• #MeToo : l’affaire des sœurs Khatchatourian réveille les consciences russes
    https://www.mediapart.fr/journal/international/210819/metoo-l-affaire-des-soeurs-khatchatourian-reveille-les-consciences-russes

    Inculpées pour « meurtre en bande avec préméditation » pour avoir tué leur père qui leur faisait vivre un enfer depuis des années, les trois jeunes sœurs sont devenues un symbole. Elles obligent la Russie à regarder l’impasse dans laquelle elle s’est perdue en matière de violences faites aux femmes, libérant au passage la prise de parole.

    #Violences_sexistes #Russie,_violence,_Khatchatourian,_MeToo

  • La navigatrice et sauveteuse en mer Pia Klemp refuse la médaille de la ville de Paris !!! – Blog YY
    http://blogyy.net/2019/08/20/la-navigatrice-et-sauveteuse-en-mer-pia-klemp-refuse-la-medaille-de-la-ville

    « Paris, je t’aime. Je t’aime pour tous les gens libres et solidaires qui vivent en ton sein. Des gens qui se battent pour la liberté chaque jour, debout, bras dessus bras dessous, distribuant des couvertures, de l’amitié et de la solidarité. Je t’aime pour ceux qui partagent leur logement, leur amour et leurs luttes chaque jour, sans se soucier de la nationalité des personnes ni de savoir si elles ont des papiers ou pas.

    Madame Hidalgo, vous voulez me décorer pour mon action solidaire en mer Méditerranée, parce que nos équipages « travaillent quotidiennement à sauver des migrants dans des conditions difficiles ». Simultanément votre police vole les couvertures de gens contraintes de vivre dans la rue, pendant que vous réprimez des manifestations et criminalisez des personnes qui défendent les droits des migrants et des demandeurs d’asile. Vous voulez me donner une médaille pour des actions que vous combattez à l’intérieur de vos propres remparts. Je suis sûre que vous ne serez pas surprise de me voir refuser votre médaille Grand Vermeil.

    Paris, je ne suis pas une humanitaire. Je ne suis pas là pour « aider ». Je suis solidaire à tes côtés. Nous n’avons pas besoin de médailles. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs décidant qui est un « héro » et qui est « illégal ». En fait, il n’y a pas lieu de faire cela, car nous sommes tous égaux.

    Ce dont nous avons besoin, c’est de liberté et de droits. Il est temps de dénoncer les honneurs hypocrites et de combler le vide par la justice sociale. Il est temps que toutes les médailles soient lancées comme des fers de lance de la révolution !

    Papiers et logements pour toutes et tous !
    Liberté de circulation et d’installation ! »

    Pia KLEMP, 20 août 2019

    #merci

  • Cinquième Fête du vent du 6 au 9 septembre 2019

    https://lavoiedujaguar.net/Cinquieme-Fete-du-vent-du-6-au-9-septembre-2019

    À l’Amassada, sur les hauteurs de Saint-Victor, l’occupation et la lutte continuent…

    Aujourd’hui il y a deux écologies, deux écologies incompatibles. L’une, partant du sensible, entend libérer la Terre de sa dévoration capitaliste. L’autre écologie, gouvernementale, se veut le fer de lance de nouvelles formes de contrôle social et poursuit l’accélération de la catastrophe sous toutes ses formes. Ce qui nous occupe à l’Amassada, dans la lutte contre un des nœuds de cette écologie industrielle avec le méga-transfo RTE-EDF est bien de problématiser ce conflit entre les deux écologies. Et donc de problématiser notre rapport au monde. À son habitabilité.

    Partout, la farce de l’écologie capitaliste a fini de faire rire. L’urgence est bien d’en finir avec une conception toxique du monde, ne voyant en celui-ci que ressources à phagocyter, que matières à transformer. Ici contre le projet de méga-transfo RTE-EDF, contre cet échangeur géant des autoroutes de l’électricité soi-disant verte, nous avons décidé d’interrompre localement le cours de cette aliénation faite de béton, d’acier, de communicants livides, de grillage sécurisés, de paramètres d’optimisation, d’intelligence artificielle (...)

    #Aveyron #éoliennes_industrielles #EDF #écologie_capitaliste #aliénation #résistance #occupation #rencontres

  • Suite mexicaine (III)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Suite-mexicaine-III

    La guerre sociale au Mexique
    Première partie : un survol de la question

    La guerre sociale apparaît comme une constance de la vie mexicaine, elle n’est pas la « révolution qui vient », elle est un acharnement : acharnement à défendre ce qui a été construit dans l’ombre, acharnement à reconstruire une vie sociale entre les uns et les autres. Cette vie sociale qui s’est construite dans les marges de la civilisation de l’argent se trouve menacée par l’irrésistible ascension de la civilisation de l’argent. Ce mouvement irrépressible de la domination est en passe de coloniser les derniers noyaux, les derniers bastions, de la vie communale, d’une vie sociale autonome reposant sur la réciprocité et non sur la séparation entre ceux qui auraient la pensée dans sa fonction sociale (les capitalistes) et ceux qui en seraient dépossédés — vaste histoire de l’humanité à laquelle j’ai consacré par ailleurs quelques notes brouillonnes.

    Cette extension de la civilisation de l’argent, qui est la forme qu’a pu prendre le mouvement de la domination à son apogée, a pris des proportions énormes, à tel point qu’elle a suscité des réactions et des guerres à caractère religieux avec le fondamentalisme musulman ; pourtant la religion des clercs est déjà l’expression d’une pensée séparée, un moment de l’aliénation, et, en ce sens, facilement récupérable, quand elle ne se présente pas comme l’avant-garde du mouvement de la domination et de la séparation. (...)

    #Mexique #domination #aliénation #capitalisme #Taibo_II #États-Unis #banques #dette #FMI #Banque_mondiale #Chiapas #Oaxaca #résistance

  • 20 ans après le démontage du « McDo » de Millau, un protagoniste raconte : « L’Histoire nous donne raison »

    https://www.franceinter.fr/20-ans-apres-le-demontage-du-mcdo-de-millau-un-protagoniste-raconte-l-hi

    Les paysans du Larzac vont-ils célébrer les 20 ans de l’événement ?

    « On va faire un petit truc entre nous, un pique-nique, quelques discours… » égrène Léon Maillé, avant de promettre : « on ne va pas démonter le #McDo. Même si c’est à 200 mètres ! ».

    #résistance #activisme

    • Et Léon Maillé estime que le combat des paysans du Larzac reste d’actualité : « 20 ans après, l’Histoire nous donne raison : nous sommes toujours victimes de la mondialisation. Il y a l’histoire du Ceta, du Mercosur… On voit bien que c’est toujours le libéralisme et la mondialisation qui nous poussent », déplore Léon Maillé. "Sauf qu’on voit bien aussi que la société vers laquelle on va, va au casse-pipe. En 2003 sur le Larzac, on avait organisé un rassemblement avec comme slogan : « un autre monde est possible » : ce nouveau monde, les gilets jaunes’ le réclament aussi aujourd’hui !"

  • « Viser là où ça fait mal » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Viser-la-ou-ca-fait-mal

    Tout a commencé en août 2005, quand une stagiaire a joué le rôle de lanceuse d’alerte : elle avait enchaîné huit stages dans le milieu de la culture, exerçant par là même un emploi déguisé. À l’époque, les stages n’étaient pas du tout régulés au niveau horaire, rémunération, droit : un vrai flou juridique. Son message a circulé, et de nombreuses personnes se sont rendu compte qu’elles partageaient, à peu de choses près, les mêmes conditions. Un collectif s’est donc monté et nous avons produit notre expertise chiffrée sur le sujet, pour créer une sorte de cahier de doléances et mettre en place un groupe de parole où partager nos expériences.

    Dans l’espace public, nous nous sommes notamment fait remarquer lors d’une manifestation : nous portions des masques blancs, une banderole et avons traversé les cortèges bras dessus bras dessous, pour au final aller à la rencontre des journalistes, dont la plupart étaient aussi stagiaires. Il y a eu un effet clash de génération entre une manifestation syndicale classique et des jeunes masqués parlant de la multiplication des stages, un problème connu mais qu’on ne nommait pas. En 2006, on dénombrait en France 600 000 stagiaires.

    #stage #stagiaires #travail_dissimulé #résistance #militer

    • Un mouvement comme Nuit debout était absolument décevant parce qu’au final, c’était beaucoup d’énergie pour aucun impact sur les choses. Tout évoluait dans la théorie totale. Les gens présents semblaient attendre le grand soir, mais ça ne marche pas. Revenons sur terre : si vous voulez régler les choses, découpez les problèmes et occupez-vous d’un à la fois. Au final, petit bout par petit bout, ça sera réglé. Quand j’ai participé aux ateliers de Nuit debout, j’avais l’impression d’être immobile, de passer un temps fou à ne rien faire. Pour résoudre tel ou tel problème, je demandais : quelle action pouvons-nous mener et qui pouvons-nous contacter ? Alors ils disaient : on ne va pas contacter les médias parce que c’est des grands méchants, on ne va pas contacter l’État parce qu’on est contre l’État, les syndicats parce qu’ils ne nous représentent pas et qu’ils sont déconnectés, les partis politiques parce qu’on n’a pas confiance en eux. Au final, vous réfléchissez tout seul dans une bulle d’où les idées et propositions ne sortent jamais.

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

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    des info plus détaillées sur le numéro 1 déjà sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/784730

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • First article published in UCL’s open access megajournal

    UCL’s new megajournal ‘#UCL_Open’ has published its first article, delivering on our commitment to provide academics, students and the general public with ground-breaking research free of charge.

    https://www.ucl.ac.uk/news/2019/aug/first-article-published-ucls-open-access-megajournal
    #résistance #édition_scientifique #savoir #université #connaissance #UCL #alternative #open_access #revues_scientifiques

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    Welcome to UCL Open: Environment
    https://ucl.scienceopen.com
    #UCL _open_environment

  • La Tête haute, au cœur de la vallée de #la_Roya

    C’est l’histoire d’une vallée magnifique, paisible, en bordure de l’Italie. Et puis un jour, surgit l’inattendu. Des dizaines, bientôt des centaines de migrants, font irruption sur la route, sur les chemins. Une fois retombés les feux de l’actualité, que reste-t-il de cette aventure extraordinaire qui voit l’engagement des uns, les doutes des autres, la désobéissance civile des plus motivés, la sourde hostilité des silencieux ? Oui, qu’en reste-t-il ? C’est là que commence ce film.


    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/55120_1
    #film #documentaire #frontière #Roya #frontière_sud-alpine #asile #migrations #réfugiés #Alpes #don #contre-don #ça_nous_est_tombé_dessus #résistance #solidarité #misère #responsabilité #colonisation #Vintimille #France #Italie #Roya_citoyenne #marche #marche_solidaire #solidarité #Cédric_Herrou #justice #humanitaire #action_politique #incertitude #délit_de_solidarité #montagne

    #mémoriel #plaque_commémorative #morts #mourir_aux_frontières #décès :
    https://seenthis.net/messages/786000)

    • Quelques citations tirées du film...

      Chamberlain, réfugié :

      « Je dis à certaines personnes qui s’intéresse à savoir mon parcours : ’Si tu trouves cela pathétique, moi ça me vexe, parce que c’est ça qui m’a construit, c’est tout ça qui fait de moi ce que je suis’. »

    • René Dahon, habitant de la vallée:

      « Ma famille pendant la guerre a été déportée, parce qu’ici c’était une #ligne_de_front : derrière c’était l’Italie et sur #Sospel c’était la ligne de front français. Entre les deux, en 1943-45, ça a été une espèce de couloir, un no man’s land. #Saorge a été dans ce couloir. Et ma famille a été déportée en Italie. Donc, moi l’idée de la solidarité, je l’ai tout connement connue sur un truc de rien du tout. Ma grand-mère m’a dit ’Quand on a marché de Saorge à Turin à pied, quand on a traversé certains villages du Piémont, il y a des gens qui ont ouvert leurs portes et qui ont donné quelque chose. Et moi j’ai ça d’idée de la solidarité. Moi j’ai l’idée que dans la vallée derrière, c’était des solidaires »

      –----
      Toujours René Dahon:

      « ça fait 40 ans que je suis dans l’associatif. Je me bagarre dans plein de domaines, mais on voulait bien que je sois gauchiste et que je défende le train ou la poste et les écoles, ça pose pas de problèmes, mais défendre du Black, c’est ça le problème. C’est drôle ! Alors qu’ils en ont jamais vu à Tendre. TEndre n’a jamais été envahi par les Noirs »

    • Suzel PRIO :

      "La Roya terre d’accueil, la Roya solidaire c’est vraiment un cliché. Ça plait beaucoup ça, mais c’est beaucoup plus complexe que ça. Il y a aussi tous ces réflexes de #peur, des gens ici qui ne sont pas contents qu’on voit la Roya comme ça, qu’elle soit célèbre avec ces valeurs-là. Au début, il y avait des gens qui étaient vraiment sur l’humanitaire. Donc ce débat entre politique ou humanitaire, on l’a eu à plusieurs reprises. Certaines personnes souhaitant au début qu’on fasse que de l’#humanitaire et petit à petit d’autres personnes qui souhaitaient qu’on fasse que du #politique. Cela voulait dire, je ne sais pas... arrêter d’acheter des couvertures, arrêter de faire à manger et ne faire que des communiqués et des soirées... Au final, notre positionnement a été arrêté sur : ’C’est les deux. C’est simple, il faut les deux !’

  • Quand les multinationales attaquent les États

    À l’automne 2016, des millions d’Européens descendent dans la rue pour protester contre le Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada. Son rejet par la Wallonie, par la voix de son ministre-président Paul Magnette, plonge alors l’UE dans une grave crise et place les tribunaux d’arbitrage sous le feu des projecteurs – et des critiques. Ce dispositif, prévu dans le cadre de nombreux accords commerciaux internationaux, permet à des multinationales d’attaquer les États devant des juges privés – des avocats d’affaires –, afin de réclamer la compensation d’un manque à gagner réel ou potentiel induit par un changement de législation. En 2016, Cosigo Resources Ltd. a ainsi déposé une demande d’arbitrage contre la Colombie : en classant « parc naturel national » un territoire amazonien sacré, Bogotá a annulé la concession minière de la compagnie canadienne, laquelle estime son préjudice à 16 milliards de dollars, soit environ 20 % du budget national colombien...
    « L’arbitrage est un système profondément défaillant. Il n’est pas juste, pas indépendant, et il est loin d’être équilibré », assène le professeur de droit canadien Gus Van Harten. De la Colombie à l’Allemagne en passant par le Pérou, aux prises avec la multinationale Renco, dont la fonderie de plomb de La Oroya (la « Tchernobyl des Andes ») crache des fumées toxiques qui empoisonnent les enfants, Claire Alet et Cécile Ancieu (La Dette, une spirale infernale ?) ont enquêté dans les arcanes de cette justice opaque, au pouvoir démesuré. Créé par les États, dans l’objectif d’attirer des investisseurs, ce système fragilise leur capacité à légiférer sur l’environnement, la santé, les conditions de travail, le tout au détriment des citoyens, qui seront en outre amenés à payer l’addition.


    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/54819_1
    #film #documentaire
    #Etat #Etat-nation #arbitrage_international #multinationales #tribunaux_d'arbitrage_international #dédommagement #procès_en_arbitrage #justice #droits_fondamentaux #CETA #TIPP #Colombie #mines #or #extractivisme #peuples_autochtones #Cosigo_Resources #litiges_en_arbitrage #titres_miniers #traité_de_libre-échange #accord_de_libre-échange #développement #développementalisme #Makuna #réserve_naturelle #résistance #exploitation #sites_sacrés #Tanimuka #exploitation_minière #Tobie_mining_energy #environnement #responsabilité_des_entreprises #investissements_étrangers #ISDS #plainte #gains_potentiels #manque_à_gagner #exploitation_indirecte #globalisation #mondialisation #dissuasion #Gus_Van_Harten #secret #Vattenfall #Allemagne #nucléaire #La_Oroya #Pérou #Doe_Run #Renco

  • The #Gilets_Noirs Are in the Building

    Paris’s tourist economy relies on a hidden army of undocumented migrants. But these workers are no longer happy to remain in the shadows — and their protests for regular status are drawing inspiration from the gilets jaunes.

    On July 12, a collective of undocumented migrants (known in French as sans-papiers) occupied the Panthéon, a mausoleum and popular tourist site in Paris’s Latin Quarter. Calling themselves the gilets noirs, the collective has carried out occupations of several high-profile locations in recent weeks, even taking over a wing of the capital’s Charles de Gaulle airport.

    Building on previous sans-papiers struggles (and, by their very name, the spirit of the gilets jaunes), the protesters have asserted a radical decolonial agenda. Their protests have highlighted their conditions as undocumented migrants in France but also the harm done by French business and military interference in their own (mostly African) homelands.

    On July 20, the gilets noirs marched to demand justice for Adama Traoré, a 24-year-old who died in police custody in 2016. In this article appearing that day on Mediapart, Mathilde Mathieu and Rouguyata Sall explained how migrants who are usually reduced to the most invisible living and work conditions have begun to make their voices heard.
    Trampled

    After the gilets noirs occupied the Panthéon on July 12, the undocumented migrants’ collective found themselves surrounded and even outright trampled on by the police. Some of those arrested were handed “compulsory orders to leave French territory”; fifteen of them were detained, awaiting their expulsion.

    But that wasn’t the whole story. This young movement of sans-papiers, which arose in November 2018 with the demand for mass regularizations, had long remained in a media blind spot. Now it claimed a “victory.”

    This was, firstly, a “legal victory.” The fifteen people who were detained were all freed, thanks to the aid of a pool of “anti-repression” lawyers who had been mobilized in advance of the action. One participant was called back before the courts for “public indecency.”

    But this was, above all, a “political victory.” For years, it seemed that undocumented workers’ struggles had been rendered invisible, as public debate instead polarized around the refugee question — that is, the matter of who had the right to asylum and who had what Interior Minister Christophe Castaner called the “vocation” to get back on the plane home.

    Today, with the Panthéon occupation, the gilets noirs proclaim that “the fear has passed over to the other side.” Now counting in the hundreds, they address themselves to none other than the prime minister himself, refusing to be “managed by Castaner and the police prefects.”

    On July 12, Prime Minister Édouard Philippe was indeed forced to react, faced with images of the (peaceful) occupation as well as the radical speeches — delivered over the tombs of Victor Hugo and Voltaire — with their talk of “France perpetuating slavery by other means.”

    Galvanized, the gilets noirs have announced that fresh actions are coming soon. As one active member, Houssam, puts it, “we’re ready to take action — civil disobedience.”
    Who Are the Gilets Noirs?

    But what do the gilets noirs want to achieve? Why has their movement arisen now? And in what sense do they mark a change from more “traditional” sans-papiers collectives?

    Fundamentally, their aims can be summarized as follows: “We are not just fighting for papers [to be regularized] but against the whole system that produces sans-papiers.” Houssam adds: “We want to destroy all the actors in the racist system, or at least go on the attack against them.” And they’re doing so with a kind of risk-taking that’s rarely been seen in recent years.

    “We’ve already lived through hell in the Sahara and in Libya,” explains Camara — a well-known name in the movement, in a migrants’ hostel in Paris’s nineteenth arrondissement. “So, we won’t be giving up.” A Malian, he arrived in France only in September 2018 and is already working on building sites: “The employers pay us fifty euros a day, they profit. And if you ask for a Cerfa form [to present an application to the prefecture, requesting regularization on the basis of your work] they get rid of you and take someone else on instead. And so on and so forth.”

    Camara’s not the only gilet noir bearing the scars of what was once the land of Gaddafi. In Libya, almost all migrants are thrown into detention cells and camps, and sometimes traded by Mafiosi, tortured, and reduced to slavery. Nor is Camara the only one who’s survived being cast off in a raft on the Mediterranean. The French authorities endeavor to distinguish the people on these rafts who are potential refugees and those who are “economic migrants.” Yet the raft-goers all show one same face: an expression of terror. After all this, should they then have to play a waiting game in France, hiding away and begging at their employers’ feet for “a Cerfa form”?

    “The fear is over. If we don’t take risks, we won’t get anything,” insists Mamadou, a 21-year-old Malian who arrived in France in 2016 via Libya and Italy. Arrested in front of the Panthéon on July 12 and slapped with a “compulsory order to leave French territory” (the very first one he’s received in France), he was subsequently locked up in the Vincennes detention center before being released by a judge.

    “I’ll be there for the next action,” Mamadou promises. “We don’t win rights just sitting at home.” His older brother Samba, employed in the building trade, will also participate: “On the building sites, in restaurants, in cleaning, there’s no one but sans-papiers working there. It’s time the prime minister listened to us. We’re a bigger sight than the #Panthéon!”

    Kaba also took a big risk on July 12. A 24-year-old from Mauritania, she explains how she fled abuse and a forced marriage. After arriving in France less than two years ago, she saw her asylum application rejected by the Ofpra (the office responsible for granting or denying refugee status) and then the National Asylum Rights Court (in a case that is still on appeal). If she gets checked by police, a police prefect could decide that she will be subject to “forced displacement” (as the administrative euphemism puts it) within just two hours.

    Kaba had already taken part in several gilets noirs actions, without getting arrested. The actions in which she participated included the one at Charles de Gaulle airport on May 19, in order to buttonhole the CEO of Air France (“the French state’s official deporter”) and the one on June 12 at the headquarters of the Elior Group, a specialist in collective catering with a reputation for hiring sans-papiers (who, a company spokesman claims, provide “aliases” when they sign up, i.e. the papers of some other person who does indeed have regularized status).

    This time, in front of the Panthéon, “the police asked if I had papers, and I said no.” Kaba was taken to the police station, only to be released an hour and a half later without being given a “compulsory order to leave French territory.” According to her comrades, this was just another case of the reign of “arbitrary rules.”

    “Thanks to the gilets noirs I’ve found work,” she points out — lining up cleaning and “garbage removal” jobs in offices from 5:30 AM to 8:30 AM, and then working afternoons for a perfume brand, for 500 to 700 euros a month. But what about the crackdown with which these actions meet? “We have no choice.”

    Some of the gilets noirs even sleep in the street. Indeed, this a novelty of the movement: while the struggles of undocumented workers have traditionally been led by solidarity networks and by West Africans (Malians, Mauritanians, Senegalese people, etc.) boasting no few years in France, the gilets noirs also include Sudanese, Eritrean, or even Afghan migrants who have only just seen their asylum claims rejected, or even been “Dublinized” (that is, they risk being sent back to the first EU country where their fingerprints were taken — an application of the “Dublin agreement” on asylum).

    “Among the gilets noirs there are new arrivals who are still looking for a place to put their suitcases,” confirms Anzoumane Sissoko — one of the spokespeople for the CSP 75 (a longstanding Paris sans-papier collective). “The only possibility they have is to accept any job going.” At a personal level, Sissoko — who has already been fighting for “eighteen years” — gives hearty support to the gilets noirs: “There’s 700 of them — if we joined together with the other collectives and unions, there’d be maybe 2,000 of us.”

    Indeed, behind this movement, we find just two organizations: most importantly, La Chapelle Debout (“La Chapelle, Stand Up!”) — an association created in northern Paris in 2015 in order to help out migrants on the streets — and Droits devant !! (“Rights First!” — a pun on “Straight Ahead!”), an association founded by figures like popular scientist Albert Jacquard at the end of 1994, not long before the months-long occupation of the Saint-Bernard church by some 300 sans-papiers.

    These two associations worked on their own, without either the “traditional” sans-papiers collectives (for years weakened by divisions, or even internecine struggles) or the unions who have engaged on these issues. They directly mobilized in the workers’ hostels, one by one (some forty such structures are already involved).

    “Yes, we took a step back from some collectives (like the Union Nationale des Sans-Papiers, UNSP) who have lowered their ambitions and now settle for deals in the police prefectures to push a few people’s files under the radar, while losing sight of the goal of a general regularization,” reports Jean-Claude Amara, a longtime leading light in Droits devant !! (and co-founder of Droit au logement — Right to Housing). “This gave us more chance of taking forward steps.”
    “It’s State Racism”

    As one member of La Chapelle Debout insists, “Our aim is to smash the criteria of the Valls circular of 2012” (a circular issued by then-Interior Minister Manuel Valls, which defined the possible justifications for regularization in terms of employment or family and private life).

    After the gilets noirs’ action outside the Comédie-Française theatre (one of their very first actions), in January they nonetheless sent a delegation to the Paris police prefecture — getting at least one regularization into the bargain. But after that, “case by case” measures were over.

    This ruffled feathers among the classic actors in the sans-papiers movement. As one of them (wishing to remain anonymous) put it, “We found that a dynamic toward unity had been set in motion.” Since fall 2018, all kinds of collectives and union bodies have worked on combining their efforts, cooking up fresh actions for after the summer break. They have been mobilized both by former Interior Minister Gérard Collomb’s “asylum and immigration” law (promulgated in September 2018), with its battery of repressive measures, and by the lies the Right and far right have spread about the “Marrakesh pact” (a United Nations agreement on sharing refugees among different countries). But they have also been given fresh impulse by the gilets jaunes protests.

    “We took part in meetings,” acknowledges Jean-Claude Amara of Droits devant !!. “There was, it seemed, a will to go beyond little demos that no longer worried anyone . . .  But nothing came of it.”

    “It’s a mistake not to work together,” laments Alioune Traoré — a representative of the UNSP. “Faced with the arrests, it’s an obligation on all of us to give our support, and we should try and do that all together. But I have my differences with La Chapelle Debout: we shouldn’t say we can hope for regularization or housing for everyone. People come [to the protests] for that — that’s what they hope for — but most gilets noirs don’t meet the criteria. We, too, raise slogans to demand that everyone should be able to move and live, wherever they want. But in reality, you can’t go along to the prefecture taking people who haven’t racked up the [required] time [staying in France] . . .  Personally, I think there’s manipulation going on.”

    Alioune Traoré isn’t a fan of the choice to stage the action at the Panthéon: “The cemetery is sacred ground. Even [to occupy] a church is pushing it. People have been occupying them ever since Saint-Bernard. But even in the case of the Saint-Denis Basilica, when we went in there [to denounce the ‘Collomb law’] in 2018, Marine Le Pen denounced this as ‘profaning’ a place of worship . . .  We should seek out different targets, so the far right and the government won’t be able to exploit the situation.” Others like him fear that ultimately the July 12 occupation will merely harden the government’s stance, and the effect will be to step up the repression a notch — against everyone. It’s a question of strategy.

    “The risk taken at the Pantheon was disproportionate — there’s a suicidal aspect to it,” worries one long-standing participant in sans-papiers struggles. “And even looking at public opinion, I think in the current context, we’d do better to choose targets that underscore what unites all of us, around work or around schools, like RESF does” (referring to the Réseau Éducation Sans Frontières — Education Without Borders Network).

    As for the unions, they remain principally attached to a strategy of strikes and picket lines — the CGT (France’s largest union federation) had put pressure on Elior long before the gilets noirs occupation. “[The gilets noirs] handed us twenty-three case files, which are still being analyzed,” a representative of the catering firm reports. “We are working [to facilitate regularizations that meet the necessary criteria] with tried and tested methods — we’re already working on that with the CGT. Now, we’ve had another actor come and attach themselves to things.”

    As for the risks the gilets noirs ran at the Panthéon, one member of La Chapelle Debout replies: “Yes, the sans-papiers are taking risks, but that’s not something we’ve imposed — it’s discussed collectively. And police harassment is an everyday affair: they can be arrested at any moment. Every day, far more people are thrown into detention centers than engage in political activity. And then we also take ‘anti-repressive’ measures: the participants have lawyers’ names in advance and are much better defended than they would be by a court-appointed!”

    Houssam, a member of La Chapelle Debout and a “son of an immigrant,” refuses to consider migrants “as fragile types.” “The goal is precisely that migrants should speak for themselves as political subjects” And he remembers how often the Right spreads suspicions that the sans-papiers are being “instrumentalized” politically. Such arguments were also pulled out by former socialist Interior Minister Bernard Cazeneuve regarding the clashes between migrants and police in Calais. “For us it’s worrying to see arguments of that type being made on the Left.”

    “We need to break the sans-papiers struggle out of the logic of a tug-of-war with the interior minister alone — and do that permanently” argues Jean-Claude Amara. He put it bluntly: “If we don’t, we remain within the framework of colonial administration.”

    This “decolonial” dimension of the struggle has irritated some on the Left who identify as “universalists.” They take issue with the choice of the name gilets noirs — a reference to the dark fury (colère noire) of the sans-papiers, of course, but also to a certain skin color. This irritation only intensified in June after one of the gilets’ petitions was signed by the Parti des Indigènes de la République (PIR) (a decolonial group critical of “colorblind” secularism, accused by others on the Left of promoting identitarian “Islamo-leftist” and even anti-semitic ideas).

    “Some put up barriers — it made things difficult for some associations,” reports Jean-Claude Amara, who is “not overly committed” to the choice of name (“perhaps not the best label to widen our ranks”). “But we haven’t given in. Even if Droits devant !! isn’t necessarily on the same page as the PIR comrades on everything, we don’t want to give in to the blackmail that says ‘if they’re signing, then we won’t.’ That’s also been the great failing of the sans-papiers movement in recent years: forgetting what the anti-colonial and anti-racist struggle is really about.”

    “Do some people really want to deny us legitimacy by saying we’re decolonial?” asks an annoyed Houssam. “That’s not our problem. But do we think that the fate imposed on migrants is a case of state racism? Yes.”

    One trade unionist asks, “Is the point to show that the state is racist, or to win rights? Can you even still negotiate with an actor you characterize as racist?”

    It’s not certain that the gilets noirs are going to be a magnet for a lot of trade unionists in the months to come. And still less clear that that’s what they’re aiming for.

    https://www.jacobinmag.com/2019/07/gilets-noirs-france-protesters-sans-papiers
    #économie #exploitation #sans-papiers #tourisme #économie_touristique #résistance #manifestation #protestation

    ping @isskein @karine4

  • Texte d’#Achille_Mbembe à l’occasion de l’#occupation du #Panthéon, 12 juillet 2019

    « Tout se passe comme si chaque fois que l’on ouvre les yeux, il y a des personnes humaines d’origine africaine quelque part dans notre monde en train d’être brutalises par une autorité ou une autre.

    Ailleurs, loin de chez eux, hors d’Afrique.

    Mais en Afrique aussi, entre les mains des leurs - des coups, surtout des coups, la brutalité avec laquelle tout #corps de nègre (simple gisement musculaire) est traité !

    Et cela fait très longtemps que ça dure.

    Ça dure depuis tant de temps que cela n’étonne plus personne.

    Les #Nègres, on s’attend a ce qu’ils soient brutalisés, et c’est le contraire qui est anormal.

    Il y a quelques semaines, un camp de prisonniers (car c’est de cela qu’il s’agit) en majorité africains a été littéralement bombardé en Libye. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été tues.

    D’autres périssent presque chaque semaine, noyés dans les eaux de la Méditerranée.

    On ne compte plus ceux dont les sables du Sahara recouvrent de leur linceul les dépouilles.

    Pas un seul mot de nos Chefs d’Etat.

    Pas un seul mot des représentants des peuples africains. Pas un seul mot des organisations continentales, encore moins de nos intellectuels, artistes, footballeurs, hommes et femmes d’Église ou entrepreneurs.

    Après deux jours, la nouvelle a disparu des grands médias occidentaux. Et tout a recommence comme si rien n’avait jamais eu lieu. De telles vies comptent-elles seulement ?

    La Libye est un pays où existent des marches d’#esclaves africains en plein XXIe siècle. Tout le monde le sait.

    Elle est un pays ravagé par le #racisme_anti-nègre qui menace de plus en plus la plupart des États maghrébins. Tout le monde le sait.

    Tout le monde le sait par ailleurs, certaines puissances européennes revendiquant le statut d’"amies des Africains" procurent des #armes sophistiquées a l’une ou l’autre des milices qui se disputent le pouvoir a Tripoli.

    L’Europe, qui a joue un role determinant dans la destruction de la #Libye, leur procure d’énormes sommes d’argent.

    L’objectif est d’empêcher la migration des Nègres en Europe. Pour ce faire, il faut transformer l’Afrique en un immense #Bantoustan.

    En réalité, il s’agit de subsides a la #chasse de captifs nègres que l’on entasse dans des prisons qui ne disent pas leur nom, et que l’on revend a l’encan sur les marchés locaux. Un commerce ignominieux est en cours dont les corps d’ébène servent une fois de plus de monnaie.

    Ceci, l’Europe prétend ne pas le voir, tout comme elle s’échine à rendre invisible la saignée en cours en #Méditerranéenne.

    Au sujet de ce scandale, nos Chefs d’Etat n’ont aucun mot a dire. Nos intellectuels, nos artistes, nos footballeurs, nos hommes et femmes d’Église et nos entrepreneurs non plus.

    Hier, le Président Emmanuel #Macron a réuni a l’Élysée des individus choisis au hasard par son gouvernement. Ces individus de son choix sont supposes représenter "la #diaspora_africaine" en #France. Le Président Macron, nous dit-on, est un grand intellectuel. Il serait un disciple de Paul Ricoeur et aurait suivi des séminaires avec Etienne Balibar.

    Mais quand il s’agit de l’#Afrique, il évite soigneusement de discuter avec des intellectuels africains critiques. Ils risquent de le démaquiller, de lui poser toutes les questions qui gênent, de lui opposer des arguments sérieux auxquels il n’a aucune réponse plausible. Ils risquent de remettre publiquement en cause les trois piliers de la politique française - le #militarisme, le #mercantilisme et le #paternalisme mâtiné, comme toujours, de #racisme.

    Et, naturellement, le soutien sans condition a des régimes corrompus qui militent activement contre les intérêts bien compris du Continent.

    Le President Macron leur préfére des gens choisis par ses diverses cellules de communication et autres conseils présidentiels - de pauvres étudiants d’une pauvre université qui ne savent pas comment formuler des questions pertinentes et qu’il se fait fort de ridiculiser ; des quidam qui n’ont étudié aucun dossier en profondeur et se contentent de généralités ; des Nègres de pacotille assoiffés de vanité et en quête de selfies, hilares et bon enfant, trop heureux de servir le Maitre lorsqu’il ne s’agit pas d’opportunistes peu scrupuleux en quête de prébendes.

    Tout heureux de se retrouver sous les lambris, hier ils lui ont en effet servi la soupe et ont soigneusement évité de traiter des vrais dilemmes - ceux qui font des rapports entre la France et l"Afrique le paradigme même du scandale néocolonial.

    Bal des cyniques, en vérité, et des deux côtés !

    Ce soir, cette comédie s’est révélée être ce qu’elle a toujours été.

    Des centaines d’Africains #sans-papiers ont occupe le Pantheon pour exposer aux yeux du monde le traitement qu’ils subissent en France.

    La réponse ne s’est pas fait attendre. Ils ont été "évacués" sans ménagement, à la manière exacte dont ils sont traités dans leurs pays respectifs par leurs propres gouvernements.

    Quant prendra fin ce scandale ? Quand apprendrons-nous a gagner de nouveau ? Quand est-ce que les vies nègres compteront enfin ?

    Tant que l’Afrique ne deviendra pas son centre propre, tant qu’elle ne se reconstituera pas en tant que vaste espace de circulation, tant qu’aucun Africain ne sera traité comme étranger en Afrique même, la #brutalisation des corps nègres se poursuivra.

    Pour le reste, le salut ne viendra pas de la France. Il n’y a strictement rien a attendre d’elle que nous ne puissions nous offrir a nous-mêmes. Le salut ne viendra pas non plus des diasporas. Il viendra d’abord de l’Afrique elle-même.

    Il faut donc réapprendre a faire corps et reprendre la #lutte. Il faut l’intensifier là où elle est déjà en cours. Il faut puiser dans la #mémoire, la #créativité et les énergies souterraines de nos peuples pour aller de l’avant.

    Nul ne nous libérera à notre place ou malgré nous. Les vies des nôtres disperses dans les quatre coins du monde ne compteront véritablement que le jour ou l’Afrique sera #debout sur ses propres jambes.

    Et c’est a travailler à reconquérir cette initiative historique que nous sommes appelés. Tout le reste n’est que diversion. »

    https://www.facebook.com/gildas.ledem/posts/10157313594073610?__tn__=H-R

    Texte signalé par @isskein

    #Mbembe #France #Paris #migrations #résistance #néo-colonialisme #néocolonialisme #Afrique

  • La ribellione silenziosa e composta della Guardia Costiera italiana contro Salvini

    Dio strabenedica la “#Gregoretti”. Dio strabenedica l’ammiraglio #Pettorino. Dio strabenedica i suoi alti ufficiali, in divisa bianca. E i suoi uomini, servitori dello Stato, che si fanno soldati della Costituzione e della legge del mare salvando 141 vite e finendo “sequestrati” solo per questo gesto.

    C’è qualcosa di scandaloso, nell’atto persecutorio che per la terza volta colpisce la #Guardia_Costiera, e c’è qualcosa di eroico nella fermezza silenziosa e composta con cui gli uomini di Pettorino reagiscono: senza fare polemica, ma senza deflettere di un millimetro dalla loro missione.

    I fatti sono noti: il Viminale nega lo sbarco a Lampedusa alla “Gregoretti” (questa onomastica sarebbe piaciuta all’omonimo Ugo), lo nega anche alla nave della Guardia costiera italiana che ha accolto a bordo i migranti soccorsi giovedì 25 luglio dal peschereccio «#Accursio_Giarratano» a cinquanta miglia da Malta.

    E ovviamente il capitano (di latta) Matteo Salvini ha parlato: «Ho dato disposizione – dice il ministro dell’Interno aprendo così un nuovo caso Diciotti – che non le venga assegnato nessun porto prima che ci sia sulla carta una redistribuzione in tutta Europa dei migranti a bordo».

    Quindi gli uomini della Guardia Costiera sono di nuovo sotto ricatto, di nuovo bloccati e inibiti a sbarcare. Solo che questa volta non ci sono alibi, veri o fittizi: non si tratta dei “pirati ai caraibi”, o delle fantomatiche “Ong criminali”, dei mostruosi “taxi del mare”, ma di un corpo dello Stato, una nave della Marina che batte bandiera italiana e risponde agli ordini di un ministro del governo. Salvini – quindi – il nuovo “caso Diciotti” non lo sta evitando, lo sta creando.

    Adesso – dunque – la contesa sul diritto al salvataggio in mare e sull’individuazione dell’approdo nel porto più sicuro coinvolge anche le imbarcazioni della nostra Guardia costiera, in questo caso la «Gregoretti», bloccata al largo coi migranti salvati a bordo.

    Il comandante del peschereccio di Sciacca, in provincia di Agrigento, ci ha raccontato una storia semplice e terribile: lui che raccoglie i naufraghi, Malta che non risponde all’sos (vergogna). E lui, per salvare quelle vite, chiede il soccorso del suo paese, come era ovvio e inevitabile. Una nave italiana, secondo la legge, è già Italia.

    Sulla strada del ritorno verso Lampedusa, dopo il diktat di Salvini, lo scenario diventa surreale: da una parte il Viminale, dall’altra i nostri militari.

    Fonti del Ministero dicono che della vicenda è stata investita la Commissione europea, con l’obiettivo di allargare e condividere il ricollocamento (cosa giusta) ma questo non può essere un alibi. Una nave di un corpo dello Stato non può essere sequestrata da un altro corpo dello Stato. Gli uomini dell’Ammiraglio Pettorino non sono lì per divertirsi, o anche per una lodevole missione umanitaria. Sono lì perché eseguono ordini: pensare di poterli mettere in quarantena è una vergogna.

    Dice ancora Salvini: «Nessuno sbarcherà finché non ci sarà nome, cognome e indirizzo dei Paesi che ospiteranno i migranti: fidarsi è bene, ma io faccio come San Tommaso».

    Solo che adesso una voce deve levarsi. La vicenda riguarda anche il ministro dei Trasporti M5S #Danilo_Toninelli, che formalmente guida ed è responsabile della Guardia Costiera. È lui che deve tutelare gli uomini di chi ha la responsabilità. Il M5s non può pensare di recuperare un voto finché alcuni dei suoi ministri, che occupano posti di responsabilità cruciale, latitano o tacciono quando vengono chiamato in causa. Toninelli deve capire che se non vuole sembrare un ministro “commissariato” deve far sentire la sua voce. Oppure certificare con questo silenzio sulla Gregoretti la sua non responsabilità. E quindi dimettersi.

    https://www.tpi.it/2019/07/27/migranti-guardia-costiera-salvini-gregoretti
    #gardes-côtes #Italie #résistance #Salvini #décret_Salvini #Decreto_Salvini #sauvetage #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés

    Ajouté à cette métaliste:
    https://seenthis.net/messages/739545#message766817

  • Adolfo Kaminsky, en anglais:

    If I Sleep for an Hour, 30 People Will Die
    Pamela Druckerman, The New-York Times, le 2 octobre 2016
    https://www.nytimes.com/2016/10/02/opinion/sunday/if-i-sleep-for-an-hour-30-people-will-die.html

    #Vidéo d’un quart d’heure (la plupart des dialogues sont en français, sous-titrés en anglais):
    The Forger
    Samantha Stark, Alexandra Garcia et Pamela Druckerman, The New-York Times, le 2 octobre 2016
    https://www.youtube.com/watch?v=Dup6KOoaAUc

    #Adolfo_Kaminsky #faux_papiers #résistance #Histoire

  • L’exposition sur Adolfo Kaminsky au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme donne lieu à l’édition d’un livre de photographies inédites de Kaminsky :

    Adolfo Kaminsky, changer la donne
    https://centmillemilliards.com/wp/produit/adolfo-kaminsky-changer-la-donne

    Mais Gilles Manceron pointe quelques « oublis » fâcheux dans cette exposition et de la préface de ce livre :

    Une belle exposition sur Adolfo Kaminsky…et quelques compléments sur son engagement anticolonialiste
    Gilles Manceron, Histoire Coloniale et Postcoloniale, le 24 juillet 2019
    https://histoirecoloniale.net/Une-belle-exposition-sur-Adolfo-Kaminsky-et-quelques-complements-

    Dans la préface de cet ouvrage, écrire, comme le fait Paul Salmona, qu’Adolfo Kaminsky a été « au service de la Haganah et du groupe Stern » sans rien dire de ses réflexions sur la question de la Palestine n’est-il pas un raccourci qui témoigne d’une volonté de ne pas contrarier les idéologues qui, au mépris de l’histoire du judaïsme français et européen, voudraient faire croire que judaïsme et sionisme iraient forcément de pair ?

    Comme son père, Juif né en Russie et qui avait choisi de vivre en France, malgré la part sombre de ce pays, et qui croyait, non à l’idéologie sioniste mais aux idées socialistes et laïques du Bund [16], Adolfo Kaminsky n’était pas favorable à « un pays pour les Juifs ». Il pensait que « la religion ne devait surtout pas coïncider avec une nation [17] ». Le rôle du MahJ n’est-il pas de dire l’histoire, toute l’histoire, même si ça ne plait pas à certains.

    Sachons gré à l’une des autrices du livre/catalogue, l’historienne Sophie Cœuré, d’avoir rappelé dans son article qu’Adolfo Kaminsky avait refusé « de rallier Israël : trop de religion, trop de nationalisme [18] ». Les visiteurs de l’exposition doivent acheter ce livre et lire son article pour l’apprendre. Souhaitons que le MahJ sache, encore mieux que dans cette belle exposition, faire pleinement leur place aux nombreux itinéraires de Juifs universalistes et non sionistes de notre histoire, comme Adolfo Kaminsky, dont l’ensemble du parcours et des réflexions sur la question de la Palestine, méritent d’être restitués.

    #Adolfo_Kaminsky #faux_papiers #résistance #photographies #Palestine #judaïsme #sionisme #Histoire #mensonges #révisionnisme #censure #Gilles_Manceron

  • The media are picking scabs with coverage of latest Oka Crisis , CBC, by Taiorenhote Dan David, Mohawk writer, veteran journalist
    https://www.cbc.ca/news/indigenous/oka-crisis-tension-media-coverage-1.5218368

    It’s all accurate. The stuff about tobacco shacks, pot shops and toxic dumps. Most of it’s fair and somewhat balanced. But it lacks context. I call it picking at scabs, because they’re pulling off what’s on the surface but not examining the festering wounds underneath.

    Most of the journalism I’ve seen and heard this past week has lots of who, what, when and where but precious little of the why.

    Why are tobacco and cannabis shops the foundation for a small-business economy at Kanesatake?

    Why are dumps at Kanesatake unregulated?

    Why does Mayor Quevillon use these as insults and ugly stereotypes to encourage racial hatreds when the issue is about an “ecological gift” of land to the Mohawk?

    • Rien sur #Oka sur seenthis et la #Crise_d'Oka de 1990 ?! La notice de Wikipedia n’est pas géniale :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_d%27Oka

      Voir plutôt Kanesatake : 270 ans de résistance d’Alanis Obomsawin. Incroyable, il est là :
      https://www.youtube.com/watch?v=3D_YYk7n4A4

      En juillet 1990, un litige autour d’un terrain de golf qui serait construit sur des terres kanien’kéhaka (mohawks) à Oka ouvrait la voie à une confrontation historique qui ferait les manchettes internationales et s’imprimerait dans la conscience collective du pays. La réalisatrice Alanis Obomsawin – tantôt avec une petit équipe, tantôt seule – a passé 78 jours derrière les barricades kanien’kéhaka pour filmer l’affrontement armé entre les manifestants, la Sûreté du Québec et l’armée canadienne. Sorti en 1993, ce documentaire phare a été vu dans le monde entier, remportant plus d’une douzaine de prix internationaux et entrant dans l’histoire du Festival international du film de Toronto, où il est devenu le premier documentaire à remporter le prix du meilleur long métrage canadien. Jesse Wente, directeur du Bureau des productions audiovisuelles autochtones, en parle comme d’un « moment charnière dans l’histoire du cinéma des Premiers Peuples ».

      #Kanesatake #Canada #Québec #Peuples_autochtones #Mohawks #Racisme #Colonisation #Résistance #Répression

  • #Theodor_Plievier,_un_écrivain_dans_l’Europe_barbare
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/220719/theodor-plievier-un-ecrivain-dans-l-europe-barbare

    Il est aujourd’hui oublié. Mort en 1955, le romancier allemand fut l’un des témoins les plus passionnés et passionnants du demi-siècle qui vit l’Europe se perdre dans l’horreur de deux guerres mondiales et de la barbarie nazie. Retour sur ce parcours exceptionnel d’un jeune anarchiste qui, devenu cible des nazis, fuit en URSS et va devoir travailler avec l’Armée rouge avant de passer à l’Ouest. Premier volet de notre série en cinq épisodes sur l’un des écrivains allemands les plus lus au mitan du XXe siècle.

    #Theodor_Plievier

    • Plivier est un de mes auteurs préférés.

      Il a écrit une des trois grandes trilogies de langue allemande sur l’époque du nazisme et la résistance. Il a la particularité d’être très terre à terre parce qu’il écrit à partir de sa propre expérience ou à partir d’une documentation exhaustive constituée à travers des interviews.

      Contrairement à Peter Weiss il ses textes se lisent facilement parce qu’ils ont toutes les qualtés des romans de divertissement. Il fait comprendre les faits historiques à travers des observations et le récit du vécu. La prose de Manès Sperber par contre est marquée par sa perspective d’ex-marxiste adlérien ce qui le rapproche le plus du discours majoritaire d’aujourd’hui. Theodor Plivier n’a pas rompu aussi brutalement avec le socialisme de l’époque comm Sperber, peut-être parce qu’il avait une vision critique du royaume de Staline avant d’y séjourner. Peter Weiss, le plus jeune des trois, est toujours resté assez proche de l’Allemagne socialiste malgré ses positions politiques qui n’avaient pas grand chose en commun avec le rigorisme post-stalinien du parti SED.

      Si on veut se mettre dans l’esprit des combattants de l’époque c’est Plivier qu’il faut lire, Manès Sperber propose une perspective humaniste moderne et Peter Weiss contribue une analyse dialectique et politique des mobiles de ses protagonistes qui n’a pas d’égal dans le monde littéraire.

      Theodor Plievier (1892 - 1955) - Stalingrad, Moskau, Berlin
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_Plievier
      https://de.wikipedia.org/wiki/Stalingrad_(Roman)

      Manès Sperber (1905 - 1984) - Wie eine Träne im Ozean
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Man%C3%A8s_Sperber
      Qu’une larme dans l’océan, Paris, Calmann-Lévy, 1952 (préfacé par André Malraux)
      https://de.wikipedia.org/wiki/Wie_eine_Tr%C3%A4ne_im_Ozean

      Peter Weiss (1916 - 1982) - DLa prose de Manès Sperber par contre est marquée par sa perspective d’ex-marxiste adlérien ce qui le rapproche le plus du discours majoritaire d’aujourd’hui.ie Ästhetik des Widerstands
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Weiss
      L’Esthétique de la résistance
      https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Esth%C3%A9tique_de_la_r%C3%A9sistance

      #Allemagne #résistance #communisme #nazis #littérature

  • Bure : le bois Lejuc est réoccupé !

    https://lavoiedujaguar.net/Bure-Le-bois-Lejuc-est-reoccupe

    Près de Bure, le bois Lejuc est réoccupé depuis le 18 juillet à 14 heures. De nombreuses personnes ont réinvesti ce lieu, au sol comme dans les arbres, pour réaffirmer leur opposition au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, au nucléaire et à son monde, industriel, colonial, militaire.

    Les forces policières qui occupaient jusque-là ce lieu stratégique et protégeaient les intérêts de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) ont été contraintes de quitter les lieux. Nous appelons dès maintenant à converger dans le bois Lejuc ainsi que dans les villages de Bure et Mandres-en-Barrois, situés à deux kilomètres de la forêt.

    Le bois Lejuc est sur la zone du projet de poubelle nucléaire. L’Andra projette de le défricher pour y faire des fouilles archéologiques et des forages, et à terme de le bétonner pour y construire des puits de ventilation. Le bois a déjà été occupé à deux reprises auparavant, en juillet 2016 puis du 15 août 2016 au 22 février 2018, date à laquelle 500 gendarmes ont expulsé la forêt et détruit les habitations des occupant·e·s. (...)

    #Bure #Andra #déchets_nucléaires #résistance

  • De l’urgence de débattre au sein du mouvement écologiste Hervé Kempf (Reporterre) 18 juillet 2019
    https://reporterre.net/De-l-urgence-de-debattre-au-sein-du-mouvement-ecologiste

    Cyril Dion a exprimé son agacement après la publication d’un de nos articles concernant son action. Au-delà de ce différend, l’épisode révèle le besoin urgent de réfléchir collectivement sur les stratégies que doit suivre le mouvement écologiste. Pour infléchir réellement le cours inquiétant de la dégradation de la biosphère, quelle position est la plus utile : une écologie « radicale » ou une écologie « de compromis » ? Et y en a-t-il d’autre ?

    Cyril Dion manifeste quelque courroux après l’article de Reporterre https://reporterre.net/Comment-Cyril-Dion-et-Emmanuel-Macron-ont-elabore-l-assemblee-citoyenne- racontant comment il a élaboré avec Emmanuel Macron et leurs équipes respectives la Convention citoyenne pour le climat annoncé par le Président de la République le 25 avril. Il me l’a manifesté par courriel, et nous avons échangé des arguments, courtoisement. Il m’a laissé un message téléphonique samedi dernier, message que j’ai trouvé trop tard pour le rappeler, et il a choisi d’exposer notre différend sur sa page Facebook https://www.facebook.com/cyril.dion2/posts/10156482919273602 . Je trouve cela très compréhensible, et poursuis donc moi aussi publiquement cet échange. Car derrière le point litigieux, il y a une question de fond qui mérite une attention et une réflexion collectives.
    Le courroux de l’auteur du Petit manuel de résistance contemporaine https://reporterre.net/Resister-a-l-effondrement-ecologique-mais-contre-l-exterieur-ou-contre-n provient, non pas de l’article lui-même, dont il ne conteste pas l’exactitude, mais de son titre et de la photo qui l’illustre :

    « Non écrit-il, je n’ai pas “élaboré le projet de convention citoyenne avec Emmanuel Macron” comme Reporterre, le quotidien de l’écologie (ou plutôt Hervé Kempf si j’ai bien compris) l’a titré en choisissant de mettre nos deux photos et en retournant la mienne pour renforcer l’idée de connivence. »

    Et bien, si. Le titre est réducteur, comme tout titre, mais il résume le processus décrit dans l’article : il y a eu élaboration commune. On ne rencontre pas le président de la République — surtout dans une période très agitée par le mouvement des Gilets jaunes, en février dernier — pour papoter et prendre le thé. La rencontre entre MM. Dion et Macron a été importante et a posé les grandes lignes de ce qui a ensuite été mis en musique par leurs équipes respectives, avant d’être validé par retour au sommet.

    Il va de soi que le président de la République ne va pas suivre personnellement toutes les réunions qui formalisent un dispositif de cette nature. Mais quand la décision de lancer la Convention citoyenne pour la transition écologique a finalement été prise et annoncée en avril, elle a bien sûr été préparée et validée au niveau du chef de l’État, après le travail réalisé avec les conseillers de l’Élysée et avec le ministre de la Transition écologique dans plusieurs réunions auxquelles Cyril Dion a participé, et où il dit avoir posé, avec le collectif Démocratie ouverte, « des lignes rouges ».

    Quant à la photo rapprochant les deux portraits, elle exprime la réalité physique de la rencontre entre les deux hommes. Dans la maquette de Reporterre (comme dans celle de bien des sites et journaux), la photo de tête d’un article est par définition une métaphore du récit de l’article. Soit on présente une image illustrant un épisode précis de celui-ci, soit on présente une image symbole de la réalité évoquée : c’est bien le cas ici. Il n’y aurait problème que si les deux hommes ne s’étaient pas rencontrés.

    Le reproche qui m’est fait est d’autant plus étrange que dans l’article, discuté en commun par toute la rédaction comme tous ceux de Reporterre, nous avons choisi de ne pas énoncer tous les problèmes soulevés par cette collaboration entre Cyril Dion et ses amis et le président de la République et ses subordonnés. Certains lecteurs sagaces s’en sont étonnés dans le Club des lecteurs, et nous l’ont reproché. Car bien sûr, que des écologistes estimables acceptent de travailler, en pleine crise sociale, avec un président qui couvre une politique répressive d’une violence jamais vue depuis trente ans, qui lance une section de lutte antiterroriste contre les activistes du climat qui décrochent son portrait, qui poursuit une politique des plus néfastes en matière d’écologie, doit être discuté. Comme doit être discuté la possibilité que ces écologistes estimables soient instrumentalisés, malgré le gain important qu’ils estiment avoir obtenu. Mais mon intention n’est pas de le faire ici.

    Pourquoi ? Parce qu’il me parait plus urgent et utile de souligner deux choses.

    D’autre part, il y a un besoin urgent de débattre de la stratégie du mouvement écologiste. En reconnaissant que personne n’a la clé magique d’une situation où la situation écologique s’aggrave constamment. Faut-il refuser tout accommodement positif de la part d’un gouvernement et d’un système de pouvoir au motif qu’ils sont intrinsèquement nuisibles et violents ? Mais les postures les plus radicales ont-elles obtenu des résultats probants ? Ne touchent-elles pas une minorité trop restreinte, malgré son énergie, pour bousculer le système ? Et n’est-il pas nécessaire de parvenir à mobiliser des masses plus importantes pour faire poids, ce qui implique de mettre de l’eau dans son vin ? Est-il prioritaire de développer des « récits » ou de susciter le rejet d’un capitalisme en pleine évolution autoritaire et élitaire ?

    Ce ne sont là que quelques questions parmi celles qu’il nous faut explorer quitte, peut-être, à conclure à des différends irréconciliables ou, au contraire, à une analyse commune renforçant l’énergie collective.

    Aider ce débat est le rôle que s’assigne pour l’heure Reporterre, en invitant Cyril Dion à un débat sur le site ou à s’exprimer par une tribune, ainsi qu’à Patrick Viveret (avec qui nous avons aussi échangé) ou à tout autre voulant intervenir de manière claire et argumentée. Nous avons aussi lancé une enquête au sein du mouvement écolo pour savoir comment sont perçues les deux lignes stratégiques, et irons au Camp climat organisé par Alternatiba début août avec cette préoccupation en tête.

    Profitons de l’été pour réfléchir et discuter, avant une année qui sera de nouveau cruciale pour la cause écologique.

    D’une part, qu’il faut admettre la nécessité du débat au sein de la galaxie écologiste. Il est nécessaire que l’on parvienne à sortir soit du consensus béat au motif que nous sommes tous et toutes d’accord sur la gravité de la crise écologique, soit de l’irritation indignée quand on pointe une position problématique. Une des ambitions de Reporterre est de parvenir à mettre en scène ce débat entre une écologie « radicale » et une écologie de « compromis ». Ce n’est pas toujours facile. Ainsi, les habitants actuels de la Zad ont-ils d’abord mal vécu qu’on puisse exprimer à propos de la Zad un point de vue plus radical que le leur. Avant d’accepter de jouer le jeu et de produire une explication argumentée et utile de leur position. De même Nicolas Casaux et Cyril Dion avaient exprimé en vis-à-vis des positions diamétralement opposées sur les énergies renouvelables (ici et là).
    Que le débat soit vif n’est pas un problème, au contraire, je suis persuadé qu’on peut le faire de manière sereine. Un bon exemple en était la Fête des 30 ans de l’écologie, où les invités allaient de zadistes et de Gilets jaunes à Corinne Lepage et à Yann Arthus-Bertrand. Un très large arc-en-ciel, où tout le monde a joué le jeu avec une chaleureuse bienveillance, ce qui n’empêchait pas de vrais dissensus, comme par exemple entre Damien Carême et un Gilet jaune sur le rôle de la représentation politique, ou entre Claire Nouvian et Yann Arthus-Bertrand sur le rôle des lobbies.

    #Hervé_Kempf #Reporterre #Cyril_Dion #écologie #Colibris #Politicaille #médias #twitter #enfumage #union_européenne #demain
    #écologie #ecologie #environnement #climat #france #agriculture #politique #resistances #pollution #énergie #nature_/_ecologie #capitalisme

  • Un anarchiste américain abattu par la police en s’attaquant au système concentrationnaire US

    Le 13 juillet 2019, #Will_Van_Spronsen a été abattu par la police de #Tacoma (État de Washington) après avoir tenté d’incendier des véhicules utilisés pour la déportation des migrants enfermés au #Northwest_Detention_Center.

    Militant révolutionnaire, anticapitaliste, antifasciste, Will Van Spronsen, 69 ans, est mort en s’attaquant au #système_concentrationnaire américain. Avant d’être abattu par la #police de Tacoma, il est parvenu à incendier l’un des bus utilisés pour déporter les migrants enfermés au sein du Northwest Detention Center, un camp géré par une entreprise privée. L’attaque menée par Van Spronsen a eu lieu un an jour pour jour après le déclenchement d’une grève de la faim au sein du camp pour dénoncer les déportations et les conditions d’enfermement. Van Spronsen était armé d’un fusil d’assaut et de bombes incendiaires.

    Le Northwest Detention Center est un camp géré par une entreprise privée, GEO Group, pour le compte de la police aux frontières américaine, l’United States Immigration and Customs Enforcement (ICE). Avec une capacité d’internement de 1 575 prisonniers, c’est l’un des plus grands camps des États-Unis. Y ont notamment été internées des personnes qui ont été séparées de leurs enfants après leur arrestation, dans le cadre des nouvelles mesures racistes mises en œuvre par l’administration Trump.

    Dans une lettre envoyée à des camarades avant l’attaque, Will Van Spronsen écrit notamment :

    « Quand j’étais enfant, dans la Hollande et la France d’après-guerre, ma tête était remplie d’histoires sur la montée du fascisme dans les années 30. Je me suis promis que je ne serais pas de ceux qui restent sans rien faire pendant que leurs voisins sont arrachés à leurs domiciles et emprisonnés parce qu’ils sont perçus comme inférieurs. [...] Les camps de détention sont une abomination. Je ne peux pas rester sans rien faire. »

    La Resistencia, un groupe local de soutien aux détenu-es du camp et aux exilé-es, écrit dans un communiqué :

    « Son action témoigne malheureusement du niveau de désespoir que des gens à travers tout le pays ressentent vis-à-vis de la violence ignoble du gouvernement à l’encontre des immigrés, notamment via l’utilisation de camps de détention pour enfermer les migrants vivant aux États-Unis ou ceux qui tentent d’y trouver asile. Cette mort découle de l’incapacité du gouvernement fédéral à répondre à la colère et au désespoir ressenti face aux horreurs qui se déroulent à la frontière et à l’intérieur du pays. »

    Un rassemblement en hommage à Will Van Spronsen a été organisé dans la ville d’Olympia le soir de sa mort. Les camarades présent-es ont revendiqué la fin du système concentrationnaire, des contrôles aux frontières et des déportations.

    Feu aux centres de rétention et aux camps de concentration ! Rest in power, Will Van Spronsen.

    https://larotative.info/un-anarchiste-americain-abattu-par-3367.html
    #résistance #anarchisme #USA #Etats-Unis #rétention #migrations #asile #réfugiés #assassinat #meurtre #détention_administrative #police #violences_policières

    via @isskein

  • Propos sur un colloque censuré : le révélateur d’une fascisation rampante 15 Juil 2019 - Saïd Bouamama - Le blog de S. Bouamama

    Devant participer à la présentation les 3 et 4 juillet dernier des résultats d’une recherche sur les « Mécaniques de extrémisme violent » au cours d’un colloque international à visée comparative, je me suis vu interdire de participation et de parole par l’institution porteuse suite aux pressions du ministère de l’intérieur. Cette recherche pluridisciplinaire à laquelle je contribue depuis son début s’est étendue sur 4 ans et était adossée à un dispositif d’accompagnement pour des jeunes considérés comme « radicalisés ». L’accompagnement et la recherche ont touchés 105 jeunes français et les conclusions de l’investigation devaient être mises en comparaison avec des expériences de Belgique, du Canadienne, du Brésil, des Etats-Unis et du Tchad. La censure qui m’a touché fait suite à une « lettre ouverte à Castaner » du Rassemblement National relayée immédiatement par le Figaro, Valeurs actuelles, Français de Souche, etc., présentant les « intitulés des tables-rondes » comme faisant « transparaître une idéologie laxiste et l’éternelle culture de l’excuse chère à l’extrême-gauche » d’une part et moi-même comme « islamo-gauchiste » d’autre part.
     

     
    Cette interdiction n’est pas la première. Au cours de ces dernières années plusieurs débats et un colloque ont été reportés et/ou annulés en raison de campagnes de diffamation menées par l’extrême-droite ou par le Printemps Républicain. Cette fois-ci la capitulation immédiate à une injonction de l’extrême-droite porte sur une recherche (dont on peut certes ne pas partager la méthode ou les conclusions et en débattre) ce qui est lourd de signification. Avec les violences et arrestations subies par les Gilets Jaunes (qui sont déjà depuis de nombreuses décennies une réalité meurtrière dans les quartiers populaires), les pressions sur certains journalistes, les restrictions au droit de manifester, etc., cette censure est un révélateur d’une logique de fascisation qu’il est urgent de contrecarrer.
    Je publie ci-dessous la première intervention que je devais présenter au colloque restituant quelques axes méthodologique de l’équipe de recherche. Chacun pourra ainsi se rendre compte par soi-même de son pseudo « islamo-gauchisme » et de sa « complaisance avec le djihadisme ». Les participants aux colloques ne s’y sont pas trompés en applaudissant chaleureusement mon intervention lue en mon absence. Je remercie vivement les 130 personnalités qui m’ont apportés leur soutien dans une tribune à Médiapart intitulée « En soutien à Saïd Bouamama » (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/090719/en-soutien-said-bouamama). Transformée en pétition celle-ci peut être signée à l’adresse suivante : http://chng.it/mCcHVFyY
    Nous reviendrons dans notre prochain article à la fois sur les résultats de la recherche et sur notre analyse de cette censure dangereuse.
     
    Voici cette intervention :
     
    Un « bricolage méthodologique » au service d’un objet complexe  
    Tenter, comme nous avons tenté de le faire, de saisir le processus du « devenir extrémiste violent » ou la « mécanique de l’extrémisme violent » est une épreuve redoutable dont on ne sort pas entièrement indemne en dépit des protections et garde-fous absolument nécessaire mais toujours insuffisant que nous pouvons et que nous avons posés. L’épreuve en question n’est, en effet, rien de moins que la confrontation à l’innommable et à l’impensable : des enfants envisageant de tuer et de se tuer. Une partie de nos enfants en arrive donc à réduire leur champ des possibles qu’à une seule unique perspective mortifère. Face à une telle épreuve nous avons formalisée de manière transdisciplinaire quelques éléments de postures méthodologiques dès l’enclenchement de notre expérience. Celles-ci avaient pour vocation et objectifs de nous écarter des tentations par soucis de protection à savoir : la tentation de recycler sur notre objet des savoirs acquis pour d’autres objets ; la tentation de la mise en typologie inadéquate à des trajectoires aussi diverses et aussi complexes ; la tentation de la recherche de la causalité unique ou déterminante ; la tentation du choix d’un système de conceptualisation définitif. Sans être exhaustif nous pouvons formaliser ces postures méthodologiques comme suit :
     
    1. Notre première posture est celle de l’humilité. Nous sommes devant un objet et un chantier entièrement inédit sur lequel le champ des savoirs existant nous dit peu de chose quelle que soit la science sociale ou humaine mobilisée. La prétention au savoir préexistant sur un tel objet est heuristiquement inefficace, elle produit de la cécité et de la surdité aux bruits et aux vacarmes de notre réel contemporain inédit et elle rend indisponible à l’écoute d’une souffrance qui n’a plus de mots pour se dire. Le pari était dans l’Inversion de la RA en AR.
    2. Notre seconde posture fut celle du refus de l’essentialisation. Nous ne sommes pas en présence d’un groupe humain homogène, ahistorique, sans mouvement et sans interactions avec les autres groupes sociaux. Nous sommes bien en présence de sujets divers ayant été et s’étant bricolés à partir d’une histoire, d’un héritage, d’épreuves, de rencontres et de non rencontres, etc. Bref ces enfants, nos enfants, sont une production « made in France » constituant un analyseur de notre société et de ses failles, de notre protection de l’enfance et de ses limites, de notre système éducatif et de ses manques, etc.
    3. Notre troisième posture fut celle du choix du déséquilibre. Notre objet et sa complexité nous confronte aux limites de chacune de nos disciplines. La réalité sociale qui affleure avec de tels objets ne se laisse pas découper dans les frontières de chaque discipline. Il fallait donc que chacun d’entre nous accepte de sortir de sa zone de confort pour entrer, non pas dans un mélange désordonné des disciplines mais dans l’acceptation d’une alternance permanente entre les disciplines. Le pari était de rester sociologue ou psychologue par moment tout en soumettant les résultats et questionnements acquis aux autres approches disciplinaires. Il est vrai que nous avions un point d’appuis préalable pour ce faire. Tous les membres de l’équipe pluridisciplinaire ont croisé Frantz Fanon dans le processus de formation intellectuel, dans la fabrique de leur subjectivité, dans le choix de leurs sujets d’étude. Or ce dernier est sans doute, un des penseurs qui a le plus maintenu l’interrogation permanente pluridisciplinaire tout en étant centré en permanence sur son approche scientifique.

    Sur la base de ces postures que vous trouverez détaillés dans le rapport intermédiaire et le rapport final de l’étude nous nous sommes donné quelques repères méthodologiques provisoires. Ces repères étaient en effet, tout comme nos concepts d’ailleurs, comme pouvant évoluer à l’épreuve de l’avancée de notre travail d’investigation. Ces repères étaient conçus comme des hypothèses en mutation ouvertes sur la remise en cause en fonction de l’écoute du réel et de sa complexité.
    Le premier repère méthodologique était le refus d’une centration sur l’offre de « djihadisme » pour nous intéresser à la demande de « djihadisme ». Nous ne sommes pas en présence de sujet ayant simplement été contaminé par « un virus extérieur » qu’il s’agirait d’éradiquer pour régler le problème. L’offre quand elle a existée a rencontré une demande préexistante que nous voulions tenter de comprendre dans toutes ses dimensions. Cette offre a même fréquemment été recherchée et parfois longuement avant d’avoir été trouvée. La centration unilatérale sur l’offre, encore souvent trop fréquente en sciences sociales empêche d’aborder notre objet en termes de « processus de devenir extrémiste violent ». Pour paraphraser Simone de Beauvoir nous pourrions dire que l’on ne nait pas « extrémiste violent, on le devient ». Formulé ainsi, cela peut sembler une banalité mais c’est alors une banalité trop souvent oubliée.

    Notre second repère a constitué en la distinction permanente des notions de causalité et de déclencheur tant dans l’analyse de chacune des trajectoires que dans la l’analyse transversale constituant notre recherche. Les évènements ou rencontres déclencheurs actualisent et accélèrent des processus préexistant, donnent chair à des tendances déjà-là, coagulent des mouvements profonds déjà présent antérieurement.

    Notre troisième repère méthodologique a été la vieille et classique distinction hégélienne trop souvent oubliée entre apparence et essence, forme et fond. Cela nous a conduits à une posture de méfiance à l’égard des approches privilégiant le facteur religieux. Nous n’avons rencontrés que très peu le religieux en général et l’Islam en particulier et nous avons rencontrés fréquemment un mode spécifique du religieux en général et de l’islam en particulier ayant comme fonction de soigner, de combler, de raccrocher, de soutenir. C’est la raison pour laquelle nous avons adoptée dès le début une démarche comparative avec d’autres extrémismes violents et nos séjours de confrontations au Brésil, au Canada et aux USA sont venus confirmer nos convictions.

    Notre quatrième posture méthodologique se résume dans la figure de l’iceberg. Les jeunes avec lesquels nous avons vécu cette expérience constituée, selon nous, le haut d’un iceberg porté par une base beaucoup plus large constituée par une partie non négligeable de notre jeunesse caractérisée par une fragilisation insoutenable des assises et des stabilités individuelles, familiales et sociales. C’est dire l’ampleur du chantier de prévention qui s’ouvre, selon nous, à l’issue de cette recherche. C’est dire également l’ampleur des mutations que nos institutions doivent parcourir pour apporter à temps les espaces de consolidation dont cette jeunesse a besoin. Les jeunes rencontrés font ainsi fonction d’analyseur, non pas de l’ensemble de la jeunesse mais da sa partie désaffiliée. Ils sont également, selon nous, un analyseur de nos institutions de jeunesse (éducation nationale, protection de l’enfance et bien d’autres.

    Ces repères étant posés nous pouvions alors opérer les choix de méthode de recueil des données, d’entrée dans les trajectoires et d’ordonnancement de ceux-ci. Nous pouvons restituer ces choix comme suit :
    • Le choix de la rencontre signifiante du sujet : Il s’agissait pour nous de partir de lui et sa non-demande, de ses besoins et non des besoins de notre recherche, de ses temporalités et non des nôtres, de ses priorités et non des nôtres. De ce premier choix en découle de nombreux autres : le choix d’une première rencontre avec la compétence psychologique et psychanalytique ; le choix d’une rencontre progressive du reste de l’équipe et des autres compétences scientifiques ; le choix de nous adapter aux espaces et au temps du sujet ; le choix de travailler sur les questions concrètes et/ou matérielles marquant la quotidienneté du sujet ; etc. C’est ce travail de disponibilité qui est, selon nous, créateur des conditions nous permettant l’accès aux trajectoires tant pour construire l’accompagnement que pour mener à bien la recherche. Il s’agissait pour nous de partir du regard incarné pour aller vers le regard distancié pour ensuite construire un aller-retour permanent entre les deux regards.
    • L’interrogation systématique de trois niveaux historiques dans chaque trajectoire. La première histoire interrogée est celle de l’histoire longue et des effets de cette macro-histoire sur les trajectoires familiales. La seconde est celle de la trajectoire familiale, de ses déterminants, de sa connaissance plus ou moins explicite, de ses évènements marquants, de ses bifurcations, etc. La troisième est chronologique et aborde les processus de bricolage identitaire du sujet. Ces histoires sont, bien entendu, en interactions et ce sont ces interactions que nous voulions analyser dans chaque trajectoire d’une part et en termes de récurrences transversales d’autre part.
    • La recherche des données sur les modalités du lien social qui relie le sujet au socius dans le passé, dans le présent et dans l’idéal qu’élabore et que recherche le sujet consciemment ou non. Nos travaux antérieurs sur les jeunes issus des classes populaires dans un contexte de déstabilisation sans précédent de la culture d’affiliation et de socialisation qu’était la culture ouvrière, avait en effet attiré notre attention sur les processus d’affiliation et de désaffiliation. La proportion non négligeables des mal-nommés « convertis » et les crises du lien que révèlent leurs trajectoires sont venues confirmer notre choix.
    • La recherche de données sur les identifications dans l’histoire passée, présente et dans l’idéal du sujet a été une autre orientation. Les identités sont à la fois toujours plurielles et bricolées, contradictoires et en mouvement. Elles constituent un état d’équilibre entre stabilité et mouvement, invariance et mutation, héritage et production de soi. Nous recherchions en conséquence dans chacune des trajectoires les points de tension identitaire éventuel, les moments et évènement de déséquilibre, les facteurs empêchant la stabilisation minimum.

    Le recueil de toutes ces données s’est mis en place en diversifiant au maximum les espaces-temps de collecte et leurs modalités : lors des séances d’accompagnement psychologiques, dans des espaces collectifs, lors des démarches diverses effectués avec le sujet, lors d’entretien sociologiques, etc. De cette façon accompagnement thérapeutique et démarche de recherche se sont alimentés en permanence au prix il est vrai d’un coût humain considérablement plus élevé que dans une recherche classique. Plus élevé en termes de temps et de disponibilité certes mais aussi en termes d’épreuves existentielles pour chacun d’entre nous.

    Ces données recueillies pour chaque trajectoire convergent ensuite vers l’espace d’analyse et d’élaboration qui structure notre recherche. Au sein de cet espace, il est demandé à chaque participant de se centrer sur sa discipline dans un premier temps et de fournir une lecture des données spécialisée disciplinairement. Dans un second temps les analyses disciplinaires sont soumises à l’interrogation des autres disciplines présentes dans l’équipe ou sollicitées de l’extérieur selon les besoins. Progressivement ainsi prend forme une analyse commune résultat de l’ensemble du processus. L’analyse des récurrences entre trajectoire peut alors se mettre en place, de même que la correction de nos concepts et de nos points de méthodes. Pour ne citer qu’un exemple nous avions formalisée initialement le concept de « basculement nihiliste » que nous avions ensuite abandonné ; d’abord du fait que le mouvement progressif est beaucoup plus prégnant dans les trajectoire, qu’il est fait d’essais et d’aller-retour et qu’en conséquence le terme « bascule » est inapproprié ; Ensuite parce que la dimension nihiliste est certes présentes mais au côté d’autres tout aussi prégnantes : altruiste ou recherche de liens par exemple.

    L’analyse transversale des récurrences a également confronté à une analyse seconde de données recueillis à d’autres fins. Ainsi en est-il des données recueillies dans l’expérience mené au lycée avec une classe expérimentale et de celles recueillis dans notre animation de séances de formation à destination des acteurs de terrain sur thème de la dite « radicalisation ». Ces données sont dites seconde parce qu’elles ont été recueillis à d’autres fins : formative dans un cas et dans une logique de prévention dans l’autre. Toutefois la même équipe étant mobilisée pour ces trois pratiques (formation, prévention et accompagnement-recherche) nous avons pu par cette confrontation revisiter nos concepts et nos méthodes à plusieurs reprises au cours de l’expérience.

    La démarche méthodologique que je viens de résumer s’est déployé dans un contexte difficile. Elle allait à contre-courant d’un certain nombre de tendances dans notre société productrices de bruits et d’attentes immédiates auxquelles nous avons due résister. Cela n’a pas été sans difficulté avec notre institution porteuse ayant des exigences nous semblant parfois contradictoires avec les conditions posées par nous pour notre recherche. Nous avons due également résister à l’attente de résultats exploitables en termes de ce qui est mal nommé « déradicalisation » rapidement alors même que nous étions persuadés que nous étions devant un objet complexe nécessitant la durée pour commencer à être intelligible. Nous avons due enfin apprendre à travailler en pluridisciplinarité sans jamais confondre celle-ci avec la simple juxtaposition d’approches disciplinaires. A l’issue de cette expérience nous ne pouvons qu’en appeler à la mobilisation de tous tant les souffrances humaines des enfants que nous avons rencontrées, de nos enfants sont importantes.

    Je cède maintenant la parole à ma collègue Elisa pour restituer comment s’incarne concrètement notre approche complexe dans les interactions sociales avec le sujet accompagné.

     
    Source : Le blog de S. Bouamama https://bouamamas.wordpress.com/2019/07/14/propos-sur-un-colloque-censure-le-revelateur-dune-fascisation-r
    et Investigaction https://www.investigaction.net/fr/propos-sur-un-colloque-censure-le-revelateur-dune-fascisation-rampan

    #Saïd_Bouamama #anti_racisme #répression #resistances #antifascisme #racisme #répression #antifascisme

  • À Bali, bronca contre un gigantesque projet d’îles artificielles​
    https://reporterre.net/A-Bali-bronca-contre-un-gigantesque-projet-d-iles-artificielles%E2%80%8B

    On dénombre une quinzaine de temples disséminés dans la baie de #Benoa, d’envergure différente. Tous sont menacés par le projet d’#îles_artificielles #Nusa_Benoa, porté par la société #TWBI, propriété de l’homme d’affaires indonésien #Tomy_Winata. L’idée est de créer douze îlots d’une superficie totale de 700 hectares au milieu des eaux de la baie, qui pour l’instant sont essentiellement parcourus par les locaux. Un #complexe_touristique d’au moins 2.000 chambres réparties entre #hôtels de luxe et chalets au bord de la #mangrove, avec en prime #parc_d’attractions et #golf.

    #tourisme #Indonésie #Bali #résistance