• #Jessica_Eaton : Le trouble de la personnalité limite (ou « borderline ») est une foutaise misogyne.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/10/03/le-trouble-de-la-personnalite-limite-ou-borderline-est-une-foutai

    Aux côtés du racisme et du classisme, on trouve dans les systèmes psychiatriques une épouvantable misogynie. Aujourd’hui, en 2019, les filles et les femmes sont 7 fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic de trouble borderline que les garçons et les hommes présentant les mêmes symptômes.

    Les origines de cette oppression remontent à des centaines d’années : dès le XVIIIe siècle, l’hystérie a été classée comme une maladie féminine, liée à la féminité et à la physiologie féminine.

    « L’hystérie est l’état naturel de la femme » (Laycock, 1840)

    « Une fille hystérique est un vampire qui suce le sang des gens sains qui l’entourent » (Mitchell, 1885 : 266).

    Une grande partie du diagnostic borderline est basée sur les stéréotypes de genre et le sexisme. Les filles et les femmes sont censées être polies, gentilles, heureuses, satisfaites, calmes, n’avoir ni opinions ni ambitions, et vivre pour servir les autres. Les « femmes difficiles » sont souvent diagnostiquées avec un trouble de la personnalité limite (Ussher, 2013).

    Le patient borderline typique a été décrit comme “une femme exigeante, en colère et agressive » (Jimenez, 1997 : 162, 163) : elle sera alors étiquetée comme souffrant d’un « désordre mental » pour des comportements qui sont parfaitement acceptables chez un homme. Cela rejoint les résultats de la recherche : là où la tristesse et la colère des hommes sont considérées comme étant liées à des facteurs situationnels – comme le fait d’avoir « passé une mauvaise journée » – lorsque les femmes sont tristes ou en colère elles sont jugées « trop émotives » (Barrett et Bliss-Moreau, 2009).

    Traduction : Erell Hannah pour Tradfem
    Version originale : https://victimfocus.wordpress.com/2019/09/14/work-with-women-and-girls-its-time-to-reject-psychiatry ?
    #psychiatrie #féminisme #misogynie

  • Faut-il tuer #Freud ? (4/4) : Machines partout, Œdipe nulle part
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/faut-il-tuer-freud-44-machines-partout-oedipe-nulle-part


    #Félix_Guattari chez lui le 15 juin 1987 à Paris• Crédits : François LOCHON/Gamma-Rapho - Getty

    Qui est Félix Guattari, celui qui, avec le philosophe Gilles Deleuze, remet en cause l’enseignement freudien dans le livre « L’Anti-Œdipe », publié en 1972 ? Croyaient-ils au bien-fondé de la psychanalyse ? Comment ont-ils pensé ensemble l’élaboration d’un « inconscient machinique » ?

    L’invité du jour : Valentin Schaepelynck, maître de conférences au département de sciences de l’éducation de Paris 8, membre du collectif de la revue deleuzo-guattarienne Chimères

    #psychanalyse (critique interne de la) #institution #psychothérapie_institutionnelle #philosophie #clinique #psychiatrie #pratiques_sociales

  • #PSYCHIATRIE : nouvelle alarme de deux parlementaires
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200919/psychiatrie-nouvelle-alarme-de-deux-parlementaires

    Un nouveau rapport parlementaire dresse un état des lieux accablant de la situation de la psychiatrie en France. Si tout le monde a salué la justesse du diagnostic établi par les deux députées, des critiques émergent sur son impensé : le financement des hôpitaux, aujourd’hui saturés.

    #Martine_Wonner,_psychiatrie,_Caroline_Fiat,_rapport

  • « Seule l’amélioration des conditions d’accueil offre l’espoir de diminuer le risque de psychose chez des migrants », Andrea Tortelli,
    Psychiatre, Maria Melchior, Epidémiologiste
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/09/seule-l-amelioration-des-conditions-d-accueil-offre-l-espoir-de-diminuer-le-

    Après l’agression de passants à Villeurbanne par un réfugié afghan déséquilibré, deux chercheuses rappellent, dans une tribune au « Monde », que le risque de troubles psychiatriques est deux à trois fois plus élevé chez les migrants que dans le reste de la population.

    Tribune. Le 31 août, survenait à Villeurbanne (Rhône) une tragique agression de passants par un jeune homme originaire d’Afghanistan, protégé par la France au titre de l’asile, au cours de ce qui apparaît comme une bouffée délirante. Comme à chaque évènement similaire, le débat sur la dangerosité des personnes atteintes de troubles psychiatriques et les moyens de prévenir des drames de ce genre a été relancé. Mais cette fois, du fait de la nationalité et du parcours du suspect, s’y ajoute une controverse sur le risque de troubles psychiques chez les personnes migrantes.

    Quel est l’état des connaissances sur les migrations et la santé mentale ? Les recherches menées dans différents pays indiquent sans équivoque que, par rapport aux « natifs » (c’est-à-dire non-migrants), les personnes migrantes ou appartenant à un groupe ethnique minoritaire (par exemple, les Britanniques originaires des Antilles) ont un surrisque de troubles psychiatriques, notamment de psychose, comme le démontre une étude conduite dans six pays d’Europe.
    Il n’est pas rare que les troubles psychotiques se développent des années après la migration

    Actuellement, on parle beaucoup des violences subies au cours de parcours migratoires longs et complexes et des traumatismes psychiques qui peuvent en découler, mais les études montrent que les conditions d’installation et d’intégration dans le pays d’accueil jouent un rôle clé. La personne ayant commis l’agression de Villeurbanne le 31 août est arrivée en France en 2009, avant d’être enregistrée en Italie en 2014, en Allemagne en 2015, en Norvège en 2016, puis de nouveau en France en 2016, suggérant une période d’attente très longue avant l’obtention d’un statut administratif stable. Cette situation est concordante avec les recherches qui montrent que des conditions de vie défavorables et instables, ainsi que l’isolement relationnel, contribuent à des décompensations psychiatriques. Un autre facteur de risque important sont les discriminations dont font l’objet les personnes migrantes et leurs descendants. Il n’est pas rare que les troubles psychotiques se développent des années après la migration.

    Repérer les personnes les plus fragiles

    En France, deux études récentes – une sur les premiers contacts avec la psychiatrie publique et la seconde sur les admissions pour épisode psychotique en région parisienne – ont montré un risque de psychose deux à trois fois plus élevé chez les migrants que chez les natifs. Une proportion importante des patients migrants n’avait pas de titre de séjour ou de logement stable. L’enquête Samenta, menée en 2009, a montré que parmi des personnes sans abri, les étrangers ont tendance à avoir des symptômes psychotiques s’ils ont vécu des expériences négatives peu de temps avant, alors que chez les natifs, les expériences dans l’enfance jouent un rôle plus important, comme l’ont montré les travaux de l’une d’entre nous.

    Enfin, il faut également souligner des inégalités criantes d’accès aux soins de santé mentale. Une récente étude du groupement hospitalier universitaire (GHU) psychiatrie et neurosciences Paris montre que, par rapport aux natifs, les migrants sont plus souvent hospitalisés que soignés en ambulatoire, ce qui indique une prise en charge dans un état de crise. Ils ont également une probabilité plus élevée d’être hospitalisés sous contrainte. Les personnes migrantes soignées en psychiatrie publique sont quatre fois plus souvent sans-abri, n’ont pas de ressources économiques et sont huit fois plus souvent dans une situation d’absence de droits à la sécurité sociale.

    Après une première hospitalisation pour psychose, 20 % (contre 7 % des natifs) ne maintiennent pas de suivi psychiatrique, par isolement et instabilité résidentielle. Ces résultats révèlent des barrières importantes à un accès aux soins adapté : méconnaissance des problématiques de santé mentale et de l’organisation du système de santé français, insuffisance de l’interprétariat, difficultés pour les équipes soignantes à améliorer des conditions de vie précaires et instables des personnes.

    L’attaque de Villeurbanne montre la difficulté à identifier des personnes pouvant basculer sur le plan psychique, même si la consommation de cannabis – dont on connaît les liens avec la survenue d’épisodes psychotiques – aurait pu sonner l’alerte. Des bilans psychologiques pour les demandeurs d’asile pourraient aider à repérer les personnes les plus fragiles, mais seule l’amélioration des conditions d’accueil, c’est-à-dire l’accès rapide à un statut administratif, un logement stable, des cours de langue, une formation et un emploi, offre l’espoir de diminuer le risque de psychose chez des migrants.

    #psychiatrie #réfugiés #migrants #accueil (non-) #psychose

  • Défaillance psychiatrique en pleine canicule - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/Defaillance-psychiatrique-en-pleine-20965

    Depuis ma place, je ne voyais qu’un homme blond qui marchait de long en large tout en parlant au téléphone. Il portait un brassard-sécurité. Il paraissait nerveux, il écrivait sur un papier.
    Intriguée, je m’approchai. Devant le super-marché, un homme était assis, hirsute, ébouriffé, pieds noircis et nus, un sac éventré devant lui, ses effets personnels éparpillés : un caleçon, un gobelet en carton, un paquet de gâteaux entamé. Ses mains étaient menottées dans le dos, il crachait des jurons. Il balançait son torse d’avant en arrière, à chacun de ses mouvements, sa tête venait heurter le trottoir. Macabre chorégraphie. Il était encerclé par deux policiers en uniforme et une jeune femme en civil qui portait des gants en plastique bleu. Ils n’intervenaient d’aucune façon. Arriva la voiture du SAMU, deux hommes en blouses blanches se dirigèrent vers l’homme au brassard toujours au téléphone qui me paraissait être le responsable de cette opération. Le trio échangea quelques mots, que je n’entendis pas. Aucune prise en charge ne fut apparemment décidée, les blouses blanches repartirent.

    #psychiatrie #police

  • Merkel et la pathologie des élites mondialistes
    https://www.dedefensa.org/article/merkel-et-la-pathologie-des-elites-mondialistes

    Merkel et la pathologie des élites mondialistes

    Zerohedge.com nous apprenait récemment qu’un général allemand trois étoiles, Joachim Wundrak, reprochait à Merkel de ne plus évoquer le peuple allemand. Elle est trop politiquement correcte pour cela, ajoutait ce provocant militaire, qui se lance dans la politique.

    Voyons Merkel : pour ce vieil hippopotame de la pensée inique,il n’y a en effet qu’une population destinée à être triquée, taxée et remplacée. Au nom du nouvel ordre et de ses paradigmes.

    Et pourtant elle est toujours là, en hystérésis, gardant son colossal pouvoir de nuisance, un peu comme les USA à l’échelle mondiale – ou occidentale. Rappelons ce que nous écrivions sur cette déconcertante brandebourgeoise il y a deux ans :

    « Qui veut comprendre Merkel doit lire sa lettre au très néocon Washington (...)

  • 1 infirmier pour 130 patients : le personnel d’une clinique psychiatrique de Haute-Garonne tire la sonnette d’alarme - France 3 Occitanie
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/insecurite-qualite-soins-personnel-clinique-psychiatriq

    Le personnel d’une clinique psychiatrique de Haute-Garonne se mobilise pour ses conditions de travail mais aussi le traitement des patients. La clinique appartient à un groupe privé qui dégage des bénéfices. Mais les agents dénoncent un manque de moyens.

    Un syndicat estime que la clinique Marigny, en Haute-Garonne, est sous pression. L’établissement appartient au groupe Orpea. Le personnel soignant met en parallèle les bénéfices du groupe et le revenu de son Directeur Général (2 400 000 euros selon la CGT) et les salaires des soignants : 1550 euros pour un infirmier, 1300 euros pour un aide-soignant et 1200 euros pour un agent.

    Au delà de la question salariale, le personnel demande une amélioration des conditions de travail. « Le manque de moyen devient quotidien. On nous menace de mettre 1 infirmier pour toute la clinique soit 1 infirmier pour 130 patients en psychiatrie ».

    Pour le syndicat Santé Action Sociale de la Haute-Garonne, cela pose un problème de sécurité.❞

  • Stop Scapegoating Mental Illness for Mass #Violence
    https://www.medscape.com/viewarticle/916483

    ... the data expose the mendacity of this claim.

    [...]

    75% of mass murders were caused by people doing so for reasons other than mental illness. Moreover, the main diagnoses of those mentally ill perpetrators have comparable frequencies of males and females being affected, yet almost 100% of the culprits were male.

    #psychiatrie #états-unis

  • Nackt in Atelier in Friedenau - Polizist schießt auf Einbrecher - Polizeiberichte & Polizeimeldungen - Berliner Morgenpost
    https://www.morgenpost.de/berlin/polizeibericht/article226283779/Nackt-in-Atelier-in-Friedenau-Polizist-schiesst-auf-Einbrecher.html
    Ce fait divers est une affaire que personne ne suivra. Un homme dérangé dérange le calme dans le quartier berlinois le plus paisible, on lui tire dessus et l’immobilise avec un taser récemment mis à disposition de la police. La fin de l’histoire se passe hors cadre dans un hôpital psychiatrique. Le calme estival est rétabli.

    Ein nackter Mann stieg in einen Keller ein und bedrohte die Polizei mit einem Messer. Eine Polizistin schießt.
    25.06.2019

    SEK-Einsatz in Friedenau: Am Montagabend hat ein nackter Mann, der vermutlich verwirrt war, in der Eschenstraße ein Kellerfenster eingeschlagen und ist in ein Maleratelier geklettert. Ein Zeuge alarmierte gegen 19.20 Uhr die Polizei.

    Nackter Mann droht mit Messer: Schussabgabe

    Die Polizisten wollten den Einbrecher herausholen, doch er leistete Widerstand. Der nackte Mann riss sich los und lief in einen anderen Raum. Dort nahm er ein Messer aus dem Regal und lief auf die Beamten zu. Wie die Polizei mitteilte, kam er der Aufforderung, das Messer fallen zu lassen nicht nach. Ein Beamter gab einen Schuss ab, der den 24-Jährigen aber nicht traf.

    Erst angeforderte Spezialeinsatzkräfte konnten den Mann mithilfe eines Tasers überwältigen und festnehmen. Der 24-Jährige wurde von einer Ärztin untersucht und danach in einer psychiatrischen Abteilung eines Krankenhauses untergebracht.

    L’histoire est intéressante à cause de ses détails. D’abord on apprend que c’est une fonctionnaire qui a tiré. Puis la décription des faits révèle que l’homme n’était pas armé et n’a pris dans se main un couteau qu’une fois poursuivie et poussé dans une autre pièce par la police. Là c’est un policier mâle qui tire. L’homme était nu.

    #Allemagne #Berlin #psychiatrie #violences_policières

  • A Evreux, l’hôpital psychiatrique paye dans la violence le prix de son sous-financement
    https://www.mediapart.fr/journal/france/230619/evreux-l-hopital-psychiatrique-paye-dans-la-violence-le-prix-de-son-sous-f

    Des mineurs mis des jours entiers à l’isolement, pour les protéger des adultes ; des soignants soumis aux coups, insultes et attouchements des patients. L’hôpital psychiatrique d’Évreux tangue par manque de moyens humains. Le personnel prévoit de camper devant l’établissement fin juin, signant le nouvel acte de la mobilisation sourde que vit la #PSYCHIATRIE, parent pauvre de l’hôpital public.

    #Santé_mentale,_psychiatrie,_Normandie,_violence,_Évreux,_isolement,_Nouvel_hôpital_de_Navarre,_mineurs,_contention,_A_la_Une

  • Durant 50 ans, 84 % des lobotomies furent réalisées sur des femmes, en France, Belgique et Suisse
    https://information.tv5monde.com/terriennes/durant-50-ans-84-des-lobotomies-furent-realisees-sur-des-femme

    Une étude, menée par trois neurochirurgiens français, révèle que sur 1129 patients lobotomisés entre 1935 et 1985 en Belgique, en France et en Suisse, 84% des sujets étaient des femmes. Un chiffre qui montre combien les discriminations et les préjugés liés au genre influencent les pratiques médicales et comment la psychiatrie s’insère dans les rapports de domination.
    L’étude n’a pas encore été publiée. Juste une dizaine de lignes rédigées dans la revue scientifique britannique Nature, nous replongent au temps de gloire et de controverse, pas si lointain, de la lobotomie. Sans que nul ne sache qu’à cette époque, les femmes furent davantage visées. C’est ce qui ressort de l’enquête, menée par trois neurochirurgiens français Aymeric Amelot, (Hôpital La Pitié-Salepétrière, Paris), Marc Levêque (Hôpital Privé Résidence du Parc, Marseille), et Louis-Marie Terrier (Hôpital Bretonneau, CHRU Tours).

    En fouillant les archives de la bibliothèque de Santé de Paris, ces trois médecins sont parvenus à compiler près de 80 articles et trois thèses portant sur les lobotomies pratiquées entre 1935 et 1985. Objectif ? « Comprendre comment une méthode aussi décriée et « barbare » avait pu s’étendre au monde entier et avait même été récompensée d’un prix Nobel. »

    Au fur et à mesure de leurs recherches, ils tirent des chiffres alarmants : sur les 1340 cas de lobotomie, recensés à partir de publications francophones (Belgique, France et Suisse), et plus précisément sur les 1129 cas renseignés, 84 % des sujets étaient des femmes.

    Des traitements de choc à la lobotomie
    La lobotomie est une intervention chirurgicale qui consiste à sectionner un lobe, ou une portion du cerveau, et certaines fibres reliant le lobe frontal au reste du cerveau. Cette technique a valu à son inventeur Egas Moniz, neurologue et homme politique portugais, le prix Nobel de médecine en 1949. Pourtant, elle est aujourd’hui l’un des traitements les plus critiqués de l’histoire, compte tenu de ses effets graves sur la personnalité.
    Capture d'écran. Photos légendées par Louis-Marie Terrier.
    Capture d’écran. Photos légendées par Louis-Marie Terrier.

    La grande majorité des interventions ont été pratiquées entre 1946 et 1950. « Il est important de restituer le contexte de l’époque, souligne Louis-Marie Terrier. Nous sortions de la guerre, il régnait un chaos psychologique énorme et les psychiatres étaient complètement démunis ». A disposition uniquement : « des traitements de choc », comme « la cure de sakel » qui avait pour but de plonger le patient dans « un coma hypoglycémique », « les bains chauds » ou encore « la malaria thérapie » qui consistait à « inoculer le parasite de la malaria pour entraîner des pics fébriles » dans l’espoir d’améliorer les symptômes psychiatriques.

    C’est dans ce contexte que le père de la psychochirurgie, Egas Moniz, à commencer à présenter ses résultats sur des patients qui étaient lobotomisés. Il y avait au début un certain scepticisme avec des débats extrêmement virulents en France comme ailleurs. En 1950, l’URSS interdit cette méthode qu’elle qualifie « d’anti scientifique et inefficace ». Mais cette technique a rapidement attiré l’attention de deux médecins américains, le neurologue , Walter Freeman et le neurochirurgien, James Watts, qui vont tous deux la développer et la pratiquer en masse aux Etats-Unis dans cette période de l’après-guerre.
    La domination masculine au fondement de ces lobotomies féminines ?
    Comment expliquez cette prépondérance du sexe féminin ? « Nous n’avons trouvé aucune explication dans ces publications, rapporte le neurochirurgien Louis-Marie Terrier. Dans la majorité des cas, lorsque les indications étaient renseignées, il s’agissait de soigner une pathologie psychiatrique : schizophrénie, grande dépression avec tentative de suicide, en général des personnes qui avaient une adaptation sociétale difficile, d’autres des troubles obsessionnels compulsifs, etc. » Autant de pathologies où il n’existe « aucune prévalence chez les femmes », précise-t-il. Les raisons sont donc à chercher ailleurs, dans « le statut de la femme à l’époque régi par le code civil de 1804 ».

    A gauche coupure de presse, Life, 1947. Légende à droite de Louis-Marie Terrier. DR
    A gauche coupure de presse, Life, 1947. Légende à droite de Louis-Marie Terrier. DR
    La psychiatrie avait pour mission de gérer « les insupportables » comme les suicidaires, les imprévisibles, et cela dans un rapport de pouvoir duquel les femmes étaient exclues.

    Carlos Parada, psychiatre
    « Il n’existe pas, en effet, d’explication clinique, avance le psychiatre Carlos Parada. La psychiatrie a pour mission depuis sa création de gérer « les insupportables » pour la société, notamment, les suicidaires, les imprévisibles, les mutiques et évidemment ça crée un rapport de pouvoir dans lequel les femmes étaient exclues puisqu’elles n’étaient pas à la place du pouvoir. »
    Il rappelle que « le grand succès de la lobotomie » est lié à la schizophrénie. Or, cette maladie touchait davantage les hommes que les femmes, comme c’est encore le cas aujourd’hui.
    Première lobotomie sur une femme
    La première à passer sur la table d’opération sera une femme. Egas Moniz pratique, le 12 novembre 1935, sa première lobotomie sur une ancienne prostituée de 63 ans, souffrant de mélancolie et d’idées paranoïaques. Son histoire ou plutôt son triste sort, Carlos Parada le raconte en détail dans Toucher le cerveau, changer l’esprit (Editions PUF) et le neurochirurgien Marc Lévêque dans son ouvrage, La chirurgie de l’âme (JC Lattès), co-écrit avec Sandrine Cabut. On y apprend que la patiente avait été transférée la veille, « de l’asile de Bombarda vers le service de Moniz », qui avait programmé cette intervention dans le plus grand secret. Deux mois après l’opération, le médecin conclut « au succès ». La femme étant devenue plus « docile », « le bilan n’est pas si négatif ».

    L’absence de consentement d’une femme ou d’une jeune fille était moins grave que pour un homme.
    David Niget, historien
    Qui viendra la plaindre ? « C’est l’une des clés de la lobotomie explique David Niget, maître de conférence en Histoire à l’université d’Angers et chercheur au Laboratoire CERHIO. Cette pratique était controversée, mais l’absence de consentement d’une femme ou d’une jeune fille était moins grave que pour un homme, qui par ailleurs pouvait demander plus facilement une intervention chirurgicale sur son épouse que l’inverse. Et socialement, le corps des femmes est davantage considéré comme disponible à l’expérimentation. »
    Un traitement différencié dès l’adolescence
    Loin d’être l’unique facteur, cet universitaire, co-auteur avec Véronique Blanchard de l’ouvrage Mauvaises filles (Editions Textuel), rappelle que le tout début du 20 ème siècle est marqué par « une progressive médicalisation de la déviance juvénile féminine ». La science va se conjuguer avec la morale pour renforcer le contrôle de leurs comportements.

    « A travers les statistiques des institutions dites d’observation de l’époque et qui appartiennent au champ de la justice des mineurs, on va s’apercevoir qu’il existe des prises en charge psychiatriques beaucoup plus fréquentes pour les filles que pour les garçons, souligne David Niget. En effet, quand le comportement des garçons est un peu irrégulier, erratique, ou violent, on considère que le problème est social. Qu’il peut se régler avec de l’encadrement, la réinsertion par le travail et puis une bonne hygiène de vie. » Les garçons pouvaient même être facilement « héroïsés ». Comme on peut le voir aujourd’hui autour de la figure du « bad boy » censé représenter la virilité.

    « Pour les filles, de manière très différenciée, on demeure dans le registre de la moralité, du danger social, d’un problème mental psychiatrique qu’il faut prendre en charge, poursuit-il. Avec l’idée générale que l’objet à traiter c’est le corps. Un corps problématique, dangereux, malsain dévié d’une certaine manière de sa finalité qui est de donner la vie, de procréer. »

    Lire aussi :
    > Qui sont "ces mauvaises filles " ? Des rebelles subversives
    En outre, les filles séjournent bien plus longtemps dans ces institutions et développent par conséquent des comportements anti-institutionnels. « Dans cette logique, poursuit le chercheur, elles vont être étiquetées comme « des incorrigibles » ou encore comme des hystériques - terminologie qui signifiait par étymologie une excitation anormale de l’utérus qui produit des comportements désordonnés - ou bien comme des déprimées et des suicidaires qu’il faut protéger d’elles-mêmes, ce qui va, là encore, justifier et même imposer un mode de traitement lourd. »
    La lobotomie hors contexte psychiatrique
    Aussi n’est-il pas étonnant de voir certains patients subir une lobotomie sans qu’aucune maladie psychiatrique ne soit diagnostiquée. Comme le rapporte Louis-Marie Terrier, « des personnes ont également été lobotomisées pour des problèmes de douleurs secondaires découlant de cancers et qui résistaient aux traitements médicaux ».

    Un cas est d’ailleurs resté célèbre, celui d’Eva Peron, la femme du dirigeant populiste argentin
    Eva Peron, épouse du dictateur argentin, Juan Peron lobotomisée pour soulager des douleurs provoquées par un cancer de l'utérus. (c) DR
    Eva Peron, épouse du dictateur argentin, Juan Peron lobotomisée pour soulager des douleurs provoquées par un cancer de l’utérus. (c) DR
    Juan Peron. En 1952, elle a été lobotomisée pour un cancer de l’utérus qui l’a emportée à l’âge de 33 ans. L’opération avait ici une visée antalgique, autrement dit celle d’atténuer les douleurs.

    Autre célébrité, Rosemary Kennedy, la sœur de John Fitzgerald Kennedy. Elle a également été opérée en 1941 dans le plus grand secret à la demande de son père, Joseph Kennedy. Elle en gardera d’énormes séquelles, restant handicapée à vie.

    D’après l’étude des trois neurochirurgiens, tous les milieux sociaux sont représentés.
    De « la campagnarde des villes », qui était le terme employé à l’époque, à la fille d’une grande famille bourgeoise parisienne. Chez les hommes, « on va de l’ouvrier à l’ingénieur ». « Le patient le plus jeune était un enfant de 2 ans et demi et le plus âgé 85 ans », précise le neurochirurgien Louis-Marie Terrier. Il ajoute « que 20 enfants ont été lobotomisés, sur la base d’une indication psychomotrice, dont le but était de "restaurer la paix dans les foyers". »

    Enfant schizophrénique de huit ans qui avait été mis en cage dans un sous-sol pour comportement violent. Photo A : avant lobotomie Photo B : après lobotomie. (c) DR<br />
    Enfant schizophrénique de huit ans qui avait été mis en cage dans un sous-sol pour comportement violent. Photo A : avant lobotomie Photo B : après lobotomie. (c) DR


    Pour les femmes, comme pour les immigrés, pour les chômeurs, on n’est pas à l’abri de voir la psychiatrie s’insérer dans ces rapports de domination.

    Carlos Parada, psychiatre
    « Il ne faut pas toutefois créer l’illusion, qu’avant, la psychiatrie était faite par des barbares non scientifiques qui faisaient un peu n’importe quoi et que nous, comme on se fonde sur la science, on ne fait plus n’importe quoi, insiste Carlos Parada. A la création de la lobotomie, les gens étaient aussi scientifiques, aussi honnêtes que les gens de bonne foi aujourd’hui ». « L’erreur, c’est d’imaginer que la psychiatrie peut se pratiquer en dehors de son temps, conclut-il. Pour les femmes comme pour les immigrés ou pour les chômeurs, on n’est pas à l’abri de voir la psychiatrie s’insérer dans ces rapports de domination et ce n’est pas au nom de la science qu’on sera à l’abri. »
    Déclin de la lobotomie
    A partir de 1951, la lobotomie va rapidement décliner. « Deux médecins français de l’hôpital Saint-Antoine à Paris découvrent les neuroleptiques, raconte Louis-Marie Terrier. Ils seront commercialisés en 1952 en France et en 1956 aux USA. » Les interventions vont chuter pour devenir vraiment rares, même si les opérations perdureront un peu jusque dans les années 1980.

    « A ce moment-là, la lobotomie perd de son effet de mode et de sa pertinence, parce que la chimie va permettre d’intervenir sur le cerveau des malades, explique l’historien David Niget. « Ce qui est clair, c’est qu’on va beaucoup plus utiliser les neuroleptiques à l’égard des filles qu’à l’égard des garçons et ce, dès la fin des années 1950 et de manière assez massive. »

    #sexisme #gynocide #misogynie #psychiatrie #lobotomie

    • Véronique Fau-Vincenti, « Des femmes difficiles en psychiatrie (1933-1960) », Criminocorpus [En ligne], Varia, mis en ligne le 04 juin 2019.
      https://journals.openedition.org/criminocorpus/6120

      Alors que ceux désignés comme des aliénés difficiles dès 1910 ont fait l’objet d’une étude dédiée, restait à dévoiler des profils au féminin de « malades » désignées comme « difficiles » en psychiatrie des années 1930 à 1960. Le propos consiste ici à exposer le cas de femmes, parfois délinquantes et le plus souvent hors des normes attendues, qui ont été préemptées par les professionnels de la psychiatrie en raison de leurs attitudes ou de leurs actes.

      Mais surtout, en filigrane, se lisent les préjugés sociétaux et les tâtonnements médico-légaux appliqués à des femmes plus souvent dérangeantes que « dérangées » : filles-mère, rebelles, insoumises, délinquantes ou en rupture de ban ; celles internées à la section Henri-Colin de Villejuif se sont avérées être avant tout des cas sociaux embarrassants et par la même difficiles.

  • Mettez-moi en prison, s’il vous plaît.

    Comparution immédiate au tribunal de #Nantes.

    Un homme, soupçonné d’avoir commis sept cambriolages, a été déclaré irresponsable et hospitalisé d’office en psychiatrie à l’issue de l’audience, ce mercredi.

    | Presse Océan : https://www.presseocean.fr/actualite/nantes-au-tribunal-monsieur-l-avocat-ne-me-defendez-pas-s-il-vous-plait-

    "« Si je fais ça, c’est parce que dehors, je n’ai ni logement, ni argent. Rien. Je n’ai rien. Je risque ma vie dehors. Mettez-moi en prison, s’il vous plaît. Et vous, Monsieur l’avocat, ne me défendez pas s’il vous plaît »", a supplié celui que la Justice avait déjà déclaré irresponsable de ses actes en mars dernier.

    Souffrant de schizophrénie notamment, le prévenu a finalement été hospitalisé d’office, en psychiatrie, à l’issue de l’audience.

    #enfermement #prison #justice #psychiatrie #pauvreté #schizophrénie & #lucidité

  • Sacro-sainte paranoïa — La complaisance dans l’outrage
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?279-sacro-sainte-paranoia

    Dernier chapitre du #Livre de Hamed Abdel-Samad, « le fascisme islamique. Une analyse » (Grasset, 2017) Source En janvier 2015, les deux frères qui ont pris d’assaut la rédaction de Charlie Hebdo et abattu douze personnes de sang-froid estimaient qu’en publiant des caricatures de Mahomet, le journal satirique livrait une #Guerre contre l’islam et son Prophète. Frénétiquement convaincus de cette offense, ils pensaient que leur acte laverait l’honneur du Prophète et entraînerait la victoire de l’islam. (...)

    #Dynamiques_Géopolitiques

    / #Anthropologie, #Psychiatrie, Guerre, Abdel-Samad H., #Islam, Livre, #Islamogauchisme, #Totalitarisme, Type (...)

    #Abdel-Samad_H. #Type_anthropologique
    « https://www.fichier-pdf.fr/2017/03/24/le-fascisme-islamique-hamed-abdel-samad/le-fascisme-islamique-hamed-abdel-samad.pdf »
    « http://antisemitismus.net/shoah/verschwoerung.htm »
    « https://www.gutenberg.org/files/1497/1497-h/1497-h.htm »
    « http://www.fr-online.de/spezials/das-gespraech--der-islam-ist-krank- »
    « http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2006/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20060912_university-regensburg.html »
    « http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7112929.stm »
    « http://www.sueddeutsche.de/sport/fussball-bundesliga-der-prophet-auf-schalke-1.178014 »
    « http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/tv/news/south-park-censored-after-death-threats-from-islamists-1951971.html »

  • Panthère Première » HP, l’ère du vide
    https://pantherepremiere.org/texte/hp-lere-du-vide

    par Sila B.

    Dans l’unité fermée où les patient·es passent 24h/24 pendant des semaines, parfois des mois, se trouvent leurs chambres, des chiottes, des douches, des bureaux pour les consultations (avec un psychiatre, deux internes et une psychologue) et pour les infirmières, ainsi qu’un « lieu de vie ». Pas franchement conviviale, cette grande pièce évoque plutôt des bureaux. Une partie est dotée de tables à tout faire dont la principale activité : manger trois fois par jour. Dans un coin, une télévision reste toujours branchée sur TF1 et la clope est autorisée à l’intérieur – c’était dans les années 2000. Regarder Le maillon faible avec des gens qui vont mal et à qui la famille n’a pas pu ou voulu payer de meilleurs soins dans une clinique privée, voir l’animatrice humilier le maillon faible et les pubs qui défilent où il n’est question que de beaux cheveux, d’intérieurs bien tenus et d’automobiles filant dans des décors de cinéma. Regarder la télé et éprouver l’ennui absolu d’une discussion entre « cas psy » comme moi. L’administration n’a pas prévu de nous faire faire un tour dehors, en plein air, ni une activité physique ou créative qui donne un peu de plaisir et de fierté – ou qui, tout bêtement, maintienne dans une santé physique correcte. Maillon faible tu es, maillon faible tu resteras, avec un peu plus de gras autour du bide et des muscles atrophiés. Nous faisons l’objet d’injonctions contradictoires : il faut s’habiller avec ses propres vêtements et ne pas rester en pyjama mais les fringues sales mettent dix jours à revenir de la buanderie ; il faut passer la ma­tinée en-dehors des chambres mais il n’y a rien à faire dans les parties communes.

    #psychiatrie #HP #handicap #dépression #exclusion

  • #Hopsyweb & #FSPRT : gravissime entaille au secret médical.
    (Gérard Collomb c’est vraiment degueulasse)

    Radicalisation et psychiatrie : les données de deux fichiers pourront être consultées par les préfets
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/07/radicalisation-et-psychiatrie-les-donnees-de-deux-fichiers-pourront-etre-con

    Ce texte a « pour objet la prévention de la radicalisation ». Il autorise le croisement de deux fichiers de données à caractère personnel (identité, date de naissance, etc.). L’un, nommé Hopsyweb, concerne les personnes subissant des « soins psychiatriques sans consentement », et l’autre est le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

    Le décret en question : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038442383&dateTexte=&categorieLie
    /.../

    Ce décret s’accompagne d’un avis de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), organisme chargé de s’assurer du bon usage des données personnelles. L’autorité « souligne la différence profonde d’objet entre les deux fichiers en présence, l’un faisant état d’antécédents psychiatriques d’une certaine gravité, l’autre ayant la nature d’un fichier de renseignement ».

    L’avis en question : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=8466993850EE662404573215C63A3DCF.tplgfr32s

    On peut retrouver les origines de tout ça dans cet article de août 2017 alors que Gérard Collomb avait affirmé

    /.../ en matière de terrorisme, certains actes viennent de « gens qui se radicalisent brutalement avec souvent des profils psychologiques extrêmement troublés ». « À peu près un tiers » des personnes signalées pour radicalisation « présentent des troubles psychologiques », selon une autre de ses déclarations. Il a dit souhaiter « mobiliser l’ensemble des hôpitaux psychiatriques et les psychiatres libéraux de manière à essayer de parer à cette menace terroriste individuelle » et mettre en place des protocoles « lorsqu’un certain nombre de gens ont des délires autour de la radicalisation islamique ».

    L’article lui répond clairement :
    Psychiatrie et terrorisme : quand les patients miment les symptômes d’une société
    https://www.slate.fr/story/150297/psychiatrie-terrorisme-patients-miment-symptomes-societe

    #psychiatrie #terrorisme

  • Radicalisation et psychiatrie : les données de deux fichiers pourront être consultées par les préfets
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/07/radicalisation-et-psychiatrie-les-donnees-de-deux-fichiers-pourront-etre-con

    Des psychiatres et des associations de patients y voient des « amalgames entre maladie psychique et terrorisme ».

    Les autorités de l’Etat – les préfets dans les départements et le préfet de police à Paris – pourront être prévenues lorsqu’une personne fichée pour « radicalisation terroriste » est hospitalisée sans consentement pour des raisons psychiatriques, selon un décret du ministère des solidarités et de la santé publié mardi 7 mai au Journal officiel.
    Ce texte a « pour objet la prévention de la radicalisation ». Il autorise le croisement de deux fichiers de données à caractère personnel (identité, date de naissance, etc.). L’un, nommé Hopsyweb, concerne les personnes subissant des « soins psychiatriques sans consentement », et l’autre est le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

    #psychiatrie #surveillance #secret_médical #anti-terrorisme

  • Alcune delle “diagnosi” fatte alle donne durante il ventennio fascista per rinchiuderle nei manicomi.

    La #liste est longue, quelques perles :
    – instable
    – incohérente
    – extravagante
    – excitée
    – menteuse
    – méchante
    – érotique
    – menaçante
    – rouge sur le visage
    – exhibitionniste

    https://twitter.com/ealloradeh/status/1117722994191872000

    #femmes #fascisme #Italie #hôpital_psychiatrique #psychiatrie
    #symptômes #diagnostic #santé_mentale

  • The Challenge of Going Off Psychiatric Drugs | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2019/04/08/the-challenge-of-going-off-psychiatric-drugs

    Laura had always assumed that depression was caused by a precisely defined chemical imbalance, which her medications were designed to recalibrate. She began reading about the history of psychiatry and realized that this theory, promoted heavily by pharmaceutical companies, is not clearly supported by evidence. Genetics plays a role in mental disorder, as do environmental influences, but the drugs do not have the specificity to target the causes of an illness. Wayne Goodman, a former chair of the F.D.A.’s Psychopharmacologic Drugs Advisory Committee, has called the idea that pills fix chemical imbalances a “useful metaphor” that he would never use with his patients. Ronald Pies, a former editor of Psychiatric Times, has said, “My impression is that most psychiatrists who use this expression”—that the pills fix chemical imbalances—“feel uncomfortable and a little embarrassed when they do so. It’s kind of a bumper-sticker phrase that saves time.”

    Dorian Deshauer, a psychiatrist and historian at the University of Toronto, has written that the chemical-imbalance theory, popularized in the eighties and nineties, “created the perception that the long term, even life-long use of psychiatric drugs made sense as a logical step.” But psychiatric drugs are brought to market in clinical trials that typically last less than twelve weeks. Few studies follow patients who take the medications for more than a year. Allen Frances, an emeritus professor of psychiatry at Duke, who chaired the task force for the fourth edition of the DSM, in 1994, told me that the field has neglected questions about how to take patients off drugs—a practice known as “de-prescribing.” He said that “de-prescribing requires a great deal more skill, time, commitment, and knowledge of the patient than prescribing does.” He emphasizes what he called a “cruel paradox: there’s a large population on the severe end of the spectrum who really need the medicine” and either don’t have access to treatment or avoid it because it is stigmatized in their community. At the same time, many others are “being overprescribed and then stay on the medications for years.” There are almost no studies on how or when to go off psychiatric medications, a situation that has created what he calls a “national public-health experiment.”

    Roland Kuhn, a Swiss psychiatrist credited with discovering one of the first antidepressants, imipramine, in 1956, later warned that many doctors would be incapable of using antidepressants properly, “because they largely or entirely neglect the patient’s own experiences.” The drugs could only work, he wrote, if a doctor is “fully aware of the fact that he is not dealing with a self-contained, rigid object, but with an individual who is involved in constant movement and change.”

    A decade after the invention of antidepressants, randomized clinical studies emerged as the most trusted form of medical knowledge, supplanting the authority of individual case studies. By necessity, clinical studies cannot capture fluctuations in mood that may be meaningful to the patient but do not fit into the study’s categories. This methodology has led to a far more reliable body of evidence, but it also subtly changed our conception of mental health, which has become synonymous with the absence of symptoms, rather than with a return to a patient’s baseline of functioning, her mood or personality before and between episodes of illness.

    Antidepressants are now taken by roughly one in eight adults and adolescents in the U.S., and a quarter of them have been doing so for more than ten years. Industry money often determines the questions posed by pharmacological studies, and research about stopping drugs has never been a priority.

    Barbiturates, a class of sedatives that helped hundreds of thousands of people to feel calmer, were among the first popular psychiatric drugs. Although leading medical journals asserted that barbiturate addiction was rare, within a few years it was evident that people withdrawing from barbiturates could become more anxious than they were before they began taking the drugs. (They could also hallucinate, have convulsions, and even die.)

    Valium and other benzodiazepines were introduced in the early sixties, as a safer option. By the seventies, one in ten Americans was taking Valium. The chief of clinical pharmacology at Massachusetts General Hospital declared, in 1976, “I have never seen a case of benzodiazepine dependence” and described it as “an astonishingly unusual event.” Later, though, the F.D.A. acknowledged that people can become dependent on benzodiazepines, experiencing intense agitation when they stop taking them.

    In the fifth edition of the DSM, published in 2013, the editors added an entry for “antidepressant discontinuation syndrome”—a condition also mentioned on drug labels—but the description is vague and speculative, noting that “longitudinal studies are lacking” and that little is known about the course of the syndrome. “Symptoms appear to abate over time,” the manual explains, while noting that “some individuals may prefer to resume medication indefinitely.”

    Audrey Bahrick, a psychologist at the University of Iowa Counseling Service, who has published papers on the way that S.S.R.I.s affect sexuality, told me that, a decade ago, after someone close to her lost sexual function on S.S.R.I.s, “I became pretty obsessive about researching the issue, but the actual qualitative experience of patients was never documented. There was this assumption that the symptoms would resolve once you stop the medication. I just kept thinking, Where is the data? Where is the data?” In her role as a counsellor, Bahrick sees hundreds of college students each year, many of whom have been taking S.S.R.I.s since adolescence. She told me, “I seem to have the expectation that young people would be quite distressed about the sexual side effects, but my observation clinically is that these young people don’t yet know what sexuality really means, or why it is such a driving force.”

    #Psychiatrie #Big_Pharma #Addiction #Anti_depresseurs #Valium

    • Le problème, c’est que les psychiatres ont surtout le temps pour prescrire, pas pour creuser. Et que le temps de guérison entre frontalement en conflit avec le temps de productivité.

      Le temps de guérir est un luxe pour les gens bien entourés et avec assez de moyens financiers.

      Et il manque toujours la question de base : qu’est-ce qui déclenche ses réponses psychiques violentes ?

      J’aurais tendance à dire : un mode de vie #normatif et étroit qui force certaines personnes à adopter un mode de vie particulièrement éloigné de ce qu’elles sont, de ce qu’elles veulent. Notre société est terriblement irrespectueuse et violente pour tous ceux qui ne se conforme nt pas au #modèle unique de la personne sociale, dynamique et surtout, bien productive !

      #dépression

  • En 1964, André Robillard s’est mis à fabriquer des fusils avec des matériaux de récupération, ramassés au hasard de ses promenades dans l’hôpital psychiatrique où il vivait près d’Orléans. Aujourd’hui, à 87 ans, André demeure toujours dans cet hôpital, où il est entré à l’âge de neuf ans il y a 78 ans. Entre temps, il est devenu un artiste internationalement reconnu du champ de l’Art Brut. Lors d’un voyage d’André à l’Hôpital de Saint-Alban, en Lozère, pour présenter une création théâtrale à laquelle il participe, tout se relie enfin : l’Art Brut, la #psychiatrie, la Résistance. L’histoire d’André Robillard croise en effet celle de la #Psychothérapie Institutionnelle, véritable révolution du regard sur la folie, opérée au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.
    http://www.lecinemadehenrifrancoisimbert.com/filmographie/andre-robillard-en-compagnie

    https://www.youtube.com/watch?v=IrOomSYirCg


    portrait d’andré robillard par jo pinto maia

    à Villeneuve d’Ascq, au musée Lam, belle collection d’art brut dont les oeuvres à Dédé
    http://www.musee-lam.fr/fr/la-collection-en-ligne
    #André_Robillard #Art_Brut #musée #film

  • luc_lemonnier, Maire du Havre, assurant l’intérim d’#edouard_philippe aimait montrer sa bite #en_marche . Tout le monde était au courant. Sophie, victime, rappelée à la loi.

    Sophie* (son prénom a été modifié), une mère de famille havraise engagée en politique, reçoit sur son téléphone une photo de l’actuel maire.

    Un « selfie » où l’on voit Luc Lemonnier, le sexe en érection. « Pour moi, ça a été un viol !, explique Sophie. Je suis mariée depuis plus de 20 ans, j’ai des enfants, je suis épanouie dans ma vie de couple, on se connaissait depuis longtemps (avec Luc Lemonnier, NDLR), j’ai été choquée. » La Havraise prétend qu’elle a demandé à l’élu, à plusieurs reprises, d’arrêter de lui envoyer de telles photos. Elle aurait tout de même reçu une dizaines de clichés. 
    . . . . . .
    En 2018, Sophie décide à son tour d’envoyer ces clichés à des élus de la majorité municipale. Cette fois, c’est le maire, Luc Lemonnier, qui dépose plainte le 31 mai pour avoir diffusé ces clichés intimes sans autorisation. A l’issue d’une enquête préliminaire menée par le SRPJ de Rouen, Sophie a écopé, le 18 mars 2019, d’un rappel à la loi par le procureur du Havre. 
    . . . . .

    Edouard Philippe était-il au courant ?
    Sous couvert d’anonymat, de nombreux élus normands nous ont confié qu’ils savaient depuis longtemps que ces clichés pornographiques avait été envoyés à des femmes par le maire du Havre. « C’était un secret de polichinelle » , nous dit un élu de premier plan à la Région Normandie. Une ancienne élue de la mairie raconte : « j’ai coupé nos relations pourtant très fortes il y a plusieurs mois, quand j’ai été informée du phénomène. Je n’ai pas été destinataire des photos mais je me suis rendue compte qu’elles avaient été envoyées à plusieurs dizaines de femmes. » En revanche, tous les actuels adjoints ou conseillers de la majorité que nous avons contactés nous ont adressé une fin de non-recevoir, parfois en termes assez brutaux. « Certaines élues ont reçu les photos mais ont préféré se taire, explique sous couvert d’anonymat une employée de la mairie. Certaines par peur de perdre leur fonction, d’autres parce qu’elles l’avaient caché à leurs proches... D’autres encore par peur de représailles et parce que dans des situations fragiles. » Une ancienne salariée nous a expliqué avoir quitté son emploi notamment en raison « de l’ambiance hyper-sexualisée » qui régnait à l’hôtel de ville.

    Extraits de : Accusé d’avoir envoyé des photos pornographiques à plusieurs femmes, le maire du Havre démissionne Par Coralie Moreau, Christine Wurtz, Delphine Garnault, Bertrand Queneutte, Sylvain Tronchet et Elodie Guéguen, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu et France Bleu Normandie (Calvados - Orne) - 21 Mars 2019 - France bleu
    https://www.francebleu.fr/infos/politique/exclusif-accuse-d-avoir-envoye-des-photos-pornographiques-a-plusieurs-fem

     #en_vedette #psychiatrie #santé_mentale #femmes #exhibitionisme #maire

  • Le malheur des loosers | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/18/le-malheur-des-loosers

    Direction les « urgences » psychiatriques, Hôpital public.

    C’est un copain que j’aime bien. C’est un gars qu’on sent tout de suite fragile derrière son sourire fraternel. C’est quelqu’un qui tout d’un coup se casse, souffre, appelle au secours.

    « Allo ! Au secours, viens me chercher ». J’étais heureusement disponible. J’ai vu la peur, la terreur immense comme ça dans la rue, pour rien, pour tout, pour les téléphones portables. Comment vivre dans cette terreur ? Il faut rassurer l’ami pour trouver le chemin de l’hôpital, l’hôpital pour protéger et rendre le droit au sommeil. Mais l’Hôpital aussi est malade, malade de pas de fric et d’abandon. Hôpital public jeté en inhumanité.

    La porte d’entrée c’est « l’urgence », ça se nomme « urgence ». 3 heures d’attentes, ça se nomme « urgence », un enfer en psychiatrie ! Aux JT sont invoquées les violences à l’Hôpital, jamais les ressors de ces violences. Il faut voir, il faut vivre ces « urgences ». On n’y vient jamais par hasard. Cette porte on y arrive lorsque le bout du supportable a été atteint, que la souffrance de l’âme envahit tout. Mal, mal, mal partout et attendre dans un hall oppressant. Attendre un temps infini. Le temps que revienne l’envie de se sauver, se sauver n’importe où, dans le délire, dans l’alcool, dans les stupéfiants. N’importe où, se sauver, hors de soi. 3 heures, c’est largement le temps pour que monte le besoin de hurler, d’invectiver, de menacer. Crier, menacer, ça s’est passé devant nous. La « sécurité » est arrivée : « tu es sage ou on appelle la Police. Elle te fout dehors de l’Hôpital. » Simple, carré, efficace, économique. Je l’ai su après, c’est ce qui était arrivé à mon ami 2 jours avant. Dehors et en cellule au Commissariat. La nuit à hurler et à se taper la tête contre la porte. Simple et efficace. Economique.

    3 heures, 3 heures immenses. Les 2 premières à se creuser la tête pour trouver quoi dire pour soulager, à trouver les excuses pour retenir de partir. Et puis vient la 3e heure, terrible 3e heure, heure des mots de la morts. J’avais vu la terreur, je n’ai plus de mots pour ce stade de douleur. Une montagne de souffrance, les poings l’un contre l’autre si pressés que les mains sont blanches, les yeux ouverts sur un autre monde, les mâchoires… et la paire de ciseaux apparue en limite de la poche. Voilà qu’il me donne sa bague… un « souvenir » me dit il…. Et pas de réponse à l’accueil. Attendre encore. J’avais déjà déclaré à l’accueil que « la situation se dégrade », maintenant je leur dis qu’il y a danger. Signe de tête. Est-ce un hasard mais soudain l’accueil devient bien vide. Fuite ?

    Enfin, enfin, le médecin est là. Il marche vite, trop vite pour établir un contact humain. Il nous attend. Bureau avec un ordinateur comme un rempart. Long silence, il faut en priorité remplir cet ordinateur, nom, prénom… « Qu’est-ce qu’il vous arrive ? ». Zéro empathie. Du coup le récit devient inusuellement déconstruit, un fatras d’infos, pas les paroles de l’âme. Le psychiatre passe à côté de l’immensité de la terreur, passe à côté du risque suicidaire. Pas méchant le médecin, juste l’air dépassé, absorbé par ses cases à côcher pour prescrire le médicament ad hoc. Il me remerciera d’être revenu lui dire pour les ciseaux et le danger.

    Que voulez-vous ? Pour la société tout se sera bien terminé. Rien ne va défrayer les chroniques. Pas de sang, pas d’agression médiatisable. Sans doute un classement DSM avec ses petites cases pharmaceutiques. Une immense perte d’humanité où l’Hôpital se rabougri. Simplement, efficacement, économiquement.

    Sale inhumaine époque. Loi du fric, Loi de l’ultra riche.

    Serge Grossvak

    En l’an de l’acte 18 Gilets Jaunes, la veille de la flambée du Fouquet’s.

  • Ribelli e indipendenti. Storie di donne rinchiuse nel manicomio di Como

    A poco più quarant’anni dalla riforma Basaglia, che ha disposto la chiusura dei manicomi, la fine di una legislazione speciale e la restituzione dei diritti civili ai ricoverati, riemergono i volti e le storie di donne che in questo luogo hanno consumato la loro esistenza o parte di essa. Ecco in 50 pannelli le vicende manicomiali di Chiara, internata per depressione, di Enrica, legata al letto per placare il suo carattere collerico, e della piccola Carolina, “pericolosa per sé e per gli altri”, per la quale si richiede il ricovero all’età di soli 14 anni. Rinchiuse perché ribelli, troppo precoci o intelligenti, sensuali e disubbidienti, non sottomesse alle violenze fisiche o psicologiche delle famiglie e della società, ma anche perché deboli, indifese o solo povere.
    Gin Angri ha documentato con i suoi scatti l’idea di devianza femminile, i cambiamenti sociali ed economici, l’evoluzione della cura della malattia mentale e del linguaggio psichiatrico, e ha ricomposto la vita e la dignità delle donne ricoverate attraverso lo spoglio di quasi 42mila cartelle cliniche del vecchio manicomio di Como e l’uso sapiente delle fotografie in esse contenute. Un modo per riflettere, attraverso storie individuali, su come per anni la società ha guardato alla malattia mentale.

    Per meglio avvicinarci alla mostra, abbiamo posto alcune domande a chi è coinvolto nel progetto: Gin Angri, il fotografo e curatore, Paola Zocchi, storica e archivista della Bicocca che da anni segue le attività del centro ASPI - Archivio storico della psicologia italiana, e la storica della psichiatria Candida Carrino, che interverrà all’inaugurazione per contestualizzare i documenti della mostra nel loro periodo storico.


    https://bnews.unimib.it/blog/ribelli-e-indipendenti-storie-di-donne-rinchiuse-nel-manicomio-di-como
    #femmes #hôpital_psychiatrique #psychiatrie #Côme #Italie #histoire

    Et bien sûr... le tag #sorcières qui pourrait être utilisé ici !

    signalé par @wizo

  • Eichborndamm 238 - ab 1941 städtische Nervenklinik für Kinder »Wiesengrund«
    Museum Reinickendorf
    https://www.museum-reinickendorf.de/?hmenu=7

    https://www.openstreetmap.org/node/2889844074

    Gedenkort und Geschichtslabor Eichborndamm 238

    Im Juli 1941 wurde am Eichborndamm 238/240 die städtische Nervenklinik für Kinder, kurz »Wiesengrund« genannt, eingerichtet. Hier waren die Stationen 2 und 3 untergebracht. Letztere erhielt den täuschenden Zusatznamen »Kinderfachabteilung«. Die Klinik verfügte neben den Bettenzimmern über eine eigene Röntgenabteilung, ein Labor, einen Sektionsraum sowie Dienst- und Verwaltungszimmer. In die sogenannte »Kinderfachabteilung« wurden Kinder aus ganz Berlin und der Umgebung eingewiesen. Ihre Krankenakten enthielten vielfach den Vermerk »R.A.«. Er weist darauf hin, dass der »Reichsausschuss zur wissenschaftlichen Erfassung von erb- und anlagebedingten schweren Leiden« diese Kinder als »lebensunwert« eingestuft hatte. Entsprechen wurden die Kinder »behandelt«. Viele Kinder starben an den Folgen von medizinischen Versuchen oder riskanten Untersuchungen, aufgrund von fehlender ärztlicher Hilfe oder mangelnder Ernährung. Auch die Kinder der Station 2 überlebten nicht immer den Klinikaufenthalt. An ihnen wurden ebenfalls risikoreiche Untersuchungen vorgenommen, die zum Tode führen konnten.

    Die Karrieren der verantwortlichen Ärzte gingen nach Kriegsende ungebrochen weiter. Einzig der Klinikleiter Ernst Hefter wurde im Dezember 1945 verhaftet und im August 1947 starb er im Zuchthaus Bautzen. Der Oberarzt Gerhard Kujath wurde nach Kriegsende kommissarischer Direktor des Hauses, ab 1952 übernahm er die Leitung der Kinderpsychiatrischen Abteilung der Freien Universität Berlin. Der Pathologe Berthold Ostertag wurde nach 1945 Leiter der Neuropathologischen Abteilung der Universitätsnervenklinik Tübingen und erhielt später das Große Bundesverdienstkreuz. Die Fachärztin für Nervenheilkunde, Gertrude Reuter, praktizierte von 1946 bis 1975 als niedergelassene Fachärztin für Neurologie und Psychiatrie in Essen.

    Nazi-Verbrechen in Reinickendorfer Kinderklinik: Die Erforschung der Grausamkeit - Schule - Berlin - Tagesspiegel
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/schule/nazi-verbrechen-in-reinickendorfer-kinderklinik-die-erforschung-der-grausamkeit/8293338.html

    Schüler eines Reinickendorfer Gymnasiums erforschen die Geschichte von behinderten Kindern, die in ihrem Kiez in einer ehemaligen Klinik von den Nazis ermordet wurden. CLAUDIA KELLER

    Vor 70 Jahren lebten hier Kinder. Manche waren ein paar Monate alt, andere zwei, sieben oder 15 Jahre. Heute ist in den schmucklosen Häusern am Eichborndamm 238-240 das Reinickendorfer Garten- und Straßenbauamt untergebracht. Doch einst gehörten die Häuser zu einer Klinik, hier war die „Kinderfachabteilung“. Doch die Kinder kamen nicht, um geheilt zu werden. Sie waren geistig zurückgeblieben und galten als „lebensunwert“. Sie starben meistens kurz nach der Einlieferung, weil sie die medizinischen Versuche nicht überlebten, die Ärzte mit ihnen machten.

    Die Eingriffe müssen furchtbar wehgetan haben. Wer mit Schülern der elften und zwölften Klasse des Friedrich-Engels-Gymnasiums in Reinickendorf durch die Räume geht, meint, die Kinder wimmern zu hören. Denn Luise Sommer, Nastasia Wolter, Paul Riemann und Melissa Kulicke können viel erzählen über die kleinen Patienten. Sie haben deren Schicksal erforscht. Im „Seminarkurs Geschichte“ sichteten sie im Landesarchiv Akten und forschten nach Zeitzeugen.

    Es ist Montagnachmittag. Auf einem großen Tisch in einem Kellerraum des früheren Klinikgebäudes breiten die Jugendlichen alte Fotos und Kopien von Dokumenten aus. Sie waren zu zehnt im Kurs und haben sich im Landesarchiv alle Akten geben lassen, die es zur „Kinderfachabteilung Wiesengrund“ gibt. Das waren sehr viele, erzählt Luise Sommer und zeichnet mit der Hand einen Berg in die Luft. 120 Kartons mit jeweils 30, 40 Akten – zu viele für ein Schuljahr. Sie haben mit den Unterlagen der gestorbenen Kinder angefangen. Jeder konzentrierte sich auf vier Akten, schrieb das Wichtigste heraus und erstellte zu jedem Kind einen „Steckbrief“ mit den Bemerkungen des Pflegepersonals, der Art der „Behandlung“ und der Todesursache.

    „Heute spielt Ruth mit der Puppe. Sie ist ein recht sorgsames Puppenmutterchen“, notierte eine Krankenschwester. Ingrid sei oft sehr lieb und habe das Bedürfnis, in den Arm genommen zu werden. „Auf freundlichen Zuspruch lächelt das Kind“, ist über Hans zu lesen. „Vorgehaltene Gegenstände werden nicht ergriffen; berührt man aber seine Händchen, so umklammert er sie fest und lässt nicht los.“ Und der siebenjährige Werner „hatte furchtbaren Hunger, so dass er sogar in ein Stück Seife biss“.

    Anfangs sei es ihr sehr schwergefallen, in den Dokumenten zu lesen, sagt Luise Sommer. Nicht nur, weil manchmal die Schrift der Ärzte schwer zu entziffern war. Sondern weil ihr die Schicksale so nahegingen. „Viele Kinder waren ja noch ganz klein, süße Babys lächelten einem da von den Fotos entgegen“, sagt die Abiturientin. Sie hatte den Eindruck, dass etlichen Kindern gar nichts fehlte, als sie hier eingeliefert wurden. „Schauen Sie hier“, sagt Nastasia Wolter und zeigt einen Eintrag aus Ruths Akte: Das Mädchen wurde in der Klinik abgegeben, „da die Pflegemutter das Kind als anstrengend empfand und nicht mehr gewillt war, sich um Ruth zu kümmern“.

    Geschichtslehrerin Sabine Hillebrecht hatte die Idee zu dem Projekt. Sie wusste um die Häuser am Eichborndamm 238-240 und wunderte sich, dass über die Vergangenheit so wenig bekannt ist. Mit den Schülern fand sie heraus, dass die „Kinderfachabteilung Wiesengrund“ Teil der 1942 neu gegründeten „Städtischen Nervenklinik für Kinder“ war. Hierher überwies der „Reichsausschuss zur wissenschaftlichen Erfassung von erb- und anlagebedingten schweren Leiden“ Kinder, denen die Nazis das Recht zu leben absprachen, zum Beispiel weil sie mit Down-Syndrom auf die Welt gekommen waren. Nastasia Wolter deutet auf das Kürzel „R.A.“ unten links in der Krankenakte. Sie erzählt, wie den Kindern Liquor aus dem Rückenmark entnommen und Luft ins Gehirn gepumpt wurde, damit sich das Gehirn vergrößerte und bei Röntgenaufnahmen besser zu sehen war.

    Der kleine Hans erlitt während der Prozedur eine Kreislaufschwäche, die Atmung setzte teilweise aus. Zwei Wochen später starb er, nur zehn Monate alt. Als Todesursache notierte der Arzt Bronchitis, Lungenentzündung und Herzmuskeldegeneration. Dem siebenjährigen Werner spritzten die Ärzte Tuberkulosebakterien. „Dies rief äußerst schmerzhafte Entzündungen im Ober- und Unterbauch hervor, die ihn monatelang quälten“, schrieb der Arzt. Dazu ließ man ihn hungern.

    Die zweite Schülergruppe hat sich auf die Täter konzentriert. Paul Riemann, Melissa Kulicke und ihre Mitschüler aus der elften Klasse haben in Ermittlungsakten recherchiert, dass im „Wiesengrund“ vier Ärzte und 19 Schwestern arbeiteten. Nur ein Arzt wurde nach dem Krieg belangt. Die anderen machten Karriere. „Einer hat sogar das Bundesverdienstkreuz bekommen“, sagt Paul Riemann und schüttelt den Kopf.

    Noch etwas haben sie entdeckt, indem sie die alten Fotos studierten: Hier unten im Keller war früher das Labor der Klinik. „Wir haben die Heizungsrohre wiedererkannt und den Heizkörper“, sagt Melissa Kulicke. Sie kratzten vorsichtig mit einem Schlüssel an der Wandfarbe; darunter kamen die alten, auf den Fotos sichtbaren Kacheln hervor. „Im Fernsehen laufen oft Dokumentationen zur NS-Zeit“, sagt Paul Riemann, „aber wenn man sich mit Einzelschicksalen und konkreten Orten beschäftigt, kriegt man ein ganz anderes Verhältnis zur Geschichte“.

    #Berlin #Renickendorf #Eichborndamm #Nazis #Psychiatrie #Kinder #Sehenswürdigkeit

  • #Radio_Sans_Nom, Paroles pas pareilles

    Radio Sans Nom est la petite sœur française de #La_Colifata, première station née dans un #hôpital_psychiatrique, à Buenos Aires. Radio Sans Nom est une #radio nomade et ouverte. Chaque mardi après-midi, elle rassemble ses participant·e·s pour son émission diffusée en direct.


    http://syntone.fr/radio-sans-nom-paroles-pas-pareilles
    #santé_mentale #psychiatrie

    –-> Les directs de Radio Sans Nom s’écoutent sur http://www.alsolnet.com/stream/lacolifataenlace et sur le site de la plateforme radio *DUUU (https://www.duuuradio.fr/auteur/radio-sans-nom) qui est en résidence au T2G-Théâtre de Gennevilliers depuis la rentrée 2017. Vous retrouverez l’émission qui fait l’objet de ce reportage sur notre page d’écoute.