• "« Que sont-ils devenus ? » : Une ex-prof de banlieue retrouve ses élèves"
    http://syntone.fr/que-sont-ils-devenus-une-ex-prof-de-banlieue-retrouve-ses-eleves

    Quinze ans après son Journal d’une jeune prof , #Delphine_Saltel retrouve quatre anciens élèves de son collège de Meaux en banlieue parisienne. Avec Que sont-ils devenus ? , une série en quatre épisodes réalisée par Arnaud Forest pour #Arte_Radio, la documentariste poursuit son travail sur l’école comme caisse de résonance des inégalités et interroge les limites de son pouvoir d’ascension sociale.

    Le Journal d’une jeune prof (2003)
    https://www.arteradio.com/serie/journal_d_une_jeune_prof

    L’épisode 1
    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/www.arteradio.com/podcast_sound/588.mp3

    Que sont-ils devenus ? (2018)
    https://www.arteradio.com/serie/que_sont_ils_devenus

    L’épisode 1
    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/www.arteradio.com/podcast_sound/61659897.mp3

    #quartiers_populaires #école #enseignement #audio #podcast #crétaion_sonore


  • « La version originale de nos propres vies » : l’histoire orale comme outil de réappropriation
    http://syntone.fr/la-version-originale-de-nos-propres-vies-lhistoire-orale-comme-outil-de-reap

    Il existe dans la création radiophonique et sonore une branche aussi minoritaire, aussi résolue, aussi généreuse que les personnes qu’elle donne à entendre : les œuvres d’#histoire_orale. Retour sur la dernière en date en langue française : « Rock against police. Des lascars s’organisent ».

    « C’était avant tout l’idée de prendre la parole, pas de la donner. On n’avait pas les moyens de donner la parole, mais on trouvait les moyens de la prendre. Une parole collective, qui se faisait à tâtons. » Samir, l’un des initiateurs de Rock against police, évoque ainsi, dans le premier épisode d’une série documentaire éponyme, la naissance du réseau qui organisa, de 1980 à 1983, plusieurs concerts gratuits et autogérés au milieu de diverses banlieues françaises. Une « musique sociale issue du quotidien », visant à réunir jeunes immigré·es et jeunes prolétaires. Une tentative de « renégocier une place dans la cité », à mille lieues de « l’antiracisme larmoyant » comme du stéréotype des quartiers populaires, des jeunes et des immigré·es que véhiculent à l’époque – et aujourd’hui toujours – les médias de masse. « Le projet principal », précise Mogniss, un autre fondateur, « c’était de faire en sorte que les gens deviennent acteurs de la transformation de leur situation sociale. »

    Le site du documentaire
    http://rapdocsonores.org

    #audio #création_sonore #documentaire_sonore #quartiers_populaires #Rock_against_police


  • Banlieues : voici ce que dit le #rapport_Borloo

    Dans son rapport remis au premier ministre jeudi 26 avril, Jean-Louis Borloo dresse un constat sans concession des politiques publiques à destination des #quartiers_populaires. Pour l’heure, l’exécutif n’a pas fait de commentaire sur les propositions. Emmanuel Macron devrait s’exprimer sur le sujet, mi-mai.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/260418/banlieues-voici-ce-que-dit-le-rapport-borloo
    #banlieu #rapport #Borloo #France #urbanisme #urban_matter #villes #géographie_urbaine


  • QUE SONT-ILS DEVENUS ?

    Ancienne prof dans une banlieue difficile, Delphine Saltel retrouve les élèves qu’elle avait enregistrés au collège et confronte leur voix d’enfant à leur parcours d’adulte. 12 ou 15 ans après leur troisième, que sont devenus les petits caïds et les premiers de la classe ? Inattendu, drôle et parfois dérangeant, un podcast documentaire sensible sur l’école, la banlieue et la diversité des #destins.


    https://www.arteradio.com/serie/que_sont_ils_devenus
    #école #éducation #banlieue #France #parcours_professionnel #parcours_de_vie #audio


  • « Que fait la police en banlieue ? » Nouveau projet vidéo qui a pour but de donner la parole aux quartiers populaires, mettre en avant le rapport police/population, l’intégration sociale. Il sera réparti en 10 parties soit 10 quartiers différents.

    Partie 1 - Quartier Nord (Clichy 92110) #QueFaitLaPoliceEnBanlieue - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=f4XLASRazVg

    « Que fait la police en banlieue ? » Nouveau projet vidéo qui a pour but de donner la parole aux quartiers populaires, mettre en avant le rapport police/population, l’intégration sociale. Il sera réparti en 10 parties soit 10 quartiers différents.


  • À Argenteuil, Ilyès, 13 ans, accuse des policiers de violences | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201803281056/a-argenteuil-ilyes-13-ans-accuse-des-policiers-de-violences

    Ilyès M., 13 ans, affirme avoir été interpellé violemment avec un ami dans le parc du Cerisier à Argenteuil samedi 24 mars. Il raconte avoir été frappé à plusieurs reprises par les policiers. Son visage porte encore des stigmates de coups au niveau de l’œil gauche. Sa mère accuse la police de ne pas l’avoir informée de la garde à vue de son fils.

    #Argenteuil #quartiers_populaires #violences_policières #police


  • L’école des villes contre l’école des champs (France 3 Nouvelle-Aquitaine)
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/ecole-villes-contre-ecole-champs-1436105.html

    200 à 300 classes vont être fermées à la rentrée prochaine en zones rurales en France, pour permettre notamment le dédoublement des classes en réseau prioritaire, en ville. La priorité fixée par le gouvernement laisse un goût amer à la campagne.

    Avec ce titre, tout est dit : la gestion comptable de la pénurie se traduit concrètement par la mise en concurrence des territoires et notamment des territoires délaissés : quartiers populaires et zones rurales.

    Le ministre a beau démentir avec l’agacement de l’expert omniscient, l’effet ressenti sur le terrain se confirme de semaine en semaine :
    – Education : pourquoi tant de fermetures de classes ? (Le Parisien)
    http://www.leparisien.fr/societe/education-pourquoi-tant-de-fermetures-de-classes-07-03-2018-7594245.php
    – Fermeture de classes en milieu rural : l’offensive contre Blanquer monte (Les Échos)
    https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/0301382654089-fermeture-de-classes-en-milieu-rural-loffensive-contre-blanqu

    Comme l’indiquaient Marion Audrain et Sylvain Grandserre, cette gestion des uns contre les autres est une bombe à retardement politique aux effets prévisibles désastreux :

    Dès lors, chacun comprend que le généreux principe du dédoublement ne pourra se faire qu’au détriment d’autres écoles, et donc d’autres enfants. […] Monte le sentiment que ce sont les écoles rurales qui vont faire les frais de l’apparente générosité ministérielle en direction des classes en difficulté. Bref, l’impression que l’on déshabille la campagne pour habiller la banlieue. […]
    Visiblement, la menace d’un éclatement de nos territoires semble peu prise au sérieux par des décideurs politiques urbains, souvent parisiens, qui n’ont vu aucun bureau de vote de la capitale placer le FN en tête du 1er tour des élections présidentielles (avec une moyenne de 5 % des votes pour ce parti à Paris).
    Rappelons-leur qu’au 2nd tour, dans nombre de nos campagnes, Marine Le Pen a été portée à des scores qui devraient appeler une toute autre vigilance, avec des villages atteignant les 70 % ! Comment expliquer à cet électorat - qui ne connaît des banlieues en général, et de l’immigration en particulier, que ce qu’en montre le journal télévisé - que l’école centenaire va fermer pour donner plus de moyens à des enfants qu’ils considèrent comme « étrangers » et « pas de chez nous » ?
    […] Et selon l’UNICEF, 2,5 à 3 millions d’enfants de notre pays vivent sous le seuil de pauvreté. Est-il bien raisonnable de vouloir ainsi les opposer, les mettre en concurrence ? […]
    Nous, enseignants en quartier sensible ou à la campagne, refusons qu’on nous oppose, qu’on oppose nos familles, qu’on oppose nos élèves.
    Source : “Carte Scolaire : la bombe à retardement (Marion Audrain et Sylvain Grandserre)”
    https://seenthis.net/messages/671269

    C’est bien cela qu’illustre le panneau sur cette image issue d’une mobilisation en milieu rurale…

    Le plus terrible c’est qu’il n’y a pas « 12 élèves par classe dans les quartiers » comme indiqué sur cette affiche :
    – seuls les CP et CE1 sont concernés avec déploiement progressif sur 3 ans (2017 : CP dédoublés en REP+ ; 2018 : CP dédoublés en REP et CE1 en REP+ ; 2019 : CE1 dédoublés en REP) donc les CE2-CM1-CM2 des quartiers classés « éducation prioritaire » ne sont et ne seront pas concernés.
    – la communication ministérielle a glissé de « CP à 12 élèves » à « CP dédoublés » et dans la réalité les classes peuvent tendre plutôt vers 16 (ce qui est moins que 28 mais 30% de plus que 12)
    – la contrainte du « à moyens constants » avant de venir pénaliser les écoles rurales s’applique d’abord aux écoles populaires concernées par les dédoublements de classes : (i) fermeture des dispositifs (maîtres supplémentaires voire RASED) dont elles bénéficiaient et (ii) augmentation à la marge des effectifs des autres classes de l’école accueillant des élèves avec un profil identique mais âgés de 2-3 ans de plus avec ce que ça implique en terme d’accompagnement et de gestion de classe.

    Ainsi, les deux territoires les plus fragiles de la République vont souffrir du manque d’ambition scolaire et de la doxa indépassable du « à moyens constants »… et pourtant mis en concurrence leurs habitant.e.s vont construire le fantasme de l’Autre qui captent tous les moyens… nourrissant en retour un double sentiment « d’abandon » pour le plus grands profits de l’extrême-droite.

    NB : sur @seenthis ces dernières semaines :
    – Enseignement : les écoles rurales sacrifiées pour ouvrir des doubles classes en ville   ? (Sud Ouest.fr)
    https://seenthis.net/messages/668582
    – Maternelles et écoles rurales risquent de payer le prix des CP et CE1 à douze élèves (Le Monde)
    https://seenthis.net/messages/670352
    – Les #écoles_rurales se sentent sacrifiées par l’Éducation nationale (@mediapart)
    https://seenthis.net/messages/670914
    – Classes à 12 élèves : le prix à payer (Blog L’instit’humeurs)
    https://seenthis.net/messages/671739
    – Classes de CP à douze élèves : une réforme à marche forcée (Le Monde)
    https://seenthis.net/messages/672283

    #éducation #école #dédoublement_CP #territoires #ruralité #école_rurale #carte_scolaire #quartiers_populaires #éducation_prioritaire #moyens_constants #mise_en_concurrence_des_territoires


  • #Quartiers_populaires : les #inégalités sont aussi environnementales

    Les habitants des métropoles françaises sont loin d’être égaux devant l’#environnement. Leur exposition aux risques varie fortement d’un quartier à l’autre. La philosophe Catherine Larrère appelle à repenser d’urgence notre rapport à l’écologie.

    https://www.mediacites.fr/toulouse/interview-toulouse/2018/02/20/quartiers-populaires-des-inegalites-sociales-mais-aussi-environnementales
    #urban_matter #villes #Bordelongue #pollution #banlieues #géographie #géographie_urbaine #ressources_pédagogiques


  • Violences sur mineurs du 12ème arrondissement de Paris : quatre policiers sur le banc des accusés | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201802221023/violences-sur-mineurs-du-12eme-arrondissement-de-paris-quatre-policiers-su

    Ces mercredi 21 et jeudi 22 février se tient le procès en correctionnel de quatre policiers du 12ème arrondissement de Paris. Plusieurs jeunes de la cité #Rozanoff les accusent de violences volontaires. Le procureur de la République parle de “dysfonctionnements graves” dans leur commissariat.

    Retour dans le 12ème arrondissement avec ses sympathiques fonctionnaires de police très zélés. Mais ici derrière la barre, pour une fois !
    Avec la présentation devant le tribunal d’une notion intéressante et imminemment juridique (lol) : les « indésirables », dont font apparemment partie les jeunes, les SDF etc
    #police #violences_policières #procès #cité #quartiers_populaires


  • 365 JouRS a CLiCHy - MoNTFeRMeiL ( 1 sur 3 ) Kourtrajmé - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=L3IwO7YKZYw


    365 JouRS a CLiCHy - MoNTFeRMeiL ( 2 sur 3 ) Kourtrajmé - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=lm7NnvHP8WQ

    365 JouRS a CLiCHy - MoNTFeRMeiL ( 3 sur 3 ) Kourtrajmé - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=9SP-3xiXi3E

    Film de Ladj Ly découpé en 3 parties qui relatent de l’intérieur (Ladj Ly est de Montfermeil) ce qu’il se passe à Clichy-Montfermeil après la mort de Zyed et Bouna.
    Il existe une version en une seule partie sur Youtube (de meilleure qualité je pense), mais pour ça il faut prouver qu’on est majeur o_Ô
    Le début de la 3ème partie montre la rencontre avec le maire qui tient des propos d’un mépris éhonté.
    Dans une interview récente Ladj Ly racontait que ce film n’a jamais été diffusé par une chaîne française alors qu’il a eu énormément de succès à l’étranger. Une chaîne nationale voulait le diffuser à la condition de refaire le montage (rien que ça…) ce que le réalisateur a refusé.
    #zyed_et_bouna #quartiers_populaires #police #violences_policières #clichy #montfermeil #ladj_ly


  • Souvenirs d’un accro aux crêpes - Culture / Next
    http://next.liberation.fr/food/2018/02/02/souvenirs-d-un-accro-aux-crepes_1627068

    « Poulet-jambon-oeuf », « merguez-champignons », « Nutella-banane-coco »… à Montmartre ou Pigalle, les festins nocturnes entre potes reviennent à l’esprit. Malbouffe sentimentale.

    Quand il n’y avait plus d’ingrédients, le taulier faisait signe à un petit gars d’aller chercher les Tupperware pleins. Celui-ci se dirigeait vers une pièce obscure et revenait les mains chargées de matière première. La viande hachée : frisée et grise, comme la tignasse de Pierre Perret. Le fromage râpé : à l’œil nu, des boules Quiès. L’anglais du personnel : du « isn’t it » à chaque fin de réplique - avec le fier accent des pays endettés pour toujours auprès du FMI - afin d’impressionner le touriste torché au bon vin. Le patron : un type en Téflon, qui n’a même pas bougé cette fois où du café brûlant s’est renversé sur son orteil velu - il était en tongs. Son regard marron et sa gencive couleur crème anglaise suffisent à raconter le bonhomme : le genre à soigner une conjonctivite avec du Destop. Qu’importe, on l’aimait tous.
    Le restaurant (fast-food, évidemment) était minuscule, l’accueil magistral, les crêpes plutôt bonnes et les prix imbattables : pour 5,50 euros, tu rentrais à la maison avec une bedaine en forme de cartable. A l’intérieur, trois chaises, deux tables, pas de toilettes. Quatre clients au plus pouvaient consommer assis au chaud. Alors tout se passait dehors, en face de l’enseigne. Dans la petite rue, on était des petits groupes venus de différentes périphéries - chacun avait son accent - éclairés par la lumière jaune omelette de l’enseigne. Et l’on tournait en rond dans un petit périmètre en attendant le produit fini, en pleine nuit, quelque part entre Pigalle et la gare Saint-Lazare.

    Autoroute.

    La bonne nouvelle - « poulet-jambon-œuf ? » « Thon-emmental ? » « Nutella-banane-coco ? » « Merguez-champignons ? » - tombait au bout de six à sept minutes maximum. Un index ovale pointait le propriétaire de la mixture, lequel tirait parfois la même gueule qu’un candidat du Juste Prix. Les soirs de grande affluence, le bienheureux avait du mal à se frayer un chemin jusqu’au comptoir pour récupérer son trophée. Alors la crêpe, enroulée dans du papier aluminium et de l’essuie-tout, passait de main en main jusqu’à son destinataire. Des inconnus qui forment une chaîne humaine, des desperados qui sourient de bon cœur, des méchants qui te souhaitent bon appétit, des bouilles de nounours qui se refilent des tuyaux pour des boulots : il y a dix ans mes amis, Nuit debout existait déjà.
    Ados, on écoutait les aînés, assis sur des rondins de bois au milieu des petits immeubles, chanter des odes à la crêpe nocturne. Ce n’était pas tant la gastronomie qui les rendait lyriques, plutôt le rituel. Rouler, rôder, respirer. Le week-end, très tard, ils démarraient leurs caisses et disparaissaient entre les arbres fruitiers, l’Abribus et le supermarché. Dans les vieux téléfilms américains, les lycéens rêvaient de la Route 66 pour admirer les coyotes et les filles en short à Baxter Springs. Nous, on a fantasmé l’autoroute A 13 Paris-Yvelines-Normandie pour bouffer de la pâte mélangée à une tripotée de conneries.

    2003 ou 2004 : première crêpe vers le Faubourg-Montmartre, à Paris, après minuit, avec trois camarades. Un peu moins d’une dizaine d’euros. On découvre, on savoure, on abuse : une salée, une sucrée, une boisson chacun. Une fois l’affaire réglée, on traîne un peu dans le coin. Des amoureux se bécotent, des faux bourgeois enquillent des expressos à 7 euros et nous, on se demande s’il y aura assez d’essence dans la voiture pour rentrer - jeunes, repus et fauchés. Sur le chemin, assis sur le siège passager, un pote ne décolle pas ses mains de ses poignées d’amour. Il pousse et masse des deux côtés pour éviter que le cartable écrase un organe vital.
    De retour chez toi, tu te rends compte que le gras sur les doigts, même après avoir frotté au savon, t’empêche de saisir des objets du premier coup. Paniqué, ton cerveau imagine un plan d’urgence : enfiler des mitaines pour tenir la brosse à dents dans ta paume. Au fil des minutes, tu comprends également que ta motricité a pris un sale coup. Le poulet, le Nutella, le fromage, le poivre : pourquoi tout cela ? C’est trop tard de toute façon. Pour te rassurer, tu tentes un petit talons-fesses dans la salle de bains. Tu morfles sévère. Les gouttes de sueur qui ruissellent de ton front sentent le sirop d’érable.

    Transhumance.

    En 2007 ou 2008, un fin gourmet conseille à nous quatre le spot pas trop loin de Pigalle. Moins de monde, plus de goût, moins cher, plus d’amour dans la fabrication : la malbouffe avec des sentiments. Assurément, le taulier miaulerait du fond du cœur s’il apprenait que son thon couleur mauve avait provoqué de quelconques lésions. Quoi qu’il en soit, le coup de foudre est immédiat : c’est décidé, on ne changera plus de crêperie. Dans le coffre de la voiture, on prévoit désormais une bouteille de flotte pour se laver les pognes. Dans les poches, du liquide parce que l’établissement emmerde profond la finance - les cartes bancaires ne sont pas acceptées. Dans un coin de la tête, l’évidence : tu jettes cette crêpe dans la Méditerranée, celle-ci se transforme dans la seconde en jacuzzi. Mais Bon Dieu, que c’est bon.
    De temps à autre, on y croise des voisins proches ou lointains. Souvent, on se fait l’accolade comme si nous venions tous de recevoir le même recommandé de la faucheuse. L’air de la capitale resserre les liens. Ironie : quand on se voit par chez nous, on se dit simplement « bonjour » de loin, avec le menton et « ça va bien ? » sans attendre de réponse.

    Au fil des mois, on prend du plaisir à y aller de plus en plus tard. Parfois, un affamé de la bande envoie un SMS à 1 h 15 du matin. « Crêpe ? » Les smileys n’existaient pas. Impossible de refuser ça. Un quart d’heure après, tu déboules sur le parking en vrac : jean délavé fashion et veste en cuir et en dessous, short de foot du FC Bruges et marcel violet avec la gueule de Johnny Hallyday au niveau du téton.
    Un dimanche matin d’hiver, ta mère a mis un petit coup de poing dans ton sandwich au pain de mie. « Pourquoi tu sors à 2 heures du matin ? Qu’est-ce que tu trafiques ? » Acculé, tu lui as parlé des 70 kilomètres aller-retour pour croquer dans une crêpe Nutella-coco ou, dans les périodes de détresse, une thon-emmental bien poivrée, tout cela en plein hiver. L’amour maternel venait de prendre un sale coup : combien de dîners exquis as-tu séchés pour ces vacheries ? Elle compara le concept à une transhumance sataniste. Après cette discussion, il a fallu des semaines pour qu’elle cesse de te vouvoyer et de te réveiller en poussant ton corps avec un bâton, comme si tu étais devenu un bouc.

    Pastrami.
    Ta copine t’a traîné dans une crêperie traditionnelle parisienne quelques mois après l’élection de François Hollande. Les ingrédients ne tentaient pas d’emporter une dent avec eux dans l’intestin, le fromage n’avait pas de reflets cuivrés et les cuistots avaient des lacets à leurs chaussures : c’était comme découvrir la direction assistée ou le Pento. Succulent. Pourtant, à chaque bouchée, tu n’as pensé qu’à la crêpe fast-food et sa forme de fer à repasser quand celle-ci est inclinée à 90 degrés. Ce n’est pas tant avaler sa mixture qui t’a manqué, mais ce foutu folklore. Les 70 bornes dans une voiture balafrée au compteur assoupi, les discussions en arpentant le périphérique, les détours par des nationales quand l’autoroute était fermée. Pour des raisons inconnues, Paris la nuit nous rendait prolixes, profonds, poétiques et la crêpe colle à l’arrière-train ce souvenir-là.

    Le lendemain, tu as déboulé en solo chez ton fournisseur habituel. Le taulier en Téflon était là, assis sur le trottoir, en face de son honorable enseigne, clope à la bouche, mine fatiguée. Pas un client. La concurrence est rude, tout fout le camp.

    2017 : les crêperies fast-food sont arrivées en périphérie. Les enseignes sont colorées, les sauces portent des noms de nationalité et le choix est pachydermique - ce n’est plus une bouffe, mais le concours Kangourou (jeu-concours sur les mathématiques). Elles proposent du pastrami, des condiments et même des bonbons dans la mixture. Elles restent ouvertes jusque tard la nuit et filent une petite machine qui clignote dès lors que la commande est prête. A quoi bon traîner sa carcasse jusqu’à Paris, quand celui-ci vient à vous ? Magie.
    De notre bougre installé entre Pigalle et Saint-Lazare, nous savons simplement qu’il a déjà entamé une révolution. Aux dernières nouvelles, il proposait un supplément pomme de terre. Et surtout, il avait ajouté une chaise.
    Ramsès Kefi

    J’adore les articles de ce journaliste quand ils portent sur ses souvenirs, la vie du quartier, son rapport à la bouffe ou ce qu’il raconte sur ses parents. Il me fait beaucoup rire ce Ramsès :-)
    Par exemple le passage :

    L’air de la capitale resserre les liens. Ironie : quand on se voit par chez nous, on se dit simplement « bonjour » de loin, avec le menton et « ça va bien ? » sans attendre de réponse.

    c’est d’une pertinence. Quand tu croises quelqu’un de la cité dans le centre ça fait tout drôle et il y a comme une connivence qui s’installe directement, comme si on n’était pas à notre place là, qu’on vivait le même exil temporaire lol

    #quartiers_populaires #malbouffe #crêpes


  • Enquête sur le 3eme arrondissement de Marseille (1/2) : l’arrondissement le plus pauvre de France
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/enquete-sur-le-3eme-arrondissement-de-marseille-12-larrondissement-le-

    En plein centre de la ville, à dix minutes de la gare et du Vieux-Port, l’arrondissement jouxte Euroméditerranée, l’une des opérations de rénovation urbaine les plus ambitieuses d’Europe. En marge des grands axes rénovés à coup de millions d’euros, les marchands de sommeil continuent à prospérer dans ce quartier aux allures de faubourg, surnommé “la zone des oubliés”, par ses habitants. Samia, 21 ans, et Sherazade, 16 ans, racontent comment elles vivent dans des logements insalubres.

    Le passage sur la teigne m’a vraiment choquée, et la réaction de l’école de la gamine qui menace de refuser l’enfant au cas où il n’y aurait pas de certificat médical. Par contre aider la famille dans ses problèmes de logement, apparemment c’était pas 1 option. Dans wikipedia on explique que « l’éviction scolaire n’est plus indispensable chez l’enfant correctement pris en charge ». Correctement pris en charge, voilà vraisemblablement le problème.
    Faudrait en parler au haut personnel de l’Assemblée Nationale logé gratuitement dans le luxe et un environnement spacieux, ils ont peut-être des bons plans à Marseille.
    Nous vivons clairement dans une oligarchie sociale et raciale et le pays n’a rien à envier aux pays les plus discriminants.
    #logement #insalubrité #marseille #gentrification #quartiers_populaires #logement_social #discriminations #lutte_des_classes #racisme


  • Initiation à la sociologie urbaine. Proposition de progression sur un semestre.

    Ce cours de sociologie urbaine revient sur la genèse de ce champ de recherche au sein de la sociologie française, et ses principales évolutions au XXe siècle. A travers des séances thématiques (logement, scolaire, ségrégation, etc.), l’objectif est de travailler sur les principaux auteurs et concepts, en proposant une bibliographie permettant à chaque étudiant de poursuivre des lectures en fonction de ses intérêts propres.

    Ce cours doit permettre de travailler sur le regard sociologique réflexif, en incitant les étudiants à utiliser les méthodes de la sociologie pour comprendre leur propre parcours. Cette entrée méthodologique préfigure les cours de méthodes pour le mémoire de recherche en Master.

    La progression proposée ici est issue d’un travail collectif : une première version du cours a été construite par L. Raad (2013), elle a été augmentée et adaptée par L. Frouillou (2014, 2015, 2016). Certaines séances peuvent être développées ou réduites en fonction des spécialités du responsable du cours, mais aussi en fonction des autres cours suivis par les étudiants. Ce cours s’adresse en effet aux étudiants d’un M1 Aménagement et Urbanisme et est pensé en articulation avec un cours de diagnostic territorial. Le public est relativement hétérogène : certains étudiants ont fait de la sociologie auparavant (classe préparatoire, licence de sciences sociales) quand d’autres ne connaissent aucune notion ou auteur a priori. La dimension interdisciplinaire du M1 Aménagement et Urbanisme permet d’assumer un parti pris disciplinaire pour cet enseignement particulier : en travaillant sur des auteurs et des postures sociologiques, ce cours permet en fin de semestre de revenir sur les apports des approches interdisciplinaires. Enfin, ce cours s’appuie principalement sur des sources francophones, notamment pour nourrir les exemples empiriques. Les débats théoriques font appel principalement aux auteurs « classiques » français et états-uniens.

    Programme du cours proposé :

    http://www.feuilles-de-geographie.com/2017/05/16/initiation-a-la-sociologie-urbaine-proposition-de-progressio
    #sociologie_urbaine #géographie_urbaine #pédagogie #ressources_pédagogiques #enseignement #classes_sociales #pauvreté #ségrégation #quartiers_populaires #logement #trajectoires_résidentielles #gentrification #espace_public

    Pour télécharger la feuille :
    http://www.feuilles-de-geographie.com/wp-content/uploads/2017/05/Feuille-2017-1.pdf


  • Plénière de clotûre JPJ 2017 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=y9UWr_BbxAM

    Une plénière de clôture consacrée aux violences et à la répression policières, en présence de Assa Traoré, de Geneviève Bernanos et de Geoffroy de Lagasnerie.

    Intervention de Geneviève Bernanos jusque 36:00
    Intervention d’Assa Traoré de 37:30 à 1:12:00
    Intervention de Geoffroy de Lagasnerie à partir de 1:13:00
    Les interventions de Geneviève Bernanos et d’Assa Traoré sont très puissantes.
    #prison #violences_policières #genepi #assa_traoré #antonin_bernanos #adama_traoré #quartiers_populaires #Geoffroy_de_Lagasnerie


  • Assa Traoré : Lettre à mon frère par Assa Traoré | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2018/01/assa-traore-lettre-a-mon-frere-38167

    Assa Traoré : Lettre à mon frère

    Nous n’avons pas eu plus de courage que les autres. Nous avons pleuré 24 heures à peine, rassemblé nos peines, pour survivre et protéger ce qui de toi ne nous quittera jamais  : ta mémoire.

    #violences_policières #quartiers_populaires #racisme #impunité #adama_traoré #assa_traoré #police #noirs


  • À lire : l’épilogue de Loyautés radicales, de Fabien Truong
    http://www.contretemps.eu/epilogue-loyautes-radicales-truong

    Loyautés radicales, l’islam et les « mauvais garçons » de la nation, Paris, La Découverte, 2017.

    La répétition des attentats islamistes pose la question de la responsabilité. J’ai essayé d’y répondre par les moyens modestes, mais appliqués, de l’enquête et des sciences sociales. Que faire d’autre, devant un champ de ruines, à part s’efforcer de comprendre ? Dans l’urgence, certes, se protéger. Mais de qui et de quoi ?

    « Ne moralisons pas. Mais aussi ne spéculons pas trop. Disons que l’anthropologie sociale, la sociologie, l’histoire nous apprennent à voir comment la pensée humaine “chemine” ; elle arrive lentement, à travers les temps, les socié- tés, leurs contacts, leurs changements, par les voies en apparence les plus hasardeuses, à s’arti- culer. Et travaillons à montrer comment il faut prendre conscience de nous-mêmes, pour la perfectionner, pour l’articuler encore mieux. »
    Marcel Mauss
    ...

    #Enquête #banlieue #capitalisme #Islam #islamophobie #quartiers_populaires #racisme #religion

    • Il y a plus d’un siècle, Karl Marx écrivait que la religion était l’« opium du peuple » parce qu’elle détournait l’homme de l’essentiel : « Exiger qu’il abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions. » Aujourd’hui, le problème n’est plus celui de l’illusion sur l’état de la condition humaine et sur le sens de la marche du monde. Le capitalisme est nu. La religion est moins un opium qu’un médium. Elle ne masque pas. Elle dit l’inachèvement et s’arrange avec la raison capitaliste. Certains s’en réjouissent, d’autres se lamentent. Le fait est qu’elle opère pour l’instant sans grande concurrence. En attentant que se fassent mieux entendre des voix inédites et imaginatives, et que – peut-être – émerge un nouvel imaginaire politique. Ancré sur le sol rugueux qui voit prospérer la misère des hommes.

      #religion #Fabien_Truong #livre
      https://seenthis.net/messages/640161
      https://seenthis.net/messages/441274


  • Défenestrée après 23 coups de couteau, Mariama Kallo, 32 ans, tuée par son mari | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201801101244/defenestree-apres-23-coups-de-couteau-mariama-kallo-32-ans-tuee-par-son-ma

    La femme de 32 ans est morte fin décembre, victime de 23 coups de couteau par son époux et défenestrée du 4ème étage de leur appartement, cité de l’Amitié, à Montreuil. Orpheline, mère d’une fille de deux ans restée en Guinée, Mariama est décrite comme une battante mais peu connue de son quartier. Portrait posthume.

    https://twitter.com/ajplusfrancais/status/951498970106249216

    Cette histoire est totalement inadmissible, sordide, scandaleuse du début jusqu’à la fin où le corps est resté pendant 9h sur le trottoir dans la cité. Ça me fout la haine !
    #Montreuil #quartiers_populaires #violences_conjugales #féminicide #police

    • “La police a mis 45 minutes à arriver alors qu’ils ne sont qu’à cinq minutes en voiture“, déplore Rachida, une voisine de l’immeuble en face. Les habitants de la cité sont en colère, une colère qu’ils ont laissé éclater, samedi soir, face aux élus de la mairie venus au repas organisé par les riverains, à la mémoire de Mariama. “On a vécu ce drame seuls. Qu’est-ce que vous avez fait ? Qu’est-ce que vous faites là maintenant, vous êtes venus manger nos gâteaux ?” a tempêté un jeune du quartier.
      .../...
      Il faut dire que le corps sans vie de Mariama est resté pendant neuf heures au pied de l’immeuble. Pour qu’il ne demeure pas à la vue de tous, un voisin aurait jeté un drap dessus. Au-delà de leur exaspération, les habitants de la cité ont le sentiment d’êtres laissés pour compte. “Les pompes funèbres ont été appelées sept fois dans la nuit. Elles avaient moins de personnel pendant la période des fêtes et ont été débordées”, tente d’expliquer Belaïde Bedreddine, adjoint au maire de Montreuil et vice-président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.

      #chaos_social

    • « Dès qu’on a été avisés, on s’est rendus sur place », en « cinq minutes environ », a dit à l’AFP une source policière, assurant avoir appelé à plusieurs reprises une entreprise de pompes funèbres pour qu’elle enlève le corps.

      Libé oublie de dire ce que des témoignages affirment (dans l’huma du 10 janvier) il y a eu pourtant eu des appels pour faire venir la police 1h avant que Mariama soit assassinée, en vain.

      #police_complice
      #non_assistance

    • Effectivement l’article de l’Humanité est beaucoup plus précis. Ils sont allés sur place, eux.
      https://humanite.fr/violences-faites-aux-femmes-0-h-56-je-lai-vu-jeter-sa-femme-par-la-fenetre-

      À l’indignation s’ajoute le sentiment d’impuissance  : d’après les témoins, une violente dispute a précédé la défenestration et pendant quarante-cinq minutes les habitants ont entendu les appels à l’aide de Mariama, sans pouvoir agir. Certains auraient même essayé de forcer la porte blindée de l’appartement, en vain.

      Cette histoire me bouleverse et elle est à la croisée de tant de choses : le problème de l’immigration et des visas étant donnée que la jeune femme a obtenu un visa pour rejoindre son mari mais pas pour sa fille qui n’avait pourtant qu’un an.

      Les violences conjugales évidemment et les meurtres des femmes par leur conjoint qui pense avoir droit de vie ou de mort sur elles.

      Le travail harassant des femmes noires pauvres, femmes de chambres qui se tuent à la tâche et passent leur temps dans les transports en commun. Je n’ose même pas imaginer la réalité de sa vie quotidienne, elle, arrivée de Guinée depuis si peu de temps.

      Le fait que sa situation était aggravée par son statut. Je ne sais pas quel type de papiers elle avait mais forcément liés à son statut d’épouse. Dans ce cas, il est toujours difficile de prévoir quelles seront les conséquences sur sa situation administrative. Et l’article de l’Humanité me semble bien sûr de lui en sous-entendant qu’elle ne risquait rien de ce côté.

      Les cités des quartiers populaires où la police met 1h pour arriver quand elle est appelée pour protéger une femme et où un corps peut rester 10h de suite sur le trottoir à la vue de tout le monde, adultes et enfants sans aucun respect pour la personne morte, noire et pauvre (ce qui a dû jouer sur les priorités des pompes funèbres).

      On entendait la dame appeler au secours. Les gens se sont mis à la fenêtre et interpellaient le monsieur, lui demandaient d’arrêter. À 0 h 56, je l’ai vu jeter sa femme par la fenêtre. Il l’a attrapée par les jambes et l’a balancée. Elle a crié au secours, a essayé de se retenir au rebord, mais il avait plu ce soir-là, ça glissait… C’était impossible…  » Mehdi Abbaz est le premier à joindre les pompiers qui l’envoient vérifier la mort. «  Il n’y avait pas de doute possible.  » Il demande à un voisin de lui jeter un drap, avec lequel il recouvre le corps de Mariama. D’après Mehdi Abbaz, les policiers seraient arrivés sur place vingt minutes plus tard, soit quarante-cinq minutes à une heure après avoir été appelés.

      Par contre, contrairement à ce qui est dit dans un autre article de l’Humanité le mariage de Mariama n’était pas un mariage forcé. Ce n’est pas parce que les deux se connaissaient peu que c’est un mariage forcé, il étaient cousins éloignés. Dire cela a la fâcheuse tendance de renvoyer la situation à quelque chose d’étranger à la société française qui serait les mariages forcés, phénomène plus « exotique », qui ne concernerait que des noires et des arabes.

      «  Ce n’était pas un mariage arrangé, il voulait d’elle depuis très longtemps, explique un cousin de Mariama. Mais ce n’était pas un mariage d’amour, ils s’étaient vus deux ou trois fois avant de se marier.  » De leur union, une petite fille, Oumou, naît il y a deux ans.

      Mon ami qui est Guinéen a su par sa sœur au pays que l’affaire fait grand bruit là-bas et que des femmes ont manifesté.

    •  Ce n’était pas un mariage arrangé, il voulait d’elle depuis très longtemps, explique un cousin de Mariama. Mais ce n’était pas un mariage d’amour, ils s’étaient vus deux ou trois fois avant de se marier. 

      Je ne voie pas en quoi cette précision du cousin expliquerait que le #mariage n’était pas forcé. Qu’est ce qu’on en a à faire de savoir que LUI voulait d’ELLE ? Tout ce que ce cousin nous apprend c’est que l’assassin a choisi sa victime depuis longtemps et que ca fait les affaires du cousin vu qu’il parle uniquement du point de vue de l’assassin. Si il n’y avais pas d’amour et que c’était pas arrangé, c’était quoi alors ? Si c’est pour avoir un moyen de venir vivre en France, c’est un mariage arrangé.

      Les mariages hétéro d’amour sont aussi dangereux pour les femmes que les autres, mais pas la peine de faire dans le maternalisme en édulcorant les choses. Peut être que les guinéennes qui manifestent actuellement se révoltent aussi contre les traditions matrimoniales et pas seulement contre la misogynoir de la police et des pompes funèbres françaises.

    • Dans le maternalisme ???? Je vais rester polie vu qu’on est sur un espace public. Je ne vois pas en quoi ce que j’ai dit est maternaliste et je ne vois pas où j’ai édulcoré les choses !
      Le mariage n’est pas forcé au sens où les pouvoirs français l’entendent généralement et il est essentiel de faire la différence pour ne pas en faire une situation hors normes. Les propos du cousin (si tant est qu’ils aient bien été retranscrits) sont sexistes et à côté de la plaque mais ça ne change pas le problème.
      Que ce mariage ne soit pas un mariage d’amour c’est vraisemblablement le cas vu qu’ils ne se connaissaient pas mais les motivations d’un mariage qui va te permettre d’arriver en Europe sans risquer ta vie sur un bateau en caoutchouc sont nombreuses, surtout pour une jeune femme orpheline et qui n’a pas pu faire d’études. Et la famille n’a pas besoin de te forcer pour cela.
      Quant aux guinéennes, je doute fortement qu’elles manifestent contre la police ou les pompes funèbres et je ne l’ai jamais sous-entendu, quelle drôle d’idée. Je ne sais pas quels étaient les slogans mais j’imagine que ça doit concerner les violences qu’elles subissent de la part des hommes. J’ai donné cette info pour montrer qu’il y avait des réactions au pays, info d’ailleurs on ne peut plus parcellaire.



  • Mobilisation des #quartiers_populaires : un éternel recommencement
    https://www.mediapart.fr/journal/france/171217/mobilisation-des-quartiers-populaires-un-eternel-recommencement

    L’historien Karim Taharount retrace les tentatives d’organisation autonome des jeunes issus de l’immigration depuis le début des années 1980 en #France. Leurs questionnements traversent encore aujourd’hui les mouvements antiracistes.

    #immigration #luttes_sociales


  • DNLC/Assa Traore : « Quand je vois ce portrait d’Adama sur Grigny conçu par Vince ça me touche... » - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=N_hsmlKxfNU

    Ce samedi 22 juillet 2017 à partir de 14h à Beaumont-sur-Oise aura lieu la première commémoration de la mort d’Adama Traoré JUSTICE POUR ADAMA TRAORE - 1 AN DÉJÀ organisé par le comité La vérité pour Adama. En attendant voici les témoignages d’Assa Assa Traore, de Denis Schiefelbein, d’Almamy Mam Kanouté et de Djigui Diarra à l’occasion de graffs réalisés par Denis Schiefelbein au Parc des Côteaux Vlaminck (Grigny). Le premier représentant le défunt Adama Traoré (conçu sur une banderolle) servira à la manifestation de vendred. Les autres peintures (accomplis sur un des blocs du parc) reflètent 4 personnalités : Ambroise Croizat (fondateur de la Sécurité sociale, la CAF...), Patrice Émery Lumumba (« Héros national » et figure de l’indépendance du Congo belge), Sampat Pal Devî (militante indienne qui se bat contre la pauvreté, la corruption et pour les droits des femmes) et Lalla Fatma N’Soumer (résistante algérienne Kabyle contre la colonisation française au 19ème siècle).

    Qui a dit que les quartiers populaires étaient un désert politique ?
    #quartiers_populaires #adama_traoré #violences_policières #police #beaumont_sur_oise #grigny


  • Qu’est ce que le Front de Mères, ce collectif qui veut devenir un syndicat des parents d’élèves dans les quartiers populaires ? | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201712051138/quest-ce-que-le-front-de-meres-ce-collectif-qui-veut-devenir-un-syndicat-d

    LESBÂTISSEURS Le Front de Mères souffle sa première bougie. Cette association rassemble parents, professionnels de l’éducation et militants. Objectif : devenir un représentant légitime des parents d’élèves dans les quartiers populaires.

    #bagnolet #quartiers_populaires #éducation #parents #école


  • Parents en soutien des enseignants contre les discriminations à l’école | Le Club de Mediapart

    Des enseignants sont attaqués parce qu’ils dénoncent les mécanismes discriminatoires qui opèrent au sein de l’école. Nous souhaitons leur dire que nous partageons la même analyse, que nous les soutenons, et qu’ensemble, parents et enseignants, nous ferons de l’école un espace plus égalitaire, réellement bienveillant à l’égard de tous les enfants.

    #école #racisme #éducation #discriminations #quartiers_populaires #parents


  • Pannes d’ascenseurs : à Bobigny, ras-le-bol à tous les étages - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/30/pannes-d-ascenseurs-a-bobigny-ras-le-bol-a-tous-les-etages_1613705

    Dans un immeuble de la ville de Seine-Saint-Denis, les deux élévateurs de la tour de 15 étages sont souvent à l’arrêt. 50 000 personnes ont signé une pétition adressée à Macron et une cinquantaine se sont réunies dans le hall.

    Lundi soir, une cinquantaine d’habitants ont réfléchi tout haut sur leur condition dans un hall de HLM. Et verbalisé la routine de leur bâtiment de quinze étages situé à Bobigny, au 19 rue René Camier : les pannes fréquentes et anarchiques de leurs deux ascenseurs. Première séquence : un trentenaire en tee-shirt assure qu’il y a quelques semaines, il a manqué de perdre son boulot en restant bloqué à l’intérieur de l’un d’eux. Gros retard, son chef s’est fâché. Il précise qu’il est employé à la Rotonde, « là où Macron mange ». Qu’il voulait arrêter de payer les loyers pour faire passer un message fort. Son épouse l’en a dissuadé. La peur de l’expulsion, le stress du conflit.

    Seconde séquence : une dame s’assoit dans un coin, sur une chaise apportée par une voisine, avec un nouveau-né dans les mains, tout de rose vêtu. Elle raconte sa grossesse à grimper et dévaler les marches, et sa hantise, au moment d’accompagner son aîné à l’école, que ce dernier oublie quelque chose à la maison. Cela signifiait devoir remonter le ventre arrondi, redescendre, puis une fois le môme déposé en classe, remonter encore. Comme dans chaque récit du même type, on conclut en relativisant : il y en a des encore moins bien lotis. Les malades, les claustrophobes, les personnes âgées qui s’essoufflent plus vite que les autres dans la faible lumière jaune de la cage d’escalier étroite.

    Une retraitée se souvient de l’un de ses coups de fil au bailleur : « Au téléphone, on m’a dit "je vous comprends" après une panne. J’ai répondu "non, vous ne me comprenez pas car vous ne me connaissez pas". » Un quinqua du voisinage, venu soutenir le mouvement, déroule quelques mots clés, parmi lesquels « sans dents » et « sans voix ».

    Maison hantée

    Les dizaines de témoignages convergent tous : les dysfonctionnements réguliers, qui pourrissent les journées, les nuits et les week-ends, finissent par alourdir les têtes. Le renoncement à recevoir des invités, la sensation de se faire avoir, l’attente du réparateur, la flemme de sortir en pensant à une potentielle ascension au retour, l’angoisse de l’accident, l’obligation de stocker ses courses dans la voiture quand la machine a lâché. Parfois, il arrive que des résidents écartent eux-mêmes les portes quand ils restent coincés entre deux étages. Comme s’ils avaient été engloutis par une bête de fer aveugle. ICF Habitat la Sablière (le bailleur) qualifie cela de « vandalisme » (les pièces s’abîment), les locataires de « démerde » (le sauvetage peut traîner en longueur). Deux mères du onzième étage décrivent une scène de maison hantée. Un jour, les portes de l’un des ascenseurs se sont mises à claquer toutes seules. Il a fallu caler un objet pour s’épargner le boucan en attendant le réparateur.

    Au milieu de la mini-foule, Fouad Ben Ahmed, militant local, met en garde contre les dangers de la résignation et des comportements que celle-ci fabrique. En aparté, il dit : « Dans les milieux modestes, on intériorise trop vite l’idée que l’on mérite ce qui nous arrive. » Puis : « Le projet n’est pas de laisser éclater sa colère une fois ou deux sur la place publique. C’est de travailler sur la durée : il faut que les habitants se réapproprient leurs combats. »

    Avant le premier tour de la présidentielle, quelques membres de l’équipe de Benoît Hamon s’étaient retrouvés à Bondy pour dérouler des propositions sur le long terme à mettre en place dans les périphéries. L’emploi, l’éducation, la lutte contre les discriminations. La séance d’échanges avec le public a tourné en questionnements sur le très court terme. Comment faire quand des dealers planquent de la came dans le cartable des gosses ? Et comment vendre l’égalité à des personnes qui n’arrivent même pas à jouir de leur ascenseur dans des blocs vétustes ? Gros blanc - ce n’était pas prévu. Ce qui se passe actuellement au 19 rue René Camier : la politique dans sa dimension la plus pragmatique.

    A la mi-novembre, Christie et Karima, deux locataires, ont contacté via Facebook Fouad Ben Ahmed, 41 ans, encarté au Parti socialiste, lui-même originaire de Bobigny et référent d’un collectif nommé « Plus sans ascenseurs ». Ils s’étaient ensuite retrouvés un jeudi soir dans l’immeuble malade pour faire du porte-à-porte et sonder les familles. Réactions schizophréniques dans les étages, entre le soulagement d’extérioriser le malaise et la lassitude de rabâcher le champ lexical de la défaite, celui qui fait dire que c’était mieux avant et que tout va de mal en pis à l’intérieur de l’immeuble, mais aussi à l’extérieur.

    Sur son palier, une maman longiligne à lunettes s’était étonnée du décalage entre la communication de la mairie et la situation précaire des destinataires. « Je voulais écrire "MDR" [mort de rire, ndlr] sur l’un de leur courrier. Car je pensais que nous étions invisibles. » Devant sa porte entrouverte du quinzième étage, un trentenaire barbu en survêtement râle contre les plus jeunes. « Ils constatent que l’ascenseur ne fonctionne pas et ça les fait marrer. Pourquoi cela ne provoque pas une autre réaction ? Je ne comprends pas. »

    Une pétition en ligne lancée par le collectif - apolitique - en est presque à 50 000 signataires. Le destinataire : Emmanuel Macron, président de la République. La genèse du mouvement : en juillet 2016, Martine Fontaine, en fauteuil roulant, sèche une paella entre amis, lesquels s’inquiètent de son absence. L’ascenseur de son immeuble d’un autre quartier de Bobigny était en rade, ça faisait des semaines qu’elle ne quittait plus son appartement. Des médias s’intéressent au cas de la dame, immobilisée après des pépins de santé, le bailleur se presse pour régler la situation en quelques jours. Victoire symbolique. Sur les réseaux sociaux, des habitants de Seine-Saint-Denis profitent de l’opportunité pour alerter sur leur situation dans des blocs de Sevran, Aulnay-sous-Bois ou encore Epinay-sur-Seine.

    Palliatif

    700, 800, 900 euros : les locataires du 19 rue René Camier aiment à rappeler le prix des loyers. Christie, trentenaire aux yeux bleus qui vit au douzième, s’interroge. En substance : est-ce normal d’avoir parfois honte de l’endroit où l’on vit ? Et pourquoi faut-il tant de temps pour mobiliser autour d’une cause si concrète ? L’amicale des locataires a disparu depuis des lunes, faute de tauliers pour la faire tourner. Il est désormais question de la reconstituer. Entendu plusieurs fois dans ce coin-ci de Bobigny, sur le ton de la fatalité : l’individualisme grignote de plus en plus dans les quartiers populaires, qui comptent parmi les fiefs historiques de la solidarité - érigée traditionnellement par ceux qui y vivent en palliatif aux manques de moyens. Marcella, auxiliaire de vie sans emploi, habitante de la ville et membre de « Plus sans ascenseurs » : « Le boulot fatiguant, les distances avec la maison, l’éducation des enfants, le poids des factures : c’est un tout dans les milieux très modestes. Est-ce qu’on est toujours conscient de ce que l’on vit ? On finit par accepter parce que le quotidien aspire tout. »

    Etau

    Du côté d’ICF Habitat la Sablière, un responsable admet que les équipements sont fatigués au 19 rue René Camier. Avance que près de la moitié des pannes sont dues à des actes de vandalisme, dont l’ouverture forcée des portes : « Des gamins sautent dans la cabine, des gens urinent à l’intérieur, ce qui use les pièces. » Pointe du doigt des dealers que les pannes arrangeraient pour contrôler les allées et venues. « Je ne dis pas que c’est la cause du problème, simplement un constat. » Ironie, l’immeuble est situé à deux pas du commissariat, à quatre du tribunal.

    Quelle que soit la configuration, les locataires trinquent à la fin. Etau. Fouad Ben Ahmed : « Plus c’est sale et en mauvais état, moins certains respectent. Il faut remettre à neuf. Une fois que ce boulot est fait, la pédagogie commence auprès des habitants. Et les sanctions financières éventuellement prises par le bailleur pourront être transparentes : on verra clairement ce qui a réellement été dégradé ou sali. » Mardi, le collectif a reçu l’assurance du bailleur que le changement d’ascenseurs serait prévu dans le budget de l’année 2018. Et qu’il recevrait une délégation de locataires pour discuter. La veille, le soir du rassemblement, des habitants se sont mis à évoquer la saleté dans les parties communes. Karima, feuilles de papier et stylo à la main, les a conjurés de patienter. Un problème après l’autre, sinon, la revendication de départ se noie. Tout finit alors par se mélanger et du coup, plus personne ne s’écoute.
    Ramsès Kefi Photo Cyril Zannettacci

    #pauvreté #quartiers_populaires #hlm #ascenseurs
    Où ce genre de situation peut-elle perdurer si ce n’est dans les cités où vivent les noirs et les arabes ?


  • Mechmache : « L’économie solidaire représente un gros potentiel dans les #quartiers_populaires »
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/241117/mechmache-l-economie-solidaire-represente-un-gros-potentiel-dans-les-quart

    Après la démocratie participative et la lutte contre les discriminations, le collectif des « #Pas_sans_nous » parie, lors d’un forum organisé le 25 novembre 2017, sur l’économie sociale et solidaire dans les quartiers populaires, explique son cofondateur, Mohamed Mechmache.

    #Economie #Economie_sociale_et_solidaire