• « Le complotisme est toujours la traduction d’un malaise réel » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    https://cqfd-journal.org/Le-complotisme-est-toujours-la

    Cet interview mérite un seen dédié plutôt.

    Membre des collectifs d’écriture italiens d’extrême gauche Luther Blissett Project puis Wu Ming, Roberto Bui vient de sortir en Italie un livre intitulé La Q di Qomplotto (« Q comme Qomplot »). Il y revient sur l’imaginaire complotiste développé par le mouvement QAnon, qui a bousculé l’actualité américaine et mondiale et participé à l’assaut du Capitole en janvier dernier, replaçant ce moment délirant dans un champ historique et politique élargi.

    #QAnon #Luther_Blissett #Wu_Ming #Italie #littérature #Roberto_Bui #complotisme #interview #Histoire

  • Mécaniques du complotisme : QAnon : podcast à écouter sur France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/mecaniques-du-complotisme

    Le 6 janvier dernier lors de l’invasion du Capitole de Washington, plusieurs assaillants se sont revendiqués de la mouvance #QAnon. Cette nouvelle saison de « Mécaniques du complotisme ».retrace l’histoire de ce complotisme d’un nouveau genre caché derrière le « Q » symbolique du mouvement.

  • « Qui ? » : le nouveau slogan antisémite de l’extrême droite – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/qui-le-nouveau-slogan-antisemite-de-lextreme-droite-20210731_UKAKGHD2NVAM

    D’où vient ce curieux message, sous forme de question, apparu sur des pancartes dans les manifs anti-pass sanitaire, organisées par l’extrême droite ? Derrière ce discret slogan se cache une référence antisémite rendant les Juifs responsables de la pandémie et de la politique vaccinale.

    « Qui ? Mais dites qui ? » L’interview mi-juin sur CNews du général en retraite Dominique Delawarde par Claude Posternak, spécialiste de l’opinion et membre du bureau exécutif LREM, a fait le tour des réseaux sociaux. Confronté à ses déclarations récentes affirmant que les médias seraient « contrôlés », l’ex-gradé, interrogé car signataire de la fumeuse « tribune des généraux » (d’extrême droite), déployait d’abord des trésors de lâcheté pour ne pas répondre à une question pourtant simple : qui contrôlerait ainsi la « meute médiatique », notamment américaine, qui aurait selon lui « truqué » la non-réélection de Donald Trump ? Pour finir par lâcher, sous la pression de Posternak, qu’il s’agit de la « communauté que vous connaissez bien ». Traduction : les Juifs. Tollé. Une enquête a été ouverte dans la foulée contre Delawarde par le parquet de Paris pour ces propos antisémites.

    #antisémitisme

  • Amazon’s book recommendation algorithms promote anti-vaccine and QAnon conspiracy theories and far-right, white nationalist content
    https://www.codastory.com/disinformation/amazon-algorithm-extremist-literature

    A new report says the retail giant’s book recommendation algorithms direct people toward conspiracy theories and far-right, white nationalist content A recently released report highlights how Amazon’s book recommendation algorithms can lead people to literature about extremism, white nationalism, and conspiracy theories, including QAnon and Covid-19 disinformation. The study, published in April by the Institute for Strategic Dialogue, a UK-based think tank researching extremism, analyzed (...)

    #Amazon #algorithme #manipulation #COVID-19 #extrême-droite #QAnon #santé

    ##santé

  • Lettre à propos de ReinfoCovid - IAATA
    https://iaata.info/Lettre-a-propos-de-ReinfoCovid-4775.html

    Du coup, le « complotisme » étant du vent, on rejoint les anti-masques ? Non, toujours pas.
    Toujours pas, parce que pour nous comme pour beaucoup de militants le refus de se joindre aux anti-masque n’est pas lié à une hypothétique peur de se voir traiter de « complotiste », ça nous ferait une belle jambe, mais parce que d’une part leurs discours nous est politiquement ennemi et d’autres part leurs alliances sont nauséabondes.

    Un discours libéral empreint de darwinisme social :

    La minimisation constante de l’épidémie au prétexte que cela ne toucherait « que les vieux et les personnes fragiles ». Quel est le problème avec les personnes de plus de 60 ans, les diabétiques, les personnes immunodéprimés ou les personnes obèses pour ne citer qu’elles ? En quoi sont-elles des quantités négligeables ?

    Plus généralement la minimisation de l’épidémie nous semble être un point que le mouvement anti-masque partage de façon constante avec le gouvernement, lui qui a décidé de privilégier l’économie à la vie des gens et qui nous contraint de vivre avec une marée haute de contaminations et de morts, laissant le virus circuler et donc muter tranquillement. De plus la minimisation de l’épidémie, si ce n’est sa négation, nous empêche de penser sérieusement des outils de prévention et de santé communautaire pour protéger les personnes fragiles.

    Nous partageons avec Cerveaux Non Disponible le désarroi face à la focalisation sur la question du port du masque. Cela serait risible si ce n’était pas si grave quand par ailleurs s’empile les avancées sécuritaires autrement inquiétantes. Si le port du masque n’a pratiquement aucune utilité en extérieur, c’est par contre une méthode simple pour freiner la circulation du virus en intérieur. Exiger des masques gratuits serait une revendication sociale sensée, revendication qui a très tôt été porté par les Brigades de Solidarité Populaires alors que le gouvernement prétendait à l’inutilité du masque pour cacher la pénurie.

    Si la gestion sécuritaire de la pandémie nous semble catastrophique l’exaltation de la « liberté » contre la « dictature sanitaire » des mouvements anti-masque nous semble relever d’un individualisme des plus libéraux. La structuration sociale de l’épidémie, le fait qu’elle touche en très grande majorité les populations pauvres pendant que les riches se font des restos clandestins voila qui est complètement absent du discours des anti-masques, qui évoquent à peine la destruction concertée de l’hôpital public.

    Pour toutes ces raison le discours des anti-masques nous semblent faire le lit de positions ultralibérales et validistes tout en éclipsant les dominations systémiques que l’épidémie exacerbe, ce qui explique leur grand succès auprès des groupes politiques et des médias d’extrême-droite comme Sud Radio ou FranceSoir.

    • Faut il séparer le Fouché du facho ?
      https://seenthis.net/messages/899150#message915159

      (...) dans son combat politique il ne côtoie exclusivement que du catho intégriste, du conspi antisémite et du faf.

      (...) Mettez dans une poubelle Raël et Pétain, ajoutez quelques gouttes d’huiles essentielles de carotte bio, secouez vigoureusement et, miracle de l’Immaculée conception, sortez en un Louis Fouché tout chaud.

      #spencerisme #fascistes

    • Oui, carrément #merci. Ça redonne un peu de courage quand il faut faire face à des anti-masques soit-disant épris de liberté et d’amour mais si égoïstes et ignorants que c’est à en pleurer devant l’attrait que les fascistes exercent sur eux.
      Et j’ai essayé diverses méthodes : écouter et discuter, donner de la doc, des liens, des infos, réclamer de rester cohérent et de viser la raison, et même me mettre en colère quand je sature …

    • L’annonce sur les sites d’immobilier est alléchante. « A vendre : corps de ferme avec cachet préservé sur une parcelle d’environ 2 000 mètres carrés exposé sud. » De l’extérieur, cette maison de brique rouge ne paie pas de mine, coincée entre deux bâtisses d’une calme bourgade de la campagne lilloise. La boîte aux lettres anthracite n’affiche aucun nom. Pourtant, c’est ici qu’est domicilié RéinfoCovid.fr, le site du collectif contre les restrictions sanitaires. Une voiture familiale est garée dans la cour. On toque à la porte, mais personne ne répond. Ce silence insistant, c’est celui d’une famille embarquée dans l’engrenage d’une possible dérive sectaire.

      Selon les associations de protection contre les situations d’emprise mentale, ses propriétaires, Marie B., ancienne sage-femme reconvertie en institutrice, et Maximilien B., consultant formateur indépendant en marketing et élu municipal, envisageraient de quitter leur emploi, leur maison et leur bourgade, et de s’installer avec leurs trois enfants dans un village de l’Aveyron. Objectif : former une « arche de Noé », une sorte de refuge tourné vers la construction d’une société alternative. L’idée, qui suscite l’incompréhension et la terreur de leur entourage, a donné lieu cet été à de vives tensions intrafamiliales.

      Dans le quotidien, le couple tente de donner le change. Marie, 40 ans, grande allumette aux yeux noirs et aux cheveux de jais coupés à ras, continue d’enseigner normalement dans une école de la région, tandis que son époux, Maximilien, 42 ans, carrure de rugbyman et barbe poivre et sel, ne fait jamais faux bond au conseil municipal, dont il est le premier élu de l’opposition. Mais leurs discours contestataires récurrents ont fini par attirer les soupçons de leurs proches, tout comme leur refus poli de se faire vacciner par la mairie, une exception parmi les membres du conseil municipal.

      Une mère intelligente, un père charismatique

      Malgré l’absence de pancarte « à vendre » sur leur maison, leur projet de changement de vie s’est ébruité. Tous ceux qui les côtoient décrivent une mère intelligente et un père charismatique. « C’était une famille modèle, des gens investis », se désole le directeur de l’école de leur commune . Même impression d’une colistière de Maximilien B., qui se souvient d’un « chef d’entreprise directif, organisé, qui sait ce qu’il veut » , d’un « couple très instruit ». Les proches partagent une même interrogation : comment deux époux aussi éduqués, stables et épanouis ont-ils pu ainsi dériver ?

      Cette mue coïncide avec l’investissement du couple au sein du collectif RéinfoCovid, né à l’occasion de la crise sanitaire. Ce groupe informel, qui revendique 3 000 soignants, est à l’origine de nombreuses rumeurs anxiogènes sur les vaccins, enrobées d’un discours ésotérique sur les bienfaits du « retour au réel » et de la « sagesse du vivant ». Il partage des connexions avec des mouvements écologistes utopistes surveillés par les associations de lutte contre les dérives sectaires, comme l’anthroposophie, courant philosophico-religieux fondé par le penseur Rudolf Steiner (créateur de la pédagogie du même nom), ou les Colibris, organisation ruraliste créée par l’écrivain et agriculteur bio Pierre Rabhi.

      La Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), qui se dit « vigilante » au sujet du jeune mouvement RéinfoCovid, a déjà reçu plusieurs saisines le concernant. L’une d’elles mentionne le couple du Nord. Comme tant d’autres, les époux sont tombés sous le charme du fondateur du collectif, Louis Fouché, alors réanimateur-anesthésiste à l’hôpital de La Conception, à Marseille.

      Ce trublion de 42 ans au regard malicieux et aux mimiques à la Tex Avery est longtemps resté anonyme : soignant dans le service des grands brûlés, il réalisait au printemps 2020 des pastiches viraux sur Facebook à propos de ce virus qu’il n’estimait pas aussi dangereux qu’on voulait le dire. Sa blouse blanche et son ironie suffisaient pour convaincre.

      Nul ne connaissait alors son parcours, son penchant pour les médecines non conventionnelles, ni son engagement dans le mouvement Colibris. Louis Fouché, qui, comme la quasi-totalité des membres de son collectif, n’a pas donné suite à nos sollicitations, entre véritablement dans la lumière à la fin de l’été 2020, alors que s’esquisse une deuxième vague épidémique dont il conteste la réalité.

      Le 16 août 2020, par courriel, il lance solennellement un « appel » à ses confrères de l’AP-HM [Assistance publique-Hôpitaux de Marseille] dans lequel il exhorte les médecins à faire corps contre les « lois liberticides », puis se rapproche de plusieurs médecins et penseurs dits « rassuristes », comme le sociologue de la criminalité Laurent Mucchielli. Mais, en disciple de Pierre Rabhi, Louis Fouché veut aller plus loin, « prendre [sa] part », comme il l’écrit sur la page d’un site du réseau Colibris, et fonder un collectif portant un projet de société fort, qui remettrait « l’Art » et le « Nous » au centre des préoccupations.

      « Au début, Louis Fouché essayait de mobiliser des citoyens et des scientifiques, et ça ne paraissait pas malsain. Sauf que les scientifiques qui sont arrivés n’en étaient pas vraiment. » Une avocate qui a connu RéinfoCovid à ses débuts

      Le 6 octobre 2020, le site RéinfoCovid.fr est lancé. Celui-ci se présente comme une initiative scientifique collégiale de « soignants, médecins, chercheurs, universitaires », qui va jusqu’à la création d’un « conseil scientifique indépendant » pour aider les citoyens à « questionner, comprendre, sortir de la peur et agir ensemble ». Grâce à sa forte présence sur les réseaux sociaux et des relais dans des associations de parents d’élèves, il s’installe dans le paysage contestataire.

      « Au début, Louis Fouché essayait de mobiliser des citoyens et des scientifiques, et ça ne paraissait pas malsain, se souvient Louise (le prénom a été modifié), une avocate qui a connu RéinfoCovid à ses débuts. Sauf que les scientifiques qui sont arrivés n’en étaient pas vraiment. » La plupart n’ont aucune compétence dans le domaine de l’épidémiologie, s’expriment sur des thématiques éloignées de leur expertise, ou encore font preuve de raisonnements caricaturaux, à l’image d’un de ses premiers membres, le docteur Denis Agret, qui prétend, dans une boucle d’e-mails, défendre la « vérité » face à une « sphère capitalo-dictatoriale ».

      Prosélyte par nature, le collectif tend les bras aux inquiets, quel que soit leur parcours ou leur profil. Chanteur, professeur de violon, écrivaine autoéditée… Dès novembre 2020, les propos des universitaires sont dilués au milieu de ceux de citoyens mi-paniqués, mi-décidés à agir. Parmi ceux-ci, Marie et Maximilien B.

      2020, année noire pour le couple

      Coincée dans sa ferme, l’institutrice a très mal vécu le premier confinement, qu’elle a passé à coudre frénétiquement des masques artisanaux. Puis, lorsque la deuxième vague de Covid-19 déferle, l’irruption de protocoles sanitaires à l’école et le développement fulgurant de vaccins la plongent dans un profond désarroi. « Rien n’avait de sens pour moi, je ne comprenais pas », répète-t-elle, hagarde, dans une vidéo du collectif intitulée « Les gardiens du vivant », sa seule prise de parole publique, qui a depuis été supprimée. « A force de me renseigner, y détaille-t-elle, aux vacances de la Toussaint, là je me suis dit, ça suffit, il faut passer à l’action. »

      De son côté, son mari a échoué aux élections municipales de juin 2020 : sa liste n’a réuni que 32 % des suffrages. Maximilien, qui a toujours baigné dans la politique, doit se contenter de trois places au conseil municipal, et sa femme a perdu son siège. Pour le couple, cette année 2020 est décidément une année noire. Leur rencontre personnelle avec Louis Fouché, à l’automne, sera leur éclaircie. A l’angoisse de l’incertitude scientifique, le médecin oppose un discours dédramatisant sur la crise sanitaire. Puis, contre l’amertume de l’échec personnel, il propose sa confiance et une montée en responsabilité flatteuse.

      « Entrée en résistance », comme elle se décrit, Marie se met à distribuer des tracts pour RéinfoCovid. Puis, après quelques semaines seulement, Louis Fouché promeut Maximilien responsable de la communication du groupe, et charge Marie du développement du jeune collectif au niveau national à travers des « antennes locales bébés RéinfoCovid », comme les appelle l’ancienne sage-femme.

      Suivant le leitmotiv de leur nouvel ange gardien, les voilà qui ont « transformé la peur en prudence et la colère en courage ». Le couple devient un élément central du collectif, au point d’accepter de domicilier dans sa maison les statuts du site RéinfoCovid.fr, puis ceux de sa coquille légale, RéinfoLiberté. Le 9 décembre 2020, Marie crée sur son canal de discussion interne, la messagerie instantanée Discord, un groupe consacré à son expansion. En image de profil, une silhouette de femme brisant ses chaînes.

      Des fans de Trump et de QAnon

      Au sein de RéinfoCovid s’engouffrent dès l’automne 2020 des homéopathes, des naturopathes, des acupuncteurs, des adeptes de la pensée new age ; des fans de Trump et ses zélotes de la mouvance conspirationniste QAnon, convaincus de combattre un vaste trafic pédosatanique, ou encore des « Etres souverains », autre mouvance anarchiste conspirationniste ne reconnaissant par l’Etat. L’évolution des conversations est à l’avenant. Loin de la « prudence » revendiquée en public par Louis Fouché, les membres se partagent sur Discord d’exotiques rumeurs affirmant que la neige serait artificielle, ou que les tests PCR serviraient au fichage ADN.

      Louis Fouché lui-même s’affiche en novembre sur YouTube avec la complotiste suisse Ema Krusi, qui soutient que les vaccins sont liés à la 5G et que Bill Gates est poursuivi pour crime contre l’humanité. Le collectif bascule dans des représentations paranoïaques de la société. « Au départ, il y avait des gens sympas, mais sur le Discord, j’ai vu arriver tout ce qu’il y avait de pire en termes de désinformation et de conspirationnisme, se désole Louise. Des personnes sincères, normales, juste inquiètes, qui cherchaient des réponses simples, se sont fait laver le cerveau en un rien de temps. »

      Le couple ne reste pas insensible à ce mélange foutraque de complotisme échevelé et d’utopisme new age. A force de recherches Internet sur des sites douteux, Marie B. plonge dans un monde de représentations noires. « Avant d’écrire à RéinfoCovid, j’étais très angoissée, relate-t-elle encore dans la vidéo “Les gardiens du vivant”. L’angoisse est passée, je suis beaucoup moins en colère, mais ça m’arrive encore. J’ai surtout très peur, et la peur, je n’arrive pas à l’enlever. »

      D’inquiétants monologues

      La mère de famille, qui avait ouvert son premier compte Facebook spécialement pour les municipales, se met à l’hiver 2021 à publier d’inquiétants monologues contre les scandales de la dictature sanitaire et les complots qu’ourdiraient des élites fantasmées, jusqu’à se laisser convaincre que la seconde guerre mondiale a été orchestrée par la famille Rothschild. « Elle ne devait pas avoir beaucoup d’amis sur ces sujets, car même si ses posts étaient très longs, personne ne répondait », constate avec empathie une colistière.

      C’est le début de l’isolement. « J’ai arrêté de les côtoyer car je n’étais plus en phase avec leurs postures », résume pudiquement un partenaire de campagne électorale de leur village. Enfermé dans sa bulle, le couple n’entend plus les voix discordantes. « J’ai essayé de la recontacter pour lui dire d’être vigilante, lui conseiller de s’informer autrement, je lui ai donné des arguments », égrène Louise, qui l’a vue entrer dans le collectif et a tenté de l’en faire sortir en même temps qu’elle. « Mais c’était déjà trop tard. Nos contacts se sont arrêtés là : il n’y avait plus de discussion possible. »

      Surtout, la déchirure se fait intime. Interrogée à propos de sa famille dans un entretien vidéo mené par Louis Fouché, l’institutrice raconte d’une moue embarrassée que celle-ci est divisée à « cinquante-cinquante ». Sa détresse et sa tristesse affleurent. Les proches de Marie au sein du collectif le savent : elle est désormais en froid avec les siens. Eprouvée, sa famille n’a pas souhaité commenter.

      Un « cercle de cœur » en guise d’état-major

      En retour, Marie s’investit de plus en plus dans RéinfoCovid. En début d’année 2021, face à l’afflux de nouveaux membres venus de toute la France, Louis Fouché réorganise son mouvement en cercles concentriques. Au plus haut niveau, il constitue un état-major informel d’une vingtaine de personnes de confiance, le « cercle cœur » - nouvel emprunt aux Colibris. Maximilien et Marie y côtoient des citoyens en colère, des naturopathes ou encore des mystiques fiévreux, qui se réunissent chaque lundi en visioconférence pour discuter de la stratégie du collectif.

      L’appartenance à ce cénacle est d’autant plus gratifiante que, en apparence au moins, l’organisation y est horizontale. « J’ai vu beaucoup de gens aller bien car ils avaient l’impression d’agir, de reprendre le contrôle, mais au fond, c’est Louis qui gère », témoigne Terry (qui souhaite garder l’anonymat), qui fut membre pendant plusieurs mois de ce « cercle cœur », au sein duquel il était notamment chargé de la vidéo.

      Ce noyau dur partage ses idées sur la crise sanitaire qui serait un « déferlement totalitaire », la supériorité des médecines alternatives, et le besoin de laver la société de ses maux. Comme l’anesthésiste le déclame dans une lettre pleine de lyrisme, « cette crise est une révélation, un dévoilement, une apocalypse. Et après l’apocalypse vient un autre monde ». Autour de lui, le « cercle cœur » aspire à aller vers un nouveau modèle de société, qu’ils entendent définir, construire, et même inaugurer. A la mi-mai, Marie et Maximilien B. prennent le volant et parcourent plus de 800 kilomètres pour se retrouver en chair et en os avec leur nouvelle famille, dans un lieu en Aveyron.

      Olivier Soulier, l’autre personnage-clé

      Après avoir passé Saint-Cyprien-sur-Dourdou, une sage commune d’environ 800 habitants dont les façades de grès couleur saumon s’étalent dans le sac de la vallée de Conques, une route s’élève jusqu’à une clairière. C’est là, dans l’ancienne propriété de son grand-père, ancien maire du village, que le médecin Olivier Soulier, autre personnage-clé de RéinfoCovid, a établi sa résidence de villégiature. A la mi-mai, il y a accueilli une partie du « cercle cœur », dont Louis Fouché et le couple B.

      Au fin fond de l’Aveyron, nid de douces sorcelleries, Olivier Soulier ne détonne que par sa stature. Cet homéopathe et acupuncteur, dont le cabinet est situé à Marcq-en-Barœul (Nord), est une sommité nationale dans le monde de la médecine alternative, avec ses multiples livres et congrès donnés depuis 1988 à travers la France. « C’est un vrai médecin, très diplômé, pas un médecin alternatif. Mais c’est vrai que ses conférences sont aussi intéressantes qu’étonnantes », hésite Bernard Lefebvre, maire de Conques-en-Rouergue, la commune nouvelle dont dépend Saint-Cyprien-sur-Dourdou. « C’est un très grand monsieur . Mais si vous venez vous faire soigner chez lui, n’espérez pas être remboursé par la sécurité sociale », ajoute avec un sourire entendu Gaston, un artisan qui a fait les finitions de sa piscine.

      Depuis de longues années, le généraliste aux airs de jeune premier s’est en effet spécialisé dans ce qu’il appelle la « médecine du sens ». Rien d’illégal mais il jure dans la presse naturopathique que le corps « a une sagesse » et, dans une vidéo du « conseil scientifique indépendant », prescrit le Mertensia maritima, la plante au goût d’huître, contre le Covid-19.

      Le couple nordiste l’a rencontré pour la première fois chez eux, à la première réunion de la jeune antenne locale qu’ils avaient créée, RéinfoCovid Nord-Pas-de-Calais, le 18 janvier 2021. Au milieu de citoyens désorientés avides de contre-discours, ce conférencier au ton si enveloppant avait alors séduit son auditoire. « Il joue de son autorité de blouse blanche, prétend guérir avec les symboles, du grand n’importe quoi, fulmine Louise, restée de marbre ce jour-là, et effarée par le manque de réactions. Je me suis rendu compte que si les gens commençaient à faire confiance à ce genre de personnes, ça allait dérailler. »

      En quête d’argent

      Olivier Soulier, qui officie toujours comme médecin, fait aujourd’hui partie des dirigeants du collectif. C’est lui qui, dans une vidéo récente, invite ses sympathisants à verser de l’argent à RéinfoLiberté, la structure légale fraîchement montée par RéinfoCovid pour engager des procédures judiciaires et se financer. Lui aussi qui fournit au « cercle cœur » sa base reculée, dans l’anonymat de l’Aveyron.

      Le domaine, qui constitue un hameau, porte les traces d’un long abandon. A l’entrée, marquée par un visage sculpté sur une épaisse pierre posée à côté d’un autel, des fougères se prélassent dans une baignoire abandonnée. Une bétonnière ici, quelques cadavres de bières plus loin : le lieu est à la recherche d’une seconde vie. Le médecin nordiste en a racheté l’usufruit en 2015. Il emploie régulièrement des artisans du bourg pour participer à sa lente rénovation. Une piscine a déjà été creusée ; les dépendances, elles, sont en travaux, mais peuvent déjà recevoir des convives, comme elles l’ont fait à la mi-mai.

      Quelle était alors la raison d’être de cette réunion qui a tant alimenté les rumeurs et les inquiétudes ? Marie et Maximilien n’ont jamais donné suite à nos demandes de contact. « C’était un week-end pour tous ceux qui participent à la stratégie [du collectif]. Ils se sont réunis pour griller des saucisses entre copains, ce n’est pas allé plus loin », assure Terry, qui n’a pas pu en être. Selon plusieurs associations de lutte contre les dérives sectaires aux antennes tournées vers l’Aveyron, il s’agissait plutôt d’un moment ésotérique, un « pow wow », c’est-à-dire « une réunion dans un lieu sacré où l’on se purifie », décrypte Catherine, une rebouteuse qui connaît les usages du coin.

      Une petite communauté

      Le domaine détenu par Olivier Soulier offre en tout cas les infrastructures les plus adaptées pour l’installation d’une petite communauté. Louis Fouché n’a jamais caché sa volonté de créer un écolieu, un village soudé par des valeurs écologiques et sociales communes, de même qu’il promeut volontiers l’école à la maison, des réseaux de soins alternatifs et de nombreuses autres formes d’organisations parallèles. « Louis encourage à rester dans le système et à le combattre de l’intérieur, assure Terry. Ce n’est pas comme Alice [des Etres souverains, qui a récemment acquis un domaine dans le Lot] . RéinfoCovid ce n’est pas du tout ça, il n’y a pas de volonté de faire sécession. » Le collectif a même soutenu des listes politiques intitulées « Un nôtre monde », aux élections régionales de juin.

      Mais depuis qu’en juillet Louis Fouché a quitté son poste hospitalier sous la pression de l’AP-HM, son discours glisse de manière de plus en plus marquée vers la rupture. « C’est le moment d’aller jusqu’au bout de votre pensée. Il y a moyen de manger, il y a moyen de survivre, il y a moyen de se loger », explique-t-il dans une vidéo destinée aux non-vaccinés, tout en promettant une société meilleure à « ceux qui survivront ».

      Simple métaphore, ou vrai appel à un projet alternatif ? Si l’on en croit les signalements auprès des associations de lutte contre les dérives sectaires et les témoignages de proches recueillis par M Le magazine du Monde, plusieurs membres, comme Marie et Maximilien, se sont déjà engagés dans la voie d’un changement de vie, quittant pour certains leur emploi, pour d’autres leur domicile, parfois les deux, pour fonder des lieux bâtis dans l’opposition au discours scientifique et les promesses new age.

      Un discours plus radical

      Les observateurs ne s’en étonnent guère : l’ambiance au sein de RéinfoCovid flirte régulièrement avec le culte de la personnalité, et la parole de Louis Fouché y vaut pour beaucoup parole d’évangile. Toutefois, si la vigilance est de mise, la Miviludes estime « que tous les éléments qui caractérisent l’emprise sectaire ne sont pas réunis ». Les associations surveillent néanmoins le collectif comme le lait sur le feu.

      Selon plusieurs sources locales, le couple est revenu en août dans l’Aveyron pour une nouvelle réunion avec le « cercle cœur », et participer aux travaux de rénovation du domaine d’Olivier Soulier. Leur départ pour cette « arche de Noé » ne serait plus qu’une question de temps. Si les deux aînés, bientôt majeurs, ont quitté le domicile familial à la rentrée, les craintes se portent désormais sur la benjamine de 11 ans, qui n’aurait d’autre choix que de suivre ses parents.

      Pour autant, le projet peut encore évoluer, en fonction des directives de Louis Fouché. Depuis peu, son discours semble se radicaliser un peu plus. « La voie de RéinfoCovid est une voie de la non-violence, c’est une voie ghandienne, expliquait-il début octobre. Mais Gandhi l’a dit lui aussi, ceux qui n’arrivent pas à rester dans la non-violence, il faut bien qu’ils fassent quelque chose. Chacun fera comme il peut. » La maison en briques du Nord n’attend plus qu’un acquéreur.

  • Enlèvement de Mia : des matériaux chimiques et des ouvrages anarchistes saisis au domicile perquisitionné
    https://www.bfmtv.com/police-justice/enlevement-de-mia-des-materiaux-chimiques-et-des-ouvrages-anarchistes-saisis-

    Les trois individus, soupçonnés d’être impliqués dans l’enlèvement de la fillette, sont connus de la DGSI pour leur appartenance à la mouvance anarchiste , complotiste et proche de l’ultra-droite , a-t-on aussi appris de sources concordantes. Une mouvance dont l’un des objectifs serait d’un jour « faire tomber la République ».

    Les anars de droite ont du déboucheur de cana dans leurs placards, du bicarbonate dans la cuisine et des livres dans leurs bibliothèques ! :-D

    • Bfm ta gueule. Enlèvement d’une fillette dans les Vosges : en garde à vue, ses ravisseurs désignent la mère
      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/04/16/enlevement-d-une-fillette-dans-les-vosges-en-garde-a-vue-ses-ravisseurs-desi

      Quatre hommes de la mouvance survivaliste ont été placés en garde à vue à la suite du rapt, le 13 avril, de Mia Montemaggi, 8 ans. Une information judiciaire pour « enlèvement de mineure de moins de 15 ans en bande organisée » doit être ouverte.

      (...) la fillette et sa mère restent introuvables pour le moment. (...) considérés par la justice comme les ravisseurs de Mia. Placés en garde à vue, [trois interpellés] ont expliqué que Lola Montemaggi, la mère de l’enfant, les a sollicités sur Internet « pour récupérer Mia, dont elle s’estimait injustement séparée ».

      Depuis le 11 janvier et la décision d’un juge des enfants, la mère ne disposait que de deux droits de visite par mois, en présence d’un tiers. Mercredi, le procureur d’Epinal avait précisé que la mère avait tenu des « propos suicidaires » devant sa fille. Lors de son audition devant le juge des enfants, début janvier, a indiqué M. Heitz, elle avançait avoir « pour projet de partir en camping-car avec sa fille, dans le but de passer, je la cite, “en dessous des radars de la société” ». Agée de 28 ans, la jeune femme partageait sur son compte Facebook des vidéos et des articles complotistes dénonçant « le nouvel ordre mondial sataniste » ou le « coronacircus ». La fillette était hébergée chez sa grand-mère, dans un petit village des Vosges, Les Poulières, à une centaine de kilomètres de la frontière allemande.

      Documents à en-tête du ministère de la justice

      Mardi en fin de matinée, la grand-mère voit débarquer deux hommes, se présentant comme des professionnels du Service territorial éducatif de milieu ouvert (Stemo). Ils lui montrent des documents à en-tête du ministère de la justice. Lui expliquent qu’ils veulent conduire Mia pour un rendez-vous avec sa mère. Dans un véhicule Volkswagen, un chauffeur attend devant le domicile, pour transporter la fillette. Une fois sa petite-fille partie, la grand-mère, intriguée, appelle le Stemo, et découvre qu’on lui a menti. Elle avertit immédiatement la gendarmerie.

      Le dispositif « Alerte enlèvement » permet alors de faire remonter des dizaines de témoignages très rapidement. Au moins deux témoins ont ainsi vu le véhicule Volkswagen sur un parking aux côtés d’une Citroën C15, mardi, quelques heures après le rapt. L’un d’entre eux a pu fournir la plaque d’immatriculation de la Citroën.

      Des informations cruciales puisque la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a pu faire le rapprochement entre cette plaque d’immatriculation et un véhicule déjà repéré dans le cadre d’une de ses enquêtes.

      Dès mercredi soir, deux suspects ont été interpellés à leurs domiciles respectifs. Le premier, un homme âgé de 58 ans, vit dans le nord de Paris. Chez lui a été retrouvé le script d’un discours à tenir pour se faire passer pour un éducateur. Se présentant comme un résistant « à la barbarie de ce système », il s’est dit « fier » de ce qu’il qualifie d’« exfiltration » de la fillette, « à la manière d’Arsène Lupin », a indiqué le procureur.
      Au domicile du deuxième homme, âgé de 23 ans et interpellé en Seine-et-Marne, les enquêteurs ont découvert des « éléments pouvant servir à la constitution d’explosifs », mais le magistrat s’est voulu prudent à ce stade, tout en précisant que ce volet de l’affaire, sur lequel enquêtait la DGSI, est géré par le Parquet national antiterroriste.

      #Survivalisme et #complotisme

      Une source judiciaire ajoute au Monde qu’aucun explosif n’a été trouvé : seulement de la poudre, sans plus de précision, et une recette, dont il reste à déterminer si elles avaient pour but de servir à la confection d’explosifs. Selon cette même source, le profil des individus s’apparente à un mélange de survivalisme et de complotisme.

      Deux autres hommes ont également été interpellés jeudi. Les quatre personnes gardées à vue n’ont pas d’antécédents judiciaires. Aucun n’a donné d’éléments sur l’endroit où se trouveraient la mère et sa fille, a indiqué le procureur d’Epina

      Edit fafs ? le proc dit « c’est plus compliqué » https://seenthis.net/messages/911598

    • Derrière l’affaire Mia, la peur des « abus sataniques » ? | Slate.fr
      http://www.slate.fr/story/207899/enlevement-mia-abus-sataniques-theorie-complot-remy-daillet-qanon-satanisme-pe

      En parcourant le profil Facebook de Lola Montemaggi, on voit qu’elle semble aussi perméable à ce discours. L’année dernière, elle partageait des photos sur lesquelles sont inscrits des messages relatant ces théories : « Les abus sataniques sur les enfants ? Ils ne feraient jamais ça ! Cela infeste notre société –dans le monde entier. » Elle publie également une autre image pour mettre en garde contre des enlèvements d’enfants institutionnalisés. « Les services sociaux et les agences de “protection” de l’enfance soustraient un nombre incroyable d’enfants –en augmentation constante– des soins de leurs parents affectueux en se servant d’excuses ridicules et honteuses. » Accolant à cette publication, un très mystérieux : « Je vous laisse deviner pourquoi... »

      Cette hantise d’un réseau pédophile mondial que les élites dissimuleraient rapprochent Rémy Daillet et Lola Montemaggi du mouvement américain QAnon. Sur Telegram, les partisans de Rémy Daillet ont longtemps montré leur intérêt pour Q, un compte du forum 4chan, qui estime que les États-Unis sont sous la coupe d’un « État profond » composé de satanistes et de pédophiles. Rémy Daillet va même jusqu’à présenter l’école comme un futur « vivier de réseaux p », dans une vidéo qui a été depuis supprimée. Sur le site depuis lequel il appelle à l’insurrection, le putschiste expose sa vision globale : « Dans 5 ou 10 ans, le contrôle de l’individu sera achevé. Et vous ferez sans doute une manif contre la pédophilie pour tous ; après tout, s’ils sont consentants, ce serait “fasciste de s’y opposer”. Glissage inexorable. »

  • La crise de la vérité

    Johannes Vogele

    https://lavoiedujaguar.net/La-crise-de-la-verite

    http://www.palim-psao.fr/2021/04/la-crise-de-la-verite-par-johannes-vogele.html#_ftnref3

    L’action ne se passe nulle part, c’est-à-dire dans le monde réel. L’année 2020 n’a pas seulement été celle de la redécouverte de la pandémie, mais aussi un grand festival de théories du complot, dans toutes leurs diversités et sensibilités. Non pas que ces formes d’interprétation de la réalité soient nouvelles ; elles s’inscrivent dans une longue histoire, ont certainement une préhistoire et sans doute de l’avenir.

    À une époque où l’idée même de vérité est déjà bien abîmée, où les explications, les promesses et autres prévisions de la part des « sources autorisées » ont du plomb dans l’aile et où l’idée de l’avenir est devenue une question de croyance, le marché aux récits « alternatifs » est devenu florissant. Puisque la vérité sortant de la bouche des politiques, des économistes et des scientifiques a perdu le statut de la parole de l’oracle, il s’agit de chercher ailleurs et, surprise, l’offre dépasse tous les espoirs. De l’autre côté, l’on s’offusque : la démocratie, la science sont attaquées et comme un seul homme, nous devons les protéger à nos corps défendant. La critique si nécessaire de freedom and democracy, de l’idéologie et de la pratique dominantes, éveille aujourd’hui le soupçon de conspiration contre la sécurité de l’État et de la société. Et nous voilà enfermé·e·s à nouveau dans la binarité caractérisant toute la modernité capitaliste : démocratie ou dictature, Bien ou Mal, les Lumières ou l’obscurité. Ce texte tente de comprendre sur quel terrain commun ces ennemi·e·s juré·e·s se placent et si une critique dialectique peut — sinon en finir tout de suite — au moins déstabiliser des formes de pensée se croyant indépassables. (...)

    #crise #vérité #complotisme #conspiration #mystification #capitalisme #racisme #antisémitisme #sorcières #pogroms #Thomas_Mann #QAnon

  • Malgorithm
    https://252f2edd-1c8b-49f5-9bb2-cb57bb47e4ba.filesusr.com/ugd/f4d9b9_89ed644926aa4477a442b55afbeac00e.pdf

    How Instagram’s algorithm publishes misinformation and hate to millions during a pandemic When it launched in 2010, Instagram – the social media giant acquired by Facebook in 2012 – was a pitched as a simple and fun app for sharing photos with friends and family. Since then, it has become a networked behemoth profiting from the promotion of dangerous misinformation and conspiracy theories. Malgorithm, the latest report from the Center for Countering Digital Hate, shows how the Instagram (...)

    #Instagram #algorithme #manipulation #addiction #COVID-19 #QAnon #santé #Center_for_Countering_Digital_Hate

    ##santé

  • Facebook leak underscores strategy to operate in repressive regimes
    https://www.theguardian.com/technology/2021/mar/23/facebook-leak-underscore-strategy-operate-repressive-regimes

    Exclusive : users are allowed to praise mass killers and ‘violent non-state actors’ in certain situations Facebook users are permitted to praise mass murderers and “violent non-state actors” in certain situations, according to internal guidelines that underline how the tech corporation is striving to operate in repressive regimes. The leak also reveals that Facebook maintains a list of “recognised crimes” and instructs its moderators to distinguish between those and “crimes not recognised by (...)

    #Facebook #algorithme #criminalité #manipulation #modération #extrême-droite #QAnon

    ##criminalité
    https://i.guim.co.uk/img/media/d97483ec3a1093c63d07fa7a0f3e93cf68b88d09/0_0_3892_2335/master/3892.jpg

  • QAnon, anti-vaccin : ils traduisent les théories du complot américaines en français
    https://www.numerama.com/politique/691165-qanon-anti-vaccin-ils-traduisent-les-theories-du-complot-americaine

    Cela fait presque deux ans que nous avons signalé ce phénomène, mais il se produit encore aujourd’hui. Les membres de la famille royale européenne organisent encore des parties de chasse à l‘homme où des adolescents sont violés et tués, et où les organes sexuels sont accrochés aux murs comme trophées. » La phrase d’accroche de la vidéo « Les Familles Royales Chassent Les Enfants Littéralement » résume crûment les 17 minutes de théories du complot qui vont suivre.

    Rumble, MeWe, Minds : bienvenue dans l’alt-tech, les réseaux sociaux de l’extrême droite et la complosphère
    https://www.numerama.com/politique/697839-rumble-mewe-minds-bienvenue-dans-lalt-tech-les-reseaux-sociaux-de-l

    La montée en puissance des discours d’extrême droite et des complotistes français est aidée par des #réseaux_sociaux d’un genre particulier : l’alt-tech. Sur ceux-ci, il n’y a pas de censure, ni de modération. Ils sont de plus en plus nombreux à les rejoindre, créant un #internet parallèle.

    C’est facile de se moquer par #Berth
    http://berth.canalblog.com/archives/2021/03/11/38849279.html


    #néonazis #Qanon #complotistes #suprémacistes

    • Sans vraiment avoir de stratégie au préalable, un petit groupe d’une dizaine de personnes a réussi à avoir une audience de plusieurs dizaines de milliers de francophones, des relais médiatiques très puissants, et une influence incroyable.

      Mais pourquoi les militants/journalistes/vidéastes du côté de l’émancipation n’arrivent pas à avoir ce niveau de résultat, à ce point là ?

      Parce que l’époque ? Parce qu’après 15 ans de soralo-dieudonisme, 11 septembre, etc, la société est gangrenée par le complotisme et donc c’est ça qui se diffuse le plus facilement ?

  • Far-Right Platform Gab Has Been Hacked—Including Private Data
    https://www.wired.com/story/gab-hack-data-breach-ddosecrets

    The transparency group DDoSecrets says it will make the 70GB of passwords, private posts, and more available to researchers, journalists, and social scientists. When Twitter banned Donald Trump and a slew of other far-right users in January, many of them became digital refugees, migrating to sites like Parler and Gab to find a home that wouldn’t moderate their hate speech and disinformation. Days later, Parler was hacked and then dropped by Amazon web hosting, knocking the site offline. Now (...)

    #Gab #données #extrême-droite #hacking #QAnon

  • Aux sources de QAnon, un collectif italien d’extrême gauche qui aurait malgré lui inspiré la théorie complotiste
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/19/aux-racines-du-mouvement-qanon-les-ecrivains-italiens-de-wu-ming-gourous-com

    Un roman, écrit par le collectif anticomplotiste Wu Ming, pourrait être la source des thèses conspirationnistes qui sont apparues dans l’Amérique de Donald Trump.

    Enquête du Monde (sous #paywall)

    pour mémoire : première mention de #Wu_Ming et #QAnon ici, dès août 2018, pointé par @rezo : https://seenthis.net/messages/715032
    plus récemment, octobre 2020, enquête de #lundi_matin sur le même thème pointée par @monolecte https://seenthis.net/messages/880607

  • Why T-Shirts Promoting the Capitol Riot Are Still Available Online
    https://www.nytimes.com/2021/01/19/business/qanon-maga-merchandise-amazon-etsy-shopify.html?action=click&module=Spotlig

    Merchandise with phrases like “Battle for Capitol Hill Veteran” could still be purchased on major e-commerce sites, a sign of how the platforms have struggled to remove the goods. The day after the violent attack on the Capitol, Shopify declared that it had removed e-commerce sites affiliated with President Trump, including his official campaign store. The sites had violated a policy that prohibited the support of groups or people “that threaten or condone violence to further a cause.” The (...)

    #Amazon #consommation #extrême-droite #Shopify #QAnon #Etsy

  • Der Gastbeitrag von Peter R. Neumann macht deutlich, dass der 6. Ja...
    https://diasp.eu/p/12312910

    Der Gastbeitrag von Peter R. Neumann macht deutlich, dass der 6. Januar wohl kein einmaliges Ereignis bleiben wird. Der Professor für Sicherheitsstudien am Londoner King’s College legt dar, warum die #QAnon-Sekte längst mehr ist als eine hanebüchene Verschwörungserzählung. (piqd) https://www.spiegel.de/politik/ausland/sturm-aufs-kapitol-qanon-die-gefaehrlichste-bewegung-unserer-zeit-gastbeitra

  • The Instagram Insurrection
    https://gizmodo.com/the-instagram-insurrection-1846022868

    The first inkling I had that something was very wrong on Wednesday was when my wife said, “Oh shit, is this real ?” as we were en route to Trader Joe’s after spending a few hours on the cold, sun-drenched beaches of Long Island for a winter walk on our last day of a vacation. A friend had texted about the Capitol. We shopped because a family’s gotta eat, all the while pulling down to refresh the infinite scroll of Twitter. I showed her a man sitting in the Senate president’s chair. She showed (...)

    #Fox #Facebook #Instagram #Twitter #YouTube #manipulation #élections #violence #extrême-droite (...)

    ##QAnon

  • Suspension des comptes de Donald Trump : les plates-formes numériques entre opportunisme et aveu d’échec
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/01/09/fermeture-du-compte-twitter-de-donald-trump-le-bal-des-hypocrites_6065741_44

    Twitter, Facebook, Google et d’autres acteurs ont pris des mesures pour limiter la portée de la parole du président des Etats-Unis. Tardives, ces réactions ne doivent pas faire oublier leur part de responsabilité dans l’émergence d’un terreau propice aux théories complotistes, ni leur difficulté à mettre en place des politiques de modération transparentes et légitimes.

    Analyse. A moins de deux semaines du départ programmé de Donald Trump de la Maison Blanche, et deux jours après l’envahissement du Capitole par des militants pro-Trump, les réseaux sociaux ont sorti l’artillerie lourde, vendredi 8 janvier. Fermeture du compte Twitter personnel du président, suspension de ses comptes Facebook et Snapchat, blocage d’applications pro-Trump dans les magasins Android ou iOS… Au-delà des débats légitimes que suscitent ces décisions – alternativement jugées insuffisantes, trop tardives, liberticides ou dangereuses –, leur mise en place ne doit pas occulter la responsabilité conjointe que portent, depuis cinq ans, élus américains et grandes plates-formes.

    Twitter a beau jeu de fermer le compte @realDonaldTrump alors que le président, isolé, va dans quelques jours à peine céder sa place à Joe Biden. Le réseau social a justifié sa décision dans un long texte, arguant que les futurs messages du président sortant risquaient d’inciter à la violence. Une analyse juste, mais qui l’était tout autant hier, avant-hier, il y a trois mois ou un an. Des recherches avancées sont nécessaires pour trouver une journée durant laquelle le président sortant n’a pas, d’une manière ou d’une autre, incité à la violence, ces quatre dernières années. Le risque de violence était-il moins fort quand il utilisait Twitter pour désigner nommément à la vindicte des journalistes critiques de son action, quand il provoquait le leader nord-coréen, Kim Jong-un, ou quand il incitait à tirer sur les manifestants du mouvement Black Lives Matter ?

    Le motif officiel prête à sourire

    Les soutiens de Donald Trump ne se privent pas de souligner que le motif officiel de suspension – un message disant que le président sortant ne serait pas présent à la passation de pouvoir, interprété comme pouvant être une incitation à attaquer la cérémonie – prête à sourire. Donald Trump a publié, durant son mandat, des milliers de messages bien plus menaçants que celui-ci, sans jamais être sanctionné d’aucune manière. Pis, cette fermeture de compte donne des arguments tout trouvés aux conspirationnistes d’ultra-droite : le complot était, selon eux, bien réel, puisqu’on censure le président pour des broutilles. La véritable raison de ces décisions est certainement bien plus terre à terre : il devient urgent, à quelques jours d’un changement d’administration, de donner des gages au futur pouvoir démocrate. Notamment parce que la gauche américaine a promis, durant la campagne, de mettre les réseaux sociaux face à leurs responsabilités – et qu’une procédure pour abus de position dominante vise d’ores et déjà Facebook.

    Dans son message justifiant la suspension du compte Facebook de Donald Trump, Mark Zuckerberg, le patron de cette plate-forme, écrit que « le contexte actuel est fondamentalement différent » après l’invasion du Capitole et que Facebook ne doit pas être utilisé pour « inciter à l’insurrection violente contre des représentants démocratiquement élus ». Une parole qui serait bien plus audible si Facebook n’avait pas laissé prospérer sur sa plate-forme, jusqu’à l’été dernier, des groupuscules paramilitaires insurrectionnels – Oath Keepers, 3percenters et bien d’autres – qui ont utilisé la fonctionnalité des groupes proposée par Facebook à des fins de recrutement et d’organisation. Sans parler du rôle actif qu’a joué Facebook dans la croissance de la théorie conspirationniste QAnon, dont les symboles étaient présents un peu partout sur les tee-shirts et les drapeaux arborés par les manifestants qui ont pris d’assaut le Capitole.

    Terreau fertile de militants radicalisés

    Google, qui a annoncé ce 8 janvier bloquer sur son magasin d’applications le réseau social d’ultra-droite Parler (suivi le 9 janvier par Apple qui l’a retiré de son app store et Amazon, qui menace de ne plus héberger les données de Parler sur son service de cloud à partir du 10 janvier), là encore en raison de risques d’appels à la violence, aurait peut-être également pu commencer par balayer devant sa porte. « Attendez un peu qu’ils découvrent ce qu’il y a sur YouTube ! », écrit, à raison, l’éditorialiste américain Casey Newton. Bien plus que Parler, la plate-forme vidéo, propriété de Google, porte une lourde responsabilité dans la manière dont ont prospéré les théories du complot les plus absurdes durant des années.

    En se focalisant sur les appels à la violence, certes peu tolérables, les grandes plates-formes ne doivent pas oublier que ceux-ci trouvent un écho parce que leur inaction a contribué à créer, ces dernières années, un terreau fertile de militants radicalisés prêts à écouter ces incitations et, parfois, à les mettre en œuvre. L’invasion du Capitole n’a pas été subitement déclenchée par le discours de Donald Trump appelant ses soutiens à marcher sur le Sénat : elle était le point culminant d’un long processus, qui a amené à Washington, ce 6 janvier, des dizaines de milliers de militants ultra-radicalisés – un processus qui s’est déroulé en bonne partie sur Facebook, Twitter et YouTube.

    Mais peut-on vraiment en vouloir aux réseaux sociaux de souhaiter se débarrasser de l’encombrant Donald Trump, fût-ce de manière hypocrite, après cinq années d’une campagne permanente, haineuse et mensongère, menée contre eux par le président sortant ? Une campagne durant laquelle Donald Trump a inventé de toutes pièces un « complot anticonservateur » sur Facebook, quand toutes les études montrent que le fonctionnement de cette plate-forme est plutôt à l’avantage des comptes pro-Trump ? Une campagne qui a vu le président faire pression, au mépris des principes historiques du Parti républicain, sur le fonctionnement interne d’entreprises privées ? Une campagne durant laquelle des employés et cadres des réseaux sociaux ont été désignés comme cibles à la foule des soutiens du président ? A force de crier au complot anticonservateur de la Silicon Valley, Donald Trump a probablement favorisé les conditions de son propre bannissement.

    Position intenable

    En dernière analyse, les ressorts de cette censure de dernière minute sont également à chercher dans la paralysie qui a semblé toucher tous les grands réseaux sociaux sur la modération du leader républicain. En refusant obstinément – et parfois en contournant leurs propres règles internes – de modérer les messages du président américain, Facebook ou Twitter se sont placés dans une position où la seule option restante était la fermeture pure et simple du compte présidentiel. A force d’avoir refusé, mois après mois, de jouer le rôle « d’arbitres de la vérité » dans une campagne hors norme où cette position était intenable face aux mensonges de plus en plus délirants du président américain, elles se sont elles-mêmes bloquées entre deux positions extrêmes : le laisser-faire complet ou la fermeture pure et simple du compte de Donald Trump. Ce dernier choix, dans les derniers jours de la présidence Trump, est un aveu d’échec de leur politique depuis près d’une décennie.

    Si les réseaux sociaux avaient commencé, il y a cinq ans, par effacer les messages racistes, injurieux et violents de celui qui n’était pas encore président, en mettant en place des politiques de modération transparentes et légitimes, sans doute n’en serions-nous pas arrivés là. Un élément que feraient bien de garder à l’esprit, y compris en France, certains élus qui s’indignent du pouvoir que s’est arrogé Twitter – la classe politique, qui a largement adopté Twitter comme son principal outil de communication, porte aussi sa part de responsabilité dans la légitimation de l’outil et de ses dérives, trumpiennes ou non.

    #Apple #Google #Facebook #parler.com #Twitter #algorithme #Android #iOS #censure #manipulation #élections #modération #extrême-droite (...)

    ##QAnon

  • How QAnon Conspiracy Theories Spread in My Hometown
    https://theintercept.com/2020/09/23/qanon-conspiracy-theory-colorado

    During the pandemic, some of the people I grew up with got sucked into QAnon and the Q-adjacent “Save the Children” movement. Earlier this summer, I noticed this alarming shift in my Facebook feed. Childhood friends and old high school acquaintances began plastering my timeline with posts referring to a satanic cabal of pedophile elites, including hysterical, unfounded claims about the proliferation of child sex trafficking and cultural or political efforts to “normalize” pedophilia. During (...)

    #manipulation #pédophilie #police #extrême-droite #QAnon

  • The Instagrammed Insurrection and the Great Deplatforming - Will Oremus
    https://onezero.medium.com/the-deplatforming-of-donald-j-trump-a61a1df0ad8f

    Booting Trump won’t solve social media’s problems. But it’s not a bad place to start. The president of the United States is no longer allowed to post on Twitter, Facebook, Instagram, Snapchat, Twitch, or Shopify. Twitter said Friday night that its ban was permanent — and it was swiftly followed by suspensions of the @POTUS and @TeamTrump accounts when Trump attempted to use those instead. When Trump tried tweeting from the account of Gary Coby, his digital campaign director, Twitter promptly (...)

    #Google #Facebook #Instagram #parler.com #Shopify #Snapchat #Twitch #Twitter #algorithme #manipulation #censure #élections #modération #extrême-droite (...)

    ##QAnon

  • ’Four years of propaganda’ : Trump social media bans come too late, experts say
    https://www.theguardian.com/us-news/2021/jan/07/donald-trump-facebook-social-media-capitol-attack

    Platforms have long let his dangerous posts stand – and researchers say the Capitol attack is ‘exactly what we expected’ In the 24 hours since the US Capitol in Washington was seized by a Trump-supporting mob disputing the results of the 2020 election, American social media companies have barred the president from their platforms for spreading falsehoods and inciting the crowd. Facebook, Snapchat and Twitch suspended Donald Trump indefinitely. Twitter locked his account temporarily. Multiple (...)

    #Facebook #Snapchat #Twitch #Twitter #manipulation #censure #modération #extrême-droite #QAnon (...)

    ##élections
    https://i.guim.co.uk/img/media/6ccb8e4e2744c1f733c632b6e14178fcdf87ccad/0_150_4500_2700/master/4500.jpg

  • Occupation du Capitole, la face obscure de l’Amérique révélée | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2021/01/07/occupation-du-capitole-la-face-obscure-de-lamerique-revelee

    Les démocrates n’ont guère su opposer à chaque provocation de Trump que leur indignation morale, ce qui est toujours un signe d’aveuglement face à un phénomène politique nouveau. Ils peuvent bien rouvrir les yeux maintenant, le phénomène Trump n’a pas disparu. il bénéficie du soutien de la frange la plus mobilisée de ses électeurs qui, loin d’être découragés par ses outrances verbales et ses appels à la violence, y reconnaissent leur propre colère. Ce qui soude la masse de ses supporters, c’est le pouvoir de dire non aux vérités établies. L’incrédulité est érigée en croyance absolue. Aucune autorité n’est épargnée, ni politiques, ni medias, ni intellectuels ni chercheurs. Tous sont voués au bûcher trumpiste.

    Ce sont les conservateurs anti-Trump qui parlent le mieux de Trump. Selon George Will, un éditorialiste néoconservateur, les provocations du président depuis son élection, amplifiées par « les technologies modernes de communication », ont « encouragé une escalade dans le débat public d’une telle violence que le seuil du passage à l’acte s’est trouvé rabaissé chez des individus aussi dérangés que lui ». Donald Trump « donne le ton à la société américaine qui est malheureusement une cire molle sur laquelle les présidents laissent leurs marques ». Et Will de conclure : « Ce roi Lear de bas étage a prouvé que l’expression “bouffon maléfique” n’est pas un oxymore. »

    • Ca à l’air interessant dommage qu’il y ait un #paywall
      Je me demande bien ce qu’on peu opposé à Trump et ses supporters nazis, Qanon, survivalistes... Illes sont violents, armés, hors d’atteinte de toute argumentation. Illes se propagent en Europe à une vitesse impressionnante et les crises qui nous attendent les feront prospéré. D’accord pour dire que ce sont des bouffons maléfiques, mais je ne voie pas ce qui serait possible de faire contre cette épidémie de malfaisance, pendant qu’on s’épuise à en raisonné un, il y en à 100 de nouveaux qui sont convertis.

    • Occupation du Capitole, la face obscure de l’Amérique révélée
      Par Christian Salmon

      Face aux images des supporters de Donald Trump envahissant le Capitole, Joe Biden a longuement insisté : ceci n’est pas le vrai visage de l’Amérique. Mais si ces images se sont propagées si rapidement, n’est-ce pas au contraire parce qu’elles révélaient la face cachée de la vieille démocratie ? La preuve est faite, le phénomène Trump n’est pas l’histoire d’un fou qui se serait emparé du pouvoir par surprise, il dit la vérité de l’époque, l’entrée dans une ère politique inconnue où le grotesque, les bouffons, le carnaval vont subvertir et disputer le pouvoir.

      « Vous avez tous vu ce que j’ai vu », a déclaré Joe Biden après l’occupation du Capitole le 6 janvier par des émeutiers trumpistes, « les scènes de chaos au Capitole ne reflètent pas la véritable Amérique, ne représente pas qui nous sommes ».

      Avons nous vu la même chose que Joe Biden dans les images de l’occupation du Capitole par des groupes d’émeutiers pro-Trump ? Rien n’est moins sûr. Car ces images sidérantes, images délirantes où le burlesque croisait le tragique et la vulgarité mimait l’historique, représentaient bien une certaine Amérique à laquelle le nouveau président élu va très vite se confronter. Si elles se sont répandues aussi vite sur les réseaux sociaux, ce n’est pas parce qu’elles ne ressemblaient pas à l’Amérique mais bien au contraire parce qu’elles en révélaient la face cachée.

      Ces images portaient atteinte non seulement à la loi et aux usages démocratiques, elles profanaient un certain ordre symbolique, l’image que l’Amérique a d’elle même, un imaginaire démocratique sans cesse retravaillé. Elles en profanaient les rites et les habitus dans une scène de carnaval endiablé, burlesque mené par des clowns aux déguisements d’animaux. Et l’impact de ces images était tout aussi destructeur qu’une tentative avortée de coup d’État, il jetait le discrédit sur des institutions et des procédures séculaires, celles qui président à la transition démocratique, qui légitiment le crédit des élections, les processus de vérification et de recomptage, la certification du candidat élu.

      Cette profanation symbolique est au cœur de la stratégie trumpiste.

      Avec Trump il ne s’agit plus de gouverner à l’intérieur du cadre démocratique, selon ses lois, ses normes, ses rituels, mais de spéculer à la baisse sur son discrédit. Son pari paradoxal consiste à asseoir la crédibilité de son « discours » sur le discrédit du « système », à spéculer à la baisse sur le discrédit général et à en aggraver les effets. Depuis son élection, Trump n’a pas cessé d’être en campagne. La vie politique sous Trump s’est transformée en une suite de provocations et de chocs sous la forme de décrets, de déclarations ou de simples tweets : muslim ban, défense des suprémacistes blancs après les événements de Charlottesville, guerre des tweets avec la Corée du Nord, tentative de criminaliser le mouvement de protestation qui a surgi après le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd…

      Trump a lancé un défi au système non pour le réformer ou le transformer, mais pour le ridiculiser.

      Pendant sa campagne Trump s’était adressé, via Twitter et Facebook a cette partie de la société qui avait fait sécession et il avait réussi à fédérer en quatre ans en une masse survoltée ces mécontentements dispersés. Trump avait orchestré leur ressentiment, réveillé les vieux démons sexistes et xénophobes, donné un visage et une voix, une visibilité, à une Amérique déclassée tout autant par la démographie et la sociologie que par la crise économique. Il a libéré une puissance sauvage et indistincte qui n’attendait que de se donner libre cours. Et il l’a fait à sa manière, cynique et caricaturale. Il s’est jeté sur ces foules envahies par le désir de revanche, et il les a excitées. Trump a lancé un défi au système non pour le réformer ou le transformer, mais pour le ridiculiser. Mission accomplie au soir du 6 janvier.

      Les démocrates n’ont guère su opposer à chaque provocation de Trump que leur indignation morale, ce qui est toujours un signe d’aveuglement face à un phénomène politique nouveau. Ils peuvent bien rouvrir les yeux maintenant, le phénomène Trump n’a pas disparu. il bénéficie du soutien de la frange la plus mobilisée de ses électeurs qui, loin d’être découragés par ses outrances verbales et ses appels à la violence, y reconnaissent leur propre colère. Ce qui soude la masse de ses supporters, c’est le pouvoir de dire non aux vérités établies. L’incrédulité est érigée en croyance absolue. Aucune autorité n’est épargnée, ni politiques, ni medias, ni intellectuels ni chercheurs. Tous sont voués au bûcher trumpiste.

      Ce sont les conservateurs anti-Trump qui parlent le mieux de Trump. Selon George Will, un éditorialiste néoconservateur, les provocations du président depuis son élection, amplifiées par « les technologies modernes de communication », ont « encouragé une escalade dans le débat public d’une telle violence que le seuil du passage à l’acte s’est trouvé rabaissé chez des individus aussi dérangés que lui ». Donald Trump « donne le ton à la société américaine qui est malheureusement une cire molle sur laquelle les présidents laissent leurs marques ». Et Will de conclure : « Ce roi Lear de bas étage a prouvé que l’expression “bouffon maléfique” n’est pas un oxymore. »

      Si la bouffonnerie relève le plus souvent du registre de la comédie et de la farce sans intention maléfique, Trump a utilisé les ressorts du grotesque pour orchestrer le ressentiment des foules, réveiller les vieux démons sexistes, racistes, antisémites.

      « Bouffon maléfique » : en associant ces deux termes, l’éditorialiste conservateur mettait en évidence le caractère clivé du pouvoir de Trump sur lequel la critique de ses opposants a constamment achoppé. Depuis quatre ans la réaction des démocrates et des principaux medias aux États-Unis est celle d’une incompréhension des mécanismes de ce nouveau pouvoir hégémonique incarné par Trump. Ce qu’ils n’ont pas compris c’est la centralité de ce personnage extravagant, la modernité et la résonance de son message dans la société et dans l’histoire de l’Amérique. Son omniprésence sur Twitter et celle d’un roi de carnaval qui s’arroge le droit de tout dire et de jeter le discrédit sur toutes les formes de pouvoir.

      Le phénomène Trump n’est pas l’histoire d’un fou qui se serait emparé du pouvoir par surprise… Bien au contraire, ce phénomène dit la vérité de l’époque, l’entrée dans une ère politique inconnue.

      Le pouvoir grotesque c’est la continuation de la politique discréditée par d’autres moyens.

      Dans son cours au Collège de France en 1975-76, Michel Foucault a forgé l’expression « pouvoir grotesque » ; il ne s’agit nullement pour lui de faire un usage polémique des mots « grotesques » ou « ubuesque » dans le but de disqualifier les hommes d’Etat qui seraient ainsi définis mais de tenter de comprendre au contraire la rationalité de ce pouvoir grotesque, une rationalité paradoxale puisque elle se manifeste par l’irrationalité de ses discours et de ses décisions. « La souveraineté grotesque opère non pas en dépit de l’incompétence de celui qui l’exerce mais en raison même de cette incompétence et des effets grotesques qui en découlent […] J’appelle grotesque le fait qu’en raison de leur statut, un discours ou un individu peut avoir des effets de pouvoir que leurs qualités intrinsèques devraient disqualifier. »

      Selon Foucault, le pouvoir grotesque est l’expression de sa puissance extrême, de son caractère nécessaire. « Le détenteur de la majestas, de ce plus de pouvoir par rapport à tout pouvoir quel qu’il soit, est en même temps, dans sa personne, dans son personnage, dans sa réalité physique, dans son costume, dans son geste, dans son corps, dans sa sexualité, dans sa manière d’être, un personnage infâme, grotesque, ridicule […] Le grotesque, c’est l’un des procédés essentiels à la souveraineté arbitraire. L’indignité du pouvoir n’en élimine pas les effets, qui sont au contraire d’autant plus violents et écrasants que le pouvoir est grotesque. »

      « En montrant explicitement le pouvoir comme abject, infâme, ubuesque ou simplement ridicule, il s’agit de manifester de manière éclatante le caractère incontournable, l’inévitabilité du pouvoir, qui peut précisément fonctionner dans toute sa rigueur et à la pointe extrême de sa rationalité violente, même lorsqu’il est entre les mains de quelqu’un qui se trouve effectivement disqualifié ».

      Michel Foucault nous alertait avec une prescience remarquable contre l’illusion partagée depuis quatre ans aux Etats Unis par les media et les démocrates qui consiste à voir dans le pouvoir grotesque « un accident dans l’histoire du pouvoir », « un raté de la mécanique », alors qu’il est « l’un des rouages qui font partie inhérente des mécanismes du pouvoir ».

      Le pouvoir grotesque c’est la continuation de la politique discréditée par d’autres moyens. Comment incarner un pouvoir politique basé sur le discrédit sinon en mettant en scène un pouvoir sans limite, débridé, qui déborde les attributs de la fonction et les rituels de légitimation.

      « C’est un clown – littéralement, il pourrait avoir sa place dans un cirque », a déclaré un jour Noam Chomsky. Dans un cirque ou au cœur du carnaval qu’est devenue la politique mondiale. Loin de se présidentialiser une fois élu, comme on s’y attendait, il a ridiculisé la fonction présidentielle par ses foucades, ses sautes d’humeur, ses postures ubuesques. Au terme de son mandat, il a lancé ses supporters à l’assaut du Capitole, promettant même de les accompagner. Un Président insurrectionnel, c’est du jamais vu ! Mais est-ce si surprenant ?

      Frances Fox Piven et Deepak Bhargava écrivaient au mois d’août 2020 dans un article de The Intercept, « Nous devons nous préparer maintenant à répondre, psychologiquement et stratégiquement, à quelque chose qui s’apparente à un coup d’État. Ce sont des scénarios sombres mais plausibles, et nous ferions mieux de les affronter plutôt que de les éviter. »

      Depuis sa campagne de 2016 Donald Trump n’a-t-il pas surfé sur cette vague de discrédit dans l’opinion qui lui a valu le vote de plus de 70 millions d’électeurs. Le 6 janvier, c’était leur fête et leur consécration. Ils tenaient le Capitole, même brièvement, même symboliquement. Les images en témoigneront longtemps, éclipsant les images officielles de la transition du 20 janvier comme leur contrepoint, côte à côte comme Crédit et Discrédit. Elles ne reflètent peut-être pas la véritable Amérique selon Joe Biden, mais elles en sont la face obscure soudain révélée. La tyrannie des bouffons ne fait que commencer.

    • Merci @gillesm
      Sur l’oiseau bleu, beaucoup de commentaires sur le fait que la police s’est montré beaucoup moins violentes envers les putchistes blancs de blancs qu’elle ne l’aurait été face à une contestation de personnes « racisées ». Cette face-là n’est pas cachée, mais sans doute sous-estimée.

  • Des foules de partisans de Trump convergent vers Washington | La Presse
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2021-01-06/des-foules-de-partisans-de-trump-convergent-vers-washington.php

    Bravant les consignes sanitaires, des hommes et femmes venus de tous les #États-Unis se massaient sans masque dans les métros, convergeant vers une capitale dont les vitrines étaient une fois de plus barricadées par crainte d’éventuels débordements.

    Le président sortant, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler dans la capitale pour cette journée qui sera « folle », a-t-il prévenu.

    Il doit prendre la parole devant ses troupes à 11 h depuis l’Ellipse, esplanade située au sud de la Maison-Blanche, et devrait répéter les accusations de fraudes qu’il martèle depuis deux mois sans en apporter la preuve.

  • Traite des Noirs, traite des Blanches : même combat ? - 1002483ar.pdf
    https://www.erudit.org/fr/revues/crs/2007-n43-crs1518154/1002483ar.pdf

    L’article interroge la légitimité de l’usage du mot « #traite » dans l’expression« traite des Blanches », devenue « traite des femmes et des enfants » en 1921 et« traite des êtres humains » en 1949. En effet, la traite négrière se caractérisait par deux traits absents dans les phénomènes qui y sont indûment assimilés :elle était légale (ce qui privait ses victimes de tout recours auprès des autorités)et elle était forcée du début à la fin du processus (capture, transport, vente ettravail des esclaves). En l’absence de ces deux traits, c’est seulement par un #abus de #langage ou une déformation des faits que, depuis plus d’un siècle, l’on peut soutenir l’analogie. Les auteurs examinent en conclusion comment,pourquoi et avec quelles conséquences certains contemporains la soutiennentnéanmoins

    Via Valérie Rey_Robert sur cuicui. Cette précision sur l’utilisation abusive du mot « traite » me sert à l’instant de bouée, pour essayer de pister ce qui se passe chez #QAnon et dans les endroits où l’on dénonce des #pedophile_ring #cercles_pédophiles, comme dans l’affaire #Dutroux et/ou #epstein, organisé au plus niveau et de façon massive. Visiblement, ces rumeurs, ce fantasme, ce conte Orrible, existe depuis au moins le 19éme siècle et, j’enfonce la porte ouverte, c’est affreusement contreproductif face à l’effectivement massif problème auquel nous faisons face et à ses organisateurs au plus au niveau (merde, une #boucle, argh). Bon vous m’aurez pas compris.

  • QAnon : Cet homme est vraisemblablement Q, ou sait qui est Q - L’1dex
    https://1dex.ch/2020/12/qanon-cet-homme-est-vraisemblablement-q-ou-sait-qui-est-q

    Comme la plupart le savent maintenant, QAnon est une illusion collective dérangée qui a consumé des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’Américains, qui croient qu’une cabale de pédophiles adorant Satan et dirigeant un réseau mondial de trafic sexuel d’enfants complote contre le président Donald Trump. Les QAnon vont bientôt entrer au Congrès, après que Marjorie Taylor Greene – qui croit au délire des QAnon – ait gagné ses primaires républicaines en Géorgie et n’ait pas d’adversaire aux élections générales.

    Dans l’épisode de cette semaine du podcast ReplyAll de Gimlet, PJ Vogt explore non seulement les origines de QAnon, mais théorise – sur la base de preuves très convaincantes – l’identité de Q, la (ou les) personne(s) derrière le délire. Je crois que 90 % de l’illusion des QAnon réside dans le mystère de Q et que la révélation de son identité démystifiera progressivement l’illusion une fois que les adeptes de Q commenceront à comprendre qui il est vraiment.
    Les milliers de personnes qui se sont consacrées à cette illusion savent-elles que le type derrière tout cela est un ancien mécanicien de l’armée d’âge moyen devenu gourou du porno sur Internet ? Est-il surprenant que l’homme derrière ce délire qui s’attache à croire que les démocrates dirigent un réseau de trafic sexuel d’enfants soit également le propriétaire de 8Chan, un site connu pour son rôle de forum de la pornographie enfantine (ainsi que pour ses liens avec la suprématie blanche, les crimes de haine et les multiples fusillades de masse) ? L’homme s’appelle Jim Watkins :
    Dans les années 1990, Jim Watkins a inventé un site appelé « Asian Bikini Bar » afin de contourner les lois japonaises concernant la censure de la pornographie. En 2014, Watkins a pris le contrôle de 2channel, qui est en fait la version japonaise de 4Chan. Pendant ce temps, un homme nommé Fredrick Brennan possédait 8Chan, qui a pris son envol lorsque 4Chan a interdit les discussions autour de Gamergate, et tous ces suprémacistes blancs, racistes, et. al, sont passés à 8Chan. Elle a pris une telle ampleur si rapidement que Brennan ne pouvait plus se permettre de l’héberger car personne ne voulait y faire de publicité. Jim Watkins en a donc pris le contrôle en échange d’un emploi et d’une maison aux Philippines, où Jim Watkins vit avec sa femme, qu’il a rencontrée et épousée trois semaines après son départ pour les Philippines en 2001. Watkins est ainsi décrit dans le Washington Post :

    Le parcours de Watkins, qui est passé de marchand de porno à gardien de ce qu’un ancien allié appelait un « cloaque de la haine », semble être né de son désir de tirer profit des recoins les plus sombres d’Internet, en sautant entre les tendances point-com et en se positionnant comme un luminaire excentrique dans les communautés qu’il a contribué à cultiver.

  • (TW #viol, #pédocriminalité)
    [Edit : très certainement une source conspirationniste]

    Anneke Lucas
    https://annekelucas.com

    #Anneke_Lucas is an author, speaker, advocate for child sex trafficking victims, founder of the non-profit organization Liberation Prison Yoga, and creator of the Unconditional Model.

    Her work is based on personal experience of a 30-year healing journey after surviving being sold by her family as a child sex slave to a pedophile network.

    Her healing through psycho-therapy, writing, yoga and meditation were synthesized during a decade of service with incarcerated populations and with survivors of sex trafficking and satanic ritual abuse inside and outside of prisons. Sharing her own healing shaped her message for personal and global evolution through the Unconditional Model, the mindfulness modality she developed.

    Anneke’s book “Seeds Beneath the Snow: Uncovering the Divine Feminine on the Path to Global Equality” is scheduled to be released in 2020. She is represented by Sam Hyate from the Rights Factory.