• Comment les géants du Web capturent notre temps de cerveau

    http://www.lemonde.fr/tant-de-temps/article/2017/10/18/comment-les-geants-du-web-capturent-notre-temps-de-cerveau_5202458_4598196.h

    La prochaine fois sera la bonne. Nouveau coup de bec sur la petite assiette en plastique : aucune graine n’apparaît. Le pigeon retente sa chance, il veut sa récompense. Rien. La prochaine fois, peut-être ? Encore raté. Qu’importe, le volatile insiste, picore encore et encore, jusqu’à ce que la nourriture tombe du ciel. Complètement accro à cette loterie.

    En délivrant à des oiseaux de laboratoire leur pitance de façon aléatoire, le psychologue B.F. Skinner a réussi, dans les années 1950, à conditionner leur comportement. Un de ses protégés a ainsi donné des coups de becs 2,5 fois par seconde pendant seize heures d’affilée, alors qu’il ne grappillait que des miettes.

    Pauvres pigeons, si faciles à plumer avec leur cerveau de piaf. L’Homme ne se laisserait jamais berner si aisément. Vraiment ? Les ados américains consultent leur téléphone plus de 150 fois par jour, en moyenne. Selon une enquête menée en 2016 par Raphaël Suire (qui enseigne le management de l’innovation à l’université de Nantes), 75 % des étudiants français interrogés sont pendus à leur smartphone dès le réveil. Plus éloquent encore : plus de la moitié d’entre eux déclarent le faire mécaniquement, bien conscients d’être addicts.

    Nir Eyal l’explique sans vergogne dans Hooked : How to Build Habit-Forming Products (éd. Portfolio, non traduit en français), un condensé de recettes de manipulation devenu la bible des concepteurs d’applications : « Les récompenses variables sont l’un des outils les plus puissants que les entreprises utilisent pour accrocher les utilisateurs. La recherche montre que le corps sécrète d’importantes quantités de dopamine dès lors que le cerveau s’attend à une récompense. Or l’introduction de la variabilité multiplie l’effet, créant un état de chasse frénétique, qui inhibe les zones du cerveau associées au jugement et à la raison tout en activant celles associées au désir et à l’exercice de la volonté. » Le consommateur est ferré.

  • [F12] Critiques II : Peut-on vraiment s’appuyer sur les études d’Adorno pour comprendre le #fascisme d’aujourd’hui ?
    http://www.hacking-social.com/2017/06/05/f12-critiques-ii-peut-on-vraiment-sappuyer-les-etudes-dadorno-pour-c

    Comme beaucoup de mes congénères bas scores, il me semblait par exemple qu’autoriser le mariage homosexuel ne serait qu’une formalité, c’est-à-dire que cela passerait sans encombre, puisque les #mentalités n’étaient plus les mêmes. J’ai été véritablement choquée de la manif pour tous, des propos qu’on y a entendus, des propos que je ne concevais pas encore possibles à notre époque. La non-homophobie que j’avais perçue avant cet événement n’était qu’une surface, une façade, au fond il y avait toujours ce jugement de l’homosexualité, il y avait toujours ces représentations d’ « anormalité » ou de « perversion » dans la population. J’en étais véritablement effarée et dégoûtée , autrement dit je m’étais laissée avoir par cette surface qui paraissait à peu près tolérante, alors qu’au fond, non.

    Si je parle de cette anecdote où l’on pourrait me taxer de naïve, c’est pour montrer que selon le milieu où l’on vit, son environnement, on peut croire que des #conventions ont changées, surtout lorsqu’on n’est pas touché directement par la #discrimination : on ne prend pas conscience que des personnes ont telle ou telle vieille convention, parce qu’elles affichent une façade moderne, et que sa réalité est en fait tout autre. Cette réalité est cachée, elle ne se fait voir que lorsqu’on est la cible d’une discrimination, ou lorsqu’on assiste à un événement particulier. Je pense par exemple à la #maltraitance des enfants : ayant eu la chance de ne jamais être frappée pour quoi que ce soit, j’ai pensé pendant longtemps que les enfants même frappés ne l’étaient qu’exceptionnellement et « doucement », que les #violences fortes étaient rares. Cette croyance s’est dramatiquement effondrée lorsque j’ai vu à l’école des élèves se cacher dans les vestiaires pour que les autres ne voient pas les bleus dont ils étaient recouverts à cause de leurs parents. Puis plus tard, même en public, dans les supermarchés, au restaurant, etc., j’ai été tétanisée de voir la violence que certains parents infligent à leur enfant de façon totalement arbitraire.

  • Le blues des marketers de l’industrie du tabac
    https://theconversation.com/le-blues-des-marketers-de-lindustrie-du-tabac-75159

    En commercialisant des produits nocifs, les marketers sont au cœur d’un conflit opposant d’une part les normes de la société résolument anti-tabac et celles de leur entreprise dont la mission est de promouvoir le tabac. En d’autres termes, ils sont amenés à transgresser les normes sociétales pour le compte de leur organisation. Les situations gênantes se multiplient et ce conflit de normes peut être particulièrement difficile à vivre pour les marketers.

    Du cabinet de recrutement aux cercles amicaux, ils sont confrontés à la même question : « Mais ça ne vous a pas posé problème de vendre des produits qui peuvent provoquer le cancer ? ».

    « Le marketing n’a pas d’incidence sur le fait de fumer » : pour mieux montrer l’absence de responsabilité des marketers, un autre argument avancé souligne le peu d’influence que le marketing a sur les comportements des consommateurs. L’incitation à fumer ne provient ainsi pas de la publicité faite par les fabricants de cigarettes mais de l’influence d’autres fumeurs, notamment au moment de l’adolescence qu’il s’agisse de proches ou de personnes célèbres auxquelles les jeunes s’identifient.

    Ainsi, « le marketing, fait changer les gens de marque. Il ne fait pas aimer le tabac ». Cette idée n’est pas partagée par le gouvernement qui tente bien au contraire de démonter la puissante machine marketing et les stratégies de branding en résultant. L’avenir devrait nous dire ce qu’il en est du véritable pouvoir de la marque sur l’adoption d’un comportement de consommation. Un bilan sur les effets du paquet neutre sera instructif à cet égard.

    Responsable mais pas coupable : pour faire face à la situation et assumer une activité dont ils sont conscients de la dimension problématique, les marketers se concentrent sur la dimension technique et économique de leur métier. L’objectif est de mettre en œuvre les opérations marketing de la façon la plus efficace possible. Les questions morales sont ainsi exclues. En d’autres termes, cela revient à se déclarer responsable mais pas coupable d’une quelconque faute morale

    #tabac #marketing #psychologie_sociale

  • Êtes-vous à la hauteur de votre prénom ?
    https://theconversation.com/etes-vous-a-la-hauteur-de-votre-prenom-74558

    La nouveauté de notre recherche est de montrer que notre tendance à nous assimiler aux stéréotypes sociaux finit par se traduire dans notre visage, du moins avec l’étiquette sociale que constitue notre prénom. Le processus peut être soit direct (par ex., Chloé porte les cheveux lâchés ; Angélique porte une tresse) ou bien passer par l’effet du prénom sur la personnalité (par ex., un prénom peut être associé à quelqu’un d’ouvert d’esprit, ce qui peut se traduire par la suite par un visage plus avenant).

    Nous mettons donc en évidence une sorte d’effet Dorian Gray, du nom du protagoniste du roman d’Oscar Wilde, dont le portrait de son visage évolue au cours de sa vie et de ses viles actions. Le fait que notre prénom, choisi par d’autres que nous, influence profondément notre apparence à l’âge adulte, suggère un effet de structuration sociale puissant, qui nous marque dans notre évolution depuis la naissance.

    L’effet visage-nom – le fait que nous reconnaissons le prénom d’un(e) inconnu(e) au-delà du facteur chance – connaît des limites qui illustrent d’autant plus sa nature sociale de prophétie auto-réalisatrice. Tout d’abord, nous trouvons que les individus d’une culture donnée reconnaissent le prénom d’autres individus de leur culture, mais sont incapable de reconnaître le prénom d’individus d’une autre culture.

    #psychologie_sociale

  • Ils tentent de refaire à l’identique un classique de la recherche en psychologie, et là… (cris de panique) | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/126539/sourire-rend-heureux-ou-pas

    Au printemps 2013, un psychologue de 63 ans vivant à Wurtzbourg, en Allemagne, allait faire une audacieuse suggestion sur une liste de diffusion universitaire. Depuis des mois, des dizaines de ses collègues s’arrachaient les cheveux pour savoir comment contrôler la véracité des articles scientifiques sur « l’amorçage social », soit l’idée voulant que d’infimes détails –la hauteur d’une chaise, la température d’une tasse de café ou encore la couleur d’un mot imprimé sur une feuille– sont susceptibles d’influencer les comportements ou les jugements d’un individu.
    À cette époque, les sceptiques avaient besoin de volontaires : qui, parmi les experts de l’amorçage, accepterait de les aider dans leur projet de réplication à grande échelle, consistant à tester certains classiques de la littérature psychologique dans différents laboratoires et au même moment ? Y-avait-il seulement quelqu’un pour vouloir soumettre ses recherches à une telle épreuve ?

  • “We have become exhausted slaves in a culture of positivity”
    http://www.3quarksdaily.com/3quarksdaily/2016/01/we-have-become-exhausted-slaves-in-a-culture-of-positivity.html

    Here is the crux of Han’s thesis. “Yes We Can” sounds like an empowering slogan, indicating our freedom and limitless potential. But according to Han, this is an illusory freedom because the message enclosed within “Yes We Can” is “Yes We Should”. Instead of living in a Disziplinargesellschaft(disciplinary society) of the past where our behavior was clearly regulated by societal prohibitions and commandments, we now live in a Leistungsgesellschaft (achievement society) in which we voluntarily succumb to the pressure of achieving. The Leistungsgesellschaft is no less restrictive than the Disziplinargesellschaft. We are no longer subject to exogenous prohibitions but we have internalized the mandates of achievement, always striving to do more

  • Dans la tête des « nouveaux ninjas de l’islam »
    https://lejournal.cnrs.fr/billets/dans-la-tete-des-nouveaux-ninjas-de-lislam

    Quels sont les mécanismes psychologiques de la haine ? La psychologie sociale aide à comprendre comment des idéologies et des comportements individuels et collectifs d’une violence inouïe, à l’image des attentats terroristes à Paris, peuvent se produire. Décryptage avec le chercheur Pascal Huguet, pour qui la radicalisation ou la religion n’ont pas grand rôle dans ces processus.

  • Dans l’ambiance actuelle, l’intelligence collective, l’#auto-organisation et la #solidarité spontanée sont les seuls points d’accroche pour faire tomber les velléités vengeresses guerrières.
    La fenêtre pour faire entendre raison au gouvernement est toute petite, on va avoir besoin d’un grand mouvement pacifiste basé sur ces valeurs.
    (relevé sur twitter, https://twitter.com/feeskellepeut/status/665853548555583488 et suivants)
    #attentats

    on a évité le pire. la souricière du stade contenait 80000 personnes, si ces gens avaient bougé ensemble
    on aurait eu un bilan trois fois plus lourd ne serait ce que par le mouvement de foule, sans mm parler du piège dehors.
    si ça ne s’est pas produit c’est pas parce qu’on a une super armée c’est parce que plein de gens dans ce stade ont pigé et pris sur eux.
    l’orga du stade a géré, les footeux (qui sont kamême pas assez cons pour pas piger qu’une extraction de président ça pue^^) ont continué, le public a pas fait le con (c’est pas les stadiers qui les auraient retenus vu le nombre), bref une sorte de « nous » a été au level.
    le même « nous » collectivement diffus a été au niveau aussi pour mettre des gens à l’abri, éviter un mvt de foule dans les rues. le même « nous » est encore actif aujourd’hui pour les recherches des victimes. c’est ça qui est rassurant et qu’on peut dire à nos enfants.
    moi ce que je dis à mes enfants c’est « personne n’a merdé. ce qui ne pouvait pas être évité a eu lieu mais personne n’a aggravé , c’est important ». au delà de la sécurité en uniforme il y a celle du groupe social qui s’est mise en place toute seule, spontanément. il y en a qui auraient voulu nous faire croire qu’en pareil cas on serait tous des chiens les uns pour les autres.
    un nombre considérable de personnes a démontré juste le contraire. les initiatives populaires ont été nombreuses.
    les jeunes ont organisé leurs réseaux sociaux, les taxis ont éteint les compteurs, les stadiers ont géré comme des oufs, les commerçants ont ouvert leurs portes et abrité au mieux, des blessés en ont évacué d’autres, et tout ça s’est fait sans aucun ordre ni aucune hiérarchie.
    c’est environ le seul point d’accroche pour faire tomber les velléités vengeresses guerrières blabla qui aggraveront juste les choses.

    #psychologie_sociale #entraide #décence #common_decency (en voilà une illustration)

  • Seule notre auto-organisation nous protège de la violence.
    Escalade dans le discours de l’exécutif qui se met à parler de guerre. Refusons-la.
    (relevé sur twitter)
    https://twitter.com/feeskellepeut/status/665608168664363008 et suivants

    nous ne sommes pas protégés. toutes ces lois sécuritaires sont un leurre. cette nuit nous étions seuls. si seuls qu’il a fallu notre #auto-organisation pour mettre des gens à l’abri et qu’il la faut encore aujourd’hui pour compter nos morts. bien des peuples avaient fait ce constat avant nous. nous étions privilégiés.
    ces gens, victimes de leurs dominants, ont tiré sur d’autres, victimes des leurs propres, sans comprendre. comment peuvent ils ne pas comprendre...ils sont comme nous, ils ont tellement besoin d’un coupable...
    et nous revoilà au terme de toute guerre. un prolo soumis à des décisions qui le dépassent contre un autre. nous mourrons, ils s’engueulent.

    https://twitter.com/feeskellepeut/status/665611344226324480 et suivants

    il vont nous faire la troisième. voilà ce qui me hante depuis cette nuit. 4h passées à tenter de clarifier, d’aider un peu.
    ce que j’ai vu c’est un président appeler à la #guerre et un autre le soutenir, l’otan va frapper et j’ai peur.
    j’ai vu mes connaissances, lointaines certes, compter leurs morts. et cet horrible enregistrement, et j’ai vu ces présidents dire « guerre ». comme ma grand mère avait vu, en son temps, d’autres le dire. puis le faire.
    ma voix ne vaux rien mais tant pis : NE LE FAITES PAS. ne suivez pas l’appel à la guerre. pitié, ne le faites pas. je connais des victimes comme vous. je vois des gens que j’aime pleurer. ne déclenchez pas une guerre.
    je ssais j’ai vu, comme vous, nous sommes seuls, nos flics ne servent à rien, 8 hommes ont terrassé paris
    mais je vous en supplie ne faites pas ça.
    c’est la troisième je vous en conjure nous savons tous ce que ça implique nous n’avons pas les moyens de survivre à ça.
    ma grand mère m’a raconté je vous en prie je ne veux pas vivre ça à mon tour.
    je vous le demande. comme n’importe quelle mère. NE FAITES PAS CA NE VALIDEZ PAS CA OPPOSEZ VOUS RESISTEZ NE LA FAITES PAS CETTE GUERRE.
    je vous ne prie refusez ce mot. refusez ça. c’es pas que je sois spécialement conne bisounours mais pitié.
    notre pays est ridicule. nous n’avons pas su nous défendre contre HUIT HOMMES. nous ne sommes pas des guerriers. pitié.
    c’est la population, c’est les rézosocios, qui ont protégé, averti, géré cette nuit. je vous en prie nous ne sommes pas de taille.
    nous ne somme pas des warriors. nous ne sommes pas de cette espèce. notre peuple n’a plus de service militaire personne ne sait se battre ici
    la moindre arme à feu nous fait peur nos flics ne savent pas quand intervenir nous ne sommes pas des guerriers !
    nous n’avons pas les moyens de faire les malins. nous ne savons pas nous défendre. rangez vos égos vous allez tuer nos enfants !
    s’il vous plaît. nous ne sommes pas de taille. nous jouons avec des avions et des bateaux, nous n’avons aucune défense.
    tout ce que nous allons gagner là c’est de permettre à nos flics, absolument pas formés, de jouer avec des guns.
    ce pays n’est PAS CAPABLE putain admettez le réel.
    nous ne sommes pas des cons de ricains habitués aux armes et tous passés par l’armée, bordel. pitié réagissez.
    nous avons UNE SEULE FORCE. celle que nous avons développée cette nuit.
    nos flics servaient à rien nos ambulances tardaient NOUS AVONS GERE. nous avons mis à l’abri des milliers de parisiens nous avons géré GRAVE
    nous avons empêché un mouvement de panique général qui aurait pu coûter nombre de vies, nous avons été FORTS
    nous avons recoupé les infos, trié, filtré, décidé d’un périmètre, mobilisé des gens pour en abriter d’autres, nous avons fait ça SEULS
    ceux d’entre nous qui étaient reclus au bataclan ont fait SEULS l’analyse, et ont SEULS donné les consignes d’intervention
    les autres dehors ont SEULS recoupé les témoignages et identifié les zones à risque, mis en place les relais de mise à l’abri
    nous ne savons pas NOUS BATTRE mais nous savons NOUS PROTEGER.
    j’ai vu un mec qui a SEUL recueilli un blessé au prix d’une balle et SEUL mis en place les 1ers soins. NOUS SAVONS FAIRE CA.
    nous n’avons PAS LE TEMPS pour piger nous avons environ 15 jours devant nous nous devons REFUSER LA GUERRE
    nous sommes 6 millions sur twitter probablement 4 millions de parisiens nous avons géré cette nuit nous savons nos possibles.
    partir en guerre n’en est pas un mais nous savons dorénavant nos possibles en terme de #RESISTANCE. on est ptète des couilles molles devant une arme MAIS ON SAIT DE DEMERDER pour se protéger les uns les autres quand y’en a une.
    analysez. on était seuls. y’avait personne. on n’avait aucune info aucun secours. les 15 premières minutes étaient cruciales. WE DID IT.
    on n’a pas besoin d’une guerre. on sait prendre SOIN les uns des autres.
    écoute moi putain. j’étais là pendant les attentats de 1995 j’étais là pour les grèves où des gens se sont marché dessus à se tuer.
    on n’avait pas twitter. on n’avait pas FB. on a été cons à l’époque. CETTE NUIT TU NOUS S PILES JEUNESSE.
    tu as géré bordel, tu as fait des mises à labri tu as géré l’info tu as empêché qu’u mouvement de foule tueur se mette en place. OUI TOI.
    ça aurait été TELLEMENT PIRE sans toi. pourtant tu sais jsuis prems à chier sur le jeune ce con. bin PAS LA.
    ton mouvement porte ouverte a sauvé des vies, jeune,n’en doute jamais. tu as été le principal artisan de cette nuit.
    réalise ce que t’as fait. tu as été un putain de héros, con de jeune hyperconnecté sur lequel nous chions tous.
    continue, bordel. utilise ton pouvoir. refuse la guerre.
    écoute moi con de jeune. tu te rends même pas compte de ce que t’as fait cette nuit moi jpeux t’en rendre compte.
    je sais j’étais parisienne pendant ces années là celles des derniers #attentats avant toi.
    tu sais la gueule qu’’on tire dans un RER quand on t’annonce une bombe et des morts ? moi je sais j’y étais. on fait pas le malin. maintenant entends moi andouille tu sait mm pas ton pouvoir. cette nuit tu sais pas combien de vies t’as sauvées. juste en TWITTANT, oui mon couillon. nous à lépoque on n’avait pas ça et les usagers d IRC étaient tellement pas légions
    on était comme des connards dans nos RER à attendre de savoir combien de morts quand est ce qu’on repartirait, tu peux pas imaginer
    on était de pures merdes. soumises au réseau radio des fucking beebop tattos et autres, réservés A UNE ELITE RICHE
    on se foutait sur la gueule pour sortir des métros , on n’était pas en mode « porte ouverte », nous. RENDS TOI COMPTE.
    et toi cette nuit couillon t’as sauvé des vies et t’as même pas idée combien. PRENDS CONSCIENCE. NOW. you don’t need war, you just proved you can handdle everything on your own. please REALIZE WHAT YOU DID TONIGHT PEOPLE. and dont go to war.
    je sais que tu pleures tes morts jeunesse. crois moi si y’a un truc que je sais c’est ça. mais tu as tellement évité pire.
    je te le redemande, revis cette nuit. revis ces infos ces localisations ces mises à l’abri. revis ce que TU AS GERE.

    #militarisation #violence #réseaux_sociaux #psychologie_sociale

    • ton hashtag ""porte ouverte"" était en tt deux heures avant que les autorités commencent à penser à mettre les gens en sécurité. pourquoi comment ce sera des années d’études pour piger. mais tu l’as fait. je t’ai vu j’’étais là, sur le cul, mais là. juste vraiment prend conscience de ce que t’as fait. t’es FORT gamin, t’es très fort. tu sais c’est ta génération qu’a été touchée last night. nous on est des vieux cons ya longtemps qu’on va plus en concert. tu viens de nous montrer, merdeux, ce que ça veut dire solidarité.
      thanks for that, ptit con de jeune. merci. tout paris devrait te dire merci, t as évité une super merde, on n’a pas eu le moindre pb annexe.
      normalement en cas pareil on aurait vu des gens se marcher dessus pour un taxi ou se battre pour un métro. on avait vu ça pour juste des grèves de transports tu sais. mais toi tu as réagi. et tu as ouvert tes portes et aiguillé les gens. 80% du taf normalement réservé aux forces de lordre tu las pris direct, petiot, et moi j’avais jamais vu ça de ma vie. go on litte tomato. go on. tu as beaucoup de choses que nous on n’a pas. ça fait chier les vieux bin osef. you rule, baby. :)

      à mon époque on allait en concert sans mm se demander si on prenait un risque. on n’était pas une seconde politisés, pour le coup. toi ta génération va plus jamais s’amuser tranquille. pour avoir eu ton âge bébé je sais ce qu’on t’a fait. pardon pour ça. ne laisse pas des vieux comme moi t’imposer une guerre.

      https://twitter.com/feeskellepeut/status/665701933143855104 et suivants

  • David Graeber : « Tous les recoins de nos vies sont envahis par des formulaires » - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/10/11/david-graeber-tous-les-recoins-vies-sont-envahis-formulaires-261593

    « C’est le pouvoir qui crée la stupidité. Une étude récente montre que plus vous êtes pauvre, plus vous avez la capacité d’identifier les émotions d’autres personnes. Les riches n’ont aucune idée de ce que les autres peuvent ressentir. Alors que si vous êtes pauvre, vous devez savoir ce que votre patron a en tête !

    Je travaillais dans un restaurant quand j’étais jeune. Quand quelque chose tournait mal, le boss descendait. Nous avions beau lui expliquer ce qui s’était passé, lui ne voulait rien savoir : “Toi, le nouveau, tu as dû merder.” Et ça devenait la ligne officielle.

    Le pouvoir rend aveugle. Cela se voit aussi dans les relations de genres. Dans les comédies des années 50, il y avait souvent des blagues sur le fait que les hommes ne comprenaient pas les femmes. Mais on ne s’est jamais demandé si les femmes avaient des difficultés à comprendre les hommes ! Elles n’avaient pas le choix : dans une structure patriarcale, les femmes doivent consacrer du temps à comprendre ce qui se passe dans la tête du “chef” de famille.

    Le problème n’est pas tant que les procédures bureaucratiques sont intrinsèquement stupides, c’est plutôt qu’elles sont des moyens de gérer des situations qui sont déjà stupides car fondées sur des inégalités sociales qui s’appuient en dernière analyse sur la menace de l’agression physique, sur la violence structurelle. »

  • La #pauvreté, une #discrimination non identifiée - Libération
    http://www.liberation.fr/societe/2015/05/25/la-pauvrete-une-discrimination-non-identifiee_1316321

    On peut choisir de ne pas être pauvre dans notre société. N’est-ce pas là une affirmation dénuée de sens ? Pourtant, elle semble faire consensus dans un imaginaire collectif souvent empreint d’idées fausses (1). Les pauvres sont suspectés d’être frauduleusement pour quelque chose dans leur situation. Elles et ils cumulent et profitent des avantages de leur #précarité en percevant, sans honte, le revenu de solidarité active (RSA) ou l’aide à l’acquisition d’une couverture maladie complémentaire (ACS), et en bénéficiant, si facilement et sans dignité, de la couverture maladie universelle (CMU). L’association de ces deux vocables, pourtant antagonistes, « avantages, précarité » ne semble paradoxalement gêner que très peu l’imagerie sociale ambiante, largement influencée par les #médias. Peut-être parce que l’on croit faussement aussi que ces « populations » ont leur propre culture en dehors des cadres intégrateurs officiels. Culture dont les pauvres seraient, qui plus est et par hérédité, fiers ou à l’autre extrême, rendus « névrosés » à en croire même certaines études sociologiques (2). Et leurs soi-disant valeurs spécifiques s’opposent « trop », socialement et même psychiquement, à celles qui doivent a fortiori faire référence. Surtout, si en plus d’être pauvres, ces enfants, femmes et hommes sont roms et/ou migrants. Etre pauvre, c’est être classé socialement comme étant hiérarchiquement inférieur et donc non prioritaire.

    #hiérarchie

    • Il n’y a jamais eu d’association d’auto-stoppeurs, il n’y en aura jamais. (...) [Le] #covoiturage [est] au voyage ce que Facebook est à l’amitié.

    • #logique_du_don #réciprocité #psychologie_sociale #marchandisation #transports #exclusion #invisibilisation

      Souvent, il n’y a pas de mots. Vous feignez d’être sourd. Pitoyable. Je suis face à vous, je vous parle et vous tournez la tête. Vous accélérez vers la caisse, vous faites comme si vous n’aviez pas entendu. Pour vous, je n’existe pas. Vous voulez continuer votre autoroute seul, sans que rien n’arrive. Mon interférence est intolérable. Votre vie ordonnée. Je ne vous aime pas. Je vous ai vus. Maniaques. Vous êtes moche et vous ne dites rien.

      Ceux qui énoncent à haute voix « je ne prends jamais personne en stop » sont encore plus effrayants. Eux verbalisent leur haine. Les autres la cachent comme une honte. C’est courant de passer devant un mendiant en évitant son regard. C’est plus rare d’avoir l’aplomb de lui dire : « Je ne donne jamais rien à personne. »

      Les voitures de société sont une plaie. Elles sont brandies en boucliers : « Je ne peux pas, c’est une voiture de société, je ne suis pas assuré. » L’argument est faux, mais vous y croyez peut-être. Certains patrons interdisent à leurs employés de prendre des gens en stop. Patrons en question, vous êtes minables. Employés qui appliquez la règle débile, vous n’êtes pas glorieux.

    • Mouai je trouve un peu dommage la réaction envers ceux qui ne prennent pas. Ce n’est pas une obligation de prendre quelqu’un en stop, et ça perdrait de son charme si ça l’était (quoi que j’ai entendu dire que c’était le cas à Cuba et que ça marchait plutôt bien). Et puis peut-être que la personne est fatiguée, ou pressée, ou n’a juste pas envie, mais que la fois suivante, ou celle d’après, elle prendra quelqu’un (ou pas).

      C’est comme si on en voulait aux gens sur bewelcome de ne pas héberger, ça me parait gros.

      Et même s’il n’y a pas d’association, il y a des sites d’aide à l’autostop, avec des échanges d’astuces, comme les bons lieux pour de placer. Et aussi quelques règles évidentes (si y’a plusieurs autostoppeurs au même endroit, le premier arrivé est prioritaire, ou on se place un peu plus loin).

      Je trouve aussi fort dommage la critique du covoiturage : même si c’est moins l’aventure que le stop, et que c’est devenu un commerce (enfin il y a covoiturage-libre aussi), ça reste une pratique intéressante et mieux que de se retrouver à 1 par voiture.

  • Noam Chomsky et la stupidité institutionnelle
    http://www.les-crises.fr/noam-chomsky-et-la-stupidite-institutionnelle

    Emmanuel Kant a dit que notre expérience dépend non seulement de la nature du monde extérieur mais aussi de notre appareil perceptif et de nos catégories mentales. Il y a le monde phénoménal, le monde tel qu’on en a l’expérience, et il y a le monde nouménal, le monde extérieur tel qu’il est en réalité, et que l’on ne peut jamais pleinement connaître.

    Le projet de Chomsky, sous certains rapports fait penser à celui de Kant. Il étudie de quelle façon on obtient notre connaissance du monde #social et du monde #politique. Le monde étant très vaste, il n’est pas possible d’être témoin direct de la plupart des événements qui s’y déroulent, et à la place on doit les découvrir par des intermédiaires, sous une forme condensée. C’est parce qu’ils sont des intermédiaires qu’on les appelle des #médias. Mais avant de diffuser des informations, ils doivent décider de ce qui mérite d’être diffusé, et de quelle façon. Dans les régimes autoritaires ce processus est soumis à une #censure qui est souvent flagrante et parfois brutale.

    • La stupidité se présente sous plusieurs formes. Je voudrais dire quelques mots d’une forme particulière que je crois être la plus inquiétante de toutes. On peut l’appeler la « stupidité institutionnelle ». C’est une sorte de stupidité entièrement rationnelle dans le cadre où elle s’exerce, mais le cadre lui-même s’étend du grotesque au virtuellement dément.

      Au lieu d’essayer de l’expliquer, il est probablement plus utile d’évoquer deux ou trois exemples pour illustrer ce que je veux dire. Il y a trente ans, au début des années 80 – les premières années de Reagan – j’ai écrit un article intitulé « la rationalité du suicide collectif ». C’était au sujet de la stratégie nucléaire, et de comment des gens parfaitement intelligents étaient en train de définir un projet de #suicide collectif d’une façon qui était raisonnable dans leur cadre d’analyse géostratégique.

      J’ignorais à l’époque à quel point la situation était mauvaise. Nous avons depuis beaucoup appris. Par exemple, un numéro récent du Bulletin of Atomic Scientists présente une étude des fausses alarmes lancées par les systèmes de détection automatique que les États-Unis et d’autres utilisaient pour détecter les attaques de missiles et d’autres menaces pouvant être perçues comme une attaque nucléaire. L’étude porte sur les années 1977 à 1983 et on estime que durant cette période il y eut un minimum d’environ 50 fausses alarmes, et au plus d’environ 255. Il s’agit d’alarmes auxquelles une intervention humaine a mis fin, prévenant le désastre à quelques minutes de l’irréparable.

      Il est plausible de supposer que rien de fondamental n’a changé depuis. Mais en réalité, la situation a empiré – ce que je n’avais pas non plus compris à l’époque de la rédaction du livre.

      En 1983, à peu près au moment où je l’écrivais, il y avait une très grande peur de la guerre. C’était dû en partie à ce que l’éminent diplomate George Kennan appelait à l’époque « les caractéristiques indubitables de la marche vers la guerre – et rien d’autre ». Elle a été initiée par des programmes que l’administration Reagan a entrepris dès l’entrée en fonctions de Reagan. Tester les défenses russes les intéressait, ils ont donc simulé des attaques aériennes et navales sur la Russie.

      C’était une période de grande tension. Des missiles Pershing américains avaient été installés en Europe occidentale, ce qui leur donnait un temps de vol jusqu’à Moscou de cinq à dix minutes. Reagan a aussi annoncé son programme de « guerre des étoiles », compris par les stratèges des deux camps comme une arme de première frappe. En 1983, l’Opération Able Archer a inclus un entraînement qui « a amené les forces de L’OTAN à une simulation grandeur nature de lancement d’armes nucléaires ». Le KGB, nous l’avons appris d’archives récemment publiées, a conclu que les forces américaines avaient été placées en état d’alerte, et auraient même commencé le compte à rebours.

      Le monde n’a pas tout à fait atteint le bord de l’abîme nucléaire ; mais en 1983, sans en être conscient, il en a été terriblement près – certainement plus près qu’à tout autre moment depuis la Crise cubaine des Missiles de 1962. Les dirigeants russes ont cru que les États-Unis préparaient une première attaque, et qu’ils auraient bien pu avoir lancé une frappe préventive. Je cite en fait une analyse récente faite à un haut niveau des services secrets américains, qui conclut que la peur bleue de la #guerre a été réelle. L’analyse indique qu’au fond d’eux-mêmes, les russes gardaient l’ineffaçable mémoire de l’Opération Barberousse, le nom de code allemand pour l’attaque de 1941 d’Hitler sur l’Union soviétique, qui a été le pire désastre militaire de l’histoire russe et a été bien près de détruire le pays. L’analyse américaine dit que c’était exactement ce que la situation évoquait pour les russes.

      C’est déjà assez grave, mais il y a encore pire. Il y a un an, nous avons appris que en plein milieu de ces événements menaçant le monde, le système de première alerte de la Russie – semblable à celui de l’Ouest, mais beaucoup plus inefficace – avait détecté l’entrée d’un missile lancé des États-Unis et avait lancé l’alerte de plus haut niveau. Le protocole pour les militaires soviétiques consistait à riposter par une frappe nucléaire. Mais l’ordre doit passer par un être humain. L’officier de service, Stanislav Petrov, décida de désobéir aux ordres et de ne pas transmettre l’avertissement à ses supérieurs. Il a reçu une réprimande officielle. Mais grâce à son manquement au devoir, nous sommes maintenant en vie pour en parler.

      Nous avons connaissance d’un nombre énorme de fausses alertes du côté des États-Unis. Les systèmes soviétiques étaient encore bien pires. Mais maintenant les systèmes nucléaires ont été modernisés.

      Le Bulletin des Scientifiques atomistes possède une célèbre Horloge de la fin du monde et ils l’ont récemment avancée de deux minutes. Ils expliquent que l’horloge « affiche maintenant trois minutes avant minuit parce que les dirigeants internationaux ne remplissent pas le plus important de leurs devoirs, assurer et préserver la santé et la vitalité de la civilisation humaine. »

      Individuellement, ces dirigeants internationaux ne sont certainement pas stupides. Cependant, dans leur fonction institutionnelle, leur stupidité a des implications mortelles. Si l’on regarde rétrospectivement depuis la première – et unique jusqu’ici – attaque atomique, cela semble un miracle que nous en ayons réchappé.

      La destruction #nucléaire est une des deux menaces majeures et très réelles de notre survie. La deuxième, bien sûr, est la catastrophe #environnementale.

      Il existe au sein de PricewaterhouseCoopers une équipe reconnue de services professionnels qui vient tout juste de publier son étude annuelle sur les priorités des PDG. Au sommet de la liste se trouve la sur-réglementation. Le rapport indique que le #changement_climatique n’apparaît pas dans les dix-neuf premières. Encore une fois, sans aucun doute, les chefs d’entreprise ne sont pas des individus stupides. On peut supposer qu’ils gèrent leurs entreprises intelligemment. Mais la #stupidité_institutionnelle est colossale, littéralement c’est une menace pour la survie des espèces.

      On peut remédier à la stupidité individuelle, mais la stupidité institutionnelle est beaucoup plus résistante au changement. A ce stade de la société humaine, elle met réellement en danger notre survie. C’est pourquoi je pense que la stupidité institutionnelle doit être une préoccupation de première importance.

      #climat #psychologie_sociale #pouvoir

    • plus les relations interindividuelles sont rigides, plus le comportement de la totalité apparaîtra, à ses éléments individuels, comme doté d’une dynamique propre, qui échappe à leur contrôle. [...]

      On fait, donc, face à une situation paradoxale. Lorsque les individus sont sous une influence mutuelle, l’avenir du système est prévisible pour les observateurs extérieurs, alors que les individus se sentent impuissants à en infléchir l’orientation. Le comportement d’ensemble ne résulte que de l’intégration des réactions individuelles, mais le tout semble s’autonomiser et son évolution se figer en destin.

      http://seenthis.net/messages/255287

  • Allez raconter que la maladie sociale la plus dangereuse, c’est la #soumission, quand le thème de la #servitude_volontaire est devenu un pont-aux-ânes si fréquenté que des esprits un peu oisifs peuvent s’amuser à en nier la pertinence ! Ringard, coco ! Et pourtant, parfois, quand vous vous rhabillez avant de lui signer son chèque, le généraliste en profite pour vous glisser, en douce, une info qui vous fera réfléchir. Moi, ce serait celle-ci. Les mécanismes de la servitude volontaire étaient surtout perceptibles, il y a une trentaine d’années, dans des institutions comme les #entreprises qui disposaient de moyens de #contrainte et de moyens de séduction parfaitement identifiables. Aujourd’hui, c’est la #société tout entière qui est touchée et ses moyens de séduction et de contrainte, désormais indissociables et confondus, sont, en outre, totalement intégrés à son fonctionnement. « Ce n’est pas nouveau », glisse le généraliste, comme pour s’excuser de la modicité de ses honoraires. Eh bien ! si, Docteur ! C’est nouveau. C’est même cela qu’ils appellent la modernité : ce qui est partout et qu’on n’a plus le droit de voir.
    [...]
    Ce matin, une fois de plus, avec la voix de celui qui découvre l’Amérique, exactement comme on l’a fait hier et exactement comme on le fera demain, un prophète explique qu’il faut parler aux Français des vrais problèmes : le #travail, le niveau de vie, la #santé, le #chômage, l’#éducation. Dans ce laïus, dans cet urinoir d’indifférence, je n’entends pas qu’il faut s’occuper du travail, du chômage, etc. J’entends qu’il ne faut pas s’occuper d’autre chose. J’entends que travail + chômage + niveau de vie + santé + éducation = #réalité = dossier bouclé. J’entends qu’il ne faut pas s’évader de cette prison de mots. Et je sais que cette équation est fausse, absolument fausse, horriblement fausse, salement fausse. Et je sais qu’au fond de soi il n’est personne qui ne le sache. Mais alors, pourquoi ne pas le crier ? ?

    http://resurgences.net/a-quoi-nous-sert-les-horizons
    #air_du_temps #psychologie_sociale #totalitarisme
    lien avec http://seenthis.net/messages/358405

  • Wikipedia and the Oligarchy of Ignorance
    http://www.uncomputing.org/?p=1622

    C’est un problème bien connu. Ça l’est au moins depuis 1970, lorsque Jo Freeman a écrit "The Tyranny of Structurelessness” ; c’est lié à ce que Alexander Galloway a récemment appelé “The Reticular Fallacy.” Ces critiques peuvent se résumer assez simplement : quand vous refusez à une organisation le pouvoir formel de distribuer équitablement le pouvoir- de reconnaître les hiérarchies inévitables dans les groupes sociaux et de traiter explicitement avec elles- vous livrez inévitablement le pouvoir aux personnes les plus disposées à être impitoyables et inflexibles dans la quête de celui-ci.

    En d’autres termes, dans le but de créer un système "plus distributif", sauf dans de très rares circonstances où tous les participants sont de bonne volonté et relativement équivalents dans leur éthique et leur politique, vous finissez par créer exactement le régime autoritaire que votre travail semblait précisément devoir éviter.

  • Militer c’est chiant | Les Questions Composent
    http://lesquestionscomposent.fr/militer-cest-chiant

    Militer peut aussi être un privilège. La mère célibataire de 3 enfants milite rarement… Militer peut être difficile, voire impossible, pour certaines personnes, qu’elles soient jeunes et dépendantes de leurs parents, vieilles et isolées… Bien sur, grâce à internet, des possibilités se sont ouvertes, qui n’existaient pas avant. Mais ça ne veut pas dire que c’est facile…

    • J’ai participé à des stands super, où il y avait un vrai dialogue, où on essayait de toucher les gens. Et d’autres beaucoup moins efficaces, où on ne faisait que choquer la population et prêcher des convaincus. Un exemple me revient à l’esprit : on avait étalé des photos gore, et une personne s’approche en disant « mais qu’est-ce que c’est que cette horreur ? ». Une militante répond sèchement : « c’est ce que vous mangez ». La passante est partie énervée, non sans avoir protesté qu’elle était végétarienne. Je ne jette pas la pierre à cette militante, qui est très jeune et a le droit à l’erreur, mais je pense que c’est assez représentatif d’à quoi servaient certaines de nos actions : se défouler, se réunir entre personnes convaincues (un peu convaincues aussi d’être mieux que les autres…) et taper sur les méchants tueurs d’animaux. Dans le même esprit, est-ce qu’insulter les gens assis à la terrasse d’un Macdo lors d’une manif pour le végétarisme peut apporter quoi que ce soit à la cause des animaux, ou est-ce qu’il s’agit simplement d’affirmer sa supériorité morale et de répondre à son besoin d’appartenir à un groupe, une communauté ? Et ça c’est quelque chose qu’on voit dans beaucoup de manifs. Je ne jette pas la pierre encore une fois, j’ai déjà du faire des choses comme ça, et à la limite ce n’est pas très important. Ce qui est important à mon sens, c’est de réaliser que ce n’est pas du militantisme

  • Conformisme militant et paresse intellectuelle
    #psychologie_sociale #militantisme

    Simone Weil http://www.slideshare.net/salim13016/simone-weil-note-sur-la-suppression-generale-des-partis-politiques

    Il était fréquent de voir dans des annonces de réunion : M. X. exposera le point de vue communiste (sur le problème qui est l’objet de la réunion). M. Y. exposera le point de vue socialiste. M. Z. exposera le point de vue radical.-
    Comment ces malheureux s’y prenaient-ils pour connaître le point de vue qu’ils devaient exposer ? Qui pouvaient-ils consulter ? Quel oracle ? Une collectivité n’a pas de langue ni de plume. Les organes d’expression sont tous individuels. La collectivité socialiste ne réside en aucun individu. La collectivité radicale non plus. La collectivité communiste réside en Staline, mais il est loin ; on ne peut pas lui téléphoner avant de parler dans une réunion.
    Non, MM. X., Y. et Z. se consultaient eux-mêmes. Mais comme ils étaient honnêtes, ils se mettaient d’abord dans un état mental spécial, un état semblable à celui où les avait mis si souvent l’atmosphère des milieux communiste, socialiste, radical.
    Si, s’étant mis dans cet état, on se laisse aller à ses réactions, on produit naturellement un langage conforme aux « points de vue » communiste, socialiste, radical.
    A condition, bien entendu, de s’interdire rigoureusement tout effort d’attention en vue de discerner la justice et la vérité. Si on accomplissait un tel effort, on risquerait — comble d’horreur — d’exprimer un « point de vue personnel ».
    Car de nos jours la tension vers la justice et la vérité est regardée comme répondant à un point de vue personnel.

    @martin5 http://seenthis.net/messages/315104#message315262

    Je crains que ce triste esprit de parti qui constitue plus ou moins la trame même du monde militant, sur internet comme dans la rue, ne se manifeste ici comme il le fait presque partout et tout le temps, lequel préfèrera toujours recourir à des formules à l’emporte-pièce (d’autant plus aisément fédératrices que ne les précède aucun argumentaire un tant soi peu rigoureux, exigeant, qui obligerait les rassemblés à préciser chacun leur propre jugement et à le soutenir), pour la seule raison qu’il ne s’agit pas tant pour chacun de produire une critique radicale que de s’empresser de choisir un camp entre deux groupes humains constitués, ou de revendiquer bruyamment son appartenance à l’un plutôt qu’à l’autre.

    @mona http://www.arteradio.com/son/15393/mona_chollet_19

    Est-ce qu’on peut avoir des convictions politiques solides si on ne s’assume pas en tant qu’être humain complet avec ses besoins et ses centres d’intérêts multiples et aussi avec sa part de banalité ? Peut-être que si la critique de l’ordre existant reste le plus souvent confinée dans une sorte de ghetto, c’est parce-que ceux qui la portent fondent leur démarche uniquement sur ce qui les distingue de la majorité des gens, et ils se croient obligés de censurer tout ce qui les en rapproche.

    • @aude_v http://seenthis.net/messages/276845#message277364

      Je vois partout un militantisme identitaire, pas au sens facho mais au sens de complaisance envers des ethos super marqués socialement et qu’il s’agit de flatter ensemble, loin des autres, contre eux souvent.

      http://seenthis.net/messages/321920#message321985

      je sens souvent qu’on milite en se trouvant une identité et en refusant de la soumettre à réflexion, comme si c’était une deuxième peau qui nous permettait d’exister dans des groupes qui fonctionnent à l’homogénéité...

    • J’ai longtemps affirmé (en privé) que notre phase actuelle de militantisme est empêtrée dans une logique de néolibéralisme et son emphase sur l’individu, de façons dont beaucoup d’entre nous ne sont pas conscients. Une grande part du militantisme Internet exalte le particulier au détriment du collectif, récompensant des épisodes individuels de catharsis et en leur attribuant une valeur d’estime considérablement plus haute que le travail de fond, plus âpre et moins théâtral, qui nourrit la communauté.

      http://coleremilitante.tumblr.com/post/121094865413/a-propos-de-la-toxicite-et-des-abus-en-milieu
      voir également
      http://coleremilitante.tumblr.com/post/121519189958/reflexions-supplementaires-sur-les-pratiques-en

    • banalité du mal sur les réseaux sociaux en milieu militant

      Le principe même de Twitter, plus que toute autre réseau social, incite à se comporter en consommateur, comme si chaque compte twitter existait pour procurer une sorte de divertissement. Ce ne sont plus des humains dont on partage ou dont on discute les idées, ce sont des personnages presque fictifs que l’on consomme et que l’on jette quand on a fini de les utiliser. Ce n’est pas gravissime en soi, mais on voit les dérives que cela génère quand les gens se mettent à 40 pour faire quitter twitter à une personne qui a dit une connerie, en l’insultant et en la harcelant jusqu’à ce qu’elle craque.
      Le problème que me pose cette attitude n’est pas qu’elle soit simplement sadique. Je crois que les personnes qui prennent réellement plaisir à faire souffrir quelqu’un sont minoritaires, si elles existent. Le problème est que les gens font ça en toute ignorance, en toute indifférence de la souffrance qu’ils provoquent chez les autres, d’autant plus que la souffrance la plus importante provient généralement de l’acharnement non pas d’une seule personne, mais d’un groupe.

      Les personnes harcelées auront beau parler de leur souffrance, elles seront moquées, tournées en ridicule, d’une façon n’ayant rien à envier au harcèlement ordinaire que l’on peut voir dans les cours d’école, dans toute sa banale cruauté.
      Parmi les personnes les plus sensibles à ces procédés, on trouve des victimes de toutes sortes d’oppressions, fragilisées par leur situation sociale (personnes rejetées en raison de leur orientation ou de leur identité de genre, mères célibataires isolées socialement, personnes précaires, personnes dépressives ou souffrant d’autres troubles mentaux). Peu importe les raisons, la fragilité de ces gens est le résultat de leur histoire personnelle, et n’est en rien risible. Les harceleurs s’amusent avec ces personnes tel le « scientifique » barbare qui ouvre un rat pour voir comment c’est fait à l’intérieur, sans prêter la moindre attention au fait qu’il s’agisse par ailleurs d’un être ressentant la souffrance.
      Finalement, le plus horrible avec les shitstorm, c’est qu’elles arrivent presque toujours le dimanche. C’est à dire que tourmenter quelqu’un jusqu’à ce que qu’il soit en larmes derrière son écran, fasse des crises d’angoisse ou passe des nuits d’insomnie, c’est finalement une manière comme une autre de passer le temps. La distance que les écrans interposés mettent entre les gens permet si facilement d’oublier qu’on a affaire à des êtres humains, et non pas des machines ou des punching-balls, qu’on en arrive là, sans complexes.

      #narcissisme #barbarie #déshumanisation
      http://lesquestionscomposent.fr/social-justice-warriors-notre-violence-nest-pas-virtuelle/#more-2384

    • Ok. De fait, les situations sont très différentes : Elfe parle essentiellement (pour la partie auto-censurée je ne sais pas) de situations de harcèlement contre des personnes dominé⋅e⋅s, et pour avoir lu quelques clashs twitter, il me semble que c’est d’une nature très distincte de ce qui s’est passé hier (et qui fait que décidément, je me passe fort bien de twitter). Mais ça m’interroge quand même sur comment on peut manifester une solidarité évidente et nécessaire, rendre visible des situations d’oppression et de domination banales et dégueulasses, soutenir l’expression de toute la rage contenue depuis trop longtemps, mais en évitant l’effet de meute.

      Est-ce le web qui est en cause, comme Elfe le suggère en insistant sur l’aspect « réseaux sociaux » ? Sans doute en partie. C’est public, mais d’une autre façon que dans une situation physique. Est-ce que ça amplifie l’aspect « foule » auprès de qui on ne peut pas se faire entendre ? Une foule furieuse dans une situation physique n’a pas davantage d’oreilles. Et un bannissement physique n’est pas plus tendre qu’un bannissement en ligne. La foule physique ne prête pas plus attention, sur le moment où il faut régler un conflit, aux identités multiples qui nous constituent que la foule en ligne. Mais la présence des regards silencieux, l’au-delà anonyme du cercle agissant, jouent sans doute un rôle. Et surtout, il y a la question de la temporalité et de la dynamique de l’affrontement : lors d’une situation physique, dans un creux du conflit, on pourra peut-être ré-amorcer une discussion. Sur le web, ça file en droite ligne - il faut attendre la déconnexion des un⋅e⋅s et des autres pour que ça souffle, mais elle ne se fait pas forcément au même moment. On perçoit moins les hésitations, les nuances, les ouvertures possibles - la mesure humaine en quelque sorte.

      Alors comment faire ? Il me semble difficile de décider a priori, en guise de solution, de porter les conflits du web sur un terrain physique. D’abord parce que le web est un lieu de conflit en tant que tel. Ou il est partie constitutive du conflit. Ensuite parce qu’il faut réagir là où ça apparaît. La question c’est donc : comment retrouve-t-on cette mesure humaine en ligne ? Et comment agit-on collectivement en ligne ?

      Désolée, c’est un peu brouillon, mais je tente de formuler ce qui me travaille depuis ce matin, ce qui m’a déjà travaillé dans d’autres occasions.

    • Ce que j’ai relevé pour ma part c’est qu’un élément récurrent de ces shitstorms, de ces mises au pilori publiques sur twitter, est qu’il y a de la part de la foule une espèce d’indifférence vis à vis de l’humanité de la personne montrée du doigt. Ce qui prime sur le moment c’est, en surface, le fait qu’elle ait dit ou fait un truc qui n’est pas conforme à tel ou tel credo militant. Cela rejoint ce conformisme militant narcissique où comme le disait @martin5 il ne s’agit pas tant pour chacun de produire une critique radicale que de revendiquer bruyamment son appartenance à tel ou tel camp considéré comme le bon.
      L’Elfe elle-même avait subi un événement de cette sorte, dans lequel avec une mauvaise foi effarante un paquet de gens l’avaient trainée dans la merde en prétendant qu’elle tenait des propos opressants vis à vis des personnes non « neurotypiques » (par exemples les personnes Asperger), ce qui est assez gros sachant par ailleurs le contenu et le ton de son blog, mais c’était l’occasion pour tous ces gens de lacher leur haine dans un mouvement de foule où ils se sentaient légitimés (banalité du mal). Bien évidemment des propos horribles et sans équivoque sont proférés tout le temps contre les personnes atteintes de troubles autistiques, mais ça ne suscite que peu d’émois ; là c’était une personne militante qui parlait et c’était l’occasion pour beaucoup de se faire mousser en la descendant en flammes http://lesquestionscomposent.tumblr.com/post/101266591177/les-raisons-de-mon-depart-de-twitter
      Plus récemment, toujours sur twitter, l’affaire de la liste CSP http://oi.crowdagger.fr/post/2015/07/17/%C3%80-propos-d-une-histoire-de-liste. Ledit CSP (une sorte d’Alain Soral, l’antisémitisme en moins) aurait apparamment tenu une liste de militants antiracistes, LGBT, féministes etc contenant noms et traits physiques des militants en question. Ladite liste a fuitié, et voulant la dénoncer après en avoir pris connaissance un blog « antifa » n’a rien trouvé de mieux que de la publier telle quelle, mettant immédiatement en danger les personnes listées (la liste a été récupérée très rapidement par un site d’extrême droite). Là aussi, le souci de l’autre est passé bien après le fait de faire mousser son ego militant.
      Autre exemple : des activistes véganes qui vont donner plus d’importance au fait de traiter d’assassins des consommateurs omnivores ou des éleveurs (parce-que ce faisant ils flattent leur égo militant) plutôt qu’à débattre avec eux. exalter le particulier au détriment du collectif, récompensant des épisodes individuels de catharsis et en leur attribuant une valeur d’estime considérablement plus haute que le travail de fond, plus âpre et moins théâtral, qui nourrit la communauté. comme dans le lien noté plus haut.

      C’est cette imprégnation profonde du narcissisme qui est inquiétante. Dans les milieux militants elle donne lieu à ce genre de rapports violents où l’humanité de l’autre passe après le fait qu’elle/il soit classée dans le « bon » camp ; où le désaccord politique en vient à être un argument pour retirer à autrui une part de son humanité. Ce n’est évidemment pas comme ça qu’on peut lutter contre le néolibéralisme et le fascisme et contre les oppressions dont ils se nourrissent et qu’ils entretiennent.

    • Je pense que cette question d’outings d’agressions sexistes mérite un post à part. Un ou plus sûrement plusieurs, vu tous les prolongements que cette question a. Pour la clarté des fils de commentaire et pour donner à chaque sujet l’importance qui lui correspond, sans les « diluer ».
      Je reprécise par ailleurs que ni mon commentaire d’hier sur le présent seen ni le seen initial ne sont en lien avec ce sujet-là.

    • http://oi.crowdagger.fr/post/2015/07/19/Violence-des-%C3%A9changes-en-milieu-militant

      Une autre divergence politique profonde que j’ai avec l’auteur de cet article, c’est sa vision libérale du militantisme :

      J’ai le sentiment d’en avoir retiré tout ce qu’il y avait à en retirer, qu’y rester plus longtemps sera maintenant contre-productif pour mon évolution personnelle et ma production écrite.

      On voit là le symptôme d’une approche finalement limite « carrièriste » du militantisme. Il ne s’agit pas de lutter pour changer le monde, mais d’en retirer tout ce qu’on a à y retirer, de supprimer toute notion de lutte pour parler d’« évolution personnelle ».

      Ce n’est malheureusement pas le seul texte à avoir cette approche, et c’est pour ça qu’à plusieurs reprises j’ai placé le mot « militant » entre guillemets, puisque selon les personnes qui l’emploient, il ne s’agit pas forcément de s’organiser pour lutter, mais d’une forme alternative de développement personnel.

    • on n’est pas si attentif/ve que ça aux questions d’agression en milieu féministe que pour flatter son ethos

      C’est certain. C’est aussi pour ça que je pense que c’est clairement un sujet distinct. Faire mousser son ego militant en descendant en flammes les positions d’un autre groupe (ou en préférant lustrer sa posture dans son microcosme plutôt que de s’adresser aux non-militants), bref l’emprise du néolibéralisme et du narcissisme sur la vie militante, c’est un sujet vraiment différent de la protection face aux agressions et leur dénonciation. En ce sens je trouve gênant d’appliquer un même terme ("shitstorm") à des événements pouvant avoir lieu dans les deux contextes, qui d’après moi n’ont pas grand chose à voir ni dans leur ethos ni dans les motivations des intervenants.

    • @aude_v je veux bien que tu ouvre une discussion sur ce sujet car il est different de celui que j’ai ouvert sur le outing d’agression et different aussi du sujet de @koldobika

      et tout de meme je précise que lors de la soirée seenthis quelqu’un est venu m’aidé et qu’en fait c’était safe pour ca. Après sur le coup je ne savais pas encor tout ce que ca allait provoqué par la suite dans ma tête de traumatisée. Et ca personne ne pouvait savoir vu que je le savait pas moi même.

    • http://sujette-sensible.blogspot.fr/2015/07/quart-dheure-beyonce-et-france-gall.html

      Nous, les issuEs de la prétendue culturelle misère prolétaire, qui avons connu les étoiles filantes de la pensée radicale parce que notre génération compte pas mal d’étudiants aussi, on ne propose rien, culturellement parlant, on essaie juste de pas faire d’impairs. De capter ce qui est subversif ou pas, et de pas l’ouvrir trop vite pour se taper les sourires condescendants ou juste un peu gênés des camarades fils de profs de fac ou de cadres. On se casse la tête à savoir ce qui distingue la remarque brillante sur Debord, de la citation trop ressassée qui nous classerait dans le minable « néo-situ ». On croyait qu’aimer Noir Désir et les avoir vus à l’Elysée Montmartre, c’était le top de l’underground... non, mais franchement, déjà quand ça joue à l’Elysée Montmartre, c’est dead. 

      On s’abreuve d’infos pour imiter encore et toujours. Quels peintres, quelles musiques, quelles sapes, est-ce qu’il faut être pour le revenu ou pour la gratuité, aimer les graffitis, ou pas parce que ce serait démago. Ecouter Satie ou faire mine de rejeter la #culture bourgeoise ? Avouer qu’on adore Monet, ou parler de la momification de la subversion qu’incarne le musée capitaliste ? Les jupes, c’est sexiste ou c’est la preuve qu’on kiffe notre corps et qu’on fucke le regard des mâles ? D’ailleurs faut se déclarer féministe OU anti-sexiste ?

      Alors, on ne risquait pas de proposer France Gall pour la manif, bien qu’on soit super heureuses, que quelqu’un ait dit ce qu’on ressent au fond de nous, nous qui sommes devenues un peu cocos ou un peu anars en prenant très au sérieux , gamins, les envole moi de Jean Jacques Goldman et les provocs de Madonna. 

      Ceux qui proposent, dans notre vague bouillonnante de radicaux, comme dans d’autres sphères intellectuelles et politiques, ce sont ceux qui sont issus des classes supérieures, culturellement parlant. Et souvent des mecs, mais pas toujours. Et très souvent, pas des issus de l’immigration, sauf UN ou UNE, mais pas plus.

      Ils proposent parce que chez eux, c’est « naturel » de donner son avis, de l’imposer. Naturel de penser que son avis est le bon, que sa réflexion est solidement étayée, et son goût bien assuré. Naturel de penser qu’on est apte à créer et innover. Naturel de penser que leurs actes et leurs préférences culturelles ou politiques ont évidemment le sens qu’ils veulent leur donner. Que l’interprétation qu’en feront les contradicteurs éventuels est erronée et montre leur inintelligence ou leur ringardise. 

      Ca s’appelle le #capital_culturel des #classes_supérieures , et ce n’est pas seulement une question de quantité des connaissances, mais de qualité. Eux savent trier, et se sentent « naturellement » aptes à décréter comment on trie, le subversif du snob, l’affecté du sincère, le vulgaire du provocant, le conformiste du génialement populaire. Le génie de la boite de conserves d’Andy et le pathétique du cube exposé à côté, ils savent.

      #petite_bourgeoisie

    • Pendant la plus grande partie de l’histoire occidentale, la tradition dominante en matière de gentillesse a été le christianisme, qui sacralise les instincts généreux de l’homme et en fait le fondement d’une foi universaliste. La charité chrétienne a servi pendant des siècles de ciment unissant les individus en une société. A partir du XVIe siècle, le commandement chrétien "Tu aimeras ton prochain comme toi-même” commence à subir la concurrence de l’individualisme. Le Léviathan de Thomas Hobbes (1651), le texte fondateur du nouvel individualisme, considérait la bonté chrétienne comme une absurdité psychologique. Les hommes étaient, selon Hobbes, des animaux égoïstes qui ne se souciaient que de leur propre bien-être, et l’existence humaine "une guerre de tous contre tous". Ses vues mettront du temps à s’imposer, mais à la fin du XVIIIe elles sont devenues l’orthodoxie – en dépit des tous les efforts de Hume et d’autres. Deux siècles plus tard, il semble que nous soyons tous hobbesiens, convaincus d’être mus par l’intérêt personnel. La gentillesse inspire de la méfiance, et ses démonstrations publiques sont jugées moralistes et sentimentales.
      Ses icônes populaires – la princesse Diana, Nelson Mandela, Mère Teresa – sont soit vénérées comme des saints, soit accusées d’être des hypocrites intéressés. Donner la priorité aux besoins d’autrui est peut-être louable, pensons-nous, mais certainement pas normal.

      Aujourd’hui, il n’y a qu’entre parents et enfants que la gentillesse est attendue, bien vue et de fait obligatoire. La gentillesse – c’est-à-dire la disposition à assumer la vulnérabilité des autres, et donc de soi-même – est devenue un signe de faiblesse (sauf naturellement chez les saints, chez qui elle témoigne de leur nature exceptionnelle). On n’en est pas encore à dire que les parents doivent cesser d’être gentils avec leurs enfants. Mais nous avons développé dans nos sociétés une phobie de la gentillesse, évitant les actes de bonté et trouvant toutes sortes de bonnes raisons pour justifier cette aversion. Toute compassion est de l’apitoiement sur soi, relevait l’écrivain D.H. Lawrence, et cette formule reflète bien ce qu’inspire aujourd’hui la gentillesse, qui est prise soit pour une forme noble d’égoïsme, soit pour la forme de faiblesse la plus vile (les gentils sont gentils uniquement parce qu’ils n’ont pas le cran d’être autre chose).

      La plupart des adultes pensent secrètement que la gentillesse est une vertu de perdants.

      #réciprocité #histoire #psychologie_sociale
      #néolibéralisme #cynisme #individualisme #narcissisme #barbarie #psychopathe #vie_intérieure
      lien avec http://seenthis.net/messages/166218

  • Une étude mathématique nous explique pourquoi les hipsters se ressemblent tous | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/94279/pourquoi-hipsters-se-ressemblent-maths

    C’est tout le paradoxe du terme qu’explique le mathématicien et neuroscientifique Jonathan Touboul, du Collège de France, dans sa dernière étude : utilisant les statistiques, il montre que ce désir permanent de se démarquer pousse finalement les hipsters à être tous les mêmes.

    ...

    Cette formule exprime le fait que dans un groupe de n individus, la tendance observée par l’individu numéro i à l’instant t dépend du poids de l’influence de chacun des autres membres du groupe sur lui (ce sont les Jij), mais également du type de hipsters présents (ils peuvent être plus ou moins modérés, ce qu’expriment les vecteurs sj) et du temps mis par le hipster i avant de réaliser que chacun des hipsters qui l’entoure est en train de commencer à lui ressembler sur tel ou tel point.

    Jonathan Touboul, un candidat pour le prix Ig Nobel ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Ig_Nobel

    #science #société #Jonathan_Touboul #hipsters

  • 8 Parisiennes sur 10 pensent que personne ne les aiderait en cas d’agression dans le métro - Libération
    http://next.liberation.fr/sexe/2014/10/29/8-parisiennes-sur-10-pensent-que-personne-ne-les-aiderait-en-cas-d-a

    Un sondage international tente de mesurer le sentiment d’insécurité des femmes dans les transports publics de 16 métropoles.

    A quel point se sentent à l’aise les femmes dans les #transports_publics ? Un sondage réalisé par l’institut YouGov auprès de 6 300 personnes et publié par la Thomson Reuters Fondation compare de manière intéressante le sentiment d’insécurité des femmes dans les transports des plus grandes villes du monde.

    C’est ainsi à Bogota, Mexico et Lima qu’elles ont le plus peur. A l’inverse, elles se sentent plutôt en sécurité à New York, Tokyo et Pékin. La capitale parisienne se retrouve sixième meilleure ville. Une position en milieu de tableau à cause surtout d’une réponse à une question : « à quel point pensez-vous que des gens viendront vous aider si vous êtes agressées dans les transports publics » ? 85% déclarent qu’elles ont peu confiance et qu’elles risquent d’être livrées à elles-mêmes, au contraire, par exemple, des New-Yorkaises, si elles sont en danger.

    Des cas médiatiques, peuvent, sans doute, expliquer ces appréhensions, comme le meurtre d’Anne-Lorraine, en 2007, dans le RER D. En avril dernier, le procureur de Lille a ouvert une enquête pour tenter de retrouver les témoins d’une agression sexuelle dans le métro de la ville nordiste. L’agresseur « m’a touchée et personne ne m’a aidée. Je me suis défendue toute seule », a expliqué ensuite la jeune femme, choquée. La non-assistance à personne en danger est passible de cinq ans de prisons et de 75 000 euros d’amende.

    Le court-métrage ci-dessous, Je suis à l’heure, présenté au Nikon Film Festival met en scène de manière brillante cette #passivité parfois affolante des autres passagers.

    http://www.dailymotion.com/video/x28sghz_nikon-film-festival-je-suis-a-l-heure-le-film-contre-l-insecuri


    voir aussi la campagne #TackBackTheMetro
    http://seenthis.net/messages/307490
    #harcèlement_de_rue #agressions_sexuelles

    • Le court-métrage ci-dessous, Je suis à l’heure, présenté au Nikon Film Festival met en scène de manière brillante cette #passivité parfois affolante des autres passagers.

      Elle me saoul cette pub Nikon je ne comprend vraiment pas ce qu’apporte ce film pour les victimes d’agressions.

      – Il apporte du clic a des blogs à pub comme Next ou des blogs à trolls comme BigBrowser.
      – Il permet de répéter le cliché du méchant jeune de banlieue violeur de femmes car même si on ne voie pas l’agresseur ni l’agressée on entend les « zyva » typique d’un djeundebanlieu. Un peu de racisme et de classisme ca ne se refuse pas dans le contexte nauséabond actuel et le jeundebanlieu ne doit pas être la cible commerciale de Nikon.
      – Il parle aux hommes blancs probable cible commerciale de Nikon.
      – Il permet aux hommes blanc non banlieusards et probables acheteurs de Nikon de se projeter en chevalier servant sauveur du sexe faible en detresse. « moi à sa place j’aurais... » sont l’essentiel des commentaires masculins que j’ai lu autour de cette pub.
      – Il apprend aux femmes que le RER en milieu de journée c’est pas la peine sans un chaperon masculin avec soi. Les femmes ne sont clairement pas la cible de Nikon.
      – Il rappel aux victimes d’agression le bon souvenir de ce qu’elles ont vécu pour vendre des trucs Nikon. Voire le « syndrome de reviviscence » symptôme typique des troubles post-traumatiques des violences sexuelles.
      – Il ne dit pas qui sauvera les femmes de leur sauveurs. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/17/01016-20121017ARTFIG00618-viols-sur-mineure-l-enquete-visant-des-pompiers-e
      – Il enfonce des stéréotypes sur le viol et les agressions sexuels. Dans un lieu publique par un inconnu à tendance banlieusarde alors que la plus part des viols et agressions sexuelles se passent au domicile de la victime ou de l’agresseur et par une personne connu de la victime, un ami, un conjoint, un parent, un collègue. Mais un film qui montrerait le cadre blanc client de Nikon en agresseur je suis pas certaine que ca aurait buzzer autant.
      – Il déplace le problème là ou il n’est pas, le problème c’est les agressions sexuelles pas le manque de chevaliers servants. Le problème c’est la déshumanisation et la robotisation des transports en commun pas la lâcheté des cadres en imperméable.
      – Il détourne la question des agressions sexuelles à des fins commerciales. C’est pas présenté d’abord comme le film de Isabelle Quintard et Fabien Motte mais c’est toujours d’abord le film « dans le cadre du Nikon Film Festival ».
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Marketing_viral

      #bad_market

  • L’accès à la propriété rend bête et réactionnaire

    En leur vendant les maisons et appartements qu’ils habitaient Thatcher réussit à changer les préoccupations de la classe ouvrière. La solidarité fit place au soucis financiers imposés par le remboursement de prêts immmobiliers. Ce fut le début d’un processus de virement politique vers la droite.

    Im Bann der Eigentümer-Gesellschaft | Telepolis
    http://www.heise.de/tp/artikel/42/42079/1.html

    Der britische Guardian sah in diesem Privatisierungsprogramm gar die wichtigste Erbschaft der Thatcher-Ära:

    Für Millionen aus der bessergestellten Arbeiterklasse… bestand die wichtigste Folge des Thatcherismus in der Erlangung von Wohneigentum. Thatchers Traum von einer Nation von Wohneigentümern war derjenige, den sie an weitesten realisieren konnte.

    Neben dem siegreichen Falklandkrieg von 1982, in dessen Gefolge Thatcher auf einer Woge nationalistischer Begeisterung ihren zweiten Wahlsieg bei den Wahlen 1983 erringen konnte, war es gerade diese massive Privatisierungskampage im sozialen- und kommunalen Wohnungssektor, die erst die 18 Jahre währende Regierungszeit der Tories in Großbritannien ermöglichte - und die erst durch die neoliberale gewendete „New Labour“ Partei Tony Blairs beenden werden sollte.

    Laut dem Guardian bildete diese „kontroverse“ Wohnungspolitik den „Schlüsselfaktor“ bei den drei Wahlsiegen der Konservativen in den 1980ern und 1990ern. Die „bessergestellten“ Lohnabhängigen, die vermittels des „Right to Buy“-Programms erstmals zu Eigentümern wurden, bildeten konservative politische Anschauungen aus, die von der Sorge um die Abzahlung ihrer Hypotheken und den Wert ihrer Immobilien angefacht wurden. Der „immobile“ Besitz, der dieser ehemaligen Stammwählerschaft Labours zukam, kettete sie an das Bestehende. Er reduzierte somit auch die Bereitschaft zu geistiger Mobilität in gesellschaftspolitischen Fragen.

    Margaret Thatcher Took My Milk
    http://thedailybanter.com/2013/04/margaret-thatcher-took-my-milk
    #immobilier #conservatisme

    • Il n’y a peut être pas que l’avarice induite par la contrainte financière qui a joué : le « statut » de propriétaire est aussi un capital symbolique dont chacun a à coeur de défendre la valeur. Si j’ai payé ma maison, je ne peux pas être assimilé à quelqu’un qui est logé en HLM, sinon mon investissement n’a servi à rien.
      J’ai observé aussi cette sorte de « syndrome » de l’engagement durant mon service militaire. Au départ mes copains de chambre rejetaient tous le fonctionnement débile de l’armée, puis au bout de quelques semaines, après en avoir bavé dans les fossés en Ariège, ils étaient fiers de leur médaille, et tenaient les discours les plus réacs envers les « petits » nouveaux des contingents suivants. Comme si avoir été intégrés dans l’institution, après quelques sacrifices imposés, les avait fait basculer du côté des gradés, alors qu’ils n’étaient que des sans-grades améliorés. Il était important pour eux que les nouveaux, les suivants, en bavent autant que eux en avaient bavé pour gagner cette médaille, pour ne pas « dévaloriser » leur statut, pour entretenir la valeur de leur médaille..

      Bref je crois que les travaux de #psychologie_sociale nous révéleront pas mal de choses encore sur la puissance du capitalisme...

  • Construire la théorie du #financement_participatif - Institut des cultures en réseau
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/89248952652

    On ne saluera jamais assez l’apport critique de l’Institut des cultures en réseau (@INCAmsterdam) fondé par Geert Lovink, qui, à Amsterdam, depuis 2004, met en tension l’impact social du numérique sur nos vies (voir notamment la diversité des sujets sur lesquels l’institut à produit des publications, toutes accessibles en ligne). 

    Depuis le début de l’année, via un séminaire de recherche, l’Institut s’est intéressé, en partenariat avec le Crowdfunding Hub d’Amsterdam, au financement participatif, comme nous l’explique un récent billet de synthèse. Pour Irma Borst de l’université Vrije, le financement participatif est devenu populaire avec la crise de 2008, à un moment où les fonds privés comme publics se sont taris, à un moment aussi où la confiance dans les banques a diminué alors même que les gens aspiraient (...)

    #crodwfunding #monnaie

    • Pour Rene Bekkers spécialiste de la philanthropie, il y a 7 raisons qui expliquent pourquoi les gens donnent : le besoin, la sollicitation qu’ils reçoivent, le fait qu’ils perçoivent le coût comme raisonnable par rapport au bénéfice qu’il apporte, le fait qu’ils soient récompensés (même psychologiquement), l’adéquation à leurs valeurs et le fait qu’ils puissent voir l’impact de leur don.

      Ces raisons se retrouvent dans la manière même dont les campagnes de financement sont construites. Mais surtout, les plateformes favorisent l’influence sociale : “les gens donnent à une campagne de financement quand ils voient que leur réseau proche fait de même et ils apprécient de dire qu’ils supportent un projet.”

      #psychologie_sociale

  • Le crime contre l’humanité en cours | Enbata
    http://www.enbata.info/articles/le-crime-contre-lhumanite-en-cours

    Après l’action spectaculaire de Bizi contre la direction régionale de la Société Générale à Bayonne http://seenthis.net/messages/254187 http://seenthis.net/messages/262882 http://seenthis.net/messages/264361 http://seenthis.net/messages/254174 , Txetx Etcheverry qualifie le #changement_climatique —en cours d’accélération— de #crime_contre_l’humanité qui aura des conséquences dramatiques à très large échelle pour l’humanité et qui va bouleverser les conditions de vie civilisées sur terre. Il s’interroge sur l’attitude qu’aura la génération actuelle, la dernière à pouvoir réellement peser sur le cours des choses à ce niveau.

    “Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt, sur les ruines d’un champ de bataille, aurais-je été meilleur ou pire que ces gens, si j’avais été allemand ?” chante en refrain Jean-Jacques Goldman. La question se pose souvent, qu’aurions-nous fait à la place d’un citoyen allemand sous le nazisme. Aurions-nous laissé persécuter les juifs sans rien faire, nous serions-nous révoltés ou au contraire aurions-nous participé à leur persécution ?

    La réponse à posteriori est toujours facile et fait l’impasse sur tout un tas de facteurs qui pourtant conditionnent le comportement des masses à travers l’histoire. La connaissance de ce qui est en train de se dérouler, la conscience “du bien ou du mal”, de l’intérêt collectif ont hélas souvent peu de poids face à beaucoup d’autres facteurs : le fait de se sentir impuissants à changer l’ordre des choses, le refus de croire ou d’entendre ce qui ne nous arrange pas, les risques encourus, la peur de perdre un certain nombre d’acquis ou d’avantages, l’adhésion aux convictions majoritaires surtout si elles sont légitimées par l’Etat ou le système, (la majorité a toujours raison, la minorité a du mal à être crédible) etc. etc.

    Ceux qu’on considère comme des salauds après coup n’étaient souvent que des citoyens ordinaires embarqués dans la routine majoritaire d’un système, d’un moment historique, et fonctionnant exactement de la même manière que le commun des citoyens actuels. Sinon comment comprendre notre train train routinier collectif alors que se perpètre chez nous, ici et
    maintenant, un des crimes contre l’humanité les plus décisifs de l’histoire.

    Tout cela se passe ici et maintenant,
    au cours de cette période de 15 ans
    dans laquelle nous pouvons agir
    et empêcher le pire, ou ne rien faire
    et laisser faire le pire.
    Que choisirons-nous ?

    Vers les pires des scénarios du #GIEC

    Nous sommes aujourd’hui en train de foncer vers un basculement climatique incontrôlable et irréversible, qui va avoir des conséquences dramatiques à très large échelle pour l’humanité et bouleverser les conditions de vie civilisées sur terre. On peut qualifier cela de crime contre l’humanité, au vu des conséquences humaines que cela aura et du fait qu’il s’agit d’une situation provoquée en toute connaissance de cause par la génération actuelle, qui a les moyens de faire autrement.

    Tous les gouvernements de la planète s’étaient engagés en 2009 à limiter à l’horizon 2100 le réchauffement en cours au dessous du fameux seuil des +2°C, qui est porteur d’impacts majeurs et extrèmement coûteux (en vies humaines et en argent). A peine 5 ans plus tard, l’inaction mondiale en matière de réduction de #gaz_à_effet_de_serre a rendu caduque cet objectif et on parle aujourd’hui de dépasser les 2°C dès 2035 !

    Pire, avec le niveau actuel d’émissions, on s’inscrit dans les scénarios du GIEC les plus pessimistes, certains scientifiques voyant possible le dépassement des 6°C d’ici la fin du siècle ce qui signifie clairement la plongée de l’humanité dans un chaos indescriptible (5°C représente l’écart de température entre la dernière période glaciaire et le climat actuel qui a rendu possible l’agriculture et la sédentarisation de l’humanité, ça s’est passé en 10.000 ans et pas en 100 ans, dans une planète peuplée de quelques millions d’habitants à peine et pas de 7 ou 9 milliards de personnes).

    La génération qui pouvait agir

    Tout cela est en train de se dérouler sous nos yeux, nous sommes LA génération qui peut enrayer le cours des choses et nous n’avons qu’une quinzaine d’années pour le faire. Mais nous ne le faisons pas. Pour plein de raisons très simples qui ne font pas de nous des salauds : le sentiment d’impuissance, les risques encourus, les habitudes dures à changer, le fait de se dire que si les gouvernements ne s’affolent pas plus que ça sur la situation, c’est que ça ne doit pas être aussi grave que cela, malgré ce que nous martèle la communauté des scientifiques qui tire la sonnette d’alarme depuis plus de dix ans etc. Ces raisons ne font pas de nous des salauds donc, mais comment nous jugeront les gens qui vivront dans les années 2040, 2050, bref les enfants nés aujourd’hui ? Que penseront-ils de notre inaction actuelle, voire de ce qu’ils considéreront peut-être comme de la complicité ou de la responsabilité directe ?

    Stopper Alpha Coal


    Les militants de Bizi ! ont déversé, à visage découvert, 1,8 tonnes de charbon devant la direction régionale de la Société Générale à Bayonne pour exiger l’arrêt immédiat de son soutien actif (études de faisabilité et recherches de financement) au projet #Alpha_Coal en Australie qui est le détonateur d’une des 14 #bombes_climatiques recensées par Greenpeace sur la planète. Il s’agit de 14 nouveaux gigantesques projets d’extraction de charbon, de gaz naturel et de pétrole qui, s’ils venaient à être exploités d’ici à 2020, nous inscriraient dans une trajectoire pouvant atteindre les +5 ou +6°C. Ces choses-là sont concrètes, chiffrées et bien localisées. Elles ne tombent pas du ciel mais sont le fait de décisions humaines bien précises sur lesquelles nous pouvons -ou non- décider de peser, de nous opposer et de les arrêter. En l’occurrence et sur cet exemple précis, le retrait de la Société Générale porterait un coup dur à ce projet désastreux. La Société Générale est une banque omniprésente sur notre territoire, alimentée par notre épargne et potentiellement sensible à notre action.

    Tout cela se passe ici et maintenant, au cours de cette période de 15 ans dans laquelle nous pouvons agir et empêcher le pire, ou ne rien faire et laisser le pire se réaliser. Que choisirons-nous ?

    à propos de conditionnement du comportement des masses, lien avec la conjecture de Von Foerster http://seenthis.net/messages/255287
    #psychologie_sociale

    • Bien sûr que nous sommes impuissants, vu que nous (+/- 99% ?), n’avons pas le pouvoir de #décision (de délibérer), n’étant pas en #démocratie, mais en #aristrocratie.

      Et les soit-disantes #gouvernances, nos #gouvernements, nos #élus et #représentants qui font les lois, ne remettront jamais en question leur régime parlementaire et #anti-démocratique qui leurs garantit des privilèges à vie (comme une retraite à vie par exemple).

      – Comment vouloir être entendu, alors que nous n’avons pas accès à la parole et aux décisions politiques, et que les élites méprisent la démocratie (celle des plus nombreux ...) ?

      – Quels outils pour changer les structures (institutions, etc) ?

      La génération qui pouvait agir

      Tout cela est en train de se dérouler sous nos yeux, nous sommes LA génération qui peut enrayer le cours des choses (...) Mais nous ne le faisons pas. Pour plein de raisons très simples qui ne font pas de nous des salauds : le sentiment d’impuissance (...) le fait de se dire que si les gouvernements ne s’affolent pas plus que ça sur la situation, c’est que ça ne doit pas être aussi grave que cela, malgré ce que nous martèle la communauté des scientifiques qui tire la sonnette d’alarme depuis plus de dix ans etc.
      (...)
      Que penseront-ils de notre inaction actuelle, voire de ce qu’ils considéreront peut-être comme de la complicité ou de la responsabilité directe ?

    • Petite citatation d’André Gorz que je trouve pas mal :

      « Évoquer l’écologie, c’est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps , quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change. C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Il vaut mieux tenter de définir, dès le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. » André Gorz

      Il me semble qu’une question fondamentale est celle du pouvoir - la question de l’impuissance politique des peuples - et donc de la #démocratie.

  • Angoulême : les passants jettent des oeufs sur l’artiste, un massacre sociétal [Vidéo] - charentelibre.fr
    http://www.charentelibre.fr/2014/05/17/l-agressivite-hors-de-sa-coquille,1895860.php

    Il s’en est pris plein la tête mais n’a pas bronché. Pendant une demi-heure mercredi, Jérémie Pujau s’est glissé dans la peau d’un condamné, d’un bouc émissaire, d’une minorité en danger.

    L’artiste angoumoisin s’est posté en cible vivante, droit comme un i, place Saint-Martial à Angoulême. Devant une caméra cachée et derrière des tréteaux sur lesquels il avait déposé 130 oeufs en libre-service.

    Il ne parlait pas, ne bougeait pas, ne sourcillait pas. Rien. Comme un ovni qui assume sa différence. Son but : « Voir la réaction des gens, dans une approche sociétale. » Elle n’a guère tardé. Après seulement cinq minutes d’indifférence générale, des jeunes filles curieuses se sont approchées. Ont tout de suite pensé à lui « envoyer un oeuf dans la gueule », dit l’une d’elles sur la vidéo projetée avant-hier soir à la Maison des peuples et de la paix (MPP) d’Angoulême. Elles se sont retenues un temps et ont voulu engager la conversation, vainement. Car Jérémie Pujau restait dans son monde, absolument imperturbable. Alors elles ont commencé à toucher les oeufs, à considérer l’artiste comme l’idiot du village, l’homme à abattre bientôt.

    #tristesse #passivité #bouc-émissaire #effet-troupeau

    • Une « réaction ordinaire » déplore le jeune homme. « Elle est toujours à peu près la même, dans toutes les villes où je fais ça », raconte celui qui entame une tournée qui devait le mener hier à Bordeaux avant de le conduire à Toulouse, Marseille, Lyon puis Lille. Inévitablement et plutôt tôt que tard, l’envie de tirer, la pulsion de rejeter violemment se fait sentir. « Heureusement que ce ne sont que des oeufs, imaginez si c’étaient des pierres ou autre chose », interpelle Jérémie Pujau.[...]

      Les performances ne démontrent pas autre chose que « la facilité avec laquelle on perd notre libre arbitre devant la pression du groupe », s’inquiète le jeune homme en rapprochant cette « humiliation presque volontaire » de ce qui s’est joué pendant « la guerre d’Algérie ou encore la seconde guerre mondiale ».

      Ce sont surtout les 15-30 ans qui attaquent les premiers, mais avec l’assentiment des adultes, leur complicité sourde et aveugle. Parce que ce public est le plus influençable, le « plus facilement endoctriné par tous les régimes totalitaires. »

      Mais de temps en temps se dresse un « héros », une voix qui va s’opposer, un geste qui vient protéger. « À Paris, un homme a tendu un carton devant mon visage pour limiter les dégâts », se souvient l’artiste. « Dans les faits, rares sont ceux qui osent sortir du groupe. Parce qu’un groupe qui perd un membre est moins fort et se sent plus en danger. Celui qui en part devient une menace, une autre personne à abattre. »

      Endosser le rôle de la cible est « psychologiquement très éprouvant », témoigne Jérémie Pujau. « À chaque fois, c’est un choc immense, même après douze performances de ce type dans différentes villes d’Europe. » Il faut alors un peu de temps pour reprendre ses esprits et passer à la phase finale du travail : interroger sur leurs motivations et leur ressenti ceux qui ont interagi. Les réponses sont souvent confuses, souvent teintées de culpabilité. Mais il est déjà trop tard : l’humanité est à terre.

    • Oui, sacrée « performance » dont les conclusions semblent posées d’avance : on va pouvoir montrer que le peuple est stupide et brutal. Qu’on le titille à peine, et la barbarie resurgit illico. L’artiste, lui, est un héros, noble, pur, imperturbable. Christique, quoi. Et en plus il empêche le peuple d’aller trop loin dans sa violence, quelle grandeur : "imaginez si c’étaient des pierres" ! Et puis à la fin y a de beaux articles dans la presse qui glorifient l’artiste, qui le citent quand il se compare à ceux qui ont pris la gégène, et qui font comprendre au peuple comme il est con et laid. Peut-être au contraire que le peuple ne se laisse pas baratiner ?

    • pourquoi tu parles de peuple ? sous prétexte que c’est « le peuple » (on se demande d’ailleurs ce qu’englobe ce terme : on ne sait rien en l’occurence du milieu social des personnes autours, et on constate du reste qu’il y a diversité des comportements), on ne devrait pas critiquer la tendance à attaquer l’autre, à prendre pour bouc émissaire celui que l’on juge différent ?

      Que les attitudes du bouc émissaires viennent d’un ministre, des médias ou de passants, ils sont dans tous les cas condamnables. En quoi le fait de rester en silence, aussi étrange, et même dans une certaine mesure violente, soit cette attitude justifie-t-elle de lancer des œufs à une personne ?

      Ce qu’interroge cette action, c’est au contraire la capacité de manipuler les gens... elle est d’une certaine manière aussi une dénonciation des discours xénophobes que l’on entend.

    • Oh je dis « le peuple » parce que c’est la rue et pour souligner ce que j’analyse comme du mépris social, c’est un raccourci j’en conviens : j’aurais pu écrire « les autres ». Et il me semble que c’est surtout l’Artiste qui prend ces « autres » pour des gens différents et incultes.

      Je ne pense absolument pas qu’il démontre ici qu’on s’en prend à celui ou celle qu’on juge différent (il y a mille faits divers qui le démontrent malheureusement bien mieux) : il serait resté là, sans son dispositif (car c’est un dispositif, poser une table, y mettre des oeufs, puis se placer deux mètres devant la table) qu’il se serait très probablement juste ennuyé profondément pendant tout le temps de sa « performance » : personne ne serait allé acheter des oeufs à l’épicerie du coin pour les lui jeter. Comme « démonstration » scientifique, c’est juste malhonnête, ou, pour prendre un terme plus neutre, totalement biaisé.

      Il démontre juste qu’il se sent supérieur à tout le monde et que pour lui l’Art c’est cela : montrer leur crasse aux autres. Je rejoins @aude_v : c’est sa posture d’artiste, d’une complaisance assez dingue, qui fait violence.

      Et je ne crois pas non plus qu’il « manipule » qui que ce soit : chacun⋅e reste libre de lui jeter ou non des oeufs, et on peut aussi bien imaginer quelqu’un⋅e qui ne lui en jeterait pas parce qu’il le trouverait juste grotesque, que quelqu’un⋅ qui lui en jeterait pour lui faire plaisir en quelque sorte, valider son dispositif, participer à la caméra cachée.

    • que le dispositif ait permis cette scène, c’est évident. Pour autant en est-il la cause ?

      Que Pujau joue un rôle différente des personnes autours de lui, c’est évident. Pour autant, s’agit-il nécessairement d’un mépris des autres ? S’agit-il de souligner sa différence avec l’autre, ou de souligner le comportement commun dans lequel on peut tout à chacun s’inscrire, Pujau, moi, toi, compris. Une victime peut se révéler ultérieurement bourreau, et vice-versa.

    • Que des gens aient des attitudes qui provoquent des réactions de violences, c’est certes possibles. Mais cet argument sert tellement à justifier tout qu’il est inutilisable.

      L’evt n’a certes pas de valeur scientifique en terme de démonstration. Mais elle a de valeur en terme de communication, en terme de moyen d’interroger. Plus que tous discours théorique sur les boucs émissaires, il est interrogation, pour chacun-e d’entre nous. En ce sens il constitue une performance (dans la notion de performativité), pas forcément une performance artistique (au sens il se rattacherait à de l’art, concept pour moi trop vague pour être utilisable).

    • Mais précisément, je ne trouve pas que cela interroge la question du bouc émissaire en quoi que ce soit. Il aurait installé un autre dispositif, par exemple des fleurs à disposition sur la même table, il aurait pu démontrer que les gens sont capables de générosité envers des inconnu⋅e⋅s, et ça aurait été tout aussi sentimental et biaisé, et la presse aurait pu titrer « L’art au service de la joie de vivre ». Ou bien des fleurs et des oeufs, pour donner le choix. Ou bien quelque chose de moins réducteur.

      En revanche ça interroge sacrément le milieu de l’art et la façon dont cet artiste, jeune, homme et blanc (donc plutôt du côté des privilégiés sur le plan social et culturel hein), conçoit sa position dans la société et en joue.

    • ca n’a aucune valeur scientifique on est d’accord. Ca n’a pas non plus de valeur artistique. Ca a en revanche une valeur de performativité, au même titre que mettre des fleurs aurait pu performer un autre aspect de l’humanité.