif » (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1013-Une-epidemie-est-ce-moment-ou-se

    Suite de l’émission consacrée à la discussion du texte « Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie », enregistrée le soir du vendredi 1er avril 2020 et mis en ligne le vendredi 10 sur Radio Libertaire (89.4). Voir la première partie (.../...) « Il y a au moins deux catégories visibles de la société qui se considèrent à part de notre monde commun et cela va rester dans les esprits » C : Tu dis à moment dans le texte que les clivages entre bourgeoisie et quartiers vont s’accentuer, (...) #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, #Politique, #Pandémie_2019-2020, #Entretien, #Totalitarisme, #Banlieue, #Psycho-sociologie, #Émeutes, Décence (...)

    #Décence_commune

  • Communication et gestes barrières : comment s’y prendre pour que les messages sanitaires soient « mieux » entendus des publics auxquels ils s’adressent ? #santé #communication #publics #engagement #psychologie

    https://sms.hypotheses.org/24711

    L’information et la communication sont des activités sociales tellement partagées que chacun, surtout en temps de crise, développe plus ou moins l’idée d’une compétence personnelle. Il rejoint alors les rangs des experts. Lors des crises sanitaires, les experts en médecine, les journalistes, les gouvernants (…) sont amenés à participer très activement à la conception, la réalisation et la diffusion de messages persuasifs. Ceux-ci peuvent être à visée préventive ou bien liés aux traitements et médications. Ils peuvent aussi inviter à respecter une hygiène de vie, de « bons » comportements (par exemple, des gestes barrières), de « bonnes » habitudes afin de se protéger soi-même et de protéger les autres.

    Cette surexposition des publics aux messages persuasifs est-elle « efficace » ? Hors contexte de crise, le livre blanc de la Fondation Concorde L’observance des traitements : Un défi aux politiques de santé (2014) constatait le non-respect des consignes sanitaires et évaluait son « coût » : « Un Français sur deux ne respecte pas son traitement. Le coût humain est de 8000 décès par an et le coût financier de 2 milliards d’euros par an, avec 1 million de journées d’hospitalisation induites ». En 2020, au moment de la crise du Covid-19, les coûts humains et financiers sont bien évidemment très au-delà de ce qui pourrait paraître imaginable à la lecture de ce livre blanc (...)

  • Heidelberg : Anwältin Beate Bahner in Psychiatrie eingewiesen - WELT
    https://www.welt.de/vermischtes/article207246011/Heidelberg-Anwaeltin-Beate-Bahner-in-Psychiatrie-eingewiesen.html

    Die Juristin Beate Bahner war von der Polizei in die Psychiatrie gebracht worden. Dort entschied ein Arzt, sie stationär aufzunehmen. Die Anwältin war mit einer Klage gegen die Corona-Maßnahmen bekannt geworden. Inzwischen ist sie nicht mehr in der Klinik.

    German Lawyer Who Criticised Lockdown and Called for Protest Institutionalised - Sputnik International
    https://sputniknews.com/europe/202004151078965780-beate-bahner-coronavirus-arrested

    Beate Bahner, German medical lawyer and prominent critic of Berlin’s coronavirus lockdown policies, has been committed to a psychiatric institution.

    Bahner, a 25-year veteran in her profession who has won three cases in the Federal Constitutional Court, and written five books on German medical law, has issued a number of public statements decrying the Bundesregierung’s handling of the Covid19 pandemic.

    @nepthys @klaus, vous avez une opinion sur cette personne dont les sites conspi font des gorges chaudes ? C’est la Didier allemande ?

    #journalisme_scientifique #psychiatrisation #liberté_d'expression