#rébétiko

  • D’une gargote athénienne

    https://lavoiedujaguar.net/D-une-gargote-athenienne

    Longtemps, Babis, alias « Kostas », a tenu une taverne souterraine dans le quartier de Gazi à Athènes. Il évoque ici ce lieu qui « réalisait la fusion entre le passé et le présent ». La parole est à l’ex-tavernier.

    Dans le très renommé guide touristique américain Frommer’s, un fils d’immigrés grecs nommé Petros a voulu décrire l’originalité de cette taverne athénienne dont je voudrais faire ici l’éloge… par détours, paraît-il : « Le secret le mieux gardé d’Athènes. Quand mon grand-père m’a parlé de cette petite taverne souterraine à Gazi, ce devait être en 1985 ou en 1986, quelques années après la fermeture de la polluante usine à gaz, événement qui a entraîné Gazi et les quartiers environnants dans un délabrement considérable. Lui et ses amis y venaient pendant la guerre, à l’abri des bombardements, se régaler de plats chauds et de vin au tonneau. C’était au début de l’occupation nazie et avant la famine. Dans leurs patrouilles nocturnes, les nazis n’arrivaient même pas à trouver l’endroit, malgré les nombreuses fois où le rébétiko y résonnait fort. Mon grand-père n’a jamais cherché à retrouver la taverne après la guerre. Je pense qu’il ne se doutait pas qu’elle était toujours là. Alors, imaginez ma surprise… Il n’y a pas de nom, numéro de téléphone, pas de réservations et les cartes de crédit ne sont pas acceptées. » (...)

    #Grèce #Athènes #taverne #rébétiko #CQFD #erroristes

  • Rébétiko

    Olivier Goetz

    https://lavoiedujaguar.net/Rebetiko

    Le rébétiko ne constitue un folklore que pour autant qu’on puisse parler de folklore urbain. Expression d’une culture populaire, il se donne principalement à entendre sous forme de chansons à travers lesquelles transparaissent, par-delà la poésie et la musique, un mode de vie, un état d’esprit, et tout un imaginaire collectif.

    En Grèce, la culture rébétique est reçue, selon les époques et la sensibilité de chacun, tantôt comme une liberté enviable et, tantôt, comme marginalité honteuse. Par rapport aux véritables folklores, ceux d’une ruralité ancestrale, le rébétiko est, de toute évidence, déplacé ; il ne constitue pas les « racines » d’un peuple, à moins d’admettre que les racines d’un peuple puissent pousser dans le vent…

    Aussi, le rébétiko pose la question de la définition d’une communauté. Il exprime une identité nomade qui peut passer pour subversive. Le rébète n’est jamais un propriétaire, ce n’est pas lui qui produit les céréales, les olives ou le raisin. Ce n’est pas non plus le berger des montagnes ni le pêcheur, même si le thème de la barque qui prend la mer, du pêcheur qu’on attend et qui ne revient pas, est exploité à l’envi…

    #Grèce #Asie_Mineure #rébétiko #Elias_Petropoulos #culture_populaire #culture_nomade #Le_Pirée #diaspora #Tsitsanis #Vamvakaris #Roza_Eskenazi #Sotiria_Bellou #haschisch #narguilé #bouzouki

  • Tandem (5/28) : « Sur les traces du rebetiko » suivi de « La nuit Radio »
    https://www.franceculture.fr/emissions/creation-air/tandem-528-sur-les-traces-du-rebetiko-suivi-de-la-nuit-radio?platform=

    Le #rebetiko, #musique populaire grecque, est né au début du 20ème siècle, au moment où la #Grèce connaît de nombreux bouleversements. Ses thèmes de prédilection témoignent de la dureté de la vie à cette époque : l’#exil, la #pauvreté, la #solitude, la #drogue, la #prison, la mort …

    Dans les #bidonvilles du port du #Pirée, là où échouent les bateaux en provenance d’Asie Mineure, dans les sous-sols des cafés à l’ombre du pouvoir, les « rébètes », tout imbibés des vapeurs de #haschich, composent des mélodies empreintes de mélancolie, des vers naïfs et bruts, servis par les sonorités déchirantes du bouzouki. Leurs voix rauques chantent ces thèmes simples et puissants, destinés à chasser les peines et les souffrances quotidiennes.

    Ce #documentaire nous entraîne de Syros à Athènes, sur les traces de #Markos_Vamvakaris (1905-1962), l’un des plus grands rébètes que la Grèce ait connu. À ses côtés, on part à la rencontre de celles et ceux qui, aujourd’hui, vibrent aux sons de cette musique. On explore ainsi ses résonances contemporaines, car les évolutions successives de cette musique tracent en filigrane l’histoire de la Grèce moderne. Que peut-elle nous raconter de la nouvelle page que sont en train d’écrire les Grecs ?

    #Création_On_Air #France_Culture #radio

  • Greek Revival : comment la jeune génération dans une Grèce en crise s’approprie sa tradition musicale | Ephemeron
    http://ephemeron.eu/1872

    Je pose ça là, mais je n’ai pas encore écouté les morceaux conseillés...

    Mais la crise économique et sociale des années 2010 bouleverse le paysage musical de la Grèce. Les « pistes » ferment les unes après les autres et les principales maisons de disque réduisent leur production. L’argent qui coulait à flot, corrompant par là même la recherche esthétique et artistique, se tarit. Du coup l’expression musicale change. Il n’est plus question d’atteindre un succès commercial à tout prix. La jeune génération trouve dans la tradition musicale un repère dans un pays qui s’effondre.

    Les jeunes musiciens grecs s’approprient désormais la tradition musicale de leur pays sans complexes mais surtout sans limites, ni règles. Ils sont libres à la fois de l’emprise commerciale mais aussi de l’orthodoxie de la reproduction stricte des thèmes de la musique populaire et traditionnelle. Leurs mélanges sont innovants et inattendus. Et les scènes musicales indépendantes d’Athènes, de Thessalonique mais aussi de la province s’animent.

    #Grèce #rebetiko #musique

    • un truc marrant aussi pour compléter la galaxie rébét, c’est de connaître le père karaghiozis, héros du théâtre d’ombre, qui a un peu les même intonations de voix que les rebètes fumeurs de spliff (intonations qui ressemblent étrangement à un bon gros accent parigo soit-dit en passant). Là, c’est karagiozis à l’eurovision... Hélas, pour bien saisir les blagues, ça demande un niveau de keugré que j’ai pas... mais bon https://www.youtube.com/watch?v=bHX-y7p20kU

      On retrouve ce ton gouaille-clown là-dedans par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=AuY1NXugb80

      mais c’est pas vraiment du rébétiko... λαϊκή, c’est de la musique laïque, du laos, du peuple, populaire...

    • (aussi il me semble bien que ΕΙΜΑΙ ΠΡΕΖΑΚΙΑΣ soit un tsiftétéli, une danse du ventre, plutôt qu’un rébétiko (ah mais Αμανές τσιφτετέλι Ουσάκ aussi, c’est même marqué dessus tsiftételi, et c’est mélangé à un amanès, une musique où l’on dit aman aman, mon dieu mon dieu, un genre en soi aussi)

    • #merci @tintin, ouais, cette Roza a chanté diverses choses, aussi en Turc. Une affection particulière pour les rebetes qui me rappellent les terroni, des migrants, cette fois passe frontière, avec une langue commune à celle de la « terre d’accueil ».

      "je me suis pris tant de coups au 12, à la gendarmerie, qu’à la fin, pauvre de moi, je me suis retrouvé tout maigre...’, Adinatisa O Kaimenos - A. Kostis
      https://www.youtube.com/watch?v=KAp01GgsoLk

      « Nos mangkés se plaignent » Παραπονούνται οι μάγκες (Paraponoundai i mangkés, Giovan Tsaous), Antonis Kalyvopoulos - Αντώνης Καλυβόπουλος
      https://www.youtube.com/watch?v=5cXpkTt7nfQ

      ΟΙ ΓΥΡΟΛΟΓΟΙ (Les joueurs de gramophone ambulants), 1935, ΚΩΣΤΑΣ ΡΟΥΚΟΥΝΑΣ
      https://www.youtube.com/watch?v=Txq6pcCc26Y

      I Eleni I Zondochira [Eleni the Divorcee], Andonis Kalivopoulos (1936)
      https://www.youtube.com/watch?v=E-r8a-Ng8e8

      Το φλιτζάνι του Γιάννη - Ρίτα Αμπατζή, Rita Abatzi
      https://www.youtube.com/watch?v=gCPno10Wu9A

      In the cellar [Στην υπόγα] - A.Kostis [Α. Κωστής]
      https://www.youtube.com/watch?v=8vctBbS7-jU

      Shooting dice [Το μπαρμπούτι] - Kostas Roukounas
      https://www.youtube.com/watch?v=keq16azHXgs

      Le frais Péloponnèse - Δροσάτη Πελοπόννησος, Stelakis Perpiniadis
      https://www.youtube.com/watch?v=Ze0qRnsZnL4

    • Façon revival et squats, les paris des #parias perdurent.

      REBETIKO ! i filakis to oropou ; (yorgos batis) by ULTRATURK
      https://www.youtube.com/watch?v=qeJIsvy3CkY

      Yorgos Batis - Γιώργος Μπάτης- Ο μπουφετζής (1932)
      https://www.youtube.com/watch?v=Xxo6HeXYgdY

      Εσκενάζυ Ρόζα - Της το βγάλανε
      https://www.youtube.com/watch?v=_ChUSSSk0M4

      Η ΜΠΑΜΠΕΣΑ ΡΟΖΑ ΕΣΚΕΝΑΖΥ
      https://www.youtube.com/watch?v=ZnPxUXfae9A

    • Aux sources du Rebetiko. Chansons des bas-fonds, des prisons et des fumeries de haschisch. Smyrne - Le Pirée - Salonique (1920-1960) @cie813 je devrais pouvoir le retrouver pour te le prêter
      http://les.nuits.rouges.free.fr/spip.php?article33

      Depuis la première édition de Road to Rembetika en 1975, nous en savons désormais beaucoup plus sur ce genre musical si original. Les travaux de chercheurs, les découvertes de producteurs, de musiciens et de simples amateurs ont livré toute une masse d’informations et de documents qui nous permettent de mieux connaître l’#histoire et les développements du rébétiko, ainsi que la manière dont il fut reçu par le #public grec. Des films, des documentaires et des fictions-télé ont pris pour thème le rébétiko. Quant au matériel phonographique, il est désormais accessible sous forme de disques compacts accompagnés de notices souvent fort détaillées, sans parler des nombreuses #vidéos visibles sur la Toile. Lorsque ce livre fut écrit, il fallait se contenter de disques en 78-tours. Des recherches systématiques, menées par une poignée d’étudiants dans les archives de compagnies discographiques en Grèce, en Turquie, en Allemagne et aux Etats-Unis, ont permis d’établir une chronologie plus précise du rébétiko, mais, cependant, une bonne partie des questions posées au milieu des années 1970 n’a pas encore trouvé réponse, y compris celles, fondamentales, qui tiennent à la définition du genre – qui comprend plusieurs formes –, à la détermination de ses origines ou à la mesure de son importance dans l’histoire musicale de la Grèce.

      Sur l’origine du mot rébétiko (qui pourrait provenir du turc rebet : #hors-la-loi ou #déclassé), nous ne sommes guère plus avancés que pour celle du mot jazz. Tiki tiki tak, enregistrée à Constantinople pour la compagnie Favorite vers 1924 et destinée au marché d’outre-Atlantique, fut probablement une des toutes premières compositions portant cette estampille, bien que cette désinvolte petite chanson s’avère assez éloignée du rébétiko classique. Mais certaines sources rapportent que le mot fut employé dès le milieu des années 1910… Toujours est-il qu’entre 1924 et 1926, quatre grandes compagnies discographiques : Odeon, Gramophone, Columbia et Polydor commencèrent à réaliser des enregistrements en Grèce même. Quelques années après, la compagnie gréco-américaine Orthophonic, dirigée par Tétos Dimitriadis, produisit une série destinée au marché américain. Un enregistrement réalisé par Pol (Léopold Gal) aux Etats-Unis, probablement à la fin des années 1920, est la première occurrence que je connaisse. En Grèce même, une affiche publicitaire pour le Neos Cosmos Café, imprimée en 1930, indique que le public était déjà familiarisé avec ces termes  : elle annonce un programme de chansons interprétées par Nouros et Stellakis devant comprendre « les dernières chansons européennes et rébétiques, ainsi que de pathétiques #amanés ».

      Il est clair que le rôle de l’industrie du disque, ainsi que celui joué par les musiciens grecs établis en Amérique, ont été déterminants dans la promotion du genre. La précieuse discographie des musiques et chansons folkloriques enregistrées aux Etats-Unis, établie par Richard Spottswood (1990), aussi bien que la gravure en 33-tours, puis en cd, des vieux 78-tours, montrent que les amateurs du style musical d’Asie mineure débordaient le cadre de la communauté hellénique. Les cafés-aman de New York et Chicago, possédés par celle-ci, étaient aussi fréquentés par des Arméniens, des Turcs, des Syriens et d’autres familiers de la musique de l’Empire ottoman déclinant. Les musiques enregistrées en Amérique parvenaient facilement en Grèce et vice-versa, renforçant les influences réciproques.

      Pour établir plus précisément les origines du rébétiko et ses premières manifestations, il faudrait aussi se plonger dans la documentation amassée en Turquie sur le sujet. Consécutivement au regain d’intérêt manifesté par la Grèce pour cette musique dans les années 1980-90, un véritable enthousiasme pour le rébétiko s’est manifesté dans ce pays. C’est ainsi que Road to Rembetika a été traduit en turc et publié à Istanbul en 1993. Des articles consacrés à ce genre musical ont paru ensuite dans la presse, tandis que des universitaires établissaient des comparaisons avec les #chansons populaires turques de la même époque.

      On admet généralement aujourd’hui que non seulement les modes, les rythmes, les termes musicaux et les instruments du rébétiko dérivent de la #musique_populaire ottomane, mais encore que beaucoup de ces chansons ne sont tout simplement que des versions grecques de chansons populaires de Constantinople ou de Smyrne. En outre, toute la tradition de l’#improvisation vocale et instrumentale est aussi orientale. Bien sûr, et comme toutes les autres, la musique turque était elle-même hybride, façonnée par d’incessants échanges entre les diverses communautés religieuses ou ethniques vivant en Anatolie ou dans les Balkans.

      Le rébétiko est l’héritier d’une #tradition_orale où l’improvisation avait une part importante. Les plus vieux musiciens que j’ai pu rencontrer m’ont confirmé qu’ils tenaient ces morceaux d’amateurs ou de semi-professionnels, habitués des fumeries et des tavernes du Pirée. Selon eux, certaines chansons n’avaient pas d’auteur connu, à la différence d’autres qu’ils attribuaient à un auteur particulier. Ils étaient rarement d’accord sur ces questions, ainsi d’ailleurs que sur les titres des morceaux, qui variaient selon les lieux. En revanche, ils se rappelaient tous que les improvisations ne portaient pas seulement sur la musique mais aussi sur les paroles.

      Les liens existants entre la musique soufie et le rébétiko sont encore à préciser, mais ils semblent évidents. Le tournoiement du corps, la transe qui saisit le danseur de zeïbékiko, ont été comparés par maints observateurs aux rites des derviches. L’argot rébétique est aussi révélateur d’une certaine proximité. Ainsi, le mot dervichi, qui désigne un homme (parfois une femme) qui fume du haschisch et fréquente le téké , bref un vrai rébétis…

      Suite à cette tradition, le rébétiko du Pirée, celui de Markos Vamvakaris et de ses amis, que j’appelle « classique », marque à la fois une continuité et une rupture. Cette dernière est due à la prééminence du bouzouki, à un style vocal nouveau, et à la composition de chansons originales, dont beaucoup mettent en scène le demi-monde urbain et même le milieu. Ces développements datent des années 1920 et du début des années 1930 au Pirée, lorsque la rencontre des #réfugiés d’Asie mineure avec des musiciens piréïotes produisit cette nouvelle musique, qui eut une résonance immédiate dans le public grec.

      Trois questions pourront ne jamais recevoir de réponses satisfaisantes : à partir de quelle date peut-on vraiment parler de rébétiko ? pourquoi le rébétiko devint-il si populaire ? et quand cessa-t-il d’être du rébétiko pour devenir autre chose ? Ces questions d’authenticité, de pureté, de croisement et de fusion se sont posées à propos de tous les styles musicaux qui ont accédé à une certaine notoriété – tels le tango, le flamenco, le fado, les canzone di la malavita calabraises ou le jazz –, et ont toutes fait l’objet de polémiques ardentes.

      Si l’on peut associer avec certitude un genre artistique avec une époque et un lieu, il est toujours difficile de préciser quand et où exactement il est apparu et quand il a disparu, au profit d’un autre, plus adapté aux goûts de la société. De même, ses frontières, brouillées par de multiples croisements et interactions d’influences, sont toujours mouvantes et imprécises : des rythmes rébétiques ont été utilisés par des chanteurs démotiques ; et le rébétiko lui-même ne s’est pas privé de récupérer tout ce qui était susceptible de l’être  : depuis les amanés jusqu’au fox-trot, en passant par le tango et la chanson napolitaine.

      Il faudrait aussi noter le destin identique de toutes ces musiques. Apparues dans les bas-fonds de la société ou venues d’ailleurs, leur initiale mauvaise réputation et leur étrangeté ont été utilisées comme argument commercial par des producteurs avisés qui les ont offertes à la consommation d’une clientèle bourgeoise d’abord, puis plus populaire. Mais ainsi, et peu à peu, elles perdaient leurs caractéristiques contestataires originelles et, plus ou moins consciemment, s’adaptaient, se « formataient » aux goûts de la société, jusqu’à perdre tout ce qui avait fait leur charme initial. Le rébétiko n’a pas échappé à cet engrenage inévitable, déclenché dès la fin des années 1930, quand les rébétès furent conviés à enregistrer leur musique confidentielle de drogués du Pirée et à la présenter devant les auditoires sélects d’Athènes.

      Bon nombre de figures qui apparaissent dans ce livre sont mortes depuis sa parution, aussi dédié-je cette édition à leur mémoire. Parmi eux, l’incomparable chanteuse Sotiria Bellou  ; le compositeur de rébétikos le plus prolifique Vassilis Tsitsanis  ; et aussi – bien qu’il n’y soit pas mentionné – Grigoris Bithikotsis, chanteur-fétiche de Theodorakis dans les années 1960. Une autre absence cruelle est celle d’Ole Smith, dont l’établissement de la discographie rébétique aux Etats-Unis est l’un des nombreux mérites. Et enfin, et surtout, mon principal informateur, mon professeur et mon ami Thanassis Athanassiou est passé de l’autre côté. J’espère, où qu’il soit, qu’il trouvera toujours un petit mavraki (joint) quand il en aura l’envie.

      Sur la demande de mon éditeur, j’ai procédé pour cette troisième édition française à un certain nombre d’ajouts, qui ont conduit à une refonte partielle du livre et à l’apparition de trois chapitres supplémentaires, ainsi que d’un index. Ces ajouts sont tirés en grande partie d’articles universitaires que j’ai consacrés ces dernières années à divers aspects de la question, plus particulièrement les #femmes du rébétiko et l’importance du zeïbékiko dans la culture grecque contemporaine. Evidemment, ils n’ont pas été plaqués tels quels mais légèrement réécrits pour que cet ouvrage, qui est avant tout d’initiation, ne perde pas ce caractère. De nouvelles illustrations ont aussi été insérées.

      Cette édition a aussi bénéficié du précieux travail de remastérisation des vieux enregistrements originaux, effectué par John Stedman et sa compagnie JSP Records à partir des collections du rébétophile Charles Howard. Quiconque est intéressé par le rébétiko sera bien inspiré d’acquérir cette série de coffrets, qui comprend notamment l’intégralité des chansons d’avant-guerre de V. Tsitsanis. Nous le remercions, ainsi que son collaborateur Andrew Aitken, pour leur gracieuse collaboration qui nous a permis de renouveler la sélection musicale du disque joint.

      G. H. Ithaca (USA), 2010.

  • RÉBÉTIKO : Chansons Des Bas-fonds, Des Prisons Et Des Fumeries De Haschisch (grèce)
    http://namaste-baba.blogspot.com/2012/03/rebetiko-chansons-des-bas-fonds-des.html

    AUX SOURCES DU RÉBÉTIKO. Chansons des bas-fonds, des prisons et des fumeries de haschisch. Smyrne - Le Pirée - Salonique (1920-1960) est d’abord un livre de Gail HOLST réédité en 2010. Un livre qui se dévore en une soirée et qui nous embarque dans un véritable trip musical entre Zénith & Nadir, entre occident & orient, entre la Grèce et l’Asie mineure du début du XXème siècle, précisément là d’où a émergé un nouveau genre de musique, le Rébétiko. Si sa parenté et ses origines profondes demeurent encore floues, on sait en revanche que cette musique s’est propagée dans les faubourgs et les bas-fonds des grandes villes grecques, dans les prisons et les tékés (fumeries de haschsich), notamment ceux du Pirée, le port d’Athènes et à Thessalonique. Dans son livre, Gail Holst souligne : "Les liens existants entre la musique soufie et le rébétiko sont encore à préciser, mais ils semblent évidents. Le tournoiement du corps, la transe qui saisit le danseur de zeïbékiko*, ont été comparés par maints observateurs aux rites des derviches. L’argot rébétique est aussi révélateur d’une certaine proximité. Ainsi, le mot dervichi, qui désigne un homme (parfois une femme) qui fume du haschisch et fréquente le téké, bref un vrai rébétis**…