• Why ’stronger borders’ don’t work

    Thousands of people die annually trying to cross borders. It’s often argued stronger borders and more checks would deter people from making dangerous crossings. But how accurate is this? Maya Goodfellow explores what the current border regime means for people seeking asylum

    https://www.theguardian.com/uk-news/video/2020/jan/21/why-stronger-borders-dont-work
    #fermeture_des_frontières #asile #migrations #réfugiés #walls_don't_work #dissuasion #frontières #problème #solution #vidéo #externalisation #vulnérabilité #danger #péril #militarisation_des_frontières #ressources_pédagogiques #pull_factor #facteur_pull #stéréotypes #préjugés #pull-factor #audition #voies_légales #réinstallation

    Cette carte


    #cartographie #visualisation #frontières_intérieures #Schengen (fin de -)
    ping @karine4 @isskein

  • Sudanese refugees in Niger protest, demand relocation

    December 17, 2019 (KHARTOUM) - Sudanese refugees in Niger have staged a sit-in outside the UNHCR office #Agadez town in central Niger to protest their tough conditions and to demand their relocation from the Sahel country.

    For years Agadez on the edge of the Sahara, has been a key stop for refugees and travellers mostly young men in search of better opportunities abroad heading north Africa countries and Europe.

    In a report released in May 2019, the UNHCR estimated that 1,584 persons, mostly Sudanese, are currently registered by UNHCR in Agadez. 23.8% are minors and 126 are unaccompanied or separated children.

    Rights activists from Agadez told Sudan Tribune that all the Sudanese refugees in the refugees camp 15 km outside Agadez decided to leave their camps and to stage a sit-in at the UNHCR office in the area on Monday, December 16, 2019.

    Since Monday, the refugees say resolved to continue their peaceful protest until the UN refugees agency settle their situation.

    Some of the refugees say they can even accept a return to their areas of origin in Darfur but they would not regain the camp.

    Activists pointed out to their poor living conditions and lack of basic health service and education for the children of the refugees who are in the camp since 2017.

    “There is an increase of chronic and serious diseases, there is racism, corruption, and discrimination against Sudanese refugees and other nationalities from other countries and the delay in the legal procedures for asylum,” wrote in an email sent to the Sudan Tribune on Tuesday.

    Many of the Sudanese refugees fled Libya following the increase of attacks on refugees and foreigners by the various militias and armed gunmen who demand ransom for their release.

    https://www.sudantribune.com/spip.php?article68720
    #asile #migrations #réfugiés #Niger #réinstallation #manifestation #résistance #réfugiés_soudanais

    ping @isskein @pascaline @karine4

    • Niger : des migrants incendient un centre d’hébergement en signe de protestation

      Des demandeurs d’asile de retour de Libye ont incendié leur centre d’hébergement près d’#Agadez, où vivent un millier de personnes dans l’attente de la délivrance d’une carte de réfugiés.

      Amenés de force après un #sit-in de #protestation de plusieurs jours devant les locaux du Haut-Commissariat des Nations unies pour les refugiés (HCR) d’Agadez, des demandeurs d’asile ont mis le feu à leur #centre_d’hébergement, un camp situé à 15 km d’Agadez et où vivent un millier de personnes dans l’attente d’une éventuelle #carte_de_réfugiés.

      « 80% du #centre_d'accueil détruit par une minorité de réfugiés du Darfour à Agadez qui ne veulent entendre parler que de #réinstallation en Europe. Détruire l’espace d’asile au Niger ou ailleurs est plus facile que de le construire et de le protéger. C’est un triste jour pour la protection des réfugiés au Niger », écrit sur son compte Twitter Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée centrale.


      https://twitter.com/cochetel/status/1213519641563320322?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12
      http://www.rfi.fr/afrique/20200104-niger-migrants-incendie-camp-hebergement-agadez

      Selon plusieurs sources, les demandeurs d’asile exigent, entre autres, un statut de réfugiés avec délivrance immédiate de leur carte, des soins de qualité et une meilleure collaboration avec le HCR et les autres partenaires humanitaires.

      Le gouverneur d’Agadez estime que les migrants ont posé de « faux problèmes ». Le centre dispose d’eau, de nourriture, d’un médecin. Toujours selon le gouverneur, plus de 160 cartes de réfugiés ont récemment été délivrées. « Le processus de détermination est très avancé », indique le #HCR. D’autres cartes seront bientôt distribuées par les autorités nigériennes, apprend-on.

      Après l’#incendie de ce camp, le gouverneur de la région a dénoncé « l’ingratitude des réfugiés ». Une enquête est en cours pour déterminer l’ampleur des dégâts. Les auteurs de cet acte seront poursuivis. Malgré cet incident, précise une source du HCR, plusieurs centaines de réfugiés à la merci de l’harmattan seront relogés. Il a fait cinq degrés à Agadez ce samedi.

      http://www.rfi.fr/afrique/20200104-niger-migrants-incendie-camp-hebergement-agadez
      #feu

    • Commentaire de #Sophia_Bisio sur FB :

      Non, Monsieur Cochetel, un camp qui brûle n’est pas un jour triste plus triste que les autres pour la protection des réfugiés.

      Comme tout système de camp où l’on trie et isole les indésirables, le camp HCR d’Agadez était une prison à ciel ouvert pour le millier de réfugié.e.s soudanais.es qui y vivaient, ou plutôt y survivaient.

      Car ces camps ne sont pas des lieux de vie mais bien des lieux de survie.

      Lorsque j’avais visité ce camp en décembre 2018, plusieurs centaines de personnes y survivaient péniblement, après avoir fui la guerre dans leur pays et le chaos libyen pour la plupart d’entre elles. Installé en plein désert, isolé de tout, à 15 km de la ville, le camp était exposé au vent et aux tempêtes de sable, déclenchant chez de nombreuses personnes des troubles respiratoires. Les conditions sanitaires étaient épouvantables. Des familles entières s’entassaient sous des tentes en plastiques inadaptées au climat désertique, dans lesquelles, l’été, la température pouvait atteindre 70 degrés. Pas d’eau courante. Pas de travail. Pas d’école pour les enfants. Pas de perspectives d’avenir.

      Déjà en 2018, des résidents du camp se joignaient aux manifestations devant les bureaux du HCR dans la ville d’Agadez pour protester contre leurs conditions de vie et la lenteur de la procédure de réinstallation. En décembre 2019, après un an de plus d’attente dans la poussière du désert, ce sont plusieurs centaines de résident.e.s du camp qui se sont rassemblés pour une grande marche jusqu’au centre-ville afin d’organiser à nouveau un sit-in devant les bureaux du HCR, avant d’être une fois de plus renvoyé.e.s à la poussière.

      Hier, le camp brûlait, incendié, selon la version relayée par le HCR, par une minorité énervée de Soudanais du Darfour. Représentant spécial du Haut Commissariat aux réfugiés pour la Méditerranée centrale, Monsieur Cochetel s’indignait alors contre ces personnes qui « détruisent l’espace d’asile », ajoutant : « c’est un triste jour pour la protection des réfugiés au Niger ».

      Non, Monsieur Cochetel, un camp qui brûle n’est pas un jour triste plus triste que les autres pour la protection des réfugiés.

      C’est un signal.

      Le signal que ces hommes et ces femmes qu’on tente d’invisibiliser et de réduire au silence peuvent encore se rendre visibles.

      Le signal que ces politiques migratoires, par lesquelles l’humanitaire tend à devenir le cheval Troie des pires politiques sécuritaires, doivent être dénoncées et combattues avec celles et ceux qui les subissent.

      https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2538844326358556&set=a.1562653620644303&type=3&theater
      #Vincent_Cochetel #Cochetel

    • More than a thousand asylum seekers take part in mass sit-in in Niger

      More than a thousand asylum seekers have been taking part in a mass sit-in in front of the offices of the United Nations High Commissioner for Refugees in Agadez in northern Niger since December 16. They are protesting the terrible living conditions that they are forced to endure while waiting for the UNHCR to examine their cases, and are calling for better conditions and an acceleration to the entire process.

      A majority of the residents of the UN camp for asylum seekers in Agadez in northern Niger walked the 15 kilometres into town to take part in a protest on December 16.

      Nearly 1,600 asylum seekers are still waiting for refugee status. The large majority of them — more than 1,400 — are Sudanese. Others hail from the Central African Republic, Chad and Pakistan. Most of them arrived in 2017 and they blame both the UNHCR and Nigerien authorities for the extremely difficult conditions in the camp.

      https://observers.france24.com/en/20191224-niger-asylum-seekers-take-part-mass-sit-protest

    • Thread de Eric Reidy sur twitter, 05.01.2019

      Security forces forcefully dispersed a peaceful sit-in in front of #UNHCR's office in Agadez, Niger yesterday (Jan. 4). Many people were injured & 100s of people’s phones & belongings were confiscated.
      2/ Sudanese asylum seekers, many from Darfur, have staged a sit-in in front of the #UNHCR office in since Dec. 16 when they walked out en masse from a UNHCR administered camp 15km outside of #Agadez.
      3/ In a statement the asylum seekers said they had been completely neglected. Many suffered from psychological conditions & chronic diseases worsened by the harsh desert environment & that treatment by UNHCR staff & the handling of their asylum claims led to a total loss of trust

      4/ The Sudanese asylum seekers started arriving in Agadez in late 2017, seeking safe-haven from war & exploitation in #Libya. The population peeked at around 2,000. Tensions arose w the host population & the Nigerien gov viewed the Sudanese w suspicion & as a security threat.

      5/ In May 2018, the Nigerien gov deported 135 ppl back to Libya in violation of int law. UNHCR lobbied hard to prevent any further deportations & reached an agreement w authorities in #Niger to establish the camp outside of Agadez to reduce tensions

      https://www.thenewhumanitarian.org/special-report/2018/07/05/destination-europe-deportation

      6/ At some point, the relationship between the asylum seekers & UNHCR appears to have broken down leading to the recent protests, which have now ended with security forces using violence & the camp outside of #Agadez being burned down.

      7/ I’m still piecing everything together, but it’s important to keep in mind that this is a vulnerable population. Many have been displaced multiple times & experienced violence & tragedy in the past. They have been seeking safety for yrs & still haven’t found it. (Will update)

      https://twitter.com/Eric_Reidy/status/1213802520490831872

    • Niger breaks up Sudanese refugees sit-in as fire destroys their camp

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      Niger’s authorities forcibly broke up a sit-in of Sudanese refugees outside UNHCR office in the arid area of Agadez, while some of them reportedly set ablaze the camp once returned by the police.

      Hundreds of Sudanese refugees in Niger had staged a sit-in outside the office of the UN agency for refugees in Agadez on 16 December to protest the bad conditions in the camp. Also, they blamed the UNHCR officials for neglecting them pointing to the long delay in the processing of asylum requests.

      For their part, the international officials asked the refugees to end the protest and return to their camps first before to deal with their demands. However, the Sudanese who had fled the insecurity in Libya refused to regain the camp.

      On Saturday morning, local officials and police and security officers surrounded the sit-inners and asked them to take the vehicles they brought with them to return to their camp 15 km from Agadez.

      Refugees who requested anonymity told Sudan Tribune that the security forces beat the refugees and shoved them to the vehicles when they refused the orders to evacuate the site.

      Photos and videos of the raid showed protesters severely injured on the head and legs.

      Aid workers in the area said the local authorities three days ago had informed the UNHRC of their plan to disperse the sit-in.

      Tragic development

      Once the authority forcibly moved the first batch of protesters back to the camp, a huge fire tore through the refugee camp and reduced it to ashes.

      When asked about the authors of the blaze some refugees said “irresponsible” refugees were desperate and set fire on the camp to protest the forced return to the camp.

      The tents were highly flammable, aid workers said.

      For his part, Vincent Cochetel, UNHCR Special Envoy for the Central Mediterranean Situation, said in a tweet on Saturday that the Sudanese refugees destroyed the camp because they demand to be resettled in Europe.

      “80% of the reception centre destroyed by a minority of refugees from Darfur in Agadez who only want to hear about resettlement to Europe,” said Cochetel.

      “Destroying the asylum space in Niger or elsewhere is easier than building and protecting it. It is a sad day for refugee protection in Niger,” he added.

      The authorities arrested many refugees while others fled in the desert and their whereabouts are unknown.

      Also, it is not clear what the Nigerien authorities will do for the over 200 refugees who were waiting outside the UNHCR office to be transported to the camp.

      Refugees say they fear that they would be transported to Madama on the border between Niger and Libya.

      On 7 May 2018, Nigerien police deported 135 Sudanese refugees to Madama and expelled to Libya as they had already protested the bad conditions in Agadez camp. The move had been denounced by critics as a violation of international law.

      https://www.sudantribune.com/spip.php?article68808

    • Niger: Sudan refugee sit-in violently dispersed

      Niger security forces broke up the sit-in set up by Sudanese refugees in front of the offices of the United Nations Refugee Agency (UNHCR) in Agadez on Saturday, reportedly using excessive violence.

      Speaking to Radio Dabanga from Agadez, a refugee reported that 453 refugees were detained. 230 refugees suffered various injuries. Army officers and policemen stole 670 mobile phones from them.

      Their camp reportedly burned down completely. Hundreds of refugees, among them children, women, disabled, and seniors, spent Sunday night in the arid desert in the freezing cold. There are shortages of water, food, and medicines.

      The refugees called on the international community to intervene urgently and save them from the conditions in which they live. They also demand their resettlement procedures be completed.

      Three weeks ago, thousands of refugees left the refugee camp in Agadez in protest against the failure to complete their resettlement procedures and the deteriorating conditions in the camp.

      The Sudanese refugees in Niger have been a topic in the peace talks in Juba during the past weeks.

      Last year, Niger’s authorities sent Sudanese refugees back to Libya, the country they fled from to Niger.

      https://www.dabangasudan.org/en/all-news/article/niger-sudan-refugee-sit-in-violently-dispersed

    • Agadez/Incendie #centre_humanitaire : 335 demandeurs d’asile interpellés

      Après l’incendie du centre d’hébergement survenu hier matin et attribué à un groupe de demandeurs d’asile, M.Seini, Procureur de la République près le tribunal de grande instance d’Agadez a tenu un point de presse auquel la presse privée n’était pas conviée.

      Dans le souci d’informer nos lecteurs, nous vous livrons son contenu.

       » le 16 décembre 2019, plusieurs dizaines de demandeurs d’asile ont entrepris une marche de protestation qui les a conduit devant le bureau local du HCR Agadez. Ils avaient décidé d’occuper illégalement les espaces publics aux abords dudit bureau et maintenu un sit-in qui a perduré jusqu’au 4 janvier 2020.
      Vu qu’ils occupaient ces espaces en violation de la loi, la question a été inscrite au menu de la réunion du conseil de sécurité régional du 2 janvier 2020. Au cours de cette réunion, il a été décidé de faire respecter la loi notamment de les faire déguerpir. Et au besoin de les ramener sur leur site d’hébergement. C’est ainsi que le 4 janvier 2020, les autorités régionales et municipales se sont déplacées sur les lieux accompagnées des forces de sécurité. Après sommation donnée par le maire, les agents de sécurité ayant constaté que ces gens n’ont pas obtempéré, ont alors intervenu pour les embarquer et ramener sur leur site d’hébergement. Une fois là-bas, dès qu’ils étaient descendus des bus et camions qui les transportaient, ils ont mis le feu au centre et en même temps s’en sont pris aux forces de l’ordre en leur jetant des projectiles. Il ressort des constatations faites par les services que sur les 331 habitations qu’ils appellent RHU, 290 sont complétement calcinées. Ainsi que l’infirmerie. Des pare-brises de bus ont été cassés et deux personnes légèrement blessées. 162 téléphones portables, 31 couteaux et 12 barres de fer ont été pris sur les manifestants. Parmi eux, 335 identifiés comme meneurs de l’incendie ont été interpellés et mis à la disposition des enquêteurs de la police.
      Voyez-vous ! Ces gens qui sont sensés être là pour avoir la protection se comportent ainsi jusqu’à commetre des infractions graves à la loi pénale notamment attroupement non armé sur la voie publique, la rébellion, la destruction volontaire des biens meubles et immeubles, publics, et l’incendie volontaire de lieu servant d’habitation.
      Donc, malgré leur nombre très élevé, et au vu de la gravité des faits qui leur sont reprochés, nous avons décidé de les poursuivre pour qu’ils répondent de leurs actes. Compte tenu du fait qu’ils sont des étrangers, des avis de poursuite seront notifiées aux autorités compétentes ».

      A Agadez, beaucoup de gens s’inquiètent du sort de centaines d’autres demandeurs d’asile qui n’ont plus de toit et parmi eux des femmes et des enfants.

      Pour Athan, un de ces demandeurs d’asile : » le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) d’Agadez est l’unique responsable de ce qui nous arrive à Agadez ».

      La visite prévue demain mardi 7 janvier 2020 à Agadez de Mme Alexandra Morelli, représentante du HCR au Niger apportera t-elle une solution à ce problème ? Attendons de voir.


      https://airinfoagadez.com/2020/01/07/agadez-incendie-centre-humanitaire-335-demandeurs-dasile-interpelles

    • Demandeurs d’asile soudanais à Agadez : La grande désillusion

      L’installation d’une antenne du Haut Commissariat pour les Réfugiés à Agadez en Mai 2016 a contribué fortement à l’afflux de demandeurs d’asile de plusieurs nationalités. La majorité d’entre eux, après avoir fui leur pays en guerre, cas du Darfour au Soudan, se sont retrouvés piégés dans l’imbroglio libyen. C’est ainsi que près de 3000 soudanais ont cherché refuge à Agadez, une ville du nord Niger.
      Sur place, l’espoir d’une vie meilleure s’est peu à peu transformé en un véritable cauchemar. D’aucuns parmi ces prétendants à l’asile, las d’attendre, posent des actes désespérés sous forme des signaux.
      Le 14 avril dernier, un jeune soudanais a tenté de mettre fin à ses jours en se tailladant le cou. D’autres s’attaquent aux biens d’autrui pour se nourrir. Des actes contraires à la loi et au bon sens. Pourquoi et comment en est-on arrivé à ce stade ?
      APAC–Niger a mené l’enquête sur un drame que tente vaille que vaille de minimiser à l’opinion et les autorités en charge de la question et les ONG concernées.

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      Depuis la dégradation de la situation sécuritaire en Libye les ressortissants soudanais ont connu des difficultés à mener une vie tranquille, ils ont alors choisi d’immigrer vers le Niger. « Notons que la première grande vague est arrivée à Agadez en 2017. Tous ces migrants ont transité par la frontière du sud libyen, Sebha et Mourzouk en passant par Madama et Dirkou à la frontière avec le Niger », selon M. Soukeyrajou Yacouba, responsable à la Direction régionale d’état civil.
      Dès leur arrivée à Agadez ils ont été pris en charge par l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) et le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) appuyés par des ONG comme l’APBE (Action pour le Bien-être) et COOPI une ONG Italienne.
      Après l’enregistrement et l’enrôlement biométrique, dénommé BIMS, les migrants qui le désirent font une demande d’asile au niveau de la Direction de l’état-civil. « L’asile est octroyé par l’état du Niger seul habilité à le faire car le Niger reste souverain sur cette question, les migrants ayant fui la guerre pour des raisons sécuritaires sont priorisés par rapport à ceux qui ont fui pour des raisons économiques, d’autre part les mineurs non accompagnés très vulnérables bénéficient d’un traitement particulier vu leur situation, on trouve très souvent des cas de tortures sur les migrants venant de la Libye », a expliqué à APAC M. Soukeyrajou Yacouba. « C’est un long processus qui demande de la patience », explique un commis du service de l’état-civil. Une patience que n’ont plus aujourd’hui les Soudanais présents à Agadez.

      Déception et désolation au quotidien

      Malgré tous les efforts des ONG pour leur venir en aide, leurs cris de détresse s’amplifient. Ils crient leur ras-le-bol à qui veut les écouter. Dans le camp ou dans les rues d’Agadez. Ils ne s’en cachent point. « Si j’avais su que je me retrouverai dans une telle situation à Agadez, j’aurais préféré rester d’où je viens. Au moins là bas, j’étais dans une communauté humaine, j’avais le moral. A Agadez, nous sommes loin de la ville. Comme si nous sommes des animaux. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes ici. On n’a pas accès aux soins les plus élémentaires. On n’a pas une ambulance qui peut rapidement évacuer un malade vers la ville. Chaque soir, nous sommes dans la hantise que Boko Haram nous attaque. », nous a confié Mahmoud H, un jeune soudanais de 22 ans.

      Venus d’abord par petits groupes à Agadez, le nombre de demandeurs d’asile soudanais n’a fait que croitre au fil de mois jusqu’à atteindre presque 3000 personnes. Toutes sont en quête de protection et d’un mieux-être au Niger après avoir fui la guerre au Darfour et les sévices en Libye. Mais hélas, pour beaucoup, c’est la grande désillusion : « nous avons quitté l’enfer libyen pour tomber dans l’enfer d’Agadez. Ici aussi nous sommes mal vus ! C’est la suspicion et la haine dans tous les regards », disent-ils.

      Assis à même le sol d’un des hangars du centre d’accueil pour les réfugiés inauguré en mars 2017, Aly, est démoralisé. Il ne parle pas. Il observe. Dans ses yeux, aucune lueur. Ni de joie, ni d’espoir. Il refuse de regarder ses “ cochambriers”.
      Il nous confie en aparté. “ Ma place n’est pas ici. Pas sous ce hangar. Pas avec ces gens-là. On se bagarre tous les temps. Je ne suis pas comme eux et personne ne veut me comprendre. J’ai un statut que je n’ai pas choisi et qui fait que bien qu’étant homme, ma place n’est pas avec les hommes”.

      L’aveu d’Aly est clair mais non encore avoué. Un de ceux avec qui il partage le hangar balance le secret d’Aly : “ C’est un pédé ! C’est haram ! On ne veut pas de lui sous le même toit que nous”, dit-il rageur. Comble de cynisme ! Summum de l’intolérance, il dit menaçant à notre adresse : “On ne mange pas avec lui ! Il est malade. C’est un fils de Sheitan ! ”.

      Comment se fait-il que Aly, bien qu’ayant un statut particulier soit mis avec des hommes qui n’ont aucun respect pour son choix de vie ? “ Où voulez-vous qu’il soit ? Avec les femmes ? ”, nous répond calmement un agent du centre. “ Est-ce qu’il a même avoué au HCR son statut ! Je ne crois pas ! », a fait remarquer l’agent.
      Joint par le reporter de APAC Niger, le service du HCR Agadez dit ceci : « nous n’avons pas eu de cas pareil ! »

      Assiatou, est elle aussi une jeune femme du Darfour. Sa vie est un drame grandeur nature. Elle a tout perdu au Soudan du sud. Parents et conjoint.
      En Libye, elle a souffert vingt-sept mois les affres de violences sexuelles. “Les hommes sont cruels. Le sexe, partout et toujours le sexe. Comment puis-je me protéger quand on ne te demande aucune permission avant d’abuser de ton propre corps ? Dites-moi comment dire non à un homme drogué et violent qui a le droit de vie et de mort sur toi ? Mon corps de femme m’a permis de survivre jusqu’à aujourd’hui mais au prix de maints viols et supplices. De 2012 à aujourd’hui, j’ai porté trois grossesses que je n’ai jamais désirées. Deux sont mortes en Libye et j’ai le dernier ici avec moi ! Ne me demandez pas qui en est le père, je vous jure que je l’ignore !”.
      Son statut de femme éprouvée et allaitante fait qu’elle est mieux traitée que les autres. « Elle a beaucoup besoin de soutien surtout moral », fait remarquer une volontaire humanitaire trouvée sur place.

      À Agadez, Aly et Assiatou ont trouvé plusieurs centaines d’autres demandeurs d’asile. Tout comme eux, ils ont fui dans la douleur. Le Soudan d’abord, et la Libye ensuite. Hélas, leur rêve de liberté, leur espoir d’un lendemain meilleur se meurt aujourd’hui à Agadez.
      Au contact de dures réalités, Aly et Assiatou ne croient plus aux organisations internationales d’Agadez. « Elles font de la discrimination entre nous et les Erythréens ! Ce n’est pas normal », a fait le jeune soudanais Aly.

      « Ces soudanais ne sont pas reconnaissants…. »

      Ces demandeurs d’asile ignorent-ils que depuis la fin d’année 2017, 1.450 réfugiés, dont 1.292 Soudanais, sont arrivés dans la cité du nord du Niger jusqu’à atteindre le chiffre record de 3000 aujourd’hui ? Bien-sûr que non ! Devant leur afflux, et prises au dépourvu, les organisations humanitaires présentes à Agadez ne savent plus où donner de la tête. « On ne peut que s’occuper des personnes considérées comme « les plus vulnérables ». C’est-à-dire les femmes, les enfants et les malades », explique un agent du HCR en poste à Agadez.

      Et pourtant de l’avis d’un agent de la Direction de l’Etat-civil, « Leur situation s’améliore de plus en plus. Tenez bien ! Au début, les hommes vivaient en pleine rue, juste en face de nos locaux, des fois sous 42° de chaleur. Ils n’avaient même pas accès aux toilettes et faisaient leurs besoins à l’air libre ou dans des parcelles vides. Mais aujourd’hui, ils mangent bien, dorment bien et se promènent sans problème dans la ville d’Agadez ».

      Mais bon nombre de soudanais joints par APAC réfutent ces dires. Ils soulignent « qu’ils manquent de tout : nourriture, soins de santé, espaces sanitaires adéquats et même qu’ils n’ont droit à aucune intimité ».
      « C’est un site temporaire », nous a répondu à ce sujet Davies Kameau, chef de bureau UNHCR Agadez. « Nous attendons que les soudanais soient d’abord reconnus comme demandeurs d’asile par le Niger », a t-il poursuivi.

      Pour beaucoup de ces soudanais, le droit à l’asile leur est refusé au Niger et : « ce n’est pas normal. C’est un déni de droit clair et simple ! On fait des faveurs aux autres mais pas nous ! », a dénoncé lui aussi Hadji, un soudanais trentenaire.

      Le statut de réfugié peine à leur être accordé

      « Vous n’êtes pas sans savoir qu’il n’y a pas encore eu de session de la Commission nationale d’éligibilité (CNE) pour le cas d’Agadez mais il y a eu une commission d’éligibilité délocalisée à Tahoua pour statuer sur le cas de demandes jugées urgentes. Six ont été accordées et une rejetée. (…). C’est vrai que les gens ont l’impression que ça traîne mais en vérité c’est le souci de bien faire qui fait que le processus prend du temps », affirme. Soukeyrajou Yacouba à APAC.

      D’après nos sources jusqu’à à cette date, le Niger refuse de se prononcer sur la finalité de ces demandes d’asile.
      Pourquoi alors ? Joint par le reporter de APAC, Lawali Oudou, acteur de la société civile d’Agadez a expliqué : « Cela fait plusieurs mois que les négociations concernant le statut à accorder aux soudanais peinent à aboutir. C’est parce que les autorités du Niger ont peur de prendre cette lourde responsabilité surtout au sujet d’Agadez, une région instable et qui a connu deux rébellions armées ».
      En effet, le prétexte de la sécurité explique le refus de l’Etat du Niger d’accorder le droit d’asile à ces soudanais. « Ils sont en lien avec des pays en guerre : la Libye, le Tchad, le Soudan. Ils sont arabophones, tout comme la majorité des terroristes. On a peur qu’ils installent des bases terroristes ici », a affirmé à notre confrère Le Point le député Mano Aghali. « Les populations d’Agadez commencent à manifester contre la présence de ces gens dans la ville d’Agadez. C’est pourquoi nous prions le HCR d’accélérer le processus pour trouver une solution », s’est alarmé quant à lui Rhissa Feltou, alors maire d’Agadez.
      Mansour B. un jeune nigérien qui habite non loin du centre pour les réfugiés fait partie de ceux qui ne veulent plus des soudanais à Agadez. Et il le dit sans ambages : « ces soudanais ne sont pas reconnaissants vis-à-vis du Niger ». Il explique qu’ : « ils doivent remercier le Niger car aucun pays ne peut accepter ce qu’ils font ici à Agadez. Ils draguent nos femmes et nos filles souvent devant nos yeux ; ils coupent nos arbres et partent vendre le bois au marché pour acheter de l’alcool et de la drogue. Trop, c’est trop ! ».

      Des griefs infondés selon les soudanais

      Pour les soudanais, tous ces griefs sont infondés. « Nous sommes des civils et non des militaires. Nous n’avons aucun contact avec des groupes mafieux. Les autorités et même les populations locales nous comparent à des rebelles soudanais, pas comme des réfugiés. Si nous étions des combattants, on allait rester au pays pour nous défendre mais pas fuir comme des lâches », explique Al-Hassan.
      En attendant que leur cas soit clair, les soudanais se rongent les ongles à une quinzaine de kilomètres d’Agadez. Des couacs surviennent des fois entre eux mais aussi avec les populations riveraines du centre.

      Jusqu’à quand cette situation peut-elle tenir ? Un vent nouveau souffle au Soudan avec le changement de régime survenu. Peut-il augurer un lendemain meilleur pour tous ces jeunes soudanais bloqués aujourd’hui à Agadez ? L’Europe leur ouvrira t-elle un jour les bras ? Seront-ils laissés à Agadez pour qu’au fil du temps ils puissent se fondre à la population ?
      Telles sont les questions qui taraudent les esprits à Agadez et auxquelles des réponses doivent être données.


      https://airinfoagadez.com/2019/08/29/demandeurs-dasile-soudanais-a-agadez-la-grande-desillusion

    • Refugees in Niger Protest Against Delay of Resettlement and Dire Conditions

      Almost 1000 people have protested in front of the office of the UN Refugee Agency (UNHCR) in Agadez, Niger, against the poor conditions in the UNHCR-run facility and the delay of resettlement procedures. The systemic isolation in the centre is considered a model for “outsourcing of the asylum system outside Europe”.

      Hundreds of people, among them many refugees from Sudan, marched 18 km from the humanitarian centre where they are accommodated to the UNHCR headquarters to submit a memorandum bearing their demands to expedite their resettlement procedures and denounce the deteriorating humanitarian conditions in the facility. The march turned into a sit-in and is part of on-going series of refugee protests in Niger since early 2019.

      According to one of the protesters the facility is located in the middle of the desert lacking “the simplest means of life” as well as adequate education. Chronic disease is spreading among the refugees, many of which are unaccompanied who have been waiting in the facility for over two years, he added.

      In 2017, UNHCR established an Emergency Transit Mechanism (ETM) in Niger for the evacuation of vulnerable people from Libya identified for resettlement to Europe and elsewhere. As of November 2019, 2,143 out of 2,913 of those evacuated by UNHCR have been resettled.

      An increasing number of self-evacuated refugees have also arrived in Agadez from Libya with the hope of being resettled. Niger agreed to the ETM under the condition that all refugees would be resettled in Europe. However, as stated in a MEDAM police brief, for the self-evacuees, resettlement becomes increasingly unlikely and they were moved to a refugee camp outside the capital, which hampers local integration and their economic autonomy.

      The network Alarm Phone Sahara commented. “This situation occurs in a context where European states are seeking to outsource the processing of cases of refugees, who have fled wars and persecution in countries like in East Africa, to countries far from the borders of Europe. The state of Niger is currently serving as a model for the outsourcing of the asylum system towards outside Europe, receiving considerable amounts of money from EU member states.”

      Since 2017, a total of 4,252 persons have been evacuated from Libya: 2,913 to Niger, 808 to Italy and 531 to through the Emergency Transit Centre to Romania.

      https://www.ecre.org/refugees-in-niger-protest-against-delay-of-resettlement-and-dire-conditions

    • Agadez/Incendie centre humanitaire : » Je me suis sentie trahie… », affirme #Alexandra_Morelli, représentante du HCR au Niger

      En visite ce matin à Agadez, Mme Alexandra Morelli, représentante du HCR au Niger a répondu aux questions de Aïr Info :

      Extrait :


       » Je suis ici à Agadez pour apporter toute ma solidarité aux autorités locales et pour gérer ensemble cette crise. Pour comprendre profondément la nature et s’assurer qu’on continue à s’assurer qu’on continue à protéger et à donner de l’assistance aux victimes même parmi les soudanais de cet acte de vandalisme qui n’a pas de commentaires. Après l’incendie du site humanitaire ma réaction est celle d’une femme, d’une mère qui a cru en ses enfants, qui a tout fait avec le gouvernement du Niger pour leur garantir un espace de paix et de protection. Je me suis sentie trahie. C’est la première émotion humaine que j’ai eue, une émotion de douleur. Mais aujourd’hui, nous mettons les émotions de côté et on travaille avec le pragmatisme et la lucidité guidés par la solidarité et la loi du Niger ».

      Interview réalisée par
      Anicet Karim

      https://airinfoagadez.com/2020/01/07/agadez-incendie-centre-humanitaire-je-me-suis-sentie-trahie-affirme-a

    • A protest dispersed, a camp burned: Asylum seekers in Agadez face an uncertain future

      ‘Nobody can believe this is happening… because there [are] children, there are women that are sleeping inside the camp.’

      Early in the morning on 4 January, security forces carrying long, wooden sticks arrived outside the office of the UN refugee agency (UNHCR) in the city of Agadez, Niger: 600 or more asylum seekers, mostly from Sudan, were gathered in the street in front of the office.

      Since mid-December, they had been staging a sit-in to protest what they said was UNHCR’s “complete neglect” of their living conditions and the slow processing and mishandling of their asylum cases.

      By the end of the day, security forces had dispersed the sit-in, dozens of demonstrators were allegedly injured, more than 330 were arrested, and the camp set up to house asylum seekers outside the city was almost entirely burned to the ground.

      The events were only the latest in the more than two-year saga of the Sudanese in Agadez – a story that has always been part of a bigger picture.

      The arrival of the Sudanese to the long-time migration hub in northern Niger, beginning in November 2017, followed on the heels of European policies aimed at curbing the movement of people from West Africa to Libya and onward to Italy, as well as the initiation of a programme by the EU and UNHCR – the Emergency Transit Mechanism (ETM) – to evacuate people from Libyan detention centres, bringing them to Niamey, Niger’s capital, to await resettlement to Europe.

      Against this backdrop, some Sudanese in Libya, facing violence, rampant abuse, exploitation, and even slavery, turned south to escape, spurred on by rumours of aid and safety in Niger, and the vague possibility of a legal way to reach Europe. But authorities in Niger, itself focal point of EU efforts to stem migration in recent years, were not enthusiastic about the arrival of the Sudanese and worried that the presence of UNHCR in Agadez was acting as a “pull factor”, attracting people to the city from Libya.

      UNHCR is in a complicated position in Niger, according to Johannes Claes, an independent consultant and migration researcher who has followed the situation in Agadez since 2017.

      The organisation has had to navigate between allaying government fears of a “pull factor” while providing protection and services to the Sudanese, running the ETM – the “human face” of the EU’s otherwise harsh migration policies – and responding to a growing number of refugees and Nigeriens displaced by conflicts along the country’s borders. “It hasn’t been easy for them to manage this,” Claes said. “That is quite obvious.”

      Underlying the entire situation is a global shortage of refugee resettlement spots. UNHCR projects that 1.4 million refugees are in need of resettlement this year out of a population of nearly 26 million refugees worldwide. Last year, around 63,000 refugees were resettled through UNHCR-facilitated programmes, down from a high of 126,000 in 2016.

      “UNHCR everywhere is just overwhelmed by the numbers because they are completely dependent on slots allocated in Europe and North America, and those are really very, very few,” said Jérôme Tubiana, an independent researcher focusing on conflict and refugees in Sudan and Niger.
      Global resonance, local grievance

      Caught between restrictive EU migration policies and the global lack of resettlement spots, UNHCR’s struggle to provide services, protection, and long-term stability to asylum seekers and refugees has not been limited to Niger.

      In the past year, asylum seekers and refugees have protested in front of UNHCR offices in Libya, Lebanon, and elsewhere, and African asylum seekers in particular, including many Sudanese from Darfur, have accused UNHCR of discrimination and neglect. “[The protest in Agadez] was part of… a global story of frustration and a feeling of being, really, not treated as victims of war or mass crimes,” Tubiana said.

      Despite the global resonance, the trigger for the protest in Agadez appears to have been a local incident that took on symbolic significance as it spun through the rumour mill of a population that was already angry about the slow pace at which their asylum cases were being heard and desperate for information about their futures.

      “The core of the problem is why the procedures are slow and why some people were informed… that their files had been lost,” a Sudanese asylum seeker in Agadez told TNH on 17 December, the day after around 600 people walked out of the camp where they were housed and set up the sit-in in front of the UNHCR office. “There is a complete lack of credibility… represented by the loss of the files,” the protesters said in a statement that circulated via text message.

      “We know that these people are fighters, soldiers, and they came here because now they expect to go to Europe.”

      UNHCR Niger confirmed that the government agency responsible for processing asylum requests had misplaced around five files several months earlier, but it said the files had been reconstituted and resubmitted for consideration. “From UNHCR’s side, we can strongly confirm that no registration files nor resettlement requests have been lost and that no one has to re-conduct interviews,” UNHCR Niger told TNH.

      But by the time news about the files spread, the Sudanese had already been growing frustrated, disillusioned, and distrustful for quite some time, and UNHCR’s reassurances fell on deaf ears.
      A shaky beginning

      From the beginning, the position of the Sudanese in Agadez has rested on shaky ground.

      Hundreds of thousands of West Africans, sharing a common language and cultural background with Nigeriens, have passed through the city en route to Libya over the years.

      The Sudanese were the first group of outsiders to turn south from Libya in search of protection, and Nigerien authorities didn’t trust their motives. “We know that these people are fighters, soldiers, and they came here because now they expect to go to Europe,” Niger’s minister of interior, Mohamed Bazoum, told TNH in 2018.

      But UNHCR has maintained that the Sudanese are not fighters. For the most part, they had been driven from their homes in Darfur by conflict and government-sponsored ethnic cleansing that began in the early 2000s. They had lived in camps for the displaced in Sudan or Chad before humanitarian funding ebbed or conflict followed them and they began criss-crossing the region in search of safety, stable living conditions, and better prospects for their futures. In the process, many had been tortured, trafficked, raped, or had witnessed and suffered various forms of violence.

      At the peak in 2018, there were nearly 2,000 Sudanese in Agadez, and tensions with the local community simmered as they filled up limited UNHCR housing in the city and spilled into the streets. At the beginning of May, authorities arrested more than 100 of the Sudanese, trucked them to the Niger-Libya border, dropped them in the desert, and told them to leave.

      The incident was a major violation of the international laws protecting asylum seekers, and in its aftermath, UNHCR, which had been caught off guard by the arrival of the Sudanese in the first place, scrambled to make sure it wouldn’t happen again and to carve out a space where the Sudanese and other asylum seekers would be safe.
      ‘It was a bit existential’

      The government and UNHCR settled on a plan to open the camp – which UNHCR calls a humanitarian centre – 15 kilometres outside Agadez to de-escalate tensions, and the government eventually agreed to start hearing asylum claims from the Sudanese and others. But a message had already been sent: the number of Sudanese coming to Agadez slowed to a trickle and several hundred ended up returning to Libya or headed elsewhere on their own.

      By last December, there were around 1,600 asylum seekers, mostly Sudanese, in Agadez, and 1,200 of them were housed at the humanitarian centre. According to UNHCR, 223 people had already received refugee status in Niger, and around 500 were set to have their cases heard in the coming months. Thirty-one of the most vulnerable had been transferred to Italy as part of a humanitarian corridor, and around 100 others were in line for refugee resettlement or other humanitarian programmes that would take them out of Niger.

      “It’s not a humane situation.”

      “It was slowly, slowly ongoing, but there was a process,” Alessandra Morelli, UNHCR’s head of office in Niger, told TNH. “Nothing was in the air or in… limbo.”

      “We managed to stabilise a little bit a large group of people that for years were going from one place to another in [search] of protection,” Morelli added. “I think that was the success.”

      But many of the Sudanese in Agadez saw the situation differently. The humanitarian centre was isolated and on the edge of the desert. In the summer, the weather was very hot and in the winter, very cold. There was little shade, and the insides of the tents boiled. Storms carrying billowing clouds of sand would blow out of the desert, blocking out visibility and blanketing everything in dust. Attempts to drill wells for water failed. “It’s not a humane situation,” one asylum seeker told TNH last April. “The way they treat us here they wouldn’t treat any person.”

      “We saw… very high rates of mental illness, numerous suicide attempts, women miscarrying on a regular basis or having very, very… low-weight babies; people were wandering off into the middle of the desert due to mental illness or desperation,” a former UNHCR staff member, who worked for the organisation on and off for six years and spent eight months in Agadez, told TNH on condition of anonymity. “It was a bit existential.”

      UNHCR partnered with organisations to provide psychological support and medical care to the asylum seekers. “[But] the level of service and the treatment that these people have been receiving… has been very low,” said Claes, the migration researcher. “It is very hard to service that camp. It is not an easy area to be operating, but it’s also not impossible,” he added.
      Protest and dispersal

      The low level of service, slow processing of asylum requests and lack of clear information about what was happening with people’s cases grated on the Sudanese.

      “This is not the first time that people are expressing themselves as unhappy,” Claes said. “This was obviously the worst that we’ve seen so far, but it was not entirely unexpected that this would at some point get out of hand.”

      When the sit-in began, UNHCR in Niger said the asylum seekers were pushing to be resettled to Europe. “Resettlement is a protection tool for the most vulnerable, not a right,” UNHCR Niger told TNH. “Most asylum seekers currently in Agadez are not among the most vulnerable refugees, and other more vulnerable cases will be privileged for resettlement.”

      The claim that the protest was only about resettlement prompted the former UNHCR employee to speak out. “They keep rolling out resettlement as this kind of strawman to distract from the fact that these people have been neglected,” the former employee said. “They’ve been neglected because they’re not a priority for anybody.”

      As the sit-in wore on, the governor of Agadez, Sadou Soloke, warned in a radio broadcast that the sit-in would be dispersed – forcibly if necessary – if the protesters did not return to the camp outside the city. “We can no longer stand by and watch them trample on our laws while they are being hosted by us,” the governor said of the asylum seekers.

      The protesters did not seek the required authorisation before the sit-in began and “rejected any proposal for a friendly settlement”, Agadez mayor Maman Boukari told TNH in writing. “In accordance with the provisions of the law, we ordered the police to move the refugees,” he said.

      “Nobody can believe this is happening… because there [are] children, there are women that are sleeping inside the camp.”

      But the asylum seekers at the sit-in had no intention of returning to the camp before their grievances were addressed. The way they saw things, going back to the camp would only mean more waiting and uncertainty. “We expect disaster at any time because we have lost trust in the government and employees of UNHCR,” one demonstrater told TNH via text message on 3 January, anticipating the dispersal.

      The following morning, security forces arrived with lorries and buses to take people back to the camp.
      Aftermath

      As the smoke settled from the fire at the humanitarian site, different versions of what transpired emerged.

      According to asylum seekers at the sit-in, security forces forced people into the vehicles, beating those who didn’t comply, and severely injuring many. Mayor Boukari told TNH that no force was used to disperse the demonstration and that there were no recorded cases of injury.

      Cell phone videos taken by asylum seekers show several instances of security forces hitting people with sticks or batons, and dragging them across the ground. Photos taken afterward show people with bloody wounds on their heads and bandaged limbs. But it is unclear from the videos and photos how widespread or severe the violence was, or what injuries people sustained.

      Despite the different versions of events, one thing is certain: once back at the camp, a confrontation broke out between security forces and some of the asylum seekers. It appears – from accounts given to TNH by the mayor, UNHCR, and at least three asylum seekers – that an unknown number of people, angry at the dispersal of the sit-in, then started a blaze and burned most of the camp to the ground. Other accounts, that seem less credible, suggest the government used teargas at the camp and started the fire.

      “The discussion of what Agadez will become is still on going with the government.”

      “[Security forces] beat them… too much. When they’re back [from the sit-in], they hate everything and destroy it,” said one asylum seeker, who didn’t participate in the protest but was in the camp during the fire. “This is [a] crazy idea. Nobody can accept [it]. Nobody can believe this is happening… because there [are] children, there are women that are sleeping inside the camp,” the asylum seeker added.

      Miraculously, no one was seriously injured in the fire.

      In its aftermath, 336 people were arrested for arson and planning the sit-in. As of 30 January, 196 were still being held in custody, of which 61 had been formally charged, according to UNHCR. Other Sudanese who are not currently in custody are also expected to receive judicial summons, UNHCR added.

      After several weeks, the government gave UNHCR permission to install temporary shelter for the people still staying at the camp – they had been sleeping outside in rough shelters they cobbled together or in communal buildings on the site that survived the fire.

      But the future of the effort to create a space to protect asylum seekers and refugees in Agadez is still uncertain. UNHCR is transferring some asylum seekers from Agadez to housing in Niamey and another UNHCR centre near the capital. “The discussion of what Agadez will become is still on going with the government,” Morelli said.

      In the meantime, the asylum seekers still don’t have any more certainty about their futures than they did before the protest started, and some have told TNH they feel even more vulnerable and disillusioned. UNHCR said the government will respect the status of people who have already been recognised as refugees and continue to review asylum claims from people who have submitted files.

      That process has already dragged on for more than two years, and ambiguity about why it is taking so long and where exactly it is heading was at the root of the protest to begin with. Following the dispersal, one Sudanese asylum seeker told TNH that he feared persecution by authorities in Niger and had returned to Libya with two of his friends. Others do not want to return to the violence and chaos of Libya and feel they have no option but to stay in Niger.

      “I’m still in UNHCR’s hands. What they tell me, I’m ready,” one asylum seeker told TNH. “People, they hate the situation… [but] there’s no other choice.”

      https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2020/02/10/Sudanese-asylum-seekers-Niger-Agadez-protest-EU-migration-policy

  • UNHCR in talks to send African migrants to ‘safe’ countries, let others stay

    UN’s refugee body confirms talks with Israeli and foreign governments on a deal that would enable some asylum seekers to stay in Israel permanently, resettle others.

    Israel is in negotiations with the United Nations High Commission on Refugees to resettle a portion of African asylum seekers in third countries deemed by the UN to be “safe,” possibly including Western countries, in exchange for some of the refugees to be given permanent residency in Israel.

    The deal would likely halt Israel’s current campaign to deport thousands of asylum seekers to African countries, widely believed to be Rwanda and Uganda.

    “Such an arrangement could be realized, though the necessary details need to be worked out,” said Sharon Harel, the external relations officer at the UNHCR office in Israel.

    She declined to name the countries interested in absorbing the refugees or what percentage of the refugees would be able to stay in Israel. Since 2013, the UNHCR, working with a number of different countries, has resettled 2,400 asylum seekers in third countries which they consider safe, including the US and Canada.

    Harel said was confident that an agreement could offer a viable solution for the approximately 38,000 African asylum seekers currently in Israel. “We would see such an arrangement as a win-win for the refugees as well as the State of Israel,” said Harel.

    The Prime Minister’s Office refused multiple requests for comment.

    The UNHCR, as well as a number of human rights organizations have expressed dismay with Israel’s program of deporting asylum seekers to third countries, which were officially unnamed. Reports have named Rwanda and Uganda, which are listed by the UN as “areas of concern.”

    “Due to the secrecy surrounding this policy and the lack of transparency concerning its implementation, it has been very difficult for UNHCR to follow up and systematically monitor the situation of people relocated to these African countries,” the UNHCR said in a statement in November. “UNHCR, however, is concerned that these persons have not found adequate safety or a durable solution to their plight and that many have subsequently attempted dangerous onward movements within Africa or to Europe.”

    Israel has deported approximately 4,000 asylum seekers to Rwanda and Uganda since December 2013, when the deportation program started.

    A new law shuttering a holding facility and forcing asylum seekers to leave or go to jail has seen Israel kick off a fresh deportation campaign this week. Israel began handing out deportation notices to asylum seekers renewing their two-month visa on Sunday.

    According to reports, the government hopes to deport 600 asylum seekers per month for the first year. People with open asylum applications cannot be deported before the applications are resolved.

    On Monday, Netanyahu slammed international criticism of the handling of the asylum seeker situation as “a campaign of lies.”

    “International law places obligations on countries and it also gives them rights. There is an obligation to accept refugees, and we accept refugees,” he said, “but international law also gives the right to a country to remove from its borders illegal migrants. We have no obligation to allow illegal labor migrants who are not refugees to remain here.”

    Netanyahu also claimed that George Soros was funding protests against the deportations, a claim that Soros quickly denied.

    Thousands of asylum seekers protested on Wednesday in front of the Rwandan embassy, part of a number of protests against the deportation in front of at least ten Rwandan embassies and consulates around the world. Protesters carried signs reading, “We will not fall into despair, we will stop this deportation,” “Recognizing refugees is a moral requirement,” “We don’t believe the racists,” and “Kagame — We’re not for sale.”

    Eritrean activists have said that they believe around 20 deported asylum seekers have lost their lives in dangerous attempts to reach Europe.

    Deportees to Rwanda have told The Times of Israel, and it has been widely reported in foreign media, that they are kept for a few days in a private home and then taken to the border with South Sudan or Uganda in the middle of the night. They are told to cross without documents, and to request asylum seeker status in the new country when they cross the border.

    The negotiations between the UNHCR, Israel, and other countries was first mentioned in activist Rabbi Susan Silverman’s op-ed in the New York Times on Wednesday. Silverman, the initiator of the Miklat Israel/Israel sanctuary initiative, which encourages people to hide Africans slated for deportations in their home, wrote that the UNHCR could resettle up to half of Israel’s asylum seekers, if Netanyahu agrees to cooperate. “This would provide the prime minister with a domestic political victory and a legacy lifeline,” she wrote.

    “Willing deportation” means that an asylum seeker has signed an agreement with the Interior Ministry that they are leaving Israel under their own free will, generally after being made to decide between incarceration and deportation.

    Asylum seekers who sign documents that they are willingly leaving the country receive a deportation grant of $3,500.

    Backers of the asylum seekers’ protest insist that Israel has not been doing the minimum required by the 1951 Refugee Convention to ascertain whether the migrants are refugees. Between 2009 and 2017, 15,400 people opened files seeking asylum with the PIBA Office. Israel denied asylum seeker status to 6,600 people, and 8,800 applications for asylum are still open. Israel has recognized refugee status for one Sudanese and 10 Eritreans, out of thousands of applications for asylum, an acceptance rate of 0.056%.

    The European Union has recognized asylum claims from 90% of Eritreans who apply for refugee status and 56% of Sudanese, according to the European Stability Institute.

    Harel, the spokesperson for UNHCR in Israel, noted there had been some “gaps” in the procedural requirements for asylum seekers. Asylum seekers from Eritrea and Sudan who arrived in Israel before 2012 were originally not required to file requests for asylum. The policy change in 2012 was not formally announced and led to a lot of confusion among asylum seekers as to what they were required to do.

    Anyone who wants to open an application for asylum must wait overnight, sometimes multiple times, in long lines outside of the Interior Ministry’s Population Immigration and Border Authority office.

    Anat Perez, a 25-year resident of Neve Shaanan who is also part of the Central Bus Station Neighborhood Watch group, which supports the deportations, said she does not believe that the UNHCR negotiations will amount to much. “The United Nations can make all types of decisions, but at the end it’s really about what Israel decides will do,” said Perez. “All of these issues were checked by the High Court. Israel is answering all of the requirements in terms of the law.”

    “I think if they are deported, things will get better for us,” said Perez. Perez added that she was frustrated by all calls that she and other activists who support the deportations are racists or Nazis. “They can’t judge us, they need to deal with South Tel Aviv’s Israeli residents with more respect. They don’t understand the problems,” she said.

    Halefom Sultan, a 33-year-old father of two from Eritrea and one of the central organizers of the protest outside the Rwandan embassy on Wednesday, said he supports the UN negotiations that would send some asylum seekers to a third country, one that is deemed safe by the UN, and allow some asylum seekers to stay in Israel.

    “They need to safeguard our life in the place we are located,” said Sultan. “It doesn’t matter where we are, we need safety. If it’s done by the UN and done in a safe way that ensures our security, I support it.”

    “This is an important move; it should have happened a while back,” said Mutasim Ali, a law student and activist who is the only Sudanese to have received refugee status in Israel. “This is the role UNHCR is supposed to play. It’s unfortunate that Israel still wants to relocate people when they have the ability to accept them, but we support the UNHCR’s approach.”

    https://www.timesofisrael.com/unhcr-in-talks-to-send-african-migrants-to-safe-countries-let-others-
    #Rwanda #Ouganda #Israël #asile #migrations #réfugiés #expulsion #renvois #réinstallation #déportation #réfugiés_africains #pays_tiers #externalisation

    sur la “#solution_rwandaise”, voir
    https://seenthis.net/messages/796723

  • Évacués au #Rwanda, les #réfugiés de #Libye continuent de rêver d’#Europe - RFI

    Par Laure Broulard

    Un jeune réfugié dans le centre de transit de Gashora au Rwanda.
    © FFI/Laure Broulard

    Publié le 03-11-2019 Modifié le 03-11-2019 à 07:25

    Le Rwanda accueille depuis quelques semaines des #demandeurs_d’asile évacués de Libye, dans le cadre d’un accord avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l’#Union_africaine signé le mois dernier. Un programme d’urgence présenté comme une réponse à la crise des quelque 4 700 réfugiés et migrants bloqués dans ce pays en guerre. Reportage.

    Le centre de #Gashora est en pleine effervescence. Situé dans la région du #Bugesera, au sud de #Kigali, il accueillait auparavant des réfugiés venus du #Burundi. Aujourd’hui, des équipes s’affairent pour rénover et agrandir les structures afin d’héberger les quelque 500 réfugiés évacués de Libye que le Rwanda a promis d’accueillir dans un premier temps.

    Les 189 demandeurs d’asile déjà arrivés sont logés dans de petites maisons de briques disséminées dans les bois alentour. Un groupe de jeunes en jogging et baskets se passent la balle sur un terrain de volley. D’autres, le regard fuyant, parfois égaré, sont assis sur des bancs à l’ombre.

    « Je n’ai pas encore réalisé mon rêve »

    #Rodouane_Abdallah accepte de parler aux journalistes, arrivés en groupe dans un bus acheminé par le gouvernement rwandais. Originaire du Darfour, ce jeune homme de 18 ans au regard doux a posé le pied en Libye en 2017. Il a tenté sept fois de traverser la #Méditerranée. Il a survécu par miracle.

    Aujourd’hui, il se souvient encore de toutes les dates avec précision : le nombre de jours et d’heures passées en mer, les mois en détention. Deux ans entre les mains de geôliers ou de passeurs. « Là bas, vous êtes nourris seulement une fois par jour, vous buvez l’eau des toilettes, vous ne pouvez pas vous doucher et vous devez travailler gratuitement sinon vous êtes battus », se souvient-il.

    Rodouane est aujourd’hui logé et nourri à Gashora. Il bénéficie également de soins médicaux et psychologiques. Cependant, il voit le Rwanda comme une simple étape : « Je suis heureux d’avoir eu la chance de pouvoir venir ici. C’est mieux qu’en Libye. Mais je ne suis pas arrivé à la fin de mon voyage, car je n’ai pas encore réalisé mon rêve. Je veux aller en Europe et devenir ingénieur en informatique », assure-t-il. Ce rêve, cette idée fixe, tous la martèlent aux journalistes. Pourtant les places en Europe risquent d’être limitées.

    « #Emergency_Transit_Mechanism »

    Dans le cadre de l’Emergency Transit Mechanism (#ETM), le nom donné à ce programme d’évacuation d’urgence, les réfugiés de Gashora ont aujourd’hui plusieurs possibilités. Ils peuvent soit faire une demande d’asile dans un pays occidental, soit rentrer chez eux si les conditions sécuritaires sont réunies, soit bénéficier d’un processus de #réinstallation dans un pays tiers sur le continent africain. Les mineurs non accompagnés pourraient ainsi rejoindre leur famille et les étudiants s’inscrire dans des universités de la région selon le #HCR.

    « Ils ont beaucoup souffert pour atteindre l’Europe, c’est donc un objectif qui est encore très cher à leur cœur. Mais maintenant qu’ils sont au Rwanda, nous essayons d’identifier avec eux toute une palette de solutions », explique #Élise_Villechalane, chargée des relations extérieures du HCR au Rwanda.

    Mais la démarche inquiète déjà certains réfugiés : « Les pays européens dépensent beaucoup d’argent pour nous éloigner de la mer Méditerranée. Et si c’est pour cela qu’on a été amenés ici, ce serait honteux. La seule chose que je pourrais faire serait de retourner en Libye et de tenter de traverser la Méditerranée », explique un jeune Érythréen, qui préfère garder l’anonymat.

    Une solution viable ?

    Le Rwanda n’est pas le premier pays à mettre en place ce type de mécanisme. Le Niger a lui aussi lancé un ETM en 2017. Depuis, environ 2 900 réfugiés y ont été évacués de Libye. Environ 1 700 d’entre eux ont été réinstallés dans des pays occidentaux à ce jour. Aujourd’hui, l’Union africaine et le HCR appellent d’autres pays africains à suivre l’exemple. Mais certaines ONG sont sceptiques quant à la viabilité du système.

    Au #Niger, le traitement des dossiers est long, ce qui crée des tensions. Le Mixed Migration Center, un centre de recherche indépendant, rapporte que des réfugiés auraient ainsi attaqué un véhicule du HCR en signe de protestation dans le centre de transit d’Hamdallaye en juin dernier.

    Plus généralement, #Johannes_Claes, chef de projet Afrique de l’Ouest au MMC, dénonce une externalisation des obligations des pays occidentaux en matière de droit d’asile : « Avec ce type schéma, l’UE délègue une part de sa responsabilité au continent africain. C’est d’autant plus cynique quand on sait que l’Union européenne finance les garde-côtes libyens qui interceptent les migrants avant de les envoyer en centre de #détention », explique-t-il.

    Du côté des signataires de l’accord, on présente le projet sous un jour différent : « Ce qui compte aujourd’hui, c’est que ces personnes sont en sécurité le temps que leurs dossiers soient traités. Et je suis fière que le Rwanda se soit porté volontaire », indique Hope Tumukunde, représentante permanente du Rwanda à l’Union africaine.

    Début septembre, au moment de la signature de l’accord, #Vincent_Cochetel, l’envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée, assurait à Reuters que la plus grande partie du financement de ce mécanisme d’évacuation d’urgence viendrait de l’Union européenne. Il est depuis revenu sur ces déclarations. Pour le moment, c’est le HCR qui assure la totalité du financement de l’opération.

    http://www.rfi.fr/afrique/20191103-rwanda-refugies-libye-hcr-ua

    ping @cdb_77 —> je me demande encore comment organiser les messages seenthis. En fait, j’aime bien tes métalistes et je me demande si je peux ajouter direct par commenaire ? Mais pas sûre que je connais assez bien ton système. Sinon je te marque et t’ajoutes toi même ? Ou bien je fais mes métalistes à moi...mais peut-être moins efficace qu’essayer de faire ensemble ? ...voilà, j’aime vraiment bien le seenthis et je suis toujours en train d’essayer de comprendre comment faire. En tout cas j’ai du temps maintenant pour m’en investir plus ;)

    • Tout à fait d’accord, j’ai voulu dire cela, c’est parce que je connais pas encore très bien le vocabulaire SeenThis. Alors les métalistes (=liste avec fils de discussion) c’est très bien si tu organises cela, je ne veux pas m’impliquer. Ma question était si je peux ajouter des infos aux fils de discussion (= liste regroupé avec articles autour du même sujet) ? Parce que pour les fils, peut-être possible que je ne choissis pas le bien et j’ai peur de faire de désordre dans ton système. T’es d’accord que j’essaie ? Si cela te dérange tu me le dis ? Et pour l’article là-haut, si tu l’as déjà mis, pourquoi le triangle n’est pas rempli (y a-t-il un autre indice, si oui, je te marque plus ;) ) ?

    • ...oh lala impossible que c’est rempli, j’ai passé trop de temps devant mon ordi alors, n’importe quoi, mieux que je pars checker les structures autonomes...

      Allez, je commence à ajouter alors !

  • UNHCR in Libya Part 1 : From standing #WithRefugees to standing #WithStates ?

    October 3rd is a day upon which the UNHCR “remember and commemorate all the victims of immigration and promote awareness-raising and solidarity initiatives.”

    With that very sentiment in mind, Euronews has undertaken an investigation into the UNHCR’s operation in Libya, where tens of thousands of migrants live in detainment camps, hoping to make it to Europe.

    We uncover the extent of neglect in terms of care that can be found where migrants wait to be processed. We ask why the UN’s humanitarian agency cannot have the required access in Libya when the mother organisation - The United Nations - is working with the Tripoli-based government. We ask why there is a severe lack of transparency surrounding the agency’s operation and we talk to some of the migrants involved in the process and allow them to tell their stories.


    https://www.euronews.com/2019/10/02/unhcr-in-libya-part-1-from-standing-withrefugees-to-standing-withstates
    #Libye #HCR #UNCHR #responsabilité #camps_de_réfugiés #réfugiés #asile #migrations #ONU #nations_unies #transparence #droits_humains #droits_fondamentaux #réinstallation #inefficacité #argent #financement #aide_humanitaire #indépendance

    ping @isskein @karine4 @reka

    • UNHCR in Libya Part 2 : Migrants in detention centres : ’Why does UNHCR want to keep us in prison ?’

      In this, the second part of our four-part investigation into the UNHCR’s operation in Libya, we talk to those migrants actually involved in the registration and detainment process. They tell Euronews their stories.

      Despite increased EU funding to the Libyan coastguard, and an Italian memorandum of understanding with the DCIM (the body responsible for running migrant detention centres) no effective provision has been made by the EU to implement migrants’ human rights and living conditions in Libya.

      The migrant experience in the embattled North African nation is deteriorating. Many people in that position who spoke to Euronews have reported abuses after being thrown into detention centres with the hope of being registered by UNHCR. Testimonies include instances of torture, rape and extortion at the hands of local militias and when this leads to an attempt to cross the Mediterranean sea, reports also detail how they have been intercepted by the Libyan coastguards and automatically re-incarcerated into the detention centres.

      “It has become an infinite, terrible circle from which there is no way out”, Julien Raickman, head of the MSF-France’s Libyan operation, told The Times.

      UNHCR’s main mission in Libya is to register migrants and find a solution to get them out of the country. However, as Raickman adds, “the resettlement procedure is totally blocked”.


      https://www.euronews.com/2019/10/02/unhcr-in-libya-part-2-migrants-in-detention-centres-why-does-unhcr-want-to
      #centres_de_détention #détention #Qasr_Bin_Gashir #Zintan #Az-Zāwiyah #Abu_Salim ##Az-Zawiyah

    • UNHCR in Libya Part 3: Former staffer blows whistle on favouritism and ’culture of impunity’

      Libya’s United Nations Refugee Agency has been branded “the worst in the region” by a former staff member who has alleged corruption, mismanagement and incompetence in its dealings with tens of thousands of vulnerable refugees and asylum seekers.

      The former staff member, who spoke to Euronews on condition of anonymity, painted an image of an agency overstretched and out of its depth, with asylum seekers left homeless, deprived of medical care and in legal limbo in an increasingly violent and unstable Libya.

      Migrants and refugees on the ground told Euronews that they had even bribed their way into Libya’s notorious detention centres in an effort to speed up their asylum claims. There they face exploitation at the hands of militia groups, which run the centres in all but name.

      The former staff member described a chaotic infrastructure at UNHCR, where he worked for several years, with asylum seekers registered under incorrect nationalities and others forced to wait for months to hear the status of their applications.

      Meanwhile, questions about UNHCR in Libya have stretched to procurement. An internal audit found that the agency had purchased laptop computers at inflated prices (eight laptops for just under $50,000) and used two travel agents to purchase almost $200,000 worth of flight tickets. The audit also notes that “no competitive bidding was conducted for the travel services” (sect. D of OIOS report 2019/007).
      Medical care

      Euronews has spoken to dozens of asylum seekers on the ground in Libya, including a man suffering from pulmonary tuberculosis. Asyas, 30, was discharged from the hospital by a UN medical partner, the International Medical Corps (IMC), and was now living in a private home in Tripoli.

      “I’m just waiting to die,” he told us.

      A medical source in Tripoli said that the hospitalisation of migrants and refugees - especially those cases with tuberculosis - is expensive, and some public hospitals lack the equipment to correctly diagnose the cases.

      As a result, NGOs have to find a balance between paying very high bills to private hospitals or discharging patients too early, the source concludes.

      The IMC told Euronews it cannot comment on the case.

      The feeling on the streets is one of abandonment by international institutions. Asylum seekers in urban areas believe that the UN agency will be there to help them find accommodation for example but the UNHCR are not obligated to do so.

      In one case, a group of Sudanese refugees – including expectant mothers and newborn babies - have been living for several months in an abandoned warehouse in an area of Tripoli known as al-Riyadiya.

      The group were since evicted from the warehouse and are now sleeping in front the UNHCR community day centre, waiting to be moved to safer housing.

      Commenting on the experiences Euronews uncovered, a spokesperson for the UNHCR, Charlie Yaxley, said: “Life for many refugees is extremely difficult and what we can do is at times very limited.”
      Libya in the eye of the storm

      Libya has been at the forefront of the migrant crisis and is the embarkation point for many boats that attempt to cross the Mediterranean to Italy.

      Libya’s lawlessness since the 2011 war that followed the overthrow of Colonel Gaddafi has seen the rise of numerous militia groups, all competing for a piece of the lucrative migrant trade.

      A large part of that trade is the operation of detention centres, officially run by the government but effectively controlled by militia groups. Asylum seekers detained in Libya are held at the centres, where they are often subject to abuse and violence.

      The conditions at detention centres has got so bad that the UNHCR prioritise the processing of refugees and migrants that are held in them - as they are considered among the most vulnerable. This has led to asylum seekers actually bribing their way into centres, sources say.

      In December, migrants and refugees detained in Khoms Suq al-Khamis started a hunger strike to persuade UNHCR to visit the centre and register them in the hope that this might stop them from being sold and disappeared.

      Amina, a Somali refugee now in Triq al-Sikka facility in Tripoli confirmed to Euronews that she paid money to be “accepted into detention and have a better chance to be registered and evacuated".

      The former UN staff member detailed one case where he claims a pregnant rape victim had opted to return to a detention centre in order to be considered for evacuation.

      At the Abu Salim detention centre, Eritrean refugees have been begging the detention centre manager to admit them, with the sole hope of being evacuated.

      Others are paying to get themselves in to the UNHCR’s Gathering and Departure Facility (GDF) - managed by the Libyan Ministry of Interior, UNHCR and UNHCR’s partner LibAid - in Tripoli, where refugees are normally hosted until their transfer to another state is confirmed.

      There, one refugee awaiting evacuation told Euronews: “The guards who are working at the gate, brought inside Somalian and Eritrean women; they paid 2000 dinars (around 430€) each. We told this to UNHCR, and they asked us not to tell anyone”.

      Commenting on the allegations, Yaxley said: “UNHCR takes any claims of misconduct very seriously. Any claim that is found to be valid following an investigation is followed by a zero tolerance approach. We strongly encourage any victims to directly contact our Inspector General’s Office.”.
      Lack of information

      Aside from bribery, the former employee said that the fate of individual asylum seekers and their families in Libya largely relies on luck.

      “It’s up to the office,” the source said.

      “At the beginning of 2019, the UNHCR registered a woman from Ivory Coast (which is not among the 9 nationalities that are prioritised according to Cochetel), only because there was a recommendation letter from a higher rank.

      “Sometimes you may wait months to register a case because no one will give you approval; there are cases of favouritism and a lazy attitude. All registration processes are unclear.”

      Many refugees and asylum seekers in Tripoli complained to Euronews about the lack of information available to them about their personal case. The former employee said that this is part of a strategy at the agency in order to avoid having to deal with the huge amount of admin involved.

      “It’s a general attitude not to answer refugees and keep them blind to avoid more requests. In Tripoli, refugees or asylum seekers are left without a clue. They don’t know if they are accepted or rejected.

      “They receive very little information about their file and most of the time, no proper update about the process, or in case they have to appeal if their request has been rejected.”

      The source said that since September 2017 there is no system in place to appeal against rejection on their refugee status, and asylum seekers don’t know they have the right to appeal the decision within 30 days.

      One family from Nigeria, now detained in Az-Zāwiyah detention centre, described their experience.

      “The first time we managed to meet UNHCR was secretly in Tarik Al Matar centre in July 2018. Since that time UNHCR is refusing to register us. When we try to ask about our cases they kept telling us later, next time, next time,” the father said.

      “Sometimes they avoid us totally. Once, UNHCR has even advised us to return home. My youngest girl has been born in detention and the eldest have some traumatic effects due to a whole lot of horrible stuff they’ve experienced.”

      Meanwhile the situation in Libya is only likely to get worse, with a bottleneck in some states like Niger slowing down the evacuation plan from Libya.

      There are currently 1,174 evacuees from Libya staying in Niger, including 192 evacuated unaccompanied children, according to UNHCR. With the Emergency Transit Mechanism (ETM) at full capacity, many cases are still pending a decision.

      “The Government of Niger has generously offered additional space for up to 1,500 refugees in the Emergency Transit Mechanism run by UNHCR in Niamey with financial support from the European Union,” writes Cochetel in May 2018.

      Mistakes

      To make the situation worse, according to the former employee, many mistakes have been made including nationalities wrongly assigned to individuals.

      “UNHCR was registering Chadians as Sudanese, or Ethiopians as Eritreans. The UNHCR staff in Libya was not qualified to properly understand the situation,” the source said.

      Commenting on that claim, Yaxley said: “UNHCR staff are selected through the same processes as in all other operations worldwide, following human resources rules. There are over 100 national staff working in Libya. UNHCR does not work with external contractors.”

      The aforementioned concentration on nine specified nationalities was put in place in order to keep numbers down, the former staff member said.

      Libya’s Undersecretary of the Ministry of Interior for Migration, Mohammed Al-Shibani, said that on the contrary the Libyan government is not refusing to register other nationalities. “The nationalities are determined by the UN not by us,” he said.

      Procurement

      On issues with procurement, the former staff member points Euronews at the internal UN audit of the operations in Libya, which found that UNHCR designated procurements to 12 partners worth $4.7 million and $4.0 million in 2017 and 2018 respectively.

      But the mission “did not conduct any cost-benefit analysis”, opting instead for direct procurement “despite the significant differences between official and market exchange rates.

      In 2017 and 2018, “the mission designated procurement exceeding $100,000 to three partners without them being pre-qualified by the Procurement Service at headquarters”. A lack of procurement plans resulted in ’’unnecessary and higher” costs.

      For example, the audit found a transaction for eight laptops with total expenditure of $47,067 (equivalent to a unit cost per laptop of $5,883). Moreover, flight tickets amounting to $128,000 and $66,000 during 2017 and 2018 were bought from two different travel agencies without any clear process for selection, as mentioned in the audit and confirmed by a former UN source.

      “The mission was unable to demonstrate it used its resources effectively and efficiently in providing for the essential needs of persons of concern. The lack of reporting also increased UNHCR’s reputational risk”, reads the audit.

      https://www.euronews.com/2019/10/03/unhcr-in-libya-part-3-former-staffer-blows-whistle-on-favouritism-and-cult
      #impunité

    • UNHCR in Libya Part 4: The detention centres - the map and the stories

      When NGO workers arrived at the Janzoor detention centre in Libya in October 2018 to collect 11 unaccompanied minors due to be returned to their country of origin, they were shocked to find that the young people had completely disappeared.

      The failed asylum seekers were registered and ready to go, a staff member at the International Organisation of Migration, who wished to remain anonymous, told Euronews. It took six months to find out what had happened to the group.

      “They were sold and their families were asked for ransom”, the former staff member said.

      In February 2019, the Libyan government revealed that there were 23 detention centres operating in Libya, holding over 5,000 asylum seekers. While they are officially run by the government, in reality it is Libya’s complex patchwork of militias that are in control.

      Even those ostensibly run by Libya’s Directorate for Combatting Illegal Migration (DCIM) are effectively under the control of whichever armed group controls the neighbourhood where a centre is located.
      Rule of militias

      Militias, also known as “katibas”, are de-facto in control of the gates of the centres and the management. In many cases, migrants and refugees are under arrest in locations which are not considered official detention facilities, but “holding places” for investigation.

      By correct protocol, they should be sent to proper detention facilities, but in reality procedures are seldom respected and asylum seekers are detained with no legal review or rights.

      For many migrants and refugees, the ordeal begins at sea.

      According to the Libyan coast guard, from January to August 2019, nearly 6,000 people were intercepted and brought back to Libya.

      On September 19, a man from Sudan died after being shot in the stomach hours after being returned to shore.

      The IOM, whose staff witnessed the attack, said it occurred at Abusitta disembarkation point in Tripoli, when 103 people that had been returned to shore were resisting being sent back to detention centres.

      IOM staff who were on the scene, reported that armed men began shooting in the air when several migrants tried to run away from their guards.

      “The death is a stark reminder of the grim conditions faced by migrants picked up by the Coast Guard after paying smugglers to take them to Europe, only to find themselves put into detention centres” said IOM Spokesperson Leonard Doyle.

      With conflict escalating in Tripoli and many detention centres located on the frontline, the majority of the people intercepted by Libyan coast guards are brought to al-Khoms, a coastal city 120km east of the Libyan capital.

      Tortured, sold, and released

      According to UN sources, guards at the city’s two detention facilities - al-Khoms and Souq al-Khamis - have either facilitated access to the militias or were afraid to deny them access.

      “Let me be honest with you, I don’t trust anyone in al-Khoms centre,” a former DCIM official told Euronews.

      “The detention centre has been officially closed by the DCIM but the militia there do whatever they want and they don’t respect the orders given by the Ministry of Interior.

      “People have been tortured, sold and released after paying money. The management and the militia in al-Khoms, they act independently from the government”.

      Last June, during the protection sector coordination meeting in Tripoli, UN agencies and international organisations raised the question of people disappearing on a daily basis.

      “In one week at least 100 detainees disappeared and despite the closure of the centre, the Libyan coast guard continued to bring refugees to al-Khoms detention centre” according to a note of the meeting seen by Euronews.

      The head of an international organisation present at the meeting, who asked to remain anonymous, said: “Many organisations have been turning their back on the situation, as they were not visiting the centre anymore.

      “19 people from Eritrea were at risk, including young ladies between 14 and 19 years old”.

      During a press briefing last June, the spokesman for UN High Commissioner for Human Rights, Rupert Colville, reported that women held in detention have been sold into sexual exploitation.

      David, a migrant who had been detained in Misrata detention centre was able to get out after transiting from a safe house in al-Khoms. He said that centre staff “had been extorting money from detainees for months.

      “I didn’t have a choice as the UN refused to register me because I come from Central African Republic and my nationality is not among the one recognised by UNHCR.”

      Detention centres are still open

      In August 2019, Libyan authorities in Tripoli confirmed the shutdown of three detention centres in Misrata, Khoms and Tajoura, but DCIM officers and migrants held in detention confirmed to Euronews that the centres are still open.

      While it is impossible to independently verify the current status of the facilities - as as the Ministry of Interior in Tripoli does not authorise access to them - Euronews was able to speak on the phone with detainees.

      “Just bring a letter with the authorisation from the Ministry of Interior and I will let you enter,” said one commander from Tajoura on the phone, confirming that the centre was still running.

      Another source at the DCIM in Tripoli mentioned that Tajoura was still running and the militia was mainly arresting people from street to fill the hangars again.

      The decision to close the Az-Zāwiyah detention centre - mentioned in PART 1 and 2 - was taken in April 2018 by former head of DCIM Colonel Mohamed Besher. But the centre has instead been transformed into an arrest and investigation centre.

      Located at the Az-Zāwiyah Refinery, which is secured by Al-Nasser brigade since 2011, it is close to the base of the Az-Zāwiyah coastguard

      Both the commander of the Libyan Coast Guard’s Unit and the head of Al-Nasr brigade are sanctioned by UN and the United States for alleged involvement in human trafficking and migrant smuggling.

      Mohammed Kushlaf is working in cooperation with “Osama” (➡️ SEE PART 2), who is in charge of the detention facility. His name appears 67 times in the recent investigation conducted by Italian prosecutor Luigi Patronaggio.

      ‘Inhumane conditions’

      The investigation had “confirmed the inhumane conditions” endured by many migrants and “the need to act, at an international level, to protect their most basic human rights.”

      The Government of National Accord has supported the UN sanctions and issued public statements of condemnation against the trafficking and smuggling of migrants.

      The Libyan prosecutor has also issued an order to suspend the commander of the Libyan Coast Guard and bring him into custody for investigations, although this was never implemented, confirmed a Libyan lawyer working at the Ministry of Justice.

      Sources at the DCIM mentioned that between September 2018 and April 2019 - when the Libyan National Army (LNA) troops guided by the general Khalifa Haftar seized Tripoli’s southern suburbs – many detention centres were located near the clashes.

      Salaheddin, Ain Zara, Qasr Bin Ghashir and Tariq Al Matar detention centres have been closed because of the conflict.

      As a result, large groups of refugees and migrants have been displaced or transferred to other locations. A DCIM officer in Tripoli mentioned that “The Tariq Al Matar centre was in the middle of the clashes and many refugees left to find safety in other areas after a few people were injured. A group was transferred to Ain Zara and another to Janzour detention centre, some 20 kilometres southwest of Tripoli’s centre.”

      Migrants being recruited to help militia in Libya’s civil war

      In September and several times in December and January, refugees say they were forced to move and pack weapons as fighting between rival armed groups in the capital of Tripoli flared up.

      They also engaged directly with local militia, from the Tripoli suburb of Tarhouna, that was controlling Qasr Bin Ghashir detention centre at the time.

      “No one was fighting on the front but they would ask us to open and close the gate and move and pack weapons”, said Musa, a Sudanese refugee who left Qasr Bin Ghashir in April following the attack.

      On October 2, Abdalmajed Adam, a refugee from South Sudan was also injured by a random bullet on his shoulder and was taken to a military hospital,” adds Musa.

      The militia who is controlling the area where Abu Salim detention centre is located is known as Ghaniwa and is aligned to the GNA.

      The group has been asking refugees, especially Sudanese – as they speak Arabic - to follow them to the frontline.

      “Last August they bought us to Wadi Al-Rabea in southern Tripoli, and asked us to load weapons. I was one of them. They took five of us from the centre,” said Amir, a Sudanese asylum seeker who is detained in Abu Salim.

      A former DCIM officer confirmed that in June 2018, the head of Abu Salim DCIM, Mohamed al-Mashay (aka Abu Azza), was killed by an armed group following internal disputes over power.

      The Qasr Bin Ghashir detention centre, in which 700 people were locked up, was attacked on April 23. Video and photographic evidence shows refugees and migrants trapped in detention having incurred gunshot wounds.

      Multiple reports suggested several deaths and at least 12 people injured. A former DCIM officer mentioned that behind the attack there was a dispute over the control of the territory: it is a very strategic point being the main road to enter to Tripoli.


      https://www.euronews.com/2019/10/03/unhcr-in-libya-part-4-the-detention-centres-the-map-and-the-stories

      #torture #traite_d'êtres_humains #cartographie #visualisation #localisation

  • Moins de 5% des besoins mondiaux pour la réinstallation de réfugiés satisfaits en #2018 (#HCR)

    De nouvelles statistiques publiées par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), indiquent que malgré un niveau sans précédent de déplacements forcés à travers le monde, seulement 4,7% des besoins mondiaux en matière de réinstallation de réfugiés ont été satisfaits en 2018.

    Selon les statistiques publiées ce mois-ci sur les départs facilités par le HCR vers des pays de réinstallation et parmi 1,2 million de réfugiés qui en avaient besoin en 2018, seuls 55.692 d’entre eux ont été effectivement réinstallés.

    La majorité des départs facilités par le HCR vers des pays de réinstallation se sont effectués depuis les principaux pays d’accueil de réfugiés, dont le Liban (9.800), la Turquie (9.000), la Jordanie (5.100) et l’Ouganda (4.000).

    Sur un total de 81.310 personnes dont la candidature avait été recommandée, la majorité des réfugiés qui avaient besoin d’être réinstallés étaient originaires de Syrie (28.200), de République démocratique du Congo (21.800), d’Érythrée (4.300) et d’Afghanistan (4.000).

    L’année dernière, 68% des dossiers de candidature pour la réinstallation concernaient des survivants de violences et de torture, des personnes ayant besoin de protection juridique et physique ainsi que des femmes et des jeunes filles dont la vie était menacée. Plus de la moitié (52%) des demandes de réinstallation présentées en 2018 concernaient des enfants.
    Peu de réinstallation des réfugiés

    La réinstallation des réfugiés - en provenance d’un pays d’asile et à destination d’un pays tiers qui a accepté de les accueillir et de leur accorder l’installation permanente - n’est accessible qu’à une part limitée de la population réfugiée à travers le monde. En règle générale, moins d’un pour cent sont réinstallés parmi les 19,9 millions de réfugiés relevant de la compétence du HCR à travers le monde.

    Selon le HCR, la réinstallation demeure un mécanisme vital qui permet d’assurer la protection aux personnes les plus exposées. Grâce à ce dispositif concret en matière de protection, les gouvernements et les communautés à travers le monde peuvent partager la responsabilité dans les efforts de réponse aux crises de déplacement forcé. La réinstallation et d’autres voies complémentaires d’admission constituent un objectif clé du Pacte mondial sur les réfugiés qui vise à réduire l’impact, sur les pays hôtes, de situations de réfugiés majeures.

    Selon les estimations pour 2019, 1,4 million de réfugiés actuellement hébergés dans 65 pays d’accueil à travers le monde auront besoin d’être réinstallés.

    Parmi eux se trouvent des réfugiés syriens actuellement hébergés dans des pays du Moyen-Orient et en Turquie (43%) ainsi que des réfugiés se trouvant dans des pays d’asile et de transit situés le long de l’itinéraire de la Méditerranée centrale (22%), où les mouvements vers l’Europe génèrent un lourd bilan en termes de pertes en vies humaines.

    Le Pacte mondial sur les réfugiés appelle les États à offrir davantage de places de réinstallation, via le lancement de nouveaux programmes ou l’extension de ceux qui existent déjà.

    Le HCR travaille actuellement avec les États et ses partenaires à l’élaboration d’une stratégie triennale concernant la réinstallation et les voies complémentaires d’admission - afin d’accroître le nombre de places de réinstallation, d’encourager davantage de pays à participer aux efforts mondiaux en matière de réinstallation et d’améliorer l’accès des réfugiés aux voies complémentaires d’admission.

    https://news.un.org/fr/story/2019/02/1036661
    #réinstallation #statistiques #chiffres #asile #migrations #réfugiés

  • L’accueil de réfugiés « réinstallés » dans les communes rurales de #Dordogne

    La campagne serait-elle le meilleur endroit pour accueillir les réfugiés les plus vulnérables ? Dans le cadre des « réinstallations » en France — par le #HCR — de réfugiés venus de pays moins sûrs, des communes rurales se sont portées volontaires pour les accueillir. Récit en Dordogne où la volonté des bénévoles et des élus tente de compenser les manquements de l’État dans l’accompagnement de ces personnes fragilisées par les violences de la guerre ou de leur histoire migratoire.

    Quand, à l’automne 2015, Pascal Bourdeau, maire d’une petite commune de Dordogne, entend l’appel de Bernard Cazeneuve aux édiles de France pour accueillir des réfugiés (« votre mobilisation est déterminante », leur écrit-il), il n’hésite pas une seconde. La France vient de s’engager à recevoir 22 000 réfugiés « relocalisés » depuis les hotspots de Grèce et d’Italie (dont elle n’accueillera finalement que 5 030 personnes). La photo d’Alan Kurdî, enfant syrien trouvé mort sur une plage, plane encore dans les esprits. La ville de Nontron, 3 500 habitants, ouvre donc ses portes à deux familles syriennes. Deux familles soudanaises et une autre centre-africaine les rejoindront deux ans plus tard. Elles sont arrivées dans le cadre d’un programme d’évacuation d’urgence de Libye vers le Niger sous mandat du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, le HCR (voir notre article à ce sujet).

    « Je considère que c’est un devoir d’accueillir ces gens, déclare le maire devenu également vice-président du conseil départemental. Je suis issu d’une famille de résistants et #Nontron a accueilli des Lorrains et des Alsaciens juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. La Dordogne est une terre d’asile : accueillir ces cinq familles allait de soi ». En 2015, Pascal Bourdeau contacte donc le préfet et prépare l’arrivée de la première famille syrienne avec son conseil municipal. Les conditions sont réunies : les écoles sont mobilisées, des navettes mises en place vers Périgueux et Angoulême (pas Limoges, l’autre grande ville de la zone). Plusieurs associations se disent prêtes à accompagner ces nouveaux venus que la guerre et la vie dans les camps a « un peu cabossés physiquement et mentalement », constate le maire de Nontron.

    Ces réfugiés ont bénéficié du programme de réinstallation du HCR, qui existe depuis longtemps et indépendamment de l’épisode des hotspots de la crise de l’accueil en Europe. La France n’avait jusqu’alors pas participé à ce programme qui permet de réinstaller dans des pays sûrs des réfugiés présents dans les camps de l’organisation humanitaire. C’est le cas au Liban, en Turquie, en Guinée, au Tchad ou encore au Niger. Cette réinstallation s’exerce selon le critère humanitaire de la plus grande vulnérabilité.

    En France, l’accueil des réfugiés passe par les territoires

    L’État français, qui pour la première fois a accepté de participer à un programme de réinstallation, délègue l’accueil de ces familles et personnes réfugiées à des associations nationales ou locales. En octobre 2017, la France annonçait l’accueil de 10 000 réfugiés d’ici octobre 2019, dont 3 000 venant du Tchad et du Niger, dans le cadre des programmes de réinstallation de migrants. Ce chiffre n’est pas encore atteint 1, mais la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (#Dihal) a mandaté pas moins de 24 opérateurs pour accompagner ces réfugiés particulièrement vulnérables sur l’ensemble du territoire.

    À Périgueux, en Dordogne, l’association Aurore s’est occupée des Syriens, tandis que France terre d’asile (FTdA) a pris en charge les Subsahariens évacués de #Libye via le #Niger. Accueillis dans un premier temps dans la #Cité_de_Clairvivre, un important établissement public médico-social à #Salagnac, ils ont été relogés ensuite dans les communes du département qui se portaient volontaires.

    Pour Claire Courtecuisse, historienne du droit à l’Université Grenoble-Alpes, la volonté politique d’installer les migrants à la campagne remonte à la fin du XIXe siècle, quand se consolide l’idée d’une communauté nationale soucieuse d’identifier les étrangers sans les mêler au reste de la population. « On pense alors que le migrant étranger s’installera de façon durable dans des campagnes, vidées par les Français, grâce aux valeurs attachées à la terre, gage de stabilité et d’ancrage ». Les forts besoins en main-d’œuvre, notamment saisonnière, permettent au secteur agricole de déroger aux lois qui protègent la main-d’œuvre nationale, comme celle du 10 août 1932 qui ne s’appliquera pas au secteur primaire.

    Sur les naturalisations, là encore, les zones rurales font exception. À la Libération, instruction est donnée par le général de Gaulle à son ministre de la Justice de « limiter strictement les naturalisations dans les villes, notamment à Paris, Marseille, Lyon, où l’afflux des étrangers n’est pas désirable », quitte à les favoriser en milieu rural. L’idée d’une répartition équitable des étrangers accueillis sur le territoire français a ressurgi avec la loi Asile et Immigration du 10 septembre 2018, qui confie à chaque préfet de région un #schéma_régional_d'accueil_des_demandeurs_d’asile_et_des_réfugiés (#SRADAR) en lien avec le schéma national.

    « Avec la politique de #répartition_territoriale, la question de l’accueil par les petites villes et les villages se pose de plus en plus », affirmait Matthieu Tardis, chercheur à l’Ifri, devant les maires de France invités à l’atelier de la Dihal sur le « Relogement des réfugiés : un enjeu pour la cohésion des territoires ». Selon le chercheur, les #territoires_ruraux sont une « terre d’asile (...), le citoyen [étant] l’accélérateur de l’intégration des réfugiés. À la fois parce qu’il les aide à s’approprier la langue, et parce qu’il peut être facteur d’insertion professionnelle ».

    Avec sa « Stratégie nationale pour l’accueil et l’intégration des personnes réfugiées », lancée en juin 2018, l’État en appelle — à nouveau — aux maires pour reloger durablement les réinstallés, réfugiés ou demandeurs d’asile présents dans les #Cada (Centres d’Accueil des demandeurs d’asile) ou #CAO (Centres d’accueil et d’orientation).

    Les premiers CAO, ouverts à la hâte à l’automne 2015 pour « mettre à l’abri » les occupants de la lande de Calais (appelée « la jungle ») et de la place Stalingrad à Paris, n’ont pas toujours été bien accueillis par les populations, se souvient Olivier Clochard, directeur de Migrinter. Installé à Poitiers, ce laboratoire héberge le programme de recherche « Campagnes françaises dans la dynamique des migrations internationales ». Camigri réunit une dizaine de géographes sur trois terrains en Aquitaine (Périgord vert, Vienne et Pyrénées ariégeoises) et s’intéresse à l’installation de nouveaux habitants dans les campagnes, qu’ils soient réfugiés, demandeurs d’asile, néo-ruraux ou agriculteurs. Pendant 5 ans (2016-2021), les chercheurs observeront les changements que ces arrivées provoquent en termes démographiques, économiques et politiques dans ces lieux peu peuplés.

    « La mise en place de dispositifs établis sans concertation inquiète les acteurs, explique Olivier Clochard, on doit entendre ces mécontentements, voire comprendre les raisons qui conduisent les personnes à ces réticences. » Le chercheur retient aussi l’expérience positive des tables rondes menées dans les communes rurales des #Deux-Sèvres : « Ces rencontres permettent de saisir une multitude d’initiatives. Écoutant les protagonistes, effectuant des enquêtes (...), j’observe que les politiques migratoires ne se font plus uniquement dans les ministères ou les préfectures aujourd’hui ; elles se construisent également dans les campagnes avec ces diverses mobilisations. »

    Le rôle important des #bénévoles

    Les bénévoles jouent un rôle central dans l’accueil des réfugiés en zone rurale. À Nontron, Brigitte, l’ancienne directrice d’école, était à la retraite l’année de l’arrivée de la première famille syrienne. « Je suis entrée en lien avec l’association prestataire. On devait rencontrer la famille ensemble, mais la personne de l’association m’a fait faux bond ; alors, je me suis débrouillée, et c’est ce que je fais depuis ! » Brigitte met en place un accompagnement scolaire. Avec les nouvelles arrivées, elle mobilise son frère, Christophe, également à la retraite, puis la femme de Christophe, Marie-Noëlle, retraitée du conseil départemental, qui garde les petits quand les parents suivent des cours de français deux fois par semaine.

    Ces réfugiés particulièrement vulnérables ont besoin de soins médicaux. Les rendez-vous se multiplient, particulièrement pour la famille soudanaise arrivée avec une petite fille handicapée qui demande beaucoup de soins et de déplacements. « J’ai fini par lancer un appel par le Collectif de transition citoyenne en Périgord vert (Gco) qui fonctionne par email, raconte Brigitte. Nous sommes aujourd’hui une trentaine de bénévoles, dont quinze très actifs, et ça marche plutôt pas mal. »

    L’installation de ces familles nombreuses bénéficie aussi aux communes. « Nos cinq familles de réfugiés nous ont apporté 20 enfants et ont sauvé nos écoles », se réjouit Erwan Carabin, l’adjoint au maire de Nontron. « Les plus jeunes ont appris le français en un temps éclair. Pour les adultes, c’est plus compliqué. » Pour raconter son histoire, Issam 2 et sa femme, des Syriens arrivés en 2018 d’un camp du HCR au Liban, demandent à leur fils Mansour, 16 ans, de traduire leurs propos.

    Issam a reçu un éclat d’obus au pied et attend la reconnaissance de son handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour pouvoir trouver un travail adapté. Il ne peut pas se déplacer à Périgueux pour suivre les cours de français langue étrangère proposés par le Greta. L’association mandatée localement par l’État pour la prise en charge des « réinstallés » a achevé son mandat après un an pour des raisons budgétaires (c’est la norme). Les cours, et tout le reste, se sont arrêtés du jour au lendemain. « Ils devaient aller deux fois par semaine à Périgueux, explique Brigitte, c’était impossible pour lui, alors nous avons mis en place un cours localement, d’abord financé par une association périgourdine puis, quand ça s’est arrêté, grâce à une bénévole... jusqu’à ce qu’elle trouve du travail ! » Aujourd’hui, il n’y a plus d’enseignement du français pour les réfugiés à Nontron.

    La maîtrise du français est pourtant une des priorités des dispositifs mis en place par les associations prestataires de l’État. France terre d’asile finance également 200 heures de cours de français pendant sa prise en charge. Lorsque le mandat prend fin pour des raisons budgétaires, les communes doivent prendre le relais. Ce n’est pas toujours possible dans une petite ville comme Nontron.

    Dans son HLM, bercé par le chant des canaris en cage, Issam sort son téléphone pour lancer l’application qui lui permet de communiquer en français grâce à une traduction immédiate à l’écrit et à l’oral. Le résultat est plutôt satisfaisant, mais ne convient pas à toutes les situations. Pendant les rendez-vous médicaux, les réfugiés de Nontron peuvent appeler une association d’interprètes à Paris, à laquelle la mairie souscrit par tranches de 15 minutes. « On a bien un habitant qui parle arabe et accepte de venir quand on l’appelle, explique Erwan Carabin, mais on ne peut pas le solliciter tout le temps. Il faut aussi savoir ménager nos bénévoles ! »

    « On ne peut pas s’habituer
    à une souffrance, physique
    ou mentale comme ça,
    surtout quand on ne peut rien faire
    pour la soulager. »

    Marie-Noëlle, bénévole

    Entre les cours de soutien scolaire, deux fois par semaine, et l’accompagnement aux rendez-vous médicaux ou administratifs dans les grandes villes avoisinantes, Brigitte trouve le temps de monter le dossier MDPH de la petite Soudanaise de 8 ans, lourdement handicapée, afin qu’elle soit scolarisée avec des horaires aménagés. Elle a aussi repris le dossier d’Issam, ouvert par l’association prestataire qui a dû renoncer à accompagner cette famille depuis que sa salariée est en congé de longue durée. Les bénévoles ne reçoivent aucune formation et apprennent « sur le tas ». En mai dernier, Brigitte craque ; elle doit s’arrêter quelque temps. « L’histoire de ces gens est douloureuse, explique Marie-Noëlle, sa belle-sœur. Lorsque nous les accompagnons aux rendez-vous médicaux, nous entrons dans leur intimité. On ne peut pas s’habituer à une souffrance, physique ou mentale comme ça, surtout quand on ne peut rien faire pour la soulager. »

    La décision de l’État de placer ces réfugiés particulièrement vulnérables dans des zones qui souffrent de désertification médicale surprend. « Nous avons eu un problème à propos d’une famille qui avait une urgence, se souvient Pascal Bourdeau. Un médecin de Nontron a refusé de les prendre, même entre deux rendez-vous, alors qu’ils ne pouvaient pas se déplacer. Nous avons réglé le problème grâce aux bénévoles et je n’ai pas voulu polémiquer avec lui. La précarité de la médecine en milieu rural est une réalité et sa présence est une aubaine pour l’ensemble de notre communauté. »

    « On a des gens en difficulté dans notre propre population, ajoute Erwan Carabin, on ne peut pas créer de fossé entre les migrants et les autres. Il faut que l’action de la mairie soit pareille pour tous. »
    Les limites de l’installation en milieu rural

    La Dihal a évalué les relogements pour la première fois en avril 2018 à l’échelle des villes et villages de moins de 5 000 habitants. Ils sont opérés depuis 2015 pour « soulager l’effort de certains territoires par la mobilisation de logements vacants dans des territoires moins tendus ». 6 % des relogements de familles ou d’individus réfugiés ont eu lieu dans ces communes.

    Dans son évaluation, le Pôle Migrants de la Dihal fait plusieurs recommandations : ne pas envoyer à la campagne « les personnes nécessitant un suivi médical régulier ou présentant des fragilités psychologiques » ; s’assurer du consentement des réfugiés pour une installation en milieu rural ; vérifier qu’ils ont les moyens de communiquer et se déplacer par eux-mêmes pour prendre rapidement un emploi dans les filières qui recrutent. Et la Dihal de conclure à la nécessité d’un suivi régulier pour « assurer les besoins à court terme des réfugiés relogés dans les territoires ruraux ». Cependant, une fois relogés, les réfugiés ont d’autres besoins, notamment l’aide à l’emploi qui n’est pas prévue dans la mission des associations prestataires.

    L’assistante sociale du département, qui prend le relais quand l’accompagnement spécifique d’un an arrive à son terme, peut intervenir comme elle le fait pour tout autre public « fragile ». En Dordogne, il y a besoin de main-d’œuvre, notamment dans l’agriculture. Les deux pères soudanais de Nontron qui souhaitaient travailler se sont vus proposer un travail à 40 kilomètres. Faute de voiture, ils ont dû décliner.

    « Que faire sans capacité à être mobile
    et tant que les gens ne maîtrisent pas la langue ? »

    Pascal Bourdeau, maire de Nontron en Dordogne

    « On a besoin de gens pour ramasser les pommes, confirme Pascal Bourdeau, et l’économie de Nontron est florissante, notamment dans le luxe avec l’usine Hermès et le sellier CWD de l’équipe de France d’équitation. Certaines entreprises me disent qu’elles manquent de bras, mais que faire sans capacité à être mobile et tant que les gens ne maîtrisent pas la langue ? » Les réfugiés vivent pour l’instant du RSA, des aides de la Caf et de la solidarité du voisinage. « On ne peut pas dire que rien n’a été fait par l’État, reconnaît le maire de Nontron. Un comité de pilotage a été mis en place pendant un an et demi par la préfecture avec les associations prestataires et les assistantes sociales du département, mais le dispositif spécifique s’éteint parfois trop tôt. Il faudrait pouvoir le prolonger pour des cas difficiles. »

    L’intervenante sociale qui suit Aman, un jeune Érythréen désormais installé dans la banlieue de Périgueux (après plusieurs mois à la Cité de Clairvivre), sait qu’il aurait besoin d’être accompagné plus longtemps. Il attend toujours le début d’une formation d’électricien mais, comme les autres réfugiés suivis par les associations prestataires, sa maîtrise du français est très faible, insuffisante pour qu’il soit autonome après un an de prise en charge.

    « Tout cet accompagnement n’est pas assez structuré pour permettre aux réfugiés de s’intégrer », s’emporte Liliane Gonthier, maire de Boulazac, dont la commune a aussi dû accueillir des demandeurs d’asile dans un hôtel proche de la mairie. « Si on veut être une terre d’accueil, il faut une volonté politique. Quand on voit les demandeurs d’asile entassés dans le Formule 1, sans cuisine ou même frigo, ce n’est pas un accueil digne. On sait que, dans certaines communes, les migrants sont repartis vers les grandes villes, peut-être vers la jungle de Calais. Ce n’est pas une politique aboutie et ça manque d’humanité ! » « J’aurais pu continuer à accueillir des personnes », se désole Pascal Bourdeau qui ne souhaite pas recevoir plus de 5 familles dans sa commune, pourtant convaincu que « l’intégration est plus facile dans les campagnes et que les mélanges sont une richesse ». Mais il n’y a aucune coordination entre les différents acteurs institutionnels et peu ou pas de suivi. « Quand on arrive au bout du dispositif prévu par les associations prestataires, on nous laisse tomber ! »

    Certaines familles désirent déjà rejoindre les grandes villes où elles ont des proches. Si Issam, enfant de paysans en Syrie, a choisi la campagne quand le HCR au Liban lui a demandé de choisir, Aman, évacué de Libye via un camp du HCR au Niger, ne savait pas où il arriverait en France quand l’intervenante sociale de FTdA l’a accueilli à Bordeaux.

    « Les territoires ruraux peuvent être des laboratoires de dispositifs innovants en matière d’accueil. »

    Olivier Clochard, directeur de Migrinter

    Comment relever les défis d’une installation dans des petites communes, volontaires mais impuissantes à retenir ces familles et surtout ces hommes en âge de travailler ?

    « Si les lois sont faites principalement par des sédentaires, et des sédentaires qui ne connaissent pas toujours les spécificités de ces territoires ruraux, regrette Olivier Clochard, il me semble important de s’intéresser aux questions politiques relatives à la circulation, voire à l’accueil des personnes dans ces communes rurales — quel que soit le niveau : institutionnel, associatif voire informel — car dans certains cas, elles peuvent être vues à bien des égards comme des laboratoires de dispositifs innovants, rompant avec cette petite musique lancinante des discours présentant généralement l’immigration comme un problème... »

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-11
    #réinstallation #asile #migrations #réfugiés #France #rural #vulnérabilité #campagne
    ping @karine4

  • Le Niger, #nouvelle frontière de l’Europe et #laboratoire de l’asile

    Les politiques migratoires européennes, toujours plus restrictives, se tournent vers le Sahel, et notamment vers le Niger – espace de transit entre le nord et le sud du Sahara. Devenu « frontière » de l’Europe, environné par des pays en conflit, le Niger accueille un nombre important de réfugiés sur son sol et renvoie ceux qui n’ont pas le droit à cette protection. Il ne le fait pas seul. La présence de l’Union européenne et des organisations internationales est visible dans le pays ; des opérations militaires y sont menées par des armées étrangères, notamment pour lutter contre la pression terroriste à ses frontières... au risque de brouiller les cartes entre enjeux sécuritaires et enjeux humanitaires.

    On confond souvent son nom avec celui de son voisin anglophone, le Nigéria, et peu de gens savent le placer sur une carte. Pourtant, le Niger est un des grands pays du Sahel, cette bande désertique qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, et l’un des rares pays stables d’Afrique de l’Ouest qui offrent encore une possibilité de transit vers la Libye et la Méditerranée. Environné par des pays en conflit ou touchés par le terrorisme de Boko Haram et d’autres groupes, le Niger accueille les populations qui fuient le Mali et la région du lac Tchad et celles évacuées de Libye.

    « Dans ce contexte d’instabilité régionale et de contrôle accru des déplacements, la distinction entre l’approche sécuritaire et l’approche humanitaire s’est brouillée », explique la chercheuse Florence Boyer, fellow de l’Institut Convergences Migrations, actuellement accueillie au Niger à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Géographe et anthropologue (affiliée à l’Urmis au sein de l’IRD, l’Institut de recherche pour le Développement), elle connaît bien le Niger, où elle se rend régulièrement depuis vingt ans pour étudier les migrations internes et externes des Nigériens vers l’Algérie ou la Libye voisines, au nord, et les pays du Golfe de Guinée, au sud et à l’ouest. Sa recherche porte actuellement sur le rôle que le Niger a accepté d’endosser dans la gestion des migrations depuis 2014, à la demande de plusieurs membres de l’Union européenne (UE) pris dans la crise de l’accueil des migrants.
    De la libre circulation au contrôle des frontières

    « Jusqu’à 2015, le Niger est resté cet espace traversé par des milliers d’Africains de l’Ouest et de Nigériens remontant vers la Libye sans qu’il y ait aucune entrave à la circulation ou presque », raconte la chercheuse. La plupart venaient y travailler. Peu tentaient la traversée vers l’Europe, mais dès le début des années 2000, l’UE, Italie en tête, cherche à freiner ce mouvement en négociant avec Kadhafi, déplaçant ainsi la frontière de l’Europe de l’autre côté de la Méditerranée. La chute du dictateur libyen, dans le contexte des révolutions arabes de 2011, bouleverse la donne. Déchirée par une guerre civile, la Libye peine à retenir les migrants qui cherchent une issue vers l’Europe. Par sa position géographique et sa relative stabilité, le Niger s’impose progressivement comme un partenaire de la politique migratoire de l’UE.

    « Le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. »

    Marco Prencipe, ambassadeur d’Italie à Niamey

    Le rôle croissant du Niger dans la gestion des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe a modifié les parcours des migrants, notamment pour ceux qui passent par Agadez, dernière ville du nord avant la traversée du Sahara. Membre du Groupe d’études et de recherches Migrations internationales, Espaces, Sociétés (Germes) à Niamey, Florence Boyer observe ces mouvements et constate la présence grandissante dans la capitale nigérienne du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) chargée, entre autres missions, d’assister les retours de migrants dans leur pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=dlIwqYKrw7c

    « L’île de Lampedusa se trouve aussi loin du Nord de l’Italie que de la frontière nigérienne, note Marco Prencipe, l’ambassadeur d’Italie à Niamey, le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. » Une affirmation reprise par plusieurs fonctionnaires de la délégation de l’UE au Niger rencontrés par Florence Boyer et Pascaline Chappart. La chercheuse, sur le terrain à Niamey, effectue une étude comparée sur des mécanismes d’externalisation de la frontière au Niger et au Mexique. « Depuis plusieurs années, la politique extérieure des migrations de l’UE vise à délocaliser les contrôles et à les placer de plus en plus au sud du territoire européen, explique la postdoctorante à l’IRD, le mécanisme est complexe : les enjeux pour l’Europe sont à la fois communautaires et nationaux, chaque État membre ayant sa propre politique ».

    En novembre 2015, lors du sommet euro-africain de La Valette sur la migration, les autorités européennes lancent le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique « en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Doté à ce jour de 4,2 milliards d’euros, le FFUA finance plusieurs types de projets, associant le développement à la sécurité, la gestion des migrations à la protection humanitaire.

    Le président nigérien considère que son pays, un des plus pauvres de la planète, occupe une position privilégiée pour contrôler les migrations dans la région. Le Niger est désormais le premier bénéficiaire du Fonds fiduciaire, devant des pays de départ comme la Somalie, le Nigéria et surtout l’Érythrée d’où vient le plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe.

    « Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration “irrégulière”. »

    Florence Boyer, géographe et anthropologue

    Pour l’anthropologue Julien Brachet, « le Niger est peu à peu devenu un pays cobaye des politiques anti-migrations de l’Union européenne, (...) les moyens financiers et matériels pour lutter contre l’immigration irrégulière étant décuplés ». Ainsi, la mission européenne EUCAP Sahel Niger a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2016 dans le but d’« assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières ».

    « Tout cela ne serait pas possible sans l’aval du Niger, qui est aussi à la table des négociations, rappelle Florence Boyer. Il ne faut pas oublier qu’il doit faire face à la pression de Boko Haram et d’autres groupes terroristes à ses frontières. Il a donc intérêt à se doter d’instruments et de personnels mieux formés. Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’immigration "irrégulière". »

    Peu avant le sommet de La Valette en 2015, le Niger promulgue la loi n°2015-36 sur « le trafic illicite de migrants ». Elle pénalise l’hébergement et le transport des migrants ayant l’intention de franchir illégalement la frontière. Ceux que l’on qualifiait jusque-là de « chauffeurs » ou de « transporteurs » au volant de « voitures taliban » (des 4x4 pick-up transportant entre 20 et 30 personnes) deviennent des « passeurs ». Une centaine d’arrestations et de saisies de véhicules mettent fin à ce qui était de longue date une source légale de revenus au nord du Niger. « Le but reste de bloquer la route qui mène vers la Libye, explique Pascaline Chappart. L’appui qu’apportent l’UE et certains pays européens en coopérant avec la police, les douanes et la justice nigérienne, particulièrement en les formant et les équipant, a pour but de rendre l’État présent sur l’ensemble de son territoire. »

    Des voix s’élèvent contre ces contrôles installés aux frontières du Niger sous la pression de l’Europe. Pour Hamidou Nabara de l’ONG nigérienne JMED (Jeunesse-Enfance-Migration-Développement), qui lutte contre la pauvreté pour retenir les jeunes désireux de quitter le pays, ces dispositifs violent le principe de la liberté de circulation adopté par les pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la Cedeao. « La situation des migrants s’est détériorée, dénonce-t-il, car si la migration s’est tarie, elle continue sous des voies différentes et plus dangereuses ». La traversée du Sahara est plus périlleuse que jamais, confirme Florence Boyer : « Le nombre de routes s’est multiplié loin des contrôles, mais aussi des points d’eau et des secours. À ce jour, nous ne disposons pas d’estimations solides sur le nombre de morts dans le désert, contrairement à ce qui se passe en Méditerranée ».

    Partenaire de la politique migratoire de l’Union européenne, le Niger a également développé une politique de l’asile. Il accepte de recevoir des populations en fuite, expulsées ou évacuées des pays voisins : les expulsés d’Algérie recueillis à la frontière, les rapatriés nigériens dont l’État prend en charge le retour de Libye, les réfugiés en lien avec les conflits de la zone, notamment au Mali et dans la région du lac Tchad, et enfin les personnes évacuées de Libye par le HCR. Le Niger octroie le statut de réfugié à ceux installés sur son sol qui y ont droit. Certains, particulièrement vulnérables selon le HCR, pourront être réinstallés en Europe ou en Amérique du Nord dans des pays volontaires.
    Une plateforme pour la « réinstallation »
    en Europe et en Amérique

    Cette procédure de réinstallation à partir du Niger n’a rien d’exceptionnel. Les Syriens réfugiés au Liban, par exemple, bénéficient aussi de l’action du HCR qui les sélectionne pour déposer une demande d’asile dans un pays dit « sûr ». La particularité du Niger est de servir de plateforme pour la réinstallation de personnes évacuées de Libye. « Le Niger est devenu une sorte de laboratoire de l’asile, raconte Florence Boyer, notamment par la mise en place de l’Emergency Transit Mechanism (ETM). »

    L’ETM, proposé par le HCR, est lancé en août 2017 à Paris par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie — côté UE — et le Niger, le Tchad et la Libye — côté africain. Ils publient une déclaration conjointe sur les « missions de protection en vue de la réinstallation de réfugiés en Europe ». Ce dispositif se présente comme le pendant humanitaire de la politique de lutte contre « les réseaux d’immigration économique irrégulière » et les « retours volontaires » des migrants irréguliers dans leur pays effectués par l’OIM. Le processus s’accélère en novembre de la même année, suite à un reportage de CNN sur des cas d’esclavagisme de migrants en Libye. Fin 2017, 3 800 places sont promises par les pays occidentaux qui participent, à des degrés divers, à ce programme d’urgence. Le HCR annonce 6 606 places aujourd’hui, proposées par 14 pays européens et américains1.

    Trois catégories de personnes peuvent bénéficier de la réinstallation grâce à ce programme : évacués d’urgence depuis la Libye, demandeurs d’asile au sein d’un flux dit « mixte » mêlant migrants et réfugiés et personnes fuyant les conflits du Mali ou du Nigéria. Seule une minorité aura la possibilité d’être réinstallée depuis le Niger vers un pays occidental. Le profiling (selon le vocabulaire du HCR) de ceux qui pourront bénéficier de cette protection s’effectue dès les camps de détention libyens. Il consiste à repérer les plus vulnérables qui pourront prétendre au statut de réfugié et à la réinstallation.

    Une fois évacuées de Libye, ces personnes bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention du statut de réfugié au Niger. Elles ne posent pas de problème au HCR, qui juge leur récit limpide. La Commission nationale d’éligibilité au statut des réfugiés (CNE), qui est l’administration de l’asile au Niger, accepte de valider la sélection de l’organisation onusienne. Les réfugiés sont pris en charge dans le camp du HCR à Hamdallaye, construit récemment à une vingtaine de kilomètres de la capitale nigérienne, le temps que le HCR prépare la demande de réinstallation dans un pays occidental, multipliant les entretiens avec les réfugiés concernés. Certains pays, comme le Canada ou la Suède, ne mandatent pas leurs services sur place, déléguant au HCR la sélection. D’autres, comme la France, envoient leurs agents pour un nouvel entretien (voir ce reportage sur la visite de l’Ofpra à Niamey fin 2018).

    Parmi les évacués de Libye, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays dit « sûr ».

    Depuis deux ans, près de 4 000 personnes ont été évacuées de Libye dans le but d’être réinstallées, selon le HCR (5 300 autres ont été prises en charge par l’OIM et « retournées » dans leur pays). Un millier ont été évacuées directement vers l’Europe et le Canada et près de 3 000 vers le Niger. C’est peu par rapport aux 50 800 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès de l’organisation onusienne en Libye au 12 août 2019. Et très peu sur l’ensemble des 663 400 migrants qui s’y trouvent selon l’OIM. La guerre civile qui déchire le pays rend la situation encore plus urgente.

    Parmi les personnes évacuées de Libye vers le Niger, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays volontaire, selon le HCR. À ce jour, moins de la moitié ont été effectivement réinstallés, notamment en France (voir notre article sur l’accueil de réfugiés dans les communes rurales françaises).

    Malgré la publicité faite autour du programme de réinstallation, le HCR déplore la lenteur du processus pour répondre à cette situation d’urgence. « Le problème est que les pays de réinstallation n’offrent pas de places assez vite, regrette Fatou Ndiaye, en charge du programme ETM au Niger, alors que notre pays hôte a négocié un maximum de 1 500 évacués sur son sol au même moment. » Le programme coordonné du Niger ne fait pas exception : le HCR rappelait en février 2019 que, sur les 19,9 millions de réfugiés relevant de sa compétence à travers le monde, moins d’1 % sont réinstallés dans un pays sûr.

    Le dispositif ETM, que le HCR du Niger qualifie de « couloir de l’espoir », concerne seulement ceux qui se trouvent dans un camp accessible par l’organisation en Libye (l’un d’eux a été bombardé en juillet dernier) et uniquement sept nationalités considérées par les autorités libyennes (qui n’ont pas signé la convention de Genève) comme pouvant relever du droit d’asile (Éthiopiens Oromo, Érythréens, Iraquiens, Somaliens, Syriens, Palestiniens et Soudanais du Darfour).

    « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses. »

    Pascaline Chappart, socio-anthropologue

    En décembre 2018, des Soudanais manifestaient devant les bureaux d’ETM à Niamey pour dénoncer « un traitement discriminatoire (...) par rapport aux Éthiopiens et Somaliens » favorisés, selon eux, par le programme. La représentante du HCR au Niger a répondu à une radio locale que « la plupart de ces Soudanais [venaient] du Tchad où ils ont déjà été reconnus comme réfugiés et que, techniquement, c’est le Tchad qui les protège et fait la réinstallation ». C’est effectivement la règle en matière de droit humanitaire mais, remarque Florence Boyer, « comment demander à des réfugiés qui ont quitté les camps tchadiens, pour beaucoup en raison de l’insécurité, d’y retourner sans avoir aucune garantie ? ».

    La position de la France

    La question du respect des règles en matière de droit d’asile se pose pour les personnes qui bénéficient du programme d’urgence. En France, par exemple, pas de recours possible auprès de l’Ofpra en cas de refus du statut de réfugié. Pour Pascaline Chappart, qui achève deux ans d’enquêtes au Niger et au Mexique, il y a là une part d’hypocrisie : « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses par la mer ou le désert ». « Il est quasiment impossible dans le pays de départ de se présenter aux consulats des pays “sûrs” pour une demande d’asile », renchérit Florence Boyer. Elle donne l’exemple de Centre-Africains qui ont échappé aux combats dans leur pays, puis à la traite et aux violences au Nigéria, en Algérie puis en Libye, avant de redescendre au Niger : « Ils auraient dû avoir la possibilité de déposer une demande d’asile dès Bangui ! Le cadre législatif les y autorise. »

    En ce matin brûlant d’avril, dans le camp du HCR à Hamdallaye, Mebratu2, un jeune Érythréen de 26 ans, affiche un large sourire. À l’ombre de la tente qu’il partage et a décorée avec d’autres jeunes de son pays, il annonce qu’il s’envolera le 9 mai pour Paris. Comme tant d’autres, il a fui le service militaire à vie imposé par la dictature du président Issayas Afeworki. Mebratu était convaincu que l’Europe lui offrirait la liberté, mais il a dû croupir deux ans dans les prisons libyennes. S’il ne connaît pas sa destination finale en France, il sait d’où il vient : « Je ne pensais pas que je serais vivant aujourd’hui. En Libye, on pouvait mourir pour une plaisanterie. Merci la France. »

    Mebratu a pris un vol pour Paris en mai dernier, financé par l’Union européenne et opéré par l’#OIM. En France, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) confie la prise en charge de ces réinstallés à 24 opérateurs, associations nationales ou locales, pendant un an. Plusieurs départements et localités françaises ont accepté d’accueillir ces réfugiés particulièrement vulnérables après des années d’errance et de violences.

    Pour le deuxième article de notre numéro spécial de rentrée, nous nous rendons en Dordogne dans des communes rurales qui accueillent ces « réinstallés » arrivés via le Niger.

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-10
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #Europe #UE #EU #sécuritaire #humanitaire #approche_sécuritaire #approche_humanitaire #libre_circulation #fermeture_des_frontières #printemps_arabe #Kadhafi #Libye #Agadez #parcours_migratoires #routes_migratoires #HCR #OIM #IOM #retour_au_pays #renvois #expulsions #Fonds_fiduciaire #Fonds_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique #FFUA #développement #sécurité #EUCAP_Sahel_Niger #La_Valette #passeurs #politique_d'asile #réinstallation #hub #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM) #retours_volontaires #profiling #tri #sélection #vulnérabilité #évacuation #procédure_accélérée #Hamdallaye #camps_de_réfugiés #ofpra #couloir_de_l’espoir

    co-écrit par @pascaline

    ping @karine4 @_kg_ @isskein

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765325

  • Evaluation of #Emergency_Transit_Centres in Romania and the Slovak Republic

    Executive summary

    The Emergency Transit Centres were established to provide emergency protection and the possibility to evacuate refugees who could not be protected in their countries of asylum. Temporary relocation of refugees who required resettlement on an urgent or emergency basis to an Evacuation Transit Facility (ETF) was expected to serve five objectives, namely:

    Provide timely and effective protection to an individual or group of individuals of concern to UNHCR;

    Demonstrate a tangible form of burden‐ and responsibility‐sharing, enabling States not otherwise involved in emergency resettlement to accept cases from an ETF;

    Enable officials from UNHCR and resettlement countries to undertake interviews in a stable, safe and secure environment;

    Promote the subsequent realization of the durable solution of permanent resettlement; and - Encourage States hosting ETFs to become involved in resettlement.

    To date, three ETFs have become operational, namely the Emergency Transit Centres (ETCs) in Romania in 2008 and the Slovak Republic in 2011(although the Tri-Partite Agreement was signed in 2010), and the Emergency Transit Mechanism (ETM) in the Philippines in 2009. The ETCs are managed on the basis of Tri-Partite Agreements signed by their hosting governments, UNHCR and IOM. The ETC in Timisoara, Romania, can accommodate a maximum of 200 refugees, whereas the one in Humenné, Slovak Republic, a total of 150 refugees (from mid-2012 onwards). As of 30 September 2015, 1,717 refugees had departed from the ETC in Timisoara, and 797 refugees from Humenné to resettlement countries. Since 2012, the main resettlement countries using the two centres are the USA, the UK, the Netherlands, Canada and Finland, with the USA the sole resettlement country using Humenné since 2013.

    At the request of UNHCRs Resettlement Service in the Division of International Protection UNHCR’s Policy Development and Evaluation Service commissioned an evaluation of the ETCs in Romania and the Slovak Republic. As the ETCs have been in place for seven (Timisoara) and four years (Humenné) respectively, the evaluation presented UNHCR with an opportunity to assess whether the objectives set out at their establishment have been met. A comparative approach was used to assess the functioning of the two ETCs. The evaluation’s main findings should inform the development of strategies to meet emergency resettlement needs. Additionally, the results of the evaluation contribute to reflections on minimum standards and on whether the ETCs should continue with the same or similar objectives, or if there are other objectives that could lead to enhanced protection dividends for refugees.

    The evaluation team was composed of one PDES staff member and one external evaluation consultant.

    The ETCs in Timisoara, Romania, and in Humenné, Slovak Republic, have been relevant and appropriate for UNHCR, IOM, the ETC-hosting governments, resettlement countries and refugees. The ETCs offer a mechanism to UNHCR to provide a safe environment for refugees pending resettlement processing, including those classified under emergency or urgent priority, and to realize the durable solution of resettlement. While the number of refugees with emergency prioritization is small relative to the total number of refugees transferred to the centres, interlocutors described the ETCs as “life-saving” and “indispensable” for those few high-profile or high-risk refugees. This function for the most compelling protection cases is seen as core to UNHCR’s protection mandate.

    The centres also have an advocacy function. This is of pivotal importance to UNHCR and the hosting countries, as the agency must be seen to be able to respond immediately to lifethreatening situations to provide immediate protection. Although the overall contribution to global resettlement figures is small, the positive change brought about by the immediate safety and security (and access to basic services) and the overall realization of resettlement for hundreds of refugees has considerable value. In the evaluation period from the beginning of 2012 until 30 September, 2015 a total of 1,568 refugees were resettled through the two ETCs. The life-saving dimension in compelling protection cases is seen as vital even if there are very few emergency cases.

    Moreover, ETCs provided resettlement countries (and the IOM as part of its Resettlement Service Centre function for the US-government) access to refugees to undertake activities necessary to complete the resettlement process, including the selection of municipalities in resettlement countries. Some countries, in particular the US, are unable to process emergency cases due to long and complicated state procedures. The existence of the ETCs allows the US to process resettlement cases of persons who have been evacuated, and thereby increase accessibility of resettlement to some refugees, even if not on an emergency basis. The centre in Humenné has gradually expanded into one which solely caters to US-government processing, while only Timisoara has received emergency cases due to the shorter Romanian government clearance, and the absence of visa requirements. For the ETC-hosting governments, Romania and the Slovak Republic, the centres provided an opportunity to show their solidarity with countries hosting large refugee case-loads, while neither providing a permanent home to larger groups of refugees nor carrying all the operational costs of these centres.

    While the coverage of the ETCs is in principle global, only refugees of some nationalities and countries of first asylum have been accommodated in the centres. Ad hoc planning and the obstacles experienced by some resettlement countries in the process of adjudication or completion of resettlement procedures, including selecting municipalities, has generally driven the use of ETCs. Most of the refugees transferred to the ETCs were resettled to the USA or the UK.

    Male and female refugees of all age groups have been transferred to the ETCs, although some restrictions have been imposed with respect to refugees with high medical needs, including serious mental health needs due to limitations of the ETCs with respect to providing services to persons with high medical needs. There have also been challenges in providing accommodation to Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender and Intersex (LGBTI) refugees. Since 2014, Iraqi refugees from Syria for resettlement to the USA are no longer transferred due to the refusal of already pre-vetted cases during the period 2012 - 2014. This has resulted in traumatic experiences for the concerned refugees, as three of them have remained in Timisoara since 2012 without a durable solution. Although alternative resettlement countries have been found for most of the rejected cases, this created an extra burden for UNHCR as well as delays for the concerned refugees.

    The efficiency of the ETC operations in Timisoara and Humenné was assessed from different angles, namely UNHCR and IP staffing, budgets, and utilization of capacity including the “pipeline”.

    The efficiency of the ETC operations in Timisoara and Humenné was assessed from different angles, namely UNHCR and IP staffing, budgets, and utilization of capacity including the “pipeline”.

    The centres are respectively under the supervision of the UNHCR Country Representative in Bucharest, and the UNHCR Deputy Regional Representative of the Regional Representative Office for Central Europe (RRCE) in Budapest. The resulting reporting lines and management of the budgets has led to limited coordination to ensure commonalities in approach in terms of staffing and assistance provided. Thus, in Timisoara, three UNHCR staff (with UNHCR or UNOPS contracts) work in the centre. In the Slovak Republic, the only UNHCR staff member manages the centre on a UNOPS contract. The difference in ETC-level staffing cannot be fully justified on the basis of their capacity. The above has also led to different budgets and variations in IP capacity, responsibilities and assistance, with the division of responsibilities between the different actors in Timisoara resulting in an overstretched IP with reduced capacity for counseling and other refugee-oriented activities.

    As the host countries’ contributions are different in each of the ETCs, the contribution of UNHCR also differs, the biggest difference being that UNHCR pays the food costs in Timisoara, which amounted to between 40-49% of total expenditures in the period 2012-2014. The overall expenditures for Timisoara, excluding food costs ranged from USD 621,700 in 2012, USD 654,900 in 2013 to USD 657,000 in 2014. If food costs are included, the annual costs are USD 1,031,000 in 2012, USD 1,278,100 in 2013, USD 1,195,800 in 2014 and USD 1,157,000 in 2015. The ETC requires 51% (2015) to 60% (2012, 2013) of the total budget for the Romania operation. The overall expenditure for Humenné was USD 406,700 in 2012, USD 747,800 in 2013, USD 979,900 in 2014, and USD 666,700 in 2015 (first 11 months).

    The underutilization of the ETCs was regularly raised as a concern by interlocutors. Their occupancy rate has historically been relatively low. The average daily occupancy rate for Timisoara is between one third to one half, and for Humenné approximately half of its capacity. Considering the nature of emergency case handling, and the flexibility this requires, the ETCs must always have space available to receive cases with serious protection needs. However, the planning documents for the ETCs do not allocate a specific number of spaces for emergency evacuations. In addition, the turnover of refugees has been slower than envisaged, with some refugees submitted to the US overstaying the maximum period of six months. The overwhelming majority of refugees stay an average of four to five months. Capacity has generally been viewed in terms of the available number of beds instead of in relation to site and shelter space available.

    Minimum standards for ETCs have not been developed. The application of minimum humanitarian standards in the areas of shelter confirms that the centres would not fully comply with these criteria if used to capacity. As the ETCs have become a semi-permanent response mechanism in the resettlement process, it is necessary to consider developing minimum standards for ETCs to guarantee the well-being of refugees. These standards should be based for example on the Sphere minimum humanitarian standards for shelter and non-food items.1 The standards should also take into account the objectives of preparing refugees for life in a resettlement country.

    The Romanian government has received funds from the EU to upgrade an existing facility to house the ETC. Work is expected to begin in 2016 so that refugees could be accommodated in 2017. It is imperative that UNHCR seize the opportunity to be involved at the planning stage of this process in order to ensure that the physical set-up is conducive to providing adequate assistance and protection, and to preparing refugees for resettlement. Some input into planning would also allow cost-savings if, for example, kitchens were included so that refugees could cook for themselves.

    The utilization of the ETCs has also been viewed in connection with the selection of refugees, and the process of obtaining clearances and organizing the transfer to one of the centres. The ETCs are directly linked to UNHCR’s global resettlement operation through the ETC focal point in the Resettlement Service, UNHCR headquarters. UNHCR Field Offices and Regional Resettlement Hubs are vital in identifying refugees for whom transfer to the ETC is an appropriate solution. Yet not all resettlement staff are aware of the existence of these facilities or know how to use these centres. This can be partially attributed to outdated guidance notes and a gap between vision and practice, which has led to different views on the usage of these centres.

    The underutilization of the ETCs is also a consequence of the use of emergency priority quota and/or a direct transfer to the resettlement country, which is the preferred option for all parties. Other obstacles include lengthy exit procedures of some countries of asylum, and a bureaucratic and lengthy process to organize the transfer of cases. Additionally, the part-time nature of the ETC focal point at headquarters does not encourage a more pro-active advocacy role.

    There are some differences in the provision of protection and assistance in the two ETCs. The major protection deficit noted by the evaluation team was the application of “limited freedom of movement” in Romania. Article 2 (2) of the Tri-Partite Agreement states that refugees “shall be required to reside in the ETC facility designated by the Romanian government.” This provision has been implemented in a manner that restricts freedom of movement of refugees as they are not permitted to leave the centre unless escorted by the implementing partner. This limitation is extremely frustrating for refugees and leads to a degree of institutionalization.

    While most of the refugees interviewed during the mission were satisfied with the standards of assistance offered, they felt that their lives in the ETC were on hold and many expressed a desire to have a “normal” life and to move on quickly from the ETC. Especially in Timisoara, concerns were expressed regarding the difficulties arising from living with many other refugees in a relatively small area, including sharing rooms with other families and/or individuals, the limited to no freedom of movement, few opportunities for leisure and language training for adults, and a general sense of boredom. This has produced a living environment in which stress and tensions between individuals can more easily build up. Overall, the services provided in Humenné were more comprehensive than in Timisoara. This was reflected in the level of satisfaction expressed by refugees during the focus group discussions.

    Resettlement is by definition a partnership activity. Cooperation with external stakeholders was generally viewed as efficient and effective by all respondents. Cooperation between UNHCR and the Government of Romania was regarded in a positive light, especially with respect to the limited time needed to process clearance requests, and the provision of identification documentation and security in the premises. However, the “limited freedom of movement” for refugees in the town, the lack of maintenance of the premises, and the regular provision of basic household items has led to some concern.

    Cooperation between UNHCR and the Government of the Slovak Republic was generally considered efficient and effective by all interlocutors, despite some challenges in obtaining visas from embassies in countries of asylum or neighboring countries. The third partner to the agreements, IOM, has taken effective care of travel logistics, medical assessments and cultural orientation training. Possible challenges were ironed out in the beginning of these local partnerships. Some communication challenges were however noted at the field level in countries of asylum between UNHCR and IOM (and some ICRC delegations) due to staff turnover.

    A similar positive note can be recorded with regard to the cooperation between UNHCR and the nine resettlement countries that used the ETCs in the 2012-2015 period. However, concern was expressed about referring an adequate number of refugees for the US “pipeline” on the one hand, and the US speed of processing, both during the pre-vetting stage and the stay of refugees in the ETCs, on the other hand. The first issue was resolved in 2015 with stronger coordination taking place between the three partners: UNHCR, the US and IOM.

    The two ETCs have been effective to some degree considering the initial objectives established especially considering that a transfer can only be approved if a resettlement country is already identified. Only the centre in Timisoara was used for emergency priority cases in 2013 and 2014. An overall reduction of this function is visible during the period 2012-2015. However, for refugees classified under normal priority, the transfer to an ETC was still viewed as life-saving if evacuated from an unsafe situation.

    The majority of refugees were transferred to the ETCs to support either the processing of resettlement cases by means of interviews, biometrics or to find municipalities in the resettlement country. Providing opportunities for recovery and preparing for the integration process has only been achieved to some degree, depending on the situation in countries of asylum and the protection and assistance provided in the two centres. The centres have however supported the objective “potential for resettlement realized”. The overwhelming majority of refugees arriving in the ETCs actually departed for resettlement. The ETCs have therefore contributed to facilitating the resettlement process of some refugees that otherwise could not have been resettled.

    The main impact of the ETCs has been the provision of immediate and effective protection to refugees. Moreover, as a tangible form of responsibility-sharing, the centres have given Romania and the Slovak Republic the opportunity to present their contribution to the international protection regime in international fora. Romania established a resettlement programme with a quota of 40 refugees per year, with the first group of 38 refugees arriving in 2010, and the second group in 2014. The Slovak Republic also pledged, on a voluntary basis, 100 resettlement places in the period 2015-2017 towards the Council of the European Conclusions on Resettlement of 20 July 2015. However, arrivals under this programme are still pending.

    Given the current situation in Europe it could be argued that more responsibility-sharing could be expected, and the existence of the ETCs should not absolve these governments of the obligation to provide durable solutions to a greater number of refugees. The host governments might also be persuaded to contribute more resources to the running of the ETCs.

    The ETCs have contributed modestly to global resettlement figures and to reducing protracted refugee case-loads in countries of first asylum. But they have provided a safe alternative for cases that could not be transferred directly to resettlement countries, thereby offering the only available durable solution to these refugees. For some refugees, without the ETCs, there would simply be no possibility of resettlement.

    In conclusion, the evolution in the operation of the ETCs shows a move away from their original vision. In the words of one interlocutor “there is nothing emergency about this process.” This has resulted in a situation whereby the policies and practices of resettlement countries to a large extent actually determine the use of the ETCs. Internal factors further impact upon the efficiency and effectiveness of the centres. Thus, replacing the first word of the acronym “ETC” with resettlement (“Resettlement Transit Centres”) would actually give a clearer indication of the main purpose of these centres, namely to support the realization of this durable solution. This could then also cover possible shifts or changes in their functions as RTCs continue to respond to the needs of different stakeholders. The sustainability of these centres must also be viewed in relation to UNHCR’s responsibility to manage the “pipeline” in cooperation with resettlement states.

    The key recommendations of this evaluation are directed to DIP’s Resettlement Service, the RRCE and CO Romania.

    https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/575935d17_0.pdf
    #Roumanie #République_Tchèque #ETC #asile #migrations #réfugiés #rapport #réinstallation #évacuation #protection_d'urgence #Evacuation_Transit_Facility (#ETF) #hub
    –-> document de 2016, mis ici pour archivage

    via @pascaline

  • #Charlie_Yaxley, porte-parole du HCR, se félicite sur twitter que l’avion a atterri en Italie avec 98 réfugiés vulnérable à son bord. Réfugiés qui se trouvaient en #Libye :

    https://twitter.com/yaxle/status/1172182248659062786

    Voici le communiqué de presse du #HCR :

    New UNHCR evacuation of refugees from Libya to Italy, as Tripoli fighting continues

    A group of 98 vulnerable refugees have been today evacuated out of Libya to Italy, the third direct humanitarian evacuation to the country this year.

    With Libya continuing to suffer under conflict, such evacuations are a lifeline for the most vulnerable refugees living in detention centres and urban areas, who are in dire need of safety and protection,

    The evacuees are from Eritrea, Ethiopia, Somalia and Sudan, and include 52 unaccompanied children. The youngest is Yousef, a seven-month-old baby from Somalia, born in detention and traveling with his parents. Many of the refugees had been held in detention in Libya for long periods, some for more than eight months.

    “Today we have taken 98 people to safety, but this is still only a small number of the thousands who need such help. There are still some 3,600 refugees in detention centres. We urgently need to find solutions for them, as well as thousands more vulnerable refugees living in urban areas,” said Jean-Paul Cavalieri, UNHCR Chief of Mission for Libya.

    UNHCR is grateful for the co-operation of the Libyan Ministry of Interior, and for the support of our partner LibAid, for their assistance with securing their release and transfer out of the detention centres.

    “Today’s evacuation is an example of solidarity, and we thank the Italian authorities for making this possible. We hope that other countries will heed this example and provide similar, life-saving humanitarian evacuations,” said Roland Schilling, UNHCR Regional Representative for Southern Europe.

    Prior to the evacuation, the refugees were being hosted in the Gathering and Departure Facility (GDF) in Tripoli, after UNHCR had secured their transfer from detention. In the GDF, they were provided with food, shelter, medical assistance including psycho-social support, as well as clothes and hygiene kits.

    Following this evacuation, UNHCR has assisted 1,474 vulnerable refugees with leaving Libya in 2019, including 710 to Niger, 393 to Italy, and 371 who have been resettled to other countries in Europe and Canada.


    https://www.unhcr.org/news/press/2019/9/5d7a30584/new-unhcr-evacuation-refugees-libya-italy-tripoli-fighting-continues.html

    ... ou on découvre qu’effectivement 98 personnes ont été acheminées vers l’Italie... mais...

    Following this evacuation, UNHCR has assisted 1,474 vulnerable refugees with leaving Libya in 2019, including 710 to Niger, 393 to Italy, and 371 who have been resettled to other countries in Europe and Canada.

    ... 710 ont été évacués vers le #Niger... où sont-ielles ? Quel est leur futur ? Qui suivra leur situation ? Que se passera-t-il avec ielles ?

    sur les évacuations vers le Niger voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/737065

    #évacuation #réfugiés #asile #migrations #réinstallation

    ping @karine4 @pascaline @_kg_ @isskein @reka

  • #DHS to store tens of thousands of refugee biometric records from #UNHCR

    The United Nations High Commission for Refugees (UNHCR) began sharing records including fingerprints, iris scans, and facial biometrics of refugees it is recommending for resettlement consideration in the U.S. with the country’s Citizenship and Immigration Service (#USCIS), Nextgov reports.

    The UNHCR sends tens of thousands of profiles to federal agencies each year, according to the report, and the #Department_of_Homeland_Services (DHS) is retaining the data for all of them, including those who do not actually come to the U.S. The biometric data will be stored in the #IDENT_system, and #HART once it goes live.

    “Biometric verification guards against substitution of individuals or identity fraud in the resettlement process,” the USCIS privacy impact assessment for the program states. “Many refugees live for long periods in asylum countries, and the use of biometrics ensures that there is [an] unbroken continuity of identity over time and between different locations.”

    Nextgov notes that UNHCR stats show the USCIS reviewed close to 85,000 cases in 2018, and approved less than a quarter for admission to the U.S.

    “A centralized database of biometric data belonging to refugees, without appropriate controls, could really lead to surveillance of those refugees as well as potentially coercive forms of scrutiny,” Human Rights Watch Artificial Intelligence Researcher Amos Toh told Nextgov. “I think there needs to be a lot more clarity on … how this data is being shared and is being used.”

    Toh also referred to issues around consent for personal data-sharing in humanitarian contexts.

    https://www.biometricupdate.com/201908/dhs-to-store-tens-of-thousands-of-refugee-biometric-records-from-un
    #surveillance #données_biométriques #base_de_données #database #HCR #réfugiés #asile #migrations #biométrie #empreintes_digitales #biométrie_faciale #USA #Etats-Unis #réinstallation #humanitaire

    ping @etraces

    • Inside the HART of the DHS Office of Biometric Identity Management

      #OBIM says its efforts to protect biometric data privacy and security are robust and open.

      The Automated Biometric Identification System (IDENT) operated by the Department of Homeland Security’s Office of Biometric Identity Management (OBIM) was designed in 1994 and implemented in 1995. It was originally meant to perform a South-West border recidivist study, but has grown into the second largest biometric system in the world, next to Aadhaar, with 230 million unique identity records, plus access to millions more held by the FBI and Department of Defense, and 350,000 transactions on an average weekday.

      As the number of programs using IDENT has grown, the system’s roll and size have increased. As the importance of IDENT has grown, so have the warnings and criticism of the program. It is still not widely understood how it works, however, Patrick Nemeth, Director of OBIM’s Identity Operations Division told Biometric Update in an exclusive interview.

      “We don’t own the data, we’re the data stewards, and it was collected by somebody else who ultimately has the authority to change it or delete it,” Nemeth explains. While many government biometric databases around the world are not operated in this way, the arrangement is only the beginning of the complexity the system has evolved to accommodate.

      OBIM performs three basic functions, Nemeth says, with pretty much everything else done in service of them. It operates the automated matching system, which is IDENT, but will soon be the Homeland Advanced Recognition Technology (HART), performs manual examination and verification, and coordinates sharing with the owners of the data, which means setting rules for sharing data with agencies. Most government biometric data is centralized with OBIM to minimize duplication under the department’s privacy rule, and also to apply the maximum security and protection to sensitive information.

      As operators of the centralized biometric repository, OBIM takes on the responsibility of dealing with the security, privacy, and civil liberties implications of storing sensitive personally identifiable information (PII). It does so, in part, by applying Fair Information Practice principles to govern procedures for elements including transparency, accounting and auditing, and purpose specification.

      Other than specific databases run by law enforcement and the DoD, which it also coordinates sharing for, OBIM holds all of the U.S. government’s biometric data. It primarily serves DHS agencies, including Customs and Border Protection (CBP), Border Patrol, the Federal Emergency Management Agency (FEMA), Immigration and Customs Enforcement (ICE), Transportation Security Administration (TSA), and Citizenship and Immigration Services, as well as agencies like the Coast Guard for border entries. It performs a range of functions, including both verification and identification, and during periods when the system is less busy, such as overnight, it performs deduplication and checks latent prints found on improvised explosive devices (IEDs) or in investigations of serious crimes by the FBI, according to Nemeth.

      This enormous expansion of both the system’s scale and mandate is why OBIM is now moving forward with the development of the new HART system. IDENT is becoming obsolete.

      “It’s been stretched and band-aided and added-to in every way that people can think of, but it just can’t go any further,” Nemeth says.

      HART will add a range of capabilities, including to use a fusion of fingerprint, iris, and facial recognition modalities to improve its matching accuracy. It will also expand the scale of the system, which is desperately needed.

      “At one point about five years ago they did a couple external studies and they told me that if we ever reached 300,000 transactions a day that we would see system slowness and if we ever reached 400,000 per day, we would see the blue screen of death,” Nemeth admits.

      IDENT currently process more than 400,000 transactions in a day on occasion, after remedial action was taken by OBIM to increase its capacity. It typically serves about 350,000 requests per weekday, and a little less on the weekend, returning yes or no answers for about 99.5 percent. Nemeth says he uses more than one thousand servers and other pieces of hardware to keep the system running with brute force. That is not an efficient way to operate, however, and the demand keeps increasing with each new biometric border trial, and any other program involving a use of government biometrics.

      Increasing capacity to meet the rapid growth in demand is the main motivation for the move to HART, which will be able to serve 720,000 daily fingerprint transactions when it goes live, and can be quickly scaled. It is being launched on AWS’ Government Cloud, but is designed to be cloud-agnostic. OBIM’s database is growing by about 20 million people per year, which is also accelerating, and as additional modalities become more valuable with the addition of fusion verification, its 3 million pairs of irises may also increase. The current database is twice as large as it was seven years ago, and Nemeth says the current projections are that it will double again in the next seven.

      Some future uses of HART are likely yet to be determined, but an example of the scale that may be needed can be understood by considering the possibility that all 3 million travelers per day who pass through U.S. airports may one day need to be biometrically verified.

      Tech systems from the nineties are also inherently not able to keep up with modern technology. The programming languages and architecture of IDENT are antiquated, and require an inefficient and frustrating process not just to add capabilities, but every time a statistic is requested for analytical purposes.

      “We have to figure out what our question is, send it to our contractors, they write the script, they run it, they send it back to us, and sometimes when we look at it, that wasn’t really the question, and you have to repeat the process,” Nemeth says.

      As the number of agencies and use cases for IDENT has grown, the number of questions from system users, like everything else, has increased. Switching to HART will increase the analytical capabilities and overall flexibility of the system, which is particularly important when considering some of the privacy and security issues related to operating the world’s second largest biometric matching system. IDENT currently uses a multi-layered filtering system to return only the specific information the requesting customer is entitled to.

      “What’s unique about IDENT is because of the wide breadth of Homeland Security missions — law enforcement, information, credentialing, national security – it has kind of a complicated filtering process that we call Data Access and Security Controls,” Nemeth says. “You only get to see what your agency is permitted by law to see, and what the owner of the data has said that you can see. It’s a rather complex dance we do to make sure that we respect the privacy, the reason the information was collected, the legal protections for certain protected classes, all of those things. When we provide you the information, if you’re not allowed to see it, you don’t even know that information exists.”

      Three layers of filters screen what accounts can see data for a subject, what information they are allowed to see and what should be redacted (such as criminal history, in some cases), and an activity filter, which is attached to information by the agency that submitted it. OBIM also addresses the rights of data subjects with an extensive process of consultations and privacy impact assessments for new operations.

      “Every time somebody comes up with a new mission area, or a new application of biometrics, before we can implement that, our own privacy people need to go through it and write a privacy threat assessment,” Nemeth says. “Then, potentially, if its significant enough, they have to amend the privacy impact. Then it goes to our higher headquarters at the National Protection and Programs Directorate where they have to agree, and then finally it goes to the Department’s Privacy Office, where they have to agree that its within the scope of what we’re allowed to do.”

      Some alternately goes through inter-agency Data Access Request Committee for approval, but every new capability desired by a client agency is put in place only after it has gone through many steps and assessments, providing answers about why it is needed and how it should be delivered.

      “There are a lot of constraints on us, which is good, because lots of energetic people come up with lots of ideas and sometimes we just need to slow down a little bit and make sure that we’re properly using that information and protecting it.”

      Not only are OBIM’s efforts to protect biometric data privacy and security robust, according to Nemeth, they are also open. HART will increase the privacy protection the department can provide, he says, for instance by increasing the number and functionality of filtering layers OBIM can apply to data. The combination of privacy protections which are concerted and improving along with willingness to talk about those protections makes Nemeth frustrated with allegations among some media and public advocacy groups that HART represents a surveillance overreach on the part of the government.

      “We’re not going to tell you how to break into our system, but we’ll tell you quite a bit about it,” Nemeth says. “The privacy impact assessments and the privacy threshold analysis are available on the DHS privacy web page, along with our system of record.”

      The Electronic Frontier Foundation (EFF) warns that HART will include data collected from innocent people and questionable sources, and argues that it will provide the means for suppression of American’s rights and freedoms. Nemeth says he sympathizes with concerns over the possible erosion of privacy in digital society, and the desire to protect it. He contends that the EFF is not considering the years and painstaking processes that OBIM puts into balancing the rights of individuals to not have their data shared unnecessarily with the mandates of client agencies. He points to the Data Privacy and Integrity Advisory Council as an example of the intensive oversight and review that checks the potential for misuse of biometric data.

      “The arguments that the EFF is making they’ve made several times during the fifteen-year history of IDENT, whenever there’s a new issue of the authorizing SORN and PIA, so it’s not new,” Nemeth counters. “They’ve added the facial piece to it. Essentially, they are arguing that we will violate the law.”

      The scrutiny will likely intensify, with public awareness of biometric entry/exit growing as the program rolls out. In the meantime, the number of transactions served by HART will be increasing, and OBIM will be evaluating new procedures using its new biometric capabilities. The privacy impact assessments and other checks will continue, and OBIM will continue the work of helping U.S. government agencies identify people. Nemeth stresses that that work is critically important, even as it requires the kind of extensive evaluation and scrutiny it invites.

      “We don’t retain our highly talented staff because we pay them well,” he confesses. “We retain them because they love what they’re doing and they’re making a difference for the security of the country.”

      https://www.biometricupdate.com/201809/inside-the-hart-of-the-dhs-office-of-biometric-identity-management
      #identité_biométrique

  • Réfugiés : du #Niger à la #Dordogne

    La France a adhéré en 2017 à l’#Emergency_Transit_Mechanism, programme humanitaire exceptionnel permettant à des réfugiés évacués d’urgence de #Libye (reconnus « particulièrement vulnérables ») d’être pris en charge dès le Niger, et réinstallés dans des #pays_sûrs. Comment cela passe-t-il aujourd’hui ?

    De nouveaux naufrages cette semaine au large de la Libye nous rappellent à quel point est éprouvant et risqué le périple de ceux qui tentent de rejoindre l’Europe après avoir fui leur pays. Partagée entre des élans contradictoires, compassion et peur de l’invasion, les pays de l’Union européenne ont durci leur politique migratoire, tout en assurant garantir le droit d’asile aux réfugiés. C’est ainsi que la #France a adhéré à l’Emergency Transit Mechanism (#ETM), imaginé par le #HCR fin 2017, avec une étape de transit au Niger.

    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) réinstalle chaque années des réfugiés présents dans ses #camps (Liban, Jordanie, Tchad ou encore Niger) dans des pays dits ‘sûrs’ (en Europe et Amérique du Nord). La réinstallation est un dispositif classique du HCR pour des réfugiés « particulièrement vulnérables » qui, au vu de la situation dans leur pays, ne pourront pas y retourner.

    Au Niger, où se rend ce Grand Reportage, cette procédure est accompagnée d’un dispositif d’#évacuation_d’urgence des #prisons de Libye. L’Emergency Transit Mechanism (ETM) a été imaginé par le HCR fin 2017, avec une étape de #transit au Niger. Nouvelle frontière de l’Europe, pour certains, le pays participe à la #sélection entre migrants et réfugiés, les migrants étant plutôt ‘retournés’ chez eux par l’Organisation Internationale des Migrants (#OIM).

    Sur 660 000 migrants et 50 000 réfugiés (placés sous mandat HCR) présents en Libye, 6 600 personnes devraient bénéficier du programme ETM sur deux ans.

    La France s’est engagé à accueillir 10 000 réinstallés entre septembre 2017 et septembre 2019. 7 000 Syriens ont déjà été accueillis dans des communes qui se portent volontaires. 3 000 Subsahariens, dont une majorité évacués de Libye, devraient être réinstallés d’ici le mois de décembre.

    En Dordogne, où se rend ce Grand Reportage, des communes rurales ont fait le choix d’accueillir ces réfugiés souvent abîmés par les violences qu’ils ont subis. Accompagnés pendant un an par des associations mandatées par l’Etat, les réfugiés sont ensuite pris en charge par les services sociaux locaux, mais le rôle des bénévoles reste central dans leur installation en France.

    Comment tout cela se passe-t-il concrètement ? Quel est le profil des heureux élus ? Et quelle réalité les attend ? L’accompagnement correspond-il à leurs besoins ? Et parviennent-ils à s’intégrer dans ces villages français ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/refugies-du-niger-a-la-dordogne
    #audio #migrations #asile #réfugiés #réinstallation #vulnérabilité #retour_volontaire #IOM #expulsions #renvois #externalisation #tri #rural #ruralité #accueil
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    Ajouté à cette métaliste sur l’externalisation :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765335

  • Le HCR évacue des centaines de réfugiés vulnérables depuis la Libye vers des lieux en sécurité

    Dans un contexte d’affrontements violents et de détérioration de la situation sécuritaire à Tripoli, 149 réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables ont été évacués aujourd’hui vers Rome.

    Les personnes évacuées sont originaires d’Érythrée, de Somalie, du Soudan et d’Éthiopie. Parmi elles se trouvent 65 enfants, dont 13 de moins d’un an. L’un d’entre eux est né il y a tout juste deux mois.

    De nombreuses personnes évacuées ont besoin de soins médicaux et souffrent de malnutrition.

    Ce groupe avait été transféré depuis le Centre de rassemblement et de départ (GDF) qui est géré par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, après avoir survécu pendant des mois dans des conditions difficiles au sein de centres de détention situés dans d’autres quartiers de la ville. L’évacuation a été menée en collaboration avec les autorités libyennes et italiennes.

    « D’autres évacuations humanitaires sont nécessaires », a déclaré Jean-Paul Cavalieri, chef de mission du HCR en Libye. « Elles s’avèrent une bouée de sauvetage vitale pour les réfugiés dont la seule autre alternative est de remettre leur vie entre les mains de passeurs et de trafiquants sans scrupules pour traverser la mer Méditerranée. »

    En début de semaine, 62 réfugiés originaires de Syrie, du Soudan et de Somalie et vivant en milieu urbain ont également été évacués depuis Tripoli vers le Centre de transit d’urgence du HCR à Timisoara, en Roumanie. Ils y recevront de la nourriture, des vêtements et des soins médicaux avant de partir pour la Norvège. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fourni un appui pour leur transport.

    Le HCR est reconnaissant envers les Etats qui ont proposé et mis en place des lieux d’évacuation, mais les nouveaux détenus arrivent à un rythme plus rapide que les personnes sur le départ. Plus de 1000 réfugiés et migrants ont été évacués ou réinstallés hors de la Libye par le HCR en 2019. Par ailleurs, plus de 1200 autres ont été renvoyés en Libye par les garde-côtes libyens durant le seul mois de mai, après avoir été secourus ou interceptés lors d’une tentative de traversée par bateau après avoir fui la Libye.

    Les combats à Tripoli ne montrent aucun signe de ralentissement, et les risques que des détenus soient pris au piège dans les affrontements augmentent. Le HCR réitère son appel aux Etats pour qu’ils présentent d’urgence de nouvelles offres de couloirs humanitaires et de places de réinstallation pour les personnes évacuées, afin de pouvoir mettre en sécurité les réfugiés détenus en Libye.

    Plus de 83 000 Libyens ont été contraints de fuir leur foyer depuis début avril, les forces rivales continuant de s’engager dans des combats et des bombardements violents. Les administrations municipales locales et les communautés d’accueil ont joué un rôle crucial dans l’assistance aux personnes déplacées, dont beaucoup ont trouvé abri à l’intérieur des écoles ou d’autres bâtiments publics. D’autres sont hébergés chez des amis et des proches dans les villes et villages voisins.

    Le HCR a fourni une aide d’urgence et des articles de secours à plus de 9000 personnes déplacées et a fait don de matériel médical et d’ambulances aux hôpitaux par l’intermédiaire du Ministère de la santé et du Croissant-Rouge libyen.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 600 personnes ont perdu la vie lors des récents affrontements. La semaine dernière, deux ambulanciers sont morts après avoir été pris au piège dans des bombardements. Le HCR réaffirme que le fait de prendre pour cible des civils et des travailleurs humanitaires constitue une violation du droit international et appelle à ce que tous les auteurs de ces attaques en répondent.

    https://www.unhcr.org/fr/news/press/2019/5/5cf0d99ea/hcr-evacue-centaines-refugies-vulnerables-libye-vers-lieux-securite.html

    #évacuation #Italie #Libye #asile #migrations #réfugiés #réinstallation #HCR

    Alors que Salvini dit que les ports sont fermés (je ne vais pas rentrer dans les détails de cela)... les aéroports semblent, eux, ouverts... même si pour une petite minorité des personnes qui auraient besoin d’être évacuées de Libye...

    ping @karine4 @isskein

    • La réponse du HCR:
      UNHCR strongly rejects widespread allegations against workforce

      The following is UNHCR’s response to media following widespread allegations made against its workforce in a recent NBC press article.

      UNHCR, the UN Refugee Agency, strongly rejects the widespread allegations against its workforce in a recent press article, which risks jeopardizing the future of refugees in dire need of resettlement.

      UNHCR is one of the biggest and most operational UN agencies, working in 138 countries and serving 68.5 million people. The overwhelmingly majority of our 16,000 personnel are deeply committed professionals, many of whom are working in difficult environments, sometimes risking their own safety.

      As with other organizations, we are not immune to risk or failure on the part of individuals. This is why we have a solid safeguarding structure, which has been further strengthened in the last two years, and which we continuously seek to improve.

      We are fully committed to ensuring the integrity of our programmes. Our workforce is also systematically reminded of the obligation to abide by the highest standards of conduct and to make sure that all their actions are free of any consideration of personal gain.

      Every report or allegation of fraud, corruption or retaliation against refugees by UNHCR personnel or those working for our partners, is thoroughly assessed and, if substantiated, results in disciplinary sanctions, including summary dismissal from the organization.

      Investigations at UNHCR on possible misconduct by our workforce are carried out by the Inspector General’s Office (IGO), which is an independent oversight body. It consists of expert investigators, with a strong background in law enforcement, military, war crimes tribunals or people who occupied similar functions in private companies and other international organizations. In recent years, additional investigators were recruited and some stationed in Nairobi, Pretoria and Bangkok enabling them to deploy rapidly and to have a better understanding of local contexts and issues.

      UNHCR disciplinary measures have been reinforced, with a 60% rise in the number of disciplinary actions taken by the High Commissioner between 2017 and 2018. Referrals to national authorities are undertaken systematically in cases involving conduct that may amount to criminal conduct and waivers of immunity facilitated.

      In addition, we have significantly strengthened our risk management capacity and skills in the past two years. We now have a solid network of some 300 risk officers, focal points and managers in our field operations and at HQ to help ensure that risks are properly identified and managed, that the integrity of our programmes is further enhanced and that the risk culture is reinforced across the organization.

      The prevention of fraud, including identity fraud, is key to ensuring the integrity of our resettlement programme. This is why we use biometrics in registration, including iris scans and fingerprints, in the majority of refugee operations where we operate, including Ethiopia, Kenya and Uganda. Biometric registration makes theft of identity virtually impossible and biometric screening of refugees is done at various stages of the resettlement process, including right before departure. In other places, such as Libya and Yemen, where security conditions do not allow us to deploy such a tool, we take all possible preventive measures related to fraud.

      We are acutely aware that refugees are at times approached by people trying to defraud them. For example, reports and investigations have found multiple occasions where people pose as UNHCR officials, using fake ID cards and claiming that they can influence the resettlement process. While it is impossible for UNHCR to root out ground level imposters, we have taken renewed action to raise awareness among refugees, help them recognize and report fraudsters, reminding them that all services provided by UNHCR and its partners are free.

      Resettlement is highly sought after by refugees. UNHCR considered 1.2 million people to have resettlement needs in 2018 alone, while less than 60,000 people were resettled last year. In 2019, those needs further increased. The fact that the needs for resettlement are far greater than the places available is a factor that weighs heavily in favor of those wishing to exploit desperate refugees, many of whom have lived many years in refugee camps, with no foreseeable end to their plight in sight for themselves or their children.

      UNHCR strives to ensure that refugees have proper means to provide feedback. This is essential to ensure their protection and the very reason why we completed last year a survey across 41 countries. We are using the information on the communication systems most commonly used by our beneficiaries – such as complaint boxes, hotlines, emails, social media and face to face interaction – and existing challenges to strengthen these mechanisms. In Kenya, for instance, refugees can report misconduct of any staff member of UNHCR, a partner or a contractor by email (inspector@unhcr.org or helpline.kenya@unhcr.org), by filling in a webform (www.unhcr.org/php/complaints.php), by using complaints boxes that are available at all UNHCR offices or by calling our toll-free local Helpline (800720063).

      UNHCR recognizes its responsibility to protect refugees, particularly those who come forward and cooperate with an investigation to root out misconduct. Significant attention has been devoted to strengthening measures to protect witnesses and people of concern who cooperate with an IGO investigation and these efforts are continuing. We have put a specific protocol in place, with steps taken during the investigation phase, including in the conduct of interviews, the anonymization of testimony and redaction of investigative findings and reports.

      When it comes to our own staff being targeted, our record is clear: If a staff member is found to have retaliated against another member of our workforce for reporting wrongdoing, it leads to dismissal. We have a robust policy to protect staff members that are retaliated against. In September 2018, we issued a new policy on Protection against Retaliation, which now includes our affiliate workforce, expands the scope of the activities considered as protected and extends the timeline to report. It also provides interim measures to safeguard the interests of the complainant and strengthens corrective measures.

      We also launched a confidential independent helpline available to all colleagues who wish to report misconduct or obtain advice on what to do when in doubt. This helpline is managed by an external provider and is available 24/7 by phone, through a web form and an app. It offers the possibility to report in complete anonymity.

      We are committed to eradicating misconduct from our organization. If we receive pertinent information concerning alleged fraud, corruption or misconduct by a member of our workforce, we take action, and if the allegations are substantiated, act to end such inappropriate and unacceptable behaviour. UNHCR encourages anyone, including refugees and journalists, with information about suspected fraud or other wrongdoing to contact its Inspector General’s Office without delay at http://www.unhcr.org/inspector-generals-office.html.

      https://www.unhcr.org/news/press/2019/4/5ca8a2594/unhcr-strongly-rejects-widespread-allegations-against-workforce.html

  • Driven to suicide in Tunisia’s UNHCR refugee shelter

    Lack of adequate care and #frustration over absence of resettlement plans prompt attempted suicides, refugees say.

    Last Monday night, 16-year-old Nato* slit his wrists and was rushed to the local hospital in Medenine.

    He had decided to end his life in a refugee facility run by the UN’s refugee agency, the UNHCR, in Medenine. After running for two years, escaping Eritrea and near-certain conscription into the country’s army, making it through Sudan, Egypt and Libya, he had reached Tunisia and despair.

    A few days later, Nato was transferred to a psychiatric hospital in #Sfax, 210km north of Medenine, where he was kept on lockdown and was frustrated that he was not able to communicate with anyone in the facility.

    Nato’s isn’t the only story of despair among refugees in Tunisia. A female refugee was taken to hospital after drinking bleach, while a 16-year-old unaccompanied young girl tried to escape over the borders to Libya, but was stopped at Ben Gardane.

    “I’m not surprised by what has happened to Nato,” a 16-year-old at the UNHCR facility told Al Jazeera on the condition of anonymity.

    “They just keep us here without providing any support and after we ... witnessed killings of our friends. We feel completely abandoned. We don’t feel secure and protected,” he said.

    The 30 to 35 unaccompanied minors living in UNHCR’s reception facility in Medenine share a room, spending their days remembering past images of violence and abuse.

    “I cannot get out of my mind the picture of my friend dying after they pointed a gun at his temple. He was sitting next to me. Sometimes at night, I cannot sleep,” the 16-year-old said.
    ’They’re trying to hide us here’

    The UNHCR facility in Medenine struggles to offer essential services to a growing number of arrivals.

    According to the information given to Al Jazeera, the asylum seekers and refugees have not received medical screenings or access to psychosocial support, nor were they informed clearly of their rights in Tunisia.

    “We feel they are trying to hide us here,” said Amin*. “How can we say we are safe if UNHCR is not protecting our basic rights? If we are here left without options, we will try to cross the sea.”

    Amin, 19, has no vision of what his life will be. He would like to continue his education or learn a new language but, since his arrival, he has only promises and hopes, no plans.

    The young people here find themselves having to take care of themselves and navigate the questions of what their future will be like, at times without even being able to reach out to their families back home for comfort.

    “My parents are in Eritrea and since more than a year, I was able to speak with them only for three minutes,” said Senait*, a 15-year-old boy from Eritrea.

    Aaron*, a 16-year-old boy who has been on the road for three years and three months, has not been able to call his relatives at all since his arrival in Tunisia.

    “Last time I have contacted them was in 2016 while I was in Sudan. I miss them so much,” he said.

    Last week, many of them participated in a peaceful demonstration, demanding medical care, support from the UNHCR and resettlement to third countries.

    Refugee lives in suspension

    Nato, as well as a number of refugee minors Al Jazeera spoke to, arrived in Tunisia over the Libyan border with the help of smugglers. The same is true for hundreds of refugees escaping Libya.

    Tunisia registered more than 1,000 refugees and 350 asylum seekers, mainly from Syria, Eritrea, Sudan and Somalia.

    But the country has neither the capacity nor the means to host refugees, and because it doesn’t have a coherent asylum system, the refugees find themselves living a largely suspended life.

    Officially, refugees are not allowed to work and, therefore, there is no formal system of protection for those that do work.

    Awate*, a 24-year-old man from Eritrea, had been working for nine days in a hotel in the seaside city of Zarzis when he was arrested and brought to a police station where he was interrogated for 30 minutes.

    “They told me ’why are you going to work without passport?’,” he said, adding that he has not worked since.

    The UNHCR in Tunisia is pushing alternatives, which include enhancing refugees’ self-reliance and livelihood opportunities.

    A month ago, a group of 32 people moved out of the reception centre with an offer of a monthly payment of 350 Tunisian dinars ($116) and help to find private accommodation. Among them, nine decided to go to the capital, Tunis. The plan is confirmed for three months, with no clarity on what happens next.

    Aklilu*, a 36-year-old former child soldier from Eritrea who took up the offer, is now renting a small apartment on the main road to Djerba for 250 Tunisian dinars ($83).

    “Why should I be forced to settle in a country that’s not ready to host refugees?” he said. “They are thinking of Tunisia as the final destination but there are no conditions for it. The UNHCR is not making any effort to integrate us. We don’t get any language courses or technical training.”


    https://www.aljazeera.com/indepth/features/driven-suicide-tunisia-unhcr-refugee-shelter-190319052430125.html
    #Tunisie #HCR #UNHCR #camps_de_réfugiés #suicide #réinstallation #limbe #attente #transit #trauma #traumatisme #santé_mentale #MNA #mineurs_non_accompagnés #migrations #asile #réfugiés
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  • The President Has Mostly Wiped out US Refugee Resettlement. Other Countries Aren’t Picking up the Slack.

    The lead White House official for immigration policy, Stephen Miller, is quoted as seeking to end all refugee resettlement in the United States. This has caused an uproar. But few appear to realize that the U.S. President, at Miller’s direction, is already most of the way there—and that this policy in the US has big implications for the rest of the world, especially if other countries fail to step up and fill the growing gap.

    A look at the UN Refugee Agency’s data shows:

    The current Administration has already eliminated three quarters of refugee arrivals

    Due to the President’s policy, so far there are about 87,000 refugees “missing” from the US.

    Other countries are not resettling more refugees to substantially offset the US decline

    The US Administration has eliminated almost half of the world’s total resettlement spots for refugees

    Here is how I arrive at those rough estimates. First, I need a way of approximately estimating how many refugees would have been resettled in the US if not for the current administration. After all, if refugee arrivals fell, that could be because fewer people needed resettlement.

    To do that, I use refugee resettlement to the rest of the world, after 2016, to build an estimate of how many refugees would have arrived in the US after 2016 if it had continued to receive refugees as it had before. In the years 2008–2016, refugee arrivals in the US moved in tandem with arrivals in other countries: A year-to-year change of 1 in the number of resettled refugees arriving in a non-US country was associated with a year-to-year change of 1.82 refugees arriving in the U.S. in that year. And the number of refugees being resettled by non-US countries did fall somewhat after 2016. If the US numbers had fallen in tandem, according to the pre-2016 pattern, US refugee resettlement would have fallen even without a change in US policy.

    This graph shows the actual number of resettled refugees to the US, in solid red, and to all other countries in solid green, in UN data. Between 2016 and 2018, refugee resettlement to the US fell by 61,648, and resettlement to other countries fell by 8,948. The dotted red line shows how much US resettlement would have fallen if its decline after 2016 had been proportionate to the non-US decline, following the pre-2016 pattern. US resettlement would only have fallen by 16,264.

    This allows some back-of-the-envelope calculations of the magnitude of the US Administration’s change in policy. First, this means that in 2018, US refugee resettlement was down 73% from what it might have been if the US Administration had not sharply changed policy. That is a great deal of progress toward Miller’s reported goal of eliminating the program. In 2017 the difference between the solid red and dotted red lines was 41,515 refugees, and in 2018 the difference was an additional 45,384. Bottom line: By the end of 2018, there were a total of 86,899 refugees “missing” from the United States: people who would have received protection in America if the US Administration had not closed its doors.

    Second, it means that other countries are not stepping in to resettle refugees who have been barred from the United States by the current Administration. It is possible that they are doing so in some measure: In the above graph, it is possible that the green line would have fallen even further if the US had not sharply changed policy. But what is clear is that the large majority of those barred from resettlement to the US are not being resettled elsewhere. They simply aren’t being resettled at all.

    Third, this back-of-the-envelope estimate implies that the US change in policy is singlehandedly responsible for eliminating about half of the world’s refugee resettlement spots. Combining the total actual resettlement by non-US countries with the hypothetical resettlement by the US, total resettlement by the whole world is down 45% from what it would have been if not for the US Administration’s sharp change in policy. The US has singlehandedly eliminated about half of the annual refugee resettlement slots on earth.

    Something to watch for in 2019: How will the rest of the world respond? Will it accept the de-facto elimination of most refugee resettlement, or pressure the US to alter its course, or increase its own resettlement in response?

    https://www.cgdev.org/blog/president-has-mostly-wiped-out-us-refugee-resettlement-other-countries-arent-
    #resettlement #réinstallation #asile migrations #réfugiés #USA #Etats-Unis #chiffres #statistiques #Trump

  • #métaliste sur les #villes-refuge

    –-> v. aussi cette compilation : https://seenthis.net/messages/675436

    Le #HCR se félicite du soutien de 175 villes à travers le #monde entier en faveur des réfugiés
    https://seenthis.net/messages/791115
    #Cities#WithRefugees

    Projet de recherche du #PUCA « L’accueil, la circulation et l’installation des migrants » :
    https://seenthis.net/messages/817229

    Quel rôle pour les villes dans l’accueil et l’intégration des demandeurs d’asile et réfugiés ?
    https://www.vuesdeurope.eu/num/quel-role-pour-les-villes-dans-laccueil-et-lintegration-des-demandeurs-d

    #ville-refuge #migrations #asile #réfugiés #solidarité #résistance

    ping @isskein

  • Au Niger, la France donne l’asile à des migrants rescapés des geôles libiennes

    Début décembre, une mission de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides s’est délocalisée au #Niger pour examiner la situation d’environ 200 demandeurs d’asile.

    « Vous pouvez sourire ! » Cela fait une heure que Jemal raconte pourquoi il a quitté son pays, l’Erythrée, il y a quatre ans. La mort de sa mère, son père infirme, lui travaillant dans les mines d’or, la « discrimination » subie par la communauté protestante dont il fait partie, la peur d’être enrôlé de force dans l’armée… Et puis sa fuite en Ethiopie. L’attente près de deux ans dans un camp de réfugiés, puis le passage au Soudan. Il détaille comment il a été vendu par un passeur à un autre et son arrivée en Libye. Les mois de détention, la torture, par l’eau, les câbles électriques… « Souriez », répète, encourageant, l’officier de protection français. Il a placé son appareil à bonne hauteur pour tirer le portrait du demandeur d’asile. Il ne lui manque plus que cette photo d’identité pour compléter le dossier. Jemal (tous les prénoms des demandeurs d’asile ont été modifiés) a 21 ans et il voudrait obtenir la protection de la France.
    En ce début du mois de décembre, dans l’exiguïté des petits préfabriqués d’une antenne du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Niamey, au Niger, ils sont autour de 200, parmi lesquels une très grande majorité d’hommes érythréens, à passer des entretiens avec des agents français. C’est la sixième mission effectuée depuis un an au Niger par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
    Ce dispositif singulier de délocalisation de l’examen de la demande d’asile au Sahel est le fruit d’un engagement du président de la République. Le 9 octobre 2017, Emmanuel Macron s’était ainsi positionné pour accueillir, d’ici à octobre 2019, 10 000 réfugiés dans le cadre des programmes de réinstallation, dont 3 000 en provenance du Niger et du Tchad. La spécificité du Niger est qu’il reçoit des migrants évacués de Libye, après qu’ils ont été identifiés par le HCR dans des centres de détention, principalement à Tripoli.
    Horreur de la Libye
    « Même si notre mission de protection est limitée, j’y tiens beaucoup car elle permet de prendre en charge des gens très vulnérables », défendait Pascal Brice, directeur de l’Ofpra, jusqu’à fin décembre. Dans un contexte où, depuis un an, le taux de mortalité en Méditerranée centrale a plus que doublé pour les migrants qui tentent de la traverser, elle est aussi un moyen « d’éviter des drames », appuie Sophie Pegliasco, directrice de cabinet de l’Ofpra.
    Rapportés au nombre de personnes qui restent bloquées dans le pays, les quelque 2 700 migrants évacués de Libye depuis un an vers douze pays d’accueil en Occident demeurent une goutte d’eau. Près de 58 000 réfugiés et demandeurs d’asile sont enregistrés par le HCR dans le pays mais l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies estime à près de 700 000 le nombre de migrants présents, dont un nombre indéterminé est détenu dans des prisons sauvages, aux mains de passeurs ou de milices. Une partie de ces migrants ont pour projet de gagner l’Europe. Mais, résultat d’unesérie de mesures adoptées par l’Union européenne depuis fin 2016, l’itinéraire migratoire à travers la Méditerranée centrale s’est refermé et les arrivées en Europe depuis la Libye sont en chute libre, passées de près de 120 000 en 2017 à moins de 25 000 en 2018.
    Au fil des entretiens entre les officiers de protection et les demandeurs d’asile, auquel Le Monde a pu assister, c’est d’ailleurs l’horreur de la Libye qui est reconstituée. Ali a failli ne pas en réchapper. Comme de nombreux jeunes Erythréens, il a fui son pays notamment pour ne pas être soumis au service militaire obligatoire à durée indéterminée. Le jeune homme aurait voulu rester en Ethiopie, dans le camp de réfugiés où il a d’abord atterri. Mais porteur d’un projet de vie qui dépasse sa simple personne, « [ses] frères n’ont pas accepté », avoue-t-il. Sa famille débourse 1 700 dollars pour qu’il gagne le Soudan. Comme d’autres avant lui, Ali tombe aussitôt dans un trafic d’êtres humains. Il dit avoir été kidnappé et revendu à un Soudanais, un certain Aziz, qui détient plusieurs hangars en Libye, où les migrants sont reclus et rackettés.

    Aziz, Kidani, Mohamed… Dans les récits des personnes rescapées de Libye, « il y a des noms qui reviennent, souligne Vincent (qui a requis l’anonymat), chef de la mission Ofpra au Niger. Ce sont des gens qui souvent travaillent pour des Libyens dans des hangars où ils font régner la terreur. Cela donne l’impression d’une structuration du système. Compte tenu de l’argent en jeu, c’est logique ». Le rançonnage y est en effet systématisé. Dans le cas d’Ali, le passeur réclame 6 000 dollars en échange d’une libération et d’une traversée de la Méditerranée. Le jeune Erythréen passe six mois en détention. Il est battu, jusqu’à ce que sa famille lui transfère l’argent.
    Prisons sauvages
    Qu’ils parviennent ou non à réunir les sommes exigées, le sort des détenus demeure très aléatoire. Kidane, un Erythréen de 20 ans, également entendu par l’Ofpra, raconte au Monde les cinq mois qu’il a passés dans l’une des prisons sauvages de Beni Oualid, une commune sur la route vers le littoral libyen. « C’est le foyer des passeurs, dit-il. Ils font ce qu’ils veulent. Ils te frappent à coups de bâtons, ils te déshabillent et te jettent dans l’eau… Certains migrants restent enfermés un ou deux ans. D’autres meurent de faim parce qu’ils n’ont pas d’argent. Et même si tu paies, tu n’as aucune garantie d’être libéré. » La famille de Kidane aurait déboursé 4 000 dollars à deux reprises et en vain. Il a fini par réussir à s’échapper. Beaucoup des migrants entendus par la France au Niger ont tenté la traversée de la Méditerranée. Ali a été intercepté en mer par les garde-côtes libyens. Moussa, un Erythréen de 28 ans, aussi. Il a alors été envoyé dans un centre de détention « officiel » à Tripoli. C’est là qu’il sera repéré par le HCR, au bout de cinq mois. L’agence des Nations unies a conclu un accord avec les autorités libyennes pour pouvoir organiser des évacuations du pays depuis les centres gérés par le gouvernement où sont actuellement détenues environ 5 000 personnes.
    Kidane s’est rendu à l’un d’eux, de son plein gré, justement dans l’espoir d’être identifié par le HCR et de quitter la Libye. Il a attendu des mois, avec un millier d’autres migrants, réunis dans une seule et même pièce. « Même si j’ignorais ce qui allait se passer, au moins on ne me demandait pas d’argent. Je n’en pouvais plus d’être kidnappé par les passeurs et torturé. »
    « Dormir et attendre »
    Après l’exfiltration de la Libye, l’attente est longue encore. Moussa est arrivé au Niger en mai. Dans le centre du HCR où il est logé, « on ne fait que dormir et attendre », résume-t-il. Sur les 1 500 personnes que la France doit réinstaller depuis le pays d’ici à fin 2019, seules 352 sont déjà arrivées sur le territoire. Outre les migrants évacués de Libye, l’Ofpra auditionne aussi à Niamey des demandeurs d’asile identifiés par le HCR au Niger. A l’image de Bintou, une femme malienne arrivée en 2012, fuyant la région de Gao, dans le nord du Mali, où son village a été le théâtre de combats entre les djihadistes du Mujao et les Touareg du MNLA. Son « plus grand souhait » est d’être choisie par la France.
    Le Niger, pays parmi les plus pauvres du globe, accueille près de 60 000 réfugiés maliens qui ont fui comme Bintou le nord du pays en 2012 et près de 120 000 réfugiés nigérians qui ont fui Boko Haram à partir de 2013. Si les missions de réinstallation pilotées par le HCR sont aussi l’occasion de faire partir quelques poignées de ces réfugiés, parmi les plus vulnérables, elles génèrent par ailleurs des effets plus inattendus.
    Il y a un peu plus d’un an, au moment où le programme de réinstallation était lancé, un groupe d’environ 2 000 Soudanais originaires du Darfour est arrivé à Agadez, dans le nord du Niger. La plupart étaient descendus directement de Libye, où ils avaient transité après de longues années dans des camps de réfugiés au Tchad ou au Soudan. Certains observateurs voient dans ce mouvement un effet d’« appel d’air » créé par les missions de réinstallation, ce que dément le HCR sur place. Début décembre, plusieurs dizaines de ces réfugiés soudanais ont pourtant manifesté et organisé pendant plusieurs jours un sit-in devant les bureaux du HCR à Niamey. Ils réclamaient d’être eux aussi réinstallés en Europe ou en Amérique. Un projet qui n’est pas au programme.
    –-----------------
    Programmes de #réinstallation
    Depuis novembre 2017, douze pays occidentaux, parmi ­lesquels la France, la Belgique, le Canada et la Finlande, participent au Niger à un programme de réinstallation de réfugiés évacués par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) des centres de détention du gouvernement libyen. Ces Etats ont promis d’accorder l’asile à près de 5 500 migrants au total. Emmanuel ­Macron s’est engagé à accueillir en France, d’ici à la fin de l’année 2019, 10 000 réfugiés, dans le cadre des programmes de réinstallation depuis des pays du Sahel et du Proche-Orient. Parmi eux, 1 500 seront réinstallés depuis le Niger, dont une partie ayant été évacués de Libye.
    En Libye, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié près de 700 000 migrants. Certains d’entre eux ­seulement souhaitent gagner l’Europe. En 2018, l’OIM a rapatrié plus de 16 000 migrants de Libye vers leurs pays d’origine au moyen d’un programme d’aide au retour volontaire.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/05/au-niger-la-france-donne-l-asile-a-des-migrants-rescapes-de-libye_5405385_32
    #OFPRA #asile #migrations #externalisation #procédure_d'asile #réfugiés #France #délocalisation

  • #Every_Campus_A_Refuge. A Small College’s Engagement with Refugee Resettlement

    Every Campus A Refuge is a novel initiative whereby college campuses provide housing and support to refugees navigating the resettlement process in the United States. This article details the founding and development of the Every Campus A Refuge initiative, particularly as it has been implemented at #Guilford_College, a small liberal arts college in North Carolina. It also details how Guilford College faculty and students are engaging in a multifaceted research study to document the resettlement experiences of refugee families who participate in Every Campus A Refuge and to determine the efficacy of the program in providing a “soft er landing” for refugees. Overall, this article aims to provide a detailed account of Every Campus A Refuge so as to show how such a program may be implemented at other college campuses.

    https://www.berghahnjournals.com/view/journals/migration-and-society/1/1/arms010112.xml
    #USA #Etats-Unis #université #réfugiés #asile #migrations #solidarité
    #réinstallation

  • Das Geschäft mit den Flüchtlingen - Endstation Libyen

    Wenn sie aufgegeben haben, besteigen sie die Flugzeuge. Die Internationale Organisation für Migration (IOM) transportiert verzweifelte Flüchtlinge und Migranten zurück in ihre Heimatländer – den Senegal, Niger oder Nigeria. Es ist die Rettung vor dem sicheren Tod und gleichzeitig ein Flug zurück in die Hoffnungslosigkeit.

    Flug in die Hoffnungslosigkeit (picture-alliance / dpa / Julian Stratenschulte)

    Für die Menschen, die Tausende Kilometer nach Libyen gereist sind, um nach Europa überzusetzen, wird die EU-Grenzsicherung zunehmend zur Falle. Denn die Schleuser in Libyen haben ihr Geschäftsmodell geändert: Nun verhindern sie die Überfahrt, kassieren dafür von der EU und verkaufen die Migranten als Sklaven.

    Die Rückkehrer sind die einzigen Zeugen der Sklaverei. Alexander Bühler hat sich ihre Geschichten erzählen lassen.

    Endstation Libyen
    Das Geschäft mit den Flüchtlingen
    Von Alexander Bühler

    Regie : Thomas Wolfertz
    Es sprachen : Sigrid Burkholder, Justine Hauer, Hüseyin Michael Cirpici, Daniel Berger, Jonas Baeck und Florian Seigerschmidt
    Ton und Technik : Ernst Hartmann und Caroline Thon
    Redaktion : Wolfgang Schiller
    Produktion : Dlf/RBB 2018

    Alexander Bühler hat in Gebieten wie Syrien, Libyen, Haiti, dem Kongo und Kolumbien gearbeitet und von dort u.a. über Drogen, Waffen- und Menschenhandel berichtet. 2016 erhielt er den Deutschen Menschenrechtsfilmpreis in der Kategorie Magazinbeiträge, 2018 den Sonderpreis der Premios Ondas.

    https://www.deutschlandfunkkultur.de/das-geschaeft-mit-den-fluechtlingen-endstation-libyen.3720.de.

    #migrations #UE #externalisation #contrôles_frontaliers #frontières #désert #Sahara #Libye #gardes-côtes_libyens #Tunisie #Niger #OIM (#IOM) #évacuation #retour_volontaire #réinstallation #Côte_d'Ivoire #traite #traite_d'êtres_humains #esclavage #marchandise_humaine #viol #trauma #traumatisme #audio #interview #Dlf

    @cdb_77, j’ai trouvé la super !!! métaliste sur :
    externalisation, contrôles_frontaliers, frontières, migrations, réfugiés...juste que ce reportage parle de tellement de sujets que j’arrive pas à choisir le fil - peut-être ajouter en bas de la métaliste ? Mais le but n’est pas de faire une métaliste pour ajouter des commentaires non ? En tout cas c’est très bien fait cette reportage je trouve ! ...un peu dommage que c’est en allemand...

  • Detainees Evacuated out of Libya but Resettlement Capacity Remains Inadequate

    According to the United Nations Refugee Agency (#UNHCR) 262 migrants detained in Libya were evacuated to Niger on November 12- the largest evacuation from Libya carried out to date. In addition to a successful airlift of 135 people in October this year, this brings the total number of people evacuated to more than 2000 since December 2017. However Amnesty International describes the resettlement process from Niger as slow and the number of pledges inadequate.

    The evacuations in October and November were the first since June when the Emergency Transit Mechanism (ETM) centre in Niger reached its full capacity of 1,536 people, which according to Amnesty was a result of a large number of people “still waiting for their permanent resettlement to a third country.”

    57,483 refugees and asylum seekers are registered by UNHCR in Libya; as of October 2018 14,349 had agreed to Voluntary Humanitarian Return. Currently 3,886 resettlement pledges have been made by 12 states, but only 1,140 have been resettled.

    14,595 people have been intercepted by the Libyan coast guard and taken back to Libya, however it has been well documented that their return is being met by detention, abuse, violence and torture. UNHCR recently declared Libya unsafe for returns amid increased violence in the capital, while Amnesty International has said that “thousands of men, women and children are trapped in Libya facing horrific abuses with no way out”.

    In this context, refugees and migrants are currently refusing to disembark in Misrata after being rescued by a cargo ship on November 12, reportedly saying “they would rather die than be returned to land”. Reuters cited one Sudanese teenager on board who stated “We agree to go to any place but not Libya.”

    UNHCR estimates that 5,413 refugees and migrants remain detained in #Directorate_for_Combatting_Illegal_Migration (#DCIM) centres and the UN Refugee Agency have repetedly called for additional resettlement opportunities for vulnerable persons of concern in Libya.

    https://www.ecre.org/detainees-evacuated-out-of-libya-but-resettlement-capacity-remains-inadequate
    #réinstallation #Niger #Libye #évacuation #asile #migrations #réfugiés #HCR #détention #centres_de_détention #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM)

    • ET DES INFORMATIONS PLUS ANCIENNES DANS LE FIL CI-DESSOUS

      Libya: evacuations to Niger resumed – returns from Niger begun

      After being temporarily suspended in March as the result of concerns from local authorities on the pace of resettlement out of Niger, UNHCR evacuations of vulnerable refugees and asylum seekers from Libya through the Emergency Transit Mechanism has been resumed and 132 vulnerable migrants flown to the country. At the same time the deportation of 132 Sudanese nationals from Niger to Libya has raised international concern.

      Niger is the main host for refugees and asylum seekers from Libya evacuated by UNHCR. Since the UN Refugee Agency began evacuations in cooperation with EU and Libyan authorities in November 2017, Niger has received 1,152 of the 1,474 people evacuated in total. While UNHCR has submitted 475 persons for resettlement a modest 108 in total have been resettled in Europe. According to UNHCR the government in Niger has now offered to host an additional 1,500 refugees from Libya through the Emergency Transit Mechanism and upon its revival and the first transfer of 132 refugees to Niger, UNHCR’s Special Envoy for the Central Mediterranean Situation, Vincent Cochetel stated: “We now urgently need to find resettlement solutions for these refugees in other countries.”

      UNHCR has confirmed the forced return by authorities in Niger of at least 132 of a group of 160 Sudanese nationals arrested in the migrant hub of Agadez, the majority after fleeing harsh conditions in Libya. Agadez is known as a major transit hub for refugees and asylum seekers seeking passage to Libya and Europe but the trend is reversed and 1,700 Sudanese nationals have fled from Libya to Niger since December 2017. In a mail to IRIN News, Human Rights Watch’s associate director for Europe and Central Asia, Judith Sunderland states: “It is inhuman and unlawful to send migrants and refugees back to Libya, where they face shocking levels of torture, sexual violence, and forced labour,” with reference to the principle of non-refoulement.

      According to a statement released by Amnesty International on May 16: “At least 7,000 migrants and refugees are languishing in Libyan detention centres where abuse is rife and food and water in short supply. This is a sharp increase from March when there were 4,400 detained migrants and refugees, according to Libyan officials.”

      https://www.ecre.org/libya-evacuations-to-niger-resumed-returns-from-niger-begun

    • Libya: return operations running but slow resettlement is jeopardizing the evacuation scheme

      According to the International Organization for Migration (IOM) 15.000 migrants have been returned from Libya to their country of origin and the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) has assisted in the evacuation of more than 1,300 refugees from Libya thereby fulfilling the targets announced at the AU-EU-UN Taskforce meeting in December 2017. However, a modest 25 of the more than 1000 migrants evacuated to Niger have been resettled to Europe and the slow pace is jeopardizing further evacuations.

      More than 1000 of the 1300 migrants evacuated from Libya are hosted by Niger and Karmen Sakhr, who oversees the North Africa unit at the UNHCR states to the EU Observer that the organisation: “were advised that until more people leave Niger, we will no longer be able to evacuate additional cases from Libya.”

      During a meeting on Monday 5 March with the Civil Liberties Committee and Foreign Affairs Committee MEPs, members of the Delegation for relations with Maghreb countries, Commission and External Action Service representatives on the mistreatment of migrants and refugees in Libya, and arrangements for their resettlement or return, UNHCR confirmed that pledges have been made by France, Switzerland, Italy, Norway, Sweden and Malta as well as unspecified non-EU countries but that security approvals and interviewing process of the cases is lengthy resulting in the modest number of resettlements, while also warning that the EU member states need to put more work into resettlement of refugees, and that resettlement pledges still fall short of the needs. According to UNHCR 430 pledges has been made by European countries.

      An estimated 5000 people are in government detention and an unknown number held by private militias under well documented extreme conditions.

      https://www.ecre.org/libya-return-operations-running-but-slow-resettlement-is-jeopardizing-the-evac

    • Libya: migrants and refugees out by plane and in by boat

      The joint European Union (EU), African Union (AU) and United Nations (UN) Task Force visited Tripoli last week welcoming progress made evacuating and returning migrants and refugees out of Libya. EU has announced three new programmes, for protecting migrants and refugees in Libya and along the Central Mediterranean Route, and their return and reintegration. Bundestag Research Services and NGOs raise concerns over EU and Member State support to Libyan Coast Guard.

      Representatives of the Task Force, created in November 2017, met with Libyan authorities last week and visited a detention centres for migrants and a shelter for internally displaced people in Tripoli. Whilst they commended progress on Voluntary Humanitarian Returns, they outlined a number of areas for improvement. These include: comprehensive registration of migrants at disembarkation points and detention centres; improving detention centre conditions- with a view to end the current system of arbitrary detention; decriminalizing irregular migration in Libya.

      The three new programmes announced on Monday, will be part of the European Union Emergency Trust Fund for Africa. €115 million will go towards evacuating 3,800 refugees from Libya, providing protection and voluntary humanitarian return to 15,000 migrants in Libya and will support the resettlement of 14,000 people in need of international protection from Niger, Chad, Cameroon and Burkina Faso. €20 million will be dedicated to improving access to social and protection services for vulnerable migrants in transit countries in the Sahel region and the Lake Chad basin. €15 million will go to supporting sustainable reintegration for Ethiopian citizens.

      A recent report by the Bundestag Research Services on SAR operations in the Mediterranean notes the support for the Libyan Coast Guard by EU and Member States in bringing refugees and migrants back to Libya may be violating the principle of non-refoulement as outlined in the Geneva Convention: “This cooperation must be the subject of proceedings before the European Court of Human Rights, because the people who are being forcibly returned with the assistance of the EU are being inhumanely treated, tortured or killed.” stated Andrej Hunko, European policy spokesman for the German Left Party (die Linke). A joint statement released by SAR NGO’s operating in the Mediterranean calls on the EU institutions and leaders to stop the financing and support of the Libyan Coast Guard and the readmissions to a third country which violates fundamental human rights and international law.

      According to UNHCR, there are currently 46,730 registered refugees and asylum seekers in Libya. 843 asylum seekers and refugees have been released from detention so far in 2018. According to IOM 9,379 people have been returned to their countries of origin since November 2017 and 1,211 have been evacuated to Niger since December 2017.

      https://www.ecre.org/libya-migrants-and-refugees-out-by-plane-and-in-by-boat

      Complément de Emmanuel Blanchard (via la mailing-list Migreurop):

      Selon le HCR, il y aurait actuellement environ 6000 personnes détenues dans des camps en Libye et qui seraient en attente de retour ou de protection (la distinction n’est pas toujours très claire dans la prose du HCR sur les personnes à « évacuer » vers le HCR...). Ces données statistiques sont très fragiles et a priori très sous-estimées car fondées sur les seuls camps auxquels le HCR a accès.

    • First group of refugees evacuated from new departure facility in Libya

      UNHCR, the UN Refugee Agency, in coordination with Libyan authorities, evacuated 133 refugees from Libya to Niger today after hosting them at a Gathering and Departure Facility (GDF) in Tripoli which opened on Tuesday.

      Most evacuees, including 81 women and children, were previously detained in Libya. After securing their release from five detention centres across Libya, including in Tripoli and areas as far as 180 kilometres from the capital, they were sheltered at the GDF until the arrangements for their evacuation were concluded.

      The GDF is the first centre of its kind in Libya and is intended to bring vulnerable refugees to a safe environment while solutions including refugee resettlement, family reunification, evacuation to emergency facilities in other countries, return to a country of previous asylum, and voluntary repatriation are sought for them.

      “The opening of this centre, in very difficult circumstances, has the potential to save lives. It offers immediate protection and safety for vulnerable refugees in need of urgent evacuation, and is an alternative to detention for hundreds of refugees currently trapped in Libya,” said UN High Commissioner for Refugees Filippo Grandi.

      The centre is managed by the Libyan Ministry of Interior, UNHCR and UNHCR’s partner LibAid. The initiative is one of a range of measures needed to offer viable alternatives to the dangerous boat journeys undertaken by refugees and migrants along the Central Mediterranean route.

      With an estimated 4,900 refugees and migrants held in detention centres across Libya, including 3,600 in need of international protection, the centre is a critical alternative to the detention of those most vulnerable.

      The centre, which has been supported by the EU and other donors, has a capacity to shelter up to 1,000 vulnerable refugees identified for solutions out of Libya.

      At the facility, UNHCR and partners are providing humanitarian assistance such as accommodation, food, medical care and psychosocial support. Child friendly spaces and dedicated protection staff are also available to ensure that refugees and asylum-seekers are adequately cared for.

      https://www.unhcr.org/news/press/2018/12/5c09033a4/first-group-refugees-evacuated-new-departure-facility-libya.html

    • Migration : à Niamey, des migrants rapatriés de Libye protestent contre leurs conditions de séjour

      Les manifestants protestent contre leur détention de vie qu’ils jugent « déplorables » et pour amplifier leurs mouvements, ils ont brandi des pancartes sur lesquelles ils ont écrit leurs doléances. Les migrants manifestant s’indignent également de leur séjour qui ne cesse de se prolonger, sans véritable alternatives ou visibilité sur leur situation. « Ils nous ont ramené de la Libye pour nous laisser à nous-mêmes ici », « on ne veut pas rester ici, laisser nous partir là où on veut », sont entre autres les slogans que les migrants ont scandés au cours de leur sit-in devant les locaux de l’agence onusienne. Plusieurs des protestataires sont venus à la manifestation avec leurs bagages et d’autres avec leurs différents papiers, qui attestent de leur situation de réfugiés ou demandeurs d’asiles.

      La situation, quoique déplorable, n’a pas manqué de susciter divers commentaires. Il faut dire que depuis le début de l’opération de rapatriement des migrants en détresse de Libye, ils sont des centaines à vivre dans la capitale mais aussi à Agadez où des centres d’accueil sont mis à leurs dispositions par les agences onusiennes (UNHCR, OIM), avec la collaboration des autorités nigériennes. Un certain temps, leur présence de plus en plus massive dans divers quartiers de la capitale où des villas sont mises à leur disposition, a commencé à inquiéter les habitants sur d’éventuels risques sécuritaires.

      Le gouvernement a signé plusieurs accords et adopté des lois pour lutter contre l’immigration clandestine. Il a aussi signé des engagements avec certains pays européens notamment la France et l’Italie, pour l’accueil temporaire des réfugiés en provenance de la Libye et en transit en attendant leur réinstallation dans leur pays ou en Europe pour ceux qui arrivent à obtenir le sésame pour l’entrée. Un geste de solidarité décrié par certaines ONG et que les autorités regrettent presque à demi-mot, du fait du non-respect des contreparties financières promises par les bailleurs et partenaires européens. Le pays fait face lui-même à un afflux de réfugiés nigérians et maliens sur son territoire, ainsi que des déplacés internes dans plusieurs régions, ce qui complique davantage la tâche dans cette affaire de difficile gestion de la problématique migratoire.

      Le Niger accueille plusieurs centres d’accueil pour les réfugiés et demandeurs d’asiles rapatriés de Libye. Le 10 décembre dernier, l’OFPRA français a par exemple annoncé avoir achevé une nouvelle mission au Niger avec l’UNHCR, et qui a concerné 200 personnes parmi lesquelles une centaine évacuée de Libye. En novembre dernier, le HCR a également annoncé avoir repris les évacuations de migrants depuis la Libye, avec un contingent de 132 réfugiés et demandeurs d’asiles vers le Niger.

      Depuis novembre 2017, le HCR a assuré avoir effectué vingt-trois (23) opérations d’évacuation au départ de la Libye et ce, « malgré d’importants problèmes de sécurité et les restrictions aux déplacements qui ont été imposées ». En tout, ce sont 2.476 réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables qui ont pu être libérés et acheminés de la Libye vers le Niger (2.069), l’Italie (312) et la Roumanie (95).


      https://www.actuniger.com/societe/14640-migration-a-niamey-des-migrants-rapatries-de-libye-protestent-contr

      Je découvre ici que les évacuations se sont faites aussi vers l’#Italie et... la #Roumanie !

    • Destination Europe: Evacuation. The EU has started resettling refugees from Libya, but only 174 have made it to Europe in seven months

      As the EU sets new policies and makes deals with African nations to deter hundreds of thousands of migrants from seeking new lives on the continent, what does it mean for those following dreams northwards and the countries they transit through? From returnees in Sierra Leone and refugees resettled in France to smugglers in Niger and migrants in detention centres in Libya, IRIN explores their choices and challenges in this multi-part special report, Destination Europe.

      Four years of uncontrolled migration starting in 2014 saw more than 600,000 people cross from Libya to Italy, contributing to a populist backlash that is threatening the foundations of the EU. Stopping clandestine migration has become one of Europe’s main foreign policy goals, and last July the number of refugees and migrants crossing the central Mediterranean dropped dramatically. The EU celebrated the reduced numbers as “good progress”.

      But, as critics pointed out, that was only half the story: the decline, resulting from a series of moves by the EU and Italy, meant that tens of thousands of people were stuck in Libya with no way out. They faced horrific abuse, and NGOs and human rights organisations accused the EU of complicity in the violations taking place.

      Abdu is one who got stuck. A tall, lanky teenager, he spent nearly two years in smugglers’ warehouses and official Libyan detention centres. But he’s also one of the lucky ones. In February, he boarded a flight to Niger run (with EU support) by the UN’s refugee agency, UNHCR, to help some of those stranded in Libya reach Europe. Nearly 1,600 people have been evacuated on similiar flights, but, seven months on, only 174 have been resettled to Europe.

      The evacuation programme is part of a €500-million ($620-million) effort to resettle 50,000 refugees over the next two years to the EU, which has a population of more than 500 million people. The target is an increase from previous European resettlement goals, but still only represents a tiny fraction of the need – those chosen can be Syrians in Turkey, Jordan, and Lebanon as well as refugees in Libya, Egypt, Niger, Chad, Sudan, and Ethiopia – countries that combined host more than 6.5 million refugees.

      The EU is now teetering on the edge of a fresh political crisis, with boats carrying people rescued from the sea being denied ports of disembarkation, no consensus on how to share responsibility for asylum seekers and refugees within the continent, and increasing talk of further outsourcing the management of migration to African countries.

      Against this backdrop, the evacuation and resettlement programme from Libya is perhaps the best face of European policy in the Mediterranean. But, unless EU countries offer more spots for refugees, it is a pathway to safety for no more than a small handful who get the luck of the draw. As the first evacuees adjust to their new lives in Europe, the overwhelming majority are left behind.

      Four months after arriving in Niger, Abdu is still waiting to find out if and when he will be resettled to Europe. He’s still in the same state of limbo he was in at the end of March when IRIN met him in Niamey, the capital of Niger. At the time, he’d been out of the detention centre in Libya for less than a month and his arms were skeletally thin.

      “I thought to go to Europe [and] failed. Now, I came to Niger…. What am I doing here? What will happen from here? I don’t know,” he said, sitting in the shade of a canopy in the courtyard of a UNHCR facility. “I don’t know what I will be planning for the future because everything collapsed; everything finished.”
      Abdu’s story

      Born in Eritrea – one of the most repressive countries in the world – Abdu’s mother sent him to live in neighbouring Sudan when he was only seven. She wanted him to grow up away from the political persecution and shadow of indefinite military service that stifled normal life in his homeland.

      But Sudan, where he was raised by his uncle, wasn’t much better. As an Eritrean refugee, he faced discrimination and lived in a precarious legal limbo. Abdu saw no future there. “So I decided to go,” he said.

      Like so many other young Africans fleeing conflict, political repression, and economic hardship in recent years, he wanted to try to make it to Europe. But first he had to pass through Libya.

      After crossing the border from Sudan in July 2016, Abdu, then 16 years old, was taken captive and held for 18 months. The smugglers asked for a ransom of $5,500, tortured him while his relatives were forced to listen on the phone, and rented him out for work like a piece of equipment.

      Abdu tried to escape, but only found himself under the control of another smuggler who did the same thing. He was kept in overflowing warehouses, sequestered from the sunlight with around 250 other people. The food was not enough and often spoiled; disease was rampant; people died from malaria and hunger; one woman died after giving birth; the guards drank, carried guns, and smoked hashish, and, at the smallest provocation, spun into a sadistic fury. Abdu’s skin started crawling with scabies, his cheeks sank in, and his long limbs withered to skin and bones.

      One day, the smuggler told him that, if he didn’t find a way to pay, it looked like he would soon die. As a courtesy – or to try to squeeze some money out of him instead of having to deal with a corpse – the smuggler reduced the ransom to $1,500.

      Finally, Abdu’s relatives were able to purchase his freedom and passage to Europe. It was December 2017. As he finally stood on the seashore before dawn in the freezing cold, Abdu remembered thinking: “We are going to arrive in Europe [and] get protection [and] get rights.”

      But he never made it. After nearly 24 hours at sea, the rubber dinghy he was on with around 150 other people was intercepted by the Libyan Coast Guard, which, since October 2016, has been trained and equipped by the EU and Italy.

      Abdu was brought back to the country he had just escaped and put in another detention centre.

      This one was official – run by the Libyan Directorate for Combating Irregular Migration. But it wasn’t much different from the smuggler-controlled warehouses he’d been in before. Again, it was overcrowded and dirty. People were falling sick. There was no torture or extortion, but the guards could be just as brutal. If someone tried to talk to them about the poor conditions “[they are] going to beat you until you are streaming blood,” Abdu said.

      Still, he wasn’t about to try his luck on his own again in Libya. The detention centre wasn’t suitable for human inhabitants, Abdu recalled thinking, but it was safer than anywhere he’d been in over a year. That’s where UNHCR found him and secured his release.

      The lucky few

      The small village of Thal-Marmoutier in France seems like it belongs to a different world than the teeming detention centres of Libya.

      The road to the village runs between gently rolling hills covered in grapevines and winds through small towns of half-timbered houses. About 40 minutes north of Strasbourg, the largest city in the region of Alsace, bordering Germany, it reaches a valley of hamlets that disrupt the green countryside with their red, high-peaked roofs. It’s an unassuming setting, but it’s the type of place Abdu might end up if and when he is finally resettled.

      In mid-March, when IRIN visited, the town of 800 people was hosting the first group of refugees evacuated from Libya.

      It was unseasonably cold, and the 55 people housed in a repurposed section of a Franciscan convent were bundled in winter jackets, scarves, and hats. Thirty of them had arrived from Chad, where they had been long-time residents of refugee camps after fleeing Boko Haram violence or conflict in the Sudanese region of Darfur. The remaining 25 – from Eritrea, Ethiopia, and Sudan – were the first evacuees from Libya. Before reaching France, they, like Abdu, had been flown to Niamey.

      The extra stop is necessary because most countries require refugees to be interviewed in person before offering them a resettlement spot. The process is facilitated by embassies and consulates, but, because of security concerns, only one European country (Italy) has a diplomatic presence in Libya.

      To resettle refugees stuck in detention centres, UNHCR needed to find a third country willing to host people temporarily, one where European resettlement agencies could carry out their procedures. Niger was the first – and so far only – country to volunteer.

      “For us, it is an obligation to participate,” Mohamed Bazoum, Niger’s influential interior minister, said when interviewed by IRIN in Niamey. Niger, the gateway between West Africa and Libya on the migration trail to Europe, is the top recipient of funds from the EU Trust Fund for Africa, an initiative launched in 2015 to “address the root causes of irregular migration”.

      “It costs us nothing to help,” Bazoum added, referring to the evacuation programme. “But we gain a sense of humanity in doing so.”

      ‘Time is just running from my life’

      The first evacuees landed in Niamey on 12 November. A little over a month later, on 19 December, they were on their way to France.

      By March, they had been in Thal-Marmoutier for three months and were preparing to move from the reception centre in the convent to individual apartments in different cities.

      Among them, several families with children had been living in Libya for a long time. But most of the evacuees were young women who had been imprisoned by smugglers and militias, held in official detention centres, or often both.

      “In Libya, it was difficult for me,” said Farida, a 24-year-old aspiring runner from Ethiopia. She fled her home in 2016 because of the conflict between the government and the Oromo people, an ethnic group.

      After a brief stay in Cairo, she and her husband decided to go to Libya because they heard a rumour that UNHCR was providing more support there to refugees. Shortly after crossing the border, Farida and her husband were captured by a militia and placed in a detention centre.

      “People from the other government (Libya has two rival governments) came and killed the militiamen, and some of the people in the prison also died, but we got out and were taken to another prison,” she said. “When they put me in prison, I was pregnant, and they beat me and killed the child in my belly.”

      Teyba, a 20-year-old woman also from Ethiopia, shared a similar story: “A militia put us in prison and tortured us a lot,” she said. “We stayed in prison for a little bit more than a month, and then the fighting started…. Some people died, some people escaped, and some people, I don’t know what happened to them.”

      Three months at the reception centre in Thal-Marmoutier had done little to ease the trauma of those experiences. “I haven’t seen anything that made me laugh or that made me happy,” Farida said. “Up to now, life has not been good, even after coming to France.”

      The French government placed the refugees in the reception centre to expedite their asylum procedures, and so they could begin to learn French.

      Everyone in the group had already received 10-year residency permits – something refugees who are placed directly in individual apartments or houses usually wait at least six months to receive. But many of them said they felt like their lives had been put on pause in Thal-Marmoutier. They were isolated in the small village with little access to transportation and said they had not been well prepared to begin new lives on their own in just a few weeks time.

      “I haven’t benefited from anything yet. Time is just running from my life,” said Intissar, a 35-year-old woman from Sudan.

      A stop-start process

      Despite their frustrations with the integration process in France, and the still present psychological wounds from Libya, the people in Thal-Marmoutier were fortunate to reach Europe.

      By early March, more than 1,000 people had been airlifted from Libya to Niger. But since the first group in December, no one else had left for Europe. Frustrated with the pace of resettlement, the Nigerien government told UNHCR that the programme had to be put on hold.

      “We want the flow to be balanced,” Bazoum, the interior minister, explained. “If people arrive, then we want others to leave. We don’t want people to be here on a permanent basis.”

      Since then, an additional 148 people have been resettled to France, Switzerland, Sweden and the Netherlands, and other departures are in the works. “The situation is improving,” said Louise Donovan, a UNHCR communications officer in Niger. “We need to speed up our processes as much as possible, and so do the resettlement countries.”

      A further 312 people were evacuated directly to Italy. Still, the total number resettled by the programme remains small. “What is problematic right now is the fact that European governments are not offering enough places for resettlement, despite continued requests from UNHCR,” said Matteo de Bellis, a researcher with Amnesty International.
      Less than 1 percent

      Globally, less than one percent of refugees are resettled each year, and resettlement is on a downward spiral at the moment, dropping by more than 50 percent between 2016 and 2017. The number of refugees needing resettlement is expected to reach 1.4 million next year, 17 percent higher than in 2018, while global resettlement places dropped to just 75,000 in 2017, UNHCR said on Monday.

      The Trump administration’s slashing of the US refugee admissions programme – historically the world’s leader – means this trend will likely continue.

      Due to the limited capacity, resettlement is usually reserved for people who are considered to be the most vulnerable.

      In Libya alone, there are around 19,000 refugees from Eritrea, Ethiopia, Somalia, and Sudan registered with UNHCR – a number increasing each month – as well as 430,000 migrants and potential asylum seekers from throughout sub-Saharan Africa. Many have been subjected to torture, sexual violence, and other abuses. And, because they are in Libya irregularly, resettlement is often the only legal solution to indefinite detention.

      In the unlikely scenario that all the sub-Saharan refugees in Libya were to be resettled, they would account for more than one third of the EU’s quota for the next two years. And that’s not taking into account people in Libya who may have legitimate grounds to claim asylum but are not on the official radar. Other solutions are clearly needed, but given the lack of will in the international community, it is unclear what those might be.

      “The Niger mechanism is a patch, a useful one under the circumstance, but still a patch,” de Bellis, the Amnesty researcher, said. “There are refugees… who cannot get out of the detention centres because there are no resettlement places available to them.”

      It is also uncertain what will happen to any refugees evacuated to Niger that aren’t offered a resettlement spot by European countries.

      UNHCR says it is considering all options, including the possibility of integration in Niger or return to their countries of origin – if they are deemed to be safe and people agree to go. But resettlement is the main focus. In April, the pace of people departing for Europe picked up, and evacuations from Libya resumed at the beginning of May – ironically, the same week the Nigerien government broke new and dangerous ground by deporting 132 Sudanese asylum seekers who had crossed the border on their own back to Libya.

      For the evacuees in Niger awaiting resettlement, there are still many unanswered questions.

      As Abdu was biding his time back in March, something other than the uncertainty about his own future weighed on him: the people still stuck in the detention centres in Libya.

      He had started his travels with his best friend. They had been together when they were first kidnapped and held for ransom. But Abdu’s friend was shot in the leg by a guard who accused him of stealing a cigarette. When Abdu tried to escape, he left his friend behind and hasn’t spoken to him or heard anything about him since.

      “UNHCR is saying they are going to find a solution for me; they are going to help me,” Abdu said. “It’s okay. But what about the others?”

      https://www.irinnews.org/special-report/2018/06/26/destination-europe-evacuation

    • Hot Spots #1 : Niger, les évacués de l’enfer libyen

      Fuir l’enfer libyen, sortir des griffes des trafiquants qui séquestrent pendant des mois leurs victimes dans des conditions inhumaines. C’est de l’autre côté du désert, au Niger, que certains migrants trouvent un premier refuge grâce à un programme d’#évacuation d’urgence géré par les Nations Unies depuis novembre 2017.

      https://guitinews.fr/video/2019/03/12/hot-spots-1-niger-les-evacues-de-lenfer-libyen

      Lien vers la #vidéo :

      « Les gens qu’on évacue de la Libye, ce sont des individus qui ont subi une profonde souffrance. Ce sont tous des victimes de torture, des victimes de violences aussi sexuelles, il y a des femmes qui accouchent d’enfants fruits de cette violences sexuelles. » Alexandra Morelli, Représentante du HCR au Niger.

      https://vimeo.com/323299304

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