• Un McDo à défendre ?!

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/un-mcdo-a-defendre

    Situé au cœur des quartiers Nord de Marseille, ce fast-food devait fermer ses portes pour laisser la place à un restaurant asiatique halal. Ses salariés, les habitants des cités environnantes et même des militants d’Attac racontent pourquoi ils se sont battus contre la fermeture du McDo.

    Soixante-dix-sept salariés de McDonald’s ont lutté pendant près de cinq mois contre la fermeture de leur lieu de travail. Situé au cœur des quartiers nord de Marseille, ce fast-food devait fermer ses portes pour laisser la place à un restaurant asiatique halal, selon ses repreneurs désignés.

    « Je voulais en finir avec moi-même. »

    Colère des serveurs pour qui ce McDonald’s a constitué leur premier et unique lieu de travail pendant parfois vingt ans. Colère des habitants des cités environnantes pour qui ce McDo était devenu le seul lieu mixte et multiculturel de rencontre et de rendez-vous, dans un quartier où les boulangeries, les supérettes et les cafés ferment les uns après les autres. Comment même ceux qui se sont opposés à McDo se retrouvent à défendre ce lieu symbolique….

    « McDo, ça a été ma bouée de sauvetage. »


  • La #police et les #indésirables

    Les #pratiques_policières de contrôles-éviction, visant à évincer certaines populations de l’#espace_public, participent aux processus de #gentrification. M. Boutros met en lumière le rôle central des forces de l’ordre dans les dynamiques de #transformation_urbaine.

    En décembre 2015, dix-huit adolescents et jeunes adultes du 12e arrondissement de Paris déposaient une plainte pénale collective à l’encontre de onze policiers d’une même brigade : le #Groupe_de_Soutien_de_Quartier (#GSQ), surnommé la « #brigade_des_Tigres » du fait de son écusson représentant un tigre fondant sur une proie. Les plaignants reprochaient aux policiers des #violences physiques, des #attouchements sexuels, des #arrestations_arbitraires, des destructions de biens et des #injures_racistes, à l’occasion de #contrôles_d’identité entre 2013 et 2015 [1]. Le 4 avril 2018, trois des policiers mis en cause ont été condamnés en première instance pour violences volontaires aggravées [2].

    La #plainte, parce qu’elle concernait un grand nombre de faits, reprochés aux mêmes policiers sur plusieurs années, a donné lieu à une enquête qui n’a pas seulement porté sur les faits dénoncés mais a également interrogé les pratiques quotidiennes de cette brigade, et les instructions qui lui étaient données. Au delà des preuves des faits de #violence, l’enquête de la police des polices a révélé une pratique policière jusqu’ici peu connue, que les policiers appellent le « #contrôle-éviction ». Il s’agit de #contrôles_d’identité dont l’objectif est de faire quitter les lieux à des personnes considérées comme « indésirables », même en l’absence d’infraction. Bien qu’il n’y ait aucune base légale à cette pratique, l’enquête a montré que la brigade des Tigres était missionnée par sa hiérarchie pour contrôler et « évincer » de l’espace public certaines populations, notamment des « #regroupements_de_jeunes », composés principalement d’adolescents #Noirs et #Maghrébins issus des #classes_populaires.

    Comment expliquer la perpétuation de telles pratiques policières en plein cœur de #Paris ? On le sait, en #France, le contrôle d’identité est un outil central du travail policier, et il cible de manière disproportionnée les jeunes hommes perçus comme Noirs ou Arabes et issus de #quartiers_populaires [3]. D’après des enquêtes ethnographiques, les policiers rationalisent ces pratiques discriminatoires sur trois modes : ces #contrôles_au_faciès permettraient de trouver des infractions, de recueillir des informations, et d’affirmer le #pouvoir_policier envers des jeunes en instaurant un rapport de force physique [4]. Si les enquêtes existantes ont examiné les rationalités policières des contrôles discriminatoires, on en sait peu sur les dynamiques locales qui façonnent ces pratiques. L’affaire de la brigade des Tigres permet d’analyser comment ces pratiques s’inscrivent dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police participe à l’instauration et au maintien d’un certain #ordre_social urbain.

    À partir d’une analyse de l’affaire de la brigade des Tigres (examen du dossier de l’enquête judiciaire, observation du procès, entretiens avec plaignants, habitants et avocats), cet article propose d’examiner la pratique du contrôle-éviction telle qu’elle s’inscrit dans une dynamique urbaine de gentrification, processus par lequel un quartier anciennement populaire se transforme progressivement avec l’arrivée de nouveaux habitants de classes moyennes ou supérieures [5].

    Des enquêtes étatsuniennes ont montré que, dans les quartiers en voie de gentrification, on observe une augmentation des contrôles policiers proactifs et agressifs ciblant les populations perçues par les nouveaux arrivants comme source de désordres et d’incivilités, notamment les SDF et les jeunes Noirs et Latinos [6]. Le procès des policiers du 12e arrondissement indique qu’une dynamique similaire existe à Paris. L’analyse montre que les plaignants étaient la cible de contrôles répétés et violents, souvent sans motif légal, parce qu’ils étaient considérés comme « indésirables » dans l’espace public, du fait de leur origine sociale et ethnique. Dans ce quartier où persistent des zones d’habitat social au sein d’un quartier largement gentrifié, des tensions grandissantes ont émergé sur la question de l’occupation de l’espace public. Certains habitants des classes moyennes et supérieures, majoritairement Blancs, ne toléraient pas la présence de jeunes hommes Noirs et Maghrébins des classes populaires dans l’espace public, surtout en groupes, car cette présence était perçue comme source d’incivilités et de désordres. Ces habitants réclamaient régulièrement des autorités des actions pour assurer la « tranquillité publique ». Pour répondre à ces demandes, le GSQ était envoyé pour procéder à des « contrôles-éviction » sur certains secteurs. Mais loin de cibler uniquement ceux les auteurs d’infractions, ces contrôles ciblaient les groupes d’adolescents issus de l’immigration et des classes populaires, quel que soit leur comportement.

    Ainsi, par les contrôles-éviction, la police accompagne le processus de gentrification et se met au service des acteurs qu’elle perçoit comme légitimes dans le quartier en leur garantissant un espace public libéré des « indésirables ».
    Contrôles violents, détentions illégales, injures racistes

    En décembre 2015, 17 garçons et une fille, âgés de 15 à 24 ans, tous issus de l’immigration et de familles populaires, déposaient collectivement plainte pour dénoncer 44 faits de violence commis entre 2013 et 2015 par les policiers du Groupe de Soutien de Quartier (GSQ) du 12e arrondissement de Paris. Les plaignants dénonçaient des agressions physiques lors des contrôles d’identité, tel que des coups de poing, coups de matraque, claques, clés de bras, et usage excessif de gaz lacrymogène. Plusieurs plaignants faisaient également état d’agressions sexuelles, notamment des attouchements des parties génitales lors des palpations de sécurité, accompagnés de coups et railleries si le contrôlé se débattait. Plusieurs plaignants dénonçaient également des injures racistes de la part de certains policiers (« sale noir », « espèces de singes », « je pisse sur le Ramadan »). Enfin, la plainte évoquait de nombreuses conduites au poste sans motif et hors du cadre légal, que les avocats qualifiaient d’« arrestations arbitraires et séquestrations ». L’enquête a en effet révélé que le GSQ emmenait régulièrement des adolescents au commissariat, sans se conformer aux procédures d’interpellation ou de vérifications d’identité. Dans leurs auditions, les plaignants racontent qu’on leur demandait le plus souvent de s’asseoir sur le « banc de vérif’ », et au bout de quelques heures, sans avoir vu d’Officier de Police Judiciaire ou fait l’objet de procédure de vérification d’identité, on appelait leurs parents pour venir les chercher.

    Suite à l’enquête de la police des polices, quatre policiers ont été renvoyés au tribunal correctionnel pour trois faits de violences physiques, pour lesquels il existait des preuves matérielles (certificats médicaux, photos, témoignages concordants). Les autres faits ont été classés sans suite pour insuffisance de preuves. Si les conduites au poste abusives n’ont pas été poursuivies pénalement, elles ont fait l’objet d’un avertissement ferme de la part du Procureur de la République. Dans un courrier au Directeur de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne, le Procureur s’alarmait d’un « grave dysfonctionnement sur le cadre des conduites au poste et des procédures de vérification d’identité au sein du commissariat du 12e arrondissement », et prévenait que l’absence systématisée de respect des procédures de vérification d’identité pouvait donner lieu à des poursuites pénales pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle par dépositaire de l’autorité publique.

    Il ressort du dossier de l’enquête que les humiliations, les violences, et les conduites au poste hors cadre légal, avaient pour objectif de faire partir les personnes contrôlées de l’espace public. En effet, le GSQ était explicitement missionné par la hiérarchie du commissariat pour procéder à des « contrôle-éviction » sur certains secteurs ; et les éléments du dossier montrent que les contrôles se terminaient systématiquement soit par une injonction à quitter les lieux, soit par une conduite au poste. « La phrase qui revenait le plus souvent », raconte un plaignant, « c’était : ‘si on vous revoit ici, c’est commissariat direct !’ » (Entretien avec l’auteure, 24 mai 2018). Au procès, un des policiers confirmera : « On passe notre temps à expliquer aux jeunes qu’ils sont dans un lieu où ils n’ont pas à être ».

    Pour les avocats des plaignants, ces pratiques policières représentent un dévoiement des outils juridiques donnés aux policiers, et ont pour objectif non pas la lutte contre la délinquance mais le « nettoyage » des espaces publics. Comme l’explique Maître Felix de Belloy :

    Les policiers, pendant le procès, ont quasiment fait l’aveu qu’ils utilisent les catégories du code de procédure pénale pour faire un travail de nettoyage ou de gardiennage... Ils ont pris des bouts de code de procédure pénale, par exemple le contrôle, et ils ajoutent « contrôle-éviction ». On fait un contrôle pas pour contrôler leur identité mais pour qu’ils déguerpissent. Ou on les emmène au poste et on utilise la procédure de verif’ uniquement pour les mettre au frais quelques heures. C’est de la séquestration mais on appelle ça de la vérif’. Entretien avec l’auteure, 18 avril 2018

    Le dossier de l’enquête révèle que ces contrôles ciblaient toujours les mêmes personnes, que les policiers désignaient par le terme « indésirables ».
    Les jeunes Noirs et Maghrébins, des « indésirables » à évincer

    Dans le dossier de l’enquête figurent toutes les mains courantes d’intervention des brigades de l’unité d’appui de proximité, dans lesquelles les policiers résument leurs interventions. Sur environ 300 mains courantes d’intervention, aux côtés des interventions pour tapage ou vol, un tiers concernent des interventions pour des « indésirables ». Au procès, les avocats des plaignants ont interrogé les policiers mis en cause sur ce terme :

    Avocat : Dans la main courante que vous avez rédigée, vous avez écrit à « nature de l’affaire », en majuscules, « INDESIRABLES », et pour « type d’événement », « Perturbateurs - Indésirables ». Qu’est-ce que ça veut dire, « indésirables » ? (...) C’est qui les indésirables ?
    Policier : C’est un trouble à la tranquillité publique.
    Avocat : Donc les indésirables c’est les jeunes ?
    Policier : Ça peut être n’importe qui, ça peut être des jeunes, ça peut être des SDF. C’est des indésirables pour les gens qui habitent le quartier.

    En effet, les mains courantes pour « indésirables » indiquaient toutes que l’intervention ciblait soit des jeunes soit des SDF. Au procès, le chef de brigade a affirmé que le terme « indésirables » figure dans le logiciel de main courante, une information qui nous a été confirmée par plusieurs policiers dans d’autres commissariats [7].

    Le terme « indésirables » est apparu en France à la fin du XIXe siècle dans le cadre des débats sur l’immigration [8]. Il a désigné, au fil du temps, diverses populations considérées comme étrangères au corps national (les nomades, les juifs, et les Français Musulmans d’Algérie), et a justifié des politiques d’expulsion et d’internement. Dans les années 1930, le terme a été explicitement mobilisé dans les textes gouvernementaux et les lois sur l’immigration illégale, qui faisaient de « l’élimination des indésirables » une nécessité pour protéger le corps national. L’historien E. Blanchard note la disparition du terme des textes officiels et du langage bureaucratique après la deuxième guerre mondiale. Cependant, des enquêtes récentes montrent que le terme continue d’être employé de manière informelle par des agents publics pour désigner des populations perçues comme problématiques et dont il faut gérer la présence dans les espaces publics. Par exemple, pour les agents des transports publics, le terme indésirables peut désigner les SDF, les pickpockets, ou les vendeurs à la sauvette, et dans les politiques de logement, les indésirables sont les personnes étrangères ou d’origine immigrée dont il faut éviter la concentration dans les mêmes immeubles [9].

    Le procès des policiers du 12e arrondissement a révélé que le terme est également employé par l’administration policière pour désigner des catégories de personnes dont la présence dans les lieux publics est considérée comme problématique. Au procès, les policiers mis en cause ont affirmé que les « indésirables » sont des personnes commettant des incivilités ou causant un trouble à la tranquillité publique. Cependant, les éléments de l’enquête montrent qu’en réalité, ce ne sont pas uniquement les adolescents perpétrant des infractions qui sont ciblés, mais bien tous les jeunes hommes Noirs et Maghrébins issues de familles populaires présents dans l’espace public.

    Dans certaines mains courantes, les policiers justifient ces interventions par le fait que les jeunes « traînent toute la journée » et « causent diverses nuisances (tapage, incivilités en tout genre) ». Cependant, lors des interventions policières, aucune distinction n’est faite entre ceux commettant des infractions et ceux qui sont simplement là pour se retrouver entre amis. Dans une grande partie des résumés des mains courantes, il n’est fait mention d’aucune infraction qui aurait justifié le contrôle et il est noté que le contrôle s’est fait dans le calme et sans incident. Et pourtant, systématiquement, les jeunes « indésirables » sont contrôlés et évincés. Certaines mains courantes mentionnent simplement « Contrôle et éviction d’une dizaine d’indésirables. Pas d’incidents. RAS ». Ou encore : « Sur place nous avons constaté la présence de quatre individus discutant calmement. Nous leur avons demandé de quitter les lieux, ce qu’ils ont fait sans incident » [10].

    Ainsi, pour les policiers du GSQ, la simple présence d’adolescents Noirs et Maghrébins dans l’espace public est considérée comme « indésirable » et justifie un « contrôle-éviction », même si les adolescents sont calmes et ne commettent aucune infraction. Ce n’est donc pas l’infraction ou la suspicion d’une infraction qui justifie le contrôle, mais bien l’identité des personnes contrôlées, leur origine raciale et sociale. Cette stratégie policière assumée s’inscrit dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police est mandatée pour garantir à certains habitants un espace public libéré des « regroupements de jeunes ». Si les policiers contrôlent ces adolescents à répétition, les humilient, les frappent, les agressent sexuellement, et les conduisent au poste sans motif, c’est pour les chasser des espaces publics, pour leur signifier qu’ils n’y ont pas leur place.
    Le harcèlement policier et le processus de gentrification

    Au tribunal, les policiers et leur avocat ont expliqué que les contrôles répétés envers les mêmes adolescents répondaient à une demande des habitants du quartier, qui s’en plaignaient régulièrement. L’enquête a en effet montré que certains habitants appelaient la police et envoyaient des courriers de plainte à propos des nuisances causées par des regroupements de jeunes. Sur trois ans, vingt-six courriers ont été envoyés réclamant des autorités davantage de fermeté envers des « bandes » qui occupent certains espaces. La majorité des doléances dénoncent des nuisances sonores tard dans la soirée et réclament des verbalisations systématiques. Certains courriers mentionnent également des rodéos, des trafics, et des vols. En réponse à ces doléances, le commissariat envoyait des effectifs avec l’instruction d’effectuer plus de rondes, plus d’interpellations, et comme le montre le dossier de l’enquête, plus de contrôles-éviction.

    Les courriers de plainte, ainsi que les contrôles répétés, se concentraient sur un petit nombre de rues et places du quartier Reuilly-Montgallet, correspondant aux rues où des bâtiments HLM ont été conservés au sein d’un quartier qui a fait l’objet d’une forte gentrification depuis les années 1980 [11]. Avec l’arrivée d’habitants de classes moyennes ou supérieures dans ce quartier anciennement populaire, des tensions sont apparues entre les habitants, notamment sur la question de l’occupation de l’espace public. Dans mes entretiens avec des habitants du quartier, personne ne nie que les regroupements de jeunes sont parfois bruyants et que certains commettent des délits. Cependant, les tensions ne sont pas uniquement liées au bruit ou à la délinquance. En l’absence de lieux où ils peuvent se rassembler sans consommer, les jeunes des classes populaires se rassemblent en bas de chez eux, sur les places du quartier. Cette présence de « jeunes qui traînent » et qui occupent l’espace public n’est pas tolérée par certains habitants. Comme l’explique un militant du quartier, la transformation du quartier a amené une nouvelle catégorie de personnes « qui sont beaucoup plus dérangés par cette mixité sociale et qui finalement souhaitent faire en sorte que les anciens habitants quittent le quartier parce qu’ils ont l’impression que ça dévalorise, au niveau patrimonial, le quartier » (Entretien avec l’auteure, 31 janvier 2018.). Pour certains habitants, ces groupes de jeunes, majoritairement Noirs et Maghrébins, sont considérés comme potentiellement source d’incivilités et de bruit.

    Les éléments de l’enquête montrent que, pour régler les tensions entre les habitants, les politiques municipales et policières se sont centrées sur la répression et le harcèlement des adolescents en question. La mairie renvoyait systématiquement les courriers de plainte vers le commissariat, considérant que ce « problème » devait être réglé par la police (et non pas, par exemple, par la consultation des jeunes sur leurs besoins en termes d’espaces de socialisation). De plus, la mairie a fait enlever les bancs publics et installer des caméras de surveillance pour dissuader les jeunes de rester dans les rues où les tensions se concentrent.

    De son côté, le commissariat envoyait le GSQ « tenir le terrain » face aux jeunes. Le GSQ est une « police de la tranquillité publique », c’est-à-dire une brigade chargée de gérer les petits désordres urbains et de garantir la coexistence pacifique entre les gens [12]. À la différence des brigades anti-criminalité (les BAC), son objectif premier n’est pas la lutte contre la délinquance ; elle effectue des missions de sécurisation des secteurs sensibles. En particulier, le GSQ est une des brigades crées pour gérer les « jeunes qui traînent en bande » en bas des immeubles avec une approche purement répressive de harcèlement [13]. Bien que les doléances des habitants concernent des délits (tapage nocturne, rodéos), la police considérait que la simple présence de jeunes dans les rues, même en petits groupes calmes, était un problème à régler. Les bilans annuels du commissariat, inclus dans le dossier, mentionnent les « regroupements de jeunes » comme un « problème récurrent » ; les mains courantes d’intervention déplorent régulièrement la présence de jeunes qui « reviennent systématiquement sur ces secteurs malgré nos évictions répétées tout au long de la vacation » ; et les plaignants interrogés confirment que les contrôles se terminaient systématiquement par une injonction à dégager, même lorsque leur présence ne gênait personne et que le contrôle se passait bien. Ainsi, la police se basait sur les plaintes de certains habitants pour des problèmes de tapage et de délits pour justifier des pratiques de harcèlement policier envers les adolescents Noirs et Maghrébins du quartier, sans qu’aucune distinction ne soit faite entre ceux commettant des infractions et ceux simplement présents dans l’espace public.

    Dès 2013, certains adolescents du 12e et leurs éducateurs ont tenté d’alerter la municipalité, le commissariat, et les services de protection de l’enfance, sur les violences, y compris sexuelles, commises par les policiers du GSQ. Plusieurs réunions ont eu lieu, avec le conseil municipal de la sécurité et de la prévention, l’adjoint au maire chargé de la jeunesse et des sports, et avec la cellule de prévention du commissariat du 12e. Aucune autorité n’a réagi pour protéger ces enfants.

    En somme, les éléments de l’enquête laissent apparaître que, si le terme « indésirables » provient de l’administration policière (puisqu’il figure dans le logiciel informatique des mains courantes), la catégorie des « indésirables » est produite localement par une dynamique qui implique la police, certains habitants, et la municipalité. Indépendamment de la commission d’une infraction, les « indésirables » sont les adolescents et jeunes adultes qui se retrouvent en bas des immeubles, majoritairement des Noirs et des Maghrébins issus des classes populaires, et que la police doit « évincer ». Les contrôles-éviction s’inscrivent donc dans la dynamique urbaine locale où la police se met au service du processus de gentrification, en légitimant la présence de certains, et l’éviction d’autres, des espaces publics.
    Conclusion

    Les violences policières racistes sont de plus en plus visibles en France, notamment grâce à de fortes mobilisations autour d’affaires telles que la mort par asphyxie d’Adama Traoré lors d’un contrôle d’identité en 2016, ou le viol de Théo Luhaka lors d’un contrôle d’identité en 2017. Pour comprendre ces violences policières discriminatoires, des chercheurs se sont penchés sur l’héritage colonial de la police française, et sur les politiques policières contemporaines qui mettent l’accent sur l’anti-criminalité et le « chiffre » plutôt que sur la prévention [14]. Cet article met en lumière la contribution d’un facteur supplémentaire, le processus de gentrification. La transformation de quartiers anciennement populaires en quartiers bourgeois crée un terrain propice à des pratiques de #harcèlement_policier envers des jeunes issus des classes populaires et de l’immigration, qui sont catalogués « indésirables », et que la police tente d’ « évincer » des espaces publics, à force de contrôles, de coups, d’humiliations, et de conduites au poste abusives.

    http://www.laviedesidees.fr/La-police-et-les-indesirables.html

    #éviction #discrimination #urban_matter #géographie_urbaine #villes #xénophobie #racisme #éviction


  • Femmes des quartiers populaires | Thelma et Louise
    https://www.radiocampusparis.org/thelma-et-louise-femmes-des-quartiers-populaires-15-05-2018

    Pour le 33ème épisode de Thelma et Louise, nous avons le plaisir de recevoir Nassira El Moaddem, journaliste et directrice du Bondy Blog. Pourquoi les femmes issues des quartiers populaires ont-elles plus de mal à s’insérer sur le marché du travail ? Quelles difficultés supplémentaires rencontrent-elles au quotidien ? Et surtout pourquoi souffrent-elles d’une stigmatisation incessante dans les médias ? Durée : 59 min. Source : Radio Campus Paris

    https://www.radiocampusparis.org/podcasts/thelmaetlouise/ThelmaLouise33.wav


  • À la cité Air-Bel de Marseille, le combat des habitants contre les légionelles qui polluent leur eau et leur vie
    https://www.bondyblog.fr/reportages/cest-chaud/la-cite-air-bel-de-marseille-le-combat-des-habitants-contre-les-legionnell

    n septembre 2017, Djamel Haouache, père de famille de 46 ans de la cité Air-Bel, perdait la vie après avoir contracté la légionellose. Sa soeur, Djamila, habitante de la cité egalement et présidente de l’association « Il fait bon vivre dans ma cité » raconte : « Mon frère a dû être plongé dans un comas artificiel avant de perdre la vie. Il avait attrapé les légionelles dans l’eau chaude de ses propres robinets. Aujourd’hui, je suis en colère : je refuse qu’il y ait une nouvelle victime à Air-Bel ».

    Des habitants qui se lavent à l’eau minérale
    Pour éviter le même sort, les habitants doivent faire montre de débrouillardise. A l’instar d’Anaïs, maman d’une petite fille de 18 mois. Pour protéger sa fille, elle emploie une méthode bien connue des habitants d’Air-Bel : « Je lave ma fille à la Cristalline. Ca revient très cher et il y a des ruptures de stock dans les magasins les plus proche. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Elle est toute petite. Notre quotidien aujourd’hui, c’est la peur qu’elle attrape la légionellose ». Au bas de la tour, des dizaines de sacs poubelle gisent au soleil pleins de bouteilles d’eau vides à recycler.


  • Mac Tyer : « Je donne un kit à un gamin en lui rappelant que l’école est comme une mère » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/31/mac-tyer-je-donne-un-kit-a-un-gamin-en-lui-rappelant-que-l-ecole-est-comm

    A Aubervilliers ce samedi, le rappeur, qui déplore un recul de la culture dans les quartiers populaires, organise une distribution de fournitures scolaires à près de 800 enfants.

    Socrate Petteng, alias Mac Tyer, décrit « la ghettoïsation du ghetto français » et « l’ignorance » dans un local d’Aubervilliers. Et son raisonnement a logiquement les traits d’une plante carnivore : la paupérisation dans les #HLM et la ruée vers l’or facile ont progressivement dévoré la culture, au point de presque entrevoir ses os. Et puis, il y a les facteurs aggravants. Les modèles de réussite inspirants finissent souvent par s’en aller. Très loin.

    Sur une petite chaise, il dit : « Les jeunes sont de plus en plus vite absorbés par la rue. Quand ils terminent en prison, certains ne peuvent pas rédiger un courrier à leurs proches parce qu’ils ne savent ni lire ni écrire. » Et : « L’ignorance empêche de voir les espaces qui s’ouvrent. Les gens ici ont parfois un talent unique, mais l’inculture fait qu’ils ne s’en rendent même pas compte. Le contexte – les portes de sortie sont de plus en plus rares – fait qu’on ne peut plus se permettre de ne pas savoir. » Le local : un ex-espace dévolu aux deux-roues dans une tour du quartier des Fusains, transformé en studio d’enregistrement par Socrate Petteng, 39 ans, figure du secteur (il y a grandi, il y est resté), de la ville (plus de 80 000 habitants) et du rap français le plus dur, sous le pseudonyme de Mac Tyer (certaines de ses œuvres – le Général, D’où je viens – ont déjà leur place dans l’histoire). A l’entrée de l’immeuble, son portrait est placardé. Ce samedi, il participera, avec des bénévoles - et pour la quatrième fois - à une distribution de fournitures scolaires (cahiers, stylos, trousses…) ici, au pied des grands ensembles. L’événement a son petit nom : « Rentrée pour tous ». La première fois, il l’avait largement financé avec ses propres fonds. Ensuite, des associations et des marques ont apporté ou accentué leur soutien.

    Sorbonne

    Adolescent, « So » planque chez lui les disques d’un ami, fils de témoins de Jéhovah, interdit de #musique à la maison. Le sauveur, et donc complice du péché, met le nez dedans et se fabrique une culture musicale. Pour le reste : deux petits frères (dont un disparu récemment) qui l’ont toujours accompagné dans la musique, deux enfants et un parcours complexe à partir du lycée. Il largue l’école pour la rue en 1re S et devient bandit avec ce que cela implique, soit l’incarcération et la difficulté extrême de faire demi-tour. En parallèle des conneries, il se dégote, à la fin des années 90, un coin de soleil dans le rap français avec Mac Kregor, son compère d’Aubervilliers. Le groupe s’appelle Tandem et à l’époque, ce fut comme un shoot de bitume. Deux gars qui racontent « le ghetto » (sic) avec un sens du détail troublant, comme on décrirait la voisine d’en face qui se change les fenêtres grandes ouvertes – on jurerait qu’ils avaient vu la rue à poil. Dans l’un de leurs textes les plus célèbres, ils proposaient un scénar de fiction inépuisable pour les plus imaginatifs : et si la Sorbonne avait été installée à Aubervilliers ?

    « So », qui continue la musique en solo, dit à propos de l’écriture : « Il y avait de la bienveillance en dépit de la violence des thèmes. J’étais conscient d’écrire des choses en étant dans la peau d’un coupable alors que d’autres rappeurs étaient dans la démarche inverse. Ils entraient dans ce milieu pour s’encanailler. » Et là ? Il raconte une vie de repenti, qui a mangé un temps à la table du diable – vétéran du vice – et qui a par la suite tout vomi. Il y a toujours la musique (ses titres continuent de faire des centaines de milliers de vues), la mode (il a lancé sa nouvelle marque de vêtements « Ntuch », multiplie les shootings et collabore à l’occasion avec Nike) et donc, Aubervilliers (son fief depuis toujours). A propos de « Rentrée pour tous » : « Au départ, c’était anecdotique. Je donne un kit à un gamin en lui rappelant que l’école est comme une mère. Tu t’habitues à sa présence et au fil du temps, tu oublies que c’est une chance de l’avoir à tes côtés. Donc tu la négliges. Ensuite, tu regardes autour de toi : des parents ont vraiment besoin d’aide et un kit les soulage vraiment. Tu connais le prix d’un loyer dans un HLM d’Aubervilliers ? Certains foyers y laissent tout leur budget. »

    Venise

    La porte de son local reste ouverte toute la journée. Parfois, des voisins y passent et des gens d’ailleurs viennent le saluer ou lui demander conseil. Un drôle de lieu, à mi-chemin entre la permanence (le canapé) et le sanctuaire (dans le studio, il parle parfois à voix basse). Il souffle : « Une discussion peut changer une vie. » Il y a une dizaine d’années, il raconte qu’un type est venu interrompre son festin dans un kebab. Le quidam ne comprenait pas pourquoi l’artiste dégageait une image aussi dure. « Je n’y avais jamais pensé… Je ne crois pas que les choses arrivent par hasard. Alors, j’ai entamé ma thérapie du sourire, qui a petit à petit changé ma conception des choses. Il y a des gens qui me suivent, qui aujourd’hui, se déplacent jusqu’à #Aubervilliers pour acheter des vêtements. Au fond, c’est quoi ? Une forme d’amour. »

    Ce week-end, il est question de 800 kits à donner. Et de tout un système derrière : avec des associations, Socrate Petteng encourage des programmes de réinsertion et de réussite scolaire pour les jeunes de son coin. Il se souvient : « J’ai vrillé le jour où j’ai quitté l’école. » Et : « La culture n’a jamais été aussi démocratique comparée à d’autres espaces qui se referment. Et paradoxalement, les codes de banlieue n’ont jamais autant inspiré à l’extérieur. La musique, la mode, le sport… » A quelques mètres du local, à l’entrée des Fusains, des inconnus ont illuminé un mur gris à l’encre rouge et noire. Et résumé un pan de gamberge locale : « Naples partout, Venise nulle part. »
    Ramsès Kefi photo Roberto Frankenberg pour Libération

    #tandem #mac_tyer #rap #hiphop #cité #quartiers_populaires #école #éducation #rentrée_scolaire




  • On tue à Nantes ! Rage et injustice | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2018/07/10/on-tue-a-nantes-rage-injustice

    Cette impression de répétition se manifeste aussi dans la mise en œuvre de toute une dramaturgie qui fabrique l’événement. On retrouve les mêmes techniques de pouvoir : quartiers bouclés par les CRS, version policière qui transforme la victime en dangereux délinquant, rend public son casier judiciaire, retire toute responsabilité aux fonctionnaires dans la mort et dénonce les « violences urbaines » des « bandes », voire des « organisations criminelles », reprise en boucle par les médias mainstream de cette version sur fond d’images de voitures ou de bâtiments publics en feu qui vient rendre inaudibles les témoignages discordants ou contradictoires. En réaction, des « marches blanches » sont organisées pour cristalliser toute l’émotion des proches et surtout demander vérité et justice. Au mieux, le gouvernement annonce des mesures, multiplie les promesses. Et puis, une fois reconduit l’ordre public, l’indifférence civile reprend le dessus, la bureaucratie avec elle. La conduite de l’instruction, souvent longue et complexe, si elle calme les esprits, débouche régulièrement sur de lourdes condamnations des « meneurs » et un non-lieu vis-à-vis des policiers mis en examen (comme ceux mis en examen en 2005 et acquittés en 2015), décision ressentie par beaucoup comme une forme d’impunité, un « permis de tuer ».

    Maintenant, que s’est-il donc passé dans le quartier du Breil pour qu’un banal contrôle d’identité conduise à un homicide ? Chaque jour apporte son lot d’informations nouvelles. À l’origine du tir du CRS, le délit de fuite n’est plus invoqué. On apprend que ce dernier n’était pas en « légitime de défense », qu’il a menti aux enquêteurs, que c’était un accident. Au fil des jours, la version policière officielle s’effondre.

    S’il est souhaitable que la mobilisation de tous les acteurs et des habitants sur place puisse ramener le calme et apporter un soutien inconditionnel aux habitant.e.s, le recours à la violence opère toujours aussi comme un court-circuit des logiques politiques afin que soient abordés les vrais problèmes – à Nantes Ouest comme ailleurs – et que justice soit rendue.

    Mais rien n’est joué. Car dans les quartiers la police tue toujours des non-blancs. La loi du 28 février 2017 a, à l’évidence, étendu l’usage des armes à feu par les policiers et les gendarmes, comme l’a montré un bilan statistique en 2018 et le drame de Nantes. Tout en cherchant à homogénéiser l’usage des armes selon que l’on était gendarme, policier ou agent de surveillance, la loi a ajouté aux principes de proportionnalité, de légitime défense et d’ordre faisant autorité, les notions « d’état de nécessité » ou « d’absolue nécessité ». La première laisse une grande latitude aux agents. Quant à la seconde, on se demandera : « Y avait-il « absolue nécessité » à tirer à bout pourtant sur Akoukabar ce 4 juillet 2018 ?

    Invoquer un « accident » quelques jours après le drame apparaît comme une volte-face grotesque. Mais ce cas n’est pas isolé et d’autres pourraient survenir. Cette loi pose donc problème dès lors qu’elle encadre moins des pratiques qu’elle ne les « couvre ». Par ailleurs, on observe sur l’uniforme de certains membres des forces de l’ordre – parfois cagoulé et sans matricule – le signe des « punishers » (en lien avec la série éponyme). Cet insigne est-bien légal ? Que signifie t-il ? Faut-il le mettre en lien avec les résultats aux élections professionnelles des listes proches de l’extrême droite qui ont rassemblé plus de la moitié des fonctionnaires de police ? Quoi qu’il en soit, pour ne pas donner raison à ceux qui parlent de « guerre » ou de « guérilla urbaine », ce sont aussi ces questions, que révèlent le drame de Nantes, dont il faudrait débattre.

    Michel Kokoreff

    Sociologue, Professeur de sociologie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

    #Quartiers #Emeutes #Police_partout_justice_nulle_part


  • Quartier troublé dans le reflet d’une #voiture immolée...
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/29366338048

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    ValK. a posté une photo :

    Marche blanche en hommage a #Aboubakar, assassiné par la #police le 3 juillet. #Nantes, quartier du #Breil, le 5 juillet 2018. Série « Que Fer ? »

    #aboubakarfofana #abubakar #manifestation #nantes #politique #quefer #valk #assassinat #carcasse #feu #incendie #meurtre #oxydation #quartiers #rassemblement #rouille #rust #social #solidarite #soutien #violencedetat #violencespolicieres #france


  • « PRINCE 3 TU VAS NOUS MANQUER » /.../ « 95 - 44 ON T’OUBLIE PAS LE LOUP 3 »
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/42517909724

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    ValK. a posté une photo :

    Marche blanche en hommage a #Aboubakar, assassiné par la #police le 3 juillet. #Nantes, quartier du #Breil, le 5 juillet 2018.

    #aboubakarfofana #abubakar #manifestation #nantes #politique #valk #assassinat #ecrits #graff #graffiti #meurtre #mots #quartiers #rassemblement #social #solidarite #soutien #streetart #tag #violencedetat #violencespolicieres #france





  • Une #manifestation de #soutien avec beaucoup trop peu de nantais·e·s, dans une rue symbolique des richesses triangulaires de #Nantes...
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    ValK. a posté une photo :

    Manifestation en soutien aux proches de #Aboubakar, assassiné par la police, et en soutien aux #quartiers qui se révoltent ; #nantes le 4 juillet 2018.

    #abubakar #politique #valk #armement #desarmons #emeutes #mutilation #rassemblement #social #solidarite #violencedetat #violencespolicieres #leloup


  • Bleu, Blanc, Rouge, rien ne bouge. « STOP AUX CRIMES POLICIERS ET A L’IMPUNITE », « POLICE RACISTE, JUSTICE COLONIALISTE ». Manif de #soutien au #Breil à #Nantes.
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/29339953798

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    #manifestation en soutien aux proches de #abubakar, assassiné par la police, et en soutien aux #quartiers qui se révoltent ; en arrière-plan, les « Marches de la Fierté » vandalises. #nantes le 4 juillet 2018.

    #politique #valk #armement #desarmons #emeutes #mutilation #rassemblement #social #solidarite #violencedetat #violencespolicieres #paysdelaloire #france


  • Dans les #quartiers_populaires, les #bibliothèques transformées en #médiathèques incarnent une volonté de #démocratie_culturelle. Or les ouvriers et les jeunes de ces quartiers se sentent souvent peu concernés par cette offre qui se veut « de qualité ».

    http://sms.hypotheses.org/8718

    #quartier, #populaire, #bibliothèque, #médiathèque, #démocratie, #culture, #culturel, #ville, #lecture, #librairie



  • Marseille : Dans les quartier Nord, deux fusibles causent une coupure d’électricité de 76 heures
    https://www.20minutes.fr/societe/2292731-20180619-marseille-quartier-nord-deux-fusibles-causent-coupure-ele
    https://img.20mn.fr/K70Weg5LSPemELx6ylHAuA/648x360_cite-parc-kalliste-15e-arrondissement-marseille

    Pas d’électricité de vendredi 19h jusqu’à lundi, 17h. Une trentaine de logements de la cité Le Castellas, dans le 15e arrondissement de Marseille, ont été privé d’électricité pendant près de 76 heures ce week-end.

    « On a tout jeté ce que nous avions au frigo ou au congélateur, pour ceux qui en ont un. Nous n’avons pas pu non plus prendre de douche parce que nous avons un cumulus », témoigne Karima encore épuisée de ces trois jours.

    « Si ça n’avait duré qu’une journée encore, mais là c’était trois jours. Surtout avec cette chaleur », ajoute-t-elle. Une vieille dame âgée de 95 ans est même tombée dans les escaliers, faute de lumière. Elle a été hospitalisée.

    Le blocage de l’accès aux locaux techniques chez les bailleurs sociaux c’est du grand classique. Chez nous l’année dernière les pompiers ont dû défoncer une porte blindée avec un bélier pendant plus d’1 heure en pleine nuit parce que les vannes de l’arrivée d’eau étaient derrière et que l’eau montait dans les apparts du rez de chaussée à cause d’une rupture de canalisation. Tout le monde écopait l’appart du voisin pendant que la canalisation fuyait à grande eau ! C’était hallucinant ! Le bruit du bélier était tel que j’ai fait un bond dans mon lit et j’ai cru que c’était une descente des flics pour une perquis’.
    En moins dangereux on a le même genre de souci avec les poubelles : pas de tri et ça déborde parce qu’ils veulent pas laisser les clés, peut-être de peur qu’elles soient brûlées, je ne sais pas (à chaque fois c’est difficile de comprendre les vraies raisons). Mais ce qui est clair c’est que ça n’arrive pas chez les bourgeois !
    #bailleurs_sociaux #hlm #logement #quartiers_populaires #discriminations #électricité #marseille #enedis #coupure


  • La CAF de Dordogne suspend ses aides aux maisons de quartier ouvertes plus tard pendant le ramadan
    https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/laicite/la-caf-de-dordogne-suspend-ses-aides-aux-maisons-de-quartier-ouvertes-p

    L’organisme public reproche une ouverture jusqu’à 1 heure du matin de deux maisons de quartier à Bergerac (Dordogne) durant la période de #ramadan, ce qui constitue une rupture des principes de neutralité et de #laïcité, selon la CAF.

    Alors là je pense qu’on touche le fond.
    #caf #bergerac #islamophobie #discriminations #racisme #quartiers_populaires


  • From (urban) commons to commoning: political practices and horizons in the Mediterranean context

    Dai Commons al Commoning (urbano): Pratiche e Orizzonti Politici Nel Contesto Mediterraneo. Introduzione al numero speciale
    Cesare Di Feliciantonio, Silvia Aru
    258-268

    Lottare Per La Casa Nel Quartiere Che Cambia Volto. Il Potenziale Politico Dei Commons Urbani
    Nico Bazzoli
    269-291
    #quartiers #communs_urbains

    Cultura bene comune? Strategie di resistenza e riappropriazione dal basso in una città mediterranea
    Luca Ruggiero, Teresa Graziano
    292-324
    #culture #Méditerranée

    Undoing Commons. Diritto Alla Città, Attivismo Culturale e Pratiche di (Un-)Commoning nel Sud d’Italia
    Chiara Giubilaro
    325-347
    #droit_à_la_ville #Italie #Italie_du_Sud

    Spazi comuni nell’Atene della crisi: il commoning urbano come processo creativo
    Marco Volpini, Emanuele Frixa
    348-375
    #Athènes #création #créativité

    The Newcomers’ Right to the Common Space: The case of Athens during the refugee crisis
    Charalampos Tsavdaroglou
    376-401
    #réfugiés #migrations #asile

    Da vuoto urbano a verde pubblico: un caso di commoning a #Partinico (Palermo)
    Giulia de Spuches, Marco Picone, Noemi Granà
    402-426
    #Palerme #Sicile

    “Essere Nel Giusto”: Orizzonti Di Lotta E Pratiche Di Commoning In Due Esperienze Di Occupazione A Cagliari
    Silvia Aru
    427-453
    #Cagliari #Sardaigne

    L’amore alla guida degli spazi di messa in comune?
    Cesare Di Feliciantonio
    454-479

    Estrattivismo contro il comune. Venezia e l’economia turistica
    Giacomo-Maria Salerno
    480-505
    #extractivisme #Venise #tourisme

    Tessere il Comune. Autogestione del lavoro e pratiche socio-spaziali nelle economie popolari urbane a #Buenos_Aires
    Alioscia Castronovo

    #autogestion #économie_populaire


    https://www.acme-journal.org/index.php/acme/issue/view/109
    #commons #les_communs #communs #urban_matter #villes #géographie_urbaine #revue


  • Comité Adama : « On va se battre ensemble »

    Ça pose la question de la centralité. Pour le mouvement social classique, porté à gauche, les « vraies luttes », ce sont celles des cheminots, les étudiants, les hospitaliers… Tout le reste est considéré comme secondaire. Dans l’imaginaire de cette #gauche, on soutient, d’accord, mais de loin ; on pense que la lutte « réelle » ne s’y joue pas. Beaumont, Aulnay, Grigny, ce sont des #territoires secondaires. (...) Ce qu’on dit, c’est qu’aucun #mouvement_social ne gagnera sans les #quartiers. C’est impossible. (...)

    « #Convergence », c’est un mot qui laisse des traces : c’est un rendez-vous manqué. C’est devenu creux. Quand je l’entends, j’entends une arnaque. Mais parlons d’#alliances, oui. Nous sommes des alliés. Nous avons à nous confronter à un même #ennemi. Les coups, on va les prendre ensemble. On va au front ensemble. On va se battre ensemble. C’est ce qu’on dit, pour le 26 mai et pour la suite. Ce que propose #Macron est inacceptable.

    « Nous sommes des #alliés. Nous avons à nous confronter à un même ennemi. Les coups, on va les prendre ensemble. On va au front ensemble. »

    Nous, on ajoute que le #racisme structurel englobe la question économique. L’#antiracisme structurel est anticapitaliste. Le #capitalisme s’est construit sur le corps des esclaves noirs : il n’y a pas de #colonialisme sans capitalisme, pas plus qu’il n’y a de capitalisme sans colonialisme. Lutter contre le racisme et lutter contre le capitalisme, c’est indissociable.

    https://www.revue-ballast.fr/comite-adama-on-va-se-battre-ensemble



  • "« Que sont-ils devenus ? » : Une ex-prof de banlieue retrouve ses élèves"
    http://syntone.fr/que-sont-ils-devenus-une-ex-prof-de-banlieue-retrouve-ses-eleves

    Quinze ans après son Journal d’une jeune prof , #Delphine_Saltel retrouve quatre anciens élèves de son collège de Meaux en banlieue parisienne. Avec Que sont-ils devenus ? , une série en quatre épisodes réalisée par Arnaud Forest pour #Arte_Radio, la documentariste poursuit son travail sur l’école comme caisse de résonance des inégalités et interroge les limites de son pouvoir d’ascension sociale.

    Le Journal d’une jeune prof (2003)
    https://www.arteradio.com/serie/journal_d_une_jeune_prof

    L’épisode 1
    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/www.arteradio.com/podcast_sound/588.mp3

    Que sont-ils devenus ? (2018)
    https://www.arteradio.com/serie/que_sont_ils_devenus

    L’épisode 1
    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/www.arteradio.com/podcast_sound/61659897.mp3

    #quartiers_populaires #école #enseignement #audio #podcast #crétaion_sonore


  • « La version originale de nos propres vies » : l’histoire orale comme outil de réappropriation
    http://syntone.fr/la-version-originale-de-nos-propres-vies-lhistoire-orale-comme-outil-de-reap

    Il existe dans la création radiophonique et sonore une branche aussi minoritaire, aussi résolue, aussi généreuse que les personnes qu’elle donne à entendre : les œuvres d’#histoire_orale. Retour sur la dernière en date en langue française : « Rock against police. Des lascars s’organisent ».

    « C’était avant tout l’idée de prendre la parole, pas de la donner. On n’avait pas les moyens de donner la parole, mais on trouvait les moyens de la prendre. Une parole collective, qui se faisait à tâtons. » Samir, l’un des initiateurs de Rock against police, évoque ainsi, dans le premier épisode d’une série documentaire éponyme, la naissance du réseau qui organisa, de 1980 à 1983, plusieurs concerts gratuits et autogérés au milieu de diverses banlieues françaises. Une « musique sociale issue du quotidien », visant à réunir jeunes immigré·es et jeunes prolétaires. Une tentative de « renégocier une place dans la cité », à mille lieues de « l’antiracisme larmoyant » comme du stéréotype des quartiers populaires, des jeunes et des immigré·es que véhiculent à l’époque – et aujourd’hui toujours – les médias de masse. « Le projet principal », précise Mogniss, un autre fondateur, « c’était de faire en sorte que les gens deviennent acteurs de la transformation de leur situation sociale. »

    Le site du documentaire
    http://rapdocsonores.org

    #audio #création_sonore #documentaire_sonore #quartiers_populaires #Rock_against_police


  • Banlieues : voici ce que dit le #rapport_Borloo

    Dans son rapport remis au premier ministre jeudi 26 avril, Jean-Louis Borloo dresse un constat sans concession des politiques publiques à destination des #quartiers_populaires. Pour l’heure, l’exécutif n’a pas fait de commentaire sur les propositions. Emmanuel Macron devrait s’exprimer sur le sujet, mi-mai.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/260418/banlieues-voici-ce-que-dit-le-rapport-borloo
    #banlieu #rapport #Borloo #France #urbanisme #urban_matter #villes #géographie_urbaine