• A Lille, des locataires essuient les plâtres d’un bailleur public 100 % Internet Nicolas Lee - mediacites

    La révolution numérique vire parfois au cauchemar. Dans un immeuble neuf mais truffé de défauts, des locataires de CDC Habitat sont confrontés à un service client entièrement dématérialisé capable de rester plusieurs semaines aux abonnés absents.

    Moisissures sur les murs, dégâts des eaux, prises électriques défectueuses, système de ventilation inopérant… le bâtiment B du 291 boulevard Victor Hugo à Lille a beau être flambant neuf, les problèmes n’ont cessé de s’accumuler depuis son inauguration en décembre 2020. « On ne pensait pas avoir autant de soucis », souffle Fostine, jeune salariée en communication arrivée avec son compagnon parmi les premiers locataires.


    Depuis le boulevard Victor Hugo à Lille, le bâtiment flambant neuf de CDC Habitat. Photo : Nicolas Lee

    Sur les 32 logements de l’immeuble, au moins 10 occupants rapportent des imperfections et des défaillances dans leur foyer. Ce n’est pas la seule galère qu’ils partagent. Tous sont confrontés au même dialogue impossible avec leur bailleur : la Caisse des Dépôts et Consignations Habitat (CDC Habitat). Et à l’obligation de passer par un service client 100 % web.

    « Sans faille côté client »
    
Cela fait maintenant trois ans, en 2017, que l’entreprise publique, plus gros bailleur de France, a pris le tournant de la dématérialisation totale de ses relations avec les locataires. Une décision qui concerne quelque 500 000 logements.« Sans faille côté client », assure Tristant d’Inguimbert, le directeur délégué du service client. De l’entretien qui évalue l’éligibilité à la location jusqu’à la signature du bail sur une tablette numérique, en passant par la communication avec le bailleur après l’emménagement : tout se passe par internet.

    Fostine a trouvé la procédure de location dématérialisée plutôt efficace : « Là-dessus, j’ai rien à redire », reconnaît-elle. Mais les ennuis commencent lorsqu’elle remarque une fuite d’eau importante dans la salle de bain. La jeune locataire contacte alors le bailleur sur l’application « CDC Habitat et moi ». Quelques jours sont nécessaires . . .

    La suite payante : https://www.mediacites.fr/decryptage/lille/2021/04/30/a-lille-des-locataires-essuient-les-platres-dun-bailleur-public-100-inter

     #ia #algorithme #révolution_numérique #intelligence_artificielle #technologisme #bigdata #bêtise #CDC_Habitat #cauchemar #immobilier #dématérialisation #sevice_client #locataire #logement #internet #Lille #PS

  • Où les machines pourraient déjà remplacer les humains, et où elles ne le pourraient pas (encore)
    http://www.paristechreview.com/2016/07/17/machines-remplacer-les-humains

    La faisabilité technique est une condition préalable nécessaire pour envisager une automatisation, mais pas un prédicteur infaillible qu’une activité sera un jour effectivement automatisée. Un second facteur à considérer est le coût de développement et de déploiement à la fois matériel et logiciel d’une automatisation. Le coût de la main-d’œuvre et la dynamique offre/demande représentent un troisième facteur : si dans un secteur les travailleurs s’avèrent disponibles en abondance et beaucoup moins chers qu’une automatisation, cela pourrait ne pas jouer en faveur de cette dernière. Un quatrième facteur à considérer est l’ensemble des avantages, au-delà de la simple substitution de la main-d’œuvre, y compris des niveaux plus élevés de production, une meilleure qualité et moins d’erreurs. Ces avantages sont souvent plus significatifs que la simple réduction des coûts de main-d’œuvre. Les questions de réglementation et d’acceptation sociale, à savoir, comment la présence d’une machine pourrait être perçue dans un environnement donné, doivent également être pris en compte. Par exemple, un robot peut en théorie remplacer une partie des fonctions d’une infirmière. Mais un tel recours pourrait se révéler désagréable pour de nombreux patients, qui comptent avant tout sur contact humain associé à ce service. Le potentiel d’automatisation d’un secteur ou d’une profession dépend de la prise en compte, parfois très subtile, de différents facteurs et de leurs interactions.

    [...]

    En dépit de son potentiel technique, la fabrication n’est que le deuxième secteur le plus facilement automatisable de l’économie américaine, le secteur des services occupant la première place : L’alimentaire et la restauration, où près de la moitié du temps du travail implique des activités physiques prévisibles et le recours à des machines tant dans le cadre de la préparation des aliments, de la cuisine, ou du service, que dans le nettoyage des zones de préparation de la nourriture ou celle des boissons chaudes et froides, ainsi que la collecte de la vaisselle sale. Selon notre analyse, 73% des activités effectuées dans les services alimentaires et d’hébergement pourraient, sur la base d’observations techniques, être automatisées.

    Une partie de ce potentiel fait déjà l’objet d’une automatisation. Les cafétérias automatisées, par exemple, font depuis longtemps partie du paysage américain. Et les restaurants testent maintenant de nouveaux concepts, plus élaborés, comme la commande en libre-service ou même les robots serveurs. Des solutions déjà en place, comme les robots Momentum spécialisés dans la préparation de hamburgers qui peuvent assembler et faire cuire 360 hamburgers à l’heure, pourraient automatiser un certain nombre d’autres activités de cuisson et de préparation des aliments. Mais alors que le potentiel technique pour l’automatisation de telles activités pourrait être élevé, l’entreprise doit prendre en compte à la fois les avantages et les coûts de l’automatisation, ainsi que la dynamique travail/approvisionnement évoquée plus haut. Certaines de ces activités ont actuellement un taux de salaires parmi les plus bas aux États-Unis, en raison à la fois du niveau de compétences requises et de l’importance de la main-d’œuvre disponible. Les employés de restaurants gagnant en moyenne environ 10$ l’heure, une analyse de rentabilisation fondée uniquement sur la réduction des coûts de main-d’œuvre pourrait s’avérer convaincante.

    [...]

    Des emplois comme ceux de comptable ou d’auditeur financier nécessitent une formation et un véritable savoir-faire, compétences plus difficiles à trouver sur le marché que celles d’un simple cuisinier. Mais les tâches qu’ils effectuent reviendraient moins chères à automatiser puisque nécessitant essentiellement des logiciels et un simple ordinateur.

    [...]

    Le monde de la finance repose sur l’expertise professionnelle : les opérateurs en bourse et les banques d’investissement vivent essentiellement de leur aptitude à décrypter intelligemment le marché. Pourtant, environ 50% du temps total de la main-d’œuvre dans la finance et l’assurance est consacré à la collecte et au traitement des données, où le potentiel technique pour l’automatisation est élevé. Les agents en charge de la vente de produits financiers ont pour fonction la collecte de données clients, tandis que les assureurs, eux, vérifient l’exactitude des dossiers. Les agents spécialisés dans la vente de services financiers préparent les contrats, et les receveurs vérifient la solvabilité financière du client.

    En conséquence, le secteur financier présente un potentiel technique d’automatisation de ses activités jusqu’à 43% du temps aujourd’hui effectuer par une main-d’œuvre humaine.

    [...]

    Une des plus grandes percées technologiques aurait lieu si les machines étaient capables d’acquérir une compréhension du langage naturel humain et si les ordinateurs acquerraient la capacité de reconnaître les concepts de la communication quotidienne interpersonnelle.

    Premiers résultats (concentrés sur les US) d’une étude sur « l’automatisabilité » de l’économie menée par McKinsey Quarterly (en l’état actuel des technologies).

    Tentative sans doute un peu désespérée de traduire du qualitatif en quantitatif, mais permet tout de même d’aborder la question un peu plus subtilement et de comprendre qu’on ne peut faire l’économie d’une approche au cas par cas.

    Article original [en] :
    http://www.mckinsey.com/business-functions/business-technology/our-insights/where-machines-could-replace-humans-and-where-they-cant-yet

    #Algorithme #Automation_industrielle #Intelligence_artificielle #McKinsey_&_Company #Numérique #Robotique #Révolution_numérique #Économie #États-Unis

  • La contre-révolution numérique : une histoire méchante d’Internet
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/02/17/contre-revolution-numerique-histoire-mechante-dinternet-257753

    Il est acquis (le débat reste ouvert) qu’Internet est un projet économique et antipolitique. Et qu’Internet est bien un projet de libre-échange de l’information, rien de plus qu’un programme d’économie néolibérale, supporté par une « technique de gouvernement » portant le nom de cybernétique, mue pour « le bonheur statistique des masses », comme on disait en 1948 dans le journal Le Monde.

    C’est bien pourquoi le marché et Internet partagent des propriétés fondamentales :
    – mondialisés et sans frontières, totalisation ;
    – animés par un imaginaire de prospérité économique ;
    – auto-régulés car au-dessus des lois et des démocraties ;
    – leviers d’accroissement des libertés individuelles.

    Une autre propriété commune est l’absence de solution à l’autodestruction. Le numérique partage avec le marché la même caractéristique prédatrice des ressources naturelles. De ce point de vue, la dépendance à l’électricité, aux minerais et aux alliages ne fait qu’accentuer l’entropie environnementale.

    #Environnement #Internet #Liberté #Numérique #Numérisation #Néolibéralisme #Politique #Révolution_numérique #Thomas_Gibertie #Économie

  • La jeunesse n’a pas de travail mais elle a des idées pour l’Europe
    http://fr.myeurop.info/2014/07/17/jeunesse-a-pas-de-travail-mais-elle-a-des-idees-europe-14175

    Etienne Cabot

    Quelle sera l’Europe de demain ? Près de 5400 #jeunes #Européens de 16 à 30 ans se sont réunis à #Strasbourg en mai dernier pour en débattre et ont rendu un rapport à ce sujet il y a quelques jours. Tour d’horizon de leurs idées pour une meilleure #Europe.

    Pendant trois jours la moyenne d’âge du #parlement_européen à Strasbourg a fortement baissé. lire la suite

    #Institutions #INFO #Économie #Environnement #débat #développement_durable #Europe #EYE2014 #futur #identité_européenne #nouvelles_technologies #plan_Marshall #révolution_numérique_valeurs_europeennes

  • How Disruption Happens - Forbes
    http://www.forbes.com/sites/gregsatell/2013/10/05/how-disruption-happens

    Perhaps not surprisingly, when we seek out answers to why disruption happens, we look to the disruptors themselves— the Henry Fords, the Steve Jobs’s and the Elon Musks. The truth is that disruption has little to do with individuals, but is primarily a function of networks and, if we are to deal with disruption, it is the unseen connections we need to understand.

    #jobs #disruption #révolution_numérique

  • Parallèle entre la chute de l’empire Kodak et l’inévitable déclin de l’industrie musicale actuelle

    Bonjour les gens ! Avez-vous regardé Capital hier soir ? Je ne veux pas ouvrir le débat sur l’intérêt et les limites de cette émission, juste partager un sentiment qui m’a frappé (aïe) en regardant le reportage sur la chute de l’empire Kodak.

    On nous explique, en gros, que #Kodak s’est cassé la figure pour n’avoir pas su appréhender l’arrivée de la photographie numérique (qu’il avait lui-même inventé, ironie de l’histoire) ; une grosse entreprise de cette taille, avec ce passé, cette histoire, qui a fabriqué de la pellicule pendant 100 ans, ne pouvait de toute façon pas ou peu s’adapter à un tel changement : trop gros, trop de choses à remettre en question, etc. Bref, la chute était quasi-inévitable.

    Je ne sais pas si, arrivé à ce stade, vous pensez comme moi, mais le parallèle avec l’industrie musicale m’a sauté à la figure : une grosse industrie, qui ne sait faire qu’une seule chose (vendre de petites galettes sur lesquelles sont enregistrées des pistes musicales), et qui doit faire face à une révolution complète de son environnement économique : la disparition du support physique.

    Kodak a cru s’en sortir en vendant des imprimantes, parce qu’il pensait que les gens allaient continuer à imprimer leurs photos, alors que ce n’est pas seulement le support qui est bouleversé, ce sont aussi les usages. L’industrie de la musique croit s’en sortir en faisant voter, par des gouvernements complaisant, des lois liberticides visant à préserver leur marché, mais ils refusent d’admettre que c’est la pratique des usagers qui a changé. Si nous n’imprimons plus nos photos, pourquoi continuerions-nous à écouter notre musique sur de petites galettes ?

    Alors que le constat de l’inéluctable faillite devant l’évolution des techniques et des usages semble aller de soi pour Kodak, personne, ni les industries du secteur ni les gouvernements, ne veut faire ce même constat et en tirer les mêmes conséquences pour la musique. On n’a pas fait de loi pour interdire aux amateurs de faire et partager leurs photos numériques que je sache. Il « suffisait » pourtant d’interdire l’appareil numérique pour sauver une industrie... Stupide ? Certes. Mais c’est exactement ce que l’on fait actuellement pour la musique...

    #révolution_numérique