• Covid-19 : « Au lieu de clamer que ça va être dur, nous devrions réaffirmer que l’on va s’en sortir » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/12/18/au-lieu-de-clamer-que-ca-va-etre-dur-nous-devrions-reaffirmer-que-l-on-va

    Pour Bruno Falissard, directeur du centre de recherche en épidémiologie et santé des populations, il est normal que les gens n’aillent pas bien à cause de la crise sanitaire. Mais il s’inquiète du ton alarmiste de certains psychiatres.

    Polytechnicien et pédopsychiatre, le professeur Bruno Falissard a un parcours unique. Il dirige un des plus grands centres de recherche en épidémiologie, spécialisé dans les maladies mentales, le Cesp. Il s’inquiète du ton alarmiste de certains de ses collègues sur une supposée troisième vague, cette fois-ci de troubles psychiatriques.

    Les Français seraient déprimés, angoissés, à cause du Covid. Certains évoquent le spectre d’une troisième vague, cette fois psychiatrique. Mais n’est-ce pas sain, en ces temps difficiles, de ne pas être en forme ?
    D’abord, restons modestes et constatons que c’est une situation compliquée à analyser. Ensuite, nous avons peu de données fiables. Certes, le gouvernement a déclaré fin novembre qu’il y avait une multiplication par deux du nombre d’états dépressifs, sur la base de chiffres de Santé publique France. Or, lorsque l’on regarde précisément les données, cela correspond à une éc[…]

    #paywall

  • Le premier #podcast de #Stéphane_Mercurio, qui raconte comment les mots de la discrimination peuvent fracasser...

    « Je me suis fait la guerre » - Ou comment être un « bon arabe » ?
    Aurélie Charon, France Culture, le 3 janvier 2021 à 22h sur France culture, puis en podcast après, quand vous voudrez...
    https://www.franceculture.fr/emissions/lexperience/je-me-suis-fait-la-guerre
    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11983-03.01.2021-ITEMA_22530170-2021C34065S0003.mp3

    #France #islamophobie #psychiatrie

  • SPK Komplex - rbb Brandenburg | programm.ARD.de
    https://programm.ard.de/TV/Programm/Sender/?sendung=282053103395183

    Ce film raconte une partie de l’histoire du collectif anti-anti-psychiatrique SPK (Sozialistisches Patientenkollektiv) des années autour de 1970. Ses membres se sont heurtés au pouvoir des anciens nazis toujours au pouvoir dans les institutions allemandes, surtout dans le corps médical et ses organisations. Très vite ces médecins meurtriers et leurs alliés dans les rangs de la soi-disant justice ont réuissi à faire enfermer ses membres les mieux connus dans la prison de
    Stammhein et la clinique carcérale Hohenasperg où ils ont été soumis aux mêmes conditions de torture blanche comme les membres de la RAF parce qu’on les considérait comme des complices des terroristes maoistes.

    Bande d’annonce du film
    https://www.youtube.com/watch?v=umBYCMF9QnA

    En même temps une campagne médiatique a été lancée contre le collectif qui ne se voyait pas comme anti-psychiatrique, et fut alors dépourvu du soutien des psychiatres qui pensaient agir pour une libération des patients tels Franco Basaglia et David Cooper.

    Le résultat de cette campagne et de la haine toujours extrême qu’expriment les ennemis du collectif sont la disparition complète de ses idées des discussions publiques et la vie cachée de prèsque tous ces anciens membres. Ce film a le mérite d’avoir porté à la connaissance du public une partie des faits. La réaction des auteurs de l’article Wikipdia (DE) sur le SPK consiste dans un renouvellement des accusations et dénonciations connus des années 1970 - on qualifie le film comme sectaire et essaye de faire comprendre qu’au fond le SPK aurait servi de tereau pouur le terrorisme de la RAF.

    Cette dernière accusation est démentie par le film. Bien au contraire les anciens membres du SPK se sont fait reprocher par leurs camarandes de la RAF de ne pas avoir renoncé aux idées propres au SPK.

    Je pense que ce film ne sera pas projeté une deuxième fois à la télévision publique allemande.

    07.06.2020 23:50 Uhr SPK Komplex Film von Gerd Kroske | rbb Fernsehen

    Anfang 1970, vor 50 Jahren, gründete der Arzt Wolfgang Huber in Heidelberg mit Patienten das „Sozialistische Patientenkollektiv“. Die antipsychiatrisch ausgerichtete Gruppe kritisierte die Behandlung von psychisch Kranken als „Verwahr-Psychiatrie“ - und verknüpfte neue Therapiemethoden mit politischen Forderungen. Bald radikalisierte sich das SPK, Gerüchte über Verbindungen zur RAF wurden laut.

    Hubers Experiment führte zu heftigen Auseinandersetzungen mit der Universität Heidelberg und der baden-württembergischen Landesregierung. Im Zuspitzen des Konflikts radikalisierte sich das SPK. Wolfgang Huber, seine Frau und weitere Mitstreiter wurden schließlich verhaftet und vor Gericht gestellt.

    Die SPK-Prozesse nahmen in der Härte, mit der sie von beiden Seiten geführt wurden - von Versuchen, Rechtsanwälte auszuschließen, bis zur Totalverweigerung der Angeklagten - die späteren Stammheim-Prozesse gegen RAF-Mitglieder vorweg. Am Ende wurde das SPK zur kriminellen Vereinigung erklärt; Huber und seine Frau wurden zu langen Haftstrafen verurteilt und verloren ihre Approbationen.

    Seither haftet dem SPK der fragwürdige Ruf an, die RAF unterstützt zu haben und letztendlich in deren Terror aufgegangen zu sein. Dieser Ruf überlagert, worum es Huber und dem SPK eigentlich ging: um die Rechte von Patienten und um Therapien zur Selbstermächtigung.

    In „SPK KOMPLEX“ erzählt Dokumentarfilmregisseur Gerd Kroske über Interviews mit Hubers Weggefährten, mit Ermittlern, Richtern und Journalisten sowie über eine Fülle von unveröffentlichten Aufnahmen und Archivmaterial aus dem „Deutschen Vorherbst“ die weitgehend unbekannte Geschichte des SPK und ihrer Folgen bis heute. Eine Geschichte vom Irresein und Irrewerden, von öffentlicher Wahrnehmung und den Mechanismen von Gewalt.

    Sonntag, 07.06.20
    23:50 - 01:40 Uhr
    110 Min.
    VPS 23:30
    Geänderte Sendezeit!
    rbb Fernsehen

    Das Sozialistische Patientenkollektiv Heidelberg - Interview mit Buchautor Christian Pross
    https://www.youtube.com/watch?v=m9_qby8kqVE

    #iatrocratie #histoire #Allemagen #nazis #médecine #psychiatrie #capitalisme #résistance

  • La crise sanitaire aggrave les troubles psy des jeunes migrants

    Les « migrants » sont une population composite recouvrant des #statuts_administratifs (demandeurs d’asile, réfugiés, primo-arrivants…) et des situations sociales disparates. Certains appartiennent à des milieux sociaux plutôt aisés et éduqués avec des carrières professionnelles déjà bien entamées, d’autres, issus de milieux sociaux défavorisés ou de minorités persécutées, n’ont pas eu accès à l’éducation dans leur pays d’origine.

    Et pourtant, une caractéristique traverse ce groupe : sa #jeunesse.

    Ainsi, selon les chiffres d’Eurostat, au premier janvier 2019, la moitié des personnes migrantes en Europe avait moins de 29 ans ; l’âge médian de cette population se situant à 29,2 ans, contre 43,7 pour l’ensemble de la population européenne. Cette particularité est essentielle pour comprendre l’état de santé de cette population.

    En effet, on constate que, du fait de sa jeunesse, la population migrante en Europe est globalement en #bonne_santé physique et parfois même en meilleure #santé que la population du pays d’accueil. En revanche, sa santé mentale pose souvent problème.

    Des #troubles graves liés aux #parcours_migratoires

    Beaucoup de jeunes migrants – 38 % de la population totale des migrants selon une recherche récente – souffrent de #troubles_psychiques (#psycho-traumatismes, #dépressions, #idées_suicidaires, #perte_de_mémoire, #syndrome_d’Ulysse désignant le #stress de ceux qui vont vivre ailleurs que là où ils sont nés), alors que la #psychiatrie nous apprend que le fait migratoire ne génère pas de #pathologie spécifique.

    Les troubles dont souffrent les jeunes migrants peuvent résulter des #conditions_de_vie dans les pays d’origine (pauvreté, conflits armés, persécution…) ou des #conditions_du_voyage migratoire (durée, insécurité, absence de suivi médical, en particulier pour les migrants illégaux, parfois torture et violences) ; ils peuvent également être liés aux #conditions_d’accueil dans le pays d’arrivée.

    De multiples facteurs peuvent renforcer une situation de santé mentale déjà précaire ou engendrer de nouveaux troubles : les incertitudes liées au #statut_administratif des personnes, les difficultés d’#accès_aux_droits (#logement, #éducation ou #travail), les #violences_institutionnelles (la #répression_policière ou les #discriminations) sont autant d’éléments qui provoquent un important sentiment d’#insécurité et du #stress chez les jeunes migrants.

    Ceci est d’autant plus vrai pour les #jeunes_hommes qui sont jugés comme peu prioritaires, notamment dans leurs démarches d’accès au logement, contrairement aux #familles avec enfants ou aux #jeunes_femmes.

    Il en résulte des périodes d’#errance, de #dénuement, d’#isolement qui détériorent notablement les conditions de santé psychique.

    De nombreuses difficultés de #prise_en_charge

    Or, ainsi que le soulignent Joséphine Vuillard et ses collègues, malgré l’engagement de nombreux professionnels de santé, les difficultés de prise en charge des troubles psychiques des jeunes migrants sont nombreuses et réelles, qu’il s’agisse du secteur hospitalier ou de la médecine ambulatoire.

    Parmi ces dernières on note l’insuffisance des capacités d’accueil dans les #permanences_d’accès_aux_soins_de_santé (#PASS), l’incompréhension des #procédures_administratives, le besoin d’#interprétariat, des syndromes psychotraumatiques auxquels les professionnels de santé n’ont pas toujours été formés.

    Les jeunes migrants sont par ailleurs habituellement très peu informés des possibilités de prise en charge et ne recourent pas aux soins, tandis que les dispositifs alternatifs pour « aller vers eux » (comme les #maraudes) reposent essentiellement sur le #bénévolat.
    https://www.youtube.com/watch?v=Pn29oSxVMxQ&feature=emb_logo

    Dans ce contexte, le secteur associatif (subventionné ou non) tente de répondre spécifiquement aux problèmes de santé mentale des jeunes migrants, souvent dans le cadre d’un accompagnement global : soutien aux démarches administratives, logement solidaire, apprentissage du français, accès à la culture.

    Organisateurs de solidarités, les acteurs associatifs apportent un peu de #stabilité et luttent contre l’isolement des personnes, sans nécessairement avoir pour mission institutionnelle la prise en charge de leur santé mentale.

    Ces #associations s’organisent parfois en collectifs inter-associatifs pour bénéficier des expertises réciproques. Malgré leur implantation inégale dans les territoires, ces initiatives pallient pour partie les insuffisances de la prise en charge institutionnelle.

    Des situations dramatiques dans les #CRA

    Dans un contexte aussi fragile, la #crise_sanitaire liée à la #Covid-19 a révélé au grand jour les carences du système : si, à la suite de la fermeture de nombreux #squats et #foyers, beaucoup de jeunes migrants ont été logés dans des #hôtels ou des #auberges_de_jeunesse à l’occasion des #confinements, nombreux sont ceux qui ont été livrés à eux-mêmes.

    Leur prise en charge sociale et sanitaire n’a pas été pensée dans ces lieux d’accueil précaires et beaucoup ont vu leur situation de santé mentale se détériorer encore depuis mars 2020.

    Les situations les plus critiques en matière de santé mentale sont sans doute dans les #Centres_de_rétention_administrative (CRA). Selon le rapport 2019 de l’ONG Terre d’Asile, sont enfermés dans ces lieux de confinement, en vue d’une #expulsion du sol national, des dizaines de milliers de migrants (54 000 en 2019, dont 29 000 en outremer), y compris de nombreux jeunes non reconnus comme mineurs, parfois en cours de #scolarisation.

    La difficulté d’accès aux soins, notamment psychiatriques, dans les CRA a été dénoncée avec véhémence dans un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en février 2019, suivi, à quelques mois d’écart, d’un rapport tout aussi alarmant du Défenseur des droits.

    La #rupture de la #continuité des #soins au cours de leur rétention administrative est particulièrement délétère pour les jeunes migrants souffrant de pathologies mentales graves. Pour les autres, non seulement la prise en charge médicale est quasi-inexistante mais la pratique de l’isolement à des fins répressives aggrave souvent un état déjà à risque.

    La déclaration d’#état_d’urgence n’a pas amélioré le sort des jeunes migrants en rétention. En effet, les CRA ont été maintenus ouverts pendant les périodes de #confinement et sont devenus de facto le lieu de placement d’un grand nombre d’étrangers en situation irrégulière sortant de prison, alors que la fermeture des frontières rendait improbables la reconduite et les expulsions.

    Un tel choix a eu pour conséquence l’augmentation de la pression démographique (+23 % en un an) sur ces lieux qui ne n’ont pas été conçus pour accueillir des personnes psychologiquement aussi vulnérables et pour des périodes aussi prolongées.

    Des espaces anxiogènes

    De par leur nature de lieu de #privation_de_liberté et leur vocation de transition vers la reconduction aux frontières, les CRA sont de toute évidence des #espaces_anxiogènes où il n’est pas simple de distinguer les logiques de #soins de celles de #contrôle et de #répression, et où la consultation psychiatrique revêt bien d’autres enjeux que des enjeux thérapeutiques. Car le médecin qui apporte un soin et prend en charge psychologiquement peut aussi, en rédigeant un #certificat_médical circonstancié, contribuer à engager une levée de rétention, en cas de #péril_imminent.

    Les placements en CRA de personnes atteintes de pathologies psychologiques et/ou psychiatriques sont en constante hausse, tout comme les actes de #détresse (#automutilations et tentatives de #suicide) qui ont conduit, depuis 2017, cinq personnes à la mort en rétention.

    La prise en charge effective de la santé mentale des jeunes migrants se heurte aujourd’hui en France aux contradictions internes au système. Si les dispositifs sanitaires existent et sont en théorie ouverts à tous, sans condition de nationalité ni de régularité administrative, l’état d’incertitude et de #précarité des jeunes migrants, en situation irrégulière ou non, en fait un population spécialement vulnérable et exposée.

    Sans doute une plus forte articulation entre la stratégie nationale de prévention et lutte contre la pauvreté et des actions ciblées visant à favoriser l’intégration et la stabilité via le logement, l’éducation et l’emploi serait-elle à même de créer les conditions pour une véritable prévention des risques psychologiques et une meilleure santé mentale.

    https://theconversation.com/la-crise-sanitaire-aggrave-les-troubles-psy-des-jeunes-migrants-152

    #crise_sanitaire #asile #migrations #réfugiés #jeunes_migrants #santé_mentale #troubles_psychologiques #genre #vulnérabilité #bénévolat #rétention #détention_administrative #sans-papiers

    ping @isskein @karine4

  • La crise sanitaire aggrave les troubles psy des jeunes migrants
    https://theconversation.com/la-crise-sanitaire-aggrave-les-troubles-psy-des-jeunes-migrants-152

    Dans un contexte aussi fragile, la crise sanitaire liée à la Covid-19 a révélé au grand jour les carences du système : si, à la suite de la fermeture de nombreux squats et foyers, beaucoup de jeunes migrants ont été logés dans des hôtels ou des auberges de jeunesse à l’occasion des confinements, nombreux sont ceux qui ont été livrés à eux-mêmes.
    Leur prise en charge sociale et sanitaire n’a pas été pensée dans ces lieux d’accueil précaires et beaucoup ont vu leur situation de santé mentale se détériorer encore depuis mars 2020. Les situations les plus critiques en matière de santé mentale sont sans doute dans les Centres de rétention administrative (CRA). Selon le rapport 2019 de l’ONG Terre d’Asile, sont enfermés dans ces lieux de confinement, en vue d’une expulsion du sol national, des dizaines de milliers de migrants (54 000 en 2019, dont 29 000 en outremer), y compris de nombreux jeunes non reconnus comme mineurs, parfois en cours de scolarisation.La difficulté d’accès aux soins, notamment psychiatriques, dans les CRA a été dénoncée avec véhémence dans un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en février 2019, suivi, à quelques mois d’écart, d’un rapport tout aussi alarmant du Défenseur des droits.
    La rupture de la continuité des soins au cours de leur rétention administrative est particulièrement délétère pour les jeunes migrants souffrant de pathologies mentales graves. Pour les autres, non seulement la prise en charge médicale est quasi-inexistante mais la pratique de l’isolement à des fins répressives aggrave souvent un état déjà à risque.
    La déclaration d’état d’urgence n’a pas amélioré le sort des jeunes migrants en rétention. En effet, les CRA ont été maintenus ouverts pendant les périodes de confinement et sont devenus de facto le lieu de placement d’un grand nombre d’étrangers en situation irrégulière sortant de prison, alors que la fermeture des frontières rendait improbables la reconduite et les expulsions.Un tel choix a eu pour conséquence l’augmentation de la pression démographique (+23 % en un an) sur ces lieux qui ne n’ont pas été conçus pour accueillir des personnes psychologiquement aussi vulnérables et pour des périodes aussi prolongées. De par leur nature de lieu de privation de liberté et leur vocation de transition vers la reconduction aux frontières, les CRA sont de toute évidence des espaces anxiogènes où il n’est pas simple de distinguer les logiques de soins de celles de contrôle et de répression, et où la consultation psychiatrique revêt bien d’autres enjeux que des enjeux thérapeutiques. Car le médecin qui apporte un soin et prend en charge psychologiquement peut aussi, en rédigeant un certificat médical circonstancié, contribuer à engager une levée de rétention, en cas de péril imminent.
    Les placements en CRA de personnes atteintes de pathologies psychologiques et/ou psychiatriques sont en constante hausse, tout comme les actes de détresse (automutilations et tentatives de suicide) qui ont conduit, depuis 2017, cinq personnes à la mort en rétention.La prise en charge effective de la santé mentale des jeunes migrants se heurte aujourd’hui en France aux contradictions internes au système. Si les dispositifs sanitaires existent et sont en théorie ouverts à tous, sans condition de nationalité ni de régularité administrative, l’état d’incertitude et de précarité des jeunes migrants, en situation irrégulière ou non, en fait un population spécialement vulnérable et exposée.
    Sans doute une plus forte articulation entre la stratégie nationale de prévention et lutte contre la pauvreté et des actions ciblées visant à favoriser l’intégration et la stabilité via le logement, l’éducation et l’emploi serait-elle à même de créer les conditions pour une véritable prévention des risques psychologiques et une meilleure santé mentale.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#santementale#psychiatrie#systemesante#cra#precarite#vulnerabilite#incertitude

  • Covid poses ’greatest threat to mental health since second world war’ | Society | The Guardian
    https://www.theguardian.com/society/2020/dec/27/covid-poses-greatest-threat-to-mental-health-since-second-world-war
    https://i.guim.co.uk/img/media/7c58034fbaae5eff857acdb102d9aaf4d652d019/0_0_3663_2198/master/3663.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Data from NHS Digital reveals that the number of people in contact with mental health services has never been higher, and some hospital trusts report that their mental health wards are at capacity. “The whole system is clearly under pressure,” James said.Modelling by the Centre for Mental Health forecasts that as many as 10 million people will need new or additional mental health support as a direct result of the coronavirus epidemic. About 1.3 million people who have not had mental health problems before are expected to need treatment for moderate to severe anxiety, and 1.8 million treatment for moderate to severe depression, it found.The overall figure includes 1.5 million children at risk of anxiety and depression brought about or aggravated by social isolation, quarantine or the hospitalisation or death of family members. The numbers may rise as the full impact becomes clear on Black, Asian and minority ethnic communities, care homes and people with disabilities.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#minorite#BAME#sante#santementale#inegalite#santepublique#epidemie

  • Analyse critique du soin psychiatrique - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/analyse-critique-du-soin-14558

    Analyse critique du soin psychiatrique

    Trash Psychiatrie

    2020

    Ces lignes n’ont rien d’exhaustives, ne révèlent rien d’exceptionnel, elles dessinent le paysage psychiatrique nauséabond d’une réalité courante, dont le centre est partout et la circonférence nulle part, tant la santé mentale est devenue un marché juteux pour les laboratoires mais aussi pour certaines personnalités perverses qui exercent le contrôle de nombreux pôles de « soins ».
    J’ai bossé onze piges dans une « taule à soin » (un #hôpital) avant de calter. J’en rapporte quelques éléments factuels bien cradingues. Excusez l’expression.

    En psychiatrie, la formule si commode « pôle de soin » prend factuellement une signification quasi-paradoxale, elle affirme ce qu’elle nie. On prétend soigner, mais c’est l’emprisonnement qui prévaut (et son alter-ego : le bénéfice financier pour l’hosto). Le point d’orgue du pôle n’est pas médical, ne jamais l’oublier : c’est une entité d’abord gestionnaire aux ordres d’un directeur financier. Cette novlangue médico-sociale aura brouillé bien des pistes de compréhension.
    L’hôpital général est regroupé par secteurs : diabétologie, oncologie, gériatrie, psychiatrie, etc… mais d’autres instances ont préféré nommer cela des « pôles ». Nul doute que des psycho-linguistes ont durement réfléchi sur l’architecture syntaxique du caractère neutre et innocent de ce signifiant (pour causer comme les chairs à divan). Pôle, c’est plus pratique à dire, plus usuel, l’odeur du fric ne suinte pas.
    Une société vraiment civilisée, si ses dirigeants en avaient eu le désir, aurait su bâtir un système de soins gratuits (vraiment gratuit) pour ceux qui n’ont pas un flèche. Mais non ! Le conte bleu garde sa force propulsive quand il s’agit d’artiche.

    Donc, pour mémoire, rappelons qu’avant les années 2000, chaque hosto recevait une enveloppe globale annuelle sans (trop) d’obligation de résultats. Puis en 2009 l’ère barbare survint (elle eut des antécédents dès 2004), la présidence du « gagner plus » sut imposer sa loi plus férocement encore. C’est là que le gentil Ministère de la Santé a tout balayé. Dorénavant pour toucher sa maille, pour payer ses salariés, l’hôpital doit faire du chiffre, de la quantité. Les toubibs de tous poils doivent désormais produire de plus en plus d’actes médicaux, du plus stupide pansement au plus tragique mal incurable ! Comme cette pauvre femme d’un hôpital parisien, patiente condamnée mais dont le chirurgien sut convaincre la famille que l’opération était nécessaire. Nécessaire pourquoi ? Souffrances inutiles. Les obsèques eurent lieu deux mois après l’opération. « Bravo la démarche qualité ».
    Une collecte fut-elle versée pour couvrir les frais d’obsèques ? Macache. Une victoire se partage rarement en matière de biftons.

    Vous aurez saisi que « pôle » désigne ce vaste continent des administratifs enrégimentés, médecins collabos en herbe, comptables conscients de leur mission d’exécutants (il y a des exceptions, comme partout. Je tape sur la règle pas sur l’exception). Et inutile de penser aux syndicats ou au CHSCT pour vous défendre si vous trimez à contre-courant (en vous scandalisant), inutile d’espérer vous sentir écouté. Non ! surtout pas.
    Il y a l’entretien d’évaluation annuel (épistémologiquement nul et le plus souvent humiliant), l’entretien disciplinaire, l’isolement (l’opprobre), la mise à pied et la porte si vous ne suivez pas le rythme. Se jeter sur les rails s’effectue en dehors du périmètre de l’hôpital. Les services, les soignants, bien que maltraités (moins que les patients, il va sans dire) n’en restent pas moins les bons soldats de la bureaucratie. Services frileux, geignards à qui on accorde de temps en, temps une petite grève, mais grève minuscule, qui ne sert à rien, ne révolutionne rien, ne casse rien. Car rien ne bouge dans le monde des statues.

    #psychiatrie #management

    • LA PSYCHIATRIE SOUS CONTENTION FINANCIÈRE - Jef Klak
      Patient⋅es et soignant⋅es face aux lambeaux de l’hôpital public
      https://www.jefklak.org/la-psychiatrie-sous-contention-financiere

      Cela fait plus de dix ans que le monde du soin psychiatrique en France est entré en résistance contre le programme de contrôle de la #folie que les personnes en lutte qualifient de « nuit sécuritaire ». Ce tournant idéologique, initié par un discours de Nicolas Sarkozy fin 2008 prêchant les #soins sous contrainte, s’est appuyé par la suite sur une profonde réorganisation du travail en hôpital : politique d’austérité budgétaire, introduction de techniques de management et de démarches « qualité », etc. Si bien que des collectifs de soignant·es – comme Les perchés du Havre, Pinel en lutte ou Les Blouses noires – se joignent à présent aux patient⋅es pour crier leur écœurement devant le retour des pratiques les plus inhumaines de l’univers asilaire.

      Une bonne entrée pour creuser davantage, le site du collectif psychiatrie - COLLECTIF DES 39 CONTRE LA NUIT SÉCURITAIRE
      https://www.collectifpsychiatrie.fr

      #droit_à_la_folie

  • Le professeur Jean-Bernard Fourtillan, vu dans « Hold-up », interné en psychiatrie - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/le-professeur-jean-bernard-fourtillan-vu-dans-hold-up-interne-en-psychiat

    Contactée vendredi pour confirmer l’internement de cette figure du mouvement anti-vaccin, la préfecture du Gard s’est bornée à un bref communiqué. « Les services de l’État sont sollicités ce jour au sujet d’une mesure individuelle d’hospitalisation qui relève d’une prescription médicale, souligne-t-elle. Dans ce cadre, aucune précision ne sera apportée à cette situation individuelle. »
    Recherché par la justice

    Le procureur de Nîmes, Eric Maurel, a donné davantage d’explications au quotidien Midi Libre. Le septuagénaire était notamment recherché par la justice pour avoir donné des traitements expérimentaux à des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson et d’avoir exercé illégalement la profession de médecin ou de pharmacien.

    Fin 2019, les autorités de santé avaient en effet annoncé le démantèlement d’un vaste essai clinique « sauvage et illégal », dont il était l’auteur. Plus de 400 patients cobayes avaient reçu des patchs de valentonine, une substance dont ce fervent catholique disait avoir eu la révélation divine, et capable, selon lui, de guérir les maladies neurodégénératives et les insomnies…

  • « La paix sociale sexuelle est achetée au prix du silence... » (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1040-La-paix-sociale-sexuelle-est-achetee

    ❝« Toute vie est processus de démolition (…) la marque d’une intelligence de premier plan serait qu’elle soit capable de se fixer sur deux idées contradictoires sans pour autant perdre la capacité de fonctionner. On devrait par exemple pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir, et cependant être décidé à les changer » F. Scott Fitzgerald, La fêlure Gabriel, tu vas nous faire part des témoignages que tu as recueillis auprès de jeunes en #Banlieue, mais peux-tu auparavant te présenter brièvement ? (...) #Entretiens

    / #Lieux_Communs, #Sociologie, #Psychiatrie, #Multiculturalisme, #Relativisme, #Entretien, #Apathie, #Banlieue, #Féminisme, #Immigration#Pseudo-subversion, #Psychiatrie, #Relativisme, #Sociologie

  • Les patients schizophrènes ont eu moins accès à la réanimation lors de la 1re vague Covid • HOSPIMEDIA
    https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20201105-psychiatrie-les-patients-schizophrenes-ont-eu-moins-acces

    Une étude récente montre une mortalité augmentée des personnes schizophrènes hospitalisées dans le cadre d’une contamination au Covid par rapport aux patients Covid+ hospitalisés sans pathologie mentale. Elle révèle aussi que ces personnes ont eu moins accès à la réanimation que les patients non schizophrènes, à comorbidités équivalentes.

    Disparities in Intensive Care Unit Admission and Mortality Among Patients With Schizophrenia and COVID-19 : A National Cohort Study
    https://academic.oup.com/schizophreniabulletin/advance-article/doi/10.1093/schbul/sbaa158/5935036

    Abstract
    Patients with schizophrenia (SCZ) represent a vulnerable population who have been understudied in COVID-19 research. We aimed to establish whether health outcomes and care differed between patients with SCZ and patients without a diagnosis of severe mental illness. We conducted a population-based cohort study of all patients with identified COVID-19 and respiratory symptoms who were hospitalized in #France between February and June 2020. Cases were patients who had a diagnosis of SCZ. Controls were patients who did not have a diagnosis of severe mental illness. The outcomes were in-hospital mortality and intensive care unit (ICU) admission. A total of 50 750 patients were included, of whom 823 were SCZ patients (1.6%). The SCZ patients had an increased in-hospital mortality (25.6% vs 21.7%; adjusted OR 1.30 [95% CI, 1.08–1.56], P = .0093) and a decreased ICU admission rate (23.7% vs 28.4%; adjusted OR, 0.75 [95% CI, 0.62–0.91], P = .0062) compared with controls. Significant interactions between SCZ and age for mortality and ICU admission were observed (P = .0006 and P < .0001). SCZ patients between 65 and 80 years had a significantly higher risk of death than controls of the same age (+7.89%). SCZ patients younger than 55 years had more ICU admissions (+13.93%) and SCZ patients between 65 and 80 years and older than 80 years had less ICU admissions than controls of the same age (−15.44% and −5.93%, respectively). Our findings report the existence of disparities in health and health care between SCZ patients and patients without a diagnosis of severe mental illness. These disparities differed according to the age and clinical profile of SCZ patients, suggesting the importance of personalized COVID-19 clinical management and health care strategies before, during, and after hospitalization for reducing health disparities in this vulnerable population.

    Covid-19 : mortalité plus élevée des patients schizophrènes lors de la première vague, selon une étude
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/covid-19-mortalite-plus-elevee-des-patients-schizophrenes-lors-de-la-premie

    La surmortalité des patients schizophrènes est due à plusieurs facteurs, selon M. Fond, qui avance plusieurs hypothèses : « ce sont des patients plus réfractaires aux soins, dans un contexte où les soignants sont débordés » , ajoutant que la schizophrénie « accélère le vieillissement ». « Un patient schizophrène compte comme deux patients en termes de soins infirmiers, surtout s’il a des troubles du comportement, mais cette surcharge de travail n’est pas prise en compte » , assure M. Fond. Selon lui, « même si ce n’est pas politiquement correct, quand on annonce au téléphone un patient d’Ehpad et schizophrène, c’est une perte de chance certaine ».

    La surmortalité a été spécialement forte dans la tranche d’âge 65-80 ans selon le chercheur, où la différence entre le groupe avec une maladie mentale et le groupe « contrôle » est de 8%. Les schizophrènes sont « des patients très isolés qui ont plus tendance à demander à ne pas être réanimés » , ajoute-t-il. Ils ont aussi davantage de facteurs de comorbidité, comme l’hypertension ou le diabète.

    Une des préconisations des chercheurs est « que les personnels de ces unités soient mieux formés à la psychiatrie, et que cette formation soit valorisée par l’hôpital ».

    #covid-19 #folie #psychiatrie #vieillissement #surmortalité #Guillaume_Fond

  • « En psychiatrie, compartimenter n’est pas soigner »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/08/en-psychiatrie-compartimenter-n-est-pas-soigner_6055293_3232.html

    Chefs de service, responsables en psychiatrie ou psychiatres, plus de 60 signataires s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre la réforme introduisant la tarification par compartiments, selon eux une rationalisation à outrance négligeant « ce qui fait la possibilité même du soin ».

    Tribune. Votée en 2019, la loi de financement de la Sécurité sociale comporte dans son article 34 la réforme du financement de la psychiatrie. Ce financement consiste en un mode de tarification par compartiments que nous appelons T2C du fait de sa proximité avec la T2A (tarification à l’activité, appliqués aux services de médecine, chirurgie et obstétrique) dont les effets délétères ont été dénoncés à de multiples reprises, avec un paroxysme lors de la crise Covid. Les compartiments en question sont notamment :

    – un compartiment géo-populationnel dont le but annoncé est de rééquilibrer les disparités territoriales, ce que l’on pourrait saluer, mais qui encourage en réalité « l’offre » libérale en réduisant ainsi le financement des hôpitaux non universitaires ;

    – un compartiment lié à la « file active » correspondant au nombre de patients vus au moins une fois dans l’année. L’existence de ce compartiment entraîne mathématiquement une incitation à voir le plus grand nombre de patients en un temps le plus réduit. Cela consacre les pratiques de consultations (très) ponctuelles, l’« expertise » et les programmes thérapeutiques courts connus pour être sélectifs et peu adaptés aux personnes les plus en souffrance.

    – des compartiments complémentaires : qualité, codage, transformation, nouvelles activités et recherche.

    Pour une médecine sélective ?

    Plusieurs simulations financières de cette réforme montrent que tous les services y perdent sur le plan budgétaire dans tous les secteurs : public et privé non lucratif en tête, à l’exception des centres hospitalo-universitaires qui sont les seuls avantagés par cette réforme. Ces services, minoritaires en psychiatrie, n’ont pourtant pas vocation à accueillir et soigner les personnes présentant les plus grandes difficultés mais à prioriser la recherche, l’expertise diagnostique et l’évaluation fonctionnelle.

    Du côté des usagers, ce sont ceux qui sont déjà les plus exclus qui seront pénalisés et notamment les personnes diagnostiquées schizophrènes ainsi que les adolescents et les jeunes adultes présentant des formes sévères du spectre autistique. En effet, la psychiatrie s’adressant aux jeunes adultes (15-25 ans) est sous-dotée car, pour les jeunes de plus de 18 ans s’applique le tarif adulte… deux fois moins élevé que le tarif enfant, sans considération de l’intensité des soins qui leur sont prodigués.

    Si l’on suit la logique de la réforme, doit-on privilégier des prises en charge courtes, normées, sélectives, et délaisser une partie de la population ? Doit-on oublier que la prise en charge des jeunes adultes nécessite un nombre de personnels qualifiés important ? Doit-on, en hospitalisation à temps plein, faire sortir les patients dès le moment où ils ne sont plus « rentables » ? Souhaite-t-on une médecine sélective, à destination uniquement du « bon patient », excluant de ce fait ceux qui ont besoin de plus de soins ? Quid de la conciliation entre économie et éthique du soin ?

    Un moratoire contre le T2C

    Compartimenter n’est pas soigner. Pendant que certains se battent contre le Covid et contre l’abandon des patients, d’autres s’entêtent à croire qu’une rationalisation à outrance du financement de la psychiatrie constitue une priorité, négligeant par là ce qui fait la possibilité même du soin. En effet, malgré des réactions d’usagers, de professionnels et de parents, la « task force » chargée de rédiger les décrets d’application de cette loi a poursuivi ses travaux en petit comité y compris pendant toute la durée du confinement.

    Présentée comme une réforme technique de rééquilibrage des disparités territoriales, cette réforme marque en réalité une attaque de la possibilité d’une psychiatrie et d’une pédopsychiatrie sur mesure s’occupant des personnes les plus en souffrance, sur un temps long s’il le faut. En tant que chefs de service et responsables médicaux en psychiatrie et en pédopsychiatrie dans le public et le privé, nous lançons une alerte : cette réforme nuit à la psychiatrie française, un moratoire immédiat contre cette T2C est nécessaire, ainsi qu’une redéfinition des besoins concrets des équipes et des personnes en soin.

    #psychiatrie #logique_comptable #économie

  • Avant d’envisager un second confinement, il faut peser l’impact psychologique du premier | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/195809/impact-psychologique-depression-troubles-anxieux-sante-mentale-confinement-cov

    Lors de la première semaine de confinement, la dépression passe brutalement à 19,9% (contre environ 10% habituellement) avant de diminuer à la fin du confinement. Les troubles anxieux sont passés de 15% habituellement à 26,7%. Les troubles du sommeil se sont maintenus à un niveau plus élevé que d’habitude durant toute la durée du confinement et s’y sont maintenus après le déconfinement.

    Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale et des problèmes de sommeil (% pondérés), Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020. | Santé publique France
    L’impact psychologique recoupe les inégalités sociales
    Comme Étienne, les personnes ayant vu leur santé mentale se dégrader le plus sont celles dans une situation financière très difficile ou ayant des antécédents. Les personnes souffrant de l’inactivité induite par le confinement étaient concernées par un état anxieux, tandis que les personnes à risque de développer une forme grave de Covid-19 étaient davantage concernées par un état dépressif.

    La première étude européenne réalisée à l’échelle d’un pays entier vient confirmer les résultats de Santé publique France. Menée par le psychiatre Nicolas Franck et se basant sur les réponses de 20.000 personnes, cette enquête s’est penchée sur le bien-être durant le confinement, qui souvent recoupe les fractures sociales. Être confiné·e dans un petit appartement sans accès à un espace extérieur ou encore avoir un enfant de moins de 10 ans étaient liés à un niveau de bien-être inférieur.

    « Il est plausible d’anticiper une augmentation des troubles anxieux généralisés [...] y compris chez les personnes indemnes jusque-là. »
    Nicolas Franck, psychiatre

    Les contacts sociaux étaient essentiels. Le fait de pouvoir travailler, même télétravailler était bénéfique au bien-être. Se retrouver isolé·e dans une petite surface était pire que d’être à plusieurs dans un logement de grande taille. Maintenir des contacts sociaux grâce au téléphone ou par SMS était salutaire « mais pas via les réseaux sociaux », précise Nicolas Franck dans un livre à paraître le 28 octobre, intitulé Covid-19 et détresse psychologique – 2020, l’odyssée du confinement. « Cette étude confirme le caractère superficiel de ces derniers et une utilité –en dehors bien entendu des modalités de discussion et directe par son, image ou même texte– essentiellement limitée au domaine du simple renforcement narcissique. »
    Les résultats du niveau moyen de bien-être étaient cohérents avec ceux obtenus hors de cette période de pandémie, sauf pour les étudiant·es qui présentaient des scores nettement inférieurs. Le sentiment d’incertitude quant à leur avenir était source de stress et d’altération de leur bien-être mental.

    « Le confinement a joué le rôle d’un facteur de stress. Il a altéré le bien-être de la population française, touchant plus fortement les étudiants, les personnes en invalidité et celles qui vivent dans les conditions les plus modestes, résume Nicolas Franck. L’augmentation du stress est susceptible de révéler les fragilités de chacun, il est plausible d’anticiper une augmentation des troubles anxieux généralisés, des dépressions, après le confinement, modes d’expression les plus fréquents d’une vulnérabilité psychique y compris chez les personnes indemnes jusque-là. Ceux qui présentaient déjà des troubles touchant ces dimensions ou d’autres –psychotique, maniaque, obsessionnel ou autre– courent le risque de voir leur pathologie s’aggraver. »

    Bref, ne pas dépister, tracer, isoler, prévenir, adopter une politique de réduction des risques est, par delà les décès, les syndromes covid, les « pertes de chance » pour des patients non covid, tout simplement destructeur.

    #crise_sanitaire #confinement #psychiatrie #santé_publique

  • Dominique Simonnot, journaliste du « Canard enchaîné », est nommée contrôleuse générale des prisons
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/10/05/une-journaliste-du-canard-enchaine-nommee-controleuse-generale-des-prisons_6

    Elle a rejoint l’hebdomadaire satirique en 2006, dans lequel elle publie chaque semaine une chronique judiciaire. Elle remplace Adeline Hazan partie à la mi-juillet.

    Le poste de contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, chargée de défendre les droits des détenus, était vacant depuis le départ à la mi-juillet d’Adeline Hazan, qui a occupé pendant six ans la direction de cette autorité administrative indépendante. La chroniqueuse judiciaire du Canard enchaîné Dominique Simonnot a été nommée par Emmanuel Macron pour la remplacer, a annoncé l’Elysée lundi 5 octobre.

    • La chroniqueuse judiciaire au Canard enchaîné, qui avait démarré sa carrière comme éducatrice à l’Administration pénitentiaire, a été nommée, lundi, au poste de contrôleuse générale des prisons par Emmanuel Macron.
      https://www.humanite.fr/dominique-simonnot-une-journaliste-au-chevet-des-prisonniers-694522

      Un joli défi pour une journaliste engagée. À 67 ans, Dominique Simonnot, chroniqueuse judiciaire au #Canard_enchaîné, a été nommée, lundi, au poste de contrôleuse générale des prisons par le président Emmanuel Macron. Pour celle qui a démarré sa carrière comme éducatrice à l’Administration pénitentiaire, c’est une sorte de retour aux sources, mais aussi la continuation d’une carrière marquée par l’attention aux exclus de la société. Arrivée en 1991 au quotidien Libération, elle y couvre des grandes affaires judiciaires, mais aussi la lutte des sans-papiers à l’époque de l’église Saint-Bernard. Elle s’intéresse aussi aux mal-logés et aux difficultés de la vie en #prison. Elle publie, en 2018, un très beau livre sur le parcours de combattant d’une enfant rom en France.

      De son intérêt pour ceux que la société rejette et de son goût pour les questions judiciaires, elle tire Carnets de justice, une chronique qui livre une observation à la fois savoureuse et tendre de la #justice du quotidien, celle des comparutions immédiates. Elle reprend cette formule au Canard enchaîné, qu’elle rejoint en 2006, après avoir quitté Libération en raison d’un désaccord avec la ligne prise par le quotidien. Avec ce nouveau poste, Dominique Simonnot a du pain sur la planche. Son prédécesseur, Adeline Hazan, qui a quitté son poste mi-juillet, a visité pendant son mandat quelque 900 établissements, dont 164 hôpitaux psychiatriques et 149 prisons. Elle devra surtout batailler avec un État de moins en moins regardant sur les conditions de détention qu’il impose et de plus en plus enclin à manier des rhétoriques populistes.

      Justice en France - une loterie nationale
      https://www.payot.ch/Detail/justice_en_france-dominique_simonnot-9782846750738

      Ce #livre est une adaptation des « Carnets de justice », une des plus célèbres chroniques de Libération, créée en 1998 par Dominique Simonnot. Si, dans le quotidien, chaque « Carnet » déroule une audience complète, l’auteur a choisi ici d’adopter un classement thématique, par type de délit - arnaques, outrages et rébellions, drogue, violences familiales... - ou par profession - avocats, juges et procureurs. Le constat n’en est que plus accablant. Car c’est un mythe bien établi qu’en France, la loi serait la même pour tous et que l’individualisation des peines ne profiterait qu’au justiciable. En s’attachant, loin des grands procès médiatiques, au petit théâtre des comparutions immédiates, les anciens flagrants délits, en donnant à entendre, sans les commenter, mais en les « montant », les paroles des prévenus, des avocats, des magistrats et de leurs auxiliaires, sans oublier les interventions de la salle, Dominique Simonnot fait voler ce mythe en éclats. Et l’on découvre comment, d’une ville à l’autre, d’un magistrat, d’un avocat ou d’un jour à l’autre, ce n’est pas toujours la même loi qui s’applique. C’est une pauvre (à tous les sens du terme) justice ordinaire qui s’exerce en France, justice humaine, bien trop humaine...

      Amadora - une enfance tzigane
      https://www.payot.ch/Detail/amadora-dominique_simonnot-9782021377057?cId=0

      Qui connaît en France la communauté des #Roms ? Qui sait ce qu’ils font, d’où ils viennent, quelles sont leurs attentes ? Qui s’est donné la peine de leur laisser la parole ? En brossant le portrait d’une jeune Tzigane vivant en Seine-Saint-Denis, Amadora Linguar, #Dominique_Simonnot déjoue les a priori qui résument notre vision de tout un peuple. Arrivée en France à 4 ans, Amadora est devenue la traductrice officielle de son campement, la seule à lire, écrire et parler un français impeccable. La petite fille s’occupe de ses frères et soeur, négocie le prix des matelas que son père ramasse dans la rue, discute avec les policiers, accompagne les adultes à l’hôpital ou chez le médecin, parlemente avec l’assistante sociale... A ses côtés, Dominique Simonnot a glané une foule d’histoires comiques ou effrayantes et rencontré des personnages hors du commun. A force de l’écouter, elle a eu envie de capter la voix de cette petite lutine studieuse pour raconter l’histoire d’une famille rom en France. Une famille où chacun porte en soi un mélange de nostalgie du pays, de lamentation mais aussi de malice et d’un humour au vitriol. Bref, voici les Roms comme on ne les a jamais vus.

    • Pourquoi Emmanuel Macron a choisi Dominique Simonnot, du « Canard enchaîné », comme contrôleuse des prisons
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/13/pourquoi-macron-a-choisi-une-journaliste-du-canard-enchaine-comme-controleus

      C’est Eric Dupond-Moretti, le garde des sceaux, qui a soufflé le nom de la journaliste au président de la République, à l’issue d’un casting riche en rebondissements.
      Par Jean-Baptiste Jacquin

      Annoncée le 5 octobre par le président de la République, la proposition de nommer Dominique Simonnot, journaliste au Canard enchaîné, au poste de contrôleuse générale des lieux de privation de liberté a surpris, tant sa personnalité apparaît « disruptive » , selon le terme cher à la Macronie.

      Celle qui tient chaque semaine la chronique « Coups de barre » devait savoir mardi 13 octobre si les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat donnent leur feu vert à sa nomination. Le dépouillement du vote non public des deux commissions doit se tenir de façon simultanée à 19 heures, dans la foulée du grand oral prévu devant chacune d’entre elles. « L’inconnue viendra du vote des députés et sénateurs de droite, les groupes La République en marche et la gauche devant approuver ce choix » , prédit un bon connaisseur du Parlement.

      Agée de 68 ans, Mme Simonnot connaît les contraintes de l’administration pénitentiaire pour y avoir débuté en tant qu’éducatrice, profession élargie depuis et transformée en conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation. Devenue journaliste en 1991, à Libération puis au Canard enchaîné depuis 2006, elle a sillonné les tribunaux du pays, notamment pour tenir sa chronique des comparutions immédiates, qui a alimenté deux livres et une pièce de théâtre. Son humour, grinçant au point de déstabiliser ses interlocuteurs qui ne savent pas toujours à quoi s’en tenir, et ses combats contre l’injustice et les malfaçons de la justice en font « une personnalité attachante mais clivante » , résume un magistrat qui la connaît bien.

      Poste vacant depuis le 17 juillet

      C’est pourtant à un tout autre profil qu’Emmanuel Macron avait pensé pour succéder à Adeline Hazan à la tête de cette autorité administrative indépendante, chargée de visiter avec un regard critique les prisons, hôpitaux psychiatriques où des personnes sont internées sans leur consentement, centres de rétention administrative, lieux de garde à vue et autres centres éducatifs fermés.
      L’Elysée avait prévu, a-t-on appris de bonne source, d’annoncer simultanément fin juin les noms de la journaliste Claire Hédon pour succéder à Jacques Toubon comme Défenseure des droits et du conseiller d’Etat Christian Vigouroux comme contrôleur général des lieux de privation de liberté. Mais le secrétariat général du gouvernement a exhumé in extremis deux jurisprudences du Conseil d’Etat sur la limite d’âge qui fragilisaient la nomination de ce grand commis de l’Etat, qui vient de fêter ses 70 ans.

      Aucun plan B n’avait été prévu. Le poste de contrôleur général est donc vacant depuis le 17 juillet. De quoi alimenter des inquiétudes sur la volonté politique de pourvoir cette fonction. L’ex-garde des sceaux Nicole Belloubet avait alors poussé la candidature de Laurence Vichnievsky, ancienne juge d’instruction aujourd’hui députée MoDem du Puy-de-Dôme. Mais Eric Dupond-Moretti, nommé ministre de la justice le 6 juillet, a fait rapidement connaître, selon nos informations, ses réticences, même si cette nomination relève d’une prérogative du chef de l’Etat.

      Plusieurs candidatures, notamment de magistrats, se sont manifestées ou ont été évoquées, comme celle de Yaël Braun-Pivet, la présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, écartée en juillet de la course à la présidence du groupe La République en marche au Palais-Bourbon. L’ex-avocate a marqué son intérêt pour le thème de la prison depuis son élection dans les Yvelines avec la vague macroniste de juin 2017. Mais nommer une députée fidèle à Emmanuel Macron à la tête d’une autorité censée être indépendante de l’exécutif présentait un risque politique.

      « Une idée très gonflée »

      Le chef de l’Etat et le garde des sceaux se sont alors accordés sur un nom, celui de Florence Aubenas, a-t-on appris d’une source proche de l’Elysée. Mais, grand reporter au Monde depuis 2012, la journaliste, qui avait présidé l’Observatoire international des prisons entre 2009 et 2012 après être passée par Libération et Le Nouvel Observateur, a décliné la proposition.

      C’est Eric Dupond-Moretti qui a finalement soufflé à Emmanuel Macron le nom de Dominique Simonnot, a-t-on appris de sources concordantes. L’ex-avocat et la journaliste se connaissent depuis longtemps. « Une idée très gonflée » , relève un bon connaisseur du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, « mais qui a du sens » . D’ailleurs, l’Elysée a préféré s’assurer, avant de valider ce choix, que la direction de l’administration pénitentiaire n’y voyait pas un casus belli.

      Son indépendance à l’égard du gouvernement ou du parti présidentiel ne peut pas être mise en défaut. C’est elle, par exemple, qui a révélé dans Le Canard enchaîné du 23 octobre 2019 la note adressée à Matignon par un conseiller du cabinet de Nicole Belloubet, demandant d’identifier les villes ciblées par la majorité à l’approche des élections municipales afin d’adapter en conséquence le rythme des annonces en matière de jeu de chaises musicales entre les tribunaux.

      L’un des enjeux de ce mandat de six ans, non renouvelable, sera de s’assurer que les recommandations sur la dignité des conditions de détention formulées par la Cour européenne des droits de l’homme, lors de la condamnation historique de la France le 30 janvier, soient suivies d’effet.

      #prisons #psychiatrie #CRA

  • Les troubles du compartiment du gouvernement: après la T2A, voici la T2C-psy | Mathieu Bellahsen, Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/mathieu-bellahsen/blog/130920/les-troubles-du-compartiment-du-gouvernement-apres-la-t2a-voici-la-t

    Vous avez aimé la T2A (tarification de l’activité), vous aimerez sa petite soeur la T2C-psy qui est prévue pour janvier 2021. La réforme du financement de la psychiatrie va donner naissance à ce monstre discret et destructeur.

    Ils nous l’avaient juré sur leurs grands dieux, la santé échapperait désormais au principe de la concurrence et de la rentabilité. Des réformes structurelles allaient s’imposer au sortir de la crise COVID... Certains ont cru au Ségur de la Santé. La grande stratégie de communication, toujours la même (grand débat, grenelle, convention citoyenne…), en plus d’accoucher d’une souris a montré le déplorable spectacle de cette démocratie représentative. Où comment certains syndicats professionnels peuvent se coucher pour quelques euros, quelques primes ou quelques avantages catégoriels en criant à la victoire alors que l’argent débloqué est là pour aggraver la situation de catastrophe, tout en divisant les professionnels.

    Et les réformes de fond se poursuivent. « Le train des réformes » nous dit-on. Ce « snowpiercer » de l’État néolibéral fonce et carbure à la destructivité de ce qui fait le lien social dans la société : éducation, justice, santé…

    En psychiatrie, c’est la mère des réformes qui arrive : celle du financement. Elle doit s’imposer dès janvier 2021. En touchant aux cordons de la bourse ce sont les pratiques, toutes les pratiques dans tous les lieux de soin (public, privé non lucratif) qui vont se transformer pour s’adapter à cette nouvelle donne.

    Encore une fois ce cadre de réforme est présenté comme innovant et plus juste. Et encore une fois, comme pour la réforme des retraites, celle de l’assurance chômage, ou les ordonnances de la loi Travail, la future loi est une contre réforme réactionnaire. Elle a pour but de privatiser toujours plus, de faire plus avec moins et surtout de passer sous silence les grands abandonnés du nouveau financement : les patients les plus gravement malades, les plus précaires, ceux qui ont besoin de soins dans la durée. [...]

    Les vers se nomment « file active » (plus vous voyez de personnes dans l’année mieux c’est, donc mieux vaut voir 1 fois 1000 personnes que 10 fois 100 personnes), « qualité du codage » (vous touchez d’autant plus d’argent que vous remplissez les critères de qualité définis arbitrairement par les tutelles pour contraindre les soins dans un sens court termiste et d’ubérisation, c’est-à-dire d’orientation vers des plateformes plutôt que vers des institutions), « recherche », « activité nouvelle » et j’en passe.

    Qu’est-ce qui donne envie de croquer dans ce fruit me direz-vous ? Et bien, l’enrobage « géo-populationnel », vernis sucré de cette réforme qui est là pour lui faire ressembler à une belle pomme d’amour toute rouge et toute brillante. Si la réforme du financement en psychiatrie était la sorcière dans Blanche Neige, le compartiment géo-populationnel serait sa pomme. Et beaucoup croquent dedans car depuis des décennies, certaines régions, certaines villes, certains secteurs ont plus de moyens que d’autres sans que cela ne puisse s’expliquer raisonnablement. Mais dans ce compartiment géo-populationnel, le financement pour le public diminue d’autant qu’il existe une offre privée lucrative et non lucrative sur le territoire.

    Et plutôt que de tout rééquilibrer à la hausse puisque « la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine », comme on le dit dans les médias, et la pédo-psychiatrie son enfant oublié, eh bien que nenni, tout le monde devra être mis au pas de la nouvelle psychiatrie plateformisée, celle qui se marie si bien avec les réformes néolibérales. Et sans surprise, les grands gagnants sont ceux qui ont un modèle de soin congruent au modèle néolibéral, à savoir les centres hospitalo-universitaires (CHU) qui, en psychiatrie, s’adonnent aux centres experts et à la promotion de telles plateformes privatisées pour la mise en place de soins. Et donc, encore une promotion pour FondaMental et l’institut Montaigne dans ce grand bond en avant qu’est celui de la destruction d’un service public de proximité, accessible, accueillant tout le monde quelque soit son diagnostic, sa sévérité et son niveau de ressources sociales.

    #psychiatrie

  • Psychiatrie en résistance - Le site du journal L’age de faire
    https://lagedefaire-lejournal.fr/psychiatrie-en-resistance

    Selon l’idéologie néolibérale, les dépenses de #psychiatrie sont des dépenses inutiles, pour des gens inutiles – voire dangereux. Protocoles, certifications… On réduit le temps dédié à la relation avec les personnes, on enferme de plus en plus, et on augmente les doses de médicaments. Les soignants en perdent le sens de leur travail.

  • La #psychiatrie, une arme de combat pour dépasser la race. #Frantz_Fanon de Lyon à #Blida en passant par #Saint_Alban.
    https://www.franceculture.fr/emissions/grandes-traversees-frantz-fanon-lindocile/la-psychiatrie-une-arme-de-combat-pour-depasser-la-race-frantz-fanon-d

    Si Fanon est considéré comme un penseur politique de la domination coloniale, il est avant tout psychiatre. C’est avec ses yeux de soignant qu’il aborde la situation des relations interraciales aussi bien aux Antilles, en France qu’en Algérie pendant sa guerre de libération.

  • Hégémonie psychiatrique : une théorie marxiste de la maladie mentale - ★ ZINZIN ZINE ★
    http://www.zinzinzine.net/hegemonie-psychiatrique-theorie-marxiste-de-la-maladie-mentale.html

    Dans Hégémonie psychiatrique : Une théorie marxiste de la maladie mentale*, Bruce Cohen ouvre de nouvelles perspectives. Il explique le pouvoir et l’influence croissante de la #psychiatrie par son utilité pour le système capitaliste – plus elle est utile, plus elle reçoit de pouvoir, et plus son pouvoir est grand, plus elle devient utile. Plus précisément, il effectue une analyse du DSM-1 jusqu’au DSM-5 afin de montrer comment la psychiatrie a contribué à la transition néolibérale du #capitalisme, obtenant davantage de pouvoir et de prestige par la même occasion. Annotations :

    Cohen conteste la théorie selon laquelle la soif de profit de l’industrie pharmaceutique serait le moteur principal de l’autorité ou de l’« hégémonie » croissante de (...)

    #controle_social #sexisme #_.livres #_Bruce_Cohen #jeunes #discipline #travail #oppression

  • Calls to mental health services in Victoria double as strain of Covid-19 lockdown shows | Australia news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/australia-news/2020/jul/09/calls-mental-health-services-victoria-double-covid-19-lockdown-strain-c
    https://i.guim.co.uk/img/media/a1737ff6db4107ca4d6001de394a4fab1d57ceb0/19_770_3626_2176/master/3626.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    “The reintroduction of stage three restrictions in Victoria [is] just really exacerbating this and I think there is a really low mood and a sense of real uncertainty … There’s a lot of concern, stress, worry, anxiety, and that’s really having a toll on people’s mental health and wellbeing.”

    While the government measures were important to maintain public health, Harman said many people felt like they were going backwards.

    “I think it’s feeling for a lot of people like a real kick in the guts,” she said. “Most people had done the hard yards and were following the public health advice, and obviously, there’s a really worrying rate of community transmission … but that’s just really frustrating and a bit overwhelming.”

    While both the federal and state governments had announced significant funding boosts to mental health support services during the pandemic, Guardian Australia contacted both for comment about whether greater support was needed given the latest developments in Victoria.

    #santé_mentale #psychiatrie #reconfinement #Australie

  • Enquête militante sur les logiciels de recueil de données en Psychiatrie. Pour construire la grève des données. Printemps de la psychiatrie, avril 2020
    https://printempsdelapsychiatrie.files.wordpress.com/2020/04/enquc3aate-militante-sur-les-logiciels-de-recueil-de-donnc3a9es-en-psychiatrie.pdf

    C’est quoi, aujourd’hui, le rond-point de la psychiatrie ? »
    Question posée par une participante aux semaines de la Folie Ordinaire Franciliennes

    « Dix ans de travail acharné de toute une équipe ... simplement pour un sourire ! Je les avais applaudis, ça valait la peine. Un dis- cours pareil, il y a des gens qui ne le comprendront jamais. Et ce ne sont même pas des utilitaristes à la Stuart Mill. C’est bien plus terrible que ça ; parce que Stuart Mill était un peu demeuré. Mais ceux-là pas, ce sont des technocrates bien formés ! »
    Jean Oury, Séminaire de Sainte Anne – Le Collectif

    L’enquête qui suit est le fruit de nombreux échanges au sein de la Commission contre les outils gestionnaires (réunissant des soignants travaillant en psychiatrie et des personnes issues d’autres secteurs) créée pendant le Printemps de la Psychiatrie . Elle se veut être une contribution à la lutte contre la destruction d’une psychiatrie publique à visage humain, basée sur l’accueil, l’écoute et la relation. Cette lutte s’inspire des expériences d’accueil de la souffrance psychique ouvertes entre autres par le désaliénisme (Bonnafé) et la psychothérapie institutionnelle (Tosquelles) ainsi que de toutes les tentatives qui ont poussé à une modification des possibles en psychiatrie. L’idée du secteur tel qu’il a été mis en place dès 1960 doit rester que chacun, quels que soient son lieu d’habitation et sa situation sociale, puisse avoir accès à des soins psychiques de qualité (Delion).

    Nous nous inscrivons dans un champ de pratiques hétérogènes qui respectent la singularité, l’histoire et le vécu des patients. Des pratiques qui tiennent compte de la globalité du sujet et de l’intrication du vécu psychique, propre à son histoire, avec ses conditions d’existence, relevant quant à elles de l’environnement social et politique. Car sans la prise en compte de la double aliénation psycho-sociale du sujet, le psychiatre finit par se prendre pour le psychiatre et le fou n’a plus qu’à se prendre pour le fou (Oury). Autrement dit, « sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît » (Tosquelles). À ce titre, nous nous inscrivons en opposition à la réduction de l’action thérapeutique à un simple abaissement des symptômes pour « stabiliser » les patients par le seul recours aux médicaments (psychotropes, neuroleptiques, antidépresseurs etc.) ou aux actions de type remédiations cognitives et autres approches comportementales qui ont pour but la réinsertion et la normalisation des comportements déviants.

    Nous prenons aussi pour acquis qu’à l’instar de toute institution, si l’institution psychiatrique ne fait pas l’objet d’une analyse critique quotidienne par celles et ceux qui y travaillent, elle devient nocive pour les patients qui y séjournent, par le truchement de mécanismes d’autoconservation et la potentialisation de dérives perverses et maltraitantes. Cet héritage culturel et théorique constitue l’arrière-plan à partir duquel se tissera la réflexion de cet article autour des logiciels de recueil de données en psychiatrie.

    #enquête_militante #psychiatrie

  • « La situation de la psychiatrie en France est passée de grave à catastrophique »,Jean de Kervasdoué (économiste de la santé, il a été directeur des hôpitaux au ministère de la santé de 1981 à 1986...) Daniel Zagury (psychiatre, expert auprès de la cour d’appel de Paris).
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/01/la-situation-de-la-psychiatrie-en-france-est-passee-de-grave-a-catastrophiqu

    Parce que l’Etat maintient sur ce secteur une pression financière « à l’exclusion de toute autre vision », il laisse le personnel, médecins et soignants, livré à lui-même et croulant sous le poids des tâches administratives, déplorent l’économiste Jean de Kervasdoué et le psychiatre Daniel Zagury dans une tribune au « Monde ».

    Tribune. Les partis politiques n’abordent les questions de santé que sous leur aspect économique et financier. Il y a fort à parier que, après le choc de l’épidémie de Covid-19, il ne sera pas dit grand-chose de la santé mentale qui, à notre connaissance, n’est pas à l’agenda du Ségur de la santé (lancé le 25 mai https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/25/segur-de-la-sante-sept-semaines-pour-refonder-le-systeme-de-soins-francais_6). Pourtant, depuis une décennie, la situation est passée de grave à catastrophique. Certes, de tout temps, la folie – terme aujourd’hui refoulé – a dérangé, mais le rejet collectif du différent, de l’anormal dans une société du bien-être n’explique pas à lui seul la persistance du massacre. Certes, la reconnaissance publique par Agnès Buzyn [ ministre de la santé de mai 2017 à février 2020 ] de l’abandon de la psychiatrie a dégagé l’Etat d’une posture perverse de déni, mais, sur le fond, rien n’a changé.

    Pour prendre en charge les 2,1 millions de patients suivis par les « secteurs » psychiatriques, une organisation très particulière et spécifique a été conçue dans les années 1960 : le #secteur_psychiatrique. Le suivi des patients est géographique ; la prise en charge est globale et, pour y parvenir, le secteur dispose d’une équipe, d’un service d’hospitalisation et de très nombreuses autres formes de prise en charge : hôpital de jour, hôpital de nuit, centre de consultation médico-psychologique (CMP), centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP)… Le financement provient d’une dotation globale annuelle plus contrainte encore, depuis 2011, que celle de l’hospitalisation traditionnelle. Si, en principe, l’égalité règne, la réalité depuis vingt ans est scandaleusement autre, car certains secteurs n’ont plus de psychiatres ! Plus de 1 000 postes ne sont pas pourvus, soit de l’ordre de 20 % des postes du secteur public.

    Présence soignante réduite au minimum

    La politique menée depuis trois décennies consiste à prétendre, sous couvert de déstigmatisation, que la psychiatrie serait une spécialité médicale comme les autres. Ainsi, les hôpitaux psychiatriques ont perdu leur qualificatif et sont devenus des « centres hospitaliers ». Il n’y a plus de concours particulier pour devenir psychiatre ; le choix de cette spécialité, après le concours de l’Internat, dépend donc du rang de classement, comme si l’on choisissait d’être psychiatre parce que l’on n’avait pas pu devenir chirurgien ! Une partie des postes offerts à l’internat n’ont pas de candidats.

    Il n’y a plus non plus de formation spécifique des infirmiers psychiatriques [supprimée en 1992 par un gouvernement socialiste, ndc]. Les dimensions relationnelles et institutionnelles, dans la formation des jeunes psychiatres, ont disparu ; on a réduit au minimum la présence soignante en imposant des tâches bureaucratiques chronophages et débilitantes ; on a dépouillé le chef de service de tout pouvoir sur sa propre équipe ; on a cassé le binôme mythique chef de service-cadre infirmier supérieur, qui depuis Pinel et Pussin [respectivement médecin aliéniste et surveillant à l’asile Bicêtre puis à la Salpêtrière, à Paris, à la fin du XVIIIe siècle], organisait le soin, en faisant basculer les cadres vers l’administratif ; on a transformé chaque garde en enfer : il ne s’agit plus d’examiner et de soigner, mais de débarrasser les urgences de malades transformés en « patate chaude » et de faire du psychiatre de garde un « bed manager » , cherchant désespérément des lits pendant toute la nuit.

    La psychiatrie est une discipline médicale complexe, dont le meilleur a toujours consisté dans un regard en plusieurs registres et dans une écoute en plusieurs dimensions. La psychiatrie est bio-psycho-sociale, ce qui d’ailleurs pose des problèmes très particuliers dans l’enseignement et la recherche de cette discipline. La césure entre les universitaires et les praticiens y est d’ailleurs forte. En effet, les universitaires sont par essence spécialisés et, de surcroît, leur conception de la discipline varie considérablement d’une université à l’autre, voire d’un enseignant à l’autre, alors que la pratique d’un psychiatre de secteur doit être intégrative [faire intervenir diverses disciplines pour répondre aux besoins spécifiques du patient].

    Des procédures très lourdes

    Mais ce n’est pas tout, et l’histoire décernera certainement une mention particulière à Nicolas Sarkozy. Après le meurtre d’un étudiant par un malade mental en 2008 à Grenoble, il a en effet clairement laissé entendre que les malades mentaux faisaient courir un danger à la population https://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/02/sarkozy-promet-70-millions-d-euros-aux-hopitaux-psychiatriques_1126055_3224. et a notamment modifié « l’hospitalisation sans consentement ». Sans entrer dans les détails, sous couvert de donner plus de liberté aux malades, les procédures sont devenues très lourdes et impliquent certes les psychiatres, mais aussi le directeur de l’établissement, le préfet et surtout le juge des libertés et de la détention. La complexité et l’inutilité de certaines de ces obligations ont accru le poids du travail des administrations hospitalières, transformé les secrétariats médicaux en greffes de tribunaux et les dossiers médicaux en pièces judiciaires. On a imposé à la psychiatrie un schéma narratif qui n’est pas le sien.

    Au temps de la mise en place du secteur psychiatrique (1960-1985), « les décideurs de la santé » venaient rencontrer les soignants, discuter avec eux. Nous n’étions pas « les uns contre les autres ». Ils n’étaient pas murés dans leur bureau, devant des tableaux Excel, à produire des recommandations, des protocoles, des procédures, des programmes, des guides de bonnes pratiques… On n’imposait pas d’interminables réunions sur la certification et sur les processus qualité à des médecins constatant chaque jour l’effondrement de la qualité des soins. On ne distribuait pas de livret d’accueil à des patients scandaleusement contentionnés plusieurs jours aux urgences faute de lits ! L’hôpital est devenu fou de cette coupure et de cette hostilité entre ceux qui gèrent et ceux qui soignent, comme de cette logique descendante de schémas abstraits supposés miraculeusement s’adapter au terrain.

    Face au désastre désormais reconnu, il faut contraindre l’Etat à sortir de sa posture perverse. L’Etat « pervers », c’est celui qui maintient la pression financière, à l’exclusion de toute autre vision ; qui clive les « décideurs » et les exécutants ; qui multiplie les missions de service public, sans se préoccuper de leur faisabilité ; qui laisse en bout de course l’aide-soignant, l’infirmier ou le psychiatre assumer les dysfonctionnements, quand il ne les leur impute pas. Certains se sont suicidés de devoir porter sur leurs épaules les conséquences de ce qu’ils n’ont cessé de dénoncer dans l’indifférence. Croire que quelques insultantes médailles en chocolat pour les valeureux guerriers du Covid ou quelques augmentations de salaire vont suffire, c’est tout simplement n’avoir rien compris à ce que nous a montré la pandémie, sur fond de crise ancienne de la psychiatrie.

    L’homme qui a libéré les fous. Marie Didier conte les origines de la psychiatrie à partir du destin extraordinaire de Jean-Baptiste Pussin.
    https://www.lemonde.fr/livres/article/2006/04/06/l-homme-qui-a-libere-les-fous_758683_3260.html

    La psychiatrie « au bord de l’implosion » en France https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/18/la-psychiatrie-publique-au-bord-de-l-implosion_5511845_3224.html

    Sauver la psychiatrie publique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/19/sauver-la-psychiatrie-publique_5512277_3232.html

    Covid-19 : la crainte d’une « deuxième vague psychiatrique »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/13/covid-19-la-crainte-d-une-deuxieme-vague-psychiatrique_6039495_3224.html

    L’économiste de la santé De Kervasdoué a été directeur des hôpitaux au ministère de la santé de 1981 à 1986, en première ligne du management austéritaire et bureaucratique de la psychiatrie, de la fermeture des lits, etc.

    #folie #psychiatrie (destruction de la) #soin

    • Outre les articles cités par Le Monde (ci-dessus), des repères historique : PSYCHOTHÉRAPIE INSTITUTIONNELLE et FORMATION INFIRMIÈRE - CIRCONSTANCES - NAISSANCE - RÉFÉRENCES -http://psychiatriinfirmiere.free.fr/psychotherapie-institutionnelle/formation-infirmiere.htm
      Voir en particulier les années 80 (la suppression de 40 000 lits en psychiatrie est programmée en 1982)

      Jean de Kervasdoué aurait des remords ?
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Kervasdoué#Parcours_et_réalisation

      Jean de Kervasdoué est directeur des hôpitaux au ministère de la Santé, de 1981 à 19863. Ce poste correspondant aujourd’hui à celui de directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, l’une des principales directions du ministère de la Santé.

      Il met en œuvre une réforme du mode de financement des hôpitaux publics. Auparavant, le budget des établissements hospitaliers était calculé sur la base d’un prix de journée, et chaque journée passée par un malade dans un hôpital était facturée selon un tarif national à l’Assurance Maladie. Il supprime ce mode de financement et impose le budget global. À partir de 1983, à chaque établissement est attribué un budget annuel, augmenté chaque année selon un indice de revalorisation.

      Parallèlement à cette réforme du financement, il introduit à l’hôpital le Programme de médicalisation des systèmes d’information, ou PMSI. Il s’agit d’un cadre de recueil et d’analyse précis des actes réalisés par les hôpitaux. Ce système, introduit en 1983 n’est généralisé qu’à partir de 1995. C’est à partir de la mise en œuvre du PMSI que la tarification à l’activité est développée.

      Le PMSI, genèse de la T2a extrait de Enquête militante sur les logiciels de recueil de données en Psychiatrie. Pour construire la grève des données.
      https://printempsdelapsychiatrie.files.wordpress.com/2020/04/enquc3aate-militante-sur-les-logiciels-de-recueil-de-donnc3a9es-en-psychiatrie.pdf

      Ces instruments de gestion sont intégrés au Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI), présenté comme un outil de description et de mesure médico-économique de l’activité hospitalière, propulsé par Jean de Kervasdoué dès 1982 alors qu’il est responsable de la Direction des Hôpitaux. En plus d’avoir été directeur des Hôpitaux de Paris, Jean de Kervasdoué a été économiste de la santé, titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé du CNAM et membre de l’Académie des Technologies. Ce technocrate zélé est très engagé contre les écologistes, il dénigre le principe de précaution défendu par ces derniers et écrit à son encontre un réquisitoire en 2011 !. Par ailleurs, Jean de Kérvasdoué vante les mérites du tout nucléaire et déclare que « les OGM sont un bienfait pour l’humanité » ou encore que « l’utilisation actuelle des pesticides n’est pas dangereuse pour la santé ». Oui... un type formidable qui gagne à être connu, notamment comme le promoteur du... PMSI !

      Après une période de tests et d’affinement du programme dans des hôpitaux pilotes, la loi du 31 juillet 1991 portant réforme hospitalière stipule : « les établissements de santé publics et privés doivent procéder à l’analyse de leur activité médicale ». Ces établissements doivent transmettre aux services de l’État et à l’Assurance maladie « les informations relatives à leurs moyens de fonctionnement et à leur activité » selon les articles L. 6113-7 et L. 6113-8 du code de la santé publique. À cette fin, ils doivent « mettre en œuvre des systèmes d’information qui tiennent compte notamment des pathologies et des modes de prise en charge ». En l’occurrence, ces Systèmes d’Information ne sont rien d’autre que les outils informatiques.

      Le PMSI va alors permettre un recueil de données médicales et économiques : « médicale, car son premier niveau de classification est fondé sur des critères médicaux et économiques, car les séjours classés dans un même groupe ont, par construction, des consommations de ressources voisines ».
      Le « groupe » dont il est ici question est ce que l’on retrouve sous l’appellation de Groupe Homogène
      de Malade (GHM) et nécessite le recours à l’informatique pour gérer des données sinon trop complexes à traiter : « l’application de l’algorithme de groupage est réalisée à l’aide d’un outil logiciel : la fonction de groupage , produite par l’Agence Technique de l’Information sur
      l’Hospitalisation (ATIH) chaque année. » Cette notion de GHM est très importante et son origine est significative. Aux Etats-Unis, à la fin des années 70, les assureurs privés veulent disposer d’une facturation individualisée des séjours hospitaliers. Un économiste de la santé, le Dr Fetter, propose en 1979 le système des Diagnosis Related Groupes (DRG) ou Groupe de Diagnostics Analogues dans lequel le diagnostic principal, celui de la maladie dont le traitement organiserait le séjour, est censé « expliquer » le coût de l’ensemble du séjour.
      C’est Jean de Kervasdoué qui importe ces DRG « qu’il a découvert lors de son passage à l’université de Cornell, aux Etats Unis, [et] qui constitueront l’architecture du système d’information et de financement de l’hôpital pour les décennies suivantes ».

      On voit bien ici comment l’informatisation de la santé est un enjeu de taille pour les néolibéraux et les marchés financiers. En effet, ce sont les GHM qui permettent de définir un coût moyen complet ainsi que la décomposition de ce coût en composantes (personnel médical, infirmerie, consommables etc.) permettant de faire varier les dépenses en fonction d’un nouveau protocole ou d’une nouvelle thérapeutique33 afin de dégager du temps pour de nouvelles activités et rentabiliser l’hôpital en le
      maintenant à « flux tendu ». On peut à ce titre parler d’une véritable taylorisation de la santé. En 1989 sont alors créés les Départements d’Information Médicale (DIM) qui, au sein de chaque établissement de santé, œuvrent à la collecte et au bon déroulement du recueil des données médicales avant de les transmettre à l’ATIH. Il faut tout de même savoir que des médecins sont responsables de
      ces « unités » à temps plein. Des médecins qui ne voient pas de patient. Ils traitent uniquement des données ! Le PMSI permettrait selon ses promoteurs de disposer du coût réel des hospitalisations en France, « données essentielles aux études médico-économiques ». Il serait supposé, de ce fait, être un « outil de réduction des inégalités de ressources entre établissements de santé » ,entre départements et entre régions.
      Et c’est la formation des GHM, dans le cadre du PMSI, qui a permis d’opérer « la transformation des coûts moyens par séjours en tarifs » dont va logiquement découler la création de la Tarification à l’Acte (#T2a) en 2004.

      #économie #santé #taylorisation #informatisation_de_la_santé

  • Schuld ohne Sühne: „Auf Wiedersehen im Himmel“ | DW | 25.06.2020
    https://diasp.eu/p/11264614

    Schuld ohne Sühne: „Auf Wiedersehen im Himmel“ | DW | 25.06.2020

    Ein deutscher Dramaturg will den Tod seines Urgroßvaters rekonstruieren. Die Spur führt zu einer psychiatrischen Anstalt in Polen - und in eine Zeit, als dort ein Deutscher Verwaltungsdirektor war. Schuld ohne Sühne: „Auf Wiedersehen im Himmel“ | DW | 25.06.2020 #Polen #Deutschland #Generalgouvernement #Psychiatrie #Euthanasie #Nazis #Konzentrationslager #Auschwitz