• #Elaine_Grisé : Le Québec dira-t-il enfin que c’en est assez à Gabrielle Bouchard de la #FFQ ?
    https://tradfem.wordpress.com/2020/02/25/le-quebec-dira-t-il-enfin-que-cen-est-assez-a-gabrielle-bouchard-

    La scène politique et féministe québécoise a été turbulente dernièrement. Pour être juste, c’est vrai des dernières années. Les débats politiques et idéologiques se retrouvent au cœur même des valeurs de la société et suscitent beaucoup de divisions. Aujourd’hui, les désaccords nous placent du « bon » ou du « mauvais » côté – les ennemis sont rapidement déterminés et traités comme immuables, que nous soyons de droite, de gauche ou dans le mouvement féministe.

    Longtemps reconnue comme un groupe phare pour les droits des femmes au Québec et sur la scène internationale, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) n’est plus ce qu’elle était et suscite régulièrement la controverse. (...) Dans son gazouillis, Bouchard se moquait une énième fois des abolitionnistes, arguant que la prostitution n’a pas été un facteur dans la mort de cette jeune femme, et affirmant que nous pourrions tout aussi bien interdire l’hétérosexualité si nous voulons argumenter contre le commerce du sexe. Le commentaire sur la religion était une tentative de s’en prendre aux femmes qui appuient la loi québécoise sur la laïcité, et de dépeindre celles-ci comme des hypocrites.

    Il semble que ce fut la goutte de trop pour les médias et le public, qui ont fait grand cas du gazouillis de Bouchard. La FFQ s’est dissociée de ses propos, tandis que plusieurs politiciens, journalistes et membres du grand public ont demandé sa démission et que le gouvernement du Québec retire le financement de l’organisme. (La FFQ est aussi largement subventionnée par le gouvernement fédéral, jusqu’à hauteur de 500 000 $ par année). Depuis, la FFQ et Bouchard sont demeurés silencieux.

    Traduction : Elaine Grisé
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2020/02/19/will-quebec-finally-say-enough-is-enough-to-ffq-president-gabrielle
    #trans-activisme #système_prostitutionnel #ressac_antiféministe #Québec

  • #Pesticides : un #lanceur_d'alerte congédié par le gouvernement du #Québec | Radio-Canada.ca
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1149614/pesticides-recherche-lanceur-alerte-agronome-congedie-gouvernement-

    Le ministère de l’#Agriculture du Québec a renvoyé un lanceur d’alerte qui avait dénoncé l’ingérence du privé dans la #recherche publique sur les pesticides, a appris Radio-Canada. Le fonctionnaire a été congédié jeudi dernier pour avoir fourni des renseignements confidentiels à un média, tandis que deux de ses collègues sont suspendus. Ces représailles suscitent des questions sur la protection des lanceurs d’alerte au Québec.

    Fort de 32 ans d’expérience au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), l’agronome Louis Robert est une sommité dans son domaine. Le fonctionnaire au bureau de Saint-Hyacinthe avait même fait l’objet d’un long reportage de l’émission La semaine verte cet automne.

    En 2017, le conseiller expert dans le secteur des #grains avait osé dénoncer, à l’interne, l’ingérence du #privé dans la recherche publique sur l’utilisation des pesticides. Insatisfait de l’écoute de ses supérieurs, il s’était tourné vers Radio-Canada. Le fonctionnaire avait partagé, en toute confidentialité, des documents accablants.

    Pesticides : la cure minceur dans le secteur public a ouvert la porte à l’influence des #lobbys
    http://theconversation.com/pesticides-la-cure-minceur-dans-le-secteur-public-a-ouvert-la-porte

    Comme l’a révélé la Commission Charbonneau, la perte d’expertise étatique place l’État « dans une relation de dépendance et de vulnérabilité face aux firmes […] privées » et l’appel à ces « partenaires » privés, « qui devait en principe apporter des économies importantes pour l’État, a plutôt mené à une hausse de #coûts » par la collusion qui s’en est suivie.

    La rhétorique de « couper dans le gras » est peut-être séduisante, mais s’avère du moins en partie fausse. Selon nos calculs réalisés sur la base des statistiques du Conseil du trésor de 1993 à 2019, la réduction en 26 ans de 85 % de l’effectif total au ministère des Transports et de 49 % au ministère de l’Agriculture n’est pas sans conséquence à court comme à long terme.

  • Moins d’enseignants, plus de souplesse

    Le nombre d’élèves dans les écoles ne cessera d’augmenter d’ici 2029, les inscriptions dans les facultés d’éducation sont en chute, les départs à la retraite se multiplient, sans compter le quart des nouveaux professeurs qui quittent leréseau dans leurs cinq premières années d’enseignement : la profession est malmenée, et rien n’est fait pour la revaloriser, selon les experts.

    En 2016-2017, 889 000 élèves intégraient le réseau public dans les niveaux préscolaire, primaire et secondaire. Ce nombre passera à1,01 million en 2029-2030, selon les prévisions démographiques du ministère de l’Éducation. L’immigration, la progression de la courbe de natalité et la création de nouvelles classes de maternelle 4 ans expliquent cette hausse. Entre 2011 et 2018, les écoles primaires du Québec ont accueilli 74 000 enfants de plus. Ces cohortes remplissent peu à peu les écoles secondaires, puis atteindront les cégeps dans les prochaines années, souligne Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du #Québec (FNEEQ-CSN).
    Au secondaire, les commissions scolaires devront recruter quelque 3000 enseignants d’ici cinq ans. En 2018, 5932 étudiants étaient inscrits au baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire (BEPP) contre 6696 en 2015. Au baccalauréat en enseignement secondaire, on en comptait 2857 à la rentrée 2018, soit quelque 1000 étudiants en moins qu’en 2009.

    « La #pénurie n’est pas apparue soudainement », fait valoir le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette. Pour lui, elle est en partie le résultat du mépris à l’endroit de la profession, « dévalorisée aux yeux du public et de celles et ceux qui auraient été intéressés par ce métier ».

    Henri Boudreault, vice-doyen aux études à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, arrive au même constat. « On a craché sur le dos des enseignants pendant des années. »

    Des solutions à temps partiel

    Bien qu’elle soit globale, la pénurie d’enseignants n’est pas homogène dans toutes les régions du Québec. Dans la région de Montréal, les causes y sont particulièrement multifactorielles, rappelle M. Boudreault. Le taux d’immigration et le problème de rétention du personnel y sont plus élevés. La hausse du nombre d’élèves dans le réseau public pourrait atteindre 29 % dans les trois commissions scolaires francophones de l’île de Montréal d’ici 2029.

    « Si l’UQAM et l’Université de Montréal diplômaient tous leurs étudiants et étudiantes en éducation, cela ne suffirait pas à combler la moitié du manque de personnel dans les écoles primaires sur l’île de Montréal », poursuit le vice-doyen.

    Une année de discussions entre les commissions scolaires montréalaises et ces universités a abouti à l’organisation d’un cours de deuxième cycle de 45 heures pour le personnel qui ne détient pas de brevet. « Introduction à l’enseignement et didactique générale », lancé en août 2019, a attiré près de 200 personnes sans expérience et qui n’étaient pas sur le radar des commissions scolaires. Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a en effet décidé d’assouplir les « tolérances d’engagement » à l’automne 2018, pour permettre àdes gens « non légalement qualifiés » d’enseigner au primaire et au secondaire.

    Ces professeurs sans brevet disposent de dix ans pour suivre une formation universitaire : un baccalauréat de quatre ans en enseignement préscolaire et primaire (BEPP) ou une maîtrise qualifiante pour les diplômés universitaires — mathématiques, français, histoire ou autre — souhaitant enseigner au secondaire. Le territoire montréalais compte près de 1000 suppléants non légalement qualifiés, selon Henri Boudreault.

    Le cours a été développé et est offert de manière autonome par chacune des universités. Il s’agit d’une « première version en attendant le développement d’un programme complet », explique le vice-doyen. Un baccalauréat à temps partiel devrait par ailleurs s’ouvrir à l’hiver 2021.

    Certaines régions s’attaquent plutôt aux banques vides de suppléants. L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, par exemple, offre un certificat en accompagnement à l’enseignement primaire destiné à la suppléance. Quant à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), celle qui a perdu le plus de diplômés au BEPP de 2013 à 2018, passant de 32 à 11, elle a opté pour une formule fondée sur une logique travail et études. Deux jours par semaine sont consacrés aux études, puis les trois autres au travail dans les commissions scolaires.

    Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la pénurie est toutefois moins forte que sur d’autres territoires dépendant de l’UQAC, comme Sept-Îles par exemple. « Là-bas, on ne démarre une cohorte que tous les quatre ans alors qu’au Saguenay, c’est tous les ans », indique Loïc Pulido, professeur et directeur du BEPP de l’UQAC. Comme le territoire de l’est de la Côte-Nord est vaste, les étudiants peuvent aussi suivre la formation à distance.

    Empirer à court terme

    « Le gouvernement nous a donné des ressources pour créer des bourses d’excellence afin d’attirer les étudiants », explique M. Boudreault. Il cite également la campagne de séduction du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur auprès des Canadiens hors Québec et des étrangers. Les spécialistes saluent ces initiatives, mais à court terme, il faut s’attaquer au taux de rétention, croient-ils. « Nous avons déjà ces ressources. Il faut les convaincre de rester dans le réseau. »

    La FAE comme la FNEEQ-CSN revendiquent davantage de ressources spécialisées, la liberté pédagogique de choisir les outils et les méthodes d’intervention, plus dereconnaissance, du mentorat et le rattrapage salarial au regard de la moyenne canadienne. Les augmentations inférieures à l’inflation proposées par le gouvernement sont qualifiées d’« insultantes », voire « violentes », par les syndicats, étant donné la bonne santé des finances publiques.

    https://www.ledevoir.com/societe/education/572286/moins-d-enseignants-plus-de-souplesse

    #enseignement #écoles #Canada #souplesse #flexibilité

  • ANTHROPOCÈNE : L’époque humaine
    Jennifer Baichwal, Nicholas De Pencier, Edward Burtynsky, Youtube, 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=wtLXI7m0nuo

    Voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/821433

    3.7 planètes
    François Bellefeuille, Radio Canada, 2019
    https://ici.radio-canada.ca/premiere/balados/7109/francois-bellefeuille-environnement-humour

    Mets du respect dans ton bac
    Alaclair Ensemble, Youtube, 2019
    https://www.youtube.com/watch?v=LN2tKabrcuA

    #Alaclair_Ensemble #musique #rap #musique_et_politique #humour #cinéma #Québec #Canada

    Et un article ci-dessous qui parle de ces trois exemples...

    Dès que j’aurai un peu de temps, je l’ajouterai à la quatrième compilation :
    https://seenthis.net/messages/818991

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #anthropocène #capitalocène
    ==================
    Sauver la planète avec une chanson ou une blague
    Dominic Tardif, Le Devoir, le 27 décembre 2019
    https://www.ledevoir.com/culture/569847/environnement-sauver-le-monde-avec-une-chanson-ou-une-blague

    Vous auriez suggéré en janvier dernier qu’un des meilleurs morceaux de l’année musicale québécoise serait créé par Alaclair Ensemble pour le compte de la Ville de Laval, que l’on vous aurait sans doute soupçonné d’avoir un peu trop fumé d’herbe légale. Et pourtant, c’est bel et bien grâce à un improbable refrain faisant l’apologie d’un tri éclairé des matières recyclables, Mets du respect dans ton bac, que le collectif hip-hop conclut triomphalement 2019. Cela en ayant ajouté un nouveau tube — authentique tube ! — à son répertoire à part de ça !

    La redoutable efficacité du premier titre, et du clip l’accompagnant, avait évidemment de quoi étonner, tant la mission — rappeler aux Lavallois que mettre ou ne pas mettre au recyclage — était casse-gueule. Nombre d’artistes n’ont-ils pas sacrifié leur crédibilité sur l’autel de telles campagnes de sensibilisation publique, envisagées avec un surplus de sérieux confinant au ridicule ? Le succès de Mets du respect dans ton bac tient sans doute ainsi largement à cette absence manifeste de peur de faire les fous, voire d’avoir l’air fou, qui distingue depuis toujours Alaclair au coeur d’un paysage hip-hop où règne une certaine morgue.

    « Les autres [rappeurs] qui sont stressés à propos de leur crédibilité n’auraient jamais osé s’embarquer là-dedans », résume le MC et beatfaiseur KNLO, manière de dire que la légendaire inclinaison de la troupe bas-canadienne à entraîner le hip-hop là où il n’est jamais allé — dans ce cas-ci dans un centre de tri — a beaucoup contribué à ce que Mets du respect dans ton bac ne finisse pas au dépotoir des chansons à message provoquant le malaise, plutôt que l’éveil.

    Se fier au messager

    Mais au-delà de l’instructive ritournelle d’Alaclair — « Métal, verre, plastique, carton, papier, that’s it » —, quel est le pouvoir des artistes et de leurs oeuvres en matière d’environnement ? Peuvent-ils réellement favoriser les changements de comportement chez un vaste public ?

    « Ce que l’art peut surtout changer, c’est la perception des normes sociales, la perception qu’il y a une conscience de plus en plus importante dans la population, chez les gens qui nous entourent, qu’il faut se préoccuper de l’environnement », souligne la chercheuse postdoctorale en communication environnementale à l’Université Laval et chargée de cours à l’Université de Sherbrooke Valériane Champagne Saint-Arnaud.

    L’influence de l’art en matière de bonnes habitudes écologiques reposerait donc moins, selon Mme Champagne Saint-Arnaud, sur la force d’une oeuvre en particulier, que sur une multiplication d’oeuvres, et sur une diversification des profils de créateurs livrant pareil message. « Le fait que le message soit porté par des figures qui ne sont pas identifiées comme des écologistes vert foncé, c’est une excellente stratégie pour que certains citoyens se reconnaissent davantage. »

    Voilà un des grands atouts du passionnant balado de Radio-Canada 3.7 planètes, dans lequel l’humoriste François Bellefeuille, pas spécialement associé à la lutte contre la crise climatique, tient la chronique des transformations qu’il apporte à son quotidien afin de réduire son empreinte carbone. L’auditeur l’accompagne en parallèle dans la création d’un numéro comique qui inciterait ses nombreux admirateurs — 200 000 billets vendus jusqu’à maintenant de son spectacle Le plus fort au monde — à l’imiter.

    « Je sais que parmi les gens qui me suivent, il y en a beaucoup qui ne s’attendent pas à se faire parler de ce sujet-là et qui vont peut-être être plus ouverts parce que c’est moi qui en parle. Je reçois plein de messages au sujet de mon bidet, en tout cas ! » confie Bellefeuille au sujet du neuvième épisode du balado, dans lequel il renonce au papier hygiénique, et installe un bidet dans sa salle de toilettes. « Je ne veux pas me vanter, mais je pense que j’ai fait considérablement augmenter les ventes de bidet au Québec. » Qui osera désormais prétendre que les humoristes sont inutiles ?

    L’art à double tranchant

    Le processus d’écriture et de rodage de ce nouveau numéro aura cependant été l’occasion, pour François Bellefeuille, de mesurer les limites de l’ironie. Un passage de son monologue dans lequel il prétendait ne s’être jamais astreint à rincer un pot de beurre d’arachides pour le mettre au recyclage — ce qui est faux — semblait conforter certains spectateurs dans leur insouciance, constatait l’humoriste en recevant les rires qu’il générait alors.

    « Je me questionne beaucoup sur le deuxième degré, et j’ai de plus en plus l’impression que ce n’est pas si efficace pour influencer l’opinion des gens. J’ai l’impression que si ma véritable opinion à moi se situe dans le deuxième degré, je m’adresse seulement aux gens qui veulent bien voir ce deuxième degré, et qui sont déjà sensibles à ce que je défends. Je me suis rendu compte à quel point c’était important d’être clair sur mes intentions, surtout dans notre ère post-factuelle. Je ne pensais jamais que je dirais ça un jour, mais je préfère être un peu moins drôle quand je parle de sujets sérieux comme celui-là, juste pour être sûr d’être clair. »

    Le monde des arts visuels fait aussi face à des dilemmes, notamment en ce qui concerne la représentation des ravages que causent les changements climatiques et les excès du capitalisme. Anna Brunette, une étudiante à la maîtrise en histoire de l’art à l’UQAM dont le mémoire porte sur les paradoxes de la conscientisation environnementale en art actuel, évoque deux tendances faisant débat en art écologique : celle du catastrophisme qui « fige les spectateurs et augmente l’écoanxiété, au lieu de mobiliser », et celle de l’esthétisation de la désolation environnementale.

    Le documentaire Anthropocène : L’époque humaine (2018) est certes tissé de plans à couper le souffle, mais suffit-il de voir une raffinerie texane ou un dépotoir kenyan pour vivre son épiphanie écologiste ? « Évidemment qu’un film comme celui-là est un formidable outil de conscientisation, mais il y a une ambiguïté esthético-éthique qui crée une expérience à mi-chemin entre la contemplation, la crainte, la culpabilisation et le désir d’intervention », observe celle qui regrette le manque de contextualisation réduisant la portée de bien des oeuvres d’art écologique. « Les oeuvres viennent sonner le spectateur, mais le laissent démuni, frustré. »

    L’avenir de l’art écologique passerait impérativement, pour Anna Brunette, par son déploiement à l’extérieur des musées, essentiel à ce que des néophytes puissent en éprouver les effets. « Mais il faut aussi faire confiance à l’intelligence des publics, ne pas avoir peur de parler de la complexité des enjeux. »

    Reste, vous dira KNLO, qu’il n’y aurait rien de plus triste que de s’interdire le plaisir que provoque l’art, sous prétexte que la situation planétaire est critique. « C’est une époque tragique qu’on vit. Il faut apprendre à danser. »

  • La nécessaire décolonisation de la justice canadienne | ICI Radio-Canada.ca
    https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1402002/la-necessaire-decolonisation-de-la-justice-canadienne

    Nous n’avons pas à chercher très loin les exemples d’iniquité judiciaire que nous, les Autochtones, sommes trop souvent appelés à vivre. Nous représentons 4 % de la population du Canada. Pourtant, 46 % de la population carcérale chez les mineurs est autochtone.

    Chez les adultes, 28 % des personnes incarcérées sont autochtones. Quant à nos sœurs, elles comptent pour 38 % des femmes en prison au pays. En plus des conséquences psychologiques reliées à l’incarcération, ces personnes ont à vivre avec les stigmates du casier judiciaire une fois libérées. Nous nous devons donc de prendre acte de la discrimination systémique dont sont victimes de nombreux Autochtones, telle que signalée par de nombreux rapports.

    D’un autre côté, Il n’y a jamais eu autant d’enfants autochtones retirés de leurs familles qu’aujourd’hui. Leur nombre dépasse même celui atteint lors de la pire période des pensionnats indiens.

    Comprenez-moi bien, nous voulons tous que les enfants soient protégés, mais nous devons trouver d’autres façons de le faire.

    Les cercles de justice réparatrice sont de plus en plus nombreux. Au Québec seulement, il y en a 28. Le but premier est la réhabilitation et la réparation des torts causés plutôt que la punition comme dans notre Code criminel. La première communauté à mettre en place de tels cercles au Canada fut celle des Ojibwés d’Hollow Water au Manitoba. Une initiative des services sociaux après avoir constaté que le problème sous-jacent à la délinquance juvénile était les abus sexuels.

    De 1982 à 1988, les membres des services sociaux ayant eux- mêmes subi ce type violence ont été les premiers à utiliser ce cercle de justice, avant de l’offrir à l’ensemble de la communauté. Aujourd’hui, les membres de cette communauté ont la possibilité d’avoir recours directement à ce cercle de justice sans avoir à passer par les autorités coloniales.

    D’autres exemples de décolonisation existent, je pense au Code criminel groenlandais ou encore à la prise en charge de la protection de la jeunesse par la nation atikamekw. Nos nations ont cette volonté de se prendre en main. La question est de savoir si les gouvernements coloniaux sont réellement engagés dans cette voie, soit celle de respecter leurs engagements pris lors de la remise du Wampum à deux voies. C’est-à-dire instaurer des liens où des nations coexistent de façons harmonieuses et respectueuses, mais chacune avec son propre système de gouvernance. Sinon, le discours ne devient plus qu’un lot de belles paroles visant à instrumentaliser la réconciliation.

    Alexis Wawanoloath

    #justice #peuples_autochtones #premières_nations #Québec #Canada

  • L’hiver québécois : plus jamais comme avant
    Martin Primeau, Québec Science, le 14 novembre 2O19
    https://www.quebecscience.qc.ca/partenariat/hiver-quebecois-plus-jamais-comme-avant

    Le principal coupable porte le nom de bouleau glanduleux.

    #nos_ennemis_les_arbres

    le volume des précipitations et la vitesse de fonte de la neige sont appelés à changer en raison du réchauffement climatique.

    L’aspect des flocons est en pleine métamorphose et pourrait avoir des conséquences sur la distribution de la neige au Québec.

    « Dans 30 ans, nos hivers seront plus courts, mais s’accompagneront de chutes de neige plus abondantes, de l’ordre de 20 à 50 %. Les épisodes de verglas ne seront plus concentrés autour de la vallée du Saint-Laurent : ils s’étendront au nord. Les mutations observées l’hiver auront des répercussions sur la faune et la flore. Des espèces végétales migreront vers le nord. Le déplacement moyen récent est de 14 à 24 km par décennie. D’ici la fin du siècle, il atteindra de 300 à 700 km. Le même phénomène s’opérera chez des espèces animales. Déjà, le renard roux se déplace de plus en plus vers le nord, envahissant le territoire du renard arctique. »

    #Canada #Québec #neige #flocons

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • La leçon des élections fédérales canadiennes n’est pas tellement la reconduction de Justin Trudeau au poste de Premier ministre, mais plutôt la montée du parti du Bloc Québécois au Québec, grâce à la mise en avant d’un programme raciste sous couvert de nationalisme et de laïcité, qui avait déjà réussi à la CAQ lors des élections provinciales. Ici aussi l’islamophobie permet de gagner des voix, et de renforcer les milices fascistes. C’est bien triste...

    Des groupes montréalais dénoncent le « racisme » du Bloc québécois et de la CAQ
    Lela Savic, Métro (Montréal), le 23 octobre 2019
    https://journalmetro.com/actualites/montreal/2390610/des-groupes-montrealais-denoncent-le-racisme-du-bloc-quebecois-et-de-l

    #Canada #Québec #Elections_2019 #Bloc_Québécois #CAQ #racisme #islamophobie

  • Au #Canada, Justin #Trudeau affaibli par ses contradictions
    https://lemediapresse.fr/international/au-canada-justin-trudeau-affaibli-par-ses-contradictions

    Il est beau, sympathique, décontracté, incarne le triomphe de la #Politique-spectacle. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a charmé la terre entière après son élection, en octobre 2015. Derrière le masque de gendre idéal se cache pourtant un néo-libéral convaincu, maladroit sur les dossiers diplomatiques, écologiste de façade.

    #International #Ecologie #libéralisme #Québec

  • Journée sans voiture #2019
    http://carfree.fr/index.php/2019/09/16/journee-sans-voiture-2019

    Une journée sans voiture vise à expérimenter dans le #monde ce que peut être la #Vie_sans_voiture. Cette journée est pour les piétons, les cyclistes et les transports en Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Fin_de_l'automobile #Marche_à_pied #Quartiers_sans_voitures #Transports_publics #Vélo #Ville_sans_voitures #2000 #Belgique #carfree #france #journée_sans_voitures #Québec #Suisse

  • #Quebec : Un système de santé qui rend malades ses soignants Texte collectif - 11 avril 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/551885/un-systeme-de-sante-qui-rend-malades-ses-soignants

    La chaîne de montage de l’usine de santé qu’ont mise en place nos gouvernements successifs menace très sérieusement de défaillir, car les ouvriers sont de plus en plus souffrants, abandonnant chaque jour l’usine pour partir en congé de maladie. Depuis la réforme de 2015, les heures liées aux congés de maladie des employés du réseau de la santé ont en effet augmenté de 24 %.


    Photo : Fred Dufour Agence France-Presse « Les valeurs et principes de la logique industrielle sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels », rappellent les auteurs.

    Le taux historique des congés de maladie met en lumière un aspect qui, selon nous, va bien au-delà d’une simple crise circonstancielle. La crise actuelle révèle plutôt un fossé abyssal entre les valeurs humanistes que portent et défendent les soignants et les valeurs de type industriel que le ministère et ses gestionnaires imposent avec une autorité machinale depuis plusieurs années.

    Pour le ministère et ses gestionnaires, le « bon » soignant, c’est celui maintenant qui voit le plus de personnes dans le moins de temps possible. Celui qui jadis prenait son temps auprès d’une mère, d’une famille ou d’une personne âgée est aujourd’hui devenu le « bouc émissaire » de la nouvelle gestion publique. C’est ainsi que la logique comptable vient à la fois dévaluer et amputer le temps nécessaire à la réalisation de plusieurs pratiques comme l’écoute, l’accueil et l’accompagnement.

    On voit bien comment cette situation ne peut qu’être préjudiciable pour la population. Quant aux soignants, cette nouvelle norme du « bon » soignant occasionne chez eux de la colère et un sentiment d’impuissance.

    Le délire de la technocratie
    Le temps qu’exige l’administratif est en voie de d’égaliser le temps consacré à la population. À titre d’exemple, actuellement, une demande d’hébergement en santé mentale dans le réseau public exige de remplir un questionnaire de 60 pages et plus, alors que moins de 8 pages suffisaient dans les années 2000.

    Paradoxalement, alors que ces outils sont censés mieux desservir la population, jamais tels outils n’ont autant éloigné les soignants de la population. En fait, l’intensification des exigences technico-administratives est rendue à un point tel, en matière de quantité et de complexité, que l’ensemble du personnel de soutien aux soignants est maintenant mobilisé à la gestion des procédures technico-administratives. Conséquemment, non seulement les soignants ont de moins en moins de temps pour être auprès de la population, mais ils sont aussi de moins en moins aidés pour gérer les impasses cliniques qu’ils rencontrent dans leur travail.

    Crise des valeurs et perte de sens
    La rentabilité, la performance, l’optimisation, la concurrence et la compétition représentent autant de valeurs que de principes issus de la logique industrielle où la performance et les résultats sont évalués strictement en termes comptables. Or, ces valeurs et ces principes sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels. Chemin faisant, l’évaluation comptable de la performance comme nouvelle norme institutionnelle engendre chez les soignants un sentiment de culpabilité, d’incompétence et une de perte de sens dans ce qu’ils font.

    Prendre un congé de maladie
    Enfin, pour faire face à la détresse des soignants, l’institution propose de revoir leur gestion du temps et du stress, et on les réfère vers les programmes d’aide aux employés (PAE). Aussi nécessaires et aidantes soient-elles, ces solutions individuelles révèlent le déni institutionnel des causes structurelles qui sont, croyons-nous, à la source de la souffrance qui assaille actuellement des milliers de soignants.

    Étant incapables de surmonter le conflit entre leurs valeurs humanistes et celles imposées par le monde industriel d’un côté, et incapables, de l’autre côté, de se résigner à quitter le réseau de la santé, les soignants finissent en effet par tomber malades du fait de leur souffrance inédite et n’ont d’autre choix que de partir en congé de maladie.

    L’espoir d’un rétablissement ?
    L’étiquette psychologique de « résistance au changement » comme explication causale de la hausse des congés de maladie des soignants ne tient pas la route. Il y a beaucoup trop de recoupage dans les témoignages des soignants pour réduire cette souffrance aux dimensions individuelles. Mettre en valeur les solutions organisationnelles ne peut qu’ouvrir la voie, selon nous, au rétablissement des milliers de soignants « partis » en congé de maladie.

    La société québécoise doit donc exiger que le ministère s’engage à désintoxiquer les pratiques soignantes de la logique comptable et du délire chronique de la technocratie institutionnelle afin que les soignants puissent être libérés de leur fardeau et retourner ainsi faire dignement leur travail auprès de la population.

    Sont cosignataires du texte :
    Marjolaine Goudreau, présidente du RECIFS (Association des travailleuses sociales et techniciennes en travail social) ; Natalie Stake-Doucet, présidente de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers ; Isabelle Leblanc, présidente des médecins québécois pour le régime public ; Charles Roy, président de l’Association des psychologues du Québec ; Angelo Soares, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal.

    #travail #santé #capitalisme fausse #rentabilité #médecine #santé_publique #humanité #rendement #technico-administratif #procédures #performance #évaluation_comptable #normes #soignantes #soignants #solutions_organisationnelles #délire #Services_publics #technologie #bureaucratie #néolibéralisme #administration

    • Dans les commentaires
      Comme on ferme des établissements, on en fusionne d’autres jusqu’à devenir ces monstres régionaux CISSS et CIUSSS, il faut de plus en plus de mécanismes de reddition de comptes : la gestion de proximité étant rendue très difficile, il faut introduire toujours plus de processus écrits, informatisés pour tout justifier, monitorer, calculer pour que les gestionnaires de haut niveau aient des tableaux de bord qui orienteront leurs décisions.

      Les intervenants de toute catégorie doivent passer un temps considérable à consigner ce qu’ils font pour que soient comptabilisées leurs actions et qu’on puisse en établir la productivité, les coûts-bénéfices. On a beau démoniser de temps à autres les cadres (trop nombreux, trop cher payés disent-ils) de fait, c’est la pensée gestionnaire qu’on a fait triompher depuis des années. Les professionnels, techniciens et employés de tous corps de métier sont à la merci depuis des décennies des vagues de ré-organisations à petite oun grande échelle que la nouvelle école de pensée en gestion fait mettre en chantier. Même si un certain nombre de gestionnaires ont d’abord été des professionnels de la santé ou des services sociaux, ils sont vite invités à se distancer de leur métier de base pour devenir de « vrais » gestionnaires. Hélas, la relation soignante n’entre pas dans leurs paramètres... Désolant état, ce réseau muselé.

    • C’est la « nouvelle gestion publique » qui fait des ravages. De fausses prémisses pour encourager la concurrence entre individus d’une même organisation.

      Ça commence par de la #pseudo-science : l’« autonomisation » (« #empowerment »). C’est le nirvana pour un #gestionnaire (qui trouve ça « très le fun » de ne plus se sentir « responsable », car, c’est les autres, maintenant). Autre pseudo-science, celle du « #savoir-être », autre #canular dérivé de l’intelligence émotionnelle (fabuleuse découverte ! Il faut entendre les cris d’indignation : ce n’est pas vrai, ça existe le « savoir-être » !), alors, les gens médiocres ont du « savoir-être ».

      Il y a, aussi la « #gouvernance » ! Il faut faire confiance à l’imagination pour que ce terme se retrouve dans la bouche du « gestionnaire » qui se gargarise avec.

      En résumé, la gestion, dans les dernières décennies on envahit de très vastes aspects du fonctionnement d’une organisation (avec l’aide des « #RH ») avec de la speudo-science. À l’aide de principe de la « nouvelle gestion publique », qui relève plus de la religion : « un scrum, ça se fait debout » (si vous dites que non, vous êtes « excomunié »). La gestion glane des informations avec lesquels elle « découvre » des « correlations » et appel cela des « #indicateurs » et « gouverne » dernière un écran (en sachant que les employés s’« autogérent » !?!?).

      Des solutions ? Retrouver le sens du « savoir-faire » (celui-ci est plus facilement « mesurable » que le « savoir-être », en cela, qu’un défi vous est lancé de trouver comment mesurer le « savoir-être »), retirer le regroupement professionnel RH. Instruire au lieu de former. Enseigner l’esprit critique au lieu de donnée des cours de finance.

      Si vous n’êtes pas d’accord avec la gestion, vous êtes déloyale, vous faites preuve d’insubordination. Vous êtes des hérétiques

  • Un radar pour sanctionner les automobilistes qui dépassent les vélos de trop près
    http://carfree.fr/index.php/2019/08/28/un-radar-pour-sanctionner-les-automobilistes-qui-depassent-les-velos-de-trop

    Un nouveau type de radar est en phase de test dans l’agglomération de #montréal (Canada). Il vise à mesurer la distance entre un #Vélo et une voiture au moment d’un Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Insécurité_routière #Québec #radars #relations_cyclistes-automobilistes #sécurité_routière

  • Divagation animale : l’Etat annonce de nouvelles mesures - France 3 Corse ViaStella
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/ajaccio/divagation-animale-etat-annonce-nouvelles-mesures-17139


    Accidents de la route, et dégâts matériels importants, pour les habitants comme pour les élus et les administrations, les animaux en divagation sont un problème épineux.
    © PAUL-STEFANI Jacques / FTViaStella

    Ils font le bonheur des touristes mais sont la source de nombreux dangers. Face au problème de divagation animale persistant, la préfecture de Corse a décidé de la mise en œuvre de nouvelles mesures. Parmi elles, un abattage sur décision administrative des bêtes non-identifiées.
    […]
    Quant à cette jolie place du village, parfaite pour une promenade digestive ou un jogging entre amis, la municipalité est contrainte de la garder fermée. Sans quoi elle finirait « pleine de bouses de vaches ».

    Au delà de l’aspect peu ragoûtant pour les villageois, il y a aussi le prix à payer par les contribuables pour financer le nettoyage et les réparations, rappelle la mairesse.

    Et plus inquiétant encore, un problème « de santé publique » : « ce sont quand même des bêtes non-immatriculées qui ne vont jamais voir le vétérinaire » explique Joselyne Mattei Faizi.
    […]
    La préfecture de Corse évalue aujourd’hui qu’entre 15 000 à 25 000 animaux sont en divagation dans toute l’île.

    Face au ras-le-bol des municipalités et habitants, et pour limiter les accidents, Etat, région, communes et professionnels de l’agriculture ont décidé de travailler ensemble à une solution pour limiter cette divagation animale.

    Le sujet, épineux, revient chaque année autour de la table, mais cette année, les pouvoirs publics l’assurent : ils sont bien décidés à prendre, littéralement, le taureau par les cornes.

    Parmi les différentes mesures avancées, on relève notamment l’abattage sur décision administrative de tous les animaux qui n’auront pas pu être formellement identifiés.

  • Une histoire de la Nouvelle-France à partir de la morue et des perles sans oublier les castors Jean-François Nadeau - 22 Aout 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/lire/561098/une-histoire-de-la-nouvelle-france-a-partir-de-la-morue-et-des-perles

    Les noms de Samuel de Champlain et de Jacques Cartier sont accrochés depuis longtemps à des ponts jetés sur le Saint-Laurent. L’eau a coulé dessous, jusqu’à charrier dans les mers de l’oubli les noms de leurs devanciers. Dans Une histoire de la Nouvelle-France, l’historien Laurier Turgeon, professeur à l’Université Laval, s’intéresse aux échanges culturels dans une période de flottements au commencement d’un empire colonial : le XVIe siècle.

    Quand Cartier fait son voyage en 1534, les #Autochtones montrent qu’ils ont déjà l’habitude des rapports avec les Européens. En juillet, par exemple, le navigateur malouin croise une quarantaine d’embarcations dont les occupants lui demandent, avec force signes, d’accoster. On veut lui montrer des peaux, au bout de perches. Vous en voulez ? En août, sur le chemin du retour, d’autres Autochtones montent sans crainte sur le pont. Oui, les échanges commerciaux existent déjà.

    Entre le troisième et dernier voyage de Cartier, en 1541-1542, et celui de #Samuel_de#Champlain en 1608 se trouve un trou historique dans lequel Turgeon plonge. Il faut, dit Turgeon, remonter jusqu’à cet espace de l’oubli pour mieux comprendre les effets des contacts, de part et d’autre, entre Français et #Amérindiens. Son idée ? Que les contacts initiaux, qui ont fini par structurer les relations de pouvoir asymétriques que l’on sait, ne sont pas nécessairement le fait caractéristique de cette période initiale méconnue.

    Pour essayer de mieux comprendre cette histoire, l’historien s’attache à l’étude d’objets matériels. C’est à travers eux, souvent « que les transferts culturels se manifestent ». À sa table d’historien, il va se pencher sur la morue, le pelage du #castor et la #perle de verre.

    La morue
    Commençons par la morue. En avez-vous déjà pêché ? Au nord de la baie d’Hudson, je n’ai jamais eu aussi froid, je crois, qu’au jour d’essayer d’y prendre de grosses morues. Au Nunavik, l’Arctique québécois, la morue est méprisée par les #Inuits. Ils n’en mangent pas. Des millénaires à consommer des chairs crues leur ont appris à raison que ce poisson, plein de vers et de parasites, n’est pas comestible à moins d’être très bien cuit. La plupart des premiers habitants de l’#Amérique méprisaient ce poisson, rappelle Turgeon.

    Dans ses récits, le voyageur Marc Lescabot observe que les Mi’kmaqs s’intéressent aux #merlus, #bars et #flétans pêchés par les Français mais lèvent le nez sur la morue. Même chose, dans les écrits de Chrestien Le Clercq, qui constate qu’en #Gaspésie, qui sera un haut lieu de l’exploitation de cette ressource, les Autochtones se moquent de la surconsommation que ces visiteurs blancs font du poisson.

    Séché, salé, mis en baril, voué à la consommation des multitudes, ce poisson va nourrir, à compter du XVIe siècle, une partie de l’Europe. Les Basques, les Normands, les Bretons lancent sur les eaux des vaisseaux en quête de ce poisson tout mou qu’est la morue.

    Les actes notariés en France confirment une rapide expansion des #pêcheries en Amérique. Dans les archives normandes, on trouve par exemple un acte de 1510 où le maître d’un navire indique qu’il est venu vendre, du côté de Rouen, des morues de « Terre Neusve ».

    Au Moyen Âge, on préfère le merlu et le hareng. Mais au XVIe siècle, la morue salée s’impose au point où on se préoccupe bientôt presque autant de son approvisionnement que du blé nécessaire au pain, écrit l’historien Laurier Turgeon.

    En #Europe, la morue est consommée par tous, mais elle est vendue selon sa qualité de salaison et de présentation, ce qui conforte des distinctions en classes sociales. Au nombre des mets très appréciés tirés de ce poisson : les tripes de morues, c’est-à-dire l’estomac séché puis réhydraté, que l’on consomme, en particulier, pendant le carême. L’huile de foie de morue, produite par la décomposition au soleil du foie du poisson, sert à la consommation ou à l’éclairage. Au chapitre de la consommation de ce poisson, le livre de Laurier Turgeon constitue presque une histoire de la #cuisine. On y découvre, à travers des rapports sociaux établis autour des #pêcheries, l’usage des sauces et la médiation faites entre la proximité et l’étranger à travers certains ingrédients.

    Il est beaucoup question de chaudrons en cuivre sous la plume de Laurier Turgeon. Les premières manifestations de la culture européenne en Amérique sont des objets de cuivre. Pendentifs, boucles d’oreilles, bagues, bracelets, chevillettes. Et surtout des chaudrons.

    Le chaudron a-t-il transformé la vie des Amérindiens ? Le cuivre sera un des premiers biens exportés par l’Europe en Amérique et en Afrique. Les « chaudières de cuivre » sont produites précisément pour l’exportation. Au cuivre, les natifs d’Amérique accordent une plus-value rituelle, « sans doute en raison de ses valeurs intrinsèques et de sa singularité ». Ainsi le chaudron de #cuivre, contrairement à ce qu’on croit d’instinct, ne remplace pas le pot de terre cuite utilisé quotidiennement au XVIe siècle, mais se trouve prescrit à des usages cérémoniaux et rituels. Il demeure à la marge, pour décorer l’intérieur des maisons, où il sert en des occasions particulières. Les chaudrons sont volontiers découpés pour servir à la fabrication de divers objets. Le cuivre sert aussi d’offrandes aux morts, dans des cérémonies exceptionnelles où le chaudron est déposé près des restes des disparus. Ces pratiques qui semblent venir du fond des âges sont en vérité plutôt récentes et seront abandonnées assez vite. Mais pour un temps, le chaudron de cuivre devient le pôle de ralliement et « s’impose parce que sa force d’attraction est plus forte que celle de tous les autres objets connus. »

    Le père Castor
    En 1634, après une année passée auprès des Montagnais, ainsi que les Français appelaient les Innus, le père Paul Lejeune, un jésuite, témoigne du fait que son hôte lui explique, tout amusé, que le #castor travaille parfaitement : « il fait des chaudrons, des perles, des haches, des épées, des couteaux, du pain, en bref, il fait tout ». Comment ne pas aimer cet animal, père d’un avenir meilleur, puisqu’il fabrique des richesses inattendues ?

    Le castor va doubler la morue sur les grandes routes du commerce. Il suscite à lui seul l’expansion d’un projet colonial. Au XVIe siècle, du moins au début, les documents affirment que le castor provient de « Terreneufve ». Mais à la fin du siècle, le mot Canada, « une appellation désignant généralement un lieu autochtone plus retiré dans les terres » succède au nom « Terreneufve ». Le terme, rappelle Turgeon, provient des Iroquoiens de la vallée du #Saint-Laurent. Il désigne une terre indéfinie située le long du fleuve, entre Gaspé et #Québec. Ce sont les Français qui en étendirent l’usage afin de trouver à décrire l’ensemble du territoire de commerce des fourrures.

    La traite des fourrures, observe Laurier Turgeon, est associée « à la notion de conquête ». Le verbe « conquérir » apparaît dans les documents. Au XVIe siècle, le commerce est déjà perçu « comme un moyen d’établir et de maintenir une domination économique et politique sur les peuples autochtones et le territoire qu’ils occupaient ».

    Comment faire commerce au Nouveau Monde ? Dans la balance seront lancées des perles. Un marchand basque, en 1787, en achète 50 000, au prix du salaire moyen d’un de ses marins. Perles de verre, d’émails, de jais, de coquillage, perles d’ambre, de corail, de cristal de roche, perles de bois, de corne, d’os, de cuivre, d’ivoire, de faïence, de calcédoine : les perles sont au coeur de la vie amérindienne. En lisant cette Histoire de la Nouvelle-France, on découvre aussi la place que ces verreries occupent dans la vie, en Europe, des domestiques, des valets, bref des oubliés. Avait-on bien cerné la place des perles dans les rapports coloniaux ? Laurier Turgeon croit que non. Et force est de lui donner raison.

    #cabillaud #pêche #alimentation #poisson #poissons #Morue #alimentation #histoire

  • Les producteurs de grains du #Québec [PGQ] défendent leur usage des #pesticides | ICI Radio-#Canada.ca
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1265788/producteurs-grain-quebec-pesticides-memoire

    Les PGQ accusent les événements météo extrêmes, l’augmentation de la température, les changements des périodes de précipitations d’être des éléments favorables au développement des champignons et à l’émergence de nouveaux #insectes ravageurs.

    Dans le mémoire, ils affirment que les groupes environnementaux critiquent l’utilisation de certains pesticides « sans fondement scientifique » et que les #écologistes ne font que « ternir l’image de l’#agriculture » en utilisant de la « #désinformation » et en diffusant des pétitions « flouées ».

    Le gouvernement « exagère » la #pollution, selon les PGQ

  • Trop d’hétéros dans les bars gais ? Sophie Chartier - 17 Aout 2019 - Le devoir

    Dans les métropoles comme Montréal, les bars gais ne sont plus (que) des antres glauques aux planchers collants et à la luminosité inadéquate qui permettent à une population marginalisée de trouver refuge le temps d’une nuit. Évolution des moeurs aidant, ils accueillent de plus en plus d’hétérosexuels en quête de bonne musique, de spectacles de drag queens ou simplement d’un endroit chouette où tous se sentent bien. Mais ces lieux sont-ils faits pour eux ? C’est une question d’attitude plus que de strict accès, répondent des membres de la communauté.

    Scène de samedi soir entre amis dans la jeune trentaine. Daniel (le prénom a été modifié) est un peu éméché et a une confession à faire : il en a marre de voir des jeunes femmes présentant tous les attributs de l’hétérosexualité faire des égoportraits pour alimenter leurs réseaux sociaux à la terrasse d’un de ses débits de boisson favoris du Village.

    « Est-ce qu’on peut encore avoir des places réservées pour nous autres ? » demande Daniel. C’est-à-dire des lieux où la norme demeure l’homosexualité. » Les amis présents entrent en débat. À cause de la présence trop fréquente d’hétéros, le bon vieux bar gai serait-il effectivement en danger d’extinction ? Derrière la discrimination apparente de sa remarque, Daniel aurait-il mis le doigt sur un enjeu important qui doit préoccuper sa communauté ? Y a-t-il trop d’hétéros dans les bars gais ?

    « Pour les hétéros, c’est peut-être difficile de concevoir pourquoi c’est important, des lieux pour les LGBTQ, explique la militante. Quand tu arrives à prendre conscience du fait que tu es — dans mon cas — lesbienne, tu te sens seule. Un sentiment d’appartenance, c’est hyperimportant. En l’occurrence, pour moi, ce sentiment s’est créé grâce aux bars gais, aux bars et clubs de province [en France]. »

    Mme Jourdain préconise donc un éveil des consciences pour les personnes hétéros qui voudraient clubber avec les minorités sexuelles : « J’ai juste envie de sensibiliser les hétéros à notre histoire. C’est une histoire de lutte politique intense, pas seulement une histoire de fête et de paillettes. »

    À qui le royaume ?
    Est-ce une raison suffisante pour faire un tri à l’entrée des bars qui départagerait les créatures colorées (c’est-à-dire gaies) et les banals mecs en shorts cargo ou les instagrammeuses avides de like ?

    Pour le chroniqueur David Cloutier, il ne faut pas nécessairement voir la présence hétérosexuelle dans les bars du Village, par exemple, comme une mauvaise chose. « Je ne pense pas que ce serait une bonne idée de dire aux hétéros de ne plus venir. Ce n’est pas ça, la solution, dit-il au téléphone. Comme les gais plus jeunes ne viennent même plus dans le Village, il n’y aurait plus grand monde », lance à la blague celui qui a écrit l’an dernier pour Urbania une chronique intitulée Petit guide d’étiquette pour straights dans le Village gai.

    Dans son papier, qu’il décrit comme intentionnellement provocateur, Cloutier rit autant des hommes qui, déstabilisés, empoignent la main de leur douce à la vitesse grand V dès qu’ils ont franchi la frontière de la rue Saint-Hubert que des bandes de filles intoxiquées qui prendraient un peu trop de libertés en touchant le corps d’inconnus sur la piste de danse.

    Ainsi, tout est une question d’attitude et de respect. « Moi, ça ne me dérange pas quand ils prennent leur trou, dit David Cloutier. Mon petit malaise, il vient du fait qu’un hétéro, il est roi partout. En général, un hétéro, c’est plus accepté qu’un gai dans le monde. [Le bar gai], c’est la seule place où le gai est roi. L’hétéro est déjà dans son petit royaume à peu près partout. Pourrait-il ne pas venir nous rendre mal à l’aise chez nous ? »

    . . . . . .
    La suite : https://www.ledevoir.com/societe/560752/societe-trop-d-heteros-dans-les-bars-gais
    #quebec #marché #mode #lgbt #homosexualité #hétérophobie #gay #discrimination #genre #sexisme

  • #Toula_Drimonis : Nous avons un problème de racisme.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/14/toula-drimonis-nous-avons-un-probleme-de-racisme

    Il y a quelques semaines, deux vidéos ont atteint le stade viral au Québec. Dans l’une d’elles, un musulman raconte l’attaque au couteau dont il a été victime à Québec — un crime présumé haineux. La seconde vidéo montre une femme harcelée verbalement par un homme, alors qu’elle venait de récupérer de la garderie sa fille de trois ans.

    Le fait d’avoir parlé en arabe à sa fille aurait provoqué la colère de l’homme. On voit dans la vidéo l’homme s’approcher de l’enfant en pleurs et se pencher vers elle en lui disant : « Demande à ta mère si je peux la fourrer. »

    Les deux vidéos ont beaucoup circulé et la seconde s’est rapidement propagée à l’international pour une foule de raisons évidentes. Le harcèlement saute aux yeux. Non seulement cette attaque est injustifié et gratuite envers cette femme et son enfant, mais elle est également extrêmement troublante à regarder.

    Bien que la vue de ce pleutre terrorisant une mère et sa fillette soit dérangeante, ce qui m’a perturbée davantage, ce sont les efforts qui ont été déployés dans les médias sociaux pour nier les faits et en pervertir le sens. La plupart des gens ont heureusement condamné le geste et dit espérer que le service de police de Montréal (avec l’aide des internautes) trouve rapidement le coupable, mais beaucoup de gens ont aussi immédiatement opté pour le déni.

    « Cet homme ne peut pas être d’ici », ont dit certains. Cette vidéo a-t-elle été trafiquée ? » a demandé quelqu’un d’autre. « On n’a pas vu la cause de la dispute et ce qui a pu être dit pour l’énerver », ont rétorqué d’autres personnes, faisant écho à ce qu’affirmait Trump, après que des néo-nazis portant des torches Tiki aient défilé dans les rues de Charlottesville : « il y a des gens bien des deux côtés ». Comme s’il était possible de justifier de terroriser une enfant et de la faire fondre en larmes.

    Traduction : Johanne Heppell et #TRADFEM
    Version originale : https://cultmtl.com/2019/07/quebec-racism
    #racisme #agression_raciste #agression_sexiste #violence_masculine #québec

  • L’orientation politique des gays, des bis et des lesbiennes à la veille des élections européennes de 2019 - IFOP
    https://www.ifop.com/publication/lorientation-politique-des-gays-des-bis-et-des-lesbiennes-a-la-veille-des-elec

    L’orientation politique des gays, des bis et des lesbiennes à la veille des élections européennes de 2019

    À quelques jours du scrutin, le magazine Têtu publie une enquête exclusive sur l’orientation politique et le vote des gays, des bis et des lesbiennes aux élections européennes, qui montre notamment un désenchantement à l’égard du macronisme, dans un contexte toujours marqué par le non-respect du président de sa promesse de loi ouvrant la PMA aux couples de femmes.

    LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

    Premières concernées par la loi sur la PMA, les lesbiennes votent en effet massivement pour des listes de gauche ou d’extrême gauche (54 %) : seuls 12 % des homosexuelles déclarent avoir l’intention de voter pour la liste LREM-MoDem, 15% pour une liste de droite (LR, UDI) et 17 % pour liste de droite radicale ou souverainiste (DLF, RN, LP, UPR).

    En cela, les affinités politiques des lesbiennes se distinguent assez nettement de celles des gays, qui restent encore attachés au macronisme : 30 % des homosexuels voteraient pour la liste conduite par Loiseau, soit un peu moins de 10 points de plus que l’ensemble de l’électorat. On observe cependant une baisse significative de proximité aux forces politiques soutenant l’action du président : seul un quart des gays exprime sa sympathie pour un parti centriste (24 %), contre plus d’un tiers (37%) lors de l’élection présidentielle de 2017.

    Le vote des bisexuels est quant à lui très genré :

    les femmes bisexuelles ont un vote très similaire à celui des lesbiennes, c’est-à-dire très ancré à gauche et à l’extrême gauche.
    les hommes bisexuels votent nettement plus que la moyenne pour la droite radicale (39%, contre 27% des gays et 17% des lesbiennes) : le choix pour certains de ne pas assumer une homosexualité à part entière pouvant sans doute les rendre moins sensibles à la défense des droits LGBT portés par les forces progressistes.

    #masculinité #hommerie #LGBT #racisme #libéralisme #misogynie #fascisme

    J’ai trouvé ce sondage via un blog sur mediapart : https://blogs.mediapart.fr/franck-noir/blog/010819/sondage-ifop-pour-tetu-2019-les-gays-sont-ils-dextreme-droite-1
    Le mec qui écrit ce blog est très probablement un bourgeois blanc misogyne. A ses yeux si les gays votent fascistes et racistes c’est de la faute des féministes et des orgas de la LGBTpride qui n’ont pas mis assez d’hommes blancs en tête de cortège l’année dernière... Par contre il a rien à dire sur Sens commun, son problème c’est les féministes et les gays et bis non blancs. Il compare les féminismes aux masculinismes et recommande de les exclure du mouvement LGBT. Il m’a l’air bien en marche pour le vote RN ce blogueur.

    J’ai d’autres hypothèses à proposer :
    – Si les gay et hommes bi votent fasciste et raciste, c’est que les gays et hommes bis de gauche et ceux qui ne sont pas racistes ont été plus touchés par l’épidémie de #Sida .
    – On peu aussi supposé que la forte fréquentation de milieu très masculin blanc et bourgeois favorise les comportement masculinistes.
    – Mais l’hypothèse qui me semble la plus forte est l’influence du discours islamophobe du RN auprès de ces hommes. Ce qu’on appel l’ #homonationalisme

    #GPA #masculinisme #islamophobie

  • Bébés sans mains. L’hypothèse explosive d’un ingénieur breton - Bébés sans mains : notre dossier - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/dossiers/bebes-sans-mains-notre-dossier/bebes-sans-mains-l-hypothese-explosive-d-un-ingenieur-breton-31-07-2019


    Ancien fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, Hervé Gillet a travaillé pendant plusieurs mois pour montrer le possible lien entre l’usage de pesticides sur les champs de Guidel et la naissance des enfants atteints d’une agénésie du membre supérieur à proximité.
    Le Télégramme/Sophie Prévost

    Il fait partie des contributeurs citoyens, associé au rapport du Comité scientifique, remis le 11 juillet aux familles des enfants atteints d’une agénésie du membre supérieur (bébés sans mains). Ancien ingénieur, le Breton Hervé Gillet a méthodiquement travaillé pendant six mois, pour éclairer le lien possible entre l’usage de certains pesticides et les cas de Guidel (56). Le retraité livre une hypothèse explosive, « à creuser d’urgence », insiste-t-il.

    Son profil. Domicilié entre Pacé (35) et Lesconil (29), Hervé Gillet, 69 ans, est un ancien fonctionnaire du ministère de l’Agriculture. Il s’est « longuement penché » sur les pesticides, notamment lors de son passage à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) de Rennes. Ensuite responsable de la reconquête de la qualité des eaux sur les bassins-versants bretons, l’ingénieur a travaillé, en Pays-de-la-Loire, sur la mortalité des abeilles. Son dernier poste l’a amené dans la récente brigade nationale d’enquête vétérinaire et phytosanitaire (BNEVP), à Paris, avant sa retraite, en 2014.

    Sa place dans le dossier. Lorsque « l’affaire des bébés sans mains » a éclaté, en octobre 2018, Hervé Gillet a tendu l’oreille. « Les premières conclusions, excluant l’hypothèse des pesticides, ne collaient pas », explique le retraité. Le cluster avéré dans le Morbihan, regroupant quatre cas d’agénésie transverse du membre supérieur (ATMS) chez des bébés nés à Guidel et alentours, entre 2011 et 2013, l’a aussi interpellé. « C’est le magazine Envoyé Spécial qui m’a contacté. J’ai commencé des recherches. Elles m’ont valu d’être auditionné par le comité d’experts. Et j’ai été convoqué par Santé publique France le 10 mai, à Paris, pour présenter la synthèse de mon travail ».

    Son hypothèse. « J’ai cherché à démontrer que l’implication des pesticides dans les malformations de Guidel était plausible. La diffusion d’une partie des produits phytosanitaires par les sols, dans les airs puis dans les eaux, ainsi que leur toxicité pour l’homme, sont aujourd’hui démontrées. La proximité de champs autour des quatre habitations d’enfants nés sans mains à Guidel pose question », annonce Hervé Gillet, qui se défend d’un quelconque « agribashing ». « Je respecte beaucoup les agriculteurs, j’ai travaillé avec eux pendant de longues années. J’apporte aujourd’hui une contribution technique, pour le bien commun et en restant neutre. Il faut que les choses soient dites et acceptées par tous, si l’on veut aller plus loin ».

    Sa méthodologie. De décembre 2018 à avril 2019, Hervé Gillet a croisé le maximum de données disponibles (sur Géoportail et Agritox), concernant le type de cultures, les produits phytosanitaires, la météo et les données topographiques, autour des lieux d’habitation des bébés concernés à Guidel. Son travail de fourmi donne des pistes édifiantes. « Les parcelles isolées, entourées de haies, offrent des conditions favorables aux nuisibles. Les profils climatiques des années 2011 (très sèche) et 2012 (pluvieuse) ont nécessité des traitements importants et sans doute répétés, pile à la période de sensibilité (les trois premiers mois de grossesse) des mamans concernées ». 

    En se procurant des tableaux de vente des pesticides et de dangerosité des différents produits sur ces années cible, Hervé Gillet a modélisé des facteurs de risque. « Un produit arrive en première ligne, constate-t-il. Cela reste une hypothèse. Mais pour la démontrer, il faudrait maintenant mener une enquête auprès des exploitations agricoles concernées. Il y a urgence ! »

    Son souhait. Le rapport scientifique rendu public par les autorités sanitaires, en juillet, conforte Hervé Gillet : « En tous, seize cas sont confirmés en Bretagne jusqu’en 2016. Ce problème n’existe donc pas qu’à Guidel. Il y a là matière à continuer les recherches ». L’ancien ingénieur milite aujourd’hui pour que les recoupements de terrain soient délégués à la BNEVP, où il a travaillé. « C’est le seul moyen de ne pas lancer une machine à perdre ».

  • The media are picking scabs with coverage of latest Oka Crisis , CBC, by Taiorenhote Dan David, Mohawk writer, veteran journalist
    https://www.cbc.ca/news/indigenous/oka-crisis-tension-media-coverage-1.5218368

    It’s all accurate. The stuff about tobacco shacks, pot shops and toxic dumps. Most of it’s fair and somewhat balanced. But it lacks context. I call it picking at scabs, because they’re pulling off what’s on the surface but not examining the festering wounds underneath.

    Most of the journalism I’ve seen and heard this past week has lots of who, what, when and where but precious little of the why.

    Why are tobacco and cannabis shops the foundation for a small-business economy at Kanesatake?

    Why are dumps at Kanesatake unregulated?

    Why does Mayor Quevillon use these as insults and ugly stereotypes to encourage racial hatreds when the issue is about an “ecological gift” of land to the Mohawk?

    • Rien sur #Oka sur seenthis et la #Crise_d'Oka de 1990 ?! La notice de Wikipedia n’est pas géniale :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_d%27Oka

      Voir plutôt Kanesatake : 270 ans de résistance d’Alanis Obomsawin. Incroyable, il est là :
      https://www.youtube.com/watch?v=3D_YYk7n4A4

      En juillet 1990, un litige autour d’un terrain de golf qui serait construit sur des terres kanien’kéhaka (mohawks) à Oka ouvrait la voie à une confrontation historique qui ferait les manchettes internationales et s’imprimerait dans la conscience collective du pays. La réalisatrice Alanis Obomsawin – tantôt avec une petit équipe, tantôt seule – a passé 78 jours derrière les barricades kanien’kéhaka pour filmer l’affrontement armé entre les manifestants, la Sûreté du Québec et l’armée canadienne. Sorti en 1993, ce documentaire phare a été vu dans le monde entier, remportant plus d’une douzaine de prix internationaux et entrant dans l’histoire du Festival international du film de Toronto, où il est devenu le premier documentaire à remporter le prix du meilleur long métrage canadien. Jesse Wente, directeur du Bureau des productions audiovisuelles autochtones, en parle comme d’un « moment charnière dans l’histoire du cinéma des Premiers Peuples ».

      #Kanesatake #Canada #Québec #Peuples_autochtones #Mohawks #Racisme #Colonisation #Résistance #Répression

  • Le grand chef mohawk Serge Simon déplore la multiplication de « cabanes à pot » à Kanesatake Améli Pineda et Guillaume Lepage - 23 juillet 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/559239/kanesatake-on-est-pris-dans-un-mechant-tourbillon

    La multiplication de « cabanes à pot » illégales à Kanesatake préoccupe le grand chef mohawk Serge Simon, qui dit se sentir démuni devant le problème. Tandis que la Sûreté du Québec (SQ) n’entend pas intervenir et juge cette situation « hypothétique », le chef réclame la création d’un corps de police autochtone pour sa communauté.

    « C’est sûr que ça m’inquiète comme chef, je vois dégénérer la situation […] on est pris dans un méchant tourbillon », confie en entrevue le grand chef Simon. Malgré un moratoire, établi en 2009, interdisant toute nouvelle construction de cabanes de cigarettes et de cannabis, au moins une vingtaine d’individus auraient contourné les règles.

    Ces boutiques se trouvent ces jours-ci au coeur d’une guerre de mots entre les responsables d’Oka et de Kanesatake. Le maire d’Oka, Pascal Quevillon, s’oppose à la rétrocession de terrains aux Mohawks, disant craindre pour la pérennité de sa municipalité, située à l’ouest de Montréal. Il soutient, entre autres choses, que la valeur des propriétés pourrait dégringoler devant l’apparition de cabanes vendant des cigarettes et du cannabis ici et là.

    Si le grand chef Simon a fermement condamné les propos tenus par le maire Quevillon, il s’avoue lui aussi alarmé par la prolifération de « cabanes à pot » dans sa communauté. « La façon dont ces gars opèrent actuellement m’inquiète. Ils prennent des terrains, coupent les arbres et répandent leurs magasins », souligne-t-il.

    Le grand chef s’inquiète de la présence de commerces de cannabis à proximité non seulement d’une garderie et d’une école primaire, mais aussi du centre de désintoxication de Kanesatake. « Ça, ça m’écoeure », lance-t-il.

    Il soupçonne également les revendeurs de s’approvisionner à même l’agriculture illégale. « Ce sont des gars de notre communauté, qui sont probablement soutenus par des intérêts de l’extérieur […] L’agriculture illégale, il y en a toujours eu et je suis prêt à dire que c’est elle qui alimente les magasins de Kanesatake. Le commerce légal [SQDC], ils ont de la misère à s’approvisionner, alors comment les magasins ici pourraient être full stock ? » remarque-t-il.

    À court de moyens
    Le grand chef Simon se dit démuni face à la situation, puisqu’il n’a pas le pouvoir d’intervenir, notamment en raison de l’absence d’un corps de police, ce qui, selon lui, permet à ces individus d’opérer en toute impunité. « On pourrait avoir recours à la Cour supérieure du Québec ou à la Cour fédérale et aller chercher des injonctions et des mises en demeure, mais qui va les obliger à les respecter ? » demande-t-il. « La Sûreté du Québec est très limitée dans sa capacité d’intervenir », ajoute-t-il.

    De son côté, la Sûreté du Québec a refusé de réagir directement aux propos du grand chef Simon. Questionné à savoir s’il pourrait intervenir pour forcer la fermeture de ces « cabanes à pot » illégales, le corps policier n’a pas voulu commenter « des situations hypothétiques », malgré la présence d’une vingtaine de ces magasins à Kanesatake.

    « La Sûreté du Québec a effectivement la responsabilité de la patrouille dans ce secteur-là. On va continuer notre travail sur le territoire, mais on ne va pas s’immiscer dans le débat actuel », précise une porte-parole de la SQ, Geneviève Bruno.

    Au ministère de la Sécurité publique (MSP), on « est au fait que du cannabis se vend encore illégalement au Québec », nous dit-on. « Il revient aux corps de police de faire enquête lorsque des infractions sont commises, a fait savoir une porte-parole, Louise Quintin. Le MSP ne s’immisce pas dans les enquêtes policières. »

    La semaine dernière, dans le dossier des revendications territoriales secouant Oka et Kanesatake, le maire Pascal Quevillon exprimait le souhait de voir la Gendarmerie royale du Canada (GRC) assurer la sécurité dans la communauté mohawk. La GRC soutient néanmoins que c’est à la SQ que revient cette responsabilité.

    Rappelons qu’au cours des derniers mois, le propriétaire privé Grégoire Gollin et le grand chef Serge Simon ont conclu une entente visant à restituer aux Mohawks un terrain de 60 hectares, dont une parcelle de la pinède qui a été au coeur de la crise d’Oka, en 1990. M. Gollin serait également prêt à vendre 150 hectares supplémentaires au gouvernement fédéral afin que celui-ci puisse à son tour les redonner aux Mohawks.

    Pistes de solutions
    Le grand chef Simon croit que deux éléments sont essentiels pour arriver à régulariser la situation entourant le cannabis à Kanesatake : consulter la population pour obtenir son avis sur la vente de ce produit et de ses dérivés sur le territoire, et créer un corps de police autochtone.

    « On n’a pas eu la chance de se prononcer sur la question du cannabis parce qu’on n’avait pas les ressources pour mener des consultations sur cette question et nous n’avons pas non plus ici de corps de police pour faire appliquer les lois », explique-t-il.

    Selon lui, l’implantation d’un corps de police autochtone pourrait se faire avec une aide financière de 1,4 million de dollars. « Le provincial nous a déjà répondu favorablement et pourrait assumer 48 % [des coûts]. Par contre, le fédéral ne donne pas suite à notre demande », indique-t-il. Au moment où ces lignes étaient écrites, le ministère canadien de la Sécurité publique n’avait pas été en mesure de répondre aux questions du Devoir.

    La loi québécoise encadrant le cannabis permet aux communautés autochtones de conclure des ententes avec le gouvernement afin de réglementer elles-mêmes la vente du produit sur leur territoire. Une lettre a d’ailleurs été envoyée par Québec aux communautés pour les informer de cette possibilité. Or, aucune entente de cette nature n’a été convenue jusqu’à ce jour, selon le ministère de la Santé. « Conséquemment, seule la SQDC peut vendre du cannabis au Québec. La culture de cannabis à des fins personnelles est également interdite. »

    #Canada #Quebec #peuples_autochtones #cannabis #marijuana #pot #SQ #SQDC #Mohawks

  • Un documentaire anarchiste et québécois d’une demi heure (en français avec sous-titres en anglais) tente une évaluation et une critique du travail et des luttes sociales dans la société capitaliste actuelle, avec une grand place donnée aux rôles des syndicats :

    Les patrons ont toujours tort
    La CLAC, novembre 2018
    https://www.clac-montreal.net/fr/node/710

    #Documentaire #Québec #Anarchisme #Capitalisme #Syndicats

  • Gabriel #Nadeau-Dubois : « Nous ne sommes pas là pour être la conscience morale du parlement, mais pour prendre le pouvoir et transformer la société québécoise »
    https://lemediapresse.fr/international/gabriel-nadeau-dubois-nous-ne-sommes-pas-la-pour-etre-la-conscience-mo

    Pour comprendre l’actualité de la #Gauche québécoise, un entretien avec Gabriel Nadeau-Dubois, figure de la contestation étudiante de 2012, député et porte-parole de #Québec Solidaire, jeune parti qui renouvelle le legs de la gauche indépendantiste au sein de la « Belle Province ».

    #Idées #International #Canada #Ecologie #FLQ #GND #Indépendance #indépendantisme #Nation #Pétrole #PQ #QS

  • #Quebec : Une quinzaine d’aînés sont morts gelés ces dernières années - Isabelle Paré - 19 Juin 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/sante/557000/plusieurs-cas-semblables-a-celui-de-la-mere-de-gilles-duceppe

    Des lacunes dans les systèmes de surveillance de résidences pour aînés ont maintes fois été signalées par divers coroners, mais l’histoire semble se répéter. Depuis 2010, une quinzaine de personnes âgées et vulnérables sont mortes de froid hors des résidences qui en avaient la garde, dans des circonstances rappelant le drame vécu par Hélène Rowley Hotte et la famille de Gilles Duceppe en janvier dernier.

    Des documents obtenus par Le Devoir grâce à la Loi d’accès à l’information démontrent que depuis 2010 plusieurs coroners ont conclu que des déficiences dans les systèmes de verrouillage des portes ou encore dans la surveillance assurée par les employés étaient en cause dans les décès de résidents, survenus par hypothermie.

    Dans tous les cas observés par Le Devoir, ces résidents âgés ou atteints de démence ou d’autres troubles mentaux sont morts gelés à l’extérieur après avoir pu quitter leur résidence, parfois malgré la présence de portes « sécurisées », sans que leur absence prolongée soit rapidement signalée au personnel en fonction.

    Une histoire qui se répète
    Dès 2010, dans l’enquête menée sur le décès de Rita Pichette, 87 ans, survenu par un froid glacial le 29 janvier à Yamachiche, le coroner Éric Labrie pointait un système de portes de secours à fermeture automatique, impossible à rouvrir une fois à l’extérieur et non relié à un système d’alarme. L’année suivante, en 2011, deux dames âgées décédaient aussi dans le froid, Hélèna Côté, 85 ans, à Asbestos, et Ghislaine Boutin, 76 ans, à Montréal, découvertes gelées respectivement 30 et 40 heures après le signalement très tardif de leur disparition des résidences où elles habitaient.

    Un troisième cas a été signalé en 2011, celui de Rita Cardinal, 90 ans, résidente de la Villa du Bonheur de Saint-Louis-de-Gonzague, qui souffrait de démence. Malgré la sirène déclenchée vers minuit par l’ouverture du système de portes sécurisées, le responsable en fonction n’entendit jamais l’alarme. La dame a été retrouvée morte, au sol, par un voisin vers 5 h 30 le lendemain matin. Le coroner souligne que la résidence possédait un certificat en bonne et due forme, mais qui ne l’obligeait pas à se munir d’un système d’alarme. La dame, signale-t-il, aurait dû être hébergée dans un milieu beaucoup plus sécuritaire en raison du risque de fugue causé par son état de santé.

    En 2015, l’histoire bégaie à nouveau. Le coroner Labrie enquête sur la mort d’une femme de 80 ans, atteinte d’alzheimer, hébergée dans une résidence pour personnes autonomes et semi-autonomes à Trois-Rivières. Celle-ci a été retrouvée face contre terre par moins 19 degrés Celsius, après avoir quitté la résidence privée de caméras de surveillance et de portes dotées d’un système d’alarme. En avril 2015, Léonard Laplante, 91 ans, meurt frigorifié, lui aussi après être sorti sans éveiller l’attention des surveillants de sa résidence de Témiscouata-sur-le-Lac. Son absence n’a été remarquée qu’après la fin du quart de nuit. Quatre autres hommes âgés vivant dans des résidences pour aînés sont décédés d’hypothermie dans des conditions similaires après 2016, comme le rapportait Le Devoir en janvier dernier, peu de temps après le décès tragique de la mère de Gilles Duceppe.

    Dans plusieurs cas, les coroners signalent que ces aînés montraient visiblement des signes de confusion qui auraient nécessité un encadrement beaucoup plus serré que celui offert par leur résidence respective. Dans d’autres cas, les coroners ont conclu simplement à une mort accidentelle, sans aucune forme de blâme et sans faire de recommandations aux résidences concernées.

    Les rapports obtenus par la Loi d’accès à l’information démontrent que ce ne sont pas que les aînés qui font les frais du laxisme et des erreurs humaines observées dans certains centres d’hébergement, il y a aussi d’autres personnes vulnérables, souffrant de problèmes de santé mentale. Deux femmes souffrant de schizophrénie et un homme atteint de déficience intellectuelle sont aussi morts de froid après avoir erré plusieurs heures dehors par des températures glaciales en 2013 et en 2014, après avoir échappé aux personnes qui en assuraient la surveillance. Sous la protection du Curateur public, une femme psychotique, suivie par un CLSC de Drummondville, a même parcouru 32 kilomètres en plein hiver avant d’aller s’affaisser en plein champ près de 20 heures après avoir reçu son congé de l’hôpital.

    Un laxisme inacceptable
    Pour Pierre Blain, directeur de l’Union des usagers de la santé du Québec, la répétition de tels événements tragiques démontre le manque criant de dispositifs de sécurité et de formation qui sévit dans plusieurs types de résidences pour personnes âgées ou vulnérables. Pour obtenir une certification de résidence pour personnes âgées semi-autonomes, celles-ci n’ont même pas à se doter de caméras de sécurité. « Ces résidences doivent être soumises à des règles plus strictes. Toutes ces morts passées sous silence, on dirait que certains drames sont moins graves que d’autres », déplore-t-il.

    « Il y a non seulement de la négligence, il y a aussi de la bêtise. Dans la majorité des cas, ce sont des choses très facilement corrigibles, par des rappels au personnel », pense pour sa part Me Paul G. Brunet, p.-d.g. du Conseil pour la protection des malades, qui souhaite que le gouvernement sévisse et impose des sanctions plus sévères aux fautifs. « Même dans des résidences semi-autonomes, ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas de suivi strict ou de décompte. Quand on place son père ou sa mère, on s’attend à ce qu’ils soient plus en sécurité que seuls chez eux. Il va falloir aller jusqu’à faire perdre la certification à certaines résidences », affirme-t-il.

    #vieux #vielles #maltraitance #civilisation #ephad #hospice #fin_de_vie comme d’habitude, c’est le #personnel qui est mis en cause, jamais le #système , le #fric , le #capitalisme, la direction de ces établissements. Pas assez sz #surveillance, faut ils les enfermer en #prison ?