• #Iran : comment le fiasco des États-Unis contribue à remodeler l’équilibre des forces
    https://lvsl.fr/iran-comment-le-fiasco-des-etats-unis-contribue-a-remodeler-lequilibre-des-forc

    Les objectifs annoncés par l’administration américaine, au lancement de l’opération Epic Fury, semblent bien loin : démantèlement du programme nucléaire iranien, récupération de l’uranium enrichi, destruction des capacités balistiques du pays, voire renversement du « régime »... Au-delà du fiasco diplomatique et militaire pour les Etats-Unis, la séquence - toujours en cours - annonce une recomposition des rapports de force au Moyen-Orient. Et à l’échelle mondiale, l’Iran a rendu au #pétrole son statut d’arme de #guerre, avec une intensité jamais vue depuis les années 1970.

    #International #Les_États-Unis,une_puissance_menacée ? #République_islamique_d'Iran #Sanctions #Trump

  • Autonomie de la #Corse : jusqu’où ira la rupture avec l’égalité devant la loi ?
    https://lvsl.fr/autonomie-de-la-corse-jusquou-ira-la-rupture-avec-legalite-devant-la-loi

    « Une #Constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d’habitants sont abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français ». Lors de la nuit du 4 août 1789, les députés des États Généraux abolissent officiellement les privilèges et unifient les conditions juridiques du royaume. Le programme de la Révolution ne souffre alors d’aucune ambiguïté : la rupture avec la société d’ordres passe par l’égalité, non seulement des individus mais aussi des territoires devant la loi. Deux siècles plus tard, flotterait-il un parfum d’Ancien Régime au Palais Bourbon (…)

    #Politique #Autonomie_Corse #Centralisation #décentralisation #Indépendantisme #République #Simeoni #Yvan_Colonna

  • 13 millions de victimes et plus de 3 000 morts en 2025 : l’Afrique paie un lourd tribut aux événements climatiques extrêmes

    L’agence onusienne, qui fait autorité pour les questions relatives à l’atmosphère terrestre, au climat et à l’eau, recommande aux pays africains de renforcer leurs systèmes d’alerte précoce, et d’investir davantage dans l’adaptation au changement climatique et la préparation aux catastrophes.

    Les #phénomènes_extrêmes liés au #climat ont sinistré au moins 13 millions de personnes et entraîné plus de 3 000 décès recensés en #Afrique en 2025, avec des répercussions sur l’ensemble des secteurs de l’économie et les moyens de subsistance des populations, selon un rapport publié le jeudi 18 juin par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Intitulé « State of the Climate in Africa 2025 », le rapport révèle que les #inondations et #sécheresses ont constitué les #catastrophes_météorologiques les plus importantes sur le continent durant l’année écoulée, les inondations représentant plus de la moitié de tous les événements extrêmes signalés.

    L’#Afrique_de_l’Est a été particulièrement touchée, avec plus de 8,5 millions de personnes affectées par la sécheresse, alors que des conditions de sécheresse prolongées ont aggravé l’#insécurité_alimentaire et les pénuries d’#eau dans la #Corne_de_l’Afrique et les régions voisines. En #Afrique_de_l’Ouest, le #Nigeria a connu en mai des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 200 #morts, tandis que les inondations en #République_démocratique_du_Congo (#RDC) ont coûté la vie à plus de 160 personnes en avril, soulignant l’intensité croissante des #précipitations saisonnières extrêmes.

    Le #Sahel a enregistré des précipitations supérieures à la moyenne, prolongeant une tendance observée ces dernières années, tandis qu’une grande partie de l’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique est restée plus sèche que d’habitude. En Afrique australe, les précipitations ont été marquées par une forte #variabilité, avec des épisodes intenses qui ont provoqué des inondations. En #Afrique_de_Nord, les #vagues_de_chaleur et les sécheresses prolongées ont causé des dégâts considérables à la #production_agricole, menaçant la #sécurité_alimentaire et les #moyens_de_subsistance.

    Le rapport précise également que l’Afrique se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. La #température moyenne annuelle de l’air en surface enregistrée à l’échelle continentale s’est classée entre le troisième et le septième rang des valeurs les plus élevées jamais enregistrées en fonction des données utilisées, avec une anomalie positive de 0,51 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020.

    C’est l’Afrique du Nord qui a connu la plus forte anomalie de #températures en 2025 comparativement aux autres sous-régions africaines, soit +0,76 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020. À l’inverse, l’Afrique australe a enregistré l’anomalie de températures la plus faible, soit +0,21 °C par rapport à la même période de référence.

    40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers

    Au-delà des inondations et des sécheresses, le rapport met en évidence des changements climatiques à long terme qui sont déjà en train de remodeler le continent.

    Les #glaciers africains ont perdu plus de 90 % de leur superficie depuis la fin du XIXe siècle. La couverture glaciaire du #mont_Kilimandjaro est passée de 11,4 km2 en 1900 à 0,98 km2 ces dernières années. La superficie des glaces du #mont_Kenya et des #montagnes du #Ruwenzori (une chaîne de montagnes d’Afrique centrale, située à la frontière entre l’#Ouganda et la RDC) a aussi diminué, passant respectivement de 1,64 km² à 0,07 km², et de 6,51 km² à seulement 0,38 km².

    D’autre part, l’élévation du niveau de la mer le long des côtes africaines entre 1999 et 2025 dépasse la moyenne mondiale (estimée à environ 3,6 mm par an) dans plusieurs régions, atteignant environ 4,2 mm par an le long de la côte atlantique, 5,2 mm par an le long de la côte de l’océan Indien, et 5,6 mm par an en mer Rouge. Parallèlement, le réchauffement et l’#acidification croissante des océans endommagent les écosystèmes marins et menacent les moyens de subsistance des communautés qui dépendent de la #pêche. La température de la mer en surface (SST) a augmenté de 0,14 °C en moyenne en Afrique par décennie depuis la fin du 19e siècle, tandis que le PH de surface de l’océan a diminué de 0,017 unité par décennie.

    Malgré la fréquence et la gravité croissantes de ces changements qui favorisent des phénomènes météorologiques extrêmes plus destructeurs et exercent une pression croissante sur des communautés déjà vulnérables, seulement 40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers, privant ainsi des millions de personnes d’#alertes en temps utile qui pourraient contribuer à sauver des vies et à réduire les dégâts, surtout dans les zones rurales particulièrement affectées.

    Alors que les coûts associés aux changements climatiques dans les pays africains peuvent atteindre jusqu’à 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) et représenter ainsi un obstacle considérable à leur développement ainsi qu’à leur capacité à réduire la #pauvreté, l’OMM les appelle eux et leurs partenaires au développement, à renforcer les #mesures_d'adaptation au changement climatique, à améliorer la préparation aux catastrophes et à accroître les #investissements dans les infrastructures d’alerte précoce, afin de protéger les communautés contre des événements climatiques de plus en plus fréquents et intenses.

    https://www.agenceecofin.com/actualites/2306-139549-13-millions-de-victimes-et-plus-de-3-000-morts-en-2025-laf
    #changement_climatique #Sud_global

    • State of the Climate in Africa 2025

      Key messages

      Extreme weather wreaks heavy economic and human cost
      – Floods are most common reported hazard
      - African glaciers – including iconic Mt #Kilimanjaro - are vanishing
      - Sea level rise along some African coasts outpaced the global average since 1999
      - Africa faces critical gap in early warning systems but is making progress

      –-

      he African continent is warming faster than the global average, and the rate of warming across the continent since 1991 is substantially higher than in any of the previous 30-year periods. The annual mean surface air temperature averaged over land areas in 2025 ranked between the third and seventh warmest on record, depending on the dataset used, according to the report.

      Extreme weather is hitting the continent hard. Floods accounted for more than half of reported events – for instance severe flooding in Nigeria in May led to over 200 deaths, and flooding in the Democratic Republic of the Congo in April led to over 160 deaths. The 2024/2025 tropical cyclone season was particularly active in the South Indian Ocean. Drought affected more than 8.5 million people in East Africa.

      https://www.youtube.com/watch?v=MMwJ4-LQz5I

      https://wmo.int/resources/publication-series/state-of-climate-africa/state-of-climate-africa-2025
      #climat #rapport

  • Les chemins de Marc Bloch
    https://laviedesidees.fr/Les-chemins-de-Marc-Bloch

    Historien, citoyen, résistant : la figure de Marc Bloch invite à penser le rôle public des sciences sociales. À l’occasion de sa panthéonisation, Patrick Boucheron éclaire une vie consacrée à la recherche historique au service de la société, où la rigueur érudite se confond avec l’exigence de liberté.

    #Histoire #république #résistance #histoire_intellectuelle

  • À #Paris, le mauvais méli-mélo du #préfet de police pour interdire un concert organisé par #LFI | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/180626/paris-le-mauvais-meli-melo-du-prefet-de-police-pour-interdire-un-concert-o
    #barbes
    dans la foulée d’un rassemblement « entre Barbès et la place de la #République »

    La #préfecture argue ensuite qu’elle ne peut assurer de manière certaine la sécurisation du lieu, puisque « les forces de sécurité intérieure seront particulièrement mobilisées » sur d’autres sites pendant la Fête de la musique. Elle rappelle les incidents qui avaient eu lieu le 21 juin 2025 à Châtelet-les-Halles, mais aussi les récentes « #exactions » lors de la finale de la Ligue des champions le 30 mai. Elle invoque par ailleurs le contexte « de menace terroriste aiguë ayant conduit au relèvement du plan Vigipirate ».

    Une démonstration qui a de quoi laisser perplexe : pourquoi dès lors autoriser #Spotify à organiser une soirée gratuite, et qui s’annonce massive, avec DJ sets et concerts place de la Bastille, à seulement quatre stations de métro ?

    Un arrêté « rempli de faussetés » pour #Médine
    Le troisième argument avancé par la préfecture est plus étonnant encore. Il concerne le profil des artistes prétendument invités à monter sur scène, à savoir les rappeurs Médine et #Soso_Maness. Au premier, elle reproche ses « #prises_de_position_controversées » et lui impute un « soutien sans équivoque » à Dieudonné et un tweet « jugé antisémite » – des accusations battues en brèche par le rappeur qui s’en est maintes fois expliqué. Au second, elle fait grief d’avoir scandé le slogan « tout le monde déteste la police » en marge d’un #concert de la Fête de L’Humanité.

    Mais problème : au-delà des raisons discutables invoquées par les autorités, aucun de ces artistes n’a en réalité été convié à monter sur scène par LFI, le 21 juin. S’il a un temps été envisagé comme possible intervenant, Soso Maness confirme à #Mediapart n’avoir pas été « prévu ».

    Également contacté, Médine dément lui aussi avoir été programmé, bien qu’il ait été tête d’affiche l’an passé et compte participer à la marche qui précède le concert. Il dénonce l’arrêté de la préfecture « rempli de faussetés [le] concernant ». La militante #Assa_Traoré, elle, est présentée par la préfecture de Paris comme devant monter sur scène place de la République, alors qu’elle doit seulement participer à la marche contre le #racisme avec le #Comité_Adama.

    lien avec l’actualité strasbourgeoise ?
    https://www.rue89strasbourg.com/strasbourg-lfi-phare-citadelle-meeting-soutien-palestine-390993

    • Ne pas confondre avec le concert pro-israélien qui, lui, semble avoir les faveurs du préfet.
      https://www.i24news.tv/fr/actu/vu-sur-i24news/artc-fete-de-la-musique-a-paris-israel-a-l-honneur

      À l’occasion de la Fête de la musique, l’association The Truth organise un événement inédit à Paris : une grande célébration de la musique israélienne sur la place Victor-Hugo, dans le 16e arrondissement.

      Invité sur i24NEWS, Alexandre François, vice-président de l’association, a présenté cette initiative comme un moment de rassemblement et de partage. « Dès qu’on parle d’Israël en France, c’est un acte de résistance », affirme-t-il. Un constat qui a poussé les organisateurs à mettre à l’honneur une culture qu’ils jugent trop souvent réduite aux seuls enjeux politiques.

      Au programme : artistes israéliens, chanteurs franco-israéliens et DJ venus faire découvrir la richesse et la diversité de la scène musicale israélienne. Parmi les invités figurent notamment Tal Vaknin, les interprètes de la comédie musicale Le Sel et le Miel, ainsi que plusieurs DJ populaires auprès du public israélien.

      […]

      L’événement, qui se déroulera de 17h à 21h, bénéficiera d’un important dispositif de sécurité mis en place en coordination avec les autorités françaises et le SPCJ. Une organisation désormais bien rodée puisque cette fête est organisée pour la troisième année consécutive.

    • Fête de la Musique : Tal Vaknin, réserviste et soutien de l’armée israélienne, monte sur scène à Paris
      https://www.aa.com.tr/fr/france/f%C3%AAte-de-la-musique-tal-vaknin-r%C3%A9serviste-et-soutien-de-l-arm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-monte-sur-sc%C3%A8ne-%C3%A0-paris/3971927

      Un concert de musique israélienne mettant à l’affiche le chanteur Tal Vaknin, réserviste actif ayant publiquement affiché son soutien à l’armée israélienne, soupçonnée de génocide à Gaza par plusieurs institutions internationales, est organisé place Victor Hugo à Paris.

      L’artiste, qui s’est fréquemment mis en scène en uniforme militaire, chantant des hymnes de soutien et des prières pour les troupes de Tsahal, va se produire dimanche lors d’un concert parrainé par l’association « The Truth », de 17h00 à 21h00 dans le cadre de la Fête de la Musique.

      Jeudi, un concert gratuit organisé par le mouvement la France Insoumise (LFI), programmé dimanche soir place de la République, avait été annulé par arrêté préfectoral.

      La préfecture a invoqué le risque de troubles à l’ordre public et la présence d’« invités controversés ».

      Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement LFI, avait réagi avec virulence, dénonçant un « scandale démocratique grave ».

      Il avait accusé le président du CRIF, Yonathan Arfi, et le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil, d’avoir fait pression sur le préfet pour obtenir l’interdiction du concert LFI.

      Un recours en référé a été déposé en urgence contre l’arrêté devant le tribunal administratif.

    • Et finalement, La France insoumise obtient gain de cause. Le tribunal administratif a décidé, ce vendredi 19 juin, de suspendre l’interdiction émise par la préfecture de police de Paris concernant les concerts organisés par le mouvement mélenchoniste place de la République pour la Fête de la musique, avançant « qu’aucun des éléments produits par le préfet ne permettait de conforter [les risques de troubles à l’ordre public] ».

      https://www.liberation.fr/politique/fete-de-la-musique-le-tribunal-administratif-autorise-le-concert-de-lfi-a

    • Dans l’article de Libé signalé par MadMeg

      L’événement pensé dans le prolongement de « la marche contre le racisme et l’extrême droite » lancée par le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko – et qui, en début d’après-midi, s’élancera à Paris de Barbès pour descendre le boulevard Magenta – pourra donc bien se tenir dimanche.

      Dans un autre un peu plus tard.
      Bras de fer La Licra demande au maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, de ne plus utiliser un logo ressemblant au sien
      https://www.liberation.fr/politique/la-licra-demande-au-maire-de-saint-denis-bally-bagayoko-de-ne-plus-utilis

      Un symbole similaire aux trois visages de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) est utilisé par la commune depuis 2024, avant l’élection du nouveau maire insoumis. Ce dernier critique le timing de la requête.

      https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/seine-saint-denis/la-licra-reclame-le-retrait-d-un-logo-de-saint-denis-semb

      La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme demande à la municipalité de Saint-Denis d’abandonner son identité visuelle aux trois visages, pointant un risque de confusion avec sa propre marque. Une démarche purement technique selon l’association, mais fermement contestée par le nouvel édile Bally Bagayoko, qui dénonce un calendrier suspect et un coût financier lourd pour la commune.

      La Licra qui reproche à Bally Bagayoko de copier sa marque. ça va me faire la journée. Je connais l’idéologie de la licra qui est moins nette que la nouvelle france du maire de 93 et de son compagnonnage.

  • La dévastation de l’Iran par les #Sanctions américaines
    https://lvsl.fr/la-devastation-de-liran-par-les-sanctions-americaines

    Depuis plus de vingt ans, les sanctions occidentales contre l’Iran sont présentées comme un moyen d’affaiblir la République islamique et de permettre à la population de la renverser. Leur impact fut tout autre : effondrement du pouvoir d’achat, inflation et dépréciation, paupérisation des classes moyennes et pénuries de certains biens essentiels. La dégradation des indicateurs macro-économiques et du niveau de vie des Iraniens est étroitement corrélé aux périodes de renforcement des sanctions, qui compromettent notamment les exportations pétrolières de Téhéran. Dans le même temps, les Gardiens de la révolution ont profité des circuits parallèles générés par l’embargo pour développer un vaste réseau affairiste. Et si la guerre déclenchée par les #Etats-Unis avait pour objectif de pallier (…)

    #International #embargo #impérialisme #Iran #République_islamique_d'Iran #Sanctions_économiques

  • Paludisme : À #Kinshasa, un réseau national lance le programme « Inverser la tendance » et fête ses 10 ans
    https://redasadki.me/2026/05/11/paludisme-a-kinshasa-un-reseau-national-lance-le-programme-inverser-la-ten

    KINSHASA (9 mai 2026) – Un samedi matin, dans une salle de l’Université Mazenod de Kitambo, les premiers arrivés ouvrent les fenêtres et alignent des chaises. Plusieurs portent un maillot blanc marqué du nom de la Fondation Apprendre Genève. Cent trente-deux Scholars congolais avaient confirmé leur participation. Quarante-trois se sont connectés depuis Mbandaka, Kasumbalesa, Lubumbashi, […]

    #Malaria #The_Geneva_Learning_Foundation #10ème_anniversaire_de_la_Fondation_Apprendre_Genève #Ambassadeurs_de_la_Fondation_Apprendre_Genève #français #malaria #République_démocratique_du_Congo #Tenth_anniversary_of_The_Geneva_Learning_Foundation

  • Un républicanisme réinventé
    https://laviedesidees.fr/Un-republicanisme-reinvente

    L’Amérique hispanique n’a pas été qu’un réceptacle d’influences politiques, intellectuelles et institutionnelles venues de la Vieille Europe. Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, les territoires du Bassin de la Plata réinventent la modernité républicaine.

    #Politique #république #Amérique_latine #républicanisme #indépendance #Argentine
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260423_republicanismehispanique.pdf

  • Travail le #1er-Mai : le bloc central, favorable au texte, défend une #motion-de-rejet pour ’éviter des discussions sans fin’ | LCP - #Assemblée-nationale
    https://lcp.fr/actualites/travail-le-1er-mai-le-bloc-central-favorable-au-texte-defend-une-motion-de-rejet

    Les #députés du parti présidentiel ont présenté, ce vendredi 10 avril, une motion de rejet pour contrer « l’obstruction parlementaire » de la gauche sur la #proposition-de-loi « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai ». Si la motion est adoptée, elle aura pour effet d’accélérer le processus législatif.

    Même procédé que pour la loi #Duplomb. Parce que ce sont #nos_valeurs !!!

  • Estados Unidos llega a un acuerdo con la República Democrática del Congo para deportar a migrantes de terceros países

    Los Gobiernos de Estados Unidos y la República Democrática del Congo (RDC) llegaron a un acuerdo para la deportación de migrantes de terceros países desde el país norteamericano, informó este domingo el Ministerio de Comunicación congoleño. Las expulsiones comenzarán este mismo mes de abril, en lo que Kinsasa ha descrito como un “dispositivo de acogida temporal” que será “llevado a cabo respetando la soberanía nacional y las exigencias de la seguridad interior“, y no un “mecanismo de reubicación permanente” ni una “externalización de políticas migratorias”, según ha publicado el Ministerio en su cuenta de la red social X.COMMUNIQUÉ

    La #RDC met en œuvre, dès avril 2026, un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers, dans le cadre d’un partenariat avec les États – Unis.

    Ce mécanisme, sans impact sur le Trésor public, s’inscrit dans le respect de la souveraineté nationale, des… pic.twitter.com/C76RXdkixPKinsasa ha asegurado que el país africano no asumirá la carga financiera de las expulsiones. “La gestión logística y técnica del dispositivo será garantizada por el Gobierno estadounidense a través de estructuras especializadas en los movimientos de personas en todo el mundo, que abordan tanto la migración regular como los desplazamientos forzados”, ha añadido el Ministerio congoleño.Desde su regreso a la Casa Blanca en enero del año pasado, el presidente estadounidense, Donald Trump, ha impulsado las expulsiones exprés y, a tal efecto, ha firmado acuerdos con varios países, entre ellos El Salvador, Esuatini (la antigua Suazilandia), Ghana, Ruanda, Uganda, Sudán del Sur y Guinea Ecuatorial, para la deportación de inmigrantes en suelo estadounidense. Como parte de su campaña de deportaciones masivas y con un gran secretismo, la Administración de Trump presionó a por lo menos 30 gobiernos de África para que aceptaran recibir a migrantes, de acuerdo con una investigación de The New York Times y la información que ha salido a cuentagotas desde esos países.Organizaciones de derechos humanos han pedido a los países africanos que rechacen pactos de expulsión firmados con Estados Unidos y han denunciado que los ya existentes exponen a cientos de personas a riesgos de detención arbitraria, malos tratos y devolución forzada a países donde podrían sufrir persecución o tortura.En medio de la polémica por las deportaciones masivas, que también ha sido criticada por la Unión Africana al criticar a Estados Unidos de externalizar la gestión migratoria a países con menos recursos, la RDC ha defendido que no se prevé ningún traslado automático y que cada caso será examinado de forma individual, conforme a las leyes del país y su seguridad nacional. El Gobierno congoleño ha señalado que tendrá “pleno control” sobre las decisiones relativas a la admisión, condiciones de estancia, retirada de estatus temporal y los mecanismos de retorno.Los migrantes deportados desde Estados Unidos serán trasladados en infraestructuras situadas en la zona metropolitana de Kinsasa, con el objetivo de garantizar un “seguimiento administrativo, de seguridad y humanitario eficaz”, según detalla el comunicado.El acuerdo, cuyas negociaciones adelantó Efe el sábado, coincide con un acercamiento entre ambos países para acabar con el conflicto en las provincias congoleñas orientales entre el Ejército de la RDC y el rebelde Movimiento 23 de Marzo (M23), apoyado por Ruanda. Desde 1998, el este de la RDC está sumido en un conflicto alimentado por numerosas milicias rebeldes y el Ejército, pese a la presencia de la Misión de Estabilización de las Naciones Unidas en la República Democrática del Congo (Monusco).La reanudación de los vuelos de deportación desde Estados Unidos a terceros países se activó después de que el Tribunal Supremo autorizara el pasado junio a Trump a efectuar estas expulsiones, un triunfo para su política de mano dura contra la inmigración. Un informe publicado el pasado febrero por los demócratas que integran el comité de Relaciones Exteriores del Senado de Estados Unidos muestra que Washington ha gastado más de 40 millones de dólares (unos 33,8 millones de euros) en deportar a 300 inmigrantes a terceros países en el último año.

    https://medios.mugak.eu/noticias/733413/noticia
    #Etats-Unis #USA #RDC #République_démocratique_du_Congo #migrations #réfugiés #expulsions #externalisation #pays-tiers #accord

    –—

    ajouté à la métaliste sur les tentatives de différentes pays européens d’#externalisation non seulement des contrôles frontaliers (https://seenthis.net/messages/731749), mais aussi de la #procédure_d'asile dans des #pays_tiers :
    https://seenthis.net/messages/900122

  • Six points factuels sur l’Iran, au-delà du brouillard médiatique
    https://lvsl.fr/six-points-factuels-sur-liran-au-dela-du-brouillard-mediatique

    La #République_islamique vacillerait sous les bombes. La population iranienne attendrait une libération venue des airs. Les #Etats-Unis interviendraient pour conjurer le risque du programme nucléaire iranien. Les Israéliens n’auraient aucune visée expansionniste. Depuis le commencement de la guerre, ces éléments sont ressassés par une série d’« analystes », parfois liés aux Etats-Unis - ou au fils du « Shah » d’Iran -, qui donnent la réplique à d’authentiques experts dans les débats télévisés. Face à cette confusion entre information et #Propagande, une frange de l’opinion tend à rejeter en bloc le discours médiatique, et à idéaliser la vie ordinaire des Iraniens d’avant les bombardements - malgré l’extrême brutalité de la répression qui s’est abattue sur les manifestants en janvier 2026. (…)

    #International #Gardiens_de_la_révolution #Guerre_en_Iran #impérialisme #Iran #médias

  • #Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale

    Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.

    C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.

    Une recherche camouflée en #Afrique centrale

    En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.

    Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.

    L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.

    Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.

    Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.

    La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.

    La matière première de la recherche

    C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.

    Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.

    Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.

    Quand la recherche devient-elle « extractive » ?

    Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.

    Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.

    Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.

    Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.

    Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.

    Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.

    Résonnances actuelles

    Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.

    Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.

    L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.

    https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
    #science #recherche #extractivisme

    • Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale

      Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.

      Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.

      https://luxediteur.com/catalogue/operation-bangui
      #livre

  • #Kanaky-Nouvelle-Calédonie : L’État macroniste n’en finit plus de #coloniser - Survie
    https://survie.org/decolonisons/prepublications/article/kanaky-nouvelle-caledonie-l-etat-macroniste-n-en-finit-plus-de-coloniser

    Le gouvernement entend faire (très) vite pour appliquer le pseudo accord de #Bougival, et son complément, l’accord #Elysée-Oudinot, conclu en janvier une fois encore sans le FLNKS. Un pari incertain d’un point de vue parlementaire, qui ne peut qu’enfoncer davantage la Kanaky-Nouvelle-Calédonie dans la crise.

    On ne pourra pas reprocher à l’#État #macroniste un manque de constance. En Kanaky-#Nouvelle-Calédonie (#KNC), le président de la #République et sa clique auront œuvré assidûment au sabotage du processus de décolonisation, puis à la perpétuation de la mainmise de la France sur l’archipel, quitte à mettre fin sur place à trente-six années d’une paix fragile. Une contre-offensive coloniale interrompue un temps par l’insurrection indépendantiste du 13 mai 2024, réprimée dans le sang, mais qu’Emmanuel Macron n’a pas tardé à reprendre avec la même irresponsabilité.

    (...)

    Le 19 janvier est annoncé un nouvel « accord unanime », selon la formule hallucinée du président de la République – oubliant commodément que le FLNKS reste à ce jour le seul représentant du peuple kanak reconnu au niveau international.

    (...)

  • Überfälliger Aufbruch - Der Sieg der Volksfront in Spanien im Februar 1936
    https://www.unsere-zeit.de/ueberfaelliger-aufbruch-4811709


    Große Freude im April 1931: Wie hier in Barcelona feierten die Menschen die Zweite Spanische Republik. Fünf weitere Jahre mussten sie kämpfen, bevor die Volksfront 1936 die Wahlen gewann. (Foto: Bundesarchiv, Bild 102 – 11543 / CC-BY-SA 3.0 / Bearb.: UZ)

    Die Parlamentswahlen vom 16. Februar 1936 bescherten Spanien ein politisches Erdbeben. 277 der 441 zu vergebenden Sitze in der Cortes, dem Zentralparlament in Madrid, entfielen auf die Volksfront, den Zusammenschluss von Sozialistischer Arbeiterpartei Spaniens (PSOE), Kommunistischer Partei Spaniens (PCE), Republikanischer Union, Linksrepublikanern und Syndikalistischer Partei, einer Abspaltung der anarchistischen Gewerkschaft CNT. Die bis dahin amtierende rechtsgerichtete Regierung räumte widerwillig das Feld. Zum ersten Mal bestand eine realistische Aussicht, dass in Spanien die schon viel zu lange verschleppte Modernisierung von Politik, Ökonomie und Kultur einsetzen würde. Dabei hatte es in der Vergangenheit nicht an Vorstößen in dieser Richtung gefehlt.

    Erste Republik

    Im Zuge der Revolution von 1868 hatten sich Republikaner zusammen mit fortschrittlichen Offizieren gegen die spanische Monarchie erhoben. Königin Isabella II. musste nach Frankreich emigrieren. Aber die reaktionären Kräfte waren stark. Ein Bündnis aus Royalisten und Liberalen setzte durch, dass die Krone Amadeo von Savoyen, einem Sohn des italienischen Königs Emanuel II., übertragen wurde. Allerdings zeigte sich der neue Monarch überfordert damit, die sich nun in Spanien verschärfenden Klassenkonflikte und die erstarkende Arbeiterbewegung im Zaum zu halten. 1873 endete Amadeos glücklose Regentschaft und das Parlament proklamierte die Erste Republik. Die anschließenden Wahlen brachten einen überwältigenden Sieg der republikanischen Kräfte. Der Sozialist Francisco Pi i Margall wurde Regierungschef. Unter seiner Führung wurde ein sozialrevolutionäres Programm ins Auge gefasst, das aber bereits in ersten Ansätzen stecken blieb. Nicht nur Konservative und Monarchisten, auch anarchistisch beeinflusste Teile der Arbeiterbewegung verweigerten Margall die Gefolgschaft. So in die Defensive gedrängt, musste er 1874 einem rechten Militärputsch weichen. Dieser schuf die Voraussetzung für die Wiederherstellung der Monarchie.

    Die beim Scheitern der Ersten Republik deutlich gewordene Spaltung der Arbeiterbewegung sollte sich auch weiterhin hemmend auswirken. Die Mitgliederentwicklung der 1879 gegründeten Sozialistischen Arbeiterpartei Spaniens stagnierte und lag kurz vor dem Ersten Weltkrieg bei 12.000 Mitgliedern. Die Anarchisten, die es in Spanien zu einer Stärke brachten wie in kaum einem anderen europäischen Land, hatten 1911 die Nationale Arbeiterkonföderation (CNT) gegründet. Anders als in Deutschland, wo sich die Anhänger von Lassalle und Marx 1875 in einer einheitlichen Arbeiterpartei zusammengeschlossen hatten, gelang es in Spanien nicht, die das Proletariat durchziehenden Konfliktlinien zu überwinden.

    Niedergang

    Es war ein Glück für das spanische Volk, dass sich seine Regierung im Ersten Weltkrieg für eine Position der Neutralität entschied. Aber den brennenden sozialen Problemlagen wurde dadurch nicht abgeholfen. Spanien war vor allem eins: eine gewesene Großmacht, ein Land im Niedergang. Der ehemals beträchtliche Kolonialbesitz in Süd- und Mittelamerika war längst verloren. 1898 unterlag man im Krieg gegen die USA und musste die Herrschaft über Kuba, Puerto Rico und die Philippinen aufgeben. Zu Beginn des 20. Jahrhunderts waren Spanien nur noch Teile von Marokko, der Westsahara und Äquatorial-Guinea geblieben. Und der Versuch, diese dürftigen Reste des einstigen Großreichs zu halten, gelang nur um den Preis hoher militärischer Verluste, welche in Spanien zu proletarischen Antikriegsaktionen führten.

    Spanien war in weiten Teilen ein Agrarland. 200.000 Großgrundbesitzern standen drei Millionen verarmte Kleinbauern und zwei Millionen landlose Agrararbeiter gegenüber. Elende Lebensbedingungen, Analphabetismus und ein niedriges kulturelles Niveau kennzeichneten das Leben der Massen auf dem Land. Die katholische Kirche übte eine erstickende, reaktionäre Dominanz über das geistige Leben aus.

    Die spanische Industrie konzentrierte sich in Zentren wie Katalonien, Asturien, im Baskenland, um Madrid, Valencia und Málaga. Die spanische Bourgeoisie tat wenig, um für ihre Erweiterung zu sorgen und sah es vielfach als gewinnträchtiger an, das vorhandene Kapital im Ausland anzulegen. Das politisch gespaltene Proletariat konnte nur schwer sozialen Widerstand gegen ein Regime brutalster Ausbeutung entwickeln. Die berühmte spanische Kommunistin und Antifaschistin Dolores Ibárruri hat in ihrer Autobiografie ihre Kindheit in einer baskischen Bergarbeitersiedlung und die dort herrschenden, geradezu mörderischen Lebens- und Arbeitsbedingungen geschildert.

    Die sozialen Spannungen nahmen zu. Vor allem der Umstand, dass die Regierung das Leben tausender Soldaten für ihre Kolonialkriegsführung in Nordafrika opferte, führte zu weiterer Eskalation. Um den daraus resultierenden Gefahren für die bestehende Ordnung zu begegnen, wurde 1923 in Absprache mit dem Königshaus eine Diktatur unter dem rechtsgerichteten General Primo de Rivera installiert. Die PSOE entschied sich dafür, mit dem Militärherrscher zu kooperieren und sicherte sich so ihren legalen Status. In den Untergrund hingegen musste die Kommunistische Partei.

    Kommunistische Partei

    Die noch junge PCE war, wie in anderen Ländern auch, im Gefolge der Oktoberrevolution aus der Sozialdemokratie ihres Landes hervorgegangen. In der PSOE hatte es zunächst starke linke Stimmungen gegeben, so dass die Partei sogar die Mitgliedschaft in der Komintern beantragte. Allerdings steckte der Teufel im Detail. Bei der näheren Beschäftigung mit den 21 Aufnahmebedingungen der Komintern brachen die Meinungsverschiedenheiten auf. Der PSOE-nahe Gewerkschaftsverband UGT gehörte dem sozialdemokratisch geprägten Internationalen Gewerkschaftsbund an, was mit den Statuten der Komintern nicht vereinbar gewesen wäre. Auch sorgte die geforderte strikte Beschlussverbindlichkeit im Geiste des von Lenin ausgearbeiteten Demokratischen Zentralismus für Unmut in der PSOE. Beim Kongress der Partei im Jahre 1920 spaltete sich der Pro-Komintern-Flügel ab und konstituierte sich als Kommunistische Arbeiterpartei Spaniens.

    Nahezu zeitgleich hatte sich der Jugendverband der PSOE von der Mutterpartei getrennt und die Spanische Kommunistische Partei gegründet. Schnell setzte sich jedoch die Erkenntnis durch, dass eine solche Doppelgleisigkeit nicht sinnvoll ist, was schon ein halbes Jahr später zur Verschmelzung der beiden Parteien führte. Die neugebildete Formation hieß nun Kommunistische Partei Spaniens und wurde Sektion der Komintern.

    Der Umstand, dass in Spanien der Anarchismus beziehungsweise Anarchosyndikalismus traditionell stark waren, hatte Einfluss auf die PCE. Ihre Mitgliedschaft war zunächst recht überschaubar und konzentrierte sich in den Bergbaurevieren von Asturien und im Baskenland. In der Partei herrschte eine Tendenz zu sektiererischer Abkapselung und ultralinker Bündnisfeindlichkeit, was einer umfassenden Massenverankerung entgegenstand. Die Illegalität unter Primo de Rivera tat ihr Übriges zu dieser Fehlentwicklung.

    Zweite Republik

    Der Stern des Militärdiktators begann jedoch mit dem Ende der Zwanzigerjahre zu sinken. Er verlor den Rückhalt des Königshauses, da seine repressiven Methoden vor der Lösung der drängenden Probleme versagten. 1930 trat er zurück und überließ das Feld General Dámaso Berenguer Fusté, der nun die Rückkehr zur parlamentarischen Monarchie bewerkstelligen sollte. Aber auch Berenguer zeigte sich seiner Aufgabe nicht gewachsen. Die überlebte, unfähige Monarchie sah sich immer stärker werdenden Kräften aus der Arbeiterbewegung bis ins Bürgertum gegenüber, die nun endlich den Bruch mit der Vergangenheit herbeiführen wollten. Die Kommunalwahlen am 12. April 1931 brachten den Sieg für eine Mehrheit aus bürgerlichen Republikanern und PSOE. Die Kräfte der Reaktion waren nun so weit geschwächt, dass zwei Tage später die Zweite Republik ausgerufen werden konnte. Die PCE hatte an diesem Aufbruch jedoch nicht teilgenommen. In ihren Reihen fand man keinen Geschmack an der Vorstellung, für die Errichtung einer doch letztlich bürgerlichen Republik zu Felde zu ziehen und rief stattdessen lieber zur umgehenden Errichtung der Sowjetmacht auf – eine Forderung, die an den realen Gegebenheiten zweifellos vorbei zielte. Und dennoch war die Skepsis der PCE gegenüber der neuen Ordnung nicht ohne Grund. Schon bald war die Aufbruchstimmung verflogen. Die Regierung aus PSOE und Republikanern bot gegenüber den etablierten Eliten aus Kapital, Militär, Kirche und Großgrundbesitz das Bild eines zahnlosen Tigers. Um wirksame soziale Reformen umzusetzen, hätte es eines Höchstmaßes an Energie bedurft sowie der Bereitschaft, die Besitzstände der herrschenden Klasse anzugreifen. Aber nichts davon ließ die Regierung erkennen.

    Unter den Arbeitern und Bauern griff die Enttäuschung um sich und entlud sich in Streikbewegungen, welche die Regierung blutig niederschlagen ließ – was sie nur noch mehr diskreditierte. 1932 putschte eine Gruppe monarchistischer Offiziere gegen die Republik. Allerdings scheiterte das Unternehmen kläglich. Das lag nicht zuletzt daran, dass sozialistische, anarchistische und kommunistische Arbeiter diesmal ihre Differenzen zurückstellten und den Putschisten entschlossen entgegentraten. Der seit 1932 amtierende Generalsekretär der PCE, José Díaz, hatte eine Abkehr des bislang maßgebenden ultralinken Kurses durchgesetzt, was sich im Wachstum der Mitgliederzahlen der PCE niederschlug. Im Vordergrund sollte nun eine Bündnisorientierung zur Abwehr der reaktionären Offensive stehen.

    Aufstand

    Dennoch hatte der blamable Opportunismus der sozialistisch-republikanischen Regierung Konsequenzen. Bei den Wahlen zur Cortes 1933 verlor sie ihre Mehrheit an einen vereinigten Rechts­block aus Monarchisten und Faschisten. Geholfen hatten diesen nicht zuletzt der Aufruf zum Wahlboykott durch die Anarchisten. Die neue Regierung unter Ministerpräsident Alejandro Lerroux machte sich umgehend daran, die mehr als dürftigen Reforminitiativen der Vorgängerregierung, etwa zur Trennung von Staat und Kirche, rückgängig zu machen. In Industrie und Landwirtschaft wurden Löhne gesenkt und Arbeitszeiten verlängert. Dieser Vorstoß sollte sich jedoch als Stich ins Wespennest erweisen. Im Sommer 1934 wurde das Land von einer großen Streikbewegung erfasst. Im Oktober wurde der Generalstreik ausgerufen. In Asturien erhoben sich die Bergarbeiter und griffen zu den Waffen. Sozialisten, Kommunisten und Anarchisten bildeten gemeinsame Revolutionskomitees. Es folgte die Proklamation der Arbeiter- und Bauernmacht. In Katalonien scheiterte der Aufstand, da den dortigen Anarchisten die Ziele der Erhebung nicht weit genug gingen. Mit der Niederschlagung der asturischen Erhebung beauftragte die Regierung General Francisco Franco, dessen Fremdenlegionäre unter den Aufständischen ein Blutbad anrichteten. Gefangen genommene Arbeiter wurden vielfach gefoltert, bevor man sie hinrichtete.

    Sieg der Hoffnung

    Aber die Niederschlagung des Asturien-Aufstands wurde für die Regierung des Rechtsblocks zum Pyrrhus-Sieg. Die Vereinigungsbestrebungen auf linker und republikanischer Seite waren nun nicht mehr aufzuhalten. Gemeinsam kämpfte man für die Freilassung der inhaftierten Teilnehmer des Aufstands und vertiefte so die Zusammenarbeit. Die Regierung wurde währenddessen von Skandalen erschüttert. Ministerpräsident Lerroux stand im Mittelpunkt einer Korruptionsaffäre. Der desolate Zustand der Regierungsmannschaft veranlasste Präsident Zamora schließlich 1936, Neuwahlen anzusetzen. Die Anarchisten gaben ihre Orientierung zum Wahlboykott auf, so dass am 16. Februar 1936 die Volksfront triumphierte und die arbeitenden Menschen Spaniens mit neuer Hoffnung erfüllte.

    #Espagne #histoire #république #front_populaire

  • Oradour coloniaux français et mythologie nationale - AOC media
    https://aoc.media/analyse/2025/12/17/oradour-coloniaux-francais-et-mythologie-nationale/?loggedin=true

    Forgée pour les besoins de la très mauvaise cause défendue par les forces partisanes et médiatiques que l’on sait, « l’affaire Aphatie » doit être analysée comme un symptôme qui confirme l’influence croissante des adeptes du roman national. Et ce dernier s’impose d’autant plus que, depuis longtemps, les mêmes s’acharnent à disqualifier les sciences humaines et sociales, et les universités, toutes accusées « d’islamo-gauchisme » et de « wokisme[4] ». Relativement marginales il y a encore quelques années, ces incriminations abracadabrantesques sont désormais défendues des #extrêmes-droites jusqu’au mal nommé « bloc central » qui partage avec celles-ci nombre de représentations, d’éléments de langage et de propositions programmatiques.

    Les doctes gardiens du temple national-républicain soutiennent que la comparaison des #massacres coloniaux avec la tuerie commise par la 2e division blindée SS « Das Reich » dans le village martyr de la Haute-Vienne, serait indécente et nouvelle ; il n’en est rien et leurs affirmations péremptoires témoignent de leur ignorance crasse de l’#histoire. En décembre 1945, à l’Assemblée constituante, Pierre Fayet, député du Parti communiste algérien, dénonce les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata qui ont débuté le 8 mai de la même année. Au regard des méthodes employées, du nombre de civils exécutés sommairement – entre 30 000 et 35 000 victimes –, souvent torturés et dont les corps ont été parfois brûlés dans les fours à chaux proches d’Héliopolis pour tenter de faire disparaître les preuves des crimes commis, cet élu déclare que ces horreurs rappellent celles d’Oradour-sur-Glane[5].

    #république #mythe #massacre #colonialisme #déni

  • #RDC : après le pillage rwandais, la prédation américaine ?
    https://lvsl.fr/rdc-apres-le-pillage-rwandais-la-predation-americaine

    « Deal » imposé à l’Ukraine, forçant des investissements miniers américains sous menace de livrer le pays à l’invasion russe. « Deal » imposé à l’Union européenne, contraignant le Vieux continent à des droits de douane asymétriques et des achats d’armes américaines, sous menace d’un désengagement militaire. « Deal » imposé à l’Arménie ouvrant la voie à des investissements pétroliers américains pour un siècle, sous menace de laisser libre cours à la campagne d’épuration ethnique du gouvernement azéri. « Deal » imposé à Gaza, préfigurant une colonisation économique de la bande, sous menace de laisser Israël poursuivre son entreprise génocidaire. Ces accords sont désormais la marque de fabrique des Etats-Unis, qui cherchent à enrayer leur déclin par des coups de force. Dernier en date : un « deal » entre la République démocratique du (...)

    #International #Deal #impérialisme #M-23 #république_démocratique_du_Congo

  • Immigration irrégulière : Londres menace l’#Angola, la #Namibie et la #RDC de « chantage aux #visas »

    Selon Londres, des « milliers » d’Angolais, de Namibiens et de Congolais se trouvent en en situation irrégulière au Royaume-Uni après avoir été #déboutés de leur demande d’asile. Et leur pays d’origine ne coopère pas suffisamment pour les reprendre, accuse le Home office qui menace de réduire les visas d’entrée de ces trois pays sur le sol britannique.

    Londres a menacé, lundi 17 novembre, de restreindre l’octroi de visas à trois pays africains qu’il accuse de ne pas coopérer suffisamment pour réadmettre leurs ressortissants en situation irrégulière après qu’ils ont été déboutés de leur demande d’asile. Il s’agit de l’Angola, de la Namibie et de la #République_Démocratique_du_Congo (RDC). Londres juge « inacceptable » leur faible coopération en matière d’#expulsions.

    Ces trois pays « ont un mois » pour améliorer les choses, a prévenu le secrétaire d’État à l’Asile et à la sécurité des frontières #Alex_Norris sur la chaîne Sky News lundi.

    Le Home office fait valoir que « des milliers de migrants en situation illégale originaires de ces pays sont actuellement au Royaume-Uni ».

    Les restrictions de visas s’appliqueraient aux visas de tourisme et visas VIP (pour les personnalités de notoriété publique), a détaillé le ministère, qui prévient qu’elles pourraient s’étendre à d’autres pays, notamment ceux qui affichent « des taux élevés de demandes d’asile » de personnes entrées légalement au Royaume-Uni.

    « Mon message pour les gouvernements étrangers aujourd’hui est clair : acceptez le retour de vos ressortissants ou vous perdrez le privilège de pouvoir entrer dans notre pays », a prévenu la ministre de l’Intérieur #Shabana_Mahmood, citée dans le communiqué.

    La ministre doit présenter dans l’après-midi au Parlement une vaste réforme contre l’immigration irrégulière, pour tenter de réduire les arrivées de migrants au Royaume-Uni depuis le nord de la France sur de petits bateaux, des traversées qui alimentent la montée en puissance du parti d’extrême droite Reform UK. Parmi les mesures déjà annoncées, figurent la réduction de la protection accordée aux réfugiés, qui seront « forcés de rentrer dans leur pays d’origine dès qu’il sera jugé sûr » et la suppression de l’accès automatique aux aides sociales pour les demandeurs d’asile.

    Le gouvernement entend également accélérer les expulsions avec le passage d’une loi qui encadrerait les recours à la Convention européenne des droits de l’Homme.

    Depuis le 1er janvier, 39 292 personnes sont arrivées au Royaume-Uni à bord de petites embarcations, un chiffre qui dépasse celui de l’année 2024 (36 816).

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68174/immigration-irreguliere--londres-menace-langola-la-namibie-et-la-rdc-d
    #UK #Angleterre #chantage #migrations #asile #réfugiés #sans-papiers #réadmission #renvois

  • 1789 : les révolutionnaires défendaient-ils vraiment la démocratie ? Avec Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/1789-les-revolutionnaires-defendaient-ils-vraiment-la-democratie-1425270


    La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789. Un tableau de Claude Cholat ©Getty - DE AGOSTINI PICTURE LIBRARY

    Le terme “démocratie”, semble se brouiller, et se charger de sens nouveaux. Il pourrait connaître une nouvelle étape de son histoire : de l’Antiquité à la Révolution française jusqu’à aujourd’hui, il fut admiré, décrié, et finalement adopté comme valeur suprême à partir du 19e siècle.

    (...) Quelle vision de la démocratie avaient les fondateurs de nos régimes politiques ? Comment les élites politiques se sont-elles appropriées ce terme, jusqu’à en changer le sens ?

    (en écho à La haine de la démocratie des classes politiques et dirigeants de tous poil)

    #toctoc #audio #république #démocratie #histoire

  • Retrouver les enfants congolais non-vaccinés : des acteurs de tout le pays lancent le premier Accélérateur zéro-dose pour renforcer la mise en oeuvre et le suivi
    https://redasadki.me/2025/11/14/retrouver-les-enfants-congolais-non-vaccines-des-acteurs-de-tout-le-pays-l

    « Si je réussis mon projet de terrain, je m’attends à avoir au moins vacciné 345 enfants ». Cet engagement n’a pas été pris par un ministre dans la capitale, mais par Jérémie Mpata Lumpungu, infirmier titulaire dans la province du Kasaï. Il n’était pas seul. Lundi 10 novembre 2025, un appel a résonné à travers la #République_démocratique_du_Congo. Depuis Kinshasa, le Dr Josaphat-Francois WETSHIKOY, épidémiologiste, a détaillé son objectif pour les 21 prochains jours : « récupérer 30 % des enfants » non vaccinés dans sa zone cible de 230 000. Barthélemy Daké Saoromou, préparant une stratégie mobile, vise « plus de 500 enfants zéro dose ». Cette détermination palpable, venue de praticiens de tout le pays, a marqué le lancement de l’« Accélérateur d’impact zéro-dose ». Il ne s’agit pas d’une formation ou d’un atelier de plus. (...)

    #Global_health #enfants_zéro-dose #équité #francophone #global_health #Impact_Accelerator #La_Fondation_Apprendre_Genève #peer_learning #RDC #The_Geneva_Learning_Foundation #UNICEF #vaccination

  • La République contre elle-même : que raconte l’étouffement des sections de commune quant au fonctionnement de l’État ?

    Les « #sections_de_commune » constituent une forme particulière et ancestrale de #propriété_collective d’une surprenante actualité. Mais elles font face aux assauts du législateur qui œuvre pour leur disparition.

    La suppression des sections de commune, une des catégories de propriétés collectives ancestrales, s’effectue à bas bruit dans les campagnes françaises. En quelques années, des pans entiers de l’identité et de l’histoire rurales ont été rayés de la carte dans une indifférence quasi générale. Néanmoins, ici et là, des habitants entrent en #lutte, aidés par des associations déterminées [1], ce qui n’arrête pas un mouvement toujours à l’œuvre dans les départements qui contiennent le plus de sections de commune [2]. Malgré une érosion continue (plusieurs disparaissent chaque semaine), il en subsiste des dizaines de milliers en #France [3]. Ce processus illustre la contradiction entre le discours étatique de promotion de la démocratie locale et de soutien à la #ruralité et la réalité d’un #démantèlement presque méthodique des structures vernaculaires d’#autogestion des campagnes. Ce faisant, s’accroît la défiance de la population envers la puissance publique, et réciproquement. Alors que l’enjeu social, écologique, climatique prend chaque jour plus d’ampleur, comment expliquer que des élus qui s’affichent comme d’ardents défenseurs de la ruralité ne regardent pas avec bienveillance la culture foncière collective et le phénomène autochtone qui l’anime ? Cette question en rejoint de nombreuses autres concernant les difficultés qu’a la puissance publique à accueillir l’action des communs fonciers et communautés liées. Pour appréhender ce sujet, une journée d’étude et de débats aura lieu le 17 octobre 2025 au Palais du Luxembourg à Paris [4].

    L’inutilité des #communaux ? Une contre-vérité historique, un contre-sens social

    Depuis le Moyen Âge, et durant des siècles, les sociétés européennes ont reposé en grande partie sur les « communaux » : des #terres_partagées (forêts, landes, marais…) destinées à satisfaire les besoins essentiels des habitants. Ces systèmes fonciers permettaient et permettent encore l’#usage_partagé des #ressources, leur autogestion prudente par les communautés villageoises selon des règles propres. Ils ont contribué à façonner les #paysages, le #patrimoine et des formes de cohésion villageoise. Le #droit actuel y fait encore allusion, mais de manière restrictive et appauvrie, sans reconnaître leur #fonction_sociale ni leurs particularités régionales. L’émergence d’un État moderne valorisant la propriété individuelle et une législation uniforme a peu à peu marginalisé ces formes collectives d’usage des terres et des ressources. L’évolution des modes de vie – moins agricoles – a accentué ce déclin (Vivier 1998). Concernant les sections de commune, la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013 les a classées comme personnes morales de droit public (imposant un carcan que les communautés d’ayants droit n’ont jamais souhaité ni demandé) et, sous couvert de #modernisation, a restreint la possibilité pour elles de disposer d’un organe de gestion autonome (comme les commissions syndicales, aujourd’hui rares). Elle a renforcé le pouvoir des conseils municipaux pour les administrer, y compris pour vendre ou transférer ces biens. Le pouvoir de fixer le destin de ce patrimoine des habitants a donc basculé des populations aux #conseils_municipaux. Leur #disparition est aussi souhaitée par certains élus locaux qui, arguant pourtant de la défense de la ruralité, supportent mal la survivance de systèmes qu’ils voudraient mettre au pas au nom d’une certaine idée de la République centralisée et monolithique (en 2025, des sénateurs ont déposé une proposition de loi sous un titre trompeur mettant en avant l’amélioration de la gestion des sections, alors qu’il est bien question dans l’exposé des motifs de les dissoudre et d’accélérer le transfert aux communes [5]).

    Mais il y a un os : l’administration butte sur la #résistance de ces #communs_fonciers. Ceux-ci, loin d’avoir disparu, survivent sous des formes diverses en maints endroits de l’Hexagone (et ailleurs en Europe). Certes, leur dynamisme varie au gré des lieux et des situations. Mais en période de crise sociale et écologique, les populations fragilisées leur reconnaissent à nouveau un rôle protecteur et utile (Joye 2021). Défendre les communs n’équivaut pas à protéger les privilèges de quelques-uns, comme certaines voix le prétendent parfois. Il s’agit de préserver des ressources essentielles : eau, biodiversité, terres agricoles, savoir-faire anciens, patrimoine culturel immatériel, lieux de rencontre. Les enquêtes menées par la chaire Valcom [6] montrent aussi, à rebours du discours fataliste sur l’individualisme en société, que les populations ont envie de s’impliquer, d’agir et travailler en commun, d’assumer des responsabilités et de transmettre à leur tour cet héritage. Dans le système des sections de commune, les membres ont des droits mais également des devoirs et une éthique de la responsabilité. Ils prennent soin de leur environnement et interviennent sur tout un ensemble de dimensions que l’administration a du mal à appréhender au quotidien et aussi finement.

    Pourquoi s’entêter à supprimer cet héritage ?

    Nos recherches révèlent plusieurs motifs. Il y a ceux que des rapports officiels évoquent sans détour : le besoin de simplification et de rationalisation administratives. Ils discréditent ces dispositifs avec condescendance, arguant qu’ils seraient anciens, folkloriques et incompatibles avec le développement des territoires, d’où la tentation de faire table rase du passé [7]. Cette opinion se trouve dans le rapport officiel de l’Inspection générale de l’administration de 2003 percevant de manière édifiante les sections comme un « régime juridique suranné » et « un frein souvent incompatible avec un aménagement rationnel du territoire rural [8] ». Le groupe de travail qui a produit le rapport n’était composé que de représentants d’administrations (étatiques comme locales), d’associations d’élus locaux et d’institutions spécialisées (comme la Fédération nationale des communes forestières) et de quelques juristes. Jamais les ayants droit aux sections, les associations qui les représentent, ni les élus de leurs commissions syndicales n’ont été conviés, pas plus que dans les travaux préparatoires de ce qui deviendra la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013. L’avenir des communaux ne se discute donc que dans l’entre-soi des pouvoirs publics, certains étant notoirement hostiles aux sections. Sans respecter l’espace de tous les points de vue, ces réflexions révèlent une analyse biaisée, destinée à avaliser un préjugé idéologique négatif de départ. On y lit surtout des complaintes, jamais les actions d’intérêt collectif menées par les populations, ni leurs témoignages. Les sections seraient un poids pour l’administration, l’obligeant à prendre en compte un acteur supplémentaire et épars, la population. Vingt ans après, ce motif est encore entendu.

    Sur le terrain, nous percevons les tensions qui existent par endroits et la concurrence de vision quant à la manière d’assurer la gestion durable des biens. Citons le Programme régional de la forêt et du bois (PRFB) de la région Auvergne-Rhône-Alpes (2019-2029), élaboré sous la responsabilité d’une grande partie des acteurs de la filière, sous la double présidence de l’État et de la région. Il affiche un objectif de prise en compte de la multifonctionnalité des forêts, mais prône l’intégration des #forêts sectionales dans le domaine communal (c’est-à-dire leur suppression). Il mentionne qu’elles « représentent une lourdeur importante en termes de gestion du fait du nombre important d’interlocuteurs au regard des surfaces concernées [9] ». De son côté, l’#Office_national_des_forêts (#ONF), malgré la bonne volonté de ses agents locaux, peine à concilier les différents objectifs forestiers que le législateur a fixés. Il fait primer l’exploitation économique sur la pérennité des usages des communautés villageoises. La gêne des agents se ressent en matière de droit d’affouage [10], où l’ONF adopte souvent une position ambigüe, celle du « oui mais… ». Il reconnaît les usages ancestraux au profit des populations (code forestier, ancrage local), mais ne se précipite pas pour les mettre en œuvre. Il s’abrite derrière les prétendus risques que l’exercice de ce droit engendrerait pour la filière bois, pour la sécurité, pour la gestion durable [11]. De son côté, la Charte de la forêt communale de 2016 (ONF – Fédération nationale des communes forestières) n’inclut pas les sections comme potentiels acteurs, laissant penser que les communes agissent en propriétaires des biens de section, ce qui n’est pas le cas.

    Les déséquilibres coupables de la #loi du 27 mai 2013

    La loi du 27 mai 2013 modernisant le régime des sections de commune participe en réalité de leur affaiblissement. Son titre en trompe-l’œil masque mal ses velléités d’atrophie des sections puisque le choix a été fait par le législateur de restreindre le pouvoir d’agir des ayants droit et de décider de l’avenir de leur patrimoine collectif. Le texte était destiné, en théorie, à offrir « un ensemble équilibré de dispositions tendant à clarifier ce régime juridique dans ses différentes dimensions, en prenant en compte un double impératif : d’une part, faciliter l’activité des sections de commune dont l’existence favorise la dynamisation de la gestion de certains biens, en rationalisant les règles applicables ; d’autre part, permettre plus aisément le transfert des biens des sections de commune aux communes dans les hypothèses où les sections ne reflètent plus aucune réalité [12] ». Or, le texte promulgué n’a pas atteint cet équilibre.

    En effet, le premier impératif visé a été rendu inopérant dès lors que la loi a dévitalisé les organes représentatifs de gestion des sections (les commissions syndicales) en augmentant drastiquement les conditions de revenu cadastral requis pour faire la demande au préfet de convoquer les électeurs [13]. Cela prive de facto les sections d’un outil de gestion, et les pouvoirs publics d’interlocuteurs, ce qu’ils déplorent par ailleurs... Le législateur a opté pour le renforcement de l’administration des sections par les conseils municipaux et le maire agissant au nom et pour le compte de la section. Mais c’est pour le meilleur et pour le pire en pratique, car ils disposent de la possibilité d’enclencher de multiples procédures conduisant à la suppression des communs fonciers (transferts, ventes). Certaines permettent un démantèlement des sections par des procédures expéditives qu’on ne trouve dans aucun autre domaine de l’action publique. Ces procédures s’apparentent à des expropriations déguisées, à l’indemnisation purement théorique (les ayants droit n’hésitant pas à parler de spoliation [14]), pour des projets souvent désespérants, quand il y en a : les biens restent parfois dans le giron de la propriété publique [15], mais sont aussi vendus au secteur privé, par exemple afin de réaliser des parkings, des lotissements ou pour l’agrément de propriétaires privés souhaitant agrandir leur espace...

    Quant au deuxième impératif qu’était censé poursuivre le législateur, c’est une carence d’encadrement juridique qui conduit à laisser le champ libre à l’administration pour décider si les sections ne « reflètent plus aucune réalité ». De quelle réalité parle-t-on : celle de l’apparence, celle de la vision de la puissance publique ou celle des populations ? Or, le texte est rédigé de telle sorte que le conseil municipal, avec le préfet en bout de ligne procédurale, en décident. Aucun critère de discernement n’est imposé pour faciliter une objectivation de la prise de décision (attachement, économie, services aux populations, lien social) et aucune phase préalable d’information n’est prévue afin de placer les ayants droit devant leurs responsabilités s’ils sont accusés de ne pas être assez actifs ou réels. Cette réalité ne se mesure pas qu’aux revenus de la section. Entretenir les chemins, la forêt, surveiller les sources, se réunir autour du four banal sont autant d’apports directs ou indirects en matière écologique, économique, culturel ou social aux villages. Analyser et répertorier les éléments de cette réalité – ne serait-ce que dans les documents d’urbanisme – permettrait de la comprendre dans toutes ses dimensions [16]. La loi ne propose pas non plus de relance des communs, les plus endormis aujourd’hui n’étant pas morts juridiquement ; la reprise en main par les populations reste possible (néoruraux, populations locales mieux informées). Ainsi, les projets de suppression ne se décident pas à partir d’une pesée des intérêts entre le pour et le contre, ni d’une enquête publique. Aucune procédure ne présente de garantie sérieuse d’information préalable permettant des débats éclairés et un consentement libre, en connaissance de cause, afin que chacun ait bien compris les enjeux de la possible disparition de systèmes fonciers ancestraux. Cela s’opère en sachant que les personnes sont souvent âgées et isolées. Dans bien des cas, les ayants droit n’ont pas conscience de leur liberté de choix ni des conséquences de la décision qu’on leur demande de prendre.

    Dans certains départements du Massif central, ce que nous proposons d’appeler un #sectionicide s’est intensifié depuis la loi de 2013. Aucune collectivité ne s’en glorifie ni ne tient de décompte précis. Pour le savoir, il faut lire le recueil des actes administratifs de la préfecture, les données statistiques étant parfois rassemblées par des associations défendant les sections ou des entités à l’inverse plutôt réservées, comme certaines associations départementales des communes forestières. En Haute-Loire, 359 arrêtés préfectoraux ont été pris de 2011 à 2024 tous motifs confondus (ventes et transferts, ces derniers étant majoritaires) pour amputer des sections de leurs parcelles (réduire leur superficie) ou supprimer carrément des sections (suppression totale de 214 sections soit 15,3 par an en moyenne). De fortes variations existent d’une année sur l’autre, probablement en fonction du volontarisme des équipes municipales ou des préfets en place [17]. Dans le Puy-de-Dôme, la loi de 2013 a dopé les transferts de biens de section au profit des communes avec plusieurs dizaines par an tandis qu’ils étaient très peu nombreux avant [18]. Des préfets ont publiquement appelé les maires à communaliser les biens de section. En Saône-et-Loire, le préfet accompagne sa lettre aux maires du département de la procédure de communalisation à suivre, et des contacts des agents de la direction départementale des territoires, de l’association des communes forestières ou de l’ONF à solliciter à l’appui de la besogne. Le but affiché est une fois de plus de « faciliter la gestion forestière et administrative ». On y sert surtout un argumentaire spécieux. Supprimez puisque « dans le département la plupart des forêts sectionales sont intégralement gérées par les communes, la section ayant disparu [19] ». Ce qui est faux : par définition, si l’État veut supprimer les sections, c’est qu’elles existent. Surtout, rappelons que pour les conseils municipaux, c’est une obligation légale d’assurer la gestion des sections, qu’elles soient inactives ou dynamiques, et que tout est mis en œuvre pour empêcher la constitution des commissions syndicales pouvant permettre aux populations de les gérer... En Haute-Loire, le préfet voit dans la suppression un intérêt pour mieux prévenir les risques d’incendie, le département étant désormais classé à haut risque [20]. La préoccupation de l’État est ici de limiter le nombre d’interlocuteurs, regrouper la propriété pour pouvoir agir avec rationalité en sachant que ses moyens se réduisent. C’est d’autant plus regrettable quand on sait combien les populations des sections entendent jouer un rôle majeur d’appui à la puissance publique en étant en permanence sur le terrain pour observer ou entretenir les forêts. En réponse aux envies et possibilités d’agir en renfort de l’État, celui-ci privilégie une mise à distance des populations.
    Conséquences : un appauvrissement du tissu social et des outils d’action territoriale

    Sans que les agents des administrations en soient toujours conscients, le discrédit porté aux sections est perçu comme une forme de mépris par les citoyens engagés dans la préservation de leur cadre de vie et de leurs traditions d’organisation collective du territoire, armés de leur expérience du temps long, de la conscience de soi et de leurs aptitudes professionnelles. En réalité, sauf le gain financier, il est bien difficile aux communes ayant supprimé les communs de justifier ce que cela a produit de positif. Quels services l’administration a-t-elle apportés aux populations pour prendre le relais ? Le sentiment d’appartenance au territoire en a-t-il été renforcé ? Par quoi les communes ont-elles remplacé les liens sociaux brisés par la fin des droits d’usage collectifs ? À vrai dire, selon nos observations, par rien du tout, ou si peu…

    Cette ruralité négligée de la métropole française porte des récits et des droits culturels exprimant une volonté réelle de contribuer au bien commun, à travers des formes locales et enracinées de gestion des ressources. En poursuivant l’élimination de structures locales ancestrales fondées sur la propriété collective ou les usages partagés, en ne cessant de privilégier la propriété individuelle, l’État ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon des populations rurales. Le sujet clive au sein des associations d’élus. Pour certains, le sujet reste urticant : c’est un difficile lâcher prise car il s’agit toujours d’affirmer que « la raison c’est nous ! C’est nous les élus qui savons. Et c’est notre rôle de représenter les citoyens [21] ! ». D’autres, à l’inverse, s’ouvrent résolument aux démarches citoyennes implicatives et souhaitent leur donner un espace d’expression [22]. Ils font le pari d’une articulation vertueuse des différentes sphères d’action d’intérêt collectif, afin qu’elles s’épaulent au lieu de se neutraliser dans une querelle sans fin, frustrant toutes les parties. Autrement dit, ce sujet suggère une réforme profonde des méthodes du service public.

    Bibliographie

    Bourjol, M. 1989. Les Biens communaux. Voyage au centre de la propriété collective, Paris : LGDJ.
    Joye, J.-F. (dir.). 2021. Les Communaux au XXIe siècle. Une propriété collective entre histoire et modernité, Presses de l’USMB.
    Scott, J. C. 2021. L’Œil de l’État. Moderniser, uniformiser, détruire, Paris : La Découverte.
    Vivier, N. 1998. Propriété collective et identité communale. Les biens communaux en France, 1750-1914, Paris : Publications de la Sorbonne.

    https://metropolitiques.eu/La-Republique-contre-elle-meme-que-raconte-l-etouffement-des-section
    #communs #foncier #démantèlement

  • Union européenne : 30 000 demandeurs d’asile à répartir depuis l’#Italie, l’#Espagne, la #Grèce et #Chypre

    La Commission européenne a annoncé mardi la liste des quatre États membres bénéficiaires du mécanisme dit de solidarité, prévu par le nouveau #Pacte_asile_et_migration. L’Italie, l’Espagne, la Grèce et Chypre pourront transférer 30 000 demandeurs d’asile vers les autres pays de l’UE. Des #amendes sont prévues pour les réfractaires, tandis que six pays considérés sous pression sont exemptés de cette contribution.

    La Commission européenne a annoncé mardi 11 novembre que l’Italie, l’Espagne, la Grèce et Chypre vont recevoir de l’aide pour répartir ailleurs dans l’Union européenne (UE) au moins 30 000 demandeurs d’asile se trouvant actuellement sur leurs sols.

    La Grèce et Chypre « subissent une forte pression migratoire du fait du niveau disproportionné des arrivées au cours de l’année écoulée », a déclaré mardi la Commission dans un communiqué. Quant à l’Espagne et l’Italie, ces deux pays « subissent également une forte pression migratoire du fait d’un nombre disproportionné d’arrivées à la suite d’opérations de sauvetage et de recherche en mer durant la même période », avance encore la Commission.

    Suite à cette annonce vont s’ouvrir des négociations entre les 27 États membres de l’UE, dont nombre d’entre eux se montrent réticents à l’idée d’accueillir ces exilés. Les décisions de répartition devront néanmoins être prises d’ici fin décembre, précise l’AFP.

    20 000 euros d’amende par personne en cas de refus de la répartition

    Pour rappel, ce #mécanisme_de_solidarité est prévu par le nouveau Pacte asile et migration, adopté en 2024 et qui doit entrer en vigueur d’ici la mi-juin 2026. Celui-ci vise à répartir plus équitablement la prise en charge des demandeurs d’asile sur le sol européen afin d’éviter que les pays en première ligne, considérés par Bruxelles comme étant sous « pression migratoire », ne supportent plus à eux seuls la gestion des demandes.

    Le Pacte a fixé un seuil minimal de 30 000 relocalisations chaque année. Mathématiquement, cela revient à un peu plus de 1 000 migrants par pays. « D’un point de vue logistique, c’est assez facile de prendre 1 000 personnes à un autre pays : tu envoies des bus, des avions », soutenait un diplomate européen à l’AFP fin septembre. Mais « c’est politiquement que c’est très compliqué »

    Si un État refuse de jouer le jeu, l’UE prévoit qu’il paie une amende de 20 000 euros pour chaque migrant « non relocalisé ». Certains pays ont déjà assuré qu’ils n’accueilleraient personne dans le cadre de ce dispositif et qu’ils se limiteraient à verser de l’argent, comme la Hongrie du conservateur Viktor Orban, précise l’AFP.

    Autre option : en cas de refus de #relocalisation, les pays peuvent participer à des mesures de solidarité : déploiement de personnel, aide logistique et financière à d’autres pays… Les États ont donc le choix entre ces trois options. Mais une fois que le Conseil a donné son accord, ces engagements deviennent contraignants.

    Des pays exemptés de répartition, d’autres voués à une aide spécifique dont la France

    L’annonce a été retardée d’un mois, souligne l’AFP, en raison des tractations en amont. Depuis plusieurs mois en effet, des États membres bataillaient pour être inscrits sur la liste des pays « sous #pression_migratoire » dévoilée mardi par le commissaire européen chargé des Affaires intérieures et de la migration, Magnus Brunner.

    La Commission avait en effet pour tâche de classifier les États membres en fonction du degré de « pression migratoire » subi, ouvrant à une participation différenciée au mécanisme de solidarité. Cette classification se fait à partir d’une série de critères dont le nombre d’arrivées irrégulières, la taille du pays...

    Ainsi, au-delà des quatre États bénéficiaires du mécanisme annoncés par Magnus Brunner mardi, six pays pourront, pour leur part, être exemptés de leur devoir de solidarité ou demander une baisse de leur contribution « en raison des pressions cumulées des cinq dernières années ». Ces six pays désignés dans cette liste de pays dits « à #situation_migratoire_significative » sont la #Bulgarie, la #République_tchèque, l’#Estonie, la #Croatie, l’#Autriche et la #Pologne.

    Une troisième catégorie a été définie : les nations « à #risque_migratoire ». Cette liste comprend la #France, l’#Allemagne, la #Belgique, la #Finlande, l’#Irlande, la #Lettonie, la #Lituanie et les #Pays-Bas. « Ces pays sont exposés à une pression migratoire, soit en raison du nombre élevé d’arrivées au cours de l’année précédente, soit en raison des tensions persistantes sur leurs systèmes d’accueil, soit en raison de la menace d’une utilisation de la migration comme arme qui pourrait créer des obligations disproportionnées au cours de l’année à venir », précise la Commission. À ce titre, ils bénéficieront d’un accès prioritaire à l’aide opérationnelle et financière, mais ne seront pas exemptés de contribution.

    En plus de débattre de la façon de gérer les arrivées, les États membres travaillent à l’amélioration des #renvois des #déboutés d’asile via la réforme de la « #directive_retour », actuellement en négociation.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68080/union-europeenne--30-000-demandeurs-dasile-a-repartir-depuis-litalie-l
    #migrations #réfugiés #asile #Europe #UE #Union_européenne #répartition #transferts #classification

    ping @karine4

  • « Je n’ai pas pu revoir mes enfants avant d’être emmenée » : à la frontière entre Haïti et la République dominicaine, les migrants haïtiens expulsés en masse
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/10/je-n-ai-pas-pu-revoir-mes-enfants-avant-d-etre-emmenee-a-la-frontiere-entre-

    « Je n’ai pas pu revoir mes enfants avant d’être emmenée » : à la frontière entre Haïti et la République dominicaine, les migrants haïtiens expulsés en masse
    Par Jean-Michel Hauteville (Ouanaminthe (Haïti), envoyé spécial)
    Depuis le début de l’année, plus de 220 000 immigrés haïtiens ont été rapatriés de force, en raison du durcissement de la politique migratoire du gouvernement dominicain. Nombre d’entre eux sont séparés de leur famille et subissent de mauvais traitements durant leur expulsion.« Voilà le premier bus », souffle Bazelais Joissaint, un travailleur humanitaire haïtien vêtu d’un polo aux couleurs de son organisation, le Service jésuite aux migrants (SJM). Après plusieurs heures d’attente aux abords de la rivière Massacre – qui sépare la ville frontalière de Ouanaminthe, en Haïti, et la commune de Dajabon, juste en face, en République dominicaine –, un autocar blanc s’engage lentement sur le pont qui enjambe le cours d’eau.
    Devant les gardes-frontières dominicains, lourdement armés, l’autocar s’arrête face à la frontière, au milieu du pont. « Ça commence plus tard que d’habitude aujourd’hui : en général, c’est plutôt vers midi ou 2 heures de l’après-midi », observe Bazelais Joissaint, qui chapeaute une équipe de bénévoles du SJM. Après une matinée torride en ce mardi d’octobre, l’orage menace. Des bourrasques poussiéreuses rendent l’atmosphère oppressante.
    Vingt femmes et neuf enfants, tous haïtiens, descendent de l’autocar, où ils avaient été embarqués à Santiago de los Caballeros, la deuxième ville de République dominicaine, à environ trois heures de route. Quelques-unes de ces migrantes reconduites à la frontière portent une valise ou un petit sac, mais la plupart ne possèdent aucun bagage. Les bénévoles de plusieurs organisations s’affairent autour des expulsées, prodiguant conseils et informations. Malgré les cris et la confusion ambiante, la procédure semble bien rodée.
    Coup sur coup, deux fourgons blancs du service du Control migratorio (« contrôle migratoire ») se présentent de l’autre côté du pont, jusqu’à la ligne de démarcation. Plus d’une centaine de rapatriés de force – hommes, femmes et enfants – émergent de l’arrière des deux véhicules. Les visages sont hagards, les habits, trempés de sueur : il a dû faire une chaleur suffocante dans ces boîtes sombres, équipées de minuscules fenêtres. « Les bus, c’est pour les femmes et les enfants. Les hommes, on les met toujours dans des camions », résume Bazelais Joissaint. Puis, le trafic transfrontalier peut enfin reprendre pour quelques heures, jusqu’à l’arrivée du prochain convoi.
    « En moyenne, 250 personnes arrivent ici chaque jour, mais on est déjà montés jusqu’à 600 sur une journée », affirme Youdinx Joseph, fonctionnaire de l’Office national de la migration, une administration de l’Etat haïtien, dans le local du Centre de ressources frontalier (CRF). Dans cet espace d’accueil pour les migrants rapatriés, situé à quelques mètres du pont, plusieurs structures nationales travaillent de concert avec des organisations non gouvernementales et internationales. « La République dominicaine organise des arrivées sur notre territoire jusqu’à 10 heures du soir », s’agace M. Joseph.
    Cet afflux d’Haïtiens renvoyés dans leur pays est le résultat du durcissement de la politique migratoire du gouvernement dominicain. En octobre 2024, Luis Abinader, le président du pays voisin d’Haïti, avait annoncé sa décision d’« expulser jusqu’à 10 000 immigrés par semaine », sur fond de dégradation des relations entre ces deux pays caribéens de 11 millions et demi d’habitants chacun, qui se partagent la grande île d’Hispaniola. Depuis, les centaines de milliers de ressortissants haïtiens qui ont fui la misère et la violence des bandes criminelles sévissant à Port-au-Prince vivent dans la peur.
    Il y a eu « une augmentation sans précédent » du nombre de migrants haïtiens rapatriés de force, confirme Grégoire Goodstein, le chef de la mission en Haïti de l’Organisation internationale des migrations (OIM). « Les premières semaines, on voyait des expulsions à hauteur de 10 000 personnes, poursuit le responsable de cette structure onusienne. Depuis janvier, environ 221 000 personnes ont été renvoyées en Haïti par les pays de la région, dont 98 % par la République dominicaine, contre 200 000 pour toute l’année 2024. » Le poste-frontière de Belladère, au centre de l’île, a vu passer plus de la moitié d’entre elles, tandis que 57 000 rapatriés ont transité par Ouanaminthe.
    Près des berges de la rivière Massacre, la cour du CRF est à peine assez grande pour accueillir tous les passagers du dernier convoi, auxquels s’ajoutent les quelques dizaines de migrants qui patientaient déjà sur les lieux, certains depuis la veille, d’autres depuis plusieurs jours, sans savoir où aller. Un espace de réception est consacré à l’enregistrement des nouveaux venus : des agents les prennent en photo et saisissent quelques informations sur ces migrants, après un bref interrogatoire. « Quel métier exerciez-vous en Haïti ? », demande une agente à Jimmy Félix, 35 ans. « Opérateur de tracteurs », répond-il.
    Quelques minutes plus tard, il s’assied sur un muret pour savourer un repas chaud, avec d’autres rapatriés, dans des gamelles distribuées par une ONG. « Je n’avais rien mangé depuis deux jours », confie Jimmy Félix. « Ils m’ont arrêté dans la rue, dimanche après-midi. Je venais de finir de travailler et je rentrais chez moi. D’ailleurs, je porte encore mes habits de travail », raconte ce grand gaillard qui, comme beaucoup d’immigrés haïtiens, a trimé pendant des années sur les chantiers de Saint-Domingue. Expulsé du pays voisin pour la deuxième fois en cinq ans, il dit vouloir rentrer à Léogâne, sa ville d’origine, située à l’ouest de Port-au-Prince.
    Des immigrés haïtiens rapatriés par la République dominicaine dans l’enceinte du Centre de ressources frontalier dans la ville de Ouanaminthe (Haïti), le 21 octobre 2025.
    La plupart de ces migrants sont pris dans la rue ou sur leur lieu de travail, mais « il y a aussi des gens qui ont été arrêtés chez eux, en pleine nuit, à 2 heures du matin, précise Grégoire Goodstein. Ils arrivent sans rien : tout juste leurs vêtements sur le dos ». En outre, un tiers des expulsés n’ont aucun document d’identité. « Les centres de ressources frontaliers jouent un rôle important pour déterminer la vulnérabilité des personnes », poursuit le chef de mission de l’OIM.
    Outre l’épuisement, le désarroi se lit sur le visage d’un grand nombre de ces migrants, renvoyés dans un pays qu’ils ont quitté il y a plusieurs années. Certains sont nés en République dominicaine ou arrivés si jeunes dans le pays voisin qu’ils préfèrent s’exprimer en espagnol. « C’est ma première fois ici, je ne sais pas où aller », implore un jeune homme devant le bureau d’enregistrement du CRF.
    « Mes parents sont haïtiens, mais je ne sais même pas de quelle région ils viennent », témoigne, d’une voix éteinte, Rosa Célestin, travailleuse domestique de 34 ans. Cette fille d’immigrés, née à Villa Mella, dans la banlieue de Saint-Domingue, n’est jamais parvenue à régulariser sa situation, comme l’écrasante majorité des Haïtiens et de leurs descendants vivant en République dominicaine. « Je n’ai pas pu revoir mes enfants avant d’être emmenée », se désole cette mère de trois filles âgées de 10 ans à 15 ans arrêtée une semaine auparavant, de bon matin, alors qu’elle se rendait au travail. « Ça fait une semaine que je n’ai pas parlé à mes filles, à ma mère », souffle-t-elle. Elle a passé plusieurs jours dans les mêmes vêtements, avant qu’une organisation lui offre une robe multicolore propre, une bien maigre consolation. « Qu’est-ce que je vais faire ? Je n’étais jamais venue en Haïti, et je ne parle pas créole. Ici, je suis une étrangère. »
    Rosa Célestin, travailleuse domestique de 34 ans arrêtée en République dominicaine alors qu’elle se rendait à son travail. A Ouanaminthe (Haïti), le 21 octobre 2025.
    A l’instar de Rosa Célestin, un grand nombre de migrants de tous âges sont séparés de leur famille au moment de leur arrestation. « Entre janvier et juillet, à Ouanaminthe et Belladère, on en était à 1 020 enfants non accompagnés », dont beaucoup « âgés de 13 à 17 ans », souligne Grégoire Goodstein. « Ma femme et mes deux enfants sont toujours là-bas, à Bavaro », soupire, en montrant ses mains calleuses, Wadmyl Lorméus, maçon de 41 ans établi dans l’agglomération de Punta Cana. « J’ai appris ce métier en République dominicaine, j’aimais mon travail », poursuit le quadragénaire, qui assure avoir été « maltraité » et « battu » par les agents dominicains de l’immigration durant son internement et son transfert vers la frontière.
    A en croire les expulsés et les organisations qui leur viennent en aide, ces cas de maltraitance ne sont pas rares, notamment lors de leur détention, dont la durée peut varier d’une nuit à plusieurs jours. « Dans les cellules, ils doivent dormir à même le sol, dans la saleté, alors que tout est mouillé. Les bébés, les personnes âgées, tout le monde est logé à la même enseigne », s’indigne Noé Blanc, responsable du pôle migration au sein de la Plateforme genre du Nord’est (PGNE), une organisation locale de lutte pour l’égalité de genre qui aide les rapatriés vulnérables. « Les femmes enceintes se font arrêter dans les hôpitaux de République dominicaine, parfois même après une césarienne. De nombreuses Haïtiennes préfèrent accoucher chez elles », s’émeut Mombetha Cherenfant, la responsable de cette ONG.
    Dans ses deux locaux du centre-ville de Ouanaminthe, la PGNE dispose, au total, de 40 places d’hébergement pour les expulsés. « Ils peuvent rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent jusqu’à ce qu’ils trouvent un endroit où aller. Nous ne laissons personne dormir dans la rue », martèle Mme Cherenfant. Les pensionnaires les plus vulnérables prolongent indéfiniment leur séjour. Comme Jeffrey Midor, 20 ans, échoué dans la ville frontalière en novembre 2023. L’expulsion de République dominicaine de ce tout jeune adulte, originaire d’une banlieue défavorisée de Port-au-Prince et parti tenter sa chance tout seul, à 15 ans, à Saint-Domingue, a tourné au cauchemar. Les agents de police « ont débarqué à 3 heures du matin, ils ont défoncé la porte de l’appartement », se remémore le jeune rapatrié au sourire mélancolique. « Ils m’ont tiré une balle dans le genou. J’étais blessé, je souffrais énormément, mais on ne m’a pas emmené à l’hôpital », poursuit-il en montrant sa jambe droite, déformée par une large cicatrice. Ce n’est qu’à son arrivée en Haïti, au bout de cinq jours, qu’il a été soigné. Le jeune homme, qui n’a jamais été scolarisé, survit désormais en vendant des hot dogs dans la rue. « Je ne peux pas retourner à Port-au-Prince. C’est trop dangereux, et d’ailleurs, ma famille est partie. »
    Pourtant, nombreux sont les migrants qui envisagent, même après un tel calvaire, de retourner en République dominicaine. « Ils sont à peu près 26 % à dire qu’ils veulent repartir dans les six mois qui suivent, assure Grégoire Goodstein. C’est souvent dû au fait qu’ils ont encore des affaires, ou même un emploi de l’autre côté de la frontière. Et puis aussi parce qu’il y a très peu de possibilités de réinsertion en Haïti. » « Je repars ce soir ou demain », lance un homme de 46 ans, qui ne donne que son prénom : Edwin. Installé dans la région de Puerto Plata depuis une décennie, ce propriétaire d’un centre d’appels s’est retrouvé en situation irrégulière il y a deux ans, quand le gouvernement dominicain a cessé de renouveler les titres de séjour des immigrés haïtiens. C’est la troisième expulsion pour ce père de famille. « Je vais payer quelqu’un, monter dans un autobus, et je vais rentrer chez moi, dit-il dans un haussement d’épaules. Pour moi, c’est la routine, et pour les soldats dominicains, c’est un business. »

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