• Les Yéménites oubliés

    Parmi les quelque deux cent mille personnes qui ont fui le Yémen, quinze mille se trouvent en #Jordanie où elles bénéficient d’une aide dérisoire. La Chaîne du bonheur récolte ce jeudi des dons pour le Yémen.

    Dans la difficulté, ils se sont regroupés. A Amman, la capitale de la Jordanie, les réfugiés yéménites fréquentent les mêmes restaurants, les mêmes mosquées et les mêmes commerces. « Nous nous entraidons parce que nous sommes loin de chez nous. Ce restaurant nous nourrit gratuitement », se réjouit Tahar*, un Yéménite de 47 ans, assis sur les tapis élimés d’un établissement d’Al Baladiyah, un quartier nord d’Amman. Il a fui le Yémen en 2011. Il y est revenu à plusieurs reprises mais a finalement décidé de rester en Jordanie, loin de sa femme et de ses enfants. Ayant servi dans l’armée de son pays, Tahar craint d’être pris pour cible par les forces houthis s’il s’établissait à nouveau au Yémen.

    Environ 15’000 Yéménites ont été enregistrés par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) en Jordanie, dont le tiers l’an dernier. Comme Tahar, la plupart sont des hommes venus seuls et ils vivent à Amman. Officiellement, beaucoup sont arrivés en Jordanie pour suivre un traitement médical ou faire du tourisme. Puis ils y sont restés afin d’obtenir le statut de réfugié. Chaque année, à l’approche de l’hiver, le HCR leur verse une aide financière. Douze mille cinq cents personnes en ont bénéficié l’an dernier. « Le montant se situe autour de 270 dinars [380 francs] et varie selon le nombre de personnes dans le foyer », détaille Mohammad, un autre réfugié assis à la même table que Tahar.
    Coûteux permis de travail

    Cette somme ne suffit pas à couvrir les besoins annuels d’un foyer dans un pays comme la Jordanie où les prix des produits de première nécessité et les loyers sont élevés. Les réfugiés yéménites doivent donc travailler. « Chaque fois que je trouve un emploi dans un restaurant, on me demande mon permis de travail. Et sans ce document, on m’engage rarement », regrette Mansour, 39 ans, un habitué du restaurant d’Al Baladiyah.

    En théorie, Tahar, Mohammad et Mansour peuvent obtenir un permis de travail. Mais dans les faits, le sésame leur est difficilement accessible puisqu’il coûte entre 500 et 600 dinars, soit 700 à 850 francs, selon le secteur d’activité. S’il parvenait à économiser, Mansour affirme qu’il enverrait le peu qu’il aurait réussi à épargner à sa famille restée au Yémen. Il ne verserait pas ce précieux pécule au Ministère jordanien du travail.

    Dans ces conditions, ces réfugiés n’ont d’autre choix que de vivre au crochet des autres et de travailler illégalement quand l’opportunité se présente. Mansour exerce occasionnellement dans des restaurants. « Je regarde alors souvent autour de moi pour vérifier que des contrôleurs du Ministère du travail ne sont pas dans les environs. Ils sont déjà venus sur mon lieu de travail et j’ai dû m’enfuir », se souvient-il. En cas d’interpellation, le Ministère assure qu’il n’expulse pas le travailleur yéménite – qu’il ait le statut de réfugié ou pas – et qu’il se contente d’un rappel à la loi à l’employeur, voire d’une amende si ce dernier récidive. Cela dissuade bien sûr les patrons d’engager des Yéménites. « Après une courte période d’activité, on me remercie, relate Mansour. La Jordanie donne en fait la priorité à ses ressortissants sur le marché du travail. »
    Syriens oui, Yéménites non

    Cette préférence nationale s’explique par le haut niveau de chômage. Officiellement, 19% de la population active est à la recherche d’un emploi en Jordanie. Mais cette mise à l’écart des Yéménites interroge, dans la mesure où d’autres réfugiés, bien plus nombreux, peuvent obtenir gratuitement un permis de travail. Plus d’un million de Syriens, soit 10% de la population en Jordanie, peuvent exercer librement dans différents secteurs d’activité, comme l’agriculture, l’hôtellerie et la construction. Pourquoi pas les Yéménites ? « Nous traitons les Syriens comme des réfugiés, pas les Yéménites, justifie Mohammad Alkhateeb, porte-parole du Ministère jordanien du travail. Officiellement, ils sont venus chez nous en visite, pas en tant que réfugiés. » La reconnaissance de leur statut par le HCR n’a pas infléchi la position gouvernementale à ce sujet.

    Le fonctionnaire reconnaît qu’ils ne sont pas traités à égalité avec les Syriens. « Peut-être que personne n’écoute leur voix parce qu’ils ne sont pas plus de 15’000 », se hasarde-t-il. Le gouvernement jordanien peut décider de rendre gratuit le permis de travail pour certains ressortissants. Interrogés sur leurs intentions, le bureau du premier ministre, Omar Razzaz, ainsi que le Ministère jordanien des affaires étrangères n’ont pas donné suite aux sollicitations du Courrier.
    Une politique internationale

    La précarité des Yéménites s’explique aussi par la politique discriminatoire des bailleurs de fonds qui financent l’aide humanitaire au Moyen-Orient. Beaucoup se détournent de la crise yéménite, qui a fait moins de réfugiés que le conflit syrien, et dont les victimes sont donc moins visibles. De fait, la presse internationale a longtemps ignoré la guerre au Yémen. De son côté, le HCR souhaite soutenir les réfugiés en Jordanie sans condition de nationalité.

    « Mais cette approche est de plus en plus difficile à tenir car nos financements sont souvent assignés à la crise syrienne, analyse Lilly Carlisle, porte-parole du HCR à Amman. Nous ne pouvons donc pas dépenser cet argent pour des populations qui ne sont pas syriennes. » Pour le moment, seul 1% des besoins du HCR pour les réfugiés non syriens de Jordanie est financé pour cette année, notamment grâce à des contributions des Pays-Bas.

    Sans emploi stable et sans perspective intéressante en Jordanie, beaucoup espèrent se réinstaller dans des pays tiers. Les offres d’accueil sont rarissimes. « En 2018, onze réfugiés yéménites de Jordanie sont partis vivre au Royaume-Uni, trois au Canada et un aux Pays-Bas », reprend Lilly Carlisle, qui regrette la priorité donnée sur ce dossier à certaines nationalités, et le préjudice subi par d’autres. Quatre mille cinq cents Syriens aujourd’hui établis en Jordanie devraient être relocalisés dans des pays développés en 2019.

    Reste l’éventualité du retour au pays, une option fort périlleuse, que considère Zohra. Cette grand-mère yéménite ne parvient plus à payer son loyer à Amman. Elle craint d’être expulsée. « Je vais mourir ici, se lamente-t-elle dans un sanglot. Alors autant rentrer dans mon pays. Et je mourrai là-bas. »


    https://lecourrier.ch/2019/03/27/les-yemenites-oublies
    #réfugiés_yéménites #discriminations #catégorisation #tri #réfugiés_syriens #asile #migrations #réfugiés #urban_refugees #réfugiés_urbains #Amman #travail


  • As Afghanistan’s capital grows, its residents scramble for clean water

    Twice a week, Farid Rahimi gets up at dawn, wraps a blanket around his shoulders to keep warm, gathers his empty jerrycans, and waits beside the tap outside his house in a hillside neighbourhood above Kabul.

    Afghanistan’s capital is running dry – its groundwater levels depleted by an expanding population and the long-term impacts of climate change. But its teeming informal settlements continue to grow as decades-long conflict and – more recently – drought drive people like Rahimi into the cities, straining already scarce water supplies.

    With large numbers migrating to Kabul, the city’s resources are overstretched and aid agencies and the government are facing a new problem: how to adjust to a shifting population still dependent on some form of humanitarian assistance.


    https://www.irinnews.org/feature/2019/02/19/afghanistan-capital-residents-scramble-clean-water-climate-change
    #eau #eau_potable #Afghanistan #Kaboul #sécheresse #climat #changement_climatique #IDPs #déplacés_internes #migrations #réfugiés #urban_matter #urban_refugees #réfugiés_urbains



  • Forced displacement at record high of 68.5 million, UNHCR #Global_Trends report reveals

    UNHCR released its Global Trends report this week to coincide with World Refugee Day, detailing the latest statistics on forced displacement across the world. According to the report, over 68.5 million people are currently displaced from their homes for reasons of conflict, violence and other forms of persecution. This figure represents a record high for the fifth consecutive year.

    In 2017 alone, over 16.2 million people were forcibly displaced, a figure which translates to 44,500 people a day, or one person every two seconds. Over two thirds of the world’s refugees originate from just five countries: Syria, Afghanistan, South Sudan, Myanmar and Somalia.

    The report found that over half of those displaced are children, many of whom are unaccompanied or separated from their parents. In 2017 173,800 children sought asylum on their own, although UNHCR states that this figure is likely an underestimation.

    The report dispels a number of common misconceptions about forced displacement, such as the belief that most of those displaced are hosted in countries in the Global North. UNHCR affirms that in fact the opposite is true, stating that “approximately 85 per cent of all refugees at the end of 2017 were granted protection in countries in developing regions, which included nine of the 10 largest refugee-hosting countries”. Turkey hosts the largest number of refugees, now reaching 3.5 million, while Lebanon hosts the greatest number in proportion to its own population.

    Another misconception the report addresses is the number of cross-border displacements. Almost two thirds of those forced to flee are internally displaced within their own borders. In addition, most of those who do cross a national border settle as close as possible to their home.

    The EU also launched its Annual Report from EASO, the European Asylum Support Office, providing an overview of asylum related policies and practices, both at EU and at national level. In 2017, more than 728,000 applications for international protection were lodged in EU countries, with 33% of decisions granting asylum seekers either refugee status or subsidiary protection.

    https://www.ecre.org/forced-displacement-at-record-high-of-68-5-million-unhcr-global-trends-report-
    #statistiques #chiffres #migrations #asile #réfugiés #HCR #monde #2017

    Lien pour télécharger le #rapport :
    http://www.unhcr.org/5b27be547.pdf
    http://www.unhcr.org/globaltrends2017
    #IDPs #déplacés_internes #apatridie #Rohingya #retour_volontaire #réinstallation #RDC #Congo #république_démocratique_du_congo #taux_de_protection #MNA #mineurs_non_accompagnés

    Quelques graphiques :


    #cartographie #visualisation

    cc @reka


  • Ethiopian Oromo refugees face bribes, harassment in Kenya

    Ethiopian Oromo refugees fleeing to Kenya to escape persecution say they are finding life on the streets of #Nairobi no better than the insecurity they left behind, as they are targeted by bribes and harassment and forced into vast camps with few prospects or protections.

    http://www.irinnews.org/feature/2018/01/12/ethiopian-oromo-refugees-face-bribes-harassment-kenya
    #réfugiés_oromo #réfugiés_éthiopiens #asile #migrations #réfugiés #Kenya #harcèlement #camps_de_réfugiés #urban_refugees #réfugiés_urbains


  • Ethiopia : Confronting urban hardship

    The traditional image of refugees in sprawling rural settlements and camps no long accurately depicts the reality of today’s refugee situation. With more than half of the world’s refugees living in cities and urban areas, the refugee experience itself has changed in many ways. The life of a forced migrant in an urban environment is often one invisibility and simultaneous exposure. Urban refugees and asylum seekers constantly face protection risks and are often denied access to basic services, exposing them to unique social vulnerabilities.

    Ethiopia, which hosts over 830,000 displaced individuals, is experiencing a rise in numbers of urban refugees. Crises in neighbouring countries such as South Sudan, Sudan, Somalia, Eritrea, and Yemen have contributed to these rising numbers. In fact, according to the UNHCR, there are over 20,000 urban refugees in the capital city of Addis Ababa, most of them from Eritrea.

    Urban refugees residing in Addis Ababa and all over the world face alternative challenges to those living in camps where basic amenities such as food, water, and shelter are often available. High priced city living, limited access to social and economic services, lack of skills training, employment opportunities, and insufficient support contributes to the poor living conditions of the urban refugee experience.

    In response to these harsh circumstances, JRS started the first and only urban Refugee Community Centre (RCC) in Addis Ababa in 1996. The RCC responds to the unmet needs of urban refugees and asylum seekers with a range of services and support. The vocational skills training, day care service, English language courses, psychosocial services, sports and recreation, music therapy, and emergency food and material assistance offered by RCC helps displaced persons heal, learn, and thrive in their new environments.

    The RCC project provides educational support to the Somali community residing in Addis Ababa, because illiteracy is widespread among many Somali refugees. The English and computer classes, and sports activities and community services offered by JRS help many refugees improve their living situations. These educational courses and social integration programs are relevant to everyday life, as many urban refugees are unable to obtain these resources on their own. “Even if there is no money that can be given, JRS talks to us and makes us feel good despite the hardships,” said a refugee woman at the centre.

    During the 2016 Leaders’ Summit on Refugees, Ethiopia made pledges to address the socio-economic needs of refugees and host communities. Accordingly, the pledges will amend Ethiopia’s national law to expand the out-of-camp policy and issue work permits to refugees. JRS RCC is adapting its projects in response to the changing context, especially those activities that involve language, business, and occupational skills trainings to facilitate and empower refugee participation.

    “What’s really nice about the project is that it’s the only community space for refugees. There are some people who have been coming to the centre since childhood. There’s also a great relationship there between us (JRS) and the people we serve. This trust and transparency isn’t seen with many other organisations,” says Liana Tepperman, Director of Programs at JRS/USA.

    The effectiveness of the services provided by JRS are recognized by urban refugee stakeholders, including UNHCR who recently helped fund the opening of a new urban Child Protection Centre in July 2017. Several prominent individuals like the UN General Assembly President, and officials from the European Union and US government have made visits to the RCC. They encouraged JRS to continue to take a strong leadership role in urban refugee discussions and actions, as there is still more change to be made.

    https://reliefweb.int/report/ethiopia/ethiopia-confronting-urban-hardship
    #Ethiopie #urban_refugees #réfugiés_urbains #réfugiés #asile #migrations


  • Ethiopia Plans to Close 27 Refugee Camps

    The government of Ethiopia says it will close all 27 refugee camps in its territory over the next 10 years and integrate residents into local communities.


    https://www.voanews.com/a/ethiopia-plans-to-close-27-refugee-camps/4145088.html
    #camps_de_réfugiés #fermeture #Ethiopie #réfugiés #asile #migrations #intégration #urban_refugees #réfugiés_urbains


  • Engaging City Leaders in the Global Compact Process: Recommendations for Action

    Heads of state and government gathered at the UN General Assembly in New York last month against the backdrop of a burgeoning refugee crisis in South Asia and a lingering one across the Middle East and Europe. City leaders from across the globe also convened to discuss the role that cities play in providing assistance to refugees.

    https://www.brookings.edu/blog/metropolitan-revolution/2017/10/17/engaging-city-leaders-in-the-global-compact-process-recommendations-for-a
    #urban_refugees #réfugiés #asile #migrations #urban_matter #villes #réfugiés_urbains #Global_compact #New_York_Declaration #recommandations

    • Joint ngo recommendations on durable solutions for the global compact on refugees’ programme of action

      The Norwegian Refugee Council, the Danish Refugee Council, the International Rescue Committee and Save the Children are pleased to share with you their joint recommendations on durable solutions for the Global Compact on Refugees’ Programme of Action, ahead of the High Commissioner’s Dialogue on Protection Challenges.

      https://www.nrc.no/joint-ngo-recommendations-on-durable-solutions-for-the-global-compact-on-refugee

    • #Puerto_Vallarta : La route vers le Pacte Mondial pour les Migrations

      Une pensée avant tout aux populations de cette planète qui n’auront jamais la chance ou les moyens
      de mettre un pied dans cette station balnéaire au bord de l’océan Pacifique. Qu’elles sachent que sur
      cette terre, il existe des endroits où les classes moyennes et aisées savourent leurs vacances en
      consommant à longueur de journées tous les plaisirs que peuvent leur apporter les tropiques. Bien
      souvent au nez des autochtones, pauvres, qui se transforment en serviteurs dociles aux petits soins
      des touristes. Tel est Puerto Vallarta, le petit village mexicain devenu une cité touristique prisée par
      les touristes canadiens, américains et européens, avec ses grands hôtels, ses clubs de vacances et
      shopping center, ainsi que tous les méfaits au niveau social et environnemental qu’apporte le
      tourisme de consommation.

      Face à la complexité des problèmes mondiaux, les Etats se plaisent également à se retrouver dans
      ces paradis terrestres, bien loin des populations, pour réfléchir sur le sort de l’humanité. La
      migration, un fait banal et naturel depuis que l’homme est apparu sur terre, est devenue un de ces
      problèmes mondiaux. Le paradoxe est qu’en ce XXIème siècle, qui se veut celui de toutes les
      évolutions et de la démonstration de la puissante maitrise de l’Homme sur la nature, le simple fait
      qu’un homme veuille quitter un endroit pour s’installer dans un autre est devenu un drame mondial.
      Au point que des réunions se multiplient, à coût de millions de dollars, pour trouver des « solutions »
      aux « mouvements migratoires ». La migration est-elle un si grand danger pour l’avenir de notre
      planète ?

      De New York….

      En septembre 2015, en adoptant les Objectifs de Développement Durable (ODD), Les Etats
      membres des Nations Unies ont accepté d’ici à 2030 de « réduire les inégalités dans les pays et d’un
      pays à l’autre » (ODD 10). Mais ils ont surtout donné leur aval pour « faciliter la migration et la
      mobilité de façon ordonnée, sans danger, régulière et responsable, notamment par la mise en
      oeuvre de politiques de migration planifiées et bien gérées. » (Cible 10.7 des ODD). En acceptant
      cette cible, les Etats reconnaissaient implicitement les inégalités dans ce monde en matière de
      migration et surtout de mobilité. Les hommes ne sont pas égaux face au passeport. C’est un fait bien
      connu. Et cette inégalité est profondément injuste car on ne choisit pas l’endroit où l’on nait ni les
      parents qui vous conçoivent. Mais de cette première décision, que l’Homme subit de la nature,
      apparait une inégalité qui fait que des milliards de personnes sur cette terre n’ont pas le droit de
      voyager sans une autorisation de sortie appelée « visa ». Pour se déplacer dans le petit village
      planétaire qu’est le Monde, un passeport allemand ne vaut pas un passeport togolais.

      Alors s’il fallait réduire les inégalités « d’un pays à l’autre » cela devrait donc commencer par
      remettre en place la nature égalitaire des Hommes face au passeport. Et cela par la reconnaissance
      d’une citoyenneté planétaire liée simplement à notre nature d’Homme. Nous sommes, en effet, tous
      des êtres humains vivant sur la même planète, avec un sang rouge dans nos veines, un coeur qui bat
      et des émotions. Nous sommes tout autant co-responsables de la gestion de ce monde qui
      appartient à tous. L’intégration des points sur la mobilité et la migration dans les ODD va constituer
      en soit une révolution par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) des
      années 2000 qui ont passé sous silence ce point délicat dont certains pays ne voulaient surtout pas
      discuter à l’époque. Les tragédies en mer Méditerranée et surtout les drames que vont vivre les
      demandeurs d’asile et les travailleurs migrants sur tous les continents en 2015 et 2016 vont
      rapidement amener la référence à la mobilité et à la migration des ODD au devant de la scène.

      La mise en oeuvre des ODD étant une prérogative des Nations Unies, il revenait donc à cette dernière
      d’ouvrir un débat en son sein une bonne fois pour toutes et de lancer les discussions sur ces sujets
      épineux que sont la mobilité et la migration. Les essais pour ouvrir un tel débat n’avaient pas
      manqué par le passé mais bien souvent les initiatives des Nations Unies pour asseoir un cadre
      normatif afin de gérer les questions liées à la migration ont systématiquement été rejetées par bon
      nombre de pays. Pour preuve, la convention des Nations Unies sur le droit de tous les travailleurs
      migrants et des membres de leur famille du 18 décembre 1990 n’a été ratifiée par aucun pays
      européen et du Moyen Orient, plus d’un quart de siècle après son adoption. Les recommandations
      des conférences internationales sur la population et le développement sont bien souvent restées
      sans suites.

      Il a fallu tout un savoir faire diplomatique pour arriver en 2006 à un début de discussion au sein des
      Nations Unies sur la « Migration et le Développement ». Koffi Annan, alors Secrétaire Général des
      Nations Unies, va réussir à convaincre les Etats de discuter sur les « apports de la migration en
      termes de développement » avec la promesse d’éviter les sujets qui fâchent concernant les visas, le
      regroupement familial, la détention des migrants, les expulsions, l’intégration etc. Du Dialogue de
      Haut Niveau sur la Migration de 2006 naitra le Forum Mondial sur la Migration et le
      Développement. Ce forum, qui a lieu depuis dix ans, va rester un cadre informel, au cours duquel les
      pays se rencontrent et parlent à longueur de journées de l’apport des migrants, sans prendre des
      décisions pour améliorer leur bien être. Après dix années à ce rythme, le monde va finalement se
      réveiller sur le drame quotidien des migrants. Les Nations Unies n’auront plus alors d’autres choix
      que de convoquer un sommet des Chefs d’Etat, le 19 septembre 2016, pour commencer un
      processus multilatéral décisionnel autour de la migration.

      A New York, le 19 septembre 2016, une déclaration va être adoptée reprenant, sous forme de
      constat, la plupart des sujets dont certains pays refusaient jusqu’alors de discuter au niveau
      multilatéral. La déclaration va surtout permettre de s’accorder sur un processus multilatéral devant
      aboutir à l’adoption de deux pactes d’ici à la fin 2018 : Un Pacte Mondial pour des Migrations sûres,
      ordonnées, régulières et Un Pacte Mondial pour les Réfugiés. L’idée de ces deux pactes a été
      acceptée par les Etats les plus réticents à condition qu’ils ne soient pas légalement contraignants. Ces
      pactes devant être selon eux un ensemble d’engagements politiques auxquels doivent adhérer les
      Etats. Ainsi, ces derniers n’auront pas l’obligation juridique en tant que tel de les mettre en oeuvre
      mais se promettent juste d’en tenir compte dans la formulation de leur politique migratoire
      nationale. Un si beau compromis, destiné à satisfaire tout le monde, n’a pas su convaincre Donald
      Trump, le Président américain, qui décida du retrait des Etats Unis du processus multilatéral
      d’adoption du Pacte Mondial pour les Migrations à la veille de la réunion au Mexique.

      … A Puerto Vallarta

      Dans la belle cité ensoleillée de Puerto Vallarta, il s’est agi de faire le bilan général des consultations
      menées ces derniers mois autour du Pacte Mondial pour les Migrations. En tout six réunions de
      consultations thématiques ont rassemblé des centaines d’organisations entre New York, Genève et
      Vienne. A cela il faut ajouter, les consultations multi-acteurs, les discussions lors de grands
      évènements internationaux en lien avec la migration, les consultations au niveau régional. Rien que
      pour l’Afrique, il a fallu organiser cinq réunions de consultations sous régionales interétatiques, une
      réunion de consultation pour la société civile africaine et pour finir une grande réunion de
      consultation continentale à Addis-Abeba afin d’aboutir à un document synthèse des
      recommandations africaines. Les processus onusiens sont connus pour leur empreinte écologique et
      les émissions de gaz à effet de serre en termes de transport aérien, séjour en hôtel et consommation
      d’énergie.

      Les réunions de consultation se sont également étendues au niveau national. Une cinquantaine de
      pays ont pris la peine d’organiser des échanges entre les différentes structures étatiques travaillant
      sur la migration et la société civile afin d’avoir une position à présenter pour le Pacte Mondial.
      Malgré la pluralité des réunions de consultations menées et des rapports délivrés, il a été jugé bon
      d’organiser une ultime réunion bilan à Puerto Vallarta, pour écouter à nouveau l’ensemble des
      acteurs.

      La note officielle envoyée aux délégations en amont de l’évènement présentait la rencontre de
      Puerto Vallarta comme un espace d’échange et de débat entre les pays. La réunion donna donc
      l’occasion aux différents Etats d’exprimer leur position sur le Pacte Mondial et surtout après le retrait
      des Etats Unis d’Amérique. Au-delà de condamnations formulées par quelques Etats, surtout latino-américains,
      sur la position des Etats Unis, l’argument américain a prévalu dans la plupart des
      interventions : « le droit de déterminer en toute souveraineté qui peut ou pas entrer sur son sol ».

      Certains pays, tout en acceptant la prise en compte des différentes conventions internationales sur
      les droits humains dans la rédaction du Pacte Mondial, refusent de voir dans le pacte la
      reconnaissance du droit à la mobilité de tous les Hommes sans aucune restriction. Pour eux, il est
      fondamental que le Pacte Mondial mentionne le droit des pays à contrôler l’entrée et le séjour des
      personnes étrangères dans leur pays en fonction des besoins en main d’oeuvre de leur économie et
      de leur société. Quelques Etats vont même jusqu’à demander que le Pacte Mondial inscrive le fait de
      sanctionner les situations d’irrégularité des migrants. Le Pacte Mondial doit, à leurs yeux, être un
      outil pour lutter contre la migration irrégulière, le trafic des migrants et la traite des travailleurs
      migrants. Il doit, selon eux, clairement notifier la responsabilité partagée des pays face à la gestion
      des migrations et insister sur la responsabilité des pays d’origine d’accepter le retour, même forcé,
      de leurs migrants en situation irrégulière.

      Pour d’autres le Pacte Mondial devra donner des indications claires pour la création de canaux de
      mobilité légale à leurs citoyens. Certaines délégations ont, dans leurs interventions, demandées que
      le Pacte Mondial mette fin au régime des visas qui bloque le droit à la mobilité de leur population.
      Pour la petite histoire, bon nombre de délégations officielles africaines n’ont pas pu prendre part à la
      réunion à cause de l’obligation d’avoir un visa pour transiter par les Etats Unis sans quoi les
      compagnies aériennes ne pouvaient les embarquer. Les déclarations lues par les pays sont revenues
      sur les problèmes liés à l’intégration des migrants et les règles de droits humains devant être
      respectées en cas de retour des migrants en situation irrégulière. Ces pays ont souhaité voir ces
      points pris en compte par le Pacte Mondial. D’autres Etats ont réclamé la fin des détentions pour les
      migrants en situation irrégulière et en particulier pour les enfants en mobilité. Ils ont insisté sur le fait
      que le pacte établisse des règles pour faciliter la réunification familiale afin de résoudre le problème
      des enfants séparés de leur parent à cause des politiques migratoires des pays de destination.

      La discrimination dont sont victimes les migrants et les actes xénophobes qui se multiplient un peu
      partout dans le monde ont été mentionnés par quelques Etats comme devant avoir des approches de
      solution mentionnées dans le Pacte Mondial. Pour ce faire, des Etats en sont venus à présenter des
      exemples de bonnes pratiques qu’ils ont développées sur le plan national ou aux niveaux des villes et
      des communautés à la base pour faciliter l’intégration des migrants en matière d’accès à la
      citoyenneté, à l’éducation, à la santé, au travail, à la protection sociale, etc. Dans l’espoir que ces
      bonnes pratiques fassent échos et que cela soit pris comme norme dans la rédaction du Pacte
      Mondial. Les expériences réussies d’intégration et de libre circulation des personnes au niveau
      régional dans certaines parties du monde ont également été citées comme base à prendre en
      compte pour le Pacte Mondial.

      Un des points les plus importants, des échanges à Puerto Vallarta, a porté sur les mécanismes de
      mise en oeuvre et de suivi du Pacte Mondial après son adoption en 2018. Les Etats, dans leur
      majorité, ont réclamé des indicateurs mesurables pour vérifier le degré auquel les uns et les autres
      respecteront les engagements formulés dans le Pacte Mondial. L’Organisation International pour les
      Migrations (OIM), devenue une agence onusienne depuis le sommet du 19 septembre 2016, est vue
      par beaucoup d’Etats comme la structure de l’ONU devant être à la pointe de la mise en oeuvre du
      Pacte Mondial. Cela n’est pas sans soulever un débat quant au rôle joué jusqu’alors par l’OIM dont
      les projets de prestation de services aux Etats qui le financent rentrent en conflit parfois avec la
      défense des droits des migrants. En outre, la nature mixte des migrations et la complexité des
      déterminants de la migration ont amené quelques pays à proposer que la mise en oeuvre du Pacte
      Mondial soit coordonnée entre les différentes agences onusiennes. Quelques Etats ont réclamé un
      mécanisme indépendant de reporting pour le suivi de la réalisation des engagements et avec des
      cadres dédiés à cet effet, voire la détermination de nouvelles attributions au Dialogue de Haut
      Niveau sur la Migration et au Forum Mondial sur la Migration et le Développement. Et comment
      finance-t-on tout cela ?

      Telle est une des questions à laquelle la réponse sera donnée dans le draft zéro du Pacte Mondial qui
      sera publié au mois de février 2018. Les négociations entre les Etats qui s’annoncent déjà assez
      houleuses s’étaleront jusqu’au mois de juillet avec la possibilité de l’adoption du Pacte et son
      ouverture à signature lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de septembre 2018. Le Rendezvous
      est toutefois pris à Marrakech au Maroc au mois de décembre 2018 en marge du prochain
      Forum Mondial sur la Migration et le Développement pour le lancement du nouveau pacte devant
      gérer la mobilité et les migrations humaines dans le monde.

      (Ecrit par Samir ABI, Secrétaire Permanent de l’Observatoire Ouest Africain des Migrations)

      http://www.obsmigration.org/fr/2017/12/puerto-vallarta-route-vers-pacte-mondial-migrations

      En anglais :
      www.obsmigration.org/en/2017/12/puerto-vallarta-the-way-to-the-global-compact-for-migration/


  • Upholding the rights of urban refugees in Uganda

    Uganda is at the centre of current debate on urban refugees. The country’s Refugees Act 2006, which establishes refugees’ rights to live, work and own land in urban areas, has been hailed as exemplary and a global model for humanitarian responses. However, new evidence on refugee livelihoods in #Kampala suggests that the rights to work and move freely, and without fear, are often unmet in urban areas. In the absence of financial assistance, urban refugees often struggle to find gainful employment and report frequent cases of discrimination by both the Ugandan state and the public. This briefing outlines the barriers to upholding the rights of urban refugees in Uganda, and recommends ways in which these may be overcome.

    http://pubs.iied.org/17431IIED

    #urban_refugees #réfugiés_urbains #Ouganda #asile #migrations #réfugiés #liberté_de_mouvement #travail #droits #droit_au_travail #discriminations



  • Migranti e spazio urbano

    Però è certamente vero che l’immigrazione è un’emergenza nel senso etimologico del termine in quanto emerge in maniera sempre più nitida nei paesaggi urbani profondamente mutati delle città italiane: nei quartieri caratterizzati da una fortissima concentrazione abitativa di popolazione di origine immigrata, nelle parti di città disseminate di nuovi spazi religiosi e di «negozi etnici», negli spazi pubblici (parchi, piazze, strade) abitati da popolazioni sempre più plurali. In gran parte si tratta di spazi gradualmente abbandonati dagli italiani (che siano spazi resdenziali, produttivi o di socialità) che sono stati riutilizzati e dotati di nuovi significati dagli immigrati secondo una logica fortemente interstiziale. Queste trasformazioni urbane aprono scenari quotidiani di grande interesse e rilevanza e sfide urbane tanto complesse quanto appassionanti. Le sfide, però, per essere vinte devono essere innanzitutto viste. Serve, cioè, trovare strumenti di interpretazione e di analisi per inquadrare le reali questioni e le principali risorse generate da queste trasformazioni.

    https://www.rivistailmulino.it/news/newsitem/index/Item/News:NEWS_ITEM:3984#undefined.uxfs
    #urban_refugees #migrations #asile #réfugiés #villes #urban_matter #réfugiés_urbains


  • Meeting the Maternal and Newborn Needs of Displaced Persons in Urban Settings

    More than 60 percent of the world’s refugees and 80 percent of internally displaced persons (IDPs) now live in urban areas. In contrast to traditional refugee camps, which have mainly been in rural areas, cities and other urban settings can offer refugees greater economic opportunities, a degree of anonymity, and better access to services—at least in theory, said Mary Nell Wegner, executive director of the Maternal Health Task Force, at the Wilson Center on May 31. However, in practice, the urban advantage may be a myth, as local systems, already strained by growing populations, are not well equipped to handle a large influx of people with complex needs.

    https://www.newsecuritybeat.org/2017/06/meeting-maternal-newborn-displaced-persons-urban-settings
    #femmes #maternité #santé #urban_refugees #réfugiés_urbains #réfugiés #IDPs #asile #migrations #right_to_the_city #droit_à_la_ville #ville


  • Security of tenure in the urban context

    Refugees and internally displaced persons (#IDPs) living in informal settlements or in rented housing are among those most at risk of eviction.[1] Traditional humanitarian shelter responses in urban areas have tended to favour ownership or collective centres, often lacking means and solutions for informal settlers and tenants. The recognition of a variety of forms of tenure continues to be a work-in-progress in the shelter sector, signifying a shift from a focus on freehold ownership as the main guarantee of security of tenure. One of the main challenges emerging when departing from past solutions is assessing what constitutes ‘secure enough’ for shelter purposes.

    http://www.fmreview.org/shelter/brighton-farmer-nordlie.html
    #urban_refugees #réfugiés_urbains #réfugiés #logement #hébergement #asile #migrations #déplacés_internes #sécurité #éviction #expulsion


    • L’Ouganda, première terre d’asile africaine

      Face à l’afflux de plus d’un million de personnes chassées par la crise sud-soudanaise, l’ONU mise sur un modèle novateur de prise en charge des réfugiés.


      http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/01/l-ouganda-premiere-terre-d-asile-africaine_5223193_3210.html

      Deux silhouettes se découpent dans le contre-jour, devant les massifs qui barrent la savane. Elles ont franchi le poste-frontière de Nimule, dernier obstacle entre l’Ouganda et le pays qu’elles veulent fuir : le Soudan du Sud, où fait rage, depuis fin 2013, l’une des guerres civiles les plus meurtrières de l’histoire contemporaine. Leurs traits émaciés se dessinent désormais. Ce sont deux adolescents, progressant vers le centre d’accueil des réfugiés, en silence. Comme en apesanteur.


      Jusqu’au dernier moment, ils ont espéré résister au conflit qui ravage le plus jeune Etat de la planète, né en 2011 de la scission du Soudan. Las. « Entre les rumeurs d’attaques de l’armée [loyaliste, Armée populaire de libération du Soudan (APLS)] et le manque de nourriture, nous avons tout abandonné, à notre tour. Dans notre village, il ne reste que quatre familles. Contre une soixantaine auparavant », murmure Denis, 18 ans, hagard après trois jours d’échappée passés à guetter d’éventuelles embuscades dans la brousse. Lui et son frère vont être pris en charge par les autorités ougandaises et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le protocole est rodé : fouille au corps, évaluation médicale, préenregistrement… Dès le lendemain, ils seront transférés vers l’un des vingt et un camps de réfugiés que compte l’Ouganda.

      Face à la plus grave crise de réfugiés en ­Afrique, l’Ouganda figure désormais en première ligne. Il est le pays qui en accueille le plus grand nombre sur le continent. En juillet 2016, Juba, la capitale sud-soudanaise, s’est embrasée : les combats opposent l’armée loyale au président Salva Kiir, principalement constituée de Dinka, aux forces rebelles de Riek Machar, l’ancien vice-président, composées en majorité de Nuer. Les habitants des régions méridionales des Equatorias ont aussitôt été happés dans l’engrenage des violences tribales. Cinq cent mille d’entre eux ont fui en Ouganda. Et l’exode se poursuit. Au total, plus de 1 million de Sud-Soudanais ont déjà trouvé refuge dans ce pays voisin et hospitalier.

      Ni barbelés ni corridors

      A une soixantaine de kilomètres du poste-frontière de Nimule, dans les collines qui verdoient en cette saison des pluies, des cases aux toits de chaume s’éparpillent aussi loin que le regard se porte. Sans ces quelques tentes frappées du logo onusien, on oublierait qu’il s’agit d’un camp de réfugiés, celui de Maaji III, dans le district d’Adjumani : ni barbelés ni corridors, les Sud-Soudanais sont logés au cœur des communautés locales. Les humanitaires préfèrent employer l’appellation « site d’instal­lation », à celui de « camp », trop connoté.

      C’est ici que s’est établi Joseph Lagu, 38 ans, ancien fermier de la région de Yei, dans le sud de son pays. « Des hommes de mon village ont été exécutés lors d’un raid de l’armée [loyaliste], des femmes ont été violées. Les soldats prétendaient que nous soutenions les rebelles. Aujourd’hui, nous sommes en sécurité », dit-il, soulagé. Et de se réjouir : « A notre arrivée, il y a un an, les autorités [ougandaises] nous ont fourni deux lopins de terre : l’un pour construire une case, l’autre – de 2 500 mètres carrés – pour cultiver. »

      Selon une loi ougandaise de 2006, les réfugiés bénéficient, en plus de ces parcelles, de la liberté de travailler et de circuler dans le pays. Ils ont également accès aux services de santé et d’éducation au même titre que les Ougandais. Ce, malgré la faiblesse des ­infrastructures locales. Une stratégie donnant-donnant : cinq ans après leur instal­lation, les réfugiés sont censés être autosuffisants. Ils s’intègrent alors dans le marché du travail, et contribuent à leur tour au ­développement du pays.

      Cette approche inclusive a en partie inspiré le Cadre d’action global pour les réfugiés (CRRF), dirigé par le HCR. Ce nouveau modèle de gestion des crises migratoires à grande échelle est issu de la déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, dont les engagements ont été votés en septembre 2016 par l’ONU. « Sur l’ensemble des crises migratoires internationales, un réfugié conserve ce statut dix-sept ans en moyenne, et aucune perspective de paix ne se profile au Soudan du Sud, observe Isabelle d’Hault, conseillère auprès d’ECHO, l’office d’aide humanitaire de la Commission européenne et l’un des principaux donateurs. Il est donc essentiel d’améliorer la situation des réfugiés et des communautés d’accueil en renforçant leur autosuffisance. »


      En matière de politique migratoire, l’Ouganda est le plus avancé des dix Etats ­pilotes d’Afrique et d’Amérique centrale dans la mise en œuvre du CRRF, lancé en mars 2017. Le projet est scruté. Il a valeur de test pour les Nations unies et les bailleurs de fonds. S’il fonctionne, ce modèle sera répliqué sur des crises à venir pour endiguer les migrations, notamment vers les pays occidentaux. Pour parvenir à cet objectif, la communauté internationale s’engage à partager les responsabilités avec les Etats débordés par des afflux massifs, à travers une aide financière accrue et la relocalisation des réfugiés les plus vulnérables dans des pays tiers.

      Les marchés fourmillent

      Joseph est membre d’un groupe de fermiers sud-soudanais et ougandais dont l’objectif est de renforcer l’autosuffisance des réfugiés. A l’orée du camp, certains défrichent, d’autres débitent des troncs. De nouveaux espaces agricoles émergent. Plus loin s’effectue la récolte de manioc, d’aubergines ou d’oignons. « Depuis l’arrivée des réfugiés, ma production a doublé », s’enthousiasme Robert Obulejo, mains calleuses agrippées à sa fourche. Outils et semences sont fournis par une ONG, le Conseil danois pour les réfugiés (DRC). Les terres sont mises à disposition par les communautés locales.

      En compensation, des ONG bâtissent des infrastructures. Conformément à la loi ougandaise, 30 % de l’aide internationale est dévolue aux Ougandais. Au centre du camp, un marché en béton a remplacé les anciens étals à même le sol ; des écoles et un centre de soins vont être construits, et des tractopelles percent ou entretiennent des kilomètres de piste. Désormais, les acteurs du développement, tels que la Banque mondiale et l’Office d’aide au développement de la Commission européenne interviennent lors des prémices de la crise.

      Cette manne est une aubaine pour ces régions excentrées, parmi les plus pauvres du pays. D’autant qu’elles portent les stigmates de deux décennies de violences. « Des habitants viennent juste de récupérer leurs terres. Ce sont d’anciens déplacés à la suite du conflit opposant l’armée ougandaise à la rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur de ­Joseph Kony », détaille John Amabayo, vice-président du district. Tourné vers l’avenir, il se félicite : « Quand les Sud-Soudanais rentreront chez eux, ces infrastructures seront leur legs à notre pays. »


      En attendant, les retombées économiques indirectes des centaines de milliers de dollars investis pour répondre à la crise ont sorti de sa torpeur la bourgade d’Adjumani, chef-lieu du district homonyme. Hôtels et maisons surgissent de terre pour loger les expatriés et les employés des ONG. Plus de deux mille emplois ont été créés : gardes, chauffeurs, etc. Les marchés fourmillent, des restaurants ouvrent et des bus affluent de la capitale.

      Cette embellie a aidé les habitants à accepter la présence des réfugiés, bien qu’ils représentent 58 % de la population du district. La coexistence est encore facilitée par les liens tribaux entre les communautés. Des deux côtés de la frontière tracée par les colons britanniques en 1894, les mêmes ethnies sont ­présentes, principalement les Kakwa. « Nous partageons la même langue, la même histoire. Et nous étions habitués à aller et venir de chaque côté de la frontière pour commercer ou rendre visite à des proches », explique Joseph.

      Modèle d’autonomisation

      Malgré ces atouts, ce modèle d’autonomisation principalement fondé sur l’agriculture montre des limites. Dans le district voisin d’Arua, « rien ne pousse sur cette terre rocailleuse », s’emporte un Sud-Soudanais. Alors des réfugiés se nourrissent des graines qui étaient destinées à la culture. Quant aux parcelles, les autorités réduisent leur taille ou suppriment leurs attributions. Les espaces disponibles se sont raréfiés : en moyenne, ces douze derniers mois, 1 800 exilés arrivent chaque jour. Quant aux groupements agricoles, ils se révèlent inadaptés aux citadins et aux éleveurs, qui manquent d’alternative dans un pays miné par le chômage.

      Ces difficultés sont exacerbées par la nature démographique de l’afflux de réfugiés. Lorsque les combats ont embrasé Yei, pour la énième fois, Janet Sande, 22 ans, s’est enfuie avec son fils de 3 ans. Et sont partis avec eux huit autres enfants : ceux de son frère et d’un voisin. L’attention et les soins que cette ancienne étudiante porte à ses protégés ne lui laissent pas le temps de cultiver la terre. ­Janet a fini par recevoir une aide de l’ONG Care pour construire son abri, mais, s’indigne-t-elle, « personne ne m’aide, pas même mes ­voisins, pour nourrir les petits ».

      Son cas n’est pas isolé. Femmes et enfants représentent 86 % des réfugiés. « Des hommes ont été tués au Soudan du Sud ou continuent de combattre. D’autres refusent d’abandonner leurs champs à la période des moissons », précise Kennedy Sargo, officier de protection du HCR. Sans mari ou sans père, femmes et enfants sont victimes d’exploitations sexuelles. Certains se prostituent en échange de nourriture. Le nombre de vols a augmenté, la délinquance se propage.


      Sous-financement chronique

      Mais le plus grand défi reste le sous-financement chronique de la réponse humanitaire. Pour 2017, le HCR avait lancé un appel de fonds de 673 millions de dollars (568 millions d’euros). Seulement 32 % de cette somme ont été attribués. En juin, un sommet a été organisé à Kampala, la capitale ougandaise, réunissant les bailleurs de fonds. Sur les 2 milliards de dollars demandés pour les années à venir – montant qui ­inclut les 673 millions pour 2017 –, seuls 358 millions, sous forme de promesses de dons, ont été annoncés.

      « Les pays occidentaux investissent peu dans la réponse à cette crise, bien moins que pour la crise syrienne, analyse le coordinateur d’une ONG qui souhaite garder l’anonymat. Les Sud-Soudanais en Ouganda ne représentent pas une menace migratoire pour l’Europe, ils sont trop pauvres pour tenter d’aller aussi loin. »

      Sans surprise, la relocalisation des réfugiés vulnérables vers les pays tiers reste lettre morte. En 2017, le HCR avait besoin d’en déplacer 16 500. En 2016, onze Sud-Soudanais avaient été transférés. Pourtant, en vertu du principe de partage des responsabilités inscrit dans la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, les Etats ont l’obligation de s’entraider, rappelle Amnesty International, qui met en garde : « Manquer [à cette responsabilité] entraînerait une crise humanitaire bien plus grave que celle à ­laquelle nous assistons. »

      A Bidi Bidi, 288 000 réfugiés

      La magnitude de la crise se dévoile à mesure que la piste gagne Bidi Bidi. Cet ancien village, isolé dans une forêt primaire de la région voisine d’Arua, est devenu en un an l’un des plus grands camps de réfugiés au monde. Près de 288 000 Sud-Soudanais y sont dispersés sur des dizaines de kilomètres. Les besoins élémentaires y sont à peine couverts. « Les rations de 12 kg que nous recevons par mois s’épuisent au bout de deux ­semaines », relate Mawa Yosto, du comité du bien-être des réfugiés. A fortiori parce qu’« une partie est revendue pour acheter des biens de première nécessité comme du savon ». Le ton grave, il enchaîne : « Un adolescent vendait des petits sachets de sel dans la zone A. Plutôt que de rester ici le ventre vide, il s’est résigné à retourner au Soudan du Sud. Il s’est fait tuer. » Des dizaines de familles ­endeuillées vivent le même drame.

      Le Programme alimentaire mondial (PAM), le bras nourricier de l’ONU, a été forcé de diminuer de moitié les rations distribuées, au mois de juin, faute de moyens. Ces coupes concernent l’ensemble des Sud-Soudanais et pas ­seulement les réfugiés installés depuis plus de trois ans, censés sortir progressivement des programmes d’aides. Pour Médecins sans frontières (MSF), « la pénurie ­alimentaire pourrait transformer cette situation en urgence ­médicale ». La malnutrition est désormais une « préoccupation majeure ».

      L’accès à l’eau aussi, alerte l’ONG. Les volumes disponibles atteignent à peine le standard minimal du HCR : 15 litres par personne et par jour en situation d’urgence. « On ne sait jamais si on pourra boire le lendemain », se désole une réfugiée, un jerrican à ses pieds dans la file d’attente d’une fontaine. Pompée dans le Nil Blanc, l’eau traitée est acheminée par un onéreux ballet de camions-citernes qui s’embourbent dans des pistes inondées de pluies. Forages et pipelines pallient progressivement ce système. « A un rythme insuffisant », s’inquiète une responsable. La saison sèche approche.


      Le système éducatif est débordé. « L’école est au fondement de la connaissance. Mais que pouvons-nous transmettre aux élèves ? », interroge, faussement candide, un enseignant de la zone C. Le nombre d’élèves atteint 600 par classe dans son école. Jusqu’à 2 000 dans d’autres. Les enfants accourent pieds nus en classe, « le ventre vide ». Ni pupitre ni matériel pédagogique ne sont disponibles dans cette école partagée par les communautés.

      Les populations locales montrent des signes de colère face aux services éducatifs et de santé jugés défaillants. Barrages routiers, acheminement de l’aide suspendu ou menaces contre des expatriés, des manifestants protestent contre l’augmentation des prix et pour l’amélioration de leurs conditions de vie. L’octroi d’emplois par les ONG à des Ougandais originaires d’autres régions alimente aussi les griefs. En mai, World Vision s’est ainsi fait expulser du district de Moyo par les autorités locales. L’environnement aussi subit une pression insoutenable et les ressources naturelles disparaissent. « Des Ougandais nous molestent quand nous collectons du bois pour la cuisine ou les constructions, s’inquiète Jennifer Dodoraia, 60 ans. Ils nous disent : “Ce pays ne vous appartient pas, rentrez chez vous !”. »

      Ces tensions, les sages tentent de les désamorcer lors de médiations publiques. A l’issue de l’une d’elles, à l’ombre d’un manguier dans le camp de Maaji, Paulino Russo, chef du ­conseil des anciens, invective ses concitoyens : « Soyez patients et souvenez-vous : il y a trente ans, c’est nous qui fuyions la guerre civile et partions chez nos frères soudanais. Demain, nous pourrions être des réfugiés à nouveau. »


  • Urban Perspectives: Climate Change, Migration, Planning and Finance - A New Generation of Ideas 2017

    By the year 2050, 70 percent of the world’s population will be urban. With 1.5 million people moving into cities every week, managing urban growth is one of the most important development challenges facing the world today. In an effort to create a global framework to guide sustainable urbanization for the next twenty years, national governments adopted The New Urban Agenda during The United Nations Conference on Housing and Sustainable Urban Development (Habitat III), held in Quito, Ecuador in October 2016. As attention focuses on implementation of the agreement in cities across the world, policy, planning and practice are being shaped to reflect the global urban reality. Evidence-based research, new data and metrics for monitoring progress are critical tools and resources for decision making about urban priorities in order to advance the New Urban Agenda.

    Recognizing the need to strengthen the ties between urban policymaking and new scholarly work on urban development, the Wilson Center’s Urban Sustainability Laboratory, USAID, the World Bank, IHC Global and Cities Alliance teamed together to cosponsor the annual “Reducing Urban Poverty” paper competition for advanced graduate students. The competition is designed to promote the early career development of young urban researchers, encouraging a new generation of urban scholars, practitioners and policymakers, and to disseminate their innovative ideas.

    This publication marks the seventh year of the “Reducing Urban Poverty” paper competition and includes a range of perspectives on urban challenges and policy solutions. The 2016 competition called for papers linked to one of the following subtopics: Cities and Climate Change; Arrival Cities: Responding to Migrants and Refugees; Innovation in Urban Planning; and, Financing Sustainable Urban Development. To select the winning papers for this publication, a panel of urban experts representing each of the sponsoring institutions reviewed 157 abstract submissions, from which 27 student authors were invited to write a full-length paper. Of these, eight papers were selected to be included in this publication. The chapters in this volume critically examine urban policies and projects, offering original, solutions-oriented research and strategies.


    http://reliefweb.int/report/world/urban-perspectives-climate-change-migration-planning-and-finance-new-gene
    #urban_refugees #réfugiés_urbains #asile #migrations #réfugiés #aménagement_du_territoire #villes #urban_matter #rapport #climat #changement_climatique



  • South Sudanese refugees struggling to survive in Uganda’s cities

    If you are a refugee, then Uganda is one of the better places to be. Refugees and asylum seekers are entitled to work, have freedom of movement, and can access social services – a progressive policy much-lauded by the international community.


    https://www.irinnews.org/feature/2017/04/12/south-sudanese-refugees-struggling-survive-uganda%E2%80%99s-cities?platfor
    #Ouganda #réfugiés_urbains #urban_refugees #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_sud-soudanais #Soudan_du_Sud #sud_soudan


  • Finding Space for Protection: An Inside Account of the Evolution of UNHCR’s Urban Refugee Policy

    Cet article étudie l’évolution de la politique urbaine relative aux réfugiés, menée par le HCR du milieu des années 90 à aujourd’hui. Il cible la nature complexe et contestée du processus de prise de décisions politiques, analysant le rôle joué de ce point de vue par différentes parties prenantes internes et externes. En même temps, il détermine et examine les évolutions clés de l’environnement opérationnel du HCR, qui ont été à la fois motrices et contraignantes vis-à-vis du processus de prise de décisions politiques dans ce domaine. Cet article est rédigé à partir de la perspective d’un ancien membre du personnel du HCR qui a été très engagé en matière de la politique urbaine relative aux réfugiés.

    http://linkis.com/journals.yorku.ca/eHCux
    #urban_refugees #réfugiés_urbains #asile #migrations #réfugiés #villes #urban_matter




  • As Resources Run Dry, Syrian Refugees Cling to Survival in Jordan’s Urban Hubs

    Four hours at the Za’atari refugee camp — a stifling, dusty maze of tents and makeshift shelters 30 miles from the Syrian border — was enough to convince Abd Mawla Juma’a that his family had to move on.

    “There was no way we could stay in the camp,” said Juma’a, 37, who fled his home in Syria four years ago with his family.


    http://globaldaily.com/as-resources-run-dry-syrian-refugees-cling-to-survival-in-jordans-urban
    #camps_de_réfugiés #urban_refugees #réfugiés_urbains #Jordanie #réfugiés_syriens #asile #migrations #réfugiés #villes #Zaatari

    • Profughi siriani: in Giordania uscire da un campo costa caro

      Condizioni di vita durissime per i profughi siriani scappati dalla guerra che vivono nei campi in Giordania. Ma va ancora peggio, spesso, a chi abbandona i centri d’accoglienza, che si ritrova senza documenti e senza diritti. Una situazione che coinvolge donne, bambini e uomini, vittime di sfruttamento e a rischio di trasferimento forzato in Siria

      Invisibili, senza tutele e senza documenti. Perdono la loro identità e vivono in condizioni di vita durissime. Sono i rifugiati siriani in Giordania che escono dall’accoglienza dei campi per vivere negli insediamenti informali. A causa della loro vulnerabilità sono spesso vittime di sfruttamento lavorativo, anche minorile, di abusi e corrono il rischio di essere trasferiti a forza nei campi o rimandati in Siria.

      Circa 655 mila persone, tra il 2011 e il 2017, secondo i dati dell’Unhcr, hanno trovato rifugio in Giordania fuggendo dalla Siria.
      Dove vanno i profughi siriani in Giordania

      79 mila sono stati ospitati nel campo di Zaatari nel nord del Paese, 53 mila sono stati registrati nel campo di Azaraq, a 100 chilometri da Amman, e più di 7 mila nell’Emirates Jordan Camp di Zarqa.

      Tutti gli altri vivono fuori dai campi profughi formali, principalmente nei governatorati centrali e settentrionali di Amman, Mafraq, Irbid e Zarqa, dove si trovano privati dell’accesso ai servizi, alle opportunità lavorative e dell’assistenza umanitaria.

      In migliaia negli ultimi anni hanno lasciato i campi di Zaatari e Azraq per mancanza di opportunità di sostentamento, per le condizioni di vita estreme dei campi, nonché per i numerosi ostacoli per ottenere il regolare permesso di trasferirsi in altre aree del paese. Chi esce dai campi ha permessi di 2 o 3 giorni, se non rientra perde i documenti e si ritrova senza identità esposto al rischio di essere deportato in Siria.

      La mancanza di documentazione in cui si trovano centinaia di uomini, donne e bambini mette a serio rischio la loro vita. Tra le conseguenze più gravi ed evidenti: l’emarginazione, l’abbandono scolastico, le problematiche di genere, l’accesso limitato agli aiuti umanitari e ai servizi pubblici, violenze, abusi, sfruttamento lavorativo, separazione familiare e, non ultimo, la carenza di cure sanitarie.
      Sanità sempre più cara per i rifugiati siriani

      In Giordania un recente provvedimento aumenta i costi delle cure mediche per i rifugiati: dallo scorso febbraio sono stati cancellati i servizi sanitari sovvenzionati per i siriani che vivono in Giordania e che oggi devono pagare l’80% della “tariffa straniera”. Questo potrebbe avere un impatto sul loro accesso all’assistenza sanitaria e aumentare la loro vulnerabilità, denuncia Medici Senza Frontiere (Msf).

      L’accesso all’assistenza sanitaria di base era stato già messo a rischio da un precedente provvedimento del novembre 2014 che aveva eliminato i servizi sanitari gratuiti per i siriani che vivono fuori dai campi profughi.
      Immigrazione siriana: in arrivo l’amnistia per i profughi

      A metà del 2017 si parlava ufficiosamente di un’amnistia che potesse regolarizzazione lo stato della documentazione dei rifugiati. Sebbene non siano stati ancora chiariti i requisiti specifici, l’amnistia si applicherà a coloro che hanno lasciato i campi prima di luglio 2017 e dovrebbe essere presto implementata formalmente.

      «I più vulnerabili rischiano spesso di essere invisibili. Per questo in Giordania abbiamo scelto di lavorare negli insediamenti informali, non riconosciuti dalle autorità, per aiutare centinaia di famiglie di rifugiati siriani che affrontano la sfida di regolarizzare lo stato della propria documentazione legale e civile in Giordania», scrive Monica Matarazzo, senior protection advisor di Intersos, nel rapporto “Sul Campo” diffuso in aprile.
      Immigrati siriani senza documentazione legale

      Fino a luglio 2014 i rifugiati potevano lasciare i campi regolarmente, con tutta la documentazione. A gennaio 2015 è stata sospesa la procedura di rilascio e chi è uscito dai campi dopo luglio 2014 non ha diritto a ottenere la documentazione legale, ovvero la carta dei servizi del ministero dell’Interno (Carta Moi) e il Certificato per richiedenti asilo dell’Unhcr (Asc dell’Unhcr).

      «Senza i due principali documenti legali, i rifugiati in Giordania non sono in grado di ottenere la documentazione civile (certificati di nascita, matrimonio o morte) e permessi di lavoro. Allo stesso tempo, i rifugiati privi di documenti non hanno, o hanno accesso ridotto, ai servizi pubblici e all’assistenza umanitaria e spesso devono ricorrere a meccanismi di risposta negativi come il lavoro minorile, i matrimoni precoci, l’indebitamento e l’accettazione di vivere in condizioni abitative degradanti. Inoltre, si trovano di fronte a un concreto rischio di reinsediamento forzato nei campi o di deportazione in Siria», si legge nell’Annual report 2017 di Intersos.

      I rifugiati siriani che escono dal sistema dell’accoglienza dei campi profughi di Zaatari e Azraq, si insediano su terreni privati chiamati Informal Tented Settlements. Migliaia di persone pagano i proprietari terrieri con il lavoro quotidiano nei campi, svolto prevalentemente da donne e spesso anche da bambini. Queste persone hanno un accesso limitato ad alimenti, acqua, servizi igienici, sanità, istruzione e altri servizi essenziali.
      Espulsi 400 profughi siriani al mese tra bambini e adulti

      La paura più grande dei rifugiati siriani senza documenti, o con documenti non regolari, è quella di essere riportati in Siria. «Chi viene deportato fuori dalla Giordania è considerato morto. Non c’è nessuna sicurezza a Daara o in qualsiasi altro posto in Siria», dice un rifugiato che vive nell’area di Irbid. «Evito di andare in giro e di avere problemi. Vado al lavoro o sto a casa, niente di più. Evito i problemi limitando la mia libertà di movimento».

      Secondo l’organizzazione Human Right Watch la Giordania ha espulso centinaia di rifugiati siriani – anche con espulsioni collettive di intere famiglie – senza fornire alcuna alternativa all’espulsione e senza considerare in nessun modo il loro bisogno di protezione internazionale.

      Nei primi cinque mesi del 2017 le autorità giordane, sempre secondo Hrw, hanno espulso circa 400 rifugiati siriani al mese. Ogni mese 300 rifugiati siriani tornano in Siria in circostanze che sembrano volontarie, mentre altri 550 circa ritornano in circostanze non chiare.

      Le principali motivazioni delle misure di espulsione verso la Siria – riporta l’Annual report 2017 di Intersos – risultano essere le minacce alla sicurezza nazionale e la mancanza di documentazione civile e legale, in particolare i permessi di lavoro.
      Perché i profughi siriani scappano: la storia di Nora

      «Quando il mio paese è stato distrutto non avevo nessun posto dove vivere. Ogni notte ero costretta a bussare la porta di parenti e amici per farmi ospitare. Ho trascorso un mese facendo questa vita “miserabile”. Poi ho sentito di persone che si trasferivano in Giordania. Così ho incontrato l’uomo che con la macchina poteva portarci in Giordania. Io ho 10 bambini e al tempo erano tutti piccoli».

      Nora è siriana, di Busra Alharir in Daraa. Lei e i suoi 10 bambini sono fuggiti dalla Siria. Ha vissuto nel campo di Zaatari poi, insieme ai figli e al marito, se ne è andata per vivere negli insediamenti nella zona di Mafraq. Uno dei suoi figli, a causa del mancato rinnovo del documento di identità, è stato fermato dalla polizia e poi espulso in Siria. E questa è solo una delle tante storie raccolte dal progetto multimediale Relocated Identities realizzato da Alessio Cupelli e Katia Marinelli per Intersos.

      Molte persone vivono anche nel timore di essere fermate dalla polizia e trasferite forzatamente in un campo ufficiale. Si stima che da aprile 2014 a novembre 2016 circa 20.000 rifugiati siriani sono stati trasferiti nei campi profughi giordani, la stragrande maggioranza delle strutture remote del campo di Azraq, poiché il campo di Zaatari aveva da tempo raggiunto la capienza massima.
      I numeri della separazione dei nuclei familiari

      La principale conseguenza del trasferimento forzato è la separazione familiare: nel 55,1% dei casi valutati da Intersos il trasferimento riguardava quattro o meno membri della famiglia, molto spesso incluso il capofamiglia, con meno del 20% dei casi riguardanti l’intera famiglia.

      I capifamiglia sono i più esposti ai controlli di polizia nei loro spostamenti o quando si recano al lavoro. Di conseguenza, chi rimane sono generalmente donne e bambini. Lavoro minorile, matrimoni precoci e abbandono scolastico sono solo alcuni degli effetti negativi a questa condizione.

      Altre ripercussioni, oltre alla difficoltà economica, riguardano aspetti legati alla sfera psicologica degli individui: traumi, paure, abusi, sfruttamenti e violenze sessuali o di genere.

      https://www.osservatoriodiritti.it/2018/05/29/profughi-siriani-in-giordania



  • Overburdened German Cities Tell Refugees to Move Out

    So when parliament passed a law this summer allowing overburdened cities to send jobless refugees back to the states where they were first assigned, Mr. Kufen thought he had found the solution to his problem.

    http://www.wsj.com/articles/overburdened-german-cities-tell-refugees-to-move-out-1476272375
    #réfugiés_urbains #réfugiés #Allemagne #asile #migrations #villes #urban_matter #travail #chômage #hébergement #logement


  • Leaving no one behind: internal displacement and the New Urban Agenda

    Many internally displaced people (IDPs) find refuge in cities. However, the scale of global urban internal displacement caused by violence, conflict, disasters and development projects is unknown. Cities struggle to accommodate IDPs since their movements are largely spontaneous, and some authorities may resist helping IDPs for fear of encouraging further influxes. Meanwhile, IDPs face displacement-specific challenges to rebuild their lives in urban settings and may be displaced again in the process due to lack of housing tenure security and violence and insecurity.

    There is a unique opportunity with the New Urban Agenda to address the needs of IDPs in urban settings. To be adopted at the UN Conference on Housing and Sustainable Urban Development, Habitat III, the Agenda pledges to “leave no one behind”, including IDPs.

    This brief recommends that UN member states capitalise on the agenda to support integration of IDPs in urban areas, ensure development work to implement the agenda does not displace people and respects their rights, address the drivers of urban displacement, view IDPs as social and economic agents of urban development processes and collect and analyse data on urban IDPs to ensure they are not left behind.


    http://www.internal-displacement.org/publications/2016/leaving-no-one-behind?platform=hootsuite
    #IDPs #déplacés_internes #urban_refugees #réfugiés_urbains #asile #migrations #réfugiés #rapport


  • Cities are no panacea – But they must be part of the solution

    The unremitting refugee crisis has been persistent in the headlines for several years now and the UNHCR confirms the reason: the world is facing the worst refugee crisis since World War II, with 65.3 million people forcibly displaced. Given the lack of a political solutions in Syria, and ongoing violence in countries such as Burundi, Central African Republic, South Sudan and Yemen to name a few, the continued increase of those seeking refugee status looks unlikely to change in the near future.

    http://urban-refugees.org/debate/cities-panacea-part-solution/#more-300
    #urban_refugees #réfugiés_urbains #asile #migrations #urban_matter #villes #réfugiés