• Cartographie | La migration des mineurs non accompagnés
    https://asile.ch/2019/01/03/cartographie-la-migration-des-mineurs-non-accompagnes-2

    Combien sont-ils ces enfants partis seul·es sur les routes de l’exil ? D’où viennent-ils ? Comment les accueille-t-on et les protège-t-on ? Eurostat développe et publie des statistiques sur les mineurs non accompagnés [1]. Des données qui permettent de spatialiser notre regard sur cet aspect de la migration internationale. Ce dossier cartographique a été réalisé par Philippe […]


  • « Je suis devenu fou, je veux retourner au bled » : les migrants qui optent pour un #retour_volontaire

    L’aide au retour volontaire a concerné en 2018 plus de 10 000 personnes, dont beaucoup d’Afghans.

    Il a les yeux rouge vif. A plusieurs reprises, il demande s’il pourra aller aux toilettes après l’enregistrement. Dans un hall de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, Noorislam Oriakhail vit ses derniers moments en France, fébrile. Il prend l’avion pour la première fois de sa vie. Au bout du voyage : l’Afghanistan. Comme 1 055 Afghans en 2018, des hommes majoritairement, Noorislam a choisi de rentrer. Ils étaient déjà 970 à avoir opté pour un « retour volontaire » depuis la France en 2017. Volet peu connu de la politique d’éloignement des étrangers en situation irrégulière, l’aide au retour volontaire a concerné cette année plus de 10 000 personnes au total, un chiffre en hausse de 58 % sur un an.

    Après les Albanais et devant les Moldaves, les Afghans sont les plus concernés par ce dispositif mis en œuvre par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Une situation qui s’explique : ils sont les premiers demandeurs d’asile en 2018. En outre, précise Didier Leschi, le directeur général de l’OFII, « lorsqu’ils arrivent en France, ils ont déjà déposé en moyenne près de deux demandes d’asile en Europe, principalement en Allemagne et en Suède, où elle a été rejetée ». Ils entrent donc dans la catégorie dite des « Dublinés », ne peuvent pas demander l’asile en France avant un délai de six à dix-huit mois. Dans l’intervalle, ils sont en situation irrégulière.

    L’OFII assume une politique volontariste à leur endroit : « Nous les démarchons pour leur proposer l’aide au retour, d’autant que les retours forcés sont très difficiles », reconnaît Didier Leschi. Au premier semestre, avec 23 éloignements, le taux d’exécution des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre des Afghans atteignait 4 %. En plus d’être moins onéreux qu’un éloignement forcé, les retours volontaires ont beaucoup plus de succès.

    « Trop de pression »

    Noorislam est « fatigué » de ne pas parvenir à s’extirper d’une situation précaire. D’un voyage entamé en 2006 et financé par son père et un oncle, il est arrivé « jeune et fort » sur le continent, avec l’Angleterre en ligne de mire. « C’était un rêve, reconnaît-il. J’ai essayé cinq ou six fois avant de réussir à monter dans un camion. » Outre-Manche, il est pris en charge en tant que mineur. Mais, à sa majorité, sa demande d’asile est rejetée et il devient « illégal ».

    Dans la ville de Loughborough (centre de l’Angleterre), Noorislam s’enfonce, affaibli par des soucis de santé. Le petit sac à dos qui lui fait office d’unique bagage après plus d’une décennie en Europe est « rempli de médicaments ». Le jeune homme souffre d’une dystrophie de la rétine – une maladie génétique caractérisée par un déficit visuel très important – et, depuis un an et demi, il explique avoir des problèmes d’incontinence. « Les médecins disent que c’est dans ma tête, assure-t-il, en montrant sa boîte d’antidépresseurs. Si je n’avais pas été malade, j’aurais pu m’en sortir mais, vu ma situation, je lutte pour tout. »

    « Si je n’avais pas été malade, j’aurais pu m’en sortir mais, vu ma situation, je lutte pour tout », témoigne Noorislam Oriakhail avant de monter dans l’avion

    Avec le sentiment d’avoir « perdu [son] temps », Noorislam s’est glissé dans un camion en janvier pour faire le chemin inverse de celui réussi il y a dix ans. Arrivé à Calais, après une nuit dans « le froid et la pluie », il croise des agents de l’OFII. Il est hébergé et on l’informe sur l’asile et le retour volontaire. « J’avais deux semaines pour choisir ou je devais quitter le centre », se souvient-il. Après des atermoiements, Noorislam s’oriente vers l’asile. Mais il est « dubliné », ce qui signifie qu’il risque d’être transféré vers l’Angleterre ou, à défaut, d’errer plusieurs mois avant de pouvoir déposer une demande en France. Il jette l’éponge. « C’est trop de pression », confie-t-il. Le jeune homme rentre en Afghanistan mais, en réalité, il ne doit pas s’y attarder. Sa famille s’est installée au Pakistan alors qu’il était enfant. « Mon père m’a dit qu’il m’aiderait à passer la frontière. »

    Le jour où Noorislam a embarqué, un autre Afghan devait prendre l’avion, mais il ne s’est jamais présenté. En 2018, quelque 1 500 personnes se sont ainsi désistées après avoir demandé une aide au retour. « Ce sont des gens qui peuvent être instables psychologiquement, justifie Didier Leschi. Il y a quelques semaines, un Pakistanais a fait une crise d’angoisse et a dû être débarqué avant le décollage. Depuis, il veut repartir. »

    Qu’est-ce qui motive un retour au pays ? « On ne connaît pas le parcours de ces gens », reconnaît Nadira Khemliche, adjointe au chef du service voyagiste de l’OFII, qui accompagne les candidats au départ à Roissy ou à Orly, jusqu’à leur embarquement sur des vols commerciaux. Nadira Khemliche ne distingue que des profils, les Arméniens qui voyagent en famille, les Chinois qui ont des vols tous les jours, les Ethiopiens qu’elle ne croise que deux ou trois fois l’an… « Parfois, on se demande pourquoi ils veulent rentrer en sachant qu’il y a des bombes chez eux, confie-t-elle. Mais bon, ici, ils n’ont rien. » « Quel est le choix réel de ces gens ?, s’interroge Clémence Richard, en charge des questions « expulsions » à la Cimade. Ils sont à la rue, épuisés socialement, précarisés administrativement. »

    Candidatures marginales

    Pour promouvoir le retour volontaire, l’OFII se déplace sur des campements, dans des centres d’hébergement du 115 ou des centres de demandeurs d’asile dans lesquels s’éternisent des déboutés. L’office tient même des stands dans des salons « diasporiques ». Le retour volontaire donne droit à un billet d’avion et à un « pécule » dont le montant varie. Les Afghans ont actuellement droit à 1 650 euros. Un programme européen permet aussi de financer un projet de réinsertion à hauteur de 3 500 euros.

    Sur un pan de mur de son bureau, à Calais, Laura Defachel, agent du retour volontaire et de la réinsertion de l’OFII, a accroché des photos d’hommes devant des troupeaux de bêtes, dans les montagnes afghanes. « Beaucoup ont saisi l’opportunité pour se lancer dans l’élevage, ouvrir une épicerie ou un magasin de pièces détachées, devenir taxi, assure-t-elle. C’est déterminant pour ceux qui sont partis de leur pays avec la promesse de faire mieux. » Depuis deux mois, toutefois, ce programme a été suspendu, dans l’attente d’un renouvellement. En 2016, l’année du démantèlement de la « jungle », le bureau de Calais a monté plus de 500 dossiers de départs volontaires, les trois quarts en direction de l’Afghanistan et du Pakistan.

    Les candidats au départ restent toutefois marginaux. « Ce sont surtout les personnes épuisées qui ne souhaitent pas demander l’asile en France ou des personnes qui rentrent pour des raisons familiales », analyse Laura Defachel. Elle se souvient de cet homme qui a souhaité partir après la mort de son frère, qui avait fait le voyage avec lui. Il était monté à bord d’un camion et, réalisant qu’il ne prenait pas la direction de l’Angleterre, est descendu en marche. Il s’est tué sur l’autoroute.

    Warseem Mohamad Kareem rentre dans la première catégorie. « C’est Londres ou l’Afghanistan », résume-t-il. Alors qu’il s’apprête à embarquer pour un vol retour, le jeune homme de 27 ans dit avoir dépensé 11 000 dollars (9 645 euros) pour rejoindre l’Europe. Arrivé en France il y a trois mois, il s’est retrouvé dans un cul-de-sac, à Calais et à Grande-Synthe, dans des tentes ou sous un pont. Avec des passeurs afghans ou kurdes, il a tenté vingt ou trente fois de monter dans des camions pour l’Angleterre. A chaque fois, il a été attrapé par la police.

    Le froid, la pluie, la police qui le chasse tous les matins, l’échec ont finalement eu raison de sa détermination. Lors du dernier démantèlement de Grande-Synthe, il a croisé les maraudeurs de l’OFII. « Nous avons faim de paix, pas d’argent », dit-il à l’agent qui lui remet, dans la salle d’embarquement, une enveloppe de billets. Warseem ne s’interdit pas de revenir, un jour. Il semble ignorer qu’il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire et d’une interdiction de retour pendant un an. Une pratique que toutes les préfectures ne mettent pas en œuvre, mais que l’OFII souhaite développer pour éviter les désistements et les retours. Des méthodes « déloyales », dénonce Clémence Richard : « Cela supprime de fait le droit au désistement. En outre, ces personnes ne rentrent pas dans les catégories de la loi susceptibles de se voir prononcer une interdiction de retour, c’est illégal et ça a aussi des conséquences graves, car cela rend quasi impossible toute demande de visa ultérieure. »

    A court d’argent et d’aide

    En matière de départ volontaire, la contrainte affleure. A partir du 1er janvier 2019, dans le cadre de la loi asile et immigration votée en 2018, les agents de l’OFII iront promouvoir l’aide au retour dans les centres de rétention administrative. Partir de gré, pour ne pas risquer de partir de force. C’est peut-être le dilemme qui aurait fini par se poser à Noorullah Nori. Débouté de l’asile en Allemagne, puis en France, à court d’argent et d’aide, il a signé pour un retour en Afghanistan, après quatre ans en Europe.

    « Moi aussi l’OFII m’a proposé le retour, mais jamais je ne rentrerai », jure Karimi, un Afghan qui a accompagné Noorullah à l’aéroport, après l’avoir recueilli tandis qu’il dormait à la rue. Passé par les errances d’un « Dubliné », Karimi est désormais réfugié en France. A voix basse, il dit à propos de son compatriote : « Il a des problèmes psychologiques. Il est resté longtemps sans parler à personne, avec des pensées négatives. » Il n’est pas le seul, dans le hall de Roissy, à sembler accuser le coup. Un autre Afghan a été déposé à l’aéroport par des infirmiers hospitaliers, prenant de court les agents de l’OFII qui n’avaient pas été informés et ont dû se procurer un fauteuil roulant tandis que l’homme, apathique, laissait son regard se perdre dans le vide, immobile.

    Un Soudanais s’apprête aussi à embarquer. Son air triste intrigue deux Afghans qui veulent savoir ce qui l’accable. Salah Mohamed Yaya a 19 ans. Il dit que depuis des mois il n’a plus de traitement contre le VIH. Cela fait deux ans qu’il est en France, passé par Toulouse, Paris, Nantes, les foyers pour mineurs, la rue, l’hôpital. « Je suis devenu fou, dit-il. Je veux retourner au bled. » Salah n’a pas fait de demande d’asile, sans que l’on sache s’il a vraiment été informé qu’il pouvait le faire. La veille de son départ, il a dormi porte de Villette. Il sent encore le feu de bois.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/31/je-suis-devenu-fou-je-veux-retourner-au-bled_5403872_3224.html

    #retour_au_pays #réfugiés_afghans #France #Afghanistan #asile #migrations #réfugiés


  • Cartographie | Dix ans dans la vie de deux enfants sur les routes de l’exil
    https://asile.ch/2018/12/23/cartographie-dix-ans-dans-la-vie-de-deux-enfants-sur-les-routes-de-lexil

    Comment voyagent les migrants quand nous leur refusons les visas ? Hani et Hassan sont originaires de Hérat en Afghanistan. Ils avaient 12 et 14 ans lorsque leur père, un chef de guerre, a décidé de les envoyer vers l’Europe pour qu’ils puissent étudier, et espérer un avenir « un peu plus calme » et intéressant. Puisqu’il […]


  • A #Lesbos, la dignité perdue des migrants afghans dans le camp de Moria - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2018/10/20/lesbos-dignite-perdue-migrants-afghans-camp-moria

    uir la guerre en Afghanistan, traverser mille morts et se retrouver parqués dans une île grecque. Et attendre. C’est le quotidien des migrants afghans arrivés à Lesbos en Grêce. Ici, le camp de Moria abrite la majorité des 10 000 demandeurs d’asile résidant sur l’île. Marine Jeannin et Sarah Samya Anfis sont parvenues à entrer illégalement dans ce camp interdit aux journalistes par peur des reportages alarmistes. Elles ont trouvé une communauté afghane en proie à la violence, et qui ne reçoit plus ni soins, ni justice.

    #migrations #asile #grèce #camps #méditerranée cc @cdb_77


  • The Vulnerability Contest

    Traumatized Afghan child soldiers who were forced to fight in Syria struggle to find protection in Europe’s asylum lottery.

    Mosa did not choose to come forward. Word had spread among the thousands of asylum seekers huddled inside Moria that social workers were looking for lone children among the general population. High up on the hillside, in the Afghan area of the chaotic refugee camp on the Greek island of Lesbos, some residents knew someone they suspected was still a minor. They led the aid workers to Mosa.

    The boy, whose broad and beardless face mark him out as a member of the Hazara ethnic group, had little reason to trust strangers. It was hard to persuade him just to sit with them and listen. Like many lone children, Mosa had slipped through the age assessment carried out on first arrival at Moria: He was registered as 27 years old. With the help of a translator, the social worker explained that there was still time to challenge his classification as an adult. But Mosa did not seem to be able to engage with what he was being told. It would take weeks to establish trust and reveal his real age and background.

    Most new arrivals experience shock when their hopes of a new life in Europe collide with Moria, the refugee camp most synonymous with the miserable consequences of Europe’s efforts to contain the flow of refugees and migrants across the Aegean. When it was built, the camp was meant to provide temporary shelter for fewer than 2,000 people. Since the European Union struck a deal in March 2016 with Turkey under which new arrivals are confined to Greece’s islands, Moria’s population has swollen to 9,000. It has become notorious for overcrowding, snowbound tents, freezing winter deaths, violent protests and suicides by adults and children alike.

    While all asylum systems are subjective, he said that the situation on Greece’s islands has turned the search for protection into a “lottery.”

    Stathis Poularakis is a lawyer who previously served for two years on an appeal committee dealing with asylum cases in Greece and has worked extensively on Lesbos. While all asylum systems are subjective, he said that the situation on Greece’s islands has turned the search for protection into a “lottery.”

    Asylum claims on Lesbos can take anywhere between six months and more than two years to be resolved. In the second quarter of 2018, Greece faced nearly four times as many asylum claims per capita as Germany. The E.U. has responded by increasing the presence of the European Asylum Support Office (EASO) and broadening its remit so that EASO officials can conduct asylum interviews. But the promises that EASO will bring Dutch-style efficiency conceal the fact that the vast majority of its hires are not seconded from other member states but drawn from the same pool of Greeks as the national asylum service.

    Asylum caseworkers at Moria face an overwhelming backlog and plummeting morale. A serving EASO official describes extraordinary “pressure to go faster” and said there was “so much subjectivity in the system.” The official also said that it was human nature to reject more claims “when you see every other country is closing its borders.”

    Meanwhile, the only way to escape Moria while your claim is being processed is to be recognized as a “vulnerable” case. Vulnerables get permission to move to the mainland or to more humane accommodation elsewhere on the island. The term is elastic and can apply to lone children and women, families or severely physically or mentally ill people. In all cases the onus is on the asylum seeker ultimately to persuade the asylum service, Greek doctors or the United Nations Refugee Agency that they are especially vulnerable.

    The ensuing scramble to get out of Moria has turned the camp into a vast “vulnerability contest,” said Poularakis. It is a ruthless competition that the most heavily traumatized are often in no condition to understand, let alone win.

    Twice a Refugee

    Mosa arrived at Moria in October 2017 and spent his first night in Europe sleeping rough outside the arrivals tent. While he slept someone stole his phone. When he awoke he was more worried about the lost phone than disputing the decision of the Frontex officer who registered him as an adult. Poularakis said age assessors are on the lookout for adults claiming to be children, but “if you say you’re an adult, no one is going to object.”

    Being a child has never afforded Mosa any protection in the past: He did not understand that his entire future could be at stake. Smugglers often warn refugee children not to reveal their real age, telling them that they will be prevented from traveling further if they do not pretend to be over 18 years old.

    Like many other Hazara of his generation, Mosa was born in Iran, the child of refugees who fled Afghanistan. Sometimes called “the cursed people,” the Hazara are followers of Shia Islam and an ethnic and religious minority in Afghanistan, a country whose wars are usually won by larger ethnic groups and followers of Sunni Islam. Their ancestry, traced by some historians to Genghis Khan, also means they are highly visible and have been targets for persecution by Afghan warlords from 19th-century Pashtun kings to today’s Taliban.

    In recent decades, millions of Hazara have fled Afghanistan, many of them to Iran, where their language, Dari, is a dialect of Persian Farsi, the country’s main language.

    “We had a life where we went from work to home, which were both underground in a basement,” he said. “There was nothing (for us) like strolling the streets. I was trying not to be seen by anyone. I ran from the police like I would from a street dog.”

    Iran hosts 950,000 Afghan refugees who are registered with the U.N. and another 1.5 million undocumented Afghans. There are no official refugee camps, making displaced Afghans one of the largest urban refugee populations in the world. For those without the money to pay bribes, there is no route to permanent residency or citizenship. Most refugees survive without papers on the outskirts of cities such as the capital, Tehran. Those who received permits, before Iran stopped issuing them altogether in 2007, must renew them annually. The charges are unpredictable and high. Mostly, the Afghan Hazara survive as an underclass, providing cheap labor in workshops and constructions sites. This was how Mosa grew up.

    “We had a life where we went from work to home, which were both underground in a basement,” he said. “There was nothing (for us) like strolling the streets. I was trying not to be seen by anyone. I ran from the police like I would from a street dog.”

    But he could not remain invisible forever and one day in October 2016, on his way home from work, he was detained by police for not having papers.

    Sitting in one of the cantinas opposite the entrance to Moria, Mosa haltingly explained what happened next. How he was threatened with prison in Iran or deportation to Afghanistan, a country in which he has never set foot. How he was told that that the only way out was to agree to fight in Syria – for which they would pay him and reward him with legal residence in Iran.

    “In Iran, you have to pay for papers,” said Mosa. “If you don’t pay, you don’t have papers. I do not know Afghanistan. I did not have a choice.”

    As he talked, Mosa spread out a sheaf of papers from a battered plastic wallet. Along with asylum documents was a small notepad decorated with pink and mauve elephants where he keeps the phone numbers of friends and family. It also contains a passport-sized green booklet with the crest of the Islamic Republic of Iran. It is a temporary residence permit. Inside its shiny cover is the photograph of a scared-looking boy, whom the document claims was born 27 years ago. It is the only I.D. he has ever owned and the date of birth has been faked to hide the fact that the country that issues it has been sending children to war.

    Mosa is not alone among the Hazara boys who have arrived in Greece seeking protection, carrying identification papers with inflated ages. Refugees Deeply has documented the cases of three Hazara child soldiers and corroborated their accounts with testimony from two other underage survivors. Their stories are of childhoods twice denied: once in Syria, where they were forced to fight, and then again after fleeing to Europe, where they are caught up in a system more focused on hard borders than on identifying the most damaged and vulnerable refugees.

    From Teenage Kicks to Adult Nightmares

    Karim’s descent into hell began with a prank. Together with a couple of friends, he recorded an angsty song riffing on growing up as a Hazara teenager in Tehran. Made when he was 16 years old, the song was meant to be funny. His band did not even have a name. The boys uploaded the track on a local file-sharing platform in 2014 and were as surprised as anyone when it was downloaded thousands of times. But after the surprise came a creeping sense of fear. Undocumented Afghan refugee families living in Tehran usually try to avoid drawing attention to themselves. Karim tried to have the song deleted, but after two months there was a knock on the door. It was the police.

    “I asked them how they found me,” he said. “I had no documents but they knew where I lived.”

    Already estranged from his family, the teenager was transported from his life of working in a pharmacy and staying with friends to life in a prison outside the capital. After two weeks inside, he was given three choices: to serve a five-year sentence; to be deported to Afghanistan; or to redeem himself by joining the Fatemiyoun.

    According to Iranian propaganda, the Fatemiyoun are Afghan volunteers deployed to Syria to protect the tomb of Zainab, the granddaughter of the Prophet Mohammad. In reality, the Fatemiyoun Brigade is a unit of Iran’s powerful Revolutionary Guard, drawn overwhelmingly from Hazara communities, and it has fought in Iraq and Yemen, as well as Syria. Some estimates put its full strength at 15,000, which would make it the second-largest foreign force in support of the Assad regime, behind the Lebanese militia group Hezbollah.

    Karim was told he would be paid and given a one-year residence permit during leave back in Iran. Conscripts are promised that if they are “martyred,” their family will receive a pension and permanent status. “I wasn’t going to Afghanistan and I wasn’t going to prison,” said Karim. So he found himself forced to serve in the #Fatemiyoun.

    His first taste of the new life came when he was transferred to a training base outside Tehran, where the recruits, including other children, were given basic weapons training and religious indoctrination. They marched, crawled and prayed under the brigade’s yellow flag with a green arch, crossed by assault rifles and a Koranic phrase: “With the Help of God.”

    “Imagine me at 16,” said Karim. “I have no idea how to kill a bird. They got us to slaughter animals to get us ready. First, they prepare your brain to kill.”

    The 16-year-old’s first deployment was to Mosul in Iraq, where he served four months. When he was given leave back in Iran, Karim was told that to qualify for his residence permit he would need to serve a second term, this time in Syria. They were first sent into the fight against the so-called Islamic State in Raqqa. Because of his age and physique, Karim and some of the other underage soldiers were moved to the medical corps. He said that there were boys as young as 14 and he remembers a 15-year-old who fought using a rocket-propelled grenade launcher.

    “One prisoner was killed by being hung by his hair from a tree. They cut off his fingers one by one and cauterized the wounds with gunpowder.”

    “I knew nothing about Syria. I was just trying to survive. They were making us hate ISIS, dehumanizing them. Telling us not to leave one of them alive.” Since media reports revealed the existence of the Fatemiyoun, the brigade has set up a page on Facebook. Among pictures of “proud volunteers,” it shows stories of captured ISIS prisoners being fed and cared for. Karim recalls a different story.

    “One prisoner was killed by being hung by his hair from a tree. They cut off his fingers one by one and cauterized the wounds with gunpowder.”

    The casualties on both sides were overwhelming. At the al-Razi hospital in Aleppo, the young medic saw the morgue overwhelmed with bodies being stored two or three to a compartment. Despite promises to reward the families of martyrs, Karim said many of the bodies were not sent back to Iran.

    Mosa’s basic training passed in a blur. A shy boy whose parents had divorced when he was young and whose father became an opium addict, he had always shrunk from violence. He never wanted to touch the toy guns that other boys played with. Now he was being taught to break down, clean and fire an assault rifle.

    The trainees were taken three times a day to the imam, who preached to them about their holy duty and the iniquities of ISIS, often referred to as Daesh.

    “They told us that Daesh was the same but worse than the Taliban,” said Mosa. “I didn’t listen to them. I didn’t go to Syria by choice. They forced me to. I just needed the paper.”

    Mosa was born in 2001. Before being deployed to Syria, the recruits were given I.D. tags and papers that deliberately overstated their age: In 2017, Human Rights Watch released photographs of the tombstones of eight Afghan children who had died in Syria and whose families identified them as having been under 18 years old. The clerk who filled out Mosa’s forms did not trouble himself with complex math: He just changed 2001 to 1991. Mosa was one of four underage soldiers in his group. The boys were scared – their hands shook so hard they kept dropping their weapons. Two of them were dead within days of reaching the front lines.

    “I didn’t even know where we were exactly, somewhere in the mountains in a foreign country. I was scared all the time. Every time I saw a friend dying in front of my eyes I was thinking I would be next,” said Mosa.

    He has flashbacks of a friend who died next to him after being shot in the face by a sniper. After the incident, he could not sleep for four nights. The worst, he said, were the sudden raids by ISIS when they would capture Fatemiyoun fighters: “God knows what happened to them.”

    Iran does not release figures on the number of Fatemiyoun casualties. In a rare interview earlier this year, a senior officer in the Iranian Revolutionary Guard suggested as many as 1,500 Fatemiyoun had been killed in Syria. In Mashhad, an Iranian city near the border with Afghanistan where the brigade was first recruited, video footage has emerged of families demanding the bodies of their young men believed to have died in Syria. Mosa recalls patrols in Syria where 150 men and boys would go out and only 120 would return.

    Escaping Syria

    Abbas had two weeks left in Syria before going back to Iran on leave. After 10 weeks in what he describes as a “living hell,” he had begun to believe he might make it out alive. It was his second stint in Syria and, still only 17 years old, he had been chosen to be a paramedic, riding in the back of a 2008 Chevrolet truck converted into a makeshift ambulance.

    He remembers thinking that the ambulance and the hospital would have to be better than the bitter cold of the front line. His abiding memory from then was the sound of incoming 120mm shells. “They had a special voice,” Abbas said. “And when you hear it, you must lie down.”

    Following 15 days of nursing training, during which he was taught how to find a vein and administer injections, he was now an ambulance man, collecting the dead and wounded from the battlefields on which the Fatemiyoun were fighting ISIS.

    Abbas grew up in Ghazni in Afghanistan, but his childhood ended when his father died from cancer in 2013. Now the provider for the family, he traveled with smugglers across the border into Iran, to work for a tailor in Tehran who had known his father. He worked without documents and faced the same threats as the undocumented Hazara children born in Iran. Even more dangerous were the few attempts he made to return to Ghazni. The third time he attempted to hop the border he was captured by Iranian police.

    Abbas was packed onto a transport, along with 23 other children, and sent to Ordugah-i Muhaceran, a camplike detention center outside Mashhad. When they got there the Shia Hazara boys were separated from Sunni Pashtuns, Afghanistan’s largest ethnic group, who were pushed back across the border. Abbas was given the same choice as Karim and Mosa before him: Afghanistan or Syria. Many of the other forced recruits Abbas met in training, and later fought alongside in Syria, were addicts with a history of substance abuse.

    Testimony from three Fatemiyoun child soldiers confirmed that Tramadol was routinely used by recruits to deaden their senses, leaving them “feeling nothing” even in combat situations but, nonetheless, able to stay awake for days at a time.

    The Fatemiyoun officers dealt with withdrawal symptoms by handing out Tramadol, an opioid painkiller that is used to treat back pain but sometimes abused as a cheap alternative to methadone. The drug is a slow-release analgesic. Testimony from three Fatemiyoun child soldiers confirmed that it was routinely used by recruits to deaden their senses, leaving them “feeling nothing” even in combat situations but, nonetheless, able to stay awake for days at a time. One of the children reiterated that the painkiller meant he felt nothing. Users describe feeling intensely thirsty but say they avoid drinking water because it triggers serious nausea and vomiting. Tramadol is addictive and prolonged use can lead to insomnia and seizures.

    Life in the ambulance had not met Abbas’ expectations. He was still sent to the front line, only now it was to collect the dead and mutilated. Some soldiers shot themselves in the feet to escape the conflict.

    “We picked up people with no feet and no hands. Some of them were my friends,” Abbas said. “One man was in small, small pieces. We collected body parts I could not recognize and I didn’t know if they were Syrian or Iranian or Afghan. We just put them in bags.”

    Abbas did not make it to the 12th week. One morning, driving along a rubble-strewn road, his ambulance collided with an anti-tank mine. Abbas’ last memory of Syria is seeing the back doors of the vehicle blasted outward as he was thrown onto the road.

    When he awoke he was in a hospital bed in Iran. He would later learn that the Syrian ambulance driver had been killed and that the other Afghan medic in the vehicle had lost both his legs. At the time, his only thought was to escape.

    The Toll on Child Soldiers

    Alice Roorda first came into contact with child soldiers in 2001 in the refugee camps of Sierra Leone in West Africa. A child psychologist, she was sent there by the United Kingdom-based charity War Child. She was one of three psychologists for a camp of more than 5,000 heavily traumatized survivors of one of West Africa’s more brutal conflicts.

    “There was almost nothing we could do,” she admitted.

    The experience, together with later work in Uganda, has given her a deep grounding in the effects of war and post-conflict trauma on children. She said prolonged exposure to conflict zones has physical as well as psychological effects.

    “If you are chronically stressed, as in a war zone, you have consistently high levels of the two basic stress hormones: adrenaline and cortisol.”

    Even after reaching a calmer situation, the “stress baseline” remains high, she said. This impacts everything from the immune system to bowel movements. Veterans often suffer from complications related to the continual engagement of the psoas, or “fear muscle” – the deepest muscles in the body’s core, which connect the spine, through the pelvis, to the femurs.

    “With prolonged stress you start to see the world around you as more dangerous.” The medial prefrontal cortex, the section of the brain that interprets threat levels, is also affected, said Roorda. This part of the brain is sometimes called the “watchtower.”

    “When your watchtower isn’t functioning well you see everything as more dangerous. You are on high alert. This is not a conscious response; it is because the stress is already so close to the surface.”

    Psychological conditions that can be expected to develop include post-traumatic stress disorder (PTSD) and attention deficit hyperactivity disorder (ADHD). Left untreated, these stress levels can lead to physical symptoms ranging from chronic fatigue syndrome (CFS or ME) to high blood pressure or irritable bowel syndrome. Also common are heightened sensitivity to noise and insomnia.

    The trauma of war can also leave children frozen at the point when they were traumatized. “Their life is organized as if the trauma is still ongoing,” said Roorda. “It is difficult for them to take care of themselves, to make rational well informed choices, and to trust people.”

    The starting point for any treatment of child soldiers, said Roorda, is a calm environment. They need to release the tension with support groups and physical therapy, she said, and “a normal bedtime.”

    The Dutch psychologist, who is now based in Athens, acknowledged that what she is describing is the exact opposite of the conditions at #Moria.

    Endgame

    Karim is convinced that his facility for English has saved his life. While most Hazara boys arrive in Europe speaking only Farsi, Karim had taught himself some basic English before reaching Greece. As a boy in Tehran he had spent hours every day trying to pick up words and phrases from movies that he watched with subtitles on his phone. His favorite was The Godfather, which he said he must have seen 25 times. He now calls English his “safe zone” and said he prefers it to Farsi.

    When Karim reached Greece in March 2016, new arrivals were not yet confined to the islands. No one asked him if he was a child or an adult. He paid smugglers to help him escape Iran while on leave from Syria and after crossing through Turkey landed on Chios. Within a day and a half, he had passed through the port of Piraeus and reached Greece’s northern border with Macedonia, at Idomeni.

    When he realized the border was closed, he talked to some of the international aid workers who had come to help at the makeshift encampment where tens of thousands of refugees and migrants waited for a border that would not reopen. They ended up hiring him as a translator. Two years on, his English is now much improved and Karim has worked for a string of international NGOs and a branch of the Greek armed forces, where he was helped to successfully apply for asylum.

    The same job has also brought him to Moria. He earns an above-average salary for Greece and at first he said that his work on Lesbos is positive: “I’m not the only one who has a shitty background. It balances my mind to know that I’m not the only one.”

    But then he admits that it is difficult hearing and interpreting versions of his own life story from Afghan asylum seekers every day at work. He has had problems with depression and suffered flashbacks, “even though I’m in a safe country now.”

    Abbas got the help he needed to win the vulnerability contest. After he was initially registered as an adult, his age assessment was overturned and he was transferred from Moria to a shelter for children on Lesbos. He has since been moved again to a shelter in mainland Greece. While he waits to hear the decision on his protection status, Abbas – like other asylum seekers in Greece – receives 150 euros ($170) a month. This amount needs to cover all his expenses, from food and clothing to phone credit. The money is not enough to cover a regular course of the antidepressant Prozac and the sleeping pills he was prescribed by the psychiatrist he was able to see on Lesbos.

    “I save them for when it gets really bad,” he said.

    Since moving to the mainland he has been hospitalized once with convulsions, but his main worry is the pain in his groin. Abbas underwent a hernia operation in Iran, the result of injuries sustained as a child lifting adult bodies into the ambulance. He has been told that he will need to wait for four months to see a doctor in Greece who can tell him if he needs another operation.

    “I would like to go back to school,” he said. But in reality, Abbas knows that he will need to work and there is little future for an Afghan boy who can no longer lift heavy weights.

    Walking into an Afghan restaurant in downtown Athens – near Victoria Square, where the people smugglers do business – Abbas is thrilled to see Farsi singers performing on the television above the door. “I haven’t been in an Afghan restaurant for maybe three years,” he said to explain his excitement. His face brightens again when he catches sight of Ghormeh sabzi, a herb stew popular in Afghanistan and Iran that reminds him of his mother. “I miss being with them,” he said, “being among my family.”

    When the dish arrives he pauses before eating, taking out his phone and carefully photographing the plate from every angle.

    Mosa is about to mark the end of a full year in Moria. He remains in the same drab tent that reminds him every day of Syria. Serious weight loss has made his long limbs – the ones that made it easier for adults to pretend he was not a child – almost comically thin. His skin is laced with scars, but he refuses to go into detail about how he got them. Mosa has now turned 18 and seems to realize that his best chance of getting help may have gone.

    “Those people who don’t have problems, they give them vulnerability (status),” he said with evident anger. “If you tell them the truth, they don’t help you.”

    Then he apologises for the flash of temper. “I get upset and angry and my body shakes,” he said.

    Mosa explained that now when he gets angry he has learned to remove himself: “Sometimes I stuff my ears with toilet paper to make it quiet.”

    It is 10 months since Mosa had his asylum interview. The questions he expected about his time in the Fatemiyoun never came up. Instead, the interviewers asked him why he had not stayed in Turkey after reaching that country, having run away while on leave in Iran.

    The questions they did ask him point to his likely rejection and deportation. Why, he was asked, was his fear of being persecuted in Afghanistan credible? He told them that he has heard from other Afghan boys that police and security services in the capital, Kabul, were arresting ex-combatants from Syria.

    Like teenagers everywhere, many of the younger Fatemiyoun conscripts took selfies in Syria and posted them on Facebook or shared them on WhatsApp. The images, which include uniforms and insignia, can make him a target for Sunni reprisals. These pictures now haunt him as much as the faces of his dead comrades.

    Meanwhile, the fate he suffered two tours in Syria to avoid now seems to be the most that Europe can offer him. Without any of his earlier anger, he said, “I prefer to kill myself here than go to Afghanistan.”

    #enfants-soldats #syrie #réfugiés #asile #migrations #guerre #conflit #réfugiés_afghans #Afghanistan #ISIS #EI #Etat_islamique #trauma #traumatisme #vulnérabilité

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  • Pakistan PM to Offer Citizenship to Afghans Born in #Pakistan

    Pakistani Prime Minister Imran Khan, in an unprecedented announcement Sunday, pledged to offer Pakistani citizenship to hundreds of thousands of Afghans born to refugee families his country has been hosting for decades.

    The United Nations refugee agency and local officials say there are 2.7 million Afghans, including 1.5 million registered as refugees, in Pakistan. The displaced families have fled decades of conflict, ethnic and religious persecution, poverty and economic hardships in turmoil-hit Afghanistan.

    “Afghans whose children have been raised and born in Pakistan will be granted citizenship inshallah (God willing) because this is the established practice in countries around the world. You get an American passport if you are born in America,” said Khan, who took office last month.

    “Then why can’t we do it here. We continue to subject these people to unfair treatment,” the Pakistani prime minister said at a public event in the southern port city of Karachi Sunday night.

    U.N. surveys suggest that around 60 percent of Afghan refugees were either born in Pakistan or were minors when their parents migrated to Pakistan. War-shattered Afghanistan is therefore alien to most of these young people who are already part of the local economy in different ways.

    This group of refugees, officials say, are reluctant to go back to Afghanistan where security conditions have deteriorated in the wake of the stalemated war between U.S.-backed Afghan security forces and the Taliban insurgency.

    Khan noted in his nationally televised remarks that without Pakistani national identification cards and passports, the refugees have been unable to find decent legal jobs or get a quality education in local institutions.

    These people, the prime minister said, will eventually be forced to indulge in criminal activities, posing security issues for areas like Karachi, the country’s largest city and commercial hub. Afghans are a significant portion of the nearly 20 million residents in Karachi.

    “They are humans. How come we have deprived them and have not arranged for offering them national identification card and passport for 30 years, 40 years,” Khan lamented.

    The Pakistani leader explained that since he is also directly overseeing the federal Interior Ministry, which is responsible for granting passports and identification cards, he will instruct his staff to make efforts without further delay to offer Pakistani nationality to the people “who have come from Afghanistan and whose children are raised and born in here.”

    Khan spoke a day after his Foreign Minister, Shah Mehmood Qureshi, visited Afghanistan, where he discussed among other issues the fate of the registered Afghan refugees who have until December 31, 2018, to stay in Pakistan legally.

    An official statement issued after Qureshi’s daylong trip to Kabul said that in his meetings with Afghan leaders, the foreign minister “underlined the need for dignified, sustainable repatriation of Afghan refugees to their homeland through a gradual and time-bound plan.”

    Pakistani authorities have lately complained that Taliban insurgents waging attacks inside Afghanistan have been using the refugee communities as hiding places. Both countries accuse each other of supporting militant attacks against their respective soils. The allegations are at the center of bilateral political tensions.

    In a meeting last week with visiting U.N. High Commissioner for Refugees, Filippo Grandi, Khan assured him that his government will not force Afghan refugees to leave Pakistan.

    https://www.voanews.com/a/pakistan-pm-to-offer-citizenship-to-afghans-born-in-pakistan/4574015.html
    #citoyenneté #naturalisation #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_afghans

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  • Après des décennies au Pakistan, des réfugiés afghans se préparent au retour en Afghanistan

    Le Pakistan cherche à rapatrier vers l’Afghanistan des réfugiés afghans parmi 1,6 million au total qui vivent dans le pays. Le HCR a réservé des fonds pour le rapatriement de 60 000 réfugiés.

    Des familles sont installées, silencieuses. De jeunes enfants se promènent entre les chaises. Ils vont rentrer chez eux en Afghanistan, alors que certains d’entre eux vivent au Pakistan depuis plusieurs décennies. Et ils rentreront chez eux à titre définitif.

    Ce sont des réfugiés afghans et la scène se déroule au Centre de rapatriement volontaire de Peshawar, qui est géré par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

    Payenda Bibi Shahnaz est installée dans un fauteuil roulant. Son mari Shamamud dans un autre. Cela fait 33 ans qu’ils ont trouvé refuge au Pakistan, mais ils rentrent également en Afghanistan avec leurs deux fils qui s’occuperont d’eux.

    Le HCR les aidera également une fois qu’ils seront rentrés au pays.

    « Je n’ai simplement pas les moyens de payer le coût de mon traitement médical ici », explique-t-elle. « Nous n’avons pas le choix. »

    Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi a eu l’occasion de faire leur connaissance aujourd’hui pendant sa visite au Centre et il leur a souhaité bonne chance. Le HCR apporte également une aide de 200 dollars aux rapatriés destinée à couvrir leurs dépenses initiales de voyage et de logement.

    Le gouvernement du Pakistan met en oeuvre une politique concertée de rapatriement pour beaucoup parmi presque un million de réfugiés qui vivent dans la région de Peshawar. Le HCR a réservé des fonds pour le rapatriement de 60 000 réfugiés.

    Mais depuis le début de l’année, le nombre de réfugiés qui a passé la frontière de manière définitive dépasse tout juste 6000 personnes.

    Pour nombre d’entre eux, le moment de rendre leur carte de réfugié au Pakistan est chargé d’émotions. Les élèves sont souvent en larmes, car ils se disent qu’ils ne reverront jamais leurs amis.

    La pression économique est ce qui les pousse le plus au retour.

    Qudsia a 40 ans et elle a quatre enfants. Elle était elle-même un enfant quand elle est arrivée au Pakistan. Et aujourd’hui son mari et elle ont décidé de rentrer.

    « Nous avons décidé de rentrer, parce que c’est très cher ici. Nous avons beaucoup de problèmes. Mon mari est diabétique et on ne trouve pas de travail ici. »

    Mais ils sont bien plus nombreux à décider de rester. Au cours de la ‘shura’, la réunion de la communauté, ils ont expliqué à Filippo Grandi qu’ils restent au Pakistan à cause des opportunités que le pays offre sur le plan de l’éducation et de l’économie. Ils ont également évoqué leur crainte de la violence qui règne dans leur pays. Quelque 31 des 34 provinces que compte l’Afghanistan ont été le théâtre de conflits ces derniers mois.

    La carte PoR (Proof of Registration) de Preuve d’enregistrement au Pakistan est également cause de souci majeur. Toutes ces cartes arrivent à échéance le 30 juin. Sans ces cartes, les réfugiés sont passibles d’arrestation, voire même d’expulsion. Filippo Grandi a confirmé qu’il avait instamment demandé au Pakistan de proroger la validité des cartes. La décision sera prise par l’exécutif du Pakistan.

    Filippo Grandi a expliqué aux réfugiés qu’il comprenait leurs craintes et leurs inquiétudes par rapport au fait que 200 dollars ne suffisent pas à se réinstaller dans un pays peu sûr.

    « J’ai entendu les participants de la Shura », a-t-il déclaré. « Nous allons très bientôt augmenter l’indemnité de rapatriement. Nous allons œuvrer pour améliorer les conditions de retour des rapatriés. J’en ai parlé avec les dirigeants du gouvernement afghan. »

    Il a parlé de sa rencontre avec le Président afghan Ashraf Ghani. Le Président lui a confirmé qu’il a demandé un inventaire des terrains disponibles appartenant au gouvernement. Il s’agirait de mettre en place un programme de réinstallation des réfugiés similaire au programme pilote de Hérat en faveur des personnes déplacées à l’intérieur du pays.

    Comme pour les personnes déplacées à Hérat, il s’agirait d’attribuer aux réfugiés des terrains à bâtir. L’eau et l’électricité seraient fournies.

    Filippo Grandi a aussi abordé les préoccupations des réfugiés qui craignent de servir de boucs émissaires après des attaques ou des incidents violents le long de la frontière pakistano-afghane.

    « J’ai bien entendu ce que vous dites. Les réfugiés ne sont pas des terroristes. Je suis tout à fait d’accord. »

    Il a déclaré qu’en s’adressant aux dirigeants du gouvernement du Pakistan, il avait souligné qu’on ne pouvait mettre en cause ou pénaliser toute la population de réfugiés quand de tels événements se produisaient.


    http://www.unhcr.org/fr/news/stories/2016/6/576d401ea/apres-decennies-pakistan-refugies-afghans-preparent-retour-afghanistan.html

    #Pakistan #réfugiés_afghans #Afghanistan #réfugiés #asile #migrations #retour_au_pays

    • Amid Mass Returns, a Teacher’s Hopes for Refugee Girls in Afghanistan

      As hundreds of thousands of Afghan refugees return from Pakistan, we speak to Aqeela Asifi, a prize-winning educator of refugee girls in the country’s Punjab province, about how the mass returns will impact girls’ education and thus the future of Afghanistan.

      https://www.newsdeeply.com/refugees/community/2017/03/09/amid-mass-returns-a-teachers-hopes-for-refugee-girls-in-afghanistan
      #filles #femmes #éducation

    • Facing problems in Pakistan, Afghans return home in droves

      For years, Afghans have fled the violence in their country, seeking asylum in Europe or elsewhere in the Middle East. But over the past year, about 600,000 Afghans have crossed the border back into Afghanistan, coming from Pakistan, Iran and Europe when they are denied asylum.

      http://www.pbs.org/newshour/updates/facing-problems-pakistan-afghans-return-home-droves

    • Afghans Returned from Pakistan Struggle on Kabul Career Ladder

      As hundreds of thousands of Afghans return from neighboring countries, young graduates face discrimination, language barriers and a dearth of connections in a country many had never been to before, Valerie Plesch reports for Al-Fanar Media.


      https://www.newsdeeply.com/refugees/articles/2017/12/11/afghans-returned-from-pakistan-struggle-on-kabul-career-ladder

    • Viaggio tra i rifugiati afghani respinti dal Pakistan

      Fin dagli anni ‘70 gli afghani fuggiti dal proprio paese hanno cercato rifugio in Pakistan. Tuttavia la loro situazione negli ultimi anni è diventata critica. Utilizzati per esercitare pressioni politiche su Kabul, subiscono continue pressione per far ritorno nel loro paese. A queste poi si sono aggiunte minacce e violenze crescenti. Una strategia che ha funzionato, come ci racconta Giuliano Battiston: migliaia sono i rifugiati tornati nel loro paese dove all’assenza di casa e lavoro fa da contraltare la presenza della guerra

      «A Peshawar avevo una mia bottega. Era piccola, ma andava bene. Vendevo zucchero, sale, olio, sapone. Non potevo lamentarmi. Ora eccomi qui, vendo meloni e angurie che compro da altri. Lo faccio da pochi giorni e non so per quanto ancora. Ma non mi basta per mandare avanti la famiglia».

      Rabihullah ha 45 anni e 12 figli. Nato in Afghanistan, fuggito dalla guerra, ha trascorso gran parte della vita in Pakistan, ma pochi mesi fa è stato costretto a tornare. Lo incontriamo all’inizio di una via sterrata che si dipana verso i campi coltivati, all’incrocio con la strada principale che conduce fuori città dal centro di Jalalabad, capoluogo di Nangarhar, provincia orientale al confine con il Pakistan. Seduto sulla paglia, alle spalle decine e decine di meloni profumati, in testa uno zuccotto chiaro, Rabihullah indossa un semplice vestito bianco, rattoppato qua e là. «Sono nato nel distretto di Bati Kut, qui nel Nangarhar. Ci siamo trasferiti in Pakistan quando ero adolescente. Di preciso non saprei quando. Ricordo che il mio primo digiuno per il Ramadan l’ho fatto lì. Non stavamo male a Peshawar. Ma 3 mesi fa siamo dovuti tornare. I poliziotti pachistani prima hanno cominciato a chiederci i documenti, poi a picchiarci. Ci attaccavano perfino di notte. Entravano nelle nostre case all’una, alle due del mattino. Ci dicevano di andar via. Nel nostro quartiere, che era come un villaggio, eravamo tutti afghani. Ci attaccavano per questo».

      La storia di Rabihullah è simile a quella di decine di migliaia di connazionali, costretti a rientrare in Afghanistan a causa delle politiche repressive del governo di Islamabad. Già nel 2015, Human Rights Watch denunciava «minacce ripetute, arresti frequenti, richieste regolari di mazzette, violenze occasionali da parte della polizia pachistana nei mesi successivi all’attacco alla scuola di Peshawar», l’attentato terroristico che il 16 dicembre 2014 ha provocato la morte di 145 persone, tra cui 134 bambini.

      Anche se l’attentato è stato rivendicato dai Talebani pachistani, per le autorità i responsabili andavano cercati all’interno dell’ampia comunità di rifugiati afghani che, sin dalla fine degli anni Settanta, hanno trovato protezione dalla guerra sull’altro lato della Durand Line, in Pakistan. Quei rifugiati erano parte della più ampia diaspora che ha reso l’Afghanistan per molti anni, fino allo scoppio della guerra siriana, il primo Paese al mondo di provenienza per numero di rifugiati. Una diaspora ancora oggi numerosa.

      Secondo i dati dell’ultimo rapporto dell’Alto Commissariato dell’Onu per i rifugiati (Unhcr), Global Trends. Forced Displacement in 2017, nel mondo ci sono 2,6 milioni di rifugiati afghani, il 5% in più rispetto all’anno precedente. L’Afghanistan è il secondo paese di provenienza dei rifugiati dopo la Siria (6,3 milioni). La maggior parte vive in Pakistan (poco meno di 1,4 milioni) e in Iran (poco meno di 1 milione), ma i due Paesi ospitano anche un gran numero di emigrati privi di documenti, non registrati dalle Nazioni Unite (circa 1 milione in Pakistan, 1 milione e mezzo in Iran). «Nel corso degli ultimi 40 anni, dall’inizio della guerra in Afghanistan nel 1978, l’Iran e il Pakistan hanno ospitato il più alto numero di rifugiati afghani», ricorda la ricercatrice Jelena Bjelica, che incontriamo nell’ufficio di Kabul dell’Afghanistan Analysts Network, il più accreditato centro di ricerca del Paese.

      Molti sono tornati. Dal 2001, dal Pakistan sono rientrati ben 3,9 milioni di rifugiati afghani. Quanti non lo hanno fatto sono diventati armi diplomatiche nelle mani del governo di Islamabad, il cui establishment militare è accusato di alimentare il conflitto per ragioni strategiche. «I rifugiati vengono usati per esercitare pressioni politiche su Kabul. La prassi di non estendere la validità dei documenti di registrazione è uno degli strumenti più comuni», nota Jelena Bjelica.

      «Nel 2016 e in parte nel 2017, le autorità pachistane hanno esercitato molte pressioni sugli afghani affinché tornassero indietro» conferma il ricercatore indipendente Wali Mohammad Kandiwal, autore di diverse pubblicazioni sui processi migratori, che incontriamo a Jalalabad. Alle pressioni si sono aggiunte minacce e violenze crescenti, come testimoniato nel 2017 da un altro rapporto di Human Rights Watch. La strategia ha funzionato. Lo certificano i numeri. Tra gennaio 2016 e dicembre 2017, almeno 1,2 milioni di afghani sono rientrati dall’Iran e dal Pakistan. Nel 2017, 460.000 afghani senza documenti sono rientrati o sono stati deportati dall’Iran, 100.000 dal Pakistan e 7.000 da Paesi europei, a cui vanno aggiunti almeno altri 60.000 rifugiati registrati, tornati dal Pakistan. «Il loro è stato un vero dilemma: rimanere o tornare? Entrambe le opzioni erano rischiose. Chi è tornato, spesso non è convinto di aver fatto la scelta giusta», aggiunge Kandiwal.

      Anche Rabihullah non ne è certo. «Il lavoro non c’è, la casa costa troppo, non parliamo della sicurezza: qui si combatte dovunque», spiega sconfortato mentre ci guida lungo i viottoli del quartiere in cui vive, nella periferia di Jalalabad. Dietro un cancello di metallo c’è casa sua. Un atrio di pochi metri quadrati, delimitato da alte mura. Sulla destra, un ripiano di legno con una bombola del gas e qualche stoviglia: «è la cucina». Appena sopra, un filo con dei panni stesi. Una porta blu spicca contro il marrone delle pareti di fango. «Come vedi, la casa è fatta di un’unica stanza». C’è un’unica finestra e, di fronte all’entrata, un letto di corde intrecciate con la base in legno, tipico di queste parti. Una scala in bambù raggiunge il tetto della stanza, dove sono stesi altri panni. «È tutto qui», dice guardandosi intorno e lamentando la scarsa assistenza del governo, inefficiente e corrotto. «Le risorse ci sono, ma vengono dirottate su progetti privati, sottratte, rubate», ci dice un funzionario della sede locale dell’Organizzazione internazionale per le migrazioni (Oim), che chiede l’anonimato.

      Non si tratta soltanto di denaro. La risorsa più importante, qui, è la casa. Meglio ancora, la terra. Secondo il «Policy Framework on IDPs and Returnees» del governo, «l’assegnazione della terra sarà un contributo fondamentale nel successo di soluzione durature» per i rifugiati. Ma la realtà è diversa. «Il piano governativo è molto ambizioso, e i politici non fanno mai mancare promesse elettorali su questo tema. Ma l’assegnazione delle terre è uno dei processi più corrotti che ci siano», nota Jelena Bjelica, che sull’argomento ha scritto un articolo molto informato.

      Lo conferma Wali Mohammad Kandiwal, che ci anticipa i risultati della sua ultima ricerca, promossa dal Feinstein International Center dell’Università statunitense di Tufts. Si intitola «Homeland, but no land for home. A Case Study of Refugees in Towns: Jalalabad» e l’autore la sintetizza così: «la terra è il problema principale soprattutto qui, nella provincia di Nangarhar. Il governo punta a far tornare gli emigrati, ma non riesce a soddisfarne i bisogni e le legittime richieste. La burocrazia e soprattutto la corruzione sull’assegnazione delle terre rendono l’intero sistema dell’accoglienza del tutto fallimentare».

      Alla corruzione e all’inefficienza del governo si sommano altri ostacoli. Il primo è il costo della terra, il bene più ambito. Secondo i dati riportati dallo Special Inspector General for Afghanistan Reconstruction (Sigar), l’organo di controllo che riferisce al Congresso degli Stati Uniti sui soldi pubblici spesi nel Paese centro-asiatico, dal 2001 il costo della terra è aumentato del 1.000%. Un aumento ancora più significativo si registra nella provincia di Nangarhar, a causa delle speculazioni legate al rientro dei profughi dal Pakistan, delle mafie locali, delle dispute sui terreni e del landgrabbing.

      C’è poi il problema strutturale dell’enorme peso demografico, sociale ed economico delle migrazioni forzate. Secondo una recente ricerca coordinata dall’Oim, in 15 delle 34 province afghane con la maggiore mobilità transfrontaliera e interna, tra il 2012 e il 2017 più di 3,5 milioni di persone sono ritornate dall’estero o sono state costrette a lasciare la propria casa, per trasferirsi in altre zone del paese. Tra coloro che sono rientrati in patria, 1 milione e 355 mila provenivano dal Pakistan, 398 mila dall’Iran. Il 25% di tutti i returnees si sono stabiliti proprio nella provincia di Nangarhar, che ha registrato 499,194 nuovi arrivi – ufficiali – tra il 2012 e il 2017.

      Tra questi c’è Hejrat, 33 anni, carnagione scura, occhi celesti e un sorriso rassicurante. «Siamo tornati nel giugno 2017. Era un periodo in cui tante famiglie decidevano di tornare indietro», racconta. «Sono nato in Pakistan, ma la mia famiglia è originaria del distretto di Rodat, non distante da Jalalabad». Hejrat ha vissuto a lungo in Pakistan, a Peshawar, prima di essere costretto a tornare: «per i pachistani, gli afghani sono un fastidio. Abbiamo sopportato a lungo, poi siamo partiti». Per farlo ha dovuto chiedere un prestito: «I miei genitori erano già tornati. Ho chiesto un prestito di 10.000 rupie pachistane (circa 70 euro, ndr), ho fatto i bagagli e sono partito. Eravamo 5 persone, tutta la mia famiglia. Al confine, l’Onu ci ha dato una tenda, 100 chili di farina e 3 coperte. Ora eccoci qui». Hejrat sostiene che l’assistenza ricevuta sia insufficiente. «Abbiamo bisogno di tutto: cibo, lavoro, soldi. Con i soldi potrei cominciare un’attività e restituire quel che devo. Ho ancora debiti da pagare in Pakistan».

      Hejrat è tornato in Afghanistan nel giugno 2017, quando la morsa delle autorità pachistane cominciava ad allentarsi. «In quel periodo le autorità hanno prolungato la validità dei documenti degli afghani e il ministero afghano per i Rifugiati ha trovato un accordo con la controparte a Islamabad», ricorda Kandiwal. Nel 2018, la pressione è ulteriormente diminuita. Eppure, i rientri dal Pakistan continuano, così come gli abusi. Da gennaio a oggi, secondo l’Oim circa 23.000 afghani senza documenti sono tornati in Afghanistan dal Pakistan (mentre sono circa 510.000 quelli rientrati dall’Iran, a causa delle crescenti pressioni delle autorità iraniane e della svalutazione del rial). «Siamo tornati da 5 mesi», racconta Hakim, 25 anni. «Siamo stati costretti ad andarcene. I poliziotti ci picchiavano ogni giorno con i bastoni, ci perseguitavano, continuavano a crearci problemi. Quando hanno esagerato, abbiamo deciso di partire. Molta gente ha preso la nostra stessa decisione».

      Hakim si considera afghano, ma è nato in Pakistan. «Sono nato vicino a Peshawar, nel campo (rifugiati, ndr) di Akora. Poi siamo finiti a vivere su Charsadda road, fuori dai campi, con altre famiglie afghane. La mia famiglia si è trasferita in Pakistan 35 anni fa a causa della guerra». La guerra continua ancora oggi, ma Hakim – pur non essendoci mai vissuto – è tornato nella patria dei genitori. «Non era più possibile vivere a Peshawar: troppi problemi».

      Anche qui non mancano. «In Pakistan facevo il lavoratore a giornata, lo stesso provo a fare qui. Ma è più difficile. Ho provato ad andare a Kabul, ma non ho trovato niente. Vivo con mia madre e mio padre, con mia moglie e i miei 5 figli. In tutto, siamo 8 persone». Hakim ci mostra casa, una tenda di plastica marrone, fornita dal Norwegian Refugee Council. Il tetto è in lamiera, le pareti in plastica e tela. Sopra l’ingresso svetta una bandiera afghana. Sui lati, una stampella di fil di ferro sorregge un vassoio di metallo con qualche utensile. Un intricato giro di fili porta l’elettricità. «Ma va e viene». All’interno, diversi materassi, arrotolati per risparmiare spazio, un peluche spelacchiato e qualche pentola. La tenda si trova in un ampio parcheggio sterrato, per gran parte occupato da ferraglia e calcinacci. Dietro la tenda c’è un palazzo in costruzione, lasciato a metà. Accanto, un’altra tenda, più bassa e più piccola.

      Qualche metro più in là, un orticello di due metri per due. Pomodori, melanzane e poco altro. Hakim vorrebbe tornare nel villaggio dei genitori, nel distretto di Bati Kut, ma non può: «lì c’è la guerra».


      http://openmigration.org/analisi/viaggio-tra-i-rifugiati-afghani-respinti-dal-pakistan


  • « Je ne m’assieds pas » : elle bloque le décollage pour empêcher l’expulsion d’un migrant
    https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/video/2018/07/25/je-ne-m-assieds-pas-une-etudiante-suedoise-empeche-l-expulsion-d-un-afghan-e

    Pour éviter qu’un demandeur d’asile soit renvoyé par avion en Afghanistan, Elin Erson, une étudiante suédoise de 22 ans, a acheté un billet sur le même vol, lundi 23 juillet, au départ de Göteborg en Suède. Une fois à bord, elle a refusé de s’asseoir, empêchant l’avion de décoller. « Je ne vais pas m’asseoir avant que cette personne soit descendue de cet avion », a-t-elle prévenu.

    Pendant de longues minutes, elle a diffusé son action en direct sur Facebook. « Il se fera certainement tuer s’il reste dans cet avion », a-t-elle répété aux passagers et au personnel de bord agacés. Peu à peu, elle a reçu le soutien de voyageurs, qui se sont levés à leur tour. L’Afghan de 52 ans a finalement été débarqué de l’avion, et son expulsion provisoirement reportée.

    #brava #résistance à #loi_scélérate #tou·tes_debout


  • Italy: Court of Rome upholds appeal against transfer of Afghan national to Norway, where his application had been rejected

    On 5 June 2018, the Ordinary Court of Rome ruled in case no. 58068/2017, which concerned an appeal against the decision to transfer an Afghan asylum applicant to Norway, where his first asylum application was rejected and his removal order to Afghanistan is pending.

    First, the Court of Rome noted, as per the CJEU’s interpretation in C-578/16 C.K. and others, that Article 17 of the Dublin III Regulation is an integral part of the Dublin system, and that Article 4 of the Charter of Fundamental Rights of the European Union can be engaged even where there are no substantial grounds for believing that there are systemic flaws in the Member State responsible for examining the application for asylum.

    Second, the Court observed, based on available country of origin information with regard to Afghanistan, such as the annual report of the UN Assistance Mission in Afghanistan and a report from Human Rights Watch, that returning the applicant, who is a young male without a network of support in Afghanistan, would put him in risk of death and of violation of his fundamental rights. According to the Court, it would be contrary to Article 4 of the Charter of Fundamental Rights of the European Union to ignore the concrete risk of inhuman or degrading treatment solely based on the lack of systematic deficiencies in the Member State concerned (in casu, Norway).

    Thus, the Court concluded that sending the applicant to Norway in application of Article 23 of the Dublin III Regulation could result in risk of violation of his fundamental rights. It follows, therefore, that the national authorities must rely on the discretionary clause under Article 17 DRIII in this case.

    Based on an unofficial translation by the ELENA Weekly Legal Update. The EWLU would like to thank Sofia Bonatti, Legal Officer at ECRE, for her kind assistance summarising this case.

    https://mailchi.mp/ecre/elena-weekly-legal-update-29-june-2018#9

    #Italie #Norvège #réfugiés_afghans #asile #migrations #réfugiés #Afghanistan #Dublin #renvoi_Dublin #jurisprudence

    cc @reka


  • In squats by the Serbian border, young men trying to enter the EU live in dangerous limbo

    Just 300 metres from the border crossing between Serbia and Hungary, a gateway to the European Union, around 30 men are standing in the middle of a field. It’s late January and the temperature is near zero. Nearby are several abandoned buildings where they are temporarily living. An open fire, made of wood, tires, and plastic, serves as the only source of warmth, but it creates heavy and poisonous air inside the squat. They are waiting for drinking water, food, and warm clothes to be distributed by a group of volunteers – the only people helping them to survive the winter.

    These men, most of them from Pakistan and Afghanistan, were pushed from their homes by ongoing conflicts and poor economic conditions. They are trying to cross the Balkan corridor to seek asylum in the EU, but got trapped in Serbia when Hungary and Croatia erected razor wire fences on their borders in 2015. For many, this journey has been part of their life for several years, and has involved multiple deportations and restarted attempts at making it to the EU.

    As part of my PhD research, I spent a total of five weeks between May 2017 and January 2018 in seven transit squats and three state-run camps in Serbia.

    The chances of making a legal border crossing from Serbia to the EU countries of Hungary or Croatia are getting slimmer. The legal border crossing points into Hungary currently accept only two to six people per working day. The “lucky” ones are mainly families with children, who often pay the Serbian state authorities €3,000 per family to appear on top of highly corrupted “waiting lists” which stipulate who gets access and whose asylum claim will be assessed. This makes single men the most disadvantaged and vulnerable group in such transit camps, and they often have to rely on their own support networks, deemed illegal by Serbian authorities.


    https://theconversation.com/in-squats-by-the-serbian-border-young-men-trying-to-enter-the-eu-li
    #frontières #hébergement #squats #asile #migrations #réfugiés #Serbie #Hongrie #limbe #réfugiés_afghans #réfugiés_pakistanais #hommes #zone_frontalière


  • Turkey deports over 6,800 Afghan migrants

    The Turkish government has deported 6,846 Afghan refugees back to Kabul recently, according to a statement from the Interior Ministry’s General Directorate of Migration Management.

    The directorate said the migrants were deported from the eastern provinces of Erzurum, Ağrı, and the western province of İzmir on nine charter flights, as well as additional scheduled flights following the completion of deportation procedures, state-run Anadolu Agency reported on April 16.

    The undocumented migrants were reported to have entered Turkey through Iran via illegal means and were mostly captured in Erzurum.

    More migrants will be deported to Afghanistan through an additional four charter flights in the upcoming days, the directorate said.

    Turkey is a common transit country for migrants trying to reach Europe. Turkey accelerated the deportation process on April 8, following reports that nearly 20,000 undocumented Afghan migrants have arrived in the country over the past three months, an unprecedented number.

    The first group of Afghan migrants, consisting of more than 200 people, left Erzurum on April 8 on a charter flight bound for Kabul, with reports following that a total of 3,000 were planned to be deported from Erzurum alone.

    The Interior Ministry on April 7 said the Afghan migrants had crossed into Turkey through Iran due to “ongoing terrorist activities and economic troubles” in Afghanistan and security forces had handed the migrants over to provincial immigration authorities

    “Following the completion of deportation procedures for illegal migrants in our other provinces, deportations will speed up and continue in the coming days,” the ministry said in a statement.

    During an official visit to Kabul on April 8, Prime Minister Binali Yıldırım said the Interior Ministry was conducting a productive plan to stop the inflow of illegal Afghan migrants.

    https://www.pajhwok.com/en/2018/04/17/turkey-deports-over-6800-afghan-migrants
    #réfugiés_afghans #renvois #expulsions #Afghanistan #Turquie #asile #migrations #réfugiés

    cc @i_s_ @tchaala_la @isskein

    • Turkey : Thousands of Afghans swept up in ruthless deportation drive

      At least 2,000 Afghans who fled to Turkey to escape conflict and the worst excesses of the Taliban are in detention and at imminent risk of being forced back to danger, Amnesty International said today. The Turkish authorities appear to be ramping up a deportation spree that has seen 7,100 Afghans rounded up and returned to Afghanistan since early April.

      The Turkish authorities told Amnesty International that all these returns are voluntary, and that the UN Refugee Agency UNHCR has periodic access to places of detention. However, in telephone interviews with detainees in the Düziçi container camp in southern Turkey, where at least 2,000 Afghans are believed to be held, Amnesty International heard how detainees have been pressured to sign documents written in Turkish, which they are unable to understand. These could be “voluntary repatriation forms,” which the Turkish authorities have previously used in coercive circumstances with Syrian and other refugees.

      https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/04/turkey-thousands-of-afghans-swept-up-in-ruthless-deportation-drive

    • Total of Afghans deported from Turkey to reach 10,000

      The Turkish Interior Minister Suleyman Soylu announced this week that 29,899 Afghans had crossed into Turkey since January – this compares to a total of 45,259 for the whole of 2017. The Minister said 7,100 migrants have been sent back to Afghanistan since early April and this number is likely to rise to 10,000 by the end of the week.

      https://www.ecre.org/total-of-afghans-deported-from-turkey-to-reach-10000

    • Mass Deportations of Afghans from Turkey: Thousands of migrants sent back in a deportation drive

      In a recent television appearance, the Turkish Interior Minister, Suleyman Soylu, said that 15,000 Afghans have been sent back home from Turkey. While it is likely that this number has been exaggerated, there is no doubt that in April and May of 2018, thousands of Afghan migrants were sent back on charter flights from Turkey to Kabul. This is the Turkish government’s response after a 400 per cent increase in arrivals of Afghan migrants to Turkey during the first quarter of 2018. In early April of this year, the first charter flight carrying Afghans back to Kabul flew out of Erzurum, a city in eastern Anatolia that has become the centre of these returns. AAN’s guest author Amy Pitonak visited Erzurum to find out first-hand about the situation for Afghans there.

      https://www.afghanistan-analysts.org/mass-deportations-of-afghans-from-turkey



  • Croatian media report new ‘Balkan route’

    Croatian media have reported the emergence of a new ’Balkan route’ used by migrants to reach western Europe without passing through Macedonia and Serbia.

    Middle Eastern migrants have opened up a new ’Balkan route’ in their attempt to find a better life in western Europe after the traditional route through Macedonia and Serbia was closed. This is according to a report by Zagreb newspaper Jutarnji list.

    From Greece, the new route takes them through Albania, Montenegro, Bosnia Herzegovina, Croatia and Slovenia.

    http://www.infomigrants.net/en/post/7522/croatian-media-report-new-balkan-route?ref=tw
    #parcours_migratoires #route_migratoire #Balkans #ex-Yougoslavie #route_des_balkans #Albanie #Monténégro #Bosnie #Croatie #Slovénie #migrations #asile #réfugiés

    • Bosnia and the new Balkan Route: increased arrivals strain the country’s resources

      Over the past few months, the number of refugees and asylum seekers arriving to Bosnia has steadily increased. Border closures – both political and physical – in other Balkan states have pushed greater numbers of people to travel through Bosnia, in their attempt to reach the European Union.

      In 2017, authorities registered 755 people; this year, in January and February alone, 520 people arrived. The trend has continued into March; and in the coming weeks another 1000 people are expected to arrive from Serbia and Montenegro. Resources are already strained, as the small country struggles to meet the needs of the new arrivals.

      https://helprefugees.org/bosnia-new-balkan-route

    • Le Monténégro, nouveau pays de transit sur la route des migrants et des réfugiés

      Ils arrivent d’#Albanie et veulent passer en #Bosnie-Herzégovine, étape suivante sur la longue route menant vers l’Europe occidentale, mais des milliers de réfugiés sont ballotés, rejetés d’une frontière à l’autre. Parmi eux, de nombreuses familles, des femmes et des enfants. Au Monténégro, la solidarité des citoyens supplée les carences de l’État. Reportage.

      Au mois de février, Sabina Talović a vu un groupe de jeunes hommes arriver à la gare routière de Pljevlja, dans le nord du Monténégro. En s’approchant, elle a vite compris qu’il s’agissait de réfugiés syriens qui, après avoir traversé la Turquie, la Grèce et l’Albanie, se dirigeaient vers la Bosnie-Herzégovine en espérant rejoindre l’Europe occidentale. Elle les a conduits au local de son organisation féministe, Bona Fide, pour leur donner à manger, des vêtements, des chaussures, un endroit pour se reposer, des soins médicaux. Depuis la fin du mois d’avril, 389 personnes ont trouvé un refuge temporaire auprès de Bona Fide. L’organisation travaille d’une manière indépendante, mais qu’après quatre mois de bénévolat, Sabina veut faire appel aux dons pour pouvoir nourrir ces migrants. Elle ajoute que le nombre de migrants au Monténégro est en augmentation constante et qu’il faut s’attendre à un été difficile.

      Au cours des trois premiers mois de l’année 2018, 458 demandes d’asiles ont été enregistrées au Monténégro, plus que la totalité des demandes pour l’année 2016 et plus de la moitié des 849 demandes enregistrées pour toute l’année 2017. Il est peu vraisemblable que ceux qui demandent l’asile au Monténégro veuillent y rester, parce le pays offre rarement une telle protection. En 2017, sur 800 demandes, seules sept personnes ont reçu un statut de protection et une seule a obtenu le statut de réfugié. Cette année, personne n’a encore reçu de réponse positive. Il suffit néanmoins de déposer une demande pour avoir le droit de séjourner à titre provisoire dans le pays. C’est un rude défi pour le Monténégro de loger tous ces gens arrivés depuis le mois d’août 2017, explique Milanka Baković, cadre du ministère de l’Intérieur. Les capacités d’accueil du pays sont largement dépassées. Selon les sources du ministère, un camp d’accueil devrait bientôt ouvrir à la frontière avec l’Albanie.

      “Nous prenons un taxi pour passer les frontières. Ensuite, nous marchons. Quand nous arrivons dans un nouveau pays, nous demandons de l’aide à la Croix Rouge.”

      Ali a quitté la Syrie il y a trois mois avec sa femme et ses enfants mineurs. Ils vivent maintenant à Spuž, dans un centre pour demandeurs d’asile établi en 2015. Avant d’arriver au Monténégro, la famille a traversé quatre pays et elle est bien décidée à poursuivre sa route jusqu’en Allemagne, pour rejoindre d’autres membres de leur famille. « Nous prenons un taxi pour passer les frontières. Ensuite, nous marchons. Quand nous arrivons dans un nouveau pays, nous demandons de l’aide à la Croix Rouge ou à qui peut pour trouver un endroit où nous pouvons rester quelques jours… Nous avons peur de ce qui peut nous arriver sur la route mais nous sommes optimistes et, si Dieu le veut, nous atteindrons notre but. »

      Comme tant d’autres avant eux, Ali et sa famille ont traversé la Grèce. Certains ont franchi la frontière entre l’Albanie et le Monténégro en camionnette en payant 250 euros des passeurs. Les autres ont emprunté une route de montagnes sinueuse et des chemins de traverse difficiles avant de traverser la frontière et de redescendre jusqu’à la route de Tuzi, sur les bords du lac de Skadar. Là, il y a une mosquée où les voyageurs peuvent passer la nuit. Certains poursuivent leur route et tentent de traverser les frontières de la Bosnie-Herzégovine, en évitant de se faire enregistrer.

      S’ils sont appréhendés par la police, les migrants et réfugiés peuvent demander l’asile et le Monténégro, comme n’importe quel autre pays, est obligé d’accueillir dans des conditions correctes et en sécurité tous les demandeurs jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise sur leur requête. Dejan Andrić, chef du service des migrations illégales auprès de la police des frontières, pense que la police monténégrine a réussi à enregistrer toutes les personnes entrées sur le territoire. « Ils restent ici quelques jours, font une demande d’asile et peuvent circuler librement dans le pays », précise-t-il. Toutefois des experts contestent que tous les migrants traversant le pays puissent être enregistrés, ce qui veut dire qu’il est difficile d’établir le nombre exact de personnes traversant le Monténégro. La mission locale du Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (UNHCR) se méfie également des chiffres officiels, et souligne « qu’on peut s’attendre à ce qu’un certain nombre de personnes traversent le Monténégro sans aucun enregistrement ».

      Repoussés d’un pays à l’autre

      Z. vient du Moyen-Orient, et il a entamé son voyage voici cinq ans. Il a passé beaucoup de temps en Grèce, mais il a décidé de poursuivre sa route vers l’Europe du nord. Pour le moment, il vit au centre d’hébergement de Spuž, qui peut recevoir 80 personnes, ce qui est bien insuffisant pour accueillir tous les demandeurs d’asile. Z. a essayé de passer du Monténégro en Bosnie-Herzégovine et en Croatie mais, comme beaucoup, il a été repoussé par la police. Selon la Déclaration universelle des droits humains, chaque individu a pourtant le droit de demander l’asile dans un autre pays. Chaque pays doit mettre en place des instruments pour garantir ce droit d’asile, les procédures étant laissées à la discrétion de chaque Etat. Cependant, les accords de réadmission signés entre Etats voisins donnent la possibilité de renvoyer les gens d’un pays à l’autre.

      Dejan Andrić affirme néanmoins que beaucoup de migrants arrivent au Monténégro sans document prouvant qu’ils proviennent d’Albanie. « Dans quelques cas, nous avons des preuves mais la plupart du temps, nous ne pouvons pas les renvoyer en Albanie, et même quand nous avons des preuves de leur passage en Albanie, les autorités de ce pays ne répondent pas de manière positive à nos demandes. » Ceux qui sont repoussés en tentant de traverser la frontière de Bosnie-Herzégovine finissent par échouer à Spuž, mais plus souvent dans la prison de la ville qu’au centre d’accueil. « Si les réfugiés sont pris à traverser la frontière, ils sont ramenés au Monténégro selon l’accord de réadmission. Nous notifions alors au Bureau pour l’asile que cette personne a illégalement essayé de quitter le territoire du Monténégro », explique Dejan Andrić.

      Selon la loi, en tel cas, les autorités monténégrines sont dans l’obligation de verbaliser les personnes pour franchissement illégal de la frontière. Cela se termine devant le Tribunal, qui inflige une amende d’au moins 200 euros. Comme les gens n’ont pas d’argent pour payer l’amende, ils sont expédiés pour trois ou quatre jours dans la prison de Spuž, où les conditions sont très mauvaises. Des Algériens qui se sont retrouvés en prison affirment qu’on ne leur a donné ni lit, ni draps. En dépit de ces accusations portées par plusieurs demandeurs d’asile, le bureau monténégrin du HCR réfute toutes les accusations de mauvais traitements. « Le HCR rend visite à ces gens et les invite à déposer une demande d’asile pour obtenir de l’aide, jamais nous n’avons eu de plainte concernant la façon dont ils étaient traités. »

      Néanmoins, un grand nombre de personnes qui veulent poursuivre leur route parviennent à gagner la Bosnie-Herzégovine. La route la plus fréquentée passe entre les villes de Nikšić et Trebinje. Du 1er janvier au 31 mars, la police a intercepté 92 personnes qui avaient pénétré dans la zone frontalière orientale en provenant du Monténégro, alors que 595 personnes ont été empêchées d’entrer en Bosnie par la frontière sud du pays. Des Monténégrins affirment avoir vu des gens qui marchaient vers la frontière durant les mois d’hiver, cherchant à se protéger du froid dans des maisons abandonnées. La police des frontières de Bosnie-Herzégovine explique que depuis le début de l’année 2018, les familles, les femmes et les enfants sont de plus en plus nombreux à pénétrer dans le pays, alors qu’auparavant, il s’agissait principalement de jeunes hommes célibataires.

      Violences sur les frontières croates

      Farbut Farmani vient d’Iran, il que son ami a tenté à cinq ou six reprises de franchir la frontière de la Bosnie-Herzégovine, et lui-même deux fois. « Une fois en Bosnie, j’ai contacté le bureau du HCR. Ils m’ont dit qu’ils allaient m’aider. J’étais épuisé parce que j’avais marché 55 kms dans les bois et la neige, c’était très dur. Le HCR de Sarajevo a promis qu’il allait s’occuper de nous et nous emmener à Sarajevo. Au lieu de cela, la police est venue et nous a renvoyé au Monténégro ». Parmi les personnes interpelées, beaucoup viennent du Moyen Orient et de zones touchées par la guerre, mais aussi d’Albanie, du Kosovo ou encore de Turquie.

      La police des frontières de Croatie affirme qu’elle fait son devoir conformément à l’accord avec l’accord passé entre les gouvernements de Croatie et du Monténégro. Pourtant, depuis l’été dernier, les frontières monténégrino-croates ont été le théâtre de scènes de violences. Des volontaires ont rapporté, documents à l’appui, des scènes similaires à celles que l’on observe aux frontières serbo-croates ou serbo-hongroises, alors que personne n’a encore fait état de violences à la frontière serbo-monténégrine.

      La frontière croate n’est d’ailleurs pas la seule à se fermer. En février, l’Albanie a signé un accord avec Frontex, l’agence européenne pour la protection des frontières, qui doit entrer en vigueur au mois de juin. L’accord prévoit l’arrivée de policiers européens, des formation et de l’équipement supplémentaire pour la police locale, afin de mieux protéger les frontières. Pour sa part, le gouvernement hongrois a annoncé qu’il allait offrir au Monténégro des fils de fer barbelés afin de protéger 25 kilomètres de frontière – on ne sait pas encore quel segment de la frontière sera ainsi renforcé. Selon le contrat, le fil de fer sera considéré comme un don, exempté de frais de douanes et de taxes, et la Hongrie enverra des experts pour l’installer.

      Pratiquement aucun migrant n’imagine son avenir dans les Balkans, mais si les frontières se ferment, ils risquent d’être bloqués, et pourraient connaître le même sort que les réfugiés du Kosovo qui sont venus au Monténégro pendant les bombardements de l’OTAN en 1999. D’ailleurs, beaucoup de Roms, d’Egyptiens ou d’Ashkali du Kosovo vivent toujours à Podgorica, souvent dans des conditions abominables comme à Vrela Ribnička, près de la décharge de la ville. L’été risque de voir beaucoup de réfugiés affluer dans les Balkans. Il est donc urgent de créer des moyens d’accueil dignes de ce nom.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Migrants-le-trou-noir-des-Balkans

    • Cittadini di Bosnia Erzegovina: solidali coi migranti

      La nuova ondata di migranti che passano dalla Bosnia Erzegovina per poter raggiungere l’UE ha trovato riluttanti e impreparate le autorità ma non la gente. I bosniaco-erzegovesi, memori del loro calvario, si sono subito prodigati in gesti di aiuto


      https://www.balcanicaucaso.org/aree/Bosnia-Erzegovina/Cittadini-di-Bosnia-Erzegovina-solidali-coi-migranti-188155
      #solidarité

    • La Bosnie-Herzégovine s’indigne des réfugiés iraniens qui arrivent de Serbie

      Les autorités de Sarajevo ne cachent pas leur colère. Depuis que Belgrade autorise l’entrée des Iraniens sur son sol sans visas, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à passer illégalement par la Bosnie-Herzégovine pour tenter de rejoindre l’Union européenne.

      Par la rédaction

      (Avec Radio Slobodna Evropa) - Selon le Commissaire serbe aux migrations, Vladimir Cucić, à peine quelques centaines de réfugiés en provenance d’Iran auraient « abusé » du régime sans visa introduit en août 2017 pour quitter la Serbie et tenter de rejoindre l’Europe occidentale. « Environ 9000 Iraniens sont entrés légalement en Serbie depuis le début de l’année 2018. Il n’agit donc que d’un petit pourcentage », explique-t-il à Radio Slobodna Evropa.

      Pourtant, selon le ministre bosnien de la Sécurité, le nombre d’Iraniens arrivant en Bosnie-Herzégovine a considérablement grimpé après l’abolition par Belgrade du régime des visas avec Téhéran. Le 31 mai, Dragan Mektić a mis en garde contre un nombre croissant d’arrivées clandestines d’Iraniens en Bosnie-Herzégovine via la frontière serbe, dans la région de Zvornik et de Višegrad.

      Depuis le mois de mars 2018, quatre vol hebdomadaires directs relient Téhéran et Belgrade. Pour Vladimir Cucić, la plupart des visiteurs iraniens sont des touristes à la découverte de la Serbie. « Les Iraniens figurent à la septième place des nationalités représentées dans les centres d’accueils serbes », ajoute-t-il, où sont hébergées 3270 personnes. « Nous comptons actuellement un peu moins de 400 réfugiés iraniens dans les camps d’accueil. Rien de dramatique ».

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Bosnie-Herzegovine-de-plus-en-plus-de-refugies-iraniens-en-proven
      #Iran #réfugiés_iraniens

    • Bosnie : à Sarajevo, des migrants épuisés face à des bénévoles impuissants (1/4)

      Depuis plusieurs mois, des dizaines de migrants affluent chaque jour en Bosnie, petit État pauvre des Balkans. En traversant le pays, les exilés entendent gagner la Croatie tout proche, et ainsi rejoindre l’Union européenne. L’État bosnien se dit dépassé et peu armé pour répondre à ce défi migratoire. Les ONG et la société civile craignent une imminente « crise humanitaire ». InfoMigrants a rencontré de jeunes bénévoles à Sarajevo, devant la gare centrale, unique lieu de distribution de repas pour les migrants de passage dans la capitale bosnienne.


      http://www.infomigrants.net/fr/post/10148/bosnie-a-sarajevo-des-migrants-epuises-face-a-des-benevoles-impuissant

    • Réfugiés : bientôt des centres d’accueil en Bosnie-Herzégovine ?

      Au moins 5000 réfugiés sont présents en Bosnie-Herzégovine, principalement à Bihać et Velika Kladuša, dans l’ouest du pays, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Débordés, les autorités se renvoient la patate chaude, tandis que l’Union européenne songe à financer des camps d’accueil dans le pays.

      La Fédération de Bosnie-Herzégovine possède à ce jour trois centres d’accueils, à Sarajevo, Delijaš, près de Trnovo, et Salakovac, près de Mostar, mais leur capacité d’accueil est bien insuffisante pour répondre aux besoins. Pour sa part, la Republika Sprska a catégoriquement affirmé qu’elle s’opposait à l’ouverture du moindre centre sur son territoire.

      Les réfugiés se concentrent principalement dans le canton d’Una-Sava, près des frontières (fermées) de la Croatie, où rien n’est prévu pour les accueillir. Jeudi, le ministre de la Sécurité de l’État, le Serbe Dragan Mektić (SDS), a rencontré à Bihać le Premier ministre du canton, Husein Rošić, ainsi que les maires de Bihać et de Cazin, tandis que celui de Velika Kladuša a boycotté le rencontre. Aucun accord n’a pu être trouvé.

      La mairie de Velika Kladuša, où 2000 réfugiés au moins séjournent dans des conditions extrêmement précaires, s’oppose en effet à l’édification d’un centre d’accueil sur son territoire. Pour leur part, les autorités centrales envisageaient d’utiliser à cette fin les anciens bâtiments industriels du groupe Agrokomerc, mais l’Union européenne refuse également de financer un tel projet, car ce centre d’accueil se trouverait à moins de cinq kilomètres des frontières de l’Union.

      « Nous allons quand même ouvrir ce centre », a déclaré aux journalistes le ministre Mektić. « Et ce sera à l’Union européenne de décider si elle veut laisser mourir de faim les gens qui s’y trouveront ». Pour Dragan Mektić, l’objectif est que la Bosnie-Herzégovine demeure un pays de transit. « Nous ne voulons pas que la Bosnie devienne un hot spot, et les routes des migrants sont telles qu’il faut que les centres d’accueil soient près des frontières, car c’est là que les migrants se dirigent », explique-t-il.

      “Nous ne voulons pas que la Bosnie devienne un hot spot, et les routes des migrants sont telles qu’il faut que les centres d’accueil soient près des frontières.”

      Une autre option serait de loger les familles avec enfants dans l’hôtel Sedra de Cazin, mais les autorités locales s’y opposent, estimant que cela nuirait au tourisme dans la commune. Une manifestation hostile à ce projet, prévue vendredi, n’a toutefois rassemblé qu’une poignée de personnes. Les autorités municipales et cantonales de Bihać demandent l’évacuation du pensionnat où quelques 700 personnes ont trouvé un refuge provisoire, dans des conditions totalement insalubres, mais avec un repas chaud quotidien servi par la Croix-Rouge du canton. Elles réclament également la fermeture des frontières de la Bosnie-Herzégovine, qui serait, selon elles, la seule manière de dissuader les réfugiés de se diriger vers le canton dans l’espoir de passer en Croatie.

      Le président du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine, Denis Zvizdić (SDA), a lui aussi mis en garde contre tout projet « de l’Union européenne, notamment de la Croatie », de faire de la Bosnie-Herzégovine « une impasse pour les migrants ». Les réfugiés continuent néanmoins à affluer vers ce pays depuis la Serbie, et surtout depuis le Monténégro. Pour sa part, le gouvernement autrichien a annoncé l’envoi de 56 tentes en Bosnie-Herzégovine.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Crise-des-migrants-bientot-des-centres-d-accueil-en-Bosnie-Herzeg

    • Migrants : la Bosnie refuse de devenir la sentinelle de l’Europe

      La Bosnie refuse de devenir la sentinelle de l’Union européenne, qui ferme ses frontières aux milliers de migrants bloqués sur son territoire.

      Le ministre de la Sécurité de ce pays pauvre et fragile Dragan Mektic, a du mal à cacher son agacement face à Bruxelles.

      « Nous ne pouvons pas transformer la Bosnie en +hotspot+. Nous pouvons être uniquement un territoire de transit », a-t-il averti lors d’une visite la semaine dernière à Bihac (ouest).

      La majorité des migrants bloqués en Bosnie se regroupent dans cette commune de 65.000 habitants, proche de la Croatie, pays membre de l’UE.

      Le ministre a récemment regretté le refus de Bruxelles de financer un centre d’accueil dans une autre commune de l’ouest bosnien, Velika Kladusa. Selon lui, l’UE le juge trop proche de sa frontière et souhaite des centres plus éloignés, comme celui prévu près de Sarajevo.

      Le Premier ministre Denis Zvizdic a lui mis en garde contre tout projet « de l’Union européenne, notamment de la Croatie », de faire de la Bosnie « une impasse pour les migrants ».

      Ceux-ci « pourront entrer en Bosnie proportionnellement au nombre de sorties dans la direction de l’Europe », a-t-il encore prévenu.

      – ’Finir le voyage’ -

      Malgré des conditions de vie « très mauvaises » dans le campement de fortune où il s’est installé à Velika Kladusa, Malik, Irakien de 19 ans qui a quitté Bagdad il y a huit mois avec sa famille, n’ira pas dans un camp l’éloignant de la frontière : « Les gens ne veulent pas rester ici, ils veulent finir leur voyage. »

      Dans ce camp, chaque jour des tentes sont ajoutées sur l’ancien marché aux bestiaux où plus de 300 personnes survivent au bord d’une route poussiéreuse, à trois kilomètres d’une frontière que Malik et sa famille ont déjà tenté deux fois de franchir.

      La municipalité a installé l’eau courante, quelques robinets, mis en place un éclairage nocturne et posé quelques toilettes mobiles.

      Pour le reste, les gens se débrouillent, explique Zehida Bihorac, directrice d’une école primaire qui, avec plusieurs enseignants bénévoles, organise des ateliers pour les enfants, aide les femmes à préparer à manger.

      « C’est une situation vraiment désespérée. Personne ne mérite de vivre dans de telles conditions. Il y a maintenant beaucoup de familles avec des enfants, entre 50 et 60 enfants, dont des bébés qui ont besoin de lait, de nourriture appropriée », dit-elle.

      « Ces gens sont nourris par les habitants, mais les habitants ne pourront pas tenir encore longtemps parce qu’ils sont de plus en plus nombreux », met-elle en garde, déplorant l’absence de l’État.

      Selon le ministère de la Sécurité, plus de 7.700 migrants ont été enregistrés en Bosnie depuis le début de l’année. Plus de 3.000 seraient toujours dans le pays, la majorité à Bihac, où l’un d’eux s’est noyé dans l’Una la semaine dernière.

      Dans cette ville, 800 à 900 déjeuners sont désormais servis chaque jour dans la cité universitaire désaffectée investie par les migrants depuis plusieurs mois, selon le responsable local de la Croix Rouge Selam Midzic.

      Le bâtiment étant désormais trop petit, des tentes sont plantées dans un bosquet proche. D’autres squats sont apparus. « Le nombre de migrants augmente chaque jour », dit Selam Midzic.

      – Motif supplémentaire de zizanie -

      Le maire, Suhret Fazlic, accuse le gouvernement de l’abandonner. « Nous ne voulons pas être xénophobes, nous souhaitons aider les gens, et c’est ce qu’on fait au quotidien. Mais cette situation dépasse nos capacités », dit-il.

      La question s’est invitée dans la campagne des élections générales d’octobre, dans un pays divisé aux institutions fragiles. Le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a plusieurs fois prévenu que son entité n’accueillerait pas de migrants.

      Il a même accusé des dirigeants Bosniaques (musulmans) de vouloir modifier l’équilibre démographique du pays en y faisant venir 150.000 migrants pour la plupart musulmans.

      La Bosnie est peuplée pour moitié de Bosniaques musulmans, pour un tiers de Serbes orthodoxes et pour environ 15% de Croates catholiques.

      http://www.liberation.fr/planete/2018/07/09/migrants-la-bosnie-refuse-de-devenir-la-sentinelle-de-l-europe_1665144

    • Migrants : en Bosnie, la peur de « devenir Calais »

      De plus en plus de #réfugiés_pakistanais, afghans et syriens tentent de rejoindre l’Europe en passant par la frontière bosno-croate. Alors que les structures d’accueil manquent, cet afflux ravive des tensions dans un pays divisé en deux sur des bases ethniques.

      Le soir tombé, ils sont des dizaines à arriver par bus ou taxi. Samir Alicic, le tenancier du café Cazablanka à Izacic, un petit village situé à la frontière entre la Bosnie et la Croatie, les observe depuis trois mois faire et refaire des tentatives pour passer côté croate dans l’espoir de rejoindre l’Europe de l’Ouest. En 2017, ces voyageurs clandestins en provenance du Pakistan, de la Syrie et de l’Afghanistan étaient seulement 755 en Bosnie-Herzégovine, selon les chiffres officiels. Ils sont plus de 8 000 à la mi-juillet 2018 et leur nombre va sans doute exploser : d’après les autorités, ils pourraient être plus de 50 000 à tenter de transiter par le pays dans les prochains mois.

      Depuis le début de l’année, un nouvel itinéraire les a menés en Bosnie, un pays pauvre au relief accidenté qu’ils évitaient jusqu’ici et qui ne dispose que de deux centres d’accueil officiels, saturés, près de Sarajevo et de Mostar. Désormais, ils arrivent - chose inédite - par l’Albanie et le Monténégro. La route des Balkans par laquelle plus d’un million de migrants sont passés en 2015 et 2016 est fermée depuis mars 2016. Et les frontières entre la Serbie et la Hongrie et la Serbie et la Croatie sont devenues infranchissables.

      Catastrophe humanitaire

      Le nouvel itinéraire est ardu. D’abord, il faudrait franchir la frontière bosno-croate. Elle s’étale sur plus de 1 000 kilomètres, mais on y est facilement repérable. Plusieurs centaines de migrants auraient été renvoyés de Croatie vers la Bosnie sans même avoir pu déposer une demande d’asile. « On les voit revenir le visage tuméfié. Ils nous racontent qu’ils ont été tabassés et volés par les flics croates », raconte Alija Halilagic, un paysan dont la maison se trouve à quelques encablures de la frontière. Ici, ils essaient de passer par les champs, la forêt, la rivière ou même par une ancienne douane éloignée seulement d’une cinquantaine de mètres de l’actuelle. Pour qu’ils ne tombent pas sur les champs de mines, encore nombreux en Bosnie, la Croix-Rouge leur distribue un plan.

      Entre la Croatie et la Slovénie, la frontière est une bande étroite : la franchir sans être repéré est quasi impossible. Ce qui fait le jeu des passeurs qui demandent jusqu’à 5 000 euros pour faire l’itinéraire depuis la Bosnie, selon des sources rencontrées à Sarajevo. Parmi ces migrants bloqués en Bosnie, seuls 684 ont demandé l’asile politique depuis le début de l’année. Les Etats balkaniques restent perçus comme des pays de transit.

      La majorité s’est massée dans le nord-ouest du pays. Surtout à Bihac, une ville de 60 000 habitants à une dizaine de kilomètres d’Izacic, où sont concentrés 4 000 migrants. Ils sont rejoints par une cinquantaine de nouveaux arrivants chaque jour.

      Sur les hauteurs de la ville, ce jour-là à 13 heures passées, des centaines de personnes patientent sous un soleil de plomb. La distribution du repas durera deux heures et demie. Ils sont plus d’un millier à être hébergés dans cet ancien internat sans toit ni fenêtre. Le sol boueux, jonché de détritus, est inondé par endroits par l’eau de pluie. Le bâtiment désaffecté sent l’urine. Entre 15 et 40 personnes dorment dans chaque pièce, sur des matelas, des couvertures, quelques lits superposés. De grandes tentes sont installées dans un champ boisé, à côté du bâtiment. « Cet endroit n’est pas safe la nuit, raconte un migrant kurde. Il y a des bagarres, des couteaux qui circulent. La police refuse d’intervenir. » Une centaine d’enfants et une cinquantaine de femmes sont hébergés ici. Le lendemain, huit familles seront relogées dans un hôtel de la région.

      « Nous manquons de tout : de vêtements, de chaussures, de couvertures, de sacs de couchage, de tentes, de lits de camp. Chaque jour, nous courons pour aller chercher et rendre aux pompiers de la ville le camion qu’ils nous prêtent pour qu’on puisse livrer les repas », raconte le responsable de la Croix-Rouge locale, Selam Midzic. Les ONG craignent que le prochain hiver ne tourne à la catastrophe humanitaire. Pour tenter de l’éviter, le bâtiment devrait être rénové à l’automne. Les migrants pourraient être déplacés vers un centre d’accueil qui serait monté dans la région. Mais aucune ville des alentours n’en veut pour l’instant.

      L’afflux de migrants, souvent en provenance de pays musulmans, ravive des tensions. Depuis la fin de la guerre, la Bosnie est divisée sur des bases ethniques en deux entités : la République serbe de Bosnie (la Republika Srpska, RS) et la Fédération croato-musulmane. Elle est composée de trois peuples constituants : les Bosniaques musulmans (50 % de la population), les Serbes orthodoxes (30 %) et les Croates catholiques (15 %). Des migrants, le président de l’entité serbe, qui parle d’« invasion », n’en veut pas. « En Republika Srpska, nous n’avons pas d’espace pour créer des centres pour les migrants. Mais nous sommes obligés de subir leur transit. Nos organes de sécurité font leur travail de surveillance », a déclaré Milorad Dodik dans une interview au journal de référence serbe, Politika.

      Vols par effraction

      « La police de la République serbe expulse vers la Fédération tous ces gens dès qu’ils arrivent. Il y a des villes de la RS qui sont aussi frontalières avec la Croatie. Et pourtant, tout le monde vient à Bihac », s’indigne le maire de la ville, Suhret Fazlic. L’élu local estime que les institutions centrales sont trop faibles pour faire face à l’afflux de migrants. En outre, le gouvernement, via son ministère de la Sécurité, « se défausse sur les autorités locales. Et les laisse tous venir à Bihac en espérant qu’ils vont réussir à passer en Croatie. Nous avons peur de devenir Calais, d’être submergés ».

      A Izacic, les esprits sont échauffés. On reproche à des migrants de s’être introduits par effraction dans plusieurs maisons, appartenant souvent à des émigrés bosniens installés en Allemagne ou en Autriche. Ils y auraient pris des douches et volé des vêtements. Quelques dizaines d’hommes se sont organisés pour patrouiller la nuit. Des migrants auraient également menacé les chauffeurs de taxi qui les conduisaient jusqu’au village et tabassé un groupe qui descendait du bus, la semaine dernière. « Moi, ils ne m’embêtent pas. Mais ce qui me dérange, c’est qu’ils détruisent nos champs de maïs, de pommes de terre, de haricots quand ils les traversent à trente ou à cinquante. On en a besoin pour vivre. Ma mère âgée de 76 ans, elle les a plantés, ces légumes », se désole Alija Halilagic, attablé au Cazablanka. Certains habitants, comme Samir Alicic, aimeraient voir leurs voisins relativiser. « Les années précédentes, les récoltes étaient détruites par la sécheresse et la grêle. A qui pourrait-on le faire payer ? » fait mine de s’interroger le patron du bar.

      http://www.liberation.fr/planete/2018/07/29/migrants-en-bosnie-la-peur-de-devenir-calais_1669607
      #réfugiés_afghans #réfugiés_syriens

    • A contre-courant, #Sarajevo affiche sa solidarité

      Quelque 600 migrants parmi les 8 000 entrés dans le pays depuis le début de l’année sont actuellement en transit dans la capitale.

      La scène est devenue familière. Sur le parking de la gare de Sarajevo, ils sont environ 300 à former une longue file en cette soirée chaude de juillet. S’y garera bientôt une camionnette blanche d’où jailliront des portions des incontournables cevapcici bosniens, quelques rouleaux de viande grillée servis dans du pain rond, accompagnés d’un yaourt. Une poignée de femmes et quelques enfants se mêlent à ces jeunes hommes, venus de Syrie, d’Irak, du Pakistan ou d’Afghanistan et de passage en Bosnie sur la route vers l’Europe de l’Ouest. Environ 600 des 8 000 migrants entrés dans le pays depuis le début de l’année sont actuellement en transit dans la capitale. La majorité est bloquée dans le nord-ouest, en tentant de passer en Croatie.

      « Ici, l’accueil est différent de tous les pays par lesquels nous sommes passés. Les gens nous aident. Ils essaient de nous trouver un endroit où prendre une douche, dormir. Les flics sont corrects aussi. Ils ne nous tabassent pas », raconte un Syrien sur les routes depuis un an. Plus qu’ailleurs, dans la capitale bosnienne, les habitants tentent de redonner à ces voyageurs clandestins un peu de dignité humaine, de chaleur. « Les Sarajéviens n’ont pas oublié que certains ont été eux-mêmes des réfugiés pendant la guerre en Bosnie[1992-1995, ndlr]. Les pouvoirs publics ont mis du temps à réagir face à l’arrivée des migrants, contrairement aux habitants de Sarajevo qui ont d’emblée affiché une solidarité fantastique. Grâce à eux, une crise humanitaire a été évitée au printemps », affirme Neven Crvenkovic, porte-parole pour l’Europe du Sud-Est du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

      En avril, 250 migrants avaient mis en place un campement de fortune, quelques dizaines de tentes, dans un parc du centre touristique de Sarajevo. L’Etat qui paraissait démuni face à cette situation inédite ne leur fournissait rien. « Dès que nous avons vu venir des familles, nous nous sommes organisés. Des gens ont proposé des chambres chez eux, ont payé des locations », raconte une bénévole de Pomozi.ba, la plus importante association humanitaire de Sarajevo. L’organisation, qui ne vit que des dons des particuliers en argent ou en nature, sert actuellement un millier de repas par jour dans la capitale bosnienne et distribue vêtements et couvertures. Lors du ramadan en mai, 700 dîners avaient été servis. Des nappes blanches avaient été disposées sur le bitume du parking de la gare de Sarajevo.

      Non loin de la gare, un petit restaurant de grillades, « le Broadway », est tenu par Mirsad Suceska. Bientôt la soixantaine, cet homme discret apporte souvent des repas aux migrants. Ses clients leur en offrent aussi. Il y a quelques semaines, ils étaient quelques-uns à camper devant son établissement. Un groupe d’habitués, des cadres qui travaillent dans le quartier, en sont restés sidérés. L’un d’eux a demandé à Mirsad de donner aux migrants toute la nourriture qui restait dans sa cuisine. « Quand je les vois, je pense aux nôtres qui sont passés par là et je prends soin de ne pas les heurter, les blesser en lançant une remarque maladroite ou un mauvais regard », explique Mirsad. Dans le reste du pays, la population réserve un accueil plus mitigé à ces voyageurs.

      http://www.liberation.fr/planete/2018/07/29/a-contre-courant-sarajevo-affiche-sa-solidarite_1669608

    • La région de #Bihać attend une réponse des autorités de Bosnie-Herzégovine

      10 août - 17h30 : Le Premier ministre du canton d’#Una-Sava et les représentants de communes de Bihać et #Velika_Kladuša ont fixé à ce jour un ultimatum au Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine, pour qu’il trouve une solution pour le logement des réfugiés qui s’entassent dans l’ouest de la Bosnie. « Nous ne pouvons plus tolérer que la situation se poursuive au-delà de vendredi. Nous avions décidé que les réfugiés qui squattent le Pensionnat devaient être relogés dans un camp de tentes à Donja Vidovska, mais rien n’a été fait », dénonce le Premier ministre cantonal Husein Rošić.

      A ce jour, 5500 migrants et réfugiés se trouveraient dans l’ouest de la Bosnie-Herzégovine, dont 4000 dans la seule commune de Bihać, et leur nombre ne cesse de croître.


      https://www.courrierdesbalkans.fr/Bosnie-police-renforts-frontieres
      #Bihac ##Velika_Kladusa

    • EASO assesses potential support to Bosnia Herzegovina on registration, access to procedure, identification of persons with special needs and reception

      Due to an increased number of mixed migration flows in Bosnia and Herzegovina, the European Commission has been in contact with #EASO and the project partners 1 of the IPA funded Regional Programme “Regional Support to Protection-Sensitive Migration Management in the Western Balkans and Turkey” on how to best support the Bosnian ‘Action Plan to Combat Illegal Migration’ 2 within the scope of the project and possibly beyond.

      Within that framework, an assessment mission with six EASO staff from the Department for Asylum Support and Operations took place from 30 July to 3 August in Bosnia and Herzegovina. The objective of the mission was to further assess the situation in the country and discuss the scope and modalities of EASO’s support, in cooperation with #Frontex, #IOM, #UNHCR and EU Delegation.
      #OIM

      After a meeting with the Bosnian authorities, UNHCR and IOM in Sarajevo, the EASO reception team travelled throughout Bosnia to visit current and future reception facilities in #Delijas and #Usivak (Sarajevo Canton), #Salakovac (Herzegovina-Neretva Canton), #Bihac and #Velika_Kladusa (Una-Sana Canton, at the country`s western border with Croatia). The aim of the visit was to assess the conditions on the ground, the feasibility of an increase of reception capacity in Bosnia and Herzegovina and the potential for dedicated support to the Bosnian authorities by EASO on the topic of reception conditions. EASO experts met with Bosnian officials, mobile teams from IOM, field coordinators from UNHCR and various NGO partners active in reception centres.

      The reception mission visited #Hotel_Sedra near Bihac, which since the end of July has started to host families with children relocated from informal settlements (an abandoned dormitory in Bihac and an open field in Velika Kladusa) within the Una-Sana Canton. It will soon reach a capacity of 400, while the overall capacity in the country is expected to reach 3500 before winter. A former military camp in Usivak (near Sarajevo) will also start to host families with children from September onward after the necessary work and rehabilitation is completed by IOM.

      The EASO reception team is currently assessing the modalities of its intervention, which will focus on expert support based on EASO standards and indicators for reception for the capacity building and operational running of the reception facilities in Bihac (Hotel Sedra) and Ušivak.

      In parallel, the EASO experts participating in the mission focusing on registration, access to asylum procedure and identification or persons with special needs visited reception facilities in Delijas and Salakovac as well as two terrain centres of the Service for Foreigners’ Affairs, namely in Sarajevo and Pale. Meetings with the Ministry of Security’s asylum sector allowed for discussions on possible upcoming actions and capacity building support. The aim would be to increase registration and build staff capacity and expertise in these areas.

      Currently, the support provided by EASO within the current IPA project is limited to participation to regional activities on asylum and the roll-out of national training module sessions on Inclusion and Interview Techniques. This assessment mission would allow EASO to deliver more operational and tailor made capacity building and technical support to Bosnia and Herzegovina in managing migration flows. These potential additional actions would have an impact on the capacity of the country for registration, reception and referral of third-country nationals crossing the border and will complement the special measure adopted by the European Commission in August 2018. The scope and modalities of the actions are now under discussions with the relevant stakeholders and will be implemented swiftly, once agreed by the Bosnian authorities and the EU Delegation.

      https://www.easo.europa.eu/easo-assessment-potential-support-bosnia-herzegovina

      Avec cette image postée sur le compte twitter de EASO :


      https://twitter.com/EASO/status/1038804225642438656


  • Richiedenti asilo ed esiti in Europa: per gli afghani è “asylum lottery”

    Come è possibile che i richiedenti asilo afghani in Francia ottengano protezione nell’80% dei casi, mentre in Belgio solo il 60% scarso, in Germania meno del 50% e nella civile Norvegia meno del 40%, per non parlare del 30% che la medesima nazionalità ottiene in Bulgaria, dove le richieste di protezione presentate da cittadini afghani vengono ritenute «manifestamente infondate»?

    http://viedifuga.org/richiedenti-asilo-ed-esiti-in-europa-per-gli-afghani-e-asylum-lottery
    #2017 #loterie_De_l'asile #asile #migrations #réfugiés #statistiques #taux_De_reconnaissance #chiffres #réfugiés_afghans


  • Travelling Swallows

    who are we?
    we are afghan girls in the refugees’ camp in Greece. we are 4 girls from Afghanistan but from different cities
    Fateme is 16 years old .
    Atefe is 18 years old.
    Roya is 20 years old.
    Fahime is 23 years old.
    We are 4 best friends and created this blog ; beacuse ;we want to speak about a part of the hardship that we go through until we get to a safe place .
    Those immigrents have not come here for fun ,but have just traveld to Europe to have a safe place for themselves and their families and the future of their children...........
    And they have not made this easy.There are so many hardships that nobody can believe , but it’s true.
    It’s hard to walk for hours on the mountain and pass through sludge and stay a few nights in the gungle and the sea.It is not something that anyone can do easily with a women and child.........
    We ask you accompany us in this “journey”. Maybe through these stories you will feel a bit like the way we felt and understand us.

    We just write down a brief summary of these hardships.

    #blog #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_afghans #femmes #témoignage #Grèce #camp_de_réfugiés

    Reçu via mail par Laura Meli, avec ce commentaire :

    Oggi tocca a me. Da una settimana sono a Salonicco, con l’associazione QRT siamo attivi al campo di Diavata e Kavala, che accolgono rispettivamente 700 e 350 persone. Sono sollevata nel vedere che rispetto all’anno scorso le condizioni del campo sono migliorate, ma é triste ritrovare gli stessi visi. Oggi ho conosciuto una giovare ragazza afgana di 16 anni, partita due anni fa, ha trascorso 1 anno e mezzo al campo di Moria e ora con la sua famiglia hanno potuto raggiungere il campo sul continente. Questa ragazza ha creato un blog nel quale ha raccontato il suo viaggio, a partire dalla vita in Afganistan, il percorso fino a Moria e la vita al campo.


  • Migration: A study on Afghan returnees from Europe, their motivations and challenges to reintegration

    http://www.reach-initiative.org/migration-a-study-on-afghan-returnees-from-europe-their-motivation

    Nearly forty years of conflict, economic hardship and natural disasters have resulted in the displacement and migration of millions of Afghans. More recently, increasing numbers of Afghans are making the difficult decision to return to their country of origin, often under strained and difficult circumstances. While a growing number of media organisations and humanitarian actors are documenting the experiences of the large numbers of Afghans returning from Pakistan and Iran, much less is known about the considerably smaller number of Afghans returning from Europe, nor about the conditions of life and challenges to reintegration that await them once they return.

    #migrations #asile #afghanistan #retours #visualisation


  • Erreurs de la part des autorités et risques dans le cadre d’un renvoi Dublin : Non au renvoi imminent d’un réfugié afghan !

    Muslem a fui l’Afghanistan, sentant sa vie et son intégrité sérieusement menacée en lien avec divers événements. Il s’est d’abord rendu en Norvège où vit sa fiancée, mais les autorités norvégiennes n’ont pas pris au sérieux ses motifs d’asile. A défaut d’un mariage civil formalisant le lien avec sa fiancée (qui a obtenu un statut de réfugié), il n’a pas pu régulariser sa situation par ce biais non plus. Il a alors fui le pays pour éviter à tout prix d’être renvoyé vers l’Afghanistan.

    Après plusieurs mois passés en Turquie, il est venu en Suisse où trois de ses frères sont établis depuis longtemps, avec des titres de séjours. Muslem a déposé une demande d’asile à son arrivée, mais les autorités suisses ne sont pas entrées en matière (selon les accords Dublin) et ont prononcé une décision de renvoi vers la Norvège.

    Récemment, Muslem a été assigné à résidence par les autorités du canton de #Vaud (mesures prises pour assurer son renvoi), mais de peur d’être arrêté à tout moment, il n’a pas respecté cette décision. Le non-respect de l’assignation représente un délit, aux yeux de l’État, ce qui autorise la police à venir l’arrêter au sein même des locaux du Service de la Population (administration cantonale), où il est obligé de pointer régulièrement pour obtenir l’#aide_d’urgence. Jeudi 16 novembre, Muslem a été embarqué et mis en détention à la prison de la Favra, à Genève, en vue d’un renvoi forcé !

    Nous dénonçons fermement cette nouvelle décision de renvoi ainsi que son exécution par le canton de Vaud. Les autorités ferment les yeux sur plusieurs aspects importants de sa situation personnelle, et menacent gravement sa sécurité :

    1. Lors des auditions, Muslem a déclaré avoir passé plusieurs mois en Turquie avant de venir en Suisse. Or, quand une personne sort de l’espace Schengen durant plus de deux mois, la procédure Dublin est censée redémarrer à zéro : autrement dit, les autorités suisses ne peuvent légalement pas le renvoyer vers la Norvège. Elles auraient au moins dû l’entendre au sujet de ce séjour en Turquie, qu’il peut prouver par différents moyens, mais elles n’ont évidemment pas jugé utile de s’attarder sur ce « détail »… cela rendrait plus compliqué le refoulement en masse des pseudo-"cas Dublin" que pratique le SEM.

    2. Muslem risque un #renvoi_en_cascade vers l’Afghanistan, élément qui n’a pas du tout été pris en compte dans l’examen de sa situation. Pourtant, Amnesty International et la Cimade dénoncent vivement les renvois vers l’Afghanistan suite à l’issue qu’ont connu plusieurs réfugiés refoulés vers ce pays (1) et à ce titre, elles dénoncent également les renvois vers la Norvège après une demande d’asile déboutée et le risque de renvoi en cascade vers l’Afghanistan (2). Dans ce contexte, les autorités en Suisse avaient une responsabilité concernant la considération de sa situation et des risques encourus en cas de renvoi vers la Norvège, éléments qui n’ont évidemment pas été examinés.

    3. Muslem a trois frères ainsi qu’autres membres de sa famille en Suisse, raison pour laquelle il a finalement re-demandé l’asile ici. Le SEM, comme à l’accoutumée, n’a pas jugé nécessaire de prendre en compte cet élément dans le traitement de sa situation.

    Et finalement, comme d’habitude, le SPOP du Canton de Vaud a exécuté la décision de renvoi du SEM, froidement, automatiquement et aveuglément, sans se préoccuper de sa situation réelle. A nouveau, une succession de décisions et d’actes d’obéissance qui sont en train de broyer et d’envoyer une personne vers la mort. … la « banalité du mal » dans sa réalité brute.

    Actuellement, Muslem est en détention administrative à la Favra, il a commencé une grève de la faim dès son incarcération et son état de santé se dégrade de jour en jour. Sa famille et ses ami-e-s sont extrêmement inquièt-e-s pour lui.

    Nous appelons chacun et chacune à informer de cette situation alarmante les personnes que vous jugez utiles, pour que Muslem soit libéré, pour qu’il ne soit pas expulsé et refoulé vers la Norvège et ainsi probablement, vers l’Afghanistan !

    Quelques suggestions de personnes à contacter :

    Steve Maucci, Chef du Service de la Population (SPOP) : steve.maucci@vd.ch / Jean-Vincent Rieder, Chef de division asile du (SPOP) : jean-vincent.rieder@vd.ch
    Philippe Leuba, Conseiller d’Etat, Dép. économie et sport (y-c SPOP/asile) philippe.leuba@vd.ch
    Béatrice Métraux, Conseillère d’Etat, Dép. des institutions et de la sécurité : beatrice.metraux@vd.ch
    Nuria Gorrite, Présidente du Conseil d’Etat : nuria.gorrite@vd.ch

    Pierre-Yves Maillard, Conseiller d’Etat, dép. santé et action sociale : pierre-yves.maillard@vd.ch
    Cesla Amarelle, Conseillère d’Etat, Dép. formation jeunesse et culture (enfants scolarisés) : cesla.amarelle@vd.ch
    Jacqueline De Quattro, Conseillère d’Etat, dép. sécurité et environnement, jacqueline.dequattro@vd.ch
    Pascal Broulis, Conseiller d’Etat, dép. des finances et rel. extérieures pascal.broulis@vd.ch

    Denise Graf, coordinatrice asile à Amnesty International Suisse dgraf@amnesty.ch
    et autres ONG….
    (1) http://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2017/10/Synthese_FR.pdf

    (2) https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2017/05/10/alerte-nouvelles-expulsions-vers-la-norvege-risque-

    Reçu via la mailing-list du #Collectif_R (Lausanne, Suisse), le 29 novembre 2017
    #migrations #asile #réfugiés #réfugiés_afghans #Dublin #renvois #expulsions #Suisse #renvois_Dublin #migrerrance #détention_administrative #rétention #assignation_à_résidence


    • EU Migration Policy and Returns: Case Study on Afghanistan

      With higher numbers of refugees and migrants arriving in Europe in 2015 and 2016, the European Commis- sion (EC) and Member States became concerned about the low numbers of people who left Europe compared to the numbers of return decisions issued. This low rate of return was judged to be due to factors including obstacles to return at Member State level, difficulties in cooperation with third countries and documentation, and non-compliance by individuals. The European Union (EU) has tried to tackle these obstacles and made increasing returns a primary policy aim. This case study looks at how this shift has been implemented in the case of returns to Afghanistan. It looks at how the EC and Member States have interpreted the new policy direction, and the effect on EU-Afghan relations, on refugees and asylum seekers from Afghanistan in Europe, on return to Afghanistan, and on the fate of those returned.

      https://www.ecre.org/wp-content/uploads/2017/11/Returns-Case-Study-on-Afghanistan.pdf
      #Afghanistan #réfugiés_afghans #EU #UE


  • I migranti che la Norvegia non vuole più

    Nella contea di #Østfold, un centinaio di chilometri a sud di Oslo, in Norvegia, sorge un grande e asettico hangar un tempo conosciuto come Smart club. Per decisione del ministero dell’immigrazione e dell’integrazione, al suo interno sono state montate una cinquantina di tende militari in fila per tre, in modo che lo spazio libero tra una tenda e l’altra non sia maggiore di sei-sette metri. Il campo coperto è un mondo a sé: vi si può accedere solo da alcune porte, mentre su tutto il perimetro della sua superficie l’illuminazione è artificiale, anche di giorno.

    Le tende raccolte nell’hangar possono raggiungere una capienza complessiva di mille posti letto. Qui, a partire dal 2018, saranno rinchiusi tutti i migranti che arrivano in Norvegia in attesa di sapere se otterranno o meno l’asilo politico. La permanenza durerà al massimo 21 giorni: chi otterrà l’asilo sarà poi trasferito in centri di accoglienza, chi andrà incontro a un rifiuto sarà invece immediatamente espulso. Rimpatriato nei paesi di partenza o rispedito in quelli di transito.

    È questo il modo in cui la ministra dell’immigrazione e dell’integrazione #Sylvi_Listhaug intende procedere a una “revisione totale” del sistema d’asilo in Norvegia. Listhaug è una dei due ministri in quota al Partito del progresso, la formazione politica di destra radicale – che però rifiuta di essere definita sia di “estrema destra”, sia “populista” – che dal 2013 governa con il Partito conservatore. Le elezioni del settembre 2017 hanno confermato la stessa maggioranza di governo, lasciando il partito laburista e le altre formazioni di sinistra all’opposizione.

    La decisione di rinchiudere tutti i migranti in unico luogo è solo l’ultimo atto della profonda rivisitazione delle politiche dell’immigrazione (e non solo di quelle che riguardano i richiedenti asilo) volute dal Partito del progresso.


    https://www.internazionale.it/reportage/alessandro-leogrande/2017/11/27/norvegia-migranti
    #Norvège #asile #migrations #réfugiés #révision #loi_sur_l'asile #enfermer_pour_mieux_expulser (c’est valable aussi pour la #restructuration de l’asile en #Suisse) #it_has_begun #renvois #expulsions #Afghanistan #réfugiés_afghans

    cc @reka même si le texte est en italien...


  • Restrictive EU policies are putting refugee children at risk, says new report from Save the Children

    In a new report, Save the Children warns that restrictive EU migration policies risk pushing children underground.

    About 800,000 children applied for asylum in the EU over the last two years. 150,000 of them were unaccompanied, arriving in Europe either completely alone or without a family member. In this new policy report, Keeping Children at the Centre, the NGO Save the Children looks at the risks children face both on the way to and inside Europe, and the restrictive measures that make it difficult for them to receive the protection – and investment - they need.

    As the debate around migration heats up again ahead of another EU Council meeting on 19 and 20 October there is much at stake for migrant and refugee children.

    “Two years ago, everybody panicked because 10,000 migrant children allegedly went missing,” says Save the Children’s EU Director, Ester Asin. “Today, national and EU policies have become even more restrictive, and many more children risk not having papers, or going underground.”

    Children trying to cross borders in the Western Balkans are often the victims of violent pushbacks by border staff, making them use even more clandestine and dangerous routes. In the Greek #hotspots children are kept, sometimes in conditions which are similar to prisons, waiting on decisions on their asylum claims, in some cases for more than a year. Save the Children has witnessed #suicide attempts and self-harm among children as young as nine years old in the Greek hotspots (refugee reception centres). Mental health issues are widespread among migrant and refugee children across Europe. In Sweden last February, seven refugee children attempted to kill themselves, three of them succeeded.

    “Whilst we are pleased to see an increased commitment by the European Commission and Member States to protect children in migration, this will have little effect when they are balanced by border procedures leading to children spending long periods in detention centres; being issued temporary permits which offer them more insecurity; or returning them to countries where their safety cannot be guaranteed,” says Asin.

    Reports from Save the Children’s national programmes show that children’s fear of being returned to the country where they came from or, in some cases, to a third country they have never known might push them underground. Many Afghan children living in Sweden, for example, grew up in Iran. They are now being sent back to #Afghanistan, a country with which they have no links, and of which they have no memory.

    Many European countries are taking advantage of the notion of a ‘migration crisis’ and the rise in anti-immigrant sentiment to take in even fewer asylum-seekers than before the crisis started. Today Belgium, Sweden, Denmark, Slovenia and Poland take in fewer asylum-seekers than in 2012-2013, while Greece and Italy account for nearly one third of all asylum applications.

    Estin added: “Children pay a huge price for this acute lack of solidarity. They either face hardship and insecurity in the EU, or risk their lives at sea and in the desert by taking more dangerous routes due to a rise in checkpoints and border control, supported by the EU.”


    https://www.savethechildren.net/article/restrictive-eu-policies-are-putting-refugee-children-risk-says-new-
    #mineurs #asile #migrations #réfugiés #MNA #Europe #UE #EU #rapport #Balkans #refoulement #push-back #santé_mentale #réfugiés_afghans #enfants #enfance

    Lien vers le rapport:
    https://www.savethechildren.net/sites/default/files/KEEPING%20CHILDREN%20AT%20THE%20CENTRE%202017_%20DEF_%20LOW_%202__.



  • Minori non accompagnati afghani in Europa: una panoramica

    Oltre 100.000 minori afghani non accompagnati, quasi tutti maschi tra i 14 ei 17 anni, hanno chiesto asilo in Europa tra il 2008 e il 2016, rendendo l’Afghanistan il primo paese di origine dei rifugiati minorenni. Mentre la Germania e la Svezia hanno ricevuto la maggior parte delle domande di asilo, l’Italia si è confermata un importante punto d’incontro e transito nel lungo viaggio verso altre destinazioni europee.

    http://minoristranierinonaccompagnati.blogspot.ch/2017/09/migranti-non-accompagnati-afghani-in.html

    #MNA #mineurs_non_accompagnés #réfugiés #réfugiés_afghans #Afghanistan #Europe #asile #migrations


  • Afghanistan: Situation of young male ‘Westernised’ returnees to Kabul

    Endorsed and peer-reviewed by the Asylum Research Consultancy (ARC) and the Dutch Council for Refugees, Asylos has compiled a new COI research report on the situation of young male ‘Westernised’ returnees to Kabul, Afghanistan. This report was compiled to meet an increased demand by legal representatives who are representing young Afghan asylum seekers in Europe. These asylum seekers have spent their teenage years in Europe and are denied a new form of protection after turning 18 on the basis that the security situation in Afghanistan has improved and that return to or internal relocation to Kabul will be both reasonable and relevant. Our report serves to counterbalance a general lack of understanding and lack of country information about the relevant issues at stake and contribute with this report to a more informed debate about the situation of young ‘Westernised’ returnees to Afghanistan. It is also intended as a tool to assist legal practitioners and to help ensure that decision-makers consider all relevant material.

    https://asylos.eu/afghanistan-research-project

    #occidentalisation #Kaboul #COI #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_afghans #renvois #expulsions #risques #rapport

    • Les gouvernements européens renvoient près de 10000 Afghans dans leur pays, où ils risquent d’être torturés et tués

      Les États européens mettent en danger des milliers d’Afghans, en les renvoyant de force dans un pays où ils courent un risque considérable d’être torturés, enlevés, tués ou soumis à d’autres atteintes aux droits humains, écrit Amnesty International dans un nouveau #rapport publié jeudi 5 octobre.

      https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/10/european-governments-return-nearly-10000-afghans-to-risk-of-death-and-tortu

      #Europe

      Lien vers le rapport :
      Afghanistan : Retour forcé vers l’insécurité : L’Europe renvoie des demandeurs d’asile en Afghanistan
      https://www.amnesty.org/fr/documents/document/?indexNumber=asa11%2f6866%2f2017&language=fr

    • Why Deportation to Afghanistan is Wrong

      Since the first week of August, hundreds of young Afghan asylum seekers have been holding a sit-down protest against deportation in central Stockholm. The protest is staged on the stairs of Meborgarhuset (the citizen hall) in Medborgarplatsen (citizen’s square). While the spatial connotation cannot be missed, the form of the protest could not be more expressive.

      http://allegralaboratory.net/deportation-afghanistan-wrong

    • From Europe to Afghanistan: Experiences of child returnees

      This report assesses the impact on children of being returned from Europe to Afghanistan. Through interviews with individual children, their parents or guardians, and with governmental and non-governmental actors, it builds a picture of children’s material, physical, legal and psychosocial safety during the returns process. Returns processes implemented by EU member states and Norway are examined to analyse where European governments are failing to provide appropriate support.

      The results are disturbing: nearly three-quarters of the children interviewed did not feel safe during the returns process. Over half reported instances of violence and coercion and nearly half arrived in Afghanistan alone or were escorted by police. On arrival, the children received little or no support, and only three had a specific reintegration plan. While 45 children had attended school in Europe, only 16 were attending school in Afghanistan. Ten children said attempts had been made to recruit them to commit violent acts, while many others spoke of discrimination, insecurity and sadness. Of the 53 children who completed questionnaires, only ten neither wish nor expect to re-migrate in the next year. Clearly, the processes and support necessary to ensure sustainable returns for children are not in place.

      Evidence collected through this research also forms the basis of specific recommendations to European governments that are currently returning children and young people to an unsafe environment and unsustainable futures. It urges the EU and Norwegian governments to halt the return of children to Afghanistan until the security situation has improved and all the necessary safeguards are in place to ensure that children’s rights, as enshrined in the UN Convention on the Rights of the Child (UNCRC) are respected.

      https://resourcecentre.savethechildren.net/library/europe-afghanistan-experiences-child-returnees
      #returnees #enfants #enfance


  • Appeal bid to stop deportation of Afghan woman, 106, from Sweden

    #Bibikhal_Uzbek was 105 years old when she made the journey to the Swedish village of Hova in 2015 from her home in Afghanistan’s Kunduz through Iran, Turkey and the Balkans.


    http://www.aljazeera.com/video/news/2017/09/sweden-106-year-old-afghan-woman-appeals-deportation-170901152623862.html
    #Absurdistan #asile #migrations #réfugiés #Suède #renvois #expulsions #réfugiés_afghans #106_ans


  • Voix d’Exils | Séparation… Mot familier et tragique pour les exilés
    https://asile.ch/2017/08/29/voix-dexils-separation-familier-tragique-exiles

    Il n’est pas rare que des familles soient séparées sur le chemin de la migration. Des souffrances supplémentaires se greffent alors sur une situation déjà difficile. Une femme afghane témoigne de la situation tragique qu’elle vit aujourd’hui en Suisse. Article de Morrasa Sadeghi , publié le 22 août 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le […]