• A Aubervilliers, plus d’un millier de personnes migrantes dorment à la rue
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/23/a-aubervilliers-plus-d-un-millier-de-personnes-migrantes-dorment-a-la-rue_60

    Chenar Gull Nasairi évoque, lui, sa troisième tentative de suicide. « La dernière fois, j’ai avalé beaucoup de cachets, l’ambulance est venue jusqu’ici me chercher », nous confie-t-il. Cet Afghan de 33 ans a été mis à la porte d’un centre d’hébergement en Seine-et-Marne il y a un mois, après que sa demande d’asile a été définitivement rejetée. La Cour nationale du droit d’asile (CNDA) conteste sa nationalité afghane. Lui assure qu’il est sous la menace des talibans. Avant d’arriver en France en 2018, Chenar Gull Nasairi a vécu près de trois ans en Allemagne, où il a également échoué à obtenir une protection. « Je ne sais pas dans quel pays aller », répète-t-il, désespéré. A l’occasion des consultations médicales dispensées auprès du public migrant, Olivia Gayraud de Médecins sans frontières (MSF) note la récurrence d’« états d’anxiété importants ». « Il y a aussi beaucoup de problèmes de peau, des douleurs gastriques et des problèmes dentaires », observe-t-elle. Hassan (le prénom a été modifié) ne dort plus tellement ses dents le font souffrir. (...) L’augmentation du nombre de personnes présentes dans le campement coïncide avec la réouverture des frontières en Europe et les mesures de déconfinement. « Les différentes personnes stationnées au fil du parcours ont repris leur route », constate Louis Barda, de Médecins du monde. Faycal est arrivé il y a dix jours. Comme beaucoup de ses compatriotes afghans, qui représentent la majorité des personnes présentes dans le campement aux côtés des Soudanais et d’autres ressortissants d’Afrique de l’Est, le jeune homme de 23 ans a rejoint la France par la route des Balkans. « J’étais bloqué en Serbie pendant le confinement », dit-il.

    #Covid-19#migrant#migration#france#balkan#allemagne#routemigratoire#deconfinement#sante#MSF#santementale#reouverturefrontiere

  • Réouverture de l’espace Schengen : IRÈNE EN CLASSE EXPLICATIONS – « Techniquement, le Sénégal n’est pas concerné pour le moment » | Lequotidien Journal d’informations Générales
    https://www.lequotidien.sn/reouverture-de-lespace-schengen-irene-en-classe-techniquement-le-senegal

    Il faut travailler à ce que le Sénégal se trouve rapidement sur cette liste. C’est dans l’intérêt de tout le monde. Un retour aux échanges normaux, à la mobilité normale, à la réouverture de l’espace. Mais c’est dans notre intérêt à tous, de tenir en compte les problèmes de la situation sanitaire globale. On a tous intérêt à éviter une reprise de la pandémie. C’est strictement dans cette perspective qu’il faut voir les choses. Et c’est une perspective qui est partagée par les autorités du Sénégal qui sont très soucieuses d’éviter le risque sanitaire.

    #Covid-19#migrant#migration#diaspora#senegal#UE#reouverturefrontière#protocolesanitaire#crisesanitaire#mobilitenormale#sante

  • Covid-19 : Ces nouvelles mesures prises par le Cous pour freiner les cas importés.
    https://www.dakaractu.com/Covid-19-Ces-nouvelles-mesures-prises-par-le-Cous-pour-freiner-les-cas-im

    Le Sénégal qui sort fraîchement d’un état d’urgence après 4 mois de présence de la maladie du coronavirus, a décidé d’apporter des mesures correctives pour venir à bout des cas importés. Ce, à quelques jours de l’ouverture des frontières et de la reprise des vols internationaux. Les autorités en charge de la santé, dans leurs nouvelles stratégies de lutte, ont décidé d’aller vers l’exigence de test pour tous les voyageurs en partance ou sur le départ pour freiner la propagation de la maladie. ‘’Une réflexion est menée par rapport aux voyageurs pour le Sénégal. Avec l’ouverture prochaine des frontières et la reprise des vols au niveau international : Aujourd’hui, la stratégie est de prélever tous les voyageurs à l’Aibd (Aéroport international Blaise Diagne) à l’arrivée, que les passagers fassent leur test avant de rentrer dans le territoire national. Le test à l’aéroport n’est pas viable. Parce que si on arrive à avoir plus de 1 000 passagers arrivés au même moment, le soir, techniquement, il sera trop difficile de faire les tests. Donc, c’est une réflexion qui sera approfondie et validée par les autorités’’, a dit le Dr Abdoulaye Bousso qui faisait le point, ce jeudi 2 juillet 2020.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#sante#casimporte#test#reouverturefrontière#protocolesanitaire

  • Coronavirus : pays par pays, qui a rouvert ses frontières en Europe ?
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/06/16/coronavirus-pays-par-pays-qui-a-rouvert-ses-frontieres-en-europe_6043031_435

    Le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) circule toujours en Europe, mais sa diffusion est considérée comme limitée dans la majorité des pays européens. A ce titre, ils sont nombreux à rouvrir leurs frontières les uns avec les autres. Certains l’ont fait progressivement – comme les pays baltes, qui ont commencé à rouvrir leurs frontières entre eux dès le 3 juin, avant de s’ouvrir à la quasi-totalité des pays du continent. Idem pour les pays du Benelux, qui n’imposent que peu ou pas de contraintes à l’arrivée, et auxquels la France vient d’emboîter le pas.Quelques exceptions néanmoins, les pays scandinaves maintiennent parfois des conditions draconiennes à l’arrivée d’étrangers européens : la Norvège, par exemple, refuse l’entrée libre de la plupart des ressortissants européens, y compris des Suédois, idem pour les Danois qui se montrent très sélectifs

    #Covid-19#migrant#migration#sante#europe#circulation#sante#reouverturefrontiere

  • Réouverture des frontières extérieures de l’UE : quelles perpectives pour les diasporas ?
    https://www.france24.com/fr/20200529-r%C3%A9ouverture-des-fronti%C3%A8res-ext%C3%A9rieures-de-l-ue-que

    Lors de la présentation de la deuxième phase du déconfinement, jeudi 28 mai, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé que la France était « favorable » à la réouverture des frontières intérieures de l’Europe à compter du 15 juin, « sans quatorzaine » pour les voyageurs. Concernant les frontières extérieures, « la décision sera prise collectivement avec l’ensemble des pays européens, à l’horizon du 15 juin », a ajouté le chef du gouvernement.
    Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a évoqué une éventuelle réouverture des frontières extérieures « avec un léger décalage, peut-être le 1er juillet », assortie « d’une liste européenne de pays d’attention qui feraient l’objet de mesures spécifiques aux frontières de l’espace européen ».
    Ces annonces sont suivies de très près par les membres des diasporas vivant dans l’Hexagone. En effet, si dès le 19 mai, le Premier ministre portugais, Antonio Costa, assurait sur Twitter que « la diaspora portugaise en France ’pourrait rentrer cet été sans mesure de quarantaine’ », la question se pose aujourd’hui pour les pays situés en dehors des frontières européennes. Car si les Portugais représentent la première communauté d’origine étrangère en France, le pays compte également une forte diaspora d’origine nord-africaine qui se trouve, à ce stade du déconfinement, exclue des mesures prises concernant la réouverture des frontières.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#France#diaspora#santé#quatorzaine#mesures-sanitaires#réouverture-frontière#Portugal#Maghreb#santé

  • Indian domestic flights resume as Covid-19 surges - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/05/indian-domestic-flights-resume-as-covid-19-surges

    The resumption of domestic air travel was marred by confusion, unscheduled cancellations, stranded passengers, an absence of public ground transport, and social distancing non-compliance at airports.
    India was among the first countries to begin testing all incoming international passengers for Covid-19 and imposed a total lockdown from March 25. The lockdown was intended to prevent the spread of the virus and give authorities enough time to prepare for any surge in the number of infections.

    #Covid-19#migrant#migration#réouverture-frontières#transports-aériens#diffusion-virus#nouvelles-infections#tests#aéroport#santé#mesures-sanitaires

  • Singapore’s guarded reopening risks viral revival - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/05/singapores-guarded-reopening-risks-viral-revival

    Coronavirus infections in Singapore have sharply risen since April with clusters at foreign worker dormitories accounting for more than 90% of total cases. Hundreds of new dormitory infections continue to be reported daily, while cases among citizens and permanent residents in the wider community are often in single digits.The low rate of transmission outside the worker dormitories has paved the way for Singapore to ease its restrictive “circuit breaker” measures introduced in early April. But the formal expiry of the partial lockdown won’t entail a return to business as usual as the wealthy city-state intends to reopen its economy over several months.

    #covid-19#migrant#migration#Singapour#dortoirs#travailleurs-migrants#infections#confinement#mesures-sanitaires#santé#transmission#réouverture

  • Réouverture des écoles : les mesures préconisées sont « inhumaines »
    https://reporterre.net/Reouverture-des-ecoles-les-mesures-preconisees-sont-inhumaines

    « Des collègues qui ont gardé des enfants de soignants n’ont pas tenu une demi-journée les règles de distanciation, raconte Véronique Decker, ex-directrice d’école et autrice de Pour une école publique émancipatrice (Libertalia, 2019). Il est inenvisageable de ne pas laisser les enfants s’approcher les uns des autres, à moins de faire des choses horribles. Ce protocole vise uniquement à couvrir les dirigeants qui ont décidé cette réouverture précipitée. Ils ont réuni des conditions irréelles pour rendre acceptable sur le plan sanitaire la reprise du travail. Tout repose sur les épaules des enseignants et du personnel. »

    À Marseille, l’école de Marie-Anne accueille aussi des enfants autistes et une douzaine d’enfants « à besoins particuliers ». Qu’en sera-t-il pour ces élèves qui n’ont parfois pas la maîtrise de leur corps ? Le protocole ne les mentionne pas, et rien n’a été publié pour les assistantes de vie scolaire qui s’en occupent. « Le personnel va devoir faire semblant d’appliquer les mesures sanitaires même si, dans les faits, tout le monde sera en contact rapproché toute la journée. »

    #covid19 #école_déconfinée #déconfinement

  • Tourisme et coronavirus : la Commission européenne essaie de cadrer la saison estivale
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/13/tourisme-l-europe-essaie-de-cadrer-la-saison-estivale_6039474_3234.html

    Au cours des dernières semaines, les Etats membres de l’Union ont multiplié les annonces désordonnées comme à la mi-mars quand ils avaient, les uns après les autres, fermé leurs frontières. « Ce ne sont pas des recommandations, mais des orientations », tient à préciser un haut fonctionnaire, conscient du caractère plus qu’aléatoire de l’exercice. D’autant que rien n’oblige les Etats membres à tenir compte des conseils que leur prodigue Bruxelles. Ils ont d’ailleurs, au cours des dernières semaines, multiplié les annonces désordonnées comme à la mi-mars quand ils avaient, les uns après les autres, fermé leurs frontières.
    Dernier épisode en date, l’Espagne a fait savoir le 12 mai que toute personne arrivant sur son territoire de l’étranger serait mise à l’isolement pendant quatorze jours. La France avait pris la même décision il y a quinze jours, avant de se raviser partiellement, en exonérant les résidents européens de toute quarantaine. Récemment, la Croatie et la Grèce ont, pour leur part, lancé l’idée de « passeports Covid-19 » qui permettraient à leur détenteur de circuler librement. Quant au chancelier autrichien, Sebastian Kurz, il a évoqué une ouverture des frontières avec « les pays qui connaissent autant de succès que nous, comme l’Allemagne et la République tchèque ». Avant que le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, ne dénonce « une cour­se à l’échalote européenne » et rappelle que des milliers de ses concitoyens avaient été contaminés cet hiver dans les stations de ski autrichiennes.

    #Covid-19#réouverture-frontières#tourisme#circulation#passeport-covid#quarantaine#libre-circulation#profil-épidémiologique#UE#migrant#migration

  • Reprise des écoles : A #Grenoble, message d’une enseignante de maternelle à une amie...
    07.05.2020

    Bonjour,

    Nous sommes en train d’organiser le retour en #classe prévu le 25 mai.
    Les conditions de #reprise vont être très contraignantes pour nous comme pour les enfants et il est important que vous soyez au courant de certains #impératifs.

    En effet, vos enfants ne vont pas être regroupés par classe, donc pas forcément avec leur enseignante respective et leurs camarades. Les enfants des soignants et du personnel de gestion de la crise seront accueillis de droit tous les jours. En raison des limitations des #effectifs, les autres enfants se verront ou pas (nous espérons pouvoir répondre à toutes les demandes) proposer 1 ou 2 jours d’accueil par semaine.

    La répartition se fera en fonction de critères bien précis afin de répondre au #protocole_sanitaire imposé par le Gouvernement.

    Les activités des enfants vont être individuelles, sans #aucun_contact les uns avec les autres, les adultes compris. Il leur sera interdit de circuler dans la classe et de #toucher au matériel qui ne leur est pas attribué. Aucun adulte, ni aucun enfant n’a le droit de toucher le matériel des autres ou d’utiliser un #matériel_collectif (pas de correction, pas de #jeux de ballons, pas de jeux de société, etc).

    Les groupes ne se rencontreront pas dans l’école (les entrées et sorties différentes, les #récréations_décalées, les #repas dans les classes, ni les #siestes).
    Afin que le matériel reste individuel, nous allons créer des #barquettes au nom de votre enfant. Les adultes eux-mêmes, n’auront pas le droit d’y toucher après les avoir mises en place et laisser plusieurs jours sans y toucher.
    Tous les #jouets des classes seront supprimés.

    Votre rôle pour les enfants qui pourront revenir en classe (pour le
    moment nous n’avons pas suffisamment d’informations pour vous dire si votre enfant pourra revenir en classe) :
    – Expliquer à vos enfants les conditions d’ouverture de l’école (ils ne doivent pas s’approcher de leurs camarades et des adultes) ;
    – Respecter les #gestes_barrières ;
    – Ne pas toucher le matériel qui n’est pas dans sa #barquette_individuelle ;
    – Prendre tous les matins la #température de votre enfant et le garder à la maison en cas de symptôme (toux, éternuement, essoufflement, mal de gorge, fatigue, troubles digestifs, sensation de fièvre, etc) .
    – Interdiction d’envoyer son enfant à l’école si l’élève ou un membre de sa famille présente les mêmes #symptômes cités ci-dessus.

    En toute transparence, nous nous devons de vous informer de ces conditions de reprise très particulières.

    L’#enseignement_à_distance sera le même que celui dispensé en classe.

    Bien cordialement,

    L’équipe enseignante

    #déconfinement #le_monde_d'après #école #réouverture_des_écoles #organisation

    L’école de demain, cette #prison pour #enfants...

    • Petite géographie de l’#espace_carcéral... euh je veux dire de l’#espace_scolaire.

      Alors que nous allons réouvrir les établissements scolaires, je m’interroge, en « bonne » géographe que je suis, sur l’espace scolaire tel qu’il va être donné à pratiquer par les élèves ces prochains jours.

      J’ai lu, relu, lu une dizaine de fois le protocole sanitaire. #Rubalise. Je n’avais jamais lu autant de fois en si peu de pages un mot que je n’avais jamais employé jusque-là.

      Mise à l’écart du mobilier scolaire + rubalise. Nous ne pourrons plus accéder aux #manuels, nous ne pouvons faire de #photocopies, les #salles_informatiques et les #tablettes sont interdites. Pour faire cours dans les disciplines où les élèves n’ont pas leur propre #manuel_scolaire, nous allons nous amuser.

      Pas grave, j’ai de l’imagination. On va utiliser les #jeux_de_société que j’ai et qui portent sur l’histoire. Ces derniers jours, j’avais repris les règles de « Bruges », parfait pour réviser la ville au Moyen Âge. Ah non, je n’ai pas le droit de prêter du matériel. Faire un plateau fabriqué à coup de photocopies ? Ah non, pas de photocopies. Bon, je range Bruges, Carcassonne, Notre Dame, Agricola, et les Mystères de l’Abbaye. 5 idées sympas pour réviser le Moyen Âge. Rubalise.

      Pas grave, j’ai de l’imagination. Si j’utilisais Plickers, c’est top ça, un quizz projeté au tableau, les élèves n’ont qu’à lever le code dans le sens de leur réponse, je photographie de loin leurs réponses, et... ah non, pas de prêt de matériel, mes codes plastifiés ne pourront servir. Rubalise.

      Pas grave, j’ai de l’imagination. Oui, mais voilà, pas d’îlot, chaque élève doit disposer de 4 m2 mais ne peut être positionné face à un autre élève. En langues vivantes, ils doivent pourtant leur faire travailler « la #coopération ». Les nouveaux #protocoles_pédagogiques prévoient aussi qu’en français, les élèves doivent maîtriser la tape sur un clavier. Sans clavier. Sans ordinateur. Sans... tout, sauf des rubans autour d’eux. Rubalise.

      Bon, passons, regardons plus loin, on réfléchira aux « activités » plus tard. C’est la consigne de l’établissement. On ne fait plus cours, on ne fait plus de séquences qui prennent du sens en tant qu’apprentissages, on devra « plus tard » prévoir des « #activités ». L’école est bien moins qu’un centre de loisirs, les activités sont seules maîtres, certes, mais elles seront prévues en dernier. On va les occuper dans leurs 4 m2 entourés de rubans. Rubalise.

      Mais bon, admettons, il y a des circonstances. L’important est certainement de permettre aux élèves de retrouver un lien avec l’école, avec le lieu même qu’est l’école. C’est tout à fait justifié. Mais quel #lien ? Qu’est devenu ce #lieu ?

      Aménagement de la salle de classe :
      mise à l’écart du #mobilier + rubalise
      4 m2 par élève, pas de #face_à_face, pas d’#îlot.
      #sens_de_circulation dans la salle indiqué au moyen de #scotch_au_sol
      interdire la #circulation dans la classe

      Aménagement des couloirs et escaliers :
      rubalise, #marques_au_sol pour #distanciation
      un sens pour l’entrée, un sens pour la sortie
      pas d’accès au #gymnase, pas d’accès aux #vestiaires

      Récréation :
      pas de descente dans la #cour
      #pause en classe (où les élèves n’ont pas le droit de bouger de leur table)
      pas d’#objets, pas de #livres, pas de jeux, rien dans les mains
      rubalise sur les bancs pour en interdire l’accès le matin
      #WC : entrée un à un, sur les 6 points WC de l’établissement, pour un effectif de 1065 élèves
      rubalise dans les #toilettes + affichages consignes de #lavage_des_mains
      pas le droit au repas

      Qu’est-ce donc que ce lieu où tout est mis sous ruban, où il existe des sens circulatoires marqués au sol, où les heures de promenade dans la cour sont limitées dans le temps et dans l’espace, où ces heures doivent se faire sans contact avec les autres prisonniers, euh, je veux dire élèves ?

      Qu’est-ce donc que ce lieu où quelques minutes par jour sont consacrés à un « enseignement » qui n’a que pour but de faire croire aux enfermés qu’ils ont quelques minutes loin de leur routine dans l’espace punitif les privant de leurs mobilités ?

      Rubalise.

      Chaque ligne de plus du protocole m’a glacée. J’ai eu l’impression de relire les travaux d’Olivier Milhaud lorsque, jeunes géographes, nous travaillions et échangions sur nos thèses. Les travaux sur... la #prison.

      « #Surveiller_et_punir », écrivait Michel Foucault.
      « #Séparer_pour_punir », ont écrit les géographes.

      « La prison est une peine géographique : elle punit par l’#espace. Elle tient des populations détenues à distance de leurs proches et les confine dans des #lieux_clos. »

      L’école est en train de devenir une #peine_géographique. On n’y enseignera pas, on y contrôlera des élèves qui, heureux de revenir à l’école pour y retrouver un lieu de savoirs et de #socialisation, vont faire l’expérience brutale de cet #enfermement_par_l'espace. Rubalise.

      #SansMoi

      PS : Je vous recommande fortement la lecture de :
      Olivier Milhaud, 2017, Séparer et punir. Une géographie des prisons françaises, CNRS Editions.
      Marie Morelle, 2019, Yaoundé carcérale : géographie d’une ville et de sa prison, ENS Éditions, disponible en ligne : https://books.openedition.org/enseditions/11445

      https://www.facebook.com/benedicte.tratnjek/posts/10156922338365059

      Texte de #Bénédicte_Tratnjek (@ville_en)

    • Alors, j’essaie de comprendre, pour la reprise...

      Injonction du ministère : finir le programme en retirant un chapitre ou deux
      Injonction du rectorat depuis le 16 mars : interdiction de voir de nouvelles connaissances et notions, ne faire que des approfondissements de ce qui a été vu avant fermeture
      => Donc, on finit le programme sans faire de nouveaux chapitres... 🤔

      Injonction du ministère : faire les compétences de type « pratiquer différents langages » avec des croquis de synthèse à produire en géographie
      Injonction de l’établissement : interdiction des manuels, interdiction des photocopies, interdiction de toucher les cahiers pour les corriger, interdiction d’aller en salle informatique ou d’utiliser les tablettes, interdiction d’utiliser les téléphones personnels, interdiction de fournir le moindre fond de cartes en gros
      => Donc, on fait des croquis de synthèse sans documents, sans fonds de cartes, tout en faisant des connaissances déjà vues en réussissant à finir le programme sans avoir le droit de le faire... 🤔

      Je veux bien plein de choses, mais là je ne suis pas sûre de comprendre ce qu’on attend de moi...

      https://www.facebook.com/benedicte.tratnjek.2/posts/261127465252876

      Toujours @ville_en

  • Coronavirus : la prise en charge rapide des malades a permis d’éviter la crise sanitaire à Hongkong
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/07/a-hongkong-la-prise-en-charge-au-plus-tot-des-malades-a-permis-d-eviter-la-c

    Outre l’arrivée quotidienne de dizaines de milliers de personnes en provenance de Chine jusqu’à la fermeture tardive des frontières mi-février, la densité démographique du territoire, parmi les plus fortes de la planète, place les habitants dans une promiscuité quotidienne extrême, idéale pour la propagation rapide de n’importe quel microbe, notamment par tous les services partagés... Or il n’y a plus eu un seul nouveau cas local depuis près de deux semaines, au point que, mardi 5 mai, le gouvernement a annoncé une levée partielle des quelques mesures de distanciation sociale imposées fin mars

    #Covid-19#migrant#migration#HongKong#Chine#réouverture-frontières#dépistage#quarantaine

    • L’#Allemagne rétropédale sur la #réouverture des écoles

      L’Allemagne a décidé de reporter sa décision sur la réouverture des écoles, le #Danemark ayant constaté une recrudescence des infections deux semaines après avoir fait revenir les enfants.

      S’exprimant après une réunion avec les chefs des 16 régions allemandes jeudi, Mme Merkel a déclaré que le gouvernement avait besoin de plus de temps pour déterminer les effets du relâchement des mesures les plus restrictives sur la progression de la pandémie avant de s’engager dans un nouvel assouplissement de la fermeture. C’est pourquoi il a été décidé de reporter au 6 mai la décision sur la date de redémarrage complet des écoles, des garderies et des clubs sportifs, a-t-elle déclaré.

      « Chaque assouplissement des restrictions entraîne une augmentation du nombre de personnes se déplaçant en public, se rencontrant, et un remplissage des centres-villes et des transports publics », a déclaré Mme Merkel aux journalistes. « C’est pourquoi nous devons constamment surveiller la façon dont cela affecte les éventuelles nouvelles infections ».

      Dans le même temps une étude allemande a alimenté la confusion sur le rôle des enfants dans la pandémie, en tentant de démontrer que les enfants atteints du Covid 19 pourraient être aussi infectieux que les adultes. Les niveaux de virus dans les voies respiratoires - la principale voie de transmission de l’agent pathogène - ne semblent pas différer de manière significative selon les groupes d’âge, ont constaté Christian Drosten, directeur de l’Institut de virologie de l’hôpital Charite de Berlin, et ses collègues. Ils ont conseillé la prudence dans la réouverture des écoles et des jardins d’enfants.

      L’approche prudente sur la réouverture des écoles intervient alors que les pays européens débattent des risques d’un assouplissement des restrictions pour relancer leur économie après des semaines d’immobilisation destinées à réduire la propagation de Covid 19.

      Alors que la France prévoit de rouvrir les crèches et les écoles primaires lorsque le pays commencera à assouplir ses restrictions le 11 mai, l’Italie ne les rouvrira pas avant septembre car les scientifiques ne s’accordent pas sur le rôle des enfants dans la transmission de la maladie dans la communauté.

      https://www.atlantico.fr/pepite/3589263/l-allemagne-retropedale-sur-la-reouverture-des-ecoles

    • New Studies Add to Evidence that Children May Transmit the Coronavirus

      Experts said the new data suggest that cases could soar in many U.S. communities if schools reopen soon.

      Among the most important unanswered questions about Covid-19 is this: What role do children play in keeping the pandemic going?

      Fewer children seem to get infected by the coronavirus than adults, and most of those who do have mild symptoms, if any. But do they pass the virus on to adults and continue the chain of transmission?

      The answer is key to deciding whether and when to reopen schools, a step that President Trump urged states to consider before the summer.

      Two new studies offer compelling evidence that children can transmit the virus. Neither proved it, but the evidence was strong enough to suggest that schools should be kept closed for now, many epidemiologists who were not involved in the research said.

      Many other countries, including Israel, Finland, France, Germany, the Netherlands and the United Kingdom have all either reopened schools or are considering doing so in the next few weeks.

      In some of those countries, the rate of community transmission is low enough to take the risk. But in others, including the United States, reopening schools may nudge the epidemic’s reproduction number — the number of new infections estimated to stem from a single case, commonly referred to as R0 — to dangerous levels, epidemiologists warned after reviewing the results from the new studies.

      In one study, published last week in the journal Science, a team analyzed data from two cities in China — Wuhan, where the virus first emerged, and Shanghai — and found that children were about a third as susceptible to coronavirus infection as adults were. But when schools were open, they found, children had about three times as many contacts as adults, and three times as many opportunities to become infected, essentially evening out their risk.

      Based on their data, the researchers estimated that closing schools is not enough on its own to stop an outbreak, but it can reduce the surge by about 40 to 60 percent and slow the epidemic’s course.

      “My simulation shows that yes, if you reopen the schools, you’ll see a big increase in the reproduction number, which is exactly what you don’t want,” said Marco Ajelli, a mathematical epidemiologist who did the work while at the Bruno Kessler Foundation in Trento, Italy.

      The second study, by a group of German researchers, was more straightforward. The team tested children and adults and found that children who test positive harbor just as much virus as adults do — sometimes more — and so, presumably, are just as infectious.

      “Are any of these studies definitive? The answer is ‘No, of course not,’” said Jeffrey Shaman, an epidemiologist at Columbia University who was not involved in either study. But, he said, “to open schools because of some uninvestigated notion that children aren’t really involved in this, that would be a very foolish thing.”

      The German study was led by Christian Drosten, a virologist who has ascended to something like celebrity status in recent months for his candid and clear commentary on the pandemic. Dr. Drosten leads a large virology lab in Berlin that has tested about 60,000 people for the coronavirus. Consistent with other studies, he and his colleagues found many more infected adults than children.

      The team also analyzed a group of 47 infected children between ages 1 and 11. Fifteen of them had an underlying condition or were hospitalized, but the remaining were mostly free of symptoms. The children who were asymptomatic had viral loads that were just as high or higher than the symptomatic children or adults.

      “In this cloud of children, there are these few children that have a virus concentration that is sky-high,” Dr. Drosten said.

      He noted that there is a significant body of work suggesting that a person’s viral load tracks closely with their infectiousness. “So I’m a bit reluctant to happily recommend to politicians that we can now reopen day cares and schools.”

      Dr. Drosten said he posted his study on his lab’s website ahead of its peer review because of the ongoing discussion about schools in Germany.

      Many statisticians contacted him via Twitter suggesting one or another more sophisticated analysis. His team applied the suggestions, Dr. Drosten said, and even invited one of the statisticians to collaborate.

      “But the message of the paper is really unchanged by any type of more sophisticated statistical analysis,” he said. For the United States to even consider reopening schools, he said, “I think it’s way too early.”

      In the China study, the researchers created a contact matrix of 636 people in Wuhan and 557 people in Shanghai. They called each of these people and asked them to recall everyone they’d had contact with the day before the call.

      They defined a contact as either an in-person conversation involving three or more words or physical touch such as a handshake, and asked for the age of each contact as well as the relationship to the survey participant.

      Comparing the lockdown with a baseline survey from Shanghai in 2018, they found that the number of contacts during the lockdown decreased by about a factor of seven in Wuhan and eight in Shanghai.

      “There was a huge decrease in the number of contacts,” Dr. Ajelli said. “In both of those places, that explains why the epidemic came under control.”

      The researchers also had access to a rich data set from Hunan province’s Center for Disease Control and Prevention. Officials in the province traced 7,000 contacts of 137 confirmed cases, observed them over 14 days and tested them for coronavirus infection. They had information not just for people who became ill, but for those who became infected and remained asymptomatic, and for anyone who remained virus-free.

      Data from hospitals or from households tend to focus only on people who are symptomatic or severely ill, Dr. Ajelli noted. “This kind of data is better.”

      The researchers stratified the data from these contacts by age and found that children between the ages of 0 and 14 years are about a third less susceptible to coronavirus infection than those ages 15 to 64, and adults 65 or older are more susceptible by about 50 percent.

      They also estimated that closing schools can lower the reproduction number — again, the estimate of the number of infections tied to a single case — by about 0.3; an epidemic starts to grow exponentially once this metric tops 1.

      In many parts of the United States, the number is already hovering around 0.8, Dr. Ajelli said. “If you’re so close to the threshold, an addition of 0.3 can be devastating.”

      However, some other experts noted that keeping schools closed indefinitely is not just impractical, but may do lasting harm to children.

      Jennifer Nuzzo, an epidemiologist at Johns Hopkins University’s Bloomberg School of Public Health, said the decision to reopen schools cannot be made based solely on trying to prevent transmission.

      “I think we have to take a holistic view of the impact of school closures on kids and our families,” Dr. Nuzzo said. “I do worry at some point, the accumulated harms from the measures may exceed the harm to the kids from the virus.”

      E-learning approaches may temporarily provide children with a routine, “but any parent will tell you it’s not really learning,” she said. Children are known to backslide during the summer months, and adding several more months to that might permanently hurt them, and particularly those who are already struggling.

      Children also need the social aspects of school, and for some children, home may not even be a safe place, she said.

      “I’m not saying we need to absolutely rip off the Band-aid and reopen schools tomorrow,” she said, “but we have to consider these other endpoints.”

      Dr. Nuzzo also pointed to a study in the Netherlands, conducted by the Dutch government, which concluded that “patients under 20 years play a much smaller role in the spread than adults and the elderly.”

      But other experts said that study was not well designed because it looked at household transmission. Unless the scientists deliberately tested everyone, they would have noticed and tested only more severe infections — which tend to be among adults, said Bill Hanage, an epidemiologist at the Harvard T.H. Chan School of Public Health.

      “Assumptions that children are not involved in the epidemiology, because they do not have severe illness, are exactly the kind of assumption that you really, really need to question in the face of a pandemic,” Dr. Hanage said. “Because if it’s wrong, it has really pretty disastrous consequences.”

      A new study by the National Institutes of Health may help provide more information to guide decisions in the United States. The project, called Heros, will follow 6,000 people from 2,000 families and collect information on which children get infected with the virus and whether they pass it on to other family members.

      The experts all agreed on one thing: that governments should hold active discussions on what reopening schools looks like. Students could be scheduled to come to school on different days to reduce the number of people in the building at one time, for example; desks could be placed six feet apart; and schools could avoid having students gather in large groups.

      Teachers with underlying health conditions or of advanced age should be allowed to opt out and given alternative jobs outside the classroom, if possible, Dr. Nuzzo said, and children with underlying conditions should continue to learn from home.

      The leaders of the two new studies, Dr. Drosten and Dr. Ajelli, were both more circumspect, saying their role is merely to provide the data that governments can use to make policies.

      “I’m somehow the bringer of the bad news but I can’t change the news,” Dr. Drosten said. “It’s in the data.”

      https://www.nytimes.com/2020/05/05/health/coronavirus-children-transmission-school.html

      #USA #Etats-Unis

  • #Déconfinement_sélectif et #expérimentations_sanitaires : la #colère et le #dégoût

    La décision présidentielle de rouvrir les #écoles, #collèges et #lycées le 11 mai n’a dupé personne, que ce soit parmi les professeurs ou ailleurs : ce dont il s’agit, ce n’est pas de pallier les #inégalités_scolaires qu’engendrerait l’arrêt des cours, ce qui est l’argument officiel, mais tout bonnement de remettre les #parents au #travail. Que cette décision intervienne deux jours après les déclarations du président du #Medef invitant les #entrepreneurs à « relancer l’activité » sans plus attendre n’a sûrement rien d’un hasard du calendrier.

    Selon la méthode désormais classique des interventions présidentielles, le ministre #Blanquer est intervenu le lendemain pour « préciser les modalités » de cette #réouverture. Est alors apparu le caractère fonctionnel de ce qui pouvait n’être qu’un effet de discours parmi d’autres : la réouverture des écoles ne se fera pas d’un seul coup le 11 mai, mais d’abord dans les #quartiers_populaires et les #régions_rurales. La communication ministérielle joue elle aussi sur la corde compassionnelle, voire #humanitaire : « le premier critère est d’abord social, les publics les plus fragiles ».

    C’est donc ces « publics les plus fragiles » qui auront la chance de reprendre le travail en premier. Les autres, les moins fragiles, c’est-à-dire les plus favorisés, c’est-à-dire ceux qui télétravaillent actuellement depuis leur résidence secondaire en Dordogne pourront garder leurs enfants chez eux et rester à l’abri du virus. Entre ces deux catégories, tout un tas de gens se demandent encore à quelle sauce ils vont être mangés.

    Il est intéressant de noter que ce sont précisément ces « #publics_les_plus_fragiles » qui se trouvaient déjà être au travail, que c’est parmi ces « publics » que se trouvent ceux pour lesquels la période du confinement n’aura jamais signifié un arrêt de l’activité. La différence est qu’il s’agit là de poser les condition d’une réouverture générale de cet indispensable vivier de #main-d’œuvre bon marché que sont les quartiers populaires, de remettre tout le monde au travail.

    C’est donc encore une fois sur les plus pauvres que la #politique_compassionnelle toute particulière du gouvernement va venir s’abattre, comme un fléau supplémentaire.

    Cette politique peut et doit se lire à plusieurs niveaux, puisque ce qui caractérise toute crise véritable de la totalité capitaliste c’est son existence simultanée à tous les niveaux de cette totalité. Ici, il s’agit d’une #crise_sanitaire qui existe dans ses effets comme dans la gestion de ceux-ci aux niveaux politique, économique, social, etc.

    Les considérations d’ordre purement sanitaires sont alors intégrées à la chaîne des décisions politiques, à leur niveau particulier, et conditionnées à la logique d’ensemble de ces décisions, qui est d’ordre économique et social. La #recherche_scientifique elle-même intervient à son niveau dans la production des savoirs permettant de formuler les doctrines, les thèses étant sélectionnées non tant en raison de leur rigueur que de leur utilité pratique dans les décisions qui fondent l’action de l’Etat. Le but étant de préserver l’ordre économique et social, c’est-à-dire prioritairement, dans le cas qui nous concerne, de relancer l’#activité_économique sur laquelle repose l’ensemble social.

    Mais s’il s’agit bien, d’un point de vue économique, de remettre les gens au travail, et en particulier les plus pauvres, qui sont aussi ceux dont le travail ne peut se faire par internet, qui doivent mettre les mains à la pâte et au mortier, cette remise au travail n’est pas dépourvue d’arrière-pensées d’ordre sanitaire, qui ne sont pas sur la vie des prolétaires d’un meilleur effet que les considérations purement économiques.

    Ces arrière-pensées ne sont pas mises en avant dans les discours du gouvernement, puisque le discours public reste aujourd’hui celui de « la santé d’abord », ce que tout le monde entend comme la santé de chacun. Le problème est que la « santé » qui est contenue dans le terme « sanitaire » n’a pas le même sens pour nous en tant qu’individus que pour l’Etat qui se trouve être en charge de sa gestion : il s’agit alors de « santé publique », ce qui est d’un tout autre ordre que la santé tout court, celle que l’on se souhaite pour la nouvelle année. Dans cette optique, la santé publique est une chose toute différente de l’activité qui a pour finalité de soigner des gens. Les soignants font l’expérience quotidienne de cette différence. Pour eux comme pour les malades, et pour tous ceux qui doivent travailler quotidiennement au risque de contracter et transmettre le virus, ce sont tout autant les défaillances bien réelles de la gestion sanitaire de la crise qu’il nous faut redouter, que la pleine prise en charge de cette même gestion.

    En l’occurrence, pour l’Etat français, la doctrine officielle reste celle mise en œuvre par l’Etat chinois (qui s’embarrasse moins de discours compassionnels), qui est aussi préconisée par l’OMS et par son propre Conseil scientifique : celle du confinement des populations. Le virus circulant à travers les contacts individuels, il s’agit de limiter ces contacts. L’autre doctrine est celle de l’immunité collective, qui reste cependant valable, mais à condition de disposer des vaccins nécessaires, comme pour une grippe ordinaire ; on vaccine les plus fragiles, on laisse le virus courir dans le reste de la population, qui finit par s’immuniser à son contact répété. En revanche, sans vaccin ni traitement efficace, si on laisse courir le virus en espérant obtenir une immunité de masse, il faut s’attendre selon les projections, à un bilan de 40 à 80 millions de morts à l’échelle planétaire, ce qui est insoutenable en termes économiques, sanitaires, et sociaux.

    Cependant, l’activité économique ne peut pas cesser totalement en attendant qu’on dispose des traitements et vaccins nécessaires. Il faut donc pour l’Etat qui est en charge de cette crise trouver des solutions intermédiaires, qui combinent les nécessités sanitaires et les nécessités économiques.

    Actuellement, le niveau de contamination dans la population française est environ de 10%, pour obtenir une immunité collective il faudrait atteindre un seuil de 60%, on voit qu’on est loin du compte.

    En revanche, les « publics les plus fragiles » sont ceux qui ont été le plus touchés par le virus, et ce non pas seulement en raison d’une surmortalité liée à des cofacteurs tels que problèmes cardio-vasculaires et autres pathologies qui se retrouvent parmi des populations dont l’état sanitaire est déjà dégradé, voire aux problèmes liés au mal-logement, etc., mais d’abord parce que ces populations n’ont jamais véritablement cessé de travailler. En clair, s’ils ont été les plus frappés c’est qu’ils ont été les plus exposés. Mais, outre d’en faire un « public » particulièrement frappé, cela crée aussi des zones sociales où le niveau de contamination dépasse largement les 10% nationaux.

    C’est pour cela qu’on peut se demander si le gouvernement ne serait pas en train de mener sur ces territoires (en gros, sur les banlieues) une expérimentation socio-sanitaire in vivo, c’est-à-dire à tenter d’obtenir une immunité de masse, ou en tout cas de voir si cette immunité est possible, dans quelles conditions et à quel coût sanitaire, et ce sur les dos des plus pauvres. On voit ici que cette expérimentation est rendue à la fois possible par les seuils de contamination induits par la pauvreté dans ces zones, et nécessaire par la demande pressante de reprendre la production, et donc de libérer de la main-d’œuvre.

    C’est la doctrine du stop and go, alternative au pur et simple laisser-faire cher aux libéraux qui est ici testée sur les habitants des quartiers populaires : une fois passé le premier pic épidémique et les capacités de soin désengorgées, on fait redémarrer l’activité, en sachant que des recontaminations vont avoir lieu, et qu’un nouveau pic épidémique va se produire, et on renouvelle l’opération jusqu’à absorption du virus par la population. Il faut simplement souligner que cette méthode est uniquement théorique, et qu’elle repose sur l’hypothèse que ce virus réagisse comme ceux sur lesquels on l’a bâtie. Et que donc, on ne sait pas si cela va fonctionner, d’où le caractère expérimental de la chose.

    Par ailleurs, avant même d’avoir des réponses sur la possibilité d’obtenir une immunité de masse à un coût sanitaire acceptable, la réouverture des écoles en milieu rural revient à ouvrir la vanne du virus sur des régions qui ont été jusqu’ici peu touchées, en espérant que la protection par masques et gel et le fait de maintenir les plus fragiles en confinement (personnes âgées et personnes souffrant de pathologies entraînant une surmortalité) suffira à limiter la casse.

    On assiste donc ici à un zonage socio-sanitaire de l’extension du virus. Ce zonage suit une logique à la fois sanitaire, politique et économique. On voit ici à quel point la logique sanitaire ne recouvre pas celle de la santé des individus, ni même une logique scientifique relevant d’une gestion épidémiologique de cette crise. La logique ici à l’œuvre est celle de la gestion de la population par l’Etat, et si on voit à quel point cette gestion convient aux impératifs économiques dont l’Etat est le garant, il faut aussi comprendre les a priori sociaux qui se cachent derrière cette gestion. Il apparaît ici qu’en cas d’un deuxième pic épidémique, l’Etat a choisi de placer en « première ligne » des populations qu’on peut qualifier de son point de vue d’expendable, et vis à vis desquelles au cas où le déconfinement donnerait lieu à des mouvements de protestation comme c’est déjà le cas un peu partout, une réponse autoritaire serait facile à justifier et à mettre en œuvre, puisqu’on la mène déjà au quotidien. Le caractère expérimental de ce déconfinement sélectif intègre la possibilités des révoltes comme une variable supplémentaire.

    On ne détaillera pas ici à quel point ce sont les plus « fragiles socialement » qui ont été le plus touchés par les conséquences de l’épidémie de Covid-19, avec quelle perversion logique le désastre s’articule chez les plus pauvres pour devenir plus désastreux encore, ni à quel point les conséquences se sont pour eux fait sentir à tous niveaux : pour les femmes, par l’accroissement des violences conjugales et la responsabilité accrue de la reproduction familiale occasionnée à l’échelle mondiale par le chômage, le manque de ressources, la maladie, pour les racisés (on connaît l’effrayante disproportion raciale des décès liés au Covid-19 aux Etats-Unis), pour les prisonniers et les réfugiés, pour les travailleurs les plus précaires, etc. Il faudra y revenir par ailleurs. Il nous fallait dire ici, contre ceux qui veulent « sauver le système de santé », que la sollicitude sanitaire de l’Etat est aussi terrible pour les prolétaires que ses défaillances, et que cette fameuse économie censée être source de tous les maux.

    Tout cela devra être précisé. Pour l’heure on se contentera de dire ce que l’utilisation de cette « fragilité » aux fins d’un retour à la normale qui est lui-même ce qui engendre et justifie ces « fragilités », nous inspire de colère et de dégoût.

    https://carbureblog.com/2020/04/16/deconfinement-selectif-et-experimentations-sanitaires-la-colere-et-le-d
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