• Le combat des #éleveurs du #Ndiaël pour récupérer « leurs terres »

    Dans le nord-ouest du Sénégal, une coalition de 37 villages proteste depuis dix ans contre l’attribution de 20 000 hectares à une entreprise agroalimentaire. Ce conflit foncier illustre un phénomène généralisé sur le continent africain : l’#accaparement_de_terres par des #multinationales.

    Tout a dû paraître parfait au ministre de l’élevage du Niger lorsqu’il a visité, le 1er juin 2022, les installations des Fermes de la Teranga, une entreprise implantée dans le nord-ouest du Sénégal, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Louis : immenses étendues de cultures verdoyantes, systèmes d’irrigation fonctionnels, grosses machines agricoles...

    Devant les caméras, Tidjani Idrissa Abdoulkadri s’est dit « très impressionné » par le travail de cette société, qui dit cultiver de la luzerne sur 300 hectares depuis 2021. Il a émis le souhait qu’un jour le fourrage qu’elle produit puisse nourrir le bétail nigérien.

    Mais le tableau qu’a vu le ministre est incomplet. Car à une quinzaine de kilomètres de là, au bout de pistes tracées dans la terre sableuse, Gorgui Sow fulmine. Installé sur une natte dans le salon de sa petite maison, ce septuagénaire pas du genre à se laisser faire raconte comment, depuis dix ans, il s’oppose à ce projet agro-industriel. Son combat, explique-t-il en pulaar, lui a valu de multiples intimidations et convocations à la gendarmerie. Mais pas question de renoncer : la survie de sa famille et du cheptel qui assure ses moyens d’existence en dépend.

    Tout est parti d’un décret signé en 2012 par le président Abdoulaye Wade, cinq jours avant le second tour d’une élection présidentielle à laquelle il était candidat, et confirmé après des tergiversations par son successeur, Macky Sall. Ce texte attribue pour cinquante ans renouvelables 20 000 hectares à Senhuile, une entreprise inconnue, créée par des investisseurs sénégalais et italiens au profil flou.

    La superficie en question couvre trois communes, Ronkh, Diama et Ngnith, mais la majeure partie se trouve à Ngnith, où elle englobe plusieurs dizaines de villages, dont celui de Gorgui Sow. Le décret prévoit aussi l’affectation de 6 500 hectares aux populations qui seraient déplacées par les plans de l’entreprise consistant à produire des graines de tournesol pour l’export.

    Toutes ces terres, proches du lac de Guiers, le plus grand lac du Sénégal, faisaient jusque-là partie de la réserve naturelle du Ndiaël, créée en 1965 et représentant 46 550 hectares. Les populations qui y vivaient pouvaient continuer à y faire pâturer leurs bêtes, soit des milliers de chèvres, ânes, chevaux, moutons, vaches. Elles pouvaient aussi y ramasser du bois mort, récolter des fruits sauvages, des plantes médicinales, de la gomme arabique, etc. Elles avaient en revanche l’interdiction d’y pratiquer l’agriculture.

    Gorgui Sow et ses voisins, tous éleveurs comme lui, ont donc été outrés d’apprendre en 2012 que non seulement leurs lieux de vie avaient été attribués à une entreprise, mais que cette dernière allait y développer à grande échelle une activité longtemps proscrite, le tout pour alimenter des marchés étrangers.

    À l’époque, ce type de transaction foncière était déjà devenu courant au Sénégal. Depuis, le mouvement s’est poursuivi et concerne toute l’Afrique, qui représente 60 % des terres arables de la planète : elle est le continent le plus ciblé par les accaparements fonciers à grande échelle et à des fins agricoles, selon la Land Matrix, une initiative internationale indépendante de suivi foncier.

    Comme les communautés locales ne disposent, en général, que d’un droit d’usage sur les terres qu’elles occupent et que le propriétaire, à savoir l’État, peut les récupérer à tout moment pour les attribuer à un projet déclaré « d’utilité publique », les effets sont similaires partout : elles perdent l’accès à leurs champs, sources d’eau, lieux de pâturage, etc. C’est ce qui est arrivé avec Senhuile.

    À ses débuts, l’entreprise, qui promettait de créer des milliers d’emplois, a défriché plusieurs milliers d’hectares (entre 5 000 et 7 000, selon l’ONG ActionAid), creusant des canaux d’irrigation depuis le lac de Guiers, installant des barbelés. Ce qui était une forêt est devenu une étendue sableuse dégarnie, un « vrai désert », disent les riverains. Mais Senhuile a dû s’arrêter : une partie de la population s’est soulevée, affrontant les gendarmes venus protéger ses installations. Elle n’a au bout du compte pratiquement rien cultivé.

    « Senhuile a détruit les ressources naturelles qui nous permettaient de vivre, explique aujourd’hui Gorgui Sow. Des enfants se sont noyés dans les canaux. Les barbelés qu’elle a installés ont tué nos vaches, la zone de pâturage a été considérablement réduite. » Lui et d’autres habitants ont constitué le Collectif de défense des terres du Ndiaël (Coden) pour demander la restitution de cet espace qu’ils considèrent comme le leur. Il rassemble 37 villages de la commune de Ngnith, ce qui représente environ 10 000 personnes. Tous sont des éleveurs semi-nomades.
    De Senhuile aux Fermes de la Teranga

    Au fil des ans, le Coden que préside Gorgui Sow a noué des alliances au Sénégal et à l’étranger et a bénéficié d’une large couverture médiatique. Il a rencontré diverses autorités à Dakar et dans la région, manifesté, envoyé des lettres de protestation, obtenu des promesses de partage plus équitable des terres. Mais rien ne s’est concrétisé.

    En 2018, il y a eu un changement : Frank Timis, un homme d’affaires roumain, a pris le contrôle de Senhuile, à travers une autre entreprise, African Agriculture Inc. (AAGR), enregistrée en 2018 aux îles Caïmans. C’est à cette occasion que Senhuile a été rebaptisée Fermes de la Teranga, un mot wolof signifiant « hospitalité ». Le nom de Frank Timis est bien connu au Sénégal : il a été notamment cité, avec celui d’un frère de Macky Sall, dans un scandale concernant un contrat pétrolier.

    À la stupeur des éleveurs de Ngnith, AAGR a déposé en mars 2022 une demande d’introduction en Bourse auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), à Washington, afin de lever des fonds. Disant avoir des intérêts au Sénégal et au Niger, elle annonce vouloir intégrer le marché international de vente de crédits carbone, de biocarburants et surtout de luzerne qu’elle a l’intention de proposer aux éleveurs locaux et de la région « ainsi qu’à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et à l’Europe », selon le document remis à la SEC.

    « Qui chez nous aura les moyens d’acheter ce fourrage ? Celui que l’entreprise vend actuellement est hors de prix ! », s’agace Bayal Sow, adjoint au maire de Ngnith et membre du Coden. Il craint l’existence d’objectifs inavoués dans cette affaire, comme de la spéculation foncière. À ses côtés, dans son bureau de la mairie de Ngnith, écrasée par la chaleur de cette fin de saison sèche, un autre adjoint au maire, Maguèye Thiam, acquiesce, écœuré.

    Puisque la zone de pâturage a diminué, troupeaux et bergers sont contraints de partir loin, hors du Ndiaël, pour chercher du fourrage et des espaces où paître, précise-t-il. Dans ces conditions, l’idée que les territoires où les cheptels avaient l’habitude de se nourrir soient transformés en champs de luzerne pour produire du fourrage qui sera très certainement vendu à l’étranger paraît inconcevable.

    Être employé par les Fermes de la Teranga est également impensable : « Nous sommes une population d’éleveurs à 90 %, sans formation, sans diplôme. Nous ne pourrions être que de simples ouvriers. Cela n’a aucun intérêt », observe Hassane Abdourahmane Sow, membre du Coden. « Comment peut-on justifier l’attribution d’autant de terres à une entreprise alors que les populations locales en manquent pour pratiquer elles-mêmes l’agriculture et que l’État parle d’autosuffisance alimentaire ? », demande un autre ressortissant de la région.

    De son côté, AAGR assure que tout se passe bien sur le terrain. Sur le plan social, détaille-t-elle dans un courriel, le processus de concertation avec toutes les parties impliquées a été respecté. Elle dit avoir embauché sur place 73 personnes « qui n’avaient auparavant aucun emploi ni moyen de subsistance ».
    Dissensions

    Comme preuves de ses bonnes relations avec les populations locales, AAGR fournit des copies de lettres émanant de deux collectifs, l’un « des villages impactés de la commune de Ngnith », l’autre « des villages impactés de la commune de Ronkh », lesquels remercient notamment les Fermes de la Teranga de leur avoir donné du sucre lors du ramadan 2021. Ces deux collectifs « qui ont des sièges sociaux et des représentants légaux » sont les « seuls qui peuvent parler au nom des populations de la zone », insiste AAGR. « Toute autre personne qui parlera au nom de ces populations est motivée par autre chose que l’intérêt de la population impactée par le projet », avertit-elle.

    La société, qui a parmi ses administrateurs un ancien ambassadeur américain au Niger, communique aussi deux missives datées du 15 et 16 juillet 2022, signées pour la première par le député-maire de Ngnith et pour la seconde par le coordonnateur du Collectif de villages impactés de Ngnith. Dans des termes similaires, chacun dit regretter les « sorties médiatiques » de « soi-disant individus de la localité pour réclamer le retour de leurs terres ». « Nous sommes derrière vous pour la réussite du projet », écrivent-ils.

    Les Fermes de la Teranga se prévalent en outre d’avoir mis à disposition des communautés locales 500 hectares de terres. « Mais ces hectares profitent essentiellement à des populations de Ronkh qui ne sont pas affectées par le projet », fait remarquer un ressortissant de Ngnith qui demande : « Est-ce à l’entreprise “d’offrir” 500 hectares aux communautés sur leurs terres ? »

    Non seulement ce projet agro-industriel a « un impact sur nos conditions de vie mais il nous a divisés », s’attriste Hassane Abdourahmane Sow : « Des membres de notre collectif l’ont quitté parce qu’ils ont eu peur ou ont été corrompus. Certains villages, moins affectés par la présence de l’entreprise, ont pris parti pour elle, tout comme des chefs religieux, ce qui a là aussi généré des tensions entre leurs fidèles et eux. »

    « Il faut s’asseoir autour d’une table et discuter, suggère Maguèye Thiam. Nous ne sommes pas opposés à l’idée que cette société puisse bénéficier d’une superficie dans la région. Mais il faut que sa taille soit raisonnable, car les populations n’ont que la terre pour vivre », observe-t-il, donnant l’exemple d’une autre firme étrangère implantée sur 400 hectares et avec laquelle la cohabitation est satisfaisante.

    Interrogé par messagerie privée à propos de ce conflit foncier, le porte-parole du gouvernement sénégalais n’a pas réagi. Les membres du Coden répètent, eux, qu’ils continueront leur lutte « jusqu’au retour de (leurs) terres » et projettent de nouvelles actions.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/260822/le-combat-des-eleveurs-du-ndiael-pour-recuperer-leurs-terres

    #élevage #terre #terres #résistance #Sénégal #industrie_agro-alimentaire #Fermes_de_la_Teranga #agriculture #décret #Senhuile #Ronkh #Diama #Ngnith #tournesol #graines_de_tournesol #exportation #réserve_naturelle #foncier #lac_de_Guiers #eau #irrigation #barbelés #déforestation #pâturage #Collectif_de_défense_des_terres_du_Ndiaël (#Coden) #Frank_Timis #African_Agriculture_Inc. (#AAGR) #luzerne #fourrage #spéculation #conflits

  • « Le pire endroit pour faire un aéroport » : le nouveau projet de Vinci, près d’une réserve naturelle à Lisbonne
    https://www.bastamag.net/Vinci-aeroport-reserve-naturelle-oiseaux-migrateurs-Lisbonne-Tage-ZAD

    Un nouvel aéroport doit être construit par Vinci en périphérie de Lisbonne, sur l’estuaire protégé du Tage, où nichent des dizaines de milliers d’oiseaux migrateurs. « Le pays dépend de l’augmentation de sa capacité aéroportuaire », déclarait en avril dernier Pedro Nuno Santos, ministre des infrastructures du Portugal. Avec un record de 27 millions de visiteurs en 2019, le tourisme pèse lourd dans l’économie du pays. La ville de Lisbonne, destination européenne à la mode, a connu un afflux inédit de (...) #Résister

    / #Europe, #Climat, Biodiversité, #Multinationales, A la une

    #Biodiversité

  • Quand les multinationales attaquent les États

    À l’automne 2016, des millions d’Européens descendent dans la rue pour protester contre le Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada. Son rejet par la Wallonie, par la voix de son ministre-président Paul Magnette, plonge alors l’UE dans une grave crise et place les tribunaux d’arbitrage sous le feu des projecteurs – et des critiques. Ce dispositif, prévu dans le cadre de nombreux accords commerciaux internationaux, permet à des multinationales d’attaquer les États devant des juges privés – des avocats d’affaires –, afin de réclamer la compensation d’un manque à gagner réel ou potentiel induit par un changement de législation. En 2016, Cosigo Resources Ltd. a ainsi déposé une demande d’arbitrage contre la Colombie : en classant « parc naturel national » un territoire amazonien sacré, Bogotá a annulé la concession minière de la compagnie canadienne, laquelle estime son préjudice à 16 milliards de dollars, soit environ 20 % du budget national colombien...
    « L’arbitrage est un système profondément défaillant. Il n’est pas juste, pas indépendant, et il est loin d’être équilibré », assène le professeur de droit canadien Gus Van Harten. De la Colombie à l’Allemagne en passant par le Pérou, aux prises avec la multinationale Renco, dont la fonderie de plomb de La Oroya (la « Tchernobyl des Andes ») crache des fumées toxiques qui empoisonnent les enfants, Claire Alet et Cécile Ancieu (La Dette, une spirale infernale ?) ont enquêté dans les arcanes de cette justice opaque, au pouvoir démesuré. Créé par les États, dans l’objectif d’attirer des investisseurs, ce système fragilise leur capacité à légiférer sur l’environnement, la santé, les conditions de travail, le tout au détriment des citoyens, qui seront en outre amenés à payer l’addition.


    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/54819_1
    #film #documentaire
    #Etat #Etat-nation #arbitrage_international #multinationales #tribunaux_d'arbitrage_international #dédommagement #procès_en_arbitrage #justice #droits_fondamentaux #CETA #TIPP #Colombie #mines #or #extractivisme #peuples_autochtones #Cosigo_Resources #litiges_en_arbitrage #titres_miniers #traité_de_libre-échange #accord_de_libre-échange #développement #développementalisme #Makuna #réserve_naturelle #résistance #exploitation #sites_sacrés #Tanimuka #exploitation_minière #Tobie_mining_energy #environnement #responsabilité_des_entreprises #investissements_étrangers #ISDS #plainte #gains_potentiels #manque_à_gagner #exploitation_indirecte #globalisation #mondialisation #dissuasion #Gus_Van_Harten #secret #Vattenfall #Allemagne #nucléaire #La_Oroya #Pérou #Doe_Run #Renco

  • Une juge néerlandaise autorise l’abattage de 1.800 cerfs Aubry Touriel - Daardaar
    https://daardaar.be/rubriques/societe/une-juge-neerlandaise-autorise-labattage-de-1-800-cerfs

    Dans la province néerlandaise de Flevoland, une juge a donné l’autorisation de tuer 1.800 cerfs. Les autorités provinciales estiment qu’il y a trop de cerfs et qu’il faut garder la population des cervidés sous contrôle. Elles veulent ainsi atteindre le nombre de 490.

    La réserve naturelle d’Oostvaardersplassen est un polder d’une superficie de 60 km2 près de Lelystad, à 50 km d’Amsterdam. Elle n’existe que depuis 1986 lorsque les Pays-Bas ont décidé d’assécher une partie du lac d’Ijssel (Ijsselmeer) pour la reconquête de la terre sur la mer. Notez, en passant, que 17 % de la superficie des Pays-Bas sont des polders.

    Cet espace naturel est un refuge important pour les oiseaux migrateurs. De grands herbivores ont également été implantés dans la zone naturelle pour garder le secteur le plus dégagé possible, ce qui est bénéfique pour l’habitat des oiseaux aquatiques. Les chevreuils, chevaux konik et cerfs y côtoient les animaux à plumes.

    Manque de nourriture
    Seulement, il y a énormément de cerfs dans le polder : 2320 selon un recensement en octobre. Pour la province, en charge de la gestion du territoire, c’est beaucoup trop : elle veut réduire la population à 490 avant l’hiver. Les autorités veulent de la sorte éviter une situation comme celle de l’hiver dernier où près de la moitié des cervidés sont morts en raison d’un manque de nourriture.

    Six organisations de défense de l’environnement sont alors allées devant le juge pour empêcher l’abattage des animaux. Et le verdict de la juge Braeken est tombé lundi : « avec 490 cerfs, on peut encore parler d’une population robuste ». La province a obtenu gain de cause.

    Ce qui ne plait pas à Harm Niesen de la fondation Faunabescherming (protection de la faune). « La province veut atteindre un nombre beaucoup moins élevé de cerfs, mais c’est déjà fait cette année. La moitié des cerfs sont déjà morts l’hiver dernier« , a-t-il déclaré lors d’un reportage de Terzake (VRT). https://www.vrt.be/vrtnu/a-z/terzake/2018/terzake-d20181119.ch.29a4f5c6-6f87-445c-b63f-d26bed5e4e7e

    Pour lui, cela veut dire qu’il y a plus de nourriture disponible que l’année passée à la même époque. Avant de rajouter : « En d’autres mots, il n’y a aucun risque d’être à nouveau confronté à une vague de morts provoquée par un manque de nourriture. »

    Il reste cependant encore un obstacle avant le début de l’abattage des 1.800 animaux : une procédure en référé spécifiquement de l’octroi de permis de chasse est en cours. Dans une dizaine de jours, le verdict sera connu. D’ici là, les chasseurs devront encore laisser leur fusil au placard.

    La suite de : https://seenthis.net/messages/687100
    Débat aux Pays-Bas : faut-il laisser les animaux d’une réserve naturelle mourir de faim ? RTBF - Belga - 16 Avril 2018


    #Pays-Bas #cervidés #régulation #réserve_naturelle #environnement

    • DaarDaar  : La presse flamande traduite en français. https://daardaar.be
      Ce site (plutôt consensuel) rencontre des difficultés financières. _

      En mai 2015, DaarDaar a lancé un site dont l’objectif est de « jeter des ponts entre les communautés linguistiques de notre pays en publiant (quotidiennement et gratuitement) des traductions françaises d’articles et d’éditoriaux provenant des médias flamands ».

      Comme de nombreux médias, DaarDaar a des difficultés à assurer sa stabilité financière. Même si l’équipe est constituée de 10 citoyens bénévoles, elle fait appel à des traducteurs professionnels qu’elle rémunère, tout en payant des droits d’auteur.

      Au niveau financier, le projet bénéficie de subventions publiques et a aussi récolté des dons. Après avoir investi l’intégralité des dons reçus des lecteurs dans le fonctionnement du site, DaarDaar a épuisé la quasi-totalité des aides et subventions publiques auxquelles l’organisation avait droit. C’est pour cette raison que l’équipe lance un appel à contributions.

      "Cette campagne est aujourd’hui nécessaire car nous n’avons tout simplement plus d’argent, et que le site risque réellement de disparaître du paysage médiatique. Notre objectif est de pouvoir continuer à offrir au public des articles de la presse flamande en français, tout en suivant parallèlement notre formation « Seeds » chez Coopcity, qui doit nous permettre d’élaborer un modèle pérenne", explique Joyce Azar, rédactrice en chef et co-fondatrice du projet. 

      Lettre de soutien
      Alerté par la situation critique de ce média unique en son genre, l’écrivain et humoriste Thomas Gunzig a écrit une lettre de soutien intitulée https://daardaar.be/rubriques/pourquoi-daardaar-ne-peut-pas-disparaitre « Pourquoi DaarDaar ne doit pas disparaître ». Une vingtaine d’autres personnalités belges comme Jaco Van Dormael, Bert Kruismans et David Van Reybrouck ont également signé cet appel. 

      « Nous sommes ravis de constater que le public est derrière nous, et que de nombreuses personnalités nous soutiennent aussi. Outre celles qui ont signé la lettre de Thomas Gunzig, d’autres, comme Alex Vizorek ou Guillermo Guiz, ont relayé l’appel sur les réseaux. Ce soutien est très important, car DaarDaar est aujourd’hui le seul média qui permet aux francophones de savoir ce qui se dit dans les journaux flamands », conclut Joyce Azar. 

      #Flamand #néerlandais #traduction

  • Débat aux Pays-Bas : faut-il laisser les animaux d’une réserve naturelle mourir de faim ? RTBF - Belga - 16 Avril 2018
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_debat-aux-pays-bas-faut-il-laisser-les-animaux-d-une-reserve-naturelle-m

    Des activistes ont défilé dimanche le long de la A6 aux Pays-Bas pour protester contre la gestion de la réserve naturelle d’Oostvaardersplassen, à Lelystad près d’Amsterdam. Plus tôt dans la journée, ils ont déposé devant la maison provinciale à #Lelystad une croix blanche « en mémoire aux milliers de grands herbivores qui sont morts l’hiver dernier ».

    « Depuis le 1er décembre 2017, 3000 grands herbivores sont morts de faim », s’insurge Bas Metzemaekers, l’un des organisateurs de l’action. Ces derniers refusent que les animaux de la réserve naturelle soient laissés à leur sort quand ils manquent de nourriture. « Les responsables doivent être jugés par la justice pénale » , clame une autre participante, Evelien Lokerse.

    Une #réserve_naturelle de près de 6000 hectares gagnés sur la mer
    Avant de former un cortège et de ralentir le trafic, au moins 200 militants s’étaient réunis dans la réserve ainsi que devant la maison provinciale à Lelystad. L’Oostvaardersplassen est une réserve naturelle de près de 6000 hectares gagnés sur la mer. Elle accueille de nombreux herbivores comme des petits chevaux Konik, des aurochs et des cerfs. Les animaux y sont enfermés et ne peuvent donc pas quitter la zone lorsqu’ils n’y trouvent pas assez à manger. Mais leur nourrissage est interdit. L’hiver dernier, des vidéos d’animaux affamés ont circulé sur les réseaux sociaux et ému les Néerlandais. Dans le passé, plusieurs actions ont déjà été menées pour protester contre cette situation. Des menaces de mort à l’encontre des gestionnaires de la réserve ont même été proférées. Sous pression, la province de Flevoland a autorisé le nourrissage des herbivores mais en quantité insuffisante selon les militants. Par ailleurs, des chasseurs abrègent les souffrances des animaux condamnés. Près de 90% des 2.969 herbivores morts cet hiver ont ainsi été tués parce qu’ils étaient considérés comme trop faibles pour survivre. Des experts naturalistes estiment qu’il faut laisser faire la #sélection_naturelle et que nourrir les animaux augmenterait leur population, ce qui provoquerait un cercle vicieux. Un rapport sur la question est attendu le 25 avril.

    https://i1.wp.com/femalevision.nl/wp-content/uploads/PhotoGrid_1519574344649.jpg?w=1200&ssl=1
    #Darwin #Pays_Bas

  • Kruger’s contested borderlands. Are #eco-cocoons the solution to poaching ?

    #Buffer_zones along the border of #Kruger_National_Park target wildlife poaching. Displaced communities say it’s a land grab by rich foreigners aided by corrupt politicians. Estacio Valoi investigates.

    About 2,000 families have been resettled in eight villages in the Eduardo Mondlane neighbourhood of Massingir, according to Anastácio Matável, executive director of the Forum of Non-governmental Organisations of Gaza (FONGA). Five communities, comprising 13,300 families, are still living inside the park and are awaiting resettlement.

    Matável described the resettlement as “a failed process. First 18 houses were built, then 50 houses. Then the local government tried to finance the project through the National Disaster Management Institute, but it failed.

    “There was no more money and the buildings were rejected by the communities. They also failed to take into consideration cultural aspects such as who should live together. Numbers of women and children all live one small hut.”


    https://pulitzercenter.storylab.africa/dominion
    #Mozambique #Afrique_du_sud #parc_national #frontières #rhinos #rhinocéros #zones_tampons #terres #accaparement_de_terres #écologie (les dérives de l’écologie) #géographie_culturelle (notamment pour ce qui est en lien avec la #représentation de la #nature, par exemple) #corruption #Cubo #Adolof_Bila #néo-colonialisme #Limpopo_National_Park #expulsion #tourisme #business #conservation_de_la_nature #braconnage #murs #barrières_frontalières #Nkanhine #riches #richesse #inégalités #écotourisme #twin_city #Twin_City_Development #Massingir #African_Wildlife_Foundation #Balule_Lodge #Zimbabwe #Gonarezhou_National_Park #canne_à_sucre #ProCana #industrie_du_sucre #éthanol #énergie #Bioenergy #Sable_Mining #Massingir_Agro_Industrial #eau #irrigation #Xonghile_Game_Park #Karangani_Game_Reserve #Singita #Luke_Bailes
    #Bedari_Foundation #Mangondzo_reserve #réserve_naturelle #Masintonto_Eco-Turismo #Sabie_Game_Park
    signalé par @fil sur twitter

  • Une famille du Kalahari - Le Mythe assassin
    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/35070_1

    Episode 5 En 1992, alors que l’indépendance de la #Namibie déclenche un afflux d’#aides_internationales sans précédent en faveur des Ju’hoansi, un peuple autochtone vivant dans le désert du #Kalahari, ceux-ci se plaignent que les organismes de développement ne soutiennent plus l’#agriculture. Les efforts de #John_Marshall et des fermiers ju’hoansi pour trouver des subventions pour leur fermes se heurtent à un préjugé puissant, réduisant les #Bochimans à des chasseurs seulement capables de vivre en harmonie avec la nature, et leur déniant toute capacité à s’adapter à une nouvelle économie et à survivre sans aide. « Une famille du Kalahari » est une série de 6 heures consacrée à la vie des Ju’hoansi pendant une période de 50 années, depuis l’époque d’un mode de vie traditionnel jusqu’à celle où leur existence même a été menacée par une modernité envahissante... Les films ont joué un rôle dans la lutte politique des Ju’hoansi pour conserver une partie de leurs terres ancestrales, mais la collection est tout aussi importante de par le témoignage qu’elle apporte sur l’aide étrangère et les organisations non gouvernementales qui se sont massivement répandues en République de Namibie après l’indépendance

    Je viens de voir ce #film magnifique qui donne envie de hurler et de pleurer. Une fois encore le wwf brille par son ignorance et son mépris des #peuples_autochtones #Namibie #chasseurs_cueilleurs #mythe #réserve_naturelle #développement #documentaire

  • Des millions d’hectares de forêt amazonienne ouverts à l’exploitation minière
    http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/08/24/des-millions-d-hectares-de-foret-amazonienne-ouverts-a-l-exploitation-minier

    Quatre millions d’hectares de #forêt amazonienne pourront désormais être exploités par des entreprises minières. Le président brésilien, Michel Temer, a décidé d’abroger le statut de #réserve_naturelle, accordé à ces terres en 1984 sous la dictature militaire.

    Un décret en ce sens a été publié mercredi 23 août au Journal officiel. Le texte stipule néanmoins que cela « ne remet pas en cause l’application de la loi concernant la protection de la flore et des territoires autochtones ».

    En avril, un document officiel du ministère des mines et de l’énergie faisait valoir que la dissolution de la réserve « permettrait d’exploiter le potentiel minier de la région » en l’ouvrant au privé – jusqu’alors seules les compagnies publiques étaient autorisées à y opérer.

    #déforestation #exploitation_minière #Brésil #Amazonie

  • Barack Obama crée la plus grande #réserve_naturelle_marine du monde
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/01/barack-obama-cree-la-plus-grande-reserve-naturelle-marine-du-monde_4990740_3

    Il y a dix ans, le président américain George W. Bush avait essayé de corriger son maigre bilan de défenseur de l’#environnement en créant une immense zone protégée dans l’#océan_Pacifique : la réserve de #Papahanaumokuakea. Avant sa visite à #Hawaï, mercredi 31 août, son successeur à la Maison Blanche, Barack Obama, a quadruplé la taille du sanctuaire, ce qui en fait la plus grande réserve naturelle marine du monde. [...] Le Papahanaumokuakea Marine National Monument vient s’ajouter à la liste des espaces protégés par M. Obama depuis son arrivée à la Maison Blanche. Confronté à l’opposition de la majorité républicaine au Congrès à la plupart de ses initiatives sur le climat, le chef de l’exécutif a trouvé le moyen de contourner l’adversaire grâce à la loi sur les monuments anciens (Antiquities Act) promulguée en 1906 – ce qui lui vaut d’être critiqué pour « unilatéralisme ».

  • L’été se termine. Finis les châteaux éphémères sur les plages, « Vacarme » s’intéresse au sable dans sa version industrielle. Ce matériau, le deuxième le plus utilisé après l’eau, entre dans de nombreuses industries. Des abrasifs au verre, en passant par l’acier, les puces électroniques et surtout le béton de nos bâtiments. Chaque année, quinze milliards de tonnes de granulat sont extraits sous la terre ou sous l’eau, avec un impact environnemental non négligeable.

    Comment concilier demande de matière première non renouvelable et préservation de l’environnement ? Existe-t-il des alternatives à l’usage du sable ?

    Draguer au fond du #lac

    Depuis plus de cent ans, la société #Sagrave creuse au fond du #lac_Léman pour extraire #sable et #gravier. Des grains lentement arrondis venus des montagnes, amenés par le Rhône ou la Dranse ou sédimentés depuis les dernières glaciations. A bord des chalands, deux cents jours par an, les bateliers chargent inlassablement ces tonnes de granulat qui serviront le marché de la construction. Tandis que d’autres chalands noyeurs rebouchent les fosses d’extraction avec du matériau d’excavation.

    http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/vacarme/7062026-vacarme-du-21-09-2015.html

    Le sable qui fâche

    A la #réserve_naturelle des #Grangettes se trouve la dernière plage de sable sauvage du lac #Léman. Mais petit à petit, l’#érosion de la #rive fait disparaître sable, roselière et marais près du Grand Canal. L’#extraction du sable au fond du lac participe à cette érosion et la bataille pour renouveler la concession en 2016 dans cette zone fait rage. Pro Natura, copropriétaire de la réserve naturelle, s’oppose à la Sagrave sur ce renouvellement.

    http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/vacarme/7065349-vacarme-du-22-09-2015.html

    Du sable au #béton

    A la gravière de Bière, les pelles mécaniques font la ronde pour extraire les granulats au pied du Jura. Après une première zone déjà exploitée et en voie de renaturation, il existe une deuxième zone en cours de défrichement. Au centre du site : des montagnes de sable et de gravier, lavés et séchés, en attente d’être chargés sur les camions. Ils seront amenés à la centrale à béton de Morges avant de finir sur les chantiers. Une industrie locale avec des acteurs internationaux, dont l’avenir est à l’intégration des contraintes environnementales.

    http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/vacarme/7069339-vacarme-du-23-09-2015.html

    Fan de sable

    Jacques Lapaire a une passion peu commune, il est un arénophile ! Il possède la plus grande #collection de sables de Suisse et l’une des plus grandes d’Europe : plus de 14’000 échantillons de toutes les couleurs, venant du monde entier. Sa passion consiste à les observer au microscope et à écrire leur histoire géologique et minéralogique. A son domicile de La Chaux-de-Fonds, rêvons au milieu de ces grains de sables tous échangés gratuitement !

    http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/vacarme/7072287-vacarme-du-24-09-2015.html
    #arénophilie

    Le combat du Peuple des #dunes

    Au large de la #Baie_de_Lannion, en #Bretagne nord, le sable soulève des tempêtes. En cause : le projet d’exploitation d’une dune de sable coquillier sous-marine par un industriel breton pour amender les terres. Le Peuple des dunes, un collectif de 55 associations, regroupe pêcheurs, plongeurs, écologistes, élus locaux et plaisanciers, tous opposés à l’extraction d’un sable sur un site en bordure d’une réserve naturelle.

    http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/vacarme/7075166-vacarme-du-25-09-2015.html

  • Quand la situation urbaine favorise la protection des #espaces_naturels : le cas de #Göteborg (#Suède)

    Dans un contexte de prise en compte accrue des questions environnementales par les politiques de la ville et malgré l’#écologisation des pratiques territoriales, les notions de développement urbain et de protection de la nature demeurent a priori antinomiques. Il semble néanmoins possible de renverser ce paradoxe au profit d’une interaction constructive entre espaces naturels et espaces urbains. Cette hypothèse est vérifiée dans le cadre de l’étude de la ville de Göteborg, en Suède. A travers sa quinzaine d’espaces naturels protégés, cette ville d’environ 500 000 habitants est confrontée à un ensemble de problématiques urbaines habituelles (aménagements urbains, désindustrialisation, pression foncière…). Le cas de la #forêt de #Rya_Skog, #réserve_naturelle située dans une zone industrialo-portuaire en expansion, démontre les vertus du maintien d’espaces naturels protégés au cœur du tissu urbain, les menaces liées à l’expansion urbaine renforçant leur valeur, tandis que les contraintes que ces espaces naturels imposent à l’étalement urbain peuvent être fécondes et valorisantes pour la ville. Dans le contexte socioculturel suédois, bien spécifique, l’importance du caractère ancien et identitaire de l’attachement à l’espace naturel est démontré, de même que celle de la mobilisation citoyenne urbaine. Enfin, la prise en compte par les décideurs des avis, intérêts et pratiques objectives de tous les acteurs concernés est déterminante.

    http://cybergeo.revues.org/27258
    #urban_matter #environnement #visualisation #cartographie