• Quelques twitts à propos de la #zemmouroïd

    Le racisme obsessionnel de Zemmour est l’expression d’une stratégie de survie classique de l’immigré, qui, ne supportant pas sa position minoritaire, cherche par suradhésion une place au sein du système qui a vocation à le discriminer. (1/12)

    Il est le reflet du racisme endémique au sein des classes élitaires, qui requièrent des gages à tout membre d’une minorité avant de lui offrir une place et l’intégrer.
    Il en devient ainsi l’idiot utile. Mais plus grave encore : un traître et l’incarnation de la lâcheté. (2/12)

    Cette position inassumable, extrêmement violente, est ce qui explique son obsession contre ce qu’il prétend être la lâcheté des « progressistes », sans qui il aurait été soit exterminé, soit systématiquement discriminé : il les hait de ce qu’il sait leur devoir. (3/12)

    Elle rencontre un écho important au sein de la société pour une simple raison : nous sommes des millions à accumuler des frustrations du fait de nos compromissions avec un système dont on sait qu’il nous a détruit intérieurement, et saccagé nos semblables qui y ont résisté. (4/12)

    Elle explique pourquoi il est par tant d’autres considéré comme un guignol, un bateleur : on ne voit en lui que l’archétype du soumis. Que toute une partie de l’extrême droite antisémite, dont Soral, se régale de lui, dit tout au sujet du chemin qu’il a pris. (5/12)

    Là où la gauche commet une erreur fondamentale, c’est en ne comprenant pas que ces turpitudes et cette violence l’ont poussé à construire une puissante pensée pour sublimer la violence et le dégoût qu’autrement, de lui-même, il ressentirait. (6/12).

    Zemmour est beaucoup plus puissant et armé intellectuellement qu’un quelconque des hérauts du progressisme contemporain qui, depuis des années, ont cessé de penser la société. Au-delà de ses fixations identitaires, il touche un clef : l’idée de la France, et sa souveraineté (7/12)

    Comme tous les lâches, il évite le principal écueil, la véritable raison de l’effondrement de son pays : sa colonisation américaine et la destruction de ses traditions par un consumérisme, une financiarisation et un libre-échangisme forcenés.
    C’est cela qui nous a dévasté. (8/12)

    Pas les pauvres hères que nous n’aurons cessé d’exploiter et d’écraser, et qui ont été comme nous les victimes de la dévastation de nos sociétés.
    Mais il faudrait un courage immense pour l’énoncer. Et pour rompre avec un modèle économique qu’il n’aura jamais pensé. (9/12)

    Un courage immense pour dire le mépris que suscite une politique étrangère vassalisée, qui réduit le ministre des affaires étrangères au rôle de vulgaire marchand de canons, ne parlant que lorsqu’il s’agit de se plaindre ou de se féliciter de contrats d’armements. 10/12

    Un courage immense pour dire la vérité : sans rupture avec l’Union Européenne - que Zemmour veut préserver - il n’y aura jamais de sortie de cette vassalisation et de la perte de souveraineté qui nous a tous amenés à devenir les colonies d’un empire avarié. 11/12

    Un courage immense enfin, pour dire que ce sont bien eux, les Bolloré, Dassault & cie, qui ont détruit notre démocratie et produisent chaque année les flots de désespoir qui arrivent à nos pieds.
    Ceux là même qui ont fabriqué Zemmour et nous privent aujourd’hui de souveraineté.

    Juan Branco
    Source : https://threadreaderapp.com/user/anatolium
    https://twitter.com/anatolium/status/1439173526041333760?t=-LuAZEq6Npnr9VQCOElMzg&s=19
    https://www.facebook.com/groups/batiamourtsou/posts/10159469532766125

    #racisme #france #zemmour #extrême_droite #islamophobie #sexisme #histoire #femmes #médias #eric_zemmour #extrême-droite #culture_du_viol #xénophobie #metoo

    • Comme tous les lâches, il évite le principal écueil, la véritable raison de l’effondrement de son pays : sa colonisation américaine et la destruction de ses traditions par un consumérisme, une financiarisation et un libre-échangisme forcenés.
      Un courage immense pour dire la vérité : sans rupture avec l’Union Européenne - que Zemmour veut préserver - il n’y aura jamais de sortie de cette vassalisation et de la perte de souveraineté qui nous a tous amenés à devenir les colonies d’un empire avarié.
      C’est totalement faux sur ces points. Zemmour en parle largement. Il s’est même payé en direct la folledinge de l’IFRAP, Verdier-Molinié et l’a écrasée.

  • « Des millions de personnes vivant dans la précarité subissent une double peine face au virus »
    « Le travail et ses dangers sont rendus invisibles »
    https://alencontre.org/societe/travail-et-sante/le-travail-et-ses-dangers-sont-rendus-invisibles.html

    Entretien avec Annie Thébaud-Mony conduit par Guy Zurkinden

    Gestion néolibérale de la pandémie, mépris des soignants, invisibilisation des cancers professionnels… Sociologue de la santé et du travail, directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la recherche médicale, en France, militante infatigable, Annie Thébaud-Mony dénonce la mise en danger généralisée des salariés [1]. Et pointe les terrains de lutte.
    A la lumière de votre expérience de lutte contre des maladies infectieuses, vous critiquez la gestion de la pandémie Covid-19 pratiquée dans de nombreux pays, dont la France. Pourquoi ?

    Annie Thébaud-Mony – En Algérie, dans les années 1970, j’ai participé à des programmes sanitaires de lutte contre la tuberculose, une maladie infectieuse se transmettant de manière similaire au Covid-19. J’y ai appris que, pour arrêter les chaînes de contamination et organiser une prise en charge conséquente des malades, il faut des structures sanitaires au plus proche de la population – et d’abord, de la population la plus vulnérable.

    Plus on développe des soins de première ligne afin de répondre aux besoins de santé de base, plus on traite tôt la maladie, moins elle prendra des formes graves. Cela permet aussi de cerner et d’isoler les clusters, ainsi que de diminuer la pression sur les hôpitaux.

    Certains pays – la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Islande et certains pays asiatiques – ont fait cet effort de prise en charge au plus près de la population. Ils ont eu beaucoup moins de cas graves et de morts.

    En revanche, de nombreux gouvernements, notamment en Europe, ont totalement ignoré cette expérience.

    En France, j’ai été estomaquée de voir que la gestion du Covid-19 ne s’appuyait pas sur les médecins généralistes et les centres de santé, qui sont pourtant un maillon central de la chaîne des soins pour les personnes en situation précaire.

    Tout le monde n’est pas égal face au virus ?
    Face au Covid-19 comme face à toutes les maladies infectieuses, les inégalités sont flagrantes.

    En Seine Saint-Denis, le taux de mortalité dû au Covid-19 est le plus haut de France, en particulier parmi les quartiers défavorisés. C’est lié à plusieurs facteurs : les mauvaises conditions de logement ; le fait qu’y résident de nombreux travailleurs, souvent précaires, œuvrant dans des secteurs « essentiels » et donc fortement exposés au virus ; et les conditions de santé moins bonnes des classes défavorisées. Souvent, les personnes très exposées sont aussi celles qui résident le plus loin de lieux de soins susceptibles de les prendre en charge de manière précoce.

    Ces inégalités sociales jouent aussi un rôle face à la vaccination : les personnes les plus éloignées des systèmes informatiques, sans connexion internet ou téléphone portable, peu informées, ont été le plus souvent écartées des circuits de la vaccination.

    Des millions de personnes vivant dans la précarité subissent ainsi une double peine face au virus. Alors qu’elles devraient être les premières cibles de la politique sanitaire.

    La pandémie révèle-t-elle aussi les limites de nos systèmes de santé ?
    Pour répondre à une pandémie, les droits à l’accès aux soins doivent prendre le pas sur la raison économique.
    Or dans l’ensemble des pays européens, tout comme aux Etats-Unis, les gouvernements essaient de gérer la crise sanitaire sans rien changer à la logique de diminution des dépenses de santé publique – qui accompagne la privatisation en marche depuis trente ans.

    En France, on continue à fermer des hôpitaux et à supprimer des lits, en pleine pandémie. A Paris, la fusion prévue des hôpitaux Bichat et Beaujon aboutira par exemple à la suppression de 300 lits en Seine Saint-Denis, le département le plus touché par la pandémie !

    En refusant de remettre en cause la marchandisation de la santé, les gouvernements laissent l’épidémie se répandre et faire toujours plus de victimes.

    Les effets de cette politique vont bien au-delà du Covid-19. En France, les cancers sont devenus la première cause de mortalité, avec 157 000 décès par an. Or lors de la première vague, les autorités ont obligé les services de cancérologie à déprogrammer les soins, faute de lits et de personnel suffisants. Conséquence : en 2020, un quart des cas de cancer n’ont pas bénéficié de diagnostic dès les premiers symptômes. Cela représente environ 100 000 malades sur les 400 000 nouveaux cas de cancer survenant chaque année en France. Or le diagnostic précoce est un facteur déterminant pour éviter le décès en raison du cancer !

    Cela fait pourtant des années que les soignants demandent plus de moyens…
    En France, la pandémie est arrivée dans un moment de forte résistance des soignants contre le démantèlement du système de santé publique.

    Au début, le pouvoir a fait l’éloge des professionnels, les a fait applaudir. Mais il ne s’est jamais intéressé à l’activité réelle des soignants et à leurs conditions de travail. Au contraire, il a fait sauter leurs congés et les a obligés à travailler dans des conditions inadmissibles.

    La première vague passée, le gouvernement Macron a ignoré les revendications du personnel. Plutôt que d’améliorer les conditions de travail, de retisser un véritable réseau de soins de santé de base gratuits dans les villages, les quartiers, il a choisi la politique la pire qui soit : « surveiller et punir », soi-disant au nom de la santé. Les salarié·e·s pourront même être licenciés s’ils n’ont pas de pass sanitaire ! C’est le contraire d’une stratégie de santé publique, qui doit être à la fois démocratique et bienveillante. La santé publique ne se fait pas contre les gens, mais avec eux.

    Vous dénoncez aussi la mise en danger de certaines catégories de travailleurs…
    Dès le début de la pandémie, nous avons subi une politique de « double standard » : pendant qu’une partie de la population était confinée au nom de la santé publique, l’autre était contrainte de se rendre au boulot dans des conditions sanitaires parfois déplorables.

    En tant que simple citoyenne je pouvais me faire verbaliser si je sortais sans mon attestation. En revanche, un employeur qui ne protégeait pas ses salariés n’encourait aucune sanction. Des inspecteurs du travail ont même été sanctionnés pour avoir voulu renforcer les mesures de prévention sur les lieux de travail !

    Comment expliquer ce refus de prendre en compte les risques liés au travail ?
    Tout travailleur devrait avoir le droit de ne pas être mis en danger sur son lieu de travail. Or ce droit est aujourd’hui largement bafoué – pour le Covid-19, mais aussi bien au-delà.

    Cette situation est le fruit des rapports de domination qui traversent notre société. En France, dès la fin des années 1970, les entreprises ont pu licencier à leur guise. Cela a entraîné une augmentation spectaculaire du chômage. Cette situation a été instrumentalisée afin d’escamoter le contenu du travail réel : les conditions de travail, les risques qu’elles peuvent représenter pour la santé des salariés, voire pour leur vie, tout cela a été effacé devant l’impératif de l’emploi, la peur que des places de travail soient supprimées.

    Le travail vivant est ainsi devenu invisible… et les travailleurs qui l’effectuent aussi, à commencer par les moins qualifiés – la plupart des gens ne connaissent pas, par exemple, le nom de la personne qui nettoie leur palier, leur escalier ou leur bureau !

    Cette invisibilisation du travail a été intériorisée par les salariés eux-mêmes : dans beaucoup d’entreprises, des enquêtes révèlent un niveau d’exposition affolant à des produits toxiques. Mais si on en discute avec les salariés, ils répondent qu’ils doivent d’abord nourrir leur famille. Au sein des syndicats, la question de la santé au travail est aussi un parent pauvre, par peur pour « l’emploi ».

    On retrouve ce biais dans le corps médical : les médecins ne s’intéressent presque jamais au travail des malades. Pour déterminer l’origine d’une maladie, ils se contentent souvent de questions sur les comportements individuels.

    La santé au travail et les maladies professionnelles sont ainsi totalement invisibilisées. C’est le fruit d’une volonté politique.

    Quel est le coût de cette invisibilisation ?
    Nous menons deux enquêtes auprès de patients atteints de cancer – une dans le Vaucluse (depuis 2017), l’autre en Seine-Saint-Denis (dès 2002). Les résultats sont effrayants. L’étude réalisée en Seine-Saint-Denis a montré que, sur plus de 1200 patients suivis, 85% ont été lourdement exposés à une multiplicité de substances cancérogènes. La raison : dans une série de métiers exposés comme la construction, le travail des métaux, la réparation automobile et la maintenance industrielle, le nettoyage et la gestion des déchets, il n’existe aucune mesure de protection de la santé digne de ce nom. La réglementation concernant l’exposition aux cancérogènes n’est pas mise en application par les employeurs et ces derniers ne sont jamais sanctionnés pour de telles infractions.

    Ce n’est pas tout. Dans nos deux enquêtes, aucune victime de cancer ne s’est appuyée sur le dispositif de suivi médical destiné aux personnes exposées à des cancérogènes au travail. Or si ces suivis existaient, on pourrait prévenir les risques à la source. En leur absence, on perd la mémoire des lieux de travail exposés.

    Les conséquences de cette négligence sont graves : non seulement les salariés continuent à tomber malades et/ou à mourir en raison de leurs conditions de travail, mais de nombreuses friches industrielles exposent ensuite les habitants de quartiers entiers à des produits cancérogènes.

    On retrouve une situation semblable pour ce qui est du recours aux pesticides en milieu agricole.

    Comment affronter cette réalité ?
    Nous vivons une situation très dure sur le plan de la précarisation du travail et de l’emploi. Néanmoins, il est possible de faire bouger les lignes, y compris au niveau syndical, et de poser le problème de la santé avec les salariés eux-mêmes, à partir de situations très concrètes.

    On pourrait citer de nombreux exemples. L’usine Eternit à Albi, au sud de la France, a produit des fibres d’amiante de 1973 en 1997. Confrontés à la mort de leurs collègues, atteints de cancers, les salariés se sont organisés et ont œuvré au sein des syndicats pour faire prendre conscience des dangers de l’amiante et formuler des revendications. Ils ont exigé, d’une part, que les cancers dus à ce matériau soient reconnus comme maladie professionnelle. De l’autre, ils ont insisté sur la nécessité d’arrêter la production d’amiante, en raison de ses dangers pour la santé. En 2005, des salariés et l’association des familles des victimes ont déposé ensemble une plainte pénale contre l’entreprise pour homicide involontaire.

    En avril 2019, l’incendie de la cathédrale de Notre-Dame a causé une pollution au plomb très importante. Le gouvernement n’a pas traité ce problème sérieusement, car il voulait reconstruire au pas de charge, dans la perspective des JO de 2024. Les travailleurs chargés de la manutention et du nettoyage du site et de ses environs n’ont pas été informés du danger, ni protégés. Face à ce scandale sanitaire, un collectif s’est constitué. Depuis deux ans, il unit des associations de défense de la santé, des syndicats d’enseignants, de fonctionnaires de la Mairie, des transports, de la préfecture de police, ainsi que le collectif nettoyage de l’Union départementale de Paris. Leur lutte a permis d’avoir accès aux informations concernant le niveau de plomb sur certains lieux de travail, d’y faire de la décontamination, etc. En juillet, l’association Henri Pézerat [1928-2009, directeur de recherche du CNRS, chimiste, toxicologue et lanceur d’alerte] de défense de la santé, du travail et de l’environnement, au sein de laquelle je milite, le syndicat CGT et deux familles de riverains ont déposé une plainte pénale pour mise en danger de la vie d’autrui. Cette plainte fait le lien entre pollution professionnelle et environnementale.

    Le monde du travail garde-t-il son potentiel transformateur ?
    Les vrais changements sociaux ne peuvent venir que du bas – de l’action de travailleurs et travailleuses militants, alliés parfois avec des scientifiques qui décident aussi d’agir.

    Durant la pandémie, j’ai été, par exemple, impressionnée par la manière dont certains enseignant·e·s ont réussi à repenser et poursuivre leur mission pédagogique auprès des élèves, en situation de pandémie. Dans le secteur agricole, il est aussi frappant de voir les réseaux qui se construisent à l’occasion de la transition, avec des circuits de distribution différents, des liens entre producteurs.

    Je pense aussi aux syndicalistes du secteur pétrochimique qui, après l’explosion de l’usine d’engrais AZF à Toulouse, en 2001, ont dénoncé le rôle délétère pour l’environnement joué par les multinationales – des questions qui reviennent aujourd’hui sur le devant de la scène avec le mouvement pour le climat.

    Ces luttes et ces expériences – avec bien d’autres – sont le fruit de prises de conscience, dans des milieux populaires, de de la nécessité de changer une société insoutenable. Elles passent par une reprise en main du travail et de son organisation par les travailleurs eux-mêmes, non seulement en tant que travailleurs mais aussi comme citoyens.

    C’est une voie difficile, à l’heure où le droit du travail a été fortement affaibli. Mais elle est incontournable.
    (Entretien publié dans le journal du SSP Services publics, n° 13, 3 septembre 2021, Lausanne)

    #covid-19 #sante #santé #en_vedette #coronavirus #sars-cov-2 #variant #covid #pandémie #contamination #vaccin #vaccins #vaccination #travail #france #santé #capitalisme #économie #surveillance #conditions_de_travail #racisme #politique #inégalités #AZF #éternit #amiante #multinationales #double_standard #pass_sanitaire

  • Basel Kolonial. City Tour: The Role of Global Basel in South America and the Colonized World - CULTURESCAPES

    /en/theme/amazonia-2021/stadtrundgang-verstrickungen-des-globalen-basels-mit-suedamerika-und-der-kolonialisierten-welt

    ❝ In recent years, the active role played by the “neutral nation without colonies” in the colonization of the Global South has been increasingly in the spotlight in Switzerland. In particular, the country’s direct joint responsibility through private initiatives and businesses as well as participation in the cultural production of colonial images came to attention. Yet another important question that needs to be explored is the influence of colonial knowledge and wealth on Switzerland and especially major Swiss cities like Basel.

    CULTURESCAPES along with the “Basel Kolonial” network came up with a two-part tour uncovering traces of the city’s role in past and current colonial practices involving, but not limited to, Amazonia. Part one traces the evidence of the cultural and economic histories of old Basel families and missionary societies in the old town of Grossbasel. The second part predominantly offers an insight into both the past and present of Basel-based chemical and pharmaceutical industries, their sites in the north of the city, and their role in global economic systems.

    Online tour at www.culturescapes.ch

    Colonial Grossbasel 03.10.2021
    Colonial Kleinbasel 31.10.2021

    #balade_décoloniale #colonialism #Basel #colonialité #Amazonie

  • Des autodafés et des bonnes intentions … Benedikt ARDEN
    https://www.legrandsoir.info/des-autodafes-et-des-bonnes-intentions.html

    Ça a fait un badbuzz monumental et qui a résonné bien au-delà du pays. Près de 5000 livres jeunesse ont été retirés des bibliothèques de 30 écoles francophones d’Ontario pour servir de combustible à des cérémonies symboliques d’intérêts « éducatifs », dans le cadre de la réconciliation entre peuples autochtones et non autochtones du Canada.

    Au centre de cette controverse, Suzy Kies, présentée comme une gardienne du savoir autochtone et accessoirement coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada. Celle-ci souligne que cette « cérémonie » a pour but d’enterrer « les cendres du racisme, de la discrimination et des stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité ». Le feu ayant pour objet d’engendrer l’engrais d’implantation d’un arbre et ainsi « tourner du négatif en positif ».

    Sans tenir compte du fait autrement plus symbolique de brûler des livres, qui ne va pas sans rappeler une époque que les Allemands aimeraient bien oublier, ce scandale est surtout lié aux critères douteux de cette sélection et surtout par la lecture particulièrement décontextualisée des œuvres choisies par ce fameux comité. Pour qu’un livre fasse partie du bûcher, à peu près toutes les raisons y sont passées. Des termes et appellations d’une autre époque, à la non-historicité des représentations en passant par la sexualisation des dessins, toutes les cases ont été cochées. Sans faire grand cas du format (bande dessinée et histoire pour enfants) ou des contextes historiques, les membres du comité n’ont même pas tenu compte des intentions des auteur(e)s et ont même reproché à des BD les propos de ses antagonistes[1]. En somme, ce comité de relecture cherchait des stéréotypes et des expressions anachroniques et les a trouvés là exactement où ils devaient en trouver, c’est-à-dire dans les livres de notre enfance.

    Évidemment, la chasse aux préjugés et aux stéréotypes ne s’est pas limitée aux BD, mais s’est aussi attaquée aux livres qui traitent des Premières Nations en général, mais qui n’ont pas été écrits ou révisé par des Autochtones « pure souche » ou des œuvres qui sont qualifiés « d’appropriations culturelles », ce qui est assez ironique quand on sait que madame Suzy Kies se présente comme une Abénakis d’Odanak alors qu’elle ne fait visiblement pas partie de cette communauté. Le fait d’avoir adopté la culture abénakis n’est pas une pratique que je condamne, tant s’en faut, mais quand on brûle les livres des auteur(e)s qui font briller cette culture au nom de l’appropriation culturelle, on devrait faire attention à ne pas parler au nom d’une communauté dont on s’approprie le nom ! D’autant plus que, comme commente l’ethnologue huronne-wendat Isabelle Picard, à propos des autodafés dans la culture autochtone, « C’est bien peu connaitre nos cérémonies et en avoir peu de respect ».

    Comme vous le constatez, l’événement parle de lui-même et ils sont assez rares à défendre ce qu’il faut bien appeler un « dérapage woke ». Je déteste réellement cette expression (woke), puisqu’il est employé à tort et à travers par la droite, mais ici je vais faire une exception, car l’expression est désormais connue et je ne souhaite pas mettre de gants blancs, même si on devrait plutôt parler de progressisme postmoderne pour parler de ce courant. Toutefois, peu importe le nom qu’on lui donne, on ne peut que constater que ce courant atteint dorénavant des sommets en termes de dérapage. Celui-ci en vient même à avoir des impacts négatifs bien réels sur l’image que se fait la majorité des gens des minorités et des Premières Nations, puisque ces dérapages engendrent objectivement beaucoup plus de préjugés que la seule lecture de Pocahontas ou de Tintin en Amérique !

    Néanmoins, la source du problème n’est pourtant pas issue des thèses les plus problématiques des plus controversés chercheurs/chercheuses postmodernes et encore moins des demandes de respects et d’égalité des groupes minoritaires et immigrants, mais bien de la popularisation d’un corpus doctrinal ouvertement irrationnel et qui est actuellement en phase accrue de radicalisation.

    Comme le mentionne Pierre Valentin dans son étude sur le courant « Woke » : https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme

    Le mouvement woke repose sur une approche postmoderne du savoir caractérisée par « un scepticisme radical quant à la possibilité d’obtenir une connaissance ou une vérité objective. »

    C’est pour cette raison que les courants postmodernistes se détachent à ce point des autres doctrines issues des Lumières et de l’universalisme. Pour ces derniers, il existe bien évidemment des dominants et des dominés ainsi que des systèmes qui provoques ces dominations, mais leur recherche de la justice passe par des connaissances objectives et des principes universels, alors que les postmodernistes rejettent carrément ces notions pour se centrer sur le ressenti des individus.

    Le philosophe Michel Foucault justifiait cette vision du monde en ces termes :

    [...] Il faut admettre que le pouvoir produit du savoir ; que pouvoir et savoir s’impliquent directement l’un l’autre ; qu’il n’y a pas de relation de pouvoir sans constitution corrélative d’un champ de savoir, ni de savoir qui ne suppose et ne constitue en même temps des relations de pouvoir.[2]

    Autrement dit, le savoir issu des progrès de la connaissance serait en réalité une expression du pouvoir (des dominants), d’où ce scepticisme si radical quant à la possibilité de produire des connaissances objective.

    Ces idées en provenance de ce que les universitaires américains appelaient la « French Theory » https://fr.wikipedia.org/wiki/French_Theory ont eu leur part de pertinence à gauche, notamment dans les années 70, à l’époque où certains penseurs avaient tendance à effectivement tout ramener à la rationalité économique. Y compris les aspects qui ne s’y collent pas complètement. Notamment en ce qui touche le féminisme et le nationalisme de libération, qui ont des aspects culturels forts.

    Aujourd’hui ce courant de pensée tombe dans des excès inverses. Jusqu’à prétendre que la subjectivité des individus devrait être considérée comme un fait normatif et devrait être traitée comme tel. C’est-à-dire de manière politique. Dès lors c’est le « sentiment d’injustice » et non le système qui provoque ces injustices qui devient le centre des préoccupations « woke ». On en arrive donc à des absurdités comme de voir des bourgeois de la haute société qui se la jouent victime puisque, autiste, femme, homosexuel, noir, etc., alors qu’ils sont objectivement des dominants de par leur statut social ou bien ces histoires de langues et de symbole, à des années lumières de ce qui provoque concrètement la #marginalisation des minorités que l’on souhaite émanciper.

    Pour eux, le fait essentiel n’est donc pas l’injustice ou la réalité de l’oppression, mais le ressenti de celle-ci, ce qui fait que la sécurisation des catégories de gens jugés opprimés passe bien avant la lutte contre le système qui engendre les discriminations[3]. C’est pour cette raison qu’il n’est pas contradictoire pour un « woke » de propager les pires généralisations sur les groupes dits dominants et, en revanche, de ne rien tolérer de ce qui touche (ou qui pourrait toucher) ceux qualifiés de dominés. Même si dans les faits les définitions de ces groupes sont toutes sauf scientifiques (surtout pour ce qui est des soit distantes races) et que les discriminations décriées sont pratiquement toujours #intersectionnelles [4]. Tout ce qui compte c’est l’état d’esprit du moment et de ce que l’on qualifie d’acceptable à l’instant T.

    Comme je l’ai évoqué précédemment, cette pensée est en perpétuel mouvement et n’est pas limitée par le savoir objectif, alors ce qui est « acceptable » aujourd’hui ne le sera pas nécessairement demain. Un livre du 19e siècle comme « Nord contre Sud » (Jules Verne) dénonçant l’esclavage, mais qui utilise les termes de son époque sera inévitablement mis un jour à l’index, puisqu’il utilise le mot en « N » et utilise des stéréotypes. Je l’affirme, car c’est à peu près ce qui s’est passé pour la peinture « Life of Washington » https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/HALIMI/60163 , qui est une peinture dénonçant l’esclavage, mais qui fut éliminé du lycée George Washington, parce que jugé raciste ! On en vient à censurer le fond en raison de la forme, puisque ce qui est recherché n’est pas la dénonciation de l’injustice, mais le #maternage de population que l’on souhaite protéger de la société par l’illusion et le #subterfuge (« les safes spaces »).

    C’est probablement cet état d’esprit qui guide les choix des militantes comme Suzy Kies. Un livre comme Tintin en Amérique (1932) ne sera donc pas jugé sur son contenu (somme tout positif envers les Premières Nations, si nous tenons compte de l’époque), mais sur l’usage de termes et d’illustrations désormais jugés offensants. La question de l’appropriation culturelle et des déguisements ne sera pas non plus jugée sur la base de principes universels, mais sur la seule sensibilité des personnes touchées, même si celles-ci ne font pas partie de ces communautés d’après leurs propres principes.

    Disons-le tout net, le « wokisme » est en phase de désintégration et ses propres contradictions sont en train de détruire le mouvement de l’intérieur, alors il n’est nul besoin d’en faire des tonnes sur les scandales estivaux et autres faits divers. Non, le problème réside dans l’effet « backslash » qui profite à la droite et surtout à l’extrême droite, puisqu’elles se donnent de la légitimité sur leurs dérapages tout en récupérant des concepts qu’elle méprise, comme l’universalisme et l’antiracisme.

    Non, il n’est pas normal que le racialisme de la soi-disant « théorie critique de la race » (entre autres exemples) soit uniquement et hypocritement dénoncé que par les réactionnaires. Je sais qu’il est parfois difficile de critiquer son propre camp, sans se faire malmener par les adeptes de ces idées. Néanmoins, cela reste absolument nécessaire pour la salubrité idéologique des organisations progressistes, en plus de les aider à rester en phase avec les masses laborieuses qui ne suivent pas ce genre d’évolution sociétale (du moins, pas à cette vitesse).

    Rappelons que les principes du socialisme ont pris du galon en 150 ans et si moi-même je ne suis rien, j’hérite de siècles d’universalisme et de science, alors j’ai moins besoin de me référer à mon propre ressenti et à mes intérêts individuels, pour juger une situation, que d’une grille d’analyse doctrinale efficace et de connaissances scientifiques solides. Est-ce que quelque chose est juste ou vrai ? Et surtout, est-ce que ça l’est pour tous les humains et dans tous les cas ? Voici le genre de questions qui doivent prédéterminer un avis éclairé et minimalement objectif.

    Brûler des livres ou recycler les pseudosciences, parce que ça serait sécurisant pour certains, n’est pas acceptable éthiquement et ne change de toute façon rien aux problèmes concrets vécus par les populations marginalisées. Les bulles de protection ne sont que des illusions qui nuisent au véritable combat pour l’émancipation, puisqu’il ne s’agit que d’une version 2.0 de la bonne vielle « opium du peuple », toujours aussi dommageable qu’auparavant.

    La vérité et la justice sont des concepts vaste et parfois flou, je l’admets sans problème, mais ils sont aussi porteurs d’objectivité et d’universalisme. S’il y a parfaitement lieu de traiter respectueusement les victimes systémiques de nos sociétés et d’adapter notre démarche en conséquence, il faut savoir se garder de catégoriser les humains dans des cases identitaires et ainsi leur présumer des caractères négatifs comme positifs, puisque le genre humain est équitablement dosé en défaut comme en qualité, peu importe les catégories duquel on parle[5].

    Reste à ce que le genre humain soit équitablement dosé en droit et justice sociale, car c’est bien par cette voie que nous éliminerons les stéréotypes et les préjugés et certainement pas en cachant ou en brulant les souvenirs du passé !

    Benedikt Arden, septembre 2021

    [1] C’est un peu comme si on reprochait à George Lukas, dans la première trilogie Star Wars, de ne pas avoir donné assez de place à la diversité dans les rangs de l’empire, alors que l’esthétique de celle-ci est directement calquée sur le 3e Reich (tous des hommes blancs), dans l’objectif plus qu’évident de créer un contraste avec les rebelles, qui eux sont mixtes (hommes, femmes, aliens, etc.).

    [2] Cité depuis l’étude « L’idéologie woke. Anatomie du wokisme (1) »

    [3] L’exemple typique est le concept de « pauvrophobie » ou de « classisme » qui entend protéger les pauvres des préjugés des riches, alors que c’est la conscience de classe, résultante de ce « classisme », qui est à l’origine de la lutte des classes, donc de l’émancipation des pauvres.

    [4] Les gens faisant partie d’une catégorie de dominés font généralement partie d’une des catégories dominantes et sont donc à la fois dominés et dominants. La réalité est plus complexe que les slogans.

    [5] Je parle ici des catégories identitaires et non pas des classes sociales, puisque celles-ci sont productrices d’intérêt de classe, donc de croyances idéologiques affiliées à ces classes.

    #wokisme #woke #dérapage #autodafé #discriminations #stéréotypes #racisme #index #école #catholiques #écoles_catholiques #bucher #purification #fanatisme #violence #épuration des #bibliothéques pour #enfants #asterix #tintin #stéréotypes #suzy_kies #Lucky_Luke #Ontario #badbuzz

  • La peste Zemmour par Michel Soudais | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2021/09/la-peste-zemmour-43557

    [...] Certes, sa candidature concurrence Marine Le Pen et a tout d’« une grenade dégoupillée visant à faire exploser la droite », selon le mot de Damien Abad, président du groupe des députés LR. Mais c’est ignorer les effets délétères que cette candidature aura sur le débat présidentiel, où même un Michel Barnier est prêt à coller au discours zemmourien. Par ses écrits et ses propos, l’histrion a déjà bien ouvert la « fenêtre d’Overton » en sortant de la marginalité des discours radicaux sur l’immigration et contribuant à rendre par comparaison celui de Marine Le Pen acceptable, voire raisonnable. Il entend bien pousser plus loin encore cette stratégie : « Si je vais à la présidentielle, c’est pour imposer mes thèmes. La présidentielle se joue autour d’une question et il faut imposer sa question et avoir les réponses », déclare-t-il un jour. « Je suis là pour choquer », ajoute-t-il le lendemain, parfaitement au fait des mauvais réflexes médiatiques et de la recherche permanente du buzz qui vont le propulser au centre du jeu. Et ça fonctionne.

    Prédit-il qu’« en 2050 nous serons un pays à moitié islamique » et « en 2100 une République islamique » ? Léa Salamé interroge Gérald Darmanin sur cette prédiction. Prétend-il que la Seine-Saint-Denis est devenue une « enclave étrangère »« la plupart des cafés sont réservés aux hommes par une loi non écrite » ? LCI met la question en débat avec échange musclé entre son éditorialiste Pascal Perri et Stéphane Troussel, président PS de ce département. Après son invitation chez Ruquier samedi 11 septembre, nouvelle polémique : Zemmour, qui soutient la théorie complotiste du « grand remplacement » de la population européenne par une population immigrée, estime qu’« appeler son enfant Mohamed, c’est coloniser la France ». Une fois de plus les chaînes d’info et les matinales embrayent sur le sujet, tandis que sur CNews, Zemmour rallume le feu du procès Papon, victime à ses yeux d’« une justice politique »… À ce rythme, la campagne va se jouer dans la fange idéologique.

    • Sébastien Fontenelle @vivelefeu

      Sympa, l’accueil, @AUCHAN_France

      https://twitter.com/vivelefeu/status/1438843073295958017

      .

      Variante du « je suis là pour choquer », on utilise une photo (commerciale et ancienne) en une pour distiller un subliminal appel au génocide (et si on flinguait les grands remplaceurs au berceau)

      Commentaires de Noémie Issan, @noemie_issan
      https://twitter.com/noemie_issan/status/1438790333450657794

      La une de Causeur est un véritable dispositif. Les bébés (tous des mâles, et ce n’est pas un hasard) potelés et adorables regardent le spectateur. Leur innocence manifeste de bambins est mise en doute avec le titre « Souriez, vous êtes grands-remplacés »

      Comme si leur cuteness était un leurre qui cachait un projet. C’est dégoutant. Je me suis sentie sale en tombant dessus.

      Je reviens deux secondes sur le fait que les bébés de la photo choisie sont tous des garçons. Le dispositif fait signe vers une des idées force de tout racisme : « Petits, ils sont mignons, c’est quand ca grandit que ca se gâte ».

      Cette une veut convertir notre regard, le pourrir en fait.

      « Ce que vous voyez a l’air choupinou, mais en fait, ce que vous voyez, c’est un dealer, une racaille, un agresseur de rue et un djihadiste, sous entendu ne vous faites pas avoir »

      Pire encore, elle transforme sa perversité en tablant sur le sentiment de victimisation. « Ne vous y trompez guère, la victime, ici, c’est vous ».

      Cette une, c’est la théorie camusienne en image.
      Ps : de Renaud Camus.

      Le lecteur, qui a priori est un adulte plus tout jeune, plutôt blanc et de droite, doit se mettre à trembler du taux de natalité des noirs et des arabes, et voir dans des chiards souriants en culotte courte une menace existentielle.

      Ca pue grave en ce moment, en France.

      Je vais même aller plus loin. Je pense sincèrement que cette une espère une neutralisation du sentiment éthique d’empathie face aux bébés racisés. Ce n’est pas juste « ne vous faites pas avoir », c’est « si vous voulez survivre, faut voir en eux des ennemis ».

      Et du coup, ca vise a transformer le sentiment raciste et la pulsion de destruction, en grandeur héroïque nationaliste type nietzchéen du pauvre : « L’ennemi du peuple, c’est le sentiment humaniste, c’est l’universalisme, c’est le coeur qui sourit devant ces bébés mimis »

      @Poissonhamsa qui a une formation en histoire de l’art, me fait remarquer que les couleurs aussi sont signifiantes. Comme si l’image de propagande était celle qui venait des racisés.

      « On te vend des bébés mignons comme des objets en les déshumanisant(y’a pas d’ombre portée+couleur froide), c’est trop sympa pour être authentique, bref du bébé Cadum à l’envers »

      Comme le dit @ElieBeressi : défaite de la société, victoire de la race.

      Bon, on sait aussi que l’image, c’est pire que le dogwhistle, ca va être nié a grand coups de « nan mais c’est juste une représentation statistique des classes de Mantes la Jolie,

      Vous voyez le mal, si vous voyez un problème, c’est vous le raciste, bref rien qu’on ait pas déjà entendu 1000 fois juste ces dernières semaines dans d’autres contextes ».

      #racisme

    • Poison : Zemmour, ses mots, sa haine ? Lucie Delaporte
      https://www.mediapart.fr/journal/france/180921/zemmour-ses-mots-sa-haine

      Le polémiste d’extrême droite a entamé, ce week-end, à Toulon et à Nice, la tournée promotionnelle de son dernier livre. Une prestation aux accents de pré-campagne présidentielle. Présent depuis plus de dix ans dans le débat public, que dit vraiment Éric Zemmour ?

      Toujours pas officiellement candidat, Éric Zemmour a entamé ce week-end, à Toulon et Nice, un tour de France pour la promotion de son livre, La France n’a pas dit son dernier mot (Rubempré, 2021) en espérant transformer, sous une forêt de caméras et de micros, chacune de ses « rencontres littéraires » en meeting politique.

      Dans cette campagne présidentielle, Éric Zemmour, sans parti et sans programme connu, veut s’imposer par ses mots. Un déluge de mots qu’il impose depuis plus de dix ans à des médias toujours plus friands de ses saillies et de ses « dérapages ». Une logorrhée qu’il promène de plateaux de télé en studios de radio et qu’il étale aussi, en graphomane accompli, dans des pamphlets best-seller, écrits aussi vite qu’il parle : Premier sexe (Denoël, 2006), Mélancolie française (Fayard, 2010), Le Suicide français (Albin Michel, 2014) …

      Un discours qui ressasse sans fin les mêmes obsessions : la haine des immigrés, des femmes, des musulmans, des homosexuels, mais aussi des contre-pouvoirs, médiatiques ou judiciaires, lui qui n’a que mansuétude pour la délinquance en col blanc.

      • Immigration et « grand remplacement »

      Admirateur de Renaud Camus, Éric Zemmour défend depuis des années la thèse du « grand remplacement », popularisé par le théoricien d’extrême droite. Une thèse raciste et complotiste dont s’est notamment réclamé le tueur de Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui a abattu cinquante personnes dans une mosquée.

      La vague migratoire qui va submerger la France et la soumettre est la principale obsession du journaliste du Figaro.

      « Nous vivons depuis trente ans une invasion, une colonisation, qui entraîne une conflagration », a-t-il affirmé dans l’émission C à vous en septembre 2016.

      Lors de la Convention de la droite en septembre 2019, il avait tenu un discours explicite sur le « grand mal français ». « Aujourd’hui nous vivons une inversion démographique [entre l’Europe et l’Afrique – ndlr] qui entraîne une inversion des courants migratoires, qui entraîne une inversion de la colonisation. Je vous laisse deviner qui seront leurs indiens et leurs esclaves : c’est vous ! », clamait-il aux côtés de Marion Maréchal.

      « En France, comme dans toute l’Europe, tous nos problèmes sont aggravés par l’immigration : école, logement, chômage, déficits sociaux, dette publique, ordre public, prisons, qualifications professionnelles, urgences aux hôpitaux, drogue. Et tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam. C’est la double peine. »

      Décrivant dans son dernier livre, La France n’a pas dit son dernier mot, une Seine-Saint Denis « emblème de ce grand remplacement qui n’existe pas », il campe une ville forcément inquiétante où prolifèrent les « commerces estampillés hallal (…) sans oublier les agences Western union, qui transfèrent le produit des allocations sociales françaises ou des divers trafics vers les familles restées au bled ». Car les immigrés, pour Éric Zemmour, sont au fond soit des profiteurs de la générosité de l’État français, soit des voleurs, soit les deux.

      Le 1er octobre 2020, alors que la discussion s’engage sur le sort de mineurs migrants en France, sur CNews, Zemmour s’emporte : « Il n’y a pas de juste milieu, il faut que ces jeunes, le reste de l’immigration ne viennent plus »… « Tous ? » le relance la journaliste Christine Kelly. « Tous ! Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont », rétorque le journaliste. Le parquet de Paris a depuis ouvert une enquête pour « incitation à la haine raciale ».

      S’il devenait président, il assure qu’il rétablirait la loi de 1803 pour interdire les prénoms non français. « Au bout de trois générations, je trouve ça triste qu’un enfant s’appelle Mohammed. »

      • Les musulmans

      L’obsession de Zemmour à l’égard de l’islam et des musulmans, décrits comme « une armée d’occupation », empêche une recension un tant soit peu exhaustive de la haine qu’ils lui inspirent.

      Un musulman français est un musulman qui se détache de sa foi : « Il faut leur donner le choix entre l’islam et la France », affirme-t-il aussi dans C à vous en septembre 2016.

      Car l’islam n’est pas compatible avec la République, Éric Zemmour ne cesse de le répéter.

      « En Islam il n’y a pas de musulmans modérés, ça n’existe pas », poursuit-t-il face à Anne-Sophie Lapix. « Le djihad fait partie de l’islam… les soldats du djihad sont considérés par tous les musulmans, qu’ils le disent ou qu’ils ne le disent pas, comme de bons musulmans. »

      « La France c’est liberté, égalité, fraternité… L’islam c’est soumission, inégalité et fraternité dans la Oumma [la communauté des croyants – ndlr] », ajoute-t-il dans la même émission.

      Dans La France n’a pas dit son dernier mot, il revient sur ce thème qui lui est cher : « L’inconscient collectif de ces populations musulmane est de coloniser l’ancien colonisateur. »

      Car quel est le danger qui menace la France ? « L’universalisme islamique qui tire profit très habilement de notre religion des droits de l’homme pour protéger son action de colonisation et d’occupation de portions du territoire français », détaille-t-il aussi ce jour-là dans un discours retransmis en direct et sans aucun filtre sur LCI. « Dans les années 30, les auteurs les plus lucides qui dénonçaient le danger allemand, comparaient le nazisme à l’islam (…) et disaient “le nazisme est un peu raide, un peu intolérant, mais de là à le comparer à l’islam” . »

      « Il y a une continuité entre les viols, vols, trafic jusqu’aux attentats de 2015, ce sont les mêmes qui les commettent (…) C’est le djihad partout », s’enflammait-il encore. « Ils se comportent en colonisateurs. Les caïds et leurs bandes s’allient à l’imam pour faire régner l’ordre dans la rue et dans les consciences selon la vieille alliance du sabre et du goupillon, en l’occurrence, la kalash et la djellaba […]. Dans la rue, les femmes voilées et les hommes en djellaba sont une propagande par le fait, une islamisation de la rue, comme les uniformes d’une armée d’occupation rappellent aux vaincus leur soumission. »

      • « Remigration » ou déportation

      Que faire des cinq millions de musulmans qui vivent sur le sol français, demande, le 30 octobre 2014, un journaliste italien du Corriere della Sera comprenant qu’Éric Zemmour n’en veut plus dans son pays ? « Les déporter ? », demande-t-il. « Je sais, c’est irréaliste mais l’Histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 que un million de pieds-noirs, vingt ans plus tard, seraient partis d’Algérie pour revenir en France ? Ou bien qu’après la guerre, 5 ou 6 millions d’Allemands auraient abandonné l’Europe centrale et orientale où ils vivaient depuis des siècles ? ». Le journaliste insiste sur le caractère tragique de ces déplacements forcés et Zemmour enfonce le clou : « Je pense que nous nous dirigeons vers le chaos. Cette situation d’un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile. » Une déportation pour éviter la guerre civile donc…

      Car Éric Zemmour est favorable à la « remigration », il l’a dit et redit comme en janvier dernier sur le plateau de CNews. « Vouloir la remigration, ce n’est pas être raciste. C’est considérer qu’il y a trop d’immigrés en France, ça pose un vrai problème d’équilibre de démographie et identitaire (…) la France est en danger. »

      Car la France est bel et bien au bord de la guerre civile ; Zemmour ne cesse de l’écrire et de le dire. S’il faut prendre les armes contre l’ennemi de l’intérieur, Zemmour n’hésitera pas, clame-t-il. « Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans, et même certains juifs. Eh bien moi, je suis du côté du général Bugeaud. C’est ça être Français », déclare-t-il sur CNews le 23 octobre 2019.

      • Les « Noirs et les Arabes »

      Dans la rhétorique d’Éric Zemmour, aux côtés des musulmans, et même si ce sont parfois les mêmes, un groupe se distingue pour menacer la patrie dans ses fondements : « Les Noirs et les Arabes ». Ils sont, pour résumer, violents, voleurs, volontiers polygames et font « d’innombrables » enfants pour toucher les allocations.

      Ce groupe inquiétant est décrit dans la plupart de ses livres. Dans La France n’a pas dit son dernier mot, Zemmour insiste sur la menace sexuelle qu’ils représentent, déjà décrite dans son livre Premier sexe, pétri d’un imaginaire raciste et colonial. « Les seules jeunes hommes autorisés par les ligues de vertus féministes à s’approprier et conserver les codes honnis de la psyché virile d’antan (sont) les jeunes noirs et Arabes » (…) À l’époque les féministes n’avaient pas encore montré leur dilection pour ces jeunes hommes, même lorsqu’ils faisaient une chasse ouverte à la femme blanche, comme à Cologne en 2015 (…) Les jeunes « blancs » étaient écrasés par la culpabilité du colonisateur esclavagiste , tandis que le jeune noir ou arabe s’égayait dans la pampa des femmes blanches. »

      « Pourquoi on est contrôlé dix-sept fois ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça c’est un fait », assène-t-il en 2011 sur le plateau de Salut les terriens, sur Canal+. Une sortie qui lui vaudra une condamnation pour provocation à la discrimination raciale.

      Zemmour ne peut évidemment se reconnaître dans une équipe de France de football où jouent tant de joueurs noirs. « Imaginez une équipe du Sénégal composée de joueurs blancs ou jaunes », raille-t-il dans son dernier livre.

      Car Zemmour croit en la race. Dans l’émission Paris/Berlin, destins croisés diffusée sur Arte, il interrompt la journaliste Rokhaya Diallo d’un : « J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire, évidemment. »

      • Les Noirs « visibles »

      Un groupe exaspère particulièrement le polémiste : les Noirs qui ont acquis du pouvoir, une notoriété, voire une simple visibilité dans l’espace médiatique. Pour éviter la fréquentation des tribunaux, l’essayiste sait parfaitement distiller son racisme dans des portraits acerbes dont son dernier livre fourmille.

      Dans La France n’a pas dit son dernier mot, Éric Zemmour prend soin de faire quatre courts portraits de personnalités noires dont la réussite professionnelle lui reste manifestement en travers de la gorge. L’acteur Omar Sy est décrit ainsi avec perfidie : « Son corps musclé et félin, son sourire béat, son regard vide, son goût pour la tchatche acquis au cours de sa jeunesse à Trappes, son anti-racisme arrogant, son militantisme confessionnel, son exil à Los Angeles avec les trois premiers sous gagnés grâce au cinéma français tout en faisait l’incarnation de “l’homme nouveau” que le film [Intouchables – ndlr] glorifiait. »

      Il revient aussi longuement sur l’altercation avec l’animatrice Hapsatou Sy de 2018. « Votre mère a eu tort [de vous appeler Hapsatou – ndlr] Corinne, ça vous irait très bien », lui avait-il lancé, provoquant un tollé. Il rappelle qu’il ne savait pas du tout qui était cette femme sur le plateau puisqu’ « elle représentait le quota diversité imposé »… Et que s’il a pensé au prénom « Corinne » ce soir-là, c’est que c’est « le prénom des coiffeuses ou des secrétaires », note-t-il, fielleux.

      L’actrice Aïssa Maïga incarne, à elle seule, le désastre du grand renversement des valeurs lors de la cérémonie des Césars. Il la dépeint en une scène unique qui marque sa sidération. L’actrice sous les projecteurs dénonce le peu de diversité dans la salle de la « grande famille du cinéma français ». Elle demande qu’on lui apporte de l’eau. « Un homme blanc la sert » et « sans un regard pour son serviteur »… l’actrice ose boire. Il n’y a rien d’autre à dire que cela. Ce chamboule-tout d’une femme noire servie par un homme blanc anonyme a achevé le polémiste.

      L’ancienne porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, en prend elle aussi pour grade. « Sibeth. Contrairement aux apparences, ce n’est pas un jugement mais un prénom », ricane-t-il en reprenant le mauvais mot du chroniqueur Éric Naulleau. Sibeth Ndiaye est, sous la plume d’Éric Zemmour, une bien mauvaise Française, elle qui assiste « en pyjama aux cérémonies du 14-Juillet ».

      • La liberté d’expression

      On ne peut plus rien dire. Zemmour le dit et le redit d’ailleurs depuis dix ans sur toutes les télés et toutes les radios de France. Pour le récompenser de son virulent discours à la Convention de la droite, Vincent Bolloré lui a même offert une tribune quotidienne d’une heure sur CNews, mais qu’importe : Zemmour décrit la France d’aujourd’hui comme un pays où règne une étouffante censure, celles des antiracistes et de leurs lois liberticides.

      Dès Le Suicide français, il pointe la loi Pleven de 1972 créant un délit de diffamation et d’injure à caractère raciste comme le début de la fin . « On se félicita alors de cette législation antiraciste. Personne ne remarqua le glissement opéré par la loi qui n’interdisait pas seulement toute discrimination en raison de l’ethnie, de la race, de la religion, mais y joignait aussi l’appartenance ou la non-appartenance à une nation. Personne ne l’avait remarqué car personne ne l’avait réclamé. Dans l’ombre, des lobbies avaient bien œuvré », explique-t-il.

      La haine de l’étranger, son rejet, n’est plus dicible, se désole-t-il. « Avec la référence à la nation, on passe du racisme à une notion différente, la xénophobie. Poussé à l’extrême par le législateur, le refus de la xénophobie a des conséquences pernicieuses. Désormais, un propriétaire qui ne veut louer qu’à un Français sera puni ; de même qu’un employeur qui préférera embaucher un compatriote, alors que l’État exclut les étrangers du recrutement de certains de ses fonctionnaires. Ce principe de non-discrimination entre Français et étranger interdit toute préférence nationale ; ruine toute séparation entre l’extérieur et l’intérieur ; sape les fondements de la notion de frontière entre le dedans et le dehors ; assimile le patriotisme au racisme ; interdit à un Français de préférer un compatriote à un étranger. La loi Pleven est potentiellement, sans que personne en ait pris conscience à l’époque, la dissolution programmée de la nation française dans un magma planétaire », s’emporte-t-il.

      Zemmour est pour le droit de discriminer. Sur un plateau de France O, le 6 mars 2010, face à un journaliste qui rapporte les discriminations raciales opérées par certains employeurs à Éric Zemmour réplique : « Mais ils ont le droit ! (…) C’est la vie la discrimination. »

      • Les droits de l’homme (comme on dit, ndc)

      Les droits de l’homme sont un danger mal connu pour la France, Éric Zemmour tient à le rappeler aussi souvent qu’il le peut. Dans Destin français, il écrit : « Ignorant les leçons du passé et oubliant les vertus de son histoire, la France saborde son État au nom des droits de l’homme et l’unité de son peuple au nom de l’universalisme. »

      • Les femmes

      La haine d’Éric Zemmour à l’égard des femmes n’a sans doute d’égal que celle que lui inspirent les musulmans. Lors de la Convention de la droite, il avait expliqué que le féminisme était « non pas un mouvement de libération des femmes » mais « une guerre d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel ».

      Dans Le Premier sexe, essai intégralement consacré à ce sujet, il s’inquiète d’une féminisation de la société qui risque de faire sortir le pays de l’Histoire. « Les femmes conduisent quand la vitesse est limitée ; elles fument quand le tabac tue ; elles obtiennent la parité quand la politique ne sert plus à grand-chose ; elles votent à gauche quand la Révolution est finie. [...] Elles ne détruisent pas, elles protègent. Elles ne créent pas, elles entretiennent. Elles n’inventent pas, elles conservent. [...] En se féminisant, les hommes se stérilisent, ils s’interdisent toute audace, toute innovation, toute transgression. »

      Dans Le Suicide français (Albin Michel, 2014), il estime que « le besoin des hommes » est « de dominer pour se rassurer sexuellement » et celui des femmes est « d’admirer pour se donner sans honte », de « réclamer la protection de son mari ».

      Zemmour, qui a détesté le mouvement #Metoo, regrette que l’espace public se remplisse « d’affaires de mœurs » ayant si peu d’intérêt. Dans son dernier livre, Éric Zemmour prend d’ailleurs la défense de Tariq Ramadan, ennemi politique s’il en est, soupçonné de viols et dont Mediapart a révélé qu’il était accusé par de nombreuses femmes d’agressions sexuelles ou sexistes. « Je ne sais rien de cette histoire, mais je demeure convaincu qu’il est tombé dans un piège », écrit dans La France n’a pas dit son dernier mot. Il a aussi ardemment défendu Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol par Nafissatou Diallo. « Une ridicule affaire », tranche-t-il. « DSK, menottes derrière le dos entre deux cops new-yorkais, marchant tête baissée, c’est un renversement de mille ans de culture royale et patriarcale française. C’est une castration de tous les hommes français », avance-t-il encore dans son dernier opus.

      « Le poil est une trace, un marqueur, un symbole. De notre passé d’homme des cavernes, de notre bestialité, de notre virilité. De la différence des sexes. Il nous rappelle que la virilité va de pair avec la violence, que l’homme est un prédateur sexuel, un conquérant », écrivait-t-il déjà en 2006 dans le Premier sexe.

      Décrivant un film des année 1970, il regrette cette époque où les femmes n’étaient pas accusatrices. « Quand le jeune chauffeur de bus glisse une main concupiscente sur un charmant fessier féminin, la jeune femme ne porte pas plainte pour harcèlement sexuel. La confiance règne. »

      • Homophobie

      L’homophobie est aussi partout dans les discours d’Éric Zemmour, qui n’hésite pas à décrire l’homosexualité comme une « mode ». Dans Premier sexe, il se désole d’émissions mettant en scène « un modèle queer ». « Les pygmalions sont homosexuels ; ils sont chargés d’enseigner à un pauvre « hétéro de base », fou de foot et de voitures (bien sûr), goujat qui ne fait jamais la vaisselle et ne connaît pas l’adresse du fleuriste le plus proche, l’art de séduire, reconquérir, conserver la femme de sa vie. Ils lui apprennent à s’habiller, et non simplement à se vêtir, à se faire coiffer, et non seulement se faire couper les cheveux. À décorer sa maison avec art, et non seulement la meubler. Surtout ils lui font la morale, lui montrent comment se comporter avec une femme, avec délicatesse et raffinement. Dans les comédies “homosexuelles” lourdingues, c’était la “tante” qui imitait le camionneur. Désormais, c’est le camionneur qui prend des leçons auprès de la tante. Des homosexuels qui apprennent à un homme à aimer une femme ! Et les femmes sont ravies. Elles plébiscitent les hommes reconfigurés par la plastique, l’esthétique, le raffinement homosexuels. »

      Dans le même livre, il poursuit : « Pour traduire la nouvelle société, où les homosexuels non seulement ne sont plus discriminés, mais au contraire incarnent l’humanité future, un nouveau mot s’imposait : ce sera gay. » Il s’offusque de cette inversion des valeurs : « L’inverti honni d’hier est devenu le gay admiré d’aujourd’hui, celui qui légitime le désir du pauvre « hétérosexuel » – « hétéro de base », minable beauf – pour la femme ».

      Le 15 octobre 2019 dans son émission Face à l’info sur CNews, il déclenchait un nouveau tollé en expliquant que si les homosexuels voulaient des enfants, ils avaient le choix de « coucher avec l’autre sexe ». « Soit on couche avec l’autre sexe et on fait des enfants, soit on ne couche pas avec l’autre sexe et on n’a pas d’enfants. »

      • Les affaires et la justice

      Éric Zemmour déteste notre époque qui aurait cédé à « la dictature de la transparence », qu’il qualifie aussi dès l’introduction de son dernier livre comme une « mediapartisation des esprits ». Une époque qui ne tolèrerait plus – la chose reste à démontrer - la corruption et la délinquance en col blanc. « Nous vivons une révolution judiciaire inouïe qui sape les fondements de nos régimes démocratiques », écrit-il dans La France n’a pas dit son dernier mot. Fondements démocratiques qui résident, comme chacun sait ou devrait savoir, sur une corruption bien comprise des dirigeants.

      Les « affaires » de François Fillon sont regardée par Zemmour avec une immense mansuétude. « Ses petites combines, ses petits cadeaux pour arrondir ses fins de mois… », écrit-il à son sujet tout en dénonçant un « putsch médiatico-judiciaire » l’ayant empêcher de devenir président de la République.

      La justice de toute façon n’est plus non plus ce qu’elle était. Dans le dernier livre page 125, il se désole d’avoir à être jugé, suprême affront, par des femmes, qui plus est, mal habillées, mal maquillées. « Le président du tribunal est une femme ; le procureur également. La plupart des avocats de mes accusateurs aussi. Sous leur robe noire en guise d’uniforme prestigieux d’une autre époque, elles portent des vêtements de pauvre qualité à l’étoffe fatiguée, sont coiffées à la hâte, maquillées sans soin, tout dans leur silhouette, dans leurs attitudes, leur absence d’élégance, dégage un je-ne-sais-quoi de négligé, de laisser-aller, de manque de goût. On voit au premier coup d’œil que ces métiers – effet ou cause de la féminisation – ont dégringolé les barreaux de l’échelle sociale. Il flotte une complicité entre elles, proximité de sexe et de classe. »

  • Médecine et race sous l’Empire français
    https://laviedesidees.fr/Medecine-et-race-sous-l-Empire-francais.html

    À propos de : Delphine Peiretti-Courtis, Corps noirs et médecins blancs : La fabrique du préjugé racial, XIXe-XXe siècles, La Découverte. S’appuyant sur les traités de naturalistes et de médecins, ainsi que sur des rapports de missions coloniales, l’historienne Delphine Peiretti-Courtis étudie la manière dont l’autorité médicale a infériorisé et déshumanisé les corps racisés dans l’Empire français à partir du XIXe siècle.

    #Histoire #colonialisme #médecine #racisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210916_medecine_race.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210916_medecine_race.docx

  • Enquête sur un crash d’avion en Grèce : une victime devait témoigner au procès de Netanyahu RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_enquete-sur-un-crash-d-avion-en-grece-une-victime-devait-temoigner-au-pr

    La Grèce a annoncé mardi qu’elle allait enquêter sur l’accident d’un avion privé, la veille au soir près de Samos, dans lequel est mort un Israélien qui devait témoigner au procès de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon le bureau du procureur israélien.

     » Un pêcheur local a dit qu’il y avait eu une grosse explosion, suivie d’une plus petite", a déclaré à l’AFP Ioannis Kondylis, chef du bureau national d’investigation sur les catastrophes aériennes et sur la sécurité aérienne.


    "L’épave montrera si c’est le cas", a ajouté M. Kondylis, précisant que les débris de l’appareil reposaient pour l’instant par 33 mètres de fond.

    Un couple israélien est mort lundi soir dans le crash en mer de ce monomoteur Cessna C182, non loin de l’aéroport de l’île grecque de Samos.

    Le ministère israélien des Affaires étrangères a identifié les victimes comme Haim et Esther Giron, un couple de 69 ans de Tel Aviv.

    Haim Giron, ex-directeur adjoint au ministère israélien de la Communication, devait témoigner au procès de Benjamin Netanyahu, a indiqué à l’AFP un porte-parole du bureau du procureur en Israël.

    L’ancien Premier ministre est accusé de corruption, fraude et abus de confiance, et d’avoir accordé des faveurs à des magnats des médias en échange d’une couverture médiatique favorable.
    Il est accusé d’avoir "usé de façon illégitime" du pouvoir gouvernemental pour "demander et obtenir des avantages injustifiés de propriétaires de médias en Israël pour faire avancer ses affaires personnelles", selon la procureure principale citée en avril au procès.
     
    #israël #israel #gaza #bds #netanyahu #colonisation #sionisme #occupation #israfrique #racisme #colonialisme_de_peuplement #assassinat #meurtre

    • Soit Netanyahu a le "cul bordé de nouille... soit il a un super service de barbouzes !

      Enquête sur un crash d’avion en Grèce : une victime devait témoigner au procès de Netanyahu meurt lundi soir, dans l’explosion d’un avion qui ls transportait

  • Eric Zemmour : après la bourgeoisie start-up, la bourgeoisie fasciste

    Dans une émission face à Laurent Ruquier et Léa Salamé, Eric Zemmour s’est promis de réunir la bourgeoisie de droite CSP+ et les classes populaires de droite, recette qui fit ses preuves au siècle dernier et qui, si elle réussit, permet effectivement à l’extrême droite de parvenir au pouvoir.
    Pourtant, à en croire la jeune garde militante de la “Génération Z”, le mouvement né en faveur de sa candidature, s’il réussit bien à attirer les premiers, les seconds en sont fortement absents.

    En effet, Zemmour, qui semble être particulièrement obsédé par les prénoms, ne paraît être entouré que par des Stanislas d’école de commerce et des Jean-Eude de Sciences Po. Et pour cause.

    La pensée d’Eric Zemmour, celle du “très grand intellectuel de la droite française” est largement connue et a l’avantage, malgré son immense complexité, de pouvoir être résumée assez correctement et sans trahir l’esprit génial de son auteur, en deux ou trois phrases. 

    Tentative : la France est chrétienne et blanche par essence. Les musulmans et autres étrangers violents et fanatisés veulent, et réussiront, à remplacer les vrais Français si nous n’agissons pas. Il faudrait alors, comme il le disait à un journaliste italien, les déporter (“par avion ou par bateau”, précisait-il), ou à minima stopper toute immigration, etc. Tout a été dit sur ces positions et chez Frustration, nous pensons que rien ne sert d’ajouter du bruit au bruit et de participer au petit jeu qui consiste à s’effaroucher chaque fois qu’un éditiorialiste droitard et un intellectuel bourgeois de seconde zone lève le doigt, les laissant ainsi polariser le conflit autours de leurs thématiques. Toutefois, Eric Zemmour est désormais un quasi-candidat à la présidence de la République. Un point mort de son discours, et probablement de son programme à venir, attire alors notre attention : quelle est la pensée sociale d’Eric Zemmour ?
    Quelles sont ses positions sur l’économie, c’est-à-dire sur ce qui détermine une grande partie de nos vies ? On ne sait généralement rien, ou si peu, de sa “pensée” sur le sujet. Elle existe pourtant, et spoiler… ce n’est pas bien glorieux. 
    Eric Zemmour combat l’oligarchie mondialisée mais (étrange), celle-ci semble beaucoup l’apprécier
    La suite et les liens de cet extrait d’article : https://www.frustrationmagazine.fr/zemmour-bourgeoisie

    #racisme #france #zemmour #extrême_droite #en_vedette #islamophobie #sexisme #histoire #médias ( #eric_zemmour #extrême-droite #culture_du_viol #xénophobie #bourgeoisie qui se croit #haute_bourgeoisie #oligarchi
    #école_de_commerce #sciences_po #sciences_popo

  • A gauche, les intermittent·e·s de la lutte antiraciste

    La période estivale est réputée être celle des congés. Soit mais uniquement pour la minorité de Français-e-s qui peuvent en profiter. Avant de poursuivre, rappelons à l’adresse des partisans de la « disruption jupitérienne » et du chef de l’Etat lui-même, qui se vante régulièrement de présider un pays qui jouit d’un « art de vivre » à nul autre pareil, qu’en 2014 trois Français sur cinq déclaraient avoir pris des vacances. Ce taux est de seulement 47% chez les ouvriers alors qu’il s’élève à 82% parmi les cadres. En trente ans, la situation n’a guère évolué [1]. Admirables effets de la « passion » de l’égalité supposée être une caractéristique nationale, aux dires de la foultitude des mythologues qui hantent l’Hexagone.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/14/a-gauche-les-intermittent·e·s-de-la-lutte-antiraciste

    #racisme

  • Eric Zemmour : Du populaire au populisme. Août 2021 Gérard Noiriel, Faire de l’Histoire... populaire

    Zemmour et le « grand remplacement ». Enquête sur un diagnostic populiste.

    https://www.youtube.com/watch?v=aJohL4C9plY

    Ce nouveau numéro de notre magazine télévisé « Faire de l’histoire...populaire », est consacré aux « transfuges sociaux », à partir du cas Eric Zemmour. Issu d’un milieu populaire, plutôt de gauche dans sa jeunesse, c’est un exemple (loin d’être unique dans notre histoire contemporaine) de journaliste polémiste qui a fait fortune en rejoignant les rangs de l’extrême droite populiste.

    L’émission revient sur son itinéraire, ses ambitions politiques, et sur les puissants soutiens dont il bénéficie.

    Pour conclure, Gérard Noiriel explique pourquoi il ne suffit pas de critiquer les arguments de ce genre de polémistes. Il plaide pour qu’on analyse sérieusement la rhétorique (l’art de convaincre) qu’ils développent pour convaincre une partie de l’opinion.

    #Histoire #racisme #zemmour #eric_zemmour #france #islamophobie #femmes #extrême_droite #médias (en réalité #merdias ) #en_vedette #extrême-droite #populisme

  • #Canada : Tintin, Astérix, Lucky Luke... On vous explique la polémique autour des 5 000 #livres détruits par un groupe scolaire catholique
    https://www.francetvinfo.fr/monde/canada/canada-tintin-asterix-lucky-luke-on-vous-explique-la-polemique-autour-d

    L’affaire a fait le tour du monde. Mardi 7 septembre, Radio-Canada a publié une enquête [https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1817537/livres-autochtones-bibliotheques-ecoles-tintin-asterix-ontario-cana dévoilant la destruction de milliers d’ouvrages, bandes dessinées et albums jeunesse, par des écoles catholiques francophones de la province de l’Ontario, au Canada, suscitant de nombreuses réactions un peu partout dans le monde.

    De Tintin à Astérix, en passant par des albums de Lucky Luke, les ouvrages concernés par cette destruction étaient accusés de représenter de manière stéréotypée, voire raciste, les populations autochtones (premiers peuples d’Amérique du Nord et leurs descendants). Mais après des révélations incriminant Suzy Kies, une figure centrale du projet, accusée d’avoir menti sur ses origines, l’opération a finalement été suspendue par ses initiateurs.

    #autodafé #discriminations #stéréotypes #racisme

  • À gauche, les intermittent·e·s de la lutte antiraciste, Olivier LE COUR GRANDMAISON
    https://blogs.mediapart.fr/o-le-cour-grandmaison/blog/070921/gauche-les-intermittent-e-s-de-la-lutte-antiraciste

    Les universités d’été organisées par plusieurs formations de gauche confirment leur commune pusillanimité sur ces sujets majeurs qu’elles traitent en chiens crevés. La majorité de ces organisations se contentent, au mieux, de quelques paragraphes sur leur site Internet et/ou dans leurs publications. Sans grande conséquence puisque les propositions avancées sont rarement défendues publiquement, et moins encore par leurs candidat-e-s déclarés au cours de ces réunions estivales réputées démocratiques, inclusives et citoyennes mais qui fonctionnent en fait sur un principe plébiscitaire plus ou moins prononcé. Les militant-e-s, les sympathisant-e-s et les invité-e-s débattent ; les vaillants dirigeants décident et, pour certains d’entre eux, ont déjà arrêté le programme qu’ils viennent roder en s’adressant d’abord et avant tout aux électeurs dont ils convoitent les suffrages. Pour que ces marathoniens des échéances électorales sortent de leur sommeil dogmatique et antiraciste, il faut des événements particulièrement graves. De là ces interventions intermittentes, toujours éphémères et bien vite reléguées dans les marges de leur campagne.

    L’université des Insoumis et de leur candidat « naturel », Jean-Luc Mélenchon, en atteste. Pour les premiers comme pour le second, le summum de la lutte antiraciste s’incarne encore dans SOS-Racisme et dans son président, Dominique Sopo, convié avec d’autres à discuter du thème : « Créolisation et République métissée. » En ces matières, l’Insoumis en chef et ceux qui le soutiennent font preuve d’une soumission stupéfiante à l’opération de diversion, initiée par le président François Mitterrand et le parti socialiste, au lendemain de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (octobre-décembre 1983). Marginaliser, étouffer puis réduire à néant l’expression autonome de ce mouvement de l’antiracisme politique, tel était l’un des objectifs de SOS-Racisme qui a réussi à imposer un antiracisme toujours plus fraternaliste, mondain, consensuel et, in fine, parfaitement institutionnel pour ces raisons mêmes[8]. Cette association est ainsi devenue le petit bras armé et officiel de nombreux gouvernements et partis soucieux de faire croire qu’ils s’engagent résolument contre le racisme.

    #gauche #racisme

  • Critical Urban Walk – Towards a more egalitarian Basel – depatriarchise design
    https://depatriarchisedesign.com/2020/10/24/critical-urban-walk-towards-a-more-egalitarian-basel

    Critical Urban Walk – Towards a more egalitarian Basel
    with Ornella Galvani

    10–17h

    Participation is free of charge. Please sign up until 21 October 2020 via depatriarchisedesign@gmail.com

    The Garage
    Klingelbergstrasse 11
    4056 Basel

    Public spaces – that surround us – often disadvantage populations that do not fit the able-bodied, young, wealthy white male standard. During this workshop, we will go for an exploratory walk around Basel, using a set of tools to observe, collect data, analyse and critically reflect upon public spaces. Afterwards, we will engage in a collective map-production imagining new spatial futures for a more egalitarian Basel.

    Design of the visual identity: Corin Gisel and Nina Paim (common-interest)
    Typeface: Gabriella Heavy by Fernanda Cozzi

    depatriarchise design !Labs! is generously supported by the Culture Department of Basel-City

    #Basel #balade #espace_public #racisme

  • Rassemblons nous le 19 septembre contre l’antisémitisme

    Rassemblement de protestation le dimanche 19 septembre
    – 15 h 00 – Place de l’Hôtel de Ville – Paris

    Appel du Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes (RAAR) soutenu par Memorial 98

    Nous appelons à diffuser largement l’appel unitaire ci-dessous et à mobiliser pour l’échéance du 19 septembre.

    « La pandémie du Covid a déjà donné lieu à une déferlante antisémite et complotiste. Dès avril 2020, Soral avait ainsi publié une liste de patronymes de médecins et responsables politiques à consonance juive, en la qualifiant de « liste de Schindler »

    On assiste actuellement à une nouvelle vague de cette propagande. Elle prend la forme de l’assimilation de la vaccination et du pass sanitaire à la Shoah.

    Des étoiles jaunes sont brandies par des opposants à la vaccination. On condamne un « pass nazitaire » et on le compare à l’inscription sinistre du portail d’Auschwitz.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/08/rassemblons-nous-le-19-septembre-contre-lantisemitisme

    #racisme #antisemitisme

  • « C’est du travail de Noir » : le #Racisme banalisé de cinq policiers normands devant la justice
    http://www.davduf.net/c-est-du-travail-de-noir-le-racisme-banalise-de

    Lu dans Le Monde | Cinq fonctionnaires, aujourd’hui renvoyés de la #Police nationale, ont comparu vendredi devant le tribunal de police d’Evreux pour « des faits d’injures publiques à caractère raciste » tenues dans un groupe WhatsApp. Devant le tribunal d’Evreux, tous n’ont pas retiré leurs propos. Entre 150 euros et 1 000 euros d’amendes ont été requis par l’accusation, en fonction du niveau d’implication des prévenus. Jugement le 5 novembre. « Dans la police, on baigne dans un racisme ambiant » Gilles (...) Revue de presse, du web & veille en tous genres

    / Racisme, Police

    #Revue_de_presse,du_web&_veille_en_tous_genres

  • Au procès des policiers de Rouen : « On baigne dans un #racisme ambiant » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040921/au-proces-des-policiers-de-rouen-baigne-dans-un-racisme-ambiant

    Cinq policiers étaient convoqués vendredi devant le tribunal de police d’Évreux pour avoir posté des centaines de messages racistes et sexistes contre leurs collègues sur une boucle WhatsApp. L’occasion pour certains d’évoquer la banalisation du racisme au sein de l’institution.

    Évreux (Eure).– « Insoutenables », « insupportables », « immondes »... Le procureur, la partie civile et les victimes n’avaient pas assez de mots vendredi pour qualifier les propos énoncés pendant l’audience qui s’est tenue vendredi.

    En décembre 2020, Alex, un policier noir de 43 ans, dénonçait ses collègues après avoir découvert qu’ils échangeaient des messages racistes, antisémites, sexistes et homophobes dans un groupe WhatsApp privé. En juin 2020, Mediapart et Arte Radio révélaient que cinq mois plus tard, ils étaient toujours en poste.

    Trois policiers, un élève gardien de la paix et un adjoint de sécurité (ADS), alors en poste à l’unité d’assistance administrative et judiciaire (UAAJ) de Rouen – un service qui sécurise la préfecture et le tribunal –, étaient convoqués lors d’une audience qui aura duré six heures. L’affaire ayant été dépaysée, ils avaient rendez-vous devant le tribunal de police d’Évreux.

    Comment ces policiers, tous révoqués ou licenciés depuis, allaient-ils justifier ces messages postés dans un groupe WhatsApp privé entre octobre et décembre 2019 ? Auraient-ils le même aplomb que dans leurs nombreux vocaux postés parmi 9 000 contenus ? Comment allaient-ils détailler leur vision de la société, qui veut notamment que les Noirs soient des « nègres », les Arabes , « des bougnoules », les femmes, « des putes », les juifs, des « fils de pute » qui « dirigent le pays » en compagnie des « gauchistes », ou les homosexuels, des « pédés » ?

    Le parquet a toutefois mis de côté des dizaines d’autres propos pour ne retenir que les messages visant des personnes précises : leurs collègues Victoria, Alex et Mamadou, tous présents à l’audience.

    Le tribunal n’a donc pas eu à débattre du fait que dans ces échanges, certains utilisaient le lexique nazi ou se disaient armés pour mettre une « balle dans la tête » à tous les « fils de pute de la gauche » et au journaliste Jean-Michel Aphatie, « un gros fils de pute qu’il va falloir abattre ».
    Le chef de groupe, un « idéologue » au racisme assumé

    À la barre, plusieurs profils se dégagent. Il y a Xavier L., 45 ans, trois enfants et divorcé depuis que l’affaire a éclaté. On lui reproche de n’avoir pas dénoncé les messages de ce groupe et d’avoir dit à propos de ses deux collègues Alex et Mamadou : « C’est du travail de Noir » et « Avec un blanc, c’est tout autre chose ».

    Devant la présidente du tribunal de police, il fait profil bas, pleure parfois et jure qu’il regrette tout. Son avocat minimise son implication et rappelle qu’il n’a écrit que deux phrases sur les milliers de la discussion privée en cause, qui comptait onze membres.

    À côté de lui, Guewen M., 21 ans, poursuivi pour avoir enchaîné les propos racistes visant son collègue. « Vivement midi que je ne voie plus sa gueule de nègre qui fout rien », « Pas compliqué de faire mieux qu’un nègre », « C’est véridique que les Blancs font un travail de meilleure qualité que les Noirs […] avec leur bouche à sucer des bites », récite la présidente.

    Lors de son audition, Guewen trouvait qu’il n’y avait « rien de méchant » et qu’il ne pouvait pas être raciste puisqu’il avait de la famille sénégalaise. Le ton change ce vendredi. « Dans ma vie à ce moment-là, j’avais 19 ans, je n’étais pas encore mature et je devais intégrer mon groupe », explique-t-il. « Lorsque tout ça a été révélé, je me suis senti dégoûté de moi-même », ajoute-t-il, précisant s’être excusé auprès d’Alex et n’avoir aucune idéologie raciste.

    Thibault D., 38 ans, est poursuivi pour avoir lâché : « Déjà tu supprimes l’alcool, le foot et les Noirs, ça résout beaucoup de problèmes. » À propos d’une collègue, il avait aussi écrit : « Ça ne m’étonne pas, elle a grandi à Pablo-Neruda, c’est une PAN [pute à nègres – ndlr]. »

    Si, en audition, il a admis avoir tenu ces propos et avoir mal « mal formulé » sa pensée, il change cette fois-ci de défense. « Je ne savais pas ce que voulait dire PAN », a-t-il répété à plusieurs reprises. « Pour moi, PAN, ça voulait dire bimbo des clips de rap, il n’y avait pas de connotation raciste », essaie-t-il, sans vraiment convaincre ni le procureur ni la présidente.

    « J’ai honte à l’égard de la communauté noire et aussi pour l’image de la police », finit-il par lâcher lorsque la magistrate insiste pour sonder ses regrets. Il parle lui aussi de la nécessité de s’intégrer au groupe, encore plus pour une personne « autiste Asperger » comme lui.

    La présidente lit également le courrier qu’a envoyé Camille G., 23 ans. L’ex-policier explique avoir refusé de se présenter à l’audience « à cause du harcèlement médiatique et des menaces » qu’il subirait. Les accusations le visant sont pourtant nombreuses. « Fils de pute de singes », « nègres », « pute à nègre », « il va vraiment falloir exterminer les bougnoules », a-t-il notamment écrit entre autres nombreux messages racistes.

    « Les propos tenus relèvent de l’humour ou de l’autodérision. C’était du second degré, se défend-il dans son courrier. Certains propos ont été manipulés par le plaignant ou les médias. Ils ne connaissaient pas le contexte », ajoute-t-il, avant de préciser avoir été « influencé » par le responsable du groupe, Gilles C.

    Ma vision de la société, c’est qu’il y a certaines communautés, pas forcément ethniques, qui ne m’aiment pas pour ce que je suis. J’applique une réciprocité

    Gilles C., un des policiers mis en cause

    Ce dernier, justement, 45 ans et plusieurs années de métier, dont cinq en Seine-Saint-Denis, était le plus actif de la bande. Celui que ses collègues appelaient « l’historien », quand le procureur préfère parler « d’idéologue ». C’est lui qui a laissé le plus de propos immondes dans le groupe de discussion. Il a notamment parlé de « pute à bougnoules » à propos de la mère d’une collègue et tenu de nombreux propos antisémites évoquant un « enculé de juif » ou une « salope de petit juif », par exemple.

    Ce policier, « dégouté de la police », avait aussi pu disserter sur ses objectifs : « Là où nous, les nationalistes racialistes, on doit être assez malins, c’est laisser le combat intersectionnel les obliger à s’exterminer entre eux. Ils vont déjà se séparer entre pro-Arabes et pro-Juifs, se bouffer la gueule, par exemple Mélenchon est très pro-Arabe. Y a les féministes, tu sais pas sur quelle fesse elles dansent, ces grosses putes. Les pédés LGBT tout ça, machin-bidule, c’est pareil, les musulmans vont s’en charger. Quand les féministes, les LGBT, les juifs, les bougnoules, les nègres qui sont pas musulmans vont commencer à se bouffer la gueule entre eux, tu manges ton popcorn, tu regardes la télé, tu aiguises tes armes et quand ils se sont bien affaiblis, tu achèves les bêtes. »

    Interrogé par la présidente, il ne trouve rien à redire, se pose en victime et délivre ce qu’il pense être « sa théorie ». Fan du courant survivaliste, l’ex-policier, et dont les armes personnelles déclarées avaient été saisies en juin chez lui, se dit victime « du racisme anti-Blancs » et « du politiquement correct ».

    Il explique avoir créé cette discussion après avoir été banni de Facebook et dénonce à la barre la censure de Démocratie participative, site raciste et antisémite attribué à Boris Le Lay, un néonazi français en fuite au Japon après plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale.

    « Ma vision de la société, c’est qu’il y a certaines communautés, pas forcément ethniques, qui ne m’aiment pas pour ce que je suis. J’applique une réciprocité », avance-t-il au tribunal.

    « Je suis ce que les gauchistes appellent un mâle blanc hétérosexuel cisgenre. Et je n’ai pas le droit de me plaindre », poursuit-il, avant d’ajouter : « À partir du moment où on crée une société multiraciale, on crée une société multi-raciste. Je pense vraiment que la République française va finir comme la Yougoslavie. »

    La présidente du tribunal s’agace après l’avoir laissé expliquer que l’expression « pute à kebab » était drôle ou que le terme « bougnoulisé » était une simple et banale « expression dans la police ». « J’essaie d’expliquer qu’il y a un lexique dans la police », insiste-t-il, avant que son avocate ne lui intime l’ordre de se taire.
    « Tout le monde savait, même la hiérarchie »

    Une puissante contradiction planait toute la journée sur ce procès. Malgré les centaines de propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes tenus, les prévenus n’encourent que 1 500 euros d’amende. « Une situation atypique », reconnaît le procureur.

    Le groupe WhatsApp étant privé, ils ne pouvaient être poursuivis que devant le tribunal de police pour injures non publiques. Lors de sa plaidoirie, Me Yaël Godefroy, avocate d’Alex, a donc rappelé qu’elle n’était pas ici pour attendre une véritable sanction, « mais au moins qu’on puisse amorcer un débat sur le racisme et le racisme dans la police ».

    Lorsque l’affaire avait été révélée, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, avait pris la parole dans Le Parisien pour nier tout racisme systémique. « La police en France n’est pas raciste, ce serait en contradiction avec tous les messages et valeurs qu’on porte. La police aujourd’hui, elle est black-blanc-beur. »

    À l’audience, le procureur lui aussi a tenu à ne surtout pas faire « le procès de la police ».

    Au fur et à mesure du temps dans la police, peut-être qu’on devient raciste en baignant dans le racisme.

    Xavier, l’un des policiers mis en cause

    Et pourtant. Cette affaire met en effet en lumière les dessous de l’impunité, celle qui permet une véritable banalisation du racisme dans l’institution. Les prévenus eux-mêmes n’ont cessé de prouver par leurs déclarations à quel point celui-ci pouvait être toléré. « Quand il y a eu cette affaire, tout le monde savait, même la hiérarchie savait qu’il y avait du racisme », explique Thibault D. au tribunal.

    Et Xavier d’enchaîner : « Je ne sais pas pourquoi on est arrivés à ce genre de propos dans cette messagerie. Peut-être qu’on baigne dans un racisme ambiant. Au fur et à mesure du temps dans la police, peut-être qu’on le devient en baignant dans le racisme. » Invité à témoigner, Alex, la victime, confirme : « Dans le service, tout le monde savait que Gilles, c’était un facho. »

    Lors de sa plaidoirie, Me Godefroy a aussi raconté dans le détail comment l’institution judiciaire avait tardé à réagir. L’avocate avait en effet été alertée en décembre 2019 des propos tenus par les prévenus. Elle avait notamment pris connaissance de ceux postés par Camille, alors chargé d’assurer la sécurité de certains procès d’assises à Rouen.

    « Les procès des assises, c’est tellement de la merde. Une famille de nègres, voilà, super. On paye pour ce procès de nègres », disait-il notamment. « J’ai immédiatement vu le président de la cour d’assises, qui a prévenu le procureur général. J’ai aussi alerté le procureur de la République le 24 décembre 2019 », explique alors l’avocate à la présidente.

    « Je pensais que le 26, ces policiers ne seraient plus dans les geôles, plus en contact du public, plus au tribunal », poursuit-elle. En vain. De retour de congés en janvier, Me Godefroy constate que c’est son client, lanceur d’alerte, qui a été « muté contre son gré ».

    Les policiers, dont personne n’ignorait plus les saillies racistes, étaient alors toujours en poste. « C’est pour cela qu’on a médiatisé ce dossier. C’était la seule solution pour qu’ils bougent du palais de justice », regrette-t-elle. Et pour que le ministre de l’intérieur de l’époque, Christophe Castaner, réagisse enfin. Il avait d’ailleurs regretté publiquement « de ne pas avoir expressément demandé la suspension immédiate » de tous ces agents.
    Une victime devenue « traître »

    Devant le tribunal, Alex rappelle ses 21 ans de métier et évoque une certaine omerta s’agissant du racisme dans la police. « On ne se rend pas compte de l’ambiance qui peut régner au sein de la police nationale. L’état d’esprit qui se dégage », lance-t-il, avant de révéler subir encore des pressions : « Je n’ai pas eu le choix que de dénoncer tout ça. Mais dans mon nouveau boulot aujourd’hui, on m’a fait comprendre que je devais faire attention à moi. Je dois être bien carré car on m’attend au tournant. »

    « Il a été traité par la suite comme un traître. On lui a dit qu’il était une pleureuse », regrette son avocate, qui voit malgré tout cette audience comme « un aboutissement pour Alex ». « Je veux pouvoir lui dire qu’on n’a pas fait tout ça pour rien. »

    Le procureur, qui n’a pas retenu la « provocation à la haine raciale », a requis une amende de 1 000 euros pour Gilles C., et Camille G. Mille euros, dont 500 assortis du sursis pour Guewen M., 450 euros pour Thibault D. et 150 euros pour Xavier L. Parties civiles, SOS Racisme et le Mrap ont quant à eux demandé chacun un euro symbolique. Le tribunal rendra sa décision le 5 novembre prochain.

    Si tous les prévenus ont insisté sur les dégâts causés dans leur vie par la révélation de cette affaire, ils ont tous de nouveaux projets depuis qu’ils ont quitté la police. Guewen M., par exemple, qui avait échappé à une sanction disciplinaire, est désormais militaire. Il veut cette fois-ci « défendre les valeurs de l’armée ».

    #police #sexisme #homophobie #antisémitisme

  • Un algorithme de Facebook confond des personnes noires avec des singes
    https://www.rtbf.be/info/medias/detail_un-algorithme-de-facebook-confond-des-personnes-noires-avec-des-singes?i

    Un algorithme de recommandation de Facebook a demandé à des utilisateurs s’ils souhaitaient voir d’autres "vidéos sur les primates" sous une vidéo d’un tabloïd britannique montrant des personnes noires, a révélé le New York Times vendredi. https://www.nytimes.com/2021/09/03/technology/facebook-ai-race-primates.html

    La vidéo du Daily Mail, vieille de plus d’un an, est intitulée "un homme blanc appelle les flics contre des hommes noirs à la marina". Elle ne montre que des personnes, pas de singes.


    Facebook apologized on Friday for mislabeling and said it was looking into its recommendation feature to “prevent this from happening again.”Credit...Jim Wilson/The New York Times

    En dessous, la question "voir plus de vidéos sur les primates ?" avec les options "Oui / Rejeter" s’est affichée sur l’écran de certains utilisateurs, d’après une capture d’écran diffusée sur Twitter par Darci Groves, une ancienne designer du géant des réseaux sociaux.

    "C’est scandaleux", a-t-elle commenté, appelant ses ex-collègues de Facebook à faire remonter l’affaire.

    "C’est clairement une erreur inacceptable", a réagi une porte-parole de Facebook, sollicitée par l’AFP. "Nous présentons nos excuses à quiconque a vu ces recommandations insultantes."

    #Facebook #intelligence_artificielle #racisme

  • La vérité pour Toufik : silence préfectoral
    https://labrique.net/index.php/41-racisme/1224-verite-pour-toufik

    Fin août 2020, on apprend par voie de presse la mort d’un jeune Algérien de 23 ans pendant sa garde-à-vue qui a lieu du 22 au 23 août 2020. Il s’appelait Toufik, n’avait pas de papiers ni de logement fixe. Il passait son temps à Wazemmes depuis l’été précédent. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est saisie et le parquet communique déjà, rejetant toute cause « traumatique ou suspecte ». La Voix du Nord titre que toute violence policière est exclue. Des rumeurs de rue, elles, ne laissent pas la police aussi blanche. L’IGPN ouvre une enquête, plusieurs collectifs militants lillois aussi. Enquête aux côtés du C.R.I.M.E (Collectif contre la répression des individus et mouvements d’émancipation) et du CSP59 (Comité des sans (...)

    #En_vedette #Racisme

  • Les prénoms de la laïcité, ou comment cacher l’islamophobie – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/10028

    Comme tout énoncé raciste, les images de la campagne s’appuient sur une forte dimension implicite. Derrière l’apparence d’un melting-pot souriant, que l’on pourrait lire comme un éloge de la diversité d’inspiration antiraciste, le mot-clé « laïcité » donne le mode d’emploi de l’organisation des signes. « Le sous-texte, c’est que la laïcité est faite pour corriger les défauts des élèves de culture et de confession musulmanes » explique Jean-Louis Bianco, ancien président de l’Observatoire de la laïcité, supprimé par le gouvernement pour sa fidélité à l’esprit de 1905. Un siècle plus tard, la laïcité suprémaciste suggère en effet d’interpréter les affiches en cherchant les marques d’une opposition basée sur l’appartenance ethno-culturelle.

    • La sociologie survole la situation, et oublie les chiffres.
      En effet, en France les immigré·es du Maghreb donnent des prénoms de chez eux (c’est leur droit absolu), et sont, majoritairement musulmans.
      La laïcité parlant exclusivement de la religion, il est normal que l’égalité ne soit pas évoquée.
      Ni celle femme-homme, ni les autres.
      Elle est sous-entendue, puisqu’on y voit des femmes en situation égale avec d’autres.
      Allez y voir de l’"islamophobie" (terme inventé par les religieux musulmans islamistes, extrêmes, pour récupérer un terme similaire à homophobie, pour se poser en victime) c’est encore et toujours pleurnicher pour de pauvres victimes qui, depuis trois générations, se sont intégrées, pour ceux qui le voulaient, il n’y a qu’à voir ces prénoms, et noms partout dans la société, et c’est tant mieux.
      Il n’y a qu’à parler avec eux de leur ennuis à se voir stigmatiser, alors qu’ils ne veulent rien, rien d’autre que de poursuivre leur chemin.
      Se faire le relais de ceux qui pleurnichent, et ne font rien en fin de compte, et surtout pas aider ceux qui sont dans la merde, c’est fatigant, très fatigant, pour les autres.

    • Ça a déjà été référencé 8 fois sur seenthis ; mais quand ça veut pas, ça veut pas.

      « Islamophobie », un mot, un mal plus que centenaires
      https://orientxxi.info/magazine/islamophobie-un-mot-un-mal-plus-que-centenaires,1155

      La première utilisation du mot retrouvée date de 1910. Elle figure sous la plume d’un certain Alain Quellien, aujourd’hui oublié. Il proposait une définition d’une surprenante modernité :

      L’islamophobie : il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l’islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne. Pour d’aucuns, le musulman est l’ennemi naturel et irréconciliable du chrétien et de l’Européen, l’islamisme2 est la négation de la civilisation, et la barbarie, la mauvaise foi et la cruauté sont tout ce qu’on peut attendre de mieux des mahométans.

      La politique musulmane dans l’Afrique occidentale française, Paris, Émile Larose.

  • Réflexions théoriques et pratiques sur le racisme et l’antiracisme

    En introduction, les auteurs et autrices indiquent que le fascicule « vise à fournir d’une part un état des lieux des débats de société et d’autre part, à montrer et à expliquer les actions, les prises de position et les mobilisations de l’association. Il n’est pas un manuel – ni d’histoire, ni d’autres disciplines – même s’il mobilise un certain nombre de connaissances interdisciplinaires. Il est une démarche : celle de prendre un peu de recul pour problématiser des questions, proposer des arguments, des éclairages et non seulement mieux porter le combat antiraciste de la LDH, mais surtout le penser ensemble. C’est pourquoi ce travail est collectif et il n’est pas l’œuvre de spécialistes mais une production de militantes et militants qui ont voulu questionner ensemble ».

    Note sur : Ligue des droits de l’Homme : Guide. Lutter contre le racisme
    Débats, enjeux et controverses d’aujourd’hui

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/02/reflexions-theoriques-et-pratiques-sur-le-racisme-et-la

    #racisme #antiracisme

  • Rocky Mountain peak officially given traditional #Stoney_Nakoda name, erasing racist label

    Peak near #Canmore will now be known as #Anû_Kathâ_Îpa (#Bald_Eagle_Peak)

    A prominent mountain peak in #Alberta's Rocky Mountains has officially been given the name it was called by Indigenous people for generations.

    The feature, located near the summit of Mount Charles Stewart, has had a racist and sexist nickname since the 1920s.

    The formation, visible from the mountain town of Canmore, will now be known by its original #Stoney_Nakoda name, Anû Kathâ Îpa, or Bald Eagle Peak.

    Chief Aaron Young of Chiniki First Nation said his daughter voiced anger at the mountain’s “shameful and derogatory” name for years.

    “Today, we will certainly honour our women.… It is on behalf of them that I stand here today with our council and elders to give thanks to our creator for guiding us in the naming of Bald Eagle Peak, Anû Kathâ Îpa,” Young said on Monday, standing in front of the peak.

    “A racist and sexist term has finally been cast aside. The Stoney people are grateful.”

    Young said the peak’s traditional name comes from the mountain’s location along eagle migratory routes. He said it was traditionally a location where locals would collect feathers.

    The peak was renamed during a ceremony with Stoney Nakoda elders last year, but Monday’s announcement marked the official change — meaning the landmark will be updated on provincial and federal place-name databases and maps.

    The landmark was previously known as S---w’s T-t. The first word, which comes from the Algonquin language, once simply meant woman but has since evolved into a term used to disparage Indigenous women.

    The province is also working toward renaming another offensively nicknamed mountain in #Banff_National_Park. Provincial officials said the government is working together with Parks Canada and Indigenous communities to identify a new name.

    “Sadly, sometimes the common names given to places are inappropriate and offensive, even an embarrassment to use,” said Alberta Culture Minister Ron Orr. “We’re correcting the official record for two of those places.”

    https://www.cbc.ca/news/canada/calgary/bald-eagle-peak-renamed-1.6150616
    #Canada #toponymie #toponymie_politique #montagne #racisme #peuples_autochtones #Mount_Charles_Stewart #Charles_Stewart #femmes #toponoymie_féministe #sexisme

    ping @cede

  • « Le “sifflet à chiens” ou la rhétorique du racisme ordinaire », Pauline Grosjean, prof d’éco à l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud, à Sydney (Australie).

    Lors d’un déplacement dans les Hauts-de-France, le 9 avril, pour soutenir le candidat de son parti aux élections régionales, la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a qualifié le candidat Les Républicains, Xavier Bertrand, de « mondialiste ». D’après le dictionnaire du Petit Robert, « mondialiste » signifie « politique économique et sociale visant une perspective mondiale ». Cela peut paraître étrange dans le contexte d’élections régionales. Mais ne nous y trompons pas, la façon dont ce mot résonne aux oreilles de certains est bien différente. L’usage d’un vocabulaire qui paraît innocent mais qui active les stéréotypes négatifs et généralement racistes de certains segments de la société est un phénomène que les chercheurs en sciences politiques appellent « dog whistles », que l’on peut traduire littéralement par « sifflets à chiens ».

    Bien sûr, Marine Le Pen n’est pas la seule à siffler les chiens. On peut ainsi s’interroger sur la véritable signification de la question apparemment rhétorique « Mais qui ? » brandie lors des manifestations contre le passe sanitaire, ou encore sur la résonance des références d’Emmanuel Macron aux « problèmes civilisationnels de l’Afrique » le 8 juillet 2017 lors du G20 de Hambourg.

    Un effet pas anodin

    Mais l’usage politique des sifflets à chiens peut avoir des effets dévastateurs. Lors de sa première campagne présidentielle, bien que Donald Trump se soit livré à un discours explicitement xénophobe contre les immigrants (Mexicains et musulmans en particulier), il n’a jamais tenu un discours ouvertement raciste contre la population noire.

    Pourtant, l’analyse statistique de près de 12 millions de contrôles routiers par la police dans 142 comtés où Donald Trump a tenu un meeting pendant la campagne électorale de 2016 montre une augmentation de 5,1 % en moyenne du nombre de contrôles routiers de conducteurs noirs par la police (« Whistle the Racist Dogs : Political Campaigns and Police Stops », Pauline Grosjean, Federico Masera et Hasin Yousaf, 17 octobre 2020, _UNSW Business School Research Paper).

    Cet effet se matérialise dès le lendemain du meeting et dure pendant près de deux mois. Au total, la première campagne présidentielle de Donald Trump est estimée avoir été responsable de plus de 15 000 contrôles supplémentaires de conducteurs noirs, ces contrôles ne tenant en rien à des justifications objectives d’intervention de la police – collision, excès de vitesse, absence de ceinture ou plaques d’immatriculation défectueuses. Etant donné qu’un quart des homicides commis par la police ont lieu après un contrôle routier qui dégénère, cet effet n’est pas anodin.

    Semblant de décence

    En revanche, on n’observe aucun effet sur les conducteurs latinos (ni asiatiques, ni blancs d’ailleurs) alors que, répétons-le, Donald Trump attaquait directement dans ses meetings les Latinos et non les Noirs. Tel est l’effet des « sifflets à chiens » : l’évocation de dangers active les stéréotypes racistes des policiers, qui se mettent à arrêter plus de conducteurs contre lesquels ils ont ces stéréotypes, les Noirs. Cet effet est d’ailleurs beaucoup plus prononcé dans les comtés où l’esclavage était plus présent et où il y a eu historiquement le plus de lynchages. Un échantillon représentatif d’individus lisant l’extrait d’un discours de Trump où il affirme que « le Mexique envoie des criminels et des violeurs » sont plus susceptibles de déclarer que « les Noirs sont violents », mais cela n’a aucun effet sur le racisme contre les Latinos !

    Les « sifflets à chiens » permettent aux politiciens de maintenir un semblant de décence, de ne pas se mettre à dos une partie de l’électorat qui serait outrée d’un message explicitement raciste, ou de ne pas contrevenir aux lois qui régissent la liberté d’expression, mais ils ont la même efficacité qu’un message ouvertement raciste. Ils permettent aux partis et aux leaders politiques de nier toute position raciste tout en ralliant et encourageant leur électorat le plus intolérant.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/01/le-sifflet-a-chiens-ou-la-rhetorique-du-racisme-ordinaire_6092964_3232.html

    #racisme

  • Didier Raoult à la retraite des Hôpitaux de Marseille
    https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/didier-raoult-mis-a-la-retraite-des-hopitaux-de-marseille-1630342819

    Ce 31 août au soir, Didier Raoult, 69 ans, ne fera plus partie d’Aix-Marseille Université et des Hôpitaux universitaires de Marseille. Retraite. Sa demande de vacations a été rejetée. Ses défenseurs crient à l’injustice.

    https://www.leparisien.fr/resizer/vOCs14wLmGNU_gIFMkBbzoDq6TE=/932x582/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/553ZIG5WSBDW5HNQ2FN4TOENLY.jpg
    Didier Raoult, en août 2020 lors d’une conférence de presse. AFP/Christophe Simon

    Ce mardi est le dernier jour de Didier Raoult au sein de l’AP-HM (assistance publique des hôpitaux de Marseille). Né le 13 mars 1952, le célèbre microbiologiste arrive à 69 ans à l’âge fatidique de la retraite. La nouvelle direction de l’AP-HM http://fr.ap-hm.fr n’a pas souhaité le prolonger. Demain, mercredi 1er septembre, il ne sera plus professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) au sein d’Aix-Marseille Université et des hôpitaux universitaires de Marseille. Il n’est donc plus chef de service. Il n’enseigne plus. Dans ces deux institutions. 

    La direction générale nommée le 6 juin a refusé sa demande de vacations supplémentaires : deux demi-journées par semaine. Le nouveau directeur général de l’AP-HM, ex-numéro 2 des Hôpitaux de Paris, François Crémieux, ne s’en cache pas : « Il faut tourner la page Raoult ». Déclaration du 18 août dernier dans le journal « Le Monde ».

    Raoult pas soutenu par la commission médicale d’établissement
    Jean-Luc Jouve est sur la même longueur d’onde. Le président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HM, au micro de France Bleu Provence, se refuse à toute polémique, tout en ne faisant aucun cadeau. « Il demandait deux demi-journées de vacation par semaine. On ne pouvait pas en attendre un grand travail. On va dire qu’il a réussi sa succession car il est entouré d’une équipe brillante avec qui nous travaillons déjà ». Accusé par la vox populi de vouloir faire taire l’encombrant professeur médiatique, Jean-Luc Jouve se défend : « On est en démocratie. Il pourra toujours continuer à s’exprimer ». 

    Mais il est clair et net que la dernière sortie du professeur sur la vaccination, « protection modeste sur les variants » d’après lui, a scellé son sort. Jean-Luc Jouve : « Émettre des doutes sur l’efficacité de la santé publique, c’est inacceptable. C’est un mauvais message à faire passer. Quand on voit le très faible taux de vaccination dans les quartiers les plus indigents de Marseille, quelque part, l’IHU a sa part de responsabilité compte tenu de son aura. »

    Didier Raoult à la retraite reste directeur de l’IHU Méditerranée Infection, une fondation de coopération scientifique dont le conseil d’administration se réunit à l’automne. Et parmi ses membres fondateurs, l’AP-HM ne cache pas son désir d’évincer Didier Raoult. Seul ce conseil d’administration peut le révoquer. Mais l’AP-HM n’a qu’une seule des 18 voix. 

    Situé sur le site de la Timone, cet IHU s’étend sur 27.000 mètres carrés, dont 5.000 sont destinés aux soins du pôle maladies infectieuses et tropicales avec près de 75 lits d’hospitalisation complète depuis 2016 et 25 lits d’hôpital de jour. Philippe Parola dirige lui une unité de recherche soutenue par l’IHU, il est un proche du professeur Raoult, et il tient à souligner : « Didier reste directeur de l’IHU. Il sera à nos côtés ». 

    Pour les inconditionnels du professeur, cette page tournée par la retraite victimise un peu plus le Marseillais. Aux abords du fief du chercheur - l’IHU Méditerranée - collé à l’hôpital de la Timone, on se rend compte assez vite que l’iconoclaste est devenue une icône. « Il gêne, on le fout dehors. Quand vous voyez ces sénateurs et ces députés de 80 ans qui dorment à l’Assemblée... » 
    Défendre Raoult, c’est tirer sur les élites parisiennes. Et ça soulage les Marseillais. Frédéric, comptable, reçoit tous les jours sur son smartphone les vidéos de Didier Raoult. « Je le trouve crédible parce qu’il nous a ouvert sur beaucoup de choses. Ceux que je ne supporte pas, ce sont ces médecins qui font en sorte de n’être compris que par eux-mêmes. Ici à Marseille, vous ne trouverez personne qui dit que Didier Raoult a fait du mal. Il est probable qu’il y ait beaucoup de gens qui n’aiment pas être contredits dans les hautes sphères. » On a quand même trouvé quelqu’un qui en dit du mal. Sarah, préparatrice en pharmacie : « La retraite, ça lui donnera le temps de relire ses études ! Marseille le vénère, pas moi. Quelqu’un qui expose ses études sur Youtube, c’est de la poudre de perlimpinpin ». 

    L’infectiologue à la retraite ne se mettra pas en retrait pour autant. La copine de Sarah n’a aucun doute : « Il fera toujours parler de lui quoi qu’il arrive. Je trouve qu’il ne part pas vraiment à la retraite. » . . . .

    #Résistance #coronavirus #en_vedette #covid-19 #raoult #didier_raoult #santé #santé_publique #science #masques #covid19 #confinement #pandémie