• Où va la #psychiatrie contemporaine ?
    https://laviedesidees.fr/Ou-va-la-psychiatrie-contemporaine

    Tout en affirmant la liberté des malades et la nécessité d’une conception non discriminante de la pathologie, la psychiatrie ne s’est pas pour autant émancipée de toute forme de contrainte et de normalisation.

    #médecine #Sciences #santé_mentale
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20240220_psychiatrie.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20240220_psychiatrie-2.docx

    • En tant qu’ils sont attachés à la quotidienneté, il n’est pas étonnant que ce soit du côté des #GEM et des réseaux sociaux de soin que, de nombreux problèmes et notions de la #psychothérapie_institutionnelle d’inspiration psychanalytique soient au travail, et ce malgré la place nouvelle que la liberté des patients a pu prendre et la fin des prises en charge asilaires au long cours. Des questions sont reformulées et des solutions nouvelles sont créées. Les GEM trouvent, tout à fait officiellement, leur modèle dans les #clubs_thérapeutiques qui furent expérimentés et élaborés dans certains asiles psychiatriques. Les formes possibles de l’accueil inconditionné des personnes en #souffrance_psychiques y sont aujourd’hui discutées, dans une reprise de la fonction de protection des asiles qu’il s’agit d’actualiser. De même, les dispositifs de pair-aidance, qui cherchent à institutionnaliser les soins que les personnes souffrantes peuvent se donner les unes aux autres reprennent et transforment les questions qui étaient liées au transfert et au contre-transfert dans les cures psychanalytiques et dans la psychothérapie institutionnelle.

      #subjectivités #soin #handicap

  • Santé mentale des jeunes filles : il y a urgence | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130224/sante-mentale-des-jeunes-filles-il-y-urgence

    La hausse affolante des tentatives de suicide des jeunes filles, dès l’âge de 10 ans, ne peut plus s’expliquer par la crise du Covid. Face à l’urgence, les annonces de Gabriel Attal, comme l’offre de soin, sont très insuffisantes, estiment les psychiatres.
    [...]
    Les derniers chiffres de la Direction des études, de l’évaluation, des statistiques et la recherche du ministère de la santé (Drees) sont affolants : en 2022, 75 803 personnes de 10 ans ou plus ont été hospitalisées pour un geste auto-infligé, soit des scarifications ou des tentatives de suicide. Si le niveau est comparable à celui d’avant la crise sanitaire, détaille la Drees, de « brutales augmentations sont observées chez les filles et les jeunes femmes » entre 2021 et 2022 : + 63 % chez les filles de 10 à 14 ans ; + 42 % parmi les adolescentes de 15 à 19 ans ; + 32 % de jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans.
    [...]
    Les rapports s’empilent, comme celui de la Cour des comptes en 2023 qui estime que « 13 % environ des enfants et adolescents présentent au moins un trouble psychique ». Pour les prendre en charge, il ne reste plus que 597 pédopsychiatres, dont la moyenne d’âge est de 65 ans. Leur nombre est en chute libre, en baisse de 34 % entre 2010 et 2022.
    [...]
    Le Dr Blanchard explique ainsi la hausse si forte du passage à l’acte suicidaire chez les jeunes filles : « Des études montrent qu’il y a une corrélation entre les gestes auto-infligés et la fréquentation des réseaux sociaux. Ils créent un cadre très normatif de la féminité, encouragent les comparaisons permanentes, abîment l’identité et l’estime de soi. Les adolescentes que je vois en consultation portent un regard sur elles impitoyable, elles sont dans un processus d’autodénigrement insupportable. L’exigence de la performance scolaire pèse aussi : je vois des refus scolaires anxieux par des ados rongées par l’angoisse. Elles ne dorment plus, se lèvent à 4 heures du matin pour réviser, elles se consument littéralement. »

    Mais le psychiatre se dit plus inquiet encore pour les garçons : « Ils s’isolent, en s’enfermant dans les jeux en ligne. Ils vivent la nuit, consomment beaucoup de stupéfiants. Ils sont dans un déni, c’est difficile de mettre en place avec eux un projet de soins. » Chez les filles, les passages à l’acte, souvent « très visibles », sont au contraire un appel à l’aide qui permet une entrée plus aisée dans les soins.
    Selon la professeure Ouss, les enfants et les adolescents passent d’autant plus à l’acte qu’ils vivent dans « un contexte économique et social très précaire. Les situations sont de plus en plus inextricables. La jeunesse est très déboussolée, l’ensemble de la société et l’ensemble des institutions, l’Éducation nationale, l’hôpital sont fragilisés ». Elle assure voir aussi « des éléments optimistes et réjouissants, des jeunes qui inventent des modes de vie alternatifs ».
    [...]
    Autre fait inquiétant : la consommation de psychotropes ne cesse d’augmenter. Dans un livre qui vient de paraître, Le Silence des symptômes – Enquête sur la santé et le soin des enfants (Champ social Éditions), trois membres du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge documentent l’augmentation de la consommation de médicaments psychotropes par les enfants et les adolescent·es entre 2014 et 2021 : + 48,54 % pour les antipsychotiques, + 62,58 % pour les antidépresseurs, + 78,07 % pour les psychostimulants, + 155,48 % pour les hypnotiques et sédatifs, etc.
    [...]

    https://jpst.it/3Awh_

  • Gérard Depardieu a été en psychanalyse pendant vingt-huit ans. À quoi ça a servi ?

    https://www.slate.fr/sante/ca-tourne-pas-rond/psychanalyse-accepter-gerard-depardieu-morale

    Coluche, dans un de ses sketchs, épinglait la psychiatrie. Certes il ne dit pas « psychanalyse » mais bien « psychiatrie », sauf qu’à cette époque la plupart des psychiatres étaient aussi psychanalystes. Bref, il dit cette phrase assez célèbre : « Avant je pissais au lit et j’avais honte, je suis allé au psychiatre, il m’a guéri, je pisse toujours au lit mais maintenant je suis fier ! »
    ...
    À quoi ça sert alors de voir un psychanalyste si c’est pour toujours être un gros porc, dites-vous ? À supporter la vie.

    #psychiatrie #psychianalyse #iatrocratie

  • « L’hospitalisation sous contrainte est trop souvent la porte d’entrée dans les soins psychiatriques », Martine Frager-Berlet, administratrice de l’association Les ailes déployées

    En tant que mère d’un fils soigné en #psychiatrie depuis plus de vingt ans et membre active d’associations de familles concernées, le débat suscité par l’accusation de « laxisme » dirigée contre la psychiatrie, faisant suite à des faits divers sanglants, me fait réagir vivement. « La France est le pays qui détient le record des hospitalisations sous contrainte », répondent des responsables, et cette affirmation est malheureusement vraie, ce que l’on devrait plutôt déplorer.
    Les personnes atteintes de maladies psychiques sévères – environ 3 millions en France – ne demandent pas spontanément des #soins, au moins pendant une première période de leur maladie chronique, parfois pendant plusieurs années. Le plus souvent, ce sont leurs proches qui contactent les services de psychiatrie, mais ceux-ci demandent que la personne malade vienne elle-même au centre médico-psychologique (CMP) de son quartier. La plupart du temps, quand elle va mal, elle ne veut pas y aller.

    Il faut donc attendre que la situation, dont les proches s’inquiètent, devienne intenable pour que des services interviennent – non pas les services de psychiatrie mais la #police ou les pompiers s’ils se reconnaissent compétents. Il faut pour cela une mise en danger ou une infraction. A ce moment-là, plusieurs semaines, plusieurs mois, ou même plusieurs années, peuvent s’être écoulés depuis la première alerte. La « crise » devient alors une « urgence », qui seule est considérée par les services de psychiatrie comme justifiant d’imposer au malade une hospitalisation.

    Des interrogations sur les missions de la psychiatrie

    Cette procédure est, de fait, la seule en vigueur en France pour apporter des soins à un malade psychique qui ne reconnaît pas sa maladie. L’hospitalisation sous contrainte est trop souvent la porte d’entrée dans les soins psychiatriques. Quand le patient sort de l’hôpital et retourne vivre dans son logement ou chez ses proches, il n’est pas seul, il a son ordonnance, sur laquelle sont inscrits les médicaments qu’il doit prendre.
    A-t-il compris qu’il est malade, accepte-t-il de se reconnaître comme tel et qu’il doit se soigner pour ne pas rechuter ? Là n’est pas la question selon l’hôpital : il faut libérer son lit et il a rendez-vous au CMP un mois plus tard. Va-t-il y aller ? Pendant combien de temps prendra-t-il son traitement ? Les rechutes sont fréquentes et elles se traduisent par une nouvelle hospitalisation sous contrainte, retour à la « case départ ». Il n’est donc pas étonnant que ce type d’hospitalisation soit très fréquent en France. Cela signifie-t-il que la psychiatrie a assuré ses missions ?

    Le code de la #santé_publique prévoit que les services de psychiatrie doivent assurer « un recours de proximité en soins psychiatriques (…) y compris sous forme d’intervention à domicile (…) Ils mettent à la disposition de la population (…) des services et des équipements de prévention, de diagnostic, de soins, de réadaptation et de réinsertion sociale ». Et « dans chaque territoire de santé, l’agence régionale de santé organise un dispositif de réponse aux urgences psychiatriques ». Or, on l’aura compris, ce n’est clairement pas le cas.

    Une maltraitance institutionnelle

    Les hospitalisations sous contrainte, intervenant lorsque la crise est devenue aiguë, donnent lieu souvent à une mise à l’#isolement et parfois sous #contention (le malade est attaché à son lit) dans des conditions qui sont peu respectueuses de la dignité, ni même des textes applicables.

    La loi du 26 janvier 2016 prévoit en effet que « l’isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours. Il ne peut y être procédé que pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision d’un #psychiatre, prise pour une durée limitée ». Ces « soins » psychiatriques sont très mal vécus par les patients et ils aggravent le désordre psychique et le rejet des soins : ils constituent, dans les établissements qui les pratiquent encore, une maltraitance institutionnelle.

    Que faire alors ? Intervenir dès que l’alerte est donnée, accompagner l’entourage qui a besoin de comprendre ce qu’il se passe, venir à domicile avant que la personne ne soit en crise aiguë sont des recommandations qui ont fait leur preuve. Après la crise, on le sait, le traitement chimique ne suffit pas, les patients ont aussi besoin dans la durée de #psychothérapies, d’#activités thérapeutiques (incluant le corps), de pédagogie sur leur maladie (#psychoéducation), de contacts avec des malades rétablis (#pair-aidance), de groupes de parole, de projets qui les tirent vers l’envie de se soigner.

    Favoriser l’inclusion dans la société

    Aujourd’hui, ici et là en France, des initiatives sont prises pour des soins psychiatriques de qualité, pourquoi sont-ils le fait de telle équipe motivée et volontaire au lieu d’être généralisés ? On l’oublie trop souvent : l’objectif de la psychiatrie ne se résume pas à empêcher la personne malade de nuire aux autres ou de se nuire à elle-même mais elle doit viser en priorité à favoriser le rétablissement, c’est-à-dire la capacité d’agir de cette personne, afin de favoriser son inclusion dans la société.
    Si des soins sont prodigués dès les premières alertes, un rétablissement durable se produira plus rapidement. Enfin, la « prévention des maladies psychiques » passe par l’information et la déstigmatisation de ces maladies du cerveau qui n’ont rien de plus honteux que les autres.

    Pour conclure, quelques lignes extraites d’un texte écrit par mon fils au sujet de sa première hospitalisation sous contrainte, que je cite avec son autorisation : « Mon droit à la dignité a directement été violé car j’ai été déshabillé de force par deux infirmiers, j’appelle ça une humiliation… Le monde nous laissait en plan, la vie à l’état statique. L’inexistence. Tout sauf du soin et de l’humanité. »

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/18/l-hospitalisation-sous-contrainte-est-trop-souvent-la-porte-d-entree-dans-le

    #urgences_psychiatriques #hospitalisations_sous_contrainte

  • petit-déjeune de sa tasse d’eau tiède en regardant mollement un assez ordurier « documentaire » pute-à-clic (style chaînes commerciales, vous voyez le genre) sur les asiles psychiatriques en général et les UMD en particulier — les UMD, c’est bien sûr ce qu’il y a de plus télégénique pour effrayer la bourgeoisie. Elle se dit qu’elle devrait essayer de rédiger un dazibao là-dessus, après tout elle a des choses à dire sur la psychiatrie, elle n’est pas forcément la plus illégitime à en parler, elle aussi a jadis passé des mois enfermée dans une petite cellule capitonnée, et telle que vous la connaissez vous vous doutez que ne sont pas les pires souvenirs de sa vie.

    Mais elle a la flemme de s’épancher une nouvelle fois là-dessus — elle a déjà consacré deux ou trois billets à ce sujet, et pas que sur Facebook.

    On peut notamment encore trouver ce « vieux » petit texte sur feu son blog, et comme elle ne se sent aujourd’hui pas très en verve et n’a pas grand-chose à retrancher ou ajouter à ce qu’elle écrivait jadis il vaut mieux qu’elle insère un lien plutôt qu’elle coure le risque de péniblement se mettre à radoter :

    http://nicole-garreau.over-blog.fr/2018/11/la-borde.html

  • Italie : des migrants drogués à leur insu par l’administration dans un centre de rétention - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/54442/italie--des-migrants-drogues-a-leur-insu-par-ladministration-dans-un-c

    Centre de rétention administrative (CRA) Migrants Expulsions Drogues . Italie : des migrants drogués à leur insu par l’administration dans un centre de rétention
    Par Leslie Carretero Publié le : 11/01/2024
    Selon une enquête du parquet de Potenza, dans le sud de l’Italie, les conditions de vie dans le centre de rétention (CPR) de Palazzo San Gervasio sont « inhumaines ». Des étrangers enfermés dans la structure, en vue de leur expulsion, ont été forcés d’ingérer des médicaments, qui peuvent les rendre dépendants, afin de « contrôler illégalement l’ordre public ». Des violences physiques et des manquements dans l’accès aux services sanitaires, linguistiques et juridiques ont également été relevés. « L’enfer » du CPR (centre de rétention pour rapatriement) de Palazzo San Gervasio, dans le sud de l’Italie. C’est en ces termes que la structure a été décrite aux enquêteurs par une infirmière ayant travaillé un an et demi sur le site.
    L’enquête menée par le parquet de Potenza, et rendue publique mardi 9 janvier, révèle que 35 cas de mauvais traitements ont été constatés contre des personnes retenues entre 2018 (année d’ouverture du centre) et 2022. Ces maltraitances consistaient principalement en « l’administration massive » et forcée - voire parfois cachée - de drogues tranquillisantes dans le but de rendre les personnes inoffensives, « sans besoin avéré et sans leur consentement éclairé ». « L’usage [de ces médicaments] était totalement indépendant de la volonté du patient, mais correspondait au besoin spécifique [de l’administration] de contrôler illégalement l’ordre public » au sein du centre, assure le juge. Les recherches ont montré que « jusqu’à 1 315 paquets de gouttes et de comprimés de Rivotril avaient été prescrits » aux étrangers enfermés dans le CPR entre janvier et décembre 2018 et « 920 colis » livrés de janvier 2019 à août 2019.
    Et les faits ont perduré jusqu’à la fermeture du lieu, en 2022. Le 30 novembre 2021, un Tunisien de 40 ans est « immobilisé aux poignets et aux chevilles » avec « cruauté » pour l’obliger à « ingérer contre son gré des doses d’antipsychotiques et de tranquillisants » - comme le Rivotril, le Tafor et le Talofen - indique le rapport du procureur Francesco Curcio, dévoilé par la presse italienne. Le 10 mars 2022, c’est un Gambien de 31 ans qui reçoit du Valium par voie intramusculaire alors qu’il est, lui aussi, ligoté aux chevilles et aux poignets et maintenu au sol.
    En janvier 2023, une vidéo diffusée par la chaîne italienne Canale 5 montre un exilé assis sur un lit d’hôpital entouré de plusieurs policiers et d’une femme en blouse blanche. La scène se déroule dans le CPR de Palazzo San Gervasio. Un membre des forces de l’ordre faire pression sur l’homme pour qu’il ingurgite le traitement. « Prends-le ! Je ne vais pas le dire deux fois. Prends-le et je te lâche. Si tu ne le prends pas, tu restes là », entend-on dans l’enregistrement. Le migrant semble vouloir refuser d’ingérer le médicament. « Rovotril ? No Rovotril », dit-il. La femme en blouse blanche tend finalement un gobelet à un policier qui force l’homme à boire. « Avale, avale », insiste un autre agent.
    Ces médicaments, utilisés pour traiter l’anxiété, des symptômes dépressifs ou encore l’épilepsie, peuvent provoquer de fortes dépendances. La « sédation forcée continue » est une « atteinte à la dignité humaine et une violation de la liberté morale des victimes », et constitue un « risque réel de provoquer des phénomènes de toxicomanie », signale le juge. Le Rivotril, appelé « drogue du pauvre », est devenu le médicament le plus utilisé dans le CPR. Cet antiépileptique était acheté en grande quantité, grâce aux ordonnances des migrants ayant déjà quitté le centre, afin d’éviter une « révolte » des personnes devenues dépendantes. Lorsque la dépendance était devenue incontrôlable, l’administration diluait le médicament dans de l’eau, ou l’ajoutait au lait lors du déjeuner, pour en limiter la quantité. « Nous avons remarqué que ce médicament provoquait un état de stupeur chez les plus jeunes, ce qui nous a poussé à demander aux médecins de réduire les doses et de ne pas continuer à l’administrer. Cependant, il n’a jamais cessé d’être administré, même à fortes doses : jusqu’à 40 gouttes à la fois, parfois trois fois par jour », a expliqué une infirmière à la justice.
    Mais les dysfonctionnements découverts par les inspecteurs ne s’arrêtent pas là. Lors du contrat passé avec la préfecture, la société qui gère le site, Engel, s’était engagée à fournir des services sanitaires, linguistiques et juridiques aux migrants retenus. Or l’enquête a démontré qu’ils n’avaient pas été mis en place ou alors de manière insuffisante. Par ailleurs, la clinique installée dans la structure ne disposait pas d’eau courante et ne possédait pas d’instruments médicaux nécessaires à certaines consultations, comme un électrocardiogramme par exemple. Plusieurs cas de violences physiques ont également été répertoriés. Une infirmière évoque des patients traités avec « des contusions, des hématomes sur tout le corps, des fractures ». Les personnes enfermées, qui vivaient dans des « conditions inhumaines » selon la justice, pouvaient « développer des comportements obsessionnels, comme marcher en rond », a témoigné une autre. Au total, une trentaine de personnes sont visées par l’enquête et une dizaine sont mises en examen : des policiers, des médecins et des responsables du centre. Un inspecteur de police est assigné à résidence, un médecin a interdiction de pratiquer pendant un an et le directeur du centre ne peut plus diriger une entreprise pendant 12 mois. « La crédibilité de l’État est en jeu dans la gestion du CPR », a martelé le procureur Francesco Curcio. Un autre centre de rétention est également visé par la justice. Une enquête a révélé en décembre 2023 que dans le CPR de via Corelli, à Milan, les conditions de vie étaient aussi particulièrement difficiles. Le procureur a critiqué un système de santé « gravement déficient » : des étrangers souffrant de problèmes psychiatriques, atteint de maladie grave, comme des tumeurs au cerveau, ou sujets à des crises d’épilepsie n’ont jamais été soumis à des examens médicaux. Le manque de médicaments a été relevé par l’enquête, tout comme la « saleté » des dortoirs, l’état des sanitaires qualifiés d’"honteux" ou encore des aliments « malodorants, avariés, périmés ».Malgré les révélations sur ces centres, de nouvelles structures de ce type devraient bientôt voir le jour. Début mai 2023, le gouvernement italien a publié un nouveau texte, le décret Cruto - du nom d’une ville de Calabre où des dizaines de migrants avaient perdu la vie en février dans un naufrage - qui vise à diminuer les arrivées de migrants en Italie et à expulser un plus grand nombre de personnes en situation irrégulière. Les autorités veulent ainsi construire un CPR dans les 20 régions du pays. On en dénombre actuellement 10, pour une capacité totale de 1 500 places.

    #Covid-19#migrant#migration#italite#CPR#violence#santementale#antipsychotique#sedation#tranquillisant#sante#psychiatrie#retention

  • [Psylence Radio] “Psy Dating”
    https://www.radiopanik.org/emissions/psylence-radio/psy-dating

    Comment trouver la bonne thérapie et surtout la bonne personne à qui on va déballer notre vie ?

    Est-ce qu’on a le choix ? Parce que le Psy Dating en vrai, ça n’existe pas.

    Ce lundi nous ne recevons pas 10 psy avec qui parler 6 minutes mais 1 seul à cuisiner pendant 1 heure. C’est Moreno Boriani, notre invité ce soir, il est psychiatre et directeur médical à l’asbl "La Traversière", ainsi qu’à « L’équipe » pour "le foyer" et "l’espace JV", et également membre du conseil d’administration de l’Autre « lieu », et … il a accepté notre invitation à partager le plateau.

    Retrouvez-ici les liens évoqués dans l’émission

    Les psy de 1ère ligne https://www.rezone.be/fr/activites/ppl Heloise K « Barge » https://barge.blog + (...)

    #santé_mentale #psychiatrie #autrelieu #datingpsychology #santé_mentale,psychiatrie,autrelieu,datingpsychology
    https://www.radiopanik.org/media/sounds/psylence-radio/psy-dating_16852__1.mp3

  • L’accueil, une clinique d’hospitalité

    L’Utopie concrète du soin psychique

    A la suite de l’essai Emancipation de la psychiatrie qui remet en perspective les acquis institutionnels de la psychothérapie institutionnelle et du secteur de psychiatrie publique généraliste, L’accueil, une clinique d’hospitalité, utopie concrète du soin psychique, le reprend à partir de pratiques cliniques d’accueil du soin psychique émancipatrice de la « valeur humaine » en psychiatrie. L’humain, technique alternative en est l’enjeu politique majeur d’accès inconditionnel aux soins psychique dans la société, que ce soit pour les populations autochtones ou pour les réfugiés et exilés migrant de l’humanitaire.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/11/15/laccueil-une-clinique-dhospitalite

    #santé

  • Pantouflages et conflits d’intérêts : à Lyon, la santé mentale dans tous ses états
    https://www.blast-info.fr/articles/2023/pantouflages-et-conflits-dinterets-a-lyon-la-sante-mentale-dans-tous-ses-

    En débauchant deux hauts fonctionnaires de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, le réseau de cliniques psychiatriques privés Ykoe a-t-il bénéficié de la mansuétude du directeur de l’agence régionale de santé, puis de celle des autorités ? Blast pose les termes de l’équation et livre les dessous d’une affaire sur laquelle le Parquet national financier (#PNF) se penche depuis des mois. [en attendant de classer le dossier]

    [...]

    Le Graal des arrêtés d’ouverture

    Pour les entreprises de santé privées, la course à l’ouverture de nouveaux établissements est une idée fixe, et un business rentable quand celle-ci est validée. Par conséquent, décrocher un #arrêté_d’ouverture est une sorte de Graal, difficile à obtenir bien que gratuit, mais promesse d’une manne financière. C’est particulièrement vrai dans le domaine de la #psychiatrie.

    Selon les derniers rapports de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (la Drees), les #cliniques de soins psychiatriques affichent un taux de #rentabilité bien supérieur de celles spécialisées en chirurgie ou en obstétrique – deux domaines pourtant réputés rémunérateurs : il s’établit à 8%.

    Ce marché, très lucratif - la fédération hospitalière privée psy (FHP PSY) annonce un milliard d’euros de chiffre d’affaires pour 2022 -, promet de prospérer encore : l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS) estime que 13 millions de Français souffrent de troubles psychiques.

    C’est donc dans ce contexte - celui d’intérêts financiers importants et d’appétits particulièrement aiguisés - que Jean-Yves Grall [directeur de l’#ARS Aura] signe en avril 2017 deux de ces précieux sésames, délivrés pour l’ouverture de deux établissements Psy Pro. Une marque et une filiale du groupe Clinipsy, fondé à Lyon en 2008 par le psychiatre Laurent Morasz. Mais, surprise, quelques mois plus tard, une fonctionnaire de l’ARS rejoint le groupe privé. En 2020, Céline Vigné en est même nommée directrice générale. Avant, deux ans plus tard, en 2022, de retourner dans le secteur public, cette fois aux Hospices civils de Lyon.

    Potentiellement, ce ping-pong, par sa seule nature, a déjà en soi de quoi allumer une petite lumière orange d’alerte. Mais celle-ci menace carrément de passer au rouge quand on découvre que la fonctionnaire était avant son passage chez Clinipsy directrice de l’offre de soins de l’ARS. Autrement dit c’est elle qui s’est chargée... de l’exécution des arrêtés d’ouvertures d’avril 2017.

    En 2019 rebelote, un schéma quasi similaire se reproduit : trois nouveaux arrêtés sont délivrés par l’ARS, à nouveau au bénéfice de #Clinipsy. Trois visas qui permettent notamment l’ouverture de l’Institut de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte (IEAJA).

    Sur les trois arrêtés, l’un est directement signé par le directeur Jean-Yves Grall, les deux autres portent le paraphe de son adjoint. Un proche qui l’a suivi une bonne partie de sa carrière, de l’ARS Hauts-de-France jusqu’à Lyon : Serge Morais. Fin 2021 pourtant, le haut fonctionnaire choisit de suspendre ce long compagnonnage et de quitter la sphère publique pour rejoindre #Ykoe. Le nouveau... nom de Clinipsy (lire en encadré : Un Masson chez Clinipsy). Un choix dont il n’a en tout cas pas à se plaindre. En 2022, Serge Morais devient président du groupe nouvellement renommé, et actionnaire minoritaire.

    [...]

    [#Jean-Yves_Grall] L’homme qui a délivré sous sa signature une partie de ces Graal n’est pas le premier venu, en effet. Ancien directeur général de la santé, président du collège des directeurs d’ARS jusqu’à sa nomination à la Haute autorité de la santé (#HAS) en avril 2023, le cardiologue a tous les attributs du mandarin hospitalier, entregent politique inclus. Souvent présenté comme son fils spirituel, l’ancien ministre de la Santé Olivier Véran l’a élevé au grade d’officier de la légion d’honneur en 2021. Son successeur François Braun, connu du temps où Grall dirigeait l’ARS de Lorraine, l’a propulsé ensuite à la HAS. Et Raymond Le Moign, l’actuel directeur de cabinet d’Aurélien Rousseau, ministre en poste, a longtemps dirigé les Hospices civils de Lyon… après avoir cosigné plusieurs articles scientifiques avec le Dr Grall.

    de l’expertise publique à l’actionnariat privé, voilà un parcours de réussite

    #santé_publique #privatisation #pantouflage #entreprises_de_santé_privés

  • Gynécologue accusé de transphobie à Pau : l’affaire devant le Conseil de l’ordre des médecins
    https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/pau/gynecologue-accuse-de-transphobie-a-pau-l-affaire-devant-le-conseil-de-l-or

    L’affaire sera étudiée lors d’une audience le 22 novembre. En cas d’échec de cette conciliation, elle pourrait filer au Conseil de l’ordre régional et prendre un tour juridique…

    L’affaire avait éclaté début septembre, quand un gynécologue expérimenté de la polyclinique Pau Pyrénées avait posté sur Internet un message courroucé expliquant qu’il n’était pas compétent pour prendre en charge les personnes transgenres. « MONSIEUR, écrivait-il alors. Je m’occupe des vraies femmes. […] Je n’ai aucune compétence pour m’occuper des hommes, même s’ils se sont rasé la barbe et viennent dire à ma secrétaire qu’ils sont devenus femmes. » Le médecin avait précisé qu’il répondait ici à la colère du compagnon de la patiente.

    Deux mois plus tard, on apprend que la patiente éconduite a déposé plainte auprès du Conseil de l’ordre départemental des médecins. Une audience est programmée le 22 novembre prochain à Pau. Le professionnel répondra de « non-respect de ses obligations déontologiques ». Ce premier rendez-vous aura pour mission de trouver une conciliation entre les deux parties. Si tel n’était pas le cas, une deuxième étape devant le conseil de discipline pourrait être nécessaire. Le professionnel s’exposerait alors à des sanctions juridiques.

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    https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/sante/gynecologue-accuse-de-transphobie-on-n-a-pas-ete-forme-a-cette-problemati

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    L’article ne fournis pas l’aimable message que le MONSIEUR, compagnon de cette personne trans, a écrit sur internet.

    Je me pose beaucoup de question avec cette histoire :

    Si j’ai 54 ans mais que je me ressent en avoir 6 ans ou que je m’auto-identifie en avoir 6 pour des raisons identitaires agistes ou a cause d’un alzeimer precoce, ou d’un syndrome de peter pan ou de choix militants anti agiste ou un fétichisme sexuel, ou un autre raison individuel et singulières, est ce que les pédiatres ont l’obligation de me recevoir en consultation et si ils refusent doivent ils être condamnés par l’ordre ?

    Est-ce que les pediatres doivent etre formé à la gériatrie pour ménager la suceptibilité des patients qui ne supportent pas l’idée de vieillir ?

    Est-ce que j’ai le droit de poursuivre un cardiologue si il refuse de me soigner pour mes problèmes gastriques ?

    Si mon cardiologue se trompe lors de son diagnostique et de ses soins gastro-entérologiques est ce que j’ai le droit de le poursuivre aussi ?

    Est-ce que les femmes de la région de Pau doivent renoncer à leurs soins médicaux gynecologique au prétexte de la suceptibilité d’un mâle qui s’auto-proclame etre une femme sur la base de son ressenti personnel ?

    Est-ce que la gynecologie doit etre interdite par la loi pour transphobie vu qu’elle ne soigne pas les prostates qui s’auto-identifient a des utérus ?

    #sexisme #psychiatrie #gynécologie #inversion_patriarcale #appropriation

    • Il y a cinquante ans c’était le médecin de famille qui faisait les suivis gynéco frottis, contraception, grossesse ...Et puis peu à peu la mode c’était la spécialisation ! Fallait avoir une ou un gynéco pour être bien suivie ( ? ) . Les généralistes ne font plus de frottis ou alors rarement et iels font payer un supplément. J’aime pas trop être réduite à un organe...J’aimais bien lorsque ma, mon généraliste me considérait comme une personne .

    • Merci pour ta réponse. Lorsque tu as un problème cardique est-ce que tu va chez le dentiste au pretexte que finallement c’est dommage de te réduir à un organe et que tu reste une personne que tu aille chez le dentiste ou chez le cardiologue ? Est-ce que tu pense que les gynecologues ne considèrent pas leurs patientes comme des personnes au prétexte qu’ils ont choisis une spécialisation ?
      J’ai du mal à voire la spécialisation comme une mode. La médecine a fait un peu de chemin depuis les 50 dernières années, et il y a des medecins qui font le choix de prendre une spécialisation, est-ce que tu es contre ce droit des medecins à choisir une spécialisation ?

      Peut-être que cette personne trans aurais du allé chez le généraliste au lieu de faire des problèmes à un medecin dont la spécialité n’est pas celle qui lui conviens. Si c’est ce que tu veux dire avec ton exemple personnel je suis d’accord avec toi.

    • Non non ! Je suis pour la spécialisation bien évidemment ! Le généraliste peut pas tout faire ! Je vais chez la dentiste et le cardiologue ( because je suis âgée ) . Je pensais à la personne trans dans ce cas précis. Me semble que les généralistes sont plus adapté‧es, ouvert‧es . Je peux me tromper. Le généraliste est la personne à qui tu vas dire plus facilement tes problèmes genre addictions, problèmes au travail dans la famille...Après si le médecin généraliste se sent pas capable de t’aider il t’envoie ailleurs ! Chez le spécialiste, quel qu’il soit ! Un‧e spécialiste de même peut t’envoyer chez un‧e autre. Dans l’exemple que tu donnes y’a eu embrouille et ou mauvaise volonté.

    • La jeune femme qui souffrait de douleurs à la poitrine, avait d’abord cherché à prendre rendez-vous avec un gynécologue spécialisé dans un premier temps. Ne trouvant pas de personne qualifiée à moins de trois heures de chez elle, cette dernière a alors pris rendez-vous avec le docteur Acharian sur Doctolib, « un peu au hasard », indique-t-elle au Parisien.
      « Scientifiquement, un homme est un homme... »

      S’il reconnaît s’être emporté et assure être désolé, le spécialiste, joint par nos confrères, réfute toute accusation d’homophobie et de transphobie. Mais précise : « c’est juste que je serai incapable d’examiner une personne trans, de la conseiller, je n’ai pas cette compétence [...] Scientifiquement, un homme est un homme, une femme est une femme. Même s’il se considère comme une femme, je dis que c’est un homme. »

      Le praticien n’exclut pas de porter plainte pour agression verbale et diffamation. De son côté, la jeune femme envisage également une action en justice. « Cela me fait doucement sourire qu’il dise qu’il n’est pas transphobe, alors que ses propos montrent le contraire, c’est trop facile. La transphobie n’est pas un avis, c’est un délit. »

      https://www.ladepeche.fr/2023/09/12/je-nai-aucune-competence-pour-moccuper-des-hommes-un-gynecologue-refuse-un

      A lire cette personne trans il est interdit de se spécialisé sur le corps des femelles de l’espèce humaine, et ce n’est pas un avis, c’est un délit ! Si c’est pas beau le privilège sexuel des mâles, un seul d’entre eux sur le simple critère de son ressenti peu te pulverisé une discipline médicale avec un seul commentaire sur google advice.

      Voici ce que disent les juristes ;

      Pour un gynécologue, pas forcément. Il est précisément tenu à des obligations de compétence, qui peuvent lui manquer pour la prise en charge de patientes transgenres. Les règles déontologiques interdisent toujours au médecin d’intervenir dans des « domaines qui dépassent ses connaissances, son expérience et les moyens dont il dispose » (art. R4127-70). Un gynécologue qui expliquerait que son refus est fondé sur la transidentité de la patiente ne s’inscrirait donc pas nécessairement en violation de ses obligations légales et déontologiques. Même chose pour un urologue qui refuserait de prendre en charge un patient transgenre. La connaissance, par ces spécialistes, de l’appareil génital féminin ou masculin, des fonctions sexuelles et des fonctions reproductives, n’implique pas nécessairement une compétence pour les corps en transition, ou après transition.

      En revanche, tout professionnel de santé qui refuserait de prendre en charge un patient en raison de sa transidentité, alors même que la situation médicale est sans lien avec celle-ci, s’expose à ce que ce refus soit qualifié de discriminatoire. De même, un gynécologue qui exprimerait une franche hostilité à l’égard d’une patiente en raison de sa transidentité s’inscrirait dans une attitude discriminatoire proscrite. Le fait, pour un gynécologue, de refuser une consultation sans s’interroger sur la raison de la demande de rendez-vous pourrait également être qualifié de refus discriminatoire (un problème mammaire, par exemple, est le même pour une femme cis ou une femme trans).
      La médecine doit-elle faire sa transition ?

      On imagine mal une obligation de se former aux corps trans dans le contexte d’une pénurie généralisée de gynécologues, où les refus de soins sont avant tout fondés sur l’absence de créneau. Mais on peut le recommander. Il convient de noter que les parcours de transition sont pris en charge depuis peu de temps, et que de nombreux gynécologues accueillent évidemment des patientes transgenres. Des difficultés sont encore à résorber. Par exemple, le changement de numéro NIR par la sécurité sociale est dépendant de l’état civil, et les numéros commençant par un 1 posent encore des difficultés pour le remboursement des actes. Par exemple, et alors que la chose est admise pour les gynécologiques, les sages-femmes ont toujours interdiction de prendre en charge des « 1 ». Une réflexion est clairement à l’œuvre pour acculturer le monde médical (v. Rapport relatif à la santé et aux parcours de soins des personnes trans, janv. 2022), et des recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de santé sont attendues à l’automne 2023.

      https://www.leclubdesjuristes.com/societe/un-gynecologue-peut-il-legalement-refuser-lexamen-dune-femme-tran

      La personne trans n’était pas sans soins ni sans recours, son spécialiste était à 3h de route, ce qui est certes contraignant, mais aussi assez compréhensible vu la spécificité de sa situation et la rareté des medecins d’une manière générale et probablement dans la région de Pau.

      Le nom du médecin a été diffusé par la press, ainsi que la clinique ou il exerce et il est accusé de transphobie et d’homophobie (!?) et poursuivie par SOS Homophobie (histoire qui n’as strictement rien à voire avec l’homophobie à moins d’être transphobe...). Il est menacé de poursuite par l’ordre si il ne trouve pas un compromis avec cette personne qui exige qu’un spécialiste dont ce n’est pas la spécialité le prenne en charge.

      Pour le mégenrage, ce n’est pas un délit en France et encore moins un crime et ce n’est pas considéré comme de la discrimination basée sur l’identification de genre contrairement à ce que prétendent de nombreux miliant·es trans. C’est par contre le cas au Canada, mais je ne trouve aucune trace d’un tel délit en droit français et wikipédia n’en fait pas état non plus
      https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9genrage

    • Est ce que c’est un mauvais gynecologue ?

      J’ai été voir les commentaires sur son compte google, les patientes sont généralement satisfaites dans les commentaires (j’ai regardé pour cela les messages de plus de 6 mois d’ancienneté) et depuis septembre il y a des messages de femmes qui le remercient pour son engagement pour les femmes (qui sont des réponses au contexte). Lorsqu’il y a des avis défavorables les réponses ne sont pas très délicates et il y a un message tout à la fin d’une personne qui a effacé son avis et auquel il répond déja qu’il ne prend pas en charge les hommes. J’imagine que c’etait le même problème qui se posait il y a 2 ans avec une autre personne trans.

  • Tödliche Polizeigewalt : Bislang null Aufklärung
    https://www.jungewelt.de/artikel/460473.t%C3%B6dliche-polizeigewalt-bislang-null-aufkl%C3%A4rung.html
    Il y a un an à Berlin la police tue un patient énervé en l’asphyxiant. Il avait un double handicap, il était noir. Son frère continue a se battre pour la reconnaissance du crime en tant que tel.

    6.10.2023 von Katharina Schoenes - Mutombo Mansamba, der Bruder des verstorbenen Kupa Ilunga Medard Mutombo, während einer Pressekonferenz in Berlin

    Vor genau einem Jahr starb Kupa Ilunga Medard Mutombo in Berlin an den Folgen eines brutalen Polizeieinsatzes. Der 64jährige war an Schizophrenie erkrankt und hatte mehr als zwei Jahrzehnte in einem psychiatrischen Wohnheim in Berlin-Spandau gelebt. Weil sich sein Zustand verschlechtert hatte, sollte er in eine Psychiatrie gebracht werden. Am 14. September 2022 rückte die Polizei in Begleitung eines Arztes in dem Wohnheim an, um einen entsprechenden Unterbringungsbeschluss durchzusetzen. Für Mutombo endete die Polizeiaktion tödlich. Die Justiz versäumt es bislang, die genauen Todesumstände sowie ein mögliches Fehlverhalten der beteiligten Polizisten aufzuklären.

    Mutombos Betreuer, der während des Polizeieinsatzes am 14. September vor Ort war, beschreibt das Verhalten der Beamten als sehr gewalttätig. Sie hätten Mutombo auf den Boden geworfen und fixiert, ein stämmiger Polizist habe sich auf ihn gesetzt und ihm sein Knie auf den Nacken gedrückt. Das habe ihn an die Todesumstände George Floyds erinnert. Der schwarze US-Amerikaner war im Mai 2020 in den USA im Zuge eines Polizeieinsatzes erstickt worden. Außerdem habe Mutombo Blut gespuckt. Ein Beamter habe ihm das Blut mit einer Decke aus dem Gesicht gewischt.

    Anstatt sich zurückzuziehen und Mutombo ärztliche Hilfe zukommen zu lassen, riefen die drei ursprünglich eingesetzten Polizisten 13 weitere Kollegen zur Verstärkung. Diese drangen ebenfalls in Mutombos Zimmer ein und blockierten dessen Tür. Sie brachten sogar Polizeihunde mit, die jedoch nicht zum Einsatz kamen. Zeugen zufolge habe ein Polizist gerufen, Mutombo habe aufgehört zu atmen. Einsatzkräfte trugen den leblosen Mann daraufhin aus dem Zimmer. Es sei im Hof des Wohnheims mindestens 20 Minuten lang versucht worden, ihn zu reanimieren, und schließlich wurde er bewusstlos in ein örtliches Krankenhaus eingeliefert. Fünf Tage später wurde er in die Charité verlegt, wo er am 6. Oktober 2022 verstarb. Mutombo Mansamba, der Bruder Kupa Ilunga Medard Mutombos, erfuhr erst am 21. September, also eine Woche nach dem Polizeieinsatz, vom Zustand seines Bruders. Informiert wurde er nicht von der Polizei, sondern von Ärzten der Charité.

    Mansamba wandte sich an die Beratungsstelle »Reach Out«, die ihn dabei unterstützte, den tödlichen Polizeieinsatz öffentlich zu machen. Mansamba und »Reach Out« sind überzeugt, dass die Polizisten für Mutombos Tod verantwortlich sind. Dagegen behauptet die Polizei, Mutombo sei völlig unerwartet kollabiert, während er Widerstand gegen seine Verlegung geleistet habe.

    Nachdem »Reach Out« eine Pressekonferenz organisiert hatte, schlug der Vorfall so hohe Wellen, dass sich Mitte Oktober 2022 der Innenausschuss des Berliner Abgeordnetenhauses damit befasste. Dort erklärte die Berliner Polizeipräsidentin Barbara Slowik, es gebe keine Hinweise, dass Mutombos Tod auf Fremdverschulden zurückzuführen sei. Eine Sichtweise, die sich die Berliner Staatsanwaltschaft ein gutes halbes Jahr später zu eigen machte, als sie im Mai 2023 das Ermittlungsverfahren »gegen unbekannte Beamte der Berliner Polizei wegen Körperverletzung im Amt« einstellte. Der zuständige Staatsanwalt begründete die Einstellung damit, dass die Ermittlungen nicht zu einem konkreten Tatverdacht gegen einen oder mehrere der am Einsatz beteiligten Polizisten geführt hätten. Ein Fehlverhalten sei nicht zu erkennen.

    Warum Mutombo kollabierte, kann die Staatsanwaltschaft indes nicht erklären. Im Einstellungsbescheid heißt es, als Grund für den Zusammenbruch komme »eine emotionale Stressreaktion« in Kombination mit dem Absetzen von Medikamenten in Betracht. Dagegen steht im Obduktionsbericht, dass ein durch Sauerstoffmangel bedingter Hirnschaden für Mutombos Tod ursächlich gewesen war. Für Biplab Basu, der seit mehr als 20 Jahren Betroffene von Polizeigewalt berät, kommt die Entscheidung der Staatsanwaltschaft nicht überraschend. Gegenüber jW sagte er, Staatsanwälte würden solche Verfahren grundsätzlich immer einstellen: »Da passiert gar nichts, null.« Das gelte nicht nur für Berlin, sondern auch für Fälle in Frankfurt am Main, Fulda oder Dortmund. Überall lasse sich das gleiche Muster beobachten.

    Mansamba hofft dennoch darauf, dass ein Gericht die Umstände des Todes seines Bruders aufklären wird. Deshalb legte er mit seiner Anwältin gegen die Verfahrenseinstellung Beschwerde ein. Mit Erfolg: Im August teilte die Generalstaatsanwaltschaft mit, dass die Ermittlungen wieder aufgenommen werden. Es bleibt abzuwarten, ob künftig mit mehr Nachdruck ermittelt wird.

    #Berlin #police #violence_policière #patients #psychiatrie #iatrocratie

  • 🛑 Frantz Fanon, trajectoire d’un révolté | LCP

    À lui seul, Frantz Fanon incarne toutes les problématiques de l’Histoire coloniale française. Résistant martiniquais, il s’engage, comme des millions de soldats coloniaux, dans l’Armée Libre par fidélité à la France et à l’idée de liberté qu’elle incarne pour lui. Écrivain, il participe au bouillonnement de la vie de Saint-Germain avec Césaire, Senghor ou encore Sartre, débattant sans relâche sur le destin des peuples colonisées. Médecin, il révolutionne la pratique de la psychiatrie allant chercher dans les rapports de domination des sociétés coloniales les fondements des pathologies de ses patients de Blida. Militant, il rassemble par son action et son histoire, les colères des peuples écrasés par des siècles d’oppression coloniale (...)

    #FrantzFanon #colonialisme #racisme #psychiatrie...

    ▶️ https://lcp.fr/programmes/frantz-fanon-trajectoire-d-un-revolte-174709

    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2018/03/peau-noire-masques-blancs-en-guise-de-conclusion.html

  • Aux urgences, « la situation est plus grave que l’été dernier » pour SAMU-Urgences de France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/08/15/aux-urgences-la-situation-est-plus-grave-que-l-ete-dernier-pour-samu-urgence

    Le président du syndicat français de médecine d’urgence, Marc Noizet, s’est inquiété du déplacement nécessaire de certaines interventions légères sur les parkings, ou de la fermeture temporaire de services qui traitent des urgences vitales dans certains hôpitaux.

    Le Monde avec AFP


    Le ministre de la santé, Aurélien Rousseau, visite le centre de réception et de régulation des appels du SAMU à Toulouse, le 14 août 2023. VALENTINE CHAPUIS / AFP

    Aux urgences, « la situation est plus grave que l’été dernier » en France, a estimé mardi 15 août Marc Noizet, président de SAMU-Urgences de France, soulignant que tous les départements sont touchés, mais aussi des zones touristiques en pleine saison.

    « La situation est plus grave que l’été dernier, parce qu’elle touche dorénavant tous les départements de France, des gros services et des petits services. L’été dernier, on avait des zones rouges », a déclaré sur Europe 1 celui qui est également chef du service des urgences du groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace.

    Pour Marc Noizet, « la nouveauté est que des zones extrêmement touristiques (…) sont aujourd’hui en très, très grande précarité », citant Les Sables-d’Olonne, en Vendée, ou Arcachon, en Gironde, « où ils ont été obligés de mettre en place sur le parking devant l’hôpital une structure où les médecins font de la petite traumatologie pour alléger les urgences », ou encore Saint-Tropez, dans le Var, « qui a failli fermer son service d’urgences ».

    « Plus pernicieux », selon lui, « on ferme des SMUR [service mobile d’urgence et de réanimation] parfois pour une nuit ou un week-end » ; il s’agit des ambulances pourvues de médecins qui se déplacent à domicile ou sur la voie publique. « Par exemple, autour d’Angers, ce week-end prolongé, avec le pont du 15 août, sept SMUR sont fermés, or ça touche l’urgence vitale », a-t-il ajouté.

    Chef du SMUR des Hauts-de-Seine, Gilles Jourdain a aussi « lancé l’alerte » dans Le Parisien mardi après-midi, affirmant notamment que son équipe a dû transférer un nourrisson de deux mois dimanche à Rouen, faute de lits en réanimation pédiatrique en Île-de-France. « Sa bronchiolite s’aggravait, le petit garçon avait besoin d’être admis en réanimation. Les équipes ont fait trois fois le tour des places disponibles dans les cinq services d’Île-de-France ayant les compétences nécessaires pour ce type de soins. Rien, zéro lit », a-t-il raconté.

    « Tous les renforts qu’on a pu mobiliser l’ont été »

    Pour le docteur Jourdain : « Les tensions en personnels soignants sont si fortes que la situation dégradée de l’hiver perdure et se refait sentir dès l’été. Les autorités semblent incapables d’apporter une solution. » Aux urgences, comme ailleurs à l’hôpital, « tous les renforts qu’on a pu mobiliser l’ont été », et « la régulation de la rémunération des intérimaires a fait beaucoup de mal, même si c’était un mal nécessaire », a affirmé le président de SAMU-Urgences de France à la radio.

    Quant aux assistants de régulation médicale (ARM), premiers à décrocher les appels au SAMU, et en grève dans plus des deux tiers des « centres 15 » départementaux, « ils sont mal rémunérés, ont des problématiques d’avancement dans leur carrière et d’adéquation de leur nombre au flux », a-t-il exposé. « Il y a une vraie problématique, le ministre le reconnaît, maintenant il faudrait que les choses avancent », a lancé Marc Noizet.

    En visite lundi au SAMU de Toulouse, le ministre de la santé, Aurélien Rousseau, a déclaré qu’« une partie » des revendications des ARM grévistes étaient « légitimes » et qu’il comptait « y travailler dans les toutes prochaines semaines ».

    Le Monde avec AFP

    #santé #SAMU #ARM #SMUR

    • Fermé la nuit, Christophe Prudhomme, Médecin au Samu 93
      https://blogs.mediapart.fr/christophe-prudhomme/blog/150823/ferme-la-nuit

      L’été dernier le précédent ministre de la Santé, F. Braun, avait dans un premier temps nié la fermeture de services d’urgences puis avait parlé de mesures exceptionnelles en instaurant l’appel préalable au centres 15 pour pouvoir avoir accès aux #urgences.

      Dans une situation de tension majeure, sans état d’âme, il a appliqué de manière brutale la régulation de l’intérim médical sans prendre de mesures de compensation afin d’éviter des situations de rupture dans les #hôpitaux déjà fragilisé par le manque de médecins titulaires obligeant à un recours massif aux intérimaires.

      Cette année, la situation est encore plus dégradée et il n’est plus possible de poursuivre le discours de déni sur l’absence de fermeture de très nombreux services certaines nuits, pour quelques jours, voire plus, et ce qui est encore plus grave dans les zones touristiques où la fréquentation augmente fortement pendant les vacances.

      Un nouveau ministre a été nommé et il reconnaît enfin les difficultés.
      Cependant, après ses premières déclarations lors de sa prise de fonction, il a disparu des radars sans aucune prise de décision pour essayer de répondre aux alertes multiples, notamment dans le secteur de la #psychiatrie confronté à une fermeture massive de lits par manque de personnel [situation qui aggraver une politique de fermeture de lits poursuive depuis 40 ans, ndc].

      Mais visiblement, le ministre ne restait pas inactif auprès de ses services car une dépêche nous apprend voici quelques jours que des projets de décrets sont en cours de finalisation pour acter définitivement une organisation dégradée des services d’urgences sur l’ensemble du territoire.
      Il s’agit de valider la création d’antennes de médecine d’urgence qui ne seront plus ouvertes 24 h sur 24. Pour être plus clair, elles seront en fait fermées la nuit.

      Cette réorganisation est un non-sens en termes de #santé_publique car le propre des urgences est qu’elles ne sont pas programmables et faire reposer la nuit la prise en charge des patients uniquement par les SMUR est une aberration.
      D’une part, ces unités du SAMU fonctionnent également dans de nombreux départements en mode dégradé avec de nombreuses unités qui ferment de manière brutale par manque de médecins, comme cela a été le cas récemment en Mayenne ou en Vendée, ou qui sont remplacés par des équipes infirmières.

      Tous les urgentistes savent que dans de nombreux cas, un retard de prise en charge peut avoir des conséquences catastrophiques.
      Cela va être le cas avec la mise ne place de cette organisation, ce qui se traduira statistiquement par une augmentation de ce qu’on appelle pudiquement des « morts évitables »

      Cette politique est meurtrière et est inacceptable.
      En effet, comment expliquer que les plages d’ouverture des commerces, notamment alimentaires, ne cessent de s’élargir, ce qui les rendra bientôt plus accessibles que des services essentiels comme les services d’urgence.
      L’explication me paraît évidente quand on examine les choix idéologiques d’E. Macron : ce qui prime c’est le marché et non les services publics essentiels. En résumé, c’est le choix de l’argent contre la vie. Il est urgent de se lever pour refuser ce choix de société mortifère.

      le salaire d’infirmière a beau être faible, on préfère raquer celui de caissière ou vendeuse, bien inférieur.
      #prolétarisation

  • Dans la Sarthe, la psychiatrie publique désertée par les médecins s’effondre | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040823/dans-la-sarthe-la-psychiatrie-publique-desertee-par-les-medecins-s-effondr

    Faute de médecins, l’établissement public de santé mentale de la Sarthe est contraint de fermer de nombreux lits. Seuls les malades les plus graves sont hospitalisés, parfois au mépris de leurs droits. Les autres se dégradent, faute de soins. Parmi des soignants désemparés, les arrêts maladie se multiplient.

    Caroline Coq-Chodorge

    4 août 2023 à 18h59

    AuxAux urgences du Mans, il existe depuis une année environ un « patio » dédié aux patient·es psychiatriques. C’est une hyperbole : ce patio est en réalité « un morceau de couloir, qui donne sur une baie vitrée, sans aucune intimité. Les patients sont sur des brancards, parfois de simples fauteuils, séparés par des paravents. Il y a des toilettes, mais pas de salle de bains, ce n’est pas du tout décent. Ils y restent, dans l’attente d’un lit d’hospitalisation, pendant des jours. Un patient y est resté deux semaines », raconte la docteure Gabrièle Mugnier, cheffe du pôle de psychiatrie d’urgence de l’Établissement public de santé mentale (EPSM) du Mans.

    https://jpst.it/3krUu

  • En Iran, des soins « psychologiques » imposés pour les femmes hostiles au voile obligatoire
    https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20230804-en-iran-des-soins-psychologiques-impos%C3%A9s-pour-les-femmes-hos

    Les autorités judiciaires iraniennes multiplient les condamnations à des « soins psychologiques » pour des #femmes ayant refusé de respecter la loi sur le #voile_obligatoire. Les associations de soignants estiment que la #psychiatrie est ainsi détournée par le pouvoir judiciaire. Un aveu de faiblesse pour l’État iranien qui, malgré l’intensification des mesures répressives, ne parvient pas à faire respecter sa loi sur le voile.

  • La poupée Barbie, icône de Hollywood « née » avec des racines juives Cathryn J. Prince - Time of israel

    Depuis sa création par Ruth Handler, entrepreneuse atypique, avec sa capacité de s’adapter au temps qui passe, la poupée emblématique arbore certains signes distinctifs de la communauté

    Elle a eu 250 carrières – et ce n’est pas terminé. Elle a les pieds arqués depuis toujours et une maison de rêve. Et, le 21 juillet, elle prendra le volant d’une décapotable rose et blanche pour s’aventurer dans le « monde réel » dans le prochain film grandeur nature de Greta Gerwig.

    Il s’agit de Barbie, bien sûr – la création de moins de trente centimètres de Ruth Handler, entrepreneuse juive qui avait défié les conventions sociales.

    Vêtue d’un maillot de bain zébré, la poupée avait fait ses débuts au Salon du jouet américain en date du 9 mars 1959 – une époque où les Juifs des États-Unis, victimes de fortes discriminations, s’interrogeaient beaucoup sur le concept d’assimilation. Handler devait, de nombreuses manières, placer sa propre ambivalence dans Barbie alors que la poupée devait devenir un symbole de la grande Amérique, de la blanchité joyeuse et de l’émancipation des femmes.

    « Ruth Handler est aux poupées ce que Ralph Lifshitz a été pour les vêtements américains et ce qu’Irving Berlin a été aux chants de Noël. Qu’ils en aient été conscients ou non, ils ont tous entretenu une relation ambivalente avec l’idée de cette Amérique aux palissades en bois blanc si typiques du pays – mais ils ont aussi aidé à créer l’image de cette Amérique aux palissades en bois blanc », explique Emily Tamkin, qui a écrit le livre Bad Jews : A History of American Jewish Politics and Identities.

    Née en 1916, Handler était la plus jeune d’une famille de dix enfants. Ses parents étaient des immigrants juifs venus d’une région de Pologne yiddishophone. Son père, Jacob Mosko, était un forgeron qui avait déserté les rangs de l’armée soviétique. Sa mère, Ida, était illétrée. Quand Handler n’avait que six mois, sa mère était tombée gravement malade, incapable de s’occuper de l’enfant. Cela avait été sa sœur aînée, Sara, qui avait pris soin d’elle et qui l’avait élevée.

    A l’âge de 19 ans, Handler avait arrêté ses études supérieures et elle avait quitté Denver au volant de son coupé Ford, direction Hollywood. Elle s’était installée dans un appartement avec une amie et elle avait trouvé un emploi au sein des studios Paramount Pictures.


    Ruth et Elliot Handler posent devant une vitrine de leur bureau montrant les jouets créés par le couple, le 2 août 1951. (Crédit : AP Photo)

    Elle avait épousé son petit ami du lycée – un étudiant en art qui s’appelait Eliot Handler – en 1938. Le couple avait fait une première apparition sur le marché des jouets en fabriquant des modèles miniatures de l’avion Douglas DC-3, des miniatures que Douglas Aicraft avait à l’époque distribuées comme cadeau de Noël à ses employés.

    Six ans plus tard, Ruth et Eliot Handler, en partenariat avec leur ami Harold « Matt » Matson, avaient cofondé Mattel, Inc. Matson avait revendu ses parts en 1946, l’époque où Ruth était devenue la toute première présidente de l’entreprise.

    Selon plusieurs biographies, Handler avait eu l’idée de Barbie en observant sa fille Barbara – dont la poupée est devenue l’homonyme – en train de jouer avec des poupées en papier. Son idée s’était encore précisée à l’occasion d’un voyage en Suisse, en 1956, où elle avait découvert Bild Lilli , une poupée habillée à la pointe de la mode, au corps harmonieux, qui avait été directement créée à partir du personnage féminin d’une bande-dessinée pour adultes.

    Avec ses jambes incroyablement longues, sa poitrine généreuse et sa garde-robe de femme adulte et moderne, Barbie avait été l’antithèse des poupées qui conditionnaient les petites filles au mariage et à la maternité.

    « Cela avait été une idée radicale – l’idée que les petites filles ne joueraient plus à la maman. C’était une pensée transgressive dans la culture juive, à ce moment-là. La mère juive tient un tel rôle dans notre culture », explique Letty Cottin Pogrebin, fondatrice et rédactrice en chef de Ms. Magazine et autrice juive féministe.


    Letty Cottin Pogrebin, fondatrice et rédactrice en chef de Ms. Magazine et autrice juive féministe (Crédit : Mike Lovett)

    Pour Susan Shapiro, autrice de Barbie : 60 Years of Inspiration, la poupée a été, d’une certaine manière, la féministe originelle.

    « Elle a capturé l’imagination des petites filles à l’époque et elle le fait encore, parce qu’il est rare qu’une femme soit au premier plan. Quand elle est apparue sur le marché, les femmes devaient encore demander la permission à leur mari pour avoir une carte de crédit ou un compte bancaire. Les femmes étaient dans l’ombre des hommes », explique Shapiro, qui possède à elle seule 68 poupées Barbie et qui est professeure de rédaction à la New School.

    Rien n’a tenu Barbie dans l’ombre, dit-elle.

    « Barbie n’avait pas à demander la permission d’un mari, d’un rabbin ou d’un père pour quoi que ce soit. Et c’était aussi le cas pour Ruth Handler. Elle ne demandait pas la permission pour faire ce qu’elle voulait faire », ajoute Shapiro.


    Susan Shapiro, à gauche, lors d’un événement Barbie au Temple Israel, dans le Michigan, avec la rabbin Jennifer Kaluzny. (Autorisation : Susan Shapiro)

    Comme l’avait écrit Handler, qui s’est éteinte en 2002 à l’âge de 85 ans : « Barbie a toujours incarné le fait qu’une femme a des choix ».

    Elle pouvait être médecin, agricultrice, astronaute ou mathématicienne. Elle pouvait avoir sa propre voiture. Elle pouvait vivre seule, ou avec des amis. Dans une maison, ou dans une caravane. Elle pouvait avoir un petit ami, Ken – mais elle n’était pas dans l’obligation de se marier.

    Les différentes bandes-annonces du film, qui sortira au cinéma le 21 juillet, suggèrent que Barbie quitte Barbieland pour être une poupée plus imparfaite. Pour résumer, elle s’interroge à la fois sur son rôle et sur la signification du bonheur. Et, comme le rappelle Pogrebin, le questionnement est central dans le judaïsme.

    « Je pense que le film sera une sorte de midrash sur le féminisme », déclare Pogrebin, utilisant le terme en hébreu pour désigner une exposition rabbinique consacrée à la Bible.

    Même ainsi, Pogrebin a du mal à qualifier la poupée de réel symbole du féminisme. Après tout, la première mission de Barbie était de servir de modèle unique aux adolescentes.

    Mais depuis que Mattel a sorti sa première Barbie, il y a 64 ans, la firme a tenté de diversifier la poupée.

    En 1968, Mattel a fait entrer sur le marché Christie, sa première poupée afro-américaine. Et pourtant, réduite à tenir un second rôle auprès de la célèbre poupée mannequin, elle n’est jamais devenue une Barbie officielle. Un tournant qui ne s’est amorcé que dans les années 1980.

    Et ce n’est qu’en 2016 que l’entreprise a lancé sa liste Fashionista, avec des poupées aux corps, aux formes et aux couleurs différentes, aux multiples capacités. Sa première Barbie portant le hijab, inspirée de la championne olympique au sabre Ibthihaj Muhammad, a fait son apparition en 2017.


    Ibtihaj Muhammad tient une Barbie à son effigie lors de la remise des Glamour Women of the Year Awards de 2017 au Kings Theatre de New York, le 13 novembre 2017. (Crédit : Evan Agostini/Invision/AP)

    Pourtant, alors même que Mattel continue à décliner la marque – au mois de mai, l’entreprise a mis sur le marché une Barbie atteinte de trisomie 21 – la Barbie la plus populaire reste la « Totally Hair ». Plus de dix millions de poupées aux tresses couleur d’or ont été vendues jusqu’à présent.

    Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de Barbie ayant été inspirées par de célèbres femmes juives. Ainsi, la compagnie avait vendu une poupée mannequin Diane von Furstenberg en 2006 et en 2020, elle avait proposé une poupée à l’effigie de la gymnaste Aly Raisman, double médaillée d’or.

    Conservant l’idée d’une Barbie apte à faire ses choix, Jen Taylor Friedman, une artiste juive orthodoxe, a créé « la Barbie à phylactères ». La poupée, mise à la vente sur le site Etsy, est aussi enveloppée dans un châle de prière, et elle tient un livre de prières à la main.


    La Barbie à phylactères. (Autorisation : Jen Taylor Friedman)

    « La Barbie Halloween Hip de Mattel portait une adorable jupe en jean frum, et elle ressemblait ainsi à la plus grande partie de mes amis. De la même façon, je me suis dit qu’elle devait porter des phylactères », dit le site internet de Friedman, utilisant le mot yiddish pour désigner les Juifs pratiquant au niveau religieux.

    Et si une célébrité juive dépeinte sous les traits d’une poupée Barbie n’est pas automatiquement une Barbie juive, ce n’est pas grave, estime Tamkin. « Parce que d’une certaine façon, elle est déjà juive. Elle a été créée par une femme juive et elle porte le nom de sa fille, qui était juive ».

    Un point de vue qui n’est pas partagé, de son côté, par Pogrebin. Toutefois, elle dit qu’elle décèle quelque chose de très Juif dans la façon dont Handler et Mattel ont su s’adapter au temps qui passe.

    « Ils ont fait ce que les Juifs ont fait pendant des milliers d’années : s’adapter à la culture dominante pour pouvoir survivre. Pour entrer dans le cadre, il faut savoir se réinventer tout en conservant en soi ce qu’on est essentiellement. C’est ce que Mattel a fait et c’est ce que Handler a fait, elle aussi », dit Pogrebin.

    #barbie #poupée #usa #symbole #femme #modèle #Mattel

    Source : https://fr.timesofisrael.com/la-poupee-barbie-icone-de-hollywood-nee-avec-des-racines-juives

  • Wozu braucht Putin ein LGBT-Psychiatriezentrum in Russland?
    https://www.berliner-zeitung.de/open-source/wozu-braucht-putin-ein-lgbt-psychiatriezentrum-in-russland-li.36058

    27.6.2023 von Aleksander Polozov - In Russland entsteht ein ganzes Netzwerk „wissenschaftlicher medizinischer Forschungszentren“, das sich mit den „Abweichungen“ von LGBT-Menschen befassen wird. Diese Arbeit wird von einem spezialisierten Institut koordiniert, das im wichtigsten psychiatrischen Krankenhaus Russlands eingerichtet wird, in dessen Geschichte es dunkle Seiten gibt. Hier wurden Rückschlüsse auf den geistigen Wahnsinn von Menschen gezogen, die es wagten, sich dem Sowjetregime zu widersetzen und ins Blickfeld der staatlichen Sicherheitsbehörden gerieten. Besonders hervorzuheben ist, dass Wladimir Putin den Beginn der „medizinischen Forschung“ angeordnet hat.
    Auf Anordnung des Präsidenten Wladimir Putin

    Es sind noch wenige Details bekannt, wichtig ist jedoch, dass der russische Gesundheitsminister Michail Muraschko die Gründung eines neuen Instituts mit besonderen Aufgaben direkt vom Rednerpult der Staatsduma aus angekündigt hat. Ihm zufolge hat Wladimir Putin ihn angewiesen, auf der Grundlage des Föderalen Medizinischen Forschungszentrums für Psychiatrie und Narkologie, Russlands größtem Kompetenzzentrum, im Kampf gegen psychische Störungen ein „zusätzliches Institut“ zu gründen. In die „obligatorische wissenschaftliche Studie“, wie es der Minister formulierte, soll die neue Abteilung unter anderem das „öffentliche Verhalten“ von LGBT-Personen einbeziehen.

    Welchen Zweck Putin mit einer solchen Anordnung verfolgt, erläuterte der Minister nicht. Es ist jedoch aus dem Kontext, in dem die Gründung einer neuen Institution bekannt wurde, recht deutlich erkennbar. Davon erzählte Michail Muraschko, als er auf die Frage antwortete, ob sein Ministerium Forschungen zu „psychologischen und gegebenenfalls psychiatrischen Methoden“ durchführe, die die Vorstellungen der Menschen über ihre Geschlechterrolle „mit der Realität in Einklang bringen“ würden.
    Wird Russland anfangen, Homosexuelle zu „behandeln“?

    Im russischen LGBT-Umfeld wurden die Worte des Chefs des Gesundheitsministeriums mit verständlicher Besorgnis aufgenommen. Das LGBT-Portal Parni+, das den Auftritt des Ministers in der Duma verfolgte und das entsprechende Fragment der Videoaufzeichnung des Treffens teilte, bezeichnet die Rede von Michail Muraschko als direkte Bestätigung dafür, dass die sogenannte Konversionstherapie auf die Einführung in Russland vorbereitet wird. Experten der Vereinten Nationen und der meisten professionellen psychiatrischen Organisationen in der Welt bezeichnen die Konversionstherapie (auch reparative Therapie genannt) als einen Komplex pseudomedizinischer und pseudowissenschaftlicher Methoden zur „Korrektur“ von Sexualverhalten, das über den heteronormativen Rahmen hinausgeht.

    Alle diese Methoden sind irgendwie mit der Ausübung psychischer und physischer Gewalt gegen die „Patienten“ verbunden. Daher setzen zahlreiche Experten eine solche „Behandlung“ mit Folter gleich und mehrere Länder, darunter auch Deutschland, haben ein gesetzliches Verbot dagegen eingeführt.

    Zuvor wurden in Russland Daten aus mehreren unabhängigen Studien veröffentlicht, die zu dem Schluss kamen, dass die Zahl der sogenannten Rehabilitationszentren zur „Behandlung von Homosexualität“ im Land wächst. Besonders viele davon gibt es in den Regionen des Nordkaukasus, wo das Sozial- und Familienleben durch strenge religiöse Normen geregelt ist. Allerdings gibt es Hinweise darauf, dass sich Konversionspraktiken auch in Großstädten, darunter Moskau, ausbreiten. Alle von ihnen sind privat oder stehen im Zusammenhang mit öffentlichen Organisationen, Tempeln oder Moscheen. Jetzt aber befürchten Vertreter der LGBT-Gemeinschaft, dass die „Behandlung“ wegen „Homosexualität“ oder anderen „Abweichungen“ von sexuellen Vorlieben in Russland eine systemischere staatliche Ebene erreichen könnte.

    Staatliche Homophobie in Russland

    Es gibt keinen überzeugenderen Beweis dafür, dass russische Staatskliniken im Begriff sind, die Praxis der Konversionstherapie massiv einzuführen. Aber es ist bemerkenswert, mit welcher Beharrlichkeit der moderne russische Staat in den letzten Jahren versucht, seine Bürger zur Einhaltung sexueller „Normen“ zu zwingen. Bei einer Parlamentssitzung am 14. Juni, an der der Chef des russischen Gesundheitsministeriums teilnahm, nahmen die Abgeordneten energisch die Verabschiedung eines weiteren Gesetzes gegen LGBT-Personen in Angriff. Mit Inkrafttreten des Gesetzes wird in Russland jegliche Geschlechtsumwandlung faktisch verboten sein, mit Ausnahme von Fällen, die ausschließlich aus medizinischen Gründen im Zusammenhang mit angeborenen Anomalien erforderlich sind. Und solche Fälle, davon ist der Minister überzeugt, seien nur einer von 4000.

    Ein konsequenter Angriff auf die Rechte und Möglichkeiten von LGBT-Personen in Russland findet seit mehr als zehn Jahren statt. 20 Jahre nach der Entkriminalisierung homosexueller Beziehungen im Land begann die Verabschiedung regionaler Gesetze, die die Verwaltungsverantwortung für die „Propaganda“ nicht traditioneller Beziehungen zwischen Minderjährigen einführten.

    Es ist merkwürdig, dass sogar die Führung des russischen Parlaments diesen Initiativen damals skeptisch gegenüberstand und erklärte, dass „ganz Europa darüber lachen würde“. Allerdings wurde „LGBT-Propaganda“ im ganzen Land verboten, und heute kann man für dieses „Verbrechen“ ins Gefängnis gehen. Zudem tauchte in der Verfassung des Landes ein klarer Hinweis auf, dass in Russland eine Ehe nur zwischen einem Mann und einer Frau bestehen kann. Obwohl die zentralen Bestimmungen der Verfassung in Russland seit langem nicht respektiert werden, berufen sich die Behörden gerne auf das Grundgesetz. Im Voraus kann man sich also nicht wundern, wenn russische Männer, die nicht mit Frauen zusammen sein wollen, anfangen, „im Einklang mit der Verfassung“ zu „handeln“.
    Nur „Mama“ und „Papa“, nicht „Elternteil eins“ und „Elternteil zwei“

    Festzuhalten ist, dass die Verschärfung des homophoben Kurses stets mit der Stärkung der persönlichen Macht des russischen Präsidenten einherging. Sogar die Änderungen, die die Homo-Ehe auf Verfassungsebene verboten und Wladimir Putin erlaubten, bis 2036 im Amt zu bleiben, wurden in einem Paket verabschiedet. Zusätzlich verängstigte die Fernsehpropaganda konservative Russen aktiv mit trotzigen Bildern von bewusst aggressiv wirkenden Homosexuellen, die beinahe das Land übernehmen würden, wenn Putin nicht der ewige Präsident bleiben dürfe.

    Heute verzichtet selten eine Sendung, die den Einmarsch in die Ukraine rechtfertigt, auf solche Geschichten. Es besteht kein Zweifel daran, dass der Pride-Monat in westlichen Ländern der Propaganda reichhaltiges neues Material liefern wird, denn in Russland gab es bereits Erklärungen, dass der Krieg begonnen habe, um Gay-Pride-Paraden in russischen Städten zu vermeiden. Offensichtlich ist Putin selbst der Urheber dieser Haltung. In seiner üblichen Art, das Offensichtliche zu leugnen, behauptet der Herr des Kremls ständig, dass es in Russland keine staatliche Homophobie und Diskriminierung aufgrund sexueller Vorlieben gebe. Doch in den letzten Jahren ließ er es sich nicht nehmen, den Westen für „die Zerstörung der Institution der traditionellen Familie“ und „Dutzende Geschlechter“ zu kritisieren. Und zu versprechen, dass Kinder in Russland nur „Mütter“ und „Väter“ (nicht „einen Elternteil“ und „zwei Elternteile“) haben werden, solange er selbst an der Macht ist.

    Übrigens ließ Putins Fokussierung auf das LGBT-Thema sogar den Verdacht aufkommen, dass der russische Präsident selbst ein „Gay in Leugnung“ sein könnte, also ein heimlicher Homosexueller, der diesen Teil von sich kategorisch ablehnt und auf eigentümliche Weise versucht, diesen internen Konflikt im externen Schaltkreis zu lösen. Eine solche Annahme wurde beispielsweise vom Oppositionsjournalisten Renat Davletgildeev aufgestellt, basierend auf den Ergebnissen seiner eigenen Forschung – einem offen schwulen Mann, der aus offensichtlichen Gründen nicht mehr in Russland lebt. Allerdings sehen die Schlussfolgerungen des Ermittlerteams des Oppositionsleiters Alexej Nawalny bisher deutlich realistischer aus – dass der offiziell geschiedene Präsident mehrere uneheliche Kinder hat. Dasselbe zeichnet übrigens auch seinen Verteidigungsminister Schoigu aus. Gute Verfechter traditioneller Familienwerte, nichts zu sagen!

    Es gibt noch mindestens einen weiteren Grund, angesichts Putins neuer Anweisungen vorsichtig zu sein. Das Serbsky-Institut, wo das Forschungszentrum für LGBT-Psychiatrie entsteht, half zu Sowjetzeiten im Kampf gegen Regimegegner. Personen, die aus politischen Gründen verfolgt wurden, wurden zur stationären Vernehmung hierhergeschickt. Von den repressiven Behörden kontrollierte Ärzte erkannten die „Patienten“ als verrückt an, woraufhin die Unglücklichen zur Zwangsbehandlung in psychiatrische Gefängniskrankenhäuser im System des Innenministeriums geschickt wurden. Für sehr viele „zur Heilung Verdammte“ endete es sehr schlimm.

    Die weite Verbreitung dieser Praxis zeigt sich daran, dass es in solchen Anstalten zeitweise sogar mehr politische Gefangene gab als in den Gefängnissen selbst. Eine der dunkelsten Seiten in der Geschichte der russischen Psychiatrie wurde erst in den 1980er-Jahren geschrieben. Die Zeit wird zeigen, ob diese Seite in einer neuen, viel traurigeren Version wiederbelebt wird, wenn diejenigen, die mit Putins Herrschaft nicht einverstanden sind, aufgrund einer „Störung des sexuellen Verhaltens“ für „verrückt“ erklärt werden. Europäische Institutionen, die sich mit dem Schutz der Menschenrechte befassen, müssen diese Entwicklung möglicherweise berücksichtigen.

    #Russie #psychiatrie #iatrocratie

  • La psychothérapie institutionnelle, une révolution copernicienne ?
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/entretien-avec-francois-tosquelles-1-2-1ere-diffusion-04-10-1985-5305009

    En 1985, France Culture diffuse deux entretiens avec le psychiatre François Tosquelles, l’un des inventeurs de la psychothérapie institutionnelle. Dans le premier volet, il raconte sa formation en Catalogne, la guerre civile en Espagne, puis son arrivée à l’Hôpital de Saint-Alban en 1948.

    #psychiatrie #psychothérapie_institutionnelle #François_Tosquelles

  • Léa Salamé en train de défendre explicitement la thèse raciste de l’extrême-droite comme quoi à Annecy, c’est bien un « problème » qui « pose la question de l’immigration », j’étais pas encore totalement prêt :
    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1667654323596058626/pu/vid/592x320/wx0QpEZqeFPsIFaa.mp4

    D’accord, mais pourquoi vous parlez de récupération politique quand on parle d’immigration ? Et là, manifestement, il y a un problème : celui qui a fait cet acte innommable, qui nous a tous effrayés, est un migrant. Et donc, que la droite pose la question de l’immigration, et prenne cet exemple-là, pourquoi est-ce que c’est de la récupération politique ? Répondez !

    Je ne voudrais pas gloser sur l’histoire personnelle de Léa Salamé, mais l’entendre dégoiser sur le problème que représente un « migrant » qui a fuit son pays en proie à une guerre civile, et qu’elle ne comprenne pas pourquoi c’est une manipulation que la droite « pose la question de l’immigration », ah ben merde.

    • Finistère : Une petite fille tuée par les tirs d’un voisin, son père gravement blessé
      https://www.20minutes.fr/faits_divers/4040763-20230611-finistere-petite-fille-tuee-balle-tirs-voisin-pere-gravem

      Selon les premiers éléments de l’enquête, « le voisin des victimes, un retraité de nationalité néerlandaise, âgé de 71 ans, a surgi soudainement armé d’une arme à feu et a tiré à plusieurs reprises en direction des victimes qui se trouvaient dans leur jardin, avant de se retrancher chez lui, en compagnie de son épouse », a ajouté la magistrate. Et de préciser : « Après intervention du négociateur de la gendarmerie et du GIGN, le mis en cause et son épouse ont fini par se rendre. Ils ont été interpellés vers 23 heures et placés en garde à vue. »

      Encore un drame du problème de la question de l’immigration qui va mobiliser Léa Salamé et indigner Ciotti et ses copains fachos. (Comment ça, non ?)

    • En réécoutant : tout au début, elle reprend sans ciller : « pour Eric Ciotti, le problème, c’est cette submersion migratoire ».

      La « submersion migratoire » est très exactement la façon codée de dire « grand remplacement », avec la même idée de complot orchestré par « les élites » (qui ? qui ? qui ?), thème hérité des Protocoles.

      Sur le site du RN (désolé, je fais pas de lien), c’est écrit comme ça :

      face à la submersion migratoire orchestrée et soutenue par l’Europe de Bruxelles

      (pour être clair, une fois de plus : ce n’est donc pas un prétendu « constat » sur la démographie, c’est l’idée qu’il y a une élite qui « orchestre » la disparition de la culture chrétienne-blanche).

      Et de toute façon, Ciotti annonçait explicitement qu’il croyait au grand remplacement fin 2021 :
      https://www.liberation.fr/politique/toujours-plus-a-droite-ciotti-croit-la-theorie-complotiste-du-grand-rempl

      « Je n’ai pas peur des mots, s’il faut parler de grand remplacement, je parle de remplacement […] Dans cette campagne, je veux abattre le politiquement correct », a-t-il lancé après avoir déjà dit sa sympathie pour Eric Zemmour, pour qui il voterait contre Emmanuel Macron.

      C’est juste qu’il utilise désormais un dogwhistle, pour dire exactement la même chose.

      Donc quand on est la première animatrice politique du pays, on peut interroger sérieusement les gens sur ce qu’ils pensent du grand complot orchestré par… qui ? qui ? qui ? Tout ça en mode : « Répondez ! ».

    • ces grosses idées fangeuses permettent de ne s’interroger sur rien (la réponse est dans la question), par exemple sur la manière dont la société peut rendre fou
      https://seenthis.net/messages/1005977

      « Peu coopératif et incohérent » : l’expertise psychiatrique de l’agresseur d’Annecy a commencé
      https://www.letemps.ch/monde/europe/cooperatif-incoherent-lexpertise-psychiatrique-lagresseur-dannecy-commence

      on a conclu depuis pour la justice à l’absence d’éléments délirants.
      soyons chrétiens un instant, le croisé zombie d’Annecy a fait oeuvre de vengeance divine contre une société impie, incapable de miséricorde et d’hospitalité.

      #accueil #psychiatrie

    • @arcantar Désolé mais non. Je viens de me fader la séquence complète sur ce sujet dans le Replay, et je confirme :
      – le sujet débute juste avant l’extrait, avec directement un extrait de La Pen, puis de Ciotti ; et hop on enchaîne sur l’extrait ci-dessus ;
      – et juste après cet extrait, ça continue avec une déclaration de Zemmour.

      Bref déjà ça commence mal, le sujet d’Annecy est traité d’entrée de sous l’angle des déclarations des fachos de service.

      Et la suite, l’angle unique, c’est de discuter « le lien entre immigration et déliquance ». Après Bachelot qui dit qu’elle refuse de faire ce lien, toute la discussion est pourtant basée sur cette idée qu’il y a bien un lien. Et d’attaquer LFI sur le fait qu’apparemment il n’y a rien dans leur programme pour « réguler les flux ».

      Donc non, l’extrait ne caricature pas du tout le séquence complète. Je pense même que l’extrait est en dessous de la merde totale qu’est cette séquence où l’on prend un fait divers, on commence par les déclarations des fascistes, et la suite c’est uniquement la discussion selon l’angle « immigration et délinquance », « maîtriser les flux », et enfin une mise en accusation de « pourquoi la gauche, l’immigration, c’est toujours un sujet qu’on met sous le tapis »…

  • Utopie et soin psychiatrique - Au sujet de : François Tosquelles, Soigner les institutions, textes choisis et réunis par Joana Maso, L’Arachnéen
    https://laviedesidees.fr/Tosquelles-Soigner-les-institutions

    François Tosquelles est une figure mythique de la psychiatrie. Il n’a cessé d’expérimenter de nouvelles manières de prodiguer des soins et de nouvelles façons de concevoir l’hôpital. Cette anthologie rassemble des textes majeurs d’un auteur original, convaincu que la médecine devait chercher dans la poésie ses ressources.
    Il y a deux types d’hommes et de femmes. Ceux et celles qui réussissent leur folie et ceux et celles qui se retrouvent à l’hôpital psychiatrique. Dans nos sociétés enclines à distinguer clairement la frontière entre le sain et le malsain, une telle affirmation est devenue incompréhensible. Et pourtant, elle est fondamentale pour saisir l’importance de la pensée de François Tosquelles – auteur de ladite affirmation – et dont certains textes font aujourd’hui l’objet d’une édition récente en français. Des morceaux de vie et de pensée, choisis et présentés par Joana Maso, nous donnent à voir et à lire le parcours exceptionnel et la richesse intellectuelle d’une œuvre singulière.

    Le personnage fait indéniablement partie du panthéon des professionnels de la psychiatrie et est devenu une figure mythique convoquée au chevet d’une psychiatrie en crise, mais connaissons-nous vraiment Tosquelles ? Tout à la fois trublion et fondateur, fantasque et organisateur, intemporel et produit de son espace-temps, le psychiatre catalan interpelle encore et toujours par l’originalité de ses interrogations et de ses engagements. Ce livre – une « anthologie de fragments » (p. 19) - n’est évidemment pas un travail dégagé d’une admiration sans bornes, mais il représente une étape importante dans l’écriture d’une histoire de la psychiatrie du XXe siècle et particulièrement de ce que l’on a appelé la psychothérapie institutionnelle.

    « La chance de monsieur Hitler, ce con de fasciste »

    « J’ai eu une autre chance extraordinaire, la chance de monsieur Hitler, ce con de fasciste je ne peux pas m’en plaindre parce qu’une chose extraordinaire est arrivée, qui est qu’à partir de 1931 ont commencé à venir à Barcelone des juifs réfugiés, surtout d’Autriche. » Dans un entretien informel traduit du catalan (p. 76) datant de 1983 dont est extrait cette citation, Tosquelles ouvre une fenêtre sur le contexte qui a vu naître ! son projet de « foutre la psychanalyse dans les asiles psychiatriques » (p. 76). Né en Catalogne en 1912, Tosquelles était familier de la médecine et des questionnements du monde ouvrier. Avec un père trésorier de la coopérative santé des ouvriers et un oncle médecin qui écrivait sur Freud, deux de ses passions étaient déjà là. Durant ses études de médecine à Barcelone (1928-1934), il s’engage auprès du bloc ouvrier et paysan, commence une psychanalyse et lit Lacan qui vient de soutenir sa thèse en 1932. Le jeune catalan est polymathe. Il écrit sur l’anarchisme, le syndicalisme, le féminisme, la psychanalyse, la poésie et collabore déjà à diverses institutions médico-psychologiques.

    (...) dans L’enseignement de la folie en 1992 : « je ne me suis jamais engagé dans la recherche de quelque chose de radicalement neuf. Jamais je n’ai parié sur le métier d’inventeur. Je n’ai jamais pensé à construire et faire valoir quoi que ce soit qui puisse être breveté. Je penche plutôt du côté des plagiats ou, si on veut, du vol d’idées que je glane n’importe où et qui me semblent constituer de petits cailloux qui peuvent être utilisés dans ma tâche de psychothérapeute. En fait, paradoxalement, c’est dans mon travail de psychothérapeute que j’ai eu le plus fréquemment l’occasion de glaner. Mais aussi dans tous les événements de ma vie concrète »

    #François_Tosquelles #Lucien_Bonnafé #psychiatrie #chronicisation #psychothérapie_institutionnelle #livre

    • Vu cette semaine « Sur l’Adamant » de Nicolas Philibert, très touchant

      C‘est un vaisseau à quai, une péniche ancrée à l’écart des klaxons et de l’agitation urbaine, entre la grande horloge de la gare de Lyon et le clapot de la Seine qui lèche gentiment sa coque. L’Adamant (c’est son nom) est un centre de jour ouvert aux Parisiens atteints de troubles psychiques. On s’y confie, on y converse, on y cultive des relations humaines dans le cadre d’ateliers inspirés par la psychothérapie institutionnelle. Celle-là même que pratiqua le psychiatre Jean Oury à la clinique de La Borde, et dont Nicolas Philibert évoqua le quotidien dans La Moindre des choses, en 1997. Un quart de siècle après ce film qui compte parmi ses meilleurs, le documentariste revient sur la question de la santé mentale dans un triptyque en cours de production. Sur l’Adamant, distingué par un Ours d’or à la dernière Berlinale, en est le premier volet. Le deuxième nous mènera à l’hôpital Esquirol de Charenton-le-Pont ; le troisième suivra des visites au domicile de patients.

      https://www.telerama.fr/cinema/films/sur-l-adamant-1-249323025.php

  • A bord de l’« Adamant » avec Nicolas Philibert et ses « vedettes »
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2023/03/19/a-bord-de-l-adamant-avec-nicolas-philibert-et-ses-vedettes_6166150_3246.html

    https://www.youtube.com/watch?v=253LdaJPcGU

    Jeudi 16 mars, le cinéaste, récompensé par l’Ours d’or à la Berlinale, présentait son documentaire aux patients et aux soignants qu’il a filmés pendant sept mois dans ce centre psychiatrique de jour à Paris.
    Par Jacques Mandelbaum

    « Sur l’Adamant », de Nicolas Philibert. LES FILMS DU LOSANGE

    Ce n’est évidemment pas tous les jours qu’un documentaire revient d’un grand festival bardé d’or. C’est ce qui arrive aujourd’hui, au retour de la Berlinale, à Nicolas Philibert et à son film Sur l’Adamant, qui a damé le pion à des compétiteurs plus attendus. Philibert, cinéaste qui cultive l’irrespect et l’humilité, est ainsi l’homme de toutes les surprises, après le coup de Trafalgar d’Etre et avoir en 2002, son documentaire qui avait attiré plus d’un million de spectateurs en salle.
    Ce n’est pas tous les jours non plus qu’une présidente de jury, en l’occurrence Kristen Stewart, s’exprime comme elle l’a fait en remettant au lauréat sa récompense, samedi 25 février : « Depuis des milliers d’années, on tourne en rond pour essayer de définir ce qui peut être considéré comme de l’art, qui est autorisé à le faire, ce qui en détermine la valeur. (…) Ce film que nous avons vu place la réflexion, le sentiment, le son et l’image relatifs à ces questions à un niveau profond, à un niveau humaniste, qui nous a tous touchés au sein du jury. C’est la preuve cinématographique de la nécessité vitale de l’expression humaine, et c’est magistralement réalisé. (…) Les paramètres invisibles établis par l’industrie et l’académisme ne tiennent absolument pas la route face à ce film, à cette œuvre, peu importe le nom qu’on lui donne. (…) C’est pourquoi je suis honorée et bouleversée de remettre l’Ours d’or de cette année à Sur l’Adamant et à tous ses producteurs. »

    Il y a quelque chose de beau et de touchant à voir cette icône planétaire de 32 ans rendre un tel hommage à un documentariste français de 72 ans, en dynamitant joyeusement les cloisonnements de genre, de génération ou de nationalité au nom d’une idée du #cinéma entendu comme art spirituel et maison commune. Sur l’Adamant est, de fait, un film magnifique et chaleureux, libre et poétique, qui lui-même décloisonne les catégories de la normalité et de la folie, résistant tant qu’il peut aux déterminismes et aux cases, où un certain ordre social gagne à ranger les gens.

    Trilogie annoncée

    L’Adamant est un hôpital de jour destiné à des patients atteints de troubles psychiques, élégant bâtiment de bois en forme de péniche arrimée sur la Seine, quai de la Rapée, à Paris, depuis 2010. On pratique ici la #psychiatrie institutionnelle, soit une médecine fondée sur la rupture avec l’enfermement asilaire, sur la participation collective aux initiatives et aux activités, sur l’approfondissement et l’humanisation des relations entre soignants et patients. On aura noté que le président Emmanuel Macron a salué le film, qui n’en constitue pas moins le parfait contre-exemple d’une psychiatrie française qui semble laissée à l’abandon par les pouvoirs publics.


    « Sur l’Adamant », de Nicolas Philibert. LES FILMS DU LOSANGE
    Nicolas Philibert a consacré sept mois de tournage à ce projet devenu, en cours de route, une trilogie annoncée, et dont le premier volume sort le 19 avril. Il n’était évidemment pas question pour lui, après la première internationale à Berlin et sa vente sur vingt-cinq territoires, de ne pas en réserver la primeur aux gens qu’il a si longtemps côtoyés, écoutés, filmés. Ce fut chose faite, en deux temps. Une projection, samedi 11 mars, au Cinéma du Panthéon. Salle pleine comme un œuf. Rires. Joie. Emotion palpable. Ovation debout. On ne saurait rien ajouter.

    Deuxième round, le jeudi 16 mars, à bord de l’Adamant, pour un débat autour du film. Autre paire de manches. Premièrement, comme dans le film, on ne sait pas au juste qui est qui, ni de quel côté d’une barrière qui s’estompe ici à dessein. Deuxièmement, comme dans le film, la parole est libre, non encadrée, circulante, dépenaillée, à fleur de peau et, parfois, d’une intrigante fantaisie. Troisièmement, comme dans le film, du niveau dans l’échange. On tente de rattraper les noms à la volée.

    Les « normaux » et l’« anormalité »

    Laurent endosse le costume du contradicteur : « Le film est très poétique, mais il manque les tenants et les aboutissants. On ne sait rien des maladies de chacun. On ne voit pas tout. Vous montrez l’étrangeté des gens, mais pas la souffrance. » A l’inverse, Damien tient à exprimer sa reconnaissance : « Vous avez cherché à montrer une atmosphère. Je me reconnais complètement dans cette atmosphère, qui est justement celle de ce lieu. Et je vous en remercie. » Witold, non dénué d’impétuosité, intervenant généralement tout à trac, la joue plus professionnel : « L’Ours d’or, c’est une consécration ? », « Avez-vous employé des zooms ? », « La question de la couleur a une importance. Ce n’est pas du Technicolor ? »
    Le contraire de Frédéric, l’une des « vedettes » du film, possible réincarnation de Jean Eustache, avec son col impérial et sa fascination pour la radicalité des seventies. Fin érudit, amateur de destinées crépusculaires, mise soignée, lunettes de soleil, main dans la poche de sa veste, Frédéric discerne un « esprit Nouvelle Vague » dans le film, et fait preuve d’un sacré humour quand il aborde la question de l’image qu’il lui renvoie de lui-même : « J’attendais le choc, et j’ai eu le choc… »
    A l’écoute de chaque question, scrupuleux dans ses réponses, Nicolas Philibert avoue, sans une once de démagogie, qu’il « [s]e sen[t] plutôt bien ici », qu’il « aime les gens et la manière dont les choses s’y disent ». A quoi l’un de ses voisins, Alain, rétorque : « C’est sûr, quand on voit les normaux dans quel état d’anormalité ils sont, on se pose des questions. » Un homme qui parle d’or.

    #folie #soin

  • pour faire suite aux récents aperçus sur la psychiatrie et la folie suite au meurtre hier par l’un de ses élèves d’Agnès Lassalle dans un établissement dont on ne sait pas si il pâtit lui aussi du manque de psychologue scolaire

    Groupe d’Entraide Mutuelle, l’équation impossible ? Comme des Fous - Changer les regards sur la folie
    https://commedesfous.com/groupe-dentraide-mutuelle-lequation-impossible

    Le texte qui va suivre a été élaboré en avril 2016 par des animateurs, stagiaires, intervenants travaillant dans quatre Groupes d’Entraide Mutuelle de Seine-Saint-Denis et du Val d’Oise (Montreuil, Aulnay sous-bois, Saint-Denis et Arnouville). En janvier 2019, les animatrices et animateurs des GEM de Saint-Denis, Épinay-sur-Seine, Montreuil, Bobigny, Bondy, Persan et Arnouville se réunissant lors de rencontres mensuelles réactualisent ce texte à l’occasion de l’appel de la journée du 22 janvier 2019 et pour faire écho aux tentatives de constructions communes qui émanent partout en France au sein du mouvement des Gilets jaunes.
    Ce texte espère souligner les difficultés que partagent les travailleurs et travailleuses de ces différents GEM d’abord et peut-être, si d’autres personnes s’y reconnaissent, dégager des problèmes plus structuraux.

     

    Les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) sont issus de la loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Il en existe aujourd’hui à peu près 500 en France (100 GEM de plus depuis 2016 [environ 600 actuellement, ndc] ) et sont financés par les ARS (Agence Régionale de Santé) à hauteur maximale de 77 000 € par an (2 000 € d’augmentation depuis 2016). Les GEM ont la particularité de relever d’une approche globale de la santé portée par le service public. Statut hybride devant s’organiser en association Loi 1901, s’inspirant des clubs thérapeutiques mais détaché de la logique hospitalière, ils naissent parallèlement à la destruction progressive des secteurs de psychiatrie (coupe budgétaire massive, diminution des nombres de lits, logique de l’urgence contre une logique de l’accueil, augmentation des pratiques de contentions…). La loi Santé, dite loi Touraine, instaurant les Groupements Hospitaliers de Territoires (GHT), s’inscrit parfaitement dans ce processus.
    De par la possibilité que les GEM offrent aux personnes qui les fréquentent d’être parties prenantes d’une collectivité active et d’y être accueillies en trouvant une place et une fonction sociale qui leur conviennent, les Groupes d’Entraide Mutuelle sont des outils très précieux. Il nous faut cependant dans le même temps être conscient·e·s des logiques actuelles qui gouvernent les modalités de prise en charge (pour ne pas dire de « gestion ») des personnes qui ont à faire avec la psychiatrie. Les GEM ne peuvent remplacer l’importance du travail effectué dans de nombreuses unités intra-hospitalières, CMP, hôpitaux de jours, CATTP… Les GEM ne peuvent remplacer non plus le travail nécessaire des services médico-sociaux (SAVS, SAMSAH, ESAT…) et des services sociaux (CCAS, 115, ASE,…).

    Clubs thérapeutiques et « groupes d’entraide mutuelle » : héritage ou rupture ?
    Marie-Odile Supligeau
    https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2007-3-page-54.htm

    Née en France, dans le contexte particulier de la Seconde Guerre mondiale, la théorisation élaborée sur la base de l’expérience de l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban, en Lozère, métamorphosera les configurations du travail thérapeutique en psychiatrie et dans les établissements socio-éducatifs. Elle diffusera, de l’après-guerre à nos jours, selon diverses vagues d’influence ou de régression.

    #soin #relations_de_soin #clinique #psychiatrie #folie #psychiatrie_institutionnelle #Gem

    • De mon expérience en territoriale, je constate que les personnes payées pour accueillir et accompagner le public le plus fragile sont elles-mêmes en situation salariale, statutaire, hiérarchique, professionnelle et psychologique très instable, au bord de la précarité. On trouve dans ces structures le plus souvent une écrasante majorité de femmes (dans les CCAS, missions locales ou les BIJ, par exemple mais j’ai vu que c’était pareil en asso), signe, comme me l’avait signalé une collègue, qu’il s’agit de secteurs professionnels mal payés.

  • À propos de l’enseignante tuée en classe par un élève de 16 ans à Saint-Jean-de-Luz.

    Le procureur annonce « qu’une enquête a été ouverte pour assassinat, c’est à dire de meurtre avec préméditation » :
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/une-enseignante-poignardee-par-un-eleve-dans-son-lycee-

    Ici ou là, on évoque le meurtre de Samuel Paty. Les ministres s’agitent et se posent devant la caméra pour réagir à chaud.

    Politiques et syndicalistes surenchérissent sur les réseaux sociaux pour savoir qui sera le plus apte à se mettre en valeur, tout en sachant faire vibrer de la corde de l’émotion.

    On apprend que l’élève est passé à l’acte parce qu’il entendait des voix. Il s’agit d’un symptôme parfaitement identifié et très connu de troubles psychiatriques. La tragédie qui touche l’enseignante, ses proches et sa famille ne doit pas faire oublier qu’un adolescent malade n’a, visiblement, pas été détecté ni pris en charge sur le plan médical. Les personnes souffrant de troubles psychiatriques mettent en danger leur entourage ainsi qu’eux-mêmes.

    Il suffirait juste de le rappeler.

    Nulle part je n’ai vu, aujourd’hui, dans cette presse putassière, de rappel sur l’alarmante augmentation des problèmes de santé mentale des mineur·es ni sur l’état de délabrement préoccupant des structures psychiatriques.

    « Face à la hausse des troubles psychiatriques chez les enfants, développer une politique de prévention est une priorité »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/08/02/face-a-la-hausse-des-troubles-psychiatriques-chez-les-enfants-developper-une

    « Effondrement » et « crise d’attractivité » de la psychiatrie publique
    https://www.santementale.fr/2021/06/le-risque-deffondrement-de-la-psychiatrie-publique

    • Les personnes souffrant de troubles psychiatriques mettent en danger leur entourage ainsi qu’eux-mêmes.

      sorry mais non. le danger pour l’entourage, c’est la fatigue, le désespoir, l’impuissance à y faire quelque chose, éventuellement quelques passages à l’acte qui le vise directement, mais pour l’essentiel sans ce degré de gravité que revêtent l’agression physique invalidante ou le meurtre !
      je n’ai pas la patience de chercher des données, pardon, mais la souffrance psychique fait se mettre en danger les personnes qui l’éprouve, par eux-mêmes et par d’autres (elles sont plus souvent victimes d’agressions, etc. que la moyenne). en revanche ces personnes sont moins que la moyenne de la population susceptibles de nuire dangereusement aux autres.
      sauf si on veut subito intégrer aux « personnes souffrant de troubles psychiatriques » la normopathie exaspérée qui travaille le grand nombre ou des pathologies plus particulières que l’on a du mal à ne pas attribuer à bon nombre de dominants (à quel point faut-il être psychopathe, pervers narcissique, pour être un dirigeant, à n’importe quel niveau, sachant que plus c’est haut plus cela peut devenir voyant ? ou comment dominer - les enfants, entre pairs, ou sur l’animal, femme sur enfant, mari sur femme, petit chef sur employé, etc. - suscite des dispositions « pathologiques »).

      si on ne sait pas parler depuis la folie (dit en binaire, ce n’est donné ni aux fous ni aux autres...) faut arrêter de dire (trop) des conneries à son sujet, puisque comme disait grosso modo Bonaffé (?) c’est à la manière dont les fous sont traités que l’on juge une société

      oui, il y a une destruction continue de la psychiatrie (ni lits, ni soignants, cf. suppression de la qualif infirmier psy) par l’État (et les psychiatres eux-mêmes...) depuis des décennies, c’est très voyant chez les mineurs. notre société d’abandon fabrique des fous (vivre à la rue), notre société punitive fabrique des fous (la violence de l’incarcération de masse en produit son lot). et oui, aussi, la folie n’est pas réductible à ces fabrications. mais chaque fois que des troubles psys sont mis en cause dans des crimes, c’est, encore, les fous qui en pâtissent (établissement fermés, contention).

      edit d’ailleurs, si les fous étaient dangereux, on y consacrerait du blé et du monde...
      à défaut de retrouver de la bonne doc, voilà un truc de la HAS qui dit

      La personne souffrant de troubles mentaux n’est que rarement impliquée dans une violence faite aux tiers.

      Dangerosité psychiatrique : étude et évaluation des facteurs de risque de violence hétéro-agressive chez les personnes ayant des troubles schizophréniques ou des troubles de l’humeur
      https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2011-07/evaluation_de_la_dangerosite_psychiatrique_-_rapport_dorientation.pdf

      pour le reste, c’est un point d’appui récurent pour des politique du bouc émissaire censées nous unifier et nous rassurer (on est normaux, ensemble, gouvernés)

      Psychiatrie : Sarkozy veut « sécuriser »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/02/sarkozy-promet-70-millions-d-euros-aux-hopitaux-psychiatriques_1126055_3224.

      Nous refusons encore une fois la politique de la peur, Union syndicale de la psychiatrie

      https://printempsdelapsychiatrie.org/author/humapsy

      #folie #psychiatrie

    • Crime et folie, un rapprochement trop tentant
      https://www.cairn.info/magazine-les-grands-dossiers-des-sciences-humaines-2011-12-page-2.html

      La part des violences homicides directement imputables aux troubles mentaux et au terreau biologique, à défaut d’être inexistante, s’avère manifestement marginale.

      edit en entendant la nouvelle du jour je m’attendais à des déclarations sur la dangerosité des fous, mais c’est un lycéen (?) et pas un psychiatrisé, il semble qu’il n’y en ait pas encore eu. et plus simplement, la confirmation du stéréotype infuse en sous texte.

    • Développement Matérialiste des Contradictions
      du Concept de Maladie (Krankheitsbegriff)
      http://www.spkpfh.de/Developpement_Materialiste_des_Contradictions.htm
      Ces textes ne sont pas récents et n’ont jamais fait partie des discours politiques publiés à grande échelle, mais on peut y trouver une richesse de mises en question et de réflexions dialectiques profondes.

      Si nous voulons comprendre pourquoi une pierre tombe sur le sol, nous ne pouvons pas nous contenter de déclarer que d’autre corps tombent aussi, mais nous devons saisir l’essence du phénomène (la chute), c’est-à-dire la gravitation en tant que loi générale de la matière sous la détermination de la masse.

      Il en est de même pour la maladie. Pour nous, de prime abord, il était clair qu’il ne suffit pas d’y chercher des causes univoques dans le physique, selon les modèles de la médecine scientifique. Nous sommes très rapidement devenus conscients du fait qu’il est aussi insuffisant de parler simplement des causes sociales de la maladie et de simplifier le problème en imputant la « faute » de la maladie et de la souffrance au « méchant » capitalisme ; nous avons compris que, dire simplement que la société est malade, est une affirmation complètement abstraite et sans effet.

      Empiriquement nous sommes partis uniquement de trois faits :

      Il y a la société capitaliste, le travail salarié et le capital.
      Il y a la maladie et les besoins insatisfaits, c’est-à-dire l’état de manque réel et de souffrance de l’individu.
      Il y a la catégorie de l’historicité, la catégorie de la production, ou bien de manière plus générale, la catégorie du temps, de la tranformation et du devenir.

      Simplement formulé le SPK a été la plus grande concrétisation possible, dans les années 1970-1971, des contradictions du concept de maladie portées à leur plus haute généralisation possible. Or, il est nécessaire à la dialectique de s’élever à un haut niveau de généralisation pour pouvoir résoudre des problèmes concrets, puisque la généralisation théorique est en même temps la condition et le résultat du travail pratique. Il s’agissait alors pour nous dès le début de saisir les symptômes en tant que phénomènes de l’essence de la maladie.

      #maladie #iatrocratie #folie #médecine #SPK

    • @colporteur
      Tout d’abord merci pour ta contribution :-)
      Tu l’écris toi-même : « la fatigue, le désespoir, l’impuissance à y faire quelque chose » ça c’est pour l’entourage direct et intime de la personne. Généralement cet entourage a connaissance du problème. Je suis d’accord que, de ce fait, les possibilités de mise en danger telles que les agressions physiques directes sont beaucoup plus rares.

      Mais ce n’est pas ça que j’évoquais :

      L’entourage auquel je pense c’est aussi et surtout toutes les instances de socialisation (travail, scolarité, transports, loisirs, commerces, etc.) qui mettent en relation la personne malade avec d’autres qui ne savent pas forcément qu’il y a un problème psy et, de ce fait, ça peut très rapidement dégénérer de façon très violente avec un accident comme dans n’importe quelle baston. Voilà pourquoi la notion de préméditation évoquée par le juge (ci-dessus) me semble révoltante.

      Ceci étant, une personne qui entend des voix peut tout à fait être conduite à commettre le pire et c’est là qu’il faut faire attention à ce qu’on raconte. La personne ne partage pas la « rationalité sociale ordinaire » et cela peut être préjudiciable à elle comme aux autres.

      C’est tout ce qu’il faut garder à l’esprit.

      Je ne porte pas de jugement sur la normalité ; c’est pas du tout mon propos. Je demande juste qu’on prenne en compte la maladie quand on atterri sur le terrain judiciaire et là je dois reconnaître que j’entends souvent des choses avec lesquelles je suis en désaccord, dès que ça vient sur le devant de la scène médiatique, surtout quand il y a des explications politiques ou idéologiques à trouver derrière des troubles de comportement (même si ces derniers sont totalement des problèmes politiques de santé publique, mais ce ne sont généralement pas ceux-là qui sont évoqué s dans ces cas-là).

      Sinon je suis d’accord avec toi que la principale concernée par la violence reste la personne en souffrance elle-même. Son malaise psy et sa difficile socialisation.

      Sur le plan social plus global, institutionnel, c’est une catastrophe complète et je reste très dubitatif sur les théories alternatives du type anti psychiatrie qui avaient pourtant toute ma sympathie.

    • @klaus merci pour cette citation du SPK qui est, si je me souviens bien ce groupe de psy radicaux des années 70 qui theorisaient qu’il fallait faire de la maladie une arme (contre le capitalisme). Merci de confirmer.
      Voilà qui nous mettra tous d’accord, n’est-ce pas @colporteur ?

    • d’accord avec toi sur ma mauvaise reprise du terme entourage alors qu’il s’agit d’un lieu de socialisation, disciplinaire, pas de l’espacé public, ni d’une relation personnelle.
      je souscris d’autant plus à cette distinction et que les deux dernières fois que je me suis pris des pains c’était à tenter de maintenir le contact avec des personnes en crise, pour elles et pour essayer d’éviter que la violence physique dont ils faisaient montre persiste et s’aggrave (l’un d’eux a décompensé plusieurs fois depuis, à suivre le fil de telles histoires, on vérifie fort bien et de façon répétée les carences massives des institutions de soins...). c’était violent, mais il y avait même à ce moment comme une retenue pour laquelle le fait que l’on se connaisse, que ce soit dans un contexte collectif, pas assez contenant pour faire le job (aider à aller suffisamment bien) mais réel, ça a certainement joué et ils sont sont resté bien en deçà de ce qu’ils pouvaient depuis l’avantage physique et les objets dont ils disposaient. aliénés mais pas tout à fait déliés. modalité dont il ne saurait être question d’exiger des institutions en place qu’elles l’assurent à elles seules.

      amère victoire de l’anti-psychiatrie, une destruction de la psychiatrie qui s’est opérée à rebours de ce à quoi elle prétendait. comme théorie critique, l’anti psychiatrie se discute (...). mais dans les faits c’est une transformation éthique, et socio politique contre l’autre. l’anti-psychiatrie se divise en deux : avec et pour les patients (controverses et expérimentations à la clé), ou contre les patients (particularité : la logique comptable qui prévaut ne prend même pas la peine de fabriquer un discours sur le bien du patient pour couvrir ses agissements).
      pour ma part j’aime plutôt un autre vivre avec la folie qui a été porté par des courant de critiques plus internes à la psychiatrie (désaliénisme et sectorisation, l’ancrage territorial plutôt que l’asile, Bonaffé, là aussi retourné pour partie avec la suppression de dizaine de milliers de lits en institution ; psychothérapie institutionnelle, Tosquelles, Oury, etc - soigner l’hôpital disaient-ils, puis Oury formulera la notion de normopathie, mais entre emprise technocratique en constante extension, argent comme critère de réussite lucre des cliniques privée autrefois fondées pour réinventer le soin, et scléroses internes ça ne tient que bien mal).

      cet élève de lycée catho sur fonds publics (l’état persiste à entendre la voix de Dieu, en continu, il y a peu des données sont sorties sur le coût public plus élevé des places dans le privé...) avec 100% de réussite au bac a fait rater quelque chose, à tout le moins, la « communauté scolaire » (si ce n’est l’"éducation spirituelle" https://stthomasdaquin.fr/etablissement/projet-etablissement). et ça a été plus que moche.
      ça a pour effet immédiat une distribution de sucreries verbales destinées aux profs, fallacieuse compensation d’un mépris général qui ne cessera pas. faudrait qu’ils s’en occupent mais ils ont trop à faire avec pronote, l’évaluation, l’obéissance, l’inculcation, la digestion de leur dévalorisation, de leurs défaites consenties (on se souviendra de l’évitement répété de la gréve du bac), la vie privée.

      ici, ce n’est pas comme tu en évoques la possibilité, un accident, une situation qui dégénère. plutôt un épisode délirant, pour parler gros, dont on ne sait depuis combien de temps et comment il se manifestait, qui débouche sur ce passage à l’acte là.
      et oui, comme tu le dis, il aurait pu (dû, ça je ne sais pas) trouver quelqu’un à qui parler (des mois d’attente pour une consultation en CMP, peut-être ce jeune est-il d’un milieu social qui aurait pu avoir accès à de la psychiatre ou psychothérapie en libéral ? là aussi ça peut-être long).
      il n’en reste pas moins que le refus de soin, ça fonctionne des deux côtés.

      pour la justice, d’un gars venu avec un couteau, disant avoir entendu des voix, sans doute avant d’arriver, en tout cas avant de fermer la porte de la classe et de poignarder, il est logique (sauf protection, privilège) de ne pas écarter à priori la préméditation. la qualification pénale a vocation à se modifier en fonction de l’enquête, de la procédure, etc. c’est pas bien parti puisqu’il est dit en état de subir la g-à-v et a semble-t-il (enfin ?) trouvé des oreilles pour un dire qui en ces circonstances ne pourra que l’incriminer (les jeux sont faits : au mieux la justice statuera sur une « responsabilité atténuée »).

      ...

      dommage que les lycéens ne soient pas (pour l’instant ?) plus sortis sur les retraites. le gars aurait peut-être été s’enjailler avec d’autres, plutôt que de s’enfermer dans une classe pour faire un boutonnière à cette professeure.

      #école #lycée

    • Tu fais bien de me reprendre @colporteur, j’ai formulé avec mes mots maladroits (« entourage ») quelque chose qui m’a mit hors de moi. Il est parfois difficile d’exprimer avec justesse ce que l’on ressent. En me relisant dans tes messages, je me suis d’ailleurs rendu compte que j’avais laissé passé une faute d’accord impardonnable. Plus essentiellement en te lisant, non seulement, je ne pense pas que nous soyons en désaccord sur le fond (ce qui ne serait en fait pas très important si ce n’était pas le cas) mais surtout, le plus important, tes explications apportent beaucoup d’éclairages enrichissants.

      Je te remercie encore pour ces apports qui montrent que tu as une réflexion très poussée sur la problématique psychiatrique, laquelle, pour peu qu’on ne dispose pas de ressources permettant de s’enfermer pas dans un univers surprotégé, nous touche tôt ou tard par toute sa violence. Surtout si, comme c’est mon cas, on a travaillé dans des situations d’accueil du public (tout public).

      Ce matin en écoutant la radio, ça m’a – comme qui dirait - remis une pièce dans la machine. On évoquait le fait que l’adolescent de Saint-Jean-de-Luz « ne faisait l’objet d’aucun signalement », comme si la solution à mettre en place pour… pour quoi, au fait ???
      Comme si la solution consistait à ficher et à répertorier « les cas » et anticiper « les risques ». On retrouve bien là la logique policière et carcérale (enfer me ment) qui contamine l’institution psychiatrique. Pouah !

      J’aurais mieux fait, comme hier, de ne pas ALLUMER la radio et d’écouter directement de la musique pour me mettre en forme, par exemple De la Soul / My writes (hier) et, ce matin (après le flux radiophonique), Lulu / Iced honey .

      Et avec Lou Reed (qui a été confronté à la violence psy) et Metallica de te rejoindre à penser que la jeunesse aurait toutes les meilleures raisons du monde de se révolter.

      See if the ice will melt for you
      Iced honey

      https://youtu.be/6sf5euJJx6o

    • L’édito du Télégramme du jour détonne dans l’ambiance médiatique générale (évitez d’aller voir les commentaires de la dépêche AFP sur Twitter…)

      [Édito] Une professeure est morte - Débats - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/debats/edito-une-professeure-est-morte-22-02-2023-13284057.php

      Notre éditorialiste Stéphane Bugat donne son point de vue sur ce que révèle de notre société le meurtre de la professeure de Saint-Jean-de-Luz.

      La professeure d’espagnol de 52 ans, du collège privé de Saint-Jean-de-Luz, est morte après avoir été agressée à coups de couteau par un élève de 16 ans. Cette tragédie ne fait malheureusement pas exception. D’autres faits, plus ou moins similaires, furent imputés à des jeunes dont le comportement relevait évidemment de la psychiatrie.

      Mais les chaînes dites d’information, le nez sur les sondages, et les réseaux sociaux, sous le régime de l’émotion permanente, déterminent l’opinion autant qu’elles la suivent. Elles n’ont donc eu nul besoin d’en savoir davantage sur les causes, ni même sur les circonstances, pour nous abreuver de commentaires alarmistes. C’est leur pitance.

      Comment les professeurs et les parents ne sonneraient-ils pas l’alarme ? Et les politiques vont s’en mêler promptement. La pondération pouvant être interprétée comme de l’indifférence, quelques mâles déclarations et l’annonce de nouvelles lois feront office de placebo. Avant que la machine médiatique s’intéresse à autre chose. L’information sanglante se consomme fraîche.

      Un tel fait divers, s’ajoutant à d’autres, nous pourrions pourtant le considérer comme le révélateur de profonds dérèglements sociétaux. Le terrible passage à l’acte traduisant une souffrance que l’on n’a su ni saisir, ni traiter. C’est en cela que les victimes le sont d’abord de défaillances systémiques.

      La médecine psychiatrique a certes fait des progrès considérables depuis cette époque maudite où elle traitait tout, ou presque, par les électrochocs et la mise à l’écart des patients. Cependant, ce sont ses moyens qui, à elle aussi, manquent cruellement.

      Une professeure est morte. Un adolescent est devenu un meurtrier. On peut s’en indigner. Mais, au-delà de l’effroi et des effluves de notre société du spectacle médiatique, qu’avons-nous d’autre à proposer que de la compassion ?

  • Lab chimps successfully treated with anti-depressants
    https://www.bbc.com/news/science-environment-21299657


    Je ne crois pas que les animaux ont une âme, ni les hommes d’ailleurs. Méphistopélès fut perdant dès le début quand il conclut son pacte notoire avec le docteur Faust. Pourtant le sort des milliers de singes de laboratoire m’émeut davantage que celui des trois tristes tigres. Leur destin rappelle celui des prolétaires humains. Quand ils arrivent à l’age de la retraite ils sont usés au point où ils ne constituent plus qu’une affaire pour les médecins et producteurs de drogues qu’on refuse aux jeunes. Le capitalisme s’en fout de la question si nous et nos confrères primates sommes équipés d’une âme mais il nous abaisse tous au niveau de bêtes à exploiter jusqu’au dernier souffle.

    14.2.2023 by Pallab Ghosh - A study has shown that anti-depressants can be used to help former lab chimps combat depression and trauma.

    Researchers say that the treatment should be considered for hundreds of other chimps that have been used in scientific research.

    The finding comes as a US funding body thinks about retiring the more than 300 chimps it uses for medical research.

    Dr Godelieve Kranendonk, a behavioural biologist leading the study at AAP, a rescue centre for animals in the Netherlands, told BBC News that the results had been astonishing.

    “Suddenly, [the chimps] woke up. It was as if they were zombies in their enclosures and now they are happy, playing with each other. They are chimps again - that was really nice to see,” she told me.

    Many animals emerge from their time in laboratories depressed and traumatised. Having been confined for 15 to 20 years as lab animals, they have lost their ability to play or relate to other chimps. Instead, they spend their time in brooding isolation and sometimes eat their own vomit.

    The chimps often repeatedly rock back and forth, pace back and forth and pull their own hair.

    Playfulness restored

    Staff at the AAP sanctuary care for the animals until they die. They try to rehabilitate them so that they can live out their remaining years happily.

    The chimps are fed a good diet of vegetables, have toys and plenty of space in which to play. But Dr Kranendonk found that the abnormal behaviour actually increased. It was as if the animals did not know how to cope with their new found freedom.

    Dr Kranendonk decided to consult Martin Bruene, a professor of human psychiatric disorders at the University of Bochum, Germany. He prescribed a course of anti-depressants for five of the chimps.

    All the animals had been used in medical experiments and were infected with Hepatitis C. “Willy” showed the least abnormal behaviour. “Tomas” and “Zorro”, on the other hand, would spend a third of their waking hours eating their own vomit.

    “Iris” had lost so much weight from vomiting when she first came to the sanctuary that the staff thought she would die.

    The most troubled though was “Kenny”, a small chimp who was constantly anxious that the others would attack him and spent much of his time screaming in terror.

    The chimps were given SSRI (Selective Serotonin Reuptake Inhibitors), which is a class of anti-depressant similar to Prozac and is used to treat human patients for depression, anxiety disorder and obsessive compulsive disorder.

    After six to eight weeks, the animals behaviour started improving. The abnormal behaviour declined and the chimps began to play together. After seven months, there was a vast difference.

    Kenny responded best of all to the treatment. He is now the clown of the group, entertaining the others and initiating play.
    Media caption,

    Pallab Ghosh reports from a retirement home for chimps used in research

    Prof Bruene said that the results were “quite amazing”.

    He said: “I didn’t expect this to work this well. These chimps have served as laboratory chimps for many, many years and suffered psychological trauma. I wouldn’t expect a human [to recover] that has suffered a similar condition.”

    After decades of being research animals, the chimps unsurprisingly looked weary and dishevelled, even after their anti-depressant treatment.

    Gone was the energy and playfulness that one sees in wild chimps. But they had an engagement that was absent from other chimps in the sanctuary that had not received the medication.

    Kenny, for example, came to the front of his cage to show me the carrots he was about to eat. Then, after noticing that I was taking what he may have though to be too great an interest in his dinner, he scuttled off quickly, flashing a suspicious glance as he clutched his carrots tightly to his chest.

    And after dinner, Iris and Zorro played together affectionately, even exchanging a kiss.

    The big question though is whether the effect lasts when the chimps are taken off the medication. The early indications are promising. The medication has been steadily reduced and there has been no adverse effect on the chimps’ behaviour.

    Kenny himself decided that he did not want to take the anti-depressants anymore. His clownish behaviour has continued.

    “It seems that while on the medication, the chimps learn to be chimps again,” said Dr Kranendonk. “And once they have learned that, they don’t need the medication any more.”

    American decision

    The result comes at a time when the world’s largest user of chimps in medical research is considering retiring more than 300 of its animals.

    A recent scientific review for the US National Institutes of Health concluded that there were alternatives to using chimps in many cases, and that the greater suffering these higher animals experienced dictated that nearly all the animals in NIH-sponsored research should be retired.

    An expert group of scientists has suggested that the chimps should be sent to a national sanctuary which has been dubbed “Chimp Haven”. The 80-hectare (200-acre) site in Louisiana was opened in 2005 as a retirement home for research chimps that were no longer needed.

    The proposal from the NIH committee is the latest step in a shift away from using chimps for medical research in the US.

    But the experience of Dr Kranendonk and Prof Bruene suggests that simply releasing the chimps into a large open air sanctuary will not be enough. Unless the animals are properly supported, Chimp Haven may well turn out to be Chimp Asylum.

    Prof Bruene believes that the NIH should consider giving their animals anti-depressants if they show symptoms of depression before releasing them. He thinks their conditions are treatable and that, as our closest relatives in the animal kingdom, they deserve proper psychiatric care.

    “It could be a good model for other facilities to at least try and improve their conditions,” he said.

    Research on great apes in the UK was banned in 1986.

    #animaux #psychiatrie #iatrocratie #wtf