• L’#Amour libre
    http://www.larevuedesressources.org/l-amour-libre,2055.html

    L’amour n’a point d’âge ; il est toujours naissant. Pascal La #Libération_sexuelle est bien rentrée dans les moeurs. On ne compte plus les livres sur le sujet et la pornographie nous envahit de plus en plus. En détachant la sexualité de la reproduction naturelle, le déclin du patriarcat a non seulement libéré la jouissance féminine mais constitué la sexualité en fait de culture, valorisant l’inventivité, la construction de soi et la négation de la nature, puisque la culture se pose toujours en (...) (...)

    #Agora #Féminisme #Erotisme #Psychanalyse #Transgenre,_Métisse #XXe_siècle #Sexualité #Mai_1968 #Contre-culture #Love
    http://www.jeanzin.fr/ecorevo/psy/amourlib.htm

  • Jacques Lacan, donna une conférence à l’université catholique de Louvain, le 13 octobre 1973. Il va s’ensuivre un événement politique, comme seul l’époque en connaissait. Un jeune étudiant va intervenir pour interrompre la conférence pour se substituer, au discours de Lacan et le retourner contre son propre langage en lui démontrant qu’il incarne et représente, le symbole d’une société bourgeoise, qui finalement ne s’intéresse qu’à une chose : établir l’ordre du discours qui maintient « les pères au pouvoir » ce à quoi répond Lacan : « c’est l’amour qui vous prêche ! » La messe est dite.

    https://www.youtube.com/watch?v=GTT8rpS8jhM

    Retranscription complète de l’échange entre le « non-dupe-ére » et le « maître »
    http://www.valas.fr/Jacques-Lacan-Conference-a-Louvain-le-13-octobre-1972,013

    X – Vous allez me brutaliser, mais je m’exprime à ma façon comme ce monsieur. Est-ce que vous me comprenez ?

    LACAN – Oui, je vous comprends.

    X – Voulez-vous jouer avec moi ?

    LACAN – Oui, tout à l’heure, vous voulez ?

    X – Mais n’avez-vous pas encore assez de ce monologue, non ?

    LACAN – Oui, ça c’est vrai !

    X – Est-ce que vous ne vous rendez pas compte que le public auquel vous vous adressez est par définition même le plus médiocre et le plus méprisable auquel on peut s’adresser, le public étudiant ?

    LACAN – Vous croyez ?

    X – Oui. Vous n’avez pas encore compris que historiquement il est temps maintenant de se rassembler pour autre chose que pour écouter quelqu’un qui parle de quelque chose qui l’intéresse. Au fond, moi, je viens parler maintenant de quelque chose qui m’intéresse, c’est-à-dire les gâteaux.

    PUBLIC – Laissez-le parler.

    X – Pardon. Qui m’invite ? Je m’invite au fond. La petite lubie de ce monsieur est de s’interroger sur le langage, et la mienne est de construire des petits châteaux avec de la pâtisserie (rires). Alors je voudrais encore ajouter que j’interviens au moment où j’ai envie d’intervenir, et que, disons que l’ensemble, ce qui jusqu’il y a environ 50 ans pouvait être appelé culture, c’est-à-dire, expression de gens qui dans un canal parcellaire, exprimaient ce qu’ils pouvaient ressentir, ne peut plus et est maintenant un mensonge, et ne peut plus être appelé que spectacle, et est au fond la toile de fond qui relie au fond, et qui sert de liaison entre toutes les activités personnelles aliénées. Au fond, si maintenant les gens qui sont (17a)ici se rassemblent à partir d’eux-mêmes, et authentiquement veulent communiquer, ce sera une toute autre base et avec une toute autre perspective ; il est évident que ce n’est pas une chose qu’il faut attendre des étudiants qui sont par définition, ceux qui d’un côté s’apprêtent à devenir le cadre du système avec toutes leurs justifications, et qui sont précisément le public qui, avec sa mauvaise conscience, va se repaître précisément des résidus des avant-gardes et du spectacle en décomposition. C’est pour ça que je choisis précisément ce moment pour m’amuser, quoi, parce que si je vois par exemple, des types qui s’expriment authentiquement quelque part, je vais précisément venir les ennuyer, mais j’ai choisi précisément ce moment-ci quoi !

    LACAN – Oui, vous ne voulez pas que j’essaye d’expliquer la suite ?

    X – Quelle suite ? Par rapport à ce que je viens de dire ? J’aimerais bien que vous me répondiez.

    LACAN – Mais oui, bien cher, mais je vais vous répondre. Mettez-vous là, je m’en vais vous répondre. Restez tranquille là où vous étiez. Peut-être que j’ai quelque chose à vous raconter pourquoi pas ?

    X – Vous voulez que je m’assieds ?

    LACAN – Oui c’est ça c’est une très bonne idée… Bon alors, nous en étions arrivés au langage, si vous vous êtes là comme ça exprimé devant ce public, qui en effet est tout prêt à entendre des déclarations insurrectionnelles, mais qu’est-ce que vous voulez faire ?

    X – Où je veux en venir ?

    LACAN – Oui voilà.

    X – C’est la question au fond que les parents, les curés, les idéologues, les bureaucrates et les flics, posent généralement aux gens comme moi, qui se multiplient quoi !, je peux vous répondre, je peux faire une chose, c’est la révolution.

    LACAN – Oui.

    X – Vous voyez et, bon il est clair, au moment où nous en sommes pour le moment, une de nos cibles préférées, ce sont ces moments précis où des gens comme vous, qui sont en train de venir, au fond, apporter à tous ces gens qui sont là, la justification de la misère quotidienne, au fond, c’est ça que vous faites vous !

    LACAN – Oh pas du tout ! (rires).

    X – Oui.

    LACAN – Il faut d’abord la leur montrer, leur misère quotidienne.

    X – Mais c’est justement ce que je voudrais ajouter, c’est qu’on est justement au moment où on n’a plus besoin de spécialistes qui doivent le montrer. Il est clair, que suffisamment de gens, et ça se manifeste pour le moment, la décomposition se manifeste à l’échelle planétaire avec suffisamment de force, pour qu’on voie qu’il règne pour le moment, un malaise, je veux bien concéder cette parenthèse…

    LACAN – Un malaise…

    X – Le public estudiantin est probablement à l’arrière-garde, bien que ce soit probablement de ce côté-là qu’il y ait le plus de troubles spectaculaires et superficiels. Bon, mais il est clair que le malaise et la conscience de son aliénation et de son refus, la familiarité de son aliénation grandit de plus en plus. Il reste maintenant à faire le pas décisif, de voir l’alternative possible. Vous n’êtes certainement pas là pour ça, quoique je ne méprise absolument pas ce que vous venez de faire mais euh… (rires applaudissements). Bon mais maintenant, au fond, je n’ai pas grand-chose à dire ; si tous ces gens ici, se rendent compte qu’au fond, la vie que nous sommes en train de mener en général, doit être changée, au fond, si ces gens là s’organisent entre eux, je voudrais dire encore quelque chose, parce que après, je m’en vais très vite, parce que…

    (17b)LACAN – Non non, pas du tout, il faut rester.

    X – Mais si ces gens-là s’organisent, parce qu’au fond, la seule chose qui est à l’heure actuelle nécessaire, c’est qu’il y ait une organisation, il feront autre chose que de venir écouter quelqu’un qui parle, et même qui puisse parler de politique, ou de n’importe quoi, et euh…

    LACAN – Et vous voyez, vous voilà dans l’organisation !

    X – Oui, oui.

    LACAN – Parce que le propre d’une organisation, c’est d’avoir des membres, et les membres, pour qu’ils tiennent ensemble, qu’est-ce qu’il faut ?

    X – de la cohésion.

    LACAN – Je ne vous le fais pas dire ! (rires). C’est là que j’en étais, parce que, figurez-vous que ce que vous êtes en train de raconter là, ça a comme ça un petit air de logique. Vous êtes un logicien.

    X – Vous faites là un grave saut, enfin, parce que ce n’est pas parce qu’on a de la logique, qu’on en fait, c’est un discours de spécialiste.

    LACAN – Pas du tout, votre organisation, qu’est-ce que c’est ? Vous venez de le dire, c’est de la cohésion, c’est de la logique.

    X – Non, ce n’est pas de la cohésion, ce n’est pas de la logique, je m’en fous de ce niveau-là. En partie de la volonté subjective de chacun, de moi, comme d’autres, et comme j’en suis sûr, tout plein dans cette salle probablement, malgré qu’ils soient ici, et qu’ils soient venus euh, vous écouter, mais j’en suis sûr que c’est de la volonté subjective de chacun qui a envie.

    LACAN – Pourquoi parlez-vous de subjective ?

    X – De subjective, c’est au fond, une chose que tout le monde comprend.

    LACAN – Ah, je ne vous le fais pas dire, tout le monde comprend ! (rires).

    X – Bon mais attendez, cette subjective qui, c’est ça le sens, au fond, de l’histoire maintenant, qui veut se lier avec les autres, pour euh…, ce n’est que là que l’alternative sociale, au fond, dans l’intersubjectivité, et c’est là au fond, la cohésion de, ce n’est même pas besoin d’être un logicien, comme vous dites.

    LACAN – Vous n’avez pas remarqué que les révolutions ont pour principe, comme le nom l’indique, de revenir au point de départ, c’est-à-dire de restaurer ce qui justement clochait.

    X – Oui, mais ça c’est un mythe journalistico-sociologique (rires), qu’au fond, il ne faut pas venir spécialement après les heures de cours, pour venir l’entendre dire, mais je suis sûr que tous les professeurs doivent le dire, et au fond, tous les journaux… Je vous dis que c’est une erreur, et que probablement que dans les années à venir, vous verrez l’erreur à vos dépens, probablement, comme aux dépens de tous les spécialistes, qui sont pour le moment comme vous, ici, en train de lécher les dernières miettes du spectacle et je vous en prie, profitez-en ! (rires).

    LACAN – Ça m’étonnerait, ça m’étonnerait que ça soit comme vous dites, la fin du spectacle.

    X – Mais écoutez, sur ce plan là je ne discute pas avec vous, on verra hein ! vous verrez !

    LACAN – Oui on verra, mais c’est pas couru, vous savez !

    X – Enfin oui, à la base, c’est une sale discussion parce que à la base, vous n’avez pas les mêmes intérêts que moi.

    LACAN – Vous ne savez pas. Vous avoueriez vos véritables intérêts ?

    X – Pardon ?

    LACAN – Quels sont vos véritables intérêts ?

    X – Non mais ça au fond, j’ai dit ce que j’avais à dire, je l’ai d’ailleurs dit…

    LACAN – Vous voyez comme vous aimez dire quelque chose !

    X – C’est la première chose que j’ai dite au fond.

    (18a)LACAN – Oui c’est aussi la dernière, parce que vous ne pouvez pas aller plus loin, vous ne pouvez pas aller plus loin que cette idée de volonté subjective, qui est une idée justement, qu’on trouvait, je viens de faire remarquer justement que le sujet n’est jamais pleinement d’accord avec lui-même, même vous qui… la preuve c’est que vous avez tout de suite commencé à parler d’organisation, au moment où…

    X – Là je peux dire quelque chose, peut-être que vous ne voyez pas très clair ?

    LACAN – Juste après le moment où vous avez fait la pagaille, vous voulez l’organisation ; avouez que quand même !

    X – Bon mais monsieur, est-ce que je pourrais vous répondre quelque chose ?

    LACAN – Je n’attends que ça !

    X – Il est aisé de voir que dans une certaine situation donnée, il faut à un moment donné, disons, capter ou plutôt casser ce qui est existant pour qu’à un moment donné, c’est au fond ça la dialectique, au fond.

    LACAN – Car vous en êtes encore là, vous en êtes encore à la dialectique ?

    X – Mais quand vous parliez de, quand vous parliez d’un semblant de contradictions entre la volonté subjective et l’organisation, ce n’est pas une contradiction ; l’organisation à un moment donné est une concession subjective à l’histoire.

    LACAN – Vous voyez que vous en êtes déjà aux concessions, mon Dieu.

    X – Il s’agit, monsieur, la survie dans laquelle nous vivons pour le moment, n’a fait que vivre sur les concessions infligées aux individus. Il s’agit pour le moment de trouver une organisation sociale qui dépasse le point où on en est pour le moment, et qui satisfasse au fond, satisfasse le mieux…

    LACAN – Vous voyez, maintenant, vous en êtes au mieux, qu’est-ce que c’est ce mieux, un superlatif ou un comparatif ?

    X – C’est un dépassement vous comprenez ? Il ne s’agit pas de Jésus ou Dieu ou bien d’une situation, il ne s’agit pas d’absolu ou de, non c’est un dépassement, c’est ça l’histoire.

    LACAN – Qu’est-ce qu’il vous faut quand vous veniez de dire le mieux, il semble bien que c’est un superlatif.

    X – Le plus mieux, enfin. (rires).

    LACAN – Ah voilà, écoutez, vous êtes exactement mon vieux, vous êtes un appui précieux à mon discours, c’est justement là que je voulais en venir, c’est au plus mieux.

    X – Mais je vous écoutais déjà depuis cinq minutes, mais il ne me semblait pas que c’est de ça que vous causiez.

    LACAN – Mais si, je parle de ça, c’est du plus mieux qu’il s’agit.

    X – Il y a ici 300 personnes, vous êtes au départ d’accord avec moi, vous êtes d’accord que au fond, l’université en soi n’est pas là, comme tout le reste d’ailleurs, comme la cigarette gauloise, comme le pain de campagne ou comme vous-même, en tant qu’objet hein (rires) ; vous n’êtes là au fond vous ne pouvez vous justifier que par le fait même que vous êtes là ; il n’y a plus au fond, on n’en peut plus à un moment donné trouver de justification, par exemple à l’université ? Est-ce que quand vous êtes venu causer ici, vous avez dit que l’université est à détruire, à supprimer de fond en comble ?

    LACAN – Je n’ai pas dit ça.

    X – Nous sommes ici 500 personnes qui chacune, du fait qu’on est dans des situations précises, qui a chacune des talents divers, des situations privilégiées, il serait possible, étant donné que l’on partirait du postulat que l’on aurait envie de changer quelque chose, il serait possible de trouver ensemble une forme d’organisation qui puisse être une forme efficace. Est-ce que quand vous venez causer vous parlez de ça, ou bien est-ce que vous parlez d’autre chose, qui à ce moment-là ne fait que… vous parlez 3 heures, puis après on rentre, puis après bon, hein…

    PUBLIC – Tais-toi maintenant.

    LACAN – Bon, alors on continue quand même !

    PUBLIC – Oui.

    #Lacan #Psychanalyse #Langage #Happening #Culture #Spectacle #Société #domination #Politique #Ordre_des_choses #Discours #Maîtres #Organisation #Héritiers #Jeunesse #Aspiration #Aliénation #Vidéo

  • Psychiatrie : soigner ou discipliner
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/01/GARCIA_FONS/48616

    Absorbé par l’actualité et l’emballement du monde, on avait cru pouvoir remiser les mouvements de pensée et d’action qui ont secoué la planète psy des années 1970 au placard de la désuétude. Deux ouvrages récents, les Ecrits pour l’Anti-Œdipe, de Félix Guattari , et L’Institution en négation, de Franco (...) / #Idées, #Science, Société, #Psychanalyse - 2013/01

    #Société #2013/01

  • Sur ce nouveau #blog de #philosophie, une Interview with Catherine Malabou - Groundwork
    http://groundworkphilosophy.wordpress.com/2012/02/17/interview-with-catherine-malabou

    So in philosophy a groundwork is never a groundwork, it’s always a re-grounding work.

    #hegel #heidegger #deleuze #raison #fondement #ontologie

    Où C. Malabou, ex MC de Nanterre désormais au CRMEP de la Kingston University de Londres http://fass.kingston.ac.uk/research/crmep, que vient d’ailleurs de rejoindre E. Balibar (encore Nanterre), précise ses rapports avec #Derrida, son concept de #plasticité et ses recherches actuelles, en rapport notamment avec celles de Q. Meillassoux, qui lui est une sorte de star à l’ENS Ulm.

    what I’m trying to do has some relation to that, to the extent that a radical approach to philosophy has to precisely put everything between parentheses and say, ‘what is an absolute beginning?’ This is Meillassoux’s question. At the same time, I’m not sure that the problem is finitude. I’m not sure that the problem is the emergence of man into that.

    The first thing I can say about plasticity and politics is about abolishing the frontier between symbolic and biological life. So it will be about a kind of awareness, a biological being. Not bodily beings but biological. Producing the subjectivation of biological life. Which is taking into account, really becoming aware of, the epigenetic fashionability of our brain and of our body. This is beyond what we can be aware of, what we hear, listen to and read. We are imprinted by so many other processes and we are trying to be aware of that and understand what it means. Today the conception of our physical bodily existence as only proceeding from a genetic code is absolutely obsolete. We are made of, by epigenetic factors and this I think is very important for us to be aware of. Because what is a political subject? I think here again I agree with Meillassoux that it can’t be the classical finite subject. In too many contexts the political subject is the Kantian subject, a finite subject that is limited. I have nothing against limits but perhaps limits have to be thought of differently.

    Petite référence à la querelle #Freud / #Jung et au film A dangerous method à la fin (film pas mal j’ai trouvé, dans sa capacité à mettre en scène des problèmes théoriques importants en #psychanalyse, en gros à raconter une correspondance sans que ce soit chiant)

  • Partout où l’on constate une faiblesse, supposer une force - Gilles D’Elia
    http://www.gillesdelia.com/Partout-ou-l-on-constate-une.html

    S’il fallait ramener le génie de #Freud à une seule idée, je l’exprimerais ainsi : partout où il voit une faiblesse, Freud suppose une force . Un lapsus, un oubli, un trou de mémoire ? Tout cela semble témoigner d’une baisse d’énergie, d’une fatigue du sujet — alors qu’il s’agit au contraire d’une force qui agit dans le sujet. Dans cette perspective totalement révolutionnaire, un sujet ne se fatigue jamais : il est toujours dans la manifestation de son #désir. D’ailleurs, la notion même de “fatigue” n’a plus aucun sens après que l’on ait opéré un tel renversement : la fatigue est finalement le parfait symptôme de celui qui gaspille toute son énergie à résister contre son désir (car il en redoute les conséquences dans le réel) et qu’une telle résistance épuise. Mais ici, la fatigue et l’épuisement s’expliquent encore par un trop-plein de force et de désir ! Voilà pourquoi je ramène le génie de Freud à cette idée simple : partout où l’on constate une faiblesse, supposer une force. Transformez cette idée en #éthique, appliquez-là comme critère d’observation à toutes les conduites humaines, et vous obtenez la #psychanalyse.

    Miguel est un enfant qui était à l’école, en classe primaire, avec ma fille. Dans la classe, chaque fois que les enfants avaient une conduite plus “mature”, ils gagnaient un insigne de couleur (blanc puis jaune, vert, bleu...) qui leur donnait droit à des responsabilités. Vers le milieu de l’année, alors que tous les enfants avaient déjà un insigne vert, Miguel n’arrivait pas à dépasser l’insigne blanc. Un jour, sa mère m’expliqua pourquoi : « il n’est pas capable de s’arrêter de parler dans les rangs » me dit-elle. Cette merveilleuse déclaration me fit sourire : tout ce dont cet enfant était capable (s’exprimer intensément, communiquer avec ses amis, défendre énergiquement ses idées) s’était “miraculeusement” transformé en incapacité ! Et l’on comprend bien pourquoi : comme une capacité personnelle n’est pas forcément rentable pour le groupe social (ici la classe d’école), on a transformé la capacité à s’exprimer du petit Miguel en incapacité à se taire .

  • Article11 - Agités de tous les pays, fermez vos gueules ! - Antimollusques & Julia Zortea
    http://www.article11.info/?Agites-de-tous-les-pays-fermez-vos

    l s’est opéré un glissement significatif entre « cet enfant souffre d’un trouble de la concentration » et « il est agité, il est comme ça ». Le remplacement de « symptôme » par « handicap » revient à nier l’expression et l’autonomie du sujet. Dans ses textes fondamentaux, Freud montre que les symptômes, les actes manqués et les rêves participent de l’expression de l’inconscient. Le symptôme est une solution du sujet pour faire un compromis entre le normal et le pathologique, entre ce qui se dit et ce qui ne se dit pas, entre les désirs et l’interdit. Le symptôme permet de dire et de ne pas dire. Bref, le symptôme est une invention du sujet alors que le handicap est une invention de l’institution. Il s’agit de deux créations, sauf qu’une des deux est imposée à la personne.

    Jusqu’à présent, entamer une analyse est une démarche qui relève d’une décision de la personne. Il est vrai que les enfants sont a priori amenés au CMPP à partir du constat que quelque chose ne va pas bien, souvent en tant que fauteurs de trouble. Ils se défont très rapidement de cette assignation en montrant qu’ils ont d’autres plaintes qui ne concernent pas directement le motif pour lequel ils ont été amenés au CMPP. La première demande, le symptôme, cache une autre demande. Et ça ne prend pas tant de temps pour que les choses se déplient, au CMPP, pour retourner les liens de causalité.

    #fabriquedeladéviance #psychanalyse #normalité #enfance #interview #livre

  • Article11 - Agités de tous les pays, fermez vos gueules ! - Antimollusques & Julia Zortea
    http://www.article11.info/?Agites-de-tous-les-pays-fermez-vos

    En arrivant aux États-Unis, #Freud aurait dit qu’il apportait la peste aux Américains en glissant la #psychanalyse dans ses bagages. En retour, les États-Unis nous amènent aujourd’hui les thérapies cognitivo-comportementales, avec l’immense marché des « troubles » et des médicaments qu’elles inventent. Dans le champ médico-social, plus particulièrement dans les Centres médico-psychopédagogiques (CMPP) financés par la Sécurité sociale, les psychanalystes qui accueillent des enfants, des adolescents et leurs parents résistent encore à la tentation de considérer leurs patients comme des « fauteurs de troubles » qu’il faudrait « traiter » , « évaluer » ... « dresser » . Entretien avec #Yann_Diener, l’un des « tranquilles ouvriers de la parole » qui « s’activent dans ces joyeuses niches » que sont les CMPP, psychanalyste et auteur de l’ouvrage On agite un enfant : l’État, les psychothérapeutes et les psychotropes .

    • Alors là on a une belle caricature de psychanalyste : l’anti-américanisme latent, la confusion entre TCC et traitements médicamenteux et la vision de psychanalystes comme étant des résistants seuls au monde à posséder la vérité (y a pas de mal à se voir plus beau qu’on ne l’est...), le tout accompagné d’un verbiage pompeux pour impressionner le péquin moyen. Bravo M. Diener.

  • KOllectif du 7 janvier - Brigitte Axelrad sur les délires psychanalytiques concernant l’autisme
    http://kollectifdu7janvier.org/actualites/textes-fondamentaux/28-brigitte-axelrad-sur-les-delires-psychanalytiques-concernant

    À la fin des années 60, la psychanalyse perd sa suprématie un peu partout dans le monde mais, en France, elle trouve paradoxalement un nouveau souffle sous l’influence d’un psychiatre charismatique, Jacques Lacan.

    Les psychanalystes interviewés par Sophie Robert confirment la survivance de cette conception. Répondant à ses questions, ils reprennent en chœur les grands thèmes chers à Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto… Ils développent, pour rendre compte des troubles du langage, de la communication et de l’expertise sociale de la personne autiste, les thèmes psychanalytiques de la « mère frigidaire », de la « toxicité maternelle », de la « mère vorace et castratrice » (cf. l’analogie avec le crocodile au début du film qui symbolise le « ventre de la mère », les « dents de la mère ») de la « folie maternelle », de la « mère incestueuse », de la « mère mortifère », etc. La mère est d’après eux toujours « trop » : trop froide, trop chaude, trop vide. Pour résumer, la maternité est psychogène par nature. En face d’elle se dresse « la loi du père » qui lui interdit jouissance et inceste !

    #psychanalyse #autisme

  • La fabrique de l’âme standard | Eva Illouz
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/11/ILLOUZ/46926

    Construire le consensus, privilégier le dialogue, maîtriser ses émotions : des vertus recommandées parce qu’elles incarnent un comportement idéalement adulte, ou parce qu’elles favorisent une meilleure rentabilité de l’individu ? / #Communication, #Idées, #Intellectuels, #Recherche, #Science, Société, (...) / Communication, Idées, Intellectuels, Recherche, Science, Société, #Travail, #Psychanalyse - 2011/11

    #2011/11

  • La #psychanalyse aime les #femmes
    http://deconstruire.blog.lemonde.fr/2011/12/08/la-psychanalyse-aime-les-femmes

    « Tout ce qu’il y a de paternaliste et de craintif dans l’attitude de Freud à l’égard des femmes provient de leur manque de pénis. Mais c’est seulement dans son essai La psychologie féminine, qu’il exprime clairement [ ... ] le mépris des femmes implicite dans toute son oeuvre. Il leur prescrit alors de renoncer à la vie de l’esprit, qui gêne leur fonction sexuelle. Quand le patient est un homme, l’analyste s’attache à développer les capacités masculines ; mais si c’est une femme, la tâche consiste à la faire rester dans les limites de sa sexualité. M. Rieff dit : "Pour Freud, l’analyse ne peut éveiller chez les femmes des forces pour réussir et s’accomplir, mais seulement leur enseigner une résignation raisonnable." »
    "Thinking about women", par Mary Ellman

    #fb #tw

  • Pour l’avenir de l’Ecole Expérimentale de Bonneuil
    http://pourlavenirdebonneuil.com

    L’Ecole Expérimentale de #Bonneuil est actuellement menacée par la fusion absorption avec l’association Aurore. Cette démarche de rapprochement se fait à un rythme précipité ; elle devrait aboutir le 3 février 2012 à une dissolution de l’association fondée par Maud #Mannoni et Robert #Lefort (Centre d’Etudes et de recherches Pédagogiques et Psychanalytiques). Aucune convention écrite ne permet de garantir la continuité des orientations fondatrices de l’institution éclatée.

    #pédagogie #psychanalyse #CERPP #

    • Pour avoir travaillé, un peu, avec des autistes (en IME) et avec des psychanalystes (mais pas ceux là !), je trouve que ce reportage est intéressant mais pas tout à fait honnête non plus.
      Bon, c’est clair, la prise en charge de l’autisme par la psychanalyse n’est pas adaptée (euphémisme) mais on ne peut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La psychanalyse reste une grille de compréhension de l’humain (avec des erreurs, des tâtonnements, etc comme toute discipline).
      Ce qui me gène, c’est que la famille filmée a été choisi avec un enfant assez « facile » (mais très courageuse) donc dont les progrès ont été « spectaculaires ». Que la conclusion sur les nouvelles méthodes (bien mieux adaptées à l’autisme que la psychanalyse) sont annoncées comme révolutionnaires (elles le sont dans le contexte historique et la guerre psy/anti-psy, mais elles ne « guérissent » pas les enfants.
      Bref, ça manque de nuance à mon goût. Ça place la problématique de l’autisme dans une guerre anti-psy (assez classique d’une prise de pouvoir par une discipline sur un sujet) ce qui est nécessaire mais pas suffisant. Il ne faut pas tomber, après le tout psy dans le tout biologique : on en voit les effets sur le dépistage des « délinquants » dès 5 ans…
      Bref (bis), je rêverais d’un reportage qui fasse mieux avancer les choses plutôt que de repartir dans une nouvelle guerre avec de nouveaux méchants, etc…

    • Oui @Pierre-Emmanuel Weck je ne suis pas honnête dans mon jugement et j’en suis conscient ;-) Je partage toutes tes remarques à 2000%.
      Je me suis lâché car je garde une dent contre les psys pour des raisons personnelles et en particulier contre Dolto qui selon moi est responsable du malheur de quelques générations d’enfants (j’aurai l’occasion de développer un jour car je leur fais confiance, ils vont m’en donner l’occasion).

      Quand une étude les démasque, ca me fait sourire. C’est pas bien de rire du mal fait aux autres, mais je ne suis pas encore rinpotché donc j’ai des excuses ;-)
      Pour être plus sérieux, ce qui m’embête avec la psychologie c’est l’absence de rigueur scientifique ET dans la conceptualisation des pathologies et surtout dans la prise en charge qu’ils proposent (quand ils en proposent). Le doc est à ce titre édifiant.
      #psychologie #pathologies #psychanalyse

    • Le problème n’est peut être pas tant dans le psy (comme Dolto que personnellement j’ai beaucoup) que dans ses disciples. D’ailleurs Dolto n’en voulait pas.
      Comme en pédagogie (Freinet, Cousinet, et compagnie), ce qu’il faut saisir, à mon sens, est la démarche (humanisme, ouverture, écoute de l’autre, bienveillance…) pour mieux comprendre le monde (ce qui ne veut pas dire accepter (les névroses, les psychoses…), tout relativiser parce qu’on aurait tous le même traumatisme, hiérarchiser les douleurs)…
      Pour moi, tout cela, ce sont des outils pour essayer de comprendre où l’on se trouve et tenter de se prendre en main (seul ou accompagné).
      Ça me rappelle la préface du livre « petit manuel de manipulation à l’usage des honnêtes gens » où les auteurs expliquaient qu’on leur était tombé dessus pour apologie de la manipulation. Leur réponse disait que ceux qui nous manipules déjà connaissent toutes ces techniques, en revanche la majorité des gens les ignorent, les faire connaître permettait plutôt de se retrouver sur une relative égalité dans ce domaine.
      Pour revenir à notre sujet de départ, j’ai pu constater aussi, que certaines familles sont véritablement pathologiques et produisent des autistes. La dessus, en France, on est dans le déni. D’un côté on sacralise les enfants, de l"autre on refuse de voir les interaction individu/société avec l’injonction comme quoi il faut être « gentil ».
      Bref, on pourrait résumer en disant qu’il ne faut pas faire de l’outil une religion et qu’il vaut mieux avoir plusieurs outils, l’humain est trop complexe pour se contenter d’une seule explication.

    • @peweck, je suppose que tu voulais dire que tu aimes beaucoup #Dolto.
      Je ne la déteste pas, et effectivement ses disciples sont pour la plupart des ânes, mais c’est bien elle que je remets en cause. Elle a certainement dit et écrit des choses bien, mais elle a également dit et écrit des conneries qui malheureusement servent de base « scientifique » au malheur de pas mal d’enfants.
      Je ne partage pas ton avis sur Dolto, mais par contre je le partage complètement quand tu parles de l’être humain comme d’un système complexe dont il faut essayer d’évaluer toutes les dimensions. Les causes de l’autisme sont pour moi une inconnue et je veux bien te croire quand tu parles d’attavisme ou de déterminisme social pour les expliquer.

      Suis pas compétent pour donner un avis raisonné la dessus mais par contre, la dame au crocodile, je sais que c’est tout sauf un thérapeute pour #enfant ;-)

  • L’homme, la machine et les Zombies [2/2] | Vincent Le Corre
    http://owni.fr/2011/10/29/homme-machine-zombies-psychanalyse-corps-robotique-cybernetique-intelligence-ar

    Suite de notre voyage au pays des #robots et des #zombies. Dans cette dernière partie, Vincent Le Corre interroge les rapports de l’homme aux #machines, et particulièrement aux robots.

    #Culture #amour_primaire #cybernétique #intelligence_artificielle #psychanalyse #robotique #theatre

  • Ils m’ont bien expliqué, ces subtils, que si, par exemple, vous recherchez trop les femmes, c’est que vous êtes, en réalité, un homosexuel en fuite ; si le contact intime du corps masculin vous repousse -avouerai-je que c’est mon cas ?- c’est que vous êtes un tout petit peu amateur sur les bords, et, pour aller jusqu’au bout de cette logique de fer, si le contact d’un cadavre vous répugne profondément, c’est que, dans votre subconscient, vous êtes atteint de nécrophilie, et irrésistiblement attiré, à la fois comme homme et comme femme, par toute cette belle raideur. La psychanalyse prend aujourd’hui, comme toutes nos idées, une forme aberrante totalitaire ; elle cherche à nous enfermer dans le carcan de ses propres perversions. Elle a occupé le terrain laissé libre par les superstitions, se voile habilement dans un jargon de sémantique qui fabrique ses propres éléments d’analyse et attire la clientèle par des moyens d’intimidation et de chantages psychiques, un peu comme ces racketteurs américains qui vous imposent leur protection. Je laisse donc volontiers aux charlatans et aux détraqués qui nous commandent dans tant de domaine le soin d’expliquer mon sentiment pour ma mère par quelque enflure pathologique : étant donné ce que la liberté, la fraternité et les plus nobles aspirations de l’homme sont devenues entre leurs mains, je ne vois pas pourquoi la simplicité de l’amour filial ne se déformerait pas dans leurs cervelles malades à l’image du reste.

    Romain Gary, La promesse de l’aube

    #Critique #Psychanalyse #Romain_Gary

  • La faute à l’enfant ? - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/La-faute-a-l-enfant

    Dans les ouvrages hagiographiques, on se plait à souligner le caractère scandaleux de cette vision de l’enfant, en rupture avec l’image de l’enfant innocent qui existait jusqu’alors. Cette image bienveillante s’accorde mal avec l’emploi ordinaire du fouet, de la férule et du bâton.

    En réalité, ce qui fit scandale dans l’Europe victorienne de la fin du dix-neuvième siècle, dans ce siècle d’or des bagnes d’enfants, dans cette société rigoriste et patriarcale, c’est la théorie de la séduction, une théorie qui révélait que des enfants avaient été victimes de pères incestueux appartenant à la bonne bourgeoisie.

    La nouvelle théorie, au contraire, apportera enfin à Freud fortune et gloire.

    Un article d’Igor Reitzman sur LMSI autour du complexe d’Oedipe. Ça rejoint certaines idées lues dans le dernier bouquin d’Olivier Maurel.

    #enfant #psychanalyse #freud