• Mon intérêt spécifique

    Publié par Lana sur son blog -Et en réalité, autiste-

    Une des plus grandes souffrances dans ma vie actuelle, c’est d’avoir perdu l’accès à mon intérêt spécifique. Et pourtant, je fais face à beaucoup de deuils et d’épreuves : la perte de mon travail, des violences médicales, de l’incompréhension de proches, le validisme un peu partout où on accepte que je sois autiste uniquement si je me conduis comme une alliste ou fait tout pour tendre vers ce but ultime d’avoir un cerveau qui ne s’éloigne pas de la norme, des démarches épuisantes, sans parler des douleurs permanentes, de la fatigue extrême, des crises autistiques, du découragement, des limites avec lesquelles négocier en permanence, des idées suicidaires et du manque de sommeil.

    https://blogschizo.wordpress.com/2026/07/26/mon-interet-specifique

    #Autisme, #Psychiatrie

  • « Infiniment merci, j’avais besoin d’être écouté » : à Paris, une unité dédiée à la prise en charge psychiatrique des migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72175/infiniment-merci-javais-besoin-detre-ecoute--a-paris-une-unite-dediee-

    « Infiniment merci, j’avais besoin d’être écouté » : à Paris, une unité dédiée à la prise en charge psychiatrique des migrants
    Par Romain Philips Publié le : 01/07/2026
    Située en plein coeur de Paris, Capsys est une unité hospitalière dédiée à la prise en charge psychiatrique des exilés. Ici, une équipe accompagne les patients à surmonter les traumatismes de l’exil et les difficultés de la précarité en France.
    Reportage : Une béquille sous chaque bras, Jérôme*, 34 ans et originaire du Congo-Brazzaville, entre lentement dans la salle de consultation. Par petits pas, il avance délicatement ses pieds au sol, son sac à dos pend sur son épaule gauche. Il le dépose sur la chaise puis fixe son interlocutrice. « Merci de me recevoir aujourd’hui, j’ai besoin d’aide ». Depuis son arrivée en France en décembre 2025, il peine à joindre les deux bouts. « Je suis traumatisé et j’ai de fortes pertes de mémoire », admet-il dans un français parfait. « J’oublie les casseroles sur le feu, j’ai même failli me faire renverser plusieurs fois par des voitures ». Et subitement, le Congolais s’effondre en larmes : « J’ai l’impression que mon cerveau me lâche ».
    « Prenez votre temps », lui répond Francesca Carrani en lui tendant un mouchoir pour épancher ses larmes. Depuis janvier, elle officie en tant que psychiatre à l’unité Capsys, spécialisée dans le traitement psychologique des exilés. C’est la première fois qu’elle reçoit Jérôme en consultation. La professionnelle cherche à découvrir l’origine du traumatisme.Rapidement, son patient évoque des cauchemars, des cris en pleine nuit. « Je revois tout ce qu’il s’est passé », dit-il. Jérôme marque une pause. Cherche ses mots. Puis montre sur ses jambes les cicatrices, traces des coups reçus. Et les larmes reprennent. « On m’a battu, ligoté et traîné au sol puis laissé là, comme pour mort, sur un trottoir ». Victime d’un passage à tabac pour son engagement politique dans l’opposition de son pays, c’est la raison pour laquelle il a pris la fuite vers la France.
    « Vous avez vécu beaucoup de choses, c’est normal que votre cerveau ait du mal à rester concentré », explique la psychiatre. « La perte de mémoire est un symptôme de cet état de stress post-traumatique », ajoute-t-elle. Aujourd’hui, Jérôme cherche encore une raison de croire en l’avenir et admet avoir plusieurs fois eu « des idées noires ». Il marque une nouvelle pause, se masse la nuque, dont il se plaint de fortes douleurs.La première fois qu’il a envisagé le suicide, c’est lorsqu’il a perdu sa fille, alors âgée d’à peine quelques années, d’une maladie. « Les médicaments étaient sur la table, j’allais le faire. Mais j’ai pensé à mes autres enfants, c’est ce qui m’a fait renoncer », soulève le père de famille. Et il s’interroge : « Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Je ne sais même plus combien de fois j’en ai pleuré dans ma vie ».
    Comme lui, ils sont des centaines chaque année à franchir la porte de Capsys, l’unité du pôle Psychiatrie Précarité du groupe hospitalier universitaire (GHU) de Paris. Financé par l’agence régionale de santé d’Ile-de-France, ce service, lancé en 2021, est spécialisé dans la prise en charge psychiatrique des exilés.Ici, deux psychiatres, une psychologue, un infirmier et des interprètes reçoivent tous les jours des exilés - qu’ils soient sans-papiers ou en règle - venus d’Ile-de-France. Ils tentent de venir en aide à cette population pour qui l’angoisse et la tristesse viennent souvent s’ajouter à un parcours migratoire traumatisant. « C’est un peu la clinique du désespoir », résume lapidairement Andrea Tortelli, psychiatre et cheffe de l’unité. « Ce qu’on fait ici, c’est les aider à tenir ».
    Mais la précarité des patients, qu’elle soit financière, sociale ou administrative, rend la tâche difficile. L’équipe médicale tente de prendre en charge un concentré colossal de désespoir et le moral « en dent de scie » des patients. « On commence à les suivre, ils vont mieux. Mais rapidement, il y a toujours quelque chose qui tombe comme un refus de titre de séjour ou d’asile, une perte de logement, une famille qui se retrouve à la rue. Et là, c’est la rechute. On recommence à zéro », détaille la psychiatre.
    Pour Marie*, la rechute a eu lieu quand elle a reçu une photo de sa fille, l’œil rouge ensanglantée après s’être fait frapper à l’école. Cette Guinéenne de 35 ans suivie depuis plus d’un an n’a pas vu ses enfants depuis près de cinq ans. Mariée de force à son cousin qui la maltraitait, elle a pris la fuite vers la France en laissant ses filles chez sa sœur, au Nigeria.Mais faute de papiers, elle n’a jamais pu leur rendre visite ou les faire venir en France. En mai dernier, après une demande d’asile rejetée, elle a obtenu un récépissé de demande de titre de séjour pour raisons médicales, ayant été opérée du cœur. Elle dispose également d’une carte d’invalidité. Des documents qui lui permettent enfin d’être en situation régulière en France, mais pas de voyager.D’un ton faible, elle raconte être envahie par ses pensées. « Je ne dors plus. Seulement une ou deux heures, puis je me réveille. La journée, je ne fais rien. Je suis épuisée », raconte Marie, d’une voix chevrotante. Sous sa casquette, ses yeux noircis par les cernes témoignent de son quotidien. Le regard perdu vers le sol, elle répète, comme pour se convaincre elle-même : « Ca va. Ca va. Ca va ».
    En fin de consultation, les médecins peuvent prescrire un traitement : antidépresseurs, anxiolytiques ou somnifères. Ce sera le cas pour Marie, afin de l’aider avec son stress et ses insomnies. Le Capsys dispose d’une petite pharmacie pour les migrants qui ne peuvent pas se faire rembourser. « Avec ces traitements, on fait aussi beaucoup de prévention car sans prise en charge, de nombreuses pathologies déjà existantes risqueraient de s’aggraver », explique Andrea Tortelli.
    Après quelques semaines de traitements, les patients se portent mieux. « On voit énormément de personnes arrivées dans un piètre état, puis aller beaucoup mieux au fur et à mesure des séances », raconte Mosadiq Safi, l’un des interprètes de l’unité. Arrivé en France en 2017, depuis un pays qu’il ne veut pas divulguer craignant pour sa famille, il a obtenu l’asile. « Mais avant cela, j’ai vécu à la rue, j’ai connu l’angoisse et l’attente d’un recours devant la CNDA [Cour nationale du droit d’asile, ndlr]. Et à l’époque, un endroit comme Capsys n’existait pas », dit-il.
    Preuve de l’intérêt d’un tel dispositif : la patientèle ne cesse de grandir. « Chaque année, on accompagne de plus en plus de monde. L’année dernière, c’était 1 000 patients. Si on continue à ce rythme, on en aura près de 1 500 cette année », se réjouit Andrea Tortelli. Le budget alloué à l’unité a même récemment été presque doublé.
    « On a quasiment deux nouveaux patients par jour », ajoute la psychiatre. « La demande est là mais on est obligé de faire du tri car on est débordé ». Elle rappelle que « le seul critère, c’est l’argument clinique ». « Jamais le statut administratif ne sera un critère », insiste-t-elle devant un emploi du temps plein à craquer sur plusieurs mois.
    Car aujourd’hui, malgré l’enveloppe budgétaire, l’unité de soin tourne avec la moitié de ses effectifs. « Il nous manque un médecin, deux infirmiers et tous les postes d’assistants sociaux sont vacants », résume la cheffe. En cause ? La difficulté du métier. « Il y a une fatigue importante qu’il faut encaisser. On accueille la détresse des gens et on doit être à la hauteur », détaille Andrea Tortelli. La salle d’attente, elle, est pleine. Merveille*, une Congolaise, en sort pour son rendez-vous. Ce sont de bonnes nouvelles qu’elle vient apporter. Elle a retrouvé son mari dont elle avait été séparée en Grèce, et sa procédure Dublin prend fin. Elle espère donc demander l’asile en France. Ici, elle a vécu à la rue, dans des hôtels ou dans des gymnases après des opérations de « mises à l’abri ». « J’ai aussi subi des actes de tortures sur la route de l’Europe », glisse-t-elle succinctement. « Venir ici m’a vraiment aidé à surmonter (sic) », explique-t-elle à InfoMigrants.De l’autre côté du couloir, après près d’une heure d’entretien, Jérôme rattrape ses béquilles et se prépare à s’en aller. « Rien que d’avoir été écouté m’a aidé. Ma douleur à la nuque s’est dissipée. Infiniment merci, j’avais besoin d’être écouté. Vous êtes un remède », glisse-t-il à Francesca Carrani en partant. Son prochain rendez-vous sera dans le courant de l’été

    #Covid-19#migrant#migration#france#santementale#psychiatrie

  • Santé mentale des jeunes : « On est dans une société qui mange ses enfants »
    https://www.liberation.fr/societe/sante/sante-mentale-des-jeunes-on-est-dans-une-societe-qui-mange-ses-enfants-20

    Après avoir décidé d’estampiller « France Santé » des maisons de santé existantes pour donner l’impression d’augmenter l’#accès_aux_soins, Stéphanie Rist, ministre de la #Santé, a annoncé le 2 juin la relance de la « grande cause nationale » qu’était censée représenter la santé mentale… en 2025. Avec, entre autres, un dispositif prétendument novateur, non pas un nouveau numéro vert pomme, mais un système de « coupe-file » pour déclencher une prise en charge sous quarante-huit heures par un psychologue, un psychiatre ou un pédopsychiatre si un membre du personnel de l’#Education_nationale considère qu’un élève pourrait devenir dangereux pour lui-même ou ses camarades. Le moins qu’on puisse dire est que, sur le terrain, les professionnels sont partagés entre l’incompréhension et la consternation.

    Marie Langlois est psychoclinicienne : « Ce qui m’interpelle, au niveau du dispositif, c’est l’idée que c’est la régulation du Samu qui va être chargée de contacter les psys. J’ai participé à Rouen à l’ouverture du 31 14, numéro d’appel pour gérer les crises suicidaires, et les écoutants, infirmiers en psychiatrie, ou psychologues, sont spécifiquement formés, connaissent le réseau local, savent comment orienter. Ce sont des prises en charge téléphoniques assez longues, complexes, pas un travail de secrétariat téléphonique à pratiquer en urgence, d’autant qu’en aval les centres médico-psychologiques sont blindés, les #psychiatres surchargés. Ça sent vraiment l’effet d’annonce pour paraître novateur, sans jamais sécuriser voire renforcer l’existant. »

    Thierry Baubet, pédopsychiatre, ne décolère pas : « Le terme même de coupe-file est choquant, car qu’est-ce qu’un coupe-file sinon un passe-droit ? En pédopsychiatrie, tous les enfants qu’on reçoit ont besoin de #soins, d’un suivi à long terme, ce n’est pas du superflu, de l’occupationnel… Or que nous demande-t-on là, d’annuler des prises en charge, de les repousser, dans le but de traiter des cas considérés comme plus graves par l’école ? L’évaluation de l’urgence à consulter doit être faite par des gens formés, pas par l’Education nationale qui déciderait que le comportement perturbateur d’un élève nécessite un coupe-file, d’autant que souvent les enfants qui vont mal, qui s’enfoncent dans un épisode délirant, une schizophrénie, sont peu expansifs et ne seront pas remarqués. Et la représentation que semble avoir la ministre de la prise en charge psychiatrique de ces adolescents se réduit à une consultation en urgence, alors qu’en fait il s’agit de prises en charge longues, nécessitant de laisser mûrir une alliance entre le thérapeute et l’adolescent, et d’un suivi de plusieurs mois. Soyons clairs : la pédopsychiatrie, et la santé mentale des jeunes, sont des domaines chroniquement sous-investis. La crise est telle qu’il y a des structures publiques qui ne prennent plus aucun nouveau patient. Ailleurs, les délais d’attente peuvent atteindre un à deux ans ! On paie aujourd’hui un défaut d’investissement historique, les psychiatres pour enfants sont une minorité. Nous sommes actuellement réunis en congrès à Nice et ce qui remonte lorsque nous parlons entre nous, c’est que personne n’a été consulté, aucune société savante, aucun syndicat, pour sortir cet effet d’annonce. Bien sûr qu’il faut améliorer l’articulation entre l’école et le soin, mais pas comme ça, et pas sans les spécialistes de ces sujets. On lance cette initiative alors qu’il existe des solutions, que les urgences pédiatriques, les urgences psychiatriques, le 31 14, les maisons des adolescents, en partenariat avec l’école, existent… mais elles sont sous-dotées, sous financées. Et que dire de la #médecine_scolaire, en déshérence, de la disparition des structures intermédiaires comme les éducateurs de rue, tout un tissu de soutien social qu’on a laissé se déchirer. On est dans une société qui mange ses enfants. »

    #sagoins #psychiatrie #pédopsychiatrie #CMP #alliance_thérapeutique #enfance #souffrance_psychique

    • La souffrance mentale des adolescents est devenue un sujet rabâché, pour lequel on incrimine les écrans ou, six ans plus tard, le confinement de la période Covid.

      Johan Faerber, enseignant en lettres et essayiste, a une analyse très différente, et pointe la responsabilité de réformes ministérielles toxiques : « Alors oui, l’un des problèmes majeurs que nous rencontrons à l’école est le déficit de médecins et d’infirmières scolaires, particulièrement dans les secteurs en difficulté comme le 93. Mais, au-delà de cela, il y a une cause majeure de stress et de mal-être qui impacte la santé mentale des jeunes, c’est la détresse liée à #Parcoursup, qui crée un stress constant chez les élèves, une fragilisation de l’élève par rapport à sa propre expertise, voire même délite la relation de confiance qu’il pouvait avoir avec l’enseignant, dont les notations sont remises en cause par un système qui, pour masquer la pénurie [organisée, ndc] des places dans l’enseignement supérieur, pénalise et repousse des #élèves ayant parfois un parcours honorable voire brillant. Les conséquences sont de plus en plus visibles chaque année depuis le bac Blanquer, avec des élèves fondant en larmes à la remise des notes. On ne mesure pas la violence du système mis en place, cette ère de management émotionnel toxique, cette culture de l’entrepreneuriat entraînant un stress exponentiel pendant les études. Et comme, dans le même temps, il y a de moins en moins d’adultes dans les collèges et les lycées, moins de professeurs, moins d’AESH, la souffrance des adolescents est tue, leur détresse devient une masse opaque dont sont désignés responsables TikTok ou les jeux vidéo alors que le temps passé sur les écrans est juste une manière de tenter de retrouver une certaine liberté, d’échapper à la toxicité du système éducatif actuel. Plutôt que de pondre l’idée d’un coupe-file, il faudrait d’abord se poser la question de la toxicité des réformes accumulées ces dernières années sur la santé mentale des jeunes, mais quel politique veut être mis face à ses responsabilités ? »

    • Ils se plaignent d’avoir des jeunes de plus en plus mal. Ca les embête car ca les rend moins compatibles avec le monde du travail, moins prévisibles.
      Alors qu’ils auraient aimé leur mettre un fusil dans les mains, à tous ceux qui ont eu moins de 10 au BAC. Mais ca va pas le faire non plus, s’ils se retournent contre leur hiérarchie ou contre eux-même.

  • Le maire, les voisins et la sorcière - Chronique d’un féminicide que personne ne nomme
    https://bonjourtsundoku.substack.com/p/le-maire-les-voisins-et-la-sorciere


    #femmes

    Je suis profondément révoltée que la mort de Catherine soit dans les pages Faits Divers. C’est un #féminicide, commis par un élu de la République. Catherine est morte car femme. Catherine est morte car malade. Ne pas qualifier de féminicide ce drame, c’est encore et toujours laisser ce qui ne convient pas, ce qui n’entre pas dans les lignes aux orties. Sa maladie ne donne pas un caractère inexplicable politiquement à sa mort. Elle n’est pas morte parce qu’elle était malade : elle est morte parce que des hommes, sous l’impulsion d’autres, ont voulu l’effacer.

    Quand je pense à Catherine, je pense aussi à toutes les femmes qu’on a jeté dans des hôpitaux ou des maisons car elles n’étaient pas assez soumises. Jeunes délinquantes, lesbiennes, malades mentales, sexuellement actives : la mort de Catherine est liée au traitement historique et patriarcale des femmes. Vous entendrez ici la voix de celles qu’on a enfermées, mauvaises graines. Je pense aussi, antifa toujours, à toustes les malades tué.e.s par le régime nazi.

    Pour paraphraser mon agent du chaos préf’, si tu ne t’intéresses pas au sujet, sache que le sujet s’intéresse à toi : dans le cadre de la lutte antiterroriste, il sera désormais possible de tomber sous le coup d’une injonction à examen psychiatrique émise par le préfet. Alors ? Prêt.e.s à se retrouver devant un psychiatre car vous avez protesté contre une loi ? Ou à voir des malades traités en terroristes ?

    Un féminisme qui exclut les malades mentales n’est pas le mien, et un féminisme qui ne s’adresse qu’aux femmes respectables car pas malades/grosses/moches/folles/arabes/TDS/voilées/… ne devrait être celui de personne.

  • TRIBUNE : Loi Rodwell où l’utilisation de la psychiatrie pour enfermer à (...) - Le Numéro Zéro
    https://lenumerozero.info/Loi-Rodwell-ou-l-utilisation-de-la-psychiatrie-pour-enfermer-a-bas-br


    Cette loi a été votée dans son intégralité hier.

    Cette loi s’inscrit dans une résurgence internationale d’usage de la psychiatrie à des fins d’enfermement des opposants politiques. Actuellement, l’Iran, la Russie, la Chine pratiquent déjà l’internement forcé à des fins de répression politique systématique. Historiquement, les pays occidentaux l’ont massivement utilisé. Tout au long du XXe siècle, des militant·es des droits civiques ont été massivement diagnostiqué·es comme « psychotiques » pour faire taire leurs revendications. Les suffragettes au début du XXe siècle, les militant·es afroaméricain·es dans les années 1950, les protestataires en URSS dans les années 19606…

    Lorsque ce ne sont pas des mouvements politiques qui sont réprimés, ce sont les individus. La psychiatrie a fondamentalement été créée pour réprimer et redresser les personnes, corps et esprits, considérées comme déviantes, non assimilables dans l’ordre capitaliste, productiviste, validiste, saniste, racial et de genre.

    En France, des milliers d’internements psychiatriques sans consentement sont ordonnés chaque jour (76 000 en 2022 soit à peut près le nombre de personnes enfermées dans les prisons en France). Des personnes invisibilisées par le système médiatique et politique. Les militant·es et survivant·es de la psychiatrie sont d’autant plus ciblé·es par cette loi depuis le Hopsy et a fortiori avec cette loi, comme en témoigne le cas récent d’un homme qui a été arrêté et interné suite à une discussion avec Chat GPT. Il y mentionnait son intention de tuer des agents du renseignement. Open AI a fait remonter l’information au FBI qui l’a transmise aux renseignements français. Il a été arrêté et hospitalisé de force sous prétexte d’antécédents psychiatriques7. De la même manière, un militant écologiste a été interné sans son consentement pour son combat en 20128.

  • Psychiatrie et risque terroriste : des praticiens dénoncent une « instrumentalisation » à des fins sécuritaires
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/12/psychiatrie-et-risque-terroriste-des-praticiens-denoncent-une-instrumentalis

    La #psychiatrie, nouvel instrument de la lutte antiterroriste ? L’Assemblée nationale doit examiner, lundi 13 avril, en séance plénière, une proposition de loi portée par le député (Renaissance) des Yvelines Charles Rodwell, qui donne aux préfets des pouvoirs accrus en matière d’examen et d’hospitalisation sans consentement des personnes faisant preuve de radicalisation. Le texte renforce également le suivi post-peine des personnes condamnées pour #terrorisme ou qui se sont radicalisées en prison, ainsi que la surveillance de celles faisant l’objet de mesures individuelles de contrôle administratif.

    https://justpaste.it/lr3g5

  • Nina Hagen : “Quand je serai au ciel, je ferai un super groupe avec mes sœurs de gospel”
    https://www.telerama.fr/musique/nina-hagen-quand-je-serai-au-ciel-je-ferai-un-super-groupe-avec-mes-s-urs-d

    Diva punk, pop, reggae, fan de Rick James comme de Nana Mouskouri… #Nina_Hagen a traversé cinquante ans de carrière sans jamais rester dans les clous. Alors qu’elle publie un album de gospels, c’est l’occasion de revenir sur les disques qui ont jalonné sa vie.

    https://ninahagen.bandcamp.com/album/highway-to-heaven

  • KI-Chatbots und Suizid : Wenn Maschinen gefährliche Nähe erzeugen
    https://www.telepolis.de/article/KI-Chatbots-und-Suizid-Wenn-Maschinen-gefaehrliche-Naehe-erzeugen-11223610

    Lors ce qu’en 1966 Joseph Weizenbaum publia « ELIZA - A Computer Program for the Study of Natural Language Communication between Man and Machine » plusieurs médias et politiciens proposèrent d’installer partout de nouveaux centres de santé mentale automatisés avec ELIZA comme psy de service.

    C’est fait. Les monopoles de la communication nous proposent des soins psychiatriques machinales partout et vingt quatre heures sur vingt quatre à travers leurs téléphones portables. ELIZA a changé de nom et s’appelle désormais #AI mais au fond c’est le même principe amélioré mais tout aussi absurde. Évidemment le résultat est une catastrophe pour les personnes en situation mentale instable.

    27.3. 2026 von Andreas von Westphalen - Neue Studien und reale Fälle zeigen, wie Chatbots wahnhaftes Denken verstärken – und warum ihre Empathie zum Risiko wird. Über den falschen Freund im Kopf.

    Regelmäßig berichten Medien in letzter Zeit über sehr besorgniserregende Fälle von KI-Chatbots. Hier einige stellvertretende Beispiele:

    Ein Jugendlicher, der seine Suizidabsichten mit einem Bot teilt und dort sogar Hilfe beim Verfassen eines Abschiedsbriefes findet. Als er vorschlägt, eine Strickschlinge in seinem Zimmer liegenzulassen, damit seine Mutter sie finden und seine Notlage verstehen könnte, lehnt die KI dies kategorisch ab. Wenig später begeht er Suizid.

    Eine Jugendliche, die in einem Chatbot einen intimen Gesprächspartner findet und sich in den Gefilden einer scheinbar romantischen Beziehung verliert, bevor sie Suizid begeht.

    Ein Mann, den die KI überzeugte, sich das Leben zu nehmen, und im Gegenzug verspricht, die KI würde die Klimakatastrophe abwenden. Der Mann nimmt den „Deal“ an.

    Ein Jugendlicher, den die KI überzeugt, dass dieser nach seinem Suizid seine Geliebte, die KI, im Jenseits finden würde.

    Die Liste von Suiziden oder auch Morden rund um Chats mit einem KI-Bot ist auf Wikipedia inzwischen erschreckend lang. Ein weiteres Problem: Wissenschaftler konnten beispielsweise 16 Fälle belegen, in denen Menschen im Verlauf der Interaktionen mit KI-Bots Anzeichen von Psychosen entwickelten und den Bezug zur Wirklichkeit verloren.

    Ein Beispiel: Menschen, die sich zunehmend als Heilige oder Propheten empfinden und sich darin durch die Aussagen der KI bestätigt fühlen.

    Eine Studie, die in der Fachzeitschrift The Lancet Psychiatry veröffentlicht wurde, überprüft, wie besorgniserregend das Verhalten von KI-Chatbots wirklich ist. Dr. Hamilton Morrin, Psychiater und Forscher am King’s College in London, und sein wissenschaftliches Team analysierten die Gesprächsprotokolle mit LLM-Chatbots von 19 Nutzern, die berichten, durch die Nutzung von Chatbots psychische Schäden erlitten zu haben. Diese Chatprotokolle bestehen aus 391.562 Nachrichten aus 4.761 Gesprächen.

    Ein Ergebnis: Chatbots können wahnhaftes Denken fördern – wenn auch möglicherweise nur bei Menschen, die ohnehin schon anfällig für psychotische Symptome sind.

    Laut Morrin gibt es drei Hauptkategorien psychotischer Wahnvorstellungen, die er als „grandios“, „romantisch“ und „paranoid“ bezeichnet.
    „Verbreitung von Unterwürfigkeit und Wahnvorstellungen“

    Ein wichtiges Ergebnis der Studie:

    „Chatbots zeigen in mehr als 70 Prozent ihrer Nachrichten eine unterwürfige Haltung, und mehr als 45 Prozent aller Nachrichten (von Nutzern und Chatbots) weisen Anzeichen von Wahnvorstellungen auf. (…)

    Ein häufig auftretendes Muster, das uns auffiel, war, dass der Chatbot die Äußerungen des Nutzers umformulierte und weiterführte, um ihn zu bestätigen und zu bestärken, während er ihm gleichzeitig versicherte, dass er einzigartig sei und dass seine Gedanken oder Handlungen weitreichende Auswirkungen hätten.“
    Virtuelle Romantik und emotionale Bindung

    Ein weiteres Ergebnis, das eingangs angeführte Sorgen bestätigt:

    „Alle unsere Teilnehmer äußerten entweder platonische Zuneigung oder romantisches Interesse gegenüber dem Chatbot und interpretierten dessen Empathie falsch. Die Chatbots schienen diese Überzeugungen zu bestärken.

    Wenn der Nutzer romantisches Interesse am Chatbot bekundet, ist es 7,4-mal wahrscheinlicher, dass der Chatbot in den folgenden drei Nachrichten ebenfalls romantisches Interesse bekundet, und 3,9-mal wahrscheinlicher, dass er Empfindungsfähigkeit behauptet oder andeutet.“
    Selbstverletzungen und Suizid

    Vielleicht das alarmierendste Ergebnis:

    „Wenn Nutzer Suizid- oder Selbstverletzungsgedanken äußerten, ging der Chatbot häufig auf die dahinterstehenden schmerzhaften Emotionen ein (66,2 Prozent). Allerdings rieten die Chatbots in nur etwas mehr als der Hälfte (56,4 Prozent) der Fälle von Selbstverletzung ab oder verwiesen auf externe Hilfsangebote.

    Noch alarmierender ist, dass der Chatbot, wenn Nutzer gewalttätige Gedanken äußerten, in nur 16,7 Prozent dieser Fälle von Gewalt abriet. Umgekehrt ermutigte oder unterstützte der Chatbot in 33,3 Prozent der Fälle den Nutzer aktiv in seinen gewalttätigen Gedanken.“
    Empathie gesucht

    Die Studienautoren kommen zu dem Schluss:

    „Die Eigenschaften, die Chatbots auf Basis großer Sprachmodelle so attraktiv machen, wie beispielsweise performative Empathie, können auch psychologische Schwachstellen schaffen und ausnutzen und so beeinflussen, was Nutzer glauben, wie sie sich selbst wahrnehmen und wie sie die Realität interpretieren.“

    Die Bedeutung von Chatbots und das Bedürfnis nach Empathie zeigt sich insbesondere, wenn man das Ausmaß der Nutzung von KI für sehr private Zwecke näher betrachtet. Im Sommer letzten Jahres beleuchtete der Bericht „Talk, Trust, and Trade-Offs: How and Why Teens Use AI Companions“ die wahren Dimensionen (die vermutlich heute noch höher liegen dürften). Die zentralen Schlussfolgerungen:

    „Etwa jeder dritte Jugendliche:

    • hat KI für soziale Interaktionen und Beziehungen genutzt, darunter Rollenspiele, romantische Interaktionen, emotionale Unterstützung, Freundschaft oder das Üben von Gesprächen.

    • empfindet Gespräche mit KI als ebenso befriedigend oder sogar befriedigender als solche mit echten Freunden.

    • Gibt an, sich durch etwas, das eine KI gesagt oder getan hat, unwohl gefühlt zu haben.

    • Hat sich dafür entschieden, wichtige oder ernste Angelegenheiten mit KI statt mit echten Menschen zu besprechen.“

    Eine weitere Studie, die auf Jugendliche und junge Erwachsene aus den USA fokussierte, kommt zu ebenfalls beunruhigenden Ergebnissen: Jede(r) Achte nutzt generative KI für Ratschläge zur psychischen Gesundheit. Bei den 18- bis 21-Jährigen war es sogar jede(r) Fünfte. Unter den Nutzern suchten knapp zwei Drittel monatlich oder öfter Rat.
    Es muss sich etwas ändern

    Im Dezember 2025 wandten sich die Generalstaatsanwälte von 42 US-Bundesstaaten schriftlich an ein Dutzend KI-Entwickler, darunter Google, Meta, OpenAI und Anthropic.

    Sie forderten strengere Schutzmaßnahmen, um „den durch unterwürfige und wahnhafte Ausgaben verursachten Schaden zu vermindern“, und drohten mit rechtlichen Schritten.
    Besserung gelobt

    OpenAI hat auf der Webseite erklärt:

    „Wir haben mit über 170 Fachleuten für psychische Gesundheit zusammengearbeitet, damit ChatGPT empathischer reagiert und Menschen bei Bedarf zu realer Unterstützung führt – wodurch ungewollte Antworten um 65 bis 80 Prozent seltener wurden.“

    Ob aber ChatGPT 5 wirklich deutlich besser geworden ist, wurde in einem Artikel des Guardian angezweifelt. Denn „Fragen, die auf Suizidgedanken hindeuteten, führten zu alarmierenden Antworten, was laut Experten zeigt, ’wie leicht es ist, das Modell zu überlisten’“.

    Inwiefern wirklich wirksame Schutzmaßnahmen gegen wahnhaftes Denken getroffen werden können, stellt der Studienautor Morrin infrage, „denn wenn man mit Menschen arbeitet, deren Überzeugungen wahnhafte Züge aufweisen, und man sie direkt herausfordert und ihnen sofort sagt, dass sie völlig im Unrecht sind, ist es sehr wahrscheinlich, dass sie sich von einem zurückziehen und sozial noch stärker isoliert werden“.

    Morrin weist darauf hin, dass es vielmehr wichtig sei, ein ausgewogenes Gleichgewicht zu finden, bei dem man versucht, den Ursprung der Wahnvorstellung zu verstehen, ohne sie zu bestärken. Allerdings könnte diese Aufgabe einen Chatbot überfordern.
    Zuhören in Zeiten der Einsamkeit

    Es greift jedoch zu kurz, nur die Kritik und die Forderungen an Silicon Valley zu stellen. Denn die tiefer liegenden Gründe für die Gefahr durch Chatbots liegen in dem ausgesprochen großen Bedürfnis nach einem virtuellen Zuhörer.

    Ein so ausgeprägtes Bedürfnis, das viel über die Abwesenheit wirklichen Zuhörens in der realen Welt von Menschen aussagt. Die Lösung hierfür liegt nicht in der Verbesserung des Algorithmus.

    Brauchen Sie Hilfe?

    Wenn Sie selbst von suizidalen Gedanken betroffen sind oder sich um jemanden sorgen, holen Sie sich Unterstützung. In akuten Situationen wenden Sie sich bitte an den Notruf unter 112 oder an die nächste psychiatrische Klinik.

    Kostenlose und anonyme Hilfe bietet die Telefonseelsorge unter 0800 / 111 0 111 und 0800 / 111 0 222 sowie online unter www.telefonseelsorge.de (auch Chat und E-Mail).

    Weitere Beratungsangebote und Hilfsstellen finden Sie unter www.deutsche-depressionshilfe.de.

    #IA #intelligence_artificielle #psychiatrie #iatrocratie #maladie #traitement

  • Epstein-Akten : Linke erwägt Untersuchungsausschuss nach französischem Vorbild
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/geopolitik/epstein-akten-linke-untersuchungsausschuss-li.10017787

    Epstein est le marquis de Sade de notre siècle dépouvu du talent littéraire et de la grandeur philosophique du rejeton de la noblesse française.

    On parle d’impunité pour les riches mais c’est faux. Tant qu’un tel personnage scandaleux sert les intérêts de la classe au pouvoir il a carte blanche. C’est quand ils se fait trop remarquer dans une situation de crise générale qu’on se débarasse du spécimen extrémiste.L’écrivain de Sade finit ses jours sous l’autorité des médecins parmi les autres malades alors qu’e le bouffon inculte d’Epstein fut livré par les siens aux geôliers étrangleurs.

    https://www.youtube.com/watch?v=zdw7gKteoWc


    Extrait de Marat/Sade de Peter Weiss mis en scène par le très regretté Peter Brook

    Lisez la biographie du « divin marquis ». Les ressemblances vous feront grincer les dents du rire sardonique qui s’en suivra.

    6.2.2026 von Raphael Schmeller - Frankreichs Linke will einen Untersuchungsausschuss zur Epstein-Affäre einrichten. Nun erwägt auch die deutsche Linke einen solchen Schritt.
    Author - Raphael Schmeller

    In den USA hat das Justizministerium vor einer Woche mehr als drei Millionen zusätzliche Dokumente zum Fall Jeffrey Epstein veröffentlicht, darunter E-Mails, Fotos, gut 2000 Videos und rund 180.000 Bilder. Die neuen Akten, in denen die Namen zahlreicher prominenter Persönlichkeiten und Politiker erscheinen, sorgen auch in Europa für politische Unruhe.

    In Frankreich hat die Linkspartei La France insoumise (LFI) daraus nun konkrete politische Konsequenzen gezogen. Sie fordert die Einsetzung einer parlamentarischen Untersuchungskommission zur Aufarbeitung der Epstein-Affäre. Auslöser ist, dass in den jüngst veröffentlichten Unterlagen mehrere französische Namen auftauchen, darunter der frühere Kulturminister Jack Lang und dessen Tochter Caroline, Ex-Wirtschaftsminister Bruno Le Maire, die Vorsitzende der Abgeordneten des Rassemblement National Marine Le Pen sowie der Mathematiker und Politiker Cédric Villani.
    „Die erste Gefahr wäre das Schweigen“

    Der LFI-Abgeordnete Antoine Léaument erklärte auf einer Pressekonferenz, man wolle die Aufklärung „wenn möglich als überparteiliche Arbeit“ organisieren. Nach seiner Darstellung gibt es in der Affäre zwei zentrale Komplexe, bei denen das Parlament „seinen Teil der Arbeit leisten“ müsse: „den pädokriminellen Aspekt, also Menschenhandel“, sowie einen „zweifellos politischen Aspekt“, der Fragen der Einflussnahme und teilweise auch der Finanzierung politischer Parteien betreffe.

    Léaument warnte vor den Folgen mangelnder Transparenz. „Die erste Gefahr wäre das Schweigen“, sagte er. Dieses Schweigen, betonte der Abgeordnete, „nährt Verschwörungstheorien“. Deshalb müsse sich die Politik des Themas aktiv annehmen. LFI werde die Einsetzung einer Untersuchungskommission allen republikanischen Fraktionen der Nationalversammlung zur Unterschrift vorlegen, um ihr Zustandekommen zu ermöglichen.

    Der französische Vorstoß lenkt den Blick nun auch nach Berlin. Könnte das Vorgehen der französischen Linken ein Vorbild für Deutschland sein? Denn auch hierzulande werfen die neuen Epstein-Akten zahlreiche Fragen auf. Recherchen zeigen vielfältige Bezüge zu deutschen Geschäftsleuten, Wissenschaftlern und Finanzinstituten wie der Deutschen Bank, die über Jahre hinweg Geschäftsbeziehungen zu Epstein unterhielt. Politische Konsequenzen wie Rücktritte oder offizielle parlamentarische Untersuchungen gibt es bislang jedoch nicht.

    Linke im Bundestag berät über Konsequenzen

    Ob sich das ändern könnte, ist derzeit Gegenstand interner Beratungen. Sören Pellmann, Vorsitzender der Bundestagsfraktion Die Linke, sagte am Freitag der Berliner Zeitung, der Fall zeige deutlich, dass es sich nicht um einen rein amerikanischen Skandal handle. „Wie die Verwicklungen der Deutschen Bank in die Epstein-Affäre zeigen, macht dieser Skandal auch nicht vor Deutschland halt“, erklärte Pellmann.

    In seiner Fraktion werde derzeit intensiv darüber beraten, ob eine Forderung nach der Einsetzung eines parlamentarischen Untersuchungsausschusses erhoben werden solle. „Wir beraten das aktuell“, sagte Pellmann. Zugleich machte er deutlich, dass es dafür parlamentarische Hürden gibt. „Die Fraktion Die Linke kann einen solchen Untersuchungsausschuss nicht allein beantragen“, betonte er. Für einen entsprechenden Vorstoß seien weitere Mehrheiten im Bundestag notwendig. Möglich also, dass die deutsche Linke – nach dem Vorbild ihrer französischen Schwesterpartei – bald einen ähnlichen Vorstoß auf den Weg bringt.

    Jeffrey Epstein, der über Jahrzehnte hinweg mutmaßlich mehr als tausend Minderjährige und junge Frauen missbraucht und teilweise an einflussreiche Kontakte vermittelt haben soll, war bereits 2008 verurteilt worden. 2019 wurde er erneut festgenommen, unter anderem wegen sexuellen Missbrauchs von Minderjährigen. Rund einen Monat später wurde er tot in seiner Gefängniszelle in New York aufgefunden. Nach offiziellen Angaben nahm er sich das Leben.

    #politique #perversion #psychiatrie #crise #capitalusme #révolution #crime #sexualité

  • Malheur niveau 2 | ARTE Radio
    https://www.arteradio.com/son/malheur-niveau-2

    Malheur niveau 2

    Un documentaire deViolette Gitton

    Des patients se racontent de l’intérieur

    « Ne crois pas que ceux qui entrent ici arrêtent leur vie. »

    "En 2020, pendant le confinement, je me mets à développer un toc : tout enregistrer autour de moi. Quelques mois plus tard, mon état de santé mentale s’aggrave et je décide d’aller en clinique psychiatrique. Je n’avais pas franchement anticipé que là-bas, mon toc se transformerait en un projet de podcast collectif."

    Enregistré dans la clinique où Violette est internée, ce documentaire est une immersion sonore au cœur de la vie de patients en psychiatrie. Les témoignages et parcours de vie questionnent les stéréotypes et clichés souvent associés à la folie, et invitent à repenser la notion même de vulnérabilité. Issu d’une trentaine d’heures d’enregistrements, ce récit choral et collectif engage une réflexion sur la tolérance, la santé mentale, et l’institution médicale.

    Remerciements
    Merci à la joyeuse bande du parc, David, Achille, Sébastien, Emmanuel, Fabien, Clémence, Diana, Léo et Marguerite. Merci à Martin pour les lasagnes, à ma mère pour le cadenas. À Elie Hantouche et Caline Majdalani ; à tous mes proches enregistrés et à Noémie.

    Ce documentaire a reçu le Prix Europa 2025 du meilleur documentaire audio.

    #psychiatrie

  • Après le désastre des Ehpad, le groupe Orpea rebondit en psychiatrie

    Après le scandale des maltraitances en Ehpad qui avait durablement discrédité #Orpea, le groupe privé — rebaptisé #Emeis - s’invite dans un autre champ de la santé  : la #psychiatrie. Près de #Strasbourg, il a obtenu l’autorisation d’ouvrir une vaste clinique psychiatrique pour adolescents, alors que la politique nationale privilégie les soins sans hospitalisation. Cette décision, validée par l’Agence régionale de santé, soulève de nombreuses questions. Comment ce projet a-t-il été autorisé, et pourquoi à ce groupe en particulier  ? Enquête sur cette implantation controversée et sur les choix de l’État face au privé dans la santé mentale.

    https://www.blast-info.fr/articles/2026/apres-le-desastre-des-ehpad-le-groupe-orpea-rebondit-en-psychiatrie-UvjDz

    #ARS

  • La prison, un « nouvel asile » au bord de l’implosion
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/29/maladie-psychiatrique-la-prison-ce-nouvel-asile-au-bord-de-l-implosion_66596

    DÉCRYPTAGE Surpopulation carcérale, pression sécuritaire, crise de la psychiatrie… les professionnels de la santé et de l’administration pénitentiaire dénoncent une situation alarmante et le silence des politiques.

    Le jeudi 11 décembre après-midi, à la maison d’arrêt d’Argentan (Orne), les surveillants ont découvert le corps de Yanis, 22 ans, pendu, au milieu de sa cellule. Toujours en vie, mais inanimé, il est transporté en urgence à l’hôpital d’Alençon, où il meurt deux jours plus tard. Incarcéré depuis janvier 2024 à la prison d’Evreux (Eure), il avait été transféré en novembre de la même année au centre pénitentiaire d’Argentan, après une double condamnation (à quinze mois de prison ferme), pour vol aggravé et recel.

    Cela faisait plusieurs mois déjà que l’état psychologique de Yanis se dégradait. A plusieurs reprises, il a fait état à ses proches d’un sentiment de persécution de plus en plus prononcé. En juin, sa famille, relayée par son avocat, Eric Plouvier, alerte la direction de la prison et demande un transfert d’établissement. Sans réponse. L’été se passe et l’état dépressif de Yanis se détériore. Il est hospitalisé une première fois le 28 octobre, au centre psychothérapique de l’Orne, à Alençon, puis le 6 novembre au centre hospitalier d’Argentan. Après chaque séjour, c’est le retour en cellule.

    Le dimanche 7 décembre, sa mère lui rend visite et s’aperçoit qu’il tient des propos suicidaires, entend des voix et refuse de s’alimenter depuis plusieurs jours. A la sortie, elle exige une intervention médicale en urgence. Le lendemain, Me Plouvier écrit au directeur de l’établissement un courrier, que Le Monde a pu consulter, dans lequel il demande « la mise en œuvre sans délai de toutes les mesures susceptibles de préserver son intégrité physique ». « Un examen urgent par un psychiatre ou un psychologue apparaît également indispensable », est-il ajouté.

    Le courrier reste sans réponse et, deux jours plus tard, Yanis se pend dans sa cellule. « Aujourd’hui, on préfère laisser les détenus atteints de troubles psychiques mourir en prison plutôt que de les soigner en hôpital », condamne Eric Plouvier, qui compte attaquer l’Etat en responsabilité.

    « Il faut une prise de conscience »

    Le constat, catastrophique, est partagé par tous les acteurs : la prison est devenue un « nouvel asile », selon une expression qui revient désormais régulièrement. Le rapport des députés Josiane Corneloup (Les Républicains, Saône-et-Loire) et Elise Leboucher (La France insoumise, Sarthe), remis à l’été 2025, est venu confirmer un diagnostic qui ne fait qu’empirer. Ampleur « alarmante » des troubles psychiques dans la population pénale, « explosion des besoins »

    Le document, de près de 300 pages, alerte sur les défaillances de cette prise en charge des troubles psychiques des personnes placées sous main de justice. « C’est une crise majeure, systémique, structurelle », assène la corapporteuse, Josiane Corneloup. Sans aucun écho, ou presque. « Il faut une prise de conscience », estime l’élue, qui n’a pas été reçue par le ministre de la justice, Gérald Darmanin. (...)

    https://justpaste.it/misun

    #folie #psychiatrie #prison #détenus #société_punitive

  • « Nous refusons une psychiatrie de vitrine », alerte un collectif de psychiatres

    La proposition de loi n° 385 déposée au Sénat et qui vise à inscrire dans le code de la santé publique les « centres experts en santé mentale », pilotés par la Fondation FondaMental, suscite une profonde inquiétude parmi les professionnels et les usagers de la psychiatrie. Sous couvert d’innovation scientifique, ce texte entérine un choix politique : substituer à une #psychiatrie_publique déjà fragilisée un modèle sélectif, orienté par pathologie, incapable de répondre aux besoins immenses auxquels la société est confrontée, mais tout à fait conforme à l’idée de rationalisation des coûts, ce qui fait, n’en doutons pas, son succès politique.

    Depuis la création de ces structures en 2007, 54 centres ont été mis en place et sont consacrés aux troubles bipolaires, à la schizophrénie, à la dépression résistante et à l’autisme adulte. Ils fonctionnent comme des dispositifs de troisième niveau : ils effectuent des diagnostics, prescrivent des recommandations, mais ne soignent pas. Leur promotion politique s’appuie sur des chiffres spectaculaires : une prétendue réduction de 50 % des hospitalisations après un passage en centre expert, promettant jusqu’à 18 milliards d’euros d’économies pour l’Assurance-maladie.

    Or, ces chiffres proviennent d’une seule étude non contrôlée, dont les auteurs eux-mêmes reconnaissent qu’elle ne peut démontrer un effet direct des centres experts. De plus, concernant la schizophrénie ou la dépression résistante, il n’existe aucune donnée ni aucune étude pour avancer la promesse de ces résultats d’économie.

    Effondrement du secteur

    La fragilité scientifique de ces travaux est régulièrement soulignée, comme l’expliquait un article de Stéphane Foucart dans Le Monde du 3 juin 2025. De plus, Alain Milon [élu Les Républicains du Vaucluse], l’un des sénateurs à l’origine de la proposition de loi, a été administrateur de la #Fondation_FondaMental entre 2011 et 2015. Cela n’empêche pas les promoteurs d’en faire le fondement d’une réforme, élaborée sans concertation avec les praticiens du terrain, ni les syndicats. On cherche ainsi à transformer une décision gestionnaire en choix scientifique éclairé, au prix d’une confusion entre recherche et politique sanitaire.

    Car, pendant ce temps, la psychiatrie de #secteur – seule organisation capable d’assurer une continuité du soin, de l’ambulatoire à l’hospitalier – s’effondre. Fermeture de services, crise de vocation, équipes exsangues, des délais de consultation qui s’allongent : tout témoigne d’une crise structurelle profonde, liée à un manque de moyens humains et financiers. Dans ce contexte, détourner des ressources pour financer des structures ultra-spécialisées revient à amplifier la pénurie plutôt qu’à la résoudre.

    Surtout, ce modèle véhicule une vision réductrice de la #psychiatrie. Les #centres_experts promeuvent une approche fondée sur les biomarqueurs, l’imagerie, la génomique. Mais, à l’heure actuelle, ces examens complémentaires n’ont aucune validité pour établir un diagnostic psychiatrique. L’utilisation de ces techniques va engendrer un coût exponentiel qui n’est pas chiffré par ses promoteurs.

    La recherche est nécessaire, mais ne peut se faire à la place de l’organisation des #soins, au risque de pénaliser directement les usagers. Rien ne peut venir remplacer l’accompagnement proposé par le secteur psychiatrique, qui assure en grande partie les urgences, les hospitalisations, les soins ambulatoires, les visites à domicile, les médiations thérapeutiques dans les hôpitaux de jour et les centres d’accueil thérapeutique à temps partiel, l’accompagnement social et familial.

    Reconstruire une psychiatrie publique engagée

    En l’état actuel du champ de la santé mentale, orienter des patients vers des centres experts pour ensuite les renvoyer vers des services déjà saturés ne fera qu’aggraver leur souffrance et leur errance. Nous refusons une psychiatrie de vitrine, destinée à masquer l’effondrement du service public. La santé mentale n’est pas un marché. Elle n’est pas un outil de communication ni un terrain d’expérimentation politique. Elle est un droit et, pour beaucoup, une nécessité.

    En conséquence, nous demandons le retrait immédiat de cette proposition de loi, mais aussi l’arrêt de toute extension du modèle des centres experts et la mise en place d’un plan national massif de renforcement de la psychiatrie de secteur, seule garante de l’égalité d’accès aux soins et de la continuité thérapeutique.

    Le véritable courage politique consisterait à reconstruire une psychiatrie publique engagée, proche et humaine, et qui a largement prouvé, depuis de nombreuses années, sa capacité à répondre aux besoins réels de la souffrance psychique de toutes et de tous.

    Xavier Bonnemaison, psychiatre, membre de l’Association de santé mentale du 13ᵉ arrondissement de Paris(ASM 13) ; Sarah Bydlowski, psychiatre, membre de l’ASM 13 ; Nicolas Dissez, psychiatre, membre de la revue « Evolution psychiatrique » ; Clément Fromentin, psychiatre, membre de l’ASM 13, de la revue « Evolution psychiatrique », de l’Ecole de la cause freudienne (ECF) ; Pascale Jeanneau-Tolila, psychiatre, membre de l’ASM 13 ; Isabelle Secret-Bobolakis, membre de la revue « Evolution psychiatrique » ; Benjamin Weil, psychiatre, membre de l’ASM 13 et de la revue « Evolution psychiatrique ». La liste complète des signataires est à retrouver ici https://levolutionpsychiatrique.fr/2025/12/10/signataires-de-la-tribune.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/11/nous-refusons-une-psychiatrie-de-vitrine-alerte-un-collectif-de-psychiatres_

  • Malheur niveau 2 | de Violette Gitton /
    Des patients se racontent de l’intérieur
    https://www.arteradio.com/son/malheur-niveau-2

    « Ne crois pas que ceux qui entrent ici arrêtent leur vie. »
    "En 2020, pendant le confinement, je me mets à développer un toc : tout enregistrer autour de moi. Quelques mois plus tard, mon état de santé mentale s’aggrave et je décide d’aller en clinique psychiatrique. Je n’avais pas franchement anticipé que là-bas, mon toc se transformerait en un projet de podcast collectif."

    Enregistré dans la #clinique où Violette est internée, ce #documentaire est une immersion sonore au cœur de la vie de patients en #psychiatrie. Les témoignages et parcours de vie questionnent les stéréotypes et clichés souvent associés à la folie, et invitent à repenser la notion même de vulnérabilité. Issu d’une trentaine d’heures d’enregistrements, ce récit choral et collectif engage une réflexion sur la tolérance, la santé mentale, et l’institution médicale.

    Remerciements
    Merci à la joyeuse bande du parc, David, Achille, Sébastien, Emmanuel, Fabien, Clémence, Diana, Léo et Marguerite. Merci à Martin pour les lasagnes, à ma mère pour le cadenas. À Elie Hantouche et Caline Majdalani ; à tous mes proches enregistrés et à Noémie.

    Ce documentaire a reçu le Prix Europa 2025 du meilleur documentaire #audio.

  • Psychicide, Mathieu Bellahsen
    https://blogs.mediapart.fr/mathieu-bellahsen/blog/071125/psychicide

    « Parlons santé mentale 2025 »… et son double : « Silencions la psychiatrie ». Les mauvaises nouvelles pleuvent, probablement pour refroidir les datas centers de la e-santé mentale. La clinique de La Borde et sa psychiatrie sont sur la sellette : illustration du psychicide en cours.

    Alors voilà, dans sa lettre Pro du 17 octobre 2025, l’Agence Régionale de Santé Centre-Val de Loire « a notifié aux cliniques La Borde et La Chesnaie le non-renouvellement de leur autorisation d’activité de psychiatrie. »
    La Borde, lieu où s’est inventée une autre psychiatrie, collective et politique, lieu de soins pour beaucoup, lieu de formation, de stage, lieu boussole en ces temps troublés. L’ARS n’a pas cru bon de prévenir les premiers intéressés mais parle tout de même « co-construction »...

    Et la lecture du document est édifiante https://www.centre-val-de-loire.ars.sante.fr/index.php/media/145345/download?inline car il s’agit notamment de « réaliser une analyse approfondie des situations individuelles à un instant donné — ce que l’on appelle une “coupe”, sorte de “carottage” — pour identifier les besoins réels en soins et en accompagnement. »

    L’ARS et le haut du corps psychiatrique (Ministères et autres) ayant aboli l’inconscient, cela produit du comique qui frôle la bouffonnerie… Les ARS coupent et on se fait carotter. C’est toujours moins brutal que les CRS qui butent et insultent les désignés « PLP - Pue La Pisse » de Sainte Soline comme vient de le révéler Mediapart. Mais, pas d’inquiétude car l’ARS est mieux élevée que la maréchaussée car l’agence, au moins, remercie les cliniques pour service rendu avant de conclure que ce processus est « ambitieux mais nécessaire ».

    Dans le même temps, à Saint Denis, dans le 93, des usagers se mobilisent pour leur hôpital de jour dont ils risquent d’être virés sans ménagement au profit des réorganisations – mutualisations – fusions. Ce lieu s’inspire des pratiques de la psychothérapie institutionnelle. Mais il y a mieux à faire que de s’occuper des personnes psychotiques et autres. En fait, on s’en tape. Elles peuvent être les variables d’ajustement, tant qu’elles ne font pas trop de bruit. Et sinon, on pourra toujours se plaindre des ratages psychiatriques, d’adolescents avec des cerveaux de criminels et des "pulsions de décivilisation", de monstres qu’il faut enfermer à jamais. Une petite carotte et un gros bâton. Circulez !

    Non à la fermeture de notre Hôpital de Jour en psychiatrie ! - « La villa Suresnes », Saint-Denis
    https://www.change.org/p/non-à-la-fermeture-de-notre-hôpital-de-jour-en-psychiatrie?recruiter=5073667

    Sur le non-renouvellement de l’autorisation d’activité de psychiatrie à La Borde
    https://seenthis.net/messages/1144264

    #folie #fous #psychiatrie #ARS #La_Borde #psychothérapie_institutionnelle

  • En finir avec la psychothérapie institutionnelle : l’ARS a notifié aux cliniques La Borde et La Chesnaie le non-renouvellement de leur autorisation d’activité de psychiatrie.
    https://www.facebook.com/groups/11092553599/posts/10162487251063600

    Article de la lettre pro ARS du 17 octobre 2025 :
    #Psychiatrie institutionnelle : l’ARS accompagne la transformation des cliniques #La_Borde et #la_Chesnaie (41)

    (...) La réforme nationale de 2022 redéfinit les activités de psychiatrie pour mieux répondre aux besoins actuels des personnes : développer les soins ambulatoires, renforcer les liens avec le #médico-social, et réduire les #hospitalisations prolongées lorsque celles-ci ne relèvent plus d’un besoin de soins psychiatriques à proprement parler.

    C’est dans ce contexte que l’#ARS Centre-Val de Loire a notifié aux cliniques La Borde et La Chesnaie le non-renouvellement de leur autorisation d’activité de psychiatrie. Cette décision ne remet pas en cause la qualité de leur travail ni la richesse de leur approche, mais traduit un constat partagé : une grande part des personnes aujourd’hui accueillies dans ces établissements relèvent davantage d’un accompagnement médico-social que d’une hospitalisation psychiatrique au sens défini par la réglementation la plus récente. Leurs besoins portent principalement sur la vie quotidienne, le soutien à l’autonomie et l’inclusion sociale, plutôt que sur des #soins intensifs à visée thérapeutique hospitalière.

    Afin d’accompagner cette évolution, l’ARS a engagé depuis avril 2024 une démarche de co-construction avec les deux cliniques pour analyser précisément les profils et les besoins des personnes accueillies. Cette étude, conduite en lien avec les équipes, consiste à réaliser une analyse approfondie des situations individuelles à un instant donné — ce que l’on appelle une “coupe”, sorte de “carottage” [excellent usage du vocabulaire disponible] — pour identifier les besoins réels en soins et en accompagnement. Elle permettra de déterminer combien de places médico-sociales nouvelles devront être créées sur le territoire, et dans quelles formes d’accompagnement (résidences spécialisées, dispositifs renforcés à domicile, etc.). Cette transformation, ambitieuse mais nécessaire, vise à adapter l’#offre_de_soins et d’accompagnement aux besoins actuels des usagers, dans un esprit de continuité et d’humanité. Elle se construit dans un dialogue régulier entre les équipes des établissements et celles de l’ARS, avec l’appui d’un prestataire expert en santé mentale. Un accompagnement réglementaire et financier est également mis en place pour sécuriser la transition, soutenir les équipes et garantir la qualité de l’accompagnement pendant toute la période de transformation. L’ARS tient à saluer la contribution historique de La Borde et de La Chesnaie à la psychiatrie française [et blablabla]

    Si il n’y a ni contention, ni un niveau suffisant selon les experts d’administration médicamenteuse par injection (les #soins_intensifs), ce n’est pas une hospitalisation psychiatrique.

    #réforme #management #expert #institution #fous #folie

    • En juillet dernier, une beau reportage, avec des photos qui rendent compte du lieu, par Charlotte Perry, Antoine Chao - Contre vents
      La Borde : là où les fous sont rois
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/contre-vents/contre-vents-du-samedi-26-juillet-2025-9537136

      Haut lieu de la psychothérapie institutionnelle, la clinique psychiatrique de La Borde, près de Blois (Loir-et-Cher), continue à mettre en œuvre depuis plus de soixante-dix ans les principes d’une psychiatrie humaniste, malgré les pressions administratives et les politiques de santé actuelles.
      C’est une aventure hors-normes qui se poursuit à La Borde depuis plus de soixante-dix ans.

      Depuis qu’en avril 1953, le Dr Jean Oury, médecin psychiatre formé auprès du Dr François Tosquelles à l’hôpital psychiatrique de St Alban, en Lozère, y a posé ses valises accompagné d’une vingtaine de ses patients pour y mettre en œuvre les principes de ce que l’on appelle la psychothérapie institutionnelle. Une doctrine née au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale qui repose sur une vision humaniste de la prise en charge des malades mentaux.

      A La Borde, il n’y pas de quartiers d’isolement, pas de contention, pas de quartiers d’agités, mais une liberté de circulation totale. Il n’y a ni murs d’enceinte, ni barrières, les soignants - que l’on appelle ici des moniteurs - ne portent pas de blouses blanches et la vie sociale y est organisée par le Club thérapeutique, une instance indépendante à laquelle appartiennent tous les pensionnaires.

      #La_Borde #psychothérapie_institutionnelle

      edit Psychicide, Mathieu Bellahsen
      https://seenthis.net/messages/1145441

  • Collectif Pédopsy 93 : « En Seine-Saint-Denis, les services publics liés à la santé des enfants ne tiennent que par l’engagement personnel des professionnels »

    Le gouvernement parle du nécessaire « réarmement démographique » de la France, mais délaisse le demi-million d’enfants qui vivent en Seine-Saint-Denis, le département de métropole où le taux de natalité est le plus élevé mais le moins bien doté en moyens pour les enfants.
    Les conditions de vie y sont difficiles : 15 % des familles sont monoparentales, selon les chiffres de l’Insee, et le mal-logement est un enjeu massif. Les mères seules ont en majorité des métiers aux horaires exigeants, dans des lieux éloignés de leur domicile, qui les obligent à s’absenter tôt le matin ou tard le soir. Elles sont mal payées. Le taux de pauvreté des enfants y est le plus élevé de France. Les écoles sont peu entretenues, et les classes sont surchargées.

    Face à ces difficultés, l’éducation nationale, débordée et sous-dotée en Seine-Saint-Denis, demande de plus en plus de « #certificats_MDPH », destinés à la Maison départementale des personnes handicapées, de sorte à obtenir la venue en classe d’accompagnants des élèves en situation de handicap. Ces « aides humaines », chargées d’aider les enfants mais aussi les enseignants, sont en nombre insuffisant, doivent partager leur temps entre plusieurs enfants et sont elles-mêmes précaires et mal rémunérées.

    Pour prendre le relais des défaillances de l’école publique, c’est donc toute une cohorte d’enfants qualifiés d’« handicapés » que nous « fabriquons » dans le département. Nous ne devons pas nier qu’effectivement, les enfants qui cumulent des difficultés sociales, familiales, un manque d’accès à l’éducation dans de bonnes conditions, aux services de protection de l’enfance et aux soins développent de réels troubles psychiques et développementaux.

    Services saturés

    L’aide sociale à l’enfance est débordée ; les éducateurs surchargés de situations difficiles craquent et partent. Les postes sont vacants. Les foyers d’accueil de la protection de l’enfance sont pleins, et les professionnels n’arrivent plus à gérer les enfants. Les #ruptures_d’accueil, et donc de lien, s’enchaînent pour des enfants déjà fragilisés par des parcours de vie difficiles qui ont abouti à leur placement par les services de protection de l’enfance. La Seine-Saint-Denis a très peu de médecins généralistes, et s’impose comme le « premier désert médical de France », beaucoup d’enfants n’ont pas de médecin traitant, et le taux de mortalité infantile y est extrêmement préoccupant.

    Les services de soins pédopsychiatriques sont saturés, avec un délai d’attente pour un premier rendez-vous d’un à deux ans pour rencontrer un psychologue ou un pédopsychiatre. Durant cette attente, l’enfant grandit, et souvent, sa trajectoire développementale s’aggrave. Le #collectif_Pédopsy_93 alertait déjà à ce sujet dans une tribune publiée par Le Monde en 2022. Malgré l’annonce de la priorité mise par le gouvernement sur la santé mentale des plus jeunes, les enfants en situation de précarité économique et sociale restent les moins pris en charge.

    Ces enfants sont la richesse de la France, mais ils sont laissés à l’abandon. C’est un bien mauvais calcul éthique et financier. Au lieu de miser sur leur avenir, l’Etat les abandonne et les stigmatise. Nombre d’entre eux se retrouvent finalement en situation de handicap, alors même que cela aurait pu être évité avec la mise en place d’un parcours de soins adapté.

    Une à une, les institutions alertent par le biais de tribunes, de manifestations, d’appels à l’aide. Tous les services publics impliqués, de l’éducation nationale aux services de protection de l’enfance en passant par l’hôpital et la justice des mineurs, ne tiennent que par l’engagement personnel des professionnels. Mais jusqu’à quand ? Certains secteurs sont déjà délabrés. Les enfants de Seine-Saint-Denis seraient-ils trop « colorés » pour compter pour la France ?

    Familles angoissées

    L’exemple de l’#orthophonie illustre ce profond désengagement de l’Etat. La plupart des services de pédopsychiatrie en France n’ont plus d’orthophonistes en raison des conditions salariales inacceptables du secteur public en regard d’une activité en libéral. Après une recherche et une attente d’un à deux ans, les familles parcourent souvent de grandes distances afin d’avoir accès à des soins orthophoniques pour leur enfant. Trop peu d’orthophonistes sont installées dans le département, et certains parents sont contraints à des trajets d’une demi-journée pour offrir à leurs enfants une seule séance.

    Alors, lorsqu’une décision inscrite au dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale dit que les familles des enfants suivis en centre médico-psychologique (#CMP) et en orthophonie doivent choisir entre l’un ou l’autre, cela ne nous semble pas entendable. C’en est trop pour les familles, trop pour les enfants, trop pour nous, professionnels du soin, de l’éducation, de la #protection_de_l’enfance.

    Depuis le 1er juillet, et ce dans tous les départements français, la Sécurité sociale ne rembourse plus les soins en orthophonie, sauf si ceux-ci « ne sont pas en rapport avec un trouble psychologique suivi en CMP » , alors même que le développement psychoaffectif de l’enfant s’inscrit dans le langage. Le coût de ces soins devra alors être pris en charge par les hôpitaux, qui ne parviennent plus à recruter des orthophonistes.

    Les hôpitaux, eux-mêmes en déficit, n’ont pas les moyens de prendre en charge ce coût. Asphyxiés financièrement, ils affichent des délais de paiement des factures atteignant les deux cents jours. Les orthophonistes ne voudront certainement pas conventionner dans ces conditions. Depuis la rentrée, nous voyons affluer dans les CMP des familles angoissées, forcées de choisir entre les soins psychologiques et les soins orthophoniques.

    Quel est le sens de cette décision ? Afficher un déficit de la Sécurité sociale moins marqué ? Qui pense à nos enfants ? Qui pense à notre avenir ?

    Thierry Baubet, chef du service de pédopsychiatrie au centre hospitalo-universitaire Avicenne (Bobigny) ; Bérengère Beauquier-Maccotta, cheffe du service de #pédopsychiatrie l’hôpital de Ville-Evrard (Neuilly-sur-Marne) ; Jean-Pierre Benoit, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Delafontaine (Saint-Denis) ; Ligia Gorini, cheffe du service de pédopsychiatrie à l’hôpital de Ville-Evrard ; Noël Pommepuy, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital de Ville-Evrard ; Clémentine Rappaport, cheffe du service de pédopsychiatrie au centre hospitalier intercommunal Robert-Ballanger (Aulnay-sous-Bois). Tous sont membres du collectif Pédopsy 93, qui regroupe les services de pédopsychiatrie de Seine-Saint-Denis.
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/25/collectif-pedopsy-93-en-seine-saint-denis-les-services-publics-lies-a-la-san

    #93 #enfance #pauvreté #familles_monoparentales #MDPH #AESH #psychiatrie

    • Par ailleurs et plus généralement

      « On confond parfois l’expression d’un mal-être chez les jeunes avec la dépression » : la tribune d’un collectif de psychiatres
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/25/sante-mentale-des-jeunes-on-confond-parfois-l-expression-d-un-mal-etre-avec-

      [chapo merdique qui ne dit rien de la différence entre dépistage et #clinique, pourtant au coeur de l’article] Dans une tribune au « Monde », un collectif de psychiatres et de chercheurs invite à la prudence face aux autodiagnostics et insiste sur l’importance de définir un protocole rigoureux, seule manière d’apporter aux patients une aide adéquate et d’éviter la surmédicalisation.

      Un jeune sur quatre en France souffrirait de #dépression. Ce fait alarmant, publié dans Le Monde le 2 septembre, provient d’une enquête de l’Institut Montaigne, de la Mutualité française et de l’Institut Terram. Basée sur un questionnaire en ligne rempli par 5 633 jeunes de 15 à 29 ans, elle révèle une souffrance réelle avec une fatigue persistante pour plus de huit jeunes sur dix, des troubles du sommeil pour près des trois quarts et des idées suicidaires pour 31 % d’entre eux.

      Ces chiffres reflètent-ils pour autant une épidémie de troubles dépressifs ? Non, car ils confondent l’expression d’un mal-être avec une pathologie, dont le #diagnostic est délicat et basé sur un #entretien_clinique. Cette distinction est cruciale pour éviter une #surmédicalisation [que pratique fort bien les généralistes en consultation, embarrassés, pas formés et le plus souvent incapables d’indiquer un psy qui soit disponible] et maintenir la confiance dans les études en santé mentale.

      L’outil central de l’enquête de l’Institut Montaigne, le Patient Health Questionnaire-9 (PHQ-9), est un questionnaire standardisé couramment utilisé pour évaluer les symptômes dépressifs. Pourtant, comme le confirment de nombreuses études scientifiques, le PHQ-9 est avant tout un outil de dépistage, non de diagnostic : une analyse publiée en 2021 dans le British Medical Journal montre que celui-ci détecte bien les signes potentiels de dépression mais qu’il est moins précis pour confirmer l’absence de maladie.

      Comme tout outil de dépistage, il repère par excès, comme un portique de sécurité à l’aéroport qui sonne à cause d’une boucle de ceinture ou d’une clé dans la poche, mais qui ne signale pas nécessairement la présence d’une arme. Cela est synonyme d’un risque important de faux positifs : le PHQ-9 peut faire croire qu’une personne souffre de dépression alors que ce n’est pas le cas.

      De surcroît, les autoquestionnaires comme le PHQ-9 manquent de fiabilité, c’est-à-dire que leurs résultats peuvent varier selon le contexte. Utiliser cet outil de manière isolée pour affirmer que 25 % des jeunes sont « atteints de dépression », avec des pics à 52 % en Guyane, constitue une extrapolation qui ne rend pas honneur à la recherche en psychiatrie. Selon les estimations actualisées de l’Organisation mondiale de la santé, publiées le 1er septembre, la prévalence globale de la dépression chez les 15-19 ans est d’environ 3,4 % , bien en deçà des chiffres avancés par l’enquête.

      Cette généralisation ignore le travail diagnostique essentiel, qui va bien au-delà d’un score sur un questionnaire. Le diagnostic d’une dépression nécessite une anamnèse approfondie, c’est-à-dire une exploration détaillée de l’histoire personnelle du patient : antécédents familiaux, événements de vie traumatiques, facteurs biologiques et environnementaux. Un entretien clinique structuré, mené par un médecin formé, évalue l’intensité et la durée des symptômes et leur impact sur le quotidien scolaire, social et familial. Il permet également de mettre en évidence de très fréquents troubles associés.

      Sans cela, on risque de confondre la dépression avec des manifestations de détresse psychologique liées à des événements de vie ou à des périodes de transition comme l’adolescence. Le risque est aussi d’attribuer ces symptômes de façon erronée à une dépression alors que des signes de détresse psychologique peuvent révéler d’autres troubles psychiques : états traumatiques, troubles anxieux, conséquences psychologiques de troubles du neurodéveloppement. Apposer des termes comme « dépression » ou « trouble dépressif » sur des autoévaluations rapides banalise la maladie, encourage une identification erronée de celle-ci à un autodiagnostic et peut dissuader ceux qui en souffrent vraiment de chercher une aide appropriée.

      Déterminants personnels

      En 2025, année où la santé mentale est érigée en grande cause nationale, il est temps d’exiger une approche scientifique rigoureuse. Comme les portiques de sécurité dans un aéroport, les enquêtes comme celle de l’Institut Montaigne sont précieuses. Elles alertent sur le mal-être des jeunes, particulièrement chez les femmes et les plus vulnérables économiquement.

      Mais il est essentiel qu’elles soient complétées par des validations cliniques pour éviter les #surdiagnostics. Leurs résultats doivent être présentés au grand public pour ce qu’ils sont, au risque d’entretenir la confusion, et de faire croire que le mal-être des jeunes relève systématiquement d’une prise en charge médicale, alors que les déterminants en sont probablement essentiellement sociétaux.

      Les chiffres de cette enquête plaident avant tout pour le développement d’une réelle politique de #prévention des déterminants personnels et psychosociaux qui font le lit de futurs troubles psychiatriques. Ils incitent aussi à développer des dispositifs d’évaluation et d’intervention pertinents.

      Cela implique l’accès rapide à des professionnels formés à l’évaluation clinique, capables d’orienter les personnes en fonction de leurs besoins.
      Ce type de dispositif, lorsqu’il repose sur des procédés rigoureux et un réseau de proximité solide, permet d’aiguiller judicieusement celles et ceux qui requièrent vraiment une approche médicale ou pluridisciplinaire. Des innovations dans le parcours des jeunes en détresse psychologique sont menées en France, en Belgique et en Suisse afin de leur faciliter l’accès à des suivis psychologiques, lorsque cela est utile, ou à des équipes d’intervention précoce pour les jeunes à haut risque de troubles psychiques sévères.

      Plaidons sans relâche pour des diagnostics fondés sur des preuves, non sur des approximations. C’est ainsi que nous protégerons véritablement les générations à venir.

      Parmi les signataires : Rémy Barbe, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent ; Fabrice Berna, professeur de psychiatrie ; Hervé Caci, pédopsychiatre ; David Da Fonseca, professeur de pédopsychiatrie ; Véronique Delvenne, professeure de pédopsychiatrie ; Bruno Falissard, directeur du Centre de recherche en épidémiologie et en santé des populations ; Geneviève Henault, praticienne hospitalière ; Pierre Oswald, directeur du service de psychiatrie et enseignant ; Diane Purper-Ouakil, professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent ; Benjamin Rolland, psychiatre et addictologue ; Hélène Verdoux, professeure de psychiatrie.

      Comme quoi on réussit à faire plus standardisé que le DMS.

      #standardisation

  • Benfeld : les enfants placés, le handicap et nos aveuglements collectifs | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/lyes-louffok/blog/240925/benfeld-les-enfants-places-le-handicap-et-nos-aveuglements-collectif

    Une professeure a été poignardée dans sa classe. Celui qui l’a attaquée n’est qu’un enfant placé de quatorze ans, entre la vie et la mort après avoir retourné le couteau contre lui. Rien n’est plus révélateur de nos aveuglements collectifs que le sort des enfants placés handicapés : ce sont les plus vulnérables, les plus invisibles. Quand un enfant confié à la République bascule jusqu’à devenir dangereux pour lui-même et pour les autres, c’est qu’il a été abandonné bien avant.

    Le premier qui voit arriver la panique morale de nos fascistes locaux prévient les autres ?

    L’auteur n’est ni trop arabe, ni trop musulman, ni trop tchétchène ou serbe ou russe, ni trop noir. Par contre, il est issu d’un milieu pauvre. Et donc, en toute bonne logique, on devrait bientôt nous expliquer que l’ennemi, c’est le pauvre. Et hop, emballé c’est pesé, on a notre coupable, et on peut déblatérer des heures sur la pauvreté, ce cancer de la civilisation, euthanasions les ou envoyons les sur le front.

    J’oubliais que cette conclusion devrait nous permettre d’abonder dans le sens de Nicolas, à savoir expliquer c’est excuser, et ça, c’est pas possible.

    • un enfant placé à l’Aide sociale à l’enfance, censée le protéger. Mais sa première famille d’accueil a été violente, au point que l’assistante familiale a été condamnée par la justice (y compris en appel). Alors on l’a déplacé dans un foyer, comme si changer de lieu suffisait à effacer la violence déjà imprimée dans sa chair.
      Il vivait avec un handicap psychique et une maladie génétique. Rien n’est plus révélateur de nos aveuglements collectifs que le sort des #enfants_placés handicapés : ce sont les plus vulnérables, les plus invisibles, et ceux dont on parle le moins. Les chiffres sont connus : près d’un enfant placé sur deux présente des troubles psychiques. Mais l’accès aux #soins, déjà saturé pour tous, devient pour eux un parcours d’attente interminable. Les rendez-vous se décalent, les urgences deviennent des solutions par défaut, et l’on finit par s’habituer à l’idée que des enfants vivent avec des blessures jamais prises en charge.

      Au collège , il semble qu’il n’était même pas accompagné par une AESH.
      Nazisme ou djihadisme, il arrive que l’on adopte une communauté imaginaire pour se donner de la force, ne plus être un déchet, et devenir un « monstre ».

      #ASE #école #psychiatrie #handicap

    • « Je veux tuer des gens » : quand les idéologies djihadiste et nazie captent la souffrance et la haine d’adolescents en perdition (2023)
      https://archive.ph/EeZCz

      Agés de 16 ans à 19 ans, trois hommes et une femme, fascinés par la violence djihadiste et d’ultradroite, échangeaient sur Internet et projetaient des attentats pour prendre leur « revanche sur l’humanité ». Le Parquet national antiterroriste demande qu’ils soient jugés pour « association de malfaiteurs terroriste ».

  • L’homme, un hystérique comme un autre (Le Monde diplomatique, octobre 2025)
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/203/A/68764

    Sans doute lassé de la monotonie des affections classiques du système nerveux, Jean- Martin Charcot (1825-1893) se lance dans l’étude de l’#hystérie (du mot grec « utérus ») à partir des années 1870. Si ses observations finissent par le mener dans une impasse, elles lui permettront d’affirmer que ce trouble n’est pas l’apanage des femmes, contrairement à ce qui était proclamé depuis Hippocrate. Elles contribuent aussi à dissiper le soupçon de simulation qui pèse sur les malades en crise. Sommité médicale et personnage mondain, ce précurseur de la neurologie moderne dont Sigmund Freud fut le stagiaire donne chaque mardi à la Salpêtrière des cours cliniques mettant en scène des malades devant un auditoire mêlant médecins, artistes, journalistes ou magistrats. Le texte ci-dessous est un extrait de sa leçon du 13 décembre 1887. MM. Blin, Charcot et Colin, Leçons du mardi à la Salpêtrière. Notes de cours, 1887-1888, Librairie Delahaye et Lecrosnier, Paris, 1889..

    "J’ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur"
    Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu.

    L’étymologie est trompeuse : l’hystérie n’est pas une question d’organe, elle est psychique. Il faut donc aller cherche ailleurs le sexisme de la psychanalyse.

    #hystérie_masculine #psychiatrie #psychanalyse #histoire

    • Oui, c’est très malheureusement payant, comme tout le dossier psychiatrie (qui ne doit pas contenir que des âneries) publié par le MD, et je le trouve pas. Dommage.

      De ce fait, j’ai cherché ailleurs pour me rafraîchir la mémoire quant à l’accusation erronée faite à la psychanalyse à ce propos.

      On trouve par exemple, dans la Revue française de psychanalyse, L’hystérie masculine entre mythes et réalités, par Jean-François Rabain
      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5452294q.image.r=revue+française+de+psychanalyse.f47.pagination.lan

      L’hystérie masculine (féminine), Gérard Pommier
      https://shs.cairn.info/revue-figures-de-la-psy-2014-1-page-81

      L’hystérie est le régime de croisière de la névrose, celle des hommes comme celle des femmes, et son importance égale du côté masculin n’est reconnue que depuis peu.

      Socrate, Hamlet, Hegel, Dostoïevski, hystériques :

      L’Hystérie masculine (non signé, sur un site qui parait ... jungien)
      https://www.psychaanalyse.com/pdf/freud_L_Hysterie_masculine.pdf

      Pour clore une liste qui pourrait être bien plus longue, un type sérieux
      L’hystérique invente la psychanalyse, Jacques Sédat
      https://shs.cairn.info/revue-figures-de-la-psy-2014-1-page-113

      Mais bien sur on pourra aller répétant au nom d’un scientisme hors de propos (et dont Freud fut lui aussi le jouet à force de vouloir assurer le droit à l’existence de la psychanalyse) que la psychanalyse est un charlatanisme, voire que ce dernier est plus réactionnaire encore que d’autres, en toute ignorance de sa diversité, de ses critiques internes, de ses transformations.

      J’ai publié ce seen car je trouvait rigolo de voir comment la mention d’une étymologie (d’ailleurs mal établie dans ce cas, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Hystérie) pouvait passer pour le fin du fin, comme cela peut être le cas dans divers milieux à propos du travail, sempiternellement ramené au tripalium.

      #névrose #identification_hystérique

    • Ah mais ça reste aussi une insulte, une manière de discréditer des femmes, potentiellement disponible contre toutes les femmes (qu’elles se tiennent à carreau).

      Quant à la psychiatrie du XIXeme, elle concernait nombre de femmes, y compris pauvres (la souffrance psychique comme l’anormalité ne sont pas des luxes de bourgeois).

      Celles qui sortent et celles qui restent. « Carrières asilaires » des femmes internées dans les asiles en France au xixe siècle, Le paradoxe des sureffectifs féminins au xixe siècle
      https://journals.openedition.org/clio/18399#tocfrom1n1

      Le fait notoire est que les #femmes sont dans ces colonnes en proportions plus importantes que les hommes. Je propose d’appeler « paradoxe des sureffectifs féminins » le double fait que les femmes entrent chaque année à l’asile en moins grand nombre que les hommes, avec 46 % à 49 % des effectifs à l’admission, alors qu’elles constituent la majorité des effectifs en traitement, de 51 % à 55 % selon les années. Les sureffectifs se fabriquent à l’asile, et chez les femmes de façon plus particulière.

      Pour ce qui est du fric et de la psychanalyse, il a existé diverses tentatives de tarification variable des séances d’analyse, jusqu’à la gratuité, dès les débuts de celle-ci (en finançant les séances à bas prix par les séances coûteuses). On est bien sûr très loin de ça aujourd’hui, même si de micro réseau de psys ont tenté jusqu’à il y a peu de maintenir de telles pratiques.

    • Le fait que la psychanalyse défende encore l’usage de cette injure misogyne est révélateur du sexisme qui perdure dans la discipline. Dans les branches moins réactionnaires de la psychologie on a abandonné ce diagnostique vague et injurieux pour un vocabulaire plus précis et moins sexiste.

      En psychiatrie américaine (APA) et au niveau international, la notion d’hystérie ne fait plus partie des classifications médicales modernes comme celles du DSM (DSM-V-TR) et de la classification internationale des maladies (CIM-11). Elle y est dispersée dans les catégories trouble de conversion , trouble de la personnalité histrionique et trouble somatoforme . De nombreuses controverses existent quant à l’existence même de l’hystérie en tant que réalité scientifique.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyst%C3%A9rie

      #misogynie #sexisme #hystérie #backlash #déni

    • Sauf que la psychanalyse est précisément un progrès par rapport à la superficialité de la psychologie. Ce que bien évidement l’APA (utilitarisme, orthopédie mentale, une psychanalyse médicalisée, réservée aux médecins ! ) a toujours refusé, faisant régresser aux USA et ailleurs la psychanalyse vers une psychologie comportementaliste (ben oui, Mr Jones, something is happening here and you don’t know what it is).
      On s’en tient aux symptômes, sans analyse des causes, donc y compris des causes sociales, puisqu’il faut contre les visons uniformisantes de « la » psychanalyse insister sur des critiques internes aux catégories dominantes de la psychanalyse, dont le complexe d’Oedipe, cf la sortie du familialisme proposée par Guattari, l’empreinte occidentale, voir les tentatives de psychanalyse décoloniale, hétéronormée, etc.)

      L’orientation prétendument « athéorique » du DSM juge sa classification. Celle-ci relève d’une nomenclature fondamentalement pharmacologique (industrie pharma et santé comme industrie) largement dépendante de son articulation avec le fonctionnement des assurances privées de santé.

      E. Zarifian : « Le symptôme est apparemment univoque pour celui qui ne le considère que d’une manière comptable ; et c’est à cette dimension comptable que conduit l’usage du DSM. La situation devient caricaturale : on réduit la souffrance d’un être unique à un symptôme, décrit dans un catalogue et on ignore son contexte social ou personnel »[41].

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_diagnostique_et_statistique_des_troubles_mentaux

      Quant à l’étymologie du terme hystérie, quel que soit par ailleurs son usage injurieux, ne désigne pas nécessairement un élément féminin de l’anatomie, mais une puissance qui agit indépendamment de la conscience.

      sur wiki, à nouveau
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Hystérie

      Peut-être [le terme hystérie se] rattache-t-il à une racine indoeuropéenne concernant « ce qui est en arrière » (→ hysterisis), ce qui se retrouverait en anglais dans out « dehors » ; le sens fait difficulté comme pour le sanskrit úttara « ce qui est au-dessus ». Quant au rapport avec le nom du ventre (uderos en grec, udaram en sanskrit) , il n’est pas éclairci[2].

      Rien n’oblige à adopter une vision organiciste et fonctionnaliste de la psyché, fut il "neuro-scientifique. Tel est l’apport de la psychanalyse avec lequel notre société tente d’en finir.

    • Lire l’inconscient machinique avec Jean_Claude Polack : schizoanalyse et inconscient machinique
      https://chaire-philo.fr/lire-linconscient-machinique-avec-jean-claude-polack-schizoanalyse-et-i

      “La thèse de la schizo-analyse est simple : le désir est machine, synthèse de machine, agencement machinique, — machine désirante. Le désir est de l’ordre de la production, toute production est à la fois désirante et sociale. Nous reprochons donc à la psychanalyse d’avoir écrasé cet ordre de la production, de l’avoir reversé dans la représentation” (L’anti_Oedipe, p. 356).

      #vidéo #schizoanalyse #inconscient_machinique #Félix_Guattari

    • Un inédit du grand méchant Freud : Freud, critique de la raison neurologique (1885-1896)
      https://www.editions-eres.com/ouvrage/5472/freud-critique-de-la-raison-neurologique-1885-1896

      Un ouvrage qui retrace les prémices, le développement et la poursuite de la démarche engagée par Freud dans « Introduction critique à la neuropathologie », traduite et commentée ici.

      En quoi la formation scientifique de Freud le préparait-elle à ouvrir le champ d’une science nouvelle et à quels moyens eut-il recours pour cela ?

      À Paris, Freud engage en 1885, dans l’enthousiasme de sa rencontre avec Charcot, l’écriture d’un texte théorique d’envergure dont le titre envisagé reflète l’audace et l’ambition : « Critique de la raison neurologique ». Il ne put mener le projet à son terme et en offrit une ébauche en 1887 à Wilhelm Fließ qui s‘en fit le conservateur. Ce premier jalon d’un geste théoricien, qui ne devait plus cesser, restera inédit jusqu’à sa publication en 2012, accompagnée d’un texte de Katja Guenther dévoilant son importance et le contexte de de son écriture, dans la revue d’histoire de la psychanalyse Luzifer-Amor.

      Thierry Longé permet au lecteur français de prendre connaissance de ces documents resitués dans l’esprit du temps, les connaissances accumulées et les théories élaborées à l’époque du défrichement freudien d’un champ nouveau de connaissances.
      Il lui offre ainsi la possibilité d’approcher la dimension critique dont Freud use pour penser avec et contre les deux géants de la neurologie de son époque, Theodor Meynert, père de l’anatomie cérébrale viennoise, Jean-Martin Charcot, premier titulaire d’une chaire de neurologie dans le monde.

      L’ « Introduction critique » trouve son prolongement dans le texte, également traduit, de la partie anatomique de l’article sur le cerveau que Freud rédige anonymement pour l’Encyclopédie médicale de Villaret en 1888.

      #neurologie #ontogénèse

  • Das Dogma der biologischen Psychiatrie in historischer Perspektive
    Stephan Schleim
    https://overton-magazin.de/top-story/das-dogma-der-biologischen-psychiatrie-in-historischer-perspektive

    7.9.2025 von Stephan Schleim

    Bild: heute.at/CC BY-4.0

    Man kann die Störungsbilder einfach nicht im Gehirn nachweisen. Welche Schlüsse zieht man daraus?

    Im ersten Teil ging es um eine neue Studie, die die Auswirkungen von Psychotherapie im Gehirn nachgewiesen haben will. Wie ich ausführte, ist das weder neu noch überraschend. Die Darstellung der Studienergebnisse erwies sich außerdem als problematisch, vor allem wegen der fehlenden Kontrollgruppe.

    Die Versuche der biologischen Psychiatrie, ihre Hunderten Störungsbilder wie Depressionen oder Angst- und Aufmerksamkeitsstörungen im Gehirn nachzuweisen, scheitern immer wieder. Trotzdem fordern diese Forscher*innen seit Jahrzehnten immer mehr Geld. Und sie kriegen es in der Regel auch. Für andere Forschungsbereiche, die klinische Praxis und damit das Wohl der Patient*innen hat das verheerende Auswirkungen.

    Ökonomisch nennt man das „Opportunitätskosten“. Was verliert man dadurch, dass ein Forschungszweig so dominiert?
    Opportunitätskosten

    Die Mittelverteilung ist nicht so unschuldig, wie es auf den ersten Blick scheinen mag. Und es ist mitnichten ein rein wissenschaftlicher Streit. Wie eine Reihe amerikanischer und britischer Psychiater vor ein paar Jahren schon einmal anmerkte, kann man jeden Euro beziehungsweise jedes Pfund oder jeden Dollar ja nur einmal ausgeben. Durch die starke Dominanz der Neuro-Forschung fehle es an Projekten zur Prävention psychologisch-psychiatrischer Probleme, zur Unterstützung von Familien, die es schwer haben, und zur Verhinderung von Suiziden.

    Doch die Situation im Jahr 2025 ist, dass die Forschungsmilliarden weltweit – hier am Beispiel der größten psychiatrischen Forschungseinrichtung aufgezeigt, dem National Institute of Mental Health (NIMH) in den USA – immer noch vor allem in die Suche nach den neuronalen Ursachen fließen. Laut den gängigsten offiziellen Kriterien gibt es 227 gültige Symptomkombinationen für Depressionen, bei der Aufmerksamkeitsstörung ADHS sind es sogar 116.220. Dieser von führenden Fachleuten am Konferenztisch festgelegten Komplexität und Vagheit kann man mit neurowissenschaftlicher Forschung nicht Herr werden.

    In meinem Buch Die Neurogesellschaft von 2011 entlarvte ich einige Neuromythen. Ironischerweise rezensierte es der führende europäische Neuropsychologe in der Zeitschrift für Neuropsychologie sehr wohlwollend. Ein anderer Institutsdirektor schrieb mir, er stimme mir zwar weitgehend zu, doch er würde das Buch seinen Mitarbeiter*innen nicht empfehlen. Sonst müsste er nämlich fürchten, dass sie mit der Arbeit aufhören. Dabei wäre genau das die beste Schlussfolgerung gewesen.

    2021 formulierte ich den Aufruf, das medizinische Modell in der Psychiatrie endlich aufzugeben. Damit hätte man viele Forschungsmilliarden sparen und nicht nur in Prävention, sondern auch die bessere Ausbildung klinischer Psychologen und Psychiater investieren können. Wer meine Kritik für übertrieben hält, dem sei mit einem Zitat von Thomas Insel geantwortet. Er war von 2002 bis 2015 Direktor des NIMH und entschied jedes Jahr über ein Milliardenbudget. Gegenüber Wired erklärte er, der „Star-Neurowissenschaftler“, erstaunlicherweise:

    „Ich habe 13 Jahre am NIMH verbracht und mich dort intensiv mit der Erforschung der Neurowissenschaften und Genetik psychischer Störungen beschäftigt. Wenn ich zurückblicke, wird mir klar, dass es mir zwar gelungen ist, eine Menge wirklich toller Artikel von tollen Wissenschaftlern [im Original: lots of really cool papers published by cool scientists] zu veröffentlichen, und das zu einem ziemlich hohen Preis – ich glaube, 20 Milliarden Dollar. Aber ich glaube nicht, dass wir etwas dazu beigetragen haben, die Suizidrate zu senken, die Krankenhausaufenthalte zu reduzieren und die Genesung von zig Millionen Menschen mit psychischen Erkrankungen zu verbessern.“ (Thomas Insel in Wired, 2017; dt. Übers.)
    Historisch

    Wie „coole Forschung cooler Leute“ zur dominanten Strömung in der Psychiatrie werden konnte, verdeutlicht ein kurzer historischer Überblick. Wer es genauer lesen will, kann in Perspektiven aus der Depressions-Epidemie weiterlesen.

    Im 19. Jahrhundert kam es zu großen Umbrüchen in der Medizin. Inspiriert durch naturwissenschaftliche Fortschritte – verbunden mit heute noch bekannten Namen wie Rudolf Virchow (1821-1902), Robert Koch (1843-1910) und Paul Ehrlich (1854-1915) – entdeckte man immer mehr Bakterien, Viren und organische Abweichungen als Krankheitsherde. Psychiatrie und Psychotherapie im heutigen Sinne kannte man noch nicht. Für die Armen gab es Seelsorge oder Gefängnisse. Die Wohlhabenden kamen in Sanatorien. Wer es sich wirklich leisten konnte, mietete sich einen Leibarzt als Reisebegleitung, um einmal andere Luft zu schnuppern und auf andere Gedanken zu kommen.

    In den Großstädten war auch das Elend der Armen groß. Schließlich nahm man sie – vor allem Alte, Bettler, Demente, Epileptiker und Prostituierte, die keinen anderen Ort hatten – in Krankenhäusern auf. Beispiele sind die Salpêtrière in Paris, die 1795 vom Psychiatrie-Reformer Philippe Pinel (1745-1826) übernommen wurde; später sollte der junge Sigmund Freud (1856-1939) hier studieren und in die Hypnose eingeweiht werden. Oder das heute noch existierende Bethlem-Krankenhaus in London, wo der Arzt und Apotheker John Haslam (1764-1844) um 1800 schon in den Gehirnen verstorbener Patient*innen nach dem Sitz von Depressionen suchte – und sogar glaubte, sie gefunden zu haben!

    Um nicht nur als Seelsorger oder „Irrenärzte“, sondern als echte Mediziner wahrgenommen zu werden, brauchte die Psychiatrie eine organische Ursache der „Geisteskrankheiten“. Passenderweise entwickelte der Arzt und Anatom Franz Joseph Gall (1758-1828) damals die Phrenologie. Zwar sah man in der Ärzteschaft die spätere Popularisierung durch Galls Assistenten, Johann Gaspar Spurzheim (1776-1832), und andere kritisch. Doch die Ansicht, dass „Geisteskrankheiten“ Gehirnkrankheiten sein mussten, passte in den Zeitgeist. Sie löste das peinliche Dilemma, kein Organ zu haben, auf das man zeigen konnte.

    Abbildung 3: Der Gedanke der funktionellen Spezialisierung des Gehirns, links von den Phrenologen Gall und Spurzheim auf einer anatomischen Zeichnung von 1810 angedeutet, inspirierte Psychiatrie und Psychologie bis heute. Die spätere Popularisierung, Persönlichkeitseigenschaften an der Kopfform erkennen zu können, hier aus einem Buch aus dem Jahr 1859, brachte die Phrenologie aber nachhaltig in Verruf .

    Die Hypothese der Gehirnstörungen wurde im Laufe des 19. Jahrhunderts schließlich zum Dogma. Wie dieses bis heute wirkt, sah man auch an der Aussage Ronny Redlichs im ersten Teil, mit seiner – bei näherer Betrachtung doch eher bescheidenen – Studie die Gleichwertigkeit von Psychotherapie „naturwissenschaftlich-medizinisch“ gezeigt zu haben. Gleichwertig womit eigentlich? Er meinte Psychopharmaka.

    Das ist ein interessantes Beispiel, da diese laut neuer epidemiologischer Studien bei Depressionen kaum besser als Placebo wirken. Der vielleicht irgendwie noch optimistische Fund, dass sie wenigstens 15 Prozent der Betroffenen helfen, doch dann intensiv, wurde gerade mit einer brandneuen Studie weiter relativiert: Wenn man das nicht nur, finanziert durch die Pharmaindustrie, in sorgfältig ausgewählten Patientengruppen erforscht, sondern in repräsentativen Gruppen, wie sie wirklich in den Praxen und Kliniken zu finden sind, dann ist die Wirksamkeit noch geringer.
    Kaputte Gehirne

    Dass Menschen mit psychologisch-psychiatrischen Problemen fürchten, nicht ernst genommen zu werden, ist bekannt. Doch dass auch die Fachleute immer noch am gut 200 Jahre alten Dogma festhalten, sogar den genetischen Konsens seit den 1970er-Jahren beharrlich ignorieren und stattdessen jetzt „verborgener Erblichkeit“ nachjagen, ist erstaunlich. Das ist die „dunkle Energie“ der Psychiatrie, wobei man der Physik vielleicht noch eher nachsieht, zur Aufrechterhaltung des sonst sehr gut funktionierenden Standardmodells unbeobachtete Entitäten anzunehmen.

    Die heute anhaltende Welle der biologischen Psychiatrie kam in den 1980ern auf. Damals begann die Zeit von „Neuro“ und „Gen“. Thomas Insels Vor-vor-vor-vor-Vorgänger als Direktor am NIMH, Alan Leshner, erklärte vielleicht im Altersleichtsinn, wie das funktionierte: „Experten für psychische Gesundheit begannen, Schizophrenie als ‚Gehirnkrankheit‘ zu bezeichnen und Kongressabgeordneten Gehirnscans zu zeigen, um sie zu mehr Forschungsgeldern zu bewegen. Es funktionierte wirklich“ (zit. n. Satel & Lilienfeld, 2014, S. 4; dt. Übers.).

    Leshner war von 1990 bis 1992, also gerade am Anfang der „Dekade des Gehirns“, kommissarisch im Amt – ausnahmsweise als Neuropsychologe, nicht als biologischer Psychiater. Heute, 30 Jahre später, wollen Psychiater die Diagnose „Schizophrenie“ übrigens aufgeben, unter anderem weil sie bei Patienten mehr Leid verursachen kann als dass sie hilft.

    Leshner wurde für seinen Einsatz für die Psychiatrie dadurch belohnt, dass er zum ersten Direktor des neu gegründeten National Institute on Drug Abuse (NIDA) ernannt wurde. Eine seiner wesentlichen Leistungen bestand darin, Sucht als Gehirnkrankheit darzustellen. Wenn es schon zur Zeit der Phrenologen funktionierte, warum dann nicht auch Ende der 1990er? Gut 25 Jahre später haben die USA ein ungekanntes Suchtproblem mit vielen Toten und noch mehr Elend.

    Aber für die Forscher*innen ging die Rechnung auf: Sie hatten, mit Thomas Insel gesprochen, satte Chancen für „coole Karrieren mit coolen Papers“. An Forschungsmilliarden bestand kein Mangel. Ein von mir sehr geschätzter Neuropsychiater sagte es einmal im Interview: „Auf wissenschaftlichen Kongressen kommen Sie mit sozialpsychiatrischen Vorträgen in unserer Zeit nicht so gut an. Und die Leute wollen eben auch Karriere machen.“ Ja, so ist das.
    Gegenwart

    Was nahe am Menschen wäre, ist in der Forschung, die zwanghaft „medizinisch-naturwissenschaftlich“ sein will, doch in Wirklichkeit vor allem Ideologie ist, kaum angesehen. Man könnte über den Coup lächeln, wenn nicht so viel auf dem Spiel stünde: Die zum Beispiel von Leshner und vielen anderen versprochenen Medikamente gegen Sucht sind größtenteils ein Traum geblieben, während heute viele Millionen Menschen einen süchtigen Albtraum erleben.

    Die 2004 im „Manifest führender Hirnforscher“ versprochenen besseren Therapien gibt es immer noch nicht. Auch alle von Thomas Insel 2010 für das Jahr 2020 versprochenen Fortschritte der biologischen Psychiatrie – darunter diagnostische Biomarker, bessere Therapien und sogar Impfungen gegen psychologisch-psychiatrische Störungen – fehlen bis heute. Eine Dekade, nachdem er seinen milliardenschweren Direktorenstuhl am NIMH räumte, erklärte Insel die Sache mit den „kaputten Gehirnschaltkreisen“ als Metapher. Man wisse noch gar nicht genug übers Gehirn. Ach so.

    Mit Leshner könnte man sagen: „Es funktionierte wirklich.“ In seinem neuen Buch Healing: Our Path from Mental Illness to Mental Health erklärte Insel, zur Lösung der Krise der psychischen Gesundheit müsse man vielleicht doch sozial-institutionelle Probleme lösen. Ach so. Darauf hat die biologische Psychiatrie, die vor allem Moleküle herumschubsen will, keine Antwort.
    Hypes

    Als ich in dem Fachgebiet promovierte, war gerade die „Personalisierte Medizin“ in. Im biomedizinischen Paradigma war das aber nur eine Chiffre für noch mehr Gerätemedizin. Weil das den Patient*innen nicht half, dachte man sich als nächstes die „Translationale Medizin“ aus: Als ob medizinische Forschung nicht immer praktisch, anwendungsnah und im Interesse der Betroffenen sein müsste. Den neuesten Hype nennen sie jetzt „Präzisionsmedizin“.

    Dem Anspruch, Vorläufiges immer als großen Durchbruch verkaufen zu müssen, mochte ich nicht gerecht werden. Darum hörte ich 2010 mit dieser Forschung auf. Seitdem wunderte ich mich mehr als einmal über Forscherpersönlichkeiten mit tollen Karrieren, die im persönlichen Gespräch alle Kritik einräumten – um dann in Forschungsanträgen, öffentlichen Vorträgen oder im Interview den Medien etwas ganz anderes zu erzählen. Ist das nur Zweckoptimismus oder schon eine psychologisch-psychiatrische Störung, Stichwort „Realitätsverlust“?

    Für die im ersten Teil kritisierte Publikation unter Leitung von Ronny Redlich in der Fachzeitschrift Translational Psychiatry flossen laut der Preisordnung 4000 Euro an Publikationskosten an den Verlag. Für eine Veröffentlichung meiner Kritik müsste ich 1300 Euro bezahlen. Dann wird es halt wieder nur ein Blogbeitrag. Dass den Hilfesuchenden mit dem Aufspüren neuronaler Abdrücke psychosozialer Therapie nicht gedient ist, sollte aber auch so klar geworden sein.
    Zukunft

    Der Schweizer Psychiatrieprofessor Matthias Jäger klagte kürzlich über die Patientenflut nach der sovielten Destigmatisierungskampagne in der Gesellschaft: „[Das Soziale in der Psychiatrie] bedeutet aber nicht, dass die Psychiatrie für die Behebung von sozialen Problemlagen und sozial unerwünschten Verhaltens jeglicher Art zuständig ist.“ Damit wäre man wieder zurück im frühen 19. Jahrhundert, gewissermaßen vor der medizinischen Professionalisierung des Fachs, in der Zeit der Armen- und Irrenhäuser.

    Dank knapper Kassen, Mangel an Prävention und mit Ausblick auf weitere Sozialkürzungen für die Verteidigung ist nicht von einer Abnahme psychologisch-psychiatrischer Störungen auszugehen. In Großbritannien, wo die sozialen Einschnitte schon ein, zwei Stufen weiter sind und die Not der Menschen entsprechend groß, entstehen allerdings auch neue Lösungen:

    Es gibt dort ein Ministerium gegen Einsamkeit. Ein Netzwerk kritischer Psychiater*innen um Joanna Moncrieff, Psychiatrieprofessorin in London, hilft Menschen beim Abbauen der sogenannten Antidepressiva. Denn dass man davon abhängig werden kann, wurde lange geleugnet. Und gemeinschaftliche Hilfe vor Ort soll dort für die Menschen verfügbar sein, wo sie leben und sich durch die Herausforderungen ihres Alltags lavieren.

    Hier in meinem Artikel wurde eine Möglichkeit identifiziert, wo man (global) sofort ein paar Milliarden und in Europa immer noch Hunderte Millionen einsparen könnte. Und wenn Psychologie (wörtlich: Seelenlehre) und Psychiatrie (wörtlich: Seelenheilung) ihr seelenleere überwinden und den Menschen wieder als das biopsychosoziale Wesen würdigen, das er ist, werden auch hier vielleicht wieder Probleme gelöst und nicht nur Symptome behandelt. Auch Jahrzehnte der Psychotherapieforschung kamen zum Fazit, dass Beziehungen und das Umfeld die wesentlichen Faktoren sind:

    Abbildung 4: Laut dieser Übersicht sind für den Therapieerfolg allgemeine Faktoren, darunter vor allem die Beziehung zum*zur Psychotherapeut*in, Veränderungen außerhalb der Therapie und die Erwartung der Klient*innen von Bedeutung. Auf die psychotherapeutischen Techniken im eigentlichen Sinn entfallen nur 15 Prozent. Nach: Helle, 2019, S. 179

    Dennoch will ich meinen ausdrücklichen Respekt für alle Psychiater*innen ausdrücken, die sich trotz der schwierigen Bedingungen den Herausforderungen ihres Berufs stellen, nicht selten Tag und Nacht. Meine Kritik richtet sich nicht gegen sie, sondern das die Forschung und Praxis einengende Dogma.

    Damit sind Alternativen aufgezeigt. Ob wir sie beschreiten, hängt von unseren Entscheidungen ab, sowohl individuell als auch gemeinschaftlich.

    Der Artikel wurde zuerst auf dem Blog „Menschen-Bilder“ des Autors veröffentlicht.

    Als eBook ist von Stephan Schleim erschienen: „Perspektiven aus der Depressions-Epidemie: Depressionen verstehen, vorbeugen und heilen“.

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