• Pourquoi il faut signer l’arrêt de mort du néolibéralisme - Joseph E. STIGLITZ The Guardian - 30 Mai 2019
    • Joseph E. Stiglitz est lauréat du prix Nobel d’économie, professeur à l’Université Columbia et économiste en chef à l’Institut Roosevelt.

    Depuis des décennies, les États-Unis et d’autres états mènent une politique de libre échange qui a échoué de façon spectaculaire.
    Quel type de système économique apporte le plus de bien-être au genre humain ? Cette question est devenue centrale aujourd’hui, car après 40 ans de néolibéralisme aux États-Unis et dans d’autres économies avancées, nous savons ce qui ne fonctionne pas.
    L’expérience néolibérale – réduction de l’impôt des riches, déréglementation des marchés du travail et des produits, financiarisation et mondialisation – a été un échec spectaculaire. La croissance est plus faible que pendant le quart de siècle qui a suivi la seconde guerre mondiale et elle n’a favorisé le plus souvent que ceux qui sont tout en haut de l’échelle. Après des décennies de revenus stagnants, ou même en baisse pour ceux qui se trouvent en dessous d’eux, il faut signer le certificat de décès du néolibéralisme et l’enterrer.


    Au moins trois grandes propositions politiques alternatives existent actuellement : le nationalisme d’extrême droite, le réformisme de centre gauche et la gauche progressiste (le centre-droit représentant l’échec néolibéral). Mais, à l’exception de la gauche progressiste, ces alternatives continuent d’adhérer à une forme d’idéologie qui a (ou aurait dû avoir) fait long feu.

    Le centre-gauche, par exemple, représente le néolibéralisme à visage humain. Son objectif est d’adapter au XXIe siècle les politiques de l’ancien président américain Bill Clinton et de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, en n’apportant que de légères modifications au système de financiarisation et de mondialisation actuel. La droite nationaliste, quant à elle, rejette la mondialisation, et accuse les migrants et les étrangers de tous les problèmes. Mais, comme l’a montré la présidence de Donald Trump, elle continue – du moins dans sa version étatsunienne – à réduire, avec zèle, les impôts des riches, à déréglementer et à réduire ou supprimer les programmes sociaux.

    En revanche, le troisième camp défend ce que j’appelle le capitalisme progressiste, qui propose un programme économique radicalement différent, fondé sur quatre priorités. La première consiste à rétablir l’équilibre entre les marchés, l’État et la société civile. La lenteur de la croissance économique, les inégalités croissantes, l’instabilité financière et la dégradation de l’environnement sont des problèmes nés du marché et ne peuvent donc pas être réglés par le marché. Les gouvernements ont le devoir de limiter et d’organiser le marché par le biais de réglementations en matière d’environnement, de santé, de sécurité au travail et autres. Le gouvernement a également pour tâche de faire ce que le marché ne peut ou ne veut pas faire, par exemple investir activement dans la recherche fondamentale, la technologie, l’éducation et la santé de ses électeurs.

    La deuxième priorité est de reconnaître que la « richesse des nations » est le résultat d’une enquête scientifique – l’étude du monde qui nous entoure – et d’une organisation sociale qui permet à de vastes groupes de personnes de travailler ensemble pour le bien commun. Les marchés gardent le rôle crucial de faciliter la coopération sociale, mais ils ne peuvent le faire que si des contrôles démocratiques les contraignent à respecter les lois. Autrement, les individus s’enrichissent en exploitant les autres et en faisant fructifier leurs rentes plutôt qu’en créant de la richesse par leur ingéniosité. Beaucoup de riches d’aujourd’hui ont emprunté la voie de l’exploitation pour arriver là où ils en sont. Les politiques de Trump ont favorisé les rentiers et détruit les sources de la création de richesse. Le capitalisme progressiste veut faire exactement le contraire.

    Cela nous amène à la troisième priorité : résoudre le problème croissant de la concentration du pouvoir du marché. En utilisant les techniques d’information, en achetant des concurrents potentiels et en créant des droits de douane à l’entrée, les entreprises dominantes peuvent maximiser leurs rentes au détriment des populations. L’augmentation du pouvoir des entreprises sur le marché, conjuguée au déclin du pouvoir de négociation des travailleurs, explique en grande partie la hausse des inégalités et la baisse de la croissance. À moins que le gouvernement ne joue un rôle plus actif que ne le préconise le néolibéralisme, ces problèmes vont probablement s’aggraver à cause des progrès de la robotisation et de l’intelligence artificielle.

    Le quatrième point clé du programme progressiste consiste à rompre le lien entre les pouvoirs économique et politique. Les pouvoirs économique et politique se renforcent mutuellement et se cooptent réciproquement, en particulier là où, comme aux États-Unis, des individus et des sociétés fortunés peuvent financer sans limites les élections. Dans le système étatsunien de plus en plus antidémocratique de « un dollar, une voix », il n’y a plus assez de ces freins et contre-pouvoirs si nécessaires à la démocratie : rien ne peut limiter le pouvoir des riches. Le problème n’est pas seulement moral et politique : les économies plus égalitaires sont en réalité plus performantes. Les capitalistes progressistes doivent donc commencer par réduire l’influence de l’argent en politique et par réduire les inégalités.

    On ne peut pas réparer les dégâts causés par des décennies de néolibéralisme d’un coup de baguette magique. Mais on peut y arriver en suivant le programme que je viens d’ébaucher. Il faudra que les réformateurs soient au moins aussi déterminés à lutter contre le pouvoir excessif du marché et les inégalités, que le secteur privé l’a été pour les générer.

    L’éducation, la recherche et les autres véritables sources de richesse doivent être au cœur des réformes. Il faudra protéger de l’environnement et lutter contre le changement climatique avec la même vigilance que les Green New Dealers aux États-Unis et Extinction Rebellion au Royaume-Uni. Et il faudra mettre en place des mesures sociales permettant à tous de mener une vie décente. Cela veut dire bénéficier de la sécurité économique, d’un travail et d’un salaire décent, de soins de santé et d’un logement convenable, d’une retraite garantie et d’une éducation de qualité pour ses enfants.

    Ce programme d’action n’a rien d’irréaliste ; ce qui serait irréaliste serait de ne pas le mettre en œuvre. Les alternatives proposées par les nationalistes et les néolibéraux engendreraient davantage de stagnation, d’inégalités, de dégradation de l’environnement et de colère, et pourraient avoir des conséquences que nous ne pouvons même pas imaginer.

    Le capitalisme progressiste n’est pas un oxymore. C’est au contraire l’alternative la plus viable et la plus dynamique à une idéologie qui a clairement échoué. Il constitue notre meilleure chance de sortir du marasme économique et politique actuel.

    Joseph E. STIGLITZ

    #néolibéralisme #capitalisme #financiarisation #mondialisation #nationalisme #réformisme #progressisme #pouvoirs #marchés #inégalités #Joseph_Stiglitz

    Sources : https://www.legrandsoir.info/pourquoi-il-faut-signer-l-arret-de-mort-du-neoliberalisme-the-guardian
    https://www.theguardian.com/business/2019/may/30/neoliberalism-must-be-pronouced-dead-and-buried-where-next

  • #Mélenchon, insoumis aux intérêts des travailleurs | Lutte de classe, mensuel de @Lutte_ouvvriere
    http://mensuel.lutte-ouvriere.org//2017/05/15/melenchon-insoumis-aux-interets-des-travailleurs_91489.html


    Sommaire :
    – Un programme réformiste #réformisme
    – Un #nationalisme exacerbé et une posture antieuropéenne
    – Une posture d’entre-deux-tours pleine de calculs #electoralisme
    – Grandes manœuvres et choix cruels pour les dirigeants du #PCF

  • Le paradoxe de la social-démocratie : l’exemple des États-Unis – Période
    http://revueperiode.net/le-paradoxe-de-la-social-democratie-lexemple-des-etats-unis

    Qui n’a jamais entendu un camarade défendre la nécessité de « travailler de l’intérieur » dans la social-démocratie ? Aux États-Unis, le débat autour de Bernie Sanders a vu se déployer une nouvelle fois cette antienne d’une partie du mouvement radical : pousser la social-démocratie sur sa gauche pour renforcer les luttes. Dans cet article devenu classique, Robert Brenner expose dans le menu détail l’impossibilité de mener une telle politique. Il dégage ainsi des dynamique structurelles du réformisme, qui le rendent particulièrement résistant aux tentatives de « gauchisation », mais aussi les épisodes historiques de radicalisation à gauche et de canalisation social-démocrate aux États-Unis. Brenner singularise avec une extrême précision les traits dominants du réformisme : une attitude spontanée du prolétariat, des dirigeants syndicaux et une classe moyenne noire dont la priorité n’est pas l’action de masse mais la poursuite de la prospérité. En définitive, le réformisme bute toujours sur une question simple : refusant de se mesurer au pouvoir du capital, la réforme doit toujours se subordonner à la bonne santé des capitalistes. L’alternative réforme/révolution se réduit en fait à celle-ci : ou bien imposer les besoins radicaux du prolétariat, ou bien s’accommoder des caprices du taux de profit.

    #réformisme #révolution #capitalisme

  • Le paradoxe de la #Social-démocratie : l’exemple des États-Unis
    http://revueperiode.net/le-paradoxe-de-la-social-democratie-lexemple-des-etats-unis

    Qui n’a jamais entendu un camarade défendre la nécessité de « travailler de l’intérieur » dans la social-démocratie ? Aux États-Unis, le débat autour de Bernie Sanders a vu se déployer une nouvelle fois cette antienne d’une partie du mouvement radical : pousser la social-démocratie sur sa gauche pour renforcer les luttes. Dans cet article devenu classique, Robert Brenner expose dans le menu détail l’impossibilité de mener une telle politique. Il dégage ainsi des dynamique structurelles du #réformisme, qui le rendent particulièrement résistant aux tentatives de « gauchisation », mais aussi les épisodes historiques de radicalisation à gauche et de canalisation social-démocrate aux États-Unis. Brenner singularise avec une extrême précision les traits dominants du réformisme : une attitude spontanée du (...)

    #Uncategorized

  • Ce que le film « Demain » ne vous a pas dit
    | Investig’Action : http://www.investigaction.net/ce-que-le-film-demain-ne-vous-a-pas-dit

    Reprenons avec un exemple. Que des habitants se mettent ensemble pour rédiger une nouvelle constitution, qu’ils prennent conscience qu’ils en sont capables et que le résultat est à la hauteur de la mission assignée, c’est éminemment positif… Mais une fois l’alternative capable de rivaliser avec ce à quoi elle s’oppose, elle dérange. La confrontation est inévitable, la stratégie du « pas à pas » ayant fait long feu. C’est ici que le réformisme atteint ses limites et qu’intervient l’idéal révolutionnaire. Oui, je sais, c’est un peu abrupt. Pourtant, lorsqu’un peuple opprimé souhaite s’émanciper de son dictateur, la révolution est unanimement reconnue comme salutaire. La relative invisibilité du caractère totalitariste du capitalisme (sous couvert d’accepter la critique et même d’intégrer des ébauches…d’alternatives !) ne doit pas faire oublier la malbouffe, les licenciements collectifs, l’écart sans cesse plus grand entre les riches et les pauvres, les guerres pour les matières premières et celles qui enrichissent les industries de l’armement.

    #Demain #capitalisme #reformisme #revolution #ecologie

  • #Syriza, #Podemos... quelles perspectives pour les « gauches radicales » ? | Analyse de #Lutte_Ouvriere
    http://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/syriza-podemos-quelles-perspectives-pour-les-gauches-radicales-68207 #nuitdebout #réformisme #mélenchon #front_de_gauche

    Les initiateurs du mouvement Nuit debout et ceux qui participent au campement qui se tient place de la République rêvent eux aussi de suivre l’exemple des Indignés espagnols et de Podemos. Pour le moment, ces rassemblements sont très loin d’atteindre le niveau de ceux qu’à connus l’Espagne en 2011. Nous ne savons pas si un tel mouvement peut se développer dans les semaines ou les mois à venir. Mais nous avons voulu revenir sur ce qui s’était passé en Espagne, pour voir les limites des perspectives de Podemos et de tous ceux qui s’en inspirent.

    Par-delà leurs différences, tous ces mouvements de la prétendue gauche radicale qui prétendent incarner une «  ouvelle façon de faire de la politique  ne font que proposer une nouvelle variante du réformisme. Tous prétendent que, dans le cadre des institutions parlementaires, il est possible d’imposer une politique favorable aux plus pauvres, d’influer sur les choix de ceux qui dirigent le monde capitaliste, d’obtenir de leur part qu’ils respectent les droits des peuples, leurs droits sociaux, leur droit à manger, se vêtir, se soigner, se loger.

    Ils se présentent comme antisystème mais ils défendent le système politique bourgeois en le présentant comme certes imparfait mais réformable puisqu’il suffirait de voter pour eux pour que cela change.

    Et tous ces mouvements partagent un autre point commun  ils se gardent bien de faire appel à l’intervention des travailleurs, à leur lutte, à leur mobilisation. Ils ne parlent d’ailleurs jamais de la classe ouvrière, ni de lutte de classe. Non, ils se posent en représentants du «  euple , en partisans de la «  raie démocratie . Sans même s’en rendre compte, cette gauche radicale ne fait que recycler les vieux discours, usés après avoir servi pendant des décennies aux politiciens traditionnels du monde bourgeois.

  • « Réformiste », « social-libéral » : quand les mots ne veulent plus rien dire
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/080316/reformiste-social-liberal-quand-les-mots-ne-veulent-plus-rien-dire

    En ces temps de crise, il est précieux de déconstruire les hypocrisies sémantiques. Faut-il qualifier la #CFDT de « réformiste » ? Et, du gouvernement, faut-il dire qu’il conduit une politique « sociale-libérale » ? Redonner aux mots leur sens, un impératif pour une confrontation honnête.

    #Economie #Code_du_travail #François_Hollande #Manuel_Valls #réformisme #social #social-libéralisme

  • Tridni Valka : #Syriza, #Podemos, #Front_de_Gauche… Que Crève l’#Extrême_Gauche du Capital ! - mondialisme.org
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article2324

    http://www.autistici.org/tridnivalka/guerre-de-classe-022015-syriza-podemos-front-de-gauche-que-creve-lextreme

    (Nous reproduisons ce texte pour information, car nous sommes loin d’en partager la conclusion catastrophiste - le communisme ou la mort, en quelque sorte - de ce texte ni même l’expression jargonnante « d’extrême gauche du capital »... C’est leur faire encore trop d’honneur que de coller l’étiquette d’ « extrême gauche » à Syriza, Podemos et au Front de Gauche. Ce sont des organisations réformistes bourgeoises... qui auront toutes les peines du monde à appliquer le moindre programme de réformes. Le problème n’est pas tant que ces organisations existent, mais plutôt que les travailleurs ne s’organisent pas de façon indépendante, autonome contre elles ni en #France, ni en #Espagne, ni en #Grèce, YC, Ni patrie ni frontières)

  • #PS : un #congrès de béni-oui-oui pour investir Hollande en 2017 [éditorial de Lutte Ouvrière, lundi 8 juin 2015]
    http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/editoriaux/article/ps-un-congres-de-beni-oui-oui-pour

    Il y a trois ans, #Hollande était élu sur le slogan, « le changement, c’est maintenant ». Depuis, la situation des travailleurs a effectivement changé... en pire. En pire parce qu’il y a 600 000 chômeurs de plus, parce que les conditions de travail sont devenues plus dures et que le niveau de vie a baissé.

    Dès son arrivée au pouvoir, Hollande a jeté aux orties son #programme de campagne pour adopter la ligne patronale - démantèlement des droits sociaux, allègement du coût du travail et chantage à la réduction de la dette. On en connaît le résultat : un grand patronat qui a traversé le plus gros de la crise sans perdre un euro et le monde ouvrier sacrifié sur l’autel de la compétitivité et des licenciements.

    Et que font les dirigeants socialistes réunis en congrès le week-end dernier ? Ils applaudissent la politique de #Valls #Macron et en redemandent en offrant à Hollande une standing ovation.

    Sarkozy a été accusé d’usurper le mot « républicain », mais cela fait des décennies que les dirigeants du PS usurpent celui de « socialiste ».

    Il y a très longtemps, lorsque le mouvement socialiste était digne de ce nom, il défendait les intérêts matériels et politiques des travailleurs. Il luttait contre l’exploitation patronale, dénonçait la loi du profit et se fixait pour but de renverser la #bourgeoisie.

    Aujourd’hui, le PS est passé dans le camp patronal et en est un serviteur fidèle. Il ne s’agit pas seulement de Hollande, de Valls ou de Macron mais bien du PS dans son ensemble. Dans ses discours, le PS tient à faire entendre une petite musique sociale, mais au pouvoir il ne jure que par la rentabilité et la compétitivité patronale, par la croissance des affaires de la bourgeoisie.

    Cette semaine encore, le PS justifiera la possibilité pour le patronat de recourir plus largement aux accords de compétitivité, il justifiera le plafonnement des indemnités que les #Prud’hommes peuvent prononcer en cas de condamnation de l’employeur, jusqu’au nouveau plan #Hirsch qui vise, comme l’ancien, à supprimer des RTT au personnel des #hôpitaux parisiens pour récupérer quelques millions.

    En exécutant loyal de la bourgeoisie, Hollande la servira jusqu’au bout de son mandat, et le PS sera avec lui. Jean-Christophe #Cambadélis, désormais premier secrétaire du PS, est convaincu qu’avec le retour de la croissance, les résultats de la politique gouvernementale ne tarderont pas. Derrière Hollande, les socialistes fondent leurs espoirs sur la reprise. Mais ce n’est pas « l’espoir » qui remplit le réfrigérateur, paye le loyer ou fait le plein de carburant !

    Pour rester au pouvoir, les socialistes misent plus sûrement sur l’anti-Sarkozysme et la peur du #FN. Le « tout sauf Sarkozy » est en passe de redevenir le slogan numéro un du PS.

    Et tous, de nous faire croire que la politique se borne à devoir choisir entre un Sarkozy toujours aussi arrogant et méprisant, une #Le_Pen prônant la guerre entre pauvres et un Hollande qui n’a pas cessé un seul jour de gouverner en faveur des patrons ! Il faut dire non à ce jeu de dupes où, pour rejeter untel ou unetelle, les travailleurs se privent d’affirmer leurs intérêts.

    À gauche de la gauche, #Mélenchon et le #Parti_de_gauche, #Duflot et les écologistes, Pierre #Laurent et le #PCF ou #Hamon et les frondeurs du PS rêvent de voir naître un « mouvement citoyen », un « #Podemos » ou un « #Syriza » à la française susceptible de les hisser à nouveau au pouvoir. En tirant à boulets rouges sur le #gouvernement, #Montebourg qui a été ministre pendant deux ans s’est aussi mis sur les rangs.

    Toute cette agitation peut réserver bien des surprises mais il n’y en aura aucune de bonne pour les travailleurs.

    Qu’attendre d’ex-ministres du gouvernement ou de #frondeurs qui cherchent d’abord à préserver leur carrière en se démarquant de Hollande ? Quant à ceux qui promettent une politique favorable aux travailleurs sans s’engager à combattre la bourgeoisie, ce ne sont que des bonimenteurs.

    On ne combattra pas le chômage sans empêcher le grand patronat de licencier. On ne répartira pas le travail entre tous et on ne créera pas d’emplois sans prendre l’argent où il est, c’est-à-dire sur les dividendes des grands actionnaires. On ne préservera pas nos conditions de vie sans combattre la mainmise des banquiers et le chantage des financiers au paiement de la dette.

    Le capital financier, responsable de la crise, s’est déjà largement remboursé sur notre dos, les classes populaires n’ont plus à se saigner pour lui.

    C’est à défendre et à se battre pour une telle politique que les travailleurs doivent se préparer.

    #lutte_de_classe #réformisme

  • Les Inrocks - Eric Hazan : « L’occultation du passé fait partie des armes du maintien de l’ordre »
    http://www.lesinrocks.com/2014/12/22/actualite/eric-hazan-loccultation-du-passe-fait-partie-des-armes-du-maintien-de-lo

    Je crois que l’idée que la société française d’aujourd’hui serait moins politisée est fausse. Ceux qui disent cela ne voient pas tout ce qui se passe. D’abord ils habitent Paris pour la plupart, comme tous les faiseurs d’opinion, et Paris est un microcosme particulier où en effet en dehors d’une toute petite partie de la ville, il y a eu un tel bouleversement dans la population qu’on peut dire qu’elle est dépolitisée. Mais passé le périphérique, on n’est plus du tout dans la dépolitisation.

    Il faut d’ailleurs s’accorder sur ce que l’on entend par ce mot. Est-ce le partage par une grande partie de la population d’une vision politique claire, d’une doctrine ? Dans ce cas on peut dire que le pays est dépolitisé. Mais est-ce que la politisation c’est cela ? Je ne crois pas.

    Je crois que le foisonnement extraordinaire de foyers de #colère, aussi bien autour d’un quartier qu’on démolit, de squats, d’associations de défense des sans-papiers ou des roms, relève de la politisation. Ce sont des foyers de colère, pas d’indignation. L’indignation est un mot que je n’aime pas. Ce n’est pas un sentiment #politique.[...] La colère, le sentiment collectif de dire que cela ne peut plus durer, ça c’est un sentiment politique. Donc la France n’est pas du tout dépolitisée.

    #dépolitisation

    La perspective d’une victoire de Podemos, ce mouvement politique issu des Indignés, en 2015 aux législatives espagnoles constitue-t-elle un débouché satisfaisant selon vous au mouvement des places ?

    C’est du bluff. C’est la version centre-gauche du Mouvement Cinq Etoiles en Italie. C’est une espèce de démocratie réelle par voie électronique. Cela va se dégonfler. Peut-être vont-ils gagner les élections, mais c’est du bluff. Le mot “démocratie”, qui est de plus en plus dévalué, devient inexistant avec des mouvements comme #Podemos ou Cinq Etoiles. Le Mouvement Cinq Etoiles a réussi à faire élire en Italie des députés sans que ses membres ne se soient jamais rencontrés ! Ils n’ont jamais fait de Congrès, c’est un parti par octets. Que le mouvement des places ait abouti à Podemos, c’est une dégénérescence.

    Et le Mouvement pour une VIe République (M6R), qui d’une certaine manière prolonge les revendications des indignés de 2011, en proposant une refondation démocratique ?

    La notion même de République depuis la révolution française descend un impitoyable escalier. Si tu compares la journée de proclamation de la République le 21 septembre 1792 avec la situation actuelle où l’Assemblée nationale s’est sentie obligée de voter une loi réprimant l’offense à l’hymne national et au drapeau, tu vois tout le chemin parcouru ! Alors réclamer encore une République… C’est un gadget que l’on bricole pour éviter que tout bascule. Même en admettant que les gens qui la proposent parviennent à l’établir il n’y aura rien de changé.

    Soit on accepte le #capitalisme et l’économie de marché, et à ce moment-là tout ce qui apparaît comme des changements de ce système sont des faux semblants. Soit on s’en débarrasse. La frontière passe là. Les réformistes sont tous du même bord selon moi.

    #réformisme #indignés #air_du_temps

    Y a-t-il un anniversaire qui a échappé au média, qui aurait été plus utile à vos yeux, que l’on a négligé ?

    La grande insurrection des mineurs asturiens http://es.wikipedia.org/wiki/Revoluci%C3%B3n_de_Asturias_de_1934, en 1934. Ça c’est quelque chose dont personne n’a entendu parler, qui est tout à fait oublié, mais c’était quand même une insurrection de dizaines de milliers de mineurs, qui a duré des semaines, et qui a aboutit à un massacre.

    Votre travail d’édition, c’est aussi un travail de revalorisation d’une mémoire oubliée ?

    Oui. Tout cela est viré des programmes de l’enseignement secondaire si bien que l’on va élever des gamins qui n’auront jamais entendu parler de la révolution de 1917 par exemple. Je pense que l’occultation du passé fait partie des armes du maintien de l’ordre.

    #histoire #culture

  • PCF et #Front_de_gauche : l’impasse d’une politique
    http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2406&id=31

    [...] Les dirigeants du PCF n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes : c’est eux qui ont brandi et continuent de brandir comme seule politique et seule perspective le mirage d’une alliance électorale d’où pourrait sortir un gouvernement menant « une vraie politique de gauche ». Au moment où chacun constate le triste bilan de l’union de la gauche portée au gouvernement après l’élection de Hollande, il est de plus en plus difficile de maintenir cette illusion, et le PCF en est réduit à se demander avec qui, et par le biais de quelles alliances, il pourra sauver ses positions électorales, ou du moins en perdre le moins possible.
    Cela serait seulement triste, si cette faillite politique n’entraînait pas la désorientation, le découragement de nombreux militants qui, dans la classe ouvrière, avaient mis leur confiance dans le #PCF et la politique qu’il proposait. Mais c’est aussi une expérience dont il faut tirer les conséquences. Les travailleurs, les couches populaires n’ont pas à mettre leurs espoirs dans une quelconque combinaison électorale qui se voudrait « vraiment de gauche », voire dans une fantomatique « VIe République ». Ils doivent reprendre confiance dans leurs forces, ne se fier qu’à leurs luttes, redonner vie à une perspective révolutionnaire, celle du renversement de la société capitaliste, qui est la seule vraie perspective communiste.
    C’est une voie difficile sans doute, mais c’est la seule possible.

    #FDG #capitalisme #réformisme #démoralisation #électoralisme

  • la #révolution et le #précaire | l’armée des ombres, version @tanxxx
    http://soupe-a-l-herbe.antifa-net.fr/revolution-et-le-precaire

    Je suis toujours précaire, 12 ans après, je le vis pas spécialement mal, et ma situation est en grande partie choisie et consciente (dans le sens où je ne la subis pas autant que quand j’étais au RMI). Ma révolte a trouvé un lit, un axe, un but. J’ai découvert l’anarchisme, ou plutôt que je me suis débarrassée des clichés sur celui-ci pour l’embrasser pleinement. Mais j’ai toujours du mal à trouver ma place dans le militantisme. Mon savoir, ma culture acquis ces dernières années ne suffisent pas toujours à adhérer à ce que je vois concrètement du militantisme. J’ai fini par comprendre, appréhender et relier à ma vie les concepts que je trouvais parfois abstraits, mais ça ne se fait pas sans un effort, même en ayant cette culture. Par exemple parler de prolétariat comme classe commune entre un prof et un RSAste, ça me chatouille, j’y peux rien, c’est plus fort que moi.

    J’ai du mal à trouver ma place parce que j’ai l’impression que les concepts font fi de réalités autrement plus concrètes. J’ai du mal à me considérer dans la même classe qu’un fonctionnaire, j’ai du mal à entendre d’un salarié que je ne suis pas révolutionnaire si je demande, dans un accès de désespoir, un statut qui me protège. Je sais que ça n’est pas révolutionnaire, et j’ai eu honte de proférer ce blasphème en réunion syndicale. Si j’admets m’être vautrée dans le réformisme (bouuuh !), j’aimerais bien qu’on admette, ne serait-ce que deux minutes, qu’il est loin d’être facile d’être révolutionnaire quand on est précaire. Tout comme il est facile de dire qu’on se fout des papiers quand on est blanc, il est facile de dire que le genre n’est pas un problème quand on est un homme, etc. Il est facile de décréter ce qui est révolutionnaire ou non quand on ne craint pas pour ses arrières (je renvoie à ce super texte).

  • « Les idées du mouvement ouvrier révolutionnaire »
    http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2380&id=4 Extrait du discours de J.P. Mercier lors du meeting de Lutte Ouvrière avec les têtes de liste de la région parisienne le vendredi 7 mars à la Mutualité à Paris.

    http://www.lutte-ouvriere.org/index.php?page=player&id_article=33116

    « Les prolétaires font tout fonctionner »
    http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2380&id=5 Extrait du discours de Nathalie Arthaud lors du même meeting de Lutte Ouvrière à Paris.

    Extrait : Face à la dégénérescence du PS et du PCF

    La conscience de classe a reculé au fil des décennies. D’abord parce que les premiers partis ouvriers, le Parti socialiste d’abord, puis le Parti communiste, ont fini par s’intégrer aux institutions de la bourgeoisie en tournant le dos aux perspectives révolutionnaires dont la classe ouvrière est porteuse.

    C’est peu dire que ces partis ne combattent plus les pressions idéologiques de la bourgeoisie dans la classe ouvrière. Ils contribuent à les distiller eux-mêmes !

    Aujourd’hui, le Parti socialiste ne prétend même plus représenter les intérêts des exploités. Il a bel et bien enterré toute idée de transformation sociale. Et il voudrait, comme le patronat, enterrer aussi les mots comme « exploités », « classe ouvrière », « lutte de classe », et surtout ne plus parler de conscience de classe.

    Quant au Parti communiste, qui a gardé une influence plus grande, il a une responsabilité majeure dans la démoralisation des travailleurs et dans la perte de leurs repères. Faut-il rappeler que c’est le Parti communiste qui a fait de Mitterrand, homme politique bourgeois par excellence, un homme de gauche ? Faut-il rappeler que c’est le Parti communiste qui a redonné crédit aux dirigeants socialistes, rejetés par la population après avoir envoyé des centaines de milliers de jeunes mener une sale guerre coloniale en Algérie ?

    Le PCF a ensuite usé son crédit pour soutenir le gouvernement Jospin. Et enfin il a permis, avec Jean-Luc Mélenchon, l’élection de Hollande, et ils s’en sont même vantés. Tout cela au nom de l’idée qu’il n’y aura point de salut, pour les travailleurs, sans l’arrivée de la gauche au pouvoir.

    Pour arriver au gouvernement, les partis réformistes font toujours miroiter le changement. Au pouvoir, ils ont toujours continué la politique antiouvrière de la droite.

    Tout cela ne pouvait que dégoûter, démoraliser un nombre croissant de travailleurs, à commencer par les militants ouvriers eux-mêmes, et en particulier par ceux du Parti communiste. Car c’était à eux que revenait la tâche de défendre l’indéfendable devant leurs camarades de travail ! C’était à eux que revenait le sale boulot de lanterner les travailleurs !

    Combien de fois les ministres communistes se sont-ils retrouvés à justifier la rigueur salariale, les reculs des services publics, les privatisations, mettant en porte-à-faux les militants de leur propre parti ? Combien de ces militants se sont sentis trahis et ont abandonné l’activité militante ?

    Loin de diffuser la conscience de classe, le PC a été le vecteur de l’électoralisme. Il n’y a rien de plus illusoire et de plus démoralisant. Il faut en tirer la leçon ! Il est vain d’espérer changer efficacement la vie des travailleurs par les élections. La seule voie véritablement efficace pour changer la vie est celle des luttes collectives des travailleurs contre le grand patronat capitaliste, pour lui contester la direction de l’économie.

    #Lutte_Ouvrière #lutte_de_classe #PS #PCF #réformisme #électoralisme #conscience_de_classe

  • Edward SOJA | Justice Spatiale
    http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2013/02/edward-soja-justice-spatiale.html

    Le concept de Justice spatiale, énoncé par Le droit à la ville d’Henri Lefevbre en 1968, n’est autre qu’une tentative de la grande tradition figurative bourgeoise à résoudre, sur le plan d’une idéologie anachronique, les déséquilibres, les contradictions et les dysfonctionnements sociaux des villes ; et à la manière de Le Corbusier, l’on pourrait leur adjoindre le slogan : Urbanisme ou Révolution ! L’idée d’une Ville Juste est bien la preuve d’une contorsion intellectuelle pseudo-humaniste névrotique ; car l’on sait qu’il est illusoire de proposer des contre-espaces architecturaux, et plus encore urbains : la recherche d’une alternative inscrite au sein même de structures libérales qui conditionnent toute la nature de la condition du projet, est dans les termes une contradiction évidente et historique. L’arriération politique de ce groupe d’intellectuels est marqué par leur relance de l’éthique de l’architecture et de l’urbanisme, en leur assignant des missions politiques destinées à apaiser les tensions, un réformisme érigeant l’Existenz minimum urbain plutôt qu’une ville - une vie - idéales.

    Le géographe Ed Soja, principal théoricien de cette notion, reconnaît pleinement les limites politiques d’une telle vision optimiste, et si ces propositions humanistes ne sont guère convaincantes, ses critiques acerbes de ce qui est sont un véritable plaidoyer en faveur d’un renouveau de la critique politisée en urbanisme et en géographie urbaine ; critiques politiques depuis longtemps bien ancrées dans ces domaines en Angleterre, aux Etats-Unis et au Canada, au contraire de la France, où les revues d’architecture et d’urbanisme - subventionnées - se font l’écho et les portes-paroles des décideurs politiques, des acteurs financiers, et érigent les plus hauts piédestaux à leurs complices : les [st]architectes.

    #Lutte_urbaine #Activisme #Réformisme #Théories_Urbanisme
    #Architecture #Politique

  • Révolutionnaires sans #révolution
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/05/BURLAUD/49078

    Figure de proue, aux côtés d’Antonio Negri, de l’opéraïsme italien, Mario Tronti offre aujourd’hui quelques souvenirs et réflexions sur ce mouvement qui, dans les années 1960, adopta, contre le pouvoir démocrate-chrétien et souvent aussi contre les autorités du Parti communiste italien (PCI), le « point de vue ouvrier » : centralité de la classe ouvrière et de son lieu propre, la grande usine, où se saisissent et s’avivent les contradictions du #capitalisme contemporain. - #2013/05

    #Italie #Communisme #Histoire #Idées #Idéologie #Mouvement_de_contestation #Parti_politique #Politique #Syndicalisme #Socialisme #Marxisme

  • Avec Mitterrand et après... la gauche au gouvernement
    http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky-62/article/avec-mitterrand-et-apres-la-gauche-17106 #nationalisation #réformisme
    Les nationalisations dans l’intérêt du capital

    Dès 1982, le gouvernement de gauche se lança dans un vaste programme de nationalisations, alors qu’à l’époque d’autres gouvernants comme Thatcher en Angleterre tentaient de privatiser des entreprises publiques. De là à dire que ces nationalisations étaient de gauche et les privatisations de droite, il n’y a qu’un pas franchi par des politiciens comme Jean-Luc #Mélenchon, qui affirmait récemment : « Nous avons nationalisé le tiers de l’industrie française et la totalité des banques. Il n’y a pas ça dans le programme de #Lutte_ouvrière aujourd’hui. Nous étions persuadés qu’avec ce programme nous allions vers le #socialisme... »

    [...]