• #Sans-papiers grévistes : « Même au bled, on connaît la #CGT »

    Depuis une semaine, des travailleurs franciliens sans #titre_de_séjour, épaulés par des syndicalistes, ont mis en place des #piquets_de_grève. Ils demandent que leurs patrons remplissent des formulaires reconnaissant leur statut et facilitant les démarches de #régularisation.


    https://www.liberation.fr/france/2019/10/08/sans-papiers-grevistes-meme-au-bled-on-connait-la-cgt_1756318
    #grève #travail #France #syndicat

  • Chez #Chronopost, ces #sans-papiers que l’on ne veut pas voir

    Toutes les entreprises concernées par la #grève des travailleurs de la filiale de la #Poste à #Alfortville se renvoient la balle. Et refusent de traiter le dossier.

    Scoop : Libération a rencontré des gens qui n’existent pas. Début juillet, on relatait le combat des travailleurs sans papiers de Chronopost, qui ont installé le 11 juin un piquet de grève devant le site de la filiale de la Poste à Alfortville (#Val-de-Marne). Ces quelque trente Maliens, Sénégalais ou encore Guinéens chargés de la #logistique demandent depuis trois mois maintenant leur #régularisation, en dénonçant des #conditions_de_travail intenables - conditions contre lesquelles ils peuvent difficilement lutter, vu qu’ils risquent l’expulsion. Mais voilà : ces dernières semaines, les différentes entreprises concernées ont invariablement répondu à Libération, qui voulait savoir ce qu’elles allaient faire pour régler la situation, qu’elles ne connaissaient pas ces personnes. Une pyramide de #déresponsabilisation permise par un système de #sous-traitance en cascade. Reprenons.

    Au sommet de l’édifice, on trouve la #Poste, maison mère de Chronopost, qui sous-traite une partie de sa logistique à #Derichebourg sur son site d’Alfortville, lequel Derichebourg fait appel à une société d’#intérim pour trouver de la #main-d’œuvre. C’est d’abord vers la Poste que l’on se tourne tout naturellement, comme l’a fait en juillet le député PS du Val-de-Marne Luc Carvounas, qui a adressé un courrier au PDG de l’entreprise publique, Philippe Wahl. « Seriez-vous prêt, monsieur le président, à donner les instructions nécessaires afin de régler […] la situation professionnelle de ces travailleurs en leur délivrant enfin un véritable contrat de travail en bonne et due forme ? » demandait Carvounas. Réponse de Philippe Wahl : ces « travailleurs se présentant comme des sans-papiers » ne sont « aucunement des salariés Chronopost », et donc encore moins de la Poste.

    Le deuxième échelon, c’est donc Chronopost. Joint par Libération sur les bons conseils de la Poste, l’entreprise tient sans surprise le même discours : « Nous sommes sensibles à la situation des personnes qui manifestent actuellement devant notre site d’Alfortville. Ces personnes n’ont cependant jamais été employées par Chronopost. » Chronopost, qui « subit une situation dont elle n’est pas responsable » (dixit Philippe Wahl), renvoie donc vers l’entreprise Derichebourg, « qui se porte garante du respect de l’ensemble de ses obligations vis-à-vis de la législation. C’est elle qui recrute, encadre et gère au quotidien les salariés qu’elle emploie ».

    Fort bien, Libé se tourne donc vers Derichebourg. Réponse : « Nous n’avons aucun salarié gréviste. Nous n’avons également aucun salarié sans papiers, ni aucun intérimaire sans papiers. » Etonné, Libération relance : ces salariés rencontrés en juillet devant le siège de Chronopost sont-ils imaginaires ? « Je ne me permettrais pas de dire que ces salariés sans papiers sont imaginaires », rétorque la chargée de communication de Derichebourg, complétant : « Qu’il y ait une manifestation est un fait. Je vous réaffirme simplement que nous n’avons aucun salarié gréviste, aucun salarié sans papiers, ni aucun intérimaire sans papier. »

    Il ne reste alors qu’un acteur à interroger : la société #Groupe_Europa, qui gère l’agence Mission intérim de Corbeil-Essonnes - celle qui fournit la main-d’œuvre. Une femme - dont on ne connaîtra pas l’identité - décroche le téléphone et affirme, catégorique : « Ces gens n’ont jamais été employés par #Mission_intérim. » « Les victimes sont les entreprises », complète-t-elle, sans vouloir qu’on la cite tout en demandant que l’on reprenne ses propos, avant de conclure sur cette observation : « On ne peut pas accueillir les problèmes de tout le monde. »

    Par quel miracle ces quatre entreprises peuvent-elles chacune affirmer qu’elles n’ont rien à voir avec le schmilblick ? En fait, chacune joue sur les mots, et sur une réalité : du fait de leur situation, les sans-papiers doivent recourir à des alias pour travailler. C’est ainsi que la femme de Groupe Europa nous explique tranquillement : « Les journalistes parlent tout le temps de l’#exploitation par les employeurs, mais ce sont les gens qui s’exploitent entre eux. Ils se louent les papiers. » De son côté, elle l’assure : « Nous avons des personnes qui ont les papiers en règle. S’ils trafiquent les papiers entre eux, on ne le sait pas. »

    En réalité, tout le monde a au moins sa petite idée, puisque Philippe Wahl écrit dans sa réponse à Luc Carvounas que des travailleurs « ont ouvertement admis qu’ils pratiquaient l’#usurpation_d’identité pour tromper leur employeur afin de revendiquer leur présence effective au travail ». « La meilleure preuve qu’ils savent, c’est que les sous-traitants et intérimaires n’ont pas de #badge pour accéder au site, précisément parce qu’ils sont sans-papiers », répond Eddy Talbot, membre du bureau fédéral de SUD PTT. Pour lui, Chronopost devrait dire « on ne peut pas vous employer dans ces conditions ». Et rompre avec Derichebourg.

    En attendant, puisque les entreprises refusent de traiter le dossier, le collectif de sans-papiers échange essentiellement avec la préfecture du Val-de-Marne. Théoriquement, cette dernière peut aller au-delà des critères de la circulaire Valls (du nom d’un ancien ministre de l’Intérieur), qui fixe plusieurs conditions, notamment un certain nombre d’heures travaillées au cours des derniers mois, pour prétendre à une régularisation.

    Mais est-elle prête à le faire ? Au téléphone, la préfecture explique que pour se prononcer, elle attend que des dossiers soient déposés. Mais de leur côté, les grévistes demandent un traitement collectif. « Au cas par cas, on n’a pas de garantie que ça ne se terminera pas avec des #OQTF », des obligations de quitter le territoire français, relève Jean-Louis Marziani, de Solidaires 94. Fin septembre, une délégation a pu pour la première fois échanger avec le préfet en personne. « On nous a dit que les dossiers seraient examinés avec bienveillance », rapporte Eddy Talbot, comprenant par là que la #préfecture est prête à aller au-delà des critères Valls. « Mais on nous a aussi dit par avance que tous les dossiers ne seront pas acceptés », regrette-t-il.

    De son côté, la préfecture maintient sa position : impossible de s’engager sur quoi que ce soit tant que les dossiers individuels n’auront pas été déposés. Ni de s’engager publiquement à une certaine mansuétude pour ceux dont le dossier serait refusé, par exemple en les exemptant d’OQTF : « Le préfet est chargé d’appliquer la loi. »


    https://www.liberation.fr/france/2019/10/08/chez-chronopost-ces-sans-papiers-que-l-on-ne-veut-pas-voir_1756319
    #travail #France

  • Chef cuisinier soixante-six heures par semaine, payées 1 700 euros. / Cuisiniers, intérimaires, femmes de ménage... Une centaine de travailleurs sans papiers en grève en Ile-de-France, Julia Pascual
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/10/01/une-centaine-de-travailleurs-sans-papiers-en-greve_6013793_3224.html


    Au KFC de la place d’Italie, à Paris, le 1er octobre. KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

    Ils travaillent pour KFC, Léon de Bruxelles ou dans le bâtiment. Plus d’une centaine de #travailleurs_sans_papiers de Paris et sa banlieue ont entamé une #grève mardi pour réclamer leur régularisation.

    Ils sont stewards chez KFC, plongeurs ou cuisiniers chez Léon de Bruxelles ou dans une brasserie chic du 16e arrondissement de Paris, femmes et hommes de ménage dans un hôtel Campanile, un cinéma UGC ou un foyer pour migrants, intérimaires dans le bâtiment…
    Ils sont plus d’une centaine et, mardi 1er octobre, ils ont entamé une grève dans douze entreprises. Leur point commun : tous sont des travailleurs sans papiers à Paris et dans sa banlieue et réclament leur #régularisation.

    Au moment où la préparation du débat parlementaire sur l’immigration – qui se tiendra lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale – cible les risques d’abus du système de protection sociale ou de détournement de la demande d’asile, ces hommes et ces femmes, Maliens, Sénégalais et Mauritaniens, mais aussi Togolais ou Ghanéens, rappellent qu’ils « cotis[ent] et contribu[ent] au système de solidarité nationale et de Sécurité sociale ».

    « Contrairement à ce que dit la stigmatisation qui a cours, ils sont créateurs de richesse et de développement, martèle Marilyne Poulain, membre de la direction confédérale CGT et pilote du collectif immigration CGT, qui soutient le mouvement. Il faut redonner une visibilité à cette réalité-là. ». Contrats à durée déterminée (CDD) à répétition, heures supplémentaires non payées, temps de travail inférieur au minimum légal… Beaucoup de ces travailleurs en grève ont aussi des « conditions [de travail] dégradées, voire indignes du fait de leur situation administrative et de leur vulnérabilité », fait remarquer Mme Poulain.

    Payés de la main à la main
    « Ce sont les intérimaires qui déchargent les camions, constate Jean-Albert Guidou, de la CGT départementale, à propos des salariés de Haudecœur, une entreprise d’importation de produits alimentaires de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), où une dizaine de personnes se sont mises en grève. A la fin de la journée, ils doivent avoir porté autour d’une tonne. C’est l’exemple classique d’une entreprise où on met les intérimaires, a fortiori sans-papiers, sur les postes difficiles avec des risques pour la #santé. »

    Au restaurant japonais New Sukiyaki, en plein quartier touristique et festif de la Bastille, à Paris, Abdourahmane Guiro, 27 ans, embauche six jours sur sept, à raison d’une cinquantaine d’heures par semaine. « Je suis payé 1 500 euros, explique ce Sénégalais. Mais sur le bulletin, c’est affiché 1 100 euros. » Le reste, il le touche de la main à la main. Son collègue Yacouba Dia, 27 ans lui aussi, et chef de cuisine, travaille soixante-six heures par semaine, payées 1 700 euros.

    Dans les restaurants #KFC de la place d’Italie ou de Tolbiac (13e arrondissement), de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), de Vitry-sur-Seine ou du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), les « employés polyvalents » et sans-papiers aimeraient bien, eux, faire davantage d’heures.
    La durée minimale de travail du salarié à temps partiel est fixée à 24 heures par semaine mais Mahamadou Diakite ne travaille que vingt heures et Mamadou Niakate travaille, lui, quinze heures, tout comme son collègue Boubou Doukoure. « Parfois, on travaille plus, assure ce Malien de 34 ans. Mais on n’est pas payé. Le patron nous dit qu’on a mal compté nos heures. »

    « Les employeurs font écrire une décharge aux salariés pour qu’ils disent que c’est eux qui ne veulent pas travailler au minimum légal », ajoute Kande Traoré qui, lui, culmine à vingt-huit heures par semaine. « Les gens sont dociles alors ils en profitent, s’indigne Boubacar Doucoure, délégué CGT pour l’enseigne KFC. Il y a dix ans de cela, j’étais comme vous, dit-il en s’adressant à ses collègues. J’étais dans la peur. »

    Boubacar Doucoure est aujourd’hui manager et en situation régulière en France, après avoir fait grève en 2008. « Entre 2000 et 2008, j’ai travaillé sans papiers. J’ai cotisé, j’ai payé des impôts. Et pourtant, je n’aurai jamais de retraite », fait-il remarquer. Quand il entend le discours ambiant qui tend à assimiler les migrants à de potentiels resquilleurs, ça le « révolte ».

    « On a peur d’être virés »
    La plupart des salariés en grève ont été embauchés sous alias, c’est-à-dire en présentant des documents d’identité d’une personne en situation régulière. « Un frère m’a fait une photocopie de sa carte de séjour, de sa carte Vitale et d’une attestation d’hébergement et j’ai amené ça au patron qui m’a fait un contrat à durée indéterminée (CDI), explique Mamadou Niakate. Au travail, on m’appelle Diaby. » Son collègue Mahamadou Diakite arbore, lui, un badge au nom de Mantia.
    Quand un travailleur sans papiers veut entamer des démarches de régularisation auprès d’une préfecture, il a besoin – pour remplir les critères d’admission exceptionnelle au séjour – que son employeur établisse un #certificat_de_concordance_d’identités et, dans tous les cas, qu’il remplisse un formulaire Cerfa de demande d’autorisation d’embauche d’un salarié étranger non-européen. « On n’ose pas demander parce qu’on a peur d’être viré », confie Moussa Diakite, un Malien de 44 ans qui travaille dans la démolition via la société d’intérim Cervus, basée à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

    C’est peu ou prou ce qui est arrivé à Boubou Doukoure. Pendant sept mois, il a travaillé en CDD dans un abattoir de Lorient (Morbihan). Il accrochait des poulets sur une ligne d’abattage. Lorsque son employeur a voulu lui faire un CDI et qu’il s’est rendu compte de sa situation, il l’a congédié sur le champ.

    Moussa Diakite dit avoir « plusieurs fois essayé de demander une régularisation » en déposant un dossier en préfecture. Sans succès.
    « Ces travailleurs sont soumis à un double arbitraire, patronal et préfectoral », souligne Maryline Poulain. Moussa Diakite s’est mis en grève pour la première fois de sa vie. Il craint un « durcissement des conditions » de vie des immigrés, lui qui se sent déjà « limité dans [ses] #libertés » et « réduit dans [ses] déplacements ». En seize ans de présence en France, il n’est retourné qu’une seule fois au Mali, où il a une femme et deux enfants.

    Sollicitées mardi 1er octobre, plusieurs entreprises concernées par le mouvement de grève n’avaient pas souhaité faire de déclaration au Monde. Certaines se sont rapidement engagées à accompagner leurs salariés dans leur démarche de régularisation, conduisant à la levée, mardi soir, de trois des douze piquets de grève.


    Au KFC de place d’Italie, à Paris, le 1er octobre. KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

    #intérim #travail #économie #luttes_sociales #salaire #conditions_de_travail #xénophobie_d'État #liberté_de_circulation #liberté_d'installation

  • ‘They are already citizens’: What will it take to bring Europe’s undocumented out of the shadows?

    Innovative ways of supporting undocumented migrants so that they can access vital health, social and emergency services are required so that European countries can properly assist these vulnerable people.

    https://horizon-magazine.eu/article/they-are-already-citizens-what-will-it-take-bring-europe-s-undocume
    #régularisation #citoyenneté #sans-papiers #migrations #accès_aux_droits #santé

  • Témoignage [4/6] | “Je perds les meilleurs années de ma vie”
    https://asile.ch/2019/08/07/temoignage-4-6-je-perds-les-meilleurs-annees-de-ma-vie

    Le 26 juin 2019, la coordin’action Poya Solidaire a organisé une journée d’information et de mobilisation pour exiger la fin du statut dégradant de l’aide d’urgence et la régularisation des requérant-e-s le subissant depuis une longue durée. A cette occasion, plusieurs personnes concernées ont pris la parole. Leurs mots étaient forts et importants. En juillet […]

  • COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA COMMUNAUTÉ EMMAÜS DE GRENOBLE SUITE A L’ ARRESTATION D’UNE COMPAGNE DE LA COMMUNAUTÉ du 18 JUILLET 2019

    Aujourd’hui, #Rosa est passée devant la juge des libertés qui a confirmé le placement en centre de #rétention administrative à #Lyon, pour une durée maximale de 28 jours en vue de son #expulsion.

    On a eu droit à une application froide, mécanique de la #justice et tous les éléments qui attestaient de la conduite irréprochable de Rosa, du fait qu’elle a été violentée par son mari, de son engagement dans les activités solidaires de la communauté Emmaus ont été balayées d’un revers de la main.

    Depuis quelques temps, les 119 communautés Emmaüs de France subissent un #acharnement contre les compagnes et compagnons en attente de #régularisation.

    Que font ils de mal, ils s’investissent dans un mouvement, participent aux activités solidaires, paient des cotisations sociales et travaillent à la concrétisation de leur projet professionnel. Rien de plus normal pour tout citoyen.

    La communauté de Grenoble comme toutes les communautés et le mouvement Emmaus qui fête cette année les 70 de leur création, s’inquiètent de cet acharnement contre nos compagnes et compagnons. Rosa n’est qu’une parmi beaucoup de compagnes et compagnons pourchassés.

    Cela est peut être légal mais totalement illégitime. Au point que l’on est témoin de la gène pour ne pas dire de la honte des forces de l’ordre obligées de mener ces missions. Aujourd’hui un membre des forces de l’ordre nous a dit en guise d’au revoir : ‘ne lâchez rien’ citant l’inscription sur nos tee shirt.

    La loi est injuste changeons la loi. Nous en avons le pouvoir, car nos élus ont un mandat pour agir en notre nom, au nom des idéaux de notre pays.

    Nous allons continuer d’utiliser toutes les voies de recours pour ramener Rosa dans la communauté. Chaque minute qu’elle passe dans ce centre de rétention qui de l’extérieur ressemble à une prison, lui enlève un peu plus de joie de vivre et d’espoir. Elle est littéralement terrorisée de retourner à #Madasgascar, ou elle ne connaît plus personne (sa famille refuse de lui parler depuis son #divorce).

    Aujourd’hui des compagnons, des bénévoles, un responsable de la communauté sont montés à Lyon la soutenir dans cette épreuve. Nous avons été rejoint par Pierre Bénévole de la Fondation Abbé Pierre et par Daniela responsable de la communauté de Lyon et une administratrice de Lyon.

    Pour finir un compagnon David est entré dans le #CRA réconforter Rosa. Elle est au bord de craquer du fait de cette situation et de son « incarcération ».

    Mardi, elle était à peine arrivée que les autorités lui retiraient son téléphone portable, pour lui en proposer un autre à la vente le lendemain. Ils ne veulent pas que des films soient réalisés dans ces centres. Ont ils des choses à cacher ???

    Ce matin c’est menotté qu’elle a été emmenée au tribunal, comme une criminelle dangereuse sans doute.

    Nous ne pouvons plus tolérer ce type de situation et devons réagir.

    Nous allons réfléchir à mener des actions pour sensibiliser sur ses pratiques que nous condamnons de la hauteur de nos 70 ans d’engagement au service des plus fragiles.

    C’est à nous, citoyens de faire évoluer la société pour que cette honte ne nous entache pas devant les générations futures. Ensemble nous en avons le devoir.

    La loi est injuste, changeons la loi

    https://www.facebook.com/emmausgrenoble/photos/a.621250377946350/2927911243946907/?type=3&theater
    #renvoi #asile #migrations #réfugiés #France #détention_administrative #Grenoble #violence_domestique

    signalé par @karine4

  • #Gilets_noirs : les #sans-papiers envahissent #Roissy !

    Communiqué des Gilets Noirs et de #La_chapelle_debout :

    « Dimanche 19 mai, 14h : les Gilets Noirs (migrant.e.s à la rue et foyers de toute l’Ile-de-France en lutte) et le collectif La Chapelle debout viennent d’envahir l’#aéroport de Roissy Charles de Gaulle !

    Ils et elles sont plusieurs centaines.

    Contre les déportations et pour des papiers pour tous.tes ! Il veulent parler au PDG d’Air France et au premier ministre Edouard Philippe.

    Ce n’est pas par hasard que nous nous retrouvons dans ce lieu. Ce n’est pas une contestation symbolique. Ce lieu est la base arrière et l’avant poste de la guerre contre les sans papiers et tou.tes les étranger.eres illégalisé.es.

    Depuis plusieurs mois, nous nous organisons. Nous avons déjà arraché des victoires. Aujourd’hui, nous lançons aujourd’hui une campagne contre la peur et la honte et pour l’égalité, la dignité, la justice et leur déclinaison concrète :

    DES PAPIERS POUR TOUS.TES !!

    Merci de relayer le plus massivement possible le communiqué

    La lutte continue

    ثورة ثورة حتى النصر »

    Les Gilets Noirs et La chapelle debout

    Formidable !

    Grand moment de courage des plus opprimé.es de la hiérarchie sociale, dans l’antre même de la machine qui les fait travailler dans les tâches les plus humiliantes ou bien, selon l’humeur de l’État et de sa police, qui les expulse avec la collaboration de la compagnie d’Air France et de la société ADP, qui sépare touristes et expulsé.es au moyen d’un simple rideau dans l’avion comme un voile sur la réalité du monde !

    Magnifique élan de solidarité de celles et ceux qu’on surnomment désormais les gilets noirs, au cœur de la convergence des luttes. Car, nous le savons bien : nous ne nous sauverons pas seul.es, à l’écart, replié.es sur nous-mêmes dans notre petit coin du monde, dans notre petite corporation professionnelle, dans notre petite famille ou sous le tampon certifié de je ne sais quelle identité nationale.

    L’émancipation sociale sera celle de tou.tes les opprimé.es ou ne sera pas.

    Merci camarades sans-papiers, gilets noirs, sœurs et frères humains de l’exemple que vous nous offrez !

    Yannis Youlountas

    http://blogyy.net/2019/05/19/gilets-noirs-les-sans-papiers-envahissent-roissy
    #résistance #renvois #expulsions #régularisation #migrations

    ping @nepthys @reka @isskein

    • France: Hundreds of People Occupy Airport to Protest Airline’s Role in Deportations

      Several Hundred People have occupied terminal 2F of the airport #Charles-de-Gaulle in #Roissy, #France, to protest against Air France’s collaboration in deportations from France and the asylum policy of the French state.

      The protest was organised by the collective Gilets Noirs (Black Vests), a group of migrants without papers (“sans-papiers”) in the Ile-de-France region, and the pro-migrant activist group la Chapelle debout. Around 500 people occupied the terminal for two hours. The protests denounced those who benefit from the removal of people considered “illegal” and demanded that Air France stops financial, material logistic and political support of deportations. The airline was also asked to stop pressuring members of staff and passengers who oppose deportations. In the afternoon, four representatives of the Gilets Noirs were received by a delegation of the airline.

      The occupation forms part of a series of actions to protest the restrictive character of French and EU asylum policies and ask for the provision of accommodation and regularisation of the status of the migrants, most of which come from former French colonies.

      The airport is located next to one of the biggest migrant detention centres in France, the centre de rétention administrative (#CRA) of #Mesnil-Amelot. In 2018 more than 1000 people were deported from there.

      https://www.ecre.org/hundreds-of-people-occupy-airport-to-protest-air-frances-role-in-deportations
      #rétention #détention_administrative

    • « Gilets noirs » : des sans-papiers occupent Roissy pour dénoncer la « collaboration » d’#Air_France

      Plusieurs centaines de sans-papiers ont occupé l’aéroport de Roissy dimanche après-midi. Une opération menée par un collectif de « gilets noirs », pour dénoncer le rôle d’Air France dans les expulsions.

      https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/val-d-oise/gilets-noirs-papiers-occupent-roissy-denoncer-collabora

    • Crni prsluci: Nedokumentirani migranti bore se za prava i dostojanstvo u Francuskoj

      Inspiriran Žutim prslucima, u Francuskoj raste novi pokret pod nazivom Gilets Noirs ili Crni prsluci. Crni prsluci su pokret nedokumentiranih radnika migranata u Francuskoj koji su, zbog svog statusa, prisiljeni živjeti i raditi u nesigurnim i izrabljivačkim uvjetima.

      Njihov primarni zahtjev je da se svim migrantima bez dokumenata u Francuskoj odobri boravišni status. Također zahtijevaju poštivanje njihovih osnovnih ljudskih prava uključujući: pravo na sklonište, normalne radne uvjete, prestanak policijske represije i rasističkog postupanja od organa vlasti, zatvaranje izbjegličkih pritvornih centara...

      U petak, 12. srpnja, oko 700 pripadnika Crnih prsluka mirno je okupiralo Panteon u Parizu, iznoseći navedene zahtjeve i pozivajući na sastanak s francuskim premijerom Edouardom Philippeom. Prosvjedovali su ispod kipa na kojem piše: “Živi slobodno ili umri”.Grupa je u izjavi na Twitteru rekla: „ Zauzeli smo Panteon jer u Parizu ima 200.000 praznih domova dok mi spavamo ispod obilaznica."

      “Mi smo bez dokumenata, bez lica i bez glasa. Dolazimo do grobova vaših velikana kako bismo osudili vaše skrnavljenje uspomena naših drugova, naših očeva i majki, naše braće i sestara na Mediteranu, na ulicama Pariza, u domovima i kućnim zatvorima,“ dodaje se u priopćenju. Policija je na prosvjed odgovorila represijom. Najmanje 50 osoba je ozlijeđeno, uhićeno je njih 37 od kojih je 20 ostalo u pritvoru.

      Dosadašnje protestne akcije Crnih prsluka također su istaknule nesigurne, izrabljivačke radne uvjete, kao i općenito loše uvjete života. Prije mjesec dana, 12. lipnja, migranti-aktivisti organizirali su demonstracije okupirajući ured francuske multinacionalne ugostiteljske tvrtke Elior u poslovnoj četvrti Pariza. Elior je izabran zbog toga što tvrtka redovito iskorištava migrantske radnike bez dokumenata. Prosvjednici su naveli kako Elior neredovito isplaćuje migrante bez dokumenata te im često ne dozvoljava prekovremeni rad. Kada je jedan radnik istaknuo ovaj problem, tvrtka je zaprijetila prijavom imigracijskim vlastima.

      Osim krađe na nadnicama, Elior također profitira držanjem radnika migranata u ranjivim uvjetima. Pokret je izvijestio da Elior redovito odbija potpisivati ​​dokumente za svoje radnike migrante koji bi im omogućili da osiguraju redoviti imigracijski status. Francuske imigracijske institucije ne izdaju papire migrantima ako poslodavac ne potpiše navedene dokumente. Prosvjednici su istaknuli kako ti primjeri ukazuju da postoji partnerstvo između francuskih tvrtki i države s ciljem zadržavanja migranata u nesigurnim uvjetima kako bi ih i dalje lakše iskorištavali.

      Na spomenutim demonstracijama Crni prsluci su tražili sastanak s premijerom i predsjednikom uprave tvrtke Elior. Uspjeli su se sastati s upravom koja je potpisala sporazum u kojem se obvezuje da će poraditi na njihovim zahtjevima. Prije toga, u svibnju, Crni prsluci su zauzeli zračnu luku Charles de Gaulle(CDG) u Parizu kako bi iskazali svoj bijes protiv prisilnog protjerivanja migranata. Prosvjedi su bili usmjereni upravo na Air France koji je izvršio sve deportacije u suradnji s francuskom vladom.

      Prosvjednici su zauzeli terminal 2F zračne luke CDG koja ima glavni ured Air Francea i većinu internih EU letova. Ovom akcijom željeli su skrenuti pozornost na slobodu kretanja koju uživaju građani EU-a, dok nedokumentirani migranti ulaze u terminal samo kada ih se deportira ili kada rade kao čistači, zaštitari ili rukovatelji prtljage. Prosvjednici su zahtijevali da zrakoplovna kompanija prestane s “bilo kakvim financijskim, logističkim ili političkim sudjelovanjem u deportacijama”.

      Odgovornost je na Francuskoj

      Središnja poruka pokreta također je isticanje veze između imperijalističkih akcija Francuske i eksploatacije migrantskih radnika u Francuskoj. Mamadou, pripadnik Crnih prsluka, rekao je Lukeu Butterflyu koji piše za OpenDemocracy: “Oni ne žele da zemlje u Africi budu neovisne, jer onda ne mogu zaraditi na nama. Oni žele da ostanemo na koljenima, kako bi mogli iskorištavati naše resurse i zarađivati. Stoga je vrlo važno razgovarati i o tome dok se nalazimo u La Défenseu(pariškoj poslovnoj četvrti) budući da mnoge tvrtke odavde iskorištavaju resurse i prodaju oružje u Africi. Oni izazivaju podjele među ljudima u Africi kako bi ih mogli kontrolirati.”

      Osim što prozivaju profitere i one koji omogućavaju represiju nad migrantima, ove kolektivne akcije dale su i hrabrost mnogim ranjivim migrantima da progovore, zatraže svoja prava i budu solidarni sa svojim drugovima. Pokret radi zajedno s La Chapelle Deboutom, kolektivom za prava koji djeluje u Parizu posljednjih pet godina fokusirajući se na pomoć migrantima da dobiju pristup stanovanju i zdravstvenoj zaštiti, odupirući se deportacijama i baveći se drugim administrativnim pitanjima. Crni prsluci također rade kako bi se udružili sa Žutim prslucima, pokretom koji je inspirirao njihovu borbu.

      Ahmed Abdul Karem, sudanski izbjeglica, izjavio je nakon demonstracija protiv Air Francea: „Izbjeglice se mora tretirati dobro, kao ljudska bića. Europa je odgovorna za probleme u Africi. Europa iskorištava Afriku. Mi smo ovdje samo da bismo preživjeli, a ipak nas ne tretiraju kao ljudska bića. U priopćenju objavljenom na protestu u petak, Crni prsluci poručuju: “Mi se ne borimo samo za dokumente već i protiv sustava koji nas stavlja u ovaj položaj”.

      http://radnickaprava.org/tekstovi/novosti/crni-prsluci-nedokumentirani-migranti-bore-se-za-prava-i-dostojanstvo

  • Attendre dans un foyer dʹ#aide_dʹurgence

    Quelle est la vie des personnes logées dans des foyers dʹaide dʹurgence ? Dès 2008, lʹextension de la suppression de lʹ#aide_sociale à toutes les personnes déboutées du droit dʹasile sʹest matérialisée par lʹouverture de #centres_dʹaide_dʹurgence, où seul le #minimum_vital est délivré et les personnes nʹayant pas suivi lʹordre de quitter le territoire y sont soumises à un #contrôle quotidien. A partir dʹune approche ethnographique, #Giada_de_Coulon a enquêté dans lʹun de ces centres où des femmes et des hommes sont immobilisés des années entières, conservant lʹ#espoir dʹêtre un jour régularisés. Elle montre ainsi comment la vie de ces personnes prend forme au cœur dʹun appareil administratif qui a comme raison dʹêtre leur #disparition du territoire suisse.
    Entretien avec Giada de Coulon, docteur en anthropologie de lʹUniversité de Neuchâtel.

    https://www.rts.ch/play/radio/versus-lire-et-penser/audio/attendre-dans-un-foyer-daide-durgence?id=10369100
    #déboutés #asile #migrations #réfugiés #Suisse #hébergement #régularisation #expulsions #renvois #surveillance

  • Espagne : la droite offre de ne pas expulser les migrantes si elles font adopter leur bébé

    Cette proposition défendue par le #Parti_populaire espagnol fait scandale en Espagne, alors que les élections législatives se préparent.

    Un projet de loi qui fait scandale en Espagne. Le Parti populaire (conservateur) propose de retarder l’expulsion des #femmes_enceintes migrantes, si ces dernières consentent à abandonner leur bébé, rapporte El Pais.

    Une proposition que le parti espère pouvoir mettre en oeuvre en cas de victoire aux prochaines élections législatives. Selon son leader, Pablo Casado, la mesure viserait à lutter contre « l’hiver démographique » de l’Espagne qui fait face à une chute de sa natalité.

    L’agence EFE explique qu’une telle loi aurait pour but d’éviter aux migrantes souhaitant confier leur enfant à l’adoption d’être expulsées au cours de la procédure. Mais pour le Parti populaire, cette mesure serait loin de pouvoir servir de « bouclier » à toutes les femmes sans papier du pays, dans la mesure où elles seraient toujours expulsables après leur accouchement.

    Polémique sur les réseaux sociaux

    L’annonce de cette proposition a suscité une vive polémique en Espagne. « Sexiste. Raciste. Classiste. Il ne restait plus que ravisseurs d’enfants. Fascistes. Chaque démocrate doit voter à la prochaine élection pour empêcher cette foule de venir au pouvoir », s’est insurgé sur Twitter, à l’image de nombreux internautes, Ada Colau, la maire de Barcelone.

    Pour un autre internaute, cette proposition rappelle la dictature franquiste. « Le PP appelle les mères migrantes sans papiers à éviter temporairement leur expulsion en échange de l’adoption de leur enfant. C’est la version actuelle des fascistes qui, pendant des décennies, ont volé des milliers de bébés lors de la dictature », gronde-t-il.

    Une proposition inconstitutionnelle ?

    Selon Vladimir Núñez, un avocat spécialiste de l’immigration interrogé par El Pais, la proposition du PP pourrait être inconstitutionnelle. Celle-ci serait contraire à l’article 13 de la Constitution espagnole, qui garantit toutes les libertés publiques aux étrangers en Espagne.

    Face à la polémique, le leader du Parti populaire a finalement été contraint de réagir, qualifiant l’information de fake news. « Ce que propose le PP, est que les femmes enceintes qui décident de confier leur enfant à l’adoption se voient garantir la confidentialité et les mêmes droits, qu’elles soient régularisées ou non (...) Lorsque ces femmes décident de confier l’enfant pour adoption, la procédure de dénonciation de cette personne en situation irrégulière n’est pas engagée », a-t-il expliqué ce jeudi, rapporte El Norte de Castilla.

    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/espagne-la-droite-offre-de-ne-pas-expulser-les-migrantes-si-elles-font-adop

    Une sorte de #bébé contre papiers !!!
    ça rappelle de sombres moments de l’#histoire espagnole... #franquisme

    #migrations #asile #adoption #placement #bébés #enfants #maternité #fascisme #régularisation #sans-papiers #bébés_volés #enfants_volés #grossesse

    Loi pensée contre la chute de #natalité
    #démographie #natalisme

    via @Filippo_Furri

    ping @isskein

  • L’étrange

    Récit polyphonique brillant et captivant, L’étrange nous fait percevoir le destin dramatique d’un étranger clandestin, en même temps qu’il met en lumière une douloureuse question d’actualité. Avec des animaux pour personnages, dans un pays qui n’est jamais cité, cette histoire revêt une dimension universelle et se lit comme une fable. La fable d’une épopée moderne dont personne n’est étranger.


    http://lagrume.org/collections/litterature/letrange

    #BD #bande_dessinée #sans-papiers #migrations #jungle #détention_administrative #rétention #campement #livre #Jérôme_Ruillier #langue #sans-abri #logement #hébergement #SDF #exploitation #travail #régularisation

    Je pense que c’est une très bonne #ressources_pédagogiques...

  • Migration: the riddle of Europe’s shadow population
    Lennys — not her real name — is part of a shadow population living in Europe that predates the arrival of several million people on the continent in the past few years, amid war and chaos in regions of the Middle East and Africa. That influx, which has fuelled Eurosceptic nativism, has if anything complicated the fate of Lennys and other irregular migrants.

    Now she is using a service set up by the Barcelona local administration to help naturalise irregular migrants and bring them in from the margins of society. She is baffled by the anti-immigrant rhetoric of politicians who suggest people like her prefer living in the legal twilight, without access to many services — or official protection.❞

    The fate of Lennys and other irregulars is likely to take an ever more central role in Europe’s deepening disputes on migration. They are a diverse group: many arrived legally, as Lennys did, on holiday, work or family visas that have since expired or become invalid because of changes in personal circumstances. Others came clandestinely and have never had any legal right to stay.

    The most scrutinised, and frequently demonised, cohort consists of asylum seekers whose claims have failed. Their numbers are growing as the cases from the surge in migrant arrivals in the EU in 2015 and 2016 — when more than 2.5m people applied for asylum in the bloc — work their way through the process of decisions and appeals. Almost half of first instance claims failed between 2015 and 2017, but many of those who are rejected cannot be returned to their home countries easily — or even at all.

    The question of what to do about rejected asylum applicants and the rest of Europe’s shadow population is one that many governments avoid. Bouts of hostile rhetoric and unrealistic targets — such as the Italian government’s pledge this year to expel half a million irregular migrants — mask a structural failure to deal with the practicalities.

    Many governments have sought to deny irregular migrants services and expel them — policies that can create their own steep human costs. But authorities in a growing number of cities from Barcelona to Brussels have concluded that the combination of hostile attitudes and bureaucratic neglect is destructive.

    These cities are at the frontline of dealing with irregular status residents from Africa, the Middle East and elsewhere. Local authorities have, to varying degrees, brought these populations into the system by offering them services such as healthcare, language courses and even legal help.

    The argument is part humanitarian but also pragmatic. It could help prevent public health threats, crime, exploitative employment practices — and the kind of ghettoisation that can tear communities apart.

    “If we provide ways for people to find their path in our city . . . afterwards probably they will get regularisation and will get their papers correct,” says Ramon Sanahuja, director of immigration at the city council in Barcelona. “It’s better for everybody.”

    The size of Europe’s shadow population is unknown — but generally reckoned by experts to be significant and growing. The most comprehensive effort to measure it was through an EU funded project called Clandestino, which estimated the number of irregular migrants at between 1.9m and 3.8m in 2008 — a figure notable for both its wide margin of error and the lack of updates to it since, despite the influx after 2015.

    A more contemporaneous, though also imprecise, metric comes from comparing the numbers of people ordered to leave the EU each year with the numbers who actually went. Between 2008 and 2017, more than 5m non-EU citizens were instructed to leave the bloc. About 2m returned to countries outside it, according to official data.

    While the two sets of numbers do not map exactly — people don’t necessarily leave in the same year they are ordered to do so — the figures do suggest several million people may have joined Europe’s shadow population in the past decade or so. The cohort is likely to swell further as a glut of final appeals from asylum cases lodged since 2015 comes through.

    “The volume of people who are in limbo in the EU will only grow, so it’s really problematic,” says Hanne Beirens, associate director at Migration Policy Institute Europe, a think-tank. “While the rhetoric at a national level will be ‘These people cannot stay’, at a local community level these people need to survive.”

    Barcelona: cities seek practical solutions to ease migrant lives

    Barcelona’s pragmatic approach to irregular migration echoes its history as a hub for trade and movement of people across the Mediterranean Sea.

    It is one of 11 cities from 10 European countries involved in a two-year project on the best ways to provide services to irregular status migrants. Other participants in the initiative — set up last year by Oxford university’s Centre on Migration, Policy, and Society — include Athens, Frankfurt, Ghent, Gothenburg, Lisbon, Oslo, Stockholm and Utrecht.

    A report for the group, published last year, highlights the restrictions faced by undocumented migrants in accessing services across the EU. They were able to receive only emergency healthcare in six countries, while in a further 12 they were generally excluded from primary and secondary care services.

    Some cities have made special efforts to offer help in ways that they argue also benefit the community, the report said. Rotterdam asked midwives, doctors, and schools to refer children for vaccinations, in case their parents were afraid to reveal their immigration status.

    The impact of some of these policies has still to be demonstrated. Ramon Sanahuja, director of immigration at the city council in Barcelona, says authorities there had an “intuition” their approach brought benefits, but he admits they need to do a cost-benefit analysis. As to the potential for the scheme to be exploited by anti-immigrant groups, he says Europe needs “brave politicians who explain how the world works and that the system is complicated”.

    “A lot of people in Barcelona are part of the system — they have [for example] a cleaning lady from Honduras who they pay €10 per hour under the counter,” he says. “Someone has to explain this, that everything is related.” Michael Peel

    https://www.ft.com/content/58f2f7f8-c7c1-11e8-ba8f-ee390057b8c9?segmentid=acee4131-99c2-09d3-a635-873e61754
    #naturalisation #villes-refuge #ville-refuge #citoyenneté #sans-papiers #migrerrance #régularisation #statistiques #chiffres #Europe #Etat-nation #limbe #pragmatisme #Barcelone

    cc @isskein

    –----

    Au niveau de la #terminologie (#mots, #vocabulaire), pour @sinehebdo:

    Belgian policy towards irregular migrants and undocumented workers has stiffened under the current government, which includes the hardline Flemish nationalist NVA party. It has prioritised the expulsion of “transmigrants”— the term used for people that have travelled to Europe, often via north Africa and the Mediterranean and that are seeking to move on from Belgium to other countries, notably the UK. Several hundred live rough in and around Brussels’ Gare du Nord.

    –-> #transmigrants

  • Migrants : Le long chemin pour l’accès aux droits

    Des obstacles continuent à être constatés devant l’accès effectif aux droits des personnes migrantes. Tour d’horizon d’une nouvelle configuration sociale au Maroc.
    Boubacar Diallou est arrivé au Maroc en 2013, et comme beaucoup de jeunes Africains, ce Sénégalais rêvait d’Europe. « Je vivais dans un campement non loin de la forêt proche de Nador. Mon objectif était d’atteindre Melilia », confie-t-il. Après quelques tentatives infructueuses et des arrestations musclées des forces auxiliaires et de la Guardia civil espagnole, Boubacar change d’objectif. « J’ai décidé de quitter la forêt et prendre le risque de descendre en ville rencontrer les Marocains », continue-t-il. Depuis, il a signé son premier contrat professionnel avec l’association locale Asticude. Il travaille comme médiateur social avec les migrants de passage et en résidence à Nador. « J’ai fait le pari de vivre avec les Marocains, les comprendre et échanger avec eux. Au jour le jour, ce n’est pas facile mais il faut surmonter les frustrations de chacune des deux parties », recommande-t-il avec le ton du connaisseur. Le parcours de Boubacar n’est pas une exception. De dizaines de milliers de jeunes Subsahariens se trouvent séduits par l’offre marocaine d’accueil et d’installation à l’égard des migrants, lancée en 2013 avec la #Stratégie_nationale_d’intégration_et_d’asile (#SNIA). Depuis le lancement de cette politique publique, un large réseau associatif à la qualité et l’engagement, et aux intentions très variables accompagne l’installation de ces migrants en termes d’offres de services (santé, éducation, etc.). Le tout en attendant leur #intégration effective dans les politiques publiques. La #Plateforme_nationale_de_protection_des_migrants (#PNPM) fait partie de ce réseau associatif, il compte des ONG internationales avec une expertise dans la thématique (Caritas, Médecins du monde, CEFA, etc.) et des associations marocaines qui démarrent leur engagement sur ce thème (OMDH, ALCS, droits, justice, etc.). Ce collectif comptant 13 associatifs a tenu ses assises le 25 juin dernier à Rabat. Ce moment annuel d’échange a permis de débattre « de l’état des lieux de l’accès aux services publics pour les personnes migrantes au Maroc ».

    Santé : des droits en sursis
    « 55 associations ont pris part aux assises. Ces ONG travaillent dans les régions du Nord, de Casa-Settat et du Sahara », détaille Younous Arbaoui, responsable plaidoyer et coordination à la PNPM. L’accès à la santé continue d’être un chemin de croix pour les migrants, spécialement ceux en situation irrégulière se trouvant près des zones frontalières avec l’Espagne. Bassal Likong, travailleur social à l’association Mains solidaires de Tétouan revient sur cette situation. « Les personnes migrantes rencontrent une panoplie de difficultés une fois qu’ils arrivent en ville. Dans le volet sanitaire et nonobstant le soutien du ministère délégué dans l’#accès_aux_soins de ces personnes. Ceci passe aussi par des interventions de l’association et notre partenariat avec la délégation de la #santé. Cap sur le sud du pays, à Lâayoune, l’association Sakia Lhamra arrive à assurer un accès aux soins, « par le biais de la bonne coopération de la délégation régionale de la santé », se satisfait Abdelkabi Taghia, président de cette ONG sahraoui mais c’est à Nador que la situation demeure la plus problématique où des refus d’offrir des soins continuent d’être recensés, selon plusieurs rapports associatifs sur place. Pour cette raison, le PNPM recommande qu’un « effort d’information des professionnels de santé soit réalisé, y compris dans les régions confrontées plus récemment au phénomène migratoire. Celui-ci passe notamment par une explication des circulaires régulant l’accès des patients étrangers de manière généralisée au système de santé ». L’accès au #RAMED des migrants régularisés demeure un autre sujet épineux, d’autant plus que ce dossier connaît un retard d’une année.

    Éducation : des #discriminations signalées
    L’accès à l’éducation aux migrants en âge de scolarité est garanti par une circulaire du ministère de l’Éducation nationale datant 2013. Pourtant, les choses sont nettement plus compliquées à en croire les retours de terrain des associatifs. « Nous sommes condamnés à faire des aller-retour entre l’école et l’administration pour inscrire un enfant », regrette Imane Benbouzid, responsable de l’éducation de la Fondation Orient Occident (FOO) qui travaille avec les familles migrants installées dans le quartier de Yacoub Mansour de Rabat. Pour combler le vide laissé par le département de l’Éducation, le secteur associatif assure la scolarité des enfants migrants de différentes catégories surtout les mineurs non accompagnés. « Des dispositifs pilotes ont été démarrés pour assurer la scolarité. Le rythme d’appropriation de la part de l’Éducation nationale n’est pas la même que celui des associations. Un travail est nécessaire pour capitaliser sur ces nouveaux outils », souligne Fanny Curet, responsable de ce dossier chez Caritas. L’arrivée d’enfants étrangers au sein de l’école publique marocaine s’accompagne par l’émergence de discours discriminatoires. « Certains membres de la communauté congolaise ont dû retirer leurs enfants des écoles car des élèves ou même des instituteurs tenaient des discours discriminants à l’égard de leurs enfants », alerte Stephan Mboma Ngulutu, SG de l’association de la diaspora congolaise au Maroc. Si aujourd’hui les effectifs sont faibles, environ 6.100 lors de l’année 2015-16, l’école marocaine doit se préparer à une transformation vers une école de la diversité multiculturelle. Pour cette raison, le PNPM émet plusieurs recommandations. En premier lieu que « des moyens soient consacrés à des projets permettant une véritable expérimentation pédagogique en matière d’apprentissage de l’arabe comme langue seconde ; évitant d’inscrire les enfants étrangers dans des filières parallèles et visant une intégration immédiate ou dans un délai court de l’élève en école formelle dans une classe d’âge proche du sien ». Enfin, le PNPM recommande que les « enfants des personnes migrantes et des familles d’origine non musulmane soient dispensées d’enseignement islamique sans pour autant être pénalisés dans les examens ». Ces difficultés constatées pour assurer l’accès aux droits des migrants installés au Maroc montre le long chemin encore à parcourir dans ce domaine pour le royaume. Une construction marquée par des hésitations de l’administration (voir encadré) et quelques crispations de la société. Il demeure que dans cette voie, le Maroc peut se prévaloir d’avoir fait le choix de l’ouverture migratoire, à contre-courant d’une Europe en repli et d’une Amérique honteuse…


    http://www.leseco.ma/maroc/67776-migrants-le-long-chemin-pour-l-acces-aux-droits.html
    #Maroc #accès_aux_droits #migrations #asile #réfugiés #régularisation
    #éducation #école #sans-papiers

  • Kader Salmi, cet autre héros pas reconnu
    Nadir Dendoune, Le Courrier de l’Atlas, le 29 mai 2018
    https://www.lecourrierdelatlas.com/societe-kader-salmi-cet-autre-heros-pas-reconnu--19884

    Il y a les héros reconnus et les autres, ceux dont l’acte reste confidentiel. Kader Salmi est un Algérien de 28 ans. Il est arrivé en France il y a quatre ans. Comme nous vous le rapportions dans nos colonnes, il aurait sauvé en février dernier 19 personnes à Montreuil (93), alors que leur immeuble prenait feu. Huit familles, 19 personnes, dont sept enfants. Il les aurait sorties une par une, comme ont témoigné plusieurs voisins.

    #titres_de_séjour #immigration #préfecture #régularisation #sans_papiers #incendie #hypocrisie #migrants #Mamoudou_Gassama #Kader_Salmi

    #Mohssen_Oukassi :

    Comme Mamoudou Gassama, Mohssen Oukassi, "héros" de l’incendie d’Aubervilliers, avait été régularisé après avoir sauvé des vies. Nous l’avons retrouvé
    Yann Thompson, France Info, le 30 mai 2018
    https://seenthis.net/messages/698280

    #Aymen :

    Après l’histoire de Mamoudou Gassama, un sans-papiers de 25 ans menacé d’expulsion questionne « la hiérarchie des actes de bravoure »
    Le Monde, le 3 juin 2018
    https://seenthis.net/messages/699454

    Plus sur Mamoudou Gassama :
    https://seenthis.net/messages/697497

  • Après l’histoire de Mamoudou Gassama, un sans-papiers de 25 ans menacé d’expulsion questionne « la hiérarchie des actes de bravoure »
    https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2018/06/03/apres-l-histoire-de-mamoudou-gassama-un-sans-papiers-de-25-ans-menace-d-expu

    Parfois – souvent, même – l’actualité semble bégayer. Il y a comme de l’écho, mais la petite musique est un peu différente. Et le décalage souligne plus âprement encore le cynisme d’une société.

    D’un côté, il y a la lumière. La machine médiatique qui s’emballe à l’idée d’avoir trouvé un héros. Parce que c’était un jour de morne actualité, parce que des témoins étaient là pour filmer, Mamoudou Gassama, en sauvant spectaculairement un enfant de 4 ans suspendu dans le vide, s’est fait remarquer jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée, lundi 28 mai, le jeune migrant malien de 22 ans, va accéder à la naturalisation française et intégrer le service civique des sapeurs-pompiers de Paris.

    De l’autre, il y a celui resté dans l’ombre. L’histoire d’Aymen, sans-papiers de 25 ans arrivé en France en 2013, racontée dimanche 3 juin par Le Parisien. Le 10 avril 2015 à Fosses (Val-d’Oise), ce Tunisien a sauvé, en compagnie de deux amis, deux enfants enfermés dans la chambre d’un appartement en proie aux flammes. C’est la mère des deux garçons, âgés de dix-neuf mois et cinq ans, qui avaient appelé à l’aide.

    « Nous sommes montés tout de suite pour chercher les enfants. Nous les avons trouvés tout de suite, dans la chambre. Ils étaient restés ensemble », témoigne Aymen au quotidien. Les trois sauveurs repartent aussitôt, et ne referont surface qu’après un appel à témoins lancé par la mère pour les retrouver. Trois semaines après leur acte, le maire de Fosses leur remet une médaille de la ville pour « acte de bravoure ».

    Mais deux ans plus tard, le jeune homme, diplômé d’informatique, est sous le coup d’un refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français. Une décision prise et confirmée par le préfet du Val-d’Oise, malgré la demande du maire de Fosses d’obtenir une dérogation auprès des services de l’Etat, rappelant le geste héroïque d’Aymen.

    Comment ne pas établir de liens entre ces destins ? Ne pas voir l’ironie d’une société qui choisit une poignée de héros pour mieux rejeter la masse des autres ? L’avocate d’Aymen, Philippine Parastatis, demande l’annulation de la décision du préfet. « Je lance un appel au président de la République afin d’être reçue et pour qu’il m’explique comment hiérarchiser les actes de bravoure », ajoute-t-elle dans les colonnes du Parisien.

    « Faut-il considérer que sauver un bébé en escaladant un immeuble est plus héroïque que braver les flammes pour sauver deux enfants ? Quelle malchance de ne pas avoir été filmé. »

  • Comme Mamoudou Gassama, Mohssen Oukassi, « héros » de l’incendie d’Aubervilliers, avait été régularisé après avoir sauvé des vies. Nous l’avons retrouvé
    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/enfant-sauve-par-mamoudou-gassama/comme-mamoudou-gassama-mohssen-oukassi-heros-de-l-incendie-d-aubervilli

    En 2014, au péril de sa vie, Mohssen Oukassi avait évacué des habitants de son immeuble ravagé par les flammes, à Aubervilliers. Depuis, la vie de ce jeune Tunisien est une course d’obstacles.

    Après les belles paroles…

    Après l’incendie, il m’avait promis des cartes de séjour d’un an pendant trois ans, puis une carte valable dix ans la quatrième année, puis un coup de pouce pour être naturalisé la cinquième année, rappelle-t-il. Je n’ai toujours qu’une carte d’un an. Mon dossier administratif s’est perdu entre la Seine-Saint-Denis et Paris."

    Sans même parler des problèmes de santé suite à son intervention.
    #titres_de_séjour #immigration #préfecture #régularisation #mensonge #sans_papier #incendie

  • La droite assaille Collomb : « Oui ou non, y a-t-il un plan de #régularisations caché ? »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190418/la-droite-assaille-collomb-oui-ou-non-y-t-il-un-plan-de-regularisations-ca

    Le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, à l’Assemblée nationale. © Reuters Alors que l’Assemblée nationale débattait des droits des réfugiés, les députés LR ont monopolisé la séance, mercredi 18 avril, avec des questions en rafale à l’adresse de #Gérard_Collomb : « Oui ou non, y a-t-il un plan de régularisations caché ? »

    #France #asile #droit_d'asile #Eric_Ciotti #immigration #Manuel_Valls #Sans_papiers

  • Une centaine de travailleurs sans papiers en grève en Ile-de-France, Maryline Baumard, LE MONDE | 12.02.2018
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/02/12/une-centaine-de-travailleurs-sans-papiers-en-greve-en-ile-de-france_5255455_

    Ils s’opposent au projet de loi migration qui veut pénaliser le travail sous une autre identité, et réclament d’être régularisés.

    Abdoulaye sort le reçu des 624 euros qu’il vient d’envoyer à sa famille au Sénégal. « Je ne sais pas du tout quand je pourrai faire le prochain envoi », commente-t-il, après avoir précisé qu’« au pays la famille est d’accord pour la grève ». La décision n’a pas été facile à prendre pour ce travailleur immigré de 31 ans qui fait vivre épouse, enfants et parents en Afrique. Mais, après cinq ans de vie sans papiers en France, il refuse d’être davantage exploité, évoquant « les mois à 700 ou 800 euros alors que je travaille tous les jours, qu’on ne me paie qu’une partie des heures et que je dois me taire, parce que le patron sait que je travaille sous une autre identité ».

    L’histoire d’Abdoulaye ressemble à celle de la centaine de Subsahariens présents dimanche 11 février au soir au siège de la CGT. Là, les grévistes de six entreprises d’Ile-de-France préparaient les piquets de grève qui se sont mis en place lundi au matin, remplissaient les caisses de solidarité avec l’argent collecté, euro après euro. « On part en grève pour être régularisés, puisqu’on travaille depuis des années ici, et qu’on gagne moins que ceux qui ont des papiers, en faisant des travaux plus durs. Mais on arrête aussi le travail à cause du projet de loi qui va rendre encore plus difficile de signer un contrat sous une autre identité, ce qu’on fait tous ici », explique ­Robert,salarié de GLS à Roissy.

    « On est cassé au bout de quelques mois »

    Les sans-papiers se font souvent prêter un passeport et un numéro de Sécurité sociale pour signer un contrat. Pour éviter les ennuis, les entreprises les font en général embaucher par des sociétés d’intérim, qui servent d’écran. Mais le projet de loi asile et immigration, qui sera présenté en conseil des ministres le 21 février, annonce dans son article 16-II que le salarié risquera cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, puisqu’il tombera sous le coup de l’article 441-8 du code pénal.

    Le texte qui est à l’étude au ­Conseil d’Etat espère ainsi « renforcer l’effectivité et la crédibilité de la lutte contre l’immigration irrégulière ». « En fait, on veut se débarrasser de nous, commente Abdoulaye, mais c’est illusoire et aucune personne qui a des papiers ne tiendrait deux mois à porter des frigos, des roues de tracteurs… On est cassé au bout de quelques mois de manutention, mais on reste », insiste-t-il à l’unisson avec Lossemy, un camarade de travail ivoirien.

    Alors qu’Abdoulaye et Lossemy devaient rejoindre le piquet de grève à 5 heures à Roissy, cinq autres entreprises devaient elles aussi être concernées, à Paris, dans le Val-de-Marne et dans l’Essonne. « Ce mouvement concerne pour l’heure une centaine de salariés de six entreprises très représentatives des secteurs dans lesquels travaillent les plus précaires : le bâtiment, avec Défi Technology ; la cuisine avec Event Thaï ; les déchets avec STLG et Sepur, la logistique et le transport avec Chronopost et GLS », observe Marilyne Poulain, du collectif migrants de la CGT.

    Cesystème de régularisation (par le travail) qui ne dit pas son nom permet de donner des titres de séjour à quelque 6 000 personnes tous les ans. Ilfonctionne plus ou moins selon les départements et les entreprises. " Les patrons peuvent signer une demande d’admission exceptionnelle au séjour. Et même un certificat de concordance qui reconnaît la véritable identité de la personne travaillant sous un nom d’emprunt ", rappelleRaymond Chauveau, qui a mené la grève des sans-papiers de 2008.

    Reste que les salariés en grève travaillent dans des entreprises qui acceptent peu ou pas du tout de régularisation. De plus, le système s’est enrayé dans certains départements depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les préfets étant davantage incités à renvoyer qu’à régulariser. " En Seine-Saint-Denis, par exemple, la préfecture a mis en place un système de prise de rendez-vous qui dissuade de déposer des demandes de régularisation ", regrette Jean-Albert Guidou, du collectif migrants de la CGT. Face à cette situation disparate, le syndicat demande l’ouverture de négociations avec le ministère de l’intérieur, pour la centaine de grévistes, et non avec les préfectures, et demande la suppression de l’article 16 de la loi migration.

    Dans la salle dimanche soir, la centaine de visages jeunes, à la peau foncée, restaient graves face aux explications des syndicalistes. Bonnets, vêtements sombres, tous écoutaient les explications, applaudissant à l’idée de faire partie d’un collectif pour ne plus galérer seul. Le plus applaudi aura été l’Adama de la grève de 2008 qui milite à la CGT et était venu raconter que " la lutte paye si on la mène à terme ". Mardi 13 février, le secrétaire général, Philippe Martinez, tiendra une conférence de presse afin de montrer que la Confédération porte haut ce sujet.

    #sans_papiers #grève #régularisation #loi_asile_et_immigration

    • DES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS OCCUPENT LES LOCAUX DE SIX ENTREPRISES D’ÎLE-DE-FRANCE
      https://www.streetpress.com/sujet/1518430204-travailleurs-sans-papiers-occupation-greve-roissy

      À Roissy, ils sont arrivés à 5h30 pétantes, avant le lever du soleil. Une quinzaine de travailleurs sans-papiers et leurs collègues de la CGT occupent depuis ce matin les locaux de la société GLS, une entreprise d’acheminement de colis basée à quelques encablures de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Ils ne sont pas les seuls. Six entreprises d’Île-de-France sont actuellement squattées par des travailleurs sans-papiers. Le tout pour une durée indéterminée. « C’est une grève que l’on prépare depuis six mois », précise Jules, militant de la CGT Logistique. Pour le jeune homme, le piquet de grève pourrait durer de longues semaines :
      « On veut mettre la pression sur les entreprises pour qu’elles mettent à leur tour la pression à l’Etat. »

  • Ce que fait la politique de contrôle de l’immigration. De l’étranger menotté au clandestin

    Chaque année en France, des milliers d’étrangers en situation irrégulière sont arrêtés sans que l’administration soit en mesure de procéder à leur éloignement. Ils sont libérés après un enfermement en rétention durant lequel ils font l’expérience du rapport policier et de la coercition qui l’accompagne. A travers une enquête ethnographique au sein d’un local de rétention et le suivi au quotidien des étrangers qui n’ont pas été expulsés, il s’agit ici de montrer comment ce dispositif transforme l’image que les étrangers se font d’eux-mêmes (de l’étranger qui se pense légitime à l’étranger qui se sait illégal), mais les confine également à l’usage de l’illicite pour garantir leur présence en France. Eloignés de toutes possibilités de #régularisation, ces étrangers en situation irrégulière se voient réduits au statut de #clandestin.

    http://champpenal.revues.org/7889
    #renvois #expulsions #asile #migrations #réfugiés #détention_administrative #rétention #images #représentations #sans-papiers #clandestinité #après_la_détention_administrative #menottes

  • Le Mai 68 des immigrés en France. Entretien avec Daniel A. Gordon

    A quoi ressemblait #1968 depuis le bidonville ? De la même façon : à quoi ressemblait le #bidonville pour les révoltés de 1968 ?

    Le #Mouvement_des_Travailleurs_Arabes joua

    un rôle déterminant en lançant la première grève de la faim des #sans-papiers en 1972-1973, qui amena à la #régularisation de 35 000 personnes. Étant donné la récurrence des mouvements de sans-papiers dans les périodes plus récentes, c’est là un exemple de la manière dont le MTA commença quelque chose qui dure toujours, même si l’organisation n’exista qu’entre 1972 et 1976.

    Le #MTA fut aussi

    fermement condamné par le #PCF et la #CGT pour ce que ces dernières organisations voyaient comme une « division de la classe ouvrière »...

    http://www.contretemps.eu/mai-68-immigres-france-gordon

  • Oho... je me rends compte que je n’ai rien mis sur seenthis concernant l’#opération_papyrus qui a cours à #Genève...
    Voici un article récent sur cette opération de #régularisation des #sans-papiers. Je mettrai en commentaire les photos d’@albertocampiphoto, qui a couvert l’événement pour @lacite ...

    A Genève, les effets inattendus de l’opération Papyrus

    Une ressortissante brésilienne invoquait les critères du projet de régularisation des clandestins pour obtenir la prolongation de son séjour légal en Suisse. La Chambre administrative de la Cour de justice lui donne raison

    https://www.letemps.ch/suisse/2017/09/11/geneve-effets-inattendus-loperation-papyrus
    #suisse

  • Le HCR se félicite de l’#enregistrement d’un million d’Afghans sans-papiers au Pakistan

    Dans le cadre de ce projet, des milliers d’Afghans recevront une carte de citoyen afghan, ou AC, leur assurant une protection légale contre l’arrestation, la détention ou l’expulsion arbitraire en vertu du #Foreigner’s_Act du Pakistan. L’initiative apportera un grand soulagement à de nombreuses familles afghanes où certains étaient des réfugiés enregistrés, tandis que d’autres n’avaient aucun statut juridique.

    http://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2017/7/59720dfb133/hcr-felicite-lenregistrement-dun-million-dafghans-sans-papiers-pakistan.html

    #sans-papiers #régularisation #migrations #Pakistan #réfugiés #Afghanistan #réfugiés_afghans #asile

  • Plus de cent #travailleurs_sans_papiers occupent #rungis pour « bosser et vivre ici »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160317/plus-de-cent-travailleurs-sans-papiers-occupent-rungis-pour-bosser-et-vivr

    En pleine nuit, plus d’une centaine de travailleurs sans papiers ont investi le siège de l’entreprise qui gère l’immense marché national de Rungis, en Île-de-France. Ils réclament leur #Régularisation, soutenus par la CGT.

    #France #circulaire_Valls #droit_des_étrangers #loi_Cazeneuve

  • Bocconi: legalizzare i migranti riduce il tasso di criminalità

    Il riconoscimento del permesso di soggiorno ai migranti può dimezzare il loro tasso di criminalità, grazie al crollo di reati economici compiuti nel mercato del lavoro nero. Lo ha rilevato Paolo Pinotti, professore al dipartimento di analisi delle politiche e management pubblico della Bocconi, in un paper sul tema («Clicking on Heaven’s Door: The Effect of Immigrant Legalization on Crime») pubblicato dalla American economic review. L’indagine ha evidenziato che la legalizzazione riduce dello 0,6% il tasso di criminalità dei migranti regolari, a fronte di un tasso di criminalità complessivo dell’1,1%.

    http://www.ilsole24ore.com/art/notizie/2017-02-24/bocconi-legalizzare-migranti-dimezza-loro-tasso-criminalita-141109.shtm

    #régularisation #sans-papiers #criminalité #permis_de_séjour

  • State’s Discretion and the Challenge of Irregular Migration – the Example of Permanent Regularization Practices in Spain and Switzerland

    In the heated debate around irregular migration, the so-called regularization measures represent one of the main bones of contention – presented by some as the only possible solution to irregular presences and contested by others as rewards for illicit behaviour. Despite their many differences, such measures have a common core – discretion. They are, in fact, gracious concessions of the State to those who, by entering and staying within its borders in breach of its laws, have challenged its sovereignty. The present paper will use an operational definition of discretion to analyse two European regularization mechanisms that, because of their manifest similarities as well as their different empirical outcomes, lend themselves particularly well to comparison: the Swiss “cas de rigueur” procedure and the Spanish “#arraigo”. The juxtaposition between the two schemes will be used to investigate how the powers of the State decline, through discretion, different answers to the challenge posed to national immigration models by irregular entries and stays.

    http://nccr-onthemove.ch/publications/states-discretion-and-the-challenge-of-irregular-migration-the-exampl
    #régularisation #cas_de_rigueur #sans-papiers #Suisse #Espagne