• Le déni des #persécutions génocidaires des « #Nomades »

    Le dernier interné « nomade » des #camps français a été libéré il y a presque 80 ans. Pourtant, il n’existe pas de décompte exact des victimes « nomades » de la #Seconde_Guerre_mondiale en France, ni de #mémorial nominatif exhaustif. Le site internet collaboratif NOMadeS, mis en ligne le 6 décembre 2024, se donne pour mission de combler cette lacune. Pourquoi aura-t-il fallu attendre huit décennies avant qu’une telle initiative ne soit lancée ?
    Les « Nomades » étaient, selon la loi du 16 juillet 1912, « des “#roulottiers” n’ayant ni domicile, ni résidence, ni patrie, la plupart #vagabonds, présentant le caractère ethnique particulier aux #romanichels, #bohémiens, #tziganes, #gitanos[1] ».

    Cette #loi_raciale contraignait les #Roms, les #Manouches, les #Sinti, les #Gitans, les #Yéniches et les #Voyageurs à détenir un #carnet_anthropométrique devant être visé à chaque départ et arrivée dans un lieu. Entre 1939 et 1946, les personnes que l’administration française fit entrer dans la catégorie de « Nomades » furent interdites de circulation, assignées à résidence, internées dans des camps, et certaines d’entre elles furent déportées.

    Avant même l’occupation de la France par les nazis, le dernier gouvernement de la Troisième République décréta le 6 avril 1940 l’#assignation_à_résidence des « Nomades » : ces derniers furent contraints de rejoindre une #résidence_forcée ou un camp. Prétextant que ces « Nomades » représentaient un danger pour la sécurité du pays, la #Troisième_République en état de guerre leur appliqua des mesures qui n’auraient jamais été prises en temps de paix, mais qui s’inscrivaient parfaitement dans la continuité des politiques anti-nomades d’avant-guerre.

    Le 4 octobre 1940, les Allemands ordonnèrent l’internement des « #Zigeuner [tsiganes] » en France. L’administration française traduisit « Zigeuner » par « Nomades » et appliqua aux « Nomades » les lois raciales nazies. Les personnes classées comme « Nomades » furent alors regroupées dans une soixantaine de camps sur l’ensemble du territoire métropolitain, tant en zone libre qu’en zone occupée.

    À la fin de la guerre, la Libération ne signifia pas la liberté pour les « Nomades » : ils demeurèrent en effet assignés à résidence et internés jusqu’en juillet 1946, date à laquelle la #liberté_de_circulation leur fut rendue sous condition. Ils devaient toujours être munis de leur carnet anthropométrique. La loi de 1912, au titre de laquelle les persécutions génocidaires de la Seconde Guerre mondiale furent commises sur le territoire français, ne fut pas abrogée, mais appliquée avec sévérité jusqu’en janvier 1969. La catégorie administrative de « Nomades » céda alors la place à celle de « #gens_du_voyage » et de nouvelles mesures discriminatoires furent adoptées à leur encontre.

    L’occultation de la persécution des « Nomades » (1944-1970)

    En 1948, le ministère de la Santé publique et de la Population mena une vaste enquête sur les « Nomades ». Les résultats montrent que plus d’un tiers des services départementaux interrogés savaient assez précisément ce qu’avaient subi les « Nomades » de leur département pendant la guerre : il fut question des #camps_d’internement, des conditions dramatiques de l’assignation à résidence, de #massacres et d’engagement dans la résistance. Ces enquêtes font également état de l’#antitsiganisme de beaucoup de hauts fonctionnaires de l’époque : on y lit entre autres que les mesures anti-nomades de la guerre n’étaient pas indignes, mais qu’au contraire, elles avaient permis d’expérimenter des mesures de #socialisation.

    Cette enquête de 1948 permet de comprendre que ces persécutions n’ont pas été « oubliées », mais qu’elles ont été délibérément occultées par l’administration française. Lorsqu’en 1949 est créée une Commission interministérielle pour l’étude des populations d’origine nomade, ses membres ne furent pas choisis au hasard : il s’agissait de personnes qui avaient déjà été en charge des questions relatives aux « Nomades », pour certaines d’entre elles pendant la guerre. Ainsi y retrouve-t-on #Georges_Romieu, ancien sous-directeur de la Police nationale à Vichy, qui avait été chargé de la création des camps d’internement pour « Nomades » en zone libre.

    Il n’est donc pas très étonnant que les survivants des persécutions aient eu beaucoup de mal à faire reconnaître ce qu’ils venaient de subir. Alors même qu’en 1948, deux lois établirent le cadre juridique des #réparations des #préjudices subis par les victimes de la Seconde Guerre mondiale, le régime d’#indemnisation mis en place posa de nombreux problèmes aux victimes « nomades ». L’obstacle principal résidait dans le fait qu’une reconnaissance des persécutions des « Nomades » comme victimes de #persécutions_raciales remettait en cause l’idée que la catégorie « Nomade » n’était qu’un #classement_administratif des populations itinérantes et non une catégorie raciale discriminante. Le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre ne voulait pas que l’internement des « Nomades » puisse être considéré comme un internement sur critères raciaux.

    Ainsi, entre 1948 et 1955, les premiers dossiers de « Nomades » présentés au ministère des Anciens Combattants ne furent pas ceux des internés des camps français, encore moins des assignés à résidence, mais ceux des rescapés de la déportation afin d’obtenir le titre de « #déporté_politique ». Même pour ces derniers, l’administration manifesta un antitsiganisme explicite. Dans le dossier d’une femme rom française pourtant décédée dans les camps nazis, on peut y lire l’avis défavorable suivant : « Laissé à l’avis de la commission nationale, la matérialité de la déportation à Auschwitz n’étant pas établie. Les témoins (gitans comme le demandeur) signent tout ce qu’on leur présente. »

    Dans les années 1960, quelques dizaines d’anciens internés « Nomades » demandèrent l’obtention du statut d’interné politique. Les premiers dossiers furent rejetés : l’administration refusait de reconnaître que les camps dans lesquels les « Nomades » avaient été internés étaient des camps d’internement. Pour ceux qui arrivaient à prouver qu’ils avaient bel et bien été internés dans des camps reconnus comme tels, par exemple celui de #Rivesaltes, l’administration rejetait leur demande en arguant que leur état de santé ne pouvait pas être imputé au mauvais traitement dans les camps mais à leur mauvaise hygiène de vie.

    Devant ces refus systématiques de reconnaître la persécution des « Nomades », certaines personnes s’insurgèrent : les premiers concernés d’abord sans n’être aucunement entendus, puis des personnalités issues de l’action sociale comme, par exemple le #père_Fleury. Ce dernier avait été un témoin direct de l’internement et de la déportation depuis le camp de Poitiers où il avait exercé la fonction d’aumônier. Il contacta à plusieurs reprises le ministère des Anciens Combattants pour se plaindre du fait que les attestations qu’il rédigeait pour les anciens internés dans le but d’obtenir une reconnaissance n’étaient pas prises en compte. En 1963, les fonctionnaires de ce ministère lui répondirent que les demandes d’obtention du #statut d’interné politique faites par des « Nomades » n’aboutissaient pas faute d’archives et qu’il fallait qu’une enquête soit menée sur les conditions de vie des « Nomades » pendant la guerre.

    Le père Fleury mit alors en place une équipe qui aurait dû recenser, partout en France, les victimes et les lieux de persécution. Mais le président de la Commission interministérielle pour l’étude des populations d’origine nomade, le conseiller d’État Pierre Join-Lambert s’opposa à l’entreprise. C’est à peu près au même moment que celui-ci répondit également à l’ambassadeur d’Allemagne fédéral qu’il n’y avait pas lieu d’indemniser les « #Tziganes_français ». La position de Join-Lambert était claire : aucune #persécution_raciale n’avait eu lieu en France où les « Tsiganes » étaient demeurés libres.

    Cependant, à la fin des années 1960, devant la profusion des demandes d’obtention du statut d’internés politique de la part de « Nomades », le ministère des Anciens Combattants mena une enquête auprès des préfectures pour savoir si elles possédaient de la documentation sur « les conditions d’incarcération des Tsiganes et Gitans arrêtés sous l’Occupation ». Si certaines préfectures renvoyèrent des archives très parcellaires, certaines donnèrent sciemment de fausses informations. Le préfet du Loiret écrivit ainsi que, dans le camp de #Jargeau (l’un des plus grands camps d’internement de « Nomades » sur le territoire métropolitain), « les nomades internés pouvaient bénéficier d’une certaine liberté grâce à la clémence et à la compréhension de l’autorité administrative française ». En fait, les internés étaient forcés de travailler à l’extérieur des camps.

    Premières #commémorations, premières recherches universitaires (1980-2000)

    Pour répondre à l’occultation publique de leurs persécutions, des survivants roms, manouches, sinti, yéniches, gitans et voyageurs s’organisèrent pour rappeler leur histoire.

    À partir des années 1980, plusieurs associations et collectifs d’internés se formèrent dans le but de faire reconnaître ce qui doit être nommé par son nom, un génocide : on peut citer l’association nationale des victimes et des familles de victimes tziganes de France, présidée par un ancien interné, #Jean-Louis_Bauer, ou encore le Comité de recherche pour la mémoire du génocide des Tsiganes français avec à sa tête #Pierre_Young. Quelques manifestations eurent lieu : on peut rappeler celle qui eut lieu sur le pont de l’Alma à Paris, en 1980, lors de laquelle plusieurs dizaines de Roms et survivants de la déportation manifestèrent avec des pancartes : « 47 membres de ma famille sont morts en camps nazis pour eux je porte le Z ». Mais aucune action n’eut l’ampleur de celles du mouvement rom et sinti allemand qui enchaîna, à la même époque, grèves de la faim et occupation des bâtiments pour demander la reconnaissance du génocide des Roms et des Sinti.

    Cependant, la création de ces associations françaises coïncida avec le début des recherches historiques sur l’internement des « Nomades » en France, qui ne furent pas le fait d’historiens universitaires mais d’historiens locaux et d’étudiants. Jacques Sigot, instituteur à Montreuil-Bellay, se donna pour mission de faire l’histoire du camp de cette ville où avaient été internés plus de 1800 « Nomades » pendant la guerre. Rapidement, il fut rejoint dans ses recherches par d’anciens internés qui appartenaient, pour certains, à des associations mémorielles. Ainsi, paru en 1983, Un camp pour les Tsiganes et les autres… #Montreuil-Bellay 1940-1945. Plusieurs mémoires d’étudiants firent suite à cette publication pionnière : en 1984 sur le camp de #Saliers, en 1986 sur le camp de #Rennes et en 1988 sur le camp de #Jargeau.

    Les premières #plaques_commémoratives furent posées dans un rapport d’opposition à des autorités locales peu soucieuses de réparation. En 1985, Jean-Louis Bauer, ancien interné « nomade » et #Félicia_Combaud, ancienne internée juive réunirent leurs forces pour que soit inauguré une #stèle sur le site du camp de #Poitiers où ils avaient été privés de liberté. En 1988, le même Jean-Louis Bauer accompagné de l’instituteur Jacques Sigot et d’autres survivants imposèrent à la mairie de Montreuil-Bellay une stèle sur le site du camp. En 1991, grâce aux efforts et à la persévérance de Jean-Louis Bauer et après quatre années d’opposition, le conseil municipal de la commune accepta la pose d’une plaque sur le site de l’ancien camp de Jargeau.

    En 1992, sous cette pression, le Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre, le Secrétariat général de l’Intégration et la Fondation pour la Mémoire de la Déportation demandèrent à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) de mener une recherche intitulée : « Les Tsiganes de France 1939-1946. Contrôle et exclusion ». L’historien Denis Peschanski en fut nommé le responsable scientifique et, sous sa direction parut deux ans plus tard un rapport de 120 pages.

    Ce rapport apportait la preuve formelle de l’internement des « Nomades », mais certaines de ses conclusions étaient à l’opposé de ce dont témoignaient les survivants : il concluait en effet que la politique que les Allemands avaient mise en œuvre en France à l’égard des « Nomades » ne répondait pas à une volonté exterminatrice, en d’autres termes que les persécutions françaises n’étaient pas de nature génocidaire. De plus, le rapport ne dénombrait que 3 000 internés « tsiganes » dans les camps français : un chiffre bas qui ne manqua pas de rassurer les pouvoirs publics et de rendre encore les survivants encore plus méfiants vis-à-vis de l’histoire officielle.

    Popularisation de l’histoire des « Nomades » et premières reconnaissances nationales (2000-2020)

    Au début du XXIe siècle, les anciens internés « nomades » qui étaient adultes au moment de la guerre n’étaient plus très nombreux. La question de la préservation de leur mémoire se posait, alors même que les universitaires n’avaient pas cherché à collecter leurs paroles et les survivants n’avaient pas toujours trouvé les moyens de laisser de témoignages pérennes derrière eux.

    Les initiatives visant à préserver cette mémoire furent d’abord le fait de rencontres entre journalistes, artistes et survivants : en 2001, le photographe Mathieu Pernot documenta l’internement dans le camp de Saliers ; en 2003 et 2009, Raphaël Pillosio réalisa deux documentaires sur la persécution des « Nomades » ; en 2011, la journaliste Isabelle Ligner publia le témoignage de #Raymond_Gurême, interné avec sa famille successivement dans les camps de #Darnétal et de #Linas-Monthléry, dont il s’évada avant de rejoindre la Résistance.

    Les années 2000 popularisèrent l’histoire des « Nomades » à travers des bandes dessinées, des films ou, encore, des romans. Le 18 juillet 2010, Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants, mentionna pour la première fois l’internement des « Tsiganes » dans un discours officiel. Cette reconnaissance partielle fut aussitôt anéantie par des propos du président de la République, Nicolas Sarkozy associant les « gens du voyage » et les « Roms » à des délinquants. L’été 2010 vient rappeler que la reconnaissance des persécutions passées était épineuse tant que des discriminations avaient encore cours.

    En 2016, alors que la plupart des descendants d’internés et d’assignés à résidence « Nomades » étaient toujours soumis à un régime administratif de ségrégation, celui de la loi du 3 janvier 1969 les classant comme « gens du voyage », il fut décidé que le président de la République, François Hollande, se rendrait sur le site du camp de Montreuil-Bellay. Une cérémonie, qui eut lieu le 29 octobre 2016, fut préparée dans le plus grand secret : jusqu’au dernier moment, la présence du résident fut incertaine. Les survivants et leurs enfants invités étaient moins nombreux que les travailleurs sociaux et les membres d’associations ayant vocation à s’occuper des « gens du voyage » et aucun survivant ne témoigna. François Hollande déclara : « La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa #responsabilité est grande dans ce drame. » La souffrance ne fut pas qualifiée et la question du #génocide soigneusement évitée.

    Le Conseil d’État rejeta en septembre 2020 la demande de deux associations de Voyageurs et de forains d’ouvrir le régime d’indemnisation des victimes de spoliation du fait des lois antisémites aux victimes des lois antitsiganes. Il déclara que les « Tsiganes » n’avaient pas « fait l’objet d’une politique d’extermination systématique ». Si le Parlement européen a reconnu le génocide des Roms et des Sinti en 2015 et a invité les États membres à faire de même, la France de 2024 n’a toujours pas suivi cette recommandation.
    Résistances et liste mémorielle

    À partir de 2014, les descendants de « Nomades » et des Roms et Sinti persécutés par les nazis et les régimes collaborateurs changèrent de stratégie : ce n’était pas seulement en tant que victimes qu’ils voulaient se faire reconnaître, mais aussi en tant que résistants. Le mouvement européen du 16 mai (#romaniresistance), rappelant l’insurrection des internés du Zigeunerlager [camp de Tsiganes] d’Auschwitz-Birkenau quand des SS vinrent pour les conduire aux chambres à gaz, se propagea. Il réunit tous les ans la jeunesse romani et voyageuse européenne à l’appel de l’ancien interné français Raymond Gurême : « Jamais à genoux, toujours debout ! »

    La base de données « NOMadeS : Mur des noms des internés et assignés à résidence en tant que “Nomades” en France (1939-1946) » propose d’établir collaborativement une #liste aussi exhaustive que possible des internés et des assignés à résidence en tant que « Nomades » en France entre 1939 et 1946. Soutenue par plusieurs associations de descendants d’internés, elle servira d’appui à de nouvelles revendications mémorielles. Peut-être aussi à une demande de reconnaissance par la France du génocide des Manouches, des Roms, des Voyageurs, des Gitans, des Sinti et des Yéniches.

    https://aoc.media/analyse/2024/12/18/le-deni-des-persecutions-genocidaires-des-nomades

    #persécution #encampement #France #histoire #déni #internement #déportation #travail_forcé #reconnaissance

    • Mémorial des Nomades et Forains de France

      Le Mémorial des Nomades de France, sous le parrainage de Niki Lorier, œuvre pour une reconnaissance pleine et entière par la France de sa responsabilité dans l’internement et la déportation des Nomades de France entre 1914 et 1946,

      Il collecte les témoignages des survivants.

      Il propose des interventions en milieu scolaire et du matériel pédagogique sur le CNRD.

      Il réalise des partenariats avec des institutions mémorielles (Mémorial de la Shoah, Mémorial du camp d’Argelès, Mémorial du Camp de Rivesaltes) et des associations dans la réalisation d’expositions, de sites internets…

      Un comité scientifique a été mis en place en 2018.

      Il dispose d’un fond documentaire, et d’archives privées.

      –-

      #Manifeste :

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE a été crée en 2016 en réaction à l’annonce par la Dihal que le discours du président de la République sur le site du camp de Montreuil-Bellay constituerait une reconnaissance officielle de la France. Pour nous, cette démarche est trompeuse et purement déclarative. Nous souhaitons que la reconnaissance des persécutions contre le monde du Voyage par les différents gouvernements entre 1912 et 1969 passe par la voie législative, sur le modèle de la journée de commémoration nationale de la Shoah votée par le parlement en 2000, suivie le 10 mai 2001, par l’adoption de la « loi Taubira », qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Rappelons que depuis 2015, le Parlement européen a fixé par un vote solennel au 2 août la date de la « Journée européenne de commémoration du génocide des Roms », journée non appliquée en France.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE demande l’application pleine et entière de la loi Gayssot de 1990, notamment dans l’Éducation Nationale. Sur tous les manuels d’histoires utilisés en France, seulement 5 mentionnent le génocide des Zigeuner par les Nazis, pas un ne fait mention des persécutions subies du fait des autorités françaises sous les différents gouvernements de la Troisième République, de « Vichy », du GPRF, ou de la IVe République. Nous sommes parfaitement conscients de la difficulté pour l’État, de reconnaître une situation encore en vigueur aujourd’hui par un procédé d’encampement généralisé de la catégorie administrative des dits « gens du voyage » dans le cadre des « lois Besson » de 1990 et 2000.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE, demande que l’habitat caravane soit reconnu comme un logement de plein droit, ouvrant un accès aux droits communs qui leurs sont déniés aux Voyageurs et Voyageuses, l’État se mettant enfin en conformité avec l’article premier de la Constitution de 1958.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE demande la dissolution de la Commission Nationale des Gens du Voyage, dernier organisme post-colonial d’État, qui organise la ségrégation territoriale des différents ethnies constituant le monde du Voyage en France, par le biais de l’application des lois Besson et l’abandon de celle-ci, garantissant la liberté de circulation pour tous et son corollaire, le droit de stationnement, dans des lieux décents, ne mettant pas en danger la santé et la sécurité des intéressés. Les textes existent, il suffit de s’y conformer. Le Conseil constitutionnel considère que la liberté de circulation est protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 (il l’a notamment rappelé dans la décision du 5 août 2021). A ce titre la loi Égalité et Citoyenneté de 2017 a abrogé les carnets de circulation. Nous considérons que l’application de l’avis du Conseil Constitutionnel est incomplète, les dites « aires d’accueil » ou « de grands passages » servant justement à contrôler la circulation des Voyageurs sur le territoire métropolitain. C’est le seul moyen de mettre fin au dernier racisme systémique d’État.

      ▼ Le travail de recherche et de restitution historique du MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE tend en ce sens.

      https://memorialdesnomadesdefrance.fr

  • Israel and the German Raison D’Etat | Daniel Marwecki
    https://www.rosalux.de/en/news/id/51786

    ... the early [années 1950 et 1960] support for the Jewish state was obviously part of a larger rehabilitation effort that was intended to facilitate Germany’s integration into the Western bloc. For this reason, the early West German policy towards Israel does not lend itself to the self-congratulatory moral tales that Germans like to tell about their relationship with Israel today.

    At the beginning of 1966, West German public broadcaster ZDF aired an interview by Günter Gaus with Konrad Adenauer, who shaped the West German government more than almost any other person during his 14-year chancellorship. Asked about his reparations policy, Adenauer said:

    We had done the Jews so much wrong — the atrocities we committed against them had to be atoned for somehow or rectified if we were to regain any respectability at all among the peoples of the world … Even today, the power of the Jews, especially in America, should not be underestimated.

    This connection between the idea of rehabilitating Germany and the anti-Semitic prejudice of Jewish influence, tellingly appended with the phrase “even today”, was certainly not the only reason why the early Federal Republic turned to Israel, but it was the dominant one.

    #histoire #rfa #israelallemagne #antisémitisme

    • The #rehabilitation thesis is logically derived from the historical situation of the post-war period: as has now been extensively documented in research, the denazification of West Germany was discontinued with the founding of the Federal Republic. A close relationship with the newly founded Jewish state was the cheapest possible way of signalling a reformed democracy when no such thing yet existed.

      It is crucial to bear in mind that at the time, hardly anything was further from the minds of Israel’s population than establishing relations with Germany. In fact, the prospect of negotiating #reparations with West Germany plunged the nascent state into its most severe crisis. This also demonstrates just how precarious Israel’s predicament was at the time. In other words: the price Israel had to pay to secure its existence was the absolution of (West) Germany.

      After Germany and Israel exchanged ambassadors in 1965, West Germany was determined to “normalize” relations with Israel, with the latter insisting that Germany’s immediate past meant that it had special obligations towards Israel. Just how “normal” Germany had become, however, was ironically demonstrated by the figure of Rolf Pauls, the first West German ambassador to Israel, who was emblematic of German rehabilitation policy. Pauls, a former Wehrmacht officer on the Eastern Front, spoke of “world Jewry” and accused the Israelis of expecting benefits without giving anything in return, but also felt that Israel had to be accommodated to some extent, because otherwise, “from Jerusalem to London to New York, the Jews would let the dogs loose”.

      Anyone today who finds themselves in disbelief about the histrionic and toxic nature of the debate on Israel in Germany would do well to recall the origins of Germany’s policy towards Israel. Relations have always been shaped by Germany’s past, albeit in a different way than some people imagine today.

    • Recension en français de son livre Absolution ? Israel und die deutsche Staatsräson :
      Une politique de culpabilité
      https://www.en-attendant-nadeau.fr/2024/07/05/allemagne-israel-daniel-marwecki

      Dans sa politique vis-à-vis d’Israël, où il n’est nullement question de morale, mais bien d’image de soi et d’intérêts nationaux matériels et spirituels, l’Allemagne se parle à elle-même, c’est-à-dire qu’elle s’accorde à elle-même l’absolution.

  • Australia & the Voice referendum : The noes have it
    https://www.focaldata.com/blog/bi-focal-9-australia-and-the-voice-referendum

    On 14 October, Australian voters will cast their ballots in a historic referendum, known as ‘The Voice’. We forecast a “No” result.

    une analyse extrêmement détaillée du (catastrophique) résultat du référendum australien sur la “voix” des peuples autochtones (note : analyse faite avant le vote, à partir de sondages… mais la réalité n’a pas été différente)

    #colonialisme #australie #peuples_autochtones #réparations

  • En Corée du Sud, un plan pour enterrer la hache de guerre mémorielle avec le Japon
    https://www.liberation.fr/international/asie-pacifique/en-coree-du-sud-un-plan-pour-enterrer-la-hache-de-guerre-memorielle-avec-

    Le gouvernement sud-coréen entend indemniser ses ressortissants victimes du travail forcé au Japon entre 1910 et 1945. S’il compte sur la participation de Tokyo, il doit également affronter de vives critiques des proches des persécutés et de l’opposition.

    Cette fois, est-ce la bonne ? Après des années de disputes et d’excuses, de plaintes et de retrouvailles, d’accords signés puis déchirés sur les contentieux historiques entre le Japon et la Corée du Sud, Séoul a proposé lundi un nouveau plan pour indemniser les victimes du travail forcé durant la brutale colonisation nippone de la péninsule entre 1910 et 1945. Si l’on en juge par les premières réactions en Corée, les chances de succès ne sont pas franchement assurées.

    Avec cette nouvelle résolution, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Park Jin, entend indemniser les victimes par le biais d’une fondation publique créée en 2014 sous l’égide du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Et engager des relations apaisées au moment où les pressions chinoises sur Taiwan et les menaces balistiques de la Corée du Nord tendent le climat sécuritaire en Asie. En 2018, quinze Sud-Coréens avaient gagné trois procès distincts contre deux entreprises japonaises : Mitsubishi Heavy Industries et Nippon Steel. La Cour suprême avait ordonné aux deux groupes d’indemniser les plaignants. Mais les deux firmes avaient refusé de se conformer à la décision.

    Depuis, Séoul et Tokyo ont traversé une querelle diplomatique avec des répercussions sur leurs relations commerciales et leur coopération militaire. Le Japon avait instauré en 2019 des restrictions à l’exportation vers la Corée du Sud de certains produits et composants chimiques. Ce lundi, Séoul a d’ailleurs annoncé qu’il renonçait à sa plainte devant l’Organisation mondiale du commerce concernant ces mesures de rétorsion. Le président américain, Joe Biden, a salué une « percée historique » des discussions entre deux de ses « plus proches » alliés. Environ 780 000 Coréens ont été soumis au travail forcé durant les trente-cinq ans d’occupation japonaise, sans compter les femmes réduites à l’esclavage sexuel et enrôlées de force dans les bordels de l’armée nippone durant la guerre de Quinze Ans (1931-1945).

    500 millions de dollars

    Le fonds d’indemnisation sera mis en place grâce aux dons d’entreprises privées – comme le conglomérat Posco – qui avaient bénéficié du traité nippo-sud-coréen de juin 1965. Cette année-là, après quatorze ans de négociation, les deux pays établissaient leurs relations diplomatiques. Tokyo venait en aide à son voisin ravagé par la guerre de Corée et acceptait de verser 500 millions de dollars sous forme de subventions (300 millions) et de prêts à long terme à faible taux d’intérêt (200 millions), soit environ 1,5 fois le budget national de la Corée du Sud à l’époque. D’autres plaignants, dont les affaires sont en instance au tribunal, pourraient également bénéficier de l’indemnisation lorsqu’ils auront obtenu gain de cause.

    En présentant son plan, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Park Jin, a appelé à « une nouvelle histoire pour la Corée et le Japon, dépassant les antagonismes et les conflits, pour aller de l’avant ». La semaine dernière, le président sud-coréen avait employé des mots inédits pour saluer la transformation du Japon, « agresseur militariste du passé, en un partenaire qui partage avec nous les mêmes valeurs universelles ». Lundi, Park Jin a dit « espérer que le Japon répondrait positivement à notre décision majeure d’aujourd’hui, par des contributions volontaires d’entreprises japonaises et des excuses complètes ».

    Rien n’est moins sûr. En déclarant qu’il « appréciait [l’annonce du gouvernement sud-coréen], car elle contribuera à rétablir des relations saines entre le Japon et la Corée du Sud après une situation très difficile », le ministre japonais des Affaires étrangères, Yoshimasa Hayashi, s’est montré pour le moins mesuré. Il a surtout rappelé que son gouvernement « avait hérité de la position des administrations japonaises successives sur la reconnaissance historique dans son ensemble ».

    « Enormes souffrances »

    Autrement dit, Tokyo s’est déjà beaucoup excusé et a multiplié les déclarations officielles. Ce lundi, Yoshimasa Hayashi a d’ailleurs évoqué la déclaration conjointe signée en octobre 1998. Dans ce texte, le Premier ministre Keizo Obuchi reconnaissait les « énormes dommages et souffrances [infligées] au peuple de la république de Corée par le régime colonial [du Japon] », et exprimait son « profond remords et ses excuses sincères pour ce fait ». Sur la question douloureuse des femmes de réconfort, le Japon avait également procédé à une reconnaissance des exactions de l’armée impériale à l’encontre de 200 000 esclaves sexuelles – des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes, des Philippines et des ressortissantes d’autres pays asiatiques –, avant de se livrer à des excuses, en 1993, avec la déclaration Kono, du nom du secrétaire en chef du gouvernement.

    En décembre 2015, au terme d’une longue année de commémoration de la fin de la guerre en Asie marquée par des mea culpa du Japon (à commencer par l’empereur), l’administration de Shinzo Abe et celle de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye s’étaient entendues sur un accord « définitif et irréversible ». Le Japon renouvelait ses « excuses et ses regrets sincères à toutes celles qui ont enduré une douleur incommensurable et des blessures physiques et psychologiques incurables en tant que femmes de réconfort ». Et versait alors un milliard de yens de dédommagements à une fondation afin d’aider la trentaine de survivantes alors.

    « Défaite totale pour la Corée »

    Si le Japon n’a pas toujours été exempt de critiques sur les déclarations de certains leaders, à commencer par Shinzo Abe et une partie de la droite nationaliste, parfois empruntes de révisionnisme et de mépris, il n’en demeure pas moins que les administrations successives ont toujours respecté les engagements pris, et répété excuses et regrets depuis trente ans. Il n’en a pas toujours été ainsi de la Corée du Sud dont les engagements fluctuent au gré des alternances politiques. En 2017, sous pression des victimes d’une société civile active, le président Moon Jae-in avait archivé l’accord de 2015 et lancé une enquête qui avait provoqué la furie de Tokyo. Avant que la décision de la Cour suprême sud-coréenne sur le travail forcé ne jette de l’huile sur le feu entre les deux capitales.

    Aujourd’hui, on ne sait pas si les entreprises japonaises abonderont au fonds d’indemnisation. Le gouvernement Kishida n’envisage pas de le faire. Avant même les réactions japonaises au plan de la Corée du Sud, l’opposition sud-coréenne et les proches des victimes de travail forcé ont fustigé une « résolution humiliante », une « défaite totale pour la Corée ». Ils exigent des compensations directes de la part des entreprises nippones et des « excuses sincères ».

    Malgré les vives critiques, Tokyo et Séoul aimeraient se tourner vers le futur, comme l’a souligné le conseiller sud-coréen à la Sécurité nationale, Kim Sung-han. Selon le Korea Times, un nouveau fonds serait créé par la Japan Business Foundation et cofinancé par son homologue coréenne. Il viserait à faciliter les échanges entre jeunes japonais et sud-coréens. Autrement dit, à regarder vers l’avenir. Peut-être pour se détourner des sujets qui fâchent.

    #Japon #Corée #colonialisme #réparations #mémoire #travailforcé #exploitationsexuelle

  • Une étude fine et détaillée des controverses autour de la statuaire associée à l’esclavagisme, au travers de l’exemple de la ville suisse de Neuchâtel. Analyses et vocabulaires un peu complexes pour des A1 mais l’essentiel demeure accessible.

    La statue, l’esclavagiste et le contre-monument contestés
    https://aoc.media/analyse/2023/02/07/la-statue-lesclavagiste-et-le-contre-monument-contestes

    La statue, l’esclavagiste et le contre-monument contestés

    Par Bertrand Tillier, Historien

    Fin décembre 2022, à Neuchâtel, une récente installation d’art contemporain, conçue comme réponse à la statue de l’esclavagiste David de Pury contestée en 2020 par des militants se revendiquant de « Black Lives Matter », a été à son tour maculée de peinture. Ce dispositif didactique et conceptuel déployé dans l’espace public, qui compte parmi les premiers adoptés en Europe pour réparer symboliquement les mémoires citoyennes blessées, est un contre-monument ironique, temporaire et anti-monumental (...).

    Lire la suite sur le site d’ AOC après vous être inscrits et identifiés.

    #esclavage #mémoire #réparations #statuaire

  • Bénédicte Savoy, historienne de l’art : « Restituer les œuvres d’art africaines, c’est réparer le passé »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/01/30/benedicte-savoy-restituer-les-uvres-d-art-africaines-c-est-reparer-le-passe_

    Bénédicte Savoy, historienne de l’art : « Restituer les œuvres d’art africaines, c’est réparer le passé »
    Par Séverine Kodjo-Grandvaux, publié le 30 janvier 2023

    L’historienne de l’art, coautrice du « Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain », revient sur le mouvement de restitution des objets captés pendant les colonisations, les résistances des musées et la nécessité d’écouter les intellectuels africains et la diaspora sur le sujet.

    Coautrice, avec l’économiste sénégalais Felwine Sarr, du « Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain », rendu au président Macron fin 2018, l’historienne de l’art Bénédicte Savoy revient avec Le Long Combat de l’Afrique pour son ar t (Seuil, 304 pages, 23 euros). Une enquête fouillée sur les premières demandes africaines de restitution et le débat qui s’en est suivi au niveau mondial entre 1965 et 1985.

    Comment la question de la restitution des œuvres d’art africaines est-elle née ?

    Bénédicte Savoy : Je pensais que la question était apparue dans les années 1970, puisque c’est à cette période que remontent les premières demandes officielles du Nigeria, en 1972, présentes dans les archives allemandes, et que l’ONU adopte, en 1973, une résolution en faveur de la restitution.

    Mais, en fait, pour arriver à cela, il a fallu une véritable « agentivité » africaine, à l’œuvre depuis une dizaine d’années, avec entre autres, en 1965, dans la revue Bingo, l’éditorial de l’écrivain et journaliste Paulin Joachim « Rendez-nous l’art nègre », puis le festival panafricain d’Alger en 1969, où la question est abordée, et le film You Hide Me, du Ghanéen Nii Kwate Owoo, tourné en 1970 au British Museum sur les « objets cachés ». C’est lorsque Mobutu, alors président de la République démocratique du Congo, évoque la question à la tribune de l’ONU, en 1973, que le sujet, qui avait d’abord mûri en Afrique, prend une dimension internationale. L’Europe ne fait que réagir à cela.

    Outre la volonté de récupérer un patrimoine disparu, il y a de la part des Africains l’idée, dites-vous, qu’un renouveau de l’historiographie de l’art du continent doit être mené par les Africains. Pourquoi ?

    Il s’agissait pour des personnes comme Paulin Joachim d’affirmer qu’il fallait, maintenant que l’indépendance avait été acquise, se reconnecter avec soi-même, ses cultures immatérielles mais aussi matérielles, afin d’être fort pour l’avenir. Il y avait également de la part de certains scientifiques ou érudits, comme Ekpo Eyo [1931-2011], un archéologue nigérian de grande réputation internationale, la volonté de montrer que les Européens qui avaient parlé de leurs objets, comme les bronzes du Bénin [de Benin City, au Nigeria], ne les avaient pas compris correctement.

    Il ne s’agit pas seulement de récupérer les objets en tant que tels, mais également de se les réapproprier intellectuellement, en posant les questions de leur usage, en les reconnectant avec leur cadre épistémologique naturel, religieux notamment, afin de les sortir de la simple approche esthétique européenne.
    Dès la fin de la colonisation, les Européens ont conscience du problème et mettent en place des dispositifs pour conserver les œuvres…
    Les puissances européennes, sans s’accorder les unes avec les autres, ont mis au point, par vagues, des stratégies de résistance. La toute première, autour de 1960, est spontanée. Immédiatement après les indépendances, plusieurs pays européens, notamment la France et l’Angleterre, prennent des mesures protectionnistes pour rendre inaliénable le patrimoine venu des colonies.
    La seconde vague a lieu lorsque l’Unesco, avec à sa tête son premier directeur général africain noir, le Sénégalais Amadou-Mahtar M’Bow, fait de cette question une de ses priorités à partir de 1976. Les musées développent des stratégies juridiques, scientifiques et médiatiques pour empêcher non seulement les restitutions mais aussi le débat et l’étouffer dès que possible, même lorsque le sujet est abordé dans des grands talk-shows télévisés ou au JT.

    Stratégies mises au point dans un document top secret que vous avez découvert et qui constitue une sorte de matrice toujours active, analysez-vous…

    Trouver ce document top secret a été fascinant. Il a été conçu par la commission allemande de l’Unesco… contre l’Unesco ! C’est une sorte de vade-mecum pour lutter contre les demandes de restitution, qui insiste notamment sur la nécessité d’éviter à tout prix le terme de « restitution » et de le remplacer par « transfert », car quand on restitue, c’est pour réparer le passé. Aujourd’hui, certains préfèrent parler non pas de restitution mais de circulation. (...)

    Suite à lire sur le site du Monde

    #restitution #réparations #arts #colonisation

  • https://www.justiceinfo.net/fr/111342-passe-colonial-belge-pourquoi-commission-ravaler-excuses.html

    Passé colonial belge : pourquoi la commission a dû ravaler ses excuses

    19 janvier 2023 Par Gaëlle Ponselet, justiceinfo.net

    Deux ans et demi à interroger les mémoires, mais pas moyen de trouver un consensus politique pour des excuses aux victimes. Alors qu’elle faisait figure de pionnière en Europe, la commission sur le passé colonial belge s’est effondrée sur la ligne d’arrivée, fin décembre, dépossédée de toutes ses recommandations savamment formulées.

    L’affaire a fait couler beaucoup d’encre en Belgique. Fin décembre, le président de la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur le passé colonial belge, l’écologiste flamand Wouter De Vriendt, annonce que les excuses officielles aux victimes du colonialisme ne sont pas approuvées. Il s’agissait pourtant de la recommandation la plus forte ressortant des travaux de cette commission parlementaire pionnière en Europe, installée en juin 2020, dont l’ambition était de faire face au passé colonial belge, de réparer et d’indemniser.

    Durant plus de deux ans, les parlementaires ont auditionné près de 300 personnes (principalement des experts en histoire, en droit et en socio-politique mais aussi des représentants des diasporas) et se sont rendus en République démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi. Ils ont tenté d’éclaircir les dernières zones d’ombre de la période coloniale, afin de parvenir, in fine, à formuler des recommandations destinées à réparer et à réconcilier.

    Difficile d’imaginer le début d’une réparation sans que soient formulées des excuses officielles. C’est pourtant là que la commission a buté, ne parvenant pas à réunir une majorité de votes, plusieurs commissaires ayant quitté la session. L’échec résonne au moins autant que l’annonce des grandes ambitions qui étaient visées par cette enquête éprouvante, dont les travaux ont permis d’arriver à la conclusion que, sans conteste, de nombreux crimes et d’importantes spoliations ont été commis durant la colonisation. La Belgique est apparue d’autant plus médiocre qu’au même moment le gouvernement des Pays-Bas reconnaissait sa responsabilité pour son passé esclavagiste, présentant des excuses et annonçant la création d’un fonds de réparation.

    (suite à consulter en ligne)

    #Belgique #colonisation #réparations #Congo

  • Un reportage et des témoignages qui permettent d’approcher la complexité des sentiments (et ressentiments) d’appartenance pour des tirailleurs, aujourd’hui centenaire, et le plus souvent recrutés de force au début des années 1940.

    « J’entends encore des voix me dire “viens m’aider” » : au Sénégal, rencontre avec des tirailleurs centenaires

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/01/18/j-entends-encore-des-voix-me-dire-viens-m-aider-au-senegal-rencontre-avec-de

    « J’entends encore des voix me dire “viens m’aider” » : au Sénégal, rencontre avec des tirailleurs centenaires
    Par Mustapha Kessous, publié le 18 janvier 2023

    Ils se sont battus pour la France lors de la seconde guerre mondiale, en Algérie ou en Indochine. Pour ces vieux hommes, les combats restent une profonde blessure psychologique jamais prise en compte.

    Un homme peut encore pleurer à 102 ans. Le temps ne guérit pas les blessures. Keffieh rouge posé avec délicatesse sur la tête habillée d’une petite chéchia blanche, trois médailles – bien ternes – accrochées près du cœur, Abdourajhemane Camara dégage une mélancolie qui ne laisse pas indifférent. Le patriarche vit à la Cité Aliou Sow, au nord-est de Dakar, chez son fils. Dans l’immense salon carrelé, on sent chez Mohamed, 60 ans, une fierté infinie de prendre soin de son père. « C’est un guerrier, dans tous les sens du terme », lance-t-il.

    Abdourajhemane Camara est un ancien combattant : dix-sept ans de service dans l’armée française. Cette « carrière » militaire, il n’en a pas voulu. Mais, dit-il, le « ndogalou yalla » (le destin, en wolof) a choisi de l’envoyer se battre sous les feux de la seconde guerre mondiale (1939-1945), puis en Algérie (1954-1962). Selon l’Office national des anciens combattants (ONAC) du Sénégal, quelque 780 tirailleurs, tous vétérans de ces conflits ou de la guerre d’Indochine (1946-1954), vivent aujourd’hui au pays et touchent une pension de la France. L’institution pense qu’il y en a plus : certains ont choisi de ne jamais se manifester, préférant ne pas réclamer leur dû.

    (suite à consulter en ligne)

    #réparations #décolonisations #Sénégal #armée #WWII #tirailleurs

  • #Alana_Osbourne - “Decolonial Tours” - 30th June 2022 - Beyond Inhabitation Lab Spring Seminar Series

    I focus on tour guides who offer decolonial narratives and experiences of Brussels to an eclectic and changing audience. Drawing on the embodied temporalities of walking tours and by reviving urban memories, these guides give texture and shape to the city’s sensorium in a way that reaffirms black life against the resonances of colonialism in Belgium. Suturing past, present and future, this quilting of urban times fosters new relationships between people, landscapes and histories, and opens spaces of togetherness within a riven city.

    Dr. Alana Osbourne is a FNRS post-doctoral fellow at the Anthropological Laboratory for Contemporary Worlds (LAMC) at the Brussels Free University (ULB | Université Libre de Bruxelles). An anthropologist and filmmaker, her research interests include: sensorial anthropology and affect, the anthropology of violence, archival studies, Caribbean studies and film. She alternates her academic work with film and theatre projects.

    https://www.youtube.com/watch?v=03AOAlPxQV8


    #balade_décoloniale #Bruxelles #Belgique #décolonial #villes #urban_matter #temps #passé #présent #conférence #toponymie #toponymie_politique

    via @cede

    • #There_Are_Black_People_In_The_Future

      There are Black People in the Future is inspired by afro-futurist artists and writers who highlight the need for Black people to claim their place. Through the inscription and utterance of the words, ‘There are Black People in the Future,’ the project addresses systemic oppression of black communities through space and time by reassuring the presence of Black bodies. In 2017, Wormsley placed these words on a billboard in East Liberty, a neighborhood in Pittsburgh’s east end that has suffered gentrification. When the billboard was removed by the city, community members protested, in response to this community support, Wormsley has raised grant money to artists, activists, and community workers in Pittsburgh around their interpretation of the phrase “There Are Black People in the Future”. Since then, the billboard has been replicated in Detroit, Charlotte, New York City, Kansas City and Houston, internationally London, Accra and Qatar. Each site can pull from this precedence of supporting Black futures locally, whether through commissions, grants, project funding or programming. The text, which Wormsley encourages others to use freely, has since been used in protest, critical art theory, essays, song, testimony and collective dreaming.


      https://www.alishabwormsley.com/tabpitf

      #art #TABPITF #Alisha_Wormsley

    • La conférence de Alana Osbourne commence par introduire (et se construit à partir de) du rapport de la #commission_parlementaire (belge) chargée d’examiner le #passé_colonial :
      Le #rapport sur le passé colonial de la Belgique achoppe sur la question des #excuses

      Après deux ans et demi de travaux, des déplacements en République démocratique du Congo, au Rwanda, au Burundi, l’audition de près de 300 personnes, la commission parlementaire chargée d’examiner le passé colonial du pays devait remettre son rapport final. Mais les libéraux ont refusé d’adopter le texte lundi.

      L’écologiste Wouter de Vriendt, qui préside la commission parlementaire chargée d’examiner le passé colonial de la Belgique, avait demandé que la chambre des représentants présente des excuses aux peuples congolais, burundais et rwandais pour « la #domination et l’#exploitation_coloniale, les #violences et les #atrocités, les violations individuelles et collectives des droits humains durant cette période, ainsi que le #racisme et la #discrimination qui les ont accompagnées ».

      #Wouter_de_Vriendt invitait également « le pouvoir exécutif à faire des démarches analogues sur le plan des #réparations_symboliques ». Le président de la commission précisait bien que cette #reconnaissance du rôle de la Belgique, n’impliquerait aucune #responsabilité_juridique et ne pourrait donc donner lieu à une #réparation_financière.

      Des précautions qui n’ont pas suffi à convaincre les députés libéraux. Ces derniers ont claqué la porte de la commission lundi 19 décembre. Ils refusent que soient présentées des excuses, car celles-ci pourraient entraîner selon eux des réparations financières, ce dont ils ne veulent pas entendre parler. Ces députés préfèrent ainsi en rester aux regrets présentés par le roi.

      Faute d’accord sur cette question des excuses, la commission ne remettra donc pas son rapport final. C’est là un échec, d’autant plus douloureux que nombre de recommandations formulées par le président de cette commission semblaient faire consensus.

      https://www.rfi.fr/fr/afrique/20221220-les-excuses-au-c%C5%93ur-des-dissensions-parlementaires-sur-le-pass%C3%

  • ❝David Van Reybrouck : « Je ne comprends pas comment la lutte pour la décolonisation se détache de la lutte contre le réchauffement climatique »
    20 décembre 2022 Par Christine Chaumeau.

    https://www.justiceinfo.net/fr/110572-david-van-reybrouck-lutte-decolonisation-rechauffement-climatiqu

    Essayiste, historien et journaliste belge, David Van Reybrouck a ausculté en profondeur les colonialisme belge et néerlandais dans deux ouvrages majeurs : Congo, une histoire et Revolusi , l’Indonésie et la naissance du monde moderne. Il raconte l’accélération de la prise de conscience récente en Occident de la violence coloniale et en décrit les limites symboliques. A ses yeux, « nous luttons contre les symboles des injustices du passé tout en acceptant les structures des injustices du présent ».

    JUSTICE INFO : Quels sont les traits communs entre la Belgique et les Pays-Bas au sujet de la colonisation et ceux qui les distinguent ?

    DAVID VAN REYBROUCK : Pour coloniser le Congo, le roi Léopold II s’est directement inspiré des rois néerlandais Guillaume Ier et II, notamment en ce qui concerne le rôle des aristocraties locales. Coloniser était une affaire coûteuse donc le moyen le plus efficace pour avancer a été de s’appuyer sur les élites locales, en concluant des accords avec elles. Aux Indes néerlandaises (aujourd’hui Indonésie), cela a amené à des excès par l’aristocratie javanaise. En effet, au début du XIXe, la Hollande a imposé un certain nombre de cultures : le café, l’indigo, la quinine. Les gens devaient fournir ces récoltes. L’aristocratie locale recevait des bonus quand les récoltes étaient bonnes. Le bonus était tel que cela a conduit à des exactions.

    Dans les deux cas, c’est un colonialisme issu du capitalisme. C’est-à-dire que l’exploitation est à la base de l’entreprise. Mais, une grande distinction sépare les deux. Dans le cas des Indes néerlandaises occupées par la Hollande, il s’agissait d’une exploitation agricole. Au Congo de Léopold II, c’est une colonisation d’ordre industriel, minière. Elle commence avec le caoutchouc puis s’étend au cuivre. Avec une conséquence au Congo belge : l’exploitation se concentre dans le sud, la région du Katanga. La colonisation hollandaise s’étend, pour sa part, sur tout le territoire. Dans un cas, on a une présence coloniale plus nette sur un territoire plus vaste très axé sur l’agriculture.

    En ce qui concerne la violence, les Belges ont été pires en colonisation et les Hollandais en décolonisation. En Indonésie, à partir du milieu du XIXe, il y a des campagnes de vaccination ; à partir de 1900, il y a un enseignement pour les Indonésiens ; à partir de 1910, il existe une première génération de médecins formée par les Hollandais. Au Congo belge, en 1960, on ne comptait que 16 ou 17 diplômés. Jusque dans les années 50, les punitions physiques y étaient encore de rigueur.

    Aux Indes néerlandaises, les colons se laissaient porter par l’illusion que le peuple javanais était doux. On notait la présence de quelques « pommes pourries », inspirées par l’islam, le nationalisme, le marxisme. Ces personnalités gênantes ont d’ailleurs été physiquement mises à l’écart dans un camp d’internement, en Papouasie, dans la brousse. Une grande majorité des Hollandais ignorent complètement l’existence de ce véritable goulag dans lequel les prisonniers ont dû construire leur propre résidence pénitentiaire et y vivre dans des conditions très difficiles.

    Aujourd’hui, le rapport à ce passé colonial est-il différent dans de « petits pays » comme la Belgique et les Pays-Bas si on les compare à la France ou à la Grande-Bretagne ?

    Pour [la société de sondages et études de marché] You Gov, des chercheurs britanniques ont cherché à savoir quel était le pays le plus fier de son passé colonial. A leur grande surprise, c’est la Hollande qui gagne le concours. Et de loin. En 2019, 50 % des Hollandais disent être fiers du passé colonial ; 26 % espèrent un nouveau projet outre-mer ; seulement 6 % en ont une vision négative. C’est incroyable. Cela montre à quel point la mémoire du passé colonial a été réduite au Pays-Bas. Le discours national, la mémoire, ont été dictés par les 120 000 vétérans, les 300 000 colons, les Indo-Européens qui sont rentrés. Le discours national a été formé par ceux qui ont été forcés à partir – au total, 450 000 personnes. Comme pour l’Algérie avec la France, il y a eu l’équivalent des Harkis, des gens qui venaient des Moluques, enrôlés dans l’armée coloniale. En revanche, très peu d’Indonésiens se sont installés aux Pays-Bas après l’indépendance de l’Indonésie. En outre, les heures d’enseignement de l’histoire ont été réduites dans les études au niveau du secondaire. Cela conduit véritablement à une cécité, un analphabétisme historique.

    (...) lire la suite sur le site JusticeInfo.Net :
    https://www.justiceinfo.net/fr/110572-david-van-reybrouck-lutte-decolonisation-rechauffement-climatiqu

    #Indonésie #Congo #Belgique #Pays-Bas #Réparations #colonialisme

  • La dépêche de l’Agence France presse (AFP, ci-dessous), reprise par FranceInfo est elliptique. J’ai collé en pied du billet des liens vers des présentations plus fouillées du rapport qui a occasionné la prise de parole du Premier ministre néerlandais.

    Pays-Bas : le Premier ministre présente des excuses pour le recours à la « violence extrême » en Indonésie durant la colonisation

    https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/histoire/pays-bas-le-premier-ministre-presente-des-excuses-pour-le-recours-a-la-

    Pays-Bas : le Premier ministre présente des excuses pour le recours à la « violence extrême » en Indonésie durant la colonisation

    Pendant des décennies, le point de vue officiel des Pays-Bas était que le recours à la violence extrême n’avait eu lieu que dans des circonstances exceptionnelles.
    AFP, France Télévisions, 17/02/2022

    Plus de soixante-dix ans après les faits. Le Premier ministre néerlandais a présenté des excuses jeudi 17 février pour l’usage systématique de la « violence extrême » par l’armée néerlandaise contre les combattants pour l’indépendance de l’Indonésie entre 1945 et 1949.

    Mark Rutte a regretté « l’aveuglement des précédents gouvernements néerlandais ». Durant des décennies, le point de vue officiel des Pays-Bas, était que le recours à la violence extrême n’avait eu lieu que dans des circonstances exceptionnelles.
    Incendies de villages et détentions massives

    Mais une étude réalisée en quatre ans par des chercheurs néerlandais et indonésiens a conclu que les forces néerlandaises avaient de manière « systématique » incendié des villages et procédé à des détentions massives, des tortures et des exécutions au cours des années ayant suivi la Seconde guerre Mondiale, avec le soutien tacite du gouvernement.

    Les chercheurs ont déclaré qu’"il y avait une volonté collective de l’excuser [la violence], de la justifier et de la dissimuler et de la laisser impunie. Tout cela s’est passé en vue de servir le but le plus élevé : celui de gagner la guerre", ont-ils souligné.

    Ces dernières années, les Pays-Bas ont enfin commencé à regarder en face l’héritage de leur histoire coloniale, en particulier relative à l’Indonésie. Le roi Willem-Alexander a officiellement présenté ses excuses en 2020 pour la « violence excessive » pendant la lutte pour l’indépendance. Un tribunal néerlandais a statué en 2015 que le gouvernement devait indemniser les veuves et les enfants des combattants indonésiens exécutés par les troupes coloniales.
    Voir les commentaires

    https://www.justiceinfo.net/fr/87823-indonesie-hollandais-voir-colonisation-en-rose.html
    https://www.justiceinfo.net/fr/79368-fierte-excuses-neerlandais-pas-prets-reparer.html

    #Pays-Bas #violences_coloniales #réparations #reconnaissance #indonésie

  • https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/01/31/raoul-peck-realisateur-d-exterminez-toutes-ces-brutes-deconstruire-plus-de-s

    Raoul Peck, réalisateur d’« Exterminez toutes ces brutes » : « Déconstruire plus de sept siècles d’histoire eurocentrée »

    Raoul Peck, réalisateur d’« Exterminez toutes ces brutes » : « Déconstruire plus de sept siècles d’histoire eurocentrée »

    Après « I Am Not Your Negro » (2016), le cinéaste haïtien propose une fresque en quatre épisodes, diffusée sur Arte, qui cerne l’histoire et l’emprise du suprémacisme blanc sur la planète.

    Propos recueillis par Thomas Sotinel, 31 janvier 2022

    Six ans après le triomphe international d’I Am Not Your Negro, son essai cinématographique autour de l’œuvre et de la personne de l’écrivain afro-américain James Baldwin (1924-1987), le cinéaste haïtien Raoul Peck revient à cette forme, en lui donnant une ampleur inédite.

    Le réalisateur s’est appuyé sur trois ouvrages : Exterminez toutes ces brutes ! (paru en 1992, Les Arènes, 2007), du Suédois Sven Lindqvist (1932-2019), qui examine le lien entre colonisation européenne et la Shoah ; La Contre-histoire des Etats-Unis (Wildproject, 2018), de Roxanne Dunbar-Ortiz (née en 1939), qui rétablit la place des peuples indigènes et de leur extermination dans le processus de construction nationale ; et Silencing The Past (Beacon Press, 1995, non traduit), de l’anthropologue haïtien établi aux Etats-Unis Michel-Rolph Trouillot (1949-2012).

    Cette fondation intellectuelle se confond avec l’autobiographie, puisque Raoul Peck (qui a grandi entre Haïti, où il est né en 1953, la République démocratique du Congo, la France et les Etats-Unis) fut l’ami de ces trois intellectuels, dont deux sont aujourd’hui disparus. A rebours des conventions, Exterminez toutes ces brutes ignore les frontières – entre documentaire et fiction, entre l’histoire et l’intime, entre les continents – pour produire une fresque qui tient aussi bien du collage que de l’incantation, de l’analyse historique que du requiem. Rencontré à Paris, quelques jours avant la diffusion sur Arte de ce « film en quatre parties », comme il l’appelle, Raoul Peck propose quelques clés pour aborder cet entrelacs vertigineux.

    « Exterminez toutes ces brutes » est né de votre prise de conscience, au moment de la sortie de « I Am Not Your Negro », de l’ignorance qui régnait autour des sujets que vous abordez. Qui sont les ignorants ?

    Dans une ère où les opinions sont affichées comme des décorations, où les pensées sont bouclées une bonne fois pour toutes, on a beaucoup du mal à ouvrir son esprit et même à accepter l’idée qu’on soit ignorant sur un certain nombre de sujets. Et c’est le contraire de ce que j’ai vécu toute ma vie. J’ai dû m’adapter à chacun des territoires où j’ai vécu. Apprendre leur histoire, grandir avec eux. Je ne pourrais pas vivre autrement qu’à travers cet effort d’aller vers l’autre. C’est pour ça que j’ai été engagé dans les combats du lieu où j’étais. Aujourd’hui, après toutes ces expériences, je reste étonné, abasourdi par cette espèce de chape de plomb qui empêche de voir plus loin que ses propres intérêts immédiats, ses privilèges.

    (...)

    #esclavage #colonisation #colonialisme #Haïti #réparations

  • https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/01/26/aux-antilles-une-cascade-de-proces-contre-l-etat-sur-la-question-de-l-esclav

    Aux Antilles, une cascade de procès contre l’Etat sur la question de l’esclavage

    La France est visée par une série de plaintes, en Martinique et en Guadeloupe, pour son rôle dans la traite négrière et l’esclavage. Des associations et des particuliers réclament des réparations pour dédommager les descendants de ces crimes contre l’humanité.

    Par Jean-Michel Hauteville (Fort-de-France, Martinique)
    Publié le 26 janvier 2022

    Marche organisée par le Mouvement international pour les réparations pour commémorer le 22 mai 1848, jour de l’abolition de l’esclavage en Martinique, à Saint-Pierre, le 22 mai 2019.
    Marche organisée par le Mouvement international pour les réparations pour commémorer le 22 mai 1848, jour de l’abolition de l’esclavage en Martinique, à Saint-Pierre, le 22 mai 2019. BENOIT DURAND / HANS LUCAS

    Pour Garcin Malsa, l’attente aura été vaine. Mardi 25 janvier, cette figure politique martiniquaise attendait un jugement en délibéré de la cour d’appel de Fort-de-France au sujet d’une plainte déposée contre l’Etat par le Mouvement international pour les réparations (MIR), une association mémorielle dont il est le président.

    En octobre 2020, cette organisation antillaise, qui milite depuis vingt ans en faveur de l’attribution de réparations aux descendants d’esclaves africains dans les anciennes colonies françaises d’Amérique, avait assigné l’Etat devant le juge des référés de Fort-de-France, « en vue d’ordonner une expertise ayant pour but de retrouver, grâce à des fouilles archéologiques, l’ensemble [des] charniers », en Martinique, dans lesquels « des milliers d’Africains réduits en esclavage » auraient été sommairement enterrés aux abords des plantations coloniales, selon un communiqué de l’association. Sur la base de l’article 145 du code de procédure civile, le MIR souhaitait également faire condamner l’Etat à « ouvrir aussi les procédures en vue d’exproprier ces lieux (…) et d’en faire des lieux commémoratifs ouverts au public ».

    Débouté en première instance en novembre 2021, le mouvement avait fait appel. La décision était attendue mardi en fin de journée, mais le tribunal a fait savoir que le jugement ne serait rendu public que le lendemain. « Ils sont terribles, quand même ! », peste Garcin Malsa. « Ces juges-là fonctionnent comme des juges coloniaux. Ils n’obéissent qu’à l’Etat », fustige ce pionnier du militantisme écologique en Martinique et ancien maire, à tendance indépendantiste, de la commune de Sainte-Anne, haut lieu du tourisme balnéaire au sud de l’île.
    Feuilleton judiciaire

    A ce jour, l’existence de ces charniers n’est pas attestée en Martinique (...)

    #mémoire_esclavage #Antilles_françaises #réparations #reconnaissance

  • EPR de Flamanville : la solution d’EDF pour réparer les dernières anomalies validée par l’ASN
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/20/epr-de-flamanville-la-solution-d-edf-pour-reparer-les-dernieres-anomalies-va


    L’EPR de Flamanville devait initialement être mis en service en 2012.
    AFP / CHARLY TRIBALLEAU

    Ces réparations devraient permettre à EDF de respecter le calendrier de chantier du réacteur nucléaire pressurisé européen, qui a déjà connu d’importants retards.

    Le Monde fait preuve d’un bel optimisme volontariste, puisque la suite de l’article précise que la solution reste à valider…

  • «Die damaligen Argumente klingen sehr vertraut» | WOZ Die Wochenzeitung
    https://www.woz.ch/-ae38

    Schweizer Wiedergutmachung
    «Die damaligen Argumente klingen sehr vertraut»

    Der Historiker und SP-Politiker Hans Fässler fordert, dass die Schweiz Sklavereireparationen zahlt. Bloss weil dies komplexe Fragen aufwerfe, dürfe man sich nicht aus der Verantwortung stehlen.

    Interview: Raphael AlbisserMail an AutorIn(link sends e-mail)Twitter Profil von AutorIn(link is external)

    WOZ: Hans Fässler, was schulden wir der Welt?
    Hans Fässler: In erster Linie ein verändertes Selbstbild. Seit dem 18. Jahrhundert dominiert hierzulande die Vorstellung, die Schweiz sei zur Zeit des Kolonialismus und des transatlantischen Sklavenhandels vom 16. bis ins 19. Jahrhundert ein einfaches Binnenland genügsamer Älpler und Älplerinnen gewesen, die hart arbeiteten, zufrieden waren und mit der Welt nichts zu tun hatten.

    Welches Selbstbild wäre näher an der Realität?
    Die Schweiz war damals längst unglaublich globalisiert. Entsprechend umfangreich war die Beteiligung von Schweizern am kolonialen Projekt und an der Sklaverei. Oder besser gesagt: Die Beteiligung von «Eidgenossen», denn die moderne Schweiz existierte zunächst ja noch nicht. Jedenfalls ist historisch belegt, wie sich Einzelpersonen, Familienunternehmen und Banken in allen möglichen Bereichen der Sklaverei betätigten: Sie besassen nicht nur Plantagen und Sklaven, sie handelten zum Beispiel auch mit Gütern, die für den Sklavenhandel relevant waren. Sie investierten in Spekulationsvehikel, um aus dem Sklavenhandel Profite zu ziehen. Sie versicherten Sklavenschiffe und finanzierten Expeditionen. Einzelsoldaten und ganze militärische Einheiten gingen in die Kolonien, um dort für Ruhe und Ordnung zu sorgen, meist in französischen und holländischen Diensten.

    Im letzten Dezember lancierten Sie Scores, das Schweizerische Komitee für die Wiedergutmachung der Sklaverei. Fast hundert zum Teil namhafte Personen haben Ihre Forderung unterzeichnet, von Vania Alleva bis Jean Ziegler. Wie soll die Wiedergutmachung vonstattengehen?
    «Wiedergutmachung» ist die übliche Übersetzung von «Reparation», und zugegebenermassen ist das ein sehr grosses Wort. Eine Wiedergutmachung im engsten Sinn ist ja eigentlich unmöglich: Die Sklavinnen und Sklaven lebten, litten und starben in Gefangenschaft, und nichts wird daran etwas ändern. Im weiteren Sinn verstehe ich Wiedergutmachung vor allem als Prozess – und der erste Schritt wäre ein Bewusstseinswandel, eine gezielte Aufarbeitung.

    Also eine Art Bergier-Kommission?
    Ja. Im Rahmen einer Studie sollte alles aufgearbeitet werden, was bereits zum Thema publiziert wurde, und darüber hinaus auch weitergeforscht werden. Dann müsste sich der Bundesrat offiziell dazu äussern und die Rolle der Schweiz anerkennen. Und der nächste Schritt wäre anschliessend eine materielle Wiedergutmachung.

    Wer genau soll von der Schweiz Reparationsgelder erhalten? Über die Generationen hinweg verschwimmen ja Täter- und Opferrollen naturgemäss, während die kolonialen Profite mit den Jahrhunderten auf dem ganzen Planeten verstreut wurden.
    Grundsätzlich sollen die Nachkommensgesellschaften der Sklaven von den Nachkommensgesellschaften der Täter und Profiteure entschädigt werden. Das ist natürlich eine komplexe Frage mit vielen brisanten Aspekten. So waren in den westafrikanischen Küstenregionen auch lokale Herrscher am Sklavenhandel beteiligt, sie nahmen Menschen gefangen und verkauften sie an die europäischen Sklavenhändler. Tatsache ist aber: Durch den transatlantischen Sklavenhandel sind nicht Ghana oder der Kongo reich und mächtig geworden, sondern die nordatlantischen Länder. Den Herkunftsregionen brachte das Geschäft nur Kriege, soziale Verwerfungen und Verelendung ein.

    Eine konkrete Verbindung haben Sie mit einer Reparationsinitiative der Caricom aufgebaut, der karibischen Staatengemeinschaft. Was ist deren Ziel?
    Sie will mit einer Reihe einstiger Kolonialmächte in einen Dialog treten, um Reparationszahlungen zu diskutieren. Dafür wurde eine Historikerkommission gegründet, die den historischen Unterbau für Forderungen erarbeitet, die an Länder wie Spanien, Portugal, Frankreich, Grossbritannien, die Niederlande und Dänemark gestellt werden. Als ich vor einigen Jahren von dieser Kommission erfuhr, dachte ich: Die Schweiz gehört auch auf diese Liste.

    Seit letztem Sommer ist dem tatsächlich so. Wie haben Sie das geschafft?
    Nach mehreren Versuchen, einen Kontakt herzustellen, hat sich schliesslich Verene Shepherd, die jamaikanische Vizepräsidentin der Kommission, mit grossem Interesse bei mir gemeldet. Dann habe ich Material aus meinen Forschungsarbeiten zusammengestellt und den Kommissionsmitgliedern zugeschickt. Zweimal nahm ich an Videokonferenzen teil, und im letzten Herbst wurde ich zu einem Treffen auf Antigua eingeladen, um ein Referat zu halten. Dass das Interesse an einer Aufarbeitung mit der Schweiz zuletzt grösser wurde, dürfte nicht zuletzt auch daran liegen, dass die grossen Kolonialmächte wohl nicht so freundlich auf die Dialogforderung der Kommission reagiert haben.

    Von der offiziellen Schweiz ist wohl Ähnliches zu erwarten. Und im öffentlichen Diskurs dürfte der Einwand nicht lange auf sich warten lassen, Reparationszahlungen würden auf korrupten Wegen ohnehin sofort versickern.
    Das stimmt, und das hat meistens einen rassistischen Unterton. Als würde Korruption nur im Globalen Süden stattfinden. Aber es ist selbstverständlich sehr wichtig, Reparationszahlungen so aufzugleisen, dass sie ihren ideellen Zweck erfüllen. Das wurde in der Geschichte unzählige Male gemacht, insbesondere nach den Weltkriegen, und in der Schweiz etwa in Bezug auf die Verdingkinder. Jedes Mal gab es Debatten und Schwierigkeiten bei der Umsetzung. Aber bloss weil etwas kompliziert ist, kann man nicht behaupten, man müsse es nicht tun.

    Von welchem Betrag reden wir eigentlich?
    Ich habe noch nicht einmal versucht, eine konkrete Summe zu errechnen, denn das ist schwierig bis unmöglich. In den USA redet man von Billionen Dollar, die an Reparationszahlungen an die Nachkommen der Sklavinnen und Sklaven fällig wären, in Europa von Milliarden. Geht man davon aus, dass die Schweiz an schätzungsweise zwei bis drei Prozent des Gesamtvolumens des transatlantischen Sklavenhandelssystems beteiligt war, dann könnte man vielleicht versuchsweise eine Summe von fünfzig Milliarden Franken in die Diskussion einbringen. Darum geht es mir aber gar nicht. Ich sage einfach: Es wäre eine relativ grosse Geldmenge, die sich die Schweiz jedoch leisten könnte – wie sie auch in der Vergangenheit schon grosse Investitionen zu stemmen vermochte, etwa für den Bau der Neat oder die UBS-Rettung. Oder – in die Zukunft gedacht – die Coronaschulden, die wir gerade anhäufen.

    Aber können Reparationszahlungen historisches Unrecht überhaupt aufwiegen?
    Zunächst sollte daran erinnert werden, dass es Entschädigungen für die Sklaverei in der Vergangenheit immer wieder gab, nur gingen sie in die andere Richtung. Länder wie Grossbritannien, Frankreich und die Niederlande haben nicht Sklaven und Sklavinnen für ihre Ausbeutung, sondern Sklavenhalter für ihre Enteignung entschädigt. Besonders wütend macht die Geschichte Haitis, das nach seiner Unabhängigkeit riesige Schulden an Frankreich abzuzahlen hatte. Umgekehrt sind materielle Wiedergutmachungen heute auch bei postkolonialen Aktivisten nicht unumstritten. Denn es besteht die berechtigte Angst, dass man sich auf eine Summe einigt, sie begleicht – und dann sagt: Alle Schuld ist aus dem Weg geräumt, jetzt ist Ruhe.

    Damit würde ausser Acht gelassen, dass Kolonialismus und Sklaverei Kräfteverhältnisse geschaffen haben, von denen der Globale Norden bis heute profitiert.
    Ja. Durch den Kolonialismus wurden ungleiche Handels- und Wirtschaftsbeziehungen etabliert, die bis heute riesiges Unrecht anhäufen. Unter Sklavereihistorikern herrscht annähernd ein Konsens darüber, dass Kapitalismus an sich bis zum Ende des 19. Jahrhunderts die Ausbeutung Schwarzer Körper bedeutete. Die Industrialisierung Europas wäre ohne Sklaverei nicht möglich gewesen – auch nicht jene der Schweiz mit ihrer Textilindustrie. Sie brauchte Baumwolle, und die gab es nicht ohne Sklaverei. An der Ausbeutungslogik des Kapitalismus hat sich bis heute nichts geändert. Auch dafür muss ein neues Bewusstsein entstehen – womit wir bei der Konzernverantwortungsinitiative wären.

    Diese fordert eine Haftbarkeit nach hiesigem Recht für Firmen, die international tätig sind und ihre Profite in die Schweiz schleusen. Wie spielt das mit der Forderung nach Reparationszahlungen zusammen?
    Grundsätzlich sind es zwei unterschiedliche Dinge. Aber die Parallelen sind da, insbesondere bei der Argumentation der Gegner. So entschuldigte der Bundesrat noch in den 1860er Jahren die Sklaverei – und zwar mit der Begründung, dass die Eidgenossen, die damals in Brasilien Plantagen besassen, ohne Sklavenarbeit wirtschaftlich ruiniert würden. Das klingt heute doch sehr vertraut.

    Schon zur Zeit der Sklaverei haben in der Schweiz längst nicht alle im selben Ausmass davon profitiert, und auch heute ist der hiesige Wohlstand sehr ungleich verteilt. Wer soll also wie viel an die Reparationen zahlen?
    Als der «Blick» letztes Jahr über meine Forderung berichtete, war es interessant, die Onlinekommentare zu lesen. Zunächst stellte ich fest, dass wir in den letzten Jahren ziemlich weit vorwärtsgekommen sind: Wäre früher meine Forschung noch infrage gestellt worden, ist heute weitgehend akzeptiert, dass auch die Schweiz ins koloniale Projekt involviert war. Und immer wieder war in den Kommentaren zu lesen: Reparationen sind eigentlich angebracht, aber das sollen die Nachkommen jener Familien bezahlen, die damals direkt von der Sklaverei profitiert haben – und sicher nicht der arme Steuerzahler.

    Und was sagen Sie dazu?
    Das ist grundsätzlich bestimmt nicht falsch. Aus Überlegungen der Machbarkeit würde ich aber sagen: Der Staat ist die einzige Institution, die Reparationen einigermassen gerecht berechnen und bewerkstelligen könnte. Wenn es also um eine gerechte Verteilung der Reparationskosten geht, sollten wir auch über ein gerechtes, progressives Steuersystem diskutieren, damit reiche Familien als grössere Profiteure auch mehr daran zahlen.
    Hans Fässler

    Der St. Galler Historiker, Politiker und Kabarettist Hans Fässler (66) setzt sich seit rund zwanzig Jahren mit der Beteiligung der Schweiz an der Sklaverei auseinander. Neben der Monografie «Reise in Schwarz-Weiss. Schweizer Ortstermine in Sachen Sklaverei» (2005) publizierte er – auch in der WOZ – zahlreiche Artikel zum Thema.

    Fässler hat zuletzt an zwei Interpellationen mitgearbeitet, die in diesen Tagen in der Stadt und im Kanton Bern eingereicht wurden. Darin fordern die AL-Politikerinnen Tabea Rai, Christa Ammann und Eva Gammenthaler, Reparationszahlungen für die Beteiligung des einstigen Staates Bern und seiner BürgerInnen an der Sklaverei zu prüfen.

    #esclavage #réparations #faire_monde #Suisse_coloniale

  • Restitution des biens culturels : Faut-il aller devant un tribunal ?
    https://www.justiceinfo.net/fr/reparations/45968-restitution-biens-culturels-faut-il-aller-devant-tribunal.html

    À l’époque de la « Black Lives Matter » et du déboulonnage des statues coloniales, la demande de restitution des biens culturels saisis ou pillés pendant la colonisation, souvent stockés dans des musées occidentaux et parfois utilisés pour la recherche scientifique, est de plus en plus forte. Comment récupérer ces biens ? Toutes les affaires ne doivent pas aller devant un tribunal, estime un groupe d’avocats et de chercheurs basés en Suisse.

    S’agit-il d’une question de justice transitionnelle ? Dans certains cas oui, estime le professeur Marc-André Renold, responsable du Centre du droit de l’art à l’Université de Genève, qui développe le projet ArThemis depuis 2010. Leur site Internet documente quelque 150 cas de restitution de biens culturels. Certaines des affaires citées concernent des États, des (...)

    #Réparations

  • Volkswagen à l’heure des #Réparations au Brésil
    https://www.justiceinfo.net/fr/reparations/45591-volkswagen-heure-reparations-bresil.html

    Plusieurs syndicalistes et militants communistes ont été dénoncés par Volkswagen au Brésil, puis arrêtés et torturés par les agents de la sécurité de la dictature sous le régime militaire (1964-1985). Après un accord à l’amiable entre les victimes et le constructeur allemand, le parquet brésilien vient d’ordonner le paiement de réparations aux victimes.

    Gustavo, un petit bonhomme d’une dizaine d’années, s’approche de l’estrade improvisée pour parapher un document. Une signature symbolique, au nom de son grand-père Lúcio Bellentani, ancien militant communiste dénoncé aux autorités par son employeur, Volkswagen, avant de passer 19 mois en prison. Le Brésil vivait alors, au début des années 1970, la phase la plus répressive du régime militaire. L’heure est à présent aux réparations. Un accord extra-judiciaire (...)

  • Entretien avec Françoise Vergès | Radio Informal
    http://www.rybn.org/radioinformal/antivirus

    À propos d’inégalités invisibilisées, de normalité du confinement, de vulnérabilités et de racisme, de solidarité et d’auto-organisation comme contre-pouvoir, d’intersectionalité des luttes, de la métaphore du bateau négrier. Durée : 57 min. Source : Pi-node

    www.rybn.org/radioinformal/antivirus/audio/ANTIVIRUS18-FrancoiseVerges.mp3

  • #Pédophilie: l’#Eglise va estimer «le prix de la douleur»

    À Lyon, le procès canonique du père #Bernard_Preynat, accusé de #violences_sexuelles sur des dizaines de victimes mineures, arrive à son terme après des années d’attente. Cette procédure hors norme, interne à l’Église catholique, ouvre la voie à des #réparations_financières. L’Église souhaite par ailleurs mettre en place prochainement un barème d’#indemnisation.


    https://www.mediapart.fr/journal/france/100619/pedophilie-l-eglise-va-estimer-le-prix-de-la-douleur

    #Preynat #Stéphane_Girard #procès_canonique

    Un nouvel article de la bande @wereport...

  • Tschechien will sich den in Polen lauter werdenden Forderungen nach...
    https://diasp.eu/p/7752542

    Tschechien will sich den in Polen lauter werdenden Forderungen nach deutschen Kriegsreparationen nicht anschließen. Das stellte Staatschef Zeman nach einem Treffen mit Bundespräsident Steinmeier in Berlin klar. Zeman hält Reparationsfrage für erledigt | DW | 21.09.2018 #Tschechien #MilosZeman #Frank-WalterSteinmeier #Reparationen #Kriegsreparationen #Reparationszahlungen #Migration #Asylbewerber #AfD #Benes-Dekrete

  • How NASA’s Mission to Pluto Was Nearly Lost - Issue 60: Searches
    http://nautil.us/issue/60/searches/how-nasas-mission-to-pluto-was-nearly-lost

    On the Saturday afternoon of July 4, 2015, NASA’s New Horizons Pluto mission leader Alan Stern was in his office near the project Mission Control Center, working, when his cell phone rang. He was aware of the Independence Day holiday but was much more focused on the fact that the date was “Pluto flyby minus 10 days.” New Horizons, the spacecraft mission that had been the central focus of his career for 14 years, was now just 10 days from its targeted encounter with the most distant planet ever explored. Immersed in work that afternoon, Alan was busy preparing for the flyby. He was used to operating on little sleep during this final approach phase of the mission, but that day he’d gotten up in the middle of the night and gone into their Mission Operations Center (MOC) for the upload of the (...)

  • "Polen: Ministerpräsidentin Szydlo sieht Anspruch auf deutsche Reparationen
    http://02mydafsoup-01.soup.io/post/631837247/Polen-Ministerpr-sidentin-Szydlo-sieht-Anspruch-auf

    Polen: Ministerpräsidentin Szydlo sieht Anspruch auf deutsche Reparationen

    Die polnische Regierungschefin findet, ihrem Land stehen Kriegsreparationen aus Deutschland zu. Im Gespräch sind Forderungen in Höhe von 840 Milliarden Euro.

    #ausland #polen #ministerpräsidentin #szydlo #anspruch #reparationen #regierungschefin #land #kriegsreparationen #deutschland #gespräch #forderungen #höhe #news #bot #rss[Reposted from 02mysoup-aa]

    #regular #snth01

  • Zweiter Weltkrieg: Polnische Regierung prüft Reparationsforderungen...
    https://diasp.eu/p/5846427

    Zweiter Weltkrieg: Polnische Regierung prüft Reparationsforderungen an Deutschland

    Im polnischen Parlament werden rechtlichen Möglichkeiten ausgelotet, um Reparationszahlungen von Deutschland zu bekommen. Das Ergebnis soll kommende Wochen vorliegen.

    #zeitgeschehen #deutschland #zweiter #weltkrieg #polnisch #regierung #reparationsforderungen #parlament #möglichkeiten #reparationszahlungen #ergebnis #wochen #news #bot #rss