• « Nos corps ne sont pas vos frontières »
    https://migreurop.org/article3611.html

    Du 3 au 9 août 2026, plusieurs membres du réseau Migreurop se sont rassemblé·es avec plus de 70 organisations au sein du “Village Migration” à Cotonou (Bénin), dans le cadre du Forum Social Mondial 2026. Des riches échanges lors de cette rencontre transnationale est né ce manifeste pour la #Liberté_de_circulation, initié et rédigé par des survivant·es des routes migratoires mortelles et travaillé collectivement. "Parce qu’on ne peut pas vraiment se considérer comme des survivant·es si on (…) #Actions_collectives

    / #Racisme, Liberté de circulation, #Business_migratoire, #Militarisation_des_frontières, #Frontex, #Externalisation, #Union_Européenne, #Union_Africaine

    https://migreurop.org/IMG/pdf/nos_corps_ne_sont_pas_vos_frontie_res_-_le_manifeste_de_cotonou_pour_la_l
    https://migreurop.org/IMG/pdf/our_bodies_are_not_your_borders_-_the_cotonou_manifesto_for_freedom_of_mo

  • « Our Bodies Are Not Your Borders »
    https://migreurop.org/article3612.html

    From August 3 to 9, 2026, several members of the Migreurop network gathered with more than 70 organizations at the “Migration Village” in Cotonou, Benin, as part of the 2026 World Social Forum. This manifesto for #Freedom_of_movement, initiated and drafted by survivors of deadly migration routes and developed collectively, emerged from the rich exchanges that took place during this transnational gathering. "For we cannot fully call ourselves survivors without confronting the very systems (…) #Collective_actions

    / #Racisme, Freedom of movement, #Migration_business, #Militarisation_of_borders, #Frontex, #Externalisation, #Union_Européenne, #Union_Africaine

    https://migreurop.org/IMG/pdf/our_bodies_are_not_your_borders_-_the_cotonou_manifesto_for_freedom_of_mo
    https://migreurop.org/IMG/pdf/nos_corps_ne_sont_pas_vos_frontie_res_-_le_manifeste_de_cotonou_pour_la_l

  • Communiqué de CLARA : Le racisme anti-Tsiganes, arme électorale de Gabriel Attal

    Gabriel Attal, candidat à la présidentielle, lance sa campagne par une attaque contre les Gens du Voyage, reprenant des stéréotypes éculés (fichage, criminalisation collective) et normalisant l’extrême droite. Ses propositions rappellent celles du RN :

    – Registre national des convois (dès 20 caravanes), évoquant les carnets anthropométriques de 1912.
    – Expulsions accélérées sans alternative, alors que 80 % des aires d’accueil prescrites par la loi Besson (2000) n’existent pas (rapport sénatorial 2024).
    – Saisie des véhicules, déjà prévue par le Code pénal (art. 311-1), privant les familles de leur domicile.

    Attal aggrave la crise du logement des Voyageurs·ses : sa politique fabrique de l’illégalité, comme le souligne William Acker (Mediapart, 4 août 2026).

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/04/03/projet-de-loi-contre-les-gens-du-voyage-la-republique-a-lepreuve/#comment-75388
    #racisme

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • « Trop noire pour être bretonne » : cette crépière dénonce le #Racisme
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/trop-noire-pour-etre-bretonne-cette-crepiere-denonce-le-racisme-cm6N9Ui9Sh

    Dimanche 19 juillet dernier, 300 personnes se sont réunies à Gomené dans les Côtes d’Armor, pour soutenir Joëlle Dambo, artisane crêpière et propriétaire de la crêperie des légendes.

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

    ***

    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

    • Ceuta ou la consécration des politiques migratoires racistes et sécuritaires

      Contrairement aux discours qui ont majoritairement circulé dans les médias ces dernières semaines, les événements survenus à Ceuta à partir du 30 juillet 2026 ne doivent pas être considérés comme une « crise migratoire » exceptionnelle, mais plutôt comme la conséquence prévisible d’un modèle de « gestion » des mouvements migratoires fondé sur la dissuasion, l’externalisation des frontières, la normalisation progressive de la #violence, et l’instrumentalisation des questions migratoires. La militarisation des frontières, la cruauté envers les personnes en migration, la violation du droit international, et l’#impunité institutionnelle organisée sont autant d’éléments qui démontrent chaque jour l’impasse des politiques et stratégies migratoires actuelles.

      Entre le 30 et le 31 juillet, entre 40 000 personnes [1] (selon le Maroc) et 70 000 [2] (selon l’Espagne) auraient franchi depuis le Maroc, principalement par la mer, la frontière de Ceuta - résidu colonial européen sous contrôle espagnol situé sur le territoire marocain -, arrachant ainsi leur liberté de circulation. Entre 83 personnes (chiffre officiel) et 141 (chiffre des associations) seraient décédées ce faisant, et presque la majorité des personnes arrivées ont été renvoyées au Maroc en 48h, en violation du droit international (principe de non-refoulement), du droit européen (Pacte européen asile et migration), et de la législation espagnole (arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026).

      La fabrique de la « crise migratoire », stratégie récurrente des politiques européennes
      Face à ce qui a été présenté comme une énième « crise migratoire », il convient de relativiser les chiffres. Les chiffres annoncés des arrivées dans l’enclave semblent conséquents au regard du confetti de 20 km2 (85 000 habitants) que constitue l’enclave de Ceuta. Mais ils sont en réalité dérisoires au regard de la population des 27 États membres de l’UE, qui compte plus de 450 millions d’habitant·es. Il y a en l’espèce un effet de zoom, amplifié dans ce cas précis par le fait que Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre le Maroc et l’Espagne (l’autre étant Melilla), se trouve sur le continent africain et ne fasse pas partie de l’espace Schengen.
      A chaque fois que l’Europe a connu des épisodes d’arrivées importantes sur des territoires insulaires ou enclavés, a été utilisée la rhétorique de la « crise migratoire ». Cette formule permet de rejeter la responsabilité sur les personnes migrantes et de détourner l’attention des enjeux politiques et du système imposé par les anciennes puissances coloniales. Ce procédé a été utilisé régulièrement, à Lampedusa (Italie) en 2011 pendant les révolutions arabes et en 2023 lorsqu’entre 6000 et 13 000 personnes sont arrivées en quelques jours sur l’île, à Ceuta en 2021 lorsqu’environ 10 000 personnes sont entrées en deux jours dans l’enclave après un relâchement du contrôle frontalier marocain, ou encore à Melilla en 2005 ou 2022 lors de tentatives de franchissement de la barrière-frontière.
      Lors de tous ces précédents, les personnes en quête de protection ou d’opportunités – et contraintes d’emprunter des voies alternatives en raison de la fermeture des frontières et des régimes de visa imposés - ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre, avant d’être sommairement renvoyées, en violation de leurs droits. Nombre d’entre elles ont de plus péri en Méditerranée, laissant des familles entières en deuil.

      La même répression brutale a été déployée à Ceuta après le 30 juillet. Face à ce mouvement migratoire, le discours de l’Espagne a consisté à dénoncer une « violation de [son] intégrité territoriale par des réseaux criminels », pointant du doigt une instrumentalisation par des « mafias », qui auraient partagé des informations mensongères sur les réseaux sociaux - notamment une « interprétation extensive » de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [3] ou une ouverture de la frontière maroco-espagnole. En réponse à cette situation, l’Espagne a immédiatement déployé l’armée sur place pour venir en appui à la Guardia Civil, tandis que l’UE offrait le soutien de l’agence Frontex pour « reprendre le contrôle » des frontières européennes dites « menacées ».

      Récupération politique tous azimuts
      La récupération politique a été immédiate à l’échelle de l’UE. Les images des arrivées d’exilé·es à Ceuta diffusées en boucle ont immédiatement été exploitées et instrumentalisées par les droites européennes et les extrêmes droites, y compris au-delà de l’espace Schengen, pour construire un récit de « l’invasion ». Décrites comme un problème de sécurité publique, ces arrivées ont déclenché discours décomplexés de haine et protestations indignées, ainsi qu’une crise diplomatique qui a eu tôt fait d’éclipser la crise humanitaire.
      Le prétendu « laxisme » du gouvernement espagnol a ainsi été pointé du doigt, du fait du processus de régularisation extraordinaire mis en place sur son territoire entre avril et juin 2026 [4]. Or, ce programme, qui répondait à des critères stricts – notamment celui d’être arrivé en Espagne avant le 1er janvier 2026 - est clos depuis le 30 juin 2026.
      Qu’à cela ne tienne, l’Espagne est accusé d’avoir envoyé « un mauvais message » aux ressortissant·es des pays tiers, et d’avoir créé un « appel d’air » – mythe fantasmé largement relayé par l’extrême droite [5]. Cet argument fallacieux ne fut cependant pas retenu contre l’Italie un an plus tôt, lorsqu’en besoin de main d’œuvre, ce pays a lui-même émis un décret pour régulariser 500 000 personnes étrangères sur son territoire entre 2025 et 2028 [6]. Dans l’épisode Ceuta, il y a sans nul doute la volonté d’isoler et de décrédibiliser la politique migratoire de l’Espagne – rare pays européen qui dans certaines de ses pratiques et propos tenus à l’échelle nationale va à rebours des discours et politiques uniquement sécuritaires en matière migratoire. L’objectif est de contrer au plus vite la possibilité d’élargissement d’un narratif positif et inclusif sur les migrations face au discours anti-immigration qui prend de l’ampleur au niveau européen.
      Nul ne peut cependant ignorer qu’en parallèle l’Espagne a mené ces dernières années une politique d’externalisation en Afrique de l’Ouest, bien loin de chercher à attirer les immigré-es : construction de centres de détention offshore, déploiement de la police espagnole et de la Guardia civil, et soutien de plusieurs millions d’euros aux forces de sécurité ouest-africaines pour le contrôle des migrations. Ces politiques d’externalisation ont notamment eu pour conséquence de faire de la route atlantique vers les îles Canaries l’une des plus meurtrières ces dernières années (avec 1300 décès à la mi-2026 [7]).

      Les États membres voisins n’ont pas manqué d’appeler au renforcement des contrôles aux frontières externes de l’Union. Certains pays (Italie, Danemark) ont dans la foulée appelé à suspendre de l’espace Schengen une Espagne qui soi-disant ne jouerait pas le jeu du tout-sécuritaire et qui ne contrôlerait pas efficacement ses frontières. D’une part, cette suspension n’est pas prévue par les textes européens en vigueur, et d’autre part il est de notoriété publique que les enclaves de Ceuta et Melilla disposent d’un régime dérogatoire dans l’espace Schengen qui ne permet pas la libre circulation vers la péninsule espagnole du fait d’un double contrôle à l’entrée et à la sortie de l’enclave, qui fonctionne comme un sas fermé. Les pays européens voisins de l’Espagne se sont également empressés d’indiquer qu’ils allaient renforcer les contrôles aux frontières internes de l’Union... Alors même que huit États membres, dont la France et l’Italie, ont de fait rétabli totalement ou partiellement ces contrôles depuis 2015 [8]. .
      Quant au Maroc, qui célébrait le 30 juillet les 27 ans de règne de Mohamed VI, il s’est tu pendant quatre jours avant de finalement renvoyer la balle vers l’Espagne, l’accusant de ne pas avoir anticipé les conséquences de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [9]…

      L’instrumentalisation des exilé·es au profit d’enjeux géopolitiques, effet boomerang de l’externalisation
      Malgré cela, l’Espagne s’est empressée de rappeler que le Maroc est avant tout un allié, tant il est un collaborateur zélé de la politique migratoire sécuritaire européenne. En effet, l’Espagne, pour entraver les mouvements migratoires à sa frontière, a besoin du Maroc qui sait le lui rappeler en différentes occasions. Ce dernier n’a jamais hésité à utiliser les exilé·es comme monnaie d’échange pour servir ses intérêts économiques ou politiques, peser dans le débat géopolitique, ou exprimer ses mécontentements, notamment face au rapprochement entre l’Espagne et l’Algérie [10], comme il l’a déjà fait par le passé (2021, 2023). Les pays partenaires de la politique d’externalisation de l’UE utilisent ainsi les mêmes armes que l’UE, à savoir le marchandage, pour se retourner occasionnellement contre elle. Cela a été le cas pour la Turquie avec la Grèce en mars 2020, le Maroc avec l’Espagne en mai 2021, et la Biélorussie avec la Pologne dès août 2021. Les exilé·es deviennent alors une monnaie d’échange : le marchandage se fait sur leur dos – voire sur leurs vies – dans tous les cas en violation de leurs droits. Car en déléguant la gestion des migrations à des pays tiers, souvent autoritaires, l’UE se défausse des conséquences de cette sous-traitance, et transforme les personnes qui souhaitent rejoindre son territoire en pions entre les mains de gouvernements qui disposent d’un levier de pression politique face à une Europe gangrenée par un racisme croissant, prête à tout pour maintenir les exilé·es loin de ses frontières.

      Des violations massives des droits au nom de la protection des frontières européennes
      Comme lors de précédents impliquant des arrivées dites « massives » dans l’Union, l’Espagne a procédé très rapidement (48h) au renvoi des personnes arrivées à Ceuta. Et ce en violation de leurs droits fondamentaux. En effet, les personnes interceptées à Ceuta auraient en principe dû faire l’objet du filtrage - prévu par le règlement éponyme du Pacte européen asile et migration entré en application en juin 2026 -, avant toute orientation vers une procédure d’asile ou de retour. Situation qui souligne que cet instrument est mort-né un mois et demi après son entrée en application... De plus, les personnes arrivées par la mer auraient dû - avant « remise » (refoulement) au Maroc - faire l’objet d’un examen individuel de leur situation en vertu de la récente jurisprudence de la Cour Suprême espagnole. Or, Pedro Sanchez a clairement indiqué que celle-ci ne s’appliquerait pas au cas d’espèce. Faut-il pourtant rappeler que nul ne peut faire l’objet d’un renvoi forcé sans avoir vu sa situation individuelle examinée, ou avoir pu déposer le cas échéant une demande de protection internationale en vertu du principe international de non-refoulement ?
      Dans une surenchère sécuritaire, le ministère de l’Intérieur espagnol a par ailleurs annoncé le 1er août la mise en place d’une barrière pneumatique de 500 mètres de long en cours d’installation dans la mer pour empêcher les migrant·es de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta. Dans la volonté a priori de se « conformer » à la jurisprudence de la Cour Suprême espagnole évoquant la nécessité d’un « élément physique de contention » en mer pour pouvoir procéder à des « refus d’admission à la frontière ».

      Les événements de Ceuta auront donc uniquement permis de justifier la doctrine ultra-sécuritaire de l’UE en matière migratoire, et de réaffirmer qu’elle est la seule politique possible.
      A l’issue de cinq jours de crise diplomatique, après avoir été vilipendé par ses voisins européens, le président du gouvernement espagnol aura finalement reçu leur soutien pour sa gestion rapide de la crise politique et diplomatique [11], qui sera vite oubliée. Tout comme les personnes décédées pour avoir voulu exercer leur droit à la mobilité et braver les politiques migratoires européennes répressives, racistes et mortifères.

      La #nécropolitique assumée de l’UE
      Les évènements de Ceuta nous montrent, s’il le fallait encore, que les politiques migratoires répressives tuent. Et que l’externalisation des frontières, quel qu’en soit le coût humain et financier, est un pilier de ces politiques migratoires. La preuve en est les partenariats toujours en vigueur entre l’UE et des pays comme le Maroc, la Libye, la Tunisie, l’Égypte ou la Mauritanie, qui bafouent notoirement les droits de leurs citoyen·nes et des personnes exilées sur leur territoire.
      Le renforcement des dispositifs de contrôle et de sécurité tout au long du parcours migratoire comme la complicité des pays d’origine ou de transit dans ce tout sécuritaire ont de lourdes conséquences. Du fait de la multiplication et de la technologisation des obstacles, la route pour l’Europe est devenue un véritable cimetière, et les morts et les blessés se comptent par milliers [12].
      S’il n’existe pas encore de bilan en ce qui concerne l’épisode Ceuta, l’association marocaine des droits humains fait état d’au moins 140 décès. A ce jour, l’UE et les États partenaires qui endossent le rôle de gendarmes de l’Europe n’ont jamais assumé leur part de responsabilité dans ces tragédies, considérées comme des « dommages collatéraux » d’une stratégie de dissuasion dans laquelle la violence, en tant que moyen corrélé à l’objectif de non-accueil et de mise à distance, est érigée en norme [13]. Quid de l’identification de ces personnes ? Quid des enquêtes qui devront être menées pour établir vérité, justice et réparation pour les familles de ces victimes des politiques migratoires européennes ? Jusqu’à quand les autorités européennes éluderont ainsi leur part de responsabilité alors que ce sont elles qui ont coupé tout accès légal à l’Europe aux personnes en migration, et qui ont par conséquent failli à leur devoir de secours et de solidarité ? [14]

      La militarisation des frontières n’empêche pas les mouvements migratoires
      Ceuta nous montre également que si les entraves sur le parcours migratoire contraignent les exilé·es à utiliser des voies alternatives plus dangereuses, elles ne les dissuadent pas de franchir les frontières. Aucune barrière ne pourra étancher la soif d’émancipation et de liberté de circulation des populations, notamment du Sud global, injustement assignées à résidence dans un monde inégalitaire et ultra-connecté.
      Au Maroc, la situation précaire (37 % de chômage chez les jeunes, pauvreté rampante, manque de perspectives), les refus de visas à répétition, et le fossé socio-économique qui sépare ce pays d’une Espagne située à 14km révoltent la jeune génération, qui clame que la liberté de circulation ne peut plus être réservée aux seul·es privilégié·es. Pour en finir avec la rupture de l’égalité des chances, au nom du principe d’égalité entre tou·te·s, et du principe d’émancipation, les personnes exilées se saisissent du droit à la mobilité qui leur est nié, rappelant que toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et que ce droit est internationalement reconnu [15]. Et internationalement bafoué.

      Loin de constituer un échec politique, les morts aux frontières, les renvois sommaires et les violations répétées des #droits_fondamentaux observés aux frontières de l’Europe sont devenus des caractéristiques structurelles d’un système dans lequel la migration est avant tout perçue comme une menace pour la sécurité plutôt que comme une réalité humaine. Le coût humain n’est pas fortuit : il est intrinsèque à un modèle qui privilégie l’exclusion plutôt que la protection, et la dissuasion plutôt que la solidarité.
      Tant que la mobilité restera largement inaccessible, les personnes continueront de risquer leur vie à la recherche de sécurité, de dignité et d’opportunités. Aucun degré de militarisation des frontières ne peut éliminer la migration ; ces politiques ne peuvent que la rendre plus dangereuse. Une approche fondamentalement différente est donc nécessaire — une approche qui place les droits humains, l’égalité, la responsabilité internationale et la liberté de circulation au cœur des politiques migratoires.

      https://migreurop.org/article3609.html
      #racisme #militarisation_des_frontières

    • Ceuta, la frontiera coloniale che l’Europa usa per alimentare la paura

      Oltre cinquantamila persone hanno tentato di raggiungere l’enclave spagnola in Marocco. Dietro la narrazione dell’«invasione» ci sono disoccupazione, crisi sociale, ricatti geopolitici e un sistema di esternalizzazione delle frontiere che produce morti, autoritarismo e propaganda. La destra europea, guidata da Meloni, ha scelto ancora una volta di rispondere con la militarizzazione e la chiusura.

      Le immagini arrivate da Ceuta hanno fatto il giro del mondo. Migliaia di persone che nuotano attorno ai frangiflutti, giovani che attraversano il mare con una bottiglia di plastica come unico galleggiante, famiglie intere che tentano di raggiungere pochi metri di costa europea separati da una barriera di filo spinato, pattuglie della Guardia Civil, militari dispiegati nelle strade e decine di corpi recuperati in mare. Almeno cinquantasette persone sono morte annegate. Secondo il governo spagnolo, in poche ore oltre 50 mila persone avrebbero tentato di raggiungere l’enclave di Ceuta, mentre il ministero dell’Interno ha sostenuto che la quasi totalità sarebbe poi rientrata spontaneamente in Marocco, circostanza che molti osservatori ritengono difficilmente verificabile.

      Come sempre accade quando le frontiere europee vengono attraversate da grandi movimenti di persone, il dibattito pubblico si è concentrato quasi esclusivamente sulla sicurezza. Le immagini sono state immediatamente trasformate nella rappresentazione plastica dell’ennesima «invasione». Le destre europee hanno parlato di assedio, di difesa della civiltà occidentale, di emergenza senza precedenti. Giorgia Meloni ha sospeso Schengen nei confronti della Spagna per i cittadini extraeuropei provenienti dal territorio spagnolo, Matteo Piantedosi ha convocato il Comitato Immigrazione e Frontiere, Antonio Tajani ha aperto uno scontro diplomatico con Madrid, mentre da Berlino Friedrich Merz, Alice Weidel, Manfred Weber e gran parte della destra continentale hanno chiesto respingimenti immediati, rafforzamento di Frontex e chiusura delle frontiere.

      Ancora una volta, però, la politica ha preferito discutere di muri piuttosto che interrogarsi sulle ragioni che spingono decine di migliaia di persone a mettere in gioco la propria vita.

      Per comprendere quanto accaduto bisogna anzitutto ricordare che Ceuta non è una qualunque città di frontiera. È una enclave spagnola di appena diciotto chilometri quadrati incastonata sulla costa marocchina. Insieme a Melilla rappresenta uno degli ultimi residui del colonialismo europeo nel continente africano. La Spagna considera entrambe parte integrante del proprio territorio nazionale; il Marocco continua invece a rivendicarle come territori da decolonizzare. Questa contraddizione storica non è un dettaglio geografico: è il cuore stesso della vicenda. Mentre in Europa si parla di difesa dei confini, si dimentica sistematicamente che quei confini sono stati tracciati dalla storia coloniale e che due città europee continuano a trovarsi sulla costa africana.

      È difficile comprendere perché migliaia di giovani marocchini rischino la morte per raggiungere Ceuta se non si parte da questo dato. La domanda corretta non è perché vogliano entrare in Europa, ma perché un pezzo d’Europa continui a trovarsi in Africa e quale eredità abbia lasciato quella storia.

      Le persone che hanno tentato l’attraversamento non sono mosse da una misteriosa pulsione migratoria. Arrivano soprattutto da Casablanca, Kenitra, El Jadida, Sétif e dalla stessa Fnideq, città frontaliera precipitata in una profonda crisi economica dopo la chiusura nel 2019 del cosiddetto «contrabbando di sussistenza», il commercio transfrontaliero che garantiva il reddito a migliaia di piccoli commercianti, lavoratori e famiglie. A questo si aggiungono un tasso di disoccupazione giovanile che supera il 29%, quasi tre milioni di giovani che non studiano e non lavorano e una diffusa sensazione di assenza di futuro che attraversa un’intera generazione marocchina.

      È in questo contesto che sui social si è diffusa la falsa convinzione che la frontiera fosse stata aperta dopo una sentenza della Corte Suprema spagnola che aveva dichiarato illegittimi alcuni respingimenti immediati praticati negli anni precedenti. Migliaia di ragazzi si sono dati appuntamento a Fnideq e hanno tentato insieme l’attraversamento. Molti raccontano di essere stati convinti che una volta arrivati a Ceuta sarebbero stati accolti. Hanno trovato invece una città militarizzata, strutture di accoglienza già sature e una pressione crescente delle forze di polizia affinché tornassero indietro.

      Ridurre tutto questo all’azione dei trafficanti di esseri umani significa ignorare la dimensione sociale e politica dell’esodo. Come ricorda la Croce Rossa, le persone non attraversano il mare perché sia facile farlo, ma perché la prospettiva di rimanere nel proprio paese appare ancora più insostenibile.

      Naturalmente la crisi di Ceuta non può essere letta soltanto attraverso la condizione sociale del Marocco. Da anni Rabat utilizza il controllo delle frontiere come leva negoziale nei rapporti con l’Unione Europea. Era già accaduto nel 2021, quando la Spagna accolse per cure mediche Brahim Ghali, leader del Fronte Polisario, provocando un improvviso allentamento dei controlli marocchini e l’arrivo di migliaia di persone a Ceuta. Anche questa volta diversi osservatori collegano quanto accaduto al riavvicinamento diplomatico tra Madrid e Algeri e alle tensioni regionali sul Sahara Occidentale. Le stesse fonti della Guardia Civil hanno riferito che nelle prime ore le autorità marocchine avrebbero sostanzialmente lasciato aperta la frontiera, salvo poi intervenire con lacrimogeni, idranti e arresti quando la situazione è sfuggita di mano.

      È il paradosso dell’esternalizzazione delle frontiere. Da oltre vent’anni l’Unione Europea delega il controllo migratorio a paesi come Marocco, Libia, Tunisia o Turchia, finanziandone gli apparati di sicurezza affinché blocchino le partenze. In questo modo Bruxelles ha rafforzato il potere negoziale di governi autoritari, che possono utilizzare i movimenti migratori come strumento di pressione diplomatica ogni volta che ritengono opportuno farlo. Più l’Europa esternalizza il controllo delle frontiere, più diventa ricattabile dai paesi cui affida questo compito.

      Le riflessioni dello psicologo tunisino Wael Garnaoui aiutano a comprendere la profondità di questo processo. Secondo Garnaoui, la nascita dello spazio Schengen ha inaugurato una nuova forma di controllo postcoloniale della mobilità. Se il colonialismo governava direttamente i territori, la «Schengenizzazione» governa le persone attraverso la limitazione della libertà di movimento. Si produce così quello che definisce il «trauma dell’immobilità»: milioni di giovani crescono sapendo che il loro passaporto li condanna a non poter circolare liberamente, interiorizzando un senso di esclusione, umiliazione e impotenza che alimenta il desiderio di partire a qualsiasi costo. La mobilità diventa così non soltanto un progetto economico, ma una forma di liberazione individuale.

      L’Europa continua invece a leggere tutto questo esclusivamente attraverso la lente dell’ordine pubblico. Le persone che aspirano alla libertà di movimento diventano masse indistinte da contenere. Le loro storie vengono cancellate e sostituite dalla categoria dell’«invasione».

      È esattamente su questo terreno che la destra europea ha costruito la propria offensiva politica.

      Le immagini di Ceuta sono diventate il pretesto per rilanciare la richiesta di sospendere Schengen, rafforzare Frontex, aumentare i respingimenti e irrigidire ulteriormente il nuovo Patto europeo su migrazione e asilo. Meloni ha colto immediatamente l’occasione per proporsi come punto di riferimento della destra continentale, trovando piena sintonia con l’AfD tedesca, con Vox in Spagna, con il governo danese e con gran parte del Partito Popolare Europeo. Perfino Donald Trump, Nigel Farage e il ministro israeliano Itamar Ben-Gvir sono intervenuti alimentando la medesima narrazione sull’«assedio» dell’Europa.

      La crisi di Ceuta dimostra così come la questione migratoria sia ormai diventata uno dei principali terreni di competizione politica internazionale. Non importa se i numeri siano controversi o se gran parte delle persone sia già rientrata in Marocco. Non importa che molti dei migranti siano giovani senza lavoro, famiglie o minorenni. Ciò che conta è alimentare la percezione di una minaccia permanente.

      La realtà è molto diversa.

      Quelle migliaia di persone raccontano il fallimento di un modello economico incapace di offrire prospettive ai giovani del Nord Africa, ma raccontano anche il fallimento di un’Europa che continua a investire miliardi nella militarizzazione delle frontiere senza affrontare le cause profonde delle migrazioni. Guerre, diseguaglianze, rapporti economici neocoloniali, cambiamenti climatici e compressione delle opportunità di vita restano fuori dal dibattito pubblico.

      Ceuta, allora, non è l’inizio di un’invasione. È il sintomo di una crisi molto più profonda.

      Per quanto alte possano diventare le recinzioni, per quanto sofisticati siano i sistemi di sorveglianza, per quanto si rafforzino Frontex, gli accordi con i paesi terzi e i dispositivi di respingimento, milioni di persone continueranno a cercare una via d’uscita da condizioni di vita che percepiscono come senza futuro.

      La libertà di movimento non nasce da un decreto, né può essere cancellata da una barriera di filo spinato. È una tensione storica che attraversa il nostro tempo. Ed è destinata a entrare sempre più in conflitto con una Fortezza Europa che continua a difendere privilegi costruiti anche attraverso secoli di dominio coloniale.

      Ceuta ci pone dunque una domanda che nessuna propaganda securitaria può cancellare: non perché migliaia di marocchini abbiano cercato di raggiungere un’enclave europea in Africa, ma perché, dopo secoli di colonialismo, continuiamo a considerare scandaloso il movimento delle persone e naturale quello delle frontiere che il colonialismo ha lasciato in eredità.

      https://www.osservatoriorepressione.info/ceuta-la-frontiera-coloniale-che-leuropa-usa-per-alimentar
      #colonialisme #frontière_coloniale

    • A Ceuta, l’Europe a encouragé la violation des droits des migrants par l’Espagne

      On pouvait croire qu’en adoptant le pacte de l’Union européenne (UE) sur la migration et l’asile, entré en application en juin 2026, les pays membres avaient enfin réussi à surmonter leurs dissensions en matière de gestion des mouvements migratoires. Rappelons que ce pacte était censé apaiser les tensions révélées par la crise migratoire de 2015, lorsqu’un million d’exilés, parmi lesquels un grand nombre fuyait la Syrie en guerre, ont afflué en Europe par l’Italie et la Grèce, déstabilisant fortement la coopération entre les Etats membres.

      Après quatre ans d’âpres négociations, la présidente de la Commission européenne n’avait-elle pas salué « un énorme pas en avant pour l’Europe » ? Parmi les mesures adoptées, le pacte prévoit notamment un nouveau régime de réponse aux situations de crise, permettant, en cas d’afflux massif et exceptionnel de migrants dans un Etat de l’UE, le déclenchement d’un mécanisme de solidarité en faveur du pays concerné.

      Pourtant, les réactions ayant, fin juillet, accueilli l’arrivée à la nage depuis les côtes marocaines de 72 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta – seul territoire européen, avec la ville de Melilla, sur le continent africain – ont pris l’exact contrepied des engagements contenus dans le pacte.

      Si ceux-ci avaient été respectés, tous les Etats membres auraient dû s’organiser pour aider l’Espagne à traiter le cas des personnes qui venaient de franchir la frontière dans le respect des droits prévus par les lois européennes, et le cas échéant à se répartir l’accueil de celles qui pouvaient être éligibles à rester en Europe.

      A contrepied de la « solidarité » européenne

      C’est tout le contraire qui s’est passé : d’abord, la première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni s’est dite « prête à agir » pour empêcher une (improbable) vague migratoire en Italie, au besoin en excluant l’Espagne du système Schengen (ce qui est juridiquement impossible). Plusieurs responsables politiques, dont son homologue sociale-démocrate danoise, lui ont emboîté le pas en dénonçant l’incapacité de l’Espagne à protéger ses frontières.

      La France, de son côté, a fait savoir qu’elle renforçait les contrôles à ses frontières avec l’Espagne – un affichage inutile puisque les étrangers qui se trouvent à Ceuta étant soumis à un régime spécifique qui les empêche de rejoindre l’Espagne continentale, il n’y avait aucun risque d’afflux aux frontières françaises.

      Une réunion extraordinaire a été organisée le 4 août entre les ministres de l’intérieur des 27, pour conclure que « la migration nécessite une réponse européenne unie ». Mais cette réponse n’a été envisagée que sous l’angle d’un nécessaire renforcement des frontières. Et si les participants ont témoigné de leur solidarité avec l’Espagne, c’est pour saluer ses efforts rapides pour régler le problème à Ceuta et se féliciter que la plupart des personnes ayant franchi illégalement la frontière aient été renvoyées, sans conséquences pour les autres Etats membres.

      Une réaction résumée par l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve dans Libération le 4 août pour qui « cette crise migratoire n’était pas une crise en Europe, mais une crise contenue au sein de l’enclave espagnole de Ceuta », qui a pu être résolue grâce à « l’attitude ferme, courageuse et déterminée des autorités espagnoles ». Circulez, il n’y a plus rien à voir à Ceuta…

      Bilan tragique

      Il y aurait pourtant à dire à propos de cet épisode. On a beaucoup parlé des possibles causes de ces arrivées, spectaculaires par leur mode opératoire et leur nombre : chantage exercé par les autorités marocaines accusées d’avoir sciemment laissé passer les exilés, « appel d’air » créé par la récente opération de régularisation des sans-papiers en Espagne, exploitation par des réseaux de passeurs d’une information erronée sur l’ouverture de la frontière à Ceuta… Mais quelle que soit l’origine de ces événements, il est nécessaire d’en faire le bilan, tragique à bien des égards.

      Car il y a un bilan humain, d’abord : à ce jour, les autorités espagnoles dénombrent 72 personnes décédées, la plupart par noyade, quand les ONG, qui réclament une enquête, parlent de plus de 100 morts.

      Pendant plusieurs jours, des milliers de personnes ont erré dans les rues de Ceuta, privées d’eau, de nourriture, de soins et d’accès à l’hygiène, alors que les dispositifs d’accueil étaient saturés et les associations d’aide aux migrants débordées. Deux semaines après la crise, plusieurs centaines de mineurs isolés étaient encore abandonnés à eux-mêmes, faute de place dans les structures supposées les prendre en charge. N’y avait-il pas là matière à ce que les partenaires de l’Espagne, au nom de la « solidarité », dépêchent en urgence des moyens logistiques et humains pour faire face à cette urgence humanitaire ?

      Chasse à l’homme

      Il faut aussi parler des conditions de « départ » des personnes qui sont retournées au Maroc, en très grand nombre, quelques jours après leur arrivée à Ceuta. Ceux qui se réjouissent de ce rapide règlement du problème ne disent rien de la façon dont les migrants ont été « accompagnés » jusqu’à la frontière par les militaires et les quelque 400 agents supplémentaires de la garde civile et de la police nationale envoyés en renfort par le gouvernement espagnol, ni de la chasse à l’homme qui a eu lieu dans l’enclave pour les contraindre à prendre le chemin du retour.

      Pour effectuer ces renvois, les autorités espagnoles s’appuient sur des accords migratoires passés avec le Maroc, et sur une loi d’exception qui permet les « refoulements à chaud » depuis les enclaves de Ceuta et Melilla, sans examen individuel de situation ni prise en compte des éventuels besoins de protection. Des refoulements qui s’apparentent aux pushback prohibés par le droit européen. Les maigres garanties que cette loi contestable prévoit pour garder une apparence de conformité avec le respect du droit international et du droit d’asile – comme l’attention aux personnes vulnérables – ne semblent même pas, à Ceuta, avoir été respectées.

      Il y a donc tout lieu de penser que de nombreuses violations des droits ont été commises à Ceuta, au mépris des règles européennes prévues pour faire face aux situations de crise. En laissant l’Espagne gérer seule les frontières de ses enclaves au Maroc, comme s’il s’agissait d’un enjeu national et non d’un symbole de la politique d’externalisation de l’UE, les gouvernements européens encouragent sciemment la perpétuation de ces violations.

      https://www.alternatives-economiques.fr/a-ceuta-l-europe-a-encourage-la-violation-des-droits-des-mi

  • « Je ne suis pas un singe », la crêpière victime d’attaques racistes contre attaque
    https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/je-ne-suis-pas-un-singe-la-crepiere-victime-d-attaques-ra

    Plus de 200 personnes se sont rassemblées ce 19 juillet 2026 pour soutenir Joëlle Dambo. Gagnante de l’émission « Le meilleur de la crêpe », depuis, elle est victime d’injures racistes sur les réseaux sociaux. Elle a porté plainte auprès du Pôle National de Lutte contre la Haine en Ligne et entend se battre pour tous ceux qui subissent la violence raciste.

    #racisme #bretagne #france

  • Le miroir du petit Hamza, par Houria Bouteldja (Facebook)
    https://www.facebook.com/houria.bouteldja.9/posts/pfbid0Dg24gEZNX4xAGF8WaqfihAtst32fXVqyLFpiVDYHFNi9MzdZKBS4ULt98vfp8EGdl

    Le miroir du petit Hamza

    Il faut creuser l’affaire du petit Hamza, 13 ans, cible de menaces, de harcèlements et d’insultes racistes et qui a fait deux jours de garde à vue. Certes, toutes les évidences sur ce délire médiatique ont été dites et certaines rappelées dans l’excellent communiqué d’Elsa Marcel, l’avocate de RP qui le défend :
    Ce n’est qu’un enfant, son « arme » n’est qu’un pistolet à eau, les médias ont tourné en boucle sur lui alors que la guerre reprend en Ukraine, le génocide se poursuit en Palestine, on vient de vivre une canicule insupportable tandis qu’une nouvelle s’annonce, des centaines de milliers de foyer en France n’arrivent plus à joindre les deux bouts, l’inflation étrangle les pauvres, bref, les médias aux ordres font de la diversion. C’est vrai, on a l’habitude mais malgré tout on reste médusés, presque étourdis par cette débauche de sans-hontisme que même les humours noirs et de dérision échouent à saisir véritablement. C’est pourquoi il faut creuser.

    Je me permets une hypothèse : la FI est l’une des causes de cette hystérie médiatique.

    Je m’explique. D’abord il y a la société imaginaire. La concentration des médias entre les mains soit des milliardaires, soit de l’Etat au service de ces milliardaires, nous le savons, c’est l’anihiliation du journalisme. Mais plus encore l’avènement de la post-vérité. Le réel est aboli. On panthéonise Manouchian et Bloch au moment même où tous leurs idéaux sont trahis, foulés aux pieds. On nie le changement climatique, on nie un génocide, on innocente l’extrême droite de son antisémitisme et on transfert la responsabilité du racisme sur les antiracistes. Toutes les outrances sont permises, encouragées tant que le réel est esquivé. C’est la dystopie totale.

    Sauf que les producteurs de cette réalité parallèle ne sont plus indemnes de leurs propres agissements, ils sont affectés par leur création. Ils sont eux-mêmes créatures de cette création. Quelles que soient leurs motivations, ils ont un besoin existentiel d’y croire : soit par dépendance matérielle, soit par obéissance à leur hiérarchie, soit parce que la contradiction est si intenable qu’ils préfèrent la fuite en avant. Bref, ils sont piégés dans leur propre canular, obligés d’y collaborer tels des zombis déments. Et lorsque la réalité matérielle les rattrape (genre la canicule), ils la nient. Lorsque la réalité contredit leur récit, ils l’ignorent. Nous connaissions les négationnistes du passé, ceux qui nient les chambres à gaz, il y a désormais les négationnistes du présent. Ceci, comme chacun sait, n’est pas une pipe.

    Or, voilà qu’un mouvement politique de masse s’impose qui veut rétablir le réel : le matérialisme historique existe, la lutte des classes existe, le racisme existe, les rapports de force existent, l’économie capitaliste existe, la canicule existe, la défaite des US face à l’Iran existe, la confirmation que Marine est une délinquante existe. Il s’agit de réhabiliter le réel car sans analyse matérialiste du réel, point de politique et point de transformation sociale, c’est à dire point de puissance d’agir. Or, c’est précisément le but des médias aux ordres : abolir le réel pour nous désarmer et faire de nous des larves apathiques et surtout innocenter le pouvoir des conséquences matérielles, sociales, psychologiques de la violence qu’il engendre lui-même. Non seulement, cette force politique sait identifier les problèmes mais elle nomme le responsable. Et la canicule a été une énième occasion pour des centaines de milliers d’yeux, peut-être des millions, de se tourner vers ce responsable : le capital enragé. Ou son représentant local, Macron.

    L’affaire du petit Hamza surgit juste après cet épisode, que les médias climatosceptiques ont commenté de la pire des manières, sentant dangereusement monter la colère des scientifiques et des citoyens. Conséquence : la société réelle percute la société imaginaire. On écarquille les yeux d’effarement et on les referme aussitôt (n’est-ce pas Yann Barthès ?). Le fantasme doit reprendre le dessus et il le reprendra coute que coute.

    Il prendra les traits du petit Hamza.

    C’est un arabe. Bonne base. Il n’a qu’un pistolet à eau. C’est embêtant mais retirez « à eau », il reste quand même « pistolet ». Accolé à « arabe », ça sonne bien. Ajoutez qu’il sème « la terreur » (comme Joulani de Daesh avant son relookage et avec lequel Macron vient dealer en tout bien tout honneur) sur les quais Saint Martin et nous voilà armés pour ajouter une nouvelle couche d’hallucination à la dystopie : arabe + pistolet + terrorisme, tous les ingrédients sont mobilisés mais délestés de leur réalité sociale et matérielle :
    1/c’est un enfant,
    2/ l’arme est inoffensive,
    3/ c’est le propre des enfants qui jouent de se déconnecter du réel.

    Nous voilà face à deux imaginaires qui se télescopent : celui de l’enfant (qu’il faut protéger) et celui des médias (qu’il faut détruire). A l’image de cet « envoyé spécial » à qui il ne manquait que le casque et le gilet pare-balles, dépêché par BFM sur les quais à l’affut d’un scoop sur Hamza La Douane.

    C’est pourquoi, on ne fait qu’effleurer la vérité quand on se contente de déplorer une polémique ubuesque quand il y aurait tant de vrais sujets à aborder. C’est juste mais insuffisant car le niveau de délire est à la hauteur de la menace que fait peser la gauche de rupture et le mouvement social en général sur la caractérisation du réel et sur l’identité de ceux qui s’arrogent le droit de le définir. Cette fuite en avant et celle d’un corps acculé, qui a tellement perdu prise sur le réel, qu’il doive s’accrocher désespérément à sa fiction. Je suis convaincue que ces médias ne voient plus que l’enfant est un enfant, que le pistolet à eau est un jouet. Ils ne voient pas l’indignité absolue de leur envoyé spécial, risée du monde. Car pour continuer à s’accrocher aux récits de la société imaginaire, aussi inconséquents soient-ils, il importe de ne pas avoir de contradicteur. Or les forces sociales et politiques de contestation sont un contradicteur puissant. Leurs discours sur la canicule, un puissant retour au réel. Par un diagnostic concret, un projet, une analyse, des propositions chiffrées, une planification des grands chantiers, leur proximité entre leurs discours et ce que vivent les gens, ils sont la société réelle contre la société imaginaire. Et ça c’est insupportable. Ayant utilisé toutes ses cartouches de mauvaise foi après la canicule, épuisée par ses propres turpitudes, la junte médiatique se jette sur le petit Hamza comme la misère car l’espace de la société imaginaire se rétrécit au fur et a mesure que la société réelle reprend le dessus et menace de détruire les châteaux de cartes. Hamza est une victime expiatoire aussi réelle en tant que victime de racisme qu’imaginaire en tant que garçon arabe au - déjà - sexe-couteau.

    En opposant la société réelle à la société imaginaire, la FI, comme synthèse du mouvement social, commet un crime impardonnable. Elle révèle que le bain dystopique dans lequel nous macérons n’est pas un accident de l’histoire mais sa vérité. Il oblige ses propagateurs non pas simplement à tomber les masques mais à accentuer une panique qu’ils ne soulagent qu’en reconduisant les structures mentales d’une chimère qui, par définition, ne rencontre jamais la matière : les Arabes ne sont pas responsables de la canicule. Mais s’ils ne sont responsables ni de la canicule, ni de l’inflation, ni de la hausse de la mortalité infantile, et si les manifestations d’antisémitisme n’ont pas explosé depuis le 7 octobre malgré les danses de la pluie effrénées de ceux qui espéraient des pogroms antijuifs, il faut bien qu’ils soient responsables de quelque chose. En découle qu’un petit Hamza coupable de terroriser de braves gens caniculés avec un pistolet à eau, c’est mieux que rien.

    Hamza La Douane a fini par être neutralisé. Il a été menotté et embarqué par la police. L’histoire pourrait se finir ici mais il faut continuer à creuser.

    Car le petit Hamza a été « neutralisé » avec LA COMPLICITE DU PEUPLE DES BERGES DE PARIS.

    Il est bien certain que le petit Hamza a tous les traits d’un garnement. Et si j’avais eu affaire a lui, il m’aurait sûrement enquiquinée - ou peut-être m’aurait-il amusée ? Ça c’est sur le plan perso. Mais si on regarde le tableau de loin, on voit quoi ? Un enfant qui teste et met à l’épreuve l’autorité des adultes. Des adultes qui ne savent plus parler à un enfant dont tout le monde voit bien que c’est un arabe et qu’il a un gun. Dans une société normale, l’enfant appartiendrait à toute la société et chaque adulte se donnerait le droit de co-élever cet enfant des autres. Il aurait le droit de le corriger même aux vus et aux sus des parents biologiques. Dans nos sociétés individualistes où nous agissons en propriétaire d’enfants (chacun les siens), les adultes n’osent plus alors qu’ils auraient dû l’engueuler ou entrer en interaction avec lui. Il a donc continué à fanfaronner au point que les adultes se sont sentis martyrisés, au point que des adultes ont délégué (collaboré ?) à la police l’autorité sociale qui devrait être la leur. Si le petit Hamza, 13 ans, a fait 2 jours de garde à vue, ce n’est pas seulement à cause du #fascisme qui vient, c’est à cause de l’individualisme qui est. J’ai honte de cette société qui n’est même pas armée pour protéger un enfant. Plus exactement, je la crains.

    #racisme

  • A ‘Muslims Only’ Swim Party and the Backlash That Followed - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2026/07/02/us/muslim-swim-party-texas.html?emc=edit_ufn_20260706&nl=from-the-times&segmen

    C’est toujours au nom de tous et toutes que les dominants s’en prennent aux dominés quand ceux-ci veulent se réunir indépendamment. L’universalisme est le cache-sexe des dominants, le refus de réfléchir à leur domination. Leur pouvoir est « naturel », « universel », « pour tous », alors même que leur pratique est cadrée, dirigée vers certains secteurs seulement et farouchement opposée aux capacités d’auto-détermination des dominés ou des minoritaires.

    On May 5, Ms. Knight updated the event’s website to explain that no one would be excluded, so long as they followed the dress code. “If you are a friend of a different faith who wants to celebrate the Eid holiday with us and adhere to the modest dress code,” she wrote on the website, “this event is FOR YOU TOO!”

    The City of Grand Prairie appeared to be on her side, issuing a statement that day saying that the water park was allowed to be rented out for private events.

    Ms. Knight hoped it would blow over. Then Gov. Greg Abbott weighed in.

    The Texas governor has been increasingly willing to use his control over state funds for public safety as a way to force changes from local governments. He did so in April in a showdown over immigration enforcement in Houston. And on May 6, he did so again to stop the water park party.

    In a letter, Mr. Abbott’s public safety office told the mayor of Grand Prairie that Ms. Knight’s party was “discriminatory,” and warned that the city would lose $530,000 from the state, if the event were allowed to go on. By then Ms. Knight had posted that the event was open to all, but in the letter the governor’s office pointed to a “frequently asked questions” portion of the event website where it still said the park had been “exclusively reserved for Muslims.”

    The governor left no doubt of what he wanted to see.

    “The City must cancel the event and commit to never allowing something like it again,” Mr. Abbott wrote on social media.

    Hours later, the city said it had canceled the party. A spokeswoman for Grand Prairie said the move was “in the best interest” of the city.

    A spokesman for Mr. Abbott said the governor had called for Ms. Knight’s party to be canceled because local governments may “not facilitate discrimination at taxpayer expense.” He did not explain why canceling the party was necessary even after Ms. Knight said it would be open to all.

    For Ms. Knight, whose personal cellphone was listed on the event flyer, the letter spurred an onslaught of calls, texts and online messages. At first, she answered a few of the anonymous calls, including one from a woman who identified herself as a Baptist and started off wanting to know “what you Muslims are up to.”

    Ms. Knight, who was driving at the time, stayed on the line for about an hour, mostly listening. The woman later softened and expressed some empathy.

    “I just appreciate that you’re talking to me,” the woman said. “In Christianity, we get mocked too. The atheists are constantly taking us down.”

    Ms. Knight talked with reporters as well, looking to explain herself, maintaining the hope that, somehow, her event could still go on, now that the flyer said that anyone could attend.

    #Texas #Religion #racisme

  • The Battle for History : Why Trump wants to Erase the Past
    https://red-spark.org/2026/03/13/the-battle-for-history-why-trump-wants-to-erase-the-past

    Pourquoi la politique réactionnaire du trumpisme mènera à son échec.

    13.3.2026 by Brian Becker - This lecture is the first of an eight-part seminar series hosted by The People’s Forum NYC, Hidden Histories of Rebellion in the United States.
    ...

    We saw in Minneapolis on January 23rd, the first general strike in a city in the United States since 1934. One hundred thousand people [came out] and the high temperature that day was 9 below zero. This was a real testament to the fact that, in spite of a very difficult climate, people were ready to mobilise and did mobilise – just an immense outpouring of people.

    All the teachers went on strike, the schools were closed down. The Somali small businesses shut down. All of the unions came together. That’s very rare in the United States. It’s not rare in France. It’s not rare in Spain. It’s not rare in Colombia. It’s very rare in the United States, and it’s an indication that we are at a moment, a watershed moment, in fact, for the direction of the country – and people are coming together to organise.

    Whenever people are active politically, when they’re involved directly, the thirst, the hunger for political education becomes very, very evident. Because when you’re just going about your business, your everyday life, you may be troubled about this or that, but when you’re in struggle, when you’re in motion, when you’re at the battlefield, so to speak, when you’re contesting with the police or with hostile media, or an administration that demonises you and describes you as domestic terrorists, and then engages in all kinds of violence – and you fight back, [you] don’t retreat, you’re not intimidated, you stay strong – all of the issues that you wouldn’t [normally] be considering, you start to, they become first, front and centre in your brain. That’s how people’s ideas change.
    How Change Happens

    And this course is about how people change and how change happens, how social change happens in the United States. Right now, there’s an effort by the Trump administration and the MAGA movement and Project 2025 to create a very vast change in society. They are very serious about what their plans are: the firing of hundreds of thousands of federal workers in the first days of the Trump administration; decimation of the environmental protection agency; decimation of the National Park Service, elimination of any remnant from the civil rights movement; [elimination of] the telling of history, full scale assault against trans people, trans kids, the LGBTQ community and immigrants who are being targeted and demonised.

    This isn’t just random, weird, chaos created by a right-wing project. They have a plan. Project 2025 is the plan, and they intend to carry out a very significant change in the United States. And as a consequence of their very robust effort to carry out this change, they are meeting with the resistance of masses of people, and those people are determined to defeat MAGA. They’re determined to defeat Project 2025.

    They’re now determined to defeat ICE, and we believe, firmly, that MAGA will fail, that ICE will be defeated, that the Trump agenda will be defeated, that this effort to, “Make America Great Again”, which means to take America back before the civil rights movement, before what we call the Civil Rights Revolution transformed America and really, in a way, carried out a cultural revolution, not just an economic or social, but also a cultural revolution in the United States… The effort by ICE and MAGA, and DOGE, and all of these other acronyms associated with the Trump White House, we believe this will fail.

    In fact, we feel so confident that it will fail. That is a point of departure between our movement, which is a socialist movement, a Marxist movement, and many liberals who see what we see, who are anguished by what they see, rightfully, who are upset and outraged by the Trump administration’s program, but they basically, have been engaged in a lot of handwringing.

    Like, “Everything is gone!”, “The country’s lost”, “What are we going to do?”, “Maybe we should move!”. It’s just this whole defeatist notion that because Trump is on a rampage that he will win. We think [that] not only misses the point, but actually undermines the capacity of the people to fight. If you feel you’ve already lost, people generally tend to seek individual salvation. Retreat, save yourself.

    But if you feel it’s an unfought battle, in fact, if you feel that it’s a battle that can be won, and that everything you believe in is at stake, instead of running, instead of seeking individual salvation, you stand with other people and you fight. Truthfully, bravery is a social phenomenon. Bravery is not simply an individual act of courage by some especially courageous person. If I’m brave, you’re brave. If you’re brave, I’m brave. If we’re brave together, this feeling of struggle, this feeling of determination, this feeling that we can fight and win, this feeling that we refuse to surrender to racism or sexism or patriarchy, or all of the bigotry and discrimination and hatred. If we feel that way and act that way, we can win.

    And if we don’t, we can lose.

    So what we think and how we interpret the events is not something academic. It’s something that, I would say, is a life and death issue for our movement.
    Events in Minneapolis

    I’d like to bring up some photos of 3 individuals who have been murdered by ICE. First, it’s Keith Porter, killed at the end of the year in Los Angeles. Followed by Renee Goode, whose final words to the ICE agent who shot her three times in the face, were: “Dude, I’m not mad at you”. And then he shot her three times in the face.

    Finally, of course, Alex Pretti. You see this slow motion shot, where he’s on his stomach, and the ICE agent takes his gun out. They shoot him in the back, and nine more shots are fired.

    He’s executed. This wasn’t, like, a chaotic moment. Same with Renee Goode. A chaotic moment where in the fog of war, people make quick decisions.

    No! This was cold blooded executions, intentionally carried out by ICE agents. In the case of Alex Pretti, they did that because they were upset about the general strike that happened the day before. They came out that morning, and they were gonna show people who’s boss. He wasn’t threatening anybody. He was filming them.

    They came over to him, and the two women who were his friends. They pushed one of the women over. He steps in front and says, “Hey, don’t do that” and then they come at him, they swarm him. He has a registered gun, which is his right. They take the gun away, then they shoot him 10 times in the back. That was to send a message.

    Frankly, if there had been no general strike the day before, if there had not been this mass mobilisation of the working class and young people in the Somali community, the very day before, the killing of Alex Pretti would have been [just] one more killing by an ICE agent. But instead, it sparked a nationwide opposition that’s all over the media, each and every one of you have been watching it, either on social media or mainstream media.
    Trump Retreats

    Then two days later, Donald Trump says, “Well, I’m reconsidering, I’m gonna bring Bovino”, the Gestapo-like, guy leading ICE in Minneapolis, “I’m going to bring him out”, “We’re gonna take some of the agents out”, “we have to reconsider what exactly happened”. It is like this superficial effort to sort of de-escalate. You know, to lower the temperature.

    The reason Trump did that is the country is at a boiling point over what ICE is doing. I think everybody in this room knows it’s at a boiling point. People are seething with anger. Seething with anger. And if you think about the country as a boiling pot with a lid, there’s only three options: You lower the temperature, you take the lid off, or you let it explode. The country is a boiling pot right now because of the Trump administration’s aggressions on many fronts, ICE being one of them.

    So Trump right now is trying to lower the temperature. And the Somali students, in particular, know exactly what Trump is doing, and they are asking all of us not to lower the temperature, but to turn the temperature up. They’re asking that the effort that they carried out in Minneapolis, to shut down Minneapolis, that we replicate that – not just in one city, but all over the United States, ICE out, nationwide shutdown, this Friday, January 30th.

    We’re not looking to lower the temperature. We’re looking to get ICE out. We’re not trying to even get ICE out of Minneapolis. We want to abolish ICE. We want to abolish the entire instrument of repression.

    There’s going to be an issue that’ll come up probably on Friday of whether or not ICE will be funded again. The Democrats funded it the last time around. There’s a lot of pressure right now growing in the country. If you say, I’m gonna call my congressperson and tell them, vote, no, that won’t mean that much. The only thing that will really stop this ICE war against the people is if the ruling class in America fears that the opposition to what ICE is doing will lead not only to resistance and rebellion, but possibly revolution.

    That’s how the Civil Rights movement actually made the gains it did. It was the threat of revolution. It was the insurrection that was taking place in cities and towns, big and small, all over the United States, starting in 1955 and going up until 1972.

    That’s when even Richard Nixon, the ultimate racist, who adopted the Republican Southern Strategy, he was the one who said, “let’s have affirmative action”. He was the one who created far reaching economic reforms, concessions to the civil rights movement.

    It wasn’t a liberal Democrat, it was this racist, anti-communist Republican, Richard Nixon, because Nixon knew – as did the other ruling class politicians – that if they didn’t make serious concessions at that moment, the United States was going to erupt into civil war, and the government would be the target of a righteous indignation by the people, led by the Black community, but joined by Latino, Asian Americans, Native Americans, White people.

    I mean, that’s what was actually happening in 1969 and ’70. Which brings me to the question that I started with:

    How does change happen? That’s really the theme of our 8 part class. Our basic question (and I’m going to come back to why) is why will MAGA fail? Why will Trump fail? [The answer tells us] why we shouldn’t be involved in hand ringing, [why] we should be engaged in a fierce struggle to stop them – and if we do, we can win.
    Lessons from the Civil Rights Movement

    All right, let’s think about the civil rights movement and what it achieved. We call it a Civil Rights Revolution. It was still a capitalist system after the passage of the 1964 Civil Rights Act, and the next year, the 1965 Voting Rights Act. It wasn’t a revolution in the sense that it was a socialist revolution. But I just want to describe a little bit how things were at that time and how things changed.

    In 1964, America was an apartheid state, a literal apartheid state. We’re talking about in my lifetime. We’re not talking about ancient history. I know I’m old, but I’m not that old. But I’m old enough that it was an apartheid state when I was a child. A literal apartheid state.

    In Rochester, New York, where I grew up, Eastman Kodak was the company that ran the city. There were 250,000 people who lived in Rochester. 55,000 employees worked at Kodak. My father was one of them. He was a research chemist.

    And of the 55,000 workers at Kodak, there were almost no black workers. I think there were about 70, out of 55,000, because Kodak was that racist. In 1964, in Rochester – 6 months before the rebellion in Harlem took place in that same year – there was an uprising in the Black community in Rochester.

    Here’s the headlines, “Negro mob riots here”, “Homer declares state of emergency”, “The police came out, the youth fought back”. It went on for almost a week. It was the precursor to all the other rebellions: Harlem in 1964, the Watts Insurrection in 1965, Newark in 1967, Detroit in 1967, all over the country in fact.

    Of course, when Martin Luther King was assassinated on April 4, 1968, that night, 120 cities went into insurrection, including Washington, D.C., the nation’s capital. And when I say insurrection, it was a state of complete rebellion. The U.S. Military was sent to 120 cities, probably more, that night.

    During this time, when the rebellion happened in Rochester, this is somewhat of a personal anecdote, I guess, an organisation called Fight, F-I-G-H-T. Fight. I can’t remember what all the acronym stands for. I know the G is for God, and fight is for F is for fight. Right?

    (laughter)

    Anyway, you get the picture. FIGHT demanded that there would be 600 jobs set aside out of these 55,000 for unemployed black people in Rochester, New York, to which Eastman Kodak said, “No way, we will never allow you to tell us who we’re gonna hire and who we’re not going to hire. We won’t do it”. That initiated a protracted struggle in Rochester, New York, over whether Kodak would grant these 600 jobs. I mean, that’s not a big ask. That’s a pretty small ask. But they said no. It dragged out and became (you can research it at home), it became a nationwide symbol of the fight against capitalist corporate America and its racist discrimination policies.
    Apartheid USA

    The apartheid character of America wasn’t simply governmental laws, and it wasn’t simply in the South. Rochester is 30 miles as the crow flies from Toronto, Canada. It’s pretty north. The deep north you could call it … and they said “No”, and it became an epic battle.

    My parents were involved in this because my parents were involved in the civil rights movement, so my father, as a chemist at Kodak, actually said, “I support the demand for 600 jobs.”. [That] basically ended his career.

    We lived in this little suburb of Rochester called Irondequoit, which was one mile from the city and my parents had five kids. They decided they needed a bigger house. These suburbs opened up, and they were all white. Literally all white. As a matter of fact, they were sundown towns. They didn’t call them sundown towns, but they were sundown towns, meaning if you were black or a person of colour, and you were there after sundown, you were gonna get hurt, or you were gonna get killed. This was another form of apartheid in America.

    So this little area, Irondequoit, New York, where we lived, was a sundown town, even though we didn’t know that word at the time. But there were no black people who lived there or were permitted. Nobody, no banker would give a black family a mortgage there. Again, this is not Alabama. It’s not Mississippi, it’s Rochester, New York.

    When my father took a stand and supported the demand for the 600 jobs, he was completely -as was my mother -completely demonised by all of our neighbours. The entire neighbourhood stood with Kodak. Even though these were working-class white people, they were standing with Eastman Kodak and insisting that only Kodak should be allowed to make hiring decisions. If Kodak wanted to have an all-white workforce, that was their decision. That’s how it was in 1965 and 1964.

    If you go back further, before the Voting Rights Act was passed in 1965, for instance, in Mississippi and in South Carolina, if you go back even to the year 1900, the African American population in Mississippi and in South Carolina was the majority. It wasn’t a black minority. It was a majority in Mississippi and in South Carolina. How many black voters voted in 1900 in Mississippi and South Carolina? That would be none. Or less than 0.5 percent because the apartheid system’s laws were enforced through terror, the terror of the police department and the terror of the KKK, and they weren’t distinctive organisations. The cops and the Klan weren’t just working hand in hand, as the chant went. They were the same – the same people. So were the judges. So were the bosses and so was the Chamber of Commerce.

    America was so profoundly racist that in 1954, when the Brown vs. Board of Education Decision was taken. That was a decision by the Warren Court, making apartheid, separate, segregated schools no longer legal. It said there was no such thing as “separate but equal schools”, which is where Jim Crow was established in 1896. The Supreme Court in 1954 ruled that it’s not possible to be separate and equal, because the black schools were underfunded, to put it mildly. All of the resources in society were flowing to the white schools, and they said it’s against the law.

    So what happened in response to the Brown v. Board of Education? There was the beginning of the academy movement, and the academy movement was vast number of white people in southern states taking kids out of public schools, even before the first black student was able to come into the public white school, and they created private academies. This is like the charter school movement. Where it really started was that the government then took public monies and gave it to private academies, who would use religious criteria and other false, BS metrics, to basically make sure they were all white.

    The academy movement spread everywhere throughout the South. So even though the law of the country changed, meaning you now had to have desegregation, it was the same.

    It was essentially the same. And that was a mass movement.
    National Liberation Revolutions

    Why did the Supreme Court finally, after two centuries, well, not quite 200 years, why did it finally decide to say apartheid was illegal in public schools? Because America had a problem. The problem was, after World War Two, China had a communist revolution.

    North Korea had a revolution. Vietnam had a revolution. Indonesia was having a revolution.

    India was having a revolution. The colonialised people of Asia, Africa, the Middle East were rising up in anti-colonial movements, and they were led by communist parties.

    Ho Chi Minh in Vietnam, Kim Il Sung in North Korea, Mao Tse-tung in China. The US said, “Well, we’re fighting for freedom against these communists”. And the communists would say, “You have apartheid.”, “Where’s that freedom?”, “How can you have apartheid?”, “In the case of Mississippi, [you oppress] the majority of the population, and talk about democracy and freedom?”.

    All the people in the so-called Third World, the Global South, when they heard, wait, the United States has apartheid against black people, and the Soviet Union, and China, and North Korea, and Vietnam are championing the causes of national liberation – it became a gravitational pull towards the communist movement.

    The Warren Court decision in 1954 was the first effort by the American ruling class to overcome this major obstacle in the Cold War, which gave all of the advantage to the communists. They said, we have to start to reform and get rid of apartheid because it doesn’t conform to the new reality of a world that is becoming anti-colonial.

    It was the international situation that actually motivated sectors of the U.S. Ruling class to make this reform. But other sectors of the ruling class thought this was terrible.

    They weren’t thinking about how to compete with the communists in China, or Vietnam, or someplace else. They were [thinking] we want to control the Mississippi. We want to control Alabama. If you start to let the majority – meaning the black population – vote, we are gonna lose control. So we don’t care about China. We care about Mississippi.

    You had a struggle between different sectors in the U.S. Capitalist ruling class. As a Marxist, it’s very important to understand that a class in society, whether it’s the working class, the proletarian, the petty bourgeoisie, the capitalists, whatever class you’re talking about – classes are not monoliths. It’s not like there’s one grand ruling class that all meets together and they have one thought pattern.

    They’re not the ruling class because they all think the same thoughts. They’re the ruling class because they own the banks and corporations. But within that class, they can have different strategic views, different philosophies, etc. So, one section of the ruling class was trying to reform American capitalism away from this extreme racism, and other sectors of the ruling class were promoting what amounted to a mass white racist movement in America.

    If you’re younger, if you think about the civil rights movement – ’50s and ’60s – you think Martin Luther King, Malcolm X, the Black Panther Party, Kwame Ture, Rosa Parks. That’s what we think about. But having been alive at that time and also politically active for the latter part of the 60s, the dominant force was not the civil rights movement. It was the white racist movement. People don’t know that. People think of the 60s as being like this panacea of leftism. You think of Woodstock and anti-war, and then Dr. King’s 1963 March.

    There was a mass movement of white supremacy against the Civil Rights Revolution. And that movement, the white supremacist movement, was defeated.

    And I’ll say a little bit about why it was defeated, but it was defeated. The MAGA movement is the resurrection of that old, defeated white supremacist movement. When they say Make America Great Again, they need to go back to the era where white supremacists had ruled the roost without dispute.

    What they mean by that is not, just white working class people, if they’re reactionary. If they’re racist, they can be pawns in the game, but they’re not owning corporations.

    They don’t have investments in the Middle East. They’re wedded to racist capitalists.

    It’s a form of class collaboration.

    So there was a war going on in the ’50s and ’60s. [Today] the Make America Great Again movement, is really an effort to go back and undo all of the social, economic, and especially cultural achievements that came about as a consequence of the Civil Rights Revolution.

    Again, the fact that this kind of extreme racism greeted the beginning of civil rights reforms was not enough to stop it. Ultimately, because the movement succeeded on many fronts, (even though it’s still a capitalist system), because there were so many cultural, economic, and social changes in America, as a consequence of the Civil Rights Revolution, America has changed, and the right-wing sector of the bourgeoisie in America feels that they need to create a new form of governance to get rid of the social, economic, and cultural changes.

    The 1964 Civil Rights Act made segregation illegal, and the 1965 Voting Rights Act made it impossible for the Southern states to create any voting laws in those states without the agreement of the Justice Department on the federal level. That meant that all of the tricks and patterns of racist disenfranchisement in Southern states was no longer allowed.

    And there was a flourishing of black political representation in the South.
    How did the Civil Rights Movement Achieve Changes?

    I would say those two bills, the 1964 Voting Rights Act and the 65 Voting Rights Act, are by far the biggest, most important, most far-reaching pieces of legislation in American history. How did it happen?

    If you look at the U.S. Congress in 1964, that passed these two far-reaching bills. From a point of view of demographic composition, it’s exactly the same as Congress in 1954, when it upheld apartheid. There were very few black representatives. The Congress was dominated by the Dixiecrats – the Southern Bloc. It’s the same Congress.

    So how did this Congress that was so reactionary and racist in 1954 have the most far-reaching legislation in American history one decade later? Well, they didn’t change. People changed. The masses of people, by the millions, changed because they became political actors. The civil rights movement was the activation of tens of millions of “ordinary people” who became political.

    When we look at Minneapolis, what just happened on January 23rd, that was not 100,000 socialists. I mean, maybe in a year or two, they’ll be socialists. If all goes well – if they’re watching our classes.

    (laughter)

    But no, that’s not what motivated them. What motivated them was the brutality of ICE.

    The terrible right-wing assault by the Trump administration. And when people get involved in the struggle, like take Alex Pretti, who was assassinated. He’s an intensive care unit nurse at a VA hospital. He was leading his life. He was doing good deeds.

    He was obviously a conscientious and beloved medical professional, but he wasn’t going out Saturday mornings with his cell phone to, you know, film ICE agents or police agents.

    He was one of those 100s of 1000s of Americans around the country who have been brought into politics right now.

    And what brought them into politics? It wasn’t only Trump, and it wasn’t only Project 2025. It wasn’t only the assault on our basic Democratic rights in the United States. It was also what happened starting on October 8, 2023 – Palestine. How many millions of young people, in particular, many who are probably in this room, came to demonstrations not once, not twice, not once a year, not a conference once in a while, but all the time?

    They were witnessing a genocide in real time on their smartphones. [For] the first time, people who weren’t at the battlefront or at the scene of a genocide – we watched it.

    And we also knew that the government, that speaks in our name, was lying. The government that sends our tax dollars to fund the genocide was lying. [We know] that all of their arguments – like in the early days – remember when a hospital was blown up, and the Israelis said: “Well, that was a Hamas rocket that misfired and it landed on the hospital.” Then there was two weeks of debate in the New York Times, on MSNBC, in Fox News, like, “Who destroyed the hospital?”

    Well, a year later, all the hospitals were destroyed. There’s no question about why they’re destroyed. The Israelis destroyed them. Every university was destroyed because the Israelis blew them up. If people had just been at home watching, they might have been mortified, they might have been upset, they might have wanted to change the channel because it’s so disturbing.

    But if you’re in the streets, if you’re organising, if you’re with your fellow students or coworkers, or people in your community, or your family – and you’re in the streets, and you’re out there every day, when it’s cold, or when it’s raining, no matter what, you’re there with the Palestinians – and then you see how the lies are being presented by the capitalist media, you realise that the problem, the problem here isn’t a bad policy. The problem isn’t a mistaken policy. The problem isn’t a bad politician or a mistaken politician. The problem really is a system. And then you think, “Well, what is this system?”, “Does it have a name?”.

    If you ask school kids, what’s the name of the U.S. System? They might say democracy or republic. Nobody in the past would have said, oh, we live in the capitalist system, and all the problems that we’re facing or seen are the problems of capitalism. But when you’re in struggle, and this, this phenomenon, this process is taking place, and you’re looking for answers in your thinking and seeing for yourself, it’s not a mistaken foreign policy, a mistaken lead, or a bad party, as opposed to a good party. When you realise it’s a system, then you want to know what this system is.

    Who benefits from it? Who profits from it? What’s it called? How did it evolve? How did it get here? And you also think, “Can we have a different system?”.

    I mean, the kings and queens of medieval Europe told the serfs, “This is how God wanted it”. “You’re a serf, and I’m a noble because this is God’s will.”. A lot of serfs believed that, because they were devout religious folks who went to church and the clergy – who was the 2nd estate, along with the nobility – told them” yeah, this is exactly what God wants.” “This is exactly… you do all the work, we pray, and all the money goes to the church and to the king.”

    Then, finally, there’s a revolutionary process, and people realise, “Well, no, this is not what God wants. This is a system that benefits a ruling class, and we can have a new system.”

    And once you have a new system, you don’t normally want to go back to the old system.

    There’s not a yearning in Europe right now, in spite of how messed up Europe’s politics is, nobody’s thinking like, can’t we have an absolute monarch? There’s not some beck and call for a return to medievalism. In fact, if somebody said, “yeah, let’s have the farm workers be serfs.”, they would be, they would be destroyed. It would be completely impossible.

    MAGA wants to go back to the old system before the Civil Rights Revolution and say, “Let’s go back.” People don’t want to go back. Some people may want to go back. I mean, what is MAGA really, and what is Project 2025? It’s a coalition of two things. There’s two wings to this:

    The MAGA – Make America Great Again – is really a vessel, really just for Donald Trump.

    And Trump was this seemingly anomalous, weird, reactionary reality TV guy.

    Uh, very different from all other politicians, catering to sort of anti-immigrant, racist notions, especially in the white population and especially the rural white population. The electoral system is constructed that gives a great advantage to rural and small towns in America – even though 87 percent of the people in the country live in urban areas, which are generally not aligned politically and ideologically, and culturally with what MAGA stands for.

    So MAGA, in one sense, is a vessel for Trump, who became a popular politician with what part of the population? Maybe 30 percent? Not really more. It’s probably 30 percent.

    Project 2025 is something different. Project 2025’s author is Russell Vought.

    Russell Vought is a long-time, semi… I don’t know, when do you call somebody a fascist or a semi-fascist? I mean, it’s a judgment call. But Vought believes that the problem in America was the Civil Rights Revolution because the Civil Rights Revolution detonated other movements: the women’s rights movement, what was at that time called the gay liberation movement, the movement that allowed disabled people to have access to things, the environmental protection movement that inhibited what corporations could do, that regulated and told corporations, they couldn’t completely poison the air and water, the lakes and rivers and air, at their own discretion, that there had to be some government oversight. That came also from the Civil Rights Revolution.

    Russell Vought believes that the Democratic Party and the sector of the ruling class that’s aligned with the Democratic Party accommodated themselves to the Civil Rights Revolution changes because they are communists. He believes the Democratic Party leadership is communist. What does that make us, then? They actually believe it.

    When you read Russell Vought’s stuff, he [says] these people are communists, and the reason he knows they’re communists is that they supported civil rights. Now, they didn’t really support civil rights, but the Democratic Party acclimated itself to the demands of the civil rights movement when they became institutionalised.

    I have this quote [that Andrea Lucas], head of the Equal Employment Opportunity Commission, just made an announcement that she’s urging all white male employees who feel that they have been the victims of racism and discrimination to come forward and file a claim with the EEOC.

    [That is] an agency designed for and created by the civil rights movement, to remedy past discrimination, like what I was showing you about Eastman Kodak, where black people could not get jobs. I also worked at Bausch and Lomb in Rochester, which makes eyeglass lenses.

    In 1965, there were 8,000 workers [and] zero African American workers. And now the EEOC head leader, Andrea Lucas, is saying, “White men, please come forward and file your claims because we know the real problem in society is that white men have been discriminated against.”.

    When you look at the history of the country, on all fronts, and come to the conclusion, it’s so obviously sort of an appeal to a section of the white population to mobilise them on the basis that whatever problem they are encountering, it’s a consequence of the Civil Rights Revolution.

    Russell Vought and the MAGA leadership, they want to take that part of the white population, galvanise them into a little reactionary, racist army, in order to reverse the social and economic and cultural changes that not only were good for society and good for people, but that inhibited capitalism. You know, those demands that you had to build an access ramp for disabled people, you couldn’t simply pollute the rivers at will, you couldn’t poison the air at will, the Occupational Safety and Health Act. Capitalists have to give workers basic job safety.

    When I worked at Bausch and Lomb, which was in the early 1970s, the temperature there was 125 degrees in the unit. We were using chemicals which were later banned under [Occupational Safety and Health Administration] OSHA. Every week, some worker would have some disgusting, terrible, chemical burn, third-degree burns. There [was] no safety regulations.

    That’s what Project 2025 wants to go back to – this unfettered rule by capitalism. But they couldn’t do it, they couldn’t get the job done unless they had a popular mass movement. So MAGA is the popular mass movement, because Trump was popular with a certain part of the population.

    All the work behind the scenes at the Federalist Society, or [American Legislative Exchange Council] ALEC, or these different agencies and institutions to rewrite the laws against the Civil Rights Revolution, and all the women’s movement, and the social justice movements, and the environmental movement. They were not succeeding, but with Trump, they had a man on horseback. They had what is needed for a right-wing counter-revolution: mass base. These policies are so unpopular that MAGA felt we can [only] do it with a mass base, but the mass base is only 30% of the country.

    So that’s the question, everybody. If they have 30 percent of the population, and 70 percent don’t agree with them – and yet, 70 percent don’t do anything, or the 70% are waiting for November 2026 for a midterm election so they can vote for some Democrats who will immediately compromise with Trump. If that’s the idea – if that’s the thought process – we lose, and MAGA wins.

    But we feel that MAGA won’t win because that’s not what’s going to happen, and we think Minneapolis is a testament to that. Minneapolis is where George Floyd was killed May 25th, 2020. That was the first Trump regime year. Trump tried to use the military against the masses of people in Minneapolis and around the country, including Washington, DC. By May 30th, all the Democratic governors and the mayors, including the mayor of Washington, were going along with the curfews and the suppression.

    Remember, [on June 1] Trump walked across Lafayette Park to have his picture taken with that Bible in front of St. John’s Church, and in order to get there, they had the police just pepper spray and hit all these people who are peaceful protesters with less than lethal munitions, which still cut up your body or destroy your eyes or whatever. He walked through, and he held his Bible there in front of St. John’s. That was the day he had a conference call with every governor saying, “You either crack down, or we’re sending the army.”.

    He wanted to send the army then, just the way he’s sending the military now. And what happened the next day? The next day, instead of the governors and the mayors being able to go along with him, tens of millions of people came into the streets all over the country. That’s what happens if we remember June 1st, June 2nd, June 3rd, 2020. That went on for six weeks, and it changed the whole narrative.

    Even the NFL and Major League Baseball were [saying] “Let’s take a knee.” Like, really? These billionaires, [were saying] “Yeah, let’s take a knee. Yeah, and the Confederate statue, that has to come down. We hate that. It’s been there for 100 years, and we loved it last year, but now we hate it. We really hate it, and it doesn’t stand for what we believe in.”

    The whole narrative shifted for a moment, but it was just a moment because everything then kind of got sidetracked into, “Well, who are you going to vote for – Biden or Trump?” So all of the energy from the street, which was so dynamic, it was 35 million people in the street. Everybody said, “Let’s really make a difference by electing Biden so we don’t have a second Trump administration.”

    All of the energy got funneled into the Democratic Party and into the election of Biden.

    And what did Biden do? He reversed all the COVID aid programs. You know, the COVID aid program, which came under Trump and then Biden: You got $300 a month per child, every family. That brought childhood poverty in America down 50 percent in one year. Biden ended the program.

    It shows that childhood poverty is a policy choice, right? They decided to spend the money on something else, not on that program. If you can eliminate childhood poverty by half, in one year, it shows it’s a completely remediable problem. So it’s a policy choice.

    So, our movement went with the Democrats because that’s the game. The game is: “You hate the Republicans enough, you hate [Trump] enough. We gotta get him out of there.”

    And who’s gonna take his place? Well, it’s gonna be a Democrat, because the system is rigged so that only one of the two ruling class parties has a chance of winning.

    I’m with the Party for Socialism and Liberation. [PSL Presidential candidate] Claudia de la Cruz and [Vice Presidential candidate] Karina Garcia ran a great campaign, promoted socialism, got a huge number of votes, but they’re excluded from the TV debates.

    They don’t have $3 billion for TV ads. In many of the places we got on the ballot, the Democrats then spent $100 million to get us off the ballot, and we were a minor party.

    But they spent an enormous amount of money in Georgia, Pennsylvania, Ohio. The system is rigged.

    So if you really want change – which we all do – it’s understandable why people would want to vote Trump out and the Republicans out. Understandable. Got it. But that’s not where change comes from, because then what happens is that the Democrats, essentially, because they are a ruling class party, either compromise with the far right, or go even further in some way. In the case of war and peace, the Democrats, I would say, are even worse.

    If we think back to what I said a few minutes ago, where does change come from? It’s not the politicians – not changing the politicians. That Congress, in 1964, was the same Congress as 1954. Yet, the same Congress passed the most far-reaching legislation in American history, the Civil Rights Act, and the Voting Rights Act, not because they changed. We changed – meaning we became political. We became active. Our communities became active.

    The people, once organised, become an irresistible force. There are two kinds of change that can take place: far-reaching economic reform or revolution.

    Now, there have been two revolutions in the United States, well, two and a half. The American Revolution was a political revolution. But at the end of that war, the slave owners were still the slave owners, the enslaved people were still the enslaved people. The social fabric of society was not altered. It was just that the ruling class colonists became independent from the British ruling class. Doesn’t mean it wasn’t unimportant, but that’s what it was.

    The U.S. Civil War was more of a real revolution because the system of enslavement – [where] enslaved people constituted the centre of the American proletariat – that system ended, and it hasn’t come back yet. I don’t mean it’s coming back.

    In fact, it kind of came back, five years later, ten years later, with the defeat of Reconstruction, the bloody counter-revolution in the South, when Northern capitalists betrayed the struggle for equality and freedom, by cooperating with – rather than fighting against – the old, defeated slaveocracy.

    And then this defeated slaveocracy told the story of the Civil War from their point of view.

    In New York City, right up until the 1930s, the Civil War was taught from the point of view of the Southern defeated slave owners. It was only the teachers’ union in New York that insisted that the war be taught to New York City public students from the vantage point of the North.

    That was because the teachers’ union was led by communists at that time. They insisted that the North teach the Northern version of the Civil War. So in a way, the South won the Civil War, even though the system of slavery, which had been the centrepiece of labour in the South, was formally and technically and legally ended (unless you’re incarcerated, in which case, the Constitution says, you are enslaved, you can be enslaved.).

    So how does change happen? It’s not gonna be by supporting the Democrats. It’s not gonna be by supporting the lesser evil. The problem really is the system. The ruling class has different factions and tendencies. If our movement says, “Look, one section of the ruling class is really bad. So we’re gonna follow and be tied to another section of the ruling class.”, then the idea of system change goes away.

    If you believe that the real problem is the system and that society could be reorganised, such, for instance, that a new Constitution would say, “Bill of Rights, number one: free healthcare for every person in the United States. Every person who lives here, not just citizens. Number two: free education up to and through secondary education. Absolutely free. Third: housing must be affordable, no one can take your home from you, and housing can never be, say, more than 6% of your income, or free. Four: that you are guaranteed employment at a good salary, or if you can’t work, that you’re entitled to a basic income that can never be taken from you.”

    These are the first four rights. The only rights that we have in our Bill of Rights are our inhibitions on what the government can’t do. It can’t inhibit our free speech. So homeless people have a right to speak, but they don’t have a right to a home, right? If you’ve gone bankrupt because you can’t pay your doctor’s bill, you have a right to speak about that, but you don’t have the right to go to a doctor for free.

    So instead of having a bill of rights that are simply inhibitions or prohibitions about what the government can’t do on the political level, a Socialist Bill of Rights would be what society guarantees to every person. I was in Cuba recently. Cuba is suffering. Cuba is really suffering because of the blockade. I mean, in the 60s and early 70s by Caribbean standards, Cuba was affluent. [its] healthcare system second to none. Life expectancy [is] still the same as the United States, in spite of the blockade. But they can’t buy anything. They can’t sell anything. [The country] can’t trade. They can’t do any of that. There’s blackouts every day; it’s terrible.

    Article 5 of the Cuban Constitution says the state has an obligation to provide free healthcare services to all of the people who are on the island of Cuba for their entire lifetime, from the time they’re born till the time they die. Here’s a country that’s so poor because of the blockade, and yet they make a legal guarantee to their people that healthcare is a right, not a privilege. If Cuba can do that under these circumstances, just think of what the United States can do.

    Zoran Mandani’s election was a stupendous blow against the MAGA narrative about how right-wing the country is going to be. His demands are positive and progressive, like free buses. That’s great. They should be free. So should subways. So should healthcare.

    So should the things that I just talked about.

    The way to do it is we have to build an independent people’s movement that has – I believe – socialist understanding, socialist values, socialist and perspective, perspective about how change happens, that people make change. When we change, because we become politically active and [are] struggling, then change happens – whether it’s far-reaching reforms like the civil rights movement or environmental protection, or even more profound change of revolution. It’s when we change, when the people change.

    And so that’s when we go out and demonstrate, when we leaflet, when we do all the things that we’re doing. We’re not trying to impress Donald Trump or Chuck Schumer. We’re trying to reach out to the people in the working class – the young people, especially. The people who are the agents have changed. Because if they become involved, as we’re involved, we can make the change that we want.

    Brian Becker is a founding member of the Central Committee of the Party for Socialism and Liberation, the National Director of ANSWER Coalition, and host of The Socialist Program.

    https://en.wikipedia.org/wiki/A.N.S.W.E.R.

    #USA #révolution #racisme #trumpisme #histoire #lutte_des_classes

  • Ohne Verfahren, ohne Urteil - Dem Palästinenser Abdallah A. wurde wegen Social-Media-Beiträgen die Staatsbürgerschaft entzogen
    https://www.unsere-zeit.de/ohne-verfahren-ohne-urteil-4816064

    Bürger dritter Klasse : Wer Israels Völkermord in Gaza verurteilt, fängt sich harte Repression ein. (Foto : conceptphoto.info / Wikimedia Commons / CC BY 2.0 / Bearb. : UZ)

    L’Allemagne ranime au fur et à mesure le système de l’injustice nazie qu’on croyait rélégué dans les colonnes des livres d’histoire. Après l’introduction de la possibilité de livrer des Allemands à la justice de pays étrangers le dernier changement de loi qui m’avait échappé permet à l’état de nous priver de notre nationalité et de nous rendre apatrides par une simple décision administrative.

    Pour les contestataires et défenseurs des classes populaires l’état de droit allemand fait désormais partie du passé. Bienvenue dans la dictature des classes dominantes.

    Der Angriff auf die Grundrechte in der Bundesrepublik Deutschland geht ungebremst weiter. Aufgrund von Beiträgen in sozialen Medien wurde Abdallah A. die deutsche Staatsbürgerschaft entzogen, ohne dass ein Strafverfahren stattgefunden hätte oder eine Verurteilung vorläge. Er wurde im Libanon in eine palästinensische Familie geboren, kam als erst zwei Monate alter Säugling nach Deutschland, und hat alle 36 Jahre seines Lebens in diesem Land verbracht. Es dauerte dennoch bis zum September 2025, bis ihm endlich die deutsche Staatsangehörigkeit verliehen wurde. Zwei Monate später wurde sie ihm wieder entzogen. Der absurde Vorwand dafür war ein Social-Media-Beitrag von Abdallah A., der als Sympathiebekundung für die Hamas eingestuft wurde, die Israels Existenzrecht leugne.

    Im gesamten Vorgang offenbarte sich ein koordiniertes Vorgehen der Medien, des Landesamtes für Einwanderung (LEA) und des „Verfassungsschutzes“, um das Aufenthaltsrecht zu einem politischen Instrument gegen die Meinungs- und Versammlungsfreiheit zu machen. Nach Angaben des LEA fallen die Maßnahmen unter Paragraf 35 des Staatsangehörigkeitsgesetzes, der den Widerruf einer Einbürgerung aufgrund „arglistiger Täuschung“ erlaubt. Der Fall betrifft insbesondere eine Bestimmung aus der Einbürgerungsrechtsreform zum „Schutz des jüdischen Lebens“ von 2024. Die Behörden argumentieren, dass Abdallah während des Einbürgerungsverfahrens ein Bekenntnis zur freiheitlich-demokratischen Grundordnung (FDGO) abgegeben habe, gegen die er verstoßen habe. Nach dieser Logik werden die politischen Meinungen eingebürgerter Bürger bestraft. Sie gibt den Behörden großen Spielraum, politische Äußerungen entsprechend ihrer Klassen- und politischen Inte­ressen zu interpretieren.

    Da ihm die Staatsbürgerschaft entzogen wurde, ist Abdallah nun staatenlos und kann abgeschoben werden. Das stellt eine Bedrohung für alle eingebürgerten Bürger dar, die ihre Meinung öffentlich äußern und am politischen Leben teilnehmen. Für eingebürgerte Deutsche bleibt die Staatsangehörigkeit während eines Zeitraums von zehn Jahren unsicher, in dem sie widerrufen werden kann. Ein Jahrzehnt lang müssen sie in der Unsicherheit leben, durch einen Social-Media-Beitrag oder eine politische Aussage ins Visier der Einwanderungsbehörde zu geraten.

    Die Bezeichnung „Hamas-Unterstützer“ hat sich zu einem mächtigen ideologischen und rechtlichen Instrument entwickelt, das Auswirkungen auf eine Vielzahl von Fällen hat. Dazu gehören Organisations-Verbote wie gegen Palästina Solidarität Duisburg (PSDU) oder das Gefangenenhilfswerk Samidoun. Hinzu kommen zahlreiche persönliche Schicksale und Berufsverbote, die ebenfalls große politische Bedeutung haben.

    Die Rolle der deutschen Medien darf dabei keinesfalls heruntergespielt werden. Es waren ihre Presseanfragen an Berliner Behörden, die den „Verfassungsschutz“ veranlassten, ein zweiseitiges Dossier über Abdallahs Beiträge zusammenzustellen und das Verfahren einzuleiten. In den Schlagzeilen wird A. als „Terrorsympathisant“ dargestellt, während er selbst erklärt: „Meine Solidarität gilt einzig und allein dem palästinensischen Volk, meinem Volk“.

    #Allemagne #capitalisme #droit #administration #racisme #xénophobie #siionisme

  • Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie : la CNCDH publie son rapport 2025

    Face à un climat de polarisation, l’adhésion des citoyens français aux valeurs de tolérance montre une résilience remarquable. Le rapport annuel de la CNCDH dresse un bilan de l’année 2025, marqué par une hausse des actes de haine sur le terrain.

    Un indice de tolérance élevé et stable

    Malgré la diffusion de discours de défiance, l’Indice longitudinal de tolérance se stabilise à 64/100, un score identique à celui de 2024 et proche de son record historique. Cette dynamique est portée par des facteurs structurels (élévation du niveau de diplôme, renouvellement générationnel), les jeunes générations affichant jusqu’à 25 points de tolérance en plus que leurs aînés sur certains sujets.

    Cependant, des préjugés spécifiques restent ancrés. 64 % des Français perçoivent toujours les Roms comme « un groupe à part », tandis que 59 % partagent l’idée que de nombreux immigrés viennent uniquement pour profiter de la protection sociale. Enfin, 35 % estiment encore que les personnes juives ont un rapport particulier à l’argent (un chiffre qui grimpe à 48 % chez les plus de 70 ans).

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/06/30/la-cncdh-publie-le-rapport-2023-sur-la-lutte-contre-le-racisme-lantisemitisme-et-la-xenophobie/#comment-74932

    #racisme #france

  • Tout continue comme avant
    https://lundi.am/Tout-continue-comme-avant

    Tout continue comme avant. C’est à tout le moins ce que suggère le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, publié jeudi 25 juin 2026. Les Roms demeurent la figure de l’altérité maximale pour la population française.

    #Roms #Rroms #Sintés #voyageurs #racisme #France et beaucoup de citation de #Roswitha_Scholz donc #théorie_critique

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

    –-

    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

    –-

    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • Xénophobie en Afrique du Sud : les opérations de rapatriement volontaire de migrants se poursuivent
    https://www.dakaractu.com/Xenophobie-en-Afrique-du-Sud-les-operations-de-rapatriement-volontaire-de

    Xénophobie en Afrique du Sud : les opérations de rapatriement volontaire de migrants se poursuivent
    En Afrique du Sud, les opérations de rapatriement volontaire se poursuivent, organisées par certains pays dont les ressortissants ont peur des représailles, à l’approche du 30 juin, date à laquelle plusieurs organisations militant contre l’immigration illégale ont annoncé de nouvelles actions. Beaucoup d’immigrés cherchent donc à quitter les lieux.Le Ghana, le Mozambique, le Nigeria ou encore la Zambie ont déjà permis à des centaines de leurs ressortissants de rentrer. Différents incidents liés aux tensions xénophobes ont causé la mort de trois étrangers, tous Africains, cette année, selon les chiffres des autorités sud-africaines.Dans la ville du Cap, des centaines de Zimbabwéens s’étaient récemment rassemblés devant leur consulat pour demander à être rapatriés, ne se sentant plus en sécurité. Ils sont restés plusieurs jours dans le froid de l’hiver austral. Les opérations pour les ramener dans leur pays ont finalement débuté.
    La même situation s’est présentée du côté de Durban, à une plus grande échelle, avec environ 10 000 Malawiens qui ont quitté leurs habitations et campaient dans un espace communautaire surpeuplé de la ville. Cinq mille personnes ont déjà été rapatriées, selon les autorités et un deuxième site a été aménagé afin de mieux accueillir ceux en attente. De nouveaux ressortissants en provenance de la région ont afflué, alors qu’une manifestation a dégénéré le 19 juin dans la ville de Pietermaritzburg, dans l’est du pays, et qu’un Malawien de 29 ans est décédé.À la mi-juin, plus de 2 700 étrangers avaient déjà été volontairement renvoyés dans leur pays d’origine, suite aux annonces du président Cyril Ramaphosa promettant notamment de renforcer les contrôles contre l’emploi de personnes en situation irrégulière.
    L’Afrique du Sud est en proie depuis plusieurs mois à des manifestations dans tout le pays réclamant le départ des immigrés clandestins, certaines fixant la date du 30 juin comme une forme d’ultimatum, en dehors de toute légalité. Plus de trois millions d’étrangers vivent en Afrique du Sud, soit 5,1% de la population, selon l’agence nationale de statistiques et le dernier recensement conduit en 2022.

    #Covid-19#migration#migrant#afriquedusud#nigeria#ghana#mozambique#zambie#racisme#retour#migrationirreguliere#rapatriement#sante

  • À #Paris, le mauvais méli-mélo du #préfet de police pour interdire un concert organisé par #LFI | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/180626/paris-le-mauvais-meli-melo-du-prefet-de-police-pour-interdire-un-concert-o
    #barbes
    dans la foulée d’un rassemblement « entre Barbès et la place de la #République »

    La #préfecture argue ensuite qu’elle ne peut assurer de manière certaine la sécurisation du lieu, puisque « les forces de sécurité intérieure seront particulièrement mobilisées » sur d’autres sites pendant la Fête de la musique. Elle rappelle les incidents qui avaient eu lieu le 21 juin 2025 à Châtelet-les-Halles, mais aussi les récentes « #exactions » lors de la finale de la Ligue des champions le 30 mai. Elle invoque par ailleurs le contexte « de menace terroriste aiguë ayant conduit au relèvement du plan Vigipirate ».

    Une démonstration qui a de quoi laisser perplexe : pourquoi dès lors autoriser #Spotify à organiser une soirée gratuite, et qui s’annonce massive, avec DJ sets et concerts place de la Bastille, à seulement quatre stations de métro ?

    Un arrêté « rempli de faussetés » pour #Médine
    Le troisième argument avancé par la préfecture est plus étonnant encore. Il concerne le profil des artistes prétendument invités à monter sur scène, à savoir les rappeurs Médine et #Soso_Maness. Au premier, elle reproche ses « #prises_de_position_controversées » et lui impute un « soutien sans équivoque » à Dieudonné et un tweet « jugé antisémite » – des accusations battues en brèche par le rappeur qui s’en est maintes fois expliqué. Au second, elle fait grief d’avoir scandé le slogan « tout le monde déteste la police » en marge d’un #concert de la Fête de L’Humanité.

    Mais problème : au-delà des raisons discutables invoquées par les autorités, aucun de ces artistes n’a en réalité été convié à monter sur scène par LFI, le 21 juin. S’il a un temps été envisagé comme possible intervenant, Soso Maness confirme à #Mediapart n’avoir pas été « prévu ».

    Également contacté, Médine dément lui aussi avoir été programmé, bien qu’il ait été tête d’affiche l’an passé et compte participer à la marche qui précède le concert. Il dénonce l’arrêté de la préfecture « rempli de faussetés [le] concernant ». La militante #Assa_Traoré, elle, est présentée par la préfecture de Paris comme devant monter sur scène place de la République, alors qu’elle doit seulement participer à la marche contre le #racisme avec le #Comité_Adama.

    lien avec l’actualité strasbourgeoise ?
    https://www.rue89strasbourg.com/strasbourg-lfi-phare-citadelle-meeting-soutien-palestine-390993

    • Ne pas confondre avec le concert pro-israélien qui, lui, semble avoir les faveurs du préfet.
      https://www.i24news.tv/fr/actu/vu-sur-i24news/artc-fete-de-la-musique-a-paris-israel-a-l-honneur

      À l’occasion de la Fête de la musique, l’association The Truth organise un événement inédit à Paris : une grande célébration de la musique israélienne sur la place Victor-Hugo, dans le 16e arrondissement.

      Invité sur i24NEWS, Alexandre François, vice-président de l’association, a présenté cette initiative comme un moment de rassemblement et de partage. « Dès qu’on parle d’Israël en France, c’est un acte de résistance », affirme-t-il. Un constat qui a poussé les organisateurs à mettre à l’honneur une culture qu’ils jugent trop souvent réduite aux seuls enjeux politiques.

      Au programme : artistes israéliens, chanteurs franco-israéliens et DJ venus faire découvrir la richesse et la diversité de la scène musicale israélienne. Parmi les invités figurent notamment Tal Vaknin, les interprètes de la comédie musicale Le Sel et le Miel, ainsi que plusieurs DJ populaires auprès du public israélien.

      […]

      L’événement, qui se déroulera de 17h à 21h, bénéficiera d’un important dispositif de sécurité mis en place en coordination avec les autorités françaises et le SPCJ. Une organisation désormais bien rodée puisque cette fête est organisée pour la troisième année consécutive.

    • Fête de la Musique : Tal Vaknin, réserviste et soutien de l’armée israélienne, monte sur scène à Paris
      https://www.aa.com.tr/fr/france/f%C3%AAte-de-la-musique-tal-vaknin-r%C3%A9serviste-et-soutien-de-l-arm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-monte-sur-sc%C3%A8ne-%C3%A0-paris/3971927

      Un concert de musique israélienne mettant à l’affiche le chanteur Tal Vaknin, réserviste actif ayant publiquement affiché son soutien à l’armée israélienne, soupçonnée de génocide à Gaza par plusieurs institutions internationales, est organisé place Victor Hugo à Paris.

      L’artiste, qui s’est fréquemment mis en scène en uniforme militaire, chantant des hymnes de soutien et des prières pour les troupes de Tsahal, va se produire dimanche lors d’un concert parrainé par l’association « The Truth », de 17h00 à 21h00 dans le cadre de la Fête de la Musique.

      Jeudi, un concert gratuit organisé par le mouvement la France Insoumise (LFI), programmé dimanche soir place de la République, avait été annulé par arrêté préfectoral.

      La préfecture a invoqué le risque de troubles à l’ordre public et la présence d’« invités controversés ».

      Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement LFI, avait réagi avec virulence, dénonçant un « scandale démocratique grave ».

      Il avait accusé le président du CRIF, Yonathan Arfi, et le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil, d’avoir fait pression sur le préfet pour obtenir l’interdiction du concert LFI.

      Un recours en référé a été déposé en urgence contre l’arrêté devant le tribunal administratif.

    • Et finalement, La France insoumise obtient gain de cause. Le tribunal administratif a décidé, ce vendredi 19 juin, de suspendre l’interdiction émise par la préfecture de police de Paris concernant les concerts organisés par le mouvement mélenchoniste place de la République pour la Fête de la musique, avançant « qu’aucun des éléments produits par le préfet ne permettait de conforter [les risques de troubles à l’ordre public] ».

      https://www.liberation.fr/politique/fete-de-la-musique-le-tribunal-administratif-autorise-le-concert-de-lfi-a

    • Dans l’article de Libé signalé par MadMeg

      L’événement pensé dans le prolongement de « la marche contre le racisme et l’extrême droite » lancée par le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko – et qui, en début d’après-midi, s’élancera à Paris de Barbès pour descendre le boulevard Magenta – pourra donc bien se tenir dimanche.

      Dans un autre un peu plus tard.
      Bras de fer La Licra demande au maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, de ne plus utiliser un logo ressemblant au sien
      https://www.liberation.fr/politique/la-licra-demande-au-maire-de-saint-denis-bally-bagayoko-de-ne-plus-utilis

      Un symbole similaire aux trois visages de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) est utilisé par la commune depuis 2024, avant l’élection du nouveau maire insoumis. Ce dernier critique le timing de la requête.

      https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/seine-saint-denis/la-licra-reclame-le-retrait-d-un-logo-de-saint-denis-semb

      La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme demande à la municipalité de Saint-Denis d’abandonner son identité visuelle aux trois visages, pointant un risque de confusion avec sa propre marque. Une démarche purement technique selon l’association, mais fermement contestée par le nouvel édile Bally Bagayoko, qui dénonce un calendrier suspect et un coût financier lourd pour la commune.

      La Licra qui reproche à Bally Bagayoko de copier sa marque. ça va me faire la journée. Je connais l’idéologie de la licra qui est moins nette que la nouvelle france du maire de 93 et de son compagnonnage.

  • Ende einer Ära : Lassen die Russen in Israel Netanjahu fallen ?
    https://www.berliner-zeitung.de/article/ende-einer-aera-lassen-die-russen-in-israel-netanjahu-fallen-101015

    Israel : les Russes ont donné la victoire électorale à Bibi et ils le feront perdre si on veut croire les sondages. Pire, les extrémistes religueux parmi les sionistes de droite ont fait voter une lois qui exige des jeunes couples qui veulent se marier une sorte de « Ariernachweis » juif qui risque de les faire perdre leur privilèges de vrais juifs si les données fournies sont incomplètes ou font apparaitre une grand mère goï.

    Mort de rire. Ils l’ont voulu. C’est un état démocratique.

    https://de.wikipedia.org/wiki/Ariernachweis

    17.6.2026 von Lily Galili aus Tel Aviv - Die Einwanderer aus der Sowjetunion spüren die Politik der radikalen Religiösen. Sie fühlen sich von Netanjahu verraten und könnten ihn nun zu Fall bringen.

    Dies ist ein Open-Source-Beitrag. Die Berliner Zeitung und die Ostdeutsche Allgemeine geben allen Interessierten die Möglichkeit, Texte mit inhaltlicher Relevanz und professionellen Qualitätsstandards anzubieten.

    Vor genau 30 Jahren nahm die Geschichte Israels eine Wendung, die die Geschicke des Landes bis heute bestimmt: Im Jahr 1996 wurde Benjamin Netanjahu, der Vorsitzende der rechtsgerichteten Likud-Partei, Premierminister Israels. Er verdankte seinen Sprung an die Macht den „Russen“: Die konfessionelle Partei der Neuankömmlinge aus der ehemaligen Sowjetunion schloss sich seiner Koalition an und veränderte damit die israelische Politik für Jahrzehnte. Die Ironie der Geschichte: Der Erste, der den Wandel, der folgen sollte, voraussah, war Jassir Arafat, der damalige Vorsitzende der Palästinensischen Befreiungsbewegung PLO.

    Bereits in einem sehr frühen Stadium der 1995 unterzeichneten Oslo-Abkommen erklärte Arafat dem israelischen Abgeordneten Schabak, es sei notwendig, die Verhandlungen zu beschleunigen, bevor eine Flut dieser Einwanderer eintreffe und die politische Bühne verändere. Genau diese Entwicklung trat ein: Geprägt von dem Regime, dem sie entkommen waren, verachteten sie alles, was mit Kommunismus und Sozialismus zu tun hatte. Sie zahlten einen unverhältnismäßig hohen Preis in der tragischen Serie von Terroranschlägen, die die Oslo-Abkommen begleiteten.

    Sie blieben dem rechten Block treu. Ihre Stimmen verteilten sich im Wesentlichen auf den von ihnen verehrten Netanjahu und auf Avigdor Lieberman, den Vorsitzenden der Partei Jisrael Beitenu. Lieberman war selbst einst aus der Sowjetunion gekommen und war jahrelang Netanjahus politischer Verbündeter. Die Linke unternahm so gut wie nichts, um die Einwanderer für sich zu gewinnen.

    30 Jahre später, bei den anstehenden Wahlen im Oktober 2026, kann die „russische Wählerschaft“ erneut über das politische Schicksal und damit sogar über die Zukunft Israels entscheiden. Sie stellt mittlerweile 15 bis 18 der 120 Sitze in der Knesset. Sie ist nicht mehr der einst nahezu homogene rechte Block.

    Knapp vier Monate vor den Wahlen stellt sich nicht die Frage, wen sie wählen, sondern ob sie überhaupt wählen gehen. Jüngste Umfragen zeigen, dass ein hoher Prozentsatz des in Israel definierten „russischen Sektors“ weiterhin unentschlossen ist oder tendenziell nicht zur Wahl geht. Nur noch 25 Prozent dieses Sektors unterstützen die Regierungskoalition. Das sind sehr schlechte Nachrichten für Netanjahu.
    Gesetze, die den Bedürfnissen der Ultraorthodoxen dienen

    Viele Faktoren tragen zu diesem Wandel bei. Netanjahus größtes, unlösbares Problem ist die aktuelle Koalition. Sein Bündnis mit den Ultraorthodoxen hat die russischsprachigen Wähler entfremdet. Das Bündnis geht auf deren Kosten. Netanjahu weiß das und hat eine bewusste Entscheidung getroffen. Anders als die russische Gemeinschaft, sind die Ultraorthodoxen eine sichere Bank für zukünftige Koalitionen. Er hat ihnen unvorstellbare Summen Geld gegeben, aber noch schlimmer: Er hat Gesetze erlassen und gefördert, die ausschließlich ihren Bedürfnissen dienen und alle anderen vernachlässigen.

    Die russische Gemeinschaft – über alle Generationen hinweg – ist das Hauptopfer der israelischen Orthodoxie. Mehr als 350.000 Einwanderer und ihre in Israel geborenen Kinder gelten nach den geltenden orthodoxen Gesetzen nicht als Juden. Im Judentum wird die Religion des Kindes von der Mutter bestimmt.

    Andererseits waren Mischehen sehr verbreitet. In der Sowjetunion war dies häufig der Fall. Wenn die Mutter nicht jüdisch war, galt das in Israel geborene Kind eines Einwanderers nicht als jüdisch. Die Kinder hätten konvertieren können, doch viele weigerten sich. Sie fühlten sich ohnehin als Israelis, leisteten ihren Wehrdienst, waren Teil der israelischen Gesellschaft und empfanden die Notwendigkeit der Konversion als Beleidigung.

    Immer radikalere Forderungen

    Es gab allerdings Einschränkungen: Ohne Konversion konnten sie in Israel offiziell nicht heiraten, da traditionelle Eheschließungen und Scheidungen ausschließlich der rabbinischen Autorität unterstanden. Sie konnten nicht auf einem jüdischen Friedhof beerdigt werden; selbst auf Militärfriedhöfen herrschte ein gewisser Abstand zwischen dem jüdischen gefallenen Soldaten und seinem nichtjüdischen Kameraden. Das war schon immer so, doch heute wird von den radikalen Religiösen eine viel stärkere Ausgrenzung vorangetrieben. Netanjahu hat seinen mäßigenden Einfluss an die orthodoxen Partner verloren. Die Forderungen werden immer radikaler.

    Erst kürzlich starb ein 102 Jahre alter Veteran des Zweiten Weltkriegs nach Jahrzehnten in Israel. Seine Beerdigung verzögerte sich, da das Rabbinat plötzlich eine weitere Bestätigung seiner jüdischen Abstammung verlangte. Angesichts der zunehmenden Religiosität in Israel häufen sich diese Fälle von „Bestätigung der jüdischen Abstammung“, die mitunter sogar DNA-Tests erfordern.

    Über der russischen Gemeinde schwebt ein weiteres Damoklesschwert: Laut dem „Rückkehrgesetz“ – der israelisch-zionistischen Version des Einwanderungsgesetzes – darf jedes Enkelkind eines jüdischen Großvaters die „Alija“ absolvieren, also einwandern. Orthodoxe Juden fordern seit Jahren die Abschaffung jenes Teils des Gesetzes, der Nichtjuden nach Israel bringt. Sollte dies Realität werden, könnten Familien auseinandergerissen werden.

    Ein prominenter Likud-Minister argumentierte in der Knesset mit Bezug auf diese Klausel, dass dieses Gesetz „nur Liebermans Plan dient, eine Armee von Nichtjuden für sich zu gewinnen“. Eine solche Aussage ist nicht nur für Lieberman, sondern für den Großteil der russischen Gemeinde beleidigend.

    Foto
    Auch am 6. Juni kam es auf den Straßen von Tel Aviv zum Protest gegen Benjamin Netanjahu. © Gideon Markowicz/imago

    Ein zynisches und schmerzhaftes Argument

    Die jüngere Generation, im wehrpflichtigen Alter, verfolgt die jüngsten Entwicklungen mit Wut. Nichtjuden dienen in Kampfeinheiten, viele von ihnen freiwillig, obwohl sie dazu nicht verpflichtet sind. Auf der anderen Seite hat Netanjahu gerade das unglaubliche Gesetz vorangetrieben, das das Thora-Studium (Jahre in der Jeschiwa) mit dem Militärdienst gleichsetzt. Von nun an genießen Hunderttausende junger orthodoxer Männer dieselben Rechte wie im Dienst befindliche Soldaten.

    Diese Anomalie wird damit erklärt, dass das Gebet und das Studium der heiligen Schriften ebenso zur Sicherheit Israels beitragen wie der Militärdienst. Sie böten „spirituelle Verteidigung“, so das neue Gesetz.

    Knapp drei Jahre nach Kriegsbeginn und mit 1152 gefallenen Soldaten ist dies ein zynisches und schmerzhaftes Argument. Es verärgert die meisten Israelis, doch die russischsprachige Gemeinschaft, die sich entschieden hat, hierherzukommen und sich am Kampf für den Schutz ihrer neuen Heimat zu beteiligen, ist in gewisser Weise noch verärgerter.

    Weitere Faktoren spielen bei diesem politischen Wandel eine Rolle und könnten den Ausgang der Wahlen beeinflussen. Einer davon ist der Generationenwechsel. Über 35 Jahre nach Beginn der Masseneinwanderung (1,2 bis 1,5 Millionen Menschen) prägen nun neue Generationen das politische und soziale Gesicht Israels. Sie hegen sicherlich keine automatische Affinität zu Netanjahu oder Lieberman und wählen tendenziell eher wie ihre Altersgenossen.

    Aber auch Netanjahu und Lieberman haben sich verändert. Netanjahu, war einst der „Beschützer Israels“, der siegreiche Anführer in den Augen der russischsprachigen Gemeinschaft, die nur an den totalen Sieg glaubt. Diesen Titel kann er nicht mehr für sich beanspruchen. Nicht nach dem 7. Oktober, nicht solange Hamas und Hisbollah noch immer aktiv sind, nicht solange der Iran noch immer die Urananreicherung kontrolliert.

    Nach dem zweiten Libanon-Krieg (2006) erklärte der damalige Premierminister Ehud Olmert Israel zum Sieger nach Punkten. Die russischsprachige Gemeinschaft verspottete ihn daraufhin mit unzähligen Witzen.

    Netanjahu bemüht sich nun sichtlich, die Russen für sich zu gewinnen. Ein Großteil seines laufenden Wahlkampfs richtet sich auf Russisch an sie. Er inszeniert sich selbst und diffamiert seine Gegner auf vielfältige Weise: Er verhöhnt seinen Hauptkonkurrenten, den ehemaligen Generalstabschef Gadi Eisenkot, wegen dessen mangelnder Englischkenntnisse. Netanjahus perfektes Englisch ist sicher ein Vorteil, doch seine Propaganda wird längst als billiger Trick wahrgenommen. Lieberman, einst ein Verbündeter weit rechts von Netanjahu, gilt nun als ein Feind, den der Premierminister als „Linken“ bezeichnet. Netanjahus einstige Verbündete sind nun seine gefährlichsten Gegner.

    Zustimmung wird von Wut überlagert

    Aktuell läuft es nicht gut für Netanjahu. Da sich sein Wahlkampf, insbesondere der russischsprachige, mittlerweile hauptsächlich auf soziale Medien konzentriert, sprechen die Reaktionen Bände. Früher gab es nur Liebesbekundungen, Herz-Emojis, Worte wie „König“, „Magier“ und herzliche Umarmungen der gesamten Familie Netanjahu. Das ist vorbei. Die Zustimmung wird von Wut, Ablehnung und Zynismus überlagert.

    Hinter den Kulissen versucht ein hebräischer Fernsehsender, der einem Milliardär russischer Herkunft gehört, eine russischsprachige Website zu erwerben, um diese Zielgruppe anzusprechen. Der Fernsehsender dient Netanjahu offen, daher dürfte das Projekt realisiert werden. Die Initiative mag hilfreich sein, doch sie wird nicht reichen.

    Die jüngere Generation braucht keinen russischsprachigen Wahlkampf; sie braucht eine Regierung, die auf ihre Bedürfnisse eingeht. Da alle Oppositionsparteien den russischsprachigen Wählern eine säkulare oder zumindest weniger orthodox geprägte Alternative bieten, könnten Netanjahu am Ende genau jene Stimmen fehlen, die ihm vor 30 Jahren seinen Aufstieg erst ermöglicht haben.

    Lily Galili ist eine israelische Publizistin und Expertin für die Einwanderung aus der früheren Sowjetunion, ehem. Fellow an der Harvard-Universität und Absolventin der Hebräischen Universität, Jerusalem.

    #Israel #apartheid #racisme #extrême_droite

  • À Belfast, un vaste rassemblement contre le racisme après des émeutes anti-immigrés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71892/a-belfast-un-vaste-rassemblement-contre-le-racisme-apres-des-emeutes-a

    À Belfast, un vaste rassemblement contre le racisme après des émeutes anti-immigrés
    Par FRANCE 24 Publié le : 15/06/2026
    Des milliers de personnes ont défilé, samedi, à Belfast pour dénoncer les violences racistes et les émeutes anti-immigrés survenues après une attaque au couteau pour laquelle un migrant soudanais a été inculpé. « Belfast s’oppose au racisme », « Combattons le racisme, construisons la solidarité » ou « La haine est la seule menace pour nos rues », pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes brandies samedi 13 juin dans la capitale nord-irlandaise.
    Des milliers de personnes se sont rassemblées pour dénoncer les émeutes anti-immigrés qui s’y sont déroulées après une violente attaque au couteau pour laquelle un migrant soudanais a été inculpé.
    « Je suis bouleversée, vraiment bouleversée », a confié Hilary Hunter, 63 ans, présente à ce rassemblement organisé devant l’hôtel de ville, à l’appel de l’association Unite Against Racism.Des émeutes ont éclaté, mardi soir, dans des quartiers populaires majoritairement unionistes après la diffusion d’une vidéo particulièrement choquante de l’attaque d’un homme au couteau, lundi à Belfast, pour laquelle un Soudanais a été inculpé. Elles ont été suivies d’affrontements avec la police, mercredi.
    Les émeutiers, souvent de jeunes hommes masqués, ont notamment visé des habitations de personnes issues de minorités ethniques.
    Au rassemblement, des acclamations et des applaudissements ont retenti lorsqu’un intervenant à la tribune a rendu hommage à la victime de l’attaque, Stephen Ogilvy.Sa famille, qui demande aux médias et au public de respecter sa vie privée, a indiqué mercredi qu’il se trouvait dans « un état stable ». Il a perdu un œil dans cette agression.
    « Vous êtes le Belfast que je représente », a lancé depuis la tribune la maire de la ville, Róis-Máire Donnelly, qui a également affirmé avoir reçu des menaces de mort.Le conseiller local Seamas de Faoite, du SDLP, un parti nationaliste, s’est dit « consterné » par l’attaque au couteau et par les violences qui ont suivi, assurant qu’elles devaient être « condamnées » et « combattues ».Le suspect de l’attaque au couteau, Hadi Alodid, un Soudanais de 30 ans, a été inculpé mercredi pour tentative de meurtre et a comparu devant un juge. Il a été maintenu en détention jusqu’à une prochaine comparution le 8 juillet.
    De violentes manifestations anti-immigrés avaient secoué l’Irlande du Nord en juin 2025 et à l’été 2024 notamment, ainsi que d’autres régions du Royaume-Uni.

    #Covid-19#migration#migrant#irlande#racisme#extremedroite#droit#sante#violence

  • Le rôle « déterminant » d’Elon Musk dans l’amplification des discours xénophobes liés aux émeutes à Belfast
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/13/le-role-determinant-d-elon-musk-dans-l-amplification-des-discours-xenophobes

    Des chercheurs du Center for Countering Digital Hate (CCDH), une ONG luttant contre les discours de haine, ont accusé Elon #Musk, vendredi 12 juin, d’avoir amplifié sur le réseau social X dont il est propriétaire des discours violents liés aux émeutes anti-immigrés à Belfast.

    Les chercheurs dénoncent le rôle « déterminant » du patron de la plate-forme, dont la fortune vient de dépasser les 1 000 milliards de dollars (environ 866 milliards d’euros), dans la diffusion de récits anti-immigration. Ils alertent également sur la hausse des appels à la violence en ligne.
    Elon Musk a relayé ces derniers jours des appels à manifester de l’activiste anti-immigration Tommy Robinson, appelant ses 240 millions d’abonnés sur X à protester de « manière REPETEE et BRUYANTE ». Il a également repartagé des messages du dirigeant d’#extrême_droite Rupert Lowe, à la tête du parti Restore Britain.

    Selon le CCDH, les publications des trois hommes ont dépassé les 115 millions de vues, dont 64 millions rien que pour Elon Musk.

    #internationale_fasciste #fascisme #racisme #violences_racistes

  • Noire, musulmane et ch’ti Conversation avec Mah Simpara
    https://abasbruit.org/2026/05/16/noire-musulmane-et-chticonversation-avec-mah-simpara

    De Maubeuge à Paris, en passant par le Mali, Mah Simpara nous parle de son héritage familial : sa foi religieuse, les traditions de sa communauté au Mali. Tout en témoignant de ses attachements, elle nous fait part de leur devenir. Elle est musulmane, mais pas seulement. Noire, mais pas seulement. Chti, mais pas seulement. Elle fait craquer les jointures des identités pour suivre une ligne de crête où s’entrelacent des lignes de vie.

    #Enquêtes #Entretiens #communauté #LGBT #migration #pratique_religieuse #racisme #transmission