• Eduardo Colombo
    1929-2018

    Tomás Ibáñez

    https://lavoiedujaguar.net/Eduardo-Colombo-1929-2018

    Aujourd’hui, mardi 13 mars 2018, la triste nouvelle de la mort d’Eduardo Colombo nous frappe douloureusement. Avec Eduardo non seulement disparaît un compagnon attachant et fraternel, mais aussi un penseur de tout premier plan et un militant anarchiste de convictions inébranlables.

    C’est pendant les années quarante que le jeune étudiant Eduardo Colombo s’impliqua intensément dans le mouvement anarchiste de son Argentine natale, participant aux luttes anarcho-syndicalistes de la FORA (Fédération ouvrière régionale argentine), en collaborant et en assumant des responsabilités de gestion dans son journal renommé, La Protesta. Depuis lors, une longue période de plus de soixante-dix ans s’est écoulée au cours de laquelle Eduardo Colombo n’abandonna pas une seule minute son engagement précoce et intense pour « l’Idée » et pour la cause de cette révolution sociale pour laquelle il a combattu toute sa vie avec un enthousiasme inépuisable. (...)

    #Argentine #anarchisme #psychanalyse #exil #disparition

  • Le pervers narcissique : tentative de déconstruction clinique d’une figure archétypale bien contemporaine par Benoist RÉVEILLÉ
    https://www.lemediatv.fr/articles/le-pervers-narcissique-tentative-de-deconstruction-clinique-d-une-figure-a

    Le pervers narcissique est partout : il a envahi nos écrans, notre imaginaire, et son évocation s’est banalisée dans la vie de tous les jours. Il est désormais cité à chaque fois que surgit un nouveau rapport de force - principalement dans le couple ou au travail. Entretien avec Vincent Rousseau, Psychologue clinicien à Nantes, autour d’une figure devenue incontournable. Plongée entre les différentes réalités du vécu, au travers des récits tirés du cabinet, autour de la construction d’une légende urbaine contemporaine.

    Son arme principale est le langage. Il va utiliser par exemple la communication paradoxale, dont l’exemple le plus connu est l’injonction paradoxale : un énoncé logiquement paradoxal et contraignant qui ordonne à l’autre un choix impossible à faire. Une autre forme de communication qui sera utilisée est la disqualification : un jugement sera porté sur les perceptions, sensations et pensées du sujet et toutes les activités du moi ordinairement non conflictuelles de l’autre vont êtres disqualifiées, pas reconnues, et vont devenir conflictuelles. Ce que l’on peut dire, c’est que le pervers narcissique a son langage propre, et généralement anti-communicationnel. C’est ainsi que Racamier définissait ce qu’il appelait les « manoeuvres perverses narcissiques confusiogènes » : « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, et surtout puissiez-vous ne rien comprendre à ce que je vous raconte, de manière à ce que quoi que vous pensiez, quoi que vous disiez ou quoi que vous fassiez, je puisse toujours avoir raison ». C’est la relation d’emprise absolue : avec ce langage, l’autre va être poussé à agir et faire des erreurs qui vont ensuite lui être reproché et qui vont aussi pouvoir aboutir à une inversion des rôles : ledit pervers narcissique pourra alors se considérer comme une victime. On reconnaît d’ailleurs ici l’étymologie du mot perversion : “mettre sens dessus - dessous”.

    Et qu’en est-il dans le couple ?

    Dans un couple normal, il y a la nécessité de se déprendre d’une part de narcissisme pour s’éprendre : il y a une perte narcissique qui est mise du côté de l’autre et il y a un retour narcissique dans l’amour, dans le regard que nous porte l’autre. Ce qui se passe dans une relation perverse narcissique - et qui crée une dissymétrie dans la relation - c’est que le pervers narcissique ne lâche rien, il ne se déprend pas, il ne peut donc pas s’éprendre et tout sera centré autour de son propre narcissisme. Le pervers narcissique prend sans donner, tandis que l’autre donne sans recevoir. Il devient l’idéal du moi pour ladite victime, qui de son côté est prête à véritablement se sacrifier pour lui.

    Ce qui soude le couple pervers narcissique c’est la toute-puissance : tous les deux viennent recouvrir un vide narcissique profond par le biais d’un registre oral commun. Au début il y a séduction, idéalisation de l’autre, la personne est placée sur un piédestal, c’est l’élu(e) - il y a de l’enviable chez l’autre - et finalement ça camoufle les processus pervers narcissiques. Petit à petit il y a une dégradation, c’est la dimension envieuse qui prend le dessus. Dans l’amour il y a toujours de l’idéalisation, mais ici la chute est d’autant plus violente, car dès que ce vernis de l’amour idéal va s’effriter, le pervers narcissique ne va plus supporter son propre conflit psychique, son conflit envieux, et à partir de là il va faire porter le chapeau à l’autre et mettre en place des stratégies manipulatoires qui passent principalement par la parole.

    La cristallisation du couple pervers narcissique autour de l’envie d’un côté et du sacrifice de l’autre est en général très forte : il y a une relation de dépendance qui touche à un désir de toute-puissance des deux partenaires finalement. Mais ça n’est pas sans une mise en danger narcissique, et par ailleurs la destruction du partenaire entraîne des dépressions très typiques comme par exemple la perte complète d’autonomie, une dévaluation absolue ou une incapacité à penser correctement...

    #pervers_narcissique #psychologie #psychanalyse #souffrance_au_travail

  • Psychanalyse et société
    https://collectiflieuxcommuns.fr/890-psychanalyse-et-societe

    Source : http://palimpsestes.fr/textes_philo... Texte publié par Psych-Critique n°2, New-York, 1982, repris dans Domaines de l’homme. Les carrefours du labyrinthe, 2, Le Seuil, 1986, pp.41-59. Philosophe, psychanalyste, homme de terrain, Cornelius Castoriadis aimait rappeler que nous sommes habitués à penser l’individu en croyant qu’il est autar­cique, alors qu’il serait plutôt un phénomène second aux deux autres éléments indissociables et irréductibles l’un à l’autre que sont la psyché, d’un côté, la (...)

    Démarches personnelles - Psychè

    / Castoriadis C. , Psychanalyse , Politique , Entretien , Amour , Démocratie directe , Éducation , Mortalité / finitude , Type (...)

    #Démarches_personnelles_-_Psychè
    #Castoriadis_C.
    #Psychanalyse
    #Politique
    #Entretien
    #Amour
    #Démocratie_directe
    #Éducation
    #Mortalité_/_finitude
    #Type_anthropologique

  • Une guerre psychologique
    http://www.laviedesidees.fr/Une-guerre-psychologique.html

    L’histoire de la #psychanalyse est faite de nombreuses controverses, souvent violentes, qui tiennent beaucoup à la figure de #Freud lui-même, objet de haine ou d’adoration. Mais à se focaliser sur ces conflits, on risque d’oublier que la psychanalyse s’est constituée aussi comme pratique en dehors du freudisme ou de l’anti-freudisme.

    Livres & études

    / psychanalyse, Freud, #controverse, #science

    #Livres_&_études

  • Sartre, L’être et le néant (3/4) : Une #psychanalyse sans inconscient ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/sartre-letre-et-le-neant-34-une-psychanalyse-sans-inconscient

    Avec la psychanalyse existentielle, il souhaite tirer de la philosophie qu’il vient de livrer dans les 600 pages précédentes, une méthode de compréhension des comportements de l’homme. Cette première ébauche de la psychanalyse existentielle se prolongera après "L’Être et le Néant" dans de denses études sur Baudelaire, Genet et surtout Flaubert.
    Le texte du jour

    On nous dit que Flaubert avait une « ambition grandiose », et toute la description précitée s’appuie sur cette ambition originelle. Soit. Mais cette ambition est un fait irréductible qui ne satisfait aucunement l’esprit. C’est que l’irréductibilité, ici, n’a d’autre raison qu’un refus de pousser plus loin l’analyse. (…) « Voilà, se dit-on, Flaubert était ambitieux. Il était comme ça. » Il serait vain de se demander pourquoi il était tel que de chercher à savoir pourquoi il était grand et blond : il faut bien s’arrêter quelque part, c’est la contingence même de toute existence réelle. Ce rocher est couvert de mousse, le rocher voisin ne l’est point. Gustave Flaubert avait de l’ambition littéraire et son frère Achille en était dépourvu. C’est ainsi. Ainsi désirons-nous connaître les propriétés du phosphore et tentons-nous de les réduire à la structure des molécules chimiques qui le composent. Mais pourquoi y a-t-il des molécules de ce type ? C’est ainsi, voilà tout. La psychologie de Flaubert consistera à ramener, si c’est possible, la complexité de ses conduites, de ses sentiments et de ses goûts à quelques propriétés, assez comparables à celles des corps chimiques, et au-delà desquelles ce serait une niaiserie que de vouloir remonter. Et pourtant nous sentons obscurément que Flaubert n’avait pas « reçu » son ambition. Elle est signifiante, donc elle est libre. Ni l’hérédité, ni la condition bourgeoise, ni l’éducation ne peuvent en rendre compte ; bien moins encore les considérations physiologiques sur le « tempérament nerveux » (…). Il ne saurait donc aucunement fonder une signification. En un sens l’ambition de Flaubert est un fait avec toute sa contingence (…) mais en un autre, elle se fait et notre insatisfaction nous est un garant de ce que nous pourrions saisir par-delà cette ambition quelque chose de plus, quelque chose comme une décision radicale qui, sans cesser d’être contingente, serait le véritable irréductible psychique.

    Sartre, L’Être et le Néant (Gallimard, Tel, 2003). P.605

    #sartre #philosophie

  • Le glaive ou le pont ? Le masculin et le pouvoir de vie | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-1-page-75.htm

    Les hésitations et les tergiversations de Freud, puis les confirmations par Lacan de ses choix les plus contestables, ont conduit la plus grande partie des psychanalystes à enfermer les hommes et les femmes dans des postures immuables. Le masculin serait condamné à sempiternellement représenter et incarner la loi, à se dresser en travers d’un féminin réduit à une pure affectivité. Corrélativement le père aurait pour mission principale de trancher le lien avec l’enfant, que la mère voudrait toujours empêcher d’exister. Monique Schneider nous montre que l’œuvre de Freud permet une autre lecture, à travers laquelle il existe une possibilité, pour le masculin et le paternel, de sortir des apories de la loi avec un grand L ou de l’institution avec un grand I, qui sont souvent les meilleurs prétextes pour ne rien changer aux rapports sociaux.
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    Inscrire le pouvoir de vie dans le masculin revient, si on respecte le code freudien, à introduire une dimension officiellement placée en territoire féminin. Un féminin qui, dans le sillage de L’Homme Moïse, serait à situer du côté du « sensible » auquel initie la mère, alors que le masculin, sous l’égide du père, commanderait l’accès au « nouveau règne de la spiritualité (Geistigkeit) ». Le passage d’un règne à l’autre constituerait le grand « progrès » (Fortschritt) de la civilisation. La construction de l’idée de paternité est elle-même emportée dans un certain nombre de mutations. Or la pensée psychanalytique actuelle a tendance à envisager les mutations sous l’angle de la dégradation. Nous assisterions, selon certains, à une perte des repères – perte due en particulier aux nouvelles possibilités de procréation offertes par les techniques médicales –, à une « désymbolisation ». Dans cette perspective, la symbolisation attenante au régime actuel, attribuant au père une fonction essentiellement séparatrice, devrait être regardée comme une symbolisation adéquate, fondée sur la nature des choses et sur une droite différenciation du partage sexué. C’est ce postulat qu’il s’agira, dans un premier temps, de remettre en question, pour questionner les processus de symbolisation et de désymbolisation qui président à l’édification des repères psychanalytiques. L’impact des nouvelles techniques médicales pourra alors se trouver réenvisagé.

    #psychanalyse #sexisme #misogynie #freud #symbole #fraternité

    • Freud voit dans le tabou de la belle-mère l’expression indirecte du tabou portant sur la mère : « aux îles Salomon, l’homme, une fois marié, ne doit plus voir sa belle-mère ni lui parler. Lorsqu’il la rencontre, il feint de ne pas la connaître et se met à courir aussi vite que possible pour se cacher [1][1] S. Freud, Totem et tabou, Payot, 1951, p. 25. ».
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      Dans une autre ethnie, se trouve souligné l’évitement symbolique qui doit être mis en place entre gendre et belle-mère : « aucun d’eux ne doit prononcer le nom de l’autre [2][2] Ibid. ». Le champ symbolique lui-même doit s’organiser autour de l’évitement portant sur une nomination. Dans Malaise, Freud dénudera le recours à une opération forclusive agissant au moment où s’effectue le « progrès culturel » : l’opération consistant à « se détourner » (Abwendung) de la mère ; le champ sensoriel-olfactif s’organisant autour du maternel et du féminin dans son ensemble sera alors forclos. Dans les cultures commandées par un tel tabou, le détournement ne consistera donc pas seulement à abandonner le sensible ou l’imaginaire pour promouvoir le symbolique, mais à procéder à l’effacement ou à la « mise à l’écart » (Beseitigung) du féminin-maternel [3][3] C’est ce processus que la démarche de W. Granoff accompagne....
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      Comment la psychanalyse va-t-elle se situer par rapport à cet interdit qui travaille le champ des représentations culturelles ? L’option lacanienne s’inscrit dans la droite ligne de cet héritage basé sur l’interdiction en soutenant : « il n’y a pas à proprement parler, dirons-nous, de symbolisation du sexe de la femme [4][4] J. Lacan, Les Psychoses. Le Séminaire III, Seuil, 1981,... ». Le blanc s’inscrivant ainsi dans le champ symbolique va se doubler d’une mise en garde concernant, non plus la représentation du féminin, mais l’éventuelle interrogation féminine sur ce qui spécifie le continent dit noir. Lacan décourage ainsi un tel projet d’investigation : « devenir une femme et s’interroger sur ce qu’est une femme sont deux choses essentiellement différentes. Je dirai même plus – c’est parce qu’on ne le devient pas qu’on s’interroge, et jusqu’à un certain point, s’interroger est le contraire de le devenir [5][5] Ibid., p. 200. ».
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      Une telle prise de position délivre-t-elle la leçon psychanalytique sur la question ? Tant s’en faut, puisque, essentiellement dans les orientations prises initialement, Freud propose une lecture beaucoup plus critique des prescriptions culturelles ; il voit dans cet interdit de regard imposé aux femmes l’une des raisons du malaise culturel : « l’éducation interdit aux femmes de s’occuper intellectuellement des problèmes sexuels pour lesquels elles ont pourtant le plus vif désir de savoir, elle les effraie en leur enseignant que cette curiosité est antiféminine [6][6] « La Morale sexuelle “civilisée” et la maladie nerveuse... ».

      #belle_mères

    • Par rapport à ce truc du pont pour sois disant trouvé une virilité-masculinité positive ou acceptable me semble tout aussi misogyne que l’idée que tout est penis-épée et que les femmes ont un désir de penis, font des enfants-penis ou sont phalliques. L’idée du texte c’est qu’il existe une virilité-masculinité cool qui serait dans l’échange (d’ou le pont) au lieu de la guerre (épée). Sauf que l’article dit que ce pont est en fait un échange des femmes. Alors ca veut dire que l’épée c’est le traitement des femmes comme de la viande et le pont c’est l’échange des femmes entre les hommes comme du bétail. Ce qui est fantastique avec la psychanalyse c’est de présenté l’échange des femmes comme un truc cool ou enviable qui ferait une virilité-masculinité plus acceptable que la première. Pourtant traiter les femmes comme de la viande qu’on découpe ou comme du bétail qu’on échange ca reste moralement inacceptable, inégalitaire et toxique. Peut etre que le bétail peut s’en sortir un peu mieux que la viande au moin temporairement, mais on sais bien que le bétail est simplement en sursis avant d’être débité à coup d’épée.

  • Quels patients serons-nous demain ? Promesses de personnalisation : des médecines douces au #transhumanisme. Table ronde le 7 octobre à Pantin : Pharmacritique
    http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2017/10/06/table-ronde-quelle-medecine-pour-demain-939101.html

    La #misogynie et la #gynophobie de la #psychanalyse seront abordées maintes fois, et l’on se demandera aussi pourquoi les femmes - et ayant un certain niveau d’#éducation - sont beaucoup plus nombreuses à succomber aux promesses de l’empire naturo-psycho-holistique. Les #femmes sont aussi plus médicalisées que les hommes pour des raisons que des études ont montré, en rapport avec leur position dans la sphère domestique, en charge des affaires privées (dont la santé) de toute la famille, et surtout de la petite enfance. Ce sont elles qui livrent l’immense majorité du bataillon des #aidants, elles qui doivent être contrôlées, sédatées ou stimulées par des psychotropes, pour se conformer aux rôles socio-économiques et accepter que toute rébellion soit traitée comme un signe de #maladie mentale ; elles qui sont soumises au disease mongering (invention de maladies, voire les articles en descendant sur cette page, à commencer par celui-ci) sur leurs états physiologiques, aux diktats des modes, du jeunisme, donc subissant des injonctions à « ne pas se laisser aller », à user de la chirurgie esthétique et de la médecine régénérative, etc. Cette dernière étant au croisement entre la #médecine conventionnelle et les pseudo-médecines (alternatives, complémentaires, douces et autres termes abusifs, vu qu’il ne s’agit aucunement de médecine).

    Les intérêts de beaucoup d’industries dépendent de l’emprise des #stéréotypes et clichés sexistes et différentiels (sur les capacités différentes, donc des fonctions différentes) sur les femmes. Donc, en fin de compte, ces intérêts dépendent de l’emprise des théories psychanalytiques sur tous les domaines impliqués d’une façon ou d’une autre dans la discussion de la nature des femmes et les conséquences (applications diverses). D’autant que, étant un manque, une absence, un négatif, une énigme au sens péjoratif du terme, une perverse sans surmoi, envieuse du pénis, hystérique par définition, etc. toute femme doit vivre des problèmes psychiques, à cause de la destructivité inhérente à sa nature, à ses débordements d’affects amorphes, et ainsi de suite. Tout cela découlant d’une anatomie reconstruite par la psychanalyse en fonction des besoins de la cause, et érigée en destin : l’absence d’organes sexuels externes (?!), car la psychanalyse voit la femme comme un trou anatomique, doublé d’un « trou dans la culture et la civilisation »...

    Il faut barrer la femme, dit Jacques Lacan, puisqu’on ne peut que « mi-dire » de cette chienne décrite par l’absence de toutes les capacités proprement humaines, détenues par les hommes (raison, logique, forme (versus affects amorphes), capacité d’abstraction, éthique et morale) qui sont les seuls à mettre en place et à pouvoir perpétuer l’ordre symbolique, la Loi de l’espèce humaine, garantie par l’équation visant à placer le Nom-du-Père sur le désir de la mère... Equation que Yann Diener, autre lacanien en position de pouvoir et sur les deniers publics que les psychanalystes ne veulent pas perdre, nous rabâche régulièrement dans Charlie Hebdo, avec d’autres dogmes et quelques citations du maître charlatan Jacques Lacan. Il a dit tout et son contraire.

  • L’accès du sujet à la fonction symbolique : l’apport de la violence de l’interprétation théorisée par Piera Aulagnier - revue ¿ Interrogations ?
    http://www.revue-interrogations.org/L-acces-du-sujet-a-la-fonction

    Annotations :

    Sandor Ferenczi relève ainsi que c’est dans les premiers temps de sa vie que l’individu va acquérir, par le #langage, l’accès au « symbolisme verbal [qui] rend possible la pensée consciente [la seule qui permette l’adaptation à la réalité] dans la mesure où, s’associant aux processus de pensée en eux-mêmes inconscients, il leur confère des qualités perceptibles » (Ferenczi, 2006 : 60). Piera Aulagnier appréhende l’activité psychique comme constituée de trois modes de fonctionnement qui apparaissent successivement au cours du développement de l’infans (terme psychanalytique qui désigne l’enfant qui n’a pas encore acquis le langage) puis coexistent dans la psyché du sujet, (...)

    #psychanalyse #pictogramme #topique #.articles_revues #_P._Aulagnier #affect

  • La mort dans l’âme - Cairn.info
    http://www.cairn.info/revue-topique-2001-1-page-57.htm

    Annotations :

    Piera montre en substance que la mission prioritaire de la vie psychique est de donner une interprétation de ce qui lui arrive telle qu’elle maintienne son devenir comme investissable et désirable. Elle montre avec une clarté plus grande même que celle de Freud que la préservation des investissements ne peut se réaliser que sur la base du maintien d’un investissement relationnel. La dimension relationnelle est la condition même de l’auto-conservation, c’est-à-dire de façon inséparable, de l’auto-investissement et des investissements objectaux. Pour que les pulsions du moi, le narcissisme, demeure auto-conservateur, il faut d’abord que soit préservée une possibilité relationnelle, c’est-à-dire une possibilité de lien (...)

    #psychanalyse #_Piera_Aulagnier #psychose #pictogramme #originaire_ #_Winnicott #metapsychologie #eros/thanatos

  • Notes anthropologiques (IV)

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-IV

    Freud propose une fiction de l’origine de l’humanité fondée sur le renoncement à la jouissance : après la révolte des fils et le meurtre du père, les frères s’entendent pour renoncer à la jouissance immédiate des femmes de la horde, et faire de l’échange des sœurs une règle de la vie sociale (c’est l’interdit de l’inceste). Dans cette fiction nous pouvons bien deviner tout le poids de la religion patriarcale et d’une époque où les femmes ne sont pas considérées comme sujet social au même titre que les hommes. En fait au départ de l’humain, ce ne sont pas seulement les hommes qui renoncent à la jouissance immédiate des femmes, ce sont aussi les femmes qui renoncent à la jouissance immédiate des hommes. Mais, là, nous nous éloignons de Freud et de notre époque.

    Avec la dictature de l’argent, qui commande un rapport immédiat au monde, la jouissance, que ce soit celle d’une marchandise, d’un homme ou d’une femme, revient sur le tapis et, avec elle, la mise en question de ce qui faisait notre humanité : le renoncement à la jouissance immédiate. (...)

    #psychanalyse #anthropologie #jouissance #marchandise #argent #médiation

  • Ces #femmes autistes qui s’ignorent
    https://theconversation.com/ces-femmes-autistes-qui-signorent-75998

    Seulement, Sophie cumule deux difficultés. Non seulement elle est autiste, mais elle est, en plus, du sexe féminin. Si la procédure diagnostique est déjà hasardeuse pour les hommes, elle se révèle souvent un véritable parcours du combattant pour les femmes. Historiquement, l’autisme a d’abord été considéré comme une condition ne touchant qu’exceptionnellement le sexe féminin. Cette idée fausse, issue de l’étude pionnière menée en 1943 par Léo Kanner (le psychiatre qui l’a décrite le premier) a été renforcée par l’approche psychanalytique qui a longtemps prévalu. C’est donc sur une population de garçons que se sont construits les critères définissant les symptômes autistiques.

    Par la suite, lorsque la science a pris le pas sur la psychanalyse dans l’étude de l’autisme, les recherches ont majoritairement été menées sur des groupes d’enfants de sexe masculin, réduisant d’autant les chances de reconnaître les manifestations autistiques féminines. Cette sous-représentation des sujets féminins, fréquente dans d’autres domaines de la science et de la médecine, est aujourd’hui lourde de conséquences.

    #médecine #sexisme

  • http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/07/06/l-autisme-c-est-un-probleme-de-lachete-collective_5156558_1651302.html

    Mais ils ont buté contre le noyautage idéologique qui gangrène tout le combat de l’autisme. En France, la psychanalyse est très puissante. Je le respecte tant que c’est un lien privé entre adultes consentants, mais là ce sont des personnes vulnérables et des entourages démunis à qui on impose une vision psychanalytique qui n’a cours qu’en France.

    C’est con dans cet entretien de Danièle Langloys, il y a plein de chouettes morceaux, des paroles vives ( L’autisme, c’est un problème de lâcheté collective ) et puis, au passage, on ne peut pas s’empêcher de prendre la psychanalyse comme bouc-émissaire.

    #autisme (attention je pense à étiqueter un signalement sur seenthis , il va sûrement se passer des trucs étranges aujourd’hui)

  • Gérard Miller : « Est-il encore permis de voter à gauche quand on est de gauche ? »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/08/gerard-miller-est-il-encore-permis-de-voter-a-gauche-quand-on-est-de-gauche_

    Dans une tribune au « Monde », le psychanalyste déplore que nombre d’électeurs de gauche affirment qu’il faut voter Emmanuel Macron dès le premier tour pour faire barrage à Marine Le Pen.

    LE MONDE | 08.03.2017 à 10h10 • Mis à jour le 08.03.2017 à 12h46 | Par Gérard Miller (psychanalyste, professeur des universités et réalisateur)

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    Jacques-Alain Miller « L’électeur de gauche vote son rêve au premier tour et atterrit au second. Mais en 2017, le FN est aux portes »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/12/les-ruses-du-diable_5093226_3232.html

    Dans sa tribune, le psychanalyste Jacques-Alain Miller fustige ces électeurs de gauche qui commencent par voter leur rêve, et redescendent des cimes au second tour. Ce vote biface ne faisait de mal à personne, mais en 2017, le FN est aux portes du pouvoir.

    LE MONDE | 12.03.2017 à 06h51 • Mis à jour le 12.03.2017 à 07h16

    [Réponse à la tribune de Gérard Miller parue dans Le Monde daté du 9 mars 2017]

    #frangins_Miller

  • « Le clitoris », petit film d’animation jubilatoire
    http://www.franceculture.fr/emissions/les-emois/le-clitoris-petit-film-danimation-jubilatoire

    « Le Clitoris », court film d’animation de Lori Malépart-Traversy (à voir ci-dessus) fait un buzz sur les réseaux sociaux.
    En 3’16, cette jeune québécoise de 25 ans réussit le tour de force à raconter le destin du clitoris, de son anatomie ignorée à son histoire méconnue. Le tout avec délicatesse, précision scientifique et humour !

    https://vimeo.com/167917667

    Le film sera disponible en ligne après avoir fait une tournée de festivals, soit en 2017.
    http://lorimalepart-clitoris.tumblr.com

    http://www.cinematheque.qc.ca/fr/programmation/projections/competition-etudiante-internationaleinternational-student-competitio
    #clitoris #cinéma_d'animation #sexualité
    http://www.cinematheque.qc.ca/fr/programmation/projections/film/le-clitoris?pid=23598

  • Travailler avec l’inconscient dans la pratique psychothérapeutique - Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2005-3-page-27.htm

    Annotations :

    Tout le processus consistant à rendre conscient ce qui est #inconscient est en réalité un processus qu’on pourrait décrire comme l’action de « voir », Ce concept de refoulement, où il est question de ne pas avoir conscience de ce qui existe en moi-même, part de l’hypothèse qu’en réalité tout est en nous. Ou, en d’autres termes, que nous savons tout, sauf que nous ne savons pas ce que nous savons. mais une fois que vous avez touché la réalité, ce qui signifie que vous dites la vérité, alors quelque chose chez la personne tend à réagir, parce que ce que vous dites atteint ce qu’il sait et cependant (...)

    #_:Erich_Fromm #psychanalyse #dissociation

  • À propos d’Erich Fromm - Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2006-4-page-133.htm

    Annotations :

    Le rôle du refoulement freudien est minimisé au profit de la notion d’Inconscient social refoulant, qui déplace la conflictualité humaine d’une confrontation interne entre instances vers un affrontement avec les obligations sociales introjectées. Comment se produit ce dédoublement constitutif de l’Inconscient ? Par dissociation – au sein de l’expérience vécue, globale par nature – entre une partie intellectuelle et le noyau affectivo-émotionnel (auquel participe initialement le corps : « nous pensons avec nos muscles ») qui va sédimenter dans l’Inconscient. Ce qui reste de l’expérience à la (...)

    #_Erich_Fromm #psychologie #psychanalyse #Sociologie #aliénation #dissociation_ #.articles_revues

  • Est-ce qu’on pourrait avoir le choix ?
    http://desordre.net/blog/?debut=2016-11-27#3135

    Si j’avais dû écrire cette lettre, j’aurais fait un massacre, j’aurais été insultant, violent même, tant je ressens tellement durement cette nouvelle attaque du clan des psychologues pour chiens par député d’extrême droite interposé #151 ; je parle de cette nouvelle proposition de loi de Fasquelle qui sera débattue la semaine prochaine à l’Assemblée et qui vise entre autres mesures malsaines d’interdire la prise en charge de l’autisme par les psychanalystes. Source : Le bloc-note du Désordre

    • oui oui je dis pas le contraire, les thérapies comportementales ont sorti de la merde quelqu’un de proche... mais interdire une méthode quel qu’elle soit, ça me semble un peu con, d’autant qu’il y a bien des problèmes de lobbying avec l’#ABA je pense... Enfin, c’est toujours pareil, la guerre des chapelles et au milieu, des gens souffrent...

    • C’est psy pour chiens VS psy pour Maîtes. En tant que chienne j’ai été bien soigné par un de ces vétos. Je suis d’accord que cette interdiction va trop loin, qu’il faut préserver le choix pour lea patient·e·s ou les tuteurices. Par contre je ne sais pas pour l’autisme, mais pour les victimes de violences, les psychotraumatologues et victimologues tel la docteur Muriel Salmona déconseillent de consulter les psychanalystes sans avoir préalablement recu des soins spécifiques. Et les féministes radicales ont été nombreuses à mettre à jour la misogynie des théories psychanalytiques de Freud, Lacan et leurs successeurs.

    • @aude_v

      les psychanalystes n’ont pas été de leur côté accusé.es de culpabiliser les mères d’enfants autistes ?

      Surtout par les psychologues pour chiens. C’est un peu une vieille lune ça, di-sons, pour faire bref, que si tu lis très vite, en sautant un mot sur trois, en tenant le texte à l’envers et avec un éclairage intermittent, des textes de théorie psychanalytique sur le sujet de l’autisme, tu peux avoir cette impression. Les tenants du comportementalisme ont trouvé là une brèche très efficace, comme, la plupart du temps, ce sont les mères qui s’occupent des enfants autistes (et nettement moins souvent les pères, c’est vrai, il y a des exceptions, tu l’auras compris entre mes lignes), c’est un argument très populaire.

      La guerre entre le comportementalisme et la psychanalyse est une chose in-croyablement étrange, c’était, dans les années septante une sorte de joute théorique qui ne faisait de mal à personne et d’une certaine manière la psychanalyse a gagné cette première bataille : au début des années 80, il n’y avait plus grand monde pour soutenir la validité des thérapies courtes.

      Jusqu’à ce que les derniers comportementalistes trouvent un terrain de bataille où ils allaient pouvoir prendre leur revanche : l’autisme.

      Le comportementalisme obtient avec les enfants autistes de très bons résultats — par ailleurs si tu fermes les yeux sur un certain nombre de conduite qui, de mon point de vue, confinent à la maltraitance psychologique —, si tu acceptes que de très bons résultats recouvrent une réalité seulement plaisante en surface, c’est-à-dire une conduite d’automate en codes sociaux, ce qui rend un inestimable service à de nombreux parents qui de fait sont isolés socialement du fait du comportement curieux de leur enfant et nul n’est indemne de ce genre de honte et d’isolement sociaux (j’ai par exemple des souvenirs assez cuisants de situations avec mon fils dont je ne parviens toujours pas à rire dix ans plus tard, ou encore, il est la seule personne que je connaisse au monde qui tire la chasse avant d’aller aux toilettes, et pas après, des fois cela ne sent pas très bon chez moi, par exemple quand je rentre du travail c’est souvent la première chose que je dois faire, tirer la chasse). Naturellement si tu penses pour ton enfant que c’est l’alpha et l’oméga qu’il se tienne à carreau en toutes circonstances (et qu’il tire la chasse après ses besoins), non sans un ton de voix qui ne sera pas sans te rappeler C-3PO, alors le comportementalisme te donnera le sentiment de produire des miracles et le cas de ton enfant viendra grossir le nombre des déclarations de guérison de l’autisme dont se gargarisent les comportementalistes, je ne sais plus où mais je me souviens avoir lu le chiffre magique de 54,25% (j’imagine que dans le cas présent que ce qui compte c’est la précision au centième près).

      Naturellement si tu as d’autres attentes, des attentes plus chaleureuses, plus humaines et si tu t’entêtes à considérer qu’aussi diminué que soit ton enfant ce der-nier demeure un être humain à part entière et qu’en dépit de son handicap, tu dois préserver un espace, si minuscule soit-il, de libre arbitre, alors tu vas vivre la méthode dite A.B.A. comme une façon de penser et voir les choses à la fois problématique et surtout limitée.

      Un des enseignements de la psychanalyse s’agissant de l’autisme est que ce dernier dans le repli extrême sur soi est une réponse du sujet à une angoisse très profonde. Tu auras compris que les comportementalistes font fi entièrement de cette angoisse, ne veulent pas la traiter et ne veulent même pas en entendre parler et je crois que c’est le plus gros reproche que je leur fais, réduire l’individu, le sujet, à la somme de ses comportements et de ses réflexes conditionnés.

      Déplaçons (et simplifions) un moment le débat. Le comportementalisme est de plus en plus en vogue sur le traitement des Troubles Obsessionnels du Comportement. Une personne par exemple a le besoin compulsif de se laver les mains soixante fois par jour, une cure comportementaliste va permettre à la personne d’associer au fait de se laver les mains soixante fois par jour des pensées négatives qui vont désormais lui servir de garde-fou par rapport à cette pathologie. La personne ne se lave plus soixante fois les mains par jour, du point de vue des comportementalistes cette personne est guérie. Du point de vue psychanalytique ceci n’est pas une guérison, au contraire, c’est un passage inquiétant, là où le sujet avait trouvé le moyen de détourner son angoisse profonde, on lui a retiré ce moyen mais on n’a pas effleuré le problème de son angoisse, il est donc fort probable que le prochain subterfuge que le patient va trouver pour contrecarrer ses effets d’angoisse sera nettement plus fâcheux que de se laver les mains soixante fois par jour, par exemple, étrangler des enfants à la sortie de l’école, évidemment j’exagère, mais c’est pour rendre le propos compréhensible.

      En fait c’est beaucoup une affaire de choix. D’où le titre du billet. Certains parents souhaitent que leurs enfants suivent une scolarité dans le privé, et d’autres, dont je suis, ne veulent surtout pas en entendre parler. Certains parents veulent que leurs enfants soient des manchots, d’autres dont, je suis ne veulent surtout pas en entendre parler. Certains parents souhaitent restreindre l’accès à internet pour leurs enfants, et d’autres dont je suis, préfèrent d’autres méthodes d’éducation. Certains parents veulent apprendre à leur fille la couture et la cuisine et à leur garçon le bricolage et un certain goût pour les automobiles, d’autres, dont je suis, trouvent que ce n’est pas une très bonne idée. Certains parents d’enfants autistes souhaitent lutter contre l’autisme de leur enfant en en combattant les symptômes à l’aide de la méthode A.B.A., d’autres, dont je suis, ne veulent pas en entendre parler, et souhaitent au contraire confier les soins de leur enfant à un thérapeute d’une toute autre obédience.

      Mais que l’on confie son enfant autiste à une école de pensée ou à une autre, n’empêche pas, vraiment pas, ne doit pas empêcher, de rester critique vis-à-vis de cette école de pensée. Pour te donner un exemple, je m’excuse d’avoir à utiliser celui de mon fils, mais allons-y : depuis fin 2003, il a connu deux psychologues, trois pédopsychiatres, six orthophonistes, un psychomotricien, un éducateur, un ostéopathe, un médecin traitant, une très belle collection d’Auxiliaires de Vie Scolaire, parmi lesquels se cachait une psychologue algérienne dont le diplôme algérien n’était pas reconnue en France et une autre encore, Algérienne également, qui avait largement le niveau d’éducatrice, elle se formait pour cela, tu te doutes bien que pour avoir connu un tel parcours, il y a eu à un moment ou à un autre des crises de confiance, des démissions, que sais-je ?

      J’ai une amie psychanalyste qui, sur la question de l’autisme, singulièrement, mais pas uniquement sur celle-là, a tendance à penser que l’école de pensée des per-sonnes qui interviennent auprès des patients importe nettement moins que la valeur intrinsèque de la personne qui intervient, ce qui est logiquement équivalent à dire qu’il vaut mieux une bonne comportementaliste qu’un mauvaise lacanien. La pratique montre que c’est assez vrai. Par exemple, Nathan a connu un éducateur spécialisé qui utilisait des méthodes comportementalistes, ce type était un jeune homme très chouette et même s’il a, de son propre aveu, échoué avec Nathan, il lui a apporté quelques bienfaits.

      Cela fait deux fois dans le fil de cette discussion, et d’une autre, qu’est men-tionnée la question de l’évaluation des méthodes, terrain de bataille sur lequel les comportementalistes aimeraient beaucoup emmener les psychanalystes : c’est un peu comme si les All Blacks insistaient pour affronter, au rugby, les quinze meilleurs joueurs d’échecs du monde. Etonnamment les joueurs d’échecs déclinent l’invitation. Comme quoi, ils ne sont pas fous.

      En revanche, dans cette bataille, tu remarqueras sans mal que les comporte-mentalistes veulent la mort des psychanalystes (leur interdiction de soin) tandis que les psychanalystes se moquent pas mal de l’existence des comportementalistes. C’est, à mon sens, une indication très claire, pour moi, de la valeur des uns et des autres.

      De mon point de vue, les armes employées dans cette guerre par les compor-tementalistes sont consubstantielles de leur école, conditionnement de la pensée, propagande etc…, de leur côté les psychanalystes sont les purs esprits qui continuent de croire en l’émancipation du sujet, même chez leur adversaire.

      Et comme le faisait remarquer @tintin, pendant que cette guéguerre fait rage, les patients et leurs familles souffrent, telles les populations civiles en tant de guerre, et, finalement, n’ont pas d’autres exigences que celle de pouvoir choisir, qu’on leur laisse au moins ça, le choix, la plupart du temps dans une existence qui est essentiellement maillée de contraintes et dans laquelle les choix, sont en fait, peu nombreux. Merci de ne pas nous retirer celui-là, et que le dernier tire la chasse en partant.

    • Un psy pas vraiment analyste pas vraiment comportementaliste, qui se dit systémique, me disait qu’on ne peut pas mêler analytique et comportementalisme en un même moment thérapeutique (enfin, c’est comme ça que je l’ai compris). Par ailleurs, l’ordre efficace serait plutôt de faire Ana. puis Comp.
      L’analytique, tu creuses des grands trous dans le jardin, le comportementalisme, tu plantes des narcisses et tu sèmes le gazon… pas compatible.
      Dans les thérapies comportementalistes, il y a aussi des thérapies pour « gens en bonne santé » comme ACT : thérapie d’acceptation et d’engagement. En gros, c’est "j’ai déjà tout pour comprendre ce qui m’arrive, mais j’ai du mal à me dire que c’est vraiment ça" et j’ai besoin qu’on me pousse au cul. Ça passe vachement par la bibliothérapie (tu lis un livre et quand tu détiendras ce bagage, tu reviens me voir).

    • En même temps que je faisais un long et pénible travail de psychanalyse dont je revenais parfois déglinguée, j’avais deux copines qui avaient pris la même comportementaliste pour continuer de vivre. Elles étaient même devenues amies avec elle et ça me sidérait, justement parce que faire porter aux amis cette charge explosive est juste pas le but. Grâce à cette comportementaliste, l’une a réussi à supporter de rester avec le père de son enfant qui en faisait d’autres ailleurs et l’autre à épouser un homme qu’elle n’aimait pas. Et elles avaient le soutien de leur curé, nan, j’déconne pour le curé.
      En tout cas, quand j’ai vu ça, j’étais atterrée, j’ai dit à mon psy combien j’étais contente de pouvoir lui raconter les errances de mon esprit sans qu’il ne me dise jamais ce que je devais faire. On échangeait alors beaucoup sur ce qu’était le parler juste et c’était un voyage non organisé fabuleux et troublant.

      Et en parlant de chiens, c’est tout le dressage de mon enfance que je fuyais, #dressage, exactement ce mot.

    • A tous : une réflexion qui me vient à la relecture de certaines de vos contributions. Il se trouve que dans mon entourage il y a une grande densité de musiciens et de psychanalystes, très peu de photographes, aucun, en fait.

      Bref, la plupart des amis psys avec lesquels j’échange me renvoient souvent le même son de cloche à propos de leurs référents ou encore à propos de sociétés, d’associations ou encore de groupes de travail : ils sont en désaccord souvent profond d’avec la ligne de ces collectifs et le constat est souvent sévère, les psychanalystes creusent la tombe de leur discipline souvent par obstination et refus de concessions. Il m’apparaît alors curieux que pour des professionnels de l’émancipation ils soient à ce point décçu de ce qui leur tient lieu de hiérachie finalement sans faire, a minima scission, et, plus sûrement, la révolution.

      Ou alors ils sont l’esprit d’équipe chevillé au corps, et prenant acte de l’atomisation de la vraie gauche en une multitude de petites courants qui ne font jamais de grandes rivières et certainement pas des fleuves, ils, les psys d’en bas, restent groupés secrétement, en dépit de hauts-de-coeur par rapport aux psys d’en haut.

      Ca m’amuse un peu de penser les choses comme ça.

    • En revanche, dans cette bataille, tu remarqueras sans mal que les comporte-mentalistes veulent la mort des psychanalystes (leur interdiction de soin) tandis que les psychanalystes se moquent pas mal de l’existence des comportementalistes. C’est, à mon sens, une indication très claire, pour moi, de la valeur des uns et des autres.

      De mon point de vue, les armes employées dans cette guerre par les compor-tementalistes sont consubstantielles de leur école, conditionnement de la pensée, propagande etc…, de leur côté les psychanalystes sont les purs esprits qui continuent de croire en l’émancipation du sujet, même chez leur adversaire.

      Mais mince, comment c’est possible de sortir sérieusement de telles contre-vérités ? Les psychanalystes passent leur temps à invectiver tous ceux et celles qui ne rentrent pas dans leur chapelle.

      J’ai l’impression pour ma part que la psychologie en tant que science humaine est juste en train de sortir de l’âge de pierre, en essayant de se doter d’outils scientifiques, mais que la psychanalyse et ses tenants veulent fermement rester à cet âge de pierre, où l’on peut raconter n’importe quoi en brandissant son statut sans crainte de perdre son travail.

      Tiens j’avais pas noté celle là :

      Surtout par les psychologues pour chiens.

      C’est pas de l’insulte ça peut-être ? Skinner c’était les années 50, c’est fini tout ça, faut actualiser ses connaissances (on parle même de TCC, où le deuxième C veut dire « cognitive », autant dire une aberration pour les comportementalistes du XXème siècle).

      Grâce à cette comportementaliste, l’une a réussi à supporter de rester avec le père de son enfant qui en faisait d’autres ailleurs et l’autre à épouser un homme qu’elle n’aimait pas. Et elles avaient le soutien de leur curé, nan, j’déconne pour le curé.

      Mais qu’est-ce qu’elles allaient faire « soigner » au bout d’un moment ? Moi je ne déconne pas pour le curé, c’est comme ça que je vois beaucoup de psys (quelle que soit leur obédience) étant donné le peu de données fiables qui existent pour cette discipline, où beaucoup de choses reposent sur du blabla et des croyances (et attention je ne confonds pas psychiatrie et psychologie).

    • J’ai l’impression pour ma part que la psychologie en tant que science humaine est juste en train de sortir de l’âge de pierre, en essayant de se doter d’outils scientifiques

      C’est très précisément le discours promotionnel qu’ont tenu les comportementalistes au début du 20e siècle en fondant leur école : en finir avec l’introspection et la spiritualité, remplacer tout ce fatras par des chiffres, des expériences reproductibles, des données objectives. La suite a démontré que c’était plus compliqué que prévu, et que la mise en statistiques de l’intelligence et des émotions humaines (ou animales en général) engendrait des biais sérieux.

      "Le rôle théorique de la psychologie est la prédiction et le contrôle du comportement", écrivait John B. Watson dans ce qui est considéré comme le texte fondateur du comportementalisme :
      http://psychclassics.yorku.ca/Watson/views.htm
      Ça, en revanche, je crois que ça n’a jamais été abandonné comme objectif, et c’est bien ce qui me paraît poser problème dans le comportementalisme. La psychologie "telle que la conçoit le comportementaliste" relève explicitement de l’#ingénierie_sociale.

    • @aude_v Oui, cet article avait été signalé ces derniers temps sur seenthis, je ne sais plus où, fort intéressant.

      Mais encore une fois je suis toujours emmerdé : autisme et folie sont deux domaines sans relation. Et quand bien même j’entends bien que cette notion de folie n’est pas considérée, a priori, par les psychanalystes, de façon péjorative, ils feraient quand même bien, ces purs esprits, de penser qu’au contraire dans le langage courant et dans l’esprit de beaucoup, ce n’est pas un compliment. Comme c’est également une insulte de dire à quelqu’un qu’il est autiste, généralement parce qu’il est obstiné dans une voie de pensée qui n’est pas la nôtre, ce qui est assez disant d’ailleurs (j’avais écrit une chronique sur le sujet il y a longtemps quand Juppé, ministre des affaires étrangères avait dit que Khadafi était autiste, merci pour eux), mais sans doute que le fil de cette discussion est assez dense pour cela et qu’il n’a pas besoin d’être enrichi.

    • C’est très précisément le discours promotionnel qu’ont tenu les comportementalistes au début du 20e siècle en fondant leur école : en finir avec l’introspection et la spiritualité, remplacer tout ce fatras par des chiffres, des expériences reproductibles, des données objectives. La suite a démontré que c’était plus compliqué que prévu, et que la mise en statistiques de l’intelligence et des émotions humaines (ou animales en général) engendrait des biais sérieux.

      Les premiers comportementalistes ne cherchaient même pas à savoir ce qui se passait dans le cerveau, ils ne s’intéressaient strictement qu’aux comportements (d’où leur nom). Cela n’existe plus, personne (du moins j’espère) aujourd’hui n’est resté bloqué sur les théories comportementalistes des années 50 (on ne peut pas en dire autant des psychanalystes de leur côté...). Les outils scientifiques à notre disposition sont sans commune mesure avec ceux du siècle dernier parce que, tout simplement, la connaissance scientifique évolue (et notamment, on sait mieux évaluer l’efficacité d’une thérapie). Ici tout un tas de gens qui parlent de ça bien mieux que moi : https://colpsypreuves.sciencesconf.org

    • Oui, comme déjà discuté par ici, dit par @bug_in et ailleurs, le mot « science » c’est pas forcément des chiffres, des statistiques, de la reproductibilité stricte et absolue… (ça c’est du « scientisme », si on veut). Surtout que là on parle à priori d’une science humaine, pas d’une science fondamentale. Mais en sociologie ou en anthropologie, ça ne fait plus très sérieux d’avancer des idées sans aucune sorte de preuves (même si ça existe aussi).

      Il y a aussi des gens honnêtes qui fondent donc leurs analyses sur la méthode scientifique, et notamment le fait de se baser sur des preuves, plus ou moins tangibles ET dont on sait qu’elles peuvent évoluer dans le temps (une personne honnête utilisant la méthode scientifique sait que les choses peuvent évoluer et être remises en cause suivant de nouvelles découvertes, évidemment). L’inverse de se baser sur des croyances, sur des théories non vérifiées, juste parce qu’une personne « a dit que » en se basant sur 10 cas (ou moins), et à une autre époque.

      (Et on n’est plus ya 100 ans non plus : les vérifications de thérapie bien faites prennent en compte le fait que les gens ne réagissent pas tous pareils, sans penser qu’un truc doit marcher pour 100% des cas. Mais je suppose qu’une méthode qui aident 70% des cas est sûrement mieux vue qu’une méthode qui en aide 20%. Sauf que pour ça il faut accepter d’évaluer ses méthodes…)

    • Les premiers comportementalistes ne cherchaient même pas à savoir ce qui se passait dans le cerveau

      Je dirais qu’ils le cherchaient par d’autres moyens, partant du principe que ce qui était inobservable en laboratoire échappait nécessairement à l’analyse. D’où la focalisation sur le couple stimulus-réponse : la compréhension de l’articulation entre le premier et la seconde traduisait selon eux dans le comportement observable ce qui se passait d’inobservable à l’intérieur de la « boîte noire ».

      Cela n’existe plus, personne (du moins j’espère) aujourd’hui n’est resté bloqué sur les théories comportementalistes des années 50

      L’obsession des chiffres a sans doute été tempérée depuis (quoique je suis convaincue qu’elle a joué un rôle conceptuel central dans l’émergence du quantified self, la quantification de soi aujourd’hui omniprésente). Mais pas le fait de placer le comportement au coeur de l’analyse et de la thérapie ; ni la visée sociale, fonctionnaliste, de la prise en charge du comportement.

      le mot « science » c’est pas forcément des chiffres, des statistiques, de la reproductibilité stricte et absolue…

      On est bien d’accord. Je parle, encore une fois, des premiers comportementalistes, dans les années 1910-1930. Pour eux, accéder au statut de science (et donc s’extraire des « humanités ») passait nécessairement par des données statistiques, du travail en laboratoire, de la reproductibilité. C’est à travers cela qu’ils comptaient se démarquer des psychologues antérieurs.

      Autrement, je crois que l’art, la littérature et bien d’autres chemins sont possibles pour accéder scientifiquement à une connaissance. Scientifiquement au sens d’une éthique et d’une exigence de la recherche, dans ses moyens comme dans sa finalité.

  • https://blogs.mediapart.fr/valerie-gay-corajoud/blog/031216/autisme-lettre-ouverte-monsieur-fasquelle

    Une femme merveilleuse, courageuse et intelligente, une mère d’un enfant autiste, Valérie Gay-Corajoud, a écrit exactement, à la virgule près, le texte que j’aurais voulu écrire (mais pas la force en ce moment sur le sujet) à propos de la proposition de loi de Fasquelle visant, entre autres choses épouvantables à interdire la prise en charge de l’autisme par les psychanalystes et qui est discuté à l’Assemblée la semaine prochaine.

    Vous ne pouvez pas interdire la psychanalyse en France, mais vous voulez l’interdire pour les autistes ? Est-ce à dire que pour vous, Monsieur Fasquelle, les autistes n’ont pas les mêmes droits que les autres ? De quelle autorité vous munissez-vous pour scinder ainsi une population dans son accès à un accompagnement psychanalytique ?