• Indignés par les conditions d’expulsion de sans-papiers, des passagers d’Air France devant la justice - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/reportages/bobigny-des-passagers-juges-pour-avoir-proteste-contre-lexpulsion-de-sans-

    Les procès s’enchaînent. Celui de Caroline est directement suivi par le procès de Jean-Luc* et Armand* qui s’avancent à leur tour à la barre. Ils ne se connaissaient pas avant d’embarquer dans le même avion Air France à destination de Dakar, le 31 décembre 2017. Pour leur avocat, Maître Teffo, ces affaires sont liées, il décrit un « mécanisme » : « La personne reconduite à la frontière apparaît, un tissu dans la bouche, un casque sur la tête, les pieds et mains liés, elle est bâillonnée, hurle et se débat, les gens vont réagir et l’administration va choisir des personnes au hasard dans le but de frapper les esprits, et de leur dire : vous ne pouvez plus vous indigner dans ce pays. ».

    Les similitudes entre les deux affaires sont effectivement déroutantes. Tous les trois ont été expulsés de leur vol à cause de leurs protestations. A bord du Paris-Erevan, Caroline interroge les policiers sur l’homme, bâillonné et casqué, qui se débat dans l’avion, un policier affirme qu’il a violé une mineure. Cette affirmation sera par la suite contredite par le dossier de l’homme en question, auquel Me Marcus a eu accès. Comme Caroline l’imaginait dès lors, il est reconduit en Arménie pour sa « situation irrégulière » mais n’a jamais été condamné.

    De la même façon, dans le vol Paris-Dakar, l’homme, maintenu de force sur son siège, est présenté comme « un dangereux criminel » aux passagers, qui ont pour consigne de rester silencieux. La consigne n’a visiblement pas été respectée. Un témoin, qui s’avère être la compagne de Jean-Luc, est appelée à la barre : « Les gens n’ont pas trouvé ça normal, tous les passagers de la cabine se sont levés. » Jean-Luc s’indigne, la tension monte. Sa compagne affirme avoir ensuite été violemment giflée par une policière. Elle perd connaissance et ne peut pas assister à la suite de la scène.

    Ému, Armand se lance face à la juge dans un récit poignant : « Il y avait un homme derrière moi, en chemise molletonnée à carreaux avec un casque, il se débattait, il criait et quand, parfois, il ne faisait plus aucun bruit, il fallait deux neurones pour comprendre qu’il était en train d’être étouffé ! ». En colère, il s’indigne contre un « traitement inhumain », se plaint d’Air France et refuse de prendre cet avion. La même policière de l’escorte lui rétorque : « Eh bien pourquoi vous n’avez pas pris la compagnie de votre pays ? ». C’est la voix chargée d’émotions qu’Armand reprend son récit. « Ça fait mal, affirme-t-il. Est-ce qu’elle savait ce qu’était mon pays ? » Me Teffo, son avocat, souligne devant le tribunal que le dossier comporte également un rapport d’Air France dans lequel une cheffe de cabine dit avoir l’habitude de ce type de vols et conseille aux hôtesses de « ne pas se laisser impressionner par des Sénégalais qui ont la manie de parler fort. »


  • Revendications sociales, confusionnisme, fascisme : toutes les couleurs sont-elles solubles dans le jaune ? [Retour sur la mobilisation des Gilets Jaunes à Bordeaux]
    Posted on 10 janvier 2019 by Pavé Brûlant
    https://pavebrulant.noblogs.org/post/2019/01/10/revendications-sociales-confusionnisme-fascisme-toutes-les-coul

    Une poignée de fascistes a vécu une après-midi bien difficile, samedi dernier, lors de l’acte VIII de la mobilisation des Gilets Jaunes à Bordeaux. Leur expulsion déterminée et collective du cortège constitue une bonne nouvelle, tant il est vrai que le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et toutes les autres formes de discrimination ne devraient jamais avoir leur place dans les rues de nos villes. Pour autant, la présence tantôt discrète, tantôt affichée de ces nébuleuses d’ #extrême-droite au sein des Gilets Jaunes n’est sur Bordeaux pas nouvelle.

    C’est pourquoi il va s’agir ici de profiter de cette déroute subie par les fafs bordelais.e.s pour faire le point sur leur présence au sein des cortèges depuis le début du mouvement ; nous proposerons ensuite quelques éléments de réflexion, en lien avec la problématique de l’extrême-droite, sur la nature de la mobilisation des Gilets Jaunes, ses contradictions mais aussi ses potentiels.

    1) identification des fascistes au sein des Gilets Jaunes

    L’identification de celles et ceux qui se sont fait sortir du cortège samedi dernier donne une première idée du profil idéologique des éléments fascistes qui cherchent depuis des semaines à battre le pavé bordelais au sein des Gilets Jaunes.

    Premier constat : ces « lions », comme se plait à les appeler avec emphase la plateforme #cyberfaf Bordeaux Corbeau, ont dû compenser leur faiblesse numérique en réalisant certaines alliances qui, au fond, sont plus que de circonstance : sous le mot d’ordre « la France aux vrais français » (voir la photo en tête d’article) on trouvera donc en première ligne, pêle-mêle, des militants #néo-nazis, des bikers #faf ainsi que des cadres du #rassemblement_national (ex #FN).

    Ainsi Thomas Bégué, ancien secrétaire départemental jeunesse du #Front_National Bordeaux, et fondateur du groupe néo-nazi « Le Menhir » (dont nous parlions ici) :


    Thomas Bégué, avant et après avoir mangé son bol de Lion

    À ses côtés, Arnaud Lagrave, ancien candidat FN aux départementales, gérant de la boîte de sécurité Drakkar, et qui avait fait ses armes comme auxiliaire du DPS (la milice du FN), en protection de l’antisémite #Dieudonné.


    Lagrave réconforte Thomas Begué – on remarque que le cadre du parti de Marine le Pen n’a pas oublié ses gants renforcés


    le jeune Lagrave, tout fier aux côtés de l’antisémite Dieudonné


    Lagrave pose pour le journal Sud-Ouest dans le cadre des départementales 2015

    Autre camarade d’infortunes, « Jean Remy », qui non content d’être batteur dans le groupe de rock anticommuniste Trikard (lequel donne du « sieg heil » et propose des textes antisémites – voir ici ), fait partie du club de bikers fafs Toutatis Clan :


    Jean Rémy, à gauche – la dernière clope du condamné


    moment de complicité entre Jean Rémy et le skinhead néo-nazi Virgile Reyero


    Jean Rémy cherchant à masquer son implication dans le Toutatis Clan – c’est raté !

    On notera aussi la présence de certaines têtes qu’on retrouve souvent dans les services d’ordre des rassemblements d’extrême-droite sur Bordeaux, comme celle de cet individu qui ne sort jamais sans sa casquette coquée :


    à gauche, lors de la manif de samedi ; à droite, le trois avril 2018, sur le parvis des droits de l’homme à Bordeaux, en protection du rassemblement du groupuscule islamophobe #Riposte_Laïque – voir ici . À noter, au centre, la présence de Jean Rémy, qui fait donc aussi des piges de sécurité pour payer ses cours de batterie

    Quant à ce triste sire, c’est lui qui porte le gilet « la France aux vrais français », et qui se plaint dans une vidéo tournée lors de l’altercation de la « présence de drapeaux lgbt » dans le cortège (voir ici https://www.facebook.com/karfa.diallo/videos/10218371145408753 à partir de 10s) :

    Au-delà, c’est toute la petite faune brune qui, de près ou de loin, a pointé ces dernières semaines le bout de son museau, certain.e.s pour déployer des banderoles en l’honneur de leur mouvement ou pour faire des photos de groupe, d’autres, plus modestes, pour écluser sur les poteaux leur stock d’autocollants, les moins vaillant.e.s se contentant de défiler sous leur cape bleu-blanc-rouge ou de photographier, pour s’en revendiquer, des actions auxquelles ils et elles ne prennent pas part.

    Ainsi le Toutatis clan, dont nous parlions plus haut, et qui trouve dans les manifs des Gilets Jaunes une alternative à ses soirées tartiflette :

    Dans un autre style, la droite souverainiste de l’ #UPR, formation d’ #Asselineau qui n’hésite pas à verser dans le confusionnisme et les thèses complotistes :


    photo prise à l’entrée du tunnel de Mériadeck, samedi dernier

    De même, le groupuscule royaliste et antisémite #Action_Française (pour plus d’infos, voir ici et ici ), qui vient réchauffer son sang bleu auprès de feux de joie de la place Victoire :

    On s’épargnera la reproduction des autocollants disséminés le long des parcours par le micropuscule #Rébellion / #OSRE (organisation socialiste révolutionnaire européenne) qui a l’art de coffrer son idéologie brune dans une iconographie d’extrême-gauche (voir ici).

    On finira plutôt ce recensement avec deux personnes hautes en couleur qui traînent aussi leurs espadrilles renforcées dans les cortèges bordelais : tout d’abord la néonazie Céline Armagnac (alias Resille Bjornsdö), à l’origine d’une section locale du gang néonazi finlandais « Soldiers of Odin » et très impliquée dans le « Menhir » (voir ici), ensuite François Galvaire, alias « Batdaf », sorte de Norman faf sur youtube et qui a monté l’antenne française du groupe identitaire nationaliste Québécois « La Meute ».

    à gauche, François Galvaire ; à droite, Céline Armagnac. On notera, au centre, la présence de l’inénarrable Thomas Bégué – Photo prise le samedi 1er décembre, place de la Bourse

    Cette présence donne-t-elle pour autant sa couleur au mouvement des Gilets Jaunes ? La situation actuelle est à ce titre extrêmement contradictoire, et les quelques éléments de réflexion qui suivent sont plus à prendre comme une contribution au nécessaire débat que notre milieu a par ailleurs déjà engagé, que comme un jugement de valeur définitif.

    2) Quelques éléments de réflexion sur le mouvement des Gilets Jaunes

    Tout d’abord, on peut faire l’hypothèse que la forme des rassemblements, leur caractère spontané, l’absence de concertation avec la police sur le trajet des manifestations, l’acceptation au moins tacite par une large partie des manifestant.e.s d’une confrontation violente avec la police semblent exprimer une défiance vis-à-vis des méthodes syndicales classiques, autant celles de la CFDT, dont la stratégie de dialogue avec le pouvoir s’est soldée par des années de défaites, que celles des directions syndicales de la CGT avec leur contestation ritualisée et leurs manifs en saute-mouton, elles-mêmes accompagnées de défaites cinglantes.

    De ce point de vue, on peut lire les événements actuels à la lumière de ce qu’il s’est passé lors des manifestations contre la loi travail, avec l’émergence d’un cortège de tête – dont on pourra peut-être dire avec le recul qu’il aura été le précurseur d’une relégitimation populaire de formes d’action directe.

    Quant à la nature idéologique de ce mouvement des gilets jaunes, on est à la croisée des chemins : d’un côté, la montée en puissance de revendications telles que la restauration de l’ISF ou l’augmentation du SMIC, la détestation grandissante des « forces de l’ordre » suite aux nombreuses violences exercées par ces dernières expriment des désirs et des mots d’ordre contradictoires avec ceux de l’extrême-droite : le Front National, pour ne parler que de lui, se voit de ce point de vue marginalisé, puisqu’il défend pour sa part les intérêts des riches (Marine le Pen ne défend pas l’augmentation du SMIC) et apporte un soutien sans faille à la police (au sein de laquelle il trouve un réservoir conséquent d’électeurs/trices et de sympathisant.e.s). Le début de mobilisation d’autres secteurs durant le mois de décembre (lycéen.ne.s, étudiant.e.s, cheminot.e.s, certaines bases syndicales,…) pourrait peut-être à terme conduire à une véritable convergence des luttes, sur des bases communes.

    Mais d’un autre côté, la défiance largement partagée au sein des Gilets Jaunes vis-à-vis des syndicats, mis dans un même sac avec « ceux d’en haut » nourrit des attitudes réactionnaires, de même qu’à l’égard des fonctionnaires, des cheminot.e.s,… Cette fracture, qui ne recoupe pas leurs intérêts de classe, a été ici largement entretenue pendant des décennies par celles et ceux-là mêmes qui se succèdent au pouvoir, ainsi que par les media dominants.

    Trois autres éléments profitent aux groupuscules d’extrême-droite : premièrement, le caractère apartisan et républicain revendiqué dans les Gilets Jaunes permet aux fachos de se fondre dans la masse, leur chemise brune cachée sous leur gilet jaune, de même que le drapeau bleu-blanc-rouge, porté par beaucoup de gens qui ne sont pas eux-mêmes d’extrême-droite, sert de cache-nez idéal aux « patriotes » et autres « nazis-BBR ». Deuxièmement, la méfiance (pour une large part compréhensible) des Gilets Jaunes à l’égard de toute velléité de structuration du mouvement profite aux fachos, qui peuvent par leur bagou prendre dans certains secteurs un poids important.

    Troisièmement, la revendication grandissante au sein des gilets jaunes du RIC (Réferendum d’Initiative Citoyenne), est symptomatique d’un mouvement manquant cruellement de base de classe malgré la composition sociale de celui-ci. Le citoyennisme et le populisme latent du RIC (des cadres du PCF et de la FI voient d’un bon œil la soumission à un referendum de la question du mariage pour tous, par exemple) doivent nous alerter sur la dangerosité d’une telle revendication. En effet, l’application, dans le système capitaliste actuel, de ce type de processus de consultation du peuple ne serait pas synonyme de démocratie populaire mais au contraire profiterait à nos ennemi-e-s :

    – En s’en remettant aux urnes dans une démarche institutionnelle, plus besoin de manifester, plus besoin de faire grève, plus besoin de lutter.

    – les partis et les organisations institutionnelles s’en donneraient à cœur joie. En effet, ces organisations ayant les moyens de financer des campagnes électorales d’ampleur, elles pourraient profiter du cadre d’un referendum pour surfer sur des thèmes réactionnaires et leur donner de fait une plus grande visibilité – haine des immigré-e-s, des populations racisées, des LGBTI, des femmes, des prétendu.e.s « assisté.e.s » etc., autant de sujets qui constituent un bon terreau pour le fascisme. Sous prétexte qu’il faudrait laisser s’exprimer tout le monde, nous laisserions ainsi libre tribune à celles et ceux qui souhaitent nous opprimer.

    De ce point de vue, il est à noter que cette revendication est assez fortement reprise sur Bordeaux, au point que le 20 décembre dernier, le confusionniste notoire #Etienne_Chouard (pour en savoir plus sur cet homme, voir ici http://lahorde.samizdat.net/2014/12/08/chouard-sexplique-senfonce-et-renonce) était invité par des gilets jaunes pour en faire la présentation et parler de la structuration du mouvement.

    Conclusion

    En tant qu’ #antifascistes, #anticapitalistes, #antisexistes, il est difficile dans ce contexte d’avoir un positionnement clair : certain.e.s se montrent pessimistes, refusant de risquer une alliance objective avec des groupes #fascistes et des individu.e.s exprimant publiquement des propos et des attitudes incompatibles avec ce que nous défendons ; certain.e.s se montrent plus optimistes, défendant l’implication directe au sein de ce mouvement, ne serait-ce que pour virer les fachos et appuyer les dimensions progressistes portées par certains secteurs des #Gilets_Jaunes. En tout état de cause, nos milieux entretiennent des rapports ambigus à l’égard d’un mouvement hétérogène, tant du point de vue de sa composition que de ses revendications, de sorte que beaucoup hésitent encore entre participer pleinement aux manifestations, et y intervenir pour simplement cibler en leur sein les fascistes en parade.

    Quoiqu’il en soit, une révolte populaire est par nature composite, parfois contradictoire – tout l’enjeu est de déterminer quels types de compromis nous sommes prêt.e.s à faire, en fonction des réalités locales et des rapports de forces (avec cette limite, que nous n’accepterons jamais de militer aux côtés de l’extrême-droite).

    Ce qui s’est produit samedi dernier à #Bordeaux constitue à ce titre une étape importante puisque c’est une initiative massive et déterminée qui a été prise pour virer les fascistes. Cette déroute devrait d’ailleurs les faire réfléchir, puisqu’au-delà de leurs mensonges désespérés (cherchant à expliquer la réussite de leur expulsion par le fait que les #antifas les auraient fait passer pour des flics), au-delà de leur tentative de se redorer le blason sur les réseaux sociaux (se fantasmant dans la bataille des Thermopyles), il demeure cette réalité toute simple : samedi dernier, il n’y avait d’un côté que sept personnes, et de l’autre une centaine d’individu.e.s, de tous horizons et sous un même slogan – Bordeaux antifa.

    Il nous semble donc que dans les manifestations à venir, cette expulsion des éléments fascistes devrait être un préalable à tout autre type d’implication dans le mouvement, et qu’il faudrait que toutes les personnes partageant cette conviction continuent de s’organiser en ce sens.

    En tout état de cause, il ne faudrait pas céder à la fétichisation de l’émeute : le romantisme de la barricade, quand il est applaudi à l’arrière par des fafs content.e.s ensuite de s’en revendiquer, ne saurait servir notre combat.



  • Lettre à celles et ceux « qui ne sont rien », depuis le Chiapas rebelle

    Jérôme Baschet

    https://lavoiedujaguar.net/Lettre-a-celles-et-ceux-qui-ne-sont-rien-depuis-le-Chiapas-rebelle

    On l’entend partout ces jours-ci : c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et là où beaucoup s’affligeaient de ne voir que le marécage stagnant d’une majorité dite silencieuse et passive ont surgi mille torrents impétueux et imprévisibles, qui sortent de leur cours, ouvrent des voies inimaginables il y a un mois encore, renversent tout sur leur passage et, malgré quelques dévoiements initiaux, démontrent une maturité et une intelligence collective impressionnantes. C’est la force du peuple lorsqu’il se soulève, lorsqu’il reprend sa liberté. C’est une force extraordinaire et ce n’est pas pour rien que l’on invoque tant 1789, mais aussi 1793 et les sans-culottes. Ami·e·s gilets jaunes, vous avez déjà écrit une page glorieuse de l’histoire de notre pays. Et vous avez déjà démenti tous les pronostics d’une sociologie compassée sur le conformisme et l’aliénation du grand nombre.

    Mais qu’est-ce donc que ce « peuple » qui, d’un coup, se réveille et se met à exister ? Rarement comme aujourd’hui le mot aura paru aussi juste, même à ceux d’entre nous qui pourraient le juger périmé, parce qu’il a trop souvent servi à capturer la souveraineté au profit du Pouvoir d’en haut, et qu’il peut aujourd’hui faire le jeu des populismes de droite ou de gauche. (...)

    #gilets_jaunes #peuple #intelligence_collective #Chiapas #zapatistes #rébellion #autogouvernement


  • Depuis deux jours, des rumeurs se propagent sur les réseaux sociaux (notamment Facebook et les comptes sympathisants du mouvement des #gilets_jaunes) alimentant la théorie conspirationniste du "grand remplacement".

    La France va passer sous administration de l’ONU : la folle rumeur qui agite des “gilets jaunes”
    https://www.franceinter.fr/info/la-france-va-passer-sous-administration-de-l-onu-la-folle-rumeur-qui-agi

    La France va perdre sa souveraineté en signant le pacte migratoire de l’ONU le 10 décembre, entraînant la démission d’Emmanuel Macron. Cette folle rumeur agite des groupes Facebook de “gilets jaunes”. Certains sont persuadés qu’il faut “faire tomber” Macron avant.

    Repris également sur Libération :

    https://www.liberation.fr/checknews/2018/12/04/gilets-jaunes-d-ou-vient-l-appel-au-blocage-general-a-partir-du-10-decemb

    La rumeur impacte également la Belgique où, sur fond de crise gouvernemental, la N-VA dénonce le "pacte de l’ONU" devant être acté les 10 et 11 décembre prochains.

    https://www.liberation.fr/planete/2018/12/05/pacte-sur-les-migrations-la-belgique-s-echarpe_1696091

    Mais pas que, car toute la sphère euro-nationaliste xénophobe semble à la manœuvre.

    https://www.lematin.ch/suisse/pacte-onu-migrations-cest/story/27145120

    https://lepetitjournal.com/hambourg/les-allemands-sortent-leurs-gilets-jaunes-en-soutien-la-france-24569

    Certains Allemands se sont réunis, samedi dernier à la porte de Brundebourg (sic) à Berlin, suite à l’accord de la majorité des députés de Bundestag de signer le pack migratoire de l’ONU, le 10 et 11 décembre 2018.

    Mais qu’en est-il au juste de ce "pack de Marrakech" (comme j’ai pu le lire sur une page FB) ? Tentative d’explication ici :
    https://www.bastamag.net/Que-propose-vraiment-le-Pacte-mondial-sur-les-migrations-de-l-Onu-qui-fait

    #rumeurs #conspirationnisme #instrumentalisation #extrême_droite #xénophobie


  • Un défi, une autonomie réelle,
    une réponse, plusieurs propositions
    et quelques anecdotes sur le nombre 300

    SCI Galeano, SCI Moisés

    https://lavoiedujaguar.net/Un-defi-une-autonomie-reelle-une-reponse-diverses-propositions-et-qu

    Suite et fin de la participation de la Commission Sexta de l’EZLN à la rencontre des réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement et à sa porte-parole. Août 2018.

    (...) dans notre autonomie et à propos d’elle — vu qu’on discute de savoir si elle va être reconnue ou ne va pas être reconnue —, nous avons fait ce raisonnement : l’autonomie officielle et l’autonomie réelle. Celle qui est officielle est celle qui est reconnue par les lois. La logique serait : vous avez une autonomie, maintenant je la reconnais dans une loi, alors votre autonomie commence à dépendre de cette loi et ne conserve plus ses formes, puis, quand il va y avoir un changement de gouvernement, alors vous devez soutenir le « bon » gouvernement, et voter pour lui, promouvoir le vote pour lui, car si arrive un autre gouvernement, ils vont vous enlever la loi qui vous protège. Ça fait donc de nous les pions des partis politiques, comme cela s’est produit pour des mouvements sociaux dans le monde entier. Ce qui compte, ce n’est plus ce qui s’effectue dans la réalité, ce qui est défendu, mais ce que la loi reconnaît. La lutte pour la liberté se transforme ainsi en lutte pour la reconnaissance légale de la lutte elle-même. (...)

    #Mexique #Chiapas #EZLN #autonomie #réseaux_internationaux #résistance #rébellion


  • L’Austria esce dal patto Onu per le migrazioni: “Limita la sovranità del nostro Paese”

    L’accordo internazionale che punta a difendere i diritti dei rifugiati entrerà in vigore a dicembre. Prima di Vienna, anche Usa e Ungheria si sono sfilati. Il governo Kurz: “Migrare non è un diritto fondamentale”.

    L’Austria esce dal patto Onu per le migrazioni: “Limita la sovranità del nostro Paese”

    L’accordo internazionale che punta a difendere i diritti dei rifugiati entrerà in vigore a dicembre. Prima di Vienna, anche Usa e Ungheria si sono sfilati. Il governo Kurz: “Migrare non è un diritto fondamentale”

    L’Austria annuncia il suo ritiro dal patto delle Nazioni Unite sulle migrazioni, e segue così l’esempio di Stati Uniti e Ungheria, che prima di lei sono uscite dall’accordo internazionale, in controcorrente con gli oltre 190 Paesi che l’hanno firmato. Lo ha comunicato il cancelliere Sebastian Kurz, motivando la scelta sovranista come una reazione necessaria per respingere un vincolo Onu che “limita la sovranità del nostro Paese”. Non ci sarà, dunque, nessun rappresentante di Vienna alla conferenza dell’Onu a Marrakech, in Marocco, il 10 e 11 dicembre. Mentre all’Assemblea generale delle Nazioni Unite dell’anno prossimo l’Austria si asterrà.

    COSA PREVEDE L’ACCORDO

    Il patto per le migrazioni era stato firmato da 193 Paesi a settembre 2017 ed entrerà in vigore a dicembre con la firma prevista al summit di Marrakech. Prevede la protezione dei diritti dei rifugiati e dei migranti, indipendentemente dallo status, e combatte il traffico di esseri umani e la xenofobia. E ancora, impegna i firmatari a lavorare per porre fine alla pratica della detenzione di bambini allo scopo di determinare il loro status migratorio; limita al massimo le detenzioni dei migranti per stabilire le loro condizioni, migliora l’erogazione dell’assistenza umanitaria e di sviluppo ai Paesi più colpiti. Facilita anche il cambiamento di status dei migranti irregolari in regolari, il ricongiungimento familiare, punta a migliorare l’inclusione nel mercato del lavoro, l’accesso al sistema sanitario e all’istruzione superiore e ad una serie di agevolazioni nei Paesi di approdo, oltre che ad accogliere i migranti climatici.

    LE RAGIONI DI VIENNA

    Un documento di 34 pagine, per politiche in favore di chi lascia il proprio Paese che promuovano una migrazione sicura. L’Austria in un comunicato respinge tutti i criteri stabiliti da quella che è stata ribattezzata la “Dichiarazione di New York”. Kurz, che da giovanissimo ministro degli Esteri fece il suo esordio mondiale proprio all’Assemblea generale dell’Onu, decide così di strappare e imporre il suo giro di vite sui migranti, spinto dal suo alleato al governo, l’ultradestra dell’Fpö di Heinz-Christian Strache, il quale a margine dell’annuncio del ritiro ha aggiunto: “La migrazione non è e non può essere un diritto fondamentale dell’uomo”. Il governo di Vienna, in particolare, spiega che “il patto limita la sovranità nazionale, perché non distingue tra migrazione economica e ricerca di protezione umanitaria”, tra migrazione illegale e legale. “Non può essere - continua il governo Kurz - che qualcuno riceva lo status di rifugiato per motivi di povertà o climatici”.

    “SEGUIAMO IL LORO ESEMPIO”

    Il patto, in realtà, non è vincolante ai sensi del diritto internazionale, una volta firmato. Si delinea come una dichiarazione di intenti, per mettere ordine nelle politiche sulle migrazioni a livello mondiale, all’insegna della solidarietà. Per questo, la mossa di Vienna assume un valore simbolico, sull’onda delle dichiarazioni di Kurz e i suoi che vorrebbero chiudere le porte dell’Europa all’immigrazione e controllare i confini. Trascina dietro di sé la lodi di altri partiti populisti europei, uno tra tutti l’AfD tedesca, con la leader Alice Weidel che non ha tardato a twittare: “Anche la Germania non aderisca, il Global Compact apre la strada a milioni di migranti africani e legalizza l’immigrazione irregolare”.

    https://www.lastampa.it/2018/10/31/esteri/laustria-esce-dal-patto-onu-per-le-migrazioni-limita-la-sovranit-del-nostro-paese-GbGo3HsbsGygjZ3aOjVfkJ/pagina.html
    #Global_compact #global_compact_on_refugees #migrations #réfugiés #asile #Autriche #Hongrie #USA #Etats-Unis

    • Austria to shun global migration pact, fearing creep in human rights

      Austria will follow the United States and Hungary in backing out of a United Nations migration pact over concerns it will blur the line between legal and illegal migration, the right-wing government said on Wednesday.

      The Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration was approved in July by all 193 member nations except the United States, which backed out last year.

      Hungary’s right-wing government has since said it will not sign the final document at a ceremony in Morocco in December. Poland, which has also clashed with Brussels by resisting national quotas for asylum seekers, has said it is considering the same step.

      “Austria will not join the U.N. migration pact,” said Chancellor Sebastian Kurz, a conservative and immigration hard-liner who governs in coalition with the far-right Freedom Party.

      “We view some points of the migration pact very critically, such as the mixing up of seeking protection with labor migration,” said Kurz, who argues that migrants rescued in the Mediterranean should not be brought straight to Europe.

      U.N. Special Representative for International Migration Louise Arbour called the move regrettable and mistaken and said the compact simply aimed to improve the management of cross-border movements of people.

      “It is no possible sense of the word an infringement on state sovereignty - it is not legally binding, it’s a framework for cooperation,” she told Reuters.

      Vienna currently holds the rotating presidency of the European Union, a role that usually involves playing a mediating role to bridge divisions within the bloc. Instead its move highlighted the disagreements on migration that have blighted relations among the 28 member states for years.

      The Austrian government is concerned that signing up to the pact, even though it is not binding, could eventually help lead to the recognition of a “human right to migration”. The text of a cabinet decision formally approving its move on Wednesday said it would argue against such a right.

      “We reject any movement in that direction,” Freedom Party leader and Vice Chancellor Heinz-Christian Strache told a news conference after the weekly cabinet meeting.

      Arbour said such concerns were unfounded.

      “The question of whether this is an invidious way to start promoting a ‘human right to migrate’ is not correct. It’s not in the text, there’s no sinister project to advance that.”

      Austria took in roughly 1 percent of its population in asylum seekers in 2015 during a migration crisis in which more than a million people traveled to Europe, many of them fleeing war and poverty in the Middle East, Africa and elsewhere.

      That experience dominated last year’s parliamentary election and helped propel Kurz’s conservatives to power. He has said he will prevent any repeat of that influx and has implemented policies that include restricting benefits for new immigrants.

      The U.N. pact addresses issues such as how to protect people who migrate, how to integrate them into new countries and how to return them to their home countries.

      The United Nations has hailed it as a historic and comprehensive pact that could serve as a basis for future policies.

      Austria will not send an envoy to the signing ceremony in Morocco and will abstain at a U.N. General Assembly vote on the pact next year, Kurz’s office said.

      In a paper this month, the Brookings Institution, a U.S. think tank, said the pact “reflects widespread recognition, among even the most skeptical member states, that managing migration effectively is in the common interest”.

      Amnesty International criticized Vienna’s stance.

      “Instead of facing global challenges on an international level, the government is increasingly isolating Austria. That is irresponsible,” the rights group said in a statement.

      https://www.reuters.com/article/us-un-migrants-austria/austria-to-withdraw-from-u-n-migration-agreement-apa-idUSKCN1N50JZ

    • Communication Breakdown in Austria – How Far-Right Fringe Groups Hijacked the Narrative on the Global Compact for Migration

      Yesterday Austria announced its withdrawal from the UN Global Compact for Migration (GCM), thus joining the United States and Hungary. The decision was met with little surprise. It followed an announcement in early October that Austria would reconsider its continued participation in the GCM process. And it followed weeks of efforts by the right-wing Freedom Party (FPÖ) and other far-right actors to discredit the GCM.

      As the Austrian decision gained media attention, many outside the world of migration policy wondered what the Global Compact for Migration is. This post is both for newcomers and long-time observers. For the newcomers, I explain how the GCM came about and why it is significant. Long-time observers may want to skip to the section discussing the context and implications of the Austrian decision to withdraw.
      What is the UN Global Compact for Migration?

      The short answer is that it is a non-binding agreement on migration at the UN level. The lengthy intergovernmental negotiations concluded in July, which means that the text of the Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration is already available. The text lays out 23 objectives covering a wide array of policies, including objectives on addressing the drivers of migration, better data gathering, border management, enhanced regular pathways and more. In December, states will adopt the GCM in Marrakesh, right after the Global Forum on Migration and Development (GFMD).

      The long answer is that the Global Compact for Migration encompasses more than the final text. The process leading up to the agreement is just as noteworthy. The negotiations between states and with close participation of civil society actors stretched over eighteen months. At several thematic sessions, states, non-governmental organisations, researchers, grassroots organisations, and think tanks came together in New York, Vienna, and Geneva. In the sessions, actors mostly read out their condensed two- or three-minute statements. But intense discussions happened during panels, outside, at side-events, and during breaks. And parallel to the global proceedings, there were regional and, in some cases, also national consultations. It was thus also a process of learning and coalition-forming.
      Why did Austria decide to leave the Global Compact for Migration?

      The official Austrian critique of the Global Compact for Migration rests on two points. First, it argues that the GCM would eventually be a legally binding document. Second, the GCM is portrayed to diminish states’ national sovereignty. Neither of these statements holds true. Already in the preamble, it clearly says that it is “a non-legally binding, cooperative framework” and that it “upholds the sovereignty of States.” And during the lengthy negotiations, states overwhelmingly emphasized their sovereignty. The decision to leave therefore appears to be much more about short-term domestic politics than about the above-stated concerns.

      Already during the parliamentary election in 2017, the conservative People’s Party (ÖVP) and the far-right Freedom Party (FPÖ) outdid each other with anti-immigration rhetoric. Now that they form the current governing coalition, they have passed increasingly restrictive migration and integration policies. Their recent measures stretch from budget cuts for language courses parallel to restricting welfare based on language skills. In light of this, the Austrian decision is not surprising.

      But until recently, the Global Compact for Migration had not been a point of contention for the Freedom Party. In fact, the Austrian foreign ministry – currently headed by a minister affiliated with the FPÖ – took part in the negotiations. The timing of this withdrawal therefore merits attention. Some weeks ago, fringe groups on the far-right started to mobilize against the GCM. With online petitions, posters, and a protest in front of the UN headquarters in Vienna. The websites contain close to no information on the GCM. Instead, they make the baseless assertion that it would lead to “limitless migration” and repeat the alarmist imagery that Nigel Farage used for his “Breaking Point” banner ahead of the Brexit referendum. At the helm of this disinformation campaign is Martin Sellner, leader of the far-right Identarian movement.

      Shortly after, the Austrian Freedom Party also started to publicly criticize the Global Compact for Migration in widely read Austrian tabloids. During the evening news on the day of the official withdrawal, Armin Wolf confronted FPÖ Vice-Chancellor Strache with the question why the FPÖ had only begun its criticism after far-right fringe group activism had started. Strache denied any connection in the timing. Meanwhile, Martin Sellner celebrated the success of the imitative. Instead, Strache argued that it took time to reach a judgment on the final product. However, the text had been in its final shape for months.
      What can be learned from this?

      To be clear, one should not be tempted to overstate the significance of fringe actors. But one also should not leave the debate in the wider public about the Global Compact for Migration in their hands. The GCM negotiation process has been inclusive to those actors wishing to participate and all previous drafts of the agreement had been available online. The efforts were thus comparatively transparent. But, nonetheless, the communication with the wider public was not proactive.

      In the months that I had been involved with the GCM process, I was repeatedly surprised how many people within the world of migration and integration were unaware of the negotiations, even less so the wider public. And while it is not necessary to indulge in the technicalities of such a lengthy process, it meant that many people in Austria heard about the GCM only when far-right groups brought it to the fore. In the absence of wider public engagement, there was no counter-movement to challenge the misinformation that was spreading.

      What are the implications of this decision? And what is next?

      There is already talk of other countries following the path of Austria, Hungary, and the US. But instead of getting stuck in speculations about who else may withdraw, efforts should concentrate on the majority that upholds the Global Compact for Migration. This incident provides an opportunity to start a conversation beyond those tightly involved in migration policy.

      And it is important to remember that December will just be the beginning, not the end. Ahead lies a long road of implementation. Then, inclusiveness – especially of those directly affected by the GCM – and proactive communication will remain crucial.


      https://www.compas.ox.ac.uk/2018/communication-breakdown-in-austria-how-far-right-fringe-groups-hijacked

      –-> et sur cette image, le fameux slogan australien #No_Way (you won’t make Australia home)
      #modèle_australien #Australie

    • Le Pacte de l’ONU pour les migrations divise le parlement

      Le gouvernement souhaite signer, avec une réserve, un projet de traité international sur les réfugiés. Des commissions parlementaires délivrent des messages contradictoires.

      Le Conseil fédéral doit-il approuver le Pacte mondial des Nations unies pour les migrations les 10 et 11 décembre à Marrakech ? C’est son intention. Il l’a annoncée le 10 octobre. Mais cette perspective fait des vagues, à tel point qu’une commission parlementaire émet de sérieuses réserves à ce sujet alors que d’autres sont divisées. Comme il l’avait promis, le gouvernement les a consultées avant de prendre une décision définitive.

      La Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) s’est manifestée la première. Le 19 octobre, elle a adopté une motion qui demande que la décision d’approbation soit soumise aux Chambres fédérales. Une semaine plus tard, la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats (CPE-E) a adressé au Conseil fédéral une lettre annonçant son intention de déposer une requête similaire. Vendredi dernier, la CIP-N a franchi un pas de plus : par 15 voix contre 9, elle a formellement décidé de recommander au Conseil fédéral de ne pas approuver ce traité migratoire. Cette revendication sera discutée en séance plénière du Conseil national le 6 décembre.

      Ambassadeur actif et décrié

      Lundi, la CPE-N a émis un avis différent. Par 14 voix contre 10, elle recommande au Conseil fédéral d’apposer sa signature au bas du pacte de l’ONU. Dans des proportions similaires, elle a refusé de soumettre celui-ci au vote obligatoire ou de recueillir formellement l’avis des Chambres fédérales. La commission sœur du Conseil des Etats n’a pas encore rendu son verdict. Elle se réunit une nouvelle fois lundi prochain.

      C’est l’UDC qui a ouvert les feux. Mi-septembre, alors que personne à Berne ne se préoccupait de la prochaine signature de cette convention migratoire, elle a condamné ce texte, contraignant politiquement mais pas juridiquement, avec la plus grande virulence. Celui-ci prône une « migration sûre, ordonnée et régulière ». Selon le Conseil fédéral, ses objectifs recoupent les siens : réduire la migration irrégulière, renforcer l’aide sur place, lutter contre la traite des êtres humains et le trafic des migrants, sécuriser les frontières, respecter les droits humains, faciliter le rapatriement, la réintégration ou l’intégration durable dans le pays d’accueil. La Suisse a même joué un rôle moteur dans l’élaboration de ce texte, puisque l’ambassadeur auprès de l’ONU, Jürg Lauber, en a été l’une des chevilles ouvrières avec son homologue mexicain, Juan José Gomez Camacho, et la représentante spéciale de l’ONU pour les migrations internationales, Louise Arbour.
      Plusieurs pays ont renoncé

      L’UDC fait de ce document une lecture très différente. Elle y voit un moyen de permettre « aux migrants d’accéder plus facilement aux pays de leur choix, indépendamment de leurs qualifications ». Elle brandit la menace d’une immigration massive vers la Suisse. A quelques semaines du vote sur l’initiative contre les juges étrangers, et en vertu de l’article constitutionnel qui dit que la Suisse doit gérer son immigration de manière indépendante, l’UDC exige le rejet de ce pacte. Elle n’est pas seule. Le projet est aussi controversé au sein du PLR.

      Pour le Conseil fédéral, la situation n’est pas simple. Les Etats-Unis, la Hongrie et l’Autriche ont déjà fait savoir qu’ils ne participeraient pas à la signature. Comme l’ambassadeur Lauber, sur qui l’UDC tire à boulets rouges et qui est aussi la cible d’une campagne sauvage de la droite identitaire, a contribué activement aux négociations, un refus de la Suisse serait considéré comme un affront au sein de l’ONU.

      Par ailleurs, on rappelle volontiers que les fondements de ce texte, dont l’élaboration a débuté en 2016, recoupent la politique migratoire défendue par Didier Burkhalter et Simonetta Sommaruga. Or, le premier nommé a quitté le Conseil fédéral et c’est son successeur Ignazio Cassis, à qui l’on reproche de ne pas défendre suffisamment son émissaire auprès des Nations unies, qui a repris le flambeau. Début octobre, le gouvernement a proposé d’approuver le pacte assorti d’une réserve portant sur le traitement des mineurs âgés d’au moins 15 ans.

      https://www.letemps.ch/suisse/pacte-lonu-migrations-divise-parlement

    • Ne pas signer le Pacte de l’ONU sur les migrations est « une erreur politique »

      La #Suisse ne signera pas le Pacte de l’ONU sur les migrations, du moins pas pour l’instant, a décidé le Conseil fédéral. « Une erreur politique », selon le président du Parti socialiste Christian Levrat.

      Le Conseil fédéral a reconnu mercredi que ce Pacte est dans l’intérêt de la Suisse, mais estime qu’il est trop tôt pour le signer.

      https://www.rts.ch/info/suisse/10013083-ne-pas-signer-le-pacte-de-l-onu-sur-les-migrations-est-une-erreur-polit

    • Pour Louise Arbour, la volte-face de la Suisse porte atteinte à sa crédibilité multilatérale

      La représentante spéciale de l’ONU pour les migrations démonte le mythe de la perte de souveraineté des Etats qui adopteront le pacte à Marrakech en décembre. Elle ne comprend pas non plus la peur des « soft laws » qui saisit le parlement fédéral

      Alors que le Conseil des Etats débat ce jeudi d’une motion de l’UDC exhortant le Conseil fédéral à ne pas adopter le Pacte mondial de l’ONU pour les migrations ainsi que d’une proposition de la Commission des institutions politiques de soumettre son adoption à l’Assemblée fédérale, les Nations unies mettent les choses au point.

      Interrogée par Le Temps au Palais des Nations à Genève, Louise Arbour, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les migrations, s’étonne des discussions au sujet du pacte qui serait, selon certains parlementaires fédéraux, « de la soft law [droit souple, ndlr] susceptible de se transformer en droit coutumier (obligatoire) ».

      « Je suis avocate moi-même. Je ne comprends pas cette notion selon laquelle ce pacte deviendrait subrepticement obligatoire contre la volonté de la Suisse. Je vous rassure. Ce n’est pas le cas. Aucune disposition du pacte n’empiète sur la souveraineté des Etats qui l’adoptent. »

      Un débat particulièrement agressif

      La responsable onusienne relève que le pacte, qui sera formellement adopté à Marrakech les 10 et 11 décembre prochain (sans la Suisse qui a, sur proposition du conseiller fédéral Ignazio Cassis, finalement renoncé à s’y rendre), offre un menu d’options et de bonnes pratiques que les Etats peuvent choisir d’adopter ou non. « Je suis étonnée que la Suisse s’inquiète de ce pacte. Elle applique elle-même déjà pleinement ce que prévoit le document », précise la Canadienne.

      A Berne, la tonalité du débat demeure très agressive. Certains parlementaires UDC vont jusqu’à demander que l’ambassadeur de Suisse auprès des Nations unies à New York, Jürg Lauber – par ailleurs diffamé dans une campagne menée par des mouvements identitaires et d’extrême droite autrichiens, allemands et suisses – soit traduit en justice pour « trahison ».

      Ignorance ou mauvaise foi ?

      Là encore, Louise Arbour n’en revient pas : « Ce genre de discours montre comment les processus internationaux sont mal compris. J’espère que c’est de l’ignorance et non de la mauvaise foi. Il faut savoir comment un tel processus fonctionne. Quand l’Assemblée générale de l’ONU décide de mettre en place un processus, le président de l’assemblée nomme des cofacilitateurs pour leurs qualités personnelles et non pour leur appartenance nationale.

      L’élaboration du pacte a été cofacilitée de façon neutre par l’ambassadeur Jürg Lauber et son homologue mexicain, Juan José Gomez Camacho. Tant la Suisse que le Mexique avaient des délégations complètement distinctes de leurs ambassadeurs. Il ne faut pas tout mélanger quant à la réelle implication de la Suisse. »
      Un pacte basé sur les faits

      Pour la responsable onusienne, le revirement de la Suisse par rapport à ses positions de négociation est problématique. « Que les Etats qui ont négocié dans leur capacité nationale et même obtenu des concessions d’autres Etats se dissocient aujourd’hui des positions qu’ils ont prises est très décevant. Une telle volte-face porte atteinte à leur crédibilité comme partenaires dans un environnement multilatéral. »

      Louise Arbour tente d’identifier la raison des résistances : « La migration peut être une question traitée de manière très fractionnée, parfois par plusieurs ministères. Sans grande cohésion. Cela peut avoir contribué à la difficulté de faire passer le message. »

      Pas le fruit de bureaucrates

      Quant à l’idée que le pacte migratoire serait le produit de l’imagination de bureaucrates de New York, elle s’en défend : « Le processus ayant mené au pacte a été très respectueux, et surtout basé sur la réalité et des faits. » Les crispations (sensibles en Hongrie, aux Etats-Unis, en Israël, en Suisse, etc.) autour du pacte ne sont pas justifiées, estime-t-elle.

      La meilleure manière de mener une politique migratoire nationale efficace est de coopérer avec ses voisins. La migration implique forcément une interdépendance. C’est ce cadre coopératif que propose le pacte, « négocié non pas en secret, mais avec la société civile, le secteur privé, les syndicats », ajoute Louise Arbour.

      Hors de l’ONU, la pression sur le Conseil fédéral est venue mercredi du CICR dont le président, Peter Maurer, appelle à adopter le pacte « négocié de façon totalement transparente pendant près de trois ans ». La Commission fédérale des migrations abonde dans le même sens, jugeant nécessaire de s’associer à cet effort mondial de réguler la migration.

      https://www.letemps.ch/monde/louise-arbour-volteface-suisse-porte-atteinte-credibilite-multilaterale

    • Global Compact, il governo sospende il patto Onu sull’immigrazione

      L’annuncio del premier Conte su input del ministro Salvini: l’Italia non parteciperà neanche al summit di Marrakech di dicembre.
      L’Italia sospende l’adesione al Global Compact sull’immigrazione, il patto firmato da oltre 190 Paesi il 19 settembre 2016 e ribattezzato “Dichiarazione di New York“. Inoltre l’Italia non parteciperà nemmeno al summit Onu di Marrakech, in Marocco, che tra il 10 e l’11 dicembre adotterà il documento.

      https://www.tpi.it/2018/11/29/global-compact-immigrazione-italia
      #Italie

    • What’s to Fear in the U.N. Global Compact for Migration?

      The forthcoming adoption of the United Nations’ global migration compact has sparked turmoil, particularly among members of the European Union. But the compact itself refutes much of the criticism, says Solon Ardittis, director of Eurasylum.

      After two years of intense intergovernmental negotiations, the United Nations Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration will be formally adopted on December 10-11 in Marrakech. Though the compact went largely unnoticed by most political parties and the public throughout the negotiation period, its forthcoming adoption is now sparking turmoil in Europe and around the world.

      To date, at least a dozen U.N. member states have declared they do not intend to sign it or are considering doing so. Last fall, the United States became the first to withdraw. Hungary followed earlier this year, which set off a domino effect of withdrawals in the European Union over the past few weeks. Austria, Bulgaria, Hungary, the Czech Republic, Poland and Slovakia have said they won’t sign, and Italy has signaled its disapproval, too. In Belgium, profound disagreement among coalition partners over the compact is threatening to bring down the government.

      So what exactly does the compact proffer to make it the source of such growing discontent? The 30-page document is an international, nonbinding agreement that aims “to make an important contribution to enhanced cooperation on international migration in all its dimensions.” Emerging in the wake of Europe’s 2015 refugee crisis, it draws on a range of existing international instruments, such as the Universal Declaration of Human Rights, to which the vast majority of member states are signatories. And it aims to develop an international cooperative framework acknowledging that no nation can address the contemporary problems of migration alone. This is the first time in history that all U.N. member states have come together to negotiate an agreement on migration in such a comprehensive manner.

      The compact is comprised of 23 objectives. These include, inter alia: collecting adequate data; ensuring all migrants have legal proof of identity; saving lives and establishing coordinated international efforts on missing migrants; strengthening the transnational response to smuggling and trafficking; managing borders in an integrated manner; and giving migrants access to basic services. The compact also includes a follow-up and review mechanism.

      Crucially, while acknowledging states’ shared responsibilities, the compact reaffirms their sovereign right to determine their national migration policies and to govern migration within their jurisdictions. It also stresses that the compact’s implementation will account for different national realities, capacities and levels of development; and will respect national policies and priorities.

      Given such lenient and largely unthreatening policy objectives, what’s behind the growing resentment?

      First, after only recently appearing on the radar of political parties in Europe and internationally, the compact now seems to offer a golden opportunity for populist parties and opinion-makers to push their claims that nations are losing control over their sovereignty and borders. Ironically, the same parties that now criticize the compact have traditionally challenged national governments for not taking sufficiently coordinated action to manage irregular migration, migrant smuggling and human trafficking, or for addressing the growing number of migrant fatalities at sea. The compact represents a foundation for such coordinated action.

      Its most vocal opponents claim, among other things, that the compact does not sufficiently distinguish between legal and illegal migration, that it mixes up the rights of asylum seekers with those of economic migrants, or even stipulates the number of migrants that each member state will need to accept. All this is strictly contradicted in the compact itself.

      Nevertheless, such unfounded criticism has eventually led many governments to adopt a low profile, avoid media exposure and be represented at the Marrakech conference next week at a much less senior level than anticipated. One notable exception is German Chancellor Angela Merkel, who has intensified efforts to reassure “concerned citizens” and to reaffirm that the compact aims to strengthen the protection of national borders rather than weaken them.

      Also worthy of mention is E.U. migration commissioner Dimitris Avramopoulos’s Dec. 4 warning that withdrawal from the compact could hamper cooperation with third countries to control migration and send mixed messages about the E.U.’s resolve to cooperate on an equal basis with its African partners to address future migration challenges. While the E.U. of course has its own cooperation channels and modalities with key migration origin and transit countries, particularly on development and migration management policies, there is little doubt the Global Compact would open additional avenues for the E.U. (and indeed other U.N. member states) to engage in more informal, multistakeholder and non donor-dominated discussions on a range of migration-related policy initiatives.

      The second point that needs be stressed, particularly with respect to the E.U., is that the compact bears no comparison to some of the remarkably more constraining transnational legal and policy frameworks on migration adopted over the past decade. In particular, there have been a wide array of E.U. directives on immigration (legal and irregular), migrant integration policies, migrant smuggling, trafficking in human beings and a range of related policy areas that have been regulated at European Union, rather than member state, level after the E.U. executive gained increased competences to legislate in this field.

      Of course, the E.U. has a history of controversial policy interventions on migration. However, with the exception of the E.U. refugee relocation program, which has generated limited consensus among member states, and of the United Kingdom and Denmark’s decision to opt out of some of the E.U.’s most stringent migration policy instruments, to date none of the bloc’s migration-related policies, including those that were legally binding and requiring transposition into national law, has generated as much turmoil as the U.N. Global Compact for Migration.

      The compact may have some inherent weaknesses, such as not sufficiently demonstrating that it will be relevant and actionable in member states with such contrasting migration features and policy approaches. Doubts also persist on the levels of financial resources that will be allocated to implement such a nonbinding and largely aspirational policy framework.

      It remains that the agreement to be signed next week need not become a cause for concern for any member of society, and even less so be used as a scapegoat by potentially ill-intentioned or ill-informed commentators. Despite its nonbinding nature, the Global Compact looks set to establish some potentially innovative ways for all key stakeholders – in government, civil society and the private sector – to communicate and cooperate on a range of contemporary migration issues.

      At this stage, what should really matter is the degree of genuine commitment signatory parties will express in the next few years and the quality and political clout of the follow-up and review mechanisms to be established after the compact is adopted. All the rest is unnecessary and unhelpful noise.

      https://www.newsdeeply.com/refugees/community/2018/12/05/whats-to-fear-in-the-u-n-global-compact-for-migration

    • Dispute over UN migration pact fractures Belgian government

      Belgium’s center-right government is fighting for its survival this week after the largest coalition party broke away from its three partners and said it would not back a global U.N.-backed migration pact.

      The right-wing N-VA party started a social media campaign against the migration pact Tuesday, more than two months after Prime Minister Charles Michel pledged he would sign the pact for Belgium at a meeting next week in Marrakech, Morocco.

      Instead of a coalition breakup, Michel announced late Tuesday he would take the issue to parliament for vote in the days to come.

      “I want parliament to have its say,” Michel said, staving off an immediate collapse of the government that has been in power for three years. “I have the intention to go to Marrakech and let the position of the parliament be known.”

      Michel’s statement came at the end of a hectic day dominated by an anti-pact social media campaign by the N-VA, of the biggest coalition partner.

      The in-your-face campaign featured pictures of Muslim women with their faces covered and stated the U.N. pact focused on enabling migrants to retain the cultural practices of their homelands.

      The party quickly withdrew the materials after the campaign received widespread criticism.

      “We made an error,” N-VA leader Bart De Wever told VRT network.

      De Wever apologized for the pictures of women wearing face-covering niqab in western Europe, but immediately added “these pictures are not fake. You can take pictures like this every day in Brussels. It is the stark reality.”

      Belgian Prime Minister Charles Michel pledged at United Nations headquarters in September that he would go to a meeting in Marrakech, Morocco where the U.N.’s Global Compact Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration is to be signed next week.

      Amid the N-VA upheaval, a Cabinet meeting was canceled Tuesday afternoon and Michel resumed consultations with vice-premiers looking for a way out of the crisis.

      Remarking on the party’s withdrawn campaign, Christian Democrat Vice Premier Kris Peeters said: “I only have one word for this — indecent.”

      Even with the parliamentary vote, the options for ensuring the government’s survival were slimming down.

      The United Nations says the compact will promote safe and orderly migration and reduce human smuggling and trafficking.

      The N-VA said it would force Belgium into making immigration concessions. “In our democracy, we decide. The sovereignty is with the people,” the party said in a statement.

      Many experts said the accord is non-binding, but the N-VA said it still went too far and would give even migrants who were in Belgium illegally many additional rights.

      The U.N. compact was finalized in July with only the U.S. staying out. Several European nations have since pulled out of signing the accord during the Dec. 10-11 conference in Morocco.

      https://www.seattletimes.com/nation-world/belgian-government-fights-for-survival-over-un-migrants-pact

      #Belgique

    • Le pacte migratoire de l’ONU sème la discorde

      191 pays ont approuvé un accord sur la migration échafaudé par l’ONU. Ce jeudi à Berne, les Chambres devraient empoigner le pacte qui en découle, sous tension, et les pays favorables l’adopteront bientôt au Maroc. Histoire d’un texte controversé

      L’Europe s’est-elle remise de la crise migratoire de 2015 ? A voir les résistances qui ont émergé ces dernières semaines contre l’adoption du Pacte mondial de l’ONU sur les migrations, qui doit être formellement adopté à Marrakech le 11 décembre, il est permis d’en douter. Le pacte suscite un déferlement de propos haineux, voire complotistes. A l’ONU, on enregistre avec incompréhension, voire avec une once de panique, les critiques virulentes qui font florès, surtout en Europe. Le pacte est-il devenu un monstre qu’on ne contrôlerait plus ? Sur les 191 pays qui avaient accepté l’accord sur un tel pacte à New York en juillet dernier, seuls deux tiers disent désormais vouloir se rendre au Maroc. Les volte-face se multiplient.

      #Libre_circulation_mondiale

      Mercredi, en Belgique, le premier ministre, Charles Michel, a évité de peu une possible chute de son gouvernement. Au sein de la coalition gouvernementale, le parti flamand N-VA s’oppose avec véhémence au pacte. Le parlement belge a finalement apporté son soutien au premier ministre. Le mouvement des « gilets jaunes » en France, qui est aussi divers que peu structuré, est également happé par la vague anti-pacte. Sur Facebook, des « gilets jaunes » disent vouloir empêcher le président Emmanuel Macron de se rendre à Marrakech. Selon eux, le pacte va créer « un #chaos total » et permettra à quelque 900 000 migrants (voire 4 millions d’entre eux selon certains) d’entrer en France.

      Ils réclament la destitution du chef de l’Elysée. A l’image de l’UDC en Suisse, qui estime à tort que l’adoption du pacte équivaudrait à instaurer une libre circulation mondiale des personnes, les républicains et le Rassemblement national de Marine Le Pen en France soufflent aussi sur les braises. Ce samedi, cette dernière participera à Bruxelles à un meeting du parti nationaliste flamand Vlaams Belang en compagnie de Steve Bannon, l’ex-chef stratège de Donald Trump et héraut du souverainisme.

      Un pacte épouvantail de la #globalisation

      Des « gilets jaunes » allemands réunis sous la bannière du mouvement #Pegida à Berlin ont véhiculé le même type de message, exigeant la démission de la chancelière Angela Merkel, laquelle s’était distinguée en autorisant l’arrivée sur sol allemand d’un million de migrants de Syrie en 2015. L’onde de choc ne s’arrête pas là. Si Budapest a tout de suite exprimé son opposition au pacte onusien, d’autres pays de l’Europe de l’Est et du centre ont suivi : la #Bulgarie, la #Pologne, la #République_tchèque et l’Autriche. En #Slovaquie, le ministre des Affaires étrangères, qui soutenait le pacte, a démissionné face au refus de son gouvernement.

      En Italie, le ministre de l’Intérieur et chef de file du parti d’extrême droite de la Lega, Matteo Salvini, a été catégorique : « Le gouvernement italien, comme les Suisses qui ont porté à bout de bras le pacte avant de faire marche arrière, ne signera rien et n’ira pas à Marrakech. C’est le parlement qui devra en débattre. » Le pacte est devenu une sorte d’épouvantail de la globalisation dont se sont saisis les mouvements populistes et extrémistes. La bataille symbolise celle qui oppose désormais violemment les élites globalisées et les populations qui estiment subir la #mondialisation.

      Aux Etats-Unis, l’opposition de l’administration de Donald Trump n’est pas surprenante tant sa politique migratoire ultra-restrictive est le moyen de cimenter une base électorale remontée contre ce que le président appelle le « #globalisme ». L’#Australie, #Israël mettent aussi les pieds au mur. Même la #République_dominicaine s’est ralliée au camp du refus, craignant que les centaines de Haïtiens tentant chaque jour de franchir la frontière puissent venir s’établir sans problème dans le pays.

      Souveraineté intacte

      Ce pacte, juridiquement non contraignant, ne touche pas à la #souveraineté des Etats. Il ne contraint aucun pays à modifier sa #politique_migratoire, aussi dure soit-elle. Sert-il dès lors à quelque chose ? Il remplit un vide. Aucun cadre n’existait pour améliorer la coordination internationale du phénomène global de la migration. Avec ses 23 objectifs, il vise à encourager les potentiels migrants à rester dans leur pays d’origine en traitant au mieux les problèmes structurels qui les poussent à partir. Il prévoit une feuille de route que les Etats peuvent utiliser ou non pour gérer les 260 millions de migrants qui se déplacent chaque année. Il veut améliorer les voies de migration régulières.

      Face à cette #rébellion inattendue, la haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, Michelle Bachelet, a déclaré hier à Genève : « Certains responsables politiques n’agissent pas en leaders. Ils suivent les sondages. » Directeur de l’Organisation internationale pour les migrations, le Portugais Antonio Vitorino exprime lui aussi son courroux : « Nous assistons de la part de certains secteurs politiques à la #manipulation, à la distorsion des objectifs du pacte. On a la sensation que la migration est devenue le #bouc_émissaire des problèmes culturels et sociaux. »

      https://www.letemps.ch/monde/pacte-migratoire-lonu-seme-discorde
      #populisme

    • European governments in melt-down over an inoffensive migration compact

      IT WAS LIKE watching paint dry, or other people’s children play baseball. Last month Gert Raudsep, an Estonian actor, spent two hours on prime-time television reading out the text of a UN migration agreement. Estonia’s government was tottering over whether to pull out of the Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration, to give it its full name. So Mr Raudsep was invited to present the source of the discord to worried viewers. Thoughts of weary migrants from Africa and Latin America kept him going, he said. “But my eyes got a bit tired.”

      Mr Raudsep’s recital made for dull viewing because the compact is a dull document. Its 23 “objectives” are peppered with vague declarations, platitudes and split differences. Partly in the spirit of other global agreements like the Paris climate deal, it encourages states to co-operate on tricky cross-border matters without forcing them to do anything. It urges governments to treat migrants properly, but also to work together on sending them home when necessary. At best it helps build the trust between “sending” and “receiving” countries that is the foundation of any meaningful international migration policy.

      None of this has prevented European governments from melting down over it. In the end Estonia resolved its row; it will join more than 180 other countries in Marrakesh on December 10th-11th to adopt the compact. But so far at least ten others, including seven from Europe, have followed the lead of Donald Trump and pulled out of a deal that they helped negotiate. The agreement is agitating parliaments, sparking protests and splintering coalitions; Belgium’s is on the verge of collapse. More withdrawals may follow.

      Why the fuss? The text explicitly states that governments retain the sovereign right to make immigration policy. But critics say that cannot be trusted. Although the compact is not legally binding, they argue it is “soft law” that might one day be used to press governments into hard commitments, such as acknowledging a “human right” to migration or expanding the grounds for asylum.

      This is, largely, codswallop. The compact is hardly perfect; the drafters should have refrained from urging governments to “educate” journalists on migration, for example, or to hold “culinary festivals” to celebrate multiculturalism. Yet until cynical politicians started paying attention, the main charge the compact faced was toothlessness. Most of the political arguments against it emerged after governments had already approved the draft in July.

      That suggests other forces are at work. In Slovakia, the compact stirred passions only after the speaker of parliament, embroiled in a plagiarism scandal, sought a way to change the subject. The government has since withdrawn from the compact, which led the foreign minister, a former president of the UN General Assembly, to offer his resignation. In Germany a row over the compact, triggered by the right-wing Alternative for Germany (AfD), has forced the candidates running to succeed Angela Merkel as leader of the Christian Democratic Union to declare themselves: for or against? (The party chooses her successor on December 7th.) Now the AfD boasts, correctly, that its ideas have infiltrated the mainstream.

      As has become depressingly routine in Europe, the row over the UNcompact has little to do with its ostensible target and everything to do with the smouldering embers of a culture war that the drastic reduction in illegal immigration since the surge of 2015 has failed to extinguish. (A pointless spat over border controls nearly destroyed Mrs Merkel’s coalition earlier this year.) Immigration remains a potent topic for the right; the trouble in Belgium started when the country’s largest party, the nationalist New Flemish Alliance, began a social-media campaign against the compact, replete with imagery of women in niqabs and the like (it later apologised). But in the absence of a genuine crisis to mobilise support, fake problems must be confected. The UN compact is a sitting duck. There is no downside to hammering a multilateral agreement on a controversial subject negotiated by obscure officials in air-conditioned rooms abroad. That it was agreed by governments in plain sight, with parliamentarians invited to participate, is by-the-by.
      Displacement activity

      In Berlin, where outrage over the compact took the establishment by surprise, some say the government should have forcefully made the case for it as soon as it was agreed. Instead, caught on the back foot, Mrs Merkel and other defenders of the deal are locked into an awkward argument: that fears about the compact are overblown because it is not legally binding, but that it is also an important tool for managing migration. Yet aside from Mrs Merkel’s perennial reluctance to lead rather than react to debates, arguing for the deal earlier would simply have given opponents a bigger target and more time to shoot at it. A more sobering conclusion is that, for now, it has become impossible to have a level-headed conversation about managing migration in Europe.

      UN insiders profess themselves frustrated but unbowed by the string of withdrawals. (Many blame Sebastian Kurz, the Austrian chancellor, whose decision in October to pull out inspired several others to follow.) Although the idea for the compact was drawn up just after Europe’s refugee crisis of 2015-16—indeed, partly at the request of panicked European leaders—its provisions are global. Europe’s navel-gazing arguments have little bearing on the lot of Bangladeshi workers in the Gulf or Zimbabweans in South Africa.

      True enough. But Europe’s rejectionist governments are shooting themselves in the foot nonetheless. Even a hard-headed policy of tough border controls, swift return of illegal immigrants and encouraging would-be migrants to stay home obliges governments to work with others, if only to strike grubby repatriation deals. Building trust by sticking to international commitments lays the foundations for that. That so many governments are choosing to do precisely the opposite does not inspire hope that Europe is groping towards a more sensible migration policy.


      https://www.economist.com/europe/2018/12/08/european-governments-in-melt-down-over-an-inoffensive-migration-compact

      #dessin_de_presse #caricature

    • Under far-right pressure, Europe retreats from UN migration pact

      A previously obscure 34-page, jargon-filled document is causing political convulsions across Europe — even though it’s not even legally binding.

      Italy this week became the latest in a string of European countries to say it would not sign the U.N.’s Global Compact on Migration at a ceremony in Marrakech in just under two weeks. From the Netherlands through Belgium and Germany to Slovakia, the pact has triggered infighting in ruling parties and governments, with at least one administration close to breaking point.

      The fight over the pact illuminates how migration remains a combustible issue across the Continent, three years after the 2015 refugee crisis and with next May’s European Parliament election on the horizon. Far-right parties keen to make migration the key campaign issue have seized on the pact while some mainstream parties have sought to steal their thunder by turning against the agreement. Liberals and centrists, meanwhile, have found themselves on the defensive — arguing that the agreement poses no harm and migration is best handled through international cooperation.

      Louise Arbour, the senior U.N. official overseeing the pact, said she is surprised by the controversy, as diplomats from 180 countries — including many that have now pulled out — signed off on the text last summer after two years of negotiations.

      The initiative was launched at the request of Europe after the migration surge of 2015, Arbour said. The countries now having “second thoughts or misgivings” were very active during the negotiations and “extracted compromises from the others,” she told POLITICO in an interview.

      Arbour, a former Canadian judge and U.N. human rights commissioner, said the recent backtracking illustrates a clear “disconnect” between some countries’ foreign policies “and domestic pressures or national concerns that were not included into the process.”

      She stressed the compact is not binding and, after its formal adoption next month, “there is not a single member state that is obligated to do anything that it doesn’t want to.”

      The Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration, to give it its full name, sets out a “cooperative framework” for dealing with international migration. Signatories agree, for example, to limit the pressure on countries with many migrants and to promote the self-reliance of newcomers. The document states that no country can address migration alone, while also upholding “the sovereignty of States and their obligations under international law.”

      That assurance has not been enough to placate many in Europe. Hungary, whose Prime Minister Viktor Orbán has made anti-migrant policies his signature issue, pulled out while the pact was being negotiated. But the recent wave of European withdrawals was triggered by conservative Austrian Chancellor Sebastian Kurz, who renounced the pact at the end of October.

      Heinz-Christian Strache, the leader of the far-right Freedom Party, Kurz’s coalition partner, declared that “Austria must remain sovereign on migration” and said the country is “playing a leading role in Europe.” At least in terms of the pact, that turned out to be true with Bulgaria, the Czech Republic, Poland, Estonia and Switzerland all following Vienna’s lead. (Croatia caused confusion after its president declared she would not sign the document but the government later said a minister would go to Marrakech and support the adoption of the pact.)
      Bratislava, Berlin and beyond

      Slovakia is among the most recent countries to withdraw its support for the pact. After an EU summit on Sunday, Prime Minister Peter Pellegrini said Bratislava would not support the pact “under any circumstances and will not agree with it.”

      Foreign Minister Miroslav Lajčák on Thursday said he would resign after parliament decided to reject the pact. Lajčák was president of the U.N. General Assembly when the migration pact was adopted.

      Populist parties in other countries have forced the pact to the top of the political agenda. The Dutch government under Prime Minister Mark Rutte has come under pressure from far-right leaders, including Geert Wilders and Thierry Baudet, who refers to the agreement as the “U.N. Immigration Pact.” The government ordered a legal analysis of the text last week to ensure that signing it will not entail any legal consequences. The Cabinet finally decided on Thursday that it would support the pact, but would add an extra declaration, a so-called explanation of position, to prevent unintended legal consequences.

      In Germany, the pact has become an issue in the battle to succeed Angela Merkel — the EU politician most associated with a more liberal approach to migration — as leader of the ruling Christian Democratic Union (CDU). Two of the leading contenders for the post, Jens Spahn and Friedrich Merz, have both criticized the agreement and called for it to be amended.

      The German chancellor mounted a spirited defense of the pact, telling the Bundestag last week that the agreement is in Germany’s national interest as it will encourage better conditions for refugees and migrants elsewhere in the world.

      Arbour argued that although the pact is not legally binding, it is still worthwhile. “The pact is a major cooperation project ... a political initiative to align initiatives for the common benefit,” she said.

      But such arguments cut little ice with the WerteUnion (“Union of Values”), a group of thousands of conservative members of the CDU and its Bavarian sister party. It takes issue with multiple sections of the pact, such as a declaration that migrants “regardless of their status, can exercise their human rights through safe access to basic services.” The group argues that as German social benefits are high, such a commitment would encourage migrants to come to Germany.

      In Belgium, the pact has put liberal Prime Minister Charles Michel’s coalition government at risk. The Flemish nationalist N-VA, the biggest party in government, has demanded Belgium withdraw from the agreement. Michel is caught between his commitment to the pact and his coalition partner’s rejection of it — while seeking to fend off a Francophone opposition that will take any opportunity to portray him as a puppet of the Flemish nationalists ahead of federal, regional and European elections next May.

      Searching for a way to keep his government afloat, Michel has been consulting with a handful of European countries including Denmark, Estonia, the U.K. and Norway, to produce a joint statement to be attached to the pact, according to Belgian media. Another idea is for several of those countries to join the Netherlands in signing a common “explanation of position,” Dutch newspaper De Volkskrant reported.

      Arbour said it’s too late to start making changes to the pact itself. Renegotiating the text or attaching an extra statement is “not what other [countries] have signed up to,” she said.

      https://www.politico.eu/article/migration-un-viktor-orban-sebastian-kurz-far-right-pressure-europe-retreats

    • Apparemment, la #Suisse a soutenu le pacte, mais je ne comprends pas pourquoi elle a soutenu à New York, mais pas à Marrakech... reste le mystère pour moi, si je trouve la réponse à ma question, je la posterai ici.

      La CFM salue le soutien de la Suisse au Pacte mondial sur les réfugiés

      La Commission fédérale des migrations CFM salue le vote par la Suisse du Pacte mondial sur les réfugiés à l’Assemblée générale de l’ONU.

      Ce document marque la volonté internationale de mieux répondre aux défis des exodes de réfugiés. Il a le grand mérite de présenter un projet cohérent afin de soulager la pression sur les pays qui accueillent les réfugiés, de renforcer l’autonomie des réfugiés, de développer l’accès aux possibilités de réinstallation dans des pays tiers et de promouvoir les conditions permettant aux réfugiés de rentrer dans leurs pays d’origine lorsque cela redevient possible.

      Ce document n’est pas contraignant pour les États et ne va pas au-delà des engagements internationaux existants liés à la Convention de 1951 et au protocole de 1967 qui règlent les modalités d’accueil des réfugiés. Il marque cependant une volonté forte de la Communauté internationale déjà exprimée dans la déclaration de New York de 2016. Le pacte met en avant la nécessité de trouver des solutions globales et collectives au plan international pour soulager les souffrances des réfugiés au moyen de différents instruments allant de l’aide sur place à la réinstallation des plus vulnérables. Il institue un #Forum_Global_sur_les_réfugiés qui réunira tous les quatre ans des délégations de haut niveau et favorisera le dialogue et la mise en œuvre de projets communs. Cette volonté de favoriser une réponse globale et solidaire à l’échelle mondiale correspond à la tradition humanitaire de la Suisse et doit être saluée.

      https://www.ekm.admin.ch/ekm/fr/home/aktuell/stellungnahmen/2018/2018-12-14.html

    • Pacte migratoire : une large coalition de sympathisants anti-islam, extrême droite et néo-nazis a influencé les partis traditionnels en Europe

      Sur le site d’information POLITICO Europe (https://www.politico.eu/article/united-nations-migration-pact-how-got-trolled) deux chercheurs universitaires – #Laurens_Cerulus et #Eline_Schaart – racontent la virulente campagne en ligne de nombreux activistes d’#extrême_droite contre le Pacte migratoire de l’ONU. Elle a réussi à influencer les principaux partis traditionnels en Europe.

      Depuis le mois de septembre dernier une coalition de sympathisants #anti-islam, extrême droite et #néo-nazis s’est mobilisée sur les #réseaux_sociaux contre le Pacte migratoire. Le texte non contraignant n’avait jusque là pas inquiété les gouvernements, régulièrement consultés durant le processus de rédaction à l’ONU.

      Analyse du #cyber_activisme de groupuscules d’extrême droite

      L’intensité des interventions coordonnées sur Twitter notamment, les nombreuses vidéos et les pétitions en ligne, ont incité les responsables politiques de plusieurs pays à revenir en arrière sur leurs positions initiales. En Suisse, le Conseil fédéral a fait marche arrière sur son engagement favorable initial et a demandé au parlement de se prononcer. En Belgique, la controverse a conduit à la chute du gouvernement.

      Selon Laurens Cerulus et Eline Schaart, l’engouement initial quasi planétaire autour du Pacte migratoire – seuls les Etats-Unis et la Hongrie s’étaient initialement opposés au Pacte migratoire – a été stoppé par les attaques d’un réseau mondial de militants nationalistes d’extrême droite.

      Elles ont été menées par des “youtuber” populaires et des influenceurs politiques d’extrême droite comme l’activiste autrichien Martin Sellner. Ces efforts ont été coordonnés via des groupes de discussion et des sites Web hyper-partisans. Sur YouTube, les vidéos de Sellner figurent en tête de liste des clips les plus regardés, selon Tagesschau, un journal télévisé de la chaîne publique allemande.

      Ico Maly chercheur et enseignant sur les nouveaux médias et la politique à l’Université de Tilburg aux Pays-Bas est du même avis, selon lui les partis nationalistes du monde entier agissent ensembles sur des réseaux spécifiques. Tous ces acteurs s’informent mutuellement et adoptent les mêmes positions politiques.

      L’Institute for Strategic Dialogue (ISD), un centre d’information et de recherche contre l’extrémisme basé à Londres surveille les activités de certains groupuscules sur internet et est arrivé à la même constatation, les comptes des médias sociaux gérés par le site Web Epoch Times, celui du chroniqueur populiste de droite Thomas Böhm, qui dirige le site d’information journalistenwatch.com et le blog anti-islam Philosophia Perennis figurent tous parmi les 10 comptes les plus cités dans plus d’un million de tweets analysés dans le monde après le 31 octobre, expliquent Laurens Cerulus et Eline Schaart.

      Que votera le parlement suisse ?

      Le 19 décembre dernier lors du vote à l’Assemblée générale de l’ONU, 152 pays ont approuvé l’accord. Les États-Unis, la Hongrie, Israël, la République tchèque et la Pologne ont voté contre le texte, 12 autres pays se sont abstenus (l’Algérie, l’Australie, l’Autriche, la Bulgarie, le Chili, l’Italie, la Lettonie, la Libye, le Liechtenstein, la Roumanie, Singapour et la Suisse) tandis que 24 autres pays membres n’ont pas pris part au vote.

      En Suisse trop de politiciens ont été lamentablement influencés par des groupuscules ignares, désinformés et xénophobes. Ils auront bientôt la possibilité de démontrer leur confiance dans les avis déjà exprimés des experts suisses en matière de migration (1).

      Le 14 décembre, le Conseil fédéral décidait de mandaté le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour préparer un arrêté fédéral simple permettant aux chambres de se prononcer sur la signature ou non par la Suisse de ce pacte onusien. Le DFAE a jusqu’à fin 2019 pour préparer l’arrêté.

      On espère qu’il parviendra à convaincre car le texte ne crée pas de droit à la migration mais réaffirme simplement et justement le respect des droit fondamentaux des personnes migrantes. Je vous recommande la lecture de l’article de Laurens Cerulus et Eline Schaart dans POLITICO, How the UN Migration Pact got trolled.
      https://blogs.letemps.ch/jasmine-caye/2019/01/08/pacte-migratoire-une-large-coalition-de-sympathisants-anti-islam-extre


  • Bhambatha

    En 1906, les colons britanniques introduisent une nouvelle taxe dans la colonie du Natal en Afrique du Sud. Dans le but d’inciter les jeunes Noirs à travailler pour les fermiers blancs en labourant leurs terres, les Britanniques imposent la taxe à chaque homme noir âgé de plus de 18 ans possédant une hutte.

    Chef du clan zulu Amazondi, Bambatha va parvenir à unir sa communauté contre cette nouvelle loi injuste. Bénéficiant des conseils d’un chef plus âgé d’une autre tribu zoulou, Bambatha va organiser la rébellion. Il devient ainsi un héros pour les opprimés mais surtout l’un des premiers chefs africains à organiser une réelle rébellion solidaire contre les Anglais. En effet, d’autres chefs de tribus se rallieront à Bambatha dans cette quête de justice.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bhambatha_:_War_of_the_Heads_1906
    #film #Afrique_du_sud #résistance #rébellion #histoire #terres #christianisme #poll_tax #taxes #Richmond_uprising #Zoulou #confiscation_de_terres #Natal #gorges_de_la_Mome #massacre #Rehad_Desai

    • #Bataille des gorges de la Mome

      La bataille des gorges de la Mome est livrée le 10 juin 1906, au KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, pendant la #révolte de Bambatha. Elle oppose les troupes locales de la colonie britannique du Natal commandées par le colonel Duncan McKenzie aux insurgés zoulous, dirigés par Bambatha, chef de la tribu des Zondi, en rébellion contre l’autorité coloniale et les taxes auxquelles cette dernière les assujettit. Bambatha est tué dans l’affrontement, qui prend fin avec la défaite des Zoulous.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_gorges_de_la_Mome
      #histoire


  • Pour un Réseau de résistance et rébellion
    propositions de l’EZLN

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-la-construction-d-un-Conseil-qui-integre-les-luttes-de-tous-les

    Lors de la Rencontre des réseaux d’appui au Conseil indigène de gouvernement, dans le caracol de Morelia, en août 2018, l’EZLN a présenté un long texte en trois parties développant une analyse de la situation au Mexique et dans le monde. Dans sa partie finale, il formule des propositions de portée internationale pour poursuivre et amplifier le processus engagé avec le Conseil indigène de gouvernement. C’est cet extrait qui est traduit ici.

    (...) Nous voulons construire un Conseil qui n’absorbe ni n’annule les différences, mais au contraire permette d’accroître leurs potentialités dans le cheminement avec d’autres qui ont le même objectif. Suivant le même raisonnement, ces paramètres ne devraient pas avoir pour limite la géographie imposée par les frontières et les drapeaux : il devrait donc tendre à devenir international. Ce que nous proposons, c’est non seulement que le Conseil indigène de gouvernement cesse d’être uniquement indigène, mais aussi qu’il cesse d’être national. (...)

    #Mexique #zapatistes #propositions #réseau #résistance #rébellion


  • Que signifie être radical chez Paulo Freire ? - Questions de classe(s)
    https://www.questionsdeclasses.org/?Que-signifie-etre-radical-chez-Paulo-Freire

    L’ensemble de l’œuvre de Paulo Freire est traversé par la notion de radicalité depuis ses premiers ouvrages L’Éducation, pratique de liberté (1967) et Pédagogie des opprimés (1968) jusqu’à Pédagogie de l’autonomie (1996). Dans ses écrits, cette notion s’exprime à travers les noms communs de « radicalisation », de « radicalité » et à travers l’adjectif « radical ». Alors que se structure en France un réseau militant autour d’une charte de pédagogies radicales qui se réfère à Paulo Freire, il nous a semblé intéressant de revenir sur la notion de radicalité telle qu’elle se présente dans l’œuvre du pédagogue brésilien pour répondre ainsi à la question : Que signifie être radical chez Paulo Freire ?

    #Paulo_Freire #pédagogie #éducation #radicalité


  • Esclavage : les révoltés de Bourbon - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/esclavage-les-revoltes-de-bourbon-2197.html

    Pas de Spartacus noir à #Bourbon ? Pas de Toussaint Louverture ? Entre 1750 et 1848, pas moins de 19 tentatives de #rébellion d’esclaves sont recensées sur l’île. « Les formes de #révolte les plus investies seront le vol, le #marronnage, les voies de fait, et le suicide ; les esclaves « ont maronné dans la #danse » cherchant à préserver leur #identité culturelle ». Et l’#esclavage à Bourbon n’était pas plus « doux » qu’ailleurs. Hommage à Elie, Jacoto, Farla, Zannecozame, Jean-Marie, Hilarion, Morvan, et tous les autres qui se sont révoltés pour la liberté !

    #LaRéunion #liberté #esclave


  • Quand les femmes s’engagent dans la rébellion : le cas des ex-combattantes ivoiriennes - Noria Research
    http://www.noria-research.com/ex-combattantes-ivoiriennes

    À travers l’exemple des femmes engagées dans la rébellion en #Côte_d’Ivoire entre 2002 et 2011, cet article illustre la complexité de l’engagement féminin dans les #groupes_armés. Il propose une analyse des trajectoires de femmes enrôlées dans le #conflit ivoirien dans différentes régions et à différentes périodes de la #rébellion. Quelle a été l’implication des #femmes dans le conflit ivoirien ? Quelles logiques ont présidé à leur #engagement et, une fois engagées, quelles ont été leurs activités ? Comment peut-on comparer leur engagement dans la rébellion à celui des hommes ?

    pas encore lu


  • Parler à l’oreille des dieux

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Parler-a-l-oreille-des-dieux

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    Derrière le presque parfait conformisme des Indiens, nous avons noté quelques accrocs, des « éléments perturbateurs », qui sont autant d’indices d’une pensée différente. En Europe, l’Église catholique devait se confronter à ce qu’elle appelait des hérésies : une pensée chrétienne qui critiquait le dogme catholique ; elle devait aussi s’adapter peu à peu au monde moderne, qui émergeait et qui critiquait de plus en plus ce qu’il considérait comme des archaïsmes trop bien tolérés par la religion catholique (ce côté paganisme « chrétien » des communautés paysannes par exemple). Dans le cas de la rébellion de Cancuc, elle se trouve face à une pensée non chrétienne qui ne prend pas une position critique par rapport au culte catholique. (...)

    #Mésoamérique #religion #rébellion #Chiapas #histoire #Église #catholicisme #nahualisme #Vierge-jaguar #cosmovision


  • Le catholicisme indien ou les revers de la colonisation

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Le-catholicisme-indien-ou-les

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    En choisissant d’apparaître à une Indienne dans le voisinage du village de Cancuc ce mois de juin de l’année 1712, la Vierge place d’emblée les Indiens sur le même pied d’égalité que les Espagnols quant à leur relation au sacré. Elle choisit son camp, qui est celui de l’universalité : tous les humains sont égaux devant elle, les Indiens comme les Espagnols. Au départ, il ne s’agit pas tant de se rebeller que de mettre les Espagnols et l’Église face à leur contradiction entre enseignement et réalité. D’un côté l’Église espagnole enseigne que tous les hommes sont égaux en Jésus-Christ, de l’autre elle cherche à garder le monopole du divin (ou le monopole de la relation au divin, ce qui revient au même), qui consacre l’inégalité entre Espagnols et Indiens. (...)

    #Mésoamérique #religion #rébellion #Chiapas #histoire #Église #catholicisme #ordre_colonial


  • Le soulèvement des Zendales

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Le-soulevement-des-Zendales

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    La plus grande partie des provinces, dont celle de los Zendales, et des villes indiennes (pueblos de los Indios) au nord de la capitale Ciudad Real se joignirent à l’insurrection pour former une confédération des villes indiennes en rébellion. Le feu de la révolte s’est étendu très rapidement et les villes, qui hésitaient encore à entrer dans cette confédération ou tentaient de résister, étaient prises d’assaut et soumises par les « soldats de la Vierge ». Les curés, les colons, les ladinos (autorités indiennes collaboratrices), les métis et les troupiers espagnols qui refusaient de faire allégeance à la Vierge étaient massacrés. Dans toutes les villes de la confédération, un clergé indigène — chaque nouveau vicaire étant considéré comme le « fils » du saint patron de sa ville — remplaçait, pour réaliser les mêmes obligations, le clergé espagnol banni. (...)

    #Mésoamérique #religion #rébellion #Chiapas #histoire #Église #Espagne #apparition


  • Des miracles à gogo

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Des-miracles-a-gogo

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    Au tout début du XVIIIe siècle, entre 1708 et 1713, les hautes montagnes du Chiapas dominant la vallée du Jovel, où s’élevait la ville coloniale de Ciudad Real, furent le théâtre d’une série de miracles. Les saints catholiques semblaient montrer un intérêt grandissant pour le monde indigène au point de s’adresser directement aux Indiens sans passer par la médiation de l’Église. La hiérarchie catholique s’est vite inquiétée de cette surprenante et rapide dévotion des indigènes envers la Vierge ou de l’intérêt manifestée par la Vierge pour les peuples indiens. Toute cette passion religieuse pour les saints catholiques, et en particulier pour la Sainte Vierge, devait culminer en 1712 dans la ville indienne de Cancuc pour déboucher, suite à l’opiniâtre hostilité de l’Église, sur une insurrection armée. (...)

    #Mésoamérique #religion #Chiapas #histoire #rébellions #Église #Chamula #apparitions #nahualisme


  • l’histgeobox : 330. Renaud : « Laisse béton » (1977)
    http://lhistgeobox.blogspot.com/2017/08/330-renaud-laisse-beton-1977.html

    La fin des années 1950 voit l’émergence d’une figure menaçante au sein de la société, celle de jeunes considérés comme « inadaptés » : les blousons noirs. Un terme évocateur pour désigner une jeunesse turbulente au cœur des Trente glorieuses. Entre 1959 et 1963, l’irruption des violences urbaines à la une des médias place sur le devant de la scène des groupes de jeunes garçons présentés comme dévoyés et violents. L’épisode est surtout le révélateur d’une réalité nouvelle, celle d’une jeunesse qui s’affirme. Les jeunes générations deviennent plus que jamais un enjeu de société.


  • Il manifeste en soutien aux #migrants et finit au tribunal pour #Outrage
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070717/il-manifeste-en-soutien-aux-migrants-et-finit-au-tribunal-pour-outrage

    Le 12 août 2016, avenue de Flandres, à Paris, quelques instants avant les incidents © DR Nicolas, 43 ans, aide régulièrement les migrants et les soutient en manifestant. En août 2016, dans le XIXe arrondissement de Paris, il filme des policiers lors d’un rassemblement, puis se fait interpeller au motif qu’il les aurait traités de « nazis ». Il reçoit alors des coups de matraque. Ce vendredi, c’est lui qui comparaissait au tribunal.

    #France #Justice #rébellion #violences_policières


  • Il manifeste en soutien aux #migrants et se retrouve au tribunal pour #Outrage
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070717/il-manifeste-en-soutien-aux-migrants-et-se-retrouve-au-tribunal-pour-outra

    Le 12 août 2016, avenue de Flandres, à Paris, quelques instants avant les incidents © DR Nicolas, 43 ans, aide régulièrement les migrants et les soutient en manifestant. En août 2016, dans le XIXe arrondissement de Paris, il filme des policiers lors d’un rassemblement, puis se fait interpeller au motif qu’il les aurait traités de « nazis ». Il reçoit alors des coups de matraque. Ce vendredi, c’est lui qui comparaissait au tribunal.

    #France #Justice #rébellion #violences_policières


  • Il manifeste en soutien au #migrants et se retrouve au tribunal pour #Outrage
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070717/il-manifeste-en-soutien-au-migrants-et-se-retrouve-au-tribunal-pour-outrag

    Le 12 août 2016, avenue de Flandres, à Paris, quelques instants avant les incidents © DR Nicolas, 43 ans, aide régulièrement les migrants et les soutient en manifestant. En août 2016, dans le XIXe arrondissement de Paris, il filme des policiers lors d’un rassemblement, puis se fait interpeller au motif qu’il les aurait traités de « nazis ». Il reçoit alors des coups de matraque. Ce vendredi, c’est lui qui comparaissait au tribunal.

    #France #Justice #rébellion #violences_policières


  • Rien de bien nouveau à Tataouine

    Moriel

    http://lavoiedujaguar.net/Rien-de-bien-nouveau-a-Tataouine

    Georges Darien raconte dans Biribi les terribles épreuves qu’il eut à subir, en tant que réfractaire et insoumis, au camp disciplinaire de l’armée française, le tristement célèbre « bat’ d’Af’ » de Tataouine. À l’époque coloniale, ce toponyme était passé dans la langue populaire, et désignait le bout du monde, de préférence inhospitalier. C’est aussi là que George Lucas, le réalisateur de Star Wars, fait évoluer ses héros dans les premiers épisodes de la série, censés habiter la planète Tatooine…

    Les habitants de Tataouine sont aussi éloignés de la première réalité que de la fiction hollywoodienne. Ils connaissent les conditions de vie difficiles de ceux qui vivent à la périphérie d’une société en crise, elle-même considérée comme la périphérie du monde marchand et n’en récoltant que quelques miettes. (...)

    #Tunisie #Libye #Tataouine #jeunes_chômeurs #rébellion_sociale


  • J’ai vu hier ce super #film #documentaire

    #La_nave_dolce de #Daniele_Vicari

    L’8 agosto 1991 una nave albanese, carica di ventimila persone, giunge nel porto di Bari. Si chiama Vlora. A chi la guarda avvicinarsi appare come un formicaio brulicante, un groviglio indistinto di corpi aggrappati gli uni agli altri.
    Le operazioni di attracco sono difficili, qualcuno si butta in mare per raggiungere la terraferma a nuoto, molti urlano in coro «Italia, Italia» facendo il segno di vittoria con le dita.

    https://www.youtube.com/watch?v=RIDOMHym7p4


    cc @albertocampiphoto @wizo

    #Albanie #migrations #Adriatique #Italie #navire #Vlora #Durazzo #Brindisi #port #communisme #retour #renvoi #expulsion #dictature #mur_de_Berlin #frontières #Bari #TV #télévision #imaginaire #révolution #liberté #rêve #Cossiga #Operazione_albanesi #eau #soif #stade #histoire #camp #police #violences_policières #rébellion #renvoi_forcé #criminalisation


  • De la « Pompe Zamal » à la « Tortue », histoire de fontaines

    http://7lameslamer.net/fontaines-2031.html

    Des pompes, des anges créoles, une tortue... Voici l’histoire — parfois baroque — de quelques fontaines de #LaRéunion. Des points d’eau, lieux magiques, où se nouaient des intrigues, où l’on venait glaner les derniers commérages, recharger les arrosoirs, préparer la #rébellion et parfois étancher sa soif. Pour que les fontaines continuent de ruisseler !


  • https://www.youtube.com/watch?v=aBJcQRNn1iM

    CYANIDE PILLS - SLICED AND DICED
    Fact 1 / Cyanide Pills are a brilliant live band. Anyone who has seen them at #Rebellion_Festival or on one of their jaunts around Europe will agree. Fact 2 / They write great songs. Fact 3 / Their third LP Sliced and Diced has 18 songs on it. *See Fact 2( Keeping the spirit of -78 alive, the band-s mix of #punk blasts and melodic power/pop has never sounded better. With razor/sharp twin guitars, a pounding rhythm section and un/matched lyrical barbs, Sliced and Diced is one of the best albums you-ll hear all year. It-s everything you love about the band. Since the last LP *2013-s Still Bored(, the band have gigged alongside some of the biggest names in punk including Buzzcocks, UK Subs, Johnny Moped, The Lurkers and many more. Like the previous album, Sliced and Diced was recorded at The Billiard Room in Leeds by Wedding Present producer Carl Rosamond.

    #Cyanide_pills


  • Hommage aux luddites

    Christian Ferrer

    http://lavoiedujaguar.net/Hommage-aux-luddites

    Le luddisme constitua un cas particulier de crime passible de la peine capitale : à partir de 1812, en Angleterre, abîmer une machine était susceptible de coûter la vie. En vérité, bien peu se souviennent des luddites, ou des ludds, appellation générique par laquelle ils se reconnaissaient entre eux. De temps en temps, quelques technocrates néolibéraux ou historiens progressistes exhibent des images d’Épinal de cette révolte populaire qui se rendit célèbre par la destruction de machines, pour mieux la donner en exemple de politique absurde, de « revendications réactionnaires », d’« étape artisanale de la conscience ouvrière » ou de « révolte des ouvriers du textile prenant la forme d’une jacquerie paysanne ». En fin de compte, rien ne se rapprochant de la vérité. Les uns et les autres se sont partagé, à parts égales, la condamnation du mouvement luddite, motivée pour les uns par un intérêt bien compris et pour les autres par l’ignorance et les préjugés. (...)

    #histoire #Angleterre #rébellion_ouvrière #machines #Ned_Ludd