• ByteDance, le nouvel ogre de l’Internet en Chine, ne cesse de grossir
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/02/bytedance-le-nouvel-ogre-de-l-internet-en-chine-ne-cesse-de-grossir_6071706_

    Le propriétaire de TikTok a embauché 40 000 employés en 2020 et pourrait faire de l’ombre aux deux géants chinois Alibaba et Tencent.

    ByteDance ne s’arrête pas : après 40 000 embauches en 2020, l’entreprise qui détient TikTok vient d’annoncer 13 000 créations de postes pour sa section éducation. Un appétit impressionnant pour une entreprise fondée il y a neuf ans. Aujourd’hui, avec 100 000 personnes à son bord, ByteDance a 30 000 employés de plus que Facebook, ou Tencent, le géant chinois des réseaux sociaux avec WeChat et QQ, et numéro un mondial des jeux vidéo.

    Tencent, entreprise la plus chère de Chine, vaut pourtant quatre fois plus que ByteDance, dont la valeur est estimée à environ 150 milliards de dollars (125 milliards d’euros). Une inflation des équipes due en partie à la nature de son activité, sensible : rien qu’en Chine, l’entreprise compte 20 000 employés spécialisés dans la « vérification des contenus ».

    Mais grâce à ses vaches à lait TikTok et sa version chinoise, Douyin, ByteDance peut prendre des risques et s’introduire dans des nouveaux secteurs d’activité : commerce, éducation en ligne et jeux vidéo. ByteDance est le fruit de l’imagination de Zhang Yiming, un ingénieur informaticien qui lance, en 2012, l’agrégateur d’information Jinri Toutiao. Le site démontre déjà la capacité de l’entreprise à utiliser l’intelligence artificielle pour proposer à ses utilisateurs des contenus adaptés à leurs centres d’intérêts.

    Mais la véritable percée intervient avec Douyin et TikTok, sa version internationale, en 2017. Trois ans plus tard, à l’été 2020, ByteDance revendiquait 1,3 milliard d’utilisateurs au total pour ces deux plates-formes. Grâce aux revenus publicitaires générés par ce trafic impressionnant, l’entreprise peut s’étendre : « Leur trésorerie est positive, grâce à leur activité publicitaire très lucrative. Donc ils peuvent financer leur propre expansion et, quand ils vont voir des investisseurs, ils peuvent lever des fonds à des conditions favorables », explique Matthew Brennan, consultant et auteur de Attention Factory : The Story of TikTok and China’s ByteDance (2020, non traduit).

    La culture d’entreprise encourage cette prise de risque. « Ils expérimentent beaucoup pour trouver leurs prochains relais de croissance et semblent avoir choisi l’éducation, le commerce en ligne et les jeux vidéo. Ce que confirme l’abandon d’autres projets, comme les smartphones ou une application de tchat : ils essaient et abandonnent vite ce qui n’est pas prometteur », analyse Michael Norris, chef de la stratégie pour Agency China, un cabinet de conseil à Shanghaï. ByteDance ne semble se mettre aucune barrière. L’entreprise développe les achats sur Douyin, déjà largement utilisé pour faire la promotion de produits en Chine, quitte à s’aventurer sur les terres d’Alibaba, qui domine le commerce en ligne.

    Tencent a encore plus de soucis à se faire

    Tencent a encore plus de soucis à se faire. Le géant a déjà vu ByteDance grignoter une partie de la croissance de ses revenus publicitaires, grâce à ses plates-formes qui mobilisent l’attention des Chinois, aux dépens de WeChat. Désormais, ByteDance s’attaque aux jeux vidéo, autre royaume de l’empire Tencent. Depuis fin 2019, ByteDance s’est mis à l’édition de jeux, avant de racheter des studios pour développer sa propre offre.

    « Le jeu vidéo est une activité qui leur correspond bien : les gens vont sur Douyin pour se détendre et passer le temps, et les jeux vidéo répondent à la même attente, analyse Matthew Brennan. Donc Douyin est la plate-forme parfaite pour faire la promotion de jeux. C’est ce qui rend Douyin et TikTok si intéressants : c’est un moyen d’acquérir des utilisateurs pour n’importe quel service qu’ils souhaitent promouvoir dans le monde. » Le jeu vidéo est un secteur particulièrement lucratif en Chine, avec un chiffre d’affaires de 68 milliards de yuans (8,8 milliards d’euros) au troisième trimestre 2020, en hausse de 15 %, et avec 661 millions de joueurs.

    Dernier pari pour ByteDance, l’éducation, dans laquelle l’entreprise est présente depuis 2016. Mais la pandémie de Covid-19 a changé la donne : la suspension des classes pour des centaines de millions d’enfants en Chine a donné un coup de pouce à un secteur déjà dynamique.

    En octobre 2020, ByteDance a lancé une lampe de bureau connectée, avec écran permettant aux parents d’interagir avec l’élève et une caméra qui peut estimer sa concentration. ByteDance offre aussi plusieurs applications éducatives, avec ou sans enseignant humain, pour un public allant de la maternelle aux professionnels. Et l’entreprise est bien décidée à accélérer : alors que cette section employait déjà 10 000 personnes en octobre dernier, ByteDance a annoncé, vendredi 26 février, la création de 13 000 nouveaux postes dans les mois à venir.

    Mais cette croissance extrême n’est pas sans poser problème. Plusieurs employés témoignent d’une culture d’entreprise extrêmement agressive. Vera Ma (elle ne donne que son prénom anglais, par discrétion) a travaillé au marketing pour une des plates-formes de l’entreprise.

    « Mon travail consistait à passer entre 200 et 500 appels par jour pour trouver des annonceurs. A chaque fois qu’on obtenait quelque chose, par exemple 10 000 yuans de renouvellement, le chef d’équipe criait : “Untel a renouvelé un contrat !” et tout le monde applaudissait. Mais ceux qui n’atteignent pas leurs objectifs étaient rapidement poussés à démissionner. » « Cela conduit à une culture des heures sup : tout le monde reste tard le soir, souvent jusqu’à 22 heures, à faire semblant de travailler », raconte Barney Zhou, ancien graphiste dans l’entreprise. Le stress est permanent.
    #Alibaba #ByteDance #Tencent #TikTok #WeChat #QQ #algorithme #jeu #domination #bénéfices #enseignement #GigEconomy #publicité (...)

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  • L’amour au temps de la censure : Lu Yuyu et Li Tingyu, militants chinois
    https://www.amnesty.be/infos/blogs/blog-paroles-chercheurs-defenseurs-victimes/article/amour-temps-censure-yuyu-tingyu-militants-chinois

    Lu Yuyu et Li Tingyu étaient en train de récupérer une plante pour Little Stinker, leur chat, lorsque leur histoire d’amour a brutalement pris fin. La police, qui les surveillait depuis le début de leur relation, trois ans plus tôt, les attendait au point de retrait. « Jane » (Li Tingyu) est entrée pour récupérer le paquet, pendant que je l’attendais dehors. Tout à coup, plusieurs hommes ont surgi », a raconté Lu Yuyu à Amnesty International, à son domicile de la province de Guizhou, dans le sud-ouest de (...)

    #Weibo #QQ #activisme #censure #surveillance #AmnestyInternational

  • Surveillance of Uyghurs Detailed in Chinese Police Database
    https://theintercept.com/2021/01/29/china-uyghur-muslim-surveillance-police

    Millions of Leaked Police Files Detail Suffocating Surveillance of China’s Uyghur Minority The order came through a police automation system in Ürümqi, the largest city in China’s northwest Xinjiang region. The system had distributed a report — an “intelligence information judgment,” as local authorities called it — that the female relative of a purported extremist had been offered free travel to Yunnan, a picturesque province to the south. The woman found the offer on the smartphone messaging (...)

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    ##géolocalisation

  • Sénégal : le Covid-19 « a permis de trancher les frontières entre la gouvernance mondiale de la santé, incarnée par l’OMS, et la souveraineté nationale »
    https://www.afrik.com/senegal-le-covid-19-a-permis-de-trancher-les-frontieres-entre-la-gouvernance-

    Oui. Il semble même que le Covid-19 soit par excellence l’épidémie de la stigmatisation. Contrairement au virus Ebola, qui avait une plus forte létalité, la faible létalité du Covid-19 semble se compenser avec la rapidité de la progression de la transmission. Pire, la stigmatisation épouse la dynamique de l’épidémie. Au Sénégal, nous avons assisté, tour à tour, à la stigmatisation du migrant de retour d’Italie, parce que le premier cas de contamination d’un Sénégalais provenait de la diaspora. Concomitamment, les familles de ces migrants, mises en quatorzaine par les services de la surveillance épidémiologique, souffraient de stigmatisations de la part des voisins. Ensuite, ce fut au tour des personnes suspectées : des personnes ayant un malaise dans la rue n’ont pas été assisté ni par les passants ni par les voisins, par peur d’être contaminés.

    #covid-19#migrant#migration#senegal#sante#stigmatisation#diaspora#retour#qquatorzaine

  • En Chine, le débat sur la protection des données émerge doucement
    https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0301550282965-en-chine-le-debat-sur-la-protection-des-donnees-emerge-doucem

    Pékin cherche à légiférer mais ne veut pas brider la croissance de ses géants du Web, comme Alibaba et Tencent, qui ont accumulé des milliards de données sur les consommateurs chinois. L’exposition aura duré quatre jours avant d’être fermée par la police de Wuhan, dans le centre de la Chine. Sur de grandes feuilles de papier, on pouvait y lire le nom, le sexe, l’âge, l’adresse, le numéro de téléphone, la plaque d’immatriculation, les voyages ou encore les achats effectués par 346.000 habitants de la ville. (...)

    #Alibaba #Tencent #Baidu #QQ #algorithme #données #BigData #profiling #Toutiao

  • En Chine, deux « chatbots » bannis après des propos défavorables au régime
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/08/07/en-chine-deux-chatbots-bannis-apres-des-propos-defavorables-au-regime_516968

    Les programmes BabyQ et XiaoBing ont été bannis de la messagerie QQ, très populaire en Chine. Deux « chatbots », ces programmes informatiques conçus pour dialoguer, ont été bannis d’une messagerie chinoise après avoir tenu des propos défavorables au régime de Pékin, rapportent Reuters, le Financial Times et la BBC. BabyQ, créé par Turing Robot, une importante entreprise chinoise d’intelligence artificielle, et XiaoBing, développé par Microsoft, étaient hébergés sur le service de messagerie QQ, de (...)

    #Tencent #QQ #bot #censure #web #surveillance #algorithme

  • Chinese chatbots apparently re-educated after political faux pas
    https://www.reuters.com/article/us-china-robots-idUSKBN1AK0G1

    A pair of ’chatbots’ in China have been taken offline after appearing to stray off-script. In response to users’ questions, one said its dream was to travel to the United States, while the other said it wasn’t a huge fan of the Chinese Communist Party. The two chatbots, BabyQ and XiaoBing, are designed to use machine learning artificial intelligence (AI) to carry out conversations with humans online. Both had been installed onto Tencent Holdings Ltd’s popular messaging service (...)

    #Tencent #QQ #bot #algorithme #censure #web #surveillance